LA MAISON

leclairdany

LA MAISON

magazine n˚ 2 · mars et avril 2013 GRatUit

ENTRE

VUES

François

OZON

Dans la maison

François

CLUZET

11.6

Isabelle

BOULAY

Le cinéma vu par…

VALEUR

SÛRE

11.6

25

nouveautés

à l’affi che

DANS

LA MAISON

Un fi lm de FRANÇOIS OZON

RENOIR • paRis-ManHattan • Les saVeURs dU paLais

n° 2


Mot de la

rédaction

La relâche

au Beaubien

Les Rendez-vous d’Unifrance à Paris et Ciné-Québec en janvier, la Berlinale et les Rendezvous

du cinéma québécois en février… la saison des marchés est commencée! Et parmi la

cinquantaine de fi lms visionnés, près de la moitié se retrouveront sur les écrans du Cinéma

Beaubien au cours des prochains mois. Sélectionner les fi lms qui prendront l’affi che et

concevoir un calendrier, c’est un travail qui se fait au quotidien.

Plusieurs facteurs peuvent changer les plans de mise en marché des fi lms. Le commentaire

le plus fréquent qui nous a été fait pour notre premier numéro concerne les dates

de sortie annoncées. Nous essayons de donner l’information la plus juste possible, mais le

magazine est publié pour une période de deux mois. Il y a parfois des changements après

la date de tombée.

On nous a aussi fait remarquer que certains fi lms – américains souvent –, ne sont pas dans

la programmation du Beaubien. Ce sont des coups de cœur, des fi lms importants pour

nous, présentés dans d’autres salles membres de l’Association québécoise des cinémas d’art

et d’essai, dont fait partie le Cinéma Beaubien, et que nous voulons partager avec vous.

cinemabeaubien.com

n° 2

Comme chaque année, depuis onze ans, le

Cinéma Beaubien accueillera le Festival international

de fi lms pour enfants de Montréal

pendant la semaine de relâche. Des fi lms de

27 pays émerveilleront les enfants et leurs

parents. Si vous n’avez jamais eu la chance

d’assister à une séance du FIFEM, nous vous

invitons à venir vivre l’émerveillement avec

vos yeux d’enfant. Vous verrez, un fi lm pour

enfant, c’est d’abord et avant tout un fi lm!

D’ailleurs, nous avons toujours tout fait pour

faciliter l’accès du Cinéma Beaubien aux

parents de jeunes enfants. Eux aussi ont le

droit de profi ter de sorties. C’est dans cette

optique que nous avons soumis notre candidature

pour être reconnu comme un lieu

ISO-FAMILLE. Nous en sommes très fi ers.

Bonne LeCtURe et Bon CinéMa À toUs!

(M.F.)

3

Magazine Beaubien n° 2 · mars et avril · 2013


Magazine Beaubien n° 2 · mars et avril · 2013

VALEUR

SÛRE

11.6

Dans ce numéro

05 En couverture · DANS LA MAISON

20 Info-ciné

26 Films pour enfants

34 Mots croisés

35 Carte Cinéma

38 Index

11

11.6 est inspiré d’une histoire véridique qui a marqué le paysage

médiatique de l’Hexagone au printemps 2009. […] Grâce à son

vol spectaculaire et à la suite de son arrestation, Toni Musulin

est devenu en l’espace de quelques semaines un personnage

fascinant aux yeux des Français. […] Car, et c’est la particularité

de l’histoire, de son butin, Musulin laissera derrière lui 9,1 millions

d’euros. Un geste qui reste inexplicable : pourquoi voler une

telle somme si c’est pour abandonner la majorité de celle-ci à la

police. Tout le mystère et la force du fi lm résident dans ce geste.

(P.B.)

Solution mots croisés de la page 34

Horizontalement

1. JOBS 2. SARILA 3. PETERWEIR 4. RH • W • DAY 5. MIA 6. MADAGASCAR 7. ÉMOND • CF

8. PO • TL • LON 9. IS • MY 10. BABE • MÉO • MF 11. LASSIE 12. BIZ • MALICK 13. NELL • PI

Verticalement

A. POPEYE B. ROSALIE C. JUTRA • BAZ D. EH • MÉLIÈS E. SAM F. WW • DOR • MIEL G. RAN

H. SID • GDT I. ZARAFA • AP J. SC • MOGLI K. RIO • MCFLY L. CIA M. MAY • ARONOFSKY

Chroniques

ENTREVUE • François Ozon

CINÉ-PSY • DANS LA MAISON

ENTREVUE • François Cluzet

ARTS DE LA SCÈNE

LIVRES

LE CINÉMA VU PAR... • Isabelle Boulay

28

4 cinemabeaubien.com

6

8

12

16

24

sommaire

n° 2


Festival de San Sebastian – Coquillage d’or du meilleur film

Festival international du film de Toronto 2012 – Prix Fipresci

Prix Lumières – Meilleur espoir masculin - Ernst Umhauer

DANS LA

MAISON

Un film de François ozon

Du même réalisateur : potiche

France

GénéRiQUe : France. 2012. 105 min

(V.O.F.). Drame réalisé par François

Ozon. Scén. : François Ozon et Juan

Mayorga. Mus. orig. : Philippe Rombi.

Int. : Fabrice Luchini, Kristin Scott Thomas,

Ernst Umhauer.

Bande-annonce

cinemabeaubien.com

«Hitchcock, De Palma, Pasolini, François Ozon puise

chez les plus grands dans un thriller

»

voyeuriste et

malsain particulièrement perturbant. Un de ses meilleurs

fi lms. (M. Blanco, Écran Large)

sYnopsis : Claude, seize ans, élève brillant,

devient le meilleur ami d’un de ses compagnons

de classe, s’immisçant de plus en plus

dans la demeure et la vie de famille de ce dernier.

Sa démarche servira de sujet principal

à ses rédactions. Son professeur de français

devient aussitôt obsédé par les écrits de son

étudiant, reprenant même goût à l’enseignement

à travers ce voyeurisme littéraire

dont il ne peut plus se passer, au grand dam

de sa conjointe. Cependant, cette intrusion,

voire ce jeu narcissique de Claude, pourrait

fi nir par avoir des effets regrettables; mais

pour qui, pour quoi?

notes : François Ozon est un réalisateur

constant. Bon an mal an, au même

rythme que Woody Allen, il nous livre sa

nouveauté fi lmique. Mais au contraire du

cinéaste new-yorkais, on ne sait jamais trop

à quoi s’attendre de son nouvel opus sinon

à un sujet ou un traitement inusités. Une

comédie musicale comme 8 femmes, un

drame psychologique comme Sous le sable,

ou un thriller à tiroirs comme Swimming

Pool… Cette fois, c’est à un drame presque

hitchcockien qu’il nous convie, adaptant

une pièce de théâtre de l’Espagnol Juan

Mayorga sur la fascination d’un enseignant

pour un élève aussi doué que manipulateur.

Fabrice Luchini et Kristin Scott Thomas forment

un couple crédible dans leur première

incursion dans l’univers d’Ozon, et ce, avec

énormément d’aisance. Mais la surprise

provient surtout du jeune Ernst Umhauer

qui, dans la peau du jeune Claude, obtient

son premier rôle d’importance au grand

écran. Séducteur juvénile aux airs retors et

à la blonde chevelure, capable de tenir tête à

un Luchini toujours savoureux, Umhauer se

faufi le félinement dans un jeu de séduction

des plus pernicieux. Si le fi lm fl irte volontairement

avec le thriller, il passionne aussi

par son humour grinçant, manié de belle

façon par un cinéaste en grande forme. Le

scénario de DANS LA MAISON se joue

du spectateur, le rendant aussi voyeur que

l’enseignant tout en le laissant juger de la

véracité de ce qui se trouve dans les écrits

de Claude, qui sont fort habilement mis en

scène par Ozon. DANS LA MAISON, c’est

également un peu un clin d’œil du cinéaste

au Théorème de Pasolini – l’arrivée d’un

intrus dans la famille –, déployé ici comme

un jeu aussi sadique que ludique entre

l’élève et son professeur. Le fi lm démontre

une fois de plus tout le talent d’un réalisateur

qui évite la routine pour mieux mêler

les pistes dans une aventure drôle et intrigante.

(P.B.)

5

Magazine Beaubien n° 2 · mars et avril · 2013


Magazine Beaubien n° 2 · mars et avril · 2013

entrevue François ozon

FrançoisRéalisateur

du fi lm DANS LA MAISON

OZON

François Ozon, un cinéaste

au premier rang

Paris. François Ozon est un réalisateur prolifique

et talentueux qui, d’un film à l’autre,

change d’univers cinématographique avec beaucoup

d’aisance (Sous le sable, 8 femmes). Son

quatorzième long métrage, DANS LA MAISON,

tourne autour d’une relation tordue entre Germain,

un enseignant joué par Fabrice Luchini,

et Claude, l’un de ses élèves qui, par l’exercice de

l’écriture, nous fait pénétrer dans un voyeurisme

aussi drôle que périlleux. Rencontré récemment

à Paris pour la promotion du film, le cinéaste

nous donnait avec un humour bien à lui des

détails sur son scénario et ses choix de comédiens.

Éditions Le Clap : DANS LA MAISON est l’adaptation

d’une pièce de théâtre. Comment avez-vous

découvert cette pièce du dramaturge espagnol Juan

Mayorga?

François Ozon : Un ami à moi m’avait invité à voir

la pièce. Souvent, des amis comédiens m’invitent à

voir ce dans quoi ils jouent, et quelquefois, c’est assez

ennuyant, mais j’étais très intrigué par le titre, Le Garçon

du dernier rang. Tout de suite, j’ai su que c’était

une œuvre que je pouvais adapter. En fait, adapter une

pièce avec un tel sujet me donnait l’occasion de parler

de mon propre travail de création et d’écriture, un peu

comme je l’avais fait dans Swimming Pool.

E.L.C. : Le film fait état de la relation entre un élève

et son professeur. Vous-même, quel genre de relation

entreteniez-vous avec vos enseignants?

F.O. : Ça dépendait de ceux-ci! Vous savez, mes

parents étaient des professeurs, mais moi, j’étais un

très mauvais élève jusqu’à ce que je me découvre une

passion pour le cinéma. Éric Rohmer a été un très bon

prof pour moi, mais évidemment, je n’avais pas avec

lui la même relation que Fabrice Luchini avec Ernst

Umhauer dans le film.

E.L.C. : Parlant des comédiens, vous avez, dit-on,

demandé à Luchini de ne pas trop faire du Luchini…

6 cinemabeaubien.com


entrevue

par Pierre Blais

F.O. : Vous savez, c’est le genre de phrase qui peut beaucoup

l’énerver… Quand vous engagez Fabrice Luchini, c’est parce que

c’est Luchini, et vous avez à le diriger en tant que tel. Le problème

avec Fabrice, c’est quand il n’est pas assez dirigé. Mais dans le film,

le cadre est très serré. Sa marge de manœuvre est mince. Et Fabrice

est quelqu’un de très à l’écoute, de très discipliné, surtout s’il sent

que le réalisateur a une vision. Dans le film, je voulais que la relation

ne soit pas à sens unique. Je souhaitais que le prof et l’élève se

nourrissent l’un l’autre, petit à petit, qu’ils entrent ensemble dans

le processus de création. Ce sont deux personnes qui ont besoin

de la fiction. Truffaut disait : « Je préfère le cinéma à la réalité. » Et

je pense que pour un artiste, la question de la réalité face à la fiction

est très importante. Dans le film, on ne sait jamais si celle de

Claude est réelle et jusqu’où il ira dans ses écrits.

E.L.C. : Parlez-nous d’Ernst Umhauer qui personnifie Claude et

de Kristin Scott Thomas qui joue l’épouse de Germain.

F.O. : Pour incarner Claude, j’ai rencontré plusieurs garçons de

seize ans, mais ils n’étaient pas assez matures. En France, les garçons

de seize ans ont l’air de bébés. J’ai décidé de retourner en casting.

J’ai finalement vu une photo d’Ernst, j’ai aimé son look et ses

yeux. Il avait 21 ans, mais il avait l’air tellement jeune et projetait

une image très forte : c’est ce dont j’avais besoin pour le personnage

qui aurait devant lui Fabrice Luchini. Pour Kristin, je voulais

travailler avec elle depuis longtemps. À cause de son humour,

je savais qu’elle s’entendrait bien avec Fabrice. Je souhaitais aussi

qu’elle garde son accent britannique, car on aime les accents en

France. Et contrairement aux actrices françaises, elle est moins

obsédée par la beauté. Pour sa présence à l’écran, je m’inspirais

beaucoup de celle de Diane Keaton dans les films de Woody Allen.

E.L.C. : Le film est parfois drôle… Est-ce par crainte de faire basculer

l’histoire dans quelque chose de trop sombre?

F.O. : Je n’avais pas cette crainte, car le film ne fait que le suggérer.

En fait, vous pouvez vous imaginer le pire, je n’avais pas besoin

de tout montrer. Vous pouvez vous faire votre propre film. Cependant,

en jouant sur la fascination d’un enseignant désabusé pour

les textes de son élève, ça me permettait également de porter un

regard sur les différentes classes sociales : la classe moyenne, qui

s’abreuve aux téléréalités, la classe ouvrière (Claude) et la classe

intellectuelle (Germain), avec son ironie. Et ça, c’était aussi très

important pour moi!

DANS LA MAISON est sorti en France en

octobre 2012. Depuis, François Ozon s’affaire

à terminer le montage de son prochain film qui

s’intitule Jeune et jolie. Le long métrage met à

nouveau en vedette Charlotte Rampling, une

habituée. Il raconte l’histoire d’une jeune fille

qui se prostitue pour le plaisir et devrait prendre

l’affiche d’ici la fin de l’année. (P.B.)

Les frais de ce voyage ont été payés par Unifrance.

cinemabeaubien.com

«[…] orchestré par Giannoli avec une

impeccable maestria, et une acuité

satirique à la Philippe Muray.

(M.-N. Tranchant, LeFigaro.fr)

»

SUPERSTAR

Un film de Xavier Giannoli

Du même réalisateur : À l’origine

France · Belgique

GénéRiQUe : France · Belgique. 2012. 112 min (V.O.F.).

Comédie dramatique de Xavier Giannoli, d’après l’œuvre

de Serge Joncour. Scén. : Xavier Giannoli. Mus. : Mathieu

Blanc-Francard. Int. : Kad Merad, Cécile de France.

sYnopsis : Martin Kazinski a une vie banale, sans histoire.

Il n’a jamais rêvé d’être célèbre. C’est pourtant ce qui lui

arrive, du jour au lendemain. Il ne comprend pas. Pourquoi

lui, pourquoi maintenant? Et où le mènera cette aventure?

notes : Xavier Giannoli, nominé plusieurs fois pour ses

scénarios et ses réalisations, aime les thèmes de l’imposture

et de l’illusion. Il est attiré par le précipice entre la vérité

humaine et le malentendu social. Avec SUPERSTAR, il

porte un regard à la fois moderne et anticonformiste sur

l’engrenage du marketing et des médias. Comme le Grégoire

Samsa de Kafka, Martin se réveille transformé non pas

en insecte, mais en célébrité. Le tout se poursuit à mille à

l’heure sans jamais lever le pied. (C.G.)

7

Magazine Beaubien n° 2 · mars et avril · 2013


Magazine Beaubien n° 2 · mars et avril · 2013

Ciné-psy dans la maison

Les premières images du film DANS MA MAISON de François

Ozon, film qui se vaudra à n’en pas douter de nombreux prix, tant

il brille de partout (par son scénario, ses acteurs, ses dialogues, ses

images, sa musique) m’a tout de go connecté à un article que j’ai

écrit en 1964 dans le journal Opinions, journal des étudiants de

l’Académie de Québec, devenu par la suite le Cégep de Sainte-Foy,

antique voisin du Clap. J’avais intitulé cet article : « L’Académie :

usine de faux intellectuels? »

Dans mon article, je fustigeais les autorités du collège, les sommant

en quelque sorte de descendre de leur tour d’ivoire, où s’élaboraient

les nouvelles politiques concernant le monde de l’éducation, afin

d’accorder plus d’importance aux individus :

« Avant-gardistes dans le domaine de l’éducation, il apparaît toutefois

qu’ils [les administrateurs] traînent de l’arrière dans le

domaine de la psychologie. Ils oublient peut-être parfois qu’ils ont

affaire à des êtres humains qui, même si dépourvus d’expérience,

ont un besoin intime de se sentir appuyés et considérés comme des

personnes complètes. »

J’avais aussi écrit, à la même époque – hum! il y a un demi-siècle de

cela! – un autre article tout bonnement intitulé « Nous ne sommes

pas des numéros ». Or, au début du film d’Ozon, on voit et on

entend le directeur du Lycée Gustave Flaubert annoncer aux enseignants

de l’école que dorénavant, en tant que « lycée pilote » partant

sur de nouvelles bases et explorant de nouvelles orientations sur

le plan pédagogique, il y aurait un retour à la tradition avec l’uniforme

pour tous les élèves, uniforme qui deviendrait « un symbole

audacieux mettant tous les apprenants sur un pied d’égalité ». On

verra par la suite défiler sur l’écran les nombreux visages de collégiens

et de collégiennes, tous remplacés-remplaçables, tour à tour,

sous le même uniforme.

Le ton est donné : nous allons assister là à une comédie qui ne manquera

pas, jusqu’à la fin, de pétiller et de nous surprendre, de bondissement

en rebondissement. Et de nous faire rire de toutes ces

couleurs qui se trouvent sur la palette de l’ironie dramatique.

Au début, donc, ce contraste saisissant entre Claude arrivant seul

devant le froid et moderne lycée et puis, ces centaines d’autres

Commentaire sur le film DANS LA MAISON de François Ozon

NI

maison

L’INTELLIGENCE

NI L’ÉRUDITION

ne suffisent à créer les fondements d’une

étudiants qui bientôt s’ajouteront – la masse, la foule anonyme, le

peuple –, mais dont il se démarquera de plus en plus nettement.

Par son intelligence, par ses connaissances, par son écriture, par

tout cela que Germain Germain (sic!) professeur de littérature,

mais écrivain raté ne manquera pas de relever, au point de faire de

Claude son élève préféré.

Et une fois le film terminé, cette sensation que j’associerais à celle

que Gustave Flaubert dépeint à propos des livres qui ont eu le don

de nous captiver : « On peut juger de la beauté d’un livre, à la vigueur

des coups de poing qu’il vous a donnés et à la longueur de temps qu’on

met ensuite à en revenir. » (Lettre à Louise Colet, 15 juillet 1853)

Pour vous donner une idée des coups de poing que j’ai reçus en

regardant ce film, je me contenterai d’une brève allusion au nombre

de thèmes que j’ai notés au cours de ces 98 minutes : j’en ai noté –

vous ne me croirez pas – près de 80. Mais ne craignez rien, car tout

cela défile avec subtilité et finesse, nous laissant plus médusés qu’assommés!

La simple énumération de ces thèmes couvrirait la moitié de

mon texte de chronique. Je me limiterai donc à mentionner ceux-ci :

• Les forces et les faiblesses des nouvelles approches pédagogiques

• Les règles implicites dans l’art d’écrire et le caractère aliénant du

marchandage des œuvres d’art

• Le syndrome chinois, comme expression caricaturale

de la mondialisation

• L’impact d’un Œdipe non résolu sur la dynamique homosexuelle

• L’importance des « histoires » dans la construction de l’identité

• L’éducation sentimentale : ses errances et ses failles

• Les perceptions réductrices ou négatives résultant des parts

inconscientes de soi projetées sur l’autre

N’est-ce pas la diversité des thèmes abordés ou illustrés dans un

film qui peut contribuer à cette constatation plus d’une fois formulée

lors des rencontres du Ciné-psy où tout un chacun est invité,

après le commentaire exprimé par le(s) conférencier(s), à faire part

de son point de vue : 100 personnes dans la salle = 100 histoires

différentes perçues dans le même film?

8 cinemabeaubien.com


Une publication

DES ÉDITIONS

cinemabeaubien.com

inc.

Éditeurs

Michel Aubé, Robin Plamondon,

Mario Fortin

Directeur de la production

Simon Leclerc

Graphistes

Martine Lapointe, Dan Blouin

Programmation

Mario Fortin

Réviseure

Marie Chabot

Chroniqueurs

Pierre Blais, André Caron, Martine Côté

Stéphane Defoy, Sami Gnaba, Claire Goutier

Nicolas Lacroix, Mathieu Lemoine

Patrick Lonergan, Pier-Hugues Madore

Serge Pallascio

Horaire des films

514 721-6060

Courriel

info@cinemabeaubien.com

Site Internet

www.cinemabeaubien.com

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Représentante corporative

Chantal Tremblay

Sans frais: 1 800 361-2470, poste 127

chantal.tremblay@clap.ca

Tirage - 25 000 exemplaires

Plus de 125 points de distribution

Dépôt légal : Bibliothèque nationale du Québec,

3e trimestre 1987 ISSN : 1209-7012

Le Magazine Beaubien est publié 6 fois par année

par les Éditions Le Clap inc.

Distribution Affichage Sauvage

Distributeur officiel du magazine Beaubien

Les éditions Le CLap

2327, boul. du Versant-nord, bureau 290

Québec (Québec) G1N 4C2

INDIVIDUATION VS INDIVIDUALISME

Pour ma part, le thème que je serais

enclin à développer en rapport avec la

dynamique qui m’apparaît au cœur de

ce film est celui de l’individuation versus

l’individualisme. Tout dans les propos et

les attitudes tant de Claude que de Germain

relève d’une position infantile qui

consiste à se poser en s’opposant, à se

démarquer de la multitude en la jugeant

de haut et en la méprisant, à se singulariser

en caricaturant, confortablement

assis dans le fauteuil de l’observateur, les

comportements de l’homme ordinaire ou

vulgaire. Tel est le modus vivendi de l’individualiste

qui, en se dissociant des autres,

s’emprisonne à son insu dans la peau

d’un personnage qui n’a de grandeur et

de noblesse que la ridicule et illusoire

image qu’il entretient de lui-même.

Ce qui n’a pas à être confondu avec le destin

de celui ou de celle qui, plongé corps

et âme dans ce qu’il sent la nécessité de

vivre ne manquera pas, en cours de chemin,

de mordre la poussière et de perdre

la face, tout en assumant la responsabilité

tant de ses échecs que de ses réussites.

« La fin de l’histoire » de celui ou de celle

qui aura eu le courage, tout au long de

sa vie, d’actualiser les tâches qui se sont

présentées à lui comme vitales et impérieuses

aura de fortes chances de différer

de celle à laquelle semblent voués – hélas!

– Claude et Germain.

De faire intrusion dans la maison de

l’autre et d’imaginer sa réalité, sans être

vraiment entré en relation avec lui, cela

ne fait pas des « enfants forts ». Cela ne

peut pas aider à créer les fondements

de sa propre maison. Et c’est là que l’on

comprend ce que Paul Klee a voulu dire

dans son « Credo du créateur ».

Ciné-psy

par Marcel Gaumond

« L’art ne reproduit

»

pas le visible,

il rend visible

Paul Klee, « Credo du créateur », 1920

INVITATION

Vous êtes cordialement invités à une rencontre du Ciné-psy sur le film DANS LA MAISON

avec Christiane Lahaie, professeure de création littéraire et de cinéma

à l’Université de Sherbrooke.

Le mardi 23 avril 2013 de 18 h à 19 h (buffet) et de 19 h à 21 h 30 (conférence

et échange), au Studio P, situé au 280, rue Saint-Joseph E., Québec.

(http://www.librairiepantoute.com/lestudiop).

Réservations : de préférence par courriel (cinepsy1@gmail.com) ou

par téléphone 418 683-0711.

Coût d’entrée : 20 $ (incluant l’admission et le buffet).

La rencontre sera encadrée par Marcel Gaumond, psychanalyste.

WWW.CINE-PSY.COM

9

Magazine Beaubien n° 2 · mars et avril · 2013


Magazine Beaubien n° 2 · mars et avril · 2013

sYnopsis : C’est l’histoire d’Alice, célibataire

endurcie, pharmacienne, vive et

rêveuse, proche de sa famille (dysfonctionnelle).

Elle a pour ami intime… Woody

Allen. Ou plutôt, le poster de Woody Allen,

lequel lui prodigue moult conseils sur sa

vie. Alors que son père et son beau-frère

s’efforcent encore de lui trouver un mari,

elle rencontre de Victor, un type plutôt terre

à terre qui ne fait pas de concessions. Les

deux âmes auront plus d’une occasion pour

faire connaissance et découvrir des atomes

crochues qui, a priori, ne promettaient rien.

CINÉ-CONFÉRENCES DE VOYAGES

Les Aventuriers Voyageurs

3 ciné-conférences de voyage

entre le 8 mars et le 11 avril 2013

Visitez notre site internet pour plus de détails.

www.cinemabeaubien.com

notes : PARIS-MANHATTAN est le genre

de fi lm qui donne envie de tomber amoureux.

L’histoire est légère, mais elle parle

de choses sérieuses, et c’est le propre d’une

comédie que d’arriver à dépeindre des

relations humaines profondes, à la frontière

du drame, sans sombrer dans le lourd

psycho-social. Ce premier long métrage de

Sophie Lellouche est un petit bonbon à la

sauce Woody. (C.G.)

« Il y a une magie et une gaieté parfaitement

assumées qui font

»

de ce fi lm

l’une des jolies surprises du cinéma

français. (A. Ermenault, Excessif)

PARIS-

MANHATTAN

Un film de sophie Lellouche

France

GénéRiQUe : France. 2011. 77 min

(V.O.F.). Comédie réalisée par Sophie Lellouche.

Int. : Alice Taglioni, Patrick Bruel,

Marine Delterme.

10 cinemabeaubien.com


11.6

Un film de philippe Godeau · Du même réalisateur

: Le dernier pour la route

France

GénéRiQUe : France. 2013. 100 min

(V.O.F.). Drame réalisé par Philippe

Godeau. Scén. : Philippe Godeau et Agnès

de Sacy. Int. : François Cluzet, Bouli Lanners,

Corinne Masiero.

VALEUR

SÛRE

cinemabeaubien.com

«François Cluzet est une fois de plus remarquable,

incarnant avec brio un homme prêt à

tout prendre et à tout laisser tomber. (Le Clap)

sYnopsis : Toni Musulin est convoyeur de

fonds à Lyon depuis dix ans. Amateur de

voitures sport, il semble vivre au-dessus de

ses moyens. Peu à peu, il rejette le quotidien

qui est le sien, celui de convoyer de l’argent

pour un maigre salaire en compagnie de

confrères aussi colorés que résignés. Le

5 novembre 2009, au matin, il s’enfuit avec

son fourgon blindé; à l’arrière du véhicule

se trouvent 11,6 millions d’euros en billets

neufs non numérotés. Pourchassé par

la police, Musulin devient du même coup

une fi gure mythique pour les Français, qui

voient en lui un héros qui se moque des

grandes banques, alors responsables de la

crise fi nancière.

notes : 11.6 est inspiré d’une histoire véridique

qui a marqué le paysage médiatique

de l’Hexagone au printemps 2009. Ce récit

plus grand que nature a donné lieu à un

essai publié en 2011, Toni 11,6 - Histoire

du convoyeur écrit par la journaliste Alice

Geraud-Arfi , et qui a servi à Philippe Godeau

pour l’élaboration du scénario. Grâce à son

vol spectaculaire et à la suite de son arrestation,

Toni Musulin est devenu en l’espace de

quelques semaines un personnage fascinant

aux yeux des Français. Bien que loin d’être

un gangster comme Mesrine, il incarne,

malgré lui, un symbole pour ce peuple qui

»

a vu dans son action un bras d’honneur à

l’endroit du milieu fi nancier, le pied de nez

ultime aux tenants de la crise économique

et aux forces de l’ordre. Car, et c’est la particularité

de l’histoire, de son butin, Musulin

laissera derrière lui 9,1 millions d’euros.

Un geste qui reste inexplicable : pourquoi

voler une telle somme si c’est pour abandonner

la majorité de celle-ci à la police.

Tout le mystère et la force du fi lm résident

dans ce geste. Même ses proches, magnifi -

quement incarnés dans des seconds rôles

brillants par Corinne Masiero et Bouli Lanners

n’y comprennent pas grand-chose. Si

dès le début du fi lm on met la table pour

l’éventuelle conclusion, l’intérêt n’est pas

diminué pour autant, car toute l’élaboration

du vol et l’évolution psychologique de

Musulin font du fi lm un incontournable.

De plus, c’est avec un regard universel que

le réalisateur Philippe Godeau nous invite

à découvrir un métier méconnu, sous-payé

et dangereux, celui de convoyeur. François

Cluzet retrouve ici des repères déjà posés

dans À l’origine de Xavier Giannoli où il

incarnait un fraudeur obsessif. Dans 11.6,

dirigé pour une seconde fois par Godeau,

Cluzet devient un voleur incompris qui, à

la suite d’un coup de tête, s’est attiré l’espace

d’un instant la sympathie de millions

de Français. (P.B.)

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Magazine Beaubien n° 2 · mars et avril · 2013


Magazine Beaubien n° 2 · mars et avril · 2013

entrevue François Cluzet

dans 11.6

FrançoisComédien

CLUZET

12

François Cluzet,

convoyeur de films!

Paris. François Cluzet connaît du succès au grand écran depuis plus de 30 ans. On l’a

découvert dans Force majeure de Jolivet, vu dans Le Vent du Wyoming de Forcier

et dans L’Enfer de Chabrol. L’an passé, il s’est retrouvé en haut de l’affiche d’Intouchables,

devenu l’une des comédies les plus populaires de l’histoire du cinéma français.

On a croisé l’acteur récemment alors qu’il faisait la promotion de deux films : la

comédie d’Yvan Attal Do not Disturb et le drame de Philippe Godeau 11.6. Ce dernier,

fort réussi, raconte l’histoire véridique de Toni Musulin, un convoyeur de fonds qui s’est

sauvé avec 11,6 millions d’euros et qui, durant son procès, s’est gagné la faveur populaire,

devenant un symbole de la lutte face au pouvoir patronal et financier.

Éditions Le Clap : Dans 11.6, vous incarnez Toni Musulin : c’est un personnage aussi

fort qu’intrigant, qui se révolte contre le système, contre ses patrons…

François Cluzet : Tout à fait. Il est fascinant! Et vous savez, on

a enlevé la plupart des dialogues dans le script. Moi, je voulais

en faire un personnage taiseux, presque muet. Et en accord avec

Philippe Godeau, c’est ce que nous avons fait. Ce qui est intéressant,

c’est le maelstrom qu’il y a dans sa tête. Comment vat-il

sortir de l’humiliation du boulot? Et la réponse à cette

humiliation, c’est de faire ce casse. Au-delà de l’argent, ce

qu’il veut, c’est faire virer ses supérieurs, montrer qu’ils

sont mauvais, montrer que les consignes de sécurité ne

sont pas respectées et que le salaire ne correspond pas

aux risques du métier; c’est démesuré. Le type est seul,

il veut se donner la force de passer à l’acte du casse.

E.L.C. : Est-ce que vous connaissiez l’histoire originale?

F.C. : Oui, on la connaissait parce que c’est un fait

divers qui a beaucoup remué à Paris. Et les gens ont

tous pensé : « C’est un héros, le type s’est barré, il a

gagné au loto. » Moi, ce qui m’intéressait, c’est de

penser que le type n’avait pris aucun risque pratiquement.

Il était au volant de son fourgon, il

n’a fait qu’accélérer avec 11 millions 6. Mais ce

qui est plus intéressant encore, c’est la crise

d’identité du personnage. Ce type immature

est radin, mais il se promène en Ferrari.

Il aime penser qu’il appartient à ce

monde, il veut faire partie du jet-set.

cinemabeaubien.com


entrevue

par Pierre Blais

Pour lui, c’est ça un type bien. Il est immature, mais face à sa

situation, c’est ce qu’il croit.

E.L.C. : C’est un personnage qui semble à l’abandon, non?

F.C. : Il vit son drame en solitaire. Il est, de plus, humilié au

travail, car sous-payé. Ça m’est arrivé aussi à mes débuts au

cinéma. Et plus jeune encore, à huit ans, j’ai eu ma crise d’identité!

Je me levais à six heures pour livrer les journaux dans la

neige, je détestais ma vie; très vite, je suis tombé dans la mythomanie.

Quand je voyais mes camarades plus fortunés, je les

enviais terriblement. J’ai fait le film parce que j’y trouvais un

écho dans ce que je suis.

E.L.C. : Les gens se sont reconnus en lui?

F.C. : Oui, bien sûr! Mais on voulait aussi montrer sa vie

cachée : ça ne se passe pas très bien avec sa femme, son pote; sa

seule façon d’être héroïque, c’est qu’il se fâche avec ceux qu’il

aime pour qu’ils ne s’inquiètent pas pour lui. Ça, c’était intéressant.

Ce supposé héros, il a eu peur. Mais bizarrement, il a

été condamné comme arnaqueur face à son assureur et non

comme voleur. L’idée de la fin de cette histoire, c’est qu’il était

convaincu de s’en sortir. Mais il a pris cinq ans. Vous savez

qu’ici, si vous volez de l’argent et que vous le rendez deux jours

après, vous n’êtes plus accusé de vol, mais d’emprunt.

E.L.C. : Vous venez aussi de jouer dans le film Do not Disturb,

dans lequel votre personnage voue une grande amitié à celui

interprété par Yvan Attal – aussi réalisateur du film. Votre personnage

ici, au contraire de celui dans 11.6, ne se gêne pas pour

montrer ses émotions, non?

F.C. : Effectivement, et c’est intéressant pour un comédien,

car c’est montrer sa féminité, en quelque sorte. Robert Mitchum

disait : « Une actrice, c’est plus qu’une femme, et un

acteur, c’est moins qu’un homme. » Ça veut dire aussi que les

acteurs doivent être ouverts. L’ouverture est plus féminine, car

l’homme se blinde davantage. Mais nous sommes constitués

d’une part de virilité et de féminité. D’ailleurs, l’écoute est plus

féminine. Un acteur doit accepter sa féminité pour devenir un

bon acteur. Ça nous permet, d’un rôle à l’autre, de mieux saisir

le monde dans sa complexité.

François Cluzet terminera l’entretien en soulignant

tout le plaisir qu’il a eu de travailler au

film En solitaire, en décembre 2012, aux Canaries.

Il a d’ailleurs tourné une scène avec Karine

Vanasse, avec laquelle il partage, aux cotés de

Guillaume Canet, l’affiche de ce long métrage

de Christophe Offenstein qui a été filmé pendant

le Vendée Globe, la plus célèbre course de

voiliers monocoques en solitaire et sans escale

autour du monde. Le film sortira en France l’automne

prochain. (P.B.)

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« Chargé de tristesse et de mélancolie, de beauté

aussi, et ponctué de fulgurances poétiques caractéristiques

du cinéaste, LE

»

MÉTÉORE frappe l’âme

et l’esprit, qu’il transperce avant de continuer sa

route. (F. Lévesque, Le Devoir)

sYnopsis : Pierre, un homme dans la quarantaine,

purge une peine de quatorze ans

de prison pour un délit de fuite mortel. Sa

mère le visite chaque semaine tandis que

Suzanne, sa dernière femme, tente de l’oublier

et de refaire sa vie.

notes : LE MÉTÉORE est né d’un projet

d’écriture inspiré par des photographies

réalisées par Anouk Lessard. Le récit prend

la forme d’une suite de monologues inté-

« … ce remake opte pour une comédie psychologique

»

discrètement infusée de burlesque, portée par la qualité

de son interprétation. (V. Malausa, Cahiers du cinéma)

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sYnopsis : Un soir, Jeff, bohème et noceur,

débarque chez son vieux copain Ben. Aussitôt,

la vie conjugale de Ben est chambardée

par ces retrouvailles. Lors d’une fête, les

deux comparses se lancent le défi de coucher

ensemble et de se fi lmer pour un festival de

porno amateur. Le lendemain, Ben, en pleine

crise de couple, voit la réalité le rattraper; il

doit passer à l’action ou se dégonfl er.

notes : Après deux fi lms drôles, personnels

et fort réussis sur le couple, Yvan Attal

rieurs livrée sur fond d’images poétiques.

Le procédé original, d’abord déstabilisant

puis hypnotique, laisse beaucoup de place

aux images qui viennent appuyer le texte

sans s’attacher strictement à la narration.

Le résultat donne l’impression de toucher

l’âme des personnages, de partager leur

solitude. (M.L.)

propose sa version de la comédie américaine

Humpday (Lynn Shelton). Au centre de l’histoire,

l’amitié qui, à travers le comportement

puéril de deux vieux potes, est illustrée par

l’étonnante complicité à l’écran de François

Cluzet et d’Yvan Attal. S’inspirant librement

de la version originale, le cinéaste et comédien

prend aussi un malin plaisir à nous offrir des

scènes d’humour tordu impliquant Charlotte

Gainsbourg tout en osant une réfl exion

plus tendre sur l’usure du couple qu’il forme

à l’écran avec Laetitia Casta. (P.B.)

LE MÉTÉORE

Un film de François delisle

Du même réalisateur : 2 fois une femme

Québec

GénéRiQUe : Québec. 2012. 85 min

(V.O.F.). Drame écrit et réalisé par

François Delisle. Mus. : The States Project.

Int. : François Papineau, Andrée

Lachapelle, Dominique Leduc. Stéphane

Jacques, Pierre-Luc Lafontaine, François

Delisle, Jacqueline Courtemanche, Noémie

Godin-Vigneau, Laurent Lucas, Dany

Boudreault.

DO NOT

DISTURB

Un film de Yvan attal · Du même réalisateur :

Ma femme est une actrice

France

GénéRiQUe : France. 2012. 88 min

(V.O.F.). Comédie réalisée par Yvan

Attal. Scén. : Yvan Attal et Olivier Lecot.

Int. : François Cluzet, Yvan Attal, Laetitia

Casta, Charlotte Gainsbourg.

14 cinemabeaubien.com


Festival des films du monde de Montréal – Prix d’interprétation masculine - Boris Szyc

Festival international du film d’Arras 2011 – Prix du public

« Un polar familial et mémoriel, requérant avec habileté

(à défaut de personnalité) les codes du

»

fi lm noir et

dévidant le fi l arachnéen de la réalité de cette sombre

période. (X. Leherpeur, Nouvel Observateur)

LA DETTE

Un film de Rafael Lewandowski

pologne · France

GénéRiQUe : Pologne · France. 2010. 108 min (V.O.F.).

Drame réalisé par Rafael Lewandowski. Scén. : Iwo Kardek

et Rafael Lewandowski. Mus. orig. : Jérôme Rebotier. Int. :

Borys Szyc, Marian Dziedziel, Magdalena Czerwinska.

sYnopsis : Pawel est un jeune père de famille, qui vit entre

la France et la Pologne. Son propre père est considéré

comme un héros pour son implication au sein du syndicat

Solidarnosc, qui a mené à la chute du régime communiste

en Pologne. Mais voilà qu’une rumeur grandit : Zygmunt

Kowal serait en fait un ex-collaborateur du parti. Aux accusations,

le père réagit par la fuite et le silence alors que le fi ls

est dans le déni.

notes : Thriller à la fois familial et politique, LA DETTE

aborde le sujet encore sensible du passé communiste de la

Pologne à travers une relation père-fi ls basée sur l’admiration.

Probablement aidé par son expérience de documentariste,

le réalisateur offre une première fi ction précise et

rigoureuse. Le fi lm met en lumière la décision de ce pays

de n’avoir jamais procédé à une chasse aux sorcières de ses

anciens communistes. Dans un registre plus intime, le fi lm

propose en même temps une réfl exion sur notre besoin de

héros et sur notre peine de les voir perdre leur lustre. (M.C.)

cinemabeaubien.com

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arts de la scène

par David Cantin

CHRISTIAN LAPOINTE, ARTISTE D’EXCEPTION

2013 s’annonce comme une année charnière pour Christian Lapointe.

Il vient tout juste de recevoir le mandat de codirecteur artistique du

Théâtre Blanc, aux côtés du scénographe Jean Hazel. De plus, entre

une participation au Mois Multi (l’audacieuse Outrage au public) et

un spectacle à partir de textes de Marguerite Duras (avec Marie-Thérèse

Fortin et Monia Chokri), au Carrefour international ce printemps,

le directeur du Théâtre Péril monte aussi sur scène, sous la direction

de Brigitte Haentjens, afin de reprendre son rôle de jeune tireur fou

dans 20 novembre. Cette pièce n’a laissé personne indifférent, lors de sa

création au Théâtre La Chapelle, à Montréal, en 2011. Inutile de dire

qu’elle traite d’un sujet délicat et d’actualité. Le monologue s’inspire

de la fusillade qui a frappé Emsdetten, en Allemagne, le 20 novembre

2006. Ainsi, le dramaturge suédois Lars Norén puise dans le journal

intime d’un jeune homme de dix-huit ans, Sebastian Bosse, qui s’est

donné la mort après avoir ouvert le feu sur les élèves et les professeurs

de son ancienne école.

Loin de vouloir faire dans le théâtre à message, ce spectacle ose plutôt

l’affrontement direct avec le spectateur. Dans l’esprit de Lapointe et de

Haentjens, ce texte soulève des questions sur le geste théâtral, le mur

entre la scène et la salle, tout en véhiculant « une sorte de désespoir

toxique », pour reprendre les mots du créateur de Québec. Bien sûr, les

deux complices se connaissent depuis un bon moment déjà. Celle qui

anime la compagnie de création montréalaise Sibyllines a été un des

mentors de Lapointe lors de sa formation en mise en scène à l’École

nationale de théâtre du Canada. Ils partagent également le choix d’une

approche qui dérange, provoque et se place, au final, sous le signe

d’une grande intégrité artistique.

Pour Lapointe, c’est un défi de taille très difficile à soutenir en tant que

comédien. Ici, Lars Norén se permet d’interroger notre responsabilité

collective dans un drame aussi horrible et qui se répète beaucoup trop

souvent. Dur monologue donc que ce 20 novembre, mais assurément

une des pièces à ne pas rater cette saison à Québec.

20 novembre. Texte de Lars Norén. Mise en scène par Brigitte

Haentjens. Avec Christian Lapointe. Sibyllines en codiffusion avec

Recto-Verso, à Méduse du 5 au 9 mars.

L’ÉNERGIE DE KARINE LEDOYEN

Avec Harold Rhéaume, Karine Ledoyen est sans contredit l’une des

figures les plus connues de la danse contemporaine à Québec. Elle a

d’ailleurs été interprète pour Le Fils d’Adrien danse (l’organisme de

création que dirige Rhéaume) jusqu’en 2006. Depuis la création de sa

propre compagnie, Danse K par K (en 2005), elle multiplie les initiatives

afin de rendre sa discipline accessible à un plus grand nombre.

Le projet Osez! en est d’ailleurs un exemple concret, puisqu’il circulera

dans plusieurs régions du Québec pendant une dizaine d’années

consécutives.

Alors que la pièce Air, en 2011, marque un certain tournant dans sa pratique,

son tout nouveau spectacle, Trois paysages, joue sur les contrastes

entre légèreté et pesanteur. Après avoir été présenté en primeur à Montréal,

à L’Agora de la danse, en février dernier, ces trois tableaux distincts

projettent une véritable réflexion, à la fois visuelle et sonore, sur le passage

du temps. Toujours porté par ce besoin de se remettre en question,

son univers gravite davantage vers l’irréel, le poétique, tout comme une

forme de conscience collective. Dans Trois paysages, elle s’associe aux

interprètes Sara Harton, Fabien Piché, Ève Rousseau-Cyr, de même qu’à

Ariane Voineau, qui se placent « en interaction avec une merveilleuse

machine à vent imaginée par le compositeur Patrick Saint-Denis ».

Pas facile de vivre de la danse à Québec, pourtant Karine Ledoyen

ne lâche aucunement prise depuis le début des années 2000. Pour

reprendre ses mots, « Danse K par K diversifie ses recherches

chorégraphiques en travaillant autour de la rencontre, elle unit dans

des projets rassembleurs et singuliers ses aspirations artistiques à son

désir de participer au développement de son milieu ». Elle se frotte

ainsi à l’interdisciplinarité, intégrant parfois le théâtre, la musique,

tout comme les arts visuels à ses projets. Il y a aussi ce désir de mettre

à contribution des artistes « d’horizons et de territoires variés ». Ce

n’est pas du tout inusité de la voir derrière des initiatives un peu atypiques

comme Pour rock avec moi! (notamment avec Jérôme Minière)

ou Gonfler l’histoire (un spectacle de rue pour le 400 e anniversaire de

Québec au bassin Louise). Toujours dans l’optique de populariser la

danse contemporaine, elle devient porte-parole des saisons Danse du

Grand Théâtre de Québec (de 2006 à 2010). Disons même que son

dynamisme est désormais contagieux.

Trois paysages. Danse K par K / Karine Ledoyen. La Rotonde,

à la salle Multi de Méduse du 10 au 12 avril.

16 cinemabeaubien.com


BANDE DE CANAILLES

C’est quoi au juste Canailles? En gros, un collectif de huit musiciens montréalais

indiscipliné qui pratique un heureux mélange de blues, de cajun, de folk, de country

et de bluegrass. L’aventure débute au mythique parc Lafontaine où ce curieux

groupe d’autodidactes se rassemblent pour le simple plaisir de jouer ensemble. Un

fan connu de la première heure, Bernard Adamus, les incite à entrer en studio (pour

une démo vite fait), puis à sortir un premier album, avec l’aide de Socalled, sur l’excellente

étiquette Grosse Boîte (Fred Fortin, Cœur de pirate, Avec pas d’casque).

Paru l’an dernier, Manger du bois a reçu un accueil critique plus que favorable, mais

c’est véritablement sur scène qu’il faut vivre l’expérience Canailles. Cette « famille

reconstituée de huit insouciants » revient donc au Cercle à Québec, après avoir

obtenu deux prix au gala alternatif de la GAMIQ (dont spectacle de l’année), ainsi

qu’une invitation à prendre part au festival Montréal en lumière. Bien que le groupe

chante dans la langue de Shakespeare à ses débuts (sous le nom de Drunken Sailors),

le français s’impose peu à peu lorsque Daphné Brissette découvre la spontanéité et

le plaisir de la musique cajun. Avec sa voix rauque, ce style s’intègre parfaitement à

l’énergie fêtarde que dégage la troupe. D’ailleurs, une certaine authenticité locale est

devenue la marque de commerce de cet octuor acoustique qui intègre la fougue du

punk et du rock garage à ses prestations.

S’il y a des parallèles à faire avec les chansons grivoises et réalistes de Bernard

Adamus, c’est avant tout dans l’esprit convivial, la spontanéité, la petite misère

au quotidien et la fête entre amis. Qu’est-ce qui distinguent alors Canailles de son

mentor ou d’une Lisa LeBlanc? Le goût du métissage, les influences de la Louisiane,

de même qu’une attitude, au final, franchement déjanté. Un bande de fun, quoi.

cinemabeaubien.com

Canailles et Damn The Luck en spectacle au Cercle.

Le 15 mars.

17

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Magazine Beaubien n° 2 · mars et avril · 2013

DOCU

«[…] le fi lm de Guy Édoin pose des questions essentielles

sur la relation entre l’artiste et son sujet. Il s’interroge sur

»

DOCU

la manière dont l’art peut servir de thérapie pour des êtres

créatifs qui trouvent diffi cilement un sens à leur vie. (Le Clap)

D

documentaire

CORNO, CORPS ET ÂME

Un film de Guy édoin · Du même réalisateur : Marécages

Québec

GénéRiQUe : Québec. 2011. 80 min (V.O.F.). Documentaire

réalisé par Guy Édoin.

sYnopsis : Ce documentaire propose une incursion dans

l’univers de Corno, artiste peintre de renommée internationale.

Originaire de Chicoutimi, elle est maintenant installée

dans la mythique ville de New York pour y faire carrière.

notes : Produit par Fabienne Larouche, CORNO, CORPS

ET ÂME est un portrait nécessaire d’une artiste québécoise

qui a consacré sa vie à la peinture. À l’aide de témoignages

de gens de son entourage, le documentaire souligne le

caractère tenace de l’artiste quant à son parcours qui n’a pas

toujours été semé de roses. Son travail fut largement critiqué

par une certaine élite artistique qui qualifi ait son œuvre

de simpliste et qui ne s’attardait qu’à la qualité plastique de

sa toile offrant, d’après eux, peu de discours rhétorique et de

réfl exion profonde. En creusant cet aspect commercial du

style unique de l’artiste, le fi lm de Guy Édoin pose des questions

essentielles sur la relation entre l’artiste et son sujet. Il

s’interroge sur la manière dont l’art peut servir de thérapie

pour des êtres créatifs qui trouvent diffi cilement un sens à

leur vie. (P.L.)

18 cinemabeaubien.com


DO

DOCU

«Stewart croit que s’il peut renseigner les

gens sur leur impact sur la planète et sur

ce qu’ils risquent de perdre, ils feront

les changements personnels nécessaires

pour sauver l’humanité malgré elle.

(J. Ghomeshi, CBC News)

D

documentaire

RÉVOLUTION

Un film de Rob stewart

Du même réalisateur : s.o.s. requins

Canada

GénéRiQUe : Canada. 2012. 86 min (V.F.

de Revolution). Documentaire écrit et

réalisé par Rob Stewart.

cinemabeaubien.com

»

notes : À l’instar de L’Erreur boréale et de

Trou Story de Richard Desjardins, le documentariste

Rob Stewart nous a sensibilisés à

un grave problème écologique dans S.O.S.

requins, son premier fi lm engagé : le massacre

des requins à des fi ns commerciales.

Avec Révolution, il s’attaque au défi écologique

ultime : le sort de la planète entière.

Pendant quatre ans, à travers quinze pays,

le cinéaste a essayé de comprendre le mécanisme

complexe qui menace l’écosystème

de la Terre. Du désastre naturel que représentent

les sables bitumineux de l’Alberta

jusqu’à la mort lente des récifs de coraux

de Nouvelle-Guinée, en passant par la déforestation

de Madagascar, l’activité humaine

incontrôlée va entraîner sa propre annihilation.

L’espoir réside dans chaque geste

quotidien posé intelligemment par chacun

d’entre nous dès maintenant. Stewart nous

propose des solutions précises et des images

d’une grande force évocatrice. (A.C.)

19

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Magazine Beaubien n° 2 · mars et avril · 2013

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En attente de classement.

Peut être vu par des personnes de tous âges.

Ne peut être vu que par des personnes âgées

de 13 ans et plus ou accompagnées d’une

personne majeure.

Ne peut être vu que par des personnes âgées

de 16 ans et plus.

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L’environnement du Cinéma Beaubien est idéal pour les représentations « jeune

famille ». L’entrée est gratuite (programmation courante seulement) pour

les enfants de trois ans et moins.

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Réservations : 514 721-6060, poste 18 ou administration@cinemabeaubien.com

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Général 48,00$

Des frais de 2 $ par fi lm s’appliquent pour les représentations en 3D.

Admission taxes incluses

RÉGULIER 3D

Générale 11,75 $ 13,75 $

Tous les jours avant midi 8,75 $ 10,75 $

Lundi au vendredi – avant 17 h 10,25 $ 12,25 $

Enfant (13 ans et moins) 8,25 $ 10,25 $

Jeune (14 à 17 ans) 9,75 $ 11,75 $

Âge d’or (65 ans et plus) 9,75 $ 11,75 $

Prix sujets à changement sans préavis

Pour nous joindre

2396, rue Beaubien Est, Montréal (Québec) H2G 1N2

Téléphone : 514 721-6060

Courriel : info@cinemabeaubien.com

Site Internet : www.cinemabeaubien.com

info-ciné

21

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Festival de Cannes – Quinzaine des réalisateurs 2012 - Art Cinema Award

« NO est non seulement très intelligent

et complexe, mais c’est un

fi lm qui vient des tripes. (R. Collin,

Daily Telegraph) »

NO

Un film de pablo Larraín

Du même réalisateur : santiago 73, post mortem

Chili · France · états-Unis

GénéRiQUe : Chili · France · États-Unis. 2012. 118 min (V.O.

espagnole avec sous-titres français). Drame réalisé par Pablo Larraín.

Scén. : Pedro Peirano, d’après l’œuvre d’Antonio Skarmeta.

Int. : Gael García Bernal, Alfredo Castro, Antonia Zegers.

sYnopsis : Nous sommes au Chili, en 1988, sous le règne d’Augusto

Pinochet qui, faisant face à une pression internationale,

accepte fi nalement d’organiser un référendum sur la continuité de

sa présidence. Pour concevoir sa campagne, le parti de l’opposition

fait appel à René Saavedra, un jeune publicitaire hors du commun.

Malgré la surveillance oppressante et constante des hommes de

Pinochet, il accepte le contrat et organise avec son équipe un plan

intrépide pour libérer son pays de l’oppression. (P.L.)

Festival du film du Croisic 2012 – Prix Claude Chabrol

« L’HOMME QUI RIT mélange habilement

diverses infl uences pour livrer un fi lm à l’univers

visuel fascinant. (D. Virgitti, Écran large)

»

L’HOMME QUI RIT

Un film de Jean-pierre améris

Du même réalisateur: Les émotifs anonymes

France · République tchèque

GénéRiQUe : France · République tchèque. 2012. 93 min (V.O.F.).

Drame réalisé par Jean-Pierre Améris. Scén. : Jean-Pierre Améris et

Guillaume Laurant. Mus. orig. : Stéphane Moucha. Int. : Marc-André

Grondin, Gérard Depardieu, Emmanuelle Seigner, Christa Theret.

sYnopsis : Gwynplaine est abandonné par un trafi quant d’enfants

qui a marqué son visage d’une cicatrice lui donnant une sorte

de sourire permanent. À la recherche d’un gîte, le garçon sauve de

la mort une fi llette aveugle qui se prénomme Déa. En pleine tempête

hivernale, Ursus, un forain au grand cœur, recueille les deux

orphelins pour les loger dans sa caravane. Il les prend alors sous

son aile et les traite comme s’ils étaient ses propres enfants. (S.D.)

cinemabeaubien.com

Festival international du film francophone de Namur – Bayard d’or du meilleur scénario

« Tout, des textes à la mise en scène, refuse la facilité. Le

»

fi lm,

lui non plus, n’est pas facile. Mais ses ambiguïtés comme ses

diffi cultés lui sont une vraie richesse. (N. Luciani, Le Monde)

TROIS MONDES

Un film de Catherine Corsini · De la même réalisatrice : partir

France

GénéRiQUe : France. 2012. 101 min (V.O.F.). Drame réalisé

par Catherine Corsini. Scén. : Catherine Corsini et Benoît

Graffi n. Int. : Raphaël Personnaz, Clotilde Hesme, Arta

Dobroshi.

sYnopsis : Al a tout pour lui. Homme d’affaires ambitieux,

il s’apprête à épouser la fi lle du patron qui lui cèdera la

direction de son entreprise prochainement. Lors d’une célébration

où l’alcool coule à fl ots, Al renverse un homme avec

sa voiture. Pris de panique et poussé par ses deux amis, il

décide de fuir sans avertir les autorités. Juliette a vu la scène

de son balcon. Elle fera tout pour aider Vera, la femme du

défunt, à retrouver le fuyard.

notes : TROIS MONDES, de Catherine Corsini, est un suspense

bien fi celé qui donne accès à différents points de vue.

Les trois personnages principaux, provenant de milieux

sociaux et culturels distincts, permettent à la réalisatrice

d’approfondir davantage sa réfl exion sur la nature du règlement

de compte. Rempli d’équivoques, le spectateur pourra

lui-même établir ses propres limites entre ce qu’il croit être

l’œuvre du bien ou du mal. (P.L)

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Magazine Beaubien n° 2 · mars et avril · 2013


Magazine Beaubien n° 2 · mars et avril · 2013

Livres

par Paul Jacques

Cinéma à la page

STEVEN SPIELBERG, par Richard Schickel, Éd. de la Martinière

Cet ouvrage n’est ni une biographie ni une étude spécialisée. Ce que nous

offre Schickel, historien et critique de cinéma, c’est la rétrospective d’une

œuvre unique qui compte 40 ans de travail et, de Duel à Lincoln, 27 films. Les

commentaires, comportant des propos de Spielberg lui-même (fortement

marqué par le divorce de ses parents), sont appuyés par 400 illustrations provenant

en partie des archives du cinéaste. Un incontournable pour l’amateur.

L’INTERCULTURALISME, par Gérard Bouchard, Boréal

Il est maintenant reconnu que le multiculturalisme canadien favorise

à la fois l’individualisme et les ghettos. Pour intégrer cette

immigration dont le Québec a besoin, il faut, selon Bouchard, un

autre modèle qui permettrait l’affirmation combinée de la majorité

culturelle et des intérêts des minorités. Un essai novateur et

équilibré sur un thème trop souvent accaparé par les démagogues.

L’HISTOIRE DU QUÉBEC POUR LES NULS, par Éric Bédard, First

« Je me souviens », peut-on lire sur nos plaques d’immatriculation...

Pour savoir de quoi au juste, voici un ouvrage documenté,

limpide et au style vivant. En quelques pages, on trouve l’essentiel

de ce qu’il faut connaître sur la Nouvelle-France, l’invasion britannique,

le Bas-Canada, la Confédération, le projet indépendantiste,

etc. Diverses annexes complètent le tout. De la belle ouvrage.

LA VÉRITÉ SUR L’AFFAIRE HARRY QUEBERT, par Joël Dicker, Éd. de Fallois

Primé par l’Académie française, ce roman (bien plus qu’un polar) est

célébré avec raison depuis plusieurs mois par Dame Rumeur. L’affaire

démarre au New Hampshire en 1975. Une jeune fille est assassinée.

Que s’est-il passé exactement? New York, 2008. Un écrivain

respecté est accusé du meurtre. Un ami, Marcus, auteur en panne

d’inspiration, cherche à prouver son innocence : mission... possible?

DIDEROT OU LE BONHEUR DE PENSER, par Jacques Attali, Fayard

Quand Attali se passionne pour un grand personnage historique,

on a envie de le suivre. Après Gândhî, Marx et Pascal, voici Diderot.

Pourquoi? Réponse de l’auteur : « Quel plaisir de raconter la vie d’un

homme immensément intelligent, puits de science, totalement libre,

follement amoureux, incroyablement créatif. Et si drôle! » Un personnage

moins connu que Rousseau ou Voltaire, mais fort inspirant!

BALTIMORE : UNE ANNÉE DANS LES RUES MEURTRIÈRES, par

David Simon, Sonatine

Il y a une vingtaine d’années, Baltimore comptait l’un des taux de criminalité

les plus élevés aux États-Unis. Pendant un an, le journaliste David

Simon a accompagné jour et nuit les inspecteurs de la brigade criminelle.

Il en a tiré un compte rendu hallucinant qui illustre ce que veulent

dire les mots « jungle urbaine » À noter : la fabuleuse série Sur écoute

(The Wire) en a été tirée. Dans les deux cas, un travail exemplaire.

LES SUITES POUR VIOLONCELLE SEUL, par Eric Sibling, Fides

D’abord un conseil d’ami : si vous n’en avez pas, procurez-vous

une ou deux versions des Six suites pour violoncelle seul de Bach.

Et plongez dans cet ouvrage inclassable qui se dit « En quête d’un

chef-d’œuvre baroque » et qui est à sa manière un chef-d’œuvre.

On y traite avec chaleur de Bach, de sa vie, de son œuvre, de sa place

dans l’histoire, de ses interprètes, etc. Un pur ravissement.

LES VISAGES DE L’HUMANITÉ, par Jean-Jacques Pelletier, Alire

C’est depuis longtemps une évidence pour son lectorat : Pelletier

excelle à mettre en scène diverses turpitudes contemporaines de la

nature humaine. Le tout commence cette fois par des cadavres qu’on

retrouve privés de leur visage... L’inspecteur Théberge et son ami

l’écrivain Victor Prose, qui ont leurs propres problèmes, en arracheront

pour débrouiller une affaire où vraiment rien n’est simple.

VARIÉTÉS DELPHI, par Nicolas Chalifour, Héliotrope

« Bien calé au fond des choses, confortablement terré dans le noir

et la nuit, on peut maintenant, tranquille et attentif, regarder s’agiter

le monde. » C’est exactement ce que fait le personnage désenchanté

de ce délicieux roman. Serveur dans un manoir de banlieue,

il excelle à dépister les petitesses des autres. Mais pareil jeu ne vat-il

jamais susciter de réaction? Un récit aussi caustique que drôle.

DÉLIVRANCE, par Jussi Adler Olsen, Albin Michel

Les auteurs de thrillers scandinaves ont actuellement la cote, mais

Adler Olsen, après Miséricorde, Profanation et son dernier-né, est à

placer au sommet. On a le plaisir de refréquenter Carl, vice-commissaire

du département V, et ses deux improbables assistants. Le

coup d’envoi : un message en lettres de sang trouvé dans une bouteille

en Écosse. Une mauvaise blague? Un appel au secours?...

LA THÉORIE DE L’INFORMATION, par Aurélien Bellanger, Gallimard

Ceux qui adorent les romans à la manière Houellebecq vont apprécier.

C’est une sorte d’ovni littéraire, c’est un essai romancé, c’est

déjanté et cérébral, et j’ai adoré m’y abandonner. Voici donc, à travers

l’histoire d’un brillant informaticien devenu richissime, l’épopée

en trois phases de l’avènement de l’ère des télécommunications

en France. Un saisissant commentaire sur le monde actuel.

LA REINE CLANDESTINE, par Philippa Gregory, l’Archipel

L’Angleterre de 1464. Ses guerres. La maison de Lancastre qui s’oppose

férocement au roi Édouard IV et à la maison d’York. Des

amours contrecarrés par des projets d’union politique. Des secrets

vitaux qu’on évente, des complots complexes, des alliances et des

trahisons coûteuses. Et, dans ce joli panier de crabes, une femme

luttant comme une lionne pour les siens. Captivant!

LE SAINT-CHRISTOPHE, par Dany Leclair, Québec Amérique

Dès le départ, le narrateur nous avertit : « Je n’ai jamais habité au

Saint-Christophe. Pourtant, j’y ai vécu. Intensément. » Le Saint-

Christophe? Un appartement qui représente le centre du monde,

mais aussi le lieu du passage à l’état adulte pour un groupe d’amis.

Une évocation des années 90. Les études universitaires, le rock et le

reste. Bref, un sympathique roman d’apprentissage.

24 cinemabeaubien.com


« MES HÉROS est enfi n une comédie

»

bien écrite, humaine, tendre et…

solidaire. (P. Vavasseur, Le Parisien)

MES HÉROS

Un film de éric Besnard · Du même réalisateur : 600 kilos d’or pur

France

GénéRiQUe : France. 2012. 87 min (V.O.F.). Comédie dramatique

écrite et réalisée par Éric Besnard. Int. : Josiane

Balasko, Gérard Jugnot, Clovis Cornillac.

sYnopsis : Maxime, un chef d’entreprise, tente de sauver sa

compagnie d’ambulances en effectuant des heures supplémentaires

au grand dam de sa famille. Lorsqu’il apprend que

sa mère est en prison pour s’être querellée avec un policier, il

s’empresse d’aller la faire sortir. Femme de caractère, elle lui

révèle qu’elle s’est de nouveau disputée avec son père, ce qui

oblige Maxime à la ramener chez elle. Il devra donc prendre

congé de ses responsabilités pour un week-end inoubliable

qui lui permettra de se souvenir d’où il vient, et ce, par l’entremise

d’un invité peu ordinaire.

notes : Écrit et réalisé par Éric Besnard, MES HÉROS est

un fi lm résolument plus personnel sur le thème de l’unité

familiale. Avec une mise en scène effacée, le cinéaste laisse

toute la place aux interprètes qui se livrent à cœur joie

devant un scénario doté de dialogues vifs et bien sentis.

Josiane Balasko déborde d’énergie en matriarche rebelle

et Pierre Richard, dans un rôle secondaire, est tout simplement

délicieux. (P.L.)

cinemabeaubien.com

Festival du film francophone de Tübingen - Stuttgart 2012 – Prix SACEM

pour la meilleure musique originale de film

«Une palpitante aventure doublée d’une

fable humaniste, que soulignent le raffi -

nement du graphisme et la pertinence de

l’écriture. (M. Debiesse, Les Fiches du Cinéma)

LE TABLEAU

Un film de Jean-François Laguionie

France · Belgique

»

GénéRiQUe : France · Belgique. 2011. 76 min (V.O.F.). Film

d’animation réalisé par Jean-François Laguionie. Scén. :

Anik Le Ray. Int. : Jessica Monceau, Adrien Larmande,

Thierry Jahn.

sYnopsis : Pour des raisons inconnues, un peintre laisse

un tableau inachevé. Dans ce tableau, les personnages se

divisent en trois catégories : les Toupins qui sont entièrement

achevés, les Pafi nis auxquels manquent quelques couleurs

et, fi nalement, les Reufs qui ne sont que des esquisses.

Se croyant supérieurs, les Toupins prennent le contrôle du

royaume au grand dam des Pafi nis et des Reufs. Ramo, Lola

et Plume, nos trois protagonistes, décident donc de partir

à la recherche du peintre pour qu’il puisse terminer son

œuvre et ainsi ramener l’harmonie au sein du royaume.

notes : Partant d’une prémisse très originale, Jean-François

Languionie signe avec LE TABLEAU un fi lm d’animation

réjouissant, autant par sa forme que par son contenu,

où la couleur est à l’honneur. Coloré et inventif, le fi lm réussit

à intégrer au récit une histoire rassembleuse sur fond de

différences. Les passionnés d’art seront réjouis des multiples

références au monde de la peinture. Parions que les enfants

seront du coup inspirés et ressortiront leurs crayons et leurs

pinceaux! (P.L)

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Magazine Beaubien n° 2 · mars et avril · 2013


Magazine Beaubien n° 2 · mars et avril · 2013

entrevue isabelle Boulay

Isabelle

BOULAY

« LES PLUS BELLES CHANSONS

SONT DE PETITS FILMS »

28

À quatorze ans, Isabelle Boulay écrit dans son agenda scolaire

: « Je ne suis pas née pour être l’esclave, mais la souveraine

de mon existence ». Vingt-cinq ans plus tard, toujours fidèle à

elle-même, elle revendique sa liberté créative. « J’ai une âme de

conquérante », avoue-t-elle. Femme de paroles et de chansons,

Isabelle Boulay est aussi femme d’images et de cinéma. Pour

notre invitée, « les plus belles chansons sont de petits films ». À

la veille d’une tournée européenne, Isabelle Boulay a accepté de

faire un arrêt sur image pour partager son amour du cinéma.

Éditions Le Clap : Quel est votre premier souvenir cinématographique?

Isabelle Boulay : Mon grand-père maternel était propriétaire d’un

cinéma à Murdochville. Les premiers films dont je me souviens

sont Slap Shot (George Roy Hill, 1977) et E.T. (Steven Spielberg,

1982). Sinon, j’ai un souvenir des films français qu’on pouvait voir

à la télévision. Les Charlots, Louis de Funès, mais surtout Jean-

Paul Belmondo dont j’étais totalement amoureuse. Un jour, j’ai

demandé à mon père de l’inviter pour mon anniversaire. J’étais certaine

qu’il viendrait, mais il n’est pas venu. Il y a quelques années, je

l’ai vu à une terrasse dans un quartier de Paris. Je n’ai pas osé aller

lui parler. J’avais les mêmes papillons que lorsque j’étais enfant.

E.L.C. : Et que se passe-t-il par la suite?

I.B. : Le cinéma est une activité que je vis avec ma mère. Elle

m’amène voir des films québécois comme Bonheur d’occasion

(Claude Fournier, 1983) qui m’a profondément marquée.

E.L.C. : Quel est le film qui change complètement votre relation

avec le cinéma?

I.B. : Bleu de Krzysztof Kieslowski (1993)). J’avais vingt ans et j’en

ai eu pour des semaines à m’en remettre. J’étais impressionnée par

la force d’amour du personnage, un amour qui était porté par la

grâce et qui n’avait rien à voir avec la dépendance. Juliette Binoche

est remarquable. Bleu est un film qui ouvre le cœur.

E.L.C. : Que demandez-vous au cinéma?

I.B. : Tout dépend. Par exemple, j’aime vraiment les comédies.

J’adore rire. Mais par-dessus tout, ce que je demande à un film,

c’est de me laisser bouche bée. Je suis souvent sortie d’un cinéma

sans être capable de parler et ça me faisait du bien. Je demande à un

film de m’élever, de me faire sortir de moi-même et de mes limites.

Lars von Trier est un cinéaste qui m’a fait cet effet avec Breaking

the Waves (1996) et Dancer in the Dark (2000). Atom Egoyan m’a

fendu le cœur avec son film De beaux lendemains (1997).

E.L.C. : Quel genre de spectatrice êtes-vous?

I.B. : Je suis très bon public, mais je déteste les films où on sent la

direction. Quand je vois la mécanique, je décroche.

E.L.C. : Diriez-vous que votre métier qui nécessite quand même un souci

de la mise en scène vous rend encore plus sensible à cette dimension?

I.B. : Tout à fait. Je connais les coulisses. J’ai eu accès à des plateaux

de tournage. Je le sens lorsque cela n’est pas fluide.

E.L.C. : S’il fallait identifier trois films pour avoir accès à une partie

de votre continent intérieur, quels seraient-ils?

cinemabeaubien.com


I.B. : Breaking the Waves pour sa soif d’absolu et sa liberté. C’est un

film qui nous fait réfléchir sur le vrai sens de l’amour. Je choisirais

Sur la route de Madison (Clint Eastwood, 1995) pour à peu près

les mêmes raisons. Mon troisième film serait Little Miss Sunshine

(Jonathan Dayton et Valerie Faris, 2006). Je me retrouve dans

cette histoire. La joie de vivre de la jeune fille et la force de vivre

du grand-père vont permettre aux autres membres de la famille de

s’extirper de leur mal-être.

E.L.C. : Quel est le film dans lequel vous auriez aimé jouer?

I.B. : J’aurais aimé jouer le rôle d’Édith Piaf interprété par Marion

Cotillard dans le film La Vie en rose (Olivier Dahan, 2007). Piaf est

la plus grande chanteuse au monde. J’ai pour elle une admiration

sans retenue même dans ses côtés sombres.

E.L.C. : Quelle est l’actrice que vous auriez aimé être?

I.B. : Monica Bellucci pour sa beauté fatale et non pas pour les films

dans lesquels elle a joué. Sinon, j’aimerais être Jessica Lange à cause

de son immense talent.

E.L.C. : Quelle est votre perception du cinéma québécois?

I.B. : Notre cinéma a une signature qui témoigne de sa jeunesse avec

des réalisateurs comme Xavier Dolan. Il a la qualité de ce que l’on

est comme nation. Il prend son souffle large et loin.

E.L.C. : Vous complétez la phrase suivante : « Si le cinéma n’existait pas… »

cinemabeaubien.com

Le cinéma vu par...

Par Serge Pallascio

I.B. : Si le cinéma n’existait pas, j’aurais essayé de l’inventer. Comme

la littérature et la chanson, le cinéma est une forme d’art essentielle

à l’évolution humaine.

Comme Édith Piaf, Isabelle Boulay pourrait chanter « Non!

Rien de rien. Non! Je ne regrette rien ». Celle qui, adolescente,

rêvait de quitter Matane pour vivre à Québec a intitulé

son treizième et dernier opus Les Grands Espaces où l’on

retrouve des titres comme « Partir au loin », « Voyager léger »

et « Mille après mille ». Qu’on prenne note! On n’enferme

pas Isabelle la conquérante dans un genre musical, encore

moins dans une cage dorée. Pour l’instant, Isabelle Boulay

garde en tête cette phrase d’Oscar Wilde : « Il est important

d’avoir des rêves assez grands pour ne pas les perdre de

vue »… même lorsqu’on parcourt les grands espaces.

LE MUSÉE IMAGINAIRE

D’ISABELLE BOULAY

Un auteur : Le romancier français Laurent Gaudé qui a écrit un

livre magnifique, Le Soleil des Scorta.

Une œuvre littéraire : Le Dur Désir de durer du poète Paul Éluard.

Un musicien : Richard Desjardins.

Une œuvre musicale : Un opéra du compositeur Richard Wagner.

Un artiste visuel : Le peintre Michel Farruggello.

Une œuvre visuelle : Mère à l’enfant de Gustav Klimt.

Un lieu géographique : Un petit village de la Corse dont le nom est Veru.

29

Magazine Beaubien n° 2 · mars et avril · 2013


Magazine Beaubien n° 2 · mars et avril · 2013

«Ce que fi lme Gilles Bourdos, c’est la vie qui

bataille contre la mort. Et la vie, c’est cette

»

Andrée qui débarque chez les Renoir. Cette

fi lle veut tout, ose tout... (P. Murat, Télérama)

RENOIR

Un film de Gilles Bourdos

Du même réalisateur: et après

France

GénéRiQUe : France. 2013. 101 min (V.O.F.). Drame réalisé

par Gilles Bourdos. Scén. : Gilles Bourdos, Michel Spinosa

et Jérôme Tonnerre. Mus. orig. : Alexandre Desplat. Int. :

Michel Bouquet, Christa Theret, Vincent Rottiers.

sYnopsis : En 1915, sur la côte d’Azur, le peintre Auguste

Renoir est au crépuscule de sa vie. Andrée, une jeune fi lle

aussi belle que rebelle, devient son nouveau modèle. Si

Auguste y voit une nouvelle source d’inspiration, la présence

d’Andrée a aussi pour effet de perturber le retour au

foyer de son fi ls Jean, blessé à la guerre.

notes : Après Van Gogh, Picasso et Pollock, c’est au tour

de Renoir de voir sa vie transposée au grand écran. Brillamment

interprété par Michel Bouquet, le peintre impressionniste

n’est cependant pas le sujet principal du fi lm de

Bourdos. Le réalisateur, à travers l’arrivée d’une muse, s’intéresse

surtout à cette jonction dans la vie des Renoir : la

fi n de carrière d’Auguste et le début de celle de Jean, qui

réalisera plusieurs chefs-d’œuvre du cinéma français. (P.B.)

« Un récit riche en émotion,

en humour et en

poésie qui s’adresse

autant aux petits

»

qu’aux grands.

(C. Narbonne, Première)

Festival international du film d’animation d’Annecy 2012 – Prix du public

COULEUR DE PEAU :

MIEL

Un film de Jung et Laurent Boileau

France · Belgique

GénéRiQUe : France · Belgique. 2012. 75 min (V.O.F.). Film

d’animation réalisé par Jung et Laurent Boileau. Scén. :

Jung. Int. : William Coryn, Christelle Cornil, Jean-Luc Couchard.

sYnopsis : Jung, un petit garçon abandonné par sa mère en

Corée, quitte son pays natal pour la Belgique à l’âge de cinq

ans, là où une famille adoptive l’attend. Avec de nouveaux

frères et sœurs, il devra faire face à une dynamique familiale

mouvementée et composer avec les diffi cultés qui viennent

avec le fait d’être différent des autres.

notes : Film autobiographique, le personnage de Jung ne

relève pas uniquement de la fi ction. Bédéiste qui a trouvé sa

voie en Belgique, Jung Sik-Jun écrit et dessine COULEUR

DE PEAU : MIEL afi n d’explorer le déracinement qu’il a

vécu à la suite de son adoption. Mélangeant habilement

l’animation à de véritables images d’archives, le fi lm étonne

par ses sources éclectiques. D’ailleurs, ces archives accentuent

formidablement les propos du récit rendu vivant par

une telle animation réaliste empreinte de poésie. Bien que

personnel, ce fi lm comporte des moments à résonance universelle

qui vous rappelleront vos propres expériences. (P.L)

32 cinemabeaubien.com


LES MANÈGES

HUMAINS

Un film de Martin Laroche

Québec

GénéRiQUe : Québec. 2012. 89 min

(V.O.F.). Drame réalisé par Martin

Laroche. Scén. : Martin Laroche. Mus.

orig. : Thomas Hellman. Int. : Marie-Evelyne

Lessard, Marc-André Brunet, Normand

Daoust.

ROCHE PAPIER

CISEAUX

Un film de Yan Lanouette turgeon

Québec

GénéRiQUe : Québec. 2012. 117 min

(V.O.F.). Film réalisé par Yan Lanouette

Turgeon. Scén. : André Gulluni et

Yan Lanouette Turgeon. Mus. orig. :

Ramachandra Borcar. Int. : Roy Dupuis,

Remo Girone, Samian, Roger Léger, Frédéric

Chau, Fanny Mallette.

cinemabeaubien.com

sYnopsis : Étudiante en cinéma, Sophie

se trouve un travail saisonnier dans un

parc d’attractions. À la demande de son

patron, elle accepte de tourner une vidéo

promotionnelle sur son entreprise. Pleinement

impliquée dans le projet, elle se met

à tout fi lmer : son travail, son quotidien, ses

amis. Très vite, elle comprend que ce projet

dépasse le cadre professionnel, qu’elle est en

train de déterrer un secret de son enfance.

sYnopsis : Quittant sa réserve pour un

avenir meilleur, Boucane, un jeune Autochtone,

rencontre Normand, un caïd travaillant

pour la pègre chinoise. Lorenzo, un

vieil Italien, n’a que très peu de temps pour

exaucer le dernier souhait de sa femme

mourante. Vincent, un médecin radié,

tente de s’affranchir de l’organisation qui

l’emploie. Trois hommes, trois destins qui

se croiseront de façon inattendue un soir

d’éclipse.

« »

[…] le résultat est une œuvre aussi

troublante que nécessaire [...] (Le Clap)

notes : LES MANÈGES HUMAINS

raconte l’histoire de Sophie, excisée à l’âge

de quatre ans, qui aspire aujourd’hui à

une vie sexuelle normale. En s’attaquant

à cette pratique, Martin Laroche situe son

fi lm sur un terrain peu fréquenté par notre

cinéma… Le résultat est une œuvre aussi

troublante que nécessaire, qui témoigne

d’un regard profondément sensible et

attentif sur la condition des femmes. (S.G.)

« […] une œuvre moderne et colorée,

sorte de Pulp Fiction québécois,

»

un

kaléidoscope de personnages tous à la

recherche de leur destin. (Le Clap)

notes : ROCHE PAPIER CISEAUX nous

plonge dans le monde caché des triades

chinoises. Yan Lanouette Turgeon (11 règles,

Le Revenant.) nous propose pour son premier

long métrage une œuvre moderne et

colorée, sorte de Pulp Fiction québécois,

un kaléidoscope de personnages tous à la

recherche de leur destin. (A.N.)

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Magazine Beaubien n° 2 · mars et avril · 2013


Magazine Beaubien n° 2 · mars et avril · 2013

Horizontalement

1. Film sur le fondateur de la compagnie Apple

2. Légende que trois jeunes Inuits tentent de découvrir

3. Réalisateur d’origine australienne derrière les films Le Show Truman et Le Cercle des poètes disparus

4. Initiales de l’acteur britannique qui jouait le professeur Albus Dumbledore dans les deux premiers films

d’Harry Potter – Titre du troisième film biographique sur un président américain réalisé par Oliver

Stone – Nom de famille de la chanteuse et actrice vedette de Confidences sur l’oreiller

5. Prénom de l’une des muses de Woody Allen, qui a déjà été mariée à Frank Sinatra.

6. Pays où se retrouvent les animaux de zoo Alex le lion, Marty le zèbre, Gloria l’hippopotame et

Melman la girafe

7. Nom de famille du réalisateur de La Neuvaine – Initiales de l’actrice du film Les Saveurs du palais

8. Nom du personnage du panda dans Kung Fu Panda – Initiales du producteur français de L’Artiste – Nom

d’un personnage du film Pocahontas

9. Initiales de l’actrice britannique incarnant Dolores Ombrage dans les films d’Harry Potter – Initiales

de l’acteur qui incarne Jean le Baptiste dans Jésus de Nazareth de Zeffirelli

10. Le cochon qui devient berger – Pierre Lebeau dans Les Boys ou Yves Trudel dans Elvis Gratton.

Initiales de l’acteur qui incarne Nelson Mandela dans Invictus

11. Célèbre chienne vedette de six films et de quatre téléséries depuis 1943

12. L’un des chanteurs du groupe Loco Locass – Nom de famille du réalisateur de L’Arbre de vie

13. Film de 1995 réalisé par Michael Apted avec Jodie Foster et Liam Neeson – Surnom du héros

indien du dernier film de Ang Lee

Verticalement

Mots croisés

par Pier-Hugues Madore

A. Personnage de bande dessinée créé en 1929, adapté au cinéma en 1980, par Robert Altman

B. Personnage féminin de la Saga Twilight, la sœur de Jasper et Edward

C. Prix du cinéma québécois – Prénom du réalisateur de Moulin Rouge

D. Initiales de l’auteur du Vieil homme et la mer – Magicien devenu cinéaste à l’époque du muet

E. Personnage de déficient intellectuel incarné par Sean Penn en 2001

F. Initiales du réalisateur de Ben-Hur (1959) – Initiales du réalisateur du film Le Bon Côté des choses

– Selon Laurent Boileau et Jung, les Coréens ont la peau de quelle couleur?

G. Film de Kurosawa inspiré du Roi Lear de Shakespeare

H. Nom du personnage du paresseux dans la série de films L’Ère de glace – Initiales du réalisateur du

film Le Labyrinthe de Pan

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n° 003

A B C D E F G H I J K L M

I. Film d’animation de 2012 inspiré de la première girafe envoyée en France – Initiales de l’acteur

qui campe le rôle de Norman Bates dans Psycho

J. Initiales de l’acteur qui incarne le thérapeute dans L’Espoir est à Hope Springs – Enfant élevé

par des loups.

K. Film d’animation sur Blu, un perroquet rare qui ne sait pas voler – Nom de famille du personnage

de Michael J. Fox dans Retour vers le futur

L. Agence gouvernementale américaine concernée dans les films Argo et Opération avant l’aube

M. Prénom de la tante de Peter Parker – Nom de famille du réalisateur de Black Swan

Solution page 4

34 cinemabeaubien.com


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Magazine Beaubien n° 2 · mars et avril · 2013

DOCU

DOCU

D

documentaire

sYnopsis : Maurice Martenot rêvait de sons

qui jailliraient du silence… Au beau milieu

du chaos de la Grande Guerre, le jeune radiotélégraphiste

français tombe sous le charme

de sonorités inouïes produites par les lampes

triodes de son appareil. Il imagine un instrument

qui transformera ces particules

électriques en musique, sous l’impulsion

directe des interprètes : les ondes musicales

Martenot. Inspiré par un idéal d’expression

humaine et vivante, son instrument a une

sensibilité si extraordinaire que, près d’un

«Ce fi lm est un geste d’amour envers ces êtres de parole.

»

Mais

c’est avant tout le portrait touchant d’une aînée qui nous

transmet un vibrant message d’espoir avant le salut fi nal.

sYnopsis : Sentant la mort proche, une

vieille dame qui a longtemps habité le cœur

des Québécois se confi e à son beau-fi ls, le

cinéaste Pascal Gélinas. Issu du lien profond

qui les unit, ce fi lm pénètre dans l’intimité

d’Huguette Oligny, une comédienne qui

aujourd’hui n’a plus d’image à défendre et

qui partage sa réfl exion sur la souffrance, la

foi et le bonheur profond qui l’habite. Dans

cette quête intime, on retrouve ses enfants

siècle plus tard, musiciens, artisans et ingénieurs

tentent encore d’en percer les secrets.

notes : Avec son intrigue au présent sur

fond d’histoire, LE CHANT DES ONDES

poursuit le rêve inachevé de ce visionnaire

inclassable qu’était Maurice Martenot (1898-

1980). Ce long métrage nous fait découvrir

un cercle de passionnés qui, en France

comme au Québec, cherchent dans des studios,

caves, laboratoires scientifi ques ou ateliers,

à interroger le mystère de l’instrument.

et son amie de toujours, l’écrivaine Marguerite

Lescop.

notes : HUGUETTE OLIGNY, LE GOÛT

DE VIVRE sera précédé du fi lm d’animation

ITHAQUE, conçu, réalisé et produit

par Francis Gélinas (narration d’Huguette

Oligny) et du documentaire GILLES PEL-

LETIER, UN CŒUR DE MARIN, scénarisé

et réalisé par Pascal Gélinas.

«Avec son intrigue

au présent sur fond

d’histoire, LE CHANT

DES ONDES poursuit

le rêve inachevé

de ce visionnaire

inclassable qu’était

Maurice Martenot…

LE CHANT DES

ONDES

Un film de Caroline Martel

Québec

GénéRiQUe : Québec. 2012. 96 min

(V.O.F.). Documentaire réalisé par Caroline

Martel.

HUGUETTE

OLIGNY,

LE GOÛT DE

VIVRE

Un film de pascal Gélinas

Québec

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HUGUETTE OLIGNY, LE GOÛT DE VIVRE ITHAQUE GILLES PELLETIER, UN CŒUR DE MARIN

GénéRiQUe : Québec. 2012. 99 min

(V.O.F.). Documentaire réalisé par Pascal

Gélinas.


ASTÉRIX ET OBÉLIX : AU SERVICE DE SA MAJESTÉ

TOUJOURS À L'AFFICHE LE 1 ER MARS

astérix et obélix : au service de

sa Majesté (V.O.F.)

Un fi lm de Laurent Tirard

Les Criminelles (V.O.F.)

Un fi lm de Jean-Claude Lord

Jack le chasseur de géants (V.F.)

Un fi lm de Bryan Singer

Roche papier Ciseaux (V.O.F.)

Un fi lm de Yan Lanouette Turgeon

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LES SAVEUR DU PALAIS

Un film de Christian Vincent

Du même réalisateur : Quatre étoiles

GénéRiQUe : France. 2012. 95 min (V.O.F.).

Comédie réalisée par Christian Vincent.

Scén. : Étienne Comar et Christian Vincent.

Mus. orig. : Gabriel Yared. Int. : Catherine

Frot, Jean d’Ormesson, Hippolyte Girardot.

cinemabeaubien.com

VOYEZ AUSSI

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OMBLINE

Un film de stéphane Cazes

GénéRiQUe : France · Belgique. 2012. 95 min

(V.O.F.). Drame réalisé par Stéphane Cazes.

Scén. : Stéphane Cazes. Mus. orig. : Cyrille

Aufort. Int. : Mélanie Thierry, Nathalie Becue,

Corinne Masiero.

PAULETTE

Un film de Jérôme enrico

Du même réalisateur : L’origine du monde

GénéRiQUe : France. 2013. 87 min (V.O.F.).

Comédie réalisée par Jérôme Enrico. Scén. :

Jérôme Enrico, Laurie Aubanel, Bianca Olsen et

Cyril Rambour. Mus. orig. : Michel Ochowiak.

Int. : Bernadette Lafont, Carmen Maura,

Dominique Lavanant, Françoise Bertin.

sur nos écrans...

BLANCANIEVES

Un film de pablo Berger

GénéRiQUe : Espagne. 2012. 104 min

(muet). Drame poétique écrit et réalisé par

Pablo Berger. Int. : Maribel Verdù, Daniel

Giménez Cacho, Ángela Molina, Macarena

García, Pere Ponce, Sofía Oria.

ALYAH

Un film de elie Wajeman

Notre horaire

m.clap.ca

GénéRiQUe : France. 2012. 90 min (V.O.F.).

Drame réalisé par Elie Wajeman. Scén. : Elie

Wajeman et Gaëlle Macé. Int. : Pio Marmaï,

Cédric Kahn, Guillaume Gouix, Adèle Haenel,

Sara Le Picard.

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Magazine Beaubien n° 2 · mars et avril · 2013

Index des fi lms

Films à l’affi che n° 2

11.6

Un film de Philippe Godeau..................................... à partir du 12 avril ................. p. 11

Amitiés sincères

Un film de Stephan Archinard et François Prévôt-Leygonie ..à partir du 26 avril | cinemabeaubien.com

Arrêtez-moi

Un film de Jean-Paul Lilienfeld ......................à partir du 12 avril | cinemabeaubien.com

Arbre et le nid, L’

Un film de Valérie Pouyanne .........................à partir du 15 mars | cinemabeaubien.com

Astérix et Obélix : au service de Sa Majesté

Un film de Laurent Tirard ..............................à partir du 1 er mars | cinemabeaubien.com

Boule et Bill

Un film de Alexandre Charlot et Franck Magnier à partir du 19 avril | cinemabeaubien.com

Cicatrice, La

Un film de Jimmy Larouche ...........................à partir du 12 avril | cinemabeaubien.com

Couleur de peau : miel

Un film de Jung et Laurent Boileau ......................... à partir du 5 avril ................... p. 32

Criminelles, Les

Un film de Jean-Claude Lord ........................à partir du 1 er mars | cinemabeaubien.com

Dans la maison

Un film de François Ozon ........................................ à partir du 5 avril ...................... p. 5

Du Vent dans les mollets

Un film de Carine Tardieu ..............................à partir du 26 avril | cinemabeaubien.com

Enrage de son absence, J’

Un film de Sandrine Bonnaire .......................à partir du 15 mars | cinemabeaubien.com

Ernest et Célestine

Un film de Benjamin Renner, Vincent Patar et Stéphane Aubier à partir du 1 er mars | cinemabeaubien.com

Homme qui rit, L’

Un film de Jean-Pierre Améris ................................ à partir du 29 mars ................ p. 23

Maman

Un film de Alexandra Leclère ........................à partir du 29 mars | cinemabeaubien.com

Manèges humains, Les

Un film de Martin Laroche ...................................... à partir du 1 er mars ................ p. 33

Ombline

Un film de Stéphane Cazes ..................................... à partir du 5 avril ................... p. 37

Paris-Manhattan

Un film de Sophie Lellouche ................................... à partir du 8 mars .................. p. 10

Paulette

Un film de Jérôme Enrico ....................................... à partir du 19 avril ................. p. 37

Renoir

Un film de Gilles Bourdos ....................................... à partir du 12 avril ................. p. 32

Roche papier ciseaux

Un film de Yan Lanouette Turgeon ........................... à partir du 1 er mars ................ p. 33

Saveurs du palais, Les

Un film de Christian Vincent .................................... à partir du 1 er mars ................ p. 37

Superstar

Un film de Xavier Giannoli ...................................... à partir du 8 mars ..................... p. 7

Tableau, Le

Un film de Jean-François Laguionie ........................ à partir du 1 er mars ................ p. 25

Trois mondes

Un film de Catherine Corsini .........................à partir du 22 mars | cinemabeaubien.com

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