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José Lillo, metteur en scène

Un théâtre

pour rêver...

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CRÉATION VISUELLE JEAN-MARC HUMM, LA FONDERIE / PHOTOGRAPHIE AUGUSTIN REBETEZ

LE POCHE GENÈVE EST SUBVENTIONNÉ PAR LA VILLE DE GENÈVE (DÉPARTEMENT DE LA CULTURE)

LA RÉPUBLIQUE ET CANTON DE GENÈVE. IL EST GÉRÉ PAR LA FONDATION D’ART DRAMATIQUE (FAD)

LE POCHE

2012 - 2013


UN THÉÂTRE POUR RÊVER

1. CLOSER

Patrick Marber / Françoise Courvoisier

10 > 30 septembre 2012

2. LA FORCE DE TUER

Lars Norén / Philippe Lüscher

15 octobre > 4 novembre 2012

3. CHUTE D’UNE NATION

Yann Reuzeau

7 > 25 novembre 2012

4. COCHONS D’INDE

Sébastien Thiéry / Antony Mettler

3 > 23 décembre 2012

5. POURQUOI ONT-ILS TUÉ JAURÈS ?

Dominique Ziegler

14 janvier > 3 février 2013

6. IN LOVE WITH FEDERER

Denis Maillefer

18 février > 10 mars 2013

7. GORGIAS

Platon / José Lillo

8 > 28 avril 2013

8. AMINATA

Gilles Laubert /Jacob Berger

6 > 26 mai 2013

LE POCHE PROPOSE…

LE POCHE EN TOURNÉE

INFORMATIONS GÉNÉRALES

Prix, abonnements, horaires

& équipe du Poche

p. 3

p. 4

p. 5

p. 13

p. 18

p. 23

p. 27

p. 31

p. 35

p. 40

p. 41

p. 41


UN THÉÂTRE POUR RÊVER…

En préambule, rappelons que Le Poche est un théâtre de création. En 2012-2013, nous

présenterons sept créations pour un seul accueil. Cela signifie que le Théâtre prend sept fois

le risque de donner vie à un nouveau spectacle, dont la mise en scène, la distribution, les

lumières, et parfois même le texte ou l’adaptation ne préexistent pas...

Pour cette dixième saison, nous tenions à vous offrir un feu d’artifice de plaisirs et

d’émotions... Avec Chute d’une nation, Pourquoi ont-ils tué Jaurès ? ou encore Gorgias de

Platon, c’est peut-être le plaisir du verbe et le mouvement de la pensée, qu’elle soit poétique,

philosophique ou politique, qui émergent. Ces trois spectacles sont montés respectivement

par Yann Reuzeau, Dominique Ziegler et José Lillo. Si l’un privilégie le suspens, l’autre

l’humour et le troisième la passion, tous les ingrédients sont réunis pour satisfaire notre

exigence d’un théâtre aussi ludique qu’enrichissant.

Dans Closer et Aminata, il est surtout question d’amour. On doit la première au jeune auteur

britannique Patrick Marber, qui aborde les thèmes du sexe et de la séduction sur le ton de

l’humour. On doit la seconde à Gilles Laubert, auteur romand à l’écriture à la fois sensuelle

et rugueuse, dont émane une poésie brûlante.

Dans La Force de tuer, portrait de famille aux relations tourmentées, Lars Norén met l’être

humain à nu. Pendant les fêtes de fin d’année, Sébastien Thiéry saura dérider les plus

récalcitrants avec Cochons d’Inde, dont les dialogues sont irrésistiblement drôles. Et enfin,

pour les amoureux du sport : In love with Federer de Denis Maillefer et Bastien Semenzato,

confidences de deux supporters inconditionnels du plus grand joueur de tennis helvétique !

(oh pardon… du monde !!!)

Merci très sincèrement à ceux qui nous ont suivis toutes ces années. Et merci à ceux qui

viendront encore s’ajouter à la liste de nos fidèles spectateurs, sans lesquels Le Poche

Genève, théâtre de création fondé en 1948, n’aurait jamais pu poursuivre sa mission

« d’explorateur des nouvelles écritures ». Que la saison soit belle ! Et au plaisir de vous

croiser à l’entrée du Théâtre, avant ou après une représentation.

Françoise Courvoisier

& toute l’équipe du Poche

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1. CLOSER ( création en Suisse )

10 > 30 SEPTEMBRE 2012

Texte Patrick Marber

Adaptation Pierre Laville

Mise en scène Françoise Courvoisier

Scénographie

Lumière

Son

Projections

Jean-Marc Humm

Philippe Bégneu

Nicolas Le Roy

Robert Nortik

Jeu Vincent Bonillo

Juan Antonio Crespillo

Sophie Lukasik

Patricia Mollet-Mercier

Closer est une comédie cinglante, mêlant de façon surprenante les sentiments et

l’humour. Un chassé-croisé amoureux où le sexe, la séduction, la jalousie et les

mensonges composent une carte du tendre un peu amère. À l’instar du plus beau

roman de Milan Kundera, L’Insoutenable légèreté de l’être, cette pièce évoque à la

fois le plaisir et la douleur d’aimer.

Créée au National Theatre de Londres en 1997, puis à Broadway, la pièce Closer est

rapidement devenue un succès international joué dans le monde entier. Elle obtient

le Laurence Olivier Award, le Critic’s Circle Award, le Evening Standard Award et le

Time Out Award. Suivra un film en 2004, dont Patrick Marber signe le scénario :

Closer, entre adultes consentants, réalisé par Mike Nichols avec Julia Roberts,

Natalie Portman, Jude Law et Clive Owen.

PRODUCTION LE POCHE GENÈVE


10 > 30 septembre 2012

L’AMOUR COMME ANTIDOTE

Françoise Courvoisier, juin 2012

Chassé-croisé amoureux

CLOSER

Dan tombe amoureux d’Alice, mais très vite rencontre Anna, qui elle-même rencontre

Larry… Un chassé-croisé amoureux qui met en évidence la fragilité du sentiment

amoureux et l’instabilité du désir. Aucun des quatre personnages ne souhaite « faire

du mal » aux autres et pourtant… Le bonheur n’est pas souvent de la partie et il est de

courte durée !

Aucune tristesse cependant dans cette cantate à quatre voix du jeune auteur

britannique Patrick Marber, qui malgré une lucidité proche du cynisme parvient à

injecter aux dialogues, et même dans la fameuse « double scène » de rupture, une

bonne dose d’humour.

Et contrairement à la froideur de certains de ses compatriotes, Harold Pinter et

Martin Crimp notamment, Patrick Marber ne nous laisse pas à distance des

personnages et ne craint pas de les rendre attachants. Dan, Alice, Larry et Anna sont

pris dans une spirale d’échecs sentimentaux et on assiste à leurs déboires, partagés

entre rires et pincements de cœur.

Sommes-nous les acteurs d’un texte déjà écrit ?

Si Closer fait penser aux meilleurs films de Woody Allen lorsqu’il aborde l’épineuse

question des relations homme-femme, il y a dans cette « Ronde » à la Schnitzler un

questionnement latent sur la destinée humaine. Y a-t-il un destin où tissons-nous

nous-mêmes notre destinée ? Est-ce qu’on décide d’être amoureux où « tombonsnous

» amoureux malgré nous ?

La pièce privilégie les contradictions psychologiques, inhérentes à chaque être

humain, ce qui donne force et saveur à Closer.

Patrick Marber ne fait pas de cadeau et il dépeint avec justesse et subtilité un monde

qui place la réussite professionnelle au-dessus de l’épanouissement sexuel et

affectif. Il évoque aussi les dégâts de l’égoïsme et l’inaptitude à l’amour des êtres

particulièrement égocentriques, produits d’une société malade.

Ni victimes ni bourreaux dans Closer, ou plutôt, chacun est tour à tour victime et

bourreau.

Mais, comme précisé dans le titre du film, dérivé de la pièce : « entre adultes

consentants ».

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10 > 30 septembre 2012

L’Amour comme antidote…

CLOSER

Dès la première lecture nous avons été frappés, les acteurs et moi-même, par

l’intelligence de la construction de cette pièce, qui fait entrer en relation, avec une

virtuosité sidérante, quatre individus qui cherchent à se sauver par l’amour dans une

société rongée par le mensonge. Une photographe reconnue, un écrivain incompris,

une jeune-fille borderline et un docteur en dermatologie : il n’en faut pas plus à

Patrick Marber pour donner un vaste panorama à une comédie humaine dont l’enjeu

principal de chacun est peut-être une certaine quête d’authenticité et de franchise -

entre deux mensonges…-, comme un antidote à un surcroit permanent de fauxsemblants,

même si cette quête, pour le couple, conduit bien souvent à la séparation.

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10 > 30 septembre 2012

EEXTRAIT

Patrick Marber, Closer

CLOSER

Dan sort au moment où entre Larry. Larry regarde Dan. Alice allume une cigarette.

Larry porte un costume avec un pull en cachemire noir à col cheminée. Il tient une bouteille

de vin et un verre. Alice le regarde, avec curiosité.

LARRY.

Bonsoir. Exilée fuyant les mondanités ?

Alice hausse les épaules. Larry regarde la photo et ensuite son prix sur le catalogue.

Non, vous êtes… « Jeune femme seule, Londres. »

ALICE.

Non.

LARRY.

Vous devriez. Qu’est-ce qui vous donnait l’air si triste ?

ALICE.

La vie.

LARRY.

Ça veut dire quoi la vie ?

Alice sourit.

LARRY (avec un grand geste vers la photo).

Et ça, ça vous inspire quoi ?

ALICE.

Vous voulez parler d’art ?

LARRY.

Je sais que ça fait vulgaire de critiquer « l’œuvre » de l’artiste le soir du vernissage, mais il en

faut bien un qui se dévoue. Sérieusement, vous en pensez quoi ?

ALICE.

Que ça repose sur un mensonge.

Une série de portraits d’inconnus sinistres magnifiquement photographiés, que toute une

bande de riches connards d’amateurs d’art trouvent magnifiques, parce qu’ils ont décidé que

c’est ce qu’ils ont envie de voir.

Les gens sur les photos sont tristes et seuls, mais l’art fait paraître le monde plus beau.

Ce qui rend l’exposition rassurante, ce qui fait qu’elle est un gros mensonge, c’est que tout le

monde est en adoration devant.

LARRY.

Je suis l’ami de la photographe à qui l’on doit ce gros mensonge.

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10 > 30 septembre 2012

ALICE.

Salaud.

LARRY.

Larry.

ALICE.

Alice. Ainsi, vous êtes l’ami d’Anna ?

LARRY.

Une princesse a le droit d’aimer embrasser un vilain crapaud.

ALICE.

Vous la connaissez depuis quand ?

LARRY.

Quatre mois. Nous en sommes aux premières ivresses, elle s’amuse encore de mes

mauvaises habitudes.

Vous ne devriez pas fumer.

ALICE.

Je vous emmerde.

LARRY.

Je suis médecin. C’est mon rôle de dire cette sorte de choses.

CLOSER

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10 > 30 septembre 2012

PATRICK MARBER

CLOSER

Né à Londres en 1964, Patrick Marber est d’abord comédien. Il débute

au café-théâtre puis participe à des programmes radiophoniques et

télévisés célèbres comme On the Hour ou The Day Today. Il se fait

connaître dès sa première pièce, Dealer’s Choice, écrite en 1995. Un

recueil de ses œuvres, Play one, est publié en 2003. Son dernier livre

est Don Juan in Soho. Actuellement, il continue à écrire pour le théâtre

et le cinéma, joue et met en scène ses propres pièces, ainsi que celles

d’autres auteurs.

FRANCOISE COURVOISIER

Françoise Courvoisier, directrice artistique du Poche Genève dès 2003,

alterne l’écriture, la mise en scène et le jeu depuis une vingtaine

d’années. Ses deux derniers spectacles sont Les Combats d’une reine

d’après l’œuvre de Grisélidis Réal, créé au Festival d’Avignon 2010 puis

joué dans différents théâtres en Suisse et en France, avec Judith Magre

et Magali Pinglaut et Écoute-moi, qu’elle écrit et met en scène, qui

réunit la Castou, Philippe Mathey et Patricia Mollet-Mercier.

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2. LA FORCE DE TUER

15 OCTOBRE > 4 NOVEMBRE 2012

Texte Lars Norén

Traduction Amélie Berg

Mise en scène Philippe Lüscher

Scénographie Roland Deville

Lumière José Espina

Jeu Élodie Bordas

Jean-Pierre Malo

(distribution en cours)

Un huis-clos entre un père, son fils et sa petite amie : trois êtres à la dérive pour qui

les liens familiaux sont devenus fantomatiques. La Force de tuer, l’une des

premières pièces de Lars Norén, évoque peut-être, malgré sa violence, un appel à la

vie. Un théâtre radical qui ne peut laisser personne indifférent.

La pièce offre un rôle magnifique à Jean-Pierre Malo, un comédien dont les

interprétations sur les scènes romandes restent inoubliables : notamment Démons,

le Partage de midi au Théâtre de Vidy... L’Échange, Abraham Sacrifiant et

dernièrement, Les Grandes Personnes à la Comédie de Genève. On a pu également

le voir au cinéma et à la télévision dans un grand nombre de films et de téléfilms,

ainsi que sur différentes scènes françaises.

COPRODUCTION LE POCHE GENÈVE / THÉÂTRE VIDY-LAUSANNE

L’ARCHE EST ÉDITEUR ET AGENT THÉÂTRAL DU TEXTE REPRÉSENTÉ


15 octobre > 4 novembre 2012

LARS NORÉN ET LE THÉÂTRE DE LA BLESSURE

Mikael Van Reis, tiré de Alternatives théâtrales 94-95, 2007

LA FORCE DE TUER

La réflexion qu’a eue Jean Genet après une visite du studio d’Alberto Giacometti correspond

bien au théâtre de Lars Norén : « Il n’est pas à la beauté d’autre origine que la blessure,

singulière, différente pour chacun, cachée ou visible, que tout homme garde en soi, qu’il

préserve et où il se retire quand il veut quitter le monde pour une solitude temporaire mais

profonde 1 . » […]

Lars Norén est aujourd’hui le plus grand dramaturge suédois après Strindberg. Lors de ces

trente dernières années, son œuvre s’est étendue pour devenir un « pays Lars Norén »,

toujours changeant : des hôtels familiaux déserts, de la lumière du matin aux fêtes violentes

de la nuit, des abus domestiques dans les appartements urbains au vide dans les vérandas

d’été au coucher du soleil, du bavardage intellectuel au bégaiement dans les asiles. Dans ses

pièces, les enfants défient leurs parents, les mariages s’effondrent et le bien-être superficiel

est réduit en cendres. Petit à petit la comédie inhumaine évolue, entre mélancolie et humour

sauvage quand les phrases pertinentes traversent l’obscurité comme des coups de fusil.

Norén ouvre graduellement les portes de nouvelles pièces, de nouveaux cycles de l’existence,

d’une famille démembrée à une société européenne privée des étoiles qui rassemblent.

Dissection de la modernité, ses pièces décrivent aussi une vision pathologique de la vie dans

le capitalisme de ces dernières années. (…)

Il y a comme un mouvement récurrent dans le travail de Norén : expansion et contraction.

Complexité et simplicité. […] Quoi qu’il écrive, il gravite autour du point zéro, comme poursuivi

par un désir de néant.

Qu’est-ce que le néant ? On pourrait le traduire par la désolation absolue ou par une

obscurité prénatale à la fois de la vie et de la mort. Les entrailles, l’asile, le camp de

concentration, le dysfonctionnement familial, la blessure… C’est finalement par le désir que

sont promises deux sortes de libérations : ou la liquidation du sujet ou la totalité de la vie

elle-même. Rien de plus, rien de moins. C’est le lieu où la vie et la mort sont divisées,

séparées. C’est la « nuda vita », le cœur de la vie nue dans l’œuvre de Norén.

C’est aussi l’endroit où l’identité rencontre l’altérité, où la possibilité de devenir quelqu’un

d’autre peut aussi bien apparaître sous la forme de ne devenir personne. C’est l’espace d’un

changement de soi. Dans la poésie et la dramaturgie de Norén, l’auto transformation et l’acte

d’écriture sont toujours les deux côtés de la même gestuelle – un acte originel de violence et

d’écriture, les mots et le silence, le moi et l’altérité.

Après une décennie consacrée à la mère préœdipienne et une autre autour de la symbolique

du père, Norén entre de plain-pied dans le scénario œdipien à travers le drame et la tragédie,

avec comme modèle la tragédie grecque, un passage par la symbolique du meurtre parental.

La Force de Tuer (1978) dramatise le sacrifice – imaginaire ou réel – du père en référence à

l’Œdipe de Sophocle. C’est une des pièces les plus étonnantes, les plus dialectiques jamais

écrites par Norén, avec l’exactitude d’une horloge mortelle.

1 Jean Genet, L’Atelier d’Alberto Giacometti, Gallimard, 1956.

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15 octobre > 4 novembre 2012

OUBLIEZ LE THÉÂTRE !

Propos de Lars Norén recueillis par René Zahnd, janvier 2004.

LA FORCE DE TUER

Je préfère un théâtre où le public se penche en avant pour écouter

à celui où il se penche en arrière car c’est trop fort.

Lars Norén

Rencontrer la société

La société se mue en théâtre. Nous devons pénétrer le langage de la société sur scène, nous

devons en tirer parti. Je le dis à mes comédiens : regardez comment les gens se comportent

dans la rue, dans le bus, etc. Ne regardez pas comment font les autres comédiens. Oubliez le

théâtre ! Observez comment sont les gens. Tout notre matériel, toute notre énergie, tout

notre sang vient de la société. En même temps, on peut utiliser le formidable langage du

théâtre pour influencer la société. C’est aussi là que nous nous rencontrons.

L’acteur souverain

Je travaille et je mets en scène comme un acteur. J’ai la même relation au texte qu’un

acteur… Pour moi, l’acteur est un lieu qu’il faut rendre aussi pur que possible pour qu’il

puisse accueillir ce qui fait son rôle et par conséquent la pièce. Il doit écouter ce que l’autre

lui dit. Il est la réaction de ce qui est dit. La plupart des acteurs apprennent comment il faut

agir, mais presque jamais comment il faut réagir. Il s’agit donc de les inciter à se dégager des

manières conventionnelles de réagir : être fâché de cette façon, être triste parce qu’on me dit

des choses méchantes… Un acteur doit être en mesure de recevoir. En même temps, il est

aussi celui qui se trouve au centre du théâtre. Il ne doit pas se soumettre au metteur en

scène. Il ne doit pas se soumettre au texte. Il doit, de manière souveraine, le transmettre au

public.

Une protestation

Le théâtre, c’est du temps comprimé. Souvent sur scène, on peut voir des pièces en relation

avec notre vie. Et tout ce que nous voyons est en relation avec le grand noir : la mort. Le

théâtre est en quelque sorte un constant adieu… Les metteurs en scène partent, une pièce

est abandonnée, des acteurs, des camarades arrêtent, vont vers de nouveaux projets… C’est

toujours une image de l’adieu dans la vie. Et pour le public, c’est souvent des gens qui sont

confrontés au temps dans leur vie. Rien de ce que nous faisons n’aurait de valeur s’il n’y avait

la mort.

Le théâtre est en permanence conscient de la mort. Dans l’instant où un comédien fait un

geste ou dit une phrase, ça a déjà disparu. C’est pareil dans la vie. Alors que nous sommes

assis ici, nous sommes déjà morts. C’est juste une question de temps. Alors pourquoi veut-on

faire du théâtre ? C’est une protestation contre la mort. En même temps, il ne faut pas

oublier que c’est la mort qui donne une valeur à tout.

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15 octobre > 4 novembre 2012

LARS NORÉN

LA FORCE DE TUER

Né à Stockholm en 1944, Lars Norén propose un théâtre nourri de ses

propres obsessions, constitué de plus de quarante pièces, traitant

principalement des relations familiales. Considéré dans son pays

comme « le plus grand auteur suédois depuis Strindberg », traduit

dans toutes les langues et joué dans le monde entier, l’auteur livre une

œuvre exceptionnellement dense, à l’image de Guerre ou de Sang, deux

spectacles qui ont marqué la scène du Poche en septembre 2004 et en

octobre 2007. Ces dernières années, Lars Norén se dirige vers un

théâtre plus sociologique avec notamment : Le 20 novembre et À la

mémoire d’Anna Politkovskaïa, qu’il crée en langue française au

Théâtre National de Belgique en 2010 ainsi que Catégorie 3.1, pièce

dernièrement jouée à Vidy-Lausanne et au Théâtre de la Colline à Paris

dans une mise en scène de Krystian Lupa, sous le titre Salle d’Attente.

« La Force de Tuer est presque une pièce de jeunesse que je considère comme de la

poésie, une référence à mes débuts de poète dans la vie, un cauchemar qui

correspond à ma vie intérieure de l’époque. Le Fils cherche à blesser et à briser son

père qui lui-même n’est qu’amertume et médiocrité. Après cette pièce, j’ai

commencé une vie autre grâce au théâtre. »

PHILIPPE LÜSCHER

Lars Norén, « Entretien avec Véronique Hotte » in La

Terrasse, septembre 2007.

Philippe Lüscher a dirigé le Théâtre de l’Orangerie puis celui du Grütli.

Auteur, comédien et metteur en scène, il est aujourd’hui à la tête des

Maisons Mainou, résidence d’écriture située à Vandœuvres. Après une

mise en scène éblouissante de La Campagne de Martin Crimp au

Poche en 2011, affectionnant les rapports troubles en scène, tout

récemment, il monte Gomorra de Roberto Saviano et Mario Gelardi au

Théâtre Pitoëff.

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3. CHUTE D’UNE NATION ( accueil )

7 > 25 NOVEMBRE 2012

Texte & mise en scène Yann Reuzeau

Assistante Aude Sabin

Lumière François-Eric Valentin

Décors Camille Darier

Jeu Emmanuel de Sablet

Raphaël d’Olce

François Hatt

Mitch Hooper

Walter Hotton

Yvan Lambert

Didier Mérigou

Leïla Moguez

Lionel Nakache

Manga Ndjomo

Morgan Perez

Sophie Vonlanthen

L’action repose sur une fiction : nous sommes dans une démocratie indéterminée,

dirigée par un président de droite, dont le mandat arrive à terme. Il faut préparer les

élections. À gauche, c’est la pagaille. Weider, un homme de l’ombre influent, décide

de lancer dans la campagne Vampel, un député inconnu du grand public,

consciencieux et travailleur... L’auteur, Yann Reuzeau […], déploie l’attirail qui nourrit

une campagne : les accords et les compromissions, les attaques directes et les

coups bas, la guerre des egos et des programmes, l’exploitation des faits divers, le

poids de l’argent, les amours incestueuses de la presse et des politiques... C’est

extrêmement efficace : scènes courtes, rythme soutenu... […] Le don assez sidérant

de l’auteur pour les dialogues fait mouche et les comédiens n’hésitent pas à appuyer

sur la pédale. C’est la règle d’une campagne.

Brigitte Salino, Le Monde

Chute d’une Nation est une série théâtrale en quatre épisodes. Chaque épisode

est un spectacle en soi qui peut se voir indépendamment des autres. L’abonnement

donne accès aux quatre épisodes !

Horaires spéciaux : 1er épisode à 18h30, 2e épisode à 21h, 3e épisode le lendemain à

18h30, etc..

Le dimanche 25 novembre : Intégrale des quatre épisodes à 11h, 14h, 17h et 20h,

avec intermèdes dinatoires : CHF 100.-.

PRODUCTION ACTE 2, en accord avec LA MANUFACTURE DES ABBESSES


7 > 25 novembre 2012 CHUTE D’UNE NATION

L’INDIVIDU ET L’HISTOIRE

Yann Reuzeau

Von Papen. L’histoire a à peine retenu son nom et pourtant il est bien l’homme qui a

proposé Hitler comme Chancelier au Président Von Hindenburg. Von Papen,

Schleicher et quelques autres, incapables de former un gouvernement stable durant

de longs mois, ont offert l’Allemagne à un Hitler pourtant affaibli (il sortait d’un net

recul aux dernières élections). Von Papen pensait Hitler incapable de diriger le pays

et était persuadé de récupérer le pouvoir rapidement. Un homme avait joué avec la

démocratie et avait perdu. Il ne pouvait pas savoir, bien sûr…mais sa responsabilité

est engagée face à l’Histoire.

L’histoire de Chute d’une nation est très différente de celle de l’accession au pouvoir

d’Hitler. Elle se passe dans une France proche de la nôtre (dont tous les

personnages et évènements sont fictionnels). Mais elle vient de là, de cette idée que

la démocratie est incroyablement fragile, qu’elle dépend de la bonne volonté des

hommes, de tous les hommes, de toutes les générations. Elle ne permet aucun

moment de faiblesse, aucune génération inconsciente, qu’aucun homme de pouvoir

ne fasse un jugement tactique malheureux…

Il y eut aussi l’élection de 2002. Plus que par le résultat, j’ai été marqué par les

réactions des gens. L’effroi, l’incrédulité chez beaucoup de monde, même chez ceux

dont le vote faisait défaut à Jospin pour accéder au second tour. Mais si 2002 a

réveillé ce souvenir de la fragilité de la démocratie, cette pièce a l’ambition d’être

plus large, de parler de la démocratie d’hier et de demain et de ceux qui la font, qui

la feront. Ce projet est une fiction, en aucun cas un manifeste pour ou contre tel ou

tel autre homme politique.

Il s’agit pour moi d’explorer les choix de quelques hommes à un moment où

l’Histoire bascule. Quand, comment et à quel point réalisent-ils qu’il se joue quelque

chose de différent, dont ils sont les acteurs pour le meilleur ou pour le pire ?

Comment gèrent-ils les choix qui vont faire basculer l’Histoire ? Quels impacts les

violentes secousses de l’Histoire ont-elles sur eux, sur leurs engagements, leurs

convictions ?

Comment se comportent-ils quand ils entrent dans l’œil du cyclone, quand l’Histoire

commence à s’écrire sous leurs pas, par leurs mots, par leurs actes ?

Ce qui m’intéresse aussi, c’est le cheminement de ces hommes, de la quasi

innocence avec laquelle un jeune député se lance dans les primaires, à la

conscience violente d’avoir une part de responsabilité dans un événement d’une

gravité extrême.

En ce qui concerne la forme, l’idée de la série s’est imposée pour ce projet. Elle

permet de développer des personnages, une intrigue, sur une plus longue durée, de

leur donner une ampleur autre, d’apporter un lyrisme, et également une gestion du

suspens très différente et très excitante.

Et c’est un passionnant défi d’écriture.

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7 > 25 novembre 2012 CHUTE D’UNE NATION

LA PRESSE

Grégoire Biseau, Libération, 16 décembre 2011

La politique, bal des ambitieux, une saga réjouissante à la Manufacture

des Abbesses.

Il n’est pas impossible que le spectateur qui sort d’un des quatre épisodes de Chute

d’une nation se retrouve dans l’incapacité d’exprimer clairement ce à quoi il a

assisté. Une bonne série télévisée ? Evidemment pas, même si l’on se retrouve dans

le même état addictif. Prêt à vendre père et mère pour dévorer, là dans la minute, la

suite de l’épisode qui vient de se terminer sur un suspense à l’efficacité très

marketing. Une pièce de théâtre ? Pas totalement non plus, vu le nombre de gènes

qu’elle a en commun avec ses muses télévisuelles américaines, les À la Maison

Blanche et consœurs. Une créature hybride, donc. Et rien que pour cela, excitante

(…) La première réussite de cette tétralogie : ausculter cet étonnant carburant qu’on

appelle l’ambition en politique. (…) L’autre réussite de cette Chute d’une nation

réside dans le subtil dosage entre réalité documentaire et pure fiction. (…)

France Culture

Une pièce qui laisse tout le monde pantois, totalement fascinante. C’est

extrêmement bien fait avec des dialogues qui fusent à toute allure. Un défi d'écriture

incroyable. (…) Ce qui est incroyable c'est la manière dont vous articulez ce qui est

de l'ordre du discours politique et ce qui est de l'ordre de l'individu réellement, il y a

une plongée dans l'humanité de ces personnages, dans leur singularité, dans leur

personnalité. (…) Il y a la grande Histoire qui broie les personnages et il y a les

personnages, qui, aussi, la fabriquent. On est littéralement captivé. Rarement au

théâtre j’ai été à ce point prise autant dans le simple plaisir de la fiction qui nous

tient haletant du début à la fin. Chute d’une Nation parvient à soutenir un rythme

parfait, en jouant d’un suspens tendu et maîtrisé. On pense à l’excellent West Wing.

La même densité, la même efficacité qui déroule un fil narratif parfaitement tendu,

toujours unifié. (…) Une logique narrative implacable qui emporte tout. Qui emporte

aussi l’adhésion de la salle. Parce qu’elle procure un intense plaisir d’autant qu’elle

sert un propos éminemment jouissif, celui de la politique fiction. Un tableau épique

et haut en couleur.

Le Figaro Magazine

Une pièce politique, une vraie. Pas une pièce politicienne qui prendrait parti pour un

camp ou un autre ni une réflexion philosophique sur l'art de gouverner un pays mais

une plongée dans l'univers du politique avec ses coups bas, ses grandeurs, ses

mesquineries, ses aspirations. L'auteur réussit à ne tomber ni dans la démagogie ni

dans la complaisance. Le spectacle est d'autant plus convaincant que la distribution

est de grande qualité.

Cassandre Hors champ

Un vrai théâtre politique, d'aujourd'hui. Le suspens y est haletant, jouissif. L'idée de

la série est ici idéale pour le rythme et la nature du propos. Mais la grande force de

l'œuvre, c'est de relier une humanité et une psychologie complexes à une réalité

politique brûlante. Servie par une distribution impeccable, magistralement dirigée, la

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7 > 25 novembre 2012 CHUTE D’UNE NATION

force des personnages et de l'histoire nous emporte, elle s'adresse directement et

profondément à nous, plus ou moins citoyens, plus ou moins épris de politique, tous

concernés. Yann Reuzeau est un auteur qui manquait. De ceux qui savent s'effacer

devant leur propos. Venez prendre cœur et distance dans la campagne électorale, ça

devrait même vous aider à voter utile. De l'art comme un miroir captivant et

réfléchissant.

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7 > 25 novembre 2012 CHUTE D’UNE NATION

YANN REUZEAU

Chute d’une Nation est la cinquième pièce écrite et mise en scène par

Yann Reuzeau, pour laquelle il s’inspire, concernant la forme, des

séries télévisuelles. En 2000, il signe La Secte, un drame sur la foi et

la sexualité, puis Les Débutantes, Monsieur le Président et enfin,

Puissants & Miséreux. Son théâtre s’inscrit dans une exploration

ludique de notre société. Depuis 2006, il codirige le Théâtre de la

Manufacture des Abbesses à Paris.

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4. COCHONS D’INDE ( création en Suisse )

3 > 23 DÉCEMBRE 2012

Texte Sébastien Thiéry

Mise en scène

Scénographie

Son

Antony Mettler

Anne Wannier

Nicolas Le Roy

Jeu Fabienne Guelpa

(distribution en cours)

Quand Monsieur Kraft vient effectuer un retrait à sa banque, il ne se doute pas une

seconde que l’établissement a été racheté par un groupe indien et qu’un véritable

cauchemar l’attend. Non seulement il ne peut pas retirer les espèces dont il a besoin,

mais il ne peut plus ressortir de la banque : le sas est commandé depuis New Delhi et

refuse obstinément de le libérer.

Cochons d’Inde est un petit bijou d’humour et d’absurde, qui délivre son venin avec

une finesse redoutablement efficace. On rit énormément aux rebondissements

imprévisibles qui jalonnent ce « boulevard kafkaïen ». Cette comédie est créée en

2008 au Théâtre Hébertot dans une mise en scène d’Anne Bourgeois et reçoit le

Molière de la meilleure pièce comique.

COPRODUCTION LE POCHE GENÈVE / THÉÂTRE MONTREUX-RIVIERA

L’AUTEUR EST REPRÉSENTÉ PAR DOMINIQUE CHRISTOPHE / L’AGENCE, PARIS, EN

ACCORD AVEC LA SACD


3 > 23 décembre 2012 COCHONS D’INDE

ENTRE THÉÂTRE DE BOULEVARD ET THÉÂTRE DE L’ABSURDE.

Entretien avec Sébastien Thiéry réalisé par Anna Kubista sur Radio Prague, novembre

2011

Vous êtes-vous inspiré d’un événement particulier de l’actualité ?

Oui, il y a quelques années, la société d’acier français Arcelor a été rachetée par Mittal, une

grande société indienne. Donc une grosse société indienne rachetait une société française

déjà très importante. Soudain, on se rendait compte que les Indiens, qui étaient les pauvres il

y a quelques années, deviennent les riches et rachètent les sociétés françaises. Il y a aussi un

rapport entre le client de la banque et le guichetier, qui est un petit monsieur et qui a soudain

le pouvoir sur le bourgeois, tout comme les Indiens ont le pouvoir sur les Occidentaux.

C’est un peu le principe du carnaval, de l’inversion des rôles ?

Je ne sais pas, je ne suis pas familier des carnavals. Mais j’aime bien l’idée qu’un bourgeois

qui a de l’argent doive rendre des comptes à quelqu’un qui a peu de pouvoir, tout comme un

Français doit rendre compte à des Indiens, alors qu’on les méprisait il y a une certaine

époque. D’ailleurs on les méprise sans doute encore aujourd’hui, alors que ce sont eux qui

ont l’argent et le pouvoir.

Le personnage paye pour l’arrogance de l’Occidental…

Chacun son arrogance, au final personne ne fait de cadeau à personne. J’aime bien l’idée que

les riches doivent rendre compte aux pauvres et que d’un coup les choses basculent…

C’est un huis-clos, ça se passe dans une banque pendant environ 24h. Quand

on lit des critiques sur cette pièce, le terme qui revient le plus fréquemment,

c’est « kafkaïen »… […]

[…] Je ne connais pas bien Kafka, mais je me suis renseigné puisqu’on m’a comparé à lui,

même si je n’ai pas son talent. Il y a cette chose en commun qui est de ne pas comprendre

pourquoi, comme dans Le Procès, on demande des comptes à cet homme. C’est totalement

injustifié, on ne lui expliquera jamais pourquoi. Un peu comme chez Kafka, il y a la volonté de

faire rire avant tout. C’est moins connu, mais Kafka pensait que ses œuvres étaient

comiques… En tout cas, la mienne l’est résolument. Il y a cela de commun entre nos deux

univers.

Cet humour et cette ironie, c’est quelque chose que vous recherchez dans

l’écriture de vos pièces ou bien est-ce spécifique à cette pièce-ci ?

J’ai commencé par écrire des sketches totalement absurdes et puis j’ai voulu pouvoir faire

tenir l’absurde pendant une heure et demi. C’est un défi bien sûr. Mes pièces empruntent aux

règles du théâtre de l’absurde et du théâtre de boulevard. J’essaye de marier deux théâtres

et d’en faire un qui est le mien désormais. J’ai écrit quatre, cinq pièces depuis Cochons

d’Inde et elles obéissent toutes aux même règles : il y a toujours une situation de départ

complètement absurde, avec souvent un bourgeois – je dois avoir un compte à régler avec

eux ! – qui se retrouve empêtré dans une situation, essaye de s’en sortir sans comprendre ce

qui lui arrive.

L’absurde est-il, selon vous, le reflet de notre époque ?

L’absurde est le reflet de beaucoup d’époques. Je pense que l’absurde est né après la

première guerre mondiale et surtout après la seconde parce qu’on avait atteint un tel niveau

dans l’horreur. L’absurde vient de là, je crois. De l’absurdité de la vie. L’absurde reflète

l’époque actuelle mais bien d’autres aussi. Je pense que cela fait un bout de temps que le

monde marche sur la tête. En tout cas, les gens y sont sensibles.

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3 > 23 décembre 2012 COCHONS D’INDE

AAvant d’être auteur de théâtre, vous êtes aussi comédien. Cette expérience

d’acteur, sur les planches, vous sert-elle pour écrire ou bien ces deux

activités sont-elles totalement dissociées ?

En préambule, je dirais qu’il y a énormément d’auteurs de théâtre qui étaient acteurs. Je

crois que ce n’est pas le même principe. Quand on écrit pour le théâtre, on écrit des

situations et des dialogues. On n’écrit, enfin personnellement je n’écris pas avec la volonté de

dénoncer quelque chose. C’est juste un prétexte pour faire du théâtre. Moi, j’ai écrit du

théâtre parce que je n’avais pas de travail. Pas parce que j’avais quelque chose à dire. Ce qui

me semble important c’est que ce soit facile à dire et jouable, qu’il y ait une situation forte. Le

fond ne m’intéresse pas du tout, contrairement à la littérature. Moi je me sers du sujet pour

pouvoir faire du théâtre […].

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3 > 23 décembre 2012 COCHONS D’INDE

CCOCHONS D’INDE : NOTE D’INTENTIONS

Antony Mettler, mai 2012

« Je crois que nos institutions bancaires sont plus dangereuses pour nos libertés qu’une

armée debout. Celui qui contrôle l’argent de la nation contrôle la nation ».

Thomas Jefferson

Cette phrase du troisième président des Etats-Unis résume parfaitement les thématiques

abordées dans la pièce de Sébastien Thiéry. Cette pièce à la fois drôle et sérieuse, est une

photographie prise sur le vif de l’homo-sapiens contemporain. C’est une farce d’aujourd’hui

qui s’inscrit aussi dans la longue tradition d’un théâtre burlesque qui tourne la société en

dérision. S’il y a un véritable génie de la situation première, une intuition du cocasse et du

burlesque, un art de la surprise, le théâtre de Sébastien Thiéry ne se sort des pièges qu’il se

tend lui même que par une écriture en lignes brisées, sur laquelle s’appuie toute la

dramaturgie, et qui fait évoluer les situations en fonction de la manière dont les mots

s’entrechoquent.

De quoi s’agit-il dans Cochons d’Inde ?

C’est extrêmement simple : un type « normal », lambda, auquel le public peut s’identifier, pas

sympathique d’entrée, est enfermé dans une pièce, une banque qui subit les effets de la

mondialisation. Il n’essaie qu’une chose du début à la fin : en sortir. Et comme il ne peut pas,

il va passer par tous les états possibles : il veut comprendre, puis s’énerve, tente une

négociation, se résigne et admet ce qui lui arrive, même s’il trouve cela complètement fou.

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3 > 23 décembre 2012 COCHONS D’INDE

SÉBASTIEN THIÉRY

Sébastien Thiéry est né à Paris en 1970. Il étudie le théâtre au

Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique de Paris, puis

partage son temps entre l’écriture et le jeu d’acteur, tant au théâtre

qu’à la télévision ou au cinéma. Il écrit et interprète notamment la série

Chez Maman, diffusée sur Canal +. C’est Jean-Michel Ribes qui fera

découvrir son univers déjanté en 2004, en mettant en scène Sans

Ascenseur au Poche, puis au Théâtre du Rond-Point à Paris. Suivront

d’autres pièces : Dieu habite Düsseldorf et Qui est Monsieur Schmitt ?,

ainsi que Le Début de la fin, joué récemment au Théâtre des Variétés à

Paris.

ANTONY METTLER

Antony Mettler joue dans une trentaine de spectacles dont Les Bijoux

de la Castafiore de Hergé mis en scène par Dominique Catton au

Théâtre Am Stram Gram puis en tournée. Au Théâtre Alchimic, Jean et

Béatrice de Carole Fréchette et dernièrement, Art de Yasmina Reza.

Sous la direction de Pierre Naftule, on le voit dans différentes éditions

de La Revue. Au Poche, il interprète Charlie dans Le Répétiteur de

Françoise Courvoisier et dernièrement, Simon St Clair dans l’Atelier

d’écriture de David Lodge. Également metteur en scène, il crée sa

propre compagnie Le Théâtre de la Rapière, spécialisée dans les

comédies historiques de cape et d’épée.

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5. POURQUOI ONT-ILS TUÉ JAURÈS ?

( création )

14 JANVIER > 3 FÉVRIER 2013

Texte & mise en scène Dominique Ziegler

Scénographie Yann Joly

Lumière Danielle Milovic

Son Graham Broomfield

Jeu Jean-Alexandre Blanchet

Olivier Lafrance

Céline Nydegger

Frédéric Polier

Margarita Sanchez

Le 31 juillet 1914, ce n’est pas seulement un grand leader du socialisme européen et

un politicien au talent d’orateur légendaire qui meurt, c’est le dernier espoir de paix

pour la France et pour l’Europe. Jean Jaurès avait la faculté de galvaniser par sa

seule parole des foules entières, parvenant à déstabiliser des gouvernements par la

puissance de son verbe et l’intelligence de ses analyses. Il avait aussi un intérêt et

un amour profond pour le peuple, auquel il s’adressait sans démagogie. Il fut

pourtant la cible, de son vivant, de la haine féroce de nombreux politiciens.

C’est un homme incorruptible dont le courage force le respect sur lequel Dominique

Ziegler se penche afin d’en retracer, avant tout pour le plaisir des spectateurs mais

aussi pour lancer quelques pistes de réflexion, les étapes charnières de vie.

PRODUCTION LE POCHE GENÈVE

AVEC LE SOUTIEN DE LA SOCIÉTÉ SUISSE DES AUTEURS (SSA)


14 janvier > 3 février 2013 POURQUOI ONT-ILS TUÉ JAURÈS ?

RÉCIT DE VIE ET THÉÂTRE

Dominique Ziegler, avril 2012

Il n’existe sans doute pas d’inconnu aussi célèbre que Jaurès !

De celui-ci, le public connaît au mieux le combat pour la paix, à la veille de la Première

guerre mondiale, et les circonstances violentes de sa mort. Son parcours, sa pensée, son

action, ses écrits, ses contradictions et le contexte particulier dans lequel ils prennent place

sont largement ignorés du grand public aujourd’hui. De Jaurès ne subsiste qu’une vague

image d’Epinal qu’il convient, cent ans après sa mort, de dépasser pour mieux rendre

hommage à un homme à l’intégrité indiscutable et aux choix politiques et philosophiques

spécifiques, mais qui concernent toujours l’humanité au premier plan.

Les moyens du théâtre sont-ils adéquats pour effectuer une telle démarche ? Oui, si l’on

considère que l’activité la plus marquante de Jaurès a été celle d’un tribun de premier ordre,

galvanisant par sa seule parole des foules entières, parvenant à déstabiliser des

gouvernements entiers par la seule puissance de son verbe et la puissance de ses analyses.

Les moyens du théâtre s’avèrent toutefois problématiques (et c’est ce qui rend ce défi

passionnant) à rendre compte d’un parcours de vie de plus de cinquante ans, à cheval sur

deux siècles peu avares en bouleversements majeurs. Imaginer une pièce à huis-clos

retraçant à travers une confrontation particulière (avec sa femme, avec un opposant de droite

ou de gauche, avec un disciple ou tout autre témoin-prétexte) risquerait de faire sombrer la

pièce dans le syndrome « wikipedia », de la narration savante a posteriori, qui n’aurait

d’intérêt que pour quelques aficionados ou pour les amateurs de dialogues semi-statiques.

Inversement restituer l’ensemble de l’action et de la vie de Jean Jaurès revient à imaginer

une fresque de dix-huit heures, et à écrire d’avantage pour le cinéma que pour le théâtre.

Comment résoudre l’équation ? En revenant à ce qui fait l’intérêt même de l’art dramatique,

c’est-à-dire en faisant des choix draconiens, en étudiant les passages paroxystiques de

l’existence d’un individu. C’est à travers la subjectivité du point de vue de l’auteur que se

dessineront les grandes étapes de l’existence de Jean Jaurès. Ce point de vue n’obéit pas

seulement à l’arbitraire de l’auteur, mais s’inspire par recoupements des grands ouvrages

écrits sur le sujet et sur les discussions avec divers spécialistes. Le but de la pièce est de

donner un aperçu en profondeur des grandes étapes de la vie politique de Jean Jaurès, mais

aussi des aspects plus personnels de son existence, comme par exemple sa vie de famille

douloureuse, ses origines semi-paysannes, son conservatisme moral et ses croyances

chrétiennes profondément ancrées ! Ce double-choix s’impose pour expliquer au mieux la

pensée singulière de ce socialiste tardif, mais inébranlable, pour mieux tenter de comprendre

et de décrire les haines virulentes dont il fut l’objet des deux côtés de l’échiquier politique, à

gauche comme à droite. Car personne en ce temps-là ne fut plus haï par les politiciens de

tous bords que Jaurès. Mais personne n’eut davantage le souci désintéressé du peuple que

lui et personne ne sut galvaniser les foules et s’adresser à l’intelligence des petites gens,

sans démagogie comme il le fit.

Et personne n’a davantage été récupéré que lui depuis un siècle !

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14 janvier > 3 février 2013 POURQUOI ONT-ILS TUÉ JAURÈS ?

JEAN JAURÈS

Léon Trotsky, 17 juillet 1915

Jaurès était l'incarnation de la force personnelle. Le moral en lui correspondait parfaitement

au physique : l'élégance et la grâce en elles-mêmes lui étaient étrangères ; par contre ses

discours et ses actes avaient cette beauté supérieure qui distingue les manifestations de la

force créatrice sûre d'elle-même. Jaurès peut paraître peu caractéristique de la France. En

réalité il était Français au plus haut degré. C'est là une race d'hommes d'une puissante

musculature physique et morale, d'une intrépidité sans égale, d'une force de passion

supérieure, d'une volonté concentrée. C'est là un type athlétique. Il suffisait d'entendre la voix

tonnante de Jaurès et de voir son large visage éclairé d'un reflet intérieur, son nez impérieux,

son cou de taureau inaccessible au joug pour se dire : voilà un homme.

La force principale de Jaurès orateur était la même que celle de Jaurès politicien : la passion

tendue extériorisée, la volonté d'action. Pour Jaurès l'art oratoire n'a pas de valeur

intrinsèque, il n'est pas un orateur, il est plus que cela : l'art de la parole pour lui n'est pas

une fin mais un moyen.

Il ne montait pas à la tribune pour y présenter les visions qui l'obsédaient ou pour donner

l'expression la plus parfaite à une chaîne d'idée, mais pour rassembler les volontés

dispersées dans l'unité d'un but : son discours agit simultanément sur l'intelligence, le

sentiment esthétique et la volonté, mais toutes ces forces de son génie oratoire, politique,

humain, sont subordonnées à sa force principale : la volonté d'action.

Jaurès, athlète de l'idée, tomba sur l'arène en combattant le plus terrible fléau de l'humanité

et du genre humain : la guerre. Et il restera dans la mémoire de la postérité comme le

précurseur, le prototype de l'homme supérieur qui doit naître des souffrances et des chutes,

des espoirs et de la lutte.

Il y a une autre force qui s’éveille : ce sont tous ces peuples, de toutes les races, jusqu’ici

inertes, ou qui le paraissaient, qui semblaient pour nous à travers notre tourbillon

d’agitations européennes, couchés dans un sommeil éternel et qui, maintenant, se

réveillent, réclament leurs droits, affirment leur force, races de l’Afrique, races de l’Asie, le

Japon, la Chine, l’Inde… Eh bien ! Je dis que, parmi tous ces peuples longtemps opprimés ou

endormis ou séparés de l’Europe par des océans d’indifférence, je dis que partout il y a des

forces morales neuves qui s’éveillent, un appétit de liberté, un appétit d’indépendance, le

sens du droit…

Intervention de Jean Jaurès du 17 juillet 1912

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14 janvier > 3 février 2013 POURQUOI ONT-ILS TUÉ JAURÈS ?

DOMINIQUE ZIEGLER

Né en 1970, Dominique Ziegler étudie le théâtre à Paris, aux Enfants

Terribles, puis à l’École Serge Martin de Genève. Il fonde ensuite sa

compagnie, Les Associés de l’Ombre, avec laquelle il crée sa première

pièce qui sera un énorme succès : N’Dongo revient. Reprise au Théâtre

de la Main-d’Or à Paris pendant neuf semaines, cette comédie satirique

possède déjà tous les ingrédients qui font le charme et l’efficacité du

théâtre de Ziegler : le sens du rythme, un engagement politique

constamment teinté d’humour et une énergie débordante. Ses

dernières réalisations jouées à Genève et en tournée sont : Affaires

privées, Virtual 21, Patria Grande... Un recueil de ses pièces a été édité

aux éditions Bernard Campiche : N’Dongo revient et autres pièces.

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6. IN LOVE WITH FEDERER ( création )

18 FÉVRIER > 10 MARS 2013

Mise en scène Denis Maillefer

Lumière & Vidéo Laurent Junod

Son Philippe De Rahm

Costumes Isa Boucharlat

Conception & Jeu Bastien Semenzato

Denis Maillefer

Denis Maillefer et Bastien Semenzato partagent depuis plusieurs années un

fanatisme à peine distancé pour le héros sportif helvétique ! Nourris de cette

complicité, ils vont tenter de comprendre et de raconter leur rapport au sport et leur

amour indéfectible pour Roger Federer.

Roger Federer, joueur de tennis au palmarès unique, réunit tous les attributs actuels

de la célébrité sportive mondialisée. Pourtant sa façon de jouer, son style, sa

présence, emmènent le tennis dans une autre direction que celle tracée par les

impératifs techniques, économiques et médiatiques. Son jeu révèle une échappée.

C’est à sa singularité et à la présence poétique admirable de Federer que le spectacle

est consacré.

COPRODUCTION THÉÂTRE EN FLAMMES / LE POCHE GENÈVE / ARSENIC

LAUSANNE / COLPORTEURS

AVEC LE SOUTIEN DU COMITÉ RÉGIONAL FRANCO-GENVOIS (CRFG)


18 février > 10 mars 2013

SSIMPLE LOVE STORY

Denis Maillefer, mai 2012

IN LOVE WITH FEDERER

C’est un projet simple, un projet de la famille des projets autofictionnels, sans texte

préalable. Un projet que j’ai envie de faire depuis longtemps. Un projet qui se raconte vite, en

quelques phrases, qui a beaucoup d’inconnues et plein de promesses.

Deux types, à moitié supporters passionnés, à moitié rêveurs et à 10% sociologues du sport,

viennent dire, raconter, mimer, expliquer, pourquoi ils aiment tant Federer. Pourquoi ils se

lèvent à pas d’heure pour regarder un 8ème de finale contre le 78ème joueur mondial,

pourquoi ils s’envoient des sms multiples pendant les matchs pour commenter de concert

ce qu’ils voient ensemble et à distance. Pourquoi ils aiment ce revers si élégant, pourquoi ils

sont stupidement à genoux en train de prier pour que ce joueur qui est en train de gagner un

million en quelques heures réussisse à débreaker Djokovic. Pourquoi ils ont envie de lui

envoyer des lettres de consolation lors des rares défaites, pourquoi l’un de ces deux

individus a réussi un jour à regarder un match de Federer sur une télé qui n’avait que le son

[…]

Dans ce projet, deux hommes : Bastien Semenzato et Denis Maillefer. Ce n’est pas vraiment

une distribution. C’est un projet qui est né de leurs discussions enflammées, parfois

dévastées (après des défaites). Puis l’évidence de monter ce projet ensemble […].

La proposition de base est de travailler sur la confession, vraie et/ou fausse. Une manière de

faire que je pratique depuis quelques années déjà, et qui ici prendrait une forme

particulière : je parle de moi mais en parlant essentiellement d’un autre, que chacun connaît

[…]

Les deux acteurs racontent, rejouent leur propre rôle, citent des articles élogieux. Peut-être

que l’un d’eux se déguise furtivement en Roger Federer. Et surtout, ils s’interrogent sur

l’idée même de la beauté, parce qu’au fond, c’est de cela qu’il est question, et rien d’autre,

c’est pour cela que je regarde, profondément, pour apercevoir le geste pur. Et nous

emprunterons à ce propos les réflexions brillantes de Scala (Les Silences de Federer) qui

parle magnifiquement bien du présent, du geste, de la possible impossibilité du récit

contemporain lié au sport. Il parle de la beauté, de l’amour, et il le fait avec son regard de

philosophe, avec des mots simples et une profondeur splendides […].

On peut gloser, et nous le ferons, sur le tennis, sur son lien avec la psychologie, avec

l’antiquité, avec la définition que l’on a de ses propres capacités. Pourtant, ce n’est pas le

principal. Ce que nous cherchons à dire, maladroitement, comiquement (j’espère), c’est :

pourquoi cet amour ? Et, également : que fait-on de l’amour ? Comment est-on transformé

par cet amour, et par l’amour en général ?

Et enfin : que fait-on de cette joie, aussi absurde et violente, procurée par le jeu (et, ne le

cachons pas, la victoire) de Roger Federer ? J’aime regarder le tennis parce que c’est une

activité qui se pratique au présent. Et absolument au présent. Si Roger Federer se met à

penser au point d’après, il est perdu […]. Le joueur de tennis, et Roger Federer plus que tous

les autres, n’a pas d’autre projet que l’instant, que le millième de seconde de ce revers, si

semblable au millions de revers joués dans sa vie et pourtant unique, totalement nouveau et

réinventé.

Ce sera un spectacle sur l’amour, le moment présent, la beauté du geste, et l’absurdité de

se projeter sur un inconnu célébrissime qui tient une raquette dans la main.


18 février > 10 mars 2013

IN LOVE WITH FEDERER

LA PREMIÈRE FOIS QUE J’AI VU FEDERER VERSER UNE LARME…

Bastien Semenzato, mai 2012

La première fois que j’ai vu Federer verser une larme c'étais lors d’une défaite en coupe

Davis face à la Belgique. On devait avoir moins de 20 ans ; je me destinais à une formation de

journaliste sportif parce que, depuis tout petit, je pleure devant le sport.

Federer a ensuite pleuré lors de sa première victoire à Wimbledon en tombant à genoux, deux

mois avant qu’une coupe budgétaire et un imprévu ne me fassent découvrir le théâtre.

L’année suivante, j’assistai à son second sacre sur gazon tout en attendant les résultat du

concours d’entrée à la Manufacture ; école où j’ai rencontré Denis Maillefer, qui d’un

hochement de tête complice me permettait d’aller vérifier le score en pleine répétition.

Ensuite les nombreuses finales de Federer m’ont, par exemple, pourri la seule journée

ensoleillée de mes vacances en Bretagne, ou m’ont permis de supporter l'anxiété de la

naissance imminente de ma fille.

Federer peut égayer ou plonger dans la grisaille toute la semaine à venir.

Quand je le regarde jouer, quand j’en parle, je ressens les mêmes émotions qui m’avaient

poussé vers le journalisme sportif, puis conforté dans mon envie de théâtre.

J’ai toujours eu envie de travailler sur mon rapport au sport : les larmes essuyées en

cachette devant l’écran tv, ces rêves d’exploit qui accélèrent mon rythme cardiaque, cette

ivresse de supporter d’assister à l’écriture de l’histoire, les fourmis dans la jambe que je

refuse de bouger avant le gain du premier set - persuadé qu’il perdrait ses moyens sans le

soutien de tout mon être.

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18 février > 10 mars 2013

DENIS MAILLEFER

IN LOVE WITH FEDERER

Denis Maillefer est né en 1965. Il réalise une trentaine de mises en

scène avec sa compagnie, le Théâtre en Flammes, et codirige depuis

2010 le Théâtre des Halles à Sierre. Il enseigne depuis 2003 à la Haute

École de Théâtre de Suisse Romande (HETSR). Au Poche, on se

souvient avec émotion de son spectacle adapté du roman de Philippe

Forest, L’Enfant éternel. Il monte aussi Bérénice de Racine, La

Supplication de Svetlana Alexievitch, Je vous ai apporté un disque,

Gênes 01 et Nature morte dans un fossé de Fausto Paravidino.

Dernièrement au Théâtre du Loup et en tournée, il revisite La Cerisaie

de Tchékhov.

BASTIEN SEMENZATO

Bastien Semenzato se forme à La Manufacture. Des Caprices de

Marianne mis en scène par Jean Liermier au Théâtre de Vidy à

Supermarket de Biljana Srbljanovic mis en scène par Gianni Schneider

à Vidy, en passant par Case Study Houses de Mathieu Bertholet au Grü

ou encore Gênes 01 et Nature morte dans un fossé de Fausto

Paravidino, mis en scène par Denis Maillefer à l’Arsenic et à Saint-

Gervais, il enchaîne les rôles. Dernièrement, on le retrouve dans le

monologue Lettre à D… de Fahid Taghavi au T50. Sous la direction de

Françoise Courvoisier, il joue dans Sang de Lars Norén au Théâtre de

Poche et dans Jean la vengeance de Jérôme Robart à La Parfumerie.

La saison dernière, sur la scène du Poche, il incarne un Baptiste

poignant dans Baptiste et Angèle de Francine Wohnlich


8 > 28 avril 2013

7. GORGIAS ( création )

8 > 28 AVRIL 2013

Texte Platon

Adaptation

& Mise en scène

José Lillo

Lumière Rinaldo Del Boca

Jeu Ahmed Belbachir

Jean-Charles Fontana

David Gobet

(distribution en cours)

GORGIAS

Dans Gorgias, Socrate pose cette question : qu’est-ce que parler veut dire ? Est-ce

l’acte de proférer des mots pour convaincre son interlocuteur, au mépris de la vérité ?

Le langage est-il un instrument pour dominer les autres ou pour se gouverner soimême

? Platon démontre que parler, c’est toujours agir, et que la parole et la

philosophie sont nécessaires mais peut-être impossibles dans la cité.

Combattre avec les mots comme on combat avec ses poings, tel est le pari de José

Lillo qui choisit de situer cette redoutable joute oratoire entre quatre philosophes,

champions de la rhétorique, dans un sauna.

PRODUCTION LE POCHE GENÈVE

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8 > 28 avril 2013

ABUS DE LANGAGE

José Lillo, mai 2012

GORGIAS

Socrate, philosophe de rues, citoyen dissident, arpentait la cité et pratiquait l’art redoutable

de ne rien admettre d’un discours, quel qu’il soit, qui n’eut été rudement mis à l’épreuve et à

fond vérifié. Les maîtres de la parole de son temps l’ont senti passer. Ce qui semblait faire

sens se révélait, souvent, n’être qu’un tissu de pacotilles qui dupait et les auditeurs et le beau

parleur lui-même.

Il désarmait.

Il avait cette insolence d’utilité publique.

Nous gardons de lui l’image d’un sage. Il passait, de son temps, pour un voyou.

Socrate n’a rien écrit. C’est à Platon que nous devons de le connaître.

Il l’a mis en scène dans de fabuleux dialogues, d’extraordinaires joutes verbales.

Le Gorgias est le dialogue le plus virulent, le plus personnifié et le plus combatif de tous. Il

tape fort, il va où ça fait mal. Il démonte tout, il pousse les raisonnements jusqu’à la dérision.

Jusqu’au ridicule. « Cassés », dirions-nous aujourd’hui. Il est de hautes pensées qui sont des

blagues qui s’ignorent.

Le voilà s’invitant au sauna, au milieu de trois personnages parfaitement représentatifs de la

philosophie dominante de son temps : Gorgias, Polos et Calliclès. Trois champions de la

rhétorique.

Le moule ne s’est pas brisé, ce sont les mêmes aujourd’hui. Qu’ils fassent de la politique, de

l’économie, qu’ils présentent des émissions à la télé. Nous sommes toujours, comme

Socrate, face à de terribles abus de langage. À des constructions imaginaires de sens qui

n’ont aucun sens.

Lui avait les armes. Il avait la façon de savoir à quoi s’en tenir. L’audace et le courage. La

légèreté qui touche juste.

Je voudrais que ce soit comme un film de kung-fu verbal de philosophie au sauna. Voilà à

quoi je rêve pour ce Gorgias.

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8 > 28 avril 2013

LES JEUX DE LA POLITIQUE

Hanna Arendt, La philosophie de l’existence, 2000.

GORGIAS

On ne s’imagine Platon et Aristote qu’avec des grandes robes de pédants. C’étaient des gens

honnêtes et, comme les autres, riant avec leurs amis ; et quand ils se sont divertis à faire

leurs Lois et leur Politique, ils l’ont fait en se jouant ; c’était la partie la moins philosophe et

la moins sérieuse… S’ils ont écrit de politique, c’était comme pour régler un hôpital de fous ;

et s’ils ont fait semblant d’en parler comme d’une grande chose, c’est qu’ils savaient que les

fous à qui ils parlaient pensaient être rois et empereurs. Ils entraient dans leur principes

pour modérer leur folie au moins mal qu’il se pouvait.

ENTRETIEN AVEC JACQUES BOUVERESSE

Propos recueillis par Evelyne Rognon et Régine Tassi, Nouveaux Regards, septembre

2006

Nous avons nos Gorgias, nos Calliclès. Un peu comme Platon, j’essaie de défendre la vérité

désarmée et menacée contre la toute-puissance de la rhétorique. La différence, évidemment,

c’est que nous, nous avons accepté la démocratie, ce qui ne simplifie sûrement pas le

problème. Platon et Aristote savaient, que la démocratie est toujours menacée par une forme

de dégénérescence catastrophique qui s’appelle la démagogie. Nous sommes confrontés à

des problèmes tout à fait semblables et qui sont, d’une certaine façon aggravés, par le fait

que les systèmes de communication modernes fournissent à la manipulation et au mensonge

des instruments d’une puissance inimaginable. Les dictateurs ne gouvernent pas seulement

par la répression et la violence, mais également par le verbe.

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8 > 28 avril 2013

PLATON

GORGIAS

Platon, philosophe grec et fondateur de l’Académie d’Athènes, est né

en 428 avant Jésus Christ. Contemporain de la démocratie athénienne

et des sophistes, auxquels il s’opposa vigoureusement, il poursuivit le

travail philosophique de certains de ses prédécesseurs, notamment

Socrate, afin d’élaborer sa propre pensée. Son œuvre, presque

exclusivement constituée de dialogues, est riche tant par son style que

par son contenu et pose les premiers jalons de l’histoire de la

philosophie occidentale.

JOSÉ LILLO

Diplômé de l’École Serge Martin, José Lillo met en scène Büchner,

Kleist, Dostoïevski. Il axe son travail sur la puissance de jeu de l’acteur.

Il adapte notamment pour la scène Les Nuits Blanches de Dostoïevski

pour la comédienne Julia Batinova et Troisième nuit de Walpurgis de

Karl Kraus, qu’il interprète lui-même au Théâtre Saint-Gervais et en

tournée. En tant que comédien, il travaille notamment avec Dominique

Ziegler (Calvin, le Maître des minutes), Lorenzo Malaguerra (Roméo et

Juliette) et Françoise Courvoisier (Jean la Vengeance). Dans le cadre

d’une résidence au Théâtre St-Gervais, il y présente en mai 2012 une

nouvelle création : Elseneur-Machine.

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8. AMINATA ( création ) ( prix SSA 2011 )

6 > 26 MAI 2013

Texte Gilles Laubert

Mise en scène Jacob Berger

Jeu Elphie Pambu

(distribution en cours)

Un homme de trente-cinq ans quitte le domicile où il vit en huis clos avec sa mère,

qui le protège jusqu’à l’enfermer. Il rencontre une jeune prostituée sénégalaise qui

l’éveille à la vie. La mère, affolée par la disparition de son fils, fait appel à un

inspecteur. Ils partent tous deux à la recherche de ce fils « né avec le cordon

ombilical autour du cou », selon la mère. La traque donnera lieu à un chassé-croisé

de rencontres au cours desquelles chacun des personnages tentera de trouver un

équilibre sentimental et affectif.

Une pièce débordante d’humanité, pour laquelle Gilles Laubert invente une langue

insolite, à la fois rugueuse et caressante. La pièce aborde aussi, avec subtilité, le

thème de la xénophobie.

COPRODUCTION THÉÂTRE VIDY-LAUSANNE / LE POCHE GENÈVE

AVEC LE SOUTIEN DE LA SOCIÉTÉ SUISSE DES AUTEURS (SSA)


6 > 26 mai 2013

FIGURES DE L’AUTRE

Gilles Laubert, avril 2012

Aminata s'inscrit dans une réflexion que je mène sur les questions de l'altérité.

AMINATA

En Europe, les récentes votations trahissant une peur généralisée de l'étranger m'ont

fortement questionné.

En suisse, les affiches de campagne racontaient une histoire sordide, certes, mais il y avait là

une véritable story telling ; celle du mâle étranger violeur. C'est de là qu'est partie l'écriture

de la pièce.

On dit du post-dramatique qu'il a rompu avec l'idée de narration - de fable - et pourtant,

c'était bien une fable que me racontaient ces affiches. Pour inscrire mon écriture dans la

modernité, j'ai donc voulu répondre à l'affabulation par une narration.

Un homme de 35 ans, que sa mère a protégé jusqu'à l'enfermer dans l'inceste, décide de

prendre le large. Il rencontre une jeune femme sénégalaise sans papiers, avec qui il découvre

le plaisir, l'autre et la vie.

La mère engage un inspecteur pour faire des recherches. Entre la mère et l'inspecteur va se

nouer une relation assez mortifère, qui fonctionne sur le mode marchant.

Le personnage de la mère est monomaniaque. Je tente, avec elle, de rendre compréhensible,

mais non excusable, l'univocité d'un attachement archaïque à la notion de « mère natale ».

Ces aspects narratifs entrainent l’abandon d'un rapport normatif à la langue qui, dans

l'écriture, n'est jamais une langue quotidienne. Syntaxe heurtée, langue trouée, fautive, faite

de barbarismes, de solécismes, d'idiolectes, d’humour décalé, avec des échappées poétiques,

cette écriture tente de rendre compte du brassage des langues.

Sans trop exagérer, on pourrait dire qu'il s'agit là d'un français mondialisé qui s'écrit dans

l'espace francophone.

Les emprunts au Wolof mettent encore plus en évidence la question de l’étranger.

36


6 > 26 mai 2013

NOTES

Jacob Berger, mai 2012

AMINATA

Un homme que l’on dit simple d’esprit, mais dont l’âme est tout ce qu’il y a de plus complexe.

Une mère que l’on croit aimante, mais dont l’amour est une arme de destruction massive.

Une fille que l’on appelle putain, mais dont le cœur est insoumis et pur.

Un flic qui croit combattre le désordre mais dont la vie est un champ de ruines.

Un amour qui explose comme une bombe.

Des mots qui sifflent comme des balles.

Des paroles qui s’abandonnent comme des caresses.

Une pièce courte mais dont la brûlure dure longtemps.

Des phrases écrites à l’envers mais qui remettent le monde à l’endroit.

Un théâtre à avaler, à cracher, à supplier, à abjurer.

Le théâtre des mots.

Le théâtre de la chair. Le théâtre des passions.

La proximité des corps des acteurs face au public, la fulgurance des paroles scandées en

direct, la primauté de la langue qui se fabrique sous nos yeux, comme une prière.

J’ai en tête une mise en scène sobre et ardente, graphique et passionnelle, qui donne toute

leur place aux mots et aux corps.

Paradoxalement, les quatre personnages sont à la recherche de l’amour. Ils se

pourchassent, se kidnappent, se menacent, se séduisent, se défendent, se fascinent et se

heurtent mutuellement, mais ce qu’ils cherchent vraiment, c’est la consolation.

Leur douleur est palpable. Leurs contradictions si puissantes que leur langage en est altéré.

Comme dans les rêves, où le réel change d’apparence selon nos émotions.

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6 > 26 mai 2013

EXTRAIT

Gilles Laubert, Aminata

AMINATA

AMINATA.

Georges, la raison faut que tu la retrouves t’es comme un gamin Georges. Le petit Georges

quoi… sama doom.

GEORGES.

Le dis pas que je suis le petit Georges. Maintenant je comprends. Mon prénom tu le dis pour

me tirer les bons sentiments de mon cœur et après tu partirais à me rendre plus triste que la

vie d’avant. Faut pas jouer avec tous les sentiments. Moi je t’aime parce que tu es une belle

fille venue d’ailleurs. Tu n’es pas comme les autres. Les filles, les autres j’avais peur. Toi je

t’ai choisie dans la rue avec ton regard qui ne restait pas dans le dédain et l’agression. Avec

ma mère je regardais les filles qui voulaient le mariage dans les annonces du Chasseur

français. « On finira bien par te trouver une fille qui reste avec nous ». Les annonces c’étaient

souvent des camerounaises des ivoiriennes des filles de l’Afrique. Elles en cherchaient des

maris. Ma mère disait qu’il fallait se méfier qu’il fallait attendre encore. Que les filles

d’Afrique c’était ou tout bon ou tout mauvais […]. Qu’il fallait attendre, attendre toujours

attendre avec elles. C’est pour ça que je suis allé vers toi. Pour aller contre ma mère. Tu vois

c’est déjà un beau souvenir dans notre tête à tous les deux. Une rencontre. Dans les journaux

ils le disent que c’est de l’Afrique que vous partez toutes sans les papiers. Ils le disent dans

les télévisions et toi des papiers dans ton sac je n’en trouve pas […].

AMINATA.

Sama doom, tu avais l’air si doux. Comme un enfant de la circoncision avec le respect dans

les yeux. Jamais je ne les avais vu des yeux comme ça dans un client.

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6 > 26 mai 2013

GILLES LAUBERT

AMINATA

Gilles-Souleymane Laubert, auteur et comédien, est fondateur de la

Compagnie des Cris. Après une formation à l’École Supérieure d’Art

Dramatique de Genève, il interprète des rôles de premier plan dans de

nombreux spectacles en France, en Suisse et en Belgique. Notamment,

Trafics amoureux d’Edwin Sanchez et La Terre, leur demeure de Daniel

Keene. Parmi ses pièces, L’Abus, jouée près d’une centaine de fois

dans une mise en scène de Martine Paschoud, est parue aux éditions

Les Solitaires Intempestifs. Sur les bords a été représentée en Suisse

et en France. Aminata reçoit le prix SSA 2011, sous le titre Sortie(s). En

mars 2011, il interprète au Théâtre La Traverse le rôle titre de sa

propre pièce : Georges ou tout ce qui file entre les doigts. Il est décédé

le 8 mai 2012.

JACOB BERGER

Jacob Berger est un cinéaste d’origine britannique et suisse né en

1963. Après des études à la Tisch School of the Arts de l’Université de

New York, il réalise son premier long métrage en 1990, Angels,

présenté en compétition officielle du Festival de Berlin. Il tourne

ensuite Jour Blanc, avec notamment Heinz Bennent (Prix de la fiction

au Festival du Film d’Antibes). Il réalise ensuite 1 Journée, ainsi que de

nombreux documentaires pour Temps Présent, célèbre émission de la

RTS, ainsi que pour Arte. Il tourne pas moins d’une dizaine de téléfilms

parmi lesquels Un Enfant de trop, Rachel et ses amours, Un Cadeau, la

vie. Son long-métrage, Aime ton père, représente la Suisse aux Oscars

2003. Il cosigne le scénario de Libertad, un film de Nicolas Wadimoff,

dernièrement sélectionné à la Quinzaine des Réalisateurs de Cannes.

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LE POCHE PROPOSE…

VISITE GUIDÉE DU THÉÂTRE

De nombreux groupes de personnes visitent la Vieille-Ville de Genève. Envie d’y

ajouter la visite de notre théâtre fondé en 1948 ? Notre équipe se fera un plaisir de

vous accueillir.

SURTITRAGE POUR SOURDS OU MALENTENDANTS

Durant la saison, les spectacles Cochons d’Inde et In love with Federer seront

surtitrés à l’intention des spectateurs sourds ou malentendants, en collaboration

avec le Département de la culture de la Ville de Genève et Swiss TXT.

SOIRÉES FESTIVES

Pour un anniversaire, une fête de fin d’année ou une sortie de bureau : nous vous

proposons pour seulement CHF 50.- par personne le spectacle, un repas au bar du

théâtre, ainsi qu’une rencontre avec les artistes après la représentation.

À partir de 20 personnes.

MÉDIATIONS ÉCOLES ET UNIVERSITÉS

Le Poche souhaite vivement faire découvrir les nouvelles écritures du théâtre

contemporain et se met à disposition des enseignants pour faciliter l’accès au Poche

de leurs élèves ou de leurs étudiants. Ils ont la possibilité :

- de recevoir le dossier pédagogique des spectacles par courrier ou par mail

- d’assister à une répétition ou à une générale publique

- de rencontrer le metteur en scène ou d’autres artistes, au théâtre ou dans

leurs classes, avant ou après le visionnement du spectacle.

Renseignements et inscription auprès de Barbara Mégroz

(barbara.megroz@lepoche.ch / 022 310 42 21)


LE POCHE EN TOURNÉE

COCHONS D’INDE AMINATA

Sébastien Thiéry / Antony Mettler Gilles Laubert / Jacob Berger

4 >16 septembre 2012 4 > 23 décembre 2012

Théâtre Montreux Riviera Théâtre Vidy-Lausanne

LES FLEURS DU MAL LA FORCE DE TUER

Charles Baudelaire / Françoise Courvoisier Lars Norén / Philippe Lüscher

7 janvier > 17 février 2013 16 avril > 5 mai 2013

Théâtre Le Public – Bruxelles Théâtre Vidy-Lausanne

ALBAHACA IN LOVE WITH FEDERER

Michèle Milner Denis Maillefer

28 mai > 9 juin 2013 12 mars 2013

Théâtre de la Parfumerie Maison des Arts Thonon-Evian

NOCES DE CARTON 4 & 5 avril 2013

Bergamote Château Rouge Annemasse

7 > 28 juillet 2012

Théâtre du Bélier - Festival Avignon Off 21 > 26 mai 2013

Arsenic Lausanne

11 > 14 septembre 2012

Théâtre du Pommier - Neuchâtel mai 2013

Théâtre les Halles - Sierre

17 janvier 2013

Théâtre de Valère - Sion

30 janvier > 2 février 2013

Nuithonie – Fribourg

5 > 6 février 2013

Théâtre de Beausobre - Morges

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INFORMATIONS GÉNÉRALES

PRIX DES PLACES

Plein tarif Fr. 35.-

AVS, AI, chômeurs Fr. 22.-

Groupe (min. 10 personnes) Fr. 25.-

Étudiants, apprentis Fr. 15.-

Carte 20 ans / 20 francs Fr. 10.-

Le prix du lundi Fr. 15.-

L’ABONNEMENT « À CHOIX » 6/8

L’abonné assiste à six spectacles dans la saison au gré de ses disponibilités et de ses

envies !

Abonnement individuel [prix anniversaire] Fr. 140.-

à l’occasion de notre dixième saison. au lieu de Fr. 160.-

Abonnement duo [prix anniversaire) Fr. 250.-

pour inviter qui vous voulez. au lieu de Fr. 280.-

Abonnement AVS, AI, chômeurs Fr. 115.-

Abonnement de groupe Fr. 120.-

(min. 10 personnes)

Abonnement « bouche à oreille » Fr. 100.-

valable uniquement pour les 6 premières représentations

L’ABONNEMENT « INCONDITIONNEL » 8/8 Fr. 200.-

un soutien inconditionnel au Théâtre de Poche !

L’abonné assiste à tous les spectacles de la saison.

L’ABONNEMENT « MOINS DE 30 ANS » 8/8 Fr. 80.-

Offre « spécial jeunesse » : au théâtre pour 10.-

HORAIRES

lundi et vendredi à 20h30

mercredi, jeudi et samedi à 19h

dimanche à 17h

mardi relâche

RÉSERVATIONS & RENSEIGNEMENTS

022 310 37 59 www.lepoche.ch

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LE POCHE GENÈVE, THÉÂTRE EN VIEILLE-VILLE

rue du Cheval-Blanc 7

1204 Genève

location +41 (0)22 310 37 59

billetterie@lepoche.ch

www.lepoche.ch

ADMINISTRATION

rue de la Boulangerie 4

1204 Genève

tél +41 (0)22 310 42 21

fax +41 (0)22 781 31 13

info@lepoche.ch

L’ÉQUIPE DU POCHE

direction artistique FRANÇOISE COURVOISIER

direction administrative & financière LAURENT MIRZA

chef technique PHILIPPE BÉGNEU

assistante de direction CAROLINE FUJISÉ

presse & relations publiques KATIA GANDOLFI

attachée de production BARBARA MÉGROZ

comptabilité CHANTAL MAILLARD

secrétariat CÉCILE TOGNI & FRÉDÉRIC SCHREYER

costumes VALENTINE SAVARY

billetterie & accueil ÉLIANE KNECHT

graphisme JEAN-MARC HUMM

photographie AUGUSTIN REBETEZ

Le Poche Genève est subventionné par la Ville de Genève (Département de la

culture) ; la République et Canton de Genève.

Il est géré par la Fondation d’Art Dramatique (FAD).

Il reçoit également les soutiens de la Fondation Leenaards, de la Société Suisse des

Auteurs, du Conseil du Léman, du Comité Régional Franco-Genevois (CRFG), de Pro

Helvetia et de la Corodis.

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