Jeunesse-Echo

burundikids.org

Jeunesse-Echo

Jeunesse-Écho

Journal de l‘École Polyvalente

Carolus Magnus

Le guépard : l’animal le

plus vite

Gratuit

Jeunesse-

Écho

No 1

Avril 2012

Une école moderne au bord

du lac Tanganyika

YOYA : le secret du

succès musical

L’unique équipe de

rugby dans

Bujumbura dit rural


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Jeunesse-Écho - journal de l‘EPCM

C hers parents, chers élèves, vous tous amis de la jeunesse,

Accompagner les jeunes dans leur éducation pour

leur préparer un bon avenir, est l’un des objectifs de la

Fondation Stamm que nous avons fondée en 1999 au

Burundi. C’est dans ce contexte que nous avons créé

l’Ecole Polyvalente Carolus Magnus (EPCM) renfermant

la maternelle, le primaire et le secondaire depuis 2006,

avec l’aide des bienfaiteurs allemands. Notre ambition

étant d’organiser une formation de qualité et innovatrice,

rencontrant les besoins du moment.

C’est toujours dans cette optique d’assurer une formation

de qualité que le présent journal : « Jeunesse-

Echo », vient d’être lancé à l’EPCM. Nous pensons

qu’une telle initiative peut permettre aux élèves de

s’améliorer au point de vue de leurs connaissances en

général, aussi bien ceux de chez nous, que ceux d’ailleurs.

Ce journal est en effet destiné à nos élèves, mais

aussi à ceux d’autres écoles. Il n’est pas conçu pour les

seuls élèves. Les personnes adultes pourront aussi y

trouver leur part, parce que les sujets qui y sont débattus

ne concernent pas seulement la jeunesse. Les

moins jeunes pourraient par ailleurs y voir ce que leurs

enfants ou leurs petits frères et sœurs pensent sur tel

ou tel sujet, ou pourquoi pas, « retrouver leurs vieux

jeunes temps. »

Ce journal se veut être trimestriel. Il est écrit par les

élèves eux-mêmes accompagnés par certains enseignants

qui les encadrent, et qui peuvent aussi produire

occasionnellement des articles pour servir d’exemple.

Le tout est coordonné et édité par d’anciens journalistes.

« Jeunesse-Echo » ne prétend pas au professionnalisme

au premier abord. C’est en effet un « journal

d’élèves.» Ceci donc pour requérir votre indulgence

pour une quelconque tare professionnelle. L’objectif

est aussi en effet d’amener les élèves qui le veulent à

se professionnaliser petit à petit.

Pour le moment, le journal est financé par la Fondation

Stamm elle-même, avec l’appui de certains partenaires

pour les publicités. Une occasion donc pour

requérir le soutien des parents, et tous ceux qui sont

intéressés à la cause de la jeunesse, en lisant d’abord

le journal, mais aussi en l’achetant, pour eux, mais surtout

pour leurs enfants. La 2è édition prévue au mois

de juillet prochain sera en effet vendue, la présente

étant offerte gratuitement. Le prix ne sera pas exorbitant,

et tiendra compte sûrement du pouvoir d’achat

du citoyen burundais aujourd’hui.

Il ne nous reste plus alors qu’à vous souhaiter bon

voyage dans ce monde de la lecture, ou vous trouverez

un menu varié ; allant du sérieux au détendant.

Rendez-vous donc au mois du cinquantenaire de l’indépendance.

Verena Stamm

Représentante Légale de la Fondation Stamm

Contact :

Fondation Stamm

Ave Murembwe (Quartier Asiatique)

B.P. 2432

Bujumbura

Tel : 22 22 61 38

Email : info@fondation-stamm.org


Jeunesse-Écho - journal de l‘EPCM

Nature

9 Le guépard – de la tête aux

pattes, fait pour la vitesse

Environnement

12 Assainissement pour tout le

monde

Société

16 Quand les élèves « s‘aiment »

17 Des parents envoient leurs enfants

« dans la rue »

19 La dot : à adapter ou à supprimer

?

Cette édition a été réalisée grâce à l’équipe suivante :

La vie de l‘école

4 Carolus Magnus, une Ecole moderne,

dans une région pauvre

6 Deux experts allemands à l’EPCM

8 La première équipe de Rugby

dans la province de Bujumbura

(rural)

Divers

14 Tuzungumuze swahili

15 Let’s talk english

20 Humour et jeux

22 Lu pour v

23 Portrait : Yoya

Lambert Gahungu : coordination, rédaction, et relecture; Marco Eberlein : co-coordination, rédaction et mise en pages;

Inès Irambona : élève en 1ère pharmacie à l’EPCM; Inès Arakaza : 1ère pharmacie-EPCM; Renaud-Davy Tungabose : 2ème

pharmacie-EPCM; Clarisse Gahimbare : 9ème secondaire-EPCM; Ousmane Iconizigiye : 9ème secondaire-EPCM; Emmanuel

Nibiraba : 10ème secondaire-EPCM; Bénit Ininahazwe : 4ème pharmacie-EPCM; Michel Mbarushimana, enseignant

de français à l’EPCM; Juvénal Batungwanayo, enseignant d’anglais à l’EPCM; Jean Pierre Ndikuriyo, enseignant de français

et swahili à l’EPCM

Avec le financement de la Fondation Stamm appuyée par : Savonor, Mex , Bon Prix, et Pinnacle 19 hôtel.

Voulez vous aussi soutenir le journal par une publicité? Contactez nous au 22 22 61 38 ou écrivez-nous à

info@fondation-stamm.org

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4

Jeunesse-Écho - journal de l‘EPCM

L’Ecole Polyvalente Carolus Magnus (EPCM) de Kajaga est l’un des projets de la Fondation Stamm et se veut être

une solution à un problème de scolarisation dont souffre la population de cette partie de la commune Mutimbuzi

où elle se situe. C’est dans ce contexte qu’est né le journal « Jeunesse-Echo » Ci-dessous une notice sur cette école.

Par Michel Mbarushimana, enseignant de français à l’EPCM

Nous sommes sur la Route Nationale nº4, Chaussée

d’Uvira, à deux kilomètres de l’hôtel Club du Lac Tanganyika

vers Gatumba. Là, se situe l’EPCM constituée en

deux blocs en étages qui renferment les salles de classes,

l’administration, et le laboratoire pharmaceutique. A côté

de ces deux blocs, se trouve le Centre Médical Hippocrate

de Kajaga, un autre service offert par la Fondation Stamm à

la population de la région de cette région, une population

généralement pauvre. On est dans la Province de Bujumbura

(rural), une région qui a été pendant longtemps le

bastion des groupes armées.

Fière de son initiative, Madame Ndorimana Verena Marion

Stamm, fondatrice et représentante légale de la Fondation

Stamm, nous explique la raison de cette école dans une

telle région.

Selon elle, « cette école a été créée dans un contexte tout

à fait particulier pendant une période où la province de

Bujumbura rural était en proie à une guerre civile. Il était

difficile, voire impossible pour les jeunes de la région de

pouvoir fréquenter l’école, vu la rareté des écoles et les

distances à parcourir tous les jours pour aller à l’école. Il

y avait aussi le risque de tomber sur des groupes rebelles

capables de les enrôler de force dans leurs groupes ou de

leur faire subir d’autres traitements inhumains et dégradants

comme le viol pour les jeunes filles.»

L’EPCM, hier et aujourd’hui

C’est en 2006 que l’EPCM est née, d’abord avec le primaire

et le collège. En 2008, cette école a ouvert le second cycle

du secondaire, comprenant des sections techniques. La

Dans deux bâtiments, l’EPCM dénombre aujourd’hui 902 élèves. Dans l’avenir il est prévu de construire un troisième.

Photo Marco Eberlein

même année, l’Ecole accueillait les petits enfants de la maternelle.

A la fin du deuxième trimestre 2011-2012, l’EPCM dénombre

902 élèves répartis comme suit : 106 aux trois niveaux

de la maternelle, 468 dans les six classes du primaire,

140 aux quatre niveaux du collège (7è-10è), et 180 dans les


Jeunesse-Écho - journal de l‘EPCM

trois sections techniques (Pharmacie, Paramédicale, Hôtellerie

et Tourisme). La majorité sont de la région, mais il y en

a qui viennent aussi de loin, parfois du sud de la capitale.

Ils sont intéressés en effet par la discipline et la qualité de

la formation que l’école offrent, et les sections techniques

qu’on trouve rarement dans le pays. C’est notamment l’hôtellerie

et tourisme, mais surtout la pharmacie qui ne se

trouve nulle part ailleurs au secondaire dans tout le pays,

sinon qu’à l’EPCM. Les premiers diplômes A2 seront donc

délivrés aux premiers lauréats « Assistants en pharmacie »,

au cours de cet été 2012.

La formation est assurée par trois enseignantes à la maternelle,

15 au primaire, huit au collège, et 25 aux techniques

dont onze à temps plein et 14 vacataires. 51 enseignants

en tout.

Dans ses perspectives d’avenir, madame Verena Stamm,

pense construire un 3è bloc comprenant une bibliothèque,

une cantine, des bureaux, des classes supplémentaires, une

salle de théâtre, et une salle d’informatique. Elle projette

aussi ouvrir une 4 ème section technique, à savoir le « laboratoire

médical » pour quatre ans. « Des demandes sont aussi

en cours notamment pour les sections vétérinaire, Lettres

Modernes, et Scientifiques B », révèle madame Verena.

Pourquoi Carolus Magnus, et qui est-il ?

Verana Stamm, affirme avoir été inspirée par les réalisations

de cet empereur. En effet, « Charlemagne » – Carolus

Charlemagne rend visite aux écoliers. Ce tableau a été

réalisé au XIX siècle. Source : www.histoire-fr.com

Magnus- en latin, se serait illustré en matière de l’éducation,

et plus particulièrement l’éducation des jeunes filles

et des enfants issus des familles modestes.

La tradition fait de Charlemagne le père de l’enseignement

primaire. Le 28 janvier (la Saint Charlemagne) est la fête des

écoliers méritants. Mais en réalité, loin d’en être le fondateur,

il a donné à l’institution de l’école un nouveau souffle.

La IIIè République française voit en lui un ancêtre de l’école

gratuite et obligatoire.

Une anecdote 1

Un jour, « Charlemagne » décide d’inspecter l’école qui est

dans son palais. Il demande au maître de départager les

élèves appliqués des moins intelligents. Du côté des bons

élèves, on trouve les enfants des familles pauvres, et du

côté des mauvais élèves, ce sont les enfants des familles

riches. Se tournant avec bienveillance vers les enfants studieux,

à savoir ceux des familles pauvres, il les félicite et

leur assure que s’ils continuent dans cette voie vertueuse,

il leur confiera des charges dans son administration pour

les récompenser. Se tournant ensuite vers les jeunes « fils

à papa », il se met en colère et les prévient que s’ils continuent

sur les chemins de la paresse et de l’ignorance, ils

n’obtiendront rien de lui.

Quoique « Charlemagne » ne soit pas le fondateur de

l’école, les humanistes voient en cet empereur un promoteur

de la culture. Il reste un exemple vivant, quelqu’un à

imiter en matière de l’éducation pour tous.

Pour de plus amples informations ou pour d’éventuelles

inscriptions, contactez :

- M. Désire Ndayihereje pour le primaire

au 76 463 573 ;

- M. Joseph Bigirimana pour le collège

au 76 928 262 ;

- M. Néhémie Nduwimana pour les sections

techniques au 76 926 361.

1 On peut retrouver cette anecdote sur la page internet

www.lilinela.free.fr/charlemagne.html.fr

5


6

Jeunesse-Écho - journal de l‘EPCM

Ils sont venus animer un séminaire-atelier organisé à l’intention des élèves de la pharmacie et certains pro-

fesseurs. Quatre jours sanctionnés par des certificats.

Par Bénit Ininahazwe, 4 ème Pharmacie

« Les

Bonnes Pratiques de Fabrication » –des médicaments-

(BPF), tel est le thème de ce séminaire

qui a été organisé à l’Ecole Polyvalente Carolus Magnus

de Kajaga du 16 au 21 février courant. Le séminaire

était alors préparé à l’intention des élèves de la

3è et 4è pharmacie -29 en tout-, et sept enseignants

de la même école. Ce séminaire, organisé par l’Ecole,

était animé par deux consultants allemands : Dr. Hans

Peter Häufel, pharmacien, et Dr. Lutz Henning von

Storp, chimiste.

Après son mot d’ouverture, monsieur Hans Peter

Dr. Hans Peter Häufel donne des explications à un enseignant

de l’EPCM. Photo Marco Eberlein

a rappelé que « ce séminaire a été organisé dans le

but d’améliorer les connaissances acquises en classe

par rapport aux bonnes pratiques de fabrication des

médicaments. C’est en outre une occasion d’enrichir

perfectionner les professeurs en la matière », a-t-il

ajouté. Son collègue, Dr. Lutz, a alors scindé le grand

thème en quatre sous-points, à savoir : la gestion de la

qualité, la formation du personnel, la documentation,

et la qualification-validation. Le séminaire aura donc

porté sur ces quatre points.

Avant d’entrer dans le vif du sujet, Monsieur Lutz

a d’abord clarifié le thème principal. Selon lui, « les

Bonnes Pratiques de Fabrication (BPF) sont des règles

qui une fois appliquées, garantissent que les produits

fabriqués sont conformes aux normes de qualité préétablie

du produit.» En d’autres termes, elles garantissent

qu’au cours de la fabrication, il n’y a pas eu

contamination bactérienne (par bactérie) ou croisée

(deux produits différents qui se mélangent), ou bien

encore des erreurs dans les méthodes de travail.

Le trac mélangé à une curiosité du savoir se lisaient

sur les visages des élèves. En effet, le séminaire était

organisé en même temps en français et en anglais, le

document de travail étant en français. Cette peur ne

tardera cependant pas à être surmontée parce que

juste après la séance d’introduction, les élèves ont

commencé à poser des questions et à s’exprimer sans

gêne.

La matière proprement dîte

Le séminaire à proprement parler a donc débuté avec

l’exposé du Dr. Häufel sur le thème de la « gestion de

la qualité.» Il s’agissait d’évoquer tout le parcours du

médicament dès déjà sa fabrication jusqu’à ce qu’il

atteigne le malade. Ceci sous-entend donc la gestion

de la qualité d’un médicament pendant sa fabrication,

son transport, sa conservation, etc. « C’est ainsi

que les assistants pharmaceutiques, les pharmaciens


Jeunesse-Écho - journal de l‘EPCM

Les participants reçoivent leurs certificats des mains de

Dr. Lutz Henning von Storp, Verena Stamm, et Néhémie

Nduwimana, Directeur des sections techniques à l’EPCM

(de droite à gâuche). Photo Marco Eberlein

d’officines, les transporteurs, sont appelés à être de

bons gestionnaires de la qualité de médicaments », a

signifié M. Häufel.

Le point en rapport avec « la formation du personnel

», a été développé par Dr. von Storp. Il a expliqué

que « chaque position dans une industrie pharmaceutique

est importante, d’où la nécessité d’un personnel

qualifié et compétent. Les responsables d’une

industrie pharmaceutique doivent donc assurer une

formation permanente pour leurs employés », a-t-il

martelé. L’objectif de tout ceci étant d’aboutir à une

bonne qualité de médicaments.

Les 2è et 3è jours étaient consacrés aux notions de

« documentation » ainsi que la « qualification-validation.

» La documentation suppose que chaque opération

effectuée dans les salles de fabrication de médicaments

est guidé par un document officiel appelé

« Instruction du travail. »

La qualification-validation suppose la vérification de

la conformité des équipements et locaux aux normes

des BPF. Les BPF constituant un document de référence

mondiale qui régit la fabrication des médicaments.

Après la qualification, on valide les procédés

qui ont été utilisés dans la qualification.

Les conclusions

Le dernier jour de la formation à savoir le mardi 21

février 2012 a été caractérisé par une présentation en

plénière des travaux qui ont été effectués en groupes

la veille. C’est vers midi que les deux consultants ont

procédé au récapitulatif des notions apprises, avant

les discours officiels qui ont précédé la remise des certificats.

A la fin de la formation, tous les participants

ont reçu leurs certificats.

Satisfaction générale à l’endroit des participants, des

animateurs ainsi que des organisateurs du séminaire.

Vue des participants au séminaire avec leurs certificats.

Photo Marco Eberlein

7


L’équipe de rugby de l’EPCM. Photo privée

8

Jeunesse-Écho - journal de l‘EPCM

Cette équipe est celle de l’Ecole Polyvalente Carolus Magnus. Aujourd’hui, elle est parmi les meilleures

équipes de rugby des écoles secondaires au niveau national.

Par Ousmane Iconizigiye, 9 ème et Emmanuel Nibiraba, 10 ème

L ’équipe a commencé en 2010 sous l’initiative de monsieur

Hilaire Ndikumagenge, professeur d’éducation

physique et sportive (EPS) à la même école. Il avait alors

commencé à introduire les notions de rugby pendant

les cours d’EPS pour former au mois de janvier 2011 une

équipe de rugby représentant l’école. A la même année

scolaire (2010-2011), l’équipe commence déjà à participer

aux championnats interscolaires. Le premier match

l’oppose au Lycée Notre Dame de Rohero au mois de

février 2011. Le score est de neuf points à zero en faveur

de l’EPCM. Le second match oppose l’Ecole Technique de

Bubanza et l’EPCM. Celle-ci remportera toujours avec un

score de douze points contre zero de l’ETB. L’EPCM sera

toujours le gagnant du troisième match qui l’opposera à

l’Ecole Technique de Bubanza (ETB) avec un score de 15

points à zero. C’est ce match qui qualifiera l’EPCM pour la

demi-finale où elle rencontrera le Lycée Technique de la

Les jeunes joueurs en démonstration. Photo privée

Plaine. Le match sera remporté par cette dernière sur un

score de 15 points à 0 de l’EPCM, classant ainsi l’EPCM à la

3ème place. Notez que cinq points correspondent à un essai,

celui-ci étant l’équivalent d’un but en football. Les 15

points donnent ainsi trois essais, ou trois buts en football.

La finale opposera le Lycée Technique de la Plaine avec

le Lycée de Kayanza. Le premier l’emportera sur le deuxième,

gagnant ainsi la coupe interscolaire de rugby de

2010-2011.

Aujourd’hui l’équipe de rugby à l’EPCM progresse bien. M.

Ndikumagenge compte par ailleurs fonder un club qui ferait

partie de la Fédération Burundaise de Rugby. « Celleci

a d’ailleurs accepté d’enregistrer ce club à la deuxième

division à partir de la saison 2012-2013 », se réjouit ce professeur

d’EPS.

Selon Oscar Nduwimana, président de la Fédération

Burundaise de Rugby, « celle-ci a en effet commencé en

2001 avec quatre clubs, au moment où elle en compte

aujourd’hui douze. Six sont dans la ligue A (seniors), et les

six autres dans la ligue B (juniors). 23 écoles secondaires

possèdent aujourd’hui des clubs de rugby. »

Signalons que dans toute la province de Bujumbura (rural),

l’EPCM est la seule école qui a une équipe de rugby.


Jeunesse-Écho - journal de l‘EPCM

Il est considéré comme l’animal le plus vite sur terre. Mais pour avoir cette capacité, le guépard paie assez

cher : avec son allure svelte et fine, il n’est pas fait pour se battre, souvent même pas pour protéger ses petits.

Par Marco Eberlein

Si la nature est la mère de l’évolution, celle-ci a

fait du guépard un animal extraordinaire et bifonctionnel.

Le félin, qui atteint jusqu’à 1,50 mètre

de long et pèse en moyenne 43 kg, est très rapide,

mais il n’est pas très fort. Il a un grand nez, mais pas

une grande gueule. Il a de longues jambes, mais un

corps assez faible par rapport à d’autres carnassiers.

En effet, parmi ces derniers, le guépard, tacheté de

noir sur un fond beige, se caractérise par certaines

particularités.

La biométrie spécialisée du guépard, le qualifie d’animal

le plus vite sur terre. Avec

une vitesse de 110 km/h

sur les dis- tances courtes

(seulement 500 m), aucun

autre animal ne peut échapper

à ses pattes. Le guépard

court plus vite qu’un

cheval de

sprint

course. En

direct,

gazelle

qui est

l a

Grâce à sa peau noire sur fond beige, un guépard est difficilement

identifiable dans la savane par ses proies.

Photo : Schwarz Peter

son butin préféré, n’a pas une grande chance. Pour

atteindre une telle vitesse, son cœur bat jusqu’à 250

fois par minute et l’animal respire plus de deux fois

par seconde. Ses longues

jambes lui permettent

de sauter

jusqu’à huit mètres

en longueur. Pour

traverser (en courant)

un terrain de foot, qui

a environ 100 mètres

de longueur, le guépard

a besoin de trois

secondes à peu près.

Pouvez-vous faire la

comparaison avec

vous ?

Mais cette particularité

a son prix. Son corps

svelte et fin, et ses petites

dents ne lui

favorisent pas ses

combats. Même

pour défendre

son butin après la

chasse, ou pour

protéger ses petits,

le guépard n’est pas

assez fort. Il a des

Attention: encore petit, le guépard

peut être confondu à un chat!

Photo : R by Dieter www.pixelio.de

9


10

Jeunesse-Écho - journal de l‘EPCM

ennemis ? Vous demandez-vous peut-être. Puisque

il préfère des carnivores, essentiellement constitués

de mammifères de moins de 40 kg, tels que des gazelles,

impalas, springboks ou petits koudous comme

butins, il partage souvent son milieu de vie avec

d’autres prédateurs tels que des lions et des hyènes.

Au moment où le guépard est un solitaire, les lions

par exemple chassent en groupes. C’est pour cela que

le félin, tacheté de noir-beige, fait la chasse plutôt

pendant la journée. À cette heure-là, les autres prédateurs

du milieu se reposent, car ils chassent préférablement

pendant la nuit. Mais ce qui est pire qu’attraper

le guépard avec sa proie, c’est quand les lions ou

les hyènes trouvent ses petits. Les guépards vivant en

effet seuls, pendant la chasse, la mère est obligée de

laisser ses petits, caché dans un trou ou une auge.

La technique de chasse du guépard se distingue de

la chasse à l’affût adoptée par la plupart des grands

félins : pour attraper sa proie, il s’approche du troupeau

après avoir scruté le terrain depuis une branche

d’arbre ou le sommet d’une termitière. Une fois qu’il

a repéré un animal qui s’est éloigné de son groupe,

le guépard s’en approche patiemment à moins de 50

mètres. Il accélère alors subitement, durant quelques

secondes jusqu’à

atteindre son exceptionnelle

vitesse,

Face à une proie, un guépard peut aller jusqu’à 110 km/h.

Source : www.vondenhochelben.de/Gepard.htm.de

qui lui permet d’attraper des

animaux rapides. Le guépard

est un chasseur efficace,

bien que son

taux de réussite

varie fortement selon

le type

de proie,

l’expérience

et le

sexe du chasseur.

La chasse

aux faons de

gazelles est couronnée

de succès

dans 76 à 100 %

des cas selon

les études, tandis

que sur les

sujets adultes le

taux de réussite

descend de 37

à 53,5 %.

Ne pouvant pas trop se battre suite à

son physique plus ou moins faible, le

guépard tue sa proie par étouffement.

Source : www.natur-lexikon.com

Quand on le voit de près, on comprend

pourquoi le guépard est

un animal extraordinaire. Avec

son corps filigrane et svelte, il agit

doucement et avec vigilance, toujours

prêt à chasser. Malheureusement, son

prédateur le plus dangereux - l’homme - a

réussi à diminuer la population des guépards

jusqu’entre 10 000 et 15 000 au monde, la majorité

vivant en Afrique. Presque complètement disparus

en Asie, désormais la plupart habite en Namibie,

Botswana, Kenya et en Tanzanie.


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Jeunesse-Écho - journal de l‘EPCM

C’est grâce à un projet d’assainissement en faveur de cette commune lancé à l’occasion de la semaine de

l’eau. Celle-ci était organisée pour la première fois au Burundi du 17 au 22 mars courant.

Par Marco Eberlein

On est samedi, le 17 mars à 8 :40 heures, commune

Buyenzi, avenue de la santé vers le marché. Le ciel

est bleu, tout augure une bonne journée. Un camion

contenant un matériel d’assainissement arrive du bout

de l’Avenue. Une cinquantaine d’hommes et de femmes

attendent les officiels et le début des travaux. Le groupe,

dont la plupart portent un T-shirt blanc, sur lequel est

écrit: «Journée mondiale de l’eau 2012», attendait le

matériel de travail. Le camion leur décharge alors une

quarantaine de pelles et de fourches. Le Burundi aura

choisi de célébrer l’eau pendant toute une semaine, au

moment où elle est célébrée habituellement pendant

une journée : le 22 mars. Celle-ci était en effet instituée

par les Nations Unies en 1992.

Baltasar est un jeune homme de 24 ans, il est content de

donner son coup de main. Avec sa combinaison bleue,

le jeune homme prend une fourche à bèche et rejoint

les autres à côté de la grande rue. Petit à petit, malgré le

soleil qui commence à taper fort, les gens allongent la

rue et commencent à travailler. Il s’agit de déboucher les

égouts qui longent la rue, et petit à petit, l’avenue de la

santé se transforme en « avenue des déchets », mais pas

pour longtemps.

Avec à peu près 2000 participants, dont 600 invités plus

les députés et les jeunes de Buyenzi, l’objectif de cette

activité était surtout la sensibilisation de la population

à la protection de l’environnement. Mais pourquoi alors

toute une semaine? M. Albert Mbonerane, président de

l’ACVE (Action Ceinture Verte pour l’Environnement),

et initiateur de la semaine explique : « Nous voulons

prendre du temps pour sensibiliser Il y avait quelque

temps, on faisait seulement la déclaration de la journée,

Vue des participants qui débouchent un égout à l’avenue

de la santé. Photo Marco Eberlein

mais on a vu que les résultats ne sont pas suffisants. Mais

si on passe toute une semaine, on lance des messages,

et il y a quelque chose qui reste. » Lui aussi, avec d’autres


Jeunesse-Écho - journal de l‘EPCM

participants, tient un outil dans les mains et porte des

bottes. Déjà avec la première pelle, M. Albert retire une

grande montagne de saletés.

L’idée du projet d’assainissement de la commune Buyenzi

est assez simple : Sensibiliser la population à la cause

de l’environnement en ramassant les déchets dans toute

la commune. Et quand on regarde l’état sanitaire de la

commune, on peut dire que cela valait vraiment la peine.

Les égouts sont en effet jonchés de pièces métalliques,

déchets de jardin, des sacs en plastique, sans oublier

des ordures ménagères. Tout ça sera alors transféré à

la décharge publique de Buterere, « qui est malheureusement

en mauvais état, » regrette Albert Mbonerane.

Subsiste quand-même une question : le sort de cette

décharge et de la population environnante.

En longeant l’avenue de la santé, on comprend également

pourquoi cette commune a été choisie pour un tel

événement: dans un coin, devant deux immeubles, une

Le 1er vice-président de la République, Thérence

Sinunguruza, avait fait le déplacement pour soutenir

la population de Buyenzi. Photo Marco Eberlein

montagne de déchets pollue l’environnement. Il ne faut

pas un grand effort pour remarquer qu’avec la pluie;

des plastiques, des métaux usés, et bien d’autres saletés

s’acheminent des égouts vers le lac Tanganyika. Suite à

tout cela donc, cette commune a été choisie comme bénéficiaire

d’un projet d’assainissement exécuté conjointement

par l’ACVE et la Fondation Mwezi Gisabo sur

financement de la Brarudi. L’enveloppe prévue pour cela

Même de gros engins pour l’assainissement avaient été

prévus. Photo Marco Eberlein

va jusqu’à 50 000 000 Fbu.

Le lancement d’un tel projet aura prouvé ce dont une

population est capable de faire pour l’assainissement du

milieu de vie. C’est aussi une preuve qu’un travail fait en

communauté génère toujours de bons résultats, contrairement

à un travail isolé. Ce projet aura aussi permis une

chose : sensibiliser la population sur la protection de

l’environnement et nettoyer en même temps tout un

quartier.

13


14

Jeunesse-Écho - journal de l‘EPCM

Par Jean Pierre Ndikuriyo, enseignant de swahili à l’EPCM

Bahati anasoma darasa la pili. Anasoma katika shule

ya msingi ya bidii. Yeye huenda shule kila siku ya

jumatatu mpaka ijumaa. Yeye haendi shule siku za jumamosi

na jumapili. Hizi ni siku za mapumziko.

Shule ya akina Bahati ni ya wavulana na wasichana. Wanafunzi

wote huvaa sare nadhifu. Rangi ya sare ya wavulana

ni shati nyeupe na kaptura nyekundu. Sare ya wavulana

ni blauzi nyeupe na kaptura nyekundu. Sare ya

wasichana ni blauzi nyeupe na rinda jekundu. Wanafunzi

wote huvaa soksi nyeupe na viatu vyeusi.

Shule ya akina Bahati ina madarasa mengi. Ina ofisi ya

mwalimu mkuu. Kuna ofisi nyingini ya karani. Pia ina

chumba cha walimu. Ina vyoo vya wavulana na wasichana.

Kuna kiwanja cha mpira chenye goli. Maskauti

wa shule ya kina Bahati hufanya gwaride katika kiwanja

hicho.

Maneno magumu (Vocabulaires)

Shule ya msingi : école primaire

Siku za mapumziko : jours de repos

Wavulana : les garçons

Wasichana : les filles

Sare : uniforme

Madarasa : les classes

Ofisi : bureau

Mwalimu mkuu : préfet des études

Chumba cha walimu : salle des professeurs

Ofisi ya karani : secrétariat

Vyoo : les latrines

Kiwanja cha mpira : terrain de football


By Juvénal Batungwanayo, English teacher at EPCM

Kindergarten : maternelle

Jeunesse-Écho - journal de l‘EPCM

Most of the children in the world start first grade

when they are five, six, or seven years old. Many

children before first grade they must attend kindergarten

or nursery school classes. Probably, most of children

even their parents don’t know much who is the pioneer

of kindergarten.

The kindergarten program is designed to help each child

grow in independence, solve problems, develop skills,

and live comfortably with others. Children in kindergarten

are at play most of their day, but they are constantly

learning through their play. They learn to plan activities

to follow simple directions, and to adjust to school life.

Young children also learn from each other. They learn to

express their mind or ideas in speech, as well as in artistic

and musical activities. They learn to share ideas with

their friends and to take turns in using materials. They

learn to help others, and they grow in independence by

First grade : premier degré (après la maternelle)

Nursery school : crèche

Pioneer : promoteur

Hard words (mots difficiles)

To be at play : dans ce contexte, ça veut dire être

en train de jouer -

helping themselves. They develop physically through

healthy activity and through learning good health habits.

The aims and activities of nursery school are very much

like those of kindergarten but nursery school children

are younger and less independent. Classes must be

smaller and the parents must work more closely with the

teachers.

To learn : apprendre

To adjust to : s’ajuster à

To take turns in : se relayer

To grow : grandir (dans ce contexte)

To solve : résoudre

Skills : compétences

Health : santé

The EPCM Kindergarten.

Photo Marco Eberlein

Aim : objectif ou but

15


Ils appellent cela le « copinage. » La suite est une réflexion-sondage faite par deux élèves de l’Ecole Polyvalente

Carolus Magnus. Des jeunes et des moins jeunes expriment leurs vues par rapport à ce genre de

relations.

Par Inès IRAMBONA, 1ère pharmacie et Inès ARAKAZA, 1ère pharmacie

Comme partout ailleurs dans le monde, au Burundi

aussi les jeunes se fréquentent sous forme de « relations

amoureuses. » Ceci se passe aussi bien dans les

milieux scolaires que para-scolaires. Ils se disent qu’ils

s’aiment. Mais est-ce que ces jeunes voient de la même

manière le copinage en milieu scolaire ? Qu’en pensent

les parents ? Quels sont les avantages et les inconvénients

des fréquentations en milieu

scolaire ?

La plupart des jeunes disent

que c’est impossible de vivre

sans « un(e) petit(e) ami(e). »

Il y en a qui estiment cependant

que « ce ne sont que des

liaisons platoniques, c’est-àdire

des relations affectueuses

entre un garçon et une fille dans

lesquelles le sexe n’entre pas en

ligne de compte. »

Certains jeunes ont une vue positive,

d’autres ont une vue négative sur ce sujet.

Un jeune déclare sous anonymat : « Pour moi,

le copinage est une bonne chose. C’est une étape

très importante, car elle m’aide à me préparer à être

un bon père de famille. Les jeunes qui ne font pas les

fréquentations avec quelqu’un de l’autre sexe, je les

16

Jeunesse-Écho - journal de l‘EPCM

considère comme anormaux. Moi, je cherche au maximum

cinq filles pour que si une me déçoit, je reste avec

les autres. »

IRADUKUNDA Eunice de la 1ère Pharmacie à l’Ecole Polyvalente

Carolus Magnus déclare : « Pour moi, le copinage

en milieu scolaire, c’est une perte de temps. Par

exemple, il empêche l’évolution en classe. »

Jésus Marie, lui, est de la 1ère Pharmacie

à la même école. Selon lui, « le

copinage est un facteur d’échec

en classe. Il n’est que béguin,

et ne dure pas. Ce n’est qu’un

jeu de sentiments éphémères.

Les garçons peuvent

voler de l’argent pour gagner

la sympathie des filles, ce qui

fait partie des inconvénients. »

Le directeur de l’enseignement

technique à l’EPCM lui, rejette carrément

cette pratique. Pour lui, « le copinage

distrait les élèves et peut être à la base

de l’échec scolaire. Or, estime-t-il, quand un

élève échoue, il perd en même temps son temps,

son énergie, et l’argent qu’il a payé les études. »

Les parents aussi soutiennent que le copinage n’apporte

rien de bon, et ainsi le découragent. Une mère


Jeunesse-Écho - journal de l‘EPCM

qui requiert l’anonymat déclare: « Les fréquentations en

milieu scolaire n’aboutissent à rien. C’est du mensonge,

puisque les gens se fréquentent en vue de se marier. Estce

que les élèves vont-ils se marier étant encore sur le

banc de l’école ? » Se demande-t-elle avant de conclure :

« Non, ils déambulent pendant deux semaines et ils se

séparent. »

Bref, il faut faire attention avec une personne de sexe

différent, car en se fréquentant on peut aller trop loin

et cela cause beaucoup de problèmes. Par exemple, les

fréquentations peuvent mener à l’adultère ce qui engendre

des grossesses non désirées. Les filles, en étant

enceintes, peuvent penser à l’avortement. Il arrive aussi

qu’elles abandonnent leurs études. « Donc, il faut laisser

l’amour mûrir dans le silence du cœur pour bien se préparer

à la vie future », estime la dame sous anonymat.

Malgré des efforts consentis par les uns et les autres, le phénomène des enfants de la rue reste toujours

d’actualité. Certains parlent même des personnes de la rue, parce qu’aujourd’hui, des adultes y ont rejoint

aussi les enfants. Des fois, ceux-ci y sont envoyés même par leurs parents.

Par Ousmane ICONIZIGIYE, 9ème et Lambert Gahungu

Un samedi dans la matinée, dans une rue de Bujumbura,

à côté du marché central, des enfants portent

des haillons, et demandent de l’argent aux passants.

Le premier enfant qui nous parle s’appelle Alice Kwizera,

une jeune fille de 13 ans qui vit avec sa grand-mère, qui

n’a ni mère, ni père. Alice n’étudie pas parce que sa grandmère

n’a pas de moyens pour lui payer les études. Elle est

prête cependant à réintégrer l’école si elle avait les moyens

de payer ses études. Elle a alors arrêté en 3ème primaire.

Nadine Nshimirimana, elle, a 14 ans et habite la commune

Buterere, dans la périphérie nord de la capitale. Elle vit

avec sa mère, qui est cultivatrice. Nadine est en 3ème primaire,

mais elle ne se présente pas tous les jours à l’école

parce qu’elle n’a pas toujours à manger. Dans ce cas, sa

petite sœur Inès de neuf ans ne va pas non plus à l’école

où elle fréquente la 2ème primaire.

Claude Mpawenimana est un jeune garçon de 14 ans. Il

habite aussi Buterere et étudie en 4ème année primaire. Il

ne se présente pas tous les jours à l’école non plus, faute

de quoi manger. A ce moment, il va dans la rue pour chercher

de quoi se nourrir. « Cela dure six ans », nous révèle-t-

il. Pour rentrer à Buterere depuis le centre ville, il y va soit à

pied, soit à bord des camions qui amènent les ordures de

la capitale au dépotoir de Buterere.

Ils sont de plusieurs catégories d’âge, les enfants qu’on

trouve dans la rue. Photo Philipp Ziser

Espérance Nizigiyimana est une jeune femme qui a six

enfants. Nous la trouvons aussi « dans la rue », tout près

du marché central de Bujumbura. Elle a avec elle deux de

ses enfants, un est en train d’allaiter. Personne de ses en-

17


18

Jeunesse-Écho - journal de l‘EPCM

fants ne fréquente l’école faute de moyens. Elle est venue

à Bujumbura depuis sa terre natale Kirundo pour chercher

du travail et en a même trouvé à Kamenge comme technicienne

de surface. Alors, c’est à ce moment qu’elle rencontre

un homme qui lui fait les six enfants. Cet homme

avait cependant une autre femme mais Espérance ne le

savait pas. Il finira par abandonner Espérance et toute sa

progéniture pour retrouver sa première femme. N’ayant

pas de quoi payer le logement, Espérance finit dans la rue.

Tous ces cas illustrent à suffisance un problème social

qui reste réel dans le pays. Cela est dû notamment à la

pauvreté comme on le constate, mais aussi à « la dégradation

des mœurs et le délabrement du tissu familial »,

fait remarquer madame Verena Stamm, responsable de la

Fondation Stamm qui assiste notamment les enfants de la

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... toujours la qualité!

rue au Burundi. Remarquez que la plupart de nos sources

habitent à Buterere, la fameuse commune semi-urbaine

où toute la capitale jette ses ordures. Un quartier pauvre

donc ; nous allions dire une bidonville. La question qu’on

peut se poser est la politique gouvernementale face à une

situation qui affecte une partie non moins importante de

la population. Mais est-ce que ce problème peut être complètement

éradiqué ? Selon, madame Verena, « pour que

ce phénomène soit éradiqué, il faut lutter suffisamment

contre la pauvreté, et créer l’emploi. » Saluons en passant

les efforts qui ont été consentis dans ce sens, parce qu’on

peut constater en même temps que ce phénomène a diminué

au fur du temps. Mais est-ce que tous les efforts ont

été épuisés ?

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Jeunesse-Écho - journal de l‘EPCM

Après un petit sondage effectué auprès de certaines personnes, jeunes et moins jeunes de la capitale Bujumbura;

le constat est que la considération de la dot aujourd’hui est nuancée. Les idées sont assez diverses,

certains veulent la supprimer, d’autres veulent la garder.

Par Renaud-Davy TUNGABOSE, 2ème pharmacie et Clarisse GAHIMBARE, 9ème pharmacie

Pour la majorité des demoiselles et des dames, si l’in- Richard, un jeune homme de Nyakabiga de 22 ans, la dot

tention est de respecter l’honneur de la future mariée devrait être supprimée. A son avis, « celle-ci constitue une

et de sa famille, la dot devrait être gardée. Sandrine est une grave entrave au mariage, vu qu’elle peut même l’empê-

jeune fille de la vingtaine qui habite à Ngagara. Pour elle, cher. » C’est aussi l’avis de Calvin, 22 ans également, habi-

« quand la fille n’est pas dotée, sa belle famille risque de la tant Nyakabiga.

dénigrer, de la calomnier et de l’accabler de paroles bles- Les plus âgés du côté masculin ont une position plutôt

santes, ce qui n’arrangera pas la vie familiale de la fille. » En nuancée. Un monsieur de la soixantaine, qui ne se révèle

plus de cela, adjoint-elle, « la famille de la fille est honorée pas estime qu’ « on ne peut plus trop exiger de la part du

et félicitée pour l’éducation de la fille à travers la dot. » garçon compte tenu de la situation économique du pays.

Cet avis est partagé par une dame requérant l’anonymat » Pour lui, « le garçon devrait donner ce qu’il a en signe de

pour qui « la dot ne devrait pas être supprimée en aucun reconnaissance sans que sa belle famille ne soit stricte sur

cas. » Selon elle, « compte tenu de la situation économique une valeur fixe. Si la dot devrait interférer au mariage, je

du pays, la dot devrait plutôt être adaptée, car le Burundi n’hésiterai pas de la supprimer », lâche-t-il. Le même avis

d’antan n’est plus le même aujourd’hui du point de vue est partagé par Gervais, 46 ans. Celui-ci pense même que «

économique. La dot traditionnelle, plus honoreuse que si la dot est considérée comme remerciement, sa valeur ne

celle d’aujourd’hui, n’est donc plus possible. »

devrait pas être fixée rigoureusement par la famille de la

Le côté masculin a un autre point de vue. Les sujets inter- fille. Ce serait plutôt au garçon d’évaluer jusqu’où ce remerrogés

croient plutôt que la dot devrait être abolie. Selon ciement peut aller.»

Bien que la dot soit toujours ancrée

dans la culture burundaise, il semble

qu’elle ne soit à l’abri du temps et de

l’évolution. A partir de ce petit sondage

fait auprès des quelques personnes,

les futures générations risquent de

la supprimer ou tout simplement de

changer considérablement sa forme.

Le fait que la belle famille du garçon

exige une valeur fixe comme dot, la

fille risque d’être considérée comme

une marchandise, et cette situation

pourrait à la longue révolter les jeunes

futurs mariés. D’où alors, on pourrait

assister plus tard, soit à l’adaptation de

La dot, qui dans le temps était remise sous forme de vache, est aujourd’hui

la dot, soit à sa suppression tout court.

remise sous forme d’argent dan une petite corbeille. Photo Marco Eberlein

19


2 4 3

5 3 1

9 7 5

8 5 2

2 1

3 4 9

3 2 1 7

9

7 8 4

20

Jeunesse-Écho - journal de l‘EPCM

Le but du jeu est de remplir ces cases avec des chiffres allant de 1 à 9

en veillant toujours à ce qu’un même chiffre ne figure qu’une seule fois

par colonne, une seule fois par ligne, et une seule fois par carré de neuf

cases. Vous trouvez les réponses à la dernière page! Bonne chance.

Sudoku I Sudoku II

6 1 2 8

4 6 1

8 3 2

1 7 4

1 5 3

9 2 6

6 4 8

1 7 9

7 3 1

Cuisine cannibaliste

Le chef cannibale soulève

le couvercle de la marmite

de temps en temps, et

avec une énorme fourche,

il pique le mec qu‘il est en

train de cuire! - Mais enfin!

Lui dit un autre cannibale!

Foutez-lui au moins la

paix ! On le fout déjà au

court-bouillon, alors si

en plus on le torture...

- Quoi!? Mais tu ne

vois pas qu‘il est en train

d’bouffer tout le riz!

Deux canards

Deux canards sont

sur une rive, ils se

regardent. L’un dit:

„ Coin Coin !!“

L’autre dit: „ Ben

mince! J‘allais

dire la même chose!!“


Jeunesse-Écho - journal de l‘EPCM

Faites la mesure!

Commence par évaluer l’objet le plus grand sur les deux images.

Sur la première image, est-ce le carré en avant ou celui en arrière

qui est le plus grand ? Sur la deuxième image, est-ce l’homme

en avant ou celui en arrière qui est le plus grand ? Après, faites

la mesure des deux carrés et vous allez trouver qu’ils ont une

même taille, de même que pour les deux petits bonhommes !

Comment est-ce possible ? On peut penser que c’est une

illusion optique. En fait notre cerveau tient compte de tout

ce qu’il voit dans son environnement. A cause des lignes, les

images donnent une impression de tridimensionnalité (en trois

dimensions), n’est-ce-pas ? Le traitement de l‘image par le cerveau

croit que les objets s’amoindrissent au fur et à mesure que

la distance augmente. Mais en réalité, la taille reste la même.

Les belges en safari

Deux belges sont en safari en Afrique.

Soudain, un lion sort de la brousse et se

jette sur un des gars. Après une dure bataille

il réussit à se dégager de la bête et à

la faire fuir. Il rejoint alors son ami tout

ensanglanté et les vêtements en lambeaux.

- Espèce d’idiot, pourquoi

tu n’as pas tiré? Ce lion a failli me

tuer. - Mais tu m’as dit que c‘était

un fusil pour les éléphants...

Jeux de différences

Les deux images semblent pareilles, n’est-ce-pas? Pourtant ils se cachent sept différences entre eux. Essayez de

les trouver! La réponse se trouve à la dernière page. Bonne chance !

21


22

Jeunesse-Écho - journal de l‘EPCM

Par Lambert Gahungu

Un médecin est entré a l’hôpital en hâte après avoir

été appelé pour une chirurgie urgente. Il a répondu

à l’appel, a changé dès que possible ses vêtements

et est allé directement au bloc de chirurgie. Là, il trouve

le père du garçon qui fait des vas-et-vient dans le hall.

En voyant le médecin arriver, le papa hurla : « Pourquoi

avez-vous pris tout ce temps pour venir ? Vous ne savez

pas que la vie de mon fils est en danger ? Vous n’avez

pas le sens de responsabilité ? »

Le médecin sourit et dit : « Je suis désolé, je n’étais pas

dans l’hôpital et je suis venu le plus rapidement possible

après avoir reçu l’appel… Et maintenant, je souhaite

que vous vous calmiez pour que je puisse faire

mon travail. »

« Me calmer? Et si c’était votre fils vous calmeriez-vous ?

Si votre propre fils meurt maintenant que ferez-vous ? »

Dit le père avec colère.

Le médecin sourit encore et répondit : « Je dirai... De

la poussière nous sommes venus et époussetés, nous

retournerons, béni soit le Nom de Dieu. Les médecins

ne peuvent pas prolonger des vies. Allez et intercédez

pour votre fils, nous ferons de notre mieux par la grâce

de Dieu. »

« Donner conseil quand nous ne sommes pas concernés

c’est si facile, » murmura le père.

La chirurgie a pris quelques heures après lesquelles le

médecin sorti heureux, « Merci Dieu ! Votre fils est épargné.

Si vous avez n’importe quelle question, demandez

à l’infirmière ! »

« Pourquoi est-il si arrogant ? Il ne pouvait pas attendre

quelques minutes pour que je me renseigne sur l’état

de mon fils ? » A commenté le père en voyant l’infirmière

après que le médecin soit parti.

L’infirmière répondit, les larmes descendant son visage:

« Son fils est mort hier dans un accident de route, il

était a l’enterrement quand nous l’avons appelé pour la

chirurgie de votre fils. Et maintenant qu’il a épargné la

vie de votre fils, il est parti en courant pour finir l’enterrement

de son fils. »

Ne JAMAIS JUGER PERSONNE parce que vous ne savez

pas ce qu’elle traverse en ce moment.

Source : www. rumeursdabidjan.net


Jeunesse-Écho - journal de l‘EPCM

Issa Jamal Yoya est un jeune musicien qui évolue au Burundi. Quoi qu’étudiant, il compte à son actif 14 chansons

en quatre ans. Nous vous proposons un bref aperçu sur sa personne.

Par Lambert Gahungu

De sang arabe, Yoya est burundais, de mère rwandaise

et de père métis. L’heureux enfant vit le jour à Muyin-

chanson : « Muramumbwirira » (dites-lui de ma part!).

Depuis ce moment, il ne cessera pas de produire chaque

ga, au nord du Burundi, le 12 avril 1988. D’une famille année, jusqu’à maintenant. En 2006, il est entré dans l’or-

musulmane de 6 enfants, Yoya est le 4è, et est aujourd’hui chestre « Troubadour band », dirigé par le fameux arabe

orphelin de père. C’est dans sa province natale qu’il fera sa Msheng, un Dj d’antan, très connu dans le monde musical

scolarité jusqu’en 9è ; pour faire le tronc commun ensuite burundais. Beaucoup de musiciens du pays seraient passés

à Kirundo, la province voisine. Il finira ses humanités tech- en effet par son orchestre.

niques à l’ITELETIQUE de Bujumbura, option « Informa- Yoya chante un peu de tout : la vie politico-sociale du pays,

tique de télécommunication ». Aujourd’hui, il est étudiant et l’amour bien sûr comme la majorité de ses collègues bu-

en sciences de la communication à l’Université Lumière de rundais. Il le fait dans tous les rythmes sauf le rap. Tout ça,

Bujumbura où il fait la 2è licence. En 10è, il est déjà papa, à ses propres frais. Il vient de gagner son premier prix au

un fils qui a six ans aujourd’hui. « Je l’aime bien mon fils mois de février de cette année, dans le cadre la compétition

David », reconnaît-il. Il reste tout de même célibataire et ne musicale organisée chaque année par la radio Isanganiro :

sait pas quand il se marie.

le prix « Isanganiro Award. » Il avait alors chanté contre la

Sa carrière musicale

corruption, dans son dernier titre : « Wiyumva gute ? (comment

te sens-tu ? (quand tu te fais corrompre))» Yoya est

C’est en 2003 qu’il fait son entrée dans d’ailleurs invité pour se produire en Hollande et Belgique

le monde de la musique. Il a alors au mois de juillet prochain.

15 ans. A ce moment, il interprète Ce jeune chanteur pense que la musique burundaise se

les chansons des autres, juste par cherche encore, du moment que « de nouveaux artistes

amusement comme d’autres ado- naissent, alors que ni le gouvernement, ni la population

lescents qui s’intéressent burundaise ne s’intéressent pas encore assez à la musique

à la musique. « Petit à locale. » Il a quand même espoir qu’un jour les burundais

petit, j’ai pris goût vont découvrir qu’au Burundi il y a de chanteurs talen-

à cet art, et j’ai

décidé de m’y

tueux, qui ont besoin d’être soutenus.

profession- Les 13 chansons chantées par Yoya

naliser , révèle-t-il.

Ce

sera seulement

après

5 ans qu’il

va sortir sa

première

1. Muramumbwirira

2. Umpoye iki ?

3. Diana

4. Congolese girl

5. Birababaza

6. Igisuma

7. Pamela

8. Ubutigu

9. Mpaka lini

10. Ikigabo

11. Warahemutse

12. Unayo iona mbaya

13. Wiyumva gute

Yoya sur scène en janvier 2012. Photo privée

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Jeunesse-Écho - journal de l‘EPCM

Sudoku I Sudoku II

1 2 7 6 5 4 3 9 8

4 5 6 9 8 3 1 2 7

9 8 3 1 2 7 5 6 4

8 6 1 5 4 9 7 3 2

5 7 9 2 3 6 4 8 1

2 3 4 8 7 1 6 5 9

3 9 2 4 1 5 8 7 6

6 4 5 7 9 8 2 1 3

7 1 8 3 6 2 9 4 5

6 1 2 9 8 3 4 5 7

3 7 5 4 6 2 9 8 1

9 4 8 1 5 7 3 6 2

2 8 6 5 3 9 1 7 4

1 5 3 7 4 8 6 2 9

4 9 7 2 1 6 5 3 8

5 2 9 6 7 4 8 1 3

8 6 4 3 2 1 7 9 5

7 3 1 8 9 5 2 4 6

L’équipe de rédaction du journal. Photo Marco Eberlein Les élèves de la pharmacie dans une séance de pratique

au laboratoire de l’EPCM. Photo Philipp Ziser

Des écoliers qui rentent. Photo Marco Eberlein Les élèves dans la pause. Photo Philipp Ziser

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