UNE à NÎMES

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Nouveaux regards de ville - Une à Nîmes

GRATUIT N°29

UNE à NÎMES

I Le e-magazine des gens qui aiment leur ville I Décembre 2012 I

Nouveaux

regards

de ville

La visite de Gastounet

Chasseur d'instants

par Thanh

Il n'y a que Noailles

qu'y m'aille

Jean-Claude

Le portrait d'un patron de bars

Photo Jean-Pierre Palomar

www.uneanimes.fr

Sandrine

témoigne depuis Lyon


Un montage photo proposé

par Roland Leblond graphiste

S O M M A I R E

A la Une:

L'oeil du photographe Jean-Pierre Palomar ................................ pages 4/5

Chronique d'une Nîmoise

Miss Blablabla et le fameux casse tête de Noël .............................. page 6

Dans le rétro:

La visite du Président de la République Gaston Doumergue ................. page 7

Découverte d'un commerce mythique: les délices de Noailles .............. pages 8/9

Jean-Claude portrait d'un patron de bars .................................. page 11

Sandrine expatriée à Lyon décrit la ville du Rhône .......................... page 12

Reg'art sur la passion photo de Thanh. ..................................... page 14

Un mois, un mot nîmois...

Encaper

Cela signifie prendre, réussir ou comprendre. Bernie

Ansinelli cite sur le mur Facebook du magazine "je

suis à la mer, il pleut. On a mal encaper".

UNE à NÎMES

Directeur de la publication : Jérôme Puech. Rédacteurs:

Miss Blablabla, Georges Mathon et Jérôme Puech. Photographes:

Alain Bérard, Jean-Pierre Palomar et la rédaction.

Webmaster: Tommy Desimone. Maquette: Agence Binome.

Relecture: Aurélia Dubuc. Nous écrire: uneanimeslemag@

gmail.com. Site : www.uneanimes.fr. Retrouvez tous les n°.

Mensuel et gratuit. Dépôt légal numérique BNF. Diffusion:

12 000 destinataires mail. Régie publicitaire: Esprit Média:

04 66 29 75 19.

2 UNEÀNÎMES N°29 I décembre 2012


Indentités nîmoises

Selon l'écrivain Jean Paulhan (1884-1968), le Nîmois prend

les êtres et les évènements de « biais ». Considérant ensemble

l'avers et le revers de la réalité et assumant les

contradictions qui résultent de cet équilibrisme du regard, de ce

porte-à-faux de l'esprit.

Historien de formation,

Michel Boissard est un

écrivain nîmois. Il préside

la société d’histoire

du protestantisme de

Nîmes. Il est également

chroniqueur histoire au

quotidien L’Humanité.

Il sort une biographie

sur Jean-Pierre Chabrol

intitulé « Jean-Pierre

Chabrol le rebelle » aux

éditions Alcide. A lire absolument.

Nîmes est à la fois la ville des huguenots austères et réservés et

celle de l'alegria durant la folle semaine de la Feria de Pentecôte.

Elle est, en géographie, ville de coteaux modérés – nos sept collines

n'ont guère d'altitude. Et, en histoire, un « vieux volcan »

socialement et politiquement souvent en activité.

Nîmes s'est créée autour d'une Source. Mais elle a essaimé alentour

Nemausus. Ainsi sont nés des quartiers à la forte personnalité

qui vivent toujours, pour le plus grand bien de la démocratie

locale, tant de comités qui les symbolisent...

Nîmes, ville du vin, du textile, du rail, est populaire. Mais aussi

littéraire : ici sont nés Alphonse Daudet et André Chamson, Marc

Bernard et Jean Carrière (tous deux Prix Goncourt, à trente ans

de distance), Christian Liger et Christian Giudicelli... Nîmes est

rouge et blanche : comme les fleurs mêlées de l'amandier et de

l'arbre de Judée...

Enfin, pour emprunter deux mots au cévenol Jean-Pierre Chabrol

: le nîmois sait « mancher sa faux à rebours» et « passer outre ».

Ce réboussier – qui prend le parti du contraire – est un rebelle.

Michel Boissard

Toute la rédaction vous souhaite de passer de bonnes fêtes de

fin d'année. Nîmes, c'est souvent le lieu où les familles se retrouvent.

Profitez donc de ces instants magiques et précieux pour

aimer davantage notre ville si chère à nos yeux.

UNEÀNÎMES N°29 I décembre 2012 3


la Une à Nîmes

L'oeil de Pédro

Jean-Pierre Palomar dit « Pedro » nous ouvre son portfolio de photographies étonnantes sur la

ville de Nîmes. Après un périple de 19 ans hors de la cité, le photographe professionnel s’est

installé ici depuis un an et demi. L’occasion de porter un regard amoureux et nouveau sur la

ville de sa jeunesse. Découvertes et partages.

«

Nîmes est un terrain de jeu

magnifique et inépuisable.

J’ai envie de faire découvrir

aux autres ma ville », explique

l’homme de 46 ans. Jean-

Pierre Palomar, Pedro, fourmille

de projets d’images dans ce

sens. Il vient de créer une

page communautaire sur

Facebook intitulée « Un autre

regard sur Nîmes ». « Ainsi les

photographes pourront nous

faire partager leur point de

vue ». Le photographe prépare

également un livre de clichés

« insolites et érotiques » ainsi

qu’un festival de l’image pour le

printemps prochain sur Nîmes.

En attendant, il nous livre en

exclusivité ses points de vue

uniques et exceptionnels.

Monuments et bâtisses

Ses photographies mêlent

son œil et son appétence

pour l’architecture des villes.

Cet ancien étudiant en BTS

architecture parle de la photo

de la façade du palais de justice

en ces termes : « J’ai parfois

la sensation d’une complicité

silencieuse entre les monuments

et les bâtisses, c’est peut-être

ça l’âme d’une ville ». Pendant

dix ans, il a travaillé dans un

bureau d’études à la SAUR avant

de tout plaquer pour devenir

photographe. Pedro voit dans

certains angles des similitudes

avec l’architecture d’autre

ville comme par exemple ce

clin d’œil au célèbre Flat Iron

de New York (voir parmi les 5

clichés en page 5).

4 UNEÀNÎMES N°29 I décembre 2012


la Une à Nîmes

Les murmures de la nuit

Très habité par la nuit et ses

murmures, Jean-Pierre propose

des clichés pris dans la nuit

nîmoise. « Un nuit d’été qui se

met à chuchoter des secrets»,

a-t-il envie de légender la

magnifique photo d’un clair

de lune dans les jardins de la

Fontaine. « Pour entrer dans la

peau d’un photographe, je crois

qu’il faut entendre des petites

voix nous parler et nous dire

qu’il faut se saisir de l’instant,

le petit clic qui en résulte

peut être le plus puissant

des stupéfiants ». Pour Jean-

Pierre l’insomniaque, la nuit

est une source inépuisable

d’inspiration. Il aime plus que

tout aller chercher en elle

des ambiances singulières.

Les temps qui se croisent

Autre vérité sortie de ses

objectifs malicieux, la rencontre

du passé et du présent. En

montrant la façade de la Maison

Carrée sur laquelle on projette

un écran d’ordinateur, il déclare

« les bâtisseurs ne pouvaient

certainement pas

imaginer qu’elle

deviendrait un simple

écran de cinéma ». Il

poursuit son propos

en disant que nous

ne pouvons imaginer

ce que seront les

images de demain.

L’amateur de romans

d’anticipation prend

dans ses mots toute

sa dimension d’un être

fasciné par le futur

et ses improbables

devenirs. C’est

sans doute cette

idée de face à face temporel

que l’on retrouve dans la

conception de Carré d’Art par

l’architecte Norman Foster.

Jérôme Puech n

En savoir plus :

http://www.facebook.com/

UnAutreRegardSurNimes

Cinq regards...

Flat Iron de Nîmes

Cette photo me renvoie

à New York et à

l’un de ses immeubles

les plus célèbres.

Cela représente

ce que l’on pouvait

faire de mieux dans

les années 1900 en

matière de design

aux USA. A Nîmes,

c’est au 1, rue des

Halles.

Camin Romieu

Nous posons souvent

nos pieds sans nous

rendre compte à quoi

correspond ce détail.

C’est le rôle du photographe

de le montrer.

Cette voie est

empruntée par les

pèlerins en route pour

Rome.

Le gardien de

nuit

J’aime aller chercher

des ambiances, la

nuit est une source

inépuisable d’inspiration.

Comme un protecteur

des passants

de la nuit, il brandit

sa croix comme rempart

contre les forces

du mal… Qui n’a pas

rêvé d’avoir un ange

protecteur ?

La pièce de Mistral

Cette photo prise

dans la rue Briçonnet

donne à imaginer. Un

peu plus loin une plaque

de marbre indique

que Mistral a fréquenté

la maison de

Mme Adrien Dumas.

La lecture de Mireille

avait fait découvrir

son œuvre à la maîtresse

de maison.

Sans dessus

dessous

Le trompe l’œil est

une technique souvent

employée en

photo. Ici un miroir

inversé. J’aime cette

photo car elle oblige

le lecteur à entrer

dans la photo qui

renvoie à l’imaginaire.

UNEÀNÎMES N°29 I décembre 2012 5


Chronique de Miss Blablabla

Le casse tête de Noël

Noël. Pour une grande majorité du

peuple humanoïde, le plus beau

moment de l’année. Fête d’une

journée sur le calendrier mais qui dans

les magasins, démarre fin novembre

pour effectivement prendre fin le 26

décembre au matin.

Noël, ce moment magique où chaque

ville, et tout particulièrement Nîmes,

si chère à notre cœur, revêt son

habit de lumières et autres éclairages

qui enchantent petits et grands et

réchauffent le cœur…

Oué mais Noël, c’est aussi (surtout

?) ce fichu casse tête qui consiste à

savoir d’abord à qui tu dois faire un

cadeau (la tante Gertrude, qui n’est

pas vraiment proche mais qui fait

partie de la famille, est le

meilleur exemple) mais

ensuite à savoir QUOI

offrir. Et là, souvent, c’est

le drame.

Tu cours, tu furètes, tu

sondes plus ou moins

discrètement la personne

concernée, tu prends d e s

notes, un carnet entier est rempli

d’idées cadeaux, carnet que tu

remplies plus ou moins sérieusement

tout au long de l’année et sur lequel tu

t’acharnes avec une certaine fébrilité

dès le début de l’hiver… Puis, miracle

(ou magie de Noël, parce que du coup,

t’aurais presque envie d’y croire), tu

trouves THE cadeau. Tu l’emballes du

plus beau papier qui soit et le jour J, le

paquet est là, sous le sapin, attendant

d’être ouvert pour dévoiler toute

l’attention et la créativité que tu as

mis pour le dénicher.

Mais bien souvent, toute ta fébrilité

se fracasse contre un mur. Ton idée

géniale est trop petite/ trop grande/

exactement la même que celle de

ta cousine (comme les petits pains,

certaines idées sont tellement bonnes

qu’elles se sont démultipliées, tout le

monde ayant eu la même)/ pas de la

bonne couleur… Le drame, je te dis.

Le carton du

camping car de

Barbie

Et ceux qui te décontenancent le

plus au moment où ils ouvrent leurs

cadeaux sont aussi ceux qui sont les

rois de la fête : les enfants. Après

que tu aies parcouru le chemin du

combattant pour revenir victorieux

avec un énorme paquet sous le bras,

le gosse ne trouve rien de mieux que

de le poser délicatement dans un coin

avec un « merci » du bout des lèvres

(il est bien élevé) et s’amuser avec le

carton du dit jouet. Qui devient par

exemple un déguisement de robot,

ou un bateau, ou un bouclier… Bref,

tout ce que l’imagination du gnome

pourra créer.

Ce fichu carton que tu aurais pu

trouver à la sortie d’un supermarché

et qui ne t’aurais rien coûté devient

le truc indispensable du sale môme,

qui va s’amuser avec

toutes les vacances,

sans jamais daigner

jeter un regard sur le

jouet au prix exorbitant

qui était dedans (et

qui est toujours dans

le même coin du

salon).

Je le sais, j’ai fait le coup à

mes parents en 1984 avec le carton

du camping car de Barbie.

Du coup, tu sélectionnes une victime.

Une personne de ta famille pour

laquelle tu choisies sciemment un

cadeau pourri, histoire que sa tête

t’apporte un peu de baume au cœur

avant d’attaquer les 13 desserts. Et

histoire de générer un peu de bisbille,

les réunions de famille servant aussi

à ça.

Cette année, j’ai choisi la Tante

Pétula. Celle qui a un chat. Je lui offre

un déguisement de renne pour son

greffier. Dont je vais suggérer qu’il

soit tout de suite essayé.

Noël promet d’être délicieux.

Retrouvez Miss Blablabla:

http://blog.missblablabla.com

6 UNEÀNÎMES N°29 I décembre 2012


Dans le Rétro

Le 12 octobre 1924, la ville accueille sous les vivas son Président de la République

La visite de Gastounet

Gaston

Doumergue, natif

d’Aigues Vives,

se rend dans la

capitale gardoise

en tant que

Président de la

République.

C’est

l’effervescence.

9h30

Le Président, élu en juin

1945, arrive en gare de

Nîmes par train spécial le

dimanche 12 octobre. Il

est accueilli par le maire

de Nîmes, Josias Paut.

Des acclamations fusent

"Vive Doumergue". Des

automobiles découvertes,

prêtées par des particuliers

pour l’occasion, l'attendent.

Le convoi sera précédé par

un peloton de gendarmerie,

un escadron de cavalerie

et un groupe de gardians.

Le convoi parcourt

l’avenue Feuchères, le

Boulevard Amiral Courbet,

le Gambetta, le square

Antonin, la place d'Assas et

du Théâtre, passe devant

le Lycée de Garçons et les

Arènes. Arrivé à l’Hôtel de

Ville, la population lui fait

un accueil délirant.

A 12h

Un premier banquet,

préparé par le restaurateur

Bonfils du restaurant de

Castanet, est offert par le

Conseil Général.

15 h

Il pose la première pierre

d'un nouvel hôpital, rue

Hoche, qui portera plus tard

son nom.

15h45

Il reçoit le salut de la

"Nacioun Gardiano" dans

les Arènes puis assiste à

un spectacle. Le chanteur

lyrique François Audiger, et

les élèves du Conservatoire

interprètent « A la fon de

Nîmes » à laquelle a été

rajoutée deux couplets

en l’honneur de Gaston

Doumergue :

« Es un jour de festo

! - Veje à qui que ven -

De la Républico - Nosto

Présidenc.

Autan qu'Aigo-Vivo - Aimo

soun garçoun - Nimé crido :

Vivo Doumergué Gastoun».

19 h

Le banquet de la municipalité

est organisé au manège de

la caserne d'artillerie.

20h30

Feu d'artifice sur la place

Séverine.

21 h

Soirée de gala au Théâtre,

avec un drame lyrique, "Le

Gardian".

Le lendemain, il recevra

un défilé de personnalités

puis se rendra au Musée du

Vieux Nîmes.

Un discours sera prononcé

sur une estrade dressée sur

l'Esplanade après un repas

intime à la Préfecture. Il

déposera une gerbe au

monument aux morts puis

à 14h prendra le train

présidentiel pour se rendre

à Aigues-Vives, son village

natal.

Georges Mathon n

En savoir plus : www.

nemausensis.com

UNEÀNÎMES N°29 I décembre 2012 7


Il n'y a que Noailles qui m'aille !

Le pâtissier-chocolatier du boulevard Victor Hugo est le dernier du

genre à proposer des produits artisanaux d’une grande qualité. Les

Nîmois y sont particulièrement attachés et le disent.

Lionel Noailles en haut et Carole Noailles à droite

8 UNEÀNÎMES N°29 I décembre 2012


«

Il n’y a que Noailles qui m’aille », s’exclame

Sophie de la Pampa sur la page Facebook

d’Une à Nîmes. Pour Julien Serres, c’est

«le meilleur de Nîmes ». La boutique cosy du

boulevard Victor Hugo regorge de produits à

faire pâlir les gourmands. Ouverte depuis 1997

par Lionel et Carole Noailles, cette pâtisseriechocolaterie

rencontre un vrai succès d’estime

chez les Nîmois malgré des prix plus élevés

que la moyenne. La qualité a un coût.

L’histoire du pâtissier

« J’ai pris goût à faire des gâteaux lorsque, tout

petit, ma grand mère-me gardait les mercredis.

Nous faisions des pâtisseries tous les deux »,

explique sans s’arrêter une seule seconde de

travailler Lionel Noailles. Depuis, cette passion

de faire ne l’a pas quitté. Une fois son CAP de

pâtissier en poche, il multiplie les expériences

avant d’entrer chez les Compagnons du devoir.

Lionel va de ville en ville apprendre le métier :

Paris, Strasbourg, Bordeaux…

« Je rêvais de travailler à l’étranger mais mon

ex-femme était enceinte alors nous avons opté

pour une installation à Nîmes ». Ses parents

lui indiquent une boulangerie abandonnée. Il

s’installe non loin de la Maison Carrée. C’est

d’ailleurs le symbole utilisé pour le logo de

l’entreprise dessiné par l’agence Cassonade.

Une équipe appréciée

Si dans l’arrière boutique une ruche s’active

sans cesse, ce sont Carole (responsable de

la boutique) et Odile qui reçoivent les clients.

«Les gens viennent de loin pour déguster nos

pâtisseries », indique fièrement Carole. Il faut

dire qu’elle envoie des colis jusqu’en Suède et

au Canada. Les touristes aiment les chocolats

aux Costières de Nîmes, les macarons, les

nougats, les pâtes de fruits ou encore le

Caladon. Cette spécialité à base d’amandes, de

miel et d’extraits de citron est un concurrent

sérieux aux fameux croquants Villaret. « Ils

ont la meilleure vendeuse de la ville », écrit

Elodie Ginot, avocate et cliente régulière de

la boutique à propos d’Odile. Cette ancienne

responsable du commerce de vêtements

Lorenzo a indéniablement son public.

Malgré la crise

Les clients affluent en période de Noël, Pâques,

Fête des Mères. Tous les événements familiaux

ou d’entreprise sont des prétextes pour faire

appel au savoir-faire de Lionel et son équipe.

Noailles demeure cependant une pâtisserie

«haut de gamme » pas toujours accessible à

tous. Pour Odile, « les gens mangent moins

nos produits mais ils sont fidèles à la qualité ».

La crise économique ne semble pas impacter

l’activité de cette enseigne réputée dont

Jean-Manuel Rodriguez pense que c’est « une

institution de la gourmandise ». Carole narre le

souvenir de deux lycéens qui viennent acheter

à deux un pain au chocolat. Fredonnent-ils la

chanson de Jo Dassin ou craignent-ils de se le

faire piquer façon « Copé » ? Sans doute rien

de tout cela, ils dégustent simplement une

viennoiserie pure beurre.

Jérôme Puech

Noailles

en quelques chiffres :

- 1,20€ le pain au chocolat pur beurre.

- 90€ le kilo de marrons glacés.

- 20 références

- 6 salariés, au 6, boulevard Victor Hugo et

ouvert depuis le 6 septembre 1997.

UNEÀNÎMES N°29 I décembre 2012 9


Plaisirs de voir et d'entendre

Revolver à la SMAC

Le conseil de la rédaction : le concert de Revolver à Paloma

le 6 décembre.

Depuis leurs débuts les Revolver font leur musique et

trouvent en chemin le public que cette musique touche.

En traçant ainsi leur route, sans jamais se demander

si leurs notes sont à la mode ou dans l’air du temps, les trois

garçons touchent à l’universel et à l’intemporel. A l’écoute de

ce nouvel album "Let Go", il n’y a aucun doute : les Revolver

vont faire danser les gens. Beaucoup de gens.

Dans la même soirée, vous pourrez écouter l’habitant

d’Aigues Mortes, l’accent suisse de Stephan Eicher et son

nouvel album « L’envolée » ainsi que Sallie Ford et the sound

outside et son américain brut et rétro.

Jeudi 6 décembre

Scène de Musiques ACtuelles Paloma à Nîmes – 20h Grande

salle. En avoir plus :

www.paloma-nimes.fr

Rendez-vous sur la page Facebook "Une à

Nîmes" pour gagner des places gratuites.

UNEÀNÎMES N°29 I décembre 2012 10


Rencontre nîmoise

Bars

Made in Nîmes

Jean-Claude

Portrait croqué par Jérôme Puech

Le petit questionnaire

Une Nîmoise :

Valérie Boissin, la

patronne du bar

« Le Latin » sur la

place de la Maison

Carrée est à la fois

sa sœur, sa fille,

sa confidente, son

associée… Ils ne se

quittent pas d’une

journée.

Un événement :

La féria durant lesquelles

Jean-Claude

a officié en tant que

DJ

Un lieu:

Jean-Claude va

ouvrir un bar homosexuel

rue Fresque

en face du Vintage,

"le Tralala"

«

Ceux qui ont moins de 20 ans le voient sur sa

bicyclette, d'un établissement à l'autre dans les

rues piétonnes... Sa discrétion et sa ténacité en

ont fait ce personnage incontournable des terrasses

nîmoises... », explique Pascale Brousse sur le mur

Facebook de la page Une à Nîmes. Une fois n’est pas

coutume la rédaction de votre webmagazine préféré

a décidé de faire le portrait d’un Nîmois malgré son

refus d’y contribuer. Les journalistes appellent cet

exercice « un portrait en creux ». Il consiste dresser

le portrait de quelqu’un à partir des témoignages de

ceux qui le côtoient et l’apprécient.

L’humaniste

Pour ma part, j’ai fait la connaissance de Jean-Claude

lorsqu’il tenait le bar « Le Matisse » à la fin des années

90 place Bellecroix. Le voisin que j’étais ne pouvait

pas toujours dormir en paix tant son établissement et

ses clients étaient bruyants. Puis il y a deux ans, j’ai

découvert un homme généreux et humaniste lorsqu’il

s’est agi de prendre la défense de « Mamadou », le

célèbre vendeur de babioles sénégalaises menacé

d’expulsion. Jean-Claude s’est mobilisé pour organiser

la solidarité autour du sympathique africain et pour

lui trouver un avocat. Grâce à son action, Mamadou a

pu récolter de l’argent et régulariser sa situation en

France. Pour Gladys, qui a choisi Jean-Claude comme

parrain de son fils, « c’est un être sensible, humble

et honnête ».

Le DJ de La Ponche

Son profil Facebook intitulé « Bit Hologue » nous

précise qu’il est né le 31 décembre 1960 et que

c’est un homme. Il serait d’origine italienne, de

Pavia d’Udine exactement. La notoriété de Jean-

Claude s’est bâtie sur son statut de Disc Jockey de

La Ponche, la célèbre discothèque de la route de

Marguerittes aujourd’hui fermée. « Dans toutes nos

sorties, on finissait nos nuits en passant voir Jean-

Claude nous mettre des tubes des années 80 ».

Le jeune homme surfe sur la vague de l’animateur

musical d’Uzès révélé par Thierry Ardisson et son

goût de franchir les lignes blanches. JC mixe aussi

dans les Férias et la discothèque la Tosca.

Multi-bar

Valérie Boissin, patronne du bar le Latin, le considère

comme son père adoptif. « Je le connais depuis

l’époque de la Ponche car j’étais au vestiaire et

j’avais 17 ans ». Malgré les difficultés à la faire parler,

j’obtiens « notre relation est si naturelle que je ne

peux expliquer pourquoi je l’aime tant…son humour

sans doute ». Gladys confirme qu’il adore « les

histoires de fesses, c’est le premier à se moquer »,

gentiment et sans méchanceté.

Jean-Claude est associé dans plusieurs bars de

l’Ecusson : l’Anaba (place de la Calade), le Latin

(Place de la Maison Carrée), le Fox Taverne (rue de

l’horloge) et enfin le café Olive (boulevard Victor

Hugo). Il déambule lentement et avec délectation

d’établissement en établissement avec son vélo

avec un point de ralliement personnel dans la

rue de la Madeleine. Un Nîmois jusqu’au bout des

ongles. « C’est un supporter inconditionnel de Nîmes

Olympique», déclare Christian. « Pince sans rire »,

précise Jean-Charles « et avec un regard espiègle, il

ne manque jamais de saluer ses connaissances avec

discrétion ». « Je passe beaucoup de temps avec lui.

Il m’apprend professionnellement des tas de choses.

Il peut être très con aussi », lâche Valérie. Et puis

dans un élan de tendresse infini, elle concède « je

finirai par changer ses couches plus tard quand il sera

très vieux ».

« Papa », « Maman », « Claudia », « Mon cœur », « un

super type », « d’une longévité exceptionnelle » tels

sont les commentaires postés à partir de mon appel

sur le réseau Facebook. Il faudra se les rappeler le

jour où Dieu voudra avoir un nouveau Bar « Made in

Nîmes » dans son paradis blanc.

11 UNEÀNÎMES N°29 I décembre 2012


Les Nîmoiseries du monde

Une rubrique pour les nîmois

loin de leur terre natale

La lyonnaise

Chaque mois, Une à Nîmes donne

la parole à un de nos concitoyens

expatriés plus ou moins loin de sa

Tour Magne natale. Tous nous ont,

jusqu’à présent, conté des mondes

forts différents de notre cité des

Antonins. Alors après Strasbourg,

Montpellier , les Etats Unis , Séville,

le Liban, le Japon, Paris, Milan,

Londres, le Canada, le Turkménistan

le Mexique, Sydney, Miami, Prague,

Marie Galante, Varsovie, la Thaïlande,

le Qatar et Barcelone, nous voici à

Lyon.

A

33 ans, Sandrine a une vie bien remplie. Maman d’une

petite fille de 2 ans, elle travaille en faveur des personnes

sans hébergement. Elle fait également de la politique

en tant que conseillère municipale et générale. Un atavisme

familial puisque son père Rémy a été élu à la mairie de

Nîmes (1995-2001).

12 I UNEÀNÎMES N°29 I décembre 2012


Les Nîmoiseries du Monde

L'INTERVIEW À DISTANCE...

Que fais-tu à Lyon ?

Je suis déléguée régionale de

la Fédération Nationale des

Associations d’Accueil et de

Réinsertion Sociale. Je suis

également engagée au Parti

socialiste. Je milite dans la section

du 7ème arrondissement de Lyon,

où je suis élue depuis 2008. J’ai

également décidé à ce moment là

d’aller plus loin en étant candidate

sur le canton de la Guillotière (IX°

canton de Lyon) et en devenant

conseillère générale du Rhône.

Qu'est-ce qui te plaît à Lyon ?

Lyon est une ville harmonieuse.

C’est une grande cité avec tout ce

que ça inclut, tout en conservant

une taille humaine, ce qui fait qu’au

bout de quelques temps (assez

vite en fait) on se familiarise avec

des lieux. Les distances ne sont

pas insurmontables et la ville se

traverse aisément. Ce que j’aime

le plus, je crois, ce sont les deux

fleuves qui traversent la ville et

leurs différents ponts. C’est à

la fois une ville romantique et

moderne.

J’ai eu la chance d’arriver à Lyon

au moment où Vélo’v se mettait

en place et surtout au début des

travaux sur les berges du Rhône.

J’ai connu les parkings sur les

berges et les autoroutes qui

arrivaient en plein centre-ville.

En quelques années, la ville s’est

véritablement métamorphosée,

elle est ouverte, accueillante

et aérée. Lyon est plus une

ville à vivre qu’à visiter, même

s’il y a de très beaux lieux et

monuments à voir !

Que conseillerais-tu à un Nîmois

qui viendrait passer un weekend

à Lyon ?

Les classiques ! D’abord une

visite à Fourvière, pour la

basilique mais surtout pour la

vue imprenable sur l’ensemble

de la ville et de l’agglo, même

quand il ne fait pas beau (ce qui

peut arriver assez souvent, surtout

en cette période). Et puis bien sûr

une visite du vieux Lyon, avec

ses traboules et son architecture

bourgeoise à forte influence

italienne. Des rues entières aux

couleurs ocres et rosées. Des rues

pavées et des portes cochères

gigantesques.

Un tour au Parc de la tête d’or,

c’est plus de 117 hectares en plein

centre-ville, avec un zoo gratuit

et nombres d’activités de loisirs

et pédagogiques (roseraie, jardin

botanique, plaine des daims…). Il y a

aussi les musées : Musée des Beaux

Arts, Musée d’Art Contemporain,

de l’Imprimerie. Sans oublier le

CHRD (Centre d’Histoire de la

Résistance et de la Déportation)

une mine d’histoire. Bouleversant.

Finir par un bon bouchons lyonnais

avec au menu gratons, tablier de

sapeur et gâteau de foie, le tout

accompagné d’un pot de côtes ! Ici

on ne dit pas un pichet mais un pot

de côtes (ô).

Quelles sont les différences et les

similitudes entre Nîmes et Lyon ?

Ce sont deux villes assez riches,

avec un centre-ville actif et un

patrimoine culturel important.

Une histoire forte aussi. Lyon

est très marquée par l’église

catholique, comme Nîmes peut

l’être par l’église protestante. Les

habitants aiment leur ville et s’en

revendiquent fortement, on est

lyonnais ou on ne l’est pas, comme

les Nîmois.

Les différences sont bien sur d’abord

liées à la taille des deux villes et au

développement économique. Lyon

a su s’imposer comme une capitale

économie régionale et développer

une grande attractivité dans la

zone sud-est. Elle est aussi très en

lien avec l’Italie.

Lyon a su également mettre

en avant des aspects culturels

en développant de grands

évènements, ce que Nîmes n’a

pas su encore réaliser à mon sens.

Nîmes vit sur ses acquis de Féria,

sans beaucoup faire évoluer cette

manifestation ni la mettre en valeur,

alors qu’à Lyon, chaque année,

la Fête des Lumières (autour du

8 décembre) accueille de plus en

plus de touristes (avec un impact

financier pour les commerçants et

restaurateurs sans précédent).

Est-que Nîmes te manque ?

Oui, Nîmes me manque. D’abord

parce que j’y ai encore toute ma

famille, mais aussi une bonne partie

de mes amis. Et surtout parce que

j’ai grandi dans cette ville et que

j’ai plaisir à la voir se transformer

(pas tout le temps quand même).

Propos recueillis par Jérôme Puechn

UNEÀNÎMES N°29 I décembre 2012 13


Reg' Arts

Chasseur d'instants

La passion dévorante de Thanh-Tu pour la photographie

Thanh-Tu Huynh est le gérant du célèbre restaurant Vietnamien « La baie d’Halong »

sur le boulevard Victor Hugo. Mais c’est aussi un photographe au talent méconnu.

14 UNEÀNÎMES N°29 I décembre 2012


Reg' Arts

«

La photo, c’est le témoignage d’un infime instant

qui dure à peine 1/60ème de seconde », explique

Thanh d’habitude plus prompt à valoriser les

plats vietnamiens de son restaurant. « Je veux être

un témoin et puis montrer ce que j’ai photographié

à mes descendants », poursuit-il. Ce jeune homme

de 41 ans, né à Marseille, semble traversé par des

questions existentielles fortes. Les photographies

encadrées et exposées dans son restaurant du

boulevard Victor Hugo témoignent de ses voyages

au Vietnam, en France et à New-York. Près de 16

clichés soigneusement mis en valeur par des tirages

spéciaux et sur des cadres de grande valeur sont à

la vue de ses clients dans une volonté pudique de

partager ses visions.

Les origines du don

« Te

« Si l'on a un don il

faut l'utiliser sinon

c'est du gâchis »

« Si on a un don et que l’on ne m

l’utilise pas, c’est du gâchis », ditil

en cherchant mon approbation

du regard. A 14 ans, son père lui

offre un appareil-photo. Lors d’un voyage en Italie,

le jeune Thanh photographie de manière compulsive

tout ce qu’il voit. « J’ai ramené 8 pellicules de 36

photos. Vous imaginez ? ». Il fait des prises de vue

de Venise, de Vérone, du Palais des Loges… Une

fois son bac en poche, le jeune Marseillais se dirige

vers des études d’architecture. Entre temps, son ami

François Richard (photographe à La Marseillaise) lui

apprend les rudiments de la photo. Il s’exerce alors

durant un voyage à New-York pour tenter de traduire

les émotions aigües qu’il a ressenties. De retour, il

décide d’abandonner ses études pour bifurquer

vers un BTS de photographe. Il passera son CAP

de photographe avec brio en devenant major de

l’académie de la région.

Un talent non reconnu

Cependant, le passionné de photographies est

resté bloqué à la case « photographe amateur non

reconnu». Beaucoup de spécialistes louent la qualité

de son travail mais à ce jour Thanh n’a jamais exposé

dans une galerie ni vendu une seule photo. « J’ai

peut être une trop haute idée de mon travail». Quant

on l’interroge sur le prix de ses œuvres, il refuse

de descendre en dessous de 2 400 euros, son prix

planché. « Je suis allé présenter mon travail à des

galeries à Paris…ils m’ont dit en substance qu’il

fallait que je continue à galérer…. ». Pourtant ses

photographies sont magnifiques car elles

expriment quelque chose, un sens inhabituel,

une ambiance métaphysique, une couleur

jamais révélée, un talent de regarder et de

capter un instant improbable.

Bavard devant ses photos

Lorsqu’on lui demande de parler de ses

photos, il devient intarissable. Devant « Sèches séchant

sous le soleil de Shanghai », il raconte comment il a

saisi cet instant et s’amuse de cette allitération dans

le titre. Il aime parler de ce matin où il s’échappe

des obligations familiales pour prendre cette image

d’un moine marchant pieds nus dans la rue avec une

obole. La lumière est ici extraordinairement captée

sur l’habit orange du prieur bouddhiste. Enfin Thanh

se souvient de cette cuisine dans laquelle il avait

mangé un repas préparé à l’eau de pluie. Le touriste

dans son pays d’origine se sent Français avant toute

chose. Lorsque je lui demande s’il ne rêve pas de

vivre que de cette passion chevillée à son corps,

il m’invite du regard à me retourner pour observer

cette fourmilière au travail dans le restaurant. « C’est

ma famille, je ne peux pas la quitter ».

Jérôme Puech

UNEÀNÎMES N°29 I décembre 2012 15


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