Documentary Film Festival Luxemburg

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PLAYDOC # 1 Documentary Film Festival Luxemburg - Cercle de ...

PLAYDOC #1Documentary Film Festival LuxemburgTarif Unique : 4 eurosInformations : mediatheque@cna.etat.lu - (+352) 52 24 24 1Remerciements :Véronique Joo Aisenberg, Cinémathèque Africaine, Institut français, Michel Guérin-Jabbour, Conseiller de Coopération et d’Action Culturelle, Ambassade de France auLuxembourg, Danielle Igniti (opderschmlez), Laure Huberty (Kultur K wii Afrika), CharlotteBruneau, Jawad Rhalib, Trinh T Minh-hacrédits :4


ProgrammeMa 08/02 15h CinéStarlightCiné-goûter : L’Afrique s’anime...................................................................................Me 09/02 20h30 CinéStarlightLuxemburg AfrikaFilms d’atelier luxembourgeois en AfriqueEn présence de Charlotte Bruneau...................................................................................Ve 11/02 20h OpderschmelzConcert de Baloji...................................................................................Sa 12/02 19h CinéStarlightAfrique 50, R. Vautier, 15 minReassemblage, T.M. Trinh, 40 minMère-Bi, la mère, O.W.MBaye, 55 min...................................................................................Dim 13/02 16h30 CinéStarlightFestival Panafricain d’Alger, W. Klein, 110 min...................................................................................Me 16/02 20h30 CinéStarlightRâ, la réparatrice, M.K. Cissé, 26 minApprenti de car rapide, C.T. Ndiaye, 31 minLes malles, S.F. Ndaye, 13 minDiplomate à la tomate, F. Ndaye 13 min...................................................................................Ve 18/02 19h CinéStarlightUne affaire de nègres, O. Lewat, 91 min...................................................................................Sa 19/02 19h CinéStarlightAtlantiques, M. Diop, 16 minLes damnés de la mer, J. Rhalib, 70 minEn présence du réalisateur Jawad Rhalib5


éDITOL’Afrique à l’honneur de la première édition du Festival de films documentaires PlayDocLe CNA est heureux de proposer pour la première fois PlayDoc, festival de filmsdocumentaires, qui se déroulera désormais tous les ans au mois de février.PlayDoc offre au public luxembourgeois une sélection d’œuvres sensibles témoignant despoints de vue singuliers sur le monde. Honorant les missions du CNA de partage de la cultureaudiovisuelle, le festival a comme objectif de montrer des œuvres appartenant au patrimoinecinématographique aux côtés d’œuvres plus récentes, preuves de la vitalité du genredocumentaire. Le fonds africain de la médiathèque permettra de prolonger « Elo Afrika ».Cette 1 ère édition sera consacrée à un continent généralement sous-représenté dans lesfestivals de cinéma : l’Afrique. La plupart des films présentés seront vus pour la premièrefois au Luxembourg.C’est pour notre institut l’occasion de montrer la vitalité du jeune cinéma africain, outilde développement du continent, malgré tous les problèmes qu’il rencontre, comme lemanque de financement et la disparition notoire des salles.Un court-métrage, produit par l’association « Des cinémas pour l’Afrique » servira deleitmotiv à la première de cette édition de PlayDoc. Cette association, dont la marraine estJuliette Binoche, rénove des salles de cinéma.Nous programmons une quinzaine de films documentaires, récents et moins récents,et invitons certains réalisateurs à venir discuter avec le public luxembourgeois. Cetteprogrammation de film sera accompagnée de plusieurs événements en parallèle dontun ciné-goûter et un concert du rappeur congolais Baloji en collaboration avec le CCRDopderschmelz et Kultur K wéi Afrika.« Elo Afrika » sera un programme festif, bourré de trésors audiovisuels à découvrir, mettantle continent africain à l’honneur !Jean BackDirecteur du CNA6


Indépendances, documentaires et continent africainPartant de l’anniversaire des indépendances africaines de 2010 et du triste constat de la difficultéque rencontre le cinéma africain pour traverser les frontières, la programmation de cePlayDoc#1 montre des documentaires incontournables, par leur importance historique ainsique des films très récents. Car « Elo Afrika » est nourri du présupposé qu’il n’y a pas de maintenantsans passé.Le film Afrique 50 de René Vautier est un véritable brûlot anti-colonialiste qui valut pendant delongues années des problèmes à son auteur. Symbole d’une Afrique indépendante, en pleineeffervescence intellectuelle et artistique, le « Festival panafricain d’Alger » de William Klein(1969) est le témoin d’une époque durant laquelle là-bas ou en Europe on pensait changer lecours des choses. La cinéaste américano-vietnamienne Trinh T Minh-Ha nous propose dans«Reassemblage» une manière de voir le Sénégal, à l’encontre de toute vision anthropologique,qui serait empreinte d’un colonialisme inconscient.Félix Samba Ndaye est le père de documentaire africain. Nous sommes heureux de pouvoirmontrer deux œuvres de ce grand cinéaste, décédé il y a deux ans, et qui témoignent de l’inventivitéafricaine dans le travail et du talent de Ndaye. Au cours de la même soirée, deux autresfilms contemporains nous feront chacun à leur façon voir des facettes de cette inventivité et decette opiniâtreté dont certains africains font preuve dans leur activité quotidienne.La première femme journaliste sénégalaise, Annette Mbaye d’Erneville, a traversé le siècle del’Afrique en mouvement, « Mére-bi, la mère » dresse le portrait de cette femme courageuse,paradigme de l’histoire de son pays. Au Cameroun, «Affaire de nègres», film très fort , suscitantle questionnement, entraine le spectateur dans un scandale étouffé et des blessures familialesqui émeuvent et révoltent tout à la fois.La dernière soirée nous confrontera avec un dilemme africain injuste : faut-il quitter ce continentpour survivre ? à cette question, deux films brillants, déjà primés dans d’autres festivals,viennent étayer notre réflexion : le court-métrage de Mati Diop, « Atlantiques » et « Les damnésde la mer » de Jawad Rhalib.Pendant ce mois, nous aurons le plaisir d’accueillir ce dernier, ainsi que Charlotte Bruneau(Soirée Luxemburg Afrika) pour discuter avec nous de leur expérience.Le CNA espère grandement que le public sera au rendez-vous pour partager cette programmationriche et féconde.Sandrine ColasProgrammation PlayDocResponsable de la médiathèque7


le voyage du fauteuil - Marion Stalensdiffusé tous les jours avant chaque séancele voyage du fauteuil,Marion Stalens , couleur, HDV, 2010, 7 minSYNOPSISà mi-chemin entre le documentaire, et le conte africain, ce court-métrage tournéà Bamako, et mis en musique par Rokia Traoré, raconte l’arrivée d’un fauteuil flambantneuf dans une salle de cinéma fermée depuis des années, comme des centaines d’autressalles de cinéma sur le continent africain. Tandis qu’une file interminable de spectateurspatiente devant le guichet d’entrée du cinéma, le fauteuil emprunte toutes sortesde moyens de transport pour sillonner les rues de la capitale. On découvre au passagedes scènes de la vie quotidienne, qui composent un portrait miniature de la villeet de ses habitants. Une fois le fauteuil en place, la première spectatrice peut enfinentrer dans la salle, où une surprise l’attend…GéNéRIQUERéalisation, scénario, caméra : Marion StalensMusique originale : Rokia TraoréSon : Guillaume Le BrazMontage : Anne BettenfeldAvecLa spectatrice : Aminata DoumbiaLe guichetier : Fily Traoréet et la participation exceptionnelle de Juliette Binoche et Abderrahmane SissakoUne co-production Des Cinémas pour l’Afrique et Fondivina Films avec le soutien de Culturesfrance8


Marion StalensNée dans une famille de « théâtreux », la passion du jeu et de la direction d’acteurconduit Marion Stalens sur les plateaux de théâtre et de cinéma, simultanément commeactrice et comme photographe. Elle réalise notamment de nombreux portraits d’acteurset de réalisateurs, diffusés par l’agence de presse H&K.Depuis 2001 elle réalise également des documentaires remarqués. Ses sujets ont traitau monde du spectacle, ainsi qu’à des sujets de société, avec pour thématique centralel’exploration du rapport à l’autre.Depuis une vingtaine d’années, les salles de cinéma ferment lesunes après les autres sur le continent africain. Aujourd’hui denombreux pays n’ont plus une seule salle en activité. Créée en2009, à l’initiative du cinéaste mauritanien Abderrahmane Sissako,l’association Des Cinémas pour l’Afrique a pour mission desoutenir la rénovation de salles de cinéma sur le continent, en vuede leur réouverture.« Le voyage du fauteuil » incarne le propos de l’association et viseà sensibiliser les publics européens à la situation alarmante de ladiffusion cinématographique en Afrique francophone.Devenez « Cinéphiles du monde » : http://www.cinemasforafrica.com/soutenez-le-projet9


Soirée luxemburg afrika - Chris NeumanCharlotte Bruneau & catherine wurthMercredi 09 Février - 20h30Cette première soirée est consacrée à de jeunes réalisateurs luxembourgeois qui ont récoltéune réelle expérience cinématographique et humaine en Afrique. En effet, ils ont chacun menéà bien des projets d’atelier de films documentaires l’une aux Comores et l’autre au Mali.Les yeux dans les yeux,Chris Neuman, 2008, 45min.Projet de sensibilisation et d’information sur la coopération de l’Union européenne au Mali.L’objectif de ce projet innovateur est la réalisation d’un documentaire sur la coopérationde la Communauté européenne au Mali, l’originalité de l’approche consistant dans l’accentmis sur une vision malienne des actions de la coopération européenne. Contrairementà nombreux documentaires sur l’aide au développement, tournés par des équipesétrangères ne connaissant guère la réalité sociale du pays, ce seront, ici, des jeunesréalisateurs maliens qui conduiront la caméra pour documenter, sous un angle de vuepersonnel, un projet de coopération financé par la CE qu’ils auront eux-mêmes choisi.Le film est composé de trois parties de 15 minutes qui découleront des idées des troisjeunes réalisateurs maliens, Batah Diallo et Soumeila Diallo, étudiants en anthropologievisuelle, ainsi que Assitan Kanouté, journaliste diplômée. Recrutés sur candidature parle réalisateur Christian Neuman avec l’aide du coordinateur de projet Madani Touré, ilsécriront le scénario qui sera à la base de leurs films respectifs.Christian Neuman, né à Luxembourg, il étudie à la London Film School. En 2007, il voyageau Niger pour réaliser le documentaire « Paroles d’ados », une commande de SOS Faimsur la vie au quotidien des adolescents dans ce pays. C’est le début d’un interlude africain,qui se poursuit quelques mois après au Mali.POUR ALLER PLUS LOINhttp://www.focusart.com/index.html10


Plume et tambour,2009, HDV, Cosmanie ASBL Comores / LuxembourgPendant l’été 2009, Cosmanie a.s.b.l.a organisé la seconde édition du festival interculturelPlume & Tambour sur l’île comorienne d’Anjouan. Deux documentaires en sont issus.- Les Kwassas-Kwassas, un mal nécessaireLes Kwassas-Kwassas sont les petits bateaux de pêche utilisés pour le trafic humain entreAnjouan et Mayotte.- Le retourGrâce au matériel de tournage prêté par Feierblum Production a.s.b.l. pour la réalisation et laproduction du documentaire avec les jeunes de l’atelier, Charlotte Bruneau, Catherine Wurth etVinzenz Mell ont tourné un documentaire sur la situation politique aux Comores et son lien avecl’émigration massive vers l’Europe. Alors que la question tourne souvent autour du « pourquoiémigre-t-on » et « pourquoi ne rentrent-ils pas chez eux ? », ce documentaire met en relief les difficultésliées au retour. Trois portraits de femmes, Nura, Naida et Latuifa, émigrées au Luxembourget en France rappellent différentes trajectoires possible d’émigration. De plus, Cosmanie a.s.b.l. aégalement fait un reportage du Festival.Catherine Wurth avec ses études d’histoire et de politique et une spécialisation en cours dans ledomaine des politiques et enjeux migratoires, a tout de suite voulu approfondir le volet de l’émigrationà Anjouan, un sujet brûlant d’actualité.Charlotte Bruneau, après des études de langues et sociétés d’Afrique de l’Est et de politique, montraun intérêt particulier pour le contexte politico-économique comorien qui a fait de l’émigration cequ’elle est aujourd’hui.POUR ALLER PLUS LOINhttp://cosmanie.org/documentation.htmlhttp://www.feierblumm.com/11


Afrique 50 - René VautierSamedi 12 Février - 19h00Afrique 50René Vautier, 1950, France, noir et blanc, Beta SP, 15 minSYNOPSISAu départ, ce film devait s’appeler La vie du paysannat africain, pour la Ligue de l’enseignement,à destination des lycéens et collégiens de France, afin de montrer la paysannerieen Afrique occidentale française. Frais émoulu de l’IDHEC, René Vautier s’embarquepour la Côte d’Ivoire où au port d’Abdijan un ingénieur (blanc) lui explique cyniquementqu’il est moins cher de faire travailler des Nègres que d’électrifier le barrage que depauvres ivoiriens s’échinaient à faire marcher. Ce sera le choc et son film finira par êtrele premier film anticolonialiste français.Ce film sera censuré en France jusqu’en 1990.GéNéRIQUEImage, montage : René VautierSon : Antoine BonfantiProduction : Ligue française de l’enseignement, René VautierprixÉtats Généraux du Film Documentaire, LUSSAS, 2007, Sélection (Afrique)12


René VautierNé d’un père ouvrier d’usine et d’une mère institutrice, René Vautier mène sa premièreactivité militante au sein de la Résistance en 1943, alors qu’il est âgé de 15 ans, ce qui luivaut plusieurs décorations. Vautier est diplômé de l’Institut des hautes études cinématographiques(IDHEC) en 1948, section réalisation. En 1950, il réalise son premier film,Afrique 50, qui était une simple commande de la Ligue de l’enseignement destinée àmettre en valeur la mission éducative de la France dans ses colonies. Sur place, il décidede témoigner d’une réalité non commandée, le film sera interdit pendant plus de quaranteans. Ce chef-d’œuvre du cinéma engagé lui vaudra 13 inculpations et une condamnationde prison, son co-inculpé est Félix Houphouët-Boigny. Il s’agit une condamnationen violation du décret Pierre Laval (Ministre des colonies) de 1934 et Vautier est mis enprison militaire à Saint-Maixent, puis à Niederlahnstein en zone française d’occupationallemande. Il sort en juin 1952. Afrique 50 reçoit la médaille d’or au festival de Varsovie.Engagé en Afrique sur divers tournages, il rejoint le maquis des indépendantistes du FLN.Directeur du Centre Audiovisuel d’Alger (de 1961 à 1965), il y est aussi secrétaire généraldes Cinémas Populaires. Il s’est toujours efforcé de mettre « l’image et le son à dispositionde ceux à qui les pouvoirs établis les refusent », pour montrer « ce que sont les genset ce qu’ils souhaitent ». Comme Jean-Luc Godard, qu’il a croisé lors de la constitutiondes Groupes Medvedkine en 1968, le seul collectif cinéastes-ouvriers de l’histoire ducinéma, René Vautier est un des très rares cinéastes à développer une théorie en acte del’image. Il a reçu en 1998 le Grand Prix de la Société Civile des Auteurs Multimédias pourl’ensemble de son œuvre.POUR ALLER PLUS LOINhttp://legenepietlargousier.over-blog.com/article-afrique-50-rene-vautier-43434127.htmlhttp://oeil.electrique.free.fr/article.php?articleid=104&numero=13http://www.africultures.com/php/index.php?nav=article&no=49913


Reassemblage - Trinh T. Minh-haSamedi 12 Février - 19h00ReassemblageTrinh T. Minh-ha, 1982, Sénégal, couleur, Beta SP, 40 minSYNOPSISLes femmes sont l’horizon et non l’objet de cette étude visuelle, complexe du Sénégalrural de Trinh T. Minh-ha, premier film majeur de la cinéaste. Grâce à la complexité del’interaction entre le film et le spectateur, « Reassemblage » donne à réfléchir sur le filmdocumentaire et la représentation ethnographique des cultures.« Par une mystérieuse éloquence, Reassemblage distille des sons et des images des villageoissénégalais et de leur environnement qui permetttent de reconsidérer les prémisseset méthodes des documentaires ethnographiques. Grâce à un montage disjonctif et à unenarration d’investigation, ce « documentaire » est le parfait contrepoint à l’autorité d’uneapproche voisine de celle du National Geographic » - Laura Thielan« Superbement réalisé et visuellement réussi, Reassemblage est également une œuvrecritique sur le plan cinématographique une œuvre qui joue avec les qualités du filmlui-même. Par sa forme et son contenu, il critique à la fois la science occidentale et latradition documentaire. » - Pat Aufderheide, Village Voice« Une œuvre très originale, provoquant d’incessantes questions. » - Daryl ChinGéNéRIQUERéalisation, scénario, montage et caméra : Trinh T. Minh-haProduction : Jean-Paul BourdierFESTIVALReassemblage a été montré au New York Film Festival (1983) et a traversé les états-Unis à l’Asian American FilmFestival entre autre.14


Trinh T. Minh-haNée au Vietnam, Trinh T. Minh-ha est cinéaste, écrivaine et compositrice.Trinh T. Minh-ha a beaucoup voyagé et donné des conférences – aux États-Unis aussibien qu’en Europe, Asie, Australie et Nouvelle-Zélande – sur le cinéma, l’art, le féminismeet les politiques culturelles. Elle a enseigné au Conservatoire National de Musique deDakar, Sénégal (1977-80), dans des universités comme celle de Cornell, San Francisco,Smith, et Harvard, Ochanomizu (Tokyo). Elle est aujourd’hui professeure de « Women’sStudies and Rhetoric (Film) » à l’Université de Californie, Berkeley.POUR ALLER PLUS LOINhttp://www.trinhminh-ha.com/15


Mère-Bi la mère - Ousmane William MBayeSamedi 12 Février - 19h00Mère-Bi la mère,Ousmane William MBaye, 2008, Sénégal, Français et Wolof sous-titré françaisCouleur, BETA SP, 55 minSYNOPSISUn portrait d’Annette Mbaye d’Erneville, par Ousmane William MBAYE. Premièrejournaliste du Sénégal, aujourd’hui âgée de 82 saisons des pluies, Annette Mbayed’Erneville s’est très tôt sentie concernée par le développement de son pays. Militantede la première heure pour la cause de l’émancipation des femmes, elle est à la fois unepionnière et une anti-conformiste. Née à Sokone en 1926, enfant de la période coloniale,elle est partagée entre une éducation un peu « vieille France » et un amour viscéral poursa terre et ses traditions sérères. Partie étudier à Paris en 1947, elle plonge dans le milieuintellectuel des années 50 et y rencontre tous ceux qui bâtiront les Indépendances. Ellefonde une famille, enregistre ses premières émissions radio et se forme au journalisme.Sentant venir les Indépendances, elle rentre au Sénégal en 1957 pour servir son pays !L’écrivain sénégalais Boubacar Boris Diop, dira d’elle : « C’est qu’ayant traversé notresiècle en vraie femme de communication, beaucoup d’autres destins se sont emmêlés ausien… sa mémoire est restée prodigieusement intacte et quand on l’écoute, la surpriseest grande de l’entendre égrener tant de noms de personnages illustres ou anonymes et,surtout, de générations si différentes. »GéNéRIQUERéalisation, scénario, image, son : Ousmane William MbayeMusique : Doudou DoukouréMontage : Laurence AttaliMixage : Laurent Thomas, Anne LouisProducteur Délégué : Les Films Mame Yandé (Dakar)Co-Producteur : Autoproduction (Paris)Producteur Associé : Ina (Paris)Archives : INA - RTSAvec la participation du : Fonds Image Afrique du Ministère français des Affaires Etrangères.16


Ousmane Wiliam MbayeNé à Paris en 1952, Ousmane William Mbaye se forme au Conservatoire Libre du CinémaFrançais et étudie à l’Université de Paris VIII Vincennes. Il s’initie à tous les métiers ducinéma puis passe à la réalisation de films au Sénégal. De 1990 à 1997, il coordonne lesRencontres Cinématographiques de Dakar (RECIDAK).PRIX / FESTIVALS13 ème Écrans Noirs 2009 , Yaoundé, Cameroun, Compétition – Documentaires, mention spéciale du Jury5 ème Festival des Cinémas Africains de Bruxelles, Prix DGCD du Meilleur Documentaire22 èmes Journées Cinématographiques de Carthage, 2008, Tunisie, Compétition officielle Vidéo longsmétrages, Prix de la meilleure interprétation dans les films vidéo documentaire (long métrage) à Annette Mbayed’Erneville, sous forme de mention.POUR ALLER PLUS LOINhttp://www.africine.org/?menu=film&no=7523http://fr.wikipedia.org/wiki/Ousmane_William_Mbayehttp://mameyande.e-monsite.com/17


Festival Panafricain d’Alger - William Kleindimanche 13 Février - 16h30Festival Panafricain d’AlgerWilliam Klein, Algérie, 1969, couleur, 35 mm, 110 minSYNOPSISLe Festival Panafricain d’Alger, qui s’est tenu en juillet 1969, a donné lieu à un film produit parl’ONCIC. Et c’est William Klein, qui s’est chargé de donner une cohérence à un large matérielcomposé de prises de vues tournées par diverses équipes et d’archives de luttes anticolonialistesen Afrique. Le film se nourrit d’archives des luttes d’indépendance et d’entretiens avec des représentantsde mouvements de libération et d’écrivains africains. Parmi les artistes qui ont marquécette édition citons : Miriam Makeba, Archie Shepp (qui a brillé par ses improvisations free jazz encompagnie de musiciens traditionnels algériens), Choukri Mesli, Barry White, Manu Dibango, NinaSimone, Ousmane Sembène, André Salifou...William Klein suit les principales étapes du festival quifut qualifié d’« opéra du tiers-monde » à sa manière particulière : le spectateur est plongé au milieude l’action, particulièrement dans les images du défilé des troupes lors de l’ouverture du festival etcelles du saxophoniste Archie Shepp improvisant en compagnie de musiciens algériens. MiriamMakeba, l’icône du festival, est immortalisée par le réalisateur de Who Are You Polly Magoo, ledocumentaire la montre sur scène, répétant dans sa chambre d’hôtel en compagnie d’autresmusiciens. Le film montre aussi des images de l’exploitation coloniale des africains et des luttesd’indépendance des mouvements révolutionnaires en Afrique (FLN, MPLA, PAIGC, Frelimo, ANC).Le film s’ouvre sur les questions : « Qu’est-ce que l’Afrique ? », « Qu’est-ce que le Festival ? »,« Qu’est-ce que la culture ? ». Il se clôt avec l’affirmation « La culture africaine sera révolutionnaireou ne sera pas ».GéNéRIQUERéalisateur : William KleinProduction : ONCIC - Office National de l’Art et de l’Industrie Cinématographique18


William KleinPhotographe, peintre, cinéaste et graphiste, William Klein est un des artistes les pluscontroversés et les plus influents du 20 ème siècle. Né en 1928, il a grandi à Manhattan.En 1958, Klein tourne Broadway by light, sans doute le premier film pop, et au milieudes années soixante abandonne la photographie pour le cinéma. Parmi ses films lessagas des Supermen Noirs : Muhammad ali the greatest (1964-74) Eldridge cleaver blackpanther (1970) et The little Richard story (1980); des documentaires politiques : Loin duVietnam (1967) Le festival panafricain (1969) Grands soirs et petites mains (sur Mai 68);des longs métrages de fiction : Qui êtes vous Polly Maggoo ? (prix Jean Vigo 1967) MisterFreedom (1968) Le couple témoin (1976), fables corrosives sur les mythes idéologiques denotre époque. L’œuvre de William Klein des débuts jusqu’à aujourd’hui a marqué l’histoirede la photographie et influencé deux générations de photographes et de cinéastes.POUR ALLER PLUS LOINhttp://www.panafalger2009.com/FR/Cinema/Pages/WilliamKleinPanaf69.aspxhttp://salimbachi.wordpress.com/2009/12/08/festival-panafricain-dalger-un-film-mythique-de-william-klein/19


LES MALLES & Diplomate à la tomateSamba Félix NDIAYEmercredi 16 Février - 20h30LES MALLESSamba Félix NDIAYE, Sénégal, 1989, Couleur , Beta SP, 13 minSYNOPSISà Waxi Naan, une équipe de copains récupèrent des fûts métalliques qui servaientà transporter le goudron. Après les avoir nettoyés à la chaleur, ils les travaillent de manièreà obtenir des plaques de métal qui, une fois découpées et assemblées, deviendront des malles.Diplomate à la tomateSamba Félix NDIAYE, Sénégal, 1989, Beta SP, Couleur, 13 minSYNOPSISLe titre du film est le nom donné par les Dakarois aux valisettes de couleur rouge sanget noir qui se baladent partout au Sénégal et maintenant à travers le monde, y comprisaux États-Unis. C’est un exemple excellent de récupération qui a bien marché, en utilisantpour les fabriquer les boites vides de sauce de tomate. Aujourd’hui, on utilise aussi les boîtesd’aluminium de soda, bière et jus de fruits.GéNéRIQUEsRéalisation, scénario : Samba Félix NDIAYEPhoto : Long LEVMontage : Samba Félix N’DIAYESon : Alioune Badara CISSOKHOMusique : Ensemble instrumental de CasamanceProduction : Lev Long - Almadies Films (PARIS, France)Distribution : Les Fabriques de la Vanne20


Samba Félix NdiayeNé à Dakar le 6 mars 1945 et mort dans la même ville le 6 novembre 2009, est un cinéastedocumentariste sénégalais qui réalisa près de 25 films, depuis le début de sa carrièreau milieu des années 1970 jusqu’à sa disparition. Au-delà de sa notoriété nationale,il est considéré comme « le père du documentaire africain ».POUR ALLER PLUS LOINhttp://www.lussasdoc.com/etatsgeneraux/2001/sem_frag_ndiaye.php421


Apprenti de car rapide - Une vie en bleu et jauneCheikh Tidiane Ndiayemercredi 16 Février - 20h30Apprenti de car rapide - Une vie en bleu et jauneCheikh Tidiane Ndiaye, Sénégal, Wolof, sous-titré français, 2006, couleur, BETA SP, 31 minSYNOPSISLes cars rapides sont les autobus de fortune qui peuplent les rues étroites de Dakar.Entre pannes au milieu de la chaussée et accidents souvent mortels, les chauffeurset apprentis doivent faire preuve de beaucoup de sang froid.Ibou Diagne, apprenti de « car rapide », nous parle des difficultés de son métier, des pressionspermanentes dont il fait l’objet de la part des passagers, de son chauffeur et des rabatteursde clients appelés « coxeurs ».GéNéRIQUERéalisateur : Cheikh Tidiane NdiayePOUR ALLER PLUS LOINhttp://www.aps.sn/spip.php?article1885322


Râ, la réparatriceMamadou Kotiki Cissémercredi 16 Février - 20h30© Farafina Danbé ProductionsRâ, la réparatriceMamadou Kotiki Cissé, Mali, 2007, couleur, BETA SP, 26 minSYNOPSISC’est l’histoire de Râ, une jeune fille mère. Elle est fiancée et travaille en compagniede ses collègues garçons au rythme des saisons. Leur profession consiste à réparer les groupesélectrogènes dans une ville africaine en pleine explosion démographique où tout est presqueà créer dans des conditions très difficiles. Râ encadre aussi des jeunes garçons de 12 à 15 ans.GéNéRIQUEAuteur, réalisateur : Mamadou Kotiki CisséImage : Éric RivotSon : Yiriyé SaboMontage : Éric RivotProduction, diffusion : Farafina Danbé Productions23


Une affaire de nègres - Osvalde Lewatvendredi 18 Février - 19h00© les films du paradoxeUne affaire de nègresOsvalde Lewat, 2009, Cameroun, couleur, BETA SP, 90 minSYNOPSISCameroun 2000. En un an, le Commandement Opérationnel, une « unité spéciale » des forcesde l’ordre qui lutte contre le banditisme dans la région de Douala, fait disparaître impunémentplus d’un millier de personnes. Habitée par cette histoire terrible, Osvalde Lewat partà la rencontre des familles de victimes qui se battent pour savoir ce que sont devenusles disparus...« Ce film est universel et Osvalde Lewat nous parle du Janus qui est en nous autantque de son pays. » - Libération« Un documentaire qui se veut la mémoire de cette tragédie. » - le Figaroscope« Ce documentaire sobre et habile passionne. » - Télérama« Un film africain majeur questionnant la conscience citoyenne de chacun. » - Dvdrama« Le portrait impitoyable d’une société urbaine en Afrique au XXI ème siècle. » - Le MondeGéNéRIQUERéalisation, scénario : Osvalde LewatAssistant réalisation : Eloi Bela NdzanaImage : Philippe Radoux-BazziniSon : Antoine Mbesse Amougu, Edimo DikoboMontage : Danielle AnezinMusique : Rasyn**Co-production : AMIP-Waza ImagesProducteurs délégués : Xavier Carniaux, Elisabeth Marliangeas24


Osvalde LewatOriginaire du Cameroun, Osvalde Lewat a travaillé plusieurs années comme journalisteavant de réaliser des films documentaires. Avec son dernier film, Une affaire de nègre, laréalisatrice veut rompre avec le « déterminisme historique » qui mine l’Afrique en ouvrantune réflexion sur la démission de la société civile et la violence légale au Cameroun.Primée à de nombreuses reprises pour son travail, Osvalde Lewata été formée à l’école de journalisme de Yaoundé et à Sciences Po Paris.POUR ALLER PLUS LOINhttp://www.uneaffairedenegres.com/25


atlantiques - Mati DiopLES DAMNÉS DE LA MER - Jawad Rhalibsamedi 19 Février - 19h00Atlantiques,Mati Diop, Sénégal-France, couleur, Beta SP, 16 minSYNOPSISÀ la nuit tombée, autour du feu, Serigne, jeune dakarois, raconte à ses deux amis son odysséeclandestine, récit épique de la traversée de l’Atlantique. À commencer par Moonfleet et JamaicaInn, nous avons tous en mémoire ces contes de naufrageurs attirant les vaisseaux surles récifs pour qu’ils s’y brisent. Le gros plan des lentilles d’un phare tournant sur elles-mêmessur lequel s’achève Atlantiques, y fait immanquablement penser. Il n’y a pas de port derrièrece phare, seulement la nuit et l’eau glacée de la mort, le mirage d’une Europe où la survieserait plus aisée, mais inaccessible, ombre décharnée d’un Eldorado qui n’en est pas un,même si, comme toute puissance occidentale elle se nourrit de l’épuisement du tiers monde.Mati Diop, née en 1982, vit et travaille à Paris. Comédienne dans le long métrage de ClaireDenis Trente-cinq rhums (2009),elle collabore également par ses vidéos et créations sonoresà diverses mises en scène de théâtre à Paris, Oslo et Moscou. Elle réalise son premierdocumentaire 1000 Soleils en 2008, hommage au cinéaste sénégalais Djibril DIOP Mambéty,son oncle.GéNéRIQUERéalisateur : Mati DiopProduction : Fresnoy (Le)Montage : Nicolas MilteauSon : Sylvain CopansMusique : BentPRIX / FestivalFestival international de films de Femmes Créteil, 2010Cinéma du Réel, Paris, 2009Festival EntreVues, BelfortFestival International du Film Rotterdam. Tiger Award, Court métrage, 201026


LES DAMNéS DE LA MER,Jawad Rhalib, Belgique, France, Maroc, 2009, Couleur, Beta SP, arabe, français, 71 minSYNOPSISÀ Dakhla (extrême sud du Maroc), une des régions les plus poissonneuses du globe, des centainesde pêcheurs marocains, poussés par la raréfaction des ressources halieutiques plus au nord,s’entassent dans des tentes battues par les embruns. Mais leur quête d’une pêche miraculeuses’est transformée en un piège tragique. Faute d’autorisations, ces hommes sont condamnésà rester à quelques mètres du rivage et à attraper ce qu’ils peuvent tandis que, au large,des chalutiers étrangers, équipés de sonars haute technologie, pêchent allégrement des poissonsqui seront exportés vers d’autres continents.Jawad Rhalib est auteur, réalisateur et journaliste professionnel. Son film « El Ejido, la loi duprofit » sorti en salle en Belgique et en France a reçu plusieurs prix dont le prix du meilleurdocumentaire au Fespaco. Son long métrage documentaire « les damnés de la mer » sorti ensalle en Belgique.GéNéRIQUERéalisation : Jawad RhalibProduction : Latcho Drom, Arte, RTBF, Irène Productions, Clap d’Ort FilmsImage : Olivier PullincksSon : Khalid OudadessMusique : Hassan LaarousiMontage : Karima SaïdiPRIX / FestivalGrand prix au Festival International du Film Panafrican de Cannes.Prix du Public au prestigieux festival International du film Vision du réel - Nyon.Nomination aux Oscars Européens : European Academy Award.POUR ALLER PLUS LOINhttp://thedamnedofthesea.blogspot.comhttp://elejidothelawofprofit.blogspot.com27


en parallèle : ciné goûter - l’afrique s’animeDes courts-métrages & un conteur africainsmardi 6 Février - 15h00Burkina Faso / Côte d’Ivoire / Mali,3 courts-métrages - 45’ - films d’animation - DVD - VFLa Princesse Yennega châtie les ennemis de son père, aidée de son merveilleux cheval,Enigme d’Hivernage.L’enfant terrible parle, mange et marche le jour de sa naissance. Et il est méchant…Avec l’aide d’un cinéaste et d’un dessinateur, des enfants Abidjan créent le film d’animation,Les aventures de Gédé, qui raconte leur vie et leur ville.Animation : En 45 min, un conteur africain fait voyager vos petits dans un monde merveilleuxet coloré.à partir de 6 ansRéservation impérative : elodie.roinel@cna.etat.lu ; +352-52-24-24-56828


en parallèle : concert - balojivendredi 11 Février - 20h00 - opderschmelzbaloji - Le retour du sorcier du sens« I’m Goin Home…nakuenda », c’est ainsi que Baloji mettait un point final à « Hotel Impala »,une conclusion, qui sonnait plutôt comme une ouverture vers le futur pour ce Congolais néen 1978 à Lubumbashi, grandi dans la Wallonie en crise. « Là-bas, tu ne te sens pas tout à faitcongolais. Ici, tu ne te sens pas vraiment belge. » Voilà ce dont parlait ce disque, d’une quêted’identité à l’heure de la trentaine. Entre soul spirituelle et tambour de bouche, il y jetait l’encrenoircie au fil de ces années, sur tous les épisodes de sa vie.« Tout était préparé, rien n’était écrit, tout s’est improvisé ! » Une semaine durant,les musiciens du chaudron congolais vont donc défiler : un trio de balafons, des voix de toutescouleurs, conteur de mots ou tombeur de maux, toaster ou soul sister, le groupe ZaïkoLanga-Langa au grand complet, tout comme le Konono No 1 et ses likembés, l’ensemblela Grâce, une chorale au nom tout aussi prédestiné que celui de la fanfare La Confiance…La plupart soufflent sur des binious bricolés, retapés, scarifiés par l’usure du temps.à l’instinct, sur l’instant, dans le vif du sujet. à commencer par l’orchestre de La Katuba,un combo du nom de l’immense ghetto de Lubumbashi où vit la mère de Baloji.En fait un groupe d’afro-soul-jazz constitué sur place, qui va s’imposer tel le poteau mitanautour duquel les autres sont invités à tourner, retourner et détourner les bases rythmiqueset lignes mélodiques. Au final, ce retour à la case départ sonne comme un retour vers le futurpour Baloji.Prévente par internet : www.e-ticket.lu, www.luxembourgticket.luPOUR ALLER PLUS LOINwww.baloji.com29


30Textes & Entretiens


Entretien avec Ousmane William MbayeCinéaste, par Charles Malick Sarr« Les films sénégalais existent mais le cinéma est en panne »Aujourd’hui, malgré la crise que connaît le cinéma sénégalais avec la fermeture des salles,malgré l’absence de volonté politique, il existe de nos jours, à l’instar de Ousmane WilliamMbaye, des professionnels du 7 ème art qui croient en l’avenir de ce secteur. La preuve, Willycomme l’appellent ses proches, vient de réaliser son 9ème film Mere-bi, La Mère, un documentairede 55 min sur Annette Mbaye d’Erneville, la première femme journaliste au Sénégal.Dans cet entretien qu’il nous a accordé une semaine après la sortie du film, il revientsur le choix de son personnage, son combat pour le retour de certaines archives ainsi que lacrise que traverse le cinéma sénégalais malgré l’existence des films.Africiné : Vous venez de réaliser un documentaire sur la première femmejournaliste au Sénégal en la personne de Mme Annette Mbaye d’Erneville.Pourquoi un tel choix ?William Mbaye : Je voudrais d’abord souligner que la première dame journaliste au Sénégal est ma mère.C’est vrai que les gens me demandent souvent pourquoi ce choix. Je me l’explique tout simplement par uneproximité pour avoir vécu avec elle, l’avoir trouvée intéressante, dynamique, et ayant beaucoup contribuéà l’émancipation des femmes de ce pays. Autant, j’en dirais que c’est une grande actrice de la culture sénégalaise.Et à ce titre, le personnage en soi me paraissait intéressant, même si c’était ma mère. Il fallait s’yintéresser et aussi apporter un vibrant témoignage sur cette génération de personnes d’une manière générale,mais aussi de femmes parce que nos mères, je pense, ont mené beaucoup de combats que la jeune générationignore. Il est vrai que les jeunes savent que Annette Mbaye d’Erneville est une grande Dame mais ils nesavent pas pourquoi. Mais aussi comment elle a sacrifié des aspects de sa vie pour s’adonner à la culture, auféminisme. Donc, il y a cet aspect qui est objectif et il y a l’aspect subjectif qui est qu’elle est ma mère et quej’ai un peu d’admiration pour elle. Pour moi, c’est un exemple honorable.Vous avez évoqué des sacrifices que votre personnage a dû faire pours’adonner à la culture. Qu’en est-il exactement ?Je pense qu’elle en parle dans le film d’une manière assez biaisée. Je veux dire, quand on sacrifie son ménagepour des convictions professionnelles ou culturelles et non pas pour des convictions politiques, je penseque là c’est un grand sacrifice. Je pense qu’un divorce, c’est toujours un échec. Donc choisir l’échec pourpouvoir s’exprimer et exister, c’est un sacrifice. Je pense que ce n’est pas donné à tout le monde. Je veuxdire qu’aujourd’hui, on est dans une société où on apprend aux femmes à accepter n’importe quoi pourrester dans le ménage au risque d’aliéner ses propres convictions. Elle a choisi le journalisme, la culture etle mouvement des femmes. Ce qui fait qu’elle était obligée de voyager, de recevoir énormément. Beaucoupd’associations se sont créées chez elle. L’Association des écrivains Sénégalais (Aes) ainsi que la premièreAssociation des journalistes sont créées dans son salon. Donc, il y a aussi un manque à gagner par rapport àl’éducation de ses propres enfants. Cela aussi, ce sont des sacrifices. Je veux dire qu’on ne peut réaliser deschoses sans casser des œufs.Comment s’est déroulée la réalisation de ce documentaire ?Elle n’a pas été facile parce que ça m’a pris presque dix ans. Vous verrez même dans le film une image demon fils qui a quatre ans et qu’on retrouve à la fin à 18 ans. Donc, c’était un peu pour montrer le temps. Dupoint de vue du temps, ce n’était pas facile mais aussi du point de vue du concept, ça m’a pris du temps parcequ’au début, je savais que je voulais faire son portrait mais je ne savais pas comment on faisait un portrait.31


Et ce projet est venu avant Xalima, la plume et Fer et verre. Je construisais des images. Du point de vue dela production, le travail abattu n’était pas de tout repos. Dès le début, quand j’envoyais des dossiers dans lescommissions, on disait « Mais non ! il ne peut pas filmer sa propre mère, il ne sera pas objectif. Donc ce n’estpas la peine de le financer. C’est un truc familial ». Je vous assure que j’ai eu plusieurs refus au niveau de laproduction avant que les gens n’y croient. Là où ça a commencé à marcher, il y a deux ans, j’ai eu une aideà l’écriture du scénario. Avec un expert, j’ai fait le stage de 7 à 10 jours. Et après, j’ai redéposé le dossier etj’ai eu le minimum de la Commission de Fonds Images Afrique du ministère des Affaires Étrangères. Ce quia déclenché la fabrication finale de ce film.Lors de la projection destinée à la presse, vous déploriez la difficultépour vous cinéastes de vous procurer certaines images d’archives. Qu’enest-il exactement ?En faisant ce film, à un moment donné, j’ai eu besoin d’images d’archives de ma propre mère. Il y a uneémission dans le film avec Édouard Maunick sur la Francophonie. J’ai pris contact avec l’Institut NationalAudiovisuel en France (INA), et à ce niveau précis, ils m’ont d’abord prêté des images pour que je puissecaler dans mon montage en me disant : « Il faut payer les images ». Et il faut dire que les images coûtent3000 euros (Ndlr : 1.950.000 Francs CFA) par minute. Quand je me suis dit : « Ma propre mère, si je doisacheter ses propres images ! », j’ai commencé à avoir des problèmes. Après, j’ai cherché les images d’archivesde Mamadou Dia et de Senghor parce que ça été une phase importante de la vie de ma mère et je voulaisl’insérer dans le film. Là, je me suis dit que c’est impossible, je ne pouvais même pas en acheter. Donc, j’aiintéressé l’INA à la production et il a fallu une version de 1 h 20 pour convaincre l’INA. De 1 h 20, on estpassé à 55 mn et ils ont accepté le produit. Donc l’INA est coproducteur avec ses archives, l’étalonnage etle mixage. Si l’INA n’était pas coproducteur, je n’aurais pas pu mettre ces archives parce qu’il fallait payer.Et je n’avais pas beaucoup d’argent. C’est à partir de ce moment là que j’ai commencé à discuter avec leresponsable de l’INA. Je leur ai dit qu’il y a un phénomène très bizarre. Ce sont des archives sénégalaises,logiquement elles devraient exister au Sénégal et que nous cinéastes sénégalais et Africains devons avoir unaccès à ces images. Ils m’ont dit : « Il n’y a pas de souci, parce que l’Algérie et le Cambodge ont récupéré leursimages. Donc le Sénégal peut récupérer ses images à la seule condition qu’il y ait un local approprié pourconserver des archives et qu’il y ait un minimum de deux personnes pour le personnel. » Donc, je me suis ditque je vais en faire mon combat. Je vais convaincre les autorités sénégalaises de léguer un local adéquat pourdes archives, de payer deux personnes et que nous professionnels, nous fassions le reste. Je pense que c’estun combat noble. C’est inadmissible d’aller en France ou aux États-Unis pour trouver des archives de 62. Lesarchives de ma mère dans l’émission francophonie datent de 74. C’est mon prochain combat.Vu la situation du cinéma, croyez-vous gagner ce combat ?Oui ! Je crois plus à ce combat qu’au combat des structures. Je crois que c’est faisable parce que ça nedemande pas énormément d’argent. Au mieux, il s’agit juste de faire preuve d’une bonne volonté parce quesi on parle de production, à la limite c’est une ligne budgetaire assez énorme d’autant plus que le cinémacoûte cher. Comme je dis, le cinéma sénégalais est en panne mais les films existent. On vit un paradoxeextraordinaire parce que sous le régime du Président Diouf, on s’est battu pendant dix ans pour avoir destextes législatifs. En 2002, sous Wade, l’Assemblée a voté tous les textes et nous, nous croyions que le combatétait terminé et qu’enfin, nous allions pouvoir travailler. Mais en fait, nous nous rendons réellement compteque c’est là que le combat commence. Depuis 2002, il n’y a eu aucune application des textes. Il n’y a eu nonplus aucune structure cinématographique de production, de distribution ni d’exploitation. Il n’y a jamaisrien eu dans ce sens.Selon vous, où se trouve le problème ?32


Je pense qu’il manque une volonté politique parce que les textes législatifs existent. On devrait exiger auxmaires de construire des salles dans leurs communes. S’il y avait cette exigence, je pourrais croire qu’il ypût y avoir une volonté politique. La pire des choses, c’est qu’aujourd’hui, quand on a un scénario de longmétrage, on n’a aucune structure sénégalaise à qui s’adresser. Et tout le monde sait qu’en allant chercher del’argent ailleurs pour produire ses films, si on vient avec 20 % du budget de son pays, les autres nous prennentau sérieux. Mais si on vient avec 0 %, c’est selon leur volonté que le pacte de collaboration va s’établir.Vous parlez de volonté politique, mais ne pensez-vous pas que c’est à vousles professionnels du 7ème Art de relever le défi ?Non ! le ministère de la Culture doit organiser le cinéma. Il doit avoir un Centre national qui centralise.Maintenant, les privés peuvent monter des sociétes de production de films mais il faut qu’il y ait la carteprofessionnelle, il faut qu’il y ait le régistre et il faut qu’il y ait un centre national qui regroupe, qui gère et quidonne des facilités aux maisons de production. Je veux dire que quand le Président Diouf a voulu développerla pêche, il a exhonoré plein de matériels concernant la pêche. Quand on a voulu développer la musique, ona exhonoré le matériel de musique. ça a créé les studios, ça a créé les intruments. Il y a quelques années, iln’y avait pas de studios. Maintenant, il y en a plein. Je veux dire que quand on veut développer un secteur, ilest possible de le faire. Mais il faut qu’un ministère organise. Le ministère des finances et celui de la culturedoivent se concerter pour organiser le secteur de sorte qu’un privé puisse s’y intéresser.Pourtant la Direction de la cinématographie existe ?Oui, il y a la direction de la cinématographie, mais c’est juste un bureau. C’est vrai ! Je connais très bien leDirecteur de la cinématographie. Aujourd’hui, où déposer un scénario de long métrage qui coûte 1 milliardde Francs Cfa ? Nulle part ! Une structure qui a un comité de lecture qui a un comité financier, qui étudie lescénario qui étudie le budget, il y en a pas.Cela ne pouvait-il pas être le rôle de la direction de la cinématographie ?Ça peut être son rôle si elle est équipée dans ce sens pour ne pas créer de bureaux supplémentaires. Il suffitde la renforcer. Mais il faudrait que la direction eût un compte bancaire ou même dans le meilleur des cas,un lien avec les finances parce qu’elle peut avoir son comité de lecture qui donne un avis favorable, et parricochet, avalise un montant. Mais qui décaisse ? Quelle banque va décaisser ? Quand la Société Nationalede Production Cinématographique (Snpc) était créée, il y avait une banque qui était liée à elle. Je veux direqu’il y a tout un mécanisme financier à mettre entre la culture et les finances. Maintenant le Ministère dela Culture donne des subventions entre 300 mille et 2 millions. Même si cette subvention qui est peu est là,elle ne profite pas à tout le monde.Avec toutes ces difficultés, êtes-vous optimiste quant à l’avenir du cinémasénégalais ?Aujourd’hui, il y a une vingtaine de jeunes cinéastes qui font des films tous les ans. Ils se débrouillent entreeux, travaillent en collectif. Ils ne connaissent même pas le ministère de la culture. Ils ne savent même pasoù ça se trouve. Il n’y vont jamais. N’empêche, ils gagnent des prix, participent à des festivals. C’est vous direque la relève est là et qu’il y a des films sénégalais mais pas de cinéma sénégalais.Donc, les cinéastes bougent ?Oui, les cinéastes bougent, se débrouillent tout seuls. Mais il faut que l’Etat y mette sa main. Pas à cent pourcent, mais il faut qu’il s’implique.33


Pourtant il y a des associations des cinéastes qui sont là. Pourquoi ne mènentelles pas ce combat ?Je pense qu’on est pas assez nombreux. Je veux dire qu’il y a une association de cinéastes sénégalais. Lesjeunes ne veulent pas adhérer à cette association. Nous les anciens qui sommes membres, ne sommes pasnombreux. Or, il s’avère que dans notre pays, les révendications ne sont considérées comme justes quelorsqu’elles mobilisent le plus grand nombre. Je fais aussi un reproche au public car je n’ai pas encore vu desit-in à Dakar-Plateau pour dire qu’il n’y a plus de salles de cinéma. Les gens râlent dans les salons mais iln’y a aucune manifestation. On a l’impression qu’aussi bien l’État que le public manifeste une indifférencevis à vis du cinéma.Pensez-vous pas qu’aujourd’hui, l’avènement de la vidéo et d’autres supportsfont que le public ne réagit pas ?Non ! ça c’est un faux procès. La vidéo permet le contraire. Aller au cinéma, c’est une sortie. C’est commealler au restaurant. Logiquement quand il y a une salle obscure, tu fais ta sortie en famille ou avec tes copains.Et si le film t’a plu, tu cherches le DVD pour te le repasser chez toi. Donc l’histoire du DVD n’est pas vraie.C’est parce qu’il n’y a pas d’espaces. Aujourd’hui, si vous voulez aller au cinéma avec votre femme, si vousvoulez être en sécurité avec vos enfants ou avec un étranger qui vient vous voir, vous n’avez pas de salle.Aujourd’hui, il y a des jeunes âgés de quinze ans et qui ne sont jamais allés au cinéma. C’est un handicap.J’avoue que je ne crois pas à l’histoire de la vidéo.Propos recueillis par Charles Malick SARR34


De la démocratie en Afrique, interview de Osvalde Lewat« Une affaire de nègres », un titre volontairement ironique pour interpeller les consciences.Osvalde Lewat confronte le Cameroun à un pan tragique de son histoire et signe un documentaireremarquable, en salle le 23 septembre [2009].En 2000, les exactions commises par le Commandement opérationnel - une armée camerounaise créée pourcombattre le grand banditisme - ont fait des milliers de morts dans l’indifférence quasi générale. A l’heureoù l’insécurité laisse toujours entrevoir le risque de nouvelles dérives, Osvalde Lewat revient sur ce scandaled’état et bouscule les consciences. Un devoir de mémoire essentiel, défendu par une femme déterminée dontle courage et l’engagement dépassent largement la leçon de cinéma.Votre film semble relever d’une démarche très personnelle.Quelles ont été vos motivations pour le réaliser ?Quand le Commandement opérationnel a été instauré, je vivais au Cameroun et je n’ai pas vraiment faitattention. Ce n’était à mes yeux qu’un décret de plus qui avait été voté. Lorsque la presse a commencé àdénoncer ses exactions, je n’y croyais pas vraiment, on était nombreux à avoir un regard très distancié parrapport à ce qu’il se passait. Mais quelques années après mon départ du Cameroun, j’ai rencontré un parentdont le fils avait été abattu devant ses yeux. Alors tout a changé pour moi. Je me suis demandé commentj’avais pu ne pas me rendre compte de ce qu’il s’était passé. Ça m’a intriguée. Face à cette indifférence quiavait été la mienne comme celle de 95 % de la population au Cameroun, je me suis posé la question de savoirpourquoi je n’étais pas de cette minorité qui avait protesté. J’ai donc voulu faire un film là-dessus. Un filmpour comprendre comment cela avait pu durer un an dans l’indifférence quasi générale.Lorsque vous avez décidé d’entreprendre le tournage, pourquoi avoircaché à vos proches que vous alliez sur le terrain avec une caméra ?J’ai refusé de penser à un potentiel « danger », même si je ne pouvais pas l’occulter complètement. Lorsquej’ai commencé à en parler autour de moi, notamment à ma famille et à mes proches, il y a eu un petit ventde panique. Effectivement, pour les rassurer, j’ai dit que je laissais tomber. Mais je savais au fond de moi que,quels que soient les risques pris, ils seraient peu de choses à côté de ceux que prenaient les personnes quivivaient au Cameroun, qui avaient accepté de participer au film et qui me faisaient confiance. Et puis, quereprésentait ma propre vie par rapport à celle, volée, de milliers de personnes ? J’avais le sentiment que sije ne réalisais pas ce film-là, cela aurait été un compromis beaucoup trop grand avec moi-même. Je n’auraispas pu l’assumer.Avez-vous subi des pressions pour vous empêcher de filmer et de diffuservos images ?J’ai pris beaucoup de précautions en amont. On tournait rapidement dans une semi-clandestinité, je n’ai pasdemandé d’autorisations. On faisait des copies, on a trouvé des astuces pour sortir les images du pays, maisje n’ai pas subi de pressions à proprement parler pendant le tournage. Par contre, quand le film a commencéà être diffusé dans les festivals et à recevoir des prix, la presse camerounaise en a parlé et j’ai reçu des coupsde fil de membres du gouvernement. Ce n’était pas pour me menacer, mais ce n’était pas pour me féliciter oum’encourager. Ils essayaient simplement de me faire culpabiliser. Je me suis entendu dire des choses comme :« Mais comment tu peux dénigrer ainsi ton pays ? », « Ce n’est pas patriotique ».Le film a-t-il été projeté au Cameroun ?Il a failli être projeté en juin dernier dans un festival. Le programmateur m’avait assuré qu’il le montrerait35


mais il l’a déprogrammé la veille de l’ouverture. Il a expliqué à mes producteurs qu’il avait subi beaucoup depressions de la part des autorités politiques et militaires. Je continue à espérer que le film soit montré. Il estessentiel que les Camerounais se confrontent à leur histoire.à la fin du film, vous réalisez un micro-trottoir inattendu, qui bouleversetotalement notrepoint de vue sur le problème…Quand j’ai commencé ma recherche sur le film, j’avais une vision très manichéenne des choses. Il y avaitdes victimes, les familles des victimes et l’« unité spéciale », autrement dit les bourreaux. Et rapidement, jeme suis rendu compte que la frontière n’était pas aussi étanche, que les familles avaient parfois dénoncé desvoisins, que les victimes avaient été des bourreaux et vice-versa… Mais en discutant avec des passants dansla rue et avec ma famille, tout le monde me disait que face à l’insécurité actuelle à Douala, il faudrait que leCommandement revienne. J’avais un peu de mal à comprendre. Je voulais raconter le drame et soulever lesquestions de politique et de démocratie, essentielles en Afrique. Quel sens donne-t-on à ces mots ? Quelleest l’importance de l’engagement individuel ? Et surtout, je souhaitais souligner l’absence de consciencecitoyenne et montrer que les questions de sécurité ne sont pas simplement circonscrites en Afrique. Quandon voit ces témoignages à la fin du film, on se rend compte que tout le monde veut la sécurité.Le film revêt donc une portée beaucoup plus large que l’exemplecamerounais.Exactement. Ces témoignages montrent tout le chemin laborieux qu’il reste à parcourir pour renverser l’opiniondominante selon laquelle la réponse à la sécurité est la répression, la violence d’état.Le moteur de cette tragédie semble être l’injustice. Qui est responsable ?L’Etat ? Les citoyens ? On imagine que les torts sont partagés…Tout à fait. Je voulais aussi montrer que quelque part, on a les dirigeants que l’on mérite. Dans le microtrottoirque j’ai réalisé, un seul personnage s’insurge et apporte une réponse dissonante. Mais cela correspondà la réalité : 99 % des interrogés souhaitaient le retour du Commandement. C’est terrible.Vous avez conservé au montage les photos des corps mutilés. Jugiez-vousnécessaire de confronter le public à l’horreur ?C’est une question que je me suis posée. Dois-je montrer ces images, représenter cette violence de façon aussicrue ? Moi-même, à l’époque, j’avais eu du mal à croire que le Commandement opérationnel avait existé.J’avais eu besoin de voir ces images, de quitter les discours pour me confronter à la réalité. Il était importantqu’à un moment nous puissions nous figurer ce qu’était le Commandement opérationnel. J’ai sélectionné lesphotos qui étaient, à mon sens, les moins heurtantes. Mais je crois que cela produit un choc dans la linéaritédu film. Quand on écoute les témoignages, on s’installe…Vous avez choisi de montrer les photos dans le silence…Voilà, elles arrivent de manière très abrupte. Je n’aime pas beaucoup le racolage émotionnel avec la musiqueen arrière-fond venant titiller les glandes lacrymales. Les photos se suffisent à elles-mêmes. C’est une formede violence que je voulais faire ressentir.On sent un soin porté à la photographie. Vous vouliez mettre en valeurla beauté de l’Afrique malgré ce sujet difficile ?Je n’ai pas particulièrement tenu à esthétiser l’image, mais je souhaitais filmer l’Afrique que je connais, danssa complexité, avec ses blessures mais aussi sa beauté, ses belles lumières naturelles. Je n’ai quasiment pas36


utilisé de lumière artificielle. Je voulais que le spectateur puisse voir et ressentir ce que je connais du continent.Si j’ai réussi, tant mieux. Mais il est important de dire que si je critique le Cameroun et l’Afrique demanière globale, c’est parce que je pense que les choses peuvent aller différemment. Je crois que l’on disposedes ressources nécessaires pour faire évoluer la situation.Cette évolution passe-t-elle par le développement du système éducatif ?C’est complexe. Le Cameroun possède l’un des taux d’alphabétisation les plus élevés d’Afrique. Des gens sontformés brillamment et n’ont pas de perspectives parce qu’ils n’en ont pas l’opportunité. Réaliser ce film, c’estmontrer que la ressource humaine existe, qu’il faut rompre avec les attitudes du passé, avec le déterminismehistorique. On me demande souvent pourquoi je ne mets pas en avant les problèmes engendrés par la colonisation.Effectivement, je ne peux pas nier l’emprise internationale sur les intérêts du continent, mais quisigne les contrats affaiblissant la population ? Ce sont les gouvernements africains. Si nous prenons davantageconscience des difficultés que nous vivons, les choses peuvent changer. J’espère que ce film pourra être vuau Cameroun car forcément, c’est un miroir qui peut faciliter notre autocritique.Et vous-même, quel bilan personnel tirez-vous de cette expérience ?On réalise à quel point nos petites vanités sont insignifiantes par rapport à ce qu’il peut se passer ailleurs.Concernant « Une affaire de Nègres », ma conclusion serait qu’il faut résister à l’injustice. Même si ce n’estque d’une seule voix, il ne faut pas avoir peur qu’elle soit dissonante. Malgré les critiques, j’assume totalementce que j’ai fait. Si c’était à refaire, je le referais. Psychologiquement et intellectuellement, on y laisseune part de soi. C’est difficile de vivre avec la souffrance des autres. Que peut changer un film ? La réalité ?Je ne pense pas… Modifier le quotidien de certaines personnes ? Peut-être, mais je n’en suis même pascertaine… Ce n’est qu’une pierre ajoutée à un édifice en construction, une pierre que chacun doit apporter.Quelle qu’elle soit.Propos recueillis par Nicolas Baisez pour Evene.fr - Septembre 200937


à propos de « Râ, la réparatrice »Après le court métrage « Wassaden », le réalisateur malien Mamadou Kotiki Cissé vient de terminer sondeuxième court métrage intitulé « Râ, la Réparatrice ». Le 21 mai 2008, le Centre culturel français de Bamakoa abrité l’avant-première de ce chef d’œuvre qui a déjà été nominé dans huit festivals à travers le monde.« Râ, la réparatrice » est le tout nouveau film de Mamadou Cissé, communément appelé Vieux. C’est unfilm documentaire de création de 26 minutes qui plonge les téléspectateurs dans le quotidien de RamataCoulibaly, réparatrice de groupes électrogènes. Râ pour les intimes, Ramata Coulibaly est une jeune fille de25 ans, fiancée et mère d’un enfant. Contrairement aux habitudes installées chez nous, elle a décidé d’exercerun métier qui, pour beaucoup, est réservé aux hommes. C’est après la classe de la 9ème année de l’écolefondamentale que la jeune Ra a été piquée par le virus du métier de réparatrice de groupes électrogènes.Encouragée par sa mère, à un moment où son père était hésitant, Râ, avec beaucoup de courage, s’est mise àapprendre le métier qu’elle souhaitait exercer. L’amour du métier aidant, l’apprentissage fût de courte durée.Et depuis, dans une rue très mouvementée de Bamako, la jeune fille qui exerce un « métier d’homme », encompagnie de ses collègues garçons, impressionne plus d’un passant. Mamadou Kotiki Cissé est tombé sousle charme de cette jeune dame qui a rompu avec les habitudes. « Quand j’ai vu Râ pour la première fois,il m’est venu à l’idée de porter sa vie sur le grand écran. ça n’a pas été facile. J’ai pris une année pour laconvaincre et la réalisation du film a pris trois ans », a indiqué le réalisateur.à la cérémonie de grande première, il a révélé que le film Râ, la réparatrice a été réalisée dans ces conditionsdifficiles, dues essentiellement à un manque de soutien à la production cinématographique au Mali. Pourla réalisation de son film, il dira qu’il a sollicité, par deux fois, sans succès, le concours du programme desoutien aux initiatives culturelles. « Pour mon film, nous avions envoyé 128 courriers au Mali et à l’extérieurpour solliciter des concours afin de le réaliser dans les conditions professionnelles acceptables », a-t-il révélé.Avant de remercier ceux qui ont bien voulu lui faire confiance. En cette période où le cinéma malienrecherche ses marques de noblesse, le film de Mamadou Cissé est en train de défendre le fanion malien dansplusieurs festivals à travers le monde. En août 2007, il a été nominé aux états généraux du film documentairede Lussas en France. En septembre 2007, le film était présent au 11ème festival d’Ismaila en Égypte et ennovembre de la même année, il était au 24ème festival documentaire de Kassel en Allemagne, au festival« Doc en courts » à Lyon en France et au 48ème festival dei Popoli en Florence en Italie. En avril 2008, ilfut nominé au 4 ème festival de Aljazeera de Doha au Qatar et Vues d’Afrique à Montréal au Canada. En juin2008, le film sera à Accra au Ghana dans le « Real life documentary festival » et au 11ème festival du film deBrooklyn à New York aux Etats-Unis.Assane Koné38


Samba Félix Ndiaye, l’empreinte d’un maîtredu documentaireLe réalisateur et scénariste sénégalais Samba Félix Ndiaye, décédé vendredi 06 novembre à l’âge de 64 ans,laisse une œuvre d’une grande richesse, essentiellement constituée de films documentaires, dont chacunconstituait pour lui un moyen de témoigner sur les résistances de l’homme et de donner sa vision du monde.Se considérant, en même que d’autres artistes, comme un « privilégié », Ndiaye avait la conviction profondeque le cinéma est un art qui permet de « faire voir le Sénégal d’aujourd’hui, l’Afrique et la place de cecontinent dans le monde ». « C’est à partir de nous, de ce que nous sommes, de ce que nous savons, quenous pouvons témoigner du monde. Moi le cinéma que je fais c’est ça », disait-il en décembre 2008, lors dela première édition du Festival du Film de Dakar (FIFDAK 2008) dont il était le parrain. Il ajoutait : « Mêmesi ça a l’air d’être contre, même si ça a l’air d’empêcher de tourner en rond, je ne dis que ce que je sais etce que je crois et ce que je vois en l’humain. Mes amis sont en Papouasie, en Australie. Ce sont des gens quifont un cinéma qui me parle ».Samba Félix Ndiaye s’est acquitté de cette tâche avec passion, rigueur et générosité, s’attachant à mettrel’accent sur le devoir de mémoire, le respect des cultures et des traditions, les résistances face aux traversd’une certaine modernité Né le 6 mars 1945 à Dakar, Samba Félix Ndiaye s’est passionné dès l’adolescencepour le cinéma en fréquentant régulièrement le cinéclub du Centre culturel français de Dakar. Il gardait dessouvenirs très précis du tournage à Dakar de « Liberté I », film franco-sénégalais réalisé par Yves Ciampi en1962 et retraçant l’histoire de Dakar à cette époque. Ce fut le premier déclic. « Liberté I » a été l’une despremières grosses productions tournées en Afrique au Sud du Sahara avec des comédiens noirs. « J’avaisvu des films mais je ne savais pas comment ça se fabriquait. Cette ambiance m’a donné envie », expliquaitSamba Félix Ndiaye qui, avec Ben Diogaye Bèye, Moussa Bathily, Djibril Diop, Mahama Johnson Traoré,faisait partie de ce groupe des « enfants terribles ». Il se souvient : « On avait un ami qui s’appelait Michel, quitravaillait au Centre culturel français et qui réparait les films en 16 mm, même les films qu’on ne voyait pasen projection. Quand Michel les restaurait, on venait derrière la visionneuse et on regardait ce qui se passait».« Et comme la visionneuse était lente, poursuit le cinéaste, les plans étaient décomposés, on avait commencéà comprendre comment ça se fabriquait. Nous n’avions jamais été à l’école de cinéma et on a commencé àavoir des envies de faire des films. »Au Cinéclub réservé aux ressortissants français, chacun de ces jeunes sénégalais s’approprient un cinématrès personnel. Samba Félix Ndiaye, lui, se passionne pour le néoréalisme italien. À la faveur des événementsde Mai 1968 à Dakar, ces « enfants terribles » brûlent le Centre culturel français, « le lieu le plus intéressant »qui était à leur portée et leur permettait de voir des films. Ils se sont alors approprié le cinéclub et ontcommencé à présenter les films qu’ils voulaient avec le regard qu’ils avaient sur le monde. « Ensuite, il arrivequ’on tombe sur deux merveilles : « Borom Sarrett» de Sembène Ousmane (1963), « Et la neige n’était plus »d’Ababacar Samb (1965). Bien entendu quand vous êtes jeunes et que vous savez que dans votre pays, il ya des grands frères qui tournaient, ça marque. Samba Félix Ndiaye et ses amis n’avaient pas fait d’école decinéma. Convaincu qu’on ne peut pas réinventer l’académie, même si on peut voir des films et avoir l’enviede faire du cinéma, il se décide à aller apprendre les règles élémentaires : le montage, comment on passed’un plan à un autre, etc.Il prend alors le bateau pour Seine-Sur-Mer où se trouvent ses grands-parents. Là, ilentend parler de l’Université Paris VIII, qui ressemblait au Centre expérimental de Rome. Lui, le passionnéde néoréalisme italien, s’y inscrit. Il y reste sept ans, réalise « Perantal » (1974), un documentaire sur lesmassages apportés aux nourrissons, qui le révèle sensible au respect des cultures et des traditions. À uneépoque où ce genre n’était pas en vogue, il opte pour le documentaire, « cette partie du cinéma qui restaurele cinéma dans son apathie, dans ses aspects les plus serrés, très studio ». Entre 1974 et 1977, Samba FélixNdiaye enseigne. Il a eu les Sénégalais Ousmane William Mbaye1 et Mansour Sora Wade comme étudiants.Samba Félix Ndiaye avouait dans ses discussions qu’il a eu deux maîtres qui l’ont marqué : « Le premier, jeme suis bagarré avec lui jusqu’avant sa mort, c’est Jean Rouch. Rouch m’a appris énormément de chosesen étant contre. Et Jacques Rivette m’a appris des choses en douceur » La conception du documentariste39


sénégalais était claire. « Ce qui m’intéresse dans le cinéma, c’est de pouvoir - dans la situation dans laquellele monde est - dire juste ce qui m’empêche de dormir, c’est-à-dire les questions qui me traînent dans la tête.Comment va le monde ? Comment va l’humain ? Pas seulement le Sénégal, mais l’Afrique et le monde ».Dès lors, Samba Félix Ndiaye s’est évertué dans sa démarche à observer pour « témoigner d’une résistance ».Après « Perantal », il réalise « Geti Tey- La pêche aujourd’hui » (1978), sur la pêche artisanale, la série de cinqfilms intitulée « Le Trésor des poubelles » (1989), qui évoque avec maîtrise l’art de la récupération. Il y adans cette série « Aqua » (sur les aquariums), « Diplomate à la tomate » (des valisettes faites à base de boîtesde sauce de tomate), « Teug » (des ustensiles avec l’aluminium de moteurs), « Les Chutes de Ngalam » (lesrejets de poussière par les bijoutiers), « Les Malles » (des fûts métalliques transformés en malles). C’est dansle même cadre des résistances africaines qu’il faut placer « Amadou Diallo, un peintre sous verre » (1992),« Dakar-Bamako » (1992). En 1994, il réalise « Ngor, l’esprit des lieux » (présenté au Fespaco en 1995), un filmqui témoigne de la force de la résistance d’un village face aux assauts d’une certaine modernité. Samba FélixNdiaye s’introduit dans l’intimité pour montrer les ressorts de cette résistance. Il a aussi réalisé « La Confrériedes Mourides » (1976, film inachevé), « Pêcheurs de Kayar » (1977), « La Santé, une aventure peu ordinaire »(1986), « Cinés d’Afrique » (1993), « Lettre à l’œil » (1993), « Un fleuve dans la tête » (1998), « Lettre à Senghor »(1998), « Nataal » (2001), « Rwanda devoir de mémoire » (2003), « Questions à la terre natale » (2007).Il n’est pas que réalisateur : il a produit ses films ainsi que « Dial-Diali » (réalisé par Ousmane William Mbaye,1992) avec sa société Almadies Films. Samba Félix Ndiaye estimait que « la résistance est égale à la force quiest manifeste ». Pour lui, un cinéaste « n’est pas quelqu’un qui attend que les choses lui tombent dessus ».Aux jeunes cinéastes sénégalais qui suivaient sa Leçon de cinéma, il disait : « Faire du cinéma c’est un métier.C’est-à-dire que vous vous réveillez, vous vous couchez avec l’idée que c’est votre métier qui doit être l’armela plus intéressante pour témoigner. Vous ne dites que ce à quoi vous croyez et ce que vous êtes. Personne nepeut vous tuer pour ça ». Dans un contexte où le documentaire n’était pas en vogue, il opte pour ce genre, exprimantavec talent sa vision de ce que doivent être l’histoire, la culture, les arts, les rapports que les hommespeuvent avoir entre eux. Ce cinéaste qui avait effectué des études de droit et de sciences économiques àl’Université de Dakar, préférait le réel en entrant en amour avec les gens qu’il filme avec leur permission.D’où les relations qui se tissent en dehors des films.Au vu de son œuvre, d’une qualité cinématographique certaine, il a eu raison de se spécialiser dans ce genrequi demande exigence, attention et humilité. Il en est devenu l’un des meilleurs spécialistes à travers lemonde, en témoignent les nombreux messages de sympathie reçus à Dakar après l’annonce de son décès. Aucœur de la démarche artistique de Samba Félix Ndiaye se trouve un discours sur le réel, une construction héritéede l’éducation que lui a inculquée sa grand-mère, sa « philosophe préférée ». «Et je me rends compte queplus je vieillis, plus je filme par rapport à ce qu’elle m’a appris quand j’étais tout jeune, expliquait le cinéastelors de la première édition du Festival International du Film de Dakar (1er FIFDAK, décembre 2008). Lamanière dont je regarde le monde, la manière dont je parle avec les gens, la manière dont je fais mon cinémaappartiennent en grande partie à ce que ma grand-mère m’avait enseigné tout jeune. »Pour Samba Félix Ndiaye, le cinéma a été un outil pour dire sa vision du monde. Même s’il considérait que« ce n’est pas le support qui est important mais ce qu’on met dedans, la réflexion qui permet qu’on filmed’une certaine manière », il a réussi, avec talent, sensibilité et générosité, à allier la qualité de la démarcheà la profondeur de la réflexion.Aboubacar Demba Cissokho1 Cf « Mère-Bi la mère », projeté dans le cadre du Festival PlayDoc#140


Mati Diop : « Mon film n’a de sens que s’il est vu »La réalisatrice d’Atlantiques, court-métrage documentaire en compétition au festival EntreVues [en 2009],évoque son passage belfortain et le propos fort pertinent, de son film.Le propos de votre film, un homme qui souhaite quitter son Afriquenatale pour tenter sa chance en Europe, trouve une résonance particulièredans la politique d’aujourd’hui. Quelles étaient vos intentions avant detourner le court-métrage ?L’intention première était de donner la parole à quelqu’un. Il ne s’agit pas d’une analyse géo-politique, maisde donner la parole à quelqu’un qui s’est réellement confronté à la mer et à ses dangers. Qu’est-ce qui pousseun jeune homme de 20 ans à quitter sa famille et son pays pour se mesurer aux éléments ? Je voulais aussifaire un film qui tranche avec ce qu’on entend partout, toutes ces choses réductrices qu’on entend, en nefaisant pas des jeunes Africains des victimes, mais en mettant l’Afrique au centre d’un sujet de fiction. Cefilm n’a de sens que s’il est vu, si on en discute.On sent dans ce film quelque chose d’intime. D’ailleurs, un certain AlphaDiop apparaît au générique ?Le tournage s’est passé rapidement. Sarigne, le héros du film, est le meilleur ami de mon cousin (Alpha Diop)à Dakar. Je lui ai proposé l’idée, et deux heures après nous sommes partis en voiture. Tout s’est bien passé,nous avons été dans un endroit pour tourner. Nous avions une lumière électrique pour l’éclairage, mais trèsvite, une panne est survenue. C’est là que nous avons eu l’idée du grand feu. Après, Sarigne a fait le reste, ils’est raconté. Je ne l’avais jamais vu comme ça avant. Il s’est vraiment livré.41


Afrique 50 de René Vautier« Le plus grand film de l’histoire du cinéma, c’est Afrique 50 » (Nicole BRENEZ)Histoire du filmEn 1949, la Ligue de l’enseignement propose à René Vautier de réaliser un film montrant « comment viventles villageois d’Afrique occidentale française ». Ce film est destiné à être montrer aux élèves des collèges et lycéesde France. En accompagnant une équipe de routiers éclaireurs de France, il doit ramener des images surla réalité africaine, puis en faire un montage. Vautier arrive donc en Afrique à 21 ans, sans idées préconçues.Cependant, de son périple africain, sortira le premier film anticolonialiste français.Sur le sol africain, Vautier est accompagné par le gouverneur. Ce dernier tend à conseiller à Vautier de filmerles ananas du jardin de l’Office du Niger, alors que le documentariste était plus intéressé par les galériensnoirs qui manoeuvraient à bras les vannes d’une écluse d’un barrage qui alimentait en électricité les maisonsdes blancs, mais pas le barrage : les Nègres coûtent moins cher... Vautier est révolté par le vrai visage dupouvoir colonial. Pendant près d’un an, en partie accompagné par Raymond Vogel, il parcourt le Mali, laHaute Volta, la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Burkina Faso.Les bobines sont ramenées par petits bouts, par des amis africains qui rentrent en France. De retour enmétropole, Vautier les amènent à la Ligue de l’Enseignement, mais la police est là pour saisir les négatifs. LeMinistère de l’Intérieur les développe. Alors qu’il doit reconnaître avoir filmé chaque bobine, Vautier arriveà subtiliser 21 bobines (sur 60) en présence de policiers. Vautier fait le montage, puis la sonorisation en directlors de la projection du film, en face du bureau du policier chargé de le saisir !La diffusion du film ? militante !Le film a donc été monté et sonorisé, mais il n’existe pas, puisque c’est le Ministère de l’Intérieur qui estcensé être en possession de toutes les bandes. Des copies sont tirées grâce à la complicité de la société Tirage16. La première diffusion a lieu à Quimper, dans la salle du gymnase municipal, d’autres suivent à Brest,Lorient... puis dans toute la France par l’intermédiaire des mouvements de jeunes. Entre 600 et 700 000personnes ont probablement vu ce film, lors de sa « sortie ».Ce que montre ce filmAfrique 50 est une invitation à suivre Vautier lors de son périple africain ; dès la première phrase, la présencefrançaise en Afrique apparaît autoritaire : « Les seuls blancs qui sont entrés avant toi dans ce village sont oubien l’administrateur qui venait prendre l’argent pour l’impôt ou bien le recruteur qui venait prendre leshommes pour l’armée ». Voilà qui annonce le ton du film. Puis, le spectateur est invité à suivre les enfantsnoirs dans leur village. Pour chaque élément, Vautier dit la réalité tel qu’il aurait dû la représenter pour laLigue, mais à chaque fois, il montre ce qui se cache derrière cette réalité. Par exemple, les enfants semblentinsouciants lorsqu’ils jouent ou se baignent dans le Niger, « mais que feraient-ils d’autre ? Il y a place dans lesécoles d’Afrique Noire pour 4 % des enfants d’âge scolaire, juste le pourcentage suffisant pour que l’administrationait des greffiers et les compagnies coloniales des comptables. »Le réalisateur s’intéresse ensuite à l’oppression française : « Regarde ce qui guette les villages africains (...) Iciune enfant de sept mois a été tuée, une balle française lui a fait sauter le crâne (...) en notre nom à nous, gensde France ! (...) Des noms de villessonnant aux Africains comme des Oradours... » Voici en quelques lignesquelques éléments apportés par Vautier dans son film.42


Festival Panafricain d’Alger, par Olivier HadouchiGenèse et contexte du filmParfois désigné sous le diminutif de « Panaf » ou l’appellation, plus polémique, de « Premier Festival Panafricain» (nous verrons bientôt pourquoi), le Festival Panafricain d’Alger, qui s’est tenu en juillet 1969, a donnélieu à un film produit par l’ONCIC (institution étatique du cinéma algérien inspirée de l’ICAIC cubain). Etc’est William Klein qui s’est chargé de donner une cohérence à un large matériel composé de prises de vuestournées par diverses équipes et d’archives de luttes anti-colonialistes en Afrique.En 1967, le cinéaste et photographe avait participé au film collectif Loin du Vietnam (coordonné par ChrisMarker), en compagnie notamment de Godard, Resnais, Varda. Sans oublier un certain nombre de techniciensengagés (la monteuse Jacqueline Meppiel, les opérateurs Pierre Lhomme, Bruno Muel et Yann LeMasson, l’ingénieur du son Antoine Bonfanti, Harald Maury…) qui se mobilisèrent pour mettre leurs compétencestechniques au service des luttes ouvrières dans les films des groupes Medvekine et de la décolonisationafricaine, via Festival Panafricain. Ce film réunit une équipe internationale, avec notamment des cinéastes etdes opérateurs algériens (parmi eux : Slimane Riad, Ahmed Lallem, Mohamed Bouamari, Ali Maroc, NasserEddine Guénifi…) ou le documentariste québécois Michel Brault. Et Sarah Maldoror, une des rares cinéastes(avec Mario Marret, Tobias Engel) à avoir rapporté des images des luttes de libération d’Afrique lusophone,par le biais de la fiction ou du documentaire (Sambizanga, des fusils pour Banta, film non terminé, dont lesbobines sont restées en Algérie suite à un différend), en évitant les discours grandiloquents. Nul doute qu’àl’image des autres participants, William Klein se sentait solidaire des luttes anti-impérialistes en Afrique,un continent qui ne s’était pas encore débarrassé du colonialisme portugais, du régime de l’apartheid danssa partie sud, et demeurait vulnérable dans un système mondial lui laissant peu de marge de manoeuvre.Sensible aux luttes des Afro-américains dans son pays d’origine, les Etats-Unis, puisqu’il tournera EldridgeCleaver Black Panther lors de son séjour en Alger, où le dirigeant s’était réfugié.Quant à l’institut algérien de production, il témoignait ainsi de sa solidarité avec les mouvements de décolonisationsafricains, par le biais du festival et du film qui en découle, dans la lignée de sa politique étrangèreaxée sur l’aide aux mouvements de décolonisation, doublé d’un panafricanisme visant à se démarquer dela politique de Senghor, jugée trop dépendante des grandes puissances européennes. D’où l’offensive contrele courant de la « négritude » associée au poète président (l’auteur d’Une saison au Congo est généralementépargné). L’intitulé même de « Premier Festival (culturel) Panafricain » est un camouflet adressé au « FestivalMondial des arts nègres » organisé en 1966 au Sénégal. En 1969, plus de mention d’une quelconque« négritude » dans l’intitulé. Place à la culture qui se veut révolutionnaire, moyen de mobilisation, vecteurde conscientisation, d’agitation, d’esprit critique contre les séductions de l’ennemi ou l’adversaire, supportd’encadrement. Une telle conception associant l’art et l’engagement a tour à tour suscité un sentiment derejet ou un réel espoir, tout dépend de la manière dont s’exprime ce rapport. Pour donner un exemple pluslointain, souvenons-nous des positions antagonistes des poètes de la Résistance française et de celles d’unBenjamin Péret (Cf. Le déshonneur des poètes).Les leaders politiques conviés à s’exprimer dans Festival Panafricain d’Alger, étaient à la fois engagés dansune lutte contre le colonialisme portugais et dans les questions culturelles : citons Amilcar Cabral (PAIGC,Guinée Bissau et Cap Vert), Agustinho Neto (MPLA, Angola), Mario de Andrade, des militants ANC (Afriquedu Sud). Le poète et militant révolutionnaire (à l’époque) René Depestre, apparaît la même année dans unchef d’œuvre du cinéma cubain, Mémoire du sous-développement de Tomas Gutierrez Alea, et dans FestivalPanafricainUn film pluriel : culture et politiqueLa fin des années 60 voit l’émergence d’un cinéma d’auteur engagé et inventif à l’échelle mondiale et dans letiers monde. Avec deux iconoclastes au Sénégal, Ousmane Sembène et Djibril Diop Mambéty, un groupe de43


cinéastes brésiliens réunis sous la bannière du « cinéma novo » (Ruy Guerra, Glauber Rocha, Joaquim Pedrode Andrade, Nelson Pereira Dos Santos), tandis que trois chefs d’œuvres sont tournés entre 68 et 69 : Lucía(de Humberto Solás), La première charge à la machette (Le Primera carga al machete de Manuel OctavioGómez) et Mémoires du sous développement (Memorias del subdesarollo de Thomas Gutierrez Alea qui sefera à nouveau remarquer avec Fresa y Chocolate de deux décennies plus tard), en plus des documentairesde Santiago Alvarez qui redécouvre les possibilités du montage (Godard lui dédiera un volet de ses Histoiresdu cinéma). Contre la guerre du Vietnam, l’essai filmé, le documentaire d’intervention trouvent un secondsouffle avec Loin du Vietnam déjà cité, Hanoi Martes, 79 Primaveras de Santiago Alvarez, jusqu’aux Etats-Unis (Winter Soldier de ou Year of the Pig d’Emile de Antonio).Un film synthétise parfaitement l’ébullition de ces années-là, c’est La hora de los hornos (L’heure des brasiers)de Fernando Solanas. Il existe bien entendu des influences communes, des échanges entre diversespratiques, des propositions antérieures demeurées vivantes au sein de la constellation du film militant (desavant-gardes soviétiques à Loin du Vietnam en passant par L’Aube des damnés de Rachedi avec un commentairede Mouloud Mammeri, en 1965). Cependant, de par son ambition, le souffle qui le traverse de parten part, son esthétique très riche et plurielle, et le manifeste co-écrit par les Argentins Fernando Solanaset Octavio Getino « Vers un troisième cinéma » (proposition de dépassement du cinéma hollywoodien ou deson équivalent soviétique, le premier cinéma, et du cinéma d’auteur, le second cinéma) qui l’accompagne etsera traduit en français par François Maspéro, publié dans plusieurs revues (dont Souffles), le film de Solanasmarque une date importante.Festival Panafricain possède plusieurs points communs avec L’heure des brasiers. Il est divisé en plusieursparties, comme des chapitres d’un essai ou d’un traité. Quatre en l’occurrence : « Premier festival Panafricainde la culture », « Préparatifs », « Mouvements de libération à Alger », le quatrième chapitre apparaîtsans titre, ouvre le questionnement (après une « fantasia », succession de concerts filmés dans divers lieux)pour terminer sur le pari suivant : « la culture africaine sera révolutionnaire ou ne sera pas ». Par ailleurs,comme le tandem Solanas-Getino de L’heure des brasiers, William Klein (et ses collaborateurs) affectionnel’intertitre bondissant, le recours à des citations de textes (Fanon etc.) et d’images (Madina Boe de Massip,Algérie en flammes de Vautier, L’Aube des damnés de Rachedi, Sangha de Bruno Muel, Nossa Terra de MarioMarret…), qui sont ainsi mises en perspective et insérées dans une histoire - méconnue ? - du cinéma associéà la libération de l’Afrique.La structure globale n’est cependant jamais trop rigide et n’avons pas l’impression d’assister à une péniblesuccession de mots d’ordre (contrebalancés, voire parfois aspirés par les sons et les images), mais plutôt à untalentueux patchwork oscillant entre le passé, le présent et l’espoir pour l’avenir. Un lumineux patchworktour à tour immergé dans l’esthétique du pamphlet, de l’agit-prop et du cinéma direct, le montage rythmique,incisif et le plan qui prend le temps de respirer. Les scènes de défilé, dans les rues d’Alger, défilé desdélégations venues d’un grand nombre de pays africains, ne s’apparentent pas à des processions rigides detype défilé du 1er mai sur la Place Rouge et ses dérivés, car la foule n’est pas uniforme, des individualitéss’en dégagent, des danses sont parfois improvisées entre des Algériens et leurs hôtes, venus d’autres paysdu continent. Les entretiens filmés avec des artistes, des intellectuels, des militants, expriment parfois desnuances sensibles et tiennent compte des spécificités de chaque situation ; seul le colonialisme, l’impérialismesont unanimement condamnés. Le discours du président algérien de l’époque, Houari Boumediene,n’est pas placé au dessus des autres déclarations des participants (loin du culte de la personnalité, cela mérited’être signalé). Quant aux déclarations des leaders de mouvements de libération (successivement le MPLAd’Angola, le FRELIMO du Mozambique, le PAIGC de Guinée Bissau et Cap Vert, l’ANC d’Afrique du sud),ils se concentrent sur la manière dont ils mènent leur combat sur le terrain (aspect militaire et politique) etsur le rôle, majeur selon eux, de la culture en vue de la libération. Leur conception se démarque du conceptde la « négritude », dont Fanon avait déjà proposé un dépassement dans ses textes. Surtout contre le version« senghorienne » du mouvement, comme nous l’avons vu, et non contre le Sénégal, pays du président poète,car des intellectuels tels que Pathé Diagne, l’auteur dramaturge Cheikh N Dao étaient à Alger durant le festi-44


val, ainsi que les grands cinéastes Ousmane Sembène (pas montré dans le film) et Djibril Diop Mambéty (iln’avait pas encore troqué le théâtre pour le cinéma, faisait peut-être partie de la troupe de Ndao à l’époque).D’ailleurs, détail intéressant : un des moments forts du film est le vigoureux discours du philosophe béninoisStanislas Spéro Adotevi contre la négritude. En le regardant et en l’écoutant attentivement, on s’aperçoitqu’il constitue l’ébauche de son pamphlet Négritude et négrologues. Que des expressions utilisées lors de sacommunication lors du festival sont parfois reprises quasiment à l’identique dans le livre. Voici deux extraitsdu discours : « En ce qui me concerne, je voudrais à mon tour, mais sur un autre mode, reprendre le thème dela négritude. La négritude a échoué. Elle a échoué non pas surtout parce qu’à travers des gribouillages pseudophilosophiques, on pressent la volonté de dénoncer une certaine forme de développement de l’Afrique, maisparce qu’en reniant ses origines pour nous livrer pieds et poings liés aux ethnologues et aux anthropophages,elle est devenue hostile au développement culturel de l’Afrique. (…) La quête forcée des traditions, nous ledisons après Fanon, est une banale recherche d’exotisme. La négritude, creuse, vague, inefficace, est uneidéologie. Il n’y a plus, en Afrique, de place pour une littérature en dehors du combat révolutionnaire. » Danssa préface à la réédition de l’ouvrage de Stanislas S. Adotevi, l’écrivain congolais Henri Lopes revient surle festival panafricain et la genèse du texte écrit par son ami. Après l’intervention de Lopes, Adotevi décidad’aller encore plus loin et se mit à écrire son discours qui sera complété ultérieurement pour devenir lepamphlet que nous connaissons.Auparavant, René Depestre se demandait dans une sous partie dédiée à la question de la sculpture africaine,après deux intervenants prenant partie, l’un (le poète afro-américain Ted Joans) pour la restitution de cepatrimoine à l’Afrique, l’autre (Pathé Diagne) pour laisser ce grand nombre d’œuvres dans les musées européensoù elles sont exposées (dans des collections souvent constituées à partir d’acquisition pour le moinsdouteuses, de vols et de rapines) : « On parle beaucoup depuis le début de ce siècle de « l’art nègre » engénéral. Mais finalement, il y a un certain mythe de « l’art nègre » aussi. On établira des styles, des écoles,des époques, des comparaisons. Peut-être que l’on renoncera à cette dénomination ethnique. On ne dit jamais« l’art blanc », n’est-ce pas ? »Le film se termine par un rappel d’images de luttes anti-coloniales en Afrique, des militants Black Panthersmontent sur scène avec Archie Shepp accompagné d’un orchestre touareg du sud algérien, la performance sedéploie en forme de crescendo (rappel des révoltes dans les ghettos US, des images de luttes anti-colonialesen Afrique). Appel à la révolution africaine, après les prestations de la célèbre chanteuse sud-africaine MiriamMakeba et d’une grande voix du gospel, Marion Williams.Un film (et un événement) oublié(s) ?Est-ce que la critique de la négritude s’effectuait au nom d’un dépassement des paradigmes hérités de lacolonisation, d’une critique de l’essentialisme et du culturalisme, en somme d’un dépassement dans la lignéed’un Fanon ? Est-ce que c’est la manière dont elle se proposait d’agencer l’art, plus largement, la culture,l’identité et l’engagement politique qui a « échoué » ou trop bien réussi à devenir une sorte de doxa (voir lafameuse formule de Soyinka « Le tigre n’affirme pas sa « tigritude », il bondit sur sa proie ») ? Soit un momentde l’histoire des idées auquel on continuera de se référer mais dont il serait vain de chercher les réponses àune situation contemporaine qui diffère en plusieurs points des situations passées ? Face au dogme de « la finde l’histoire », on pourrait rétorquer que la poésie d’un Aimé Césaire ou la prose d’un Kateb Yacine (pourélargir le propos) constitue un des grands moments littéraires du siècle passé. Du moins, ont-ils assumé leursresponsabilités. En matière d’engagement politique et, ne l’oublions pas, en tant qu’artistes.Est-ce que Taos Amrouche s’est retrouvée « interdite » de Panaf’ en 1969 parce qu’elle avait participé aufestival organisé par Senghor à Dakar en 1966 ? La raison est-elle à chercher, plutôt, dans la mise à l’écart dela culture kabyle, berbère en général, par l’Algérie officielle de l’époque ? Elle a effectué son tour de chant(clandestin), loin des projecteurs.45


Et, comme le remarquait (pour le déplorer) un contributeur de la revue Souffles (voir son dossier consacré au festival),on s’étonne de l’absence de la poésie durant le Panaf’. De Bachir Hadj Ali à Jean Sénac, la poésie algérienne nepouvait pas être légitimement accusée d’être détachée du militantisme ou de la politique… La liberté, l’engagement(existentiel, politique), et - à certains égards - la lucidité, caractéristiques de la jeune poésie algérienne de ces annéeslàne cadrait certainement pas avec les conceptions dogmatiques et étriquées de la culture.Après une guerre d’indépendance, les Angolais, des Mozambicains, des Guinéens (Bissau) et des Capverdiens sesont libérés de la domination portugaise, en provoquant, par ricochet, la Révolution des œillets puis l’avènementde la démocratie au Portugal. Dans quantité de ses ouvrages, Gérard Chaliand a rendu hommage à Amilcar Cabral,dirigeant du PAIGC, en rappelant notamment qu’il avait su échapper aux impasses du guévarisme, tout en conciliantl’aspect politique et l’aspect militaire dans sa lutte (paradigme des guerres d’indépendance), tout en effectuant untravail théorique et pratique de très grande valeur. Assassiné par des proches (peut-être avec la complicité des servicesportugais) à la veille de l’indépendance de la Guinée Bissau et du Cap Vert, qui formeront ensuite deux paysséparés, Amilcar Cabral demeure tout de même une figure historique majeure du siècle passé.Laminé par des divisions internes (souvent suscitées par leurs adversaires) et les assassinats perpétrés par lesservices de sécurité des Etats-Unis, le mouvement des Black Panthers aura eu une influence non négligeable dansle domaine de la culture et de la politique, même après sa quasi disparition officielle. Influence qui dépasse le faitqu’Eldridge Cleaver soit devenu un conservateur supporter de Reagan, à son retour aux USA, après un passage pasla Corée du Nord, notamment. D’ailleurs, un film algérien, Rome plutôt que vous de Tariq Teguia, sorti récemmentsur les écrans évoque le souvenir de l’exil algérois de Cleaver, lors d’une discussion entre deux personnages dedifférentes générations.Dans le cas de films aussi liés à une époque, aussi « localisés » dans le temps que Festival Panafricain d’Alger ouL’heure des brasiers, on a peut-être trop insisté sur leurs côtés lumineux, sur l’espoir sans doute sincère et mobilisateurdont ils ont su se faire l’écho, en oubliant parfois leurs zones d’ombre, leur caractère malgré tout « inachevé »,à parfaire sans cesse, qui, lui, demeure très vivant.Comment s’est déroulé le tournage du film ? Existe-il des scènes inédites, des montages alternatifs ? Pourquoi laprojection prévue en 2007 à la Cinémathèque française (dans le cadre de la carte blanche à Bruno Muel aux séancesd’avant-garde organisées par Nicole Brenez) a-t-elle été annulée ? L’indifférence et le silence qui règnent autour deFestival Panafricain d’Alger ne cessent de nous étonner.Olivier Hadouchi, doctorant en cinéma à l’université de Paris I (Sorbonne)2ERRATUM*Une coquille s’est glissée sur le nom du dramaturge sénégalais, Cheik Aliou Nadao, auteur de L’exil d’Albouri. Cette pièce a obtenu le grand prix du jurylors du Festival Panafricain et on peut en voir de larges extraits dans le film de William Klein.**Les Histoire(s) du cinéma de Godard ont une parenthèse au pluriel.***Winter Soldier est un film collectif. Et les trois chefs d’œuvres de 68 et 69 sont des films cubains.46


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