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sport

& entreprises

Le magazine de la Fédération française du sport d’entreprise

octobre 2015 - N°122 - 7€

EXCLUSIF Pour

Thierry Braillard,

secrétaire d’Etat

aux Sports,

le sport

représente

un relais

de croissance

Plein succès

pour la Semaine

européenne

du sport

et la Course

de la diversité

Les essais

transformés

du rugby à 7

SECRÉTARIAT D’ETAT AUX SPORTS


Odalys Le Clos Bonaventure à Gassin

Odalys Hôtel Edenarc à Arc 1800

Odalys Le Hameau et les Chalets de la Vallée d’Or à Valloire

Odalys Le Hameau de Praroustan à Pra Loup

350 résidences, hôtels-clubs, appart’hôtels et un grand choix

de villas et chalets en France, Espagne et Italie.

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Didier Besseyre

Président des Fédérations

française, européenne et mondiale du

sport d’entreprise

LA CONVICTION

de Didier Besseyre

«Vivre ensemble,

ce n’est pas seulement

vivre avec»

De toute façon, la société n’a pas le choix. Nous

ne pouvons pas nous contenter de « vivre avec » nos

voisins, nos équipiers ou nos collègues. Nous devons

apprendre à mieux vivre ensemble, à être plus solidaires,

à être davantage complémentaires. La diversité

est même une condition sine qua non pour

enlever des marchés et pour remporter des médailles.

En cette période de Coupe du monde, étant clermontois,

je fais forcément le lien avec l’esprit originel du

rugby où l’équipe a besoin de tous les gabarits et de

tous les talents. Où la diversité ne met pas les uns et

les autres en concurrence mais où les forces et les valeurs

s’additionnent. A l’image d’une équipe de

rugby, une entreprise qui gagne est donc une équipe

qui s’applique à exprimer toutes ses potentialités en

cultivant harmonieusement ses différences.

Dans ce vivier à l’échelle de la société, avoir l’esprit

d’équipe, c’est en effet avoir appris à vivre ensemble.

Et avoir appris à vivre ensemble, c’est avoir accepté

toutes les diversités – tant qu’elles sont sources de

solutions et non de problèmes –, s’en être imprégnés,

les valoriser, les respecter, quels que soient les origines,

les sexes, les catégories d’âge, les handicaps,

nos études ou notre religion. L’acceptation va bien

entendu dans les deux sens.

Cette diversité qui est partout à toute heure de notre

quotidien, la Fédération française du sport d’entreprise

l’a résolument placée au premier rang de ses

préoccupations. Elle en fait une profession de foi, accompagne

toutes les initiatives qui vont dans ce sens

et s’y associe aussi souvent que possible, comme le

10 septembre dernier avec l’organisation de la Course

«La diversité

est une condition

“sine qua non”

pour enlever des marchés

et remporter des médailles»

de la diversité (1) , née l’an passé d’une idée originale

et opportune de notre amie Haïdy Aron-Campan, représentante

de Veolia au sein des instances fédérales.

Tous les participants avaient l’esprit sportif. Tous

portaient les valeurs de la cohésion sociale, de la

solidarité et du bien-être au travail, creusant avec

conviction et détermination ce sillon de la diversité.

Tous ont passé un grand moment de par tage. Tous

ont servi les intérêts de leur entreprise. C’est le rôle

du sport. Et c’est aussi le rôle de cha cun de nous.

(1) Pages 18, 19 et 20

4/sport & entreprises N°122 octobre 2015 /3


Camille Ayglon,

implication tous azimuts

Cette handballeuse de Nîmes joue

sur tous les tableaux : sportif,

puisqu’elle prépare les JO de Rio

avec l’équipe de France, mais

elle entend aussi redonner au sport

ce qu’il lui a apporté. Au comité

directeur de la ligue Languedoc-

Roussillon FFSE, Camille Ayglon est

chargée du développement de la

pratique féminine des activités

physiques et sportives en entreprise

(Fées du sport) et des relations

entreprises/collectivités. Pour sa

future reconversion, elle souhaite

valoriser ses expériences du haut

niveau auprès des entreprises.

AU SOMMAIRE

Notre podium

Thales,

un bâtiment dédié au sport

Chez Thales Communications

& Security, le sport fait partie de la

vie des salariés. L’association

sportive ASTC (1) , qui compte près de

1 800 adhérents autour de trente-six

disciplines, dispose d’un bâtiment

inauguré en octobre 2013 à

Gennevilliers par Lucie Décosse,

championne olympique de judo.

Les collaborateurs peuvent exercer

leur sport dans des conditions

exceptionnelles grâce à des locaux

modernes et de proximité :

espace forme, salle de danse, mur

d’escalade, terrain de squash…

(1) Association sportive Thales Cristal

Yohann Couvant,

homme de passerelles

Au sein de la chambre de commerce

et d’industrie des Hauts-de-Seine,

ce sportif passionné, président du

comité départemental FFSE de Paris,

a la responsabilité de favoriser

le développement économique des

entreprises. Pour répondre plus

facilement aux attentes et aux

besoins de leurs dirigeants, il anime

des clubs d’entreprises réunissant

des responsables de PME et

de grands comptes. Ainsi, Yohann

Couvant crée des passerelles entre

le monde sportif et les entreprises.

« La FFSE est un partenaire idéal

pour mon action », se réjouit-il.

sport & entreprises

Directeur

de la publication

Didier Besseyre

Responsable

du magazine

Daniel Diguet

Rédaction en chef

et coordination

Jean-Marie Safra

Ont participé

à ce numéro

Nicolas Badotial

Pierre Bienvault

Nicolas César

Jean-Luc Ferré

Gurvan Heuze

Florence Pagneux

Serge et Michel

Pautot

Claude Staquet

Christine Taconnet

Conception

et maquettes

Patrick Maitre (gmes)

Révision-correction

Danièle Bourgeois

Photos

Droits réservés

pour toutes photos

non créditées

Administration et

actualités de la FFSE

Gurvan Heuze

Secrétaire général

Claude Thourot

FFSE : 3, rue

Dieudonné-Costes

75013 Paris

Tél. : 01 56 64 02 10

Fax : 01 47 20 04 50

Impression

Sport Sud Edition

31000 Toulouse.

Tél. : 05 34 25 83 64

Abonnement

15 €/4 numéros.

Ce numéro a été tiré

à 5 000 exemplaires.

Dépôt légal à parution.

4/sport & entreprises N°122 octobre 2015

3 L’éditorial de Didier Besseyre

Pour le président de la Fédération

française du sport d’entreprise,

la diversité fait qu’une équipe ou une

entreprise gagnent ou pas

4 Notre podium

Camille Ayglon, Thales, Yohann Couvant

5 En lumière

Des « vétérans » en forme olympique

aux championnats du monde d’athlétisme

de leurs catégories

6 Les entreprises à la conquête du sport

7 Réussite

La Société Générale, grand sponsor

du rugby français

8 Soyons olympiques

Alexandre Bazire, un consul olympique

à Rio pour préparer les JO

10 Entretien avec Thierry Braillard

Le secrétaire d’Etat aux Sports est

un inconditionnel de la pratique sportive

dans les entreprises

14 Evénements

Europe, sport, entreprises et diversité

22 En direct

L’essentiel de l’actualité de la FFSE

24 Nos valeurs : l’arbitrage

La FFSE et le philosophe Michel Serres

font confiance aux arbitres contre vents

et marées

29 Immersion

Stéphane Diagana met son expérience

de sportif de compétition au service des

entreprises

30 Droit de suite

La FFSE propose un guide formation

aux entreprises

32 Grand stade

Le rugby à 7 a gagné ses galons

olympiques

34 Sport, santé et entreprises

Cap Santé Entreprises s’attaque aux

maladies chroniques / Le code du travail

veille sur la santé des salariés

38 Oui, c’est possible

Ancien international de rugby, Franck

Mesnel est aujourd’hui un homme

d’affaires prospère

WAVEBREAKMEDIAMICRO/FOTOLIA.COM


EN LUMIÈRE

Oui, c’est possible.

Franck Mesnel a été un

trois-quarts centre au

palmarès éloquent :

champion de France

avec le Racing Club de

France en 1990, finaliste de la

Coupe du monde avec l’équipe

tricolore en 1987, et membre

de l’équipe de France, auteure

du grand chelem en 1987.

Sa reconversion est à la mesure

de sa réussite sportive :

l’ancien rugbyman est à la tête

de l’entreprise de vêtements Eden

Park qu’il a fondée en 1988.

2 OOO OOO

de dollars, soit 1 794 760 euros. C’est le fonds que

vient de créer le CIO pour aider les réfugiés. « Nous

avons tous été touchés par les terribles nouvelles

et les déchirantes histoires de ces derniers jours,

a déclaré son président, Thomas Bach. Avec cette

tragique crise à travers le Moyen-Orient, l’Afrique

et l’Europe, nous avons voulu jouer notre rôle en

apportant de l’aide humanitaire aux réfugiés. »

Exemplaire

Ils courent, ils courent les « anciens ». Et quelles que soient la date

de naissance de chacun d’eux ou leur nationalité, ils courent vite

et bien. Le sport, une fois de plus, c’est la santé, et parfois même

le long terme. Certains des concurrents des 21 es championnats du

monde d’athlétisme des vétérans, organisés à Lyon durant la première

quinzaine d’août, avaient près de 100 ans… On ne sait pas

très bien si tous avaient l’âge de leurs artères mais, de toute évidence,

ils ne faisaient pas leur âge. Quelle allure en effet, et quel

espoir peut-être pour chacun d’entre nous !

PHILIPPE DESMAZES/AFP

Nos immanquables

8 au 10 octobre : Challenge national de voile

légère, à Piriac-sur-Mer

13 octobre : Tournoi Top Gones de bowling,

à Lyon

13 au 15 octobre : Salon Preventica, à Lyon

31 octobre : Lauriers du sport IDF :

tennis de table, à Charenton-le-Pont

19 décembre : 16 e édition de la Ronde

de Noël en course à pied, à Angers

16 au 23 janvier 2016 : Snow working

des entreprises

9 au 13 mars : Jeux européens d’hiver du sport

d’entreprise, à Cortina d’Ampezzo (Italie)

4 au 8 mai : Jeux nationaux d’été du sport

d’entreprise, en Martinique

1 er au 5 juin : Premiers Jeux mondiaux

du sport d’entreprise, à Palma de Majorque

(Espagne)

21 au 25 juin 2017 : Jeux européens d’été

du sport d’entreprise, à Gand (Belgique)

4/sport & entreprises N°122 octobre 2015 /5


Les entreprises à la conquête du sport

Le Crédit Agricole, banque officielle de l’Euro 2016

Premier réseau bancaire français avec ses 7 000

agences, ses 21 millions de clients, et partenaire

historique du football français – notamment de

la Coupe du monde 1998 – la banque coopérative

sera sur les terrains lors de l’Euro 2016 organisé

en France du 10 juin au 10 juillet 2016.

Moët & Chandon

navigue toujours

«Nous avons été partenaires de la Coupe de

l’America depuis près de vingt-cinq ans », ne

manque pas d’observer Ludovic du Plessis,

vice-président Etats-Unis de Moët & Chandon.

« Célébrer cet événement emblématique avec

notre collection Grand Vintage 1983 est le

parfait reflet de l’esprit de succès de Moët

& Chandon.» La 35 e Coupe de l’America a

débuté en juillet à Portsmouth, dans le sud

de l’Angleterre, pour une série de régates

qui se poursuivra jusqu’en 2017. Franck Cammas

et Groupama Team France ont annoncé

leur participation alors qu’il n’y avait plus eu

de défi tricolore depuis 2007.

La Poste met l’aviron

à l’honneur

Comme elle

l’avait déjà fait

en 1997, La

Poste a émis un

timbre spécial à

l’occasion des

championnats du

monde d’aviron

organisés du 30 août au 6 septembre sur

le lac d’Aiguebelette, en Savoie.

Deux timbres même, puisqu’il s’agit d’un

diptyque, c’est-à-dire deux timbres se

regardant. Le premier, d’une valeur de

1,20 €, destiné au courrier international,

représente le huit barré masculin,

vaisseau amiral de l’équipe tricolore;

le second, d’une valeur de 76 centimes

et réservé à la France, représente

un deux de couple féminin.

A l’occasion des cinquante et un matches qui

se joueront dans dix villes françaises, les trenteneuf

caisses régionales de Crédit Agricole seront

mobilisées pour partager cette fête du football.

« Sur le territoire national, le Crédit Agricole est

un groupe incontournable et son positionnement

comme banque majeure du marché français en

fait un partenaire à la hauteur du prestige de

l’événement », a estimé le président d’Euro 2016,

Jacques Lambert. « Nous sommes ravis de pouvoir

compter sur son soutien comme banque

officielle de l’UEFA Euro 2016. »

Parmi les autres partenaires de l’Euro 2016 : la

Française des jeux, la société de travail temporaire

Proman, la SNCF, Kia…

Hublot, un horloger dans le rond central

En devenant partenaire de la Champions League et d’Europa League, l’horloger suisse

Hublot s’associe de nouveau à l’instance dirigeante du football européen au travers

des deux compétitions majeures de clubs. Pour chaque match des saisons 2015-2016,

2016-2017 et 2017-2018, la marque sera présente sur le panneau du quatrième

arbitre avec un nouveau design directement inspiré d’une montre de la marque.

L’aspect du panneau a été soigneusement étudié pour un résultat pratique et élégant.

« Hublot s’accorde parfaitement au caractère prestigieux et exaltant de notre

compétition des meilleurs

clubs, a résumé Guy-Laurent

Epstein, directeur marketing

d’UEFA Events. Nous

sommes impatients de

pouvoir développer

ensemble de nouvelles

pièces d’horlogerie

personnalisées et, bien sûr,

de voir les nouveaux

panneaux du quatrième

arbitre à l’œuvre. »

ALEC FRETSMAN

« Choisir le cyclisme, à travers cette

équipe chère aux Français, est pour nous

une évidence : nous partageons des valeurs

communes, telles que la proximité,

l’enthousiasme et le goût de l’effort. »

Xavier Caïtucoli, PDG de Direct Energie, lors

de l’annonce, mardi 15 septembre, de la

reprise de l’équipe Europcar par le troisième

acteur français de l’électricité et du gaz.

Le Palais omnisports

de Paris-Bercy change de nom

Pour les dix prochaines années,

le POPB s’appellera Accor Hôtels Arena

POPB. L’enceinte, qui devrait

bientôt rouvrir ses portes après avoir

été totalement rénovée, voit sa

capacité d’accueil passer de 17 000

à 23 000 places.

Le bon zapping de la Pro A

de basket

Alors que son

diffuseur Sport +

affiche un écran noir

depuis la fin de

la saison dernière, la

Ligue nationale de basket a rebondi

avec brio : deux rencontres sont

désormais diffusées (le samedi et le

lundi) par Ma Chaîne Sport

qui proposera, en complément, un

magazine de cinquante-deux minutes

hebdomadaire. De plus, douze

matches en clair sont programmés

sur L’Equipe21. SFR a acheté pour cinq

ans les droits de diffusion pour une

somme de 50 millions d’euros.

Jusque-là, le basket français percevait

6,2 millions euros par saison.

Le nouveau chant

du Coq sportif

Non, Le Coq sportif

n’est pas mort.

Tout au contraire.

Il renaît de ses

plumes. Le style de

l’équipementier

évolue dans le sportswear sans renier

sa proximité avec le monde du

sport puisqu’il soutient aujourd’hui des

champions et des organisateurs

de tous horizons. Pour preuves, le

fait que Le Coq sportif soit devenu

le fournisseur officiel des maillots

distinctifs du Tour de France et

que son logo ait, lui, subi un véritable

remodelage. Il marque toujours

l’origine française de la marque et le

fameux coq, plus fier que jamais,

est posé sur un socle tricolore en

forme d’arc de cercle.

6/sport & entreprises N°122 octobre 2015


Réussite

Société Générale : la passion du ballon ovale

La banque est «le partenaire majeur» de la Coupe du monde de rugby et

le «soutien historique» du XV de France.

Le premier accord avec la Fédération française

de rugby (FFR) remonte à 1987, et

la Société Générale joue sa cinquième

Coupe du monde depuis 1991. L’aventure fut

lancée par Marc Viénot, l’ancien PDG de la

banque, entre 1986 et 1997. Elle a été poursuivie

depuis par ses successeurs, Daniel Bouton et Frédéric

Oudéa, l’actuel patron, lequel ne manque

jamais une occasion de rappeler que les valeurs

de l’ovalie se rapprochent de celles que souhaite

véhiculer la Société Générale. Cet engagement

dans le rugby représente aujourd’hui une enveloppe

annuelle d’une petite quinzaine de millions

d’euros, ce qui le classe comme l’un des

plus gros contrats de sponsoring sportif de

l’Hexagone.

En France, la Société Générale est partenaire du

Top 14 et de la Pro D2. Elle soutient également

450 clubs amateurs, auxquels de « nombreux

collaborateurs donnent de leur temps et de leur

énergie », rappelle la banque. Elle accompagne

aussi le rugby à 7, qui va devenir sport olympique

dès l’an prochain à Rio. A l’étranger, en

fonction de ses implantations, la banque aide

des petites fédérations, comme en Chine, au Sénégal,

en Turquie ou encore en Serbie.

Selon une enquête TNS Sofres réalisée l’an dernier,

71 % des Français affirment connaître l’implication

de la Société Générale dans le ballon

ovale. «L’image de la banque est mieux notée par

les personnes l’identifiant comme partenaire de

rugby. Elles voient davantage en elle une banque

internationale, qui est fair-play et loyale», souligne

un porte-parole.

Toutefois, la Société Générale ne peut afficher

son logo sur le maillot des joueurs du XV de

France, seule équipe nationale à ne pas arborer

le nom d’un de ses sponsors. Un choix de la FFR

qui met en avant des raisons politiques et philosophiques,

ainsi que sa volonté de ne pas privilégier

un partenaire plutôt qu’un autre. Qu’à cela

ne tienne ! Pour associer son nom au rugby, la

banque utilise les services de joueurs de renom.

L’an dernier, le séminaire qui a réuni trois cents

cadres dirigeants de la banque à Deauville était

animé par Fabien Pelous, l’ancien capitaine du

XV de France.

En mai, c’est du siège de la banque, à la Défense,

que Philippe Saint-André, le sélectionneur de

l’équipe de France, a dévoilé les noms des trentesix

joueurs retenus pour cette Coupe du monde.

Et en terre anglaise, la Société Générale a pris

comme ambassadeur Jonny Wilkinson, l’ancien

demi d’ouverture du XV de la Rose, qui a terminé

sa carrière à Toulon.

Claude STAQUET

Recettes

Les bons comptes de la

Fédération française de rugby

La FFR a plusieurs partenaires

officiels : la Société Générale,

l’assureur GMF, Adidas, Orange et

BMW, auxquels s’ajoutent Air France

et France Télévisions, plus une

dizaine de fournisseurs officiels.

Une bonne affaire sur le plan financier

car l’ensemble du partenariat

(sponsors plus droits TV) a rapporté

64 millions d’euros sur l’exercice

2014-2015 (clos au 30 juin), soit la

moitié des recettes de la FFR, et

11 millions de plus qu’en 2013-2014.

La Fédération française du rugby

n’hésite d’ailleurs pas à faire monter

les enchères. Il y a deux ans,

elle a ainsi préféré BMW à Renault,

au grand dam du gouvernement

qui s’était alors ému de ce manque

de patriotisme. Mais les dirigeants

du rugby expliquent devoir

faire face à la baisse des subventions

publiques.

PIERRE LAHALLE/PRESSE SPORTS

4/sport & entreprises N°122 octobre 2015 /7


Soyons olympiques

Alexandre Bazire : attaché aux Jeux

A 37 ans, ce spécialiste du marketing et de l’événementiel représente à

Rio le mouvement sportif français et joue le «consul» hexagonal

jusqu’aux JO de 2016.

Il est très attaché à sa mission. Normal, c’est

l’intitulé de sa fonction : attaché olympique.

Depuis le 1 er avril dernier, Alexandre Bazire

est en poste au Brésil. Il est le représentant du

Comité national olympique et sportif français

(CNOSF) pour les Jeux de Rio. Un poste défini

par la charte olympique, chaque comité national

pouvant nommer un attaché devant assurer l’interface

entre le comité d’organisation des Jeux

et le mouvement sportif de son pays.

Un rôle foisonnant qui lui convient parfaitement,

sa carrière révélant un sens du rebond allant

bien au-delà de l’univers du football, qui occupe

une place majeure sur sa carte de visite.

Car l’attaché olympique doit déployer une énergie

tous azimuts : pour traiter les demandes,

essentiellement logistiques, des fédérations françaises

olympiques et paralympiques, et pour préparer

les animations liées au Club France,

Parcours

1978 : Naissance le 17 avril 1978, à Angers

2001-2003 : Chef de produit marketing au Paris-Saint-Germain

2003-2005 : Responsable des ventes chez Air France à Pékin

2005-2010 : Directeur marketing et développement du Mans Football Club

2010-2011 : Directeur adjoint du Mans Football Club

2011-2015 : Président fondateur de l’agence marketing et événementielle Very Good Team

2015 : Nommé par le CNOSF attaché olympique pour les Jeux de Rio en 2016

installé dans le célèbre quartier Lagoa et qui prévoit

d’accueillir jusqu’à 5 000 visiteurs quotidiennement

durant la fête olympique. Tout ceci

étant destiné à valoriser l’activité des entreprises

françaises au Brésil.

« Plusieurs sociétés tricolores ont déjà remporté

des appels d’offres olympiques et paralympiques,

comme GL Events (restauration), Atos

(intégrateur technologique) ou Gymnova (équipements

de gymnastique), se félicite Alexandre

Bazire. La diplomatie sportive et économique est

devenue un enjeu fort pour la France et son

rayonnement international. »

Dans ce cadre, il est également sensible au développement

de la pratique sportive dans les entreprises.

« Ici, à Rio de Janeiro, les entreprises

françaises sont très mobilisées autour de la

pratique du sport. Ceci est peut-être aussi lié à

cette ville particulière où le sport est roi ! De

nombreuses équipes corpo se

rencontrent dans le cadre de

tournois de football ou de rugby,

et c’est l’occasion pour les salariés

de renforcer les liens de solidarité,

de “vivre” et de “réussir”

ensemble. Cela ne peut avoir que

des effets positifs. »

Jean-Luc FERRÉ

2024 : Los Angeles

dans la course aux anneaux

Il y avait Paris, Rome, Hambourg et

Budapest. Il y a maintenant Los

Angeles, dont le vote positif du conseil

municipal a reçu le soutien du

président des Etats-Unis, Barack Obama.

Dans la course à l’organisation des

JO d’été de 2024, la ville californienne

remplace Boston qui avait dû renoncer

faute d’adhésion populaire. « Les Jeux

aiment LA et LA aime les Jeux.

Nous voulons que les Jeux reviennent

chez eux », a expliqué le maire

de Los Angeles, Eric Garcetti. Sa ville

a déjà reçu les JO d’été en 1932

et en 1984. Ces derniers avaient

été marqués par l’implication inédite

de partenaires privés qui avaient

permis de dégager des bénéfices.

Le projet Los Angeles 2024 repose sur

un budget de 4,1 milliards de dollars

(3,6 milliards d’euros) et vise des

recettes de 4,8 milliards de dollars

grâce à la contribution du CIO,

à la billetterie, aux partenariats et

aux droits de télévision.

La FDJ

fait ses jeux

La Française des jeux a été la première

entreprise française à s’engager

officiellement à soutenir la candidature

de Paris à l’organisation des Jeux

olympiques d’été de 2024. A l’occasion

de cette annonce faite lors du Tour

de France, sa présidente, Stéphanie

Pallez, a estimé que ce type de

parrainage est « dans les gènes »

de la FDJ, mais elle a indiqué attendre

les règles du CIO pour en déterminer

le montant. Dans le domaine du sport,

l’entreprise publique, détenue à 72 %

par l’Etat, est notamment déjà présente

avec son équipe cycliste.

2022 :

l’hiver à Pékin

Hôte des JO d’été en

2008, la capitale

chinoise a obtenu

l’organisation des JO

d’hiver de 2022. Pékin a été désignée

aux dépens de la ville kazakhe, Amalty,

seule autre candidate. Les compétitions

auront lieu dans plusieurs sites du nord

du pays. Une nouvelle ligne ferroviaire à

grande vitesse placera Zhangjiakou (à

proximité des stations de ski) à

cinquante minutes de la mégapole

chinoise. Pékin abritera les patinages de

vitesse et artistique, le hockey sur

glace, le curling, le village olympique et

la cérémonie d’ouverture. Elle sera ainsi

la première ville à avoir accueilli les

Jeux olympiques d’été et d’hiver.

8/sport & entreprises N°122 octobre 2015


L’ENTRETIEN

THIERRY BRAILLARD

«La pratique sportive

est un outil

d’intégration sociale

et un tremplin vers

le monde du travail.»

SECRÉTARIAT D’ETAT AUX SPORTS

Thierry Braillard a

été nommé

secrétaire d’Etat

aux Sports en avril

2014. Son ministre

de tutelle est

Patrick Kanner,

chargé de la Ville,

de la Jeunesse et

des Sports.

Agé de 51 ans, cet

avocat spécialisé

dans le droit social

est député de

la deuxième

circonscription du

Rhône depuis 2012.

Sport & Entreprises : Vous avez mis en place le

Pacte de performance avec des entreprises pour accompagner

les sportifs de haut niveau. Pouvez-vous

nous présenter cette action et dresser un premier

bilan de sa mise en œuvre ?

Thierry Braillard : Le Pacte de performance est un

programme destiné à développer les partenariats

entre des entreprises et les sportifs de haut niveau qui

ont vocation à intégrer les équipes de France olympiques

et paralympiques aux prochains JO.

Dès le début des années 1980, la ministre chargée du

Temps libre, de la Jeunesse et des Sports, Edwige

Avice, avait d’ailleurs créé un dispositif pour favoriser

le recrutement de sportifs de haut niveau dans les entreprises.

Cela a permis à de nombreux grands sportifs

français de concilier leurs carrières sportive et

professionnelle. J’ai souhaité accroître le nombre de

ces entreprises et diversifier leurs profils afin qu’un

maximum de sportifs puissent en bénéficier, mais

également afin de pouvoir mieux faire correspondre

leurs projets professionnels avec les métiers des entreprises.

Dans cet objectif, nous avons tout d’abord souhaité

valoriser davantage l’action des entreprises qui s’engageaient

dans ce programme. Nous avons également

assoupli le dispositif existant en leur permettant de

proposer aux sportifs deux types de contrats : un

contrat de travail aménagé ou un contrat d’image durant

leur carrière sportive, couplé à un parcours d’intégration

dans l’entreprise à l’issue de leur carrière.

Depuis le lancement de l’opération en décembre

2014, en présence du président de la République,

soixante-dix entreprises – de grands groupes mais

aussi des PME et des startups – ont adhéré au Pacte

de performance, offrant ainsi à cent cinquante sportifs

olympiques et paralympiques la possibilité de signer

un contrat.

S&E:Que peut apporter la Fédération française du

10/sport & entreprises N°122 octobre 2015


SECRÉTARIAT D’ETAT AUX SPORTS

sport d’entreprise comme contribution à une initiative

de ce type ?

Th.B. : En parler à vos adhérents ! Car l’intégration

d’un sportif de haut niveau dans une équipe c’est non

seulement un engagement citoyen en faveur du sport,

mais aussi un formidable outil de performance au

service de l’entreprise. Au-delà des compétences professionnelles

que le sportif saura apporter et de l’outil

de communication interne et externe qu’il pourra représenter,

sa présence peut également être une opportunité

pour développer le sport au sein de

l’entreprise. Je pense notamment aux compétitions

sportives interentreprises que vous organisez régulièrement,

et j’imagine l’intérêt que pourrait représenter,

pour les participants, le fait de pouvoir être coaché

par un collègue qui est un sportif de haut niveau.

S&E: Quels sont, selon vous, les autres champs

d’interactions entre l’entreprise et le sport ?

Th.B. : La pratique du sport de haut niveau est un

tremplin vers l’entreprise, car les sportifs développent,

au fur et à mesure des entraînements, des

stages à l’étranger et des compétitions internationales,

un ensemble de compétences qui sont des

atouts fondamentaux pour une entreprise : exigence,

adaptabilité, travail en équipe, capacité à se fixer des

objectifs et à tout mettre en œuvre pour les atteindre…

C’est ce qui explique l’engouement des entreprises

pour le dispositif du Pacte de performance.

De la même façon, la pratique sportive amateur peut

être un outil d’intégration sociale et un tremplin vers

le monde du travail. C’est le sens du plan national

Citoyens du sport, mis en place dans le prolongement

du Comité interministériel pour l’égalité et la citoyenneté

du 6 mars 2015, présidé par le Premier ministre,

qui vise à développer la pratique sportive des jeunes

dans les territoires prioritaires, avec un triple objectif :

accès au sport, éducation à la citoyenneté et insertion

professionnelle.

Le sport joue aussi bien évidemment un rôle clé dans

le bien-être et l’épanouissement des salariés, ainsi

que dans la cohésion interne des équipes. Et les

études montrent que cela contribue à rendre ces

équipes plus performantes.

Le secteur sportif représente en effet un véritable relais

de croissance pour l’économie française. Et sur

ce terrain, la France dispose de nombreux atouts :

une tradition ancienne d’organisation des compétitions,

une culture de la pratique sportive forte, ainsi

que des entreprises françaises présentes sur tous les

segments de l’économie du sport. Afin de valoriser

ces atouts, nous menons une politique active en faveur,

d’une part, de l’accueil de grands événements

sportifs en France, et d’autre part, de la structuration

de la filière de l’économie du sport.

La France a ainsi décroché l’organisation d’une série

de manifestations sportives majeures, avec notamment

les championnats du monde d’aviron qui se

sont tenus récemment à Aiguebelette, puis l’Euro

Basket, les championnats d’Europe de badminton en

avril 2016, l’Euro 2016 l’été prochain, les championnats

du monde de handball masculin en janvier 2017,

ceux de hockey sur glace ensuite, puis de canoëkayak,

la Ryder Cup en 2018, et enfin la Coupe du

monde féminine de football en 2019. Tous ces événements

seront autant de vitrines pour les entreprises

françaises. Afin de les fédérer, de promouvoir de nouveaux

modèles d’équipements et d’événements sportifs

et de favoriser les synergies, notamment à

l’export, nous avons mis en place, avec le ministre de

l’Economie, un comité stratégique rassemblant l’ensemble

des acteurs économiques du secteur sportif.

S&E:En quoi les entreprises peuvent-elles contribuer

efficacement au plan Citoyens du sport que

vous avez mis en place ?

Th.B. : Dans le cadre de ce plan de nombreux clubs

sportifs ont élaboré des projets pour développer leur

discipline auprès des publics qui en sont le plus éloignés,

dans les zones urbaines et rurales en difficulté.

Les entreprises ont leur rôle à jouer dans ces programmes

en devenant des partenaires privilégiés de

ces clubs dynamiques qui ont plus que jamais besoin

de ressources financières, mais surtout humaines, des

entreprises.

S&E: Quels sont les intérêts spécifiques du sport

d’entreprise et ses axes de développement à privilégier

?

Th.B. : L’entrée dans la vie active correspond très

souvent à un point de rupture avec la pratique régulière

d’une activité physique et sportive au sein d’une

association – notamment chez les femmes. Pourtant,

dans un contexte de tertiarisation de l’économie française,

avec de plus en plus d’emplois sédentaires, la

nécessité de pratiquer régulièrement une activité physique

est un enjeu essentiel de santé publique,

➤➤➤

Les sportifs de haut niveau

ont vocation à intégrer aujourd’hui

les équipes de France olympiques

et à mettre demain leurs talents au

service des entreprises.

«La mission

du ministère

des Sports

est d’accompagner

le développement

du sport dans

les entreprises,

mais aussi

d’accompagner

le développement

des entreprises

dans le secteur

sportif.»

4/sport & entreprises N°122 octobre 2015 /11


L’ENTRETIEN

SECRÉTARIAT D’ETAT AUX SPORTS

Thierry Braillard

en bonne compagnie

avec Marie Bochet ➤➤➤

et Muriel Hurtis,

championnes valeureuses

et exemples pour tous.

Son hommage à la Semaine

européenne du sport

La mise en place par la Commission

européenne d’une Semaine européenne

du sport, qui vient d’avoir lieu, marque un

tournant dans la politique sportive

européenne, estime Thierry Braillard, « et je

m’en réjouis d’autant plus qu’il s’agit de

l’européanisation du dispositif français

“Sentez-vous sport”, initié par le ministère

des Sports dans les années 1990 – l’opération

s’appelait alors “Fête du sport” – et dont

le pilotage a été confié au CNOSF depuis

2013. Si “Sentez-vous sport” a pu inspirer

la Commission européenne, je crois que

l’inverse sera également vrai et que

l’opération nationale va largement bénéficier

de son intégration dans un événement

à l’échelle de l’Union européenne ».

d’épanouissement des salariés, de cohésion sociale

et, in fine, de performance des entreprises.

En plus des formes classiques d’activités sportives de

loisirs ou compétitives au sein des entreprises, on voit

aujourd’hui se développer des activités spécifiques

permettant d’améliorer le bien-être au travail, de prévenir

d’éventuels risques professionnels et de réduire

ainsi le taux d’absentéisme.

A ce titre, l’initiative de l’entreprise Aircelle mérite

d’être saluée : cette filiale du groupe Safran a mis en

place pour ses salariés, en lien avec le pôle

Sport, Santé, Bien-être du ministère des

Sports, des activités de renforcement musculaire

afin d’améliorer le sentiment de

bien-être au travail, de prévenir les troubles

musculosquelettiques et de réduire

l’absentéisme qui en résultait. En quelques

mois, le nombre d’arrêts de travail a diminué

de 40 %, mais surtout, les salariés

évoquent un sentiment de mieux-être au

travail, une meilleure communication et

une plus forte cohésion d’équipe. C’est ce

genre d’initiatives que je souhaite encourager.

S&E:La FFSE gagne cette année 25 %

de nouveaux licenciés. Cette croissance

illustre bien la montée en puissance de

la question du sport pour les décideurs

des entreprises. Que pouvez-vous initier pour accroître

encore cette tendance ?

Th.B. : Je crois qu’effectivement les entreprises prennent

de plus en plus le sport au sérieux. A la fois pour

ce qu’il peut apporter en termes de bien-être des collaborateurs,

de cohésion interne, de performance des

équipes, d’image et de communication. Elles ont

compris le pouvoir très particulier du sport, qui offre

avant tout des histoires à raconter, des valeurs qui

s’incarnent. Pour accroître encore cette tendance, mes

services et l’ensemble de leurs agents sont mobilisés

pour continuer à développer de nouvelles collaborations

avec les entreprises françaises, notamment dans

le cadre de programmes de sport-santé. Par ailleurs,

le ministère des Sports reste attentif à toutes les initiatives

que pourra prendre la Fédération française

du sport d’entreprise dans ce sens, et aidera à les

promouvoir.

S&E:Paris a déclaré sa candidature à l’organisation

des JO 2024… Qu’attendez-vous des entreprises

sur ce plan ?

Th.B. : Les entreprises françaises ont un rôle fondamental

à jouer dans la candidature de Paris 2024.

Même si l’on pense spontanément à ce qu’elles peuvent

apporter en termes de soutien financier, leur rôle

s’étend en réalité bien au-delà du simple parrainage.

Dirigeants et salariés pratiquent de plus en plus une

activité sportive sur leur lieu de travail, ce dont té-

12/sport & entreprises N°122 octobre 2015


moigne l’augmentation du nombre de licenciés de la

FFSE, mais aussi l’engouement pour les courses effectuées

par équipes, entre amis et entre collègues.

C’est cette dynamique qu’il faut accompagner et valoriser

auprès du Comité international olympique,

pour lui montrer que la société française est une nation

sportive qui saura accueillir les sportifs olympiques

et paralympiques venus du monde entier.

S&E:Comment les entreprises peuvent-elles se saisir

de cet événement pour développer leur activité ?

Th.B. : Si le Comité international olympique choisit

Paris, ce sera une vitrine exceptionnelle pour les entreprises

françaises. Non seulement pour celles du

secteur sportif à proprement parler, mais aussi pour

l’ensemble des entreprises intéressées par le marché

des grands événements sportifs, qui s’étend du BTP

à l’événementiel, en passant par la sécurité et les opérateurs

de téléphonie. Il s’agirait d’une formidable opportunité

pour les professionnels de l’hôtellerie, de la

restauration et de la culture.

Outre la possibilité de développer leurs activités et

d’accroître leur visibilité à l’échelle internationale, les

Jeux olympiques et paralympiques peuvent être l’occasion

pour les entreprises de repenser leur offre et

d’innover afin d’être capables de répondre aux exigences

du Comité international olympique, du Comité

international paralympique, et des sportifs. Sur

ce point, les Britanniques ont su profiter des Jeux de

Londres pour s’imposer sur le marché des grands

événements sportifs internationaux. Si nous avons

l’honneur de succéder à Tokyo 2020, nous devrons

nous en inspirer.

S&E:Comment capitaliser sur cet événement pour

développer le sport pour tous et spécifiquement

dans les entreprises ?

Th.B. : On parle souvent de l’héritage « physique »

des Jeux olympiques et paralympiques, avec la rénovation

des transports publics, la construction d’équipements,

ainsi que des retombées économiques en

termes d’emploi et de rayonnement. Mais accueillir

les Jeux modifie également les modes de vie de la population

: ils ont un effet d’entraînement majeur dans

le pays organisateur sur l’engagement bénévole, le recours

aux modes de transport propres, la perception

du handicap, et surtout sur la pratique sportive. Car

si les Jeux à proprement parler ne durent que quinze

jours, ils permettent en réalité de mobiliser la population

bien en amont, durant la phase de candidature,

puis, si elle est retenue, durant les sept années de préparation

de la compétition, et bien après elle.

Dès aujourd’hui et jusqu’en septembre 2017, la candidature

de Paris 2024 va donc constituer, pour le ministère

des Sports et les fédérations sportives, un

objectif vers lequel tous les projets, ou presque, pourront

converger, notamment les programmes de développement

du sport pour tous. De la même façon, la

SECRÉTARIAT D’ETAT AUX SPORTS

FFSE peut dès maintenant prendre contact

avec le Comité de candidature de Paris

2024 pour échanger sur les moyens de capitaliser

sur cette dynamique et lui proposer

des projets à développer en commun.

S&E:Quelle doit être la contribution des

fédérations non olympiques ?

Th.B. : Tous les acteurs du sport – les fédérations

olympiques comme les fédérations

non olympiques, les clubs, les

collectivités territoriales, l’Etat, les entreprises

du secteur – doivent se poser la

question de savoir ce qu’ils peuvent apporter

à la candidature, et comment ils se mobiliseront

pour montrer que la France a

envie d’accueillir ces Jeux.

S&E: En quoi les présidents français

des fédérations internationales peuvent

contribuer à cette candidature ?

Th.B. : Toutes les initiatives qui permettront

de valoriser les atouts de la candidature

de Paris seront les bienvenues. Si

chaque acteur du sport a un rôle à jouer

dans le marathon qui nous conduira au

vote du CIO en septembre 2017, celui des présidents

français des fédérations internationales, au rang desquels

nous comptons désormais Didier Besseyre,

dont je tiens à saluer l’engagement, est évidemment

essentiel. Je fais confiance à Bernard Lapasset, qui

est le chef d’orchestre de ce mouvement, pour les

mobiliser au service de la candidature.


Le secrétaire d’Etat aux Sports

loue le travail de la Fédération

française du sport d’entreprise

Pour Thierry Braillard, se former à une

discipline sportive c’est avant tout intégrer les

règles essentielles de vie en société,

se fixer des objectifs et prendre confiance en

soi : «C’est fondamental pour tous les

enfants, pour tous les jeunes, et en particulier

pour ceux auxquels l’école n’a pas pu

donner confiance en eux.» Le secrétaire

d’Etat ajoute qu’intégrer un club sportif, c’est

aussi accéder à un réseau de professionnels

à l’écoute, capables de devenir des référents

et des soutiens pour des jeunes qui

peuvent en manquer. A ses yeux, le sport

peut ainsi être un moyen détourné

mais très efficace pour reprendre le chemin

de l’école, de la convivialité ou du travail :

« L’action menée par la FFSE dans le cadre

du recrutement par La Poste de 750 jeunes

en emplois d’avenir, via les missions

locales, a d’ailleurs montré combien le sport

pouvait jouer ce rôle de tremplin vers

l’emploi», souligne-t-il.

L’allant et la détermination

des sportifs paralympiques

se transposent dans le monde

de l’entreprise.

4/sport & entreprises N°122 octobre 2015 /13


ÉVÉNEMENTS Europe, sport,

entreprises et diversité

REPORTAGES PHOTOS : ALEC FRETSMAN

14/sport & entreprises N°122 octobre 2015


«Ça marche!» : le symbole est suffisamment fort pour s’inscrire dans la durée.

Le 10 septembre restera dans les annales du sport d’entreprise et de la diversité.

A la Défense,

le sport d’entreprise

est l’affaire de tous

Dans le cadre de la Semaine européenne du sport, l’opération

qui consistait à convaincre le monde de l’entreprise que la

pratique sportive en entreprise est non seulement utile, mais

simple, ludique et conviviale, ne pouvait trouver meilleur terrain

d’expression que le plus grand quartier d’affaires d’Europe.

Le 10 septembre, la Fédération européenne

du sport d’entreprise

(EFCS) a conduit un projet qui a

connu une très belle réussite : l’« Active

Workplace, Healthy Lifestyle » (AWHL).

Retenu parmi plusieurs dizaines d’autres,

celui-ci a bénéficié du soutien fort et prestigieux

de la Commission européenne. Au

programme, l’organisation d’événements

sportifs à l’intention des entreprises et des

salariés de quatorze pays membres de

l’EFCS : l’Allemagne, l’Autriche, la Belgique,

le Danemark, l’Espagne, la France,

la Grèce, la Hongrie, l’Italie, la Lettonie,

Malte, la République tchèque, la Slovénie

et la Suède. L’objectif de ce projet étant

d’encourager et de promouvoir la pratique

de l’activité physique et sportive au sein

même du milieu professionnel.

En France, activités et animations se

sont déroulées au cœur du plus grand

symbole « business » du pays, avec ses

soixante-douze immeubles professionnels,

ses 160 000 travailleurs quotidiens, ses

1 500 sièges d’entreprises incluant quinze

des cinquante plus grandes entreprises

mondiales : la Défense.

Au cours de cette journée dédiée au sport

d’entreprise, les équipes de la Fédération

française du sport d’entreprise (contributrice

essentielle du projet) et celles de ses

partenaires ont donc proposé à tous les salariés

de participer à différentes disciplines

sportives. Dans le village multisports une

dizaine d’activités sportives étaient ainsi

pratiquées, dont l’escrime, le golf, la

marche nordique, la pétanque, le tir à

l’arc, le volley, la zumba…

Chacun a ainsi pu découvrir et pratiquer

plusieurs sports, apprendre des gestes

d’étirements et de posture au travail ou se

familiariser avec les offres de la FFSE et

des différents acteurs du sport d’entreprise.

Un moment partagé avec plusieurs

centaines de salariés sur l’esplanade, en

présence des représentants de la Commission

européenne et du cabinet du Premier

ministre, de l’ANDRH (1) , et du Comité régional

et sportif d’Ile-de-France.

(1) Association nationale des directeurs des ressources humaines

4/sport & entreprises N°122 octobre 2015 /15


ÉVÉNEMENTS

Yves Le Lostecque,

chef de l’entité

Sport de la Commission

européenne,

et l’ancienne ministre

Edwige Avice,

actuelle présidente

de la Fondation

du sport français,

avaient tenu

à être présents auprès

de Didier Besseyre.

16/sport & entreprises N°122 octobre 2015


Tous les sports

proposés ont réussi

leur promotion :

les volontaires, débutants

ou pratiquants

expérimentés, ont afflué

et ont promis de

renouveler l’expérience.

Les responsables

d’entreprise qui s’étaient

déplacés ont pris

bonne note de cet

engouement.

Le sport d’entreprise

est sur la bonne voie.

Communiqué

PASS : pour remettre

les Européens en mouvement

Ces dernières années, l’Union européenne

a fait de la promotion de l’activité

physique l’un des axes majeurs de sa politique

sportive. Car la situation est inquiétante

: moins d’un Européen sur

deux pratique une activité physique régulière.

Dans le cadre du programme Erasmus+

Sport, la Commission européenne a choisi de

soutenir le projet « PASS – Physical Activity

Serving Society », présenté par le «think tank»

(laboratoire d’idées) Sport et Citoyenneté,

avec l’appui de six partenaires européens.

Lancé en février 2015 pour une durée de trois

ans, PASS propose de tirer parti de

l’expérience et des connaissances

de ses partenaires

ainsi que des cadres,

d’actions existant sur la

promotion de l’activité

physique aux niveaux

européen et international :

les lignes d’action recommandées

par l’Union en matière d’activité

physique (2008) d’une part, et l’initiative

Designed to Move d’autre part. Cette dernière

promeut une approche transsectorielle de

l’activité physique dans les secteurs de l’éducation,

des transports, de la santé, des villes,

ou encore de la planification urbaine…

La mission de PASS est de superposer ces

deux grilles de lecture pour combler les lacunes

existant au niveau européen. Pour cela,

une étude transnationale sera réalisée afin de

confronter les schémas nationaux de promotion

de l’activité physique, les niveaux de pratique

et les méthodes de suivi et d’évaluation.

Une série de cinq ateliers thématiques viendra

dans un second temps confronter ces données,

et proposera des recommandations opérationnelles,

par secteurs, à l’attention des

décideurs. Enfin, une importante campagne

de communication et de plaidoyer sera organisée

pour diffuser les résultats du projet.

Les premiers chiffres de l’étude transnationale

sont attendus à la fin de cette année.

www.sportetcitoyennete.com/pass

4/sport & entreprises N°122 octobre 2015 /17


ÉVÉNEMENTS

Les entreprises

parient sur la diversité

Le 10 septembre s’est déroulée la Course de la diversité.

Cette manifestation interentreprises de respect de l’autre était

parrainée par l’athlète français Ronald Pognon et soutenue

par la Commission européenne. Organisée au Stade de France

par la Fédération française du sport d’entreprise,

en partenariat avec B2run, elle a rassemblé plus de sept cents

participants de tous âges, tous horizons et de toutes

compétitions physiques, tous désireux et heureux de partager

ce moment sportif de convivialité et de fête.

18/sport & entreprises N°122 octobre 2015


Communiqué

Ronald Pognon,

premier sprinteur français

sous les 10 s au 100 m,

est aujourd’hui ingénieur

d’affaires chez Altem.

Antoine Frérot,

PDG de Veolia

Environnement,

très intéressé

par l’apport

de la Course

de la diversité.

Veolia soutient et participe

à la Course de la diversité

Dans le cadre du plan d’action «Diversité»,

et en cohérence avec ses engagements,

le Groupe Veolia soutient et

encourage la participation de ses salariés

à la Course de la diversité.

La diversité par le sport est un des enjeux de

la politique et des engagements diversité du

Groupe.

Dans le cadre de ses engagements pour un développement

durable, Veolia souhaite garantir

le respect des diversités et des droits humains

fondamentaux au sein de l’entreprise, pour

montrer que la différence est une richesse, et

développer le « vivre ensemble ».

La Course de la diversité est un événement

qui porte les valeurs de cohésion sociale, de

solidarité et d’égalité des chances soutenues

par Veolia. Le principe est le suivant : quelles

que soient leurs différences ou leurs origines,

tous marchent ensemble, en solo ou en duo,

pour mixer toutes les diversités. Chacun réalise

le même parcours, à son rythme et dans

la convivialité : femmes et hommes, seniors

et jeunes, personnes en situation de handicap

et valides, sportifs ou non, quels que soient

leurs niveaux de responsabilité au sein de

l’entreprise.

Cette course offre l’opportunité de promouvoir

la diversité, l’égalité des chances, de lutter

contre les discriminations, de créer de la

cohésion et de la solidarité et de renforcer le

respect et la fierté d’appartenance. Elle est

aussi l’occasion se sensibiliser les collaborateurs

de Veolia sur la prévention santé et sécurité

et l’importance du bien-être au travail.

Depuis plus de dix ans, Veolia est partenaire

de la Fédération française du sport d’entreprise,

organisatrice de l’événement, et l’association

Veolia Sports lui est affiliée.

Par ailleurs, participer à ce grand rassemblement

est l’occasion de mettre en lumière les

causes soutenues par l’association « Rêves »,

qui veut exaucer les rêves d’enfants et d’adolescents

atteints de pathologies graves.

Au final, ce sont plus de trois cents salariés

du Groupe, venus de toute la France, qui se

sont mobilisés pour cette édition 2015 de la

Course de la diversité.

4/sport & entreprises N°122 octobre 2015 /19


ÉVÉNEMENTS

Communiqué

« La diversité n’est pas qu’un mot. C’est

une réalité de notre entreprise : diversité

de nos parcours professionnels, de nos

profils et de nos histoires personnelles.

C’est aussi tout simplement le reflet de la

société dans laquelle PRO BTP évolue.»

Lorsque l’on s’engage

dans la Course

de la diversité, on porte

avec fierté les couleurs

de son entreprise

et on transmet un

message de partage.

En signant la Charte de la diversité en 2007,

notre Groupe a voulu affirmer l’égalité des

chances. Assurer le respect dû à chacun et lui

permettre d’évoluer avec ses différences, c’est

le rôle de l’entreprise socialement responsable

que nous sommes. Cet engagement s’exprime

également dans notre volonté d’offrir un environnement

de travail agréable et équitable.

La Course de la diversité a favorisé la mixité,

ainsi que de nouveaux échanges entre nos

collaborateurs.

Nous nous sommes rassemblés pour porter

les valeurs de la diversité hors du cadre formel

du lieu du travail, quels que soient notre

genre, notre âge, notre métier, notre handicap

ou notre statut. Et nous étions nombreux à

adhérer à cette manifestation sportive où

nous avons marché, couru et partagé, tous

ensemble.

La Fédération française du sport d’entreprise

remercie tous ses partenaires pour cette édition 2015 de la Course de la diversité

20/sport & entreprises N°122 octobre 2015


Observez. Capturez. Partagez.

@parisladefense


EN DIRECT

L’EuroNordicWalk Vercors, à grands pas

Organisé dans le parc naturel régional

du Vercors, l’EuroNordicWalk est le

grand rassemblement européen de la

marche nordique. Les 20 et 21 juin

dernier, plus de 3 000 participants ont

participé à sa troisième édition.

En forte progression en Europe et dans le

monde depuis le début des années 2000,

la marche nordique est un sport-santé facile

à pratiquer, non violent, qui fait travailler

80 à 90 % des muscles en ménageant

les articulations. Cette année encore, le très

riche programme de l’EuroNordicWalk Vercors

a donc permis de toucher un large public

par le biais des différentes activités

proposées : des randonnées marche nordique

de 8 à 26 km, dont une en nocturne.

Ces journées ont aussi favorisé la décou-

Direction Cortina d’Ampezzo

Après le succès de l’édition nationale

des Jeux d’hiver du sport d’entreprise

à Tignes cette année, ce sont les 13 es

Jeux européens d’hiver du sport d’entreprise

qui se présentent.

Alors que la station de Brunico en Italie

avait été initialement choisie, c’est Cortina

d’Ampezzo qui a pris le relais pour orga-

verte des nouveautés et des spécificités de

cette discipline au cours du Salon de la

marche nordique où des conférences et

des ateliers se sont tenus sur plusieurs

thèmes : la technique de marche, le sportsanté…

Cette année, le village a réuni plus de cinquante

équipementiers et marques « outdoor

», mais aussi des acteurs clé du sportsanté.

Présente comme exposant, la FFSE

était partenaire de la première édition du

challenge entreprise organisé pendant ce

grand rassemblement

Le rendez-vous pour l’année prochaine est

déjà fixé : la quatrième édition de cet événement

de la marche nordique aura lieu

du 17 au 19 juin 2016, à Lans-en-Vercors,

en Isère.

Snow Working des entreprises :

oxygénez vos équipes

La Fédération française du sport d’entreprise,

les chambres de commerce et d’industrie,

la chambre professionnelle Domaines skiables

de France et les écoles de ski français se sont

entendues pour créer le Snow Working

des entreprises, qui propose aux administrations,

institutions, entreprises, sociétés, associations,

ONG…, et à leurs salariés, une semaine

ou un court séjour à des tarifs avantageux.

L’hébergement, les cours de ski, les activités neige,

le skipass et le matériel sont compris.

Méribel, La Clusaz et l’Alpe d’Huez figurent parmi

les stations qui ont été choisies pour accueillir

cette opération qui aura lieu du 16 au 23 janvier

2016. Ce Snow Working répond à plusieurs

objectifs parmi lesquels l’optimisation des périodes

de fréquentation qui permet aux stations

de consentir des tarifs privilégiés et un niveau de

service élevé, et aux entreprises de bénéficier

de conditions optimales.

Autres avantages : la mobilisation du monde du

travail sur l’accessibilité du ski et des sports

de montagne à tous et l’élargissement de l’accès

à la montagne à ceux qui n’ont pas eu la

chance de découvrir le ski pendant leur enfance.

Pour plus d’informations :

contact@redskiorganisation.com

niser ces 13 es Jeux européens. La station

transalpine, qui bénéficie de magnifiques

installations, est mondialement connue.

Elle a accueilli notamment les Jeux olympiques

d’hiver en 1956, et tous les ans une

épreuve de la Coupe du monde de ski de

descente féminine. Ajoutons qu’elle a

même été le lieu de tournage d’un James

Bond… Dans ce cadre prestigieux, plus

de cinq cents participants sont attendus du

9 au 13 mars 2016 pour se disputer les médailles

et partager de grands moments de

convivialité.

D’ores et déjà, les équipes locales d’organisation,

les superviseurs de la Fédération

européenne du sport d’entreprise et les dirigeants

français nous annoncent une édition

très attractive.

Autres atouts de Cortina d’Ampezzo : des

températures très douces et des tarifs

avantageux liés à une fréquentation plus

basse à cette période.

La FFSE attend donc ses sportifs, nombreux,

pour défendre les couleurs bleublanc-rouge

et prouver une nouvelle fois

que la France compte dans le paysage du

ski européen d’entreprise.

Plus d’informations auprès

de la Fédération française du sport

d’entreprise : secretariat@ffse.fr


Tous à Palma de Majorque

pour une première historique

Du 1 er au 5 juin 2016, des centaines

d’entreprises et de salariés venant du

monde entier vont se retrouver dans

la capitale des Baléares à l’occasion

des premiers Jeux mondiaux du sport

d’entreprise.

C’est entendu : les installations sportives

seront de très grande qualité, le soleil sera

majorquin, les hôtels seront tout confort et

les découvertes touristiques ou culturelles

de la région vont réserver de très belles

surprises. Au programme sportif, dix-neuf

disciplines : athlétisme, badminton, basket-ball,

beach-volley, bowling, cyclisme

sur route, football (à 11, 7 et 5), fléchettes,

golf, handball, padel (jeu pratiqué à quatre,

entre squash et tennis), pétanque, na-

La Martinique nous attend

Du 4 au 8 mai 2016, la ligue de Martinique

du sport d’entreprise accueillera

les 7 es Jeux nationaux du sport d’entreprise.

Espéré depuis de nombreuses années, tant

par les Martiniquais que par les délégations

de la métropole, ce rendez-vous s’annonce

haut en couleur. D’une part, l’organisation

sera à coup sûr de qualité, grâce

au dynamisme et au savoir-faire de

l’équipe, présidée depuis dix ans par Yvon

Fibleuil. D’autre part, ces Jeux, baptisés

« Verts et Bleus » permettront de découvrir

les richesses de l’île, tout en offrant un plateau

sportif et de loisir attractif.

Douze disciplines seront proposées en

compétition. Parmi les temps forts attendus,

les tournois de football, de pétanque

et les épreuves d’athlétisme. Tandis que le

beach rugby, le tennis, le volley-ball, le

golf, le trail, la voile ou encore le 10 km

hors stade se dérouleront dans des cadres

d’exception. Le rugby à 7, le tennis, le tir

à l’arc ou encore les échecs compléteront

le programme.

A noter également le renforcement des activités

de bien-être, de découverte et de loisirs,

afin de mieux répondre encore aux attentes

de tous. Les randonnées pédestres

et la marche nordique donneront ainsi

tation, squash,

tennis, tennis de

table et volley.

A noter également

qu’une nouvelle fois, après les Jeux

européens de Riccione, les athlètes paralympiques

seront eux aussi à l’honneur

avec des compétitions d’athlétisme, de

basket et de natation. Sans oublier une cérémonie

d’ouverture et de clôture qui s’annoncent

des plus grandioses.

On compte sur une importante délégation

française pour ce premier rendez-vous

mondial du sport d’entreprise.

Plus d’informations auprès

de la Fédération française du sport

d’entreprise : secretariat@ffse.fr

l’occasion de découvrir les endroits les

plus inaccessibles de l’île. Ceux qui le souhaitent

pourront même s’offrir un programme

à la carte en choisissant parmi les

multiples activités proposées : aquagym,

beach tennis, fitness, gommier (sport de

voile traditionnel aux Antilles), kayak de

mer, pilates, zumba…

Une répétition générale très réussie a eu

lieu du 18 au 20 juin dernier lors des

3 es Jeux martiniquais du sport d’entreprise.

Plus de six cents sportifs locaux ont participé

aux vingt épreuves.

Pour les Jeux nationaux, inscriptions

et informations : Thomas le Lann,

tél. : 05 46 23 10 03 – 06 98 42 38 74,

ou territoires@ffse.fr

La sélection des cheminots

en vedette

Du jeu, des buts et de beaux souvenirs

pour les équipes du football d’entreprise.

C’est à Angers, du 11 au 13 juin dernier, que s’est

déroulée la 7 e édition du Trophée des sélections

nationales du football d’entreprise qui regroupait les

équipes France Militaire, France BPCE Sports,

France Banque de France, France Cheminots, France

Sapeurs-pompiers, France Finances, la sélection

nationale de la Fédération française du sport

d’entreprise et une sélection de la Principauté de

Monaco. Tenante du titre, l’équipe de France

Militaire s’est inclinée en finale face à la sélection

nationale des Cheminots. A noter que pour

sa première participation, la sélection nationale

de la FFSE s’est brillamment comportée en

terminant à la troisième place, en affichant de plus

un excellent état d’esprit. A également eu lieu

le marathon relais des entreprises à Angers, avec

la participation de près de 1 500 coureurs

représentant plus de 250 équipes d’entreprises.

Les rugbymen

ont conquis l’Islande

Les représentants du rugby du sport d’entreprise

ont été à la fête sur cette terre de feu et de glace.

Une équipe composée de joueurs issus du

championnat de la Fédération française du sport

d’entreprise est allée à Reykjavík pour y disputer

une rencontre face à une formation locale.

C’était la première fois qu’une équipe française de

rugby se rendait sur les terres des fjords.

Le résultat a été sans appel : 99 à 0 en sa faveur,

mais l’essentiel était ailleurs : l’aventure les aura fait

rencontrer l’ambassadeur français en Islande et

passer à la télévision dans un programme d’info,

semblable à celui de notre JT de 20 heures.

Carte postale de rêve

pour les participants aux Jeux

nationaux d’été 2016.

4/sport & entreprises N°122 octobre 2015 /23


NOS VALEURS

24/sport & entreprises N°122 octobre 2015


L’arbitrage

Garant du jouer

ensemble

La Fédération française du sport d’entreprise

défend une valeur phare de la pratique sportive :

le respect absolu du droit à l’erreur des arbitres.

reparti. La folle farandole

des championnats nationaux a

C’est

repris partout dans l’Hexagone,

et avec elle les coups de dé, les coups du

sort et… les sempiternels coups de gueule

contre les arbitres. Contester leurs décisions

est un sport national, et la tradition

n’en finit plus d’être respectée.

Même au rugby, toujours prompt à vanter

ses valeurs exemplaires ? Même au rugby.

A tel point que le patron de la Ligue nationale,

Paul Goze, a tapé du poing sur la

table, instaurant un « new deal » en la matière.

Sur le terrain, qu’un joueur en dehors

des capitaines tente de s’adresser à

l’arbitre, et son équipe est sanctionnée.

Sur le banc de touche, si volent des noms

d’oiseaux vers les pros du sifflet, c’est de

3 000 à 50 000 euros d’amende. Et si des

cadres d’un club se permettent de méchantes

critiques à froid, la facture peut

passer de 50 000 à 300 000 euros. En novembre

2014, l’entraîneur du Racing

Métro, Laurent Labit, s’est ainsi fait plaquer

pour ses propos salés sur l’arbitre du

derby face au Stade Français : quinze semaines

d’interdiction de terrain et de vestiaire,

et 50 000 euros d’amende pour le

Racing.

Il n’empêche. Les attaques fusent toujours

sur les pelouses et les planchers des gymnases.

« Nous le constatons malheureuse-

ment nous aussi lors de nos matches de

rugby ou durant nos Jeux nationaux, déplore

Frédéric Delannoy, le directeur technique

national de la FFSE. Comme d’autres,

je le dis et je le répète : l’arbitre est

un acteur du jeu, humain et qui a donc fatalement

droit à l’erreur. Ce droit, il doit

même le revendiquer. »

Parrain des Journées nationales de l’arbitrage

en 2012, le philosophe Michel Serres

(lire aussi p.27) poussait le curseur encore

plus loin : « Je crois que le respect de l’arbitre

est le commencement de la démocratie.»

Seulement voilà : le débat sur l’ar -

bitrage ne cesse, depuis vingt ans, de

s’échapper du terrain éthique où droit et

morale peuvent faire bon ménage pour se

perdre sur celui de l’infaillibilité de la décision

comme idéal à poursuivre. Dès lors,

rapplique dans le jeu la question de l’aide

à la décision et des outils pour l’atteindre :

autrement dit la vidéo. Les arbitres sont

contestés ? Renforçons-les grâce à l’arme

fatale et neutre par excellence : la technologie.

Le rugby là encore passe pour exemplaire

: l’appel à la vidéo pour valider un

essai est entré dans les mœurs. Reste qu’il

n’empêche en rien les contestations.

« Ceux qui sont pour l’arbitrage vidéo sont

victimes d’une pseudo-évidence : celle de

l’image objective », analysait le professeur

agrégé de philosophie Mathias Roux ➤➤➤

4/sport & entreprises N°122 octobre 2015 /25


NOS VALEURS

Questions à Jean-Raphaël Gaitey

Responsable des partenariats sportifs du Groupe La Poste

Sport & Entreprises : Quel est le

sens du partenariat durable mis

en place par le Groupe La Poste

avec les arbitres des fédérations

françaises de football, de rugby,

de basket et de handball ?

Jean-Raphaël Gaitey : Pour nous,

le soutien aux 53 000 arbitres

amateurs et élites de ces quatre

sports collectifs part du constat

qu’il existe un véritable parallèle

entre l’activité de nos postiers

et de nos facteurs qui sont des

traits d’union entre les expéditeurs

et les receveurs, et les arbitres sur

le terrain. Nous défendons les

valeurs d’engagement, de

performance, de service public,

et le rôle des hommes en noir

peut s’assimiler à cette notion de

➤➤➤ lors de la sortie de son livre savoureux

:Socrate en crampons, en 2010 (1) . « Or,

une image est un angle de vue, comme

n’importe quelle paire d’yeux. Parfois, elle

permet de trancher. Mais il existe un certain

nombre de cas où elle ne peut rien. La

vidéo n’aide pas l’arbitre et devient alors

un cadeau empoisonné. » La question taraude

les fédérations, car la pression est

toujours plus forte en faveur de l’arbitrage

vidéo. Le sondage réalisé par La Poste-

TNS-Sofres lors des dernières Journées de

l’arbitrage en septembre 2014 révélait que

les Français le plébiscitaient à 71%.

S’il en est un que le chiffre n’impressionne

guère, c’est Michel Platini. Ardent défenseur

de l’arbitrage à cinq dans le football,

l’ex-champion, candidat à la présidence de

la FIFA, se dit même hostile à l’évolution

de la caméra placée sur la ligne de but.

« Toutes ces questions se posent évidemment

parce que les enjeux sont devenus

énormes dans les compétitions professionnelles,

et pour nous le sujet n’est pas là,

26/sport & entreprises N°122 octobre 2015

«Contribuer à changer le regard

sur l’arbitrage»

La Poste s’est inscrite depuis 2007 dans un partenariat sportif atypique

en soutenant les arbitres, avec l’ambition de mieux faire comprendre

l’exercice de la fonction.

service public. Notre ambition est

triple : valoriser leur fonction,

les accompagner en développant

notamment des outils

pédagogiques et des stages de

formation, susciter des vocations

avec des campagnes, comme

les Journées de l’arbitrage, qui se

dérouleront cette année les 21

et 28 octobre et se concentreront

sur le recrutement des jeunes.

S&E:Quel type d’arbitrage

souhaitez-vous promouvoir dans

un contexte où la vidéo et les

nouvelles technologies s’invitent

de plus en plus dans les débats ?

J.-R.G:Nous ne souhaitons

pas entrer dans les polémiques

entre les différents acteurs

du jeu, et encore moins faire

montre d’ingérence sur ces

questions. Mais la technologie

semble aujourd’hui difficile

à laisser de côté. L’intégration

de certains procédés, comme

la caméra sur la ligne de but

lors de la dernière Coupe

du monde de football, peut se

révéler intéressante.

S&E:La dimension humaine

de l’arbitrage n’est-elle pas du

même coup menacée ?

J.-R.G : L’arbitre reste un homme,

qui peut faire des erreurs.

Par nos actions, nous cherchons à

démontrer que l’exercice de la

fonction est très compliqué

lorsqu’il s’agit de prendre une

décision dans l’instant et pas deux

secondes après. C’est difficile de

faire changer le regard souvent

négatif porté sur les arbitres. C’est

pour cela que nous montrons les

coulisses de l’arbitrage, les

angoisses, les pressions et la

violence auxquelles ils sont

confrontés, mais aussi la passion et

l’engagement qu’ils déploient.

L’homme, dans tous les cas, doit

rester au centre du dispositif.

se félicite Frédéric Delannoy. Dans notre

pratique, se pose plutôt la question de

l’auto-arbitrage, qu’organise par exemple

le sport en entreprise en Allemagne. On retrouve

là le sens premier de l’arbitre,

chargé de la bonne marche du jouer ensemble.

» Dans le même esprit, la FFSE a

passé depuis le mois de mai 2014 une

convention avec l’Union nationale du

sport scolaire pour que des jeunes de

l’UNSS puissent arbitrer ses compétitions.

« Cela contribue à l’éducation des jeunes

et les confronte en même temps avec le

milieu de l’entreprise, souligne le DTN.

Dans nos compétitions, nous pouvons être

un lieu d’expérimentation de nombreuses

Mauvais joueurs

Lu sur la toile

Arbitrage : culture rugby

Rugbyrama.fr du 17 septembre

Comme avant chaque édition, les arbitres qui officient

durant la Coupe du monde (18 septembre-31 octobre)

ont reçu des directives, orientées cette année vers la

sécurité des joueurs, particulièrement autour des regroupements

et sur les duels aériens. World Rugby (l’organe

suprême du jeu) leur a demandé d’être vraiment

sévères en cas de jeu déloyal, d’être très vigilants pour

protéger les joueurs. Les charges et les placages à

l’épaule, au cou et à la tête devant être scrutés de près.

Les arbitres ont également pour consigne d’être extrêmement

attentifs dans les regroupements. Gare au

joueur qui irait déblayer un adversaire au-dessus de la

ligne des épaules !

Ils ont dit

« C’est difficile de jouer face à quelqu’un qui peut te

toucher mais que tu n’as pas le droit de toucher !»

Le pivot français, Rudy Gobert, à propos du héros ibérique

de la soirée, Pau Gasol, après de la défaite (80-75)

de l’équipe de France en demi-finale de l’Euro de basket.

En réponse, l’arbitre international français Eddie Viator,

qui a arbitré la finale de la Coupe du monde 2014 Etats-

Unis-Serbie, a estimé qu’il n’y avait « aucune critique »

à faire sur la performance de ses confrères. « Les fautes

qui ont été sifflées contre les Français n’étaient pas

imaginaires. La défaite n’a rien à voir avec l’arbitrage »,

a-t-il tranché.

Lus sur l’Equipe.fr, le 19 septembre.

« Je pense que le premier but est hors-jeu et ensuite

l’expulsion d’Olivier Giroud est très sévère. Le premier

carton jaune était dû à une protestation pour une faute

sifflée en sa faveur. Sur le deuxième carton jaune, il ne

fait pas exprès de toucher le joueur. C'est complètement

accidentel. Je ne comprends pas l’arbitre.»

L’entraîneur d’Arsenal, Arsène Wenger, après la défaite

(1-2) de son équipe le 16 septembre face au Dinamo Zagreb,

sur le site de So Foot du 17 septembre.

valeurs – mixité, intergénération, respect

de l’autre – à travers l’arbitrage. » Et cette

vocation de l’homme en noir, ou de quelle

que couleur qu’il soit vêtu, comme garant

du vivre ensemble, pour le coup, devrait

être incontestable.

Jean-Luc FERRÉ

(1) Dans un entretien avec la rédaction du site Chronofoot.

Une filière arbitrage

Parmi les sections sportives régionales de second cycle labellisées par la Fédération française de football,

plusieurs d’entre elles disposent d’une filière « Arbitrage ». Ces dernières permettent aux jeunes

lycéens entrant en seconde ou en première de développer leurs compétences à l’aide d’une formation

continue aménagée et structurée autour de quatre grands axes d’enseignement spécifiques : la préparation

athlétique, la préparation théorique, la préparation technique et pratique et la culture du

football et de l’arbitrage. Il s’agit des lycées Daguin-Dassault à Mérignac, Emile-Littré à Avranches, Joseph-Fourier

à Auxerre et Bréquigny à Rennes.


Michel

Serres

«L’arbitre

ne se trompe

jamais»

Le philosophe est originaire

d’Agen. Il ne pouvait donc pas

ne pas attraper le virus du

rugby. Troisième ligne aile, il a

été un bon joueur universitaire.

Michel Serres est contre l’arbitrage

vidéo.

arbitres sont des hommes

comme vous et moi. Ils ont

«Les

deux yeux et pas trois. Ils ont

deux oreilles et pas quatre. Ils peuvent

donc se tromper. Un arbitre est choisi,

comme on choisit un juge ou un avocat,

parce qu’un arbitre est une personne de

droit et qu’un sport est une activité physique

qui a des règles de droit. Les questions

d’arbitrage sont donc des questions

juridiques. On ne peut pas imaginer une

rencontre sans arbitre, parce qu’elle a des

règles qui ne peuvent être appliquées que

par un tiers. Ce tiers a un nom très précis.

Les Anglais disent referee – référence.

Cet arbitre rend une décision. Or, c’est un

homme faillible. En se trompant, il peut

décider de façon injuste de l’issue d’une

partie. Dans le cas d’un procès normal, on

ferait appel. Il se trouve qu’un match de

rugby, un match de football ou un match

de basket sont des procès sans appel possible.

Et ce pour une raison très simple :

l’arbitre qui s’est trompé risque encore de

se tromper lors d’un deuxième match.

Bref, l’arbitre ne se trompe jamais parce

qu’il se trompe toujours. Il n’y a pas d’erreur,

point final.

Plus la rencontre est sérieuse, plus elle demande

un respect des règles de la part des

joueurs, un respect des règles de la part

des entraîneurs, un respect des arbitres de

la part des spectateurs, des commentateurs,

des téléspectateurs, des auditeurs et

des lecteurs. Et l’arbitre éprouve du plaisir

à être respecté, parce qu’il est le représentant

de la règle, tout simplement. Mais il

n’est pas seulement le représentant de la

loi, il est aussi de l’état physique des

joueurs. En faisant respecter les règles, il

protège aussi le joueur de blessures considérables.

Le bon arbitre rend possible un match. Il

est celui qu’on ne voit pas et le plaisir

d’être invisible est un plaisir inouï. Ce qu’il

se passe sur un terrain c‘est au fond un

modèle réduit de ce que nous vivons dans

la société. S’il n’y avait pas de droit, il n’y

aurait pas de société, ce serait la jungle.

Pour toutes ces raisons, je suis relativement

contre les évolutions qui tendent à

faire assister l’arbitre par la vidéo. »

Recueilli par Raphaël SIMON

C’est l’arbitre

qui marque le but

« La langue française le dit :

c’est l’arbitre qui marque le but

et non pas le trois-quarts

aile qui touche dans l’en-but,

le numéro dix qui expédie

le ballon dans le filet ou

le basketteur qui réussit un

panier, observe Michel

Serres. L’arbitre n’accorde pas

le but, il le marque. »

4/sport & entreprises N°122 octobre 2015 /27


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Stéphane Diagana : son expérience parle aux entreprises

Depuis quelques années le champion français met son expérience de sportif de compétition au service

des entreprises. Comment l’homme qui a remporté deux titres mondiaux d’athlétisme peut-il

les aider à devenir plus performantes ?

Tours de piste

Champion du monde d’athlétisme. Et depuis

vingt ans recordman d’Europe du

400 mètres haies. Le palmarès de Stéphane

Diagana fait rêver. Mais c’est le chemin

menant à ses victoires que l’athlète, travailleur

acharné, veut partager aujourd’hui avec les entreprises.

Pour lui, pas de doute : son parcours a

valeur d’exemple. Avec ses trophées. Avec ses

échecs aussi.

Stéphane Diagana a raccroché les pointes en

2004. Diplôme d’école de commerce en poche,

il est parti vers d’autres aventures. La télé, la

radio, des partenariats, des engagements, et puis

cette activité récurrente de « conférencier en entreprise

» démarrée sur une intuition : « J’étais

encore athlète. Une société m’a demandé si un

sportif pouvait venir témoigner sur la notion de

performance. J’ai accepté. »

Il n’a pas arrêté depuis de peaufiner ses interventions.

Comment rendre l’entreprise plus efficace,

le management plus motivant, l’adhésion

collective au projet plus forte ? Quels enseignements

tirer de cette brillante carrière qui n’était

pas écrite ? « Mon potentiel ne sautait pas aux

yeux quand j’étais junior », rappelle l’homme,

affable.

« Il ne s’agit pas de parler de techniques, mais de

relations humaines, de gestion de projet et de

processus. » Au cœur de ses réflexions : le subtil

rapport entre l’athlète et son entraîneur. Il en sait

quelque chose, lui qui a passé seize années aux

côtés du même coach, Fernand Urtebise, le visionnaire

qui orientera le jeune Stéphane vers le

400 mètres haies et les sommets. La compréhension

mutuelle fut immense. Ensemble contre

vents et marées. « Il y a deux schémas possibles,

reprend l’ancien champion. Le modèle du gourou,

qui engendre un risque de dépendance. Et

la coconstruction, c’est-à-dire la délégation vers

l’athlète des choses qu’il peut assumer. L’absence

de hiérarchie oblige à solidifier l’engagement. »

Le sportif, force morale autant que physique –

Stéphane Diagana a été très engagé dans la lutte

antidopage – a d’autres pistes à partager sur le

chemin qui mène à l’excellence. L’importance

d’objectifs clairs, expliqués, compris. La nécessaire

maturité du management. Apprendre des

revers. Et soigner les « 3 P » : « Le socle de la performance,

c’est le plaisir, si possible la passion,

et toujours la patience. » Un modèle ? « Je ne

donne pas de leçons, rétorque-t-il avec une modestie

sereine. J’explique simplement ce qui m’a

permis de devenir un athlète qui a exprimé tout

son potentiel. »

Christine TACONNET

Pour en savoir plus : www.stephane-diagana.fr

1969 : Naissance en Aveyron

1990 : Premier record de France

du 400 mètres haies

1995 : Record d’Europe du 400 mètres

haies (47 s 37), qui tient toujours, et

médaille de bronze aux championnats

du monde d’athlétisme à Göteborg

1997 : Champion du monde

à Athènes

2002 : Premier titre de champion

d’Europe à Munich

2003 : Champion du monde du relais

4 x 400 mètres (avec Marc Raquil,

Leslie Djhone et Naman Keïta) à

Saint-Denis (deuxièmes derrière les

Américains disqualifiés pour dopage)

2004 : Diplômé de l’école de

commerce ESCP Europe. Démarrage

de ses interventions en entreprise

2007 : Premier président de la Ligue

nationale d’athlétisme, il devient

également consultant pour France

Télévisions

4/sport & entreprises N°122 octobre 2015 /29


DROIT DE SUITE

JULIEN EICHINGER/FOTOLIA.COM

Après trois ans de réflexion, la

Fédération française du sport

(FFSE) présente son premier

« Guide Formation 2015-2016 ».

Clair et concis, il s’adresse aux

manageurs, aux salariés et éducateurs

sportifs à la recherche

d’outils pour améliorer la santé,

le bien-être ou l’insertion des

nouveaux employés au sein des

entreprises.

Quand la Fédération rime

Nous sommes en septembre 2013.

Des jeunes «emplois d’avenir» de

La Poste débutent une formation

pas comme les autres. On leur a parlé de

sport. Ils s’attendent à des parties de foot.

Mais le formateur de la FFSE a une autre

idée en tête. Démarrent des petits jeux, arbitrés

par les futurs salariés de La Poste.

Certains découvrent l’ingratitude du rôle

d’arbitre, d’autres l’intérêt de penser en

équipe, le rôle du capitaine. On débriefe.

On débat. On réfléchit. Autant de mises en

situation qui serviront ensuite à intégrer

les jeunes dans leur nouvelle structure.

Entre 2013 et 2014, 750 personnes suivront

la formation élaborée par la Fédération en

partenariat avec La Poste.

L’expérience a été décisive. Elle a permis

de basculer vers une offre FFSE structurée

qui a pris la forme du premier « Guide

Formation 2015-2016 ». D’une trentaine de

pages, il se décline en un catalogue de

dix-huit modules axés sur le sport, la

santé et l’insertion. Il s’agit d’offrir des outils

clés en main qui visent par exemple à

«renforcer la cohésion d’équipe», à

30/sport & entreprises N°122 octobre 2015


Paroles de Richard Oswald

Directeur technique national adjoint, en charge de la formation

«Une demande forte des entreprises»

« Il y a encore

vingt ans, les

entreprises

confiaient

intégralement

la pratique

sportive

à leur comité

d’entreprise. Le sport en entreprise

concernait une minorité de

passionnés. Il avait surtout une

dimension corporatiste, avec ses

compétitions et ses règles.

Aujourd’hui, d’autres enjeux ont

émergé qui ne peuvent plus être

uniquement satisfaits via les

activités traditionnelles organisées

dans le cadre du CE.

Je pense aux enjeux en matière de

santé, de bien-être des salariés ou

à des problématiques d’insertion

de nouveaux embauchés.

Or, nous savons que les activités

sportives et physiques sont

des facteurs de santé, de cohésion

et de performance.

Est-ce le rôle d’une fédération

d’avoir un organisme de

formation? La Fédération française

du sport d’entreprise ne s’est

pas investie depuis trois ans dans

ce domaine par hasard.

Cela répondait d’abord à une

demande forte des entreprises

avec lesquelles nous échangeons.

Par sa vocation, notre fédération

a légitimement les atouts

pour répondre à cette attente.

Les formations dispensées

aujourd’hui mettent avant tout

l’accent sur la technique sportive.

Notre rôle est de proposer

des choses qui n’existent pas

dans le secteur. Quelle activité

physique proposer à des publics

non pratiquants ?

Quel module mettre en place

pour améliorer la santé

des salariés ? Ce sont autant

de chantiers à mener.

Par ailleurs, on ne trouve guère

d’offres pour les manageurs

ou les salariés qui voudraient

utiliser la pratique sportive comme

outil d’insertion. Or, la FFSE a

une mission de service public.

Notre stratégie de formation doit

être en concordance avec les

objectifs d’insertion des jeunes de

notre ministère de tutelle.

Faisons de ces contraintes une

chance pour se démarquer

de l’offre existante dans le champ

du sport. N’oublions pas

enfin que la formation doit

accroître la visibilité de notre

fédération auprès des entreprises,

avec à la clef de possibles

nouveaux licenciés. »

avec formation

« adopter les bonnes postures au travail

pour préserver son capital santé », à « appliquer

les principes de renforcement

musculaire aux activités professionnelles

», ou à « construire un projet de

club sportif d’entreprise ».

Dans les faits, le programme de la FFSE

répond aux interrogations croissantes des

salariés et des chefs d’entreprise. « Nous

vivons dans une société qui demande

de plus en plus de temps, observe Carole

Mégrot, sophrologue spécialisée dans la

gestion du stress, et formatrice à la Fédé-

Emploi, sport, santé :

la Fédération française ration. On court, on

du sport d’entreprise

ne s’arrête jamais, on

remplit sa mission

de service public ne prend pas soin de

en étant très mobilisée, sa santé. » Le stress et

notamment sur le bienêtre

au travail, sur les troubles musculo -

la santé, sur l’insertion squelettiques nuisent

et la formation.

pourtant grandement

à la santé des salariés,

avec tous les risques

d’absentéisme et de

baisse de la productivité.

« Souvent débordés,

les chefs d’entreprises

se plaignent de

ne plus en pouvoir »,

poursuit-elle.

Face à la multiplication des affaires de

souffrance au travail, le législateur plaide

en faveur du renforcement du code du travail.

Des lois visant au bien-être des salariés

ont été votées au cours des deux

dernières décennies. « De plus en plus

d’entreprises s’intéressent à la santé de

leurs employés dans le cadre des exigences

de la responsabilité sociétale des

entreprises », note aussi Sébastien Rimetz,

président de la ligue Languedoc-Roussillon

du sport d’entreprise, l’un des neuf formateurs

de la FFSE.

Les besoins définis, reste à se positionner

sur le marché très concurrentiel de la formation

professionnelle. La FFSE mise sur

des cycles courts (une journée) et peu coûteux

(1 500 euros en moyenne), à destination

des salariés, cadres, animateurs

sportifs, bénévoles… L’offre santé cherche

à inciter des publics non sportifs à changer

leurs habitudes. Cela peut être par exemple

une initiation des travailleurs sédentaires

aux bienfaits d’exercices physiques :

étirements pour le dos et les jambes, exercices

visuels et respiratoires…

La Fédération française du sport d’entreprise

a identifié une centaine d’entreprises

susceptibles d’être intéressées par le guide

qu’elle propose. La plupart sont des

groupes cotés au CAC 40 et des sociétés

déjà affiliées à la FFSE. D’ores et déjà,

des contacts avancés ont été noués avec

Sanofi ainsi qu’avec la RATP. France

Télévisions a donné son accord pour intégrer

des animations sportives cet automne.

Plusieurs PME se disent aussi

intéressées. « Notre offre doit créer la demande,

espère Sébastien Rimetz. A nous

de nous positionner auprès de nombreuses

entreprises et administrations. »

Nicolas BADIOTAL

4/sport & entreprises N°122 octobre 2015 /31


GRAND STADE

conseils

Avant de se lancer dans le rugby à 7…

Il faut d’abord renforcer son physique pour prendre

un maximum de plaisir. Cela passe par du

« fractionné ». Il s’agit de répéter à l’entraînement

des efforts sur des distances et à des intensités

minutieusement programmées. Par exemple, dix

séquences de 200 mètres, avec trente secondes

de récupération entre chaque effort. Ou encore six

fois 1 000 mètres, avec un répit d’une minute

et demie entre chaque session. Tout ceci pour

améliorer son rythme cardiaque, sa masse

musculaire et repousser ses limites. Il faut savoir

qu’un rugbyman professionnel à 7 court 8 km

à chaque entraînement de quarante-cinq minutes,

dont 40 % au-dessus de 15 km/h.

8 de pratiquer le

bonnes raisons

RUGBY À 7

ALISON BOWDEN/FOTOLIA.COM

Pour la première fois de son histoire, le rugby à 7

figurera officiellement au programme des Jeux

olympiques à Rio de Janeiro, en 2016. Les équipes

de France féminine et masculine sont qualifiées.

Une mise en lumière, qui devrait favoriser le développement

de ce rugby, encore plus spectaculaire

que son cousin du XV.

Une dimension réduite. En 1883, Ned Haig,

boucher écossais, joueur du club de Melrose

RFC, organise un tournoi de rugby au

bénéfice de son club. Pour offrir plus de

spectacle et augmenter les recettes, il a

l’idée de multiplier les matches en ramenant

l’ef fectif de l’équipe à sept joueurs et

la durée de la rencontre à quinze minutes.

Ainsi, naît le rugby à 7. Longtemps utilisé

comme technique d’entraînement et pratiqué

par les marins, ce sport devra attendre

1993 avant de voir naître sa première

coupe du monde. Depuis, elle a lieu tous

les quatre ans.

Des 7 de France crédibles. Les équipes de

Nouvelle-Zélande et d’Afrique du Sud excellent

dans cette variante du rugby. Mais,

les « Américains montent en puissance »,

observe Frédéric Pomarel, l’entraîneur de

l’équipe de France de rugby à 7. Les Asiatiques

s’intéressent aussi davantage à ce

sport depuis qu’il fait partie du cercle prestigieux

des disciplines olympiques. De son

côté, l’Hexagone est en retrait, mais les

équipes féminine et masculine se sont

qualifiées pour les Jeux olympiques de

Rio. Ce qui devrait provoquer un engouement

supplémentaire pour le rugby à 7.

« En France, il n’y a pas de clubs qui lui

sont dédiés, indique Frédéric Pomarel,

mais cela fait partie des projets fédéraux. »

Des règles séduisantes. Les règles de base

sont celles du rugby à XV, mais avec

quelques nuances. Par exemple, les pénalités

doivent être transformées en moins

de quarante secondes pour limiter au

maximum les temps morts. Autre subtilité,

l’équipe qui marque un essai effectue ensuite

la remise en jeu. Le rugby à 7 se joue

avec deux équipes constituées de trois

avants, un demi de mêlée et de trois troisquarts,

ainsi que de trois remplaçants. La

32/sport & entreprises N°122 octobre 2015


Questions à Frédéric Pomarel

Entraîneur de l’équipe de France de rugby à 7

S&E : Pourquoi le rugby à 7 a-t-il

été inscrit au programme officiel des

Jeux olympiques de Rio ?

Frédéric Pomarel : C’est le sport

télévisuel par excellence. Les matchs

sont courts et il y a plus de spectacle

qu’avec le rugby à XV. Le ballon

«vit» davantage sur le terrain.

A un haut niveau, il y a un essai

toutes les soixante secondes au rugby

à 7. Et, statistiquement, il y a

une fois et demie plus de contacts

qu’au rugby à XV.

S&E : Quels sont ses autres atouts ?

F.P. : Si le rugby à XV a cette

particularité de permettre à différents

profils de physiques de s’exprimer et

ainsi de montrer une complémentarité

entre tous les joueurs, le rugby à 7

s’en distingue aussi dans la mesure où

il peut apparaître plus éducatif,

notamment parce que l’absence de

mêlée lui donne un aspect

moins violent.

S&E : Les deux rugbys sont-ils

conciliables ?

F.P. : Tout à fait. Depuis cinq ans,

nous essayons d’ailleurs de créer des

passerelles entre le rugby à XV et

le rugby à 7 en incitant les joueurs

des pôles espoirs à pratiquer les deux

sports. En outre, un championnat

de rugby à 7 a été créé en 2010 en

France. Il commence aujourd’hui

à prendre son envol. Il y avait 1 700

joueurs aux finales cette année

à Marcoussis. Je suis convaincu que

les JO de Rio vont changer le regard

en Europe sur le rugby à 7.

Propos recueillis par N.C.

durée des matches est réduite de quatrevingts

à quatorze minutes.

Des physiques toniques. Le rugby à 7 exige

une très bonne condition physique, à la

fois de l’endurance et de la vitesse. La faible

densité de joueurs, sur un terrain aussi

grand que celui du rugby à XV, rend le jeu

plus dynamique. « Il faut être capable de

répéter de longues courses », souligne Frédéric

Pomarel. Par conséquent, les joueurs

sont plus élancés qu’au rugby à XV.

Une pratique plus ludique. Le rugby à 7

s’adresse à tous et propose un visage d’autant

plus séduisant qu’il permet aux

joueurs de toucher davantage de ballons

dans un match. Son rythme soutenu cible

plus particulièrement les nouvelles générations,

adeptes de jeux rapides et de

contacts.

Une mixité assurée et assumée. Le sport scolaire

est à la base du développement du

rugby à 7 féminin, à l’évidence mieux partagé

entre joueuses et joueurs que son

cousin à XV.

Un terreau pour les entreprises. Par la taille

des équipes, réduites à sept personnes, ce

sport est propice à l’organisation de tournois,

notamment en entreprise. L’intensité

des matchs, qui ne durent que quatorze

minutes, et le nombre plus fréquent d’essais

renforcent aussi sa dimension festive.

En outre, les valeurs du rugby sont très appréciées

en entreprise.

Des répercussions positives dans la vie quotidienne.

Ses bénéfices psychologiques et

physiques sont nombreux. Le rugby à 7

est très énergivore, donne du sens à l’effort

et vise au service d’un collectif. Il permet

aussi de bien évacuer son stress tout en

améliorant sa réactivité. Des qualités recherchées,

notamment au travail.

Nicolas CÉSAR

4/sport & entreprises N°122 octobre 2015 /33


SPORT, SANTÉ & ENTREPRISES

Certains sports, comme l’aïkido,

peuvent être très bénéfiques pour aider

à lutter contre des maladies graves.

Les entreprises face au défi

des maladies chroniques

Cap Santé Entreprise aide les

entreprises à accompagner

leurs salariés atteints de maladies

chroniques. Elle propose

aussi des actions pour

favoriser le maintien dans

l’emploi mais également le

bien-être au travail, notamment

à travers des activités

physiques et sportives

34/sport & entreprises N°122 octobre 2015

ZUMMOLO/FOTOLIA.COM

Des contacts

avec plusieurs grands groupes

Cap Santé Entreprise a vocation à aider toutes les

entreprises, les grandes comme les plus petites.

Aujourd’hui, le fonds de dotation mène des actions

pour mieux se faire connaître auprès d’un certain

nombre de grands groupes. « Nous avons rencontré

par exemple des responsables de Capgemini,

Vinci ou Renault. Et nous avons des contacts

avancés avec le Crédit Mutuel et Veolia, qui sont

des partenaires de longue date de ce projet »,

se réjouit Stanislas Regniault.

Pour contacter Cap Santé Entreprise,

tél. : 01 55 69 18 19 ou www.capsan.fr

Comment aider les entreprises à accompagner

au mieux leurs salariés

atteints de maladies chroniques ?

Cette question est au cœur des préoccupations

de Cap Santé Entreprise, un fonds de

dotation mis en place début 2015. Ce

fonds est né d’une initiative originale

menée par des responsables du monde associatif,

de la santé et de l’entreprise.

« L’objectif est de permettre aux managers

de mieux connaître et de mieux gérer les

attentes et les besoins des salariés malades

» , explique Stanislas Regniault, directeur

du comité de la Ligue contre le

cancer des Hauts-de-Seine, et fondateur de

ce projet. « L’idée est aussi de sensibiliser

les entreprises à la question de la santé et

du bien-être au travail. Et cela peut passer

par des programmes d’activités physiques

et sportives », ajoute-t-il. Ce projet est suivi

avec intérêt par la Fédération française du

sport d’entreprise. D’autant que sa viceprésidente,

Marie-Christine Oghly, assure

la coprésidence de Cap Santé Entreprise.

C’est en 2008 que la Ligue des Hauts-de-

Seine a lancé cette initiative. « On a souhaité

agir sur le problème de la vie au

travail des personnes atteintes de cancer

mais aussi sur toutes les pathologies chroniques

: les maladies cardiovasculaires, le

diabète, la sclérose en plaques, les maladies

neurodégénératives… Aujourd’hui,

ces pathologies touchent un Français sur

quatre », témoigne Stanislas Regniault.

La Ligue s’est appuyée sur des médecins

du travail, des cancérologues, des psychosociologues

de l’université Paris-Ouest,

mais aussi sur des acteurs du monde de

l’entreprise. Elle a notamment avancé en

lien étroit avec Damien Kunegel, responsable

d’une agence du Crédit Mutuel, et

aujourd’hui coordonnateur du conseil

d’orientation stratégique de Cap Santé

Entreprise.

Cap Santé Entreprise propose aux entreprises

un programme étalé sur trois ans.

Celui-ci débute par un diagnostic personnalisé

permettant de mesurer les atteintes

des salariés. « On diffuse un questionnaire

anonyme, élaboré par des psychosociologues

pour savoir ce qu’ils feraient face à

la maladie ou face à un collègue malade.

On mesure aussi quel serait leur niveau de

confiance dans leur entreprise si un problème

de ce type devait survenir », poursuit

Damien Kunegel.

Ensuite, Cap Santé Entreprise propose des

actions pour accompagner les personnes

malades : temps partiel thérapeutique, formation

sur des postes plus adaptés, permanence

d’information dans les locaux,

plate-forme téléphonique… Des questions

cruciales sont aussi celles de la sensibilisation

des salariés et de la formation des

managers de proximité. « Un des enjeux

est de favoriser un climat de confiance

pour inciter le salarié à parler le plus tôt

possible de sa maladie », souligne-t-il.

En général, le salarié a tendance à cacher

le plus longtemps possible son problème

de santé. « Souvent par peur d’être “placardisé”

ou de voir son plan de carrière arrêté.

Mais ne rien dire, c’est difficile au

bout d’un moment, surtout si la personne


Après un cancer,

le risque de « placardisation »

Une étude montre que le retour au travail

après un cancer n’est pas toujours

simple.

C’est une aspiration de beaucoup de malades

du cancer : après la phase des traitements,

ils veulent souvent reprendre dès

que possible une activité professionnelle.

Mais ce retour au travail n’est pas toujours

simple. C’est ce que montre une étude de

l’Institut Curie présentée en juin au

congrès de la Société française du cancer.

Cette étude s’est intéressée au devenir de

153 salariés, six ans après leur cancer. Premier

constat : six ans après la maladie, 83

salariés étaient en toujours en poste. Parmi

eux, 68 ont accepté de participer à l’étude.

Et leurs réponses montrent que l’aprèscancer

reste une période difficile : 57 %

des personnes se déclarent ainsi plus fatigables

qu’avant la maladie, 56 % font état

de troubles du sommeil, 34 % de troubles

de la mémoire et de la concentration, 31 %

de troubles anxieux. « L’importance des

séquelles liées au cancer est assez impressionnante

», souligne l’un des auteurs de

l’étude, le docteur Bernard Asselain, épidémiologiste,

aujourd’hui chargé de mission

scientifique à Unicancer.

Autre enseignement : un sentiment de pénalisation

est éprouvé par 40 % des salariés

non cadres. « Ces personnes rapportent

souvent des situations de “placardisation”,

ce qui est relativement fréquent

après un cancer. A cause du risque de

rechute ou de moindre productivité, la hiérarchie

peut aussi avoir tendance à freiner

l’évolution professionnelle de ces anciens

malades », remarque le docteur Asselain,

en confirmant que « ces mises à l’écart

concernent davantage les employés que

les cadres ».

P. B.

doit s’absenter pour ses traitements », observe

Stanislas Regniault. Ces absences, si

elles se prolongent, vont parfois entraîner

une surcharge de travail pour les collègues.

« Au départ, beaucoup réagissent

avec empathie face à un salarié malade.

Mais, au fil du temps, l’empathie peut laisser

place à de l’agacement ou de l’incompréhension

si la situation n’est pas bien

gérée, notamment à propos de la surcharge

de travail. »

Cap Santé Entreprise peut aussi proposer

des actions de prévention ou visant à

maintenir les salariés en forme : lutte

contre le tabagisme, conseils de nutrition,

coaching antistress, mais également des

programmes d’activités physiques et sportives.

«On connaît aujourd’hui les bien -

faits du sport pour la prévention d’un

certain nombre de maladies chroniques »,

ajoute Damien Kunegel. Faire du sport

peut ainsi aider des personnes malades à

aller mieux. J’ai pu constater, par exemple,

que l’aïkido peut se révéler très bénéfique

pour les malades du cancer. Pour toutes

ces raisons, la question du sport au sein

de l’entreprise nous intéresse chaque jour

davantage. »

Pierre BIENVAULT

Depuis 2008, Annie Gouraud se bat

contre un mélanome, un cancer de la

peau. Après avoir subi de nombreux

traitements et frôlé la mort, cette esthéticienne

nantaise de 50 ans va

mieux aujourd’hui grâce à un traitement

d’immunothérapie suivi en 2012

à l’Institut Gustave-Roussy de Villejuif.

« A cause de mon cancer, j’ai dû arrêter

mon activité professionnelle il y a trois

ans. Je tenais alors un institut de beauté à

Nantes. Et c’est avec un grand bonheur

que j’ai pu reprendre mon travail et rouvrir

mon salon en mai dernier. Aujourd’hui,

même si je vais mieux, le cancer n’est pas

encore sorti de ma vie. Je fais régulièrement

des examens de contrôle à Gustave-

Roussy. Mais se remettre à travailler, cela

permet de ne pas penser en permanence

à sa maladie. D’occuper son esprit à autre

chose. C’est important de sortir de chez

soi, d’avoir à nouveau une vie et une uti-

Témoignage

« Se remettre à travailler,

c’est se remettre dans la vie »

lité sociales. En reprenant mon institut de

beauté, j’ai aussi pu retrouver mes anciennes

clientes qui ne m’avaient pas oubliée

et en découvrir de nouvelles. Se

remettre à travailler, c’est se remettre dans

la vie d’une certaine manière. Il est nécessaire

après une telle épreuve de refaire des

projets. Et moi, en ce moment, j’en ai un

qui me tient particulièrement à cœur :

agrandir mon salon pour travailler avec

ma fille qui va venir me rejoindre. »

Recueilli par P.B.

4/sport & entreprises N°122 octobre 2015 /35


SPORT, SANTÉ & ENTREPRISES

Le code du travail veille

sur la santé des salariés

ONIDJI/FOTOLIA.COM

Le sport au travail ne fait pas

que « doper » l’efficacité des salariés

dans l’entreprise. L’Organisation

mondiale de la santé

rappelle le rôle des employeurs

en matière de prévention de

maladies, notamment par l’activité

physique. Qu’en est-il

exactement dans le droit du

travail français ?

Le sport, c’est la santé. Notre code

du travail met à la charge de l’employeur

l’obligation de prendre

« les mesures nécessaires pour assurer

la sécurité et protéger la santé physique

et mentale des travailleurs

».

Ces mesures comprennent

à l’article L. 4121-1 :

l des actions de prévention

des risques

professionnels et de la pénibilité au travail

;

l des actions d’information et de formation

;

l la mise en place d’une organisation et de

moyens adaptés.

Et l’article suivant (L. 4121-2) d’ajouter :

« L’employeur met en œuvre ces mesures

sur le fondement des principes généraux

de prévention », qui sont les suivants :

l éviter les risques ;

l évaluer les risques qui ne peuvent être

évités ;

l combattre les risques à la source ;

l adapter le travail à

l’homme, en

particulier en ce qui concerne la conception

des postes de travail ainsi que le choix

des équipements de travail et des méthodes

de travail et de production, en vue

notamment de limiter le travail monotone

et le travail cadencé et de réduire les effets

de ceux-ci sur la santé ;

l tenir compte de l’état d’évolution

de la technique ;

l remplacer ce qui est dangereux

par ce qui n’est pas dangereux

ou par ce qui l’est moins.

De même, l’article L.4141-1 du

même code pose l’obligation

générale à l’employeur d’organiser

une information des

travailleurs sur les risques pour la

santé, la sécurité et les mesures

prises pour y remédier. Le financement

des actions de formation à la sécurité

est à sa charge.

Il incombe aussi à chaque travailleur de

prendre soin de sa santé et de sa sécurité

en fonction de sa formation et de ses possibilités

– ainsi que de celles des autres

personnes concernées par ses actes ou ses

omissions au travail (art. L. 4122-1).

De même, le comité d’hygiène, de sécurité

et des conditions de travail a pour mission

au visa de l’article L. 4612-1 :

l de contribuer à la protection de la

santé physique et mentale et de la

sécurité des travailleurs de l’établissement

et de ceux mis à sa

PHOTOGRAPHEE.EU/FOTOLIA.COM

36/sport & entreprises N°122 octobre 2015


Serge et Michel Pautot,

avocats du sport vrai

Père et fils, ils sont avocats au barreau de

Marseille. Serge et Michel Pautot sont également

militants du sport. Ils conseillent et assistent

les sportifs et les structures sportives.

Ils sont auteurs de divers ouvrages en droit du

sport : La Convention collective nationale du sport ;

Les Contrats de travail des sportifs ; Le Sport

et la loi. Ils sont à l’origine de l’arrêt Malaja qui a

bouleversé le sport professionnel européen

en élargissant l’arrêt Bosman, décision de la Cour

de justice des Communautés européennes relative

au sport professionnel, à de nouveaux pays,

interdisant les discriminations dans les conditions

de travail des joueurs étrangers. Ils sont également

militants du sport avec la campagne Légisport :

« Mettre KO la violence et le racisme dans le

sport », et par leur implication dans le mouvement

sportif, tant local que national.

disposition par une entreprise extérieure ;

l de contribuer à l’amélioration des conditions

de travail, notamment en vue de faciliter

l’accès des femmes à tous les

emplois et de répondre aux problèmes liés

à la maternité ;

l de veiller à l’observation des prescriptions

légales prises en ces matières.

Surtout, le comité d’entreprise, organe primordial

dans la création des activités sociales

et culturelles, inclut l’organisation

d’activités sportives, en contribuant à leur

financement pour en favoriser le développement

(article L.2323-85). La création

d’une association sportive au sein de l’entreprise

est souhaitable.

L’activité physique ou sportive régulière et

modérée est reconnue comme un facteur

d’amélioration de la santé, et sa pratique

sur le lieu de travail peut y contribuer.

Pour agir sur l’offre sportive dans l’entreprise,

les plus grandes d'entre elles peuvent

mettre à disposition une salle de sport

équipée, proposer des activités de groupes

ou offrir des prestations privées telles que

cours de gymnastique, remise en forme,

parcours de santé ou accès à une piscine.

La taille de l’entreprise avec la présence

d’un comité d’entreprise favorise bien évidemment

la mise en place de ces activités.

Il existe également la possibilité pour de

plus petites entreprises d’offrir des tarifs

avantageux dans des clubs de sport.

Serge et Michel PAUTOT

Pour une charte « Sport pour tous »

Les trois propositions du Centre d’analyse stratégique (1)

l La création d’une charte « Sport pour tous », calquée sur la charte de la

diversité et selon laquelle les entreprises et les administrations signataires

s’engagent notamment à faciliter la pratique sportive en aménageant les

horaires de travail.

l L’intégration dans les formations aux ressources humaines de modules

sur l’amélioration de la santé et du bien-être des salariés par l’activité physique.

l La mise en place d’un cadre de pratique sportive spécifique pour les salariés

seniors sur le lieu de travail (dans le cadre des obligations liées au

dialogue social sur l’emploi des seniors).

(1) Le Centre d’analyse stratégique (CAS) était une institution française d’expertise et d’aide à la décision qui appartenait

aux services du Premier ministre. Créé par un décret du 6 mars 2006 pour remplacer, avec le Conseil d’analyse

économique, le Commissariat général du Plan, il avait pour mission d’éclairer le gouvernement dans la définition et

la mise en œuvre de ses orientations stratégiques en matière économique, sociale, environnementale ou culturelle.

Il a été remplacé par le Commissariat général à la stratégie et à la prospective, France Stratégie, en 2013.

« Informer les sportifs et les dirigeants

de leurs droits et obligations »

NUMERO 114

JUILLET -AOUT 201 5

Nos pr écédents

numéros

1 er Numéro :

Sept. 1996

N°107 : Equipements sportifs :

de la sécurité à une nouvelle

gouvernance économique

N°108 : Le Maire et le Sport

N°109 : Sport pro et collectivités :

une vraie révolution ?

N°110 : La montagne : un massif

juridique

N°111 : 12 ème étude « Sport et

Nationalités » : une place limitée

pour les joueurs européens ?

N°112 : Réforme des rythmes

scolaires : une carte à jouer pour

le sport ?

N°113 : La responsabilité du club

organisateur d’une manifestation

sportive

Le Bulletin est édité par LEGISPORT,

8 Rue d’Arcole, 13006 MARSEILLE

Tél 04 91 81 70 68 / Fax 04 91 57 11 60

e-mail : legisport@wanadoo.fr

site internet : www.legisport.com

Directeur de la Publication et de la

Rédaction : Me Michel PAUTOT,

Docteur en Droit, Avocat

--------------------------------------------------------

SARL de presse au capital de 304,90 €

RCS Marseille B428121875

N° Commission Paritaire : 1018 T 82252.

N° ISSN : 1275 -8973 –

N°Siret : 42812187500010

Imprimé par nos soins.

Dépôt légal : 07/20 15.

Abonnement annuel : 30 € / 6 Numéros.

Prix du numéro : 5 €.

© Toute reproduction , même partielle est

interdite sans l’autorisation expresse et

écrite de l’éditeur .

(loi du 11/3/57)

LEGISPORT

Bulletin d’Informations Juridiques Sportives

Les enjeux du sport

en E ntreprise

LE

EDITORIAL

sport, c’est la

santé !

Certains

employeurs l'ont

compris. Chez Microsoft, les

salariés bénéficient d'une salle de

gymnastique intra -muros. Total,

lui, procure à ses équipes des

piscines. T andis que la société

Emailvision coache, chaque

année, une poignée de

collaborateurs volontaires, pour

gravir des sommets.

C’est ce que nous indique le

journal « Les Echos » en

présentant les résultats du Centre

d’Analyse Stratégique (CAS), qui

dévoile u ne étude sur les enjeux

de la pratique sportive au travail.

« Par cette note, nous souhaitons

montrer aux entreprises qu’elles

se rendent service en

développant des initiatives pour

leurs salariés ».

Et pour cause ! Aux yeux des

autorités sanitaires, l a pratique

sportive, vecteur de bien -être, est

plus que jamais considérée

comme un outil efficace de lutte

contre des pathologies qui

n'épargnent plus le monde du

travail : stress, troubles musculo -

squelettiques, cancers...

En 2008, l'Organisation Mondial e

de la Santé (OMS) insistait su r le

rôle des employeurs, en mati ère

de prévention de maladies,

notamment par . l'exercice

physique.

Et l 'OMS préconisait même de

glisser des messages sur les

bienfaits du sport dans les

enveloppes des fiches de paie

(« Les Echos » du 30 Octobre

2012).

Le Commissaire européen au

sport Tibor Navracsis et le

Président de la Fédération

européenne du sport

d’entreprise Didier Besseyre

ont signé le 1 er Décembre

dernier, lors du Forum

européen sur le sport à Milan,

un accord de partenariat dans

le cadre de la Semaine

européenne du sport. Une

journée spécifique sera dédiée

au sport en entreprise le 17

Septembre 2015. L’Union des

associations européennes de

football (UEFA), l’Association

pour le sport international pour

tous (TA FISA), l’A ssociation

internationale sport et culture

(ISCA), l’Association

européenne de golf,…sont

partenaires de cette Semaine

européenne du sport.

Le bulletin est rédigé par Maîtres

Serge et Michel Pautot, docteurs

en droit et avocats au barreau

Mar seille

de

Connaissez-vous Légisport ?

Nul n’est censé ignorer la loi.

On ne s’improvise plus dirigeant sportif,

et le bénévolat n’autorise pas la non-connaissance

du droit. C’est pourquoi Serge et Michel Pautot,

passionnés de sport, ont créé en 1991 l’association

Légisport qui s’adresse aux sportifs, athlètes,

dirigeants de clubs, de fédérations et de comités,

pour faire connaître les divers aspects

de la législation sportive sur la responsabilité,

les assurances et les contrats de travail

dans le domaine du sport

Prix de l’abonnement au bulletin d’informations

juridiques sportives «Légisport» :

30 euros pour six numéros.

Légisport, 8, rue d’Arcole, 13006 Marseille.

legisport@wanadoo.fr / www.legisport.com

4/sport & entreprises N°122 octobre 2015 /37


Oui, c’est possible

Franck Mesnel : la fantaisie dans la rigueur

L’ancien rugbyman, sélectionné cinquante-six fois en équipe de France, a

cofondé l’entreprise de vêtements Eden Park en 1988. Après avoir conjugué

carrière sportive et entrepreneuriat, il se consacre pleinement au développement

de la marque au nœud papillon rose.

Dans une autre vie, Franck Mesnel aurait

pu devenir architecte. Ou pilote d’hélicoptère,

passion qu’il pratique en amateur.

Etudiant en dernière année d’architecture

aux Beaux-Arts, le jeune homme a préféré changer

de cap pour travailler dans la publicité, chez

Euro RSCG, et surtout se consacrer au rugby, découvert

à l’âge de 7 ans dans sa ville natale de

Carrières-sur-Seine (Yvelines). Après avoir joué

à Saint-Germain-en-Laye, Franck Mesnel a été attiré

par le Racing Club de France, à Paris, où il

jouera de 1985 à 2000. « C’était un vrai challenge,

se souvient ce père de deux enfants. Je

m’étais préparé très fort et j’ai joué le match de

ma vie pour y entrer. »

Avec son équipe, Franck Mesnel multiplie les facéties,

osant porter béret basque ou chaussures

dorées sur le terrain. Pour la finale du championnat

de France, en 1987, les joueurs au maillot

ciel et blanc arborent un nœud papillon rose autour

du cou. Le match est perdu mais le symbole

fait mouche. « Il nous a offert une notoriété hallucinante,

raconte Franck Mesnel. On s’est dit

qu’il ne fallait pas s’arrêter là. » Avec deux autres

joueurs du Racing, il fonde la marque Eden Park

en 1988, en référence au mythique stade néo-zélandais.

Des maillots de rugby, la marque se diversifie

aux vêtements pour toute la famille et

même à la décoration. Aujourd’hui, Eden Park

emploie deux cents personnes (dont quatrevingts

au siège parisien) et se vend dans trentequatre

pays.

Pendant douze années, Franck Mesnel, président

du directoire de la société, aura mené de front

développement de la marque et pratique intensive

du rugby. « C’était mon équilibre, mon adrénaline.

» Aujourd’hui encore, le sport n’est

jamais loin : « Pédaler cinquante minutes chaque

matin me permet d’arriver gonflé d’idées au bureau.

» Le souci du détail et du travail en équipe

l’habite au quotidien. « Il faut valoriser le rôle de

chacun, comme sur un terrain », ajoute celui qui

a fondé un collège à Madagascar, enseignant matières

générales et rugby. « Pas pour en faire des

joueurs, mais pour leur donner la possibilité de

grandir », précise-t-il. Parole d’un joueur qui a

bien grandi.

Florence PAGNEUX

Palmarès

l Trois-quarts centre du Racing Club

de France de 1985 à 2000

l Champion de France en 1990,

finaliste en 1987

l Rugbyman international :

56 sélections en équipe de France

de 1986 à 1995

l Trois Coupes du monde :

finaliste en 1987, quart de finaliste

en 1991, troisième en 1995

l Tournoi des V nations : Grand

Chelem en 1987

l International militaire et

universitaire

l Membre des Barbarians français

l Membre des Barbarians

britanniques

l Membre d’une sélection mondiale

qui a effectué une tournée en Afrique

du Sud en 1989

38/sport & entreprises N°122 octobre 2015


7

7 MARTINIQUE

èmes

JEUX NATIONAUX

DU SPORT D’ENTREPRISE

4 AU 8 MAI 2016

DISCIPLINES COMPETITIVES

ATHLETISME

10KMS HORS STADE

BEACH VOLLEY

ECHECS

FOOTBALL A 7

GOLF

NATATION

PETANQUE

RUGBY A 7 (ET BEACH RUGBY)

TENNIS

TIR A L’ARC

TRAIL

VOILE

DISCIPLINES LOISIR ET INITIATION

BEACH TENNIS

GOMMIER (EMBARCATION

A VOILE TRADITIONELLE)

KAYAK DE MER

MARCHE NORDIQUE

RANDONNEE PEDESTRE

TIR A L’ARC

PROGRAMME COMPLET

«SPORT SANTE» (zumba, aquagym, pilates...)

Pour plus d’informations : www.ffse.fr

05-46-23-10-03 ou territoires@ffse.fr


1

JEUX

ERS

MONDIAUX

DU SPORT D’ENTREPRISE

1-5 JUIN

2016

PALMA DE

MAJORQUE

∞ Football à 11, 7 et 5 ∞ Basketball ∞

Padel ∞ Tennis ∞Tennis de table ∞

Cyclisme ∞ Athlétisme ∞ Beach volley

∞ Volley-ball ∞ Handball ∞ Natation ∞

Pétanque ∞ Golf ∞ Squash ∞ Bowling ∞

Fléchettes ∞ Badminton

Epreuves paralympiques

∞ Athlétisme ∞ Basket-ball ∞ Natation

Plus d’infos

evenementiel@ffse.fr - 01 56 64 02 17

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