DPED_Elvire 2 - Le Poche

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DPED_Elvire 2 - Le Poche

ELVIRE JOUVET 40

d’après Molière et la comédie classique

de Louis Jouvet , Édition Gallimard

19 AVRIL > 16 MAI 2010

Texte Louis Jouvet

Conception & adaptation Brigitte Jaques

Mise en scène Miguel Fernandez

Assistante Amandine Sommer

Scénographie & lumière Michel Faure

Costumes Cédric Neuschwander

Jeu Isabelle Caillat

Ludovic Chazaud

Jacques Roman

Cédric Simon

…………………………………………………

APÉRO D’AUTEUR

Jacques Roman lit Louis Jouvet

samedi 8 mai, 11 heures

…………………………………………………

Pour ce spectacle, Le Poche Genève propose un surti t r age,

monté en collabo r ati on avec le Dépar te m ent de l a culture.

Il se présente sous la forme d’un écran projetant le texte du spectacle. Cette

mesure est destinée aux spectateurs sourds ou malentendants. Elle est

activée à toutes les représentations et les personnes intéressées sont priées

de s’annoncer lors de la réservation des billets afin de bénéficier de places

adéquates.

Coproduction Théâtre Vidy-Lausanne / Le Poche Genève


19 AVRIL > 16 MAI 2010 ELVIRE JOUVET 40

FICHE D’IDENTITÉ DE L’ŒUVRE

Genre : théâtre

ELVIRE JOUVET 40

Auteur : une adaptation de Brigitte Jaques d’après Molière et

la comédie classique de Louis Jouvet

Objets d’étude : L’apprentissage, la transmission

L’engagement de soi

La découverte de ses limites

Le contexte historique de la 2ème guerre

mondiale

Registre : inspiré de faits réels

Structure : séparation en 7 leçons (du 14 février au 21

septembre 1940)

Forme : dialogues et le monologue d’Elvire

Sujet : Elvire Jouvet 40 retrace les sept leçons à Claudia, la

jeune élève que Louis Jouvet fait travailler et à qui il fait

reprendre inlassablement la même scène de l’acte IV de Dom Juan

de Molière, qu’il considérait comme un miracle de la langue

française. C’est Philippe Clévenot qui le premier a incarné

Louis Jouvet dans cette adaptation scénique de Brigitte Jaques,

créée au Théâtre National de Strasbourg, il y a vingt ans.

C’est au tour de Jacques Roman de faire revivre le grand

maître, guidé par Miguel Fernandez dans cette approche

fiévreuse et minutieuse de l’art théâtral.

Création : Première représentation dans la mise en scène de

Miguel Fernandez le 2 mars 2010 au Théâtre Vidy-Lausanne avant

d’être joué au Poche Genève du 19 avril au 16 mai 2010.

Durée du spectacle : 1 heure 20

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19 AVRIL > 16 MAI 2010 ELVIRE JOUVET 40

LOUIS JOUVET

auteur de Molière et la comédie classique

Bien qu’il ait joué dans plus de trente films, Louis Jouvet (1887-1951) ne

vécut que pour le théâtre. Ses écrits, tels que Molière et la comédie

classique dont est tirée la pièce, restent une référence inégalée sur

l’art de l’acteur.

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19 AVRIL > 16 MAI 2010 ELVIRE JOUVET 40

LE RAVISSEMENT D’ELVIRE

Extraits de la préface par Brigitte Jaques, auteur de l’adaptation

Au Conservatoire d’Art dramatique de Paris, à raison de sept séances

qui ont lieu entre le 14 février et le 21 septembre 1940, Louis Jouvet fait

travailler à une jeune actrice, Claudia, la dernière scène d’Elvire (acte

IV, scène 6) du Dom Juan de Molière. Claudia répète chaque fois la

scène devant la classe assemblée, qui intervient de temps à autre sous

l’impulsion du Maître. (...)

Parmi tous les cours publiés, la singularité des sept leçons à Claudia

vient de ce qu’on assiste à l’initiation finale d’une élève parvenue au

terme de son apprentissage, laquelle a lieu dans cette scène de Dom

Juan à l’épreuve d’un des sommets de l’art théâtral. « Je trouve que

c’est la tirade la plus extraordinaire du théâtre classique », dira Jouvet.

(...)

Le soin exceptionnel apporté à la sténographie, qui reproduit les

humeurs, les silences, les mouvements, la respiration même des

participants, des « personnages », fait de ces documents un moment

de théâtre exceptionnellement vivant : nous sommes tout près de

connaître le secret du théâtre au travail, nous assistons à l’énigmatique

accouchement d’une artiste, nous nous faisons voyeurs de la double

passion du maître et de l’élève. (...)

Afin de la préparer à cet art sans artifice, Jouvet traque chez Claudia

les coquetteries, les habiletés, les joliesses, il réduit à néant tous les

plaisirs qu’elle retire de son savoir-faire. (...)

Une mise en scène est un aveu, disait Jouvet, et c’est bien à la

déclaration d’un aveu que ces leçons nous font assister. Elles semblent

en effet, à mesure que l’on s’achemine vers la fin, les stations

marquées d’une approche de l’art théâtral, comme d’un « phénomène

de chimie céleste » (...)

Jouvet veut Claudia comme Elvire : extatique, inconsciente, égarée, et

même anorexique, dans un « état de viduité » tel que l’actrice devienne

pure transparence, pure voix qui jaillit entre le texte et le monde, pure

interprète.

« C’est quelqu’un qui vient délivrer un message malgré lui. » Jouvet

parle d’Elvire à Claudia, mais ce faisant ne lui donne-t-il pas une

définition de l’acteur, la plus utopique et peut-être la plus belle ?

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19 AVRIL > 16 MAI 2010 ELVIRE JOUVET 40

À la fin de ces leçons, en effet, nous avons affaire à quelqu’un qui n’est

plus Claudia, à quelque chose qui n’est plus pour la comédienne « la

niaise manie de son moi encombrant qui la possède ».

C’est après de longs mois d’exercices, d’entraînements physiques et

spirituels, que surgit ce moment soudain et merveilleux où de l’oubli

de soi naît pour elle le grand Art du théâtre. Ça parle. Comme les

maîtres zen se réjouissent quand, dans l’art chevaleresque du tir à l’arc

japonais, « quelque chose a tiré ».

« La nue éclate, on voit tout à coup l’apparition et puis elle parle, et

quand c’est fini, c’est fini. »

Ainsi Louis Jouvet enseignait-t-il en 1940 l’art de l’acteur.

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19 AVRIL > 16 MAI 2010 ELVIRE JOUVET 40

ÉLANCÉ, ÉLANCEUR

Notes de Jacques Roman, comédien, juillet 2009

...dis-le avec une planche sur la poitrine,

un poids de cinq kilos, sur ladite planche,

ça te donnera conscience de ton corps,

de ton phénomène respiratoire,

de la façon dont tu respires,

ce que tu ne sais pas.

Louis Jouvet

J’ai pris une feuille de papier et j’ai écrit ces deux mots « élancé

élanceur ». Je les ai écrits avec, parfaitement inscrits en mon œil, un

portrait de Louis Jouvet tracé par la main d’André Masson, et le visage

paternel d’un acteur disparu le 19 décembre 1983 : Samson Fainsilber.

De Louis Jouvet, nous avons tous en mémoire la voix, la silhouette et ce

visage, le plus souvent incarnant sous le masque de l’impassibilité

l’autorité même. Une figure devenue mythe. C’est qu’il faut retourner

au portrait de Masson qui, de par son génie, met devant nos yeux un

être de flamme, un mouvement qui ne témoigne d’aucun arrêt, une

intelligence tellurique où la bouche et le regard ne disputent en rien le

front et le menton. Masson révèle à cru une sensibilité emportée à

l’absolu. Incroyable portrait, je voudrais dire, paraphrasant Nietzsche,

que nous sommes là devant un acteur sachant flamber.

Transmettre, c’est être « élancé élanceur » à la rencontre d’élancés

élanceurs. C’est voir tourner la roue de la vie et non celle de la fortune.

Que fait Louis Jouvet lorsqu’il prépare Claudia, l’élève du Conservatoire

National de Paris, dans le second monologue d’Elvire du Dom Juan de

Molière, en 1940 ? Claudia qui bientôt portera l’infâme étoile jaune et

devra renoncer au théâtre parce que la majuscule de ce dernier

appliquera si bien les lois scélérates.

Que fait-il, Louis Jouvet ? Il exhorte ! Il lance ! Il précise ! recommande

! Parle souffle, rythme, marche, reprise… Il parle sentiment. Il parle

passion avec la passion de son métier, mais la passion chez Jouvet

n’est pas que la passion du métier. Certes c’est à Claudia qu’il parle

mais c’est aussi à lui-même. Brigitte Jaques, à qui l’on doit la

conception géniale d’Elvire-Jouvet 40, en choisissant précisément le

travail de Jouvet sur Dom Juan, nous invite en ce lieu abyssal : le

comédien, le metteur en scène, le directeur de théâtre, le professeur au

Conservatoire, l’homme.

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19 AVRIL > 16 MAI 2010 ELVIRE JOUVET 40

REVUE DE PRESSE

Jacques Roman faisant face à Isabelle Caillat, Ludovic Chazaud et Cédric Simon

Alexandre Demidoff, Le Temps, 6 mars 2010

(…) La force du propos, donc ? Oui. L’intensité aussi des deux acteurs

magnifiquement accordés. Jacques Roman n’imite pas Louis Jouvet –

la sottise que cela aurait été. Il éprouve sa parole, côtoie, en frère le

fantôme du modèle, dans l’oubli de soi, dans le bonheur d’une

possession. Isabelle Caillat, elle, épate par son naturel, son évidence

quoi qu’elle fasse. (…)

Michel Caspary, 24 Heures, 13 mars 2010

Un bijou de spectacle. Ciselé dans les moindres détails par le metteur

en scène Miguel Fernandez. Joué avec finesse et profondeur quatrevingts

minutes durant. (…)

S’il y avait des Molières à l’échelon de la Suisse romande, Jacques

Roman et Isabelle Caillat seraient en tête de liste cette saison. Ils font

aimer le théâtre, comprendre la complexité des personnages et

mettent en perspective les multiples facettes de l’art de l’acteur. (…)

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19 AVRIL > 16 MAI 2010 ELVIRE JOUVET 40

MIGUEL FERNANDEZ

metteur en scène

D’origine espagnole, Miguel Fernandez est comédien et metteur en

scène. Directeur du Théâtre en Cavale à Pitoëff, il réalise dans ce lieu

magique plusieurs spectacles dont Les Papiers de l’Amour de Slimane

Benaïssa et Rapt d’Ahmed Madani.

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19 AVRIL > 16 MAI 2010 ELVIRE JOUVET 40

L’ÉQUIPE DU SPECTACLE

Isabelle Caillat

rôle de Claudia / Elvire

Jacques Roman

rôle de Louis Jouvet

Ludovic Chazaud

rôle d’un élève-comédien

Cédric Simon

rôle d’un élève-comédien

For mat ion

À la Stella Adler School à New York

Pro je t mar quant

Fish Love de Tchékhov, mis en scène par Lilo Baur au

Théâtre Vidy-Lausanne ; Caillou écrit et mis en scène par

Myriam Boucris au Théâtre de la Traverse

Dernier spectacle

Bulle, mis en scène par Miriam Boucris et Céline

Goormartigh, créé à Genève et repris à Nanterre

For mat ion

Auprès de Samson Fainsilber et Tania Balachova à Paris

Pro je t mar quant

Les années passées avec Matthias Langhoff

Dernièr e spect acle

De l’amour d’Anton Tchékhov mis en scène par Philippe

Mentha au Théâtre Kléber-Méleau

For mat ion

Haute École de Théâtre de Suisse Romande (HETSR)

Pro je t mar quant

L’Étang de Robert Walzer, qu’il met en scène à l’Arsenic

Lausanne en avril 2010

Dernier spectacle

Le Conte d’hiver de Shakespeare mis en scène par Lilo

Baur au Théâtre Vidy-Lausanne puis en tournée

For mat ion

Haute École de Théâtre de Suisse Romande (HETSR)

Pro je t mar quant

L’Étang de Robert Walzer, mis en scène à l’Arsenic par

Ludovic Chazaud

Dernier spectacle

Jocaste Reine de Nancy Huston, mis en scène par Gisèle

Sallin au Théâtre des Osses à Fribourg puis en tournée

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