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44 LES RELATIONS DES J&SUITES [Vol.33

auquel il auoit donne parole qu'il ne l'abandonneroit

iamais, ne paroiffoit point, il s'en retourne froidement

fur fes pas, & fe doutant bien que fon frere

eftoit pris, il le vient chercher entre les mains de fes

ennemis : II aborde les trois Riuieres, il paffe deuant

plufieurs Francois qui ne luy difent aucun mot, ne

le diftinguans pas des Hurons : il mote fur vn petit

tertre, fur lequel le fort eft bafty, & fe va froidement

affeoir au pied d'vne croix, plantee a la porte du fort.

Vn Huron l'ayant apperceu ne fit pas comme les

Francois, il le reconnut, & s'en faifit auffi-toft, le

d6poiiillant & le garrottant, & le faifant monter auec

fon frere fur vn £chaffaut ou eftoient tous les captifs.

Ce pauure gargon interroge pourquoy il fe venoit

ietter das les feux, dans les marmittes, & dans les

eftomachs des Hurons fes ennemis, repondit qu'il

vouloit courir la mefme fortune que fon frere, & qu'il

auoit plus d'amour pour luy, que de crainte des tour-

mens, qu'il n'auroit peu fouffrir en [151] fon pais, le

reproche de l'auoir lafchement abandonn£. Cette

amitie n'eft pas commune.

II faut remarquer, icy en paffant la piete* des

Hurons Chreftiens. Quand ils aborderet les trois

Riuieres, & qu'ils vinrent a paffer deuant cette croix

pof£e a l'entree du fort, ils commanderent a leurs

prisoniers de flechir auec eux le genouil deuant c6t

arbre facre, voulat qu'ils reconuffent par c6t abaiffe-

met, la grandeur de celuy qui les a racheptez fur

ce bois, & qu'ils luy fiflent amande honorable, pour

auoir abbatu celle qui eftoit planted proche de Riche-

lieu.

Ce que les Poetes ont feint du rapt de Ganimedes,

eft fond6 fur la hardieffe des Aigles, il n'y a pas

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