Zeitschrift für romanische Philologie

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MARIE DE FRANCE ET LES LAIS BRETONS. 49

neerlandais offre presque partout la meilleure Version, la plus ancienne

selon toute apparence ou la plus naturelle. Or je crois que

si l'auteur de Tyolet a ainsi modifie sur plus d'un point les donnees

qu'il trouvait dans la source qui lui est commune avec le compilateur

neerlandais, c'est parce qu'il avait encore un autre modele

sous les yeux. On ne saurait en effet meconnaitre dans la seconde

partie de notre lai un desir manifeste en plus d'un endroit de

reproduire dans ses grandes lignes le cadre d'une des plus heiles

scenes de La?wal: c'est celle qui nous montre les juges en s6ance,

pres de condamner Lanval, quand l'arrivee de deux damoiselles,

puis de deux autres encore, puis enfin de la fee elle-meme les fait

passer par diflferentes alternatives de curiosite, d'espoir, de desappointement

pour les conduire enfin ä acquitter le chevalier

accus6! C'est, selon moi, pour amener une scene analogue qu'ont

6te introduites dans Tyolet les modifications dont j'ai parle et que

je vais signaler. Ce qu'il y avait de plus poetique chez Marie,

c'etait l'arrivee de la fee. II fallait donc nous montrer la princesse

arrivant a la cour d'Arthur et par cons6quent quittant ses Etats,

oü l'action est au contraire placee par le roman neerlandais.

Tyolet. Lanval.

321 Atant es vos une pucele, 554

. . . par la vile vint errant

Une orgueilleuse damoisele; tut a cheval une pucele

De sa biaute ne voil parier . . un blanc palefrei chevalcliot . . .

Onques Dido, ce m'est avis, taut granz bealtez ne fu veüe

325 Ne Elainne n'ot si der vis . . 558 en Venus, ki esteit reine,

Sor un blanc palefroi seoit . . ne en Dido ne en Lavine.

Tot a cheval en est venue.

Quand le chevalier felon revient avec le pied du cerf, il s'attribue

la victoire de Tyolet et reclame la main de la princesse. Dans

le Laiicelot celle-ci r6pugne ä epouser le prdtendu vainqueur qui lui

d^plait, eile convoque ses barons et ils d6cident qu'on attendra

quinze jours. Dans Tyolet il n'est pas question des sentiments de

la princesse qui ne semble pas avoir voix en la matiere. C'est le

roi qui prend l'aflfaire en main et pour lui le cas ne saurait etre

donteux: car la damoiselle a cte promise par devant lui ä qui

rapporterait le blanc pied. Neaumoins il aime Tyolet et en sa

faveur il demande un delai de huit jours ä la princesse, qui

l'accorde: ces huit jours expires, il convoquera toute sa cour ä

l'imitation de l'Arthur de Lanval.

Tyolet.

'

Lanval.

527 Mes lis reis 391 • . Lanval deit aveir un jur . .

Por Tyolet qui n'ert venu et revendra en sun present;

Respit d'uit jors li demanda: si sera la curz enforciee

Adonc sa cort assemblera; kar donc n'i ot fors sa maisniee.

531 N'i avoit or fors sa mesniee.

Du reste on ne nous dit pas que la cour se rassemble; il n'est

question que des huit jours qui se sont ecoules. Nous voici amenes

Zeitschr, f. rom. Phil. XXIX. 4.

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