Zeitschrift für romanische Philologie

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Zeitschrift für romanische Philologie

20 LUCIEN FOULEt,

simplicite fruste, une ignorance des demi-teintes et des attenuations

qui, mises an regard de l'art raffin6 de Lanval, decelaient ä coup

sür une origine plus ancienne: nous avions, lä la legende teile

qu'elle sortait des raains des Celtes qui en l'espece ne pouvaient

etre qua des Armoricains. i Lanval etait le produit d'un art plus

conscient, plus factice, bref plus eloigne des originaux celtiques.

On en 6tait lä quand l'etude p6n6trante de M. Schofield"- vint

presenter la question sous un jour nouveau. Avec beaucoup

d'ing6niosite il rctablit la legende primitive sous sa forme la plus

vraisemblable, et montra que si Graelent ofFrait en certaines parties

des Iraits plus anciens que Lanval, en revauche, en d'autres parties,

c'etait La)ival qui avait conserv^ la forme primitive; de plus Gräekni

a bouleverse l'ordre des Clements de la legende: l'auteur a connu les

deux fa^ons dont on amenait generalement la decouverte du secret

du heros, il a bien conservd et laiss6 ä sa vraie place la tradition

la plus ancienne, celle suivant laquelle la reine, montde sur un

banc, s'ofFre apres le festin ä l'admiration des courtisans et s'6tonnant

de ce que le seul Lanval reste froid et muet provoque ainsi

son indiscretion ; mais il n'a pu se resigner ä sacrifier la belle

scene entre Lanval et la reine que lui offrait Marie et dans laquelle

les paroles imprudentes du chevalier sont amenees par un vif

reproche que lui lance la reine: il a place cette scene en tete de

son recit, jetant ainsi quelque confusion sur toute la suite. Enfin

il a remplace le recit de la rencontre entre Graelent et la fee, si

naturel et si coh6rent dans la legende primitive et dans Marie, par

un episode tout diff^rent emprunte ä une version de la legende

de Galant (Wayland): une femme-cygne se baigne dans une fontaine,

ses veteraents lui sont voles et eile ne peut rentrer en leur possession

qu'en accordant son amour au ravisseur. Ainsi, selon M. Schofield,

l'auteur de Graelent a connu et utilise l" une histoire de Lanval

tres semblable ä la version de Marie: il lui empruntait les episodes

qui lui sont communs avec Marie 2" une version plus ancienne et

plus primitive de la mcme histoire: il lui devait quelques traits

originaux negligcs ou modifies par Marie 3*^ une version de la

legende de Galant.

Si interessantes que soient ces conclusions et si plausibles

qu'elles paraissent, elles ne nous conduisent, ä mon avis, qu'au

seuil de la verite. Remarquons d'abord qu'il y a entre maints

passages correspondants de Lanval et de Graelent une ressemblance

frappante, non seulement dans l'id^e, corame on peut s'y attendre,

mais parfois dans l'expression. On trouvera dans une dissertation

1 Warnke, Die anonymen Luis, p. 20; Lais, p. CXIV; Brug^er, Zts.

f. fr. Spr. u. Lü., XX, p. 123 ,, . . ., im Graelent, einL-m cliarakteristisch armorikanischen

Lai.'- Cf. F. Lot, Rom., XXIV, p. 516; Kittredge, Americ. Journ.

0/ Phüology, X, p. 17.

* The Lays of Graelent and Lanval and the Story of Wayland,

p. 121 sqq. (Publications of the modern Language Association of America.

1900.).

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