Zeitschrift für romanische Philologie

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26 LUCIEN FOULET,

sanglier: il tombe amoureux d'elle et eile lui accorde son amour.

On voit que c'est ä peu de chose pres l'aventure de Graelent:

seulement c'est une biche, et non plus un sanglier qui le conduit

a la fee. Si nous remarquons du reste que dans Giängamor l'aven-

ture de la fee surprise au bain fait suite tout comme dans Graelent

a un recit oü la reine est repoussee dans les avances qu'elle fait

ä un Chevalier, nous conclurons que, selon toute vraisemblance,

l'auteur de Graelent a, pour cet episode, mis ä contribution le lai

de Guingamor, tout comme pour d'autres 6pisodes il avait utilise

les lais d'Elidtic et de Lanval. On peut signaler quelques ressemblances

de detail qui, moins frappantes qu'ä l'ocasion d^Eliduc, n'en

sont pas moins significatives:

Graelent.

:03 Devant lui la bisse sailli,

II le hua, si poinst a li.

II ne le consivra jamfes,

Porqant si le siut-il de pres,

207 Tant qu'en une lande l'en maine,

Devers le sors d'une fontaine;

Dont l'iave estoit et clere et bele.

Dedens baignoit une pucele.

211 Dex Damoiseles le servoient

215 Graelens a celi vcue

Qui'cn le fontaine estoit nuc.

Cele part va grant alöure.

222 II n'a si bele en tot le mont.

227 Ses Damoiseles s'ajier^ureut

Del Cevalier . . .

Lor Dame l'a araisoune,

Par maulalent l'a apel6.

Graelent, lai mes dras ester.

422

Guingamor.

Li pois s'en est outre passez,

Et Guingamors apres se mct,

Semont et hue le brächet:

Enz el chief de la lande entra;

Une fontaine illec trova . . .

La fontaingne ert et clere et bele;

Une pu:ele s'i baingnoit.

428 Et une autre sou chief pingnoit

Et li lavoit et piez et mains.

431 [n'a tant bele chose] . . .

comme cele qui estoit nue.

Des que Guiugamors Tot veue . . •

Le frain du cheval a tire

[vit ses dras]

Cele part vint, ne targe pas.

431 El siecle n'a taut bele chose.

444 Mes ele s'est aparceue

Le Chevalier a apele

Et fi^rement aresonn6.

Guingamors, lessiez ma despoille.

II faut bien reconnailre que 'auteur de Graelent a iraitc ici

moins servilement que dans l'episode eraprunt6 ä Elidiic. Ses

additions et modifications sont du reste de meine nature que Celles

que nous avons dejä signalces, Ici encore ce qui lui appartient

en propre, c'est le detail pittoresque, humoristique, cru a l'occasion,

qui nous arrache au monde gracieux mais fantaisiste de la legende

celtique pour nous replacer dans la vie courante, plus prosaique,

du XII ^ siecle. C'est ainsi que la fee, bonne enfant, voyant la

pauvretii de Graelent veut bien de ses vetements voles ne reclamer

que sa chemise, lui laissant le manteau, dont il pourra retirer une

bonne somme d'argent:

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