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Haiti Liberte 9 Juillet 2025

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Vol 19 # 02 • Du 9 au 15 Juillet 2025

LES ASSASSINS VERSENT DES

Ki wòl lang kreyòl la nan

yon demokrasi?

Page 6

LARMES DE CROCODILE!

8 juillet 1825 - 8 juillet

2025 : Remémoration

du bicentenaire de

l’acceptation de

l’ordonnance de Charles

X par le gouvernement

de Jean-Pierre Boyer

Page 7

Voir page 3

Le 7 juillet 2025, les représentants des oligarques au sein de la classe politique corrompue, décadente et

pourrie ont rendu hommage pour la première fois au président Jovenel Moïse, assassiné le 7 juillet 2021

How the Haitian Government’s

Drone War is Illegal,

Indiscriminate, and Counter-

Productive... and Erik Prince’s

Mercenaries will Just Make

Matters Worse

page 9

LA CONFÉRENCE ÉPISCOPALE

DOMINICAINE PREND POSITION !

Journalistes BBC : « on

nous oblige à faire la

promo d’Israël »

Page 10-11

Voir page 4

La Conférence épiscopale dominicaine appelle au respect de la dignité humaine des sans-papiers

Inde : plus de 40 morts

dans l’explosion d’une

usine !

Page 17


Editorial

La guerre ne devrait être la voie à aucune

sortie de crise !

HAITI

1583 Albany Ave

Brooklyn, NY 11210

Tel: 718-421-0162

Fax: 718-421-3471

3, 2ème Impasse Lavaud

Port-au-Prince, Haiti

LIBERTÉ

Par Berthony Dupont

Faut-il prendre au sérieux les nombreuses déclarations, qu’elles émanent

du Conseil Présidentiel de Transition (CPT), de la Primature,

voire de certains médias, alors qu’un budget de guerre a été décrété par le

gouvernement et que l’idéologie dominante est « à la guerre comme à la

guerre » ? Cela signifie que l’appareil d’État a clairement choisi la guerre,

synonyme de barbarie, pour tenter de résoudre la crise structurelle que

traverse actuellement le pays.

Les bellicistes n’ont rien à redire sur les excès et les conséquences

incontrôlables, car tant qu’il y aura guerre, il y aura pertes humaines,

destructions d’infrastructures et massacres. Tant qu’il y aura guerre, il y

aura dommages collatéraux, et les résultats ne seront jamais agréables

et satisfaisants pour tous. Il y aura des grincements de dents, et c’est

précisément le cas avec la destruction par incendie de l’ancien hôtel

Oloffson, probablement motivée par des mobiles. Depuis cet incendie,

on entend toutes sortes de litanies et d’accusations infondées et sans

preuves, car pour l’heure, aucune enquête n’a été diligentée par les autorités.

Mais il faut bien le dire, rien d’étonnant lorsque la seule négociation

demeure la guerre.

Si nous sommes en guerre, comme l’ont déclaré les Conseillers

Présidentiels fauteurs de guerre, Leslie Voltaire et Fritz Alphonse Jean,

ne nous étonnons pas de certains abus, ni même de terribles dégâts.

Nous devons avoir le courage d’accepter tout ce qui se passe ; sinon, demandez

un cessez-le-feu pour y mettre fin, ce qui impliquerait une forme

de dialogue ou de négociation de part et d’autre.

Si le pays est devenu une zone de guerre où des groupes armés

nommés « brigadiers » soutenus par le gouvernement combattent ouvertement,

par endroits, ceux identifiés comme des bandits, le CPT est tout

bonnement responsable de ces méfaits. Par conséquent, les autorités

sont comptables des conséquences incalculables de l’état sanitaire,

physique et psychologique d’une population privée de tout. Les crimes

commis par les brigadiers sont considérés comme presque normaux, selon

des critères inconnus, mais ceux de leurs adversaires sont insupportables

et toujours dénoncés. Alors que les deux protagonistes devraient

être condamnés simultanément pour leurs actes inacceptables. En réalité,

nous sommes véritablement au cœur d’une guerre civile entre deux

entités différentes où chacun fait sa propre loi, recherche justice selon

ses propres sentiments ou raisonnements. Et au milieu de tout cela, la

population civile abandonnée et affamée qui en paie le prix.

Un bilan qui devrait malheureusement s’alourdir dans les semaines

à venir si, comme annoncé, le pays devait faire face à une nouvelle

intervention militaire, cette fois de la part des pays membres de l’OEA.

Le pire, c’est que les autorités actuelles ne s’en préoccupent nullement

du sort de la population, tant que cela leur conviennent. Elles ont pris

soin d’exacerber les contradictions en finançant, voire en équipant certains

brigadiers afin qu’ils puissent contrecarrer l’arsenal militaire de leur

ennemi, en l’occurrence les autres groupes armés désignés comme : bandits,

gangs et terroristes.

Or, nous avons atteint en Haïti un stade de criminalité où il est

impossible de distinguer les actions des gangs de celles des brigadiers et

de la police, tant leurs actions criminelles sont similaires. Récemment,

l’ancien général-président Prosper Avril a rendu, sans le savoir, service

au pays en publiant un livre sur l’histoire des bandes armées. Même s’il

met tous les groupes armés dans le même sac, on ne pouvait espérer

mieux de sa part, compte tenu de sa position politique et de ses limites,

profondément anti-progressiste, voire réactionnaire.

En réalité, cet ouvrage sur l’historicité des groupes armés, malgré

ses lacunes idéologiques et scientifiques, constitue une contribution

précieuse. Il éclaire l’histoire de notre pays dans son ensemble, y compris

pendant la période coloniale précédant notre indépendance, sachant que

les groupes armés ont toujours joué un rôle fondamental, quelle que soit

leur origine et leurs méthodes. Ils expriment souvent une certaine revendication

sociale, politique et économique contre l’ordre dominant établi.

Ce phénomène trouve précisément ses racines dans les luttes internes

du pays pour le changement, car ce n’est qu’après certains événements

politiques majeurs que nous sommes toujours confrontés à cet imbroglio

sociopolitique. Sa survie est due au fait qu’il n’a jamais été définitivement

résolu. N’ayant pas été éradiqué, il réapparaît à certaine période

de l’histoire puisque les conditions sociales des masses exploitées n’ont

jamais véritablement changé.

Les classes possédantes se complaisent dans la dissimulation de

la vérité, mais la lumière de la vérité, qu’on le veuille ou non, brillera

toujours sur les ténèbres. Cela signifie que même si les actes des bandits

déplaisent à chaque citoyen, le rôle de l’Etat serait aussi de rechercher

les causes profondes qui les provoquent. Malheureusement, il refuse

catégoriquement d’aller à la source du mal de peur que la trace de son

implication tacite ne soit découverte dans les maux dont souffre le pays.

Les vrais criminels ce sont les dirigeants de l’État qui ne prennent pas en

compte les besoins des populations les plus démunies et refusent d’aider

les plus pauvres !

Le gouvernement persiste dans sa dérive autoritaire, afin de maintenir

davantage la population dans l’ignorance et d’empêcher que ce

véritable problème soit définitivement résolu. Il préfère faire semblant

de ne pas comprendre la nécessité d’avoir une paix durable et surtout

ne l’a jamais prêché vraiment dans le pays. C’est une façon de ne pas

résoudre cette crise multidimensionnelle. Ce que les dirigeants tentent de

faire, en tant que criminels, c’est de dissimuler la vérité tout en élaborant

un stratagème, comme si le pays souffrait d’une épidémie de banditisme

criminel et qu’il était nécessaire d’éliminer toutes les personnes infectées,

alors qu’en réalité, ils sont eux-mêmes à l’origine et porteurs du virus.

Ils savent pertinemment qu’éliminer ce qu’ils appellent les bandits

ne résoudra pas le problème fondamental, ni ne nous rapprochera en

rien de la paix. Mais le slogan que les mercenaires de la classe politique

au service d’oligarques corrompus ne cessent de vendre, est : « il n’y aura

aucune négociation avec les gangs ». Ces dirigeants déclarent haut et fort

qu’ils ne négocieront pas, qu’ils ne dialogueront jamais avec les bandits.

Pourtant, c’est ce qu’ils font en coulisses, à longueur de journée et de

semaine pour leur compte personnel.

L’heure est grave. La barbarie en cours, déchaînée par le Conseil

Présidentiel de Transition et le Premier ministre Didier Alix Fils-Aimé

n’aurait pas eu lieu si elle n’était pas appuyée par l’impérialisme. Rien ne

peut justifier la poursuive de cette guerre. D’une manière ou d’une autre,

la guerre ne devrait être la voie à aucune sortie de crise. La vérité, ce

n’est pas le dialogue qui effraie cette poignée de personnes qui exploite

toutes les richesses du pays, mais plutôt leur obsession de nier l’existence

même du peuple haïtien revendiquant ses droits légitimes auxquels

il aspire.

Email :

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Website :

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DIRECTEUR

Berthony Dupont

RÉDACTEUR EN CHEF

Victoria T. H. Sylvain

RÉDACTION

Berthony Dupont

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Guy Roumer

CORRESPONDANTS

EN HAITI

Daniel Tercier

Bissainthe Anneseau

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Marie-Célie Agnant

J. Fatal Piard

Catherine Charlemagne

Pierre L. Florestal

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Jacques Elie Leblanc

Claudel C. Loiseau

Henriot Dorcent

Dr. Antoine Fritz Pierre

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Elysée Luckner Vil

ADMINISTRATION

Marie Laurette Numa

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DISTRIBUTION: MIAMI

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2 Haiti Liberté

Vol 19 # 02 • Du 9 au 15 Juillet 2025


A Travers Haiti

Les assassins versent des larmes de crocodile!

Ils ont choisi de rendre hommage à Jovenel Moïse ? D’où vient cette

idée, acceptée par la majorité d’entre eux, alors que, de connivence avec

le gouvernement Américain, aucun effort n’a été fait pour que Jovenel

obtienne justice

Par Marie Laurette Numa

Quatre ans après l’assassinat du

7 juillet 2021 à Pèlerin, les oligarques

et leurs représentants au sein

de la classe politique corrompue, décadente,

en putréfaction au service de

leurs patrons impérialistes ont rendu

hommage à l’ancien président Jovenel

Moïse pour la première fois le 7 juillet

2025. On pourrait même dire que

c’était planifié, car la majorité de ses

ennemis politiques ont profité de ce

moment pour en faire leur deuil et ainsi

saluer la mémoire du défunt.

La question que beaucoup se

posent est : pourquoi tout ce remue-ménage

quatre ans plus tard ? Quatre

ans plus tard, tous ces adversaires

politiques, et même les agents des oligarques,

sont venus verser des larmes

de crocodile. Qui veulent-ils tromper

une fois de plus ? Est-ce une nouvelle

ruse pour continuer à gérer, voire à

régénérer, une transition qui semble

interminable ?

Ils ont choisi de rendre hommage

à Jovenel Moïse ? D’où vient

cette idée, acceptée par la majorité

d’entre eux, alors que, de connivence

avec les Américains, aucun effort n’a

été fait pour que Jovenel obtienne justice.

Afin que le pays puisse identifier

les auteurs intellectuels et les commanditaires

de ce crime odieux ? La

population aimerait savoir qui a réellement

financé le crime et quels secteurs

étaient impliqués aux niveaux national

et international. Pourquoi la police a-telle

restitué la vidéo de son domicile

au FBI, qui a lui-même constitué une

série de dossiers pour empêcher toute

révélation ?

Dans ce contexte, le Conseil

présidentiel de transition a choisi d’organiser

cet événement au Palais national.

Un lieu abandonné depuis le

crime du 7 juillet. À cette occasion, une

messe de requiem a été chantée au Palais

sous la présidence du révérend Père

L’ancien ministre des Travaux

publics, Joiséus Nader

Jean Robert Louis, mais pourquoi pas à

la Villa d’Accueil, qui est actuellement

le centre politique du pays ?

En effet, la cérémonie s’est

déroulée en présence des conseillers

présidentiels, à l’exception de Laurent

Saint-Cyr, en déplacement, et de

Régine Abraham. Il est à noter que le

Premier ministre Alix-Didier Fils-Aimé

était également présent, aux côtés

du chef de la police, de membres de

l’état-major des armées, de ministres,

de représentants des institutions de

l’État et de plusieurs invités. « Que

cette cérémonie ne soit pas un simple

rituel. Qu’elle ouvre les cœurs au pardon,

mais aussi à la justice », a déclaré

le père Jean Robert Louis dans son

homélie.

Drôle de coïncidence : c’est ce

jour-là qu’André Michel, du Secteur

Démocratique Populaire, l’un des individus

ayant le plus terni la réputation

politique du président avant son

assassinat physique a d’ailleurs choisi

de s’exprimer sur les réseaux sociaux

pour se disculper, comme il l’a clairement

indiqué : « J’étais l’adversaire

politique de Jovenel, mais je n’étais

pas pour son assassinat.» Nombreux

sont ceux qui ne croiront pas cette déclaration

en raison de la manière dont

André Michel a insulté le président, demandant

de le gifler où qu’il se trouve.

En vérité, tuer le président ne lui suffisait

même pas. Et c’est dans cette

perspective qu’a eu lieu le coup d’État

sanglant de la nuit du 6 au 7 juillet.

Il a profité de cette occasion pour s’en

prendre à ses proches, afin de semer la

confusion en faisant savoir que : « Si

ceux qui combattaient sa politique

étaient dans l’opposition, ceux qui

voulaient sa mort étaient plutôt autour

de lui.»

Il était incroyable que le CPT et

la Primature aient publié simultanément

des notes de condoléances à la

famille de l’ancien président et des

messages de sympathie en hommage

au président Jovenel Moïse lui-même.

La note du Cabinet du Premier Ministre

indiquait : « Quatre ans après cet acte

odieux, la République d’Haïti continue

d’honorer la mémoire de Jovenel

Moïse et de réaffirmer son attachement

aux valeurs démocratiques et

républicaines. »

Dans sa note, le CPT soulignait «

son engagement à lutter pour la paix,

l’amour et la stabilité dans le pays ».

Mais la haine qu’ils lui vouent est toujours

perceptible. Dans leur publication,

ils n’ont pas mentionné l’assassinat

d’un chef d’État en sa résidence

privée, ils ont mentionné uniquement

son décès. C’était pour se moquer de

lui, et le message était de dire qu’il était

mort de mort naturelle. Ils manquent de

Messe de requiem au Palais National présidée par le révérend Père Jean

Robert Louis

courage pour révéler la vérité. Ils sont

contraints de dire adieu au président,

sans parler de meurtre. Quelle lâcheté

! Seul l’actuel ministre de la Défense,

Jean-Michel Moïse, a adopté un ton

différent en orchestrant cet anniversaire,

implorant l’ancien président : «

Vous avez été victime d’un assassinat

brutal parce que vous croyiez pouvoir

changer ce pays. Vous avez semé une

graine ! »…. « Rendre justice au président

Jovenel, c’est se rendre justice

à soi-même, car ce qui lui est arrivé

peut arriver à n’importe lequel d’entre

vous. Si vous aspirez à gouverner ce

pays, vous êtes exposé au même sort,

en toute impunité », a-t-il écrit sur X.

L’ancien Premier ministre Ariel

Henri a peut-être lui aussi commémoré

ce jour de deuil en exil aux États-Unis.

L’autre ancien Premier ministre à l’intérim,

Claude Joseph, n’a pas manqué

l’occasion ; pour perpétuer la mémoire

de M. Moïse, il a baptisé une salle de

conférence du siège de son parti politique

du nom du président assassiné.

On pourrait même dire que c’est lors du

quatrième anniversaire de son assassinat

que la classe politique, et notamment

ses ennemis, ont réalisé qu’ils

avaient fomenté sa liquidation physique.

Et malgré tout, Jovenel semble

rester bien plus populaire que tous les

autres réunis.

D’ailleurs, son épouse Martine

Moise, comme elle le fait chaque année

à cette occasion, a régulièrement

publié un message exigeant que justice

soit rendue à son mari.

À Pèlerin 5 où il a été assassiné,

ce lundi 7 juillet 2025, une foule de

sympathisants et de partisans de l’ancien

président a exprimé son indignation

dans le silence. Joiséus Nader,

ancien ministre des Travaux publics,

des Transports et des Communications

du président assassiné, a pour

sa part déposé une gerbe en hommage

au défunt, dont le souvenir restera

gravé dans la mémoire des masses

paysannes qui s’identifiaient à Jovenel

Moïse.

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Vol 19 # 02 • Du 9 au 15 Juillet 2025

Haiti Liberté

3


A Travers Haiti et la République Dominicaine

La Conférence épiscopale dominicaine prend position !

La Conférence épiscopale dominicaine (CED) a appelé ce dimanche les

autorités à respecter la dignité humaine des sans-papiers

La Conférence épiscopale dominicaine

(CED) a appelé ce dimanche

les autorités à respecter la dignité humaine

des sans-papiers dans le cadre

des opérations menées contre l’immigration

irrégulière, notamment en

provenance d’Haïti.

Dans un communiqué publié

à l’issue de leur assemblée plénière,

les évêques ont souligné « la solidarité

et les efforts constants que notre

nation et le gouvernement dominicain

ont déployés et continuent de

déployer en faveur d’Haïti », efforts

qui, cependant, « sont entachés par

les raids menés contre les migrants

irréguliers ».

Tout en reconnaissant « le droit

de chaque nation à appliquer ses lois

Les évêques ont également exhorté la Direction générale des migrations

(DGM)

sur l’immigration », ils ont exhorté

les autorités à « veiller à ce que leur

application soit toujours conforme

aux principes de justice, d’équité et

de respect de la dignité humaine ».

Dans le même temps, ils ont

jugé inacceptable « tout discours

xénophobe et discriminatoire à

l’égard des immigrants, car il ne

fait qu’engendrer des sentiments de

haine et porte atteinte au climat de

fraternité entre nos nations. Nous

rejetons tout discours incitant à la

violence, au rejet, à la marginalisation

et à la discrimination », ont-ils

indiqué dans le communiqué.

Ils ont également demandé à

la Direction générale des migrations

(DGM) de veiller à ce que les services

hospitaliers « ne deviennent pas des

points de contrôle de l’immigration

et, plus encore, à ce que des situations

douloureuses contraires à

l’Évangile de la charité ne se produisent

pas ».

Au contraire, « ceux qui se

livrent au trafic d’immigrants en situation

irrégulière, quelle que soit leur

nationalité, doivent être poursuivis

et punis », ont-ils déclaré.

Enfin, la Conférence épiscopale

dominicaine (CED) a appelé la communauté

internationale à agir « fermement

au nom du peuple haïtien ».

« Il est temps de poser des

gestes concrets de solidarité qui contribuent

à la paix et au développement

durable de ce pays frère », ontils

souligné.

En octobre 2024, le gouvernement

dominicain a mis en œuvre

un plan d’expulsion visant à rapatrier

10 000 Haïtiens par semaine afin de

contrôler l’immigration irrégulière.

De plus, en avril de cette année,

le président Luis Abinader a annoncé

quinze nouvelles mesures contre

l’immigration en provenance d’Haïti,

pays voisin en proie à une crise profonde

depuis des années.

Mardi dernier, la DGM a rapporté

qu’au cours du premier semestre,

184 001 Haïtiens en situation

irrégulière ont été expulsés, dont

30 757 au mois de juin.

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7 Juillet 2025

Comment la guerre des drones menée par le gouvernement haïtien

est illégale, aveugle et contre-productive… et les mercenaires d’Erik

Prince ne feront qu’empirer les choses

Un drone de la Police nationale d’Haïti (PNH). La GRC a formé la

PNH au pilotage de drones, mais pour la surveillance, et non pour les

bombardements.

Par Travis Ross

Un article récent du New York

Times expliquait que la guerre des

drones kamikazes menée actuellement

par le Conseil présidentiel de transition

(CPT) d’Haïti contre les groupes armés

de Port-au-Prince était probablement

illégale et violait une entente avec le

Canada.

Marie-Ève Breton, de la GRC : « La

GRC ne cautionne pas l’utilisation

de drones pour transporter des

munitions ou des outils offensifs.»

La Gendarmerie royale du Canada

(GRC) avait fait don des drones et

formé la Police nationale d’Haïti (PNH)

à leur utilisation pour la surveillance des

groupes armés, rapporte l’article. « Les

attaques de drones qu’elle a menées

constituent une violation du droit pénal

haïtien et du droit international relatif

aux droits de la personne », a déclaré

Marie-Ève Breton, porte-parole de la

GRC, dans un courriel adressé au New

York Times. « La GRC ne cautionne pas

l’utilisation de drones pour transporter

des munitions ou des outils offensifs. »

Selon Mme Breton, le gouvernement

haïtien avait promis de ne pas

utiliser les drones pour tuer des personnes.

Le « groupe de travail » formé

par le gouvernement haïtien pour armer

les drones n’avait « aucune autorité légale

», a-t-elle déclaré.

Les commentaires de Breton contredisent

un article de Press Lakay du 18

mars, dans lequel le porte-parole adjoint

de la PNH, Lionel Lazarre, affirmait que

« le gouvernement canadien soutenait

l’initiative » de la CPT de former un

groupe de travail sur les drones létaux.

La GRC se distancie de la guerre

des drones menée par le CPT après que

plusieurs experts des droits de la personne

ont estimé que ce programme

viole le droit international, comme l’a

souligné Breton.

Godfrey Otunge, commandant de

la Mission multinationale de soutien à

la sécurité (MSS) en Haïti, dirigée par

le Kenya et bénéficiant de l’appui de

l’ONU, a également déclaré que sa force

n’utilisait pas de « drones armés » et que

le+ CPT « était aux commandes », selon

le Washington Post.

Un responsable haïtien anonyme

n’a manifesté aucune inquiétude quant

aux pertes civiles qui poussent la GRC

et la MSS à se dissocier de la guerre des

drones. « Soyons honnêtes, c’est inévitable

», a déclaré le responsable au

Washington Post. Pour moi, ce n’est

qu’un détail. Tant qu’on est dans une

zone contrôlée par des gangs et qu’il y a

des attaques, des dommages collatéraux

vont se produire.

Joel H. Poliard

M.D., M.P.H.

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Un drone typique équipé d’un

cylindre explosif, comme celui

utilisé en Haïti. Photo : Haïti Libre

Alors que le Canada et le MSS

prennent leurs distances, l’actuel président

par intérim du CPT, Fritz Alphonse

Jean, a récemment admis que le gouvernement

avait engagé des « mercenaires

étrangers » pour piloter les drones kamikazes,

mercenaires rassemblés par le

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tristement célèbre Erik Prince, fondateur

de Blackwater, et une foule d’autres entreprises

de « sous-traitance militaire ».

Le CPT engage Erik Prince pour

mener un programme de drones

kamikazes

« Ces derniers mois, le gouvernement

haïtien a recruté des entrepreneurs

américains, dont M. Prince, pour travailler

au sein d’une force d’intervention

secrète chargée de déployer des

drones destinés à éliminer des membres

de gangs », rapportait le New York Times

le 28 mai.

L’article indique que l’équipe de

Prince utilise les drones depuis mars,

date à laquelle les premières attaques

ont commencé. Citant des « experts en

sécurité » anonymes, l’article explique

que Prince « a également recruté des

vétérans militaires haïtiens-améric-

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4 Haiti Liberté

Vol 19 # 02 • Du 9 au 15 Juillet 2025


ains pour les envoyer à Port-au-Prince

et devrait envoyer jusqu’à 150 mercenaires

en Haïti cet été ».

Prince a également « récemment

expédié une importante réserve d’armes

au pays », ont indiqué les experts.

Un responsable haïtien anonyme

a déclaré au Times que « le secret entourant

les opérations [de drones] était

impératif pour éviter de prévenir les

chefs de gangs », suggérant que cela

justifiait le recours à des entrepreneurs

privés américains, car cela réduirait

« les fuites d’informations. »

Prince : « Il est temps pour nous de

remettre notre chapeau impérial »

L’article du Times paraît deux mois après

que des informations ont révélé que

Prince est également chargé d’« aider

la République démocratique du Congo

(RDC) à sécuriser et à taxer ses vastes

richesses minières ». Ce contrat avec

Prince fait suite à un « accord plus large

sur les partenariats dans le domaine des

minéraux critiques » entre la RDC et

l’administration Trump.

Prince est un fervent partisan de

Trump, ayant fait don de 250 000 dollars

à sa campagne présidentielle de

2016, et sa sœur, Betsy DeVos, a été sa

première secrétaire à l’Éducation.

Prince est également un fervent

défenseur du colonialisme et de l’impérialisme

américain. Dans un podcast d’Off

the Leash, Prince a déclaré : « Il est

temps pour nous de remettre notre chapeau

impérial et de dire : “Nous allons

gouverner ces pays” ».

« On peut dire que la quasi-totalité

de l’Afrique est incapable de se gouverner

elle-même », a poursuivi Prince.

Dans un article pour The Intercept, le

journaliste Jon Schwarz a expliqué que

Prince avait ensuite « ajouté qu’il pensait

que c’était un excellent concept, non

seulement pour l’Afrique, mais aussi

pour l’Amérique latine ».

Prince ne travaille pas officiellement

pour l’administration Trump, mais

il est peu probable qu’il ait proposé ses

services au CPT sans l’approbation du

Département d’État américain.

Dans une interview accordée à

Responsible Statecraft, Sean McFate,

ancien contractant et auteur de « The

Modern Mercenary: Private Armies and

What They Mean for World Order », a

expliqué que Prince agissait en « opportuniste

proche de Trump », jouant sur

l’obsession de ce dernier pour l’immigration

clandestine des pays du Sud vers les

États-Unis.

« Ce qui est différent cette foisci

», a expliqué McFate, « c’est que

[Prince] ne propose pas vraiment de

contrats à Washington. Il propose des

contrats en coopération avec ce qu’il

croit être Washington… Il trouve une

clientèle qui n’est pas américaine, mais

il le fait avec la bénédiction qu’il pense

[obtenir], ou qu’il attend [de] Trump. » Il

est possible que le désir de Prince d’une

domination impériale américaine ouverte

sur l’Afrique et l’Amérique latine

plaise à Trump, qui a dissous des institutions

américaines de soft power comme

l’USAID et l’Institut américain pour la

paix (USIP).

Erik Prince, entrepreneur

mercenaire et partisan de Trump : «

Il est temps pour nous de remettre

notre chapeau impérial.» Photo :

Gage Skidmore

Des groupes haïtiens de défense

des droits humains soutiennent le

programme de drones kamikazes

L’un des aspects les plus surprenants

du programme illégal de guerre par

drones du CPT est le soutien enthousiaste

qu’il apporte aux soi-disant

« groupes de défense des droits humains

» haïtiens, notamment le FJKL,

le RNDDH, le POHDH, le CARDH et le

Collectif Défenseurs Plus.

La plupart de ces groupes de

défense des droits humains sont financés

d’une manière ou d’une autre

par le National Endowment for Democracy

(NED), le gouvernement canadien,

l’Open Societies Foundation (OSF) ou

l’American Jewish Voices for Peace

(AJWS). Par conséquent, ils ne remettent

pas en cause la domination impériale

américaine sur Haïti.

Le RNDDH, le plus cité de ces

groupes, est aussi le plus connu. Il est

généralement considéré comme une

organisation politique, et son directeur,

Pierre Espérance, comme un acteur politique.

Espérance s’est alliée à des secteurs

de la « patripoche », ou bourgeoisie

éclairée, via l’Accord de Montana, qui

se réunissait dans son bureau. Actuellement,

c’est Fritz Jean, représentant

du CPT de l’Accord de Montana, qui

dirige le gouvernement intérimaire dysfonctionnel.

Espérance a utilisé le RNDDH

pour cibler ses rivaux politiques avec de

fausses accusations de délits.

Ceci a même joué un rôle clé

dans la campagne de propagande qui

a présenté Fanmi Lavalas (FL) et son

chef, Jean-Bertrand Aristide, comme

un mouvement tyrannique minant la

démocratie haïtienne. Cela a conduit au

coup d’État de 2004, soutenu par les

gouvernements américain, canadien et

français, qui a renversé Aristide et des

milliers d’autres élus de FL. Une campagne

de terreur a suivi, où le RNDDH a

collaboré avec le régime putschiste pour

aider la PNH dans une campagne terroriste

visant les dirigeants et militants de

FL. La propagande du RNDDH a pour

habitude de manipuler le nombre de victimes

ou de présenter la violence dans

ses reportages à des fins politiques.

Par exemple, après le coup d’État

de 2004, le RNDDH a collaboré avec

le régime putschiste pour cibler les dirigeants

et les membres de FL. Afin

de piéger le Premier ministre Yvon

Neptune, Espérance et le RNDDH ont

présenté à tort comme un « massacre »

sanctionné par l’État la bataille entre les

forces gouvernementales et leurs alliés

de l’organisation populaire (Balewouze)

contre un groupe quasi-paramilitaire

nommé RAMICOS à La Scierie.

RAMICOS a soutenu le renversement

d’Aristide. La bataille entre RAM-

ICOS et les forces pro-gouvernementales

a fait plusieurs morts, dont des

non-combattants.

Le RNDDH a présenté à tort ces

décès comme le résultat d’un « massacre

» ordonné par Neptune, ce qui a conduit

à son emprisonnement illégal sans

procès pendant deux ans après le coup

d’État de 2004.

Le RNDDH invente des chiffres

pour maintenir son soutien au

programme de drones.

Dans son récent rapport intitulé « 30e

anniversaire de la Police nationale

d’Haïti (PNH) : le RNDDH salue la lutte

des policiers pour rétablir la sécurité »,

le RNDDH affirme qu’« au moins 300

membres de gangs terroristes armés

ont été tués et plus de 400 autres blessés,

dont certains grièvement ».

On ignore pourquoi ces chiffres

figurent dans un rapport célébrant les

réalisations de la PNH, puisqu’il précise

qu’« à ce jour, la PNH n’a participé ni à

la planification ni à la coordination des

opérations de drones ».

De plus, Jake Johnston, du Centre

de recherche économique et politique

(CEPR), a récemment souligné qu’entre

janvier et mai 2025, « l’ONU a signalé

2 680 personnes tuées en Haïti. Près de

60 % ont été tuées par la police, et ce

chiffre est en augmentation ces derniers

temps. » Cela inclut le cas du chauffeur

routier et entrepreneur haïtien-américain

Weithzer Ervens Fénélon, enlevé et

assassiné par des agents de la PNH près

de Port-de-Paix en mars. Des témoins

affirment qu’après son assassinat brutal,

les agents de la PNH lui ont tranché la

tête et les membres et brûlé son corps.

La volonté du RNDDH de célébrer

la PNH contraste fortement avec les actions

des forces de police. Le RNDDH

n’étaye pas ses chiffres de destructions

par drone par des enregistrements, des

données ou des noms, et ne dit rien

non plus sur les morts « inévitables » de

civils.

En effet, pour remédier à l’insécurité,

la PNH a principalement utilisé

deux tactiques : premièrement, elle

a commis des meurtres non provoqués,

des actes de torture, des disparitions et

des actes de terreur contre des civils non

armés vivant sur ou à proximité de territoires

contrôlés par des groupes armés ;

deuxièmement, elle a attaqué des manifestants.

Compte tenu de l’historique de

manipulation des rapports par le RND-

DH à des fins politiques et du manque

de preuves pour étayer ses affirmations

de 300 morts et 400 blessés parmi les

« membres de gangs terroristes », on

peut supposer que ces chiffres sont inventés

ou gonflés, et que les victimes

civiles ont été omises ou mal classées.

Ces chiffres, manifestement fabriqués,

visent à encourager la poursuite

de la guerre des drones contre les bidonvilles

d’Haïti et ont été repris sans

discernement par les médias bourgeois

locaux et internationaux, présentant

ainsi la campagne de guerre des drones

comme un succès et une indépendance.

Même Insight Crime, un groupe

de réflexion lié au Département d’État

et à l’OSF, a récemment rapporté que

les analystes de sécurité consultés ont

déclaré que les chiffres du RNDDH « ne

pouvaient être vérifiés » et que le programme

de drones avait entraîné une

« augmentation du nombre de victimes

civiles ». Le rapport soulignait que « le

gouvernement haïtien n’a pas confirmé

le nombre de personnes tuées ou blessées

». Dans le rapport Insight Crime, le

rédacteur en chef d’Ayibopost, Wildore

Mérancourt, a déclaré qu’il pouvait «

confirmer que des civils ont été blessés

».

Les Haïtiens manifestent contre

le programme de drones et exigent

le retrait du CPT.

Le soutien du secteur des « droits

humains » au programme de drones kamikazes

reflète l’enthousiasme général

de la bourgeoisie haïtienne pour cette

approche. Les habitants des quartiers

d’élite, qui représentent les 10 % de la

zone métropolitaine de Port-au-Prince

non contrôlés par des groupes armés,

sont fortement surveillés par des unités

de la PNH et ne risquent pas d’être victimes

collatérales.

À l’inverse, une manifestation de

milliers de personnes, le 20 juin, dans

le sud-ouest de Port-au-Prince, extrêmement

pauvre, a exigé la fin du programme

de drones, le retrait du CPT et

la cessation de l’ingérence des gouvernements

américain, canadien et français

dans les affaires haïtiennes.

Krisla, leader de l’alliance Viv Ansanm,

un groupe armé de la région de la

capitale, s’est adressé aux manifestants,

exprimant un sentiment répandu dans

de nombreux quartiers pauvres d’Haïti

: « Haïti est riche. Ces mercenaires et

puissances étrangères s’en prennent à

notre gaz, à nos richesses minières et à

notre or. » « Nous venons des quartiers

populaires », a-t-il déclaré. « Ils disent

que les gens de nos quartiers ne sont pas

des personnes. Quand Viv Ansanm arrivera

au pouvoir, nous arrêterons beaucoup

de gens. Des politiciens comme des

bourgeois… Ils vendent de la drogue,

des munitions, des armes, des organes.

Ensuite, ils mentent en prétendant que

c’est Viv Ansanm qui vend des organes

? Les hôpitaux d’où proviennent ces

choses ne sont pas dans nos quartiers

!… Ils font du trafic d’organes. Tout ce

dont ils nous accusent, c’est EUX qui le

font… Un jour, Haïti changera. »

Par ailleurs, aucun chef de groupe

armé n’a été tué par ces attaques de

drones.

Vitel’Homme, le chef de Kraze

Baryè (Abattez les murs), a été blessé

lors d’une attaque de drone. Il semblerait

également qu’Izo, le chef du groupe

armé Cinq Secondes de Village de Dieu,

ait été blessé lors d’une attaque début

juin.

La première attaque de drone

kamikaze, début mars, contre Jimmy «

Barbecue » Cherizier, principal dirigeant

et porte-parole de Viv Ansanm, a blessé

14 civils et tué deux autres dans une

maison remplie de personnes handicapées,

a déclaré Cherizier. Un seul de

ses hommes a été grièvement blessé lors

de l’attaque.

La bourgeoisie haïtienne privilégie

la violence impérialiste au

dialogue avec Viv Ansanm.

Si l’assassinat d’un chef de groupe

armé peut constituer une propagande

utile pour les hommes de main impérialistes

comme Prince et le CPT, sa valeur

stratégique est douteuse.

Des analystes ont souligné que

l’assassinat de dirigeants clés de Viv Ansanm

risquerait d’accroître la violence

à Port-au-Prince. D’autres ont suggéré

qu’une rupture de l’alliance avec

Viv Ansanm pourrait « conduire à une

guerre intestine entre les gangs, augmentant

ainsi la menace qu’ils représentent

pour le gouvernement et les civils

haïtiens ».

Parallèlement, les unités de mercenaires

d’Erik Prince ont un historique

de massacres de civils. Le cas le plus notoire

fut le massacre de Nisour en 2007,

en Irak, où des mercenaires de Blackwater

tuèrent 17 civils. Des sous-traitants

de Blackwater perpétrèrent des dizaines

d’autres massacres similaires en Irak.

La présence de Prince, du programme

de drones et d’une cohorte

potentielle de mercenaires augmente le

risque de nouvelles victimes civiles.

« L’intervention de mercenaires

et l’exécution de personnes… seront

comparables aux interventions passées

de l’ONU », a déclaré Brian Concannon,

directeur de l’Institut pour la justice et

la démocratie en Haïti (IJDH), dans Responsible

Statecraft. « Cela continuera

de saper l’État de droit et le tissu social,

et entraînera de nouveaux effets de rebond,

notamment l’augmentation de la

violence des gangs.»

La décision du CPT d’engager

un mercenaire impérialiste déclaré

pour mettre en œuvre un programme

de drones kamikazes visant à éliminer

les dirigeants de Viv Ansanm appelant

à la révolution devrait dissiper toute

illusion persistante selon laquelle le

gouvernement intérimaire ne serait pas

l’instrument de Washington. Le refus du

CPT et de la classe politique d’engager

un dialogue avec Viv Ansanm témoigne

de leur intérêt de classe et de leur

attachement à la domination impériale

américaine.

Alors que la fin du mandat de Fritz

Jean, président par intérim, approche, le

CPT est totalement dysfonctionnel. La

quasi-totalité des partis et organisations

politiques qui lui avaient fourni des

représentants lui ont retiré leur soutien.

Le 7 août, Laurent Saint-Cyr,

représentant littéral des oligarques haïtiens

(généralement appelés « secteur

Viv Ansanm Jimmy « Barbecue

» Cherizier, dans sa déclaration

vidéo du 5 juillet 2025 : « Si vous

êtes nationalistes, ce qui se passe

devrait vous révolter. Unissonsnous

et écrivons l’histoire. »

des affaires ») au sein du CPT, deviendra

le dernier président par intérim. Saint-

Cyr a indiqué qu’il avait transféré son

soutien du secteur bourgeois « éclairé »

de l’Accord du Montana (Fritz Jean), de

la Famille Lavalas (Leslie Voltaire) et du

Collectif du 30 janvier (Edgar Leblanc) à

sa faction rivale, composée de l’Accord

du 21 décembre (Louis Gérald Gilles),

d’EDE/RED (Smith Augustin) et des Enfants

Dessalines (Emmanuel Vertilaire).

Entre-temps, organiser des élections

équitables avant la fin du mandat

du CPT, le 7 février 2026, est clairement

impossible. Il n’existe même pas encore

de conseil électoral, ni de loi électorale.

Le vide politique au sein du gouvernement

a incité Washington à tenter

de mettre sur pied une nouvelle force

d’invasion par l’intermédiaire de l’Organisation

des États américains (OEA).

Mais les appels étrangers à des

négociations avec Viv Ansanm se sont

multipliés. Le Premier ministre dominicain,

Roosevelt Skeritt, a appelé au dialogue,

invoquant l’accord conclu en

Colombie entre les FARC et le gouvernement.

Le leader panafricaniste Kemi

Seba a appelé Viv Ansanm à devenir

une armée de libération pour le peuple

haïtien, objectif souvent défendu

par Jimmy Cherizier. Jake Johnston, du

CEPR, a également exposé les raisons

du dialogue il y a plusieurs mois.

Un autre appel important au dialogue

avec Viv Ansanm est venu du

nouveau secrétaire général de l’OEA,

Albert Ramdin, qui a déclaré qu’une

façon d’améliorer la sécurité serait de

« s’efforcer de trouver des incursions

au sein des gangs et des dirigeants ». Il

souhaite que Viv Ansanm « rejoigne la

normalité ».

Cherizier a appelé à des négociations

à plusieurs reprises. Il a récemment

déclaré : « Seule la voie qui puisse

sortir Haïti du gouffre dans lequel elle

se trouve actuellement est le dialogue.

Discutons-nous et expliquons-nous ce

dont nous avons besoin.»

La fenêtre d’Overton sur la nécessité

d’un dialogue avec les groupes

armés semble également s’ouvrir au

sein de la bourgeoisie haïtienne. Un

Pierre Espérance, du RNDDH : «

Au moins 300 membres de gangs

terroristes armés ont été tués et

plus de 400 autres blessés.» Photo

: Medico

récent article de l’anthropologue Isabelle

Clérié dans Ayibopost déplorait le

manque de compréhension des racines

socio-historiques de la crise actuelle,

tout en soulignant la nécessité d’une

compréhension mutuelle. « Nous sommes

tous victimes, tout comme nous

sommes tous coupables », a-t-elle écrit.

« C’est notre paix à définir et à promouvoir,

et pour cela, nous devrons nous

pardonner les uns les autres.»

Par ailleurs, dans une vidéo du

5 juillet, Cherizier a réalisé une vidéo

sensationnelle adressée expressément

à la police, à l’armée et à leurs unités

paramilitaires alliées, les « brigades ».

« Haïtiens, réveillez-vous. Là où il y a

des brigades, c’est pour protéger le CPT

ou le Premier ministre », a-t-il déclaré.

« Elles ne sont pas là pour combattre Viv

Ansanm ou Barbecue. » Il a ensuite appelé

toutes les forces armées haïtiennes

à chasser du pouvoir le CPT et le Premier

ministre Alix Didier Fils-Aimé, « à

s’unir pour construire quelque chose ».

« Pourquoi ne pas s’unir tous

ensemble pour libérer ce pays ? » a-til

demandé. « Viv Ansanm est prêt.

Un brigadier qui crie “À bas l’État !”

bluffe. Unissez-vous aux autres brigadiers,

à la police et à l’armée et prenez

le pouvoir. Quand vous aurez le pouvoir,

si vous voulez négocier avec Viv

Ansanm, nous négocierons. Si vous ne

voulez pas négocier avec Viv Ansanm,

vous n’aurez plus besoin de crier “l’État

!”, car il sera entre vos mains, et nous

marcherons sur vous. »

« Policiers, soldats, brigadiers,

c’est à vous de jouer », a-t-il poursuivi.

Je ne vous demande pas de vous joindre

à Viv Ansanm. Je vous demande à

tous les trois de vous unir et de résoudre

ce problème, de destituer ces neuf

voleurs [du CPT] et ce Premier ministre

répugnant… Ayez le courage de le

faire. Si vous ne le faites pas, croisez les

bras et laissez Viv Ansanm le faire… Si

vous êtes nationalistes, ce qui se passe

devrait vous révolter. Unissons-nous et

écrivons l’histoire. « Si vous ne le faites

pas, laissez-moi passer [ban m pase]

pour le faire », a-t-il conclu. « La nation

ne peut pas rester comme ça. Laissez-moi

passer pour le faire. J’ai pris

conscience. »

Travis Ross est basé à Montréal,

au Québec. Il est également coéditeur du

Projet d’information Canada-Haïti sur

canada-haiti.ca. Travis a écrit pour Haïti

Liberté, Black Agenda Report, The Canada

Files et TruthOut. On peut le joindre

sur X.

Vol 19 # 02 • Du 9 au 15 Juillet 2025

Haiti Liberté

5


Kwonik Kreyòl

Ki wòl lang kreyòl la nan yon demokrasi?

Depi 1804, tout pèp Ayisyen an

konprann kreyòl, tout pèp Ayisyen

an pale kreyòl. Depi 1804, yon ti

ponyen Ayisyen pale franse tou, yon ti

ponyen Ayisyen konprann franse tou.

Pou nou konprann enpòtans

yon kesyon tankou “ki wòl lang kreyòl

la?” Sonje pa janm gen yon gwoup

moun k ap viv ansanm sou latè, san

yon lang.

Gen yon lòt kesyon tou. Eske

lang se kichòy yo chwazi? (Tankou

yo kapab di madan entèl chwazi mete

yon wòb ble jodi a angiz li mete yon

wouj).

Pou ta gen chwazi lang toutbon,

sa ta mande 2 kondisyon. Yon moun

gen libète chwazi tèl lang epi rejte tèl

lang pou tout sa k ap pase nan tèt li,

tout sa li di nan kè l, tout lide l ap brase

nan sèvo l, tout kalkil l ap kalkile, tout

pawòl l ap pale ak pwòp tèt pa l.

Dezyèm kondisyon. Yon moun

gen libète chwazi tèl lang epi rejte tèl

lang, chak kou l ap pale ak lòt moun

pou li fè lòt moun konn kichòy oubyen

pou li fè yo fè kichòy.

Si 2 bagay sa yo kapab fèt vre,

gen chwazi lang. Si yo pa kab fèt, pa

gen chwazi lang.

Natirèlman, ni pou sa ki

pase nan tèt yon moun, ni pou pawòl

li pale ak lòt moun, nou tou wè moun

nan pa ka chwazi ant yon lang li konnen

ak yon lang li pa konnen.

Lè lide ap bouyi nan tèt yon

moun, moun nan oblije sèvi ak yon

lang pou sa. Lè konsa, se pa ak nenpòt

ki lang li sèvi. Si li konn 2, 3 mo

nan yon lang etranje, si li konn yon lòt

lang malman, dekwa pou li ta fè yon ti

pale wòwòt ladann, se sèten se pa ak

lang sa a l ap kalkile mizè li oubyen l

ap sonje tout bèl bagay li ta renmen

jwenn pou tèt pa l, pou pitit li, pou fanmi

li, pou zanmi li, pou li kite lespri li

travay lib.

Nanpwen lòt lang pou li pran lè

konsa, se yon lang li pale fen.

Pa bliye: pifò moun, an Ayiti,

konn kreyòl sèlman, E pifò moun, nan

ti ponyen ayisyen ki konn franse tou,

se kreyòl sèl yo pale fen.

Lè moun ap repete pawòl chwazi

lang sa a, san yo pa reflechi seryezman

sou 2 kondisyon nou esplike yo, se

konfizyon ki nan tèt yo. Yo konprann:

anvi chwazi, se menm afè ak chwazi.

Yo konprann:fè fent ak fè sanblan,

se menm afè ak fè. E gen moun ki pa

kalkile diferans ki genyen ant chwazi

etidye yon lang (yon bagay ki pa

twò difisil) ak chwazi konnen yon lang

(yon bagay ki enposib).

Gen yon vye prejije ki ta vle fè

moun kwè: se sèten se lang sèlman ki

pa bay moun baryè e se yo sèlman ki

chemen konesans. Okontrè tout lang

pa chemen konesans pou tout moun.

Pou yon lang sèvi chemen konesans

pou yon moun, fòk moun nan deja

konnen l. Si yon moun poko konn yon

lang, li kab tounen yon baryè, yon antrav,

pou moun lan. Si yon moun poko

fin konnen yon lang byen, lang sa a

kab tounen yon baryè olyede yon chemen

pou moun lan.

Si kreyòl se sèl lang tout mas

pèp Ayisyen toutbon, si moun pa konn

chwazi lang, si chemen konesans

moun se lang moun deja konnen, gen

kèk kesyon nou merite kalkile: konnen

se pou ki moun? Jounal, radyo, televizyon,

se pou ki moun? Regleman leta,

se pou ki moun? Sèvis leta, se pou

ki moun? Tribinal, se pou ki moun?

Lekòl, se pou ki moun?

Pou ki moun leta dwe mete lekòl

an Ayiti? Pou tout timoun ak granmoun

ki pale kreyòl. Se poutèt sa lekòl

dwe fèt an kreyòl, piske pa gen moun

nan peyi a ki pa konn kreyòl.

Pou ki moun tribinal fèt? Pou

tout moun. Se poutèt sa koze tribinal,

diskisyon tribinal, jijman tribinal dwe

fèt an kreyòl, paske pa gen moun ki al

nan tribinal an Ayiti ki pa konn kreyòl.

Pou ki moun notè, apantè, ofisyedeta

sivil ap ekri papye? Pou tout

moun. Se poutèt sa tout papye tè, tout

batistè, tout papye leta dwe ekri an

kreyòl, paske nanpwen moun an Ayiti

ki pa konprann kreyòl.

Pou ki moun prezidan, minis,

senatè, depite, majistra ap fè diskou?

Pou tout moun. Se pou tèt sa tout diskou

moun ki anchaje yon sèvis leta dwe

fèt an kreyòl.

Ki moun lapolis fèt pou li pwoteje?

Tout moun. Konsa lè lapolis ap

drese pwosèvèbal, li dwe ekri l nan

lang ni viktim, ni temwen, ni vòlè, ni

asasen, pale.

Depi gen yon gouvènman

demokratik an Ayiti, wòl kreyòl dwe

menm nan koze leta ak nan lavi toulèjou

pifò moun nan peyi a. Sa vle di: se

an kreyòl sèlman, yo kapab regle tout

pwoblèm mas pèp la, ki pale kreyòl

sèlman, se pou travay la fèt pou mas

pèp la epi ansanm ak mas pèp la.

Men, kreyòl la gen yon

lòt wòl tou. Li sèvi kòm yon premye

mwayen pou kontwole si gen demokrasi,

kreyòl se yon kondisyon nesesè

pou gen demokrasi, men, se pa yon

kondisyon ki kont pou gen demokrasi.

Nan yon egzamen demokrasi, kreyòl

kòm yon matyè eliminatwa. Si yon

moun pa pase nan matyè sa a, li gen

yon nòt eliminatwa. Li deja tou koule

nan egzamen demokrasi a.

Poutèt kreyòl, prezidan, senatè,

depite, majistra, kab pran nòt eliminatwa

nan egzamen demokrasi.Menmjan

tou: premye minis, minis, direktè

ministè, jij, ofisyedetasivil, notè,

apantè, isye. Menmjan tou: monseyè,

pè, mè, pastè, predikatè, direktè lekòl,

pwofesè lekòl. Menm jan tou: doktè,

dantis, enfimyè, famasyen, enjenyè,

jounalis, eksetera.

Yon gouvènman ki pa sèvi

ak kreyòl nèt, pa yon gouvènman

demokratik an Ayiti. Men, atansyon:

revè pawòl la pa vre. Yon gouvènman

ki sèvi ak kreyòl nèt, pa yon gouvènman

demokratik poutèt sa sèlman.

Gen moun mal konprann ak

moun ipokrit ki fè kòm si mande leta

ak gouvènman sèvi ak kreyòl, se

menm bagay ak deklare kreyòl kapab

regle tout pwoblèm Ayiti.

Tout moun merite wè klè nan

koze wòl kreyòl la ak pwoblèm Ayiti.

Kreyòl pa kapab regle okenn pwoblèm

Ayiti, paske kreyòl se yon lang. Lang

pa regle pwoblèm. Se moun ki regle

pwoblèm.

Men, Kreyòl se yon kondisyon

ki nesesè nan regle pwoblèm Ayiti. Sa

vle di moun ki kapab regle pwoblèm

Ayiti yo toutbon, se pèp Ayisyen an

menm. E se kreyòl ki lang pèp Ayisyen

an. Ki fè se ak kreyòl li oblije sèvi

pou li regle pwoblèm li. Paske nanpwen

regle pwoblèm, san pèp la pa mete

men. E nanpwen mete men, san pa

gen mete bouch.

Konsa, moun ki pa bay kreyòl

anpil enpòtans nan solisyon pwoblèm

Ayiti yo, se moun ki refize konprann

gen zouti ki nesesè pou sèten travay

fèt kwak zouti a pa menm aèf ak travay

la. Travay delivrans, devlopman

ak pwogrè mas pèp Ayisyen an, se

mas pèp Ayisyen an menm ki pou fè

l. Men, youn nan manman zouti li gen

pou sa, se lang li, se kreyòl la.

Iv Dejan

8 juillet 1825 - 8 juillet 2025 : Remémoration du bicentenaire de

l’acceptation de l’ordonnance de Charles X par le gouvernement de

Jean-Pierre Boyer

duits, à l’importation et à l’exportation,

transportés par les bateaux arborant le

tricolore français ;

• Article deuxième : ordonné le

paiement de 150 millions de francsor

à verser à la Caisse de Dépôts et

Consignations (institution financière

du gouvernement français), en 5 annuités,

en vue de dédommager les an-

FRANTZ DANIEL JEAN

FUNERAL SERVICES INC.

Guarino Funeral Home

Illustration française du président haïtien Jean-Pierre Boyer acceptant

l’ordonnance du roi français Charles X des mains du baron de Mackau

(1825)

Par Watson Denis, Ph.D *

Ce 8 juillet 2025 ramène le jour-bicentenaire

de l’acceptation par le

gouvernement de Jean-Pierre Boyer

de l’ordonnance de Charles X, roi de

France et de Navarre, publiée trois

mois plus tôt, soit le 17 avril 1825 [1].

C’est un jour à remémorer !

1. De l’acceptation de

l’ordonnance royale

L’acceptation de cette ordonnance

établissait la puissance retrouvée de

l’ancienne métropole sur son ancienne

colonie. A travers ses trois articles succincts,

mais assez dramatiques pour

la politique et l’économie du pays, le

gouvernement de la Restauration en

France avait exigé à Haïti, nouvel État

indépendant, des conditions draconiennes

pour sa survie dans le concert

des nations. En résumé, le souverain

français avait :

• Article premier : ordonné

l’ouverture des ports de la Partie

française de Saint-Domingue (pour

ne pas mentionner le nom d’Haïti) au

commerce international et le paiement

de 50% de droits de douane des pro-

• Funerals in All Boroughs

• Transportation of Remains

• Cremation

Nou pale kreyòl.

5020 Foster Avenue

Brooklyn, NY 11203

718.613.0228

Serving the Haitian Community

for Over 30 Years

9222 Flatlands Avenue

Brooklyn, NY 11236

718-257-2890

6 Haiti Liberté

Vol 19 # 02 • Du 9 au 15 Juillet 2025


ciens colons et les planteurs de Saint-

Domingue ;

• Article troisième : décidé de

concéder à la Partie française de Saint-

Domingue (se référant à Haïti dans une

périphrase) l’indépendance pleine et

entière de son gouvernement.

Cette ordonnance royale,

fatidique, aux conséquences catastrophiques,

occasionna tout de suite

l’emprunt de 30 millions de francs-or

sur le marché financier français en vue

de payer la première échéance de l’indemnité.

Cette indemnité, onéreuse, et

l’emprunt contracté en France au cours

de cette même année 1825, constituent

ce qu’on appelle la double dette de

l’indépendance. Ce fut un tribut colonial,

une rançon historique qui déstabilisa

le présent d’Haïti et hypothéqua

son avenir. Cette ordonnance constituait

en soi une charte du néo-colonialisme.

Elle inséra le pays, à travers la

stratégie dite de la spirale de l’endettement,

dans les méandres du néo-colonialisme

[2].

Contrairement à une idée répandue

ce n’est pas l’ordonnance royale

en soi qui généra la double dette de

l’indépendance, ce fut plutôt son acceptation

par le gouvernement de

Jean-Pierre Boyer qui jeta le pays dans

le gouffre [3]. On peut imaginer un instant,

si ce gouvernement n’avait pas

accepté cette ordonnance, il n’y aurait

ni paiement d’indemnité, ni emprunt

contracté en France pour honorer une

quelconque dette imposée, et pas voie

de conséquence, pas de double dette

de l’indépendance. Avec l’acceptation

de l’ordonnance de Charles X, soit,

croit-on, par peur d’une intervention

étrangère, soit par complaisance

ou trahison de l’idéal dessalinien, le

président Boyer, qui n’avait pas participé

aux guerres pour l’indépendance

d’Haïti entreprises par l’Armée

indigène (juin 1802- janvier1804)

contre l’armée expéditionnaire de Napoléon

Bonaparte, avait broyé l’existence

de l’État haïtien.

2. L’intervention militaire de la

France en Haïti : Un leurre

L’idée d’une intervention militaire de la

France en Haïti en 1825 était irréalisable,

pas plus qu’il ne pouvait le faire

en 1804, à la suite de la proclamation

de l’indépendance d’Haïti. Sur le plan

interne, il y avait un ensemble d’embarras

qui l’aurait empêché d’agir de la

sorte. Parmi ceux-ci, on peut énumérer

: la perte d’influence de Paris dans les

affaires du monde à cause des guerres

déclenchées par Napoléon Bonaparte

(à un certain moment le maitre

des vies et des biens en Europe), un

courant libéral de l’opinion publique

française hostile à toute intervention

militaire pour la résolution du conflit

généré (du coté de l’Hexagone) par

la Révolution haïtienne et le réalisme

d’anciens colons et planteurs de Saint-

Domingue qui se mirent à l’évidence

que ce « joyau de l’empire colonial

français » était définitivement perdu.

Aussi, sur le plan international,

on peut considérer des obstacles qui

rendaient chimérique toute intervention

militaire de la France dans les eaux

haïtiennes au cours des deux premières

décennies du XIXe siècle. Parmi ceuxci,

on peut mentionner :

1) La France avait perdu la

colonie de la Louisiane qu’elle a vendu

en avril-mai 1803 aux Etats-Unis

d’Amérique (État fédéral indépendant

en Amérique du Nord). De ce fait, Napoléon

avait renoncé à son fameux

projet d’un grand empire français dans

les Amériques partant des rives de Mississipi

jusque dans la mer des Caraïbes

avec Saint-Domingue comme tête de

pont.

2) La destruction de la flotte

française à Trafalgar, Sud’Ouest de l’Espagne,

le 21 octobre 1805. En cette occasion,

la marine royale anglaise avait

infligé une défaite cinglante aux flottes

combinées de la France et de l’Espagne

; cette victoire a définitivement établi

la suprématie de l’Angleterre en haute

mer sur la France. Dès lors, il devenait

de plus en plus difficile à la France

d’entreprendre, et ce pendant de nombreuses

années, de grandes opérations

dans les eaux de l’Atlantique ;

3) Les défaites successives et

définitives de Napoléon Bonaparte en

Europe, soit en 1814 et 1815, dont la

fameuse Bataille à Waterloo (territoire

actuel de la Belgique, anciennement

appartenu aux Pays-Bas) le 18 juin

1815 ;

4) Le Congrès de Vienne en

1814-1815, sous la houlette du

chancelier, le Prince Klemens von

Metternich, de l’Autriche. Ce congrès,

pro-monarchie, avait établi un nouvel

ordre politique conservateur dans le

monde dominé par l’Europe occidentale.

Il conféra alors à la France, après

les années tumultueuses de Napoléon

Bonaparte, qui amena la guerre un peu

partout, un rôle de second plan. Celleci

était même obligé de rétrocéder des

pays et territoires qui se trouvaient

encore sous sa domination. En toute

confidentialité, les puissances d’Europe,

post-Napoléon, encourageaient

la France à trouver une solution diplomatique

(pacifique) à l’épineuse

question de l’indépendance d’Haïti.

Toute intervention militaire devrait être

écartée. D’ailleurs une telle entreprise

aurait déplu à l’Angleterre, devenue

maitresse des mers, qui avait déjà des

intérêts commerciaux non négligeables

dans l’Haïti indépendante ;

5) Le vaste mouvement d’indépendance

ayant irrigué de l’Amérique

du Nord à l’Amérique du Sud en passant

par l’Amérique centrale, de 1810

à 1822. Ce fut le cas du Mexique, du

Venezuela, de la Colombie, du Pérou,

de la Bolivie, du Chili, de l’Argentine

et aussi du Brésil (1822-1824) qui

évoluait elle-même sous la tutelle de

la puissance portugaise. C’est dire qu’il

y eut un nouveau paradigme dans les

relations internationales de l’époque

axé sur la lutte contre le colonialisme

dont le fondement politique s’articula

autour de l’auto-détermination des

peuples des Amériques à vivre dans la

liberté et l’indépendance. La tendance

qui s’affirmait fut la reconnaissance

diplomatique de ces nouveaux États

indépendants. La Grande-Bretagne

par exemple, dès 1823, commença à

reconnaitre l’indépendance du Mexique

et de la Colombie. Ces différentes

proclamations d’indépendance et leur

reconnaissance diplomatique, par la

suite, avaient, dans une certaine mesure,

renforcé l’indépendance d’Haïti ;

6) L’énoncé de la doctrine de

Monroe. Le président des Etats-Unis

d’Amérique (USA), James Monroe,

dans un discours devenu célèbre, prononcé

en 1823, avait mis les puissances

européennes d’alors sous leur garde

contre toute nouvelle politique de colonisation

en Amérique et d’ingérence

dans les affaires internes des nouveaux

États indépendants. Par ailleurs,

il avait ajouté que toute intervention

militaire d’une de ces puissances sur

le continent américain serait considéré

comme un acte hostile aux USA ;

7) L’internationalisation de

la problématique de l’indépendance

d’Haïti. Cette indépendance, qui frappa

les esprits et troubla l’ordre du monde

existant (basé, entre autres, sur l’esclavage

et le colonialisme) ne laissa

personne indifférent. Londres pressait

Paris de « régler » la question de

l’indépendance d’Haïti au plus vite, et

ce dans un cadre consensuel, sinon il

passera lui-même en action. Pour sa

part, l’Espagne, l’ancienne puissance

mondiale du XVIe siècle, incapable de

réagir autrement, n’a fait qu’accepter le

fait accompli, sans demander une rétribution,

de quelque forme que ce soit,

aux dirigeants de ces nouveaux États

indépendants des Amériques.

Tenant compte de tous ces facteurs,

la thèse d’une probable intervention

militaire de la France en Haïti pour

faire accepter l’ordonnance royale,

malgré la présence de bateaux de

guerre dans la rade de Port-au-Prince,

ne tient pas la route. Le président Boyer

avait plutôt accepté cette ordonnance

par complaisance. Ou plutôt, il agissait

en connaissance de cause. Sa partie a

été prise depuis belle lurette, si on se

fie aux confidences qu’il avait faites en

1816 à un émissaire français et, plus

tard, à son attitude collaborationniste

avec le baron de Mackau, porteur de

l’ordonnance royale.

3. L’acceptation de l’ordonnance :

une décision unilatérale

Dans un rapport communiqué aux

autorités françaises en 1816, le sieur

Claude-Fleurimond Esmangart, ancien

grand colon propriétaire de terre

et d’esclaves de la Plaine des Cayes et

l’un des émissaires envoyés en Haïti

pour discuter avec le gouvernement de

la République de l’Ouest, dont Alexandre

Pétion et Jean-Pierre Boyer (déjà

pressenti pour accéder à la présidence),

a écrit : « Cette mission [celle réalisée

en 1814] pouvait être fort heureuse

pour la France si elle eut été autrement

dirigée, car les chefs eux-mêmes

nous ont assuré qu’à cette époque,

tous étaient disposés à se soumettre

et peut-être par le mauvais choix des

agents qui ont été envoyés, cette colonie

est perdue pour toujours ». Dans

le même rapport, il a précisé que Jean-

Pierre Boyer lui a fait des confidences

du genre qu’’il : « sentit tous les dangers

de la position de cette république

naissante… Tous sentirent l’utilité de

la soumission [à la France], mais tous

avouèrent aussi combien l’exaltation

qu’ils avaient communiquée au peuple

rendrait leur situation difficile et dangereuse

» [4].

Puis, l’attitude du président de

la République en juillet 1825 face au

baron de Mackau était encore plus

compromettante. A l’arrivée de cet

émissaire, le président Boyer forma

une commission de négociations, composée

du général Joseph Balthazar Inginac,

secrétaire général du Palais national,

du président Alexandre Pétion

au gouvernement de Jean-Pierre Boyer

; du sénateur Pierre-Prosper Rouanez,

qui faisait déjà partie d’une délégation

qui se rendait en France en 1824 dans

le cadre de ces mêmes négociations ;

et du colonel Marie-Elisabeth Eustache

Frémont, aide-de-camp du président.

Devant le refus de Mackau de modifier

les termes de l’ordonnance, les membres

de la commission, à la suite de

discussions houleuses, lui signifièrent

à leur tour leur refus de l’accepter. Ce

qui fit sortir le diplomate français dans

ses gonds.

Par la suite, ce dernier, à sa demande,

a eu une réunion à huis-clos

avec le président Boyer. Au cours de

cette rencontre, le chef de l’État lui aurait

déclaré, selon le rapport de mission

adressé à son supérieur hiérarchique

: « On m’a dit que vous aviez été affligé

d’une note de mes commissaires

; remettez-la moi comme non avenue,

et qu’il n’en soit plus question entre

nous… Dorénavant je veux traiter

cette grande affaire directement avec

vous » [5]. Effectivement, il l’a fait à

sa façon. De manière unilatérale. Le

président Boyer, sans résistance aucune,

sans requérir l’avis des membres

de la commission qu’il avait lui-même

instituée pour ces négociations, ni

consulter la population haïtienne sur

une question aussi importante, a pris

la malencontreuse décision d’accepter

l’ordonnance de Charles X.

En effet, il a accepté l’ordonnance

royale, au nom d’Haïti, le 8

juillet 1825. Trois jours plus tard, soit

le 11 juillet, celle-ci a été entérinée en

grande pompe, en présence du baron

de Mackau, qui prononça même un

discours pour la circonstance, par le

Sénat de la République, contrôlé par le

Pouvoir exécutif. Sur ces entrefaites, le

Port-au-Prince huppé fêta et banqueta

au sujet de cet événement dans les

grands salons tandis que le reste du

pays y vit un acte de trahison nationale.

Il y avait un ensemble d’arguments

que les autorités haïtiennes pouvaient

mettre à contribution dans les

négociations pour rejeter l’ordonnance

royale ; elles n’en firent rien. Comme

ce fut le cas dans le passé, des membres

de l’élite du pouvoir à Port-au-

Prince devaient être informés, ayant

des correspondants en France en particulier,

qu’après la conclusion du Congrès

de Vienne que la situation globale

en Europe ne favoriserait pas une intervention

armée de la France en Haïti.

De plus, les rivalités politiques entre

les puissances d’Europe et la montée

des forces nationalistes en Amérique

favorisaient une certaine normalisation

des relations avec Haïti. La France

elle-même, avec la Restauration, donc

le retour de la lignée des Bourbons au

pouvoir, recherchait une voie nouvelle

et de rédemption dans les affaires internationales.

En ce sens, une intervention

militaire était hors de question.

Que s’est-il donc passé ? À la

suite de la disparition des Pères fondateurs

de la patrie, en particulier de

l’assassinat de Jean-Jacques Dessalines

(1806) et de la mort d’Henry Christophe

(1820), deux fameux héros de la

guerre de l’indépendance, Haïti tomba

dans des mains peu sûres. Quand

bien même l’élite du pouvoir à Portau-Prince,

dirigeait l’île d’Haïti toute

entière, elle avait moins de confiance

dans le maintien de l’indépendance.

Les années, pour répéter le général

Joseph Balthazar Inginac, dans ses

mémoires, « passaient toujours dans

les incertitudes et les anxiétés ». Il

n’y avait pas de politiques publiques

à matérialiser, ni d’objectifs clairs à

atteindre. Toute cette période est marquée

par l’immobilisme sur le plan

national et des compromissions sur

le plan international. Finalement, de

tergiversations en hésitations et des

négociations compromettantes, cette

élite finit par céder à la France, à travers

cette fameuse ordonnance, des espaces

de pouvoir qui allaient alimenter

le néo-colonialisme. En fait, il semblerait

que des membres de cette élite,

considérant leur sentiment personnel à

l’égard de l’indépendance d’Haïti (pour

reprendre une expression de l’historien

Leslie Manigat) [6] avaient une prédisposition

à faire des concessions à la

France. L’idée de l’indemnité proposée

par le président Pétion et l’ordonnance

suggérée par Boyer lui-même se sont

matérialisées en 1825.

4. L’acceptation de l’ordonnance

royale par le gouvernement : désapprouvée

par la population

L’acceptation de l’ordonnance

royale symbolisa un moment de rupture

entre les gouvernés et les gouvernants.

21 ans après 1804, le sentiment

de bravoure et cette idéologie

du peuple en armes pour défendre

l’indépendance nationale étaient encore

bien présents dans l’esprit des

citoyens haïtiens. Il est à rappeler

que le leitmotiv après la proclamation

de l’indépendance, sachant que les

Français pouvaient revenir à n’importe

quel instant, fut construit autour de

ce cri de ralliement : au premier coup

de canon d’alarme, les villes disparaissent

et le peuple est debout comme

un seul homme. De fait, à l’arrivée de

l’expédition de de Mackau, des citoyens

vigilants s’étaient déjà rendus sur

les montagnes environnantes en vue

de préparer la défense de la patrie. Par

exemple, les forts jumeaux Jacques et

Alexandre à Kenscoff et la zone montagneuse

et boisée de la Coupe, surplombant

la capitale, Port-au-Prince,

qui deviendra plus tard Pétion-Ville,

faisaient partie des endroits aménagés

pour la résistance.

C’est ce qui explique quand la

mauvaise nouvelle de l’acceptation de

l’ordonnance royale gagna les rues et

les contrées du pays, la nation en pâlit,

le peuple se mortifia. Il y eut des remous,

des cris de révolte et de dégout.

Beaubrun Ardouin, tout proche de

Boyer qu’il fut en tant que journaliste,

éditeur et fonctionnaire de l’État, a

commenté quelques années plus tard

que la population a montré son indignation

à l’égard de la conduite de

Boyer dans cette affaire. Il a expliqué :

“Il y eu un mécontentement concentré

qui, de la capitale, devait se répandre

dans toute la République et produire

bientôt de fâcheux effets » [7]. De

son côté, sur le même sujet, l’historien

Thomas Madiou, qui se retrouvait lui

aussi dans les couloirs du Palais national

à l’époque de Boyer, mentionna

quand la nouvelle de l’acceptation de

l’ordonnance royale circula dans les

villes et les campagnes, il se répandait,

comme une trainée de poudre, que le

président Boyer avait « vendu le pays

aux Français” [8]. On parla même des

préparatifs, surtout dans le Nord, pour

déclencher une révolte contre le gouvernement

et le renverser. Ce qui obligea

les membres du gouvernement à

faire une tournée militaire dans cette

région du pays pendant deux mois.

Par la suite, de temps à autre, il a dû

faire face aux mécontentements suscités

par cette acceptation de l’ordonnance.

Certes, Boyer resta au pouvoir

jusqu’en mars 1843, il n’en demeure

pas moins que sa longue présidence

créa du scepticisme, l’expression d’une

révolte contenue ressentie au sein de

la population.

Il y a deux cents ans depuis que

le gouvernement de Boyer a accepté

l’ordonnance abominable de Charles X.

C’est encore un événement douloureux

dans les annales de l’histoire d’Haïti

et de ses relations diplomatiques avec

la France. Il ne s’agit ici ni d’anniversaire,

ni de célébration, ni de commémoration,

sinon de la remémoration

d’une infamie historique faite à un

peuple à peine libéré de l’exploitation

du système esclavagiste conjuguée

aux méfaits et calamités de la domination

colonialiste.

Notes

[1] Voir Watson Denis, “Le président

Jean-Pierre Boyer, l’acceptation

de l’ordonnance de Charles X en 1825

et la reconnaissance de l’indépendance

d’Haïti par la France. (Haïti : de la souveraineté

à la suzeraineté) », Revue

d’Histoire Haïtienne. Haïti au XIXe

siècle, N0. 3, Montréal, P.Q. Canada,

CIDIHCA, 2022, pp. 411-446.

[2] Voir sur ce sujet Benoit Joachim,

« Le néo-colonialisme à l’essai.

La France et l’indépendance d’Haïti »,

La Pensée, N0. 156, avril 1971, pp.

19-43. Du même auteur, voir également,

« La reconnaissance d’Haïti par

la France (1825) : naissance d’un nouveau

type de rapports internationaux

», Revue d’histoire moderne et contemporaine,

N0s. 22-23, 1975, pp.

369-396 et Watson Denis, « Série de

dettes publiques contractées par l’État

haïtien au XIXe siècle (1825-1911).

De la double dette de l’indépendance

aux emprunts de la Consolidation et

pour la création de la Banque Nationale

de la République d’Haïti », Revue

de la Société Haïtienne d’Histoire, de

Géographie et de Géologie, N0s. 267-

274, janvier 2018- décembre 2019,

pp. 127- 169.

[3] A preuve, l’ordonnance a

été publiée en avril 1825, rien ne se

déroula ; tout se déclencha en juillet

1825 à la suite de son acceptation par

le gouvernement.

[4] Les citations sont tirées de

l’article de Leslie F. Manigat, “Le délicat

problème de la critique historique.

Les sentiments de Pétion et de Boyer

vis-à-vis de l’indépendance nationale

dans la conjoncture 1808-1814”,

Éventail d’Histoire Vivante d’Haïti,

Tome I : La période fondatrice, 1789-

Le président haïtien

Jean-Pierre Boyer

1838, Port-au-Prince, Collection du

CHUDAC, 2001, p. 238.

[5] Voir “Rapport à Son Excellence

le ministre de la Marine et

des Colonies, de la mission à Saint-

Domingue de Mr. le Baron de Mackau

», Haïti-France. Les chaines de la dette

(le rapport Mackau, 1825, édition intégrale,

annotée et commentée, par

Marcel Dorigny, Jean Marie Théodat,

Gusti-Klara Gaillard et Jean-Claude

Bruffaerts, préface de Thomas Piketty,

introduction de Fritz Alphonse Jean,

Paris, Maisonneuve & Larose, Nouvelles

éditions/ Hémisphères, 2021,

pp.140-141.

[6] Manigat, “Les sentiments

de Pétion et de Boyer vis-à-vis de l’indépendance

nationale”, pp. 219-248.

[7] Voir Beaubrun Ardouin,

Études sur l’histoire d’Haïti, vol. 3,

Tomes 8, 9, 10 et 11, 1811 (1846),

Port-au-Prince, Reproduction par Ateliers

Fardin, 2004, pp. 86. p. 82.

[8] Voir Thomas Madiou, Histoire

d’Haïti, Tome VI (1819-1826),

Port-au-Prince, Éditions Henri Deschamps,

1988, pp. 476-478. Cette

idée de vendre le pays à la France était

largement partagée au sein de la population.

Elle a été également rapportée

une vingtaine d’années plus tard par

Inginac, dans ses mémoires. Voir Inginac,

Les mémoires du général Joseph

Balthazar Inginac, p. 117.

*Watson Denis, Ph.D. Professeur

de pensée sociale haïtienne, d’histoire

de la Caraïbe et des relations internationales

à l’Université d’État d’Haïti

et auteur, entre autres, de l’ouvrage :

Haïti : changer le cours de l’Histoire

(2016)

Vol 19 # 02 • Du 9 au 15 Juillet 2025

Haiti Liberté

7


Haïti, d’une Transition à l’Autre (15)

Henry T. Wooster, le nouveau Gouverneur US en Haïti !

Par Catherine Charlemagne

Le nouveau Gouverneur US en Haïti, Henry T. Wooster

Depuis le 12 juin 2025, les Etats-Unis

d’Amérique ont un nouveau visage

en Haïti. Il se nomme Henry T. Wooster.

A n’en pas douter, c’est un pilier de la

diplomatie américaine. Il succède à l’ambassadeur

Dennis B. Hankins qui prend

sa retraite diplomatique mais pas complètement

retiré du service de Washington.

Puisqu’il est dorénavant Conseiller

en politique étrangère au Pentagone

(Ministère de la Défense) au Bureau de

la Garde nationale. Par ailleurs, en regardant

bien le parcours de son successeur,

on s’aperçoit qu’il est un vétéran

dans la diplomatie surtout dans les pays

rebelles au diktat occidental où Washington

cherche à imposer sa politique

et celle occidentale en général. Selon la

biographie de celui qu’il faut considérer

comme le nouveau Gouverneur US en

Haïti, on lit qu’« …Il a été Conseiller

politique à l’ambassade des États-Unis

à Islamabad. Il a également été directeur

pour l’Asie centrale au Conseil

national de sécurité, conseiller en politique

étrangère auprès du général commandant

les opérations spéciales conjointes

des États-Unis.

Secrétaire d’Etat-adjoint par intérim

pour l’Iran ; directeur du bureau

des affaires iraniennes ; directeur adjoint

du bureau des affaires provinciales,

ambassade de Bagdad ; assistant

spécial du Secrétaire adjoint Jack Lew

; directeur adjoint du bureau des affaires

iraniennes ; responsable du bureau

de l’Iran ; responsable politique,

ambassade de Moscou ; responsable

exécutif, mission des États-Unis auprès

de l’OTAN ; responsable du bureau des

affaires russes ; consul, ambassade de

Port-au-Prince ; et responsable politique,

ambassade de Tbilissi. Avant de

rejoindre le Service extérieur, Henry était

officier de l’armée. Il est titulaire d’un

M.A. (Master of Arts) de l’Université de

Yale et d’un B.A. (Bachelor of Arts) du

Amherst College… » Bref, sa mission

sera de continuer à mettre les bâtons

dans les roues des autorités haïtiennes

pour parachever l’œuvre néfaste de l’Oncle

Sam envers Haïti.

En effet, Haïti est l’un des rares,

très rares États du monde, où l’arrivée

de chaque nouvel ambassadeur étranger,

notamment américain et français, suscite

les commentaires de la rue et obligent

presque tous les observateurs politiques

et géopolitiques locaux à se pencher sur

son dossier et son installation à Port-au-

Prince. Cette quasi-obligation commande

deux explications relatives à l’histoire.

D’abord, l’influence de la politique de

Washington sur les affaires internes

d’Haïti depuis l’occupation américaine de

1915. Ensuite, les crises politiques successives

qui se poursuivent dans le pays

sans qu’aucune solution durable n’ait pu

être trouvée malgré cette omniprésence

continue des américains dans la conduite

de la politique haïtienne. Nous disons

ayant rapport à l’histoire, c’est peut-être

exagéré. Il serait plus exact de dire depuis

la fin de la dictature de Duvalier père et

fils en 1986, bien que cette dictature

héréditaire était soutenue à bout de bras

par Washington jusqu’à sa chute.

Car la vérité historique veut que

les Duvalier, surtout François, savaient

se faire respecter quand les limites de

la décence étaient dépassées par l’ingérence

extérieure. En effet, l’ingérence

étrangère, entre autres, celle des États-

Unis d’Amérique, sous la dictature du Dr

François Duvalier, voire de son fils Jean-

Claude, était, somme toute, très relative

dans la mesure où le pouvoir laissait faire

jusqu’à une certaine limite afin de sauvegarder

son régime. Mais jamais pour

ridiculiser la République d’Haïti, pour

qui, la première République noire du

monde était une référence historique en

matière de lutte pour l’égalité des droits

des États, des droits des Nations et des

droits des peuples à se disposer d’euxmêmes.

Les historiens haïtiens, les vrais,

ou tous ceux qui s’intéressent à l’histoire

politique et diplomatique de ce pays, connaissent

et n’oublieront jamais l’humiliation

subie par un ambassadeur américain

au Palais national sous Papa Doc

qui pensait venir rencontrer directement

le chef de l’Etat sans être invité par celuici

- crime de lèse-majesté - sans passer

par le Service du Ministère des Affaires

étrangères en vue de discuter d’un dossier.

Après une journée passée à

poiroter (attendre) dans une salle d’attente

jouxtant le Bureau du Président,

à 16 heures, heure de la fermeture des

bureaux, Duvalier lui fait dire d’aller

prendre rendez-vous comme c’est la règle

auprès de son ministre des Affaires

Extérieures suivant le protocole habituel.

Suite à ce clash diplomatique que certains

aujourd’hui auraient qualifié de signe

irrespectueux, irrévérencieux envers

l’ambassadeur, même les oppositions de

l’époque, pourtant vent debout contre

le régime, n’avaient pas considéré qu’il

s’agissait d’un impair et que la Maison

Blanche devait diligenter un contingent

de Marines, aujourd’hui, on parlerait de

mercenaires privés, pour venir soit assassiner

soit renverser le Président. Et

pour cause. Tout le monde sait qu’il y a

un protocole à suivre avant d’accéder à

un chef d’État et à un Premier ministre

qui se respecte.

Après cet épisode humiliant qui

avait fait le tour des salons et des dîners

diplomatiques de Port-au-Prince, non

seulement tous les diplomates étrangers

dans la capitale haïtienne se tenaient

à carreaux par crainte d’être expulsés

manu militari, mais ils se gardaient bien

de se mêler de ce qui ne les regarde pas,

s’agissant de la politique intérieure du

régime de Duvalier. Mêmes les portes

de certaines ambassades étaient définitivement

fermées pour de nombreux

opposants politiques, pourtant traqués,

pourchassés et surveillés jours et nuits

par la police politique du régime et les

tristement célèbres Tontons Macoutes.

En 2004, selon les aveux mêmes d’un

« ami » diplomate français à Port-au-

Prince, après l’exil du Président Jean-Bertrand

Aristide : « La chute du régime

dictatorial de la famille Duvalier en

1986 nous a en quelque sorte réhabilités,

en clair, on a retrouvé notre mission

première en Haïti, celle qui consiste

avant tout à avoir les dirigeants haïtiens

sous tutelles ». Tout est dit.

Et en effet, depuis plus de quatre

décennies, cet « ami » ne croyait pas si

bien définir le rôle des diplomates étrangers

à Port-au-Prince qui font et défont la

politique de ce pays, certes, avec le soutien

actif et complice de tous les dirigeants

qu’ils soient élus ou non. D’où l’intérêt

que ces messieurs et dames les diplomates

nous obligent à porter chaque fois

que l’un d’entre eux part ou arrive à la

tête d’une mission diplomatique en Haïti.

Comme nous le disions plus haut, surtout

pour les deux principaux - Etats-Unis ,

France - sans oublier bien évidemment

le Canada qui joue depuis quelque temps

dans la cour des « Grands » soit pour

son propre compte quand c’est possible

en jouant sur la corde sensible de l’immigration

haïtienne au pays d’Erable, soit

en sous-traitant comme il avait fait pour

les Etats-Unis en favorisant et finançant

diverses rencontres de la CARICOM sur

Haïti à la Jamaïque jusqu’à la signature

de l’Accord du 3 avril 2024 créant le

fameux Conseil Présidentiel de Transition

(CPT) devenu un an après l’ombre de luimême.

Personne ne peut dire le contraire,

aujourd’hui ce sont les ambassadeurs de

ces trois capitales - Washington, Paris et

Ottawa - qui mènent la danse en Haïti.

Tout ou presque passe par ces représentants

diplomatiques qui s’invitent comme

bon leur semble à la Primature, au Palais

national, l’Assemblée Nationale, au

Palais de justice et aujourd’hui à la Villa

d’Accueil pour dire leurs quatre vérités

aux dirigeants haïtiens. En clair, donner

des directives et le tempo politique à

suivre bien que, depuis des décennies, les

Haïtiens peinent à comprendre et à voir

le résultat de cette ingérence étrangère

tripartite dans leur pays. On a eu l’occasion

de le souligner à maintes fois, tous

les dirigeants haïtiens, mêmes élus, ce

qui est tout de même curieux et paradoxal

à la fois, pensent que sans le soutien

et l’appui déclarés des ambassadeurs de

ces trois pays, ils ne peuvent passer l’été

ou l’hiver en poste.

D’où l’allégeance déclarée principalement

à l’ambassadeur ou le Chargé

d’affaires américain en poste en Haïti,

qui, il est vrai, ne se gêne pas pour jouer

le père fouettard ou à la peur sur les autorités

d’un pays qui, légalement et selon

tous les critères régis en matière de droits

internationaux, est indépendant, libre

et souverain. Par cette ingérence sans

limite, les Etats-Unis s’emploient à faire

d’Haïti même pas un Etat associé, voire

Henry T. Wooster s’entretient avec le secrétaire d’État Marco Rubio

une colonie mais bien moins que cela :

un simple « Territoire » où Washington

envoie quand bon lui semble n’importe

qui mais ayant pour unique mission : de

cantonner les dirigeants dans des tâches

subalternes.

Les vraies décisions ne doivent pas

dépendre d’eux, mais de ses représentants

qui appliquent à la lettre la politique

de destruction lente qui a été définie,

théorisée, pensée par ceux qui n’ont jamais

compris et ne veulent surtout pas

comprendre comment ces bandes de

« nègres » ont pu mener une guerre

victorieuse contre leur allié français il y

a plus de deux cents ans, se libérer de

l’esclave jusqu’à se croire indépendantes.

Il se trouve que, depuis qu’un complot

international a tué dans l’œuf le rêve des

fondateurs et les bâtisseurs de cet Etat

à peine né, à part de rares moments de

l’histoire, les dirigeants successifs se contentent

de se plier aux diktats des comploteurs

locaux et internationaux pour

qui ce pays doit disparaître et ils feront

tout pour que cet objectif soit atteint. Le

profil de chaque diplomate envoyé en

Haïti démontre qu’il ne vient pas pour

conseiller encore moins pour apporter

quelques brides de solutions aux problèmes

que leurs pays respectifs ont imposés

aux haïtiens.

Ils sont nommés, justement, pour

accélérer la descente aux enfers de ce

peuple trop fier qui pensait entrer dans

l’histoire avec un grand « H » alors qu’il

est censé payer la hardiesse et l’affront de

leurs ancêtres pensant pouvoir apporter

un brin d’humanité dans un monde inégalitaire,

humain, esclavagiste, voire

de sauvagerie. Depuis 1986, Haïti a vu

défiler une cohorte d’ambassadeurs,

Chargé d’affaires américain, français et

canadien. Qu’est-ce que cela a apporté

en termes de relation bilatérale pour le

peuple haïtien et pour Haïti ? A la différence

d’autres pays, particulièrement

Cuba qui a défini une politique coopérative

claire, efficace et utile en matière

médicale envers Haïti. Or, en dépit de

cette coopération réussie que personne,

même leurs pires ennemis, ne met en

doute, les autorités de La Havane, à notre

connaissance, n’ont jamais rien demandé

en retour et ne cherchent pas non

plus et loin de là à influencer la politique

de Port-au-Prince, histoire d’avoir des

alliés dans les Forums internationaux.

Situé pourtant à quelques encablures

des côtes haïtiennes, Cuba n’a

jamais cherché à imposer sa politique

sur quoi que ce soit en Haïti, ni faire

de l’ingérence au moment des élections

dans le pays. Il pratique la doctrine de

non ingérence dans les affaires internes

en laissant chaque peuple disposer de

lui-même. Qui, en Haïti, a déjà entendu

parler de l’ambassadeur cubain en Haïti à

un moment ou à un autre ? Personne. A

part quelques rares journalistes et observateurs

politiques sachant que l’ambassadeur

s’appelle Calos Moya Ramos, pas

grand monde. Ce diplomate n’intervient

jamais dans les débats, discussions et autres

prises de positions dans les affaires

haïtiennes qu’il s’agit de l’immigration,

de la politique, des élections, du gouvernement.

Pourtant, son pays entretient

d’excellentes relations avec les autorités

haïtiennes. Mais, comme les dirigeants

de son pays, il se garde lui aussi d’intervenir

dans les affaires internes d’Haïti.

Il n’est pas comme ses homologues

américain, français et canadien,

ces donneurs de leçons, ces censeurs qui

ordonnent, passent des ordres, nomment

et révoquent comme bon leur semble qui,

quand et comment les dirigeants haïtiens

comme s’il s’agissait de nommer ou congédier

un employé d’une quelconque

entreprise américaine, française ou canadienne.

D’ailleurs, il suffit de lire ce que

l’ambassade des Etats-Unis a écrit sur les

priorités du nouvel ambassadeur Henry

T. Wooster pour comprendre que ce sera

lui le véritable patron en Haïti. « L’ambassade

des États-Unis à Port-au-

Prince accueille l’ambassadeur Wooster

en tant que nouveau chargé d’affaires.

Fort d’une carrière remarquable, avec

notamment des missions en Haïti, en

France, en Irak, au Pakistan, en Géorgie,

diverses affectations à Washington

et un rôle d’ambassadeur en Jordanie,

l’ambassadeur Wooster dirigera une

approche pangouvernementale de la

politique américaine en Haïti. Le rétablissement

de la stabilité sera sa priorité.

» Qui a dit que ce n’est pas lui le patron ?

D’ailleurs, le jeudi 3 juillet 2025, le nouveau

patron ne s’est pas privé lors d’une

réception donnée à son ambassade la

veille de l’anniversaire de l’indépendance

américaine du 4 juillet 1776 de donner

une petite leçon de patriotisme aux élites

et à la classe politique haïtienne qui se

liguent contre leur pays.

« Les analystes d’Haïti, tout comme

les Haïtiens eux-mêmes, évoquent

souvent les « élites » lorsqu’il s’agit de

parler de la culture politique du pays, et

en particulier de sa classe dirigeante.

Il ne surprendra personne ici de reconnaître

que les fondateurs de l’Amérique

étaient eux aussi des élites - un groupe

d’hommes aisés, cultivés et influents.

Ces élites savaient que la création d’un

nouvel ordre impliquerait des sacrifices,

voire leur mort. Ce qui est remarquable,

c’est que la décision de rompre avec

le statu quo ait été prise par ceux-là

mêmes qui en bénéficiaient le plus ; autrement

dit, par ceux qui avaient le plus

à perdre. Ceux qui connaissent l’histoire

des États-Unis savent que ce choix leur

a coûté très cher, personnellement, financièrement

et professionnellement ».

Pour une fois, on est obligé de lui donner

raison.

C.C

8 Haiti Liberté

Vol 19 # 02 • Du 9 au 15 Juillet 2025


This week in Haiti

How the Haitian Government’s Drone War is Illegal,

Indiscriminate, and Counter-Productive... and Erik Prince’s

Mercenaries will Just Make Matters Worse

A Haitian National Police (PNH) drone. The RCMP trained the PNH in how

to fly drones, but for surveillance, not bombing.

by Travis Ross

recent New York Times article explained

that the kamikaze drone

A

warfare currently being waged by Haiti’s

Transitional Presidential Council

(CPT) against Port-au-Prince’s armed

groups is likely unlawful and violates

an understanding with Canada.

The Royal Canadian Mounted

Police (RCMP) had donated the drones

and trained the Haitian National Police

(PNH) on how to use them for surveillance

of armed groups, the article

reports.

“The drone attacks it has conducted

are in violation of Haiti’s domestic

criminal law and international human

rights law,” RCMP spokesperson

Marie-Eve Breton said in an email to

The New York Times. “The RCMP does

not condone the use of drones to carry

munitions or offensive tools.”

According to Breton, Haiti’s government

had promised not to use the

drones to kill people. The “task force”

that the Haitian government formed to

weaponize the drones had “no legal authorities,”

she said.

Breton’s comments contradicted

a Mar. 18 Press Lakay report in which

PNH deputy spokesman Lionel Lazarre

said that “the Canadian government

supported the initiative” of the CPT to

form a lethal-drone task force.

The RCMP is distancing itself

from the CPT’s drone warfare after several

human rights experts have opined

that the program violates international

Photo: Haiti Libre

A typical drone with an explosive

cylinder, as used in Haiti.

law, as Breton noted.

Godfrey Otunge, the commander

of the UN-blessed, Kenyan-led Multinational

Security Support Mission

(MSS) in Haiti, also said that his force

does not use “weaponized drones” and

that the CPT “is in charge,” according

to the Washington Post.

An anonymous Haitian official

showed no concern for the civilian casualties

that cause the RCMP and MSS

to disassociate from the drone warfare.

“Let’s be honest — it’s inevitable,”

the official told the Post. “To me,

it’s just a detail. As long as you’re in

a zone controlled by gangs and there

are attacks, collateral damage is going

to happen.”

With Canada and the MSS taking

their distance, the current CPT interim

president Fritz Alphonse Jean admitted

recently that the government had

hired “foreign mercenaries” to operate

the kamikaze drones, mercenaries assembled

by the infamous Erik Prince,

founder of Blackwater and a host of

other “military contractor” firms.

The CPT hires Erik Prince to

conduct kamikaze drone program

“Haiti’s government has hired American

contractors, including Mr. Prince,

in recent months to work on a secret

task force to deploy drones meant to

kill gang members,” reported the New

York Times on May 28.

The article reports that

Prince’s team has been operating the

drones since March, which is when

the first attacks began. Quoting anonymous

“security experts,” the article explains

that Prince has “also been scouting

Haitian American military veterans

to hire to send to Port-au-Prince and is

expected to send up to 150 mercenaries

to Haiti over the summer.”

Prince also “recently shipped

a large cache of weapons to the country,”

the experts said.

An anonymous Haitian government

official told the Times that

“secrecy about the [drone] operations

was imperative to avoid tipping off

gang leaders,” suggesting this justified

hiring private contractors from the U.S.

because it would mean “fewer leaks of

information.”

Prince: “It’s time for us to put the

imperial hat back on”

The Times article comes two months

after reports revealed that Prince is also

contracted to “help Democratic Republic

of Congo (DRC) secure and tax its

vast mineral wealth.” The contract with

Prince follows a “broader deal on critical

minerals partnerships” between the

DRC and the Trump administration.

Prince is a big Trump supporter,

having donated $250,000 to his 2016

presidential campaign, and Prince’s sister,

Betsy DeVos, served as Trump’s first

Education Secretary.

Prince is also a vocal supporter of

colonialism and U.S. imperialism. In an

Off the Leash podcast, Prince said “it’s

time for us to just put the imperial hat

back on, to say, ‘we’re going to govern

those countries.’”

“You can say that about pretty

much all of Africa, they’re incapable

of governing themselves,” Prince continued.

In an article for The Intercept,

journalist Jon Schwarz explained that

Prince later “added that he thought this

was a great concept not just for Africa

but also for Latin America.”

Prince is not formally working on

behalf of the Trump administration, but

it is unlikely that he offered his services

to the CPT without approval from the

U.S. State Department.

In an interview with Responsible

Statecraft, Sean McFate, a former

contractor and author of “The Modern

Mercenary: Private Armies and What

They Mean for World Order,” explained

that Prince was acting as “an opportunist

aligned with Trump,” playing on

Trump’s obsession with the migration

of “illegal aliens” from the Global South

into the U.S..

“What’s different this time”, Mc-

Fate explained, “is that [Prince is] not

really pitching contracts to Washington.

He’s pitching contracts in cooperation

with what he thinks is Washington...

He’s finding clientele who are not

Americans, but he’s doing it with the

blessing he thinks [he’ll get], or wants

[from] Trump.”

It may be that Prince’s desire

for overt U.S. imperial domination of

Africa and Latin America will appeal

to Trump, who has disbanded U.S.

soft-power institutions like USAID and

the United States Institute for Peace

(USIP).

Haitian human rights groups

support kamikaze drone program

One of the most surprising aspects of

the CPT’s illegal drone warfare program

is the enthusiastic support provided

it by Haiti’s so-called “human-rights

groups,” including FJKL, RNDDH,

POHDH, CARDH, and Collectif Défenseurs

Plus.

Most of these human rights

groups are in some way funded by

the National Endowment for Democracy

(NED), the Canadian government,

the Open Societies Foundation (OSF),

or American Jewish Voices for Peace

(AJWS). Consequently, they do not

challenge U.S. imperial domination of

Haiti.

The most widely cited of these

groups, the RNDDH, is also the most

notorious. It is generally regarded as a

political organization, and its director,

Pierre Espérance, a political operator.

Espérance is aligned with sectors

of the “Patripoche” or enlightened

bourgeoisie via the Montana Accord,

which used to meet in his office. For the

moment, the Montana Accord’s CPT

representative, Fritz Jean, is running

the dysfunctional interim government.

Espérance has used the RNDDH

to target political rivals with false allegations

of criminal wrongdoing.

This has gone as far as playing

a key role in the propaganda campaign

that framed Fanmi Lavalas (FL) and

its leader, Jean-Bertrand Aristide, as

a tyrannical movement undermining

Haitian democracy. This led to the

2004 coup d’etat, backed by the U.S.,

Canadian, and French governments,

that ousted Aristide and thousands of

other elected FL officials. A campaign

of terror followed that saw the RNDDH

work with the coup regime to aid the

PNH in a terror campaign that targeted

FL leaders and militants.

A common feature of RNDDH

propaganda is manipulating numbers

of victims or framing violence in their

reports to suit their political ends.

For example, following the

2004 coup, the RNDDH worked with

the coup regime to target FL leaders

and members. In order to frame Prime

Minister Yvon Neptune, Espérance

and the RNDDH misrepresented as a

state-sanctioned “massacre” the battle

between government forces and their

popular organization (Balewouze) allies

against a quasi-paramilitary group

named RAMICOS in La Scierie.

RAMICOS supported Aristide’s

overthrow. The battle between RAM-

ICOS and government-aligned forces

resulted in several fatalities, including

some non-combatants.

The RNDDH misrepresented

these deaths as being the result of a

“massacre” ordered by Neptune, leading

to his illegal imprisonment without

trial for two years after the 2004 coup.

The RNDDH fabricates figures

to maintain support from drone

program

The RNDDH claims in their recent report

entitled “30th Anniversary of the

Haitian National Police (PNH): RND-

DH Commends the Struggle of Police

Officers to Restore Security” that “at

least 300 armed terrorist gang members

have been killed, and more than

400 others have been injured, some of

them seriously.”

It’s unclear why this was included

in a report celebrating the PNH’s accomplishments,

considering it clarifies

that “to date, the PNH has had no involvement

in the planning or coordination

of drone-based operations.”

Furthermore, Jake Johnston at

the Center for Economic and Policy Research

(CEPR) recently pointed out that

during the period of January to May

2025 “the UN reported 2,680 people

were killed in Haiti. Nearly 60% were

killed by police, and that share has

been increasing recently.”

This includes the case of Haitian-American

truck-driver and entrepreneur

Weithzer Ervens Fénélon who

Gage Skidmore

Erik Prince, mercenary

entrepreneur, Trump supporter:

“it’s time for us to just put the

imperial hat back on.”

was kidnapped and murdered by PNH

officers near Port-de-Paix in March.

Witnesses allege that following his

brutal murder, PNH officers severed his

head and limbs and burned his body.

The RNDDH’s desire to celebrate

the PNH stands in stark contrast to the

police force’s actions. The RNDDH does

not substantiate their drone-kill figures

with any recordings, data, or names,

nor does it say anything about the “inevitable”

civilian deaths.

Indeed, to redress insecurity, the

PNH has largely used two tactics: first,

it has carried out unprovoked murder,

torture, disappearances, and terrorization

of unarmed civilians living in

or near territory controlled by armed

groups and, second, it has attacked

protestors.

Given the RNDDH’s history of

manipulating reports for political ends,

and the lack of proof to support their

claim of 300 dead and 400 injured

“terrorist gang members,” one can presume

the numbers are invented or inflated

and that civilian casualties have

been omitted or misclassified.

These patently manufactured

numbers aim to encourage further

drone warfare against Haiti’s poor

slums and have been uncritically cited

across the local and international bourgeois

media, thereby framing the drone

warfare campaign as successful and

uncontroversial.

The RCMP’s Marie-Eve Breton:

“The RCMP does not condone the

use of drones to carry munitions

or offensive tools.”

Even Insight Crime, a “think

tank” linked to the State Department

and OSF, reported recently that security

analysts they consulted said the RND-

DH’s figures “could not be verified” and

that the drone program has resulted in

“mounting civilian casualties.” The report

emphasized that “the Haitian government

has not confirmed the number

of those killed or wounded.”

In the Insight Crime report, Ayibopost’s

editor, Wildore Mérancourt,

said he could “confirm that civilians

were harmed.”

Haitians demonstrate against

drone program, demand the

removal of the CPT

The “human rights” sector’s support for

the kamikaze drone program reflects a

general enthusiasm for the approach

among Haiti’s bourgeoisie. Residents of

elite quarters, representing the 10% of

greater Port-au-Prince that is not controlled

by armed groups, are heavily

guarded by PNH units and are not at

risk of becoming “collateral damage.”

In contrast, a Jun. 20 demonstration

by thousands in the desperately

poor southwestern flank of Port-au-

Prince demanded an end to the drone

program, the CPT’s removal, and for

the U.S., Canadian, and French governments

to stop meddling in Haiti’s

affairs.

Krisla, a leader of the capital

region’s armed group alliance Viv Ansanm,

spoke to the demonstrators,

expressing a widespread sentiment in

many of Haiti’s poor neighborhoods:

“Haiti is rich. These foreign mercenaries

and powers are coming after our gas

and mineral wealth, our gold.”

“We come from the popular

quarters”, he said. “They say that people

from our neighborhoods are not

people. When Viv Ansanm comes to

power, we will arrest many guys. Both

politicians and bourgeois… They sell

drugs, ammunition, guns, body organs.

Then they put out the lie that it’s Viv

Ansanm selling organs? The hospitals

these things come from are not in our

neighborhoods!… THEY are trafficking

in organs. Everything they accuse us

of doing, it’s THEY who are doing it….

One day, Haiti will change.”

Meanwhile, not a single armed

group leader has been killed by these

drone attacks.

Vitel’Homme, the leader

suite à la page(16)

Vol 19 # 02 • Du 9 au 15 Juillet 2025

Haiti Liberté

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JOURNALISTES BBC : « ON NO

FAIRE LA PROMO D’ISR

Le directeur général de la BBC, Tim Davie

Par Owen Jones

On a eu l’impression que la BBC faisait de la communication pour le gouvernement et l’armée israéliens.

Une lettre accablante signée

par plus de 100 journalistes

de la BBC souligne l’un des

plus grands scandales de notre

époque

Il s’agit d’une intervention

accablante. Plus d’une centaine

d’employés de la BBC

ont écrit une lettre au directeur

général, Tim Davie, pour

se plaindre que la société

soit devenue le porte-parole

d’Israël. Elle a également été

signée par 300 autres journalistes

et professionnels des

médias, dont votre serviteur.

Comme on pouvait s’y attendre,

les employés de la BBC

sont tous anonymes, car sinon

ils s’exposeraient à de

graves conséquences pour

leur carrière.

La lettre dit : Nous vous

écrivons pour vous faire part

de nos préoccupations concernant

les décisions éditoriales

opaques et la censure de

la BBC dans ses reportages

sur Israël/Palestine. Nous

pensons que le refus de diffuser

le documentaire « Gaza

: Medics Under Fire » n’est

qu’une décision parmi tant

d’autres motivées par des

considérations politiques.

Cela démontre, une fois de

plus, que la BBC ne rend pas

compte « sans crainte ni favoritisme

» lorsqu’il s’agit

d’Israël.

La lettre poursuit en

soulignant que la décision

de ne pas diffuser l’enquête

a été prise par la direction de

la BBC alors que le contenu

avait été approuvé conformément

aux directives et à la

politique éditoriale de la BBC,

ce qui, selon elle, « semble

être une décision politique »,

ajoutant que la réponse de

la BBC montre que l’organisation

« est paralysée par la

crainte d’être perçue comme

critique à l’égard du gouvernement

israélien ».

Cette lettre a passé tous

les contrôles internes de la

BBC. Aucune erreur factuelle

n’est alléguée. Le seul autre

documentaire de la BBC

qui se concentrait sur le sort

apocalyptique du peuple palestinien

à Gaza a été retiré

à la suite d’une campagne

pro-israélienne hystérique,

parce que le père du narrateur

occupait un poste technocratique

subalterne dans l’administration

du Hamas. Cela

n’a aucune importance, étant

donné que les paroles du narrateur

ont été écrites pour lui

par les producteurs du documentaire.

La lettre souligne que

les signataires ne « demandent

pas à la BBC de prendre

parti », mais simplement de

permettre aux journalistes

de la BBC de « faire leur travail

en présentant les faits de

manière transparente et dans

leur contexte ». Ils soulignent

un échec flagrant :

En tant qu’organisation,

nous n’avons proposé

aucune analyse significative

de l’implication du gouvernement

britannique dans la

guerre contre les Palestiniens.

Nous n’avons pas rendu

compte des ventes d’armes

ni de leurs implications juridiques.

Ces informations

ont plutôt été révélées par les

concurrents de la BBC.

Il s’agit d’ailleurs d’un

des nombreux échecs scandaleux

de la BBC, qui est un

diffuseur de service public

tenu de demander des comptes

au gouvernement britannique

et qui a failli à sa mission.

Et c’est là l’allégation

vraiment cruciale. La lettre dit

: Ce n’est pas un hasard, mais

bien une stratégie délibérée.

Une grande partie de la

couverture de la BBC dans ce

domaine est marquée par un

racisme anti-palestinien.

C’est exactement cela.

La BBC n’a même pas prétendu

que la vie des Palestiniens

avait la moindre valeur

par rapport à celle des

Israéliens. Lorsque j’ai mené

mon enquête approfondie sur

la couverture de la BBC pour

Drop Site News à la fin de

l’année dernière, j’ai travaillé

avec des journalistes spécialisés

dans les données qui ont

utilisé des statistiques incontestables

pour montrer que

c’était bien le cas.

La lettre mentionne

un nom crucial. Elle dit : La

manière incohérente dont les

directives sont appliquées

met en évidence le rôle de

Sir Robbie Gibb, membre du

conseil d’administration de la

BBC et du comité des normes

éditoriales de la BBC. Nous

sommes préoccupés par le

fait qu’une personne ayant

des liens étroits avec le Jewish

Chronicle, un média qui a

publié à plusieurs reprises des

contenus anti-palestiniens et

souvent racistes, ait son mot

à dire dans les décisions éditoriales

de la BBC, quelle que

soit sa fonction, y compris la

décision de ne pas diffuser «

Gaza : Medics Under Fire ».

Sir Robbie Gibb est un

cas d’étude frappant. Frère

d’un ministre conservateur, il

a rejoint la BBC en tant que

chercheur politique après

avoir obtenu son diplôme,

avant de devenir chef de cabinet

du chancelier de l’opposition

conservateur Francis

Maude. Il est ensuite revenu

à la BBC en tant que rédacteur

en chef adjoint de l’émission

phare d’actualité Newsnight,

puis est devenu rédacteur

en chef des programmes

politiques de la BBC tels que

Daily Politics, où il a travaillé

en étroite collaboration avec

son présentateur principal,

Andrew Neil, alors président

du magazine d’extrême droite

Spectator. Il a ensuite quitté la

BBC en 2017 pour devenir directeur

de la communication

de la Première ministre conservatrice

Theresa May. Il est

ensuite revenu à la BBC, où il

a rejoint son conseil d’administration.

On vous pardonnera si

cette porte tournante entre les

conservateurs et la BBC vous

a donné le vertige. Il a été

pointé du doigt par d’anciens

présentateurs de Newsnight,

comme Emily Maitlis, qui l’a

qualifié d’« agent actif du parti

conservateur » qui façonnait

l’information diffusée par

la BBC en agissant « comme

l’arbitre de l’impartialité de la

BBC ».

En 2020, il a dirigé un

consortium visant à racheter

The Jewish Chronicle, un

journal qui, plutôt que de

remplir sa mission essentielle,

à savoir offrir une représentation

médiatique à la communauté

juive britannique, s’est

comporté comme un fervent

supporter de l’État israélien et

a même, comme le souligne

la lettre, diffusé des propos

racistes et anti-palestiniens

odieux.

Il est tout à fait remarquable

que cet homme ait

autant de pouvoir et d’influence

à la BBC. Pouvez-vous

imaginer quelqu’un ayant

des liens avec la gauche et

les pro-Palestiniens avoir autant

de pouvoir et d’influence

? Il y a plus de chances que

la Lune se transforme en un

fromage géant.

Comme le souligne la

lettre : Ce conflit d’intérêts

met en évidence un double

standard pour les créateurs

de contenu de la BBC qui ont

eux-mêmes fait l’expérience

de la censure au nom de l’«

impartialité ». Dans certains

cas, des membres du personnel

ont été accusés d’avoir

un agenda caché parce qu’ils

avaient publié sur les réseaux

sociaux des articles critiquant

le gouvernement israélien.

En comparaison, Gibb occupe

toujours un poste influent

et ses décisions manquent

de transparence, alors que

ses tendances idéologiques

sont bien connues. Nous

ne pouvons plus demander

aux contribuables qui paient

la redevance de fermer les

yeux sur les allégeances

idéologiques de Gibbs.

La lettre souligne que

les reportages de la BBC sur

Israël et la Palestine « ne

répondent pas à nos propres

normes éditoriales », avec «

un fossé entre la couverture

par la BBC de ce qui se passe

à Gaza et en Cisjordanie et

ce que notre public peut voir

grâce à de multiples sources

crédibles, notamment les organisations

de défense des

droits humains, le personnel

de l’ONU et les journalistes

sur le terrain ».

C’est pourquoi la lettre

fait cette affirmation incendiaire

: Trop souvent, on a eu

l’impression que la BBC faisait

de la communication pour

le gouvernement et l’armée

israéliens.

Il convient de noter que

plus d’une centaine de journalistes

qui consacrent leur

10 Haiti Liberté

Vol 19 # 02 • Du 9 au 15 Juillet 2025


US OBLIGE À

AËL »

La lettre ouverte affirme que les reportages de la BBC sur la guerre israélienne mettent son «

indépendance en danger ».

vie à travailler pour la BBC

ont déclaré être d’accord avec

cela.

Ils affirment : « Nous

avons été contraints de conclure

que les décisions sont

prises pour répondre à un

agenda politique plutôt que

pour servir les besoins du

public ».

Ils poursuivent en exprimant

leur extrême inquiétude

quant au fait que

les reportages de la BBC sur

cette question « ne répondent

pas aux normes attendues

par notre public », ajoutant

: Nous pensons que le rôle

de Robbie Gibb, tant au sein

du conseil d’administration

que du comité des normes

éditoriales, est intenable.

Nous appelons la BBC à faire

mieux pour notre public et à

réaffirmer son engagement

envers nos valeurs d’impartialité,

d’honnêteté et de reportage

sans crainte ni favoritisme.

Outre ces journalistes

de la BBC, parmi les signataires

figurent les acteurs

Juliet Stevenson, Khlaid Abdalla,

Zawe Ashton et Miriam

Margoyles.

Aujourd’hui, des initiés

de la BBC ont des choses intéressantes

à dire. L’un d’eux

déclare : À la BBC, le sentiment

de rejet à l’égard de

Gibb est palpable.

Dans les couloirs de la

New Broadcasting House, les

employés se confient les uns

aux autres au sujet des décisions

illogiques prises par la

direction et du rôle que Gibb

est amené à jouer.

Nous avons souvent

l’impression d’être dans une

relation abusive avec la BBC,

dans laquelle nous sommes

manipulés et pacifiés. »

Ils poursuivent : Nous

sommes épuisés par le double

standard et la suspension des

normes éditoriales. Pour de

nombreux employés, cela a

brisé toute notion d’équité.

Nous nous consolons

souvent mutuellement en

nous demandant comment

cela a pu arriver. Nous pensons

que la BBC ne sera

pas en mesure de respecter

son engagement en matière

d’équité et d’impartialité tant

que Gibb sera en poste.

Un autre ajoute : Depuis

plus d’un an, nous sommes

conscients que les informations

diffusées par la BBC

sont en décalage avec la réalité.

On demande au public de

ne pas croire ce qu’il voit et

entend.

Toute personne disposant

d’un téléphone a vu

les images provenant de Gaza

et de Cisjordanie, mais BBC

News s’est empêtrée dans des

notions de « complexité ».

Pourquoi avons-nous

pris une position claire sur

l’Ukraine et la Russie alors

que nous ne parvenons pas

à affirmer avec certitude les

faits lorsqu’il s’agit du peuple

palestinien ? Robbie Gibb est

au moins en partie responsable

de cette situation.

Nous avons soulevé

ces préoccupations à maintes

reprises, mais nous n’avons

pas été écoutés. Nous nous

exprimons parce que nous

devons mieux servir le public.

En effet, voici un autre

exemple du plus grand

scandale du journalisme occidental

de notre époque.

Ce que la BBC et d’autres

organisations ont fait, c’est

soit occulter complètement

les déclarations des dirigeants

et responsables israéliens exprimant

leur intention génocidaire

et criminelle, soit les

enterrer, et refuser d’expliquer

la nature génocidaire

et criminelle de ces déclarations.

Ces déclarations se sont

avérées être la feuille de route

la plus précise de ce qu’Israël

allait faire, et pourtant la BBC

a complètement induit son

public en erreur sur les intentions

d’Israël, traitant ces

déclarations comme si elles

avaient été faites dans un

univers parallèle, et se concentrant

plutôt sur les déclarations

trompeuses faites par

les responsables israéliens à

l’intention du public occidental.

La BBC a maintes fois

axé ses reportages sur les

fausses déclarations et affirmations

de l’État israélien, les

traitant comme crédibles malgré

les preuves accablantes

montrant qu’Israël mentait

sans cesse et commettait tous

les crimes de guerre et crimes

contre l’humanité imaginables.

Les voix palestiniennes

ont été beaucoup moins couvertes

et ont été poursuivies

comme si elles étaient à la

barre, contrairement aux voix

pro-israéliennes. Les atrocités

et les crimes de guerre ont

été ignorés et passés sous silence.

Les études dénonçant

les crimes de guerre ont été

ignorées ou ont fait l’objet

d’une couverture médiatique

très limitée.

La vie des Palestiniens a

été considérée comme ayant

infiniment moins de valeur

que celle des Israéliens, tandis

que des termes émotionnels

tels que « massacre »

sont réservés aux victimes israéliennes

plutôt qu’aux victimes

palestiniennes, et que

les mots humanisants sont

utilisés proportionnellement

beaucoup plus pour les victimes

israéliennes que pour

les victimes palestiniennes.

Alors que des phrases

telles que « le ministère de la

Santé dirigé par le Hamas »

sont systématiquement utilisées

pour saper la confiance

dans le bilan des victimes à

Gaza, des faits fondamentaux

tels que la délivrance par la

Cour pénale internationale de

mandats d’arrêt contre Benjamin

Netanyahu et son ancien

ministre de la Défense ne le

sont pas.

Le fait qu’il existe un

consensus parmi les spécialistes

du génocide, y compris

les spécialistes israéliens, sur

le fait qu’Israël commet un

génocide, a été occulté, ces

spécialistes ayant été effacés.

Nous pourrions continuer

ainsi. C’est le plus

grand scandale du journalisme

occidental de notre époque.

Ces journalistes de la

BBC ont pris la parole. D’autres

journalistes devraient

faire de même.

Owen Jones

Investig’Action

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Vol 19 # 02 • Du 9 au 15 Juillet 2025

Haiti Liberté

11


Perspectives

L’Occident tue Gaza

Carte montrant le territoire du Grand Israël revendiqué par les colons

illégaux israéliens

Par Alexandra Panagulli

1 ère partie

Terroristes – Les leurs et les nôtres

(Titre d’un livre d’Eqbal Ahmad

(1933-1999), politologue pakistanais

connu pour son activisme pacifiste, qui

a influencé l’éminent universitaire palestino-américain

Edward Said)

Les militants sont entrés dans le

village de nuit et ont posé des explosifs

contre certaines maisons. Leur

commandant a témoigné: «Nous avons

laissé derrière nous 35 maisons démolies

et 60 à 80 cadavres» [1].

Le village était Sa’sa’, tout au

nord de la Palestine. Le commandant

était Moshe Kelman, chef du Palmah,

une unité de la Haganah, principale

organisation paramilitaire sioniste.

L’attaque a eu lieu le 15 février 1948,

trois quarts de siècle avant la dernière

attaque du Hamas.

En combinant diverses sources,

je dénombre au moins 36 massacres

perpétrés en Palestine rien qu’en 1948

par les Haganah, Irgoun et Lehi – les

trois organisations paramilitaires sionistes

– et par l’armée israélienne naissante,

faisant au moins 2.800 morts

et 418 villages palestiniens détruits ou

dépeuplés.

À cela s’ajoutent des massacres

majeurs, à Qibya (octobre 1953,

69 morts palestiniens), à Kafr Qasim

(octobre 1956, 49), à Khan Younès

(novembre 1956, 275 à 400), à Sabra

et Chatila (septembre 1982, 3.000),

à Al-Aqsa (17 octobre 1990), à la

mosquée Ibrahimi (29 février 1994)

et au camp de réfugiés de Jénine (avril

2002, 54).

L’histoire immensément sanglante

de la Palestine n’a pas commencé

le 7 octobre 2023, comme les gouvernements

et les médias occidentaux

s’efforcent de la présenter depuis la

dernière attaque du Hamas.

En février 1947, Menahem

Begin, chef de l’Irgoun, était recherché

avec une prime atteignant jusque

100.000 livres sterling et la mention :

TERRORISTE, RÉCOMPENSE. Entre

autres faits, l’Irgoun avait fait mis

une bombe dans l’hôtel King David à

Jérusalem en juillet 1946, tuant des

dizaines de membres de l’administration

coloniale britannique, «l’un des

attentats terroristes les plus meurtriers

du XXe siècle» [2].

Yitzhak Shamir, chef du Lehi, figurait

sur la même affiche de recherche.

En avril 1948, le Lehi, en collaboration

avec l’Irgoun, avait commis le tristement

célèbre massacre de Deir Yassin.

Extrait d’une lettre ouverte au

New York Times rédigée par plus de

vingt intellectuels juifs de renom, dont

Albert Einstein et Hannah Arendt, protestant

contre la visite de Begin à New

York en décembre 1948. «Le 9 avril,

des bandes terroristes ont attaqué ce

paisible village [Deir Yassin], qui ne

constituait pas un objectif militaire

lors des combats, tuant la plupart de

ses habitants (240 hommes, femmes

et enfants) et en gardant quelquesuns

en vie pour les faire défiler comme

des prisonniers dans les rues de Jérusalem»

[3].

Shamir est également celui qui a

planifié en 1944 l’assassinat de Lord

Moyne, ministre résident britannique

au Moyen-Orient, et qui a supervisé en

1948 l’assassinat de Folke Bernadotte,

comte de Wisborg, ironiquement un

diplomate suédois qui avait négocié la

libération des Juifs danois du camp de

concentration nazi de Theresienstadt,

et qui fut par la suite médiateur du Conseil

de sécurité des Nations Unies dans

le conflit israélo-arabe de 1947-1948.

En 1977, Menahem Begin devient

Premier ministre d’Israël. En 1983,

Yitzhak Shamir devient Premier ministre

d’Israël.

Un terroriste est tout opposant à

un ordre établi par la force… jusqu’à ce

qu’il/elle devienne l’ordre établi.

Dans les années 1940, Begin et

Shamir figuraient sur la liste des personnes

recherchées par les Anglais.

Dans les années 1960, l’Angleterre

a commencé à envoyer des armes

au gouvernement israélien.

Extrait du rapport du 8 janvier

2025 “UK arms exports to Israel” de

Louisa Brooke-Holland pour la bibliothèque

de la Chambre des communes

anglaise afin de soutenir le travail des

députés. «Du milieu à la fin des années

1960, la vente de chars à Israël a fait

l’objet de nombreuses discussions au

sein du gouvernement anglais. À l’époque,

le Royaume-Uni avait adopté une

politique visant à équilibrer les ventes

d’armes à Israël et aux États arabes, à

limiter les ventes d’armes offensives et

à ne pas fournir à un camp des armes

plus sophistiquées que l’autre» [4].

Terroriste un jour, partenaire l’autre.

Fascisme et expansionnisme

Pire encore, dans sa lutte contre l’occupation

anglaise pendant la Seconde

Guerre mondiale et au moment de

l’Holocauste juif, l’organisation paramilitaire

sioniste Lehi a tenté à deux

reprises de s’allier aux Nazis, proposant

un État juif fondé sur des «principes

nationalistes et totalitaires, et lié au

Reich allemand par une alliance» [5].

Le fascisme s’accompagne de

racisme et d’expansionnisme.

Dans «The Settlers», un documentaire

de 2016 du réalisateur israélien

Shimon Dotan, un colon illégal

de Cisjordanie décrit son rêve d’un

Grand Israël qui s’étendrait jusqu’à

l’Euphrate en Irak, incluant la Jordanie

et certaines parties de l’Égypte, du Liban,

de la Syrie et de l’Arabie saoudite

[6].

L’année dernière, l’ancien militaire

et homme politique israélien Avi

Lipkin déclarait: «À terme, nos frontières

s’étendront du Liban au Grand

Désert, c’est-à-dire à l’Arabie saoudite,

puis de la Méditerranée à l’Euphrate.

Et qui est de l’autre côté de

l’Euphrate ? Les Kurdes ! Et les Kurdes

sont nos amis. Nous avons donc la

Méditerranée derrière nous, les Kurdes

devant nous, le Liban, qui a vraiment

besoin de la protection d’Israël. Ensuite,

nous allons prendre, je crois, La

Mecque, Médine et le mont Sinaï, et

purifier ces lieux» [7].

Dans «The Settlers», un documentaire

de 2025 réalisé par Louis

Theroux, documentariste anglo-nord-américain

primé et diplômé

d’Oxford, le rabbin Dov Lior racontait

comment ils devaient expulser les

«chameliers» de Gaza et du Liban [8].

En 2013, dix ans avant la dernière attaque

du Hamas, il avait déclaré à propos

des Palestiniens de Cisjordanie : «Je

ne dis pas que nous ne devrions pas les

aider d’un point de vue humanitaire.

Si nécessaire, nous construirons des

étables pour leurs chameaux. En Arabie

saoudite. Pas ici» [9].

Soit dit en passant, Irfan Raja, un

universitaire anglo-pakistanais enseignant

au Pakistan, attire notre attention

sur le fait que son pays pourrait

être la prochaine cible, car des avions

israéliens et étatsuniens ont récemment

violé en toute impunité l’espace

aérien de leur voisin occidental, l’Iran,

tandis que son voisin oriental, l’Inde,

est dirigé par des fascistes anti-musulmans

extrémistes. À une question

posée en 2011: «Quel est le plus grand

problème auquel est confrontée la

prochaine génération, et que devrions-nous

faire pour le résoudre aujourd’hui

?», Netanyahou lui-même

avait répondu: «Donc, la plus grande

mission que nous ayons est d’empêcher

un régime islamique militant de se

doter d’armes nucléaires ou que des

armes nucléaires se retrouvent chez un

régime islamique militant, le premier

s’appelle l’Iran, le second s’appelle le

Pakistan, ou plus précisément, une

prise de contrôle du Pakistan par les

Talibans»... Cette définition pourrait

être appliquée de manière très flexible

comme les Etats-Unis l’ont fait avec

l’absence d’armes de destruction massive

en Irak ou de menace nucléaire

de l’Iran – et un jour, un colon pourrait

dire: Notre terre s’étend jusqu’au fleuve

Indus. Après tout, Alexandre le Grand

ne l’a-t-il pas atteint, venant de plus

loin encore que le Moyen-Orient ? [10]

(Si l’on part du principe que la

terre a été donnée aux Juifs depuis des

temps immémoriaux, cela impliquerait

l’expulsion – ou l’extermination –

de tous les Européens des États-Unis

d’Amérique du Nord et la restitution du

territoire aux Amérindiens.)

Dans son récent documentaire,

Louis Theroux a également longuement

interviewé Daniella Weiss, la marraine

du mouvement des colons, qui a déclaré

que les colons illégaux aident le

gouvernement israélien, qui ne peut

légalement ni ouvertement occuper la

Cisjordanie, en faisant le sale boulot:

les colons occupent, Israël condamne

d’abord, puis finit par légaliser la nouvelle

colonie. «Nous faisons pour les

gouvernements ce qu’ils ne peuvent

pas faire pour eux-mêmes. Même si

l’on prend Netanyahou aujourd’hui, il

est très satisfait de ce que nous faisons

ici et aussi de notre projet de construction

de communautés juives à Gaza. Il

s’en réjouit, mais il ne peut pas le dire.

Il dit le contraire» [11].

Vers la fin du documentaire, Daniella

Weiss emmène Theroux à la frontière

avec Gaza et dévoile leur projet de

colonisation de Gaza au lendemain du

génocide. Ceci semble plus plausible

que le fantasme de la Riviera de Trump,

sous les gouvernements israéliens les

plus d’extrême droite, avec deux importants

colons illégaux en son sein : le

ministre de la Sécurité nationale Itamar

Ben Gvir et le ministre des Finances

(également au ministère de la Défense)

Bezalel Smotrich.

Ils achèvent désormais le nettoyage

ethnique commencé au milieu des

années 1940, avec le bombardement

d’habitations, la famine de la population,

le blocus de l’aide humanitaire et

une attaque totale contre le système

médical – voir le récent documentaire

“Gaza: Doctors Under Attack”, commandé

par la BBC qui a ensuite craint

de le diffuser et l’a transmis à Channel

4 [11], ainsi que le récent témoignage

devant le Conseil de sécurité de l’ONU

de Feroze Sidhwa, un chirurgien traumatologue

nord-américain ayant effectué

deux séjours dans les hôpitaux de

Gaza – ou ce qu’il en restait – en 2024

et 2025 [12].

Tous deux attestent que «l’armée

israélienne a systématiquement ciblé

le personnel médical palestinien dans

les 36 hôpitaux de Gaza. Selon les Nations

Unies, les attaques suivent un

schéma précis. D’abord, un hôpital

est bombardé, puis assiégé. Ensuite,

Poster où Menahem Begin (en haut à gauche) et Yitzhak Shamir (en bas à

droite et sur la 2ème photo), étaient recherchés comme terroristes par les

autorités anglaises en Palestine – quelques années plus tard ils sont tous

deux devenus premier ministre d’Israël

il est attaqué par des chars et des

bulldozers, et son personnel médical

est arrêté. Puis, une fois l’hôpital pratiquement

hors d’usage, les forces se

déplacent et recommencent ailleurs»

[13].

A Suivre

Notes

[1] Pappé, Ilan. (2007). The

ethnic cleansing of Palestine. Historien

israélien de renom, l’ouvrage de

Pappé revient sur la formation de l’État

d’Israël. Entre 1947 et 1949, plus de

400 villages palestiniens ont été délibérément

détruits, des civils massacrés

et environ un million d’hommes, de

femmes et d’enfants expulsés de leurs

foyers sous la menace des armes. Pappé

est titulaire de la chaire d’histoire de

l’université d’Exeter, directeur académique

de l’Institut de recherche pour

la paix de Givat Haviva et président

de l’Institut Emil Touma d’études palestiniennes

de Haïfa. Il est également

l’auteur des best-sellers A History of

Modern Palestine (Cambridge), The

Modern Middle East (Routledge) et The

Israel/Palestine Question (Routledge).

[2] Rapoport, D.C., The Four

Waves of Modern Terrorism, dans

Cronin, A. K. et Ludes, J. M. (Eds.),

Attacking Terrorism: Elements of a

Grand Strategy, Georgetown University

Press, 2004, Washington, D.C., p.

50-51

[3] https://archive.org/details/

AlbertEinsteinLetterToTheNewYork-

Times.December41948

[4] Mark Phythian, La politique

des ventes d’armes britanniques depuis

1964, 2000, chapitre cinq

[5] Sasson Sofer. Zionism and

the Foundations of Israeli Diplomacy.

Cambridge University Press, 2007, pp.

253–254

Leslie Stein, The Hope Fulfilled:

The Rise of Modern Israel, Greenwood

Publishing Group, 2003, pp. 237–238

[6] Shimon Dotan: The Settlers

(à l’intérieur des colonies juives)

(2016) https://www.youtube.com/

watch?v=prqtXMSdeUw

[7] Middle East Monitor, 11 janvier

2024, https://www.youtube.com/

watch?v=WERJ_xXhaeQ

[8] Louis Theroux: The Settlers

(2025) https://www.filmsforaction.

org/watch/louis-theroux-the-settlers/

[9] Les Arabes pour l’Arabie

saoudite, déclare un éminent rabbin

sioniste religieux. Dov Lior appelle à la

reconquête du Mont du Temple et à la

construction d’«écuries à chameaux»

pour les Arabes du monde entier afin

que la Terre sainte soit «nettoyée des

terroristes». Par l’équipe de ToI, 14 octobre

2013 https://www.timesofisrael.

com/prominent-religious-zionist-rabbicalls-for-sending-arabs-to-saudi-arabia/

[10] Entretien avec Benjamin

Netanyahu, Channel 2, 31 mars 2011

https://www.youtube.com/

watch?v=v5t6A9wSMWo&t=1555s

[11] Gaza: Doctors Under

suite à la page(16)

12 Haiti Liberté

Vol 19 # 02 • Du 9 au 15 Juillet 2025


Perspectives

Ce que le 5 juillet m’a appris, que le 4 juillet ne m’a jamais

enseigné !

Par Michelle Ellner

Ayant grandi au Venezuela et

vivant désormais aux États-Unis,

je me suis toujours sentie prise entre

deux jours d’indépendance : le 4

juillet et le 5 juillet. Deux célébrations.

Deux drapeaux. Deux conceptions

très différentes de ce que signifie

être libre.

Aux États-Unis, le 4 juillet s’accompagne

de feux d’artifice, de

défilés et d’une foi presque inébranlable

dans la justesse de la révolution

qu’il commémore. Mais au

Venezuela, le 5 juillet évoque d’autres

pensées. Ce n’est pas seulement

une rupture avec la domination coloniale,

mais le début d’une longue

lutte inachevée pour définir la liberté

selon nos propres termes. Ce n’est

pas quelque chose que nous avons

hérité. C’est quelque chose pour

laquelle nous continuons de nous

battre.

Aujourd’hui, de là où je me

trouve, je ne peux m’empêcher de

voir les contradictions. Un pays

célèbre son indépendance tout en

la refusant à d’autres. L’autre se bat

pour sa souveraineté et en est puni.

L’histoire de l’indépendance

du Venezuela s’inscrit dans une histoire

bien plus longue et sanglante.

Toute la région de l’Amérique latine

et des Caraïbes a été secouée par des

mouvements révolutionnaires il y a

plus de deux siècles, non par ambition,

mais en réponse à certaines des

pires atrocités de l’histoire humaine.

Colonisation, esclavage, conversions

forcées au catholicisme, effacement

culturel et extraction des ressources

n’ont pas seulement laissé des cicatrices

économiques, ils ont déchiré le

cœur de notre humanité collective.

Comme l’a écrit Eduardo Galeano :

« Notre richesse a toujours engendré

notre pauvreté en nourrissant la

prospérité des autres. » L’indépendance

n’a pas été un commencement

; elle fut une résistance et une exigence

de reprendre tout ce qui avait

été volé, réduit au silence et enfoui.

Au Venezuela, le processus

d’indépendance a été façonné par

les idées des Lumières et les révolutions

en France, aux États-Unis et

en Haïti. Mais Simón Bolívar, notre

« Libérateur », voulait plus qu’un

drapeau ou un changement de dirigeants.

Il rêvait d’une république

fondée sur la justice, pas seulement

sur la souveraineté. Une société où

l’esclavage serait aboli, la terre redistribuée

et le pouvoir appartiendrait

au peuple. Devant le Congrès d’Angostura

en 1819, Bolívar déclara

: « Le système de gouvernement le

plus parfait est celui qui produit

la plus grande somme possible de

bonheur, de sécurité sociale et de

stabilité politique. » Il ne s’agissait

pas de remplacer une couronne par

un nouveau président. Il s’agissait

de réimaginer la société elle-même,

de bâtir une nation enracinée dans

la dignité, l’égalité et le bien-être de

tous.

C’était une vision en avance

sur son temps. Et elle eut un coût

dévastateur. Le Venezuela perdit la

moitié de sa population pendant les

guerres d’indépendance. Mais, comme

le disait Bolívar, l’autre moitié

aurait aussi donné sa vie pour rendre

la liberté réelle.

Le Venezuela s’est libéré

Deux jours d’indépendance : le 4 juillet et le 5 juillet. Deux célébrations. Deux drapeaux. Deux conceptions très différentes

de ce que signifie être libre.

de l’Espagne, mais pas de

l’exploitation.

Après la découverte du pétrole à

partir des années 1920, le pays est

devenu une nouvelle forme de colonie,

façonnée par les entreprises

étrangères et les intérêts géopolitiques

américains. Tandis que les

profits pétroliers remplissaient

les poches des multinationales et

des élites locales, la majorité des

Vénézuéliens vivait dans la pauvreté,

sans accès aux soins de santé,

à l’éducation ou au logement.

Cela a commencé à changer en

1998, lorsque Hugo Chávez, invoquant

l’héritage de Bolívar, a remporté

la présidence et lancé ce qui

allait devenir la Révolution bolivarienne.

Il a appelé le peuple à reprendre

la démocratie, non seulement par

les élections, mais par des structures

participatives, la justice économique

et la souveraineté. Pour beaucoup de

ceux qui avaient longtemps été exclus

du système, c’était la première

fois qu’ils se voyaient reflétés dans

leur propre gouvernement.

Ce fut une transformation. Et

ce fut profondément menaçant pour

les puissances qui avaient toujours

considéré le Venezuela comme une

ressource, non comme une république.

La Révolution bolivarienne a

été perçue comme une menace pour

les intérêts impériaux des États-Unis

dès le début. Dès l’instant où Hugo

Chávez a pris ses fonctions en 1999

et a commencé à réorienter la richesse

pétrolière du Venezuela vers

des programmes sociaux, la réforme

agraire et l’intégration régionale, la

riposte a commencé. Il a refusé de

suivre le scénario néolibéral écrit à

Washington, et pour cela, il a été pris

pour cible.

En 2002, les États-Unis ont

soutenu une tentative de coup d’État

contre Chávez, qui l’a brièvement

écarté du pouvoir avant qu’un immense

soulèvement populaire ne le

ramène. Mais les attaques n’ont pas

cessé. Sabotage économique, campagnes

de désinformation et isolement

diplomatique se sont intensifiés

au fil des années.

Après sa mort en 2013, la campagne

s’est intensifiée. Sous Nicolás

Maduro, le Venezuela a subi toute

la gamme de la guerre économique

: des centaines de mesures coercitives

unilatérales, le gel de milliards

d’actifs à l’étranger, des restrictions

sur les importations de nourriture et

de médicaments, et un soutien ouvert

au changement de régime. Une

guerre sans bombes.

C’est le quotidien des

Vénézuéliens. Et pourtant, on nous

dit que ces politiques sont censées

nous aider. On n’aide pas un peuple

en le privant de nourriture. On

ne « défend pas la démocratie » en

cherchant à mettre un autre pays à

genoux.

Ici, aux États-Unis, il est facile

de considérer l’indépendance comme

un acquis définitif depuis 1776.

Mais si c’était vrai, pourquoi notre

pays cherche-t-il encore à contrôler

le destin des autres ? Pourquoi prétendons-nous

défendre la liberté tout

en la sapant à l’étranger par des

sanctions, des coups d’État et des

guerres sans fin ? Et, plus urgent

encore : pourquoi tant de gens aux

États-Unis peinent-ils simplement à

survivre ?

L’empire a un coût, non

seulement pour les peuples que

nous visons, mais aussi pour ceux

d’ici, chez nous. Tandis que le gouvernement

américain dépense des

milliers de milliards dans des guerres

à l’étranger et des bases militaires, on

dit à nos communautés qu’il n’y a «

pas assez » pour la santé universelle,

le logement ou l’éducation publique.

Les mêmes responsables qui font la

leçon au monde sur la liberté sont

ceux qui se pressent pour voter le «

Big Beautiful Bill », un paquet qui finance

la guerre et accorde d’énormes

allégements fiscaux aux milliardaires

tout en démantelant les programmes

qui permettent aux gens d’avoir un

toit, de la nourriture et de survivre.

On nous demande de célébrer

la liberté alors que les immigrés sont

expulsés, que les sans-abris sont

criminalisés et que la solidarité avec

la Palestine est réduite au silence.

On nous dit que nous vivons dans

le plus grand pays du monde, alors

même que l’espérance de vie baisse

et que la dette étudiante explose.

Alors, quand j’entends les

dirigeants américains parler de «

répandre la démocratie », je ne

peux m’empêcher de demander : la

démocratie de qui ? La liberté de qui

?

On ne peut pas prétendre soutenir

la démocratie tout en affamant

une population. On ne peut pas

célébrer l’indépendance tout en cherchant

à renverser d’autres gouvernements.

Et on ne peut pas parler

de justice si ses politiques imposent

l’inégalité à l’échelle mondiale.

En tant que Vénézuélienne-Américaine,

je suis fière de

l’histoire pour laquelle le Venezuela

s’est battu. Et je voudrais être fière

des États-Unis, le pays que j’appelle

aussi chez moi. Mais cela ne sera

possible que lorsque les États-Unis

choisiront le respect plutôt que la

domination, qu’ils mettront fin aux

sanctions, qu’ils cesseront d’instrumentaliser

l’aide, la démocratie et la

liberté au service de leurs propres intérêts

économiques.

Le 5 juillet vénézuélien n’est

pas une fête de feux d’artifice. C’est

une question de survie, de résistance

et de lutte continue pour bâtir un

avenir enraciné dans la dignité.

Alors, tandis que les États-Unis

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célèbrent leur indépendance cette

semaine, j’espère que davantage de

personnes prendront un moment

pour se demander : que célébronsnous

vraiment ? Et à quel prix ?

La véritable indépendance ne

se résume pas à des drapeaux ou des

hymnes. C’est le droit de choisir sa

propre voie sans être puni pour cela.

Si nous sommes sérieux à propos

de la « liberté et de la justice pour

tous », alors il faut le prouver. Pas

seulement ici, mais partout.

La vraie liberté ne se drape

pas dans des discours patriotiques

ou des parades militaires, elle naît

de la lutte, du sacrifice et du refus

de plier devant l’empire, quelle que

soit sa forme. Au Venezuela comme

aux États-Unis, le combat pour la

dignité continue. Eduardo Blanco a

saisi cette vérité dans Venezuela Heroica,

lorsqu’il a écrit : « Réfréner les

passions d’un peuple lorsqu’il a été

poussé au-delà de la raison est plus

difficile que d’arrêter la mer ellemême.

»

Et c’est exactement ce que

nous voyons dans chaque mobilisation,

chaque boycott, chaque refus

d’accepter l’injustice comme une

normalité.

Les vagues de la libération

ne peuvent être contenues par des

frontières, des balles ou des décrets.

Ni au Venezuela. Ni à Gaza. Ni aux

États-Unis. Nulle part.

Michelle Ellner est coordinatrice

de campagne pour l’Amérique

latine chez CODEPINK. Née au Venezuela,

elle est titulaire d’une licence

en langues et affaires internationales

de l’Université Paris-Sorbonne IV.

Après avoir obtenu son diplôme,

elle a travaillé pour un programme

de bourses internationales depuis

ses bureaux de Caracas et de Paris.

Elle a ensuite été envoyée en Haïti,

à Cuba, en Gambie et dans d’autres

pays pour évaluer et sélectionner les

candidatures. Elle a ensuite collaboré

à des programmes communautaires

visant à promouvoir des initiatives

productives au Venezuela, puis a

été analyste des relations entre les

États-Unis et le Venezuela.

CODEPINK 2 Juillet 2025

Traduction Bernard Tornare

3 Juillet 2025

Vol 19 # 02 • Du 9 au 15 Juillet 2025

Haiti Liberté

13


Perspectives

Il est nécessaire de résoudre le problème de la gentrification ;

non au racisme !

Par Ángeles Cruz, Emir Olivares et Alejandro Cruz Flores

Le Président a souligné que le Mexique est un

pays ouvert sur le monde et a reconnu la nécessité

de lutter contre la gentrification, car elle

provoque l’exode des habitants en raison de

la hausse du coût du logement et des services.

La cheffe du gouvernement, Clara Brugada, a

quant à elle souligné qu’une proposition serait

bientôt publiée à ce sujet. Lors d’une réunion

avec les autorités municipales, les habitants

des quartiers de Condesa, Hipódromo Condesa

et Roma ont exigé que des actes de violence

comme ceux commis vendredi dernier lors

d’une manifestation ne se reproduisent plus.

Le Mexique est un pays ouvert sur le monde.

Tous les êtres humains sont égaux et la

tolérance zéro est de mise face à la discrimination,

au classisme et au racisme, a affirmé la

présidente Claudia Sheinbaum, faisant référence

à la manifestation organisée vendredi dernier

4 juillet contre la gentrification dans certains

quartiers de Mexico, où des manifestations de

xénophobie ont été observées.

Elle a catégoriquement rejeté l’inclusion

de la demande de départ des étrangers, notamment

des Américains installés dans différents

quartiers de la ville, comme les quartiers de

Condesa et Roma, entre autres.

De telles protestations n’ont pas leur

place, aussi légitimes soient-elles, a-t-elle insisté,

rappelant que le Mexique a toujours

accueilli des personnes venues de l’étranger,

comme au XXe siècle avec les Républicains

espagnols, les personnes ayant quitté les pays

du Cône Sud suite à des coups d’État et les

Guatémaltèques arrivés au Mexique en raison

de la violence et de la discrimination dans leurs

pays d’origine.

Hier, lors de la conférence au Palais national,

Sheinbaum a reconnu la nécessité de

résoudre le problème de la gentrification, c’està-dire

l’exode de ceux qui vivent depuis des

années dans des zones où les locations via les

plateformes numériques ont augmenté, et qui

sont ensuite reprises par des citoyens d’autres

pays. Cela a entraîné une hausse des coûts du

logement et des services, a-t-elle reconnu.

Elle a également souligné que, tout comme

les Mexicains doivent avoir une culture

d’inclusion, les étrangers doivent également respecter

la loi et ne pas discriminer, en particulier

envers les personnes qui les accueillent.

Un peu plus tard, la maire de Mexico,

La gentrification n’est pas un progrès, c’est une dépossession !

Clara Brugada Molina, a insisté sur le fait que

des efforts étaient déployés pour lutter contre la

gentrification et a réitéré que son administration

mettrait en œuvre des mesures pour lutter contre

ce phénomène. Elle annoncera donc prochainement

une proposition visant à encourager les habitants

à s’installer dans les quartiers de la ville.

Elle a toutefois souligné la nécessité de

rejeter la discrimination et la xénophobie, car

il s’agit d’un devoir moral, d’une obligation

éthique et politique. À

Mexico, chacun a sa

place, mais la haine et

l’exclusion n’ont pas

leur place.

Lors de son allocution

de soutien au

programme de Revenu

Citoyen Universel sur

le Zócalo, la cheffe du

gouvernement local a

déclaré qu’il n’y avait

pas de place pour la

xénophobie et la discrimination

dans la

ville, faisant référence

à la marche de vendredi

dernier au cours

de laquelle un groupe

d’individus cagoulés

a vandalisé des commerces

et des infrastructures

urbaines.

Après avoir

réitéré son rejet de

toute agression fondée

sur des préjugés ou

des stéréotypes, elle a

affirmé œuvrer chaque

jour pour une ville

libérée du classisme,

de la xénophobie, du

racisme, du machisme

et de toute forme de

discrimination. Elle a

indiqué que ce mardi,

en coordination avec la

Police nationale (CO-

PRED), elle lancerait

une campagne contre

la discrimination.

Sur un autre sujet,

Sheinbaum a annoncé

que le Secrétariat

au Développement

Agraire, Territorial et

Urbain chercherait des

mécanismes réglementaires

pour freiner la

hausse du coût de la

vie. De plus, Brugada

analyse les mécanismes

les plus efficaces pour atteindre cet objectif.

La Jornada 8 juillet 2025

PAR CES MOTIFS

Le Tribunal, après examen, sur les conclusions du Ministère Public, maintient le

défaut octroyé contre la défenderesse à l'audience précitée, pour le profit déclare

fondée ladite action : Admet en conséquence le divorce du sieur Abakuk JUSTIN-

VILLE d'avec son épouse née Fedna JEANTY pour injures graves et publiques aux

torts de l'épouse. Prononce la dissolution des liens matrimoniaux ayant existé

entre lesdits époux : Ordonne à l'officier de l'état Civil de la commune de

Carrefour de transcrire sur les registres, à ce destinés le dispositif du présent

jugement dont un extrait sera inséré dans l'un des quotidiens s'éditant à la

Capitale sous peine de dommages intérêts envers les tiers s'il y échet : Commet

l'huissier Canal GABRIEL de ce siège pour la signification de ce jugement.

Compense les dépens.

Ainsi jugé et prononcé par nous, Me Nelson ClLIUS juge en audience civile et

publique en date du seize Mars deux mille vingt-trois, en présence de Me. Maudelair

BARTHELUS, Substitut Commissaire du Gouvernement de ce ressort avec

l'assistance du Greffier Mozart TASSY.

Il est ordonné....etc....

En foi de quoi...etc.....

PAR CES MOTIFS

Le Tribunal, après examens, sur les conclusions du Ministère Public. maintient le

défaut octroyé contre son époux Stevenson DAMAS à I ‘audience précitée, pour le

profits déclare fondée la dite action, admet en conséquence le divorce de la dame

Marie Louisena JUSTE d'avec son époux Stevenson DAMAS pour injures graves et

publiques aux torts de l'époux Prononce la dissolution des liens matrimoniaux

ayant existé entre les dits époux ; Ordonne à l'officier de l'état Civil de la

Commune de Carrefour de transcrire sur les registres à ce destinés le dispositif du

présent jugement dont un extrait sera inséré dans l'un des quotidiens s'éditant à

la Capitale sous peine de dommages intérêts envers les tiers s'il y échet. Commet

l'huissier Clerbrun FAURE de ce siège pour la signification de ce jugement.

Compense les dépens.

Ainsi jugé et prononcé par nous, Me Berge O. SURPRIS, juge en audience civile et

publique en date du seize Février deux mille vingt-trois, en présence de Me

Choubert BAPTISTE, Substitut Commissaire du Gouvernement de ce ressort avec

l'assistance du Greffier Junior Sauvens THELEMAQUE

Il est ordonné...etc...

En foi de quoi...etc…

PAR CES MOTIFS

Le Tribunal, après examen, le Ministère Public, maintient le défaut octroyé contre la

défenderesse à l'audience précitée, pour le profit déclare fondée ladite l'action; Admet le

divorce du sieur EUSTACHE BRUTUS d'avec son épouse née DARLINE HYPPOLITE, pour

injures graves et publiques au tort de l'épouse: prononce la dissolution des liens matrimoniaux

existant entre lesdits époux: ordonne à l'officier de l'état-Civil de Taïfer, Commune

de Carrefour de transcrire sur les registres à ce destinés, le dispositif du présent jugement

dont un extrait sera publié dans l'un des quotidiens s'éditant à la Capitale sous peine de

dommages intérêts envers les tiers; compense les dépens vu la qualité des parties; Commet

l'huissier CANAL GABRIEL de ce siège pour la signification de ce jugement, compense les

dépens,

Donné de nous, Nelson CILIUS, Juge en audience civile et publique en date du jeudi

vingt-cinq Juillet deux mille vingt-quatre, en présence de Me. DOMINIQUE NOEL,

Substitut-Commissaire du Gouvernement de ce ressort avec l'assistance du Greffier Mozart

TASSY

Il est ordonné...etc....

En foi de quoi...etc....

Jean Luma CHARLES

Officier d'état Civil

PAR CES MOTIFS

Le Tribunal après examen, le Ministère public entendu, maintient le défaut octroyé

contre le défendeur à l'audience précitée pour le profit déclare fondée ladite action ;

Admet en conséquence le divorce de la dame Jean Claude BOURSIQUOT née Laury

LAMOTHE d'avec son époux le sieur Jean Claude BOURSIQUOT pour injures graves et

publiques aux torts de lʼépoux. Prononce la dissolution des liens matrimoniaux

Prononce la dissolution des liens matrimoniaux ayant existé entre lesdits époux.

Ordonne à l'officier de l'état civil de la Section Est de Port-au-Prince de transcrire sur les

registres à ce destinés, le dispositif du présent jugement, dont un extrait sera inséré dans

l'un des quotidiens s'éditant à la Capitale sous peine de dommage intérêt envers les tiers

s'il y échet Commet l'huissier Emmanuel JEAN de ce siège pour la signification de ce

jugement. Compense les dépens. Ainsi jugé et prononcé par nous, Me Nelson CILIUS,

Juge en audience civile, ordinaire et publique du Jeudi douze Décembre deux mille

vingt-quatre, en présence de Me Dominique NOËL, Substitut Commissaire du gouvernement

de ce ressort avec l'assistance du sieur Mozart TASSY, Greffier du siège.

Il est ordonné...etc....

En foi de quoi....etc....

PAR CES MOTIFS

Le Tribunal après examen, le Ministère Public entendu, maintient le défaut octroyé

contre la défenderesse à l'audience précitée, pour le profit déclare fondée ladite action.

ADMET en conséquence le divorce du sieur Neptune Laurore, d'avec son épouse la dame

née Milonne JANVIER pour injures graves et publiques aux torts de l'épouse. Prononce la

dissolution des liens matrimoniaux existant entre lesdits époux; Ordonne l'officier de

l'état Civil de la Section Sud de Port-au-Prince, de transcrire sur les registres à ce

destinés, le dispositif du présent jugement dont un extrait sera inséré dans l'un des

quotidiens s'éditant à la Capitale sous peine de dommages intérêts envers les tiers sʼil y

échet. Commet lʼhuissier Canal GABRIEL de ce siège pour la signification de ce jugement

: Compense les dépens. Ainsi jugé et prononcé par nous, NELSON CILIUS, Juge, en

audience civile, ordinaire et publique du jeudi douze décembre deux mille vingt quatre,

en présence de Me Dominique NOEL, Substitut Commissaire du Gouvernement de ce

ressort et avec l'assistance du sieur MOZART TASSY, greffier du siège

Il est ordonné....etc...

En foi de quoi...etc....

PAR CES MOTIFS

Le Tribunal après examen et sur les conclusions Ministère Public, accueille l'action

du demandeur le sieur Jocelin CHAVANNE en la forme. Maintient le défaut octroyé

contre la dame née Marie Thenarre VICTOR pour injures graves et publiques faits

prévus à l'article 217 du code civil Haïtien. Prononce la dissolution des liens

matrimoniaux ayant existé entre lesdits époux, ce aux torts exclusifs de l'épouse.

Ordonne à l'officier de l'état Civil de la Section Est de Port-au-Prince de transcrire

dans les registres à ce destinés, le dispositif du présent jugement dont un extrait

sera publié dans l'un des quotidiens s'éditant à la Capitale sous peine de dommages

intérêts envers les tiers s'il y échet ; Compense les dépens ; Commet l'huissier

Clerbrun Faure de ce siège pour la signification du présent jugement Ainsi jugé et

prononcé par nous, Me Gerty LÉON-ALEXIS, Juge en audience civile ordinaire et

publique du vendredi vingt-quatre (24) Janvier deux mille vingt-cinq, en présence

de Me Fabienne Bien-Aimé et de Jean Claude Jean Antoine Substitut Commissaire

du Gouvernement de Port-au-Prince et avec l'assistance du citoyen Homère

Raymond, greffier du siège

Il est ordonné...etc...

En foi de quoi...etc…

PAR CES MOTIFS

Le Tribunal, après examen et sur les conclusions du Ministère Public, accueille

l'action du demandeur, le sieur Dwidemir DESMOULIN en la forme ; Maintient le

défaut octroyé contre la dame née Stéphania Besson ALIX, défenderesse à

l'audience précitée ; Admet en conséquence le divorce du sieur Dwidemir DESMOU-

LIN d'avec son épouse née Stéphania Besson ALIX pour injures graves et

publiques, faits prévus à l'article 217 du Code Civil Haïtien : Prononce la dissolution

des liens matrimoniaux ayant existé entre lesdits époux ce, aux torts exclusifs

de l'épouse ; Ordonne à l’officier de l'état Civil de la section Est de Port-au-Prince

de transcrire sur les registres à ce destinés le dispositif du présent jugement dont

un extrait sera publié dans l'un des quotidiens s'éditant à la Capitale sous peine de

dommages-intérêts envers les tiers s'il y ; Compense les dépens; Commet l'huissier

Clerbrun Faure de ce siège pour la signification du présent jugement. Ainsi jugé et

prononcé par nous, Gerty LEON-ALEXIS, Juge, en audience civile, ordinaire et

publique de divorce du vendredi vingt-quatre (24) janvier deux mille vingt-cinq,

en présence de Me Fabienne Bien-Aimé, Substitut Commissaire du Gouvernement

de Port-au-Prince et avec l'assistance du citoyen Homère RAYMOND, greffier du

siège.

IL EST ORDONNÉ... ETC...

EN FOI DE QUOI...ETC…

PAR CES MOTIFS

Le Tribunal, après examen et sur les conclusions du Ministère Public, accueille

l'action du demandeur, le sieur Wisler JABOUIN en la forme: Maintient le défaut

octroyé contre la dame née Juna BELFORT, défenderesse à l'audience précitée ;

Admet en conséquence le divorce du sieur Wisler JABOUIN d'avec son épouse née

Juna BELFORT pour injures graves et publiques, faits prévus à l'article 217 du Code

Civil Haïtien ; Prononce la dissolution des liens matrimoniaux ayant existé entre

lesdits époux ce, aux torts exclusifs de l'épouse ; Ordonne à l'Officier de l'état-Civil

de la section Est de Port-au-Prince de transcrire sur les registres à ce destinés le

dispositif du présent jugement dont un extrait sera publié dans l'un des quotidiens

s'éditant à la Capitale sous peine de dommages-intérêts envers les tiers s'il y

échet; Compense les dépens ; Commet l'huissier Clerbrun Faure de ce siège pour la

signification de ce jugement.

Ainsi jugé et prononcé par nous, Gerty LEON-ALEXIS, Juge, en audience civile,

ordinaire et publique de divorce du vendredi vingt-quatre (24) janvier deux mille

vingt-cinq, en présence de Fabienne Bien-Aimé, Substitut Commissaire du Gouvernement

de Port-au-Prince et avec l'assistance du citoyen Homère RAYMOND,

greffier du siège.

IL EST ORDONNÉ..ETC....

EN FOI DE QUOI...ETC…

14 Haiti Liberté

Vol 19 # 02 • Du 9 au 15 Juillet 2025


Perspectives

Le sommet des BRICS à Rio

de Janeiro symbolise un

basculement géopolitique

défavorable à l’Occident

Par Mohamed Lamine Kaba

Au cœur de Rio de Janeiro, le 17ème sommet

des BRICS propulse le Sud global sur le devant

de la scène internationale et remet en question la

suprématie occidentale dans une ère marquée

par des conflits hybrides et une reconfiguration

géopolitique d’envergure.

Ces conflits hybrides (et par procuration)

redessinent le paysage des puissances mondiales

et exacerbent la rivalité entre la Chine et les États-

Unis et relèguent l’Occident à un rôle périphérique.

Ce contexte se cristallise au sommet des BRICS

à Rio qui célèbre l’émergence du Sud global

sous une thématique évocatrice : «Renforcer la

coopération entre les pays du Sud pour une gouvernance

plus inclusive et durable». En Ukraine,

le conflit voit s’affronter la Russie (appuyée par

les pays membres de l’Alliance BRICS et l’ensemble

du Sud global, notamment l’Afrique du Sud,

la Chine, l’Iran et la Corée du Nord) à un Occident

fragmenté dans une guerre où drones et stratégies

informationnelles sont prédominants.

Au Moyen-Orient, l’alliance américano-israélienne

vacille face à la résistance iranienne,

tandis que des guerres par procuration persistent

au Yémen et au Liban. En Afrique, le Sahel, le Soudan

et la République démocratique du Congo sont

le théâtre de violences exacerbées par des rivalités

géopolitiques. En Asie, la mer de Chine méridionale,

l’indopacifique et le Myanmar sont autant de

zones de tensions hybrides. En Amérique latine,

la criminalité organisée et internalisée au Mexique

et en Colombie alimente l’instabilité. Le sommet

des BRICS, représentant une alliance de près de la

moitié de la population mondiale, prône la dédollarisation

et marginalise l’OTAN, renforçant l’autonomie

du Sud global face à ces crises.

PAR CES MOTIFS

Le Tribunal, après examen sur les conclusions du Ministère Public entendu,

maintient le défaut octroyé contre le défendeur à l'audience précitée, pour le

profit, déclare fondée ladite action, admet en conséquence le divorce de la dame

Saunders Elsie Jerôme d'avec son Jean Omil LAUREJOIE pour injures graves et

publiques aux torts de l'époux, prononçant la dissolution des liens matrimoniaux

existant entre lesdits époux Ordonne à l'officier de l'état civil de Taïfer commune

Carrefour de transcrire sur les registres destinés à cet effet le dispositif du présent

jugement de divorce dont un extrait sera inséré dans l'un des quotidiens s'éditant

à la capitale sous peines de dommages-intérêts envers les tiers s'il y échet, commet

l'huissier Maxime Candio de ce Tribunal pour la signification de ce jugement. Ainsi

jugé et prononcé par nous, Me. Nelson CILIUS, Juge en audience civile, publique et

ordinaire en date du six Avril deux mille vingt-trois en présence de Me. Albert

DARELUS, Substitut Commissaire du Gouvernement de ce ressort, avec l'assistance

du Greffier

Il est ordonné...etc...

En foi de quoi....etc...

Me Jean Luma CHREES, officier d'état Civil

PAR CES MOTIFS

Le Tribunal, après examen et sur les conclusions du Ministère public, accueille l'action du

demandeur, le sieur Frantz PIERRE en la forme ; Maintient le défaut octroyé contre la dame

née Roselène BAPTISTE, défenderesse à l'audience précitée ; Admet en conséquence le

divorce du sieur Frantz PIERRE d'avec son épouse née Roselène BAPTISTE pour injures

graves et publiques, faits prévus à l'article 217 du code civil Haïtien ; Prononce la dissolution

des liens matrimoniaux ayant existé entre lesdits époux ce, aux torts exclusifs de

l'épouse ;Ordonne à l'officier de l'état civil de la Section Est de Port-au-Prince, de transcrire

sur les registres à ce destinés le dispositif du présent jugement dont un extrait sera

publié dans l'un des quotidiens s'éditant à la Capitale sous peine de dommage intérêt

envers les tiers ; Compense les dépens ; Commet l'huissier Clerbrun FAURE de ce siège pour

la signification du présent jugement

Ainsi Jugé et prononcé par nous, Me Gerty LEON-ALEXIS, Juge en audience civil ordinaire

et publique de divorce du vendredi quatorze février deux mille vingt-cinq, en présence de

Me, Jean Claude Jean Antoine, Substitut Commissaire du gouvernement de Port-au-Prince

et avec l'assistance du citoyen Homère RAYMOND, Greffier du siège

Il est ordonné...etc....

En foi de quoi....etc....

Le discours emblématique de Poutine et la

déclaration finale du sommet

Les éléments saillants de la déclaration conclusive

émanant de Rio, conjointement avec les

axes principaux de l’allocution du président russe,

dispensée par visioconférence lors de la séance

plénière, se déclinent comme suit : les dirigeants

de l’Alliance BRICS ont unanimement condamné

les attaques terroristes ciblant les infrastructures

de ponts et ferroviaires dans les territoires de Briansk,

Koursk et Voronej. Ils ont manifesté l’espoir

d’un règlement du conflit ukrainien. Ils ont également

réprouvé les offensives israéliennes et américaines

sur l’Iran et ses installations nucléaires,

tout en exprimant leur préoccupation quant à l’escalade

des tensions vers un conflit nucléaire. Un

appel à la continuation des pourparlers pour un

armistice à Gaza a été lancé, et l’opinion que Gaza

et la Cisjordanie devraient constituer un État unifié

a été partagée. Ils ont plaidé pour l’intégrité territoriale

syrienne, saluant la levée des sanctions, et

ont préconisé l’abolition des sanctions unilatérales

ainsi que la réforme de l’OMC. Une opposition à la

prolifération d’une course à l’armement spatial a

été affirmée, proposant l’adoption d’un document

ad hoc. Ils ont défendu la création d’un espace

numérique sécurisé et stable, et ont réitéré leur

engagement contre le terrorisme sous toutes ses

formes.

Bien que Vladimir Poutine n’ait pas assisté

au sommet en personne, il a marqué sa présence

lors de la séance plénière cardinale du 17ème sommet

des BRICS via visioconférence. Son discours

emblématique qui rappelle la teneur du sommet

précédent de l’Alliance à Kazan en 2024 a abordé

la complexité de la conjoncture géopolitique actuelle

et la mutation de l’ordre mondial, a comparé

les économies des BRICS à celles du G7, a souligné

la coopération étroite au sein du bloc et a partagé

les avancées notables ainsi que les nouvelles missions

de l’Alliance.

Le président a d’abord mis en exergue

l’approfondissement de la collaboration entre

les pays membres de l’Alliance BRICS dans des

secteurs clés tels que la politique, la sécurité,

l’économie, les finances, et les échanges culturels

et humanitaires. Dans son élocution, Poutine

a affirmé : «Nous constatons tous que des

changements fondamentaux sont en cours dans

le monde. Le système unipolaire des relations

suite à la page(16)

PAR CES MOTIFS

Le Tribunal après examen, le Ministère Public entendu, maintient le défaut

octroyé contre le défendeur à l'audience précitée, pour le profit déclare

fondée ladite action. Admet en conséquence le divorce de la dame JEAN

RICO FRANCOIS née FRIDLANDE WISKACHA FÉNELON, d'avec son époux

pour injures graves et publiques aux torts de l'époux. Prononce la dissolution

des liens matrimoniaux existant entre lesdits époux; Ordonne à l'officier

de l'état Civil de la Section Est de Port-au-Prince, de transcrire sur les

registres à ce destinés, le dispositif du présent jugement dont un extrait sera

inséré dans l'un des quotidiens s'éditant à la Capitale sous peine de

dommages intérêts envers les tiers s'il y échet. Commet l'huissier Canal

Gabriel de siège pour la signification de ce jugement; Compense les dépens.

Ainsi jugé et prononcé par nous, NELSON CILIUS, Juge en audience civile,

ordinaire et publique du jeudi vingt février deux mille vingt-cinq en

présence de Me ELYSEE FENELON, Substitut Commissaire du Gouvernement

de ce ressort et avec l'assistance du sieur MOZART TASSY, Greffière du siège.

Il est ordonné....etc...

En foi de quoi...etc....

PAR CES MOTIFS

Après avoir délibéré au vœu de la loi, dit déclarer compétent pour

connaître l'affaire; Maintient le défaut octroyé à l'audience du 24

décembre 2024; Déclare constants les faits de trouble de possession;

Maintient le requérant en possession; Fait injonction au cité de ne

plus troubler la possession du requérant tant à présent qu'à

l'avenir; Condamne le cité à vingt-cinq (25000) mille gourdes de

dommages-intérêts; Condamne enfin le cité aux dépens; Commet

l'huissier Wilsonne Jean Simon pour signifier. Donné de nous, Me

Jacson Fleurisma, juge en audience ordinaire, civile et publique du

vingt-quatre décembre deux mille vingt-quatre (2024), An 220e de

l'indépendance, assisté du citoyen Coulanges Mathéau, greffier en

chef du tribunal.

La Maison Blanche explique

pourquoi Trump « n’approuve

pas » les BRICS !

La porte-parole de la

Maison Blanche, Caroline

Leavitt, a souligné

que le président « prendra

toutes les mesures

nécessaires pour

empêcher d’autres pays

d’exploiter les États-

Unis ».

Le président des

Etats-Unis, Donald

Trump, considère que

l’alliance BRICS a pour

objectif de saper des intérêts

des Etats-Unis et

est prêt à prendre des

mesures en réponse, a

déclaré la porte-parole

de la Maison Blanche,

Caroline Levitt.

Leavitt a indiqué

que Trump suivait « de

près » le déroulement

du sommet du bloc, qui

a lieu les 6 et 7 juillet au

Brésil. La porte-parole

a souligné la vision du

président : « Il ne perçoit

pas que ces pays soient

en train de se renforcer.

Il les perçoit simplement

comme des pays La porte-parole de la Maison Blanche, Caroline Leavitt

qui tentent de saper les

intérêts des États-Unis,

De plus, les ministres des finances du groupe

et cela ne lui semble pas bien, quelle que soit la BRICS ont publié une déclaration commune au

force ou la faiblesse d’un pays ».

début du sommet, dans laquelle ils rejettent « les

Leavitt a souligné que la « plus haute responsabilité

» du président est de protéger les in-

et des mesures non douanières », et ont réaffirmé

augmentations unilatérales des droits de douane

térêts nationaux. À ce sujet, elle a déclaré que leur engagement en faveur d’un commerce multilatéral

basé sur des règles.

Trump « s’assurerait que les États-Unis reçoivent

un traitement juste sur la scène internationale », Dimanche dernier, le président des Etatset

elle a ajouté qu’il prendrait toutes les mesures Unis a annoncé que toute nation qui soutiendrait

les politiques anti-américaines, qui, selon lui,

nécessaires pour éviter que d’autres pays profitent

des États-Unis et de notre peuple.

promeuvent les BRICS - composés actuellement par

le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine, l’Afrique du

Trump menace et reçoit une réponse

Sud, l’Iran, l’Éthiopie, l’Égypte, l’Indonésie, l’Arabie

saoudite et l’Arabie saoudite - serait soumise à

Le sommet annuel des BRICS s’est tenu à Rio de

Janeiro, où les dirigeants du bloc ont confirmé leur un droit de douane de 10%, sans exception.

stratégie destinée à renforcer l’utilisation des monnaies

locales, à avancer dans le développement russe, Dmitri Peskov, a réaffirmé lundi que « la

En réponse, le porte-parole de la présidence

d’un système de paiement propre et à lancer un coopération des BRICS n’a jamais été et ne sera

fonds de garantie multilatéral qui permette de mobiliser

des investissements sans dépendre du dollar.

RT 8 Juillet

jamais dirigée contre des pays tiers. »

2025

PAR CES MOTIFS

Le Tribunal, après examens, sur les conclusions du Ministère Public, maintient le

défaut octroyé contre la défenderesse à l'audience précitée, pour le profit déclare

fondée la dite action. Admet en conséquence le divorce du sieur Marcel EMMANUEL

d'avec son épouse née Junette CHARLES pour incompatibilité de caractères aux

torts de l'épouse. Prononce la dissolution des liens matrimoniaux ayant existé

entre lesdits époux : Ordonne à l'officier de l'état Civil de la commune de

Carrefour de transcrire sur les registres à ce destinés le dispositif du présent

jugement dont un extrait sera inséré dans l'un des quotidiens s'éditant à la

Capitale sous peine de dommages intérêts envers les tiers s'il y échet, commet

l'huissier Clerbrun FAURE de ce siège, pour la signification de ce jugement.

Compense les dépens

Ainsi jugé et prononcé par nous, Me Berge O. SURPRIS, juge en audience civile et

publique en date du vingt-et-un Juillet deux mille vingt-trois, en présence de Me

Choubert BAPTISTE, Substitut Commissaire du Gouvernement de ce ressort avec

l'assistance du Greffier Junior Sauvens THELEMAQUE.

Il est ordonné....etc....

En foi de quoi...etc....

AVIS JUDICIAIRE

Par ces causes et motifs, le Tribunal après examen sur les conclusions du Ministère

public, entendu maintient le défaut octroyé contre le défendeur à l'audience

précitée, pour le motif, déclare fondée ladite action, admet en conséquence le

divorce du sieur Rosemond HYPPOLITE d'avec son épouse née Judith BRUTUS,

pour injures graves et publiques aux torts de l'épouse, prononce la dissolution des

liens matrimoniaux existant entre lesdits époux. Ordonne à l'officier de l'état civil

de la commune de Carrefour de transcrire sur les registres à ce destinés, le dispositif

du présent jugement dont un extrait sera publié dans l'un des quotidiens

s'éditant à la Capitale sous peine de dommage intérêt envers les tiers; Compense

les dépens vu la qualité des parties; Commet l'huissier Canal GABRIEL de ce siège

pour la signification de ce jugement. Compense les dépens. Ainsi jugé et prononcé

nous, Me Nelson CILIUS Juge en audience civile, ordinaire et publique en date du

trente Décembre deux mille vingt-quatre, en présence de Me Dominique NOËL,

Substitut Commissaire du gouvernement de ce ressort avec l'assistance du Greffier

Mozart TASSY

Il est ordonné ...etc...

En foi de quoi....etc....

PAR CES MOTIFS

Le Tribunal après examen, le Ministère Public entendu, maintient le défaut octroyé

contre le défendeur à l'audience précitée, pour le profit déclare fondée ladite

action. Admet en conséquence le divorce de la dame Jean Paul CHERY, femme née

Joslaine DELMAS, d'avec son époux le sieur Jean Paul CHERY pour injures graves

et publiques aux torts de l'époux, Prononce la dissolution des liens matrimoniaux

existant entre lesdits époux. Ordonne à l'officier de l'état Civil de la Section Sud

de Port-au-Prince, de transcrire sur les registres à ce destinés, le dispositif du

présent jugement dont un extrait sera inséré dans l'un des quotidiens s'éditant à

la Capitale sous peine de dommages intérêts envers les tiers s'il y échet. Commet

l'huissier Canal GABRIEL de ce siège pour la signification de ce jugement.

Compense les dépens.

Ainsi jugé et prononcé par nous, NELSON CILIUS, Juge, en audience civile,

ordinaire et publique du jeudi douze décembre deux mille vingt-quatre, en

présence de Me DOMINIQUE NOEL, Substitut du Commissaire du Gouvernement de

ce ressort et avec l'assistance du sieur MOZART TASSY, Greffier du siège

Il est ordonné....etc...

En foi de quoi...etc…

PAR CES MOTIFS

Le Tribunal, après examen et sur les conclusions du Ministère public, accueille l'action du

demandeur le sieur Frantz MARS en la forme ; Maintient le défaut octroyé contre la dame

née Maradonna JOSEPH , défenderesse à l'audience précitée ; Admet en conséquence le

divorce du sieur Frantz MARS d'avec son épouse née Maradonna JOSEPH pour injures

graves et publiques faits prévus à l'article 217 du code civil Haïtien ; Prononce la dissolution

des liens matrimoniaux ayant existé entre lesdits époux ce, aux torts exclusifs de

l'épouse ;Ordonne à l'officier de l'état civil de la Section Est de Port-au-Prince, de transcrire

sur les registres à ce destinés le dispositif du présent jugement dont un extrait sera

publié dans l'un des quotidiens s'éditant à la Capitale sous peine de dommage intérêt

envers les tiers ; Compense les dépens ; Commet l'huissier Clerbrun FAURE de ce siège pour

la signification du présent jugement.

Ainsi jugé et prononcé par nous, Me Gerty LEON-ALEXIS, Juge en audience civile, ordinaire

et publique de divorce du vendredi quatorze février deux mille vingt-cinq, en présence de

Me Jean Claude Jean ANTOINE, Substitut Commissaire du gouvernement de Port-au-Prince

et avec l'assistance du citoyen Homère RAYMOND, Greffier du siège.

Il est ordonné...etc

Vol 19 # 02 • Du 9 au 15 Juillet 2025

Haiti Liberté

15


Suite de la page (9)

of Kraze Baryè (Break down the

walls), was injured following a drone

attack. There are also reports that Izo,

the leader of Village de Dieu’s Five

Seconds armed group, was injured in

an attack in early June.

The first kamikaze drone attack

in early March against the principal

Viv Ansanm leader and spokesman

Jimmy “Barbecue” Cherizier injured

14 civilians and killed two others in a

house filled with people with physical

disabilities, Cherizier said. Only one

of Cherizier’s men was seriously injured

in the attack.

Suite de la page (12)

Medico

The RNDDH’s Pierre Espérance:

“at least 300 armed terrorist gang

members have been killed, and

more than 400 others have been

injured.”

Haiti’s bourgeoisie back

imperialist violence over dialogue

with Viv Ansanm

While the murder of an armed group

leader may provide useful propaganda

for imperialist henchmen like

Prince and the CPT, the strategic value

is doubtful.

Analysts have pointed out that

the successful murder of key leaders

in Viv Ansanm would more likely increase

the amount of violence in Port

au Prince. Others have suggested that

a Viv Ansanm alliance breakdown

could “lead to internecine warfare

among the gangs that increases the

threat they pose to the government

and to Haitian civilians.”

Meanwhile, Erik Prince’s mercenary

units have a history of massacring

civilians. The most notorious

case was the 2007 Nisour massacre

in Iraq, where Blackwater mercenaries

killed 17 civilians. Blackwater

contractors carried out dozens of other

such massacres in Iraq.

The presence of Prince, the

drone program, and a potential mercenary

cohort increases the likelihood

of more civilian deaths.

“Having mercenaries just go in

and start executing people… is going

to be just like the UN [interventions

in the past],” said Institute for Justice

and Democracy in Haiti (IJDH) director

Brian Concannon in Responsible

Viv Ansanm Jimmy “Barbecue”

Cherizier in his Jul. 5, 2025 video

statement: “If you are nationalists,

what’s happening should revolt

you. Let’s unite and write history.”

Statecraft. “It’s going to continue to

undermine the rule of law and the

social fabric and lead to just more rebounds

of more trampoline effects of

increasing gang violence.”

The CPT’s decision to hire a professed

imperialist mercenary to operate

a kamikaze drone program to kill

Viv Ansanm leaders calling for revolution

ought to dispel any remaining

illusions that the interim government

is anything but Washington’s tool.

The CPT and the political class’

refusal to engage in dialogue with Viv

Ansanm denotes their class interest

and dedication to U.S. imperial domination.

As the end of the Fritz Jean’s

term as interim president draws near,

the CPT is completely dysfunctional.

Virtually all of the political parties and

organizations who provided representatives

to the CPT have withdrawn

their support.

On Aug. 7, Laurent Saint-Cyr,

the literal representative on the CPT

of Haiti’s oligarchs (generally called

the “business sector”), will become

the final interim president. Saint-Cyr

has signaled that he has shifted his

support from the “enlightened” bourgeoisie

sector of the Montana Accord

(Fritz Jean), Lavalas Family (Leslie

Voltaire), and January 30 Collective

(Edgar Leblanc) to its rival faction

composed of the December 21 Accord

(Louis Gérald Gilles), EDE/RED

(Smith Augustin), and Dessalines

Children (Emmanuel Vertilaire).

Meanwhile, organizing fair

elections before the end of the CPT’s

mandate on Feb. 7, 2026 is clearly

impossible. There is not even an electoral

council yet, nor an electoral law.

The leadership vacuum in government

has prompted Washington to

try concocting yet another invasion

force through the Organization of

American States (OAS).

But calls from abroad for negotiations

with Viv Ansanm have

increased. Dominica’s Prime-Minister,

Roosevelt Skeritt, has called for

dialogue, pointing to the successful

deal in Colombia between FARC and

the government. Pan-Africanist leader

Kemi Seba has called for Viv Ansanm

to be a liberation army for the

Haitian people, which is also Jimmy

Cherizier’s often-articulated goal. CE-

PR’s Jake Johnston also laid out the

rationale for dialogue months ago.

Another important call for dialogue

with Viv Ansanm came from

the new OAS Secretary General Albert

Ramdin, who said one way to

improve security would be “trying to

find inroads in the gangs and in the

leadership.” He wants to get the Viv

Ansanm “on board to normalcy.”

Cherizier has called for negotiations

on several occasions. He recently

said: “The only thing that can extract

Haiti from the hole it is in right

now is dialogue. Let us talk to each

other and explain what we need.”

The Overton window on the

need for dialogue with the armed

groups seems to be opening in Haiti’s

bourgeoisie as well. A recent

Ayibopost article by anthropologist

Isabelle Clérié bemoaned the lack of

understanding of the current crisis’

socio-historical roots while emphasizing

the need for mutual understanding.

“We are all victims, just as we

are all guilty,” she wrote. “It is our

peace to define and ours to foster, and

for this we will have to forgive each

other.”

Meanwhile, in a Jul. 5 video,

Cherizier made an sensational

video expressly addressed to Haiti’s

police, army, and their allied “brigade”

paramilitary units. “Haitian

people, wake up. Wherever there are

brigades, it is to protect the CPT or the

Prime Minister,” he said. “They are

not there to fight Viv Ansanm or Barbecue.”

Then he called on all of Haiti’s

armed forces to drive the CPT and

Prime Minister Alix Didier Fils-Aimé

from power, “to unite to build something.”

“Why don’t we all unite

together to liberate this country?” he

asked. “Viv Ansanm is ready. Some

brigade member yelling ‘Down with

the state!” is bluffing. Unite with other

brigade members, the police, and

the army and take power. When you

have power, if you want to negotiate

with Viv Ansanm, we’ll negotiate. If

you don’t want to negotiate with Viv

Ansanm, now you don’t have to yell

about ‘the State!” because it will be in

your hands, and we’ll march on you.”

“Police, soldiers, brigadiers, it’s

up to you,” he continued. “I’m not

asking you to join with Viv Ansanm.

I’m asking you three to unite and

resolve this problem, remove those

nine [CPT] thieves and the disgusting

Prime Minister... Be brave enough to

do it. If you’re not going to do it, cross

your arms and let Viv Ansanm do it...

If you are nationalists, what’s happening

should revolt you. Let’s unite

and write history.”

“If you’re not going to do it, let

me get by [bam pase] to do it,” he

concluded. “The nation can’t remain

like this. Let me by to do it. I’ve become

conscious.”

Travis Ross is based in Montreal,

Québec. He is also the co-editor

of the Canada-Haiti Information

Project at canada-haiti.ca. Travis

has written for Haiti Liberté, Black

Agenda Report, The Canada Files, &

TruthOut. He can be reached on X.

Les groupes sionistes de Begin et de Shamir ont fait exploser une bombe

dans l’hôtel King David à Jérusalem en juillet 1946, tuant des dizaines de

membres de l’administration coloniale britannique

Attack, https://zeteo.com/p/watchnow-gaza-doctors-under-attack

[12] https://www.youtube.com/

watch?v=W5B1MO1PW3M

[13] Critique de Gaza: Doctors

Under Attack – ce film crucial est un

cauchemar. Mais le monde doit le voir.

Le film que la BBC a refusé de diffuser

montre le ciblage, la détention et la

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torture des médecins à Gaza. Sa chronologie

incessante d’horreurs ne vous

quittera jamais, Stuart Heritage, 3 juillet

2025

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Suite de la page (15)

internationales, qui servait les intérêts

du milliard d’or, est en passe de disparaître.

Il est remplacé par un monde

multipolaire plus juste. Le processus de

transformation de l’ordre économique

mondial continue de s’accélérer», a-til

déclaré. Il a ajouté que tout converge

vers la conclusion que le modèle de

mondialisation libérale s’essouffle et

que l’épicentre de l’activité économique

se redéploie vers les marchés émergents.

Ceci génère une vague de croissance

considérable, en particulier au

sein des pays BRICS. Pour capitaliser

pleinement sur ces opportunités naissantes,

il est primordial d’intensifier la

coopération intra-association, a conclu

le président.

L’ascension des BRICS et la

marginalisation de l’Occident

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Sous présidence brésilienne, le sommet

des BRICS des 6 et 7 juillet 2025

à Rio de Janeiro symbolise l’ascension

irréfutable du Sud global et la perte

d’influence de l’Occident. Les BRICS,

élargis à onze nations et neuf partenaires,

incarnent près de la moitié de

la population mondiale, contribuant

à environ à 40% du PIB global (G7

moins de 29%) et à plus de 50% de

la croissance économique mondiale,

dépassant le G7 en parité de pouvoir

d’achat. Leur programme, axé sur la

réforme de la gouvernance mondiale et

l’intégration économique via des initiatives

telles que la Nouvelle Banque de

Développement et le système de paiement

transfrontalier, vise à se défaire

du nazisme monétaire du dollar américain,

unanimement perçu comme un

outil de domination occidentale. C’est

dans cette logique le président brésilien

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Lula a appelé à monter en gamme en

déclarant : «les pays BRICS détiennent

84% des terres rares mondiales, 65%

du manganèse et 63% du graphite».

Malgré l’absence de Xi Jinping et Vladimir

Poutine, l’élan d’expansion de

l’Alliance demeure, avec de nombreux

pays candidats à l’adhésion. Ce sommet

s’inscrit dans un momentum où

le Forum économique international de

Saint-Pétersbourg a déjà éclipsé le G7,

signifiant un basculement du centre de

gravité géopolitique vers le Sud.

Pour faire court, réunis hier et aujourd’hui

en sommet à Rio, les BRICS

consacrent l’ascension irrésistible du

Sud global et relèguent l’Occident à une

posture défensive dans un ordre mondial

multipolaire redéfini par des conflits

hybrides.

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16 Haiti Liberté

Vol 19 # 02 • Du 9 au 15 Juillet 2025


A Travers le monde

Inde : plus de 40 morts dans

l’explosion d’une usine !

Environ 143 travailleurs et travailleuses étaient présents dans l’usine

lorsque le feu a ravagé le bâtiment.

Le 30 juin, un gigantesque incendie

s’est déclaré dans une unité pharmaceutique

de Sigachi Industries, en

Inde, faisant plus de 40 morts et plus

de 30 blessés parmi les travailleurs et

travailleuses. De nombreux corps ont

été carbonisés au point d’être méconnaissables

et des échantillons d’ADN

ont dû être prélevés pour identifier

les victimes. Les médias indiquent

que certains travailleurs et travailleuses

sont toujours portés disparus

alors que les autorités continuent de

déblayer les débris sur le site. Environ

143 travailleurs et travailleuses

étaient présents dans l’usine lorsque

le feu a ravagé le bâtiment.

L’usine a été fermée pour 90

jours à la suite de l’incident et une

plainte a été déposée auprès de la police.

Un comité a également été formé

pour enquêter sur les causes de l’incendie.

Récemment, l’entreprise a nié

qu’il y ait eu une explosion de réacteur

dans l’usine et a déclaré que la

cause de l’incendie pourrait être une

surchauffe. Sigachi Industries a annoncé

le versement d’une indemnité

de l’équivalent d’environ 115 000

dollars aux familles des personnes

Moscou met en garde les responsables

israéliens qui cherchent à reprendre

l’agression contre l’Iran

Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov

La Russie a mis en garde contre les

tentatives de plusieurs responsables

israéliens qui cherchent une reprise

de l’agression contre l’Iran.

décédées. Le gouvernement provincial

fournira également une aide financière

immédiate aux victimes.

Le Secrétaire régional d’IndustriALL

pour l’Asie du Sud, Ashutosh

Bhattacharya, a déclaré : « Garantir

la santé et la sécurité au travail n’est

pas un choix mais une obligation

constitutionnelle et internationale

pour le gouvernement indien. La ratification

des Conventions 155 et 187

de l’OIT réaffirmera l’engagement de

l’Inde en faveur de lieux de travail

sûrs, équitables et dignes pour tous.

L’entreprise doit assumer l’entière responsabilité

de l’accident et toute lacune

ayant entraîné l’explosion doit

être divulguée. »

Selon les données compilées par

IndustriALL, depuis le début de l’année,

plus de 60 incidents sur le lieu de

travail se sont produits dans le secteur

chimique et pharmaceutique du pays,

qui ont tué plus de 100 travailleurs et

travailleuses et fait plus de 170 blessés.

Les incidents survenus sur le lieu

de travail n’étant pas suffisamment

signalés, les chiffres réels seraient

bien plus élevés. L’année dernière,

plus de 110 accidents du travail se

sont produits dans ce secteur, tuant au

moins 220 travailleurs et travailleuses

et en blessant gravement plus de 550.

La centrale syndicale nationale

indienne, le Congrès national des

syndicats indiens (INTUC), dont font

partie certains affiliés indiens d’IndustriALL,

revendique : une enquête

indépendante de haut niveau sur le

fonctionnement du département responsables

des usines, la suspension

et la poursuite pénale de tout

fonctionnaire reconnu complice de

négligence, et la réorganisation du

mécanisme d’inspection, y compris le

respect strict de la Convention 81 de

l’OIT.

Sigachi Industries est un important

fabricant de cellulose microcristalline,

utilisée dans les produits

pharmaceutiques, cosmétiques et alimentaires.

L’entreprise est présente

dans le monde entier et plus de la

moitié de ses produits sont exportés

dans plus de 50 pays.

IndustriALL 4 juillet 2025

Le ministre russe des Affaires

étrangères Sergueï Lavrov a fait

ces déclarations lors d’une conférence

de presse conjointe avec son

homologue saoudien Fayçal ben Farhan

en visite à Moscou ce vendredi 4

juillet. «Nous espérons sincèrement

que la guerre des 12 jours est bel et

bien terminée», a déclaré le chef de

la diplomatie russe.

Il faisait référence aux attaques

lancées par le régime israélien contre

les cibles nucléaires, militaires et civiles

de la République islamique d’Iran

le 13 juin. Ces attaques ont coûté la

vie à au moins 935 Iraniens, dont de

hauts responsables militaires et des

scientifiques nucléaires, ces derniers

étant ciblés à l’intérieur de leurs immeubles

résidentiels.

La République islamique d’Iran

a riposté par des opérations défensives

décisives et des contre-attaques,

frappant des infrastructures

militaires et industrielles extrêmement

sensibles dans les territoires

La flamme de la Résistance

demeurera allumée !

Le secrétaire général du Hezbollah libanais, Cheikh Naïm Qassem, prononce

un discours commémorant l’Achoura, le 6 juillet 2025. ©Al-Mayadeen

Dans un discours commémorant

l’Achoura, l’anniversaire du martyre

de l’Imam Hossein (béni soit-il) et

ses compagnons, ce dimanche 6 juillet,

dans la banlieue sud de Beyrouth,

le secrétaire général du Hezbollah,

Cheikh Naïm Qassem a déclaré que «

la flamme de la Résistance demeurera

allumée pour la transmettre aux

générations futures ».

« La défense se poursuivra,

car nous sommes convaincus que la

libération est un devoir, quel que soit

le temps nécessaire et le nombre de

martyrs que nous sacrifierons », a-t-il

martelé. Faisant allusion à l’occupation

continue du régime israélien de

cinq points près de la frontière et ses

attaques contre le territoire libanais, il a

souligné : « Nous ne pouvons capituler

devant cette agression. »

« Comment voulez-vous que

nous restions silencieux alors que

l’ennemi poursuit son occupation, son

agression et ses massacres ? », s’est-il

interrogé. « Sans la Résistance, Israël

aurait envahi les villes et les villages

libanais », a déclaré le chef du Hezbollah.

Dans ce droit fil, le secrétaire

général du Hezbollah a indiqué : « Nous

sommes déterminés à poursuivre la résistance

et à préserver la confiance.

Nous n’accepterons ni l’occupation

du Liban ni une normalisation humiliante.

Notre choix est celui de l’Imam

Hossein; ce peuple n’acceptera ni l’humiliation

ni la reddition. »

Dans la foulée, le secrétaire

palestiniens occupés. Ces représailles

ont contraint le régime israélien à demander

un cessez-le-feu.

Lavrov a toutefois averti :

«Nous avons l’intention de rester

vigilants, car le «parti de la guerre»

reste très actif au Moyen-Orient».

«Nous entendons constamment

diverses déclarations de la

part de dirigeants israéliens. Ils

cherchent à reprendre l’agression

contre la République islamique

d’Iran», a-t-il ajouté.

Depuis la fin des attaques,

l’Iran a averti à plusieurs reprises

que ses prochaines représailles en

cas d’une éventuelle nouvelle agression

seraient d’une intensité et d’une

ampleur bien plus grande, au point

de prendre Tel-Aviv et ses alliés par

surprise.

«Le rôle des États européens

dans la guerre»

Dans un autre passage de son discours,

Lavrov a critiqué les efforts

anti-iraniens «agressifs» de certains

pays européens, qui ont conduit le

Conseil des gouverneurs de l’Agence

général du Hezbollah a annoncé qu’«

Israël doit, dans un premier temps,

achever la mise en œuvre des termes

de l’accord. Il doit appliquer l’accord,

se retirer des territoires occupés, cesser

son agression et entamer la reconstruction.

Lorsque cela sera fait, nous

serons prêts à discuter de sécurité nationale,

de stratégie de défense et de

manière de renforcer notre pays ».

« Nous sommes prêts à affronter

les deux options : la paix, la reconstruction

du pays et une coopération

maximale pour la renaissance et la

stabilité. Nous sommes également

prêts à la confrontation et à la défense.

Nous sommes un peuple invincible et

nous ne renoncerons ni à notre dignité

ni à nos droits », a-t-il précisé.

Dans une autre partie de son

discours, le Cheikh Qassem, a adressé

ses félicitations au Leader de la Révolution

islamique, l’Ayatollah Sayyed Ali

Khamenei et le peuple iranien pour dissuader

l’agression israélienne.

D’autre part, Cheikh Qassem

a déclaré que l’Ayatollah Sayyed Ali

Khamenei « nous a guidés avec son

courage, sa foi, son soutien et ses conseils

», adressant ses salutations au

peuple iranien pour sa résilience et pour

avoir empêché Israël d’atteindre ses objectifs.

Il a également salué les opérations

du Yémen contre le régime de Tel-

Aviv, affirmant que Sanaa avait réussi

à humilier à la fois les États-Unis et

Israël.

PressTV 06 Juillet 2025

internationale de l’énergie atomique

(AIEA) à adopter sa dernière résolution

anti-iranienne.

Il a reproché aux pays européens

d’avoir «fait passer de

manière inutile et agressive des

résolutions anti-iraniennes, qui, non

seulement, n’ont pas apaisé les tensions,

mais aussi ont sapé le processus

de négociations et ont plutôt servi

de prétexte pour prendre des mesures

fermes». Le régime israélien a utilisé

la résolution comme prétexte pour

déclencher la guerre. Elle a également

été utilisée par les États-Unis,

principal allié du régime, comme un

appel à se s’y joindre pour attaquer

l’Iran vers la fin de la guerre.

«J’espère sincèrement que les

nations européennes finiront par reconnaître

leur part de responsabilité»,

a déclaré Lavrov. De son côté,

le ministre saoudien des Affaires

étrangères a également souligné que

les différends avec la République islamique

devaient être résolus par le

biais de processus diplomatiques.

PressTV 4 Juillet 2025

Vol 19 # 02 • Du 9 au 15 Juillet 2025

Haiti Liberté

17


« Nous n’accepterons pas cette

intimidation » : Zohran Mamdani,

candidat à la mairie de New York,

rejette les menaces de Trump

New York, les responsables électoraux

ont déclaré Zohran Mam-

A

dani vainqueur du primaire démocrate

du mois dernier pour la mairie de New

York. La publication des résultats du

vote préférentiel montre que Mamdani,

député de l’État de New York et socialiste

démocrate, a facilement battu Andrew

Cuomo, arrivé deuxième et ancien gouverneur

de l’État, avec 56 % des voix

contre 44 % pour Cuomo. Mamdani a

remporté la victoire avec plus de 545

000 voix, soit plus que 27 sénateurs

américains lors de leurs dernières élections.

Le président Trump a menacé d’arrêter

Mamdani en raison de sa promesse

de campagne de ne pas coopérer avec

les agents fédéraux de l’immigration

chargés d’exécuter les ordres d’expulsion

massifs de Trump.

Président Donald Trump : « Eh

bien, il va falloir l’arrêter. Écoutez, nous

n’avons pas besoin d’un communiste

dans ce pays, mais si nous en

avons un, je vais le surveiller de

très près, au nom de la nation.

… Beaucoup disent qu’il est ici

illégalement. Il est… vous savez,

nous allons tout examiner. »

Dans un communiqué,

Zohran Mamdani a condamné la

menace de Trump, la qualifiant

d’attaque contre la démocratie,

et a promis : « Nous n’accepterons

pas cette intimidation. » Il

s’est également entretenu avec la

chaîne de télévision NY1.

Zohran Mamdani : «

Ce que nous voyons dans la

rhétorique du président Trump, c’est

une tentative de se concentrer sur qui

je suis, d’où je viens, à quoi je ressemble,

comment je parle, par opposition

à ce pour quoi je me bats réellement,

Zohran Mamdani rejette les menaces de

Donald Trump

parce que cela reviendrait à afficher le

contraste frappant entre notre sincérité

et le fait d’agir réellement pour les travailleurs

mêmes qui ont été laissés pour

compte par la politique. »

Democracy Now 04 Juillet 2025

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États-Unis : Une Palestinienne apatride raconte les violences « très

traumatisantes » qu’elle a subies lors de sa détention par ICE.

Par Brett Wilkins

Les responsables de l’immigration

de l’administration Trump auraient

qualifié le calvaire de Ward Sakeik

de « triste histoire ».

Une Palestinienne récemment

mariée originaire du Texas,

libérée d’un centre de détention de

l’Immigration and Customs Enforcement

(ICE) en début de semaine,

affirme avoir été enchaînée pendant

de longues périodes, privée de nourriture

et d’eau, et avoir subi d’autres

violations des droits humains pendant

près de cinq mois en détention

par l’ICE, tout cela parce qu’elle est

apatride.

Ward Sakeik, 22 ans, est née

en Arabie saoudite de parents palestiniens

originaires de Gaza. L’Arabie

saoudite n’accordant pas la citoyenneté

de naissance aux enfants

d’étrangers, Sakeik était officiellement

apatride lorsque sa famille a

immigré légalement aux États-Unis,

alors qu’elle avait 8 ans.

Les parents de Sakeik ont ensuite

déposé une demande d’asile

aux États-Unis (qui a été refusée),

mais ont été autorisés à rester légalement

dans le pays en attendant les

contrôles de routine de l’ICE.

Après avoir obtenu leur

diplôme d’études secondaires et leur

diplôme de l’Université du Texas

à Arlington, créé une entreprise de

photographie de mariage, épousé

un citoyen américain et entamé les

démarches pour obtenir une carte

de résident permanent, Sakeik et

son mari ont passé leur lune de miel

aux Îles Vierges américaines. Elle a

été arrêtée peu après son retour aux

États-Unis, les agents des douanes

et de la protection des frontières

l’ayant repérée au-dessus des eaux

internationales, une mesure que les

responsables du Département de la

Sécurité intérieure ont qualifiée de

violation de la politique d’immigration.

« Quelques heures seulement

après mon retour de lune de miel,

Ward Sakeik

ils m’ont mise en survêtement gris

et enchaînée », a déclaré Sakeik

lors d’une conférence de presse

après sa libération. « J’ai été

menottée pendant 16 heures sans

eau ni nourriture dans le bus. Je me

déplaçais comme du bétail. Et le

gouvernement américain a tenté de

m’abandonner dans une région du

monde où je ne sais ni où je vais, ni

ce que je fais, ni quoi que ce soit.»

« Ils ne nous ont donné ni eau

ni nourriture, et on sentait l’odeur

du chauffeur qui mangeait du

Chick-fil-A », a-t-elle poursuivi. «

On a demandé de l’eau, on a frappé

à la porte pour demander à manger,

et il a juste augmenté le son de la

radio en faisant semblant de ne pas

nous entendre. »

Sakeik a déclaré que les conditions

insalubres au centre de détention

de Prairieland à Alvarado, au

Texas, où un agent de l’ICE a été

blessé par balle au cou lors d’une

attaque vendredi soir, ont provoqué

de nombreuses maladies parmi les

détenus.

« Les toilettes sont également

très, très, très insalubres », a-t-elle

ajouté. « Les lits sont rouillés partout.

» Elles ne sont pas correctement entretenues.

Et il y a des cafards, des

sauterelles, des araignées, tout,

partout. Les filles ont été mordues.

« Je ne souhaite cela à personne

», a déclaré Sakeik lors d’une

interview samedi sur CNN. « C’était

très dur, très traumatisant et très,

très difficile. »

Eric Lee, l’avocat de Sakeik, a

déclaré à CNN que les agents de l’immigration

avaient rejeté le récit de

Sakeik, le qualifiant de « sentiment

de deuil ».

« Je suppose que la question

que nous poserions au peuple américain

serait : Qui allez-vous croire,

vos mensonges ou les déclarations

des responsables de véritables

crimes contre l’humanité commis

ici, aux États-Unis ? », a ajouté M.

Lee.

Sakeik a déclaré qu’elle comptait

désormais défendre les femmes

et les filles emprisonnées par ICE.

« Je veux que le monde sache que les

femmes qui viennent ici cherchent

une vie meilleure, mais qu’elles sont

criminalisées pour cela », a-t-elle

déclaré. « Elles sont déshumanisées

et privées de leurs droits. Ils

nous traitent comme si nous étions

inférieures simplement parce que

nous aspirons à une vie meilleure. »

Common Dreams 6 juillet 2025

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