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188 LES RELA TIONS DES J&SUITES

CHAPITRE XII.

'

[Vol. 33

DES PRINCIPALIS SUPERSTITIONS QU'AYENT LES HU-

RONS DANS LEUR INFIDELITE, & PREMIEREMENT

LEUR SENTIMENT TOUCHANT LES SONGES.

OVTRE les defirs que nous auons communement,

qui nous font libres, ou au moins volontaires,

qui prouiennent d'vne connoiffance precedence

de quelque bonte qu'on ait conceu eftre dans

la chofe defiree ; les Hurons croyent que nos ames

ont d'autres defirs, comme [93] naturels & cachez;

lefquels ils difent prouenir du fond de l'ame, non

pas par voye de connoiffance, mais par vn certain

tranfport aueugle de l'ame a de certains objets

quels tranfports on appelleroit en termes de Philofophie,

Defideria innata, pour les diftinguer des

: lef-

premiers defirs, qu'on appelle Defideria Elicita.

Or ils croyent que noftre ame donne a connoiftre

ces defirs naturels, par les fonges, comme par fa

parole: en forte que ces defirs eftant effedtuez, elle

eft contente : mais au contraire fi on ne luy accorde

ce qu'elle defire, elle s'indigne; non feulement ne

procurant pas a fon corps le bien & le bon-heur qu'elle

vouloit luy procurer, mais fouuent mefme fe reuoltant

contre luy, luy caufant diuerfes maladies, & la mort

mefme.

Or de fcauoir d'ou vient ce pouuoir a l'ame, tant

pour le bien que pour le mal, c'eft dont les Hurons

ne s'enqueftent pas; car n'eftans ny Phyficiens, ny

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