Zeitschrift für romanische Philologie

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Zeitschrift für romanische Philologie

MARIE DE FRANCE ET LES LAIS BRETONS. 3I

Le rei et sa ferame a trovez

el lit gisant entracolez.*

Notez que les vers 92— 93 du lai de VEspine ne s'expliquent vrai-

raent que si l'on se reporte au passage d^Eqiiilan que nous citons:

ils temoignent d'un louable desir d'etre original au moins dans

le detail.

Espine. Equitan.

97 L'amor connut tot en apert 307 Li seneschals a bien veü

De quei li uns d'eus l'autre sert . . comment del rei est avenu.

Par le poing saisist la meschine, Sa femme prent demeintenant;

Du lit la trait. el bein la met, le chief avant.

C'est ainsi que l'aventure Iragique de la femme adultere du s6nechal

s'est transform^e en l'amour ridicule de deux enfants dont

Tun re(;oit le fouet pour punition de son escapade:

106 Molt sueifre paine la meschine

Li damoisiaus remest dolenz,

Quant ot o'i les batemenz,

La decepline et le chasti

Que sa mere faiseit de li.

Cependant le damoiseau „de s'amie fu angoissous" (v. 115). II

exhale sa tristesse:

118 A dual faire livre son cors:

'H^las' fait-il, que la ferai?

Ja sans li vivre ne porrai.

Diex! quel eür et quel pechi^!

Folement me sui chastie.

Certes se je ne rai m'amie,

Bien sai por li perdrai la vie.

Ceci est imite du lai de Guigemar (394—406). Guigemar blessc

est recueilli et soign6 par une dame dont il tombe amoureux,

'pensis esteit e anguissous' (394)

Guigetnar,

397 Se par la dame n'est guariz,

de la mort est seürs e fiz.

„Alas! fet-il, quel le ferai?

Irai a li, si li dirai

que ele ait merci e piti6 . . .

s'ele refuse

dune m'estuet-il a doel murir."

1 Ceci est une conjecture de l'6diteur. Des 2 manuscrits de notre lai,

l'un donne pour ce vers : ou il gisoient entracolez, l'autre : la u gisent entracoles.

Remarquez que le texte d^Equitan {el lit gisant entracolez) est fond^

sur le ms de Paris. Le ms harleien donne: u il gisent entracolez. (Warnke,

Lais, p, 52, notes critiques, V. 298.) Ce serait donc dans un ms de la famille

du ms harlden que notre auteur aurait lu Equitan.

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