Zeitschrift für romanische Philologie

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Zeitschrift für romanische Philologie

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LUCIEN FOULET,

II n'y a la, selon toute vraisemblance, qu'un echo du Prologue de

Marie (v, 34—38) et de l'introduction d'Equitati (v. 3— 8.). Quant

a l'Escoce, oü se serait pass6e l'aventure, notons qu'il y place la

Blanche Lande emprunt^e au roman de Tristan: or la Blanche

Lande est en Cornouailles. Ne cherchons pas a accorder ces con-

tradictions et concluons simplement que l'auteur de Desire ne se

soviciait pas plus de la geographie et de la verite que l'auteur de

\Espine.

Des maintenant un fait important ressort clairement de notre

etude: les lais de Marie ont non seulement provoque l'admiration

de ses contemporains, comme nous l'atteste Denis Pyramus,i mais

ils ont kxh. la grande source vl laquelle les conteurs des g6nerations

suivantes sont venus puiser leurs pretendus lais bretons. Toutes

les fois que nous nous trouverons en presence d'un lai breton qui

aura pour sujet un conte deja traite par Marie, nous devrons donc

nous melier des affirmations tranchantes des prologues et nous

demander si nous n'avons pas affaire a un nouvel exemple d'imi-

tation. 11 semble bien que ce soit le cas pour Melion qui n'est

qu'une Variante de Bisclavret et pour Dooji dont la deuxieme partie

ofire le meme sujet que Milurit Dans Melion,"^ comme chez Marie,

1 Voir le passage cite par M. Warnke, Lais, p. XXXVI.

''

Cf. Gröber, Gnindr., 11, l, p. 598: „Nacherzählung zweier Lais Mariens

nach mündlichem Bericht können Melion und Doon sein." R[. Kittredge a rccemment

propose une theorie enli^remcnt difTerente. Voir son tres interessant

memoire, Arthur and Gorlagon, Boston 1903 (reprinted from Studies and

Notes in Philology and Literature, Vol. VIII, p. 149 sqq). Ayant compar^

cntre elles quatre versions du conte du Loup-garou, Bisclavret (B), Melion

(M), Arthur et Gorlagon (G) (texte latin public par lui pour la premiere fois),

et un conte encore aujourd'hui courant en Irlande (I), il conclut i\ l'existence

de deux grouj^es distincts, B d'une part et MGI de l'autre, qui remontent ind6pendamment

ä un meme original irlandais O. O a passi une premiere fois

d'Irlande en Bretagne oü il s'est localis^: B est une reproduclion fid^le de la

Version bretonne, elle-mcme tr^s voisine de O. D'autre part, ind^pendamment

de cette migralion, se produisait en Irlande une combiuaison de notre conte

du Loup-garou {The Were-wolf s Tale) avec celui de la Fairy wife. „This

combined tale, the Irish x, passed inlo Brittany and became the subject of a

Breton lay. It was rendered into French, and the first Frcnch Version was

somewhat modified by a Picard poet, the author of the extant Lai de Melion.'^

p. 261— 262. Enfin, le meine x s'aggr^geant nombre d'^lcments ^trangcrs

subissait, en Irlande encore, une nouveile transformation y, d'oü d^rivent i\

leur tour — et independamment Tun de l'autre — le latin G et le tnärchen

moderne I. Nous aboutissons au Schema suivant

En ce qui concerne les rapports de B et de Gl les conciusions de M. Kitlredge

nie pavaisscnt (res solidement ^tablies. Mais je doute fort que M doive conscrver

la place qu'il lui assigne dans son schcma. M est, ä mon sens, beau-

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