05.04.2013 Vues

Le Mans Classic, 5ème édition - Tako 68

Le Mans Classic, 5ème édition - Tako 68

Le Mans Classic, 5ème édition - Tako 68

SHOW MORE
SHOW LESS

Transformez vos PDF en papier électronique et augmentez vos revenus !

Optimisez vos papiers électroniques pour le SEO, utilisez des backlinks puissants et du contenu multimédia pour maximiser votre visibilité et vos ventes.

LE MAGAZINE DE LA FFVE N°12 - HIVER 2010<br />

$ ÉVÉNEMENT<br />

<strong>Le</strong> <strong>Mans</strong> <strong>Classic</strong>, 5 ème <strong>édition</strong><br />

LÉGISLATION > <strong>Le</strong>s Cyclomoteurs et les Poids Lourds<br />

Pô<strong>Le</strong> POSITION > Henri Pescarolo, champion multiple<br />

DeSIGN > Claude Lobo ArT > Emmanuel Zurini


Tél. : 01 44 29 21 50<br />

Une sélection de centres agréés pour le Contrôle<br />

Technique du Patrimoine automobile<br />

Pour connaître le centre AUTOSUR <strong>Classic</strong> le plus proche :


Sommaire<br />

Répertoire des annonceurs<br />

Anglo-Parts p47<br />

AtelierdesCôteaux p65<br />

Autosur<strong>Classic</strong>p2et7<br />

Axaassurance p 17<br />

Belgom p53<br />

Bonhams p35<br />

N°12 - HIVER 2010<br />

<strong>Le</strong> mot du président 4<br />

$ LÉGISLATION<br />

L’immatriculation des cyclomoteurs 6<br />

<strong>Le</strong>s Véhicules Lourds de Collection 7<br />

$ vu, Lu eNTeNdu<br />

Des livres, des news, des rendez-vous 9<br />

$ ÉvÉNemeNT<br />

<strong>Le</strong> <strong>Mans</strong> <strong>Classic</strong>, 5 e <strong>édition</strong> 10<br />

$ Sur <strong>Le</strong> TerrAIN<br />

Tour de Bretagne 14<br />

3e « Paris au mois d’août » 18<br />

Concours d’élégance de Nice 20<br />

<strong>Le</strong> RAUCA au pays des ch’tis 22<br />

De Belles Mécaniques à Roubaix 25<br />

La FFVE aux Coupes Moto Légende 26<br />

Rallye Touristique de Côte-d’Or 29<br />

$ SOLIdArITÉ<br />

16 e Sport et Collection au Vigeant 30<br />

$ cOL<strong>Le</strong>cTIONNeurS de demAIN<br />

Accro de youngtimers 32<br />

La FFVE en BD 34<br />

$ pOrTrAIT<br />

BRM p 13<br />

CarrosserieHHServices p 61<br />

CarrosserieTessier p47<br />

ChampagneBrocard p24<br />

GrandsRandonneursMotorisés p43<br />

ICCassurances p67<br />

Jean Pestre,<br />

délégué régional FFVE Auvergne 36<br />

$ muSÉe<br />

Musée Fangio, témoignage d’une vie 38<br />

$ cLub<br />

<strong>Le</strong>s 4A dans le souvenir<br />

de Jacques Nicolas 44<br />

$ hISTOIre deS mArqueS<br />

Jean-Albert Grégoire,<br />

le dernier des pionniers 48<br />

$ pô<strong>Le</strong> pOSITION<br />

Henri Pescarolo,<br />

la chasse, les cieux… et les circuits 54<br />

$ ArT<br />

Emmanuel Zurini, dit « Manou » 58<br />

$ deSIGN<br />

Claude Lobo 62<br />

$ INfOrmATIONS GÉNÉrA<strong>Le</strong>S<br />

Organigramme 2010 66<br />

Meguiar’s p 8<br />

Motul p52et<strong>68</strong><br />

NéoRétro p 61<br />

Swisstrax p 43<br />

TEACérède p47<br />

VignoblesChasson p65<br />

<strong>Le</strong> <strong>Mans</strong> <strong>Classic</strong> (page 10).<br />

<strong>Le</strong>s cyclomoteurs bientôt<br />

immatriculés (Page 6).<br />

<strong>Le</strong> <strong>Mans</strong> <strong>Classic</strong> et ses 500 bolides<br />

(Page 10).<br />

Paris au mois d’août (Page 18).<br />

Association Amie de l’Automobile<br />

Ancienne (Page 44).<br />

Henri Pescarolo et ses multiples<br />

podiums (Page 54).<br />

L’Authentique–PublicationtriannuelleéditéeparlaFFVE–B P 400<strong>68</strong>-92105Boulogne-BillancourtCédex-Tél :0146219470-fax:0146219499-www ffve org-<br />

Directeur de la publication :ClaudeDelagneau–Conception, Impression, Régie Publicitaire :D Conseil,tél :0143562016-0660522364–<br />

Directeur de la rédaction :PascalChauvin-Lamour-Maquette :OlivierGirousse-PhotoCouverture:Porsche917etLolaT70(PhotoPCHL)<br />

3


4<br />

MOT DU PRÉSIDENT<br />

Dans le précédent numéro de l’Authentique,<br />

j’évoquais le changement du siège<br />

administratif de la Fédération.<br />

Depuis le 1 er septembre, nous ne sommes donc<br />

plus « Rennais » puisque nos bureaux se situent<br />

maintenant en région parisienne, à Boulogne-<br />

Billancourt, au cœur même du nouveau<br />

centre des affaires. Ces locaux modernes et<br />

adaptés nous permettront, à n’en pas douter,<br />

d’améliorer encore nos prestations au service<br />

des collectionneurs.<br />

Pour ne pas rompre avec les habitudes,<br />

plusieurs dossiers délicats ont été traités<br />

récemment.<br />

<strong>Le</strong> plus préoccupant de ces dossiers est lié au<br />

contrôle technique des véhicules de collection.<br />

En effet, la mise en place du SIV ne les a<br />

nullement favorisés.<br />

Après de multiples réunions de travail, avec<br />

les hauts-fonctionnaires du Secrétariat d’Etat<br />

aux Transports, avec les responsables de<br />

l’UTAC, la difficulté est maintenant surmontée,<br />

et ce pour la plus grande satisfaction<br />

des collectionneurs concernés.<br />

Ce ne fût guère facile mais une fois encore,<br />

je dois mettre en évidence l’esprit<br />

de compréhension de nos interlocuteurs.<br />

Je dois également remercier le Cabinet<br />

du Secrétaire d’Etat qui n’a pas ménagé son<br />

soutien.<br />

Nous avons dû également aborder<br />

l’immatriculation des cyclomoteurs.<br />

Tout comme le contrôle technique des Véhicules<br />

Lourds de Collection, le sujet est traité dans la<br />

rubrique législation de la présente publication.<br />

Un énorme souci demeure, l’immatriculation<br />

des répliques. Celles-ci sont de plus en plus<br />

nombreuses et représentent pour la Fédération,<br />

une véritable inquiétude.<br />

Mes collaborateurs et moi-même ne sommes,<br />

en aucun cas, des « Ayatollah ».<br />

Notre but n’est nullement de condamner ceux<br />

qui acquièrent des répliques ; ce sont, dans la<br />

grande majorité des cas, des collectionneurs<br />

sincères et passionnés.<br />

Mais la Fédération a une réelle responsabilité,<br />

une responsabilité morale qui l’oblige à tout<br />

mettre en œuvre pour protéger le Patrimoine<br />

Culturel que représentent les véhicules anciens<br />

de collection.<br />

C’est donc pour nous un DEVOIR de défendre<br />

sans cesse l’Authenticité.<br />

<strong>Le</strong> titre de notre revue n’est pas le fait du hasard...<br />

Si nous devions faillir dans cette action,<br />

comment pourrait-être appréciée notre<br />

reconnaissance comme Etablissement d’Utilité<br />

Publique ?<br />

Alors, l’objectif prioritaire de la FFVE<br />

est maintenant de trouver, avec l’aide<br />

de l’Administration, la solution pour que


Claude Delagneau,<br />

l’amour pour<br />

les ancêtres<br />

automobiles. Photo PCHL<br />

ces répliques puissent rouler, donc puissent<br />

être immatriculées avec une procédure<br />

particulière, procédure qui excluerait, pour<br />

l’avenir, toute équivoque entre un véhicule<br />

véritablement d’origine et une réplique.<br />

Au cours de ces dernières semaines, j’ai assisté<br />

ou participé à de nombreuses manifestations<br />

de véhicules anciens. Je ne puis évidemment<br />

toutes les citer. Néanmoins, je ne puis occulter<br />

l’événement qui s’est déroulé les 9-10 et 11<br />

juin au <strong>Mans</strong>, je veux parler bien sûr du <strong>Mans</strong><br />

<strong>Classic</strong>. Actuellement c’est, à mes yeux, la plus<br />

grande manifestation européenne.<br />

Imaginez, pendant trois jours, plus de 10 000<br />

voitures anciennes, plus de 100 000 spectateurs<br />

venus admirer tous ces grands pilotes, actuels<br />

ou passés, ces virtuoses du volant qui ont fait<br />

évoluer des voitures de sport historiques sur<br />

le circuit mythique du <strong>Mans</strong>.<br />

Patrick Peter, assisté par une équipe performante,<br />

a assuré une organisation sans faille, qu’il<br />

en soit bien sincèrement félicité. C’est avec<br />

impatience que tous les véritables amateurs<br />

attendent la prochaine <strong>édition</strong> en 2012.<br />

<strong>Le</strong> <strong>Mans</strong> <strong>Classic</strong>, c’est une « affaire » de<br />

professionnels, le Tour de Bretagne,<br />

une « affaire » de bénévoles passionnés.<br />

Du 21 au 24 mai, 1 400 véhicules anciens<br />

(voitures, utilitaires, motos… et même<br />

quelques cyclomoteurs) ont participé au Tour<br />

de Bretagne 2010. J’ai eu la chance, au volant<br />

de mon Alfa Romeo 2600 Cabriolet Touring de<br />

1960, d’être de la fête.<br />

De très beaux paysages, une ambiance<br />

particulièrement chaleureuse, une formidable<br />

organisation, bref le grand bonheur, malgré…<br />

d’immenses embouteillages. Mais gérer le passage<br />

de 1 400 véhicules n’est pas toujours simple<br />

pour les multiples communes traversées. Enfin,<br />

les dizaines de milliers de spectateurs au bord<br />

des routes restent un souvenir bien agréable.<br />

Au moment où de plus en plus de responsables<br />

politiques se complaisent à entretenir une<br />

auto-phobie permanente, je ne peux que leur<br />

conseiller d’assister, au moins une fois dans<br />

leur vie, au <strong>Mans</strong> <strong>Classic</strong>, au Tour de Bretagne<br />

ou aux nombreuses sorties de véhicules<br />

anciens organisées chaque fin de semaine.<br />

Alors, ces aigris de l’automobile pourront peut<br />

être comprendre que les collectionneurs ne<br />

sont pas obligatoirement les « vilains petits<br />

canards de notre société », et qu’ils sont loin<br />

de mettre en péril, l’équilibre de notre planète.<br />

Enfin, ces politiques pourront constater<br />

que l’ambiance qui règne dans le monde de<br />

la collection n’a vraiment rien à envier à l’esprit<br />

qui anime leur milieu et environnement !<br />

Claude Delagneau<br />

N°12 - HIVER 2010 5


6<br />

LÉGISLATION<br />

AU PLUS TARD LE 31 DéCEMBRE PROCHAIN<br />

L’immatriculation des cyclomoteurs<br />

Cette fois, c’est inéluctable, par Décret du 9 Février 2009 - Art.13-V, les cyclomoteurs mis<br />

en circulation avant le 1 er Juillet 2004 devront être immatriculés au plus tard le 31 Décembre 2010.<br />

<strong>Le</strong> certificat d’immatriculation sera délivré gratuitement. Par Louis Lamiré et Patrick <strong>Le</strong> Parc<br />

inquiétude gagne donc les propriétaires<br />

L’ de cyclomoteurs anciens, surtout s’ils<br />

en possèdent plusieurs, voire quelques<br />

dizaines. Faudra-t-il tous les immatriculer<br />

avant le 1er Janvier 2011 ?<br />

Selon le Décret, c’est oui. La raison d’être<br />

du Code de la Route, c’est de légiférer au<br />

sujet de tout ce qui touche à la circulation<br />

des véhicules. Par hypothèse, tout véhicule<br />

étant présumé être en circulation, il doit être<br />

immatriculé pour des raisons de sécurité<br />

routière, d’homologation du véhicule et afin<br />

de permettre son identification en cas de<br />

contrôle routier. Cependant, c’est faire fi du<br />

Code Civil. En effet, qu’un cyclomoteur soit<br />

immatriculé ou non, c’est un bien meuble<br />

(Art. 528 du Code Civil). Donc, tant qu’il n’est<br />

pas en circulation, un cyclomoteur ancien,<br />

remisé chez son propriétaire, déjà restauré<br />

ou en attente de l’être, ne risque pas de créer<br />

un désordre quelconque, au regard du Code<br />

de la Route. Pour le moment, la détention<br />

d’un cyclomoteur non immatriculé, entreposé<br />

chez son propriétaire, ne constitue pas<br />

une infraction. Et comme tout bien meuble,<br />

un cyclomoteur peut être cédé à un nouveau<br />

propriétaire, même s’il n’est pas immatriculé,<br />

tant qu’il n’est pas mis en circulation sur les<br />

voies ouvertes à la circulation publique.<br />

La procédure<br />

d’immatriculation<br />

h Identification du cyclomoteur<br />

Pour les marques existantes, les constructeurs<br />

ou leur représentant agréé peuvent<br />

délivrer contre rétribution une fiche descriptive<br />

précisant : la marque, le type, le numéro<br />

de série, le genre cyclomoteur, la date de<br />

première mise en circulation.<br />

Pour les cyclomoteurs de plus de trente ans,<br />

de marques disparues ou existantes, la FFVE<br />

est habilitée à délivrer une Attestation de<br />

Datation et de Caractéristiques.<br />

Si le cyclomoteur est assuré et que le contrat<br />

d’assurance précise la marque, le type, le<br />

Evidemment, une<br />

plaque sur le<br />

garde-boue avant<br />

eut été plus rétro,<br />

mais...<br />

numéro de série, le genre cyclomoteur, et<br />

enfin l’année de première mise en circulation,<br />

la copie de ce document sera acceptée par la<br />

Préfecture d’immatriculation. Attention ! une<br />

simple attestation d’assurance ne comportant<br />

pas ces données ne sera pas recevable.<br />

h Origine de propriété<br />

Peu de propriétaires possèdent encore la<br />

facture d’achat en neuf, et plus encore si le<br />

cyclomoteur a changé de main, voire plusieurs<br />

fois. Il en est de même des certificats<br />

de cession quand le cyclomoteur a eu successivement<br />

plusieurs propriétaires. Aussi, cette<br />

obligation d’être immatriculé étant nouvelle,<br />

l’Administration accepte-t-elle, pour l’instant,<br />

comme présomption de légitime propriété,<br />

le titulaire d’un contrat d’assurance pour<br />

le cyclomoteur qu’il détient. Pour ceux qui<br />

possèdent une « flottille » de cyclomoteurs,<br />

afin de faciliter la démarche administrative,<br />

il serait judicieux d’avoir un contrat « flotte »<br />

regroupant les cyclomoteurs en état de circuler<br />

; pour ceux qui sont à restaurer, il est<br />

conseillé une assurance vol/incendie en tant<br />

que bien meuble. <strong>Le</strong> contrat devra détailler la<br />

liste des cyclomoteurs et toutes les données<br />

précédemment précisées.<br />

De l’intérêt des<br />

« véhicules de collection »<br />

L’immatriculation possible des cyclomoteurs<br />

en « véhicules de collection » concerne tous<br />

ceux âgés de plus de 30 ans. Posséder ce<br />

« statut juridiquement officiel », c’est avoir la<br />

garantie d’être exempté d’un certain nombre<br />

de contraintes techniques présentes et à<br />

venir, grâce à l’action permanente de la FFVE<br />

auprès des nombreux ministères, toujours<br />

prêts à mettre en place diverses mesures de<br />

précaution relatives à l’usage des véhicules<br />

et à la circulation routière. La plus domageable<br />

serait d’être classé, en cas d’accident,<br />

VTI, c’est-à-dire véhicule techniquement irréparable,<br />

et mis automatiquement en destruction<br />

avec annulation de l’immatriculation !<br />

La FFVE a obtenu que le classement<br />

en VTI ne s’applique pas aux véhicules<br />

immatriculés en collection (arrêté du 29<br />

Avril 2009 annexe 1 - critères d’irréparabilité<br />

technique).<br />

<strong>Le</strong> coût de l’attestation pour les cyclomoteurs<br />

est actuellement de 25 €, soit la<br />

moitié du prix de celle de tout autre véhicule.<br />

<strong>Le</strong> certificat d’immatriculation, lui, est<br />

actuellement délivré gratuitement. Mais<br />

cela pourrait ne pas durer éternellement,<br />

qu’on se le dise ! $


<strong>Le</strong>s Véhicules Lourds<br />

de Collection<br />

Après le lancement du label AUTOSUR <strong>Classic</strong>, la société SECTA développe aujourd’hui le concept<br />

TECHNOSUR <strong>Classic</strong> pour répondre à l’attente des collectionneurs de véhicules lourds.<br />

La législation mise en place pour les voitures particulières depuis octobre 2009, s’appliquera désormais<br />

aux poids lourds à partir de janvier 2011. <strong>Le</strong> contrôle technique devient donc obligatoire tous les cinq ans<br />

pour les poids lourds disposant d’une carte grise avec la mention « véhicules de collection » ou disposant<br />

d’une attestation FFVE s’ils ne sont pas encore immatriculés.<br />

Immatriculation<br />

et véhicules de collection<br />

Tous les véhicules de 30 ans d’âge peuvent<br />

obtenir une carte grise de collection avec<br />

comme corollaire l’interdiction de transporter<br />

des marchandises. <strong>Le</strong> passage en<br />

carte grise de collection ne revêt cependant<br />

aucun caractère obligatoire.<br />

Pour les « véhicules Lourds de collection<br />

», deux catégories sont définies :<br />

h Ceux immatriculés AVANT le 01/01/1960<br />

h Ceux immatriculés APRÈS le 01/01/1960<br />

En fonction de ces dates, la liste des points<br />

de contrôle est évidement différente.<br />

(Se reporter à l’article sur le sujet page 7<br />

dans ce même numéro de l’Authentique).<br />

Plaques d’immatriculation<br />

Il est admis qu’un véhicule de collection<br />

peut conserver les plaques d’immatriculation<br />

avec un fond noir.<br />

Circulation<br />

Du fait que les véhicules de collection<br />

soient désormais soumis aux contrôles<br />

techniques périodiques, l’utilisation de ces<br />

véhicules, à usage personnel, se fait sans<br />

restriction géographique de circulation.<br />

Contrôle technique<br />

et obtention d’un certificat<br />

d’immatriculation<br />

Pour les véhicules de plus de trente ans<br />

d’âge, dans le cas de mutation ou de<br />

demande de duplicata, l'obtention d'un<br />

certificat d'immatriculation est subordonnée<br />

à la preuve de l'exécution du<br />

contrôle technique en cours de validité.<br />

Pour ces véhicules, qu’ils possèdent ou<br />

non un numéro d’immatriculation définitif,<br />

et dont le certificat d’immatriculation<br />

ne comporte pas la mention d’usage<br />

« véhicule de collection », l’obtention du<br />

certificat d’immatriculation avec le numéro<br />

et la mention est subordonnée à la preuve<br />

de la réalisation d’un contrôle technique<br />

favorable en cours de validité de moins<br />

de cinq ans.<br />

Calendrier de passage<br />

des poids lourds de collection<br />

A défaut de date d’échéance de contrôle<br />

technique mentionnée sur le certificat<br />

d’immatriculation, les véhicules de collection<br />

mis en circulation :<br />

h à compter du 1 er janvier 1940, doivent<br />

faire l'objet d’un contrôle technique périodique<br />

au plus tard en 2011 ;<br />

h entre le 1 er janvier 1920 et le 31<br />

décembre 1939, doivent faire l'objet d’un<br />

contrôle technique périodique au plus tard<br />

en 2012 ;<br />

h avant le 31 décembre 1919, doivent<br />

publi-rédactionnel<br />

faire l'objet d’un contrôle technique périodique<br />

au plus tard en 2013.<br />

<strong>Le</strong>s véhicules de collection concernés par<br />

le calendrier de passage ci-dessus doivent<br />

se présenter à la visite technique au<br />

plus tard à la date anniversaire de leur<br />

première mise en circulation, dans le<br />

courant de l’année prévue.<br />

Dans le cas particulier où la date de mise<br />

en circulation est inconnue, le véhicule<br />

doit faire l'objet d’un contrôle technique<br />

périodique au plus tard en 2012.<br />

Pour les véhicules de collection présentés<br />

au contrôle technique périodique avant le<br />

1er janvier 2011, la date limite de validité<br />

du visa de la visite technique périodique<br />

ou de la contre-visite favorable est portée<br />

à cinq ans à compter de la date de la visite<br />

technique périodique. $<br />

Pour toutes informations :<br />

TECHNOSUR <strong>Classic</strong> – 3 rue Sainte Marie<br />

92415 COURBEVOIE Cedex<br />

Tél. : 01 49 04 15 32<br />

e-mail : jm.lopez@autosur.com<br />

Site : www.autosur.com<br />

n°12 - HiVer 2010 7


Cinq jours en février…<br />

<strong>Le</strong> luxe français<br />

Il fut un temps, figurez-vous, où nombre<br />

d’automobiles françaises constituaient<br />

la référence en matière de très haut de<br />

gamme, tant chez<br />

les carrossiers que<br />

chez les constructeurs.<br />

C’est ce que<br />

nous rappellent avec<br />

force de documents<br />

d’époque les deux<br />

auteurs (Claude<br />

Rouxel et Laurent Friry) de ce très bel<br />

ouvrage, tous deux historiens reconnus de<br />

l’automobile. <strong>Le</strong> lecteur appréciera également<br />

la pertinence des légendes. Prix<br />

79 €. Editeur E-T-A-I. $<br />

La 36e La 36 <strong>édition</strong> de Rétromobile se tiendra, sur une période<br />

réduite à cinq jours, du 2 au 6 févier prochain aux aux horaires<br />

suivants : mercredi 2, 11 h / 22 h, jeudi 3, 10 h / 19 h,<br />

vendredi 4, 10 h / 22 h, samedi 5 et dimanche 6, 10 h / 19 h.<br />

L’accent sera mis sur les motos, les yougtimers, les artisans<br />

et les clubs, petits et grands. Tout ce qui qui fait le charme habi<br />

tuel sera bien sûr au rendez-vous, autos d’exception, pièces pièces<br />

détachées et vente aux enchères.<br />

Entrée<br />

: 13 € - Renseignements : www.retromobile.com $<br />

<strong>Le</strong> <strong>Mans</strong> survolté….<br />

Baptême de piste remarqué pour la<br />

Citroën Survolt en juillet à l’occasion<br />

de la <strong>5ème</strong> <strong>édition</strong> de <strong>Le</strong> <strong>Mans</strong> <strong>Classic</strong>.<br />

D’un design novateur et agressif, la<br />

Survolt présente la particularité d’être<br />

mue par deux moteurs électriques<br />

totalisant 300 ch actuellement, 450 ch<br />

très bientôt ! Ce sont bien là des<br />

performances de vraie voiture de sport, comme a pu le constater sa pilote du jour,<br />

Vanina Ickx, en passant de 0 à 100 km/h en moins de 5 secondes. Il ne faudrait pas<br />

oublier pour autant que électricité et performances ne datent pas d’hier : en 1899,<br />

à Achères, la Jamais Contente de Achille Jenatzy, uniquement mue elle aussi par<br />

deux moteurs électriques, fut la première automobile au monde à passer le cap des<br />

100 km/h. Important donc de rester branché sur l’histoire automobile et de ne pas<br />

court-circuiter l’événement… $<br />

<strong>Le</strong>s Tuar, de Thouars<br />

De nouveaux lauriers<br />

chez E-T-A-I !<br />

« Fiat en Grand Prix », le passionnant<br />

ouvrage écrit par Sébastien<br />

Faurès de Fustel de Coulanges,<br />

édité chez E-T-A-I et déjà récompensé<br />

par le Prix Bellecour de<br />

L’Académie Bellecour en 2009,<br />

s’est vu récemment distingué par<br />

un autre prix, The Society of Historians<br />

Award. Il est vrai que pour<br />

tout passionné de l’histoire du<br />

sport automobile, sa lecture est<br />

incontournable et fort enrichissante.<br />

Nos compliments à l’auteur<br />

et à l’éditeur. $<br />

Parmi les très nombreuses marques d’automobiles du<br />

début du XIXe début siècle, il y eut Tuar, créée par Adrien Morin.<br />

La production des automobiles Tuar, fabriquées à Thouars<br />

dans<br />

les Deux-Sèvres, débuta en 1913 et s’arrêta en 1925.<br />

Thouarsais<br />

également, Daniel Foucherau, passionné d’auto-<br />

mobiles<br />

et désireux de promouvoir le patrimoine de sa cité,<br />

a<br />

consacré à ces automobiles méconnues, un ouvrage aussi<br />

intéressant que documenté.<br />

A travers les pérégrinations d’un apprenti notaire,<br />

devenu constructeur, puis assureur et expert, c’est tout le contexte de la mise en<br />

place de l’ère industrielle de l’automobile que l’on retrouve avec intérêt. Prix de<br />

vente 25 €, Geste Editions. $<br />

vu, lu, entendu<br />

Dietrich et Lunéville…<br />

« Lorraine-Dietrich » est bien connu pour la victoire de ses<br />

3,5 l B3-6 aux 24 Heures du <strong>Mans</strong> de 1925 et 1926. Mais,<br />

connaissez-vous l’histoire passionnante de la « Société<br />

de Dietrich et Compagnie de Lunéville » à l’origine de la<br />

marque ? Savez-vous qu’un certain Ettore Bugatti y collabora<br />

? Toute l’histoire des débuts de l’automobile chez cet<br />

important constructeur<br />

de wagons de l‘Est est<br />

narrée dans un nouvel<br />

ouvrage de luxe par<br />

celui-là même qui en<br />

avait déjà écrit la dernière<br />

partie (1918-1936)<br />

sous le titre « De la<br />

chrysalide au papillon, la 15 CV Lorraine-Dietrich ». Edition<br />

remarquable et fort bien documentée, disponible au prix de<br />

140 € + 10 € de port auprès de son auteur, spécialiste de<br />

la marque, Philippe <strong>Le</strong>roux, Club Lorraine-Dietrich, 6, rue<br />

Courbe, 36700 Châtillon-sur-Indre. Tél. : 02 54 38 78 72. $<br />

150 ans et 1 Grand-Prix…<br />

Dans le cadre des festivités des cent cinquante ans<br />

de Deauville, l’Union Commerciale, Industrielle et<br />

Artisanale de la ville (UCIAD) sous l’impulsion de<br />

Jean-Claude Baudier, a choisi d’évoquer le souvenir<br />

de l’unique Grand Prix automobile de Deauville<br />

(1936),<br />

remporté par<br />

Jean-Pierre<br />

Wimille sur<br />

Bugatti. Pour<br />

marquer<br />

cette victoire,<br />

l’UCIAD avait<br />

invité 30<br />

Bugatti, via<br />

l’usine et le club éponymes, présentées en différents<br />

endroits de la cité. A noter, la création d’un<br />

« Grand Prix formule bille » sur la plage, avec des<br />

billes bien entendu, et des miniatures Bugatti pour<br />

marquer les performances. La compétition fût âprement<br />

disputée… $<br />

La guerre<br />

de Rob Roy<br />

Exhumé par ses enfants et présenté<br />

par les Amis de Rob Roy<br />

(de son vrai nom Robert de la<br />

Rivière), voici un petit ouvrage<br />

émouvant illustré par celui que l’on connaît plus pour ses<br />

illustrations automobiles. Cette fois, le dessin est au service<br />

de l’Histoire et du quotidien de l’auteur, entre 1939 et 1944.<br />

Disponible au prix de 38 € auprès de l’association. A signaler<br />

qu’une exposition autour du livre se tiendra du 7 au 12<br />

décembre 117, rue Saint-Dominique 75007 Paris. E-mail :<br />

association.robroy@orange.fr, site : www.art-robroy.com $<br />

Photo Coco <strong>Le</strong>court / Athénée Concept<br />

n°12 - HIveR 2010 9


10<br />

5 ème <strong>Le</strong> mANS CLASSIC<br />

La magie de l’endurance du <strong>Mans</strong> se décline donc désormais<br />

en deux temps : celui, annuel, des modernes, et<br />

celui, bisannuel, des anciennes. Dans les deux cas, il s’agit<br />

d’une énorme organisation, aussi remarquable l’une que<br />

l’autre. Saluons, pour l’heure, la performance de Patrick<br />

Peter et de son équipe pour avoir su hisser cette manifes-<br />

Au sortir de la pré-grille, soudain les portes blanches s’ouvrent<br />

et les bolides surgissent sur la piste, telle cette mythique Ferrari P3 de 1966.<br />

Avec la fureur des échappements, l’instant est magique.<br />

<strong>Le</strong>s (vieux) fauves sont (re)lâchés !<br />

Toutes les précédentes <strong>édition</strong>s de <strong>Le</strong> <strong>Mans</strong> <strong>Classic</strong> nous avaient enthousiasmés ; cette version<br />

2010 nous a littéralement subjugués, faisant exploser tous les superlatifs. De façon factuelle,<br />

les chiffres parlent d’eux-mêmes : 500 voitures de compétition sur la piste, 10 000 véhicules<br />

anciens à l’intérieur du circuit et ses alentours immédiats, 100 000 spectateurs répartis<br />

au long des 13,629 km du grand circuit des 24 Heures du <strong>Mans</strong>. L’épreuve est devenue la plus<br />

grande manifestation de course historique et sa fama rejoint désormais les deux ou trois<br />

grands rendez-vous du monde de la collection… Par Pascal Chauvin-Lamour, photos PCHL<br />

tation à un tel niveau de qualité en si peu de temps. Au<br />

premier chef des ingrédients de la réussite, il y a le plateau.<br />

Et sur ce plan, le plus exigeant des scénaristes aurait<br />

difficilement osé rêver meilleur casting, les plus belles<br />

automobiles de course du monde sont en effet ici réunies.<br />

<strong>Le</strong>s voitures en lice, d’un modèle type au moins identique à<br />

<strong>Le</strong> <strong>Mans</strong> <strong>Classic</strong>, c’est un<br />

extraordinaire musée vivant et<br />

éphémère, tant à l’intérieur du<br />

paddock que sur les parkings.<br />

Avec son échappement<br />

« course » bien visible, cette Citroën<br />

C4 roadster de 1932 était pilotée<br />

par deux femmes britanniques.


L’inattention, la chaleur, des freins qui s’évanouissent au fil des tours :<br />

les trajectoires ne sont pas toujours idéales, mais cette Mustang s’en<br />

sortira bien.<br />

Avec 16 victoires finales et d’ « innombrables » victoires de classe,<br />

la marque Porsche était très présente ; ici, une 908/2 de 1965.<br />

celui ayant participé aux « vraies » 24 Heures du <strong>Mans</strong> entre<br />

1923 et 1979, sont réparties en 6 groupes correspondant<br />

aux périodes suivantes : plateau 1 de 1923 à 1939, plateau<br />

2 de 1940 à 1956, plateau 3 de 1957 à 1961, plateau 4 de<br />

1962 à 1965, plateau 5 de 1966 à 1971 et plateau 6 de 1972<br />

à 1979. Chacun des six plateaux effectue une séance d’essais<br />

de jour et une de nuit (le vendredi) et trois manches<br />

d’environ 45 mn le samedi entre 15 h et minuit et dimanche<br />

entre 0 h et 16 h. Mais avant d’en découdre sur la piste, les<br />

autos, rangées sous des tentes ouvertes, s’offrent à la vue<br />

d’un public éberlué dans le paddock.<br />

$ <strong>Le</strong> PLus grAnd Musée de L’endurAnCe<br />

C’est sans aucun doute l’un des atouts essentiel du <strong>Mans</strong><br />

<strong>Classic</strong> pour les passionnés que de pouvoir approcher<br />

d’aussi près, voire de toucher sans barrage, les autos les<br />

plus mythiques et certaines des plus titrées de l’endu-<br />

de très nombreux pilotes et anciens vainqueurs des 24 Heures étaient<br />

présents, comme au premier plan Jean-Pierre Jabouille dédicaçant<br />

l’affiche officielle.<br />

Cette Ford gT 40<br />

rappelle les quatre victoires<br />

successives du<br />

constructeur de detroit<br />

entre 1966 et 1969.<br />

<strong>Le</strong>s BMW 328, comme<br />

celle-ci datant de 1939,<br />

sont de formidables<br />

voitures de sport,<br />

particulièrement<br />

agréables à maîtriser.<br />

Il y avait 24 belles à<br />

admirer sur les pelouses<br />

mancelles au pied du Welcome<br />

avant qu’un jury non<br />

moins admirable (Jacques<br />

Séguéla, Hervé Poulain,<br />

François Melçion, Emmanuel<br />

Zurini, le fils Graton,<br />

Bernard Consten, José<br />

Rosinski, Jean-Marc Teissèdre,<br />

Etienne de Valance,<br />

Marc Schicklin, sans oublier<br />

Claude Delagneau, le tout<br />

événement<br />

<strong>Le</strong> concours <strong>Le</strong> <strong>Mans</strong> Heritage<br />

Claude delagneau en compagnie de Hannes<br />

steim, heureux propriétaire de l’Adler super<br />

Trumpf de 1937, élue « Best Of show » 2010.<br />

sous la présidence de Jean-Pierre Ploué, le patron du Style Citroën),<br />

ne distingue neuf d’entre elles.<br />

rance automobile. Parfaitement rangées par plateaux,<br />

disposant de larges allées pour la circulation et de<br />

suffisamment de place pour leurs interventions de maintenance,<br />

elles sont admirées, immortalisées dans les<br />

mémoires ou les appareils à images, respectueusement,<br />

sans pression. La seule préoccupation du passionné,<br />

c’est d’en manquer le moins possible. Quel régal ! Il<br />

y a là 470 machines, dont certaines sont de véritables<br />

découvertes comme par exemple la barquette Skoda<br />

de l’<strong>édition</strong> 1949 avec son 4 cylindres de 1110 cc ou la<br />

Ford Montier de 1923 (4 cylindres, 2 l) amenée par Ford<br />

France et confiée à d’heureux confrères. Et pour parfaire<br />

le tableau, vous croisiez deçi-delà les plus grands<br />

pilotes, dont 7 anciens vainqueurs du <strong>Mans</strong> (Attwood,<br />

Jaussaud, Lammers, Larousse, Pescarolo, Vern Shuppan<br />

HH<br />

n°12 - HIveR 2010 11


12<br />

événement<br />

La magie du <strong>Mans</strong> <strong>Classic</strong>, c’est aussi cette<br />

vénérable Ford circulant anachroniquement<br />

sur la piste du circuit Bugatti,<br />

Photo Benoît Tirard<br />

HH<br />

... des navettes<br />

d’époque et des<br />

hôtesses souriantes,<br />

et Wermer), tous décontractés et abordables, pour un<br />

autographe ou quelques mots. Il fallait se pincer pour<br />

être sûr de ne pas rêver…<br />

$ LA PLus grAnde réuniOn de CLuBs<br />

Avec, le plus souvent comme musique la symphonie<br />

des multicylindres en limite de zone rouge, il fallait aussi<br />

absolument aller se promener dans les boucles du petit<br />

circuit Bugatti. C’était en effet là que se trouvait la cinquantaine<br />

de clubs de marque et la soixantaine de clubs<br />

multimarques, exposant ici au total 8 000 véhicules d’exception,<br />

venus, selon l’expression, de « tous les pays ».<br />

Bien évidemment, fidèles au <strong>Mans</strong> depuis l’origine, nous<br />

trouvions beaucoup de Britanniques, mais aussi un grand<br />

nombre d’Allemands, d’Italiens, de Suisses et de Belges,<br />

ainsi que des passionnés des pays de l’Est, du Japon<br />

et même d’Amérique. La convivialité semblait être le<br />

maître des coins pique-nique, mécanique ou de repos,<br />

aussi informels que détendus. Et quelles belles autos à<br />

admirer, certaines, chargées comme des mules, dans un<br />

jus qui en font le charme et la valeur.<br />

La préservation du Patrimoine, c’est<br />

sans aucun doute cela, comme on sait si<br />

bien le faire pour les vieilles demeures :<br />

redonner vie en conservant la patine<br />

du temps, chaque pièce devenant ainsi<br />

unique. Et pour vous déplacer à l’inté-<br />

rieur du circuit, ou même pour vous rendre aux virages<br />

d’Arnage, vous pouviez emprunter d’anciens autocars<br />

ou les véhicules militaires de clubs appropriés (un regret<br />

… des espaces de convivialité entre amis,<br />

<strong>Le</strong> rallye Mécénat Cardiaque<br />

<strong>Le</strong> 6 e rallye Mécénat Cardiaque partait de Paris<br />

pour rallier <strong>Le</strong> <strong>Mans</strong> <strong>Classic</strong> au terme d’un parcours<br />

ludique et touristique de 250 km. <strong>Le</strong> but<br />

de cette épreuve, auquel participaient 6 clubs<br />

de marque (Alfa Romeo, Aston Martin, Facel<br />

La vente Artcurial<br />

... des milliers de véhicules de<br />

collection, généralement regroupés<br />

par marques ou pas clubs.<br />

Pour une première, ce<br />

fut un coup de Maître…<br />

Poulain, bien sûr ! Avec<br />

sa jeune et dynamique<br />

équipe d’Artcurial, le<br />

commissaire-pilote a fait<br />

effectuer un départ éclatant<br />

à sa première venteévénement<br />

dans le cadre de <strong>Le</strong> <strong>Mans</strong> <strong>Classic</strong>. A l’arrivée,<br />

plus des trois-quarts des autos vendues, avec la plus<br />

haute enchère à 740 000 € obtenue par une 275 GTB//4<br />

et un chiffre d’affaires total de près de 7 millions d’euros.<br />

A souligner la performance physique de l’acteur principal<br />

avec 4 heures de marteau par 40° ! « Plus fatiguant qu’un<br />

relais des 24 heures ! », devait-il confier.<br />

toutefois pour le public, qu’ils n’aillent pas jusqu’à la gare<br />

de tramway urbain pour faire la jonction, c’eût alors été<br />

parfait). Bref, à <strong>Le</strong> <strong>Mans</strong> <strong>Classic</strong>, il y en a<br />

vraiment pour tous les goûts et tous les<br />

âges, la prestation des enfants à bord<br />

des véhicules du Little Big <strong>Mans</strong> ou la<br />

démonstration de la Survolt électrique<br />

de 300 ch de Citroën n’étant pas passée<br />

inaperçue non plus…<br />

Remettez-vous bien de vos émotions 2010, archivez soi<br />

gneusement vos souvenirs et préparez-vous : <strong>Le</strong> <strong>Mans</strong><br />

<strong>Classic</strong>, ça recommence en 2012 ! $<br />

www.mecenat-cardiaque.org<br />

Vega, Jaguar et XK 120 ainsi que Ferrari) est de<br />

récolter des fonds pour sauver des enfants atteints<br />

de malformations cardiaques. L’épreuve<br />

2010 était parrainée par Jean-Pierre Jaussaud,<br />

double vainqueur des 24 Heures du <strong>Mans</strong>.


MONACO Temps & Passions +377 9777 1625<br />

R - 5 0 - T N - AR<br />

www.brm-manufacture.com<br />

Tél. 01 61 02 00 25<br />

FRANCE AIX EN PROVENCE : A. Pellegrin 04 42 38 53 04 - BORDEAUX : Mornier 05 56 44 82 83 - CANNES : Vogtime 04 93 <strong>68</strong> 28 81 - COURCHEVEL : Darmand 04 79 08 36 27 - DIJON : Borde 03 80 67 17 80<br />

LA ROCHELLE : Alain Joaillier 05 46 41 42 37 - LEVALLOIS PERRET : Charles Pozzi 01 47 30 56 00 - LILLE : <strong>Le</strong>page 03 20 12 04 04 - LORIENT : dtlb 02 97 21 16 02 - LYON : Maier 04 78 42 08 81<br />

MEGEVE : Guilhem 04 50 21 66 80 - METZ : Jean Hardy 03 87 75 00 01 - PARIS : Abarth Neubauer 01 45 00 69 80 - Charles Pozzi 01 45 00 99 36 - Colette 01 55 35 33 90 - <strong>Le</strong>s Montres Passy 01 53 92 51 61<br />

<strong>Le</strong>s Montres Bonaparte 01 46 34 71 38 - <strong>Le</strong>s Champs d’Or 01 40 76 02 02 - Louis Pion 01 42 25 3110 - Maison Paillard 01 40 54 29 09 - <strong>Le</strong> Printemps 01 42 82 45 10 - REIMS : GEAY Joailliers 03 26 47 61 06<br />

ROUEN : <strong>Le</strong>page 02 35 88 53 53 - ST MAXIME : Darmand 04 94 49 20 88 - STRASBOURG : Jacquot 03 88 32 82 81 - ST TROPEZ : Lili Brooks 04 94 97 75 09 - TOULOUSE : Eric Bernadou 05 61 53 99 04<br />

BELGIQUE BRUXELLES : Francorchamps Motors +32 2 352 03 40 - George Joailliers +32 2 343 52 34 - Hall of Time +32 2 539 3450 - LIEGE : Desitter +32 4 222 36 76 - LOUVAIN-LA-NEUVE : George Joailliers +32 1 045 47 69<br />

NAMUR : Jeffrey +32 8 122 03 32<br />

LUXEMBOURG Wagner +352 22 63 70


14<br />

<strong>Le</strong> soleil brille, il fait 30° sur les quais de Châteaulin où l’on déambule pour admirer le feu d’artifice<br />

mécanique multicolore en ce samedi de Pentecôte. On y croise partout des véhicules anciens aux<br />

passagers élégamment costumés. Parmi ceux-ci, surgit une Alba Torpédo type 13 avec à son volant René<br />

Alba, l’infatigable organisateur du Tour de Bretagne, le chef d’orchestre de cette incroyable symphonie.<br />

Quand on dit « chef d’orchestre », c’est bien de cela qu’il s’agit, car entouré de 1 300 « instruments »<br />

anciens et de 2 600 « interprètes », il a choisi pour cette année deux « partitions » l’une au nord, l’autre<br />

au sud de la Bretagne. Mais il n’a qu’un seul credo : « interpréter cette mélodie bretonne à l’unisson ! ».<br />

Par Gilles Gaucher, photos Michel Clin & Régis Deweer<br />

C<br />

’est précisément là, au bout de la trentième<br />

<strong>édition</strong>, que nous nous rendons<br />

bien compte du lien fédérateur tissé par<br />

cet évènement. L’alchimie mêlant les<br />

forces vives des associations régionales,<br />

des comités d’animation et des différentes<br />

municipalités a rassemblé près de 500 000<br />

visiteurs tout au long de ce week-end.<br />

<strong>Le</strong>s langues se délient, les gens se parlent<br />

: « Je me souviens, dit l’un, moi aussi<br />

répond l’autre... » Toute la matinée, deux<br />

points d’accueil suffisent à peine à la distribution<br />

des 1 300 dossiers...<br />

$ Des artistes cosmopolites<br />

Qu’ils aient revêtu le costume de Bécassine,<br />

du curé, du capitaine Haddock ou<br />

celui du professeur Tournesol, dans la<br />

file d’attente, les anecdotes vont bon<br />

train, bref... la bonne ambiance est au<br />

rendez-vous. A bord de son 6 cylindres<br />

Alfa Spider 2600, Claude Delagneau est<br />

venu entouré de bon nombre d’administrateurs<br />

et pour ce faire, il a monté une<br />

équipe, le Team Motul. Cette année<br />

encore, en VéloSolex, Clément (16 ans)<br />

a décidé d’accompagner son père Régis<br />

Deweer, fervent amateur de youngtimers.<br />

Ni l’un, ni l’autre ne veulent manquer<br />

ce rendez-vous incontournable...<br />

Que ce soit le départ des « nordistes »<br />

ou celui des « sudistes », la même effervescence<br />

est présente. L’objectif pour le<br />

Nord, c’est Lannion et pour le Sud, c’est<br />

Guidel. Dans un concert de joyeuses<br />

pétarades alliées à quelques volutes de<br />

fumée au doux parfum d’huile de ricin,<br />

aux commandes de sa<br />

magnifique alba, Bernadette<br />

mesplet est l’une des rares<br />

femmes à conduire un ancêtre,<br />

ce qui visiblement lui procure<br />

un grand plaisir.<br />

Tour de BreTagne<br />

Ils sont fous, ces Bretons !<br />

tout le patrimoine industriel automobile<br />

est ainsi offert aux yeux du public. Pendant<br />

que Jacky Rollet remplace la roue<br />

déjantée de sa Darracq double phaéton<br />

de 1909, la Traction verte de Jean-Paul<br />

Queffelec double la file. Pas étonnant :<br />

c’est un des médecins du Tour !<br />

<strong>Le</strong> lendemain matin, la joyeuse farandole<br />

redémarre dès huit heures sous un soleil<br />

de plomb. Bernadette Mesplet, une des<br />

rares femmes à conduire un ancêtre, a<br />

même fait le voyage depuis la région<br />

bordelaise : « C’est la deuxième fois que<br />

je participe au Tour et l’accueil ici est<br />

formidable, que ce soit celui du public ou<br />

celui des organisateurs. C’est un grand<br />

plaisir de commencer la saison par cet<br />

événement ». <strong>Le</strong> soleil cogne et les Briochins<br />

sont allés à la plage, à Saint-Quay,<br />

HH


les belles prennent l’air…<br />

marin. les haltes sont<br />

nombreuses tant pour<br />

les mécaniques que pour<br />

les panoramas. chacun va<br />

à son rythme.<br />

Ça sent les joyeux congés<br />

avec bagages et munitions<br />

en conséquence emportés<br />

par une bien sympathique<br />

citroën 2 cV première<br />

version.<br />

il y a bien le brouillard,<br />

la lande et les cabriolets<br />

britanniques, mais<br />

nous ne sommes pas en<br />

Grande-Bretagne ; l’action<br />

se déroule en Bretagne<br />

tout court comme le<br />

rappelle le drapeau sur<br />

la 4 cV.<br />

SUR LE TERRAIN<br />

N°12 - HIVER 2010 15


HH<br />

16<br />

SUR LE TERRAIN<br />

les équipes de « casquettes<br />

rouges » (team motul peuvent<br />

être fières d’elles : toujours<br />

aux petits soins, même des<br />

mécaniques !<br />

les deux-roues ne sont pas en reste :<br />

la fête est pour tous. cela permet<br />

d’avoir des jeunes au départ.<br />

certains participent en Vélosolex.<br />

Binic ou au Val André... Comme le Tour<br />

suit justement la côte, cela fait du monde<br />

sur la route ! <strong>Le</strong>s bigoudènes en VéloSolex<br />

pédalent « sec » dans les côtes, mais<br />

elles arriveront loin devant tous ces 4, 6<br />

ou 8 cylindres qui piaffent. Des centaines<br />

de bénévoles indiquent la route et c’est<br />

au cœur historique de Concarneau que<br />

certains dégustent quelques spécialités<br />

du terroir pendant que d’autres abreuvent<br />

leurs montures.<br />

$ Un air inoUBliaBle<br />

A dire vrai, au Tour de Bretagne, ce n’est<br />

pas la faim qui nous tenaille... le soir,<br />

un verre à la main, nous relatons nos<br />

anecdotes de la journée. <strong>Le</strong>s arrivées<br />

d’étapes de Guidel et Dinan ne seront<br />

pas de tout repos pour tout le monde,<br />

tout au long du parcours, une incroyable<br />

chaîne humaine de spectateurs accueille<br />

les participants, comme ici pour cette<br />

citroën de couleur inhabituelle.<br />

pas de tour sans caravane<br />

publicitaires : les véhicules<br />

de lionel Blanleil ont assuré<br />

spectacle et ambiance !<br />

certains ont même dû « mécaniquer »<br />

jusqu’au clair de lune... Ce lundi matin,<br />

la cinquième et dernière étape guidera<br />

les 1 300 équipages au centre ville de<br />

Rennes. Sous les acclamations du public,<br />

c’est dès l’aube que passe la caravane.<br />

C’est alors au tour du tonneau Byrrh, du<br />

château Castelvin, de la double bouteille<br />

Butagaz de faire leur spectacle : il<br />

s’agit là de la caravane du Tour de France<br />

Cycliste de Lionel Blanleil. Comme au<br />

bon vieux temps, les occupants lancent<br />

des bonbons aux enfants et ça fleure bon<br />

la Grande Boucle ! Enfin, contrairement<br />

aux prévisions du « Big Boss » l’entrée de<br />

Rennes, pour les 1 300 véhicules s’effectue<br />

dans le calme et la douceur. Avec une<br />

telle canicule, les Rennais étaient sur la<br />

côte !... Sur la Place Charles de Gaulle et<br />

toujours dans l’excès, René nous a réservé<br />

un barbecue géant… pour, pensez donc,<br />

2 300 convives ! Ils sont vraiment fous ces<br />

Bretons… Mais la synchronisation parfaite<br />

de ce véritable événement force le plus<br />

grand respect !...<br />

Kénavo et à l’année prochaine ! $<br />

<strong>Le</strong> Tour de Bretagne en quelques chiffres<br />

1 300 équipages, 2 600 participants, 2 itinéraires de 450 km chacun, 500 000 spectateurs,<br />

500 bénévoles, 14 500 repas servis, 8 400 nuitées, 40 véhicules d’assistance,<br />

etc. Dire que tout a commencé il ya trente ans avec quelques copains…


Assurance Véhicules de Collection<br />

Vivez votre passion !<br />

Avec l’assurance Véhicules de Collection d’AXA, bénéficiez<br />

de tarifs avantageux : à partir de 30 € par an pour l’assurance<br />

Responsabilité civile et Défense-Recours. Découvrez également<br />

les prestations d’assistance comme le dépannage –<br />

remorquage dès 0 km, un service unique sur le<br />

marché de recherche et de mise à disposition<br />

de pneumatiques sous 48h (1) (ou refabriqués si non<br />

disponibles) avec à la clé - 30% (2) sur le tarif des<br />

pneumatiques.<br />

Selon clauses et conditions du contrat.<br />

(1) Dans le centre de notre partenaire que vous aurez sélectionné<br />

(2) Sur le tarif détail de notre partenaire<br />

(3) Applicable sur les solutions Référence, Confort et Assurance Auto pour les Professionnels<br />

Accédez à des services étendus avec l’option Assistance<br />

Passion Collection, comme la prise en charge du gardiennage<br />

de votre véhicule pour qu’il soit en lieu sûr si le véhicule qui<br />

le tracte est accidenté, volé ou en panne.<br />

Et aussi, -20% (3) sur l’assurance auto de votre véhicule<br />

moderne en assurant les 2 véhicules chez AXA.<br />

Découvrez tout l’univers de la Collection vu par AXA,<br />

et demandez votre devis collection sur le site Internet<br />

www.collection.axa.fr.<br />

www.collection.axa.fr<br />

AXA France IARD - Société Anonyme au capital de 214 799 030 € - 722 057 460 R.C.S. Paris - AXA Assurances IARD Mutuelle - Société d’assurance mutuelle à cotisations fixes contre l’incendie, les<br />

accidents et risques divers - Siren 775 699 309 - Juridica - Société Anonyme au capital de 8 377 134,03 € - 572 079 150 R.C.S. Versailles - Siège social : 1, place Victorien Sardou - 78160 Marly-le-Roi -<br />

Entreprises régies par le code des assurances - AXA Assistance France - Société Anonyme à conseil d’administration au capital de 26 840 000 € - 311 338 339 R.C.S. Nanterre - Siège social :<br />

12 bis, bd des Frères Voisin 92130 Issy-les-Moulineaux.<br />

Création J. <strong>Le</strong>ray. Crédit photo : Globalphoto/Alamy.


18<br />

après un arrêt-photo<br />

devant le grand<br />

palais, une partie<br />

du cortège se dirige<br />

vers les invalides.<br />

3 ème « Paris au mois d’août »<br />

Même pas d’embouteillage !<br />

Pour la 3e année consécutive, la dynamique association « Vincennes en anciennes »<br />

invitait les collectionneurs, parisiens ou pas, à traverser la capitale pour<br />

son « Paris en anciennes », à la date fatidique du premier week-end augustin.<br />

Par Pascal Chauvin-Lamour, photos PCHL<br />

Il est, je vous l’accorde, quelque joie infiniment<br />

douce et mesquine tout à la fois.<br />

Tenez, imaginez. Vous écoutez votre station<br />

de radio préférée et vous entendez<br />

« 30 km de bouchon au péage de Lyon,<br />

40 à celui de Bordeaux, 50 à la frontière<br />

espagnole…. ». « Oh ! les pôvres ! » vous<br />

exclamez-vous faussement compatissant.<br />

Alors, à ce moment-là, vous levez le pied<br />

de l’accélérateur, vous posez votre coude<br />

à la portière, regardez le ciel au-dessus<br />

de votre cabriolet et savourez plus encore<br />

une circulation parisienne quasi nulle,<br />

agrémentée des sourires des touristes et<br />

de la bienveillance de la maréchaussée…<br />

C’est ce qu’ont pu éprouver près de 450<br />

équipages aux commandes d’engins<br />

hétéroclites, allant de la Zèbre de 1920<br />

à la Jaguar Type E « racing-street », en<br />

passant par les motos et les autobus.<br />

ne vous méprenez<br />

pas : cette<br />

photo date bien<br />

d’août 2010 !<br />

et ce plateau<br />

peugeot 403<br />

se promène à<br />

montmartre, il<br />

ne travaille plus…<br />

Dès 6 h 30, les<br />

équipages ont<br />

afflué vers le lieu<br />

de départ, l’esplanade<br />

du Château<br />

de Vincennes.<br />

Certains avaient préféré prendre le bus, en l’occurrence<br />

un renault tn6 de 1936 (6 cylindres, 67 ch) mis<br />

à disposition par le patrimoine renault.<br />

Quel formidable échantillonnage de la<br />

production automobile et de la diversité<br />

que permet notre passion !<br />

$ Une liberté parfaitement organisée<br />

Ce qui frappe les esprits, c’est la décontraction<br />

de tous. Mais arriver à faire rouler<br />

autant de véhicules de façon aussi<br />

détendue, cela requiert expérience et


ouf ! il y avait bien<br />

un prêtre en ce<br />

dimanche matin<br />

pour une cérémonie<br />

en terrasse de<br />

café… pas très<br />

catholique !<br />

Une « Citron » jaune<br />

Citroën file vers<br />

la bastille.<br />

gros travail en amont : « Il y a d’abord un<br />

gros effort de communication, plutôt pour<br />

rappeler l’événement que pour l’annoncer,<br />

car bien qu’il ne s’agisse que de la troisième<br />

<strong>édition</strong>, nous avons déjà des fidèles<br />

et le bouche-à-oreille fonctionne bien.<br />

Ensuite, il y a tout l’aspect administratif<br />

avec les autorisations qui vont de pair.<br />

Enfin, il y a toute l’intendance, de façon<br />

à accueillir chaque équipage dans les<br />

meilleures conditions ». Sur ce point, rien à<br />

redire avec un lieu de rendez-vous aisé et<br />

adapté – l’Esplanade du Château de Vincennes<br />

– et des commissaires compétents.<br />

C’est le moment du petit café, de la<br />

remise de plaques et des premiers propos<br />

échangés de bon matin avec un<br />

autre passionné ou quelque curieux. Ça<br />

discute ferme. Claude Delagneau et Laurent<br />

Hériou sont déjà là, puis à 8 h 15,<br />

les motos pétaradent et s’échauffent<br />

pendant que les premières voitures quittent<br />

les lieux, direction les places de la<br />

Bastille, des Vosges, de la Concorde, Vendôme<br />

et La Madeleine. Il convient de se<br />

hâter sans se presser toutefois, car il faut<br />

être à Montmartre avant que les accès ne<br />

ferment à 11 h.<br />

Tout au long du trajet les haltes se multiplient<br />

: photos, estaminets, boulangeries<br />

et même… charcuteries ! Des retardataires<br />

n’ayant pu obtenir de panier-repas<br />

font leurs courses pour le pique-nique du<br />

Ces fiat 500 et<br />

dérivées ne sontelles<br />

pas les plus<br />

parisiennes des<br />

italiennes ?<br />

renault 4 CV et tr3<br />

« fine bouche »<br />

devant la boucherie<br />

de montmartre :<br />

les occupants<br />

ravitaillent !<br />

l’important, pour un pique-nique<br />

réussi, c’est d’avoir du coffre, n’est-ce<br />

pas monsieur ? (ou comment utiliser<br />

au mieux une belle alpine a310 !).<br />

midi qui se déroule, après un nouveau<br />

trajet, sur les terrasses de l’Observatoire<br />

de Meudon.<br />

$ Une ConViVialité remarqUable<br />

<strong>Le</strong> spectacle du déjeuner sur l’herbe de ce<br />

jour-là a de quoi inspirer un autre Monet !<br />

Près de mille personnes pique-niquent qui,<br />

sur le capot de son auto, qui, parfaitement<br />

installés, avec table et chaise adaptés.<br />

On déjeune seul avec sa passagère ou en<br />

groupes, par clubs, par marques, par région<br />

ou même par pays. Car figurez-vous que<br />

si la plupart des équipages était parisien<br />

ou des proches alentours, une soixantaine<br />

d’autres venait de province et une quinzaine<br />

de l’étranger (Belgique et Hollande) !<br />

sur le terrain<br />

rouler à paris au mois d’août de façon aussi sympathique est<br />

un plaisir dont de nombreux motards ne se sont pas privé.<br />

C’était aussi l’occasion de voir l’ensemble<br />

des véhicules, voire de poser des questions<br />

à leurs propriétaires. Evidemment, nombre<br />

de Citroën et de Renault, mais aussi des<br />

Trabant, Delahaye, de Dion, Mathis, Bentley<br />

et bien d’autres encore. « Plus de cinquante<br />

marques sont ici représentées »,<br />

nous confirme Michel Romanet-Perroux. Un<br />

bien beau musée éphémère qui a sillonné<br />

les rues de la capitale pour le plus grand<br />

plaisir de tous. L’an prochain, une journée<br />

des véhicules anciens est prévue pour le<br />

dernier dimanche de juillet ou le premier<br />

d’août ; pour ne pas manquer ce rendezvous<br />

ainsi que tous les autres proposés par<br />

Vincennes en Anciennes, consultez régulièrement<br />

le site... $<br />

www.vincennesenanciennes.com<br />

n°12 - HiVer 2010 19


20<br />

ConCours d’éléganCe de niCe<br />

Cette tradition n’a hélas, pas perduré.<br />

<strong>Le</strong> dernier concours d’élégance de la<br />

ville de Nice eu lieu en 1995, il y a quinze<br />

ans déjà. S’inscrivant toujours dans une<br />

démarche de sauvegarde du Patrimoine,<br />

et malgré la bien regrettable autophobie<br />

ambiante, la Fédération Française des<br />

Véhicules d’Epoque a souhaité renouer<br />

avec la tradition. Ainsi, grâce au Club Passion<br />

Automobiles et de son dynamique<br />

Président Pierre Asso, un grand Concours<br />

d’Elégance a-t-il été programmé pour le<br />

14 août en soirée. <strong>Le</strong> lieu choisi est tout<br />

simplement magique, puisqu’il s’agit de la<br />

place Massena.<br />

$ OrganisatiOn et plateau<br />

remarquables<br />

La ville de Nice et son Ministre-maire<br />

Christian Estrosi, le Conseil Général des<br />

Alpes-Maritimes, l’Automobile Club de<br />

Nice - Côte d’Azur, le Club Passion Automobile,<br />

la FFVE, dont votre serviteur,<br />

étaient tous unis pour mener à bien ce<br />

magnifique projet.<br />

une demi-heure de chauffe et cette serpollet à<br />

vapeur retrouve les lieux de son record quelque 108<br />

ans plus tard pour un hommage enthousiaste.<br />

Tombé à l’eau avec honneur !<br />

Dans les années 1930, de nombreux concours d’Elégance Automobile se déroulaient<br />

régulièrement dans les cités estivales ou autres villes d’eau, sans mauvais jeu de<br />

mots... La capitale azuréenne organisait bien sûr le sien, consacré à la gloire de<br />

l’Automobile et de l’Elégance. Par Régis Deweer<br />

Hélas, mille fois hélas, vers 14 heures ce<br />

14 août, les cieux se déchaînèrent… et<br />

des trombes d’eau s’abattirent sur la ville,<br />

noyant ainsi toute chance de succès pour<br />

des manifestations extérieures. Après<br />

quelques heures d’attente, malgré l’optimisme<br />

et la détermination des organisateurs,<br />

il fallut raison garder et prendre la<br />

douloureuse, mais sage décision, d’annuler<br />

la manifestation. Quel dommage ! Un plateau<br />

magnifique était prévu, 39 voitures de<br />

1975 à 1902 devaient être présentées par<br />

le président Delagneau et sélectionnées<br />

par un jury de spécialistes présidé par<br />

l’ancien pilote Bernard Consten, vainqueur,<br />

entre autres, à plusieurs reprises du Tour<br />

de France Automobile, avec à ses côtés<br />

Gaston Franco, Député Européen, Henri<br />

Chemin, ex-dirigeant emblématique de<br />

l’équipe Ford, Christian Simonetti, administrateur<br />

de la FFVE et d’autres jurés de<br />

qualité. Parmi les voitures engagées, se<br />

trouvait bon nombre de modèles vraiment<br />

exceptionnels. Ne pouvant tous les citer,<br />

nous retiendrons malgré tout le prototype<br />

Maserati Boomerang de 1972 carrossé<br />

« petite royale »,<br />

c’est le surnom<br />

de cette bugatti<br />

type 46, moins<br />

imposante qu’une<br />

des 6 type 41<br />

royale (6,4 m de<br />

long) mais pas<br />

moins élégante,<br />

loin s’en faut.


par Giugiaro et désormais propriété du<br />

collectionneur passionné, André Binda,<br />

une Ferrari 500 Mondial de 1958 historique<br />

plusieurs fois pilotée par Jean Guichet<br />

(vainqueur des 24 Heures du <strong>Mans</strong><br />

en particulier), une fabuleuse Alfa Romeo<br />

6 C 1750 Zagato de 1931, une fantastique<br />

Bugatti de 1930 de Type 46 appelée également<br />

« Petite Royale », pilotée par Camille<br />

Bourges venu d’Avignon.<br />

$ même une vOiture… à eau !<br />

Et puis, cerise sur le gâteau et symbole de<br />

cette journée sans le vouloir, une voiture<br />

à… eau (!) : la Serpollet à vapeur de 1902<br />

de Jean-Charles Chambre, voiture connue<br />

sous le nom de « l’Œuf de Pâques ». Outre<br />

le spectacle, c’était toute l’histoire de<br />

l’Automobile qui était ainsi en marche.<br />

En effet, le 13 avril 1902, l’Œuf de Pâques<br />

de Léon Serpollet a, sur la promenade<br />

des Anglais, au cœur de la ville de Nice,<br />

battu le record du monde de vitesse sur le<br />

kilomètre lancé en 29,4 secondes, soit à la<br />

vitesse de 120,805 km/h à l’occasion de la<br />

Coupe Henri de Rothschild. Nous étions<br />

en 1902, en plein cœur de Nice !<br />

Cette Serpollet à vapeur était, sans nul<br />

doute, l’événement majeur de la manifestation.<br />

C’est pourquoi le lendemain matin,<br />

soit le 15 août, alors que le soleil était enfin<br />

revenu, Jean-Charles Chambre emprunta<br />

la Promenade des Anglais, escorté par la<br />

police qui avait désactivé toutes sortes de<br />

radars… La presse écrite et télévisée était<br />

bien sûr présente pour la reconstitution de<br />

cet événement vieux de 108 ans.<br />

D’autres voitures du concours en ont profité<br />

pour accompagner cette belle machine<br />

à vapeur et ce, pour le plus grand plaisir<br />

de la foule nombreuse sur la Promenade<br />

en cette période.<br />

D’aucuns diront qu’à cause de la pluie, ce<br />

fut un non-événement. C’est parfaitement<br />

inexact eu égard aux forces mobilisées et<br />

à l’enthousiasme des équipages inscrits<br />

pour cette première. Ce compte-rendu<br />

leur est dédié, rendant ainsi hommage aux<br />

organisateurs, aux véhicules engagés et au<br />

public déçu. Puissent ces quelques lignes<br />

atténuer la déception de tous ceux qui ont<br />

travaillé plusieurs mois à la réalisation de<br />

cette manifestation, en espérant que le<br />

ciel bleu et le soleil de 2011 fassent oublier<br />

la pluie et les nuages de 2010. $<br />

etabli sur la base d’une maserati<br />

bora dont il est déjà le designer,<br />

giugiaro présente en 1972 au<br />

salon de genève ce sensationnel<br />

concept-car baptisé boomerang<br />

visible cette année à nice.<br />

une quarantaine d’automobiles exceptionelles<br />

était prête à participer au<br />

Concours d’elégance de nice.<br />

le lundi matin, la vaillante<br />

serpollet fait la une de nicematin,<br />

avec un article en pages<br />

intérieures.<br />

SUR LE TERRAIN<br />

N°12 - HIVER 2010 21


22<br />

UNE PREMièRE POUR LE RAUCCA<br />

Alors que les collectionneurs de véhicules historiques utilitaires sont inquiets de la mise en place<br />

du SIV (voir p.7), il est heureux de constater que la ferveur de ces mêmes amateurs ne faiblit pas.<br />

C’est ce que j’ai pu constater lors de la superbe randonnée organisée par le jeune club nordiste :<br />

le RAUCCA (Rassemblement des Amateurs d’Utilitaires, Cars, Camions Anciens). Par Pascal Rousselle<br />

La vie réserve parfois de très bons souvenirs<br />

qui restent gravés dans nos<br />

mémoires, tels des événements familiaux<br />

(mariage, naissance des enfants…) ou,<br />

comme dans mon cas, cette superbe randonnée<br />

pour véhicules historiques utilitaires<br />

à laquelle j’ai participé pour le<br />

compte de la FFVE.<br />

L’idée de cette randonnée a germé dans<br />

la tête des responsables du RAUCCA il<br />

y a quelques mois : « Pourquoi n’organiserions-nous<br />

pas nous aussi une sortie<br />

camions dans notre région ? » Et c’est ainsi<br />

que quinze équipages se sont retrouvés le<br />

samedi de la Pentecôte au volant de quinze<br />

poids lourds anciens pour cette découverte<br />

de la région Nord / Pas-de-Calais. Au programme<br />

: trois jours de conduite touristique<br />

sur les petites routes de la région avec<br />

découverte du patrimoine.<br />

$ Un parcoUrs remarqUable<br />

Tout au long des 300 kilomètres du parcours<br />

en boucle au départ de Lille, les<br />

organisateurs avaient prévu des haltes<br />

judicieuses. Ainsi, premier arrêt à la ferme<br />

des Orgues où nous avons pu découvrir<br />

une fabuleuse collection d’orgues de<br />

barbarie, phonographes et autres instruments<br />

du même acabit. Tout ce matériel<br />

était bien sûr en ordre de marche. Quel<br />

fabuleux voyage dans le temps... Puis, en<br />

voiture, ou plutôt en camion, direction<br />

Montreuil-sur-Mer pour la visite de cette<br />

cité historique avec remparts et vieille<br />

ville. A Aire-sur-La-Lys, arrêt chez un collectionneur<br />

de la première heure spécialisé<br />

dans les véhicules d’avant 1920. En<br />

ouvrant les portes du garage, l’émerveillement<br />

était au rendez-vous. Enfin, retour<br />

à Lille avec la visite très appréciée d’une<br />

concession Renault Trucks ultra moderne<br />

(atelier mécanique, marbre, peinture,…).<br />

Quant aux repas, ils nous ont permis de<br />

découvrir les spécialités culinaires de la<br />

région : carbonade flamande, glace au<br />

speculoos, fruits de mer locaux, etc. Tout<br />

au long du trajet, sous un soleil de plomb,<br />

arrêt remarqué<br />

sur la place de la mairie<br />

de montreuil-sur-mer.<br />

<strong>Le</strong>s rois de la route au pays des ch’tis<br />

les participants étaient enchantés ; mais il<br />

ne faudrait pas oublier l’engouement du<br />

public. <strong>Le</strong>s gens s’arrêtaient pour regarder,<br />

admirer, applaudir. L’émotion était partagée…<br />

Il y a bien longtemps que je n’avais<br />

pas connu cela.<br />

Cette randonnée fut donc une vraie réussite<br />

grâce à un cocktail savamment dosé :<br />

belles visites, parcours très varié, ambiance<br />

extraordinaire, qualité des prestations.<br />

Encore bravo à ces organisateurs qui n’ont<br />

pas eu peur de franchir les obstacles pour<br />

mener à bien cette entreprise en cette<br />

période où les principes de précaution et<br />

le politiquement correct prennent souvent<br />

le pas sur le simple plaisir. Cette première<br />

fut une pleine réussite, vivement la suivante<br />

! $<br />

L’association a été créée en 2006 à l’initiative de quelques<br />

amateurs nordistes de véhicules utilitaires, avec mission<br />

de promouvoir le véhicule utilitaire historique. Pour<br />

ce faire, ses membres multiplient les activités, dont<br />

randonnées et expositions. Ils s’attachent également à<br />

promouvoir la mémoire de tous ceux qui ont utilisé, conduit, conçu ces vaillants<br />

utilitaires. Fort d’une trentaine d’adhérents, le club regroupe environ 70 véhicules,<br />

essentiellement de la période des trente glorieuses.<br />

Si vous contractez le virus, vous pouvez les contacter par courriel :<br />

raucca.nord@yahoo.fr, par téléphone au 06 66 64 87 33.<br />

Site internet : http://raucca.e-monsite.com


pierre leloup, 16 ans piaffe d’impatience de pouvoir prendre le volant<br />

de la citerne azur familiale.<br />

Un beau renault Goelette 1958 décoré aux couleurs de la chicorée lestarquit.<br />

SUR LE TERRAIN<br />

Halte improvisée<br />

à béthune pour<br />

le Ford canada<br />

de 1947.<br />

au hasard<br />

du parcours,<br />

un bernard 180<br />

6 roues<br />

de 1963, suivi<br />

d’un berliet<br />

Tlm10<br />

de 1959.<br />

N°12 - HIVER 2010 23


NÉGOCIANT - MANIPULANT<br />

Chevalier de l’Ordre du Mérite Agricole<br />

10110 Celles Sur Ource - Tél. 00 33 (0)3 25 38 55 05 - E-mail : pierrebrocard@champagnebrocardpierre.fr<br />

www.champagnebrocardpierre.fr


Au vélodrome de roubAix<br />

<strong>Le</strong> Festival des Belles Mécaniques<br />

Pour la huitième année consécutive, les clubs IDéale DS Hauts de France et le Rassemblement des<br />

Amateurs d‘Automobiles Anciennes des Flandres (RAAAF) ont organisé un Festival des Belles Mécaniques<br />

sur le vélodrome de Roubaix, lieu historique bien connu des amateurs de cyclisme.<br />

Par Pascal Rousselle, photos Pascal Rousselle et DR<br />

Chaque année, les organisateurs<br />

choisissent deux thèmes pour cette<br />

manifestation organisée dans le cadre<br />

du vélodrome de Roubaix. Pour cette<br />

<strong>édition</strong> de juin 2010, les marques retenues<br />

étaient les automobiles Renault<br />

et la Jaguar MK II. Hormis l’intérêt historique<br />

des lieux, cette manifestation<br />

présente l’avantage d’être soutenue par<br />

la municipalité de Roubaix qui donne les<br />

moyens pour que ces deux jours soient<br />

une grande fête du véhicule de collection.<br />

Ainsi, le prix d’entrée à la manifestation<br />

est-il parmi les plus bas du genre,<br />

permettant au plus grand nombre de<br />

pouvoir participer. Au total, ce sont près<br />

de 1 000 véhicules de plus de 30 ans qui<br />

sont entrés sur le site, créant une animation<br />

durant tout le Festival.<br />

$ un vrai potentiel<br />

<strong>Le</strong> programme comprenait une exposition<br />

sous chapiteau consacrée aux deux thèmes<br />

précités, une bourse d’échanges sous chapiteau,<br />

un village-club avec des stands<br />

permettant à chacun de présenter ses<br />

activités et d’organiser un repas sur place,<br />

une réunion d’informations FFVE présidée<br />

par Claude Delagneau qui assura aussi le<br />

dimanche après-midi une présentation<br />

dynamique de véhicules avec une remise<br />

Cette renault eK, attendant<br />

son tour pour tourner sur<br />

la piste du vélodrome,<br />

était présentée par le Musée<br />

de reims.<br />

SUR LE TERRAIN<br />

premiers tours de roues depuis bien longtemps<br />

pour ce Darmont 3 roues qui semble<br />

particulièrement apprécier l’ovale roubaisien.<br />

de prix. Bien entendu, la possibilité pour<br />

les collectionneurs d’effectuer quelques<br />

tours de piste de ce fameux vélodrome<br />

fut un moment très attendu et totalement<br />

partagé par les spectateurs enthousiastes.<br />

<strong>Le</strong> tableau était aussi insolite qu’inoubliable<br />

et constitua le clou du spectacle.<br />

Voilà donc clairement, une belle manifestation<br />

qui possède un réel potentiel de<br />

développement dans une région où la<br />

collection est très active. Gageons qu’avec<br />

la volonté de faire toujours mieux, les<br />

prochaines <strong>édition</strong>s seront encore plus<br />

captivantes! <strong>Le</strong>s thèmes au programme de<br />

l’<strong>édition</strong> de juin 2011 sont déjà dévoilés :<br />

Peugeot et les scooters. Préparez-vous ! $<br />

voici, dans le cadre de l’exposition renault,<br />

deux belles Frégate particulièrement rares :<br />

un coupé Chapron et un cabriolet letourneur<br />

et Marchand… dans leur jus !<br />

N°12 - HIVER 2010 25


26<br />

Photo Warm-Up Photo<br />

La FFVE aux CoupEs Moto LégEndE<br />

Une grande fête de la moto<br />

ancienne et classique<br />

Depuis plusieurs années, la FFVE est associée à l’organisation des Coupes Moto Légende,<br />

et cette année encore les administrateurs du Collège Motos au grand complet se sont rendus<br />

sur le circuit de Dijon-Prenois pour apporter leurs compétences techniques à l’attribution<br />

de ces fameuses « Coupes Moto Légende ». Pour compléter cette équipe, Claude Scalet<br />

conseiller du Président et Michel de Thomasson ont apporté leurs connaissances précieuses<br />

et éclairées. Par Roland Carlier<br />

<strong>Le</strong>s passionnés que nous sommes ont eu, ce week-end là,<br />

l’occasion de découvrir ou de revoir des motos exceptionnelles,<br />

rares et parfois méconnues, apportées par les clubs ou<br />

les participants. <strong>Le</strong>s Coupes Moto Légende sont un moyen de<br />

rencontrer les clubs, français ou étrangers, et de partager sa<br />

passion pour la moto avec des amateurs avertis. Elles constituent<br />

un rendez-vous convivial où se mêlent jeunes et anciens,<br />

où les odeurs si caractéristiques des moteurs deux-temps<br />

s’associent aux musiques des pots d’échappements à peine<br />

filtrées des quatre-temps… En quelque sorte, une sorte de<br />

grand bal, rythmé par les départs des séries correspondant<br />

aux différentes catégories de motos, pour la valse des passionnés<br />

autour du circuit. A l’intérieur, il y avait la kermesse<br />

dédiée aux motos anciennes et classiques, complétée par une<br />

bourse d’échanges, vaste et de bonne qualité, où nombre de<br />

collectionneurs ont pu trouver leur bonheur.<br />

$ <strong>Le</strong> rô<strong>Le</strong> important de La FFVe<br />

en piste, au guidon de sa Guzzi 250 airone<br />

de 1951, un des vétérans des Coupes<br />

moto Légende, roger <strong>Le</strong> parc, 80 ans.<br />

Dans cette manifestation, le rôle des administrateurs FFVE<br />

est important et plusieurs réunions seront nécessaires<br />

pour que l’attribution de ces coupes corresponde bien<br />

à l’esprit mis en place. Première réunion le samedi matin<br />

dès 8h30 où le choix des catégories méritant une récompense<br />

a été établi : un tour de table permet de déterminer<br />

les 11 coupes qui seront attribuées soit à un club, soit à un<br />

participant. <strong>Le</strong> Trophée des Clubs, remis en jeu chaque<br />

année, récompense le club qui expose des machines intéressantes<br />

avec un effort de présentation, qui réserve un<br />

accueil sympathique, peut donner des conseils éclairés,<br />

organise des manifestations de qualité, etc. Ce trophée<br />

s’avère très prisé. Viennent ensuite la Coupe FFVE attribuée<br />

à un club français, la Coupe du club étranger offerte<br />

HH


derrière la magnifique moto peugeot d’avant-guerre (déjà vue<br />

à rétromobile) et aux côtés de michel de thomasson (au micro),<br />

se trouvent tous les lauréats FFVe de la journée.<br />

Voici les belles machines sélectionnées ; on est heureux de noter<br />

la présence d’une modeste Honda 125 CG, la collection de motos<br />

est ainsi abordable par tous, y compris les jeunes.<br />

eh oui !, il y a aussi des femmes qui roulent en motos anciennes…<br />

SUR LE TERRAIN<br />

attelée à un caractéristique side Swallow,<br />

voici une norton inter CS1 de 1930.<br />

distribution apparente à quatre soupapes par<br />

cylindre, s’il vous plaît, pour ce bicylindre en V<br />

Harley-davidson de 1912.<br />

equipée de ce carénage type « record de vitesse »,<br />

cette Velocette 500 Venon Clubman de 1967<br />

est sans doute moins maniable, mais rapide.<br />

Une classique, Guzzi 250 airone, et une yougtimer, Yamaha 125 dtmX, devant le stand de la FFVe.<br />

N°12 - HIVER 2010 27


28<br />

SUR LE TERRAIN<br />

La sportive Yamaha 350 SLC -<br />

redoutable bicylindre 2 temps<br />

à refroidissement liquide – est<br />

désormais éligible en collection,<br />

selon les normes de la FFVe.<br />

etonnamment moderne<br />

et performante, elle vient<br />

pourtant de souffler ses trente<br />

bougies ! L’anniversaire a été<br />

dignement fêté.<br />

Une des nombreuses variations<br />

contemporaines autour du bloc de<br />

la 1000 Vincent, avec un petit air<br />

de Laverda, vous ne trouvez pas ?<br />

HH<br />

par la FIVA, la Coupe de la relève, la Coupe des dames,<br />

la Coupe du Conseil Général de Côte-d’Or, la Coupe du<br />

participant venant du plus loin avec sa machine, la Coupe<br />

des ancêtres, la Coupe des motos d’entre les 2 guerres,<br />

la Coupe des populaires, la Coupe des couples et enfin<br />

le Prix spécial du jury. Deux autres coupes seront attribuées<br />

et remises au nom de la FFVE par Didier Rousier et<br />

Roch Quatrefages à l’occasion de la sortie moto ancienne<br />

organisée par l’U.C.M.A.C le dimanche matin (voir p. 29).<br />

C’est par une belle matinée ensoleillée que les équipes<br />

de jurés, généralement par deux,<br />

se sont fondues dans l’univers des<br />

tentes, des stands et sur les grilles<br />

de départ afin de découvrir les<br />

oiseaux rares. Il ne nous faudra pas<br />

moins de quatre réunions samedi<br />

et une le dimanche matin pour<br />

tomber d’accord et établir une<br />

liste juste qui corresponde à l’esprit<br />

que nous nous étions fixés au<br />

départ. Que de kilomètres parcou-<br />

rus au travers des stands dispersés<br />

autour du circuit, que de questions<br />

posées aux propriétaires et<br />

que d’échanges entre nous pour être à peu près sûrs de<br />

faire le bon choix ! La justice est à ce prix… <strong>Le</strong> dimanche<br />

matin, le temps changeait radicalement et après le soleil<br />

du samedi, la pluie fit son apparition. Qu’importe, c’est<br />

avec la même motivation que nous sommes repartis entre<br />

stands et circuit pour confirmer ou infirmer nos choix.<br />

La liste définitive fut enfin établie en fin de matinée afin<br />

que la remise des Coupes puisse avoir lieu vers 13 h 00,<br />

non, les motos de la marque n’étaient<br />

pas toutes noires : voici une Koelher-<br />

escoffier 350 type KLS 4 de 1938.<br />

admirez la qualité de restauration (et la mécanique)<br />

de cette autre Koelher-escoffier de 1929.<br />

malheureusement sous la pluie, en présence de plusieurs<br />

personnalités locales et de notre président Claude Delagneau,<br />

motocycliste le temps d’un week-end et venu<br />

remercier toute l’équipe pour le travail effectué.<br />

$ meS premièreS CoUpeS moto LéGende<br />

très rapide (90 miles/h soit 145 km/h),<br />

une redoutable triumph de 1938…<br />

type 90, indeed !<br />

Cette manifestation représente pour beaucoup une occasion<br />

unique de piloter sur un vrai circuit aux normes et<br />

d’avoir la chance de rouler (de se « frotter » ?) avec d’an-<br />

ciens champions motocyclistes. Et<br />

cette année nous avons été gâtés<br />

puisque pas moins de seize cham<br />

pions étaient présents sur le cir<br />

cuit dont six champions du monde<br />

dans les diverses disciplines telles<br />

que l’endurance, la vitesse ou le<br />

side-car.<br />

A titre personnel, participer au jury<br />

des Coupes Moto Légende fut<br />

riche d’enseignements. J’ai tout<br />

d’abord pris une belle leçon de<br />

modestie en considérant la qualité<br />

des restaurations effectuées par<br />

des collectionneurs humbles et discrets. J’ai énormément<br />

appris lors d’échanges avec d’autres motards passionnés,<br />

et apprécié la qualité et l’authenticité de ce genre de<br />

réunion. Enfin, quelle satisfaction d’avoir œuvré pour faire<br />

vivre, partager et transmettre notre passion respectant ainsi<br />

la ligne conductrice de la FFVE, aux côtés d’administrateurs<br />

motos qui m’ont épaté par leurs savoirs motocyclistes et<br />

leur humanisme au service de notre cause. $


RaLLyE touRistiquE dE CôtE-d’oR<br />

La balade<br />

des Coupes…<br />

Depuis 2008, l’équipe d’organisation des Coupes Moto Légende<br />

a eu l’excellente idée d’organiser une sortie destinée à faire<br />

découvrir dans les meilleures conditions la région de Côte-d’Or<br />

aux environs du circuit de Dijon-Prenois. Texte et photos : Didier Rousier<br />

Il est difficile et parfois même dangereux<br />

de faire rouler sur un circuit, même en<br />

démonstration, des motos pour lesquelles<br />

la vitesse n’est pas la vocation première.<br />

Aussi les organisateurs des coupes Moto<br />

Légende ont-ils pensé à faire visiter les<br />

environs du circuit de Dijon-Prenois aux<br />

motocyclistes qui le désirent. Ils étaient 90<br />

équipages cette année au départ pour une<br />

belle boucle touristique. <strong>Le</strong> Rallye de Côted’Or<br />

– c’est ainsi que cette promenade est<br />

désormais nommée – n’est aucunement en<br />

marge des Coupes, mais fait bien partie<br />

intégrante de cette grande manifestation<br />

vouée aux motos anciennes et classiques.<br />

Son organisation générale avait été confiée<br />

à l’U.C.M.A.C (Union des Clubs autour de la<br />

Moto Ancienne et Classique), représentée<br />

pour l’occasion par trois de ses membres,<br />

Didier, Patrick et Christian. Ils étaient entourés<br />

de bénévoles compétents pour l’organisation<br />

et des membres du club des Fondus<br />

Bourguignons pour l’encadrement et la<br />

sécurité.<br />

$ Une ViSite CHez <strong>Le</strong>S mandUbienS<br />

Après un samedi ensoleillé, c’est sous<br />

la pluie que le rallye prit le départ le<br />

dimanche matin, à partir de 8 h. Des petits<br />

bruits sympathiques, un peu de fumée et<br />

le cortège s’ébroue. Roch Quatrefages et<br />

moi-même représentions la FFVE, lui sur<br />

une Motobécane et moi sur une Terrot,<br />

direction le site d’Alésia. Sis sur la com-<br />

Sur les petites routes de bourgogne, les motos<br />

vont bon train avant de…<br />

… se regrouper lors des arrêts.<br />

au premier plan, deux motobécane<br />

175 cm 3 ; derrière, l’humidité est<br />

bien visible.<br />

SUR LE TERRAIN<br />

mune de Alise-Sainte-Reine, non loin de<br />

la colonne Vercingétorix érigée en 1865<br />

sur le bon vouloir de Napoléon III, ce lieu<br />

aurait été habité par les Mandubiens, un<br />

petit peuple plus ou moins autonome et<br />

méconnu de l’époque Néron, c’est-à-dire<br />

au premier siècle de notre calendrier. Mais<br />

il n’y avait pas là que des nourritures culturelles,<br />

un en-cas bien bourguignon attendait<br />

les motocyclistes au pied de ladite<br />

statue. Cette collation fut précédée d’une<br />

remise de récompenses pour quelques<br />

participants méritants.<br />

Bien que le temps fût quelque peu maussade,<br />

il ne rendit pas la balade moins<br />

attrayante pour autant. <strong>Le</strong> circuit prévu<br />

s’avéra remarquable à plus d’un titre avec<br />

plus de 80 km de routes, toutes aussi<br />

sympathiques les unes que les autres, tellement<br />

même qu’on les eût crues à nous<br />

seuls réservées.<br />

Un constat s’est imposé : même sous<br />

la pluie, la Bourgogne en moto, c’est<br />

agréable. $<br />

<strong>Le</strong> pilote et sa terrot HCt, qui<br />

retrouve là sa terre natale, semblent<br />

aussi heureux l’un que l’autre !<br />

N°12 - HIVER 2010 29


30<br />

16 ème Sport et ColleCtion au Vigeant<br />

La Jante à Etoile en première ligne<br />

Albin Pierre, Président de l’association de voitures anciennes La Jante à Etoile,<br />

dans le Sud Vienne, a su avec une pondération enthousiaste, fédérer autour de lui<br />

une équipe de copains. C’était en 2003. Au lieu de se contenter des « boucles<br />

du dimanche » le long de la Gartempe, de la Creuse ou de la Vienne, il a favorisé<br />

l’ouverture de La Jante à Etoile aux autres, en l’occurrence ceux qui sont dans<br />

la peine, le besoin, la détresse, la maladie... Par Ernest Gransagne<br />

est cela, devenir une Association Cari-<br />

C'tative. Dès 2006 déjà, le rassemblement<br />

de 350 véhicules dans la bourgade<br />

de Lathus, pays d'éleveurs de moutons et<br />

de vaches limousines, fut non seulement un<br />

vif succès, mais aussi une grande surprise !<br />

Cette « journée du patrimoine », avec un<br />

public de 4 000 personnes, a prouvé que<br />

l'automobile demeure toujours, contre<br />

vents et marées, contre ayatollahs verts<br />

ou rouges, au dessus des courants et des<br />

modes.<br />

Ce thème demeure le vecteur de sentiments<br />

multiples et diffus : mobilité, fierté, confort,<br />

performance, rapidité, utilité, convivialité,<br />

séduction, secours, un outil incontournable<br />

de la vie quotidienne. Fermons les yeux<br />

un instant et imaginons un monde sans<br />

voiture, ne serait-ce que pendant un mois !<br />

Rouvrons les yeux... Ouf ! Elle est encore là.<br />

Qu'elle soit pick-up ou roadster, berline ou<br />

monospace, 4x4 ou limousine, fraîchement<br />

tombée de chaîne ou respectable ancêtre,<br />

spartiate ou full options, avec ABS ou sans<br />

assistance de direction, rouge cadmium ou<br />

blanc nacré, avec ou sans chrome, diesel ou<br />

essence, velours ou cuir, 3 vitesses ou boîte<br />

auto, « elle est belle ma voiture », c'est ce<br />

que se dit chacun d'entre nous quand il met<br />

le moteur en route. Il n'y a que le Maire de<br />

Paris pour demeurer insensible et ne pas se<br />

sentir concerné par ces « belles machines<br />

à vivre ».<br />

$ 250 000 € de dons<br />

Sport & Collection, l'Association Poitevine<br />

sous l'égide de Jean-Pierre Doury, a organisé<br />

en 2009, pour la 15 e année consécutive,<br />

Au Vigeant,<br />

les passionnés<br />

sont à<br />

la fête, car<br />

ils peuvent<br />

admirer des<br />

véhicules remarquables<br />

de<br />

toute époque.<br />

dans cette<br />

ambiance de<br />

sportives, les<br />

avant-guerre<br />

intriguent.<br />

A l’issue de la manifestation, un chèque de<br />

210 000 € a été remis au CHU de Poitiers, en<br />

présence du Président de sport & Collection,<br />

Jean-Pierre doury , un Responsable du<br />

Pôle Cancer du CHU, du Président de<br />

Ferrari France, du Président du Rotary<br />

Club du sud Vienne et du Président<br />

du Conseil général de la Vienne.<br />

sur le Circuit du Val de Vienne, sa grande<br />

manifestation des « 500 Ferrari contre le<br />

cancer ». <strong>Le</strong> Rotary Club de Civray, sous la<br />

présidence de Michel Hénot, apporta son<br />

soutien, avec le concours incontournable<br />

des nombreux bénévoles, sans qui rien ne<br />

pourrait s'accomplir. Sollicitée, La Jante<br />

à Etoile fut ravie d'apporter sa touche de<br />

complémentarité aux voitures d'élite. En<br />

2010, l'expérience fut renouvelée. Malgré<br />

les difficultés économiques que l'on sait et<br />

la frilosité des sponsors, (beaucoup s'étant<br />

retirés) un chèque de 210 000 € est allé


enforcer le pôle cancer du CHU de Poitiers.<br />

Une dotation complémentaire en provenance<br />

de la Morgan Bank, aux Etats-Unis,<br />

est venue comme l'année dernière ajouter<br />

40 000 € dans l'escarcelle.<br />

La réussite a été au rendez-vous puisque<br />

presque deux millions d'euros ont été rassemblés<br />

durant ces seize années, pour<br />

combattre le cancer. Ce n'est pas rien.<br />

<strong>Le</strong>s années qui viennent auront un nouvel<br />

objectif : apporter le 3 e million d'euros au<br />

CHU de Poitiers...<br />

La Jante à Etoile est fière d'y avoir participé.<br />

Un moment fort du 6 juin 2010, ce fut lorsque<br />

les belles de « prestige » firent les yeux doux<br />

aux non moins belles « anciennes » lors de<br />

la « Grande Parade » sur le circuit. <strong>Le</strong>s 50<br />

adhérents de La Jante à Etoile n'étaient pas<br />

seuls : les accompagnaient les Clubs amis,<br />

les Teufs- Teufs Blancois les Léon Lacombe,<br />

les Calandres Poitevines et les Teufs-Teufs<br />

Scorbé-Clairvaux.<br />

Ces journées ont permis d'observer que les<br />

« ferraristes » ne rechignaient pas à venir<br />

caresser les belles ailes de Juva Quatre,<br />

de Panhard sans soupape, de Ford T, de<br />

Voisin ou autre Chevrolet, Delâge et autres<br />

Traction...<br />

$ Un bUt HonoRAble<br />

Amitié, convivialité, organisation, plaisir et<br />

résultat, sont les seuls guides qui permettent<br />

à La Jante à Etoile d'exister. Passion...<br />

le mot qui vient à l'esprit dès que l'on parle<br />

d'association. Passion : le mot qui ne sera<br />

jamais absent de la « sphère automobile »<br />

Jean Robuchon à gauche sur la photo, est<br />

le fédérateur des clubs de « véhicules populaires<br />

» en liaison avec les « véhicules<br />

de prestige » de sport & Collection.<br />

qu'elle soit du passé ou de l'avenir. Quand<br />

il n'y aura plus de passion, l'Homme aura du<br />

souci à se faire...<br />

Bien sûr, Jean Robuchon dont le charisme<br />

n'est plus à démontrer, Daniel Rouhaud<br />

avec sa débordante « musette à idées »<br />

ou Jean-Michel Brûlé et son « cœur sur la<br />

main », en sont les piliers principaux. Cela<br />

ne suffit pas : il est indispensable d'avoir<br />

des « gens qui écoutent » aussi bien chez<br />

les « politiques » que chez les éventuels<br />

solidarité<br />

Vous avez pu découvrir son extraordinaire<br />

histoire dans l’Authentique n° 9.<br />

Au Vigeant, vous avez peut-être vu<br />

l’Hélica rouler, mue par son hélice.<br />

Vous avez dit « populaire<br />

» ? Combattre<br />

la bonne cause est<br />

sans limite comme<br />

en témoignent cette<br />

Rolls-Royce silver<br />

Cloud II de 1960, …<br />

... cette Chrysler type<br />

77 de 1936, ancien<br />

véhicule de l’ambassade<br />

des etats-Unis,<br />

et cette Panhard sans<br />

soupape.<br />

« sponsors ». Sans argent, rien de grand<br />

n'est réalisable, sans les hommes qui écoutent,<br />

les portes restent closes.<br />

C’est ainsi que La Jante à Etoile grandit.<br />

Son ambition est basée sur sa contribution<br />

vers « moins de misère dans ce monde qui<br />

ne fait aucun cadeau ».<br />

Même si ce n’est qu’une goutte d’eau,<br />

c’est le début de la rivière qui se jette dans<br />

l’océan... Et ça, c’est une idée qui ne quitte<br />

jamais les amis de La Jante à Etoile. $<br />

N°12 - HiVEr 2010 31


32<br />

Voici le futur musée, « <strong>Le</strong> Garage de Mon Père »,<br />

dont Valentin ouvrira prochainement les portes<br />

pour le grand public à Crépy, près de Laon.<br />

La sauvegarde<br />

du patrimoine<br />

automobile<br />

passe obligatoirement<br />

par<br />

la case<br />

« mécanique ».<br />

Valentin ne<br />

rechigne pas<br />

à y mettre les<br />

doigts.<br />

LE PICARD VALENTIN BOUTELIER<br />

Jeune accro de youngtimers !<br />

Dans le cadre de nos réflexions au sein de la commission « Passionnés de demain »,<br />

nous avons rencontré Valentin Boutelier, adolescent picard de 15 ans et demi, bien connu de<br />

la commission en question pour avoir participé à notre réunion d’échanges à Reims en 2009.<br />

Par Pascal Rousselle, photos Pascal Rousselle<br />

PR : Valentin, cela fait déjà quelques années que nous<br />

nous croisons sur les routes au nord de Paris, d’où vous<br />

vient cette passion pour les véhicules historiques ?<br />

VB : <strong>Le</strong> déclencheur de tout cela vient sans doute du<br />

cadeau que Maman nous a fait (à papa et moi) pour la<br />

Saint-Valentin : une épave de Citröen DS transformée en<br />

poulailler. A l’époque nous n’avions pas encore de véhicules<br />

de collection.<br />

Comme nous le confirme Hervé, son papa, Valentin s’est<br />

tout de suite pris au jeu. D’ailleurs pour Noël 2005, Valentin<br />

a demandé et obtenu un « bleu de travail » floqué d’un<br />

« Valentin, Assistant Mécanicien Véhicules de collection »<br />

qui leur a permis de remporter quelques prix de présentation<br />

avec la DS fraichement restaurée (voir photo).<br />

PR : Je me suis laissé dire que vous contribuiez beaucoup<br />

à la réalisation d’un grand projet familial ?<br />

VB : Très complice avec mon père, je ne peux me résoudre<br />

à voir mourir toutes ces autos des années 70 à 90 ; nous<br />

avons entrepris d’en sauver un certain nombre, représentatives<br />

des années d’après guerre, en privilégiant les autos<br />

en bon état d’origine, idéalement munies d’options rares<br />

comme cette 104 à coffre ou cette R10 à phares ronds, des<br />

séries spéciales ou des véhicules ayant appartenu à des<br />

VIP comme la Mercedes de Jean Amadou… Pour l’heure,<br />

nous mettons la dernière main à la pâte avant l’ouverture<br />

prochaine de notre musée, <strong>Le</strong> Garage de Mon Père,<br />

à Crépy, situé à 8 km de Laon et pour lequel nous venons<br />

juste d’obtenir l’autorisation de la Commission de Sécurité.<br />

La collection regroupe actuellement plus de 70 véhicules<br />

auxquels se sont joints quelques véhicules mis à disposition<br />

par le Musée de Reims.


Lors de ma visite au Musée, c’est d’ailleurs Valentin qui me<br />

présente avec force détails tous les véhicules exposés avec<br />

les anecdotes d’achat, les particularités de chacune… C’est<br />

Valentin qui range et dérange les autos « au moteur » dans<br />

le musée pour créer une dynamique et renouveler l’exposition<br />

qui est déjà ouverte aux clubs.<br />

PR : Etes-vous déjà adhérent d’un club de véhicules<br />

anciens ?<br />

VB : Mis à part mon poste au bureau du club laonnois,<br />

Véhicules Anciens Loisirs, je suis le deuxième plus jeune<br />

adhérent du Gavap de Compiègne où j’ai d’ailleurs été<br />

très bien intégré. Je suis également très actif au sein de<br />

l’ADSR02 (Association Départementale de Sécurité Routière<br />

de l’Aisne). Je souhaite devenir gendarme en charge<br />

des questions de sécurité.<br />

PR : A côté de tout ceci, vous reste-t-il du temps pour<br />

d’autres choses ?<br />

VB : Oui bien sûr, ma seconde passion est la photographie<br />

(Valentin est très fier d’exhiber sa carte professionnelle de<br />

photographe). Cela me permet de participer à de nombreuses<br />

manifestations sur le Grand Nord de Paris pour le<br />

compte de notre site internet, association-val.fr ou de notre<br />

radio et notre télé sur internet, val-infos.com.<br />

PR : Parmi toutes les autos présentées ici, laquelle a<br />

votre préférence ?<br />

Cette DS magnifiquement<br />

restaurée était un ancien…<br />

poulailler !<br />

Elle trône désormais<br />

à l’entrée du Musée.<br />

COLLECTIONNEURS DE DEMAIN<br />

VB : La mienne bien sûr : une Simca 1100 GLS de 1967 qui<br />

appartenait au grand père d’un ami. Elle était destinée à<br />

la casse. Apprenant cela, je suis allé voir mon père pour le<br />

persuader de la sauver et la voici ici trônant au milieu des<br />

autres en attendant mes 18 ans pour reprendre la route.<br />

PR : Un souhait ?<br />

VB : Que les jeunes des écoles puissent venir visiter notre<br />

musée et s’intéresser à la sauvegarde des automobiles<br />

dans un souci de conservation du patrimoine comme nous<br />

le faisons aujourd’hui pour les générations futures.<br />

Comme vous le voyez, la passion n’attend pas le nombre<br />

des années : beaucoup d’enthousiasme, un peu de bonne<br />

volonté et l’avenir de notre passion sera assurée ! $<br />

La préférée de<br />

Valentin : une<br />

Simca 1100 GLS<br />

de 1967.<br />

N°12 - HIVER 2010 33


34<br />

COLLECTIONNEURS DE DEMAIN<br />

mIEUx COmmUNIqUER AVEC LEs jEUNEs PAssIONNés<br />

La FFVE se met à la page… BD !<br />

Tout prochainement, une<br />

innovation en communication<br />

va accrocher notre « Graine<br />

de Passionnés ». Par Gilles Gaucher<br />

Depuis près de deux ans, le groupe<br />

Passionnés de Demain travaille sur<br />

l’approche des jeunes au sein de nos<br />

associations et clubs. <strong>Le</strong> groupe de<br />

travail, présent sous forme de réunionsdébats<br />

dans les divers salons et autres<br />

manifestations nationales, a su « tendre<br />

l’oreille » et réfléchir à l’arrivée de jeunes<br />

passionnés, concomitamment à l’émergence<br />

des véhicules « youngtimers ». Il<br />

faut avoir bien conscience que ce type<br />

de véhicules est intimement lié à cette<br />

population vers qui nous nous devons<br />

de porter un intérêt attentif et légitime.<br />

$ UnE CoMMUniCation aDaPtéE<br />

N’en doutons pas : il y a, dans notre<br />

mouvement, une jeunesse passionnée.<br />

Encore faut-il que nous sachions la recenser,<br />

l’écouter, lui parler et l’impliquer dans<br />

la vie de nos organisations !<br />

Cette jeunesse attend de nous, une forme<br />

de « retour sur investissement » (elle s’intéresse<br />

à nous, intéressons-nous à elle) que<br />

nous n’avons pas toujours la possibilité<br />

de lui offrir. Nous avons donc décidé de<br />

travailler en étroite collaboration avec le<br />

groupe de travail « Savoir-faire & Technologie<br />

» pour aborder ensemble un certain<br />

<strong>Le</strong>s réunionsdébats<br />

permettent,<br />

entre autres,<br />

de réfléchir à<br />

l’intégration<br />

des jeunes<br />

dans notre<br />

mouvement.<br />

La bande dessinée : un nouvel outil de communication pour la FFVE en direction des jeunes.<br />

nombre de sujets et notamment, celui de<br />

la Formation et du Savoir-Faire.<br />

Or, pour bien se comprendre, il faut parler<br />

le même langage. Aussi, conscients<br />

de la difficulté de communiquer au<br />

mieux avec tous et notamment avec<br />

cette génération de « Graine de Passionnés<br />

», nos groupes de travail ont-ils eu<br />

l’idée de recourir à la bande dessinée<br />

pour aider à bien faire passer nos messages<br />

importants auprès de cette jeune<br />

population (âgée de 7 à 77 ans, si l’on en<br />

croit un célèbre slogan). Vous découvrirez<br />

bientôt ce nouvel outil de communication<br />

dans les pages de votre magazine<br />

L’Authentique.<br />

Nous n’oublierons pas non plus la communication<br />

« électronique », largement usitée<br />

par la population qui nous intéresse. Et<br />

bien sûr, nous restons à l’écoute de toutes<br />

vos suggestions en faveur de la meilleure<br />

communication. $


La Vente<br />

du Grand Palais<br />

Bonhams a le plaisir de vous annoncer sa participation à la commémoration<br />

au Grand Palais du 110 ème anniversaire du premier Salon de l’Automobile<br />

tenu dans ce lieu prestigieux. Bonhams y organisera une exposition<br />

d’ancêtres automobiles spécialement sélectionnés et une vente aux<br />

enchères exceptionnelle d’automobiles, de motos et d’automobilia.<br />

En tête actuellement de la liste des automobiles inscrites à cette vente, la<br />

Bugatti Type 51 1933 provenant de la succession de feu FitzRoy Somerset,<br />

5 ème Baron Raglan. Feu Lord Raglan qui a parrainé et jadis présidé le Bugatti<br />

Owner’s Club était aussi administrateur du Bugatti Trust. Nous enregistrons<br />

dès maintenant les inscriptions d’automobiles de qualité à ce qui s’annonce<br />

d’ores et déjà comme un événement tout à fait exceptionnel.<br />

Illustration:<br />

Bugatti Grand Prix Type 51 1933 biplace<br />

Estimation: €1,000,000 - 1,400,000<br />

Pour toute information<br />

Bruxelles<br />

Philip Kantor<br />

+32 (0) 476 879 471<br />

philip.kantor@bonhams.com<br />

Paris<br />

Gregory Dewailly<br />

+33 (0) 1 42 61 10 11<br />

eurocars@bonhams.com<br />

Londres<br />

James Knight<br />

+44 (0) 20 7447 7440<br />

james.knight@bonhams.com<br />

Automobiles,<br />

Motos et Automobilia<br />

d’exception<br />

Samedi 5 février 2011<br />

<strong>Le</strong> Grand Palais – Paris<br />

USA West coast<br />

Mark Osborne<br />

+1 415 503 3353<br />

mark.osborne@bonhams.com<br />

USA East coast<br />

Rupert Banner<br />

+1 212 461 6515<br />

rupert.banner@bonhams.com<br />

Motos<br />

Ben Walker<br />

+44 (0) 8700 273 616<br />

ben.walker@bonhams.com<br />

Bonhams<br />

4, rue de la Paix<br />

75002 Paris<br />

www.bonhams.com/cars


36<br />

L’Authentique : En quelques mots, Jean<br />

Pestre, qui êtes-vous ?<br />

Amateur de tout ce qui roule et fervent<br />

défenseur du bénévolat au sein du milieu<br />

associatif, j’ai très rapidement pris le volant<br />

d’une auto à pédales pour me rendre<br />

à la maternelle au Puy-en-Velay avant<br />

d’aider mes parents dans leurs livraisons<br />

maraîchères au volant de la Peugeot 203<br />

camionnette familiale. A l’âge de 19 ans,<br />

En Auvergne, les rassemblements de clubs, de marques ou<br />

techniques comme ici avec Auto Retro Ponot, sont nombreux.<br />

JEAN PESTRE<br />

je rejoins les Sapeurs Pompiers Professionnels<br />

de la Haute Loire où j’ai gravi tous les<br />

échelons pour me voir confier en 2006 la<br />

responsabilité du parc roulant et motorisé<br />

des Sapeurs Pompiers du département,<br />

soit 350 véhicules. Cela représente, en<br />

quelque sorte, un retour à mes premières<br />

amours mécaniques. De plus, depuis 2009,<br />

je suis à la tête de l’Union des Sapeurs<br />

Pompiers de la région Auvergne.<br />

En charge du parc roulant des Sapeurs Pompiers, ou comment conjuguer<br />

la passion des véhicules anciens avec son activité professionnelle…<br />

Ci-dessous, Jean Pestre à son bureau ;<br />

l’automobile est présente sous toutes les formes !<br />

Délégué régional FFVE,<br />

région Auvergne Auvergne<br />

Jean Pestre est l’un des six premiers délégués régionaux de la Fédération, nommé début 2006<br />

(quatre autres ont été nommés depuis. Passionné par tout ce qui roule depuis sa plus tendre enfance,<br />

Jean s’est énormément impliqué dans notre milieu tant en région Auvergne qu’au niveau national.<br />

Entre une astreinte professionnelle à la direction départementale des Sapeurs Pompiers de la Haute<br />

Loire, un voyage humanitaire au Burkina Faso et une réunion de la Ligue d’Auvergne, Jean s’est confié<br />

à l’Authentique… Par Pascal Rousselle, photos Pascal Rousselle & DR<br />

L’Authentique : Comment êtes-vous<br />

venu à la voiture ancienne ?<br />

En 1976, j’achète ma première<br />

« ancienne » : une Citroën Traction Avant<br />

de 1955, année de ma naissance. Puis<br />

une Peugeot 201 que j’ai restaurée avant<br />

de créer en 1982, avec cinq amis, l’Auto<br />

Rétro Ponot : un club multimarque de véhicules<br />

historiques sur la région Auvergne.<br />

Depuis, au fil des années, quelques autres<br />

Photo Flash Action


utilitaires et autos de toutes les époques,<br />

prioritairement de marque Peugeot, ont<br />

rejoint le garage familial. Avec le club,<br />

j’organise ou je participe à de nombreuses<br />

manifestations sur la région ou à travers<br />

l’Europe comme lors de notre dernier rallye<br />

en Angleterre à la tête d’une trentaine<br />

d’équipages sur 10 jours : une bien belle<br />

aventure !<br />

L’Authentique : En quoi consiste votre<br />

action de délégué régional de la FFVE ?<br />

Au milieu des années 80, lors d’une réunion<br />

d’informations comme il en existait<br />

encore peu, le Président André Laporte<br />

me pousse à poser ma candidature comme<br />

administrateur de la FFVE. Je suis élu l’année<br />

suivante (ndlr : Jean est toujours actif<br />

au sein de la FFVE 25 ans après) président<br />

du club Auto Rétro Ponot, foction que<br />

j’occupe depuis 28 ans. A ce titre, j’ai participé<br />

à la création de la Ligue d’Auvergne<br />

pour Véhicules de Collection qui réunit<br />

aujourd’hui 22 clubs des départements de<br />

l’Allier, du Cantal, de Haute Loire et du Puy<br />

de Dôme. Cette Ligue coordonne le calendrier<br />

des manifestations des clubs de la<br />

région. C’est une occasion d’échanger sur<br />

notre passion et de faire passer les messages<br />

de la FFVE, d’inciter les clubs qui<br />

ne sont pas encore adhérents à le devenir,<br />

de répondre aux questions des collectionneurs<br />

et des responsables de clubs. Amoureux<br />

du patrimoine sous toutes ses formes,<br />

j’incite les clubs et les collectionneurs à<br />

participer aux Journées Européennes du<br />

Patrimoine le 3 e week-end de septembre.<br />

De plus, afin de transmettre notre savoir<br />

faire, nous organisons des réunions techniques<br />

pour aider les amateurs à entretenir<br />

ou restaurer leurs véhicules.<br />

L’Authentique : Souhaitez-vous ajouter<br />

autre chose ?<br />

Puisque vous m’en donnez l’occasion, je<br />

vais relancer une invitation ! Avec Auto<br />

Rétro Ponot, nous accueillons régulièrement<br />

des clubs en visite sur la région. <strong>Le</strong>s<br />

dernières en date furent la concentration<br />

internationale Ford T, la randonnée nationale<br />

Salmson, puis des manifestations<br />

Delâge, Ford Vedette, et d’autres encore.<br />

Alors si le cœur vous en dit, pour vos<br />

prochaines sorties, n’hésitez pas à me<br />

contacter, la région est agréable et nous<br />

vous aiderons ! $<br />

Avec son fils Antoine au volant de sa Peugeot 203 cabriolet : la relève se prépare.<br />

Aux côtés de Laurent Wauquiez, secrétaire d’Etat auprès du Premier Ministre,<br />

au volant d’une Delâge lors du rallye national de la Marque.<br />

portrait<br />

A l’occasion de la commémoration de la Coupe Gordon Benett 2005 avec Robert Panhard au volant de sa Panhard<br />

& <strong>Le</strong>vassor de course.<br />

N°12 - HiVEr 2010 37


38<br />

Cette photo<br />

monumentale<br />

du champion<br />

habille le hall<br />

d’entrée du<br />

musée.<br />

Musée Fangio<br />

Témoignage d’une vie<br />

<strong>Le</strong>s autos sont présentées sur trois étages,<br />

avec rampes en colimaçon.<br />

La grande qualité du musée Fangio, en Argentine, reflète la passion automobile qui anime<br />

ce pays. Une passion qui va jusqu’à réaliser des répliques, lorsque l’original est hors de portée<br />

financière, tandis que la Fondation créée parallèlement se charge de programmes éducatifs.<br />

Par Serge Cordey, photos Serge Cordey<br />

es amis, j'aimerais que l'on crée un musée !<br />

L C’est ainsi que tout a commencé, sur cette simple<br />

parole de Juan-Manuel Fangio. Et le 22 novembre 1986<br />

était inauguré, dans sa ville natale de Balcarce, à 400 km<br />

au sud de Buenos Aires, le musée qui porte son nom.<br />

Une date symbolique, puisqu'elle arrivait tout juste<br />

cinquante ans après les débuts en course du champion<br />

argentin. Il s’agit d’ailleurs plus qu’un simple musée,<br />

puisque cette création s’est accompagnée de celle<br />

d’une Fondation, dont l’ambition est de pérenniser<br />

et développer le musée et ses activités, mais aussi de<br />

s’impliquer dans des programmes d’éducation, d’éditer<br />

une revue trimestrielle de grande qualité, et de trouver<br />

aides et financements. L’un de ses partenaires principaux<br />

reste Mercedes, avec qui Fangio entretenait des liens<br />

privilégiés puisqu’il avait pris dans les années cinquante<br />

l'importation des voitures de la marque dans son pays,<br />

devenant même président de Mercedes-Benz Argentine<br />

en 1974. L’autre appui, plus récent, est la compagnie<br />

pétrolière YPF, qui a choisi le nom de « Fangio » pour<br />

une de ses qualité d’essence. Depuis, chaque fois que<br />

vous faites le plein à une pompe YPF, s'affiche le nom<br />

HH


Mercedes 300 SL roadster,<br />

voiture personnelle<br />

de Juan Manuel Fangio.<br />

Monoplaces Ferrari 125/166<br />

et Maserati 250 F, répliques<br />

réalisées spécialement pour<br />

le musée.<br />

MUSÉE<br />

Luis Barragan, ancien proche<br />

de Fangio et enthousiaste<br />

directeur du musée, à côté<br />

de la Mercedes W196 réalisée<br />

spécialement par la marque.<br />

N°12 - HIVER 2010 39


40<br />

MUSÉE<br />

HH<br />

evocation de<br />

l’atelier de Juan<br />

Manuel Fangio,<br />

et d’une de ses<br />

première voitures<br />

de course, une<br />

Ford a modifiée.<br />

du célèbre champion... Il faut dire que « El Chueco » (1)<br />

reste en Argentine incroyablement populaire. Un récent<br />

sondage auprès d'une population jeune l'a placé devant<br />

Diego Maradona, dans un pays où le football est presque<br />

plus qu'un sport national ! Fangio doit cette reconnaissance<br />

autant à ses performances de pilotes, difficilement<br />

égalées, qu'à ses qualités humaines de courage, droiture<br />

et humilité. « Il n'a jamais oublié qu'il était fils d'un émigré<br />

italien, et s'est toujours souvenu du premier client<br />

qui a passé la porte de son atelier ! », rappelle Luis Barragan,<br />

directeur du musée et un des anciens proches de<br />

Fangio. D’ailleurs, Fangio indiquait déjà en juillet 1958 :<br />

« Si mes compétitions ont servi à quelque chose, si j'ai<br />

aidé mon pays en pilotant des voitures de course, seul<br />

l'avenir le dira. Je n'ai qu'un souhait : que mes résultats<br />

puissent inspirer les jeunes générations, dans le monde<br />

entier. Et ceci, l'avenir aussi le dira. » Cette phrase est<br />

aujourd'hui inscrite dans le hall d'entrée de Balcarce.<br />

$ JuStiFier <strong>Le</strong>S répLiqueS<br />

<strong>Le</strong> musée lui-même est étonnant à plusieurs point de vue :<br />

autant par les autos exposées que par la qualité de la<br />

présentation. A l'intérieur d'un bâtiment municipal datant<br />

de 1906 a été créé un aménagement spécial : autour d'un<br />

vaste hall central, un système de plan incliné hélicoïdal<br />

relie trois étages d'exposition. On y croise des pièces<br />

exceptionnelles : Maserati 250 F, berlinette Gordini, Lancia<br />

D24, monoplace Ferrari Grand Prix… Il est étonnant<br />

de voir ici de telle machines ! « Un des but du musée est<br />

de présenter le plus grand nombre possible de voitures<br />

pilotées par Fangio au cours de sa carrière, précise Luis<br />

Barragan. Lorsque nous n'avons pas les moyens d'acquérir<br />

une voiture originale, souvent hors de prix, nous faisons<br />

réaliser une réplique », si possible avec des pièces d'origine.<br />

Voilà qui révèle une démarche tout à fait originale et<br />

presque contraire à nos convictions européennes. Voire à<br />

opposée aux principes que défend la FFVE. <strong>Le</strong> contexte<br />

justifie toutefois cette démarche : dans ce pays où la passion<br />

automobile est réelle, les voitures intéressantes sont<br />

rares (et nombre d’entre elles sont parties en Europe) et les<br />

moyens limités. Donc plutôt que de se priver, on crée ici<br />

une réplique de l’auto manquante, ce qui permet au public<br />

d’admirer l’objet grandeur nature, plutôt qu’en photo ou<br />

en miniature. <strong>Le</strong>s répliques sont indiquées comme telles,<br />

dans l’exposition, et sont plutôt bien faites, les Argentins<br />

étant sur ce plan assez doués. Par contre, l'exceptionnelle<br />

Alfa Romeo 308 de 1935 est bien authentique : il s'agit<br />

d'une monoplace ayant fini sa carrière en Argentine entre<br />

les mains d'Oscar Galvez, équipée d'un huit cylindres en<br />

ligne 3,8 litres à deux compresseurs. La visite se termine<br />

au dernier étage par une autre voiture importante de la<br />

carrière de Fangio : une W196 dans sa version profilée,<br />

réplique réalisée spécialement pour le musée par Mercedes-Benz<br />

sur la base d'éléments d'origine.<br />

$ ChaMpion de « L’oFF road » !<br />

L’autre caractéristique intéressante du musée concerne les<br />

voitures de la Turismo Carretera, cette redoutable catégorie<br />

typiquement argentine, en vogue à partir des années 1930<br />

et sur laquelle Fangio a fait ses premières armes. Avec des<br />

épreuves totalisant plus de 7 000 km de routes et de pistes<br />

sud-américaines, elle comportait des étapes de plusieurs<br />

centaines de kilomètres. Tout cela au volant de voitures<br />

américaines qui, bien qu'allégées, restaient lourdes et délicates<br />

à manier. D'autant qu'elles devaient transporter leur<br />

« assistance » : pièces et outillage... La liberté permise par le<br />

HH


etonnante alfa romeo 308 ayant terminé sa carrière en argentine,<br />

entre les mains d’oscar Galvez.<br />

Lancia d24, Maserati 300 S et 450 S :<br />

deux sont des répliques.<br />

MUSÉE<br />

Berlinette Gordini <strong>Le</strong> <strong>Mans</strong> :<br />

il s’agit d’une réplique,<br />

l’original est en France.<br />

Mise en scène d’une Chevrolet<br />

du même type que celle qui<br />

a apporté à Fangio ses plus beaux<br />

succès en turismo Carretera.<br />

N°12 - HIVER 2010 41


42<br />

MUSÉE<br />

HH<br />

règlement donnera naissance à des<br />

voitures dont l'allure agressive était<br />

là autant pour l'efficacité que pour<br />

intimider les autres concurrents !<br />

Après une premier engagement officiel<br />

en copilote, en 1938, Fangio va<br />

régulièrement participer au championnat<br />

et sa Chevrolet modifiée<br />

lui permettra de décrocher le titre<br />

national en 1940 et 1941.<br />

« La Turismo Carretera bénéficiait<br />

d'une atmosphère particulière, rappelle<br />

Luis Barragan, et les conditions<br />

difficiles resserraient les liens entre<br />

les pilotes. Par exemple, en 1948<br />

où Fangio a eu un accident grave<br />

sur le "Gran Premio de America del<br />

Sur", qui se courait sur 9 575 km en<br />

14 étapes, il n'a pu s'en sortir que<br />

grâce à l'arrêt de Eusebio Marcilla, alors en tête et qui l'a<br />

récupéré au bord de la route et l'a emmené à l'hôpital. Du<br />

coup, Marcilla a perdu la course... mais cet exploit lui a valu<br />

le surnom de "El caballero del camino" ! »<br />

Un peu plus loin, la reproduction d'un atelier ancien rappelle<br />

la première activité de Fangio. On y trouve aussi<br />

une réplique de la Ford modifiée avec laquelle il a fait ses<br />

débuts officiels en s'engageant en novembre 1938 comme<br />

pilote aux « 400 Kilometros de Tres Arroyos », à Nacochea.<br />

Luis Barragan, décidément intarissable sur son ami, rappelle<br />

que « Fangio s'est formé sur ces voitures lourdes, qu'il<br />

fallait contrôler sur des surfaces glissantes et piégeuses.<br />

Cela lui a probablement donné les qualités nécessaires<br />

pour s'adapter rapidement aux voitures de Grand Prix, plus<br />

puissantes et légères, dont il a réussi rapidement à contrôler<br />

les réactions, et notamment la glisse. »<br />

$ aMi d’ayrton Senna<br />

Fangio n'est d'ailleurs pas la seule<br />

icône icône présente au musée, qui<br />

rend hommage à d'autres pilotes,<br />

comme Jose Froilan Gonzales<br />

ou Carlos Reutemann dont une<br />

Brabham BT36 est est exposée. exposée. Clin<br />

d'œil également à Ayrton Senna :<br />

même s'ils n'était pas argentin, on<br />

connaît la solide amitié qui le liait<br />

à Fangio, à qui il vouait une pro<br />

fonde admiration.<br />

« Senna venait<br />

régulièrement voir Fangio, pour se<br />

ressourcer ressourcer, raconte Luis Barragan.<br />

Quelques jours avant un Grand Prix<br />

du Brésil, Senna confie à Fangio son<br />

L’amitié entre Senna et Fangio se manifeste inquiétude concernant sa voiture,<br />

sur cette photo dédicacée par le premier.<br />

qui laissait à désirer. "S'il pleut, tu<br />

gagnes", lui a répondu Fangio. Et c'est ce qui s'est produit<br />

! Sur le podium, Senna a fait monter Fangio et a voulu<br />

lui remettre la coupe du vainqueur... »<br />

En fait, ce musée ne fait pas que montrer des autos : il<br />

raconte des aventures humaines, des histoires de course,<br />

de succès, de défaites... A travers la vie du champion que<br />

révère l'Argentine, il espère montrer un exemple. Et il y<br />

parvient. $<br />

(1) Surnom donné à Fangio pour ses qualités de footballeur.<br />

Museo Fangio, calle 18 N° 639, 7620 Balcarce, Argentine.<br />

Tél. : (02266) 42-5540/61 - Fax : (02266) 43-0758<br />

Email : fundfangio@telefax.com.ar<br />

Site : www.museofangio.com<br />

ailes coupées,<br />

coffre arrière en toile...<br />

on cherchait l’allègement.<br />

Casque d’ayrton Senna,<br />

à côté d’une monoplace McLaren.


44<br />

ASSOCIATION AMIE DE L’AUTOMOBILE ANCIENNE<br />

<strong>Le</strong>s 4A dans le souvenir<br />

de Jacques Nicolas<br />

Lyon, l’un des berceaux français de l’automobile a vu la naissance de l’un des premiers clubs<br />

de voitures anciennes, les AAA (3A), soit Amateurs d’Automobiles Anciennes. Puis, en 1969, Michel<br />

ASTIER qui venait de Lyon, crée les A.A.A.A (4A) Association des Amis de l’Automobile Ancienne.<br />

<strong>Le</strong> club a été affilié à la F.F.A.E lors de l’assemblée générale tenue à Lyon les 2 et 3 avril 1971, puis à la<br />

FFVE sous le n° 484. A noter que le sigle de la F.F.A.E a été créé par un membre des 4A, Richard Tassan.<br />

Par André Giband, photos Jacques Nicolas, Flash Action, Christian Simonetti, Michel Clin<br />

Assez rapidement, le noyau initial du<br />

club s’est renforcé et les sorties locales<br />

étaient prises en charge par de nouveaux<br />

adhérents, à peine trentenaires. La jeunesse<br />

et l’inventivité de l’équipe soutenue<br />

par les plus âgés (entre 35 et 45 ans),<br />

associées à des mécaniciens passionnés,<br />

ont permis de remettre en marche nombre<br />

de véhicules d’avant 1940, quelquefois la<br />

semaine précédant l’épreuve du weekend.<br />

Tout cela a apporté beaucoup d’enthousiasme<br />

et de camaraderie. Au début<br />

des années 1990, dans le but de s’ouvrir<br />

à d’autres passionnés, la recherche de<br />

contacts avec un club italien a abouti au<br />

C’était en Syrie en 1998, Jacques<br />

Nicolas, son épouse Michelle et<br />

leur Bugatti Type 13 au milieu des<br />

autres participants dans le cadre<br />

de paysages somptueux.<br />

La Bourse<br />

d’échanges<br />

de Vif est une<br />

manifestation<br />

bien connue des<br />

collectionneurs<br />

de motos en<br />

recherche de<br />

pièces détachées<br />

ou autres bonnes<br />

affaires.


Deux Ford T profitent<br />

d’une halte lors<br />

d’une <strong>édition</strong> du<br />

rallye de la route<br />

Napoléon, créé par<br />

le club des 4a.<br />

Peu courant,<br />

voici un car rochet-<br />

Schneider, type<br />

Torpédo, de 1937,<br />

fort agréable par<br />

beau temps.<br />

jumelage des 4 A avec le Vétéran Car Club<br />

de Turin. La proximité, l’état d’esprit et les<br />

racines alpines communes ont favorisé les<br />

échanges et des sorties conjointes dans<br />

les deux territoires. Ces liens durent toujours<br />

pour le plus grand bonheur de tous.<br />

$ éChaNgeS eT orgaNiSaTioN<br />

Des réunions mensuelles ont lieu le 2 e<br />

jeudi de chaque mois, permettant le dialogue<br />

et l’organisation d’environ sept<br />

sorties annuelles. Souvent, André Giband,<br />

en encyclopédie de la voiture ancienne,<br />

régale les participants par des exposés<br />

soit sur un constructeur, soit sur un type<br />

de voiture, soit sur un autre sujet de son<br />

choix. L’association loue un local à l’année<br />

dans les locaux de l’Automobile Club<br />

Dauphinois (qui a fêté cette année ses 112<br />

ans) pour les 63 membres à jour de cotisation.<br />

<strong>Le</strong>s 4A sont toujours prêts à accueillir<br />

de nouvelles adhésions, notamment des<br />

jeunes passionnés. Il faut noter encore<br />

que le club recense de plus en plus de<br />

voitures contemporaines et courantes, car<br />

plus faciles à conduire pour des membres<br />

avançant en âge. Alors, comme ailleurs,<br />

les « youngtimers » prennent la relève avec<br />

des budgets beaucoup plus abordables et<br />

In Memoriam (1950 – 2010)<br />

Non !, ne pleurez pas, il ne l’aurait pas souhaité.<br />

Jacques Nicolas<br />

est parti un beau<br />

matin d’au<br />

tomne, parti je<br />

ne sais où...<br />

Lorrain d’origine,<br />

il était venu<br />

s’installer dans la<br />

banlieue grenobloise avec son épouse<br />

dans les années 80.<br />

Jacques rencontra Patrick Friedli,<br />

grand collectionneur et spécialiste<br />

averti de Bugatti, dans le cadre de la<br />

Coopération. Depuis cette époque, ils<br />

sont restés des compères inséparables<br />

Patrick lui avait transmis le virus et sa<br />

passion pour l’automobile ancienne…<br />

Il y a une bonne dizaine d’années, à la<br />

demande de Jacques, Patrick lui trouva<br />

un Type Brescia. Jacques mettra 4 ans à<br />

le restaurer avant de pouvoir le piloter<br />

sur les routes du bassin grenoblois. Il<br />

nous régalait alors, son épouse Michelle<br />

à ses côtés, dévalant les pentes à toute<br />

vitesse et avalant les côtes à non moins<br />

vive allure. L’équipage participait à un<br />

club<br />

Une Peugeot 402<br />

légère de 1937, à<br />

l’élégant profil et à<br />

l’avant si particulier<br />

en raison de ses<br />

phares intégrés dans<br />

la calandre, lors<br />

d’une sortie du club.<br />

Membres du club,<br />

robert et Suzy<br />

armand à bord de<br />

leur Talbot M75C<br />

de 1931.<br />

grand nombre de rallyes, dont notamment<br />

notre merveilleux périple en Syrie<br />

en 2008. Sa rigueur et son professionnalisme<br />

lui avaient permis de se séparer<br />

de son entreprise suffisamment tôt<br />

afin de profiter d’une retraite anticipée,<br />

hélas, si vite écourtée. Il aimait la<br />

« bonne bouffe » et les meilleurs vins<br />

qui faisaient partie de sa culture. C’est<br />

pourquoi, à l’occasion d’un bon repas<br />

arrosé d’un très bon vin, vous pouvez lui<br />

faire un clin d’oeil en levant votre verre<br />

en signe de témoignage. Il aimait tant<br />

le faire.<br />

A son épouse Michelle, ses deux fils<br />

Guillaume et Renaud, ses petits enfants<br />

Mathilde et Siloë ainsi qu’à sa famille,<br />

l’association « 4 A » dont il était<br />

membre du bureau, se joint à moi pour<br />

leur témoigner tout le bonheur qu’il<br />

nous a procuré lors de nos escapades.<br />

Jacques, nous ne t’oublierons pas<br />

Michelle, nous ne t’oublions pas<br />

Christian Simonetti,<br />

ami et Président des 4A<br />

HH<br />

N°12 - HIVER 2010 45


HH<br />

46<br />

club<br />

Une Bentley dans<br />

la neige ? C’est une<br />

Van den Plas Type <strong>Le</strong><br />

<strong>Mans</strong> 1928 lors de<br />

l’hivernale historique<br />

2010. que du bonheur<br />

et de la chaleur…<br />

humaine !<br />

plus de facilité pour trouver des pièces de<br />

rechanges pour ces autos des années 1960<br />

à 1980. Pourtant, avec nos conditions de<br />

circulation « radarisées », les anciennes se<br />

révèlent idéales, avec des performances<br />

adaptées. N’hésitez pas à les sortir et, petit<br />

conseil au passage : il est bien meilleur de<br />

faire dix pompes le matin plutôt que de<br />

faire installer une direction assistée !<br />

$ DeS éPreUVeS hiSToriqUeS<br />

<strong>Le</strong> Club des 4A s’est distingué par l’organisation<br />

d’épreuves de grand renom.<br />

La première fut le rallye Neige et Glace,<br />

épreuve-phare du club et seul rallye hivernal<br />

à l’époque. Il rassemblait en janvier<br />

une soixantaine de concurrents venant de<br />

France et d’autres pays européens (35 %<br />

d’étrangers). Cette manifestation, vu l’importance<br />

du budget et des aspects fiscaux<br />

afférents, a ensuite évolué dans le cadre<br />

d’une autre structure qui n’est plus contrôlée<br />

par des membres des 4A et a dérivé<br />

en événement commercial pour véhicules<br />

contemporains. Au milieu des années 70,<br />

les 4A deviennent co-organisateurs des<br />

fameux La Cluzaz-Antibes qui ont laissé<br />

chez tous les participants d’inoubliables<br />

souvenirs. En en reprenant l’esprit, Christian<br />

Simonetti et Philippe Salamand créent<br />

en 2003 L’Hivernale Historique, réservée<br />

aux véhicules conçus avant 1950. C’est le<br />

massif des Vosges qui, du 5 au 9 janvier<br />

2011, servira de cadre à la prochaine <strong>édition</strong><br />

de cette balade touristique. Et les<br />

4A vous proposent, pour cette nouvelle<br />

année 2011, de commémorer le 110 e anniversaire<br />

de la course de côte de Laffrey.<br />

Cette commémoration sur route ouverte,<br />

qui aura lieu les 14 et 15 mai, réunira 60<br />

LES 4A Infos pratiques<br />

Sportive et racée, c’est une Peugeot 402 Darl’Mat, barquette<br />

comme celles engagées au <strong>Mans</strong> en 1937 et 1938.<br />

a son volant, son propriétaire, Jean Prestail.<br />

voitures et 60 motos, des origines à 1952<br />

pour les autos et jusqu’à 1964 pour les<br />

motos, dates extinctives de la course de<br />

côte de Laffrey. <strong>Le</strong> doyen des 4A, le tout<br />

jeune nonagénaire Robert Armand, est<br />

déjà inscrit pour présenter sa Ford T de<br />

1913 ou sa Talbot de 1931. Et, parmi les<br />

événements des 4A, il ne faudrait pas<br />

oublier une manifestation originale et<br />

fameuse, la grande bourse d’échanges<br />

de Vif, organisée par SimoRey, c’est-à-dire<br />

Christian Simonetti et François Reynaud.<br />

A tous ses rendez-vous 2011, l’Association<br />

des Amis de l’Automobile Ancienne vous<br />

attend nombreux… $<br />

<strong>Le</strong> bureau est composé de 5 administrateurs dont 1 président, Christian Simonetti,<br />

1 secrétaire, André Giband, 1 trésorier, Philippe Salamand et 2 administrateurs<br />

chargés des manifestations annuelles, Jacques Nicolas (décédé) et Pierre Solier.<br />

Coordonnées de l’association :<br />

4 A - 10, rue Voltaire, 38000 Grenoble - Tél. : 06 60 38 69 29<br />

E-mail : c.simonetti@wanadoo.fr<br />

Site internet : http://www.aaaa-grenoble.fr/


48<br />

Fin 1952, hotchkiss enrichit son catalogue<br />

d’un coach hotchkiss-Grégoire. il est produit<br />

à sept exemplaires chez henri chapron,<br />

d’après un dessin dû aux carrossiers de<br />

hotchkiss.<br />

Jean-albert<br />

Grégoire,<br />

au début<br />

des années<br />

cinquante.<br />

L’ingénieur<br />

est photographié<br />

ici dans<br />

son bureau de<br />

l’usine tracta,<br />

102, rue de<br />

colombes à<br />

asnières.<br />

Né le 7 juillet 1899 à Paris au sein d’une famille d’ascendance<br />

vosgienne, Jean-Albert Grégoire effectue sa<br />

scolarité à Saint-Jean de Passy, puis au Collège Stanislas.<br />

Polytechnicien, docteur en droit, il se fait connaître du<br />

monde de l’automobile dès la seconde moitié des années<br />

20, par la conception des premières voitures à roues avant<br />

motrices réellement viables, les fameuses Tracta. Celles-ci<br />

l’amènent à mettre au point et à breveter de manière très<br />

convenable l’invention de son ami Pierre Fenaille : il s’agit<br />

bien sûr du premier joint de transmission aux roues avant<br />

réellement efficace, le fameux joint homocinétique Tracta.<br />

Ce dispositif montre sa valeur en course de manière éclatante.<br />

Au <strong>Mans</strong>, en particulier, les Tracta se font remarquer<br />

par leur régularité. Il se révèle particulièrement fiable sur les<br />

quelques 200 voitures assemblées de 1927 à 1933 dans la<br />

petite usine du 102 rue de Colombes à Asnières.<br />

Jean-albert GréGoire<br />

<strong>Le</strong> dernier<br />

des pionniers<br />

Pionnier de la traction avant, et de l’utilisation des alliages légers dans la construction automobile,<br />

apôtre de la voiture électrique, écrivain de talent, Jean-Albert Grégoire demeure<br />

aujourd’hui une des figures majeures de l’histoire de l’automobile au XXe siècle.<br />

Par Marc-Antoine Colin (Vice-Président du Club Hotchkiss, rédacteur en chef du magazine Automobilia), photos Archives Marc-Antoine Colin<br />

$ L’homme de La traction avant<br />

Dés lors, aux yeux du petit monde des professionnels de<br />

l’automobile, Jean-Albert Grégoire s’est mué en défenseur<br />

inconditionnel de ce qui constitue désormais pour lui « la<br />

vérité technique » : les roues avant motrices. Aussi participe-t-il<br />

à l’étude de la plupart des « tractions » élaborées à<br />

partir de 1933. En France, la Donnet, la Chenard & Walcker,<br />

et bien sûr la célèbre Citroën, tandis qu’en Allemagne,<br />

Adler et DKW acquièrent la licence des procédés Tracta.<br />

Sous des formes parfois variables, toutes ces réalisations<br />

utilisent le joint homocinétique Tracta, dont la fabrication a<br />

été concédée à Bendix. Devenu à ce titre ingénieur-conseil<br />

de cette puissante société, Jean-Albert Grégoire expérimente<br />

ainsi un mode de relations auquel il restera toujours<br />

fidèle. Avec sagesse, il met alors fin à la production des


24 heures du mans 1927 : la tête couverte de bandages, séquelles de l’accident<br />

dont il a été victime à la veille de l’épreuve, Jean-albert Grégoire savoure la<br />

joie d’avoir franchi la ligne d’arrivée au volant de sa tracta.<br />

<strong>Le</strong>s premiers contacts pris avec l’aluminium Français débouchent en<br />

1935 sur la première expérience de carcasse coulée en alliage léger.<br />

mis en œuvre sur l’adler trumpf photographiée ici, ce procédé est<br />

protégé par le brevet n° 799.734, délivré le 11 avril 1936.<br />

Tracta, nettement déficitaire. Il est désormais convaincu<br />

qu’il vaut mieux pour lui préserver son indépendance visà-vis<br />

des constructeurs, tout en nouant des liens privilégiés<br />

avec certaines grandes firmes étroitement liées à l’industrie<br />

automobile.<br />

$ L’homme des aLLiaGes LéGers<br />

<strong>Le</strong>s contacts établis à partir de 1935 avec l’Aluminium Français<br />

constituent la mise en œuvre de cette analyse. Ce puissant<br />

groupe cherche alors à fortifier ses positions dans l’industrie<br />

automobile, au moment précis où les conséquences<br />

Jean-Albert Grégoire, Pierre<br />

Fenaille et le joint Tracta<br />

Si Jean-Albert<br />

Grégoire n’est pas<br />

l’inventeur, au sens strict du<br />

terme, du joint Tracta, conçu et élaboré par<br />

Pierre Fenaille, il lui reste le mérite d’avoir entrevu les<br />

immenses possibilités de ce montage, et de l’avoir très<br />

convenablement protégé d’un point de vue juridique.<br />

L’ingénieur se doublait d’un docteur en droit… Pierre<br />

Fenaille lui-même, à la fin de sa vie - il quitta ce monde<br />

en 1967 - a reconnu que sans Grégoire, son invention<br />

serait peut-être restée lettre morte.<br />

HH<br />

histoire des marques<br />

elégamment carrossé, vraisemblablement par<br />

duval, ce petit coupé tracta appartient au<br />

type d. celui-ci se subdivise en d 1 et en d 2.<br />

respectivement animés par un moteur scap<br />

de 8 ou 9 cv, l’un et l’autre ont fait l’objet<br />

d’une réception par le service des mines<br />

le 28 janvier 1929.<br />

constituée d’éléments assemblés<br />

par boulonnage, la carcasse<br />

coulée constitue l’âme de l’amilcar<br />

compound,et de toutes les créations<br />

ultérieures de Jean-albert Grégoire.<br />

<strong>Le</strong> mans, 16 juin 1929 : à l’arrivée, la tracta n° 26, pilotée par Louis Balart et Louis<br />

debeugny, termine neuvième, et première de la catégorie 751 à 1100 cm 3 . appuyé sur la<br />

tracta n° 27, qu’il partage avec Fernand vallon, Jean-albert Grégoire vient de terminer<br />

dixième à son volant. a l’extrême droite du document, appuyé sur la voiture, se tient<br />

l’inventeur du joint tracta, Pierre Fenaille.<br />

<strong>Le</strong>s petites amilcar compound se distinguent par leur élégance. spécialement préparés<br />

par hotchkiss, peints en rouge et noir, ces roadster sont particulièrement remarqués<br />

lors des concours d’élégance de l’été 1939.<br />

N°12 - hiVer 2010 49


50<br />

histoire des marques<br />

HH<br />

Restées<br />

dans l’ombre<br />

A l’image de son œuvre la plus<br />

célèbre, la Hotchkiss-Grégoire,<br />

produite à 247 exemplaires,<br />

les créations de Jean-Albert<br />

Grégoire connurent toujours<br />

une diffusion limitée.<br />

Il faut reconnaître que l’apôtre de<br />

la traction avant n’avait rien d’un<br />

ingénieur de fabrication, ni surtout<br />

d’un commerçant.<br />

de la crise économique contraignent les constructeurs à<br />

conquérir de nouvelles couches de clients. Pour cela, le<br />

recours à des voitures plus économiques et plus légères,<br />

faisant largement appel aux alliages légers, semble s’imposer.<br />

<strong>Le</strong>s excellentes relations nouées avec le directeur technique<br />

de l’Aluminium Français, Jean-Jacques Baron, amènent<br />

ce dernier à soutenir la participation de Jean-Albert<br />

Grégoire au concours lancé en 1935 par la SIA (Société des<br />

Ingénieurs de l’Automobile). Destiné à promouvoir une<br />

éventuelle voiture populaire, il débouche sur la première<br />

application de ce qui va demeurer, comme la traction avant,<br />

une technique Grégoire, la carcasse coulée en alliage léger.<br />

En liaison étroite avec l’Aluminium Français, le prototype<br />

alors réalisé sur une base d’Adler débouche sur l’Amilcar<br />

Compound, produite chez Hotchkiss de 1937 à 1939. <strong>Le</strong>s<br />

véritable condensé de toutes les solutions<br />

techniques chères à son auteur, la Grégoire r<br />

roule pour la première fois en novembre 1947.<br />

avec cette voiture, Jean-albert Grégoire entend<br />

concilier la tenue de route et l’économie<br />

d’emploi de la construction française, avec le<br />

confort de la construction américaine.<br />

animée par un deux cylindres à plat<br />

de 594 cm 3 refroidi par air, la petite<br />

aFG (aluminium Français Grégoire) ne<br />

dépasse pas 400 kg sous sa forme<br />

initiale. elle effectue ses premiers<br />

essais en juillet 1942.<br />

en juin 1951, Jean-albert Grégoire pose au volant de la première des 247 hotchkiss-Grégoire<br />

de production. Portant le numéro 501, elle est livrée le 29 juin à hugues Jécquier,<br />

administrateur du crédit commercial de France et ami de Jean-albert Grégoire.<br />

années 40 et 50 demeurent la période la plus féconde de<br />

l’activité de Jean-Albert Grégoire. Durant ces années d’extrême<br />

pénurie, placées sous le signe de l’économie forcée<br />

et du rationnement, le « minimum automobile » s’impose.<br />

<strong>Le</strong>s prototypes Aluminium-Français Grégoire et CGE Tudor<br />

électrique répondent à ces préoccupations. L’un et l’autre<br />

sont pourvus pour la première fois d’une technique elle<br />

aussi typiquement Grégoire, la suspension à flexibilité<br />

variable.<br />

$ succès et mécomPtes<br />

Simultanément, un programme plus ambitieux se fait jour.<br />

Esquissé dès 1942, il est consacré à une grosse voiture<br />

aérodynamique, qui allierait le confort des voitures amé-<br />

Pour la compagnie Générale d’electricité (cGe) Jean-albert Grégoire<br />

développe sous l’occupation la petite cGe tudor. aussi efficace que jolie,<br />

elle s’adjuge le 11 septembre 1942 le record de distance pour véhicule<br />

électrique : 250 km sans recharge, à 42,32 km/h de moyenne.


icaines à la tenue de route des voitures européennes.<br />

Dévoilée en 1947, la Grégoire R est construite par Hotchkiss<br />

de 1951 à 1954. La réussite technique est certaine, l’échec<br />

commercial cuisant. Déçu, mais nullement abattu, Jean-<br />

Albert Grégoire attache ensuite son nom à deux autres<br />

réalisations marquantes, la Socema Grégoire à turbine et<br />

la Grégoire Sport. Dotée d’une mécanique de Hotchkiss<br />

Grégoire et d’une carrosserie de Henri Chapron, cette<br />

dernière constitue une remarquable réalisation. Entre 1955<br />

et 1959, sa diffusion ne dépasse malheureusement pas cinq<br />

exemplaires. Au cours des années 60, l’activité de Jean-<br />

Albert Grégoire ne ralentit guère. Il se consacre en effet<br />

aux applications de la flexibilité variable qui se révèlent<br />

fort diverses, depuis les sièges de poids lourds jusqu’aux<br />

brancards. Enfin, au début des années 70, il revient à l’automobile<br />

au travers de la CGE Grégoire électrique. Parallèlement,<br />

il mène à bien une œuvre littéraire importante,<br />

où alternent romans, essais, critiques littéraires et ouvrages<br />

historiques. Partagées entre son appartement parisien, sa<br />

Un témoignage irremplaçable<br />

Parmi une production littéraire fort<br />

riche, il faut retenir 50 ans d’automobile,<br />

paru en 1974. Bien que<br />

certaines assertions ou certaines<br />

analyses de Jean-Albert Grégoire<br />

soient parfois sujettes à caution,<br />

l’ensemble constitue un témoignage<br />

irremplaçable.<br />

histoire des marques<br />

propriété des Gorges du Tarn et bien sûr sa fidèle usine<br />

d’Asnières, ses dernières années sont plus retirées. Avec<br />

beaucoup de gentillesse, il continue de recevoir à l’adresse<br />

historique du 102 rue de Colombes les amateurs attachés à<br />

ses réalisations. Sa dernière apparition publique eut lieu en<br />

février 1992, lors du salon Rétromobile. Malgré une fatigue<br />

que chacun put constater, il tint à honorer de sa présence<br />

le stand du Club Hotchkiss qui lui rendait hommage. Jean-<br />

Albert Grégoire a quitté ce monde le 19 août 1992, au seuil<br />

de sa 95 e année. $<br />

a 75 ans, Jean-albert Grégoire reste sur la brèche. sur ce document, il se tient en<br />

compagnie de ses collaborateurs dans la cour de l’usine tracta d’asnières, au côté<br />

de sa dernière œuvre, la cGe-Grégoire électrique. dessinée par Philippe charbonneaux,<br />

sa carrosserie en matière synthétique est construite chez chappe & Gessalin.<br />

La production atteint onze exemplaires.<br />

apparu en même temps que le coach, le cabriolet<br />

hotchkiss-Grégoire connaît la même diffusion confidentielle.<br />

contrairement au coach, il a été dessiné<br />

chez chapron par le styliste attitré du carrossier,<br />

carlo delaisse.<br />

cette maquette au 1/10 se concrétise en 1955<br />

sous la forme de la Grégoire sport. animé par<br />

une version compressée du groupe hotchkiss-<br />

Grégoire, cet élégant cabriolet est réalisé chez<br />

chapron d’après un dessin de carlo delaisse.<br />

cinq exemplaires voient le jour.<br />

N°12 - hiVer 2010 51


52<br />

publi-rédactionnel<br />

Motul<br />

Un acteur internationalement reconnu<br />

dans le monde des véhicules historiques<br />

Motul est un spécialiste unanimement reconnu pour son savoir-faire<br />

dans le secteur des lubrifiants. Motul est aussi un acteur clé dans<br />

le monde des véhicules d’époque et supporte de nombreuses épreuves<br />

et de nombreux teams dans les disciplines dédiées aux véhicules<br />

historiques, en France mais aussi à l’international. Nous vous proposons<br />

à travers ces quelques lignes un voyage autour du monde guidé<br />

par l’implication de Motul dans le monde des véhicules historiques.<br />

<strong>Le</strong> voyage débute en Europe. En 2010,<br />

Motul est de nouveau partenaire du <strong>Classic</strong><br />

Endurance Racing, série faisant revivre,<br />

à l’occasion de 5 meetings par an sur des<br />

circuits européens, les voitures mythiques<br />

de l’Endurance des<br />

années 60 et 70.<br />

Arrêtons-nous en<br />

France. Vous avez<br />

pu admirer, en<br />

début d’année, le<br />

stand St’Art with<br />

Motul, dans le cadre<br />

du salon Rétromobile,<br />

une exposition<br />

matérialisant la rencontre entre auto, moto<br />

et création, ces trois éléments stimulés par<br />

la passion.<br />

Motul a, également, été partenaire officiel<br />

du Tour Auto 2010. Cette version historique<br />

de l’une des plus anciennes courses<br />

automobiles au monde alterne épreuves<br />

chronométrées sur route et courses sur<br />

circuits. Cette compétition prestigieuse a<br />

repris, cette année, la route du Sud.<br />

Outre-Rhin, et pour la troisième année<br />

consécutive, Motul a été partenaire de<br />

la Bosch Boxberg Klassik, un rallye réservé<br />

aux véhicules d’avant 1970, auquel 200<br />

équipages ont pris part à la fin du mois<br />

de juin. La particularité de cette épreuve<br />

est de combiner parcours routier et ani-<br />

mations intermédiaires. L’équipe Motul a<br />

alors proposé des épreuves d’adresse, les<br />

participants devant garer leur véhicule le<br />

plus rapidement possible entre deux fûts…<br />

Motul, bien évidemment !<br />

Motul partenaire<br />

de la Bosch<br />

Boxberg Klassik<br />

(ci-dessus),<br />

de la Festa<br />

Primavera<br />

(ci-contre) et<br />

du Tour Auto<br />

2010 (photo<br />

de droite).<br />

Partons de l’autre côté de l’Atlantique. En<br />

Uruguay a eu lieu le fameux rallye de<br />

régularité pour véhicules historiques, dit<br />

« Rallye des 19 capitales ». Ouvert à toutes<br />

les voitures ayant participé à l’épreuve pendant<br />

son âge d’or (1967 à 1981) ainsi qu’à<br />

celles ayant participé au rallye Monte-Carlo<br />

à la même époque, cette épreuve redeve-<br />

nue très populaire, traverse chacune des<br />

19 capitales de chacun des départements<br />

du pays… Motul soutenait en 2010 la BMW<br />

de l’équipage Mendez/Duhart qui a réalisé<br />

une remarquable performance en terminant<br />

4 e du classement général.<br />

Et parce qu’un tour du monde ne serait<br />

pas complet sans passer par l’Asie, Motul a<br />

soutenu au printemps la Festa Primavera,<br />

un rallye historique japonais dans lequel 50<br />

voitures exceptionnelles étaient engagées.<br />

<strong>Le</strong> parcours est de 850 km en passant par<br />

Osaka, Shima et Suzuka.<br />

Continuons notre<br />

tour du monde<br />

puisqu’en<br />

novembre, Motul<br />

sera le partenaire<br />

de la fameuse<br />

épreuve London<br />

to Brighton.<br />

Motul, soucieux de s’impliquer au plus<br />

près du monde des véhicules d’époque, a<br />

également lancé début 2010, une nouvelle<br />

gamme de lubrifiants spécialement adaptés<br />

aux particularités de leurs mécaniques.<br />

Ainsi, la gamme Motul est-elle en mesure<br />

d’assurer une protection optimale, en<br />

offrant des solutions à tous les usages.<br />

<strong>Le</strong>s produits Motul savent aussi bien<br />

répondre aux nécessités des véhicules<br />

roulant très peu avec de longues périodes<br />

d’immobilisation qu’aux exigences de<br />

ceux utilisés en compétition, avec des<br />

mécaniques sollicitées à plein régime. $


C H R O M E S - C A R R O S S E R I E - T I S S U S - B O I S - C U I R S - C A P O T E S - J A N T E S - M O T E U R<br />

C’est parce qu’il n’était pas satisfait des produits d’entretien existants qu’un collectionneur d’automobiles<br />

de prestige décida dans les années 50 de créer sa propre marque : Belgom.<br />

Tout d’abord vouée à la rénovation des flancs blancs, Belgom n’a cessé d’innover pour devenir<br />

aujourd’hui la gamme-référence des produits de soin automobile.<br />

Belgom ® . Une efficacité parfaitement ciblée<br />

Qu’il s’agisse de rendre toute leur beauté aux carrosseries, entretenir les chromes<br />

et aluminiums, nettoyer les jantes, ou rénover plastiques, cuirs et capotes, Belgom ®<br />

propose toujours le produit de soin exactement adapté à vos besoins.<br />

Brillant exemple, Belgom ® Lustreur Ultra Protecteur<br />

Conçu pour donner un brillant exceptionnel aux peintures grâce à sa formule au<br />

titane, Belgom ® Lusteur Ultra Protecteur va plus loin : il protège durablement votre<br />

carrosserie contre la corrosion ou les intempéries, et il traite avec la même efficacité<br />

les chromes et les inox !<br />

I N F O C O N S O M M AT E U R S ✆ 01 41 73 07 20 w w w. s o d i t e n . f r


54<br />

Malgré des ennuis de boîte de vitesses et un arrêt au stand de 45 mn,<br />

Henri Pescarolo inscrit sa 3 HENRI PESCAROLO<br />

La chasse, les cieux… et les circuits<br />

e victoire consécutive au <strong>Mans</strong> en 1974 avec Matra.<br />

Je n’avais jamais eu l’occasion de rencontrer Henri Pescarolo et l’idée de l’interviewer, malgré mes années<br />

d’expérience, me laissait quelque peu perplexe : comment aborder celui que tout quidam connaît<br />

comme le « quadruple vainqueur des 24 Heures du <strong>Mans</strong> », de réputation peu communicative, pour que les<br />

lecteurs de L’Authentique puissent profiter d’un maximum d’informations ? Dès les premiers instants de<br />

notre rendez-vous parisien, les craintes furent tsunamisées par la distinction de l’homme et la richesse<br />

de son parcours… Par Pascal Chauvin-Lamour, photos Archives Pescarolo<br />

Notre rencontre a lieu en plein centre de<br />

la capitale, en rez-de-jardin, pourraiton<br />

dire, des pelouses des Invalides, dans<br />

les bureaux impeccables de l’agence de<br />

communication de son épouse Madie. A<br />

notre arrivée (je suis accompagné de Claude<br />

Delagneau qui se trouve être le maire de<br />

la commune de résidence de Henri Pescarolo<br />

!), ce n’est pas un pilote qui vient à notre<br />

rencontre, mais un véritable cadre dirigeant,<br />

look trader bcbg, décontracté et souriant,<br />

la chemise bleu du meilleur faiseur et le<br />

pantalon gris de rigueur. La silhouette s’affiche<br />

longiligne, un quinqua tout au plus…<br />

On est bien loin des images avec casquette<br />

publicitaire, combinaison improbable et<br />

visage éprouvé par l’effort ! Quelques formalités<br />

d’usage et Henri me lance « Tu veux<br />

un café ? ». Il se lève, prépare le breuvage<br />

à la même machine que l’Autre, (mais sans<br />

ajouter « What else ? ») et revient à la table<br />

au milieu de laquelle trône une douzaine<br />

de macarons (Ladurée ? Carette ?) : « Tiens,<br />

c’est pour toi » dit-il en s’asseyant. Tout est<br />

OK, Claude est reparti, nous allons commencer<br />

à travailler… Pas mal comme accueil<br />

de la part de quelqu’un que l’on dit plutôt<br />

luthérien et qui ne me connaît pas. <strong>Le</strong>s clichés<br />

en ont déjà pris un coup…<br />

$ La nature avant tout<br />

« Pilote automobile, pilote aéronautique,<br />

team manager et constructeur : Henri Pescarolo,<br />

combien de vies professionnelles<br />

avez-vous déjà eu ? » Cette seule question<br />

va suffire à nourrir la quasi-intégralité de<br />

l’interview. « Pour te répondre, il vaudrait<br />

mieux que je te parle de mes trois passions,<br />

cela me semble plus pertinent », me corrige-t-il.<br />

« Et je vais te surprendre, la première,<br />

par ordre chronologique et par ordre<br />

d’importance, c’est la Nature ». Voilà bien<br />

une réponse à laquelle je ne m’attendais<br />

pas de la part d’un homme de circuits. Et<br />

d’expliquer : « Grâce à mon enfance bourgeoise,<br />

j’ai eu la chance de grandir dans<br />

une superbe propriété à Montfermeil, au<br />

milieu d’un parc de 4 hectares. Et au milieu<br />

de cet univers enchanteur, il y avait un<br />

magicien, le jardinier, un personnage extraordinaire<br />

qui connaissait tout sur les plantes<br />

et les oiseaux. Au moment des départs en<br />

vacances, je ne voulais pas partir pour rester<br />

avec lui ». Cet amour de la nature, Henri l’a<br />

toujours décliné sous différentes formes :<br />

la chasse, la pêche et l’exploitation agricole.<br />

« J’ai toujours crapahuté derrière les<br />

bécasses et le gibier d’eau, je pratique la<br />

chasse active, mon chien à mes côtés. Cette<br />

activité m’est indispensable pour me ressourcer,<br />

tout comme la pêche à la mouche


en 1964, sous<br />

l’œil de son<br />

père, le Dr<br />

Pescarolo,<br />

Henri prépare<br />

la Lotus de<br />

l’opération<br />

« Ford-<br />

jeunesse ».<br />

que j’ai découverte plus tard ». Henri est<br />

aussi agriculteur, un moment même, à plein<br />

temps, « mais en attente d’un redémarrage<br />

de ma carrière. »<br />

$ L’aéronautique Par Passion<br />

« Très jeune, l’aviation m’a passionné : je<br />

voulais être pilote de chasse et pilote d’essai.<br />

Aussitôt que j’ai pu, j’ai suivi une formation<br />

de pilote et obtenu mon brevet le jour<br />

de mes 16 ans, le 25 septembre 1958. Il était<br />

convenu que je fasse Math. Elem. pour intégrer<br />

une école aéronautique. <strong>Le</strong> décès de<br />

ma mère m’a alors profondément marqué<br />

et j’ai commencé médecine, sans conviction,<br />

pour faire comme mon père. Beaucoup plus<br />

tard, je me suis régalé dans les airs grâce<br />

à la rencontre avec un pilote de ligne, un<br />

aventurier des airs génialement audacieux,<br />

Patrick Fourticq ». Passionné par les raids,<br />

Lors du<br />

dernier<br />

Week-end de<br />

l’excellence<br />

automobile<br />

à reims,<br />

le pilote<br />

au célèbre<br />

casque vert<br />

a pu faire<br />

hurler le v12<br />

Matra de sa F1<br />

de 19<strong>68</strong>. que<br />

du bonheur !<br />

autour de la<br />

propriété familiale<br />

de Montfermeil,<br />

Henri<br />

Pescarolo s’est<br />

initié très tôt à<br />

la chasse « par<br />

besoin d’une<br />

activité dans la<br />

nature ».<br />

l’Afrique en général et les déserts en particulier,<br />

Patrick Fourticq était en charge de l’assistance<br />

aérienne des rallyes Paris-Dakar de<br />

Thierry Sabine. A ce titre, c’est lui qui récupère<br />

en 1981 le fils de Margaret Thatcher<br />

perdu dans le Tanezrouft. Puis, avec Henri et<br />

Hubert Auriol, ils lancent l’ULM en Europe.<br />

En 1983, la « bande des 3 » remporte tous les<br />

classements du premier Tour de France d’Ultralégers<br />

et établit les premiers records de la<br />

spécialité. Il y avait alors quatre équipages<br />

d’ULM (parmi lesquels on peut également<br />

relever le nom de Gérard Feldzer). En 1984,<br />

en plus du Paris-Dakar, Henri et Patrick Fourticq<br />

rallient Los Angeles-Paris via New York<br />

en pulvérisant trois records du monde à bord<br />

d’un monomoteur Piper Malibu de 310 ch.<br />

« L’opération était risquée, nous avions 500<br />

litres d’essence dans le dos. A un moment,<br />

au-dessus de l’Atlantique, au cours d’une<br />

retransmission en direct sur France Inter<br />

pôle position<br />

Dès 1965, Matra s’aligna en F3 ; vice-champion de France en 1966, Henri Pescarolo<br />

remporte le championnat en 1967. L’auto était particulièrement bien dessinée.<br />

avec Michel Polacco au micro, le moteur<br />

ratatouille, nous perdons de l’altitude et puis<br />

tombons en panne de radio. On nous croit<br />

perdus en mer un long moment avant qu’un<br />

radar au large des côtes d’Irlande ne reçoive<br />

un écho. Cette fois, c’était hyper-tangent ».<br />

La même année, il gagne également en<br />

monomoteur la course Paris-Libreville. Puis<br />

en 1987, la « bande des 3 » à nouveau réunie<br />

redécolle, cette fois sur le fameux Loockheed<br />

18 datant de 1938 rebaptisé « Spirit of<br />

J&B » pour battre le record autour du monde<br />

d’Howard Hughes. Mission accomplie. Mais<br />

la loi Barzach encadrant la publicité sur les<br />

alcools met fin aux envolées promotionnelles<br />

du groupe sponsor Moët-Hennessy,<br />

clouant ainsi au sol tout autre projet de<br />

record pour Henri et ses amis. Restait l’hélicoptère<br />

que Henri découvre alors et dont<br />

il « tombe amoureux ». Et comme « le désir<br />

d’explorer les limites » et des exigences d’organisation<br />

et de qualité sont en lui, il crée<br />

la Fédération Française de Giraviation, met<br />

en place des compétitions et sur pied une<br />

Equipe de France dont il fait partie et qui<br />

participe plusieurs années aux Championnats<br />

du Monde, se classant 3 e et 1 re « civil »,<br />

derrière les équipes militaires russe et américaine<br />

! Une performance qui ne passe pas<br />

inaperçue… Aujourd’hui, Henri pilote toujours<br />

son hélicoptère pour ses déplacements<br />

privés. Entre temps, le roi des airs avait aussi<br />

acheté un Stampe biplan pour tâter de la<br />

voltige aérienne.<br />

HH<br />

n°12 - HiVeR 2010 55


HH<br />

56<br />

pôle position<br />

associé à Graham Hill, Henri<br />

Pescarolo remporte les 24 Heures du<br />

<strong>Mans</strong> 1972 avec la Matra-simca 670.<br />

Cela n’était pas arrivé à une voiture<br />

française depuis 22 ans.<br />

$ L’autoMobi<strong>Le</strong> Par Don<br />

C’est à la troisième de ses passions que Henri<br />

doit finalement sa plus grande notoriété.<br />

<strong>Le</strong>s choses avaient pourtant commencé<br />

un peu par hasard. Bien sûr, il y avait bien,<br />

gamin, l’emprunt de la voiture maternelle<br />

à 8 ans pour parcourir les allées, puis, vers<br />

12-13 ans, de la Triumph TR3 paternelle pour<br />

disputer les « grands prix du dérapage »<br />

autour du parc familial. Mais rien de très<br />

déterminé jusqu’à l’opération Ford Jeunesse<br />

avec l’AGACI sur des Lotus Seven. « Je<br />

m’embêtais tellement en cours de médecine,<br />

et dans la vie suite au décès de ma<br />

mère que je sautais sur tout ce qui pouvait<br />

me distraire », se rappelle Henri. « Je m’étais<br />

inscrit à cette école de pilotage par simple<br />

jeu et un peu par défi ». Des équipes constituées<br />

par région s’affrontaient pour distinguer<br />

les meilleurs jeunes pilotes. Cette première<br />

Coupe des Provinces 1964 est enlevée<br />

par l’équipe du Rhône avec Jimmy Mieusset,<br />

l’équipe Paris-AGACI se classe 2 e en remportant<br />

la Coupe de la Montagne grâce<br />

à 3 victoires de Henri Pescarolo. « Alors<br />

que j’étais moyen dans mes autres activités<br />

(ndlr : l’homme n’est pas du style dithyrambique<br />

y compris sur lui-même !), là, c’était<br />

formidable, j’étais parmi les tout meilleurs,<br />

je me révélais ». <strong>Le</strong>s choses vont ensuite<br />

aller très vite. Jean-Luc Lagardère, pour<br />

faire connaître de tous l’excellence de son<br />

groupe technologique, lance un incroyable<br />

programme de compétitions automobiles<br />

en 1971, Franck Williams<br />

débute en F1 avec des March<br />

et engage Henri Pescarolo.<br />

en annonçant à qui veut l’entendre que<br />

Matra sera un jour champion du Monde de<br />

F1 et remportera les 24 Heures du <strong>Mans</strong> ! <strong>Le</strong>s<br />

deux objectifs seront atteints en moins de<br />

dix ans et Henri en sera l’une des principales<br />

chevilles ouvrières. Incorporé à l’équipe de<br />

Vélizy dès son origine en 1965, il devient<br />

vice-champion de France de F3 en 1966<br />

puis champion en 1967. <strong>Le</strong> succès continue<br />

en 19<strong>68</strong> avec les titres de vice-champion<br />

de France et d’Europe en F2 et le statut de<br />

héros du <strong>Mans</strong> acquis en conduisant de nuit<br />

sous la pluie et sans essuie-glace l’unique<br />

Matra engagée cette année-là, la 630 n° 24,<br />

qui pointe en deuxième place avant d’abandonner<br />

sur crevaison à deux heures du baisser<br />

de drapeau. La légende Pescarolo est en<br />

marche. Victime d’un terrible accident lors<br />

d’essais privés au <strong>Mans</strong> en 1969 au volant<br />

Henri ne manque<br />

pas une belle occasion<br />

de piloter l’une<br />

de ses anciennes<br />

autos, comme ici<br />

l’inaltera 1976, lors<br />

du dernier <strong>Le</strong> <strong>Mans</strong><br />

<strong>Classic</strong>.<br />

de la M 640 au Cx record de 0,25, non testée,<br />

Henri, fait exceptionnel, remporte sa<br />

course de rentrée au Nurburgring au volant<br />

d’une F2 trois mois après : « Nous étions<br />

des pilotes d’essais. C’est nous qui testions<br />

les innovations. <strong>Le</strong>s exigences de Jean-Luc<br />

Lagardère étaient tellement fortes que nous<br />

pouvions nous retrouver sans volant du<br />

jour au lendemain. Il fallait donc toujours<br />

aller chercher les limites sans les dépasser.<br />

Hors circuits, nous les Matra Boys, ou plutôt<br />

les Matraciens comme on nous surnommait,<br />

étions les meilleurs amis – je pense à<br />

Weber, Jaussaud, Beltoise, Cévert, Servoz-<br />

Gavin, - mais pas sur les pistes, nous y étions<br />

contraints », explique-t-il. Cette dernière<br />

remarque fait écho à la réponse sur l’agrément<br />

de la vie d’un pilote de course. « La<br />

vie d’un pilote n’est jamais agréable, répond<br />

Henri Pescarolo, la pression psychologique<br />

est trop importante, mais elle est passionnante<br />

». L’ascension en monoplace continue,<br />

il devient l’un des deux pilotes pour Matra<br />

en F1 en 1970 aux côtés de Jean-Pierre Beltoise.<br />

Malgré une belle 3 e place à Monaco<br />

et souvent dans les 5 premiers. « L’année<br />

suivante en mettant Chris Amon premier<br />

pilote, Beltoise devenait second pilote, et<br />

il n’y avait plus de place pour moi, Lagardère<br />

m’a tué, c’était injuste. En 71 je devais<br />

gagner». <strong>Le</strong>s volants qu’il trouve ensuite ne<br />

sont malheureusement pas à la hauteur de<br />

ses ambitions (March, Iso, BRM, Surteess).<br />

L’aventure F1 se termine en 1976, avec 54<br />

Grands Prix F1 au compteur.


a bord d’un Loockheed<br />

18 datant de<br />

1938, Henri et ses<br />

amis Patrick Fourticq,<br />

Hubert auriol<br />

et le mécanicien<br />

arthur Powel battent<br />

le record du<br />

tour du monde de<br />

Howard Hughes.<br />

$ La notoriété Par L’enDuranCe<br />

Parallèlement à la monoplace (F1, F2,<br />

F3), Henri Pescarolo construit avec succès<br />

une véritable carrière en Endurance, qui<br />

se concrétise à partir de 1972 avec sa 1 re<br />

victoire au <strong>Mans</strong> associé à Graham Hill sur<br />

la Matra MS 670. Il remportera quatre fois<br />

l’épreuve (1973 et 1974 en Matra et 1984 en<br />

Porsche 956 Joest) et y participera 33 fois, aux<br />

volant de diverses autres montures : Ferrari,<br />

Ligier, Rondeau, Lancia, Sauber-Mercedes,<br />

Courage et Jaguar. Il remportera 22 victoires<br />

en Championnat du Monde d’Endurance.<br />

<strong>Le</strong> <strong>Mans</strong> lui donne la gloire… et l’envie d’y<br />

rester ! Par passion et irrépressible envie de<br />

transmettre, l’homme d’honneur (« j’avais<br />

envie de rendre au sport automobile ce qu’il<br />

m’avait donné ») alors qu’il était Délégué<br />

Général de la Filière-Elf depuis sa création,<br />

basée dans le Technoparc des 24 Heures, il<br />

crée la section Endurance et devient « professeur-team-manager-pilote<br />

». Avec ses<br />

poulains - équipiers (Bernard, Lagorce, Belloc,<br />

Clérico, Grouillard, Montagny, Ferté, Gay), de<br />

1995 à 1999, il transmet son savoir et participe<br />

aux 24 Heures, d’abord sous la bannière de La<br />

Filière, puis en 99, suite au retrait de Elf, à ses<br />

propres couleurs Pescarolo Promotion. Puis,<br />

à partir de 2000, c’est l’aventure Pescarolo<br />

Sport. Henri devient totalement indépendant<br />

et découvre la gestion d’une véritable PME<br />

et ses contraintes financières. <strong>Le</strong>s débuts<br />

sont exceptionnels : la voiture termine 4 e<br />

derrière 3 Audi dès ses premières 24 H en<br />

2000. Une nouvelle étape est franchie en 2006<br />

et Pescarolo Sport devient constructeur à<br />

part entière de ses propres autos, avec les<br />

résultats manceaux suivants : 2 e en 2005 et en<br />

2006, 3 e en 2007, 7 e en 2008, 8 e en 2009 pour<br />

la dernière année de participation. Raflant au<br />

passage une moisson de titres en <strong>Le</strong> <strong>Mans</strong><br />

Series : 4 fois vice-champion, 2 fois champion<br />

équipe et pilotes (dont 5 victoires en 2005,<br />

un grand chelem inédit), 1 fois champion<br />

Asian <strong>Le</strong> <strong>Mans</strong> Series en 2009. L’équipe est<br />

aussi élue Meilleur Team de l’année par un<br />

jury de journalistes anglais en 2007. Hélas, en<br />

2010, le vent tourne pour cause de déboires<br />

financiers. Alors que Henri Pescarolo assure<br />

exclusivement la direction sportive (prometteuse),<br />

la gestion désastreuse d’un investisseur<br />

contesté conduit in fine à la cessation<br />

d’activité de l’écurie en juillet dernier.<br />

$ La reLanCe Par Honneur<br />

sponsor oblige, Henri et Hubert<br />

auriol posent ici en kilt,<br />

près de leur Piper Malibu,<br />

à l’arrivée triomphante du<br />

Paris-Libreville en 1985.<br />

Précurseur et initiateur des<br />

compétitions uLM en France,<br />

Henri, seul, aux commandes,<br />

gagne de nombreuses épreuves<br />

dont le tour de France<br />

1983 avec son scirocco 3 axes.<br />

« Pescarolo Sport, c’est un savoir-faire de<br />

tout premier ordre et une équipe de pointe<br />

en matière de compétition. Ça ne peut pas<br />

s’arrêter comme ça, j’ai une responsabilité<br />

morale par rapport à l’équipe, pas question<br />

de les abandonner ainsi, il faut que je trouve<br />

une solution ». A 67 ans, le vieux lion blessé<br />

ne baisse pas les bras et cherche avec l’opiniâtreté<br />

et la dignité qui le caractérisent la<br />

solution pour continuer. Il est vrai que le<br />

gâchis serait immense. « Tu comprends, avec<br />

les tristes conditions de cette liquidation judiciaire,<br />

le nom de Pescarolo Sport est asso-<br />

pôle position<br />

cié à l’idée de magouilles financières, c’est<br />

intolérable », s’exclame dans un cri du cœur<br />

l’homme droit qui totalise 44 participations<br />

aux 24 Heures du <strong>Mans</strong>, en qualité de pilote,<br />

manager et constructeur. Et il n’est pas le seul<br />

à penser ainsi, ce sont tous les passionnés du<br />

sport automobile qui s’émeuvent. Au point<br />

même qu’une association « Tous avec Henri<br />

Pescarolo » vient d’être mise en place pour<br />

sauver une partie du patrimoine de l’écurie<br />

tout prochainement vendu aux enchères.<br />

« Il faut à tout prix, par exemple, éviter la<br />

dispersion de tout ce qui avait été acquis<br />

par nos résultats. Cela a été gagné par les<br />

hommes, ingénieurs, techniciens et pilotes,<br />

et doit leur rester », s’insurge Henri. Comme<br />

on le constate, la détermination n’est pas<br />

entamée. Des projets et un nouveau départ ?<br />

« Je ne travaille qu’à ça, répond-il, mais pas<br />

question d’en dire plus tant que ce n’est<br />

pas concrétisé, ce n’est pas dans mes habitudes<br />

de parler à la légère ». Cela, Monsieur<br />

Pescarolo, nous l’avions bien compris… La<br />

surprise ne vient pas de là. Alors que j’allais<br />

interviewer un champion automobile, au<br />

palmarès aussi impressionnant que varié,<br />

j’ai découvert un pilote aéronautique tout<br />

aussi valeureux, un aventurier à la recherche<br />

du risque calculé et un amoureux viscéral de<br />

la nature. Curieusement, malgré le niveau<br />

exceptionnel atteint par ce champion dans<br />

les deux premiers domaines cités, ce n’est<br />

pas ce qui prévaut. Avec la sobriété qui<br />

le caractérise, je crois avoir rencontré plus<br />

encore : un homme déterminé et digne. $<br />

n°12 - HiVeR 2010 57


58<br />

Stirlling Moss, bronze, 2003.<br />

375 MM, bronze,<br />

1995.<br />

EmmanuEl ZuRInI dIt « manou »<br />

L’appel des trois<br />

dimensions<br />

Ses clients se nomment Jackie Stewart, Jacky Ickx ou<br />

Pierre Bardinon. Ses œuvres, bien que montées sur socle,<br />

sont animées d’un irrésistible élan. Après avoir passé<br />

sa vie à capter le mouvement dans les téléobjectifs<br />

de ses appareils de photos sur tous les circuits de<br />

Grands Prix du monde, Emmanuel Zurini, universellement<br />

connu sous le surnom de « Manou » est devenu<br />

le sculpteur de la vitesse. Par José Rosinski<br />

Naturellement, il s’inspire souvent des voitures de courses<br />

ou de sport qu’il a cotoyées dans sa carrière voire<br />

conduites avec beaucoup de verve, car il est doué d’un<br />

excellent coup de volant. Mais Manou est aussi très sensible<br />

au design des années<br />

<strong>Le</strong>s lignes étirées des réalisations de l’artiste atteignent<br />

généralement une cinquantaine de centimètres de long.<br />

30, auquel un bon nombre de ses plus belles créations<br />

rend hommage. Et son goût pour les anciennes se manifeste<br />

également par la restauration d’un Spider Alfa Giulietta,<br />

d’où l’idée de faire mieux connaître aux lecteurs de<br />

l’Authentique cet artiste qui partage leur passion.<br />

sible au design des années l’Authentique cet artiste qui partage leur passion.<br />

L’Authentique : Comment est née cette passion de la<br />

vitesse et de la course ?<br />

Manou : En 1948, j’avais six ans quand<br />

mon père m’a emmené assister à<br />

une course au Bois de Bou- Bou<br />

logne, une des premières<br />

après-guerre. Un souvenir<br />

qui m’a marqué. Comme<br />

beaucoup de gosses, j’ai<br />

collectionné les Dinky Toys, et<br />

Esther Burkhard


en plus, je me suis toujours intéressé à la mécanique. Mais<br />

le vrai déclic s’est produit quand j’ai rencontré Jean-Pierre<br />

Beltoise.<br />

L’Authentique : Dans quelles circonstances ?<br />

Manou : J’avais 15 ans et j’étais attablé dans un café. Trois<br />

grands d’une vingtaine d’années conversaient à la table à<br />

côté, et alors qu’ils allaient se séparer, l’un d’entre eux a<br />

dit : « alors à demain, on sortira la Lotus »…<br />

quand j’ai entendu ce nom magique, j’ai<br />

pris mon courage courage à deux mains, je me suis<br />

approché et et je leur ai ai demandé si je<br />

pourrais la voir… Pensez donc,<br />

une Lotus à Paris à la fin<br />

des années 50 ! Ils m’ont<br />

donné rendez vous le lendemain<br />

au café le Cristal,<br />

rue Saint Honoré : C’était le<br />

quartier général de « la bande à Bébel »<br />

dont le père tenait une boucherie non loin de là.<br />

En réalité, la « Lotus » s’est avérée être tout bonnement<br />

la… 203 tôlée de livraison de la boucherie, au volant de<br />

laquelle, Jean-Pierre Beltoise et ses copains s’exerçaient<br />

aux finesses des dérapages contrôlés et ce, pendant les<br />

week end, sur la place de l’Etoile ! J’ai été un peu déçu,<br />

mais on a bien ri, et malgré la différence d’âge, ils m’ont<br />

admis dans la bande…<br />

Manou va même en devenir le boute-en-train, car c’est<br />

aussi un personnage truculent qui n’a pas son pareil pour<br />

animer une soirée, jamais à court d’une bonne blague dont<br />

il possède un réservoir apparemment inépuisable.<br />

L’Authentique : Comment es-tu devenu photographe ?<br />

Manou : Durant la première moitié des années 60, j’accompagnais<br />

Jean-Pierre sur les circuits comme simple groupie.<br />

Un jour, sa mère de retour d’un voyage au Japon, lui a rapporté<br />

un appareil photographique, il me l’a prêté. En 1966,<br />

un « pro » m’a repéré et m’a proposé de travailler avec lui.<br />

C’est ainsi que je suis devenu le pilier de l’Agence DPPI<br />

(Diffusion Photos Presse Internationale) et ce, jusqu’en<br />

1978.<br />

Manou, bon compagnon, va devenir l’ami des pilotes au<br />

cours de la période marquée par l’essor de la fameuse<br />

« Equipe de France de Formule 1 », équipe qui comptera<br />

jusqu’à 7 membres au départ des Grands Prix<br />

(Arnoux, Depailler, Jabouille, Jarier, Laffite, Pironi<br />

et Prost) au tournant des années 70-80. Quelle<br />

époque !<br />

L’Authentique : C’était le bon temps !<br />

Alors, pourquoi avoir lâché une activité dans<br />

laquelle tu avais si bien réussi pour devenir<br />

sculpteur sans formation ?<br />

Manou : <strong>Le</strong> besoin de m’exprimer dans trois<br />

dimensions. Un jour de juin 1975, passant<br />

rue Royale devant la vitrine de l’orfèvre<br />

Christofle, mon regard est attiré par une jolie sculpture<br />

auto-mobile en argent. J’entre dans le magasin pour me<br />

renseigner. « C’est une création du grand dessinateur -<br />

illustrateur Folon », m’indique la vendeuse. Qui ajoute,<br />

toute fière en appuyant sur la tête du pilote dont jaillit<br />

une flamme : « et le plus beau, c’est que c’est aussi un<br />

briquet ! ».<br />

A ce moment-là, quelque chose s’est passé dans ma tête.<br />

Je me suis dit : transformer une œuvre d’art en<br />

vulgaire gadget, c’est<br />

vraiment nul ! je<br />

vais essayer de sculpter une auto<br />

moi aussi, mais je vais faire en sorte<br />

qu’elle ne finisse pas en tire-lire ou en réveil matin…<br />

Je me suis procuré un morceau de terre à modeler chez<br />

Matra, et un beau soir, de manière purement instinctive,<br />

j’ai commencé à façonner une sorte d’incarnation stylisée<br />

d’une auto des années 30. Couché à 5 heures, je me suis<br />

réveillé à midi, et à ma grande surprise, en examinant le<br />

résultat, je n’ai éprouvé aucune envie d’y apporter de quelconques<br />

retouches. Ce premier travail a donné naissance<br />

à mon premier bronze, bronze que je suis allé montrer<br />

au célèbre Commissaire Priseur Hervé Poulain. Celui-ci<br />

l’a adjugé en 1975 lors d’une vente dans l’ancien Hôtel<br />

Drouot au grand collectionneur Michel Seydoux.<br />

L’Authentique : Alors, fini la photo ?<br />

Manou : Non, pas tout à fait, car gagner sa vie en tant<br />

qu’artiste débutant n’est pas évident ! Heureusement,<br />

Francis Guiter, le patron de la compétition chez Elf à<br />

l’époque, m’a aidé à gagner le cap en m’engageant dans<br />

son équipe de photographes.<br />

L’Authentique : Auparavant, tu<br />

avais été tenté par l’envie de<br />

devenir pilote ?<br />

ART<br />

Alfetta, bronze<br />

nickelé, 2004.<br />

Quel que<br />

soit l’angle,<br />

la vitesse<br />

est toujours<br />

suggérée.<br />

HH<br />

N°12 - HIVER 2010 59


60<br />

ART<br />

HH<br />

Type 59 X.<br />

Manou : En effet, j’ai<br />

toujours eu le virus de la<br />

conduite rapide. Aussi en 19<strong>68</strong>,<br />

grâce grâce à l’aide de Tico Martini (à l’époque<br />

Directeur de l’école de pilotage Winfield à<br />

Magny-Cours), j’ai pu m’engager m’engager au concours<br />

du Volant Shell. Ca marchait bien, je faisais les mêmes<br />

temps que Laffite. Mais avant la sélection des demi-finales,<br />

Tico est venu me voir pour me demander qu’elle était ma<br />

motivation la plus forte : devenir pilote professionnel ou<br />

continuer dans la photo ? je commençais à gagner ma vie<br />

chez DPPI, et puis j’avoue que j’étais un peu refroidi par le<br />

nombre d’accidents mortels, Jo Schlesser notamment, qui<br />

se produisait à cette époque. Alors, j’ai laissé ma place à un<br />

autre pilote ayant davantage le feu sacré.<br />

Mais en 1976, le démon de la course m’a repris ! J’étais<br />

plus à l’aise financièrement, je me suis inscrit à la Coupe<br />

R5 kitée. Cette fois encore, c’était bien parti puisque j’ai<br />

réussi le meilleur temps des essais préliminaires sur le circuit<br />

Bugatti. Pendant la saison, j’ai obtenu plusieurs pôles<br />

positions et quelques résultats flatteurs. Mais globalement,<br />

en course, j’ai manqué de constance ne disposant pas d’un<br />

châssis bien réglé. Je n’ai pas insisté.<br />

L’Authentique : A présent, tu t’intéresses aux<br />

Anciennes ?<br />

Delage, bronze, 1987.<br />

Bagatelle, bronze, 1997.<br />

Manou : En fait, j’ai été attiré<br />

depuis très longtemps par<br />

le style des années 30, séduit<br />

également par les collectionneurs<br />

et les restaurateurs. Un milieu de véritables<br />

passionnés. Au hasard des circonstances et… de<br />

l’état de mon compte en banque, j’ai possédé une 4<br />

CV découvrable, une Bentley SI, une Lincoln Continental<br />

et d’autres…<br />

Actuellement, je partage avec ma compagne Esther, un<br />

beau petit Spider Giulietta en cours de restauration. De<br />

plus, je participe à différentes épreuves dans la Jaguar XK<br />

120 d’un de mes vieux amis.<br />

L’Authentique : Aujourd’hui, ta réputation d’artiste est<br />

bien établie au niveau international. Quel projet d’avenir<br />

te tient le plus à cœur ?<br />

Manou : Je suis reconnu certes, mais pour gagner la course<br />

à la consécration, j’ai besoin de réaliser l’œuvre monumentale<br />

qui manque à mon palmarès.<br />

J’espère, que malgré la crise actuelle, ce projet pourra<br />

bientôt aboutir. $<br />

<strong>Le</strong>s oeuvres de Emmanuel Zurini sont visibles<br />

à la Galerie Vitesse, 48 rue de Berri - 75008 Paris<br />

Site : www.galerievitesse.com


62<br />

Dans les années 1960, personne en France<br />

ne parle de « design ». <strong>Le</strong> terme est<br />

anglais et la complexité qu’il recouvre n’est<br />

comprise que par les Anglo-Saxons. Au<br />

cœur des Trente Glorieuses, Simca est la<br />

seule entreprise française à disposer d’une<br />

véritable équipe de stylistes, structurée<br />

comme aux États-Unis, avec de vrais studios<br />

et un effectif conséquent. Chez les<br />

autres constructeurs – Citroën, Peugeot,<br />

Renault ou Panhard – le style est à la charge<br />

d’un homme seul, souvent éclipsé par la<br />

direction technique. Pour gérer son studio<br />

de style, entre 1955 et 1963, le président<br />

de Simca – Henri-Théodore Pigozzi – avait<br />

recruté un créateur de renommée internationale,<br />

Mario Revelli de Beaumont, qui<br />

avait travaillé pour les plus grands carrossiers<br />

italiens et fait un séjour chez General<br />

Motors, à Detroit. Cette conscience d’un<br />

caractère cosmopolite du design donne<br />

une coloration particulière aux produits<br />

de la marque. Simca est la plus jeune des<br />

grandes marques françaises, mais pas la<br />

Claude lobo<br />

Lignes de vie<br />

moins atypique. En 1964, elle occupe la<br />

quatrième place de l’industrie tricolore<br />

derrière Renault, Citroën et Peugeot, mais<br />

devant Panhard. L’ouverture vers l’extérieur<br />

va aussi attirer de nombreux jeunes<br />

designers qui entrevoient ici la possibilité<br />

d’épanouir leur talent plus que chez des<br />

Concept Car Ford GT 90.<br />

Bien qu’il ait exercé son art essentiellement à l’étranger, Claude Lobo est<br />

une des personnalités majeures de l’histoire du design français… Il est aussi<br />

un acteur essentiel de la défense du patrimoine automobile. Par Serge Bellu<br />

constructeurs soumis à la tyrannie de l’ingénierie.<br />

Patrick le Quément que l’on retrouvera<br />

à la tête de Renault, Jacques Nocher<br />

qui l’assistera longtemps, Philippe Guédon<br />

qui dirigera Matra ou encore Yves Dubernard<br />

qui fera une belle carrière chez PSA<br />

ont tous fait leurs premières armes chez<br />

Lancée au Mondial<br />

de l’Automobile de<br />

Paris en 1996, la Ford<br />

Ka inaugura le style<br />

New Edge Design créé<br />

par Claude Lobo et<br />

a remporté de nombreuses<br />

récompenses<br />

internationales pour<br />

son esthétique novatrice.<br />

Elle fut aussi<br />

un véhicule important<br />

de conquête pour<br />

le constructeur,<br />

puisque 65 % des<br />

acheteurs n’avaient<br />

jamais acheté de Ford<br />

auparavant.


Simca. C’est aussi le cas de Claude Lobo.<br />

Il est ce jeune styliste qui vient frapper à la<br />

porte du studio, un beau matin de 1964.<br />

Claude Lobo est âgé de vingt-et-un ans<br />

quand il arrive à Argenteuil où se trouve<br />

le studio dirigé par Claude Genest. Plus<br />

tard, le bureau d’études sera transféré à<br />

Poissy. Claude a passé son enfance dans les<br />

parages de Montmartre, autour de la rue<br />

<strong>Le</strong>pic et de la place Blanche. De ce terroir<br />

qui fleure bon le pavé parisien, il conservera<br />

une gouaille et une posture qui séduiront<br />

les Américains bien des années plus tard.<br />

Jamais il ne se départira de son humour et<br />

de sa décontraction, jamais il ne prendra<br />

les postures artificielles souvent chères<br />

Exposée pour la première fois sans intérieur au<br />

salon de Detroit 1996, cette sentinel avec ses<br />

surfaces plates et ses<br />

arrêtes vives s’inspire de<br />

la Continental 1962 et<br />

de la Facel iii.<br />

<strong>Le</strong>s lignes anguleuses et les formes triangulaires du<br />

concept-car GT 90 présenté en janvier 1995 témoignent<br />

bien des nouveaux canons esthétiques imaginés<br />

par Claude Lobo. Véritable supercar mue par un V12<br />

de 720 ch, la GT 90 n’a jamais été commercialisée.<br />

aux designers. Sans jamais se prendre au<br />

sérieux, Claude Lobo mettra sans cesse<br />

l’accent sur ses origines modestes, s’employant<br />

à donner aux jeunes générations<br />

l’espoir de progresser dans l’échelle<br />

sociale, sans diplôme, mais avec une forte<br />

détermination et pas mal de talent…<br />

$ LE DEsiGN à L’iNTErNATioNAL<br />

Claude Lobo a reçu une formation à l’École<br />

Supérieure des Arts Appliqués Duperré,<br />

mais il se considère plus comme un autodidacte.<br />

Il a fait ses premières armes de<br />

styliste chez Arthur Martin où il rencontre<br />

Robert Opron, l’homme qui va le propulser<br />

design<br />

Très prolixe en ces années-là en conceptcar,<br />

Ford présenta (1996) un autre<br />

prototype dû à Claude Lobo (ici au volant),<br />

l’indigo, imaginé pour la course et dont<br />

un nouveau moteur V12 se retrouvera sous<br />

des capots Aston Martin.<br />

définitivement dans le monde de l’automobile.<br />

Après un service militaire dans<br />

l’armée de l’air, qui le conduit de Metz à<br />

Dakar, Claude Lobo entre donc chez Simca<br />

où il travaille sur la future 1100. Là il fait<br />

la connaissance de Jacques Nocher, une<br />

autre personnalité qui aura une grande<br />

importance dans la carrière de Claude<br />

Lobo. L’expérience ne dure que deux<br />

années, Claude Lobo cédant sa place à<br />

Patrick le Quément dès 1966.<br />

En juin 1966, Claude Lobo part en Allemagne,<br />

chez Ford, où il effectuera l’essentiel<br />

de sa carrière. À Cologne, il devient responsable<br />

du design extérieur des voitures<br />

de la gamme compacte dès 1967. À ce<br />

titre, il travaille sur l’important programme<br />

qui débouchera sur la Fiesta, en 1976.<br />

Claude Lobo travaille ensuite à Cologne<br />

en Allemagne et devient responsable du<br />

design avancé en 1987. En 1994, il part<br />

aux Etats-Unis, toujours pour diriger le<br />

design avancé. Claude Lobo devient alors<br />

l’un des personnages les plus influents du<br />

design contemporain de part et d’autre<br />

de l’Atlantique ; c’est lui qui initie l’important<br />

mouvement du New Edge Design à<br />

travers lequel Ford dogmatise le renouveau<br />

de son style. <strong>Le</strong> New Edge design<br />

se caractérise par des volumes structurés,<br />

fractionnés par des lignes tranchantes. <strong>Le</strong><br />

concept car « GT90 », présenté en janvier<br />

1995, apparaît comme le manifeste de<br />

HH<br />

n°12 - HiVeR 2010 63


HH<br />

64<br />

design<br />

cette esthétique nouvelle avec la juxtaposition<br />

de multiples facettes triangulaires. <strong>Le</strong><br />

chef d’œuvre absolu de Claude Lobo, sur<br />

le registre des concept cars, apparaît en<br />

janvier 1996. La Lincoln Sentinel est noire,<br />

inquiétante et monstrueuse. Ses arêtes<br />

vives et ses volumes tracés au cordeau, la<br />

Sentinel les puise dans le passé plus que<br />

dans une doctrine. L’inspiratrice n’est autre<br />

que la Continental millésimée 1962, une<br />

pure beauté à quatre portes ouvrant de<br />

manière antagoniste. <strong>Le</strong>s longs flancs lisses<br />

et ondulants, ventrus au bas de la caisse,<br />

puis évasés au niveau de la ceinture, ses<br />

roues immenses soulignées par des arches<br />

enflées, et son étrave flanquée de deux rangées<br />

de fanons, la ceinture de caisse marquée<br />

par un fil de chrome, l’habitacle aplati<br />

entre les ailes… Autant de clins d’œil qui<br />

jettent une passerelle entre futur et passé.<br />

Mais la Continental n’est pas seule source<br />

d’inspiration : Claude Lobo a fait venir dans<br />

le studio une Facel-Véga Facel II avec pour<br />

consigne à ses stylistes de créer « un dessin<br />

aussi simple que celui-ci » ! Claude Lobo<br />

applique le New Edge design à la gamme<br />

commerciale, à la petite Ka (1996), à la<br />

Focus (1998) et à la deuxième génération<br />

de la Mondeo (2000). Il revient en Europe<br />

en 1997 en tant que directeur du design,<br />

prenant ainsi la succession de Fritz Mayhew<br />

qui avait lui-même remplacé Uwe Bahnsen.<br />

Il participe activement à la généralisation<br />

de l’usage de la CAO.<br />

$ L’éLéGANCE à BErGErAC<br />

Puma et Focus, deux filles de la période « New Edge Design-Lobo ». La première<br />

nommée fut produite de 1997 à 2002 à partir d’une plateforme de Fiesta. La seconde<br />

remporta le titre européen de Voiture de l’année 1999. Dans tous les cas, depuis la<br />

Ka, le style inspire la sympathie et le succès.<br />

Quand il se retire de la carrière active, à la<br />

fin de l’année 1999, Claude Lobo s’engage<br />

dans une nouvelle aventure. De 2000 à<br />

2007, il organise un concours d’élégance<br />

automobile dans son Périgord d’adoption,<br />

au château des Vigiers, près de Bergerac.<br />

<strong>Le</strong> concours d’automobiles classiques<br />

de Bergerac trouve vite son régime de<br />

croisière et devient l’un des rendez-vous<br />

attendus sur le calendrier des collectionneurs.<br />

Dans une France paisible et protégée,<br />

nichée dans les replis du Périgord<br />

pourpre, loin des modes et des tumultes,<br />

le concours de Bergerac ne cherche pas<br />

à rivaliser avec la Villa d’Este, Pebble<br />

Passionné par la<br />

compétition automobile<br />

(un temps<br />

pilote), Claude Lobo<br />

a côtoyé le monde de<br />

la F1 depuis le début<br />

des années 70 ;<br />

il dessina ainsi la<br />

McLaren championne<br />

du monde en 1973<br />

avec Emerson<br />

Fittipaldi (ici à<br />

Monaco), puis, de<br />

1971 à 1980, devint le<br />

manager de Jochen<br />

Mass (McLaren, ATs,<br />

Arrows, March).<br />

Beach ou le très parisien Louis Vuitton<br />

<strong>Classic</strong>. L’originalité de la manifestation<br />

provient pour une large part de la nature<br />

des membres du jury qui émanent pour la<br />

plupart de l’univers du design. On y croise<br />

de multiples personnalités qui sont autant<br />

d’anciens collègues de Claude Lobo : Uwe<br />

Bahnsen (ex-Ford et Art Center Europe),<br />

Patrick <strong>Le</strong> Quément (ex-Simca, Ford et<br />

Renault), Christopher Bangle (ex-Fiat et<br />

BMW), Fulvio Cinti (Auto & Design), Robert<br />

Cumberford (ex-Design Performance),<br />

Murat Gunak (ex-Peugeot, Mercedes et<br />

Volkswagen), Klaus Kapitza (ex-BMW Technik),<br />

Hartmut Warkuss (ex-Volkswagen) ou<br />

encore Jean-Pierre Ploué (PSA Peugeot<br />

Citroën) ou Wahei Hirai (Toyota)…<br />

La manifestation se déroule sur deux<br />

jours. <strong>Le</strong> premier ralliement a lieu le<br />

samedi à Bergerac, sur les rives de la<br />

Dordogne, devant les ponts où viennent<br />

s’amarrer les gabarres désormais dévolues<br />

au tourisme. <strong>Le</strong>s participants traversent<br />

la vieille ville, puis les équipages<br />

traversent les vignobles de Bergerac,<br />

s’approchent des crus de Monbazillac et<br />

de Pécharmant, frôlent la cité médiévale<br />

d’Eymet, les églises – comme la délicieuse<br />

église Sainte-Croix – pour terminer<br />

leur randonnée sur les pelouses du château<br />

des Vigiers. <strong>Le</strong>s concept cars ébauchant<br />

le futur les accueillent. Là, les belles<br />

viennent s’endormir jusqu’au dimanche<br />

matin. Commence alors leur inspection<br />

sous l’œil expert et impitoyable des<br />

juges nommés pour le concours d’élégance.<br />

Il est fort instructif d’écouter leurs<br />

enthousiasmes, relever leurs préférences,<br />

enregistrer leurs étonnements. Et saluer<br />

ensemble l’initiative d’un authentique<br />

passionné d’automobile. $


66<br />

informations générales<br />

Organigramme 2010 de la FFVE<br />

Autour de son président, la FFVE fonctionne grâce<br />

à une équipe organisée comme suit :<br />

Bureau<br />

Président : Claude Delagneau<br />

Vice Président, Manifestations :<br />

Michel Clin<br />

Vice Président, Véhicules industriels,<br />

militaires et agricoles :<br />

Jean-Claude Accio<br />

Vice Président, Motocyclettes :<br />

Patrick <strong>Le</strong> Parc<br />

Trésorier coopté : Céline Poussard<br />

Secrétaire : Pascal Rousselle<br />

Secrétaire-Adjoint : Dominique Viginier<br />

Conseil d’Administration<br />

Collège Marques :<br />

Jean-Claude Accio<br />

Michel Blanchard<br />

Claude Delagneau<br />

Michel <strong>Le</strong>moine<br />

Michel Piat<br />

Michel Revoy<br />

M.A. de Trémiolles<br />

Collège Multimarques :<br />

R.L. Brezout-Fernandez<br />

Michel Clin<br />

Régis Deweer<br />

Claude Peker<br />

Patrick Rollet<br />

Pascal Rousselle<br />

Dominique Viginier<br />

Collège Motocyclettes :<br />

Gilles Destailleur<br />

Patrick <strong>Le</strong> Parc<br />

Didier Rousier<br />

Collège Musées :<br />

Didier Carayon<br />

Bernard Vaireaux<br />

Collège Professionnels :<br />

Max Alunni<br />

Denis <strong>Le</strong> Priol<br />

Jean-Pierre Osenat<br />

Administrateurs Suppléants<br />

Collège Marques :<br />

Etienne Anglade<br />

J.M. Charpentier<br />

Alain <strong>Le</strong>gras<br />

Jean Pruvost<br />

Collège Multimarques :<br />

Yves Bellessort<br />

Pierre-Jean Desfossé<br />

Gilles Gaucher<br />

François Lubert<br />

Alain Quemener<br />

Pierre de Saint-Viance<br />

Christian Simonetti<br />

Olivier Weyl<br />

Collège Motocyclettes :<br />

Roland Carlier<br />

Alain Grare<br />

Roch Quatrefages<br />

Collège Musées :<br />

Michel Hommell<br />

Bruno Tabare<br />

Collège Professionnels :<br />

Nicolas Généroso<br />

Guy Grardel<br />

Eric Léonard<br />

Conseillers du Président<br />

Affaires administratives : Louis Lamiré<br />

Motocyclettes : Claude Scalet<br />

Relations clubs : Modeste Tréhin<br />

Délégués Régionaux<br />

Coordinateur : Pascal Rousselle<br />

Alsace Lorraine Franche-Comté :<br />

Olivier Weyl<br />

Auvergne : Jean Pestre<br />

Bretagne : Gilles Gaucher<br />

Centre, Nièvre, Yonne : Dominique Viginier<br />

Ile de France : Michel Romanet-Perroux<br />

Midi-Pyrénées Aquitaine :<br />

Bernadette Mesplet<br />

Flandres, Artois, Picardie : Pascal Rousselle<br />

P.A.C.A. : Régis Deweer<br />

Rhône-Alpes : Claude Peker<br />

Antilles : Philippe Dorvilma<br />

Membres Cooptés<br />

Affaires juridiques : Jean-Pierre Antoine<br />

Affaires financières : Guy Equille<br />

Ancêtres : François Richer<br />

Concours d’élégance : Georgette Dubois<br />

Contrôles techniques : Jacky Rollet<br />

Documentation et bibliothèque :<br />

Jean-François Ruchaud<br />

Informatique et site internet :<br />

Guillaume Bonafous-Murat<br />

Manifestations : Jean-Louis Blanc<br />

Musées : Valy Giron<br />

Relations autorités sportives :<br />

Bernard Consten<br />

Trésorerie et affaires financières :<br />

Céline Poussard<br />

Membres d’honneur<br />

Guy Burnat : Ancien Président FFVE<br />

Philippe Looten : Président fondateur FCMF<br />

Adrien Maeght : Membre Fondateur FFVE<br />

Robert Panhard : Ancien Président FFVE<br />

Michel de Thomasson : Ancien Président FIVA<br />

Administration<br />

Directeur Général : Laurent Hériou<br />

Secrétaire administrative : Michèle Hivert<br />

Secrétaires : Nathalie Lainé, Paula Vieira<br />

Partenaires officiels<br />

de la Fédération

Hooray! Your file is uploaded and ready to be published.

Saved successfully!

Ooh no, something went wrong!