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Vol 19 # 02 • Du 9 au 15 Juillet 2025
LES ASSASSINS VERSENT DES
Ki wòl lang kreyòl la nan
yon demokrasi?
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LARMES DE CROCODILE!
8 juillet 1825 - 8 juillet
2025 : Remémoration
du bicentenaire de
l’acceptation de
l’ordonnance de Charles
X par le gouvernement
de Jean-Pierre Boyer
Page 7
Voir page 3
Le 7 juillet 2025, les représentants des oligarques au sein de la classe politique corrompue, décadente et
pourrie ont rendu hommage pour la première fois au président Jovenel Moïse, assassiné le 7 juillet 2021
How the Haitian Government’s
Drone War is Illegal,
Indiscriminate, and Counter-
Productive... and Erik Prince’s
Mercenaries will Just Make
Matters Worse
page 9
LA CONFÉRENCE ÉPISCOPALE
DOMINICAINE PREND POSITION !
Journalistes BBC : « on
nous oblige à faire la
promo d’Israël »
Page 10-11
Voir page 4
La Conférence épiscopale dominicaine appelle au respect de la dignité humaine des sans-papiers
Inde : plus de 40 morts
dans l’explosion d’une
usine !
Page 17
Editorial
La guerre ne devrait être la voie à aucune
sortie de crise !
HAITI
1583 Albany Ave
Brooklyn, NY 11210
Tel: 718-421-0162
Fax: 718-421-3471
3, 2ème Impasse Lavaud
Port-au-Prince, Haiti
LIBERTÉ
Par Berthony Dupont
Faut-il prendre au sérieux les nombreuses déclarations, qu’elles émanent
du Conseil Présidentiel de Transition (CPT), de la Primature,
voire de certains médias, alors qu’un budget de guerre a été décrété par le
gouvernement et que l’idéologie dominante est « à la guerre comme à la
guerre » ? Cela signifie que l’appareil d’État a clairement choisi la guerre,
synonyme de barbarie, pour tenter de résoudre la crise structurelle que
traverse actuellement le pays.
Les bellicistes n’ont rien à redire sur les excès et les conséquences
incontrôlables, car tant qu’il y aura guerre, il y aura pertes humaines,
destructions d’infrastructures et massacres. Tant qu’il y aura guerre, il y
aura dommages collatéraux, et les résultats ne seront jamais agréables
et satisfaisants pour tous. Il y aura des grincements de dents, et c’est
précisément le cas avec la destruction par incendie de l’ancien hôtel
Oloffson, probablement motivée par des mobiles. Depuis cet incendie,
on entend toutes sortes de litanies et d’accusations infondées et sans
preuves, car pour l’heure, aucune enquête n’a été diligentée par les autorités.
Mais il faut bien le dire, rien d’étonnant lorsque la seule négociation
demeure la guerre.
Si nous sommes en guerre, comme l’ont déclaré les Conseillers
Présidentiels fauteurs de guerre, Leslie Voltaire et Fritz Alphonse Jean,
ne nous étonnons pas de certains abus, ni même de terribles dégâts.
Nous devons avoir le courage d’accepter tout ce qui se passe ; sinon, demandez
un cessez-le-feu pour y mettre fin, ce qui impliquerait une forme
de dialogue ou de négociation de part et d’autre.
Si le pays est devenu une zone de guerre où des groupes armés
nommés « brigadiers » soutenus par le gouvernement combattent ouvertement,
par endroits, ceux identifiés comme des bandits, le CPT est tout
bonnement responsable de ces méfaits. Par conséquent, les autorités
sont comptables des conséquences incalculables de l’état sanitaire,
physique et psychologique d’une population privée de tout. Les crimes
commis par les brigadiers sont considérés comme presque normaux, selon
des critères inconnus, mais ceux de leurs adversaires sont insupportables
et toujours dénoncés. Alors que les deux protagonistes devraient
être condamnés simultanément pour leurs actes inacceptables. En réalité,
nous sommes véritablement au cœur d’une guerre civile entre deux
entités différentes où chacun fait sa propre loi, recherche justice selon
ses propres sentiments ou raisonnements. Et au milieu de tout cela, la
population civile abandonnée et affamée qui en paie le prix.
Un bilan qui devrait malheureusement s’alourdir dans les semaines
à venir si, comme annoncé, le pays devait faire face à une nouvelle
intervention militaire, cette fois de la part des pays membres de l’OEA.
Le pire, c’est que les autorités actuelles ne s’en préoccupent nullement
du sort de la population, tant que cela leur conviennent. Elles ont pris
soin d’exacerber les contradictions en finançant, voire en équipant certains
brigadiers afin qu’ils puissent contrecarrer l’arsenal militaire de leur
ennemi, en l’occurrence les autres groupes armés désignés comme : bandits,
gangs et terroristes.
Or, nous avons atteint en Haïti un stade de criminalité où il est
impossible de distinguer les actions des gangs de celles des brigadiers et
de la police, tant leurs actions criminelles sont similaires. Récemment,
l’ancien général-président Prosper Avril a rendu, sans le savoir, service
au pays en publiant un livre sur l’histoire des bandes armées. Même s’il
met tous les groupes armés dans le même sac, on ne pouvait espérer
mieux de sa part, compte tenu de sa position politique et de ses limites,
profondément anti-progressiste, voire réactionnaire.
En réalité, cet ouvrage sur l’historicité des groupes armés, malgré
ses lacunes idéologiques et scientifiques, constitue une contribution
précieuse. Il éclaire l’histoire de notre pays dans son ensemble, y compris
pendant la période coloniale précédant notre indépendance, sachant que
les groupes armés ont toujours joué un rôle fondamental, quelle que soit
leur origine et leurs méthodes. Ils expriment souvent une certaine revendication
sociale, politique et économique contre l’ordre dominant établi.
Ce phénomène trouve précisément ses racines dans les luttes internes
du pays pour le changement, car ce n’est qu’après certains événements
politiques majeurs que nous sommes toujours confrontés à cet imbroglio
sociopolitique. Sa survie est due au fait qu’il n’a jamais été définitivement
résolu. N’ayant pas été éradiqué, il réapparaît à certaine période
de l’histoire puisque les conditions sociales des masses exploitées n’ont
jamais véritablement changé.
Les classes possédantes se complaisent dans la dissimulation de
la vérité, mais la lumière de la vérité, qu’on le veuille ou non, brillera
toujours sur les ténèbres. Cela signifie que même si les actes des bandits
déplaisent à chaque citoyen, le rôle de l’Etat serait aussi de rechercher
les causes profondes qui les provoquent. Malheureusement, il refuse
catégoriquement d’aller à la source du mal de peur que la trace de son
implication tacite ne soit découverte dans les maux dont souffre le pays.
Les vrais criminels ce sont les dirigeants de l’État qui ne prennent pas en
compte les besoins des populations les plus démunies et refusent d’aider
les plus pauvres !
Le gouvernement persiste dans sa dérive autoritaire, afin de maintenir
davantage la population dans l’ignorance et d’empêcher que ce
véritable problème soit définitivement résolu. Il préfère faire semblant
de ne pas comprendre la nécessité d’avoir une paix durable et surtout
ne l’a jamais prêché vraiment dans le pays. C’est une façon de ne pas
résoudre cette crise multidimensionnelle. Ce que les dirigeants tentent de
faire, en tant que criminels, c’est de dissimuler la vérité tout en élaborant
un stratagème, comme si le pays souffrait d’une épidémie de banditisme
criminel et qu’il était nécessaire d’éliminer toutes les personnes infectées,
alors qu’en réalité, ils sont eux-mêmes à l’origine et porteurs du virus.
Ils savent pertinemment qu’éliminer ce qu’ils appellent les bandits
ne résoudra pas le problème fondamental, ni ne nous rapprochera en
rien de la paix. Mais le slogan que les mercenaires de la classe politique
au service d’oligarques corrompus ne cessent de vendre, est : « il n’y aura
aucune négociation avec les gangs ». Ces dirigeants déclarent haut et fort
qu’ils ne négocieront pas, qu’ils ne dialogueront jamais avec les bandits.
Pourtant, c’est ce qu’ils font en coulisses, à longueur de journée et de
semaine pour leur compte personnel.
L’heure est grave. La barbarie en cours, déchaînée par le Conseil
Présidentiel de Transition et le Premier ministre Didier Alix Fils-Aimé
n’aurait pas eu lieu si elle n’était pas appuyée par l’impérialisme. Rien ne
peut justifier la poursuive de cette guerre. D’une manière ou d’une autre,
la guerre ne devrait être la voie à aucune sortie de crise. La vérité, ce
n’est pas le dialogue qui effraie cette poignée de personnes qui exploite
toutes les richesses du pays, mais plutôt leur obsession de nier l’existence
même du peuple haïtien revendiquant ses droits légitimes auxquels
il aspire.
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DIRECTEUR
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2 Haiti Liberté
Vol 19 # 02 • Du 9 au 15 Juillet 2025
A Travers Haiti
Les assassins versent des larmes de crocodile!
Ils ont choisi de rendre hommage à Jovenel Moïse ? D’où vient cette
idée, acceptée par la majorité d’entre eux, alors que, de connivence avec
le gouvernement Américain, aucun effort n’a été fait pour que Jovenel
obtienne justice
Par Marie Laurette Numa
Quatre ans après l’assassinat du
7 juillet 2021 à Pèlerin, les oligarques
et leurs représentants au sein
de la classe politique corrompue, décadente,
en putréfaction au service de
leurs patrons impérialistes ont rendu
hommage à l’ancien président Jovenel
Moïse pour la première fois le 7 juillet
2025. On pourrait même dire que
c’était planifié, car la majorité de ses
ennemis politiques ont profité de ce
moment pour en faire leur deuil et ainsi
saluer la mémoire du défunt.
La question que beaucoup se
posent est : pourquoi tout ce remue-ménage
quatre ans plus tard ? Quatre
ans plus tard, tous ces adversaires
politiques, et même les agents des oligarques,
sont venus verser des larmes
de crocodile. Qui veulent-ils tromper
une fois de plus ? Est-ce une nouvelle
ruse pour continuer à gérer, voire à
régénérer, une transition qui semble
interminable ?
Ils ont choisi de rendre hommage
à Jovenel Moïse ? D’où vient
cette idée, acceptée par la majorité
d’entre eux, alors que, de connivence
avec les Américains, aucun effort n’a
été fait pour que Jovenel obtienne justice.
Afin que le pays puisse identifier
les auteurs intellectuels et les commanditaires
de ce crime odieux ? La
population aimerait savoir qui a réellement
financé le crime et quels secteurs
étaient impliqués aux niveaux national
et international. Pourquoi la police a-telle
restitué la vidéo de son domicile
au FBI, qui a lui-même constitué une
série de dossiers pour empêcher toute
révélation ?
Dans ce contexte, le Conseil
présidentiel de transition a choisi d’organiser
cet événement au Palais national.
Un lieu abandonné depuis le
crime du 7 juillet. À cette occasion, une
messe de requiem a été chantée au Palais
sous la présidence du révérend Père
L’ancien ministre des Travaux
publics, Joiséus Nader
Jean Robert Louis, mais pourquoi pas à
la Villa d’Accueil, qui est actuellement
le centre politique du pays ?
En effet, la cérémonie s’est
déroulée en présence des conseillers
présidentiels, à l’exception de Laurent
Saint-Cyr, en déplacement, et de
Régine Abraham. Il est à noter que le
Premier ministre Alix-Didier Fils-Aimé
était également présent, aux côtés
du chef de la police, de membres de
l’état-major des armées, de ministres,
de représentants des institutions de
l’État et de plusieurs invités. « Que
cette cérémonie ne soit pas un simple
rituel. Qu’elle ouvre les cœurs au pardon,
mais aussi à la justice », a déclaré
le père Jean Robert Louis dans son
homélie.
Drôle de coïncidence : c’est ce
jour-là qu’André Michel, du Secteur
Démocratique Populaire, l’un des individus
ayant le plus terni la réputation
politique du président avant son
assassinat physique a d’ailleurs choisi
de s’exprimer sur les réseaux sociaux
pour se disculper, comme il l’a clairement
indiqué : « J’étais l’adversaire
politique de Jovenel, mais je n’étais
pas pour son assassinat.» Nombreux
sont ceux qui ne croiront pas cette déclaration
en raison de la manière dont
André Michel a insulté le président, demandant
de le gifler où qu’il se trouve.
En vérité, tuer le président ne lui suffisait
même pas. Et c’est dans cette
perspective qu’a eu lieu le coup d’État
sanglant de la nuit du 6 au 7 juillet.
Il a profité de cette occasion pour s’en
prendre à ses proches, afin de semer la
confusion en faisant savoir que : « Si
ceux qui combattaient sa politique
étaient dans l’opposition, ceux qui
voulaient sa mort étaient plutôt autour
de lui.»
Il était incroyable que le CPT et
la Primature aient publié simultanément
des notes de condoléances à la
famille de l’ancien président et des
messages de sympathie en hommage
au président Jovenel Moïse lui-même.
La note du Cabinet du Premier Ministre
indiquait : « Quatre ans après cet acte
odieux, la République d’Haïti continue
d’honorer la mémoire de Jovenel
Moïse et de réaffirmer son attachement
aux valeurs démocratiques et
républicaines. »
Dans sa note, le CPT soulignait «
son engagement à lutter pour la paix,
l’amour et la stabilité dans le pays ».
Mais la haine qu’ils lui vouent est toujours
perceptible. Dans leur publication,
ils n’ont pas mentionné l’assassinat
d’un chef d’État en sa résidence
privée, ils ont mentionné uniquement
son décès. C’était pour se moquer de
lui, et le message était de dire qu’il était
mort de mort naturelle. Ils manquent de
Messe de requiem au Palais National présidée par le révérend Père Jean
Robert Louis
courage pour révéler la vérité. Ils sont
contraints de dire adieu au président,
sans parler de meurtre. Quelle lâcheté
! Seul l’actuel ministre de la Défense,
Jean-Michel Moïse, a adopté un ton
différent en orchestrant cet anniversaire,
implorant l’ancien président : «
Vous avez été victime d’un assassinat
brutal parce que vous croyiez pouvoir
changer ce pays. Vous avez semé une
graine ! »…. « Rendre justice au président
Jovenel, c’est se rendre justice
à soi-même, car ce qui lui est arrivé
peut arriver à n’importe lequel d’entre
vous. Si vous aspirez à gouverner ce
pays, vous êtes exposé au même sort,
en toute impunité », a-t-il écrit sur X.
L’ancien Premier ministre Ariel
Henri a peut-être lui aussi commémoré
ce jour de deuil en exil aux États-Unis.
L’autre ancien Premier ministre à l’intérim,
Claude Joseph, n’a pas manqué
l’occasion ; pour perpétuer la mémoire
de M. Moïse, il a baptisé une salle de
conférence du siège de son parti politique
du nom du président assassiné.
On pourrait même dire que c’est lors du
quatrième anniversaire de son assassinat
que la classe politique, et notamment
ses ennemis, ont réalisé qu’ils
avaient fomenté sa liquidation physique.
Et malgré tout, Jovenel semble
rester bien plus populaire que tous les
autres réunis.
D’ailleurs, son épouse Martine
Moise, comme elle le fait chaque année
à cette occasion, a régulièrement
publié un message exigeant que justice
soit rendue à son mari.
À Pèlerin 5 où il a été assassiné,
ce lundi 7 juillet 2025, une foule de
sympathisants et de partisans de l’ancien
président a exprimé son indignation
dans le silence. Joiséus Nader,
ancien ministre des Travaux publics,
des Transports et des Communications
du président assassiné, a pour
sa part déposé une gerbe en hommage
au défunt, dont le souvenir restera
gravé dans la mémoire des masses
paysannes qui s’identifiaient à Jovenel
Moïse.
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Vol 19 # 02 • Du 9 au 15 Juillet 2025
Haiti Liberté
3
A Travers Haiti et la République Dominicaine
La Conférence épiscopale dominicaine prend position !
La Conférence épiscopale dominicaine (CED) a appelé ce dimanche les
autorités à respecter la dignité humaine des sans-papiers
La Conférence épiscopale dominicaine
(CED) a appelé ce dimanche
les autorités à respecter la dignité humaine
des sans-papiers dans le cadre
des opérations menées contre l’immigration
irrégulière, notamment en
provenance d’Haïti.
Dans un communiqué publié
à l’issue de leur assemblée plénière,
les évêques ont souligné « la solidarité
et les efforts constants que notre
nation et le gouvernement dominicain
ont déployés et continuent de
déployer en faveur d’Haïti », efforts
qui, cependant, « sont entachés par
les raids menés contre les migrants
irréguliers ».
Tout en reconnaissant « le droit
de chaque nation à appliquer ses lois
Les évêques ont également exhorté la Direction générale des migrations
(DGM)
sur l’immigration », ils ont exhorté
les autorités à « veiller à ce que leur
application soit toujours conforme
aux principes de justice, d’équité et
de respect de la dignité humaine ».
Dans le même temps, ils ont
jugé inacceptable « tout discours
xénophobe et discriminatoire à
l’égard des immigrants, car il ne
fait qu’engendrer des sentiments de
haine et porte atteinte au climat de
fraternité entre nos nations. Nous
rejetons tout discours incitant à la
violence, au rejet, à la marginalisation
et à la discrimination », ont-ils
indiqué dans le communiqué.
Ils ont également demandé à
la Direction générale des migrations
(DGM) de veiller à ce que les services
hospitaliers « ne deviennent pas des
points de contrôle de l’immigration
et, plus encore, à ce que des situations
douloureuses contraires à
l’Évangile de la charité ne se produisent
pas ».
Au contraire, « ceux qui se
livrent au trafic d’immigrants en situation
irrégulière, quelle que soit leur
nationalité, doivent être poursuivis
et punis », ont-ils déclaré.
Enfin, la Conférence épiscopale
dominicaine (CED) a appelé la communauté
internationale à agir « fermement
au nom du peuple haïtien ».
« Il est temps de poser des
gestes concrets de solidarité qui contribuent
à la paix et au développement
durable de ce pays frère », ontils
souligné.
En octobre 2024, le gouvernement
dominicain a mis en œuvre
un plan d’expulsion visant à rapatrier
10 000 Haïtiens par semaine afin de
contrôler l’immigration irrégulière.
De plus, en avril de cette année,
le président Luis Abinader a annoncé
quinze nouvelles mesures contre
l’immigration en provenance d’Haïti,
pays voisin en proie à une crise profonde
depuis des années.
Mardi dernier, la DGM a rapporté
qu’au cours du premier semestre,
184 001 Haïtiens en situation
irrégulière ont été expulsés, dont
30 757 au mois de juin.
Services Acento.com.do
7 Juillet 2025
Comment la guerre des drones menée par le gouvernement haïtien
est illégale, aveugle et contre-productive… et les mercenaires d’Erik
Prince ne feront qu’empirer les choses
Un drone de la Police nationale d’Haïti (PNH). La GRC a formé la
PNH au pilotage de drones, mais pour la surveillance, et non pour les
bombardements.
Par Travis Ross
Un article récent du New York
Times expliquait que la guerre des
drones kamikazes menée actuellement
par le Conseil présidentiel de transition
(CPT) d’Haïti contre les groupes armés
de Port-au-Prince était probablement
illégale et violait une entente avec le
Canada.
Marie-Ève Breton, de la GRC : « La
GRC ne cautionne pas l’utilisation
de drones pour transporter des
munitions ou des outils offensifs.»
La Gendarmerie royale du Canada
(GRC) avait fait don des drones et
formé la Police nationale d’Haïti (PNH)
à leur utilisation pour la surveillance des
groupes armés, rapporte l’article. « Les
attaques de drones qu’elle a menées
constituent une violation du droit pénal
haïtien et du droit international relatif
aux droits de la personne », a déclaré
Marie-Ève Breton, porte-parole de la
GRC, dans un courriel adressé au New
York Times. « La GRC ne cautionne pas
l’utilisation de drones pour transporter
des munitions ou des outils offensifs. »
Selon Mme Breton, le gouvernement
haïtien avait promis de ne pas
utiliser les drones pour tuer des personnes.
Le « groupe de travail » formé
par le gouvernement haïtien pour armer
les drones n’avait « aucune autorité légale
», a-t-elle déclaré.
Les commentaires de Breton contredisent
un article de Press Lakay du 18
mars, dans lequel le porte-parole adjoint
de la PNH, Lionel Lazarre, affirmait que
« le gouvernement canadien soutenait
l’initiative » de la CPT de former un
groupe de travail sur les drones létaux.
La GRC se distancie de la guerre
des drones menée par le CPT après que
plusieurs experts des droits de la personne
ont estimé que ce programme
viole le droit international, comme l’a
souligné Breton.
Godfrey Otunge, commandant de
la Mission multinationale de soutien à
la sécurité (MSS) en Haïti, dirigée par
le Kenya et bénéficiant de l’appui de
l’ONU, a également déclaré que sa force
n’utilisait pas de « drones armés » et que
le+ CPT « était aux commandes », selon
le Washington Post.
Un responsable haïtien anonyme
n’a manifesté aucune inquiétude quant
aux pertes civiles qui poussent la GRC
et la MSS à se dissocier de la guerre des
drones. « Soyons honnêtes, c’est inévitable
», a déclaré le responsable au
Washington Post. Pour moi, ce n’est
qu’un détail. Tant qu’on est dans une
zone contrôlée par des gangs et qu’il y a
des attaques, des dommages collatéraux
vont se produire.
Joel H. Poliard
M.D., M.P.H.
Family and Community
Medicine
Public health and Pediatrics
5000 N.E. Second Ave,
Miami FL, 33137
tel. (305) 751-1105
Un drone typique équipé d’un
cylindre explosif, comme celui
utilisé en Haïti. Photo : Haïti Libre
Alors que le Canada et le MSS
prennent leurs distances, l’actuel président
par intérim du CPT, Fritz Alphonse
Jean, a récemment admis que le gouvernement
avait engagé des « mercenaires
étrangers » pour piloter les drones kamikazes,
mercenaires rassemblés par le
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tristement célèbre Erik Prince, fondateur
de Blackwater, et une foule d’autres entreprises
de « sous-traitance militaire ».
Le CPT engage Erik Prince pour
mener un programme de drones
kamikazes
« Ces derniers mois, le gouvernement
haïtien a recruté des entrepreneurs
américains, dont M. Prince, pour travailler
au sein d’une force d’intervention
secrète chargée de déployer des
drones destinés à éliminer des membres
de gangs », rapportait le New York Times
le 28 mai.
L’article indique que l’équipe de
Prince utilise les drones depuis mars,
date à laquelle les premières attaques
ont commencé. Citant des « experts en
sécurité » anonymes, l’article explique
que Prince « a également recruté des
vétérans militaires haïtiens-améric-
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4 Haiti Liberté
Vol 19 # 02 • Du 9 au 15 Juillet 2025
ains pour les envoyer à Port-au-Prince
et devrait envoyer jusqu’à 150 mercenaires
en Haïti cet été ».
Prince a également « récemment
expédié une importante réserve d’armes
au pays », ont indiqué les experts.
Un responsable haïtien anonyme
a déclaré au Times que « le secret entourant
les opérations [de drones] était
impératif pour éviter de prévenir les
chefs de gangs », suggérant que cela
justifiait le recours à des entrepreneurs
privés américains, car cela réduirait
« les fuites d’informations. »
Prince : « Il est temps pour nous de
remettre notre chapeau impérial »
L’article du Times paraît deux mois après
que des informations ont révélé que
Prince est également chargé d’« aider
la République démocratique du Congo
(RDC) à sécuriser et à taxer ses vastes
richesses minières ». Ce contrat avec
Prince fait suite à un « accord plus large
sur les partenariats dans le domaine des
minéraux critiques » entre la RDC et
l’administration Trump.
Prince est un fervent partisan de
Trump, ayant fait don de 250 000 dollars
à sa campagne présidentielle de
2016, et sa sœur, Betsy DeVos, a été sa
première secrétaire à l’Éducation.
Prince est également un fervent
défenseur du colonialisme et de l’impérialisme
américain. Dans un podcast d’Off
the Leash, Prince a déclaré : « Il est
temps pour nous de remettre notre chapeau
impérial et de dire : “Nous allons
gouverner ces pays” ».
« On peut dire que la quasi-totalité
de l’Afrique est incapable de se gouverner
elle-même », a poursuivi Prince.
Dans un article pour The Intercept, le
journaliste Jon Schwarz a expliqué que
Prince avait ensuite « ajouté qu’il pensait
que c’était un excellent concept, non
seulement pour l’Afrique, mais aussi
pour l’Amérique latine ».
Prince ne travaille pas officiellement
pour l’administration Trump, mais
il est peu probable qu’il ait proposé ses
services au CPT sans l’approbation du
Département d’État américain.
Dans une interview accordée à
Responsible Statecraft, Sean McFate,
ancien contractant et auteur de « The
Modern Mercenary: Private Armies and
What They Mean for World Order », a
expliqué que Prince agissait en « opportuniste
proche de Trump », jouant sur
l’obsession de ce dernier pour l’immigration
clandestine des pays du Sud vers les
États-Unis.
« Ce qui est différent cette foisci
», a expliqué McFate, « c’est que
[Prince] ne propose pas vraiment de
contrats à Washington. Il propose des
contrats en coopération avec ce qu’il
croit être Washington… Il trouve une
clientèle qui n’est pas américaine, mais
il le fait avec la bénédiction qu’il pense
[obtenir], ou qu’il attend [de] Trump. » Il
est possible que le désir de Prince d’une
domination impériale américaine ouverte
sur l’Afrique et l’Amérique latine
plaise à Trump, qui a dissous des institutions
américaines de soft power comme
l’USAID et l’Institut américain pour la
paix (USIP).
Erik Prince, entrepreneur
mercenaire et partisan de Trump : «
Il est temps pour nous de remettre
notre chapeau impérial.» Photo :
Gage Skidmore
Des groupes haïtiens de défense
des droits humains soutiennent le
programme de drones kamikazes
L’un des aspects les plus surprenants
du programme illégal de guerre par
drones du CPT est le soutien enthousiaste
qu’il apporte aux soi-disant
« groupes de défense des droits humains
» haïtiens, notamment le FJKL,
le RNDDH, le POHDH, le CARDH et le
Collectif Défenseurs Plus.
La plupart de ces groupes de
défense des droits humains sont financés
d’une manière ou d’une autre
par le National Endowment for Democracy
(NED), le gouvernement canadien,
l’Open Societies Foundation (OSF) ou
l’American Jewish Voices for Peace
(AJWS). Par conséquent, ils ne remettent
pas en cause la domination impériale
américaine sur Haïti.
Le RNDDH, le plus cité de ces
groupes, est aussi le plus connu. Il est
généralement considéré comme une
organisation politique, et son directeur,
Pierre Espérance, comme un acteur politique.
Espérance s’est alliée à des secteurs
de la « patripoche », ou bourgeoisie
éclairée, via l’Accord de Montana, qui
se réunissait dans son bureau. Actuellement,
c’est Fritz Jean, représentant
du CPT de l’Accord de Montana, qui
dirige le gouvernement intérimaire dysfonctionnel.
Espérance a utilisé le RNDDH
pour cibler ses rivaux politiques avec de
fausses accusations de délits.
Ceci a même joué un rôle clé
dans la campagne de propagande qui
a présenté Fanmi Lavalas (FL) et son
chef, Jean-Bertrand Aristide, comme
un mouvement tyrannique minant la
démocratie haïtienne. Cela a conduit au
coup d’État de 2004, soutenu par les
gouvernements américain, canadien et
français, qui a renversé Aristide et des
milliers d’autres élus de FL. Une campagne
de terreur a suivi, où le RNDDH a
collaboré avec le régime putschiste pour
aider la PNH dans une campagne terroriste
visant les dirigeants et militants de
FL. La propagande du RNDDH a pour
habitude de manipuler le nombre de victimes
ou de présenter la violence dans
ses reportages à des fins politiques.
Par exemple, après le coup d’État
de 2004, le RNDDH a collaboré avec
le régime putschiste pour cibler les dirigeants
et les membres de FL. Afin
de piéger le Premier ministre Yvon
Neptune, Espérance et le RNDDH ont
présenté à tort comme un « massacre »
sanctionné par l’État la bataille entre les
forces gouvernementales et leurs alliés
de l’organisation populaire (Balewouze)
contre un groupe quasi-paramilitaire
nommé RAMICOS à La Scierie.
RAMICOS a soutenu le renversement
d’Aristide. La bataille entre RAM-
ICOS et les forces pro-gouvernementales
a fait plusieurs morts, dont des
non-combattants.
Le RNDDH a présenté à tort ces
décès comme le résultat d’un « massacre
» ordonné par Neptune, ce qui a conduit
à son emprisonnement illégal sans
procès pendant deux ans après le coup
d’État de 2004.
Le RNDDH invente des chiffres
pour maintenir son soutien au
programme de drones.
Dans son récent rapport intitulé « 30e
anniversaire de la Police nationale
d’Haïti (PNH) : le RNDDH salue la lutte
des policiers pour rétablir la sécurité »,
le RNDDH affirme qu’« au moins 300
membres de gangs terroristes armés
ont été tués et plus de 400 autres blessés,
dont certains grièvement ».
On ignore pourquoi ces chiffres
figurent dans un rapport célébrant les
réalisations de la PNH, puisqu’il précise
qu’« à ce jour, la PNH n’a participé ni à
la planification ni à la coordination des
opérations de drones ».
De plus, Jake Johnston, du Centre
de recherche économique et politique
(CEPR), a récemment souligné qu’entre
janvier et mai 2025, « l’ONU a signalé
2 680 personnes tuées en Haïti. Près de
60 % ont été tuées par la police, et ce
chiffre est en augmentation ces derniers
temps. » Cela inclut le cas du chauffeur
routier et entrepreneur haïtien-américain
Weithzer Ervens Fénélon, enlevé et
assassiné par des agents de la PNH près
de Port-de-Paix en mars. Des témoins
affirment qu’après son assassinat brutal,
les agents de la PNH lui ont tranché la
tête et les membres et brûlé son corps.
La volonté du RNDDH de célébrer
la PNH contraste fortement avec les actions
des forces de police. Le RNDDH
n’étaye pas ses chiffres de destructions
par drone par des enregistrements, des
données ou des noms, et ne dit rien
non plus sur les morts « inévitables » de
civils.
En effet, pour remédier à l’insécurité,
la PNH a principalement utilisé
deux tactiques : premièrement, elle
a commis des meurtres non provoqués,
des actes de torture, des disparitions et
des actes de terreur contre des civils non
armés vivant sur ou à proximité de territoires
contrôlés par des groupes armés ;
deuxièmement, elle a attaqué des manifestants.
Compte tenu de l’historique de
manipulation des rapports par le RND-
DH à des fins politiques et du manque
de preuves pour étayer ses affirmations
de 300 morts et 400 blessés parmi les
« membres de gangs terroristes », on
peut supposer que ces chiffres sont inventés
ou gonflés, et que les victimes
civiles ont été omises ou mal classées.
Ces chiffres, manifestement fabriqués,
visent à encourager la poursuite
de la guerre des drones contre les bidonvilles
d’Haïti et ont été repris sans
discernement par les médias bourgeois
locaux et internationaux, présentant
ainsi la campagne de guerre des drones
comme un succès et une indépendance.
Même Insight Crime, un groupe
de réflexion lié au Département d’État
et à l’OSF, a récemment rapporté que
les analystes de sécurité consultés ont
déclaré que les chiffres du RNDDH « ne
pouvaient être vérifiés » et que le programme
de drones avait entraîné une
« augmentation du nombre de victimes
civiles ». Le rapport soulignait que « le
gouvernement haïtien n’a pas confirmé
le nombre de personnes tuées ou blessées
». Dans le rapport Insight Crime, le
rédacteur en chef d’Ayibopost, Wildore
Mérancourt, a déclaré qu’il pouvait «
confirmer que des civils ont été blessés
».
Les Haïtiens manifestent contre
le programme de drones et exigent
le retrait du CPT.
Le soutien du secteur des « droits
humains » au programme de drones kamikazes
reflète l’enthousiasme général
de la bourgeoisie haïtienne pour cette
approche. Les habitants des quartiers
d’élite, qui représentent les 10 % de la
zone métropolitaine de Port-au-Prince
non contrôlés par des groupes armés,
sont fortement surveillés par des unités
de la PNH et ne risquent pas d’être victimes
collatérales.
À l’inverse, une manifestation de
milliers de personnes, le 20 juin, dans
le sud-ouest de Port-au-Prince, extrêmement
pauvre, a exigé la fin du programme
de drones, le retrait du CPT et
la cessation de l’ingérence des gouvernements
américain, canadien et français
dans les affaires haïtiennes.
Krisla, leader de l’alliance Viv Ansanm,
un groupe armé de la région de la
capitale, s’est adressé aux manifestants,
exprimant un sentiment répandu dans
de nombreux quartiers pauvres d’Haïti
: « Haïti est riche. Ces mercenaires et
puissances étrangères s’en prennent à
notre gaz, à nos richesses minières et à
notre or. » « Nous venons des quartiers
populaires », a-t-il déclaré. « Ils disent
que les gens de nos quartiers ne sont pas
des personnes. Quand Viv Ansanm arrivera
au pouvoir, nous arrêterons beaucoup
de gens. Des politiciens comme des
bourgeois… Ils vendent de la drogue,
des munitions, des armes, des organes.
Ensuite, ils mentent en prétendant que
c’est Viv Ansanm qui vend des organes
? Les hôpitaux d’où proviennent ces
choses ne sont pas dans nos quartiers
!… Ils font du trafic d’organes. Tout ce
dont ils nous accusent, c’est EUX qui le
font… Un jour, Haïti changera. »
Par ailleurs, aucun chef de groupe
armé n’a été tué par ces attaques de
drones.
Vitel’Homme, le chef de Kraze
Baryè (Abattez les murs), a été blessé
lors d’une attaque de drone. Il semblerait
également qu’Izo, le chef du groupe
armé Cinq Secondes de Village de Dieu,
ait été blessé lors d’une attaque début
juin.
La première attaque de drone
kamikaze, début mars, contre Jimmy «
Barbecue » Cherizier, principal dirigeant
et porte-parole de Viv Ansanm, a blessé
14 civils et tué deux autres dans une
maison remplie de personnes handicapées,
a déclaré Cherizier. Un seul de
ses hommes a été grièvement blessé lors
de l’attaque.
La bourgeoisie haïtienne privilégie
la violence impérialiste au
dialogue avec Viv Ansanm.
Si l’assassinat d’un chef de groupe
armé peut constituer une propagande
utile pour les hommes de main impérialistes
comme Prince et le CPT, sa valeur
stratégique est douteuse.
Des analystes ont souligné que
l’assassinat de dirigeants clés de Viv Ansanm
risquerait d’accroître la violence
à Port-au-Prince. D’autres ont suggéré
qu’une rupture de l’alliance avec
Viv Ansanm pourrait « conduire à une
guerre intestine entre les gangs, augmentant
ainsi la menace qu’ils représentent
pour le gouvernement et les civils
haïtiens ».
Parallèlement, les unités de mercenaires
d’Erik Prince ont un historique
de massacres de civils. Le cas le plus notoire
fut le massacre de Nisour en 2007,
en Irak, où des mercenaires de Blackwater
tuèrent 17 civils. Des sous-traitants
de Blackwater perpétrèrent des dizaines
d’autres massacres similaires en Irak.
La présence de Prince, du programme
de drones et d’une cohorte
potentielle de mercenaires augmente le
risque de nouvelles victimes civiles.
« L’intervention de mercenaires
et l’exécution de personnes… seront
comparables aux interventions passées
de l’ONU », a déclaré Brian Concannon,
directeur de l’Institut pour la justice et
la démocratie en Haïti (IJDH), dans Responsible
Statecraft. « Cela continuera
de saper l’État de droit et le tissu social,
et entraînera de nouveaux effets de rebond,
notamment l’augmentation de la
violence des gangs.»
La décision du CPT d’engager
un mercenaire impérialiste déclaré
pour mettre en œuvre un programme
de drones kamikazes visant à éliminer
les dirigeants de Viv Ansanm appelant
à la révolution devrait dissiper toute
illusion persistante selon laquelle le
gouvernement intérimaire ne serait pas
l’instrument de Washington. Le refus du
CPT et de la classe politique d’engager
un dialogue avec Viv Ansanm témoigne
de leur intérêt de classe et de leur
attachement à la domination impériale
américaine.
Alors que la fin du mandat de Fritz
Jean, président par intérim, approche, le
CPT est totalement dysfonctionnel. La
quasi-totalité des partis et organisations
politiques qui lui avaient fourni des
représentants lui ont retiré leur soutien.
Le 7 août, Laurent Saint-Cyr,
représentant littéral des oligarques haïtiens
(généralement appelés « secteur
Viv Ansanm Jimmy « Barbecue
» Cherizier, dans sa déclaration
vidéo du 5 juillet 2025 : « Si vous
êtes nationalistes, ce qui se passe
devrait vous révolter. Unissonsnous
et écrivons l’histoire. »
des affaires ») au sein du CPT, deviendra
le dernier président par intérim. Saint-
Cyr a indiqué qu’il avait transféré son
soutien du secteur bourgeois « éclairé »
de l’Accord du Montana (Fritz Jean), de
la Famille Lavalas (Leslie Voltaire) et du
Collectif du 30 janvier (Edgar Leblanc) à
sa faction rivale, composée de l’Accord
du 21 décembre (Louis Gérald Gilles),
d’EDE/RED (Smith Augustin) et des Enfants
Dessalines (Emmanuel Vertilaire).
Entre-temps, organiser des élections
équitables avant la fin du mandat
du CPT, le 7 février 2026, est clairement
impossible. Il n’existe même pas encore
de conseil électoral, ni de loi électorale.
Le vide politique au sein du gouvernement
a incité Washington à tenter
de mettre sur pied une nouvelle force
d’invasion par l’intermédiaire de l’Organisation
des États américains (OEA).
Mais les appels étrangers à des
négociations avec Viv Ansanm se sont
multipliés. Le Premier ministre dominicain,
Roosevelt Skeritt, a appelé au dialogue,
invoquant l’accord conclu en
Colombie entre les FARC et le gouvernement.
Le leader panafricaniste Kemi
Seba a appelé Viv Ansanm à devenir
une armée de libération pour le peuple
haïtien, objectif souvent défendu
par Jimmy Cherizier. Jake Johnston, du
CEPR, a également exposé les raisons
du dialogue il y a plusieurs mois.
Un autre appel important au dialogue
avec Viv Ansanm est venu du
nouveau secrétaire général de l’OEA,
Albert Ramdin, qui a déclaré qu’une
façon d’améliorer la sécurité serait de
« s’efforcer de trouver des incursions
au sein des gangs et des dirigeants ». Il
souhaite que Viv Ansanm « rejoigne la
normalité ».
Cherizier a appelé à des négociations
à plusieurs reprises. Il a récemment
déclaré : « Seule la voie qui puisse
sortir Haïti du gouffre dans lequel elle
se trouve actuellement est le dialogue.
Discutons-nous et expliquons-nous ce
dont nous avons besoin.»
La fenêtre d’Overton sur la nécessité
d’un dialogue avec les groupes
armés semble également s’ouvrir au
sein de la bourgeoisie haïtienne. Un
Pierre Espérance, du RNDDH : «
Au moins 300 membres de gangs
terroristes armés ont été tués et
plus de 400 autres blessés.» Photo
: Medico
récent article de l’anthropologue Isabelle
Clérié dans Ayibopost déplorait le
manque de compréhension des racines
socio-historiques de la crise actuelle,
tout en soulignant la nécessité d’une
compréhension mutuelle. « Nous sommes
tous victimes, tout comme nous
sommes tous coupables », a-t-elle écrit.
« C’est notre paix à définir et à promouvoir,
et pour cela, nous devrons nous
pardonner les uns les autres.»
Par ailleurs, dans une vidéo du
5 juillet, Cherizier a réalisé une vidéo
sensationnelle adressée expressément
à la police, à l’armée et à leurs unités
paramilitaires alliées, les « brigades ».
« Haïtiens, réveillez-vous. Là où il y a
des brigades, c’est pour protéger le CPT
ou le Premier ministre », a-t-il déclaré.
« Elles ne sont pas là pour combattre Viv
Ansanm ou Barbecue. » Il a ensuite appelé
toutes les forces armées haïtiennes
à chasser du pouvoir le CPT et le Premier
ministre Alix Didier Fils-Aimé, « à
s’unir pour construire quelque chose ».
« Pourquoi ne pas s’unir tous
ensemble pour libérer ce pays ? » a-til
demandé. « Viv Ansanm est prêt.
Un brigadier qui crie “À bas l’État !”
bluffe. Unissez-vous aux autres brigadiers,
à la police et à l’armée et prenez
le pouvoir. Quand vous aurez le pouvoir,
si vous voulez négocier avec Viv
Ansanm, nous négocierons. Si vous ne
voulez pas négocier avec Viv Ansanm,
vous n’aurez plus besoin de crier “l’État
!”, car il sera entre vos mains, et nous
marcherons sur vous. »
« Policiers, soldats, brigadiers,
c’est à vous de jouer », a-t-il poursuivi.
Je ne vous demande pas de vous joindre
à Viv Ansanm. Je vous demande à
tous les trois de vous unir et de résoudre
ce problème, de destituer ces neuf
voleurs [du CPT] et ce Premier ministre
répugnant… Ayez le courage de le
faire. Si vous ne le faites pas, croisez les
bras et laissez Viv Ansanm le faire… Si
vous êtes nationalistes, ce qui se passe
devrait vous révolter. Unissons-nous et
écrivons l’histoire. « Si vous ne le faites
pas, laissez-moi passer [ban m pase]
pour le faire », a-t-il conclu. « La nation
ne peut pas rester comme ça. Laissez-moi
passer pour le faire. J’ai pris
conscience. »
Travis Ross est basé à Montréal,
au Québec. Il est également coéditeur du
Projet d’information Canada-Haïti sur
canada-haiti.ca. Travis a écrit pour Haïti
Liberté, Black Agenda Report, The Canada
Files et TruthOut. On peut le joindre
sur X.
Vol 19 # 02 • Du 9 au 15 Juillet 2025
Haiti Liberté
5
Kwonik Kreyòl
Ki wòl lang kreyòl la nan yon demokrasi?
Depi 1804, tout pèp Ayisyen an
konprann kreyòl, tout pèp Ayisyen
an pale kreyòl. Depi 1804, yon ti
ponyen Ayisyen pale franse tou, yon ti
ponyen Ayisyen konprann franse tou.
Pou nou konprann enpòtans
yon kesyon tankou “ki wòl lang kreyòl
la?” Sonje pa janm gen yon gwoup
moun k ap viv ansanm sou latè, san
yon lang.
Gen yon lòt kesyon tou. Eske
lang se kichòy yo chwazi? (Tankou
yo kapab di madan entèl chwazi mete
yon wòb ble jodi a angiz li mete yon
wouj).
Pou ta gen chwazi lang toutbon,
sa ta mande 2 kondisyon. Yon moun
gen libète chwazi tèl lang epi rejte tèl
lang pou tout sa k ap pase nan tèt li,
tout sa li di nan kè l, tout lide l ap brase
nan sèvo l, tout kalkil l ap kalkile, tout
pawòl l ap pale ak pwòp tèt pa l.
Dezyèm kondisyon. Yon moun
gen libète chwazi tèl lang epi rejte tèl
lang, chak kou l ap pale ak lòt moun
pou li fè lòt moun konn kichòy oubyen
pou li fè yo fè kichòy.
Si 2 bagay sa yo kapab fèt vre,
gen chwazi lang. Si yo pa kab fèt, pa
gen chwazi lang.
Natirèlman, ni pou sa ki
pase nan tèt yon moun, ni pou pawòl
li pale ak lòt moun, nou tou wè moun
nan pa ka chwazi ant yon lang li konnen
ak yon lang li pa konnen.
Lè lide ap bouyi nan tèt yon
moun, moun nan oblije sèvi ak yon
lang pou sa. Lè konsa, se pa ak nenpòt
ki lang li sèvi. Si li konn 2, 3 mo
nan yon lang etranje, si li konn yon lòt
lang malman, dekwa pou li ta fè yon ti
pale wòwòt ladann, se sèten se pa ak
lang sa a l ap kalkile mizè li oubyen l
ap sonje tout bèl bagay li ta renmen
jwenn pou tèt pa l, pou pitit li, pou fanmi
li, pou zanmi li, pou li kite lespri li
travay lib.
Nanpwen lòt lang pou li pran lè
konsa, se yon lang li pale fen.
Pa bliye: pifò moun, an Ayiti,
konn kreyòl sèlman, E pifò moun, nan
ti ponyen ayisyen ki konn franse tou,
se kreyòl sèl yo pale fen.
Lè moun ap repete pawòl chwazi
lang sa a, san yo pa reflechi seryezman
sou 2 kondisyon nou esplike yo, se
konfizyon ki nan tèt yo. Yo konprann:
anvi chwazi, se menm afè ak chwazi.
Yo konprann:fè fent ak fè sanblan,
se menm afè ak fè. E gen moun ki pa
kalkile diferans ki genyen ant chwazi
etidye yon lang (yon bagay ki pa
twò difisil) ak chwazi konnen yon lang
(yon bagay ki enposib).
Gen yon vye prejije ki ta vle fè
moun kwè: se sèten se lang sèlman ki
pa bay moun baryè e se yo sèlman ki
chemen konesans. Okontrè tout lang
pa chemen konesans pou tout moun.
Pou yon lang sèvi chemen konesans
pou yon moun, fòk moun nan deja
konnen l. Si yon moun poko konn yon
lang, li kab tounen yon baryè, yon antrav,
pou moun lan. Si yon moun poko
fin konnen yon lang byen, lang sa a
kab tounen yon baryè olyede yon chemen
pou moun lan.
Si kreyòl se sèl lang tout mas
pèp Ayisyen toutbon, si moun pa konn
chwazi lang, si chemen konesans
moun se lang moun deja konnen, gen
kèk kesyon nou merite kalkile: konnen
se pou ki moun? Jounal, radyo, televizyon,
se pou ki moun? Regleman leta,
se pou ki moun? Sèvis leta, se pou
ki moun? Tribinal, se pou ki moun?
Lekòl, se pou ki moun?
Pou ki moun leta dwe mete lekòl
an Ayiti? Pou tout timoun ak granmoun
ki pale kreyòl. Se poutèt sa lekòl
dwe fèt an kreyòl, piske pa gen moun
nan peyi a ki pa konn kreyòl.
Pou ki moun tribinal fèt? Pou
tout moun. Se poutèt sa koze tribinal,
diskisyon tribinal, jijman tribinal dwe
fèt an kreyòl, paske pa gen moun ki al
nan tribinal an Ayiti ki pa konn kreyòl.
Pou ki moun notè, apantè, ofisyedeta
sivil ap ekri papye? Pou tout
moun. Se poutèt sa tout papye tè, tout
batistè, tout papye leta dwe ekri an
kreyòl, paske nanpwen moun an Ayiti
ki pa konprann kreyòl.
Pou ki moun prezidan, minis,
senatè, depite, majistra ap fè diskou?
Pou tout moun. Se pou tèt sa tout diskou
moun ki anchaje yon sèvis leta dwe
fèt an kreyòl.
Ki moun lapolis fèt pou li pwoteje?
Tout moun. Konsa lè lapolis ap
drese pwosèvèbal, li dwe ekri l nan
lang ni viktim, ni temwen, ni vòlè, ni
asasen, pale.
Depi gen yon gouvènman
demokratik an Ayiti, wòl kreyòl dwe
menm nan koze leta ak nan lavi toulèjou
pifò moun nan peyi a. Sa vle di: se
an kreyòl sèlman, yo kapab regle tout
pwoblèm mas pèp la, ki pale kreyòl
sèlman, se pou travay la fèt pou mas
pèp la epi ansanm ak mas pèp la.
Men, kreyòl la gen yon
lòt wòl tou. Li sèvi kòm yon premye
mwayen pou kontwole si gen demokrasi,
kreyòl se yon kondisyon nesesè
pou gen demokrasi, men, se pa yon
kondisyon ki kont pou gen demokrasi.
Nan yon egzamen demokrasi, kreyòl
kòm yon matyè eliminatwa. Si yon
moun pa pase nan matyè sa a, li gen
yon nòt eliminatwa. Li deja tou koule
nan egzamen demokrasi a.
Poutèt kreyòl, prezidan, senatè,
depite, majistra, kab pran nòt eliminatwa
nan egzamen demokrasi.Menmjan
tou: premye minis, minis, direktè
ministè, jij, ofisyedetasivil, notè,
apantè, isye. Menmjan tou: monseyè,
pè, mè, pastè, predikatè, direktè lekòl,
pwofesè lekòl. Menm jan tou: doktè,
dantis, enfimyè, famasyen, enjenyè,
jounalis, eksetera.
Yon gouvènman ki pa sèvi
ak kreyòl nèt, pa yon gouvènman
demokratik an Ayiti. Men, atansyon:
revè pawòl la pa vre. Yon gouvènman
ki sèvi ak kreyòl nèt, pa yon gouvènman
demokratik poutèt sa sèlman.
Gen moun mal konprann ak
moun ipokrit ki fè kòm si mande leta
ak gouvènman sèvi ak kreyòl, se
menm bagay ak deklare kreyòl kapab
regle tout pwoblèm Ayiti.
Tout moun merite wè klè nan
koze wòl kreyòl la ak pwoblèm Ayiti.
Kreyòl pa kapab regle okenn pwoblèm
Ayiti, paske kreyòl se yon lang. Lang
pa regle pwoblèm. Se moun ki regle
pwoblèm.
Men, Kreyòl se yon kondisyon
ki nesesè nan regle pwoblèm Ayiti. Sa
vle di moun ki kapab regle pwoblèm
Ayiti yo toutbon, se pèp Ayisyen an
menm. E se kreyòl ki lang pèp Ayisyen
an. Ki fè se ak kreyòl li oblije sèvi
pou li regle pwoblèm li. Paske nanpwen
regle pwoblèm, san pèp la pa mete
men. E nanpwen mete men, san pa
gen mete bouch.
Konsa, moun ki pa bay kreyòl
anpil enpòtans nan solisyon pwoblèm
Ayiti yo, se moun ki refize konprann
gen zouti ki nesesè pou sèten travay
fèt kwak zouti a pa menm aèf ak travay
la. Travay delivrans, devlopman
ak pwogrè mas pèp Ayisyen an, se
mas pèp Ayisyen an menm ki pou fè
l. Men, youn nan manman zouti li gen
pou sa, se lang li, se kreyòl la.
Iv Dejan
8 juillet 1825 - 8 juillet 2025 : Remémoration du bicentenaire de
l’acceptation de l’ordonnance de Charles X par le gouvernement de
Jean-Pierre Boyer
duits, à l’importation et à l’exportation,
transportés par les bateaux arborant le
tricolore français ;
• Article deuxième : ordonné le
paiement de 150 millions de francsor
à verser à la Caisse de Dépôts et
Consignations (institution financière
du gouvernement français), en 5 annuités,
en vue de dédommager les an-
FRANTZ DANIEL JEAN
FUNERAL SERVICES INC.
Guarino Funeral Home
Illustration française du président haïtien Jean-Pierre Boyer acceptant
l’ordonnance du roi français Charles X des mains du baron de Mackau
(1825)
Par Watson Denis, Ph.D *
Ce 8 juillet 2025 ramène le jour-bicentenaire
de l’acceptation par le
gouvernement de Jean-Pierre Boyer
de l’ordonnance de Charles X, roi de
France et de Navarre, publiée trois
mois plus tôt, soit le 17 avril 1825 [1].
C’est un jour à remémorer !
1. De l’acceptation de
l’ordonnance royale
L’acceptation de cette ordonnance
établissait la puissance retrouvée de
l’ancienne métropole sur son ancienne
colonie. A travers ses trois articles succincts,
mais assez dramatiques pour
la politique et l’économie du pays, le
gouvernement de la Restauration en
France avait exigé à Haïti, nouvel État
indépendant, des conditions draconiennes
pour sa survie dans le concert
des nations. En résumé, le souverain
français avait :
• Article premier : ordonné
l’ouverture des ports de la Partie
française de Saint-Domingue (pour
ne pas mentionner le nom d’Haïti) au
commerce international et le paiement
de 50% de droits de douane des pro-
• Funerals in All Boroughs
• Transportation of Remains
• Cremation
Nou pale kreyòl.
5020 Foster Avenue
Brooklyn, NY 11203
718.613.0228
Serving the Haitian Community
for Over 30 Years
9222 Flatlands Avenue
Brooklyn, NY 11236
718-257-2890
6 Haiti Liberté
Vol 19 # 02 • Du 9 au 15 Juillet 2025
ciens colons et les planteurs de Saint-
Domingue ;
• Article troisième : décidé de
concéder à la Partie française de Saint-
Domingue (se référant à Haïti dans une
périphrase) l’indépendance pleine et
entière de son gouvernement.
Cette ordonnance royale,
fatidique, aux conséquences catastrophiques,
occasionna tout de suite
l’emprunt de 30 millions de francs-or
sur le marché financier français en vue
de payer la première échéance de l’indemnité.
Cette indemnité, onéreuse, et
l’emprunt contracté en France au cours
de cette même année 1825, constituent
ce qu’on appelle la double dette de
l’indépendance. Ce fut un tribut colonial,
une rançon historique qui déstabilisa
le présent d’Haïti et hypothéqua
son avenir. Cette ordonnance constituait
en soi une charte du néo-colonialisme.
Elle inséra le pays, à travers la
stratégie dite de la spirale de l’endettement,
dans les méandres du néo-colonialisme
[2].
Contrairement à une idée répandue
ce n’est pas l’ordonnance royale
en soi qui généra la double dette de
l’indépendance, ce fut plutôt son acceptation
par le gouvernement de
Jean-Pierre Boyer qui jeta le pays dans
le gouffre [3]. On peut imaginer un instant,
si ce gouvernement n’avait pas
accepté cette ordonnance, il n’y aurait
ni paiement d’indemnité, ni emprunt
contracté en France pour honorer une
quelconque dette imposée, et pas voie
de conséquence, pas de double dette
de l’indépendance. Avec l’acceptation
de l’ordonnance de Charles X, soit,
croit-on, par peur d’une intervention
étrangère, soit par complaisance
ou trahison de l’idéal dessalinien, le
président Boyer, qui n’avait pas participé
aux guerres pour l’indépendance
d’Haïti entreprises par l’Armée
indigène (juin 1802- janvier1804)
contre l’armée expéditionnaire de Napoléon
Bonaparte, avait broyé l’existence
de l’État haïtien.
2. L’intervention militaire de la
France en Haïti : Un leurre
L’idée d’une intervention militaire de la
France en Haïti en 1825 était irréalisable,
pas plus qu’il ne pouvait le faire
en 1804, à la suite de la proclamation
de l’indépendance d’Haïti. Sur le plan
interne, il y avait un ensemble d’embarras
qui l’aurait empêché d’agir de la
sorte. Parmi ceux-ci, on peut énumérer
: la perte d’influence de Paris dans les
affaires du monde à cause des guerres
déclenchées par Napoléon Bonaparte
(à un certain moment le maitre
des vies et des biens en Europe), un
courant libéral de l’opinion publique
française hostile à toute intervention
militaire pour la résolution du conflit
généré (du coté de l’Hexagone) par
la Révolution haïtienne et le réalisme
d’anciens colons et planteurs de Saint-
Domingue qui se mirent à l’évidence
que ce « joyau de l’empire colonial
français » était définitivement perdu.
Aussi, sur le plan international,
on peut considérer des obstacles qui
rendaient chimérique toute intervention
militaire de la France dans les eaux
haïtiennes au cours des deux premières
décennies du XIXe siècle. Parmi ceuxci,
on peut mentionner :
1) La France avait perdu la
colonie de la Louisiane qu’elle a vendu
en avril-mai 1803 aux Etats-Unis
d’Amérique (État fédéral indépendant
en Amérique du Nord). De ce fait, Napoléon
avait renoncé à son fameux
projet d’un grand empire français dans
les Amériques partant des rives de Mississipi
jusque dans la mer des Caraïbes
avec Saint-Domingue comme tête de
pont.
2) La destruction de la flotte
française à Trafalgar, Sud’Ouest de l’Espagne,
le 21 octobre 1805. En cette occasion,
la marine royale anglaise avait
infligé une défaite cinglante aux flottes
combinées de la France et de l’Espagne
; cette victoire a définitivement établi
la suprématie de l’Angleterre en haute
mer sur la France. Dès lors, il devenait
de plus en plus difficile à la France
d’entreprendre, et ce pendant de nombreuses
années, de grandes opérations
dans les eaux de l’Atlantique ;
3) Les défaites successives et
définitives de Napoléon Bonaparte en
Europe, soit en 1814 et 1815, dont la
fameuse Bataille à Waterloo (territoire
actuel de la Belgique, anciennement
appartenu aux Pays-Bas) le 18 juin
1815 ;
4) Le Congrès de Vienne en
1814-1815, sous la houlette du
chancelier, le Prince Klemens von
Metternich, de l’Autriche. Ce congrès,
pro-monarchie, avait établi un nouvel
ordre politique conservateur dans le
monde dominé par l’Europe occidentale.
Il conféra alors à la France, après
les années tumultueuses de Napoléon
Bonaparte, qui amena la guerre un peu
partout, un rôle de second plan. Celleci
était même obligé de rétrocéder des
pays et territoires qui se trouvaient
encore sous sa domination. En toute
confidentialité, les puissances d’Europe,
post-Napoléon, encourageaient
la France à trouver une solution diplomatique
(pacifique) à l’épineuse
question de l’indépendance d’Haïti.
Toute intervention militaire devrait être
écartée. D’ailleurs une telle entreprise
aurait déplu à l’Angleterre, devenue
maitresse des mers, qui avait déjà des
intérêts commerciaux non négligeables
dans l’Haïti indépendante ;
5) Le vaste mouvement d’indépendance
ayant irrigué de l’Amérique
du Nord à l’Amérique du Sud en passant
par l’Amérique centrale, de 1810
à 1822. Ce fut le cas du Mexique, du
Venezuela, de la Colombie, du Pérou,
de la Bolivie, du Chili, de l’Argentine
et aussi du Brésil (1822-1824) qui
évoluait elle-même sous la tutelle de
la puissance portugaise. C’est dire qu’il
y eut un nouveau paradigme dans les
relations internationales de l’époque
axé sur la lutte contre le colonialisme
dont le fondement politique s’articula
autour de l’auto-détermination des
peuples des Amériques à vivre dans la
liberté et l’indépendance. La tendance
qui s’affirmait fut la reconnaissance
diplomatique de ces nouveaux États
indépendants. La Grande-Bretagne
par exemple, dès 1823, commença à
reconnaitre l’indépendance du Mexique
et de la Colombie. Ces différentes
proclamations d’indépendance et leur
reconnaissance diplomatique, par la
suite, avaient, dans une certaine mesure,
renforcé l’indépendance d’Haïti ;
6) L’énoncé de la doctrine de
Monroe. Le président des Etats-Unis
d’Amérique (USA), James Monroe,
dans un discours devenu célèbre, prononcé
en 1823, avait mis les puissances
européennes d’alors sous leur garde
contre toute nouvelle politique de colonisation
en Amérique et d’ingérence
dans les affaires internes des nouveaux
États indépendants. Par ailleurs,
il avait ajouté que toute intervention
militaire d’une de ces puissances sur
le continent américain serait considéré
comme un acte hostile aux USA ;
7) L’internationalisation de
la problématique de l’indépendance
d’Haïti. Cette indépendance, qui frappa
les esprits et troubla l’ordre du monde
existant (basé, entre autres, sur l’esclavage
et le colonialisme) ne laissa
personne indifférent. Londres pressait
Paris de « régler » la question de
l’indépendance d’Haïti au plus vite, et
ce dans un cadre consensuel, sinon il
passera lui-même en action. Pour sa
part, l’Espagne, l’ancienne puissance
mondiale du XVIe siècle, incapable de
réagir autrement, n’a fait qu’accepter le
fait accompli, sans demander une rétribution,
de quelque forme que ce soit,
aux dirigeants de ces nouveaux États
indépendants des Amériques.
Tenant compte de tous ces facteurs,
la thèse d’une probable intervention
militaire de la France en Haïti pour
faire accepter l’ordonnance royale,
malgré la présence de bateaux de
guerre dans la rade de Port-au-Prince,
ne tient pas la route. Le président Boyer
avait plutôt accepté cette ordonnance
par complaisance. Ou plutôt, il agissait
en connaissance de cause. Sa partie a
été prise depuis belle lurette, si on se
fie aux confidences qu’il avait faites en
1816 à un émissaire français et, plus
tard, à son attitude collaborationniste
avec le baron de Mackau, porteur de
l’ordonnance royale.
3. L’acceptation de l’ordonnance :
une décision unilatérale
Dans un rapport communiqué aux
autorités françaises en 1816, le sieur
Claude-Fleurimond Esmangart, ancien
grand colon propriétaire de terre
et d’esclaves de la Plaine des Cayes et
l’un des émissaires envoyés en Haïti
pour discuter avec le gouvernement de
la République de l’Ouest, dont Alexandre
Pétion et Jean-Pierre Boyer (déjà
pressenti pour accéder à la présidence),
a écrit : « Cette mission [celle réalisée
en 1814] pouvait être fort heureuse
pour la France si elle eut été autrement
dirigée, car les chefs eux-mêmes
nous ont assuré qu’à cette époque,
tous étaient disposés à se soumettre
et peut-être par le mauvais choix des
agents qui ont été envoyés, cette colonie
est perdue pour toujours ». Dans
le même rapport, il a précisé que Jean-
Pierre Boyer lui a fait des confidences
du genre qu’’il : « sentit tous les dangers
de la position de cette république
naissante… Tous sentirent l’utilité de
la soumission [à la France], mais tous
avouèrent aussi combien l’exaltation
qu’ils avaient communiquée au peuple
rendrait leur situation difficile et dangereuse
» [4].
Puis, l’attitude du président de
la République en juillet 1825 face au
baron de Mackau était encore plus
compromettante. A l’arrivée de cet
émissaire, le président Boyer forma
une commission de négociations, composée
du général Joseph Balthazar Inginac,
secrétaire général du Palais national,
du président Alexandre Pétion
au gouvernement de Jean-Pierre Boyer
; du sénateur Pierre-Prosper Rouanez,
qui faisait déjà partie d’une délégation
qui se rendait en France en 1824 dans
le cadre de ces mêmes négociations ;
et du colonel Marie-Elisabeth Eustache
Frémont, aide-de-camp du président.
Devant le refus de Mackau de modifier
les termes de l’ordonnance, les membres
de la commission, à la suite de
discussions houleuses, lui signifièrent
à leur tour leur refus de l’accepter. Ce
qui fit sortir le diplomate français dans
ses gonds.
Par la suite, ce dernier, à sa demande,
a eu une réunion à huis-clos
avec le président Boyer. Au cours de
cette rencontre, le chef de l’État lui aurait
déclaré, selon le rapport de mission
adressé à son supérieur hiérarchique
: « On m’a dit que vous aviez été affligé
d’une note de mes commissaires
; remettez-la moi comme non avenue,
et qu’il n’en soit plus question entre
nous… Dorénavant je veux traiter
cette grande affaire directement avec
vous » [5]. Effectivement, il l’a fait à
sa façon. De manière unilatérale. Le
président Boyer, sans résistance aucune,
sans requérir l’avis des membres
de la commission qu’il avait lui-même
instituée pour ces négociations, ni
consulter la population haïtienne sur
une question aussi importante, a pris
la malencontreuse décision d’accepter
l’ordonnance de Charles X.
En effet, il a accepté l’ordonnance
royale, au nom d’Haïti, le 8
juillet 1825. Trois jours plus tard, soit
le 11 juillet, celle-ci a été entérinée en
grande pompe, en présence du baron
de Mackau, qui prononça même un
discours pour la circonstance, par le
Sénat de la République, contrôlé par le
Pouvoir exécutif. Sur ces entrefaites, le
Port-au-Prince huppé fêta et banqueta
au sujet de cet événement dans les
grands salons tandis que le reste du
pays y vit un acte de trahison nationale.
Il y avait un ensemble d’arguments
que les autorités haïtiennes pouvaient
mettre à contribution dans les
négociations pour rejeter l’ordonnance
royale ; elles n’en firent rien. Comme
ce fut le cas dans le passé, des membres
de l’élite du pouvoir à Port-au-
Prince devaient être informés, ayant
des correspondants en France en particulier,
qu’après la conclusion du Congrès
de Vienne que la situation globale
en Europe ne favoriserait pas une intervention
armée de la France en Haïti.
De plus, les rivalités politiques entre
les puissances d’Europe et la montée
des forces nationalistes en Amérique
favorisaient une certaine normalisation
des relations avec Haïti. La France
elle-même, avec la Restauration, donc
le retour de la lignée des Bourbons au
pouvoir, recherchait une voie nouvelle
et de rédemption dans les affaires internationales.
En ce sens, une intervention
militaire était hors de question.
Que s’est-il donc passé ? À la
suite de la disparition des Pères fondateurs
de la patrie, en particulier de
l’assassinat de Jean-Jacques Dessalines
(1806) et de la mort d’Henry Christophe
(1820), deux fameux héros de la
guerre de l’indépendance, Haïti tomba
dans des mains peu sûres. Quand
bien même l’élite du pouvoir à Portau-Prince,
dirigeait l’île d’Haïti toute
entière, elle avait moins de confiance
dans le maintien de l’indépendance.
Les années, pour répéter le général
Joseph Balthazar Inginac, dans ses
mémoires, « passaient toujours dans
les incertitudes et les anxiétés ». Il
n’y avait pas de politiques publiques
à matérialiser, ni d’objectifs clairs à
atteindre. Toute cette période est marquée
par l’immobilisme sur le plan
national et des compromissions sur
le plan international. Finalement, de
tergiversations en hésitations et des
négociations compromettantes, cette
élite finit par céder à la France, à travers
cette fameuse ordonnance, des espaces
de pouvoir qui allaient alimenter
le néo-colonialisme. En fait, il semblerait
que des membres de cette élite,
considérant leur sentiment personnel à
l’égard de l’indépendance d’Haïti (pour
reprendre une expression de l’historien
Leslie Manigat) [6] avaient une prédisposition
à faire des concessions à la
France. L’idée de l’indemnité proposée
par le président Pétion et l’ordonnance
suggérée par Boyer lui-même se sont
matérialisées en 1825.
4. L’acceptation de l’ordonnance
royale par le gouvernement : désapprouvée
par la population
L’acceptation de l’ordonnance
royale symbolisa un moment de rupture
entre les gouvernés et les gouvernants.
21 ans après 1804, le sentiment
de bravoure et cette idéologie
du peuple en armes pour défendre
l’indépendance nationale étaient encore
bien présents dans l’esprit des
citoyens haïtiens. Il est à rappeler
que le leitmotiv après la proclamation
de l’indépendance, sachant que les
Français pouvaient revenir à n’importe
quel instant, fut construit autour de
ce cri de ralliement : au premier coup
de canon d’alarme, les villes disparaissent
et le peuple est debout comme
un seul homme. De fait, à l’arrivée de
l’expédition de de Mackau, des citoyens
vigilants s’étaient déjà rendus sur
les montagnes environnantes en vue
de préparer la défense de la patrie. Par
exemple, les forts jumeaux Jacques et
Alexandre à Kenscoff et la zone montagneuse
et boisée de la Coupe, surplombant
la capitale, Port-au-Prince,
qui deviendra plus tard Pétion-Ville,
faisaient partie des endroits aménagés
pour la résistance.
C’est ce qui explique quand la
mauvaise nouvelle de l’acceptation de
l’ordonnance royale gagna les rues et
les contrées du pays, la nation en pâlit,
le peuple se mortifia. Il y eut des remous,
des cris de révolte et de dégout.
Beaubrun Ardouin, tout proche de
Boyer qu’il fut en tant que journaliste,
éditeur et fonctionnaire de l’État, a
commenté quelques années plus tard
que la population a montré son indignation
à l’égard de la conduite de
Boyer dans cette affaire. Il a expliqué :
“Il y eu un mécontentement concentré
qui, de la capitale, devait se répandre
dans toute la République et produire
bientôt de fâcheux effets » [7]. De
son côté, sur le même sujet, l’historien
Thomas Madiou, qui se retrouvait lui
aussi dans les couloirs du Palais national
à l’époque de Boyer, mentionna
quand la nouvelle de l’acceptation de
l’ordonnance royale circula dans les
villes et les campagnes, il se répandait,
comme une trainée de poudre, que le
président Boyer avait « vendu le pays
aux Français” [8]. On parla même des
préparatifs, surtout dans le Nord, pour
déclencher une révolte contre le gouvernement
et le renverser. Ce qui obligea
les membres du gouvernement à
faire une tournée militaire dans cette
région du pays pendant deux mois.
Par la suite, de temps à autre, il a dû
faire face aux mécontentements suscités
par cette acceptation de l’ordonnance.
Certes, Boyer resta au pouvoir
jusqu’en mars 1843, il n’en demeure
pas moins que sa longue présidence
créa du scepticisme, l’expression d’une
révolte contenue ressentie au sein de
la population.
Il y a deux cents ans depuis que
le gouvernement de Boyer a accepté
l’ordonnance abominable de Charles X.
C’est encore un événement douloureux
dans les annales de l’histoire d’Haïti
et de ses relations diplomatiques avec
la France. Il ne s’agit ici ni d’anniversaire,
ni de célébration, ni de commémoration,
sinon de la remémoration
d’une infamie historique faite à un
peuple à peine libéré de l’exploitation
du système esclavagiste conjuguée
aux méfaits et calamités de la domination
colonialiste.
Notes
[1] Voir Watson Denis, “Le président
Jean-Pierre Boyer, l’acceptation
de l’ordonnance de Charles X en 1825
et la reconnaissance de l’indépendance
d’Haïti par la France. (Haïti : de la souveraineté
à la suzeraineté) », Revue
d’Histoire Haïtienne. Haïti au XIXe
siècle, N0. 3, Montréal, P.Q. Canada,
CIDIHCA, 2022, pp. 411-446.
[2] Voir sur ce sujet Benoit Joachim,
« Le néo-colonialisme à l’essai.
La France et l’indépendance d’Haïti »,
La Pensée, N0. 156, avril 1971, pp.
19-43. Du même auteur, voir également,
« La reconnaissance d’Haïti par
la France (1825) : naissance d’un nouveau
type de rapports internationaux
», Revue d’histoire moderne et contemporaine,
N0s. 22-23, 1975, pp.
369-396 et Watson Denis, « Série de
dettes publiques contractées par l’État
haïtien au XIXe siècle (1825-1911).
De la double dette de l’indépendance
aux emprunts de la Consolidation et
pour la création de la Banque Nationale
de la République d’Haïti », Revue
de la Société Haïtienne d’Histoire, de
Géographie et de Géologie, N0s. 267-
274, janvier 2018- décembre 2019,
pp. 127- 169.
[3] A preuve, l’ordonnance a
été publiée en avril 1825, rien ne se
déroula ; tout se déclencha en juillet
1825 à la suite de son acceptation par
le gouvernement.
[4] Les citations sont tirées de
l’article de Leslie F. Manigat, “Le délicat
problème de la critique historique.
Les sentiments de Pétion et de Boyer
vis-à-vis de l’indépendance nationale
dans la conjoncture 1808-1814”,
Éventail d’Histoire Vivante d’Haïti,
Tome I : La période fondatrice, 1789-
Le président haïtien
Jean-Pierre Boyer
1838, Port-au-Prince, Collection du
CHUDAC, 2001, p. 238.
[5] Voir “Rapport à Son Excellence
le ministre de la Marine et
des Colonies, de la mission à Saint-
Domingue de Mr. le Baron de Mackau
», Haïti-France. Les chaines de la dette
(le rapport Mackau, 1825, édition intégrale,
annotée et commentée, par
Marcel Dorigny, Jean Marie Théodat,
Gusti-Klara Gaillard et Jean-Claude
Bruffaerts, préface de Thomas Piketty,
introduction de Fritz Alphonse Jean,
Paris, Maisonneuve & Larose, Nouvelles
éditions/ Hémisphères, 2021,
pp.140-141.
[6] Manigat, “Les sentiments
de Pétion et de Boyer vis-à-vis de l’indépendance
nationale”, pp. 219-248.
[7] Voir Beaubrun Ardouin,
Études sur l’histoire d’Haïti, vol. 3,
Tomes 8, 9, 10 et 11, 1811 (1846),
Port-au-Prince, Reproduction par Ateliers
Fardin, 2004, pp. 86. p. 82.
[8] Voir Thomas Madiou, Histoire
d’Haïti, Tome VI (1819-1826),
Port-au-Prince, Éditions Henri Deschamps,
1988, pp. 476-478. Cette
idée de vendre le pays à la France était
largement partagée au sein de la population.
Elle a été également rapportée
une vingtaine d’années plus tard par
Inginac, dans ses mémoires. Voir Inginac,
Les mémoires du général Joseph
Balthazar Inginac, p. 117.
*Watson Denis, Ph.D. Professeur
de pensée sociale haïtienne, d’histoire
de la Caraïbe et des relations internationales
à l’Université d’État d’Haïti
et auteur, entre autres, de l’ouvrage :
Haïti : changer le cours de l’Histoire
(2016)
Vol 19 # 02 • Du 9 au 15 Juillet 2025
Haiti Liberté
7
Haïti, d’une Transition à l’Autre (15)
Henry T. Wooster, le nouveau Gouverneur US en Haïti !
Par Catherine Charlemagne
Le nouveau Gouverneur US en Haïti, Henry T. Wooster
Depuis le 12 juin 2025, les Etats-Unis
d’Amérique ont un nouveau visage
en Haïti. Il se nomme Henry T. Wooster.
A n’en pas douter, c’est un pilier de la
diplomatie américaine. Il succède à l’ambassadeur
Dennis B. Hankins qui prend
sa retraite diplomatique mais pas complètement
retiré du service de Washington.
Puisqu’il est dorénavant Conseiller
en politique étrangère au Pentagone
(Ministère de la Défense) au Bureau de
la Garde nationale. Par ailleurs, en regardant
bien le parcours de son successeur,
on s’aperçoit qu’il est un vétéran
dans la diplomatie surtout dans les pays
rebelles au diktat occidental où Washington
cherche à imposer sa politique
et celle occidentale en général. Selon la
biographie de celui qu’il faut considérer
comme le nouveau Gouverneur US en
Haïti, on lit qu’« …Il a été Conseiller
politique à l’ambassade des États-Unis
à Islamabad. Il a également été directeur
pour l’Asie centrale au Conseil
national de sécurité, conseiller en politique
étrangère auprès du général commandant
les opérations spéciales conjointes
des États-Unis.
Secrétaire d’Etat-adjoint par intérim
pour l’Iran ; directeur du bureau
des affaires iraniennes ; directeur adjoint
du bureau des affaires provinciales,
ambassade de Bagdad ; assistant
spécial du Secrétaire adjoint Jack Lew
; directeur adjoint du bureau des affaires
iraniennes ; responsable du bureau
de l’Iran ; responsable politique,
ambassade de Moscou ; responsable
exécutif, mission des États-Unis auprès
de l’OTAN ; responsable du bureau des
affaires russes ; consul, ambassade de
Port-au-Prince ; et responsable politique,
ambassade de Tbilissi. Avant de
rejoindre le Service extérieur, Henry était
officier de l’armée. Il est titulaire d’un
M.A. (Master of Arts) de l’Université de
Yale et d’un B.A. (Bachelor of Arts) du
Amherst College… » Bref, sa mission
sera de continuer à mettre les bâtons
dans les roues des autorités haïtiennes
pour parachever l’œuvre néfaste de l’Oncle
Sam envers Haïti.
En effet, Haïti est l’un des rares,
très rares États du monde, où l’arrivée
de chaque nouvel ambassadeur étranger,
notamment américain et français, suscite
les commentaires de la rue et obligent
presque tous les observateurs politiques
et géopolitiques locaux à se pencher sur
son dossier et son installation à Port-au-
Prince. Cette quasi-obligation commande
deux explications relatives à l’histoire.
D’abord, l’influence de la politique de
Washington sur les affaires internes
d’Haïti depuis l’occupation américaine de
1915. Ensuite, les crises politiques successives
qui se poursuivent dans le pays
sans qu’aucune solution durable n’ait pu
être trouvée malgré cette omniprésence
continue des américains dans la conduite
de la politique haïtienne. Nous disons
ayant rapport à l’histoire, c’est peut-être
exagéré. Il serait plus exact de dire depuis
la fin de la dictature de Duvalier père et
fils en 1986, bien que cette dictature
héréditaire était soutenue à bout de bras
par Washington jusqu’à sa chute.
Car la vérité historique veut que
les Duvalier, surtout François, savaient
se faire respecter quand les limites de
la décence étaient dépassées par l’ingérence
extérieure. En effet, l’ingérence
étrangère, entre autres, celle des États-
Unis d’Amérique, sous la dictature du Dr
François Duvalier, voire de son fils Jean-
Claude, était, somme toute, très relative
dans la mesure où le pouvoir laissait faire
jusqu’à une certaine limite afin de sauvegarder
son régime. Mais jamais pour
ridiculiser la République d’Haïti, pour
qui, la première République noire du
monde était une référence historique en
matière de lutte pour l’égalité des droits
des États, des droits des Nations et des
droits des peuples à se disposer d’euxmêmes.
Les historiens haïtiens, les vrais,
ou tous ceux qui s’intéressent à l’histoire
politique et diplomatique de ce pays, connaissent
et n’oublieront jamais l’humiliation
subie par un ambassadeur américain
au Palais national sous Papa Doc
qui pensait venir rencontrer directement
le chef de l’Etat sans être invité par celuici
- crime de lèse-majesté - sans passer
par le Service du Ministère des Affaires
étrangères en vue de discuter d’un dossier.
Après une journée passée à
poiroter (attendre) dans une salle d’attente
jouxtant le Bureau du Président,
à 16 heures, heure de la fermeture des
bureaux, Duvalier lui fait dire d’aller
prendre rendez-vous comme c’est la règle
auprès de son ministre des Affaires
Extérieures suivant le protocole habituel.
Suite à ce clash diplomatique que certains
aujourd’hui auraient qualifié de signe
irrespectueux, irrévérencieux envers
l’ambassadeur, même les oppositions de
l’époque, pourtant vent debout contre
le régime, n’avaient pas considéré qu’il
s’agissait d’un impair et que la Maison
Blanche devait diligenter un contingent
de Marines, aujourd’hui, on parlerait de
mercenaires privés, pour venir soit assassiner
soit renverser le Président. Et
pour cause. Tout le monde sait qu’il y a
un protocole à suivre avant d’accéder à
un chef d’État et à un Premier ministre
qui se respecte.
Après cet épisode humiliant qui
avait fait le tour des salons et des dîners
diplomatiques de Port-au-Prince, non
seulement tous les diplomates étrangers
dans la capitale haïtienne se tenaient
à carreaux par crainte d’être expulsés
manu militari, mais ils se gardaient bien
de se mêler de ce qui ne les regarde pas,
s’agissant de la politique intérieure du
régime de Duvalier. Mêmes les portes
de certaines ambassades étaient définitivement
fermées pour de nombreux
opposants politiques, pourtant traqués,
pourchassés et surveillés jours et nuits
par la police politique du régime et les
tristement célèbres Tontons Macoutes.
En 2004, selon les aveux mêmes d’un
« ami » diplomate français à Port-au-
Prince, après l’exil du Président Jean-Bertrand
Aristide : « La chute du régime
dictatorial de la famille Duvalier en
1986 nous a en quelque sorte réhabilités,
en clair, on a retrouvé notre mission
première en Haïti, celle qui consiste
avant tout à avoir les dirigeants haïtiens
sous tutelles ». Tout est dit.
Et en effet, depuis plus de quatre
décennies, cet « ami » ne croyait pas si
bien définir le rôle des diplomates étrangers
à Port-au-Prince qui font et défont la
politique de ce pays, certes, avec le soutien
actif et complice de tous les dirigeants
qu’ils soient élus ou non. D’où l’intérêt
que ces messieurs et dames les diplomates
nous obligent à porter chaque fois
que l’un d’entre eux part ou arrive à la
tête d’une mission diplomatique en Haïti.
Comme nous le disions plus haut, surtout
pour les deux principaux - Etats-Unis ,
France - sans oublier bien évidemment
le Canada qui joue depuis quelque temps
dans la cour des « Grands » soit pour
son propre compte quand c’est possible
en jouant sur la corde sensible de l’immigration
haïtienne au pays d’Erable, soit
en sous-traitant comme il avait fait pour
les Etats-Unis en favorisant et finançant
diverses rencontres de la CARICOM sur
Haïti à la Jamaïque jusqu’à la signature
de l’Accord du 3 avril 2024 créant le
fameux Conseil Présidentiel de Transition
(CPT) devenu un an après l’ombre de luimême.
Personne ne peut dire le contraire,
aujourd’hui ce sont les ambassadeurs de
ces trois capitales - Washington, Paris et
Ottawa - qui mènent la danse en Haïti.
Tout ou presque passe par ces représentants
diplomatiques qui s’invitent comme
bon leur semble à la Primature, au Palais
national, l’Assemblée Nationale, au
Palais de justice et aujourd’hui à la Villa
d’Accueil pour dire leurs quatre vérités
aux dirigeants haïtiens. En clair, donner
des directives et le tempo politique à
suivre bien que, depuis des décennies, les
Haïtiens peinent à comprendre et à voir
le résultat de cette ingérence étrangère
tripartite dans leur pays. On a eu l’occasion
de le souligner à maintes fois, tous
les dirigeants haïtiens, mêmes élus, ce
qui est tout de même curieux et paradoxal
à la fois, pensent que sans le soutien
et l’appui déclarés des ambassadeurs de
ces trois pays, ils ne peuvent passer l’été
ou l’hiver en poste.
D’où l’allégeance déclarée principalement
à l’ambassadeur ou le Chargé
d’affaires américain en poste en Haïti,
qui, il est vrai, ne se gêne pas pour jouer
le père fouettard ou à la peur sur les autorités
d’un pays qui, légalement et selon
tous les critères régis en matière de droits
internationaux, est indépendant, libre
et souverain. Par cette ingérence sans
limite, les Etats-Unis s’emploient à faire
d’Haïti même pas un Etat associé, voire
Henry T. Wooster s’entretient avec le secrétaire d’État Marco Rubio
une colonie mais bien moins que cela :
un simple « Territoire » où Washington
envoie quand bon lui semble n’importe
qui mais ayant pour unique mission : de
cantonner les dirigeants dans des tâches
subalternes.
Les vraies décisions ne doivent pas
dépendre d’eux, mais de ses représentants
qui appliquent à la lettre la politique
de destruction lente qui a été définie,
théorisée, pensée par ceux qui n’ont jamais
compris et ne veulent surtout pas
comprendre comment ces bandes de
« nègres » ont pu mener une guerre
victorieuse contre leur allié français il y
a plus de deux cents ans, se libérer de
l’esclave jusqu’à se croire indépendantes.
Il se trouve que, depuis qu’un complot
international a tué dans l’œuf le rêve des
fondateurs et les bâtisseurs de cet Etat
à peine né, à part de rares moments de
l’histoire, les dirigeants successifs se contentent
de se plier aux diktats des comploteurs
locaux et internationaux pour
qui ce pays doit disparaître et ils feront
tout pour que cet objectif soit atteint. Le
profil de chaque diplomate envoyé en
Haïti démontre qu’il ne vient pas pour
conseiller encore moins pour apporter
quelques brides de solutions aux problèmes
que leurs pays respectifs ont imposés
aux haïtiens.
Ils sont nommés, justement, pour
accélérer la descente aux enfers de ce
peuple trop fier qui pensait entrer dans
l’histoire avec un grand « H » alors qu’il
est censé payer la hardiesse et l’affront de
leurs ancêtres pensant pouvoir apporter
un brin d’humanité dans un monde inégalitaire,
humain, esclavagiste, voire
de sauvagerie. Depuis 1986, Haïti a vu
défiler une cohorte d’ambassadeurs,
Chargé d’affaires américain, français et
canadien. Qu’est-ce que cela a apporté
en termes de relation bilatérale pour le
peuple haïtien et pour Haïti ? A la différence
d’autres pays, particulièrement
Cuba qui a défini une politique coopérative
claire, efficace et utile en matière
médicale envers Haïti. Or, en dépit de
cette coopération réussie que personne,
même leurs pires ennemis, ne met en
doute, les autorités de La Havane, à notre
connaissance, n’ont jamais rien demandé
en retour et ne cherchent pas non
plus et loin de là à influencer la politique
de Port-au-Prince, histoire d’avoir des
alliés dans les Forums internationaux.
Situé pourtant à quelques encablures
des côtes haïtiennes, Cuba n’a
jamais cherché à imposer sa politique
sur quoi que ce soit en Haïti, ni faire
de l’ingérence au moment des élections
dans le pays. Il pratique la doctrine de
non ingérence dans les affaires internes
en laissant chaque peuple disposer de
lui-même. Qui, en Haïti, a déjà entendu
parler de l’ambassadeur cubain en Haïti à
un moment ou à un autre ? Personne. A
part quelques rares journalistes et observateurs
politiques sachant que l’ambassadeur
s’appelle Calos Moya Ramos, pas
grand monde. Ce diplomate n’intervient
jamais dans les débats, discussions et autres
prises de positions dans les affaires
haïtiennes qu’il s’agit de l’immigration,
de la politique, des élections, du gouvernement.
Pourtant, son pays entretient
d’excellentes relations avec les autorités
haïtiennes. Mais, comme les dirigeants
de son pays, il se garde lui aussi d’intervenir
dans les affaires internes d’Haïti.
Il n’est pas comme ses homologues
américain, français et canadien,
ces donneurs de leçons, ces censeurs qui
ordonnent, passent des ordres, nomment
et révoquent comme bon leur semble qui,
quand et comment les dirigeants haïtiens
comme s’il s’agissait de nommer ou congédier
un employé d’une quelconque
entreprise américaine, française ou canadienne.
D’ailleurs, il suffit de lire ce que
l’ambassade des Etats-Unis a écrit sur les
priorités du nouvel ambassadeur Henry
T. Wooster pour comprendre que ce sera
lui le véritable patron en Haïti. « L’ambassade
des États-Unis à Port-au-
Prince accueille l’ambassadeur Wooster
en tant que nouveau chargé d’affaires.
Fort d’une carrière remarquable, avec
notamment des missions en Haïti, en
France, en Irak, au Pakistan, en Géorgie,
diverses affectations à Washington
et un rôle d’ambassadeur en Jordanie,
l’ambassadeur Wooster dirigera une
approche pangouvernementale de la
politique américaine en Haïti. Le rétablissement
de la stabilité sera sa priorité.
» Qui a dit que ce n’est pas lui le patron ?
D’ailleurs, le jeudi 3 juillet 2025, le nouveau
patron ne s’est pas privé lors d’une
réception donnée à son ambassade la
veille de l’anniversaire de l’indépendance
américaine du 4 juillet 1776 de donner
une petite leçon de patriotisme aux élites
et à la classe politique haïtienne qui se
liguent contre leur pays.
« Les analystes d’Haïti, tout comme
les Haïtiens eux-mêmes, évoquent
souvent les « élites » lorsqu’il s’agit de
parler de la culture politique du pays, et
en particulier de sa classe dirigeante.
Il ne surprendra personne ici de reconnaître
que les fondateurs de l’Amérique
étaient eux aussi des élites - un groupe
d’hommes aisés, cultivés et influents.
Ces élites savaient que la création d’un
nouvel ordre impliquerait des sacrifices,
voire leur mort. Ce qui est remarquable,
c’est que la décision de rompre avec
le statu quo ait été prise par ceux-là
mêmes qui en bénéficiaient le plus ; autrement
dit, par ceux qui avaient le plus
à perdre. Ceux qui connaissent l’histoire
des États-Unis savent que ce choix leur
a coûté très cher, personnellement, financièrement
et professionnellement ».
Pour une fois, on est obligé de lui donner
raison.
C.C
8 Haiti Liberté
Vol 19 # 02 • Du 9 au 15 Juillet 2025
This week in Haiti
How the Haitian Government’s Drone War is Illegal,
Indiscriminate, and Counter-Productive... and Erik Prince’s
Mercenaries will Just Make Matters Worse
A Haitian National Police (PNH) drone. The RCMP trained the PNH in how
to fly drones, but for surveillance, not bombing.
by Travis Ross
recent New York Times article explained
that the kamikaze drone
A
warfare currently being waged by Haiti’s
Transitional Presidential Council
(CPT) against Port-au-Prince’s armed
groups is likely unlawful and violates
an understanding with Canada.
The Royal Canadian Mounted
Police (RCMP) had donated the drones
and trained the Haitian National Police
(PNH) on how to use them for surveillance
of armed groups, the article
reports.
“The drone attacks it has conducted
are in violation of Haiti’s domestic
criminal law and international human
rights law,” RCMP spokesperson
Marie-Eve Breton said in an email to
The New York Times. “The RCMP does
not condone the use of drones to carry
munitions or offensive tools.”
According to Breton, Haiti’s government
had promised not to use the
drones to kill people. The “task force”
that the Haitian government formed to
weaponize the drones had “no legal authorities,”
she said.
Breton’s comments contradicted
a Mar. 18 Press Lakay report in which
PNH deputy spokesman Lionel Lazarre
said that “the Canadian government
supported the initiative” of the CPT to
form a lethal-drone task force.
The RCMP is distancing itself
from the CPT’s drone warfare after several
human rights experts have opined
that the program violates international
Photo: Haiti Libre
A typical drone with an explosive
cylinder, as used in Haiti.
law, as Breton noted.
Godfrey Otunge, the commander
of the UN-blessed, Kenyan-led Multinational
Security Support Mission
(MSS) in Haiti, also said that his force
does not use “weaponized drones” and
that the CPT “is in charge,” according
to the Washington Post.
An anonymous Haitian official
showed no concern for the civilian casualties
that cause the RCMP and MSS
to disassociate from the drone warfare.
“Let’s be honest — it’s inevitable,”
the official told the Post. “To me,
it’s just a detail. As long as you’re in
a zone controlled by gangs and there
are attacks, collateral damage is going
to happen.”
With Canada and the MSS taking
their distance, the current CPT interim
president Fritz Alphonse Jean admitted
recently that the government had
hired “foreign mercenaries” to operate
the kamikaze drones, mercenaries assembled
by the infamous Erik Prince,
founder of Blackwater and a host of
other “military contractor” firms.
The CPT hires Erik Prince to
conduct kamikaze drone program
“Haiti’s government has hired American
contractors, including Mr. Prince,
in recent months to work on a secret
task force to deploy drones meant to
kill gang members,” reported the New
York Times on May 28.
The article reports that
Prince’s team has been operating the
drones since March, which is when
the first attacks began. Quoting anonymous
“security experts,” the article explains
that Prince has “also been scouting
Haitian American military veterans
to hire to send to Port-au-Prince and is
expected to send up to 150 mercenaries
to Haiti over the summer.”
Prince also “recently shipped
a large cache of weapons to the country,”
the experts said.
An anonymous Haitian government
official told the Times that
“secrecy about the [drone] operations
was imperative to avoid tipping off
gang leaders,” suggesting this justified
hiring private contractors from the U.S.
because it would mean “fewer leaks of
information.”
Prince: “It’s time for us to put the
imperial hat back on”
The Times article comes two months
after reports revealed that Prince is also
contracted to “help Democratic Republic
of Congo (DRC) secure and tax its
vast mineral wealth.” The contract with
Prince follows a “broader deal on critical
minerals partnerships” between the
DRC and the Trump administration.
Prince is a big Trump supporter,
having donated $250,000 to his 2016
presidential campaign, and Prince’s sister,
Betsy DeVos, served as Trump’s first
Education Secretary.
Prince is also a vocal supporter of
colonialism and U.S. imperialism. In an
Off the Leash podcast, Prince said “it’s
time for us to just put the imperial hat
back on, to say, ‘we’re going to govern
those countries.’”
“You can say that about pretty
much all of Africa, they’re incapable
of governing themselves,” Prince continued.
In an article for The Intercept,
journalist Jon Schwarz explained that
Prince later “added that he thought this
was a great concept not just for Africa
but also for Latin America.”
Prince is not formally working on
behalf of the Trump administration, but
it is unlikely that he offered his services
to the CPT without approval from the
U.S. State Department.
In an interview with Responsible
Statecraft, Sean McFate, a former
contractor and author of “The Modern
Mercenary: Private Armies and What
They Mean for World Order,” explained
that Prince was acting as “an opportunist
aligned with Trump,” playing on
Trump’s obsession with the migration
of “illegal aliens” from the Global South
into the U.S..
“What’s different this time”, Mc-
Fate explained, “is that [Prince is] not
really pitching contracts to Washington.
He’s pitching contracts in cooperation
with what he thinks is Washington...
He’s finding clientele who are not
Americans, but he’s doing it with the
blessing he thinks [he’ll get], or wants
[from] Trump.”
It may be that Prince’s desire
for overt U.S. imperial domination of
Africa and Latin America will appeal
to Trump, who has disbanded U.S.
soft-power institutions like USAID and
the United States Institute for Peace
(USIP).
Haitian human rights groups
support kamikaze drone program
One of the most surprising aspects of
the CPT’s illegal drone warfare program
is the enthusiastic support provided
it by Haiti’s so-called “human-rights
groups,” including FJKL, RNDDH,
POHDH, CARDH, and Collectif Défenseurs
Plus.
Most of these human rights
groups are in some way funded by
the National Endowment for Democracy
(NED), the Canadian government,
the Open Societies Foundation (OSF),
or American Jewish Voices for Peace
(AJWS). Consequently, they do not
challenge U.S. imperial domination of
Haiti.
The most widely cited of these
groups, the RNDDH, is also the most
notorious. It is generally regarded as a
political organization, and its director,
Pierre Espérance, a political operator.
Espérance is aligned with sectors
of the “Patripoche” or enlightened
bourgeoisie via the Montana Accord,
which used to meet in his office. For the
moment, the Montana Accord’s CPT
representative, Fritz Jean, is running
the dysfunctional interim government.
Espérance has used the RNDDH
to target political rivals with false allegations
of criminal wrongdoing.
This has gone as far as playing
a key role in the propaganda campaign
that framed Fanmi Lavalas (FL) and
its leader, Jean-Bertrand Aristide, as
a tyrannical movement undermining
Haitian democracy. This led to the
2004 coup d’etat, backed by the U.S.,
Canadian, and French governments,
that ousted Aristide and thousands of
other elected FL officials. A campaign
of terror followed that saw the RNDDH
work with the coup regime to aid the
PNH in a terror campaign that targeted
FL leaders and militants.
A common feature of RNDDH
propaganda is manipulating numbers
of victims or framing violence in their
reports to suit their political ends.
For example, following the
2004 coup, the RNDDH worked with
the coup regime to target FL leaders
and members. In order to frame Prime
Minister Yvon Neptune, Espérance
and the RNDDH misrepresented as a
state-sanctioned “massacre” the battle
between government forces and their
popular organization (Balewouze) allies
against a quasi-paramilitary group
named RAMICOS in La Scierie.
RAMICOS supported Aristide’s
overthrow. The battle between RAM-
ICOS and government-aligned forces
resulted in several fatalities, including
some non-combatants.
The RNDDH misrepresented
these deaths as being the result of a
“massacre” ordered by Neptune, leading
to his illegal imprisonment without
trial for two years after the 2004 coup.
The RNDDH fabricates figures
to maintain support from drone
program
The RNDDH claims in their recent report
entitled “30th Anniversary of the
Haitian National Police (PNH): RND-
DH Commends the Struggle of Police
Officers to Restore Security” that “at
least 300 armed terrorist gang members
have been killed, and more than
400 others have been injured, some of
them seriously.”
It’s unclear why this was included
in a report celebrating the PNH’s accomplishments,
considering it clarifies
that “to date, the PNH has had no involvement
in the planning or coordination
of drone-based operations.”
Furthermore, Jake Johnston at
the Center for Economic and Policy Research
(CEPR) recently pointed out that
during the period of January to May
2025 “the UN reported 2,680 people
were killed in Haiti. Nearly 60% were
killed by police, and that share has
been increasing recently.”
This includes the case of Haitian-American
truck-driver and entrepreneur
Weithzer Ervens Fénélon who
Gage Skidmore
Erik Prince, mercenary
entrepreneur, Trump supporter:
“it’s time for us to just put the
imperial hat back on.”
was kidnapped and murdered by PNH
officers near Port-de-Paix in March.
Witnesses allege that following his
brutal murder, PNH officers severed his
head and limbs and burned his body.
The RNDDH’s desire to celebrate
the PNH stands in stark contrast to the
police force’s actions. The RNDDH does
not substantiate their drone-kill figures
with any recordings, data, or names,
nor does it say anything about the “inevitable”
civilian deaths.
Indeed, to redress insecurity, the
PNH has largely used two tactics: first,
it has carried out unprovoked murder,
torture, disappearances, and terrorization
of unarmed civilians living in
or near territory controlled by armed
groups and, second, it has attacked
protestors.
Given the RNDDH’s history of
manipulating reports for political ends,
and the lack of proof to support their
claim of 300 dead and 400 injured
“terrorist gang members,” one can presume
the numbers are invented or inflated
and that civilian casualties have
been omitted or misclassified.
These patently manufactured
numbers aim to encourage further
drone warfare against Haiti’s poor
slums and have been uncritically cited
across the local and international bourgeois
media, thereby framing the drone
warfare campaign as successful and
uncontroversial.
The RCMP’s Marie-Eve Breton:
“The RCMP does not condone the
use of drones to carry munitions
or offensive tools.”
Even Insight Crime, a “think
tank” linked to the State Department
and OSF, reported recently that security
analysts they consulted said the RND-
DH’s figures “could not be verified” and
that the drone program has resulted in
“mounting civilian casualties.” The report
emphasized that “the Haitian government
has not confirmed the number
of those killed or wounded.”
In the Insight Crime report, Ayibopost’s
editor, Wildore Mérancourt,
said he could “confirm that civilians
were harmed.”
Haitians demonstrate against
drone program, demand the
removal of the CPT
The “human rights” sector’s support for
the kamikaze drone program reflects a
general enthusiasm for the approach
among Haiti’s bourgeoisie. Residents of
elite quarters, representing the 10% of
greater Port-au-Prince that is not controlled
by armed groups, are heavily
guarded by PNH units and are not at
risk of becoming “collateral damage.”
In contrast, a Jun. 20 demonstration
by thousands in the desperately
poor southwestern flank of Port-au-
Prince demanded an end to the drone
program, the CPT’s removal, and for
the U.S., Canadian, and French governments
to stop meddling in Haiti’s
affairs.
Krisla, a leader of the capital
region’s armed group alliance Viv Ansanm,
spoke to the demonstrators,
expressing a widespread sentiment in
many of Haiti’s poor neighborhoods:
“Haiti is rich. These foreign mercenaries
and powers are coming after our gas
and mineral wealth, our gold.”
“We come from the popular
quarters”, he said. “They say that people
from our neighborhoods are not
people. When Viv Ansanm comes to
power, we will arrest many guys. Both
politicians and bourgeois… They sell
drugs, ammunition, guns, body organs.
Then they put out the lie that it’s Viv
Ansanm selling organs? The hospitals
these things come from are not in our
neighborhoods!… THEY are trafficking
in organs. Everything they accuse us
of doing, it’s THEY who are doing it….
One day, Haiti will change.”
Meanwhile, not a single armed
group leader has been killed by these
drone attacks.
Vitel’Homme, the leader
suite à la page(16)
Vol 19 # 02 • Du 9 au 15 Juillet 2025
Haiti Liberté
9
JOURNALISTES BBC : « ON NO
FAIRE LA PROMO D’ISR
Le directeur général de la BBC, Tim Davie
Par Owen Jones
On a eu l’impression que la BBC faisait de la communication pour le gouvernement et l’armée israéliens.
Une lettre accablante signée
par plus de 100 journalistes
de la BBC souligne l’un des
plus grands scandales de notre
époque
Il s’agit d’une intervention
accablante. Plus d’une centaine
d’employés de la BBC
ont écrit une lettre au directeur
général, Tim Davie, pour
se plaindre que la société
soit devenue le porte-parole
d’Israël. Elle a également été
signée par 300 autres journalistes
et professionnels des
médias, dont votre serviteur.
Comme on pouvait s’y attendre,
les employés de la BBC
sont tous anonymes, car sinon
ils s’exposeraient à de
graves conséquences pour
leur carrière.
La lettre dit : Nous vous
écrivons pour vous faire part
de nos préoccupations concernant
les décisions éditoriales
opaques et la censure de
la BBC dans ses reportages
sur Israël/Palestine. Nous
pensons que le refus de diffuser
le documentaire « Gaza
: Medics Under Fire » n’est
qu’une décision parmi tant
d’autres motivées par des
considérations politiques.
Cela démontre, une fois de
plus, que la BBC ne rend pas
compte « sans crainte ni favoritisme
» lorsqu’il s’agit
d’Israël.
La lettre poursuit en
soulignant que la décision
de ne pas diffuser l’enquête
a été prise par la direction de
la BBC alors que le contenu
avait été approuvé conformément
aux directives et à la
politique éditoriale de la BBC,
ce qui, selon elle, « semble
être une décision politique »,
ajoutant que la réponse de
la BBC montre que l’organisation
« est paralysée par la
crainte d’être perçue comme
critique à l’égard du gouvernement
israélien ».
Cette lettre a passé tous
les contrôles internes de la
BBC. Aucune erreur factuelle
n’est alléguée. Le seul autre
documentaire de la BBC
qui se concentrait sur le sort
apocalyptique du peuple palestinien
à Gaza a été retiré
à la suite d’une campagne
pro-israélienne hystérique,
parce que le père du narrateur
occupait un poste technocratique
subalterne dans l’administration
du Hamas. Cela
n’a aucune importance, étant
donné que les paroles du narrateur
ont été écrites pour lui
par les producteurs du documentaire.
La lettre souligne que
les signataires ne « demandent
pas à la BBC de prendre
parti », mais simplement de
permettre aux journalistes
de la BBC de « faire leur travail
en présentant les faits de
manière transparente et dans
leur contexte ». Ils soulignent
un échec flagrant :
En tant qu’organisation,
nous n’avons proposé
aucune analyse significative
de l’implication du gouvernement
britannique dans la
guerre contre les Palestiniens.
Nous n’avons pas rendu
compte des ventes d’armes
ni de leurs implications juridiques.
Ces informations
ont plutôt été révélées par les
concurrents de la BBC.
Il s’agit d’ailleurs d’un
des nombreux échecs scandaleux
de la BBC, qui est un
diffuseur de service public
tenu de demander des comptes
au gouvernement britannique
et qui a failli à sa mission.
Et c’est là l’allégation
vraiment cruciale. La lettre dit
: Ce n’est pas un hasard, mais
bien une stratégie délibérée.
Une grande partie de la
couverture de la BBC dans ce
domaine est marquée par un
racisme anti-palestinien.
C’est exactement cela.
La BBC n’a même pas prétendu
que la vie des Palestiniens
avait la moindre valeur
par rapport à celle des
Israéliens. Lorsque j’ai mené
mon enquête approfondie sur
la couverture de la BBC pour
Drop Site News à la fin de
l’année dernière, j’ai travaillé
avec des journalistes spécialisés
dans les données qui ont
utilisé des statistiques incontestables
pour montrer que
c’était bien le cas.
La lettre mentionne
un nom crucial. Elle dit : La
manière incohérente dont les
directives sont appliquées
met en évidence le rôle de
Sir Robbie Gibb, membre du
conseil d’administration de la
BBC et du comité des normes
éditoriales de la BBC. Nous
sommes préoccupés par le
fait qu’une personne ayant
des liens étroits avec le Jewish
Chronicle, un média qui a
publié à plusieurs reprises des
contenus anti-palestiniens et
souvent racistes, ait son mot
à dire dans les décisions éditoriales
de la BBC, quelle que
soit sa fonction, y compris la
décision de ne pas diffuser «
Gaza : Medics Under Fire ».
Sir Robbie Gibb est un
cas d’étude frappant. Frère
d’un ministre conservateur, il
a rejoint la BBC en tant que
chercheur politique après
avoir obtenu son diplôme,
avant de devenir chef de cabinet
du chancelier de l’opposition
conservateur Francis
Maude. Il est ensuite revenu
à la BBC en tant que rédacteur
en chef adjoint de l’émission
phare d’actualité Newsnight,
puis est devenu rédacteur
en chef des programmes
politiques de la BBC tels que
Daily Politics, où il a travaillé
en étroite collaboration avec
son présentateur principal,
Andrew Neil, alors président
du magazine d’extrême droite
Spectator. Il a ensuite quitté la
BBC en 2017 pour devenir directeur
de la communication
de la Première ministre conservatrice
Theresa May. Il est
ensuite revenu à la BBC, où il
a rejoint son conseil d’administration.
On vous pardonnera si
cette porte tournante entre les
conservateurs et la BBC vous
a donné le vertige. Il a été
pointé du doigt par d’anciens
présentateurs de Newsnight,
comme Emily Maitlis, qui l’a
qualifié d’« agent actif du parti
conservateur » qui façonnait
l’information diffusée par
la BBC en agissant « comme
l’arbitre de l’impartialité de la
BBC ».
En 2020, il a dirigé un
consortium visant à racheter
The Jewish Chronicle, un
journal qui, plutôt que de
remplir sa mission essentielle,
à savoir offrir une représentation
médiatique à la communauté
juive britannique, s’est
comporté comme un fervent
supporter de l’État israélien et
a même, comme le souligne
la lettre, diffusé des propos
racistes et anti-palestiniens
odieux.
Il est tout à fait remarquable
que cet homme ait
autant de pouvoir et d’influence
à la BBC. Pouvez-vous
imaginer quelqu’un ayant
des liens avec la gauche et
les pro-Palestiniens avoir autant
de pouvoir et d’influence
? Il y a plus de chances que
la Lune se transforme en un
fromage géant.
Comme le souligne la
lettre : Ce conflit d’intérêts
met en évidence un double
standard pour les créateurs
de contenu de la BBC qui ont
eux-mêmes fait l’expérience
de la censure au nom de l’«
impartialité ». Dans certains
cas, des membres du personnel
ont été accusés d’avoir
un agenda caché parce qu’ils
avaient publié sur les réseaux
sociaux des articles critiquant
le gouvernement israélien.
En comparaison, Gibb occupe
toujours un poste influent
et ses décisions manquent
de transparence, alors que
ses tendances idéologiques
sont bien connues. Nous
ne pouvons plus demander
aux contribuables qui paient
la redevance de fermer les
yeux sur les allégeances
idéologiques de Gibbs.
La lettre souligne que
les reportages de la BBC sur
Israël et la Palestine « ne
répondent pas à nos propres
normes éditoriales », avec «
un fossé entre la couverture
par la BBC de ce qui se passe
à Gaza et en Cisjordanie et
ce que notre public peut voir
grâce à de multiples sources
crédibles, notamment les organisations
de défense des
droits humains, le personnel
de l’ONU et les journalistes
sur le terrain ».
C’est pourquoi la lettre
fait cette affirmation incendiaire
: Trop souvent, on a eu
l’impression que la BBC faisait
de la communication pour
le gouvernement et l’armée
israéliens.
Il convient de noter que
plus d’une centaine de journalistes
qui consacrent leur
10 Haiti Liberté
Vol 19 # 02 • Du 9 au 15 Juillet 2025
US OBLIGE À
AËL »
La lettre ouverte affirme que les reportages de la BBC sur la guerre israélienne mettent son «
indépendance en danger ».
vie à travailler pour la BBC
ont déclaré être d’accord avec
cela.
Ils affirment : « Nous
avons été contraints de conclure
que les décisions sont
prises pour répondre à un
agenda politique plutôt que
pour servir les besoins du
public ».
Ils poursuivent en exprimant
leur extrême inquiétude
quant au fait que
les reportages de la BBC sur
cette question « ne répondent
pas aux normes attendues
par notre public », ajoutant
: Nous pensons que le rôle
de Robbie Gibb, tant au sein
du conseil d’administration
que du comité des normes
éditoriales, est intenable.
Nous appelons la BBC à faire
mieux pour notre public et à
réaffirmer son engagement
envers nos valeurs d’impartialité,
d’honnêteté et de reportage
sans crainte ni favoritisme.
Outre ces journalistes
de la BBC, parmi les signataires
figurent les acteurs
Juliet Stevenson, Khlaid Abdalla,
Zawe Ashton et Miriam
Margoyles.
Aujourd’hui, des initiés
de la BBC ont des choses intéressantes
à dire. L’un d’eux
déclare : À la BBC, le sentiment
de rejet à l’égard de
Gibb est palpable.
Dans les couloirs de la
New Broadcasting House, les
employés se confient les uns
aux autres au sujet des décisions
illogiques prises par la
direction et du rôle que Gibb
est amené à jouer.
Nous avons souvent
l’impression d’être dans une
relation abusive avec la BBC,
dans laquelle nous sommes
manipulés et pacifiés. »
Ils poursuivent : Nous
sommes épuisés par le double
standard et la suspension des
normes éditoriales. Pour de
nombreux employés, cela a
brisé toute notion d’équité.
Nous nous consolons
souvent mutuellement en
nous demandant comment
cela a pu arriver. Nous pensons
que la BBC ne sera
pas en mesure de respecter
son engagement en matière
d’équité et d’impartialité tant
que Gibb sera en poste.
Un autre ajoute : Depuis
plus d’un an, nous sommes
conscients que les informations
diffusées par la BBC
sont en décalage avec la réalité.
On demande au public de
ne pas croire ce qu’il voit et
entend.
Toute personne disposant
d’un téléphone a vu
les images provenant de Gaza
et de Cisjordanie, mais BBC
News s’est empêtrée dans des
notions de « complexité ».
Pourquoi avons-nous
pris une position claire sur
l’Ukraine et la Russie alors
que nous ne parvenons pas
à affirmer avec certitude les
faits lorsqu’il s’agit du peuple
palestinien ? Robbie Gibb est
au moins en partie responsable
de cette situation.
Nous avons soulevé
ces préoccupations à maintes
reprises, mais nous n’avons
pas été écoutés. Nous nous
exprimons parce que nous
devons mieux servir le public.
En effet, voici un autre
exemple du plus grand
scandale du journalisme occidental
de notre époque.
Ce que la BBC et d’autres
organisations ont fait, c’est
soit occulter complètement
les déclarations des dirigeants
et responsables israéliens exprimant
leur intention génocidaire
et criminelle, soit les
enterrer, et refuser d’expliquer
la nature génocidaire
et criminelle de ces déclarations.
Ces déclarations se sont
avérées être la feuille de route
la plus précise de ce qu’Israël
allait faire, et pourtant la BBC
a complètement induit son
public en erreur sur les intentions
d’Israël, traitant ces
déclarations comme si elles
avaient été faites dans un
univers parallèle, et se concentrant
plutôt sur les déclarations
trompeuses faites par
les responsables israéliens à
l’intention du public occidental.
La BBC a maintes fois
axé ses reportages sur les
fausses déclarations et affirmations
de l’État israélien, les
traitant comme crédibles malgré
les preuves accablantes
montrant qu’Israël mentait
sans cesse et commettait tous
les crimes de guerre et crimes
contre l’humanité imaginables.
Les voix palestiniennes
ont été beaucoup moins couvertes
et ont été poursuivies
comme si elles étaient à la
barre, contrairement aux voix
pro-israéliennes. Les atrocités
et les crimes de guerre ont
été ignorés et passés sous silence.
Les études dénonçant
les crimes de guerre ont été
ignorées ou ont fait l’objet
d’une couverture médiatique
très limitée.
La vie des Palestiniens a
été considérée comme ayant
infiniment moins de valeur
que celle des Israéliens, tandis
que des termes émotionnels
tels que « massacre »
sont réservés aux victimes israéliennes
plutôt qu’aux victimes
palestiniennes, et que
les mots humanisants sont
utilisés proportionnellement
beaucoup plus pour les victimes
israéliennes que pour
les victimes palestiniennes.
Alors que des phrases
telles que « le ministère de la
Santé dirigé par le Hamas »
sont systématiquement utilisées
pour saper la confiance
dans le bilan des victimes à
Gaza, des faits fondamentaux
tels que la délivrance par la
Cour pénale internationale de
mandats d’arrêt contre Benjamin
Netanyahu et son ancien
ministre de la Défense ne le
sont pas.
Le fait qu’il existe un
consensus parmi les spécialistes
du génocide, y compris
les spécialistes israéliens, sur
le fait qu’Israël commet un
génocide, a été occulté, ces
spécialistes ayant été effacés.
Nous pourrions continuer
ainsi. C’est le plus
grand scandale du journalisme
occidental de notre époque.
Ces journalistes de la
BBC ont pris la parole. D’autres
journalistes devraient
faire de même.
Owen Jones
Investig’Action
4 Juillet 2025
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Vol 19 # 02 • Du 9 au 15 Juillet 2025
Haiti Liberté
11
Perspectives
L’Occident tue Gaza
Carte montrant le territoire du Grand Israël revendiqué par les colons
illégaux israéliens
Par Alexandra Panagulli
1 ère partie
Terroristes – Les leurs et les nôtres
(Titre d’un livre d’Eqbal Ahmad
(1933-1999), politologue pakistanais
connu pour son activisme pacifiste, qui
a influencé l’éminent universitaire palestino-américain
Edward Said)
Les militants sont entrés dans le
village de nuit et ont posé des explosifs
contre certaines maisons. Leur
commandant a témoigné: «Nous avons
laissé derrière nous 35 maisons démolies
et 60 à 80 cadavres» [1].
Le village était Sa’sa’, tout au
nord de la Palestine. Le commandant
était Moshe Kelman, chef du Palmah,
une unité de la Haganah, principale
organisation paramilitaire sioniste.
L’attaque a eu lieu le 15 février 1948,
trois quarts de siècle avant la dernière
attaque du Hamas.
En combinant diverses sources,
je dénombre au moins 36 massacres
perpétrés en Palestine rien qu’en 1948
par les Haganah, Irgoun et Lehi – les
trois organisations paramilitaires sionistes
– et par l’armée israélienne naissante,
faisant au moins 2.800 morts
et 418 villages palestiniens détruits ou
dépeuplés.
À cela s’ajoutent des massacres
majeurs, à Qibya (octobre 1953,
69 morts palestiniens), à Kafr Qasim
(octobre 1956, 49), à Khan Younès
(novembre 1956, 275 à 400), à Sabra
et Chatila (septembre 1982, 3.000),
à Al-Aqsa (17 octobre 1990), à la
mosquée Ibrahimi (29 février 1994)
et au camp de réfugiés de Jénine (avril
2002, 54).
L’histoire immensément sanglante
de la Palestine n’a pas commencé
le 7 octobre 2023, comme les gouvernements
et les médias occidentaux
s’efforcent de la présenter depuis la
dernière attaque du Hamas.
En février 1947, Menahem
Begin, chef de l’Irgoun, était recherché
avec une prime atteignant jusque
100.000 livres sterling et la mention :
TERRORISTE, RÉCOMPENSE. Entre
autres faits, l’Irgoun avait fait mis
une bombe dans l’hôtel King David à
Jérusalem en juillet 1946, tuant des
dizaines de membres de l’administration
coloniale britannique, «l’un des
attentats terroristes les plus meurtriers
du XXe siècle» [2].
Yitzhak Shamir, chef du Lehi, figurait
sur la même affiche de recherche.
En avril 1948, le Lehi, en collaboration
avec l’Irgoun, avait commis le tristement
célèbre massacre de Deir Yassin.
Extrait d’une lettre ouverte au
New York Times rédigée par plus de
vingt intellectuels juifs de renom, dont
Albert Einstein et Hannah Arendt, protestant
contre la visite de Begin à New
York en décembre 1948. «Le 9 avril,
des bandes terroristes ont attaqué ce
paisible village [Deir Yassin], qui ne
constituait pas un objectif militaire
lors des combats, tuant la plupart de
ses habitants (240 hommes, femmes
et enfants) et en gardant quelquesuns
en vie pour les faire défiler comme
des prisonniers dans les rues de Jérusalem»
[3].
Shamir est également celui qui a
planifié en 1944 l’assassinat de Lord
Moyne, ministre résident britannique
au Moyen-Orient, et qui a supervisé en
1948 l’assassinat de Folke Bernadotte,
comte de Wisborg, ironiquement un
diplomate suédois qui avait négocié la
libération des Juifs danois du camp de
concentration nazi de Theresienstadt,
et qui fut par la suite médiateur du Conseil
de sécurité des Nations Unies dans
le conflit israélo-arabe de 1947-1948.
En 1977, Menahem Begin devient
Premier ministre d’Israël. En 1983,
Yitzhak Shamir devient Premier ministre
d’Israël.
Un terroriste est tout opposant à
un ordre établi par la force… jusqu’à ce
qu’il/elle devienne l’ordre établi.
Dans les années 1940, Begin et
Shamir figuraient sur la liste des personnes
recherchées par les Anglais.
Dans les années 1960, l’Angleterre
a commencé à envoyer des armes
au gouvernement israélien.
Extrait du rapport du 8 janvier
2025 “UK arms exports to Israel” de
Louisa Brooke-Holland pour la bibliothèque
de la Chambre des communes
anglaise afin de soutenir le travail des
députés. «Du milieu à la fin des années
1960, la vente de chars à Israël a fait
l’objet de nombreuses discussions au
sein du gouvernement anglais. À l’époque,
le Royaume-Uni avait adopté une
politique visant à équilibrer les ventes
d’armes à Israël et aux États arabes, à
limiter les ventes d’armes offensives et
à ne pas fournir à un camp des armes
plus sophistiquées que l’autre» [4].
Terroriste un jour, partenaire l’autre.
Fascisme et expansionnisme
Pire encore, dans sa lutte contre l’occupation
anglaise pendant la Seconde
Guerre mondiale et au moment de
l’Holocauste juif, l’organisation paramilitaire
sioniste Lehi a tenté à deux
reprises de s’allier aux Nazis, proposant
un État juif fondé sur des «principes
nationalistes et totalitaires, et lié au
Reich allemand par une alliance» [5].
Le fascisme s’accompagne de
racisme et d’expansionnisme.
Dans «The Settlers», un documentaire
de 2016 du réalisateur israélien
Shimon Dotan, un colon illégal
de Cisjordanie décrit son rêve d’un
Grand Israël qui s’étendrait jusqu’à
l’Euphrate en Irak, incluant la Jordanie
et certaines parties de l’Égypte, du Liban,
de la Syrie et de l’Arabie saoudite
[6].
L’année dernière, l’ancien militaire
et homme politique israélien Avi
Lipkin déclarait: «À terme, nos frontières
s’étendront du Liban au Grand
Désert, c’est-à-dire à l’Arabie saoudite,
puis de la Méditerranée à l’Euphrate.
Et qui est de l’autre côté de
l’Euphrate ? Les Kurdes ! Et les Kurdes
sont nos amis. Nous avons donc la
Méditerranée derrière nous, les Kurdes
devant nous, le Liban, qui a vraiment
besoin de la protection d’Israël. Ensuite,
nous allons prendre, je crois, La
Mecque, Médine et le mont Sinaï, et
purifier ces lieux» [7].
Dans «The Settlers», un documentaire
de 2025 réalisé par Louis
Theroux, documentariste anglo-nord-américain
primé et diplômé
d’Oxford, le rabbin Dov Lior racontait
comment ils devaient expulser les
«chameliers» de Gaza et du Liban [8].
En 2013, dix ans avant la dernière attaque
du Hamas, il avait déclaré à propos
des Palestiniens de Cisjordanie : «Je
ne dis pas que nous ne devrions pas les
aider d’un point de vue humanitaire.
Si nécessaire, nous construirons des
étables pour leurs chameaux. En Arabie
saoudite. Pas ici» [9].
Soit dit en passant, Irfan Raja, un
universitaire anglo-pakistanais enseignant
au Pakistan, attire notre attention
sur le fait que son pays pourrait
être la prochaine cible, car des avions
israéliens et étatsuniens ont récemment
violé en toute impunité l’espace
aérien de leur voisin occidental, l’Iran,
tandis que son voisin oriental, l’Inde,
est dirigé par des fascistes anti-musulmans
extrémistes. À une question
posée en 2011: «Quel est le plus grand
problème auquel est confrontée la
prochaine génération, et que devrions-nous
faire pour le résoudre aujourd’hui
?», Netanyahou lui-même
avait répondu: «Donc, la plus grande
mission que nous ayons est d’empêcher
un régime islamique militant de se
doter d’armes nucléaires ou que des
armes nucléaires se retrouvent chez un
régime islamique militant, le premier
s’appelle l’Iran, le second s’appelle le
Pakistan, ou plus précisément, une
prise de contrôle du Pakistan par les
Talibans»... Cette définition pourrait
être appliquée de manière très flexible
comme les Etats-Unis l’ont fait avec
l’absence d’armes de destruction massive
en Irak ou de menace nucléaire
de l’Iran – et un jour, un colon pourrait
dire: Notre terre s’étend jusqu’au fleuve
Indus. Après tout, Alexandre le Grand
ne l’a-t-il pas atteint, venant de plus
loin encore que le Moyen-Orient ? [10]
(Si l’on part du principe que la
terre a été donnée aux Juifs depuis des
temps immémoriaux, cela impliquerait
l’expulsion – ou l’extermination –
de tous les Européens des États-Unis
d’Amérique du Nord et la restitution du
territoire aux Amérindiens.)
Dans son récent documentaire,
Louis Theroux a également longuement
interviewé Daniella Weiss, la marraine
du mouvement des colons, qui a déclaré
que les colons illégaux aident le
gouvernement israélien, qui ne peut
légalement ni ouvertement occuper la
Cisjordanie, en faisant le sale boulot:
les colons occupent, Israël condamne
d’abord, puis finit par légaliser la nouvelle
colonie. «Nous faisons pour les
gouvernements ce qu’ils ne peuvent
pas faire pour eux-mêmes. Même si
l’on prend Netanyahou aujourd’hui, il
est très satisfait de ce que nous faisons
ici et aussi de notre projet de construction
de communautés juives à Gaza. Il
s’en réjouit, mais il ne peut pas le dire.
Il dit le contraire» [11].
Vers la fin du documentaire, Daniella
Weiss emmène Theroux à la frontière
avec Gaza et dévoile leur projet de
colonisation de Gaza au lendemain du
génocide. Ceci semble plus plausible
que le fantasme de la Riviera de Trump,
sous les gouvernements israéliens les
plus d’extrême droite, avec deux importants
colons illégaux en son sein : le
ministre de la Sécurité nationale Itamar
Ben Gvir et le ministre des Finances
(également au ministère de la Défense)
Bezalel Smotrich.
Ils achèvent désormais le nettoyage
ethnique commencé au milieu des
années 1940, avec le bombardement
d’habitations, la famine de la population,
le blocus de l’aide humanitaire et
une attaque totale contre le système
médical – voir le récent documentaire
“Gaza: Doctors Under Attack”, commandé
par la BBC qui a ensuite craint
de le diffuser et l’a transmis à Channel
4 [11], ainsi que le récent témoignage
devant le Conseil de sécurité de l’ONU
de Feroze Sidhwa, un chirurgien traumatologue
nord-américain ayant effectué
deux séjours dans les hôpitaux de
Gaza – ou ce qu’il en restait – en 2024
et 2025 [12].
Tous deux attestent que «l’armée
israélienne a systématiquement ciblé
le personnel médical palestinien dans
les 36 hôpitaux de Gaza. Selon les Nations
Unies, les attaques suivent un
schéma précis. D’abord, un hôpital
est bombardé, puis assiégé. Ensuite,
Poster où Menahem Begin (en haut à gauche) et Yitzhak Shamir (en bas à
droite et sur la 2ème photo), étaient recherchés comme terroristes par les
autorités anglaises en Palestine – quelques années plus tard ils sont tous
deux devenus premier ministre d’Israël
il est attaqué par des chars et des
bulldozers, et son personnel médical
est arrêté. Puis, une fois l’hôpital pratiquement
hors d’usage, les forces se
déplacent et recommencent ailleurs»
[13].
A Suivre
Notes
[1] Pappé, Ilan. (2007). The
ethnic cleansing of Palestine. Historien
israélien de renom, l’ouvrage de
Pappé revient sur la formation de l’État
d’Israël. Entre 1947 et 1949, plus de
400 villages palestiniens ont été délibérément
détruits, des civils massacrés
et environ un million d’hommes, de
femmes et d’enfants expulsés de leurs
foyers sous la menace des armes. Pappé
est titulaire de la chaire d’histoire de
l’université d’Exeter, directeur académique
de l’Institut de recherche pour
la paix de Givat Haviva et président
de l’Institut Emil Touma d’études palestiniennes
de Haïfa. Il est également
l’auteur des best-sellers A History of
Modern Palestine (Cambridge), The
Modern Middle East (Routledge) et The
Israel/Palestine Question (Routledge).
[2] Rapoport, D.C., The Four
Waves of Modern Terrorism, dans
Cronin, A. K. et Ludes, J. M. (Eds.),
Attacking Terrorism: Elements of a
Grand Strategy, Georgetown University
Press, 2004, Washington, D.C., p.
50-51
[3] https://archive.org/details/
AlbertEinsteinLetterToTheNewYork-
Times.December41948
[4] Mark Phythian, La politique
des ventes d’armes britanniques depuis
1964, 2000, chapitre cinq
[5] Sasson Sofer. Zionism and
the Foundations of Israeli Diplomacy.
Cambridge University Press, 2007, pp.
253–254
Leslie Stein, The Hope Fulfilled:
The Rise of Modern Israel, Greenwood
Publishing Group, 2003, pp. 237–238
[6] Shimon Dotan: The Settlers
(à l’intérieur des colonies juives)
(2016) https://www.youtube.com/
watch?v=prqtXMSdeUw
[7] Middle East Monitor, 11 janvier
2024, https://www.youtube.com/
watch?v=WERJ_xXhaeQ
[8] Louis Theroux: The Settlers
(2025) https://www.filmsforaction.
org/watch/louis-theroux-the-settlers/
[9] Les Arabes pour l’Arabie
saoudite, déclare un éminent rabbin
sioniste religieux. Dov Lior appelle à la
reconquête du Mont du Temple et à la
construction d’«écuries à chameaux»
pour les Arabes du monde entier afin
que la Terre sainte soit «nettoyée des
terroristes». Par l’équipe de ToI, 14 octobre
2013 https://www.timesofisrael.
com/prominent-religious-zionist-rabbicalls-for-sending-arabs-to-saudi-arabia/
[10] Entretien avec Benjamin
Netanyahu, Channel 2, 31 mars 2011
https://www.youtube.com/
watch?v=v5t6A9wSMWo&t=1555s
[11] Gaza: Doctors Under
suite à la page(16)
12 Haiti Liberté
Vol 19 # 02 • Du 9 au 15 Juillet 2025
Perspectives
Ce que le 5 juillet m’a appris, que le 4 juillet ne m’a jamais
enseigné !
Par Michelle Ellner
Ayant grandi au Venezuela et
vivant désormais aux États-Unis,
je me suis toujours sentie prise entre
deux jours d’indépendance : le 4
juillet et le 5 juillet. Deux célébrations.
Deux drapeaux. Deux conceptions
très différentes de ce que signifie
être libre.
Aux États-Unis, le 4 juillet s’accompagne
de feux d’artifice, de
défilés et d’une foi presque inébranlable
dans la justesse de la révolution
qu’il commémore. Mais au
Venezuela, le 5 juillet évoque d’autres
pensées. Ce n’est pas seulement
une rupture avec la domination coloniale,
mais le début d’une longue
lutte inachevée pour définir la liberté
selon nos propres termes. Ce n’est
pas quelque chose que nous avons
hérité. C’est quelque chose pour
laquelle nous continuons de nous
battre.
Aujourd’hui, de là où je me
trouve, je ne peux m’empêcher de
voir les contradictions. Un pays
célèbre son indépendance tout en
la refusant à d’autres. L’autre se bat
pour sa souveraineté et en est puni.
L’histoire de l’indépendance
du Venezuela s’inscrit dans une histoire
bien plus longue et sanglante.
Toute la région de l’Amérique latine
et des Caraïbes a été secouée par des
mouvements révolutionnaires il y a
plus de deux siècles, non par ambition,
mais en réponse à certaines des
pires atrocités de l’histoire humaine.
Colonisation, esclavage, conversions
forcées au catholicisme, effacement
culturel et extraction des ressources
n’ont pas seulement laissé des cicatrices
économiques, ils ont déchiré le
cœur de notre humanité collective.
Comme l’a écrit Eduardo Galeano :
« Notre richesse a toujours engendré
notre pauvreté en nourrissant la
prospérité des autres. » L’indépendance
n’a pas été un commencement
; elle fut une résistance et une exigence
de reprendre tout ce qui avait
été volé, réduit au silence et enfoui.
Au Venezuela, le processus
d’indépendance a été façonné par
les idées des Lumières et les révolutions
en France, aux États-Unis et
en Haïti. Mais Simón Bolívar, notre
« Libérateur », voulait plus qu’un
drapeau ou un changement de dirigeants.
Il rêvait d’une république
fondée sur la justice, pas seulement
sur la souveraineté. Une société où
l’esclavage serait aboli, la terre redistribuée
et le pouvoir appartiendrait
au peuple. Devant le Congrès d’Angostura
en 1819, Bolívar déclara
: « Le système de gouvernement le
plus parfait est celui qui produit
la plus grande somme possible de
bonheur, de sécurité sociale et de
stabilité politique. » Il ne s’agissait
pas de remplacer une couronne par
un nouveau président. Il s’agissait
de réimaginer la société elle-même,
de bâtir une nation enracinée dans
la dignité, l’égalité et le bien-être de
tous.
C’était une vision en avance
sur son temps. Et elle eut un coût
dévastateur. Le Venezuela perdit la
moitié de sa population pendant les
guerres d’indépendance. Mais, comme
le disait Bolívar, l’autre moitié
aurait aussi donné sa vie pour rendre
la liberté réelle.
Le Venezuela s’est libéré
Deux jours d’indépendance : le 4 juillet et le 5 juillet. Deux célébrations. Deux drapeaux. Deux conceptions très différentes
de ce que signifie être libre.
de l’Espagne, mais pas de
l’exploitation.
Après la découverte du pétrole à
partir des années 1920, le pays est
devenu une nouvelle forme de colonie,
façonnée par les entreprises
étrangères et les intérêts géopolitiques
américains. Tandis que les
profits pétroliers remplissaient
les poches des multinationales et
des élites locales, la majorité des
Vénézuéliens vivait dans la pauvreté,
sans accès aux soins de santé,
à l’éducation ou au logement.
Cela a commencé à changer en
1998, lorsque Hugo Chávez, invoquant
l’héritage de Bolívar, a remporté
la présidence et lancé ce qui
allait devenir la Révolution bolivarienne.
Il a appelé le peuple à reprendre
la démocratie, non seulement par
les élections, mais par des structures
participatives, la justice économique
et la souveraineté. Pour beaucoup de
ceux qui avaient longtemps été exclus
du système, c’était la première
fois qu’ils se voyaient reflétés dans
leur propre gouvernement.
Ce fut une transformation. Et
ce fut profondément menaçant pour
les puissances qui avaient toujours
considéré le Venezuela comme une
ressource, non comme une république.
La Révolution bolivarienne a
été perçue comme une menace pour
les intérêts impériaux des États-Unis
dès le début. Dès l’instant où Hugo
Chávez a pris ses fonctions en 1999
et a commencé à réorienter la richesse
pétrolière du Venezuela vers
des programmes sociaux, la réforme
agraire et l’intégration régionale, la
riposte a commencé. Il a refusé de
suivre le scénario néolibéral écrit à
Washington, et pour cela, il a été pris
pour cible.
En 2002, les États-Unis ont
soutenu une tentative de coup d’État
contre Chávez, qui l’a brièvement
écarté du pouvoir avant qu’un immense
soulèvement populaire ne le
ramène. Mais les attaques n’ont pas
cessé. Sabotage économique, campagnes
de désinformation et isolement
diplomatique se sont intensifiés
au fil des années.
Après sa mort en 2013, la campagne
s’est intensifiée. Sous Nicolás
Maduro, le Venezuela a subi toute
la gamme de la guerre économique
: des centaines de mesures coercitives
unilatérales, le gel de milliards
d’actifs à l’étranger, des restrictions
sur les importations de nourriture et
de médicaments, et un soutien ouvert
au changement de régime. Une
guerre sans bombes.
C’est le quotidien des
Vénézuéliens. Et pourtant, on nous
dit que ces politiques sont censées
nous aider. On n’aide pas un peuple
en le privant de nourriture. On
ne « défend pas la démocratie » en
cherchant à mettre un autre pays à
genoux.
Ici, aux États-Unis, il est facile
de considérer l’indépendance comme
un acquis définitif depuis 1776.
Mais si c’était vrai, pourquoi notre
pays cherche-t-il encore à contrôler
le destin des autres ? Pourquoi prétendons-nous
défendre la liberté tout
en la sapant à l’étranger par des
sanctions, des coups d’État et des
guerres sans fin ? Et, plus urgent
encore : pourquoi tant de gens aux
États-Unis peinent-ils simplement à
survivre ?
L’empire a un coût, non
seulement pour les peuples que
nous visons, mais aussi pour ceux
d’ici, chez nous. Tandis que le gouvernement
américain dépense des
milliers de milliards dans des guerres
à l’étranger et des bases militaires, on
dit à nos communautés qu’il n’y a «
pas assez » pour la santé universelle,
le logement ou l’éducation publique.
Les mêmes responsables qui font la
leçon au monde sur la liberté sont
ceux qui se pressent pour voter le «
Big Beautiful Bill », un paquet qui finance
la guerre et accorde d’énormes
allégements fiscaux aux milliardaires
tout en démantelant les programmes
qui permettent aux gens d’avoir un
toit, de la nourriture et de survivre.
On nous demande de célébrer
la liberté alors que les immigrés sont
expulsés, que les sans-abris sont
criminalisés et que la solidarité avec
la Palestine est réduite au silence.
On nous dit que nous vivons dans
le plus grand pays du monde, alors
même que l’espérance de vie baisse
et que la dette étudiante explose.
Alors, quand j’entends les
dirigeants américains parler de «
répandre la démocratie », je ne
peux m’empêcher de demander : la
démocratie de qui ? La liberté de qui
?
On ne peut pas prétendre soutenir
la démocratie tout en affamant
une population. On ne peut pas
célébrer l’indépendance tout en cherchant
à renverser d’autres gouvernements.
Et on ne peut pas parler
de justice si ses politiques imposent
l’inégalité à l’échelle mondiale.
En tant que Vénézuélienne-Américaine,
je suis fière de
l’histoire pour laquelle le Venezuela
s’est battu. Et je voudrais être fière
des États-Unis, le pays que j’appelle
aussi chez moi. Mais cela ne sera
possible que lorsque les États-Unis
choisiront le respect plutôt que la
domination, qu’ils mettront fin aux
sanctions, qu’ils cesseront d’instrumentaliser
l’aide, la démocratie et la
liberté au service de leurs propres intérêts
économiques.
Le 5 juillet vénézuélien n’est
pas une fête de feux d’artifice. C’est
une question de survie, de résistance
et de lutte continue pour bâtir un
avenir enraciné dans la dignité.
Alors, tandis que les États-Unis
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Brooklyn, NY 11226
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célèbrent leur indépendance cette
semaine, j’espère que davantage de
personnes prendront un moment
pour se demander : que célébronsnous
vraiment ? Et à quel prix ?
La véritable indépendance ne
se résume pas à des drapeaux ou des
hymnes. C’est le droit de choisir sa
propre voie sans être puni pour cela.
Si nous sommes sérieux à propos
de la « liberté et de la justice pour
tous », alors il faut le prouver. Pas
seulement ici, mais partout.
La vraie liberté ne se drape
pas dans des discours patriotiques
ou des parades militaires, elle naît
de la lutte, du sacrifice et du refus
de plier devant l’empire, quelle que
soit sa forme. Au Venezuela comme
aux États-Unis, le combat pour la
dignité continue. Eduardo Blanco a
saisi cette vérité dans Venezuela Heroica,
lorsqu’il a écrit : « Réfréner les
passions d’un peuple lorsqu’il a été
poussé au-delà de la raison est plus
difficile que d’arrêter la mer ellemême.
»
Et c’est exactement ce que
nous voyons dans chaque mobilisation,
chaque boycott, chaque refus
d’accepter l’injustice comme une
normalité.
Les vagues de la libération
ne peuvent être contenues par des
frontières, des balles ou des décrets.
Ni au Venezuela. Ni à Gaza. Ni aux
États-Unis. Nulle part.
Michelle Ellner est coordinatrice
de campagne pour l’Amérique
latine chez CODEPINK. Née au Venezuela,
elle est titulaire d’une licence
en langues et affaires internationales
de l’Université Paris-Sorbonne IV.
Après avoir obtenu son diplôme,
elle a travaillé pour un programme
de bourses internationales depuis
ses bureaux de Caracas et de Paris.
Elle a ensuite été envoyée en Haïti,
à Cuba, en Gambie et dans d’autres
pays pour évaluer et sélectionner les
candidatures. Elle a ensuite collaboré
à des programmes communautaires
visant à promouvoir des initiatives
productives au Venezuela, puis a
été analyste des relations entre les
États-Unis et le Venezuela.
CODEPINK 2 Juillet 2025
Traduction Bernard Tornare
3 Juillet 2025
Vol 19 # 02 • Du 9 au 15 Juillet 2025
Haiti Liberté
13
Perspectives
Il est nécessaire de résoudre le problème de la gentrification ;
non au racisme !
Par Ángeles Cruz, Emir Olivares et Alejandro Cruz Flores
Le Président a souligné que le Mexique est un
pays ouvert sur le monde et a reconnu la nécessité
de lutter contre la gentrification, car elle
provoque l’exode des habitants en raison de
la hausse du coût du logement et des services.
La cheffe du gouvernement, Clara Brugada, a
quant à elle souligné qu’une proposition serait
bientôt publiée à ce sujet. Lors d’une réunion
avec les autorités municipales, les habitants
des quartiers de Condesa, Hipódromo Condesa
et Roma ont exigé que des actes de violence
comme ceux commis vendredi dernier lors
d’une manifestation ne se reproduisent plus.
Le Mexique est un pays ouvert sur le monde.
Tous les êtres humains sont égaux et la
tolérance zéro est de mise face à la discrimination,
au classisme et au racisme, a affirmé la
présidente Claudia Sheinbaum, faisant référence
à la manifestation organisée vendredi dernier
4 juillet contre la gentrification dans certains
quartiers de Mexico, où des manifestations de
xénophobie ont été observées.
Elle a catégoriquement rejeté l’inclusion
de la demande de départ des étrangers, notamment
des Américains installés dans différents
quartiers de la ville, comme les quartiers de
Condesa et Roma, entre autres.
De telles protestations n’ont pas leur
place, aussi légitimes soient-elles, a-t-elle insisté,
rappelant que le Mexique a toujours
accueilli des personnes venues de l’étranger,
comme au XXe siècle avec les Républicains
espagnols, les personnes ayant quitté les pays
du Cône Sud suite à des coups d’État et les
Guatémaltèques arrivés au Mexique en raison
de la violence et de la discrimination dans leurs
pays d’origine.
Hier, lors de la conférence au Palais national,
Sheinbaum a reconnu la nécessité de
résoudre le problème de la gentrification, c’està-dire
l’exode de ceux qui vivent depuis des
années dans des zones où les locations via les
plateformes numériques ont augmenté, et qui
sont ensuite reprises par des citoyens d’autres
pays. Cela a entraîné une hausse des coûts du
logement et des services, a-t-elle reconnu.
Elle a également souligné que, tout comme
les Mexicains doivent avoir une culture
d’inclusion, les étrangers doivent également respecter
la loi et ne pas discriminer, en particulier
envers les personnes qui les accueillent.
Un peu plus tard, la maire de Mexico,
La gentrification n’est pas un progrès, c’est une dépossession !
Clara Brugada Molina, a insisté sur le fait que
des efforts étaient déployés pour lutter contre la
gentrification et a réitéré que son administration
mettrait en œuvre des mesures pour lutter contre
ce phénomène. Elle annoncera donc prochainement
une proposition visant à encourager les habitants
à s’installer dans les quartiers de la ville.
Elle a toutefois souligné la nécessité de
rejeter la discrimination et la xénophobie, car
il s’agit d’un devoir moral, d’une obligation
éthique et politique. À
Mexico, chacun a sa
place, mais la haine et
l’exclusion n’ont pas
leur place.
Lors de son allocution
de soutien au
programme de Revenu
Citoyen Universel sur
le Zócalo, la cheffe du
gouvernement local a
déclaré qu’il n’y avait
pas de place pour la
xénophobie et la discrimination
dans la
ville, faisant référence
à la marche de vendredi
dernier au cours
de laquelle un groupe
d’individus cagoulés
a vandalisé des commerces
et des infrastructures
urbaines.
Après avoir
réitéré son rejet de
toute agression fondée
sur des préjugés ou
des stéréotypes, elle a
affirmé œuvrer chaque
jour pour une ville
libérée du classisme,
de la xénophobie, du
racisme, du machisme
et de toute forme de
discrimination. Elle a
indiqué que ce mardi,
en coordination avec la
Police nationale (CO-
PRED), elle lancerait
une campagne contre
la discrimination.
Sur un autre sujet,
Sheinbaum a annoncé
que le Secrétariat
au Développement
Agraire, Territorial et
Urbain chercherait des
mécanismes réglementaires
pour freiner la
hausse du coût de la
vie. De plus, Brugada
analyse les mécanismes
les plus efficaces pour atteindre cet objectif.
La Jornada 8 juillet 2025
PAR CES MOTIFS
Le Tribunal, après examen, sur les conclusions du Ministère Public, maintient le
défaut octroyé contre la défenderesse à l'audience précitée, pour le profit déclare
fondée ladite action : Admet en conséquence le divorce du sieur Abakuk JUSTIN-
VILLE d'avec son épouse née Fedna JEANTY pour injures graves et publiques aux
torts de l'épouse. Prononce la dissolution des liens matrimoniaux ayant existé
entre lesdits époux : Ordonne à l'officier de l'état Civil de la commune de
Carrefour de transcrire sur les registres, à ce destinés le dispositif du présent
jugement dont un extrait sera inséré dans l'un des quotidiens s'éditant à la
Capitale sous peine de dommages intérêts envers les tiers s'il y échet : Commet
l'huissier Canal GABRIEL de ce siège pour la signification de ce jugement.
Compense les dépens.
Ainsi jugé et prononcé par nous, Me Nelson ClLIUS juge en audience civile et
publique en date du seize Mars deux mille vingt-trois, en présence de Me. Maudelair
BARTHELUS, Substitut Commissaire du Gouvernement de ce ressort avec
l'assistance du Greffier Mozart TASSY.
Il est ordonné....etc....
En foi de quoi...etc.....
PAR CES MOTIFS
Le Tribunal, après examens, sur les conclusions du Ministère Public. maintient le
défaut octroyé contre son époux Stevenson DAMAS à I ‘audience précitée, pour le
profits déclare fondée la dite action, admet en conséquence le divorce de la dame
Marie Louisena JUSTE d'avec son époux Stevenson DAMAS pour injures graves et
publiques aux torts de l'époux Prononce la dissolution des liens matrimoniaux
ayant existé entre les dits époux ; Ordonne à l'officier de l'état Civil de la
Commune de Carrefour de transcrire sur les registres à ce destinés le dispositif du
présent jugement dont un extrait sera inséré dans l'un des quotidiens s'éditant à
la Capitale sous peine de dommages intérêts envers les tiers s'il y échet. Commet
l'huissier Clerbrun FAURE de ce siège pour la signification de ce jugement.
Compense les dépens.
Ainsi jugé et prononcé par nous, Me Berge O. SURPRIS, juge en audience civile et
publique en date du seize Février deux mille vingt-trois, en présence de Me
Choubert BAPTISTE, Substitut Commissaire du Gouvernement de ce ressort avec
l'assistance du Greffier Junior Sauvens THELEMAQUE
Il est ordonné...etc...
En foi de quoi...etc…
PAR CES MOTIFS
Le Tribunal, après examen, le Ministère Public, maintient le défaut octroyé contre la
défenderesse à l'audience précitée, pour le profit déclare fondée ladite l'action; Admet le
divorce du sieur EUSTACHE BRUTUS d'avec son épouse née DARLINE HYPPOLITE, pour
injures graves et publiques au tort de l'épouse: prononce la dissolution des liens matrimoniaux
existant entre lesdits époux: ordonne à l'officier de l'état-Civil de Taïfer, Commune
de Carrefour de transcrire sur les registres à ce destinés, le dispositif du présent jugement
dont un extrait sera publié dans l'un des quotidiens s'éditant à la Capitale sous peine de
dommages intérêts envers les tiers; compense les dépens vu la qualité des parties; Commet
l'huissier CANAL GABRIEL de ce siège pour la signification de ce jugement, compense les
dépens,
Donné de nous, Nelson CILIUS, Juge en audience civile et publique en date du jeudi
vingt-cinq Juillet deux mille vingt-quatre, en présence de Me. DOMINIQUE NOEL,
Substitut-Commissaire du Gouvernement de ce ressort avec l'assistance du Greffier Mozart
TASSY
Il est ordonné...etc....
En foi de quoi...etc....
Jean Luma CHARLES
Officier d'état Civil
PAR CES MOTIFS
Le Tribunal après examen, le Ministère public entendu, maintient le défaut octroyé
contre le défendeur à l'audience précitée pour le profit déclare fondée ladite action ;
Admet en conséquence le divorce de la dame Jean Claude BOURSIQUOT née Laury
LAMOTHE d'avec son époux le sieur Jean Claude BOURSIQUOT pour injures graves et
publiques aux torts de lʼépoux. Prononce la dissolution des liens matrimoniaux
Prononce la dissolution des liens matrimoniaux ayant existé entre lesdits époux.
Ordonne à l'officier de l'état civil de la Section Est de Port-au-Prince de transcrire sur les
registres à ce destinés, le dispositif du présent jugement, dont un extrait sera inséré dans
l'un des quotidiens s'éditant à la Capitale sous peine de dommage intérêt envers les tiers
s'il y échet Commet l'huissier Emmanuel JEAN de ce siège pour la signification de ce
jugement. Compense les dépens. Ainsi jugé et prononcé par nous, Me Nelson CILIUS,
Juge en audience civile, ordinaire et publique du Jeudi douze Décembre deux mille
vingt-quatre, en présence de Me Dominique NOËL, Substitut Commissaire du gouvernement
de ce ressort avec l'assistance du sieur Mozart TASSY, Greffier du siège.
Il est ordonné...etc....
En foi de quoi....etc....
PAR CES MOTIFS
Le Tribunal après examen, le Ministère Public entendu, maintient le défaut octroyé
contre la défenderesse à l'audience précitée, pour le profit déclare fondée ladite action.
ADMET en conséquence le divorce du sieur Neptune Laurore, d'avec son épouse la dame
née Milonne JANVIER pour injures graves et publiques aux torts de l'épouse. Prononce la
dissolution des liens matrimoniaux existant entre lesdits époux; Ordonne l'officier de
l'état Civil de la Section Sud de Port-au-Prince, de transcrire sur les registres à ce
destinés, le dispositif du présent jugement dont un extrait sera inséré dans l'un des
quotidiens s'éditant à la Capitale sous peine de dommages intérêts envers les tiers sʼil y
échet. Commet lʼhuissier Canal GABRIEL de ce siège pour la signification de ce jugement
: Compense les dépens. Ainsi jugé et prononcé par nous, NELSON CILIUS, Juge, en
audience civile, ordinaire et publique du jeudi douze décembre deux mille vingt quatre,
en présence de Me Dominique NOEL, Substitut Commissaire du Gouvernement de ce
ressort et avec l'assistance du sieur MOZART TASSY, greffier du siège
Il est ordonné....etc...
En foi de quoi...etc....
PAR CES MOTIFS
Le Tribunal après examen et sur les conclusions Ministère Public, accueille l'action
du demandeur le sieur Jocelin CHAVANNE en la forme. Maintient le défaut octroyé
contre la dame née Marie Thenarre VICTOR pour injures graves et publiques faits
prévus à l'article 217 du code civil Haïtien. Prononce la dissolution des liens
matrimoniaux ayant existé entre lesdits époux, ce aux torts exclusifs de l'épouse.
Ordonne à l'officier de l'état Civil de la Section Est de Port-au-Prince de transcrire
dans les registres à ce destinés, le dispositif du présent jugement dont un extrait
sera publié dans l'un des quotidiens s'éditant à la Capitale sous peine de dommages
intérêts envers les tiers s'il y échet ; Compense les dépens ; Commet l'huissier
Clerbrun Faure de ce siège pour la signification du présent jugement Ainsi jugé et
prononcé par nous, Me Gerty LÉON-ALEXIS, Juge en audience civile ordinaire et
publique du vendredi vingt-quatre (24) Janvier deux mille vingt-cinq, en présence
de Me Fabienne Bien-Aimé et de Jean Claude Jean Antoine Substitut Commissaire
du Gouvernement de Port-au-Prince et avec l'assistance du citoyen Homère
Raymond, greffier du siège
Il est ordonné...etc...
En foi de quoi...etc…
PAR CES MOTIFS
Le Tribunal, après examen et sur les conclusions du Ministère Public, accueille
l'action du demandeur, le sieur Dwidemir DESMOULIN en la forme ; Maintient le
défaut octroyé contre la dame née Stéphania Besson ALIX, défenderesse à
l'audience précitée ; Admet en conséquence le divorce du sieur Dwidemir DESMOU-
LIN d'avec son épouse née Stéphania Besson ALIX pour injures graves et
publiques, faits prévus à l'article 217 du Code Civil Haïtien : Prononce la dissolution
des liens matrimoniaux ayant existé entre lesdits époux ce, aux torts exclusifs
de l'épouse ; Ordonne à l’officier de l'état Civil de la section Est de Port-au-Prince
de transcrire sur les registres à ce destinés le dispositif du présent jugement dont
un extrait sera publié dans l'un des quotidiens s'éditant à la Capitale sous peine de
dommages-intérêts envers les tiers s'il y ; Compense les dépens; Commet l'huissier
Clerbrun Faure de ce siège pour la signification du présent jugement. Ainsi jugé et
prononcé par nous, Gerty LEON-ALEXIS, Juge, en audience civile, ordinaire et
publique de divorce du vendredi vingt-quatre (24) janvier deux mille vingt-cinq,
en présence de Me Fabienne Bien-Aimé, Substitut Commissaire du Gouvernement
de Port-au-Prince et avec l'assistance du citoyen Homère RAYMOND, greffier du
siège.
IL EST ORDONNÉ... ETC...
EN FOI DE QUOI...ETC…
PAR CES MOTIFS
Le Tribunal, après examen et sur les conclusions du Ministère Public, accueille
l'action du demandeur, le sieur Wisler JABOUIN en la forme: Maintient le défaut
octroyé contre la dame née Juna BELFORT, défenderesse à l'audience précitée ;
Admet en conséquence le divorce du sieur Wisler JABOUIN d'avec son épouse née
Juna BELFORT pour injures graves et publiques, faits prévus à l'article 217 du Code
Civil Haïtien ; Prononce la dissolution des liens matrimoniaux ayant existé entre
lesdits époux ce, aux torts exclusifs de l'épouse ; Ordonne à l'Officier de l'état-Civil
de la section Est de Port-au-Prince de transcrire sur les registres à ce destinés le
dispositif du présent jugement dont un extrait sera publié dans l'un des quotidiens
s'éditant à la Capitale sous peine de dommages-intérêts envers les tiers s'il y
échet; Compense les dépens ; Commet l'huissier Clerbrun Faure de ce siège pour la
signification de ce jugement.
Ainsi jugé et prononcé par nous, Gerty LEON-ALEXIS, Juge, en audience civile,
ordinaire et publique de divorce du vendredi vingt-quatre (24) janvier deux mille
vingt-cinq, en présence de Fabienne Bien-Aimé, Substitut Commissaire du Gouvernement
de Port-au-Prince et avec l'assistance du citoyen Homère RAYMOND,
greffier du siège.
IL EST ORDONNÉ..ETC....
EN FOI DE QUOI...ETC…
14 Haiti Liberté
Vol 19 # 02 • Du 9 au 15 Juillet 2025
Perspectives
Le sommet des BRICS à Rio
de Janeiro symbolise un
basculement géopolitique
défavorable à l’Occident
Par Mohamed Lamine Kaba
Au cœur de Rio de Janeiro, le 17ème sommet
des BRICS propulse le Sud global sur le devant
de la scène internationale et remet en question la
suprématie occidentale dans une ère marquée
par des conflits hybrides et une reconfiguration
géopolitique d’envergure.
Ces conflits hybrides (et par procuration)
redessinent le paysage des puissances mondiales
et exacerbent la rivalité entre la Chine et les États-
Unis et relèguent l’Occident à un rôle périphérique.
Ce contexte se cristallise au sommet des BRICS
à Rio qui célèbre l’émergence du Sud global
sous une thématique évocatrice : «Renforcer la
coopération entre les pays du Sud pour une gouvernance
plus inclusive et durable». En Ukraine,
le conflit voit s’affronter la Russie (appuyée par
les pays membres de l’Alliance BRICS et l’ensemble
du Sud global, notamment l’Afrique du Sud,
la Chine, l’Iran et la Corée du Nord) à un Occident
fragmenté dans une guerre où drones et stratégies
informationnelles sont prédominants.
Au Moyen-Orient, l’alliance américano-israélienne
vacille face à la résistance iranienne,
tandis que des guerres par procuration persistent
au Yémen et au Liban. En Afrique, le Sahel, le Soudan
et la République démocratique du Congo sont
le théâtre de violences exacerbées par des rivalités
géopolitiques. En Asie, la mer de Chine méridionale,
l’indopacifique et le Myanmar sont autant de
zones de tensions hybrides. En Amérique latine,
la criminalité organisée et internalisée au Mexique
et en Colombie alimente l’instabilité. Le sommet
des BRICS, représentant une alliance de près de la
moitié de la population mondiale, prône la dédollarisation
et marginalise l’OTAN, renforçant l’autonomie
du Sud global face à ces crises.
PAR CES MOTIFS
Le Tribunal, après examen sur les conclusions du Ministère Public entendu,
maintient le défaut octroyé contre le défendeur à l'audience précitée, pour le
profit, déclare fondée ladite action, admet en conséquence le divorce de la dame
Saunders Elsie Jerôme d'avec son Jean Omil LAUREJOIE pour injures graves et
publiques aux torts de l'époux, prononçant la dissolution des liens matrimoniaux
existant entre lesdits époux Ordonne à l'officier de l'état civil de Taïfer commune
Carrefour de transcrire sur les registres destinés à cet effet le dispositif du présent
jugement de divorce dont un extrait sera inséré dans l'un des quotidiens s'éditant
à la capitale sous peines de dommages-intérêts envers les tiers s'il y échet, commet
l'huissier Maxime Candio de ce Tribunal pour la signification de ce jugement. Ainsi
jugé et prononcé par nous, Me. Nelson CILIUS, Juge en audience civile, publique et
ordinaire en date du six Avril deux mille vingt-trois en présence de Me. Albert
DARELUS, Substitut Commissaire du Gouvernement de ce ressort, avec l'assistance
du Greffier
Il est ordonné...etc...
En foi de quoi....etc...
Me Jean Luma CHREES, officier d'état Civil
PAR CES MOTIFS
Le Tribunal, après examen et sur les conclusions du Ministère public, accueille l'action du
demandeur, le sieur Frantz PIERRE en la forme ; Maintient le défaut octroyé contre la dame
née Roselène BAPTISTE, défenderesse à l'audience précitée ; Admet en conséquence le
divorce du sieur Frantz PIERRE d'avec son épouse née Roselène BAPTISTE pour injures
graves et publiques, faits prévus à l'article 217 du code civil Haïtien ; Prononce la dissolution
des liens matrimoniaux ayant existé entre lesdits époux ce, aux torts exclusifs de
l'épouse ;Ordonne à l'officier de l'état civil de la Section Est de Port-au-Prince, de transcrire
sur les registres à ce destinés le dispositif du présent jugement dont un extrait sera
publié dans l'un des quotidiens s'éditant à la Capitale sous peine de dommage intérêt
envers les tiers ; Compense les dépens ; Commet l'huissier Clerbrun FAURE de ce siège pour
la signification du présent jugement
Ainsi Jugé et prononcé par nous, Me Gerty LEON-ALEXIS, Juge en audience civil ordinaire
et publique de divorce du vendredi quatorze février deux mille vingt-cinq, en présence de
Me, Jean Claude Jean Antoine, Substitut Commissaire du gouvernement de Port-au-Prince
et avec l'assistance du citoyen Homère RAYMOND, Greffier du siège
Il est ordonné...etc....
En foi de quoi....etc....
Le discours emblématique de Poutine et la
déclaration finale du sommet
Les éléments saillants de la déclaration conclusive
émanant de Rio, conjointement avec les
axes principaux de l’allocution du président russe,
dispensée par visioconférence lors de la séance
plénière, se déclinent comme suit : les dirigeants
de l’Alliance BRICS ont unanimement condamné
les attaques terroristes ciblant les infrastructures
de ponts et ferroviaires dans les territoires de Briansk,
Koursk et Voronej. Ils ont manifesté l’espoir
d’un règlement du conflit ukrainien. Ils ont également
réprouvé les offensives israéliennes et américaines
sur l’Iran et ses installations nucléaires,
tout en exprimant leur préoccupation quant à l’escalade
des tensions vers un conflit nucléaire. Un
appel à la continuation des pourparlers pour un
armistice à Gaza a été lancé, et l’opinion que Gaza
et la Cisjordanie devraient constituer un État unifié
a été partagée. Ils ont plaidé pour l’intégrité territoriale
syrienne, saluant la levée des sanctions, et
ont préconisé l’abolition des sanctions unilatérales
ainsi que la réforme de l’OMC. Une opposition à la
prolifération d’une course à l’armement spatial a
été affirmée, proposant l’adoption d’un document
ad hoc. Ils ont défendu la création d’un espace
numérique sécurisé et stable, et ont réitéré leur
engagement contre le terrorisme sous toutes ses
formes.
Bien que Vladimir Poutine n’ait pas assisté
au sommet en personne, il a marqué sa présence
lors de la séance plénière cardinale du 17ème sommet
des BRICS via visioconférence. Son discours
emblématique qui rappelle la teneur du sommet
précédent de l’Alliance à Kazan en 2024 a abordé
la complexité de la conjoncture géopolitique actuelle
et la mutation de l’ordre mondial, a comparé
les économies des BRICS à celles du G7, a souligné
la coopération étroite au sein du bloc et a partagé
les avancées notables ainsi que les nouvelles missions
de l’Alliance.
Le président a d’abord mis en exergue
l’approfondissement de la collaboration entre
les pays membres de l’Alliance BRICS dans des
secteurs clés tels que la politique, la sécurité,
l’économie, les finances, et les échanges culturels
et humanitaires. Dans son élocution, Poutine
a affirmé : «Nous constatons tous que des
changements fondamentaux sont en cours dans
le monde. Le système unipolaire des relations
suite à la page(16)
PAR CES MOTIFS
Le Tribunal après examen, le Ministère Public entendu, maintient le défaut
octroyé contre le défendeur à l'audience précitée, pour le profit déclare
fondée ladite action. Admet en conséquence le divorce de la dame JEAN
RICO FRANCOIS née FRIDLANDE WISKACHA FÉNELON, d'avec son époux
pour injures graves et publiques aux torts de l'époux. Prononce la dissolution
des liens matrimoniaux existant entre lesdits époux; Ordonne à l'officier
de l'état Civil de la Section Est de Port-au-Prince, de transcrire sur les
registres à ce destinés, le dispositif du présent jugement dont un extrait sera
inséré dans l'un des quotidiens s'éditant à la Capitale sous peine de
dommages intérêts envers les tiers s'il y échet. Commet l'huissier Canal
Gabriel de siège pour la signification de ce jugement; Compense les dépens.
Ainsi jugé et prononcé par nous, NELSON CILIUS, Juge en audience civile,
ordinaire et publique du jeudi vingt février deux mille vingt-cinq en
présence de Me ELYSEE FENELON, Substitut Commissaire du Gouvernement
de ce ressort et avec l'assistance du sieur MOZART TASSY, Greffière du siège.
Il est ordonné....etc...
En foi de quoi...etc....
PAR CES MOTIFS
Après avoir délibéré au vœu de la loi, dit déclarer compétent pour
connaître l'affaire; Maintient le défaut octroyé à l'audience du 24
décembre 2024; Déclare constants les faits de trouble de possession;
Maintient le requérant en possession; Fait injonction au cité de ne
plus troubler la possession du requérant tant à présent qu'à
l'avenir; Condamne le cité à vingt-cinq (25000) mille gourdes de
dommages-intérêts; Condamne enfin le cité aux dépens; Commet
l'huissier Wilsonne Jean Simon pour signifier. Donné de nous, Me
Jacson Fleurisma, juge en audience ordinaire, civile et publique du
vingt-quatre décembre deux mille vingt-quatre (2024), An 220e de
l'indépendance, assisté du citoyen Coulanges Mathéau, greffier en
chef du tribunal.
La Maison Blanche explique
pourquoi Trump « n’approuve
pas » les BRICS !
La porte-parole de la
Maison Blanche, Caroline
Leavitt, a souligné
que le président « prendra
toutes les mesures
nécessaires pour
empêcher d’autres pays
d’exploiter les États-
Unis ».
Le président des
Etats-Unis, Donald
Trump, considère que
l’alliance BRICS a pour
objectif de saper des intérêts
des Etats-Unis et
est prêt à prendre des
mesures en réponse, a
déclaré la porte-parole
de la Maison Blanche,
Caroline Levitt.
Leavitt a indiqué
que Trump suivait « de
près » le déroulement
du sommet du bloc, qui
a lieu les 6 et 7 juillet au
Brésil. La porte-parole
a souligné la vision du
président : « Il ne perçoit
pas que ces pays soient
en train de se renforcer.
Il les perçoit simplement
comme des pays La porte-parole de la Maison Blanche, Caroline Leavitt
qui tentent de saper les
intérêts des États-Unis,
De plus, les ministres des finances du groupe
et cela ne lui semble pas bien, quelle que soit la BRICS ont publié une déclaration commune au
force ou la faiblesse d’un pays ».
début du sommet, dans laquelle ils rejettent « les
Leavitt a souligné que la « plus haute responsabilité
» du président est de protéger les in-
et des mesures non douanières », et ont réaffirmé
augmentations unilatérales des droits de douane
térêts nationaux. À ce sujet, elle a déclaré que leur engagement en faveur d’un commerce multilatéral
basé sur des règles.
Trump « s’assurerait que les États-Unis reçoivent
un traitement juste sur la scène internationale », Dimanche dernier, le président des Etatset
elle a ajouté qu’il prendrait toutes les mesures Unis a annoncé que toute nation qui soutiendrait
les politiques anti-américaines, qui, selon lui,
nécessaires pour éviter que d’autres pays profitent
des États-Unis et de notre peuple.
promeuvent les BRICS - composés actuellement par
le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine, l’Afrique du
Trump menace et reçoit une réponse
Sud, l’Iran, l’Éthiopie, l’Égypte, l’Indonésie, l’Arabie
saoudite et l’Arabie saoudite - serait soumise à
Le sommet annuel des BRICS s’est tenu à Rio de
Janeiro, où les dirigeants du bloc ont confirmé leur un droit de douane de 10%, sans exception.
stratégie destinée à renforcer l’utilisation des monnaies
locales, à avancer dans le développement russe, Dmitri Peskov, a réaffirmé lundi que « la
En réponse, le porte-parole de la présidence
d’un système de paiement propre et à lancer un coopération des BRICS n’a jamais été et ne sera
fonds de garantie multilatéral qui permette de mobiliser
des investissements sans dépendre du dollar.
RT 8 Juillet
jamais dirigée contre des pays tiers. »
2025
PAR CES MOTIFS
Le Tribunal, après examens, sur les conclusions du Ministère Public, maintient le
défaut octroyé contre la défenderesse à l'audience précitée, pour le profit déclare
fondée la dite action. Admet en conséquence le divorce du sieur Marcel EMMANUEL
d'avec son épouse née Junette CHARLES pour incompatibilité de caractères aux
torts de l'épouse. Prononce la dissolution des liens matrimoniaux ayant existé
entre lesdits époux : Ordonne à l'officier de l'état Civil de la commune de
Carrefour de transcrire sur les registres à ce destinés le dispositif du présent
jugement dont un extrait sera inséré dans l'un des quotidiens s'éditant à la
Capitale sous peine de dommages intérêts envers les tiers s'il y échet, commet
l'huissier Clerbrun FAURE de ce siège, pour la signification de ce jugement.
Compense les dépens
Ainsi jugé et prononcé par nous, Me Berge O. SURPRIS, juge en audience civile et
publique en date du vingt-et-un Juillet deux mille vingt-trois, en présence de Me
Choubert BAPTISTE, Substitut Commissaire du Gouvernement de ce ressort avec
l'assistance du Greffier Junior Sauvens THELEMAQUE.
Il est ordonné....etc....
En foi de quoi...etc....
AVIS JUDICIAIRE
Par ces causes et motifs, le Tribunal après examen sur les conclusions du Ministère
public, entendu maintient le défaut octroyé contre le défendeur à l'audience
précitée, pour le motif, déclare fondée ladite action, admet en conséquence le
divorce du sieur Rosemond HYPPOLITE d'avec son épouse née Judith BRUTUS,
pour injures graves et publiques aux torts de l'épouse, prononce la dissolution des
liens matrimoniaux existant entre lesdits époux. Ordonne à l'officier de l'état civil
de la commune de Carrefour de transcrire sur les registres à ce destinés, le dispositif
du présent jugement dont un extrait sera publié dans l'un des quotidiens
s'éditant à la Capitale sous peine de dommage intérêt envers les tiers; Compense
les dépens vu la qualité des parties; Commet l'huissier Canal GABRIEL de ce siège
pour la signification de ce jugement. Compense les dépens. Ainsi jugé et prononcé
nous, Me Nelson CILIUS Juge en audience civile, ordinaire et publique en date du
trente Décembre deux mille vingt-quatre, en présence de Me Dominique NOËL,
Substitut Commissaire du gouvernement de ce ressort avec l'assistance du Greffier
Mozart TASSY
Il est ordonné ...etc...
En foi de quoi....etc....
PAR CES MOTIFS
Le Tribunal après examen, le Ministère Public entendu, maintient le défaut octroyé
contre le défendeur à l'audience précitée, pour le profit déclare fondée ladite
action. Admet en conséquence le divorce de la dame Jean Paul CHERY, femme née
Joslaine DELMAS, d'avec son époux le sieur Jean Paul CHERY pour injures graves
et publiques aux torts de l'époux, Prononce la dissolution des liens matrimoniaux
existant entre lesdits époux. Ordonne à l'officier de l'état Civil de la Section Sud
de Port-au-Prince, de transcrire sur les registres à ce destinés, le dispositif du
présent jugement dont un extrait sera inséré dans l'un des quotidiens s'éditant à
la Capitale sous peine de dommages intérêts envers les tiers s'il y échet. Commet
l'huissier Canal GABRIEL de ce siège pour la signification de ce jugement.
Compense les dépens.
Ainsi jugé et prononcé par nous, NELSON CILIUS, Juge, en audience civile,
ordinaire et publique du jeudi douze décembre deux mille vingt-quatre, en
présence de Me DOMINIQUE NOEL, Substitut du Commissaire du Gouvernement de
ce ressort et avec l'assistance du sieur MOZART TASSY, Greffier du siège
Il est ordonné....etc...
En foi de quoi...etc…
PAR CES MOTIFS
Le Tribunal, après examen et sur les conclusions du Ministère public, accueille l'action du
demandeur le sieur Frantz MARS en la forme ; Maintient le défaut octroyé contre la dame
née Maradonna JOSEPH , défenderesse à l'audience précitée ; Admet en conséquence le
divorce du sieur Frantz MARS d'avec son épouse née Maradonna JOSEPH pour injures
graves et publiques faits prévus à l'article 217 du code civil Haïtien ; Prononce la dissolution
des liens matrimoniaux ayant existé entre lesdits époux ce, aux torts exclusifs de
l'épouse ;Ordonne à l'officier de l'état civil de la Section Est de Port-au-Prince, de transcrire
sur les registres à ce destinés le dispositif du présent jugement dont un extrait sera
publié dans l'un des quotidiens s'éditant à la Capitale sous peine de dommage intérêt
envers les tiers ; Compense les dépens ; Commet l'huissier Clerbrun FAURE de ce siège pour
la signification du présent jugement.
Ainsi jugé et prononcé par nous, Me Gerty LEON-ALEXIS, Juge en audience civile, ordinaire
et publique de divorce du vendredi quatorze février deux mille vingt-cinq, en présence de
Me Jean Claude Jean ANTOINE, Substitut Commissaire du gouvernement de Port-au-Prince
et avec l'assistance du citoyen Homère RAYMOND, Greffier du siège.
Il est ordonné...etc
Vol 19 # 02 • Du 9 au 15 Juillet 2025
Haiti Liberté
15
Suite de la page (9)
of Kraze Baryè (Break down the
walls), was injured following a drone
attack. There are also reports that Izo,
the leader of Village de Dieu’s Five
Seconds armed group, was injured in
an attack in early June.
The first kamikaze drone attack
in early March against the principal
Viv Ansanm leader and spokesman
Jimmy “Barbecue” Cherizier injured
14 civilians and killed two others in a
house filled with people with physical
disabilities, Cherizier said. Only one
of Cherizier’s men was seriously injured
in the attack.
Suite de la page (12)
Medico
The RNDDH’s Pierre Espérance:
“at least 300 armed terrorist gang
members have been killed, and
more than 400 others have been
injured.”
Haiti’s bourgeoisie back
imperialist violence over dialogue
with Viv Ansanm
While the murder of an armed group
leader may provide useful propaganda
for imperialist henchmen like
Prince and the CPT, the strategic value
is doubtful.
Analysts have pointed out that
the successful murder of key leaders
in Viv Ansanm would more likely increase
the amount of violence in Port
au Prince. Others have suggested that
a Viv Ansanm alliance breakdown
could “lead to internecine warfare
among the gangs that increases the
threat they pose to the government
and to Haitian civilians.”
Meanwhile, Erik Prince’s mercenary
units have a history of massacring
civilians. The most notorious
case was the 2007 Nisour massacre
in Iraq, where Blackwater mercenaries
killed 17 civilians. Blackwater
contractors carried out dozens of other
such massacres in Iraq.
The presence of Prince, the
drone program, and a potential mercenary
cohort increases the likelihood
of more civilian deaths.
“Having mercenaries just go in
and start executing people… is going
to be just like the UN [interventions
in the past],” said Institute for Justice
and Democracy in Haiti (IJDH) director
Brian Concannon in Responsible
Viv Ansanm Jimmy “Barbecue”
Cherizier in his Jul. 5, 2025 video
statement: “If you are nationalists,
what’s happening should revolt
you. Let’s unite and write history.”
Statecraft. “It’s going to continue to
undermine the rule of law and the
social fabric and lead to just more rebounds
of more trampoline effects of
increasing gang violence.”
The CPT’s decision to hire a professed
imperialist mercenary to operate
a kamikaze drone program to kill
Viv Ansanm leaders calling for revolution
ought to dispel any remaining
illusions that the interim government
is anything but Washington’s tool.
The CPT and the political class’
refusal to engage in dialogue with Viv
Ansanm denotes their class interest
and dedication to U.S. imperial domination.
As the end of the Fritz Jean’s
term as interim president draws near,
the CPT is completely dysfunctional.
Virtually all of the political parties and
organizations who provided representatives
to the CPT have withdrawn
their support.
On Aug. 7, Laurent Saint-Cyr,
the literal representative on the CPT
of Haiti’s oligarchs (generally called
the “business sector”), will become
the final interim president. Saint-Cyr
has signaled that he has shifted his
support from the “enlightened” bourgeoisie
sector of the Montana Accord
(Fritz Jean), Lavalas Family (Leslie
Voltaire), and January 30 Collective
(Edgar Leblanc) to its rival faction
composed of the December 21 Accord
(Louis Gérald Gilles), EDE/RED
(Smith Augustin), and Dessalines
Children (Emmanuel Vertilaire).
Meanwhile, organizing fair
elections before the end of the CPT’s
mandate on Feb. 7, 2026 is clearly
impossible. There is not even an electoral
council yet, nor an electoral law.
The leadership vacuum in government
has prompted Washington to
try concocting yet another invasion
force through the Organization of
American States (OAS).
But calls from abroad for negotiations
with Viv Ansanm have
increased. Dominica’s Prime-Minister,
Roosevelt Skeritt, has called for
dialogue, pointing to the successful
deal in Colombia between FARC and
the government. Pan-Africanist leader
Kemi Seba has called for Viv Ansanm
to be a liberation army for the
Haitian people, which is also Jimmy
Cherizier’s often-articulated goal. CE-
PR’s Jake Johnston also laid out the
rationale for dialogue months ago.
Another important call for dialogue
with Viv Ansanm came from
the new OAS Secretary General Albert
Ramdin, who said one way to
improve security would be “trying to
find inroads in the gangs and in the
leadership.” He wants to get the Viv
Ansanm “on board to normalcy.”
Cherizier has called for negotiations
on several occasions. He recently
said: “The only thing that can extract
Haiti from the hole it is in right
now is dialogue. Let us talk to each
other and explain what we need.”
The Overton window on the
need for dialogue with the armed
groups seems to be opening in Haiti’s
bourgeoisie as well. A recent
Ayibopost article by anthropologist
Isabelle Clérié bemoaned the lack of
understanding of the current crisis’
socio-historical roots while emphasizing
the need for mutual understanding.
“We are all victims, just as we
are all guilty,” she wrote. “It is our
peace to define and ours to foster, and
for this we will have to forgive each
other.”
Meanwhile, in a Jul. 5 video,
Cherizier made an sensational
video expressly addressed to Haiti’s
police, army, and their allied “brigade”
paramilitary units. “Haitian
people, wake up. Wherever there are
brigades, it is to protect the CPT or the
Prime Minister,” he said. “They are
not there to fight Viv Ansanm or Barbecue.”
Then he called on all of Haiti’s
armed forces to drive the CPT and
Prime Minister Alix Didier Fils-Aimé
from power, “to unite to build something.”
“Why don’t we all unite
together to liberate this country?” he
asked. “Viv Ansanm is ready. Some
brigade member yelling ‘Down with
the state!” is bluffing. Unite with other
brigade members, the police, and
the army and take power. When you
have power, if you want to negotiate
with Viv Ansanm, we’ll negotiate. If
you don’t want to negotiate with Viv
Ansanm, now you don’t have to yell
about ‘the State!” because it will be in
your hands, and we’ll march on you.”
“Police, soldiers, brigadiers, it’s
up to you,” he continued. “I’m not
asking you to join with Viv Ansanm.
I’m asking you three to unite and
resolve this problem, remove those
nine [CPT] thieves and the disgusting
Prime Minister... Be brave enough to
do it. If you’re not going to do it, cross
your arms and let Viv Ansanm do it...
If you are nationalists, what’s happening
should revolt you. Let’s unite
and write history.”
“If you’re not going to do it, let
me get by [bam pase] to do it,” he
concluded. “The nation can’t remain
like this. Let me by to do it. I’ve become
conscious.”
Travis Ross is based in Montreal,
Québec. He is also the co-editor
of the Canada-Haiti Information
Project at canada-haiti.ca. Travis
has written for Haiti Liberté, Black
Agenda Report, The Canada Files, &
TruthOut. He can be reached on X.
Les groupes sionistes de Begin et de Shamir ont fait exploser une bombe
dans l’hôtel King David à Jérusalem en juillet 1946, tuant des dizaines de
membres de l’administration coloniale britannique
Attack, https://zeteo.com/p/watchnow-gaza-doctors-under-attack
[12] https://www.youtube.com/
watch?v=W5B1MO1PW3M
[13] Critique de Gaza: Doctors
Under Attack – ce film crucial est un
cauchemar. Mais le monde doit le voir.
Le film que la BBC a refusé de diffuser
montre le ciblage, la détention et la
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torture des médecins à Gaza. Sa chronologie
incessante d’horreurs ne vous
quittera jamais, Stuart Heritage, 3 juillet
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Suite de la page (15)
internationales, qui servait les intérêts
du milliard d’or, est en passe de disparaître.
Il est remplacé par un monde
multipolaire plus juste. Le processus de
transformation de l’ordre économique
mondial continue de s’accélérer», a-til
déclaré. Il a ajouté que tout converge
vers la conclusion que le modèle de
mondialisation libérale s’essouffle et
que l’épicentre de l’activité économique
se redéploie vers les marchés émergents.
Ceci génère une vague de croissance
considérable, en particulier au
sein des pays BRICS. Pour capitaliser
pleinement sur ces opportunités naissantes,
il est primordial d’intensifier la
coopération intra-association, a conclu
le président.
L’ascension des BRICS et la
marginalisation de l’Occident
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Sous présidence brésilienne, le sommet
des BRICS des 6 et 7 juillet 2025
à Rio de Janeiro symbolise l’ascension
irréfutable du Sud global et la perte
d’influence de l’Occident. Les BRICS,
élargis à onze nations et neuf partenaires,
incarnent près de la moitié de
la population mondiale, contribuant
à environ à 40% du PIB global (G7
moins de 29%) et à plus de 50% de
la croissance économique mondiale,
dépassant le G7 en parité de pouvoir
d’achat. Leur programme, axé sur la
réforme de la gouvernance mondiale et
l’intégration économique via des initiatives
telles que la Nouvelle Banque de
Développement et le système de paiement
transfrontalier, vise à se défaire
du nazisme monétaire du dollar américain,
unanimement perçu comme un
outil de domination occidentale. C’est
dans cette logique le président brésilien
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déclarant : «les pays BRICS détiennent
84% des terres rares mondiales, 65%
du manganèse et 63% du graphite».
Malgré l’absence de Xi Jinping et Vladimir
Poutine, l’élan d’expansion de
l’Alliance demeure, avec de nombreux
pays candidats à l’adhésion. Ce sommet
s’inscrit dans un momentum où
le Forum économique international de
Saint-Pétersbourg a déjà éclipsé le G7,
signifiant un basculement du centre de
gravité géopolitique vers le Sud.
Pour faire court, réunis hier et aujourd’hui
en sommet à Rio, les BRICS
consacrent l’ascension irrésistible du
Sud global et relèguent l’Occident à une
posture défensive dans un ordre mondial
multipolaire redéfini par des conflits
hybrides.
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16 Haiti Liberté
Vol 19 # 02 • Du 9 au 15 Juillet 2025
A Travers le monde
Inde : plus de 40 morts dans
l’explosion d’une usine !
Environ 143 travailleurs et travailleuses étaient présents dans l’usine
lorsque le feu a ravagé le bâtiment.
Le 30 juin, un gigantesque incendie
s’est déclaré dans une unité pharmaceutique
de Sigachi Industries, en
Inde, faisant plus de 40 morts et plus
de 30 blessés parmi les travailleurs et
travailleuses. De nombreux corps ont
été carbonisés au point d’être méconnaissables
et des échantillons d’ADN
ont dû être prélevés pour identifier
les victimes. Les médias indiquent
que certains travailleurs et travailleuses
sont toujours portés disparus
alors que les autorités continuent de
déblayer les débris sur le site. Environ
143 travailleurs et travailleuses
étaient présents dans l’usine lorsque
le feu a ravagé le bâtiment.
L’usine a été fermée pour 90
jours à la suite de l’incident et une
plainte a été déposée auprès de la police.
Un comité a également été formé
pour enquêter sur les causes de l’incendie.
Récemment, l’entreprise a nié
qu’il y ait eu une explosion de réacteur
dans l’usine et a déclaré que la
cause de l’incendie pourrait être une
surchauffe. Sigachi Industries a annoncé
le versement d’une indemnité
de l’équivalent d’environ 115 000
dollars aux familles des personnes
Moscou met en garde les responsables
israéliens qui cherchent à reprendre
l’agression contre l’Iran
Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov
La Russie a mis en garde contre les
tentatives de plusieurs responsables
israéliens qui cherchent une reprise
de l’agression contre l’Iran.
décédées. Le gouvernement provincial
fournira également une aide financière
immédiate aux victimes.
Le Secrétaire régional d’IndustriALL
pour l’Asie du Sud, Ashutosh
Bhattacharya, a déclaré : « Garantir
la santé et la sécurité au travail n’est
pas un choix mais une obligation
constitutionnelle et internationale
pour le gouvernement indien. La ratification
des Conventions 155 et 187
de l’OIT réaffirmera l’engagement de
l’Inde en faveur de lieux de travail
sûrs, équitables et dignes pour tous.
L’entreprise doit assumer l’entière responsabilité
de l’accident et toute lacune
ayant entraîné l’explosion doit
être divulguée. »
Selon les données compilées par
IndustriALL, depuis le début de l’année,
plus de 60 incidents sur le lieu de
travail se sont produits dans le secteur
chimique et pharmaceutique du pays,
qui ont tué plus de 100 travailleurs et
travailleuses et fait plus de 170 blessés.
Les incidents survenus sur le lieu
de travail n’étant pas suffisamment
signalés, les chiffres réels seraient
bien plus élevés. L’année dernière,
plus de 110 accidents du travail se
sont produits dans ce secteur, tuant au
moins 220 travailleurs et travailleuses
et en blessant gravement plus de 550.
La centrale syndicale nationale
indienne, le Congrès national des
syndicats indiens (INTUC), dont font
partie certains affiliés indiens d’IndustriALL,
revendique : une enquête
indépendante de haut niveau sur le
fonctionnement du département responsables
des usines, la suspension
et la poursuite pénale de tout
fonctionnaire reconnu complice de
négligence, et la réorganisation du
mécanisme d’inspection, y compris le
respect strict de la Convention 81 de
l’OIT.
Sigachi Industries est un important
fabricant de cellulose microcristalline,
utilisée dans les produits
pharmaceutiques, cosmétiques et alimentaires.
L’entreprise est présente
dans le monde entier et plus de la
moitié de ses produits sont exportés
dans plus de 50 pays.
IndustriALL 4 juillet 2025
Le ministre russe des Affaires
étrangères Sergueï Lavrov a fait
ces déclarations lors d’une conférence
de presse conjointe avec son
homologue saoudien Fayçal ben Farhan
en visite à Moscou ce vendredi 4
juillet. «Nous espérons sincèrement
que la guerre des 12 jours est bel et
bien terminée», a déclaré le chef de
la diplomatie russe.
Il faisait référence aux attaques
lancées par le régime israélien contre
les cibles nucléaires, militaires et civiles
de la République islamique d’Iran
le 13 juin. Ces attaques ont coûté la
vie à au moins 935 Iraniens, dont de
hauts responsables militaires et des
scientifiques nucléaires, ces derniers
étant ciblés à l’intérieur de leurs immeubles
résidentiels.
La République islamique d’Iran
a riposté par des opérations défensives
décisives et des contre-attaques,
frappant des infrastructures
militaires et industrielles extrêmement
sensibles dans les territoires
La flamme de la Résistance
demeurera allumée !
Le secrétaire général du Hezbollah libanais, Cheikh Naïm Qassem, prononce
un discours commémorant l’Achoura, le 6 juillet 2025. ©Al-Mayadeen
Dans un discours commémorant
l’Achoura, l’anniversaire du martyre
de l’Imam Hossein (béni soit-il) et
ses compagnons, ce dimanche 6 juillet,
dans la banlieue sud de Beyrouth,
le secrétaire général du Hezbollah,
Cheikh Naïm Qassem a déclaré que «
la flamme de la Résistance demeurera
allumée pour la transmettre aux
générations futures ».
« La défense se poursuivra,
car nous sommes convaincus que la
libération est un devoir, quel que soit
le temps nécessaire et le nombre de
martyrs que nous sacrifierons », a-t-il
martelé. Faisant allusion à l’occupation
continue du régime israélien de
cinq points près de la frontière et ses
attaques contre le territoire libanais, il a
souligné : « Nous ne pouvons capituler
devant cette agression. »
« Comment voulez-vous que
nous restions silencieux alors que
l’ennemi poursuit son occupation, son
agression et ses massacres ? », s’est-il
interrogé. « Sans la Résistance, Israël
aurait envahi les villes et les villages
libanais », a déclaré le chef du Hezbollah.
Dans ce droit fil, le secrétaire
général du Hezbollah a indiqué : « Nous
sommes déterminés à poursuivre la résistance
et à préserver la confiance.
Nous n’accepterons ni l’occupation
du Liban ni une normalisation humiliante.
Notre choix est celui de l’Imam
Hossein; ce peuple n’acceptera ni l’humiliation
ni la reddition. »
Dans la foulée, le secrétaire
palestiniens occupés. Ces représailles
ont contraint le régime israélien à demander
un cessez-le-feu.
Lavrov a toutefois averti :
«Nous avons l’intention de rester
vigilants, car le «parti de la guerre»
reste très actif au Moyen-Orient».
«Nous entendons constamment
diverses déclarations de la
part de dirigeants israéliens. Ils
cherchent à reprendre l’agression
contre la République islamique
d’Iran», a-t-il ajouté.
Depuis la fin des attaques,
l’Iran a averti à plusieurs reprises
que ses prochaines représailles en
cas d’une éventuelle nouvelle agression
seraient d’une intensité et d’une
ampleur bien plus grande, au point
de prendre Tel-Aviv et ses alliés par
surprise.
«Le rôle des États européens
dans la guerre»
Dans un autre passage de son discours,
Lavrov a critiqué les efforts
anti-iraniens «agressifs» de certains
pays européens, qui ont conduit le
Conseil des gouverneurs de l’Agence
général du Hezbollah a annoncé qu’«
Israël doit, dans un premier temps,
achever la mise en œuvre des termes
de l’accord. Il doit appliquer l’accord,
se retirer des territoires occupés, cesser
son agression et entamer la reconstruction.
Lorsque cela sera fait, nous
serons prêts à discuter de sécurité nationale,
de stratégie de défense et de
manière de renforcer notre pays ».
« Nous sommes prêts à affronter
les deux options : la paix, la reconstruction
du pays et une coopération
maximale pour la renaissance et la
stabilité. Nous sommes également
prêts à la confrontation et à la défense.
Nous sommes un peuple invincible et
nous ne renoncerons ni à notre dignité
ni à nos droits », a-t-il précisé.
Dans une autre partie de son
discours, le Cheikh Qassem, a adressé
ses félicitations au Leader de la Révolution
islamique, l’Ayatollah Sayyed Ali
Khamenei et le peuple iranien pour dissuader
l’agression israélienne.
D’autre part, Cheikh Qassem
a déclaré que l’Ayatollah Sayyed Ali
Khamenei « nous a guidés avec son
courage, sa foi, son soutien et ses conseils
», adressant ses salutations au
peuple iranien pour sa résilience et pour
avoir empêché Israël d’atteindre ses objectifs.
Il a également salué les opérations
du Yémen contre le régime de Tel-
Aviv, affirmant que Sanaa avait réussi
à humilier à la fois les États-Unis et
Israël.
PressTV 06 Juillet 2025
internationale de l’énergie atomique
(AIEA) à adopter sa dernière résolution
anti-iranienne.
Il a reproché aux pays européens
d’avoir «fait passer de
manière inutile et agressive des
résolutions anti-iraniennes, qui, non
seulement, n’ont pas apaisé les tensions,
mais aussi ont sapé le processus
de négociations et ont plutôt servi
de prétexte pour prendre des mesures
fermes». Le régime israélien a utilisé
la résolution comme prétexte pour
déclencher la guerre. Elle a également
été utilisée par les États-Unis,
principal allié du régime, comme un
appel à se s’y joindre pour attaquer
l’Iran vers la fin de la guerre.
«J’espère sincèrement que les
nations européennes finiront par reconnaître
leur part de responsabilité»,
a déclaré Lavrov. De son côté,
le ministre saoudien des Affaires
étrangères a également souligné que
les différends avec la République islamique
devaient être résolus par le
biais de processus diplomatiques.
PressTV 4 Juillet 2025
Vol 19 # 02 • Du 9 au 15 Juillet 2025
Haiti Liberté
17
« Nous n’accepterons pas cette
intimidation » : Zohran Mamdani,
candidat à la mairie de New York,
rejette les menaces de Trump
New York, les responsables électoraux
ont déclaré Zohran Mam-
A
dani vainqueur du primaire démocrate
du mois dernier pour la mairie de New
York. La publication des résultats du
vote préférentiel montre que Mamdani,
député de l’État de New York et socialiste
démocrate, a facilement battu Andrew
Cuomo, arrivé deuxième et ancien gouverneur
de l’État, avec 56 % des voix
contre 44 % pour Cuomo. Mamdani a
remporté la victoire avec plus de 545
000 voix, soit plus que 27 sénateurs
américains lors de leurs dernières élections.
Le président Trump a menacé d’arrêter
Mamdani en raison de sa promesse
de campagne de ne pas coopérer avec
les agents fédéraux de l’immigration
chargés d’exécuter les ordres d’expulsion
massifs de Trump.
Président Donald Trump : « Eh
bien, il va falloir l’arrêter. Écoutez, nous
n’avons pas besoin d’un communiste
dans ce pays, mais si nous en
avons un, je vais le surveiller de
très près, au nom de la nation.
… Beaucoup disent qu’il est ici
illégalement. Il est… vous savez,
nous allons tout examiner. »
Dans un communiqué,
Zohran Mamdani a condamné la
menace de Trump, la qualifiant
d’attaque contre la démocratie,
et a promis : « Nous n’accepterons
pas cette intimidation. » Il
s’est également entretenu avec la
chaîne de télévision NY1.
Zohran Mamdani : «
Ce que nous voyons dans la
rhétorique du président Trump, c’est
une tentative de se concentrer sur qui
je suis, d’où je viens, à quoi je ressemble,
comment je parle, par opposition
à ce pour quoi je me bats réellement,
Zohran Mamdani rejette les menaces de
Donald Trump
parce que cela reviendrait à afficher le
contraste frappant entre notre sincérité
et le fait d’agir réellement pour les travailleurs
mêmes qui ont été laissés pour
compte par la politique. »
Democracy Now 04 Juillet 2025
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États-Unis : Une Palestinienne apatride raconte les violences « très
traumatisantes » qu’elle a subies lors de sa détention par ICE.
Par Brett Wilkins
Les responsables de l’immigration
de l’administration Trump auraient
qualifié le calvaire de Ward Sakeik
de « triste histoire ».
Une Palestinienne récemment
mariée originaire du Texas,
libérée d’un centre de détention de
l’Immigration and Customs Enforcement
(ICE) en début de semaine,
affirme avoir été enchaînée pendant
de longues périodes, privée de nourriture
et d’eau, et avoir subi d’autres
violations des droits humains pendant
près de cinq mois en détention
par l’ICE, tout cela parce qu’elle est
apatride.
Ward Sakeik, 22 ans, est née
en Arabie saoudite de parents palestiniens
originaires de Gaza. L’Arabie
saoudite n’accordant pas la citoyenneté
de naissance aux enfants
d’étrangers, Sakeik était officiellement
apatride lorsque sa famille a
immigré légalement aux États-Unis,
alors qu’elle avait 8 ans.
Les parents de Sakeik ont ensuite
déposé une demande d’asile
aux États-Unis (qui a été refusée),
mais ont été autorisés à rester légalement
dans le pays en attendant les
contrôles de routine de l’ICE.
Après avoir obtenu leur
diplôme d’études secondaires et leur
diplôme de l’Université du Texas
à Arlington, créé une entreprise de
photographie de mariage, épousé
un citoyen américain et entamé les
démarches pour obtenir une carte
de résident permanent, Sakeik et
son mari ont passé leur lune de miel
aux Îles Vierges américaines. Elle a
été arrêtée peu après son retour aux
États-Unis, les agents des douanes
et de la protection des frontières
l’ayant repérée au-dessus des eaux
internationales, une mesure que les
responsables du Département de la
Sécurité intérieure ont qualifiée de
violation de la politique d’immigration.
« Quelques heures seulement
après mon retour de lune de miel,
Ward Sakeik
ils m’ont mise en survêtement gris
et enchaînée », a déclaré Sakeik
lors d’une conférence de presse
après sa libération. « J’ai été
menottée pendant 16 heures sans
eau ni nourriture dans le bus. Je me
déplaçais comme du bétail. Et le
gouvernement américain a tenté de
m’abandonner dans une région du
monde où je ne sais ni où je vais, ni
ce que je fais, ni quoi que ce soit.»
« Ils ne nous ont donné ni eau
ni nourriture, et on sentait l’odeur
du chauffeur qui mangeait du
Chick-fil-A », a-t-elle poursuivi. «
On a demandé de l’eau, on a frappé
à la porte pour demander à manger,
et il a juste augmenté le son de la
radio en faisant semblant de ne pas
nous entendre. »
Sakeik a déclaré que les conditions
insalubres au centre de détention
de Prairieland à Alvarado, au
Texas, où un agent de l’ICE a été
blessé par balle au cou lors d’une
attaque vendredi soir, ont provoqué
de nombreuses maladies parmi les
détenus.
« Les toilettes sont également
très, très, très insalubres », a-t-elle
ajouté. « Les lits sont rouillés partout.
» Elles ne sont pas correctement entretenues.
Et il y a des cafards, des
sauterelles, des araignées, tout,
partout. Les filles ont été mordues.
« Je ne souhaite cela à personne
», a déclaré Sakeik lors d’une
interview samedi sur CNN. « C’était
très dur, très traumatisant et très,
très difficile. »
Eric Lee, l’avocat de Sakeik, a
déclaré à CNN que les agents de l’immigration
avaient rejeté le récit de
Sakeik, le qualifiant de « sentiment
de deuil ».
« Je suppose que la question
que nous poserions au peuple américain
serait : Qui allez-vous croire,
vos mensonges ou les déclarations
des responsables de véritables
crimes contre l’humanité commis
ici, aux États-Unis ? », a ajouté M.
Lee.
Sakeik a déclaré qu’elle comptait
désormais défendre les femmes
et les filles emprisonnées par ICE.
« Je veux que le monde sache que les
femmes qui viennent ici cherchent
une vie meilleure, mais qu’elles sont
criminalisées pour cela », a-t-elle
déclaré. « Elles sont déshumanisées
et privées de leurs droits. Ils
nous traitent comme si nous étions
inférieures simplement parce que
nous aspirons à une vie meilleure. »
Common Dreams 6 juillet 2025
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