UNE à NÎMES

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L'empreinte cévenole - Une à Nîmes

GRATUIT N°28

UNE à NÎMES

I Le e-magazine des gens qui aiment leur ville I Novembre 2012 I

L'empreinte

cévenole

L'art dans l'appart'

La mort en héritage

Gallouedec

Dominique Leroy

Le portrait d'un chasseur d'images

Photo Jean-Pierre Palomar

www.uneanimes.fr

Florian et

sa vie à Barcelone


La zombie walk a réuni 300

personnes le 31 octobre

(Loîc Serna, Jeanne Palomar et Zaza)

S O M M A I R E

A la Une:

L'empreinte cévenole sur la ville ........................................... pages 4/5

Chronique d'une Nîmoise

Miss Blablabla revisite les icônes féminines ................................. page 6

Dans le rétro:

40 ans après la remise du prix Goncourt à Jean Carrière ..................... page 7

Découverte d'un commerce mythique: les pompes funèbres Gallouedec. ... pages 8/9

Dominique Leroy portrait d'un grand photographe ........................ page 11

Florian expatriée à Barcelone vous donne des astuces ...................... page 12

Reg'art sur les appartements qui accueillent l'art chez eux .................. page 14

Un mois, un mot nîmois...

Destinbourlige

Cela signifie ramoli du cerveau, incapable de raisonner,

qui cède à des pulsions élémentaires. « Ce vent

me destinbourlige », disait ma grand-mère à propos

du mistral indique Delphine Prade Lupi.

UNE à NÎMES

Directeur de la publication : Jérôme Puech. Rédacteurs:

Miss Blablabla, Delphine Salmeron-Raoulx, Olivier Marc

Edesse, Emeline Majorczyk et Jérôme Puech. Photographes:

Alain Bérard et la rédaction. Webmaster: Tommy Desimone.

Maquette: Agence Binome. Relecture: Aurélia Dubuc. Nous

écrire: uneanimeslemag@gmail.com. Site : www.uneanimes.fr.

Retrouvez tous les n°. Mensuel et gratuit. Dépôt

légal numérique BNF. Diffusion: 12 000 destinataires mail.

Régie publicitaire: Esprit Média: 04 66 29 75 19.

2 UNEÀNÎMES N°28 I novembre 2012


Ma ville !

Avant tout je serai clair. Je l'aime, elle ne m'a jamais laissé indifférent.

J'ai mis du temps bien sûr avant d'en comprendre toutes les spécificités

et les particularismes multireligieux, multiculturels et "multi- festifs".

Julien Domench est le

nouveau Président du

club de la presse. Il est le

rédacteur en chef de la

radio Chérie FM.

J'ai toujours l'impression d'être écartelé entre le sublime et parfois

l'abject, l'antiquité et la modernité extrême, la simplicité et la pédanterie.

Les excès de ma ville, qu'ils soient architecturaux, institutionnels voire

politiques, sont une source d'enrichissement personnel mais aussi une

source perpétuelle de mise à l'épreuve et de questionnements intellectuels.

Les mutations nécessaires de ma ville engendrent parfois des hiatus

voire des violences mais ces événements provoquent en moi un attachement

durable et sincère, une volonté de compréhension et d'indulgence.

En somme, un grand écart.

Je l'aime avec toutes les tensions qu'elle laisse deviner, tous les plaisirs

et bons moments qu'elle me procure.

Julien Domenech

Droit de réponse

Suite à l’article intitulé « Un tram bus pour rien » paru en pages

4 et 5 de notre édition d’octobre, la Communauté d’agglomération

nous a fait valoir son droit de réponse en indiquant que

le coût annoncé dans nos colonnes n’était pas de 79 millions

d’euros «mais de 55 070 500 euros hors taxes. A cela, il faut

retrancher les subventions de la Ville (2 millions d’euros), l’Etat

(4 millions d’euros) et la Région (1 million d’euros)».

UNEÀNÎMES N°28 I novembre 2012 3


la Une à Nîmes

L'empreinte cévenole sur la ville

L’automne et le froid s’installent peu à peu dans la cité des Antonins. C’est le moment de

l’année où Nîmes semble si proche d’une de ses racines ténues : les Cévennes. Un écrivain

nous confie en toute intimité le carnet d’une de ses balades intitulé : Nîmes, la presqu’île cévenole.

J

’ai tant voyagé que de

retour à Nîmes, j’aimerais

retrouver en elle un peu

de ces villages cévenols d’où

l’on ne repart jamais, car ils

correspondent au lieu désiré.

Et en effet, en chemin vers

l’Ecusson, on peut s’égarer

dans des endroits, des petites

rues, dont le silence profond

nous rappelle subitement un

coin de Cévennes.

Les bastides cévenoles

Ainsi, en remontant les

maisons portant un numéro

pair de l’avenue Jean-Jaurès,

acceptant de détacher mon

regard de la Tour Magne,

je découvre, au travers des

platanes, une autre tour, une

tourelle semblable à celles

des bastides du piémont

cévenol, vers Saint-Hippolytedu-Fort,

là où en fonction de

la politique et de la religion, le

mas paisible pouvait devenir

une ferme fortifiée pour faire

la guerre.

Le cortège des

marronniers

Et puis ce sont les Jardins

de la Fontaine. Là, le cortège

des marronniers le long du

canal et de la grande allée

est semblable à celui des

châtaigniers de Mialet : il est

l’écrin qui enferme un mystère

qui le dépasse. A Nîmes, c’est

celui de la fontaine aux pieds

du temple de Diane et de sa

source qui se dérobe. A Mialet,

c’est le musée du Désert et

les passages secrets du Mas

Soubeyran.

Ensuite, ressorti des Jardins,

parce qu’on n’a pas voulu

prendre les quais ventés, je

4 UNEÀNÎMES N°28 I novembre 2012


la Une à Nîmes

je remonte le long tunnel de

la rue Grétry. Le ciel presque

disparu, les façades austères

et aveugles, me voici tel un

personnage de conte arabe

transporté subitement en un

autre lieu. Anduze ou Sauve

peut-être, là où certaines

journées d’automne ou

d’hiver sont comme si le

monde venait à peine de

commencer, dans l’attente

des premiers hommes.

Un conteur cévenol

Au débouché de la grande

rue, je bifurque vers la place

d’Assas, secret centre de

gravité de la ville. Sur la petite

butte et sous les oliviers,

comme à Monoblet, l’on est

entre garrigue et forêt ; sur

la frontière entre le Nord et

le Sud. Et l’on ne sait plus si

la statue du petit homme qui

lit et semble nous conter une

légende, est celle d’un poète

méditerranéen ou bien

d’un conteur cévenol.

Alors à la fin, je quitte la

pointe nîmoise sans avoir

pu en atteindre le bord et

par la route de Sauve, je

remonte vers le continent des

Cévennes. Cette ascension

est en fait une plongée,

comme si les fougères de

l’Aigoual vers lesquelles je

vais, s’assemblaient déjà

pour former l’eau verte

d’une source mystérieuse.

Olivier Marc Edesse n

Cinq empreintes...

La littérature

Religions

Les Cévennes sont

une terre historique

du protestantisme. La

guerre des camisards

entre protestants et

catholiques (en 1702

et 1705 puis jusqu’à

la révolution) a été un

épisode douloureux.

Les protestants de

Nîmes sont allés se

cacher dans le maquis

cévenol, le désert.

La nourriture

« Voyage avec un

âne dans les Cévennes

» de Stevenson

est le livre des amoureux

des Cévennes.

Je vous conseille de

lire l’ouvrage de Michel

Boissard « Jean-

Pierre Chabrol, le

rebelle» aux éditions

Alcide – biographie

de l’écrivain cévenol.

Châtaignes, oignons

doux des Cévennes,

pélardons, champignons

et cèpes, pommes

reinette sont

quelques-uns des

éléments de l’identité

culinaire cévenole qui

inondent nos assiettes

nîmoises.

Economie

Les Cévennes ne vivent

plus que du

tourisme vert auquel

l’annonce du classement

au patrimoine

mondial de l’UNESCO

du Causse-Cévennes

pourrait donner un

souffle nouveau. Des

Nîmois y possèdent

encore des maisons

secondaires et des

terres de famille.

Le caractère

Un de leurs traits

de caractère se retrouve

ainsi chez le

Nîmois : réservé, entêté

ou persévérant,

taiseux, peu ouvert

mais capable d’une

grande générosité

une fois la communication

établie.

UNEÀNÎMES N°28 I novembre 2012 5


Chronique de Miss Blablabla

Toutes les femmes

de ta vie

Edmond et Jules de Goncourt

disaient que « Trop suffit quelque

fois à la femme ». Je pense que,

hommes ou femmes, nous serons tous

d’accord avec les Goncourt. Et puis, si

on a donné leur nom à un concours

littéraire, c’est qu’ils ne devaient pas

être totalement débiles non plus.

Et une femme, puisque c’est le sujet,

ça se construit. Nous avons toutes

nos modèles, qui nous on suivi sur

notre chemin menant de petit-fille-à

couettes à femme-so-glamourous.

Et croyez nous, nos modèles ne sont

pas toujours faciles à suivre. Citons en

trois.

Fantômette : Il s’agit de l’héroïne de

la Bibliothèque rose, inventée par

Georges Chaulet. C’est notre Superman

à nous, puisqu’il s’agit

de Françoise Dupont,

brillante écolière, qui la

nuit se transforme en

Fantômette, justicière

masquée, sportive et

totally érudit, bluffante

d’intelligence et capable

de résoudre les mystères

les plus obscurs.

Nous en Fantômette : cela donnait des

gamines qui en plein été sortaient leur

bonnet à pompom du ski et piquaient

le masque de Zorro de leur cousin

pour se fabriquer le costume de notre

héroïne. Comme notre quotidien était

tout de même bien moins mystérieux

que les aventures de Miss Dupont, on

se donnait pour mission de résoudre

tout et n’importe quoi : qui a fini le PQ

et n’a pas mis un rouleau neuf ? Où le

chien a-t-il bien pu enterrer son os ?

Que contiennent les petits mots que

planquait notre grande sœur ?

Autant dire que nous avons toutes

sauvé la Terre une dizaine de fois et

surtout, qu’après avoir bien crevé de

chaud sous nos bonnet, on se prenait

généralement une raclée de la grande

sœur qui ne retrouvait plus les mots

doux de son amoureux.

6 UNEÀNÎMES N°28 I novembre 2012

Nous avons

toutes sauver la

terre

Fantômette, c’est un peu la guerrière

qui sommeille en nous.

Wonder Woman : Là encore, un

personnage à double facette. On

comprend mieux pourquoi par la suite

on nous trouve compliquées. Diana

Prince, interprétée par Lynda Carter,

c’est un peu celle qui nous a appris à

être féminines. Celle avec laquelle les

supers pouvoirs viennent de diadème

et autre bracelets manchettes. Celle

qui a donné toute sa dimension

érotique au boom-boom-short.

Nous en Wonder Woman : Fini le

bonnet péruvien trop chaud, on a

dégainé le short bleu avec ses trois

rayures blanches sur le côté et sorti

de la boite à bijoux de nos mères

tout ce qui pouvait ressembler à des

manchettes et diadème.

Bref, des petits sapins

de Noël qui tournaient

partout et attachaient

causé.

leur cousin avec leur

corde à sauter pour

qu’il dise la vérité. Ne

nous cachons pas le

nombre d’esclandre

familiaux que cela a

Scarlett O’Hara : THE héroïne. Celle

que l’on a connue ado, qui nous a

époustouflées et qui persiste à nous

influencer. Celle que tous les hommes

veulent mais qui suit SA voie.

Nous en Scarlett : En fait, dans notre

tête nous sommes Scarlett mais

dans la vraie vie, on ressemble plus

à une Amel Bent qui avance le poing

levé. Nous avons tenté, plus jeune,

de démonter les rideaux en velours

de Mamie pour s’en faire une robe, et

nous avons échoué lamentablement

(c’est que la machine à coudre, c’est

compliqué comme engin).

Trois modèles… J’aurais pu en citer

plus : la Schtroumpfette, Candy, les

James Bond girls. Parce que TROP, en

fait, c’est juste encore PAS ASSEZ.

Point barre.

Retrouvez Miss Blablabla:

http://blog.missblablabla.com


Dans le Rétro

En novembre 1972, Jean Carrière recevait le prix Goncourt. Son fils témoigne

"Mon père, ce héros humaniste"

« J’étais à la Cigale

dans la maison de

mes grands-parents.

On regardait tous la

télévision en noir et

blanc. Le secrétaire

général de l’académie

du Goncourt est

apparu et a dit que le

prix était attribué à

Jean Carrière. Mon

grand-père, pourtant

très peu expressif,

m’a posé debout sur la

table du salon. J’avais

le droit de sauter »

Emmanuel Carrière

avait 6 ans ce fameux

9 novembre 1972

lorsque son papa passe à

la postérité. « A cet âge, je

n’ai pas réalisé ce qu’il se

passait. Même si je savais

que j’avais un père différent

parce qu’il était tout le

temps à la maison et qu’il

écrivait des histoires ».

Un père absent et

libre de vivre sa

passion

C’est après que le jeune

Emmanuel se rend

compte «de toutes les

conséquences de cet instant

de vie inoubliable ». Le prix

Goncourt lui vole son père

pendant deux très longues

années. « Il était sans cesse

en déplacement à l’étranger

ou en France pour signer

son ouvrage ou répondre à

des interviews ». Emmanuel

a la sensation bizarre que

le prix Goncourt déclenche

« des choses improbables»:

mon grand-père et son

accident de bicyclette

mortel, la grave maladie

de ma mère… Finalement

le seul avantage de cette

exposition médiatique si

soudaine, c’est la liberté.

Celle qui permet à l’écrivain,

proche de Giono, de vivre

de sa passion, l’écriture.

« Un coup de

marteau ! »

Aussi paradoxal qu’il soit,

le prix littéraire a plongé

l’écrivain nîmois dans une

profonde dépression. Jean

Carrière a énormément

souffert « de ne pas être

là» lorsque les événements

de la vie ont touché ses

proches. « Il a réglé ses

comptes avec lui-même et

surtout avec les critiques

parisiens dans le livre

‘Le prix d’un Goncourt’,

explique Emmanuel tout

en se disant qu’il n’aurait

jamais du publier ce livre.

Après la sortie de ce livre,

le monde de la littérature

lui fait payer très cher ses

critiques. Les livres publiés

ensuite étaient ignorés.

Toute nouvelle sortie de

livre était "un coup de

marteau dans un océan de

silence ".

Un humaniste

sensible

Si l’enfant ne voulait pas

que le prix Goncourt lui

enlève son papa, l’adulte

est toujours très fier de

son père et de ses œuvres.

« L’épervier de Maheux »

est le deuxième livre- prix

Goncourt le plus édité

après la condition humaine

de Malraux. « Ce que je

retiens c’est le grand

humanisme dont mon

père faisait preuve ». Il

s’adressait ainsi de la même

façon à Mitterrand qu’à un

plombier. C’était aussi un

très grand sensible. « Peu

de temps avant sa mort,

je l’ai vu pleurer seulement

en voyant la Tour Magne de

son enfance », celle qui fait

décor derrière Emmanuel et

sa photo.

Jérôme Puech n

La ville rendra hommage à

l’écrivain le lundi 5 novembre

à 18h en mairie de Nîmes.

UNEÀNÎMES N°28 I novembre 2012 7


La mort en héritage

Yoann Gallouédec, 25 ans, travaille dans l’entreprise familiale de

pompes funèbres du même nom. Avec ses deux frères et son père, il

perpétue l’esprit de son grand-père. Découverte.

Yoann, Loïc et leur tante, en haut

8 UNEÀNÎMES N°28 I novembre 2012


«

Le fait de travailler en famille et de me retrouver

à travers lui », se justifie Yoann à propos

de sa motivation à évoluer dans l’entreprise

fondée par son grand-père Gérard Gallouédec en

1980. Quand ce dernier disparaît en 1988, c’est

Yann, le père de Yoann, qui reprend le flambeau.

Denise, sa grand-mère, veille encore à la transmission

de l’esprit de famille. La fin du monopole des

entreprises funéraires en 1993 a ouvert la voie

nîmoise. Justement le mois de novembre avec la

Toussaint représente un pic d’activité dans la vie

de l’entreprise familiale implantée ici sur 5 sites.

«L’achat d’articles funéraires à la Toussaint est en

baisse à cause de la crise et d’une génération qui

va de moins en moins sur les tombes » tempère

l’aîné de la troisième génération.

Aucun droit à l’erreur

L’activité de l’entreprise se décline sur deux

autres champs d’action : la prévoyance et le deuil.

« Notre métier est de réussir en 3 jours un événement

familial majeur là où les familles mettent

parfois deux ans à préparer un mariage », poursuit

Yoann.

Les joies du travail en famille

Connu pour son perfectionnisme, Yoann déclare

qu’il arrive à travailler en famille même si « ce n’est

pas évident tous les jours ». Le sentiment de travailler

pour soi, pour son nom et d’avoir «carte

blanche » sur le développement de l’entreprise

sont des moteurs pour ce jeune homme au regard

toujours inquiet de son interlocuteur. Si son

grand-père et son père sont d’origine bretonne,

Yoann est très attaché à Nîmes et à son identité.

Aussi, il fait très attention au service qu’il rend et

à ce que les Nîmois en pensent. Une réputation

dans une ville de cette taille peut se démolir très

rapidement. Claire Starosinski, célèbre militante

anti-corrida, témoigne « ils sont très biens car il

y a l’écoute, le tact, la mesure, la gentillesse… »

mais elle prévient qu’il faut se renseigner sur «ce

marché de la mort » souvent opaque au niveau des

lois et des tarifs.

Le bouquet final

Témoin privilégié de la douleur des familles, Yoann

reste donc très pudique sur ce qu’il vit dans son

métier. « Le plus marquant est de gérer les disparitions

des amis ou des proches. Le plus dur c’est

de s’occuper du décès de jeunes et particulièrement

de jeunes enfants », explique t-il à voix basse.

L’après-midi de l’interview a été éprouvante

avec le décès de deux nouveaux-nés. En cherchant

dans ses souvenirs, il cite le côté « sacré » de

la mort dans les familles gitanes. « C’est quelque

chose d’impressionnant avec des cortèges de 300

personnes parfois », dit-il à quelques pas de la

Placette. En citant quelques références cinématographiques

et cette fameuse série TV américaine

« Six Feet Under », Yoann a pour repère le film

« Bouquet final » avec Didier Bourdon. « On sent

l’immersion dans une entreprise funéraire ».

Jérôme Puech

Avec ses deux frères Loïc (24 ans) et Pierric (20

ans), il sent qu’il n’a pas droit à l’erreur. Aussi

Yoann travaille sans compter. Son temps consacré

à l’entreprise peut vite atteindre 70 heures/

semaine selon les demandes des familles. « Quelques

fois ma copine me reproche ma trop grande

implication », regrette le jeune Nîmois.

L'entreprise

en quelques chiffres :

9 agences et 3 funérariums dans le Gard et

Bouches du Rhône

5 agences à Nîmes

15 salariés

2 millions de chiffre d’affaire

Ouverture de 20 à 30 nouvelles franchises

d’ici 2015

UNEÀNÎMES N°28 I novembre 2012 9


Plaisirs de voir et d'entendre

Twoo door CC à la SMAC

Two Door Cinema Club est un groupe électropop et indie

rock originaire d'Irlande du Nord et dont la formation

remonte à 2007. Tourist History, leur premier album

paru en 2010, a connu un immense succès : plus d'un million

d'exemplaires vendus à travers le monde.

Le groupe a depuis écumé tous les festivals d’Europe, jouant

sur des scènes de plus en plus grandes au point de devenir

une incontournable tête d’affiche : leur récente tournée

britannique et dans l’Hexagone était sold out en quelques

minutes.

Les irlandais Alex Trimble, Sam Halliday et Kevin Baird ont

passé ces trois dernières années à sillonner le monde et c'est

cet immense road trip qu'ils racontent dans Beacon, leur

deuxième album paru le 3 septembre dont la sortie était une

des plus attendue de la rentrée. Des rythmes efficaces et

une voix exceptionnelle : bon nombre des morceaux sont des

tubes en puissance: énergiques et remplis de bonne humeur,

mais on trouve également des chansons plus romantiques, à

l'image de Sleeping Alone.

Delphine Salmeron-Raoulx

Rendez-vous sur la page Facebook "Une à

Nîmes" pour gagner des places gratuites.

Le 12 novembre 2012 à 20h à PALOMA SMAC

VICTOR & MADELEINE

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37 RUE DE LA MADELEINE NIMES 04 66 67 91 92

UNEÀNÎMES N°28 I novembre 2012 10


Rencontre nîmoise

HORS

circuits

Dominique Leroy

Portrait croqué par Jérôme Puech

Le petit questionnaire

Un Nîmois :

Jean Bousquet car

on lui doit le Carré

d’Art, le stade et

bien d’autres réalisations

qui ont fait

évoluer Nîmes.

Un événement :

Le festival de Jazz

de l’agglo qui vient

de se passer en

octobre.

Un lieu:

Les halles car elles

éveillent mes 5

sens. C’est le cœur

de la ville et on

peut découvrir tout

près des endroits

magiques.

Notre première rencontre se passe en 1994

sur le circuit du Castelet lors des essais de

la nouvelle Ferrari de Jean Alesi. « Je suis de

Nîmes », me dit-il. Ce moment est resté gravé en

moi tant il en appelait un autre en terre connue. Dix

huit ans après, je retrouve le petit bonhomme mais

grand par son talent et par son œil extraordinaire.

Notre entretien se passe dans son appartement trop

étroit situé à l’intersection des avenues Kennedy et

Pompidou.

Une passion née dans l’enfance

« A 10 ans, j’ai dit à mon père que je voulais être

photographe », se rappelle Dominique Leroy. Il

est marqué par les gestes de ses grands-parents

photographe amateur et peintre. Son ingénieur de

père n’y croyant guère le pousse à faire des études.

A une semaine de son examen de kiné, le jeune

Dominique abandonne et crie son envie de passer un

CAP de photographe. Il enchaîne avec un BTS dans la

même branche.

Un photographe indépendant

« Mon objectif était de voyager, de faire des photos

et de voir des Formules 1 », explique l’homme

aujourd’hui âgé de 57 ans. « Mon père était un fou

de bagnoles, de F1. C’était un ancien pilote, racontet-il

avec cette voix devenue grave par la cigarette.

Alors il m’a accompagné dans mes débuts au bord

des circuits. J’essayais de vendre mes clichés à

Auto-hebdo, Echappement et à des agences. J’en ai

chié ». Il tente d’intégrer des agences mais le petit

bonhomme n’aime pas l’autorité ni les ordres. Alors

il fera l’essentiel de sa belle carrière comme Free

Lance, en indépendant et libre à l’image d’un Che

Guevara à qui il ressemble lorsqu’il coiffe son béret.

Le dernier échange avec Senna

Après plus 20 ans de Formule 1, de 41 livres (dont

25 sur la Formule 1), 3,8 millions de kilomètres

parcourus, 7 200 pellicules utilisées, 80 000 clichés,

que reste t-il ? « Le souvenir de mon premier grand

prix hors d’Europe en 1986 au Brésil », dit-il les

yeux dans le vague de ses souvenirs. Un pilote hors

normes : Gilles Villeneuve. « D’une grande sympathie,

fougueux en piste et fou dans la vie ». Et puis ce

casque de F1 posé sur une de ses étagères. Celui

d’Ayrton Senna. « Il me l’a donné le jeudi précédent

son accident mortel en me promettant de le signer

après la course d’Imola ».

Nîmes, le port d’attache

Dominique a retrouvé son havre de paix, Nîmes. «

J’aime Nîmes car c’est la où j’ai ma famille, mes amis.

Et ce climat… ». Il aime sa ville pour son histoire, pour

sa beauté, même si Dominique regrette que la ville

ne bouge pas assez. Pour la dynamiser justement,

il projette d’organiser à Pâques prochain un festival

de l’image avec une bande de potes. Le petit génie,

sorti d’un objectif de photographe souvent frotté,

se consacre à la réalisation de reportages vidéo. «

Je viens de finir d’en monter un sur l’Inde ». Pour

l’avoir vu, la qualité de chaque image m’a bluffé. Je

perçois le talent d’un Terence Malik, le réalisateur de

« Three of life ». Le capteur d’images va le montrer

dans des festivals comme celui de Nice en novembre.

« J’espère le vendre à des chaînes de télévision ».

Un nouvel objectif

Après cette existence bien remplie et conforme à

ses desseins d’enfant, Dominique rêve d’accomplir la

plus belle des choses hors circuit : sa vie de famille.

«J’ai rencontré Véronique après m’être mis en colère

contre un péage défectueux ». Comme la définition

qu’il donne d’une bonne photo, « la rencontre fut

celle de l’émotion ou d’une expression vive ».

Dominique présentera ses dernières émotions

visuelles le 30 novembre à la galerie Audrey Carbo,

place d’Assas. A voir absolument.

11 UNEÀNÎMES N°28 I novembre 2012


Les Nîmoiseries du monde

Une rubrique pour les nîmois

loin de leur terre natale

La crème catalane

Chaque mois, Une à Nîmes donne

la parole à un de nos concitoyens

expatriés plus ou moins loin de sa

Tour Magne natale. Tous nous ont,

jusqu’à présent, conté des mondes

forts différents de notre cité des

Antonins. Alors après Strasbourg,

Montpellier , les Etats Unis , Séville,

le Liban, le Japon, Paris, Milan,

Londres, le Canada, le Turkménistan

le Mexique, Sydney, Miami, Prague,

Marie Galante, Varsovie, la Thaïlande

et le Qatar, nous voici à Barcelone.

A

28 ans, Florian vient de s’installer à Barcelone. Il est le

directeur E-marketing de l’entreprise resto-in.com.

A l’image du film « L’auberge espagnole », il nous raconte

sa vie dorée parmi la jeunesse catalane et nous distille

quelques conseils.

12 I UNEÀNÎMES N°28 I novembre 2012


Les Nîmoiseries du Monde

L'INTERVIEW À DISTANCE...

Que fais-tu exactement à

Barcelone?

Je suis actuellement Directeur

E-Marketing de l´entreprise Restoin.com.

C´est une entreprise

d´origine française qui vient

de s´installer à Barcelone.

Nous fournissons un service de

commande en ligne et livraison

à domicile pour les restaurants

milieu/haut de gamme dans les

grandes villes d´Europe (Paris,

Bruxelles, Berlin, Barcelone...).

Pourquoi avoir choisi de vivre à

Barcelone ?

Pour un Nîmois, 7 années à Paris,

ça peut paraître long, très long... Je

souhaitais revenir dans le sud, près

de la mer, avec un mode de vie qui

me corresponde plus, mais tout en

restant dans une ville relativement

grande. Seule Barcelone permet

tout cela.

Le film "L'auberge espagnole" t'a

t-il inspiré ?

En fait « L´auberge Espagnole»

m´avait surtout inspiré lors de

mon année Erasmus à Madrid :

collocation de 13 personnes, fêtes

sur fêtes... Cette fois-ci je viens

vivre à Barcelone en "adulte"

(autant que faire se peut) et

j´essaie surtout de trouver un

équilibre personnel entre le travail,

les loisirs, les amis dans une ville où

la qualité de vie est exceptionnelle.

Les excès espagnols oui mais

avec modération.

Quels conseils donnerais-tu à

un Nîmois souhaitant passer

un week-end en novembre à

Barcelone ?

Le premier conseil serait (comme

dans n´importe quelle ville) de

ne pas se comporter comme le

touriste de base. Il y a beaucoup

d´étrangers, en particulier

des Français, à Barcelone, du

coup certains catalans peuvent

être facilement irrités par des

comportements « border line ». Si

vous respectez la ville, vous pouvez

aller dans n´importe quel bar/

boîte, vous arriverez rapidement à

discuter avec les locaux qui sont

assez réceptifs.

Trois adresses à ne pas rater:

- La salle Appolo sur Diagonal et

ses soirées électro-rock tous les

lundis, mardis et jeudis (Nasty

Mondays, Crapy tuesdays et Cup

Cake: tout un programme) http://

www.sala-apolo.com/

- Le Razzmatazz pour les fans

d´électro. (A savoir : il y a aussi

une salle dédiée à la Kpop, ceux qui

aiment vont adorer, les autres vont

halluciner en voyant 200 personnes

réalisant frénétiquement les

chorégraphie de leurs groupes de

Dance Koréene préférés) http://

www.salarazzmatazz.com/

- La Fira : la petite boîte typique, ça

ne se raconte pas... Je vous laisse

tester et très certainement me

croiser là bas. http://barcelona.

salir.com/la_fira

Barcelone a une image de ville de

fête, étudiante, jeune... Les clichés

sont-ils fidèles à la réalité ?

"El ocio" (les loisirs, surtout

restaurant et sorties) est très

important pour les catalans et les

espagnols en général, donc oui

vous pouvez faire la fête toute

la semaine si vous le souhaitez

et la plupart des Barcelonais vont

boire un verre entre collègues ou

entre amis avant de rentrer à la

maison. On apprécie très vite ce

genre d´habitude. Toutefois, il

faut ajouter qu´au-delà de la ville

de fête, Barcelone est une ville

très sportive, beaucoup de gens

courent, nagent, jouent au footbal

de façon très régulière tout en

profitant des sorties. Le rythme de

vie est donc assez soutenu et les

gens dorment globalement moins

que les français.

La crise économique touche

durement l'Espagne et les jeunes.

Cela se sent-il au quotidien ?

Les espagnols et les catalans

sont en effet durement touchés

par la crise mais Barcelone étant

une grande ville toujours en

mouvement, cela ne se ressent

pas vraiment. D´autre part, les

jeunes espagnols vivent chez leurs

parents assez tard, lorsqu´ils sont

au chômage la plupart peuvent

compter sur le soutien moral et

financier de leur famille, je pense

que cela aide beaucoup. Enfin,

j´ai également l´impression que

l´état d´esprit est différent de

la France, la crise est plus dure

mais l´ambiance générale est

moins anxiogène, les gens vivent

avec et en espérant des jours

meilleurs.

Propos recueillis par Jérôme Puechn

UNEÀNÎMES N°28 I novembre 2012 13


Reg' Arts

Loïc Potez

Une journée porte ouverte aux Arènes en 2010 propo

pCi dessus une oeuvre de Héléne Courtois-RedoutéA

Instants app' ART

Pour tromper la logique des galeristes, plusieurs initiatives naissent à Nîmes.

Des Nîmois ont décidé d'investir leur appartement pour organiser des expositions.

Zoom sur deux exemples originaux.

14 UNEÀNÎMES N°28 I novembre 2012


Reg' Arts

Un appart à part

Il est souvent bien difficile pour des artistes

de montrer leurs œuvres et ainsi se frotter au

public. Loïc Potez a eu l’idée simple de prêter

son appartement à des artistes. Rencontre avec

un altruiste.

Au 53 bis de la rue Notre-Dame,

un appartement de 270 mètres

carrés un peu particulier vous

attend au 1er étage. Poussez

la porte, vous y ferez des

découvertes artistiques.

Détenu par Loïc Potez, cet appartement a la

principale spécificité d’être mis à la disposition

d’artistes souhaitant exposer, sans qu’aucune

contribution retour ne leur soit demandée.

Propriétaire de salons de coiffure parisiens pendant

près de 30 ans et depuis toujours attiré par l’art,

c’est une fois installé à Nîmes que lui vient cette

idée. Un mois de mai 2011. Il décide alors

Galerie chez moi chez toi

« Faciliter l'accès

« Te

au monde de l'art

au grand public »

m

de mettre à profit son grand appartement. Une

sorte de mécénat des temps modernes, un geste

nécessaire pour lui : « Il est important de faciliter:

pour les artistes l’accès à des salles d’exposition

et pour le grand public l’accès au

monde de l’art.» En effet, environ une

fois par mois se tient une expo avec

des artistes se produisant aussi bien à

Paris, Marseille ou même New York ! Et

l’agenda est complet jusqu’au premier

semestre 2013 ! Une notoriété qui s’est

bâtie sur le bouche-à-oreille, preuve de

l’engagement fiable de Loïc.

Au mois de décembre se dessine un joli programme

avec la venue de 12 artistes dans le but de fêter de

manière originale le 12/12/12 ! Seront présents

entre autres : Lilian Euzéby, Alfons Alt, Roger

Catan, Marie Leclere…

Une belle initiative que l’on salue et qui on l’espère

se perpétuera dans le temps !

Emeline Majorczyk

Autre initiative du même genre, Hèlène

Courtois-Redouté expose ses peintures

du 11 novembre au 8 décembre chez un

particulier 9, rue Gauthier (quartier Gambetta) à

Nîmes.

L’exposition est visible sur rendez-vous du jeudi

au samedi. « Chez moi chez toi » est une galerie

d’art associative. Mais c'est avant tout un lieu

de rencontres, qui à l'occasion d'un vernissage,

permet aux artistes et aux spectateurs de

partager leurs avis et leurs expériences dans une

ambiance empreinte de convivialité.

Placée sous le signe de la tolérance, cette galerie

associative propose de goûter aux joies culturelles

sous toutes ses formes, qu'elles soient picturales

ou musicales.

Renseignements :

04 66 21 07 31

Site : www.chezmoicheztoi.net

Mail : infos@chezmoicheztoi.net

UNEÀNÎMES N°28 I novembre 2012 15


Club de la

Presse et de la

Communication

du Gard

Nouvelle édition 2013

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✆ 06 77 78 42 34

contact@clubdelapresse30.fr

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