UNE à NÎMES

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LA GUERRE - Une à Nîmes

GRATUIT N°22

UNE à NÎMES

I Le e-magazine des gens qui aiment leur ville I Avril 2012 I

NOUVEAU

site

uneanimes.com

(DE)CLIQUE !

LA GUERRE

DES TAPAS

La quincaillerie Vasserot

Béatrice Bertrand

Portrait d'une femme

Le premier ciné

dans le Rétro

Eve, scénariste

de "Working girl" de Canal +

Giulia sur la place d'Assas - Royal Hôtelt

www.uneanimes.com

Yannick vit

sa vie à Prague


Photo proposée

par Willy Lehman

S O M M A I R E

A la Une:

Comment les restaurateurs se livrent une cruelle guerre des tapas ? ......... pages 4/5

Coucher le premier soir ?

Miss Blablabla délivre ses conseils ......................................... page 6

La première projection cinéma

Récit inédit par Georges Mathon. .......................................... page 7

Découverte d'un commerce mythique: la quincaillerie Vasserot ............ pages 8/9

Béatrice Bertrand portrait d'une femme qui aide les femmes ................ page 11

Yannick expatrié à Prague ................................................. page 12

Reg'art sur le métier de scénariste TV avec Eve ............................. page 14

Un mois, un mot nîmois...

Caracaca :

Emplacement réservé au théâtre aux spectateurs

à la hauteur. Contrairement à ce que l'on pourrait

croire le Caracaca n'a jamais attiré les poules qui

préfèrent se prélasser dans les loges.

UNE à NÎMES

Directeur de la publication : Jérôme Puech. Rédacteurs:

Miss Blablabla, Aurélia Dubuc, Georges Mathon et Jérôme

Puech. Photographes: Alain Bérard et la rédaction.

Webmaster: Tommy Desimone. Maquette: Agence Binome.

Relecture: Aurélia Dubuc. Nous écrire: uneanimeslemag@

gmail.com. Site : www.uneanimes.com. Retrouvez tous les

n°. Mensuel et gratuit. Dépôt légal numérique BNF. Diffusion:

10 000 destinataires mail.

Régie publicitaire: Esprit Média: 04 66 29 75 19.

2 UNEÀNÎMES N°22 I Avril 2012


Eloge des tapas

Olivier LANGE

Né en 1973 à

Constance en Allemagne,

Olivier Lange

a grandi à Nîmes. Il a

étudié la philosophie et

fait de nombreux séjours

au Proche-Orient.

Il vit à Saïda, au Sud

Liban, où il travaille

pour le ministère des

Affaires étrangères.

L’aube venue, la nuit consommée, il ne reste plus rien des tapas.

Ils n’auront duré que ce que dure une nuit sans lendemain,

contrairement au repas complet, au dîner prétentieux, qui impliquent

commentaires, classements et comparaisons. Les tapas,

quant à eux, sont un événement qui ne se survit pas, un coup d’éclat

dont la magie transforme chaque table en un monde miniature qui

nous institue rois et reines, souverains éphémères des soirs nîmois

de printemps.

Les tapas nous libèrent, y compris d’eux-mêmes, puisque leur multiplicité

de petites portions, nous permet de faire circuler la parole,

longuement et librement. Alors que le repas officiel est comme la

présence quasi religieuse d’une vérité absolue qui tient les convives

en respect, les tapas célèbrent un ciel vide et joyeux, où fuse le feu

d’artifice des saveurs et des mots.

Mais si les tapas invitent à la conversation, ils appellent aussi l’alcool

pour démultiplier encore leurs plaisirs. Omettant la bière, les puristes

se feront servir un vin de bataille et de corrida, un rioja seigneurial

pour être assurés de l’emporter. Des Nîmois oseront franchement,

et avec raison, un Costière rubis, gorgé de soleil et de fruits rouges,

pour tout se dire d’une joie musicale. D’autres, sans attaches,

Nîmois rêveurs ou seulement de passage, se laisseront gagner par

la fraîcheur et la tendresse nostalgique d’un vin de Loire, Chinon ou

Cheverny.

Les tapas, festin du paysan des villes splendides, mais également

promesse de tous les exilés, de ceux dont la seule œuvre est la

vie…

Dans certains tableaux, il est des traits recouverts par l’œuvre finale,

qu’on appelle repentirs. Il n’est pas dit que les tapas, eux non plus,

ne gardent pas, caché en leur sein, derrière leurs brillances somptueuses,

le souvenir d’une étoile éteinte dont la lumière nous parvient

encore ; celle des mezzés arabo-andalous, du rosé du Liban et

des poèmes d’Omar Khayyâm… Dès lors, en les portant à nos bouches,

les tapas sont comme le baiser retrouvé d’un amour disparu,

la résurrection de la chair ; le temps d’un soir, moment d’éternité où

les vivants de tous les temps se retrouvent enfin.

UNEÀNÎMES N°22 I Avril 2012 3


la Une à Nîmes

La guerre des tapas

El Callejon vient d'ouvrir rue Corneille

et propose des tapas

Nîmes vit à l’heure espagnole. Pas étonnant qu’elle compte une bonne quinzaine bars et/ou restaurants à tapas.

La bodega « le Onze » rue Emile Jamais et le restaurant « El Callejon » rue Corneille viennent d’ouvrir en promettant

de déguster de très bons tapas. Alors assiste- t-on à une guerre des tapas ? Manque d’originalité ou effet

de mode ? La rédaction a mis sa tenue de grand Reporter de guerre pour enquêter sur ce conflit provoquant

cholestérol et graisses en tout genre !

Les origines

Les tapas sont des amusegueules

d’origine espagnole.

Ce sont des petites portions

favorisant la convivialité à la

différence d’un repas complet

servi à table. Tout laisse à

penser que cette tradition

culinaire a été amenée en France

et plus particulièrement à Nîmes

par les immigrés espagnols

fuyant le régime franquiste ou

les travailleurs venant faire les

vendanges.

Plusieurs théories se font jour

pour donner une explication

étymologique. Une des plus

connues remonte au Moyen-Age

et fait référence au Roi Alfonso

X el Sabio. On raconte qu’il se

vit prescrire du vin et qu’il prit

l’habitude de l’accompagner

d’amuses-bouches pour éviter

les effets de l’alcool à jeun. Mais

il est aussi rapporté qu’Alfonso

XIII bouchait (tapar) son verre

avec des tranches de jambon

pour éviter que des insectes ou

du sable ne viennent s’y nicher.

Sebastian, Petit Mas

Entre identité et économie

A Nîmes, les bars ou restaurants

à tapas sont nombreux au point

de penser que les commerçants

se livrent une véritable «guerre».

Deux établissements viennent

d’ouvrir. Comble de l’originalité,

ils proposent des tapas.

Pour Sébastian, le célèbre accent

argentin du Petit Mas (Rue de la

Madeleine), il s’agit « d’un plat

bon marché qui correspond à

une mode, un esprit de partage

». Cette mode à Nîmes s’appuie

sur deux piliers majeurs : notre

identité liée à la culture ibérique

et la volonté de prolonger l’esprit

agréable de nos férias.

4 UNEÀNÎMES N°22 I Avril 2012


la Une à Nîmes

Nicolas Carbo explique « quand nous

sommes arrivés il y a six ans et demi,

le Royal faisait déjà des tapas. Nous

avons juste continué en apportant nos

améliorations ». Le commerce du tapas

fait fureur à Nîmes pour une clientèle qui

aime prolonger les apéros en terrasse

l’été autour d’un bon verre de vin local.

Ainsi les Nîmois aiment aller d’une table

à l’autre pour discuter, séduire, partager

des moments simples en épicurien. Les

repas classiques - qui n’en finissent pas -

sont laissés aux couples de plus de 3 ans

et aux personnes plus âgées.

Les enjeux de la guerre

La multiplicité des offres de tapas demande

aux commerçants de différencier leurs

offres. Tous les commerçants le jurent

la main sur le cœur (Corazon !) : chez

eux, c’est avant toute chose la qualité

des produits qui fait la différence. Pour y

voir clair : il faut exiger des produits non

surgelés, des produits frais typiquement

espagnols ou alors des produits frais

locaux. Deuxième enjeu : le statut du

préparateur. Les tapas seront d’autant

plus appréciés s’ils sont préparés par un

vrai cuisinier dont c’est le métier. Il arrive

à Nîmes que l’on s’improvise « façon M6

» cuisinier.

Troisième enjeu : le prix ou la cuenta!

Les tapas sont des petites portions

qui effectivement ne coûtent pas cher

à l’unité. Sauf que certains clients

déchantent lorsqu’il s’agit de passer

à la caisse. Si votre addition dépasse

largement le coût d’un repas dans un

restaurant classique alors il y a calamar

sous roche ! Enfin, avec les tapas ,ce qui

fait vraiment la différence c’est ce qu’il

y a autour : la carte des vins, l’accueil,

le cadre, la rapidité des serveurs et la

musique.

Pour le Carré Jazz (place de la Maison

Carrée), le restaurant à tapas en vogue,

vous n’entendrez pas de musiques

espagnoles ni ne verrez un concert de

jazz. L’accueil est pourtant excellent avec

le charme de Sarah. A contrario, la Casa

Blanca propose des concerts de Flamenco.

C’est la deuxième maison de Pépé Linares

et du festival de Flamenco de janvier.

L’association « La Macarena » (rue Delon-

Soubeiran) propose une carte de tapas

réduites mais le cadre sévillan de son

patio et son âme ronronnent avec Ramon.

Le Royal (place d’Assas) offre lui aussi un

cadre avec âme vibrante et sereine avec

sa terrasse exceptionnelle. Le Pian (rue

Bourdaloue) est un restaurant où vous

trouverez les tapas les plus préparés. Pour

finir, la Tchatche (rue St Antoine) est le

bon compromis entre Nîmes et l’Espagne

: on est fort en gueule et on déguste des

tapas de producteurs méconnus.

La guerre est déclarée ! Dans ce

conflit, le consommateur nîmois

finira par désigner les vainqueurs

qui resteront très en deçà des

bars à tapas de Madrid, Séville ou

de Barcelone. Chica, dos tapas por

favor !

Jérôme Puech n

Cinq guerriers du tapas...

Marie-Caroline

La Casa Blanca

A la base, je voulais

ouvrir un restaurant

en Andalousie. J’ai fait

venir l’Andalousie à Nîmes.

Tous nos produits

viennent de là-bas. Je

suis copine avec le plus

gros éleveur de porc

ibérique. On a introduit

la fameuse Pata Négra

à Nîmes en avril 2008 !

Florian

La Macarena

On vient de changer

notre carte de tapas

pour que les clients

ne dégustent que des

produits frais avec une

mention spéciale pour

la sèche. On a surtout

60 références de vin

grâce à deux caves locales.

Notre cadre sévillan

et son patio font

la différence.

Bertrand

La tchatche

On est bistro à vins

d’abord. Il n’y a pas de

cellophane ici. Je ne

veux faire que du qualitatif.

Mes clients me

disent qu’ils mangent

les meilleurs tapas.

Les gens en ont mare

de se mettre à table

et de se faire e…. Ils

veulent manger rapidement

et pas cher.

Nicolas

Bodeguita

Comme dans toute

guerre –si guerre il y a-

il restera les meilleurs,

les survivants. Il faut

avant toute chose regarder

la qualité des

produits pour faire la

différence. Les tapas

sont devenus une vraie

mode au même titre

que les sushis en ce

moment.

Raphael

Le Pian

Je suis cuisinier de

métier, comme mon

chef. Nous proposons

une formule entre le

repas classique et

l’apéritif. Tous nos

produits sont de qualité,

estampillés. Cela

va du jambon de l’Ardèche

à la St Jacques

et au foie gras. Rien

n’est surgelé !

UNEÀNÎMES N°22 I Avril 2012 5


Chronique de Miss Blablabla

Au printemps:

Faut-il coucher dès

le premier soir ?

Le printemps est enfin arrivé.

Avec son cortège de petites

fleurs aux arbres, de jupes qui se

raccourcissent mais aussi de questions

de fond dans les journaux féminins:

comment maigrir ? Comment le

séduire? Et la sempiternelle : doit on

coucher le 1er soir ?

Et là Mesdames et Messieurs, nous

touchons la quintessence de ce qui

fera la différence entre une femme du

monde et la fille facile : est-il pertinent

de s’envoyer sauvagement en l’air dès

le 1er soir ?

Ne reculant devant aucune difficulté

et prenant très à cœur une certaine

forme de journalisme d’investigation,

j’ai mené mon enquête. Auprès de

mes deux meilleurs potes

(panel représentatif à un

point que vous n’imaginez

même pas).

Et il en ressort une évidence

qui parfois échappe à la

gente féminine (les effluves

des vernis à ongles semblent avoir

bien plus de conséquences sur nos

neurones que nous ne voulons bien

l’admettre) : les hommes n’ont pas

besoin d’attendre de coucher ou non

avec une nana pour savoir ce qu’ils

comptent en faire.

S’il n’envisage rien de sérieux avec une

fille, le mec ne va pas solliciter son

cerveau avec des interrogations de

1er ou 3ème soir, hein. Et de la même

façon, s’il respecte la fille qu’il a en

face de lui, il ne va pas se formaliser si

elle couche tout de suite ou pas.

Bref, cette histoire de coucher ou pas

le 1er soir, c’est un concept totalement

féminin. Et là Mesdames, un nouveau

monde s’ouvre à nous.

L'homme est un

chasseur...

S’il nous faut bien évidemment

garder notre respectabilité, même

quand on a passé la nuit à hululer

son extase, il est surtout important

de garder sa part de mystère. Oui,

l’homme est un chasseur, qui veut

impressionner la femelle et lui

donner du rêve. L’homme a besoin

de traquer sa proie. Et plus il aura

l’impression qu’elle lui échappe,

plus il voudra la chasser, la volonté

de percer le mystère devenant son

moteur. Et retenez bien ça : «De part

de mystère tu n’auras point, si ta

gueule au réveil tu montres au petit

matin ».

Non parce que regardons les choses

en face : aux yeux de qui

peut on encore être

mystérieuse quand on

a révélé son haleine

matinale de fennec, le

cheveu rock’n roll et

grassouilleux, les yeux

gonflés et injectés de

sang ?

Bref. Il ne faut point se réveiller auprès

de son amant. Si l’histoire devient

sérieuse, il aura bien le temps, plus

tard, de constater avec fascination

comment une belle plante peut être

transformée en sorcière par une nuit

de sommeil. Mais comme les enfants,

les hommes n’ont pas besoin de tout

savoir tout de suite.

Donc les filles, si je dois vous donner

un conseil pour la période estivale

qui approche à grands pas, ce sera

celui-ci : avoir le bon sens de garder

un peu de son mystère et penser,

après la 1ère partie de jambes à l’air,

à s’éclipser pour aller dormir chez

soi.

Coucher, oui. Dormir, non. CQFD.

Retrouvez Miss Blablabla:

http://blog.missblablabla.com

6 UNEÀNÎMES N°22I Avril 2012


Dans le Rétro

22 juin 1896: café le Tortoni (au dessus de l'actuel Monoprix)

La première séance ciné

Le Tortoni

La première séance de

cinéma a eu lieu le 22 juin

1896. Le Kinématographe

Edison s’était installé

dans la salle du 1er étage

au dessus du Café le

Tortoni, emplacement

actuel du Monoprix. Au

programme, animations

des quartiers parisiens :

Place de l’Opéra, Place

de la Madeleine, Champs-

Élysées, halles centrales…

Mais ce système n’était

pas aussi fiable que celui

des Frères Lumière. Il y eut

de nombreux problèmes

techniques en cours de

séance et une deuxième

série de projections

fut programmée fin

septembre à l’occasion de

la Foire Saint-Michel, avec

le Cinéphotographe de

Lépée. Une particularité,

certaines scènes étaient

en couleurs.

Les Frères Lumière

s’installeront peu après

à Nîmes. La première

projection eut lieu le 3

octobre 1896 au 28, Bd

Victor-Hugo, avec plusieurs

scènes d’actualité, dont

une réalisée à Nîmes,

sortie de la messe de 11h

à l’église Sainte-Perpétue.

Une tentative de prise de

vue de la corrida du 11

octobre n’aboutira pas.

Les projections dureront

jusqu’au 8 novembre.

Le propriétaire d’un

magasin de photographie,

Ferdinand Itier, inspiré par

ces nouvelles techniques,

achètera des appareils de

projections et prise de

vues Méliès. Il mobilisera la

salle du 1er étage du Café

du Palais (actuel Palace)

et réalisera sa première

projection le 27 décembre.

6 films seront présentés

à cette occasion, dont

4 réalisés localement

par Itier. À partir du 24

janvier 1897, le cinéma

sera transféré au 9 Bd

Victor-Hugo, et ensuite

dans la salle du musichall

l’Eden, qui deviendra

définitivement un cinéma

en 1912. Certaines

scènes seront projetées

en marche arrière, effet

surprenant garanti pour

les spectateurs. La même

année aura lieu la première

projection d’une corrida

de Nîmes, celle du 4 juillet

1897.

Au cours de la période qui

précédera la grande-guerre,

les lieux de projections se

multiplieront :

premières séances de

Cinéma dans les Arènes

en juin 1906 ; au café

Gambrinus à l’époque

Bd Victor-Hugo face à la

place Questel ; toujours

sur le même Bd au café

de l’Univers; la corrida

de Muerte du 7 octobre

1906 sera projetée 9

jours plus tard ; en juin

1907, premières séances

de cinéma au Théâtre

Municipal; 4 cinémas

seront présents sur la foire

de la St Michel de 1907,

et en 1909, c’est un film

« parlant et chantant»

qui y sera représenté ; en

1908 Itier installera au 8

rue Emile Jamais le Cinéma

Palace ; en 1909 une salle

sera réalisée rue Gaston

Boissier, le Nîmes-Cinéma-

Pathé avec Itier comme

directeur salarié ; des

projections se déroulèrent

aussi au Casino Bd Sergent

Triaire jusqu’en 1911. A

noter aussi, une autre salle

de Cinéma éphémère, au

12 rue Général Perrier,

elle fonctionnera du 3

novembre 1912 au 25 mai

1913.

Au début des années 1950,

nous retrouvons à Nîmes

12 salles de Cinéma : ABC,

1 rue Colbert ; Cœcilia, rue

de Bourgogne ; Colisée,

24 bd Amiral-Courbet ;

Corona, square Couronne

; Eden, rue Godin ; Eldo,

rue Poise ; Le Lux, square

Couronne ; Le Majestic,

rue Emile-Jamais ; Odéon,

7 rue P. Semard ; Olympia,

36 rue porte de France ;

Rex, 2 rue Pépin le Bref ;

Studio, rue Godin.

Georges Mathon n

En savoir plus:

www.nemausensis.com

UNEÀNÎMES N°22 I Avril 2012 7


M. Trouve tout

L'incroyable quincaillerie Vasserot

Chantal, Pierre, Huguette et Florence Vasserot

8 UNEÀNÎMES N°22 I Avril 2012


Chez le quincailler Vasserot de la rue Pierre

Semard, contrairement aux grandes surfaces,

les clients n’ont pas l’impression d’être des

anonymes. Et cela dure depuis 1880.

Nombreux sont les lecteurs d’Une à Nîmes

nous invitant à faire un reportage sur l’un des

commerces les plus anciens et les plus appréciés

de la ville. La quincaillerie Vasserot est

un symbole du petit commerce de proximité

résistant face aux ogres de la grande distribution

déshumanisés tel que Castorama, Leroy

Merlin et compagnie.

Pierre Vasserot me reçoit alors que je franchis

le pas de sa boutique. « Vous savez, maintenant,

je fais semblant de travailler », dit-il, espiègle.

Ses deux filles Chantal et Florence ont

déjà l’oreille sur notre conversation qui dégage

un parfum de sympathie instantanée. C’est le

grand père de Pierre qui a créé la boutique, un

certain Mathieu associé à Sébastien en 1880.

Quel est le secret de résistance de ce com

merce hors du temps ? « On connaît tous nos

clients ou presque. On vend à l’unité, au détail.

Nous avons une relation privilégiée avec nos

habitués », explique l’une des filles brune Vasserot.

Le commerce ne désemplit pas à partir

de 10h et en début d’après midi. Plomberie,

électricité, coutellerie… ce sont essentiellement

des personnes de la ville qui viennent,

sûres de pouvoir trouver ce qu’elles cherchent.

« Les grandes enseignes nous envoient des

clients, vous vous rendez compte », appuie la

vendeuse en souriant. Nicolas Tacussel raconte

sur la page Facebook du magazine « Même

quand tu ne sais pas ce que tu cherches, ils te

le trouvent ».

Huguette, la femme de Pierre, jouait les guetteuses

sur le balcon de l’appartement familial

au-dessus de la boutique. Comme un chat

curieux, elle est descendue pour venir à ma

rencontre. « Ma contribution c’est d’avoir

mis au monde mes deux filles qui reprennent

le flambeau aujourd’hui », dit-elle pour prendre

sa place naturelle dans notre échange. «

Et après les filles ? » C’est l’inconnu même si

Chantal et Florence pensent fortement à leurs

enfants. Ils sont trois, âgés de 18, 20 et 25

ans. Le prochain gardien de la caverne d’Ali

Baba n’est pas encore désigné.

Avant de quitter les lieux, je scrute l’extraordinaire

rangement anarchique. Florence lit dans

mes pensées et m’indique « vous savez ce

n’est peut être pas conventionnel mais nous

trouvons très vite ce que veulent les clients».

Le genre de réplique que j’aimais faire à ma

mère lorsqu’adolescent je devais obéir à son

invective sur la nécessité de mettre en ordre

ma chambre.

Les chiffres

Jérôme Puech

Les chiffres :

- 18 000 références « produit »

- 1811000 comme références le numéro « produit de la rue »

11 le numéro de la P. rue Semard

- 80 P. l’âge Semard de Pierre Vasserot

- 803 l’âge octobre de 1988 Pierre la Vasserot cave a été

3 octobre inondée 1988 rendant

la cave a des été produits inondée inutilisables

rendant

-

des produits

2 filles

inutilisables

Vasserot

- 3 petits-enfants

2 filles Vasserot

3 petits-enfants

UNEÀNÎMES N°22 I Avril 2012 9


Plaisirs de voir

Les arènes, un parking ?

La ville serait sur le point de conclure un accord avec la société VINCI

PARK pour la construction d’un parking souterrain de 500 places

sous les arènes de Nîmes. L’information a été dévoilée par Jean-

Claude Miralès, le responsable du stationnement à la communauté

d’agglomération de Nîmes Métropole.

Une question se pose : peut-on construire un tel édifice sans mettre

en danger un monument historique ? Pour la ville, l’architecte des

monuments de France serait sur le point de donner son accord. Jean-

Paul Fournier, le Maire, suit ce dossier de près car il permettrait de

résoudre l’épineux dossier du stationnement en ville et de la rénovation

des arènes. « Dans quelques années, nous aurons un musée de la

romanité et un centre de congrès tout près des Arènes. Le parking

sous les arènes aura toute sa légitimité », explique l’attachée de

presse de la ville.

Enfin, pour le Président de Vinci Park, Denis Grand : « c’est l’occasion

rêvé de faire une belle opération de Mécénat. Nous sommes prêts à

débourser jusqu’à 50 millions d’euros pour participer à la rénovation

des arènes ». Dans son dossier, la société explique également la

possibilité de faire des offres commerciales groupées. Ainsi, les

automobilistes ayant contractés un abonnement pourront avoir des

places gratuites pour un concert ou une corrida de leur choix. A

suivre.

Le bon dé(clic)

pour Nîmes !

Reportages quotidien

Dessin du mois

Kiosque

Nîmes pratique

Bonnes adresses

Annonceurs

Vidéos et sons

10 000 adressages mail

2 500 visites par mois

1030 Fans Facebook

250 Abonnés Twitter

22 numéros édités

2 ans d'existence

Nouveau site:

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UNEÀNÎMES N°22 I Avril 2012 10


Rencontre nîmoise

Femme

de tête et de coeur

Béatrice Bertrand

Portrait croqué par Aurélia Dubuc

Le petit questionnaire

Un Nîmois :

Alphonse Daudet

pour « Les lettres

de mon moulin »,

maintenant que je

vis dans les paysages

qui ont inspiré

ces contes.

Un événement :

Les concerts

de l’été, que ce

soit du rock aux

Arènes comme du

classique au Jardin

de la Fontaine.

Un lieu:

La Vaunage. J’aime

chaque soir parcourir

les quelques kilomètres

qui séparent

le bureau de notre

maison à la campagne,

c’est mon sas

de décompression.

La parisienne que

je suis se régale à

vivre loin du centre-

Directrice du Centre d’information sur les droits des

femmes et des familles, cette Nîmoise d’adoption

lutte avec son équipe contre les violences et les

inégalités. Loin des clichés, avec un enthousiasme

intact, elle nous raconte ses combats.

Ce qui frappe chez Béatrice Bertrand, c’est son sourire. Plein de

douceur, il rayonne. Pourtant, à voir les affiches d’information

placardées dans son bureau, on devine que son quotidien est

loin d’être léger. Dans les locaux du CIDFF installés au 20 rue de

Verdun, la juriste et ses 17 collègues accueillent des femmes

maltraitées par leur conjoint, des adolescentes confrontées à

une grossesse non désirée, des salariées harcelées sexuellement

ou moralement… La force de la structure ? Une prise en charge

globale grâce à la présence de spécialistes du droit mais aussi

de conseillers emploi-formation, de psychologues, de conseillère

conjugale… Le tout orchestré de main de maître par la dynamique

brune, forte de ses 17 années d’expérience au sein du Centre

national d’information sur les droits des femmes et des familles.

Pourtant, au départ, rien ne la prédestinait à cette carrière. «

Après avoir obtenu ma maîtrise de droit privé et mon DESS droit

des affaires, je suis entrée dans un cabinet d’avocats parisien.

J’étais spécialisée dans le droit des affaires. Ca me plaisait

mais je ne m’y retrouvais pas totalement, se souvient Béatrice

Bertrand. La dimension humaine me manquait. » Convaincue

qu’elle peut être plus épanouie professionnellement, elle préfère

démissionner. Et confirme que la chance ne sourit bel et bien

qu’aux audacieux puisqu’elle tombe dans la foulée sur une

annonce de recrutement du CIDFF Oise. Engagée comme juriste,

elle travaille alors dans plusieurs antennes nationales, au gré des

mutations de son mari.

Jamais à court d’idées

En 2008, la famille pose ses valises à Nîmes. Hasard heureux

du calendrier, la directrice du CIDFF part au même moment à

la retraite. Béatrice Bertrand prend alors son poste et n’a de

cesse, depuis, d’innover pour accueillir, informer et accompagner

les femmes. On lui doit par exemple l’essor d’un projet unique en

France : un pôle de prévention et de prise en charge des auteurs

de violences conjugales. « On sait que 6 femmes sur 10 victimes

veulent rester en couple et que la plupart des auteurs récidivent.

Avec l’aide du procureur de la République de Nîmes, nous avons

donc mis au point un programme destiné aux coupables de

violences. La première année, en 2009, soixante-dix personnes

ont suivi ce dispositif. En 2010, cent quinze ont été prises en

charge. La récidive est quasi nulle. Parallèlement, femmes et

enfants sont aussi écoutés et aidés. »

Ici, le droit de la famille représente 70% de l’activité.

L’information juridique est gratuite et confidentielle. Et pour

aller encore plus loin, Béatrice Bertrand a mis en place dès son

arrivée un partenariat avec les avocats nîmois. Mais le CIDFF a

d’autres missions. Ainsi, il peut accorder des microcrédits et

propose depuis l’année dernière des ateliers socio-linguistiques

pour faciliter l’intégration et donc l’égalité des chances des

femmes d’origine étrangère. Cette maman de deux adolescents

a également très à cœur d’informer les jeunes chez qui elle note

une banalisation alarmante de la violence. « Je ne compte plus les

collégiennes et les lycéennes qui se disent qu’elles ont peut-être

mérité la gifle reçue à la maison ou par leur copain. Une partie

de mon travail consiste alors à leur expliquer où commencent la

discrimination et la violence et comment elles se manifestent.

» Pour aider ces dernières mais aussi leurs copains de classe à

prendre conscience de leurs droits, Béatrice Bertrand a d’ailleurs

convenu d’un partenariat avec le parquet de Nîmes qui invite

régulièrement des classes à assister à des audiences au tribunal

correctionnel. « Ils n’en ressortent pas indemnes, certaines

affaires sont particulièrement dures, mais c’est la meilleure façon

d’amorcer le dialogue, de les encourager à parler de leur propre

histoire si besoin est. »

Un avenir politique ?

Mais elle-même, comment fait-elle pour gérer émotionnellement

des cas parfois extrêmement durs ? Comment fait-on pour y

croire encore quand on est de plus en plus sollicitée et que les

aides financières ne suivent pas forcément ? « J’aime ce que je

fais, il n’y a pas de secret. Bien sûr je rêverais un jour de voir le

centre fermer, cela signifierait que l’on n’a plus besoin de nous…

mais malheureusement nous en sommes encore loin. Même si les

journées sont très longues, je veille à m’accorder des moments

de détente. Le midi, je vais déjeuner à deux pas du bureau, à

l’Ever’In. Le week-end, nous filons à la mer et je recharge les

batteries en marchant le long de la plage et en regardant les

vagues. Vivre aussi près de l’eau est un luxe dont je ne pourrais

plus me passer. »

Son avenir ? A 45 ans, Béatrice Bertrand l’imagine parfois dans

la politique. Féministe convaincue, « mais attention, pour les

femmes, pas contre les hommes, et toujours avec une démarche

très pédagogique », elle reste persuadée que la création d’un

ministère de l’égalité femmes-hommes directement rattaché au

premier ministre permettrait enfin de faire réellement bouger les

choses. En attendant, elle reste aux côtés des Nîmoises et de

leurs familles pour leur apporter un peu de répit et d’espoir.

Pour en savoir plus : www.cidff30.fr.

11 UNEÀNÎMES N°22 I Avril 2012


Les Nîmoiseries du monde

Une rubrique pour les nîmois

loin de leur terre natale

Chaque mois, Une à Nîmes donne

la parole à un de nos concitoyens

expatriés plus ou moins loin de sa

Tour Magne natale. Tous nous ont,

jusqu’à présent, conté des mondes

forts différents de notre cité des

Antonins. Alors après Strasbourg,

Montpellier , New-York , Séville,

le Liban, le Japon, Paris, Milan,

Londres, le Canada, le Turkménistan

le Mexique, Sydney et Miami, nous

allons à Prague.

Yannick

Tchèque et mate !

Yannick, 24 ans. Après un Baccalauréat STT au Lycée A.

Daudet à Nîmes et une classe préparatoire à Montpellier,

il est sorti diplômé d’une Grande Ecole de Commerce

spécialisée dans la finance du Sud Ouest de la France en

2011. Il est actuellement contrôleur de gestion à Prague.

12 I UNEÀNÎMES N°22 I Avril 2012


Les Nîmoiseries du Monde

L'INTERVIEW À DISTANCE...

des budgets … à priori pas très

passionnant !

Mon credo : rendre le contrôle de

gestion vivant ; le côté relationnel

et l’accompagnement au fil des

jours sont les deux fondamentaux

de la bonne réussite de ce travail.

Le week-end est plus festif que

la semaine. La communauté VIE

de Prague se retrouve autour de

quelques bières tchèques (parmi

les meilleures au monde) et nous

profitons des nuits praguoises … .

passe désormais sur l’emplacement de

celle-ci. Un buste en mémoire d’Ernest

Denis est présent sur une des places

de Prague.

Quelles sont les différences et les

similitudes entre Nîmes et Prague ?

La richesse de l’architecture et la

gastronomie propre à chaque ville font

que Nîmes et Prague sont à la fois

différentes et très proches.

Que fais-tu en Tchéquie ? Pourquoi ce

choix de partir à Prague ?

Un mois après avoir été diplômé j’ai eu

l’opportunité de partir dans le cadre

d’un VIE (Volontariat International en

Entreprise). Depuis près d’un an, je

suis contrôleur de gestion commercial

pour la filiale tchèque de Citroën. Le

côté professionnel d’une expérience

en VIE d’une part et l’envie de repartir

à l’étranger d’autre part sont les deux

raisons de ce choix.

Qu'est ce qu'il y a de sympa à voir, à

faire dans ce pays ?

Prague est principalement connu

pour son architecture (Muzeum,

Karluv Most, Staromestska avec son

horloge astronomique, Václavské

náměstí l’équivalent de nos Champs-

Elysées, Tancici dum, petrinska vez

l’équivalent de notre tour eiffeil…),

ses deux-mille ans d’Histoire et ses

hommes célèbres (Kafka, Smetana,

Dvořák, Miloš Forman, Kundera et sans

oublier Vaclav Havel). Mais Prague

est aussi connu pour le sport (hockey

et football), sa gastronomie (Gulas,

fromage frit …) et pour ses lieux en

tout genre (bar, cabarets …).

Quel est ta journée type ?

En semaine, après mon petit café bien

serré, ma vie de contrôleur de gestion

est consacrée, entre autre, à aller

voir les équipes et à leur donner les

outils nécessaires à la bonne gestion

Les filles tchecoslovaques sont-elles

aussi jolies qu'on peut l'imaginer ?

Il y a toujours une part de vérité

dans les clichés. En effet, l’image

de la femme blonde aux yeux bleus

océan est bien réel ! En plus de

cela, les Tchèques et les Slovaques

sont des personnes en tout points

intéressantes.

Une anecdote sur ton séjour ?

J’ai eu l’occasion de pouvoir participer

à un « événement mondain » sur

Prague, il s’agissait de TOP SECRET

2012 (6e édition), un défilé de lingerie

très réputé en République tchèque. J’ai

eu l’occasion de côtoyer de près les

plus belles (et plus grandes femmes)

du pays … avec mon 1.84m, je me

sentais assez petit autour de tous ces

mannequins … .

Comment sont perçus les Français là

bas ?

Plutôt apprécié, et d’autant plus, si

un petit effort est fait au niveau de

la langue.

Nîmes et la Tchecoslovaquie ont des

liens historiques avec notamment un

certain Nîmois Ernest Denis ? La Gare

de Prague porte son nom. La savais-tu

? Connaissais-tu ces liens entre Nîmes

et Prague ?

Je savais qu’un jumelage existait entre

les deux villes et que le Lycée A. Daudet

était partenaire. Concernant Ernest

Denis, la question a été le sujet d’une

de mes leçons de Tchèque. J’ai pu

alors découvrir qu’une ancienne gare

portait le nom d’Ernest Denis. Détruite

depuis les années 80, une quatre voies

Est-ce que Nîmes te manque ?

J’ai quitté Nîmes à l’âge de 18 ans,

mais Nîmes restera mon « berceau », là

ou je suis né. Cependant, j’avoue que

les petits pâtés nîmois, la tapenade,

les Halles, le rugby et l’ambiance de

la Féria me manquent. Par ailleurs, je

crois que mon avenir professionnel ne

sera pas à Nîmes … .

Quand est-ce que tu reviendras ? Avec

quoi dans ta valise ?

Si je dois revenir sur Nîmes je prendrai

dans mes valises une bonne dose de

souvenirs avec un soupçon d’ouverture

d’esprit et une reconnaissance certaine

pour les Tchèques et les Slovaques…

. Sans oublier une bonne bande de

potes… .

Mais je crois que ce retour sera

uniquement consacré à ma famille,

qui j’espère comprend mon envie

d’ailleurs.

Propos recueillis par Jérôme Puechn

UNEÀNÎMES N°22 I Avril 2012 13


Reg' Arts

Une journée porte ouverte aux Arènes en 2010

proposée par les "Aficionados practicos"

Sur le métier de scénariste TV

Eve-Sophie, auteure

de la prochaine série de Canal + : Working girl

14 UNEÀNÎMES N°22 I Avril 2012


Reg' Arts

« Working Girls » c’est une excellente série de 12 épisodes de 13 minutes qui explore le monde du

bureau du point de vue de six personnages féminins hauts en couleurs. Entre autre, une nymphomane,

une maniaco-dépressive, une psychorigide, une mère de famille débordée… Sans parler des deux

standardistes arrogantes et inefficaces. Le tout mis en scène dans une multitude de situations à la fois

réalistes et absurdes. Teaser à consulter sur: canalplus.fr. Une à Nîmes a vu les 12 épisodes: génial !

Est-ce un message "féministe" ou "girly" que vous avez voulu

faire passer ?

Eve : La série va bien au delà d’un simple débat sur le féminisme ou

même sur la féminité. Elle a été jouissive à écrire parce qu’elle va très

loin dans le trash, la poésie, la psychologie sans tabou, l’absurde ! Mon

angoisse était de me demander si on allait trouver des actrices qui

acceptent de jouer des scènes qui vont très loin, des comédiennes

qui voudraient bien rompre avec une certaine image qu’on se fait

d’une femme! Je dois dire que nos six comédiennes principales sont

bluffantes ! Quand à la liberté de ton, je ne crois pas qu’elle aurait

été possible ailleurs que sur C+, on a eu le droit d’employer le mot

« chatte », de faire des blagues racistes, sexistes… Un véritable

exutoire ! Ce n’est pas souvent qu’on peut faire racketter le « nain de

la compta » par nos deux standardistes arrogantes et grossières. Ou

qu’on peut voir la boss (incarnée par Claude Perron) demander à la

DRH si « gouine » ça rentre dans les quotas d’emploi solidarité…

Pourquoi ce nom ? Est-ce un clin d'œil au film "Working girl"

avec Mélanie Griffith ?

En règle générale, pour la télé en tout cas, on travaille souvent en

co-écriture. D’abord parce que la somme de travail à fournir dans des

délais super courts serait compliquée pour un scénariste seul, il faut

aussi être sûr de pouvoir assurer la suite. D’ailleurs on est en pleine

écriture de la saison deux de « Working Girls » alors que la saison une

sera diffusée à partir du 19 avril ! Souvent aussi, on est sur plusieurs

projets en même temps pour bien gagner sa vie, d’où la co-écriture.

Quel ton parcours ? Comment es-tu devenu scénariste ?

Comment faut-il faire pour exercer ce métier ?

Je suis « montée » à Paris pour faire une école de cinéma. En sortant

j’ai immédiatement bossé pour… la télé ! J’ai intégré Canal+ très

jeune. Mon frère, Greg bossait déjà pour Nulle Part Ailleurs. Moi j’ai

commencé avec « Les Robins des bois », puis j’ai enchaîné avec

« Groland » et finalement « Les Guignols de l’Info » en tant que

coordinatrice artistique. Mon expérience dans la mise en scène m’est

essentielle dans mon travail d’écriture. J’ai des notions de rythme, de

« faisabilité », presque une approche de réalisateur d’ailleurs quand

j’écris une scène, c’est un vrai atout, surtout pour la comédie !

En fait, c’est le titre provisoire qu’avait donné

la production (Elephant&Cie, crée par E.Chain)

quand ils nous ont proposé le projet. Tout au

long de l’écriture, on se disait qu’il faudrait

penser à un autre titre. Et puis on s’est attachés

et on n’a pas trouvé mieux. Au final, j’aime bien

le côté ringard de ce titre, très 80’s !

Quel a été ton rôle dans l'écriture ? Expliquenous

en quoi consiste ton métier?

D’abord il faut savoir que cette série est une adaptation, très libre

certes, mais quand même, au départ on nous a montré une série de

sketch-show (tableaux) hollandaise écrite et jouée par deux femmes.

Elles se mettaient en scène dans des petites tranches de vie en

interprétant à elles seules tous les rôles. Deux femmes géniales, dont

a adoré le ton irrévérencieux. Nous, on a voulu créer un fil conducteur

et des personnages qui puissent interagir entre eux et ça dans le

cadre du bureau comme vivier de personnalités. On a aussi voulu que

les épisodes aient un thème. Bref, ça c’est le point de départ.

"Descendre à Nîmes

m'est tout à fait vital !"

Par ailleurs, j’ai participé à l’écriture de «

SODA », une série sur les ados diffusée

sur M6, j’ai aussi écrit des épisodes de «

Plankton Invasion», un dessin animé sur le

réchauffement climatique, diffusé sur C+.

Je dois dire que je n’ai vraiment pas à me

plaindre côté travail, tous les scénaristes ne

vivent pas bien de leur taf.

Tu es Nîmoise, est-ce que ton métier

te permet de revenir souvent à Nîmes ?

Comment tu t'organises ?

Pouvoir « descendre » à Nîmes de temps en temps m’est tout à fait

vital ! J’ai besoin de trainer dans la garrigue, de faire mes courses aux

halles, de me repaître de terrasses au soleil, de taureaux…J’embarque

mon fils de quatre ans, Raoul, le plus souvent possible pour le « ferrer»

à ce pays que j’adore. Son père étant landais, c’est un peu la guerre

des régions ! A celui qui va convertir le petit parisien à sa cause

régionale !

Ensuite il y a toutes les particularités d’une écriture à trois voix.

Techniquement, on débriefe ensemble, on fait une sorte de pot pourri

avec les idées de chacun et ensuite on rédige les scènes et dialogues

chacun de son côté. Et puis on repasse les uns sur les autres, habillés

et en tout bien tout honneur bien sûr, on fait ce qu’on appelle le «

lissage » des textes, le but étant d’obtenir une écriture homogène et

cohérente. Comme écrit par la même personne. Autant dire qu’il faut

bien choisir ses co-auteurs, il peut arriver qu’il y ait des problèmes

d’égo et même d’idées, des tensions, on n’a pas tous la même façon

de bosser. Sur ce projet, travailler avec Frank Bellocq et Béatrice

Fournera fut un plaisir du début à la fin !

Quelle est la différence entre l’écriture TV et cinéma ?

Le fait de pouvoir organiser mon emploi du temps à mon gré me

permet de venir à peu près quand je veux, mon ordi m’accompagne

partout de toute façon ! Sinon, j’ai aussi mes petits trucs pour faire

venir Nîmes à moi ! Je dissémine des expressions bien de chez nous

dans mes textes, des clins d’œil ! Il y a même des mots que je pense

français mais qui sont du patois nîmois ! Cette semaine, par exemple,

mon producteur m’a demandé ce que j’ai bien voulu dire par « famille

de caraques » ! Ca me fait marrer !

Jérôme Puech n

Crédit photo Lesley Santerre, Canal

Plus et Eve Santerre.

UNEÀNÎMES N°22 I Avril 2012 15


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