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sur tout/

archives

sur rien

Pierrefitte-sur-Seine, Archives nationales,

21 janvier – 29 mars 2013


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Papyrus, parchemin, papier, bois, cire, tissu, métal, disques

durs… La diversité des supports des documents des Archives

nationales ne laisse pas de surprendre, témoignant de l’ingéniosité

des humains à transmettre des informations et laisser

des traces écrites de leur activité.

Le propos de cette exposition, qui accompagne l’ouverture

au public du site de Pierrefitte-sur-Seine, est de montrer aux

visiteurs, à travers la diversité des supports, la pluralité des

fonds conservés sur les trois sites des Archives nationales

(Fontainebleau, Paris et Pierrefitte-sur-Seine).

Cette diversité est le résultat de l’évolution des techniques

qui jalonne l’histoire de l’Humanité. La recherche de facilité et

de souplesse d’utilisation, le besoin de réduire les coûts d’approvisionnement,

de fabrication, de transport et de stockage

peuvent être à l’origine de la subrogation d’un support par

un autre. On a ainsi vu au fil des siècles, notamment pour les

supports d’écrits officiels, le papyrus détrôné par le parchemin,

ce dernier ayant lui-même été remplacé par le papier,

désormais souvent supplanté par les supports numériques.

Toutefois, des situations d’urgence et de conflit ont aussi

justifié des supports inattendus, improvisés, imposés par la

clandestinité ou les pénuries de matériaux. Souvent éphémères

et très fragiles, ils sont des témoignages émouvants

de résistance.


Des supports stables

pour des écrits pérennes

Pendant longtemps, déterminées par la pratique de l’écrit et

les processus d’authentification des actes, les archives ont

principalement été recueillies sur trois supports privilégiés :

le papyrus, le parchemin et le papier. Ces trois supports

utilisés successivement ou parallèlement permettaient de

garder une trace pérenne des écrits les plus importants pour

les autorités qui les avaient générés.

Pourtant, ces supports eux-mêmes sont menacés au fil du

temps par une dégradation naturelle, des manipulations

maladroites ou des conditions de conservation inadaptées.

Les ateliers des Archives nationales veillent à leur restauration

en vue de leur transmission aux générations futures.


Papyrus

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Le papyrus est une plante originaire d’Égypte dont les tiges

entrecroisées et travaillées constituaient un support courant

de l’écriture durant l’Antiquité. Il est abandonné au VIII e siècle

en raison de sa fragilité et du ralentissement du

commerce méditerranéen.

1. Confirmation par Clotaire II, roi de Soissons, de Neustrie,

d’Austrasie et de Bourgogne, de la donation d’un terrain

situé dans Paris, faite à l’abbaye de Saint-Denis, par un

grand personnage nommé Dagobert. 625.

Papyrus, 32,5 x 76,5 cm.

Archives nationales, AE II n o 1 (fac-similé).

Par ce diplôme en latin (pièce officielle émanant d’une

autorité souveraine, établissant un droit ou un privilège) le

roi Clotaire II confirme la donation faite précédemment à

l’abbaye de Saint Denis par le futur roi Dagobert, d’un terrain

situé dans Paris. Ce document témoigne de l’importance

acquise par l’abbaye aux yeux des rois mérovingiens 1 .

Le support et l’écriture étant très dégradés, le texte n’est

que partiellement lisible. L’avant-dernière ligne porte la

signature et le monogramme du roi, suivis de l’invocation

in Christi nomine.

C’est le plus ancien acte émané d’un roi de France dont

l’original soit conservé.

1) La dynastie des mérovingiens régna de 451 à 751.


Parchemin

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Le parchemin tire son nom de la ville de Pergame qui l’aurait

mis au point au II e siècle av. J-C. afin de pallier une pénurie de

papyrus. Obtenu à partir de peaux animales (mouton, veau,

chèvre), le parchemin est assez solide pour supporter

le poids des sceaux et pour être plié en cahiers afin

de former un livre (codex). Il se répand en Occident au

VII e siècle et demeure le support privilégié des actes officiels

jusqu’à la fin du XVIII e siècle. Son usage se raréfie peu à peu

mais ne disparaît totalement dans la production administrative

qu’à la Révolution.

2. Peau de parchemin vierge.

90 x 65 cm.

3. Foulques, évêque et seigneur de Beauvais confirme

l’affranchissement de deux serves de l’abbaye de Saint-

Denis, pour le don fait par elles à l’abbaye d’une maison.

Par ce don, elles rachètent leur servitude, entre 1089 et 1095.

Parchemin. Acte épiscopal en latin, scellé d’un sceau ogival plaqué de cire brune.

21 x 20 cm. Le sceau mesure 9 cm.

Archives nationales, AE II 115.


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4. Rouleau funéraire du bienheureux Vital, abbé de

Savigny (mort le 16 septembre 1122).

Quinze feuilles de parchemin cousues entre elles. 95 x 24 cm.

Paris, Archives nationales, AE II 138.

La mort d’un grand personnage, au Moyen Âge, implique

l’envoi d’une circulaire, sous forme de rouleau, où les églises

en relation avec le défunt lui rendent hommage. Le soin de

rédiger le texte est alors confié au poète le plus habile de la

communauté, et la copie au meilleur calligraphe. La qualité

des textes et des ornements qui en résulte est par conséquent

disparate. Le bienheureux Vital, abbé de Savigny (Manche),

meurt le 16 septembre 1122. À la circulaire publiée pour

l’occasion ont répondu deux cent six établissements

religieux – occasion pour le messager porteur du rouleau d’un

long périple à travers la Normandie, le Vexin, l’Île-de-France,

la Champagne, et bien d’autres régions.

5. Accord passé à Soissons en 1145 entre Suger, abbé

de Saint-Denis, et le comte de Roucy en présence des

évêques délégués du Saint-Siège au sujet des exactions

exercées par les gens du comte sur les terres de Saint-

Denis à Concevreux.

Chirographe en parchemin garni de toile, rédigé en latin et scellé de trois sceaux

en cire rouge, pendant sur des lanières de cuir blanc.

27 x 52 cm.

Archives nationales, AE II 155.

Un chirographe est une charte (acte authentique) sur laquelle

le même acte est écrit deux fois, de manière que, la feuille

coupée par le milieu, chacun des contractants ait un original

de la pièce.


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6. Le Sénatus-consulte du 15 thermidor an X (3 août 1802)

proclame Napoléon Bonaparte consul à vie.

Parchemin. 34,5 x 22 cm.

Archives nationales, AE I 10 n o 13.

Cet exemplaire original, qui comporte 86 articles, est orné

d’un en-tête gravé du « Gouvernement français » illustré de

l’allégorie de la République. Marianne est représentée assise

de profil. Elle est coiffée du bonnet phrygien, tenant dans sa

main gauche une couronne de laurier et de sa main droite

un gouvernail. Sur la dernière page figurent les signatures de

« Bonaparte » et du secrétaire d’État Hugues Bernard Maret

à côté desquelles est apposé un timbre sec « Au nom du

peuple français Bonaparte Consul ».

7. Pose de la première pierre du bâtiment des Archives

nationales à Pierrefitte sur Seine, 11 septembre 2009.

Vélin. 42 x 30 cm.

Archives nationales.

Le vélin est une peau de veau mort-né, très fine, utilisée dès la

fin du Moyen Âge et appréciée pour sa blancheur, sa douceur

et sa finesse.

8. Constitution de 1793 : « Acte constitutionnel du peuple

français », précédé du rapport de la Convention et de la

Déclaration des droits de l’homme et du citoyen et suivi

du procès-verbal de l’inauguration de cette Constitution

du 10 août 1793.

Exemplaire imprimé sur parchemin chez Didot Jeune et fait « à Paris, le onze

frimaire de l’an deuxième de la République Française une et indivisible ».

Archives nationales, AE I 10 n o 4.


6. Senatus-consulte du 15 thermidor an X. Arch. nat., AE I 10 13.


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9. Recueil de pièces concernant la juridiction municipale

à Toulouse. Mai - juin 1305.

Vélin. 24 x 17,5 x 4 cm.

Archives nationales, AE II 309.

Recueil de pièces concernant la juridiction municipale à

Toulouse, rédigé en mai et juin 1305 par le notaire public de

Toulouse Raimond Bernard. Ce petit registre en parchemin

contient 37 actes en latin transcris entre 1141 et 1246. La reliure

de ce manuscrit de 184 pages est en maroquin rouge.

10. Quittance d’Henri de Guise pour le payement de ses appointements

de capitaine de cinquante hommes d’armes,

donnée le 27 novembre 1565.

Vélin. 18,5 x 30 cm.

Archives nationales, AE II 677.

11. Boîtes parcheminées de notaire.

Ces boîtes d’archives notariales du XIX e siècle sont renforcées

avec des anciens parchemins. Fabriquées par une étude

parisienne, elles illustrent la façon dont les documents sur

parchemins, éliminés durant les triages révolutionnaires,

ont pu être réutilisés.


10. Quittance d’Henri de Guise. Arch. nat., AE II 677.


Papiers

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Le parchemin, support solide mais coûteux et dont la

production ne s’adaptait pas à une demande sans cesse

croissante, fut progressivement remplacé à partir du XIII e siècle

par le papier à base de fibres végétales (coton ou lin) pour

les registres des greffes et de dépenses, les lettres non

scellées ou les copies, notamment dans l’administration.

Inventé au II e siècle en Chine, le procédé de fabrication

fut révélé par des prisonniers chinois au monde arabe qui

le transmit à l’Europe par l’Espagne. Ce n’est que dans les

années 1330 que la fabrication commence en France, dans

les régions troyenne et parisienne. Fabriqué d’abord à l‘aide

de pilons ou de maillets actionnés à main d’homme, jusqu’à

l’invention du moulin à papier au XVI e siècle, le papier devint

le principal support de l’écriture avec la découverte de

l’imprimerie.

La généralisation de l’écrit a entraîné une utilisation de

plus en plus massive du papier qui est, depuis le XIX e siècle

un produit industriel à base de fibre de bois mobilisant des

réserves de forêts entières.

12. Recettes et dépenses d’Alphonse de Poitiers, 1243–

1248.

Document manuscrit en papier de coton, assemblé par couture dans un livre relié.

18,5 x 14,5 x 5 cm.

Archives nationales, AE II 247.

Ce registre est le plus ancien document sur papier de coton

conservé aux Archives nationales. La texture des pages présente

quelques aspérités et en transparence on y voit des

flocons de coton. Ce registre reflète l’activité de l’administration

mise en place par Alphonse, frère de saint Louis, dans le

Poitou et le Saintonge, qu’il reçut en apanage (dédommagement)

en 1241.



12. Recettes et dépenses d’Alphonse de Poitiers, 1243–1248. Arch. nat., AE II 247.


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13. Lettre de Louis XIII à sa mère, Marie de Médicis, Paris,

21 mars 1618.

Papier. 29 x 20 cm.

Archives nationales, AE II 789.

La lettre définitive, réellement envoyée à Marie de Médicis

à Blois, fut recopiée d’après cet original en tenant compte

des corrections qui y furent portées à l’instigation du duc de

Luynes. Devenue très impopulaire, en butte à l’hostilité de la

noblesse, Marie de Médicis est alors exilée à Blois, où la tient

sévèrement recluse le favori du jeune roi, le duc de Luynes.

Longtemps sourd aux appels à la clémence que lui a lancés

sa mère, Louis XIII consent ici à lui répondre. Malgré toute la

réserve dont la lettre originale était empreinte, Luynes a tenu

à faire biffer les rares formules révélant l’affection filiale du roi

pour Marie.


14. Testament autographe et codicilles de Louis XIV, signé

de la main du roi. 2 août 1714 - 23 août 1715.

Cahiers de papier (8 et 2 feuillets). 32,5 x 20,5 cm.

Archives nationales, AE I 25, n° 1.

En 1714, il ne reste à Louis XIV qu’un héritier en ligne directe :

son arrière petit-fils, Louis, duc d’Anjou, âgé de quatre ans.

Par son testament, dont le cahier principal est daté du 2 août

1714, Louis XIV organise sa succession, et particulièrement le

Conseil de régence qui devra présider aux affaires le temps de

la minorité du futur Louis XV. À ce conseil, il fait entrer ses

deux bâtards légitimés, enfants de Madame de Montespan, le

duc du Maine et le comte de Toulouse, auxquels il accorde un

rôle considérable, tout en réduisant celui du chef du conseil,

son neveu Philippe d’Orléans. Après avoir une première fois, le

13 avril 1715, amendé son texte au moyen d’un codicille, le roi,

au seuil de la mort, y ajoute un second codicille autographe, le

23 août 1715, pour désigner l’abbé de Fleury et le Père Le Tellier

respectivement comme précepteur et confesseur du dauphin.

Il meurt le 1 er septembre.

Le premier acte politique du régent est de faire avaliser par le

Parlement, le 2 septembre 1715, une lecture du testament qui

lui soit favorable, et ce au détriment des bâtards légitimés de

Louis XIV. En contrepartie, le Parlement regagne le droit de

remontrance qui lui avait été confisqué sous Louis XIV.


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15. Minute du décret de Napoléon 1 er conférant l’aigle de

la Légion d’honneur à Goethe, Wieland, Starke et Vogel,

Erfurt, le 12 octobre 1808, signée de Napoléon.

Cahiers de papier (8 et 2 feuillets).

Archives nationales, AE III 236.

La convention d’Erfurt, tenue du 27 septembre au 14 octobre

1808, a pour objet de réaffirmer l’alliance conclue à Tilsit un

an auparavant entre la France et la Russie. Napoléon déploie

à Erfurt tout le faste impérial possible, regroupant princes et

notabilités de l’Europe continentale. Goethe, alors ministre du

duc de Saxe-Weimar, rencontre l’Empereur à cette occasion,

le 2 octobre très précisément.

16. Poèmes de Charles d’Orléans, manuscrits et illustrés

par Henri Matisse, imprimé dans les Ateliers Mourlot,

Tériade éditeur. [1950].

Signé par l’artiste sur la page de justification du tirage (3/43),

exemplaire dédicacé « à la bibliothèque des Archives nationales,

octobre 1950 ».

Original d’un tirage sur « sur papier spécialement fabriqué par les papeteries

d’Arches ».

Archives nationales, AE II 2128 A.


15. Minute du décret de Napoléon 1er conférant l’aigle de la Légion d’honneur à Goethe,

Wieland, Starke et Vogel, signée de Napoléon. Arch. nat., AE III 236.

16. Poèmes de Charles d’Orléans, manuscrits et illustrés par Henri Matisse. Arch. nat., AE II 2128 A.


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Carton, bois, métal

17. Lot de fiches du fichier central de la Sûreté nationale

(1880-1940).

Archives nationales, 19940508. Fonds dit de Moscou.

La fiche d’identification apparaît au milieu du XIX e siècle, remplaçant

progressivement les listes et les registres, avant de

disparaître elle-même supplantée à la fin du XX e siècle par les

fichiers informatisés. Elle est généralement sur carton, ce qui

facilite les manipulations et tous les types de classement.

Ces fiches sont tirées de ce qu’on appelle communément

le « Fonds de Moscou », archives françaises saisies en 1940

par les Allemands, récupérées en 1945 par les Russes et

transférées à Moscou et finalement restituées à la France

entre 1994 et 2001. Parmi elles, le fichier central représente

à lui seul plus de 650 000 dossiers individuels et 2 millions

de fiches classées alphabétiquement.

18. Boîtes d’archives notariales (carton, bois, métal),

XIX e siècle.

Cette sélection de boîtes issues des fonds du minutier

central des notaires parisien illustre la diversité des supports

de conservation des archives.

Certaines archives se présentent sur des supports qu’on pour-

rait qualifier de « mixtes », mêlant plusieurs

Supports « mixtes » matériaux. C’est le cas des documents de

travail produits par les architectes, les urbanistes,

les graphistes et, en général, les créateurs.


19. La Cascade. Projet de spectacle de feux d’artifices pour

le château de Versailles à l’occasion du huitième sommet

des pays les plus industrialisés, 1982.

Par Pierre-Alain Hubert.

Encre, feutre et gouache sur papier à dessin. 92 x 45 cm.

Archives nationales, 19870377/18 (Archives du Ministère de la Culture et de la

Communication, Cabinet du Ministre Jack Lang).

Ce registre présente la première partie du scénario de ce spectacle

pyrotechnique avec les dessins préparatoires du maître

artificier, Pierre-Alain Hubert, intitulé « L’orée du songe ». Après

avoir développé une atmosphère de « légère étrangeté qui

précède les fêtes » sur les deux parterres d’eau devenus fluorescents,

l’artiste entend surprendre les spectateurs. L’abstraction

de cette esquisse réalisée à l’encre et au feutre et rehaussée de

touche de gouache blanche lui donne le caractère d’une œuvre

d’art moderne.

20. Projets de carte de vœux pour Edgar Faure (1908-

1988), président de la mission du Bicentenaire et note

d’accompagnement. Par Jean-Michel Folon, 1987.

Archives nationales, 19900506/329 (Premier Ministre, Mission du Bicentenaire).

Maquettes à l’encre sur papier, crayon. 13,5 x 13,5 cm ; 15 x 10,5 cm ; 14 x 10 cm ;

23 x 48 cm ; 21 x 29,7 cm.

À l’occasion du 200 e anniversaire de la Révolution française, un

concours fut organisé pour la création d’un logo représentant

la Mission du Bicentenaire. Il fut remporté par l’artiste belge

Jean-Michel Folon. Ses « oiseaux » resteront à jamais associés

aux objets commémoratifs du Bicentenaire. Ces différents projets

de carte de vœux destinés au Président Edgar Faure pour

l’année 1988 font partie de ce que l’on nomme la « papeterie

officielle ». Chaque élément, chaque typographie, espacement,

couleur fut longuement discuté dès le mois de novembre 1987

afin d’obtenir une carte officielle et définitive. Notons ici les

évolutions successives et les annotations de la main d’Edgar

Faure, surpris pour le moins par l’orthographe approximative

de son prénom sur chaque projet…


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21. Projets de panneaux de signalisation pour le Parc

Naturel Régional du Haut-Languedoc, 1966-1984.

Maquettes à la gouache sur papier cartonné collées sur papier à dessin. 48 x 32 cm.

Archives nationales, 20030503/121 (fonds privé déposé aux Archives nationales,

Fédération des Parcs Naturels Régionaux de France, Service de la Circulation et

de la Sécurité Routière).

La Fédération des parcs naturels régionaux de France a été

créée en juin 1971. Elle a déposé ses archives aux Archives nationales

en 2003. Le Parc naturel régional du Haut-Languedoc

est l’un des 48 Parcs naturels régionaux de France. Il fut créé le

22 octobre 1973. C’est un territoire rural habité (environ 260 000

habitants), reconnu au niveau national pour son exceptionnelle

valeur patrimoniale et paysagère.

Véritable balcon ouvert sur les plaines viticoles du Languedoc

et les vastes étendues céréalières du Lauragais, il s’appuie

sur les derniers contreforts méridionaux du Massif Central.

Ce territoire de moyenne montagne célèbre la rencontre des

deux midis. Il s’étend sur 93 communes et couvre 82 000

hectares. Ces villes porte sont Castres, Revel, Béziers, Bédarieux

et Saint-Chinian.


Des supports inattendus

pour les écrits éphémères,

les écrits cryptés, les écrits

de l’urgence

Les Archives nationales conservent aussi des documents

qui étaient à l’origine des écrits « éphémères » destinés à être

rapidement effacés ou détruits. C’est le cas de toutes sortes

de « brouillons » préparatoires comme les tablettes de cire du

chambellan de Saint Louis.

L’ingéniosité de l’homme a aussi inventé quantité de moyens

de transmettre une information secrète ou relevant de l’intimité.

Lorsqu’il traduit l’urgence du contexte historique qui a

présidé à sa conception, le document d’archives peut prendre

une forme inhabituelle, comme pour ces fragments de tissu

témoins des guerres de religion ou les mouchoirs sur lesquels

étaient inscrits les messages des résistants.


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22. Tablette de cire de Jean Sarrazin, chambellan de Saint

Louis, 1256-1257.

Bois d’érable et cire, manuscrit. 20, 4 x 47,5 x 1,5 cm.

Archives nationales, AE II 258.

Les Archives nationales conservent quatorze tablettes constituées

de planches enduites sur les deux faces de cire mêlée

de poix, qui étaient reliées à l’origine par des charnières en

parchemin. L’ensemble forme le plus ancien registre de cire

royal parvenu jusqu’à nous parmi huit autres connus. Cette

rareté s’explique par la finalité même de ces tablettes : selon

une pratique remontant à l’Antiquité, on y écrivait à l’aide

d’un stylet des brouillons qui, une fois recopiés sur d’autres

supports ou devenus inutiles, étaient effacés en lissant la cire.

Le présent document constitue une sorte de relevé du compte

que le roi avait chez les Templiers et où était déposé son

trésor et nous offre ainsi des renseignements extrêmement

précieux sur le train de vie, l’entourage, la vie quotidienne et

les déplacements de Saint Louis.

23. Doublure de pourpoint portant les instructions de

Coligny aux assiégés de Rouen, 25 septembre 1562.

Tissu, manuscrit.

Archives Nationales, AE II 667 a et c.

Depuis Orléans où il est enfermé, Gaspard de Coligny, amiral

français et chef des huguenots, transmet des instructions

à ses alliés assiégés dans Rouen par l’armée catholique.

Les messages sont écrits sur de la toile cousue en doublure

du pourpoint des porteurs, dont ils épousent la forme. Ces

documents ont sans doute été interceptés ou saisis lors de

la prise de Rouen par les forces royales, ce qui expliquerait

que quatre exemplaires nous en soient parvenus. Gaspard

de Coligny sera assassiné le 24 août 1572 lors du massacre

de la Saint Barthélémy.


22. Tablette de cire de Jean Sarrazin, chambellan de Saint Louis. Arch. nat., AE II 258.

23. Doublure de pourpoint portant les instructions de Coligny aux assiégés de Rouen.

Arch. Nat., AE II 667 a et c.


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24. Cartes à jouer de Louis XVI.

Papier et carton. Fiches : 11 x 5,5 cm ; cartes : 8,5 x 5,5 cm.

Archives nationales, AE I 4 n o 4.

Cartes sur lesquelles sont écrits de la main de Louis XVI, les

noms des personnes invitées aux réunions de la cour. Jeu de

cartes dans un étui en maroquin rouge et or, fiches ornées d’or,

trou d’épingle. 1789.

25. Constitution de 1791, exemplaire sur vélin recouvert

de plats en cuivre.

Archives nationales, AE I 9, n° 2.

Au cours d’un cérémonie solennelle, on usa du « mouton

national », sorte de bélier destiné au pilonnage des objets,

pour détruire symboliquement l’ancienne constitution. Le

texte de cette dernière était en effet rendu obsolète par le

changement de régime survenu en septembre 1792 et

l’élaboration concomitante d’une nouvelle constitution et

d’une déclaration des droits de l’homme révisée. Ce très curieux

document fut rangé dans un coffre de bois de cèdre encastré

en juillet 1792 dans une des pierres de la colonne de la Liberté

qui devait être élevée sur les ruines de la Bastille.

26. Plaque de cuivre de la Déclaration des droits de

l’homme et du citoyen.

Plaque gravée en 1792, pilonnée en 1793. 33 x 47 cm.

Archives nationales, AE I 9, n° 3.

Exemplaire gravé sur cuivre du procès-verbal original, et

manuscrit, de la Déclaration présentée au vote de l’Assemblée

le 2 octobre 1789, et acceptée par billet du roi le 5 octobre.


25. Constitution de 1791, exemplaire sur papier recouvert de plats en cuivre. Arch. nat., AE I 9, n° 2.


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27. Ordres de mission de la France Libre dactylographiés

sur deux mouchoirs, janvier 1943.

Linon blanc (mélange de lin et de coton). Mouchoir n° 1, 18 x 21,5 cm. Mouchoir n° 2,

24 x 22 cm.

Archives nationales, 72AJ 2215.

Confiés à Pierre Brossolette, ces documents dont l’un est signé

du général d’Astier de La Vigerie et d’André Philip, définissent

l’étendue de ses pouvoirs en France et la nature de la mission

Brumaire. Ces mouchoirs pouvaient être dissimulés dans un

talon de chaussure.


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Souvent rédigés sur du papier de récupération, papier à

cigarette, papier pelure ou non tissé, de format minuscule car

destinés à être cachés dans le linge confié aux proches pour

être lavé, voire roulés dans des poignets

Billets manuscrits

transmis clandestinement

à leur famille

par des résistants

emprisonnés

de chemise, d’une écriture en pattes

de mouche, pour exprimer le plus possible

dans le minimum d’espace, ces

documents disent la vie quotidienne

des prisonniers, la faim, la détresse,

l’attente, l’espoir ou le découragement,

mais aussi l’effort pour rester debout et

maintenir son esprit en veille, en retranscrivant de mémoire

des poèmes ou en développant des analyses littéraires ou

philosophiques.

28. Billets manuscrits de Fresnes et pages d’ouvrages

annotées par André Meifred-Devals, disparu à Buchenwald

en mars 1944 après avoir été emprisonné à Fresnes.

Archives nationales, 72 AJ. Fonds Meifred.

29. Messages de Jacqueline Péry d’Alincourt, emprisonnée

à Fresnes avant sa déportation à Ravensbrück.

Archives nationales, 72 AJ. Fonds Jacqueline Péry d’Alincourt.

30. Billet jeté d’un train de déportation pour Auschwitz.

Archives nationales, 72 AJ. Fonds Alizon.

Adressé à leur père par les jeunes résistantes Marie et Simone

Alizon, et rédigé à la hâte sur du papier de récupération, au

verso d’une publicité, ce message est finalement parvenu à

son destinataire grâce à des chaînes de solidarité.


30. Billet jeté d’un train de déportation pour Auschwitz. Arch. nat., 72 AJ (fonds Alizon).


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31. Code sur soie utilisé par la résistante Geneviève Janin,

accompagné de brouillons de messages et d’instructions

de codage basées sur le poème d’Alfred de Musset,

La nuit d’octobre.

Soie. 25 x 18 cm.

Archives nationales, 72 AJ. Fonds Geneviève Janin

Ce rectangle de soie blanche très fine permettait de coder les

messages échangés entre le secrétariat de la Délégation générale

du CFLN 2 et le BCRA 3 de Londres. Il était imprimé sur deux

colonnes de lignes de chiffres, et sur une autre de groupes de

cinq lettres identifiant chaque ligne de chiffres. Son inviolabilité

était assurée par le fait que chaque ligne utilisée pour un

message était ensuite découpée avec des ciseaux à broder et

détruite. Certains codes « de réserve », confiés à des personnes

de confiance, ont pu être conservés intacts.

2) Comité français de libération nationale (CFLN).

3) Bureau central de renseignements et d’action (BCRA).


31. Code sur soie utilisé par la résistante Geneviève Janin. Arch. nat., 72 AJ (fonds Geneviève Janin).


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Des archives dématérialisées

Aujourd’hui, la plupart des documents sont produits grâce à

l’informatique. Les archives ainsi créées, qui sont donc nativement

numériques, sont appelées « archives électroniques ».

Les Archives nationales collectent, conservent et communiquent

des archives électroniques depuis trente ans sur le site

de Fontainebleau. Les supports ainsi générés sont fragiles et

deviennent vite obsolètes : il faut les faire « migrer » vers de

nouveaux supports tous les 5 ans environ.

À l’heure de l’électronique, on peut avoir l’impression que les

archives ont gagné leur indépendance vis-à-vis de leur support

de stockage. Il n’en est rien : l’information est toujours

enregistrée quelque part ; il existe toujours un support.


Quatre des cinq supports successifs utilisés aux Archives

nationales depuis 30 ans sont présentés dans cette vitrine.

Dans cet intervalle de temps, les capacités de stockage ont

évolué de manière specta-

culaire : une seule bande

LTO 4, qui est le support utilisé

à l’heure actuelle, peut

contenir à peu près autant

d’informations que 4 500

bandes magnétiques 6250 BPI, utilisées comme support de

référence en 1983 !

En 1982, les Archives nationales recevaient leur premier versement

d’archives électroniques.

Il s’agissait des fichiers de recensement annuel des accidents

corporels de la circulation routière de 1962 à 1972, versées par

le service d’études techniques des routes et autoroutes (ministère

des Transports).

Supports successifs utilisés

pour la conservation des

archives électroniques

32. Bande magnétique 6250 BPI.

33. Disque optique numérique (DON).

34. Bande SDLT.

35. Bande LTO 4.


38

39

36 Dictafil. Bobine Dictafil d’un discours de Maurice

Thorez, homme politique français (1900-1964).

Bobine et fil d’acier. 7 cm.x 1 cm.

Enregistrement magnétique sur fil d’acier.

Archives nationales, 626 AP 451. Fonds Thorez et Vermeersh. Donation des

héritiers Thorez aux Archives nationales en 2002.

Le Textophone ou Dictafil est un enregistreur magnétique

commercialisé en 1933 Ancêtre du magnétophone, il permet

grâce à un petit électro-aimant d’enregistrer les sons sur un fil

d’acier. En raison de la fragilité du fil d’acier et de ses limites

techniques, ce système a été progressivement abandonné au

profit de la bande magnétique. Les discours de Maurice Thorez,

connu pour ses qualités d’orateur, ont été habituellement

enregistrés ou filmés. Cependant, l’enregistrement sonore du

célèbre discours aux mineurs de Waziers, le 21 juillet 1945,

n’a pas été retrouvé. Le discours contenu dans ce dictafil

n’a jamais pu être écouté en raison de la rareté du matériel de

lecture. Le transfert du contenu sonore sur un support numérique

permettra donc son identification et sa conservation.


36. Bobine Dictafil. Arch. nat., 626 AP 451. Fonds Thorez et Vermeesh.


40

41

37 Mallette Pathé-Baby contenant des bobineaux de

films produits par la société Pathé ou réalisés par Pierre

Collard, neveu de l’homme politique Marcel Sembat (1862-

1922) et de l’artiste Georgette Agutte (1867-1922).

Mallette en cuir et carton, 65 bobineaux en fer vides ou pleins, supports film et

émulsion argentique. 39 x 26 x 8 cm.

Archives nationales, 637 AP 255, fonds Sembat-Agutte.

Le projecteur puis la caméra Pathé-Baby sont lancés sur le marché

en 1922 et 1923 pour le public amateur. Ils rencontrèrent

un vif succès grâce à une technologie peu coûteuse et facile

d’utilisation. Ces films de famille entre souvenirs et reportages

fixent la mémoire du neveu de Marcel Sembat et de Georgette

Agutte, Pierre Collart. Le couple Sembat – Agutte n’apparait

pas mais on reconnaît les lieux qui leur étaient familiers

comme la maison de Bonnières ou le chalet de Chamonix. Ces

films ont été transférés sur support numérique en 2008 afin

de garantir leur préservation.


37. Caméra Pathé-Baby.


42

Textes :

Lucile Douchin, Audrey Clergeau, Pierre Fournié, Patricia Gillet,

Alexandra Hauchecorne, Henri Massenet, Sabine Meuleau,

Thomas Van de Walle (Archives nationales).

Photographies :

Pôle photographique des Archives nationales.

Réalisation du livret :

Didier Boulanger (Archives nationales).


archives

nationales

exposition

Archives nationales

59 rue Guynemer

93383 Pierrefitte-sur-Seine Cedex

www.archivesnationales.culture.gouv.fr/an

Archives sur tout /

Archives sur rien

Exposition

du 21 janvier au 29 mars 2013

Horaires

Du 21 janvier au 3 février 2013 :

De 9 h à 17 h

Le samedi de 9 h à 18 h

Le dimanche de 14 h à 18 h

À partir du 4 février 2013 :

Du lundi au samedi

de 9 h à 16 h 45

Contact presse

Jean-François Quemin,

responsable de la mission communication

jean-francois.quemin@culture.gouv.fr

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