Mise en page FINAL.indd - EPFL

archivesma.epfl.ch

Mise en page FINAL.indd - EPFL

HABITER LA DENSITÉ :

Le quartier de la Maladière à Neuchâtel

Gaël Maradan

Enoncé théorique de Master 2007-2008

Directeur pédagogique : Bruno Marchand

Professeur : Christian Gilot

Maître EPFL : Marco Svimbersky

Expert : Bernard Delefortrie

1


TABLE DES MATIERES :

1. INTRODUCTION page 5

2. LA VILLE DENSE : UNE OPTION FACE A L’ÉTALEMENT URBAIN page 7

3. LA VILLE, LES DENSITÉS ET LE LOGEMENT page 19

Perception de la ville page 19

Densités et principes de densifi cation page 33

Une question de mesure page 43

Habiter en ville page 47

De la ville au logement, les espaces intermédiaires page 51

Le logement en Suisse page 55

Quelle typologie pour quel mode de vie ? page 57

Exemples de logements page 63

Une morphologie/typologie idéale de la densité ? page 83

4. LE SITE page 85

Le canton de Neuchâtel page 85

Développement de la ville de Neuchâtel page 91

Transformations récentes en ville de Neuchâtel page 99

Analyse cartographique page 107

Densités neuchâteloises page 125

5. CONCLUSIONS page 139

Esquisses projectuelles page 141

6. BIBLIOGRAPHIE page 146

7. TABLE DES ILLUSTRATIONS page 152

3


1. INTRODUCTION

La problématique du logement collectif en milieu urbain constitue un thème

d’actualité pour les architectes. Bien que de nombreux logements de qualité aient

été construits au cours des dernières années, notamment dans les grandes villes

suisses, le pays doit faire face à une demande forte pour ce type de biens. Nombres

de communes doivent aujourd’hui chercher une solution au problème de la pénurie

de logements. Le mitage du territoire – notamment la construction diffuse de villas

individuelles – est un spectacle inquiétant. Les périphéries s’étendent rapidement et

s’organisent de façon irréfl échie, ce qui est affl igeant quand on sait que les villes-centres

possèdent souvent de grandes ressources inexplorées – par exemple des terrains

en friche bien situés – et qu’elle ne connaissent, en général, qu’un développement

faible. Ces réfl exions interpellent actuellement de nombreux professionnels. Il me

paraissait donc intéressant de traiter le sujet du logement collectif en y intégrant la

problématique de la densité. Car l’homme est aujourd’hui confronté à des problèmes

environnementaux importants, auxquels il va devoir faire face. Une des solutions

qui s’offrent à l’architecte, sera par exemple la densifi cation des villes, dans le but

de préserver des territoires non bâtis et de remédier aux problèmes de circulation

automobile. Des logements urbains de qualité sauraient probablement remplacer les

villas tant recherchées.

Trois raisons principales m’ont conduit au choix du quartier neuchâtelois de la

Maladière comme site de projet. Premièrement, bien que de nombreux appartements

aient été construits récemment à Neuchâtel, la ville souffre toujours d’une pénurie de

logements. Deuxièmement, le quartier de la Maladière est en constante mutation et

constitue l’un des pôles de développement de la ville. Plusieurs éléments importants y

ont été construits au cours des dernières années. Il propose toutefois un site laissé en

friche qu’il est possible de densifi er davantage. Troisièmement, il est le quartier dans

lequel je suis né et ai grandi. Je le pratique depuis toujours ; il m’est donc familier.

Dans ce travail, je me propose d’aborder la question de l’habitat en milieu urbain,

tout en parlant de la densité qui représente une solution pour pallier la dissolution

des villes. Je commencerai par aborder l’étalement urbain et les problèmes qu’il

engendre. Je ferai état de la situation actuelle puis parlerai de la question de densité

urbaine (seront abordés les concepts de densité sensible, densité mesurée). Viendra

ensuite le problème du logement, qui sera illustré à travers les exemples de différents

bâtiments construits, pour la plupart en Suisse, au cours des dernières années. Pour

fi nir, je présenterai la ville de Neuchâtel, en particulier le quartier de la Maladière, et

analyserai le site de projet, en exposant des idées qui sauront m’être utile par la suite

pour développer le travail.

5


6

1 : Une Suisse des métropoles :

Regroupement de la population suisse dans les

seules métropoles au détriment des régions périphériques.

De plus, une concurrence s’installe

entre métropoles.

- Extension de l’urbanisation +15 %

- Forte croissance de la mobilité

2 : Une Suisse de la dispersion et de l’éclatement-déclin

urbain :

Les centres s’affaiblissent sans renforcer les régions

périphériques. Chacun veut travailler pour

soi, sans développement coordonné, ce qui entraîne

une dispersion.

- Forte urbanisation +20 %

- Développement du trafi c individuel

3 : Une Suisse urbaine polycentrique :

La croissance se fait dans les villes en complémentarité

des espaces ruraux. Les villes se spécialisent

dans un domaine, mais ne proposent

plus tous les services. Maillage fi n du réseau

urbain

- Faible extension de l’urbanisation +9 %

- Forte mobilité grâce aux transports publics performants

4 : Une Suisse des régions :

Suppression des cantons au profi t des régions,

qui possèdent chacune leurs spécifi cités.

- Extension de l’urbanisation +11 %

- Faible croissance de la mobilité

Fig. 1 : Ce schéma illustre les quatre scénarios pour une Suisse de 2030 envisagés par le rapport

sur le développement territorial de 2005.


2. LA VILLE DENSE : UNE OPTION FACE À L’ÉTALEMENT URBAIN

Ce chapitre veut aborder et fi xer la problématique du travail en traitant de la

thématique de l’étalement urbain. Il veut aussi présenter les idées qui émanent de

toutes parts, afi n de freiner le développement et la dispersion des zones bâties. Une

solution souvent mise en avant consiste à proposer la ville dense afi n de freiner

l’étalement des agglomérations. Cette question de la densité et de la densifi cation

des villes est à l’ordre du jour et concerne un grand nombre d’acteurs, ce qui rend sa

défi nition et son application diffi cile.

Les problèmes majeurs qu’engendre l’étalement urbain sont, entre autres : le

gaspillage du territoire et du paysage par l’utilisation inappropriée du sol, l’intensifi cation

du trafi c individuel entre les différents lieux de travail, de loisirs et d’habitation ainsi

qu’une hausse des coûts dans le domaine des infrastructures. Qu’ils soient politiques,

économiques ou écologiques, ces problèmes se posent dans différents secteurs et

concernent plusieurs acteurs du développement territorial. Pour trouver des solutions,

la réfl exion doit donc être globale.

L’étalement urbain n’épargne pas la Suisse ; c’est pourquoi la politique actuelle

de la Confédération a pour but de favoriser les liens au sein des agglomérations.

Elle encourage également le développement et l’aménagement d’un point de vue

régional ainsi que la mise en réseau entre les différentes régions du pays. Elle veut

apporter une réponse globale à l’étalement des surfaces bâties par des interventions

maîtrisées et par le développement de transports publics, moins polluants en regard

des transports individuels. Un rapport sur le développement territorial de la Suisse 1

propose quatre scénarios pour notre pays d’ici 2030 ; chacun d’eux met en évidence

son infl uence sur l’urbanisation et l’étalement urbain ainsi que sur l’accroissement de

la mobilité. De ces quatre scénarios est ressorti un projet conducteur pour le pays

qui regroupe les meilleures solutions de chacune des propositions afi n que chaque

région puisse espérer un développement cohérent et trouve son rôle à jouer au sein

du pays. La notion de politique d’agglomération sera abordée plus spécifi quement à

travers l’exemple du canton de Neuchâtel et illustrée par le projet du réseau urbain

neuchâtelois (RUN).

En Suisse, c’est la région du plateau qui est la plus touchée par l’urbanisation

diffuse. Sa géographie permet une mobilité facilitée par rapport aux Alpes ou au Jura,

régions périphériques, possédant de moins bons raccords au réseau national et

connaissant un plus faible développement. Il faut pourtant mentionner les problèmes

liés aux stations de montagne, véritables villes en altitude, qui connaissent une

urbanisation souvent anarchique et qui restent vides une grande partie de l’année.

Dans notre pays, un mètre carré de territoire est construit par seconde bien que la

population n’augmente que faiblement. Les surfaces utilisées et urbanisées explosent.

Cela est notamment dû à l’augmentation de la mobilité, qui incite à la construction

de nouvelles voies de déplacement, mais aussi et surtout à l’accession de plus en

plus massive de la population à des surfaces de logements plus grandes, ainsi qu’à

la diminution du nombre de personnes par ménage. Les villas individuelles sont en

grande partie responsables du problème, car souvent implantées hors des villes et mal

reliées aux réseaux de transport, elles favorisent la construction de nouveaux accès.

Elles sont par ailleurs elles-mêmes grandes consommatrices de surface. Si l’on se

1 Offi ce fédéral du développement territorial, Rapport 2005 sur le développement

territorial, 2005, Berne

7


8

Fig. 2 : Un projet pour une Suisse dynamique et solidaire. Il se veut une synthèse des 4 scénarios

précédents. Il présente cinq zones métropolitaines : Bâle, Berne, Léman, Zurich, Tessin et

propose les mesures suivantes:

- Il faut tenter de contrecarrer le scénario «Une Suisse des métropoles» et son développement

territorial déséquilibré. Cette évolution repose sur trois métropoles très dynamiques qui monopolisent

la quasi totalité de la vitalité du pays.

- Les retombées négatives du scénario «Dispersion et éclatement» doivent être combattues,

car elles pourraient conduire à un développement urbain très coûteux et néfaste pour toutes les

régions du pays.

- Dans la vision de réseau interurbain du scénario «Une Suisse urbaine polycentrique», une dynamique

positive des villes permet d’assurer un développement durable.

- Comme dans le scénario «Une Suisse des régions», il faut éviter que les régions périphériques

soient abandonnées à leur sort. Cela suppose un renforcement de la solidarité entre ville et campagne,

de même qu’entre cantons.

Fig. 3 : Croissance des surfaces bâties entre 1979/1885 et 1992/1997


penche sur l’enquête de l’Offi ce fédéral de la statistique 1 concernant la croissance des

surfaces bâties entre 1979/1985 et 1992/1997, on remarque que les villas individuelles

représentent 30 % des nouvelles surfaces bâties et les transports 23 %, alors que les

immeubles de logements collectifs ne représentent que 14 %. Cela illustre clairement

que l’habitat connaît un développement en périphérie des villes ou à la campagne, au

détriment des surfaces agricoles, et que la réfl exion sur le logement en centre urbain

n’est que peu développée.

Ce type d’urbanisation s’opère et s’intensifi e depuis les années 1970. A l’époque,

la différenciation entre ville et campagne pouvait encore être perçue de manière claire.

Or, elle s’efface aujourd’hui dans l’étalement désordonné et généralisé des villes. Les

centres historiques sont toujours reconnaissables par leur densité spécifi que, mais

l’étalement sous forme de zones autour de ces centres ne permet plus une lecture

claire de la ville, qui perd, par son éclatement, son caractère propre. Le territoire

s’uniformise. Dans les années 1960, en Suisse, la moitié de la population vivait en

agglomération. Ce taux est passé aujourd’hui à 70 %. De plus, 82 % des places de

travail se trouvent en zone fortement urbanisée.

L’approche politique et administrative actuelle de l’organisation territoriale favorise

un développement par zones distinctes (commerciales, résidentielles, industrielles,

de loisirs) et ne favorise pas la mixité des activités, ce qui infl ue grandement sur la

mobilité. Le schéma « travail au centre ville - habitat en périphérie » tend à disparaître

au profi t d’un développement des villes par secteurs de types distincts. Cela implique

un croisement des fl ux et des pendulaires entre les différents quartiers des villes,

ainsi que des diffi cultés dans la gestion des transports en commun. Cependant, ce

développement anarchique n’a pas lieu uniquement dans le pourtour des villes et

des agglomérations. En effet, il touche aussi fortement la campagne, dans laquelle

se bâtissent la grande majorité des nouvelles habitations, ce qui lui fait perdre son

caractère au profi t d’une extension de la zone urbanisée diffuse et d’une unifi cation

d’un paysage périurbain.

Vincent Fouchier 2 aborde la notion de la densité dans la perspective du

développement durable. Il fait mention du rapport de la Communauté économique

européenne datant de 1990, le livre vert 3 , qui propose certains principes à mettre en

œuvre pour stopper l’étalement désordonné des villes européennes :

- « remplacer le zonage par une utilisation multifonctionnelle du sol ce

qui implique le développement des quartiers introduisant une mixité de

programmes plutôt que des îlots monoprogrammatiques ;

- défendre le patrimoine bâti contre le style international, mais éviter l’imitation

de l’ancien. La volonté de reproduire les bâtiments du passé, qui ne sont

plus adaptés à nos modes de vie, n’est pas justifi able. Il faut conserver et

transformer ces témoins du passé en les respectant et éviter de les remplacer

à tout prix par du moderne ;

1 Offi ce fédérale de la statistique (OFS), statistique de la superfi cie, Neuchâtel.

2 Fouchier Vincent, Les densités urbaines et le développement durable, le cas de

l’Ile-de-France et des villes nouvelle, Editions du SGVN, décembre 1997.

3 Commission des communautés européennes, Livre vert sur l’environnement urbain,

Luxembourg, CEE, 1990.

9


10

Fig. 4 : Le village des Geneveys-sur-Coffrane, dans le Val-de-Ruz. Le noyau villageois est encore

visible en haut de l’image. Les quartiers neufs se sont développés par zones différenciées.

Fig. 5 : La commune de Corcelles-Cormondrèche, à l’ouest de Neuchâtel, connaît un développement

rapide. Les coteaux de vignes bien exposés font place aux villas individuelles.


- éviter de résoudre les problèmes de la ville en étendant les périphéries : la

ville peut tout d’abord se transformer sur elle-même et utiliser les multiples

possibilités offertes en son sein sans se répandre inutilement dans les

espaces qui l’entourent. »

Vincent Fouchier a en outre abordé la question de la densité sous l’angle du

développement durable après la publication, en 1989, d’une étude australienne 1

qui illustre que plus la densité des villes est importante, moins la consommation en

carburant est élevée. La proximité des activités proposée par les villes denses favorise

l’utilisation des transports collectifs et les déplacements piétons. Les transports

individuels sont en partie abandonnés. Cette étude classe différentes villes du monde

selon leur densité, puis compare leur taux de pollution dû aux véhicules. Les villes

d’Europe sont, en moyenne, trois à quatre fois plus denses et les villes d’Asie jusqu’à

dix fois plus denses que les villes américaines. Ces dernières connaissent de grands

problèmes liés au trafi c individuel, car leur sectorisation ne permet pas un déplacement

piétonnier et les transports publics y sont peu développés.

La réfl exion sur la densité ne doit pas porter uniquement sur les villes, mais

sur tout le territoire. Les noyaux bâtis existants, quelle que soit leur taille, doivent

être considérés. Ce mode d’action est tout aussi important dans les villages, dont

les centres étaient précisément défi nis, et qui possédaient une organisation claire et

cohérente vis-à-vis du territoire, mais qui se retrouvent aujourd’hui noyés dans un

développement anarchique dû, en partie, au zonage. L’habitat dense, même dans les

campagnes, favorise la consommation locale, le lien social et le commerce de proximité,

alors que les zones résidentielles de type villas, détachées du noyau villageois,

favorisent l’utilisation d’un véhicule privé afi n d’accéder facilement aux services. Ce

type d’organisation ne permet en rien aux habitants de former une collectivité soudée

et de garder les villages vivants.

Dans une publication de l’année 1991, intitulée « Contribution de la Confédération

et des cantons à une utilisation mesurée du sol 2 », les problèmes relatifs à l’étalement

urbain et à la consommation à outrance de notre territoire sont déjà évoqués. Plus de

15 ans après, les mesures proposées pour pallier cet étalement urbain ont toujours

de la peine à s’imposer. Bien que de nombreux professionnels soient sensibles au

problème, une réelle prise de conscience générale n’a pas vu le jour. Alors que la

solution de la densifi cation et la critique de la politique d’aménagement des communes,

qui ne peuvent plus faire face seules au développement urbain et dont les représentants

politiques sont peu sensibilisés au problème, étaient déjà d’actualité à l’époque, la

poursuite d’une urbanisation anarchique, sous forme de zones, est toujours de mise

aujourd’hui, bien que des efforts aient été entrepris sur certains points. Toutefois,

sans l’application de contraintes ou sans volontés fortes, il sera diffi cile de résoudre le

problème et il faudra s’attendre à son amplifi cation. Les projets de fusion de communes

dans les agglomérations sont une des solutions pour un développement cohérent de

ces mêmes agglomérations. Cependant, elles sont malheureusement souvent rejetées

par la population.

1 Newman Peter et Kenworthy Jeffrey, Cities and automobile dependance : an

international sourcebook, Aldershot, Gower, 1989.

2 Gugger Markus et Strittmatter Pierre, Contribution de la Confédération et des cantons

à une utilisation mesurée du sol, rapport thématique du Programme «Sol» du Fonds

National de la recherche, 1991, Liebefeld-Berne.

11


12

Fig. 6 : Reconversion de l’ancienne fi che ferroviaire de Neuchâtel. En avant plan, les logements

du bureau Devanthéry & Lamunière. Derrière, l’Offi ce fédéral de la statistique. Dans le fond,

les nouveaux logements du bureau Bauart et, en construction, le conservatoire et les hautes

écoles.

Fig. 7 et 8 : Transformation du quartier de Saint-Alban à Bâle. Les anciennes constructions ont

été conservées et transformées, et de nouveaux bâtiments ont été construits.

Fig. 9 et 10 : Les anciennes usines Thorens de Sainte-Croix abritent dorénavant des logements

de types divers, ce qui confère une certaine mixité au quartier.


Il faut pourtant mentionner certaines mesures prises. Une publication de

l’Association suisse pour l’aménagement national 1 propose une classifi cation des

densifi cations en trois catégories distinctes : réutilisation d’anciens terrains centraux

abandonnés, agrandissement de bâtiments existants et changement d’affectation de

bâtiments vides. Ces propositions ont déjà trouvé, au cours des dernières années, des

échos dans diverses réalisations exemplaires:

- la réutilisation d’anciens terrains centraux abandonnés :

On peut citer en exemple les anciennes zones de grande industrie qui ont délocalisé

leurs activités ou ont fermé, et dont la grandeur des installations - par exemple des

grandes halles - ne permet pas une réutilisation. En Suisse, un nombre important de

friches ferroviaires sont disponibles et attendent une transformation. Certaines ont

déjà subit une mutation. On peut citer en exemple la reconversion des anciennes

usines Sulzer à Winterthur, de ZüriWest ou la transformation de la friche ferroviaire

de Neuchâtel, trois sites qui ont fait place à des quartiers mixtes dédiés au logement,

à l’enseignement et au commerce. Cette réutilisation peut aussi s’appliquer en centre

ville. A Genève, par exemple, un îlot du quartier des Pâquis à été réaménagé 2 . Il

comprend des logements, une école et une bibliothèque. Il est un exemple de forte

densité en ville et propose un programme mixte.

- l’agrandissement de bâtiments existants :

Il faudrait favoriser l’utilisation de surfaces tel que caves, combles et cours

intérieures d’immeubles. Ces densifi cations peuvent se faire par rehaussement,

épaississement ou remplissage. Un exemple intéressant de la densifi cation par

agrandissement se trouve à Bâle. Il est quelque peu surprenant, car il ne concerne

pas une seule construction, mais un quartier entier. Il s’agit du quartier de Saint-

Alban, ancien lieu dévoué à la petite industrie au fi l de l’eau. Le quartier artisanal a été

transformé en quartier mixte (logements, ateliers et bureaux) par la conservation et la

transformation des bâtiments existants et par l’adjonction de nouvelles constructions.

- le changement d’affectation de bâtiments vides :

Les transformations de petites usines ou de locaux ruraux dont l’utilisation n’est

plus assurée permettent de conserver le patrimoine bâti tout en le réaménageant, afi n

qu ‘il convienne aux exigences et aux besoins de notre temps. Les exemples sont

nombreux. Il faut citer le travail de Philippe Gueissaz, qui a transformé de nombreux

bâtiments, dont d’anciennes usines à Sainte-Croix, ce qui a permis de créer un quartier

de logements mixtes accueillant des familles, des étudiants et des personnes âgées.

Ces exemples illustrent qu’une prise de conscience a eu lieu. Elle ne doit pourtant

pas se faire uniquement dans le domaine des professionnels de l’espace. La population

doit aussi être sensibilisée. L’initiative pour le paysage 3 peut aider à cette prise de

conscience. Elle demande l’arrêt de l’extension des zones à bâtir pour concentrer

les constructions sur les territoires déjà disponibles. Cette interdiction peut paraître

quelque peu extrême, mais elle forcerait probablement à une réfl exion plus profonde

1 Blumer Jacques, Pour une utilisation rationnelle du sol : Quelques bons exemples de

construction, ASPAN, 1997, Berne.

2 Aménagement des Pâquis Genève-Centre par Jean-Jacques Oberson, Genève.

3 Initiative populaire fédérale « De l’espace pour l’homme et la nature (Initiative pour le

paysage). »

13


14

La ville en devenir :

La ville morcelée en passe de devenir

réalité si aucun changement n’est

engagé dans la façon de gérer son

développement. Des zones diversifi

ées s’installent sans planifi cation

dans les périphéries. Elles ne possèdent

pas de liaisons entre elles. Ces

différents secteurs ne sont accessibles

que grâce à la voiture.

La ville utopique :

La ville se développe le long d’axes

de transports collectifs et se densifi e

sur les gares, tout en ménageant des

espaces verts entre les lieux bâtis.

Des bras partent du centre ville et

les nouvelles constructions ont lieu le

long de ces bras.

La ville réaliste :

Fig. 11 : Les trois visions imaginées par David Mangin pour le futur des villes

Elle se situe entre les deux propositions

précédentes. Elle freine le

développement anarchique illustré

dans le premier exemple par l’application

des principes illustrés dans le

deuxième exemple.


sur une manière rationnelle d’aménager notre territoire et forcerait à la réutilisation de

terrains délaissés plutôt qu’à la colonisation de nouveaux espaces.

Le récent ouvrage, Un pays vu du ciel : le canton de Neuchâtel 1 , propose une lecture

de ce canton par une importante série de photographies aériennes qui permettent

de prendre conscience de l’urbanisation rapide du territoire. Le livre est préfacé par

Pierre Alain Rumeley, l’actuel directeur de l’Offi ce fédéral du développement territorial

et l’ancien chef de l’aménagement du territoire du canton de Neuchâtel. Il met en

garde contre la dérive du développement anarchique de l’urbain et des transports :

« L’ouvrage invite à la poursuite d’un aménagement du territoire rationnel et cohérent

si l’on veut préserver ces qualités territoriales remarquables […] il convient d’éviter la

poursuite du mitage du territoire et de réorienter le développement de l’urbanisation

vers l’intérieur par l’utilisation prioritaire des secteurs déjà construits ».

Dans La ville franchisée 2 , David Mangin opère un constat de la situation urbaine. Il

explique son étalement et de sa sectorisation, due en à une nouvelle forme d’utilisation

des espaces de consommation (commerces et loisirs) et d’habitat (lotissements

résidentiels). Il attribue en partie la faute à l’exportation du modèle américain vers

l’Europe et propose trois scénarios pour un développement futur et cohérent des cités

européennes.

Le premier expose une ville en devenir. C’est la situation à laquelle nous serons

confrontés si aucune mesure n’est prise pour la réorganiser et pour freiner son

étalement. Mitage du territoire par la construction de logements individuels ( villa ),

séparations sociales des populations par classe résidentielle, pleins pouvoirs des

transports individuels, implantation anarchique des infrastructures et muséifi cation des

centres anciens, souvenirs d’une ville disparue.

Le deuxième scénario se veut utopique et demande la densifi cation des parties de

la ville déjà bâties, un rapprochement des activités habitat-travail-loisir, une politique

des transports publics forte, une priorité aux cyclistes et aux piétons, une réduction

des clivages programmatiques par la suppression des zones au profi t de la mixité,

ainsi qu’une densifi cation de la ville sur les nœuds de transports urbains telles les

gares ferroviaires.

Le troisième et dernier scénario se veut réaliste. Il est une synthèse des deux

scénarios précédents. David Mangin le défi nit comme suit : « [...] Cela dit, trois grands

chantiers peuvent être structurés ici : privilégier l’urbanisme de tracés plutôt que

l’urbanisme de secteurs ; la ville passante plutôt qu’une juxtaposition d’environnements

sécurisés ; la ville métisse plutôt que la ville homogène. En d’autres termes, il s’agit

de repenser les tracés à l’échelle territoriale, les densités en terme de densifi cation, et

l’hétérogénéité en terme d’hétérogenèse. » 3

Il convient de défi nir ce que David Mangin entend par les termes de tracés, de

densité et d’hétérogénéité.

1 Bettinelli Ennio, Jelmini Jean-Pierre, Un pays vu du ciel : le canton de Neuchâtel,

Presses du belvédère, 2007, Sainte-Croix

2 Mangin David, La ville franchisée, formes et structures de la ville contemporaine,

Editions de la Vilette, 2004, Paris

3 Mangin David, La ville franchisée, formes et structures de la ville contemporaine,

Editions de la Vilette, 2004, Paris, page 321

15


16

Fig. 12 : La première fi gure illustre le principe d’implantation des constructions au centre de la

parcelle, qui permet diffi cilement un agrandissement. La seconde illustre la solution proposée par

David Mangin, qui permettrait une densifi cation facilitée.

Fig. 13 : Illustration de l’implantation des nouveaux quartiers d’habitation dans différents pays, ce

qui montre que le problème de l’étalement urbain est général.


Lorsqu’il propose de favoriser une urbanisation de tracés par rapport a une

urbanisation de secteurs, il entend appliquer cette urbanisation à toutes les échelles

du territoire. Pour cela, il faut porter son attention sur la façon de s’approprier le sol.

Une telle urbanisation favoriserait le déplacement par des tracés cohérents globaux

en évitant ainsi la ghettoïsation de certains quartiers et une sectorisation par types

d’activités.

Le concept de densité tel que le conçoit David Mangin précise que la notion de temps

dans le processus de densifi cation de la ville est importante. Dans le renouvellement

permanent du tissu des villes du passé, cette notion de temps était la règle, mais

elle est aujourd’hui freinée par les règlements qui ne laissent que peu de liberté aux

propriétaires. Il est en effet diffi cile de procéder à l’agrandissement d’un bâtiment privé

pour satisfaire à de nouveaux besoins. Il porte sa réfl exion sur les aménagements

de parcelles qui privilégient les implantations centrales des constructions, dans

les quartiers de villas plus qu’ailleurs, ce qui crée, en cas d’agrandissement de la

construction, une agression pour le voisin. Une implantation du bâtiment en bordure

de parcelle permettrait une densifi cation sur la profondeur et la hauteur sans qu’une

gêne soit créée pour les parcelles attenantes.

Il défi nit aussi l’hétérogénéité de la ville comme une somme de parties différentes,

d’échelles différentes, le tout en constante mutation. Il dénonce donc la ville homogène

et préconise la diversité d’un point de vue visuel, fonctionnel et social afi n que la ville

offre des mixités multiples.

Après ces considérations générales qui émanent d’horizons divers et défi nissent

l’état actuel de la situation, il va falloir aborder la question de la ville et de ce qui la

caractérise. Il faudra aussi aborder la densité comme un outil susceptible de pallier

l’étalement urbain, un outil capable de restructurer la ville du piéton. Pour ce faire, il

va falloir défi nir plus précisément le terme de densité, apparemment simple, mais qui

cache toutes sortes de considérations insoupçonnées.

17


18

« Ce matin là, vers la fi n de janvier, l’abbé Pierre Froment, qui avait une messe à dire au

Sacré-Cœur de Montmartre, se trouvait dès huit heure sur la butte, devant la basilique.

Et, avant d’entrer, un instant il regarda Paris, dont la mer immense se déroulait à ses pieds.

C’était, après deux mois de froid terrible, de neige et de glace, un Paris noyé sous un dégel morne

et frissonnant. Du vaste ciel couleur de plomb, tombait le deuil d’une brume épaisse. Tout l’est de

la ville, les quartiers de misère et de travail, semblaient submergés dans des fumées roussâtres,

où l’on devinait le souffl e des chantiers et des usines ; tandis que, vers l’ouest, vers les quartiers

de richesse et de jouissance, la débâcle du brouillard s’éclairait, n’était plus qu’un voile fi n, immobile

de vapeur. On devinait à peine la ligne ronde de l’horizon, le champ sans borne des maisons

apparaissait tel un chaos de pierres, semé de marres stagnantes, qui emplissaient les creux d’une

buée pale, et sur lesquelles se détachaient les crêtes des édifi ces et des rues hautes, d’un noir de

suie. Un Paris de mystère, voilé de nuées, comme enseveli sous la cendre de quelques désastres,

disparu à demi déjà dans la souffrance et dans la honte de ce que son immensité cachait ».

Emile Zola, Paris

« A Eudoxie, qui s’étend vers le haut et le bas, avec des ruelles tortueuses, des escaliers, des

passages, des masures, on conserve un tapis dans lequel tu peux contempler la véritable forme

de la ville. A première vue, rien ne parait moins ressembler à Eudoxie que le dessin du tapis, fait

de fi gures symétriques qui répètent leurs motifs le long des lignes droites ou circulaires, tressé

à coup d’aiguilles en couleurs éclatantes, dont tu peux suivre la trame alternée tout le long de

l’ouvrage. Mais si tu t’arrêtes pour observer attentivement, tu te persuade qu’à chaque point du

tapis correspond un point de la ville et que tout ce que contient la ville est compris dans le dessin,

les choses étant placées selon leurs rapports véritables, lesquels échappent à ton œil distrait par

le va-et-vient, le grouillement, la cohue. Toute la confusion d’Eudoxie, le braiment des mulets,

les taches de noir de fumée, l’odeur de poisson, c’est ce qui t’apparaît dans la vision partielle

que tu en retiens ; mais le tapis démontre qu’il existe un point à partir duquel la ville laisse voir

ses proportions véritables, le schéma géométrique implicite à chacun de ses moindres détails ».

Italo Calvino, Les villes invisibles

« Une ville : de la pierre, du béton, de l’asphalte. Des inconnus, des monuments, des institutions.

Mégalopoles. Villes tentaculaires. Artères. Foules. Fourmilières? Qu’est ce que le coeur d’une

ville? L’âme d’une ville? Pourquoi dit-on qu’une ville est belle ou qu’une ville est laide? Qu’y a-t-il

de beau et qu’y a-t-il de laid dans une ville? Comment connaît-on une ville? Comment connaîton

sa ville? Méthode: il faudrait, ou bien renoncer à parler de la ville, à parler sur la ville, ou

bien s’obliger à en parler le plus simplement du monde, en parler évidemment, familièrement.

Chasser toute idée préconçue. Cesser de penser en termes tout préparés, oublier ce qu’ont dit

les urbanistes et les sociologues. Il y a quelque chose d’effrayant dans l’idée même de la ville ;

on a l’impression que l’on ne pourra que s’accrocher à des images tragiques ou désespérées :

Metropolis, l’univers minéral, le monde pétrifi é, que l’on ne pourra qu’accumuler sans trêve des

questions sans réponses. Nous ne pourrons jamais expliquer ou justifi er la ville. La ville est là.

Elle est notre espace et nous n’en avons pas d’autre. Nous sommes nés dans des villes. Nous

avons grandi dans des villes. C’est dans des villes que nous respirons. Quand nous prenons le

train, c’est pour aller d’une ville à une autre ville. Il n’y a rien d’inhumain dans une ville, sinon

notre propre humanité ».

Georges Perec, Espèce d’espaces

« Habiter une ville, c’est y tisser par ses allées et venues journalières un lacis de parcours très

généralement articulés autours de quelques axes directeurs Si on laisse de côté les déplacements

liés au rythme du travail, les mouvements d’aller et de retour qui mènent de la périphérie

au centre, puis du centre à la périphérie, il est clair que le fi l d’Ariane, idéalement déroulé derrière

lui par le vrai citadin, prend dans ses circonvolutions le caractère d’un pelotonnement irrégulier.

Tout un complexe central de rues et de places s’y trouve pris dans un réseau d’allées et venues

aux mailles serrées ; les pérégrinations excentriques, les pointes poussées hors de ce périmètre

familièrement hanté sont relativement peu fréquentes. Il n’existe nulle coïncidence entre le plan

d’une ville dont nous consultons le dépliant et l’image mentale qui surgit en nous, à l’appel de son

nom, du sédiment déposé dans la mémoire par nos vagabondages quotidiens ».

Julien Gracq, La forme d’une ville


3. LA VILLE, LES DENSITÉS ET LE LOGEMENT

Ce chapitre veut aborder la densité - terme applicable à de nombreux domaine -

dans le contexte spécifi que des villes et du logement collectif. En donner une défi nition

est un exercice diffi cile et périlleux. Comme ce chapitre l’expliquera, il existe une

multitude de défi nitions possibles. La densité n’est, d’une part, pas ressentie de

manière identique par tous et, d’autre part, la quantifi cation est différente selon le

territoire auquel on l’applique, ce qui rend sa défi nition d’autant plus ardue. Il faut

tout de même mettre en avant le fait qu’il est possible de distinguer deux approches

de la notion. La première fait appel aux sentiments, aux sensations et à la perception

propres à l’individu ainsi qu’à son expérience de l’espace et la seconde ne s’intéresse

qu’à des notions quantitatives, utilisées principalement par les administrations et les

règlements. Cette double approche sera reprise dans les chapitres suivants, mais

une priorité sera donnée à la question de la perception. Il faudra notamment se poser

les questions suivantes : quels sont les facteurs qui, pour une même densité effective,

font varier la densité perçue ? Quelle est la part de perception personnelle ? Existe-t-il

une densité idéale ? Quelle infl uence la densité peut-elle avoir sur la population et la

perception de la ville ? Les règlements peuvent-ils aider à la conception du projet et à

la détermination d’une forme urbaine ?

Perception de la ville

La problématique de la densité apparaît lorsque la question de la perception de

la ville est abordée. En effet, avec l’éclatement des villes et la dissolution du tissu,

la densité, qui a toujours caractérisé la ville jusqu’au XIX e siècle, a disparu et rend

aujourd’hui la perception particulièrement diffi cile pour ceux qui pratiquent l’espace

urbain. Depuis la révolution industrielle, la ville est passée d’un lieu circonscrit,

permettant la déambulation, les parcours et les rencontres, à une logique de fl ux, qui

ont progressivement pris la place des lieux. Tout d’abord, l’intensifi cation et la facilité

des échanges et des déplacements a induit un éloignement des activités. L’accélération

des échanges et la diminution du temps disponible a prétérité la fréquentation des lieux.

L’expérience de la ville a progressivement disparu, en même temps qu’elle s’est étalée

et que ses spécifi cités se sont dissociées les unes des autres. Ces changements ne

permettent plus aucune proximité entre les activités et les utilisateurs. Les notions de

parcours et de rencontre se trouvent limitées par cette organisation, ce qui n’est pas

sans poser certains problèmes d’ordre social. La pratique de la ville par ses utilisateurs

a changé. Elle ne correspond plus aux caractères décrits ci-dessus. Le centre ville est

devenu un lieu de souvenir de la ville disparue. Il ne sert plus que de témoin d’un mode

de fonctionnement qui s’est perdu dans une ville des réseaux et des fl ux. La culture

urbaine a besoin de proximité et de discontinuité pour son essor. La notion de la ville

perçue par son utilisateur tend à s’effacer au profi t de la ville générique ou d’un urbain

généralisé qui fait perdre à l’homme toute idée de ce qu’est la ville de proximité.

Il convient donc d’aborder, dans cette partie du travail, la perception de l’urbain et

des densités à travers différents auteurs, architectes ou urbanistes, qui ont porté leurs

regards sur la ville et qui ont mis en avant les éléments, les formes, les lieux et les

sensations qui font la ville ainsi que ceux qui la défont.

19


20

Fig. 14 : Les cinq éléments qui favorisent la lisibilité des paysages urbains selon Kevin Lynch. La

ville est identifi ée par des éléments qui se combinent pour former une image globale et lisible.


La perception de la ville, de ses qualités et de ses défauts, a été largement

illustrée dans la littérature et a hanté bon nombre d’auteurs. Au XIX e siècle, lorsque les

mutations, principalement dues à l’industrialisation, se sont mises en marche, ceuxci

percevaient le changement rapide de leur lieu de vie. Certains se sont attaché à

regretter la ville du passé ; d’autres ont décrit l’ambiance caractéristique de la ville de

l’époque par différents tableaux de vie, comme Baudelaire dans les spleen parisiens ;

d’autres encore se sont intéressés à la ville industrielle et à ses conditions de vie,

comme Zola. Parmi les auteurs du XX e siècle, on peut citer Italo Calvino, qui, dans

les villes invisibles, tout en ne décrivant aucune ville connue, pousse à une réfl exion

sur toutes les villes. Julien Gracq, qui décrit la ville de Nantes, sa ville, ou de Georges

Perec, qui, dans Espèce d’espace observe le monde qui nous entoure en considérant

des lieux allant de la chambre à l’univers tout entier, avec notamment des passages

concernant l’appartement, le quartier et la ville. Ces exemples permettent d’illustrer

que la ville n’est pas uniquement l’oeuvre des architectes et des urbanistes, mais

que chacun peut en avoir une approche différente. Les visions de la ville réveillent en

chacun de nous des sensations diverses.

Kevin Lynch, dans l’image de la cité 1 traite de l’apparence de la ville, de sa

perception et des expériences qu’elle propose à ses utilisateurs ainsi que de la manière

dont ces derniers en retranscrivent l’image. Il parle d’analyse visuelle de la ville. Pour

lui, plus qu’un spectateur, l’homme est un acteur de l’espace urbain. Il s’y déplace, y

agit, y pense, y rêve tout en l’observant. Son point de vue peut changer au fi l du temps.

Il s’est attaché à analyser la représentation mentale que se font les utilisateurs de la

ville qu’ils fréquentent. Lynch fait part de quelques considérations sur l’image de notre

environnement. Dans son étude, il a tenté de défi nir la lisibilité du paysage urbain et

les éléments qui peuvent y contribuer. Il en a retenu cinq : les voies, les limites, les

quartiers, les nœuds, les points de repère. D’après lui, tous les sens concourent à

la perception de l’entourage. Couleurs, formes, mouvements, lumières, odeur, son,

toucher sont autant de facteurs pouvant infl uencer la perception. La surprise doit faire

partie du parcours de la ville, mais ne doit pas être synonyme de perte des repères. Il

cite les villes médiévales, qui permettent la surprise, mais dont le plan général reste

compréhensible. Il défi ni aussi le terme de l’imagibilité : « c’est, pour un objet physique,

la qualité grâce à laquelle il a de grandes chances de provoquer une forte image chez

n’importe quel utilisateur ». Les villes devraient posséder un fort degré d’imagibilité,

afi n de pouvoir être lues et comprises par tous leurs utilisateurs. La ville présenterait

une structure identifi able, composée d’éléments distincts (les cinq éléments cités plus

haut) mais reconnaissables.

Par la notion du parcours et de la pratique de l’espace urbain, il est possible de

revenir à la notion de densité, un facteur qui facilite les parcours des individus dans

la ville, qu’ils soient décidés ou non. Ils permettent une expérimentation des espaces

de la ville. Julien Gracq a décrit la ville dense comme un lieu favorisant les parcours.

Ces derniers permettent de se créer notre propre expérience de la ville. Il fait aussi

ressortir que la ville n’est pas faite de monuments singuliers, mais que c’est le tissu

qui la structure (Ce qui sera illustré plus loin par la ville de Berne). Contrairement à

la tendance actuelle qui fait des villes un musée en plein air, Gracq nous les décrit

comme une succession de passages et de seuils permettant des expériences diverses

et dans lesquels tous les corps individuels se rencontrent. La profusion et la densité

des bruits, des odeurs, ainsi que l’intensité ou l’absence de lumière constituent une

certaine perception de la ville.

1 Lynch Kevin, L’image de la cité, Dunod, 1999, Paris

21


22

Fig. 15 et 16 : Densités diverses

Fig. 17 et 18 : Densité meurtrière au XIX e siècle et aujourd’hui

Fig. 19 : Densité sociale à Tokyo, diverses activités se réunissent en un même lieu.


La ville actuelle, diffuse, étalée, ne propose donc plus une expérience de la ville,

ou plutôt ne propose plus la même expérience de la ville qu’auparavant. Les relations

physiques de l’être humain avec son environnement et ses semblables ne peuvent plus

avoir lieu de la même manière que par le passé. La dissolution de la ville fait perdre

une certaine perception de l’urbain qui pourrait être retrouvée par la redensifi cation

des villes. Cela pose problème, car la densité souffre souvent d’une mauvaise image.

Elle est en général défi nie par certains des termes suivants : proximité, pénombre,

étouffement, concentration, verticalité, surdensité, compacité, surpeuplement ou

encore surpopulation, mais ne correspond en général pas à la densité réelle du lieu

évoqué. Les méthodes de planifi cation et de construction, le mode d’aménagement

des espaces extérieurs et leur présence ou absence, la relation entre l’appartement

privé et l’extérieur semi-public et public ainsi que la mixité des programmes jouent un

rôle extrêmement important dans la perception, bonne ou mauvaise, de la densité. Le

sentiment de densité se mesure aussi à la fréquence et à l’intensité des expériences

vécues et à la densité de population du quartier ou de l’immeuble. La densité perçue

d’un lieu peut être infl uencée par divers facteurs qu’il est possible de rassembler dans

trois groupes distincts : la population, la mixité et la typologie du bâti.

- La population :

Elle peut jouer un rôle prépondérant dans la perception de la densité. Il est possible

de citer deux types de densité qu’une population peut engendrer.

Un premier courant de pensée constate la proximité humaine dans certains lieux,

comme par exemple dans les villes du XIX e siècle, au sein de quartiers extrêmement

denses et souvent surpeuplés. Ces conditions n’offrent pas un cadre de vie idéal

pour les populations et tendent plutôt à rendre la vie impossible. Les proximités,

l’entassement et la misère sociale favorisent donc les frictions entre les occupants

ainsi que le désordre social. L’exemple actuel pourrait être celui des cités françaises

délaissées. Cette vision de la densité sociale a été défi nie comme « Théorie implicite

de la densité meurtrière » 1 .

Selon le second courant de pensée, le mode de vie que propose une densité

à la fois humaine et urbaine est l’élément déclencheur d’une vie sociale plus riche

favorisant la création de nouveaux liens entre les différents acteurs de la vie citadine

et ses populations diverses. Il est fait mention dans ce cas de « Théorie implicite de la

densité sociale ».

La vision de la densité peut changer selon le groupe social auquel appartient

un individu. Par exemple, le degré d’inaccessibilité à la maison individuelle pour des

populations à faible revenu, la situation du quartier par rapport au centre et aux activités

proposées, la typologie de l’appartement et la morphologie du bâti, l’environnement

physique et social, et la position sociale du ménage jouent un rôle non négligeable

dans cette perception.

Il est donc intéressant de relever que, suivant le statut social d’un individu, les

critères qui péjorent la notion de densité ne sont pas identiques. Par exemple, un jeune

couple urbain profi tera d’un logement en zone dense et proche des centres d’activités,

alors qu’une famille désirant à tout prix une villa individuelle, mais ne possédant pas

le moyen d’accéder à la propriété ressentira ce mode de vie en appartement comme

1 Amphoux Pascal, La densité urbaine, du programme au projet, ENAC, EPFL, 2001,

page 13

23


24

Fig. 20 : La ville passante et la ville sectorisée

selon David Mangin. La première favorise

les parcours piétons, les rencontres et

les échanges alors que la seconde oblige

pratiquement à utiliser un véhicule. La ville

sectorisée classe la population selon des

critères discutables et favorise la notion de

méfi ance envers ceux qui ne partagent pas

le secteur dans lequel se situe son logement.

Fig. 21 : De la mixité grossière à la mixité fi ne dans un morceau de ville. La mixité se joue à

diverses échelles.

Fig. 22 : De la mixité grossière à la mixité fi ne dans le bâtiment. Elle permet une diversité des

occupants et des appropriations variées.


imposé. Autre exemple : un habitant de New York ne trouvera pas la ville de Paris très

dense alors qu’elle le sera pour un provincial.

Les quartiers des centres villes souffrent d’un double problème : d’une part, les

logements y sont chers et en majorité loués par des personnes à haut revenu ou par

des entreprises. D’autre part, ils peuvent être insalubres; dans ce cas, des personnes

dont les moyens fi nanciers sont limités y logent dans des conditions exécrables. Il est

donc diffi cile de trouver des logements salubres, bon marchés et accessibles à tous.

Il faut donc réussir à retenir ou à attirer un type de population qui serait susceptible

de quitter la ville pour des espaces périphériques en proposant une qualité de vie

comparable à celle recherchée en périphérie, tout en offrant un plus du point de vue

des proximités et des services. Cela peut être obtenu par la construction de logements

de types divers, permettant l’accueil de populations variées : familles, personnes

âgées, immigrés, étudiants. Point important, la mixité ne doit pas être imposée, car

elle pose, dans ce cas, de nombreux problèmes. Elle doit être choisie par les habitants

lorsqu’ils emménagent.

- La mixité :

C’est dans cette optique que la mixité au sein même de la ville paraît importante.

Une trop grande division des différentes couches composantes de la population n’est

pas souhaitable. Elle favorise la stigmatisation des minorités et peut générer des

réactions de peur, voire de rejet de la différence. L’exemple extrême s’illustre par les

ghettos des villes américaines face aux communautés surprotégées situées dans les

banlieues et possédant leur propre système de sécurité. On assiste dans ce cas à un

véritable partage de la société. En Europe, la situation n’en est pas là, mais un certain

partage de la population est perceptible entre les personnes réussissant à accéder à

la propriété et les autres.

La mixité ne s’illustre pas uniquement par un mélange des populations. La

diversité des activités joue aussi un rôle important. Les zones monofonctionnelles,

tels les quartiers de villas, ne proposent aucune activité externe à la cellule privée

de l’habitat. Une étude de l’Atelier parisien d’urbanisme 1 montre que du point de vue

psychologique, la densité est bien vécue lorsqu’elle est synonyme d’animation et de

mixité aussi bien programmatique qu’humaine. On peut alors parler, à cette échelle,

de production d’urbanité. Les quartiers vivants, proposant de multiples activités et

des services divers, qui permettent à la population de faciliter les échanges sociaux,

paraissent toujours moins denses que ceux dans lesquels l’habitat est le seul

programme développé, sans que des lieux permettant le lien social soient planifi és, ce

qui est notamment le cas des grands ensembles, indépendamment de la densité réelle

du quartier. De plus, des transports de qualité vers les centres, les infrastructures

culturelles et de loisirs importants permettent eux aussi d’apprécier la densité. La

densité des activités permet une densité des expériences vécues pour un individu et

il ne peut trouver cela qu’en pratiquant la ville mixte. Pour se le prouver, il suffi t de se

représenter la richesse du parcours en centre ville opposable à la pauvreté de celui du

pavillonnaire.

1 Bordas-Astudillo Florence, Quelle forme urbaine pour quelle densité vécue, note de 4

pages, Atelier parisien d’urbanisme (APUR), n°10, juin 2003.

25


26

Fig. 23 : Les cinq quartiers analysés

par Vincent Fouchier afi n de défi nir

le lien entre densité réelle et densité

vécue.

Fig. 24 : Vincent Fouchier avance

aussi la théorie de la densité végétale.

Celle-ci jouerait un rôle dans

la perception de la densité d’un

quartier. Elle peut atténuer l’effet

massif de certains bâtiments. L’effet

d’écran peut être obtenu par la plantation

d’arbres.


La question des cités françaises illustre le problème. Certains quartiers ne

proposent que peu d’activités à une population qui se retrouve placée en marge du

reste de la société, ce qui engendre de nombreux problèmes. Aucune place de travail

n’est disponible au sein même de la cité et les lieux de rencontre sont inexistants.

Les problèmes de la structuration du territoire sous forme de zones infl uent dans

la répartition des couches de la société au sein des agglomérations. Alors que les

périphéries qui semblent plus agréables à vivre s’étendent et accueillent des couches

de la population plutôt aisées voulant profi ter des avantages de la ville et d’une bonne

qualité de vie, les centres se paupérisent et assument la prise en charge de franges

de la population de plus en plus défavorisées. Cela implique, pour les communes

centrales, qui supportent déjà le coût des infrastructures, une surcharge dans le

domaine de l’aide sociale et une fi scalité parfois diffi cile.

- La typologie du bâti :

C’est de loin le point le plus important pour l’architecte car il peut, par le choix

des formes, des typologies et des principes de distribution, infl uencer la sensation de

densité que produira la réalisation sur les habitants.

Il faut rappeler que notre idée de la densité des formes bâties est souvent erronée

et que le XX e siècle a contribué à brouiller les pistes. Pour comprendre le retour à

la ville dense qui s’opère aujourd’hui, il faut faire un saut dans le temps afi n de citer

quelques exemples de densités passées et que tout un chacun peut se représenter.

La plupart des villes médiévales sont, pour un européen, le type même de la densité.

Certaines études ont montré que le Paris remodelé du baron Haussman au XIX e siècle

est plus dense que le Paris médiéval. La densité de la ville médiévale, bien que réelle,

est surtout une densité perçue. Le même exercice peut être entrepris avec les grands

ensembles des banlieues qui sont souvent synonymes d’oppression et de densité

alors qu’ils sont en réalité très peu denses.

Vincent Fouchier s’est attaché à analyser cinq quartiers de types différents afi n de

pouvoir opposer leur densité sensible à leur densité réelle. Il a pris en considération

les cinq modèles suivants :

- quartiers parisiens

- grands ensembles

- opération d’habitat individuel groupé

- lotissements pavillonnaires

- quartiers résidentiels de Hong-Kong

Il ressort de cette analyse que les densités perçues ne correspondent pas à la

densité réelle du bâti. Il doit donc exister certains facteurs, certains principes, qui

rendent les bâtiments visuellement denses. Il faut tenter de les cerner.

A travers le modèle de la cité du Moyen-Âge, certains principes sont déjà

défi nissables. Ils seront traités plus précisément dans le chapitre exposant des

modèles de densité et de densifi cation.

27


28

Fig. 25 : Pour une densité égale, la forme urbaine

et l’occupation du bâti au sol peuvent

fortement varier.

Fig. 26 : Implantation d’un même bâtiment

dans trois situations différentes. Ces situations

confèrent une densité différente à la construction,

ce qui illustre que l’environnement est

tout aussi important que le bâti lui-même.


La question de la complexité de l’espace pratiqué joue un grand rôle dans le

sentiment de densité. Et c’est en cela que les villes médiévales sont un exemple.

Elles proposent des parcours diversifi és, dont la largeur, la longueur, la hauteur et

l’éclairement sont sans cesse modifi és. Cet espace est pour beaucoup un espace

minéral duquel les parcs et espaces verts sont absents. Ce type de bâti crée la

surprise à tout moment et permet un déplacement piéton facilité au fi l de parcours

variés. Le Paris haussmannien, bien que plus dense que la ville médiévale, transmet

un sentiment de densité moindre. En effet, les parcours y ont été supprimés au profi t

de larges avenues qui permettent la perception à longue distance. Cela explique

que, bien qu’ils soient plus denses, ces quartiers procurent un sentiment de densité

moindre.

Le zurichois Hans Marti, dans ses recherches qui datent des années 1950, a ten

d’exposer les effets pervers de la densité selon les divers modèles choisis. Entre les

ombres des constructions de grande hauteur et la pauvreté de l’espace public des

constructions basses, Hans Marti démontre que l’utilisation d’un seul type de forme

urbaine n’est souvent pas idéale. Il prône alors le mélange des formes du bâti afi n

d’obtenir, de manière dense, une certaine mixité d’utilisation du sol et de permettre

d’optimiser les qualités de chaque mode de construction, tout en en limitant les

inconvénients.

La question des espaces verts dans les villes a été abordée par Vincent Fouchier.

Pour lui, ces espaces ne doivent pas se borner à être des surfaces. La notion de

verdure doit se lire en trois dimensions tout comme le bâti. Une allée ou un bosquet

d’arbre peut jouer un rôle sur la perception sensible de la densité en masquant ou

en révélant certaines caractéristiques des constructions environnantes. Un manque

d’espaces verts dans un quartier accentue souvent la densité perçue des habitants et

peut favoriser le sentiment de surdensité et d’étouffement.

L’engouement pour les quartiers centraux de la ville illustre bien que la vie dans

les quartiers denses peut être agréable et recherchée. Les personnes qui choisissent

ce mode de vie argumentent en faveur de la proximité des activités et du brassage

de population qui y a lieu. D’autres quartiers, pourtant moins denses, provoquent des

sentiments contraires de répulsion et de désolation. Existe-t-il donc des facteurs qui

accentueraient un sentiment de densité et de malaise et est-il possible de les défi nir

afi n de pouvoir se les approprier pour des réalisations futures ?

Pascal Amphoux met en avant trois dimensions de la notion de densité : polarité,

mixité et intensité 1 . Ces trois termes favorisent la classifi cation des différentes

approches de la densité en trois domaines ; ils permettent également d’aborder les

problèmes liés à cette notion de façons différentes. On peut regrouper les thèmes de

la densité défi nis précédemment dans l’une des trois dimensions. Cette classifi cation

permet aussi de se pencher sur une réponse possible au problème de la densité et

apporte certaines principes pouvant servir de modèle pour des interventions futures.

Polarité et polarisation : il n’existe pas de densité spatiale idéale. La notion de

densité chiffrée est quelque chose de statique alors que le territoire est en mutation

perpétuelle. De plus. la notion varie en fonction des critères pris en compte. La polarité

propose donc d’aborder la spatialité de façon différente et met en avant le pouvoir qu’a

un lieu d’attirer. La polarité d’un lieu fait intervenir les alentours de ce même lieu en se

1 Amphoux Pascal, La densité urbaine, du programme au projet, ENAC, EPFL, 2001,

page 125

29


30

Fig. 27 : Tableau récapitulatif des notions de polarité / mixité / intensité avancées par Pascal

Amphoux et propositions d’interventions.


demandant ce qui attire ou repousse. Un pôle articule plusieurs échelles, par exemple

celles du bâtiment, de l’îlot, du quartier ou de la ville. Une différence surgit entre les

notions de centralité et de polarité. La polarité ne signifi e pas une unicité du centre

autour duquel prend place une périphérie mais une multiplicité des pôles qui sont liés

entre eux et qui se répartissent les fonctions. En effet, le pôle est un centre, mais il

n’est pas unique.

La notion de polarité a aussi intéressé Philippe Panerai 1 . Il remarque que les villes

actuelles ont tendance à perdre la notion de centralité unique au profi t de différents

pôles. Dans les villes médiévales, les activités spécifi ques faisaient corps avec la

faible étendue de la ville. Même si les quartiers se subdivisaient et possédaient leurs

spécialités propres, la ville restait contenue dans ses remparts et les distances étaient

par conséquent courtes. A partir du XIX e siècle, avec l’explosion des villes, certains

nouveaux programmes ont fait leur apparition. Universités, zones industrielles,

supermarchés ont pris place à une distance certaine du centre primitif et ont constitué

de nouveaux pôles. On remarque donc le passage d’un centre unique regroupant toutes

les activités à un réseau de pôles, qui accueillent chacun leurs activités spécifi ques et

qu’il faut relier.

Mixité et mixisation : il n’existe pas de densité sociale idéale. La notion de densité

humaine est aussi subjective. Un individu peut apprécier une certaine densité humaine

dans un certain lieu et non dans un autre. Cette perception sera différente pour un

autre individu. La diversité des catégories sociales, les possibilités d’interaction, les

équipements de proximité, l‘accessibilité et les espaces publics sont des éléments

décisifs dans la planifi cation du quartier. Les règles de mixité ne sont pas fi xes, mais

elles varient selon le lieu et ne peuvent pas être édictées de manière précise. C’est

à l’architecte de projeter selon la situation, mais il ne doit pas s’arrêter à une simple

répartition des surfaces par fonction.

Intensité et intensifi cation : il n’existe pas de densité sensible idéale. Il faut

rappeler ici que la sensation de densité n’a souvent rien à voir avec la densité réelle.

Pascal Amphoux cite l’exemple de la cité jardin qui paraît peu dense, mais qui a en fait

une densité forte et la cité de tours qui paraît représenter la densité maximum, alors

qu’elle est très peu dense. Mais que défi ni le terme d’intensité ? Le degré d’activité

ou d’énergie d’un phénomène sensible, mais aussi la vivacité d’un sentiment. Par

«intensifi er la ville », Pascal Amphoux entend intensifi er les rapports à la ville par des

moyens sensibles.

Quatre thèmes peuvent être regroupés sous le signe de l’intensité : qualité

architecturale des espaces densifi és ; attitude minimaliste en urbanisme ; adéquation

contextuelle entre la densité et l’image du lieu ; politique urbaine d’image. A ces quatre

thèmes correspondent quatre principes d’intensifi cation : la mise en tension des

éléments de la composition urbaine, le minimum de moyens pour un maximum d’effets,

la réinterprétation du contexte et, pour fi nir, le révélateur de la présence humaine.

Après avoir abordé de façon générale la question de la densité sensible, il va

falloir s’intéresser maintenant à certains exemples de densités et de processus de

densifi cation pouvant être utiles à la réfl exion sur le projet.

1 Panerai Philippe, Analyse urbaine, Editions parenthèses, 1999, Marseille

31


32

Fig. 28 : Eléments structurant le tissu urbain du Caire selon Philippe Panerai. Le tissu urbain

est constitué de trois ensembles qui s’imbriquent : Le réseau des voies, le découpage foncier

et les constructions. La variation du rapport entre ces trois éléments donne à chaque ville sa

particularité.


Densités et principes de densifi cation

De quelle façon la densité et les processus de densifi cation se sont-ils illustrés, au

fi l du temps, dans le développement des villes? Est-ce un processus universel ? A-t-il

favorisé certains comportements, certains échanges ou encore certaines innovations ?

Il faut se pencher sur des modèles de villes denses et densifi ées. Pour les Européens,

c’est la ville médiévale qui représente le modèle par excellence de cette idée et du

sentiment de densité. Par ailleurs, ce modèle illustre parfaitement les processus

de densifi cations successives. La structure que propose la ville médiévale permet

d’absorber une importante diversité programmatique tels les lieux d’habitation pour

diverses populations, les lieux consacrés au commerce interne à la ville, à l’échange

des marchandises avec l’extérieur, les lieux de rassemblement (corporations, religions).

Ces différents lieux sont toujours construits sur une structure des voiries clairement

défi nie, qui regroupe les rues mais aussi les places et les passages. Cette structure

spécifi que à chaque ville permet aux hommes de s’organiser, de vivre ensemble,

d’échanger entre eux et avec l’extérieur des biens et des idées. La ville devient

ainsi un centre économique, un lieu du transfert des marchandises et un centre des

connaissances (lieu d’implantation des religieux et des écoles). Les réfl exions sur les

modes de vie et les organisations de cette époque, réadaptées à nos problématiques

actuelles, peuvent sans aucun doute nous permettre de trouver de nouvelles solutions

aux problèmes liés à la densité.

Au Moyen-Âge, les villes se sont tout d’abord densifi ées sur elles-mêmes avant de

sortir de leurs murs. Les fortifi cations imposaient des limites fi xes à la ville, à l’intérieur

desquelles elle devait se développer. Cette contrainte d’espace a imposé un type de

densifi cation par saturation en utilisant tous les espaces disponibles. Les densifi cations

se sont donc opérées selon plusieurs procédés : en hauteur, dans la profondeur des

parcelles, par ajout sur rue ou par colonisation progressive de l’espace public. Ce

n’est que lorsque l’espace disponible était saturé que de nouvelles limites étaient

données à la ville pour son agrandissement, ce qui a induit un développement par

couches successives. Un bon exemple est la ville d’Amsterdam, qui, par sa croissance

radioconcentrique, à l’intérieur d’un canal, sature progressivement l’espace disponible

pour se doter d’une nouvelle ceinture une fois la densité maximale atteinte.

Pour permettre d’illustrer la thématique de densifi cation des villes médiévales,

il faut aborder des exemples concrets et particulièrement intéressants dont les villes

fondées pas les ducs de Zähringen font partie 1 . L’exemple le plus signifi catif, le plus

abouti et le mieux conservé d’une ville médiévale de ce type et sans contestation

possible la ville de Berne. Son système d’organisation est très particulier. En effet,

il propose, de manière très hiérarchisée, des espaces d’habitation ou de commerce

possédant une circulation double, sur rue et sous arcades. De plus, cette ville est

intéressante car elle n’a cessé de se densifi er sur elle-même à travers les siècles pour

atteindre sa forme actuelle. Elle a réussi à s’adapter, au fur et à mesure, aux besoins

changeants de la population et a permis une utilisation spécifi que convaincante à

chacune de ses étapes de développement, aussi bien du point de vue de l’habitat que

de celui du commerce. Aujourd’hui encore, cette structure a permis une adaptation au

mode de vie actuel.

1 Divorne Françoise, Berne et les villes fondées par les ducs de Zähringen au XIIe

siècle, Aux Archives d’Architecture Moderne, 1991, Bruxelles

33


34

Fig. 29, 30, 31 et 32 : Les étapes de construction de la ville de Berne par densifi cation successive

des parcelles, en profondeur et en hauteur.

Fig. 33 : Organisation générale de la ville de Berne au long de la rue principale. Découpage du

sol en « area » puis en parcelles.


La planifi cation s’est faite, dès la fondation, par le découpage de la ville en lots

eux-mêmes subdivisés en parcelles. Les maisons ont pris place de part et d’autre

de la rue principale, qui, avant la fondation de la ville, n’était autre qu’une artère de

transit sur la route du sud des Alpes. La même typologie du bâti a été répétée. Les

constructions, profondes, possédant une façade étroite et haute sur rue et une autre

sur cour n’occupaient au départ que la moitié de la parcelle, sur rue, laissant une

cour généreuse sur l’arrière. Au XII e et XIII e siècle, les maisons sont de type rez-dechaussée

+ deux étages. Les étales des marchands prennent place sur la rue, devant

les maisons. C’est à partir du XIII e siècle que les arcades sont construites à l’avant

des maisons. Du XIII e au XVII e siècle, les bâtiments s’agrandissent sur cour et sur

rue, par-dessus les arcades. Un étage est ajouté. De la fi n du XVII e à la fi n du XVIII e

siècle, la pente de la rue est adoucie, ce qui a pour effet de créer des trottoirs hauts,

sous les arcades. L’accès aux caves se fait ainsi depuis la rue. De plus, les maisons

sont encore densifi ées en hauteur. Par l’exemple de la ville de Berne, qu’il est possible

de transposer à d’autres villes fondées par les ducs de Zähringen comme Fribourg et

Morat, nous pouvons nous rendre compte d’un processus de densifi cation qui s’est fait

sur la ville elle-même tout au long de l’évolution de la cité, exemple caractéristique de

la ville médiévale européenne.

Au XIX e siècle, les transformations du baron Haussmann, à Paris, ont aussi été

une opération de densifi cation. La démolition des anciens quartiers insalubres de la

ville a permis de reconstruire d’une manière plus adaptée aux besoins de l’époque,

tant du point de vue du logement que de la circulation. La ville a ainsi perdu son

caractère désordonné et médiéval pour une autre forme. A première vue, cette nouvelle

confi guration donne une impression de densité moins élevée, mais ce n’est pas le cas.

Tout en gagnant en hauteur, les nouveaux immeubles ont laissé place à des rues

larges et contrôlables, évitant les désordres sociaux et le regroupement des foules.

Fig. 34 et 35 : A gauche, coupe sur la rue principale de la ville de Berne qui illustre l’agrandissement

des maisons. A droite, vue aérienne de la ville de Berne.

35


36

Fig. 36 : La ville de Fez au Maroc, fondée au IX e siècle. Elle illustre bien les réseaux des parcours

publics ainsi que les cours privées.

Fig. 37 et 38 : A gauche, illustration du processus de densifi cation des villes arabes. A droite, vue

aérienne de la ville de Kerbela en Irak.


L’intérêt peut aussi se porter sur la typologie des villes des pays musulmans. Ces

villes ont subit un principe de densifi cation spécifi que qui se poursuit encore de nos

jours. Par superposition et surélévation, les maisons se sont organisées autours de

cours fermées, créant un dédale de ruelles. Elles appartiennent ainsi à la ville et forment

son tissu tout en ménageant des espaces privés pour les habitants. Ces habitations

sont directement mises en lien avec les rues commerçantes de la ville. L’observation

nous permet donc de remarquer un espace d’habitation privé au sein d’un espace

public dans lequel une population d’horizons divers se croise. Les différentes activités

de la ville ne subissent de cette manière aucune ségrégation. De plus, quelle que

soit la richesse du propriétaire, invisible depuis la rue, la typologie reste semblable.

La différence ne résulte que du nombre de cours et de l’aménagement intérieur de la

demeure.

Philippe Panerai 1 met en avant un exemple particulièrement intéressant de

densifi cation et de transformation d’usages effectuée par les habitants eux-mêmes

dans les grands ensembles construits au Caire dans les années 1960. Il recense

quatre familles de transformation :

- L’extension des appartements par la fermeture des loggias qui touche petit à

petit tous les appartements.

- L’agrandissement des rez-de-chaussée qui permet l’aménagement de divers

espaces dévolus à des ateliers et des petits commerces. Ces aménagements

changent le caractère de la rue qui devient un lieu de vie et d’activités

rappelant, par endroits, le centre ville et le souk.

- Certains immeubles sont surélevés de un ou deux étages, ce qui permet

la construction de nouveaux appartements, l’aménagement de jardins ou

encore l’élevage de petits animaux.

- Certains bâtiments s’épaississent, ce qui induit une transformation complète

de la distribution intérieure des appartements, faisant passer les appartements

de traversants à mono orientés.

Ces différentes transformations infl uent sur l’espace public et impliquent une

mutation lente mais visible de la ville, une restructuration des voies de circulation et

la constitution de pôles d’activité. Les quatre points ci-dessus peuvent être mis en

lien avec le développement, par densifi cations successives, de la ville de Berne. Ces

processus d’autoproduction de la ville sont aujourd’hui freinés par la profusion des

règlements alors qu’à l’époque, les transformations du bâti s’opéraient naturellement

en fonction des besoins, souvent sur un temps long.

Dans plusieurs cas, il est possible de relever une densifi cation de la ville par

superposition, en général de fonctions différentes, ce qui permet d’éviter la diffusion

de la ville et de profi ter au maximum des possibilités qu’elle offre. Le Ponte Vecchio de

Florence est un exemple parlant. Le premier pont n’était qu’une construction simple,

permettant le passage de la rivière ; il s’est ensuite doublé d’une seconde circulation

superposée à la première, qui permettait aux nobles de circuler sans descendre dans

la rue.

1 Panerai Philippe, Analyse urbaine, Editions parenthèses, 1999, Marseille

37


38

Fig. 39 : Des bâtiments de trois niveaux ont pris place sous les arcades du pont des chemins de

fer.

Fig 40 et 41 : Schémas illustrant les deux types de densifi cation par superposition.

Fig. 42 : Ce bâtiment est le résultat de la superposition d’activités diverses. L’accès au parking,

sur le toit, se fait par une rampe qui ceinture le bâtiment.


La ville de Tokyo est particulièrement intéressante du point de vue de la

superposition-densifi cation. Le livre Made in Tokyo de Kaijima 1 l’illustre bien. Il recense

des bâtiments qui associent, de façon inédite, des activités différentes, qui exploitent

ainsi toutes les possibilités encore offertes par la ville déjà construite par un processus

de densifi cation-colonisation qui permet de maximiser l’utilisation de l’espace au profi t

de nouveaux programmes. La ville subit un renouvellement permanent, qui répond

aux besoins du moment ; certaines structures peuvent ensuite disparaître, remplacées

par d’autres, tout comme cela était le cas dans les villes du Moyen-Âge.

Ces différents exemples proposent des modes de densifi cation susceptibles

d’intéresser l’architecte, lui permettant de travailler afi n de proposer une perception

sensible de la densité. Il doit tout d’abord prendre en compte l’homme et son parcours,

permettre de se déplacer de manière simple et naturelle et favoriser la perception des

autres par rapport a lui-même. La densité et la diversité doivent se ressentir d’un point

de vue humain. L’architecte doit révéler la présence humaine. C’est donc à l’architecte

que revient la tâche de créer une perception sensible de la densité. Marc Collomb 2

distingue trois notions opératoires qu’il faut privilégier afi n d’y aboutir : l’épaisseur, les

strates et le mélange. Il les défi nit comme suit :

- L’épaisseur :

« Le travail sur l’épaisseur du bâti agit comme un révélateur de densité des usages

d’un bâtiment sans pour autant les exhiber. Il consiste à inventer des modalités de

traitement du rapport entre l’intérieur et l’extérieur : balcons, loggias, coursives,

espaces intermédiaires, distinction entre le nu extérieur et le nu intérieur. Spatialement,

ces jeux de l’épaisseur et de la transparence établissent une distinction entre le lourd

et le léger. »

- Les strates :

« Le travail sur les strates agit plutôt comme un révélateur de l’histoire du bâtiment

et de la densifi cation de ses usages successifs [...] la superposition de couches de

transformation successive laisse transparaître l’histoire des aménagements ou des

transformations successives. » La ville de Berne s’est justement développée par ce

phénomène de strates successives. Marc Collomb cite aussi l’exemple du palais de

Dioclétien, devenu le centre de la ville de Split. On retrouve cela dans bon nombre de

réalisations actuelles, par exemple au Warteckhof de Bâle, sur lequel je reviendrai, et

dans lequel les nouvelles constructions permettent toujours la lecture de l’ancienne

occupation du lieu. Roland Barthes a quant à lui défi ni la ville comme une contiguïté

d’éléments discontinus, une stratifi cation de temps et d’espaces.

- Le mélange :

« Le travail sur le mélange agit sur ce qui peut être appelé le potentiel de densité. Tout

l’art est de savoir mêler et équilibrer le poids entre des typologies différentes d’un coté,

entre des usages différents de l’autre. On ne peut préméditer la densité d’appropriation

des lieux projetés, mais on peut par l’étude de confi gurations adéquates offrir un

potentiel d’appropriation plus ou moins grand. » Il sera fait mention des questions de

la diversité des typologies et des usages dans les chapitres suivants.

1 Kaijima Momoyo, Made in Tokyo, Kajima Institute Publishing Co, 2001, Tokyo

2 Amphoux Pascal, La densité urbaine, du programme au projet, ENAC, EPFL, 2001,

page 35

39


40

Fig. 43 et 44 : A gauche, les étapes de densifi cation d’un îlot urbain entre 1670 et aujourd’hui. A

droite, la capacité d’adaptation des types bâtis sur parcelles profondes à Versailles.


Les différents exemples de densités et de principes de densifi cation décrits cidessus

auront permis de prendre conscience, avec les exemples de la ville de Berne

et des villes des pays arabes que la notion existe depuis un certain temps déjà et

surtout qu’elle se poursuit, à Tokyo, au Caire et dans bien d’autres lieux. Pourtant, en

Europe, ces principes semblent avoir disparu. Les notions d’épaisseur, de strates, et

de mélange défi nie par Marc Collomb seront de bons outils permettant d’intégrer les

réfl exions relatives à la perception sensible de la densité dans le processus de projet.

Fig. 45 à 47 : Les étapes de densifi cation d’un îlot urbain et d’une parcelle.

41


42

Fig. 48 : Les différentes méthodes de quantifi cation de la densité.


Une question de mesure

Après avoir tenté une défi nition de la densité perçue, il faut s’intéresser à la densité

quantifi able. Dans ce domaine aussi, la défi nition des densités est complexe. En effet,

il existe plusieurs manières de quantifi er la densité et il s’agit d’utiliser la bonne mesure

pour l’échantillon de territoire analysé. Un travail de Monique Ruzicka-Rossier 1 défi nit

les différents indicateurs de densité. Une énumération des différentes approches

serait trop fastidieuse, les tableaux récapitulatifs permettent de se faire une bonne

idée des différentes défi nitions. Il ressort de ces tableaux que le quantitatif s’intéresse

à divers secteurs, qui reprennent ceux qui ont été traités à travers la question de la

perception:

- les densités humaines (brutes et nettes)

La densité humaine brute permet d’évaluer la quantité de population sur un

territoire, mais ne donne aucune information sur la répartition de cette population sur

ce même territoire. La densité humaine nette permet, elle, d’évaluer la consommation

du territoire urbanisé.

- les mixités (fonctionnelles et sociales)

La mixité fonctionnelle s’attache à défi nir le mélange des fonctions d’un territoire

urbanisé. Elle veut défi nir le nombre d’emplois par rapport au nombre d’habitants. Un

juste mélange de ces deux activités permet à un territoire d’éviter la sectorisation par

zones distinctes.

La mixité sociale est défi nie par le pourcentage de personnes qui appartiennent à

une classe socioprofessionnelle par rapport au pourcentage de la Suisse entière. Elle

refl ète la diversité sociale du territoire analysé. Cette mixité sociale ne s’arrête pas aux

catégories socioprofessionnelles. Les tranches d’âge et l’origine des habitants jouent

également un rôle.

- Coeffi cient d’utilisation du sol (CUS), d’occupation du sol (COS), densité visible

La mesure de densité de construction est un outil utile, mais elle reste un outil de

planifi cation ne permettant pas d’aider l’architecte dans ses choix. En effet, une même

densité bâtie peut aboutir à une multitude de projets. Cela s’explique par la façon de

calculer la densité bâtie. Deux indices sont utilisés fréquemment :

Le coeffi cient d’utilisation du sol (CUS) qui est le rapport entre la surface brute de

plancher habitable et la surface totale de la parcelle.

Le coeffi cient d’occupation du sol (COS) qui est le rapport entre la surface construite

au sol et la surface totale de la parcelle.

La densité visible permet par contre d’illustrer la densité vécue et ressentie par les

pratiquants d’un lieu. Elle est le rapport entre l’emprise au sol multipliée par le nombre

de niveaux hors-sol et la surface des parcelles.

1 Ruzicka-Rossier Monique, Densité et mixité à l’échelle des agglomération suisses : le

cas de l’agglomération lausannoise, 2002, Offi ce fédéral du développement durable

43


44

Fig. 49 : Les différentes méthodes de quantifi cation de la densité.


Les travaux de Vincent Fouchier ont, eux aussi, été indispensables dans les

défi nitions quantitatives de la densité. Il est en effet un des seuls spécialistes à avoir

regroupé les différents types de densités quantitatives. Il met tout d’abord en garde

contre les différentes échelles d’analyse. Il se pose la question de savoir laquelle doit

s’utiliser et dans quel cas. Il défi nit cinq types de cadrage pour une approche de la

densité :

- densité par unité de micro-surface

- densité parcellaire

- densité d‘îlot

- densité communale ou régionale

- densité nationale ou internationale

Il souligne que, dans le cadre de la ville, les quatre premiers types peuvent

être utilisés et qu’il s’agit en fait de défi nir celui qui est pertinent dans la situation

concernée.

La question du cadrage dans le calcul de la densité est aussi abordée par Jacques

Vicari. Il soulève le fait que la densité augmente lorsqu’on zoome sur un quartier.

La question du contexte est donc importante. Vincent Fouchier donne en exemple

de la densité commune de 5 m 2 par personne. Mais il peut s’agir de 200 personnes

dans une cantine, de quatre personnes dans une chambre ou de 2000 personnes par

hectare dans un quartier très dense.

Pour conclure ce chapitre, il faut mentionner que la défi nition quantitative de la

densité est quelque chose de compliqué. Les principes de calcul changent suivant

les pays et la Suisse compte elle aussi plusieurs méthodes de calcul suivant le

canton. De plus, chaque commune applique son règlement, ce qui ne simplifi e pas les

comparaisons.

45


46

Fig. 50 : Collin Rowe illustre le changement opéré durant le XX e siècle entre la ville classique et

la ville moderne. Le plan du haut représente le projet de Le Corbusier pour la ville de Saint-Dié,

celui du bas, la ville de Parme. Il y a inversion dans la proportion des masses bâties.


Habiter en ville

Que signifi e aujourd’hui vivre en ville ? Existe-t-il certaines catégories de

population qui favorisent ce mode de vie ? Comment inciter les populations désireuses

d’accéder à un logement ou à une villa individuelle en périphérie à rester en ville ?

Quels sont les avantages que le centre propose face à un mode de vie périurbain ?

Telles sont les questions qui seront abordées dans ce chapitre et qui permettront de

mieux comprendre ce qu’un individu peut rechercher dans ce mode de vie et de quelle

manière cela peut être repris par l’architecte pour que la population réinvestisse la

ville.

La ville du XX e siècle, tout comme les modes de vie et d’habitat, n’a cessé

d’évoluer. Après la forte affl uence de la population rurale, employée dans les usines et

logée dans des conditions misérables, la ville a subit une dédensifi cation progressive.

Les architectes, par les recherches sur le logement hygiéniste, ont contribué à la

dédensifi cation des villes. Les théories des architectes du modernisme et les Congrès

internationaux d’architecture moderne (CIAM) ont favorisé le développement de la

ville étalée. La construction des cités dans les années 1960 et 1970 a perpétué ce

mode de développement des villes. En ce début de XXI e siècle, la volonté d’un retour

à la ville compacte, imposée par les considérations abordées précédemment, semble

avoir lieu.

Collin Rowe s’est penché, en 1978, sur les qualités de la ville compacte à travers

son ouvrage Collage City 1 . De son point de vue, les qualités de la ville se retrouvent

dans le fait que la texture, le tissu dense du bâti continu fait ressortir les espaces

spécifi ques que sont les places et les rues. Le tissu peut donc se modifi er à son propre

rythme et selon ses propres besoins. Il n’a pas besoin d’exprimer sa fonction, ce qui

n’est pas le cas d’une réalisation telle l’unité d’habitation de Marseille qui s’affi rme

en tant qu’objet étranger à tout tissu urbain. Collin Rowe oppose la ville traditionnelle

et la ville moderne, l’une étant l’accumulation de vide dans un plein peu travaillé et

l’autre une accumulation de plein dans un vide peu travaillé faisant apparaître d’un

côté l’espace et de l’autre l’objet.

Cette question de la densité ne s’est jamais posée de manière aussi prépondérante

qu’aujourd’hui. De tout temps, les hommes se sont regroupés afi n de vivre ensemble,

de se protéger de leurs ennemis et cela dans des « villes » toujours denses. Les

centres historiques de nos villes en sont toujours les témoins.

La situation actuelle résulte donc de plusieurs visions qui défi nissaient la ville

dense comme le lieu de tous les maux, un lieu à abolir absolument. La Charte

d’Athènes a favorisé la dispersion du logement dans des villes étalées. Cela a eu, en

Europe, un effet qui implique qu’aujourd’hui, le désir de chacun, en Suisse comme

ailleurs, est de posséder sa propre maison et son terrain, loin du bruit de la ville, de la

pollution et de ses semblables. Cette maison idéale n’existe que pour une part réduite

de personnes et la réalité ressemble plus à une accumulation de maisons sur des

terrains périphériques, loin des centres denses. La ville que l’homme pratiquait avant

le XX e siècle a été oubliée. L’individualisation a favorisé l’expansion des villes et cela

pose, en ce début de XXI e siècle, une multitude de problèmes qu’il faut résoudre dont

celui de l’étalement urbain, amorcé dans les années 1920. La redensifi cation des villes

est revenue sur le tapis comme une des solutions les plus appropriées.

1 Rowe Collin, Koetter Fred, Collage City, Infolio éditions, 2002, Gollion

47


48

Fig. 51, 52 et 53: Différents stades de la ville. La première

fi gure représente la ville médiévale de Berne. La deuxième,

les casernes de logement de la ville de Vienne au début

du XX e siècle et la dernière, un quartier de villas aux Etats-

Unis, typologie que l’on voit apparaître de plus en plus en

Europe.


Contrairement aux idées reçues, le mode de vie citadin confère de nombreux

avantages. Les proximités offertes par la ville permettent à son utilisateur d’y trouver

ce qu’il désire. La densité des activités et des habitants implique ainsi une densité

d’expériences pour l’individu. Comment amener une population qui rêve avant tout

d’accession à la propriété qu’elle ne trouvera pas l’individualité, la liberté et le désir

de « nature » qu’elle recherche dans une villa en périphérie ? En effet, ces zones sont

très loin du rêve idéalisé de la campagne. Ces lieux ne proposent qu’une succession

de jardins où se côtoient clôtures et haies afi n de se protéger de l’intrusion du voisin

et de gagner un minimum d’individualité qui n’existe pas. Dans les quartiers de villas,

les constructions sont souvent proches les unes des autres et créent une sensation de

promiscuit, plus importante que dans un logement bien conçu en centre ville. De plus,

l’éloignement des infrastructures est à prendre en compte. Il favorise l’utilisation des

transports individuels.

De nos jours, cette structure de la société a laissé place à une individualisation

progressive avec laquelle la notion de vivre ensemble a disparu. Il serait donc

intéressant de comprendre ce qui incite certaines personnes à un retour en ville, alors

que la majorité rêve toujours de sa villa à la campagne.

Pour illustrer cela, il semble intéressant de parler d’une étude actuellement menée

par l’Université de Neuchâtel 1 . Elle a pour but de défi nir qui sont les nouveaux habitants

de la ville et pour quelles raisons leur choix s’est porté sur le mode de vie urbain.

Cette étude n’est pas encore terminée, mais les premiers résultats font ressortir que

la qualité des logements, l’accessibilité et la proximité du travail et du centre ville sont

les facteurs qui incitent à venir vivre en ville. Les personnes interrogées mentionnent

entre autres que la vie en ville permet une meilleure organisation pour les familles,

grâce aux services de garde proposés, et permet de se déplacer à pied, ce qui évite

ainsi des dépenses en moyens de transport individuels.

La question de la typologie sera traitée par la suite, mais il faut souligner que

plusieurs conditions doivent être remplies pour qu’un logement collectif soit réussi. La

cellule de l’habitat doit s’insérer dans un contexte construit réfl échi et planifi é. Cette

cellule devient le lieu privé au sein de la ville. La réfl exion, lors de la planifi cation d’un

nouveau morceau de ville, doit porter sur le mélange des activités à proposer ainsi que

sur la diversité des logements composant le nouveau morceau de ville. Il n’est en effet

pas possible de proposer un seul type d’habitat. Cela engendrerait une appropriation

par une population homogène alors qu’il est préférable de favoriser la mixité.

La connexion du logement au reste de la ville est un facteur important dans la

planifi cation. Les lieux de transition doivent être agréables à vivre, permettant ainsi

aux habitants de sortir et de rencontrer leurs voisins et ne pas être de simples lieux de

passage. Ils peuvent accueillir certaines des parties communautaires que demande

le programme et servir de lieu de jeu pour les enfants. Ils peuvent même devenir des

lieux appropriables par le logement.

1 Étude intitulée : Retours en ville? dirigée par le Prof. Dr. Etienne Piguet

49


50

Fig. 54 : Les logements du Malchower Weg à Berlin, jardin central.

Fig. 55 : Les logements du Malchower Weg à Berlin, réalisés par Hans Kollhoff. Les plots sont

surélevés par rapport à la rue, ce qui privatise les jardins.

Fig. 56 : Logements réalisés par le bureau Geninasca Delefortrie à la rue des Noyers, Neuchâtel.

Immeuble à cour ouverte. Les appartements sont distribués par des coursives.


De la ville au logement, les espaces intermédiaires

Afi n d’opérer la transition entre les questionnements liés à la ville et au quartier,

qui ont prédominés jusqu’ici, et ceux liés au logement collectifs qui vont suivre, il faut

aborder la question des espaces de transition entre ces deux échelles. En effet, il est

très rare que la transition entre le chez soi et l’espace public de la ville se fasse de

manière directe. Les appartements sont la plupart du temps distribués par groupe. La

répartition la plus courante est celle de la cage d’escalier desservant deux ou trois

logements par étage. Les relations peuvent se complexifi er. Il peut aussi exister un

espace intermédiaire entre la rue et la porte de l’immeuble ou alors entre la porte de

l’immeuble et celle de l’appartement. Les questions liées à ces problématiques de

transition sont souvent laissées de côté, ce qui est une erreur, car elles peuvent avoir

une grande infl uence sur la perception de la réalisation.

Cette interrogation sur les différents seuils de privacité a aussi son importance

dans le discours la densité. Une distribution appropriée et cohérente peut permettre de

donner une sensation d’espace à des constructions en réalité extrêmement denses.

Bien que la densité des nouvelles réalisations soit souvent défi nie par les

règlements en vigueur pour la parcelle donnée, il est possible d’aller plus loin, ce afi n

d’aborder certains principes susceptibles de densifi er le bâtiment proprement dit. Dans

cette optique, les espaces intermédiaires ont leur rôle à jouer. Pour cela, il est possible

d’aborder le problème sous différents angles. Pascal Amphoux distingue trois thèmes

qu’il défi nit comme étant des modèles architecturaux de densifi cation. Ces principes se

retrouvent dans différents projets plus ou moins récents. Ils font en tout cas l’objet de

recherches dans la question contemporaine sur la densité. Les trois principes sont :

- La contraction du programme

- L’internalisation des espaces intermédiaires

- La modulation de l’enveloppe extérieure

La concentration du programme fait appel à deux notions : celle de la concentration

des services dans ou autour d’un noyau central et celle du regroupement des espaces

de distribution. Cela permet de gagner de la surface habitable et de concentrer tous les

problèmes de nature technique en un seul point du plan. Cette manière de procéder se

retrouve dans de nombreux projets. Elle peut par exemple permettre de donner une

seule entrée à tout un complexe, par laquelle il est impératif de transiter pour rejoindre

son logement.

L’internalisation des espaces intermédiaires veut rendre intérieur ce qui est extérieur

afi n que les espaces extérieurs au logement puissent être des lieux d’appropriation et

qu’ils servent d’espaces de rencontre aux habitants. L’internalisation permet en outre

un passage de manière plus fi ne de l’espace public à l’espace privé. Deux possibilités

sont illustrées ici : la distinction des surfaces ou/et offre de mobilier spécifi que.

Un exemple pour la distinction des surfaces est l’opération du bureau Kollhoff et

Timmermann pour les logements du Malchower Weg à Berlin. Dans cette réalisation,

l’espace public entre les différents blocs est surélevé par rapport à la rue, ce qui

permet de privatiser le jardin et de le faire appartenir aux habitants du complexe. Une

réalisation de Herman Hertzberger illustre quant à elle l’aménagement d’une coursive

large par des bancs et des ouvertures appropriées, qui permettent aux habitants de

fi xer eux-mêmes les limites privatives entre leur appartement et l’extérieur. L’opération

du bureau Geninasca Delefortrie à la rue des Noyers illustre bien les deux partis. D’une

51


52

Fig. 57 et 58 : Les bâtiments de logements de la Röntgen Areal, en bordure de la gare de Zurich,

sont organisées en neuf plots. Leurs balcons sont en décalage par rapport à la façade.

Fig. 59 et 60 : Les logements Achslenpark à Saint-Gall du bureau Baumschlager-Eberle.

Fig. 61 : Les logements de Neutelings

Riedijk Architects, à Sittard, aux Pays-

Bas, proposent une segmentation de

la construction en trois parties distinctes.

Cela confère au bâtiment un aspect

moins massif.


part, l’immeuble occupe une situation surélevée par rapport aux voiries, ce qui permet

à la cour de gagner en privacité. Elle appartient à tous les logements sans appartenir

à la ville. D’autre part, le choix des coursives aménageables et appropriables rejoint le

projet de Hermann Herzberger sur l’épaisseur des seuils de contact.

La modulation de l’espace extérieur se traduit par un changement léger dans

le traitement de la façade : superposition des couches, changement des volumes,

fragmentation des bâtiments. Ces facteurs peuvent avoir une certaine infl uence dans

la perception de la densité. Ils permettent au bâtiment de posséder différents niveaux

de lecture et de ne plus paraître en tant qu’objet unique et massif, mais plutôt comme

objet décomposable en plus petites unités.

L’exemple de la superposition des couches de la façade peut être illustré par les

logements réalisés par le bureau Baumschlager et Eberle à Saint-Gall. Les bâtiments,

des plots, sont entourés d’une coursive munie de grandes vitres opaques coulissantes,

ce qui confère une seconde peau au bâtiment, une peau qui peut changer selon

l’agencement que choisissent les occupants. La lecture du plot massif s’estompe et le

bâtiment acquiert une certaine légèreté. La même remarque peut être faite pour les

logements réalisés par Sturm und Wolf à la Röntgen Areal de Zurich. Le positionnement

des balcons, en décalage par rapport aux bâtiments, ainsi que leur présence forte due

aux balustrades offrent deux niveaux de lecture.

Le changement des couches et la fragmentation des volumes s’illustrent par la

réalisation de Neutelings Riedijk Architects à Sittard aux Pays-Bas. Premièrement,

le bâtiment se lit en trois couches qui se superposent : un socle, un corps principal

en granit et un couronnement en bardage bois. Secondement, les deux derniers

étages (en bois) sont découpés en plusieurs volumes, ce qui allège la volumétrie de

l’immeuble.

Les considérations abordées dans ce chapitre marquent l’importance du

traitement des espaces de transitions. Ils sont souvent laissés en marge et réduits

à leur simple rôle distributif dans les projets immobiliers, cela pour des questions de

coût. Il faudra veiller, lors de la réfl exion sur le projet, à ne pas minimiser l’importance

de tels espaces.

53


54

Fig. 62 : Graphique représentant les pourcentages de types d’habitations de la population suisse.

Fig. 63 : En Europe, la Suisse est le pays qui compte le moins de propriétaires.

Fig. 64 : Le système d’évaluation des logements (SEL). Il comporte trois parties regroupant chacune

des critères propres.


Le logement en Suisse

Il convient de faire un point rapide sur la situation actuelle du logement en Suisse.

En 2000, le recensement de la population et l’enquête sur les bâtiments ont pu

montrer quel était le parc de logement et de quelle manière il était utilisé. Le tableau

illustre la répartition des types de résidences principales. Le mode de vie en villa

individuelle occupe une part importante. En Suisse, la majeure partie des logements

est la propriété de particulier (75 %), mais seulement 35 % appartiennent à ceux qui y

habitent. Concernant le nombre de pièces, les logements en propriété possèdent en

moyenne 5 pièces alors que ce nombre descend à 3,3 pour un logement en location.

La Suisse possède de bons logements par comparaison à d’autres pays

européens. Cependant, il existe des disparités matérielles et territoriales. Ce sont

souvent les personnes à haut revenu qui peuvent accéder aux logements de qualité,

qui sont principalement situés dans les grands centres urbains du pays. Le logement

de qualité devrait être accessible à tous et l’Offi ce fédéral du logement s’efforce de

remédier aux disparités.

Par ailleurs, l’Offi ce fédéral du développement territorial cherche des solutions

afi n de réduire l’infl uence que le logement individuel a sur les intérêts collectifs. Des

mesures économiques visant à favoriser les nouvelles constructions denses ou à

plafonner l’usage du sol sont à l’étude.

Le retour de la population dans les villes se remarque déjà en Suisse. Plusieurs

centres d’agglomérations ont regagné des habitants ces dernières années. C’est le

cas notamment à Zurich. Ce retour est dû à une politique très active en matière de

logement. En 1998, Elmar Ledergerber, le président de la ville, s’est donné comme

objectif de construire 10 000 nouveaux logements en dix ans. Après huit ans, le contrat

était déjà rempli. La ville de Bâle a entrepris une démarche du même type en planifi ant

la conception de 5000 nouveaux logements dans les prochaines années. Cela pourrait

servir de modèle à d’autres villes suisses, notamment Genève et Lausanne, qui pour

l’instant peinent à mettre sur pied de tels projets.

Afi n de reconstituer un modèle urbain dense, il est important d’utiliser les espaces

laissés libres, de se les réapproprier, de les transformer. Il faut recoudre le tissu

urbain, par morceaux, en fonction du site et des éléments alentour. Chaque pièce

apporte ainsi sa contribution à un tout, sans avoir été forcément planifi é à l’avance.

Le quartier de la Maladière est un bon exemple de ce type de développement. Il se

transforme progressivement, morceau après morceau, sans connaître une planifi cation

d’ensemble.

La Suisse possède un système d’évaluation des logements (SEL) qui regroupe

les critères en trois parties distinctes (voir le tableau ci-contre). La première s’occupe

du logement lui même, la deuxième de l’environnement immédiat et la dernière du

lieu d’implantation. Chaque critère possède une pondération propre, ce qui permet

d’attribuer une note aux logements.

La situation du logement en Suisse évolue de jour en jour. En dehors des

tendances générales, il est diffi cile de faire le point de manière claire. L’Offi ce fédéral

du logement édite fréquemment des brochures auxquelles il est possible de se référer

pour toute question relative au logement en Suisse.

55


56

Fig. 65 : Immeuble d’habitation du Weissenhof à Stuttgart de Mies van der Rohe. La structure du

bâtiment permet l’aménagement de diverses typologies d’appartement.

Fig. 66 : Ces logements proposent des pièces de taille équivalente, ce qui permet une multiplicité

des usages.

Fig. 67 : Logements des architectes Erny, Gramelsbacher, Schneider, à Bâle. Les parois fl exibles

permettent une diversité des aménagements.

Fig. 68 : Logements à surface variable. On peut obtenir, par le même plan, un, deux ou trois

appartements.


Quelle typologie pour quel mode de vie ?

« [...] Des raisons économiques exigent aujourd’hui de rationaliser et de standardiser

la construction d’appartements. D’autre part, pourtant, la différenciation croissante de

nos besoins d’habitation demande la plus grande liberté dans la manière d’utiliser nos

appartements. Il sera nécessaire à l’avenir de répondre à ces deux critères...»

L. Mies van der Rohe

Les changements de la société s’illustrent dans l’aménagement d’un logement.

L’évolution des modes de vie a une infl uence sur la constitution du plan des appartements.

De nos jours, les investisseurs et les promoteurs, soucieux d’obtenir une rentabilité

maximale de la construction, restent frileux lorsqu’il s’agit d’expérimenter de nouvelles

typologies. Le plan classique opposant les parties « jour et nuit » et « servant servi »

prédomine. La plupart du temps, les logements locatifs sont construits sur des plans

de base, fi xés depuis les années 1960. Les architectes participent peu à une réfl exion

approfondie lorsqu’il s’agit de logements. Pourtant, de nouvelles innovations ont vu

le jour en Suisse ces dernières années. La multitude de modes de vie demanderait

des logements particuliers pour chacun. Cependant, cette demande est extrêmement

diffi cile à satisfaire. C’est pour cette raison que les appartements fl exibles possédant

des pièces neutres, facilement appropriables par leurs habitants, sont très recherchés.

Ils permettent à différents types de ménages d’investir l’appartement. Ils permettent

aussi une réorganisation de la famille au fi l du temps et des besoins des occupants

en permettant d’éviter un déménagement. Aujourd’hui, les foyers sont composés de

moins d’habitants. L’explosion de la famille classique explique en partie ce problème.

Une famille vivant ensemble occupe, au fi nal, deux logements après un divorce

par exemple. Le fait que les enfants restent plus longtemps à la maison ou que les

personnes âgées vivent avec leurs enfants pose aussi certains problèmes de privacité.

Chaque adulte désire avoir son espace privé. Dans ce sens, les pièces accessibles

autrement que par l’entrée principale sont très prisées. Elles permettent une certaine

indépendance des individus. Il est de toute manière plus censé de ne pas prévoir un

contrôle de toutes les chambres par un seul espace. Bien que cela puisse permettre

plus d’échanges, la privacité est compromise et la situation est souvent mal vécue

par les habitants, qui ressentent le contrôle des autres occupants sur leurs allées et

venues.

La question des personnes âgées permet aussi d’aborder le thème de la mobilité

et du déplacement au sein d’un immeuble collectif. Les seuils doivent être pour ainsi

dire inexistants, afi n de limiter les obstacles. Cette problématique est de plus en plus

présente dans les réfl exions des architectes. Le vieillissement de la population va

induire qu’une attention particulière soit portée à ces problèmes. En même temps, cela

freine une certaine inventivité dans le domaine des typologies qui doivent écarter les

obstacles de leurs plans.

De quelle manière est-il possible de fl exibiliser les appartements ? La réalisation

de pièces neutres offrant une superfi cie généreuse et permettant des utilisations

diversifi ées est une des réponses à cette question. La modifi cation du plan de

l’appartement par l’ouverture ou la fermeture de portes entre les pièces, comme cela se

faisait dans les appartements anciens, permet aussi une multitude d’aménagements.

La pièce supplémentaire, reliée au logement, mais possédant une entrée séparée

et sa propre salle d’eau est une manière de rendre le plan du logement fl exible. Elle

permet une certaine autonomie des personnes qui l’occupent. Elle peut aussi être

utilisée pour recevoir des personnes extérieures.

57


58

Fig. 69 : Les logements de Felix Kuhn et

Georges Pfi ffner à Lenzburg donnent aux

pièces des doubles portes permettant de

régler le niveau de privacité de chaque espace.

Il est aussi possible ainsi d’obtenir

des espaces traversants.

Fig. 70 : Les logements conçus par Michael

Alder, au Luzernerring à Bâle, proposent

des cloisons mobiles pouvant faire

varier la taille des pièces selon les besoins

des occupants.

Fig. 71 : Les logements proposés par

Erny, Gramelsbach et Schneider à la Burgfederstrasse

à Bâle ne fi xent pas le rôle

des différentes pièces. Certaines pièces

possèdent deux entrées ce qui permet de

varier l’emploi qui en est fait.

Fig. 72 : Ce plan de Herbert Wimmer, à

Vienne, propose des cloisons mobiles

permettant de créer ou non des espaces

fermés. Les possibilités qu’offrent ce plan

sont multiples et il permet d’accueillir plusieurs

types de ménages.


Au sein de l’appartement lui-même, chaque pièce a subit, durant le XX e siècle, un

changement d’utilisation. Même si ces changements ne se sont pas faits du jour au

lendemain et que les utilisations varient de ménage en ménage, ainsi que de pays en

pays, certaines tendances générales peuvent être relevées :

La cuisine est devenue un lieu de rencontre pour les familles ; elle représente

le lieu de rassemblement dans lequel le repas est partagé. Le rassemblement de la

famille entière devient de plus en plus rares étant donné l’autonomie des membres

du ménage. Elle permet aussi de recevoir. Une grande cuisine, ou une cuisine en lien

avec un coin repas spacieux, est une demande formulée par une part importante des

habitants de toute catégorie. Le fait que la population cuisine de moins en moins infl ue

aussi sur cette pièce. De lieu utilitaire, elle devient ainsi lieu de loisir dont on profi te lors

du temps libre. Elle perd son rôle d’espace exclusivement servant et devient le lieu de

diverses activités. Elle tend de plus en plus à remplacer le rôle de la pièce de séjour

comme centre de la vie sociale du logement. Elle est aussi souvent devenue salle à

manger, ce qui permet de libérer une pièce pour d’autres activités.

Le salon, quant à lui, tend à perdre le rôle de centre de vie du ménage. Par une

individualisation croissante et l’apparition des technologies (télévisions, ordinateurs)

dans les diverses pièces de la maison, notamment les pièces individuelles, il n’est plus

nécessaire de se retrouver autour de l’unique écran du logement. Le salon disparaît

quelquefois, remplacé par un espace de distribution généreux et appropriable. Dans

ce cas encore, cela permet de gagner une pièce. Les séjours proposant plusieurs

espaces distincts sont aussi recherchés. Ils permettent à une famille de se rassembler

tout en offrant la possibilité à chacun de pratiquer des activités diverses.

La chambre individuelle est passée d’un lieu qui était exclusivement destiné au

sommeil à un lieu polyvalent. Il faut pouvoir y regrouper plusieurs fonctions : dormir,

travailler et se détendre. Elle permet à chacun de posséder son propre espace privatif

au sein du logement. De cette manière, les pièces ont gagné en surface.

Le statut de l’entrée et des circulations a évolué : après avoir essayé de réduire

les espaces de circulation, les architectes tendent aujourd’hui à les revaloriser, à les

rendre aménageables. Les entrées cloisonnées, souvent ouvertes sur un couloir

sombre tendent aussi à disparaître au profi t d’entrées plus généreuses en espace,

permettant par exemple le rangement et offrant un dégagement visuel et recevant de

la lumière.

La privatisation de la salle de bains s’impose de plus en plus. Son attachement à

la chambre est de plus en plus fréquent. Il est préférable de l’éclairer naturellement.

Le nombre de salles de bains doit être proportionnel à la taille du ménage. Mais il

faut toutefois prévoir une salle de bains à usage privé et une autre à usage publique,

accessible aux personnes externes au ménage.

Les possibilités et le désir de travailler chez soi vont grandissants. Il doit être

possible de recevoir dans le cadre du travail sans perturber la privacité de son

logement, ce qui demande une séparation entre le lieu de vie et celui du travail.

Les parties communes aux logements doivent être traitées avec le plus grand

soin, car elles contribuent à valoriser des logements réussis. Il faut pour cela prendre

en compte plusieurs facteurs qui dépendent du développement du projet.

59


60

Fig. 73 et 74 : L’ensemble de logements coopératifs à Zurich-leimbach de pool Architekten propose

120 appartements organisés en modules de six. Chaque module propose quatre appartements

traversants et deux duplexes. Cette méthode permet de proposer des typologies différentes

pouvant répondre aux besoins actuels en matière de logement.


Un logement, même petit, peut procurer une certaine sensation d’espace. Il faut

pour cela porter son attention sur certains détails susceptibles d’agrandir l’appartement.

Le fait de rendre perceptible la plus grande distance du logement depuis la porte

d’entrée permet d’accentuer l’effet d’espace. Une paroi de grande longueur qui peut

laisser glisser le regard sans interruption est aussi une bonne solution. La possibilité

de percevoir toute l’épaisseur du logement permet de prendre conscience de la

profondeur du plan. L’ouverture entre le salon et le séjour crée un seul grand espace.

Il est pourtant agréable de laisser la possibilité de fermer la cuisine. Faciliter les

circuits différents, par exemple par une circulation au cœur du bâtiment et une autre

en façade. La différenciation des espaces par des apports de lumière différents, par

un changement des hauteurs sous plafond ou encore par l’utilisation de couleurs qui

diffèrent peut apporter un réel changement dans la sensation d’espace.

Dans les réalisations récentes, la volonté de plus en plus perceptible est de

proposer un maximum de logements différents au sein d’un même immeuble. On voit

souvent les typologies se complexifi er et jouer le jeu d’une imbrication dans les trois

dimensions. L’exemple des logements de pool Architekten à Zurich en est la parfaite

illustration.

Les plans présentés dans ce chapitre illustrent la fl exibilité que certains logements

peuvent acquérir grâce à certains principes. Je me suis limité, pour l’instant, à présenter

ces quelques typologies, car il est diffi cile de savoir lesquelles seront utiles au cours du

projet.

Fig. 75 à 77 : Illustration de la composition de modules à l’aide d’appartements de plusieurs types.

Une excellente solution de remplacement à la villa individuelle.

61


62

Fig. 78 : La réalisation de Diener & Diener

propose deux nouveaux bâtiments.

Celui des logements, à cour ouverte et

celui des bureaux, à cour fermée. On remarque

clairement la réinterprétation de

l’îlot classique, qui s’ouvre et permet aux

passants de s’y introduire.

Fig. 79 : Les bâtiments se différencient

par le traitement de leurs façades respectives.

Fig. 80 : La maquette permet de distinguer

les deux anciens bâtiments ainsi

que les deux nouveaux.


Exemples de logements

Afi n de se familiariser avec le logement dense, il faut rechercher des exemples

pouvant se rapprocher du futur projet de Master. Le choix des réalisations présentées

dans ce chapitre s’est fait selon plusieurs critères. Certains projets possèdent une

parcelle de taille comparable à celle de la parcelle retenue à la Maladière, d’autres

illustrent la densité de manière exemplaire. D’autres encore proposent un traitement

particulièrement réussi des niveaux de privacité entre la rue et le logement et

fi nalement certains offrent des typologies particulièrement intéressantes pouvant

apporter une aide dans les futures réfl exions sur le projet. Cela permettra de constituer

une sorte de « catalogue », non exhaustif, de quelques références. Les exemples

suivants permettent aussi d’illustrer certaines réfl exions et préoccupations abordées

précédemment et qui concernent la densité.

Il est diffi cile de parler de la question de la densité et de celle du logement sans

citer certaines interventions de Diener & Diener dont l’architecture « pour la ville » est

illustrée par de nombreux exemples à Bâle. Martin Steinmann revient dans un de ses

textes sur cette question. Ce dernier reprend les réfl exions que Bernard Huet exprime

dans son article « l’architecture contre la ville » et les utilise pour illustrer en quoi les

bâtiments de Diener & Diener sont une architecture pour la ville. Leurs bâtiments ne

sont pas des objets exceptionnels dans le tissu urbain. Ils réutilisent et réinterprètent

des éléments, toujours reconnaissables, qui composent la cité, ce qui permet de relier

le bâtiment à l’histoire de l’architecture et d’en faciliter la lecture.

Pour illustrer l’architecture de Diener & Diener, il faut se pencher sur la réalisation

du Warteckhof. Pour ce projet, il s’agissait d’opérer la reconversion d’une ancienne

brasserie. Les architectes ont pour cela choisi de construire deux nouveaux bâtiments

à cours, l’une ouverte, l’autre non, et de conserver certaines parties anciennes. La

manière dont les façades ont été traitées est caractéristique de l’architecture de

Diener & Diener. L’espace public mérite une attention particulière. Martin Steinmann

défi nit l’espace entre les constructions comme suit : « il se situe quelque part entre

rue et cour ; il est les deux à la fois et il parle ainsi de la ville d’aujourd’hui et de la

densité d’expériences qu’offre celle-ci ». On retrouve bien ici certaines préoccupations

évoquées précédemment sur la ville dense et les expériences que peut y faire un

individu. C’est en cela que l’architecture de Diener & Diener peut résolument être

qualifi ée d’architecture urbaine.

Fig. 81 et 82

63


64

Fig. 83 : La fragmentation des volumes permet de réduire le sentiment

d’une trop grande densité.

Fig. 84 : La volumétrie des logements du Crêt-Tacconet crée un espace

public complexe qui propose des resserrements et des dilatations d’espace,

ainsi que des vues sur le lointain.


A Neuchâtel, Le bureau Devanthéry & Lamunière a traité du thème de la densité

à travers le projet de nouveaux logements au Crêt-Taconnet. Dans un lieu proche

des transports publics, de la gare et des commerces, ces nouveaux logements, par

la volumétrie des constructions, les variations de la dimension des différents corps

de bâtiment et le traitement des façades à l’aide d’un unique type de fenêtre, créent

une sensation de densité. La perception massive des volumes est renforcée par les

fenêtres verticales. Ines Lamunière parle du projet comme étant une agglomération de

différentes masses qui prolongent et accentuent les diverses échelles présentes sur

le site : « Elles se situent en vis-à-vis les unes des autres, dans une pente en escalier,

qui accentue les effets de hauteur ou de largeur et la perception fragmentaire des

vides qu’elles constituent. Trois grandes fenêtres urbaines perforent l’ensemble des

couches opaques que constituent les bâtiments entre la rue et le panorama lacustre.

Ce dispositif concilie et dramatise la densité du projet, qui typifi e la ville, et la vue

sur un paysage plus lointain offert, ici, par la situation exceptionnelle du projet ». On

retrouve dans cette réalisation la question de la fragmentation des masses abordée

plus haut. Cette fragmentation permet à ces bâtiments denses d’offrir une perception

moins massive. Les cheminements piétons possibles ainsi que les resserrements des

passages entre les corps de bâtiments offrent des expériences changeantes.

Fig. 85. 86, 87 et 88 : Les bâtiments accueillent aussi bien des logements que des ateliers et des

commerces.

65


66

Fig. 89 : Les coursives généreuses comme espace tampon entre la rue et le logement. Les habitants

peuvent se les approprier.

Fig. 90 : La réalisation répète le même type d’appartements qui possèdent, d’une part, tous un

dégagement sur l’extérieur et sont, d’autre part, distribués par la coursive.


A Neuchâtel toujours, les nouveaux logements, réalisés par les architectes

Geninasca Delefortrie, s’organisent autour d’une cour ouverte. Cet exemple permet

d’illustrer la question des espaces extérieurs et des seuils entre l’espace public et le

privé. Le bâtiment ne possède qu’une seule entrée principale pour les 40 appartements

qu’il propose. La cage d’escalier dessert quatre étages. Les appartements sont ensuite

distribués par des coursives, larges, permettant une certaine appropriation de la part

des habitants. Cette coursive devient un espace tampon entre la rue et l’appartement.

Elle appartient aux seuls locataires de l’immeuble et permet les échanges et les

rencontres entre voisins. La cour centrale sur laquelle donnent toutes les coursives

ajoute encore un degré de transition entre les logements et l’espace public.

Le bâtiment offre deux visages. Vers l’extérieur, chaque appartement dispose de

son propre espace privé et de son dégagement propre, sous forme de loggias, alors

qu’il regroupe tous les appartements vers l’intérieur. Cela permet aux occupants de

choisir leur lien, plus ou moins public, selon les désirs du moment.

Fig. 91, 92 et 93 : Les différents niveaux de privacité: la rue, la cour, la coursive et le logement.

67


68

Fig. 94 : La maquette du projet illustre bien la reprise de la volumétrie des anciennes halles industrielles.

Le bâtiment le plus important s’est construit autour du coeur de l’ancienne halle.

Fig. 95 à 99 : Vues diverses de la réalisation. Les immeubles sont hauts et proches ce qui confère

un sentiment de densité à l’ensemble.


Les nouveaux logements que les architectes Knapkiewicz & Fickert ont réalisés

sur le site des anciennes usines Sulzer à Winterthur méritent une attention particulière.

Ils sont intéressants tant du point de vue de la densité du bâti, de l’ambiance qui

résulte de la reconversion de l’ancien site industriel que des différentes typologies qu’ils

proposent. En effet, en reprenant les volumes des anciennes halles, les bâtiments ne

possèdent pas la dimension habituelle de bâtiments de logements, ce qui a permis

une certaine innovation des plans d’appartements. Cette reprise des grands volumes

industriels crée, en même temps, une ambiance particulière. Le fait d’avoir traité la

problématique du logement en l’abordant d’une manière peu traditionnelle donne a cet

ensemble dense une sensation d’espace.

Fig. 100 : Plan général.

Fig. 101 : Coupe transversale.

69


70

Fig. 102 : Plan général. Le projet est subdivisé en plusieurs cours intérieures.

Fig. 103 : Les logements sont distribués par des cages d’escaliers donnant sur un espace extérieur

appropriable.

Fig. 104 et 105 : A gauche, une cour intérieur. A droite, le coté sud de la réalisation. Les volumes

sont plus fragmentés ce qui change la perception par rapport à la façade nord.


La réalisation de la Selnausiedlung, de l’architecte Martin Spühler, à Zurich illustre

de belle manière la question de la densité et de l’habitat urbain. Les appartements

s’organisent autour d’une succession de cours fermées qui sont la propriété exclusive

des habitants. La distribution des appartements se fait par des circulations verticales

ouvertes et par des terrasses qui servent à la fois d’entrée et d’espace extérieur des

appartements, tout en gardant un lien avec la cour. La distribution intérieure place les

chambres sur cour alors que les séjours et les cuisines se trouvent sur rue. Ici aussi,

les seuils entre le privé et le public sont traités de manière subtile.

Fig. 106 : La façade donnant sur la rivière donne à lire la réalisation comme étant un seul bâtiment.

71


72

Fig. 107 : La façade donnant sur la rue à grand trafi c est massive et urbaine tout en étant perméable

et permettant l’accès à la cour intérieure.

Fig. 108 : La volumétrie intérieure de la réalisation est plus complexe. Les volumes se décomposent.


La Wohnsiedlung Tramdepot-Tiefenbrunnen, au sud-est de Zurich, est un îlot

urbain réalisé en une pièce en 1991 par l’architecte Willi Kladler. Bien que cette

réalisation possède une forme générale spécifi que, tous les appartements y sont

orientés suivant la même direction. À l’aspect massif et fermé des façades extérieures

répond une cour intérieure généreuse. Les volumes y sont fragmentés, ce qui atténue

l’impression de bloc de l’extérieur. Le projet réussi a s’imposer comme urbain face à la

ville mais propose une intériorité différente.

Fig. 109 : Le plan illustre la forme claire et précise du quartier sur l’extérieur et sa fragmentation

dans la cour intérieure.

Fig. 110 : La fragmentation des volumes permet l’aménagement de différents espaces extérieurs:

balcons, loggias et terrasse.

73


74

Fig. 111 : La barre nord, sur la Limmat.

Fig. 112 : Plan du rez-de-chaussée de la réalisation. L’ensemble se décompose en plusieurs

cours successives.

Fig. 113 : La façade de la barre sur la Hardturmstrasse. Elle permet de protéger le reste du quartier

et accueille principalement des ateliers et des bureaux.


Une réalisation du bureau Kuhn Fischer Partner est particulièrement intéressante.

En, effet, le site correspond, par ses dimensions, au site prévu pour le développement

du projet de Master. Il se situe au nord d’une artère à forte circulation servant de

pénétrante en ville de Zurich et bénéfi cie d’une ouverture vers le nord. La forte densité

de cette réalisation est exemplaire. Le projet est riche des divers thèmes soulevés

précédemment. Le quartier se compose de deux barres de hauteurs différentes. La

barre sud, s’ouvrant sur l’avenue, est plus basse que la barre nord et accueille des

locaux commerciaux ainsi que des programmes de bureau. Au nord, la barre des

logements est protégée du bruit par la barre sud mais profi te tout de même d’un

dégagement et d’un ensoleillement maximal, grâce à sa plus grande hauteur. Des

appartements de tous les types ainsi que des ateliers prennent place dans l’ensemble.

Entre les deux barres, une succession de cours, ouvertes vers le nord et la rivière,

permettent aux habitants de disposer d’espaces propres au quartier. Certains

appartements bénéfi cient aussi d’un jardin.

Fig. 114 : Coupe. La barre sud sert de protection des nuisances de l’avenue. La barre nord, qui

ne descend pas jusqu’au sol, permet une certaine perméabilité vers la rivière.

Fig. 115 et 116 : A gauche, la succession des cours. À droite, vue vers le sud depuis les logements

de la barre nord.

75


76

Fig. 117 : Plan général du quartier.

Fig. 118 : La façade permet de lire la double hauteur des séjours et leur décalage par rapport aux

étages classiques.


La réalisation KraftWerk 1, situé le long de la même pénétrante que l’exemple

précédent, est une opération d’un type particulier des architectes Bünzli & Courvoisier.

En effet, le projet émane d’une initiative de groupe, de personnes désirant vivre

ensemble. L’intention était de créer un lieu de vie urbain moderne, soucieux des

problèmes sociaux et écologiques. Des logements pouvant accueillir jusqu’à 18

personnes sont proposés. Les plans sont relativement fl exibles. Mais de plus petits

logements sont aussi mis à disposition. De plus, le quartier possède une garderie,

des chambres d’amis et une salle commune. Le plus haut des bâtiments propose une

terrasse privée sur sa toiture.

Fig. 119 à 121 : Le plan et la coupe illustrent la grande taille des appartements.

77


78

Fig. 122 : La distribution des logements se fait par coursives.

Fig. 123 : Le plan des logements s’organise autour de la cage d’escalier et des terrasses, sur

lesquelles s’ouvrent les cuisines.


La Wohnsiedlung Helmutstraße, du bureau A.D.P Architekten, propose une

densifi cation d’un morceau de ville existant par la construction d’un bâtiment en

forme de peigne qui délimite trois nouvelles cours dans lesquelles se trouvent les

distributions verticales. Les appartements s’organisent par groupe de trois autour d’un

palier commun appropriable. Ils sont de plus modulables, les cloisons des pièces en

façade pouvant être ouvertes ou fermées.

Fig. 124 et 125 : La réalisation s’inscrit dans un quartier déjà bâti et vient le compléter.

Fig. 126 : Vue générale de la réalisation.

79


80

Fig. 127 : Façade du bâtiment sur l’Oerlikon Park.

Fig. 128 : Cour intérieure.

Fig. 129 : Coupe transversale. Elle illustre les différents types d’appartements.


La réalisation de logements dans le quartier de Neu Oerlikon, dans la banlieue de

Zurich, offre quelques exemples intéressants qui méritent une attention particulière.

Un grand ensemble de logement, réalisé par l’architecte Martin Spühler, est

assimilable à un îlot. Il se situent au nord de la nouvelle place du quartier. L’ensemble

propose diverses typologies de logements, d’un seul étage et généreux au sud,

duplexes au nord et desservis par coursives dans les ailes est et ouest.

Au nord de cette intervention, un autre immeuble de logements du bureau ADP

Architekten mérite lui aussi l’attention pour. La réalisation preprend le type de la villa

périurbaine mais les regroupent un seul ensemble.

Beaucoup d’autres réalisations mériteraient l’attention. Il n’est malheureusement

pas possible de les traîter toutes. Je me suis attaché ici à une sélection qui me paraissait

pertinente pour la suite du travail. Mais il n’est pas certain que tous les exemples cités

me soient utiles. Par contre, il faudra surement se pencher sur d’autres réalisations au

fur et à mesure de l’avancement du projet.

81


82

Fig. 130 : Burkhalter et

Sumi, projet pour Thalwil.

Ce projet offre différents types

de logements.

Fig. 131 : Plan masse du

projet de Thalwil de Burkhalter

et Sumi.

Fig. 132 : Ueli Zbinden,

projet pour Zurich-Affoltern.

Les cuisines sont situées au

coeur de l’appartement, en

longueur, et donnent sur la

cour.

Fig. 133 : Burkhalter et

Sumi, projet pour Baar. Ici,

les cages d’escalier occupent

le centre du logement

et permettent de libérer la

façade.


Une morphologie/typologie idéale de la densité ?

Existe-t-il un modèle idéal de la densité ? A travers l’article de Nicolas Bassand 1

et les recherches de Helmut Schramm dans Low Rise, High Density 2 , il est possible

de mettre en avant la construction basse, à cour, comme un modèle dense et effi cace,

pouvant résoudre certains problèmes évoqués précédemment. Nicolas Bassand traite

de plusieurs exemples suisses de constructions denses sur lesquels il faut revenir.

On retrouve le principe des cours dans deux projets de logements contemporains

de Burkhalter & Sumi ainsi que dans un projet de Ueli Zbinden. La typologie à cours

est la solution retenue dans ces projets. Les appartements sont compacts, tout en

étant généreux, et leur développement en façade est très limité. Ils possèdent en leur

centre une cour, partagée par tous les habitants. D’après Ueli Zbinden, ce type de

construction nous montre que la densité du bâti fait partie de notre culture typologique

et de notre façon d’habiter. Nous l’avons oublié durant de la période de la modernité

qui a favorisé la dédensifi cation des villes. Ces typologies seraient donc un retour à un

précédent du modernisme, à certains exemples d’immeubles à cour du XIX e siècle.

Dans le projet de Burkhalter et Sumi à Thalwil, la recherche s’est portée sur l’apport

de lumière au centre du bâtiment épais. La solution a été l’ouverture de brèches dans

le projet. Le bâtiment est comme une transposition du tissu médiéval hors de son

contexte.

Dans cette même idée mais réalisé antérieurement, le bâtiment de Théo Hotz joue

aussi sur la profondeur des plans de logement et sur la présence de cours centrales.

Contrairement aux trois exemples précédents, les ouvertures sur la cour sont de

moindre importance.

Le type de constructions basses et épaisses conviendrait pour le remplacement de

la villa individuelle, dans des quartiers périphériques, mais il est diffi cile d’imaginer ces

constructions en plein centre ne serait-ce que du point de vue de la hauteur. Le projet

de la Schutzenmattstrasse des architectes Herzog et de Meuron à Bâle prend, lui,

place dans un contexte urbain et utilise aussi le potentiel du plan à cour. Il réinterprète

un plan issu d’une longue tradition de l’immeuble urbain, mais sa réalisation n’a été

possible que par l’ouverture de sa cour.

La question des cours intérieures et des patios est aussi abordée par Françoise

Arnold, qui l’illustre par différents exemples parisiens.

La construction à bas gabarits est un thème d’actualité. Elle s’oppose aux

réfl exions modernistes qui favorisaient le haut gabarit comme modèle de la densité et

de la modernité. L’idée s’impose aujourd’hui que le bas gabarit permet lui aussi une

construction dense. D’une certaine manière, ces constructions basses et denses se

rapprochent de la notion des tissus urbains. De plus, cette option permet de gérer de

manière plus adaptée la relation à l’espace public ainsi que le rapport du privé à cet

espace.

1 Bassand Nicolas, L’épaisseur de la densité ou les qualités revisitées de l’habitat

condensé, Matières numéro 7 2004, p.89

2 Schramm Helmut, Low Rise – High Density, Horizontale Verdichtungsformen im

Wohnbau, Springer Verlag, 2005, Wien

83


84

Fig. 134 : Régions urbaines et métropolitaine de Suisse en 2000

Fig. 135 : Flux pendulaires entre les agglomérations en 2000

Fig. 136 : Hiérarchie urbaine du canton


4. LE SITE

Le canton de Neuchâtel

Le canton de Neuchâtel se situe à l’ouest de la Suisse, au centre de l’arc

jurassien, entre la frontière française et le lac de Neuchâtel. La ville de Neuchâtel

est bien reliée au réseau ferroviaire suisse par la ligne du pied du Jura, qui conduit

aux pôles urbains de Bâle et Zurich au nord et à celui de Lausanne-Genève au sud.

La distribution dans le reste du canton se fait ensuite depuis la gare de Neuchâtel en

direction des différentes zones périphériques. La Chaux-de-Fonds et Neuchâtel sont

reliées au réseau autoroutier par Yverdon au sud. L’autoroute ne se poursuit pas en

direction de la Suisse alémanique et se termine à la frontière cantonale nord. Les

liaisons ferroviaires et routières vers Berne et Fribourg sont quant à elles beaucoup

moins bonnes.

Le canton de Neuchâtel n’appartient à aucune des zones métropolitaines de

Suisse. Sa position est intermédiaire, ce qui pose des problèmes d’affi rmation de la

région par rapport à l’aire métropolitaine de Berne et à celle de l’arc lémanique. L’indice

d’urbanisation du canton est de 1,02, ce qui place le nombre de personnes vivant en

zone urbaine au même niveau que le reste du pays. Le canton est donc urbain, bien

qu’il ait une position géographique diffi cile. Cela est dû au fait que le littoral regroupe

une grande partie de la population du canton et tend à se développer de plus en

plus. D’autre part, les montagnes possèdent deux villes qui sont elles aussi un bassin

de population important. Mais en dehors de ces deux entités, les habitants sont peu

nombreux.

A l’heure actuelle, il n’existe pas de liaison performante entre les deux pôles

neuchâtelois. Les transports publics n’offrent pas suffi samment de trains rapides.

L’autoroute, souvent fermée, oblige les pendulaires à emprunter le col de la Vue-des-

Alpes pour se rendre dans l’une ou l’autre des régions du canton, ce qui s’avère être

diffi cile en hiver et peut allonger la durée du trajet. Neuchâtel et la Chaux-de-Fonds

ne sont pourtant éloignées que de 18 kilomètres. Les deux entités ont donc, jusqu’à

ce jour, vécu en partielle ignorance l’une de l’autre et ont développé chacune leurs

propres services. Pourtant, la situation fi nancière actuelle du canton ne permet plus

de poursuivre de cette manière. Une réfl exion globale est née à travers le projet du

réseau urbain neuchâtelois (RUN).

85


86

Fig. 137 : Le canton de Neuchâtel. Le littoral urbanisé est bien visible, alors que le reste du canton

reste en majeure partie libre de constructions.

Fig. 138 : Tracé retenu pour le futur métro entre les villes de Neuchâtel et la Chaux-de-Fonds.


Le projet du réseau urbain neuchâtelois (RUN) :

Le projet du RUN doit permettre au canton de Neuchâtel de mieux se positionner

par rapport aux régions urbaines voisines. En effet, le canton de Neuchâtel, tout en

possédant une population importante répartie principalement entre les agglomérations

de «Neuchatel-littoral» et «la Chaux-de-Fonds-le Locle», souffre de sa position

excentrée. Le 70 % des habitants et le 80 % des emplois se trouvent au sein de

ces deux entités régionales. Afi n de permettre une meilleure liaison entre les villes

du canton, un projet de métro souterrain est prévu entre la gare de Neuchâtel et de

la Chaux-de-Fonds, distantes de seulement 14 kilomètres. Aujourd’hui près de 40

minutes sont nécessaires pour relier les deux villes. Il est prévu de réduire ce temps de

parcours à 12 minutes. Le train deviendrait enfi n un sérieux concurrent de la voiture.

En effet, le mode de transport individuel est aujourd’hui favorisé entre les deux villes

par un trajet de seulement 20 minutes. Cette nouvelle liaison ferroviaire permettrait

de créer une ville de 120 000 habitants, qui deviendrait la troisième de Romandie et

permettrait à la région de mieux se positionner au niveau national.

Cette amélioration ne prétérite pas pour autant les régions périphériques du

canton, pour lesquelles il est prévu de renforcer l’offre en transports publics et de

favoriser l’accès au trois villes. Cette nouvelle liaison a aussi pour but d’enterrer les

rivalités parfois fortes entre le Haut et le Bas, et de mieux répartir les services sur le

territoire plutôt que de posséder toutes les infrastructures en plusieurs exemplaires,

ce qui fait vivre le canton de Neuchâtel au-dessus de ses moyens. La Chaux-de-

Fonds pourrait ainsi récupérer les institutions perdues au fi l des ans et le sentiment

d’injustice, parfois justifi é, serait ainsi susceptible de disparaître.

Par ce projet, la gare de Neuchâtel deviendrait l’interface entre le réseau

national InterCity et le réseau régional de transport, ce qui contribuerait encore au

développement du plateau de la gare par l’implantation de divers services cantonaux

ainsi que des écoles.

87


88

Fig. 139 : Surfaces agricoles

utiles en 1990/94. Le Haut du

canton est plutôt agricole alors

que le Bas est urbain. Le Valde-Ruz,

entre Neuchâtel et la

Chaux-de-Fonds, a toujours été

le grenier du canton.

Fig. 140 : Surfaces d’habitat et

d’infrastructure en 1990/94. Les

deux aires urbaines apparaissent

clairement. Le littoral tend

à devenir une seule agglomération.

Le reste du canton reste en

marge.

Fig. 141 : Bâtiments construits

avant 1919. Les villages des

montagnes neuchâteloises et du

Val-de-Travers ne se sont que

peu développés après 1919. Ils

ont pratiquement gardé leur apparence

d’autrefois.

Fig. 142 : Bâtiments construits

entre 1991 et 2000. Contrairement

à la fi gure précédente, on

remarque l’explosion récente

des constructions dans le Valde-Ruz

ainsi que sur le littoral.


La question du logement dans le canton de Neuchâtel :

On remarque, dans le canton de Neuchâtel, une urbanisation qui se généralise.

L’agriculture ne cesse de reculer au profi t de surfaces dévolues à l’habitat et aux

infrastructures, alors que la diminution de la forêt et des surfaces improductives est quasi

nulle. On observe donc une pression du bâti sur les zones cultivables. L’urbanisation

reste faible dans les zones reculées (vallée de La Brévine, de La Sagne et Val-de-

Travers) ainsi que dans les centres urbains. Ce n’est donc pas dans ces derniers que

l’on construit le plus. La région du Val-de-Ruz, quant à elle, se développe à grande

vitesse bien qu’elle soit très mal desservie par les transports publics. On y voit se

construire de plus en plus de villas individuelles dans des villages dont l’infrastructure

n’est pas à même d’accueillir de nouveaux habitants. Dans la période 1990-2000, 242

villas ont été construites dans le canton contre seulement 20 immeubles de logement.

Dans le Val-de-Ruz, les villas individuelles atteignent 92,4 % du total des constructions

alors que la moyenne cantonale est de 82,4 %.

La question de la vacance des logements est importante dans le canton. Dans

certaines communes, il est très diffi cile de trouver un logement et le prix est très

souvent élevé. Cela principalement sur le littoral, alors que, dans les villes de la

Chaux-de-Fonds et du Locle, les appartements libres se trouvent sans diffi culté, pour

des loyers souvent très bas. Dans cette optique, la nouvelle liaison entre le Haut et le

Bas serait aussi un moyen de rééquilibrer les forces entre les deux villes et permettrait

un désengorgement du marché du logement dans le Bas au profi t du Haut du canton.

Parmi les 81 643 logements que compte le canton, le tiers sont des appartements

de trois pièces. Un quart sont des appartement de 4 pièces et un cinquième de 5 pièces.

Les appartements de une pièce ne représentent que 5 pour 100 du total. La répartition

des différents types varie en fonction des communes. Les petits logements se retrouve

en majorité dans les villes alors que celles-ci souffrent d’un manque d’appartements

de 5 pièces et plus. Les grands logements se trouvent plus facilement dans le reste du

canton, ce qui s’explique d’une part par la présence importante d’anciens logements

ruraux mais aussi par la construction récente de villas individuelles.

Le nombre moyen de personnes par ménage a chuté dans le canton. En 1970,

il était de 2.67 alors qu’il n’était plus que de 2.18 en 2000. Dans le cas de Neuchâtel,

la ville a perdu plus de 6000 habitants entre 1970 et 2000 alors qu’elle compte 2000

ménages supplémentaires.

Les problèmes que doit résoudre le canton de Neuchâtel en matière de logements

sont, dans les grandes lignes, identiques à ceux observé en Suisse et dans le reste de

l’Europe. Mais ils comportent quelques spécifi cités dues à la géographie particulière

de la région, organisée autours de deux pôles pour l’instant mal reliés.

89


90

Fig. 143 à 146: Les différents stades d’évolution de la ville de Neuchâtel.

La première fi gure illustre l’implantation du bourg primitif de Neuchâtel. Le nouveau bourg est

protégé au nord et à l’est par la rivière du Seyon et au sud par le lac, ce qui lui assure une bonne

protection. La ville est à ce moment fermée par deux portes à l’est et à l’ouest.

La deuxième fi gure illustre l’agrandissement du bourg par la création du carrefour de la croix du

marché, premier carrefour de la vile, et de la rue des moulins en bordure de la rivière, puis le

franchissement de celle-ci afi n de construire le quartier du Neubourg et de nouveaux remparts

vers l’est.

La troisième fi gure illustre le Neuchâtel de la renaissance. Le gain des terrains se fait sur le lac et

de nouvelles rues se créent vers le sud. Les remparts ne se déplacent pas.

La quatrième et dernière fi gure illustre la ville au XVIIIe siècle. Les nouvelles constructions de

grandes demeures se font le long du faubourg de l’hôpital en direction de l’est. Les rives atteignent

presque la place qu’elle ont actuellement.


Développement de la ville de Neuchâtel

La ville médiévale de Neuchâtel s’est développée au pied de la colline du château

et de la collégiale à partir du XI e siècle. Tout d’abord limitée par deux portes, elle a

ensuite franchi la rivière du Seyon et s’est étendue vers l’est, puis a gagné des terrains

sur le lac pour poursuivre son extension. L’unique faubourg (faubourg de l’hôpital)

s’est développé vers l’est, où les riches commerçants de la ville se sont fait construire

de prestigieuses maisons. La ville n’a pas connu de développement majeur avant

l’arrivée du chemin de fer en 1859. Elle possédait donc toujours son apparence de ville

médiévale.

Au XIX e siècle, des terrains sont gagnés sur le lac à l’est de la ville médiévale.

La Colline du Crêt est arasée afi n de permettre la création de la nouvelle gare, ce qui

fournit une quantité de terre et de roche que l’on utilisera pour combler le lac au sud

du faubourg de l’hôpital et de l’actuel jardin anglais. Un vaste projet de logements

est réalisé sur les nouveaux remblais sous forme de deux îlots donnant sur l’avenue

du Premier-Mars et de deux barres plus prestigieuses orientées sur les quais. Dans

le prolongement de ce quartier (des Beaux-Arts), viendront prendre place plusieurs

édifi ces publics nécessaires à la ville de l’époque, notamment l’Académie (actuelle

faculté de droit), l’Ecole de commerce ainsi que la nouvelle église catholique. L’avenue

du Premier-Mars a ainsi permis de relier le centre ville à la rue de la Maladière (lieu du

projet) par un tracé direct et a offert à Neuchâtel une véritable entrée de ville.

Quels étaient les programmes que le quartier accueillait dans la seconde moitié

du XIX e siècle?

Fig. 147 : La ville de Neuchâtel et le projet de construction du port, du nouveau quartier des

Beaux-Arts et de la création de l’Avenue du Premier Mars.

91


92

Fig. 148 : La construction de l’église Notre-Dame dans le prolongement du quartier des Beaux-

Arts. A gauche, la colline du Crêt qui a laissé sa place au Lycée Denis-de-Rougemont.

Fig. 149 : Le nouveau quartier des Beaux-Arts, avec ses deux îlots

de logements, la nouvelle Académie et l’école de commerce.

Fig. 150 : La nouvelle académie est aujourd’hui le bâtiment principal

de l’université de Neuchâtel.


L’église Notre-Dame, nouvelle église catholique, est inaugurée en 1906. La

chapelle de la Maladière ne suffi sait plus à une population catholique en constante

augmentation dans le canton. Cet édifi ce marquant en ville de Neuchâtel a été réalisé

par un architecte alsacien, Guillaume Ritter, qui prévoyait - contrairement aux deux

autres projets d’architectes suisses - un mode de construction novateur en béton teinté

de rouge. Lors de sa construction, l’église se trouvait sur un terrain vague, au pied de

la colline du Crêt.

L’Académie et l’école de commerce ont pu être construites sur les terrains gagnés

sur le lac. Les bâtiments existent encore aujourd’hui. Le quartier des Beaux-Arts, tel

qu’il apparaît sur la photographie du centre, à droite, a peu changé. Le jardin et la

colline du Crêt, qui fi gurent sur la photographie ci-dessous, seront remplacés par le

gymnase cantonal et l’institut de microtechnique dans le courant du XX e siècle.

Des logements seront aussi construits au sud et à l’est de l’église catholique. Ils

se présentent sous forme de barres. Le premier stade de la Maladière ne s’implantera,

lui, qu’en 1968.

Fig 151 : L’église Notre-Dame, la colline et les jardins du Crêt

avant la construction du gymnase cantonal.

Fig 152 : L’école de commerce, située au sud de l’Académie.

93


94

Fig. 153 : Les anciennes tuileries

Fig. 154 : L’avenue de Pierre-à-Mazel qui n’aboutit nulle part. La

route des Falaises n’a pas encore été construite. Sur la gauche,

le site de projet, occupé alors par l’usine à gaz.

Fig. 155 : Le corps principal de l’hôpital Pourtalès tel qu’il apparaît

encore aujourd’hui.

Fig. 156 : L’ancienne maternité de Pourtalès, démolie récemment

pour faire place au nouvel hôpital.


Le site a tout d’abord connu une vocation industrielle. Il accueillait une usine à

gaz et une tuilerie. Divers entrepôts ont petit à petit remplacé les jardins de l’hôpital.

Le site a subit des mutations perpétuelles au cours du XX e siècle. Les rives ont sans

cesse été repoussées et les équipements nécessaires à la ville moderne ont profi té de

ce quartier pour s’installer.

Avant la création du port de la Maladière puis de celui du Nid-du-Crô, les bateaux

accostaient aux différents pontons situés le long de la falaise. Le premier port de la

Maladière a servi aux industries du quartier pour le transport des marchandises par

le lac. Il est ensuite devenu un port de pêche avant d’être remplacé, dans les années

1950, par le port de plaisance du Nid-du-Crô, tel qu’il existe aujourd’hui.

Aux abords du site de projet, côté nord, une institution est présente depuis le début

du XIX e siècle. Il s’agit de l’hôpital Pourtalès, construit à partir de 1808 grâce à une

donation de Jacques-Louis de Pourtalès, membre d’une riche famille commerçante

de la ville. Au moment de la réalisation, le site retenu se trouvait bien en dehors des

limites de la ville, au pied d’un coteau de vigne. Au sud, en lieu et place de l’actuel site

de projet, se trouvaient des jardins en lien avec l’hôpital, sur la falaise surplombant le

lac.

La chapelle de la Maladière, construite en 1828 et agrandie en 1855 et 1861, a

été la première église catholique de Neuchâtel. Après la construction de l’église Notre-

Dame, la chapelle est devenue propriété de l’hôpital Pourtalès voisin, puis fi nalement

de l’église réformée.

Fig. 157 : Plan du quartier du Mail-Maladière en 1896. Le site de projet est clairement reconnaissable,

au sud de l’hôpital Pourtalès, sur les falaises. Le quartier accueillait tous les équipements

que la ville avait rejeté à sa périphérie: hôpital, industries, prisons, cimetière, maison des galeux

et des varioleux mais aussi les équipements de loisirs tel que le jeu de maillet ou le stand de tir.

95


96

Fig. 158 à 160 : Trois vue de la ville de Neuchâtel depuis le sommet de la colline du Mail. On

remarque la mutation de la ville et la colonisation progressive des vignes au profi t de différentes

institutions ainsi que le gain de terrains sur le lac. L’hôpital Pourtalès, présent sur les trois images,

sert de repère. La dernière image illustre les mutations récentes du quartier avec la construction

du stade, du CPLN, de l’hôpital et du plateau de la gare.


Le site tel qu’il se présente aujourd’hui a gardé peu de traces des éléments qui le

composaient au XIX e siècle. Les seuls bâtiments ayant résisté à la mutation du quartier

sont : le corps principal de l’hôpital Pourtalès, dont les façades ont été conservées lors

de la transformation, la chapelle de la Maladière et l’église catholique Notre-Dame, qui

a échappé de justesse à la démolition à la fi n des années 1970. Il va donc falloir faire

état des construction plus récentes qui composent ce morceau de ville.

Fig. 161 : Le site retenu pour le projet tel qu’il se présente aujourd’hui. Au nord, l’hôpital Pourtalès,

au sud, le stade de la Maladière.

97


98

Fig. 162 et 163 : Le nouveau quartier de la gare avec les logements de Devanthéry & Lamunière

et l’Offi ce Fédéral de la Statistique, en haut, et les logement de Bauart, en bas.

Fig. 164 et 165


Transformations récentes en ville de Neuchâtel

Dans les années 1980 et 1990, Neuchâtel a changé de visage. La réalisation de

l’autoroute, qui a permis de relier le canton au réseau national, a profondément changé

le visage de la ville. Un tunnel permet d’éviter le centre et deux grands échangeurs ont

vu le jour à l’est et à l’ouest de la commune. Des terrains ont été gagnés sur le lac. La

ville a ainsi, encore une fois, repoussé ses limites vers le sud et a pu réaliser, par la

même occasion, un nouveau rivage, sur lequel ont pris place de nombreuses zones

de loisirs et de détente ainsi que les équipements sportifs dont le canton avait besoin.

Plus récemment, la ville de Neuchâtel est entrée dans une période de transformations

intenses. Plusieurs quartiers de la ville sont sur le point d’être convertis. Ces dernières

années, des logements ont été construits et des projets de grande envergure ont vu le

jour.

Le quartier de la gare est en passe d’être achevé, il accueille depuis, 1998, l’Offi ce

fédéral de la statistique. Au fi nal, Conservatoire, hautes écoles ainsi que des surfaces

dédiées au tertiaire viendront prendre place dans le voisinage. En outre, un grand

nombre de logements y a été construit. La proximité de la gare, le dégagement sur la

ville et le lac et la proximité du centre ont permis à ce site exceptionnel d’être très vite

investi par ses occupants. De plus, il a suivi un processus de développement minergie

qui va s’étendre bientôt, dans le cadre d’un projet européen, à tout l’est de la ville.

Aux Cadolles, au nord de la ville, l’ancien hôpital a été vidé et sera prochainement

transformé en logements. De nouveaux bâtiments d’habitation y seront aussi construits.

Ce site se situe en bordure de forêt. Il bénéfi cie d’un dégagement extraordinaire et est

bien relié au centre ville.

Le quartier de Serrières, à l’ouest de la ville va lui aussi subir des transformations,

notamment par le remplacement des anciens abattoirs de la ville et par le projet

de Tivoli, qui prévoit la construction de nouveaux logements et la réaffectation des

anciennes usines de la Suchard. Certains services de l’Etat de Neuchâtel ont déjà pris

place dans les usines réaffectées. Non loin de là, au bord du lac, l’entreprise Philip

Morris International (PMI) est en passe de s’agrandir en construisant deux nouveaux

bâtiments de production.

Par la réalisation de ces différents projets de logements, la ville de Neuchâtel veut

pallier le manque d’habitations que connaissent la ville et tout le littoral. Elle veut ainsi

permettre à la population de revenir vivre en ville. La commune, grâce à la construction

des nouveaux logements, a pu gagner 500 habitants entre 2003 et 2006 alors que la

population n’avait cessé de décroître jusque là.

Fig. 166 et 167

99


100

Fig. 168 : La façade courbe du nouvel hôpital Pourtalès. A gauche, le corps de bâtiment datant de

1808, à droite, la chapelle de la Maladière.

Fig. 169 : Le Centre Professionnel du Littoral Neuchâtelois (CPLN) et les bâtiments du Centre

Suisse d’Electronique et de Microtechnique (CSEM), ou s’implantera bientôt l’EPFL.

Fig. 170 et 171


Projets récents en ville de Neuchâtel :

Le quartier de la Maladière a vécu un développement fulgurant au cours des

dernières années, plus encore que le reste de la ville de Neuchâtel. Il se compose

d’éléments tout à fait hétéroclites et ne possède pas de planifi cation précise. Il a

subi des transformations importantes, secteur par secteur, de façon progressive.

La transformation, sans avoir été planifi ée d’avance, donne au lieu une certaine

particularité et une certaine hétérogénéité des éléments. L’évolution rapide du quartier

impose une récapitulation des changements intervenus ces dernières années.

La décision de regrouper les hôpitaux de la ville de Neuchâtel sur un site unique a

entraîné la fermeture de l’hôpital des Cadolles, sur les hauts de la ville et la construction

du nouvel hôpital Pourtalès directement au nord du site de projet. Les façades de

l’ancien bâtiment de 1808 ont été conservées et ce corps de bâtiment tient lieu d’entrée.

L’implantation de la nouvelle construction offre une grande façade courbe vers le sud

et procure un dégagement à chaque chambre. Au nord, les volumes sont découpés et

répondent aux villas locatives du début du XX e siècle, situées dans la pente, sous la

gare. Un jardin public à été aménagé sur les parties enterrées du bâtiment.

A l’est, l’extension du Centre Professionnel du Littoral Neuchâtelois (CPLN) donne

une limite claire. Il vient compléter les constructions des deux barres est-ouest datant

de 1964 et 1978. Le nouveau bâtiment reprend la direction des barres à l’est et la

courbe de la rue de Gibraltar à l’ouest.

Fig. 172 à 175

101


102

Fig. 176 : L’ancien stade de la Maladière juste avant sa démolition. En arrière plan, le chantier

de l’hôpital Pourtalès.

Fig. 177 : Le nouveau stade : en arrière plan, l’hôpital Pourtalès et le site de projet, en avant

plan, la patinoire et la station d’épuration.

Fig. 178 et 179


Le site va prochainement s’enrichir, grâce à la construction d’une antenne de l’Ecole

polytechnique fédérale de Lausanne. En effet, le département de microtechnique de

l’Université de Neuchâtel sera transféré au sein de l’EPFL mais restera à Neuchâtel. La

construction d’un nouveau bâtiment est prévue dans le quartier, sur le site du Centre

suisse d’électronique et de microtechnique (CSEM).

Directement au sud du site de projet, au-delà de l’avenue de Pierre-à-Mazel, le

stade de la Maladière, inauguré en automne 2007, constitue une nouvelle façade

pour la rue. Il est un grand volume qui accueille en son sein le volume du stade.

Son programme est complexe. Outre le stade proprement dit, il contient le plus grand

centre commercial du canton, la caserne des pompiers du littoral ainsi que trois salles

de gymnastiques, utilisées en partie par les écoles de la ville pour les leçons de sport.

Sa façade s’est voulue comme une nouvelle entrée en ville de Neuchâtel.

Sur la partie ouest du site, délimitée par les rues de la Maladière et de la Pierreà-Mazel,

une part importante de logements est déjà construite. Le site se termine

en pointe en direction du Jardin Anglais et du centre ville. Une tour datant de 1930,

réalisée par les architectes Jacques Béguin et Ernest Prince, se situe à cet endroit,

dans le prolongement de l’avenue du Premier-Mars et en marque l’aboutissement.

Pour plusieurs raisons, le site occupe une position intéressante en ville de

Neuchâtel. Premièrement, il est situé dans un quartier possédant tous les services

nécessaires à la vie de tous les jours : commerces, écoles, services de soins, loisirs.

Tout se trouve à proximité. Deuxièmement, il est peu éloigné du centre ville qui peut

être rejoint, par la promenade du jardin anglais en moins de dix minutes ou par bus en

moins de deux minutes. Troisièmement, le projet de tram sur le littoral neuchâtelois,

permettrait de desservir toute l’agglomération en partant de Boudry à l’ouest et en allant

jusqu’à Marin à l’est et passerait par la rue de Pierre-à-Mazel, ce qui constituerait un

atout supplémentaire pour le site. Quatrièmement, la proximité des zones de détentes

du bord du lac donne au quartier un intérêt particulier. Finalement, la gare est toute

proche et peut être rejointe à pied ou par le funiculaire.

Fig. 180 et 181

103


104

Fig. 182 et 183 : La nouvelle école primaire de la Maladière, construite dans le parc de l’ancien

cimetière de la ville, par Andréa Bassi, pour remplacer l’ancien collège qui sera bientôt démoli afi n

de faire place au nouveau bâtiment de l’EPFL.

Fig. 184 et 185


Fig. 186 à 191

105


106


Analyse cartographique

La pente/topographie :

Le site de projet se trouve sur le lieu des anciennes falaises qui plongeaient dans

le lac. Cela s’illustre par une différence de niveau de cinq mètres entre la rue de la

Maladière, au nord et l’avenue de la Pierre-à-Mazel, au sud. Tous les terrains situés

au sud sont des remblais datant de la fi n du XIX e siècle puis du courant du XX e siècle.

Les coteaux au nord, fortement effacés par l’implantation du nouvel hôpital Pourtalès,

étaient des surfaces dévoués à l’exploitation de la vigne. Au-dessus, le plateau de

la gare accueille de nouvelles réalisations. La pente est ensuite continue jusqu’au

sommet de la montagne de Chaumont à plus de mille mètres.

Fig. 194 : Coupe transversale sur le site de projet. Vue en direction de l’ouest. Au nord, le foyer

handicap, au sud, des barres de logements collectifs.

Fig. 195 : Coupe transversale sur le site de projet. Vue en direction de l’est. Au nord, l’hôpital

Pourtalès, au sud, le stade de la Maladière.

107


108


Les voiries :

Les voiries qui constituent les limites du site de projet sont diverses : la route située

au nord du site (représentée en bleu sur la carte) a été la première route d’accès à la

ville de Neuchâtel depuis l’est. Elle descendait de la colline du Mail, bordait les falaises

puis le bord du lac pour atteindre la porte de l’hôpital (actuelle place de l’hôtel de

ville). La route des Saars a ensuite été créée, évitant la montée sur la colline du Mail.

La voirie sud est plus récente. Elle a été créée lors du remblaiement du quartier des

Beaux-Arts et de Pierre-à-Mazel. A l’époque, elle ne se poursuivait pas en direction de

l’est et n’était qu’une impasse desservant les différents entrepôts et ateliers du secteur.

Il a fallu attendre la construction de la route des Falaise en contrebas de la rue des

Saars pour qu’elle se poursuive. Située proche de la sortie de l’autoroute, elle sert

aujourd’hui de pénétrante en ville de Neuchâtel.

Du point de vue de ses accès, le site de projet est situé tout proche de l’échangeur

«Maladière» de l’autoroute et profi te ainsi de la proximité des accès aux voies rapides.

De plus, il est, depuis 2002, relié à la gare par un funiculaire, ce qui permet une bonne

desserte.

Fig. 197 : L’Avenue de la Pierre-à-Mazel en direction du centre ville : à gauche, le stade de la

Maladière et à droite, le site de projet.

Fig. 198 : L’Avenue du Premier Mars est l’axe majeur qui relie la Maladière au centre ville. A

gauche, le jardin Anglais.

109


110


Les transports publics :

Le site est extrêmement bien desservi par les transports publics. Une ligne de bus

passe sur la route nord et possède un arrêt pour l’hôpital et un autre pour le CPLN.

Sur la rue sud, la nouvelle ligne de bus dessert le complexe de la Maladière puis les

piscines plus à l’est. Elle possède un arrêt pour le centre commercial et un autre pour

les salles de sport. Ces deux lignes permettent de rejoindre le centre ville et la Place

Pury (nœud des transports régionaux) en moins de cinq minutes. Pour rejoindre la

gare, il est possible d’emprunter le funiculaire réalisé pour l’exposition nationale de

2002. Son parcours dure moins d’une minute.

Fig. 200 et 201 : Les escaliers sont caractéristiques des cheminements qui permettent de relier le

haut et le bas de la ville, organisée sur les terrasses des murs de vignes.

111


112


Liens entre le bas et le haut de la ville :

La ville de Neuchâtel est caractérisée par de nombreux cheminements allant du

lac à la forêt et inversement. Bien que souvent raides, ils constituent, pour les piétons,

un réseau de liaisons rapides entre le haut et le bas de la ville de Neuchâtel. Ils sont

la plupart du temps constitués d’escaliers, ce qui réserve leur utilisation aux seuls

piétons. Ces chemins dégagent souvent une vue, soit sur la montagne de Chaumont,

soit sur le lac. Ces deux références permettent de se positionner dans la ville.

Fig. 203 et 204 : Les escaliers sont caractéristiques des cheminements qui permettent de relier

le haut et le bas de la ville, organisée sur les terrasses des murs de vignes.

Fig. 205 à 207

113


114


Les parcours piétons :

Plusieurs parcours permettent depuis le site, de rejoindre la zone piétonne du

centre ville. Ils sont, contrairement aux parcours décrits précédemment, à plat.

Fig. 209 : Le jardin Anglais permet le lien entre le centre ville et le quartier de la Maladière. Il est

une promenade agréable en même temps qu’un lieu de détente.

Fig. 210 : Un autre moyen de rejoindre le centre depuis le quartier de la Maladière est d’emprunter

les anciens quais.

Fig. 211 : Les Jeunes-Rives permettent aussi la transition entre la Maladière et le centre ville.

115


116


Parcs et lieux de détente :

Au-delà du stade, se situe la zone des Jeunes-Rives, qui sert de lieu de détente, de

plage en été, de place pour les festivals et de terrain de sport extérieur pour les écoles.

Le site mériterait un réaménagement, attendu depuis la fermeture de l’exposition

nationale. Il est prévu, sans garanties, pour 2011.

Outre l’espace des Jeunes-Rives, on peut citer le Jardin-Anglais qui est non

seulement un lieu de passage, mais aussi un lieu de détente au cœur de la ville, à la

jonction entre le centre ville, le quartier étudiant et sportif et les quartiers résidentiels.

Plus à l’est, la colline du Mail regroupe le parc de l’ancien cimetière (dans lequel

Andréa Bassi a réalisé une nouvelle école) et les terrains autrefois dévoués au jeu

de maillet, devenus terrains de sport. Il faut aussi mentionner le nouveau parc situé

derrière l’hôpital Pourtalès et les nouvelles plages du Nid-du-Crô où se situe la piscine

du même nom.

Fig. 213 et 214 : La plaine ombragée du Mail, ancien emplacement du jeu de maillet et le nouveau

jardin au nord de l’hôpital Pourtalès.

Fig. 215 et 216 : Les Jeunes-Rives, site de l’exposition nationale, lieu de détente au bord du lac.

Fig. 217 et 218 : Le jardin du Palais DuPeyrou qui se situe sur le faubourg de l’hôpital.

Le Jardins Anglais, lien entre le centre ville et la Maladière.

117


118


Quartier des établissements éducatifs :

Le quartier est sans aucun doute estudiantin. On y trouve la plus grande partie

de l’Université de Neuchâtel, le Lycée Denis-de-Rougemont, l’Ecole de commerce,

le Centre professionnel du littoral neuchâtelois (CPLN), la future antenne de l’Ecole

polytechnique fédérale (EPFL), la cité universitaire et le conservatoire de musique.

Prochainement, la Haute Ecole de gestion et l’Ecole d’ingénieur devraient s’y installer.

De plus, les deux hôpitaux drainent une part importante du personnel hospitalier en

formation. Cette population a permis à quelques bars et restaurants de s’implanter

dans le quartier. A midi, la vie y est animée.

Fig. 220 et 221 : L’Université de Neuchâtel. A gauche, la nouvelle Faculté des lettres implantée

sur les remblais des Jeunes-Rives. A droite, le bâtiment principal, construit en 1886.

Fig. 222 et 223 : La Cité universitaire qui répond à la pente par la construction d’une tour de

logement posée sur un socle qui contient les services.

Le Lycée Denis-de-Rougemont et son jardin ont pris la place de la colline du Crêt, au pied de

l’église rouge.

119


120


Quartier des équipements sportifs :

Le quartier accueille les principaux équipements sportifs de la ville. Alors que la

patinoire et le port du Nid-du-Crô sont présents depuis plusieurs années, les salles

de gymnastique de la Riveraine et le stade de football viennent d’être construits. Ces

équipements sont complémentaires des écoles situées à proximité.

Fig. 225 : Les patinoires du littoral construites sur les terrains gagnés sur le lac dans les années

1970.

Fig. 226: Le port du Nid-du-Crô, la salle de sport de la Riveraine et le stade de football. Le quartier

regroupe une grande partie des équipements sportifs de la ville.

Fig. 227: La salle de sport de la Riveraine.

121


122


Bâtiments publics :

En dehors des équipements sportifs et des écoles, plusieurs bâtiments publics

se trouvent aux abords du site de projet. Certains existent depuis longtemps, comme

l’hôpital Pourtalès et d’autre viennent de voir le jour, comme l’Offi ce fédéral de la

statistique.

Fig. 229 et 230 : Deux grands bâtiments construits récemment dans le quartier: l’Offi ce fédéral de

la statistique, en haut et le nouvel hôpital Pourtalès, en bas.

123


124

Fig. 233 : Le casino de la rotonde dans le jardin anglais.

Fig. 231 : La rénovation d’une ancienne

usine de serrurerie a permis

l’aménagement d’une crèche ainsi

que d’un institut d’anatomie-pathologie,

en lien avec l’hôpital Pourtalès.

Fig. 232 : Au nord de l’hôpital, le

home de Clos-Brochet, actuellement

en phase d’agrandissement.


Fig. 234 : La chapelle de la Maladière,

dont la façade donne directement sur

le site du projet.

Fig. 235 : Le foyer handicap occupe les

bâtiments voisins de l’hôpital Pourtalès.

On y trouve aussi un restaurant et

la poste du quartier de la Maladière.

Fig. 236 et 237 : l’église catholique Notre-Dame appelée aussi église rouge. à gauche. A droite,

le musée des Beaux-Arts, qui a donné son nom à tout le quartier.

125


126


Logements :

Le quartier, bien qu’il héberge un grand nombre de bâtiments publics, compte tout

de même un certain nombre de logements. On peut les classer de la façon suivante:

logements des Beaux-Arts sous forme de deux îlots et deux barres, logements entre le

stade et l’église catholique, au sud du site de projet, sous forme de barres, logements

à l’ouest du site de projet qui présentent tous les types, logements à l’est du site de

projet, qui marquent l’entrée de la ville, sous forme de barres.

Fig. 239 et 240 : les logements du quartiers

des Beaux-Arts ont été construits de 1881 à

1895. Ce sont de grands appartements, prestigieux

pour ceux qui donnent sur le lac. La

première illustration montre, à gauche, les

barres donnant sur le lac qui se situe au sud

et, à droite, les îlots donnant sur le Jardin anglais

qui se situe au nord.

La seconde illustration montre la cour intérieure

de l’un des îlot, aménagée en jardin.

Fig. 241 : Cour intérieure des logements voisins

du site de projet. A gauche, une barre de

logements et à droite, une tour de logements.

Les deux maisons visibles dans le fond se

trouvent sur le site de projet.

Fig. 242 : façade nord de la barre de l’illustration

précédente.

127


128

Fig. 243 : les barres de logements situées directement au sud du site de projet, entre l’église

catholique et le stade.

Fig. 244 et 245 : les deux tours de logements qui composent l’îlot situé directement à l’ouest du

site de projet.


Fig. 246 : Logements situés à l’est du site de projet. Ils marquent l’entrée dans la ville depuis

l’autoroute.

Fig. 247 : Au premier plan, les barres de logements, situées entre l’église catholique et le stade.

Au deuxième plan, la tour de logements et au dernier plan, la barre haute.

129


130


Rives :

Comme déjà mentionné plus haut, la ville de Neuchâtel a sans cesse repoussé

ses rives afi n de s’agrandir. Il est intéressant de positionner le site par rapport aux

anciennes rives du lac et de mettre en évidence la part de la ville qui a été gagnée sur

l’eau. Le site se trouve sur les limites de l’ancien rivage. Il a en partie été gagné sur le

lac, au pied des falaises situées devant l’hôpital Pourtalès.

Fig. 249 et 250 : A gauche, les quais avant la création des Jeunes-Rives. A droite, le rivage actuel

qui propose des lieux de détente.

Fig. 251 : Les rivages successifs de la ville de Neuchâtel.

131


132

Fig. 252 : Le centre ville de Neuchâtel. Dans la partie inférieure droite de la photographie, un des

quartier le plus dense de la ville.

Fig. 253 et 254 : A gauche, la cour intérieur et la cage d’escalier de la maison du Trésor, accessible

par un passage reliant deux rues. Elle se situe dans le quartier illustré ci-dessus. A droite, la

ruelle du port qui relie le faubourg de l’hôpital à la place du port.


Densités neuchâteloises :

Le centre ville de Neuchâtel offre des expériences de densité bâtie, de densité

sociale et de mixité. Les anciennes ruelles qui ont échappé au grand incendie de 1714

ont gardé leur ancien tracé et possèdent une densité propre. Mais ce n’est pas le seul

endroit qui propose ce type d’expériences. La construction de la ville sur le fl anc de la

montagne de Chaumont a impliqué de nombreux travaux de terrassement et les murs

de soutènement sont très présents. Les rues sont rarement bordées de maisons des

deux côtés. Elles se situent souvent plus haut et plus bas que la rue. Chaque maison

est donc toujours surplombée par d’autres constructions, ce qui accentue le sentiment

de densité.

Les cheminements piétons « lac - forêt » décrits plus haut s’immiscent souvent

entre les bâtiments, ce qui permet au piéton des expériences variées.

Fig. 255 et 256 : Les escaliers du château permettent l’accès direct à la colline. Ils évitent le

détour de la rue de la Collégiale. Leur contention entre les murs des maisons et le château qui

les surplombe renforcent le sentiment de densité.

133


134

Fig. 257 et 258 : La complexité des rues de la vieille ville, la succession des différents plans bâtis,

la proximité minérale des murs et les possibilités de parcours et de rencontres confèrent au

centre une densité sensible particulière.

Fig. 259 et 260 : Deux rues de la vieille ville. A droite, la ruelle des Chaudronniers, à gauche, la

rue des Moulins.


Fig. 261 à 264 : La superposition du bâtit dans la pente est caractéristique de Neuchâtel et de la

structure en terrasse sur laquelle s’est construite la ville. Ces superpositions créent un sentiment

de densité par le fait que l’on trouve souvent une maison qui surplombe la sienne. On retrouve

cela aussi bien dans le centre ancien que dans les nouveaux quartiers de la ville.

Fig. 265 et 266 : A gauche, un mur de soutènement caractéristique. La rue n’est de cette façon

pas bordée d’immeubles, ceux-ci se trouvent soit au dessus soit au-dessous.

A droite, dans le quartier de la Maladière, la superposition des différents plans crée une sensation

de densité.

135


136

Fig. 267 et 268 : L’entrée de la cité universitaire, à gauche et le passage entre la rue de la Maladière

et l’avenue de la Pierre-à-Mazel à droite.

Fig. 269 et 270 : Les logements denses de Devanthéry & Lamunière offrent des passages et

ouvertures qui permettent la vue du lointain.

Fig. 271 et 272 : La faculté des lettres de l’Université de Neuchâtel.


En parlant de la perception de la densité, il a été évoqué les dilatations et les

resserrements de l’espace, comme étant des facteurs infl uençant la sensation de

densité. Neuchâtel dispose de beaucoup de ces passages qui permettent la transition

piétonne tout en offrant, parfois, des ouvertures sur le lointain et le lac. Les photographies

suivantes illustrent ce propos. Ces passages ne se trouvent pas uniquement dans le

centre ancien mais aussi dans des constructions récentes comme dans les logements

réalisés par le bureau Devanthéry & Lamunière.

Fig. 273 et 274 : Passages dans le centre ville.

Fig 275 et 276 : Passages dans le centre ville.

137


138


5. CONCLUSION

Afi n de clore l’énoncé théorique et d’amorcer la partie pratique du Master, il

faut tirer les conclusions du travail déjà effectué afi n de les appliquer à la réfl exion

projectuelle.

Concernant le programme du futur projet, la présence, dans les alentours, d’un

grand nombre de services, de commerces et d’équipements nécessaires à la vie du

quartier, permet de se concentrer sur la réalisation de logements qui pourront être de

divers types.

Comme expliqué auparavant, le quartier bénéfi cie de l’implantion de l’Université,

du Centre professionnel du littoral neuchâtelois et des lycées. La construction prochaine

du nouvel institut de microtechnique de l’EPFL renforcera encore le côté estudiantin de

cette partie de la ville. Cela implique la présence d’une population jeune en ces lieux.

La cité universitaire, qui se trouve à quelques pas, ne permet plus, à l’heure actuelle,

d’accueillir tous les étudiants de la ville. Il serait donc envisageable de planifi er la

construction de logements susceptibles de les accueillir.

La présence de l’hôpital pourrait aussi permettre le développement de logements

protégés pour l’accueil de personnes nécessitant des soins quotidiens, principalement

des personnes âgées. Le lien entre les appartements et les services de l’hôpital

seraient ainsi facilités.

En dehors de ces deux catégories spécifi ques de la population, des appartements

de tous types sont aussi nécessaires à la ville de Neuchâtel, dans le but d’accueillir de

nouveaux habitants. Il a été fait mention du manque de grands appartements pour les

familles notamment.

Le travail se dirigera donc probablement vers une proposition de mixité des

logements induisant de ce fait une mixité d’appropriation. Le travail sur la diversité

des typologies sera important. Les appartements pouvant être des deux pièces, des

lofts ou encore des duplex. Il faudra aussi veiller à la grande fl exibilité des plans de

logement afi n qu’ils puissent s’adapter aux modes de vies de leurs occupants et non

l’inverse.

Outre le développement du logement, le site pourrait accueillir différents

programmes. Un article paru dans le journal le Temps du 11 avril 2007 met en avant

le besoin de la ville de Neuchâtel en locaux occupant les rez-de-chaussée et pouvant

accueillir des bureaux, des ateliers ainsi que des petits commerces. Il faudra donc

tenir compte de ce besoin et proposer de tels espaces. D’autres programmes en lien

direct avec les établissements éducatifs voisins pourraient être abordés. Les lycées

manquent par exemple cruellement de salles de classe.

Autre point important, le quartier ne dispose pour l’instant pas de lieu de réunion

pour les habitants et la jeunesse. La question d’un centre d’animation et de loisir pour

le quartier pourrait être abordée.

139


140

Réalisation de l’architecte Martin Spühler dans

le quartier de l’Oerlikon Park à Zurich. 102 appartements.

Réalisation de l’architecte Martin Spühler à

Zurich. 64 appartements.

Réalisation du bureau Geninasca Delefortrie

dans le quartier de Serrière à Neuchâtel. 40

appartements.

Réalisation du bureau Kuhn, Fischer & Partner

dans le quartier Limmatwest à Zurich. Représen

seulement en partie ci-dessus.

Réalisation du bureau Devanthéry & Lamunière

dans le quartier de la gare à Neuchâtel.

Réalisation de l’architecte Willi Kladler à Zurich.

104 appartements.


Esquisses projectuelles :

La mise en situation de réalisations existantes sur le site permet de se faire une

bonne idée de la surface à disposition pour le projet. Les schémas ci-contre mettent en

situations quelques-uns des exemples analysés plus haut. Il ressort tout de suite que

le site est important et qu’il peut accueillir un grand nombre de logements.

Les dimensions du site : La longueur du site, d’ouest en est, est de 230 mètres. Sa

largeur varie avec la courbe de la rue de la Maladière au nord. La plus courte distance

entre l’avenue de la Pierre-à-Mazel et la rue de la Maladière est de 45 mètres, la plus

longue est de 80 mètres.

141


142

Dégagement visuel et passage en direction du lac.

Dégagement visuel pour les logements situés dans les derniers étages.

Façades borgnes des immeubles situés à l’ouest.

Cour semi privée et protégée des nuisances au centre de l’îlot.


L’analyse du site permet déjà de donner quelques pistes et de fi xer les premières

idées directrices qui pourraient conduire le projet de master :

- Poursuivre la rue du Stade, qui relie le site au lac, permettrait à la cité

universitaire, à l’hôpital, ainsi qu’à tout le quartier situé au nord de posséder

un accès plus direct aux rives. Cela créerait de même une percée visuelle

vers le lac. Depuis la construction du stade, la rue du même nom est devenue

zone piétonne.

- Le site doit permettre la perméabilité entre la rue de la Maladière et l’avenue

de la Pierre-à-Mazel afi n de favoriser les passages nord-sud. Il faudrait

pourtant favoriser les ouvertures vers le nord, qui est plus calme.

- Le stade, au sud, bloque la vue et n’offre qu’un dégagement minimum pour

les logements qui se situeraient directement sur l’avenue de la Pierre-à-

Mazel. Néanmoins, en construisant en hauteur sur la partie nord du site, les

logements supérieurs pourraient bénéfi cier d’un dégagement par dessus le

stade de la Maladière.

- La différence de hauteur entre la rue de la Maladière et l’avenue de la

Pierre-à-Mazel est de cinq mètres. L’espace semi-public propre au site

pourrait prendre place au niveau de la rue de la Maladière. Un socle d’une

grande hauteur d’étage pourrait accueillir d’autres programmes que celui du

logement.

- L’existence du début d’îlot contenant des logements, à l’ouest, et les façades

borgnes qu’il laisse apparaître sur le site invitent à la prolongation de l’existant.

La cour intérieure qui existe actuellement n’est pas entièrement accessible

aux piétons, mais cela pourrait être le cas pour le futur projet.

- La présence de l’avenue de la Pierre-à-Mazel, artère très fréquentée, génère

des nuisances desquelles il fadrait protéger le site. La construction de

logements qui posséderaient un dégagement direct sur cet avenue paraît

diffi cile. Il faudra y placer des programmes possédant une plus grande

tolérance au bruit et probablement prévoir un système de protection.

- Recréer un front de rue nord pour la Pierre-à-Mazel, qui n’en possède

actuellement pas. Les bâtiments accueilleraient des programmes moins

sensibles au bruit, pouvant servir de protection pour les logements situés au

nord.

143


144

La distance entre le site et le stade est de 20 mètre et de 70 mètres entre le site et l’hôpital.

Ensoleillement du site au solstice d’hiver.


- Au nord, la façade courbe de l’hôpital est éloignée de plus ou moins 70

mètres, le projet, quel qu’il soit, ne risque pas de prétériter le dégagement

offert aux chambres de l’institution, les bâtiments peuvent ainsi prendre de la

hauteur et reprendre le gabarit de l’immeuble voisin : rez + six étages.

- Au sud, la distance est plus réduite. Elle est de 20 mètres, ce qui correspond

à la situation du reste de l’avenue plus à l’ouest. Afi n de laisser de la lumière

au bâtiments situés au nord, la hauteur de ce bâtiment doit être limitée et

reprendre le gabarit des bâtiments situés plus à l’ouest, soit : rez + trois ou

quatre étages.

- La présence du stade au sud fait apparaître le problème de l’ensoleillement.

Les constructions situées en bordure de l’avenue de la Pierre-à-Mazel ne

bénéfi cieraient pas d’un ensoleillement lors de la période hivernale. Par

contre, une construction sur la partie nord ne souffrirait pas de la présence du

stade. De même, une cour centrale recevrait en partie le soleil.

Le programme cité ci-dessus ainsi que les diverses idées développées ne doivent

pas être considérés comme fi xes. Elles ne sont qu’une première approche et vont

naturellement évoluer lors de la conception du projet. De nouvelles questions se

poseront et je tenterai d’y répondre.

145


146

6. BIBLIOGRAPHIE

Références sur la densité :

Livres :

- Amphoux Pascal, La densité urbaine, du programme au projet, ENAC, EPFL, 2001

- Blumer Jacques, Pour une utilisation rationnelle du sol : Quelques bons exemples de

construction, ASPAN, 1997, Berne

- Fouchier Vincent, Les densités urbaines et le développement durable, le cas de l’île de

France et des villes nouvelle, Editions du SGVN, décembre 1997

- Ruzicka-Rossier Monique, Densité et mixité à l’échelle des agglomération suisses : le cas

de l’agglomération lausannoise, 2002, offi ce fédéral du développement durable

- Ruzicka-Rossier Monique, Kotchi Marie-Josée, Densité et mixité, analyse d’une portion

d’agglomération, l’ouest lausannois, Mandat de l’Offi ce Fédéral du

Développement Territorial, Rapport de recherche n°1, août 2002, EPFL, ENAC, INTER,

LADYT

Articles :

- Bassand Nicolas, L’épaisseur de la densité ou les qualités revisitées de l’habitat condensé,

Matières numéro 7 2004, p.89

- Bordas-Astudillo Florence, Quelle forme urbaine pour quelle densité vécue, note de 4

pages, Atelier parisien d’urbanisme APUR, n°10, juin 2003

- Habitat formes urbaines, densité comparée et tendances d’évolution en France,

Fédération nationale de agences d’urbanisme FNAU, octobre 2006

- Appréhender la densité, notes rapides sur l’occupation du sol, IAURIF, n°382, juin 2005

- Ley Elise, Loetscher Christoph, Seppey Fabienne, Densifi ons, le cas du M2 à Lausanne,

Master of advanced studies 2005-2006, EPFL, IDEHAP

- Inès Lamunière et Martin Steinmann, Densité, in Faces n°40, hiver 1996-1997, Genève

- Face n°40, hiver 1996-1997, Densité


Références sur la ville :

Livres :

- Benevolo Léonardo, Histoire de la ville, Editions Parenthèses, 1983, Marseille

- Berger Patrick, Nouhaud Jean-Pierre, Formes cachées la ville, PPUR, 2004, Lausanne

- Diener Roger et Steinmann Martin, Das Haus und die Stadt, 1995, Lucerne et Bâle

- Divorne Françoise, Berne et les villes fondées par les ducs de Zähringen au XIIe siècle,

Aux Archives d’Architecture Moderne, 1991, Bruxelles

- Eisinger Angelus, Reuther Iris, Zürich baut - Konzeptioneller Städtebau / Building Zurich:

Conceptual Urbanism, Birkäuser et Stadt Zürich, 2007, Basel

- Godard Francis, La ville en mouvement, découvertes Gallimard 410, 2001

- Kaijima Momoyo, Made in Tokyo, Kajima Institute Publishing Co, 2001, Tokyo

- Lamunière Inès, Fo(u)r cities,PPUR, 2004, Lausanne

- Lynch Kevin, L’image de la cité, Dunod, 1999, Paris

- Mangin David, La ville franchisée, formes et structures de la ville contemporaine, Editions

de la Vilette, 2004, Paris

- Mongin Olivier, La condition urbaine, la ville à l’heure de la mondialisation, Editions du

seuil, 2005

- Panerai Philippe, Analyse urbaine, Editions parenthèses, 1999, Marseille

- Rebois Didier, Construire la ville sur la ville, transformation de sites urbains contemporains,

EUROPAN 4, résultats européens, EUROPAN, 1994, Paris-La-Défense

- Rowe Collin, Koetter Fred, Collage City, Infolio éditions, 2002, Gollion

- Secchi Bernardo, Première leçon d’urbanisme, Editions Parenthèses, 2006, Marseille

- Sieverts Thomas, Entre-ville, une lecture de la Zwischenstadt, Editions Parenthèses, 2004,

Marseille

147


148

Références sur le logement :

Livres :

- Arnold Françoise, le logement collectif, de la conception à la réhabilitation, éditions du

moniteur, 2005

- Bassand Michel et Henz Alexander, Habitation horizon 2000, PPUR, 1988, Lausanne

- Durban Christoph, Koch Michael, Kurz Daniel, Merhr als wohnen, Gemeinnütziger

Wohnungsbau in Zürich, 1907-2007, gta Verlag, 2007, Zürich

- Fernandez Per Aurora, Mozas Javier, Densidad Density, a+t ediciones, 2006, Vitoria-

Gasteiz

- Flagge Ingeborg, Geschichte des Wohnens von 1945 bis heute Aufbau-Neubau-Umbau,

Deutsche Verlags-Anstalt, 1999, Stuttgart

- Lucan Jacques, Marchand Bruno, Steinmann Martin, Construire des logements, habitat

collectif suisse 1950-2000, Cahier de théorie, PPUR, 2000, Lausanne

- Schittich Christian, Habitat collectif, concepts, projets, réalisations, en DETAIL, Birkhäuser,

2005, Bâle

- Schneider Friederike, Grundrissatlas Wohnungsbau Floor Plan Manual Housing,

Birkhäuser, 2004, Bâle

- Schramm Helmut, Low Rise – High Density, Horizontale Verdichtungsformen im Wohnbau,

Springer Verlag, 2005, Wien

- Seraji Nasarine, Logement, matière de nos villes, chronique européenne, 1900-2007,

Editions du pavillon de l’arsenal, 2007, Paris

- Simon Axel, Wohnen in Zürich, Programme Refl exionen Beispiele 1998-2006, Niggli, 2006,

Sulgen Zürich

Articles :

- Hanak Michael, Habitat en Suisse, développement territorial et logement, Offi ce fédéral du

logement, Granges, 2006

- L’habitat en Suisse, développement territorial et logement, bulletin du logement n°78,

Offi ce fédéral du logement, 2006

- Faces n°28, été 1993, Typologies

- Werk, bauen+wohnen, n°3 2005, Wohnungen !


Références sur le site :

Livres :

- Béguin Jacques, Le château de Neuchâtel, Edition de la Baconnière, 1948, Boudry

- Bettinelli Ennio, Jelmini Jean-Pierre, Un pays vu du ciel: le canton de Neuchâtel, Presses

du belvédère, 2007, Sainte-Croix

- Burkhalter Didier, « La Maladière » un sentiment d’éternité, Editions Gilles Attinger, 2007,

Hauterive

- Callet-Mollin Vincent, Des catholiques en terre protestante, la paroisse Notre-Dame de

Neuchâtel 1806-2006, Editions Gilles Attinger, 2006, Hauterive

- Charlet René et Courvoisier Jean, Neuchâtel Rétro à travers des cartes postales, Editions

du Ruau, 1988, Saint-Blaise

- Courvoisier Jean, Les Monuments d’art et d’histoire du canton de Neuchâtel, Tome1, la

ville de Neuchâtel, Editions Birkhäuser, 1955, Bâle

- Da Cunha Antonio, Piguet Vincent, Rérat Patrick, Atlas du canton de Neuchâtel, Editions

Gilles Attinger, 2006, Hauterive

- Diener Roger, Herzog Jacques, Meili Marcel, de Meuron Pierre, Schmid Christian, La

Suisse portrait urbain, 2006, Birkäuser, Basel

- Jelmini Jean-Pierre, Neuchâtel, l’esprit, la pierre, l’histoire, Editions Gilles Attinger, 1994,

Hauterive

- Maillard Nadja, Architecture moderne & contemporaine en ville de Neuchâtel,

- Morgan Stuart, Lecture aérienne de la Suisse médiévale : bourgs, églises et châteaux

forts, Editions Payot, 1976, Lausanne

- Schetty Jürg, Neuchâtel il y a 100 ans, Editions de l’auteur, 1994, Auvernier

Articles :

- Débats sur la ville, supplément du journal l’express, mai 2007

- Quincerot Richard, Woeffrey Bernard, Le réseau urbain neuchâtelois (RUN), ou comment

faire pour que «l’avenir soit notre affaire» ?, in die Stadt –Les villes, 2/05

- Projection, magazine de l’association Ecoparc, novembre 2001, juin et novembre 2002,

juin et novembre 2003, été 2004, hiver 06-07

- Werk, bauen+wohnen, n°6 2006, Neuchâtel etc

- Conception directrice cantonale de l’aménagement du territoire 2004, République et

Canton de Neuchâtel

149


150

Références diverses :

Livres :

- Lucan Jacques, Matière d’art, architecture contemporaine en Suisse, birkhäuser, 2001,

Bâle

- Steinmann Martin, Forme forte, écrits 1972-2002, Birkhäuser, 2003, Bâle

Articles :

- 5ème Workshop, « Projets Urbains », Procès verbal, 22.11.2006, Granges, DETEC et ARE

- Projets Urbains, 19.02.2007, DETEC et ARE

- Habitat et vie urbaine, changement dans les modes de vie, PUCA plan urbanisme

construction et architecture, Les actes du colloque 14 et 15 mars 2006

- Forum du développement territorial, bulletin d’information, Offi ce fédéral du

développement territorial ARE, 3/2003

- Face n°41, été 1997, Diener & Diener

- La ville en mouvement, Magazine Environnement, Offi ce fédéral de l’environnement,

3/2007

- Tracés, bulletin technique de la Suisse Romande, n°12, 2007

Littérature sur la ville :

- Calvino Italo, Les villes invisibles, Editions du seuil, 1974, Paris

- Gracq Julien, La forme d’une ville, Editions José Corti, 1985, Paris

- Perec Georges, Espèce d’espaces, Editions Galilée, 1974, Paris

Autre :

- Atelier du professeur Philippe Gueissaz, cours de théorie du projet, année 2003-2004

- Atelier du professeur Martin Stainmann, cours de théorie du projet, année 2004-2005

- Ateleir du profeseur Jean-Paul Jaccaud, cours de théorie du projet, semestre d’hiver 2006-

2007

- Atelier du professeur Patrick Berger, cours de théorie du projet, semestre d’été 2006-2007

- Unité d’enseignement B, critique architecturale, le logement contemporain, été 04-05

- Cours de théorie urabaine, Elena Cogato-Lanza

- Cours d’architecture et construction de la ville, Christian Gilot

- Documents mis à disposition par le service d’urbanisme de la ville de Neuchâtel.


Sites internets :

- http://www.stadt-zuerich.ch/internet/hbd/home/planen_bauen.html

- http://ltha.epfl .ch

- http://www.urbanisme-neuchatel.ch

- www.pacom-neuchatel.ch

- www.ecoparc.ch

- http://www.unige.ch/ia/general/enseignants/HPELEB.html

- http://www.europan.ch/index.html

- http://www.aspan-so.ch/index.php

- http://www.vlp-aspan.ch/fr/home

- www.mehr-als-wohnen.ch

- http://mct.sbb.ch/mct/fr/immobilien

- http://www.eschenpark.ch

- http://www.logisbale.ch

- http://www.krahnbahn.ch

- http://www.are.admin.ch

- http://www.ouest-lausannois.ch

- http://www.lokomotive-winterthur.ch

- http://www.quartierecoparc.ch

- http://www.basel.ch/de/basel/stadtentwicklung

- http://www.nfp54.ch/f.cfm?Slanguage=f

- http://www.habitation.ch/

- http://geoconfl uences.ens-lsh.fr/

- http://www.staedteverband.ch/

- http://www.observatoiredelaville.com/

151


152

Table des illustrations :

Page de titre: Photographie de Michael Wolf, Architecture of density

1. L’habitat en Suisse, développement territorial et logement, bulletin du logement n°78,

Offi ce fédéral du logement, 2006, page 31

2. Idem, page 33

3. Idem, page 12

4. Vue aérienne tirée du site internet de la République et Canton de Neuchâtel, www.ne.ch

5. Bettinelli Ennio, Jelmini Jean-Pierre, Un pays vu du ciel: le canton de Neuchâtel, Presses

du belvédère, 2007, Sainte-Croix, page 55

6. Idem, page 89

7. Photographie personnelle

8. Photographie personnelle

9. Photographie de H. Henz, tirée du site : www.gueissaz-arch.ch

10. Idem

11. Mangin David, La ville franchisée, formes et structures de la ville contemporaine, Editions

de la Vilette, 2004, Paris, page 317

12. Mangin David, La ville franchisée, formes et structures de la ville contemporaine, Editions

de la Vilette, 2004, Paris, page 343

13. Idem, page 309

14. Panerai Philippe, Analyse urbaine, Editions parenthèses, 1999, Marseille, page 35

15. MUTATIONS, page 405

16. Godard Francis, La ville en mouvement, découvertes Gallimard 410, 2001, page 38

17. Idem, page 18

18. Idem, page 78

19. Kaijima Momoyo, Made in Tokyo, Kajima Institute Publishing Co, 2001, Tokyo, page 135

20. Mangin David, La ville franchisée, formes et structures de la ville contemporaine, Editions

de la Vilette, 2004, Paris, page 331

21. Ruzicka-Rossier Monique, Densité et mixité à l’échelle des agglomération suisses : le cas

de l’agglomération lausannoise, 2002, offi ce fédéral du développement durable, page 16

22. Idem, page 16

23. Fouchier Vincent, Les densités urbaines et le développement durable, le cas de l’île de

France et des villes nouvelle, Editions du SGVN, décembre 1997

24. Idem


25. Idem

26. Idem

27. Amphoux Pascal, La densité urbaine, du programme au projet, ENAC, EPFL, 2001,

page 136

28. Panerai Philippe, Analyse urbaine, Editions parenthèses, 1999, Marseille, page 77

29. Divorne Françoise, Berne et les villes fondées par les ducs de Zähringen au XIIe siècle,

Aux Archives d’Architecture Moderne, 1991, Bruxelles, page 112

30. Idem, page 113

31. Idem, page 114

32. Idem, page 115

33. Idem, page 95

34. Idem, page 118

35. Morgan Stuart, Lecture aérienne de la Suisse médiévale, Editions Payot, 1976, Lausanne,

page 79

36. Delius Peter, Hattstein Markus, L’Islam, arts et civilisation, Könemann, 2004, Königswinter,

page 311

37. Maroux et Wilbaux, L’architecture traditionelle au Maroc. Habiter en médina, page 6

38. Delius Peter, Hattstein Markus, L’Islam, arts et civilisation, Könemann, 2004, Königswinter,

page 31

39. Kaijima Momoyo, Made in Tokyo, Kajima Institute Publishing Co, 2001, Tokyo, page 45

40. Idem, page 44

41. Idem, page 72

42. Idem, page 73

43. Panerai Philippe, Analyse urbaine, Editions parenthèses, 1999, Marseille, page 125

44. Idem, page 128

45. Idem, page 100

46. Idem, page 101

47. Idem

48. Ruzicka-Rossier Monique, Densité et mixité à l’échelle des agglomération suisses : le cas

de l’agglomération lausannoise, 2002, offi ce fédéral du développement durable, page 27

49. Idem, page 28

50. Rowe Collin, Koetter Fred, Collage City, Infolio editions, 2002, Gollion, page14

153


154

51. Bachmann Fritz, La Suisse à vol d’oiseau, Selection du Reader’s Digest SA, 1976, Zurich,

page 110

52. Schneider Friederike, Grundrissatlas Wohnungsbau Floor Plan Manual Housing,

Birkhäuser, 2004, Bâle, page 23

53. Koolhaas Rem, Boeri Stefano, Kwinter Sanford, Obrist Hans Ulrich, Mutations, Actar / Arc

en rêve, 2000, Bordeaux, page 223

54. Photographie personnelle

55. Photographie tirée du site : www.kollhoff.de

56. Photographie de Thomas Jantscher, tirée du site : www.gd-archi.ch

57. Photographie personnelle

58. Photographie personnelle

59. Photographie tirée du site : www.baumschlager-eberle.com

60. Idem

61. Photographie tirée du site : www.neutelings-riedijk.com

62. L’habitat en Suisse, développement territorial et logement, bulletin du logement n°78,

Offi ce fédéral du logement, 2006, page 36

63. Idem, page 38

64. Idem, page 70

65. Schittich Christian, Habitat collectif, concepts, projets, réalisations, en DETAIL, Birkhäuser,

2005, Bâle, page 28

66. Plans tirés du cours de théorie du professeur invité Philippe Gueissaz, année 2003-2004

67. Plans tirés du cours de théorie du professeur invité Philippe Gueissaz, année 2003-2004

68. Plans tirés du cours de théorie du professeur invité Philippe Gueissaz, année 2003-2004

69. Plans tirés du cours de théorie du professeur invité Philippe Gueissaz, année 2003-2004

70. Plans tirés du cours de théorie du professeur invité Philippe Gueissaz, année 2003-2004

71. Plans tirés du cours de théorie du professeur invité Philippe Gueissaz, année 2003-2004

72. Schittich Christian, Habitat collectif, concepts, projets, réalisations, en DETAIL, Birkhäuser,

2005, Bâle, page 32

73. Werk, bauen + wohnen, logements, n°3 2005, page 21

74. Idem

75. Schittich Christian, Habitat collectif, concepts, projets, réalisations, en DETAIL, Birkhäuser,

2005, Bâle, page 15

76. ???


77. Schittich Christian, Habitat collectif, concepts, projets, réalisations, en DETAIL, Birkhäuser,

2005, Bâle, page 15

78. Lucan Jacques, Matière d’art, architecture contemporaine en Suisse, birkhäuser, 2001,

Bâle, page 39

79. Idem, page 38

80. Idem, page 35

81. Photographie personnelle

82. Photographie personnelle

83. Photographie tirée du site : www.devanthery-lamuniere.ch

84. Idem

85. Photographie personnelle

86. Photographie personnelle

87. Photographie personnelle

88. Photographie personnelle

89. Photographie de Thomas Jantscher, tirée du site : www.gd-archi.ch

90. Plan, tiré du site : www.gd-archi.ch

91. Photographie de Thomas Jantscher, tirée du site : www.gd-archi.ch

92. Photographie personnelle

93. Photographie personnelle

94. Photographie tirée du site : www.lokomotive-winterthur.ch

95. Werk, bauen + wohnen, n°1/2 2007, Märkli et cetera, page 45

96. Photographie personnelle

97. Photographie personnelle

98. Photographie personnelle

99. Photographie personnelle

100. Idem, page 40

101. Idem, page 40

102. Schneider Friederike, Grundrissatlas Wohnungsbau Floor Plan Manual Housing,

Birkhäuser, 2004, Bâle, page 72

103. Durban Christoph, Koch Michael, Kurz Daniel, Merhr als wohnen, Gemeinnütziger

Wohnungsbau in Zürich, 1907-2007, gta Verlag, 2007, Zürich, page 178

104. Idem, page 178

155


105. Photographie personnelle

106. Idem, page 179

107. Idem, page 173

108. Photographie personnelle

109. Idem, page 173

110. Idem, page 172

111. Photographie de XXX, tirée du site : www.limmatwest.ch

112. Idem

113. Idem

114. Coupe réalisée à l’atelier Gueissaz

115. Photographie de XXX, tirée du site : www.limmatwest.ch

116. Idem

117. Durban Christoph, Koch Michael, Kurz Daniel, Merhr als wohnen, Gemeinnütziger

Wohnungsbau in Zürich, 1907-2007, gta Verlag, 2007, Zürich, page 198

118. Idem

119. Simon Axel, Wohnen in Zürich, Programme Refl exionen Beispiele 1998-2006, Niggli, 2006,

Sulgen Zürich, page 156

120. Idem

121. Durban Christoph, Koch Michael, Kurz Daniel, Merhr als wohnen, Gemeinnütziger

Wohnungsbau in Zürich, 1907-2007, gta Verlag, 2007, Zürich, page 199

122. Idem, page 169

123. Plan tiré du cours de théorie du professeur invité Philippe Gueissaz, année 2003-2004

124. Durban Christoph, Koch Michael, Kurz Daniel, Merhr als wohnen, Gemeinnütziger

Wohnungsbau in Zürich, 1907-2007, gta Verlag, 2007, Zürich, page 168

125. Photographie personnelle

126. Durban Christoph, Koch Michael, Kurz Daniel, Merhr als wohnen, Gemeinnütziger

Wohnungsbau in Zürich, 1907-2007, gta Verlag, 2007, Zürich, page 168

127. Schittich Christian, Habitat collectif, concepts, projets, réalisations, en DETAIL, Birkhäuser,

2005, Bâle, page 143

128. Photographie personnelle

129. Schittich Christian, Habitat collectif, concepts, projets, réalisations, en DETAIL, Birkhäuser,

2005, Bâle, page 143

130. Bassand Nicolas, L’épaisseur de la densité ou les qualités revisitées de l’habitat condensé,


Matières numéro 7 2004, page 92

131. Idem

132. Idem, page 91

133. Idem, page 93

134. Da Cunha Antonio, Piguet Vincent, Rérat Patrick, Atlas du canton de Neuchâtel, Editions

Gilles Attinger, 2006, Hauterive, page 23

135. Idem, page 23

136. Idem, page 27

137. Vue aérienne tirée du site internet de la République et Canton de Neuchâtel, www.ne.ch

138. Article du journal: Le Temps

139. Da Cunha Antonio, Piguet Vincent, Rérat Patrick, Atlas du canton de Neuchâtel, Editions

Gilles Attinger, 2006, Hauterive, page 47

140. Idem, page 47

141. Idem, page 51

142. Idem, page 51

143. Béguin Jacques, Le château de Neuchâtel, Edition de la Baconnière, 1948, Boudry,

page 87

144. Idem, page 102

145. Idem, page 119

146. Idem, page 129

147. Schetty Jürg, Neuchâtel il y a 100 ans, Editions de l’auteur, 1994, Auvernier, page 222

148. Photographie tirée du site : www.kevicar.com/cartes-postales

149. Idem

150. Idem

151. Idem

152. Idem

153. Charlet René et Courvoisier Jean, Neuchâtel Rétro à travers des cartes postales, Editions

du Ruau, 1988, Saint-Blaise, page 153

154. Burkhalter Didier, « La Maladière » un sentiment d’éternité, Editions Gilles Attinger, 2007,

Hauterive, page 24

155. Photographie tirée du site : www.kevicar.com/cartes-postales

156. Photographie tirée du site : www.kevicar.com/cartes-postales

157. Schetty Jürg, Neuchâtel il y a 100 ans, Editions de l’auteur, 1994, Auvernier, page 225


158. Idem, page 9

159. Photographie tirée du site : www.kevicar.com/cartes-postales

160. Photographie personnelle

161. Vue aérienne tirée du site internet de la République et Canton de Neuchâtel, www.ne.ch

162. Photographie de la télévision régionale Canal Alpha : www.canalalpha.ch

163. Photographie de la télévision régionale Canal Alpha : www.canalalpha.ch

164. Photographie personnelle

165. Photographie personnelle

166. Photographie personnelle

167. Photographie personnelle

168. Photographie de Thomas Jantscher, tirée du site : www.gd-archi.ch

169. ???

170. Photographie personnelle

171. Photographie personnelle

172. Photographie personnelle

173. Photographie personnelle

174. Photographie personnelle

175. Photographie personnelle

176. Burkhalter Didier, « La Maladière » un sentiment d’éternité, Editions Gilles Attinger, 2007,

Hauterive, page 14

177. Bettinelli Ennio, Jelmini Jean-Pierre, Un pays vu du ciel: le canton de Neuchâtel, Presses

du belvédère, 2007, Sainte-Croix, page 94

178. Photographie personnelle

179. Photographie personnelle

180. Photographie personnelle

181. Photographie personnelle

182. Photographie tirée du site : www.kevicar.com/cartes-postales

183. Werk, bauen + wohnen, n° 6 2006, Neuchâtel et cetera, page 35

184. Photographie personnelle

185. Photographie personnelle


186. Photographie personnelle

187. Photographie personnelle

188. Photographie personnelle

189. Photographie personnelle

190. Photographie personnelle

191. Photographie personnelle

192. Vue aérienne tirée du site internet de la République et Canton de Neuchâtel, www.ne.ch

193. Coupe

194. Coupe

195. Coupe

196. Vue aérienne tirée du site internet de la République et Canton de Neuchâtel, www.ne.ch

197. Photographie personnelle

198. Photographie personnelle

199. Vue aérienne tirée du site internet de la République et Canton de Neuchâtel, www.ne.ch

200. Burkhalter Didier, « La Maladière » un sentiment d’éternité, Editions Gilles Attinger, 2007,

Hauterive, page 36

201. Image tirée du site : www.tn-neuchatel.ch

202. Vue aérienne tirée du site internet de la République et Canton de Neuchâtel, www.ne.ch

203. Photographie personnelle

204. Photographie personnelle

205. Photographie personnelle

206. Photographie personnelle

207. Photographie personnelle

208. Vue aérienne tirée du site internet de la République et Canton de Neuchâtel, www.ne.ch

209. Jelmini Jean-Pierre, Neuchâtel, l’esprit, la pierre, l’histoire, Editions Gilles Attinger, 1994,

Hauterive, page 131

210. Photographie personnelle

211. Photographie personnelle

212. Vue aérienne tirée du site internet de la République et Canton de Neuchâtel, www.ne.ch

213. Photographie personnelle

214. Photographie personnelle


215. Photographie personnelle

216. Photographie personnelle

217. Photographie personnelle

218. Photographie personnelle

219. Vue aérienne tirée du site internet de la République et Canton de Neuchâtel, www.ne.ch

220. Photographie personnelle

221. Photographie personnelle

222. Photographie personnelle

223. Photographie personnelle

224. Vue aérienne tirée du site internet de la République et Canton de Neuchâtel, www.ne.ch

225. Photographie personnelle

226. Photographie de Thomas Jantscher, tirée du site : www.gd-archi.ch

227. Photographie de Thomas Jantscher, tirée du site : www.gd-archi.ch

228. Vue aérienne tirée du site internet de la République et Canton de Neuchâtel, www.ne.ch

229. Photographie personnelle

230. Photographie personnelle

231. Photographie de Thomas Jantscher, tirée du site : www.gd-archi.ch

232. Photographie personnelle

233. Jelmini Jean-Pierre, Neuchâtel, l’esprit, la pierre, l’histoire, Editions Gilles Attinger, 1994,

Hauterive, page 132

234. Photographie personnelle

235. Photographie personnelle

236. Photographie personnelle

237. Photographie personnelle

238. Vue aérienne tirée du site internet de la République et Canton de Neuchâtel, www.ne.ch

239. Photographie personnelle

240. Photographie personnelle

241. Photographie personnelle

242. Photographie personnelle

243. Photographie personnelle

244. Photographie personnelle


245. Photographie personnelle

246. Photographie personnelle

247. Photographie personnelle

248. Vue aérienne tirée du site internet de la République et Canton de Neuchâtel, www.ne.ch

249. Photographie personnelle

250. Photographie personnelle

251. ???

252. Bettinelli Ennio, Jelmini Jean-Pierre, Un pays vu du ciel: le canton de Neuchâtel, Presses

du belvédère, 2007, Sainte-Croix, page 73

253. Jelmini Jean-Pierre, Neuchâtel clair-obscur, Edition clair-obscur, 2001, Genève, page 43

254. Photographie personnelle

255. Jelmini Jean-Pierre, Neuchâtel clair-obscur, Edition clair-obscur, 2001, Genève, page 31

256. Photographie personnelle

257. Photographie personnelle

258. Photographie personnelle

259. Jelmini Jean-Pierre, Neuchâtel clair-obscur, Edition clair-obscur, 2001, Genève, page 40

260. Jelmini Jean-Pierre, Neuchâtel clair-obscur, Edition clair-obscur, 2001, Genève, page 37

261 à 276. Photographies personnelles

More magazines by this user
Similar magazines