Zeitschrift für romanische Philologie

scans.library.utoronto.ca

Zeitschrift für romanische Philologie

24

LUCIEN FOULET,

reduit ici ä recourir ä sa propre imagination, assurement moins

delicate que celle de Marie, et cet episode, qua je crois de son

cru, est tout a fait dans le ton de certaines additions et corrections

qu'il a faites au texte de son mod^le.^ II ne faut pas dire non

plus que ne voulant pas sacrifier cette conversation entre reine

infidele et Chevalier loyal qu'il trouvait dans une version analogne

ä Celle de Marie, il l'a placke au ddbut de son conte, bouleversant

ainsi l'ordre du recit traditionnel. En r^alitd nous avons vu que

dans cet episode du d6but il suivait de pres le lai öüEliduc. Mais,

s'il en est ainsi, il devient douteux que notre auteur se soit servi,

en m^me temps que du lai de Marie, d'une version plus ancienne

du meme lai. Un des pretendus traits priraitifs de la legende,

lequel aurait kxk conserve par l'auteur de Graeleni, n'est, on vient

de le voir, qu'une interpolation de sa fa^on. Un autre trait sur

lequel insiste M. Schofield2 me parait tout aussi peu primitif. Dans

Graelent le h^ros, d61aisse par le roi et tombe dans la pauvrct^ et

presque la ddtresse, erneut de pitic la fille du bourgeois chez lequel

il löge: eile lui prete une seile pour qu'il puisse sortir sur son

mauvais cheval. Or dans Lanval il n'est question ni du bourgeois

ni de sa fille. L'dpisode viendrait donc d'une forme diffcrente et

plus ancienne de la legende. On peut repondre tout d'abord

qu'il ne semble pas y avoir de liaison bien necessaire entre cet

episode et le reste de l'histoire: il a fort bien pu ctre ajoutö

apres coup, ä une date relalivement recente. Et puls nous trouvons

dejä dans Elidtic le bourgeois qui corarae celui de Graelent löge

dans sa maison le hdros du lai.

},~l~j

Graelent. Eliduc.

Li hosles fu ]irex et cortois, 133 Sis osteis fu chies un buroeis,

Et molt vaillan comme borgois. Ki muh iw sages et curtcis.

11 est probable que nous avons lä le point de depart de tout

le developpement. L'auteur de Graelent a certainement eu ce

passage sous les yeux, car il y a fait d'autres emprunts:

moeurs de son temps. Ce n'est du moins pas ainsi qu'elle proc^de dans un

cas analogue que nous ofTre le lai de Müun. L'amie du hdros s'aper^oit

|

\

„qu'ele est cnceinte, Milun | manda, si fist sa plainte. Dist | li cument est

avenu, S'onur et sun bien a perdu, quant de tel fet s'est entremise: de | li

|

iert faite granz justise : a glaive sera turmentce u vendue | en altre cuntree. \

Ceo fu custume as andirns, e s't tenetent \ en cel te7is." (v. 55— 64.)

1 Cf. par exemple avec Lanval, v. 261—4 Quant ,, la reine sul le veit,

|

al Chevalier en va tut dreit. Lez lui s'asist, si l'apela, tut sun curage li

| |

mustra" les vers suivants de Graelent (55 sqq.) „Quant el es voit, sis apela . . .|

Efiior ses bras prist Graelent \

si Vacola estroitement ..."

2 The Lays of Graelent, etc., p. 150. — D'apr^s M. Schofield, Lan..

45 ,,mes sis chevals tremble forment „serait une r^miniscence, peut-6tre inconsciente,

d'un trait primitif de la legende, conscrvd par Graelent: le hcros

n'a plus qu'un mauvais cheval sur lequel il ose ä peine se risquer dehors.

L'explication est plus ingenieuse que probante. Remarquez qu'apres son

entrevue avec la föe Lanval ,,a trov6 lichc servise" (v. 192) et „ses huemes

Weitere Magazine dieses Users
Ähnliche Magazine