BERGAMOTE NOCES DE CARTON - Le Poche

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BERGAMOTE NOCES DE CARTON - Le Poche

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BERGAMOTE

NOCES DE CARTON

16 › 25 MAI 2011

Texte & mise en scène Claude-Inga Barbey

Patrick Lapp

Claude Blanc

Lumière Jean-Jacques Schenk

Son Claude Blanc

Jeu Claude-Inga Barbey

Patrick Lapp

Production Bergamote / Le Poche Genève

Après le premier spectacle de Bergamote, Bergamote et l’Ange, en 1998, suivi de Bergamote

aller simple, Bergamote Le temps des Cerises, Bergamote Le Modern, l’heure des « Noces de

carton » est arrivée

Images disponibles, libres de droits

Claude-Inga Barbey & Patrick Lapp dans Noces de carton / Photographie Augustin Rebetez


16 > 25 MAI 2011 BERGAMOTE NOCES DE CARTON

FICHE D’IDENTITÉ DE L’ŒUVRE

Genre : Théâtre

Auteurs : Claude-Inga Barbey

Patrick Lapp

Objet d’étude : Le couple

Registre : Comédie humaine

Forme : Dialogues

BERGAMOTE

NOCES DE CARTON

Sujet : Monique et Roger fêtent leurs retrouvailles en duo et affrontent les

affres du presque 3 ème âge avec l’humour sarcastique et la délicatesse qu’on

leur connaît. Restés seuls après le départ de leur progéniture, ils tentent tant

bien que mal de se redécouvrir, se réinventer, passer le temps et créer une

nouvelle intimité. Pas facile, surtout que Roger « pète un peu les câbles »

comme dit Monique qui, toujours vaillante, s’efforce de le supporter.

À nouveau le thème du couple, et de tout ce qui va avec, l’amour, le désir, les

attentes, les sacrifices, parfois les mensonges, souvent les déceptions, les

frustrations bien sûr et maintenant l’inévitable vieillissement. En bref, une

véritable dissection de la comédie humaine en ce qu’elle offre de plus cruel,

mais aussi de plus touchant.

Création : Première au théâtre Le Poche en mai 2011

Durée du spectacle : À déterminer


16 > 25 MAI 2011 BERGAMOTE NOCES DE CARTON

LES RETROUVAILLES!

entretien avec Claude-Inga Barbey réalisé par Anne-Sylvie Sprenger

Nous allons retrouver Monique et Roger dans ce spectacle, où en sont-ils?

Ils sont vieux, ils ont vieilli avec leur public, ils ont tous les travers de l’âge: ils sont un peu

sourds, ils commencent à perdre la mémoire, mais ce n’est pas encore catastrophique…

Et dans leur couple?

Ils ne se comprennent plus parce qu’ils ne se souviennent de rien, qu’ils ne s’entendent plus

et ne voient plus très bien, mais ils vont plutôt mieux que sur les derniers spectacles…

Même si cela va quand même finir très mal…

Voilà plusieurs années que ces personnages existent, quel regard portez-vous sur leur

parcours?

Le même regard que je porte sur le mien, en me disant qu’il y a quand même de très, très

bons côtés avec l’âge. Des choses qu’on ne refera plus et des expériences de vie qui sont

toujours intransmissibles. Mais reste toujours le regret de ne plus avoir la même forme

physique et le même élan qu’à 20 ans. On est comme les spectateurs, on aimerait encore

tomber amoureux, on aimerait avoir plein de vies différentes, et puis en même temps on a un

inconfort de plus en plus prononcé, dans tous les sens du terme. C’est assez triste.

Quelle est la part d’autobiographique dans ces spectacles de Bergamote?

100%, toujours. Avec Patrick, on mélange des choses qu’il vit personnellement et des choses

que je vis de mon côté. Simplement, dans la vie, on ne les vit pas ensemble. Et quand tout à

coup on met tout ensemble sur scène, quand on prend tous nos travers de vie personnels, ça

fait un mélange assez explosif. Si on vivait ensemble, on n’aurait absolument rien à dire,

mais comme on vit chacun des situations différentes avec des gens différents, c’est

intéressant. C’est ce mélange-là qui fonctionne bien, ce petit recul, cette petite ironie, cette

mise à distance des choses que l’on vit dans le quotidien. C’est pour cela que je dis que la

part autobiographique est à 100%, après c’est la théâtralité, la façon dont on aborde le sujet

qui en fait des choses un peu hors du quotidien, hors de la banalité.

Comment élaborez-vous vos spectacles? Vous écrivez des sketchs chacun de votre côté?

Non, pas du tout, on travaille ensemble sur improvisations. Là, on fait une scène où il drague

une nana et, tout à coup, il perd son appareil et il n’entend plus du tout ce qu’elle dit. On est

parti du fait que Claude entend de moins en moins bien et on a inventé cette scène comme

ça. Alors après on essaie, on change, on réessaie. C’est un travail en commun: on travaille

ou au bistrot ou au théâtre. Et puis si on a une idée, on s’envoie un petit sms: «Dis, qu’est-ce

que t’en penses?»

Cette collaboration comment a-t-elle évolué au fil des années?

A un moment on a traversé une période assez difficile lorsque l’on montait notre troisième

spectacle. On ne pouvait plus se blairer. Et puis on a fait chacun des trucs de son côté, et

après on est revenu l’un à l’autre tranquillement. C’est bon de se retrouver. Aujourd’hui, il

n’y a pas vraiment de changement par rapport aux tout débuts, on a juste vieilli chacun de

son côté. Et notre couple de scène a vieilli aussi, et on est resté dans l’envie de raconter ça.


16 > 25 MAI 2011 BERGAMOTE NOCES DE CARTON

Comment comprenez-vous l’attachement particulier du public à ce couple de scène?

L’identification. On vient de rencontrer un couple qui dit que quand ils sont de mauvaise

humeur, ils jouent à Bergamote! Même si ce n’est pas prise de tête qu’il n’y a pas d’effort de

réflexion pour le spectateur, c’est très thérapeutique. En tout cas, c’est ce que les gens nous

disent. Et puis les petites danses, les gags, les choses comme ça, aident les spectateurs à

s’identifier. On n’est jamais dans la caricature, ce n’est pas notre genre. Dans les one-manshows,

les comiques sont face au public, les gens reçoivent les choses, rient, mais ne

peuvent pas monter sur le plateau avec les personnages. Là, on a vraiment l’impression que

les gens sont avec nous. C’est cette proximité qui plaît.

Vous transportez, depuis plusieurs années, une image du couple très pessimiste, n’est-ce

pas lourd à porter ?

Je ne crois pas que cela soit si pessimiste que ça puisqu’ils sont toujours ensemble. Les

enfants sont grands, ils sont partis, ils se sont mariés, et puis on se retrouve tout seuls. Mais

même s’ils s’énervent et s’engueulent, ils sont toujours ensemble, c’est ça qui compte. Bien

qu’en même temps, ils n’ont pas trop le choix non plus...

Vous souvenez-vous du moment où vous avez imaginé ce couple pour la première fois?

Nous étions dans le train entre Genève et Lausanne, on partait travailler à la radio. Je venais

de vivre une scène de ménage pour une histoire de lessive et mon mari m’a appelé quatre

fois pour me demander si telle chose allait à 40° ou 60°, et comment on appuyait sur le

bouton de la machine… Je me suis dit qu’il y avait là une sacrée matière pour une émission

de radio.

Vos personnages vieillissent en même temps que vous…

Oui, et le public vieillit avec nous. Je pense qu’ils viennent nous voir aussi pour voir où on en

est, comme on vient voir de vieux amis. Et puis après ils peuvent sortir et dire: «T’as vu

machin? T’as vu comme elle a pris du bide?» «Oh oui! Et puis lui, qu’est-ce qu’il est vieux!»

«Mais il est quand même sympa…»

Qu’est-ce qui vous touche le plus chez ces personnages?

Chez Roger, ses travers sont aussi les choses les plus touchantes: la lâcheté, la paresse…

Là dans le spectacle, il n’arrive pas à brancher les câbles Internet et il devient fou. Pendant

tout le spectacle, il est obsédé par cette histoire de câbles qu’il n’arrive pas à brancher pour

foutre Internet dans sa baraque. Alors c’est à la fois très agaçant quand c’est vous qui

attendez la connexion Internet, et puis en même temps très touchant quand on regarde

depuis l’extérieur. Quant à Monique, je crois que ce sont ses espoirs qui sont tout le temps,

tout le temps déçus…

Et qu’est-ce qui vous irrite le plus?

La même chose.

Pourquoi faut-il venir voir ce nouveau spectacle?

Parce qu’il sera bien. J’ai vraiment le sentiment qu’on s’était un peu perdu en route avec «Le

Modern» et le Shakespeare et que là on retrouve quelque chose du tout début. Comme dans

la vie finalement, une fois que l’on a fait tout le trajet amour-enfants-baraque-boulotsretraite,

il y a un moment où on se retrouve au point zéro avec les mêmes envies qu’au tout

début, mais avec une certaine fatigue et des expériences. Donc je crois que les personnages


16 > 25 MAI 2011 BERGAMOTE NOCES DE CARTON

sont aussi touchants que dans le tout premier spectacle, il y a à nouveau quelque chose de

plus simple, de plus essentiel.


16 > 25 MAI 2011 BERGAMOTE NOCES DE CARTON

EXTRAIT

Bergamote, les Noces de Carton

Chers visiteurs, vous vous situez actuellement au niveau -4 au 2 ème étage de l’annexe B du

musée. Pour les toilettes, tournez à gauche et suivez le couloir. Pour la boutique et la

cafétéria, tournez à droite et suivez le couloir. Les toilettes pour handicapés se situent au

5 ème niveau du bâtiment C situé sur la sortie de l’autoroute menant à Belgrade ZI.

Cette installation de l’artiste Stanley Trut est datée de 1994. Elle s’intitule Duo sur canapé

rose. Ceci n’est pas un canapé, c’est l’idée d’un canapé.

L’art conceptuel reçoit une acceptation large fondée sur l’affirmation de la primauté de

l’idée sur la réalisation.

Placez-vous en face de l’œuvre - très bien - vous constaterez alors que le canapé devient

une structure moléculaire. Placez-vous maintenant derrière l’œuvre - très bien - vous

constatez l’apparition d’un second élément : le vide.

L’idée consiste à présent pour le visiteur à compter ses pas avec le plus de précision

possible et à établir des mesures entre son corps et le territoire dans lequel il évolue.

Combien de pas avez-vous effectués ? - très bien -. Vous éprouvez à présent l’envie de vous

asseoir sur le canapé ? Faites-le. Halte. Vous êtes en train de vous asseoir sur le vide.

Placez-vous maintenant du côté gauche du canapé - très bien -. Penchez votre torse en

avant afin de former avec le vide un angle de 30 degré - très bien -. Placez votre main droite

en face de votre œil droit - très bien -. Vous constatez que l’œuvre n’est que l’illustration

d’une idée. Redressez-vous - très bien -. À présent placez votre main droite sur votre torse

et effectuez avec celle-ci un mouvement circulaire. Posez simultanément votre main gauche

sur votre tête et tapotez votre crâne de façon répétée - très bien -. Mettez à présent vos bras

le long du corps. Maintenant avec votre main droite pincez le lobe supérieur de votre oreille

gauche. Avec votre main gauche simultanément pincez à intervalle régulier votre nez à l’aide

de votre index et de votre pouce - très bien.

Une ultime constatation s’impose. Comme le dit l’artiste Stanley Trut, « l’idée de l’art est

présente comme idée de l’art ».

Ok, le musée vous remercie pour votre contribution au développement de l’art conceptuel et

vous souhaite une bonne journée.


16 > 25 MAI 2011 BERGAMOTE NOCES DE CARTON

CLAUDE-INGA BARBEY

PATRICK LAPP

CLAUDE BLANC

Née à Genève, Claude-Inga Barbey est à la fois humoriste,

comédienne, journaliste et écrivaine. Après une formation

à l’Ecole supérieure d’art Dramatique de Genève, elle

participe comme humoriste à partir des années 90 aux

émissions 5 sur 5 et Les dicodeurs sur la RSR. C’est là,

qu’en 1996, elle crée avec Patrick Lapp le couple de

Monique et Roger dans l’émission Bergamote qui donnera

ensuite naissance à divers spectacles.

Sur les planches, elle joue notamment dans Au bout du

rouleau de Manon Pulver à la Comédie, Juliette et Roméo

et Ce fou de Platonov au Théâtre de Carouge, où elle s’est

également produite en solo cet hiver avec Merci pour

tout !. Parmi ses publications, Les Petits Arrangements

qu’elle a mis en scène au Forum de Meyrin, et plus

récemment Chroniques d’un cœur d’artichaut.

Patrick Lapp, animateur de la RSR et comédien, voit le jour

à Rolle. Il s’initie aux planches après avoir suivi une

formation au Théâtre de l’Atelier avec François Rochaix.

Dès 1976, il anime diverses émissions radios, dont 5 sur 5,

Bergamote, qu’il crée avec Claude-Inga Barbey, et la

fameuse Aqua Concert avec Jean-Charles Simon. En sa

compagnie, il met en scène en 2004 Amitié et partage,

trois ans plus tard Radioscopie de la Clarinette ainsi que

La Chauve-souris à l’Opéra de Lausanne et plus

récemment L’Histoire du soldat.

Lausannois d’origine, Claude Blanc, suit un apprentissage

de dessinateur avant de devenir une figure incontournable

de la Radio Suisse Romande. Il collabore pendant 10 ans à

l’émission Demain Dimanche d’Émile Gardaz. À ses côtés,

il incarne notamment le personnage principal dans Les

aventures de Ouin-Ouin et de Gaston dans le feuilleton

radiophonique Adieu Berthe. Il est également le

producteur et réalisateur des émissions 5 sur 5 et

Bergamote. Au théâtre, il est le complice de longue date

de Bergamote et tient, entre autres, le rôle d’Andersen

dans Règlement de contes mis en scène par Claude-Inga

Barbey au Théâtre des Marionnettes de Genève.

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