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218 LES RELATIONS DES JESUITES [Vol.33

ce pays, ie veux dire des hommes qui faffent mourir

decider :

par fortileges, c'eft [i 14] ce que ie ne puis pas

feulement ie puis dire qu'ayant examine tout ce qui

s'en dit, ie n'ay point encore veu aucun fondement

affez raifonnable de croire qu'en effet il y en ait icy

qui fe meflent de ce meftier d'Enfer. Car premierement

nous voyons que les maladies qu'ils difent eftre

par fortilege, font maladies tres-naturelles & ordinaires.

Secondement, nous voyons que ceux qui

font eftat de tirer ces forts, hors le corps des malades,

ou ne font rien que des trompeurs, qui feront paroiftre

vne chofe prodigieufe qu'ils diront auoir arrache" du

profond des parties plus vitales d'vn homme, quoy

que iamais elle n'y ait entre : ou fi vrayement ils font

fortir par vomitoires vn floccon de cheueux, vn mor-

ceau de fueille ou de bois, ou quelque autre chofe

femblable, qui accompagnera les chofes dont la nature

fe fera defchargee, c'eft fans raifon qu'ils s'imaginent

qu'il y ait vn fort attache a ce morceau de bois, ou a

ce floccon de cheueux. Enfin ceux qui ont le renom

d' eftre Sorciers parmy eux, & qui mefme font maffa-

crez fous ce foupcon, n'ont rien qui les en rende

criminels, finon ou la phantaifie [115] d'vn malade,

qui dira auoir fonge" que c'eft vn tel qui le fait mourir

par vn fort : ou la malice de quelque ennemy, qui en

fera courir le bruit: ou 1' imagination trop foupconneufe

de quelqu'vn, qui pour l'auoir veu dans les

bois, ou dans quelque campagne hors du chemin,

dira qu'il y faifoit des fortileges; car c'eft la deffus

qu'on leur fait leur procez, ou pluftoft que fans

aucune forme de procez on affomme ces pauures

gens, come Sorciers, fans que pas vn ofe prendre leur

caufe en main, ou venger leur mort. Or fans doute

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