Hiver - Le Poche

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Hiver - Le Poche

HIVER

18 OCTOBRE > 14 NOVEMBRE 2010

Texte Jon Fosse

Mise en scène Daniel Wolf

Assistante Joséphine Struba

Texte français Terje Sinding

Scénographie Jean- Claude Maret

Collaboration Costumes Valentine Savary

Lumière Jean- Philippe Roy

Son Jean Faravel

Distribution

La Femme

L’Homme

Images disponibles, libres de droits

Jeanne De Mont

David Gobet

Production Le Poche Genève

Jeanne De Mont et David Gobet dans Hiver / Photographie Augustin Rebetez


18 OCTOBRE > 14 NOVEMBRE 2010 HIVER

FICHE D’IDENTITÉ DE L’ŒUVRE

Genre : Théâtre

Auteur : Jon Fosse

HIVER

Objets d’étude : La solitude humaine

Le déclic amoureux

Le désir

Registre : Conte des temps modernes

Forme : Théâtre minimaliste

Dialogues elliptiques

Sujet : Un jardin public. Un homme vêtu d’un pardessus noir s’assied sur un

banc. Une femme entre, légèrement vêtue. Tu veux bien parler un peu avec

moi ? demande-t-elle. Elle lui dira aussi Je suis ta femme. L’homme hésite, il

a un rendez-vous professionnel... Un climat d’étrangeté nous envoûte

doucement. Chaque scène est surprenante, sous-tendue par une forte tension

émotionnelle, teintée de désir, de folie, et d’humour aussi. Mais comment

parler de l’écriture de Jon Fosse, qui est si singulière ? Elle s’inscrit dans le

paysage théâtral occidental comme un arbre solitaire, à la fois moderne et

intemporel, écrit le critique Leif Zern.

Création : Première au théâtre Le Poche en octobre 2010

Durée du spectacle : 1h05


18 OCTOBRE > 14 NOVEMBRE 2010

JON FOSSE

DANIEL WOLF

Né en 1959 à Haugesund, sur la côte ouest de la Norvège,

Jon Fosse débute sa carrière littéraire comme

romancier. En 1994, il écrit sa première pièce Et jamais

nous ne serons séparés, bientôt suivie de Et la nuit

chante, Le fils, Quelqu’un va venir, Visites…. Presque

inconnu lorsque L’Arche Editeur a sorti en 1998 ses

premières pièces, les œuvres de Fosse sont aujourd’hui

traduites dans une quarantaine de langues et ont été

récompensées par divers prix, dont le prix Ibsen et le prix

Nestroy. Son théâtre connaît un succès éclatant sur les

scènes européennes et a été notamment célébré par

Claude Régy, Thomas Ostermeier ou encore Jacques

Lassale.

Né à Genève, Daniel Wolf partage son temps entre mise

en scène, jeu, enseignement et équitation. Sa première

mise en scène, Le retour de guerre et Bilora de Ruzzante,

est donnée en 1983 à La Cour des Miracles de Genève. Au

Théâtre de Poche, il monte notamment L’Ignorant et le

fou de Thomas Bernhard, Play Strindberg de Friedrich

Dürrenmatt et Après la répétition d’Ingmar Bergman.

Plus récemment, il met en scène Au bout du rouleau de

Manon Pulver à la Comédie de Genève. En tant que

comédien, il joue, entre autres, dans Les Petits

Arrangements de Claude-Inga Barbey au Théâtre de

Valère à Sion et au Forum Meyrin, René Stirlimann contre

le Dr. B. au Théâtre Le Caveau, écrit et mis en scène par

Dominique Ziegler, qu’il retrouve l’automne dernier au

Poche, dans Affaires privées.


18 OCTOBRE > 14 NOVEMBRE 2010

AU-DELÀ DE L’HIVER

entretien avec Daniel Wolf réalisé par Julien Lambert

L’Hiver de Jon Fosse, métaphore de la solitude humaine, se traverse au fil de trois

rencontres entre un homme et une femme. Trois moments de non-dits, de bribes, de

tentatives de dialogues... Entretien avec le metteur en scène, Daniel Wolf, l’un des

premiers en Suisse romande à s’attaquer à cette écriture très contemporaine.

Le texte de Jon Fosse est fait de phrases très brèves, tronquées, elliptiques... invite-t-il ainsi

à une certaine abstraction, ou doit-on le considérer comme la face émergente de situations

à reconstituer, au-delà des mots ?

C’est une machine à jouer faite par un auteur qui connaît bien la vie, qui métaphorise

l’expérience humaine dans une autre dimension. Le texte demande bien sûr à être

« rempli », il suit un chemin rigoureux qui doit être reconstitué.

Par son aspect lacunaire, il pose ainsi une énigme au metteur en scène...

Oui. Fosse me fait paradoxalement penser à Marivaux, dans son rapport au temps. Les

personnages sont saisis dans ces moments cruciaux où leurs vies basculent. Fosse rentre

dans le détail microscopique de ces moments où le destin, un trait de volonté ou de

passivité, de vide, donne la petite chiquenaude nécessaire pour que tout bascule.

Quelle philosophie de l’existence reflète ce rapport particulier au temps ?

Le temps humain s’oppose à un autre temps, celui d’une mystique propre à l’auteur.

L’« Hiver » du titre métaphorise l’isolement, la nuit dans laquelle est plongée l’humanité.

Mais il existe un au-delà, un monde de fusion et de lumière que l’amour seul permet, peutêtre,

de connaître et qu’il métaphorise en même temps. Il s’agit d’une recherche plus

littéraire que philosophique, qui consiste à polariser l’ordinaire, les vicissitudes et

contingences de ce monde et l’extraordinaire, la félicité, l’union qu’autorise l’autre.

L’auteur y croit très sincèrement.

Ces idées que les personnages peinent toujours à exprimer jusqu’au bout, cette écriture

tronquée pourraient pourtant refléter un certain pessimisme...

Si certaines pièces de Fosse se referment en effet sur une contingence infranchissable, j’ai

choisi celle-ci car elle laisse la porte ouverte à une conciliation des deux personnages. Ce

procédé littéraire minimaliste qui réduit le lexique à des notions basiques ne signifie pas

que les personnages ne peuvent rien se dire. Au contraire : le sens passe tout autant par

une culture du silence, un morcellement qui donne son poids à chaque mot. Fosse dit

qu’avec l’écriture dramatique, il a fini par comprendre des choses qu’il n’arrivait pas à

expliquer , des choses qui échappent à l’emprisonnement d’une certaine forme de parole.

Désignés dans le texte comme « l’homme » et « la femme », les personnages sont-ils aussi

anonymes que ces noms le suggèrent ?

L’homme est un Monsieur tout-le-monde pourtant très défini dans ses obligations : il a un

rendez-vous d’affaires, une épouse et des enfants l’attendent. En revanche la femme, dès

son entrée « en tenue légère », en plein hiver dans un jardin public, s’annonce comme

une énigme. C’est une apparition, une sorte d’ange venu de cet ailleurs dont je parlais. Elle


18 OCTOBRE > 14 NOVEMBRE 2010

lance ainsi l’action de la pièce par une vision assez folle, puisqu’elle désigne cet inconnu en

lui disant « je suis ta femme ». Et non « je suis ta nana » comme dans la traduction publiée

en français, expression qui fait d’elle un fragment du féminin, alors que Fosse et son

personnage masculin projettent sur elle des identités multiples.

Comment se passe un travail en aussi petit comité, sur un texte d’autant plus intime ?

Seule l’expérimentation sur scène permet de découvrir collectivement, d’objectiver ce que

recèle le texte. C’est un travail astreignant et merveilleux de découverte, qui permet de

saisir peu à peu le poids réel de ces répliques laconiques, en voyant comment elles

appellent à réagir le comédien qui les reçoit.


18 OCTOBRE > 14 NOVEMBRE 2010

EXTRAIT

Hiver, Scène 1

L’HOMME

Tu veux que je t’aide

La femme fait oui de la tête

Qu’est-ce que je dois faire

LA FEMME

Tu dois parler un peu avec moi

Elle indique le banc, puis s’approche de lui

Tu ne veux pas parler avec moi

Je suis là

Je peux parler avec toi

Tu veux bien parler un peu avec moi

Tu ne veux pas

L’HOMME

Je veux bien

LA FEMME

Dis quelque chose

alors

dis quelque chose

L’HOMME

Dire quelque chose

LA FEMME

Oui

Silence

Elle le regarde

Tu peux bien dire quelque chose

bref silence

ou peut-être

peut-être

Soudain

Tu veux qu’on aille quelque part

L’HOMME

Toi et moi

Elle fait oui de la tête


18 OCTOBRE > 14 NOVEMBRE 2010

ÉTAPE DE RECHERCHE

croquis réalisés par Jean-Claude Maret


18 OCTOBRE > 14 NOVEMBRE 2010


18 OCTOBRE > 14 NOVEMBRE 2010

COMEDIENS

DAVID GOBET

JEANNE DE MONT

Depuis qu’il est sorti de l’École Supérieure d’Art

Dramatique de Genève en 2001, David Gobet, n’a cessé de

jouer, notamment sous la direction d’Armen Godel,

Olivier Perrier, José Lillo, Maya Boesch, Jean-Paul

Wenzel et Anne Bisang. On a pu le voir, dernièrement,

dans Je me mets au milieu mais laisse-moi dormir de

Dorian Rossel en tournée en France et en Suisse

romande ; Roméo et Juliette mis en scène par Lorenzo

Malaguerra au Théâtre du Loup ; Utopie d’une mise en

scène au Théâtre St-Gervais dans une mise en scène de

Christian Geffroy Schlittler. L’année dernière, il a tenu le

rôle d’Olier dans les Affaires privées de Dominique Ziegler

au Théâtre Le Poche et récemment il a été dirigé par

Raoul Pastor, dans Richard III, au Théâtre des Amis.

Jeanne De Mont suit une formation à l’École spécialisée

d’art dramatique de Fribourg auprès de Gisèle Sallin et

ensuite à l’École Supérieure d’Art Dramatique de

Lausanne. À partir de 1995, elle investit les scènes

romandes, belges et françaises. Elle joue notamment

sous la direction de Marc Liebens dans Providence au

Théâtre International de Langue Française de Paris,

Supporter les visites à St Gervais et plus récemment

Hélène au Théâtre du Grütli. On la voit également dans le

Mephisto d’Anne Bisang à La Comédie ou encore dans

diverses mises en scène de Maya Boesch, comme Dante

Inferno au théâtre du Grütli. Dernièrement, elle est en

tournée, entre autres à St Gervais, avec La Décennie

rouge de Michel Deutsch.

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