tendances électroniques & design - Ted Magazine

quebecaudio.com

tendances électroniques & design - Ted Magazine

Volume 14, numéro 5 Édition octobre/ novembre 2007

STÉRÉOPHONIE

STÉRÉOPHONIE

Amplificateur Amplificateur Intégré Intégré

Prologue Prologue II II de de PrimaLuna PrimaLuna

CINÉMA CINÉMA MAISON MAISON

Enceintes Enceintes cinéma cinéma maison maison

Série Série e8 e8 Élégante Élégante de de Mission Mission

Récepteur Récepteur ambiophonique

ambiophonique

DTR-5.8 DTR-5.8 d’Integra d’Integra

Télécommande Télécommande universelle universelle

Harmony Harmony 1000 1000 de de Logitech Logitech

Téléviseur Téléviseur ACL ACL

BeoVision BeoVision 7 7 de de Bang Bang & & Olufsen Olufsen

Poste-publications n o40014137 5,50$

TENDANCES ÉLECTRONIQUES & & DESIGN DESIGN

La La démonstration

démonstration

ingénieusement ingénieusement réinventée réinventée

Rénovations chez chez Rotac Rotac

Du Du TV TV room room au au cinéma cinéma maison maison

M. M. Gilles Gilles Anctil, Anctil, designer

designer

CINÉMA CINÉMA MAISON MAISON

Projecteur Projecteur ACL ACL

PowerLite PowerLite Pro Pro

Cinema Cinema 1080 1080 d’Epson d’Epson


Classé – La puissance derrière Bowers & Wilkins

En matière de performance audio, certaines synergies sont magiques.

Comme membre du groupe B&W, nous n’avons rien laissé au hasard pour que

Classé constitue le parfait complément aux enceintes B&W. Comptant sur

des décennies d’expérience et sur une expertise reconnue, nous avons relevé

le défi. Nous sommes ravis de constater que, partout dans le monde,

les professionnels, les consommateurs et les critiques de l’audio

reconnaissent la beauté de cette alliance.

Faites-en l’écoute chez un détaillant autorisé B&W et Classe


BeoVision 9

Pour une image plus vraie que vraie

La nouvelle BeoVision 9 analyse non seulement la source que vous regardez, mais s’adapte aussi à la lumière

ambiante de la pièce dans laquelle elle se trouve. Lorsque la BeoVision 9 est prête, les rideaux électroniques

s’ouvrent sur un écran plasma de 50 pouces haute-définition et une image non seulement pure, mais calibrée

sur mesure pour votre pièce. Le BeoSystem 3 intégré – le processeur le plus performant au monde – travaille

de façon constante sur l’image afin de vous offrir la meilleure résolution, les couleurs les plus vibrantes et les

contrastes les plus clairs qui soient.

Faites l’expérience de la télévision la plus sophistiquée au monde.

Bang & Olufsen, disponible exclusivement chez Kébecson

6555, rue Saint-Denis, Montréal. 514.270.7900


6 Éditorial

TED

8 Rencontre avec M. Gilles Anctil, designer

Du TV room au cinéma maison

« Pour savoir où on va, il faut savoir d’où l’on vient »

18 Rénovations chez Rotac

La démonstration ingénieusement réinventée

TECHNOLOGIE

22 Rencontre avec M. Daniel Bienvenue,

directeur de l’ingénierie et

des opérations chez RDS

RYTHME ET MUSIQUE

28 Un été en musique

BANCS D’ESSAI

AMPLIFICATEURS

34 Music Cocoon MC4 de Roth Audio

Pour les 7 à 77 ans : joli, musical

et polyvalent !

38 Amplificateur intégré Prologue II

de Prima Luna

Un petit intégré qui en a sous le bonnet

Tendances électroniques et design 88

SOURCE

42 Lecteur CD Akurate de Linn Products

Qui habet aures audiendi, audiat

(Que celui qui a des oreilles pour entendre, entende)

58

58

Récepteur ambiophonique DTR-5.8 d’Integra

ENCEINTES CINÉMA MAISON

46 Série e8 Élégante de Mission

Fluides, cohérentes et dynamiques

PROJECTEUR ACL

50 PowerLite Pro Cinema 1080 d’Epson

Epson s'en mêle !

RÉCEPTEUR AMBIOPHONIQUE

58 DTR-5.8 d’Integra

Que le HDMI 1.3 soit avec vous

TÉLÉCOMMANDE UNIVERSELLE

62 Harmony 1000 de Logitech

Facile, fiable, abordable en toute harmonie

TÉLÉVISEUR ACL

66 BeoVision 7 de Bang & Olufsen

L’art de la haute définition

56-57, 69 ÉVÉNEMENTS

56-57 QUOI DE NEUF ?

RYTHME & MUSIQUE

71 En harmonisant

72 En jazzant

73 En bluesant

74 Rock progressif

50 50

PowerLite Pro Cinema 1080 d’Epson

Volume 14, n o 5 octobre/novembre 2007

Éditeur et directeur de la publication :

Franco Moggia

Équipe de rédaction :

Francine Bissonnette, Pierre Caisse, Michel Dallaire,

Pascal Debien, François Gagné, Bruno Gosselin, Patrick Grenier,

Jean-François Hamelin, Daniel Houle, Debbie Houle,

Michel Laliberté, Emmanuel Lehuy, François Lemieux,

Alain Lévesque, Robert Lussier, Michel Neveu,

Mario Poirier, Georges Poulin, Richard Schneider,

Nicolas St-Onge, Pascal Tran et Leo Vildosola.

Équipe de rédaction actualités musicales :

Gilles Archambault, Nathalie Fredette, Pierre Jobin,

Richard Guay, Georges Nicholson, Marc Samson.

Représentants publicitaires :

Lucie Beauchamp, courriel : lucieb@quebecaudio.com

Guy St-Denis, courriel : guystd@quebecaudio.com

Téléphone : 450 436-1777, télécopieur: 450 436-1730

Sans frais : 1888 490-0030

Révision des textes et traduction:

Lucie Beauchamp, Marcelle Beaulieu et France Denis

Infographie : Les Éditions Mizka Inc.

Photographes : Franco Moggia, Pascal Tran et Pierre Tison

ADRESSES INTERNET :

http://www.quebecaudio.com

Courriel : info@quebecaudio.com

ADMINISTRATION :

(Postes Canada : retourner toute correspondance

ne pouvant être livrée au Canada à l’adresse suivante : )

Québec Audio&Vidéo

Publié par : Les Éditions Mizka inc.

Casier postal 695

St-Jérôme QC Canada J7Z 5V4

Téléphone : 450 436-1777, Sans frais: 1 888 490-0030

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CONSEILLER EN ADMINISTRATION :

Cappelli Westerband & Ass.

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DISTRIBUTION :

Messagerie de Presse Benjamin inc.

101, rue Henry-Bessemer, Bois-des-Filion QC J6Z 4S9

Téléphone: 4 50 621-8167 Sans frais : 1800 361-7379

Toute reproduction de textes, illustrations, photographies du magazine est

interdite. Le magazine ne s’engage pas à retourner les textes et les photos

non sollicités. Les prix indiqués dans les différents articles sont sujets à

changement. Les opinions, renseignements techniques, points de vue,

appréciations ou recommandations des journalistes de Québec Audio&Vidéo

ne reflètent pas nécessairement ceux de l’éditeur et du rédacteur en chef. De

plus, Québec Audio&Vidéo n’est pas responsable des déclarations

ni des affirmations des annonceurs.

DÉPÔT LÉGAL

Bibliothèque nationale du Québec, 1994

Bibliothèque nationale du Canada 994-6872 ISSN 1498-4318

LISTE D’ABONNÉ(E)S

Il nous arrive de mettre notre liste d’abonné(e)s à la disposition

d’entreprises ou d’organismes qui proposent des produits ou des services

qui pourraient vous intéresser.

Si vous ne voulez pas que votre nom y figure, faites-le nous savoir par écrit,

en joignant une étiquette d’envoi de votre magazine.


Kef Canada • T: (416) 233-6421, service à la clientèle: 1 800 882-9296


L’honnêteté !

Quelle belle qualité ! Et de nos jours, Dieu sait à quel point on en a besoin. Que ce soit en affaires,

dans le sport ou dans nos relations personnelles, il serait rafraîchissant de voir nos agissements

et nos comportements refléter cette belle qualité. Le résultat : des gens plus heureux avec euxmêmes

et de surplus, moins angoissés.

On admirerait des sportifs qui mériteraient sans aucun soupçon et sans aucun doute, les prix et

les trophées qui leur seraient décernés. Et de plus, la santé de ces jeunes gens serait meilleure et nos

athlètes auraient plus de chances de vivre vieux et heureux au lieu de crever d’une crise cardiaque à

moins de 50 ans.

En affaires, il est possible de transiger avec les gens et de gagner de l’argent sans pour autant

devoir les tromper sciemment. La fondatrice de la compagnie The Body Shop, Anita Roddick, qui est

malheureusement décédée le 11 septembre dernier, avait mis de l’avant de concevoir et produire

des crèmes pour le corps de toutes sortes sans pour autant les tester sur des animaux. Quel beau

principe et elle a également été capable d’y adhérer et de bâtir un empire tout en changeant le

monde des affaires avec ses campagnes de responsabilité sociale et environnementales bien avant

que celles-ci soient à la mode. Certes, il y a controverse sur la vente de sa compagnie, The Body

Shop, au groupe l’Oréal, mais elle demeure une compagnie à part. On a qu’à consulter son autobiographie

pour comprendre qu’elle tenait bien à ses principes lorsqu’elle disait : « Je hais le monde

de la beauté. C’est une industrie monstrueuse qui essaie de nous vendre des rêves inatteignables.

Elle ment. Elle triche. Elle exploite les femmes. » 1

Dans nos relations personnelles, il faut également se comporter de façon honnête en trouvant les

bons mots et également en prenant le temps d’analyser ses propres sentiments avant de répondre à

l’autre – sinon, on dit n’importe quoi lorsque l’on échange avec les autres. La vérité peut être dite

sans pour autant détruire l’autre partie. Toute vérité n’est pas bonne à dire selon certains, mais

soyez certains qu’un jour ou l’autre elle éclatera, les non-dits finissent toujours par ressortir d’une

façon ou d’une autre.

En tant que consommateurs, on est en droit de s’attendre que le conseiller qui nous accueille

dans une boutique le fasse non seulement de façon courtoise, mais également de façon honnête.

Dernièrement, nos télédiffuseurs ont mis le doigt sur un problème de surassurance avec l’offre d’une

garantie prolongée. Il est dommage pour tous que la tentation d’un gain rapide de quelques-uns

puisse ombrager la réputation de conseillers honnêtes qui, eux, font un travail remarquable auprès

de leur clientèle en donnant de judicieux et honnêtes conseils pour leurs achats présents et futurs.

Faisons l’éloge de nos télédiffuseurs qui nous ont avisés de cette situation car maintenant nous tous,

consommateurs, pourrons faire un choix mieux éclairé par rapport au choix d’une garantie prolongée.

En tant que consommateurs, nous avons toujours des options et des droits, mais nous sommes

également responsables de nos choix et de nos gestes. Il est important pour chacun de nous de bien

s’informer et dans ce dessein, il y a plusieurs sources de renseignements : le vendeur d’une boutique,

le fabricant du produit convoité, les journaux et les magazines, la télévision, l’Internet, etc.

Devenons des consommateurs avisés et responsables de nos choix. Vivons selon nos principes.

Sur ce, notre équipe vous offre ce mois-ci un éventail d’articles et de chroniques qui sauront vous

informer, vous faire réfléchir et aussi, vous divertir. Bonne lecture et restons honnêtes et heureux

dans toutes les sphères de notre vie !

éditeur et directeur de la publication

(1) Body and Soul : Profits with Principles — The Amazing Success Story of Anita Roddick & The Body Shop.

6 Québec Audio & Vidéo, juin/juillet 2007

Audioville

972, boul. St-Laurent, Montréal

(514) 861-8050

Cora

131, 18 e Rue, Québec

(418) 522-1397

Fillion Électronique

5690, rue Sherbrooke E., Montréal

(514) 254-6041

KébecSon

6555, rue St-Denis, Montréal

(514) 270-7900

Maison du Son Stéréo Plus

1112, rue Mont-Royal E., Montréal

(514) 523-1101

Multi Électronique

67, boul. Laurier, Beloeil

(450) 467-8273 1 800 690-8273

Son Idéal

1409, rue Bishop, Montréal

(514) 842-9596

Stéréoplus

1 866 878-3736

Studio 1006

1394, rue Sauvé Est, Montréal

(514) 384-2215


Volume 14, numéro 5 Édition octobre / novembre 2007

8 Québec Audio & Vidéo - Ted, octobre / novembre 2007

Rencontre avec

M. Gilles Anctil,

designer

Par FRANCINE BISSONNETTE

fbissonnette@quebecaudio.com

Il n’y pas si longtemps, on louait des cassettes

VHS et puis, en l’espace d’une nuit, sont

arrivés les films en DVD avec des tonnes de

copies. L’industrie de la télévision a tellement

évolué que nous voulons un cinéma maison

au même titre que nous voulions un lavevaisselle

il y a 40 ans.

Exagéré ou non, quel est ce phénomène ? Estce

la nouvelle version, ou est-il plus branché de

dire : le TV room revisité ?

Chers lecteurs, j’ai « l’âge cathodique »

et je souhaiterais dorénavant lire la date

de péremption sur le matériel technologique.


Chaise longue de cuir noir sur pied central et un

mariage de verre et de métal pour le meuble

de rangement des appareils électroniques

« Parler de l’objet n’est pas intéressant,

ce qui l’est, c’est de parler de ce que l’on

en pense, de la mémoire qu’on en a. »

— Philippe Starck

Pour nous faire revivre la place du téléviseur

dans nos maisons, j’ai eu le plaisir

de rencontrer Gilles Anctil, designer

et concepteur avec son équipe des décors des

magasins JC Perreault. Si vous manquez

d’inspiration ou par pur plaisir, allez visiter

l’immense salle d’exposition de St-Roch de

l’Achigan ; c’est presque l’équivalent d’une

sortie à un salon de la décoration.

Natif de Kamouraska où il a grandi, Gilles

Anctil s’intéressait à tous les projets scolaires

qui demandaient de la fabrication de décor.

Il aimait observer, transformer et créer. Gilles

Anctil, vous avez deviné, a lui aussi « l’âge Tison

cathodique » et peut aisément conjuguer la

Pierre

place de la télé dans nos maisons des

années 50 à aujourd’hui.

Il nous donne les grandes lignes de la place

et du décor de la télévision dans nos maisons.

Communications,

Il le fait avec un clin d’œil à l’histoire, un brin

Poc

d’humour, beaucoup de respect pour le passé

et sa vision du design de demain. Photos

Remarquez le fauteuil

jaune à pastilles, inclinable

et pivotant.

Québec Audio & Vidéo - Ted, octobre / novembre 2007 9


Le barbecue intérieur !

Le bunker du confort !

Première ou dernière pièce de la maison,

de nous dire Gilles Anctil, c’est souvent la

pièce de la démesure. C’est un peu le barbecue

intérieur, la chasse gardée de l’homme et

assurément, cette pièce est d’un grand intérêt

pour les hommes.

Le cinéma maison permet le retour du

décor à thème, pour certains cet aménagement

peut tout simplement être d’ordre statutaire,

mais pour les passionnés, il se transforme

en reliquaire de souvenirs d’enfance

marqué par des films, des personnages, un

sport, qu’importe. On en fait le bunker de la

détente et l’underground de notre décor.

Pour expliquer ce phénomène, il faut

retourner dans les années 50 alors que seuls

les plus aisés ou les avant-gardistes possèdaient

une télé. Le salon demeurant encore la

pièce du curé, la place de la télé était souvent

dans la cuisine, perchée en hauteur sur une

tablette. On invitait parents et amis à regarder

La famille Plouffe ou à voir en direct La

Soirée du hockey présentée tous les samedis

soirs.

Une seule personne avait le contrôle de

cette boîte à images parlante noir et blanc ;

peu de chaînes, peu d’émissions, peu de

réglages, mais toutes sortes de techniques

lorsque l’écran montrait des signes de faiblesse

: la bonne tape sur la télé, le brassage

de la boîte, le cintre de métal sur l’antenne ou

encore la travaillante laine d’acier accrochée

aux oreilles de lapin. Les docteurs télévision

12 Québec Audio & Vidéo - Ted, octobre / novembre 2007

Le mobilier provient de la collection

Donald Trump et le téléviseur

est un écran plasma de Panasonic.

faisaient de bonnes affaires en offrant un service

à la maison, parfois pour changer une

lampe ou pour repartir avec notre précieux et

unique téléviseur.

« La télévision nous a sorti du rouet »

Selon Gilles Anctil, l’arrivée de la télé dans

les foyers du Québec a contribué à nous dérégionaliser

et à mettre fin à la période de vivre

à deux ou trois familles sous le même toit. À

chacun son espace, la télé nous a informés et

sortis du rouet.

Voir du style nous a amenés à vouloir du

style, nous arrivons dans les années 60. L’ère

du nouveau meuble apparaît et on se meuble

avec du neuf. On passe de la télé sur la

tablette au meuble-télé imposant et on veut

le montrer. Le décor est organisé autour de ce

mastadonte, quitte à sacrifier le foyer ou le

piano. Le téléviseur étant très bas, on ne met

pas de table au centre ou alors elle est très

basse.

Les années 60 sont des années de grande

créativité et de plusieurs changements. La

banlieue prend vie, de nouveaux quartiers

naissent avec la construction massive de nouveaux

modèles de maison et aussi la popularité

du TV room ou salle de séjour que l’on

aménage au sous-sol ou ailleurs dans la maison.

On joue à la cachette

avec le téléviseur

On commercialise des objets de toutes sortes

fabriqués avec du plastique moulé, du

nylon et du caoutchouc. L’exposition inter-

nationale de 1967 jouera un rôle majeur pour

stimuler notre goût du décor. Le style scandinave

fait fureur ; les avant-gardistes se procurent

du moderne, les nouveaux riches

adoptent le provençal français, les nostalgiques

se tournent vers le colonial et les rêveurs

se contentent d’un mobilier espagnol.

Qu’importe, on veut du style ! Terminé le

meuble-télé, on le cache ou on s’en débarrasse.

Bien que la télé couleur soit déjà arrivée,

ce n’est que dans les années 70 que son prix

devient plus accessible. La télé revient au

salon et tout le Québec s’endort avec Lise

Payette et Jacques Fauteux. Lorsque le téléviseur

couleur devient la norme, on l’expulse à

nouveau du salon, mais cette fois il se

retrouve dans toutes les pièces : cuisine,

chambre, sous-sol. S’il reste au salon, il est

dissimulé.

Le design est remis en question

Les années 80 et 90 sont des années fast

food en décoration, mais combien riches pour

l’évolution des produits électroniques. En

ameublement et en décoration, on assiste à

toutes sortes de modes temporaires : on « pastellise

» nos décors et on « mélamine » nos

meubles. On se tourne aussi vers la campagne

anglaise avec tapisserie et bergère à

outrance ou encore le champêtre à l’excès. Ce

genre de copies de décors surchargés ou « sursculptés

» traduit une période de crise, alors

on sort des valeurs sûres ; qu’il soit une réplique

austère de l’anglais ou encore à la tape la

galette, le décor demeure du déjà vu.


© Paradigm Electronics Inc. Les

ParadigmMD

MD

MD

Le summum du son haut de gamme en musique et divertissement au foyer.

Référence MilléniaMC

… un design stylisé sans compromis sonore

Première de classe depuis 17 ans maintenant *

*Classées numéro un rapport qualité-prix, selon un sondage des revendeurs spécialisés, réalisé par la publication Inside Track

Les mélomanes cinéphiles veulent le meilleur de deux mondes, la nouvelle génération désire

un complément esthétique qui permet d’assortir leur téléviseur à écran plat aux enceintes

dans leur espace cinéma-maison, toutefois, une performance à couper le souffle qui laisse

pantois et qui permette d’impressionner les amis lors de l’écoute est de mise et tout cela à

un prix démocratique.

Une utopie? Pas si vous possédez les enceintes Paradigm MD Référence Millénia MC , supportées

par 20 années de recherche et développement dans nos installations de Toronto, parmi les plus

sophistiquées et intégrées au monde. Les Millénias s’imposent comme une solution logique.

Primé de près de 500 prix et récompenses de l’industrie ainsi que de plusieurs banc d’essais

concluants de différentes publications spécialisées internationales. Paradigm MD restera

toujours le choix des audiophiles les plus érudits.

Millenia MC 200 et Millenia MC 20 LCR (photo ci-haut) et Millenia MC 300 et Millenia MC 30 (non

montrées) sont disponibles en version Aluminium polis et Chrome noir.

Pour en savoir plus au sujet des Millenias MC consultez notre site au visit www.paradigm.com


Afin d’appuyer sa pensée sur l’intégration du téléviseur

dans notre décor, Gilles Anctil a réalisé uniquement

pour les fins de l’article des aménagements très

épurés laissant ainsi tout la place à notre créativité

pour personnaliser et accessoiriser les aménagements

de base qu’il nous propose.

On s’inspire des années 60

Actuellement, le design est dans une

période très riche pour les créateurs même si

on croit retrouver un style des années 60. Les

meubles des années 60 n’étaient pas faits de

matériaux nobles et l’idée de confort était peu

présente, c’est pourquoi on leur a rapidement

tourné le dos. Il ne faut pas confondre les

œuvres d’art, créées à cette période par de

grands visionnaires. Aujourd’hui, on se réfère

à leurs créations pour concevoir un ameublement

qui soit à la fois fonctionnel, conforta-

Meubles suédois de la série Stressless

dont un des fauteuils a une table

multifonction pivotante.

16 Québec Audio & Vidéo - Ted, octobre / novembre 2007

ble et esthétique ; c’est peut-être ce côté

années 60 que l’on croit retrouver. Il fallait

arriver aux technologies d’aujourd’hui pour

comprendre ce que ces grands architectes et

designers nous présentaient.

Le design se développe pour répondre

aux nouvelles technologies

On ne copie pas, on crée, car avec toutes

les nouvelles technologies, l’image et le son

prennent définitivement la vedette partout

dans la maison.

Avant, un décor urbain pouvait être froid,

un style traditionnel pouvait donner l’illusion

d’un musée. Aujourd’hui, on intègre la technologie

à notre décor, elle fait partie de notre

vie et on trouve les solutions au filage. On

assume son décor, on est créatif pour le

concevoir intelligemment en priorisant un

mobilier avec peu d’entretien, multifonctionnel

et confortable.

Avec les nouvelles technologies, notre passionné

du design Gilles Anctil considère illimité

ce que nous pourrons créer. Nous sommes

dans un monde virtuel. Nos murs

deviennent des écrans géants qui se transformeront

au gré de nos humeurs : tantôt papier

peint selon la saison, tantôt personnages animés

pour une fête d’enfants ou mieux encore,

sur un fond d’opéra, nous passerons à nos

invités nos photos souvenirs de Venise pour

terminer la soirée en mangeant sur la Place

Saint-Marc. On pourra adapter notre décor à

nos visiteurs.

Serait-il exagéré de penser qu’après la téléréalité

et ce culte presque indécent des vedettes,

le public se désintoxiquera de son côté

voyeur ? On deviendra son propre réalisateur,

d’abord en occupant mieux son temps et en

utilisant ses murs et son cinéma maison pour

mettre en scène sa vie, celle de sa famille et

de ses amis. Est-ce qu’on pourra manger en

famille avec nos enfants qui habitent en

Australie ? Assister en direct au mariage de

notre meilleure amie en Italie ? Être en

contact avec nos parents âgés et veiller sur

eux ? Surveiller nos enfants qui s’amusent

dans le parc ?

Less is more et God is in the details1

La nouvelle tendance est d’épurer et de

transformer. On se met à l’heure du design

tel que vu par Ludwig Mies van der Rohe,

architecte allemand 1886-1969, célèbre pour

ses Less is more 1 et God is in the details. Pour personnaliser

le décor à son style de vie, voici

quelques judicieux conseils de Gilles Anctil :

• Prévoir des rangements intégrés un peu partout

dans la maison, ne pas se limiter à un

conventionnel walk in.

• Avoir moins de meubles, préférer des meubles

transparents et épurés afin de donner

toute la place nécessaire à la technologie.

• Jouer avec son décor au gré de nos humeurs

et de nos soirées. Un aménagement épuré


permet d’être créatif pour obtenir l’ambiance

désirée et toujours s’y sentir à l’aise.

Selon l’effet souhaité, on utilise des jetés,

coussins, fleurs, chandeliers, vases, etc.

• Opter pour des meubles fonctionnels, résistants,

confortables et faciles d’entretien.

Le retour du roi grec

Le décor à thème nous dévoile sur ce qui

nous fait vibrer. Le cinéma maison se devrait

d’être un endroit de silence, mais il sera aussi

un endroit pour manger, échanger, même

lire, parce qu’il sera invitant.

Faites affaire avec des professionnels pour

planifier tout ce qu’il faut au point de vue

technologique. Une fois les murs fermés et le

filage passé il est souvent trop tard.

Travaillez avec un décorateur qui comprendra

vos goûts et écoutera vos besoins

pour l’ergonomie des fauteuils.

Choisissez un thème, osez vous révéler et

amusez-vous à l’aménager. Pensez confort,

ergonomie et mécanisme pour les fauteuils,

mais attention aux « bebelles ».

Prévoyez à long terme avant d’opter spontanément

pour des fauteuils de type individuel,

sectionnel, cale reins ou autres.

Très inspirant d’échanger avec monsieur

Anctil et si vous avez des questions ou

des suggestions sur des chroniques de design

et technologie, faites-nous en part sur notre

site Internet.

(1) Mies n’est pas l’auteur de cette phrase devenue

une sorte de devise au minimalisme, c’est Robert

Browning qui l’a écrite en 1855 dans son recueil

de poèmes « Hommes et femmes » (Men and

Woman). Source Wikipédia, L’encyclopédie libre.

Centre de divertissement et de rangement

de création québécoise accompagné d’un

duo indépendant de cuir rouge

Divan sectionnel de cuir

blanc en forme de rein

Liste des appareils utilisés pour les mises

en scènes créées par M. Gilles Anctil

Écran plasma VP-50 de 50 po de Vidikron

Meuble audio-vidéo, modèle 9960 de BDI

Lecteur DVD Classik Movie de Linn Products

Enceintes autoportantes Komp 110 de Linn Products

Enceintes satellites Komp 106 de Linn Products

Caisson de sous-grave Komp 120 de Linn Products

Téléviseur plasma TH50PZ700 de Pananasonic

Lecteur DVD avec préamplificateur de Linn Products

Amplificateur 5 x 100 W, modèle C5100 de Linn Products

Chakra de Linn Products

Enceintes acoustiques autoportantes, modèle Ninka de Linn

Products

Enceinte de centre Trikan de Linn Products

Caisson de graves Sizmik 12.45 de Linn Products

Projecteur video DLP, modèle Vison 10 de Vidikron

Écran de projection, modèle GreyHawk de Stewart Filmscreen

Note de la rédaction:

Nous remercions la boutique Brosseau Audio-Vidéo pour le

prêt des appareils.

Québec Audio & Vidéo - Ted, octobre / novembre 2007

17


18 Québec Audio & Vidéo, octobre / novembre 2007

R E N C O N T R E

Par PASCAL TRAN

ptran@quebecaudio.com

Nous nous sommes entretenus avec M. René Laurendeau, propriétaire de la boutique Rotac Électronique à Québec, de la

philosophie de design sous-jacente aux rénovations récemment apportées au magasin. Puisque M. Laurendeau est

technicien de formation, l’entreprise fondée en 1972 a commencé ses activités dans le service d’appareils électroniques

tels que Harman Kardon, Dynaco, JBL et TEAC. Par la suite, Rotac s’est lancée dans la vente au détail et la boutique a

crû pour devenir ce qu’elle est aujourd’hui, soit un incontournable de l’audio-vidéo dans la région de Québec.

Depuis 2000, Rotac est située dans ses présents locaux et cette année, la boutique a entrepris d’ambitieux travaux de

rénovation visant une utilisation plus efficace de l’espace et la mise en valeur des services d’installation sur mesure. La

surface occupée est passée de 6 000 à 7 500 pieds carrés, le surplus étant consacré à des bureaux servant maintenant à

la planification et la préparation de soumissions pour les installations sur mesure, une activité grandissante pour l’entreprise.

L’élaboration de la grande salle de

démonstration s’avère la réalisation la

plus spectaculaire. La salle, approximativement

de 8,2 m par 5,2 m, servait

anciennement pour l’audition d’équipement

stéréo haute performance. Puisque ce seg-

ment est en déclin, M. Laurendeau a décidé

de créer une salle très polyvalente, comme

vous pourrez le constater, permettant de

démontrer des appareils stéréo, cinéma maison

et pour l’installation sur mesure dans des

conditions optimales. Ainsi, chacun des qua-

tre murs de la pièce est conçu pour une mission

bien particulière, soit de présenter quatre

types de produits distincts.

Le mur nord est occupé par une immense

unité murale dans laquelle sont installés un

ensemble McIntosh à gauche et des équipements

Arcam et Classé à droite dans des étagères

Middle Atlantic. Le téléviseur au

plasma peut disparaître dans la partie inférieure

du meuble grâce à un mécanisme commandé,

et prendre place aux côtés d’enceintes

et de caissons, également encastrés dans le

meuble. Au centre de la pièce sied une table

entourée de confortables fauteuils dans

laquelle se cache un projecteur pouvant projeter

sur la toile rétractable du mur nord.

Le mur sud est consacré aux appareils stéréo

haute performance et on y reconnaît des

appareils McIntosh, Arcam FMJ, Classé,

Rotel, ainsi qu’une platine tourne-disque de

marque Pro-Ject. Ils sont placés dans un

muret, laissant ainsi un écart d’environ un

mètre au mur arrière, afin de simplifier la

connexion des systèmes grâce à un accès

facile. Plus besoin maintenant de déplacer

des amplis titanesques lors de la préparation

d’un système particulier pour démonstration,

ce qui doit être vraiment apprécié par les

conseillers qui ne risquent désormais plus le

tour de rein !

Sur le mur est, des enceintes murales

encastrées sont déployées autour d’un télévi-


seur au plasma. Elles comprennent les étonnantes

Stealth qui sont tout simplement

invisibles, car elles sont installées complètement

dans le mur. On ne peut donc pas

même percevoir leurs transducteurs, car ils

sont recouverts par un panneau de 3/16 po

en papier et mousse qui se fond totalement

lorsque le joint est tiré et la surface peinte

avec le reste du mur. On y retrouve également

un meuble audio comprenant tous les

contrôleurs et amplificateurs de distribution,

ainsi que des claviers muraux. Afin de

démontrer les capacités multi pièces,

M. Laurendeau a eu l’ingénieuse idée d’installer

des enceintes encastrées et des claviers

reliés aux mêmes composantes dans tous les

bureaux. Ainsi, les clients peuvent facilement

constater les possibilités de sonoriser toutes

les pièces de la maison et la facilité d’utilisation

de tels systèmes.

Le mur ouest, quant à lui, comprend toutes

les enceintes d’extérieur, une composante

de plus en plus prisée des installations personnalisées.

Plusieurs types d’enceintes sont en

montre, que ce soit des haut-parleurs en

forme de pierre ou tout simplement des

modèles spécifiquement conçus pour résister

aux intempéries.

Une coupole comprenant plusieurs

enceintes encastrées et un projecteur rétractable

pointant vers le mur nord ont été installés

au plafond. Un système de distribution

sophistiqué permet de faire des comparaisons

instantanées d’enceintes encastrées et d’exté-

rieur de différentes gammes, des CCM616 de

B&W à 280 $ la paire aux B&W Signature

8NT à environ 6 000 $ la paire. Ainsi, les auditeurs

peuvent aisément apprécier la différence

de sonorité parmi les enceintes offertes.

Auparavant, il était plus difficile de justifier le

choix d’enceintes encastrées haute performance,

car on ne pouvait facilement en faire

la démonstration.

Québec Audio & Vidéo, octobre / novembre 2007

19


Les visionnements dans cette salle peuvent

être effectués sur plusieurs ensembles d’enceintes

encastrées ou avec quatre modèles

803S de B&W complémentés de l’enceinte

centrale HTM3S. L’aspect vidéo est complètement

régi par un système de distribution

HDMI permettant d’envoyer le signal de

toute source à tous les affichages. Ainsi, à l’in-

20 Québec Audio & Vidéo, octobre / novembre 2007

térieur d’une même pièce soigneusement

conçue, les visiteurs de la boutique peuvent

vraiment expérimenter tout ce que le marché

de l’installation offre ainsi que les différentes

stratégies pour faire disparaître l’équipement.

Dans le futur, Rotac prévoit poser une

toile 2.35:1 sur le mur nord. Un espace est

déjà réservé sur le mur sud pour un projec-


teur avec lentille anamorphique longue portée,

projetant à travers une ouverture dans le

muret, pour démontrer ce type de technologie.

La boutique compte toujours deux autres

salles d’écoute dont une pour les systèmes

cinéma maison entrée de gamme et l’autre

plutôt pour le milieu de gamme, toutes deux

avec projecteurs. Toutes les salles de démonstration

sont insonorisées et équipées de

rideaux motorisés permettant de créer un

environnement propice pour l’évaluation

d’appareils, soit silencieux et parfaitement

sombre.

Un autre changement important apporté

à l’intérieur de la boutique a été l’élimination

du « coin des aubaines » puisque le marché

des appareils d’occasion est en déclin depuis

l’établissement de sites Internet spécialisés à

cette fin. Cet espace a été récupéré pour la

démonstration d’écrans plats, ACL et plasma

des marques Marantz, LG ou Pioneer Elite,

dont la pièce maîtresse est un téléviseur au

plasma de 71 po de LG. Celui-ci est en fait

posé sur un mur nouvellement construit for-

Photos: Franco Moggia

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mant une antichambre au comptoir de service,

auparavant visible de l’intérieur du hall

central. Ainsi, le département de service est

plus discret et cette séparation contribue

beaucoup à réduire le niveau de bruit des

deux sections du magasin.

Avec ces rénovations, la boutique Rotac a

pris de plain-pied le virage de l’installation

personnalisée, un segment de marché en forte

croissance, mais qui gagne toujours à être

plus connu du public. L’entreprise a vraiment

réussi à créer une ambiance visuellement

agréable et propice à l’appréciation d’équipement

audiovisuel de qualité, tout cela en

concevant des pièces multi fonctions afin de

maximiser l’expérience en boutique pour ses

clients.

Québec Audio & Vidéo, octobre / novembre 2007

21


Par PASCAL TRAN

ptran@quebecaudio.com

J’ai rencontré M. Daniel Bienvenue,

directeur de l’ingénierie et des opérations

pour le Réseau des sports (RDS) afin de

discuter de la mise en ondes imminente

d’une version HD de la chaîne.

M. Bienvenue oeuvre dans la télédiffusion

depuis nombre d’années et occupe

également les mêmes fonctions pour CTV

Montréal. Puisque ses responsabilités

couvrent tous les aspects techniques de la

production et la diffusion pour RDS, il est

donc la meilleure personne pour nous

décrire le défi que la haute définition

représente du point de vue du télédiffuseur.

QA&V : Commençons par la date de mise en

ondes de la nouvelle chaîne HD et la raison

pour cette date.

DB : Le lancement de RDS-HD sera le

3 octobre, date correspondant au premier

match de la saison régulière des Canadiens

qui affronteront alors les Hurricanes de la

Caroline. On connaît l’engouement que crée

le commencement d’une nouvelle campagne

du Canadien, alors cette date nous semblait

la plus appropriée.

QA&V : Et quelles sont les raisons qui ont

motivé le lancement de la chaîne HD, plus

particulièrement en ce moment ?

DB : Plusieurs facteurs ont influencé notre

décision d’aller de l’avant avec le projet. Tout

d’abord, le marché du HD a beaucoup évolué

dans les dernières années à tous points de

vue, mais particulièrement pour le matériel

technique dont le prix a baissé et qui offre

maintenant de nouvelles technologies nous

permettant de faire des choses qui n’étaient

pas possibles il y a un an à peine. De plus,

l’évolution du marché indique que 10 % des

foyers sont présentement munis d’équipement

permettant de profiter du HD. Cette

marque de 10 % nous indique que c’est le

22 Québec Audio & Vidéo, octobre / novembre 2007

T E C H N O L O G I E

Rencontre avec M. Daniel Bienvenue,

directeur de l’ingénierie et des opérations chez RDS

M. Daniel Bienvenue

moment opportun pour le lancement de

notre chaîne HD car nous croyons qu’il n’est

ni trop tôt, ou trop tard. À travers les communications

avec notre public, nous savons

qu’une bonne proportion de ce 10 % est

constituée d’amateurs de sports, car ce type

de programmation est ce qui bénéficie le plus

du format et de la résolution HD. D’ailleurs,

lorsque nous visitons des détaillants, beaucoup

de leurs clients leur disent qu’ils attendent

que RDS passe en HD pour se munir

d’un nouveau téléviseur. Donc, nous allons

être une locomotive pour la pénétration du

HD au Québec.

QA&V : Existe-t-il une législation du CRTC qui

définit une échéance pour télédiffuser en HD

au Canada ?

DB : Il existe un peu de confusion à ce propos

et cela mérite d’être clarifié. Le HD en

tant que tel n’est pas légiféré, mais ce sont

plutôt les émetteurs analogiques des grandes

chaînes qui diffusent par les ondes qui doivent

être convertis en mode numérique. Cela

permettra de libérer des longueurs d’onde

que nécessite Industrie Canada. Une loi similaire

a été passée aux États-Unis. Ainsi, les

grandes chaînes pourront diffuser du HD par

les ondes à travers leur nouveau réseau

d’émetteurs et répétiteurs, quoique cela n’est

pas requis, car la motivation de la législation

est plutôt de récupérer des bandes de fréquence

pour l’industrie des télécommunications.

Évidemment, ceci apporte une

réflexion sur la viabilité de la télévision par les

ondes, car aujourd’hui il n’y a que 10 % des

foyers qui captent le signal par une antenne,

en forte baisse puisque cette proportion était

de 16 % en 2005. Les réseaux nationaux

devront investir de fortes sommes pour

convertir leur réseau pour servir ce segment

du marché. Cette loi ne touche toutefois pas

les chaînes spécialisées comme RDS.

QA&V : Quelle sera la proportion initiale de

programmation tournée en HD et quelle sera

son évolution dans le temps ?

DB : Pour la première année, nous prévoyons

offrir 20 heures d’émissions HD par semaine

aux heures de grande écoute pour le sport,

soit en soirée et le week-end. Cela comprendra

bien sûr beaucoup de hockey, du football

canadien et américain, du NASCAR, du golf,

du tennis et du basketball. Pour l’instant, il

nous est difficile de prévoir comment cela

évoluera dans les années suivantes, car c’est

un marché qui bouge constamment, alors

l’évolution de la programmation dépendra de

la disponibilité des émissions.

QA&V : Quels sont les coûts encourus par une

chaîne comme RDS pour se convertir en HD

et qu’est-ce que ça couvre ?

DB : Je ne peux vous dévoiler de chiffres

exacts mais cela représente un investissement

très important. En plus des équipements de

production et transmission, il y a un aspect

formation des équipes qu’il ne faut surtout

pas négliger. Tous nos processus sont à revoir

lorsque l’on passe en HD car les recettes

employées pour produire du SD ne sont plus

valables. Par exemple, nos producteurs

devront changer leurs façons de faire avec un

cadrage qui est maintenant en 16:9. On n’a

qu’à penser au processus d’afficher des publi-


cités à l’intérieur d’émissions ou à la ligne virtuelle

pour la couverture de la CFL pour

s’apercevoir qu’il faut absolument tout revoir.

De plus, nous serons des pionniers, car tout

le matériel sera mis en ondes en HD et le SD

découlera du HD. À l’interne, nous ferons

des investissements progressifs afin de mettre

à jour tout notre équipement. Par exemple,

les nouvelles et les accompagnements en studio

seront au départ en SD 4:3, donc il y aura

un mélange de formats à gérer, avec du matériel

provenant de serveurs mais aussi sur

rubans.

QA&V : Comment allez-vous gérer le matériel

HD versus le SD pour les deux chaînes ?

DB : Nous avons adopté comme politique de

ne pas effectuer d’étirement ou de compression

des images pour passer d’un format à

l’autre. Donc, les émissions tournées en HD

seront recadrées en 4:3 pour la chaîne SD.

Nous faisons du 4:3 protect, c’est-à-dire que

toutes les informations vitales sont concentrées

dans le 4:3 afin que le téléspectateur en

SD puisse également profiter de l’émission.

Inversement, les émissions 4:3 seront présentées

en HD avec des barres noires sur les

côtés.

QA&V : Quelle résolution sera majoritairement

diffusée en HD ?

DB : Des deux résolutions présentement disponibles

sur le marché, soit 720p et 1080i,

nous avons décidé de n’offrir que le 1080i. La

raison principale est que le 1080p s’en vient

à grands pas et il sera plus facile de passer de

1080i à 1080p car cela requerra moins de

transformations. Véhiculer du 1080i demande

24 Québec Audio & Vidéo, octobre / novembre 2007

une infrastructure avec plus de capacité, mais

lorsque les taux de compression seront améliorés

et que la bande passante sera suffisante,

nous serons prêts à diffuser en 1080p.

QA&V : Et quelle proportion des émissions

auront du son ambiophonique et quels sont

les défis reliés à la production et à la diffusion

du son en 5.1 en temps réel ?

DB : Nous estimons qu’environ 30 % des

émissions HD seront accompagnées de son

en 5.1. Il est par contre difficile d’obtenir une

estimation fiable, car nous ne connaissons pas

encore la recette qui sera employée pour cer-

taines émissions que nous allons diffuser. Il

faut comprendre que l’audio en HD est vraiment

ce qu’il y a de plus complexe dans le

processus, et non la vidéo. Ce qui complique

beaucoup la situation, c’est qu’il est important

de comprendre la recette utilisée lors de

la prise de son et à l’encodage pour le transport.

Donc, cette information est vitale pour

retransmettre le son de façon cohérente avec

les bons niveaux sonores. Le signal audio peut

maintenant contenir de la métadonnée décrivant

la recette employée, incluant le format

de compression, les niveaux sonores, le positionnement

et le type des micros utilisés pour

la prise de son. Le problème qui survient,

c’est que dans beaucoup de situations, cette

métadonnée se perd dans le transport du

signal. Si cette situation se présente, nous

devons disposer d’une équipe qui fera des

tests avant le début de l’événement sportif

pour trouver la recette qui donne de meilleurs

résultats. Dans le cas où l’on ne peut recréer

un panorama sonore adéquat, nous mixerons

alors le signal pour produire de la stéréo.

Heureusement, il y a un désir de standardisation

exprimé par les télédiffuseurs de sport.

Ainsi, les commentaires seraient concentrés

dans le canal central, les bruits sur le terrain

ou patinoire seraient véhiculés par les canaux

avant, ce qui laisse les canaux arrière pour les

bruits de foule. Je crois que si tous les diffuseurs

respectent ce standard, cela va beaucoup

simplifier la production de son ambiophonique.

Il reste également le problème de délai

entre l’image et l’audio alors nos équipes doi-


Rencontre avec M. Daniel Bienvenue (suite)

vent être vigilantes et s’assurer que la synchronisation

soit parfaite, et qu’elle le reste pour

la durée de l’émission car parfois le délai peut

changer. Le fait que nous sommes une chaîne

spécialisée en sport fait que nous opérons

presque toujours en direct alors il faut que

nos façons de faire soient très stables.

26 Québec Audio & Vidéo, octobre / novembre 2007

QA&V : Quelles sont les difficultés reliées au

fait que RDS diffuse en français ?

DB : Nous voulons créer une expérience

entièrement en français pour nos téléspectateurs.

Donc, cela signifie que si nous recevons

une émission d’un réseau anglophone, il faut

y ajouter les commentaires en français, ainsi

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que traduire les tableaux par exemple. Si on

reçoit un son ambiophonique dont les commentaires

en anglais sont concentrés au canal

central, il est alors facile de le remplacer par

la voix des nos commentateurs. Par contre, si

les commentaires ont été mixés dans les trois

canaux avant, nous devons effectuer un travail

de filtrage et d’égalisation pour tenter

d’atténuer les voix en anglais, et ensuite y

ajouter nos commentaires. Notre public nous

demandait souvent pourquoi nous ne diffusions

pas en HD mais le fait de devoir produire

une émission entièrement en français

ajoute un niveau de difficulté supplémentaire.

Prenons par exemple les tableaux qui

sont affichés en cours d’émission. Nous avons

développé des traitements pour les traduire et

les afficher en SD, mais tous ces processus

doivent être revus pour la HD. Dans la

mesure du possible, nous essayons de travailler

à partir de ce qu’on appelle un clean feed,

c'est-à-dire un signal qui ne comprend que

l’image et le son, sans les commentaires et les

choses qui sont ajoutées à l’image. Parfois, ce

type de signal n’est pas disponible, particulièrement

pour du son ambiophonique où le

son international n’existe plus du tout ; et ce

sont ces situations qui représentent un grand

défi car nous ne pouvons pas diffuser la production

telle quelle comme TSN pourrait le

faire.

QA&V : Je suis conscient que la couverture de

la F1 est fournie par ITV, mais quand pensezvous

que la F1 sera produite en HD ?

DB : Il faudrait poser la question à Bernie !

[rires] Les rumeurs que l’on entend semblent

indiquer que la F1 sera en HD la saison prochaine

mais cela n’a pas été confirmé. En

2006, la F1 était en 4:3 SD alors que cette

année, elle est diffusée en 16:9 SD. Une autre

raison qui semble pointer dans la même

direction, c’est la popularité grandissante du

NASCAR, au Canada particulièrement.

Donc, on pense que la F1 désire passer en

HD pour ne pas être en retard sur le NAS-

CAR qui diffuse déjà en HD.

QA&V : Monsieur Bienvenue, je vous remercie

sincèrement pour cette discussion des plus

instructives sur les défis que la HD représente

dans la perspective du télédiffuseur, et plus

particulièrement les spécificités du sport.


Rythme & Musique

Un Un été été

en en musique

musique

Par NATHALIE FREDETTE

nfredette@quebecaudio.com

Rien n’y fait. Votre humble chroniqueuse a

beau être fatiguée à la veille de ses vacances

annuelles et se dire que, cette fois, on ne l’y

reprendra plus à courir les festivals, à se

gaver de spectacles soir après soir pendant

39 jours, elle succombe. Les régimes

minceur, trop peu pour elle. Impossible de

résister à la tentation. Trop de bonnes choses

à se mettre sous la dent, ou plutôt – on l’aura

compris – dans l’oreille. Aperçu donc de ce

que j’ai pu voir, entendre et goûter pendant le

Festival International de Jazz de

Montréal,le Festival International Nuits

d’Afrique et les FrancoFolies,

édition 2007. Et il aurait pu y en avoir tant

d’autres…

LES ÉNERGIQUES

À tout seigneur tout honneur, commençons

par les artistes énergiques, et par celle-là

même qui a inauguré notre grande virée estivale

: Angélique Kidjo, au Spectrum, le

jeudi 28 juin, dernière fois pour elle à se produire

dans ce lieu montréalais mythique

qu’elle dit voir fermer avec regret (regret que

nous partageons pleinement). En spectacle, la

chanteuse béninoise à qui on a reproché parfois

l’inégalité de ses disques est en tous

points fabuleuse et déploie une énergie hors

du commun, dansant pour se reposer de

chanter et vice versa. On ressort ému et gonflé

à bloc du concert généreux de cette digne

héritière de Myriam Makeba. À peine une

heure plus tard, le chanteur et percussionniste

Carlinhos Brown, sur la grande scène

General Motors, se démenait pour faire naître

une atmosphère de carnaval brésilien, en

dépit du fait que ses costumes, ses instruments

et son équipe technique étaient coincés

quelque part entre Chicago et Montréal.

Chapeau à ce prolifique compositeur de la

28 Québec Audio & Vidéo, octobre / novembre 2007

musique populaire brésilienne qui a su nous

communiquer la chaleur des rythmes de son

pays, malgré donc le malencontreux incident

et, de surcroît, une sonorisation médiocre.

Plus tard dans la semaine, en provenance

d’Espagne, le groupe barcelonais Ojos de

Brujos a offert une autre de ses prestations

énergiques. L’effet de nouveauté en moins

(pour ceux qui comme moi les avaient entendus

au Spectrum en 2005), le spectacle fut à

la hauteur des attentes : convaincante fusion

de funk et de flamenco, de hip hop et de

Angélique Kidjo

Son de la Frontera

rumba catalane livrée avec fougue. Mais l’enchantement

de cette soirée au Métropolis

reste pour moi la première partie assurée par

Son de la Frontera, l’une des plus belles surprises

du Festival cette année. Ce groupe de

flamenco nouvelle façon, dont j’ai déjà commenté

en ces pages l’excellent premier album,

instaure un singulier dialogue entre guitare et

très cubain, rythmé par les palmas (claquements

de mains) avant que monte la plainte

déchirante du chanteur et que résonnent les

pas enfiévrés du danseur. Olé !


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LES AUTHENTIQUES

Le compositeur et joueur de oud tunisien

Anouar Brahem obtient la palme d’or de

l’authenticité décernée à ces artistes entièrement

dévoués à la musique, tournés vers la

beauté et la poésie, peu soucieux de gloire

personnelle. Pendant toute la durée du

concert, en compagnie des mêmes complices

que sur l’intimiste et le méditatif Pas du chat

noir, Brahem joue, pour ainsi dire, en silence,

sans babillages. Nous sommes ici à des années

lumière du cabotinage de Gonzales entendu

au même endroit l’an dernier. Les pièces du

Voyage de Sahar, son plus récent disque paru

sur étiquette ECM, s’enchaînent, sans qu’il

soit nécessaire de les présenter. Moins de dix

mots, et on compte les articles, seront prononcés

par le musicien : « François Couturier

au piano, Jean-Louis Matinier à l’accordéon

». La musique s’élève mélodieuse, harmonieuse,

à la fois simple et complexe…

Dans un tout autre registre, le bluesman Ray

Bonneville ne délaisse jamais l’authenticité,

lui non plus. Le petit bout de concert attrapé

au vol sous la tente SIMMM GM, composé

essentiellement des extraits de l’album Goin’

by Feel, m’a permis de renouer avec cet autre

artiste vrai. Plus tard, au Spectrum, le virtuose

de la kora Toumani Diabaté (qu’on a

pu entendre aux côtés d’Ali Farka Touré sur

le très beau disque In the Heart of the Moon) est

venu présenter le Symmetric Orchestra, un

orchestre de 14 musiciens en provenance de

l’ancien grand empire mandingue qui a pour

noms aujourd’hui Mali, Sénégal, Côte

d’Ivoire, Guinée-Bissau, Mauritanie…

Instruments traditionnels comme le balafon,

le ngoni, le djembé, la kora en accord avec

des instruments modernes ont su émouvoir

et faire danser la foule. Enfin, Richard Bona

pour son humilité devant le talent incom-

30 Québec Audio & Vidéo, octobre / novembre 2007

Anouar Brahem

mensurable de Diabaté (venu le rejoindre à la

Place des Arts après son spectacle au

Spectrum) et pour sa détermination à faire ce

que bon lui semble quand bien même certains

lui reprocheraient son éparpillement, se

retrouve dans cette rubrique. Le chanteur

bassiste et compositeur camerounais a offert

de beaux moments ce soir-là en compagnie

tantôt du guitariste Russel Malone, tantôt

de Toumani Diabaté, tantôt du guitariste

Seun Kuti

béninois Lionel Loueke qui se produisait

immédiatement après sur une scène extérieure.

LES POLITIQUES

L’afrobeat, plus que bien d’autres genres

musicaux, est un mouvement d’affirmation

sociale et politique. Pour souligner le dixième

anniversaire de la mort de son créateur, le

nigérien Fela Kuti, le FIJM a fait les choses

en grand en invitant plusieurs artistes toujours

stimulés par le genre. Parmi eux, Femi

Kuti au Metropolis, précédé du groupe

Antibalas, un spectacle de la formation

Afrodizz, et le concert extérieur grand événement

de Seun Kuti & Egypt’ 80 en première

nord-américaine. Seun, fils de Fela et

frère de Femi, à la tête d’Egypt’ 80 depuis la

mort du Black President, offre une musique

un peu déglinguée qui sonne pourtant

d’étonnante façon. Après un « Good evening,

ladies & gentlemen » de circonstance, les

pétards ont éclaté et la fête a commencé. Sur

des rythmes lourds et puissants, Seun et son

groupe ont entonné les compositions du père

comme les leurs en dénonçant les injustices

criantes dont est victime l’Afrique, notamment

la pauvreté, la corruption des politiciens,

la brutalité policière (on dit que le père

aurait été emprisonné à plus de 300 reprises).

En finale, les danseurs et les danseuses qui

jusque là se déhanchaient sur diverses plateformes

aménagées sur le site, sont montés sur

scène pendant qu’au-dessus des spectateurs

éclataient dans le ciel des feux d’artifice,

moment d’apothéose. Malheureusement,

c’est sous un ciel gris et par un temps maussade

qui en a découragé plus d’un qu’Andy

Palacio a pour sa part fait œuvre politique,

non pas tant à travers les mots de ses chansons

qu’en se faisant l’ambassadeur d’une culture

menacée d’extinction, à savoir cette

musique chaloupée issue de la culture afroamérindienne

garifuna que Palacio tente à

tout prix de sauvegarder et de revitaliser. Le

chanteur, originaire du Belize, qui n’a pas eu

l’auditoire qu’il méritait en raison du mauvais

temps, a réjoui les braves venus entendre sa

musique combien ensoleillée, dansante en

même temps qu’émouvante et déchirante.

LES ÉLÉGANTS

Un certain raffinement dans le jeu, non

pas tant un jeu virtuose (quoique la virtuosité

soit souvent au rendez-vous) qu’une façon de

jouer ou de chanter soignée et sophistiquée,

voilà ce qui caractérise la musique des élégants.

Premier en lice dans cette catégorie : le

jeune compositeur et pianiste cubain de

32 ans Roberto Fonseca qu’on a déjà pu

entendre aux côtés des Ibrahim Ferrer,

Omara Portuondo, Rubén González,

Cachaíto López. C’est dire le talent du jeune

homme qui propose une musique issue de la

tradition cubaine et afro-cubaine, lorgnant

également du côté du jazz latin. Pour son

spectacle au Gesù, le pianiste a présenté avec

générosité et recueillement les pièces de son

dernier album Zamazu. Autre pianiste dont

nous avons pu goûter le jeu fluide et inventif

: l’Italien Stefano Bollani. Le musicien,

qui n’en est pas à sa première visite chez nous,

a pigé dans un répertoire des plus variés,


Rythme & Musique(suite)

explorant aussi bien des standards de jazz que

certains motifs de la musique classique et

contemporaine, avec passages du côté des

musiques du monde, notamment brésilienne.

Seul bémol à ce brillant concert : l’humour

parfois un peu cabotin du pianiste

autrement attachant. Jeu sensible, raffiné en

même temps que sensible aussi pour le jeune

guitariste new-yorkais Kurt Rosenwinkel

accompagné par Mark Turner au saxophone,

Aaron Parks au piano, Joe Martin à la contrebasse

et Rodney Green à la batterie. Les aficionados

de la guitare rassemblés au

Spectrum affichaient tout du long un sourire

de satisfaction. Enfin, au Kola Note, c’est la

voix belle et douce du Sénégalais Ousmane

Touré, de l’ancienne et célèbre formation

Touré Kunda, qui a retenu notre attention.

Le chanteur plein de grâce et de délicatesse y

a interprété les pièces de Avenue du monde, un

disque perméable comme le laisse entendre le

titre à différents horizons musicaux, africains

ou occidentaux.

LES DANSANTS

Dans l’ensemble, j’aurai moins dansé cet

été que lors des éditions précédentes. Simple

hasard ? Peut-être. Reste que j’aurai quand

même ondulé du popotin au spectacle de

Samba Mapangala et son Orchestra

Virunga, un Congolais ayant longtemps

vécu au Kenya qui propose un agréable

mélange de benga, proche parent du soukouss,

et de rumba congolaise, qui rappelle la

musique de Kékélé en plus dansant, juste-

32 Québec Audio & Vidéo, octobre / novembre 2007

Toumani Diabaté

ment. (« Oh ! là ! là ! C’est l’ambiance ! »).

J’aurai aussi dansé au grand carnaval brésilien

Cabula auquel nous conviaient Vovo et son

école Estaçao La Luz. Malgré un début un

peu hésitant et amateur, chanteurs, percussionnistes

et danseurs auront finalement suscité

un effet d’entraînement et réussi à délier

les jambes du plus grand nombre. Aux

FrancoFolies, sur la scène extérieure Le

Monde multiculturel Hydro-Québec, le

Malien Bala Tounkara & Groupe Spirit

auront réussi sans peine le même exploit. Et

sur la même scène, exploit également répété

par la chanteuse haïtienne Emeline Michel.

Chaque visite de cette artiste hors pair se

transforme toujours en fête réunissant les

membres de la communauté haïtienne et

leurs enfants ainsi qu’un nombre toujours

plus grand de Québécois de souche appréciant

pleinement les talents de cette chanteuse.

LES MI-FIGUE MI-RAISIN

Quelques-uns n’ont pas comblé totalement

mes attentes. De la première, on peut

dire qu’elle possède une voix admirable et

merveilleuse, triste et chaude à souhait.

Cesaria Evora toutefois, puisque c’est d’elle

que je parle, n’est pas précisément la chanteuse

la plus swinguante du monde. La célèbre

Capverdienne entonne les unes à la suite

des autres ses nostalgiques mornas, et s’arrête

à mi-spectacle pour une pause durant laquelle

elle fume une cigarette. Contente d’avoir vu

la grande dame, j’ai tout de même trouvé le

tout plutôt statique. Reste que je reconnais à

la chanteuse d’immenses qualités, ce que je

ne peux accorder aux chanteuses de la formation

Las Rubias del Norte qui n’ont ni la

voix, ni la singularité de la première. Au

mieux, leurs voix sont agréables, mais on

aurait souhaité que les deux jolies demoiselles

bougent un peu, diantre ! Le répertoire

retenu par ce groupe new-yorkais est sympathique,

mais ça ne passe pas. Froid comme un

grand vent du Nord. Par ailleurs, on a dit le

plus grand bien du chanteur et guitariste

Alex Cuba qui présentait le concert d’avantpremière

du Festival Nuits d’Afrique.

Sympathique, mais loin de la révolution

latine pourtant annoncée dans le programme.

Idem pour le joueur de oud et chanteur

tunisien Dhafer Youssef qui n’en était pas

à sa première visite au Gesù. Il y a eu de beaux

moments, une belle complicité entre Youssef,

le quatuor à cordes féminin Divine Shadows

Strings et le joueur de tabla Jatinder Thakur,

mais la proposition m’a semblée parfois un

peu facile, convenue. Certains ont parlé d’accents

planants nouvel-âgeux, avec raison

peut-être.

LES RAFRAÎCHISSANTES

Un vent de fraîcheur soufflait cet été, en

provenance du monde lusophone, amenée

par trois sympathiques chanteuses, l’une

d’origine brésilienne, les deux autres d’origine

capverdienne. En première partie de

Cesaria Evora, Lura, compositrice et chanteuse

installée au Portugal, aura conquis une

foule pourtant venue entendre la diva aux

pieds nus (quoique certains connaisseurs

m’aient confié être d’abord là pour elle…).

Comme dans le cas de Gabriela Mendes

qu’on a pu voir au Balattou dans le cadre des

Nuits d’Afrique (en première nord-américaine),

Lura fait partie de ces jeunes chanteuses

dont on apprécie l’allégresse et l’art de

renouveler la mélancolique morna (popularisée

par Cesaria Evora) tout en explorant d’autres

styles comme le batuque, le funana, la

coladeira, bref, d’insuffler de la fraîcheur à

cette musique des îles en lorgnant tantôt du

côté du Brésil, tantôt du côté de l’Europe,

sans jamais perdre de vue l’ancrage africain.

Quant à Bïa, évoluant tantôt en portugais

tantôt en français, en première partie de

Misia à la Place des Arts, en compagnie du

musicien Yves Desrosiers, elle a fait forte

impression sur le public venu écouter du fado

en nous berçant de douces mélodies et de

chaleureuses balades.


LES ORIGINALES

Parmi les artistes qui auront su nous étonner

en nous offrant des œuvres sortant vraiment

des sentiers battus, mentionnons tout

d’abord deux Africaines qui ont chacune à sa

façon chamboulé la tradition musicale initialement

préservée par les hommes de leur

pays : la peu banale Nawal des Îles Comores,

une musulmane peu orthodoxe chantant et

jouant du gambusi (ancêtre du oud arabe

venu du Yémen), qui entremêle rythmes arabes

et africains et chants soufis; la singulière

reine du mbira (genre musical et sorte de

piano à pouces) Stella Chiweshe du

Zimbabwe dont les transes répétitives auront

hypnotisé le public réuni au Club Balattou.

Enfin, dans des sentiers plus connus et fréquentés,

parlons de la belle prestation de

Misia, chanteuse de fado portugais dont elle

renouvelle pourtant le genre en chantant des

œuvres issues de la poésie portugaise

moderne écrite notamment par des femmes

et des écrivains homosexuels.

LES RUGISSANTS

Parmi eux, il y en a un que sa crinière classe

immédiatement dans cette catégorie d’artistes

forts en gueule aussi imposants qu’un roi

lion, et j’ai nommé Tiken Jah Fakoly.

Chaque passage à Montréal du reggaeman

ivoirien (en exil au Mali depuis cinq ans) est

un événement. Dans chacun de ses concerts

où il dénonce la corruption aussi bien des

gouvernements africains que des grandes

puissances mondiales, le chanteur fait un

tabac. Sa prestation dans un Métropolis survolté

et rempli à craquer n’aura pas fait exception

à la règle. Puis, le vénérable trompettiste

et chanteur d’Afrique du Sud, le fort en

gueule et en souffle Hugh Masekela, a offert

à La Tulipe l’un des concerts les plus mémorables

de cet été 2007 et, à coup sûr, l’un des

De gauche à droite:

1) Émeline Michel

2) Nawal

3) Ousmane Touré

4) Hugh Masekela

5) Samba Mapangala et

Orchestra Virunga

6) Gabriela Mendes

7) Tiken Jah Fakoly

plus beaux moments de la programmation

du Festival Nuits d’Afrique (de très haut

niveau cette année). Reprenant les pièces de

son dernier disque, Live at the Market Theatre

enregistré à Johannesburg, l’activiste (qui fut

en exil durant 30 ans) a offert un hommage

bien senti à Nelson Mandela et joué avec ferveur

et intensité bon nombre de ses succès

afro-jazz. Enfin, un mot sur l’Algérien

Rachid Taha, qui n’a peut-être pas toujours

la noblesse et la grandeur des deux autres

quand il se fait provocant et irrévérencieux à

propos de tout et de rien (maugréer contre les

heures de fermeture des bars de Montréal n’a

pas précisément la même portée que dénoncer

ce qui se passe en Irak ou en Afghanistan).

Mais l’enfant terrible du raï est toujours aussi

percutant et toujours à son meilleur quand il

interprète des pièces explosives comme Voilà,

voilà, Ya Rayah, Bent Sahra, Médina…

Québec Audio & Vidéo, octobre / novembre 2007

33


34 Québec Audio & Vidéo, octobre / novembre 2007

B A N C D ’ E S S A I

Mini-amplificateur Music Cocoon MC4 de Roth

Par PASCAL DEBIEN

Voici le dernier-né d’une série d’amplificateurs intégrés spécialement destinée à l’utilisation des iPod d’Apple

comme source principale : le Music Cocoon MC4, conçu en Grande-Bretagne par la firme Roth, propriété de

James Roth, qui s’est fait connaître dans la conception d’amplificateurs de guitares à lampes électroniques.


Le Cocoon

Ma surprise fut inversement proportionnelle à la taille de cet

appareil miniaturisé. En, fait il nous arrive en deux parties

bien distinctes : soit le bloc d’alimentation, massif, que l’on

peut déposer au sol, et le petit amplificateur. Sur le premier, apparaissent

le bouton de mise en marche qui alimentera en permanence

l’amplificateur, le sélecteur de voltage européen ou nord-américain

et un voyant lumineux.

Quant à l’amplificateur, très mignon avec ses courbes, c’est un

appareil hybride comprenant des tubes électroniques 12au7 et 12ax7

en préamplification et des MOSFET pour sortie de puissance. Les

dimensions réduites du Cocoon MC4 (187 mm de profondeur sur

174 mm de largeur et 108 mm de hauteur) en font un objet discret

que l’on peut déposer sur une table de chevet ou encore sur une

tablette étroite au bureau. En plus des quatre tubes électroniques

d’origine chinoise qui occupent le dessus de l’appareil, y prennent

place le support à iPod ainsi que deux cylindres métalliques qui semblent

servir de refroidisseur aux MOSFET. Le tout, à l’exception de

l’espace iPod, est recouvert d’une cage de plexiglas épousant les formes

du MC4. La minimachine développe 13 watts par canal. Il faudra

donc envisager l’utilisation d’enceintes acoustiques d’une efficacité

supérieure à 90 dB et éventuellement, pour un mariage réussi,

de petites enceintes de type large bande dans une conception bass

reflex.

Sur le devant, figurent le contrôle de volume et le sélecteur de

sources. L’arrière regroupe les prises RCA pour l’entrée de la platine

numérique, la prise stéréo 3,5 mm pour connexion à une sortie d’ordinateur,

à un lecteur MP3 ou à toute autre source similaire auxquels

s’ajoutent les deux borniers 8 ohms pour les enceintes acoustiques,

la prise pour le cordon du bloc d’alimentation ainsi qu’une prise de

sortie pour câble S-Vidéo de liaison au téléviseur. Cette dernière

option permet de mieux visualiser les commandes effectuées sur

l’iPod à partir de la petite télécommande. En effet, lorsque l’on veut

prendre le contrôle de l’iPod, bien assis dans son divan, on n’y parvient

pas : l’afficheur est minuscule de sorte qu’il faut se lever pour

tout changement. L’écran du téléviseur permet donc de visualiser les

options de la source iPod.

Caractéristique intéressante !

Une particularité supplémentaire m’a énormément plu et j’en félicite

les responsables chez Roth Audio : l’appareil est livré avec tout

«C’est donc pour moi un excellent choix

dans un menu système secondaire : dans

la chambre à coucher, au bureau ou encore

pour les enfants qui sont friands d’appareils portables.»

le nécessaire pour utilisation immédiate. Outre le cordon d’alimentation

à la prise secteur, il comprend le câble S-Vidéo, des câbles de

qualité avec connecteurs bananes pour les enceintes, le câble stéréo

3,5 mm, une paire de gants pour manipuler les tubes électroniques,

différents adaptateurs pour les divers modèles d’iPod et un petit tournevis.

Comme d’habitude, je ne peux m’empêcher d’ouvrir les entrailles

de tout dispositif électronique qui me tombe sous la main. Je me suis

donc exécuté afin de mieux comprendre ce à quoi nous avons affaire

ici. Le bloc d’alimentation contient un gros transformateur toroïdal

ainsi que des condensateurs de filtrage de bonne qualité. Dans l’amplificateur

cependant, il est quasi impossible d’évaluer la qualité des

composants tant le montage est compact. La superposition des deux

circuits imprimés principaux ne permet pas de bien voir les composants

sans complètement démonter l’intérieur. Dommage pour les

curieux comme moi !

Écoute

J’ai effectué l’écoute critique sur mon système principal avec des

enceintes acoustiques d’une efficacité de 96 dB. Ce fut plus que suffisant

avec les 13 watts offerts pas le petit amplificateur. J’ai aussi utilisé

comme source ma platine numérique afin de comparer la qualité

de reproduction face aux différents formats d’enregistrement des

iPod. J’ai aussi remplacé les tubes électroniques d’origine par des tubes

britanniques de ma collection, évitant ainsi le rodage des tubes électroniques

chinois. Une fois le Music Cocoon MC4 de Roth mis sous tension,

quelques secondes s’écoulent avant qu’il fonctionne. Des DEL

illuminent les tubes électroniques ainsi que la cage de plexiglas,

créant un effet à la fois esthétique et discret. Dès les premières minutes

de l’écoute à partir de l’iPod, nous pouvons constater le bon travail

des ingénieurs de chez Roth. Le rendu musical est bien équilibré,

les basses fréquences sont solides et fermes, les voix et les

fréquences moyennes sont bien situées dans l’espace et le haut du

spectre n’est pas trop agressif, même si parfois la qualité de compres-

«Dès les premières minutes de l’écoute

à partir de l’iPod, nous pouvons constater

le bon travail des ingénieurs de chez Roth.»

Québec Audio & Vidéo, octobre / novembre 2007

35


sion numérique de l’iPod peut transparaître.

J’ai fait une comparaison entre les mêmes

enregistrements à partir de l’iPod et de la platine

numérique. En utilisant cette dernière

comme source, nous perdons l’aspect quel-

NOUVEAU

CHEZ

Amplificateur intégré

Prologue II

de PrimaLuna

36 Québec Audio & Vidéo, octobre / novembre 2007

que peu agressif dans le haut du spectre

sonore et nous retrouvons les fines subtilités

perdues lors de la compression numérique de

l’iPod. Il faut donc s’assurer de bien programmer

les enregistrements sur l’iPod avec la plus

haute résolution possible afin de préserver au

maximum la qualité d’enregistrement d’origine.

Ce phénomène constitue, pour moi,

l’un des aspects positifs de cet appareil et qui

démontrent bien sa qualité. En effet, certains

concepteurs essaient d’atténuer la différence

de qualité d’enregistrement entre les sources

en concevant un circuit d’amplification qui

filtre les subtilités. Ce n’est pas le cas ici.

Le mot de la fin

En somme, le Music Cocoon MC4 répondra

vraisemblablement à l’engouement pour les

lecteurs portatifs. Il est l’un des plus jolis et

musicaux dans cette gamme de produit.

Polyvalent, il peut accueillir plusieurs types

de sources. C’est donc pour moi un excellent

choix dans un menu système secondaire :

dans la chambre à coucher, au bureau ou

encore pour les enfants qui sont friands d’appareils

portables. Cela leur permettra d’apprécier

leur musique sans pour autant sentir

la fatigue auditive que procure le port d’écouteurs.

Le MC4 offre aussi un bon rapport qualité-prix

pour un mini-amplificateur d’entrée

de gamme. Bonne écoute !

Douceur,

définition

et précison

39 ans

de passion

PrimaLuna

Caractéristiques

techniques fournies

par le fabricant

Puissance : 13 W x 2

Réponse en fréquences : 20 Hz ~ 30 kHz

Distorsion : < 0,5 %

Ratio signal/bruit : >90dB

Impédance d’entrée : 100 kilohms

Impédance de sortie : 8 ohms

Entrée AC : 110 V / 230 V AC, 50 Hz / 60 Hz

Consommation : 50 V/A

Types de tubes électroniques utilisés :

2AX7 x 2, 12AU7 et 2 MOSFET

Sélecteurs d’entrée : iPod, CD, MP3

Dimension (P x L x H) : 187 x 174 x 108 mm

Poids : 1,8 kg (amplificateur seulement)

Garantie : 2 ans ; programme d’échange, lampes également

couvertes pour la durée de la garantie.

Prix : 749,95 $

Distributeur : Erikson Consumer (JAM),

tél. : 514 457-2555, 1 800 567-3275,

www.eriksonconsumer.com

Médiagraphie :

Bozzio / Mastelotto, autoproduction, BOM01S

Patricia Barber, Companion, Blue Note,

7243 5 22963 2 3

Bill Bruford’s EarthWorks, The Sound of Surprise,

Discipline Global Mobile, DGM 0101

Peter Gabriel, Up, Geffen, 0694933882

Chet Baker, Oh You Crazy Moon,

Justin Time, JENJ 3304-2

Chloé Sainte-Marie, Parle-moi, FGC, FGCD-4968

Amplificateur intégré

Dialogue II

de PrimaLuna

Le plus grand choix d’électroniques de qualité – www.filtronique.com – 9343, Lajeunesse, Montréal – tél. (514) 389-1377 MÉTRO

SAUVÉ


Amplificateur intégré ProLogue II de PrimaLuna

38 Québec Audio & Vidéo, octobre / novembre 2007

B A N C D ’ E S S A I

Par MICHEL DALLAIRE mdallaire@quebecaudio.com

À tort ou à raison, les circuits à lampes ne m’ont jamais vraiment attiré. J’entretenais des préjugés sur ces vieilles technologies

souvent vendues à prix d’or pour de vagues raisons. Pour moi, l’entretien régulier que nécessitent les tubes et la chaleur qu’ils

dégagent confirmait leur désuétude. Le souvenir de mon père testant et changeant les lampes de notre gros téléviseur Dumont

du début des années 60 y est-il pour quelque chose ? Même si les circuits à lampes n’ont jamais vraiment disparu du marché,

j’en suis venu peu à peu à considérer cette technologie comme le dada d’une élite bien nantie et nostalgique.

Or en 2003, un nouveau fabricant perce dans le milieu des amplificateurs à lampes en provenance du continent asiatique :

PrimaLuna. Comme bien d’autres, cette entreprise conjugue une expertise européenne certaine au savoir-faire et à la maind’œuvre

bon marché du continent asiatique. Cette combinaison saura-t-elle ébranler mes préjugés ?


On attribue au tube une sonorité que

le transistor ne saurait rendre. Les circuits

à lampes apporteraient une rondeur

et une chaleur aux timbres des instruments,

leur conférant une meilleure présence dans la portion

médium du spectre audible. De leur côté, les

transistors seraient plus froids mais avec une bande passante

plus étendue, une consommation électrique plus

efficace et un meilleur contrôle des haut-parleurs. Au delà

des on-dit, au fil des années ces deux technologies se sont

développées si bien qu’on a vu s’amoindrir les colorations

inhérentes à certains amplificateurs et leur fiabilité s’améliorer

alors qu’on est parvenu à faire chanter le transistor un peu à la

manière du tube. Certains manufacturiers de Chine et de l’Europe

de l’Est maîtrisent de mieux en mieux la qualité de construction, la

sonorité et la fiabilité de leurs produits de sorte qu’aujourd’hui rien

n’empêche de se procurer un amplificateur à lampes à prix abordable

et d’en faire l’entretien soi-même sans aucune connaissance en

électronique.

L’entreprise PrimaLuna constitue un exemple parfait de cette

« démocratisation » de l’audio « haut de gamme » sur la scène internationale.

Son nom – première lune, dans la langue de Dante – a beau

suggérer toutes les saveurs de l’Italie, son siège social se trouve en

Hollande et son fondateur est un pur Néerlandais : Herman van den

Dungen. Ce distributeur de produits hi-fi s’est associé à Marcel

Croese et à Dominique Chenet, ex de Golmund (Suisse) et Jadis

(France) respectivement, pour se lancer dans la fabrication. Avec ce

partenariat, ce sont trois expertises différentes qui se combinent à la

qualité de fabrication asiatique pour concevoir une gamme de produits

alliant excellence et prix accessible. Ainsi, la conception relève

du siège social aux Pays-Bas et la production s’effectue en Chine avec

un contrôle serré de la qualité. Les appareils PrimaLuna nous

feront-ils effectivement

voir toute la luminosité

d’une pleine lune ?

Le petit costaud

Les produits PrimaLuna ont déjà fait

couler beaucoup d’encre dans la presse étrangère,

cependant la boutique Filtronique – qui m’a

prêté le ProLogue II pour évaluation – ne les importe que depuis peu.

Ce jeunet, dont la naissance remonte à au moins deux ans, occupe

la deuxième position des intégrés d’entrée de gamme de la marque.

Pour une largeur totale de quelque 30 cm, le ProLogue II accuse tout

de même un poids de 17 kg. Ce petit costaud présente des proportions

équilibrées et une qualité de finition irréprochable. Avec son

« look » charmeur, difficile d’y résister ! À près de 1 800 $, il n’est pas

à la portée de toutes les bourses, mais la qualité a un prix.

Avec quoi l’a-t-on farci ?

S’agit-il d’une recette gagnante ? Les ingrédients pour un petit festin

sont-ils tous rassemblés ? Bardé de deux gros transformateurs de

sortie, truffé de quatre lampes du type KT-88 et lustré comme un

Québec Audio & Vidéo, octobre / novembre 2007

39


«PrimaLuna allègue que ce circuit Adaptive AutoBias, qui

n’intervient aucunement dans le trajet du signal, aurait pour

effet de réduire de moitié les taux de distorsion propres à ce

genre d’amplification et d’augmenter la longévité des lampes.»

canard laqué, cet intégré nous met l’eau à la

bouche avant même que commence la dégustation.

Son ventre farci uniquement avec de

la belle pièce bien sélectionnée cache un circuit

entièrement monté à la main avec du

câblage point par point. Cette ancienne

méthode de fabrication des circuits faciliterait

la circulation du courant. Le signal audio passerait

mieux dans du fil de qualité et de

bonne section plutôt que dans les pistes de

cuivre très minces des circuits imprimés

habituels. Il en résulterait une fluidité

accrue, des timbres plus naturels et une meilleure

présence des voix et des instruments.

Côté connecteurs et prises RCA, tout est

impeccable, plaqué or et de bonne facture. La

façade avant, les contrôles de volume et de

sélection des sources sont en aluminium massif

et machinés à la perfection. Le boîtier, de

tôle d’acier de bonne épaisseur, arbore un fini

laqué obtenu par polissage à la main de la

peinture métallique. Par contre, du côté fonctionnalité

: cure minceur, respectant une

approche puriste pour l’écoute en deux

canaux. Les entrées sont au nombre de quatre

et les sorties se limitent à six bornes de

haut-parleurs (deux pour le commun, deux

8 ohms et deux 4 ohms). Sans télécommande

ni sorties preamp, tape et subwoofer, cette configuration

suffira amplement à la plupart des

mélomanes mais les maniaques du comparatif,

de la biamplification ou du cinéma maison

devront soit chercher ailleurs, soit se

rabattre sur la série Dialogue, mieux équipée,

plus chère aussi.

Audio & Cinéma Maison

VENTE / INSTALLATION / SERVICE / MISE À JOUR

2025 A Masson, Local 001-E

Montréal, Qc H2H 2P7 – Tél./Fax : (514) 387-4944

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40 Québec Audio & Vidéo, octobre / novembre 2007

Il a un petit je-ne-sais-quoi…

Outre sa jolie esthétique rétro et son indéniable

qualité de fabrication, l’ingrédient spécial

qui m’a fait vraiment craquer pour ce

petit hors-d’œuvre – ou chef-d’œuvre, c’est

son circuit original de régularisation du signal

de décalage (bias). Pour un fonctionnement

optimal des tubes de sortie, il faut ajuster

régulièrement leur tension de polarisation en

fonction de l’usure. Généralement, le

consommateur peut effectuer lui-même cette

opération si l’appareil possède les contrôles et

les cadrans indicateurs nécessaires, sinon il

doit faire appel à un technicien qualifié qui

procédera manuellement. PrimaLuna a mis

au point un circuit exclusif nommé Adaptive

AutoBias, dont elle détient le brevet, qui automatise

cet ajustement du bias, libérant le propriétaire

de l’appareil de cette tâche. Ce circuit

imprimé, le seul d’ailleurs de cet

amplificateur, vérifie constamment et instantanément

la tension appliquée à la grille de

chaque tube afin de l’ajuster non seulement

selon son usure normale mais aussi selon les

pointes de courant qu’exigent les forts passages

musicaux. PrimaLuna allègue que ce circuit

Adaptive AutoBias, qui n’intervient aucunement

dans le trajet du signal, aurait pour effet

de réduire de moitié les taux de distorsion

propres à ce genre d’amplification et d’augmenter

la longévité des lampes. Le Prologue II

comprend également un circuit nommé Soft-

Start qui rallonge la vie utile des tubes en temporisant

leur mise sous tension. Ce circuit élimine

presque toute possibilité de dommages

Accentus A-102SE

causés par un tube qui flanche ou qui présente

un court-circuit. De plus les étages de

sortie sont protégés par des fusibles facilement

remplaçables. L’entretien se résume

alors à changer soi-même les tubes le

moment venu et il n’est pas nécessaire d’acheter

les versions en paires, plus coûteuses. Cet

ingrédient secret a-t-il permis aux chefs de la

maison de nous concocter un mets vraiment

original et bien relevé ?

À table ! La soupe est servie.

J’ai essayé le Prologue II avec diverses configurations

et sa sonorité vous réchauffe le

cœur comme un bon potage chaud par un

soir d’hiver. Il est onctueux et assaisonné juste

à point, sans chaleur excessive, sans les

accents trop prononcés d’autrefois. Sa sonorité

est résolument moderne : lucide, transparente

et bien définie aux extrémités de la

bande passante. Malgré ses 40 watts par

canal, ce petit intégré a du cœur au ventre et

de la poigne. Dans les basses fréquences, il

sait se montrer enjoué tout en gardant un certain

contrôle sur les haut-parleurs de grave. Je

l’ai même branché à d’énormes enceintes

presque cinq fois plus coûteuses avec un

résultat, ma foi, pas désastreux. Au contraire,

il a même fait la leçon à un gros amplificateur

à transistors de 150 watts par canal. Évidemment,

le ProLogue II ne maîtrisait pas les

basses comme ce mastodonte mais dans les

hautes et le médium, il lui a montré une ou

deux choses. Comparé à ce gros transistorisé,

le petit PrimaLuna avait cette présence, cette

ouverture et cette suavité sur les voix et les

instruments acoustiques rares sur des amplificateurs

à transistors, à moins d’y avoir mis

le prix, en optant par exemple pour une pure

classe A.

Dans la reproduction musicale, comptent

non seulement les moyennes fréquences mais

l’enjeu réside tout de même dans cette portion

du spectre musical. En ce sens, le

ProLogue II tient le coup et projette une image

stéréo détaillée, lumineuse et assez informative

pour qu’elle déborde le cadre de vos

enceintes en largeur comme en profondeur.

Toutefois, la réussite majeure de cet intégré,

c’est la réunion d’objectifs opposés et diffici-

e-TP609

Furutech DeMag

PRODUITS : Enceintes Accentus

Acoustic System / Bybee Purifiers / Furutech

Kimber Kable / Mundorf / Techflex / Vibrapod

Câbles A-T / Connecteurs Eichmann


lement réconciliables dans cette catégorie de

prix : par exemple, harmoniser douceur et

définition, être révélateur en même temps

que permettre l’écoute de mauvais enregistrements

sans faire grincer des dents, demeurer

précis dans la densité et la touffeur. De nos

jours, malheureusement trop d’équipements

prétendument de très haute résolution excellent

à déclasser la moitié de notre discothèque.

Selon mes critères, une composante hifi

est confortable à l’écoute lorsqu’elle agit en

tant que médiateur entre les bons et les mauvais

enregistrements ; elle doit vous permettre

d’apprécier tous vos bons enregistrements

à leur juste valeur tout en évitant de vous projeter

les moins bons au visage. Autrement dit,

un équipement audio ne doit pas résulter de

la seule pureté scientifique et mathématique,

ni démontrer une précision chirurgicale qui

amplifie tous les défauts d’un enregistrement.

Une bonne composante hi-fi doit plutôt

maintenir l’équilibre entre toutes ces vertus.

J’estime que le ProLogue II réussit plutôt bien

à atteindre cet objectif et ce, à un prix très raisonnable.

Son je-ne-sais-quoi provient-il de

son circuit à lampes avec ses colorations et

distorsions inhérentes, de son câblage libre,

de son circuit Adaptive AutoBias ou de tous ces

éléments à la fois ? Peu importe, le résultat est

des plus charmeur et très confortable. À

l’écoute du dernier CD de Kevin Parent,

Fangless Wolf Facing Winter, d’une qualité d’enregistrement

superlative, les nuances si fines

des guitares et des voix rendaient palpable la

présence de tous les musiciens.

Conclusion

t recommandations

Cette trop brève période d’essai du

ProLogue II fait ressurgir les inlassables questions

sur les qualités essentielles d’une bonne

chaîne hi-fi. Je ressasse cette problématique

de la sonorité idéale qui au cours des ans a

réparti les audiophiles en deux camps : celui

des tubes ou des transistors. Avec sa série

ProLogue, PrimaLuna vient de marquer une

sérieuse avance, à suivre donc !

Issu du clan du transistor, j’affirme que

mon expérimentation du Prologue II, a fait

vaciller mes convictions. J’adhère maintenant

à une double allégeance : l’amplificateur à

transistors pour les chaudes journées d’été et

l’amplificateur à lampes pour les froides soirées

d’hiver ! Quel heureux arrangement !

Cette approche de collectionneur passionné

semblera coûteuse et excessive au profane

mais le prix doux du ProLogue II milite en sa

faveur. Allez en faire l’écoute dans une boutique

spécialisée, sans oublier quelques-uns de

vos disques préférés, il pourrait vous chavirer !

Caractéristiques

techniques fournies

par le fabricant

Puissance : 40 watts/canal sous 8 ohms

Réponse en fréquence : 20 Hz - 30 kHz +/- 0,5 dB

Distorsion totale harmonique : 0,25 % à 1 watt et

< 1 % à la puissance maximale

Ratio signal sur bruit : 89 dB

Impédance d’entrée : 65 kilohms

Sensibilité d’entrée : 240 mV à puissance et volume

maximaux

Gain maximum : 37,5 dB

Consommation électrique : 300 watts

Entrées : 4 paires de type RCA

Sorties haut-parleurs : bornes de 4 et 8 ohms

Dimensions (P x L x H) : 395 mm x 280 mm x

190 mm

Poids net : 17 kg

Prix : 1 875 $

Garantie : 2 ans, pièces et main-d’oeuvre ; 6 mois,

pour les lampes

En exclusivité chez : Filtronique • Son • Or

Médiagraphie

Hadouk Trio, Utopies, Naïve, NV 809411

Kevin Parent, Fangless Wolf Facing Winter, Audiogram,

ADCD 10205

Nguyên Lê Duos, Homescape, ACT, 9444-2

Jennifer Warnes, The Hunter, Attic, ACD 1344

Xavier Rudd, White Moth, Salt X Records, 0251730779

The Hilliard Ensemble, Perotin, ECM, 1385

Manu Katché, Neighbourhood, ECM, 1896

Dorian, Sampler Volume II, DOR, 90002

Note de la rédaction

Nous remercions la boutique Filtronique • Son • Or

pour le prêt de l’appareil.

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B A N C D ’ E S S A I

Lecteur CD Akurate de Linn

Par MARIO POIRIER mpoirier@quebecaudio.com

A posteriori (En partant des données de l'expérience)

Requiem aeternam donna eis, Domine ; et lux perpetua luceat, luceat eis.

Te decet hymnes, Deus, hymnes Deus, in Sion, et tibia reddetur votum in Jerusalem.

Exaudi orationem meam ; ad te omnis caro veniet.

Requiem aeternam...

Traduction :

Le repos éternel, donne-leur Seigneur, et que la lumière éternelle brille sur eux.

À Toi est due la louange, ô Dieu de Sion, et on accomplit les vœux qu'on te fait dans Jérusalem

Exauce ma prière, que tout être de chair vienne à Toi

Le repos éternel...


Pourquoi cet étalage d’érudition tout à coup ? Non je ne me suis

pas découvert la vocation et je ne suis pas en train de réviser pour

mon examen de prêtrise. Bien que j’aie ressenti une grande paix dans

le plus profond de mon être, cette béatitude était plutôt due à un

autre type d’enchantement. Certains d’entre vous auront sans doute

reconnu dans le texte latin ci-dessus les premières paroles du Requiem

de Mozart. C’est sans doute là mon œuvre préférée du grand maître.

Dans le film Amadeus, Milos Forman utilise cette œuvre lors de

la scène de l’enterrement de Mozart, la dramatisation y est ahurissante

(le Lacrimosa du Requiem plus précisément). Mais pour revenir

à mes moutons, mon émoi est causé par l’écoute du fameux Requiem

par Nikolaus Harnoncourt en SACD, écoute faite sur le non moins

fameux lecteur multi format de Linn, l’Akurate CD.

La réputation de Linn n’est plus à faire. Cette firme écossaise a

commencé au début des années 1970 lorsque Ivor Tiefenbrun, ingénieur

et mélomane, fabriqua la platine tourne-disque Sondek LP12

encore en production de nos jours. Une conception de haute précision,

une grande polyvalence et des possibilités de modifications en

ont fait encore aujourd’hui une des grandes favorites des amateurs

de disques vinyles. Pour faire suite à ce succès, Linn fabriqua des bras

et des cartouches de tourne-disque. La ligne de produits de nos jours

est des plus complètes, de la platine aux enceintes. Il existe plusieurs

points de vue en audio et beaucoup de firmes prônent les enceintes

avant tout, mais chez Linn, la philosophie est la source avant tout

(ce qui ne veut pas dire que Linn néglige ses enceintes, comprenezmoi

bien). Mais dans le cas du lecteur Akurate CD, nous sentons très

bien cette philosophie. Comme on dit chez Linn, aucune enceinte

au monde, si bonne soit-elle, ne peut reproduire ce que la source ne

vous a pas donné.

Alea Jacta Est

(Le sort en est jeté)

Le lecteur Akurate CD est tout à fait un appareil Linn, c'est-à-dire

un design sobre, simple et épuré. Le Linn Akurate CD est un descendant

direct des Linn Unidisk 1.1 et 2.1. Il en a le même look, la même

apparence, il utilise le même module de lecture CD, le Silver Disk

Engine. Lui aussi lit les différents formats de disque compact, à savoir

les CD audio, les SACD et les DVD-audio. Cependant, il ne lit pas

les DVD-vidéo contrairement à ses deux prédécesseurs. Il mesure

381 mm de large par 80 mm de haut par 360 mm de profond. Il

fait osciller la balance à 4,5 kg, ce qui est relativement léger pour un

appareil de cette catégorie. Tout de noir vêtu avec la partie centrale

avant grise, il est aussi disponible tout gris. Sur la partie centrale

avant, nous retrouvons le contrôle à six boutons qui peuvent autant

servir en mode Play qu’en mode configuration. Nous y retrouvons

aussi l’affichage lumineux bleu de 128 par 32 pixels. À l’arrière, nous

avons la connectique suivante de gauche à droite : la prise AC, les

entrées et sorties pour le système KNEKT de Linn, entrée et sortie de

type RS232 pour branchement avec un PC (pour les mises à jour,

j’imagine), les sorties numériques optiques et coaxiales, deux sorties

de type balancées pour l’avant et ensuite complètement à droite,

toute une série de connecteurs de type RCA pour les sorties analogiques

surround, c'est-à-dire centre, caisson grave, arrière gauche et

droite ainsi que deux paires pour l’avant gauche et droit. Il aurait été

intéressant de retrouver cet ensemble de sorties surround en XLR

aussi.

«L’Akurate CD, comme ses grands frères Unidisk, ne possède pas une puce qui se

contente de tout décoder tant bien que mal, mais bien une section appropriée

pour chacun des formats. C’est vraiment comme si vous aviez un lecteur SACD,

un CD et un DVD-audio complet et dédié pour chacun des formats

Un tour de force d’ingénierie et croyez-moi ça s’entend à l’écoute.»

Audaces fortuna Juvat

(La fortune sourit aux audacieux)

Comme je le mentionnais dans le paragraphe précédent, l’Akurate

CD utilise le système de lecture Silver Disk Engine développé par Linn.

Le tiroir très mince en aluminium est de très grande qualité et extrêmement

silencieux. Le bloc d'alimentation est de type à commutation

(Switch Mode Power Supply) développé par Linn, d'un poids et d'un

encombrement minimal. Afin de maximiser le rapport signal bruit,

les sections numériques sont isolées électriquement des sections analogiques

et chaque section possède son bloc d'alimentation local

entièrement régulé. En fait, l’Akurate CD n’a pas que le look des lecteurs

Linn Unidisk, il est issu d'un programme de recherche et de

développement qui a commencé par la mise au point de la série

Unidisk. Comme le nom l'indique, les Unidisk sont des lecteurs de

disques universels. Concrètement, les concepteurs de Linn étaient

confrontés à un dilemme lorsqu’ils ont créé leur série de lecteurs universels

: prendre un transport universel déjà existant sur le marché

avec toutes les contraintes que cela pouvait comporter, ou en créer

un de toutes pièces, ce qu’a choisi Linn en créant le Silver Disk Engine.

Ce transport possède entre autres l’avantage de pouvoir reconnaître

les différents types de format et d’acheminer l’information au décodeur

approprié. L’Akurate CD, comme ses grands frères Unidisk, ne possède

pas une puce qui se contente de tout décoder tant bien que mal,

mais bien une section appropriée pour chacun des formats. C’est

vraiment comme si vous aviez un lecteur SACD, un CD et un DVDaudio

complet et dédié pour chacun des formats. Un tour de force

d’ingénierie et croyez-moi ça s’entend à l’écoute.

In CD Veritas ?

Trêve de bavardage, passons à l’écoute, je suis aussi impatient que

vous. Je me garde le dessert pour la fin. Faisons une introspection

dans le monde bien connu du CD audio, peut-on encore l’améliorer

? Pour ma première écoute, je reste dans le latin avec un classique

du Latin Jazz, l’album Getz/Gilberto sur étiquette Verve. Sur ce disque

célèbre, authentiquement brésilien, c'est avec Joao Gilberto et

Antonio Carlos Jobim que Getz popularisera en 1963 The Girl From

Ipanema, une bossa-nova dont l'étrange mélancolie s'accorde si bien

au tendre lyrisme de son saxophone. Ici, The Girl From Ipanema donne

le ton, ce lecteur est d’une très grande douceur et ne laisse paraître

aucune agressivité. Je possède cet album sur vinyle et je dois avouer

que c’est la première fois que le son du CD s’en approche, vraiment

très analogique comme son. La scène sonore est très fidèle, Joao

Gilberto légèrement à l’avant, les autres musiciens un peu à l’arrière,

mais beaucoup d’espace entre les musiciens, la scène est très aérée.

Pour la suite, quoi de plus logique qu’un petit Afro-Latin avec

Ibrahim Ferrer et le Buena Vista Social Club sur la pièce Chan Chan.

Ruben Gonzales, l'extraordinaire pianiste du Buena Vista, Ibrahim

Ferrer, crooner, Omara Portuondo et sa voix pleine d'émotion, une

liste d'interprètes dont la musique semble être le mode d'expression

vital. Un album d'anthologie où salsa et son se confondent en une

transe de rythmes et de voix au cordeau. Encore une fois, la scène

sonore est très large et profonde, tridimensionnelle. Ce lecteur est

d’une grande musicalité. Je vous laisse quelques instants pour danser

un petit mambo avec ma conjointe, nous ne pouvons nous retenir…

Mambo !

Québec Audio & Vidéo, octobre / novembre 2007

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Ensuite, je me gâte, je passe en mode

SACD multicanal. J’ai la chance d’avoir un

système audio qui est aussi ambiophonique,

je vais donc pouvoir profiter des possibilités

de l’Akurate CD. Je change de style de musique

complètement en passant à la musique baroque

de Marin Marais. Mais je ne m’éloigne

pas trop de mon sujet puisqu’en 1667, Marin

Marais devient enfant de chœur à Saint-

Germain-L’auxerrois. Ici, enfant de chœur

veut vraiment dire qu’il chante dans un

chœur d’enfants. Il recevra une éducation

musicale tant qu’il « aura la voix ». C’est suite

à sa mue qu’il quittera Saint-Germain-

L’auxerrois et tente de se perfectionner auprès

de Sainte-Colombe à la basse de viole. Ses

parents auraient bien aimé qu’il fasse sa prêtrise

et perfectionne son latin… (blague)

Le SACD Marin Marais Suite d’un goût

étranger par Jordi Savall sur étiquette Alia

Vox a mérité plusieurs prix pour ses qualités

d’enregistrement et d’interprétation, dont un

Diapason d’Or. Dès les premières notes de

la pièce, Marche Tartare, je sais que je suis dans

un univers à part, celui du SACD. La timbale

envahit littéralement la pièce de sa résonance.

Les enceintes arrière agrandissent mon salon

qui devient une nef d’église où a été fait l’enregistrement,

le caisson de grave ajoute une

profondeur à la percussion. Je ne suis plus en

2.0 mais en 5.1. La viole de basse de Jordi

Savall est bien détachée à l’avant et j’entends

même les moindres détails, incluant les respires

profonds du musicien. Encore une fois,

les instruments sont très bien placés et bien

ventilés. J’ai rarement entendu un aussi beau

rendu d’un SACD multicanal, aucune confusion,

une cohérence et une musicalité

incroyable.

Col Canto (avec chant)

Je passe à quelque chose de plus corsé,

Carmina Burana de Carl Orff par le Royal

Philarmonic Orchestra sur étiquette

Centurion Music, petite découverte que j’ai

faite chez Archambault. J’ai plutôt hâte de

l’étrenner ce SACD sur l’Akurate CD puisque

je l’ai acheté spécialement pour ce banc d’essai.

Sapristi ! Je suis complètement renversé

par l’ampleur de la scène, c’est absolument

incroyable. Et la dynamique, tout à fait renversante,

mes murs vont craquer. Tout l’orchestre

et le chœur sont dans mon salon qui

a pris des dimensions titanesques. Je com-

44 Québec Audio & Vidéo, octobre / novembre 2007

prends un peu mieux les raisons d’une telle

qualité d’enregistrement après avoir vu que

celui-ci avait été fait à l’Abbey Road Studio

One. Ce studio est assez grand pour recevoir

facilement tout un orchestre plus une chorale

de 120 chanteurs. D’où la très grande maîtrise

dans la prise de son. La différence entre

les passages quasi chuchotés et les mezzos fortes

me font dresser les poils sur les bras. Les

SACD sont vraiment un média extraordinaire

et l’Akurate CD l’exploite à fond. Fortuna

Imperatrix Mundi (Fortune, impératrice du

monde) comme il est dit dans Carmina

Burana.

Comme dernière pièce, je me suis réservé

le Requiem de Mozart, en particulier celle de

Nikolaus Harnoncourt avec le Concentus

musicus de Vienne, le chœur Arnold-

Schoenberg sur étiquette Deutsche

Harmonia Mundi, en SACD. C’est une

version que je connais bien, d’une grande

maturité et d’une très grande musicalité. On

dit de cet enregistrement qu’il est exceptionnel

et je cite Gilles Chaumel « Tiendrait-on

enfin ici la version de référence définitive du

fameux Requiem de Mozart ?... celle

d'Harnoncourt est tout à fait saisissante, où

l'aspect religieux, bien que présent, fait une

large place au drame, à la terreur tout autant

qu'à l'émotion. » Je n’aurais su si bien décrire

toute l’émotion que j’ai ressentie en écoutant

cette œuvre avec l’Akurate CD.

Linn a misé juste : cet appareil est le plus

analogique des lecteurs CD qu’il m’a été

donné d’entendre. Sa section CD audio offre

une sonorité très douce, je n’ai jamais senti

l’agressivité que peuvent offrir certains lecteurs

CD. Une scène sonore très large et bien

aérée fait partie de ses caractéristiques. Du

côté de la section SACD, le fait que l’Akurate

CD utilise un processeur de conversion analogique

directement de DSD (Direct Stream

Data) influe beaucoup sur la qualité sonore.

Beaucoup d’appareils multi format optent

plutôt sur une conversion de DSD à PCM

avant de convertir à l’analogique, ce qui, à

mon avis, appauvrit le résultat. Lorsque j’ai

reçu l’Akurate CD, il était complètement neuf ;

j’ai dû lui faire un bon rodage de 300 heures

avant qu’il ne me livre son plein potentiel.

Lorsque vous allez en faire l’écoute, assurezvous

que l’appareil en démonstration est bien

rodé lui aussi, c’est un monde de différence.

Cuique Suum (À chacun le sien).

Caractéristiques

techniques fournies

par le fabricant

Formats supportés : CD, SACD (Super Audio CD), DVDaudio,

DTS audio CD, CD-R, CD-RW

Sortie analogique : 5.1 RCA (Front L and Front R are

double connectors); Stereo XLR Balanced Audio outputs

Sortie numérique : SPDIF BNC, TOSLINK

Entrée/Sortie (KNEKT): RS232

Contrôle avant à 6 boutons

Télécommande rétroéclairée

Panneau avant à affichage de 129 x 32 pixels

Affichage avant pour la configuration

Alimentation AC à commutation

(AC 100 – 120 V @ 50 – 60 Hz)

Dimension (H x L x P) : 80 mm x 381 mm x 360 mm

Poids : 4,5 kg

Prix : 8 500 $

Garantie : 5 ans, pièces et main-d’oeuvre lors de l’enregistrement

de la garantie de base de 2 ans.

Distributeur : Aldburn Electronics Ltd., tél. : 604

986-5357, au Québec, 514 642-8749, www.linn.co.uk

Médiagraphie :

Getz / Gilberto, sur étiquette Verve, 810 048-2

Buena Vista Social Club, sue étiquette World Circuit,

B00000B5LO

Marin Marais, Suite d’un goût étranger, Jordi Savall,

étiquette Alia Vox, AVSA9851

Carmina Burana de Carl Orff, Royal Philarmonic

Orchestra, sur étiquette Centurion Music, 222862-203

Requiem de Mozart, Nikolaus Harnoncourt, sur étiquette

Deutsche Harmonia Mundi, 82876 58705 2RE1


TOTEM ACOUSTIC, 9165, Champ D’Eau, Saint-Léonard (Québec) H1P 3M3 CANADA

www.totemacoustic.com

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46 Québec Audio & Vidéo, octobre / novembre 2007

B A N C D ’ E S S A I

Ensemble d’enceintes 5.1 de la série e8 Elégante de Mission

Par MICHEL LALIBERTÉ

mlaliberté@quebecaudio.com

Fondée en 1977, Mission se fait déjà remarquer l’année suivante

par la première utilisation commerciale d’un cône en polypropylène.

Puis en 1979, le modèle 700 est le premier haut-parleur à utiliser

une configuration inversée. Au fil des ans, Mission a continué

d’offrir plusieurs produits novateurs mais, malgré de nombreux

éloges de la part de la presse britannique, la marque s’est faite de

plus en plus discrète au Québec. Maintenant membre de la famille

International Audio Group avec Audiolab, Quad et

Whaferdale, Mission mérite qu’on la redécouvre.


Premier constat, la présentation de cet ensemble est impeccable.

Le fini laqué de ces enceintes est digne de n’importe quel piano

à queue et elles sont d’ailleurs toutes livrées avec un chiffon

polisseur. Toutes en courbes pour éliminer les problèmes d’ondes stationnaires,

elles nous rappellent Star Wars ou Alien, un vrai délice pour

la prunelle. Mission réalise ces formes en pressant un sandwich

constitué d’un mince panneau de particules entre deux panneaux de

Medite. La variation de densité de la paroi ainsi obtenue permet

d’absorber un spectre plus large de fréquences de résonance du cabinet.

Chaque enceinte utilise les mêmes transducteurs de hautes fréquences

: un dôme textile baptisé « Viotex ». Deux transducteurs de

10 cm l’encadrent en configuration d’Appolito dans les e81 et le e8c.

Ce sont deux transducteurs de 12,5 cm accompagnés de trois radiateurs

passifs de même diamètre qui s’alignent sur l’écran acoustique

des e83. Des borniers doubles en plaqué or permettent le bicâblage

ou la biamplification.

Le caisson de grave de 30 litres jumelle deux radiateurs passifs à

un transducteur de 20 cm alimenté par un amplificateur de 350 W.

À l’écoute

La tradition veut que l’on débute en stéréo. Alors, allons-y avec

Éric Truffaz et Bending New Corners. Wow, les e83 ne sont pas que racoleuses

pour l’œil mais aussi enjôleuses pour l’oreille ! Quelle image

stéréo détaillée ! Le haut-parleur d’aigus y est pour beaucoup. Il

monte en douceur haut, très haut. Les microdétails abondent.

Les cymbales sont particulièrement spectaculaires dans Arroyo, si

limpides et cristallines qu’on en oublie les limitations en haute fréquence

du CD. La trompette est puissante sans excès de stridence,

parfois même soyeuse, qualificatif peu associé au cuivre ! Je n’avais

jamais si bien entendu le souffle de Truffaz s’estomper alors qu’il

laisse doucement mourir une note. La section rythmique profite du

petit diamètre et de la faible masse des transducteurs de basses fréquences

qui creusent tout de même facilement jusqu’à 40 Hz.

L’articulation de la contrebasse est exemplaire, les attaques de la batterie,

rapides et bien définies.

Seul bémol, on sent un creux dans la région du filtre entre 1,5 kHz

et 4 Hz. Certains percevront un manque de présence, d’autres, une

agréable douceur. Tout dépend des goûts. Cette caractéristique

accompagnée de la solidité et de la linéarité de la réponse de 200 Hz

à 800 Hz rend ces enceintes très chaleureuses.

Passons au 5.1 en DVD Audio avec Audio du Blue Man Group.

Les percussions du BMG en révèlent beaucoup sur les capacités

dynamiques d’un ensemble de haut-parleurs. Ici, les attaques des

Mission sont incisives, les puissantes résonances dans le bas du spectre

sont merveilleusement contrôlées et définies. On n’entend vraiment

pas les « boîtes ». Et quand le « Big Drum » entre en scène, le

caisson de graves e8as1 répond avec beaucoup d’aplomb même s’il

ne descend pas vraiment sous les 30 Hz.

Les Mission confirment leur aisance avec le matériel percussif à

l’écoute de Nemesis, SACD multicanal sur étiquette Fidelio. On

délaisse la puissance rock-and-roll du BMG pour découvrir la finesse

et l’ambiance de l’ensemble de Sherbrooke merveilleusement capturé

par René Laflamme. On ferme les yeux, l’ouïe est sollicitée mais ce

sont des termes photographiques qui nous viennent à l’esprit : pro-

«On ferme les yeux, l’ouïe est sollicitée mais ce sont des

termes photographiques qui nous viennent à l’esprit :

profondeur de champ, focalisation, piqué,

holographie. Nous sommes à des années-lumière du MP3 !»

fondeur de champ, focalisation, piqué, holographie. Nous sommes

à des années-lumière du MP3 !

Soyons maintenant plus romantique avec Julia Fisher et les

concertos pour violon nos 3 et 4 de Mozart sur étiquette PentaTone.

La performance de la soliste est assombrie par la texture de l’orchestre

de chambre. La prise de son très rapprochée combinée à la tessiture

des Mission donne l’impression qu’une fonction loudness a été

activée. Tout semble un peu artificiel malgré la belle ambiophonie.

Toutefois, cette impression s’estompe à l’écoute du Moussorgsky de

Valery Gergiev. L’ensemble retrouve sa virtuosité. La dynamique et

l’articulation sont époustouflantes pendant Nuit sur le Mont Chauve. La

puissance des vents et le tumulte des cordes se détachent dans une

image sonore détaillée et d’une largeur et d’une profondeur incroyables.

Cependant, certains passages des sections de cordes semblent

un peu éteints malgré la brillance du haut-parleur d’aigus. Le creux

dans le médium se fait sentir.

Tamisons l’éclairage et revisitons deux classiques : Star Wars Épisode

1 et Saving Private Ryan. Que ce soit dans la course de Pod ou

pendant le débarquement, les effets sonores voyagent d’une enceinte

à l’autre avec une grande fluidité. L’ensemble est très cohérent et

dynamique. Les e81 et le e8c font figure de nabots aux côtés des e83,

mais ils accompagnent leurs grands frères sans complexe. On peut

penser qu’avec des e82, qui utilisent les mêmes transducteurs de bas-

«Que ce soit dans la course de Pod

ou pendant le débarquement,

les effets sonores voyagent

d’une enceinte à l’autre

avec une grande fluidité.

L’ensemble est très

cohérent et dynamique.»

Québec Audio & Vidéo, octobre / novembre 2007

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ses fréquences que les e81 et e8c, l’ensemble

atteindrait une homogénéité imbattable mais

on s’approche déjà de l’idéal.

Le haut-parleur central e8c démontre un

bel équilibre, le creux dans le médium est là,

mais semble moins accentué. Un mal pour

un bien, il adoucit le dialogue très « présent »

des mix américains. Il possède aussi les

défauts de ses qualités. En effet, ses belles performances

dans le moyen-grave peuvent mettre

en évidence l’effet de proximité de la postsynchronisation

et le brillant haut-parleur

d’aigus Viotex a le potentiel de devenir sibilant

s’il est jumelé à une amplification trop

agressive.

Le design du caisson de grave offre un bon

compromis entre l’efficacité d’un évent et la

précision d’une enceinte scellée. Il fait preuve

d’une belle rapidité et d’un bon contrôle.

Bien qu’on voudrait parfois plus d’extension

en cinéma maison, en mode musical il reproduit

sans difficulté un Do 0 à environ 33 Hz.

Élégance, qualité esthétique qu’on reconnaît

à certaines formes dont la perfection est

faite de grâce et de simplicité. La beauté de

ces enceintes et leur finition répondent parfaitement

à ces critères et ont séduit tout ceux

qui les ont admirées.

Élégance, qualité de style démontrant une

langue pure et harmonieuse. L’expression des

Mission est à la fois cristalline et chaleureuse,

articulée et invitante. Elle nous berce à bas

volume, nous secoue sans fatigue à haut

volume.

48 Québec Audio & Vidéo, octobre / novembre 2007

BANC D’ESSAI

Ensemble d’enceintes 5.1 de la série

e8 Elégante de Mission (suite)

Élégance, bon goût manifestant un style

personnel. Mission a créé un produit qui se

distingue tant sur le plan visuel qu’acoustique.

Tel un grand instrument de musique, cet

ensemble possède son timbre propre qui

reflète l’idéal de ses concepteurs en matière de

reproduction musicale. À vous de voir si vos

goûts rejoignent les leurs.

Élégantes, oui elles portent bien leur nom.

Et comme tous les produits haut de gamme,

elles exigeront un accompagnement à la hauteur

de leur standing et seront impitoyables et

lapidaires avec les enregistrements un peu

trop rustres.

Caractéristiques

techniques fournies

par le fabricant

Impédance

e81(2 voix scellée) : 8 ohms 50 - 150 W

e83 (2 voix à radiateur passif) : 8 ohms 50 - 200 W

e8c (2 voix scellée) : 8 ohms 50 - 150 W

e8as1(caisson de grave à radiateur passif) :

350 watts intégrés

Réponse en fréquences ± 3 dB

e81 : 80 Hz – 30 kHz

e83 : 44 Hz - 30 kHz

e8c : 80 Hz - 30 kHz

e8as1 : 36 Hz - 150 Hz

Sensibilité SPL/m à 2,83 V

e81, e83, e8c : 90 dB

Prix

e81 : 1 699 $, la paire

e83 : 4 299 $, la paire

e8c : 1 099 $, l’unité

e8as1 : 1 499 $, l’unité

Garantie : 5 ans, pièces et main-d’oeuvre pour les

transducteurs ; 1 an, pour l’amplification et

les séparateurs de filtre

Distributeur : Erikson Consumer, 514 457-2555 ou

1 800 567-3275, www.eriksonconsumer.com ;

www.mission.co.uk

Médiagraphie

Erik Truffaz, Bending New Corners,

CD, Blue Note, 522123-2

Blue Man Group, Audio, DVD-AUDIO,

Virgin, 7243 4 77893 9 7

Nemesis, SACD, Fidelio, FACD017

Julia Fisher, Concertos pour violon nos 3 et 4 de Mozart,

SACD, PentaTone, 5186 064

Valery Gergiev, Nuit sur le Mont Chauve de

Moussorgsky, SACD, Philips, 470 619-2

Saving Private Ryan, Dreamworks, 84433

Star Wars, Épisode 1, Fox, 2002387


50 Québec Audio & Vidéo, octobre / novembre 2007

B A N C D ’ E S S A I

Projecteur ACL PowerLite Pro Cinema 1080 d’Epson

Par EMMANUEL LEHUY

elehuy@quebecaudio.com

Vous aurez sans doute remarqué que plusieurs projecteurs ACL évalués récemment utilisent les

panneaux Epson C2Finetm D6 avec des résultats dépassant facilement les performances des

générations précédentes (ce qui me fait saliver à penser aux résultats à venir avec le prochain D7). Il

n'est pas surprenant non plus de savoir qu’Epson manufacture également des projecteurs utilisant sa

propre technologie. Le PowerLite Pro Cinema 1080 étant le projecteur 1080p dans la ligne Pro d’Epson

(installation professionnelle), voyons donc ce que le maître du panneau ACL est capable de faire.


En surface

La première chose qui m'a intrigué est la différence entre le

modèle Pro et Home (PowerLite Home Cinema 1080) hormis l'évident

– le modèle Pro est noir tandis que le Home est blanc. Le

PowerLite Pro Cinema 1080 vient avec une lampe supplémentaire

(valeur de 429 $) et un support en métal pour une installation au

plafond (valeur de 329 $). Une autre différence notable est la garantie

de 3 ans, pièces et main-d'œuvre, comparativement à 2 ans. À

noter aussi qu’Epson remplace en 48 heures un projecteur défectueux,

selon sa politique de garantie. Le modèle Pro est certifié ISF

(Image Science Foundation) pour le réglage de l'image ainsi que

Crestron et AMX pour l'intégration dans un système de contrôle

avancé (via le port série du projecteur, présent sur les deux modèles).

Le projecteur est tout en courbe avec un objectif décentré. Il est

muni d'un zoom 2.1x, d'une mise au point et d'un déplacement de

l'objectif, le tout manuel. Il offre donc une grande flexibilité pour

l'installation qui est maintenant un préalable. Les deux roulettes de

déplacement sont situées sur le dessus à proximité de l'objectif qu'elles

contrôlent. Le reste des contrôles de base, telle la navigation des

menus, sont également situés sur le même plan, mais plus vers l'arrière.

La sortie d'air est située à l'avant et évacue l'air dans la direction

opposée à l'objectif. L'entrée d'air et le filtre sont situés en dessous

de l'appareil, ce qui pose un certain problème pour les

installations au plafond et le nettoyage du filtre. Rien de dramatique,

mais un choix étrange. Avec mon support universel RPA-U de Chief

(www.chiefmfg.com), j'ai accès sans problème mais, avec le support

fourni, qui est d'excellente qualité en passant, l'accès semble plus difficile.

À l'arrière, on retrouve l'interrupteur principal avec la prise

pour le cordon d'alimentation. Le reste est regroupé un peu plus

haut. La connectique vidéo comporte les branchements HDMI (version

1.3), PC (VGA), composante (Y, P b et P r), S-vidéo et vidéo. Un

port série et un déclencheur 12 volts forment la portion contrôle du

PowerLite Pro Cinema 1080.

La télécommande vaut la peine d'être mentionnée comme étant

presque parfaite. Elle est d'une taille normale, avec des boutons de

formes différentes selon la nature des fonctions ; elle est rétroéclairée

et le bouton d'activation est isolé complètement en bas et donc

impossible à confondre, un gros bouton On et finalement un petit

bouton Off plus renfoncé pour éviter de l'accrocher. La télécommande

procure un accès direct aux sources et aux principaux réglages.

Le projecteur est donc installé au plafond avec le support en place

à une distance d'environ 10 pi (3 mètres), et un écran Da-Lite

HighPower (gain 2,8) est utilisé. Sans surprise, vu les contrôles flexibles,

j'obtiens une image parfaitement cadrée en peu de temps.

En laboratoire

La première chose évaluée est la performance du processeur vidéo.

Selon la documentation (j'hésite toujours à ouvrir les projecteurs),

l’Epson s'articule autour d'une solution PixelWorks DNXtm. Un

lecteur DVD OppoDigital DV-970HD fournit un signal 480i pour le

DVD de test HQV de SiliconOptix. Les résultats sont moyens pour

les tests de désentrelacement en mode vidéo. En mode film, les résultats

sont beaucoup mieux sans être tout à fait du calibre des grands

joueurs actuels (SiliconOptix et Gennum). L’essentiel est le traitement

d'un signal 1080i. J'ai utilisé la version HD-DVD du HD-HQV

de SiliconOptix avec un lecteur Toshiba HD-A1 pour valider le bon

«Le PowerLite Pro Cinema 1080 est un excellent projecteur

ACL 1080p. Il offre le meilleur rapport de contraste

que j'ai rencontré à ce jour pour cette technologie »

traitement d'un signal 1080i issu d'une source vidéo et film. Dans

les deux cas, on n’observe aucune perte de résolution. Pour le mode

film, le processeur PixelWorks reconstitue bien les images complètes

avec la bonne cadence 3:2. Bien sûr, le PowerLite Pro Cinema 1080

supporte un signal 1080p directement. Il supporte 1080p60 et

1080p24 mais, pour ce dernier, il ne l'affiche pas en un multiple de

24 selon mes recherches ; le signal est donc converti en 1080p60, ce

qui est un peu dommage puisqu'on perd l'avantage de la fluidité subtile

accrue dans les mouvements lents de caméra. Un mélange de

bonne volonté et une mise à jour pourraient sans doute fournir cette

fonctionnalité.

Sans aucun réglage, l’Epson fournit un excellent résultat pour

l'échelle de gris. À l'aide d'un colorimètre CA-6X de Progressive Labs,

j'ai mesuré les principaux modes d'image (Vivid, Cinema Day, Natural,

Cinema Night, HD et Silver Screen) avec la température à 6 500 K. Selon

le mode, un filtre de couleur est inséré pour corriger le résultat final,

une technique très utile qui maximise le rendement. J'ai donc retenu

le mode Natural qui bénéficie du filtre et qui offre une balance des

couleurs presque parfaite pour le haut IRE (entre 70 et 100) et avec

une variation d'au plus 2 % pour le bas IRE (de 20 à 60) et une

variation de 5 % de plus de bleu pour 10 IRE. Les couleurs primaires

(rouge, vert et bleu) et secondaires (cyan, magenta et jaune) affichent

une sursaturation très légère dans l'ensemble, seul le vert est

marginalement plus saturé avec un impact sur le cyan. Pour les réglages,

l’Epson est très flexible, il est certifié ISF après tout ! Il est donc

possible d'ajuster Offset et Gain pour chaque primaire pour la balance

(échelle de gris) ainsi que Hue et Saturation pour les primaires et secondaires

pour la saturation des couleurs. Après les réglages, j'ai obtenu

une balance des couleurs avec une variation plus uniforme et corrigé

la saturation pour la rapprocher de très près des valeurs théoriques

dans la plupart des cas. Seul le cyan est plus rebelle.

Pour la luminosité et le rapport de contraste On:Off, j'ai utilisé un

Light ProbeMetertm d’Extech Instruments. Le projecteur est muni

d'une ouverture variable dynamique et permet d'obtenir un impressionnant

rapport On:Off de 5 180:1 pour un ACL. Avec l'ouverture

variable désactivée, le rapport On:Off est de 1 214:1. La luminosité

obtenue est de 301 lumens (toujours après calibration). Pour ceux

qui aiment une image brillante, une toile à gain élevé est donc de

mise. Côté bruit, je l'ai trouvé relativement discret, sans être aussi

absent que le Mitsubishi HC-5000 (voir Québec Audio & Vidéo,

vol. 14, # 4 - août / septembre 2007). Epson spécifie un bruit d'au

Québec Audio & Vidéo, octobre / novembre 2007

51


mieux 26 dB. L'ouverture variable ne se fait

pas remarquer, la scène d'ouverture en noir et

blanc de Casino Royale en Blu-ray en atteste ;

son réglage n'est pas rapide, mais progressif

sur une longue durée ce qui rend la transition

difficile à détecter (ce qui est bien). En prenant

le DVD de Star Wars Episode II: Attack of the

Clones et en alternant du chapitre 3 (image

très sombre) au chapitre 4 (image très claire),

puis en faisant pause immédiatement, j'arrive

à voir la variation progressive sur plusieurs

secondes. Le désavantage de cette technique

est que si les scènes alternent rapidement sur

le plan de la luminosité, le réglage n'atteint

pas son plein potentiel. Sans surprise, la scène

d'atterrissage du vaisseau au début dans le

smog ne présente aucune bande verticale souvent

perceptible sur les anciennes générations

de projecteurs ACL. Vu également le nombre

élevé de pixels, 2 073 600, aucun effet de

moustiquaire n’est visible.

En milieu naturel

Ayant utilisé Casino Royale en Blu-ray pour

tester l'ouverture variable dynamique,

l'écoute du générique de début s'est faite

naturellement. Je ne me lasse pas de l'utiliser

pour visualiser tous les fins détails que peut

produire un projecteur 1080p et l’Epson n'y

fait pas exception. Pour un regard rapide sur

la saturation des couleurs, j'aime bien utiliser

Fantastic Four en Blu-ray puisque pour ce

titre, le rouge semble sursaturé dans l'encodage

même et peut devenir rapidement

moins naturel advenant une saturation

accrue de l'appareil de visionnement.

L'hélicoptère et les lunettes de ski sont d'un

rouge assez vif dans la scène où Johnny part

en ski avec la charmante infirmière. Également,

la Porsche de Johnny et son veston

ont une étrange couleur rouge pouvant paraître

peu naturelle. Le PowerLite Pro Cinema 1080

reproduit fidèlement le transfert sans exagérer

la sursaturation présente.

Le premier film complet à gracier l’Epson

dans mon système est le très testostérone The

Fast and the Furious en HD-DVD. Mon sou-

Service courtois

et satisfaction GARANTIE

52 Québec Audio & Vidéo, octobre / novembre 2007

venir de ce film est un jeu d'acteur médiocre

à mauvais, une histoire honteusement copiée

sur Point Break (avec Keanu Reeves et Patrick

Swayze), un tas de jolies filles à peine vêtues,

des voitures aux couleurs bonbons frisant le

quétaine et une expérience audio-visuelle

pénible due à un visionnement sur un vieux

téléviseur 4:3. Mis à part maintenant un

aspect audio-visuel incroyable, mon souvenir

reste intact. L'expérience est un délice pour

les cônes des yeux, je parle ici des voitures aux

couleurs peu communes. La première course

le soir est un régal. Les scènes plus sombres

offrent des noirs solides et les détails sur les

vêtements, les voitures et les tableaux de bord

sont nombreux pour rendre hommage au

1080p. On distingue relativement bien les

maillons de la chaîne chromée dans le cou de

Toretto (Vin Diesel).

Dans ce qui semble être un élan de Porn

Car, j'ai regardé un classique de ma jeunesse

qui a probablement marqué autant ma mère

d'une façon plus négative de par la violence

à laquelle je fus exposé : The Road Warrior avec

un jeune Mel Gibson. Ce film est léger comparativement

à ce qui se fait maintenant,

mais reste qu'il a défini le genre post apocalyptique.

Je n’avais pas vraiment beaucoup

d’attentes pour ce vieux film (1981), mais à

part quelques rares scènes où la qualité diminue

considérablement et les scènes de nuit, le

transfert est étonnant. Bien sûr, rien à voir

avec les films récents léchés numériquement,

mais le niveau de détails et les couleurs fades

et déprimantes du désert australien, où se

déroule l’action, n’auront jamais été aussi

impressionnants pour ce film.

En bref

Le PowerLite Pro Cinema 1080 est un excellent

projecteur ACL 1080p. Il offre le meilleur

rapport de contraste que j'ai rencontré à

ce jour pour cette technologie ; l'échelle de

gris ne requiert presque pas d’ajustement, et

bien que la saturation est plus grande pour le

vert, les réglages flexibles permettent d'obte-

nir un résultat très proche de la théorie. Son

processeur vidéo n'est pas le plus performant

du marché, mais il est sans reproche pour

l'important : le traitement des signaux 1080i.

Le projecteur bénéficierait d'un système

d'ouverture variable dynamique plus rapide,

d'une plus grande luminosité, d'un processeur

vidéo plus complet et pourquoi pas de

réglages mécaniques motorisés, mais faites

vos devoirs et quelques calculs quant à son

d’acquisition et vous verrez que c'est potentiellement

une bonne affaire !

Caractéristiques

techniques fournies

par le fabricant

Technologie : trois panneaux ACL Epson C2Fine D6,

1 920 x 1 080

Luminosité : 1200 lumens ANSI

Rapport de contraste : 12 000:1 (On:Off)

Lampe : 170 W UHE (Ultra High Efficiency) ; 1 700 à

3 000 heures selon l'utilisation

Lentille : F 2.0 – 3.17 (mise au point manuelle)

Zoom : 2.1x (manuel)

Bruit : 26 à 33 dB

Poids : 5,6 kg

Dimensions (L x H x P) : 406 mm x 124 mm x

310 mm

Prix : 5 999,99 $ (3 449,99 $ pour le PowerLite Home

Cinema 1080)

Garantie : 3 ans, pièces et main-d'œuvre (2 ans pour le

PowerLite Home Cinema 1080) ; 90 jours, pour la lampe

Médiagraphie

HQV, DVD, SiliconOptix

Star Wars Episode II: Attack of the Clones, DVD, 20th

Century Fox Home Entertainment

HD HQV, HD-DVD, SiliconOptix

The Fast and the Furious, HD-DVD, Universal Studios

Home Video

Fantastic Four, Blu-ray, 20th Century Fox Home

Entertainment

The Road Warrior, Blu-ray, Warner Home

Entertainment

Casion Royale, Blu-ray, Sony Pictures Home

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Cinéma maison sur mesure

Distribution Audio-vidéo

Contrôle d’éclairage et Domotique

Caméra de sécurité et système d’alarme

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Quoi de neuf ?

Le projecteur DreamBee

Theater System de DreamVision

Par MICHEL DALLAIRE

mdallaire@quebecaudio.com

La compagnie DreamVision, spécialisée

depuis plusieurs années dans les produits

vidéo, vient de lancer un nouveau projecteur

nommé le DreamBee Theater System. Grâce

à un système de lentilles anamorphiques

montées sur un rail de guidage motorisé, ce

projecteur vous permet le visionnement de

film au standard cinémascope de 2,35:1 qui

est plus large que le 16:9 couramment rencontré.

Ce système optique anamorphique est

fabriqué par Shneider et le projecteur est

d’origine équipé d’un zoom 2 X fabriqué par

Bang & Olufsen dévoile sa

nouvelle télécommande Beo5

Photo Michel Dallaire Événement

Les 15 et 16 août derniers, Bang &

Olufsen convoquait toute la presse spécialisée

à son centre de distribution pour

l’Amérique du Nord, à Arlington Heights,

Illinois, pour une grande première. On y dévoilait

deux nouveaux produits, dont un qui va sans

doute révolutionner le domaine de la télécommande

universelle, devant une douzaine de journalistes

spécialisés provenant du Canada, des

56 Québec Audio & Vidéo, octobre / novembre 2007

Fujinon. Cet objectif peut être ajusté horizontalement

et verticalement afin de faciliter l’installation

du projecteur dans votre intérieur.

Ainsi, il n’est pas nécessaire de positionner le

DreamBee Theater centralement par rapport à

l’écran pour obtenir une image parfaitement

parallèle. Ce projecteur est basé sur la technologie

D-ILA (Direct-Drive Image Light

Amplifier) mise au point par JVC. Cette technologie,

qui peut offrir des rapports de

contraste allant jusqu’à 20 000:1, représente

une avancée notable par rapport aux projecteurs

ACL traditionnels.

États-Unis et du Mexique. La session d’information

a duré une bonne journée et soyez assurés

que l’entreprise a fort bien reçu ces journalistes.

La télécommande repensée

L’électronique de consommation devient de

plus en plus automatisée, informatisée et complexe

avec pour résultat que nous sommes quotidiennement

confrontés à la manipulation de

télécommandes bardées d’une multitude de

Le DreamBee Theater System est évidemment

compatible avec la haute définition

(1 920 x 1 080 pixels). Il arrive équipé d’une

télécommande et possède une connectique

très complète : quatre entrées HDMI, deux

composantes, deux composites, deux S-vidéo

et une RGBHV/composante. Plusieurs couleurs

sont disponibles telles que le noir, le

blanc, le bleu ciel, le jaune et le rouge. D’autres

couleurs personnalisées sont possibles sur

commande spéciale et le prix de détail est de

20 995 $ (USD ou CAN à vérifier).

boutons et de fonctions toutes aussi incompréhensibles

les unes que les autres. Et pourquoi

donc ? Les composantes A/V actuelles sont

livrées chacune avec sa télécommande, d’où l’accumulation

de ces objets hétéroclites, en pure

perte. Bang & Olufsen détient « entre ses

mains » une solution qui pourrait bien changer

notre perception de l’infâme et inéluctable

« commande à distance ».


Le caméscope Sanyo Xacti HD 1000

Le plus petit caméscope numérique HD du monde

Dernière minute. Le 19 septembre dernier,

Sanyo lançait son plus petit et plus léger

caméscope numérique : le Xacti HD 1000.

Équipé d’un zoom optique 10X et d’un zoom

numérique 10X, il peut filmer des vidéos en

haute définition (1 920 x 1 080i) en format

MPEG-4 et prendre des photos de 4 mégapixels

avec un capteur du type CMOS. Son

écran ACL de 2,7 pouces, son stabilisateur

d’image intégré et ses fonctions de montage

interne sont complémentés par un enregistreur

audionumérique stéréo. Le Xacti

HD 1000 comprend une interface HDMI et

accepte les cartes mémoires SD/SDHC.

Optionnellement on peut lui adjoindre des

accessoires tels que des lentilles de conversion

au format télé, grand-angle et super grandangle.

Son prix de détail suggéré est de

1 099,99 $ et il est disponible dans la plupart

des magasins électroniques à grande surface.

Pour plus de renseignements sur ses multiples

fonctions et caractéristiques qui facilitent la

prise de vue et le visionnement, on visite le

site www.sanyo.ca.

Le confort d’utilisation

dans la paume de la main

La nouvelle Beo5 se présente sous la forme

d’une demi-sphère tronquée en alliage d’aluminium,

surmontée d’un écran ACL tactile de

635 millimètres avec surface de verre résistante

aux chocs. Elle se distingue des autres non seulement

par son design et son ergonomie mais

surtout par sa conception qui vise à simplifier la

vie de l’utilisateur, lui permettant de se délester

de toute cette panoplie de télécommandes qui

ornent sa table à café, et à répondre spécifiquement

aux besoins particuliers de chaque

consommateur. La Beo5 ne comporte que quelques

boutons de fonctions habituelles telles que

Play, Pause, Skip, Stop, Forward, Back. Une roue

tactile comme celle des iPod sert de contrôle de

volume alors qu’un bouton central entouré de

flèches nord, sud, est, ouest sert à naviguer dans

les différents menus et à confirmer les choix.

Toutes les autres fonctions sont entièrement programmables

et configurables sur l’écran ACL

tactile selon les besoins de l’utilisateur et les composantes

qu’il possède ; qu’il soit droitier ou gaucher,

d’une seule main, il peut accéder à toutes

les fonctions et les placer sur l’écran.

Pour un contrôle total

de votre environnement audiovisuel

Finies les nombreuses heures passées à

apprendre et à comprendre tous les boutons et

toutes les fonctions inutiles qui compliquent

l’utilisation de vos télécommandes. Au moyen

d’une prise USB que l’on relie à un ordinateur

et d’un programme spécifiquement conçu par

Bang & Olufsen, les conseillers en boutiques

peuvent facilement créer et personnaliser les

menus pour chaque client en ajoutant ou supprimant

à volonté et à n’importe quel moment

des options de boutons et fonctions. Tous les

contrôles des composantes audiovisuelles

Bang & Olufsen y sont permis et même ceux

de certains autres fabricants à l’aide de leurs

codes respectifs. On peut aussi contrôler à distance

certains équipements tels que l’éclairage,

des draperies motorisées, la climatisation, un

écran pour projecteur ou même un système de

sécurité. Vous préférez certaines chaînes de télévision

? Il suffit de télécharger leurs logos sur

Internet et de les insérer dans la Beo5 afin d’y

accéder rapidement dans les menus. La prise

USB sert également à recharger la pile de la Beo5

soit par l’ordinateur ou à l’aide d’un petit chargeur

portable 110/220 volts. En utilisation normale,

cette pile rechargeable possède une autonomie

d’environ 10 à 12 jours, réduisant du

coup la consommation abusive de piles de

1,5 volt néfastes pour l’environnement.

La vision Bang & Olufsen

Lors de cet évènement spécial, Bang &

Olufsen dévoilait également son premier téléviseur

à écran plat du type ACL, le BeoVision 7-40

de 40 pouces au standard 16:9 avec une définition

HD de 1 920 x 1 080. Généralement ce

type de téléviseur est constitué d’une dalle plate

équipée d’un récepteur télé intégré et d’une paire

de haut-parleurs dissimulés sur le pourtour de la

façade avant. À l’instar des ordinateurs de bureau

iMac d’Apple, le BeoVision 7-40 est un système de

cinéma maison complètement intégré. Adieu

multiples boîtes noires reliées entre elles par un

enchevêtrement de câbles! Le boîtier du BeoVision

7-40 comprend un lecteur DVD de qualité, un

processeur 7.1 canaux et toute la connectique

nécessaire à le relier à d’autres composantes A/V

ainsi qu’à des haut-parleurs avant-arrière et à un

caisson de basse. Tout ce que vous avez à faire,

c’est de rajouter d’autres haut-parleurs et de les

brancher selon votre configuration – dans les

limites de votre budget, bien entendu. L’image

de ce téléviseur est constamment ajustée aux

conditions ambiantes de luminosité par un circuit

contenant des algorithmes de conception

propre à Bang & Olufsen.

Le BeoVision 7-40 doit être agencé avec le système

de haut-parleurs stéréo BeoLab 7-2 ou la

colonne centrale BeoLab 7-4. On peut soit le

déposer simplement sur un meuble ou une table

à l’aide d’un pied fixe, soit l’installer sur un pied

de plancher ou bien le fixer au mur. Ces deux

options sont disponibles avec une motorisation

qui facilite l’orientation du téléviseur de quelques

degrés horizontalement et verticalement

afin d’optimiser l’angle de visionnement. Le

BeoVision 7-40 est offert en différentes couleurs

telles que aluminium naturel, noir, gris foncé,

rouge et bleu. Son prix de détail est de

13 250 $ USD incluant le système de haut-parleurs

BeoLab 7-2 ou 7-4. Les options de piétement

et de fixation murale varient de 500 $ à 1 000 $.

Tous les renseignements pertinents sur ces nouveaux

produits se retrouvent sur le site

www.bang-olufsen.com.

Québec Audio & Vidéo, octobre / novembre 2007

57


58 Québec Audio & Vidéo, octobre / novembre 2007

B A N C D ’ E S S A I

Récepteur ambiophonique DTR-5.8 d’Integra

Par EMMANUEL LEHUY et PASCAL TRAN

elehuy@quebecaudio.com et ptran@quebecaudio.com

Si vous suivez moindrement la scène cinéma maison, à travers Québec Audio & Vidéo ou toute autre source comme

l’Internet par exemple, vous savez sûrement que nous sommes en pleine révolution numérique passant par le 1080p

avec une guerre sainte des formats HD, tout cela sur un fond de propagande HDMI 1.3. Ne désirez-vous que la

sainte paix et éventuellement pouvoir profiter de tout cela sans pour autant vous ruiner ou vous compliquer la vie

inutilement ? Integra offre la solution parfaite avec le DTR-5.8, un récepteur ambiophonique à la fine pointe

technologique et au prix concurrentiel. Voyons en détail ce qu'il offre du point de vue technique mais sans pour

autant perdre de vue l'essentiel, soit la qualité sonore.


Évangile technologique (selon Emmanuel)

Integra est à Onkyo ce que Acura est à Honda. Integra est donc

une gamme qui se veut plus complète en fonctionnalités visant

un peu plus le marché des installations personnalisées sans pour

autant y être exclusif. Tout comme Honda et Acura, certains modèles

se chevauchent en termes de prix/performance/fonctionnalités. Le

DTR-5.8 est le second modèle sur les cinq qui comprend la gamme

DTR. Comme mentionné ci-dessus, il est de la toute dernière tendance.

Il s'agit donc d'un récepteur cinéma maison 7.1 équipé de

prises HDMI 1.3. Ce récepteur possède deux entrées HDMI et une

sortie. Je dois immédiatement me plaindre, car quatre serait plus adéquat

avec le nombre grandissant de sources utilisant ce type de branchement.

Il est également muni de trois entrées et d'une sortie de

type composante (Y, P b et P r, avec connecteurs RCA vert, bleu et

rouge respectivement). On y retrouve également plusieurs sorties

vidéo et S-vidéo souvent destinées à la deuxième zone toujours plus

en retrait technologiquement.

Côté audio, l'appareil possède deux entrées numériques coaxiales,

deux entrées et une sortie numériques optiques. Plusieurs entrées

analogiques stéréo sont présentes ainsi qu'une entrée analogique 7.1.

Le DTR-5.8 est doté de sorties de préamplification pour l'utilisation

d'un ou plusieurs amplis externes pour les 7 canaux et pour le branchement

du caisson de grave (le .1). Coté radio, c'est la totale : prise

XM, Sirius, AM et FM. Le reste est pour l'intégration dans un système

de contrôle avancé : un port série pour le contrôle bidirectionnel,

trois déclencheurs 12 V, deux entrées pour récepteurs infrarouges,

une sortie pour émetteur infrarouge et un branchement

propriétaire pour le chaînage d'appareils Integra/Onkyo. Tout cela

est parfait pour une installation où le récepteur n'est pas en vue. Les

borniers favorisent la connexion des câbles d'enceinte dénudés ou

munis de prises de type banane, que je préfère pour la rapidité de

branchement qu'elles procurent. Le cordon d'alimentation est détachable

et de calibre 16, donc techniquement suffisant pour passer les

6,5 A de courant maximum que tire l’appareil. Qu’à cela ne tienne,

si vous êtes un fondamentaliste des câbles d'alimentation, vous pouvez

le remplacer sans aucun problème.

L'intérieur révèle quelques charmes ainsi que quelques confessions.

L'alimentation est construite autour d'un transformateur régulier,

de forme rectangulaire, de type EI, et de deux condensateurs de

10 000 µF. Il ne m'est pas possible de trouver le nombre de VA du

transformateur. À l'oeil, ça ne semble pas être un culturiste de l'amplification,

mais rien d'anormal pour un récepteur de ce prix. Le traitement

audio est assuré par un DSP de Texas Instruments, le

TMS320D708. Pour la portion vidéo, le FLI8125 de Genesis

Microchip (qui a acquis Sage qui a, au préalable, acquis Faroudja)

et pour le HDMI un duo récepteur/transmetteur SiI9135 / SiI9134 de

SiliconImage, tous deux HDMI 1.3.

Cérémonie du branchement (selon Emmanuel)

Grande flexibilité rime souvent avec complexité. Heureusement ?

Malheureusement ? Cela dépend du plaisir qu'on éprouve à expérimenter

avec la technologie. Eh bien, que ceux qui sont rebutés par

la configuration ardue d'un récepteur cinéma maison se réjouissent,

elle est presque un charme. Il suffit de brancher les enceintes sur le

DTR-5.8 et simplement de brancher le micro de calibration fourni

pour que l'appareil se mette en mode de configuration automatique.

Le récepteur envoie alors successivement à chaque enceinte une série

«Le micro de calibration se branche aussi à l’avant, un

emplacement très apprécié car on n’a nul besoin de naviguer

à travers l’océan de connecteurs du panneau arrière. L’accès

et la navigation des menus sont très clairs, simples et intuitifs.»

de sons similaires au laser des jeux vidéo des années 80. Grâce au

micro et à une analyse complexe, l'appareil détermine les enceintes

présentes, leur taille (large ou small), leur distance ainsi que l'ajustement

nécessaire pour le niveau sonore de chacune. Je suis agréablement

surpris de constater que le résultat est presque parfait. Deux

erreurs sont présentes dans mon cas précis et il est bien sûr possible

de modifier les résultats ou de tout faire soi-même pour les amants

de la configuration. La distance du caisson de grave Velodyne DD18

(voir le banc d'essai du DD15 dans le Québec Audio & Vidéo,

Vol. 13, no 5 / octobre-novembre 2006) est erronée, 19 pi au lieu

de 13 pi et le centre Energy Veritas 2.0Ci (voir le banc d'essai dans le

Québec Audio & Vidéo, Vol. 11, no 4 / août-septembre 2004) est

faussement identifié comme étant large. Cette configuration automatique

inclut une égalisation des canaux 2EQ d’Audyssey qu'il est également

possible de désactiver.

Un de mes premiers tests fut d'évaluer le comportement du

DTR-5.8 avec le signal vidéo, car le FLI8125 s'utilise habituellement

plus pour le traitement interne des téléviseurs. En HDMI, le récepteur

est transparent, c'est-à-dire qu'il laisse passer le signal sans

aucune modification. J'ai donc fait passer successivement, à l'aide de

plusieurs sources, divers signaux, soit 480i, 480p, 720p, 1080p60 et

1080p24, sans aucun problème vers le projecteur Epson Powerlite Pro

Cinema 1080 (banc d'essai dans le présent numéro). Mais alors, où

entre en jeux vraiment le processeur de Genesis ? Tous les autres

signaux vidéo analogiques (vidéo, S-vidéo et composante) sont

convertis et transmis par HDMI. Le 480i est transformé en 480p

(désentrelacement) par le processeur et transmis au projecteur et tout

ce qui est HD en composante (720p ou 1080i) est converti en 720p.

Je n'ai trouvé aucun réglage pour changer cette résolution.

Côté audio, bien que le DTR-5.8 supporte les nouveaux formats

DTS HD MasterAudio et Dolby TrueHD, en bitstream (train de bits, mais

la connotation que cette traduction évoque ne me plaît guère) via

HDMI, aucun lecteur actuellement n'est capable de les transmettre

de cette façon, la console de jeux PS3 (voir le banc d'essai dans le

Québec Audio & Vidéo, Vol. 14, no 1 / février-mars 2007) de Sony

incluse. Ironiquement, il faut donc faire le décodage à même le lecteur

et transmettre l'information en PCM au récepteur, ce qu'un

simple lien HDMI 1.1 peut accomplir si l'implémentation est complète

du côté audio. Avec l’Integra, il est impossible d'appliquer un

traitement audio, tel que le Dolby ProLogicIIx, en PCM afin de dériver

un signal 7.1 à partir d'une source 5.1, comme peut le faire le

processeur Anthem D2 (voir le banc d'essai dans le Québec Audio &

Vidéo, Vol. 13, no 3 / juin-juillet 2006). Par contre, le DTR-5.8 est

capable de recevoir du 7.1 en PCM via HDMI, chose que le D2 ne

peut accomplir étant limité par le processeur Motorola (Freescale

maintenant pour la division semi-conducteur) qu'il utilise pour le

traitement audio. Quelques titres sont en 6.1 et 7.1, mais il y a fort

à parier que de plus en plus de titres, autant Blu-ray que HD DVD,

verront le jour en 7.1 et l’Integra nous assure qu’il sera possible d’en

profiter pleinement.

Psaumes sensoriels (selon Pascal)

Le DTR-5.8 semble d’apparence, de dimensions et de qualité de

finition comparables à d’autres produits de sa catégorie. Côté ergonomie,

il offre des prises à l’avant, dont un ensemble audio-vidéo

composite/RCA, une entrée audionumérique Toslink et une entrée

S-vidéo, ce qui facilite grandement le branchement temporaire d’une

Québec Audio & Vidéo, octobre / novembre 2007

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Récepteur ambiophonique DTR-5.8 d’Integra (suite)

source comme une console de jeu, par exemple.

Le micro de calibration se branche aussi

à l’avant, un emplacement très apprécié car

on n’a nul besoin de naviguer à travers l’océan

de connecteurs du panneau arrière. L’accès et

la navigation des menus sont très clairs, simples

et intuitifs. J’ai été conquis par la configuration

et le réglage des niveaux des enceintes

automatiques et dans mon cas, peut-être

parce que j’utilise deux caissons, les distances

prédites étaient pas mal exactes, soit à l’intérieur

d’un demi-pied pour toutes les enceintes

excepté le centre dont la distance est sousestimée

d’un pied. Toutes les écoutes sont

effectuées avec un ensemble de sept enceintes

PSB de la série Stratus.

Je commence les rites par la trame sonore

du film Apocalypto en CD en mode stéréo, une

œuvre inclassable combinant le documen-

taire type National Geographic, le film

d’époque à grand déploiement et la poursuite

hollywoodienne rappelant Crank dans un

contexte passablement différent. La composition

de James Horner dévie de son répertoire

coutumier, car il utilise un orchestre

complémenté d’instruments ethniques pour

créer l’ambiance appropriée, grâce à des textures

et rythmes, plutôt que des passages

mélodiques accrocheurs comme il nous y a

habitués au fil des années. Je dois dire que ma

première impression du DTR-5.8 pour la

reproduction musicale constitue une agréable

surprise. Il performe au-delà de mes espérances

: une très bonne dynamique plutôt surprenante

dans les graves, un niveau de détail

acceptable et une capacité de spatialisation

adéquate, sans être d’une précision extrême.

Le DTR-5.8 s’avère très silencieux lors d’écoutes

puisque je ne peux discerner de bruits

audibles lors des pauses. Par exemple, sur la

pièce Holcane Attack, le DTR-5.8 restitue très

bien l’atmosphère oppressive tissée par les

lamentations des cordes, les voix gémissantes,

les lourdes percussions et les ponctuations

mélodiques apportées par la flûte. Le résultat

est saisissant et de bon augure pour les visionnements

cinématographiques. Je leur reproche

par contre une sonorité qui ne retransmet

pas les nuances les plus subtiles présentes

dans l’enregistrement comme sur le solo

vocal de la pièce Captive, où je ne retrouve pas

toute la richesse des textures de la voix de

Rahat Nusrat Fateh Ali Khan. J’ai remarqué

que le DTR-5.8 chauffe pas mal lors d’un bon

«Eh bien, que ceux qui sont rebutés par la

configuration ardue d'un récepteur cinéma

maison se réjouissent, elle est presque un charme.»

60 Québec Audio & Vidéo, octobre / novembre 2007

exercice, mais rien d’inquiétant pourvu qu’il

puisse respirer.

Le banc d’essai correspondait à la sortie du

coffret de Heroes, une sérié télévisée relatant le

destin entrecroisé de plusieurs personnages

dont des pouvoirs surnaturels, tels que la télékinésie,

l’invulnérabilité, la clairvoyance ou la

manipulation de l’espace-temps, s’éveillent

en eux. J’en ai profité pour écouter une

bonne partie de la première saison avec le

DTR-5.8 comme pièce centrale de mon

cinéma maison. Dans un contexte écoute de

films, le DTR-5.8 se débrouille encore mieux

que pour la musique. Il ne pèche aucunement

en créant un panorama sonore engageant

avec une bonne clarté des voix, des

effets sonores percutants et une spatialisation

convaincante. En plus de la multitude de

formats et traitements audio possibles, le

DTR-5.8 offre la possibilité d’égalisation dont

j’ai fait le test comparatif, avec et sans. J’ai

préféré le rendu sonore avec activation de

l’Audyssey EQ, car les dialogues deviennent

plus intelligibles et j’ai même noté que les

graves deviennent un peu plus fermes et soutenues.

Par exemple, j’avais trouvé que les

voix masculines possèdent un peu trop de

coffre sans l’égalisation, alors que l’Audyssey

EQ rend ces voix plus naturelles. Le DTR-5.8

offre une troisième alternative, soit de préciser

manuellement une égalisation par bande

à 80, 250, 800, 2 500 et 8 000 Hz, option

que je n’ai pas exercée. Ainsi, j’ai fait toutes

les écoutes avec l’égalisation automatique.

J’ai ensuite visionné 300 en HD DVD, un

film dépeignant la vision fantasmagorique de

Frank Miller, ce géant du comic book à la position

politique un peu radicale et à la croisade

facile, sur la bataille des Thermopyles opposant

une poignée de Spartiates à une horde

sans fin de Perses. Le film a suscité beaucoup

de controverse dont la démonisation des

Perses, Iraniens aujourd’hui, et l’idéalisation

des Spartiates, une société pouvant être considérée

comme fasciste de nos jours. J’ai trouvé

le film plutôt divertissant avec des combats

aux points de vue et au montage intéressants,

mais l’utilisation constante d’images de synthèse

à la teinte dorée rend le visuel un peu

monotone. Lors des scènes de combats très

intenses, je n’ai jamais senti d’essoufflement

de la part du DTR-5.8 au niveau sonore de

référence. Il rend aussi bien ces moments très

forts qu’une scène méditative comme celle où

nos braves héros marchent vers une mort certaine

au son d’une musique nostalgique.

Décidément, le DTR-5.8 continue d’impressionner.


J’ai complété les tests avec un visionnement

de Curse of the Golden Flower en Blu-ray.

Ce film de Zhang Yimou, qui nous avait

habitués à des scénarios intrigants, déçoit

beaucoup. Malgré le visuel spectaculaire et

une magnifique trame sonore, le scénario est

des plus ennuyants car il ne décolle vraiment

jamais. N’empêche que de revoir quelques

extraits s’avère toujours une expérience sensorielle

des plus plaisantes, ce que le DTR-5.8

accomplit avec aplomb. Le chant choral

durant la scène où la famille déjeune pendant

que d’innombrables ouvriers préparent la

cour extérieure de la Cité interdite pour le

festival des chrysanthèmes est restitué avec

conviction par le DTR-5.8. Il se débrouille également

bien lors de scènes à la trame sonore

complexe comme celle de la bataille finale,

lors de l’apparition des assassins aux faucilles

volantes servant l’Empereur, car leurs cris de

guerre fusent de partout, s’entremêlant au

bruit des soldats cuirassés et la musique

orchestrale. Les sept canaux sont alors sollicités

et le DTR-5.8 crée une bulle sonore solide

dont tous les éléments sont distincts et perceptibles,

ce qui permet l’évasion et le divertissement

complets lors d’un visionnement à

travers un sentiment d’y être.

W W W . B L U E B I R D M U S I C . C O M

TÉL. : 416.638.8207

L’apothéose

La solide performance du DTR-5.8

d’Integra pour la reproduction de films associée

à sa liste des fonctionnalités des plus

complètes, tout cela à un prix abordable en

font un récepteur ambiophonique digne de

mention et hautement recommandé dans sa

catégorie. Nous avons été fortement impressionnés

par l’étendue de sa connectique, sa

facilité de branchement et de configuration,

son algorithme d’égalisation, sa polyvalence,

surtout qu’il comprend des possibilités intéressantes

pour les installations sur mesure, et

ses performances sonores plus qu’adéquates.

Les seuls reproches que nous puissions lui

adresser sont un nombre insuffisant d’entrées

HDMI et le manque de traitement vidéo sur

les entrées numériques, mais ce sont des fonctionnalités

normalement réservées pour

démarquer les appareils beaucoup plus chers.

Compte tenu de son étonnant rapport performance-prix,

le récepteur DTR-5.8

d’Integra mérite entièrement notre plus sincère

bénédiction car il saura s’incarner

comme la pièce maîtresse de votre paradis

audiovisuel.

Caractéristiques

techniques fournies

par le fabricant

Puissance : 90 W x 7 sous 8 ohms

(2 canaux amplifiés à un THD de 0,08 %)

Réponse en fréquence de l’amplification :

5 Hz – 100 kHz + 1 dB / - 3 dB

Impédance des enceintes : 6 – 16 ohms

Réponse en fréquence de la section vidéo :

5 Hz – 50 MHz

Courant consommé : 6,5 A

Puissance consommée en mode veille : 0,1 W

Dimensions (L x H x P) : 435 x 172 x 391 mm

Poids : 11,6 kg

Prix : 1 100 $

Garantie : 3 ans, pièces et main-d’oeuvre.

Certaines conditions peuvent s’appliquer.

Distributeur : JTM Group, tél. : 514 696-7774

Médiagraphie

Apocalypto, trame sonore composée par James Horner,

CD, Hollywood Records, 50087-10180

Heroes, Saison 1, DVD, Universal, 25195-00828

300, HD DVD, Warner Bros, 85391-19942

Curse of the Golden Flower, BD, Sony Pictures

Classics, 43396-17913

«ABSOLUMENT MAGNIFIQUE...

Sa musicalité et sa synchronisation sont sans reproches et, de surplus,

c’est probablement l’un des amplificateurs les plus transparents que j’ai

écoutés à n’importe quel prix… L’Exposure 2010S est un ampli super et…

une aubaine équivalant au prix d’un bras de lecture de Rega ou des hautparleurs

d’entrée de gamme de Spendor.

Je connais et j’aime bien les gens dont les produits font concurrence

directement avec l’Exposure 2010S, mais ils devront travailler d’arrachepied

pour vaincre celui-ci.»

— Art Dudley, Stereophile, Composantes recommandées de Classe A

D I S T R I B U T E U R S D E P R O D U I T S A U D I O E X C E P T I O N N E L S P O U R L E S A M A N T S D E L A M U S I Q U E

C H O R D E L E C T R O N I C S • E X P O S U R E • L I V I N G V O I C E • Q U A D R A S P I R E • N E A T • F A T M A N i T U B E • C H O R D C O M P A N Y

Québec Audio & Vidéo, octobre / novembre 2007

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62 Québec Audio & Vidéo, octobre / novembre 2007

B A N C D ’ E S S A I

Télécommande universelle Harmony 1000 de Logitech

Par PIERRE CAISSE

pcaisse@quebecaudio.com

Lors d’une chronique précédente (Québec Audio & Vidéo, Vol. 13, no 6 - décembre 2006 / janvier 2007), je vous ai parlé de

la télécommande universelle Harmony 880 de Logitech, qui se détaillait à un prix abordable. Harmony nous revient avec un

nouveau modèle un peu plus coûteux, mais avec des fonctions plus avancées et un nouveau design.

Qu’y a-t-il de nouveau ? Vaut-elle vraiment la peine ? Pour découvrir ce qui se cache dans cette télécommande

Harmony 1000, lisez la suite et vous serez à même de vous faire votre propre opinion !


Qu’est-ce qui se cache dans la boîte ?

Disons d’entrée de jeu, que ceux qui aiment se battre avec un

emballage qu’il faut couper avec des ciseaux… eh bien dommage

! car l’Harmony 1000 vient dans une boîte facile à

ouvrir et dont le contenu est accessible sans effort. Dans la boîte,

nous retrouvons l’usuel, c’est-à-dire la télécommande, le socle et son

adaptateur de secteur, un câble USB, le logiciel et les instructions en

plusieurs langues, dont le français. La pile rechargeable (incluse) est

de type lithium-ion. Ce type de pile n’a pas de mémoire de charge,

il n’est donc pas nécessaire d’attendre que celle-ci soit complètement

déchargée pour la remettre sur son socle.

Tour d’horizon de la télécommande

On note tout d’abord que cette télécommande est d’un format

différent de celui utilisé habituellement par Logitech. De forme rectangulaire,

elle est légère et facile à manipuler. Son fini noir et argent

et son rétroéclairage bleuté sont au goût du jour et font changement

de ces télécommandes longues, longues, longues… Le socle possède

un indicateur bleu sur le devant pour vous avertir que la télécommande

y est bien insérée. Il est à noter que le témoin reste allumé

même si la télécommande est complètement rechargée. L’écran tactile

de 8,9 cm (3,5 pouces) permet d’avoir des icônes de bonne

dimension. Cela est très intéressant pour les personnes dont la vue a

peut-être diminué un peu ! Grâce à une bonne brillance, les informations

sont faciles à lire même à la lumière du jour. De plus, une

série de boutons sur le côté droit de l’écran permet l’accès aux commandes

les plus utilisées. Naturellement, tous ces boutons sont programmables,

on peut donc changer leur fonction.

Sur le côté gauche, se trouve une petite porte qui donne accès au

port USB. Le camouflage est tellement bien réussi, que si on n’y prête

pas attention, on peut facilement chercher où il est. L’émetteur infrarouge

se trouve sur le côté supérieur de la télécommande. Sur le côté

inférieur, se trouve un deuxième port infrarouge pour apprendre les

commandes et les connecteurs pour la recharge de la pile. Pour terminer

ce tour d’horizon, le compartiment pour la pile se trouve à

l’arrière.

Des boutons et des icônes

J’ai mentionné que du côté droit se retrouvait une série de boutons

que l’on peut programmer. Par défaut, ces boutons sont identifiés

pour le volume, le changement de canal, etc. ; nous n’avons pas

vraiment besoin d’apporter quelque modification que ce soit. Dans

le coin supérieur gauche de la télécommande se trouve un bouton

qui permet de mettre hors tension tous les appareils d’une activité à

l’aide d’une seule touche. Sous l’écran, nous retrouvons une touche

identifiée Activities qui permet de revenir au menu « Activité » rapidement.

Il y a en effet deux modes possibles pour contrôler les appareils

soit en mode activités ou par appareil.

Tout comme l’Harmony 880, un détecteur de mouvements active

le rétroéclairage de la télécommande. Le temps de rétroéclairage et

sa brillance peuvent être changés dans le menu « Paramètres télécommande

». Une nouveauté avec l’Harmony 1000, un transmetteur RF

(radio fréquence) peut être ajouté en option et permet donc de

contrôler des appareils qui ne sont pas dans la même pièce ou qui ne

sont pas en ligne de vue directe avec la télécommande dans la même

pièce (dans un cabinet, par exemple). Je n’ai pas été en mesure de

tester cette dernière fonction n’ayant pas reçu le matériel requis pour

cette fonction.

«On note tout d’abord que cette télécommande est d’un

format différent de celui utilisé habituellement par Logitech.»

Pour terminer, disons que le fond d’écran peut être changé par

celui de votre choix (une photo, par exemple) et que les noms des

appareils et des activités sont aussi modifiables.

Ah non, pas de la configuration !

Toute bonne chose a une fin, il faut maintenant programmer ce

beau jouet. Pas de problème, Logitech reste fidèle à rendre facile

cette tâche qui peut paraître très difficile. Il suffit de prendre en note

la marque et le modèle de vos appareils, sur quelle entrée de votre

téléviseur ou votre système audio se trouvent branchées vos différentes

composantes et finalement de savoir avec quel appareil vous

contrôlez le son lors d’une activité donnée. Par exemple, lorsque vous

écoutez la télévision, votre décodeur (câble ou satellite) et votre téléviseur

doivent être sous tension, l’entrée Vidéo1 de votre téléviseur

doit être sélectionnée et vous contrôlez le son de votre téléviseur.

Gardez en mémoire cet exemple, nous y reviendrons dans quelques

instants.

Il nous faut dans un premier temps installer le logiciel ; assurezvous

d’avoir votre connexion Internet active, car vous en aurez

besoin. Si vous avez déjà une télécommande Harmony de Logitech,

la tâche sera d’autant plus facile, car il y a une option dans les panneaux

de configuration qui permet de conserver la configuration déjà

existante et de la transférer dans la nouvelle télécommande. Selon

Logitech, le site contient plus de 5 000 marques d’appareil et plus

de 175 000 modèles infrarouges. Si vous n’êtes pas chanceux, votre

modèle ne sera pas présent et vous devrez faire apprendre à votre télécommande

les fonctions de la télécommande originale.

Revenons à notre exemple, lors de la configuration sur le site

d’Harmony, il y a six activités de prédéfinies, dont l’écoute de la télévision.

On vous posera les questions : quelle entrée sur le téléviseur,

et avec quel appareil contrôlerez-vous le volume. Si vous avez fait vos

devoirs avant de commencer la programmation, vous aurez toutes les

réponses en main et le tout sera complété très rapidement et sans

effort.

Ne reste plus qu’à essayer les activités pour s’assurer que tout fonctionne

bien. Une aide contextuelle est présente et, lors du premier

essai, des questions seront posées pour s’assurer que tout fonctionne

bien. Si votre programmation ne fonctionne pas bien, d’autres questions

apparaîtront à l’écran pour vous aider à corriger le problème.

Québec Audio & Vidéo, octobre / novembre 2007

63


«L’option RF (fréquence radio) permet

de contrôler des équipements qui ne

sont pas en ligne de vue de la télécommande»

Dans la programmation de l’activité

Regarder la TV, j’ai grandement apprécié la

fonction de programmation des chaînes favorites.

Si, comme moi, vous avez le câble

numérique, il est impossible de créer un profil

avec seulement nos chaînes favorites ;

l’Harmony 1000 nous permet de corriger cette

lacune. Lors du choix de l’activité, un cœur

apparaît dans le coin supérieur droit de

l’écran. Une simple touche fait apparaître à

l’écran la liste des chaînes favorites que vous

avez programmées. Vous pouvez même ajouter

une le logo ou autre objet pour chaque

chaîne ou laisser l’image par défaut.

Si les six activités par défaut ne sont pas

suffisantes, vous pouvez en créer de nouvelles.

La seule limite est le nombre d’appareils

dont vous disposez et les activités que vous

pouvez faire avec ceux-ci.

Maintenant la détente

Maintenant que tout est programmé, il ne

reste plus qu’à mettre de côté toutes les télécommandes

pour n’en laisser qu’une sur la

table. Tout appareil qui fonctionne avec une

Distribué au Canada par Dimexs

9998 Lajeunesse, Montréal

(514) 384-3737

info@dimexs.com www.dimexs.com

64 Québec Audio & Vidéo, octobre / novembre 2007

AVID

REFERENCE TURNTABLES

télécommande infrarouge

pourra être programmé

incluant des contrôles

pour les lumières fonctionnant avec

une telle télécommande.

Il se pourrait qu’avec l’utilisation vous

trouviez qu’une fonction que vous utilisez

souvent se trouve sur la troisième ou quatrième

page de l’appareil. Pas de problème,

vous pouvez reprogrammer les boutons sur

chacune des pages et donc placer cette fonction

sur la première page.

La télécommande est facile d’utilisation et

ne devrait pas être un casse-tête à apprendre

pour tous les membres de la famille, même

ceux qui ont de la difficulté à s’y retrouver

parmi la tonne de télécommandes sur la

table. En fait, ces personnes seront heureuses

de ne plus avoir à manier toutes ces télécommandes,

mais plutôt apprendre à contrôler

une seule télécommande et, en prime, elles

n’auront qu’à regarder les icônes et pointer

sur l’écran tactile. Tous les appareils requis

pour une activité se mettront sous tension et

Codell Audio

5339 Ferrier, Montréal

(514) 737-453

www.codellaudio.com

Conception

sans-compromis

prestations musicales

exceptionnelles

se positionneront sur la bonne entrée. Vous

pourrez même, lors de la programmation,

déterminer le volume de départ.

Conclusion

Après avoir fait l’essai de son prédécesseur,

l’Harmony 880, la nouvelle Harmony 1000 de

Logitech, quoique plus coûteuse, offre des

avantages certains, dont un écran tactile et

une facilité d’utilisation et de lecture accrue.

Sa forme rectangulaire et mince la rend facile

à utiliser. Son rétroéclairage permet de l’utiliser

dans toutes les conditions d’éclairage et

par le contrôle de brillance et de temps de

rétroéclairage, elle ne devient pas un objet de

distraction dans une pièce peu éclairée lors de

son utilisation. L’option RF (fréquence radio)

permet de contrôler des équipements qui ne

sont pas en ligne de vue de la télécommande.

Ceci permettra sûrement à plusieurs personnes

de regarder cette télécommande universelle

comme une alternative très abordable si

on la compare au prix que vous devrez payer

pour avoir une télécommande ayant cette

option.

Il ne faut surtout pas oublier la facilité de

programmation de l’Harmony 1000. Cette

facilité, qui est la marque distinctive des télécommandes

Harmony de Logitech, ne se

dément pas. Donc, pas besoin d’avoir un spécialiste

pour faire la programmation. Si vous

avez des questions, le site propose de l’aide en

ligne et un support téléphonique (en français)

est aussi disponible

Pour tout dire, cela pourrait être un joli

petit cadeau sous l’arbre de Noël, non seulement

pour la personne qui la reçoit, mais

pour toute la famille.

Caractéristiques

techniques fournies

par le fabricant

Écran : couleur, 8,9 cm (3,5 po) diagonal

Interface : écran tactile ACL et 10 boutons rétroéclairés

programmables

Sans fil : infrarouge (IR) 30 à 50 pieds

Port : USB

Pile : lithium-ion

Dimensions (longueur x largeur x hauteur) :

5,25 pouces x 4 pouces x 0,5 pouce

Numéro de modèle : 1000

Prix : 599,99 $

Garantie : 1 an, pièces et main-d’œuvre

Distributeur : Logitech http://www.logiotech.com/harmony


66 Québec Audio & Vidéo, octobre / novembre 2007

B A N C D ’ E S S A I

Par BRUNO GOSSELIN

bgosselin@quebecaudio.com

Telle la Vénus de Milo, la BeoVision 7 se tient debout dans toute sa splendeur au milieu de ma chambre à coucher. Mais cette

fois, c’est moi qui ai les bras coupés. Je suis l’heureux collaborateur à qui on a livré un des tout premiers modèles disponibles en

Amérique du Nord. Je connais la marque Bang & Olufsen depuis la fin des années 80 seulement, bien que celle-ci ait été fondée

en 1925 par les Danois Peter Bang et Svend Olufsen. Dès mon premier contact avec la marque, j’ai été hypnotisé par le design

et le son de ses appareils. Il faut tout un savoir-faire pour marier aussi bien l’art et l’audio-vidéo.


La livraison ne fut pas sans surprise. Je n’avais qu’une idée vague

de quoi aurait l’air le produit en banc d’essai. Je voulais qu’on

monte le tout dans la chambre à coucher. Le livreur m’avertit

immédiatement qu’il ne bougerait aucunement l’immense boîte de

650 livres sans un appareil mécanique, impressionnant pour un téléviseur

plat ACL de 40 pouces. J’ai donc trouvé cette grosse boîte,

inspirée du Fort Knox, dans mon garage déjà encombré de beaucoup

de choses infiniment moins intéressantes. À l’intérieur, protégé

comme un bijou par d’immenses morceaux de mousse se trouve l’objet

de convoitise. Je suis heureux d’avoir pris rendez-vous avec le

représentant le soir même. Nous avons tous deux, pièce par pièce,

installé le système robotisé à l’endroit voulu. Saisie du Pin Code équivalent

de l’antidémarreur sur votre voiture, quelques réglages pour

que la télécommande communique bien avec mes autres composantes

et me voilà prêt pour l’aventure. Je n’ai jamais à ce jour reçu autant

d’encadrement. Si je me fie à mon expérience, Bang & Olufsen offre

probablement le meilleur service après-vente sur la planète. Tous mes

courriels ont reçu une réponse en moins de 30 minutes et les représentants

de l’Illinois ou de Montréal n’ont jamais hésité à me donner

leurs numéros de cellulaire. Le mot impressionné ne suffit tout

simplement pas à décrire mes sentiments envers le service rendu.

Comment décrire une œuvre d’art ?

La BeoVision 7 sur son pied robotisé est tout simplement à couper

le souffle. La qualité de finition est impressionnante. Tout est pensé

pour que les fils et le récepteur de votre choix ne gênent pas les lignes

parfaites du produit. L’écran ACL de 40 pouces Full HD (1 920 x

1 080) est bordé de noir et l’agencement aluminium brossé est de

très bon goût. L’ensemble mis à ma disposition possédait une

enceinte mono BeoLab 7-4 qui s’intégrait parfaitement au pied du

téléviseur. Normalement, vous voudriez le jumeler à la série

BeoLab 7-2 pour obtenir une image acoustique encore plus large vous

permettant de profiter pleinement du savoir-faire de Bang &

Olufsen à ce niveau. Je n’ai pas pu tester la configuration cinéma

maison, mais selon l’expérience que j’ai eue avec le BeoLab 7-4, je ne

vois pas comment j’aurais pu être déçu.

Comme si ce n’était pas assez, le modèle cache comme par magie

un lecteur DVD intégré. Une simple pression sur un bouton caché

et un petit plateau pratiquement invisible avec deux petits DEL s’offre

à vous. Il est d’une telle minceur qu’après y avoir mis un DVD

vous avez l’impression que celui-ci flotte littéralement dans les airs.

Il retourne se cacher et devient parfaitement invisible. Vous avez

accroché sur le mot robotisé ? Je n’en doute pas. C’est un des aspects

extrêmement cool du système. Le pied de la BeoVision 7, lors de la mise

en marche, tournoie et s’incline pour vous donner l’angle idéal de

vision, et ce, dans le silence le plus complet. Lors de l’arrêt, elle

reprend doucement sa position d’origine afin de déranger le moins

possible le décor.

Vous trouverez, très bien cachées derrière l’appareil, une multitude

de connexions. La façon dont les ingénieurs ont réussi à intégrer tous

ces branchements dans si peu d’espace me laisse songeur. Vous trouverez

donc comme entrées : 5 composites, 1 S-vidéo, 2 composantes,

4 HDMI, 1 VGA, 5 L/R, 5 SPDIF (coaxiales), il y a aussi 7 minijack

servant de relais pour contrôler d’autres appareils infrarouges via

la télécommande Beo 4. Comme sorties, vous trouverez 2 composites,

2 L/R et 1 DVI-D qui peut être branché sur un projecteur.

«La qualité de finition est impressionnante. Tout est pensé

pour que les fils et le récepteur de votre choix ne gênent pas les lignes

parfaites du produit. L’écran ACL de 40 pouces Full HD (1 920 x 1 080)

est bordé de noir et l’agencement aluminium brossé est de très bon goût.»

Pratique si vous avez dans la même pièce un cinéma maison encore

plus sérieux.

La télécommande est lourde et mince à une des extrémités. Ne

l’apportez pas dans un avion car elle pourrait être considérée comme

une arme blanche par certains contrôleurs zélés. Grâce au relais IR,

vous pouvez contrôler une multitude d’autres appareils, que ce soit

des lecteurs DVD, HD DVD, Blu-ray, récepteur audio, récepteur

satellite, etc. J’ai trouvé la télécommande peu pratique et c’est avec

joie que j’ai appris que les prochains acheteurs pourront opter pour

la Beo 5 au design hors de l’ordinaire moyennant un supplément. Le

petit écran tactile ACL pourrait faciliter l’utilisation dans le noir, qui

est mon principal reproche à la Beo 4. Les gens de Bang prendront

soin de bien programmer votre télécommande afin que vous puissiez

contrôler tous les appareils audio-vidéo de celle-ci, vous évitant

de perdre un temps fou.

Analyse de l’œuvre

L’écran 40 pouces de la BeoVision 7 est dit Full HD. Le terme est

sans contredit bien à la mode et est probablement déjà disponible

chez votre tatoueur de quartier. Mon système de calibration de

Progressive Labs n’est malheureusement pas compatible avec les

écrans plats ACL et je n’ai pu mesurer par moi-même les données

du fabricant. Les caractéristiques de contraste de 1 200:1 semblent

par contre adéquats. J’aurais aimé plus de contraste, les scènes sombres

sont plutôt gris foncé. La pureté des noirs est encore à améliorer

sur les téléviseurs ACL et le modèle de Bang n’y est pas différent.

Les noirs deviennent beaucoup plus convaincants quand l’image à

reproduire contient des sections plus claires. Les scènes ensoleillées

sont vibrantes de réalisme et nous permettent d’oublier les lacunes

de l’autre côté du spectre. Les contrôles de réglage d’image sont

réduits au maximum et il est impossible par exemple de mettre à Off

la fonction de contraste automatique. Celui-ci permet au téléviseur

d’afficher le maximum de détails de toute scène en ajustant à la fois

les contrôles de brillance, de contraste et la courbe gamma selon le

contenu visuel. Le tout est efficace et je n’ai jamais senti de changement

d’intensité lors d’une écoute normale. Elle rend par contre le

Québec Audio & Vidéo, octobre / novembre 2007

67


églage des contrôles de base pratiquement

impossible. On m’a assuré que tous les

contrôles nécessaires étaient disponibles pour

une calibration professionnelle mais que tous

les téléviseurs Bang étaient calibrés parfaitement

en usine. Je peux difficilement douter

de cette affirmation puisque le modèle mis à

ma disposition semblait très bien calibré et les

couleurs de mes repères habituels (visages,

verdures, etc.) étaient toutes très naturelles. Je

crois que Bang & Olufsen connaît bien sa

clientèle cible et que l’ajout de contrôles supplémentaires

n’aurait comme effet que de

confondre l’acheteur type. Un simple appel

chez Bang et un spécialiste viendra chez vous

pour arranger les détails qui vous chicotent.

Le branchement de mon Illico ENP 8300HD

via HDMI a été très facile et j’ai pu réaliser

avec joie que la qualité d’image des canaux

réguliers était très acceptable. C’est souvent le

point le plus reproché aux télévisions HD.

Leur grande habitude à présenter les détails

rend les canaux standard d’une qualité douteuse.

Une bonne mise à l’échelle qui permet

de convertir le signal SD à la résolution native

du téléviseur est essentielle et la BeoVision 7 se

débrouille bien sur ce point. Les canaux HD

eux, sont tous simplement spectaculaires lorsque

la qualité est au rendez-vous comme CSI:

Miami sur CBS les lundis soir. Je m’étonne

chaque fois du rendu de l’image et aussi de la

facilité avec laquelle nos enquêteurs réussissent

à résoudre des crimes en apparence parfaits.

J’ai aussi mis à l’épreuve le lecteur DVD

intégré. Mon fidèle compagnon, le DVD de

SiliconOptix HQV, fut mis à contribution.

Les résultats en mode vidéo ont été décevants.

Les tests Pattern 1 et 2 présentaient des

effets d’escalier. Par contre, bonne nouvelle,

le test de détection 3:2 a été réussi, bien que

la détection soit plus lente que ce qui m’a été

possible d’observer sur les boîtes de traite-

68 Québec Audio & Vidéo, octobre / novembre 2007

ment vidéo Gennum et SiliconOptix. Les

tests de résolution Avia ont été passés avec succès,

ce qui confirme mes observations concernant

la mise à l’échelle des canaux de définition

standard. J’ai écouté quelques films

réguliers dont Sinbad: Legend of the Seven Seas,

un film pour enfants qui a été grandement

apprécié par mon garçon de 4 ans et par moimême.

Les couleurs étaient riches comme on

devrait s’attendre d’une animation de qualité.

Le BeoLab 7-4 est une enceinte active qui a été

spécialement conçue pour être utilisée

comme centre. Le but ultime est de reproduire

le plus fidèlement les voix. Nous sommes

donc bien servis dans ce film avec les voix

de Brad Pitt, Catherine Zeta-Jones et

Michelle Pfeiffer qui sont d’une clarté ultime.

Les basses sont par contre peu présentes, mais

ce n’est pas par incapacité mais plutôt par

design.

Je n’ai pu résister à la tentation de brancher

mon PS3 à l’une des multiples prises HDMI

disponibles. L’écoute de Pirates of the

Caribbeans: The Curse of the Black Pearl fut un

pur délice. L’image contient tellement de

petits détails que j’ai dû réévaluer ma position

sur le rapport distance de visionnement et

résolution. J’étais convaincu qu’à ma distance

d’écoute (2,40 m) la différence entre une télévision

HD (720p) et Full HD (1080p) serait

tout simplement imperceptible. Je dois maintenant

avouer que j’avais tort et l’image sur la

Bang était beaucoup plus précise que sur ma

plasma (720p) à une distance similaire. Pirates

of the Caribbean en Blu-ray possède un des

meilleurs transferts et c’est dommage qu’une

erreur de cadrage coupe à l’occasion la tête

d’Orlando Bloom lors de son combat avec

Johnny Depp. J’ai aussi mis à l’épreuve la

nouvelle version de Fifth Element. Ce film en

DVD était souvent utilisé par les membres de

forum audio-vidéo pour montrer la qualité

d’image de leur installation. La première ver-

sion Blu-ray était abominable et Sony n’a eu

d’autres choix que d’offrir une copie remastered

aux premiers acheteurs déçus par la qualité.

La nouvelle version est beaucoup mieux,

mais n’égale pas les transferts de films plus

récents.

L’art de vivre

J’ai bien aimé la BeoVision 7. Évidemment,

ce n’est pas un produit accessible à toutes les

bourses. Certes, vous pourriez trouver un

produit qui vous offrirait probablement

90 % de la performance technique brute

pour beaucoup moins cher. Mais Bang &

Olufsen sont avant tout des maîtres incontestés

de l’illusion. Leurs lignes au design

épuré nous cachent lecteurs, connexions et

affichages à des endroits les plus inattendus,

comme si l’espace s’ouvrait soudainement.

Avec eux, des objets utilitaires sont transformés

et élevés au statut d’oeuvres d’art, de

sorte que vous aimerez regarder votre télévision…

même lorsqu’elle est fermée.

Caractéristiques

techniques fournies

par le fabricant

BeoVision 7-40

Designer : David Lewis

Dimensions (H x L x P) : 26,9 po x 42,3 po x 7 po –

Téléviseur seulement ; 48,4 po x 42,3 po x 21,5 po –

Pied motorisé et enceinte BeoLab 7-4 ; 48,4 po x 49 po x

21,5 po – Pied motorisé et enceinte BeoLab 7-2 ;

36,7 po x 49 po x 21,5 po – Support table motorisé et

enceinte BeoLab 7-2 ; 35,5 po x 49 po x 16 po –

Support table statique et enceintes BeoLab 7-2 ; 32 po x

49 po x 16,75 po – Support mural motorisé et enceinte

BeoLab 7-2 ; 46,25 po x 42,3 po x 17,25 po – Support

mural motorisé et enceintes BeoLab 7-4

Fini du cabinet : noir, bleu, gris foncé, rouge, argent

Écran : ACL, antireflet, 40 po, 16 x 9

Résolution : 1 920 x 1 080, Full HD

Luminosité : 500 cd / m2

Contraste : 1 200:1

Temps de réponse : 8ms

Angle de visionnement : + / - 89 degrés vertical et

horizontal

DVD intégré

Compatibilité DVD : DVD-vidéo, vidéo CD, CD-DA,

CD-R, CD-RW, CD-MP3, JPEG, DivX, Multistandard

PAL/NTSC

Enceintes : BeoLab 7-2 ou BeoLab 7-4 vendues séparément

Accessoires : support de table (aluminium), support de

table motorisé (aluminium), support sur pied motorisé

(aluminium), support mural motorisé (aluminium)

Prix télé et enceinte BeoLab 7-2 : 15 600 $ ; télé et

enceinte BeoLab 7-4 : 15 600 $ ; support sur pied motorisé

: 1 200 $ ; support mural motorisé : 1 650 $ ; support

de table : 600 $. En option, télécommande Beo 5 :

425 $

Médiagraphie :

Sinbad: Legend of the Seven Seas, DVD,

DreamWorks

Pirates of the Caribbean: The Curse of the Black

Pearl, Blu-ray, Sony Pictures

The Fifth Element (Remastered), Blu-ray, Sony

Pictures


Un piano

dans la rue

Par GEORGES NICHOLSON

gnicholson@quebecaudio.com

S’il est vrai que l’espoir luit comme un brin de

paille, eh bien l’espoir a brillé le vendredi

24 août dans la rue des Muguets à Sorel-

Tracy.

À partir de rien, à partir d’une idée qui a

enfanté un rêve, « Un piano dans la rue » a

accueilli plus de mille citoyens qui avec leurs

familles, enfants et ados inclus, se sont

installés dans la rue des Muguets pour

entendre et écouter Rachmaninov, Chopin,

Rodrigo, Bach, Liszt, Ravel, etc.

Pourquoi, penserez-vous, écrire un article sur un concert en

plein air, un soir d’été, un concert comme il y en a tant, à chaque

été, à travers le pays ? C’est précisément à ce moment-ci

que la jubilation s’empare de moi, parce que justement ce n’est pas

un autre concert mais un événement né de la volonté d’un simple

citoyen : Alexandre Vovan.

Que ce simple citoyen, nouvellement arrivé dans la région, souhaite

apporter sa contribution à son nouveau milieu de vie en offrant

ses talents de pianiste et d’organisateur à ses nouveaux concitoyens,

c’est déjà admirable. Mais qu’en quelques mois, Vovan ait pris la

mesure des besoins et des forces de la région est exceptionnel.

Car la région Sorel-Tracy, chaque région du Québec en fait,

regorge de talents. Notre pourcentage de créativité per capita est un

des plus élevé du monde et Sorel-Tracy ne fait pas exception.

Alexandre Vovan rencontre donc Alexandre Éthier, l’exceptionnel

guitariste dont le nom est associé à celui de Richard Desjardins et qui

est originaire de Sorel. Vovan sollicite son ami Alexandre Da Costa

qui est déjà dans l’œil et l’oreille du public depuis plus d’une décennie.

Alexandre Vovan prêtera ses mains de pianiste et son piano et

voilà que le concept s’impose : « Les 3 Alexandre »!

L’organisation de l’événement

Avec des artistes en pleine carrière, trouver une fenêtre libre dans

un calendrier peut être un tour de prestidigitation impossible.

Miracle, aucun n’a d’engagement le vendredi 24 août, d’autant plus

qu’à un jour près c’est l’anniversaire de la mort de Denis Allard,

É V E N E M E N T

homme d’affaires connu de Sorel-Tracy et que le concert aura lieu

dans une des rues bordées de maisons qu’il a construites et devant le

8630, des Muguets.

Et c’est là où l’entreprise devient exemplaire. Sans un sou, sans subvention,

sans aucun moyen, les artistes jouant gracieusement, Vovan

payant de sa poche les frais inévitables, l’aventure commence à s’incarner.

Le nouveau venu doit donc convaincre le conseil municipal

de fermer à la circulation une rue d’un quartier résidentiel puis il faut

à une extrémité monter une scène professionnelle, attacher une

rampe d’éclairage, installer un système de sonorisation (nous sommes

en plein air) pour garantir la qualité du son, solliciter des commanditaires

qui acceptent de contribuer argent et expertise et enfin obtenir

le soutien et la collaboration du Festival de Musique du Bas-

Richelieu, voilà véritablement un tour de force pour un seul homme.

Après avoir tout négocié et surmonté toutes les épreuves et les

écueils de cette course à obstacles pour aboutir à organiser « Un

Piano dans la rue », il faut maintenant assurer la publicité et la diffusion

car sans le concours des médias électroniques et écrits, qui

serait au rendez-vous ? Affiches, articles et encarts publicitaires dans

les journaux, annonces-éclairs à la radio, tout est mis en place pour

que toute la population sache et se déplace. Au point de presse deux

semaines avant l’évènement, Vovan sortira son grand Petrov de neuf

pieds dans son stationnement et les « 3 Alexandre », vision surprenante,

jouent pour la presse réunie, autour d’ « un piano dans la

rue » des Muguets.

Québec Audio & Vidéo, octobre / novembre 2007

69


L’événement lui-même, maintenant !

Le jour convenu, le vendredi 24 août, on

dirait que la nature elle-même s’acharne à

maintenir le suspense : la bruine, la brume,

la pluie, des nuages gros comme des camions

et une humidité tropicale écrasent toute la

région. Le téléphone ne dérougit pas, les

courriels se multiplient : concert maintenu

ou annulé ? À 18 heures le ciel semble vouloir

se dégager, à 19 heures quelque centaine

d’auditeurs s’installent rue de Muguets, à

19:30 heures la rue est envahie et à 20 heures

plus de mille personnes auront répondu à

l’invitation pour ce concert hommage.

70 Québec Audio & Vidéo, octobre / novembre 2007

Photographe: Studio Manning, Philippe Manning

Comme pour les remercier, les étoiles brillent

et la lune sera présente côté cour tout le long

du spectacle que l’animateur de CJSO, André

Champagne, a accepté d’animer.

Déjà, partir de rien, d’une idée, d’un rêve,

d’un hommage et organiser une célébration

semblable, déplacer plus de mille personnes

sous un ciel incertain, déjà, dis-je, c’est prodigieux

et le concert aurait pu être ordinaire

qu’il aurait quand même fallu parler de l’évènement.

Un moment magique !

Mais le miracle, et ce qui fait justement

que l’évènement restera dans les mémoires et

les annales, c’est le niveau musical de la soirée.

Que ce soit dans le Domeniconi ou l’Adagio

du « Concierto de Aranjuez », admirablement

soutenu par sa partenaire Lysandre

Hamelin, Alexandre Éthier est si extraordi-

naire de précision rythmique qu’on croirait

ses doigts couverts de velours. Alexandre

Vovan, l’homme orchestre, va faire sonner

son Petrov et se surpasse avec une éblouissante

« Valse Méphisto » de Liszt et un

« Nocturne » de Chopin bouleversant d’intimité.

Mais après une suite du ballet Roméo et

Juliette de Prokofiev avec son spectaculaire

complice Wonny Song au piano, Alexandre

Da Costa livre de l’ « Adagio de la 1re sonate

pour violon seul de Bach » une interprétation

hors de ce monde. La ligne de chant est soutenue

par un souffle infini qui pour moi, fait

de ce moment le sommet du concert. Malgré

les enfants, les grillons et la rumeur que mille

personnes rassemblées dégage, le Bach

déroule ses volutes dans un silence de cathédrale.

Au moment où les maisons de disques

diminuent, quand ce n’est pas carrément

réduire à néant la production d’enregistrements

de musique classique (plus de mille ans

de créations renvoyées au silence), au

moment où de façon générale à travers le

monde les gouvernements se sont tacitement

mis d’accord pour supprimer des programmes

d’éducation des cours d’initiation à la

musique et aux arts en général, au moment

où les radios publiques sabrent de façon draconienne

dans leur programmation de musique

exigeant un minimum d’attention soutenue,

l’évènement « Un piano dans la rue »

prouve que malgré la surdité des décideurs

professionnels, la musique se porte bien et

qu’il n’en tient qu’à la volonté politique des

élus (il ne faut jamais oublier que « nous » les

élisons) de choisir la société dans laquelle

nous vivrons.


Avec MARC SAMSON

msamson@quebecaudio.com

ORCHESTRE SYMPHONIQUE

DE QUÉBEC

Sous le titre « Children’s Corner », des œuvres

pour piano de Debussy dans des transcriptions

pour orchestre de Ravel, Caplet, Busser, Ansermet

et Stokowski. Direction : Yoav Talmi

ATMA, SACD 2 2377

Superbe réussite. Ainsi pourrait se résumer le plus récent enregistrement

de l’Orchestre symphonique de Québec. Réussite

pour le choix original et inusité du répertoire qui consiste en

des transcriptions pour orchestre – signées Ravel, Caplet,

Ansermet, Busser et même Stokowski – de pièces de Debussy

originalement écrites pour le piano – dont la suite Children’s

Corner qui donne son titre au disque, de même que les Épigraphes

antiques, la Petite Suite et le fameux Clair de lune

(ce dernier en deux versions dues à Caplet et à Stokowski).

Réussite en ce qui a trait à l’interprétation toute marquée par

la justesse de style que Yoav Talmi, le directeur musical de

l’OSQ, a su tirer de cet orchestre dont le niveau s’est hautement

amélioré depuis qu’il en assure la responsabilité artistique.

Aussi pour le jeu lumineux, aéré, élégant, expressif,

éclairé de mille détails sans pour autant altérer ou rompre la

continuité du discours, obtenu par lui des musiciens de l’OSQ.

Réussite d’autre part pour une prise de son qui assure à la formation

québécoise une transparence qu’on ne retrouve pas

toujours aussi présente dans ses prestations au concert des

œuvres françaises. Sans compter un remarquable équilibre

entre les différentes sections de l’orchestre tout en lui conservant

une généreuse unité sonore. Une superbe réussite, je vous

dis !

ELINA GARANCA

Mezzo-soprano

Airs tirés d’opéras de Massenet, Offenbach,

Rossini, Richard Strauss, de zarzuela de Chapi

et de pièces de Villa-Lobos et Montsalvatge

Avec l’Orchestre de la Staatskapelle de Dresde

dirigé par Fabio Luisi

DEUTSCHE GRAMMOPHON, 477 6231

Déjà star en Europe, quoique encore peu connue en Amérique

où elle doit faire ses débuts au Metropolitan Opera la saison

prochaine dans Le Barbier de Séville, Elina Garanca compte

parmi cette nouvelle génération de chanteurs – avec notamment

la soprano Anna Netrebko et les ténors Rolando Villazón

et Juan Diego Florez – qui apportent un souffle de jeunesse, de

fraîcheur, au monde souvent figé de l’opéra. Ils possèdent tous

de belles voix, ont du charisme, le physique de l’emploi et

jouent avec l’assurance de vrais comédiens. Originaire de

Riga, en Lettonie, Elina Garanca possède une voix de mezzo

lyrique au registre très étendu (ce qui lui permet d’aborder des

pièces pour soprano avec aisance sans pour autant s’identifier

à ces mezzos qualifiées ironiquement de « sopranos paresseuses

»), de couleur ambrées, agile (comme en témoignent

les vocalises et les ornements de l’air final de La Cenerentola

de Rossini) et au magnifique legato (particulièrement notable

dans le bel Aria tiré des Bachianas brasileiras no 5 de

Villa-Lobos). Dans un programme hétéroclite qui fait se voisiner

un extrait de La Grande Duchesse de Gérolstein au

sublime trio final du Chevalier à la rose de Richard Strauss

et un flamboyant air de zarzuela de Ruperto Chapi, Elina

Garanca se révèle partout une « vraie nature » de chanteuse

et de musicienne et se démarque dans le dramatique Air des

lettres de Werther de Massenet, chanté par ailleurs dans un

français impeccable. La jeune mezzo a en outre la chance,

dans ce premier disque sur étiquette jaune, d’avoir le soutien

du merveilleux orchestre de la Staatskapelle de Dresde et de

son chef Fabio Luisi rompu aux impératifs de l’opéra

CHOPIN & RACHMANINOV

Sonates pour violoncelle et piano

Alexander Kniazev, violoncelliste, et

Nikolai Lugansky, pianiste

WARNER CLASSICS, 25646 39462

Les violoncelliste ont certes raison de déplorer que les compositeurs

des 18e et 19e siècles (Mozart en premier lieu) ne leur

aient pas laissé autant d’œuvres ayant marqué l’histoire de la

musique qu’ils ne l’ont fait pour le violon, par exemple. Qu’à

cela ne tienne ! Ils peuvent toujours s’en remettre aux imposantes

sonates que Chopin et Rachmaninov leur ont cédées en

héritage. Le violoncelliste Alexander Kniazev et le pianiste

Nicolai Luganky, tous deux héritiers de la grande école et tradition

russes, ne ratent pas l’occasion qui leur est offerte dans

ces pages élaborées. Tant s’en faut ! De ces deux sonates où le

rôle du piano a en quelque sorte la part du lion – après tout,

Chopin et Rachmaninov étaient tous deux pianistes – l’un et

l’autre en proposent des lectures cohérentes, passionnées,

intenses, émotives, au risque parfois d’en atténuer l’essence

lyrique dans certains passages. Voilà pourtant qui est mieux,

et plus valorisant malgré quelques excès, que l’approche correcte

et neutre de certains de leurs collègues. Quant à la

beauté du phrasé et au lyrisme, Kniazev et Lugansky savent

tous deux de quoi il en retourne dans la célèbre Vocalise de

Rachmaninov, tout aussi envoûtante dans sa version pour

violoncelle que son originale pour voix.

Québec Audio & Vidéo, octobre / novembre 2007

71


Avec GILLES ARCHAMBAULT

garchambault@quebecaudio.com

72 Québec Audio & Vidéo, octobre / novembre 2007

HARRY ALLEN / JOE

TEMPERLEY

Cocktails for Two

SACKVILLE, SKCD2-3071

L’industrie du disque étant devenue ce qu’elle est, il ne faut pas

s’attendre à ce que les majors enregistrent la musique de

jazzmen de haut niveau qui pratiquent leur art sans compromis.

Les initiatives de l’étiquette torontoise Sackville sont donc

plus que bienvenues. Joe Temperley roule sa bosse depuis de

nombreuses années, il joue du saxophone baryton comme on

le faisait à la période classique. Harry Allen, au saxo ténor,

serait dans la lignée d’un Zoot Sims ou d’un Scott Hamilton.

Enregistrés en public dans une petite boîte, en quintette, les

deux musiciens nous offrent leurs versions de standards du

répertoire en mettant dans leurs interprétations, une sincérité

et un entrain qui ne se démentent pas. D’excellents moments.

ELLA FITZGERALD

Love Letters from Ella

CONCORD, CCD 30213

On ne compte plus les disques d’Ella. Sa carrière a été longue

et fructueuse. Peu de déchets, mais en revanche des réalisations

dont le brio nous étonne encore. Certes, on ne trouve pas

chez elle le degré d’émotion d’une Billie Holiday. Mais la voix

est présente, le goût du swing rarement pris en défaut. Ce disque

nous présente des inédits de la chanteuse qui remontent

aux années 70. Quand elle est accompagnée par l’orchestre de

Count Basie ou par un trio, Ella Fitzgerald brille de tous ses

feux. L’amateur pourra déplorer que pour quatre des chansons,

elle doive se contenter du soutien de la London

Symphony Orchestra. L’interprétation est juste, mais pourquoi

a-t-on opté pour ces accompagnements sirupeux ? Mystère. Il

n’empêche que le disque qui nous parvient comprend de très

beaux moments et qu’il nous rappelle quelle magnifique

vocaliste était Ella. Nostalgiques, à vos marques !

STACEY KING

SK Collection II

CANDID, 79997

Il peut paraître audacieux de parler d’une autre chanteuse de

jazz après Ella, néanmoins j’ose. Stacey King ne parviendra

probablement jamais au même statut. Elle a pourtant un

talent indéniable. Je la situerais quelque part entre Peggy Lee

et Anita O’Day. Si le répertoire mis en vedette ici est exclusivement

composé de standards, Stacey King réussit à les renouveler.

Ce qui ne nuit en rien à l’affaire, elle est magnifiquement

accompagnée par David Newton au piano, Jim Tomlinson aux

saxophones ténor, soprano et alto, à la flûte et à la clarinette et

Colin Oxley à la guitare. Il en résulte une session qui pourra

plaire sans aucun doute à l’amateur qui fait son miel, par

exemple, des disques de Stan Getz de la période bossa nova. Il

y a même dans certains morceaux une douceur, un charme

étonnants. À recommander à ceux pour qui le jazz n’est pas

encore une affaire tout à fait sérieuse. Les autres, les convaincus,

ne s’ennuieront pas.

BENNIE WALLACE

Mystic Bridge

ENJA, ENJ 2-2108

Bennie Wallace aura 61 ans en novembre. Il est de ceux qui

ont depuis longtemps mêlé à leurs interprétations des influences

en principe opposées. Chez lui, éléments de free-jazz,

débordements en tous genres voisinent avec la fréquentation

de musiciens du passé comme Ben Webster et Don Byass. Ce

Mystic Bridge est vieux de près de vingt-cinq ans et nous

revient dans une version remastérisée. Comment résister à un

tel déploiement de force ? On est entraîné malgré soi. Même

Chick Corea réussit au piano à atteindre une certaine profondeur

d’inspiration. Disque remarquable. La première pièce,

The Bob Crosby Blues, est irrésistible.

DAVID MURRAY

Sacred Ground

JUSTIN TIME, JUST 204-2

Dans la même lignée que Bennie Wallace, les convictions

raciales et politiques en plus, David Murray ne fait pas dans la

dentelle. Si certaines de ses incursions récentes dans le

domaine de la musique africaine entre autres ont pu dérouter

les amateurs, ce Black Saint Quartet relève sans conteste d’un

jazz auquel nous sommes habitués. Que ce soit à la clarinette

basse ou au ténor, Murray joue avec une fureur qui, de contenue

qu’elle est au début des exécutions, finit toujours par éclater.

Lafayette Gilchrist, pianiste sur qui il faudra compter, est

un complice admirable. Cassandra Wilson est plus que

convaincante dans The Prophet of Doom, la dernière pièce de

l’album.

JACQUES VIDAL

Mingus Spirit

NOCTURNE, NTCD 415

Même si je suis d’avis que seul Mingus peut jouer du Mingus,

force m’est d’avouer que cette tentative du contrebassiste français,

Jacques Vidal, n’est pas à dédaigner. Autant Glenn Ferris

au trombone que Eddie Henderson à la trompette et Eric

Barret au saxo ténor réussissent à recréer en partie l’esprit du

grand contrebassiste et compositeur américain. Pour y parvenir,

ils ont eu la sagesse de ne pas reprendre ses compositions,

ils se contentent d’évoquer sa figure avec parfois ce qui ressemble

à du brio.


Avec PIERRE JOBIN

pjobin@quebecaudio.com

DAWN TYLER WATSON ET

PAUL DESLAURIERS

En Duo

JUSTIN TIME RECORDS, JTR 8532-2

Le tout est plus grand que la somme des parties, c’est bien

connu !... N’ayant pas vu le spectacle en duo avant d’entendre

l’album, j’ai tout d’abord été frappé par la beauté du

mélange des voix superbes de Dawn Tyler Watson et de Paul

Deslauriers. Si l’on ajoute à cela, les magnifiques sonorités

du jeu de guitare acoustique de Deslauriers et le choix des

pièces de style folk, blues et jazz, il en résulte un amalgame

d’une beauté indémodable. Des reprises bien ficelées de Led

Zeppelin, Bruce Cockburn et Paul Simon, sans oublier le

Come Together de Lennon-McCartney, côtoient avec un égal

bonheur des compositions de l’excellent Rob Lutes ou encore

de la chanteuse de « deep feeling ». La version acoustique de

Cold Shot du Texan W. C. Clark n’est pas sans rappeler Stevie

Ray Vaughan qui a popularisé ce classique. Deslauriers y saupoudre

le sel et la touche de ses arrangements et DTW, le souffle

soul, contribuant à en faire un tout enraciné et planant.

Boozin’, la pièce qui suit, voit l’interprète féminine nous exécuter

un solo de mouth trombone avec ce qu’il faut de graveleux

pour nous le rendre sympathique. Why, une composition

de Dawn Tyler Watson, se présente dans une palette

sonore grandiose, aux beautés d’aurores boréales. Une

grande chanson, un texte touchant de tragédie humaine,

interprété avec une profondeur et une richesse d’émotions !

En rétrospective, Dawn Tyler Watson et Paul Deslauriers y

mettent ce qu’il faut de vivacité, de fraîcheur et d’inventivité

pour que pièces originales et classiques nous apparaissent

également sous un jour nouveau ! Un très beau disque à tous

points de vue !

MITCH KASHMAR

Wake Up & Worry

DELTA GROOVE PRODUCTIONS, DGPCD109

Il y a un swing naturel indéniable dans l’allant de Mitch

Kashmar et de l’orchestre de vieux loups qui l’accompagne.

Après plus d’une vingtaine d’années à payer ses dues to the

blues et une nomination en 2006 au Blues Music Awards dans

la catégorie « Best New Artist Debut » pour le DC Nickels

& Dimes, le voici qui récidive rapidement avec Wake Up

& Worry. Cet as de l’harmonica, tant diatonique que chromatique,

me fait me rappeler quelques effluves du regretté

William Clarke, harmoniciste, tout comme lui de la côte ouest

américaine. Cet album propose sept pièces originales du leader

et trois sélections d’autres créateurs. Parmi ces dernières, deux

reprises popularisées par Little Walter, ce génie de l’harmonica

amplifié ou « Mississippi saxophone », s’insinuent dans la

trame de cet album. Kashmar est un excellent chanteur et harmoniciste

et un auteur-compositeur solide. Juste de l’entendre

groover, plein d’âme et débordant de verve, donne le goût de

faire le party avec lui et sa bande de lascars !

RUF RECORDS ANTHOLOGY

12 Years of “Where The Blues Crosses Over”

RUF RECORDS, Ruf 1121

Ruf Records dégage quelque chose d’essentiel du caractère

intense de Luther Allison, comme un pied ancré dans la tradition

et l’autre pied, par devant, celui de l’énergie, du modernisme

et de l’ouverture. Ce double album CD-DVD marque le

douzième anniversaire de Ruf Records, fondé par Thomas

Ruf, cet ex-agent européen de Luther Allison de 1989 à 1994.

Côté CD, Walter Trout et Jeff Healy, ouvrent le bal de façon

énergique avec Workin’ Overtime, dans une avalanche de

notes et de cordes étirées, livrées de main de maître ! Sue Foley

établit ensuite son groove serré avec son batteur et son bassiste.

Elle émaille le tout de ses riffs de Telecaster et de sa voix

haut perchée à la passion incandescente. Artistes européens et

américains irisent tour à tour de leur intensité et de leur

savoir-faire, que ce soit l’Anglais Ian Parker, le Texan Omar &

the Howlers, l’excellent Larry Garner, issu de la Louisiane ou

encore Ana Popovic, cette dynamique Yougoslave ; Canned

Heat, Luther Allison, et son fils Bernard sont aussi de la partie.

Côté DVD, j’ai aussi été agréablement surpris par la très

bonne qualité des treize sélections offertes. Blues Caravan,

mettant à l’avant-plan trois jeunes étoiles de l’étiquette, soit

Erja Lyytinen, à la guitare glissée (slide) et au chant, de

même que les guitaristes-chanteurs, Aynsley Lister et Ian

Parker, se révèle être une formation rafraîchissante de complicité

et de jeu enlevé. Bob Brozman, cet orfèvre du blues slidedobroacoustique,

nous livre, quant à lui, une interprétation

traditionnelle au Dobro métallique et à goulot, avec

beaucoup de relief et de brillance. Bernard Allison, pour sa

part, marche dans les traces de la tradition blues, infusée par

son père. Il faut le voir haranguer la foule, prêcher le blues

et… obtenir l’adhésion des aficionados. Parmi tous ces

talents, Ian Parker est celui qui m’a le plus captivé, avec son

interprétation de Awake At Night. Cet auteur-compositeur qui

fusionne un talent exceptionnel avec une intensité hypnotique,

se révèle un interprète doté d’un charisme spécial et

d’une force expressive hors du commun. Les Friend’n Fellow,

ce duo guitariste et chanteuse, à la très belle présence scénique

et au classicisme acoustique se révèlent originaux et

authentiques. Pour clore cette rétrospective moderne et pleine

d’énergie, qui de plus indiqué que Luther Allison, lui-même !

Il s’exécute dans Bad Love, un vidéoclip jusque-là inédit,

enregistré en 1994. Comme à son habitude, il nous livre une

prestation pleine de feeling, où fusionnent avec beaucoup de

feu, son chant passionné et son jeu de guitare aux qualités

primales ! Bravo aux gens de Ruf Records pour cette musique

dynamique, enracinée et moderne, et… bonne continuation

!

Québec Audio & Vidéo, octobre / novembre 2007

73


Avec RICHARD GUAY

rguay@quebecaudio.com

74 Québec Audio & Vidéo, octobre / novembre 2007

OUTER LIMITS

Stromatolite

MUSEA RECORDS, FGBG 4719.AR ;

WWW.MUSEARECORDS.COM

Outer Limits est un groupe japonais qui connût ses heures de

gloire dans la deuxième moitié des années 1980 avec la parution

de quatre albums (1985-1989). Près de 20 ans après leur

dernier opus, peu croyaient encore à une reformation, même si

cette dernière était annoncée depuis plusieurs années. Autre

surprise : la plupart des membres de la formation originale

reprennent du service et c’est avec plaisir que l’on retrouve

Shusei Tsukamoto (claviers, voix), Takashi Kawaguchi (violon,

alto, guitares), Takashi Arakimi (guitares, basse, voix) et

Nobuyuki Sakurai (batterie, percussions), auxquels s’ajoute

Sugimoto Tadashi (voix, basse, contrebasse, violoncelle). La

musique de Outer Limits, fortement inspirée par le rock progressif

italien, est d’un classicisme réjouissant. Les mélodies

qui reposent sur une solide base symphonique, véhiculent de

fortes charges émotives, voire romantiques. Les variations harmoniques

se déplacent tout en finesse et en délicatesse, en

grande partie à cause du violon ensorcelant de Kawaguchi. Le

chant est maintenant assuré par Tadashi qui, avec sa voix

douce et discrète, contribue beaucoup au charme de l’ensemble,

particulièrement lors de Lunatic Games, pièce chantée

partiellement en japonais ! Les nombreux instruments

employés, qui incluent même un Mellotron et un orgue

d’église, ajoutent une gamme d’émotions à une musique déjà

bien épicée et d’une richesse exemplaire. Stromatolite se veut

non seulement une réunion réussie mais aussi une œuvre d’art

d’un esthétisme sidérant et que l’on ne peut éviter !

PHIDEAUX

Doomsday Afternoon

BLOODFISH MUSIC, ZYZ-666 ; WWW.BLOODFISH.COM

Phideaux Xavier est un multi-instrumentiste américain qui

proposa son premier album solo en 1992 (Friction). Ce n’est

qu’en 2004 cependant et avec la complicité du batteur Rich

Hutchins que « Phideaux » deviendra officiellement un

groupe, auquel collaborera une armée de musiciens, chanteurs

et chanteuses. Depuis trois ans, Xavier ne chôme pas et

a proposé rien de moins que six opus : Fiendish, Ghost Story,

Chupacabras, 313, The Great Leap et maintenant,

Doomsday Afternoon. L’univers dans lequel nous invite

Phideaux, et particulièrement avec Doomsday Afternoon,

est intimiste et mystérieux. Sa musique est subtile, précieuse,

voire onirique. La structure mélodique est raffinée et repose

sur une base symphonique irréprochable. Chaque détail est

soigné à la perfection. Les instruments classiques, tels le

piano, la flûte et les cordes, sont omniprésents et partagent la

scène avec leurs compléments électriques avec doigté et harmonie.

Les nombreuses voix masculines et féminines rendent

justice au climat de désarroi engendré par un concept ayant

une catastrophe écologique comme toile de fond. Plusieurs

variations reviennent tout au long de l’album sous des formes

différentes, ce qui rend l’écoute encore plus intéressante. Les

pièces se suivent d’une manière coulante un peu comme les

chapitres d’un roman. La musique de Phideaux, plus feutrée

que rythmique et passablement introspective, est atypique et

devrait vous surprendre agréablement, à condition d’y

consentir les efforts nécessaires et d’accepter de pénétrer dans

l’univers poétique de ce créateur exceptionnel !

SHADOW CIRCUS

Welcome to the Freakroom

PROGROCK RECORDS, PR 390 ; WWW.SHADOWCIRCUS-

MUSIC.COM/BAND/ ; WWW.PROGROCKRECORDS.COM

Shadow Circus est un quintette new-yorkais composé de David

Bobick (voix), John Fontana (guitares), Matt Masek (basse, violoncelle),

Corey Folta (batterie) et Zach Tenorio (claviers). Ces

musiciens chevronnés, passionnés de rock progressif et qui ont

évolué depuis plusieurs années sur la scène musicale de la « big

apple » proposent un premier opus dépareillé et d’une originalité

exubérante. Leur musique, en effet, incorpore plusieurs éléments

empruntés au folk, au soul mais aussi au jazz new-yorkais,

à un ensemble progressif solide. Les compositions, très articulées,

surprennent par leurs changements fréquents de direction,

parfois brusques. La culture de spectacle baroque qui sert

de toile de fond à l’œuvre détonne sur la gamme de couleurs

employées, notamment par un lyrisme exacerbé et des paroles à

saveur dramatique. Le contenu mélodique, assez hard, est

extrêmement riche et contient une variété d’émotions. Welcome

to the Freakroom plaira d’abord aux amateurs des groupes

rock symphoniques américains à la recherche de sophistication.

Très éclatée, cette pièce de théâtre burlesque progressive devrait

vous tenir en haleine facilement jusqu’au dernier acte !

THE REASONING

Awakening

COMET MUSIC, CMO 10207 ; WWW.THEREASONING.COM

The Reasoning est une nouvelle formation britannique composée

de Matthew Cohen (basse), Rachel Jones (voix, percussions),

Dylan Thompson (voix, guitares), Gareth Jones (voix,

claviers), Lee Wright (guitares) et Viden Wylde (batterie). Cette

dernière propose un équilibre réjouissant de progressif classique

et de variations « rock adulte » très stimulantes. Si la

structure mélodique est relativement conservatrice, le résultat

final est drôlement ludique et accessible, tout en restant raffiné.

Rythmée, légère, entraînante, voire enivrante, la musique

de The Reasoning est truffée de joyeux arrangements et réserve

de nombreuses bonnes surprises comme des références floydiennes

caractéristiques. L’équilibre entre les extraits hard et

feutrés est parfaitement maintenu. La voix toute féminine de

Rachel Jones ajoute une touche de fraîcheur à l’ensemble.

Certaines pièces, telles Aching Hunger ou Fallen Angels,

offrent une facture de type « alternatif britannique des années

1980 » très réjouissante. Awakening est une valeur sûre qui

saura vous faire passer de très agréables moments sans pour

autant remettre en question vos convictions !


« Puis-je obtenir la performance d’une enceinte autoportante

de la part d’un haut-parleur encastrable ou “invisible” ? »

«L

a réponse courte est non. La réponse longue est : possiblement.

Laissez-moi vous expliquer. »

Une enceinte autoportante traditionnelle possède son propre contenant :

un coffret en bois, ou un cabinet. Étant donné que je connais la grosseur

et la forme du cabinet, je peux ajuster l’enceinte pour qu’elle sonne

exactement de la manière dont je le désire (autrement dit, de manière

parfaite).

Un haut-parleur encastrable (au mur ou au plafond) ne possède pas de

coffret; le haut-parleur lui-même est positionné dans un caisson à l’intérieur

du mur – lequel est rembourré ou non d’isolant –, entre deux

montants, centré ou non dans l’espace. Un haut-parleur encastré dans

un mur peut sonner éteint ou retentissant, ou laisser passer le son dans

les autres pièces. Je ne peux pas prédire comment le mur affectera le son

du haut-parleur. Je ne peux prédire, mais je peux planifier.

Planifier une meilleure performance

d’un haut-parleur encastrable

Les ingénieurs de Polk Audio, qui conçoivent des enceintes

depuis plus de 30 ans, savent que l’espace derrière un

haut-parleur est aussi important que l’espace devant

celui-ci. Donc, nous avons développé

une technologie permettant d’ajuster

facilement le son de nos haut-parleurs

encastrables pour s’adapter aux caractéristiques

uniques de votre

installation murale ou horizontale

spécifique. Un

exemple : l’évent de

Les coffrets optionnels Polk

Audio Performance

Enclosures créent le

volume et l’amortissement

interne idéal pour une

performance de graves

optimale.

www.polkspeakers.com/iwc

5601 Metro Drive

Baltimore, MD 21215 USA

Customer Service 800-377-7655

Monday - Friday 9:00am to 6:00pm E.S.T.

Matt Polk, Spécialiste en enceintes

grave PowerPort, une technologie brevetée par

Polk, qui livre le type de graves puissants

auquel vous vous attendez de la part

d’enceintes autoportantes. Notre

coffret optionnel Performance

Enclosure peut s’installer

directement dans le mur, entre

les montants, permettant à vos

haut-parleurs « invisibles » encastrables

d’offrir une performance constante dans

n’importe quel mur ou plafond. Vous serez

étonné par le son.

Le haut-parleur LC80i, encastrable

au plafond, offre trois ajustements

de filtre séparateur qui sont

paramétrables par l’usager afin

d’adapter le son à n’importe

quelle situation d’installation.

Un nom que vous connaissez

Choisiriez-vous une marque sans nom pour vos électroménagers encastrables

? Ou préféreriez-vous la sécurité, la performance et la fiabilité

d’une marque reconnue et respectée ? Pourquoi en serait-il

autrement pour le choix de haut-parleurs ? Dites à votre installateur

spécialisé en audio que vous désirez la performance

supérieure d’un haut-parleur Polk Audio dans votre

demeure.

Brochure gratuite

Appelez-moi et permettez-moi de vous envoyer une brochure

GRATUITE (sur du papier glacé) vous présentant mes hautparleurs

encastrables (au mur ou au plafond) ainsi que

l’emplacement du spécialiste en installation personnalisée

le plus près de chez vous en composant

le : 800-377-7655. Ou, visitez

www.polkaudio.com/home.»

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