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PRIME MAG - AIR MAD - MARCH 2018 - SINGLE PAGES - web

CULTURE MUSIQUE Le

CULTURE MUSIQUE Le kaiamba L’instrument témoin du passé Instrument de musique utilisé dans les Mascareignes, le kaiamba a su traverser les époques et témoigner de la relation culturelle des îles de Madagascar, de la Réunion, de l’île Maurice et des Comores. L’histoire du kaiamba remonte aux temps de l’esclavage à la Réunion, une histoire longue de plus de 150 ans. Dès l’époque du « marronnage » à La Réunion, les Malgaches Marrons (des esclaves qui s’affranchissent en fuyant) s’installent dans les vallées et les hautes terres de l’île. Il est possible que les rites animistes et le maloya (un chant de la révolte) aient aidé les Marrons à survivre. Cette musique à trois temps est basée sur des percussions MUSIC traditionnelles, roulèr, bobre et kayamb. Les chants mêlent mots malgaches et africains et des onomatopées pour convier les esprits. C’est un chant de douleur et de peines, un chant languissant qui soudain suscite la surprise par ses changements de rythmes. A ce chant est associé un instrument de musique, le kaiamba, fait de deux panneaux de roseaux et de tiges de fleurs de canne à sucre, liés ensemble et montés sur un cadre en bois léger. Dans ce cadre, on place des petites graines rondes et dures de safran marron, de cascavelle ou de conflore, et le tout est maintenu par trois lanières de cuir qui assurent à l’ensemble homogénéité et robustesse. Cette musique à trois temps est basée sur des percussions traditionnelles, roulèr, bobre et kayamb. Le joueur de kayamb secoue de ses mains son instrument en se cambrant légèrement vers l’avant. En 1976, des chanteurs venus de plusieurs régions côtières de Madagascar ont donné le nom de cet instrument à un groupe qui continue de séduire les nouvelles générations. kaiamba An instrument of the past A musical instrument used in the Mascarenes, the kaiamba has survived the ages and testifies to the cultural relationship of the islands of Madagascar, Reunion, Mauritius and Comoros. The history of the kaiamba dates back to the times of slavery in Reunion Island, a history of more than 150 years. From the time of the Maroons in Reunion, the Malagasy Maroons (slaves who free themselves by fleeing ) used the instrument in the valleys and in the north of the island. It is possible that the animistic rites and the maloya (a song of revolt) helped the Maroons to survive. This three-beat music is based on traditional percussion, roll, ‘bobre’ and kayamb. The songs mix Malagasy and African words and onomatopoeias to invite the spirits. It is a song of pain and sorrow, a languid song that suddenly creates surprise by its changing rhythms. To this song is associated a musical instrument, the kaiamba, made of two panels of reeds and stems of sugarcane flowers, tied together and mounted on a light wooden frame. In this context, we place small round and hard seeds of brown saffron, cascavelle or conflore, and everything is secured by three strips of leather which ensure consistency and robustness throughout. The kayamb player shakes his instrument with his hands, arching slightly forward. In 1976, singers from several coastal regions of Madagascar gave the name of this instrument to a group that continues to appeal to new generations. This three-beat music is based on traditional percussion, roll, ‘bobre’ and kayamb. | 48 | Lire le magazine en ligne / Read the magazine online www.primemedia.international

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