Zeitschrift für romanische Philologie

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Zeitschrift für romanische Philologie

28 LUCIEN FOULET,

200 En UD boisson espe rame * 89 En l'espeisse d'un grand buissnn

Voit une bisse toule blance. Vit une bisse

Tute fu blanche cele beste.

Nous pouvons maintenant revenir au prologue de Graelent; il n'a

que quatre vers:

L'aventure de Graalent

Vos dirai si que je l'entent:

Bon en sont li Lai ä dir

Et les notes ä retenir.

II y a longteraps que Wolf a expliqu^ ce passage:^ „les lais lyriques^

sur lesquels cette legende est fondee sont bons ä entendre et la

raelodie qui les accompagne est bonne ä retenir." Ceci est tout ä

fait en accord avec l'idee que l'on se fait d'ordinaire des „lais

bretons": les harpeurs gallois ou armoricains chantent des chansons

de leur pays en s'accompagnant de la harpe; les paroles sont

naturellement incompr6hensibles pour les auditeurs fran^ais et le

harpeur les leur traduit tant bien que mal en leur langue: de ces

traductions iraprovisees d6rivent nos lais narralifs frangais. Nous

aurions donc dans l'introduction du lai de Graelent un t^moignage

important en faveur de cette Hypothese. Le malheur est que le

tcraoignage n'a aucune valeur. Comment adraettre en effet qu'ä

un lai franyais fait manifestement de pieces et de morceaux, em-

'

prunte presque d'un bout ä Tautre a trois lais de Marie, puisse

correspondre aucun lai celtique? En presence d'un cas d'imitation

aussi delib^ree et aussi cönsciente, ce serait se faire illusion que

de rechercher au lai, par dela ses modeles fran^ais, de prdtendues

origines celtiques. 11 n'y a donc pas eu de lai lyrique breton de

Graelent; il est possible qu'il y ait eu une m^iodie de ce nom:

mais c'est la une supposition toute gratuite. En rdalite il ne faut

tres probablement voir dans ces quatre vers du prologue de Graelent

qu'une combinaison de l'introduclion d'Elidiic et du court epilogue

de Gnigemar:

E/iduc.

I D'un mult ancicn lai Brelun

le cunte

vus dirai, si cum jeo entent

la verite mun escient.

Guigeviar.

884 fu Guigemar li lais trovez,

qne hum dit en harpe et en rote

lone en est a o'ir la note.

collection des lais fran^ais, pour ne nous en tenir que 1;\. Mais n'est-cc jias

Marie qui les a lancees dans la circulation?

espes rame.

* Cf. Guingam., 277— 278: tant on tracic qu'il l'onl trove | En

;

un bnisson

2 Ueber die Lais, Sequenzen und Leiche, Heidelberg 1841, p. 71 : „Die

Volkslieder, die dieser Sage zu Grunde liegen, sind gut zu hören und die

Weisen wohl zu behalten."

3 II serait piquant que par ce pluriel l'auteur se r^f^rät, sans en avoir

l'air, aux differents lais de Marie par lui mis ä contribution.

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