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LES ORIGINALES

Parmi les artistes qui auront su nous étonner

en nous offrant des œuvres sortant vraiment

des sentiers battus, mentionnons tout

d’abord deux Africaines qui ont chacune à sa

façon chamboulé la tradition musicale initialement

préservée par les hommes de leur

pays : la peu banale Nawal des Îles Comores,

une musulmane peu orthodoxe chantant et

jouant du gambusi (ancêtre du oud arabe

venu du Yémen), qui entremêle rythmes arabes

et africains et chants soufis; la singulière

reine du mbira (genre musical et sorte de

piano à pouces) Stella Chiweshe du

Zimbabwe dont les transes répétitives auront

hypnotisé le public réuni au Club Balattou.

Enfin, dans des sentiers plus connus et fréquentés,

parlons de la belle prestation de

Misia, chanteuse de fado portugais dont elle

renouvelle pourtant le genre en chantant des

œuvres issues de la poésie portugaise

moderne écrite notamment par des femmes

et des écrivains homosexuels.

LES RUGISSANTS

Parmi eux, il y en a un que sa crinière classe

immédiatement dans cette catégorie d’artistes

forts en gueule aussi imposants qu’un roi

lion, et j’ai nommé Tiken Jah Fakoly.

Chaque passage à Montréal du reggaeman

ivoirien (en exil au Mali depuis cinq ans) est

un événement. Dans chacun de ses concerts

où il dénonce la corruption aussi bien des

gouvernements africains que des grandes

puissances mondiales, le chanteur fait un

tabac. Sa prestation dans un Métropolis survolté

et rempli à craquer n’aura pas fait exception

à la règle. Puis, le vénérable trompettiste

et chanteur d’Afrique du Sud, le fort en

gueule et en souffle Hugh Masekela, a offert

à La Tulipe l’un des concerts les plus mémorables

de cet été 2007 et, à coup sûr, l’un des

De gauche à droite:

1) Émeline Michel

2) Nawal

3) Ousmane Touré

4) Hugh Masekela

5) Samba Mapangala et

Orchestra Virunga

6) Gabriela Mendes

7) Tiken Jah Fakoly

plus beaux moments de la programmation

du Festival Nuits d’Afrique (de très haut

niveau cette année). Reprenant les pièces de

son dernier disque, Live at the Market Theatre

enregistré à Johannesburg, l’activiste (qui fut

en exil durant 30 ans) a offert un hommage

bien senti à Nelson Mandela et joué avec ferveur

et intensité bon nombre de ses succès

afro-jazz. Enfin, un mot sur l’Algérien

Rachid Taha, qui n’a peut-être pas toujours

la noblesse et la grandeur des deux autres

quand il se fait provocant et irrévérencieux à

propos de tout et de rien (maugréer contre les

heures de fermeture des bars de Montréal n’a

pas précisément la même portée que dénoncer

ce qui se passe en Irak ou en Afghanistan).

Mais l’enfant terrible du raï est toujours aussi

percutant et toujours à son meilleur quand il

interprète des pièces explosives comme Voilà,

voilà, Ya Rayah, Bent Sahra, Médina…

Québec Audio & Vidéo, octobre / novembre 2007

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