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LE MAGAZINE DE LA FFVE N°12 - HIVER 2010<br />
$ ÉVÉNEMENT<br />
<strong>Le</strong> <strong>Mans</strong> <strong>Classic</strong>, 5 ème <strong>édition</strong><br />
LÉGISLATION > <strong>Le</strong>s Cyclomoteurs et les Poids Lourds<br />
Pô<strong>Le</strong> POSITION > Henri Pescarolo, champion multiple<br />
DeSIGN > Claude Lobo ArT > Emmanuel Zurini
Tél. : 01 44 29 21 50<br />
Une sélection de centres agréés pour le Contrôle<br />
Technique du Patrimoine automobile<br />
Pour connaître le centre AUTOSUR <strong>Classic</strong> le plus proche :
Sommaire<br />
Répertoire des annonceurs<br />
Anglo-Parts p47<br />
AtelierdesCôteaux p65<br />
Autosur<strong>Classic</strong>p2et7<br />
Axaassurance p 17<br />
Belgom p53<br />
Bonhams p35<br />
N°12 - HIVER 2010<br />
<strong>Le</strong> mot du président 4<br />
$ LÉGISLATION<br />
L’immatriculation des cyclomoteurs 6<br />
<strong>Le</strong>s Véhicules Lourds de Collection 7<br />
$ vu, Lu eNTeNdu<br />
Des livres, des news, des rendez-vous 9<br />
$ ÉvÉNemeNT<br />
<strong>Le</strong> <strong>Mans</strong> <strong>Classic</strong>, 5 e <strong>édition</strong> 10<br />
$ Sur <strong>Le</strong> TerrAIN<br />
Tour de Bretagne 14<br />
3e « Paris au mois d’août » 18<br />
Concours d’élégance de Nice 20<br />
<strong>Le</strong> RAUCA au pays des ch’tis 22<br />
De Belles Mécaniques à Roubaix 25<br />
La FFVE aux Coupes Moto Légende 26<br />
Rallye Touristique de Côte-d’Or 29<br />
$ SOLIdArITÉ<br />
16 e Sport et Collection au Vigeant 30<br />
$ cOL<strong>Le</strong>cTIONNeurS de demAIN<br />
Accro de youngtimers 32<br />
La FFVE en BD 34<br />
$ pOrTrAIT<br />
BRM p 13<br />
CarrosserieHHServices p 61<br />
CarrosserieTessier p47<br />
ChampagneBrocard p24<br />
GrandsRandonneursMotorisés p43<br />
ICCassurances p67<br />
Jean Pestre,<br />
délégué régional FFVE Auvergne 36<br />
$ muSÉe<br />
Musée Fangio, témoignage d’une vie 38<br />
$ cLub<br />
<strong>Le</strong>s 4A dans le souvenir<br />
de Jacques Nicolas 44<br />
$ hISTOIre deS mArqueS<br />
Jean-Albert Grégoire,<br />
le dernier des pionniers 48<br />
$ pô<strong>Le</strong> pOSITION<br />
Henri Pescarolo,<br />
la chasse, les cieux… et les circuits 54<br />
$ ArT<br />
Emmanuel Zurini, dit « Manou » 58<br />
$ deSIGN<br />
Claude Lobo 62<br />
$ INfOrmATIONS GÉNÉrA<strong>Le</strong>S<br />
Organigramme 2010 66<br />
Meguiar’s p 8<br />
Motul p52et<strong>68</strong><br />
NéoRétro p 61<br />
Swisstrax p 43<br />
TEACérède p47<br />
VignoblesChasson p65<br />
<strong>Le</strong> <strong>Mans</strong> <strong>Classic</strong> (page 10).<br />
<strong>Le</strong>s cyclomoteurs bientôt<br />
immatriculés (Page 6).<br />
<strong>Le</strong> <strong>Mans</strong> <strong>Classic</strong> et ses 500 bolides<br />
(Page 10).<br />
Paris au mois d’août (Page 18).<br />
Association Amie de l’Automobile<br />
Ancienne (Page 44).<br />
Henri Pescarolo et ses multiples<br />
podiums (Page 54).<br />
L’Authentique–PublicationtriannuelleéditéeparlaFFVE–B P 400<strong>68</strong>-92105Boulogne-BillancourtCédex-Tél :0146219470-fax:0146219499-www ffve org-<br />
Directeur de la publication :ClaudeDelagneau–Conception, Impression, Régie Publicitaire :D Conseil,tél :0143562016-0660522364–<br />
Directeur de la rédaction :PascalChauvin-Lamour-Maquette :OlivierGirousse-PhotoCouverture:Porsche917etLolaT70(PhotoPCHL)<br />
3
4<br />
MOT DU PRÉSIDENT<br />
Dans le précédent numéro de l’Authentique,<br />
j’évoquais le changement du siège<br />
administratif de la Fédération.<br />
Depuis le 1 er septembre, nous ne sommes donc<br />
plus « Rennais » puisque nos bureaux se situent<br />
maintenant en région parisienne, à Boulogne-<br />
Billancourt, au cœur même du nouveau<br />
centre des affaires. Ces locaux modernes et<br />
adaptés nous permettront, à n’en pas douter,<br />
d’améliorer encore nos prestations au service<br />
des collectionneurs.<br />
Pour ne pas rompre avec les habitudes,<br />
plusieurs dossiers délicats ont été traités<br />
récemment.<br />
<strong>Le</strong> plus préoccupant de ces dossiers est lié au<br />
contrôle technique des véhicules de collection.<br />
En effet, la mise en place du SIV ne les a<br />
nullement favorisés.<br />
Après de multiples réunions de travail, avec<br />
les hauts-fonctionnaires du Secrétariat d’Etat<br />
aux Transports, avec les responsables de<br />
l’UTAC, la difficulté est maintenant surmontée,<br />
et ce pour la plus grande satisfaction<br />
des collectionneurs concernés.<br />
Ce ne fût guère facile mais une fois encore,<br />
je dois mettre en évidence l’esprit<br />
de compréhension de nos interlocuteurs.<br />
Je dois également remercier le Cabinet<br />
du Secrétaire d’Etat qui n’a pas ménagé son<br />
soutien.<br />
Nous avons dû également aborder<br />
l’immatriculation des cyclomoteurs.<br />
Tout comme le contrôle technique des Véhicules<br />
Lourds de Collection, le sujet est traité dans la<br />
rubrique législation de la présente publication.<br />
Un énorme souci demeure, l’immatriculation<br />
des répliques. Celles-ci sont de plus en plus<br />
nombreuses et représentent pour la Fédération,<br />
une véritable inquiétude.<br />
Mes collaborateurs et moi-même ne sommes,<br />
en aucun cas, des « Ayatollah ».<br />
Notre but n’est nullement de condamner ceux<br />
qui acquièrent des répliques ; ce sont, dans la<br />
grande majorité des cas, des collectionneurs<br />
sincères et passionnés.<br />
Mais la Fédération a une réelle responsabilité,<br />
une responsabilité morale qui l’oblige à tout<br />
mettre en œuvre pour protéger le Patrimoine<br />
Culturel que représentent les véhicules anciens<br />
de collection.<br />
C’est donc pour nous un DEVOIR de défendre<br />
sans cesse l’Authenticité.<br />
<strong>Le</strong> titre de notre revue n’est pas le fait du hasard...<br />
Si nous devions faillir dans cette action,<br />
comment pourrait-être appréciée notre<br />
reconnaissance comme Etablissement d’Utilité<br />
Publique ?<br />
Alors, l’objectif prioritaire de la FFVE<br />
est maintenant de trouver, avec l’aide<br />
de l’Administration, la solution pour que
Claude Delagneau,<br />
l’amour pour<br />
les ancêtres<br />
automobiles. Photo PCHL<br />
ces répliques puissent rouler, donc puissent<br />
être immatriculées avec une procédure<br />
particulière, procédure qui excluerait, pour<br />
l’avenir, toute équivoque entre un véhicule<br />
véritablement d’origine et une réplique.<br />
Au cours de ces dernières semaines, j’ai assisté<br />
ou participé à de nombreuses manifestations<br />
de véhicules anciens. Je ne puis évidemment<br />
toutes les citer. Néanmoins, je ne puis occulter<br />
l’événement qui s’est déroulé les 9-10 et 11<br />
juin au <strong>Mans</strong>, je veux parler bien sûr du <strong>Mans</strong><br />
<strong>Classic</strong>. Actuellement c’est, à mes yeux, la plus<br />
grande manifestation européenne.<br />
Imaginez, pendant trois jours, plus de 10 000<br />
voitures anciennes, plus de 100 000 spectateurs<br />
venus admirer tous ces grands pilotes, actuels<br />
ou passés, ces virtuoses du volant qui ont fait<br />
évoluer des voitures de sport historiques sur<br />
le circuit mythique du <strong>Mans</strong>.<br />
Patrick Peter, assisté par une équipe performante,<br />
a assuré une organisation sans faille, qu’il<br />
en soit bien sincèrement félicité. C’est avec<br />
impatience que tous les véritables amateurs<br />
attendent la prochaine <strong>édition</strong> en 2012.<br />
<strong>Le</strong> <strong>Mans</strong> <strong>Classic</strong>, c’est une « affaire » de<br />
professionnels, le Tour de Bretagne,<br />
une « affaire » de bénévoles passionnés.<br />
Du 21 au 24 mai, 1 400 véhicules anciens<br />
(voitures, utilitaires, motos… et même<br />
quelques cyclomoteurs) ont participé au Tour<br />
de Bretagne 2010. J’ai eu la chance, au volant<br />
de mon Alfa Romeo 2600 Cabriolet Touring de<br />
1960, d’être de la fête.<br />
De très beaux paysages, une ambiance<br />
particulièrement chaleureuse, une formidable<br />
organisation, bref le grand bonheur, malgré…<br />
d’immenses embouteillages. Mais gérer le passage<br />
de 1 400 véhicules n’est pas toujours simple<br />
pour les multiples communes traversées. Enfin,<br />
les dizaines de milliers de spectateurs au bord<br />
des routes restent un souvenir bien agréable.<br />
Au moment où de plus en plus de responsables<br />
politiques se complaisent à entretenir une<br />
auto-phobie permanente, je ne peux que leur<br />
conseiller d’assister, au moins une fois dans<br />
leur vie, au <strong>Mans</strong> <strong>Classic</strong>, au Tour de Bretagne<br />
ou aux nombreuses sorties de véhicules<br />
anciens organisées chaque fin de semaine.<br />
Alors, ces aigris de l’automobile pourront peut<br />
être comprendre que les collectionneurs ne<br />
sont pas obligatoirement les « vilains petits<br />
canards de notre société », et qu’ils sont loin<br />
de mettre en péril, l’équilibre de notre planète.<br />
Enfin, ces politiques pourront constater<br />
que l’ambiance qui règne dans le monde de<br />
la collection n’a vraiment rien à envier à l’esprit<br />
qui anime leur milieu et environnement !<br />
Claude Delagneau<br />
N°12 - HIVER 2010 5
6<br />
LÉGISLATION<br />
AU PLUS TARD LE 31 DéCEMBRE PROCHAIN<br />
L’immatriculation des cyclomoteurs<br />
Cette fois, c’est inéluctable, par Décret du 9 Février 2009 - Art.13-V, les cyclomoteurs mis<br />
en circulation avant le 1 er Juillet 2004 devront être immatriculés au plus tard le 31 Décembre 2010.<br />
<strong>Le</strong> certificat d’immatriculation sera délivré gratuitement. Par Louis Lamiré et Patrick <strong>Le</strong> Parc<br />
inquiétude gagne donc les propriétaires<br />
L’ de cyclomoteurs anciens, surtout s’ils<br />
en possèdent plusieurs, voire quelques<br />
dizaines. Faudra-t-il tous les immatriculer<br />
avant le 1er Janvier 2011 ?<br />
Selon le Décret, c’est oui. La raison d’être<br />
du Code de la Route, c’est de légiférer au<br />
sujet de tout ce qui touche à la circulation<br />
des véhicules. Par hypothèse, tout véhicule<br />
étant présumé être en circulation, il doit être<br />
immatriculé pour des raisons de sécurité<br />
routière, d’homologation du véhicule et afin<br />
de permettre son identification en cas de<br />
contrôle routier. Cependant, c’est faire fi du<br />
Code Civil. En effet, qu’un cyclomoteur soit<br />
immatriculé ou non, c’est un bien meuble<br />
(Art. 528 du Code Civil). Donc, tant qu’il n’est<br />
pas en circulation, un cyclomoteur ancien,<br />
remisé chez son propriétaire, déjà restauré<br />
ou en attente de l’être, ne risque pas de créer<br />
un désordre quelconque, au regard du Code<br />
de la Route. Pour le moment, la détention<br />
d’un cyclomoteur non immatriculé, entreposé<br />
chez son propriétaire, ne constitue pas<br />
une infraction. Et comme tout bien meuble,<br />
un cyclomoteur peut être cédé à un nouveau<br />
propriétaire, même s’il n’est pas immatriculé,<br />
tant qu’il n’est pas mis en circulation sur les<br />
voies ouvertes à la circulation publique.<br />
La procédure<br />
d’immatriculation<br />
h Identification du cyclomoteur<br />
Pour les marques existantes, les constructeurs<br />
ou leur représentant agréé peuvent<br />
délivrer contre rétribution une fiche descriptive<br />
précisant : la marque, le type, le numéro<br />
de série, le genre cyclomoteur, la date de<br />
première mise en circulation.<br />
Pour les cyclomoteurs de plus de trente ans,<br />
de marques disparues ou existantes, la FFVE<br />
est habilitée à délivrer une Attestation de<br />
Datation et de Caractéristiques.<br />
Si le cyclomoteur est assuré et que le contrat<br />
d’assurance précise la marque, le type, le<br />
Evidemment, une<br />
plaque sur le<br />
garde-boue avant<br />
eut été plus rétro,<br />
mais...<br />
numéro de série, le genre cyclomoteur, et<br />
enfin l’année de première mise en circulation,<br />
la copie de ce document sera acceptée par la<br />
Préfecture d’immatriculation. Attention ! une<br />
simple attestation d’assurance ne comportant<br />
pas ces données ne sera pas recevable.<br />
h Origine de propriété<br />
Peu de propriétaires possèdent encore la<br />
facture d’achat en neuf, et plus encore si le<br />
cyclomoteur a changé de main, voire plusieurs<br />
fois. Il en est de même des certificats<br />
de cession quand le cyclomoteur a eu successivement<br />
plusieurs propriétaires. Aussi, cette<br />
obligation d’être immatriculé étant nouvelle,<br />
l’Administration accepte-t-elle, pour l’instant,<br />
comme présomption de légitime propriété,<br />
le titulaire d’un contrat d’assurance pour<br />
le cyclomoteur qu’il détient. Pour ceux qui<br />
possèdent une « flottille » de cyclomoteurs,<br />
afin de faciliter la démarche administrative,<br />
il serait judicieux d’avoir un contrat « flotte »<br />
regroupant les cyclomoteurs en état de circuler<br />
; pour ceux qui sont à restaurer, il est<br />
conseillé une assurance vol/incendie en tant<br />
que bien meuble. <strong>Le</strong> contrat devra détailler la<br />
liste des cyclomoteurs et toutes les données<br />
précédemment précisées.<br />
De l’intérêt des<br />
« véhicules de collection »<br />
L’immatriculation possible des cyclomoteurs<br />
en « véhicules de collection » concerne tous<br />
ceux âgés de plus de 30 ans. Posséder ce<br />
« statut juridiquement officiel », c’est avoir la<br />
garantie d’être exempté d’un certain nombre<br />
de contraintes techniques présentes et à<br />
venir, grâce à l’action permanente de la FFVE<br />
auprès des nombreux ministères, toujours<br />
prêts à mettre en place diverses mesures de<br />
précaution relatives à l’usage des véhicules<br />
et à la circulation routière. La plus domageable<br />
serait d’être classé, en cas d’accident,<br />
VTI, c’est-à-dire véhicule techniquement irréparable,<br />
et mis automatiquement en destruction<br />
avec annulation de l’immatriculation !<br />
La FFVE a obtenu que le classement<br />
en VTI ne s’applique pas aux véhicules<br />
immatriculés en collection (arrêté du 29<br />
Avril 2009 annexe 1 - critères d’irréparabilité<br />
technique).<br />
<strong>Le</strong> coût de l’attestation pour les cyclomoteurs<br />
est actuellement de 25 €, soit la<br />
moitié du prix de celle de tout autre véhicule.<br />
<strong>Le</strong> certificat d’immatriculation, lui, est<br />
actuellement délivré gratuitement. Mais<br />
cela pourrait ne pas durer éternellement,<br />
qu’on se le dise ! $
<strong>Le</strong>s Véhicules Lourds<br />
de Collection<br />
Après le lancement du label AUTOSUR <strong>Classic</strong>, la société SECTA développe aujourd’hui le concept<br />
TECHNOSUR <strong>Classic</strong> pour répondre à l’attente des collectionneurs de véhicules lourds.<br />
La législation mise en place pour les voitures particulières depuis octobre 2009, s’appliquera désormais<br />
aux poids lourds à partir de janvier 2011. <strong>Le</strong> contrôle technique devient donc obligatoire tous les cinq ans<br />
pour les poids lourds disposant d’une carte grise avec la mention « véhicules de collection » ou disposant<br />
d’une attestation FFVE s’ils ne sont pas encore immatriculés.<br />
Immatriculation<br />
et véhicules de collection<br />
Tous les véhicules de 30 ans d’âge peuvent<br />
obtenir une carte grise de collection avec<br />
comme corollaire l’interdiction de transporter<br />
des marchandises. <strong>Le</strong> passage en<br />
carte grise de collection ne revêt cependant<br />
aucun caractère obligatoire.<br />
Pour les « véhicules Lourds de collection<br />
», deux catégories sont définies :<br />
h Ceux immatriculés AVANT le 01/01/1960<br />
h Ceux immatriculés APRÈS le 01/01/1960<br />
En fonction de ces dates, la liste des points<br />
de contrôle est évidement différente.<br />
(Se reporter à l’article sur le sujet page 7<br />
dans ce même numéro de l’Authentique).<br />
Plaques d’immatriculation<br />
Il est admis qu’un véhicule de collection<br />
peut conserver les plaques d’immatriculation<br />
avec un fond noir.<br />
Circulation<br />
Du fait que les véhicules de collection<br />
soient désormais soumis aux contrôles<br />
techniques périodiques, l’utilisation de ces<br />
véhicules, à usage personnel, se fait sans<br />
restriction géographique de circulation.<br />
Contrôle technique<br />
et obtention d’un certificat<br />
d’immatriculation<br />
Pour les véhicules de plus de trente ans<br />
d’âge, dans le cas de mutation ou de<br />
demande de duplicata, l'obtention d'un<br />
certificat d'immatriculation est subordonnée<br />
à la preuve de l'exécution du<br />
contrôle technique en cours de validité.<br />
Pour ces véhicules, qu’ils possèdent ou<br />
non un numéro d’immatriculation définitif,<br />
et dont le certificat d’immatriculation<br />
ne comporte pas la mention d’usage<br />
« véhicule de collection », l’obtention du<br />
certificat d’immatriculation avec le numéro<br />
et la mention est subordonnée à la preuve<br />
de la réalisation d’un contrôle technique<br />
favorable en cours de validité de moins<br />
de cinq ans.<br />
Calendrier de passage<br />
des poids lourds de collection<br />
A défaut de date d’échéance de contrôle<br />
technique mentionnée sur le certificat<br />
d’immatriculation, les véhicules de collection<br />
mis en circulation :<br />
h à compter du 1 er janvier 1940, doivent<br />
faire l'objet d’un contrôle technique périodique<br />
au plus tard en 2011 ;<br />
h entre le 1 er janvier 1920 et le 31<br />
décembre 1939, doivent faire l'objet d’un<br />
contrôle technique périodique au plus tard<br />
en 2012 ;<br />
h avant le 31 décembre 1919, doivent<br />
publi-rédactionnel<br />
faire l'objet d’un contrôle technique périodique<br />
au plus tard en 2013.<br />
<strong>Le</strong>s véhicules de collection concernés par<br />
le calendrier de passage ci-dessus doivent<br />
se présenter à la visite technique au<br />
plus tard à la date anniversaire de leur<br />
première mise en circulation, dans le<br />
courant de l’année prévue.<br />
Dans le cas particulier où la date de mise<br />
en circulation est inconnue, le véhicule<br />
doit faire l'objet d’un contrôle technique<br />
périodique au plus tard en 2012.<br />
Pour les véhicules de collection présentés<br />
au contrôle technique périodique avant le<br />
1er janvier 2011, la date limite de validité<br />
du visa de la visite technique périodique<br />
ou de la contre-visite favorable est portée<br />
à cinq ans à compter de la date de la visite<br />
technique périodique. $<br />
Pour toutes informations :<br />
TECHNOSUR <strong>Classic</strong> – 3 rue Sainte Marie<br />
92415 COURBEVOIE Cedex<br />
Tél. : 01 49 04 15 32<br />
e-mail : jm.lopez@autosur.com<br />
Site : www.autosur.com<br />
n°12 - HiVer 2010 7
Cinq jours en février…<br />
<strong>Le</strong> luxe français<br />
Il fut un temps, figurez-vous, où nombre<br />
d’automobiles françaises constituaient<br />
la référence en matière de très haut de<br />
gamme, tant chez<br />
les carrossiers que<br />
chez les constructeurs.<br />
C’est ce que<br />
nous rappellent avec<br />
force de documents<br />
d’époque les deux<br />
auteurs (Claude<br />
Rouxel et Laurent Friry) de ce très bel<br />
ouvrage, tous deux historiens reconnus de<br />
l’automobile. <strong>Le</strong> lecteur appréciera également<br />
la pertinence des légendes. Prix<br />
79 €. Editeur E-T-A-I. $<br />
La 36e La 36 <strong>édition</strong> de Rétromobile se tiendra, sur une période<br />
réduite à cinq jours, du 2 au 6 févier prochain aux aux horaires<br />
suivants : mercredi 2, 11 h / 22 h, jeudi 3, 10 h / 19 h,<br />
vendredi 4, 10 h / 22 h, samedi 5 et dimanche 6, 10 h / 19 h.<br />
L’accent sera mis sur les motos, les yougtimers, les artisans<br />
et les clubs, petits et grands. Tout ce qui qui fait le charme habi<br />
tuel sera bien sûr au rendez-vous, autos d’exception, pièces pièces<br />
détachées et vente aux enchères.<br />
Entrée<br />
: 13 € - Renseignements : www.retromobile.com $<br />
<strong>Le</strong> <strong>Mans</strong> survolté….<br />
Baptême de piste remarqué pour la<br />
Citroën Survolt en juillet à l’occasion<br />
de la <strong>5ème</strong> <strong>édition</strong> de <strong>Le</strong> <strong>Mans</strong> <strong>Classic</strong>.<br />
D’un design novateur et agressif, la<br />
Survolt présente la particularité d’être<br />
mue par deux moteurs électriques<br />
totalisant 300 ch actuellement, 450 ch<br />
très bientôt ! Ce sont bien là des<br />
performances de vraie voiture de sport, comme a pu le constater sa pilote du jour,<br />
Vanina Ickx, en passant de 0 à 100 km/h en moins de 5 secondes. Il ne faudrait pas<br />
oublier pour autant que électricité et performances ne datent pas d’hier : en 1899,<br />
à Achères, la Jamais Contente de Achille Jenatzy, uniquement mue elle aussi par<br />
deux moteurs électriques, fut la première automobile au monde à passer le cap des<br />
100 km/h. Important donc de rester branché sur l’histoire automobile et de ne pas<br />
court-circuiter l’événement… $<br />
<strong>Le</strong>s Tuar, de Thouars<br />
De nouveaux lauriers<br />
chez E-T-A-I !<br />
« Fiat en Grand Prix », le passionnant<br />
ouvrage écrit par Sébastien<br />
Faurès de Fustel de Coulanges,<br />
édité chez E-T-A-I et déjà récompensé<br />
par le Prix Bellecour de<br />
L’Académie Bellecour en 2009,<br />
s’est vu récemment distingué par<br />
un autre prix, The Society of Historians<br />
Award. Il est vrai que pour<br />
tout passionné de l’histoire du<br />
sport automobile, sa lecture est<br />
incontournable et fort enrichissante.<br />
Nos compliments à l’auteur<br />
et à l’éditeur. $<br />
Parmi les très nombreuses marques d’automobiles du<br />
début du XIXe début siècle, il y eut Tuar, créée par Adrien Morin.<br />
La production des automobiles Tuar, fabriquées à Thouars<br />
dans<br />
les Deux-Sèvres, débuta en 1913 et s’arrêta en 1925.<br />
Thouarsais<br />
également, Daniel Foucherau, passionné d’auto-<br />
mobiles<br />
et désireux de promouvoir le patrimoine de sa cité,<br />
a<br />
consacré à ces automobiles méconnues, un ouvrage aussi<br />
intéressant que documenté.<br />
A travers les pérégrinations d’un apprenti notaire,<br />
devenu constructeur, puis assureur et expert, c’est tout le contexte de la mise en<br />
place de l’ère industrielle de l’automobile que l’on retrouve avec intérêt. Prix de<br />
vente 25 €, Geste Editions. $<br />
vu, lu, entendu<br />
Dietrich et Lunéville…<br />
« Lorraine-Dietrich » est bien connu pour la victoire de ses<br />
3,5 l B3-6 aux 24 Heures du <strong>Mans</strong> de 1925 et 1926. Mais,<br />
connaissez-vous l’histoire passionnante de la « Société<br />
de Dietrich et Compagnie de Lunéville » à l’origine de la<br />
marque ? Savez-vous qu’un certain Ettore Bugatti y collabora<br />
? Toute l’histoire des débuts de l’automobile chez cet<br />
important constructeur<br />
de wagons de l‘Est est<br />
narrée dans un nouvel<br />
ouvrage de luxe par<br />
celui-là même qui en<br />
avait déjà écrit la dernière<br />
partie (1918-1936)<br />
sous le titre « De la<br />
chrysalide au papillon, la 15 CV Lorraine-Dietrich ». Edition<br />
remarquable et fort bien documentée, disponible au prix de<br />
140 € + 10 € de port auprès de son auteur, spécialiste de<br />
la marque, Philippe <strong>Le</strong>roux, Club Lorraine-Dietrich, 6, rue<br />
Courbe, 36700 Châtillon-sur-Indre. Tél. : 02 54 38 78 72. $<br />
150 ans et 1 Grand-Prix…<br />
Dans le cadre des festivités des cent cinquante ans<br />
de Deauville, l’Union Commerciale, Industrielle et<br />
Artisanale de la ville (UCIAD) sous l’impulsion de<br />
Jean-Claude Baudier, a choisi d’évoquer le souvenir<br />
de l’unique Grand Prix automobile de Deauville<br />
(1936),<br />
remporté par<br />
Jean-Pierre<br />
Wimille sur<br />
Bugatti. Pour<br />
marquer<br />
cette victoire,<br />
l’UCIAD avait<br />
invité 30<br />
Bugatti, via<br />
l’usine et le club éponymes, présentées en différents<br />
endroits de la cité. A noter, la création d’un<br />
« Grand Prix formule bille » sur la plage, avec des<br />
billes bien entendu, et des miniatures Bugatti pour<br />
marquer les performances. La compétition fût âprement<br />
disputée… $<br />
La guerre<br />
de Rob Roy<br />
Exhumé par ses enfants et présenté<br />
par les Amis de Rob Roy<br />
(de son vrai nom Robert de la<br />
Rivière), voici un petit ouvrage<br />
émouvant illustré par celui que l’on connaît plus pour ses<br />
illustrations automobiles. Cette fois, le dessin est au service<br />
de l’Histoire et du quotidien de l’auteur, entre 1939 et 1944.<br />
Disponible au prix de 38 € auprès de l’association. A signaler<br />
qu’une exposition autour du livre se tiendra du 7 au 12<br />
décembre 117, rue Saint-Dominique 75007 Paris. E-mail :<br />
association.robroy@orange.fr, site : www.art-robroy.com $<br />
Photo Coco <strong>Le</strong>court / Athénée Concept<br />
n°12 - HIveR 2010 9
10<br />
5 ème <strong>Le</strong> mANS CLASSIC<br />
La magie de l’endurance du <strong>Mans</strong> se décline donc désormais<br />
en deux temps : celui, annuel, des modernes, et<br />
celui, bisannuel, des anciennes. Dans les deux cas, il s’agit<br />
d’une énorme organisation, aussi remarquable l’une que<br />
l’autre. Saluons, pour l’heure, la performance de Patrick<br />
Peter et de son équipe pour avoir su hisser cette manifes-<br />
Au sortir de la pré-grille, soudain les portes blanches s’ouvrent<br />
et les bolides surgissent sur la piste, telle cette mythique Ferrari P3 de 1966.<br />
Avec la fureur des échappements, l’instant est magique.<br />
<strong>Le</strong>s (vieux) fauves sont (re)lâchés !<br />
Toutes les précédentes <strong>édition</strong>s de <strong>Le</strong> <strong>Mans</strong> <strong>Classic</strong> nous avaient enthousiasmés ; cette version<br />
2010 nous a littéralement subjugués, faisant exploser tous les superlatifs. De façon factuelle,<br />
les chiffres parlent d’eux-mêmes : 500 voitures de compétition sur la piste, 10 000 véhicules<br />
anciens à l’intérieur du circuit et ses alentours immédiats, 100 000 spectateurs répartis<br />
au long des 13,629 km du grand circuit des 24 Heures du <strong>Mans</strong>. L’épreuve est devenue la plus<br />
grande manifestation de course historique et sa fama rejoint désormais les deux ou trois<br />
grands rendez-vous du monde de la collection… Par Pascal Chauvin-Lamour, photos PCHL<br />
tation à un tel niveau de qualité en si peu de temps. Au<br />
premier chef des ingrédients de la réussite, il y a le plateau.<br />
Et sur ce plan, le plus exigeant des scénaristes aurait<br />
difficilement osé rêver meilleur casting, les plus belles<br />
automobiles de course du monde sont en effet ici réunies.<br />
<strong>Le</strong>s voitures en lice, d’un modèle type au moins identique à<br />
<strong>Le</strong> <strong>Mans</strong> <strong>Classic</strong>, c’est un<br />
extraordinaire musée vivant et<br />
éphémère, tant à l’intérieur du<br />
paddock que sur les parkings.<br />
Avec son échappement<br />
« course » bien visible, cette Citroën<br />
C4 roadster de 1932 était pilotée<br />
par deux femmes britanniques.
L’inattention, la chaleur, des freins qui s’évanouissent au fil des tours :<br />
les trajectoires ne sont pas toujours idéales, mais cette Mustang s’en<br />
sortira bien.<br />
Avec 16 victoires finales et d’ « innombrables » victoires de classe,<br />
la marque Porsche était très présente ; ici, une 908/2 de 1965.<br />
celui ayant participé aux « vraies » 24 Heures du <strong>Mans</strong> entre<br />
1923 et 1979, sont réparties en 6 groupes correspondant<br />
aux périodes suivantes : plateau 1 de 1923 à 1939, plateau<br />
2 de 1940 à 1956, plateau 3 de 1957 à 1961, plateau 4 de<br />
1962 à 1965, plateau 5 de 1966 à 1971 et plateau 6 de 1972<br />
à 1979. Chacun des six plateaux effectue une séance d’essais<br />
de jour et une de nuit (le vendredi) et trois manches<br />
d’environ 45 mn le samedi entre 15 h et minuit et dimanche<br />
entre 0 h et 16 h. Mais avant d’en découdre sur la piste, les<br />
autos, rangées sous des tentes ouvertes, s’offrent à la vue<br />
d’un public éberlué dans le paddock.<br />
$ <strong>Le</strong> PLus grAnd Musée de L’endurAnCe<br />
C’est sans aucun doute l’un des atouts essentiel du <strong>Mans</strong><br />
<strong>Classic</strong> pour les passionnés que de pouvoir approcher<br />
d’aussi près, voire de toucher sans barrage, les autos les<br />
plus mythiques et certaines des plus titrées de l’endu-<br />
de très nombreux pilotes et anciens vainqueurs des 24 Heures étaient<br />
présents, comme au premier plan Jean-Pierre Jabouille dédicaçant<br />
l’affiche officielle.<br />
Cette Ford gT 40<br />
rappelle les quatre victoires<br />
successives du<br />
constructeur de detroit<br />
entre 1966 et 1969.<br />
<strong>Le</strong>s BMW 328, comme<br />
celle-ci datant de 1939,<br />
sont de formidables<br />
voitures de sport,<br />
particulièrement<br />
agréables à maîtriser.<br />
Il y avait 24 belles à<br />
admirer sur les pelouses<br />
mancelles au pied du Welcome<br />
avant qu’un jury non<br />
moins admirable (Jacques<br />
Séguéla, Hervé Poulain,<br />
François Melçion, Emmanuel<br />
Zurini, le fils Graton,<br />
Bernard Consten, José<br />
Rosinski, Jean-Marc Teissèdre,<br />
Etienne de Valance,<br />
Marc Schicklin, sans oublier<br />
Claude Delagneau, le tout<br />
événement<br />
<strong>Le</strong> concours <strong>Le</strong> <strong>Mans</strong> Heritage<br />
Claude delagneau en compagnie de Hannes<br />
steim, heureux propriétaire de l’Adler super<br />
Trumpf de 1937, élue « Best Of show » 2010.<br />
sous la présidence de Jean-Pierre Ploué, le patron du Style Citroën),<br />
ne distingue neuf d’entre elles.<br />
rance automobile. Parfaitement rangées par plateaux,<br />
disposant de larges allées pour la circulation et de<br />
suffisamment de place pour leurs interventions de maintenance,<br />
elles sont admirées, immortalisées dans les<br />
mémoires ou les appareils à images, respectueusement,<br />
sans pression. La seule préoccupation du passionné,<br />
c’est d’en manquer le moins possible. Quel régal ! Il<br />
y a là 470 machines, dont certaines sont de véritables<br />
découvertes comme par exemple la barquette Skoda<br />
de l’<strong>édition</strong> 1949 avec son 4 cylindres de 1110 cc ou la<br />
Ford Montier de 1923 (4 cylindres, 2 l) amenée par Ford<br />
France et confiée à d’heureux confrères. Et pour parfaire<br />
le tableau, vous croisiez deçi-delà les plus grands<br />
pilotes, dont 7 anciens vainqueurs du <strong>Mans</strong> (Attwood,<br />
Jaussaud, Lammers, Larousse, Pescarolo, Vern Shuppan<br />
HH<br />
n°12 - HIveR 2010 11
12<br />
événement<br />
La magie du <strong>Mans</strong> <strong>Classic</strong>, c’est aussi cette<br />
vénérable Ford circulant anachroniquement<br />
sur la piste du circuit Bugatti,<br />
Photo Benoît Tirard<br />
HH<br />
... des navettes<br />
d’époque et des<br />
hôtesses souriantes,<br />
et Wermer), tous décontractés et abordables, pour un<br />
autographe ou quelques mots. Il fallait se pincer pour<br />
être sûr de ne pas rêver…<br />
$ LA PLus grAnde réuniOn de CLuBs<br />
Avec, le plus souvent comme musique la symphonie<br />
des multicylindres en limite de zone rouge, il fallait aussi<br />
absolument aller se promener dans les boucles du petit<br />
circuit Bugatti. C’était en effet là que se trouvait la cinquantaine<br />
de clubs de marque et la soixantaine de clubs<br />
multimarques, exposant ici au total 8 000 véhicules d’exception,<br />
venus, selon l’expression, de « tous les pays ».<br />
Bien évidemment, fidèles au <strong>Mans</strong> depuis l’origine, nous<br />
trouvions beaucoup de Britanniques, mais aussi un grand<br />
nombre d’Allemands, d’Italiens, de Suisses et de Belges,<br />
ainsi que des passionnés des pays de l’Est, du Japon<br />
et même d’Amérique. La convivialité semblait être le<br />
maître des coins pique-nique, mécanique ou de repos,<br />
aussi informels que détendus. Et quelles belles autos à<br />
admirer, certaines, chargées comme des mules, dans un<br />
jus qui en font le charme et la valeur.<br />
La préservation du Patrimoine, c’est<br />
sans aucun doute cela, comme on sait si<br />
bien le faire pour les vieilles demeures :<br />
redonner vie en conservant la patine<br />
du temps, chaque pièce devenant ainsi<br />
unique. Et pour vous déplacer à l’inté-<br />
rieur du circuit, ou même pour vous rendre aux virages<br />
d’Arnage, vous pouviez emprunter d’anciens autocars<br />
ou les véhicules militaires de clubs appropriés (un regret<br />
… des espaces de convivialité entre amis,<br />
<strong>Le</strong> rallye Mécénat Cardiaque<br />
<strong>Le</strong> 6 e rallye Mécénat Cardiaque partait de Paris<br />
pour rallier <strong>Le</strong> <strong>Mans</strong> <strong>Classic</strong> au terme d’un parcours<br />
ludique et touristique de 250 km. <strong>Le</strong> but<br />
de cette épreuve, auquel participaient 6 clubs<br />
de marque (Alfa Romeo, Aston Martin, Facel<br />
La vente Artcurial<br />
... des milliers de véhicules de<br />
collection, généralement regroupés<br />
par marques ou pas clubs.<br />
Pour une première, ce<br />
fut un coup de Maître…<br />
Poulain, bien sûr ! Avec<br />
sa jeune et dynamique<br />
équipe d’Artcurial, le<br />
commissaire-pilote a fait<br />
effectuer un départ éclatant<br />
à sa première venteévénement<br />
dans le cadre de <strong>Le</strong> <strong>Mans</strong> <strong>Classic</strong>. A l’arrivée,<br />
plus des trois-quarts des autos vendues, avec la plus<br />
haute enchère à 740 000 € obtenue par une 275 GTB//4<br />
et un chiffre d’affaires total de près de 7 millions d’euros.<br />
A souligner la performance physique de l’acteur principal<br />
avec 4 heures de marteau par 40° ! « Plus fatiguant qu’un<br />
relais des 24 heures ! », devait-il confier.<br />
toutefois pour le public, qu’ils n’aillent pas jusqu’à la gare<br />
de tramway urbain pour faire la jonction, c’eût alors été<br />
parfait). Bref, à <strong>Le</strong> <strong>Mans</strong> <strong>Classic</strong>, il y en a<br />
vraiment pour tous les goûts et tous les<br />
âges, la prestation des enfants à bord<br />
des véhicules du Little Big <strong>Mans</strong> ou la<br />
démonstration de la Survolt électrique<br />
de 300 ch de Citroën n’étant pas passée<br />
inaperçue non plus…<br />
Remettez-vous bien de vos émotions 2010, archivez soi<br />
gneusement vos souvenirs et préparez-vous : <strong>Le</strong> <strong>Mans</strong><br />
<strong>Classic</strong>, ça recommence en 2012 ! $<br />
www.mecenat-cardiaque.org<br />
Vega, Jaguar et XK 120 ainsi que Ferrari) est de<br />
récolter des fonds pour sauver des enfants atteints<br />
de malformations cardiaques. L’épreuve<br />
2010 était parrainée par Jean-Pierre Jaussaud,<br />
double vainqueur des 24 Heures du <strong>Mans</strong>.
MONACO Temps & Passions +377 9777 1625<br />
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ROUEN : <strong>Le</strong>page 02 35 88 53 53 - ST MAXIME : Darmand 04 94 49 20 88 - STRASBOURG : Jacquot 03 88 32 82 81 - ST TROPEZ : Lili Brooks 04 94 97 75 09 - TOULOUSE : Eric Bernadou 05 61 53 99 04<br />
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NAMUR : Jeffrey +32 8 122 03 32<br />
LUXEMBOURG Wagner +352 22 63 70
14<br />
<strong>Le</strong> soleil brille, il fait 30° sur les quais de Châteaulin où l’on déambule pour admirer le feu d’artifice<br />
mécanique multicolore en ce samedi de Pentecôte. On y croise partout des véhicules anciens aux<br />
passagers élégamment costumés. Parmi ceux-ci, surgit une Alba Torpédo type 13 avec à son volant René<br />
Alba, l’infatigable organisateur du Tour de Bretagne, le chef d’orchestre de cette incroyable symphonie.<br />
Quand on dit « chef d’orchestre », c’est bien de cela qu’il s’agit, car entouré de 1 300 « instruments »<br />
anciens et de 2 600 « interprètes », il a choisi pour cette année deux « partitions » l’une au nord, l’autre<br />
au sud de la Bretagne. Mais il n’a qu’un seul credo : « interpréter cette mélodie bretonne à l’unisson ! ».<br />
Par Gilles Gaucher, photos Michel Clin & Régis Deweer<br />
C<br />
’est précisément là, au bout de la trentième<br />
<strong>édition</strong>, que nous nous rendons<br />
bien compte du lien fédérateur tissé par<br />
cet évènement. L’alchimie mêlant les<br />
forces vives des associations régionales,<br />
des comités d’animation et des différentes<br />
municipalités a rassemblé près de 500 000<br />
visiteurs tout au long de ce week-end.<br />
<strong>Le</strong>s langues se délient, les gens se parlent<br />
: « Je me souviens, dit l’un, moi aussi<br />
répond l’autre... » Toute la matinée, deux<br />
points d’accueil suffisent à peine à la distribution<br />
des 1 300 dossiers...<br />
$ Des artistes cosmopolites<br />
Qu’ils aient revêtu le costume de Bécassine,<br />
du curé, du capitaine Haddock ou<br />
celui du professeur Tournesol, dans la<br />
file d’attente, les anecdotes vont bon<br />
train, bref... la bonne ambiance est au<br />
rendez-vous. A bord de son 6 cylindres<br />
Alfa Spider 2600, Claude Delagneau est<br />
venu entouré de bon nombre d’administrateurs<br />
et pour ce faire, il a monté une<br />
équipe, le Team Motul. Cette année<br />
encore, en VéloSolex, Clément (16 ans)<br />
a décidé d’accompagner son père Régis<br />
Deweer, fervent amateur de youngtimers.<br />
Ni l’un, ni l’autre ne veulent manquer<br />
ce rendez-vous incontournable...<br />
Que ce soit le départ des « nordistes »<br />
ou celui des « sudistes », la même effervescence<br />
est présente. L’objectif pour le<br />
Nord, c’est Lannion et pour le Sud, c’est<br />
Guidel. Dans un concert de joyeuses<br />
pétarades alliées à quelques volutes de<br />
fumée au doux parfum d’huile de ricin,<br />
aux commandes de sa<br />
magnifique alba, Bernadette<br />
mesplet est l’une des rares<br />
femmes à conduire un ancêtre,<br />
ce qui visiblement lui procure<br />
un grand plaisir.<br />
Tour de BreTagne<br />
Ils sont fous, ces Bretons !<br />
tout le patrimoine industriel automobile<br />
est ainsi offert aux yeux du public. Pendant<br />
que Jacky Rollet remplace la roue<br />
déjantée de sa Darracq double phaéton<br />
de 1909, la Traction verte de Jean-Paul<br />
Queffelec double la file. Pas étonnant :<br />
c’est un des médecins du Tour !<br />
<strong>Le</strong> lendemain matin, la joyeuse farandole<br />
redémarre dès huit heures sous un soleil<br />
de plomb. Bernadette Mesplet, une des<br />
rares femmes à conduire un ancêtre, a<br />
même fait le voyage depuis la région<br />
bordelaise : « C’est la deuxième fois que<br />
je participe au Tour et l’accueil ici est<br />
formidable, que ce soit celui du public ou<br />
celui des organisateurs. C’est un grand<br />
plaisir de commencer la saison par cet<br />
événement ». <strong>Le</strong> soleil cogne et les Briochins<br />
sont allés à la plage, à Saint-Quay,<br />
HH
les belles prennent l’air…<br />
marin. les haltes sont<br />
nombreuses tant pour<br />
les mécaniques que pour<br />
les panoramas. chacun va<br />
à son rythme.<br />
Ça sent les joyeux congés<br />
avec bagages et munitions<br />
en conséquence emportés<br />
par une bien sympathique<br />
citroën 2 cV première<br />
version.<br />
il y a bien le brouillard,<br />
la lande et les cabriolets<br />
britanniques, mais<br />
nous ne sommes pas en<br />
Grande-Bretagne ; l’action<br />
se déroule en Bretagne<br />
tout court comme le<br />
rappelle le drapeau sur<br />
la 4 cV.<br />
SUR LE TERRAIN<br />
N°12 - HIVER 2010 15
HH<br />
16<br />
SUR LE TERRAIN<br />
les équipes de « casquettes<br />
rouges » (team motul peuvent<br />
être fières d’elles : toujours<br />
aux petits soins, même des<br />
mécaniques !<br />
les deux-roues ne sont pas en reste :<br />
la fête est pour tous. cela permet<br />
d’avoir des jeunes au départ.<br />
certains participent en Vélosolex.<br />
Binic ou au Val André... Comme le Tour<br />
suit justement la côte, cela fait du monde<br />
sur la route ! <strong>Le</strong>s bigoudènes en VéloSolex<br />
pédalent « sec » dans les côtes, mais<br />
elles arriveront loin devant tous ces 4, 6<br />
ou 8 cylindres qui piaffent. Des centaines<br />
de bénévoles indiquent la route et c’est<br />
au cœur historique de Concarneau que<br />
certains dégustent quelques spécialités<br />
du terroir pendant que d’autres abreuvent<br />
leurs montures.<br />
$ Un air inoUBliaBle<br />
A dire vrai, au Tour de Bretagne, ce n’est<br />
pas la faim qui nous tenaille... le soir,<br />
un verre à la main, nous relatons nos<br />
anecdotes de la journée. <strong>Le</strong>s arrivées<br />
d’étapes de Guidel et Dinan ne seront<br />
pas de tout repos pour tout le monde,<br />
tout au long du parcours, une incroyable<br />
chaîne humaine de spectateurs accueille<br />
les participants, comme ici pour cette<br />
citroën de couleur inhabituelle.<br />
pas de tour sans caravane<br />
publicitaires : les véhicules<br />
de lionel Blanleil ont assuré<br />
spectacle et ambiance !<br />
certains ont même dû « mécaniquer »<br />
jusqu’au clair de lune... Ce lundi matin,<br />
la cinquième et dernière étape guidera<br />
les 1 300 équipages au centre ville de<br />
Rennes. Sous les acclamations du public,<br />
c’est dès l’aube que passe la caravane.<br />
C’est alors au tour du tonneau Byrrh, du<br />
château Castelvin, de la double bouteille<br />
Butagaz de faire leur spectacle : il<br />
s’agit là de la caravane du Tour de France<br />
Cycliste de Lionel Blanleil. Comme au<br />
bon vieux temps, les occupants lancent<br />
des bonbons aux enfants et ça fleure bon<br />
la Grande Boucle ! Enfin, contrairement<br />
aux prévisions du « Big Boss » l’entrée de<br />
Rennes, pour les 1 300 véhicules s’effectue<br />
dans le calme et la douceur. Avec une<br />
telle canicule, les Rennais étaient sur la<br />
côte !... Sur la Place Charles de Gaulle et<br />
toujours dans l’excès, René nous a réservé<br />
un barbecue géant… pour, pensez donc,<br />
2 300 convives ! Ils sont vraiment fous ces<br />
Bretons… Mais la synchronisation parfaite<br />
de ce véritable événement force le plus<br />
grand respect !...<br />
Kénavo et à l’année prochaine ! $<br />
<strong>Le</strong> Tour de Bretagne en quelques chiffres<br />
1 300 équipages, 2 600 participants, 2 itinéraires de 450 km chacun, 500 000 spectateurs,<br />
500 bénévoles, 14 500 repas servis, 8 400 nuitées, 40 véhicules d’assistance,<br />
etc. Dire que tout a commencé il ya trente ans avec quelques copains…
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12 bis, bd des Frères Voisin 92130 Issy-les-Moulineaux.<br />
Création J. <strong>Le</strong>ray. Crédit photo : Globalphoto/Alamy.
18<br />
après un arrêt-photo<br />
devant le grand<br />
palais, une partie<br />
du cortège se dirige<br />
vers les invalides.<br />
3 ème « Paris au mois d’août »<br />
Même pas d’embouteillage !<br />
Pour la 3e année consécutive, la dynamique association « Vincennes en anciennes »<br />
invitait les collectionneurs, parisiens ou pas, à traverser la capitale pour<br />
son « Paris en anciennes », à la date fatidique du premier week-end augustin.<br />
Par Pascal Chauvin-Lamour, photos PCHL<br />
Il est, je vous l’accorde, quelque joie infiniment<br />
douce et mesquine tout à la fois.<br />
Tenez, imaginez. Vous écoutez votre station<br />
de radio préférée et vous entendez<br />
« 30 km de bouchon au péage de Lyon,<br />
40 à celui de Bordeaux, 50 à la frontière<br />
espagnole…. ». « Oh ! les pôvres ! » vous<br />
exclamez-vous faussement compatissant.<br />
Alors, à ce moment-là, vous levez le pied<br />
de l’accélérateur, vous posez votre coude<br />
à la portière, regardez le ciel au-dessus<br />
de votre cabriolet et savourez plus encore<br />
une circulation parisienne quasi nulle,<br />
agrémentée des sourires des touristes et<br />
de la bienveillance de la maréchaussée…<br />
C’est ce qu’ont pu éprouver près de 450<br />
équipages aux commandes d’engins<br />
hétéroclites, allant de la Zèbre de 1920<br />
à la Jaguar Type E « racing-street », en<br />
passant par les motos et les autobus.<br />
ne vous méprenez<br />
pas : cette<br />
photo date bien<br />
d’août 2010 !<br />
et ce plateau<br />
peugeot 403<br />
se promène à<br />
montmartre, il<br />
ne travaille plus…<br />
Dès 6 h 30, les<br />
équipages ont<br />
afflué vers le lieu<br />
de départ, l’esplanade<br />
du Château<br />
de Vincennes.<br />
Certains avaient préféré prendre le bus, en l’occurrence<br />
un renault tn6 de 1936 (6 cylindres, 67 ch) mis<br />
à disposition par le patrimoine renault.<br />
Quel formidable échantillonnage de la<br />
production automobile et de la diversité<br />
que permet notre passion !<br />
$ Une liberté parfaitement organisée<br />
Ce qui frappe les esprits, c’est la décontraction<br />
de tous. Mais arriver à faire rouler<br />
autant de véhicules de façon aussi<br />
détendue, cela requiert expérience et
ouf ! il y avait bien<br />
un prêtre en ce<br />
dimanche matin<br />
pour une cérémonie<br />
en terrasse de<br />
café… pas très<br />
catholique !<br />
Une « Citron » jaune<br />
Citroën file vers<br />
la bastille.<br />
gros travail en amont : « Il y a d’abord un<br />
gros effort de communication, plutôt pour<br />
rappeler l’événement que pour l’annoncer,<br />
car bien qu’il ne s’agisse que de la troisième<br />
<strong>édition</strong>, nous avons déjà des fidèles<br />
et le bouche-à-oreille fonctionne bien.<br />
Ensuite, il y a tout l’aspect administratif<br />
avec les autorisations qui vont de pair.<br />
Enfin, il y a toute l’intendance, de façon<br />
à accueillir chaque équipage dans les<br />
meilleures conditions ». Sur ce point, rien à<br />
redire avec un lieu de rendez-vous aisé et<br />
adapté – l’Esplanade du Château de Vincennes<br />
– et des commissaires compétents.<br />
C’est le moment du petit café, de la<br />
remise de plaques et des premiers propos<br />
échangés de bon matin avec un<br />
autre passionné ou quelque curieux. Ça<br />
discute ferme. Claude Delagneau et Laurent<br />
Hériou sont déjà là, puis à 8 h 15,<br />
les motos pétaradent et s’échauffent<br />
pendant que les premières voitures quittent<br />
les lieux, direction les places de la<br />
Bastille, des Vosges, de la Concorde, Vendôme<br />
et La Madeleine. Il convient de se<br />
hâter sans se presser toutefois, car il faut<br />
être à Montmartre avant que les accès ne<br />
ferment à 11 h.<br />
Tout au long du trajet les haltes se multiplient<br />
: photos, estaminets, boulangeries<br />
et même… charcuteries ! Des retardataires<br />
n’ayant pu obtenir de panier-repas<br />
font leurs courses pour le pique-nique du<br />
Ces fiat 500 et<br />
dérivées ne sontelles<br />
pas les plus<br />
parisiennes des<br />
italiennes ?<br />
renault 4 CV et tr3<br />
« fine bouche »<br />
devant la boucherie<br />
de montmartre :<br />
les occupants<br />
ravitaillent !<br />
l’important, pour un pique-nique<br />
réussi, c’est d’avoir du coffre, n’est-ce<br />
pas monsieur ? (ou comment utiliser<br />
au mieux une belle alpine a310 !).<br />
midi qui se déroule, après un nouveau<br />
trajet, sur les terrasses de l’Observatoire<br />
de Meudon.<br />
$ Une ConViVialité remarqUable<br />
<strong>Le</strong> spectacle du déjeuner sur l’herbe de ce<br />
jour-là a de quoi inspirer un autre Monet !<br />
Près de mille personnes pique-niquent qui,<br />
sur le capot de son auto, qui, parfaitement<br />
installés, avec table et chaise adaptés.<br />
On déjeune seul avec sa passagère ou en<br />
groupes, par clubs, par marques, par région<br />
ou même par pays. Car figurez-vous que<br />
si la plupart des équipages était parisien<br />
ou des proches alentours, une soixantaine<br />
d’autres venait de province et une quinzaine<br />
de l’étranger (Belgique et Hollande) !<br />
sur le terrain<br />
rouler à paris au mois d’août de façon aussi sympathique est<br />
un plaisir dont de nombreux motards ne se sont pas privé.<br />
C’était aussi l’occasion de voir l’ensemble<br />
des véhicules, voire de poser des questions<br />
à leurs propriétaires. Evidemment, nombre<br />
de Citroën et de Renault, mais aussi des<br />
Trabant, Delahaye, de Dion, Mathis, Bentley<br />
et bien d’autres encore. « Plus de cinquante<br />
marques sont ici représentées »,<br />
nous confirme Michel Romanet-Perroux. Un<br />
bien beau musée éphémère qui a sillonné<br />
les rues de la capitale pour le plus grand<br />
plaisir de tous. L’an prochain, une journée<br />
des véhicules anciens est prévue pour le<br />
dernier dimanche de juillet ou le premier<br />
d’août ; pour ne pas manquer ce rendezvous<br />
ainsi que tous les autres proposés par<br />
Vincennes en Anciennes, consultez régulièrement<br />
le site... $<br />
www.vincennesenanciennes.com<br />
n°12 - HiVer 2010 19
20<br />
ConCours d’éléganCe de niCe<br />
Cette tradition n’a hélas, pas perduré.<br />
<strong>Le</strong> dernier concours d’élégance de la<br />
ville de Nice eu lieu en 1995, il y a quinze<br />
ans déjà. S’inscrivant toujours dans une<br />
démarche de sauvegarde du Patrimoine,<br />
et malgré la bien regrettable autophobie<br />
ambiante, la Fédération Française des<br />
Véhicules d’Epoque a souhaité renouer<br />
avec la tradition. Ainsi, grâce au Club Passion<br />
Automobiles et de son dynamique<br />
Président Pierre Asso, un grand Concours<br />
d’Elégance a-t-il été programmé pour le<br />
14 août en soirée. <strong>Le</strong> lieu choisi est tout<br />
simplement magique, puisqu’il s’agit de la<br />
place Massena.<br />
$ OrganisatiOn et plateau<br />
remarquables<br />
La ville de Nice et son Ministre-maire<br />
Christian Estrosi, le Conseil Général des<br />
Alpes-Maritimes, l’Automobile Club de<br />
Nice - Côte d’Azur, le Club Passion Automobile,<br />
la FFVE, dont votre serviteur,<br />
étaient tous unis pour mener à bien ce<br />
magnifique projet.<br />
une demi-heure de chauffe et cette serpollet à<br />
vapeur retrouve les lieux de son record quelque 108<br />
ans plus tard pour un hommage enthousiaste.<br />
Tombé à l’eau avec honneur !<br />
Dans les années 1930, de nombreux concours d’Elégance Automobile se déroulaient<br />
régulièrement dans les cités estivales ou autres villes d’eau, sans mauvais jeu de<br />
mots... La capitale azuréenne organisait bien sûr le sien, consacré à la gloire de<br />
l’Automobile et de l’Elégance. Par Régis Deweer<br />
Hélas, mille fois hélas, vers 14 heures ce<br />
14 août, les cieux se déchaînèrent… et<br />
des trombes d’eau s’abattirent sur la ville,<br />
noyant ainsi toute chance de succès pour<br />
des manifestations extérieures. Après<br />
quelques heures d’attente, malgré l’optimisme<br />
et la détermination des organisateurs,<br />
il fallut raison garder et prendre la<br />
douloureuse, mais sage décision, d’annuler<br />
la manifestation. Quel dommage ! Un plateau<br />
magnifique était prévu, 39 voitures de<br />
1975 à 1902 devaient être présentées par<br />
le président Delagneau et sélectionnées<br />
par un jury de spécialistes présidé par<br />
l’ancien pilote Bernard Consten, vainqueur,<br />
entre autres, à plusieurs reprises du Tour<br />
de France Automobile, avec à ses côtés<br />
Gaston Franco, Député Européen, Henri<br />
Chemin, ex-dirigeant emblématique de<br />
l’équipe Ford, Christian Simonetti, administrateur<br />
de la FFVE et d’autres jurés de<br />
qualité. Parmi les voitures engagées, se<br />
trouvait bon nombre de modèles vraiment<br />
exceptionnels. Ne pouvant tous les citer,<br />
nous retiendrons malgré tout le prototype<br />
Maserati Boomerang de 1972 carrossé<br />
« petite royale »,<br />
c’est le surnom<br />
de cette bugatti<br />
type 46, moins<br />
imposante qu’une<br />
des 6 type 41<br />
royale (6,4 m de<br />
long) mais pas<br />
moins élégante,<br />
loin s’en faut.
par Giugiaro et désormais propriété du<br />
collectionneur passionné, André Binda,<br />
une Ferrari 500 Mondial de 1958 historique<br />
plusieurs fois pilotée par Jean Guichet<br />
(vainqueur des 24 Heures du <strong>Mans</strong><br />
en particulier), une fabuleuse Alfa Romeo<br />
6 C 1750 Zagato de 1931, une fantastique<br />
Bugatti de 1930 de Type 46 appelée également<br />
« Petite Royale », pilotée par Camille<br />
Bourges venu d’Avignon.<br />
$ même une vOiture… à eau !<br />
Et puis, cerise sur le gâteau et symbole de<br />
cette journée sans le vouloir, une voiture<br />
à… eau (!) : la Serpollet à vapeur de 1902<br />
de Jean-Charles Chambre, voiture connue<br />
sous le nom de « l’Œuf de Pâques ». Outre<br />
le spectacle, c’était toute l’histoire de<br />
l’Automobile qui était ainsi en marche.<br />
En effet, le 13 avril 1902, l’Œuf de Pâques<br />
de Léon Serpollet a, sur la promenade<br />
des Anglais, au cœur de la ville de Nice,<br />
battu le record du monde de vitesse sur le<br />
kilomètre lancé en 29,4 secondes, soit à la<br />
vitesse de 120,805 km/h à l’occasion de la<br />
Coupe Henri de Rothschild. Nous étions<br />
en 1902, en plein cœur de Nice !<br />
Cette Serpollet à vapeur était, sans nul<br />
doute, l’événement majeur de la manifestation.<br />
C’est pourquoi le lendemain matin,<br />
soit le 15 août, alors que le soleil était enfin<br />
revenu, Jean-Charles Chambre emprunta<br />
la Promenade des Anglais, escorté par la<br />
police qui avait désactivé toutes sortes de<br />
radars… La presse écrite et télévisée était<br />
bien sûr présente pour la reconstitution de<br />
cet événement vieux de 108 ans.<br />
D’autres voitures du concours en ont profité<br />
pour accompagner cette belle machine<br />
à vapeur et ce, pour le plus grand plaisir<br />
de la foule nombreuse sur la Promenade<br />
en cette période.<br />
D’aucuns diront qu’à cause de la pluie, ce<br />
fut un non-événement. C’est parfaitement<br />
inexact eu égard aux forces mobilisées et<br />
à l’enthousiasme des équipages inscrits<br />
pour cette première. Ce compte-rendu<br />
leur est dédié, rendant ainsi hommage aux<br />
organisateurs, aux véhicules engagés et au<br />
public déçu. Puissent ces quelques lignes<br />
atténuer la déception de tous ceux qui ont<br />
travaillé plusieurs mois à la réalisation de<br />
cette manifestation, en espérant que le<br />
ciel bleu et le soleil de 2011 fassent oublier<br />
la pluie et les nuages de 2010. $<br />
etabli sur la base d’une maserati<br />
bora dont il est déjà le designer,<br />
giugiaro présente en 1972 au<br />
salon de genève ce sensationnel<br />
concept-car baptisé boomerang<br />
visible cette année à nice.<br />
une quarantaine d’automobiles exceptionelles<br />
était prête à participer au<br />
Concours d’elégance de nice.<br />
le lundi matin, la vaillante<br />
serpollet fait la une de nicematin,<br />
avec un article en pages<br />
intérieures.<br />
SUR LE TERRAIN<br />
N°12 - HIVER 2010 21
22<br />
UNE PREMièRE POUR LE RAUCCA<br />
Alors que les collectionneurs de véhicules historiques utilitaires sont inquiets de la mise en place<br />
du SIV (voir p.7), il est heureux de constater que la ferveur de ces mêmes amateurs ne faiblit pas.<br />
C’est ce que j’ai pu constater lors de la superbe randonnée organisée par le jeune club nordiste :<br />
le RAUCCA (Rassemblement des Amateurs d’Utilitaires, Cars, Camions Anciens). Par Pascal Rousselle<br />
La vie réserve parfois de très bons souvenirs<br />
qui restent gravés dans nos<br />
mémoires, tels des événements familiaux<br />
(mariage, naissance des enfants…) ou,<br />
comme dans mon cas, cette superbe randonnée<br />
pour véhicules historiques utilitaires<br />
à laquelle j’ai participé pour le<br />
compte de la FFVE.<br />
L’idée de cette randonnée a germé dans<br />
la tête des responsables du RAUCCA il<br />
y a quelques mois : « Pourquoi n’organiserions-nous<br />
pas nous aussi une sortie<br />
camions dans notre région ? » Et c’est ainsi<br />
que quinze équipages se sont retrouvés le<br />
samedi de la Pentecôte au volant de quinze<br />
poids lourds anciens pour cette découverte<br />
de la région Nord / Pas-de-Calais. Au programme<br />
: trois jours de conduite touristique<br />
sur les petites routes de la région avec<br />
découverte du patrimoine.<br />
$ Un parcoUrs remarqUable<br />
Tout au long des 300 kilomètres du parcours<br />
en boucle au départ de Lille, les<br />
organisateurs avaient prévu des haltes<br />
judicieuses. Ainsi, premier arrêt à la ferme<br />
des Orgues où nous avons pu découvrir<br />
une fabuleuse collection d’orgues de<br />
barbarie, phonographes et autres instruments<br />
du même acabit. Tout ce matériel<br />
était bien sûr en ordre de marche. Quel<br />
fabuleux voyage dans le temps... Puis, en<br />
voiture, ou plutôt en camion, direction<br />
Montreuil-sur-Mer pour la visite de cette<br />
cité historique avec remparts et vieille<br />
ville. A Aire-sur-La-Lys, arrêt chez un collectionneur<br />
de la première heure spécialisé<br />
dans les véhicules d’avant 1920. En<br />
ouvrant les portes du garage, l’émerveillement<br />
était au rendez-vous. Enfin, retour<br />
à Lille avec la visite très appréciée d’une<br />
concession Renault Trucks ultra moderne<br />
(atelier mécanique, marbre, peinture,…).<br />
Quant aux repas, ils nous ont permis de<br />
découvrir les spécialités culinaires de la<br />
région : carbonade flamande, glace au<br />
speculoos, fruits de mer locaux, etc. Tout<br />
au long du trajet, sous un soleil de plomb,<br />
arrêt remarqué<br />
sur la place de la mairie<br />
de montreuil-sur-mer.<br />
<strong>Le</strong>s rois de la route au pays des ch’tis<br />
les participants étaient enchantés ; mais il<br />
ne faudrait pas oublier l’engouement du<br />
public. <strong>Le</strong>s gens s’arrêtaient pour regarder,<br />
admirer, applaudir. L’émotion était partagée…<br />
Il y a bien longtemps que je n’avais<br />
pas connu cela.<br />
Cette randonnée fut donc une vraie réussite<br />
grâce à un cocktail savamment dosé :<br />
belles visites, parcours très varié, ambiance<br />
extraordinaire, qualité des prestations.<br />
Encore bravo à ces organisateurs qui n’ont<br />
pas eu peur de franchir les obstacles pour<br />
mener à bien cette entreprise en cette<br />
période où les principes de précaution et<br />
le politiquement correct prennent souvent<br />
le pas sur le simple plaisir. Cette première<br />
fut une pleine réussite, vivement la suivante<br />
! $<br />
L’association a été créée en 2006 à l’initiative de quelques<br />
amateurs nordistes de véhicules utilitaires, avec mission<br />
de promouvoir le véhicule utilitaire historique. Pour<br />
ce faire, ses membres multiplient les activités, dont<br />
randonnées et expositions. Ils s’attachent également à<br />
promouvoir la mémoire de tous ceux qui ont utilisé, conduit, conçu ces vaillants<br />
utilitaires. Fort d’une trentaine d’adhérents, le club regroupe environ 70 véhicules,<br />
essentiellement de la période des trente glorieuses.<br />
Si vous contractez le virus, vous pouvez les contacter par courriel :<br />
raucca.nord@yahoo.fr, par téléphone au 06 66 64 87 33.<br />
Site internet : http://raucca.e-monsite.com
pierre leloup, 16 ans piaffe d’impatience de pouvoir prendre le volant<br />
de la citerne azur familiale.<br />
Un beau renault Goelette 1958 décoré aux couleurs de la chicorée lestarquit.<br />
SUR LE TERRAIN<br />
Halte improvisée<br />
à béthune pour<br />
le Ford canada<br />
de 1947.<br />
au hasard<br />
du parcours,<br />
un bernard 180<br />
6 roues<br />
de 1963, suivi<br />
d’un berliet<br />
Tlm10<br />
de 1959.<br />
N°12 - HIVER 2010 23
NÉGOCIANT - MANIPULANT<br />
Chevalier de l’Ordre du Mérite Agricole<br />
10110 Celles Sur Ource - Tél. 00 33 (0)3 25 38 55 05 - E-mail : pierrebrocard@champagnebrocardpierre.fr<br />
www.champagnebrocardpierre.fr
Au vélodrome de roubAix<br />
<strong>Le</strong> Festival des Belles Mécaniques<br />
Pour la huitième année consécutive, les clubs IDéale DS Hauts de France et le Rassemblement des<br />
Amateurs d‘Automobiles Anciennes des Flandres (RAAAF) ont organisé un Festival des Belles Mécaniques<br />
sur le vélodrome de Roubaix, lieu historique bien connu des amateurs de cyclisme.<br />
Par Pascal Rousselle, photos Pascal Rousselle et DR<br />
Chaque année, les organisateurs<br />
choisissent deux thèmes pour cette<br />
manifestation organisée dans le cadre<br />
du vélodrome de Roubaix. Pour cette<br />
<strong>édition</strong> de juin 2010, les marques retenues<br />
étaient les automobiles Renault<br />
et la Jaguar MK II. Hormis l’intérêt historique<br />
des lieux, cette manifestation<br />
présente l’avantage d’être soutenue par<br />
la municipalité de Roubaix qui donne les<br />
moyens pour que ces deux jours soient<br />
une grande fête du véhicule de collection.<br />
Ainsi, le prix d’entrée à la manifestation<br />
est-il parmi les plus bas du genre,<br />
permettant au plus grand nombre de<br />
pouvoir participer. Au total, ce sont près<br />
de 1 000 véhicules de plus de 30 ans qui<br />
sont entrés sur le site, créant une animation<br />
durant tout le Festival.<br />
$ un vrai potentiel<br />
<strong>Le</strong> programme comprenait une exposition<br />
sous chapiteau consacrée aux deux thèmes<br />
précités, une bourse d’échanges sous chapiteau,<br />
un village-club avec des stands<br />
permettant à chacun de présenter ses<br />
activités et d’organiser un repas sur place,<br />
une réunion d’informations FFVE présidée<br />
par Claude Delagneau qui assura aussi le<br />
dimanche après-midi une présentation<br />
dynamique de véhicules avec une remise<br />
Cette renault eK, attendant<br />
son tour pour tourner sur<br />
la piste du vélodrome,<br />
était présentée par le Musée<br />
de reims.<br />
SUR LE TERRAIN<br />
premiers tours de roues depuis bien longtemps<br />
pour ce Darmont 3 roues qui semble<br />
particulièrement apprécier l’ovale roubaisien.<br />
de prix. Bien entendu, la possibilité pour<br />
les collectionneurs d’effectuer quelques<br />
tours de piste de ce fameux vélodrome<br />
fut un moment très attendu et totalement<br />
partagé par les spectateurs enthousiastes.<br />
<strong>Le</strong> tableau était aussi insolite qu’inoubliable<br />
et constitua le clou du spectacle.<br />
Voilà donc clairement, une belle manifestation<br />
qui possède un réel potentiel de<br />
développement dans une région où la<br />
collection est très active. Gageons qu’avec<br />
la volonté de faire toujours mieux, les<br />
prochaines <strong>édition</strong>s seront encore plus<br />
captivantes! <strong>Le</strong>s thèmes au programme de<br />
l’<strong>édition</strong> de juin 2011 sont déjà dévoilés :<br />
Peugeot et les scooters. Préparez-vous ! $<br />
voici, dans le cadre de l’exposition renault,<br />
deux belles Frégate particulièrement rares :<br />
un coupé Chapron et un cabriolet letourneur<br />
et Marchand… dans leur jus !<br />
N°12 - HIVER 2010 25
26<br />
Photo Warm-Up Photo<br />
La FFVE aux CoupEs Moto LégEndE<br />
Une grande fête de la moto<br />
ancienne et classique<br />
Depuis plusieurs années, la FFVE est associée à l’organisation des Coupes Moto Légende,<br />
et cette année encore les administrateurs du Collège Motos au grand complet se sont rendus<br />
sur le circuit de Dijon-Prenois pour apporter leurs compétences techniques à l’attribution<br />
de ces fameuses « Coupes Moto Légende ». Pour compléter cette équipe, Claude Scalet<br />
conseiller du Président et Michel de Thomasson ont apporté leurs connaissances précieuses<br />
et éclairées. Par Roland Carlier<br />
<strong>Le</strong>s passionnés que nous sommes ont eu, ce week-end là,<br />
l’occasion de découvrir ou de revoir des motos exceptionnelles,<br />
rares et parfois méconnues, apportées par les clubs ou<br />
les participants. <strong>Le</strong>s Coupes Moto Légende sont un moyen de<br />
rencontrer les clubs, français ou étrangers, et de partager sa<br />
passion pour la moto avec des amateurs avertis. Elles constituent<br />
un rendez-vous convivial où se mêlent jeunes et anciens,<br />
où les odeurs si caractéristiques des moteurs deux-temps<br />
s’associent aux musiques des pots d’échappements à peine<br />
filtrées des quatre-temps… En quelque sorte, une sorte de<br />
grand bal, rythmé par les départs des séries correspondant<br />
aux différentes catégories de motos, pour la valse des passionnés<br />
autour du circuit. A l’intérieur, il y avait la kermesse<br />
dédiée aux motos anciennes et classiques, complétée par une<br />
bourse d’échanges, vaste et de bonne qualité, où nombre de<br />
collectionneurs ont pu trouver leur bonheur.<br />
$ <strong>Le</strong> rô<strong>Le</strong> important de La FFVe<br />
en piste, au guidon de sa Guzzi 250 airone<br />
de 1951, un des vétérans des Coupes<br />
moto Légende, roger <strong>Le</strong> parc, 80 ans.<br />
Dans cette manifestation, le rôle des administrateurs FFVE<br />
est important et plusieurs réunions seront nécessaires<br />
pour que l’attribution de ces coupes corresponde bien<br />
à l’esprit mis en place. Première réunion le samedi matin<br />
dès 8h30 où le choix des catégories méritant une récompense<br />
a été établi : un tour de table permet de déterminer<br />
les 11 coupes qui seront attribuées soit à un club, soit à un<br />
participant. <strong>Le</strong> Trophée des Clubs, remis en jeu chaque<br />
année, récompense le club qui expose des machines intéressantes<br />
avec un effort de présentation, qui réserve un<br />
accueil sympathique, peut donner des conseils éclairés,<br />
organise des manifestations de qualité, etc. Ce trophée<br />
s’avère très prisé. Viennent ensuite la Coupe FFVE attribuée<br />
à un club français, la Coupe du club étranger offerte<br />
HH
derrière la magnifique moto peugeot d’avant-guerre (déjà vue<br />
à rétromobile) et aux côtés de michel de thomasson (au micro),<br />
se trouvent tous les lauréats FFVe de la journée.<br />
Voici les belles machines sélectionnées ; on est heureux de noter<br />
la présence d’une modeste Honda 125 CG, la collection de motos<br />
est ainsi abordable par tous, y compris les jeunes.<br />
eh oui !, il y a aussi des femmes qui roulent en motos anciennes…<br />
SUR LE TERRAIN<br />
attelée à un caractéristique side Swallow,<br />
voici une norton inter CS1 de 1930.<br />
distribution apparente à quatre soupapes par<br />
cylindre, s’il vous plaît, pour ce bicylindre en V<br />
Harley-davidson de 1912.<br />
equipée de ce carénage type « record de vitesse »,<br />
cette Velocette 500 Venon Clubman de 1967<br />
est sans doute moins maniable, mais rapide.<br />
Une classique, Guzzi 250 airone, et une yougtimer, Yamaha 125 dtmX, devant le stand de la FFVe.<br />
N°12 - HIVER 2010 27
28<br />
SUR LE TERRAIN<br />
La sportive Yamaha 350 SLC -<br />
redoutable bicylindre 2 temps<br />
à refroidissement liquide – est<br />
désormais éligible en collection,<br />
selon les normes de la FFVe.<br />
etonnamment moderne<br />
et performante, elle vient<br />
pourtant de souffler ses trente<br />
bougies ! L’anniversaire a été<br />
dignement fêté.<br />
Une des nombreuses variations<br />
contemporaines autour du bloc de<br />
la 1000 Vincent, avec un petit air<br />
de Laverda, vous ne trouvez pas ?<br />
HH<br />
par la FIVA, la Coupe de la relève, la Coupe des dames,<br />
la Coupe du Conseil Général de Côte-d’Or, la Coupe du<br />
participant venant du plus loin avec sa machine, la Coupe<br />
des ancêtres, la Coupe des motos d’entre les 2 guerres,<br />
la Coupe des populaires, la Coupe des couples et enfin<br />
le Prix spécial du jury. Deux autres coupes seront attribuées<br />
et remises au nom de la FFVE par Didier Rousier et<br />
Roch Quatrefages à l’occasion de la sortie moto ancienne<br />
organisée par l’U.C.M.A.C le dimanche matin (voir p. 29).<br />
C’est par une belle matinée ensoleillée que les équipes<br />
de jurés, généralement par deux,<br />
se sont fondues dans l’univers des<br />
tentes, des stands et sur les grilles<br />
de départ afin de découvrir les<br />
oiseaux rares. Il ne nous faudra pas<br />
moins de quatre réunions samedi<br />
et une le dimanche matin pour<br />
tomber d’accord et établir une<br />
liste juste qui corresponde à l’esprit<br />
que nous nous étions fixés au<br />
départ. Que de kilomètres parcou-<br />
rus au travers des stands dispersés<br />
autour du circuit, que de questions<br />
posées aux propriétaires et<br />
que d’échanges entre nous pour être à peu près sûrs de<br />
faire le bon choix ! La justice est à ce prix… <strong>Le</strong> dimanche<br />
matin, le temps changeait radicalement et après le soleil<br />
du samedi, la pluie fit son apparition. Qu’importe, c’est<br />
avec la même motivation que nous sommes repartis entre<br />
stands et circuit pour confirmer ou infirmer nos choix.<br />
La liste définitive fut enfin établie en fin de matinée afin<br />
que la remise des Coupes puisse avoir lieu vers 13 h 00,<br />
non, les motos de la marque n’étaient<br />
pas toutes noires : voici une Koelher-<br />
escoffier 350 type KLS 4 de 1938.<br />
admirez la qualité de restauration (et la mécanique)<br />
de cette autre Koelher-escoffier de 1929.<br />
malheureusement sous la pluie, en présence de plusieurs<br />
personnalités locales et de notre président Claude Delagneau,<br />
motocycliste le temps d’un week-end et venu<br />
remercier toute l’équipe pour le travail effectué.<br />
$ meS premièreS CoUpeS moto LéGende<br />
très rapide (90 miles/h soit 145 km/h),<br />
une redoutable triumph de 1938…<br />
type 90, indeed !<br />
Cette manifestation représente pour beaucoup une occasion<br />
unique de piloter sur un vrai circuit aux normes et<br />
d’avoir la chance de rouler (de se « frotter » ?) avec d’an-<br />
ciens champions motocyclistes. Et<br />
cette année nous avons été gâtés<br />
puisque pas moins de seize cham<br />
pions étaient présents sur le cir<br />
cuit dont six champions du monde<br />
dans les diverses disciplines telles<br />
que l’endurance, la vitesse ou le<br />
side-car.<br />
A titre personnel, participer au jury<br />
des Coupes Moto Légende fut<br />
riche d’enseignements. J’ai tout<br />
d’abord pris une belle leçon de<br />
modestie en considérant la qualité<br />
des restaurations effectuées par<br />
des collectionneurs humbles et discrets. J’ai énormément<br />
appris lors d’échanges avec d’autres motards passionnés,<br />
et apprécié la qualité et l’authenticité de ce genre de<br />
réunion. Enfin, quelle satisfaction d’avoir œuvré pour faire<br />
vivre, partager et transmettre notre passion respectant ainsi<br />
la ligne conductrice de la FFVE, aux côtés d’administrateurs<br />
motos qui m’ont épaté par leurs savoirs motocyclistes et<br />
leur humanisme au service de notre cause. $
RaLLyE touRistiquE dE CôtE-d’oR<br />
La balade<br />
des Coupes…<br />
Depuis 2008, l’équipe d’organisation des Coupes Moto Légende<br />
a eu l’excellente idée d’organiser une sortie destinée à faire<br />
découvrir dans les meilleures conditions la région de Côte-d’Or<br />
aux environs du circuit de Dijon-Prenois. Texte et photos : Didier Rousier<br />
Il est difficile et parfois même dangereux<br />
de faire rouler sur un circuit, même en<br />
démonstration, des motos pour lesquelles<br />
la vitesse n’est pas la vocation première.<br />
Aussi les organisateurs des coupes Moto<br />
Légende ont-ils pensé à faire visiter les<br />
environs du circuit de Dijon-Prenois aux<br />
motocyclistes qui le désirent. Ils étaient 90<br />
équipages cette année au départ pour une<br />
belle boucle touristique. <strong>Le</strong> Rallye de Côted’Or<br />
– c’est ainsi que cette promenade est<br />
désormais nommée – n’est aucunement en<br />
marge des Coupes, mais fait bien partie<br />
intégrante de cette grande manifestation<br />
vouée aux motos anciennes et classiques.<br />
Son organisation générale avait été confiée<br />
à l’U.C.M.A.C (Union des Clubs autour de la<br />
Moto Ancienne et Classique), représentée<br />
pour l’occasion par trois de ses membres,<br />
Didier, Patrick et Christian. Ils étaient entourés<br />
de bénévoles compétents pour l’organisation<br />
et des membres du club des Fondus<br />
Bourguignons pour l’encadrement et la<br />
sécurité.<br />
$ Une ViSite CHez <strong>Le</strong>S mandUbienS<br />
Après un samedi ensoleillé, c’est sous<br />
la pluie que le rallye prit le départ le<br />
dimanche matin, à partir de 8 h. Des petits<br />
bruits sympathiques, un peu de fumée et<br />
le cortège s’ébroue. Roch Quatrefages et<br />
moi-même représentions la FFVE, lui sur<br />
une Motobécane et moi sur une Terrot,<br />
direction le site d’Alésia. Sis sur la com-<br />
Sur les petites routes de bourgogne, les motos<br />
vont bon train avant de…<br />
… se regrouper lors des arrêts.<br />
au premier plan, deux motobécane<br />
175 cm 3 ; derrière, l’humidité est<br />
bien visible.<br />
SUR LE TERRAIN<br />
mune de Alise-Sainte-Reine, non loin de<br />
la colonne Vercingétorix érigée en 1865<br />
sur le bon vouloir de Napoléon III, ce lieu<br />
aurait été habité par les Mandubiens, un<br />
petit peuple plus ou moins autonome et<br />
méconnu de l’époque Néron, c’est-à-dire<br />
au premier siècle de notre calendrier. Mais<br />
il n’y avait pas là que des nourritures culturelles,<br />
un en-cas bien bourguignon attendait<br />
les motocyclistes au pied de ladite<br />
statue. Cette collation fut précédée d’une<br />
remise de récompenses pour quelques<br />
participants méritants.<br />
Bien que le temps fût quelque peu maussade,<br />
il ne rendit pas la balade moins<br />
attrayante pour autant. <strong>Le</strong> circuit prévu<br />
s’avéra remarquable à plus d’un titre avec<br />
plus de 80 km de routes, toutes aussi<br />
sympathiques les unes que les autres, tellement<br />
même qu’on les eût crues à nous<br />
seuls réservées.<br />
Un constat s’est imposé : même sous<br />
la pluie, la Bourgogne en moto, c’est<br />
agréable. $<br />
<strong>Le</strong> pilote et sa terrot HCt, qui<br />
retrouve là sa terre natale, semblent<br />
aussi heureux l’un que l’autre !<br />
N°12 - HIVER 2010 29
30<br />
16 ème Sport et ColleCtion au Vigeant<br />
La Jante à Etoile en première ligne<br />
Albin Pierre, Président de l’association de voitures anciennes La Jante à Etoile,<br />
dans le Sud Vienne, a su avec une pondération enthousiaste, fédérer autour de lui<br />
une équipe de copains. C’était en 2003. Au lieu de se contenter des « boucles<br />
du dimanche » le long de la Gartempe, de la Creuse ou de la Vienne, il a favorisé<br />
l’ouverture de La Jante à Etoile aux autres, en l’occurrence ceux qui sont dans<br />
la peine, le besoin, la détresse, la maladie... Par Ernest Gransagne<br />
est cela, devenir une Association Cari-<br />
C'tative. Dès 2006 déjà, le rassemblement<br />
de 350 véhicules dans la bourgade<br />
de Lathus, pays d'éleveurs de moutons et<br />
de vaches limousines, fut non seulement un<br />
vif succès, mais aussi une grande surprise !<br />
Cette « journée du patrimoine », avec un<br />
public de 4 000 personnes, a prouvé que<br />
l'automobile demeure toujours, contre<br />
vents et marées, contre ayatollahs verts<br />
ou rouges, au dessus des courants et des<br />
modes.<br />
Ce thème demeure le vecteur de sentiments<br />
multiples et diffus : mobilité, fierté, confort,<br />
performance, rapidité, utilité, convivialité,<br />
séduction, secours, un outil incontournable<br />
de la vie quotidienne. Fermons les yeux<br />
un instant et imaginons un monde sans<br />
voiture, ne serait-ce que pendant un mois !<br />
Rouvrons les yeux... Ouf ! Elle est encore là.<br />
Qu'elle soit pick-up ou roadster, berline ou<br />
monospace, 4x4 ou limousine, fraîchement<br />
tombée de chaîne ou respectable ancêtre,<br />
spartiate ou full options, avec ABS ou sans<br />
assistance de direction, rouge cadmium ou<br />
blanc nacré, avec ou sans chrome, diesel ou<br />
essence, velours ou cuir, 3 vitesses ou boîte<br />
auto, « elle est belle ma voiture », c'est ce<br />
que se dit chacun d'entre nous quand il met<br />
le moteur en route. Il n'y a que le Maire de<br />
Paris pour demeurer insensible et ne pas se<br />
sentir concerné par ces « belles machines<br />
à vivre ».<br />
$ 250 000 € de dons<br />
Sport & Collection, l'Association Poitevine<br />
sous l'égide de Jean-Pierre Doury, a organisé<br />
en 2009, pour la 15 e année consécutive,<br />
Au Vigeant,<br />
les passionnés<br />
sont à<br />
la fête, car<br />
ils peuvent<br />
admirer des<br />
véhicules remarquables<br />
de<br />
toute époque.<br />
dans cette<br />
ambiance de<br />
sportives, les<br />
avant-guerre<br />
intriguent.<br />
A l’issue de la manifestation, un chèque de<br />
210 000 € a été remis au CHU de Poitiers, en<br />
présence du Président de sport & Collection,<br />
Jean-Pierre doury , un Responsable du<br />
Pôle Cancer du CHU, du Président de<br />
Ferrari France, du Président du Rotary<br />
Club du sud Vienne et du Président<br />
du Conseil général de la Vienne.<br />
sur le Circuit du Val de Vienne, sa grande<br />
manifestation des « 500 Ferrari contre le<br />
cancer ». <strong>Le</strong> Rotary Club de Civray, sous la<br />
présidence de Michel Hénot, apporta son<br />
soutien, avec le concours incontournable<br />
des nombreux bénévoles, sans qui rien ne<br />
pourrait s'accomplir. Sollicitée, La Jante<br />
à Etoile fut ravie d'apporter sa touche de<br />
complémentarité aux voitures d'élite. En<br />
2010, l'expérience fut renouvelée. Malgré<br />
les difficultés économiques que l'on sait et<br />
la frilosité des sponsors, (beaucoup s'étant<br />
retirés) un chèque de 210 000 € est allé
enforcer le pôle cancer du CHU de Poitiers.<br />
Une dotation complémentaire en provenance<br />
de la Morgan Bank, aux Etats-Unis,<br />
est venue comme l'année dernière ajouter<br />
40 000 € dans l'escarcelle.<br />
La réussite a été au rendez-vous puisque<br />
presque deux millions d'euros ont été rassemblés<br />
durant ces seize années, pour<br />
combattre le cancer. Ce n'est pas rien.<br />
<strong>Le</strong>s années qui viennent auront un nouvel<br />
objectif : apporter le 3 e million d'euros au<br />
CHU de Poitiers...<br />
La Jante à Etoile est fière d'y avoir participé.<br />
Un moment fort du 6 juin 2010, ce fut lorsque<br />
les belles de « prestige » firent les yeux doux<br />
aux non moins belles « anciennes » lors de<br />
la « Grande Parade » sur le circuit. <strong>Le</strong>s 50<br />
adhérents de La Jante à Etoile n'étaient pas<br />
seuls : les accompagnaient les Clubs amis,<br />
les Teufs- Teufs Blancois les Léon Lacombe,<br />
les Calandres Poitevines et les Teufs-Teufs<br />
Scorbé-Clairvaux.<br />
Ces journées ont permis d'observer que les<br />
« ferraristes » ne rechignaient pas à venir<br />
caresser les belles ailes de Juva Quatre,<br />
de Panhard sans soupape, de Ford T, de<br />
Voisin ou autre Chevrolet, Delâge et autres<br />
Traction...<br />
$ Un bUt HonoRAble<br />
Amitié, convivialité, organisation, plaisir et<br />
résultat, sont les seuls guides qui permettent<br />
à La Jante à Etoile d'exister. Passion...<br />
le mot qui vient à l'esprit dès que l'on parle<br />
d'association. Passion : le mot qui ne sera<br />
jamais absent de la « sphère automobile »<br />
Jean Robuchon à gauche sur la photo, est<br />
le fédérateur des clubs de « véhicules populaires<br />
» en liaison avec les « véhicules<br />
de prestige » de sport & Collection.<br />
qu'elle soit du passé ou de l'avenir. Quand<br />
il n'y aura plus de passion, l'Homme aura du<br />
souci à se faire...<br />
Bien sûr, Jean Robuchon dont le charisme<br />
n'est plus à démontrer, Daniel Rouhaud<br />
avec sa débordante « musette à idées »<br />
ou Jean-Michel Brûlé et son « cœur sur la<br />
main », en sont les piliers principaux. Cela<br />
ne suffit pas : il est indispensable d'avoir<br />
des « gens qui écoutent » aussi bien chez<br />
les « politiques » que chez les éventuels<br />
solidarité<br />
Vous avez pu découvrir son extraordinaire<br />
histoire dans l’Authentique n° 9.<br />
Au Vigeant, vous avez peut-être vu<br />
l’Hélica rouler, mue par son hélice.<br />
Vous avez dit « populaire<br />
» ? Combattre<br />
la bonne cause est<br />
sans limite comme<br />
en témoignent cette<br />
Rolls-Royce silver<br />
Cloud II de 1960, …<br />
... cette Chrysler type<br />
77 de 1936, ancien<br />
véhicule de l’ambassade<br />
des etats-Unis,<br />
et cette Panhard sans<br />
soupape.<br />
« sponsors ». Sans argent, rien de grand<br />
n'est réalisable, sans les hommes qui écoutent,<br />
les portes restent closes.<br />
C’est ainsi que La Jante à Etoile grandit.<br />
Son ambition est basée sur sa contribution<br />
vers « moins de misère dans ce monde qui<br />
ne fait aucun cadeau ».<br />
Même si ce n’est qu’une goutte d’eau,<br />
c’est le début de la rivière qui se jette dans<br />
l’océan... Et ça, c’est une idée qui ne quitte<br />
jamais les amis de La Jante à Etoile. $<br />
N°12 - HiVEr 2010 31
32<br />
Voici le futur musée, « <strong>Le</strong> Garage de Mon Père »,<br />
dont Valentin ouvrira prochainement les portes<br />
pour le grand public à Crépy, près de Laon.<br />
La sauvegarde<br />
du patrimoine<br />
automobile<br />
passe obligatoirement<br />
par<br />
la case<br />
« mécanique ».<br />
Valentin ne<br />
rechigne pas<br />
à y mettre les<br />
doigts.<br />
LE PICARD VALENTIN BOUTELIER<br />
Jeune accro de youngtimers !<br />
Dans le cadre de nos réflexions au sein de la commission « Passionnés de demain »,<br />
nous avons rencontré Valentin Boutelier, adolescent picard de 15 ans et demi, bien connu de<br />
la commission en question pour avoir participé à notre réunion d’échanges à Reims en 2009.<br />
Par Pascal Rousselle, photos Pascal Rousselle<br />
PR : Valentin, cela fait déjà quelques années que nous<br />
nous croisons sur les routes au nord de Paris, d’où vous<br />
vient cette passion pour les véhicules historiques ?<br />
VB : <strong>Le</strong> déclencheur de tout cela vient sans doute du<br />
cadeau que Maman nous a fait (à papa et moi) pour la<br />
Saint-Valentin : une épave de Citröen DS transformée en<br />
poulailler. A l’époque nous n’avions pas encore de véhicules<br />
de collection.<br />
Comme nous le confirme Hervé, son papa, Valentin s’est<br />
tout de suite pris au jeu. D’ailleurs pour Noël 2005, Valentin<br />
a demandé et obtenu un « bleu de travail » floqué d’un<br />
« Valentin, Assistant Mécanicien Véhicules de collection »<br />
qui leur a permis de remporter quelques prix de présentation<br />
avec la DS fraichement restaurée (voir photo).<br />
PR : Je me suis laissé dire que vous contribuiez beaucoup<br />
à la réalisation d’un grand projet familial ?<br />
VB : Très complice avec mon père, je ne peux me résoudre<br />
à voir mourir toutes ces autos des années 70 à 90 ; nous<br />
avons entrepris d’en sauver un certain nombre, représentatives<br />
des années d’après guerre, en privilégiant les autos<br />
en bon état d’origine, idéalement munies d’options rares<br />
comme cette 104 à coffre ou cette R10 à phares ronds, des<br />
séries spéciales ou des véhicules ayant appartenu à des<br />
VIP comme la Mercedes de Jean Amadou… Pour l’heure,<br />
nous mettons la dernière main à la pâte avant l’ouverture<br />
prochaine de notre musée, <strong>Le</strong> Garage de Mon Père,<br />
à Crépy, situé à 8 km de Laon et pour lequel nous venons<br />
juste d’obtenir l’autorisation de la Commission de Sécurité.<br />
La collection regroupe actuellement plus de 70 véhicules<br />
auxquels se sont joints quelques véhicules mis à disposition<br />
par le Musée de Reims.
Lors de ma visite au Musée, c’est d’ailleurs Valentin qui me<br />
présente avec force détails tous les véhicules exposés avec<br />
les anecdotes d’achat, les particularités de chacune… C’est<br />
Valentin qui range et dérange les autos « au moteur » dans<br />
le musée pour créer une dynamique et renouveler l’exposition<br />
qui est déjà ouverte aux clubs.<br />
PR : Etes-vous déjà adhérent d’un club de véhicules<br />
anciens ?<br />
VB : Mis à part mon poste au bureau du club laonnois,<br />
Véhicules Anciens Loisirs, je suis le deuxième plus jeune<br />
adhérent du Gavap de Compiègne où j’ai d’ailleurs été<br />
très bien intégré. Je suis également très actif au sein de<br />
l’ADSR02 (Association Départementale de Sécurité Routière<br />
de l’Aisne). Je souhaite devenir gendarme en charge<br />
des questions de sécurité.<br />
PR : A côté de tout ceci, vous reste-t-il du temps pour<br />
d’autres choses ?<br />
VB : Oui bien sûr, ma seconde passion est la photographie<br />
(Valentin est très fier d’exhiber sa carte professionnelle de<br />
photographe). Cela me permet de participer à de nombreuses<br />
manifestations sur le Grand Nord de Paris pour le<br />
compte de notre site internet, association-val.fr ou de notre<br />
radio et notre télé sur internet, val-infos.com.<br />
PR : Parmi toutes les autos présentées ici, laquelle a<br />
votre préférence ?<br />
Cette DS magnifiquement<br />
restaurée était un ancien…<br />
poulailler !<br />
Elle trône désormais<br />
à l’entrée du Musée.<br />
COLLECTIONNEURS DE DEMAIN<br />
VB : La mienne bien sûr : une Simca 1100 GLS de 1967 qui<br />
appartenait au grand père d’un ami. Elle était destinée à<br />
la casse. Apprenant cela, je suis allé voir mon père pour le<br />
persuader de la sauver et la voici ici trônant au milieu des<br />
autres en attendant mes 18 ans pour reprendre la route.<br />
PR : Un souhait ?<br />
VB : Que les jeunes des écoles puissent venir visiter notre<br />
musée et s’intéresser à la sauvegarde des automobiles<br />
dans un souci de conservation du patrimoine comme nous<br />
le faisons aujourd’hui pour les générations futures.<br />
Comme vous le voyez, la passion n’attend pas le nombre<br />
des années : beaucoup d’enthousiasme, un peu de bonne<br />
volonté et l’avenir de notre passion sera assurée ! $<br />
La préférée de<br />
Valentin : une<br />
Simca 1100 GLS<br />
de 1967.<br />
N°12 - HIVER 2010 33
34<br />
COLLECTIONNEURS DE DEMAIN<br />
mIEUx COmmUNIqUER AVEC LEs jEUNEs PAssIONNés<br />
La FFVE se met à la page… BD !<br />
Tout prochainement, une<br />
innovation en communication<br />
va accrocher notre « Graine<br />
de Passionnés ». Par Gilles Gaucher<br />
Depuis près de deux ans, le groupe<br />
Passionnés de Demain travaille sur<br />
l’approche des jeunes au sein de nos<br />
associations et clubs. <strong>Le</strong> groupe de<br />
travail, présent sous forme de réunionsdébats<br />
dans les divers salons et autres<br />
manifestations nationales, a su « tendre<br />
l’oreille » et réfléchir à l’arrivée de jeunes<br />
passionnés, concomitamment à l’émergence<br />
des véhicules « youngtimers ». Il<br />
faut avoir bien conscience que ce type<br />
de véhicules est intimement lié à cette<br />
population vers qui nous nous devons<br />
de porter un intérêt attentif et légitime.<br />
$ UnE CoMMUniCation aDaPtéE<br />
N’en doutons pas : il y a, dans notre<br />
mouvement, une jeunesse passionnée.<br />
Encore faut-il que nous sachions la recenser,<br />
l’écouter, lui parler et l’impliquer dans<br />
la vie de nos organisations !<br />
Cette jeunesse attend de nous, une forme<br />
de « retour sur investissement » (elle s’intéresse<br />
à nous, intéressons-nous à elle) que<br />
nous n’avons pas toujours la possibilité<br />
de lui offrir. Nous avons donc décidé de<br />
travailler en étroite collaboration avec le<br />
groupe de travail « Savoir-faire & Technologie<br />
» pour aborder ensemble un certain<br />
<strong>Le</strong>s réunionsdébats<br />
permettent,<br />
entre autres,<br />
de réfléchir à<br />
l’intégration<br />
des jeunes<br />
dans notre<br />
mouvement.<br />
La bande dessinée : un nouvel outil de communication pour la FFVE en direction des jeunes.<br />
nombre de sujets et notamment, celui de<br />
la Formation et du Savoir-Faire.<br />
Or, pour bien se comprendre, il faut parler<br />
le même langage. Aussi, conscients<br />
de la difficulté de communiquer au<br />
mieux avec tous et notamment avec<br />
cette génération de « Graine de Passionnés<br />
», nos groupes de travail ont-ils eu<br />
l’idée de recourir à la bande dessinée<br />
pour aider à bien faire passer nos messages<br />
importants auprès de cette jeune<br />
population (âgée de 7 à 77 ans, si l’on en<br />
croit un célèbre slogan). Vous découvrirez<br />
bientôt ce nouvel outil de communication<br />
dans les pages de votre magazine<br />
L’Authentique.<br />
Nous n’oublierons pas non plus la communication<br />
« électronique », largement usitée<br />
par la population qui nous intéresse. Et<br />
bien sûr, nous restons à l’écoute de toutes<br />
vos suggestions en faveur de la meilleure<br />
communication. $
La Vente<br />
du Grand Palais<br />
Bonhams a le plaisir de vous annoncer sa participation à la commémoration<br />
au Grand Palais du 110 ème anniversaire du premier Salon de l’Automobile<br />
tenu dans ce lieu prestigieux. Bonhams y organisera une exposition<br />
d’ancêtres automobiles spécialement sélectionnés et une vente aux<br />
enchères exceptionnelle d’automobiles, de motos et d’automobilia.<br />
En tête actuellement de la liste des automobiles inscrites à cette vente, la<br />
Bugatti Type 51 1933 provenant de la succession de feu FitzRoy Somerset,<br />
5 ème Baron Raglan. Feu Lord Raglan qui a parrainé et jadis présidé le Bugatti<br />
Owner’s Club était aussi administrateur du Bugatti Trust. Nous enregistrons<br />
dès maintenant les inscriptions d’automobiles de qualité à ce qui s’annonce<br />
d’ores et déjà comme un événement tout à fait exceptionnel.<br />
Illustration:<br />
Bugatti Grand Prix Type 51 1933 biplace<br />
Estimation: €1,000,000 - 1,400,000<br />
Pour toute information<br />
Bruxelles<br />
Philip Kantor<br />
+32 (0) 476 879 471<br />
philip.kantor@bonhams.com<br />
Paris<br />
Gregory Dewailly<br />
+33 (0) 1 42 61 10 11<br />
eurocars@bonhams.com<br />
Londres<br />
James Knight<br />
+44 (0) 20 7447 7440<br />
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Automobiles,<br />
Motos et Automobilia<br />
d’exception<br />
Samedi 5 février 2011<br />
<strong>Le</strong> Grand Palais – Paris<br />
USA West coast<br />
Mark Osborne<br />
+1 415 503 3353<br />
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USA East coast<br />
Rupert Banner<br />
+1 212 461 6515<br />
rupert.banner@bonhams.com<br />
Motos<br />
Ben Walker<br />
+44 (0) 8700 273 616<br />
ben.walker@bonhams.com<br />
Bonhams<br />
4, rue de la Paix<br />
75002 Paris<br />
www.bonhams.com/cars
36<br />
L’Authentique : En quelques mots, Jean<br />
Pestre, qui êtes-vous ?<br />
Amateur de tout ce qui roule et fervent<br />
défenseur du bénévolat au sein du milieu<br />
associatif, j’ai très rapidement pris le volant<br />
d’une auto à pédales pour me rendre<br />
à la maternelle au Puy-en-Velay avant<br />
d’aider mes parents dans leurs livraisons<br />
maraîchères au volant de la Peugeot 203<br />
camionnette familiale. A l’âge de 19 ans,<br />
En Auvergne, les rassemblements de clubs, de marques ou<br />
techniques comme ici avec Auto Retro Ponot, sont nombreux.<br />
JEAN PESTRE<br />
je rejoins les Sapeurs Pompiers Professionnels<br />
de la Haute Loire où j’ai gravi tous les<br />
échelons pour me voir confier en 2006 la<br />
responsabilité du parc roulant et motorisé<br />
des Sapeurs Pompiers du département,<br />
soit 350 véhicules. Cela représente, en<br />
quelque sorte, un retour à mes premières<br />
amours mécaniques. De plus, depuis 2009,<br />
je suis à la tête de l’Union des Sapeurs<br />
Pompiers de la région Auvergne.<br />
En charge du parc roulant des Sapeurs Pompiers, ou comment conjuguer<br />
la passion des véhicules anciens avec son activité professionnelle…<br />
Ci-dessous, Jean Pestre à son bureau ;<br />
l’automobile est présente sous toutes les formes !<br />
Délégué régional FFVE,<br />
région Auvergne Auvergne<br />
Jean Pestre est l’un des six premiers délégués régionaux de la Fédération, nommé début 2006<br />
(quatre autres ont été nommés depuis. Passionné par tout ce qui roule depuis sa plus tendre enfance,<br />
Jean s’est énormément impliqué dans notre milieu tant en région Auvergne qu’au niveau national.<br />
Entre une astreinte professionnelle à la direction départementale des Sapeurs Pompiers de la Haute<br />
Loire, un voyage humanitaire au Burkina Faso et une réunion de la Ligue d’Auvergne, Jean s’est confié<br />
à l’Authentique… Par Pascal Rousselle, photos Pascal Rousselle & DR<br />
L’Authentique : Comment êtes-vous<br />
venu à la voiture ancienne ?<br />
En 1976, j’achète ma première<br />
« ancienne » : une Citroën Traction Avant<br />
de 1955, année de ma naissance. Puis<br />
une Peugeot 201 que j’ai restaurée avant<br />
de créer en 1982, avec cinq amis, l’Auto<br />
Rétro Ponot : un club multimarque de véhicules<br />
historiques sur la région Auvergne.<br />
Depuis, au fil des années, quelques autres<br />
Photo Flash Action
utilitaires et autos de toutes les époques,<br />
prioritairement de marque Peugeot, ont<br />
rejoint le garage familial. Avec le club,<br />
j’organise ou je participe à de nombreuses<br />
manifestations sur la région ou à travers<br />
l’Europe comme lors de notre dernier rallye<br />
en Angleterre à la tête d’une trentaine<br />
d’équipages sur 10 jours : une bien belle<br />
aventure !<br />
L’Authentique : En quoi consiste votre<br />
action de délégué régional de la FFVE ?<br />
Au milieu des années 80, lors d’une réunion<br />
d’informations comme il en existait<br />
encore peu, le Président André Laporte<br />
me pousse à poser ma candidature comme<br />
administrateur de la FFVE. Je suis élu l’année<br />
suivante (ndlr : Jean est toujours actif<br />
au sein de la FFVE 25 ans après) président<br />
du club Auto Rétro Ponot, foction que<br />
j’occupe depuis 28 ans. A ce titre, j’ai participé<br />
à la création de la Ligue d’Auvergne<br />
pour Véhicules de Collection qui réunit<br />
aujourd’hui 22 clubs des départements de<br />
l’Allier, du Cantal, de Haute Loire et du Puy<br />
de Dôme. Cette Ligue coordonne le calendrier<br />
des manifestations des clubs de la<br />
région. C’est une occasion d’échanger sur<br />
notre passion et de faire passer les messages<br />
de la FFVE, d’inciter les clubs qui<br />
ne sont pas encore adhérents à le devenir,<br />
de répondre aux questions des collectionneurs<br />
et des responsables de clubs. Amoureux<br />
du patrimoine sous toutes ses formes,<br />
j’incite les clubs et les collectionneurs à<br />
participer aux Journées Européennes du<br />
Patrimoine le 3 e week-end de septembre.<br />
De plus, afin de transmettre notre savoir<br />
faire, nous organisons des réunions techniques<br />
pour aider les amateurs à entretenir<br />
ou restaurer leurs véhicules.<br />
L’Authentique : Souhaitez-vous ajouter<br />
autre chose ?<br />
Puisque vous m’en donnez l’occasion, je<br />
vais relancer une invitation ! Avec Auto<br />
Rétro Ponot, nous accueillons régulièrement<br />
des clubs en visite sur la région. <strong>Le</strong>s<br />
dernières en date furent la concentration<br />
internationale Ford T, la randonnée nationale<br />
Salmson, puis des manifestations<br />
Delâge, Ford Vedette, et d’autres encore.<br />
Alors si le cœur vous en dit, pour vos<br />
prochaines sorties, n’hésitez pas à me<br />
contacter, la région est agréable et nous<br />
vous aiderons ! $<br />
Avec son fils Antoine au volant de sa Peugeot 203 cabriolet : la relève se prépare.<br />
Aux côtés de Laurent Wauquiez, secrétaire d’Etat auprès du Premier Ministre,<br />
au volant d’une Delâge lors du rallye national de la Marque.<br />
portrait<br />
A l’occasion de la commémoration de la Coupe Gordon Benett 2005 avec Robert Panhard au volant de sa Panhard<br />
& <strong>Le</strong>vassor de course.<br />
N°12 - HiVEr 2010 37
38<br />
Cette photo<br />
monumentale<br />
du champion<br />
habille le hall<br />
d’entrée du<br />
musée.<br />
Musée Fangio<br />
Témoignage d’une vie<br />
<strong>Le</strong>s autos sont présentées sur trois étages,<br />
avec rampes en colimaçon.<br />
La grande qualité du musée Fangio, en Argentine, reflète la passion automobile qui anime<br />
ce pays. Une passion qui va jusqu’à réaliser des répliques, lorsque l’original est hors de portée<br />
financière, tandis que la Fondation créée parallèlement se charge de programmes éducatifs.<br />
Par Serge Cordey, photos Serge Cordey<br />
es amis, j'aimerais que l'on crée un musée !<br />
L C’est ainsi que tout a commencé, sur cette simple<br />
parole de Juan-Manuel Fangio. Et le 22 novembre 1986<br />
était inauguré, dans sa ville natale de Balcarce, à 400 km<br />
au sud de Buenos Aires, le musée qui porte son nom.<br />
Une date symbolique, puisqu'elle arrivait tout juste<br />
cinquante ans après les débuts en course du champion<br />
argentin. Il s’agit d’ailleurs plus qu’un simple musée,<br />
puisque cette création s’est accompagnée de celle<br />
d’une Fondation, dont l’ambition est de pérenniser<br />
et développer le musée et ses activités, mais aussi de<br />
s’impliquer dans des programmes d’éducation, d’éditer<br />
une revue trimestrielle de grande qualité, et de trouver<br />
aides et financements. L’un de ses partenaires principaux<br />
reste Mercedes, avec qui Fangio entretenait des liens<br />
privilégiés puisqu’il avait pris dans les années cinquante<br />
l'importation des voitures de la marque dans son pays,<br />
devenant même président de Mercedes-Benz Argentine<br />
en 1974. L’autre appui, plus récent, est la compagnie<br />
pétrolière YPF, qui a choisi le nom de « Fangio » pour<br />
une de ses qualité d’essence. Depuis, chaque fois que<br />
vous faites le plein à une pompe YPF, s'affiche le nom<br />
HH
Mercedes 300 SL roadster,<br />
voiture personnelle<br />
de Juan Manuel Fangio.<br />
Monoplaces Ferrari 125/166<br />
et Maserati 250 F, répliques<br />
réalisées spécialement pour<br />
le musée.<br />
MUSÉE<br />
Luis Barragan, ancien proche<br />
de Fangio et enthousiaste<br />
directeur du musée, à côté<br />
de la Mercedes W196 réalisée<br />
spécialement par la marque.<br />
N°12 - HIVER 2010 39
40<br />
MUSÉE<br />
HH<br />
evocation de<br />
l’atelier de Juan<br />
Manuel Fangio,<br />
et d’une de ses<br />
première voitures<br />
de course, une<br />
Ford a modifiée.<br />
du célèbre champion... Il faut dire que « El Chueco » (1)<br />
reste en Argentine incroyablement populaire. Un récent<br />
sondage auprès d'une population jeune l'a placé devant<br />
Diego Maradona, dans un pays où le football est presque<br />
plus qu'un sport national ! Fangio doit cette reconnaissance<br />
autant à ses performances de pilotes, difficilement<br />
égalées, qu'à ses qualités humaines de courage, droiture<br />
et humilité. « Il n'a jamais oublié qu'il était fils d'un émigré<br />
italien, et s'est toujours souvenu du premier client<br />
qui a passé la porte de son atelier ! », rappelle Luis Barragan,<br />
directeur du musée et un des anciens proches de<br />
Fangio. D’ailleurs, Fangio indiquait déjà en juillet 1958 :<br />
« Si mes compétitions ont servi à quelque chose, si j'ai<br />
aidé mon pays en pilotant des voitures de course, seul<br />
l'avenir le dira. Je n'ai qu'un souhait : que mes résultats<br />
puissent inspirer les jeunes générations, dans le monde<br />
entier. Et ceci, l'avenir aussi le dira. » Cette phrase est<br />
aujourd'hui inscrite dans le hall d'entrée de Balcarce.<br />
$ JuStiFier <strong>Le</strong>S répLiqueS<br />
<strong>Le</strong> musée lui-même est étonnant à plusieurs point de vue :<br />
autant par les autos exposées que par la qualité de la<br />
présentation. A l'intérieur d'un bâtiment municipal datant<br />
de 1906 a été créé un aménagement spécial : autour d'un<br />
vaste hall central, un système de plan incliné hélicoïdal<br />
relie trois étages d'exposition. On y croise des pièces<br />
exceptionnelles : Maserati 250 F, berlinette Gordini, Lancia<br />
D24, monoplace Ferrari Grand Prix… Il est étonnant<br />
de voir ici de telle machines ! « Un des but du musée est<br />
de présenter le plus grand nombre possible de voitures<br />
pilotées par Fangio au cours de sa carrière, précise Luis<br />
Barragan. Lorsque nous n'avons pas les moyens d'acquérir<br />
une voiture originale, souvent hors de prix, nous faisons<br />
réaliser une réplique », si possible avec des pièces d'origine.<br />
Voilà qui révèle une démarche tout à fait originale et<br />
presque contraire à nos convictions européennes. Voire à<br />
opposée aux principes que défend la FFVE. <strong>Le</strong> contexte<br />
justifie toutefois cette démarche : dans ce pays où la passion<br />
automobile est réelle, les voitures intéressantes sont<br />
rares (et nombre d’entre elles sont parties en Europe) et les<br />
moyens limités. Donc plutôt que de se priver, on crée ici<br />
une réplique de l’auto manquante, ce qui permet au public<br />
d’admirer l’objet grandeur nature, plutôt qu’en photo ou<br />
en miniature. <strong>Le</strong>s répliques sont indiquées comme telles,<br />
dans l’exposition, et sont plutôt bien faites, les Argentins<br />
étant sur ce plan assez doués. Par contre, l'exceptionnelle<br />
Alfa Romeo 308 de 1935 est bien authentique : il s'agit<br />
d'une monoplace ayant fini sa carrière en Argentine entre<br />
les mains d'Oscar Galvez, équipée d'un huit cylindres en<br />
ligne 3,8 litres à deux compresseurs. La visite se termine<br />
au dernier étage par une autre voiture importante de la<br />
carrière de Fangio : une W196 dans sa version profilée,<br />
réplique réalisée spécialement pour le musée par Mercedes-Benz<br />
sur la base d'éléments d'origine.<br />
$ ChaMpion de « L’oFF road » !<br />
L’autre caractéristique intéressante du musée concerne les<br />
voitures de la Turismo Carretera, cette redoutable catégorie<br />
typiquement argentine, en vogue à partir des années 1930<br />
et sur laquelle Fangio a fait ses premières armes. Avec des<br />
épreuves totalisant plus de 7 000 km de routes et de pistes<br />
sud-américaines, elle comportait des étapes de plusieurs<br />
centaines de kilomètres. Tout cela au volant de voitures<br />
américaines qui, bien qu'allégées, restaient lourdes et délicates<br />
à manier. D'autant qu'elles devaient transporter leur<br />
« assistance » : pièces et outillage... La liberté permise par le<br />
HH
etonnante alfa romeo 308 ayant terminé sa carrière en argentine,<br />
entre les mains d’oscar Galvez.<br />
Lancia d24, Maserati 300 S et 450 S :<br />
deux sont des répliques.<br />
MUSÉE<br />
Berlinette Gordini <strong>Le</strong> <strong>Mans</strong> :<br />
il s’agit d’une réplique,<br />
l’original est en France.<br />
Mise en scène d’une Chevrolet<br />
du même type que celle qui<br />
a apporté à Fangio ses plus beaux<br />
succès en turismo Carretera.<br />
N°12 - HIVER 2010 41
42<br />
MUSÉE<br />
HH<br />
règlement donnera naissance à des<br />
voitures dont l'allure agressive était<br />
là autant pour l'efficacité que pour<br />
intimider les autres concurrents !<br />
Après une premier engagement officiel<br />
en copilote, en 1938, Fangio va<br />
régulièrement participer au championnat<br />
et sa Chevrolet modifiée<br />
lui permettra de décrocher le titre<br />
national en 1940 et 1941.<br />
« La Turismo Carretera bénéficiait<br />
d'une atmosphère particulière, rappelle<br />
Luis Barragan, et les conditions<br />
difficiles resserraient les liens entre<br />
les pilotes. Par exemple, en 1948<br />
où Fangio a eu un accident grave<br />
sur le "Gran Premio de America del<br />
Sur", qui se courait sur 9 575 km en<br />
14 étapes, il n'a pu s'en sortir que<br />
grâce à l'arrêt de Eusebio Marcilla, alors en tête et qui l'a<br />
récupéré au bord de la route et l'a emmené à l'hôpital. Du<br />
coup, Marcilla a perdu la course... mais cet exploit lui a valu<br />
le surnom de "El caballero del camino" ! »<br />
Un peu plus loin, la reproduction d'un atelier ancien rappelle<br />
la première activité de Fangio. On y trouve aussi<br />
une réplique de la Ford modifiée avec laquelle il a fait ses<br />
débuts officiels en s'engageant en novembre 1938 comme<br />
pilote aux « 400 Kilometros de Tres Arroyos », à Nacochea.<br />
Luis Barragan, décidément intarissable sur son ami, rappelle<br />
que « Fangio s'est formé sur ces voitures lourdes, qu'il<br />
fallait contrôler sur des surfaces glissantes et piégeuses.<br />
Cela lui a probablement donné les qualités nécessaires<br />
pour s'adapter rapidement aux voitures de Grand Prix, plus<br />
puissantes et légères, dont il a réussi rapidement à contrôler<br />
les réactions, et notamment la glisse. »<br />
$ aMi d’ayrton Senna<br />
Fangio n'est d'ailleurs pas la seule<br />
icône icône présente au musée, qui<br />
rend hommage à d'autres pilotes,<br />
comme Jose Froilan Gonzales<br />
ou Carlos Reutemann dont une<br />
Brabham BT36 est est exposée. exposée. Clin<br />
d'œil également à Ayrton Senna :<br />
même s'ils n'était pas argentin, on<br />
connaît la solide amitié qui le liait<br />
à Fangio, à qui il vouait une pro<br />
fonde admiration.<br />
« Senna venait<br />
régulièrement voir Fangio, pour se<br />
ressourcer ressourcer, raconte Luis Barragan.<br />
Quelques jours avant un Grand Prix<br />
du Brésil, Senna confie à Fangio son<br />
L’amitié entre Senna et Fangio se manifeste inquiétude concernant sa voiture,<br />
sur cette photo dédicacée par le premier.<br />
qui laissait à désirer. "S'il pleut, tu<br />
gagnes", lui a répondu Fangio. Et c'est ce qui s'est produit<br />
! Sur le podium, Senna a fait monter Fangio et a voulu<br />
lui remettre la coupe du vainqueur... »<br />
En fait, ce musée ne fait pas que montrer des autos : il<br />
raconte des aventures humaines, des histoires de course,<br />
de succès, de défaites... A travers la vie du champion que<br />
révère l'Argentine, il espère montrer un exemple. Et il y<br />
parvient. $<br />
(1) Surnom donné à Fangio pour ses qualités de footballeur.<br />
Museo Fangio, calle 18 N° 639, 7620 Balcarce, Argentine.<br />
Tél. : (02266) 42-5540/61 - Fax : (02266) 43-0758<br />
Email : fundfangio@telefax.com.ar<br />
Site : www.museofangio.com<br />
ailes coupées,<br />
coffre arrière en toile...<br />
on cherchait l’allègement.<br />
Casque d’ayrton Senna,<br />
à côté d’une monoplace McLaren.
44<br />
ASSOCIATION AMIE DE L’AUTOMOBILE ANCIENNE<br />
<strong>Le</strong>s 4A dans le souvenir<br />
de Jacques Nicolas<br />
Lyon, l’un des berceaux français de l’automobile a vu la naissance de l’un des premiers clubs<br />
de voitures anciennes, les AAA (3A), soit Amateurs d’Automobiles Anciennes. Puis, en 1969, Michel<br />
ASTIER qui venait de Lyon, crée les A.A.A.A (4A) Association des Amis de l’Automobile Ancienne.<br />
<strong>Le</strong> club a été affilié à la F.F.A.E lors de l’assemblée générale tenue à Lyon les 2 et 3 avril 1971, puis à la<br />
FFVE sous le n° 484. A noter que le sigle de la F.F.A.E a été créé par un membre des 4A, Richard Tassan.<br />
Par André Giband, photos Jacques Nicolas, Flash Action, Christian Simonetti, Michel Clin<br />
Assez rapidement, le noyau initial du<br />
club s’est renforcé et les sorties locales<br />
étaient prises en charge par de nouveaux<br />
adhérents, à peine trentenaires. La jeunesse<br />
et l’inventivité de l’équipe soutenue<br />
par les plus âgés (entre 35 et 45 ans),<br />
associées à des mécaniciens passionnés,<br />
ont permis de remettre en marche nombre<br />
de véhicules d’avant 1940, quelquefois la<br />
semaine précédant l’épreuve du weekend.<br />
Tout cela a apporté beaucoup d’enthousiasme<br />
et de camaraderie. Au début<br />
des années 1990, dans le but de s’ouvrir<br />
à d’autres passionnés, la recherche de<br />
contacts avec un club italien a abouti au<br />
C’était en Syrie en 1998, Jacques<br />
Nicolas, son épouse Michelle et<br />
leur Bugatti Type 13 au milieu des<br />
autres participants dans le cadre<br />
de paysages somptueux.<br />
La Bourse<br />
d’échanges<br />
de Vif est une<br />
manifestation<br />
bien connue des<br />
collectionneurs<br />
de motos en<br />
recherche de<br />
pièces détachées<br />
ou autres bonnes<br />
affaires.
Deux Ford T profitent<br />
d’une halte lors<br />
d’une <strong>édition</strong> du<br />
rallye de la route<br />
Napoléon, créé par<br />
le club des 4a.<br />
Peu courant,<br />
voici un car rochet-<br />
Schneider, type<br />
Torpédo, de 1937,<br />
fort agréable par<br />
beau temps.<br />
jumelage des 4 A avec le Vétéran Car Club<br />
de Turin. La proximité, l’état d’esprit et les<br />
racines alpines communes ont favorisé les<br />
échanges et des sorties conjointes dans<br />
les deux territoires. Ces liens durent toujours<br />
pour le plus grand bonheur de tous.<br />
$ éChaNgeS eT orgaNiSaTioN<br />
Des réunions mensuelles ont lieu le 2 e<br />
jeudi de chaque mois, permettant le dialogue<br />
et l’organisation d’environ sept<br />
sorties annuelles. Souvent, André Giband,<br />
en encyclopédie de la voiture ancienne,<br />
régale les participants par des exposés<br />
soit sur un constructeur, soit sur un type<br />
de voiture, soit sur un autre sujet de son<br />
choix. L’association loue un local à l’année<br />
dans les locaux de l’Automobile Club<br />
Dauphinois (qui a fêté cette année ses 112<br />
ans) pour les 63 membres à jour de cotisation.<br />
<strong>Le</strong>s 4A sont toujours prêts à accueillir<br />
de nouvelles adhésions, notamment des<br />
jeunes passionnés. Il faut noter encore<br />
que le club recense de plus en plus de<br />
voitures contemporaines et courantes, car<br />
plus faciles à conduire pour des membres<br />
avançant en âge. Alors, comme ailleurs,<br />
les « youngtimers » prennent la relève avec<br />
des budgets beaucoup plus abordables et<br />
In Memoriam (1950 – 2010)<br />
Non !, ne pleurez pas, il ne l’aurait pas souhaité.<br />
Jacques Nicolas<br />
est parti un beau<br />
matin d’au<br />
tomne, parti je<br />
ne sais où...<br />
Lorrain d’origine,<br />
il était venu<br />
s’installer dans la<br />
banlieue grenobloise avec son épouse<br />
dans les années 80.<br />
Jacques rencontra Patrick Friedli,<br />
grand collectionneur et spécialiste<br />
averti de Bugatti, dans le cadre de la<br />
Coopération. Depuis cette époque, ils<br />
sont restés des compères inséparables<br />
Patrick lui avait transmis le virus et sa<br />
passion pour l’automobile ancienne…<br />
Il y a une bonne dizaine d’années, à la<br />
demande de Jacques, Patrick lui trouva<br />
un Type Brescia. Jacques mettra 4 ans à<br />
le restaurer avant de pouvoir le piloter<br />
sur les routes du bassin grenoblois. Il<br />
nous régalait alors, son épouse Michelle<br />
à ses côtés, dévalant les pentes à toute<br />
vitesse et avalant les côtes à non moins<br />
vive allure. L’équipage participait à un<br />
club<br />
Une Peugeot 402<br />
légère de 1937, à<br />
l’élégant profil et à<br />
l’avant si particulier<br />
en raison de ses<br />
phares intégrés dans<br />
la calandre, lors<br />
d’une sortie du club.<br />
Membres du club,<br />
robert et Suzy<br />
armand à bord de<br />
leur Talbot M75C<br />
de 1931.<br />
grand nombre de rallyes, dont notamment<br />
notre merveilleux périple en Syrie<br />
en 2008. Sa rigueur et son professionnalisme<br />
lui avaient permis de se séparer<br />
de son entreprise suffisamment tôt<br />
afin de profiter d’une retraite anticipée,<br />
hélas, si vite écourtée. Il aimait la<br />
« bonne bouffe » et les meilleurs vins<br />
qui faisaient partie de sa culture. C’est<br />
pourquoi, à l’occasion d’un bon repas<br />
arrosé d’un très bon vin, vous pouvez lui<br />
faire un clin d’oeil en levant votre verre<br />
en signe de témoignage. Il aimait tant<br />
le faire.<br />
A son épouse Michelle, ses deux fils<br />
Guillaume et Renaud, ses petits enfants<br />
Mathilde et Siloë ainsi qu’à sa famille,<br />
l’association « 4 A » dont il était<br />
membre du bureau, se joint à moi pour<br />
leur témoigner tout le bonheur qu’il<br />
nous a procuré lors de nos escapades.<br />
Jacques, nous ne t’oublierons pas<br />
Michelle, nous ne t’oublions pas<br />
Christian Simonetti,<br />
ami et Président des 4A<br />
HH<br />
N°12 - HIVER 2010 45
HH<br />
46<br />
club<br />
Une Bentley dans<br />
la neige ? C’est une<br />
Van den Plas Type <strong>Le</strong><br />
<strong>Mans</strong> 1928 lors de<br />
l’hivernale historique<br />
2010. que du bonheur<br />
et de la chaleur…<br />
humaine !<br />
plus de facilité pour trouver des pièces de<br />
rechanges pour ces autos des années 1960<br />
à 1980. Pourtant, avec nos conditions de<br />
circulation « radarisées », les anciennes se<br />
révèlent idéales, avec des performances<br />
adaptées. N’hésitez pas à les sortir et, petit<br />
conseil au passage : il est bien meilleur de<br />
faire dix pompes le matin plutôt que de<br />
faire installer une direction assistée !<br />
$ DeS éPreUVeS hiSToriqUeS<br />
<strong>Le</strong> Club des 4A s’est distingué par l’organisation<br />
d’épreuves de grand renom.<br />
La première fut le rallye Neige et Glace,<br />
épreuve-phare du club et seul rallye hivernal<br />
à l’époque. Il rassemblait en janvier<br />
une soixantaine de concurrents venant de<br />
France et d’autres pays européens (35 %<br />
d’étrangers). Cette manifestation, vu l’importance<br />
du budget et des aspects fiscaux<br />
afférents, a ensuite évolué dans le cadre<br />
d’une autre structure qui n’est plus contrôlée<br />
par des membres des 4A et a dérivé<br />
en événement commercial pour véhicules<br />
contemporains. Au milieu des années 70,<br />
les 4A deviennent co-organisateurs des<br />
fameux La Cluzaz-Antibes qui ont laissé<br />
chez tous les participants d’inoubliables<br />
souvenirs. En en reprenant l’esprit, Christian<br />
Simonetti et Philippe Salamand créent<br />
en 2003 L’Hivernale Historique, réservée<br />
aux véhicules conçus avant 1950. C’est le<br />
massif des Vosges qui, du 5 au 9 janvier<br />
2011, servira de cadre à la prochaine <strong>édition</strong><br />
de cette balade touristique. Et les<br />
4A vous proposent, pour cette nouvelle<br />
année 2011, de commémorer le 110 e anniversaire<br />
de la course de côte de Laffrey.<br />
Cette commémoration sur route ouverte,<br />
qui aura lieu les 14 et 15 mai, réunira 60<br />
LES 4A Infos pratiques<br />
Sportive et racée, c’est une Peugeot 402 Darl’Mat, barquette<br />
comme celles engagées au <strong>Mans</strong> en 1937 et 1938.<br />
a son volant, son propriétaire, Jean Prestail.<br />
voitures et 60 motos, des origines à 1952<br />
pour les autos et jusqu’à 1964 pour les<br />
motos, dates extinctives de la course de<br />
côte de Laffrey. <strong>Le</strong> doyen des 4A, le tout<br />
jeune nonagénaire Robert Armand, est<br />
déjà inscrit pour présenter sa Ford T de<br />
1913 ou sa Talbot de 1931. Et, parmi les<br />
événements des 4A, il ne faudrait pas<br />
oublier une manifestation originale et<br />
fameuse, la grande bourse d’échanges<br />
de Vif, organisée par SimoRey, c’est-à-dire<br />
Christian Simonetti et François Reynaud.<br />
A tous ses rendez-vous 2011, l’Association<br />
des Amis de l’Automobile Ancienne vous<br />
attend nombreux… $<br />
<strong>Le</strong> bureau est composé de 5 administrateurs dont 1 président, Christian Simonetti,<br />
1 secrétaire, André Giband, 1 trésorier, Philippe Salamand et 2 administrateurs<br />
chargés des manifestations annuelles, Jacques Nicolas (décédé) et Pierre Solier.<br />
Coordonnées de l’association :<br />
4 A - 10, rue Voltaire, 38000 Grenoble - Tél. : 06 60 38 69 29<br />
E-mail : c.simonetti@wanadoo.fr<br />
Site internet : http://www.aaaa-grenoble.fr/
48<br />
Fin 1952, hotchkiss enrichit son catalogue<br />
d’un coach hotchkiss-Grégoire. il est produit<br />
à sept exemplaires chez henri chapron,<br />
d’après un dessin dû aux carrossiers de<br />
hotchkiss.<br />
Jean-albert<br />
Grégoire,<br />
au début<br />
des années<br />
cinquante.<br />
L’ingénieur<br />
est photographié<br />
ici dans<br />
son bureau de<br />
l’usine tracta,<br />
102, rue de<br />
colombes à<br />
asnières.<br />
Né le 7 juillet 1899 à Paris au sein d’une famille d’ascendance<br />
vosgienne, Jean-Albert Grégoire effectue sa<br />
scolarité à Saint-Jean de Passy, puis au Collège Stanislas.<br />
Polytechnicien, docteur en droit, il se fait connaître du<br />
monde de l’automobile dès la seconde moitié des années<br />
20, par la conception des premières voitures à roues avant<br />
motrices réellement viables, les fameuses Tracta. Celles-ci<br />
l’amènent à mettre au point et à breveter de manière très<br />
convenable l’invention de son ami Pierre Fenaille : il s’agit<br />
bien sûr du premier joint de transmission aux roues avant<br />
réellement efficace, le fameux joint homocinétique Tracta.<br />
Ce dispositif montre sa valeur en course de manière éclatante.<br />
Au <strong>Mans</strong>, en particulier, les Tracta se font remarquer<br />
par leur régularité. Il se révèle particulièrement fiable sur les<br />
quelques 200 voitures assemblées de 1927 à 1933 dans la<br />
petite usine du 102 rue de Colombes à Asnières.<br />
Jean-albert GréGoire<br />
<strong>Le</strong> dernier<br />
des pionniers<br />
Pionnier de la traction avant, et de l’utilisation des alliages légers dans la construction automobile,<br />
apôtre de la voiture électrique, écrivain de talent, Jean-Albert Grégoire demeure<br />
aujourd’hui une des figures majeures de l’histoire de l’automobile au XXe siècle.<br />
Par Marc-Antoine Colin (Vice-Président du Club Hotchkiss, rédacteur en chef du magazine Automobilia), photos Archives Marc-Antoine Colin<br />
$ L’homme de La traction avant<br />
Dés lors, aux yeux du petit monde des professionnels de<br />
l’automobile, Jean-Albert Grégoire s’est mué en défenseur<br />
inconditionnel de ce qui constitue désormais pour lui « la<br />
vérité technique » : les roues avant motrices. Aussi participe-t-il<br />
à l’étude de la plupart des « tractions » élaborées à<br />
partir de 1933. En France, la Donnet, la Chenard & Walcker,<br />
et bien sûr la célèbre Citroën, tandis qu’en Allemagne,<br />
Adler et DKW acquièrent la licence des procédés Tracta.<br />
Sous des formes parfois variables, toutes ces réalisations<br />
utilisent le joint homocinétique Tracta, dont la fabrication a<br />
été concédée à Bendix. Devenu à ce titre ingénieur-conseil<br />
de cette puissante société, Jean-Albert Grégoire expérimente<br />
ainsi un mode de relations auquel il restera toujours<br />
fidèle. Avec sagesse, il met alors fin à la production des
24 heures du mans 1927 : la tête couverte de bandages, séquelles de l’accident<br />
dont il a été victime à la veille de l’épreuve, Jean-albert Grégoire savoure la<br />
joie d’avoir franchi la ligne d’arrivée au volant de sa tracta.<br />
<strong>Le</strong>s premiers contacts pris avec l’aluminium Français débouchent en<br />
1935 sur la première expérience de carcasse coulée en alliage léger.<br />
mis en œuvre sur l’adler trumpf photographiée ici, ce procédé est<br />
protégé par le brevet n° 799.734, délivré le 11 avril 1936.<br />
Tracta, nettement déficitaire. Il est désormais convaincu<br />
qu’il vaut mieux pour lui préserver son indépendance visà-vis<br />
des constructeurs, tout en nouant des liens privilégiés<br />
avec certaines grandes firmes étroitement liées à l’industrie<br />
automobile.<br />
$ L’homme des aLLiaGes LéGers<br />
<strong>Le</strong>s contacts établis à partir de 1935 avec l’Aluminium Français<br />
constituent la mise en œuvre de cette analyse. Ce puissant<br />
groupe cherche alors à fortifier ses positions dans l’industrie<br />
automobile, au moment précis où les conséquences<br />
Jean-Albert Grégoire, Pierre<br />
Fenaille et le joint Tracta<br />
Si Jean-Albert<br />
Grégoire n’est pas<br />
l’inventeur, au sens strict du<br />
terme, du joint Tracta, conçu et élaboré par<br />
Pierre Fenaille, il lui reste le mérite d’avoir entrevu les<br />
immenses possibilités de ce montage, et de l’avoir très<br />
convenablement protégé d’un point de vue juridique.<br />
L’ingénieur se doublait d’un docteur en droit… Pierre<br />
Fenaille lui-même, à la fin de sa vie - il quitta ce monde<br />
en 1967 - a reconnu que sans Grégoire, son invention<br />
serait peut-être restée lettre morte.<br />
HH<br />
histoire des marques<br />
elégamment carrossé, vraisemblablement par<br />
duval, ce petit coupé tracta appartient au<br />
type d. celui-ci se subdivise en d 1 et en d 2.<br />
respectivement animés par un moteur scap<br />
de 8 ou 9 cv, l’un et l’autre ont fait l’objet<br />
d’une réception par le service des mines<br />
le 28 janvier 1929.<br />
constituée d’éléments assemblés<br />
par boulonnage, la carcasse<br />
coulée constitue l’âme de l’amilcar<br />
compound,et de toutes les créations<br />
ultérieures de Jean-albert Grégoire.<br />
<strong>Le</strong> mans, 16 juin 1929 : à l’arrivée, la tracta n° 26, pilotée par Louis Balart et Louis<br />
debeugny, termine neuvième, et première de la catégorie 751 à 1100 cm 3 . appuyé sur la<br />
tracta n° 27, qu’il partage avec Fernand vallon, Jean-albert Grégoire vient de terminer<br />
dixième à son volant. a l’extrême droite du document, appuyé sur la voiture, se tient<br />
l’inventeur du joint tracta, Pierre Fenaille.<br />
<strong>Le</strong>s petites amilcar compound se distinguent par leur élégance. spécialement préparés<br />
par hotchkiss, peints en rouge et noir, ces roadster sont particulièrement remarqués<br />
lors des concours d’élégance de l’été 1939.<br />
N°12 - hiVer 2010 49
50<br />
histoire des marques<br />
HH<br />
Restées<br />
dans l’ombre<br />
A l’image de son œuvre la plus<br />
célèbre, la Hotchkiss-Grégoire,<br />
produite à 247 exemplaires,<br />
les créations de Jean-Albert<br />
Grégoire connurent toujours<br />
une diffusion limitée.<br />
Il faut reconnaître que l’apôtre de<br />
la traction avant n’avait rien d’un<br />
ingénieur de fabrication, ni surtout<br />
d’un commerçant.<br />
de la crise économique contraignent les constructeurs à<br />
conquérir de nouvelles couches de clients. Pour cela, le<br />
recours à des voitures plus économiques et plus légères,<br />
faisant largement appel aux alliages légers, semble s’imposer.<br />
<strong>Le</strong>s excellentes relations nouées avec le directeur technique<br />
de l’Aluminium Français, Jean-Jacques Baron, amènent<br />
ce dernier à soutenir la participation de Jean-Albert<br />
Grégoire au concours lancé en 1935 par la SIA (Société des<br />
Ingénieurs de l’Automobile). Destiné à promouvoir une<br />
éventuelle voiture populaire, il débouche sur la première<br />
application de ce qui va demeurer, comme la traction avant,<br />
une technique Grégoire, la carcasse coulée en alliage léger.<br />
En liaison étroite avec l’Aluminium Français, le prototype<br />
alors réalisé sur une base d’Adler débouche sur l’Amilcar<br />
Compound, produite chez Hotchkiss de 1937 à 1939. <strong>Le</strong>s<br />
véritable condensé de toutes les solutions<br />
techniques chères à son auteur, la Grégoire r<br />
roule pour la première fois en novembre 1947.<br />
avec cette voiture, Jean-albert Grégoire entend<br />
concilier la tenue de route et l’économie<br />
d’emploi de la construction française, avec le<br />
confort de la construction américaine.<br />
animée par un deux cylindres à plat<br />
de 594 cm 3 refroidi par air, la petite<br />
aFG (aluminium Français Grégoire) ne<br />
dépasse pas 400 kg sous sa forme<br />
initiale. elle effectue ses premiers<br />
essais en juillet 1942.<br />
en juin 1951, Jean-albert Grégoire pose au volant de la première des 247 hotchkiss-Grégoire<br />
de production. Portant le numéro 501, elle est livrée le 29 juin à hugues Jécquier,<br />
administrateur du crédit commercial de France et ami de Jean-albert Grégoire.<br />
années 40 et 50 demeurent la période la plus féconde de<br />
l’activité de Jean-Albert Grégoire. Durant ces années d’extrême<br />
pénurie, placées sous le signe de l’économie forcée<br />
et du rationnement, le « minimum automobile » s’impose.<br />
<strong>Le</strong>s prototypes Aluminium-Français Grégoire et CGE Tudor<br />
électrique répondent à ces préoccupations. L’un et l’autre<br />
sont pourvus pour la première fois d’une technique elle<br />
aussi typiquement Grégoire, la suspension à flexibilité<br />
variable.<br />
$ succès et mécomPtes<br />
Simultanément, un programme plus ambitieux se fait jour.<br />
Esquissé dès 1942, il est consacré à une grosse voiture<br />
aérodynamique, qui allierait le confort des voitures amé-<br />
Pour la compagnie Générale d’electricité (cGe) Jean-albert Grégoire<br />
développe sous l’occupation la petite cGe tudor. aussi efficace que jolie,<br />
elle s’adjuge le 11 septembre 1942 le record de distance pour véhicule<br />
électrique : 250 km sans recharge, à 42,32 km/h de moyenne.
icaines à la tenue de route des voitures européennes.<br />
Dévoilée en 1947, la Grégoire R est construite par Hotchkiss<br />
de 1951 à 1954. La réussite technique est certaine, l’échec<br />
commercial cuisant. Déçu, mais nullement abattu, Jean-<br />
Albert Grégoire attache ensuite son nom à deux autres<br />
réalisations marquantes, la Socema Grégoire à turbine et<br />
la Grégoire Sport. Dotée d’une mécanique de Hotchkiss<br />
Grégoire et d’une carrosserie de Henri Chapron, cette<br />
dernière constitue une remarquable réalisation. Entre 1955<br />
et 1959, sa diffusion ne dépasse malheureusement pas cinq<br />
exemplaires. Au cours des années 60, l’activité de Jean-<br />
Albert Grégoire ne ralentit guère. Il se consacre en effet<br />
aux applications de la flexibilité variable qui se révèlent<br />
fort diverses, depuis les sièges de poids lourds jusqu’aux<br />
brancards. Enfin, au début des années 70, il revient à l’automobile<br />
au travers de la CGE Grégoire électrique. Parallèlement,<br />
il mène à bien une œuvre littéraire importante,<br />
où alternent romans, essais, critiques littéraires et ouvrages<br />
historiques. Partagées entre son appartement parisien, sa<br />
Un témoignage irremplaçable<br />
Parmi une production littéraire fort<br />
riche, il faut retenir 50 ans d’automobile,<br />
paru en 1974. Bien que<br />
certaines assertions ou certaines<br />
analyses de Jean-Albert Grégoire<br />
soient parfois sujettes à caution,<br />
l’ensemble constitue un témoignage<br />
irremplaçable.<br />
histoire des marques<br />
propriété des Gorges du Tarn et bien sûr sa fidèle usine<br />
d’Asnières, ses dernières années sont plus retirées. Avec<br />
beaucoup de gentillesse, il continue de recevoir à l’adresse<br />
historique du 102 rue de Colombes les amateurs attachés à<br />
ses réalisations. Sa dernière apparition publique eut lieu en<br />
février 1992, lors du salon Rétromobile. Malgré une fatigue<br />
que chacun put constater, il tint à honorer de sa présence<br />
le stand du Club Hotchkiss qui lui rendait hommage. Jean-<br />
Albert Grégoire a quitté ce monde le 19 août 1992, au seuil<br />
de sa 95 e année. $<br />
a 75 ans, Jean-albert Grégoire reste sur la brèche. sur ce document, il se tient en<br />
compagnie de ses collaborateurs dans la cour de l’usine tracta d’asnières, au côté<br />
de sa dernière œuvre, la cGe-Grégoire électrique. dessinée par Philippe charbonneaux,<br />
sa carrosserie en matière synthétique est construite chez chappe & Gessalin.<br />
La production atteint onze exemplaires.<br />
apparu en même temps que le coach, le cabriolet<br />
hotchkiss-Grégoire connaît la même diffusion confidentielle.<br />
contrairement au coach, il a été dessiné<br />
chez chapron par le styliste attitré du carrossier,<br />
carlo delaisse.<br />
cette maquette au 1/10 se concrétise en 1955<br />
sous la forme de la Grégoire sport. animé par<br />
une version compressée du groupe hotchkiss-<br />
Grégoire, cet élégant cabriolet est réalisé chez<br />
chapron d’après un dessin de carlo delaisse.<br />
cinq exemplaires voient le jour.<br />
N°12 - hiVer 2010 51
52<br />
publi-rédactionnel<br />
Motul<br />
Un acteur internationalement reconnu<br />
dans le monde des véhicules historiques<br />
Motul est un spécialiste unanimement reconnu pour son savoir-faire<br />
dans le secteur des lubrifiants. Motul est aussi un acteur clé dans<br />
le monde des véhicules d’époque et supporte de nombreuses épreuves<br />
et de nombreux teams dans les disciplines dédiées aux véhicules<br />
historiques, en France mais aussi à l’international. Nous vous proposons<br />
à travers ces quelques lignes un voyage autour du monde guidé<br />
par l’implication de Motul dans le monde des véhicules historiques.<br />
<strong>Le</strong> voyage débute en Europe. En 2010,<br />
Motul est de nouveau partenaire du <strong>Classic</strong><br />
Endurance Racing, série faisant revivre,<br />
à l’occasion de 5 meetings par an sur des<br />
circuits européens, les voitures mythiques<br />
de l’Endurance des<br />
années 60 et 70.<br />
Arrêtons-nous en<br />
France. Vous avez<br />
pu admirer, en<br />
début d’année, le<br />
stand St’Art with<br />
Motul, dans le cadre<br />
du salon Rétromobile,<br />
une exposition<br />
matérialisant la rencontre entre auto, moto<br />
et création, ces trois éléments stimulés par<br />
la passion.<br />
Motul a, également, été partenaire officiel<br />
du Tour Auto 2010. Cette version historique<br />
de l’une des plus anciennes courses<br />
automobiles au monde alterne épreuves<br />
chronométrées sur route et courses sur<br />
circuits. Cette compétition prestigieuse a<br />
repris, cette année, la route du Sud.<br />
Outre-Rhin, et pour la troisième année<br />
consécutive, Motul a été partenaire de<br />
la Bosch Boxberg Klassik, un rallye réservé<br />
aux véhicules d’avant 1970, auquel 200<br />
équipages ont pris part à la fin du mois<br />
de juin. La particularité de cette épreuve<br />
est de combiner parcours routier et ani-<br />
mations intermédiaires. L’équipe Motul a<br />
alors proposé des épreuves d’adresse, les<br />
participants devant garer leur véhicule le<br />
plus rapidement possible entre deux fûts…<br />
Motul, bien évidemment !<br />
Motul partenaire<br />
de la Bosch<br />
Boxberg Klassik<br />
(ci-dessus),<br />
de la Festa<br />
Primavera<br />
(ci-contre) et<br />
du Tour Auto<br />
2010 (photo<br />
de droite).<br />
Partons de l’autre côté de l’Atlantique. En<br />
Uruguay a eu lieu le fameux rallye de<br />
régularité pour véhicules historiques, dit<br />
« Rallye des 19 capitales ». Ouvert à toutes<br />
les voitures ayant participé à l’épreuve pendant<br />
son âge d’or (1967 à 1981) ainsi qu’à<br />
celles ayant participé au rallye Monte-Carlo<br />
à la même époque, cette épreuve redeve-<br />
nue très populaire, traverse chacune des<br />
19 capitales de chacun des départements<br />
du pays… Motul soutenait en 2010 la BMW<br />
de l’équipage Mendez/Duhart qui a réalisé<br />
une remarquable performance en terminant<br />
4 e du classement général.<br />
Et parce qu’un tour du monde ne serait<br />
pas complet sans passer par l’Asie, Motul a<br />
soutenu au printemps la Festa Primavera,<br />
un rallye historique japonais dans lequel 50<br />
voitures exceptionnelles étaient engagées.<br />
<strong>Le</strong> parcours est de 850 km en passant par<br />
Osaka, Shima et Suzuka.<br />
Continuons notre<br />
tour du monde<br />
puisqu’en<br />
novembre, Motul<br />
sera le partenaire<br />
de la fameuse<br />
épreuve London<br />
to Brighton.<br />
Motul, soucieux de s’impliquer au plus<br />
près du monde des véhicules d’époque, a<br />
également lancé début 2010, une nouvelle<br />
gamme de lubrifiants spécialement adaptés<br />
aux particularités de leurs mécaniques.<br />
Ainsi, la gamme Motul est-elle en mesure<br />
d’assurer une protection optimale, en<br />
offrant des solutions à tous les usages.<br />
<strong>Le</strong>s produits Motul savent aussi bien<br />
répondre aux nécessités des véhicules<br />
roulant très peu avec de longues périodes<br />
d’immobilisation qu’aux exigences de<br />
ceux utilisés en compétition, avec des<br />
mécaniques sollicitées à plein régime. $
C H R O M E S - C A R R O S S E R I E - T I S S U S - B O I S - C U I R S - C A P O T E S - J A N T E S - M O T E U R<br />
C’est parce qu’il n’était pas satisfait des produits d’entretien existants qu’un collectionneur d’automobiles<br />
de prestige décida dans les années 50 de créer sa propre marque : Belgom.<br />
Tout d’abord vouée à la rénovation des flancs blancs, Belgom n’a cessé d’innover pour devenir<br />
aujourd’hui la gamme-référence des produits de soin automobile.<br />
Belgom ® . Une efficacité parfaitement ciblée<br />
Qu’il s’agisse de rendre toute leur beauté aux carrosseries, entretenir les chromes<br />
et aluminiums, nettoyer les jantes, ou rénover plastiques, cuirs et capotes, Belgom ®<br />
propose toujours le produit de soin exactement adapté à vos besoins.<br />
Brillant exemple, Belgom ® Lustreur Ultra Protecteur<br />
Conçu pour donner un brillant exceptionnel aux peintures grâce à sa formule au<br />
titane, Belgom ® Lusteur Ultra Protecteur va plus loin : il protège durablement votre<br />
carrosserie contre la corrosion ou les intempéries, et il traite avec la même efficacité<br />
les chromes et les inox !<br />
I N F O C O N S O M M AT E U R S ✆ 01 41 73 07 20 w w w. s o d i t e n . f r
54<br />
Malgré des ennuis de boîte de vitesses et un arrêt au stand de 45 mn,<br />
Henri Pescarolo inscrit sa 3 HENRI PESCAROLO<br />
La chasse, les cieux… et les circuits<br />
e victoire consécutive au <strong>Mans</strong> en 1974 avec Matra.<br />
Je n’avais jamais eu l’occasion de rencontrer Henri Pescarolo et l’idée de l’interviewer, malgré mes années<br />
d’expérience, me laissait quelque peu perplexe : comment aborder celui que tout quidam connaît<br />
comme le « quadruple vainqueur des 24 Heures du <strong>Mans</strong> », de réputation peu communicative, pour que les<br />
lecteurs de L’Authentique puissent profiter d’un maximum d’informations ? Dès les premiers instants de<br />
notre rendez-vous parisien, les craintes furent tsunamisées par la distinction de l’homme et la richesse<br />
de son parcours… Par Pascal Chauvin-Lamour, photos Archives Pescarolo<br />
Notre rencontre a lieu en plein centre de<br />
la capitale, en rez-de-jardin, pourraiton<br />
dire, des pelouses des Invalides, dans<br />
les bureaux impeccables de l’agence de<br />
communication de son épouse Madie. A<br />
notre arrivée (je suis accompagné de Claude<br />
Delagneau qui se trouve être le maire de<br />
la commune de résidence de Henri Pescarolo<br />
!), ce n’est pas un pilote qui vient à notre<br />
rencontre, mais un véritable cadre dirigeant,<br />
look trader bcbg, décontracté et souriant,<br />
la chemise bleu du meilleur faiseur et le<br />
pantalon gris de rigueur. La silhouette s’affiche<br />
longiligne, un quinqua tout au plus…<br />
On est bien loin des images avec casquette<br />
publicitaire, combinaison improbable et<br />
visage éprouvé par l’effort ! Quelques formalités<br />
d’usage et Henri me lance « Tu veux<br />
un café ? ». Il se lève, prépare le breuvage<br />
à la même machine que l’Autre, (mais sans<br />
ajouter « What else ? ») et revient à la table<br />
au milieu de laquelle trône une douzaine<br />
de macarons (Ladurée ? Carette ?) : « Tiens,<br />
c’est pour toi » dit-il en s’asseyant. Tout est<br />
OK, Claude est reparti, nous allons commencer<br />
à travailler… Pas mal comme accueil<br />
de la part de quelqu’un que l’on dit plutôt<br />
luthérien et qui ne me connaît pas. <strong>Le</strong>s clichés<br />
en ont déjà pris un coup…<br />
$ La nature avant tout<br />
« Pilote automobile, pilote aéronautique,<br />
team manager et constructeur : Henri Pescarolo,<br />
combien de vies professionnelles<br />
avez-vous déjà eu ? » Cette seule question<br />
va suffire à nourrir la quasi-intégralité de<br />
l’interview. « Pour te répondre, il vaudrait<br />
mieux que je te parle de mes trois passions,<br />
cela me semble plus pertinent », me corrige-t-il.<br />
« Et je vais te surprendre, la première,<br />
par ordre chronologique et par ordre<br />
d’importance, c’est la Nature ». Voilà bien<br />
une réponse à laquelle je ne m’attendais<br />
pas de la part d’un homme de circuits. Et<br />
d’expliquer : « Grâce à mon enfance bourgeoise,<br />
j’ai eu la chance de grandir dans<br />
une superbe propriété à Montfermeil, au<br />
milieu d’un parc de 4 hectares. Et au milieu<br />
de cet univers enchanteur, il y avait un<br />
magicien, le jardinier, un personnage extraordinaire<br />
qui connaissait tout sur les plantes<br />
et les oiseaux. Au moment des départs en<br />
vacances, je ne voulais pas partir pour rester<br />
avec lui ». Cet amour de la nature, Henri l’a<br />
toujours décliné sous différentes formes :<br />
la chasse, la pêche et l’exploitation agricole.<br />
« J’ai toujours crapahuté derrière les<br />
bécasses et le gibier d’eau, je pratique la<br />
chasse active, mon chien à mes côtés. Cette<br />
activité m’est indispensable pour me ressourcer,<br />
tout comme la pêche à la mouche
en 1964, sous<br />
l’œil de son<br />
père, le Dr<br />
Pescarolo,<br />
Henri prépare<br />
la Lotus de<br />
l’opération<br />
« Ford-<br />
jeunesse ».<br />
que j’ai découverte plus tard ». Henri est<br />
aussi agriculteur, un moment même, à plein<br />
temps, « mais en attente d’un redémarrage<br />
de ma carrière. »<br />
$ L’aéronautique Par Passion<br />
« Très jeune, l’aviation m’a passionné : je<br />
voulais être pilote de chasse et pilote d’essai.<br />
Aussitôt que j’ai pu, j’ai suivi une formation<br />
de pilote et obtenu mon brevet le jour<br />
de mes 16 ans, le 25 septembre 1958. Il était<br />
convenu que je fasse Math. Elem. pour intégrer<br />
une école aéronautique. <strong>Le</strong> décès de<br />
ma mère m’a alors profondément marqué<br />
et j’ai commencé médecine, sans conviction,<br />
pour faire comme mon père. Beaucoup plus<br />
tard, je me suis régalé dans les airs grâce<br />
à la rencontre avec un pilote de ligne, un<br />
aventurier des airs génialement audacieux,<br />
Patrick Fourticq ». Passionné par les raids,<br />
Lors du<br />
dernier<br />
Week-end de<br />
l’excellence<br />
automobile<br />
à reims,<br />
le pilote<br />
au célèbre<br />
casque vert<br />
a pu faire<br />
hurler le v12<br />
Matra de sa F1<br />
de 19<strong>68</strong>. que<br />
du bonheur !<br />
autour de la<br />
propriété familiale<br />
de Montfermeil,<br />
Henri<br />
Pescarolo s’est<br />
initié très tôt à<br />
la chasse « par<br />
besoin d’une<br />
activité dans la<br />
nature ».<br />
l’Afrique en général et les déserts en particulier,<br />
Patrick Fourticq était en charge de l’assistance<br />
aérienne des rallyes Paris-Dakar de<br />
Thierry Sabine. A ce titre, c’est lui qui récupère<br />
en 1981 le fils de Margaret Thatcher<br />
perdu dans le Tanezrouft. Puis, avec Henri et<br />
Hubert Auriol, ils lancent l’ULM en Europe.<br />
En 1983, la « bande des 3 » remporte tous les<br />
classements du premier Tour de France d’Ultralégers<br />
et établit les premiers records de la<br />
spécialité. Il y avait alors quatre équipages<br />
d’ULM (parmi lesquels on peut également<br />
relever le nom de Gérard Feldzer). En 1984,<br />
en plus du Paris-Dakar, Henri et Patrick Fourticq<br />
rallient Los Angeles-Paris via New York<br />
en pulvérisant trois records du monde à bord<br />
d’un monomoteur Piper Malibu de 310 ch.<br />
« L’opération était risquée, nous avions 500<br />
litres d’essence dans le dos. A un moment,<br />
au-dessus de l’Atlantique, au cours d’une<br />
retransmission en direct sur France Inter<br />
pôle position<br />
Dès 1965, Matra s’aligna en F3 ; vice-champion de France en 1966, Henri Pescarolo<br />
remporte le championnat en 1967. L’auto était particulièrement bien dessinée.<br />
avec Michel Polacco au micro, le moteur<br />
ratatouille, nous perdons de l’altitude et puis<br />
tombons en panne de radio. On nous croit<br />
perdus en mer un long moment avant qu’un<br />
radar au large des côtes d’Irlande ne reçoive<br />
un écho. Cette fois, c’était hyper-tangent ».<br />
La même année, il gagne également en<br />
monomoteur la course Paris-Libreville. Puis<br />
en 1987, la « bande des 3 » à nouveau réunie<br />
redécolle, cette fois sur le fameux Loockheed<br />
18 datant de 1938 rebaptisé « Spirit of<br />
J&B » pour battre le record autour du monde<br />
d’Howard Hughes. Mission accomplie. Mais<br />
la loi Barzach encadrant la publicité sur les<br />
alcools met fin aux envolées promotionnelles<br />
du groupe sponsor Moët-Hennessy,<br />
clouant ainsi au sol tout autre projet de<br />
record pour Henri et ses amis. Restait l’hélicoptère<br />
que Henri découvre alors et dont<br />
il « tombe amoureux ». Et comme « le désir<br />
d’explorer les limites » et des exigences d’organisation<br />
et de qualité sont en lui, il crée<br />
la Fédération Française de Giraviation, met<br />
en place des compétitions et sur pied une<br />
Equipe de France dont il fait partie et qui<br />
participe plusieurs années aux Championnats<br />
du Monde, se classant 3 e et 1 re « civil »,<br />
derrière les équipes militaires russe et américaine<br />
! Une performance qui ne passe pas<br />
inaperçue… Aujourd’hui, Henri pilote toujours<br />
son hélicoptère pour ses déplacements<br />
privés. Entre temps, le roi des airs avait aussi<br />
acheté un Stampe biplan pour tâter de la<br />
voltige aérienne.<br />
HH<br />
n°12 - HiVeR 2010 55
HH<br />
56<br />
pôle position<br />
associé à Graham Hill, Henri<br />
Pescarolo remporte les 24 Heures du<br />
<strong>Mans</strong> 1972 avec la Matra-simca 670.<br />
Cela n’était pas arrivé à une voiture<br />
française depuis 22 ans.<br />
$ L’autoMobi<strong>Le</strong> Par Don<br />
C’est à la troisième de ses passions que Henri<br />
doit finalement sa plus grande notoriété.<br />
<strong>Le</strong>s choses avaient pourtant commencé<br />
un peu par hasard. Bien sûr, il y avait bien,<br />
gamin, l’emprunt de la voiture maternelle<br />
à 8 ans pour parcourir les allées, puis, vers<br />
12-13 ans, de la Triumph TR3 paternelle pour<br />
disputer les « grands prix du dérapage »<br />
autour du parc familial. Mais rien de très<br />
déterminé jusqu’à l’opération Ford Jeunesse<br />
avec l’AGACI sur des Lotus Seven. « Je<br />
m’embêtais tellement en cours de médecine,<br />
et dans la vie suite au décès de ma<br />
mère que je sautais sur tout ce qui pouvait<br />
me distraire », se rappelle Henri. « Je m’étais<br />
inscrit à cette école de pilotage par simple<br />
jeu et un peu par défi ». Des équipes constituées<br />
par région s’affrontaient pour distinguer<br />
les meilleurs jeunes pilotes. Cette première<br />
Coupe des Provinces 1964 est enlevée<br />
par l’équipe du Rhône avec Jimmy Mieusset,<br />
l’équipe Paris-AGACI se classe 2 e en remportant<br />
la Coupe de la Montagne grâce<br />
à 3 victoires de Henri Pescarolo. « Alors<br />
que j’étais moyen dans mes autres activités<br />
(ndlr : l’homme n’est pas du style dithyrambique<br />
y compris sur lui-même !), là, c’était<br />
formidable, j’étais parmi les tout meilleurs,<br />
je me révélais ». <strong>Le</strong>s choses vont ensuite<br />
aller très vite. Jean-Luc Lagardère, pour<br />
faire connaître de tous l’excellence de son<br />
groupe technologique, lance un incroyable<br />
programme de compétitions automobiles<br />
en 1971, Franck Williams<br />
débute en F1 avec des March<br />
et engage Henri Pescarolo.<br />
en annonçant à qui veut l’entendre que<br />
Matra sera un jour champion du Monde de<br />
F1 et remportera les 24 Heures du <strong>Mans</strong> ! <strong>Le</strong>s<br />
deux objectifs seront atteints en moins de<br />
dix ans et Henri en sera l’une des principales<br />
chevilles ouvrières. Incorporé à l’équipe de<br />
Vélizy dès son origine en 1965, il devient<br />
vice-champion de France de F3 en 1966<br />
puis champion en 1967. <strong>Le</strong> succès continue<br />
en 19<strong>68</strong> avec les titres de vice-champion<br />
de France et d’Europe en F2 et le statut de<br />
héros du <strong>Mans</strong> acquis en conduisant de nuit<br />
sous la pluie et sans essuie-glace l’unique<br />
Matra engagée cette année-là, la 630 n° 24,<br />
qui pointe en deuxième place avant d’abandonner<br />
sur crevaison à deux heures du baisser<br />
de drapeau. La légende Pescarolo est en<br />
marche. Victime d’un terrible accident lors<br />
d’essais privés au <strong>Mans</strong> en 1969 au volant<br />
Henri ne manque<br />
pas une belle occasion<br />
de piloter l’une<br />
de ses anciennes<br />
autos, comme ici<br />
l’inaltera 1976, lors<br />
du dernier <strong>Le</strong> <strong>Mans</strong><br />
<strong>Classic</strong>.<br />
de la M 640 au Cx record de 0,25, non testée,<br />
Henri, fait exceptionnel, remporte sa<br />
course de rentrée au Nurburgring au volant<br />
d’une F2 trois mois après : « Nous étions<br />
des pilotes d’essais. C’est nous qui testions<br />
les innovations. <strong>Le</strong>s exigences de Jean-Luc<br />
Lagardère étaient tellement fortes que nous<br />
pouvions nous retrouver sans volant du<br />
jour au lendemain. Il fallait donc toujours<br />
aller chercher les limites sans les dépasser.<br />
Hors circuits, nous les Matra Boys, ou plutôt<br />
les Matraciens comme on nous surnommait,<br />
étions les meilleurs amis – je pense à<br />
Weber, Jaussaud, Beltoise, Cévert, Servoz-<br />
Gavin, - mais pas sur les pistes, nous y étions<br />
contraints », explique-t-il. Cette dernière<br />
remarque fait écho à la réponse sur l’agrément<br />
de la vie d’un pilote de course. « La<br />
vie d’un pilote n’est jamais agréable, répond<br />
Henri Pescarolo, la pression psychologique<br />
est trop importante, mais elle est passionnante<br />
». L’ascension en monoplace continue,<br />
il devient l’un des deux pilotes pour Matra<br />
en F1 en 1970 aux côtés de Jean-Pierre Beltoise.<br />
Malgré une belle 3 e place à Monaco<br />
et souvent dans les 5 premiers. « L’année<br />
suivante en mettant Chris Amon premier<br />
pilote, Beltoise devenait second pilote, et<br />
il n’y avait plus de place pour moi, Lagardère<br />
m’a tué, c’était injuste. En 71 je devais<br />
gagner». <strong>Le</strong>s volants qu’il trouve ensuite ne<br />
sont malheureusement pas à la hauteur de<br />
ses ambitions (March, Iso, BRM, Surteess).<br />
L’aventure F1 se termine en 1976, avec 54<br />
Grands Prix F1 au compteur.
a bord d’un Loockheed<br />
18 datant de<br />
1938, Henri et ses<br />
amis Patrick Fourticq,<br />
Hubert auriol<br />
et le mécanicien<br />
arthur Powel battent<br />
le record du<br />
tour du monde de<br />
Howard Hughes.<br />
$ La notoriété Par L’enDuranCe<br />
Parallèlement à la monoplace (F1, F2,<br />
F3), Henri Pescarolo construit avec succès<br />
une véritable carrière en Endurance, qui<br />
se concrétise à partir de 1972 avec sa 1 re<br />
victoire au <strong>Mans</strong> associé à Graham Hill sur<br />
la Matra MS 670. Il remportera quatre fois<br />
l’épreuve (1973 et 1974 en Matra et 1984 en<br />
Porsche 956 Joest) et y participera 33 fois, aux<br />
volant de diverses autres montures : Ferrari,<br />
Ligier, Rondeau, Lancia, Sauber-Mercedes,<br />
Courage et Jaguar. Il remportera 22 victoires<br />
en Championnat du Monde d’Endurance.<br />
<strong>Le</strong> <strong>Mans</strong> lui donne la gloire… et l’envie d’y<br />
rester ! Par passion et irrépressible envie de<br />
transmettre, l’homme d’honneur (« j’avais<br />
envie de rendre au sport automobile ce qu’il<br />
m’avait donné ») alors qu’il était Délégué<br />
Général de la Filière-Elf depuis sa création,<br />
basée dans le Technoparc des 24 Heures, il<br />
crée la section Endurance et devient « professeur-team-manager-pilote<br />
». Avec ses<br />
poulains - équipiers (Bernard, Lagorce, Belloc,<br />
Clérico, Grouillard, Montagny, Ferté, Gay), de<br />
1995 à 1999, il transmet son savoir et participe<br />
aux 24 Heures, d’abord sous la bannière de La<br />
Filière, puis en 99, suite au retrait de Elf, à ses<br />
propres couleurs Pescarolo Promotion. Puis,<br />
à partir de 2000, c’est l’aventure Pescarolo<br />
Sport. Henri devient totalement indépendant<br />
et découvre la gestion d’une véritable PME<br />
et ses contraintes financières. <strong>Le</strong>s débuts<br />
sont exceptionnels : la voiture termine 4 e<br />
derrière 3 Audi dès ses premières 24 H en<br />
2000. Une nouvelle étape est franchie en 2006<br />
et Pescarolo Sport devient constructeur à<br />
part entière de ses propres autos, avec les<br />
résultats manceaux suivants : 2 e en 2005 et en<br />
2006, 3 e en 2007, 7 e en 2008, 8 e en 2009 pour<br />
la dernière année de participation. Raflant au<br />
passage une moisson de titres en <strong>Le</strong> <strong>Mans</strong><br />
Series : 4 fois vice-champion, 2 fois champion<br />
équipe et pilotes (dont 5 victoires en 2005,<br />
un grand chelem inédit), 1 fois champion<br />
Asian <strong>Le</strong> <strong>Mans</strong> Series en 2009. L’équipe est<br />
aussi élue Meilleur Team de l’année par un<br />
jury de journalistes anglais en 2007. Hélas, en<br />
2010, le vent tourne pour cause de déboires<br />
financiers. Alors que Henri Pescarolo assure<br />
exclusivement la direction sportive (prometteuse),<br />
la gestion désastreuse d’un investisseur<br />
contesté conduit in fine à la cessation<br />
d’activité de l’écurie en juillet dernier.<br />
$ La reLanCe Par Honneur<br />
sponsor oblige, Henri et Hubert<br />
auriol posent ici en kilt,<br />
près de leur Piper Malibu,<br />
à l’arrivée triomphante du<br />
Paris-Libreville en 1985.<br />
Précurseur et initiateur des<br />
compétitions uLM en France,<br />
Henri, seul, aux commandes,<br />
gagne de nombreuses épreuves<br />
dont le tour de France<br />
1983 avec son scirocco 3 axes.<br />
« Pescarolo Sport, c’est un savoir-faire de<br />
tout premier ordre et une équipe de pointe<br />
en matière de compétition. Ça ne peut pas<br />
s’arrêter comme ça, j’ai une responsabilité<br />
morale par rapport à l’équipe, pas question<br />
de les abandonner ainsi, il faut que je trouve<br />
une solution ». A 67 ans, le vieux lion blessé<br />
ne baisse pas les bras et cherche avec l’opiniâtreté<br />
et la dignité qui le caractérisent la<br />
solution pour continuer. Il est vrai que le<br />
gâchis serait immense. « Tu comprends, avec<br />
les tristes conditions de cette liquidation judiciaire,<br />
le nom de Pescarolo Sport est asso-<br />
pôle position<br />
cié à l’idée de magouilles financières, c’est<br />
intolérable », s’exclame dans un cri du cœur<br />
l’homme droit qui totalise 44 participations<br />
aux 24 Heures du <strong>Mans</strong>, en qualité de pilote,<br />
manager et constructeur. Et il n’est pas le seul<br />
à penser ainsi, ce sont tous les passionnés du<br />
sport automobile qui s’émeuvent. Au point<br />
même qu’une association « Tous avec Henri<br />
Pescarolo » vient d’être mise en place pour<br />
sauver une partie du patrimoine de l’écurie<br />
tout prochainement vendu aux enchères.<br />
« Il faut à tout prix, par exemple, éviter la<br />
dispersion de tout ce qui avait été acquis<br />
par nos résultats. Cela a été gagné par les<br />
hommes, ingénieurs, techniciens et pilotes,<br />
et doit leur rester », s’insurge Henri. Comme<br />
on le constate, la détermination n’est pas<br />
entamée. Des projets et un nouveau départ ?<br />
« Je ne travaille qu’à ça, répond-il, mais pas<br />
question d’en dire plus tant que ce n’est<br />
pas concrétisé, ce n’est pas dans mes habitudes<br />
de parler à la légère ». Cela, Monsieur<br />
Pescarolo, nous l’avions bien compris… La<br />
surprise ne vient pas de là. Alors que j’allais<br />
interviewer un champion automobile, au<br />
palmarès aussi impressionnant que varié,<br />
j’ai découvert un pilote aéronautique tout<br />
aussi valeureux, un aventurier à la recherche<br />
du risque calculé et un amoureux viscéral de<br />
la nature. Curieusement, malgré le niveau<br />
exceptionnel atteint par ce champion dans<br />
les deux premiers domaines cités, ce n’est<br />
pas ce qui prévaut. Avec la sobriété qui<br />
le caractérise, je crois avoir rencontré plus<br />
encore : un homme déterminé et digne. $<br />
n°12 - HiVeR 2010 57
58<br />
Stirlling Moss, bronze, 2003.<br />
375 MM, bronze,<br />
1995.<br />
EmmanuEl ZuRInI dIt « manou »<br />
L’appel des trois<br />
dimensions<br />
Ses clients se nomment Jackie Stewart, Jacky Ickx ou<br />
Pierre Bardinon. Ses œuvres, bien que montées sur socle,<br />
sont animées d’un irrésistible élan. Après avoir passé<br />
sa vie à capter le mouvement dans les téléobjectifs<br />
de ses appareils de photos sur tous les circuits de<br />
Grands Prix du monde, Emmanuel Zurini, universellement<br />
connu sous le surnom de « Manou » est devenu<br />
le sculpteur de la vitesse. Par José Rosinski<br />
Naturellement, il s’inspire souvent des voitures de courses<br />
ou de sport qu’il a cotoyées dans sa carrière voire<br />
conduites avec beaucoup de verve, car il est doué d’un<br />
excellent coup de volant. Mais Manou est aussi très sensible<br />
au design des années<br />
<strong>Le</strong>s lignes étirées des réalisations de l’artiste atteignent<br />
généralement une cinquantaine de centimètres de long.<br />
30, auquel un bon nombre de ses plus belles créations<br />
rend hommage. Et son goût pour les anciennes se manifeste<br />
également par la restauration d’un Spider Alfa Giulietta,<br />
d’où l’idée de faire mieux connaître aux lecteurs de<br />
l’Authentique cet artiste qui partage leur passion.<br />
sible au design des années l’Authentique cet artiste qui partage leur passion.<br />
L’Authentique : Comment est née cette passion de la<br />
vitesse et de la course ?<br />
Manou : En 1948, j’avais six ans quand<br />
mon père m’a emmené assister à<br />
une course au Bois de Bou- Bou<br />
logne, une des premières<br />
après-guerre. Un souvenir<br />
qui m’a marqué. Comme<br />
beaucoup de gosses, j’ai<br />
collectionné les Dinky Toys, et<br />
Esther Burkhard
en plus, je me suis toujours intéressé à la mécanique. Mais<br />
le vrai déclic s’est produit quand j’ai rencontré Jean-Pierre<br />
Beltoise.<br />
L’Authentique : Dans quelles circonstances ?<br />
Manou : J’avais 15 ans et j’étais attablé dans un café. Trois<br />
grands d’une vingtaine d’années conversaient à la table à<br />
côté, et alors qu’ils allaient se séparer, l’un d’entre eux a<br />
dit : « alors à demain, on sortira la Lotus »…<br />
quand j’ai entendu ce nom magique, j’ai<br />
pris mon courage courage à deux mains, je me suis<br />
approché et et je leur ai ai demandé si je<br />
pourrais la voir… Pensez donc,<br />
une Lotus à Paris à la fin<br />
des années 50 ! Ils m’ont<br />
donné rendez vous le lendemain<br />
au café le Cristal,<br />
rue Saint Honoré : C’était le<br />
quartier général de « la bande à Bébel »<br />
dont le père tenait une boucherie non loin de là.<br />
En réalité, la « Lotus » s’est avérée être tout bonnement<br />
la… 203 tôlée de livraison de la boucherie, au volant de<br />
laquelle, Jean-Pierre Beltoise et ses copains s’exerçaient<br />
aux finesses des dérapages contrôlés et ce, pendant les<br />
week end, sur la place de l’Etoile ! J’ai été un peu déçu,<br />
mais on a bien ri, et malgré la différence d’âge, ils m’ont<br />
admis dans la bande…<br />
Manou va même en devenir le boute-en-train, car c’est<br />
aussi un personnage truculent qui n’a pas son pareil pour<br />
animer une soirée, jamais à court d’une bonne blague dont<br />
il possède un réservoir apparemment inépuisable.<br />
L’Authentique : Comment es-tu devenu photographe ?<br />
Manou : Durant la première moitié des années 60, j’accompagnais<br />
Jean-Pierre sur les circuits comme simple groupie.<br />
Un jour, sa mère de retour d’un voyage au Japon, lui a rapporté<br />
un appareil photographique, il me l’a prêté. En 1966,<br />
un « pro » m’a repéré et m’a proposé de travailler avec lui.<br />
C’est ainsi que je suis devenu le pilier de l’Agence DPPI<br />
(Diffusion Photos Presse Internationale) et ce, jusqu’en<br />
1978.<br />
Manou, bon compagnon, va devenir l’ami des pilotes au<br />
cours de la période marquée par l’essor de la fameuse<br />
« Equipe de France de Formule 1 », équipe qui comptera<br />
jusqu’à 7 membres au départ des Grands Prix<br />
(Arnoux, Depailler, Jabouille, Jarier, Laffite, Pironi<br />
et Prost) au tournant des années 70-80. Quelle<br />
époque !<br />
L’Authentique : C’était le bon temps !<br />
Alors, pourquoi avoir lâché une activité dans<br />
laquelle tu avais si bien réussi pour devenir<br />
sculpteur sans formation ?<br />
Manou : <strong>Le</strong> besoin de m’exprimer dans trois<br />
dimensions. Un jour de juin 1975, passant<br />
rue Royale devant la vitrine de l’orfèvre<br />
Christofle, mon regard est attiré par une jolie sculpture<br />
auto-mobile en argent. J’entre dans le magasin pour me<br />
renseigner. « C’est une création du grand dessinateur -<br />
illustrateur Folon », m’indique la vendeuse. Qui ajoute,<br />
toute fière en appuyant sur la tête du pilote dont jaillit<br />
une flamme : « et le plus beau, c’est que c’est aussi un<br />
briquet ! ».<br />
A ce moment-là, quelque chose s’est passé dans ma tête.<br />
Je me suis dit : transformer une œuvre d’art en<br />
vulgaire gadget, c’est<br />
vraiment nul ! je<br />
vais essayer de sculpter une auto<br />
moi aussi, mais je vais faire en sorte<br />
qu’elle ne finisse pas en tire-lire ou en réveil matin…<br />
Je me suis procuré un morceau de terre à modeler chez<br />
Matra, et un beau soir, de manière purement instinctive,<br />
j’ai commencé à façonner une sorte d’incarnation stylisée<br />
d’une auto des années 30. Couché à 5 heures, je me suis<br />
réveillé à midi, et à ma grande surprise, en examinant le<br />
résultat, je n’ai éprouvé aucune envie d’y apporter de quelconques<br />
retouches. Ce premier travail a donné naissance<br />
à mon premier bronze, bronze que je suis allé montrer<br />
au célèbre Commissaire Priseur Hervé Poulain. Celui-ci<br />
l’a adjugé en 1975 lors d’une vente dans l’ancien Hôtel<br />
Drouot au grand collectionneur Michel Seydoux.<br />
L’Authentique : Alors, fini la photo ?<br />
Manou : Non, pas tout à fait, car gagner sa vie en tant<br />
qu’artiste débutant n’est pas évident ! Heureusement,<br />
Francis Guiter, le patron de la compétition chez Elf à<br />
l’époque, m’a aidé à gagner le cap en m’engageant dans<br />
son équipe de photographes.<br />
L’Authentique : Auparavant, tu<br />
avais été tenté par l’envie de<br />
devenir pilote ?<br />
ART<br />
Alfetta, bronze<br />
nickelé, 2004.<br />
Quel que<br />
soit l’angle,<br />
la vitesse<br />
est toujours<br />
suggérée.<br />
HH<br />
N°12 - HIVER 2010 59
60<br />
ART<br />
HH<br />
Type 59 X.<br />
Manou : En effet, j’ai<br />
toujours eu le virus de la<br />
conduite rapide. Aussi en 19<strong>68</strong>,<br />
grâce grâce à l’aide de Tico Martini (à l’époque<br />
Directeur de l’école de pilotage Winfield à<br />
Magny-Cours), j’ai pu m’engager m’engager au concours<br />
du Volant Shell. Ca marchait bien, je faisais les mêmes<br />
temps que Laffite. Mais avant la sélection des demi-finales,<br />
Tico est venu me voir pour me demander qu’elle était ma<br />
motivation la plus forte : devenir pilote professionnel ou<br />
continuer dans la photo ? je commençais à gagner ma vie<br />
chez DPPI, et puis j’avoue que j’étais un peu refroidi par le<br />
nombre d’accidents mortels, Jo Schlesser notamment, qui<br />
se produisait à cette époque. Alors, j’ai laissé ma place à un<br />
autre pilote ayant davantage le feu sacré.<br />
Mais en 1976, le démon de la course m’a repris ! J’étais<br />
plus à l’aise financièrement, je me suis inscrit à la Coupe<br />
R5 kitée. Cette fois encore, c’était bien parti puisque j’ai<br />
réussi le meilleur temps des essais préliminaires sur le circuit<br />
Bugatti. Pendant la saison, j’ai obtenu plusieurs pôles<br />
positions et quelques résultats flatteurs. Mais globalement,<br />
en course, j’ai manqué de constance ne disposant pas d’un<br />
châssis bien réglé. Je n’ai pas insisté.<br />
L’Authentique : A présent, tu t’intéresses aux<br />
Anciennes ?<br />
Delage, bronze, 1987.<br />
Bagatelle, bronze, 1997.<br />
Manou : En fait, j’ai été attiré<br />
depuis très longtemps par<br />
le style des années 30, séduit<br />
également par les collectionneurs<br />
et les restaurateurs. Un milieu de véritables<br />
passionnés. Au hasard des circonstances et… de<br />
l’état de mon compte en banque, j’ai possédé une 4<br />
CV découvrable, une Bentley SI, une Lincoln Continental<br />
et d’autres…<br />
Actuellement, je partage avec ma compagne Esther, un<br />
beau petit Spider Giulietta en cours de restauration. De<br />
plus, je participe à différentes épreuves dans la Jaguar XK<br />
120 d’un de mes vieux amis.<br />
L’Authentique : Aujourd’hui, ta réputation d’artiste est<br />
bien établie au niveau international. Quel projet d’avenir<br />
te tient le plus à cœur ?<br />
Manou : Je suis reconnu certes, mais pour gagner la course<br />
à la consécration, j’ai besoin de réaliser l’œuvre monumentale<br />
qui manque à mon palmarès.<br />
J’espère, que malgré la crise actuelle, ce projet pourra<br />
bientôt aboutir. $<br />
<strong>Le</strong>s oeuvres de Emmanuel Zurini sont visibles<br />
à la Galerie Vitesse, 48 rue de Berri - 75008 Paris<br />
Site : www.galerievitesse.com
62<br />
Dans les années 1960, personne en France<br />
ne parle de « design ». <strong>Le</strong> terme est<br />
anglais et la complexité qu’il recouvre n’est<br />
comprise que par les Anglo-Saxons. Au<br />
cœur des Trente Glorieuses, Simca est la<br />
seule entreprise française à disposer d’une<br />
véritable équipe de stylistes, structurée<br />
comme aux États-Unis, avec de vrais studios<br />
et un effectif conséquent. Chez les<br />
autres constructeurs – Citroën, Peugeot,<br />
Renault ou Panhard – le style est à la charge<br />
d’un homme seul, souvent éclipsé par la<br />
direction technique. Pour gérer son studio<br />
de style, entre 1955 et 1963, le président<br />
de Simca – Henri-Théodore Pigozzi – avait<br />
recruté un créateur de renommée internationale,<br />
Mario Revelli de Beaumont, qui<br />
avait travaillé pour les plus grands carrossiers<br />
italiens et fait un séjour chez General<br />
Motors, à Detroit. Cette conscience d’un<br />
caractère cosmopolite du design donne<br />
une coloration particulière aux produits<br />
de la marque. Simca est la plus jeune des<br />
grandes marques françaises, mais pas la<br />
Claude lobo<br />
Lignes de vie<br />
moins atypique. En 1964, elle occupe la<br />
quatrième place de l’industrie tricolore<br />
derrière Renault, Citroën et Peugeot, mais<br />
devant Panhard. L’ouverture vers l’extérieur<br />
va aussi attirer de nombreux jeunes<br />
designers qui entrevoient ici la possibilité<br />
d’épanouir leur talent plus que chez des<br />
Concept Car Ford GT 90.<br />
Bien qu’il ait exercé son art essentiellement à l’étranger, Claude Lobo est<br />
une des personnalités majeures de l’histoire du design français… Il est aussi<br />
un acteur essentiel de la défense du patrimoine automobile. Par Serge Bellu<br />
constructeurs soumis à la tyrannie de l’ingénierie.<br />
Patrick le Quément que l’on retrouvera<br />
à la tête de Renault, Jacques Nocher<br />
qui l’assistera longtemps, Philippe Guédon<br />
qui dirigera Matra ou encore Yves Dubernard<br />
qui fera une belle carrière chez PSA<br />
ont tous fait leurs premières armes chez<br />
Lancée au Mondial<br />
de l’Automobile de<br />
Paris en 1996, la Ford<br />
Ka inaugura le style<br />
New Edge Design créé<br />
par Claude Lobo et<br />
a remporté de nombreuses<br />
récompenses<br />
internationales pour<br />
son esthétique novatrice.<br />
Elle fut aussi<br />
un véhicule important<br />
de conquête pour<br />
le constructeur,<br />
puisque 65 % des<br />
acheteurs n’avaient<br />
jamais acheté de Ford<br />
auparavant.
Simca. C’est aussi le cas de Claude Lobo.<br />
Il est ce jeune styliste qui vient frapper à la<br />
porte du studio, un beau matin de 1964.<br />
Claude Lobo est âgé de vingt-et-un ans<br />
quand il arrive à Argenteuil où se trouve<br />
le studio dirigé par Claude Genest. Plus<br />
tard, le bureau d’études sera transféré à<br />
Poissy. Claude a passé son enfance dans les<br />
parages de Montmartre, autour de la rue<br />
<strong>Le</strong>pic et de la place Blanche. De ce terroir<br />
qui fleure bon le pavé parisien, il conservera<br />
une gouaille et une posture qui séduiront<br />
les Américains bien des années plus tard.<br />
Jamais il ne se départira de son humour et<br />
de sa décontraction, jamais il ne prendra<br />
les postures artificielles souvent chères<br />
Exposée pour la première fois sans intérieur au<br />
salon de Detroit 1996, cette sentinel avec ses<br />
surfaces plates et ses<br />
arrêtes vives s’inspire de<br />
la Continental 1962 et<br />
de la Facel iii.<br />
<strong>Le</strong>s lignes anguleuses et les formes triangulaires du<br />
concept-car GT 90 présenté en janvier 1995 témoignent<br />
bien des nouveaux canons esthétiques imaginés<br />
par Claude Lobo. Véritable supercar mue par un V12<br />
de 720 ch, la GT 90 n’a jamais été commercialisée.<br />
aux designers. Sans jamais se prendre au<br />
sérieux, Claude Lobo mettra sans cesse<br />
l’accent sur ses origines modestes, s’employant<br />
à donner aux jeunes générations<br />
l’espoir de progresser dans l’échelle<br />
sociale, sans diplôme, mais avec une forte<br />
détermination et pas mal de talent…<br />
$ LE DEsiGN à L’iNTErNATioNAL<br />
Claude Lobo a reçu une formation à l’École<br />
Supérieure des Arts Appliqués Duperré,<br />
mais il se considère plus comme un autodidacte.<br />
Il a fait ses premières armes de<br />
styliste chez Arthur Martin où il rencontre<br />
Robert Opron, l’homme qui va le propulser<br />
design<br />
Très prolixe en ces années-là en conceptcar,<br />
Ford présenta (1996) un autre<br />
prototype dû à Claude Lobo (ici au volant),<br />
l’indigo, imaginé pour la course et dont<br />
un nouveau moteur V12 se retrouvera sous<br />
des capots Aston Martin.<br />
définitivement dans le monde de l’automobile.<br />
Après un service militaire dans<br />
l’armée de l’air, qui le conduit de Metz à<br />
Dakar, Claude Lobo entre donc chez Simca<br />
où il travaille sur la future 1100. Là il fait<br />
la connaissance de Jacques Nocher, une<br />
autre personnalité qui aura une grande<br />
importance dans la carrière de Claude<br />
Lobo. L’expérience ne dure que deux<br />
années, Claude Lobo cédant sa place à<br />
Patrick le Quément dès 1966.<br />
En juin 1966, Claude Lobo part en Allemagne,<br />
chez Ford, où il effectuera l’essentiel<br />
de sa carrière. À Cologne, il devient responsable<br />
du design extérieur des voitures<br />
de la gamme compacte dès 1967. À ce<br />
titre, il travaille sur l’important programme<br />
qui débouchera sur la Fiesta, en 1976.<br />
Claude Lobo travaille ensuite à Cologne<br />
en Allemagne et devient responsable du<br />
design avancé en 1987. En 1994, il part<br />
aux Etats-Unis, toujours pour diriger le<br />
design avancé. Claude Lobo devient alors<br />
l’un des personnages les plus influents du<br />
design contemporain de part et d’autre<br />
de l’Atlantique ; c’est lui qui initie l’important<br />
mouvement du New Edge Design à<br />
travers lequel Ford dogmatise le renouveau<br />
de son style. <strong>Le</strong> New Edge design<br />
se caractérise par des volumes structurés,<br />
fractionnés par des lignes tranchantes. <strong>Le</strong><br />
concept car « GT90 », présenté en janvier<br />
1995, apparaît comme le manifeste de<br />
HH<br />
n°12 - HiVeR 2010 63
HH<br />
64<br />
design<br />
cette esthétique nouvelle avec la juxtaposition<br />
de multiples facettes triangulaires. <strong>Le</strong><br />
chef d’œuvre absolu de Claude Lobo, sur<br />
le registre des concept cars, apparaît en<br />
janvier 1996. La Lincoln Sentinel est noire,<br />
inquiétante et monstrueuse. Ses arêtes<br />
vives et ses volumes tracés au cordeau, la<br />
Sentinel les puise dans le passé plus que<br />
dans une doctrine. L’inspiratrice n’est autre<br />
que la Continental millésimée 1962, une<br />
pure beauté à quatre portes ouvrant de<br />
manière antagoniste. <strong>Le</strong>s longs flancs lisses<br />
et ondulants, ventrus au bas de la caisse,<br />
puis évasés au niveau de la ceinture, ses<br />
roues immenses soulignées par des arches<br />
enflées, et son étrave flanquée de deux rangées<br />
de fanons, la ceinture de caisse marquée<br />
par un fil de chrome, l’habitacle aplati<br />
entre les ailes… Autant de clins d’œil qui<br />
jettent une passerelle entre futur et passé.<br />
Mais la Continental n’est pas seule source<br />
d’inspiration : Claude Lobo a fait venir dans<br />
le studio une Facel-Véga Facel II avec pour<br />
consigne à ses stylistes de créer « un dessin<br />
aussi simple que celui-ci » ! Claude Lobo<br />
applique le New Edge design à la gamme<br />
commerciale, à la petite Ka (1996), à la<br />
Focus (1998) et à la deuxième génération<br />
de la Mondeo (2000). Il revient en Europe<br />
en 1997 en tant que directeur du design,<br />
prenant ainsi la succession de Fritz Mayhew<br />
qui avait lui-même remplacé Uwe Bahnsen.<br />
Il participe activement à la généralisation<br />
de l’usage de la CAO.<br />
$ L’éLéGANCE à BErGErAC<br />
Puma et Focus, deux filles de la période « New Edge Design-Lobo ». La première<br />
nommée fut produite de 1997 à 2002 à partir d’une plateforme de Fiesta. La seconde<br />
remporta le titre européen de Voiture de l’année 1999. Dans tous les cas, depuis la<br />
Ka, le style inspire la sympathie et le succès.<br />
Quand il se retire de la carrière active, à la<br />
fin de l’année 1999, Claude Lobo s’engage<br />
dans une nouvelle aventure. De 2000 à<br />
2007, il organise un concours d’élégance<br />
automobile dans son Périgord d’adoption,<br />
au château des Vigiers, près de Bergerac.<br />
<strong>Le</strong> concours d’automobiles classiques<br />
de Bergerac trouve vite son régime de<br />
croisière et devient l’un des rendez-vous<br />
attendus sur le calendrier des collectionneurs.<br />
Dans une France paisible et protégée,<br />
nichée dans les replis du Périgord<br />
pourpre, loin des modes et des tumultes,<br />
le concours de Bergerac ne cherche pas<br />
à rivaliser avec la Villa d’Este, Pebble<br />
Passionné par la<br />
compétition automobile<br />
(un temps<br />
pilote), Claude Lobo<br />
a côtoyé le monde de<br />
la F1 depuis le début<br />
des années 70 ;<br />
il dessina ainsi la<br />
McLaren championne<br />
du monde en 1973<br />
avec Emerson<br />
Fittipaldi (ici à<br />
Monaco), puis, de<br />
1971 à 1980, devint le<br />
manager de Jochen<br />
Mass (McLaren, ATs,<br />
Arrows, March).<br />
Beach ou le très parisien Louis Vuitton<br />
<strong>Classic</strong>. L’originalité de la manifestation<br />
provient pour une large part de la nature<br />
des membres du jury qui émanent pour la<br />
plupart de l’univers du design. On y croise<br />
de multiples personnalités qui sont autant<br />
d’anciens collègues de Claude Lobo : Uwe<br />
Bahnsen (ex-Ford et Art Center Europe),<br />
Patrick <strong>Le</strong> Quément (ex-Simca, Ford et<br />
Renault), Christopher Bangle (ex-Fiat et<br />
BMW), Fulvio Cinti (Auto & Design), Robert<br />
Cumberford (ex-Design Performance),<br />
Murat Gunak (ex-Peugeot, Mercedes et<br />
Volkswagen), Klaus Kapitza (ex-BMW Technik),<br />
Hartmut Warkuss (ex-Volkswagen) ou<br />
encore Jean-Pierre Ploué (PSA Peugeot<br />
Citroën) ou Wahei Hirai (Toyota)…<br />
La manifestation se déroule sur deux<br />
jours. <strong>Le</strong> premier ralliement a lieu le<br />
samedi à Bergerac, sur les rives de la<br />
Dordogne, devant les ponts où viennent<br />
s’amarrer les gabarres désormais dévolues<br />
au tourisme. <strong>Le</strong>s participants traversent<br />
la vieille ville, puis les équipages<br />
traversent les vignobles de Bergerac,<br />
s’approchent des crus de Monbazillac et<br />
de Pécharmant, frôlent la cité médiévale<br />
d’Eymet, les églises – comme la délicieuse<br />
église Sainte-Croix – pour terminer<br />
leur randonnée sur les pelouses du château<br />
des Vigiers. <strong>Le</strong>s concept cars ébauchant<br />
le futur les accueillent. Là, les belles<br />
viennent s’endormir jusqu’au dimanche<br />
matin. Commence alors leur inspection<br />
sous l’œil expert et impitoyable des<br />
juges nommés pour le concours d’élégance.<br />
Il est fort instructif d’écouter leurs<br />
enthousiasmes, relever leurs préférences,<br />
enregistrer leurs étonnements. Et saluer<br />
ensemble l’initiative d’un authentique<br />
passionné d’automobile. $
66<br />
informations générales<br />
Organigramme 2010 de la FFVE<br />
Autour de son président, la FFVE fonctionne grâce<br />
à une équipe organisée comme suit :<br />
Bureau<br />
Président : Claude Delagneau<br />
Vice Président, Manifestations :<br />
Michel Clin<br />
Vice Président, Véhicules industriels,<br />
militaires et agricoles :<br />
Jean-Claude Accio<br />
Vice Président, Motocyclettes :<br />
Patrick <strong>Le</strong> Parc<br />
Trésorier coopté : Céline Poussard<br />
Secrétaire : Pascal Rousselle<br />
Secrétaire-Adjoint : Dominique Viginier<br />
Conseil d’Administration<br />
Collège Marques :<br />
Jean-Claude Accio<br />
Michel Blanchard<br />
Claude Delagneau<br />
Michel <strong>Le</strong>moine<br />
Michel Piat<br />
Michel Revoy<br />
M.A. de Trémiolles<br />
Collège Multimarques :<br />
R.L. Brezout-Fernandez<br />
Michel Clin<br />
Régis Deweer<br />
Claude Peker<br />
Patrick Rollet<br />
Pascal Rousselle<br />
Dominique Viginier<br />
Collège Motocyclettes :<br />
Gilles Destailleur<br />
Patrick <strong>Le</strong> Parc<br />
Didier Rousier<br />
Collège Musées :<br />
Didier Carayon<br />
Bernard Vaireaux<br />
Collège Professionnels :<br />
Max Alunni<br />
Denis <strong>Le</strong> Priol<br />
Jean-Pierre Osenat<br />
Administrateurs Suppléants<br />
Collège Marques :<br />
Etienne Anglade<br />
J.M. Charpentier<br />
Alain <strong>Le</strong>gras<br />
Jean Pruvost<br />
Collège Multimarques :<br />
Yves Bellessort<br />
Pierre-Jean Desfossé<br />
Gilles Gaucher<br />
François Lubert<br />
Alain Quemener<br />
Pierre de Saint-Viance<br />
Christian Simonetti<br />
Olivier Weyl<br />
Collège Motocyclettes :<br />
Roland Carlier<br />
Alain Grare<br />
Roch Quatrefages<br />
Collège Musées :<br />
Michel Hommell<br />
Bruno Tabare<br />
Collège Professionnels :<br />
Nicolas Généroso<br />
Guy Grardel<br />
Eric Léonard<br />
Conseillers du Président<br />
Affaires administratives : Louis Lamiré<br />
Motocyclettes : Claude Scalet<br />
Relations clubs : Modeste Tréhin<br />
Délégués Régionaux<br />
Coordinateur : Pascal Rousselle<br />
Alsace Lorraine Franche-Comté :<br />
Olivier Weyl<br />
Auvergne : Jean Pestre<br />
Bretagne : Gilles Gaucher<br />
Centre, Nièvre, Yonne : Dominique Viginier<br />
Ile de France : Michel Romanet-Perroux<br />
Midi-Pyrénées Aquitaine :<br />
Bernadette Mesplet<br />
Flandres, Artois, Picardie : Pascal Rousselle<br />
P.A.C.A. : Régis Deweer<br />
Rhône-Alpes : Claude Peker<br />
Antilles : Philippe Dorvilma<br />
Membres Cooptés<br />
Affaires juridiques : Jean-Pierre Antoine<br />
Affaires financières : Guy Equille<br />
Ancêtres : François Richer<br />
Concours d’élégance : Georgette Dubois<br />
Contrôles techniques : Jacky Rollet<br />
Documentation et bibliothèque :<br />
Jean-François Ruchaud<br />
Informatique et site internet :<br />
Guillaume Bonafous-Murat<br />
Manifestations : Jean-Louis Blanc<br />
Musées : Valy Giron<br />
Relations autorités sportives :<br />
Bernard Consten<br />
Trésorerie et affaires financières :<br />
Céline Poussard<br />
Membres d’honneur<br />
Guy Burnat : Ancien Président FFVE<br />
Philippe Looten : Président fondateur FCMF<br />
Adrien Maeght : Membre Fondateur FFVE<br />
Robert Panhard : Ancien Président FFVE<br />
Michel de Thomasson : Ancien Président FIVA<br />
Administration<br />
Directeur Général : Laurent Hériou<br />
Secrétaire administrative : Michèle Hivert<br />
Secrétaires : Nathalie Lainé, Paula Vieira<br />
Partenaires officiels<br />
de la Fédération