UNE à NÎMES

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GRATUIT N°18

UNE à NÎMES

I Le e-magazine des gens qui aiment leur ville I décembre 2011 I

Ils ont choisi

de vivre ici

Portrait:

Hélène Yannicopoulos

Rétro: le plus grand chef

Reportage: le barberousse

Cécilia, une Nîmoise

exilée au Turkménistan

Plateau de

tournage avec

G. Depardieu

Jérôme, Bénédicte et Marlène du

Collectif d'Architectes Sérieusement Enthousiastes

www.uneanimes.com


Photo Costance Bauchu

Envoyez nous vos meilleures

photos de Nîmes:

uneanimeslemag@gmail.com

S O M M A I R E

Rencontres avec des Néo-Nîmois

Ils racontent pourquoi ils ont choisi de vivre ici. ............................ pages 4/5

Les astuces anti-crise

selon Sandra ............................................................. page 6

L'histoire du plus grand chef de cuisine

Retour sur l'aventure du chef Durand par Georges Mathon .................. page 7

Le barberousse, enquête de Jean-Louis Verrier et Nîmes Toquée ............. pages 8/9

Hélène Yannicopoulos portrait d'une sage et belle femme. .................. page 11

Cécilia interview d'une Nîmoise exilée au Turkménistan ..................... page 12

Reg'art sur le tournage du film de Cyril Rigon avec G. Depardieu ............ page 14

Un mois, un mot nîmois...

Merdouset :

Locution enfantine qui sert à désigner les

bambins faisant encore pipi dans leur culotte

ou caca dans leur chemise.

UNE à NÎMES

Directeur de la publication : Jérôme Puech. Rédacteurs:

Sandra Graziani, Aurélia Dubuc, Georges Mathon, Jérôme

Puech et Jean Louis Verrier. Photographes: Alain Bérard,

Lesley Mack et la rédaction. Webmaster: Tommy Desimone.

Maquette: Agence Binome. Relecture: Aurélia Dubuc. Nous

écrire: uneanimeslemag@gmail.com. Site : www.uneanimes.com.

Retrouvez tous les n°. Mensuel et gratuit. Dépôt

légal numérique BNF. Diffusion: 10 000 destinataires mail.

Régie publicitaire, Esprit Média: 04 66 29 75 19.

2 UNEÀNÎMES N°18 I Décembre 2011


"A Nîmes, rien n'est

livré d'évidence"

Antoine Martin

Présentation :

C’est l’auteur du livre

«Profession torero »

écrit avec Robert Pilès

aux éditions Atelier Baie.

Il est en vente dans

toutes les librairies.

Il écrit actuellement

un livre qui paraîtra

aux éditions du Diable

Vauvert en avril

prochain.

Signes particuliers:

L’écrivain, chroniqueur

et auteur de nouvelles

a remporté le prix

Hemingway en 2009

pour une nouvelle

intitulée « Le frère de

Pérez ». Antoine Martin

est directeur adjoint

du lycée de la Chambre

de Commerce et

d’Industrie.

On peut, comme monsieur Prudhomme, admirer la Sagesse divine qui fait

passer les fleuves juste au milieu des villes. Mais pas à Nîmes. Ici, on n’a

pas de rivière pour vertébrer la cité, pour la rendre, si on veut, navigable

d’emblée. On n’a que le bouillon souterrain des Cadereaux et les sources enfouies

de la Fontaine. Et c’est comme ça pour presque tout : ici, il n’y a rien qui soit

tout à fait à la surface des choses, rien à fleur d’eau, à ras de bitume, rien de

complètement à portée. Et qui voudrait saisir un peu l’esprit de cette ville devra

se résoudre à y creuser. Y faire, oui, son trou. Au risque toujours de déterrer un

bout d’amphore, ou un fragment de mosaïque, tout ça vieux à peu près comme

Hérode, ce qui constitue toujours une gêne pour le BTP. Ils le savent bien, les

malheureux qui s’acharnent infiniment à excaver ce sous-sol.

À Nîmes, rien n’est livré d’évidence. Ni les lieux, ni les gens, qui, sans sûrement le

savoir, font tout ce qu’ils peuvent pour coller pile au portrait que Blaise Cendrars

trace de nous, les méridionaux, « des types secrets et mélancoliques qui peuvent

vous parler beaucoup d’eux-mêmes et même avec faconde, de mille prouesses,

dire des blagues, être drôles, mais vous laissent tout ignorer de leur vie intime ».

Alors, elle peut bien péter, la ville, en éclats de soleil, en étincelles de feria, elle

peut ouvrir ses terrasses à la grande lumière du mistral et faire rayonner la Tour

Magne comme un phare, c’est sa part d’ombre qui dit le vrai.

Bon, à Nîmes, on n’a pas de rivière qui s’alignerait aux quartiers, disons, de

Courbessac à Saint Césaire. Personnellement, ça me va, et je m’accommode

très bien des quelques pauvres hectomètres du canal de la Fontaine. J’ai déjà vu

plusieurs fleuves tout ce qu’il y a de majestueux et, comme Joseph Prudhomme

(encore lui) devant la mer, je n’ai pas pu m’empêcher de penser qu’une telle

quantité d’eau frisait le ridicule. Au fond, j’emmerde l’Amazone, la Loire et le

Brahmapoutre. Je suis Nîmois.

La rédaction de votre E-magazine préféré vous souhaite sincérement de passer de

bonnes fêtes de fin d'année en famille et avec vos amis à Nîmes ou ailleurs.

UNEÀNÎMES N°18 I Décembre 2011 3


la Une à Nîmes

Pourquoi ils ont choisi Nîmes ?

Bénédicte, Marlène et Jérôme

CASE Architectes (photo Lesley Mack)

Rapprochement familial, désir de revenir sur son lieu de naissance, mobilité professionnelle, coup de cœur et lieu

de résidence pour une belle retraite … « De 1000 à 1500 personnes font le choix de s’installer à Nîmes chaque

année» selon Bernard Bosc, Vice-Président de l’association Accueil Villes Françaises. La rédaction s’est intéressée

de près à ces Néo-Nîmois qui expliquent leur choix.

« Après le Puy en Velay, nous

cherchions à nous installer dans une

ville d’histoire. Nîmes nous plaît car

l’on peut tout faire sans voiture.

La vie dans le quartier de l’Ecusson

avec ses commerces de proximité

nous convient idéalement»,

témoigne Chantal Barthel, retraitée,

en plein travaux dans son futur

appartement. Nîmes ville ensoleillée

attire de plus en plus les retraités.

« Les prix de l’immobilier sont plus

abordables que ceux de la région

PACA », affirme Yves Alogna de

l’agence immobilière du même nom.

Pour autant, Nîmes risque t-elle

de devenir une ville de personnes

âgées ?

4 UNEÀNÎMES N°18 I Décembre 2011

Travailler au soleil

Pas vraiment pourraient dire ces

Nîmois qui ont fait le choix d’installer

leur activité professionnelle dans

la cité des Antonins. Jean-Philippe

Everling, Directeur des marchés

de Granit Négoce, parle d’une

«situation géographique idéale entre

Granit Négoce

l’Espagne et l’Italie avec une fenêtre

sur le Maghreb ». Son entreprise,

installée depuis 2003 sur le quai

de la Fontaine, a réalisé un chiffre

d’affaires d’un milliard d’euros sur le

dernier exercice, un record.

Marlène, Bénédicte et Jérôme

(photo à la Une et en haut) viennent

de créer un collectif d’architectes

après s’être décidés à vivre dans

«une ville à échelle humaine ».

Jérôme travaille encore à Paris la

semaine mais il prévoit de bosser

ici à plein temps. Chaque weekend

il rejoint sa famille et son

bel appartement du centre ville.

Bénédicte rappelle que son « métier

peut s’exercer partout» grâce aux

nouveaux modes de communication.


la Une à Nîmes

Enfin, Marlène, Montpelliéraine

d’origine, avait très à cœur de

quitter Paris pour le sud et sa

fameuse qualité de vie.

« La misère serait moins pénible

au soleil », nous dit Charles

Aznavour dans sa chanson

«Emmenez-moi». Nîmes attire

également par héliotropisme

les familles les plus modestes

fuyant la grisaille du Nooooord.

La théorie des saumons

Le Nîmois est-il de la même

nature que le saumon ? Il faut

peut être en convenir tant

ils sont nombreux à partir et

revenir pour faire des enfants

et finir leur jour sur leur lieu de

naissance. Souvent après avoir

parcouru la planète ou après

avoir testé le stress des villes

hyper-urbaines, certains Nîmois

Cinq témoignages...

La place d'Assas ensoleillée

font le choix de revenir chez

eux. Il s’agit de renouer avec ses

racines, ses repères et de saisir

l’opportunité de reprendre un

patrimoine familial.

Tout étant posé, ces

observations valent-elle

exception pour notre ville ?

Le lien entre notre ville et

ses habitants serait-il plus

fort qu’ailleurs ? L’évolution

démographique démontre un

attachement marqué à notre

identité si particulière. Elle

permet de voir «une grande

diversité de population» selon

Jérôme, le breton de C.A.S.E.

(Collectif d’Architectes

Sérieusement Enthousiastes) et

donc plusieurs façons d’aimer

Nîmes.

Plus de renseignements :

www.casearchitectes.com

www.avf.asso.fr

Jérôme Puech n

Marlène DORIVAL

Architecte

Mon boulot me permet

de bosser n’importe

où. J’ai choisi de vivre

à Nîmes parce que cela

me rapproche de ma

famille qui vit à Montpellier.

Je cherchais

avant tout une ville

à taille humaine. Le

contact ici est direct

et chaleureux. Même

le mec de l’URSAFF est

sympa, c’est dire !

Yves ALOGNA

Agence immobilière

Tiens j’ai une cliente

d’origine colombienne

qui vit actuellement à

Paris et qui cherche à

acheter à Nîmes. Elle

me dit qu’elle retrouve

ici une identité

hispanique, un climat,

des gens qui lui rappellent

son pays. Le

choix de Nîmes se fait

souvent sur le centre-ville

accueillant.

Bénédicte MUTIN

Architecte

Mes parents avaient

une maison à Nîmes

alors venir ici m’a

rappelé quelques souvenirs.

Cela fait dix

ans que je vis avec

mon mari et mes trois

enfants. Après un

temps à Paris, Nîmes

nous a permis de

sortir d’un contexte

hyper urbain.

Bernard BOSC

Association AVF

Les gens recherchent

avant tout une ville

à taille humaine dans

laquelle on peut

marcher à pied sans

problème et où l’on

n’est pas envahi par

les touristes. Puis

Nîmes a une position

centrale dans le sud.

Jean-Philippe

EVERLING

Directeur Granit Négoce

J’aime beaucoup

cette ville car elle a

une forte identité méditerranéenne

appréciée

de nos clients.

J’ai fait mes études

d’agronomie à Montpellier

et j’ai fait la

connaissance de ma

femme, une Nîmoise.

Nos collaborateurs

(25) apprécient les

moments de vie de

cette petite ville.

UNEÀNÎMES N°18 I Décembre 2011 5


Chico Bohème by Sandra

Les Astuces anticrises

d'Hortense

Je crois qu'Hortense ne va pas bien !

Qu'est-ce qu'elle a encore ? Son mec

s'est barré trop harcelé par ses 98 sms par

jour? Les forfaits sms illimités ne devraient

pas être accordés sans avoir passé un

examen psy approfondi....

Elle n'arrête pas de dire c'est la CRiZZZ,

c'est la CRiZZZ !

Elle a trouvé ça toute seule? Fais-moi penser

à lui confisquer sa TV....

Je l'ai croisée à Monop et franchement

elle m'a mis la « chouma » !! La vérité, elle

avait des tonnes de coupons de réductions,

elle les avait rangés dans son caddie par

zone de produit et elle restait des heures

à comparer les prix entre son -50 cts d'€

sur la marque machin truc à l'entrée de

gamme des paquets de chips ! Le pire a été

quand elle a donné ses 4kg de coupons à la

caissière qui a failli s'évanouir.

Là re la honte! Je rêvais de

me transformer en chewinggum

pour me cacher dans un

des paquets devant la caisse.

Une soirée à s'inscrire sur les

sites de réduction, une soirée

d'impression des coupons et 2

heures de classement pour 15

euros de réduction !!! mouais.....

C'est bon, elle a craqué, d'ici le mois

prochain elle se sera trouvé une nouvelle

«marotte »....

Que dalle, elle m'a invitée à déjeuner, et là

elle m'a fait un "pataquès" pour aller manger

dans un resto où elle avait trouvé -20 % sur

conso facile...

Non tu sais bien qu'elle va les chercher chez

"Aides"... Mais elle m'a donné des tonnes

d'échantillons de crème pour le visage. Au début je

l'ai mal pris, il n'y avait que des crèmes antirides... !!

ahhh et puis la nouveauté, elle demande partout où

elle va, un cadeau ou une remise. Elle dit que si on

ne demande pas, on est sûr d'une chose, c'est de

ne rien avoir ! C'est comme ça qu'elle a eu un pot

de 500 ml de glace smarties en se faisant livrer sa

pizza (2 pizzas, la 3éme gratuite, qu'elle congèle),

en glissant au téléphone, « oui c'est l'anniversaire

de mon fils ce soir » !

Oui allo, Hortense !! Ah tiens on parlait de toi, non

rien de bien méchant on se demandait ce que tu

faisais !!....Tu vas au cinéma parce que tu as trouvé

des billets valables jusqu'en Mars à 5,5 euros !!...

Et......Tu vas voir quoi ? Tu en aurais un pour moi ?

Tu me donneras le tuyau hein ? Ça m’intéresse le

ciné à ce prix là !

J'hallucine tu ne vas pas quand même rentrer dans

son jeu !!!

Elle a donné ses

4 kg de coupons

à la caisse !

Ohhh écoute ! S'il y a bien une

chose qui est sûre autant que

Noël tombera cette année un

25 décembre c'est que l'on

EST EN CRiZZZ !!!!

Bon alors tu viens le voir

avec nous ce film ?

Tu pourras en profiter pour lui demander si elle n'a

pas des coupons de réduction pour l'achat d'un

sex-toy parce que même barrée la Hortense, elle

ne l'a pas cru le coup du : « j'ai rencontré un mec y

a une semaine », elle le sait que pour les hommes

il n'y a jamais eu et n'y aura jamais de coupons de

réduction .......

Liens pour coupons de réductions

On ne peut pas la laisser comme ça !

Pendant le repas elle me racontait qu'elle

était allée négocier son découvert bancaire

autorisé à la hausse en prévision de la crise

et qu'elle ne se servait que de sa carte

"American express" (gratuite pendant un

an), qui lui donne des tas de miles pour

tous ses achats. Avec les miles gagnés, elle

partira en voyage à Cuba car elle a testé

tous les 1er cours d'essai gratuit de salsa

et de zumba !! Elle m'a même demandé si

je voulais prendre cette année le carnet

«resto-malin » avec elle ! J'ai menti, j'ai dit

que j'avais un mec depuis une semaine et

que je préférais aller au resto avec lui.

Et elle t'a pas dit : "tiens j'ai des coupons de

réduc pour les préservatifs" ?

- pour les courses :

http://www.mavieencouleurs.fr/bons-de-reduction

http://malistedecourses.net/

http://www.tf1conso.fr/bon-reduction-couponsa-imprimer/bons?gclid=CMPz0cOQ16wCFZQhtAod

d0RBGA

http://www.couponnetwork.fr/

- pour des coupons sur Nîmes et sa région :

http://www.consofacile.com/

http://restosmalin.com/hiver.htm

- Pour les spectacles :

http://www.billetreduc.com

Toutes les marques ont un site sur lequel vous

trouverez des coupons de reductions

6 UNEÀNÎMES N°18 I Décembre 2011


Dans le Rétro

La saga du cuisinier Charles Durand

Le Vatel Nîmois

Charles Durand est l’inventeur

français de la pâte feuilletée.

Ainsi on lui attribue la

paternité des pâtés Nîmois

évoqués dans le numéro

précédent. Bien que né à Alès

en 1766, le cuisinier a acquis

sa notoriété à Nîmes.

Il avait à peine 10 ans qu’il

préparait la cuisine pour toute

sa famille. Déjà, il avait acquis

la passion de la recherche

des nouveaux goûts. À l’âge

de 13 ans, il entre au service

de l'évêque d'Alès avant de

passer au service de M. le

marquis de Cassagnoles. Ce

dernier ne donnant pas assez

de réceptions pour notre

ambitieux et futur grand maître

de la cuisine méridionale, il

entre au service de l'évêque

de Nîmes, M. de Ballore. Lors

des États de Languedoc, il

travaille au service des plus

grands à Montpellier : comte,

archevêque, trésorier des

États… Le jeune Durand

les étonne tous par ses

heureuses dispositions et

l'amour extrême de son art.

En 1785, alors que Charles

n’a que 19 ans, il s’illustre en

faisant, en extra, le repas du

mariage à Alès du neveu du

bailli de Suffren-Saint-Tropez.

Il se rend ensuite à Marseille,

où deux traiteurs renommés,

Fille et Simon, l'engagent

pour les seconder.

Son désir d'expatriation

éteint, Durand retourne dans

ses Cévennes, au service

du marquis de Montmoirac

d’Alais. C’est là que sa table

va acquérir la plus haute

réputation. On le retrouve

restaurateur dans Alès en

1790. Les offres les plus

avantageuses lui arrivent

de Marseille, de Lyon et

même de Paris. C’est à cette

époque qu’il accepte la

proposition d’association du

prestigieux cuisinier nîmois,

Audibal. En désaccord, il

s’établira à l'hôtel du Midi

place de la couronne et les

anciens associés deviendront

concurrents et rivaux.

Devenu le seul maître de sa

cuisine, Durand se surpasse.

Il est réputé en France et en

Europe. Les plus grands le

désirent pour leurs banquets,

c’est le début d’une grande

carrière de traiteur. De son

vivant, il a écrit de nombreux

livres de recettes dont

certains annotés à la main.

Il habitait Nîmes lors de son

décès survenu le 26 mars

1854. Un restaurant Durand

existait encore au début du

20ème siècle. Il était tenu

par un de ses descendants et

situé au-dessus de l’actuelle

Grande Bourse.

Georges Mathon n

La bouil- Abaïsse à la Nîmoise façon Durand

Mettez dans une casserole un morceau de beurre, rangez audessus

plusieurs espèces de poissons, comme rougets, anguilles

cuites à moitié (les rougets ne doivent se mettre que lorsque

les autres poissons sont presque cuits), soles, pageot, dorades,

queues de langoustes, le tout coupé en morceaux ; assaisonnez,

ajoutez des fines herbes hachées ; mouillez jusqu'à couvert avec

du bouillon de poisson, et un verre de vin blanc sec ; faites cuire à

grand feu pour précipiter la réduction.

Faire cuire un foie de baudroie dans le bouillon du poisson ; pilezle

parfaitement ; mêlez-y trois jaunes d’œufs, et délayez avec

un demi-verre d'huile d'olive ; dressez votre poisson sur le plat ;

remettez son fond de cuisson sur le feu, et liez-le avec le foie de

baudroie ; passez cette sauce au tamis en la faisant tomber sur le

poisson, et entourez le plat de croûtons frits au beurre.

UNEÀNÎMES N°18 I Décembre 2011 7


Plaisirs d'Epicure

Tous les chemins

mènent à rhum

Christophe Brunetti

Jean Pascal rue St Castor

Depuis quelques jours une Rhumeur court sur Nîmes.

Un bateau pirate aurait débarqué près du canal de la

fontaine. Un bar de pirates ? Il fallait que je fasse un

crochet. Je pars donc à l’abordage…

En cette période automnale rien de mieux pour

Rhumonter le moral que de boire des cocktails

arhumatisé. En entrant dans le bar qui ressemble à la

cale d’un vieux galion, je vois deux amoureux Rhum

antiques au comptoir. Partout sur les étagères le rhum

est haut et Juliette en redemande.

Une belle collection de bouteilles et de bonbonnes de

verres enlacées donnent un avant-goût de la centaine

de shooters, planteurs et vieux rhums disponibles. Un

tel choix me laisse baba.

Furtivement dans la pénombre je crois voir passer un

Rhum minet. Un gitan, paisible, boit un Rhum à michel.

L’accostage de ce nouvel établissement au cœur de

Nîmes la Rhumaine est une bonne nouvelle… Il ne me

reste plus qu’à rentrer chez moi sans être Charrette

et mater le dvd-rhum « Et au milieu coule 3 rivières »

ou un vieux Rhumake hollywoodien. Avant de sortir,

je prends un chewing-gum qui me fait ressembler à un

Rhuminant. J’ai froid je Rhumonte mon col pour ne pas

m’enRhumer.

L’origine du mot :

Elle est sujette à discussion. Abréviation du vieux

mot normand « rumbullion » ou « rombollion » ou «

rond-bouillon », qui pourrait désigner soit des alcools

distillés à partir de cidre ou de poiré, soit les festivités

qui suivaient les meilleures prises faites par les pirates.

Si l'origine est latine, alors il proviendrait de saccharum,

et serait le nom employé par les moines alchimistes

pour nommer le sucre.

On prend ma commande, je n’ai aucun Rhumord à

choisir un vieux planteur. Une ardoise sur le mur me

fait sourire: « Redresseur de zizi à 3 € », voilà une

boisson toute destinée à mon rédacteur en chef

Jérhum Puech.

Jean Louis Verrier

Je Rhumercie la serveuse avant de Rhumettre ma

tournée, je paie, elle me rend La Mauny. Après quelques

verres, je commence à sentir les roulis et les Rhums

mous d’une mer agitée. Ce n’est pas bon pour les

Rhumatismes.

8 UNEÀNÎMES N°18 I Décembre 2011


La balade épicurienne

Pablo Romero

Vingt six vins des Costières ont pu être goûté

dans des endroits mythiques de la ville: Carré

d'Art, les Halles, le lycée Daudet, la faculté Vauban,

la bodega Pablo Romero et les hôtels particuliers

Chouleur et Impérator.

Le prochain rendez-vous des amateurs de balades

bucoliques est fixé au dimanche 13 mai 2012.

Vignes toquées se déroulera dans les propriétés

viticoles. Pour plus de renseignements:

www.costières-nimes.org.

Le 27 novembre dernier, les vignerons des

Costières de Nîmes ont organisé pour la

deuxième année Nîmes Toquée, une balade

urbaine et épicurienne.

Près de 630 participants ont profité de la superbe

journée ensoleillée du dernier dimanche

de novembre. Six étapes gourmandes étaient au

programme. Elles étaient proposées par les chefs

nîmois du Plaisir des Halles, du Lisita, de l'Imprévu,

de Vincent Croizard et du Wine bar.

Le lycée A. Daudet

Le coup de projecteur:

Michel Simon, participant déguisé

"Je participe pour la première fois à "Nîmes toquée". Le bilan est

globalement positif pour mes amis (un groupe de 24 personnes) et

pour moi. J'avais déjà fait Vignes toquées et là je dois dire que je

suis content même si j'éprouve un peu de mal à parler. Je viens de

m'installer sur les canapés de la dernière étape de l'Impérator. C'est

vraiment à refaire. C'est la preuve que dans cette ville on peut mobiliser

600 personnes sur un événement. Comme quoi il n'y a pas

que les Férias à Nîmes pour s'amuser et boire."

UNEÀNÎMES N°18 I Décembre 2011 9


Plaisirs de VOIR

La galerie d'Audrey

Audrey Carbo, la célèbre responsable du Royal Hôtel, ouvre ce

mois-ci une galerie d’art privée en face de son établissement

sur la magnifique place d’Assas. « J’avais à cœur de

développer davantage le côté artistique que mes clients

trouvent à l’hôtel actuellement », explique la trentenaire. Cet

hôtel particulier est un cadre exceptionnel avec son jardin

et son espace intérieur de 150 m2. Il accueillera chaque

trimestre des artistes de tous horizons. Audrey promet une

sélection locale, nationale et internationale afin de partager

sa passion et sa curiosité des expressions artistiques.

Les amateurs du genre découvriront en décembre les

œuvres de Tony Cassius (sculptures sur bois), de Didier

Biffano (artiste peintre nîmois), de Christian Jamet (bronzes

et terres cuites) et de Florence Goellner (Raku et porcelaine

chinoise). En plus de la galerie d’art, les Nîmois pourront

trouver des astuces et des idées originales de décoration

sélectionnées par Audrey.

Galerie Audrey Carbo

4, place d’Assas

Du Mardi au Samedi de 10h à 13h et de 14h à 19h

UNEÀNÎMES N°18 I Décembre 2011 10


Rencontre nîmoise

La sage et

belle Hélène

Hélène Yannicopoulos

Portrait croqué par Aurélia Dubuc

LE PETIT QUESTIONNAIRE

UN NÎMOIS

Jean Bousquet. J’ai

beaucoup d’admiration

et d’affection pour lui.

Il a énormément œuvré

pour moderniser la ville

et c’est le premier homme

politique pour qui j’ai fait

campagne..

UN ÉVÉNEMENT

J’aime aller danser place

d’Assas pendant la Feria

mais cette belle fête ne

doit pas éclipser les autres

temps forts de la vie

nocturne nîmoise. L’été,

j’adore aller écouter les

concerts, assise dans les

Arènes ou à la terrasse de

la Grande Bourse.

UN LIEU

Le Bois des Espeisses, mon

petit coin de campagne

parfait quand on veut

prendre le temps de s’oxygéner

malgré un planning

chargé. Je vais y piqueniquer

en famille, courir,

marcher avec le chien…

Si la fille de l’ancien maire de Garons Jean Yannicopoulos

est sensibilisée à la politique depuis l’enfance, c’est

avant tout sa générosité et son dynamisme qui lui ont

permis d’être élue suppléante d’Yvan Lachaud puis

adjointe au maire. Depuis, l’agenda de la sage-femme

ne désemplit plus. Mais il en faudrait plus pour lui faire

perdre son sourire.

Comment fait une sage-femme libérale, maman de trois

enfants et élue municipale pour trouver du temps pour

ses amis et ses loisirs ? « J’évite de m’énerver pour un

rien, je relativise, je prends du recul. C’est le meilleur

moyen d’économiser mon énergie et de l’investir dans

des causes utiles. » Accro au jogging et au yoga, la

pétillante brune ne veut renoncer à rien, ni à son métier,

ni à son engagement politique. Et encore moins à sa

vie personnelle. Là où d’autres se perdraient dans une

telle profusion d’activités, elle y trouve son équilibre et

sa force. Bien entendu, un tel rythme de vie exige un

sens aigu de l’organisation, un esprit vif capable d’aller

à l’essentiel et le sens des responsabilités. Autant

de qualités qui s’appliquent parfaitement à Hélène

Yannicopoulos.

Maman à 21 ans, sage-femme à 25

Comment expliquer sa personnalité et son parcours

? Au fait d’avoir été élevée par des parents tous

deux médecins et engagés ? Sa maman est en effet

présidente de l’association « Solidarité Homéopathie ».

Son papa, décédé l’été dernier, a été maire de Garons et

conseiller général de la Vistrenque. « J’ai été influencée

par leur exemple, admet la jeune femme. J’ai toujours

vu mon père jongler adroitement avec ses obligations

professionnelles, ses mandats et la vie de famille. Et

quand j’ai hésité à me lancer dans la politique – c’est

une mission passionnante mais j’en connais les travers

(guerres de pouvoir, vie privée exposée) - ce sont

finalement ses conseils et ses encouragements qui

m’ont décidée. Mais j’ai ma propre personnalité et je

me suis toujours appliquée à suivre mes propres envies,

mon propre chemin. » Son indépendance vis-à-vis de ses

parents, Hélène Yannicopoulos la prend très tôt. Après

une enfance passée à Garons et une scolarité au collège

de Bouillargues, elle obtient son baccalauréat série D

au lycée Daudet en 1987 et rencontre la même année

son mari. Après avoir passé deux ans à Montpellier,

elle s’installe avec lui à Nîmes et donne naissance à sa

première fille à l’âge de 21 ans. Elle lui donnera une

petite sœur 3 ans plus tard et obtiendra dans la foulée

son diplôme de sage-femme.

Très investie dans le développement

durable

Elle s’était déjà impliquée dans la vie politique locale

en menant campagne auprès de Jean Bousquet. Mais

pendant les années qui suivent, elle s’investit totalement

dans sa vie de maman et de sage-femme. Après avoir

exercé à la maternité de Kennedy, à la maternité Saint-

Joseph et à la polyclinique Grand Sud, elle crée en 2002

un cabinet de sage-femme avec Sophie Debanne.

Divorcée, remariée avec un gynécologue et de nouveau

maman, elle a 38 ans quand Yvan Lachaud lui demande

de rejoindre son équipe en vue des élections législatives.

Un an plus tard, la dynamique député suppléante est

élue adjointe au maire, déléguée au développement

durable. « La question environnementale n’était pas

très développée à Nîmes et tout comme le social et la

santé, ce sujet me tenait à cœur, explique l’infatigable

gréco-française. Les choses sont en train d’évoluer,

certes doucement, mais elles évoluent. » Pour assumer

pleinement sa nouvelle fonction, elle ne consulte plus

à la Polyclinique. Elle partage sa semaine entre son

cabinet et la mairie, le week-end étant consacré à son

adolescent, à ses dîners en amoureux ou entre copines

et à ses sorties au Sémaphore. « J’adore recevoir des

amis à dîner mais je ne refuse jamais une invitation

à boire un verre au Royal, à dîner à l’Imprévu ou au

Passage de Virginie. »

Mais déjà en femme volontaire et généreuse, Hélène

Yannicopoulos a besoin de nouveaux défis, de nouveaux

engagements. Voilà pourquoi elle a accepté avec plaisir

la proposition d’Olivier Bonnijoly, mari de son amie Marie-

Hélène et président du Foyer Charles Gide, d’assurer

une permanence médicale une journée par mois dans

le centre qui accueille des personnes sans domicile. Une

étape supplémentaire dans son parcours de bénévole

qu’elle complètera certainement dans quelques années

par une véritable implication dans « Gynécologie sans

frontières ». Décidément, Hélène Yannicopoulos ne

s’arrêtera jamais et c’est ce qui fait tout son charme.

11 UNEÀNÎMES N°18 I Décembre 2011


Les Nîmoiseries du monde

Une rubrique pour les nîmois

loin de leur terre natale

Chaque mois, Une à Nîmes donne

la parole à un de nos concitoyens

expatriés plus ou moins loin de sa

Tour Magne natale. Tous nous ont,

jusqu’à présent, conté des mondes

forts différents de notre cité des

Antonins. Alors après Strasbourg,

Montpellier , New-York , Séville, le

Liban, le Japon, Paris, Milan, Londres

et le Canada nous rendons visite à

une Nîmoise qui vit au Turkménistan.

Cécilia

au Turkménistan !

Assistante Spa Manager au Sofitel d’Oguskent – Achgabat

(Turkménistan). Les photos en extérieur, dans les

rues sont interdites par la loi. Il a donc été difficile d’en

avoir.

Le Turkménistan est un pays d’Asie Centrale. La caractéristique

géographique la plus significative est le désert du Karakoum

qui couvre 80 % de la superficie du pays. Les vestiges

de l’ancienne route de la soie vont de la Chine centrale jusqu’à

la côte méditerranéenne, passant par le Turkménistan. Sa superficie

est comparable à celle de l'Espagne. Le pays est situé

dans une région où le risque sismique est un des plus élevés

au monde. Le pétrole représente 60% de ses exportations et il

est la 5ème réserve mondiale de gaz.

12 I UNEÀNÎMES N°18 I Décembre 2011


Les Nîmoiseries du Monde

L'INTERVIEW À DISTANCE...

Depuis quand es-tu au

Turkménistan ? Où es-tu

exactement ? Qu’y fais-tu ?

Comment as-tu été amené à partir

là-bas ?

Cécilia : Je suis arrivée

à Achgabat, capitale du

Turkménistan, en avril 2011. Je

travaille comme assistante spa

manager au Sofitel Oguskent.

Une personne qui était déjà

sur place m'a parlé de son

expérience et m'a dit qu'il y

avait des postes vacants pour

les expatriés car l'hôtel venait

tout juste d'ouvrir. J'ai postulé,

passé un entretien et me voilà

lancé dans une expérience hors du

commun. J'ai toujours voulu partir

travailler à l'étranger, d'abord

pour l'expérience professionnelle

mais aussi pour la découverte de

nouvelles cultures.

Comment se passe une semaine

typique pour toi là-bas ?

Cécilia : Une semaine typique

pour moi, je travaille du mardi

au dimanche de 12h à 20h

voire plus lorsqu'on reçoit des

hautes personnalités, présidents,

ministres ... et le soir on se

retrouve entre expatriés ou

je reste au calme chez moi...

Pendant mon jour de repos, le

lundi, je sors un peu dans la ville,

je vais faire mes emplettes.

Quelles sont tes conditions de

travail ?

Cécilia : Mes conditions de travail

sont relativement correctes.

Je suis assez libre, je gère mon

travail comme je le souhaite, j'ai

une très bonne entente avec mon

équipe de 5 masseurs (euses), 2

réceptionnistes et 1 instructeur

fitness. La plupart du staff parle

uniquement russe. Donc en plus

de l'anglais, j'apprends le russe.

Quelles sont les plus grandes

différences au jour le jour par

rapport à ton ancienne vie

nîmoise?

Cécilia : La vie est complètement

différente ici. Nous devons

respecter un "couvre-feu". A

partir de 23h il est fortement

déconseillé de rester dans les

rues, car la police locale sévit. Je

ne fais plus de shopping car il n'y

pas de beaucoup de magasins.

Pour ce déplacer dans la ville

on fait du stop car tous les

conducteurs font office de taxi

et ça coûte 3TM (TM=manat)

soit 75cts d'euros. La nourriture

n'est pas très bonne, ils mangent

beaucoup de moutons (du

vieux mouton avec un goût très

fort). Les habitants, que nous

avons baptisé les "némmés",

sont sympas mais un peu mal

élevés. Par contre, il n'y a pas de

délinquance comme à Nîmes, ni de

violence.

Y a t-il quand même quelques

similitudes entre Nîmes et

Achgabat ?

Cécilia : Je ne vois pas de

similitudes avec Nîmes, c'est

vraiment une ville, même un

pays comme personne ne peut

l'imaginer. Il est très difficile de

raconter ce que l’on vit tous les

jours ici car très peu de personnes

peuvent imaginer dans quel

environnement nous évoluons.

Nous, les expatriés, on l'appelle

le pays des Bisounours, tout

est beau, tout est magnifique

mais il y a aussi l'envers du

décor. Il ne faut pas oublier que

c'est une dictature. Je ne peux

malheureusement pas en dire plus.

Tu reviens à Nîmes de temps en

temps ?

Cécilia : J'ai la possibilité de

revenir en France, j'ai 30 jours de

vacances par an, à moi de gérer

comme je le souhaite. Je suis

rentrée 3 semaines en juillet dans

ma famille à Nîmes.

Comment vois-tu la suite

professionnellement ?

Cécilia : La suite, je la vois dans un

autre pays étranger. Je voudrais

rester dans l’hôtellerie de luxe et

toujours en tant qu'assistante spa

manager, acquérir un maximum

d'expérience pour devenir spa

manager. Mon contrat ici est de 2

ans et je suis là depuis 7 mois et

demi, j'ai le temps d'y réfléchir...

Penses-tu revenir bientôt à

Nîmes? En France ?

Cécilia : Je reviens à Nîmes fin

décembre pour une dizaine de

jours pour voir ma nièce Anaïs

qui vient tout juste de naître et

passer du temps avec mes amis,

ma famille, mon frère Stéphane

et ma belle-sœur qui vivent eux

aussi à l'étranger (ndlr :à New

York).

Propos recueillis par Jean-Louis Verrier n

UNEÀNÎMES N°18 I Décembre 2011 13


Reg' Arts

L'acteur Gérard Depardieu

Le réalisateur Cyril Rigon (à droite)

L'actrice Caterina Murino

Une journée porte ouverte aux Arènes en 2010

proposée par les "Aficionados practicos"

Gregory Santerre - association CinéRegard

Le réalisateur Cyril Rigon (à droite)

Sur le tournage d'un film

Quel cirque !

14 UNEÀNÎMES N°18 I Décembre 2011


Reg' Arts

Silence, ça tourne ! s’exclame régulièrement le jeune

réalisateur Nîmois Cyril Rigon. Cette phrase ponctue la

matinée du lundi 21 novembre. La rédaction d’Une à Nîmes

pose un regard amusé sur le tournage d’un court-métrage

dont l’action se déroule dans un cirque installé au pied des

remparts de la ville de Saint Louis, Aigues Mortes. Des illustres

acteurs comme Gérard Depardieu ou Caterina Murino (James

Bond girl dans Casino Royale), des figurants parqués derrière

une barrière, des techniciens qui s’agitent, des maquilleuses

prêtes à bondir entre chaque prise, un producteur anxieux,

des curieux gênants, des photographes envahissants et des

journalistes fins observateurs.

les animations et les personnages créent naturellement un

univers magique d’un autre temps. « Je m’inspire de mes

rêves d’enfants en m’appuyant sur l’univers onirique du

cirque », indique le patron du plateau. Aussi, les spectateurs

trouveront des personnages complètement loufoques

comme les sœurs siamoises, la femme à barbe, le ventriloque

tiré à quatre épingles, les clowns rieurs, la diseuse de bonne

aventure, les nains et bien d’autres. On devine la malice

artistique d’un Tim Burton mêlé à un genre policier propre

à Chabrol.

Un tournage compliqué

Au centre de leurs observations : Cyril Rigon, un jeune

réalisateur talentueux de 32 ans. Gérard Depardieu, ami de

la famille, l’a encouragé à tourner des courts-métrages et à

réaliser son long-métrage. Après l’excellent « Eolius », court

métrage tourné à Nîmes en 2009, Cyril enregistre donc un «

teaser » préfigurant son futur long métrage. L’objectif est de

démontrer ses talents de narrateur et de réalisateur. Le courtmétrage

dans lequel l’acteur français participe bénévolement

sera visible en février sur la chaîne Orange TV. « Gabin, le

Mime » sera présenté au prochain Festival de Cannes. Le film

tourné en 3D « sert la narration » explique le Nîmois. Mais sa

fonction essentielle est d’être le sésame

qui lui permettra de se lancer.

Cyril, le chauvin

Cyril aime si profondément sa ville qu’il

fait tourner son esprit créatif complexe

autour d’elle. « Je prends beaucoup de

plaisir à tourner ici à quelques pas de

l’endroit où j’ai été baptisé. Je reconnais

un peu de chauvinisme dans mes démarches. Mon projet

de long-métrage se tournera à Nîmes et dans le Gard

essentiellement ». Le lieu de tournage a été repéré par la

toute jeune association « CinéRegard » de Gregory Santerre.

Cette structure nîmoise se positionne comme un bureau de

films facilitant les rencontres entre les territoires gardois

et les projets de tournage. Ainsi sur le plateau, les visages

nîmois se font familiers. Céline Riera se charge des figurants.

Nassera et sa fille Chloé ont bravé le froid comme figurantes.

Dorian, étudiant en Prép’art du lycée Saint-Stanilas, tente

timidement de faire régner l’ordre en coulisses.

"Je prends beaucoup

de plaisir à tourner ici à

Aigues Mortes"

Le tournage a été particulièrement difficile. Marqué par

de fortes intempéries et par le double changement à la

dernière minute du personnage principal, il semble que l’âme

capricieuse du monde du cirque ait joué avec les nerfs du

réalisateur. Le plan de travail a été bousculé. Le scénario

a été réécrit à la hâte. « Entre le papier et la réalité, c’est

un grand plaisir de faire vivre l’histoire que j’ai écrite et ses

personnages », appuie Cyril pour prendre le contre-pied de

ses aventures rocambolesques. Caterina Murino, la belle

actrice italienne et ancienne mannequin, me confie droit dans

les yeux avec un accent qui roule les « r » : « Je suis tombée

amoureuse du scénario malgré le fait que

je n’ai jamais aimé le cirque. Depuis toute

petite, je trouvais cela triste mais là je

suis conquise ». L’ancienne partenaire

de clip de Bob Sinclar – Far l’Amorecampe

le rôle d’une troublante et d’une

intrigante gitane.

Alors que derrière lui le décor disparaît

peu à peu, l’observateur que je suis

remarque un réalisateur fatigué, éreinté mais tellement

heureux d’avoir accompli ses pensées imaginaires fertiles. Il

a dirigé ses acteurs avec une grande précision en montrant

l’exemple et en lançant des « Gérard » dans la douceur

matinale marquée au loin par les mines de sel blanc. Cyril

nous quitte pour faire les derniers plans en studio. Bientôt

les heures de montage viendront chasser les péripéties d’un

tournage habité par le cirque et ses soubresauts. Puis le

temps sera venu de montrer enfin le résultat au public et à

ceux qui feront enfin de Cyril un réalisateur au-delà de

la seule piste aux étoiles.

En regardant tout le monde s’agiter, on devine une intrigue

policière avec pour décors un cirque pas comme les autres.

Cyril Rigon a eu la bonne idée de faire appel au célèbre

cirque-musée espagnol « Raluy ». Les roulottes, le chapiteau,

www.raluy.com

Jérôme Puech n

UNEÀNÎMES N°18 I Décembre 2011 15


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