Suites et series de fonction - Faculté des Sciences et Techniques
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Université Sultan Moulay Slimane<br />
<strong>Faculté</strong> <strong>de</strong>s sciences <strong>et</strong> techniques<br />
<strong>de</strong> Beni Mellal<br />
Année universitaire :<br />
2010/2011<br />
<strong>Suites</strong> <strong>et</strong> séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s<br />
Ab<strong>de</strong>sselam BOUARICH<br />
Deuxième version :<br />
15/06/2011<br />
A. Bouarich
2<br />
A. Bouarich <strong>Suites</strong> <strong>et</strong> séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s
Table <strong>de</strong>s matières<br />
1 Les séries numériques 5<br />
1.1 Propriétés <strong>de</strong>s séries numériques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5<br />
1.2 Séries géométriques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8<br />
1.3 Séries à termes positifs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9<br />
1.3.1 Critères <strong>de</strong> comparaison . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9<br />
1.3.2 Comparaison d’une série avec une intégrale simple généralisée . . . . . 12<br />
1.3.3 Règles <strong>de</strong> Cauchy <strong>et</strong> <strong>de</strong> D’Alembert . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17<br />
1.3.4 Séries absolument convergentes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21<br />
1.4 Séries alternées . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23<br />
1.4.1 Le théorème <strong>de</strong> Leibniz . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23<br />
1.4.2 Le théorème d’Abel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24<br />
2 <strong>Suites</strong> <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s 29<br />
2.1 Convergence simple d’une suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29<br />
2.2 Convergence uniforme d’une suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s . . . . . . . . . . . . . . . . . 31<br />
2.3 Théorèmes fondamentaux sur la convergence uniforme . . . . . . . . . . . . . 36<br />
2.3.1 Théorème <strong>de</strong> la continuité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36<br />
2.3.2 Théorème <strong>de</strong> l’integration . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38<br />
2.3.3 Théorème <strong>de</strong> la dérivation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41<br />
3 Les séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s 45<br />
3.1 Définitions <strong>et</strong> propriétés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 45<br />
3.2 Théorèmes fondamentaux <strong>de</strong> la convergence uniforme . . . . . . . . . . . . . 49<br />
4 Les séries entières 58<br />
4.1 Propriétés du domaine <strong>de</strong> convergence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 58<br />
4.1.1 Définitions <strong>et</strong> exemples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 58<br />
4.1.2 Rayon <strong>de</strong> convergence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 59
4.1.3 Formule <strong>de</strong> Hadamard . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 62<br />
4.1.4 Opérations sur les séries entières . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 68<br />
4.2 Fonctions d’une variable réelle développables en série entière . . . . . . . . . . 71<br />
4.2.1 Définition <strong>et</strong> propriétés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 71<br />
4.2.2 Exemples <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s développables en série entière . . . . . . . . . . 74<br />
4.3 Équations différentielles linéaires <strong>et</strong> les séries entières . . . . . . . . . . . . . . 80<br />
4.3.1 Cas d’une équation différentielle régulière . . . . . . . . . . . . . . . . 80<br />
4.3.2 Cas d’une équation différntielle singulière . . . . . . . . . . . . . . . . 83<br />
5 Les séries <strong>de</strong> Fourier 86<br />
5.1 Séries trigonométriques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 86<br />
5.1.1 Définition <strong>et</strong> propriétés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 86<br />
5.1.2 Coefficients <strong>de</strong> Fourier d’une série trigonométrique . . . . . . . . . . . 87<br />
5.2 Série <strong>de</strong> Fourier associée à une <strong>fonction</strong> périodique . . . . . . . . . . . . . . . 88<br />
5.2.1 Coefficients <strong>de</strong> Fourier d’une <strong>fonction</strong> périodique . . . . . . . . . . . . 88<br />
5.2.2 Exemples classiques <strong>de</strong> séries <strong>de</strong> Fourier . . . . . . . . . . . . . . . . . 89<br />
5.3 Problème <strong>de</strong> convergence <strong>de</strong>s séries <strong>de</strong> Fourier . . . . . . . . . . . . . . . . . . 94<br />
5.3.1 Convergence <strong>de</strong>s coefficients <strong>de</strong> Fourier . . . . . . . . . . . . . . . . . . 94<br />
5.3.2 Théorème <strong>de</strong> convergence <strong>de</strong> Dirichl<strong>et</strong> . . . . . . . . . . . . . . . . . . 95<br />
5.3.3 Théorème <strong>de</strong> la convergence quadratique. . . . . . . . . . . . . . . . . 101
Chapitre Premier<br />
Les séries numériques<br />
1.1 Propriétés <strong>de</strong>s séries numériques<br />
Définition 1. Soit {un/n ∈ N} une suite <strong>de</strong> nombres réels ou complexes. Pour tout entier<br />
n 0 on définit la somme partielle <strong>de</strong>s (n+1)-premiers termes <strong>de</strong> la suite un par l’expression :<br />
Sn := u0 +u1 +···+un<br />
1. Le couple (un,Sn) s’appelle série numérique <strong>de</strong> terme général un.<br />
2. Si la suite <strong>de</strong>s sommes partielles {Sn/n ∈ N} converge (resp. diverge) dans R (resp. C)<br />
on dira que la série numérique (un,Sn) converge (resp. diverge) <strong>et</strong> on note :<br />
<br />
n0<br />
un := lim<br />
n→+∞ Sn<br />
3. Si la série numérique (un,Sn) converge vers S ∈ R (resp. S ∈ C) on lui associe la suite<br />
numérique dont le terme général<br />
Rn := S−Sn = <br />
pn+1<br />
up, ∀n ∈ N,<br />
qui s’appelle reste d’ordre n ∈ N <strong>de</strong> la série numérique (un,Sn).<br />
Dans la suite, s’il n’y a aucune confusion à craindre la série numérique (un,Sn) sera désignée<br />
que par son terme général un. De même, on va désigner une série numérique <strong>de</strong> terme général<br />
un par la somme <br />
n0<br />
un = u0 +u1 +···+un +···.<br />
Ci-<strong>de</strong>ssous,ondonneraquelquesconditionsnécessairesàlaconvergenced’unesérienumérique<br />
qui seront tirées à partir <strong>de</strong>s résultats classiques <strong>de</strong>s suites numériques convergentes.<br />
Proposition 1. Pour que la série numérique <strong>de</strong> terme général un converge il faut <strong>et</strong> il suffit<br />
que la suite <strong>de</strong>s restes qui lui est associée, Rn = <br />
up, tend vers zéro.<br />
pn+1<br />
Démonstration. Utiliser le fait que le reste d’ordre n 0, Rn = S−Sn.<br />
A. Bouarich <strong>Suites</strong> <strong>et</strong> séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s
6 Les séries numériques<br />
Proposition 2. Pour que la série numérique <strong>de</strong> terme général un converge il faut <strong>et</strong> il<br />
suffit que pour tout réel ε > 0 il existe un entier n0 > 0 tel que pour tout couple d’entiers<br />
n > m n0, | um +um+1 +···+un |< ε.<br />
Démonstration. Utiliser le fait que la série numérique <br />
un converge si <strong>et</strong> seulement, si la<br />
suite <strong>de</strong>s sommes partielles Sn est une suite <strong>de</strong> Cauchy. Ensuite, remarquer que pour tout<br />
couple d’entiers n > m la différence Sn −Sm−1 = um +um+1 +···+un.<br />
Corollaire 1. Si une série <strong>de</strong> terme général un converge alors lim<br />
n→+∞ un = 0.<br />
<br />
Démonstration. Remarquer que si la suite <strong>de</strong>s sommes partielles Sn = up est <strong>de</strong> Cauchy,<br />
donc pour tout réel ε > 0 il existe un entier n0 1 tel que pour tout entier n ∈ N on aura<br />
n0<br />
l’inégalité | Sn −Sn−1 |=| un |< ε qui implique lim<br />
n→+∞ un = 0.<br />
Proposition 3. Une série numérique dont le terme général est positif un 0 converge si <strong>et</strong><br />
p=n <br />
seulement, si la suite <strong>de</strong>s sommes partielles Sn = up est majorée.<br />
Démonstration. Remarquer que la condition un 0 implique que la suite <strong>de</strong>s sommes par-<br />
p=n <br />
tielles Sn = up est croissante parce que Sn+1 −Sn = un+1 0. Ensuite, appliquer le fait<br />
p=0<br />
qu’une suite croissante converge si <strong>et</strong> seulement si elle est majorée.<br />
Proposition 4. Si les séries numériques <br />
un <strong>et</strong> <br />
vn convergent alors pour tous les réels<br />
n0<br />
p=0<br />
n0<br />
λ <strong>et</strong> µ la série <strong>de</strong> terme général, λun +µvn, converge.<br />
Exemple 1. 1) Cherchons la nature <strong>de</strong> convergence <strong>de</strong> la série <strong>de</strong> terme général<br />
un =<br />
1<br />
, ∀n 1<br />
n(n+1)<br />
Observons que puisque pour tout entier n 1 le terme général<br />
un =<br />
1 1 1<br />
= −<br />
n(n+1) n n+1<br />
on en déduit que la somme partielle <strong>de</strong>s n-premiers termes,<br />
Sn = u1 +···+un = ( 1 1<br />
−<br />
1 2 )+(1<br />
1<br />
−<br />
2 3 )+···+(1<br />
1 1<br />
− ) = 1−<br />
n n+1 n+1 ,<br />
converge vers 1. Par conséquent, la série <strong>de</strong> terme général un =<br />
somme est égale à :<br />
<br />
un = 1<br />
2<br />
n1<br />
1 1<br />
+ +<br />
2.3 3.4 ···+<br />
1<br />
+··· = 1<br />
n(n+1)<br />
p=n<br />
p=0<br />
1<br />
n(n+1)<br />
converge <strong>et</strong> sa<br />
A. Bouarich <strong>Suites</strong> <strong>et</strong> séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s
Propriétés <strong>de</strong>s séries numériques 7<br />
Notons aussi que le reste d’ordre n 1 <strong>de</strong> la série <br />
n1<br />
Rn = 1−Sn = 1<br />
n+1<br />
1<br />
n(n+1)<br />
est égal à<br />
2) La série <strong>de</strong> terme général un = 1<br />
n s’appelle : série harmonique. La série harmonique 1<br />
n<br />
p=n <br />
diverge parce que si on pose Sn = up on voit que pour tout entier n 1 on a l’inégalité<br />
p=1<br />
S2n −Sn = 1 1 1 1 1<br />
+···+ +···+ =<br />
n+1 2n 2n 2n 2<br />
qui implique que la suite <strong>de</strong>s sommes partielles Sn n’est pas <strong>de</strong> Cauchy.<br />
Notons que la série harmonique <br />
n1<br />
1<br />
1<br />
diverge malgré que son terme général tend vers zéro.<br />
n n<br />
Donc, la condition lim<br />
n→+∞ un = 0 est nécessaire pour la converge d’une série numérique mais<br />
n’est pas suffisante.<br />
Exercice 1. Montrer que les séries suivantes convergent <strong>et</strong> calculer leurs sommes respectives :<br />
1. 1 1<br />
<strong>et</strong><br />
n(n+1)(n+2) n3 −n .<br />
n1<br />
n2<br />
2. 1<br />
n<br />
n0<br />
2 +2ncos(θ)−sin 2 1<br />
<strong>et</strong><br />
(θ) n<br />
n0<br />
2 +2nCh(a)+(Sh(a)) 2.<br />
<br />
1<br />
3. Arctg<br />
1+n+n 2<br />
<br />
1<br />
, Arctg<br />
2n2 <br />
2n+1<br />
<strong>et</strong> Arctg<br />
1+n 2 (1+n) 2<br />
<br />
.<br />
Indication : Regar<strong>de</strong>r le terme général un comme étant une fraction rationnelle <strong>de</strong> n <strong>et</strong><br />
décomposer le en éléments simples; puis calculer la somme partielle <strong>de</strong>s premiers termes.<br />
Exercice 2. Soit p 2 un entier naturel fixé. Pour tout entier n ∈ N ∗ on pose<br />
un(p) =<br />
1<br />
n(n+1)···(n+p)<br />
1) En vérifiant la relation, un(p) = 1<br />
<br />
<br />
un(p − 1) − un+1(p − 1) , montrer que la somme<br />
p<br />
k=n <br />
partielle uk(p) = 1<br />
<br />
1<br />
p p! −un+1(p−1)<br />
<br />
.<br />
k=1<br />
3) En déduire que la série <strong>de</strong> terme général un(p) converge <strong>et</strong> calculer sa somme.<br />
Exercice 3. Soient a <strong>et</strong> b <strong>de</strong>ux nombres complexes fixés tels que a+b−1 = 0. On considère<br />
la suite numérique Un dont l’expression est définie par la relation récurrente :<br />
∀n 2, Un+2 = aUn+1 +bUn<br />
<strong>et</strong> où U0 <strong>et</strong> U1 sont <strong>de</strong>s nombres complexes donnés.<br />
1) Vérifier que la somme partielle <strong>de</strong>s (n+1)-premiers termes <strong>de</strong> la suite Un est donnée par<br />
l’expression :<br />
Sn = (1−a)U0 +U1 −bUn −Un+1<br />
1−a−b<br />
A. Bouarich <strong>Suites</strong> <strong>et</strong> séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s
8 Les séries numériques<br />
2) En déduire que la série <br />
Un converge si <strong>et</strong> seulement si la suite récurente Un converge<br />
vers zéro.<br />
n0<br />
3) Application : Calculer la somme <strong>de</strong> la série <br />
Un quand le terme général Un est défini<br />
n0<br />
par la relation récurente Un+2 = Un+1 +Un avec U0 <strong>et</strong> U1 ∈ C.<br />
Exercice 4. Soient a, b <strong>et</strong> c <strong>de</strong>s nombres réels tels que a + b + c = 0.<br />
<strong>fonction</strong> f : R + → R on définit une suite numérique par l’expression,<br />
∀n 0, un = af(n)+bf(n+2)+cf(n+4)<br />
Étant donnée une<br />
1) Montrer que si la limite lim<br />
x→+∞ f(x) = 0 alors la série <strong>de</strong> terme général un converge.<br />
2) Application : Calculer la somme <strong>de</strong>s séries numériques suivantes :<br />
8<br />
n(n 2 −4) ,<br />
6n−1<br />
(3n−8)(3n−2)(3n+4) ,<br />
2n−1<br />
n(n 2 −4)<br />
Exercice 5. Soit un 0 une suite décroissante dont la série associée <br />
un converge.<br />
1) En utilisant la différence <strong>de</strong>s sommes partielles S2n <strong>et</strong> Sn; montrer que la suite vn = nun<br />
tend vers zéro.<br />
2) En déduire que la série <strong>de</strong> terme général wn = n(un −un+1) converge.<br />
3) On rappelle que le reste d’ordre n 1 <strong>de</strong> la série un est définie par Rn = <br />
p=n<br />
<br />
i) Vérifier que la somme partielle pup =<br />
p=1<br />
p=n−1 <br />
p=1<br />
Rp −nRn.<br />
n0<br />
pn+1<br />
ii) En déduire que les <strong>de</strong>ux séries nun <strong>et</strong> Rn possè<strong>de</strong>nt la même nature <strong>de</strong> convergence.<br />
1.2 Séries géométriques<br />
Définition 2. Soient a <strong>et</strong> q <strong>de</strong>ux nombres complexes non nuls. La série <strong>de</strong> terme général<br />
s’appelle série géométrique <strong>de</strong> raison q.<br />
∀n 0, un = aq n<br />
Par récurrence on vérifie que la somme partielle <strong>de</strong>s (n + 1)-premiers termes d’une série<br />
géométrique <strong>de</strong> terme général un = aq n est égale à :<br />
<br />
Sn = a 1+q +q 2 +···+q n<br />
=<br />
⎧<br />
⎨<br />
⎩<br />
a(n+1), si q = 1<br />
a qn+1 −1<br />
si q = 1.<br />
q −1<br />
Ainsi, en passant à la limite dans l’expression <strong>de</strong> la suite Sn on déduit que<br />
D’où la proposition :<br />
lim<br />
n→+∞ Sn =<br />
⎧<br />
⎨<br />
⎩<br />
diverge , si | q | 1<br />
a<br />
, si | q |< 1.<br />
1−q<br />
up.<br />
(1.1)<br />
A. Bouarich <strong>Suites</strong> <strong>et</strong> séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s
Séries à termes positifs 9<br />
Proposition 5. Une série géométrique <strong>de</strong> terme général, un = aq n , converge si <strong>et</strong> seulement<br />
si le module | q |< 1.<br />
Corollaire 2. Si le module | q |< 1 alors la somme <strong>et</strong> le reste <strong>de</strong> la série géométrique<br />
un = aq n sont données respectivement par,<br />
<br />
n0<br />
aq n = a<br />
1−q<br />
resp. Rn = aqn+1<br />
, ∀n 0<br />
1−q<br />
Exemple 2. 1) La série géométrique <strong>de</strong> terme général un = 1 3 1<br />
converge vers =<br />
3n 2 3<br />
n0<br />
n<br />
avec un reste d’ordre n égal à Rn = 3 1<br />
23n+1.<br />
2) La série géométrique <strong>de</strong> terme général vn = ( −1<br />
5 )n converge vers 5<br />
6<br />
reste d’ordre n égal à Rn = 5(−1)<br />
6<br />
n+1<br />
5n+1 .<br />
<br />
= ( −1<br />
5 )n avec un<br />
Exercice 6. Montrer que pour tout réel 0 < q < 1 les trois séries suivantes convergent <strong>et</strong><br />
calculer leurs sommes respectives<br />
<br />
nq n , <br />
n1<br />
n1<br />
n 2 q n<br />
1.3 Séries à termes positifs<br />
<strong>et</strong> <br />
n1<br />
n(n+1)<br />
q<br />
2<br />
n .<br />
Dans c<strong>et</strong>te section, on se ropose <strong>de</strong> décrire quelques métho<strong>de</strong>s <strong>et</strong> règles pratiques qui per-<br />
m<strong>et</strong>tent <strong>de</strong> déci<strong>de</strong>r sur la nature <strong>de</strong> convergence <strong>de</strong>s séries numériques dont le terme général<br />
est positif.<br />
1.3.1 Critères <strong>de</strong> comparaison<br />
Théorème 1 (Premier critère <strong>de</strong> comparaison). Soient un 0 <strong>et</strong> vn 0 les termes généraux<br />
<strong>de</strong> <strong>de</strong>ux séries. S’il existe un réel A > 0 <strong>et</strong> un entier n0 0 tel que pour tout entier n n0,<br />
un Avn, alors les propositions suivantes sont vraies :<br />
1. Si la série <br />
vn converge alors la série <br />
un converge.<br />
n0<br />
n0<br />
2. Si la série <br />
un diverge alors la série <br />
vn diverge.<br />
n0<br />
Démonstration. 1) Observer que pour tout entier n n0 on a l’inégalité suivante<br />
0 <br />
p=n<br />
p=n<br />
<br />
p=n0<br />
<br />
qui est équivalente à l’inégalité 0 up −<br />
p=0<br />
n0<br />
p=n <br />
up A<br />
p=n0−1<br />
<br />
p=0<br />
p=n0<br />
vp<br />
up A<br />
p=n<br />
<br />
vp −<br />
p=0<br />
p=n0−1<br />
A. Bouarich <strong>Suites</strong> <strong>et</strong> séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s<br />
<br />
p=0<br />
n0<br />
vp<br />
<br />
.
10 Les séries numériques<br />
<br />
Ainsi, si on suppose que la suite <strong>de</strong>s sommes partielles vp converge il s’ensuit que la suite<br />
<strong>de</strong>s sommes partielles<br />
p=n<br />
p=n<br />
p=0<br />
<br />
up est majorée, <strong>et</strong> donc d’après la proposition 3 la série <br />
p=0<br />
converge.<br />
p=n <br />
2) De même, si on suppose que la suite <strong>de</strong>s sommes partielles up diverge (i.e. tend vers<br />
<br />
+∞) il en résulte que la suite <strong>de</strong>s sommes partielles vp diverge aussi.<br />
Exemple 3. Cherchons la nature <strong>de</strong> convergence <strong>de</strong>s séries suivantes<br />
xn =<br />
n<br />
n 3 +n 2 +n+1<br />
p=n<br />
p=0<br />
p=0<br />
<strong>et</strong> yn = n<br />
n 2 +1<br />
1) Notons que puisque pour tout entier n 1 on peut écrire<br />
0 < xn <br />
n<br />
n3 =<br />
+n2 1<br />
n(n+1)<br />
on en déduit que la série <br />
xn converge parce que dans l’exemple 1 nous avons démontré<br />
que la série <br />
n1<br />
n0<br />
1<br />
n(n+1) converge.<br />
2) De même, puisque pour tout entier n > 0 on a,<br />
1<br />
yn<br />
n+1<br />
il s’ensuit que la série <br />
yn diverge parce que la série harmonique 1<br />
n+1 diverge.<br />
n0<br />
Théorème 2 (Second critère <strong>de</strong> comparaison). Soit un > 0 <strong>et</strong> vn > 0 les termes génraux <strong>de</strong><br />
<strong>de</strong>ux séries. S’il existe un entier n0 > 0 tel que pour tout entier n n0,<br />
un+1<br />
un<br />
alors les propositions suivantes sont vraies :<br />
vn+1<br />
vn<br />
1. Si la série vn converge alors la série un converge.<br />
2. Si la série un diverge alors la série vn diverge.<br />
Démonstration. Observer que si pour tous les entiers n0 m n on fait le produit <strong>de</strong>s<br />
inégalités um+1<br />
um<br />
vm+1<br />
vm<br />
n0<br />
membre à membre on obtient l’inégalité suivante<br />
un+1<br />
un0<br />
vn+1<br />
vn0<br />
=⇒ un+1 un0<br />
qui perm<strong>et</strong> d’établir les <strong>de</strong>ux assertions du théorème en appliquant le résultat du théorème<br />
précé<strong>de</strong>nt.<br />
A. Bouarich <strong>Suites</strong> <strong>et</strong> séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s<br />
vn0<br />
vn+1<br />
n0<br />
un
Séries à termes positifs 11<br />
Exemple 4. Cherchons la nature <strong>de</strong> convergence <strong>de</strong> la série <strong>de</strong> terme général<br />
Observons que le rapport un+1<br />
un<br />
∀n 1, un = 2.5.8···(3n−1)<br />
1.3.5.···(2n−1)<br />
= 3n+2<br />
2n+1<br />
on pose vn = 1 un+1<br />
on obtient l’inégalité<br />
n un<br />
3n<br />
2n+2<br />
diverge le théorème précé<strong>de</strong>nt implique que la série <br />
n<br />
, donc si pour tout entier n 1<br />
n+1<br />
vn+1<br />
. Ainsi, puisque la série harmonique<br />
vn<br />
<br />
n1<br />
n1<br />
2.5.8···(3n−1)<br />
1.3.5.···(2n−1) diverge.<br />
Théorème 3 (Critère d’équivalence). Soit un > 0 <strong>et</strong> vn > 0 les termes génraux <strong>de</strong> <strong>de</strong>ux<br />
un<br />
séries. Si la limite lim = L ∈ R<br />
n→+∞ vn<br />
∗ + (ie. existe) alors les <strong>de</strong>ux séries numériques un <strong>et</strong><br />
<br />
vn possè<strong>de</strong>nt la même nature <strong>de</strong> convergence.<br />
un<br />
Démonstration. Si pour ε = L/2 on applique la définition <strong>de</strong> la limite lim<br />
n→+∞ vn<br />
pourra trouver un entier n0 0 tel que pour tout entier n n0 on aura<br />
| un<br />
vn<br />
−L |< L/2 =⇒ L/2 un<br />
vn<br />
< 3L/2 =⇒ (L/2)vn < un < (3L/2)vn<br />
1<br />
n<br />
= L on<br />
Ainsi, si on applique le premier théorème <strong>de</strong> comparaison aux <strong>de</strong>ux membres <strong>de</strong> la double<br />
inégalité (L/2)vn < un < (3L/2)vn on déduit que les séries un <strong>et</strong> vn sont <strong>de</strong> même nature.<br />
Exemple 5. Cherchons la nature <strong>de</strong> convergence <strong>de</strong> la série <strong>de</strong> terme général<br />
<br />
n<br />
vn = Arctg<br />
n2 <br />
+1<br />
Arctg(x)<br />
Puisque la limite lim = 1 (ie. Arctg(x)∼0x) on voit que si on désigne par wn =<br />
x→0 x<br />
x=0<br />
1<br />
n<br />
le terme général <strong>de</strong> la s{erie harmonique on obtient la limite suivante<br />
vn<br />
lim<br />
n→+∞ wn<br />
= lim<br />
n→+∞<br />
n<br />
n 2 +1<br />
1<br />
n<br />
= lim<br />
n→+∞<br />
n2 n2 = 1<br />
+1<br />
Donc, la série <br />
n<br />
Arctg<br />
n2 <br />
diverge.<br />
+1<br />
Exercice 7. Dans c<strong>et</strong> exercice, on se propose <strong>de</strong> montrer que la série numérique <strong>de</strong> terme<br />
général, 1<br />
, converge <strong>et</strong> que sa somme est un nombre irrationnel.<br />
n!<br />
1) Montrer par récurrence que pour tout entier n 1, 2n−1 n!.<br />
2) En déduire que la série numérique 1<br />
n! converge.<br />
n0<br />
1<br />
3) Montrer que pour tous les entiers n 0 <strong>et</strong> p 1,<br />
(n+p)! <br />
1 1<br />
(n+1)! (n+1) p−1.<br />
4) Montrer que le reste Rn d’ordre n 1 <strong>de</strong> la série 1<br />
peut être encadré par<br />
n!<br />
0 < Rn < 1<br />
n!n<br />
A. Bouarich <strong>Suites</strong> <strong>et</strong> séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s<br />
n0
12 Les séries numériques<br />
5) En déduire que la somme, <br />
n0<br />
1<br />
, n’est pas un nombre rationnel.<br />
n!<br />
6) Calculer la somme <strong>de</strong>s séries numériques suivantes<br />
<br />
n0<br />
en <strong>fonction</strong> <strong>de</strong> la somme S = <br />
n2 n<br />
,<br />
n!<br />
n0<br />
3 n<br />
,<br />
n!<br />
n0<br />
p<br />
n!<br />
n0<br />
1<br />
n! .<br />
où p ∈ N ∗<br />
Notes : Au chapitre quatre on démontrer que la série numérique, <br />
base du logarithme népérien e (ie. Log(e) = 1).<br />
n0<br />
1<br />
, converge vers la<br />
n!<br />
1.3.2 Comparaison d’une série avec une intégrale simple généralisée<br />
Dans ce paragraphe, étant donnée une <strong>fonction</strong> décroissante continue f : [1,+∞[→ R + on se<br />
propose d’étudier la nature <strong>de</strong> convergence <strong>de</strong> la série numérique dont le terme général est<br />
défini par l’expression un = f(n).<br />
A) Étu<strong>de</strong> générale<br />
Notons que puisque la <strong>fonction</strong> f est supposée décroissante ceci perm<strong>et</strong> d’écrire pour tout<br />
entier n 1 <strong>et</strong> pour tout réel x ∈ [n,n+1],<br />
f(n+1) f(x) f(n) =⇒ f(n+1) <br />
n+1<br />
n<br />
f(t)dt f(n).<br />
Ainsi, en faisant varier l’entier p entre 1 <strong>et</strong> n on obtient les inégalités suivantes :<br />
f(2) <br />
f(3) <br />
. <br />
f(n+1) <br />
2<br />
1 3<br />
2<br />
n+1<br />
n<br />
f(t)dt f(1)<br />
f(t)dt f(2)<br />
. <br />
f(t)dt f(n)<br />
dont la sommation membre à membre nous donne les <strong>de</strong>ux encadrements suivants :<br />
Sn+1 −f(1) <br />
n+1<br />
ce qui est équivalent à écrire la double inégalité suivante<br />
D’où le thèorème :<br />
n+1<br />
1<br />
1<br />
f(t)dt Sn <br />
n<br />
1<br />
f(t)dt Sn<br />
f(t)dt+f(1)<br />
Théorème 4. Si f : [1,+∞[→ R + est une <strong>fonction</strong> décroissante continue alors la série<br />
<strong>de</strong> terme général un = f(n) converge (resp. diverge) si <strong>et</strong> seulement, si l’intégrale simple<br />
généralisée<br />
+∞<br />
1<br />
f(t)dt converge (resp. diverge).<br />
A. Bouarich <strong>Suites</strong> <strong>et</strong> séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s<br />
.
Séries à termes positifs 13<br />
Corollaire 3. Si f : [1,+∞[→ R est une <strong>fonction</strong> décroissante continue dont l’inégrale<br />
simple généralisée<br />
+∞<br />
possè<strong>de</strong> l’encadrement suivant,<br />
1<br />
f(t)dt converge alors le reste d’ordre n 1 <strong>de</strong> la série f(n)<br />
+∞<br />
n+1<br />
f(t)dt Rn <br />
+∞<br />
n<br />
f(t)dt.<br />
Démonstration. L’encadrement du reste Rn s’obtient par somme membre à memebre <strong>de</strong>s<br />
inégalités f(p+1) <br />
p+1<br />
p<br />
f(t)dt f(p) sur tous les entiers p n+1.<br />
Exemple 6. Cherchons la nature <strong>de</strong> convergence <strong>de</strong> la série numérique <br />
n1<br />
1<br />
Sh(n) .<br />
Notons que si pour tout réel x 1 on pose f(x) = 1<br />
on obtient une <strong>fonction</strong> décroissante<br />
Sh(x)<br />
<strong>et</strong> continue sur l’intervalle [1,+∞[. Donc, la série 1<br />
<strong>et</strong> l’intégrale simple généralisée<br />
Sh(n)<br />
+∞<br />
1<br />
dx<br />
Sh(x)<br />
n1<br />
possè<strong>de</strong>nt la même nature <strong>de</strong> convergence.<br />
En eff<strong>et</strong>, puisque pour x > 0 assez grand la <strong>fonction</strong><br />
<strong>et</strong> comme l’intégrale simple généralisée<br />
simple généralisée<br />
converge.<br />
+∞<br />
1<br />
dx<br />
Sh(x)<br />
+∞<br />
1<br />
1<br />
Sh(x)<br />
est équivalente à la <strong>fonction</strong> 2e−x<br />
e −t dt = e converge on en déduit que l’intégrale<br />
converge aussi. Par conséquent, la série numérique <br />
n1<br />
1<br />
Sh(n)<br />
Exercice 8. Soit f : R + → R une <strong>fonction</strong> croissante continue. Pour tout entier n 1 on<br />
pose :<br />
un =<br />
1<br />
f(1)+f(2)+···+f(n)<br />
a) Montrer que pour tout entier n 2 on a la double inégalité suivante,<br />
n<br />
1<br />
f(x)dx 1<br />
un<br />
<br />
n+1<br />
1<br />
f(x)dx.<br />
b) En déduire la nature <strong>de</strong> convergence <strong>de</strong>s suitent numériques suivantes :<br />
1<br />
p=n ,<br />
<br />
pLog(p)<br />
p=1<br />
B) Séries <strong>de</strong> Riemann<br />
1<br />
p=n <br />
p α<br />
,<br />
p=1<br />
1<br />
p=n <br />
(Log(p)) α<br />
p=1<br />
où α ∈ R<br />
Définition 3. La série numérique <strong>de</strong> terme général un = 1<br />
s’appelle série <strong>de</strong> Riemann <strong>de</strong><br />
nα paramètre α ∈ R.<br />
Proposition 6. La série <strong>de</strong> Riemann <strong>de</strong> terme général un = 1<br />
converge si <strong>et</strong> seulement si<br />
nα le réel α > 1.<br />
A. Bouarich <strong>Suites</strong> <strong>et</strong> séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s
14 Les séries numériques<br />
Démonstration. a) Notons que si α 0 le terme général un = 1<br />
ne tend pas vers zéro, donc<br />
nα la série <strong>de</strong> Riemann 1<br />
diverge.<br />
nα n1<br />
b) Pour un paramètre α > 0 remarquons que si pour tout x ∈ [1,+∞[ on pose f(x) = 1<br />
x α<br />
on obtient une <strong>fonction</strong> décroissante continue sur l’intervalle [1,+∞[ <strong>et</strong> telle que pour tout<br />
entier n > 0, f(n) = 1<br />
n α = un. Ainsi, selon le théorème précé<strong>de</strong>nt la série <strong>de</strong> terme général<br />
un = f(n) possè<strong>de</strong> la même nature <strong>de</strong> convergence que l’intégrale simple généralisée,<br />
+∞<br />
1<br />
N dt<br />
= lim<br />
tα N→+∞ 1<br />
dt<br />
=<br />
tα ⎧<br />
⎪⎨<br />
⎪⎩<br />
lim<br />
N→+∞<br />
lim<br />
N→+∞<br />
1<br />
1−α<br />
Log(N), si α = 1<br />
1<br />
(1−<br />
Nα−1), si α = 1<br />
Par conséquent, la série <strong>de</strong> Riemann <strong>de</strong> terme général un = 1<br />
converge si <strong>et</strong> seulement, si<br />
nα le réel α > 1.<br />
En appliquant l’encadrement du reste Rn donné dans corollaire 3 ci-<strong>de</strong>ssus à la série <strong>de</strong><br />
Riemann 1<br />
on obtient le :<br />
nα n1<br />
Corollaire 4. Si le réel α > 1 alors le reste d’ordre n <strong>de</strong> la série <strong>de</strong> Riemann <br />
encadré par,<br />
1 1<br />
α−1 (1+n) α−1 Rn 1 1<br />
α−1 nα−1. n1<br />
1<br />
est<br />
nα Exemple 7. D’après le résultat <strong>de</strong> la proposition précé<strong>de</strong>nte on voit que les séries <strong>de</strong> Riemann<br />
suivantes convergent :<br />
<br />
n1<br />
1<br />
n 2,<br />
<br />
n1<br />
1<br />
n 3/2,<br />
Par contre, les séries <strong>de</strong> Riemann suivantes divergent :<br />
<br />
n1<br />
1 <br />
,<br />
n<br />
n1<br />
<br />
n1<br />
1<br />
√ ,<br />
n <br />
n1<br />
1<br />
n 5/4<br />
1<br />
10 √ n .<br />
En pratique on utilise les séries <strong>de</strong> Riemann comme modèles <strong>de</strong> comparaison comme on va<br />
l’expliquer par la proposition suivante.<br />
Proposition 7. Soient un 0 une suite <strong>et</strong> α un nombre réel tel que la limite<br />
Alors les propositions suivantes sont vraies.<br />
lim<br />
n→+∞ nαun = A ∈ [0,+∞]<br />
1. Si la limite lim<br />
n→+∞ nα un = A ∈ R ∗ + alors la série un converge (resp. diverge) si <strong>et</strong><br />
seulement si α > 1 (resp. α 1).<br />
2. Si la limite lim<br />
n→+∞ nα un = 0 avec α > 1 alors la série un converge.<br />
3. Si la limite lim<br />
n→+∞ nα un = +∞ avec α 1 alors la série un diverge.<br />
A. Bouarich <strong>Suites</strong> <strong>et</strong> séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s
Séries à termes positifs 15<br />
Démonstration. 1) Observer que le produit nαun = un<br />
; <strong>et</strong> puis appliquer le premier théo-<br />
1/nα rème <strong>de</strong> comparaison.<br />
2) Noter que si la limite lim<br />
n→+∞ nα un = 0 on pourra trouver un entier n0 tel que pour tout<br />
entier n n0 on aura n α un < 1, c’est-à-dire un < 1<br />
n α,∀n n0. Par conséquent, puisque pour<br />
tout réel α > 1 la série <strong>de</strong> Riemann 1<br />
n α converge on déduit que la série un converger<br />
aussi.<br />
3) De même, noter que si la limite lim<br />
n→+∞ nα un = +∞ on pourra trouver un entier n0 tel que<br />
pour tout entier n n0 on aura un > 1<br />
nα. Ainsi, puisque pour tout réel α < 1 la série <strong>de</strong><br />
Riemann 1<br />
nα diverge on déduit que la série un diverger aussi.<br />
Exemple 8. La série <strong>de</strong> terme général, un = nsin( 1<br />
n3), converge parce que la limite lim<br />
1 <strong>et</strong> on sait que la série <strong>de</strong> Riemann 1<br />
converge.<br />
n2 n1<br />
n→+∞ n2 un =<br />
Exercice 9. Soient P(x) <strong>et</strong> Q(x) <strong>de</strong>ux <strong>fonction</strong>s polynômiales. Montrer que la série <strong>de</strong> terme<br />
général, P(n)<br />
, converge si <strong>et</strong> seulement si <strong>de</strong>g(Q)−<strong>de</strong>g(P) 2.<br />
Q(n)<br />
C) Séries <strong>de</strong> Bertrand<br />
Définition 4. La série <strong>de</strong> terme général, un =<br />
paramètres réels α <strong>et</strong> β.<br />
1<br />
nα (Log(n)) β, s’appelle série <strong>de</strong> Bertrand à<br />
Les séries numériques<strong>de</strong>Bertrand généralisent celles <strong>de</strong> Riemman parce que si on porte β = 0<br />
dans l’expression du terme général d’une série <strong>de</strong> Bertrand on obtient une série <strong>de</strong> Riemann.<br />
La nature <strong>de</strong> convergence <strong>de</strong>s séries <strong>de</strong> Bertrand est donnée par la proposition suivante.<br />
Proposition 8. La nature <strong>de</strong> convergence <strong>de</strong> la série <strong>de</strong> Bertrand <br />
mée dans le tableau suivant à double entrée :<br />
β<br />
α<br />
n2<br />
α < 1 α = 1 α > 1<br />
β 1 divergence divergence convergence<br />
β > 1 divergence convergence convergence<br />
1<br />
nα est résu-<br />
(Log(n)) β<br />
Démonstration. 1) Le cas où α < 1 : Observons que puisque α < 1 on peut trouver un réel<br />
λ > 0 tel que α < α+λ < 1. Ainsi, puisque pour tout réel β la limite lim<br />
x→+∞<br />
on en déduit que pour tout réel x > 0 assez grand on a<br />
1 <<br />
x λ<br />
(Log(x)) β<br />
=⇒<br />
1<br />
<<br />
xα+λ 1<br />
x α (Log(x)) β.<br />
xλ = +∞<br />
(Log(x)) β<br />
A. Bouarich <strong>Suites</strong> <strong>et</strong> séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s
16 Les séries numériques<br />
Ainsi, comme pour le réel α+λ < 1 la série <strong>de</strong> Riemann 1<br />
diverge on déduit que la<br />
nα+λ série <strong>de</strong> Bertrand 1<br />
nα diverge quand α < 1 <strong>et</strong> β ∈ R.<br />
(Log(n)) β<br />
n2<br />
2) Le cas où α > 1 : Observons que puisque α > 1 on peut trouver un réel µ > 0 tel que<br />
1 < α−µ < α. D’autre part, puisque la limite lim<br />
x→+∞<br />
tout réel x > 0 assez grand on a<br />
1<br />
x µ < 1 =⇒<br />
(Log(x)) β<br />
1<br />
x µ = 0 on en déduit que pour<br />
(Log(x)) β<br />
1<br />
xα 1<br />
<<br />
(Log(x)) β xα−µ Ainsi, comme pour α−µ > 1 la série <strong>de</strong> Riemann 1<br />
converge on déduit que la série<br />
nα−µ <strong>de</strong> Bertrand 1<br />
nα converge quand α > 1 <strong>et</strong> β ∈ R.<br />
(Log(n)) β<br />
n2<br />
1<br />
3) Le cas où α = 1 : Notons que puisque la <strong>fonction</strong> f(x) = est dérivable sur<br />
x(Log(x)) β<br />
l’intervalle ]1,+∞[ <strong>et</strong> sa <strong>fonction</strong> dérivée est donnée par l’expression<br />
on en déduit que la <strong>fonction</strong> f(x) =<br />
f ′ (x) = −Log(x)−β<br />
x2 (Log(x)) β+1,∀x<br />
∈]1,+∞[<br />
1<br />
x(Log(x)) β décroît sur l’intervalle [e−β ,+∞[. Donc,<br />
1<br />
d’après le théorème 2, la série numérique <strong>de</strong> Bertrand <strong>de</strong> terme général un =<br />
n(Log(n)) β<br />
+∞ 1<br />
possè<strong>de</strong>la même nature<strong>de</strong>convergence quel’intégrale simplegénéralisée<br />
A x(Log(x)) βdx<br />
où A > 1.<br />
+∞ 1<br />
Pour trouver la nature <strong>de</strong> convergence <strong>de</strong> l’intégrale généralisée<br />
A x(Log(x)) βdx il suffit<br />
X 1<br />
qu’on remarque que si pour tout réel X > A on pose F(X) =<br />
A x(Log(x)) βdx on obtient<br />
l’expression après avoir effectuer le changement <strong>de</strong> variables Log(x) = t :<br />
⎧<br />
Log(X) dt<br />
⎨ Log(Log(X))−Log(Log(A)), si β = 1<br />
F(X) = = 1<br />
Log(A) tβ ⎩<br />
1−β (<br />
1 1<br />
−<br />
(Log(X)) β−1 (Log(A)) β−1), si β = 1<br />
Ainsi, on voit bien que la <strong>fonction</strong> F(X) tend vers une limite finie (resp. infinie) lorsque la<br />
variable X tend vers +∞ si le paramètre β > 1 (resp. β 1), <strong>et</strong> donc la série <strong>de</strong> Bertrand <strong>de</strong><br />
1<br />
terme général un = converge si <strong>et</strong> seulement si β > 1.<br />
n(Log(n)) β<br />
Exemple 9. D’après la proposition précé<strong>de</strong>nte les séries <strong>de</strong> Bertrand suivantes<br />
<br />
n2<br />
1<br />
n3/2 Log(n)<br />
,<br />
Log(n) n<br />
n2<br />
4/3<br />
<strong>et</strong> (Log(n)) 9<br />
n2 n2<br />
convergent tandis que les séries <strong>de</strong> Bertrand suivantes divergent :<br />
<br />
n2<br />
1 <br />
,<br />
nLog(n)<br />
n2<br />
1<br />
n Log(n)<br />
<strong>et</strong> <br />
n2<br />
1<br />
n 1/5 (Log(n)) 5<br />
A. Bouarich <strong>Suites</strong> <strong>et</strong> séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s
Séries à termes positifs 17<br />
Exercice 10. Etudier la nature <strong>de</strong> convergence <strong>de</strong>s séries suivantes :<br />
Arctg(n)<br />
n2 , ne−n2,<br />
+1<br />
Log(1+n a )<br />
(Log(n)) b ,<br />
1<br />
sin(1<br />
na n ),<br />
1<br />
n5/4Sh( 1<br />
(Log(n)) 5),<br />
1<br />
n x (1+n y ) .<br />
Exercice 11. Trouver la nature <strong>de</strong> convergence <strong>de</strong>s séries numériques suivantes :<br />
<br />
1<br />
<br />
Arctg √ ,<br />
n2 +n<br />
<br />
n+1<br />
Log<br />
n3 <br />
,<br />
+n+1<br />
1.3.5···(2n−1)<br />
1.5.9···(4n−3)<br />
Exercice 12. 1) Montrer qu’il existe un entier n0 > 0 tel que pour tout entier n n0,<br />
1 1<br />
<br />
nLog(n) n2. 2) En déduire que la série numérique 1<br />
converge.<br />
n1 nLog(n) 3) Que peut-on dire <strong>de</strong> la nature <strong>de</strong> convergence <strong>de</strong> la série 1<br />
(Log(n)) Log(n).<br />
Exercice 13. Soit f : [1,+∞[→ R une <strong>fonction</strong> décroissante continue. Pour tout entier<br />
p=n <br />
n<br />
n 1 on pose, un = f(p)− f(x)dx.<br />
p=1<br />
1) Montrer que la suite un est décroissante positive.<br />
1<br />
2) En déduite que la suite un converge.<br />
3) Application : a) On suppose que la série <br />
f(n) diverge. Démontrer que n ∈ N assez<br />
p=n<br />
<br />
grand la somme partielle f(p) est équivalente à l’intégrale simple définie<br />
p=1<br />
n1<br />
b) En déduire que pour tout α ∈]0,1[ la somme parielle<br />
que la somme partielle<br />
p=n<br />
<br />
p=1<br />
1<br />
p<br />
est équivalente à Log(n).<br />
1.3.3 Règles <strong>de</strong> Cauchy <strong>et</strong> <strong>de</strong> D’Alembert<br />
p=n<br />
<br />
p=1<br />
n2<br />
n<br />
1<br />
f(x)dx.<br />
1 n1−α<br />
est équivalente à<br />
pα 1−α tandis<br />
Théorème 5 (Règle <strong>de</strong> Cauchy). Soit un 0 le terme général d’une série telle que λ =<br />
lim n√<br />
un. Alors les propositions suivantes sont vraies :<br />
n→+∞<br />
1. Si 0 λ < 1 alors la série <br />
un converge.<br />
n0<br />
2. Si λ > 1 alors la série <br />
un diverge.<br />
n0<br />
Démonstration. 1) Supposons que 0 λ < 1 <strong>et</strong> choisissons un nombre réel ε > 0 tel que<br />
0 λ < λ+ε < 1. Puis appliquons la définition <strong>de</strong> la limite lim n√<br />
un = λ au nombre réel<br />
ε > 0 :<br />
n→+∞<br />
(∃n0 ∈ N)(∀n ∈ N),n n0 =⇒ −ε+λ < n√ un < λ+ε < 1<br />
=⇒ 0 un < (λ+ε) n < 1<br />
A. Bouarich <strong>Suites</strong> <strong>et</strong> séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s
18 Les séries numériques<br />
Ainsi, puisque le réel q = λ+ε < 1 on en déduit que la série géométrique <strong>de</strong> terme général<br />
vn = (λ+ε) n converge, <strong>et</strong> donc la série <strong>de</strong> terme général un converge d’après le théorème <strong>de</strong><br />
comparaison.<br />
2) Comme dans la preuve <strong>de</strong> l’assertion 1) si on suppose que le réel λ > 1 on peut trouver un<br />
nombre réel ε > 0 tel que 1 λ−ε < λ. Et, si on applique la définition <strong>de</strong> la limite on peut<br />
trouver un entier n0 0 tel que dès que l’entier n n0 cela implique qu’on a l’inégalité,<br />
1 < λ−ε < n√ un < λ+ε =⇒ 1 < (λ−ε) n < un,<br />
qui montre que la série <strong>de</strong> terme général un diverge parce que la série géométrique <strong>de</strong> terme<br />
général wn = (λ−ε) n diverge.<br />
Exemple 10. Cherchons la nature <strong>de</strong> convergence <strong>de</strong>s séries <strong>de</strong> terme général<br />
1) Puisque la limite<br />
an =<br />
n n<br />
(2n+1) n <strong>et</strong> bn =<br />
lim<br />
n→+∞<br />
n<br />
3n−1 2<br />
2n+1<br />
n√ n 1<br />
an = lim = < 1<br />
n→+∞ 2n+1 2<br />
la règle <strong>de</strong> convergence <strong>de</strong> Cauchy implique donc que la série <br />
2) De même, puisque la limite<br />
<br />
<br />
n 3n−1<br />
lim bn = lim<br />
n→+∞ n→+∞ 2n+1 =<br />
le critère <strong>de</strong> Cauchy implique que la série <br />
n<br />
3n−1 2<br />
2n+1<br />
n1<br />
n0<br />
<br />
3<br />
> 1<br />
2<br />
diverge.<br />
nn converge.<br />
(2n+1) n<br />
Théorème 6 (Règle <strong>de</strong> D’Alembert). Soit un 0 le terme général d’une série telle que<br />
lim<br />
n→+∞<br />
un+1<br />
un<br />
= λ. Alors les propositions suivantes sont vraies :<br />
1. Si 0 λ < 1 alors la série <br />
un converge.<br />
n0<br />
2. Si λ > 1 alors la série <br />
un diverge.<br />
n0<br />
Démonstration. 1) Supposons que le nombre réel 0 λ < 1 <strong>et</strong> choisissons un réel ε > 0 tel<br />
que 0 λ < λ+ε < 1.<br />
un+1<br />
Notons que si on applique la définition <strong>de</strong> la limite à lim = λ <strong>et</strong> au réel ε > 0 on<br />
n→+∞ un<br />
peut trouver un entier n0 0 tel que pour tout entier n n0 on aura :<br />
0 un+1<br />
un<br />
< λ+ε < 1 =⇒ 0 un+1 < (λ+ε)un.<br />
Donc, en multipliant les inégalités suivantes membre à membre :<br />
0 u n0 +1 < (λ+ε)u n 0<br />
0 u n0 +2 < (λ+ε)u n0 +1<br />
.<br />
.<br />
.<br />
.<br />
0 un < (λ+ε)un−1<br />
A. Bouarich <strong>Suites</strong> <strong>et</strong> séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s
Séries à termes positifs 19<br />
nous obtenons l’inégalité 0 un < (λ+ε) n−n0+1un0 . Ainsi, puisque0 λ+ε < 1 il en résulte<br />
que la série géométrique <br />
(λ+ε) n converge, <strong>et</strong> donc la série numérique <br />
un converge.<br />
n0<br />
un+1<br />
2) En partant <strong>de</strong> l’hypothèse, lim = λ avec λ > 1 on peut trouver un réel ε > 0<br />
n→+∞ un<br />
tel que 1 < λ −ε < λ, donc comme ci-<strong>de</strong>ssus, à partir d’un certain rang n0 0 on obtient<br />
l’inégalité<br />
1 < (λ−ε) n−n0+1<br />
un0 < un, ∀n n0<br />
qui implique lim<br />
n→+∞ un 1. Par conséquent, la série numérique <br />
un diverge.<br />
Exemple 11. Cherchons la nature <strong>de</strong> convergence <strong>de</strong>s séries <strong>de</strong> terme général<br />
vn+1<br />
1) Puisque la limite lim<br />
n→+∞ vn<br />
vn = an<br />
n!<br />
implique que la série numérique <br />
= lim<br />
n→+∞<br />
n1<br />
a n<br />
n!<br />
2) Puisque pour tout entier n 1 le rapport<br />
un+1<br />
un<br />
<strong>et</strong> un = nn<br />
n!<br />
n0<br />
n0<br />
a<br />
= 0 la règle <strong>de</strong> convergence <strong>de</strong> D’Alembert<br />
n+1<br />
est convergente.<br />
= (n+1)n+1 n!<br />
n n (n+1)!<br />
= (1+ 1<br />
n )n<br />
tend vers la base du logarithme népérien, e > 1, la règle <strong>de</strong> D’Alembert implique que la série<br />
numérique n n<br />
n! diverge.<br />
Il est important <strong>de</strong> souligner que les critères <strong>de</strong> convergence <strong>de</strong> Cauchy <strong>et</strong> <strong>de</strong> D’Alembert<br />
ne perm<strong>et</strong>tent pas <strong>de</strong> déduire la nature <strong>de</strong> convergence d’une série <strong>de</strong> terme général un qui<br />
vérifie l’une <strong>de</strong>s <strong>de</strong>ux proporiétés<br />
lim<br />
n→+∞<br />
n√ un+1<br />
un = 1 ou lim<br />
n→+∞ un<br />
= 1<br />
En eff<strong>et</strong>, si on considère la série divergente <strong>de</strong> terme général un = 1<br />
n<br />
<strong>de</strong> terme général vn = 1<br />
on obtient en même temps :<br />
n2 ⎧<br />
⎪⎨<br />
⎪⎩<br />
lim<br />
n→+∞<br />
lim<br />
n→+∞<br />
<strong>et</strong> ⎧ ⎪⎨<br />
n√ un = lim<br />
n→+∞<br />
n√ vn = lim<br />
n→+∞<br />
⎪⎩<br />
un+1<br />
lim<br />
n→+∞ un<br />
lim<br />
n→+∞<br />
vn+1<br />
vn<br />
1<br />
n√ n = lim<br />
n→+∞<br />
1<br />
n√ n 2<br />
1<br />
exp[ Log(n)<br />
= 1<br />
]<br />
n<br />
1<br />
= lim<br />
n→+∞<br />
exp[ 2Log(n)<br />
= 1<br />
]<br />
n<br />
= lim<br />
n→+∞<br />
= lim<br />
n→+∞<br />
n<br />
= 1<br />
n+1<br />
n2 = 1.<br />
(n+1) 2<br />
<strong>et</strong> la série convergente<br />
Ainsi, en conséquence <strong>de</strong> ce qui précè<strong>de</strong> on conclut que les <strong>de</strong>ux critères <strong>de</strong> Cauchy <strong>et</strong> <strong>de</strong><br />
D’Alembert ne reconnaîssent pas la nature <strong>de</strong> convergence <strong>de</strong>s <strong>de</strong>ux séries numériques 1<br />
n<br />
n1<br />
2<br />
<strong>et</strong> 1<br />
n .<br />
n1<br />
A. Bouarich <strong>Suites</strong> <strong>et</strong> séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s
20 Les séries numériques<br />
Exercice 14. Trouver la nature <strong>de</strong> convergence <strong>de</strong>s séries numériques suivantes :<br />
1. ( n<br />
n+1 )n2<br />
,<br />
n!<br />
n n,<br />
n Log(n)<br />
(Log(n)) n,<br />
2. 2ne−an2 (n2 a<br />
, (1−<br />
+n) n )n3,a<br />
> 0;<br />
3. ( an+b<br />
n+c )nLog(n) ,a,b,c ∈ R;<br />
4. α(α+p)(α+2p)···(α+np)<br />
5.<br />
n3 ;<br />
3n β(β +q)(β +2q)···(β +nq) où α, β, p, q ∈ R∗ + sont <strong>de</strong>s paramètres.<br />
√ n!<br />
(1+ √ 1)(1+ √ 2)···(1+ √ n+1) ,<br />
a n2<br />
(1+a)(1+a 2 )···(1+a n ) où a ∈ R∗ +.<br />
Pour finir c<strong>et</strong>te section on invite le lecteur <strong>de</strong> traiter les <strong>de</strong>ux prochains exercices qui visent à<br />
comparer la puissance <strong>de</strong> décision <strong>de</strong> la règle <strong>de</strong> Cauchy <strong>de</strong>vant celle <strong>de</strong> D’Alembert. Quant<br />
au <strong>de</strong>rnier exercice <strong>de</strong> c<strong>et</strong>te section il propose un résultat qui améliore la règle <strong>de</strong> D’Alembert<br />
lorsque la limite du rapport un+1<br />
est égale à un.<br />
un<br />
Exercice 15. Si une suite un > 0 vérifie la limite lim = λ montrer qu’on a aussi<br />
n→+∞ un<br />
lim n√<br />
un = λ. En déduire que la règle <strong>de</strong> D’Alembert implique celle <strong>de</strong> Cauchy.<br />
n→+∞<br />
un+1<br />
Exercice 16. Pour tout entier n 1 on pose u2n−1 = 2n−1<br />
3n−1 <strong>et</strong> u2n = 2n−1<br />
.<br />
3n Vérifier que la règle <strong>de</strong> D’Alembert ne perm<strong>et</strong> pas <strong>de</strong> déduire la nature <strong>de</strong> convergence <strong>de</strong><br />
la série un tandis que la règle <strong>de</strong> Cauchy perm<strong>et</strong> d’en étudier la nature <strong>de</strong> convergence.<br />
Autrement dit, la règle <strong>de</strong> Cauchy est puissante <strong>de</strong>vant la règle <strong>de</strong> D’Alembert.<br />
Exercice 17. 1) Soit un > 0 le terme général d’une série <strong>et</strong> n0 0 un entier tel que pour<br />
tout entier n n0,<br />
un+1<br />
un<br />
= 1− β<br />
n +o(1<br />
n )<br />
Montrer que si β > 1 (resp. β < 1) alors la série un converge (resp. diverge).<br />
Indication : Comparer la série un avec la série <strong>de</strong> Riemann vn = 1<br />
n α.<br />
2) Soit un > 0. Montrer que s’il existe un entier n0 0 tel que pour tout entier n n0,<br />
alors la série un diverge.<br />
un+1<br />
un<br />
= 1− 1<br />
n<br />
λ 1<br />
+ +o(<br />
n2 n2) Indication : Comparer la série un avec la série <strong>de</strong> terme général vn = 1<br />
n+k .<br />
Applications : Etudier la nature <strong>de</strong> convergence <strong>de</strong>s <strong>de</strong>ux séries numériques suivantes :<br />
1. un = 1.3.5···(2n−1)<br />
2.4.6···2n<br />
<strong>et</strong> vn = 1.3.5···(2n−1)<br />
2.4.6···(2n+2) .<br />
2. xn = √ n!sin(a)sin( a √ )···sin(<br />
2 a<br />
√ ) <strong>et</strong> yn =<br />
n 1<br />
k=n <br />
n<br />
k=2<br />
Log(k)<br />
Log(k +a) où a ∈ R∗ + .<br />
A. Bouarich <strong>Suites</strong> <strong>et</strong> séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s
Séries à termes positifs 21<br />
∞ dt<br />
Exercice 18. Pour tout entier n 1 on pose In =<br />
0 (1+t 2 ) n.<br />
1) Montrer que pour tout entier n 1 l’intégrale simple géralisée In converge.<br />
2) Établir une relation entre les termes In+1 <strong>et</strong> In. En déduire la valeur exacte <strong>de</strong> In.<br />
3) Trourver la nature <strong>de</strong> convergence <strong>de</strong> la série <strong>de</strong> terme général In.<br />
1.3.4 Séries absolument convergentes<br />
Définition 5. Soit un le terme général d’une suite <strong>de</strong> nombres réels ou complexes.<br />
1. On dira que la série numérique <br />
un converge absolument si la série <strong>de</strong>s modules<br />
<br />
| un | converge.<br />
n0<br />
n0<br />
2. Si la série <br />
un converge tandis que la série <strong>de</strong>s modules <br />
| un | diverge on dira que<br />
n0<br />
la série <br />
un est semi-convergente.<br />
n0<br />
Pour trouver la nature <strong>de</strong> convergence <strong>de</strong> la série <strong>de</strong>s modules <br />
| un | on pourra donc ap-<br />
n0<br />
pliquer à la série <strong>de</strong> terme général vn =| un | 0 toutes les règles <strong>et</strong> les critères <strong>de</strong> convergence<br />
que nous avons étudié dans le paragraphe précé<strong>de</strong>nt. Ci-<strong>de</strong>ssous, nous donnerons <strong>de</strong>ux résul-<br />
tats importants qui vont enrichir la liste <strong>de</strong>s métho<strong>de</strong>s d’étu<strong>de</strong> <strong>de</strong>s séries non nécessairement<br />
réelles <strong>et</strong> positives.<br />
Proposition 9. Si la série <strong>de</strong>s modules <br />
| un | converge alors la série <br />
un converge.<br />
C’est-à-dire, une série qui converge absolument elle converge au sens ordinaire.<br />
n0<br />
Démonstration. Remarquer que pour tout couple d’entiers naturels n m on a l’inégalité,<br />
n0<br />
| Sn −Sm |=| um+1 +···un || um+1 | +···+ | un |,<br />
i=n<br />
qui perm<strong>et</strong> <strong>de</strong> déduire que la suite <strong>de</strong>s sommes partielles Sn = ui est <strong>de</strong> Cauchy quand la<br />
série <strong>de</strong>s modules <br />
| un | converge.<br />
n0<br />
Théorème 7. Soit un le terme général d’une série numérique. S’il existe une série à termes<br />
positifs convergente <br />
an telle que à partir d’un certain rang on a, | un | an, alors la série<br />
n0<br />
<br />
un converge absolument.<br />
n0<br />
Démonstration. Evi<strong>de</strong>nte.<br />
Exemple 12. 1) Pour tout réel α > 0 la série <strong>de</strong> terme général an = (−1)n<br />
converge<br />
n2+iα absolument parce que la série <strong>de</strong>s modules <br />
| un |= 1<br />
converge.<br />
n2 n1<br />
A. Bouarich <strong>Suites</strong> <strong>et</strong> séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s<br />
n1<br />
i=0<br />
n0
22 Les séries numériques<br />
2) La série <strong>de</strong> terme général bn = sin(n2 )<br />
n3 converge absolument parce que pour tout entier<br />
n 1 on a l’inégalité | bn | 1<br />
1<br />
<strong>et</strong> on sait que la série <strong>de</strong> Riemann converge.<br />
n3 n3 n1<br />
3) Montrons que la série <strong>de</strong> terme général cn = (−1)n−1<br />
est semi-convergente.<br />
n<br />
Notons d’abord que puisque la série <strong>de</strong>s valeurs absolues <br />
| cn | n’est autre que la série<br />
Harminique 1<br />
<br />
elle diverge, donc la série cn ne converge pas absolument.<br />
n<br />
n1<br />
n1<br />
Pour prouver que la série <br />
cn converge nous allons montrer que les <strong>de</strong>ux sous-suites ex-<br />
n1<br />
traites <strong>de</strong> la suite <strong>de</strong>s sommes partielles Sn =<br />
sont adjacentes.<br />
un = S2n =<br />
p=2n <br />
p=1<br />
(−1) p−1<br />
En eff<strong>et</strong>, puisque un+1 − un = −1<br />
1<br />
puisque vn+1 −vn =<br />
2n+3<br />
pour tout entier n 1 on a<br />
vn = S2n+1 =<br />
1<br />
1<br />
p<br />
p=n<br />
<br />
p=1<br />
(−1) p−1<br />
,<br />
p<br />
n1<br />
<strong>et</strong> vn = S2n+1 =<br />
p=2n+1 <br />
p=1<br />
(−1) p−1<br />
1<br />
+<br />
2n+2 2n+1 > 0 la suite un est croissante; <strong>de</strong> même<br />
−1<br />
+<br />
2n+1 < 0 la suite vn est décroissante. D’autre part, comme<br />
1<br />
<br />
1<br />
− +<br />
2 3<br />
1<br />
<br />
− +···+<br />
4<br />
1<br />
2n−1<br />
p<br />
1<br />
<br />
− +<br />
2n<br />
1<br />
0<br />
2n+1<br />
on conclut que la suite vn converge. De plus, puisque la différence un−vn = −1<br />
< 0 tend<br />
2n+1<br />
vers zéro cela implique que les <strong>de</strong>ux suites un = S2n <strong>et</strong> vn = S2n+1 sont adjacentes.<br />
Par conséquent, puisque les <strong>de</strong>ux sous-suites S2n <strong>et</strong> S2n+1 extraites <strong>de</strong> la suite <strong>de</strong>s sommes<br />
p=n (−1)<br />
partielles Sn =<br />
p−1<br />
convergent on en déduit que la série<br />
p<br />
(−1) n−1<br />
converge.<br />
n<br />
p=1<br />
Exercice 19. Montrer que si bn est une suite bornée alors pour toute série an qui converge<br />
absolument la série <strong>de</strong>s produits anbn converge absolument.<br />
Exercice 20. Montrer que si la série numérique <br />
an converge absolument alors pour tout<br />
réel, x ∈ [−1,1], la série numérique <br />
anx n converge absolument.<br />
n0<br />
Exercice 21. Si un est le terme général d’une série absolument convergente trouver alors la<br />
nature <strong>de</strong> convergence <strong>de</strong>s séries suivantes :<br />
un<br />
un +1 , Log(1+un), e un −1, sin(un), | un | a avec a ∈ R ∗ +<br />
A. Bouarich <strong>Suites</strong> <strong>et</strong> séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s<br />
n0<br />
n1
Séries alternées 23<br />
1.4 Séries alternées<br />
1.4.1 Le théorème <strong>de</strong> Leibniz<br />
Définition 6. Soit an 0 une suite décroissante qui tend vers zéro. La série <strong>de</strong> terme général<br />
un = (−1) n an s’appelle série alternée.<br />
Théorème 8 (Leibniz). Toute série alternée converge.<br />
Démonstration. Il s’agit donc <strong>de</strong> démontrer que si la suite an décroît vers zéro alors la suite<br />
p=n <br />
<strong>de</strong>s sommes partielles Sn = up converge où un = (−1) nan. p=0<br />
Observons que puisque S2n+2 − S2n = a2n+2 −a2n+1 0 on en déduit que la suite S2n est<br />
décroissante. D’autre part, puisque pour tout entier 0 on a an −an+1 0 <strong>et</strong> an 0 on en<br />
déduit que la suite S2n = (a0−a1)+(a2−a3)···(a2n−2−a2n−1)+a2n 0 est minorée, donc<br />
elle converge.<br />
Enfin, notons que puisque la suite an tend vers zéro <strong>et</strong> S2n+1 = S2n − a2n+1 il s’ensuit que<br />
les <strong>de</strong>ux sous-suites extraites <strong>de</strong>s sommes partielles S2n <strong>et</strong> S2n+1 convergent vers la même<br />
limite. Par conséquent, comme la suite <strong>de</strong>s sommes partielles Sn converge on déduit que la<br />
série alternée <br />
(−1) n an converge.<br />
n0<br />
Proposition 10. Pour tout entier n 0 le reste Rn <strong>de</strong> la série alternée <br />
l’inégalité | Rn | an+1.<br />
Démonstration. Exercice.<br />
Exemple 13. Pour tout réel α > 0 la série altérnée (−1) n<br />
séries altérnées suivantes sont convergentes :<br />
<br />
n1<br />
(−1) n<br />
5√ n , <br />
n1<br />
n0<br />
(−1) n<br />
√ n , <br />
n1<br />
n0<br />
(−1) n an vérifie<br />
n α converge. En particulier, les<br />
(−1) n<br />
.<br />
n10 Notons que si un est le terme général d’une série <strong>de</strong> nombres réels qui change <strong>de</strong> signes (i.e.<br />
unun+1 < 0) mais sans que la suite <strong>de</strong>s valeurs absolues | un | ne décroît vers zéro à partir<br />
d’un certain rang, dans ce cas, on ne peut pas conclure que la série un converge.<br />
Pour comprendre ce phénomène considérons la série <strong>de</strong> terme général<br />
vn =<br />
(−1) n<br />
√ ,∀n 2<br />
n+(−1) n<br />
<strong>et</strong> remarquer que le terme v2n > 0 tandis que le terme v2n+1 < 0.<br />
1<br />
Noter aussi que puisque la suite <strong>de</strong>s valeurs absolues | vn |= √ tend vers zéro <strong>et</strong><br />
n+(−1) n<br />
n’est pas monotone, donc la série <strong>de</strong> terme général vn n’est pas une série alternée. Donc, pour<br />
pour chercher sa nature <strong>de</strong> convergence on a pas le droit d’appliquer le théorème <strong>de</strong> Leibniz.<br />
A. Bouarich <strong>Suites</strong> <strong>et</strong> séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s
24 Les séries numériques<br />
Pour trouver la nature <strong>de</strong> convergence <strong>de</strong> la série <strong>de</strong> terme général vn il suffit qu’on observe<br />
que pour tout entier n 2 on peut écrire<br />
vn = (−1)n 1<br />
√ − √ √<br />
n n( n+(−1) n )<br />
<strong>et</strong> ainsi puique la série <strong>de</strong> terme général (−1)n<br />
√ n converge tandis que la série <strong>de</strong> terme général<br />
positif wn =<br />
1<br />
√ n( √ n+(−1) n ) diverge car elle est équivalent au terme général <strong>de</strong> la série<br />
harmonique divergente 1<br />
<br />
, on en déduit donc que la série<br />
n<br />
n2<br />
(−1) n<br />
√ n+(−1) n diverge.<br />
Exercice 22. Soit λ un réel différent <strong>de</strong> zéro <strong>et</strong> −1; <strong>et</strong> soit un le terme général d’une suite<br />
numérique définie par la relation <strong>de</strong> récurrence suivante :<br />
un+1 = un +un−1<br />
λ(λ+1)<br />
1) Trouver l’expression général <strong>de</strong> la suite un.<br />
où u0 = a < b = u1.<br />
2) Trouver tous les réels a <strong>et</strong> b pour que la série <strong>de</strong> terme général un soit géométrique.<br />
3) Trouver tous les réels a <strong>et</strong> b pour que la série <strong>de</strong> terme général un soit altérnée.<br />
Exercice 23. Le but <strong>de</strong> c<strong>et</strong> exercice est <strong>de</strong> montrer que pour tout réel p > 0 la série alternée,<br />
(−1) n<br />
1 dt<br />
, converge vers la valeur <strong>de</strong> l’intégrale simple définie I(p) =<br />
pn+1 1+t p.<br />
n0<br />
k=n <br />
1) En utilisant la somme partielle d’une suite géométrique a k ; montrer que<br />
k=n <br />
∀n ∈ N, I(p)−<br />
k=0<br />
k=0<br />
(−1) k 1<br />
= (−1)n+1<br />
kp+1 0<br />
2) Montrer que pour tout entier n 0 on a l’inégalité, 0 <br />
3) En déduire que la somme <strong>de</strong> la série alternée <br />
n0<br />
1<br />
(−1) n<br />
np+1 =<br />
Applications : Montrer qu’on a les <strong>de</strong>ux sommes suivantes :<br />
Log(2) = (−1) n−1<br />
n<br />
n1<br />
1.4.2 Le théorème d’Abel<br />
<strong>et</strong><br />
π<br />
4<br />
0<br />
1<br />
= <br />
n0<br />
0<br />
x (n+1)p<br />
dx.<br />
1+x p<br />
xnp 1+x pdx <br />
dx<br />
1+x p.<br />
0<br />
(−1) n<br />
2n+1 .<br />
1<br />
np+1 .<br />
Théorème 9 (Critère <strong>de</strong> convergence d’Abel). Soient an <strong>et</strong> bn <strong>de</strong>ux suites numériques. Pour<br />
que la série <strong>de</strong> terme général un = anbn converge il suffit qu’on a les conditions suivantes :<br />
p=n<br />
<br />
1. La suite <strong>de</strong>s sommes partielles Bn = bp est bornée.<br />
2. La suite an tend vers zéro.<br />
p=0<br />
A. Bouarich <strong>Suites</strong> <strong>et</strong> séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s
Séries alternées 25<br />
3. La série numérique <br />
| an −an+1 | converge.<br />
n0<br />
Démonstration. Pour démontrer le théorème nous allons vérifier que la suite <strong>de</strong>s sommes<br />
partielles associée à la série numérique <br />
anbn est une suite <strong>de</strong> Cauchy.<br />
Pour cela posons Sn =<br />
n0<br />
i=n<br />
aibi <strong>et</strong> pour tout couple d’entiers naturels m < n développons<br />
i=0<br />
l’expression <strong>de</strong> Sn −Sm comme suit :<br />
Sn −Sm =<br />
i=n<br />
i=m+1<br />
aibi =<br />
=<br />
=<br />
i=n<br />
i=m+1<br />
i=n<br />
i=m+1<br />
i=n<br />
i=m+1<br />
= anBn +<br />
ai(Bi −Bi−1)<br />
aiBi −<br />
i=n<br />
i=m+1<br />
<br />
aiBi−1<br />
i=n−1<br />
aiBi − ai+1Bi<br />
i=n−1 <br />
i=m+1<br />
i=m<br />
(ai −ai+1)Bi −am+1Bm<br />
Notons que puisque d’après la condition 1 la suite <strong>de</strong>s sommes partielles Bn est bornée il<br />
existe un réel M > 0 tel que pour tout entier n 0, | Bn | M. D’autre part, puisque<br />
d’après la condition 2) la suite an tend vers zéro <strong>et</strong> d’après la condtion 3) la série numérique<br />
<br />
| an −an+1 | converge, donc pour tout réel ε > 0 on peut trouver un entier n0 > 0 tel<br />
n0<br />
que pour les enties n > m > n0 on obtient les majorartions suivantes,<br />
⎧<br />
⎪⎨<br />
| an |<<br />
⎪⎩<br />
ε<br />
3M <strong>et</strong> | am+1 |< ε<br />
3M ,<br />
i=n−1 <br />
| ai −ai+1 |< ε<br />
3M ,<br />
qui impliquent que | Sn−Sm |=|<br />
i=m+1<br />
i=n<br />
i=m+1<br />
aibi |< ε. Par conséquent, comme la suite <strong>de</strong>s sommes<br />
i=n<br />
partielles Sn = aibi est une suite <strong>de</strong> Cauchy la série numérique <br />
anbn converge.<br />
i=0<br />
Corollaire 5. Soit an 0 une suite décroissante qui tend vers zéro. Pour toute suite nu-<br />
i=n<br />
mérique bn dont la suite <strong>de</strong>s sommes partielles Bn = bi est bornée, la série numérique<br />
<br />
anbn converge.<br />
n0<br />
Démonstration. Observer que puisque pour tout entier n 0, an an+1 0 <strong>et</strong> la suite an<br />
tend vers zéro on voit que la suite <strong>de</strong>s sommes partielles suivante converge :<br />
i=n<br />
i=0<br />
<br />
i=0<br />
n0<br />
i=n<br />
| ai −ai+1 |= (ai −ai+1) = a0 −an+1<br />
i=0<br />
A. Bouarich <strong>Suites</strong> <strong>et</strong> séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s
26 Les séries numériques<br />
Ainsi, puisque la suite <strong>de</strong>s sommes partielles Bn =<br />
implique que la série <br />
anbn converge.<br />
n0<br />
i=n<br />
bi est bornée le théorème d’Abel<br />
Noter que le résultat du corollaire généralise le théorème <strong>de</strong> Liebniz parce que la suite <strong>de</strong>s<br />
sommes partielles associée à la suite bn = (−1) n est bornée.<br />
Exemple 14. Dans c<strong>et</strong> exemple, pour tout réel α > 0 nous allons appliquer le théorème<br />
d’Abel pour trouver la nature <strong>de</strong> convergence <strong>de</strong>s séries numériques suivantes<br />
un = sin(an)<br />
n α <strong>et</strong> vn = cos(an)<br />
n α où a ∈ 2πN ∗<br />
Puisque la suite 1<br />
tend vers zéro en décroissant, donc d’après le corollaire précé<strong>de</strong>nt, il suffit<br />
nα qu’on vérifie que la suite <strong>de</strong>s sommes partielles associées aux suites <strong>de</strong> nombres réels cos(an)<br />
<strong>et</strong> sin(an) sont bornées. Donc, il suffit qu’on démontre que la suite <strong>de</strong>s sommes partielles<br />
associées à la suite <strong>de</strong>s nombres complexes <strong>de</strong> terme général cn = cos(an)+isin(an) = e ian<br />
est bornée.<br />
En eff<strong>et</strong>, puisque cn = e ian est terme général d’une suite géométrique <strong>de</strong> raison e ia on pourra<br />
écrire pour tout entier n 0 :<br />
| c0 +c1 +···+cn | 2 =<br />
i=0<br />
<br />
<br />
eia(n+1) −1<br />
eia <br />
<br />
<br />
−1<br />
2<br />
= 1−cos(an+a)<br />
sin(<br />
=<br />
1−cos(a)<br />
an+a<br />
)<br />
2<br />
sin( 1<br />
2 )<br />
⎧ p=n <br />
⎪⎨<br />
| sin(p) | | c0 +c1 +···+cn |<br />
p=0<br />
=⇒<br />
⎪⎩<br />
1<br />
sin( a<br />
2 ),<br />
p=n <br />
| cos(p) | | c0 +c1 +···+cn |<br />
p=0<br />
1<br />
sin( a<br />
2 ).<br />
Par conséquent, pour tout réel a ∈ 2πN les série numériques <br />
convergent.<br />
n1<br />
sin(an)<br />
n α <strong>et</strong> <br />
Exercice 24. Trouver la nature <strong>de</strong> convergence <strong>de</strong>s séries numériques suivantes :<br />
(−1) n<br />
√ n , (−1)n<br />
nLog(n) ,(−1)n n<br />
6n−5 ,(−1)n n<br />
n 2 +1 ,<br />
n1<br />
(−1) n sin(n) cos(n)<br />
n+(−1) n, ,<br />
Log(n) Log(n) .<br />
2<br />
cos(an)<br />
n α<br />
Exercice 25. Soit an une suite numérique dont la série associée <br />
| an+1 −an | converge.<br />
1) Démontrer que la suite an convege.<br />
2) Pour tout réel α ∈ R, trouver la nature <strong>de</strong> convergence <strong>de</strong>s séries suivantes :<br />
<br />
1 1<br />
−<br />
(n+1) α nα <br />
<br />
<strong>et</strong> <br />
1 1<br />
<br />
<br />
<br />
α − α Log(n+1) Log(n)<br />
n1<br />
n2<br />
3) En déduire qu’il existe une suite convergente bn dont la série associée <br />
| bn+1 −bn |<br />
diverge.<br />
A. Bouarich <strong>Suites</strong> <strong>et</strong> séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s<br />
n0<br />
n0
Séries alternées 27<br />
Exercice 26. Soient f : R + → R une <strong>fonction</strong> <strong>et</strong> an une suite réelle. Pour tout entier n ∈ N<br />
on pose, un = an(f(n+1)−f(n)).<br />
p=n <br />
1) Montrer que la somme partielle Un = up peut s’écrire sous la forme :<br />
p=0<br />
p=n−1 <br />
Un = −a0f(0)+anf(n+1)+<br />
p=1<br />
f(p)(ap−1 −ap)<br />
2) En déduire que la série <br />
un converge si <strong>et</strong> seulement si la limite lim<br />
n0<br />
x→+∞<br />
f(x) = l ∈ R.<br />
3) Applications : Trouver la nature <strong>de</strong> convergence <strong>de</strong>s <strong>de</strong>ux séries numériques suivantes :<br />
vn = (−1)n−1 1<br />
√ Arctg(<br />
n 1+n(1+n) ) <strong>et</strong> wn = 1<br />
n<br />
1 1<br />
n+1 1+<br />
−n α((n+1)1+<br />
Exercice 27. Dans c<strong>et</strong> exercice, on se propose <strong>de</strong> trouver la nature <strong>de</strong> convergence <strong>de</strong> la série<br />
<strong>de</strong> Riemann <strong>de</strong> terme général, 1<br />
nz, avec z = x+iy ∈ C.<br />
1<br />
1) Montrer que la série <strong>de</strong> Riemann <strong>de</strong> terme général,<br />
nx+iy, converge absolument si <strong>et</strong><br />
seulement si x > 1.<br />
2) Pour tout réel y ∈ R <strong>et</strong> pour tout entier n > 1 on pose,<br />
vn(y) = 1 1<br />
−<br />
niy (n+1) iy<br />
Montrer qu’il existe une suite numérique εn(y) telle que pour tout entier n assez grand,<br />
vn(y) =<br />
iy εn(y)<br />
+<br />
(n+1) iy n2 avec lim<br />
n→+∞ εn(y) = 0<br />
3) En déduire que la suite <strong>de</strong>s sommes partielles,<br />
Riemann 1<br />
diverge.<br />
n1+iy n1<br />
i=n<br />
k=1<br />
n).<br />
1<br />
p1+iy, est bonrée <strong>et</strong> que la série <strong>de</strong><br />
4) Applications : Trouver la nature <strong>de</strong> convergence <strong>de</strong>s séries numériques suivantes :<br />
1. cos(Log(n))<br />
,<br />
n<br />
n1<br />
sin(Log(n))<br />
.<br />
n<br />
n1<br />
2. cos(Log(n))<br />
,<br />
nLog(n)<br />
n1<br />
sin(Log(n))<br />
.<br />
nLog(n)<br />
n1<br />
Exercice 28 (Formule <strong>de</strong> Stirling). Le but <strong>de</strong> c<strong>et</strong> exercice est <strong>de</strong> chercher un équivalent du<br />
factorielle n! lorsque l’entier n tend vers l’infini. Pour tout entier n 1 on définit <strong>de</strong>ux suites<br />
<strong>de</strong> nombres réelles en posant<br />
an = n!en<br />
n n√ n<br />
1) Montrer que la série numérique <br />
n1<br />
une limite finie quand l’entier n tend vers l’infini.<br />
<strong>et</strong> un = Log( an+1<br />
an<br />
)<br />
un converge <strong>et</strong> en déduire que la suite an tend vers<br />
A. Bouarich <strong>Suites</strong> <strong>et</strong> séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s
28 Les séries numériques<br />
<br />
2) Pour tout entier n ∈ N on pose, In =<br />
π<br />
2(sin(x))<br />
n dx.<br />
a) Établir la relation récurrente, nIn = (n−1)In−2.<br />
b) En déduire que I2n = π<br />
2<br />
(2n)!<br />
22n (n!) 2 <strong>et</strong> I2n+1 = 22n (n!) 2<br />
(2n+1)! .<br />
3) Montrer que la suite In est décroissnte <strong>et</strong> que la limite lim<br />
n→+∞<br />
Indication : Observer que pour tout entier n 1, 1 I2n<br />
4) Montrer que la limite lim<br />
n→+∞<br />
l’équivalence<br />
0<br />
(2n!)2<br />
n<br />
24n 1<br />
=<br />
(n!) 4 π<br />
I2n+1<br />
I2n<br />
I2n+1<br />
I2n−1<br />
.<br />
I2n+1<br />
n! ∼ n n e −n√ 2πn (Formule <strong>de</strong> Stirling)<br />
Exercice 29. Pour tout couple <strong>de</strong> nombres réels (a,b) ∈ R ∗ + ×R∗ +<br />
= 1.<br />
<strong>et</strong> en déduire que pour n assez grand on a<br />
simple généralisée <strong>et</strong> une série numérique par les expressions suivantes :<br />
I(a,b) =<br />
+∞<br />
0<br />
sin(bx)<br />
eax <br />
dx <strong>et</strong> f(a,b) =<br />
−1<br />
n1<br />
1) Etudier la nature <strong>de</strong> convergence <strong>de</strong> l’intégrale généralisée, I(a,b).<br />
on définit une intégrale<br />
b<br />
a 2 n 2 +b 2<br />
2) Démontrer que la <strong>fonction</strong> f(a,b) est bien définie sur le produit R∗ + ×R∗ + .<br />
+∞<br />
3) Calculer l’intégral simple généralisée, In(a,b) =<br />
0<br />
e −nax sin(bx)dx, ∀n 1.<br />
4) Montrer que la <strong>fonction</strong>, sin(bx)<br />
eax , est bornée sur l’intervalle [0,+∞[.<br />
−1<br />
p=n <br />
5) En utilisant la somme partielle, x p , montrer qu’il existe un réel M > 0 tel que pour<br />
tout entier n 1 on a<br />
p=1<br />
p=n <br />
| I(a,b)−<br />
p=1<br />
b<br />
a2n2 M<br />
|<br />
+b2 n .<br />
6) En déduire que pour tout couple <strong>de</strong> réels (a,b) ∈ R∗ + ×R∗ + , I(a,b) = f(a,b).<br />
A. Bouarich <strong>Suites</strong> <strong>et</strong> séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s
Chapitre Deux<br />
<strong>Suites</strong> <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s<br />
2.1 Convergence simple d’une suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s<br />
Définition 7. On appelle suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s sur un intervalle non vi<strong>de</strong> I ⊆ R la donnée d’une<br />
famille <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s fn : I → R avec n ∈ N.<br />
1. Soient K ⊆ I un sous-ensemble non vi<strong>de</strong> <strong>et</strong> f : K → R une <strong>fonction</strong>. On dira que<br />
la <strong>fonction</strong> f est une limite simple <strong>de</strong> la suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s, fn : I → R, si pour tout<br />
réel x ∈ K la limite, lim<br />
n→+∞ fn(x) = f(x), existe dans R. On dira aussi que la suite <strong>de</strong><br />
<strong>fonction</strong>s fn converge simplement vers <strong>fonction</strong> f(x) sur le sous-ensemble K ⊂ I.<br />
2. Le plus grand sous-ensemble non vi<strong>de</strong> J ⊂ I <strong>de</strong>s points x ∈ J tel que la limite lim<br />
n→+∞ fn(x)<br />
existe dans R s’appelle domaine <strong>de</strong> convergence simple <strong>de</strong> la suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s fn.<br />
Proposition 11. La limite simple d’une suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s fn : I → R, quand il existe, elle<br />
est unique.<br />
Démonstration. Ceci est une conséquence immédiate <strong>de</strong> l’unicité <strong>de</strong> la limite d’une suite <strong>de</strong><br />
nombres réels.<br />
Exemple 15. 1) Cherchons la limite simple <strong>de</strong> la suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s fn : R → R définie par<br />
l’expression : fn(x) = x2n<br />
x 2n +1 .<br />
−2<br />
−1<br />
1.5<br />
1.0<br />
0.5<br />
1 2<br />
f10(x)<br />
f1(x)<br />
Figure 2.1 – Graphes <strong>de</strong>s <strong>fonction</strong>s f1 <strong>et</strong> f10<br />
A. Bouarich <strong>Suites</strong> <strong>et</strong> séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s
30 <strong>Suites</strong> <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s<br />
Observons que puisque pour tout réel x ∈ R on sait que<br />
lim<br />
n→+∞ x2n =<br />
on en déduit que pour tout réel x ∈ R,<br />
⎧<br />
⎪⎨<br />
⎪⎩<br />
lim<br />
n→+∞ fn(x)<br />
⎧<br />
⎪⎨<br />
=<br />
⎪⎩<br />
+∞ si | x |> 1<br />
1 si x = ±1<br />
0 si | x |< 1<br />
1<br />
si x = ±1<br />
2<br />
0 si | x |< 1<br />
1 si | x |> 1.<br />
Donc, la suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s fn(x) = x2n<br />
x2n converge simplement sur R vers la <strong>fonction</strong>s<br />
+1<br />
⎧<br />
1<br />
⎪⎨ si x = ±1<br />
2<br />
f(x) = 0 si | x |< 1<br />
⎪⎩<br />
1 si | x |> 1.<br />
2) Cherchons la limite simple <strong>de</strong> la suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s gn : [0,1] → R définie par<br />
−1.0<br />
∀n ∈ N, gn(x) = x n +(1−x) n<br />
−0.5<br />
1.5<br />
1.0<br />
0.5<br />
−0.5<br />
g2(x)<br />
g10(x)<br />
0.5 1.0 1.5<br />
Figure 2.2 – Graphes <strong>de</strong>s <strong>fonction</strong>s g2 <strong>et</strong> g10<br />
Comme dans l’exemple précé<strong>de</strong>nt, remarquer que puisque pour tout réel x ∈]0,1[ les suites<br />
numériques x n <strong>et</strong> (1−x) n ten<strong>de</strong>nt simultanément vers zéro on en déduit que la limite simple<br />
<strong>de</strong> la suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s gn(x) sur le segment [0,1] est donnée par,<br />
g(x) := lim<br />
n→+∞ gn(x)<br />
⎧<br />
⎪⎨<br />
=<br />
⎪⎩<br />
1, si x = 0<br />
0, si 0 < x < 1<br />
1, si x = 1.<br />
A. Bouarich <strong>Suites</strong> <strong>et</strong> séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s
Convergence uniforme d’une suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s 31<br />
Notons que les <strong>de</strong>ux suites <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s fn(x) = x2n<br />
x 2n +1 <strong>et</strong> gn(x) = x n +(1−x) n , étudiées<br />
ci-<strong>de</strong>ssus, sont continues mais leurs limites simples ne sont pas continues. Dans le prochain<br />
paragraphe, allons introduire un <strong>de</strong>uxième mo<strong>de</strong> <strong>de</strong> convergence qui préserve la continuité <strong>de</strong><br />
la limite d’une suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s continues.<br />
Exercice 30. Trouver la limite simple <strong>de</strong>s suites <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s suivantes définies sur R :<br />
1<br />
1.<br />
1+x 2 +x4 +···+x 2n,<br />
<br />
x2 +n<br />
2x2 n ,<br />
+n<br />
<br />
1+ x<br />
n ;<br />
n<br />
2. sin(nx)<br />
√ ,<br />
n<br />
nxn x2n +xn +1 , e−nα x<br />
où α ∈ R.<br />
2.2 Convergence uniforme d’une suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s<br />
Définition 8. Soient I ⊂ R un intervalle non vi<strong>de</strong> <strong>et</strong> fn : I → R une suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s<br />
bornées.<br />
1. On dira que la suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s bornées fn converge uniformément vers une <strong>fonction</strong><br />
f : I → R si<br />
(∀ε > 0)(∃n0 ∈ N)(∀n ∈ N), n n0 =⇒ sup{| fn(x)−f(x) | ;∀x ∈ I} < ε<br />
2. On dira que la suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s fn est uniformément <strong>de</strong> Cauchy si<br />
(∀ε > 0)(∃n0 ∈ N)(∀m,n ∈ N), n m n0 =⇒ sup{| fn(x)−fm(x) | ;∀x ∈ I} < ε<br />
La <strong>fonction</strong> f : I → R qui vérifie le premier énoncé <strong>de</strong> la définition précé<strong>de</strong>nte s’appelle limite<br />
uniforme <strong>de</strong> la suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s fn sur l’intervalle I.<br />
Exercice 31. Montrer que la limite uniforme d’une suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s bornées est une fonc-<br />
tion bornée.<br />
Proposition 12. Si la suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s bornées fn : I → R converge uniformément vers<br />
la <strong>fonction</strong> f : I → R, alors la suite fn converge simplement vers la <strong>fonction</strong> f : I → R.<br />
Autrement dit,<br />
la convergence uniforme sur I =⇒ la convergence simple sur I.<br />
Démonstration. Supposons que la suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s bornées fn : I → R converge uniformé-<br />
ment vers une <strong>fonction</strong> f : I → R. Donc, pour un réel donné ε > 0 il existe un entier n0 0<br />
tel que pour tout entier n n0,<br />
sup{| fn(x)−f(x) | ;∀x ∈ I} < ε.<br />
Ainsi, puisque pour tout réel fixé, x0 ∈ I, on a la double inégalité<br />
| fn(x0)−f(x0) | sup{| fn(x)−f(x) | ;∀x ∈ I} < ε<br />
on en déduit que la suite numérique fn(x0) converge vers le nombre réel f(x0). Autrement<br />
dit, la suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s bornées fn converge simplement vers la <strong>fonction</strong> f : I → R.<br />
A. Bouarich <strong>Suites</strong> <strong>et</strong> séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s
32 <strong>Suites</strong> <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s<br />
Corollaire 6. La limite uniforme d’une suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s bornées est unique. C’est-à-dire,<br />
si une suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s bornées fn : I → R converge uniformément vers <strong>de</strong>ux <strong>fonction</strong>s<br />
f,g : I → R alors f = g.<br />
Démonstration. Noter quela limite uniformeimplique la limite simple, <strong>et</strong> que la limite simple<br />
est unique quand il existe.<br />
Théorème 10. Pour toute suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s bornées fn : I → R les propositions suivantes<br />
sont équivalentes :<br />
1. La suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s fn converge uniformément vers une <strong>fonction</strong> f : I → R.<br />
2. La suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s fn est niformément <strong>de</strong> Cauchy sur l’intervalle I.<br />
Démonstration. 1) =⇒ 2) Remarquons que grâce à l’inégalité triangulaire pour tout couple<br />
d’entiers naturels n <strong>et</strong> m on peut écrire que<br />
qui implique<br />
∀x ∈ I, | fn(x)−fm(x) || fn(x)−f(x) | + | f(x)−fm(x) |<br />
sup{| fn(x)−fm(x) | ;∀x ∈ I} sup{| fn(x)−f(x) | ;∀x ∈ I}<br />
+ sup{| fm(x)−f(x) | ;∀x ∈ I}<br />
Ainsi, si pour un réel ε > 0 on applique la définition <strong>de</strong> la convergence uniforme on peut<br />
trouver un entier n0 0 tel que pour n n0 <strong>et</strong> m n0 on obtient les inégalités,<br />
<br />
sup{| fn(x)−f(x) | ;∀x ∈ I} < ε/2<br />
sup{| fm(x)−f(x) | ;∀x ∈ I} < ε/2 =⇒ sup{| fn(x)−fm(x) | ;∀x ∈ I} < ε<br />
qui montrent que la suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s fn est uniformémént <strong>de</strong> Cauchy sur l’intervalle I.<br />
2) =⇒ 1) Supposons que la suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s fn est uniformément <strong>de</strong> Cauchy <strong>et</strong> considérons<br />
un réel ε > 0.<br />
a) Sous c<strong>et</strong>te hypothèse, on peut trouver un entier n0 0 tel que pour tout couple d’entiers<br />
n n0 <strong>et</strong> m n0, sup{| fm(x)−fn(x) | ;∀x ∈ I} < ε.<br />
Noter que si on fixe un nonmbre réel x ∈ I on obtient pour tous les entiers m <strong>et</strong> n ∈ N tels<br />
que n n0 <strong>et</strong> m n0,<br />
| fn(x)−fm(x) | sup{| fm(x)−fn(x) | ;∀x ∈ I} < ε<br />
Donc, puisque pour tout réel x ∈ I la suite numérique fn(x) est <strong>de</strong> Cauchy, elle converge vers<br />
un nombre réel f(x) = lim<br />
n→+∞ fn(x).<br />
b) Montrons que sur l’intervalle I la suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s fn converge uniformément vers la<br />
<strong>fonction</strong> f(x) = lim<br />
n→+∞ fn(x),∀x ∈ I.<br />
En eff<strong>et</strong>, puisque pour tout x ∈ I <strong>et</strong> pour tout couple d’entiers n n0 <strong>et</strong> m n0,<br />
| fn(x)−fm(x) | sup{| fm(x)−fn(x) | ;∀x ∈ I} < ε<br />
A. Bouarich <strong>Suites</strong> <strong>et</strong> séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s
Convergence uniforme d’une suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s 33<br />
donc si on fait tendre l’entier m vers +∞ dans la valeurs absolue | fn(x)−fm(x) | tout en<br />
gardant l’entier n n0 fixé on obtient l’inégalité suivante,<br />
| fn(x)−f(x) | ε,∀x ∈ I<br />
Ainsi, si on passe à la borne supérieure sur tous les réels x ∈ I on obtient l’implication<br />
∀n ∈ N, n n0 =⇒ sup{| fn(x)−f(x) | ;∀x ∈ I} ε.<br />
qui montre que sur l’intervalle I la suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s bornées, fn : I → R, converge uniformé-<br />
ment vers la <strong>fonction</strong> f(x) = lim<br />
n→+∞ fn(x),∀x ∈ I.<br />
En conséquence <strong>de</strong> ce qui précè<strong>de</strong> on déduit qu’un plan d’étu<strong>de</strong> <strong>de</strong> la convergence uniforme<br />
d’une suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s bornées, fn : I → R, peut être divisé en étapes :<br />
Étape 1 Oncherchelalimitesimple<strong>de</strong>lasuite<strong>de</strong><strong>fonction</strong>sbornéesfn : I → Rencalculant<br />
la limite lim<br />
n→+∞ fn(x) = f(x) pour x fixé dans I.<br />
Étape 2 Si la limite simpe <strong>de</strong> la suite fn n’existe pas on arrête l’étu<strong>de</strong> <strong>et</strong> on déclare que<br />
la suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s fn ne converge pas simplement.<br />
Étape 3 S’il existe un sous-ensemble non vi<strong>de</strong> J ⊆ I sur lequel la suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s fn<br />
converge simplement vers une <strong>fonction</strong> f : J → R on calcule alors la limite <strong>de</strong> la suite<br />
numérique<br />
quand l’entier naturel n tend vers l’infini.<br />
un = sup{| fn(x)−f(x) | /x ∈ J}<br />
Ainsi, si la limite lim<br />
n→+∞ un = 0 on déclare que la suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s fn converge uniformément<br />
vers la <strong>fonction</strong> f : J → R, par contre, si la limte lim<br />
n→+∞ un = 0 on déclare que<br />
la convergence <strong>de</strong> la suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s fn est simple sur l’intervalle J ⊆ I <strong>et</strong> qu’elle est<br />
non uniforme sur l’intérvalle J.<br />
Ci-<strong>de</strong>ssous, nous allons appliquer le plan d’étu<strong>de</strong> qu’on vient <strong>de</strong> décrire pour étudier la limite<br />
uniforme <strong>de</strong> certaines suites <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s bornées.<br />
Exemple 16. 1) Cherchons la nature <strong>de</strong> convergence <strong>de</strong> la suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s<br />
∀x ∈ [0,1], fn(x) = x n<br />
Il est clair que la suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s fn(x) = xn converge simplement vers la <strong>fonction</strong>,<br />
<br />
0 si 0 x < 1<br />
f(x) =<br />
1 si x = 1<br />
Mais, puisque pour tout entier n ∈ N la borne supérieure<br />
un = sup{| fn(x)−f(x) | /x ∈ [0,1]} = 1<br />
ne tend pas vers zéro on conclut donc que la suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s fn(x) ne converge pas unifor-<br />
mément sur [0,1] vers sa limite simple f.<br />
A. Bouarich <strong>Suites</strong> <strong>et</strong> séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s
34 <strong>Suites</strong> <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s<br />
Notons que si pour un réel a ∈]0,1[ on restreint la suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s fn(x) = x n sur le<br />
segment [0,a] on trouve que la borne supérieure<br />
sup{| fn(x) | ;∀x ∈ [0,a]} = a n<br />
<strong>et</strong> ainsi comme la suite numérique a n tend vers zéro on conclut que la suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s fn<br />
converge uniformément sur le segment [0,a].<br />
2) Soit x ∈ R. On désigne par [x] la partie entière <strong>de</strong> x qui est définie comme l’unique entier<br />
naturel qui vérifie la double inégalité : [x] x < [x]+1.<br />
Cherchons la nature <strong>de</strong> convergence <strong>de</strong> la suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s<br />
∀x ∈ R, gn(x) = [nx]<br />
n<br />
Notons que puisque pour tout réel x ∈ R <strong>et</strong> pour tout entier n ∈ N on a l’inégalité<br />
0 nx−[nx] < 1 =⇒ 0 x−gn(x) < 1<br />
n<br />
Par conséquent, puique la borne supérieure sup{| gn(x)−x | ;∀x ∈ R} 1<br />
on conclut que<br />
n<br />
la la suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s gn(x) converge uniformément sur R vers la <strong>fonction</strong> g(x) = x.<br />
3) Cherchons la nature <strong>de</strong> convergence <strong>de</strong> la suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s bornées,<br />
∀x ∈ R, hn(x) = nxe −nx2<br />
D’abord, notons que lim<br />
n→+∞ hn(0) = 0 car hn(0) = 0. De même, puisque la <strong>fonction</strong> exponentielle<br />
e x augmente plus rapi<strong>de</strong>ment que les <strong>fonction</strong>s polynômiales on en déduit que pour tout<br />
réel non nul x ∈ R ∗ , lim<br />
n→+∞ hn(x) = 0.<br />
Par conséquent, la suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s hn(x) = nxe −nx2<br />
nulle, h(x) = 0,∀x ∈ R.<br />
converge simplement vers la <strong>fonction</strong><br />
Pour voir est-ce que la suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s hn converge uniformémént vers la <strong>fonction</strong> nulle<br />
nous allons calculer la borne supérieure <strong>de</strong> la <strong>fonction</strong> hn(x) sur R. Pour le faire on va dresser<br />
le tableau <strong>de</strong>s variations du signe <strong>de</strong> la <strong>fonction</strong> dérivée h ′ n(x) = (n−2n 2x2 )e−nx2, x −∞ − 1<br />
√ 2n<br />
❅ ❅❅❘− n<br />
2 e−1/2<br />
1<br />
√ 2n<br />
h ′ n (x) −<br />
0<br />
0 + 0<br />
n 2<br />
−<br />
hn(x)<br />
✒<br />
<br />
<br />
e−1/2<br />
❅<br />
❅❅❘<br />
<strong>et</strong> à partir duquel on déduit que le maximum absolu <strong>de</strong> la <strong>fonction</strong> | hn(x) | défini une suite<br />
numérique,<br />
+∞<br />
un = sup{| hn(x) | ;x ∈ R} =| hn(± 1<br />
<br />
n<br />
√ ) |=<br />
2n 2 e−1/2 ,<br />
qui tend vers l’infini lorsque l’entier n ∈ N tend vers +∞.<br />
Par conséquent, sur R la suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s hn(x) = nxe −nx2<br />
vers la <strong>fonction</strong> nulle h(x) = 0.<br />
0<br />
ne converge pas uniformément<br />
A. Bouarich <strong>Suites</strong> <strong>et</strong> séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s
Convergence uniforme d’une suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s 35<br />
−2<br />
−1<br />
2<br />
1<br />
−1<br />
−2<br />
h30(x)<br />
1<br />
h5(x)<br />
Figure 2.3 – Graphes <strong>de</strong>s <strong>fonction</strong>s h5 <strong>et</strong> h30<br />
Observons que pour tout réel a > 0 la restriction <strong>de</strong> la suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s hn(x) sur les<br />
intervalles <strong>de</strong> type ]−∞,−a] ou sur [a,+∞[ nous donne <strong>de</strong>s <strong>fonction</strong>s décroissantes dont la<br />
borne supérieure<br />
sup{| hn(x) | /∀x ∈ R,| x | a} =| hn(±a) |= nae −na2<br />
tend vers zéro quand l’entier n tend +∞. Donc, la suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s hn(x) converge unifor-<br />
mément vers la <strong>fonction</strong> nulle sur tous les intervalles <strong>de</strong> la forme ]−∞,−a] <strong>et</strong> [a,+∞[.<br />
Exercice 32. Soit f : R → R une <strong>fonction</strong> <strong>de</strong>ux fois dérivables <strong>et</strong> dont la dérivée secon<strong>de</strong><br />
est bornée. Montrer que la suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s gn : R → R définie par<br />
∀x ∈ R, gn(x) = n(f(x+ 1<br />
n )−f(x))<br />
converge uniformément vers la <strong>fonction</strong> dérivée f ′ .<br />
Exercice 33. Sur le segment [0,1] on définit <strong>de</strong>ux suites <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s par les expressions,<br />
fn(x) = (x(1−x)) n +x <strong>et</strong> gn(x) = (1−x) n +x<br />
a) Déterminer la limite simple <strong>de</strong> la suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s fn (resp. gn) sur le segment [0,1].<br />
b) Montrer que la suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s fn converge uniformément sur le segment [0,1].<br />
c) Montrer que pour tout réel a ∈]0,1[ la suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s gn converge uniformément sur le<br />
segment [a,1].<br />
d) La suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s gn converge-t-elle uniformément sur [0,1]?<br />
A. Bouarich <strong>Suites</strong> <strong>et</strong> séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s
36 <strong>Suites</strong> <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s<br />
Exercice 34. Chercher la nature <strong>de</strong> convergence <strong>de</strong>s suites <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s suivantes,<br />
x2n n+x 2n, Arctg(nx),<br />
cos(nx)<br />
x 2 +n 2, kn(x) = (cos(x)) n sin(x)<br />
Exercice 35. Soit f : [a,b] → R une <strong>fonction</strong> <strong>de</strong> classe C 1 . Pour tout entier n ∈ N <strong>et</strong> pour<br />
tout réel x ∈ [a,b] on pose, fn(x) =<br />
x<br />
a<br />
f(t)cos(nt)dt.<br />
À l’ai<strong>de</strong> d’une intégration par partie, montrer que la suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s fn converge uniforé-<br />
ment vers la <strong>fonction</strong> nulle.<br />
Exercice 36. Soit φn(x) une suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s continues sur [0,1] qui converge simplement<br />
vers une <strong>fonction</strong> φ(x) sur [0,1], <strong>et</strong> soit fn(x) une suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s définies sur [0,1] par<br />
les expressions,<br />
fn(x) =<br />
<br />
φn(x)(sin( π<br />
x ))2 , si x ∈ [ 1<br />
n ,1],<br />
0 si x ∈ [0, 1<br />
n ].<br />
1) Montrer que la suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s fn(x) converge simplement vers une <strong>fonction</strong> f(x) que<br />
l’on explicitera en <strong>fonction</strong> <strong>de</strong> φ(x).<br />
2) Pour tout entier n 1 on pose : φn(x) = 2nx2<br />
,∀x ∈ [0,1].<br />
2nx+1<br />
a) Déterminer les <strong>fonction</strong>s φ(x) <strong>et</strong> f(x). Sont-elles continues?<br />
b) La suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s φn converge-t-elle uniformément vers φ(x)?<br />
c) Montrer que la suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s fn converge unifomrément vers f(x).<br />
3) Pour tout entier n 1 on pose : φn(x) = nx+n<br />
,∀x ∈ [0,1].<br />
nx+n+1<br />
a) Déterminer la <strong>fonction</strong> φ(x) <strong>et</strong> dire est-ce que la suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s φn(x) converge unifor-<br />
mément vers φ(x)?<br />
b) La limite simple <strong>de</strong> la suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s fn(x) est-elle continue sur [0,1]?<br />
c) La suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s fn(x) converge-elle uniformément vers f sur [0,1]?<br />
4) Rafaire les questions a, b <strong>et</strong> c <strong>de</strong> la question 3 pour la suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s φn(x) définie sur<br />
n<br />
[0,1] par φn(x) =<br />
nx+n+1 .<br />
5) Si la suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s φn(x) est quelconque <strong>et</strong> converge uniformément sur [0,1] vers une<br />
<strong>fonction</strong> φ(x) telle que φ(0) = 0 est-ce que la suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s fn(x) converge uniformément<br />
vers f(x) sur [0,1]?<br />
2.3 Théorèmes fondamentaux sur la convergence uniforme<br />
2.3.1 Théorème <strong>de</strong> la continuité<br />
Théorème 11. Si fn : [a,b] → R est une suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s continues qui converge unifor-<br />
mément vers une <strong>fonction</strong> f : [a,b] → R, alors f est continue sur le segment [a,b].<br />
Démonstration. Supposons que la suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s continues fn : [a,b] → R converge uni-<br />
formément vers une <strong>fonction</strong> f : [a,b] → R <strong>et</strong> montrons que f est continue en tout point<br />
x0 ∈ [a,b].<br />
A. Bouarich <strong>Suites</strong> <strong>et</strong> séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s
Théorèmes fondamentaux sur la convergence uniforme 37<br />
Puisque la suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s fn converge uniformément vers la <strong>fonction</strong> f donc pour un réel<br />
donné ε > 0 on peut trouver un entier n0 ∈ N tel que pour tout entier n n0 <strong>et</strong> pour tout<br />
réel x ∈ [a,b] on obtient l’inégalité,<br />
| fn(x)−f(x) | sup{| fn(x)−f(x) | ;∀x ∈ [a,b]} < ε/3.<br />
Notons que pour le même réel ε > 0 si on applique la continuité <strong>de</strong> la <strong>fonction</strong> f n0 au point<br />
x0 ∈ [a,b] on pourra trouver un réel η > 0 tel que,<br />
∀x ∈ [a,b], | x−x0 |< η =⇒ | f n0 (x)−f n0 (x0) |< ε/3.<br />
Ainsi, si on coinsidère les réels x ∈ [a,b] qui vérifient la condition | x − x0 |< η on obtient<br />
grâce à l’inégalité triangulaire<br />
| f(x)−f(x0) | | f(x)−fn0 (x) | + | fn0 (x)−fn0 (x0) | + | fn0 (x0)−f(x0) |<br />
< ε/3+ε/3+ε/3 = ε<br />
Donc, la <strong>fonction</strong> f(x) est continue au point x0.<br />
Corollaire 7. Si une suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s continues fn : [a,b] → R converge uniformément<br />
alors pour tout réel x0 ∈ [a,b] on a la formule <strong>de</strong> la limite double :<br />
lim ( lim<br />
x→x0 n→+∞ fn(x)) = lim ( lim fn(x)))<br />
n→+∞ x→x0<br />
Exemple 17. Rappelons que dans l’exemple 15 (cf. 2) nous avons démontré que la suite <strong>de</strong><br />
<strong>fonction</strong>s continues gn(x) = x n +(1−x) n converge simplement sur le segment [0,1] vers la<br />
<strong>fonction</strong> g : [0,1] → R qui est définie par les expressions suinvantes :<br />
⎧<br />
⎪⎨ 1 si x = 0<br />
g(x) = 0 si 0 < x < 1<br />
⎪⎩<br />
1 si x = 1<br />
Ainsi, puisque la limite simple g(x) n’est pas continue aux points 0 <strong>et</strong> 1 ∈ [0,1] le théorème<br />
<strong>de</strong> continuité implique que la suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s gn(x) ne converge pas uniformément sur le<br />
segment [0,1].<br />
Exercice 37. Pour tout entier n 0 on pose :<br />
fn(x) = n(x3 +x)e−x , ∀x ∈ [0,1]<br />
nx+1<br />
1) Montrer que la suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s fn(x) converge simplement sur [0,1] vers une <strong>fonction</strong><br />
f que l’on déterminera.<br />
2) Montrer que pour tout entier n 0 on a l’inégalité<br />
| fn(x)−f(x) |<br />
2<br />
, ∀x ∈ [0,1]<br />
nx+1<br />
3) En déduire que pour tout réel, a ∈]0,1[, la suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s fn converge uniformément<br />
sur le segment [a,1].<br />
4) La convergence <strong>de</strong> fn vers f est-elle uniforme sur [0,1]?<br />
A. Bouarich <strong>Suites</strong> <strong>et</strong> séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s
38 <strong>Suites</strong> <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s<br />
2.3.2 Théorème <strong>de</strong> l’integration<br />
Théorème 12. Soit fn : [a,b] → R une suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s continues qui converge uniformé-<br />
ment vers une <strong>fonction</strong> f : [a,b] → R. Alors, la suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s primitives<br />
Fn(x) =<br />
x<br />
a<br />
fn(t)dt, ∀x ∈ [a,b]<br />
converge uniformément sur le segment [a,b] vers la <strong>fonction</strong> primitive F(x) =<br />
pour tout réel x ∈ [a,b] on a la formule<br />
lim<br />
n→+∞<br />
x<br />
a<br />
<br />
fn(t)dt =<br />
x<br />
a<br />
<br />
lim<br />
n→+∞ fn(t)<br />
<br />
dt<br />
x<br />
a<br />
f(t)dt; <strong>et</strong><br />
Démonstration. Puisque la suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s fn converge uniformément sur le segment [a,b]<br />
vers la <strong>fonction</strong> f, donc si on fixe un réel ε > 0 on peut trouver un entier n0 0 tel que pour<br />
tout entier n n0,<br />
∀t ∈ [a,b], | fn(t)−f(t) | sup{| fn(t)−f(t) | /∀t ∈ [a,b]} ε<br />
b−a .<br />
Ainsi, si pour tout entier n n0 on intègre la <strong>de</strong>rnière inégalité sur le segment [a,x] ⊆ [a,b]<br />
on obtient l’inégalité suivante<br />
∀x ∈ [a,b],<br />
<br />
<br />
<br />
x<br />
a<br />
fn(t)dt−<br />
x<br />
a<br />
<br />
<br />
f(t)dt<br />
<br />
qui montre que la suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s Fn(x) =<br />
ment [a,b] vers la <strong>fonction</strong> F(x) =<br />
x<br />
a<br />
f(t)dt.<br />
x<br />
a<br />
x<br />
a<br />
| fn(t)−f(t) | dt x−a<br />
ε ε<br />
b−a<br />
fn(t)dt converge uniformément sur le seg-<br />
Exemple 18. Rappelons que dans l’exemple 16 (cf 3) nous avons démontré que la suite <strong>de</strong><br />
<strong>fonction</strong>s hn : R → R qui est définie par l’expression<br />
∀x ∈ R, hn(x) = nxe −nx2<br />
converge simplement vers la <strong>fonction</strong> nulle h(x) = 0,∀x ∈ R. Montrons alors que pour tout<br />
réel a > 0 la suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s hn(x) ne converge pas uniformément sur le segment [0,a].<br />
En eff<strong>et</strong>, si dans l’intégrale simple définie<br />
a<br />
0<br />
hn(x)dx =<br />
a<br />
on fait tendre l’entier n vers l’infini on voit que<br />
lim<br />
n→+∞<br />
a<br />
0<br />
0<br />
nxe −nx2<br />
<br />
−1<br />
dx =<br />
2 e−nx2 a 1<br />
=<br />
0 2 (1−e−na2 )<br />
hn(x)dx = 1<br />
2 =<br />
a<br />
lim<br />
n→+∞ hn(x)dx = 0<br />
Donc, d’après le théorème <strong>de</strong> l’intégrabilité la suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s hn ne peut pas converger<br />
uniformément sur le segment [0,a].<br />
A. Bouarich <strong>Suites</strong> <strong>et</strong> séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s<br />
0
Théorèmes fondamentaux sur la convergence uniforme 39<br />
Mise en gar<strong>de</strong> : Le théorème <strong>de</strong> l’intégrabilité n’est pas valable pour les suites <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s<br />
définies <strong>et</strong> intégrables sur un intervalle non borné. Pour prouver ce fait considérons la suite<br />
<strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s fn : R → R définies par les expressions suivantes :<br />
⎧<br />
0, si x n<br />
⎪⎨<br />
fn(x) =<br />
2 −n<br />
⎪⎩<br />
n −2 (x−n 2 )+n −1 , si n 2 −n x n 2<br />
−n −2 (x−n 2 )+n −1 , si n 2 x n 2 +n<br />
0, si x n 2 +n<br />
<strong>et</strong> où le graphe du terme général fn est représenté dans la figure suivante :<br />
1<br />
n<br />
✻<br />
✲<br />
n2 n +n 2 n2 −n<br />
Figure 2.4 – Graphe <strong>de</strong> la <strong>fonction</strong> fn : R → R<br />
Notons que selon le graphe <strong>de</strong> la <strong>fonction</strong> fn(x) on voit que la borne supérieure <strong>de</strong> fn sur son<br />
domaine <strong>de</strong> définition R est égale à<br />
sup{| fn(x) | /∀x ∈ R} = 1<br />
n<br />
Donc, la suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s fn converge uniformément sur R vers la <strong>fonction</strong> nulle f(x) =<br />
0,∀x ∈ R.<br />
D’autre part, observons que pour tout entier n ∈ N <strong>et</strong> pour tout réel a ∈ R tel que n 2 −n > a<br />
l’intégrale simple généralisée<br />
+∞<br />
a<br />
fn(x)dx =<br />
=<br />
n 2 −n<br />
fn(x) dx+<br />
n 2 +n<br />
+∞<br />
fn(x)dx+<br />
fn(x) dx<br />
a<br />
n2−n n2 n2 +n<br />
n2 (n<br />
−n<br />
−2 (x−n 2 )+n −1 n2 +n<br />
)dx+<br />
n2 (−n −2 (x−n 2 )+n −1 )dx = 1.<br />
Donc, dans l’expression precé<strong>de</strong>nte, si on fait tendre l’entier naturel n vers l’infini on voit que<br />
lim<br />
n→+∞<br />
+∞<br />
a<br />
fn(x)dx = 1 =<br />
+∞<br />
a<br />
lim<br />
n→+∞ fn(x)dx = 0.<br />
Ainsi, en conséquence <strong>de</strong> ce calcul, on conclut que le théorème <strong>de</strong> l’integrabilité ne s’applique<br />
pas aux suites <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s qui convergent uniformément sur un intervalle I ⊆ R non borné.<br />
Exercice 38. Sur le segment [0,π/2] on définit une suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s fn par l’expression<br />
fn(x) = n(cos n (x))sin(x)<br />
A. Bouarich <strong>Suites</strong> <strong>et</strong> séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s
40 <strong>Suites</strong> <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s<br />
1) Pour tout entier n ∈ N, calculer l’intégrale simple définie,<br />
π/2<br />
0<br />
fn(x)dx.<br />
2) La suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s fn converge-t-elle uniformément sur le segment [0,π/2]?<br />
Exercice 39. Soit f : R → R une <strong>fonction</strong> continue. Pour tout entier n = 0 on définit une<br />
<strong>fonction</strong> continue sur R par l’expression<br />
fn(x) = f(x+ 1<br />
n )<br />
a) Calculer la limite simple <strong>de</strong> la suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s fn(x).<br />
b) Pour tout couple <strong>de</strong> nombres réels a < b on pose un =<br />
<strong>de</strong> la suite numérique un.<br />
b<br />
a<br />
f(x+ 1<br />
)dx. Calculer la limite<br />
n<br />
c) Que peut-on dire à propos <strong>de</strong> la convergence uniforme <strong>de</strong> la suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s fn sur un<br />
segment [a,b] ⊆ R?<br />
d) Étudier la nature <strong>de</strong> convergence <strong>de</strong> la suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s fn lorsque la <strong>fonction</strong> dérivée f ′<br />
est bornée sur R.<br />
e) Même question si on suppose que la <strong>fonction</strong> f est <strong>de</strong> classe C 1 non nécessairement bornée.<br />
Exercice 40. Pour tout entier n 0 on définit une <strong>fonction</strong> par l’expression<br />
∀x ∈ [0,1], fn(x) = 3 n (x 2n<br />
−x 2n+1<br />
)<br />
1) Étudier la convergence simple <strong>de</strong> la suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s fn(x).<br />
2) Pour tout réel x ∈ [0,1] comparer les <strong>de</strong>ux limites suivantes,<br />
3) Conclure.<br />
lim<br />
n→+∞<br />
x<br />
0<br />
fn(t)dt <strong>et</strong><br />
x<br />
0<br />
lim<br />
n→+∞ fn(t)dt<br />
Exercice 41. Étant donnée une <strong>fonction</strong> continue, f : R+ → R + , dont l’intégrale simple<br />
généralisée<br />
+∞<br />
0<br />
f(t)dt converge <strong>et</strong> telle que f(0) = 0 on lui associe pour tout entier n 1<br />
<strong>de</strong>ux <strong>fonction</strong>s définies par les expressions suivantes :<br />
∀x 0, fn(x) = f(nx) <strong>et</strong> gn(x) = f( x<br />
n )<br />
1) Montrer que la limite lim f(x) = 0.<br />
x→+∞<br />
2) Montrer que les <strong>de</strong>ux suites <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s fn <strong>et</strong> gn convergent simplement sur R + vers la<br />
<strong>fonction</strong> nulle.<br />
3) Montrer que pour tout réel a > 0 la suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s fn converge unifomrément sur<br />
l’intervalle [a,+∞[ <strong>et</strong> que la suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s gn converge unifomrément sur [0,a].<br />
4) En déduire que la suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s fngn (produit) converge unifomrément sur R + .<br />
A. Bouarich <strong>Suites</strong> <strong>et</strong> séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s
Théorèmes fondamentaux sur la convergence uniforme 41<br />
2.3.3 Théorème <strong>de</strong> la dérivation<br />
Théorème 13. Soit fn : [a,b] → R une suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s continues <strong>et</strong> dérivables sur l’in-<br />
tervalle ]a,b[ telles que la suite <strong>de</strong>s <strong>fonction</strong>s dérivées f ′ n<br />
:]a,b[→ R converge uniformément<br />
vers une <strong>fonction</strong> g :]a,b[→ R. S’il existe un point x0 ∈]a,b[ tel que la suite numérique fn(x0)<br />
converge, alors la suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s fn : [a,b] → R converge uniformément vers une <strong>fonction</strong><br />
continue f : [a,b] → R qui est dérivable sur l’intervalle ]a,b[ <strong>et</strong> dont la <strong>fonction</strong> dérivée est<br />
donnée par l’expression,<br />
∀x ∈]a,b[, f ′ (x) = d<br />
( lim<br />
dx n→+∞ fn(x)) = lim<br />
n−→+∞<br />
dfn<br />
(x) = g(x)<br />
dx<br />
Démonstration. On va dévelpper la preuve du théor`me en étapes élémentaires :<br />
Étape 1 : Sous les hypothèses du théorème démontrons que la suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s fn est<br />
uniformément <strong>de</strong> Cauchy.<br />
En eff<strong>et</strong>, puisque la <strong>fonction</strong> fn − fm : [a,b[→ R est continue sur le segment [a,b], donc si<br />
on fixe un couple <strong>de</strong> nombres réels x0 <strong>et</strong> x ∈ [a,b] le théorème <strong>de</strong>s accroissements finis nous<br />
perm<strong>et</strong> <strong>de</strong> trouver un réel c compris entre x <strong>et</strong> x0 tel que<br />
<br />
fn(x)−fm(x) − fn(x0)−fm(x0) = (x−x0)<br />
f ′ n (c)−f′ m (c)<br />
Ainsi, puisque le réel | f ′ n(c) − fm(c) | sup{| f ′ n(x) − f ′ m(x) | ;x ∈]a,b[} on en déduit que<br />
pour tout réel x ∈ [a,b],<br />
| fn(x)−fm(x) | | fn(x0)−fm(x0) | + | x−x0 | sup{| f ′ n (x)−f′ m (x) | ;x ∈]a,b[}<br />
| fn(x0)−fm(x0) | + | b−a | sup{| f ′ n (x)−f′ m (x) | ;x ∈]a,b[}.<br />
D’autre part, puisque la suite <strong>de</strong>s <strong>fonction</strong>s dérivées f ′ n est uniformément <strong>de</strong> Cauchy <strong>et</strong> la<br />
suite numérique fn(x0) converge, donc pour tout réel ε > 0 on peut trouver un entier n0 ∈ N<br />
tel que pour tout couple d’entiers m n n0 on a les inégalités suivantes :<br />
sup{| f ′ n(x)−f ′ m(x) | ;x ∈]a,b[} <br />
ε<br />
2(b−a)<br />
qui, grâce à ce qui précè<strong>de</strong>, nous perm<strong>et</strong>tent <strong>de</strong> déduire que<br />
<strong>et</strong> | fn(x0)−fm(x0) | ε<br />
2<br />
∀x ∈ [a,b], ∀n m n0 =⇒ | fn(x)−fm(x) | ε<br />
Autrement dit, on a l’implication suivante<br />
∀n m n0 =⇒ sup{| fn(x)−fm(x) | ;∀x ∈ [a,b]} ε<br />
qui montre que la suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s fn : [a,b] → R est uniformément <strong>de</strong> Cauchy.<br />
Étape 2 : Pour tout y ∈]a,b[ fixé montrons que la suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s continues, ϕn :]a,b[→ R,<br />
définies par les expressions suivantes<br />
⎧<br />
⎨ fn(x)−fn(y)<br />
, si x = y<br />
ϕn(x) = x−y<br />
⎩<br />
(y), si x = y<br />
f ′ n<br />
A. Bouarich <strong>Suites</strong> <strong>et</strong> séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s
42 <strong>Suites</strong> <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s<br />
est uniformément <strong>de</strong> Cauchy sur son domaine <strong>de</strong> définition.<br />
Notons d’abord que la suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s ϕn :]a,b[→ R converge uniformément sur l’intervalle<br />
]a,b[ parce que, comme dans l’étape précé<strong>de</strong>nte, si on applique le théorème <strong>de</strong>s accroissements<br />
finis à la <strong>fonction</strong> fn−fm on peut trouver un réel c compris entre les nombres réels x = y <strong>et</strong><br />
qui perm<strong>et</strong> d’écrire l’expression suivante<br />
(fn(x)−fm(x))−(fn(y)−fm(y)) = (x−y)(f ′ n (c)−f′ m (c)),<br />
=⇒ ϕn(x)−ϕm(x) = f ′ n (c)−f′ m (c),<br />
Ainsi, puisque pour x = y on a par définition ϕn(y) = f ′ n (y) on voit que si on majore le réel<br />
f ′ n(c)−f ′ m(c) par la borne supérieure <strong>de</strong> la <strong>fonction</strong> fn −fm sur ]a,b[ on obtient l’inégalité<br />
suivante<br />
∀x ∈]a,b[, | ϕn(x)−ϕm(x) | sup{| f ′ n (x)−f′ m (x) | ;x ∈]a,b[}<br />
<strong>et</strong> qui implique la suivante,<br />
sup{| ϕn(x)−ϕm(x) | ;∀x ∈]a,b[} sup{| f ′ n(x)−f ′ m(x) | ;x ∈]a,b[}<br />
Par conséquent, puisque la suite <strong>de</strong>s <strong>fonction</strong>s dérivées f ′ n est uniformément <strong>de</strong> Cauchy sur<br />
l’intervalle ]a,b[ on en déduit que la suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s ϕn est uniformément <strong>de</strong> Cauchy sur<br />
l’intervalle ]a,b[.<br />
Étape 3 : Désignons par f : [a,b] → R la limite uniforme <strong>de</strong> la suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s fn <strong>et</strong><br />
observons que si on applique la formule <strong>de</strong> la limite double à suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s continues ϕn<br />
on obtient pour tout y ∈]a,b[,<br />
f(x)−f(y)<br />
lim<br />
x→y x−y<br />
x=y<br />
<br />
fn(x)−fn(y)<br />
<br />
= lim lim<br />
x→y n→+∞ x−y<br />
x=y<br />
<br />
= lim<br />
x→y<br />
x=y<br />
lim<br />
n→+∞ ϕn(x)<br />
<br />
<br />
= lim<br />
n→+∞<br />
lim ϕn(x)<br />
x→y<br />
x=y<br />
= lim<br />
n→+∞ f′ n(y)<br />
Par conséquent, la limite uniforme f <strong>de</strong> la suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s fn est dérivable sur l’intervalle<br />
]a,b[ <strong>et</strong> sa dérivée est donnée par l’expression :<br />
∀y ∈]a,b[, f ′ (y) = lim<br />
n→+∞ f′ n (y) ⇐⇒<br />
d<br />
( lim<br />
dx n→+∞ fn) = lim<br />
n→+∞<br />
d<br />
dx (fn).<br />
Mise en gar<strong>de</strong> : Dans ce paragraphe, nous allons discuter <strong>de</strong>ux questions qui se posent à<br />
propos <strong>de</strong>s suites <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s dérivables uniformément convergentes.<br />
1) La convergence uniforme d’une suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s dérivables fn : [a,b] → R n’implique pas<br />
que la suite <strong>de</strong>s <strong>fonction</strong>s dérivées f ′ n<br />
: [a,b] → R converge simplement.<br />
A. Bouarich <strong>Suites</strong> <strong>et</strong> séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s
Théorèmes fondamentaux sur la convergence uniforme 43<br />
Pour voir ceci considèrons la suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s dérivables fn(x) = cos(nx)<br />
qui converge<br />
n<br />
(x) = sin(nx)<br />
uniformémentversla <strong>fonction</strong> nulle; parcontrela suite<strong>de</strong>s <strong>fonction</strong>s dérivées f ′ n<br />
n’a pas <strong>de</strong> limite.<br />
2) La limite uniforme d’une suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s dérivables peut être non dérivable.<br />
Pour comprendre ce phénomène considérons la suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s dérivables<br />
<br />
∀x ∈ [−1,1], fn(x) =<br />
x 2 + 1<br />
n 2<br />
<strong>et</strong> montrons que la suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s fn(x) converge uniformémentsur le segment [−1,1] vers<br />
la <strong>fonction</strong>, f(x) =| x | .<br />
En eff<strong>et</strong>, puisque pour tout réel x ∈ [−1,1] on a l’inégalité<br />
<br />
<br />
| x |<br />
x2 + 1<br />
| x | +1<br />
n2 n<br />
on en déduit que la borne supérieure<br />
⇐⇒ 0 <br />
sup{| fn(x)−f(x) | ;∀x ∈ [−1,1]} 1<br />
n<br />
x2 + 1 1<br />
n2− | x |<br />
n<br />
Donc, la suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s fn converge uniformément sur le segment [−1,1] vers la <strong>fonction</strong><br />
f(x) =| x | qui est non dérivable au point x = 0.<br />
<br />
Il faut noter que l’exemple <strong>de</strong> la suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s dérivables fn(x) = x2 + 1<br />
ne contredit<br />
n2 pas le résultat du théorème <strong>de</strong> la dérivabilité parce que la suite <strong>de</strong>s <strong>fonction</strong>s dérivées<br />
f ′ n (x) =<br />
<br />
x<br />
x 2 + 1<br />
n 2<br />
converge simplement vers la <strong>fonction</strong><br />
g(x) = lim<br />
n→+∞ f′ ⎧<br />
⎪⎨<br />
n(x) =<br />
⎪⎩<br />
,∀x ∈ [−1,1]<br />
−1, si −1 x < 0<br />
0, si x = 0<br />
1, si 0 < x 1<br />
qui est discontinue; <strong>et</strong> donc la suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s f ′ n(x) ne converge pas uniformément sur<br />
]−1,1[. Autrement dit, la suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s d’érivables fn ne remplit pas toutes conditions<br />
du théorème <strong>de</strong> la dérivabilité.<br />
Exercice 42. On considère la suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s fn(x) = xe −nx2<br />
1) Montrer que la suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s fn converge uniformément sur R.<br />
où x ∈ R.<br />
2) Étudier la convergence uniforme <strong>de</strong> la suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s dérivées f′ n (x).<br />
3) Pour tout x ∈ R, comparer les quantités d<br />
dx<br />
conclure?<br />
( lim<br />
n→+∞ fn(x)) <strong>et</strong> lim<br />
n−→+∞<br />
dfn<br />
(x). Que peut-on<br />
dx<br />
Exercice 43. Soit fn : R + → R le terme général d’une suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s définies par les<br />
expressions suivantes :<br />
x<br />
sin( ), si 0 x nπ,<br />
fn(x) = n<br />
0, si x nπ.<br />
A. Bouarich <strong>Suites</strong> <strong>et</strong> séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s
44 <strong>Suites</strong> <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s<br />
a) Calculer la limite simple <strong>de</strong> suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s fn sur R + .<br />
b) Déterminer l’expression <strong>de</strong> la suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s dérivées f ′ n<br />
uniforme sur R + .<br />
c) La suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s fn converge-t-elle uniformément?<br />
<strong>et</strong> étudier sa convergence<br />
Exercice 44. Dans c<strong>et</strong> exercice on se propose <strong>de</strong> montrer que la <strong>fonction</strong> f(x) = √ x est une<br />
limite uniforme d’une suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s polynômiales définies sur le segment [0,1].<br />
Sur le segment [0,1] on définit une suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s polynômiales Pn(x) par la relation <strong>de</strong><br />
récurrence,<br />
∀x ∈ [0,1],<br />
<br />
P0(x) = 0<br />
Pn+1(x) = Pn(x)+ 1<br />
2 (x−P2 n(x)), ∀n ∈ N ∗<br />
1) Par récurrence, montrer que pour tout réel x ∈ [0,1],<br />
0 Pn(x)− √ x √ x(1− 1√<br />
n<br />
x) .<br />
2<br />
2) Vérifier que la suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s, fn(x) = x(1− x<br />
2 )n , converge uniformément sur le segment<br />
[0,1] vers la <strong>fonction</strong> nulle.<br />
3) En déduire que la suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s polynômiales Pn(x) converge uniformément sur le<br />
segment [0,1] vers la <strong>fonction</strong> f(x) = √ x.<br />
4) Déterminer la limite uniforme sur le segment [0,1] <strong>de</strong> la suite <strong>de</strong> polynômes Pn(x 2 ).<br />
A. Bouarich <strong>Suites</strong> <strong>et</strong> séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s
Chapitre Trois<br />
Les séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s<br />
3.1 Définitions <strong>et</strong> propriétés<br />
Soient I ⊂ R un intervalle <strong>et</strong> fn : I → R une suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s.<br />
1. Pour tout entier naturel n 0 on définit la somme partielle <strong>de</strong>s (n+1)-premiers termes<br />
<strong>de</strong> la suite fn par l’expression,<br />
∀x ∈ I, Sn(x) = f0(x)+f1(x)+···+fn(x)<br />
2. Le couple <strong>de</strong>s suites <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s (fn,Sn) s’appelle série <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s <strong>de</strong> termes général<br />
fn <strong>et</strong> le sous-ensemble<br />
J = {x ∈ I ;Sn(x) converge }<br />
s’appelle domaine <strong>de</strong> convergence simple <strong>de</strong> la série <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s (fn,Sn).<br />
3. Si le domaine <strong>de</strong> convergence simple J ⊂ I <strong>de</strong> la suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s <strong>de</strong> terme général Sn<br />
est non vi<strong>de</strong> on définit une <strong>fonction</strong> S : J → R par l’expression,<br />
S(x) = lim<br />
n→+∞ Sn(x) = <br />
fn(x), ∀x ∈ J<br />
qu’on appellera limite simple <strong>de</strong> la série <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s <strong>de</strong> terme général fn.<br />
n0<br />
4. En plus, si la suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s Sn converge uniformément vers la <strong>fonction</strong> S(x) sur le<br />
domaine J ⊂ I on dira que la série <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s <strong>de</strong> terme général fn converge uniformé-<br />
ment vers la <strong>fonction</strong> S : J → R.<br />
Exercice 45. Si une série <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s, fn(x), converge simplement (resp. uniformément)<br />
sur un sous-ensemble non vi<strong>de</strong> J ⊆ R, son terme général fn(x) converge simplement (resp.<br />
uniformément) sur J vers la <strong>fonction</strong> nulle.<br />
Exercice 46. Pour qu’une série <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s, fn(x), converge simplement (resp. unifor-<br />
mément) sur un sous-ensemble non vi<strong>de</strong> J ⊆ R il faut <strong>et</strong> il suffit que la suite <strong>de</strong>s restes<br />
Rn(x) = <br />
kn+1<br />
fn(x), ∀x ∈ J<br />
converge simplement (resp. uniformément) sur J vers la <strong>fonction</strong> nulle.<br />
A. Bouarich <strong>Suites</strong> <strong>et</strong> séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s
46 Les séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s<br />
Dans la suite <strong>de</strong> ce chapitre, afin d’alléger les notations pour toute <strong>fonction</strong> bornée f : I → R<br />
nous poserons<br />
f ∞ := sup{| f(x) | ;∀x ∈ I}<br />
Exercice 47. Soit I ⊆ R est un intervalle non vi<strong>de</strong>. On désigne par B(I,R) l’espace vectoriel<br />
réel <strong>de</strong>s <strong>fonction</strong>s bornées sur l’intervalle I.<br />
1) Montrer que l’application · ∞ : B(I,R) → R + est une norme.<br />
2) Montrer que l’espace vectoriel normé (B(I,R),· ∞) est compl<strong>et</strong>. C’est-à-dire, montrer que<br />
toute suite <strong>de</strong> Cauchy d’éléments <strong>de</strong> l’espace normé (B(I,R),· ∞) converge dans B(I,R).<br />
3) Montrer que le sous-espace vectoriel réel, C(I,R), <strong>de</strong>s <strong>fonction</strong>s continues sur l’intervalle<br />
I est fermé dans l’espace normé (B(I,R),· ∞).<br />
Définition 9. On dira que la série <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s bornées, fn : I → R, converge normalement<br />
(ie. en normes) si la série numérique <br />
fn∞ est convergente.<br />
n0<br />
Théorème 14. Une série <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s bornées qui converge normalement sur un intervalle<br />
non vi<strong>de</strong> I ⊆ R converge uniformément sur I.<br />
Démonstration. Supposons que la série <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s <strong>de</strong> terme général fn : I → R converge<br />
normalement sur I. Donc, pour tout réel ε > 0 on peut trouver un entier n0 tel que<br />
∀n,m ∈ N, n m n0 =⇒ fm ∞ +···+fn ∞ < ε<br />
Ainsi, en appliquant l’inégalité triangulaire pour la norme · ∞ on voit que<br />
n m n0 =⇒ fm +···+fn ∞ fm ∞ +···+fn ∞ < ε<br />
Donc, la série <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s <br />
fn converge uniformément sur l’intervalle I.<br />
n0<br />
Le théorème suivant qui est très efficace pour prouver qu’une série <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s bornées<br />
converge normalement (resp. uniformément).<br />
Théorème 15 (Weierstrass). Soient an 0 une suite <strong>et</strong> fn : I → R une suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s<br />
bornées telles que pour tout x ∈ I, | fn(x) | an. Si la série numérique <br />
an converge alors<br />
la série <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s <br />
fn(x) converge normalement sur I.<br />
n0<br />
Démonstration. En eff<strong>et</strong>, puisque pour tout réel x ∈ I on a l’inégalité | fn(x) | an cela<br />
impliquequela norme<strong>de</strong>convergence uniformefn∞ an. Ainsi, comme la série numérique<br />
<br />
an convergeil s’ensuitquelasérienumérique <br />
fnconverge.Donc, lasérie<strong>de</strong><strong>fonction</strong>s<br />
n0<br />
bornées <br />
fn(x) convergence normalement sur I.<br />
n0<br />
En général, pour étudier la nature <strong>de</strong> convergence d’une série <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s bornées <strong>de</strong> terme<br />
général fn : I → R on suit les étapes suivantes :<br />
A. Bouarich <strong>Suites</strong> <strong>et</strong> séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s<br />
n0<br />
n0
Définitions <strong>et</strong> propriétés 47<br />
Etape 1 : On cherche le domaine <strong>de</strong> convergence simple.<br />
Pour un réel fixé x0 ∈ I on étudie la nature <strong>de</strong> convergence <strong>de</strong> la série numérique <br />
fn(x0)<br />
en lui appliquant les critères <strong>et</strong> les règles <strong>de</strong> convergences étudiés dans le chapitre 1 consacré<br />
aux séries numériques.<br />
C<strong>et</strong>te étape nous perm<strong>et</strong> donc d’i<strong>de</strong>ntifier le domaine <strong>de</strong> convergence simple <strong>de</strong> la série <strong>de</strong><br />
<strong>fonction</strong>s fn : I → R i.e.<br />
Il y aura <strong>de</strong>ux cas possibles :<br />
J = {x ∈ I/ <br />
fn(x0) ; converge}<br />
n0<br />
– Si le domaine <strong>de</strong> converge simple <strong>de</strong> la série <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s fn est vi<strong>de</strong> (i.e. J = ∅) on arrête<br />
l’étu<strong>de</strong> <strong>et</strong> on déclare que la série <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s fn ne converge pas.<br />
– Si le domaine <strong>de</strong> convergence simple <strong>de</strong> la série <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s fn est non vi<strong>de</strong> (i.e. J = ∅)<br />
on passe alors à l’étape suivante.<br />
Etape 2 : On cherche le domaine <strong>de</strong> convergence uniforme.<br />
Pour étudier la convergence uniforme <strong>de</strong> la série <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s fn sur le sous domaine <strong>de</strong><br />
convergencesimpleJ ⊆ Iiln’yapas<strong>de</strong>métho<strong>de</strong>sgénérales.Toutefois,àchaquecasparticulier<br />
<strong>de</strong> séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s il y a sa métho<strong>de</strong> spécifique qui perm<strong>et</strong> d’avoir <strong>de</strong>s renseignements sur<br />
la convergence uniforme.<br />
Les métho<strong>de</strong>s <strong>et</strong> techniques qu’on applique le plus souvent pour trouver la nature <strong>de</strong> conver-<br />
gence uniforme peuvent être résumés dans les points suivants :<br />
1. On étudie la nature <strong>de</strong> convergence uniforme <strong>de</strong> la suite <strong>de</strong>s sommes partielles<br />
∀x ∈ J, Sn = f0 +f1 +···+fn<br />
C<strong>et</strong>te étu<strong>de</strong> nous invite donc à appliquer à la suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s Sn toutes les métho<strong>de</strong>s<br />
étudiées dans le chapitre 2 consacré à l’étu<strong>de</strong> <strong>de</strong>s suites <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s.<br />
2. Pourchaqueentier n 0on calcule (ou on majore) lanorme<strong>de</strong>la convergenceuniforme<br />
du terme général <strong>de</strong> la série <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s i.e. :<br />
fn∞ = sup{| fn(x) | ;x ∈ J}<br />
<strong>et</strong>ainsisilasérienumérique <br />
fn∞ convergel<strong>et</strong>héorème<strong>de</strong>Weierstrass nousperm<strong>et</strong><br />
n0<br />
<strong>de</strong> conclure que la série <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s <br />
fn converge normalement sur J, <strong>et</strong> par suite la<br />
série converge uniformément sur J.<br />
n0<br />
Exemple 19. 1) Cherchons la nature <strong>de</strong> convergence <strong>de</strong> la série <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s dont le terme<br />
général est défini sur le segment [0,1] par,<br />
un(x) = x n , ∀x ∈ [0,1]<br />
Notons que puisque un(x) est le terme général d’une suite géométrique <strong>de</strong> raison x on déduit<br />
que la somme partielle<br />
⎧<br />
k=n ⎨ n+1 si x = 1<br />
Sn(x) = uk(x) =<br />
⎩<br />
1−x<br />
k=0<br />
n+1<br />
si x = 1<br />
1−x<br />
A. Bouarich <strong>Suites</strong> <strong>et</strong> séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s<br />
n0
48 Les séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s<br />
Donc, la série <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s un(x) converge simplement sur l’intervalle [0,1[ vers la <strong>fonction</strong><br />
Notons que puisque le reste d’ordre n 1<br />
S(x) = 1<br />
, ∀x ∈ [0,1[<br />
1−x<br />
Sn(x)−S(x) = − xn+1<br />
1−x<br />
n’est pas borné sur l’intervalle [0,1[ on en déduit que la série <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s <br />
x n ne converge<br />
pas uniformément sur l’intervalle [0,1[. Cependant, si pour tout réel a ∈]0,1[ on restreint les<br />
<strong>fonction</strong>s un(x) sur le segment [0,a] ⊂ [0,1[ on voit que la borne supérieure<br />
un ∞ = sup{un(x)/0 x a < 1} = a n<br />
<strong>et</strong> ainsi on en déduit que la série <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s, <br />
x n , converge normalement sur le segment<br />
[0,a] vers la <strong>fonction</strong> S(x) = 1<br />
1−x .<br />
2) Cherchons la nature <strong>de</strong> convergence <strong>de</strong> la série <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s fn définies sur R par,<br />
n0<br />
∀x ∈ R, fn(x) =<br />
Observons que puisque pour tout x ∈ R on a l’inégalité<br />
1<br />
n 2 +x 2<br />
n0<br />
∀n ∈ N ∗ , 0 < fn(x) 1<br />
n 2 =⇒ ∀n ∈ N∗ , fn ∞ 1<br />
n 2<br />
Donc, puisque la série <strong>de</strong> Riemann <br />
la série <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s <br />
n1<br />
n1<br />
1<br />
converge le théorème <strong>de</strong> Weierstrass implique que<br />
n2 1<br />
n2 converge normalement sur R.<br />
+x2 3) Cherchons la nature <strong>de</strong> convergence <strong>de</strong> la série <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s gn définies sur R par,<br />
∀x ∈ R, gn(x) =<br />
1<br />
1+n 2 x 2<br />
1<br />
1+n 2 <br />
(x0) 2<br />
a) Notons que puisque pour x0 = 0 le terme général<br />
<strong>de</strong> Riemann 1<br />
<br />
converge on en déduit que la série <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s<br />
n2 n1<br />
n0<br />
simplement sur R∗ .<br />
b) Notons aussi que puisque la borne supérieure,<br />
on en déduit que la série <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s <br />
sup{| gn(x) | ;∀x ∈ R ∗ } = 1<br />
n0<br />
1<br />
n2 <strong>et</strong> la série<br />
(x0) 2<br />
1<br />
1+n 2 converge<br />
x2 1<br />
1+n 2 x 2 ne converge pas normalement sur R∗ .<br />
Toutefois, si pour tout réel a > 0 on restreint la suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s gn(x) sur le sous-ensemble<br />
{x ∈ R ;| x | a} on voit que la borne supérieure<br />
gn ∞ = sup{| gn(x) | / | x | a} =<br />
1<br />
1+n 2 a 2<br />
A. Bouarich <strong>Suites</strong> <strong>et</strong> séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s
Théorèmes fondamentaux <strong>de</strong> la convergence uniforme 49<br />
ce qui implique que la série <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s <br />
sous-ensembles {x ∈ R ;| x | a} avec a > 0.<br />
n0<br />
1<br />
1+n 2 converge normalement sur tous les<br />
x2 Exercice 48. Trouver le domaine <strong>et</strong> la nature <strong>de</strong> convergence <strong>de</strong>s séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s sui-<br />
vantes :<br />
1. <br />
(Log(x))<br />
n1<br />
n , 1<br />
n<br />
n1<br />
2 −x2, n0<br />
2. sin(nx)<br />
n<br />
n1<br />
2 , <br />
sin(<br />
n1<br />
x sin(nx)<br />
3n), √ .<br />
n<br />
n1<br />
x 4n<br />
1+x 2n.<br />
Exercice 49. Sur le segment [0,1] on définit une suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s par les expressions :<br />
un(x) =<br />
<br />
−x n+1 Log(x) si 0 < x 1<br />
0 si x = 0<br />
1) Déterminer le maximum absolu <strong>de</strong> la <strong>fonction</strong> un(x) sur le segment [0,1].<br />
2) Montrer que les séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s <br />
(−1) n un(x) <strong>et</strong> <br />
un(x) convergent simplement sur<br />
n0<br />
le segment [0,1] <strong>et</strong> calculer leurs sommes respectives.<br />
3) Déterminer pour chacune <strong>de</strong>s séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s <br />
(−1) n un(x) <strong>et</strong> <br />
un(x) son domaine<br />
<strong>de</strong> convergence uniforme?<br />
Exercice 50. Soient a > 0 <strong>et</strong> b ∈ R <strong>de</strong>s réels fixés. On définit sur R <strong>de</strong>ux suites <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s<br />
par les expressions suivantes :<br />
un(x) =<br />
<br />
1 si n = 0<br />
e −na cos(nbx) si n = 0<br />
n0<br />
<strong>et</strong> vn(x) =<br />
n0<br />
<br />
n0<br />
0 si n = 0<br />
e −na sin(nbx) si n = 0<br />
Montrer que les séries <strong>de</strong> fonctons <strong>de</strong> termes généraux un(x) <strong>et</strong> vn(x) convergent normalement<br />
sur R <strong>et</strong> calculer leurs sommes U(x) = <br />
un(x) <strong>et</strong> V(x) = <br />
vn(x).<br />
n0<br />
Indication : Considérer la série <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s <br />
n0<br />
n0<br />
<br />
un(x)+ivn(x)<br />
où (i) 2 = −1.<br />
3.2 Théorèmes fondamentaux <strong>de</strong> la convergence uniforme<br />
On rappelle que la nature <strong>de</strong> convergence d’une série <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s <br />
fn(x) s’obtient en<br />
étudiant la nature <strong>de</strong> convergence <strong>de</strong> la suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s <strong>de</strong>s sommes partielles associée<br />
p=n <br />
Sn(x) = fn(x). Par exemple, si on veut étudier la continuité, la dérivabilité ou chercher<br />
p=0<br />
une primitive <strong>de</strong> la <strong>fonction</strong> S(x) = <br />
fn(x) sur le domaine <strong>de</strong> convergence simple <strong>de</strong> la<br />
n0<br />
suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong> Sn(x) il suffit qu’on lui applique respectivement les théorèmes <strong>de</strong> continuité,<br />
<strong>de</strong> dérivabilité ou d’integrabilité <strong>et</strong> qui s’énoncent comme suit.<br />
A. Bouarich <strong>Suites</strong> <strong>et</strong> séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s<br />
n0
50 Les séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s<br />
Théorème 16 (Continuité). Soit fn : [a,b] → R une suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s continues. Si la suite<br />
<strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s <strong>de</strong>s sommes partielles, Sn(x) = f0(x)+f1(x)+···+fn(x), converge uniformément<br />
sur le segment [a,b] alors la <strong>fonction</strong><br />
est continue sur le segment [a,b].<br />
S(x) = <br />
fn(x)<br />
n0<br />
Théorème 17 (Intégrabilité). Soit fn : [a,b] → R une suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s continues. Si<br />
la suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s <strong>de</strong>s sommes partielles, Sn(x) = f0(x) + f1(x) + ··· + fn(x), converge<br />
uniformémen sur le segment [a,b] alors pour tout x ∈ [a,b] on a la formule<br />
x<br />
a<br />
lim<br />
n→+∞ Sn(t)dt<br />
x<br />
= lim<br />
n→+∞<br />
a<br />
Sn(t)dt ⇐⇒<br />
x<br />
a<br />
<br />
n0<br />
<br />
fn(t) dt = <br />
n0<br />
x<br />
a<br />
fn(t)dt<br />
Théorème 18 ( Dérivabilité ). Soit fn : [a,b] → R une suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s continues, déri-<br />
vables sur l’intervalle ]a,b[ <strong>et</strong> telles que la suite <strong>de</strong>s sommes partielles <strong>de</strong>s <strong>fonction</strong>s dérivées,<br />
S ′ n (x) = f′ 0 (x)+f′ 1 (x)+···+f′ n (x), converge uniformément sur ]a,b[.<br />
S’il existe un x0 ∈]a,b[ tel que la série numérique <br />
fn(x0) converge alors la <strong>fonction</strong>,<br />
n0<br />
S(x) = <br />
fn(x)<br />
n0<br />
est continue sur le segment [a,b] <strong>et</strong> est dérivable sur l’intervalle ouvert ]a,b[. De plus, pour<br />
tout x ∈]a,b[ on a la formule <strong>de</strong> dérivation,<br />
S ′ (x) = d<br />
dx<br />
<br />
n0<br />
<br />
fn(x)<br />
= <br />
n0<br />
f ′ n (x)<br />
Dans l’exemple suivant on va expliquer comme on e applique les théorèmes précé<strong>de</strong>nts pour<br />
examiner la continuité <strong>et</strong> la dérivabilité <strong>de</strong>s <strong>fonction</strong>s définies au moyen d’une série <strong>de</strong> fonc-<br />
tions.<br />
Exemple 20. Montrons que la série <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s, F(x) = <br />
dérivable sur R.<br />
a) Continuité <strong>de</strong> la <strong>fonction</strong> x ↦−→ F(x) sur R<br />
Pour tout entier n 1 posons fn(x) =<br />
n1<br />
1<br />
x2 +n2, définit une <strong>fonction</strong><br />
1<br />
x2 <strong>et</strong> notons que la norme <strong>de</strong> convergence<br />
+n2 uniforme, fn∞ = sup{| fn(x) | ;∀x ∈ R} = 1<br />
<br />
n2. Ainsi, puisque la série <strong>de</strong> Riemann<br />
n1<br />
converge le théorème <strong>de</strong> Weierstrass implqiue que la série <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s <br />
fn(x) convergence<br />
normalement (donc uniformément) sur R. Par conséquent, comme le terme général fn(x) est<br />
continu sur R il s’ensuit que la <strong>fonction</strong> F(x) est continue sur R.<br />
b) Dérivabilité <strong>de</strong> la <strong>fonction</strong> x ↦−→ F(x) sur R<br />
A. Bouarich <strong>Suites</strong> <strong>et</strong> séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s<br />
n1<br />
1<br />
n 2
Théorèmes fondamentaux <strong>de</strong> la convergence uniforme 51<br />
D’après le théorème <strong>de</strong> dérivabilité pour montrer que la <strong>fonction</strong> F(x) = <br />
fn(x) est dé-<br />
rivable su R il suffit qu’on démontre que la série <strong>de</strong>s <strong>fonction</strong>s dérivées <br />
uniformément sur R.<br />
En eff<strong>et</strong>, puisque la <strong>fonction</strong> dérivée, f ′ n (x) =<br />
<strong>et</strong> donc le tableau <strong>de</strong>s variations <strong>de</strong> f ′ n (x) =<br />
x −∞ − n √ 3<br />
n1<br />
f<br />
n1<br />
′ n<br />
(x) converge<br />
−2x<br />
(x2 +n2 ) 2, on en déduit que la dérivée secon<strong>de</strong><br />
f (2)<br />
n (x) = 2(3x2 −n 2 )<br />
(x 2 +n 2 ) 3<br />
−2x<br />
(x2 +n2 est donné par :<br />
) 2<br />
f (2)<br />
n (x) + 0 − 0 +<br />
f ′ n (x)<br />
0<br />
✒<br />
<br />
<br />
3 √ 3<br />
8n 3<br />
n√ 3<br />
❅<br />
❅❅❘−<br />
3 √ 3<br />
8n3 ✒<br />
<br />
<br />
Par conséquent, puisque la norme <strong>de</strong> convergence uniforme,<br />
f ′ n ∞ = sup{| f ′ n (x) | ;x ∈ R} = 3√ 3<br />
8n 3<br />
<strong>et</strong> la série <strong>de</strong> Riemann 1<br />
converge le théorème <strong>de</strong> Weiestrass implique que la série<br />
n3 <strong>de</strong>s <strong>fonction</strong>s dérivées <br />
converge normalement (donc uniformément) sur R, donc le<br />
n1<br />
f ′ n<br />
théorème <strong>de</strong> la dérivation implique que la <strong>fonction</strong> F(x) est dérivable sur R <strong>et</strong> que sa <strong>fonction</strong><br />
dérivée est donnée en tout point x ∈ R par,<br />
F ′ (x) = <br />
n1<br />
−2x<br />
(x 2 +n 2 ) 2<br />
Pour finir ce chapitre nous allons démontrer le théorème d’Abel pour les séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s<br />
<strong>et</strong> nous l’appliquerons à certains exemples <strong>de</strong> séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s.<br />
Théorème 19 (Abel). Soient an <strong>et</strong> fn : [a,b] → R <strong>de</strong>ux suites <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s. Pour que la<br />
série <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s <br />
an(x)fn(x) converge uniformément sur le segment [a,b] il suffit qu’on<br />
n0<br />
a les conditions suivantes :<br />
1. Il existe un réel M > tel que pour tout entier n ∈ N,<br />
k=0<br />
+∞<br />
k=n <br />
<br />
i=n<br />
<br />
<br />
an = sup{ ai(x) ;x ∈ [a,b]} < M<br />
2. La série <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s <br />
<br />
<br />
fn+1(x)−fn(x) converge uniformément sur [a,b].<br />
n0<br />
i=0<br />
A. Bouarich <strong>Suites</strong> <strong>et</strong> séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s<br />
0
52 Les séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s<br />
3. La suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s fn converge sur le segment [a,b] uniformément vers la <strong>fonction</strong><br />
nulle.<br />
Démonstration. Dans c<strong>et</strong>te preuve, sous les hypothèses du théorème, nous allons vérifier que<br />
la somme partielle <strong>de</strong> la série <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s <br />
an(x)fn(x) est une suite uniformément <strong>de</strong> <strong>de</strong><br />
n0<br />
Cauchy. Pour cela pour tout entier n 0 posons<br />
i=n<br />
i=n<br />
Sn(x) = ai(x)fi(x) <strong>et</strong> An(x) = ai(x)<br />
i=0<br />
<strong>et</strong> pour tout couple d’entiers 0 m < n développons la différence Sn(x) − Sm(x) comme<br />
suit :<br />
Sn(x)−Sm(x) =<br />
=<br />
=<br />
=<br />
i=n<br />
i=m+1<br />
i=n<br />
i=m+1<br />
i=n<br />
i=m+1<br />
i=n<br />
i=m+1<br />
ai(x)fi(x)<br />
(Ai(x)−Ai−1(x))fi(x)<br />
Ai(x)fi(x)−<br />
= An(x)fn(x)+<br />
i=n<br />
i=m+1<br />
Ai−1(x)fi(x)<br />
i=n−1 <br />
Ai(x)fi(x)− Ai(x)fi+1(x)<br />
i=n−1 <br />
i=m+1<br />
i=m<br />
i=1<br />
Ai(x)(fi(x)−fi+1(x))−Am(x)fm+1(x).<br />
Maintenant, si on remarque que la suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s An(x) est uniformément bornée (i.e<br />
conditions 1) <strong>et</strong> que la suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s fn(x) converge uniformément (i.e condition 3) vers<br />
la <strong>fonction</strong> nulleon déduit donc queles <strong>de</strong>ux suites <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s An(x)fn(x) <strong>et</strong> Am(x)fm+1(x)<br />
convergent uniformément sur le segement [a,b] vers la <strong>fonction</strong> nulle.<br />
D’autre part, si on applique la condition 1) on obtient la majoration suivante :<br />
∀x ∈ [a,b],|<br />
i=n−1 <br />
i=m+1<br />
i=n−1 <br />
Ai(x)(fi(x)−fi+1(x)) | M<br />
i=m+1<br />
Enfin, puisque 2) implique que la suite <strong>de</strong>s sommes partielles<br />
| fi(x)−fi+1(x) | .<br />
i=n<br />
i=0<br />
| fi(x) − fi+1(x) | est<br />
uniformément <strong>de</strong> Cauchy sur le segement [a,b], l’inégalité précé<strong>de</strong>nte perm<strong>et</strong> <strong>de</strong> conclure<br />
i=n<br />
que la suite <strong>de</strong>s sommes partielles Sn(x) = ai(x)fi(x) est uniformément <strong>de</strong> Cauchy sur<br />
i=0<br />
le segment [a,b]. Donc, la série <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s <br />
segment [a,b].<br />
n0<br />
an(x)fn(x) converge uniformément sur le<br />
L<strong>et</strong>héorèmed’Abelqu’onvient<strong>de</strong>démontreradm<strong>et</strong><strong>de</strong>uxénoncésparticuliersqu’onrencontre<br />
le plus souvent en pratique. Nous les énoncerons sous forme <strong>de</strong> <strong>de</strong>ux corollaires.<br />
A. Bouarich <strong>Suites</strong> <strong>et</strong> séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s
Théorèmes fondamentaux <strong>de</strong> la convergence uniforme 53<br />
Corollaire 8. Soient an <strong>et</strong> fn : [a,b] → R <strong>de</strong>ux suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s. Pour que la série <strong>de</strong><br />
<strong>fonction</strong>s <br />
an(x)fn(x) converge uniformément sur le segment [a,b] il suffit qu’on ait les<br />
n0<br />
conditions suivantes :<br />
1. Il existe un réel M > 0 tel que pour tout n ∈ N,<br />
k=n <br />
<br />
i=n<br />
<br />
<br />
an = sup{ ai(x) ;x ∈ [a,b]} < M<br />
k=0<br />
i=0<br />
2. La suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s fn est décroissante (i.e. fn+1(x) fn(x)) <strong>et</strong> converge uniformé-<br />
ment sur [a,b] vers la <strong>fonction</strong> nulle.<br />
Démonstration. Remarquer que la condition fn+1(x) fn(x) perm<strong>et</strong> <strong>de</strong> déduire que la suite<br />
<strong>de</strong>s sommes partielles,<br />
i=n<br />
i=0<br />
| fi(x)−fi+1(x) |= f0(x)−fn+1(x)<br />
converge uniformément <strong>et</strong> puis appliquer le théorème <strong>de</strong> Abel.<br />
Corollaire 9 ( Leibniz ). Soit fn : [a,b] → R une suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s. Si la suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s<br />
fn est décroissante (i.e fn+1(x) fn(x)) <strong>et</strong> converge uniformément sur le segment [a,b] vers<br />
la <strong>fonction</strong> nulle, alors la série <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s <br />
(−1) n fn(x) converge uniformément sur le<br />
segment [a,b].<br />
Démonstration. Remarquer que si pour tout entier n 0 <strong>et</strong> tout réel x ∈ [a,b] on pose<br />
an(x) = (−1) n i=n<br />
on vérifie que la somme partille, | ai(x) |= 1 ou 0, donc uniformément<br />
bornée.<br />
Exemple 21. Cherchons la nature <strong>de</strong> convergence <strong>de</strong>s séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s,<br />
<br />
n1<br />
sin(nx)<br />
n<br />
n0<br />
i=0<br />
<strong>et</strong> <br />
n1<br />
cos(nx)<br />
n<br />
Rappelons que la somme partielle <strong>de</strong> la suite géométrique <strong>de</strong> raison, e ix ∈ C, est donnée par<br />
l’expression :<br />
p=n<br />
<br />
En(x) =<br />
i=0<br />
e ipx = 1−ei(n+1)x<br />
1−e ix<br />
= e−i(n+1)x/2 −ei(n+1)x/2 e−ix/2 −eix/2 e inx/2<br />
<strong>et</strong> que pour tout réel x ∈ 2πZ le module <strong>de</strong> la somme partielle En(x) est égale à<br />
<br />
<br />
| En(x) |= sin((n+1)x/2)<br />
<br />
<br />
<br />
sin(x/2)<br />
A. Bouarich <strong>Suites</strong> <strong>et</strong> séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s
54 Les séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s<br />
Ainsi, comme la partie réelle (resp. imaginaire) du nombre complexe En(x) est égale à l’ex-<br />
pression<br />
p=n<br />
<br />
<br />
ℜ(En(x)) = cos(px) resp. Im(En(x)) = sin(px)<br />
p=0<br />
on déduit qu’on a les <strong>de</strong>ux inégalités suivantes<br />
p=n<br />
<br />
<br />
<br />
sin(px) <br />
p=0<br />
1<br />
| sin(x/2) |<br />
<strong>et</strong><br />
p=n<br />
<br />
<br />
<br />
cos(px) <br />
p=0<br />
p=n<br />
p=0<br />
1<br />
| sin(x/2) |<br />
Enfin, observons que si on fixe un réel α ∈]0,π[ on voit que pour tout x ∈ [α,2π −α] on a<br />
p=n<br />
<br />
<br />
<br />
sin(px) <br />
p=0<br />
1<br />
| sin(α/2) |<br />
<strong>et</strong><br />
p=n<br />
<br />
<br />
<br />
cos(px) <br />
p=0<br />
1<br />
| sin(α/2) |<br />
Par conséquent, si on se donne une suite décroissante <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s continues fn : [α,2π−α] →<br />
R (i.e. fn+1 fn) <strong>et</strong> qui converge uniformément vers la <strong>fonction</strong> nulle, le théorème d’Abel<br />
implique que les <strong>de</strong>ux séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s suivantes :<br />
f(x) = <br />
fn(x)sin(nx) <strong>et</strong> g(x) = <br />
fn(x)cos(nx)<br />
n0<br />
convergent uniformément, donc elle définissent <strong>de</strong>ux <strong>fonction</strong>s continues sur [α,2π −α].<br />
n0<br />
Par exemple, pour tout réel α ∈]0,π[ les <strong>de</strong>ux séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s<br />
f(x) = <br />
n1<br />
sin(nx)<br />
n<br />
sont continues sur le segment [α,2π −α].<br />
<strong>et</strong> g(x) = <br />
n1<br />
cos(nx)<br />
n<br />
Exercice 51. Calculer la somme <strong>de</strong>s séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s suivantes :<br />
e−nx <br />
, nxe<br />
n −nx2<br />
n1<br />
n0<br />
<strong>et</strong> <br />
n1<br />
1<br />
n (cos(x))n sin(nx).<br />
Exercice 52. Montrer que pour tout réel α > 2 la série <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s, <br />
une <strong>fonction</strong> <strong>de</strong> classe C 1 sur R.<br />
n1<br />
cos(nx)<br />
n α , définit<br />
Exercice 53. Soit a ∈ R un paramètre. Sur R on définit une suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s par,<br />
∀n ∈ N, fn(x) = n a x 2 e −nx2<br />
1) Montrer que la suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s fn converge uniformément sur R si <strong>et</strong> seulement, si le<br />
paramètre a < 1.<br />
2) Montrer que la série <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s fn converge normalement si <strong>et</strong> seulement, si le paramètre<br />
a < 0.<br />
k=n <br />
3) On suppose a = 1. Calculer la dérivée <strong>de</strong> la <strong>fonction</strong>, e −kx2<br />
, <strong>et</strong> en déduire<br />
A. Bouarich <strong>Suites</strong> <strong>et</strong> séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s<br />
k=1
Théorèmes fondamentaux <strong>de</strong> la convergence uniforme 55<br />
k=n <br />
– l’expression <strong>de</strong> la somme partielle Sn(x) = fn(x);<br />
k=1<br />
– la somme S(x) = lim<br />
n→+∞ Sn(x);<br />
– la série <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s fn ne converge pas uniformément.<br />
Exercice 54. Sur le segment [−1,1] on définit une suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s par l’expresssion<br />
∀n ∈ N ∗ , fn(x) = xnsin(nx) n<br />
1) Montrer que la série <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s <br />
fn converge simplement sur le segment [−1,1] vers<br />
n1<br />
une <strong>fonction</strong> qu’on notera f.<br />
2) Montrer que la limite simple <strong>de</strong> la série <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s <br />
]−1,1[.<br />
n1<br />
fn est <strong>de</strong> classe C 1 sur l’intervalle<br />
3) En dérivant la série <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s, <br />
fn, montrer que pour tout x ∈ [−1,1],<br />
n1<br />
<br />
xsin(x)<br />
<br />
f(x) = arctg<br />
1−xcos(x)<br />
Applications : Calculer la somme <strong>de</strong>s séries suivantes :<br />
<br />
n1<br />
sin(n)<br />
n<br />
<br />
, (−1) nsin(n)<br />
n<br />
n1<br />
<strong>et</strong> <br />
n1<br />
sin(2n)<br />
n<br />
Exercice 55. a) Trouver le domaine <strong>de</strong> convergence simple <strong>de</strong> la série <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s <strong>de</strong> terme<br />
général, un(x) = 1<br />
√ n<br />
x+1<br />
2x−1<br />
n<br />
.<br />
b) Montrer que la série <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s <br />
un(x) converge normalement sur ]−∞,−1].<br />
n1<br />
c) Montrer que la série <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s dérivées <br />
n1<br />
u ′ n (x) converge uniformément sur ]−∞,−1].<br />
En déduire que la série <br />
un(x) définit une <strong>fonction</strong> <strong>de</strong> classe C1 sur ]−∞,−1].<br />
n1<br />
Exercice 56. Pour tout réel x on pose f(x) = <br />
n1<br />
1) Montrer que f est bien définie sur R, périodique <strong>et</strong> paire.<br />
2) Montrer que f est continue sur R.<br />
3) Est-ce que f est dérivable sur R?<br />
1<br />
n! arcos(cos(nx)).<br />
Exercice<br />
<br />
57. Dans c<strong>et</strong>te exercice on se propose <strong>de</strong> montrer que l’intégrale simple généralisée<br />
+∞ cos(tx)<br />
I(x) =<br />
0 <strong>et</strong> +1 dt définit une <strong>fonction</strong> <strong>de</strong> classe C∞ sur R.<br />
I) Pour tout réel x on pose : f(x) = <br />
n1<br />
(−1) n−1n n2 .<br />
+x2 a) Déterminer le domaine <strong>de</strong> définition <strong>de</strong> la <strong>fonction</strong> f.<br />
b) Montrer que la <strong>fonction</strong> f est <strong>de</strong> classe C ∞ sur son domaine <strong>de</strong> définition.<br />
A. Bouarich <strong>Suites</strong> <strong>et</strong> séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s
56 Les séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s<br />
II) Pour tout entier n ∈ N on pose : In(x) =<br />
+∞<br />
0<br />
e −nt cos(tx)dt.<br />
a) Montrer que pour tout réel x ∈ R les intégrales généralisée I(x) <strong>et</strong> In(x) convergent.<br />
b) Montrer que pour tout entier n 1 <strong>et</strong> pour tout réel x = 0 on a,<br />
p=n−1 <br />
I(x)−<br />
p=0<br />
(−1) p Ip(x) = (−1) n<br />
+∞<br />
0<br />
e−ntcos(tx) <strong>et</strong> dt.<br />
+1<br />
+∞ e<br />
c) En montrant que lim<br />
n→+∞<br />
0<br />
−ntcos(tx) <strong>et</strong> dt = 0; déduire que l’intégrale généralisée I(x)<br />
+1<br />
est une <strong>fonction</strong> <strong>de</strong> classe C∞ sur R.<br />
Exercice 58. Dans c<strong>et</strong> exercice on se propose <strong>de</strong> calculer l’intégrale généralisée,<br />
I =<br />
1<br />
au moyen d’une série numérique convergente.<br />
0<br />
xLog(x)<br />
x−1 dx<br />
1) Soit fn : [0,1] → R le terme général d’une suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s continues définies pour tout<br />
entier n 1 par les expressions,<br />
⎧<br />
⎪⎨<br />
0 si x = 0,<br />
x<br />
fn(x) =<br />
⎪⎩<br />
nLog(x) si 0 < x < 1,<br />
x−1<br />
1 si x = 1.<br />
a) Calculer la limite simple <strong>de</strong> la suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s fn.<br />
b) Calculer la norme <strong>de</strong> convergence uniforme fn∞.<br />
c) Est-ce que la suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s fn converge uniformément sur le segment [0,1]?<br />
d) Calculer la limite simple <strong>de</strong> la série <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s <br />
fn(x).<br />
2) a) Montrer que pour tout entier n 1 l’intégrale simple généralisée<br />
1<br />
In =<br />
0<br />
converge <strong>et</strong> la calculer.<br />
p=n <br />
b) Montrer que pour tout entier n 1, I+<br />
n1<br />
fn(x)dx<br />
1<br />
Ip =<br />
p=1 0<br />
xn+1Log(x) dx.<br />
x−1<br />
c) Montrer que la <strong>fonction</strong> f : [0,1] → R définie par les expressions,<br />
est continue.<br />
⎧<br />
⎪⎨<br />
0 si x = 0<br />
xLog(x)<br />
f(x) = si x ∈]0,1[<br />
⎪⎩<br />
x−1<br />
0 si x = 1<br />
d) En déduire que l’intégrale généralisée I converge vers une série numérique <strong>de</strong> Riemann<br />
convergente que l’on déterminera.<br />
A. Bouarich <strong>Suites</strong> <strong>et</strong> séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s
Théorèmes fondamentaux <strong>de</strong> la convergence uniforme 57<br />
Exercice 59. Montrer que les <strong>de</strong>ux <strong>fonction</strong>s <strong>de</strong> Riemann <br />
classe C ∞ sur l’intervalle ]1,+∞[.<br />
Exercice 60. Pout tout réel x ∈] − 1,1[ on pose f(x) = <br />
<strong>fonction</strong> f est <strong>de</strong> classe C ∞ sur l’intervalle ]−1,1[.<br />
n1<br />
n1<br />
(−1) n−1<br />
nx <strong>et</strong> 1<br />
sont <strong>de</strong><br />
nx n1<br />
(−1) n−1<br />
. Démontrer que la<br />
n+x<br />
Exercice 61. Montrer que la série <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s 1<br />
n Arctg(x)<br />
converge normalement sur<br />
n<br />
tout intervalle bonré <strong>et</strong> que sa somme est une <strong>fonction</strong> dérivable sur R.<br />
A. Bouarich <strong>Suites</strong> <strong>et</strong> séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s<br />
n1
Chapitre Quatre<br />
Les séries entières<br />
4.1 Propriétés du domaine <strong>de</strong> convergence<br />
4.1.1 Définitions <strong>et</strong> exemples<br />
Définition 10. Soit an ∈ C une suite <strong>de</strong> nombres complexes.<br />
1. On appelle série entière toute série <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s <strong>de</strong> la forme<br />
<br />
an(z −z0) n<br />
où z,z0 ∈ C<br />
n0<br />
2. Le sous-ensemble D ⊆ C <strong>de</strong>s nombres complexes z qui induisent une série entière<br />
convergente <br />
an(z −z0) n s’appelle domaine <strong>de</strong> convergence.<br />
n0<br />
Les séries entières sont un cas particulièr <strong>de</strong>s séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s dont le terme général est<br />
un monôme <strong>de</strong> type, un(z) = an(z − z0) n . Théoriquement pour chercher leurs domaines<br />
<strong>de</strong> convergence simple ou uniforme on pourra leurs appliquer les résultats du chapitre 3.<br />
Notamment, si les éléments an, z <strong>et</strong> z0 ∈ C pour prouver que la somme <br />
an(z −z0) n<br />
définit une <strong>fonction</strong> continue, intégrable ou dérivable on peut lui appliquer les théroèmes<br />
fondamentaux sur la convergence uniforme <strong>de</strong>s séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s étudiés au chapitres 2 <strong>et</strong> 3.<br />
Notons que si on effectue le changement <strong>de</strong> variable u = z − z0 on déduit que l’étu<strong>de</strong> <strong>de</strong><br />
la convergence <strong>de</strong>s séries entières <strong>de</strong> la forme <br />
an(z −z0) n se ramèrne à l’étu<strong>de</strong> <strong>de</strong>s séries<br />
n0<br />
centrées à l’origine <br />
anz n . En conséquence, si on désigne par D ⊆ C le domaine <strong>de</strong> conver-<br />
n0<br />
gence simple <strong>de</strong> la série entière <br />
anz n donc le sous-ensemble translaté D+z0 est égal au<br />
n0<br />
domaine <strong>de</strong> convergence simple <strong>de</strong> la série entière <br />
an(z −z0) n .<br />
Suite à c<strong>et</strong>te remarque on conclut que l’étu<strong>de</strong> <strong>de</strong>s séries entières peut être développée que<br />
pour les séries entières centrée à l’origine sans perdre la généralités.<br />
Exemple 22. 1) Soit a = 0 un nombre complexe. Cherchons le domaine <strong>de</strong> convergence <strong>de</strong><br />
la série entière <br />
n0<br />
a n z n <strong>et</strong> calculons sa somme.<br />
A. Bouarich <strong>Suites</strong> <strong>et</strong> séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s<br />
n0<br />
n0
Propriétés du domaine <strong>de</strong> convergence 59<br />
Puisque tout tout nombre complexe z0 = 0 la série numérique <br />
n0<br />
a n z n 0<br />
est une série géomé-<br />
trique, elle converge si <strong>et</strong> seulement si le module | a || z0 |< 1. Autrement dit, la série entière<br />
<br />
<strong>et</strong> sa<br />
n0<br />
a n z n converge simplement sur le disque ouvert centré à l’origine <strong>et</strong> <strong>de</strong> rayon 1<br />
| a |<br />
somme est égale à la <strong>fonction</strong><br />
S(z) = <br />
a n z n = 1<br />
,<br />
1−az<br />
∀z ∈ C,<br />
1<br />
| z |<<br />
| a |<br />
n0<br />
2) La série entière <br />
n!z n converge seulement au point z = 0 parce que si z = 0 la règle <strong>de</strong><br />
n0<br />
d’Alembert implique que<br />
| (n+1)!z<br />
lim<br />
n→+∞<br />
n+1 |<br />
| n!zn = lim (n+1) | z |= +∞<br />
| n→+∞<br />
Donc, la série diverge en tout point élément <strong>de</strong> l’ouvert C∗ .<br />
3) Pour tout nombre complexe z ∈ C la série entière, zn nn, converge parce que d’après la<br />
n1<br />
règle <strong>de</strong> Cauchy on a pour tout nobre complexe z ∈ C,<br />
<br />
<br />
n z<br />
lim<br />
n→+∞<br />
n<br />
nn <br />
| z |<br />
= lim = 0 < 1<br />
n→+∞ n<br />
4.1.2 Rayon <strong>de</strong> convergence<br />
Dans ce paragraphe, nous allons démontrer quelques résultats qui nous perm<strong>et</strong>tent <strong>de</strong> décrire<br />
le domaine <strong>de</strong> convergence simple, uniforme ou normal <strong>de</strong>s séries entières <br />
an(z −z0) n .<br />
On rappelle que dans le plan complexe C le disque ouvert (resp. fermé) centré à l’origine <strong>et</strong><br />
<strong>de</strong> rayon R est défini par,<br />
D(0,| z0 |) = {z ∈ C ;| z |< R} resp. D(0,| z0 |) = {z ∈ C ;| z | R}<br />
Théorème 20 (Abel). Soit z0 ∈ C∗ tel que la série numérique <br />
propositions suivantes sont vraies :<br />
n0<br />
n0<br />
anz n 0 converge. Alors, les<br />
1. Le disque ouvert centré à l’origine <strong>et</strong> <strong>de</strong> rayon | z0 | ( i.e. D(0,| z0 |)) est contenu dans<br />
le domaine <strong>de</strong> la convergence simple <strong>de</strong> la série entière <br />
anz n .<br />
2. Pour tout réel 0 < r
60 Les séries entières<br />
<br />
z<br />
<br />
converge <strong>et</strong> lim = 0 le théorème d’Abel sur les séries numériques produits (cf. théo-<br />
n→+∞ z0<br />
rème 9) implique que la suite <strong>de</strong>s sommes partielles<br />
Sn(z) =<br />
k=n <br />
akz k k=n <br />
=<br />
k=0<br />
k=0<br />
(akz k 0<br />
z<br />
)( )<br />
z0<br />
k<br />
converge, <strong>et</strong> donc tout nombre complexe z ∈ C <strong>de</strong> module | z |
Propriétés du domaine <strong>de</strong> convergence 61<br />
est un intervalle <strong>de</strong> R + . C’est-à-dire, soit que C = {0} ou soit qu’il existe un réel r0 ∈ R ∗<br />
+<br />
tel que C = [0,r0[.<br />
Définition 11. Soit <br />
an(z −z0) n une série entière.<br />
n0<br />
1. La borne supériere, R ∈ R ∗<br />
+, <strong>de</strong> l’ensemble non vi<strong>de</strong> {r ∈ R + ; <br />
anr n converge }<br />
s’appelle rayon <strong>de</strong> convergence <strong>de</strong> la série entière <br />
an(z −z0) n .<br />
2. Le disque (resp. le cercle) <strong>de</strong> centre z0 <strong>et</strong> <strong>de</strong> rayon R s’appelle disque (resp. cercle) <strong>de</strong><br />
convergence <strong>de</strong> la série entière <br />
an(z −z0) n .<br />
n0<br />
Lemme 1. Soit <br />
anz n une série entière. Alors, les sous-ensembles non vi<strong>de</strong>s,<br />
n0<br />
{r ∈ R + ; <br />
| an | r n converge } ⊆ {r ∈ R + ; <br />
anr n converge }<br />
n0<br />
possè<strong>de</strong>nt la même borne supérieure dans R ∗<br />
+ .<br />
Démonstration. Il est clair que l’inclusion <strong>de</strong> la proposition implique que,<br />
R0 = sup{r ∈ R + ; <br />
| an | r n converge } R1 = sup{r ∈ R + ; <br />
n0<br />
n0<br />
n0<br />
n0<br />
n0<br />
anr n converge }<br />
Supposons qu’il existe un réel R0 < R < R1. Ainsi, puisque la série <br />
anR n converge le<br />
théorème d’Abel implique que pour tout réel 0 < r < R <strong>et</strong> que la la série <br />
n0<br />
n0<br />
| an | r n<br />
connverge. Donc, r R0 ce qui est absur<strong>de</strong>. Par conséquent, R0 = R1.<br />
Corollaire 11. S’il existe un réel R > 0 tel que la série <br />
anR n soit semi-convergente alors<br />
le rayon <strong>de</strong> convergence Ra <strong>de</strong> la série entière, <br />
anz n , est égal à R ie. : R = Ra.<br />
Démonstration. Notons que puisque R ∈ {r ∈ R + ; <br />
anr n converge } on en déduit que<br />
R Ra. En eff<strong>et</strong>, si on suppose R < Ra on pourra trouver un réel R < r0 < Ra, <strong>et</strong> ainsi<br />
comme r0 ∈ {r ∈ R + ; <br />
anr n converge } le théorème d’Abel implique que la série <br />
anR n<br />
n0<br />
n0<br />
converge absolument, ce qui est absur<strong>de</strong>. D’où, R = Ra.<br />
Corollaire 12. Soient an <strong>et</strong> bn ∈ C <strong>de</strong>s suites telles pour n ∈ N assez grand, | an || bn |.<br />
Alors, le rayon <strong>de</strong> convergence Ra <strong>de</strong> la série entière <br />
anz n est supérieur ou égal au rayon<br />
<strong>de</strong> convergence Rb <strong>de</strong> la série entière <br />
n0<br />
n0<br />
n0<br />
n0<br />
bnz n ie. : Rb Ra.<br />
Démonstration. Observer que l’inégalité | an || bn | implique l’inclusion <strong>de</strong>s sous-ensembles,<br />
{r ∈ R + ; <br />
| bn | r n converge } ⊆ {r ∈ R + ; <br />
| an | r n converge }.<br />
n0<br />
A. Bouarich <strong>Suites</strong> <strong>et</strong> séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s<br />
n0<br />
n0
62 Les séries entières<br />
Exemple 23. 1) D’après le corollaire 11, puisque la série entière (−1)<br />
n1<br />
n−1<br />
z<br />
n<br />
n converge au<br />
point z = 1 <strong>et</strong> la série numérique (−1)<br />
n1<br />
n−1<br />
est semi-convergente, le rayon <strong>de</strong> convergence<br />
n<br />
<strong>de</strong> la série entière (−1) n−1<br />
z<br />
n<br />
n est égal à un.<br />
n1<br />
2) Notons que puisque pour tout entier n ∈ N, | cos(n) | 1 le corollaire 12 implique que le<br />
rayon <strong>de</strong> convergence <strong>de</strong> la série entière <br />
cos(n)z n est supérieur ou égal à un. En eff<strong>et</strong>,<br />
n1<br />
puisque le terme général <strong>de</strong> la série <br />
cos(n) ne tend pas vers zéro on en déduit que le rayon<br />
n1<br />
<strong>de</strong> convergence <strong>de</strong> la série entière <br />
cos(n)z n est égale à un.<br />
n1<br />
Dans le prochain paragraphe on démontrera la formule <strong>de</strong> Hadamard qui nous perm<strong>et</strong> <strong>de</strong><br />
calculer la valeur exacte du rayon <strong>de</strong> convergence d’une série entière réelle ou complexe.<br />
4.1.3 Formule <strong>de</strong> Hadamard<br />
Pour énoncer la formule <strong>de</strong> Hadamard qui perm<strong>et</strong> <strong>de</strong> calculer le rayon <strong>de</strong> converrgence d’une<br />
série entière on aura besoin <strong>de</strong> la notion <strong>de</strong> la limite supérieure d’une suite <strong>de</strong> nombres réels;<br />
c’est ce que nous rappelerons maintenant.<br />
Soit an ∈ R une suite. Pour tout entier n 0 on pose,<br />
mn = inf{ap ;∀p ∈ N, p n} <strong>et</strong> Mn = sup{ap ;∀p ∈ N, p n}<br />
Notons que puisque pour tout entier n 0 on a l’inclusion<br />
on en déduit les inégalités suivantes,<br />
{ap ;∀p ∈ N, p n+1} ⊆ {ap ;∀p ∈ N, p n}<br />
m0 m1 m2 ··· mn an Mn ··· M2 M1 M0<br />
Il est clair que si la suite an n’est pas majorée (resp. minorée) il s’ensuite que la suite Mn<br />
(resp. mn) ne prend que <strong>de</strong>s valeurs infinies.<br />
Dans la suite on suppose que la suite an est bornée pour assurer que les suites mn <strong>et</strong> Mn<br />
soient bornées.<br />
Notons maintenant que puisque la suite mn est croissante majorée <strong>et</strong> la suite Mn est décrois-<br />
sante minorée donc elles convergent dans R <strong>et</strong> leurs limites vérifient l’inégalité,<br />
lim<br />
n→+∞ mn = sup{mn ;∀n ∈ N} lim<br />
n→+∞ Mn = inf{mn ;∀n ∈ N}<br />
Le nombre réel lim<br />
n→+∞ mn (resp. lim<br />
n→+∞ Mn) s’appelle limite inférieure (resp. limite supérieure)<br />
<strong>de</strong> la suite bornée an <strong>et</strong> se note<br />
Lim-inf<br />
n→+∞ an resp. Lim-sup an<br />
n→+∞<br />
A. Bouarich <strong>Suites</strong> <strong>et</strong> séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s
Propriétés du domaine <strong>de</strong> convergence 63<br />
La proposition suivante se démontre en utilisant la caractérisation <strong>de</strong> la borne supérieure <strong>et</strong><br />
<strong>de</strong> la borne inférieure d’une suite <strong>de</strong> nombres réels.<br />
Lemme 2 (Caractérisation <strong>de</strong> Lim-inf<br />
n→+∞<br />
<strong>et</strong> Lim-sup<br />
n→+∞<br />
). Soit an ∈ R une suite bornée.<br />
1. Le nombre réel λ = Lim-inf an si <strong>et</strong> seulement si pour tout réel ε > 0 il existe un entier<br />
n0 0 tel que<br />
n→+∞<br />
(a) an > λ−ε pour tout entier n n0;<br />
(b) l’esnemble <strong>de</strong>s termes {an < λ+ε ;n n0} est infini.<br />
2. Le nombre réel λ = Lim-sup an si <strong>et</strong> seulement si pour tout réel ε > 0 il existe un entier<br />
n0 0 tel que<br />
n→+∞<br />
(a) an < λ+ε pour tout entier n n0;<br />
(b) l’esnemble <strong>de</strong>s termes {an > λ−ε ; ;n n0} est infini.<br />
3. La suite an converge dans R si <strong>et</strong> seulement si Lim-inf<br />
n→+∞<br />
4. Si le terme an est non nul alors,<br />
an+1<br />
an<br />
an = Lim-sup<br />
n→+∞<br />
<br />
<br />
Lim-inf <br />
n→+∞<br />
an+1<br />
<br />
<br />
n<br />
n <br />
Lim-inf | an | Lim-sup | an | Lim-sup <br />
an n→+∞ n→+∞ n→+∞<br />
an+1<br />
<br />
<br />
<br />
an<br />
<br />
<br />
En conséquence, si la suite converge alors la suite n | an | converge aussi <strong>et</strong> elles<br />
possè<strong>de</strong>nt la même limite.<br />
Démonstration. Exercice.<br />
Le théorème suivant <strong>de</strong> Hadamard nous propose une formule qui nous perm<strong>et</strong> <strong>de</strong> calculer le<br />
rayon <strong>de</strong> convergence d’une série entière <br />
anz n .<br />
n0<br />
Théorème 21(Formule<strong>de</strong>Hadamard). Le rayon <strong>de</strong> convergence d’une sérieentière, <br />
anz n ,<br />
est donné par la formule<br />
sup{r ∈ R + ; <br />
anr<br />
n0<br />
n 1<br />
converge } = ∈ R+<br />
n<br />
Lim-sup | an |<br />
n→+∞<br />
En particulier, si la suite numérique n | an | converge alors le rayon <strong>de</strong> convergence <strong>de</strong> la<br />
série entière <br />
anz<br />
n0<br />
n 1<br />
est égal à <br />
n<br />
lim | an |<br />
n→+∞<br />
.<br />
Démonstration. Soit ρ ∈ {r ∈ R + ; <br />
existe un entier n0 0 tel que<br />
n0<br />
an.<br />
n0<br />
anr n converge }. Donc, puisque lim<br />
n→+∞ anρ n = 0 il<br />
∀n ∈ N, n n0 =⇒ | an | ρ n 1<br />
< 1 =⇒ ρ <br />
n<br />
Lim-sup | an |<br />
n→+∞<br />
A. Bouarich <strong>Suites</strong> <strong>et</strong> séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s
64 Les séries entières<br />
Par conséquent, sup{r ∈ R + ; <br />
anr n<br />
n0<br />
Inversement, supposons qu’il existe un réel r0 ∈ R ∗ +<br />
Donc, puisque la série <br />
Lim-sup<br />
n→+∞<br />
sup{r ∈ R + ; <br />
anr n<br />
<br />
n<br />
| anrn 0<br />
n0<br />
n0<br />
1<br />
converge } <br />
n<br />
Lim-sup | an |<br />
n→+∞<br />
.<br />
tel que<br />
1<br />
converge } < r0 < <br />
n<br />
Lim-sup | an |<br />
n→+∞<br />
anr n 0 diverge la règle <strong>de</strong> Cauchy implique que la limite<br />
| 1 =⇒<br />
1<br />
<br />
n<br />
Lim-sup | an |<br />
n→+∞<br />
r0<br />
1<br />
< <br />
n<br />
Lim-sup | an |<br />
n→+∞<br />
Ceci est absur<strong>de</strong>. Par conséquent, le rayon <strong>de</strong> convergence <strong>de</strong> la série entière <br />
anz n est égal<br />
à<br />
1<br />
<br />
n<br />
Lim-sup | an |<br />
n→+∞<br />
.<br />
La<strong>de</strong>scriptioncomplètedudomaine<strong>de</strong>convergencesimple(resp.uniforme)d’unesérieentière<br />
<br />
anz n sera donnée par le théorème suivant.<br />
n0<br />
Notons d’abord que si la suite numérique | an+1 |<br />
converge vers R ∈ R<br />
| an |<br />
+ alors la suite numérique<br />
n | an | converge aussi vers R. Rappelons aussi que d’après le critère <strong>de</strong> Cauchy (resp.<br />
<strong>de</strong> D’Alembert) si pour un nombre complexe fixé z = 0 on a l’inégalité suivante :<br />
resp.<br />
lim<br />
n→+∞<br />
lim<br />
n→+∞<br />
<br />
n<br />
| anzn <br />
| =| z |<br />
<br />
<br />
<br />
an+1z n+1<br />
anz n<br />
<br />
<br />
=| z |<br />
lim<br />
n→+∞<br />
lim<br />
n→+∞<br />
<br />
n<br />
| an | < 1 ⇐⇒ | z |< lim<br />
n→+∞<br />
<br />
<br />
an+1<br />
an<br />
alors la série numérique <br />
anz n converge absolument.<br />
n0<br />
<br />
<br />
< 1 ⇐⇒ | z |< lim<br />
Théorème 22 (Hadamard). Soit an ∈ C une suite telle que R = lim<br />
l’une <strong>de</strong>s trois propositions suivantes est vraie :<br />
1. Si R ∈ R ∗ +<br />
n0<br />
1<br />
<br />
n | an |<br />
<br />
<br />
<br />
n→+∞<br />
an<br />
an+1<br />
<br />
<br />
<br />
n→+∞<br />
an<br />
an+1<br />
<br />
<br />
<br />
<br />
<br />
∈ R + . Alors,<br />
<br />
alors pour tout réel 0 < r < R la série entière anz n converge normalement<br />
sur le disque fermé centré à l’origine <strong>et</strong> <strong>de</strong> rayon r.<br />
2. Si R = +∞ alors la série entière <br />
anz n converge normalement sur tous les disques<br />
fermés centrés à l’origine.<br />
3. Si R = 0 la série entière <br />
anz n converge seulement au point z = 0.<br />
n0<br />
n0<br />
A. Bouarich <strong>Suites</strong> <strong>et</strong> séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s<br />
n0
Propriétés du domaine <strong>de</strong> convergence 65<br />
Démonstration. 1) Supposons que le réel R ∈ R∗ + . Donc, pour tout réel 0 < r < R la série<br />
numérique <br />
anr n converge absolument parce que la limite du rapport <strong>de</strong> D’Alembert<br />
n0<br />
| an+1r<br />
lim<br />
n→+∞<br />
n+1 |<br />
| anrn <br />
= r<br />
|<br />
lim<br />
n→+∞<br />
| an+1 |<br />
<br />
=<br />
| an |<br />
r<br />
< 1<br />
R<br />
Ainsi, puisque la série numérique <br />
| an | r n converge le théorème <strong>de</strong> Weierstrass (cf. ch.<br />
n0<br />
3) implique que la série entière <br />
anz n converge normalement sur le disque fermée centré à<br />
l’origine <strong>et</strong> <strong>de</strong> rayon r.<br />
n0<br />
2) Supposons que R = +∞. Dans ce cas pour tout réel r > 0 la limite<br />
| an+1r<br />
lim<br />
n→+∞<br />
n+1 |<br />
| anrn | =<br />
lim<br />
n→+∞<br />
r<br />
| an |<br />
| an+1 |<br />
Donc, puisque la série numérique <br />
| an | r n converge le théorème <strong>de</strong> Weierstrass implique<br />
n0<br />
que la série entière <br />
anz n converge normalement sur le disque fermé centré à l’origine <strong>et</strong><br />
<strong>de</strong> rayon r > 0.<br />
n0<br />
3) Supposons que R = 0. Notons que si pour un nombre complexe z0 la série numérique<br />
<br />
n0<br />
anz n 0 converge il s’ensuit que lim<br />
n→+∞ anz n 0 = 0. Donc, il existe un entier n0 0 tel que<br />
pour tout entier n ∈ N qui vérifie n n0 implique que | anzn 0 |< 1. Ainsi, comme le module<br />
1<br />
| z0 |< <br />
| an | le passage à la limite sur n implique que z0 = 0.<br />
n<br />
Le théorème <strong>de</strong> Hadamard qu’on vient <strong>de</strong> démontrer nous montre que si la série entière,<br />
<br />
an(z − z0) n , a un rayon <strong>de</strong> convergence non nul R = 0 alors le domaine <strong>de</strong> convergence<br />
n0<br />
simple D <strong>de</strong> c<strong>et</strong>te série contient le disque ouvert D(z0,R) <strong>et</strong> il est contenu dans le disque<br />
fermé D(z0,R). C’est-à-dire on a<br />
D(z0,R) ⊆ D ⊆ D(z0,R)<br />
= 0<br />
Plus précisément, dans le cas d’une série entière complexe on aura<br />
R = +∞ R = 0 R ∈ R ∗ +<br />
D = C D = {z0} D(z0,R) ⊆ D ⊆ D(z0,R)<br />
<strong>et</strong> dans le cas d’une série entière réelle on aura<br />
R = +∞ R = 0 R ∈ R ∗ +<br />
D = R D = {x0} ]−R+x0,R+x0[⊆ D ⊆ [−R+x0,R+x0]<br />
A. Bouarich <strong>Suites</strong> <strong>et</strong> séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s
66 Les séries entières<br />
Exemple 24. 1) Déterminons le domaine <strong>de</strong> convergence <strong>de</strong> la série entière <br />
n1<br />
n 2 z n .<br />
a) Posons an = n2 . Donc, d’après la formule <strong>de</strong> Hadamard le rayon <strong>de</strong> convergence <strong>de</strong> la<br />
série entière complexe <br />
n 2 z n est égal à<br />
n<br />
R = lim<br />
n→+∞<br />
an<br />
an+1<br />
= lim<br />
n→+∞<br />
n2 = 1<br />
(n+1) 2<br />
Par conséquent, on désigne par D le domaine <strong>de</strong> convergence simple <strong>de</strong> la série entière<br />
<br />
n1<br />
n 2 z n on déduit que<br />
D(0,1) ⊆ D ⊆ D(0,1)<br />
b) Observons que pour tout nombre complexe unitaire, eiθ ∈ ∂D(0,1), le terme général <strong>de</strong> la<br />
série numérique <br />
n 2 e inθ ne tend pas vers zéro, donc la série entière <br />
n 2 z n diverge en<br />
n0<br />
chaque point qui appartient au cercle centré à l’origine <strong>et</strong> <strong>de</strong> rayon un.<br />
Ainsi, en conséquence <strong>de</strong> ce qui précè<strong>de</strong> on conclut que le domaine <strong>de</strong> convergence simple <strong>de</strong><br />
la série entière <br />
n0<br />
n 2 z n est égal au disque ouvert<br />
D = D(0,1) = {z ∈ C ;| z |< 1}<br />
<strong>et</strong> que pour tout réel 0 < r < 1 la série entière <br />
fermé D(0,r) ⊂ D.<br />
2) Déterminons le domaine <strong>de</strong> convergence <strong>de</strong> la série entière <br />
n0<br />
n0<br />
n 2 z n converge normalement sur le disque<br />
n1<br />
z n<br />
Log(n+1) .<br />
a) Posons bn = Log(n+1). D’après la formule <strong>de</strong> Hadamard le rayon <strong>de</strong> convergence <strong>de</strong> la<br />
série entière zn est égal à<br />
Log(n+1)<br />
n1<br />
R = lim<br />
n→+∞<br />
bn<br />
bn+1<br />
Log(n+2)<br />
= lim = 1<br />
n→+∞ Log(n+1)<br />
Le domaine <strong>de</strong> convergence simple <strong>de</strong> la série entière complexe <br />
le disque centré à l’origine <strong>et</strong> <strong>de</strong> rayon un.<br />
n1<br />
z n<br />
Log(n+1)<br />
continent donc<br />
b) Cherchons les nombres complexes éléments du cercle {eiθ ;θ ∈ [0,2π]} qui appartiennent<br />
au domaine <strong>de</strong> convergence simple <strong>de</strong> la sérié entière zn Log(n+1) .<br />
Rappelons que pour tout entier n 1 la somme partielle <strong>de</strong> la suite géométrique <strong>de</strong> raison<br />
e iθ est donnée par l’expression :<br />
n1<br />
p=n <br />
Sn = e<br />
p=0<br />
ipθ = 1−ei(n+1)θ<br />
1−e iθ = einθ/2ei(n+1)θ/2 −e−i(n+1)θ/2 eiθ/2 −e−iθ/2 Donc, si le réel θ ∈ {0,2π} on voit que le module <strong>de</strong> la somme partielle Sn peut être majorée<br />
comme suit,<br />
p=n<br />
<br />
e ipθ<br />
<br />
<br />
= sin((n+1)θ/2)<br />
<br />
<br />
<br />
sin(θ/2)<br />
p=0<br />
1<br />
| sin(θ/2) | .<br />
A. Bouarich <strong>Suites</strong> <strong>et</strong> séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s
Propriétés du domaine <strong>de</strong> convergence 67<br />
Ainsi, puisque la suite numérique<br />
1<br />
Log(n+1)<br />
est décroissante <strong>et</strong> tend vers zéro le théorème<br />
d’Abel sur les séries numériques produits implique que la série numérique <br />
n1<br />
e inθ<br />
Log(n+1)<br />
converge si θ ∈ {0,2π}. Mais, si le réel θ ∈ {0,2π} on obtient la série <strong>de</strong> Bertrand divergente<br />
z<br />
n1<br />
n 1<br />
=<br />
Log(n+1) Log(n+1)<br />
n1<br />
.<br />
Donc, le domaine <strong>de</strong> convergence simple <strong>de</strong> la série entière zn est égal à<br />
Log(n+1)<br />
D = {z ∈ C/ | z | 1}−{1}<br />
<strong>et</strong> que pour tout réel 0 < r < 1 la série entière <br />
disque fermé D(0,r).<br />
n1<br />
n1<br />
z n<br />
Log(n+1)<br />
converge normalemn<strong>et</strong> sur le<br />
3) Soit α ∈ R un réel fixé. Détrminons le domaine <strong>de</strong> convergence simple <strong>de</strong> la série entière<br />
<br />
n1<br />
a) Si on pose cn = 1<br />
la formule <strong>de</strong> Hadamard implique que le rayon <strong>de</strong> convergence <strong>de</strong> la<br />
nα série entière <br />
n1<br />
zn est égal à<br />
nα lim<br />
n→+∞<br />
cn<br />
cn+1<br />
z n<br />
n α<br />
(n+1)<br />
= lim<br />
n→+∞<br />
α<br />
nα 1<br />
= lim (1+<br />
n→+∞ n )α = 1<br />
<strong>et</strong> donc le domaine <strong>de</strong> convergence simple <strong>de</strong> la série <br />
à l’origine <strong>et</strong> <strong>de</strong> rayon un.<br />
n1<br />
zn contient le disque ouvert centré<br />
nα b) Cherchons les points du cercle {eiθ ∈ C ;θ ∈ [0,2π]} qui appartiennent au domine <strong>de</strong><br />
convergence simple <strong>de</strong> la série zn nα. n1<br />
Observons que pour un nombre complexe eiθ la suite numérique einθ<br />
tend vers zéro si <strong>et</strong><br />
nα seulement, si le réel α > 0. Ainsi, comme pour tout réel α > 0 la suite 1<br />
est décroissante<br />
nα p=n <br />
<strong>et</strong> tend vers zéro <strong>et</strong> la suite <strong>de</strong>s sommes partielles An = e ipθ est bornée lorsque le réel<br />
θ ∈ {0,π}, le théorème d’Abel pour les séries produits implique que la série numérique <br />
converge. Enfin, notons que la série numérique <br />
seulement si le réel α > 1.<br />
n1<br />
p=1<br />
n1<br />
e inθ<br />
n α<br />
einθ converge lorsque θ ∈ {0,π} si <strong>et</strong><br />
nα Dans le tableau suivant on résume les discussions développées ci-<strong>de</strong>ssus à propos du domaine<br />
<strong>de</strong> convergence simple <strong>de</strong> la série entière complexe zn nα. A. Bouarich <strong>Suites</strong> <strong>et</strong> séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s<br />
n1
68 Les séries entières<br />
Paramètre α 0 0 < α 1 α > 1<br />
Domaine {z ∈ C/ | z |< 1} {z ∈ C/ | z | 1}−{1} {z ∈ C/ | z | 1}<br />
4.1.4 Opérations sur les séries entières<br />
A) La somme <strong>de</strong> <strong>de</strong>ux séries entières<br />
Soient <br />
anz n <strong>et</strong> <br />
n0<br />
n0<br />
bnz n <strong>de</strong>ux séries entières <strong>de</strong> rayon <strong>de</strong> convergence respectifs Ra <strong>et</strong> Rb.<br />
La série entière <br />
(an + bn)z n s’appelle somme <strong>de</strong>s séries entières <strong>de</strong> coefficeints an <strong>et</strong> bn,<br />
n0<br />
son rayon <strong>de</strong> convergence sera noté Ra+b.<br />
Proposition 13. inf(Ra,Rb) Ra+b. En particulier, si Ra < Rb alors Ra+b = Ra.<br />
Démonstration. 1) Pour fixer les idées supposons que Ra = inf(Ra,Rb) Rb. Notons que<br />
puisque pour tout nombre réel non nul r tel que 0 < r < Ra les <strong>de</strong>ux séries numériques<br />
<br />
| an | r n <strong>et</strong> <br />
| bn | r n convergentilenrésultequelasérienumérique <br />
(| an | + | bn |)r n<br />
n0<br />
n0<br />
converge. Ainsi, puisque pour tout entier n, | an +bn || an | + | bn |, on en déduit que la<br />
série numérique <br />
(| an +bn |)r n converge, <strong>et</strong> donc puisque le sous-ensemble<br />
n0<br />
{r ∈ R ; <br />
anr n converge} ⊆ {r ∈ R ; <br />
n0<br />
n0<br />
n0<br />
(an +bn)r n converge} =⇒ Ra Ra+b<br />
De la même façon si on suppose que Rb = inf(Ra,Rb) on en déduit qu’on a l’inclusion<br />
{r ∈ R ; <br />
bnr n converge} ⊆ {r ∈ R ; <br />
n0<br />
n0<br />
(an +bn)r n converge} =⇒ Rb Ra+b<br />
Par conséquent, le rayon <strong>de</strong> convergence Ra+b <strong>de</strong> la siérie entière <br />
(an+bn)z n est supérieur<br />
ou égal à inf(Ra,Rb).<br />
2) Supposons par exemple que Ra < Rb. Donc, pour tout réel non nul tel que Ra < r < Rb on<br />
voit que la série numérique <br />
anr n diverge tandis que la série numérique <br />
bnr n converge.<br />
n0<br />
Ainsi, comme la série somme <br />
(an + bn)r n diverge aussi on en déduit que le rayon <strong>de</strong><br />
converge Ra+b < Rb.<br />
n0<br />
Enfin, observons que si on suppose qu’il existe un réel r > 0 tel que Ra < r Ra+b on en<br />
déduit que les <strong>de</strong>ux séries <br />
(an + bn)r n <strong>et</strong> <br />
bnr n convergent, <strong>et</strong> donc la série <br />
anr n<br />
n0<br />
converge aussi. Ceci contredit le fait que Ra < r < Ra+b. Donc, Ra = Ra+b.<br />
n0<br />
A. Bouarich <strong>Suites</strong> <strong>et</strong> séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s<br />
n0<br />
n0<br />
n0
Propriétés du domaine <strong>de</strong> convergence 69<br />
B) Le produit <strong>de</strong> Cauchy <strong>de</strong> <strong>de</strong>ux séries entières<br />
Soient <br />
anz n <strong>et</strong> <br />
n0<br />
n0<br />
Si pour tout entier n 0 on pose,<br />
bnz n <strong>de</strong>ux séries entières <strong>de</strong> rayon <strong>de</strong> convergence respectifs Ra <strong>et</strong> Rb.<br />
k=n <br />
cn =<br />
k=0<br />
akbn−k<br />
on pourra définir la série entière <br />
cnz n que l’on appelle série entière produit <strong>de</strong>s <strong>de</strong>ux séries<br />
n0<br />
entières <strong>de</strong> coefficients an <strong>et</strong> bn, son rayon <strong>de</strong> convergence sera noté Rab.<br />
Proposition 14. inf(Ra,Rb) Rab.<br />
Démonstration. Soit r > 0 un réel tel que r < Ra <strong>et</strong> r < Rb. Pour tout entier n ∈ N posons<br />
⎧<br />
⎧<br />
⎪⎨<br />
⎪⎩<br />
An(r) =<br />
Bn(r) =<br />
k=n <br />
k=0<br />
k=n<br />
| an | r k<br />
<br />
| bn | r k<br />
k=0<br />
<strong>et</strong><br />
⎪⎨<br />
⎪⎩<br />
pn =<br />
Pn(r) =<br />
k=n <br />
k=0<br />
k=n<br />
| akbn−k |<br />
<br />
pkr k<br />
Avec ces notations on voit que pour tout entier n 0 <strong>et</strong> pour tout réel r > 0 on a la double<br />
inégalité,<br />
Pn(r) An(r)Bn(r) P2n(r)<br />
Notons que puisque les sommes partielles An(r) <strong>et</strong> Bn(r) convergent il s’ensuit que la suite<br />
produit An(r)Bn(r) converge, donc elle est majorée dans R + . Ainsi, comme la suite Pn(r) est<br />
croissante elle converge dans R + .<br />
D’autre part, notons que si pour tout entier on pose cn =<br />
k=0<br />
k=n <br />
akbn−k on en déduit que<br />
k=0<br />
| cn | pn <strong>et</strong> que par conséquent la série numérique <br />
| cn | r n converge dans R + . En eff<strong>et</strong>,<br />
ce qui précè<strong>de</strong> démontre que le sous-ensemble<br />
n0<br />
{r ∈ R + ;r < inf(Ra,Rb)} ⊆ {r ∈ R + ; <br />
| cn | r n<br />
n0<br />
converge}<br />
Par conséquent, si sur c<strong>et</strong>te inclusion on passe à la borne supériere la proposition 1 implique<br />
que : inf(Ra,Rb) Rab.<br />
C) Composition <strong>de</strong> <strong>de</strong>ux séries entières<br />
Soient A(z) = <br />
anz n <strong>et</strong> B(z) = <br />
bnz n <strong>de</strong>ux séries entières <strong>de</strong> rayon <strong>de</strong> convergence<br />
n0<br />
respectifs Ra <strong>et</strong> Rb.<br />
n0<br />
Supposons que B(0) = b0 = 0. Donc, pour tout réel r > 0 on pourra alors trouver un réel<br />
ρ > 0 tel que pour tout z ∈ C <strong>de</strong> module | z |< min(ρ,Rb) on aura | B(z) |< r. Ainsi, si<br />
en particulier on suppose que le réel 0 < r < Ra il s’ensuit que le nombre complexe B(z)<br />
A. Bouarich <strong>Suites</strong> <strong>et</strong> séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s
70 Les séries entières<br />
appartient au domaine <strong>de</strong> convergence <strong>de</strong> la série entière A(z) <strong>et</strong> que l’expression composée<br />
A◦B(z) a un sens.<br />
Notons que puisque l’expression A◦B(z) est égale à la somme <strong>de</strong> la série composée<br />
A◦B(z) = n B(z)<br />
on voit que si on développe les puisances<br />
à l’origine<br />
an<br />
n0<br />
n <br />
B(z)<br />
on obtient la série entière suivante centrée<br />
A◦B(z) = a0 +a1b1z +(a1b2 +a2b 2 1)z 2 +(a1b3 +2a2b1b2 +a3b 3 1)z 3 +···<br />
Exercice 62. Soit <br />
anz n une série entière <strong>de</strong> rayon <strong>de</strong> convergence R > 0. Calculer le<br />
n0<br />
rayon <strong>de</strong> convergence <strong>de</strong>s séries entières <br />
(an) k z n <strong>et</strong> <br />
anz kn où k ∈ N∗ .<br />
n0<br />
an<br />
Exercice 63. Soient an <strong>et</strong> bn <strong>de</strong>ux suites numériques équivalentes (i.e. lim<br />
n→+∞ bn<br />
= 1).<br />
Montrer que les séries entières <br />
anz n <strong>et</strong> <br />
bnz n ont le même rayon <strong>de</strong> convergence.<br />
n0<br />
n0<br />
Exercice 64. Trouver le rayon <strong>et</strong> le domaine <strong>de</strong> convergence simple <strong>de</strong>s séries entières sui-<br />
vantes :<br />
1. zn n2n, n1 n1<br />
(in −1)zn 2. <br />
n1<br />
3. <br />
n1<br />
4. <br />
n1<br />
n<br />
(n!) 2zn ,<br />
(2n)!<br />
<br />
n1<br />
Log(n)zn ,<br />
n<br />
<br />
(Log(n)) n z n2<br />
.<br />
n1<br />
n0<br />
, (−1) nn n2 +1 (z +1)n , <br />
(−1) nC n 2nz n<br />
2n−1 .<br />
n1<br />
zn √ ,<br />
a2n +1 <br />
n!zn <br />
,<br />
nn n1<br />
nα anzn , <br />
n1<br />
n0<br />
(a−nb) nzn n1<br />
n!<br />
où a <strong>et</strong> b ∈ R.<br />
(a α +n α )z n où a <strong>et</strong> α ∈ R.<br />
Exercice 65. Trouver le domaine <strong>de</strong> convergence simple <strong>et</strong> la somme <strong>de</strong> la série entière,<br />
f(x) = x2n+2 n(n+1)(2n+1)<br />
n1<br />
Indication : Décomposer la fraction rationnnelle,<br />
1<br />
, en éléments simples.<br />
n(n+1)(2n+1)<br />
Exercice 66. Soient a <strong>et</strong> b ∈ C <strong>et</strong> un le terme général d’une suite <strong>de</strong> nombres réels définit<br />
par la relation <strong>de</strong> récurrence un+2 +aun+1 +bun = 0 avec u0 <strong>et</strong> u1 sont donnés.<br />
Déterminer le domaine <strong>de</strong> convergence simple <strong>de</strong> la série entière, <br />
unz n , <strong>et</strong> montrer que<br />
sa somme est égale à la fraction rationnelle (u1 +au0)z +u0<br />
bz2 .<br />
+az +1<br />
Exercice 67. Calculer le rayon <strong>de</strong> convergence <strong>et</strong> la somme <strong>de</strong> chacune <strong>de</strong>s séries entières,<br />
<br />
(3+(−1) n )z n<br />
<strong>et</strong> <br />
<br />
nπ<br />
<br />
cos z<br />
3<br />
n<br />
n0<br />
Indication : On rappelle que pour tout z ∈ C tel que | z |< 1 la somme <br />
n0<br />
n0<br />
n0<br />
z n = 1<br />
1−z .<br />
A. Bouarich <strong>Suites</strong> <strong>et</strong> séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s
Fonctions d’une variable réelle développables en série entière 71<br />
4.2 Fonctions d’une variable réelle développables en série en-<br />
tière<br />
Dans ce paragraphe, on va s’intéresser aux <strong>fonction</strong>s réelles d’une seule variable réelle qui<br />
coïnci<strong>de</strong>nt avec la somme d’une série entière à coefficients réelles ie.<br />
f(x) = <br />
an(x−x0) n<br />
où an,x,x0 ∈ R<br />
n0<br />
4.2.1 Définition <strong>et</strong> propriétés<br />
Théorème 23. Soit <br />
an(x − x0) n une série entiere à coefficients réels dont le rayon <strong>de</strong><br />
n0<br />
convergence R > 0. Alors, la <strong>fonction</strong> f :]−R+x0,x0 +R[→ R définit par la série entière,<br />
an(x−x0) n , est <strong>de</strong> classe C ∞ <strong>et</strong> ses <strong>fonction</strong>s dérivées d’ordre m ∈ N sont données par<br />
les séries entières suivantes :<br />
f (m) (x) = <br />
(n+m)(n+m−1)···(n+1)an+m(x−x0) n<br />
n0<br />
En conséquence, pour tout entier n ∈ N le coefficient réel, an = f(n) (x0)<br />
, <strong>et</strong> pour tout réel x<br />
n!<br />
tel que | x−x0 |< R<br />
f(x) = <br />
n0<br />
f (n) (x0)<br />
(x−x0)<br />
n!<br />
n<br />
Démonstration. Notons que puisque le rayon <strong>de</strong> convergence R > 0 donc pour tout réel<br />
0 < r < R la série entière <br />
an(x−x0) n converge uniformément sur le segment [−r,r], <strong>et</strong><br />
n0<br />
par suite la <strong>fonction</strong> f(x) = <br />
an(x−x0) n est continue sur l’intervalle ]−R+x0,R+x0[.<br />
n0<br />
D’autre part, observons que si on dérive m-fois les termes <strong>de</strong> la série entière qui définie f(x)<br />
on obtient la série entière suivante,<br />
<br />
(n+m)(n+m−1)···(n+1)an+m(x−x0) n<br />
n0<br />
dont le rayon <strong>de</strong> convergence égal à,<br />
Lim-sup<br />
n→+∞<br />
| (n+m)(n+m−1)···(n+1)an+m |<br />
= Lim-sup<br />
| (n+m+1)(n+m)···(n+2)an+m+1 | n→+∞<br />
n+1 | an+m |<br />
= R<br />
n+m+1 | an+m+1 |<br />
Ainsi, puisque pour tout réel 0 < r < R la série <strong>de</strong>s dérivées d’ordres m ∈ N ∗ associée à f(x)<br />
converge uniformément sur le segment [x0−r,x0+r] le théorème <strong>de</strong> la dérivation d’une série<br />
<strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s implique que la <strong>fonction</strong> f possè<strong>de</strong> une <strong>fonction</strong> dérivée d’ordre m ∈ N qui est<br />
continue sur l’intervalle ]x−R0,x0 +R[ <strong>et</strong> elle est donnée par l’expression,<br />
f (m) (x) = <br />
(n+m)(n+m−1)···(n+1)nan+m(x−x0) n<br />
n0<br />
Donc, la <strong>fonction</strong> f(x) est <strong>de</strong> classe C ∞ sur l’intervalle ]x0 − R,x0 + R[ <strong>et</strong> pour tout entier<br />
m 0 la dérivée f (m) (x0) = m!am.<br />
A. Bouarich <strong>Suites</strong> <strong>et</strong> séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s
72 Les séries entières<br />
Le résultat du théorème précé<strong>de</strong>nt nous perm<strong>et</strong> <strong>de</strong> déduire que les coifficients d’une série<br />
entière sont uniques. Plus précésément on a le,<br />
Corollaire 13. Soient an <strong>et</strong> bn <strong>de</strong>ux suites <strong>de</strong> nombres réels telles que les réries entières<br />
<br />
an(x −x0) n <strong>et</strong> <br />
bn(x −x0) n ont un rayon <strong>de</strong> convergence non nul. S’il existe un réel<br />
n0<br />
n0<br />
r > 0 tel que pour tout réel x ∈]x0 −r,x0 +r[,<br />
<br />
an(x−x0) n = <br />
bn(x−x0) n<br />
n0<br />
alors pour tout entier n ∈ N, an = bn.<br />
Inversement, notons que si on se donne une <strong>fonction</strong> f :]R−x0,R+x0[→ R est <strong>de</strong> classe C ∞<br />
on peut lui associer une série entière <strong>de</strong> Taylor réelle centrée au point x0<br />
<br />
n0<br />
<strong>et</strong> ainsi <strong>de</strong>ux questions naturelles se posent :<br />
n0<br />
f (n) (x0)<br />
(x−x0)<br />
n!<br />
n<br />
1. La série <strong>de</strong> Taylor associée à f(x) au point x0 a-t-elle un rayon <strong>de</strong> convergence non nul?<br />
2. La série <strong>de</strong> Taylor <br />
n0<br />
f (n) (x0)<br />
(x−x0)<br />
n!<br />
n converge-t-elle vers f(x)?<br />
Ci-<strong>de</strong>ssous nous allons caractériser les <strong>fonction</strong>s <strong>de</strong> classe C ∞ dont la série <strong>de</strong> Taylor associée<br />
possè<strong>de</strong> un rayon <strong>de</strong> convergence non nul.<br />
Définition 12. On dira qu’une <strong>fonction</strong> f <strong>de</strong> classe C ∞ est développable en série entière (ou<br />
analytique) au voisinage d’un point x0 ∈ R s’il existe un réel R > 0 <strong>et</strong> une suite <strong>de</strong> nombres<br />
réels an telle que pour tout réel x ∈]x0 −R,x0 +R[,<br />
f(x) = <br />
an(x−x0) n<br />
n0<br />
À titre d’exercice on vérifie facilement que les <strong>fonction</strong>s développables en séries entières au<br />
voisinage <strong>de</strong> x0 sont stables par les opérations algébriques suivantes :<br />
1. Si f <strong>et</strong> g sont développables en séries entières au voisinage <strong>de</strong> x0 alors leurs somme f+g<br />
est aussi développable en série entière au voisinage <strong>de</strong> x0.<br />
2. Si f <strong>et</strong> g sont développables en séries entières au voisinage <strong>de</strong> x0 alors leurs produit<br />
f ×g est aussi développable en série entière au voisinage <strong>de</strong> x0.<br />
3. Si f est développable en série entière au voisinage <strong>de</strong> x0 <strong>et</strong> f(x0) = 0 alors la <strong>fonction</strong><br />
1<br />
est aussi développable en série entière au voisinage <strong>de</strong> x0.<br />
f<br />
4. Si f est développable en série entière au voisinage <strong>de</strong> x0 <strong>et</strong> g est développable en série<br />
entière au voisinage <strong>de</strong> f(x0) = y0 alors la <strong>fonction</strong> composée g◦f est développable en<br />
série entière au voisinage <strong>de</strong> x0.<br />
A. Bouarich <strong>Suites</strong> <strong>et</strong> séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s
Fonctions d’une variable réelle développables en série entière 73<br />
Notons que d’après le théorème 3 on déduit que si une <strong>fonction</strong> f(x) est développable en série<br />
entière au voisinage d’un point x0 il existe un réel R > 0 tel que<br />
∀x ∈]x0 +R,x0 +R[, f(x) = <br />
n0<br />
f (n) (x0)<br />
(x−x0)<br />
n!<br />
n<br />
Autrement dit, une <strong>fonction</strong> développable en série entière au voisinage d’un point x0 coïnci<strong>de</strong><br />
avec sa série entière <strong>de</strong> Taylor sur un voisinage <strong>de</strong> x0.<br />
Le théorème suivant nous donnera les conditions nécessaires <strong>et</strong> suffiantes pour que la série<br />
entière <strong>de</strong> Taylor associée à une <strong>fonction</strong> f(x) <strong>de</strong> classe C ∞ ait un rayon <strong>de</strong> convergence non<br />
nul.<br />
Théorème 24. Pour qu’une <strong>fonction</strong> réelle f(x) soit développable en série entière au voisi-<br />
nage d’un point x0 il faut <strong>et</strong> il suffit qu’elle vérifie les conditions suivantes :<br />
1. Il existe un réel R > 0 tel que la <strong>fonction</strong> f(x) soit <strong>de</strong> classe C ∞ sur l’intervalle ouvert<br />
]−R+x0,x0 +R[.<br />
2. La suite <strong>de</strong>s restes d’ordre n 1 du développement limité <strong>de</strong> Taylor associée à la<br />
<strong>fonction</strong> f au voisinage <strong>de</strong> x0,<br />
p=n <br />
Rn(x) = f(x)−<br />
p=0<br />
f (p) (x0)<br />
(x−x0)<br />
p!<br />
p<br />
converge simplement sur l’intervalle ]−R+x0,x0 +R[ vers la <strong>fonction</strong> nulle.<br />
Démonstration. 1) Supposons que sur un voisinage <strong>de</strong> x0, f(x) = <br />
an(x−x0) n .<br />
Donc, d’après le théorème 3 la <strong>fonction</strong> f(x) est <strong>de</strong> classe C∞ sur un voisinage <strong>de</strong> x0 <strong>et</strong> que<br />
pour les réels x proches <strong>de</strong> x0 la série entière <strong>de</strong> Taylor, <br />
n1<br />
n0<br />
f (n) (x0)<br />
(x−x0)<br />
n!<br />
n = f(x). Ainsi,<br />
comme la série <strong>de</strong> Taylor associée à la <strong>fonction</strong> f(x) converge simplement sur un voisinage<br />
p=n <br />
<strong>de</strong> x0 on en déduit que la suite <strong>de</strong>s restes Rn(x) = f(x) −<br />
simplement sur un voisinage <strong>de</strong> x0 vers la <strong>fonction</strong> nulle.<br />
p=0<br />
f (p) (x0)<br />
(x−x0)<br />
p!<br />
p converge<br />
2) Inversement, supposons qu’il existe un réel R > 0 <strong>et</strong> que la <strong>fonction</strong> f(x) vérifie les <strong>de</strong>ux<br />
conditions du théorème sur l’intervalle ]x0 −R,x0 +R[. Montrons alors que la <strong>fonction</strong> f(x)<br />
est développable en série entière au voisinage <strong>de</strong> x0.<br />
p=n <br />
En eff<strong>et</strong>, puisque la suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s Rn(x) = f(x)−<br />
ment sur l’intervale ]−R+x0,x0 +R[ vers la <strong>fonction</strong> nulle il s’ensuit que<br />
f(x) = <br />
n0<br />
p=0<br />
f (p) (x0)<br />
(x−x0)<br />
p!<br />
p converge simple-<br />
f (n) (x0)<br />
(x−x0)<br />
n!<br />
n , ∀x ∈]−R+x0,x0 +R[<br />
Par conséquent, comme le rayon <strong>de</strong> convergence <strong>de</strong> la série entière <strong>de</strong> Taylor <strong>de</strong> f(x) au point<br />
x0 est non nul (au moins égal à R) il s’ensuit que la <strong>fonction</strong> f est développable en série<br />
entière au voisinage <strong>de</strong> x0.<br />
A. Bouarich <strong>Suites</strong> <strong>et</strong> séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s
74 Les séries entières<br />
Corollaire 14. Pour qu’une <strong>fonction</strong> réelle <strong>de</strong> classe C ∞ soit développable en série entière<br />
au voisinage d’un point x0 il suffit que toutes ses <strong>fonction</strong>s dérivées d’ordre supérieure soient<br />
bornées sur un voisinage <strong>de</strong> x0.<br />
Démonstration. Supposons qu’il existe <strong>de</strong>ux réels ε > 0 <strong>et</strong> M > 0 tels que pour tout entier<br />
n ∈ N <strong>et</strong> pour tout réel x ∈]x0 −ε,x0 +ε[, | f (n) (x) |< M.<br />
Rappelons que pour tout entier n 0 <strong>et</strong> pour tout réel x ∈]−ε+x0,x0 +ε[ il existe un réel<br />
θ ∈]0,1[ tel que le reste du développement <strong>de</strong> Taylor <strong>de</strong> f à l’ordre n au point x0 est donné<br />
par l’expression<br />
p=n <br />
Rn(x) = f(x)−<br />
p=0<br />
f p (x0)<br />
p!<br />
(x−x0) p = f(n+1) (x0 +θ(x−x0))<br />
(x−x0)<br />
(n+1)!<br />
n+1<br />
Donc, pour tout réel x élément <strong>de</strong> l’intervalle ]x0 −ε,x0 +ε[ on obtient la majoration,<br />
p=n<br />
<br />
f(x)−<br />
p=0<br />
f p (x0)<br />
p!<br />
Ainsi, comme la suite (2ε)n<br />
n!<br />
déduit que la série entière <strong>de</strong> Taylor <br />
(x−x0) p<br />
<br />
<br />
< M (2ε)n+1<br />
(n+1)!<br />
est le terme général d’une série numérique convergente on en<br />
n0<br />
f (n) (x0)<br />
(x−x0)<br />
n!<br />
n converge uniformément sur l’in-<br />
tervalle ]−ε+x0,x0 + ε[ vers la <strong>fonction</strong> f(x). Donc, la <strong>fonction</strong> f(x) est développable en<br />
série entière sur un voisinage du point x0.<br />
4.2.2 Exemples <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s développables en série entière<br />
1) La <strong>fonction</strong> exponentielle, x ↦−→ e x<br />
Notons que si pour un réel a > 0 on applique la formule <strong>de</strong> Mac-Laurain à la <strong>fonction</strong><br />
f(x) = e x sur le segment [−a,a] on déduit que pour tout réel x ∈ [a,−a] il existe un réel<br />
θx ∈]0,1[ tel que,<br />
e x p=n <br />
−<br />
p=0<br />
x p<br />
p!<br />
xn+1<br />
=<br />
(n+1)! eθxx =⇒ | e x p=n x<br />
−<br />
p=0<br />
p<br />
p!<br />
Observons aussi que puisque la série numérique <br />
a n<br />
n!<br />
n0<br />
a n<br />
n!<br />
| an+1<br />
(n+1)! ea .<br />
converge il en résulte que la suite<br />
tend vers zéro quand l’entier n tend vers l’infini, <strong>et</strong> donc la série entière <br />
uniformément sur le segment [−a,a] vers la <strong>fonction</strong> exponentielle e x i.e. :<br />
∀x ∈ R, e x = <br />
n0<br />
x n<br />
n!<br />
n0<br />
x n<br />
n! converge<br />
Le développement en série entière <strong>de</strong> la <strong>fonction</strong> exponentielle nous perm<strong>et</strong> <strong>de</strong> déduire le<br />
développement entière <strong>de</strong>s <strong>fonction</strong>s cosinus <strong>et</strong> sinus hyperboliques.<br />
A. Bouarich <strong>Suites</strong> <strong>et</strong> séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s
Fonctions d’une variable réelle développables en série entière 75<br />
Observons que si on remplace x ∈ R par −x dans le développement en série entière <strong>de</strong><br />
l’exponentielle, e x , on obtient le série entière<br />
∀x ∈ R, e −x = (−1) n<br />
n0<br />
n! xn<br />
Ainsi, comme les <strong>fonction</strong>s cosinus <strong>et</strong> sinus hyperboliques sont définies par<br />
∀x ∈ R, Ch(x) = ex +e −x<br />
2<br />
<strong>et</strong> Sh(x) = ex −e −x<br />
on voit donc que leurs développement en séries entières sont données sur R par,<br />
Ch(x) = <br />
n0<br />
Sh(x) = <br />
n0<br />
x 2n<br />
(2n)!<br />
x 2n+1<br />
(2n+1)!<br />
Notons aussi que les <strong>series</strong> entières réelles ci-<strong>de</strong>ssus nous perm<strong>et</strong>tent <strong>de</strong> calculer la valeur<br />
exacte <strong>de</strong>s séries numériques convergentes suivantes :<br />
⎧ 1<br />
⎪⎨ n!<br />
n0<br />
(−1)<br />
⎪⎩<br />
= e<br />
n<br />
n!<br />
= 1<br />
e<br />
<strong>et</strong><br />
⎧ 1<br />
⎪⎨ (2n)!<br />
n0<br />
1<br />
⎪⎩ (2n+1)!<br />
n0<br />
2) La <strong>fonction</strong>, x ↦−→ (1+x) α<br />
n0<br />
2<br />
= Ch(1)<br />
= Sh(1)<br />
Fixons un réel α = 0 <strong>et</strong> pour tout réel x > −1 posons fα(x) = (1 + x) α . L’application<br />
fα :] − 1,+∞[→ R + est donc <strong>de</strong> classe C ∞ <strong>et</strong> ses <strong>fonction</strong>s dérivées d’ordre n 1 sont<br />
données par,<br />
∀x > −1, f (n)<br />
α (x) = α(α−1)···(α−n+1)(1+x)α−n<br />
Notons que la série <strong>de</strong> Taylor associée à la <strong>fonction</strong> fα au point x = 0 a pour expression<br />
1+ <br />
n1<br />
α(α−1)···(α−n+1)<br />
x<br />
n!<br />
n<br />
<strong>et</strong> que son rayon <strong>de</strong> convergence est égal à un. Par conséquent, si pour tout réel x ∈]−1,1[<br />
on pose,<br />
gα(x) = 1+ <br />
n1<br />
α(α−1)···(α−n+1)<br />
x<br />
n!<br />
n<br />
on obtient une <strong>fonction</strong> qui est <strong>de</strong> classe C ∞ sur ]−1,1[.<br />
Notons enfin que puisque les <strong>fonction</strong>s fα <strong>et</strong> gα sont <strong>de</strong>s solutions particulières <strong>de</strong> l’équation<br />
diff´rentielle ordinaire<br />
(1+x)y ′ (x) = αy(x) <strong>et</strong> y(0) = 1<br />
A. Bouarich <strong>Suites</strong> <strong>et</strong> séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s
76 Les séries entières<br />
la théorie <strong>de</strong>s équations différentielles ordinaires implique qu’en eff<strong>et</strong> pour tout x ∈]−1,1[ la<br />
<strong>fonction</strong> fα = gα. D’où le développement en série entières,<br />
∀x ∈]−1,1[, (1+x) α = 1+ <br />
n1<br />
α(α−1)···(α−n+1)<br />
x<br />
n!<br />
n<br />
Le développement en séries entières au voisinage <strong>de</strong> zéro <strong>de</strong> la <strong>fonction</strong> (1+x) α nous perm<strong>et</strong><br />
<strong>de</strong> r<strong>et</strong>rouver le développement en série entière <strong>de</strong>s <strong>fonction</strong>s suivantes sur ]−1,1[,<br />
1<br />
1+x<br />
1<br />
1−x<br />
= <br />
n0<br />
<br />
= x n<br />
n0<br />
1 <br />
=<br />
1+x 2<br />
n0<br />
(−1) n x n<br />
(−1) n x 2n<br />
Notons que si pour tout x ∈] − 1,1[ on intégre terme à terme les séries précé<strong>de</strong>ntes entre<br />
0 <strong>et</strong> x (i.e. on applique<br />
suivantes sur ]−1,1[,<br />
x<br />
0<br />
dx) on obtient le développement en série entière <strong>de</strong>s <strong>fonction</strong>s<br />
Log(1+x) = <br />
(−1) n−1xn<br />
n<br />
n1<br />
Log(1−x) = − <br />
n1<br />
x n<br />
n<br />
Arctg(x) = <br />
(−1)<br />
n0<br />
n x2n+1<br />
2n+1<br />
Notons que puisque le développement en séries entière <strong>de</strong> Log(1+x) <strong>et</strong> Arctg(x) convergent<br />
au point x = −1 on en déduit la somme <strong>de</strong>s séries numériques suivantes,<br />
(−1) n−1<br />
= Log(2) <strong>et</strong><br />
n<br />
(−1) n π<br />
=<br />
2n+1 4<br />
n1<br />
3) Les <strong>fonction</strong>s, x ↦−→ √ 1+x <strong>et</strong> x ↦−→ 1<br />
√ 1+x<br />
Dans le développement en série entière <strong>de</strong> la <strong>fonction</strong> (1+x) α si on prend α = 1<br />
on en déduit<br />
2<br />
que<br />
<strong>et</strong> si on prend α = − 1<br />
2<br />
n0<br />
√ x<br />
1+x = 1+<br />
2 +(−1)<br />
n2<br />
n−11.3.5···(2n−3)<br />
2.4.6···(2n) xn<br />
on obtient,<br />
1<br />
√ = 1+<br />
1+x <br />
(−1) n1.3.5···(2n−1)<br />
2.4.6···(2n) xn<br />
n1<br />
A. Bouarich <strong>Suites</strong> <strong>et</strong> séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s
Fonctions d’une variable réelle développables en série entière 77<br />
4) La <strong>fonction</strong>, x ↦−→ Arg sh(x)<br />
Rappelons que la <strong>fonction</strong> Sh est inversible sur R <strong>et</strong> que sa <strong>fonction</strong> inverse est <strong>de</strong> classe C ∞ ,<br />
elle se note Arg sh : R → R. En dérivant la relation Arg sh◦Sh(x) = x on en déduit que la<br />
<strong>fonction</strong> dérivée <strong>de</strong> Arg sh est égale à,<br />
′<br />
Arg sh (x) =<br />
1<br />
√ 1+x 2<br />
Donc, si dans le développement en série entière <strong>de</strong> la <strong>fonction</strong> (1+x) α on remplace x par x 2<br />
<strong>et</strong> on prend α = − 1<br />
2<br />
on obtient une série entière dont l’intégration terme à terme nous donne<br />
Arg sh(x) = x+ <br />
(−1) n1.3.5···(2n−1) x<br />
2.4.6···(2n)<br />
2n+1<br />
2n+1<br />
n1<br />
5) Les <strong>fonction</strong>s circulaires sin(x) <strong>et</strong> cos(x) <strong>et</strong> leurs <strong>fonction</strong>s inverses<br />
Rappelons que les <strong>fonction</strong>s trigonométriques cos(x) <strong>et</strong> sin(x) sont <strong>de</strong> classe C ∞ <strong>et</strong> que pour<br />
tout entier n 0 les <strong>fonction</strong>s dérivées d’ordre n 0<br />
cos (n) (x) = cos(x+ nπ<br />
2 ) <strong>et</strong> sin(n) (x) = sin(x+ nπ<br />
2 )<br />
sont bornées sur R. Donc, d’après le corollaire 2 leurs séries <strong>de</strong> Taylor calculées au pointx = 0<br />
convergent simplement sur R telles que pour tout x ∈ R,<br />
cos(x) = <br />
n0<br />
sin(x) = <br />
n0<br />
(−1) n<br />
(2n)! x2n<br />
(−1) n<br />
(2n+1)! x2n+1<br />
Rappelons aussi quela<strong>fonction</strong> sin est inversiblesurl’intervalle ]− π π<br />
, [ <strong>et</strong> sa <strong>fonction</strong> inverse<br />
2 2<br />
se note Arc sin :] − 1,1[→ R. En eff<strong>et</strong>, puisque la <strong>fonction</strong> sin est <strong>de</strong> classe C∞ son inverse<br />
Arc sin est <strong>de</strong> classe C ∞ <strong>et</strong> sa première <strong>fonction</strong> dérivée est donnée par<br />
′<br />
Arc sin (x) =<br />
1<br />
√ 1−x 2<br />
Ainsi, comme le développement en série entière au voisinage <strong>de</strong> zéro <strong>de</strong> la <strong>fonction</strong><br />
est donné par<br />
1<br />
√ 1−x 2<br />
= 1+<br />
n1<br />
1.3.5···(2n−1)<br />
2.4.6···(2n) x2n<br />
1<br />
√ 1−x 2<br />
donc en l’intégrant entre 0 <strong>et</strong> x on trouve le développement en série entière <strong>de</strong> Arc sin au<br />
voisinage <strong>de</strong> zéro i.e. :<br />
Arc sin(x) = x+ <br />
n1<br />
1.3.5···(2n−1)<br />
2.4.6···(2n)<br />
x2n+1 2n+1<br />
A. Bouarich <strong>Suites</strong> <strong>et</strong> séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s
78 Les séries entières<br />
Enfin, notons que puisque la <strong>fonction</strong> cos est inversible sur l’intervalle ]0,π[ <strong>et</strong> sa <strong>fonction</strong><br />
inverse Arc cos :]−1,1[→]0,π[ est liée avec la <strong>fonction</strong> Arc sin par l’équation<br />
∀x ∈]−1,1[, Arc cos(x) = π<br />
−Arc sin(x)<br />
2<br />
on conclut donc le développement en série entière <strong>de</strong> la <strong>fonction</strong> Arc cos est donnée au voisi-<br />
nage <strong>de</strong> zéro par,<br />
Arc cos(x) = π<br />
2 −x−<br />
n1<br />
1.3.5···(2n−1)<br />
2.4.6···(2n)<br />
x2n+1 2n+1<br />
Exercice 68. Développer en série entière les <strong>fonction</strong>s suivantes au voisinage <strong>de</strong> zéro :<br />
1.<br />
1<br />
1−2cos(α)x+x 2,<br />
1<br />
√ 1+x+x 2 ,<br />
2. Log( 1+x<br />
1−x ), Log(1−2xcos(a)+x2 ),<br />
<br />
1−x 2<br />
3. Arctg<br />
1+x 2<br />
<br />
xsin(a)<br />
<br />
, Arctg .<br />
1−xcos(a)<br />
4. (x−tg(x))cos(x), sin(Log(1+x)).<br />
x<br />
1−e x.<br />
Log(1−x)<br />
.<br />
1−x<br />
Exercice 69. Pour tout réel a ∈ R touver le domaine <strong>de</strong> convergence simple <strong>et</strong> la somme<br />
<strong>de</strong>s séries entières réelles,<br />
ga(x) = <br />
cos(na)x n<br />
n0<br />
<strong>et</strong> hα(x) = <br />
sin(na)x n<br />
Exercice 70. Dans c<strong>et</strong> exercice on fixe <strong>de</strong>ux réels positifs a,b > 0 avec a = b.<br />
1) Calculer les coefficients cn du développement en série entière <strong>de</strong> la fraction rationnelle,<br />
1<br />
f(x) = , au voisinage <strong>de</strong> zéro.<br />
(1−ax)(1−bx)<br />
2) Calculer la somme <strong>de</strong> la série entière, <br />
n0<br />
(cn) 2 x n .<br />
Exercice 71. On définit sur R une <strong>fonction</strong> par l’expression, f(x) = e x2<br />
1) Donner le développement en série entière <strong>de</strong> la <strong>fonction</strong> g(x) = e−x2. 2) En déduire le développement en série entière <strong>de</strong> la <strong>fonction</strong> f(x).<br />
3) Montrer qu’on a, f ′ (x) = 2xf(x)+1,∀x ∈ R.<br />
n0<br />
x<br />
0<br />
e −t2<br />
dt.<br />
4) R<strong>et</strong>rouver une écriture simple du développement en série entière <strong>de</strong> la <strong>fonction</strong> f(x).<br />
Exercice 72. Pour tout réel x on pose f(x) = <br />
n0<br />
1) Calculer la somme <strong>de</strong> la dérivée secon<strong>de</strong>, f”(x).<br />
x n+2<br />
(n+1)(n+2) .<br />
2) En déduire l’expression explicite <strong>de</strong> la <strong>fonction</strong> dérivée f ′ (x), <strong>et</strong> puis celle <strong>de</strong> f(x).<br />
.<br />
Exercice 73. Dans c<strong>et</strong> exercice on se propose <strong>de</strong> calculer l’integrale généralisée<br />
1<br />
0<br />
Log(x)<br />
x 2 −1 dx.<br />
A. Bouarich <strong>Suites</strong> <strong>et</strong> séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s
Fonctions d’une variable réelle développables en série entière 79<br />
1) En utilisant la série entière, <br />
x 2n , montrer que l’integrale généralisée<br />
n0<br />
1<br />
0<br />
Log(x)<br />
x2 1<br />
dx =<br />
−1 (2n+1)<br />
n0<br />
2.<br />
2) Pour tout entier n 0 calculer les intégrales simples définies In =<br />
3) En remarquant que l’intégrale définie<br />
1<br />
0<br />
Log(x)<br />
x2 π2<br />
dx =<br />
−1 8<br />
π/2<br />
0<br />
arcsin(sin(x))dx = π2<br />
8<br />
<strong>et</strong> que <br />
n0<br />
1 π2<br />
=<br />
n2 6<br />
π/2<br />
Exercice 74. Pour tout réel x = 0 on pose θ(x) = exp(− 1<br />
x2) <strong>et</strong> θ(0) = 0.<br />
1) Montrer que la <strong>fonction</strong> θ(x) est <strong>de</strong> classe C∞ au point x = 0.<br />
0<br />
(sin(x)) n dx.<br />
; déduire que<br />
2) Est-ce que la <strong>fonction</strong> θ(x) est développable en série entière au voisinage <strong>de</strong> zéro?<br />
Exercice 75. Soit α ∈ R. Pour tout réel x on pose<br />
fα(x) = <br />
n0<br />
e −n cos(n α x)<br />
1) Montrer que les <strong>fonction</strong>s fα est <strong>de</strong> classe C ∞ sur R <strong>et</strong> que pour tout entier k 0 la<br />
<strong>fonction</strong> dérivée,<br />
f (k)<br />
α<br />
(x) = <br />
n0<br />
e −n n kα cos(n α x+kπ)<br />
2) On suppose que le réel α 1. Montrer que pour tout réel x ∈ R <strong>et</strong> pour tout entier k 0<br />
on a<br />
<br />
k=n<br />
<br />
f(k) α (0)xk k=0<br />
k!<br />
<br />
<br />
<br />
e nα |x|−n<br />
En déduire que la <strong>fonction</strong> fα est développable en série entière au voisinage <strong>de</strong> zéro.<br />
k=n f<br />
3) On suppose que le réel α > 1 <strong>et</strong> que la série entière <strong>de</strong> Taylor,<br />
(k)<br />
α (0)xk , a un rayon<br />
k!<br />
<strong>de</strong> convergence R = 0. Montrer que pour tout réel x ∈ R tel que | x |< R on a<br />
<br />
<br />
k0<br />
f(k) α (0)xk k!<br />
n0<br />
<br />
<br />
<br />
e nα |x|−n<br />
En déduire que la <strong>fonction</strong> fα n’est pas développable en série entière au voisinage <strong>de</strong> zéro.<br />
Exercice 76. 1) Calculer le rayon <strong>de</strong> convergence R <strong>de</strong> la série entière, <br />
2) Pour tout réel x ∈]−R,R[ on pose, S(x) = <br />
n0<br />
n0<br />
k=0<br />
n0<br />
x 3n<br />
(3n)! .<br />
x3n . Montrer que la <strong>fonction</strong> S(x) est solu-<br />
(3n)!<br />
tion d’une équation différentielle du second ordre qu’on détérminera. En déduire l’expression<br />
explicite <strong>de</strong> la <strong>fonction</strong> S(x).<br />
A. Bouarich <strong>Suites</strong> <strong>et</strong> séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s
80 Les séries entières<br />
4.3 Équations différentielles linéaires <strong>et</strong> les séries entières<br />
Dans c<strong>et</strong>te section, on se propose <strong>de</strong> trouver <strong>de</strong>s solutions développables en série entière pour<br />
les équations différentielles ordinaires linéaires réelles <strong>de</strong> <strong>de</strong>gré <strong>de</strong>ux <strong>de</strong> type :<br />
p(x)y”(x)+q(x)y ′ (x)+r(x)y(x) = 0<br />
où les coefficients p(x),q(x) <strong>et</strong> r(x) sont <strong>de</strong>s <strong>fonction</strong>s données développables en série entière<br />
<strong>et</strong> y(x) est la <strong>fonction</strong> inconue.<br />
4.3.1 Cas d’une équation différentielle régulière<br />
Dans ce paragraphe, on s’intéresse au équations différentielles ordinaires linéaires réelles <strong>de</strong><br />
<strong>de</strong>gré <strong>de</strong>ux,<br />
p(x)y”(x)+q(x)y ′ (x)+r(x)y(x) = 0<br />
telles que au voisinage <strong>de</strong> x0 ∈ R on a p(x0) = 0 <strong>et</strong> r(x0) = 0. Ces d’équations différentielles<br />
sont dites régulières au point x0.<br />
Théorème 25. Une équation différentielle linéaire <strong>de</strong> <strong>de</strong>gré <strong>de</strong>ux régulière au point x0,<br />
p(x)y”(x)+q(x)y ′ (x)+r(x)y(x) = 0<br />
possè<strong>de</strong> une solution y(x) développable en série entière au voisinage <strong>de</strong> x0 qui ne dépendant<br />
que <strong>de</strong>s conditions initiales y(x0) <strong>et</strong> y ′ (x0).<br />
Démonstration. D’abord notons que puisque la <strong>fonction</strong> p(x) est continue telle que p(x0) = 0<br />
elle reste donc non nulle sur un voisinage <strong>de</strong> x0. Ainsi, dans c<strong>et</strong>te preuve on pose pour x<br />
proche <strong>de</strong> x0,<br />
u(x) = − q(x)<br />
p(x)<br />
<strong>et</strong> v(x) = − r(x)<br />
p(x)<br />
<strong>et</strong> on se propose <strong>de</strong> chercher les solutions développables en série entière au voisinage <strong>de</strong> x0<br />
pour l’équation différentielle“normalisée ”:<br />
y”(x) = u(x)y ′ (x)+v(x)y(x)<br />
Supposons que l’équation différentielle normalisée, y”(x) = u(x)y ′ (x)+v(x)y(x), possè<strong>de</strong> une<br />
solution développable en série entière y(x) = <br />
an(x−x0) n dont le rayon <strong>de</strong> convergence est<br />
n0<br />
non nul. Donc, la solution y(x) est <strong>de</strong> classe C ∞ <strong>et</strong> ses <strong>de</strong>ux premières dérivées sont données<br />
par,<br />
y ′ (x) = <br />
nan(x−x0) n−1<br />
n1<br />
<strong>et</strong> y”(x) = <br />
n(n−1)an(x−x0) n−2 .<br />
Notons aussi que puisque les <strong>fonction</strong>s p(x),q(x) <strong>et</strong> r(x) sont développable en série entières<br />
au voisinage du point x0, donc les <strong>fonction</strong>s u(x) <strong>et</strong> v(x) sont développable en série entières<br />
au voisinage du point x0. Posons pour tout réel x proche <strong>de</strong> x0,<br />
u(x) = <br />
un(x−x0) n<br />
<strong>et</strong> v(x) = <br />
vn(x−x0) n .<br />
n0<br />
A. Bouarich <strong>Suites</strong> <strong>et</strong> séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s<br />
n2<br />
n0
Équations différentielles linéaires <strong>et</strong> les séries entières 81<br />
Puis, observons que si on porte les séries entières ci-<strong>de</strong>ssus dans l’équation différentielle nor-<br />
malisée y”(x) = u(x)y ′ (x)+v(x)y(x) on obtient le système suivant :<br />
⎧<br />
2a2 = a1u0 +a0v0<br />
⎪⎨<br />
⎪⎩<br />
6a3 = 2a2u0 +a1u1 +a1v0 +a0v1<br />
... = ...<br />
n(n−1)an = (n−1)an−1u0 +(n−2)an−2u1 +···+a1un−2<br />
+ an−2v0 +···+a1vn−2.<br />
Maintenant, grâce à ce système on voit que puisque les valeurs u0 = u(x0) <strong>et</strong> v0 = v(x0)<br />
son connues il en résulte que la donnée <strong>de</strong>s valeurs a0 = y(x0) <strong>et</strong> a1 = y ′ (x0) déterminent<br />
complètement tous les coefficients an pour n 2.<br />
En pratique pour chercher une solution <strong>de</strong> l’équation différentielle régulère<br />
p(x)y”(x)+q(x)y ′ (x)+r(x)y(x) = 0<br />
qui soit développable en série entière au voisinage <strong>de</strong> x0 on procè<strong>de</strong> comme suit :<br />
1. Pour déterminer les coefficients an du développement en série entière <strong>de</strong> la solution y(x)<br />
<strong>de</strong> l’équation différentielle p(x)y”(x)+q(x)y ′ (x)+r(x)y(x) = 0 on procè<strong>de</strong> comme dans<br />
la preuve du théorème précé<strong>de</strong>nte.<br />
<br />
<br />
2. Ensuite, on doit calculer l’une <strong>de</strong>s <strong>de</strong>ux limites lim <br />
n→+∞<br />
an<br />
<br />
<br />
n<br />
ou lim | an | afin <strong>de</strong><br />
an+1 n→+∞<br />
déterminer le rayon <strong>de</strong> convergence <strong>de</strong> la série entière y(x) = <br />
an(x−x0) n solution<br />
<strong>de</strong> l’équation différentielle donnée.<br />
Exemple 25. Cherchons une solution dévelopable en séries entière au voisinage <strong>de</strong> zéro pour<br />
l’équation différentielle régulière normalisée,<br />
y”−xy ′ −y = 0<br />
Portons la série entière y(x) = <br />
anx n <strong>et</strong> ses <strong>de</strong>ux premières dérivées<br />
n0<br />
y ′ (x) = <br />
nanx n−1<br />
n0<br />
= <br />
(n+1)an+1x n<br />
n1<br />
n0<br />
y”(x) = <br />
n(n−1)anx n−2 = <br />
(n+2)(n+1)an+2x n<br />
n2<br />
dans l’équation différentielle y”−xy ′ −y = 0.<br />
<br />
(n+2)(n+1)an+2x n −x <br />
(n+1)an+1x n − <br />
anx n = 0<br />
n0<br />
n0<br />
n0<br />
n0<br />
<br />
(n+2)(n+1)an+2x n − <br />
nanx n − <br />
anx n = 0<br />
n0<br />
n1<br />
n0<br />
(2a2 −a0)+ <br />
((n+2)(n+1)an+2 −nan −an)x n = 0<br />
n1<br />
(2a2 −a0)+ <br />
(n+1)((n+2)an+2 −an)x n = 0<br />
n1<br />
A. Bouarich <strong>Suites</strong> <strong>et</strong> séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s
82 Les séries entières<br />
Donc, si on compare les <strong>de</strong>ux membres <strong>de</strong> la <strong>de</strong>rnière ligne on obtient le système suivant :<br />
⎧<br />
⎪⎨ a0 = y(0),<br />
a1 = y<br />
⎪⎩<br />
′ (0),<br />
(n+2)an+2 = an, ∀n 0<br />
qui définit les an par une relation <strong>de</strong> récurrence grâce à laquelle on obtient,<br />
⎧<br />
a1<br />
⎪⎨ a2n−1 =<br />
(2n−1)(2n−3)···5.3<br />
a0<br />
⎪⎩ a2n =<br />
(2n)(2n−2)···4.2<br />
Donc, la solution <strong>de</strong> l’équation différentielle y”−xy ′ −y = 0 possè<strong>de</strong> une solution développable<br />
en série entière au voisinage <strong>de</strong> zéro, y(x) = a0y1(x)+a1y2(x), où<br />
⎧<br />
⎪⎨<br />
⎪⎩<br />
y1(x) = <br />
y2(x) = <br />
n1<br />
n0<br />
x 2n<br />
(2n)(2n−2)···4.2<br />
x 2n−1<br />
(2n−1)(2n−3)···5.3<br />
sont <strong>de</strong>s séries entières dont le rayon <strong>de</strong> convergence est infini.<br />
Exercice 77. Montrer que chacune <strong>de</strong>s équations différentielles suivantes adm<strong>et</strong> une solution<br />
développable en série entière au voisinage <strong>de</strong> zéro :<br />
1. y”−xy = 0;<br />
2. y”−2xy ′ +2ny = 0 avec nN;<br />
3. y”−x 2 y ′ −y = 0;<br />
4. (x 2 +1)y”−xy ′ −y = 0;<br />
5. (1−x 2 )y”−xy ′ +a 2 y = 0.<br />
Exercice 78. Pour tout réel θ on se propose <strong>de</strong> calculer la somme <strong>de</strong> la série entière<br />
<br />
n1<br />
sin(nθ)<br />
x<br />
n!<br />
n<br />
1) Déterminer le rayon <strong>de</strong> convergence <strong>de</strong> la série entière <br />
n1<br />
sin(nθ)<br />
x<br />
n!<br />
n .<br />
2) Montrer que la <strong>fonction</strong> y(x) qui coïnci<strong>de</strong> avec la série entière <br />
domaine <strong>de</strong> convergence est solution <strong>de</strong> l’équation différentielle<br />
n1<br />
y”−2cos(θ)y ′ +y = 0 avec y(0) = 0 <strong>et</strong> y ′ (0) = sin(θ)<br />
3) Déterminer l’expression explicite <strong>de</strong> la <strong>fonction</strong> y(x).<br />
sin(nθ)<br />
x<br />
n!<br />
n sur son<br />
Exercice 79. Soit α ∈ R. Dans R on considère l’équation différentielle ordinaire Eα,<br />
(1+x 2 )y”(x)+xy ′ (x)−α 2 y(x) = 0<br />
A. Bouarich <strong>Suites</strong> <strong>et</strong> séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s
Équations différentielles linéaires <strong>et</strong> les séries entières 83<br />
1) Montrer que l’équation différentielle Eα possè<strong>de</strong> une solution d’éveloppable en série entière<br />
au voisinage <strong>de</strong> zéro dont le rayon <strong>de</strong> convergence est non nul.<br />
<br />
2) Vérifier que la <strong>fonction</strong>, fα(x) = x+ √ 1+x 2<br />
α , est solution <strong>de</strong> l’équation différentielle<br />
Eα.<br />
3) En déduire que la <strong>fonction</strong> fα est d’éveloppable en série entière au voisinage <strong>de</strong> zéro.<br />
4.3.2 Cas d’une équation différntielle singulière<br />
Définition 13. On dira que l’équation différentielle ordinaire <strong>de</strong> <strong>de</strong>gré <strong>de</strong>ux,<br />
p(x)y”+q(x)y ′ (x)+r(x)y(x) = 0<br />
présente une singularité d’ordre m ∈ N ∗ au point x0 ∈ R si<br />
q(x0) = 0, r(x0) = 0, p(x0) = p ′ (x0) = ··· = p (m) (x0) = 0 <strong>et</strong> p (m+1) (x0) = 0.<br />
Le théorème suivant nous donnera une métho<strong>de</strong> pratique qui perm<strong>et</strong> <strong>de</strong> trouver les solutions<br />
<strong>de</strong>l’équation différentiellesingulaire,p(x)y”+q(x)y ′ (x)+r(x)y(x) = 0, quisontdéveloppables<br />
en séries entières au voisinage d’une singularité x0.<br />
Théorème 26. Soient p(x),q(x) <strong>et</strong> r(x) <strong>de</strong>s <strong>fonction</strong>s développables en série entière au<br />
voisinage <strong>de</strong> x0 ∈ R. Si l’équation différentielle linéaire <strong>de</strong> <strong>de</strong>gré <strong>de</strong>ux,<br />
p(x)y”(x)+q(x)y ′ (x)+r(x)y(x) = 0<br />
présente une singularité d’ordre m > 0 au point x0 alors elle possè<strong>de</strong> une solution développable<br />
en série entière au voisinage <strong>de</strong> x0 qui est <strong>de</strong> la forme,<br />
y(x) = x σ<br />
an(x−x0) n , où σ ∈ R<br />
n0<br />
Démonstration. On procè<strong>de</strong> <strong>de</strong> la même façon que dans le cas d’une équation différentielle<br />
régulière.<br />
Le reste <strong>de</strong> ce paragraphe sera consacré à la cherche <strong>de</strong>s solutions développables en séries<br />
entières <strong>de</strong> l’équation différentielle <strong>de</strong> Bessel d’indice a ∈ R,<br />
x 2 y”(x)+xy ′ (x)+(x 2 −a 2 )y(x) = 0.<br />
Notons que l’équation différentielle <strong>de</strong> Bessel d’indce, a ∈ R, présente une singularité d’ordre<br />
m = 2 au point x0 = 0. Donc, d’après le théorème 6, pour chercher une solution <strong>de</strong> l’équation<br />
diffirentielle <strong>de</strong> Bessel qui soit développable série entière il suffit qu’on porte la <strong>fonction</strong><br />
y(x) = x σ<br />
anx n<br />
n0<br />
<strong>et</strong> ses <strong>de</strong>ux premières dérivées,<br />
y ′ (x) = <br />
(n+σ)anx n+σ−1<br />
n0<br />
telle que y(0) = a0 = 0<br />
<strong>et</strong> y”(x) = <br />
(n+σ)(n+σ −1)anx n+σ−2<br />
A. Bouarich <strong>Suites</strong> <strong>et</strong> séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s<br />
n0
84 Les séries entières<br />
dans l’équation différentielle <strong>de</strong> Bessel x 2 y”(x)+xy ′ (x)+(x 2 −a 2 )y(x) = 0.<br />
<br />
(n+σ)(n+σ −1)anx n+σ + <br />
(n+σ)anx n+σ + <br />
anx n+σ+2 −a 2<br />
anx n+σ = 0<br />
n0<br />
n0<br />
<br />
(n+σ)(n+σ −1)anx n+σ + <br />
(n+σ)anx n+σ + <br />
an−2x n+σ −a 2<br />
anx n+σ = 0<br />
n0<br />
n0<br />
(σ 2 −a 2 )a0x σ +((1+σ) 2 −a 2 )a1x σ+1 + <br />
n2<br />
n0<br />
n2<br />
n0<br />
n0<br />
(((n+σ) 2 −a 2 )an +an−2)x n+σ = 0<br />
Ainsi, en comparant les <strong>de</strong>ux membre <strong>de</strong> la <strong>de</strong>rnière ligne on obtient le système suivant :<br />
⎧<br />
⎪⎨ (σ2 −a2 )a0 = 0<br />
⎪⎩<br />
((σ +1) 2 −a 2 )a1 = 0<br />
((σ +n) 2 −a 2 )an +an−2 = 0,∀n 2<br />
Notons que puisque le coefficient a0 = 0 il s’ensuit que le nombre réel inconnu σ = ±a <strong>et</strong> que<br />
a1 = 0. Ainsi, si le paramètre inconnu σ = −a ∈ N la relation récurrente<br />
((σ+n) 2 −a 2 )an = −an−2 ⇐⇒ an =<br />
nous perm<strong>et</strong> <strong>de</strong> voir que pour tout entier n 0,<br />
−an−2<br />
(σ +a+n)(σ −a+n) ⇐⇒ an = −an−2<br />
n(n−2a)<br />
a2n+1 = 0 <strong>et</strong> a2n = (−1) n a0<br />
2 2n n!(−a+1)(−a+2)···(−a+n)<br />
Par contre si le paramètre inconnu σ = a ∈ N on aura pour tout entier n,<br />
<strong>et</strong> donc<br />
an =<br />
−an−2<br />
(σ +a+n)(σ −a+n) ⇐⇒ an−2 = −an−2<br />
n(n+2a)<br />
a2n+1 = 0 <strong>et</strong> a2n = (−1) n a0<br />
2 2n n!(a+1)(a+2)···(a+n) .<br />
Donc, conséquence <strong>de</strong> ce qui précè<strong>de</strong>, on conclut que si le réel a ∈ N alors l’équation diffé-<br />
rentielle <strong>de</strong> Bessel, x 2 y”+xy ′ +(x 2 −a 2 )y = 0, adm<strong>et</strong> <strong>de</strong>ux solutions développables en série<br />
entière au voisinage <strong>de</strong> x0 = 0 qui sont indépendantes <strong>et</strong> sont données par les expressions :<br />
Ja(x) = x a<br />
(−1) n x2n 22nn!(−a+1)(−a+2)···(−a+n) ,<br />
n0<br />
J−a(x) = x −a<br />
(−1) n x2n 22nn!(a+1)(a+2)···(a+n) .<br />
n0<br />
Sia ∈ Zondémontrequelecouple<strong>de</strong><strong>fonction</strong>sJa(x)<strong>et</strong>J−a(x)estunsystèmefondamental<strong>de</strong><br />
solutions <strong>de</strong> l’équation différentielle <strong>de</strong> Bessel. C’est-à-dire, toute solution J(x) <strong>de</strong> l’équation<br />
<strong>de</strong> Bessel s’écrit sous la forme<br />
J(x) = αJa(x)+βJ−a(x) avec α,β ∈ R<br />
A. Bouarich <strong>Suites</strong> <strong>et</strong> séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s
Équations différentielles linéaires <strong>et</strong> les séries entières 85<br />
Si l’indice a = m ∈ N, en procédant comme ci-<strong>de</strong>ssus, on voit que l’équation <strong>de</strong> Bessel adm<strong>et</strong><br />
une seule solution développable en série entière donnée par l’expression,<br />
Jm(x) = x m<br />
(−1) n x2n 22n m!<br />
=<br />
n!(m+1)(m+2)···(m+n) 22nn!(n+m)! x2n+m .<br />
n0<br />
Enfin, notons que les <strong>fonction</strong>s Ja(x) <strong>et</strong> J−a(x) solution <strong>de</strong> l’équation <strong>de</strong> Bessel avec a ∈ N<br />
s’appellent <strong>fonction</strong>s <strong>de</strong> Bessel d’indice non entier, tandis que la <strong>fonction</strong> Jm(x) s’appelle<br />
<strong>fonction</strong> <strong>de</strong> Bessel d’indice entier m ∈ N. Lorsque l’indice a = −m avec m ∈ N ∗ on démontre<br />
que l’équation <strong>de</strong> Bessel possè<strong>de</strong> une solution J−m(x) = (−1) mJm(x). Exercice 80. On suppose que la <strong>fonction</strong> f(x) = <br />
anx n est solution <strong>de</strong> l’équation diffé-<br />
n0<br />
rentielle 4xy”+2y ′ +y = 0 avec la condition initiale y(0) = 1.<br />
1) Trouver l’expression du terme général an.<br />
2) Déterminer le rayon <strong>de</strong> convergence <strong>de</strong> la série f(x) = <br />
anx n <strong>et</strong> calculer sa somme au<br />
moyen <strong>de</strong>s <strong>fonction</strong>s élémentaires.<br />
Exercice 81. Etudier l’existence d’une solution développable en série entière au voisinage<br />
<strong>de</strong> x0 = 1 (resp. x0 = −1) <strong>de</strong> l’équation différentielle (1−x 2 )y”−xy ′ +a 2 y = 0 avec a ∈ R<br />
est un paramètre.<br />
Exercice 82. Etudier l’existence d’une solution développable en série entière au voisinage<br />
<strong>de</strong> x0 = 0 <strong>de</strong> l’équation différentielle xy”+y ′ +xy = 0.<br />
Exercice 83. Etudier l’existence d’une solution développable en série entière au voisinage<br />
<strong>de</strong> x0 = 0 <strong>de</strong> l’équation différentielle xy”+(1−x)y ′ +ay = 0 où a ∈ R ∗ .<br />
A. Bouarich <strong>Suites</strong> <strong>et</strong> séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s<br />
n0<br />
n0
Chapitre Cinq<br />
Les séries <strong>de</strong> Fourier<br />
5.1 Séries trigonométriques<br />
5.1.1 Définition <strong>et</strong> propriétés<br />
Définition 14. Soient an <strong>et</strong> bn <strong>de</strong>ux suites <strong>de</strong> nombres réels <strong>et</strong> ω ∈ R ∗ +. La série <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s<br />
<strong>de</strong> terme général, un(x) = ancos(nωx)+bnsin(nωx), s’appelle série trigonométrique réelle.<br />
Les séries trigonométriques réelles sont donc une forme particulière <strong>de</strong>s séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s<br />
dont l’étu<strong>de</strong> complète est déjà développée dans le chapitre 3. Par exemple, grâce au théorème<br />
<strong>de</strong> Weierstrass (cf. chp. 3) on déduit qu’on a la proposition suivante,<br />
Proposition 15. Si les séries numériques <br />
n0<br />
| an | <strong>et</strong> <br />
n0<br />
| bn | convergent, alors la<br />
série trigonométrique <br />
(ancos(nωx)+bnsin(nωx)) converge uniformément sur R vers une<br />
n0<br />
<strong>fonction</strong> qui est continue <strong>et</strong> 2π<br />
ω -périodique.<br />
De même, grâce au théorème d’Abel pour les séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s (cf. chp. 3) on déduit qu’on<br />
a la proposition suivante,<br />
Proposition 16. Si les séries numériques <br />
| an −an+1 | <strong>et</strong> <br />
| bn −bn+1 | convergent,<br />
n0<br />
alors la série trigonométrique <br />
(ancos(nωx)+bnsin(nωx)) converge uniformément sur tout<br />
intervalle <strong>de</strong> type [α, 2π<br />
ω<br />
n0<br />
−α] avec α ∈]0, π<br />
ω [.<br />
Corollaire 15. Si les suites an <strong>et</strong> bn sont positives <strong>et</strong> ten<strong>de</strong>nt vers zéro en décroissant,<br />
alors la série trigonométrique <br />
(ancos(nωx)+bnsin(nωx)) converge uniformément sur les<br />
intervalles <strong>de</strong> type [α, 2π<br />
ω<br />
n0<br />
−α] avec α ∈]0, π<br />
ω [.<br />
Exemple 26. 1) Soit α ∈]0,π[. Rappelons que pour tout réel x élément du segment [α,2π−<br />
k=n 1<br />
α] la suite <strong>de</strong>s sommes partielles, | sin(kx) | , est bornée. Donc, comme la<br />
sin(α/2)<br />
k=1<br />
A. Bouarich <strong>Suites</strong> <strong>et</strong> séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s<br />
n0
Séries trigonométriques 87<br />
suite numérqiue 1<br />
n<br />
trigonométrique <br />
n1<br />
tend vers zéro en décroissant le théorème d’Abel implique que la série<br />
sin(nx)<br />
n<br />
2) Pour tout réel ω la série trigonométrique <br />
converge uniformément sur le segment [α,2π −α].<br />
n0<br />
cos(nωx)<br />
n 2 +n+1<br />
uniformément) sur R parce que pour tout entier n 1, | cos(nωx)<br />
n2 +n+1<br />
série numérique <strong>de</strong> Riemann 1<br />
est convergente.<br />
n2 n1<br />
5.1.2 Coefficients <strong>de</strong> Fourier d’une série trigonométrique<br />
Dans ce paragraphe on suppose que la série trigonométrique<br />
∀x ∈ R, f(x) = a0<br />
2 +(ancos(nωx)+bnsin(nωx))<br />
n1<br />
converge normalement (donc<br />
1<br />
|<br />
n2, <strong>et</strong> on sait que la<br />
converge uniformément sur R, donc sa somme définit sur R une <strong>fonction</strong> continue <strong>et</strong> Tpériodique<br />
avec T = 2π<br />
ω .<br />
Lemme 3. Si T = 2π<br />
alors pour tous les entiers n <strong>et</strong> m ∈ N on a les formules suivantes,<br />
ω<br />
1.<br />
2.<br />
3.<br />
T<br />
0<br />
T<br />
0<br />
T<br />
0<br />
cos(nωt)sin(nωt)dt = 0;<br />
cos(nωt)cos(nωt)dt =<br />
cos(nωt)sin(mωt)dt =<br />
T<br />
0<br />
T<br />
0<br />
sin(nωt)sin(nωt)dt = T<br />
2 ;<br />
sin(nωt)sin(mωt)dt =<br />
T<br />
0<br />
cos(nωt)cos(mωt)dt = 0.<br />
Notons que puisque la série trigonométrique <strong>de</strong> somme f(x) converge uniformément sur la<br />
pério<strong>de</strong> [0,T], le théorème d’intégration nous perm<strong>et</strong> décrire que pour tout entier naturel<br />
m 0 : T<br />
0<br />
<strong>et</strong> que T<br />
0<br />
f(t)cos(mωt)dt = a0<br />
2<br />
f(t)sin(mωt)dt = a0<br />
2<br />
T<br />
0<br />
T<br />
0<br />
cos(mωx)dx+ <br />
+ <br />
n1<br />
bn<br />
n1<br />
T<br />
sin(mωx)dx+ <br />
+ <br />
n1<br />
bn<br />
0<br />
n1<br />
T<br />
0<br />
an<br />
T<br />
0<br />
sin(nωt)cos(mωt)dt<br />
an<br />
T<br />
0<br />
sin(nωt)sin(mωt)dt]<br />
cos(nωt)cos(mωt)dt<br />
cos(nωt)sin(mωt)dt<br />
Ainsi, grâce aux formules du lemme précé<strong>de</strong>nt on conclut que pour tout entier n 0 les<br />
coefficients <strong>de</strong> la série trigonométrique <strong>de</strong> somme f(x) sont donnés par les expressions :<br />
an = 2<br />
T<br />
bn = 2<br />
T<br />
T<br />
0<br />
T<br />
0<br />
f(t)cos(nωt)dt<br />
f(t)sin(nωt)dt<br />
A. Bouarich <strong>Suites</strong> <strong>et</strong> séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s
88 Les séries <strong>de</strong> Fourier<br />
Exemple 27. Soit f(z) = <br />
anz n la somme d’une série entière dont le rayon <strong>de</strong> convergence<br />
n0<br />
R > 0. Notons que pour tout réel r < R la restriction <strong>de</strong> la <strong>fonction</strong> f(z) sur un cercle centré à<br />
l’origine <strong>et</strong> <strong>de</strong> le rayon r < R induit <strong>de</strong>s séries trigonométriques qui convergent uniformément<br />
sur [0,2π].<br />
En eff<strong>et</strong>, si pour tout entier n 0 on pose an = αn+iβn on voit que pour tout réel 0 < r < R<br />
<strong>et</strong> pour réel θ ∈ [0,2π] la série numérique <br />
anr n e inθ converge absolument. Donc, en tant<br />
que <strong>fonction</strong>s <strong>de</strong> θ, les parties réelle <strong>et</strong> imaginaire<br />
ℜ(f(re iθ )) = <br />
(αncos(nθ)−βnsin(nθ))r n<br />
n0<br />
n0<br />
ℑ(f(re iθ )) = <br />
(αnsin(nθ)+βncos(nθ))r n<br />
n0<br />
convergent normalement sur le segment [0,2π] vers <strong>de</strong>s <strong>fonction</strong>s continues <strong>et</strong> 2π-périodiques.<br />
Ainsi, par exemple, si on considère la série entière dont la somme<br />
1+z<br />
1−z<br />
= 1+2 z n<br />
on en déduit que pour tout réel, 0 < r < 1, les séries trigonométriques<br />
fr(θ) =<br />
convergent uniformément.<br />
n1<br />
1−r 2<br />
= 1+2<br />
1−2rcos(θ)+r 2<br />
n1<br />
n1<br />
rsin(θ) <br />
gr(θ) = = r<br />
1−2rcos(θ)+r 2 n sin(nθ)<br />
r n cos(nθ)<br />
Les coifficients <strong>de</strong> Fourier <strong>de</strong> fr(θ) <strong>et</strong> gr(θ) sont donc donnés par les expressions suivantes,<br />
<br />
an(fr) = 2rn <br />
an(gr) = 0<br />
<strong>et</strong><br />
bn(fr) = 0 bn(gr) = rn 5.2 Série <strong>de</strong> Fourier associée à une <strong>fonction</strong> périodique<br />
Dans c<strong>et</strong>te section, étant donnée une <strong>fonction</strong> f : R → R qui est T-périodique <strong>et</strong> intégrable<br />
au sens <strong>de</strong> Riemann sur le segment [0,T] nous allons lui associer une série trigonométrqiue<br />
réelle que l’on appelle série <strong>de</strong> Fourier <strong>et</strong> dont la convergence sera étudiée dans la prochaine<br />
section.<br />
5.2.1 Coefficients <strong>de</strong> Fourier d’une <strong>fonction</strong> périodique<br />
Définition 15. Soit f : R → R une <strong>fonction</strong> T-périodique. Si f est intégrable sur le segment<br />
[0,T] on définit les coefficients <strong>de</strong> Fourier <strong>de</strong> f par les formules suivantes,<br />
an = 2<br />
T<br />
bn = 2<br />
T<br />
T<br />
0<br />
T<br />
0<br />
f(t)cos(nωt)dt, ∀n 0 (5.1)<br />
f(t)sin(nωt)dt, ∀n 1 (5.2)<br />
A. Bouarich <strong>Suites</strong> <strong>et</strong> séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s
Série <strong>de</strong> Fourier associée à une <strong>fonction</strong> périodique 89<br />
La série trigonométrique définit par l’expression suivante<br />
a0<br />
2 +(ancos(nωx)+bnsin(nωx))<br />
(5.3)<br />
n1<br />
s’appelle série <strong>de</strong> Fourier associée à la <strong>fonction</strong> périodique f.<br />
Proposition 17. Si f : R → R est une <strong>fonction</strong> T-périodique paire (resp. impaire) <strong>et</strong> inté-<br />
grable sur [0,T] alors ses coefficients <strong>de</strong> Fourier bn = 0 (resp. an = 0).<br />
Dans la section 3, nous allons étudier la question <strong>de</strong> convergence <strong>de</strong> la série <strong>de</strong> Fourier<br />
associée à une <strong>fonction</strong> périodique <strong>et</strong> nous démontrerons le théorème Dirichl<strong>et</strong> qui donnera<br />
les conditions suffisantes pour que la série <strong>de</strong> Fourier converge.<br />
Notons que les coifficients <strong>de</strong> Fourier <strong>de</strong> la <strong>fonction</strong> f peuvent être éxprimés par les nombres<br />
complexes en posant,<br />
c0 = a0<br />
2 , cn = an −ibn<br />
2<br />
<strong>et</strong> c−n = an +ibn<br />
2<br />
∀n ∈ N ∗<br />
En utilisant les expressions intégrales <strong>de</strong>s coefficients <strong>de</strong> Fourier réels on déduit que les coif-<br />
ficin<strong>et</strong>s <strong>de</strong> Fourie complexes peuvent être calculés par l’intégrale simple complexe suivante<br />
cn = 1<br />
T<br />
T<br />
0<br />
f(x)e −inωx dx,∀n ∈ Z. (5.4)<br />
Notons que la somme partielle <strong>de</strong> la série <strong>de</strong> Fourier peut être exprimée en <strong>fonction</strong> <strong>de</strong>s<br />
coeffients <strong>de</strong> Fourier complexes comme suit,<br />
Sn(x) = a0<br />
2 +<br />
k=n<br />
k=1<br />
<br />
(akcos(kωx)+bksin(kωx)) =<br />
k=n <br />
k=−n<br />
cke ikωx .<br />
on en déduit donc que la série <strong>de</strong> Fourier associée à la <strong>fonction</strong> T-périodique f prend la forme<br />
suivante,<br />
a0<br />
2 +(ancos(nωx)+bnsin(nωx))<br />
=<br />
n1<br />
n=+∞ <br />
n=−∞<br />
cne inωx . (5.5)<br />
Nous avons introduit les coefficients <strong>de</strong> Fourier complexes parce que ils se calculent plus<br />
rapi<strong>de</strong>ment que les coefficients réels dans certaines situations particulières comme nous allons<br />
le voir ci-<strong>de</strong>ssous sur certaines <strong>fonction</strong>s T-périodiques.<br />
5.2.2 Exemples classiques <strong>de</strong> séries <strong>de</strong> Fourier<br />
a) Prolongement d’une <strong>fonction</strong> par périodécité<br />
Soit T > 0 un réel fixé. Étant donnée une <strong>fonction</strong>s f : [0,T] → R on pourra la prolonger sur<br />
R en une <strong>fonction</strong> T-périodique en posant,<br />
F(x) = f(x−nT), ∀n ∈ Z, ∀x ∈ [nT,(n+1)T]<br />
A. Bouarich <strong>Suites</strong> <strong>et</strong> séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s
90 Les séries <strong>de</strong> Fourier<br />
Figure 5.1 – Le graphe <strong>de</strong> la <strong>fonction</strong> 1-périodique qui prolonge x 2 sur R<br />
Donc, si la <strong>fonction</strong> f est intégrable sur [0,T] son prologement F sur R est donc intégrable<br />
sur tous les segments <strong>de</strong> R <strong>de</strong> longueur T, <strong>et</strong> donc on peut lui associer une série <strong>de</strong> Fourier.<br />
De même, si on se donne une <strong>fonction</strong> f : [0,T/2] → R sur R en une <strong>fonction</strong> T-périodique<br />
<strong>et</strong> qui soit paire; pour cela il suffit qu’on pose<br />
Fp(−x) = Fp(x) = f(x−nT) ∀x ∈ [nT,(n+ 1<br />
)T], ∀n ∈ Z<br />
2<br />
Figure 5.2 – Le graphe <strong>de</strong> la <strong>fonction</strong> 2-périodique paire qui prolonge x 2 sur R<br />
Notons que puisque le prolognement Fp <strong>de</strong> f sur R est paire ses coifficients <strong>de</strong> Fourier bn<br />
seront nuls <strong>et</strong> sa série <strong>de</strong> Fourier ne contient que <strong>de</strong>s termes en cosinus i.e. :<br />
a0<br />
2 + ancos(<br />
n1<br />
2πnx<br />
T ) où an = 4<br />
T<br />
T/2<br />
0<br />
f(x)cos( 2πnx<br />
T )dx<br />
Dans ce cas on dira que la <strong>fonction</strong> f : [0,T/2] → R est développée en série <strong>de</strong> Fourier <strong>de</strong><br />
cosinus.<br />
Enfin, notons qu’une <strong>fonction</strong> f : [0,T/2] → R peut être prolongée sur R en une <strong>fonction</strong> qui<br />
soit T-périodique <strong>et</strong> impaire; pour cela il suffit qu’on pose<br />
−Fi(−x) = Fi(x) = f(x−nT) ∀x ∈ [nT,(n+ 1<br />
)T], ∀n ∈ Z<br />
2<br />
Puisque le prolognement Fip <strong>de</strong> f sur R est impaire ses coifficients <strong>de</strong> Fourier an seront nuls<br />
<strong>et</strong> sa série <strong>de</strong> Fourier ne contient que <strong>de</strong>s termes en sinus i.e. :<br />
<br />
n1<br />
bnsin( 2πnx<br />
T ) où bn = 4<br />
T<br />
T/2<br />
0<br />
f(x)sin( 2πnx<br />
T )dx<br />
A. Bouarich <strong>Suites</strong> <strong>et</strong> séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s
Série <strong>de</strong> Fourier associée à une <strong>fonction</strong> périodique 91<br />
Figure 5.3 – Le graphe <strong>de</strong> la <strong>fonction</strong> 2-périodique impaire qui prolonge x 2 sur R<br />
Dans ce cas on dira que la <strong>fonction</strong> f : [0,T/2] → R est développée en série <strong>de</strong> Fourier <strong>de</strong><br />
sinus.<br />
b) Coiffecients <strong>de</strong> Fourier <strong>de</strong> la <strong>fonction</strong> 2π-périodique x ↦−→ e ax<br />
Soit a ∈ R ∗ est un réel fixé. Calculons les coefficients <strong>de</strong> Fourier <strong>de</strong> la <strong>fonction</strong> 2π-périodique<br />
f : R → R qui prend sur la pério<strong>de</strong> [0,2π] la valeur f(x) = e ax .<br />
Figure 5.4 – Le graphe <strong>de</strong> la <strong>fonction</strong> 2π-périodique e −x/2π<br />
Pour calculer les coefficients <strong>de</strong> Fourier an <strong>et</strong> bn <strong>de</strong> la <strong>fonction</strong> f nous allons calculer ses<br />
coefficients <strong>de</strong> Fourier complexes qui sont donnés par l’intégrale simple complexe,<br />
2π<br />
cn = 1<br />
f(x)e<br />
2π 0<br />
−inx dx = 1<br />
2π<br />
<br />
1 e<br />
=<br />
2π<br />
(a−in)x2π<br />
a−in 0<br />
= 1 e2πa 1 1<br />
( − ) =<br />
2π a−in a−in 2π<br />
2π<br />
0<br />
e ax−inx dx<br />
(e 2πa −1)(a+in)<br />
a 2 +n 2<br />
= an −ibn<br />
.<br />
2<br />
En conséquence <strong>de</strong> ce calcul, on voit que les coefficients <strong>de</strong> Fourier réels <strong>de</strong> la <strong>fonction</strong> f sont<br />
donnés par a0 = e2πa −1<br />
<strong>et</strong> si n 1<br />
πa<br />
an = a(e2πa −1)<br />
π(a 2 +n 2 )<br />
<strong>et</strong> bn = − n(e2πa −1)<br />
π(a 2 +n 2 ) .<br />
La série <strong>de</strong> Fourier associée à la <strong>fonction</strong> e ax est donc donnée par la somme<br />
(e 2πa −1)<br />
2πa<br />
+ 1 <br />
π<br />
n1<br />
(e2πa −1)<br />
a2 (acos(nx)−nsin(nx))<br />
+n2 A. Bouarich <strong>Suites</strong> <strong>et</strong> séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s
92 Les séries <strong>de</strong> Fourier<br />
b) Coiffecients <strong>de</strong> Fourier <strong>de</strong> la <strong>fonction</strong> x ↦−→ cos(λx)<br />
Soit λ ∈ Z est un réel fixé. Calculons les coefficients <strong>de</strong> Fourier <strong>de</strong> la <strong>fonction</strong> 2π-périodique<br />
qui coïnci<strong>de</strong> avec la <strong>fonction</strong> g(x) = cos(λx) sur [0,2π].<br />
Figure 5.5 – Le graphe <strong>de</strong> la <strong>fonction</strong> 2π-périodique cos(0.75x)<br />
Pour calculer les coefficients <strong>de</strong> Fourier <strong>de</strong> la <strong>fonction</strong> g nous allons calculer ses coefficients<br />
<strong>de</strong> Fourier complexes en procédant par intégration par partie.<br />
2π<br />
2π<br />
cn = 1<br />
g(x)e<br />
2π 0<br />
−inx dx = 1<br />
cos(λx)e<br />
2π 0<br />
−inx dx<br />
<br />
sin(λx)<br />
=<br />
2πλ e−inx <br />
2π 2π 1 −insin(λx)<br />
− e<br />
0 2π 0 λ<br />
−inx dx<br />
= sin(2λπ) in<br />
<br />
−cos(λx)<br />
+ e<br />
2πλ 2πλ λ<br />
−inx 2π<br />
0 −<br />
2π incos(λx<br />
e<br />
0 λ<br />
−inx <br />
dx<br />
= sin(2λπ) in n2<br />
+<br />
2πλ 2πλ2(1−cos(2πλ)+ λ2cn De la <strong>de</strong>rnière linge <strong>de</strong> ce calcul on déduit que a0 = sin(2λπ)<br />
πλ<br />
cn =<br />
λ2 λ2 −n2(sin(2λπ) in<br />
+<br />
2πλ 2πλ2(1−cos(2πλ)) = an −ibn<br />
2<br />
<strong>et</strong> que pour tout entier n 1,<br />
Donc, les coefficients <strong>de</strong> Fourier <strong>de</strong> la <strong>fonction</strong> 2π-périodique définit sur [0,2π] par cos(λx)<br />
sont donnés par,<br />
an = λsin(2πλ)<br />
π(λ 2 −n 2 )<br />
<strong>et</strong> bn = − n(1−cos(2πλ))<br />
π(λ 2 −n 2 )<br />
La série <strong>de</strong> Fourier associée à la <strong>fonction</strong> 2π-périodique cos(λx) a pour expression :<br />
sin(2πλ)<br />
2πλ +<br />
λsin(2πλ)cos(nx)−n(1−cos(2πλ))sin(nx)<br />
π(λ<br />
n1<br />
2 −n2 )<br />
c) Coiffecients <strong>de</strong> Fourier d’une <strong>fonction</strong> constante par morceaux<br />
Calculons les coefficients <strong>de</strong> Fourier <strong>de</strong> la <strong>fonction</strong> impaire T-périodique qui coïnci<strong>de</strong> avec la<br />
<strong>fonction</strong> h(x) = 1 sur l’intervalle ]0,T/2].<br />
A. Bouarich <strong>Suites</strong> <strong>et</strong> séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s
Série <strong>de</strong> Fourier associée à une <strong>fonction</strong> périodique 93<br />
Figure 5.6 – Le graphe d’une <strong>fonction</strong> impaire 2π-périodique <strong>et</strong> constante<br />
Puisque la <strong>fonction</strong> h(x) est impaire on déduit que pour tout entier n ∈ N, an = 0. Tandis<br />
que les coefficients bn se calculent par intégration par partie comme suit :<br />
bn = 2<br />
T<br />
= 2<br />
T<br />
= 4<br />
T<br />
T<br />
0<br />
T/2<br />
−T/2<br />
T/2<br />
0<br />
h(x)sin( 2πnx<br />
T )dx<br />
h(x)sin( 2πnx 4<br />
)dx =<br />
T T<br />
sin( 2πnx<br />
T<br />
)dx = 4<br />
T<br />
T/2<br />
0<br />
−T<br />
2nπ cos(2πnx<br />
T )<br />
h(x)sin( 2πnx<br />
T )dx<br />
T/2<br />
0<br />
2<br />
=<br />
π (1<br />
(−1)n<br />
−<br />
n n ).<br />
Les coefficients <strong>de</strong> Fourier <strong>de</strong> la <strong>fonction</strong> h(x) sont finalement donnés par les expressions :<br />
∀n ∈ N,an = 0, ∀n 1, b2n = 0 <strong>et</strong> ∀n 0, b2n+1 =<br />
4<br />
(2n+1)π .<br />
Ainsi, en conséquence du calcul précé<strong>de</strong>nt on conclut que la série <strong>de</strong> Fourier associée à la<br />
<strong>fonction</strong> 2π-périodique impaire égale à un sur [0,π] est donnée par l’expression<br />
4 sin((2n+1)x)<br />
π 2n+1<br />
n0<br />
Exercice 84. Donner le développement en série <strong>de</strong> Fourier en sinus (resp. cosinus) <strong>de</strong>s<br />
<strong>fonction</strong>s 2π-périodiques suivantes :<br />
f(x) = x, g(x) = x 2 , h(x) = π −x, k(x) = x(π −x), ∀x ∈ [0,π].<br />
Exercice 85. 1) Donner le développement en série <strong>de</strong> Fourier en cosinus <strong>de</strong> la <strong>fonction</strong><br />
2π-périodique<br />
f(x) = sin(x), ∀x ∈ [0,π]<br />
2) Donner le développement en série <strong>de</strong> Fourier en sinus <strong>de</strong> la <strong>fonction</strong> 2π-périodique<br />
g(x) = cos(x), ∀x ∈ [0,π]<br />
Exercice 86. Soit T > 0. Pour tout couple <strong>de</strong> nombres réels a <strong>et</strong> b on définit une <strong>fonction</strong><br />
F : R → R T-périodique par les expressions,<br />
⎧<br />
0 si −T/2 x < −T/4<br />
⎪⎨<br />
1 si −T/4 < x < T/4<br />
F(x) =<br />
a si T/4 < x < T/2<br />
⎪⎩<br />
b si x = −T/4 ou x = T/4.<br />
A. Bouarich <strong>Suites</strong> <strong>et</strong> séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s
94 Les séries <strong>de</strong> Fourier<br />
1) Tracer le graphe <strong>de</strong> la <strong>fonction</strong> F.<br />
2) Calculer les coefficients <strong>de</strong> Fourier <strong>de</strong> la <strong>fonction</strong> T-périodique F.<br />
Exercice 87. Calculer les coefficients <strong>de</strong> Fourier <strong>de</strong> la <strong>fonction</strong> f : R → R 2π-périodique<br />
définie par,<br />
f(x) =<br />
<br />
0 si −π < x < 0<br />
x 2 si 0 < x < π.<br />
5.3 Problème <strong>de</strong> convergence <strong>de</strong>s séries <strong>de</strong> Fourier<br />
Rappelons que dans la section précé<strong>de</strong>nte à la donnée d’une <strong>fonction</strong> T-périodique f : R → R<br />
nous lui avons associé la série <strong>de</strong> Fourier suivante<br />
a0<br />
2 +(ancos(nωx)+bnsin(nωx))<br />
=<br />
n1<br />
n=+∞ <br />
n=−∞<br />
cne inωx<br />
sans s’intéresser à sa convergence. En eff<strong>et</strong>, c’est dans c<strong>et</strong>te section qu’on se propose d’étudier<br />
la convergence d’une série <strong>de</strong> Fourier <strong>et</strong> calculera aussi sa limite s’imple.<br />
Pour régler ces qus<strong>et</strong>ions nous allons suivre la métho<strong>de</strong> <strong>de</strong> Dirichl<strong>et</strong> qui perm<strong>et</strong> d’écrire la<br />
somme partielle d’une série <strong>de</strong> Fourier sous la fomre d’une intégrale simple définie qui dépend<br />
<strong>de</strong> la <strong>fonction</strong> périodique donnée <strong>et</strong> d’une <strong>fonction</strong> remarquable appelée noyau <strong>de</strong> Dirichl<strong>et</strong>.<br />
Ensuit, c’est grâce au noyau <strong>de</strong> Dirichl<strong>et</strong> que nous dégagerons les conditions suffantes qui<br />
assureront la convergence <strong>de</strong> la série <strong>de</strong> Fourier vers la <strong>fonction</strong> périodique donnée au départ.<br />
5.3.1 Convergence <strong>de</strong>s coefficients <strong>de</strong> Fourier<br />
Lemme 4 (Lebesgue). Soit f : [a,b] → R une <strong>fonction</strong> bornée <strong>et</strong> intégrable au sens <strong>de</strong><br />
Riemann. Alors les <strong>fonction</strong>s définient par les intégrales suivantes,<br />
C(λ) =<br />
b<br />
a<br />
f(t)cos(λt)dt <strong>et</strong> S(λ) =<br />
ten<strong>de</strong>nt vers zéro quand le réel λ tend vers l’infini.<br />
Démonstration. Admise.<br />
b<br />
a<br />
f(t)sin(λt)dt<br />
Corollaire 16. Si f : R → R est une <strong>fonction</strong> T-périodique intégrable sur [0,T] alors ses<br />
coefficients <strong>de</strong> Fourier an <strong>et</strong> bn ten<strong>de</strong>nt vers zéro à l’infini i.e. :<br />
<strong>et</strong><br />
lim<br />
n→+∞ an<br />
2<br />
= lim<br />
n→+∞ T<br />
lim<br />
n→+∞ bn<br />
2<br />
= lim<br />
n→+∞ T<br />
T<br />
0<br />
T<br />
0<br />
f(t)cos(nωt)dt = 0<br />
f(t)sin(nωt)dt = 0<br />
Exercice 88. Soit f : R → R une <strong>fonction</strong> 2π-périodique <strong>et</strong> <strong>de</strong> classe C k sur ]0,2π[ avec<br />
k 1.<br />
A. Bouarich <strong>Suites</strong> <strong>et</strong> séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s
Problème <strong>de</strong> convergence <strong>de</strong>s séries <strong>de</strong> Fourier 95<br />
1) Démontrer que pour tout entier n 1 le module <strong>de</strong>s coefficients <strong>de</strong> Fourier complexes <strong>de</strong><br />
f est donné par,<br />
| cn(f) |= | cn(f (k) ) |<br />
n k <strong>et</strong> que | cn(f) | 1<br />
2πn k<br />
2π<br />
0<br />
| f (k) (t) | dt<br />
2) En déduire que les coefficients <strong>de</strong> Fourier <strong>de</strong> la <strong>fonction</strong> f ten<strong>de</strong>nt vers zéro plus rapi<strong>de</strong>ment<br />
que la suite numérique 1<br />
n k.<br />
3) Démontrer que si f est <strong>de</strong> classe C 2 alors la série <strong>de</strong> Fourier <strong>de</strong> f converge normalement.<br />
5.3.2 Théorème <strong>de</strong> convergence <strong>de</strong> Dirichl<strong>et</strong><br />
Soit f une <strong>fonction</strong> T-périodique. Notons que si dans la somme partielle d’ordre n 0 <strong>de</strong> la<br />
série <strong>de</strong> Fourier associée à f on remplace les coefficients <strong>de</strong> Fourier conplexes ck <strong>de</strong> la <strong>fonction</strong><br />
f par leurs expressions intégrale on obtient,<br />
Sn(x) =<br />
=<br />
= 1<br />
T<br />
k=n <br />
k=−n<br />
k=n <br />
k=−n<br />
T<br />
0<br />
cke ikωx<br />
1<br />
T<br />
T<br />
0<br />
k=n <br />
f(t)<br />
f(t)e −ikωt <br />
dt e ikωx<br />
k=−n<br />
e ikω(x−t)<br />
dt.<br />
Dans la suite pour tout entier n ∈ N <strong>et</strong> pour tout réel t ∈ 2π<br />
Z posons<br />
ω<br />
Dn(t) :=<br />
= e−i(n+ 1<br />
=<br />
k=n <br />
k=−n<br />
e ikωt = e −inωt1−ei(2n+1)ωt<br />
1−e iωt<br />
2 )ωt 1<br />
i(n+<br />
−e 2 )ωt<br />
e −iωt<br />
iωt<br />
2 −e 2<br />
sin((n+ 1<br />
2 )ωt)<br />
sin( ωt<br />
2 )<br />
Ainsi, avec ces notations on déduit que la somme partielle Sn(x) <strong>de</strong> la série <strong>de</strong> Fourier <strong>de</strong><br />
f(x) prend la forme intégrale suivante,<br />
Sn(x) = 1<br />
T<br />
T<br />
0<br />
f(t)Dn(x−t)dt = 1<br />
T<br />
T<br />
0<br />
f(x+t)Dn(t)dt. (5.6)<br />
Définition 16. Pour tout entier n ∈ N la <strong>fonction</strong> périodique définit par l’expression suivante<br />
Dn(t) =<br />
s’appelle n ième noyau <strong>de</strong> Dirichl<strong>et</strong>.<br />
k=n <br />
k=−n<br />
e ikωt =<br />
sin((n+ 1<br />
2 )ωt)<br />
sin( ωt<br />
2 )<br />
A. Bouarich <strong>Suites</strong> <strong>et</strong> séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s
96 Les séries <strong>de</strong> Fourier<br />
La suite Dn(t) <strong>de</strong>s noyaux <strong>de</strong> Dirich<strong>et</strong> possè<strong>de</strong> <strong>de</strong>s propriétés remarquables que nous résume-<br />
rons dans la proposition suivante.<br />
Proposition 18. Le noyau <strong>de</strong> dirichl<strong>et</strong> Dn(x) vérifie les propriétés suivantes :<br />
1. L’intégrale simple, 1<br />
T<br />
T<br />
0<br />
Dn(t)dt = 1.<br />
2. Si f est une <strong>fonction</strong> T-périodique alors la somme partielle d’ordre n 0 <strong>de</strong> sa série<br />
<strong>de</strong> Fourier est donnée par l’intégrale simple<br />
Sn(x) = 1<br />
T<br />
T/2<br />
0<br />
(f(x+t)+f(x−t))Dn(t)dt<br />
Démonstration. 1)Observerquepuisquepourtoutentierk = 0l’intégraledéfinie<br />
T<br />
T<br />
0<br />
e −kiωt dt<br />
est nulle il s’ensuit que 1<br />
Dn(t)dt = 1.<br />
T 0<br />
2) Observer aussi que si on écrit la somme partielle Sn(x) en utilisant l’expression intégrale<br />
donnée par (5.6) la périodicité <strong>de</strong> la <strong>fonction</strong> f(x) <strong>et</strong> du noyau Dn(x) nous perm<strong>et</strong> d’exprimer<br />
Sn(x) par une intégrale simple étendue que sur [0,T/2] :<br />
Sn(x) = 1<br />
T<br />
= 1<br />
T<br />
= 1<br />
T<br />
= 1<br />
T<br />
T<br />
0<br />
T/2<br />
0<br />
T/2<br />
0<br />
T/2<br />
0<br />
f(x+t)Dn(t)dt = 1<br />
T/2<br />
T<br />
f(x+t)Dn(t)dt+ 1<br />
T<br />
f(x+t)Dn(t)dt+ 1<br />
T<br />
−T/2<br />
0<br />
−T/2<br />
T/2<br />
(f(x+t)+f(x−t))Dn(t)dt.<br />
0<br />
f(x+t)Dn(t)dt<br />
f(x+t)Dn(t)dx<br />
f(x−t)Dn(t)dx<br />
Théorème 27 (Théorème <strong>de</strong>Dirichl<strong>et</strong>). Soit f : R → R une <strong>fonction</strong> T-périodique intégrable<br />
sur le segment [0,T] <strong>et</strong> qui vérifie en plus les conditions suivantes dites <strong>de</strong> Dirichl<strong>et</strong> :<br />
1. sur l’intervalle [0,T] la <strong>fonction</strong> f(x) est discontinue seulement sur un ensemble fini <strong>de</strong><br />
points 0 x1 < x2 < ··· < xn T;<br />
2. la <strong>fonction</strong> f(x) est dérivable sur les intervalles ouvert ]xi,xi+1[⊂ [0,T];<br />
3. la <strong>fonction</strong> f(x) adm<strong>et</strong> <strong>de</strong>s dérivées à gauche <strong>et</strong> à droite en chaque point xi.<br />
Alors, la série <strong>de</strong> Fourier <strong>de</strong> la <strong>fonction</strong> f(x) converge simplement vers la <strong>fonction</strong><br />
∀x ∈ R,<br />
f(x + )+f(x − )<br />
2<br />
= a0<br />
2 +(ancos(nωx)+bnsin(nωx)),<br />
n1<br />
où f(x + ) (resp. f(x − )) désigne la limite à droite (resp. la limite à gauche) <strong>de</strong> la <strong>fonction</strong><br />
f(x) au point x ∈ R.<br />
A. Bouarich <strong>Suites</strong> <strong>et</strong> séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s
Problème <strong>de</strong> convergence <strong>de</strong>s séries <strong>de</strong> Fourier 97<br />
Démonstration. Pour calculer la somme <strong>de</strong> la série <strong>de</strong> Fourier associée à une <strong>fonction</strong> f qui<br />
est T-périodique <strong>et</strong> vérifiants les conditions <strong>de</strong> Dirichl<strong>et</strong> nous allons étudier la limite simple<br />
<strong>de</strong> la suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s<br />
Sn(x)− f(x+ )+f(x − )<br />
2<br />
tout en utilisant l’expression intégrale <strong>de</strong> la somme pertielle (cf (5))<br />
Sn(x) = 1<br />
T<br />
T/2<br />
0<br />
(f(x+t)+f(x−t))Dn(t)dt<br />
Notons que puisque le noyau <strong>de</strong> Dirichl<strong>et</strong> Dn(x) est T-périodique <strong>et</strong> paire son intégrale sur<br />
la moitié <strong>de</strong> la pério<strong>de</strong> est égale à 1<br />
T/2<br />
Dn(t)dt =<br />
T 0<br />
1<br />
. Ainsi, on voit que pour toute entier<br />
2<br />
n on peut écrire :<br />
Sn(x)− f(x+ )+f(x − )<br />
2<br />
= 1<br />
T<br />
+ 1<br />
T<br />
T/2<br />
0<br />
T/2<br />
0<br />
(f(x+t)−f(x + ))Dn(t)dt<br />
(f(x−t)−f(x − ))Dn(t)dt<br />
Observons que si F + x <strong>et</strong> F − x : [0,T/2] → R désignent les <strong>fonction</strong>s définies respectivement par<br />
les expressions suivantes :<br />
F + x(t) = f(x+t)−f(x+ )<br />
t<br />
on voit que la différence<br />
t<br />
sin( ωt<br />
2 )<br />
Sn(x)− f(x+ )+f(x − )<br />
2<br />
= 1<br />
T<br />
+ 1<br />
T<br />
<strong>et</strong> F − x(t) = f(x−t)−f(x− )<br />
t<br />
T/2<br />
0<br />
T/2<br />
0<br />
F + x (t)sin((2n+1)ωt )dt<br />
2<br />
F − x (t)sin((2n+1)ωt )dt<br />
2<br />
t<br />
sin( ωt<br />
2 )<br />
Ainsi, puisque les <strong>fonction</strong>s F + x <strong>et</strong> F − x sont bornées <strong>et</strong> intégrables sur le segments [0,T/2] le<br />
lemme <strong>de</strong> Lebesgue (ou son corollaire 4) implique que<br />
<strong>et</strong><br />
1<br />
lim<br />
n→+∞ T<br />
1<br />
lim<br />
n→+∞ T<br />
T/2<br />
0<br />
T/2<br />
0<br />
F + x(t)sin( (2n+1)ωt<br />
)dt = 0<br />
2<br />
F − x(t)sin( (2n+1)ωt<br />
)dt = 0<br />
2<br />
Par conséquent, pour tout x ∈ R la série <strong>de</strong> Fourier associée à la <strong>fonction</strong> T-périodique f(x)<br />
converge vers lim<br />
n→+∞ Sn(x) = f(x+ )+f(x − )<br />
=<br />
2<br />
a0<br />
2 +<br />
n1<br />
(ancos(nωx)+bnsin(nωx)).<br />
Corollaire 17. Si f : R → R est une <strong>fonction</strong> T-périodique continue <strong>et</strong> dérivable par mor-<br />
ceaux sur [0,T] alors pour tout réel x ∈ R,<br />
f(x) = a0<br />
2 +(ancos(nωx)+bnsin(nωx)).<br />
n1<br />
A. Bouarich <strong>Suites</strong> <strong>et</strong> séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s
98 Les séries <strong>de</strong> Fourier<br />
Le théorème <strong>de</strong> Dirichl<strong>et</strong> nous perm<strong>et</strong> <strong>de</strong> calculer la somme <strong>de</strong> toutes les séries <strong>de</strong> Fourier<br />
que nous avons étudié dans le paragraphe 2.2.<br />
Exemple 28. 1) Rappelons qu’au paragraphe 2.2.1, pour tout réel a = 0 nous avons déter-<br />
miné la série <strong>de</strong> Fourier associée à la <strong>fonction</strong> 2π-périodique qui coïnci<strong>de</strong> avec e ax sur ]0,2π[,<br />
si on lui applique le théorème <strong>de</strong> Dirichl<strong>et</strong> on conclut que<br />
e ax = (e2πa −1)<br />
2πa<br />
+ 1 <br />
π<br />
n1<br />
(e2πa −1)<br />
a2 (acos(nx)−nsin(nx)), ∀x ∈]0,2π[ (5.7)<br />
+n2 Notons que si on porte x = 0 dans c<strong>et</strong>te série <strong>de</strong> Fourier on déduit la somme suivante<br />
e 2πa −1<br />
2πa<br />
a <br />
+<br />
π<br />
n1<br />
e 2πa −1<br />
a 2 +n<br />
2<br />
2 = 1+e2πa<br />
à partir <strong>de</strong> laquelle on déduit aussi que pour tout réel a = 0,<br />
πacoth(πa) = 1+2a 2<br />
n1<br />
1<br />
n 2 +a 2<br />
, ∀a ∈ R ∗<br />
(5.8)<br />
Observons aussi que si dans la série <strong>de</strong> Fourier <strong>de</strong> e ax on porte x = π on obtient la somme<br />
suivante<br />
eaπ e2aπ 1 a <br />
= +<br />
−1 2πa π<br />
n1<br />
qui est équivalente à l’expression suivante,<br />
aπ<br />
= 1+2a2<br />
Sh(aπ)<br />
n1<br />
(−1) n<br />
n 2 +a 2<br />
(−1) n<br />
n 2 +a 2<br />
(5.9)<br />
2) Si on applique le théorème <strong>de</strong> Dirichl<strong>et</strong> à la série <strong>de</strong> Fouriée assocée à la <strong>fonction</strong> 2π-<br />
périodique qui coïnci<strong>de</strong> avec la <strong>fonction</strong> cos(λx) sur [0,2π] (cf. 2.2.2) on obtient pour tout<br />
réel x ∈]0,2π[,<br />
cos(λx) = sin(2πλ)<br />
2πλ +<br />
λsin(2πλ)cos(nx)−n(1−cos(πλ))sin(nx)<br />
π(λ<br />
n1<br />
2 −n2 )<br />
Pour x = 0 le théorème <strong>de</strong> Dirichl<strong>et</strong> nous perm<strong>et</strong> <strong>de</strong> déduire que la somme<br />
1+cos(2πλ)<br />
2<br />
= sin(2πλ)<br />
2πλ<br />
+ λsin(2πλ)<br />
π<br />
<br />
n1<br />
qui nous perm<strong>et</strong> <strong>de</strong> voir que pour tout réel λ ∈ Z on a la somme<br />
πλcotg(πλ) = 1+2λ 2<br />
n1<br />
1<br />
λ 2 −n 2.<br />
1<br />
λ 2 −n 2<br />
De même, si dans la série <strong>de</strong> Fourier <strong>de</strong> cos(λx) on porte x = π on obtient la somme,<br />
cos(λπ) = sin(2πλ)<br />
2πλ +<br />
λsin(2πλ)(−1)<br />
n1<br />
n<br />
π(λ2 −n2 )<br />
(5.10)<br />
A. Bouarich <strong>Suites</strong> <strong>et</strong> séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s
Problème <strong>de</strong> convergence <strong>de</strong>s séries <strong>de</strong> Fourier 99<br />
qui est équivalente à la somme suivante<br />
λπ<br />
= 1+2λ2<br />
sin(λπ)<br />
n1<br />
(−1) n<br />
λ 2 −n 2<br />
(5.11)<br />
3) La série <strong>de</strong> Fourier associée à la <strong>fonction</strong> 2π-périodique impaire qui coïnci<strong>de</strong> avec la fonc-<br />
tion h(x) = 1 sur [0,π] converge simplement vers la somme :<br />
4 sin((2n+1)x)<br />
= 1, ∀x ∈]0,π[ (5.12)<br />
π 2n+1<br />
n1<br />
Observons que puisque l’expression qu’on vient d’établir est équivalente à la suivante<br />
<br />
n1<br />
on voit que si on prend x = π<br />
2<br />
sin((2n+1)x)<br />
2n+1<br />
= π<br />
, ∀x ∈]0,π[<br />
4<br />
c<strong>et</strong>te somme implique que la série numérique alternée<br />
<br />
n0<br />
(−1) n π<br />
=<br />
2n+1 4<br />
La figure 7 ci-<strong>de</strong>ssous représente le graphe <strong>de</strong> la somme partielle<br />
Sn(x) = 4<br />
k=n sin((2k +1)x)<br />
π 2k+1<br />
k=0<br />
<strong>de</strong> la série <strong>de</strong> Fourier qu’on vient <strong>de</strong> déterminier pour les valeurs n = 17 <strong>et</strong> n = 22. Sur<br />
c<strong>et</strong>te figure on voit que le graphe <strong>de</strong> la somme partielle Sn(x) oscille autour du graphe 6 <strong>de</strong><br />
la <strong>fonction</strong> h(x) tout en cherchant à converger vers lui. Il faut noter que lorsque la variable<br />
x s’approche <strong>de</strong> la discontinuité <strong>de</strong>la <strong>fonction</strong> h(x) le graphe <strong>de</strong> la somme partielle Sn(x)<br />
s’éloigne légèrement du graphe <strong>de</strong> h(x). Ce phénomème s’explique par le fait qu’au voisinage<br />
d’une discontinuité <strong>de</strong> la <strong>fonction</strong> périodique h(x) sa somme partielle <strong>de</strong> Fourier ne converge<br />
pas unifomément.<br />
−7<br />
−6<br />
−5<br />
−4<br />
−3<br />
−2<br />
2<br />
1<br />
−1<br />
−1<br />
−2<br />
−3<br />
1 2 3 4 5 6<br />
Figure 5.7 – Le graphe bleu est celui <strong>de</strong> S17(x) <strong>et</strong> le rouge est celui se S22(x)<br />
A. Bouarich <strong>Suites</strong> <strong>et</strong> séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s
100 Les séries <strong>de</strong> Fourier<br />
Exercice 89. Soient a < b <strong>de</strong>ux réels <strong>et</strong> f : R → R une <strong>fonction</strong> 2π-périodique définie par,<br />
<br />
a si −π < x < 0<br />
f(x) =<br />
b si 0 < x < π.<br />
1) Calculer les coefficients <strong>de</strong> Fourier <strong>de</strong> la <strong>fonction</strong> f.<br />
2) En déduire que pour tout réel x ∈]0,π[ on a la somme π<br />
4<br />
= <br />
n1<br />
sin((2n−1)x)<br />
.<br />
2n−1<br />
Exercice 90. Soit f la <strong>fonction</strong> 2π-périodiques sur R telle que f(x) =| x | si | x | π.<br />
1) Calculer les coefficients <strong>de</strong> Fourier <strong>de</strong> la <strong>fonction</strong> f.<br />
2) Montrer que | x |= π 4 cos((2n+1)x)<br />
−<br />
2 π (2n+1) 2 .<br />
n1<br />
3) En déduire la somme <strong>de</strong>s séries numériques convergentes <br />
n1<br />
1 1<br />
<strong>et</strong><br />
(2n+1) 2 n<br />
n1<br />
2.<br />
Exercice 91. Soit α ∈ Z. En considèrant la <strong>fonction</strong> 2π-périodique qui coïnci<strong>de</strong> sur l’inter-<br />
valle ]−π,π[ avec la <strong>fonction</strong> sin(αx) montrer que pour tout réel | x |< π,<br />
<br />
n 2nsin(nx)<br />
(−1)<br />
n1<br />
π(α 2 −n 2 )<br />
= sin(αx)<br />
sin(πα)<br />
Exercice 92. Etudier la convergence <strong>de</strong> la série <strong>de</strong> Fourier associée à la <strong>fonction</strong> 1-périodique<br />
définie sur R par g(x) = x−[x] où [x] la partie entière du réel x.<br />
Exercice 93. Pour tout k ∈ N ∗ calculer l’intégrale simple<br />
la somme <strong>de</strong> la série trigonométrique, <br />
k1<br />
sin(kx)<br />
,∀x ∈ R.<br />
k<br />
π<br />
0<br />
(π −x)sin(kx)dx. En déduire<br />
Exercice 94. En calculant les coefficients <strong>de</strong> Fourier <strong>de</strong> la <strong>fonction</strong> 2π-périodique définie sur<br />
[−π,π] par | sin(x) | montrer que pour tout réel x ∈ R,<br />
| sin(x) | = 2<br />
<br />
1−2<br />
π<br />
<br />
n1<br />
= 8 (sin(nx))<br />
π<br />
n1<br />
2<br />
4n2 −1<br />
cos(2nx)<br />
4n2 <br />
−1<br />
Exercice 95. Refaire les questions <strong>de</strong> l’exercice précé<strong>de</strong>nt pour la <strong>fonction</strong> 2π-périodique<br />
définie sur le segment [−π,π] par | cos(x) |.<br />
Exercice 96. Développer en série <strong>de</strong> Fourier la <strong>fonction</strong> 2π-périodique, | sin 3 (x) |.<br />
Exercice 97. Démontrer que pour tout réel x ∈ [0,π] on a la somme<br />
x(π −x) = π2<br />
6 −<br />
cos(2nx)<br />
n<br />
n1<br />
2<br />
<strong>et</strong> en déduire la somme <strong>de</strong>s séries numériques convergentes <br />
n0<br />
1 (−1)<br />
<strong>et</strong><br />
n2 n0<br />
n−1<br />
n2 .<br />
A. Bouarich <strong>Suites</strong> <strong>et</strong> séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s
Problème <strong>de</strong> convergence <strong>de</strong>s séries <strong>de</strong> Fourier 101<br />
Exercice 98. Démontrer que pour tout réel x ∈ [0,π] on a la somme<br />
x(π −x) = 8 sin((2n+1)x)<br />
π (2n+1)<br />
n0<br />
3<br />
<strong>et</strong> en déduire que la somme <strong>de</strong> la série numérique convergente <br />
5.3.3 Théorème <strong>de</strong> la convergence quadratique<br />
n0<br />
(−1) n<br />
π3<br />
=<br />
(2n+1) 3 32 .<br />
Soitf : R → Rune<strong>fonction</strong>T-périodiquebornée<strong>et</strong>intégrablesurlesegment[0,T].Rappelons<br />
que sous ces hypothèses on pourra associer à la <strong>fonction</strong> f(x) une série <strong>de</strong> Fourier dont la<br />
somme partielle d’ordre n 0 est donnée par<br />
Sn(x) = a0<br />
2 +<br />
k=n<br />
k=1<br />
<br />
(akcos(kωx)+bksin(kωx))<br />
Notons aussi que puisque la <strong>fonction</strong> f(x) est bornée on pourra trouver un réel M > 0 tel que<br />
pour tout réel x ∈ [0,T],<br />
| f(x) | 2 M | f(x) | =⇒<br />
T<br />
0<br />
| f(x) | 2 T<br />
dx M | f(x) | dx < +∞<br />
0<br />
Ainsi, le but <strong>de</strong> ca paragraphe est <strong>de</strong> calculer l’intégrale simple définie<br />
<strong>fonction</strong> <strong>de</strong>s coefficients <strong>de</strong> Fourier <strong>de</strong> la <strong>fonction</strong> f(x).<br />
Pour calcuer l’intégrale simple définie<br />
T<br />
0<br />
T<br />
0<br />
| f(x) | 2 dx en<br />
| f(x) | 2 dx nous allons considérer la suite réelle<br />
∆n(f) = 2<br />
T<br />
| f(x)−Sn(x) |<br />
T 0<br />
2 dx<br />
dont le terme général s’appelle l’écart quadratique d’ordre n 0 <strong>de</strong> la <strong>fonction</strong> f. Le nombre<br />
réel ∆n(f) est fini <strong>et</strong> il mesure l’erreur qu’on comit lorsque la valeur <strong>de</strong> la <strong>fonction</strong> f(x) est<br />
approchée par la n ième somme partielle <strong>de</strong> la série <strong>de</strong> Fourier associée à f(x).<br />
Lemme 5. Pour tout entier 0 k n on a les formules suivantes<br />
1.<br />
2.<br />
T<br />
0<br />
T<br />
0<br />
(f(x)−Sn(x))cos(kωx)dx = 0;<br />
(f(x)−Sn(x))sin(kωx)dx = 0.<br />
En conséquence, pour tout entier n 0 on a<br />
Démonstration. Exercice.<br />
T<br />
Les formules du lemme impliquent la proposition suivante :<br />
0<br />
(f(x)−Sn(x))Sn(x)dx = 0.<br />
A. Bouarich <strong>Suites</strong> <strong>et</strong> séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s
102 Les séries <strong>de</strong> Fourier<br />
Proposition 19. Soit f : R → R une <strong>fonction</strong> T-périodique <strong>et</strong> intégrable sur [0,T]. Alors,<br />
pour tout entier n 0 l’écart quadratique d’ordre n 0 <strong>de</strong> la <strong>fonction</strong> f(x) est égale à<br />
∆n(f) = 2<br />
T<br />
| f(x) |<br />
T 0<br />
2 <br />
(a0)<br />
dx−<br />
2<br />
2 +<br />
k=n <br />
k=1<br />
((ak) 2 +(bk) 2 )<br />
Démonstration. En eff<strong>et</strong>, grâce aux résultats du lemme on pouura déveloper l’écart quadra-<br />
tique ∆n(f) comme suit :<br />
∆n(f) = 2<br />
T<br />
T<br />
= 2<br />
T<br />
= 2<br />
T<br />
= 2<br />
T<br />
0<br />
T<br />
0<br />
T<br />
0<br />
T<br />
0<br />
| f(x)−Sn(x) | 2 dx<br />
(f(x)−Sn(x))f(x)dx− 2<br />
T<br />
| f(x) | 2 dx− 2<br />
T<br />
T<br />
| f(x) | 2 (a0) 2<br />
dx−[<br />
2 +<br />
0<br />
T<br />
0<br />
f(x)Sn(x)dx<br />
<br />
(f(x)−Sn(x))Sn(x)dx<br />
k=n<br />
((ak) 2 +(bk) 2 )]<br />
Corollaire 18 (Inégalité <strong>de</strong> Bessel). Soit f : R → R une <strong>fonction</strong> T-périodique <strong>et</strong> intégrable<br />
sur [0,T]. Alors, les coefficients <strong>de</strong> Fourier <strong>de</strong> la <strong>fonction</strong> f vérifient l’inégalité <strong>de</strong> Bessel,<br />
(a0) 2<br />
2 +<br />
n1<br />
k=1<br />
((an) 2 +(bn) 2 ) 2<br />
T<br />
T<br />
0<br />
| f(x) | 2 dx. (5.13)<br />
Démonstration. Obserer que la propostion 19 impliqueque l’écart quadratiqued’ordre n 0,<br />
∆n(f) 0. Donc,<br />
∀n 0,<br />
<br />
(a0) 2<br />
2 +<br />
k=n<br />
((ak)<br />
k=1<br />
2 +(bk) 2 ) 2<br />
T<br />
T<br />
0<br />
<br />
| f(x) | 2 dx<br />
Par conséquent, si on fait tendre l’entier n 0 vers l’infini on obtient l’inégalité <strong>de</strong> Bessel :<br />
(a0) 2<br />
2 +((ak)<br />
k1<br />
2 +(bk) 2 ) 2<br />
T<br />
| f(x) |<br />
T 0<br />
2 dx.<br />
De l’inégalité <strong>de</strong> Bessel on déduit que pour toute <strong>fonction</strong> f(x) qui est T-périodique, bornée<br />
<strong>et</strong> intégrable sur le segment [0,T] alors si an <strong>et</strong> bn désignent les coefficient <strong>de</strong> Fourier <strong>de</strong> f(x)<br />
les séries numériques <br />
| an | 2 <strong>et</strong> <br />
| bn | 2 convergent. Ceci confirme donc le résultat du<br />
n0<br />
n0<br />
lemme <strong>de</strong> Lebesgue qui affirme que les coefficients <strong>de</strong> Fourier <strong>de</strong> la <strong>fonction</strong> f ten<strong>de</strong>nt vers<br />
zéro i.e. :<br />
lim<br />
n→+∞ an = 0 <strong>et</strong> lim<br />
n→+∞ bn = 0<br />
Notons que grâce à c<strong>et</strong>te remarque on déduit que les séries trigonométriques,<br />
f(x) = <br />
n0<br />
sin(nx)<br />
√ n<br />
<strong>et</strong> g(x) = <br />
n0<br />
sin(nx)<br />
Log(n+1)<br />
A. Bouarich <strong>Suites</strong> <strong>et</strong> séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s
Problème <strong>de</strong> convergence <strong>de</strong>s séries <strong>de</strong> Fourier 103<br />
converge simplement sur R vers <strong>de</strong>s <strong>fonction</strong>s 2π-périodique mais ne sont pas intégrables sur<br />
le segment [0,2π]. Ainsi, on conclut que ces <strong>de</strong>ux séries trigonométriques ne sont pas <strong>de</strong>s<br />
séries <strong>de</strong> Fourier.<br />
Le théorème suivant prouvé par Parseval montre qu’en eff<strong>et</strong> l’inégalité <strong>de</strong> Bessel est une varie<br />
égalité.<br />
Théorème 28 (I<strong>de</strong>ntité <strong>de</strong> Parseval). Soit f : R → R une <strong>fonction</strong> T-périodique <strong>et</strong> intégrable<br />
sur [0,T]. Alors, on a la formule suivante qui s’appelle i<strong>de</strong>ntité <strong>de</strong> Parseval :<br />
2<br />
T<br />
T<br />
0<br />
(f(x)) 2 (a0) 2<br />
dx =<br />
2 +<br />
n1<br />
(a 2 n +b 2 n). (5.14)<br />
Démonstration. On donnera qu’une preuve lorsque la série <strong>de</strong> Fourier <strong>de</strong> f converge unifor-<br />
mément, le cas général sera admis.<br />
En eff<strong>et</strong>, si la suite <strong>de</strong>s sommes partielles Sn(x) <strong>de</strong> la série <strong>de</strong> Fourier associée à f(x) conver-<br />
gence uniformément sur [0,T] vers la <strong>fonction</strong> f(x) alors en faisant tendre l’entier n 0 vers<br />
l’infini dans la suite numérique,<br />
∆n(f) = 2<br />
T<br />
T<br />
= 2<br />
T<br />
0<br />
T<br />
0<br />
| f(x)−Sn(x) | 2 dx<br />
on en déduit que 2<br />
T<br />
| f(x) |<br />
T 0<br />
2 (a0) 2<br />
dx =<br />
2 +<br />
n1<br />
<br />
| f(x) | 2 (a0) 2<br />
dx−[<br />
2 +<br />
k=n<br />
((ak)<br />
k=1<br />
2 +(bk) 2 )],<br />
(a 2 n +b 2 n).<br />
Ci-<strong>de</strong>ssous, nous appliquerons la formule <strong>de</strong> Parseval pour calculer la somme <strong>de</strong> certaines<br />
séries numériques remarquables.<br />
Exemple 29. 1) Dans c<strong>et</strong> exemple nous allons calculer la somme <strong>de</strong>s <strong>de</strong>ux séries numériques,<br />
<br />
n1<br />
1<br />
n2 <strong>et</strong> 1<br />
(2n+1) 2<br />
Pour cela considérons la <strong>fonction</strong> 2π-périodique qui coïnci<strong>de</strong> sur la pério<strong>de</strong> [−π,π] avec la<br />
<strong>fonction</strong> impaire f(x) = x. Donc, les coefficient <strong>de</strong> Fourier an <strong>de</strong> f(x) sont nuls tandis que<br />
ses coefficients <strong>de</strong> Fourier bn se calculent par l’intégrale définie,<br />
bn = 1<br />
π<br />
xsin(nx)dx =<br />
π −π<br />
2<br />
π<br />
xsin(nx)dx<br />
π 0<br />
= 2<br />
π [−xcos(nx)<br />
<br />
<br />
<br />
n<br />
π<br />
0 +<br />
π cos(nx)<br />
dx] = 2<br />
n<br />
(−1)n−1<br />
n<br />
Notons que d’après le théorème <strong>de</strong> Dirichl<strong>et</strong> on obtient la somme suivante<br />
0<br />
n1<br />
∀x ∈]−π,π[, x = (−1) n−1<br />
sin(nx)<br />
n<br />
A. Bouarich <strong>Suites</strong> <strong>et</strong> séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s<br />
n1
104 Les séries <strong>de</strong> Fourier<br />
Notons aussi que si on applique la formule <strong>de</strong> Parseval à la <strong>fonction</strong> f(x) sur l’intervalle<br />
[−π,π] on trouve que<br />
π 1<br />
π −π<br />
Donc, la série <strong>de</strong> Riemann<br />
x 2 dx = <br />
(bn) 2<br />
n1<br />
<br />
n1<br />
=⇒<br />
1 π2<br />
=<br />
n2 6<br />
D’autre part, observons que la série <strong>de</strong> Riemann <br />
π 2<br />
6<br />
= <br />
n1<br />
1 <br />
=<br />
n2 n0<br />
Par conséquent, la série <strong>de</strong> Riemann<br />
1<br />
+<br />
(2n) 2<br />
n1<br />
<br />
n1<br />
n1<br />
1<br />
(2n+1)<br />
1 π2<br />
=<br />
(2n+1) 2 8<br />
2π 2<br />
3<br />
= 4<br />
n1<br />
1<br />
n 2<br />
1<br />
peut s’écrire sous la forme<br />
n2 1<br />
= 2 4<br />
π 2<br />
6 +<br />
n1<br />
1<br />
(2n+1) 2<br />
2) Dans c<strong>et</strong>te exemple, nous allons calculer la somme <strong>de</strong>s <strong>de</strong>ux séries <strong>de</strong> Riemann<br />
<br />
n1<br />
(−1) n−1<br />
n2 <strong>et</strong> 1<br />
n4 en utilisant la série <strong>de</strong> Fourier <strong>de</strong> la <strong>fonction</strong> 2π-périodique qui coïnci<strong>de</strong> sur la pério<strong>de</strong> [−π,π]<br />
avec la <strong>fonction</strong> g(x) = x 2 .<br />
Notons que puisque la <strong>fonction</strong> g(x) est paire ses coefficients <strong>de</strong> Fourier bn sont nuls tandis<br />
que les coefficients an se calculent par intégration par parties comme suit :<br />
<strong>et</strong> pour tout entier n 1,<br />
π<br />
n1<br />
a0 = 2<br />
π<br />
x<br />
π 0<br />
2 dx = 2π2<br />
3<br />
π<br />
an = 1<br />
x<br />
π −π<br />
2 cos(nx)dx = 2<br />
x<br />
π 0<br />
2 cos(nx)dx<br />
= 2<br />
<br />
x2sin(nx) π π n 0 −<br />
π 2xsin(nx)<br />
<br />
dx<br />
0 n<br />
= 2<br />
<br />
2xcos(nx)<br />
π n2 π 0 −<br />
π 2<br />
<br />
cos(nx)dx<br />
n2 = 4 (−1)n<br />
n 2<br />
Ainsi, d’après le théorème <strong>de</strong> Dirichl<strong>et</strong>, puisque la <strong>fonction</strong> g : R → R est continue donc sa<br />
série <strong>de</strong> Fourier converge en tout point x ∈ [−π,π] vers<br />
x 2 = π2<br />
3 +4<br />
(−1)<br />
n1<br />
n<br />
n2 cos(nx).<br />
A. Bouarich <strong>Suites</strong> <strong>et</strong> séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s<br />
0
Problème <strong>de</strong> convergence <strong>de</strong>s séries <strong>de</strong> Fourier 105<br />
Donc, si on porte x = 0 dans la série <strong>de</strong> Fourier précé<strong>de</strong>nte on obtient la somme<br />
<br />
n1<br />
(−1) n−1<br />
n 2 = π2<br />
12<br />
Enfin, observons que si on applique la formule <strong>de</strong> Parseval à la <strong>fonction</strong> g(x) <strong>et</strong> à ses coeffi-<br />
cients <strong>de</strong> Fourier on obtient :<br />
1<br />
π<br />
π<br />
−π<br />
x 4 dx =<br />
2π 4<br />
5<br />
(a0) 2<br />
2 +(an)<br />
n1<br />
2<br />
2π4<br />
=<br />
9 +<br />
16<br />
n<br />
n1<br />
4<br />
Ainsi, après simplification on conclut que la série <strong>de</strong> Riemann<br />
<br />
n1<br />
1 π4<br />
=<br />
n4 90<br />
Exercice 99. Soit α ∈]0,π[ un réel fixé. On définit sur R une <strong>fonction</strong> 2π-périodique<br />
π<br />
si x ∈ [−α,α]<br />
f(x) = 2<br />
0 si x ∈]α,2π −α[<br />
1) Calculer les coefficients <strong>de</strong> Fourier <strong>de</strong> la <strong>fonction</strong> f(x).<br />
2) La série <strong>de</strong> Fourier converge-t-elle sur R?<br />
3) Déterminer en <strong>fonction</strong> <strong>de</strong> α la somme <strong>de</strong> chacune <strong>de</strong>s séries numériques,<br />
<br />
n1<br />
sin(nα)<br />
n<br />
<strong>et</strong> <br />
n1<br />
sin 2 (nα)<br />
n 2<br />
Exercice 100. Soit f : R → R la <strong>fonction</strong> 2π-périodique définie pour tout réel x ∈ [−π,π]<br />
par f(x) = x 3 −π 2 x.<br />
1) Calculer les coefficients <strong>de</strong> Fourier <strong>de</strong> f(x).<br />
2) Déterminer la somme <strong>de</strong> la série <strong>de</strong> Fourier <strong>de</strong> f(x).<br />
3) En déduire la somme <strong>de</strong>s <strong>de</strong>ux séries numériques <br />
n0<br />
(−1) n <br />
<strong>et</strong><br />
(2n+1) 3<br />
n1<br />
Exercice 101. Soit f : R → R une <strong>fonction</strong> <strong>de</strong> classe C 2 , 2π-périodique <strong>et</strong> telle que<br />
2π<br />
0<br />
f(t)dt = 0<br />
On désigne respectivement par cn(f), cn(f ′ ) <strong>et</strong> cn(f”) les coefficients <strong>de</strong> Fourier complexes<br />
1<br />
n 6.<br />
<strong>de</strong> f(x), <strong>de</strong> sa <strong>fonction</strong> dérivée première f ′ (x) <strong>et</strong> <strong>de</strong> sa dérivée secon<strong>de</strong> f”(x).<br />
1) Calculer les coefficients <strong>de</strong> Fourier cn(f ′ ) <strong>et</strong> cn(f”) en <strong>fonction</strong> <strong>de</strong> cn(f).<br />
2) A l’ai<strong>de</strong> du théorème <strong>de</strong> Parseval montrer que si pour tout réel<br />
t ∈ [0,2π], | f(t) || f”(t) |<br />
A. Bouarich <strong>Suites</strong> <strong>et</strong> séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s
106 Les séries <strong>de</strong> Fourier<br />
alors les coefficients <strong>de</strong> Fourier cn(f) = 0,∀n 2. En déduire qu’il existe θ ∈ [0,2π] <strong>et</strong><br />
a ∈ R + tels que f(x) = acos(t+θ),∀t ∈ [0,2π].<br />
3) A l’ai<strong>de</strong> du théorème <strong>de</strong> Parseval montrer que<br />
4) Dans quel cas l’égalité a-t-elle lieu?<br />
2π<br />
0<br />
| f(t) | dt <br />
2π<br />
| f<br />
0<br />
′ (t) | 2 dt.<br />
A. Bouarich <strong>Suites</strong> <strong>et</strong> séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s
Cercle <strong>de</strong> convergence, 60<br />
Coefficients <strong>de</strong> Fourier, 86<br />
Coefficients <strong>de</strong> Fourier complexes, 88<br />
Comparaison d’une série avec une intégrale<br />
simple généralisée, 11<br />
Composition <strong>de</strong> <strong>de</strong>ux séries entières, 68<br />
Conditions <strong>de</strong> Diriochl<strong>et</strong>, 95<br />
Convergence normale, 45<br />
Convergence quadratique, 100<br />
Convergence simple, 28<br />
Convergence uniforme, 30<br />
Critère d’équivalence <strong>de</strong>s séries, 10<br />
Critère <strong>de</strong> convergence d’Abel, 23<br />
Critères <strong>de</strong> comparaison <strong>de</strong>s séries, 8<br />
Disque <strong>de</strong> convergence, 60<br />
Domaine <strong>de</strong> convergence, 28<br />
Écart quadratique, 100<br />
Équation différentielle, 79<br />
Équation différentielle <strong>de</strong> Bessel, 82<br />
Équation différentielle ordianire, 79<br />
Équation différentielle singulière, 82<br />
Fonction analytique, 71<br />
Fonction <strong>de</strong> Bessel d’indice entier, 84<br />
Fonction <strong>de</strong> Bessel d’indice non entier, 84<br />
Fonction développable en série entière, 71<br />
Formule <strong>de</strong> Hadamard, 62<br />
Formule <strong>de</strong> Stirling, 26<br />
Formule du double limites, 36<br />
I<strong>de</strong>ntité <strong>de</strong> Parseval, 102<br />
Inégalité <strong>de</strong> Bessel, 101<br />
In<strong>de</strong>x<br />
Limi<strong>et</strong> inférieure, 62<br />
Limite simple, 28, 44<br />
Limite supérieure, 62<br />
Noyau <strong>de</strong> Dirichl<strong>et</strong>, 94<br />
Premier critère <strong>de</strong> comparaison <strong>de</strong>s séries, 8<br />
Produit <strong>de</strong> Cauchy <strong>de</strong> <strong>de</strong>ux séries entières, 68<br />
Rayon <strong>de</strong> convergence, 58, 60<br />
Règle <strong>de</strong> Cauchy, 16<br />
Règle <strong>de</strong> D’Alembert, 17<br />
Règle <strong>de</strong> Duhamel, 19<br />
Règle <strong>de</strong> Gauss, 19<br />
Reste d’ordre n d’une série, 4<br />
Second critère <strong>de</strong> comparaison <strong>de</strong>s séries, 9<br />
Série absolument convergente, 20<br />
Série alternée, 22<br />
Série convergente, 4<br />
Série <strong>de</strong> Bertrand, 14<br />
Série <strong>de</strong> Fourier complexe, 88<br />
Série <strong>de</strong> Fourier d’une <strong>fonction</strong> périodique, 87<br />
Série <strong>de</strong> Riemann, 12<br />
Série entière, 57<br />
Série entière <strong>de</strong> Taylor, 71<br />
Série harmonique, 6<br />
Série numérique, 4<br />
Série semi-convergente, 20<br />
Séries géométriques, 7<br />
Séries trigonométriques, 85<br />
Somme <strong>de</strong> <strong>de</strong>ux séries entières, 67<br />
Somme partielle, 4<br />
Suite <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s, 28<br />
A. Bouarich <strong>Suites</strong> <strong>et</strong> séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s
108 INDEX<br />
Théorème d’Hadamard, 63<br />
Théorème d’intégrabilité, 37<br />
Théorème<strong>de</strong>continuité<strong>de</strong>laconvergenceuni-<br />
forme, 35<br />
Théorème <strong>de</strong> dérivabilité, 40<br />
Théorème d’Abel, 50, 58<br />
Théorème d’intégrabilité, 49<br />
Théorème <strong>de</strong> continuité, 49<br />
Théorème <strong>de</strong> dérivabilité, 49<br />
Théorème <strong>de</strong> Dirichl<strong>et</strong>, 95<br />
Théorème <strong>de</strong> Liebniz, 22, 52<br />
Théorème <strong>de</strong> Weierstrass, 45<br />
Uniformément <strong>de</strong> Cauchy, 30<br />
A. Bouarich <strong>Suites</strong> <strong>et</strong> séries <strong>de</strong> <strong>fonction</strong>s