Archologie franaise, ou Vocabulaire de mots anciens tombs en ...

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BIBUOTHECÀ


ARCHEOLOGIE

FRANÇAISE.

TOME PREMIER.


DE L'IMPRIMERIE DE FIRMIN DIDOT,

IMPRIMEUR VU ROI ET DE i/l^STITUT , RUE JACOB, N° 24.


ARCHÉOLOGIE

FRANÇAISE,

VOCABULAIRE DE MOTS ANCIENS TOMBES EN

DÉSUÉTUDE, ET PROPRES A ETRE RESTITUÉS

AU LANGAGE MODERNE.

Par Charles POUGENS,

DE L'ACADEMIE ROYALE DES INSCRIPTIONS ET BELLES- LETTRES , ETC., ETC.

TOME PREMIER.

A PARIS,

\ u ***«a ^

CHEZ TH. DESOER, LIBRAIRE,

M DCCC XXI.

«BLIOTHEO


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MÉMOIRE

SUR LA NECESSITE DE RESTITUER AU LANGAGE MODERNE

PLUSIEURS MOTS ANCIENS TOMBÉS EN DÉSUÉTUDE , ET

QUI SE RETROUVENT DANS LES MEILLEURS ÉCRIVAINS

DES XII e

, XIII e

, XIV e

, XV e ET XVI e SIÈCLES.

Obscurata diù populo bonus eruet, atque

Proferet in lucem speciosa vocabula rerum

Quae priscis memorata Catonibus atque Cethegis

Nunc situs informis premit ac déserta vetustas.

Horat. 1. II , Epist. 2, v. n5 et seqq.

IJe grands écrivains , même des hommes de

génie , ont cherché à réintégrer dans le langage

moderne plusieurs mots sonores et nécessaires

qui , proscrits par un capricieux usage , sont

tombés en désuétude. Ce sentiment de nos pro-

pres richesses a été en même temps pour eux

une raison de plus de s'élever avec force contre

les invasions du néologisme , et de frapper d'ana-

thème certaines créations illégitimes qui , loin


(6)

d'étendre la signification primitive des mots, ne

servent qifà l'altérer, et qui sont les signes les

moins équivoques d'une imagination stérile ou

d'un défaut absolu d'originalité dans les idées. En

effet, sans cette sage surveillance, la langue fran-

çaise , qui a en quelque sorte fait la conquête des

nations policées de l'Europe , dégénérerait bientôt

en un jargon obscur, inintelligible. Or, le premier

devoir de l'écrivain est d'être clair, et de n'employer

que des expressions qui ne présentent jamais à l'es-

prit des sens mixtes ou indécis. Celui qui s'écartera

de ce principe n'aura ni pureté ni élégance : jamais

il ne sera classique. Disons même que l'intérêt de

la vérité l'exige ainsi. On ne saurait le nier : le choix

des expressions , et une attention sévère à ne se

servir que du mot propre , influent plus qu'on ne

le pense sur les progrès de la raison ; car enfin les

mots font aussi les choses , et , comme je crois

l'avoir dit dans quelques-uns de mes ouvrages,

lorsque les erreurs des hommes ne sont pas des

erreurs de physique, elles sont presque toujours

des erreurs de grammaire.

Qu'on ne croie pas néanmoins que je m'élève

sans réserve contre l'introduction de certains mots


(7)

nouveaux qui deviennent nécessaires à mesure que

s'étend le cercle de nos idées et celui des sciences

exactes et naturelles; car c'est mal connaître une

vérité que de n'en pas connaître les bornes, et

une sévérité aveugle deviendrait aussi un vanda-

lisme.

J'ai donc pensé qu'il serait utile de placer à la

suite de mon Archéologie Française un choix de

divers mots qui ne se trouvent point dans le Dic-

tionnaire de l'Académie, quoiqu'ils aient été em-

ployés avec succès par les grands écrivains qui

ont illustré la langue , et préparé son universa-

lité. Cette vie occulte, cette tendance des langues

vers leur perfectionnement, doit être entretenue

avec soin; mais, comme en toutes choses, l'abus

en serait le poison. Distinguons un destructeur

néologisme d'une sage et vivifiante néologie.

Si Desportes , né dix ans avant Malherbe , et à

quiBoileau n'a peut-être pas rendu assez de justice,

si Malherbe lui-même, Amyot, Montaigne et tant

d'autres , se fussent traînés en esclaves sur les pas

de leurs devanciers, s'ils eussent craint d'enrichir

par d'heureuses innovations notre langue alors

indécise et entachée de son impureté primitive.


(8)

elle serait encore ce qu'elle était du temps de

Guyot de Provins, de Gautier de Coinsy , de Jehan

de Meung , de Marie de France , d'Eustache Des-

champs , etc.

C'est, comme personne ne l'ignore, à l'élégant

et sensible Desportes que nous devons le mot

pudeur , aussi cher à la poésie qu'à la prose. Avant

Malherbe , on ne connaissait point les mots insi-

dieux , sécurité , gracieux , incendie , transjuge ,

ambitionner , insulter , enfin une foule d'autres

qu'il est impossible de rapporter ici , et qui tous

sont postérieurs au siècle où vivait cet ancien

législateur de la langue. Le verbe ambitionner eut

beaucoup de peine à s'introduire , et les difficultés

qu'il éprouva vérifièrent le mot si connu de

Balzac (i).

J'insiste donc. Sans doute il est nécessaire , comme

je viens de le dire, d'éviter ces audaces de langage,

ces fausses hardiesses qui caractérisent nos Ron-

sard modernes , dont les tristes succès mérite-

(i) « S'il n'est pas françois cette nnnée-ci , il îe sera Tannée

prochaine. »


(9)

raient , si j'ose m'exprimer ainsi , d'être inscrits

par le bon goût dans les fastes du ridicule ; car

enfin ces informes créations ne peuvent jamais rem-

placer qu'illégitimement, et pour un temps fort

court, les révélations subites du talent et du génie

sur le choix du mot propre, et sur les nuances

variées dont chaque expression de la langue est

susceptible, caractère distinctif des écrivains véri-

tablement classiques. Mais, je le répète, car on ne

saurait trop insister sur ce principe , préservons-

nous aussi de la pusillanime austérité de ceux qui

voudraient nous persuader que la belle langue de

Pascal et de Racine suffit seule à tous nos besoins.

Ne repoussons point avec trop de rigorisme les in-

novations d'une sage néologie, mais sous la condi-

tion expresse que chaque mot proposé sera soumis

à de lentes , à de sages épurations. La langue fran-

çaise, a-t-on dit, est une mendiante orgueilleuse

à qui il faut faire la charité malgré elle ; si or-

gueilleuse , devrait -on ajouter, qu'elle ne veut

recevoir que des pièces d ?

or.

Toutefois, avant d'avoir recours à de nouvelles

créations, pourquoi ne chercherions- nous pas,

comme je l'ai dit plus haut, à rappeler d'un in~


( io)

juste exil une foule d'expressions nécessaires et

sonores que nos écrivains modernes ont, par je

ne sais quelle fausse délicatesse, laissé tomber en

désuétude , et dont les étrangers ont eu le bon

esprit de conserver un assez grand nombre?

J'ai employé plusieurs années à compulser avec

soin pour mon Trésor des Origines et même pour

mon Dictionnaire Grammatical raisonné de la

Langue Française , dont j'ai publié récemment le

Spécimen (i), les écrivains du douzième siècle et

des siècles suivans. Or j'ai trouvé que le nombre

des mots considérés comme surannés, et mis pour

ainsi dire hors de la loi sans motif valable , s'élève

à près de deux mille.

J'ose avancer ici que plusieurs des mots que je

cherche a racheter d'un injuste oubli, ne contri-

bueront pas médiocrement , comme il sera facile

de s'en convaincre , à multiplier ces nuances si

précieuses pour l'éloquence et pour la poésie.

Par exemple, le vieux mot attoucher , employé

(i) Imprimerie Royale. Paris, i&kj, Treuttel et Wurtz,

rue de Bourbon, n° 17. i vol. in-4 de 5oo pages.


(

» )

par Herbers , Rom. de Dolopatos , Et. Pasquier

Sully, etc., etc., pour signifier opérer par attou-

chement , offre un autre sens que son verbe

simple toucher {i). Conflagration et embrasement

ne sont pas exactement la même chose. — Désa-

nimè et inanimé sont loin d'être synonymes.

Désestimer n'est pas mépriser, — Desembellir n'est

point enlaidir. — Équanimité est plus rapide que

égalité d'ame , etc. , etc. Un grand nombre de ces

mêmes mots si injustement proscrits en com-

plètent aussi plusieurs autres. Par exemple, on se

sert du composé inadvertance , et nous avons

perdu son simple advertance. On ne dit plus angoisser,

et nous avons le substantif angoisse. —

Assavourer est plus rapide et plus expressif que

donner de la saveur. — On connaît la médisance,

et nous avons perdu le mot biendisance. — Nous

avons aguerrir, anoblir, asservir, captiver , favo-

riser , et nous n'avons plus désaguerrir , désa-

(i) Je n'ai point cru devoir charger les mots suivans de

citations et de noms d'auteurs, puisqu'on les trouvera néces-

sairement, avec les textes mêmes, dans chacun des articles

qui font partie de mon Arche'ologie Française.


noblir ,

( '*)

décaptiver, défavoriser. — Dèsaimer n'est

point haïr, c'est cesser d'aimer; dévouloir, cesser

de vouloir. Les verbes dévorer , engloutir , en-

vahir , ont perdu leurs substantifs dèvorateur

envahisseur y engloutisseur : Je substantif fruit n'a

plus ses verbes afruiter, enfruiter ; effruiter: enfin

nous voyons des hommes étranges, des choses

étranges , et l'on ne dit plus étrangeté. — Les

adjectifs aigu, uë, aqueux, euse , ont perdu leurs

substantifs acuité, aquosité , etc., etc.

Je me résume. Il importe aux intérêts de la

langue de revendiquer des mots essentiellement

français \ conservés le plus souvent par les écrivains

classiques des nations étrangères, et qui, proscrits

sans motifs légitimes (i), n'en sont pas moins, à

raison de leur force et de leur harmonie, néces-

saires aux orateurs et aux poètes , dont la langue

ne saurait être trop abondante.

(i) Vers la fin du seizième siècle, plusieurs écrivains, sous

prétexte d'épurer notre langue , s'attachèrent à bannir un assez

grand nombre de mots alors en usage. A la tête de ces sévères

réformateurs se trouvait notre célèbre poète Malherbe y

comme on peut le voir par ses notes manuscrites sur les

eeuvres de Desportes. Ce précieux exemplaire, annoté de la


( i3)

Je crois devoir aller ici au-devant d'une objec-

tion assez grave que ne manqueront pas sans

doute de me faire certains critiques. On dira

peut-être que cette réintégration d'un assez grand

nombre de mots anciens pourrait donner à la

langue française un caractère de vétusté nuisible

à la grâce, à l'élégance qui la caractérisent. Sans

d'ailleurs examiner le degré d'importance qu'on

doit accorder à cette censure , un peu sévère en

elle-même , je me hâterai de répondre qu'en

cherchant à restituer à notre langue une partie

de ses richesses primitives, je suis le premier à

recommander à nos écrivains modernes d'être

avares des mots que j'ai, pour ainsi dire, rede-

mandés aux siècles antérieurs : j'appelle donc

formellement ici la sévérité des hommes de goût

sur ces réintégrations précieuses sans doute , mais

dont on ne doit faire usage qu'avec ménagement

et une sage économie.

main de Malherbe , avait appartenu au président Bouhier, et

passa ensuite entre les mains de M. de Bourbonne, président

à mortier au parlement de Dijon, dans la bibliothèque duquel

j'ai eu occasion de l'examiner en 1777. J'ignore ce qu'il est

devenu depuis.


( «4)

J'ai eu soin de diviser mon Archéologie Fran-

çaise en deux parties. La première est consacrée

aux mots qui m'ont paru susceptibles d'être réin-

tégrés dans le vocabulaire de l'homme du monde

et de l'homme de goût. Ces articles sont accom-

pagnés de citations tirées de nos anciens écrivains,

et autant qu'il m'a été possible, j

?

ai suivi pour la

disposition de ces exemples l'ordre des siècles (i).

La seconde renferme les mots qui , sans être aussi

nécessaires , ou aussi sonores, ne m'ont cependant

point paru indignes d'être restitués au langage

moderne. J'en ai formé des appendices placés à la

suite de chaque lettre , et je ne les ai point ac-

compagnés de citations de textes; il suffisait d'in-

diquer le nom de l'auteur, le titre de l'ouvrage, le

livre et le chapitre dans lequel le mot se trouve.

(i) On me reprochera peut-être d'avoir mis des accens à

certains mots des textes que je rapporte. Si je publiais une

édition de quelque auteur ancien , il est vraisemblable que je

ne me permettrais pas cette liberté ; mais ne citant que des

phrases détachées , et obligé de déterminer d'une manière

précise le vrai sens des mots, l'essentiel était d'être clair. Je

puis d'ailleurs m'autoriser de l'exemple de feu M. Mouchet

de M. Méon, etc.


( i5 )

Un petit nombre des mots qui composent mon

Archéologie se trouvent déjà réintégrés dans le

Dictionnaire de l'Académie Française, édition de

1-798; mais je n'ai point cru néanmoins devoir me

dispenser de les comprendre dans mon Vocabu-

laire, l'édition de 1762 étant considérée jusqu'à

ce jour comme la seule authentique ; je les ai

seulement désignés par un astérisque.

A la suite des textes français, je place, lorsque

cela est nécessaire , divers passages des auteurs

italiens, espagnols, anglais, dans lesquels le mot

oublié par nous , et le plus souvent d'origine fran-

çaise, se trouve conservé par les écrivains de ces

trois langues, sauf les modifications et les dési-

nences propres au génie de chaque idiome.

Je laisse aux moralistes , aux historiens , aux

littérateurs, aux poètes, à juger si mon travail

leur offre quelque avantage. J'ai cherché à être

utile , en tirant laborieusement de la carrière quel-

ques blocs épars : c'est aux hommes de génie , aux

hommes de goût qu'appartient le droit exclusif de

les mettre en œuvre , de les mettre en place. Appelons-en

aussi à l'usage , le tyran , mais en même

temps le bienfaiteur des langues. N'oublions jamais


( 16 )

que la nôtre est devenue, pour ainsi dire, l'idiome

commun des gens de lettres et de la bonne com-

pagnie chez les nations policées de l'Europe. Sur-

tout ne prononçons qu'avec amour et respect le

nom des grands hommes qui ont étendu ses vic-

toires et ses conquêtes sur les points les plus

opposés du globe.

Le troisième et dernier volume de mon Archéo-

logie Française renfermera la notice bibliogra-

phique et littéraire des ouvrages imprimés ou

manuscrits cités dans ce Vocabulaire, et j'ai même

donné quelque étendue à ces analyses , afin qu'elles

pussent servir d'appendices à un cours d'ancienne

Littérature Française, ouvrage qui serait également

utile à la philosophie et aux lettres , en nous faisant

connaître l'esprit caractéristique de chaque siècle.


ARCHÉOLOGIE

FRANÇAISE.

ABJEGTER (S'), v. réfl. S'abaisser, s'humilier.

Or en Jésus nul au vray ne se fie

Sinon celui qui sous son bras puissant

En tous endroits ^abjecte et humilie.

Clém. Marot, Opusc. I ; OEuvr. t. I, p. 254.

Latin, abjicere se. Sic te ipse abjicies atque prosternes, ut

nihil inter te atque inter quadrupedem aliquem putes inter-

esse ?

Cicer. , Paradox. I,

ABOMINER, v. a. Avoir en abomination.

Quant aux meurtriers et décepteurs

Celui qui terre et ciel domine,

Les abomine.

Cl. Marot, Ps. 5; OEuv. t. III , p. 253.

A la vue de l'homme bigarre', auïcuns se mocquèrent,

aultres Vabominèrent, comme monstre infâme cre'é par erreur

de nature.

Raeel. , 1. III , Prolog.

Pour raison de quoi Isis les abomina par-dessus tous les

autres poissons.

Amyot , Plut. OEuvr. Mor. tom. XVII , p. 246.

Si les princes sont touchez de voir le monde be'nir la mé-

moire de Trajan , et abominer celle de Néron.

Mowtaig. , Ess. , 1. 11 , c. 16. Idem , 1. m , ci. Ibid., c. 5.

I


2 ABS

Il faut abominer ces paroles tyranniques et barbares, qui

dispensent les souverains de toutes lois, raison, équité, obli-

gation.

Charron, Sag. 1. III, c. 2.

Voyez aussi Eust. Deschamps , pocs. mss., fol. 73, col. 3.

— Continuation de Guill. de Tyr. Marten. , tom. V, col. 734.

Latin ,

abominari. Quod igitur nos maxime abominaremur,

vos ante omnia optaretis.

Tit-Liv., 1. XXX, c. 3o.

Italien, abbominare. Iddio gli ebbe in odio , abbominando-

gli per la superbia loro.

Giac. Passavant., Specchîo di -vera penitenza , 239.

Espagnol , abominar. Yâ por miséricordia de Dios , escar-

mentando en cabeza propia , los abomino.

Cervant. Quix. t. II, c ult.

Anglais , to abominate. He professed both to abominate and

despise ail mystery, refinement and intrigue, either in a prince

or minister.

Swift.

ABREUVEMENT, s. m. Action d'abreuver.

Xerxès assembla si grant bernaiges que par Yabevrement de

ses chevaux s'asseichoient les fleuves.

ABSCONDRE, v. a. Cacher.

Al. Chartier , Espér., OEuv. p. 364.

Bel-Accueil ne sceust que respondre,

Ainçois se fust allé abscondre ?

Rom. Rose , v. 3634-

As-tu le cuer endurcy plus que pierre

De me laisser en cestui bois absconse.

Cl. Marot , Epist. 1; OEuvr. 1. 1, p. 3Ga.

Car en icelle bien aultre goust trouverez , et doctrine plus

absconse, laquelle vous révélera de très-haultz sacremens et

mystères horrifiques.

Rabel. ,1.1, Prol.

Quand il est de tout poinct absconse , nous n'aurons jamais

équinoxe, c'est-à-dire égalité du jour et de la nuict.

Amyot , Plut. OEuvr. mêlées , t. XXI , p. 322.


A C C 3

On a dit aussi, mais moins heureusement, escondre

esconser :

Voyez Vie des Pères , en prose franc. , T. II , fol. 56 , v°.

— Fabel de Pyramus et de Tjsbé. — Narcissus , v. 799. — Bat.

de Karesme et Charnaige , v. 526. — Hug. Piaucellf.

Estourmi, v. 234. — Chastel. de Vergy , v. 388. — Vilain

mire y v. 99. — Castoiement, conte 21, v. 61. — Rom. Rose,

v. i3474* — Beaumanoir, Coût, de Beauvoisis , ch. 11. —

Nangis , Ann.y p. 273. — Froiss. , Chron. , vol. III, c. 9.

— Perceforest, vol. I, fol. 69., v°. , col. 1. — Vie de Du-

guesclin , etc. , etc.

Latin, abscondere. Quô studiosiùs absconditur, eb magis

apparet.

Cic.fpro Rcsc. Amer. 7 c. 41 •

Italien , nascondere. "Venuta la notte , il geloso con sue

armi tacitamente si nascose in una caméra terrena.

Boccac. , Nov. 65 , 10.

Espagnol , esconder. Con la excusa de ir à aquella aldea de

su amigo, se partiô, y volviô à esconderse.

Cerv. Quix., t. I, cap. 34.

Anglais , to abscond. The marmotte , or mus alpinus , which

absconds ail winter , lives on its own fat.

Ray , on the création.

* ACCOINTER, -v. a. Aborder, entrer en liaison;

Si vos proi ne voilliés accointier

Fols losengiers dont vos aies hontaige.

M re Gilles de Viés-Maisons , poet. ms. } avant i3oo, t. III, p. 1071.

J'ai dit pour li acointier,

Douce bergerete ,

Soiiez ma miete.

Ane. poet.fr. , ms. du Vatican , n° 1 4go , fol. 1 1 2 , -ç

Bon fet de li bon acointier.

Ane. aut.fr. , mss. de la Clayette , 4°, fol. 802 , col. 2.

Il s'ingéroit tous les jours de Yacointer.

Martial d'Auvergne, Arcst. amor. p. 17+.

Personne ne les saluoit ni accointoit.

MoxTAiG. , Essais y 1. ni, cb 1 2.

1.

.


4

A G G

Peu y en a qui considèrent les maulx en eux-mesmes, qui

les goustent et accointent, comme feit Socrates la mort.

Charron, Sagesse y 1. III, c. 29.

Voyez aussi Roman de la Rose, v. 3665. — Art d'Amour ,

— Guill. Machaut, Ms., fol. ao5, v°, col. 3.

S'accointer, -v. réfl.y s'approcher, se lier, faire con-

naissance.

Que jusqu'à pou sacointeront

Là où li barou s'ajousteront.

R. d'Jthis, Ms. fol. 94, r°. col. 1.

vSouvent maudissoit l'heure et le jour que de la damoiselle

s'estoit acointé.

Car je say bien que Vénus jeune et cointe

Du vieil Saturne en nul temps ne s'acointe.

Gérard de Nevers , part. I , p. 37.

Cl. Marot, Epist. 19; OEuv. t. I , p. 428.

Il s'accointa de cette Larentia , et l'aima tellement , que de-

puis, venant à mourir, il la laissa son héritière.

Amyot , Plut. Romul. , c. 6 , OEuv. t. I , p. 73.

Voyez aussi Castoiement , cont. i3, v. 17. — Froissart,

Chron. vol. III, c. 75, Chron. de S. Denis, tome I, p. a65.

ami.

accointé, ée , part. pass. pris substantivement ; allié,

Car il estoit devant ses accointés, et si comme Dieu l'avoit

ordonné, Rollo récent liementee mandement, par le conseil

de ses gens.

Chron. de S. Denis, t. I, fol. 262,1-°.

Voyez aussi J. Lemaire, lllust. des Gaules, t. I, p. 112,

n3. — Juvénal-des-Ursins, Hist. de Charles VI, p. 61.

Anglais , lo acquaint.

There witb tbee , new welcome saint

Like fortunes may lier soûl acquaint.

Milton.

Before a man can speak on any suhject, it is necessary to be

acquainted with it.

Locke , on Educat.


A C G S>

Le verbe accointer, qu'on a cherché à renouveler de

nos jours, puisqu'il se trouve dans le Dictionnaire de

l'Académie, édit. de Smits, Paris 1798, avait autrefois

plusieurs dérivés que je me borne à rapporter ici , sans

toutefois les croire susceptibles d'être réintégrés dans

le langage moderne.

Accoint , e , adj. et subst. Ami , familier.

Carité je fui en Palerne

Et o les mires de Saleine;

Mais tu n'es pas à aus acointe.

Rom. de Charité , str. 23.

Le chevalier fa biax et cointe ,

Et pour sa valor fu acointe

Au duc qui Bergoingne tenoit.

De la despense qu'il demaine

Se merveillent tuit si acointe.

Chastelaine de Vergy , v. 43.

Fabl. mss. , p. 325.

Si n'ay-je Robin , ne Gautier ,

Ne home dont je soie acointe.

Ecst. DEscHA>irs ,poés. mss., fol. 5i7 , col. î.

Voyez aussi Robe vermeille , v. 7. — Anciens auteurs Jr.

ms. de la Clayette , 4°, fol. 427, col. 2. — Guill. Machàtjt,

rns., fol. io3 , r°,col. 2. — Chron. de St. Denis, t. I , fol. 249.

Accointeur, s. m. Celui qui accointe, et par exten-

sion , galant , coquet , celui qui accointe toutes les

femmes.

Soies debonaires à tous, à nului losengieres , accointeres de

pou de gens.

Proverbes de Sénèque , ms. de Gaignat , fol. 320 , -v°, col. 2.

Car renommée avez d'estre le plus grant accointeur de tous

les chevaliers errans; car nulle femme ne s'en va à faulte.

Perceforest, vol. V, fol. 63 , r°, col. 1.

Acco intable , adj. des deux g. Abordable , affable ,

susceptible d'être accointé.

A luy se tint ung jouvencel

Jccoiiuable,tvès gent et bel.

Rom. Rose , v. 124'J»


6* A C U

Car les gentils -hommes d'Angleterre sont peu courtois,

traittables et accointables*

Froissa-RT , Chron. , vol. IV, c. 61.

Si estoient les capitaines d'Othon plus accointables , et plus

gracieux à traicter et parler aux villes et aux hommes privez

et particuliers , que n'estoient pas ceulx de Vitellius.

Amyot , Plutarque, Othon,c. 10, OEuvr. t. IX, p. 335.

ACCOMPLISSEUR , s. m. Celui qui accomplit , qui

exécute.

Ne soies mie solement ensignieres de vertus, mes accomplis-

sières.

Miroir du Chrétien.

ACCORTESSE, s.f. Gentillesse, humeur agréable,

complaisante, accommodante; finesse, agrément.

Si est-ce que vivre ainsi

Ce leur semble , c'est d'ici

La vertu seule ,

l'honneur,

ISaccor Cesse et le bonheur.

Et. Jodelle. Voy. Duverdier , BibL, p. 290.

Italien , accortezza. Con molta accortezza 9 e continua solle-

citudine insegnando minutissime cosc.

Petrarc. , Uom. illustr.

M. de Voltaire s'est servi du mot accortise,

Uaccortise italienne calma la vivacité française.

Siècle de Louis XIV, c. 37.

Voyez aussi Dict. Acad., édit. de Smits, 1798, au mot

accortise. Je laisse aux gens de lettres à décider lequel

vaut mieux iïaccortesse ou à'accortise, et je m'abstiens

démettre mon opinion à cet égard. Il me suffit de dire

que ce substantif, quelle qu'en soit la désinence, a été

employé par nos anciens écrivains français, et qu'il est

bon de le réintégrer dans la langue , puisque nous pos-

sédons déjà l'adjectif accort^ te.


A D M 7

ACUITÉ , s.f. Etat de ce qui est aigu , piquant.

D'autant que Vacuité du sel provoque l'appétit.

Amyot, Plut. OEuv. mesl. , t. XIX, p. 227.

Le substantif acuité a été employé au figuré.

Le grave accent du tien esprit, filiole carissime, gecté sur

la balance d'affection paternelle par acuité de vive impression

a sublevé ceste pesanteur et (ardité d'escripre.

Gtjill. Crétin , OEuvr. p. 223.

Anglais, acuteness. Mot qui s'emploie de pre'férence au

figuré.

They would not be so apt to think, that there could be

nothing added to the acuteness and pénétration of their

understandings.

Locke.

Acuteness of sound.

Rob. Boyle.

ADJUÏEUR , TRIGE , s. Celui qui aide , qui donne

du secours.

11 ne ount nul prince ne adjulour , por ceo combattons

nous , et ostons des hommes leur mémoire.

Trad. anc. de la Bible , Macchab. , 1. I , c. 12 , v. 54.

Latin , adjutor, adjutrix. Sperabam honoris potius L. Flaceï

me adjutorem futurum, quam miseriarum deprecatorem.

Cicer. , pro Flacc. , c. 1.

Matres oranes fîliis

In peccato adjutrices , auxilio in paternà injnriâ ,

Soient esse.

Terent. Heautont. , act. V, se. 2 , v. 3g.

Italien, aiutore , aiutrice. Chi mi darà uno aiutore , accioe-

chè Dio onnipotente esaudisca il mio desiderio ?

Mor. di S. Greg.

Dove le virtù , non essendo contrarie , anzi piuttosto aiutrlci

l' una dell' altra.

Ge lli , Circe.

* ADMONITEUR, s. ni. Celui qui avertit, qui donne

des avis.

Dès le tens nostre père Adan,

Ne furent amonestéor

Ne si faxj ne si traïtor.

Or.ur> r

r-BF.-Pr,ov!>s. BibL , v. 23a5.


S ADO

Ce mot a été employé par M. de Voltaire.

Bertrand fait à-la-fois le rôle de protecteur d'Henri,

à'admoniteur de Don Pèdre , d'ambassadeur de France , et de

géne'ral.

Corresp. gcnér. lett. 166, OEuvr. t. LXXIV , p. 407.

Latin, admonitor. Ut raeâ diligentiâ mandatorum tuorum,

le quoque , etsi admonitore non eges , ad memoriam nostra-

rura rerum excitarem.

Cxcer. , Topic. , c. 1 , infin.

Italien, ammonitore . Non avra egli cura di confortatore , e

à'ammonitore aile cose singulari.

Sknec. Pistoi.

Espagnol , admonitor. Sera importante calidad del admoni-

tor que ame à Dios por si mismo, y al Prelâdo por Dios, y

para Dios.

Nunez , empres. i5.

Anglais, admonisher. Horace was a mild admonisher , a

court satirist, fit for the gentle times of Augustus.

Dryden.

ADOLORER (S' ) , v. réfl. Éprouver de la douleur,

être touché, affecté.

La tourterelle au bois , en ceste sorte

Venfve gémit dessus la branche morte ,

Sîadoulonrant de son povre consort.

T.1HUREA.U ,poés., p. 221.

Saint -Augustin même, en lisant le quatrième livre de

l'Enéide, où sont contenus les amours et la mort de Didon

ne s'en émut-il pas de compassion et ne s'en adolora ?

Brant. Dam. Gai. t. II , p. 47.

Italien , addolorare. Lo' nvidioso sempre addolora délie

cose graziose.

Brunetti , Tesor. 7, 23.

Espagnol, adolorado , touché, affecté. Yo me siento tan

adolorâdo de este suceso , câ no se como no lo mostrar.

Vovez ENPOLOREB.

Ciud. Real, Epist. io3 , fol. 162.


AD U 9

ADULTÉRER, v % a. Corrompre, altérer, falsifier,

frelater.

Les nouvelles qui viennent de si loingtain pays sont

adultérées comme tout.

Desperiers, JVouv. /, p. 9.

Et soigneusement considéraient les frnicts, racines, feuilles,

gommes , semences , axunges peregrines , ensemble aussi

comment on les adultérait.

Rabel. , 1. 1 , c. 24.

Ce mot a été employé par nos écrivains classiques

modernes.

Le Philosophe, à force de méditer,' découvre la ve'rite' : elle

n'est si difficile à découvrir que parce que tout conspire à la

voiler à nos yeux ; perpétuellement adultérée par le men-

songe , elle devient méconnaissable.

Dumarsals , Ess. sur les préjugés , ch. 3 , OEuvr. t. VI , p. 84.

Latin, adulterare. Simulatio tollit judicium veri, idque

adultérai.

Cicer. , de amicit. , c. 25.

Italien , adulterare. I tamarindi si adulterano colla polpa

délie susine.

Ricelt. Florent.

Espagnol, adulterar. Aquellos que adultcran y false'an

monéda.

Gracian. , Trad. de Dion , fol. i36.

Anglais , to adulterate. The présent war lias so adulte-

rated our tongue with strange words , that it would be im-

possible for one of our great-grand-fathers to know what lus

posterity hâve been doing.

Spectat.

Quelques anciens écrivains français ont employé le mot

adultérer dans le sens de commettre un adultère. Sous

cette acception il est neutre.

.Pour ce que la femme du suppliant adulleroit communé-

ment avec un religieux de l'abbaye de Talemont.

Tett. de rémiss., ann. i4o5; Très, des Chartr. , reg. i5q, ch. 3i5.


io A D V

Àdultérateur , s, m. Celui qui altère, qui falsifie,

qui frelate les marchandises.

Il souppe très bien des marchands usuriers, apothécaires,

fauJsaires, billonneurs , adultérateurs de marchandises.

Latin, adulterator. Adulteratores monetae.

Espagnol , adulterador.

Rabel. , 1. IV, c. 46.

Digest. , 1. XLVIII, tit. 19 , leg. 16.

Diccion. Academ. Mad.

ADVERTANCE , s./. Attention, sollicitude, pré-

caution , prudence.

En ce ayez vostre advertance.

Ecst. Deschamps ,poés. mss., fol. 4o3 , col. 4.

Comme n'estans pas jusques à ces petites choses-là dépen-

dantes de la fortune , ains ayant besoing d'advertance et de

sollicitude.

Amyot, Plut. OEuvr. Mor.,t. II, p. 167.

Elles ( les richesses ) ne valent pas une advertance et solli-

citude pénible.

MoïtTAIG. , ESS. , 1. III , C. 9.

Faisant profession d'avoir en recommandation tout ce qui

plaist à sa dame, avec une advertance qu'il a de tenir secret,

non seulement toute chose qui importe, ains jusques aux

petites faveurs qu'il reçoit de sa maistresse.

Pasquieb. , Monoph. , p. 7.1 1

Italien, avvcrtenza. Se io, corne da principio, con un poco

fYavvertenza fossi andato cosi gentilmente , délie moite cose

che vi erano, togliendone dove una, e dove un'altra.

FlREKZTTOLA , dsbî. d'or. 299.

Espagnol, advertencia. Pero es menester gran advertencia,

para que ni la fuerza pase à ser tyrannia , ni la disimulacion y

astucia à engafio.

Saavedr. Ernpr. 43.

Anglais , advertence , advertency, Allow but a sober adver-

tence to its proposais.

Decay ofPiety.


A F F ii

Too much advertency is not your talent ; or else you had

fled from that text , as from a rock.

SwifT.

AFFAIREUX, FJJSE, adj. Qui donne de l'embarras,

qui nécessite des affaires, qui est embarrassé par des

affaires.

Et me semble plus misérable un riche malaisé, nécessiteux

affaireux, que celui qui est simplement pauvre.

Montaig. , Ess. , 1. i , c. 40.

Changer ceste sorte de vie à une autre moins brave et

moins affaireuse.

Id. , 1. m, c 9.

La multitude , l'abondance est bien plus affaireuse que la

solitude , la disette.

Affaireusement ,

adv.

Charron , Sag. , 1. I , c. 5o.

Ma principale profession en ceste vie , estoit de la vivre

mollement, et plus tost laschement qu'affaireusement.

MoNTAÎG. , F.SS. , 1. III , C. 9.

AFFANNER,


12 A F F

Affan, s. m. fatigue, affliction, tourment, angoisse.

Peyre Guillen, tôt son affan

Mist Deu in lei far per mon dam.

Sordel , anc. poet.fr. cité par Borel.

Italien, affanno. Perche dove faticoso esser solea , ogni

affanno togliendo via , dilettevole il sento esser rimaso.

Boccac, Proem. 4-

Espagnol, a/an, afano. Entre las otras gracias que facemos

à nuestro senor Dios de los afafios y peligros que nos ha

preservado.

Blanc. , Cornent. , fol. 379.

Affanneur , s. m. Ouvrier , homme de peine , de

fatigue.

Et eust requis Lorens de Conteres, affanour, que il, pour

compétent salaire , voulsist mener lesdites provisions.

Lettres de rémiss., ann. i38q; Trésor des Chart. , reg. 137 , ch. 14.

Je doute néanmoins que le substantif français affan,

mot qui est vraisemblablement l'origine de l'italien

affanno , si expressif dans la langue de Boccace, et son

dérivé affanneur soient susceptibles d'être réintégrés

dans la nôtre.

AFFRENÉ , ÉE , adj. Qui a un frein , de la retenue.

~- Par opposition au mot effréné.

Et les jouvenceaulx et les pucelles qui dessus estoient,

ehevauchoient si gayement et si bien comme si ce fust sur

palefroys duitz et affrenez.

Italien, affrenato.

Percefor., vol. II, fol. 117 , v°, col. 1.

Mais li bons cuers qui veult user du voir

Autrny amer, avoir langue a/renée,

Fait en tous lieux son bon nom remanoir.

Eust. Deschamps, poés. mss. , fol. 368 , col. 3.

La bocca dei aver chiusa

E la liogoa affrenata.

I'ra Giaccopore da Todi , poés. 4 , 35,6.


A I G i3

AGGRAVEMENT, s. m. L'action d'aggraver.

Il li loist bien peine alegier,

Mais n'a congié d'agrevernent.

Reclus de Moliens , Rom. de Charité.

Mais la longue attente est recompense'e par aggravement de

peine.

Al. Chartier , Quadril. invect., OEuvr. p. 4o5.

Anglais , aggravation. He , to the sins which he commits

hath the aggravation superadded of committing them against

knowledge , against conscience , against sight of the contrary

law.

HiMMOIîD.

AGITABLE, adj. des deux g. Susceptible d'être

remué, agité.

Que leur ame pour estre plus crasse et obtuse, est moins

pe'nétrable et agitable.

Latin , agitabilis.

Jgitabilis aer.

AGRELIR , v. n. Devenir grêle.

Que li cors li amenuisa

E le col li aggrellia.

Montaig. , Ess. , 1. in , ch . 12.

Ovid. , Métam. I, v. 7$.

Mais pour ce que li solax est

Plus grand que la terre n'en est

Va li ombre agreslissant

Si qu'à la lin vient à nient.

Varlet aux douze femmes , v. 53.

Itnag. du Monde.

AGUERRISSEMENT, 5. m. État ou qualité de celui

qui est aguerri.

\J aguerrissement universel auquel s'entretiennent toutes

les nations de l'Europe.

Sully, Mém., t. III , p. 43 1.

AIGRISSEMENT , s. m. L'action d'aigrir.

Aimoin, vous dis-je , qui, dans son quatrième livre, cha-


i4 A L L

pitre premier, prit un singulier plaisir au re'cit et aigrisse-

ment de cette accusation.

Et. Pasquier , Reck., 1. V, c. i5.

* AIGUISEMENT,*, m. L'action d'aiguiser.

Ce mesme chatouillement et aiguisement qui se rencontre

en certains plaisirs , et semble nous enlever au-dessus de la

santé simple et de l'indolence.

MoNTAIG., ESS. , 1. II, C. 12.

Italien , aguzzamento Ne il secco passerebhe , se non rice-

vesse sottilità dalF umido , e aguzzamento dal caldo.

Crescenz. , Agricolt. 6 , i , 3.

Espagnol, aguzamiento. La razon es aguzamiento del aima,

para saber el bien 6 el mal.

Regim. de Princip. ,1.1, part, a , c. 3.

AJUSTEUR, s. m. Celui qui ajuste, qui rend un

poids , une mesure juste.

Se les mesures sont trop petites , et elles soient signées aux

armes du Roy et de Yadjusteur.

Thaumassiere , Coût, de Berry , p. 3 40.

ALIENE, adj. des deux g. Etranger, différent, in-

compatible.

Et si me semble que leur feste des sabbats n'est pas du

tout aliène de Bacchus.

Amyot , Plut, propos de tab. , 1. IV, Quest. 5 , tom. 1 8 , p. 212.

Latin , alienus. Difficilis est cura rerum alienarum.

Cicer. , de Ofjic. I , c. 9.

Italien, alieno. Nessuno per prendere abito alieno , e modo,

non potrà ad amanza savia piacere.

Libr. Amor.

Anglais , alien. They encouraged persons and principles

alien from our religion and government.

Swift s' miscell.

ALLANGOURIR (ff),'v. réfl. Tomber en langueur,

devenir languissant.

\ussy s'affoiblissent et £allangourissent au vent de sud, et


A L L i5

allant vers midy , comme les méridionaulx venants au nord

redoublent leurs forces.

Alxangouri ,

Tout mon esprit s'alar/goure

Du regard qu'il va mouvant.

ie, part. pass.

Cuarron , Sagesse , 1. I , c. 38.

Loys le Caron , poés. , fol. 46, r*.

De tel couleur alangourée

Fut abstinence coulourée.

Rom. Rose , v. 12798.

Il estoit loisible à la femme choisir quelque personnage de

mise qui suppléast au deffault du. povre allangoury mary.

Martial d'Auvergne, Arest. amor. , p. 491.

Voyez aussi Tahureau , Dial., p. ig5. — Et. Pasquier ,

Rech., 1. VII, c. 4, etc.

On a dit aussi, mais moins heureusement, élangou

enlangouré. Rom. de la Rose, v. 9870; Eust. Deschamps,

poés. mss., fol. i4j , col. 1 ; Al. Quartier, poés. , p. 63 1 ;

Clém. Marot, opusc. 8 , OEuvr. tom. I, p. 233. Amyot,

Plut. OEuvr. mor. , tom. V, p. 34i , etc.

ALLANGUIR , v. a. Rendre languissant.

Pour n'amortir, rassasier et allanguir par la jouyssance cette

ardeur inquiète de laquelle il se glorifioit et se paissoit.

S'allanguir , v. réfl.

Montaig. , Ess. , 1. III , c. 5.

Il sent de l'altération, mais il la laisse passer, et tient que

c'est un appétit qui s'alanguit aisément de soy mesme.

Car elles s'allanguissent et se relaschent.

Allangui , ie , part. pass.

Id., ib.,\. ni, c. i3.

Charron , Sagesse , 1. III , c. 2.

Elle l'épousa non pour l'amour, mais pour ce qu'elle le

voyoit maladif, atténué , allangui, et mal disposé ordinaire-

ment , et que les médecins lui disoient qu'il ne vivroit pas

un an.

Brant. Dam. Gai., t. I,p. 159.


16 A M A.

On a dit aussi dans le même sens, mais moins heu-

reusement , élanguir

Jamais de te servir la fortune ou malheur

Elanguira mou ame d'amours pleiue.

LoYS LE CARON , poés., fol. 70, V°.

J. J. Rousseau s'est servi du subslantif allanguissement.

Un tiède allanguissement énerve toutes mes facultés ; l'es-

prit de vie s'éteint en moi par degrés.

Rêver, du promeneur solitaire , 2 e Promenade , Mél. tom. VII.

ALT1TONANT, ANTE, adj. Qui tonne d'en haut.

Latin , altitonans,

Ualtitonant sa voix grosse hors mit ,

Et gresle et feu sur la terre transmit.

Cl. Marot , Ps. XVIII , OEuv. , t. III , p. 27 4-

Nam pater aldtonans stellanti nixus Olympo.

AMADOUEMENT , s.

Cicer. de divin. , 1. I , c. 12.

m. Action d'amadouer.

L'aultre plus ordinaire est par flatterie et amadouement ,

car il ne luy faut pas résister tout ouvertement.

Charron , Sag. , 1. III , c. f\.

AMALADIR, v. n. Tomber malade, devenir malade.

Car la plaisante maladie

Dont je suis amaladis.

Ane. poet.fr. , ms. du Vatican , n° 1490 , fol. 98 , i°.

Àvint si qu'il amaladi

Morir quida trestot de fi.

Castoiement , cont. /, v. 5.

Il ot si grant ire en soi contre son neveu , qu'il arsist ses

livres , et après ce , amaladi.

Rom. des sept sages de Rome.

Voyez aussi Aucassin et Nicolette , Fab. Méon , tom. I ,

p. 3 Q r. Lettres de Rémission, ann. i/,o8 , Très, des Chart.

Reg. 162, ch. 368.

On a dit dans le même sens etimaladir.

Cil de Baudas enmaladi-

Castoiement, cont. Il', v.'ii».


A M B i 7

Aza decertes enmaladi y el trente et noefisme an de son

règne , de très grant dolur de piez.

Ane. trad. de la Bible , Paralip. c. 16 , v. 16.

AMASSEUR, s. m. Celui qui amasse, qui thésaurise.

Certes , fait-il , biaus dous amis ,

Si vous fassiez un trihouleies ,

Uns useriers , uns amassicres.

Gautier de Coiisrsi , Mir. N. D. , 1. 1 , ch. i.

AMATRICE, s. f. Celle qui a du goût, de la pré-

dilection pour un art , une science , un objet quel-

conque.

Parce qu'ils ne se pouvoient persuader que la nature en

telles choses fust dedans le corps humain , comme dedans une

ville amatrice et inventrice de nouvelleté.

Amyot, Plut. Propos de tab. ,1.8, quest. 9 , t. XVIII , p. 416.

Elles sont si molles, c'est-à-dire, tant amatrices d'elles

hiesmes, et tant soucieuses de se délicater et se plaire seules

en elles mesmes.

Latin , amatrix.

Braiît., Dam. gai. t. II, p. 203.

Et quod amatrices tam propè servat aquas.

Martial., 1. VII, epigr. 14.

Italien, amatrice. Ecco , dolce Gesù, che questa tua ama-

trice fedele , etc.

Ornil. Orig.

On sait que J. J. Rousseau a employé le mot amatrice,

proscrit de nos jours.

Cette capitale est pleine d'amateurs, et sur-tout d' amatrices

qui font leurs ouvrages comme M. Guillaume inventait ses

couleurs.

Etnil. , 1. ni.— Id. Lett. tlém. sur la Botan. VIII, etc.

AMBROSIEN, ENNE,*#. Qui est de la nature de

lambrcsie, qui a les qualités de l'ambrosie.

Car toute odeur ambrosiennc y fleurent.

Cl. Marot, cc:npi 4"; dEuvr. t. II, p. 4*7-

3


18

Latin , ambrosius .

Anglais , ambrosial.

AME

Ambrosiis Arvisia pocula succïs.

Sil. Ital. 1. YIÏ , t. ii a.

Thus while God «pake , ambrosial fragrance fill'd

Ail heaven.

Milton , Parad. lost.

AMENDEUR , s. m. Celui qui amende , qui corrige.

A toi mon défeudeur,

Sauveur et amendeur

De ma vie mauvaise.

Cl. Marot , Ps. 21 ; OEuvr. t. III , p. a8o.

Latin, emendator. Corrector emendalorçpvç, disciplina? cas-

trorum.

Plin. , Panegyr. , c. 6.

Italien, emendatore. Ostinati nel peccato, fuggono l'incontro

del caritativo emendatore.

Fr. Giord. , Pred R.

Espagnol , emendadôr. Dios es el maestro y emendadôr de

los sabios.

Fr. L. de Gran. , Escal. prolog.

AMENE , adj. des deux g. Agréable , délicieux.

Latin, amœnus.

Italien , ameno.

Adonc Crétin le mène

Par un sentier odorant et amène.

Rivos.

Cl. .Marot , Compl. 5 ; OEuvr. t. II , p. 492.

Ego laudo ruris amœni

Horat. , 1. I , epist. 10 , v. 6.

Fra Gelia , e Nisa nelle piaghe amené.

Boccac. , Tcseid.

Espagnol, arnéno. Esta situada la ciudàd à vista de la mar,

en sitio aménn y delicioso.

Gabr. de Corral ,

Trad. de Argents.


A N G 19

AMENUISEMENT, s. m. L'action d'amenuiser, d'a-

moindrir.

Li siècles , sachiez voirement

Faura par amenuisement.

Guiot de Provins , Bibl. , v. 288.

AMIGNARDER (S'), v. réfl. Devenir mignard.

Pour oster toute occasion, et aux grands de s'anéantir par

curiositez estrangères , et aux petits de samignarder dedans

le sein de leurs mères.

AMISSION, s.f. Perte.

Contre lui à pugnicioa

De corps , et toute amissioji

De biens.

Et. Pasquier, Rech.y 1. I, c. 1.

Eust. DEscHàMPs,poe.y. mss. , fol. 4*4 > col. 3.

Latin, amissio. Omnium rerum amissio , et desperatio re~

cuperandi.

Cicer. , 4 famil. epist. 3. —

AMOITIR, v. a. Rendre moite, humide.

Ung petit ruisselet passoit

Qui le pays amoitissoit.

Al. Chartier , Poés. , p. 5g5.

ANGAR1ER, -z;. a. Forcer à une corvée ; vexer,

tourmenter.

Angariant, ruinant , mal vexant et régissant avecq verges

de fer.

Rabel. , 1. III, C. I.

Là où ceulx qui sont endebtez endurent et supportent que

l'on les taille, que l'on les angarie , et que l'on les géhenne,

comme des esclaves que l'on fait fouiller aux mines.

Amyot, Plut. OEuvr. Mor. t. II, p. 354.

Ce mot a été quelquefois employé par nos écrivains

classiques modernes.

Vangariant , le vexant, l'excédant

Eu cent façons.

J. B, Rousseau, epiihal.

2.


20 A NG

Grec, Â*Yyap£Û£iv.

Ô TcXs'tov jcaTYivs^ôv)* xptveâ 1

outoç iroXe'jxioç.

Èàv eyjyi ri u,a>.oaov , àyyaps'JSTai.

Mewajvder, Sicyon. apud Suid. in voce Ayyot.çoi.

Latin , angariare. Naves angariare.

Ui.PiA.sr. , Digest. lib. pêne ult. , leg. pêne ult, titul. ult.

Italien, angariare. Il facultoso era più crudamente angariato.

Da.va.nz. , Tacit. stor. i , 252.

ANGOISSER, v. a. Causer de l'angoisse, de la dou-

leur; tourmenter, chagriner.

Ne li pooit d'el souvenir

Se de ce non qui Yangoissoit.

Huon le Rot , vair palefroy , v. 744.

Il in'aprent tote sa nature

Et si xa'angoisce sans mesure.

Narcissus , v. 787.

Et quant le mal plus vnartgoissoit ,

Tant plus ma voulenté croissoit.

Rom. Rose , v. 176G.

Je vivrois de la seule assistance de personnes saines et

gayes. La veue des angoisses d'autruy mangoisse matériel-

lement.

MONTÀIG. , ESS. , 1. I , C. 20.

Voyez aussi Castoiement } cont. 22, v. 43.

v. 100, etc.


Robe vermeille,

Angoisser , v. n. Eprouver de l'angoisse , de la

douleur.

De tant lui angoissa plus le cueur, de despit et d'orgueil

de ce qu'il n'avoit pas apprins à recevoir telle honte.

Chron. de S. Denys, t. I , fol. 226 , v°.

S'angoisser, v. réfl. Se tourmenter, s'efforcer.

La clame et li prestres sfciTigoissent

De verser vin à graut foison.

Le Prêtre et la dame , v. 08.


AN G ai

Bel-acueil ne vous congnoissoit

Qui de vous servir s'angoissoit.

Angoissé , ée , part. pass.

Moult fort fut d'armes engoissè

Le villaiu fel et aoursé.

Rom. Rose, v. 161 78

Kar par sa superfluité ,

L'estomac est mult anguissé

Et si en ert le cors blessé.

Rom. Rose, v. 2979.

Enseignemens d'Aristote.

Tourmenté par le présent, ennuyé du passé, angoissé pour

l'advenir.

Charron , Sag. , 1. 1 , c. 6.

Italien , angosciare. Chi è angosciato dall' avarizia , e chi p

infiammato dal caldo délia lussuria.

Anglais, to anguish.

Moral. S. Greg.

Feel no touch

Of conscience , but of famé , and be

Anguish'd not that 'twas sin , but that 'twas she.

J. Donhe., Post. Works.

ANGOISSEUX, EUSE, adj. Qui éprouve de l'an-

goisse , qui cause de l'angoisse.

Sont or plus engrant de rober

Que H antre , et plus angoisseus.

Moult en eut le cuer angoissous.

Berzé ( Bibl. du seign. de), y. an.

La mescbine en est moult honteuse

Et en son cuer moult angoisseuse.

G. Osmont , Bestiaire.

Rom. du Brut.

Li cri de cens qui cheoient estoient messagier de la mort

angoisseuse.

Nangis, Ann., p. 263.

Dirai qu'elle est de la France bannie ,

Autant que moy

Qui suis icy en angoisseux esmoy.

Cl. Ma.rot , 21 e Chant Roy. ; OEuvr. t. II , p. g5.


22 A N G

L'accident est bien plus grief et plus angoisseux , quand il

advient tout au rebours de l'espérance.

Amyot , Plut. QEwr. Mor. t. I , p. 219.

Voyez aussi Guiot de Provins, Bill. > v. i/+ 3. — Rom.

d'Alexandre. — Castoiement , conte 2 , v. 170. — Narcissus ,

v. 809. — Rom. Rose , v. 5i8. — Rob. de Blois , Chast.

des dames, x. 601. — Rom. des sept sages de Rome.-— Al.

Chartier , poe's. , p. 58 x- — Villon, OEuvr. , p. i4- —

Straparole , Nuits , t, II , p. i5i. — Montaigne, Ess. y 1. 1 ,

c. 20. — Phil. Desportes , poés. , p. 175, etc. , etc.

Italien , angoseioso. Oltremodo angoscioso , seco stesso male^-

dicendo la sua fortuna.

Angoisseusement, adv.

Li serpenfz par reschaufénre

Boccac. Nov. 49 , 9.

Est revenus à sa nature :

Entor le preudorae se çaiut

Et angoisseuscmcnt Testraint.

Castoiement , cent. IV. v. 7.

Angousseusement s'est pasmée.

Feust tant engoisseusement malade.

Chastel. de Vergr , v. 837,

Nangis, Chron. mss.0

Et voit au cbief dessoubz sa chapelle une tombe qui art si

angoisseusement , que le feu en voile de toutes parts contre

mont , aussi hault comme une lance.

Lancelot du Lac , t. II , fol. 7 , r°, col. 2.

Italien , angosciosamente. Si dia il suo sugo , il quale purga ,

attraendo di sotto e di sopra angosciosamente.

Crescenz. , Âgric.

ANGUSTIE, s./. Souffrance, gêne, détresse.

Ce me seroit certes une angusiie pire que la mort.

Amant ressuscité , p. 5or.

Ainsi pourray-je dire que l'excès de vostre paternelle affec-

tion me range en ceste angustie et nécessité, qu'il me conviendra

vivre et mourir ingrat.

ÏUbkt,. ,1. IV, c. 4.


A N N 2 3

Tellement que , maintes fois , ils guerroyoient particulière-

ment le roy mesme , et le réduisoient en grandes angusties.

Et. Pasquier , Rech. 1. II , c. 2.

Latin, angustia. Qui hune in summas angustias adductum

putaret.

Cicer. , pro Quint. , c. 5.

Italien , angustia. Era tormentata di molta angustia.

Guid. GruDici.

Espagnol , angustia. Senor mio Jésus , de donde procedio

esta oraciôn acompanada de tanta angustia y tristéza.

Fr. Luis de Gran. Adicial. mcm. part. II , c. 14.

ANNONCIATEUR, TRICE, s. Celui, celle qui an-

nonce.

Et si fera au temps advenir repos et réfection des annon-

ciateurs qui apporteront en ce pays la loy du filz que la vierge

porta.

Perceforest , vol. VI , fol. 80 , v°, col. 2.

Latin, annuntiator. Paulus , ex persecutore christianorum,

annuntiator factus est Christi.

S. Augustin, serm. 14 de savetitate.

Italien , annunziatore , trice. E quelli fue annunziator di

Cesù Cristo.

Brunet. Lat. Tesoro ,2,4.

E quale anuunziatrice degli albori

L' aura di maggio mnovesi , ed olezza

Tutta impregnata dall' erba e da' fiori.

Espagnol, anunciador, ôra.

Del belicoso Dios la trompa viva

Fue del cercano sol anunciadora.

Dant. Purgat. , 24.

Franc. Lop. de Zarâte ,fiest. del santiss.

On a dit aussi , mais moins heureusement , annonceur.

Certes annoncières del jor est cil qui dist, sobre soiez, si

veeillez.

S. Bernard , serm. fr. mss. fol. 38.


:>4 A N O

Jehan Salebrant annonceur de viir, demeurant en la ville

d'Alos.

Lett. de rémiss. , ann. 14^9 ; Très, des Chartr. , reg. 189 , ch. 40G.

Voit-on après qu'au céleste annonceur

Elle est ingratte , et ingralte à sa sœur.

Cl. Ma rot , Metam. I. II ; OEuvr. t. III , p. 109.

*ANNULLATION, s./. Action dannuller.

Lequel a été à l'eucontre du bien commun , l'honneur et la

franchise de la noble cité de Rome, et adnullation des nobles

hommes du pays.

Terceforest y vol. V, fol. 1 5 , r°, col. I.

Italien, annullazione. In brevissimo spazio di tempo , risul-

terebbe la totale annullazione di quello imperio.

Guicciard. stor. 8.

Espagnol, anulacion. Por el contrario los usurarios, previ-

niendo la anulacion gênerai de las obligaciones.

Juan Marquez , gobernad. cristian. , 1. II , c. 3i.

On a dit aussi annullement , mot qui d'ailleurs ne me

paraît point susceptible d'être réintégré dans le langage

moderne.

Nous ne sommes pas tenus par si grand annullement de petit

courage, que nous ne voulions combattre jusques à la mort.

J. Lefevre de S. PiEmy , Hist. de Charles VI , p. 81.

Voyez aussi Monstrelet , v. I , c. i/j 1 , etc.

Italien , annullamento . Pruovano totale annullamento délia

potenza appetitiva.

Tratt. segr. cos. donn.

ANONCHALIB. (S) , v. rèfl. Devenir nonchalant, in-

souciant.

Si le sçavoit bien avant qu'il fût marié, si l'a-ii oublié, pour

ce qu'il s'anonchalist et s'abeslist de soy quant à ce.

Quinze joies du mariage, p. 67.

Je n'ay rien cher que le soucy et la peine : et ne cherche qu'à

jxCanonchalir et avachir,

UÎONTAIG. Ess. 1. m , c. g.


Anonchali ,

te, part.

APE 2 5

Et d'un ton d'actions et de parolles , ravallé plus tost et

anonchally que tendu et relevé par le poids d'une telle cogitation.

MoNTAIG. , Ess. , 1. II , C. I 3.

ANTÉNUPTIAL, ALE, adj. antérieur au mariage.

Et n'a telle veufve droict aux héritages cottiers acquis constant

leur mariage , n'est que par convention anténuptiale , fust

autrement disposé.

Latin , antenuptialis . Antenuptialis donatio.

Coût, général, t. II , p. 907.

Justinian. , Novell, const. 2 , C. I.

ANTICHTONE, adj. des deux g. Qui est diamétra-

lement opposé àmotre latitude, antipode.

A ceste heure connois-je en vérité que sommes en terre an-

tichtone et antipode.

Rabel. , 1. V, c. 27.

Grec , àvTt^ôwv. Racine, dcvrl contre, yjkov terre , région, contrée.

Latin, antichthon. Tapobranem alterum oibem terrarum

esse diù existimatum est, antichthonum appellatione.

Voyez Dict. encyclopédique.

Plin. , 1. VI , c. 22.

APAPELARDIR (S), v. réfl. Devenir papelard, faire

le papelard.

Voyez Papelardir.

Li papelart le mont honnissent

Papelart s apapelardissent

Por estre abbé , évesque ou pape.

Gautier de Coinsi , But. de sainte Léocadc , v. i543.

*APERCEVANCE, s./. L'action, la faculté d'aper-

cevoir. Il s'emploie plus volontiers au figuré.

Mais tant forte est la décevance

Que trop est grief Yapparcevance.

Rom. Rose , v. 11798.

Si en ont les hommes en appréhension et appercevance.

Amyot, Plut. OEuvr. mél. t. XXI, p. 127.


26 A P

C'est le privilège des sens d'estre l'extrême borne de nostre

appercevance. Il n'y a rien au delà d'eux qui nous puisse servir

a les descouvrir.

MoNTAlG. , Ess. , 1. II , C. 12.

Ce dont nous avons encore veu de nostre temps quelques

restes et appercevances.

Et. Pasquier , Rcch. 1. IX, c. 5.

On a dit aussi percevance , mot que d'ailleurs je suis

loin de vouloir reproduire.

Car paour ont de parçovance.

RuTF.BEUF , frère Denise.

Quelques écrivains modernes ont employé dans un

sens à-peu-près semblable le mot aperception.

J'ai beau regarder les monades avec leur perception et leur

aperception comme une absurdité, je m'y accoutume.

Voltaire , Corresp. génér. lett. 53 , OEuvr. , t. LXX , p. 126.

Elle n'acquiert la conscience métaphysique ou Yaperception

de son être, que par ce retour qu'elle fait sur elle-même lors-

qu'elle éprouve quelque perception; et c'est ainsi qu'elle sait

qu'elle existe.

Bonnet, Palirtg. 16 e partie, ch. 3.

APOLTRONIR, v. a. Rendre lâche, poltron, mou,

efféminé, paresseux.

La volupté mal prinse ramolit et relasche la vigueur de

l'esprit et du corps , apoltronit et efféminé les plus couraigeux.

S'apoltronir , i>. réfl.

Charron , Sag. 1. III , c. 38.

N'avoir femme est ne soy appoltroner autour d'elle.

Rabelais , 1. III , c. 33.

Un jeune homme doit troubler ses règles, pour esveiller sa

vigueur, la garder de moisir et s'apoltronir.

Montaig. , Ess. , 1. m

Apoltroni , ie , part. pass.

Où j'aime mieux oysif , me sauvant de l'envie ,

Traîner apoltroni le reste de ma vie.

, c. 1 3.

Baïf , OEuvr. , Epist. au Roy , p. 11.


A P P 27

Il n'est rien qui puisse si justement desgouster un subject


28 ARA

et convenable à sa nature ,

ne plus ne moins que quant en la

ratiocinative, il se fait une propention et inclination.

Amïot , Plut. OEuvr. Mor. i. XX , p. i5j.

APPOINTEUR , s. m. Celui qui appointe, qui accommode

un différend.

Si se devoyent assembler ces appolncteurs en une chappelle

se'ant emmy les champs nommez Esplotin.

.Froissart , Chron. , vol. I , c. 64.

Ce mot a été employé par La Fontaine.

Ces plaintes n'étoient rien au prix de l'embarras

Où se trouva réduit Yappointeur de débats.

Liv.XII.fab. 27.

APPROCHABLE, adj. des deux g. Accessible, d'où

l'on peut approcher.

De là est que le temple et le parc et verger de cest Eunostus

est depuis demouré inaccessible et non approckable aux

femmes.

Amyot , Plut. Quest. grecq. c. 40 , OEuv. t. XXI , p. 387.

AQUOSITE, s.f. Etat de ce qui est aqueux.

Les roignons par les veines émulgentes en tirent Yaiguosité

que vous nommez urine , et par les urètres la découllent en bas.

IUbel. , 1. III, c. 4.

Latin, aquositas. Si defectione fuerit stomachus affectus,

fluor sequitur salivarum , et humecta aquositas, et nausea.

Coel. Aïjrel. de Morb. acut. , 1. II , c. 35.

Italien, aequo sitade , acquositate , acquosita. Era necessario

ehe l'acquavite fosse finissima e separata da ogni minima par-

ticella di acquosita.

Redi , Esper. nat. 3i.

* ARABLE, adj. des deux g. Propre au labourage.

Coulombiers , prés , et mainte terre arable.

Eust. Deschàmps , poés. inss. fol. i58 , col. 3.

Et les champs arables ont leur vertu en la plaine de la terre,

et peu en parfond , et sont chaulx et moystes par en hault.

Cres^efz , Prouffitz champ. , 1. II, c. 16 , fol. i5 , v°, col. 1.


Soit en cens , en rentes , en terres aravles.

A K A 29

Chart. de Vann. 1 3 1 7. Chartul de Corb. , n° 2 x

Et rendra deux bœufs ou plusieurs arables , trois boverées

ou corvées de bœufs chacun an.

Ar. du parlem. de Toulouse, 10juin 1458 mss. du roi , n° 9879. 6.

Voyez aussi Math, de Coucy, HLst. de Charles VII ', p. 610.

Latin, arabilis. Campus nullis , cùm siccus est, arabilis

tauris , post imbres , vili asello.

Pli* . , 1. XVII , c. 5.

Italien , arabile, Cotali campi non si chiamano ne arabili

ne sativi.

Crescenz. , Agric. 2. 16. 4.

Anglais, arable. Having but very \\tt\e arable land, they are

forced to fetch ail their corn from foreign countries.

On a dit anciennement arer pour labourer.

Pais s'en revint aux champs arer.

Il me vendra mes Lues requerrc

Quant il voudra arer sa terre.

Addison.

Vilain mire , v. 119.

Courtois d'Arras , fab. de Boivin , v. 43.

Veulz tu du doi arer les champs ,

Veulz tu planter hois de festus.

Eust. DKscHAAirs, poés. mss. fol. 22 , col. 3.

Quatre prouffîtz sont de arer, fouyr, et labourer la terre.

Crescenz , Prouffîtz champ. 1. II , c. xt , fol. 14 , v°, col. 1.

Voyez aussi Rom. Rose, v. 20645. — Rom. du Rou

fol. 5i. Miracles de S. Louis, c. 33, p. 457. — Lett. de

rémiss. ann. 1400; Très, des chart., reg. i55, ch. 11 5. —

Matthieu de Coucy , Hist. de Ch. VII, p. 671 , etc. , etc.

Are , ée , part. pass.

Là fu-je et vous tesmoing que ce fu la mieux arée que je

veisse onques.

JOINVIIXE , hist. , p. 2 1.

Et va là où li hercéor herçoient les terres arées.

Rom. de Perceval , fol. 2 , v".


3o ARC

D'où par ellipse arée, s. f. terre labourée.

Tout envers l'abati en une arée.

Rom. d'Audigier, mss. de S. Germain , fol. 63 , r°, col. 3.

Ni a beuf , ne cbarue , ne villan en arée.

Rom. du Rou. mss. , p. 37.

Jehan Vidal d'une agullade , qui est la verge ou baston dont

Yen poing et fait aîer les buefs en Yarée.

Lctt. de rémiss. , année 1400 ; Très, des Chartr. , reg. i5S , ch. 11 5.

Areur , s. m. Laboureur.

Des pastouriaus et des areors.

Anciens écriv.fr. mss. De la Clayette , 4°, fol. 8 , col. a.

Arure, s.f. Labourage.

Tl doit payer les arures , labours, et semences.

Coutume de Normandie , art. 1 19.

Mots que je suis d'ailleurs bien éloigné de vouloir

réintégrer dans le langage moderne.

* ARATOIRE , adj. des deux g. Qui sert ou qui est

propre à l'agriculture.

Bœufs aratoires et chevaux domptez n'ont point de carnalage.

Coût, génér. , t. II, p. 687.

ARBREUX, EUSE,^'. Couvert d'arbres, abondant

en arbres.

Les cerfs vivront par les vagues salées,

Et les daulphins aux arbreuses vallées.

Baïf , OEuvr. , p. 52 , v°.

ARCHANGÉLIQUE , adj. des deux g. Qui appartient

a l'archange , qui est propre à l'archange.

Le pellican de la forêt célique,

Entre ses faicts tant beaux et nouvelets ,

Après les cieux et l'ordre archangélique ,

"Voulut créer ses petits oyselets.

.anglais , archangelich

.

Cl. Marot , ballade 1 5 e . OEuvr. , t. II , p. 29.

He ceas'd , and archangelick powV prepard

For swift descent; witb bira »he cobort brigbt

Ofwatchful cberubim.

MlT.TOW.


ARG 3i

ARÉOPAGITE, s. m. Juge de l'aréopage.

Combien que je sçache noslre opinion commune cstre d'en

attribuer l'advenement et promotion à S. Denis Yare'opagite

que nous tenons y avoir esté martyrisé non loin de Paris.

Et. Pasquier , Rcch. , 1. HT, c. 6.

Ce mot, qui appartient à l'histoire, n'a jamais été

banni de notre langue, quoique l'académie ne Tait point

admis dans son dictionnaire. Il a été employé par nos

auteurs classiques modernes.

On est étonné de la punition de cet aréopagite, qui avoit tué

un moineau, qui, poursuivi par un épervier, s'étoit réfugié

dans son sein.

Montesq. , Esprit des Lois , 1. V, c. 19.

N'avez -vous pas de boute, Athéniens, de vous livrer à de

pareils excès en présence des^aréopagites

Barthél. , Voyage d'Anacharsis , t. II , c. 17.

Grec, àpeoirayînnç. Àpeo7rayÎTviç ^Kpopeliai. Kal Trapoipua* dcpsorca-

yiTY);. Etti twv GKu6po)7rwv, *at UTrepas^vwv , xal aito7;v)Xwv.

Suidas.

Latin , areopagita , areopagites. Si Lysiades , citatus judex ,

non responderit, excuseturque areopagites esse.

ARGU, UE, adj. Fin, subtil, rusé.

Cicer. , Phiiip. V, c. "5.

Raison suis subtile et argute

Qui du faux et du vrai dispute.

Menus propos de la mère sote.

Latin, argutus. Quis illo gravior in laudando? acerbior in

viluperando? in sententiis argulior? in docendo edisserendo-

que subtilior?

Cicer. de clar. orat. , c. 17.

Italien , arguto. Colle tue parole argute m'aresti sforzato ad .

intendere questa cosa.

Firenz. , dise. an. 17.

* ARGUTIE, s.f. Finesse, subtilité, ruse.

Si ces sottes arguties lui doivent persuader une mensonge,

cela est dangereux.

Montai g. , Ess. , 1. 1 , c. a5.

^


Zi êL R I

On a dit aussi , mais moins heureusement argu,

arguee.

Vargu de ces trois nommez , avec ledit comte , fut grand et

long sur ce différend.

Comines , Mém. , 1. II , c. i

Le jeune homme ne doit point prendre coustume de trouver

telles inventions galantes ny de bon esprit; et de rire à telles

subtilitez et telles arguées de dire.

AmyoT , Plut. OEnvr. Mor. t. I, p. 1 16.

Ce mot a été employé de nos jours par J. J. Rousseau.

Tout cela ne sont que des arguties et des subtilités méta-

physiques , qui ne sont d'aucun poids auprès des principes

fondamentaux adoptés par ma raison.

salis.

Rêver, du promeneur solitaire , 3 e Promenade.

Latin, argutîa. Plurimse praeterea taies argutiœ facetissimi

Plin. , 1. XXXV, c. io.

Italien, arguzia. Con non minor verità chè arguzia fu detto

da non so chi : che poche corpi morti assediavano molti

uomini vivi.

Yarchi , stor. 6,

* ARISTOTÉLICIEN, s. m. Sectateur d'Aristote.

Je vis privément à Pise un honneste homme, mais si aristo-

télicien , que le plus général de ses dogmes est : que la touche

et règle de toutes imaginations solides et de toute vérité, c'est

la conformité à la doctrine d'Aristote.

Montaig. , Ess. , 1. I , C. 2 5.

Ce mot a été employé par plusieurs auteurs modernes.

La bile de l'auteur étoit encore animée par quelques con-

testations particulières avec des aristotéliciens.

Fonteiïelle , Eloge de Leibnitz , OEuvr. , t. V.

Il faut même avouer que celte raison métaphysique que

donnent les aristotéliciens , pour prouver que les femelles n'ont

point de liqueur prolifique , peut devenir l'objection la plus

.


AR R 'ôo

considérable qu'on puisse faire contre tous les systèmes de la

génération.

Buffon , Hist. des animaux , ch. 5 , OEuvr. , t. IH , p. 120.

Aristotélique , adj. des deux g.

Qui appartient à la doctrine d'Aristote.

Joint cette autre considération aristotélique , que celui qui

bien faict à quelcun l'aime mieux qu'il n'en est aimé.

Aristotéliser, V. Il,

Montaig. , Ess. , 1. II , c. 8.

Suivre la doctrine d'Aristote , raisonner à la manière

d'Aristote.

Icelle aristotélisant en sa caboche à tort et à travers, veut

que son advis soit reçu : ce qu'elle pense , elle veut que ce soit

évangile.

Merlin Coccaïe ( Th. Folengo. ) , t. I , p. i56.

Dumarsais s'est servi du substantif dristotélisme y pour

désigner la doctrine d'Aristote.

Que de peines n'a- 1 -il pas fallu pour soustraire l'esprit

humain à l'autorité de Varistotélismc , afin de le ramener à

l'expérience qu'il semblait avoir pour toujours abandonnée.

Ess. sur les préjugés , ch. II , OEuvr. t. VI , p. l5l.

* ARRAISONNER, v. a. Adresser la parole.

Folie est d'autrui ramposner,

Ne gens «le chose araisomier

Dout ils ont anui et vergoigne.

Baudoin ou Jehan de Condé , Sentier batu , v. î.

Molt fa cortois li chevaliers ,

ïl la arresona premiers.

Li mestres si Yaresona.

Dict. d'Yvonet.

Fabl. de S. Pierre et du jougleot

Dieu quelque oracle aux sages tousjours donne ;

Mais peu ou mal les fols il \Haraisonne

Amyot, Plut. OEuvr. Mcsl. t. XXïï , p. 354.

Ce mot a signifié aussi quelquefois mettre a la raison,

lin fin tous hommes, hors des premiers mouvements, lesquels

1 3


34

A R R

ce néanmoins durent et tiennent aux uns plus, aux autres

moins, se peuvent modérer et arraisonner plus aise'ment.

Montbourcuer , Gag. de bat. , fol. 22 , r°.

Voyez aussi Rom. de Robert le diable , mss.— Castoiem.,

maie femme, v. 24. — Rom. Rose, v. s3o,3. — Perceforest

vol. VI, fol. 42. r°, col. 1. — Lett. de rémiss., ann. 1416;

Très, des Chartr., reg. 169, ch. 396. — Lancelot du Lac,

tom. III, fol. 128, r°, col. 1. — Martial d'Auvergne, Arest.

amor., p. 374. — Straparole , Nuits , t. II, p. 266. — Brant. ,

Dam. gai. , t. II, p. i85.

ARRIÈRE -CHAMBRE, s.f. Chambre qui est der-

rière une autre.

Ma salle , anti-chambre et arrière-chambre.

Mém. de Iîellièvre et Sillery . p. 433.

ARRIÈRE -FOSSE, s. m. Fossé qui est derrière un

autre; double fossé.

Gnettier par nuit, de jour à la barrière ,

Édifier tours et arrière-fosse z.

Eust. Deschamps , poés. mss. , fol. 237 , col. 3.

Néanmoins elle vint avec grande puissance de gens d'armes,

entre lesquels estoit le sire de Rais, maréchal de France, qui

descendirent en Varrière-fossé.

Hist. de Charles VII , attribuée à Alain Chartier, p. 36.

* ARRIÈRE -PENSÉE, s.f. Pensée cachée, ou dis-

simulée.

Depuis il leur garda tousjours une arrière-pensée.

La Noue , Disc, polit, et rnilit. , p. y3i.

Ce mot a été employé par nos auteurs modernes.

Les femmes ont toujours quelque arrière-pensée.

Destouches , Dissip. , act. V, se. 9.

* ARRIVAGE, s. m. Abord des navires dans un port,

ou plutôt des bateaux dans une rivière. — Arrivée des

marchandises par les voitures d'eau.

Les vicontes ou receveurs feront rabat sur ce que ils devront

,


AS S 35

pour leur marchié desdits cent molles. . . . sur les lieux de

Varrivage.

Stat. de l'année 1 376 ; ordonn. des rois de Fr. , t. VI , p. 228 , art. 1 1

Ce mot a signifié aussi le droit que Ton paie pour

aborder à un port ou à un rivage.

Et seront francs et quittes de rouage , de panage , de terrage

de pelage, de passage, d' arrivage , et de toutes autres cous-

tûmes.

Chart. de l'année i3oo; chartul. du prieuré de S. Nicaise, fol. j6.

Latin barb. , arrivagium , adripagium. Hoc salvo et excepto,

quôd idem Lancelotus non possit , per se vel per alium , in dictis

terra et brotello facere aliquod arrivagium.

Act. mss. capit. eccles. Lugdun. ann, 1342 , fol. 79 , r°, col. 2.

*ARTISONNÉ, ÉE, adj. Piqué par les artisons,

vermoulu.

Seront faits les vaisseaux à vin , comme pipes , traversiers et

quarts, de bon bois sec, non punais, rongé, vergé et artisonné.

ASSAGIR , v. a. Rendre sage.

Robe de vair , ne de gris n'ont puissance

D'assagir nuls

Coût, général. , t. II , p. 5.

Eust. Deschà.mps , poés. mss. fol. 46 , col. 4.

Je ne croi point qu'il y ait poing , ni point qui sceut assagir

une femme , si elle ne le met en sa teste.

Desperriers , contes , t. I , p. 295.

Les conditions de la vieillesse ne m'advertissent que trop

m'assagissent et me preschent.

Assagir , v. n. Devenir sage.

Se beau parler faisoit homme assagir

Montaig. , Ess. , 1. III , c. S.

Mt beau maintien faisoit constance avoir.

Eust. Deschamps , poés. inss. , fol. 38a , col. 2,

Q


36

ASS

Vieillir n'est pas assagir, ny quitter les vices, mais seule-

ment les changer, et en pires.

4»o'(0.*^

Charron , Sagesse , 1. 1 *c. cio.

Devenir sage.

J'estudiay jeune pour l'ostentation, depuis un peu pour

m'atsagir.

Mouti.g. , Ess. , I. m , c. 3.

Il doibt faire son prouffit , l'appliquer à soy , en prendre

advis et conseil, tant sur le passé pour ressent.r les fautes


Assavouré , ée , part. pass.

A S S 3 7

Il menjoit moût de foiz potage mal assavouré , duquel un

autre ne menjoit pas volentiers.

Le confesseur , vie de S. Louis , ch. 14 , p. 367.

Se retenir me volés

D'un doue soûlas à loisir

De fin cuer asavou

D'un doue souspir.

VVitLÀUMEi.i Viniers , Rec. de poëf. fr. avant i3oo, ms. t. III, p. 1256.

Voyez aussi Pei ceforest , vol. VI , fol. 99, r°, col. 1.

* ASSENTIMENT , s. m. Consentement volontaire

donné à une proposition, à un acte.

La chartre que li Marchisor de l'empereur Baudoin, qui fu

fête par le commun assentement des hauts barons.

VlLLEHARDOUlN , ms.

Li roys, par la volenté et Vasentiment de la pucelle, la

donna à famé par mariage à Charle son frère.

Guill. de Nangis , Chron. , p. 196.

Deux très-haulx , très-promptz et quasi inestimables con-

questz obtenez premièrement par Vassentiment de l'immense

et indivisible éternité.

J. Marot , OEuvr. , p. 7.

Ce mot a été employé par nos écrivains modernes.

Donner , sur le témoignage de mes propres yeux , mon

assentiment aux observations fines et justes d'un auteur, me

paraît une véritable jouissance.

ve

J. J. Rousseau , Lettres sur la botaniq. i lett. à M . M. ..

Je regarde cet assentiment que je suis obligé de donner au

témoignage d'autrui , comme une loi de mon être moral.

Bonnet , OEuvr. mêl. , t. XVIII , p. 3 16.

Latin , assensus. Vulgi assensu et populari approbatione

judicari solet.

Cicer. , De claris orat. , c. 40.

Assentio. Vitia in ipsorum esse potestate, nec peccare quemquam

nisi assentione.

Io. , Acad. , 4 , c. i^ (


38 A S S

Italien , assentimento. Mandarono di loro assentimento am-

basciadori al gran Cane.

IVÎATT. VlLLAN. , StOr . , 3, IO7.

Espagnol , assenso. Este facilmente se convenciéra à dar

assenso à las verdades de nuestra ley.

Anglais, assent.

Oviedo , Hist. Chiî. , fol. 334.

Withont the king's assent or knowledge ,

You wrought to be a legate.

Shakesp. , Henri VIII.

Assentment. Their arguments are but precarious , and subsist

upon the charity of our assentments.

Brown , vulg. err.

* ASSENTIR , v. n. Consentir , donner sou assen-

timent.

Une chose est assenter et une autre consenter; assenter est

corne ascun que n'a nul droit de présenter , dit après ceo que

il avéra mys desturbaunce , jeo me assente à ce présentement,

sauve men droit après.

Brittotî , Lois d'Anglet. , c. 92 , fol. 225 , v°.

Le verbe assentir a été quelquefois employé par nos

écrivains modernes; mais moins fréquemment que son

substantif.

IVous avons reçu de notre nature le pouvoir de suspendre

nos jugemens sur tout ce qui est incertain, et nous ne pou-

vons jamais assentir qu'à des notions évidentes.

Dumarsais , de la raison , OEuvr. com.pl. , t. VI , p. i3.

S'assentir, -v. réfl.

Je morroie de fain seïonc ,

Je ne mi porroie assentir.

Mais pour ce qu'ert mort déconfez

A leurs prières ne s'assenti.

,

Cortois d'Arras % \. 5 60.

Gautier de Coinsi , Mir. IV. D. 1. I , c. i5.

Et ja soit ce que chascnn de vous mente ,

Pour faire amour de nos cuers départir

Et pour cuider qu'à voz parler» s'assente.

FrrsTACHE Deschamps ,poés. rnss. , fol. 443 , col. 1.


AS S 3 9

Le conseil du roy s'assentoit bien à tout ce , et veoit clai-

rement que le roy d'Espaigne requeroit raison.

Assenti , ie , part. pass.

Froissar* , Chron. , vol. II , c. 186.

Auquel mariage le comte de Flandres nouvellement assenti

et accordé.

Froissart, Chron. , vol. I, c. 228.

Latin , assentire. Assentlo tibi , ut in Formiano potissimum

commorer.

Cicer. ad Âttic. , 1. IX , epist. 9.

Italien , assentire. Lo 'mperadore assenti , per dispetto , e

mala volontà , che aveva co' tempieri.

Giov. Viixàni , Stor. 6 , 18 , 3.

Espagnol, assentir. No es herége formai el que assiente à

una formai heregia, sino tuviere pertinacia.

Maner. , prefac. , fol. i56.

Anglais, ta assent. And the jews also assented , saying that

thèse things were so.

Libl. act. apost.

* ASSERMENTER,


4o A S S

mi lent aux diverses parties des êtres organisés , soit

animaux, soit végétaux, dans un rapport direct à leur

organisation.

Cette glu mérite la plus grande attention : elle est sans doute

le principal fond de la matière assimilative ou nutritive des

plantes et des animaux.

Lett. div. , OEuvr. , t. XII , p. 44.

Espagnol, assimilativo. Y tras estas viene otra virtiid, que

llamamos assimilativa.

Fuent. , Philosoph. , fol. 90.

ASSOMMEUR, s. ni. Celui qui assomme.

Or me faict cest assommoir souvenir d'un voleur italien.

H. Etienne , Apolog. d'Hérodot. , 1. 1 , 2 e part. , c. 18.

* ASSOTER, v. a, Rendre fou, séduire.

Qnel drap est cecy ? vrayement

Tant plus le voy , et plus vaassote ,

Il m'en faut avoir une cotte.

Farce de Patelin , p. i5.

Enfin quand les Londriens veirent que celuy roy Edouard

estoit fort assolé sur messire Hue le despensier , ils y pour-

veurent.

Et se couche la larme à l'neil

Pour plus sou mari assoter.

Froissart , Chron. , vol. IV, c. 104.

Eust. DEscHAMrs ,poés. mss. fol. 5i4 > col. 4.

Fortune , laquelle l'avoit assoty par ses victoires et ne luy

avoit laissé sens aucun pour se conduire en ses adversitez.

Tahureau , dial. , p. 11.

Voyez aussi Gautier de Coinsi , Mir. de Sainte Léocade f

v. 2 v. 4^43. — Et. Pasquier , Rech.

1. I,c. 1.

Assoter, isr. n. Devenir sot, devenir fou.

Qant mîeus prisiez le dormir et danser

Qe vif déduit , vous aies assolant.

Ane. poet. franc. , ms. du Fade. , n° 1 4yo , fol. i58 , r .

Il assotira et s'abestira du tout par le droict du jeu.

Quinze foies du mariage , p. 102.


S'assoter ,

ATT 4i

v. réjl. Devenir sot, devenir fou.

Honnis soit le prodoru , qui pour un jour sasote.

ASSUÉFAGTION, s.f. habitude.

Rom. d'Alex. , ms. , part. i.

Je pense que ce soit l'œuvre et la preuve : et l'exercitation

et assuéfaction à l'abstinence, n'est-ce pas ce que vous-mesmes

faites, etc?

Amyot , Plut. , OEuvr. mor. , t. XX , p. 208.

Uassuefaction endort la veùe de nostre jugement. Les bar-

bares ne nous sont de rien plus merveilleux que nous ne

sommes à eux.

Montaig. , Ess. , 1. 1 , c. IX.

Italien , assuefazione. Corne avviene per le lunghe e eon-

tinuate assuefazioni.

Libr. siinilit.

Anglais, assuefacûon. Right and left , as parts inservient

unto the motive faculty , are differenced by degrees from use

and assuefacûon , or according whereto the one grows stronger.

3ïr.own ,

vulgar crrours.

ASTROLOGIQUEMENT , ad». A la manière des

astrologues.

Le vieillard nous parloit astrologiquement.

Th. Corneille , feint astrol. , act. II , se. 5.

ATAVERNER (S ?

),t>. réfl. Entrer dans une taverne,

s'établir dans une taverne.

Car eussions passé le pont

Et si fussions ataverné.

Courtebàrbe ,

ÀTERMOYEUR, s. m. Celui qui s'atermoie.

Trois aveugles de Compiegne.

Faulx inonoyeurs , attermoyeurs ,

Eaillifs , bedeaulx , prevostz , mayeurs

Et procureurs et advocatz.

Rom. Rose. , y. 12439.

ATTISEMENT, s. m. L'action d'attiser, d'exciter.

Escrit i sont li jugement

D'araors et li atisement

Des acolers et des baisers.

Dlanchardin , ms, de S. Germ. , fol. 187, v°, col. 1.


42 A U T

Pour Yattisemenl de sa femme , le mary qui est de noble

courage et haut se combat en camp.

Quinzejoies du mariage , p. 1 72.

Fut donne'e en mariage par Yatisemcnt de la cour de Rome

à Henry.

Chron. de S. Denis , t. I , fol. 27e , v°.

* ATTISEUR, s. m. Celui qui attise, instigateur.

Mieux font à croire li loial conseiller, et plus ont de pour

vc'ance que li fous aliseor losengier.

Âne. écriv. franc. , ms. de La Clayette , 4 , fol. 63 , col. 1.

Ce mot a signifié aussi instrument qui sert à attiser.

Jehannet le Maistre frappa icelluy Re'veilly d'un fourgon ou

attiseur de four qu'il tenoit.

Lettr. de rémiss. , ann. 1470 ; Très, des Chartr. , reg. 20 r , ch. 160.

Mais sous cette dernière acception , le substantif at-

tiseur, ne me paraît point susceptible d'être réintégré.

ATTOUCHER, v. a. Toucher, opérer par attouche-

ment.

Nu à nu le baise et atoce.

Herbers , Rom. de Dolopatos.

S'estant par succession de temps tournées en nos fauxbourgs

pour atoucher nos murailles.

Et. Pasquier , Reçh. , 1. IX , ch. 2.

Toutes lesquelles choses ceux qui les attouchoient poursui-

voient instamment.

Sully , Mém. , 1. 1 , ch. 64 , p. 317.

AUTRICE, s. f. Celle qui est la première cause de

quelque chose.

On l'a fort accusée du massacre de Paris ; ce sont lettres

closes , pour quant à cela , car alors j'estois en nostre embar-

quement de Brouage , mais j'ai bien ouy dire qu'elle n'en fut

la première autrice.

Brant. , Dam. ill. , p. 68.

Latin, auclrix. Anima auctrix operum carnis.

Terttjll. , de anim. , c. 57.


AVE 43

Italien, autrke. E cîi questo consiglio fu autrice , e princi-

pale una ch' ebbe nome Polisso.

Franc, da. Buti , Comment, sul Dante.

AUXILÏATION , s. f. L'action de porter du secours.

Que par les diversions importantes, il ne peut estre diverty

de l'exécution de ses hautes entreprises et contraint de convertir

son auxillation d'amis en une défensive pour luy mesme.

Sully , Mém. , t. II , c. 3j , p. 22$.

Latin, auxiliatio. Quibus auxiliatio adversus consules esset.

Trr. Liv. ,1. II, c. 33.

AVAREMENT , adv. D'une manière avare , avec

avarice.

Excusez donc mes yeux , si trop avarcment

Fiche» sur vos beautez , ils prennent aliment.

àmid. Jamyn. , poés., p. 272.

Comme un dragon veillant de la voir m'empeschoit

Et son riche trésor apurement cachoit.

Ph. DEsroRTES , poés. , p. 3gi

Latin, avare, avariter. Nihil avare, nihil injuste esse fa-

ciendum.

Ingurgitât impura in se merci ni avariter.

ClCER., Offic. III, c. 8.

Plàut. , Curcul. , act. I , se. 2 , v. 35.

Italien, avaramente. Che nell' agricoltura avaramente aveva

il suo cor messo.

Dittam. 6. 8.

Espagnol, avaramente. Y tan avaramente se huvo con ellos,

que en lugar de estimacion grangeo odio.

Colmen. , Histor, de Segob, c. 2 5.

AVERTINEUX, EUSE, adj. Fantasque, qui a des

avertins , des caprices.

Et un avcrtlneux destruira plus que plusieurs bien rassis

de cerveau ne sçauroient acoustrer.

S. Julien , Mcsl. histl , p. 625.

On a dit avertiner, s'açertiner, avoir des avertins, des

caprices.


U

A V O

Voire lorsque plus penserons nous avertineren nousmesmes,

et demourer seuls et entiers en toutes nos opinions.

Pàsquier , OEuvr. Mesl. , p. 263.

AVERTISSEUR, s. m. Celui qui avertit.

Si Yadvertisseur n'y présente quant et quant le remède et

son secours, c'est un advertissement injurieux, et qui mérite

mieux un coup de poignard que ne fait un démentir.

Montaig. , Ess. , 1. m

, c. 5.

AVITAILLEUR, s. m. Celui qui avitaille une place.

Je ne say si ce seroyent point avictuailleurs qui viensissent

refreschir ce chastel de vivres.

Froissart , Chron. , t. I , c. 245.

Mais aucunes fois quelques advilailleurs s'adventurant pour

gaigner, quand on dormoil en l'ost, s'assembloient et se bou-

îoient es bailles d'Oudenarde.

Id. ibid. , t. II, c. 43.

AVOISINEMENT , 5. m. L'action d'approcher, d'a-

voisiner.

Le ( palmier ) masle convoitise Yavoisinement de sa compagne

; que s'il advient que la femelle soit plantée loin du

masle, il dessèche peu-à-peu.

Duverdier , Bibliotk., p. 5.

Italien , Avvicinamento. Conobbe che quello si era lo

avvicinamento alla morte.

Trjl Gior». Pred. R.


APPENDICE

ÂBRADENT, ENTE, adj. Qui excorie, qui ronge»

Charron , Sag. , 1. 1, c. 38. — Latin, abradere, ronger,

racler, Varr. de ling. lat., 1. IV, c. 3i. — Anglais, fo

obrade, Hale.— Les médecins anglais désignent par le

mot abrasion, l'action au moyen de laquelle les humeurs

corrosives enlèvent et détruisent le mucus naturel qui

tapisse les membranes de l'estomac et des intestins.

Voy. Quincy.

ABUStON, s.f. L'acte d'abuser, tromperie, fraude.

Lett. de rémiss., ann. 1391 ; Très, des Chartr., reg. i4-t,

ch. 67.

ABUTER, v. a. Mettre but à but, régler, arrêter

un compte. Lett. de rémiss., ann. i45o ; Très, des

Chartr., reg. 182, ch. 33.

ACCOMMUNER , . a. Rendre commun en biens.

Coui. de Berry , p. 289, 296, etc.

ACCOUARDIR, v. a. Rendre couard, lâche. G. Os-

mont, lapidaire. — Guillaume au faucon , v. 244* Robe

vermeille, v. 139.— Eust. Deschamps ,poés. mss. fol. 56i

col. 1. — Al. Chartier,/Ws., p. 654- Voy. Encouardir.

— On a dit autrefois Couarder , v. n. Etre lâche, poltron.

Rom. Rose, v. i52Ô.—Phi£. Mouskes , mss., p. 3i4;

Pasquier, Lett. , tom. III, p. 589, etc. Mais ce vieux

mot ne me paraît pas susceptible d'être restitué au

langage moderne.


46

ADO

ACCOUDRE, v. a. Coudre une chose à une autre.

Lett. de rémiss. , ann. i38p j Très, des Chartr. , reg. i38,

oh. 71.

ACHEVEUR, s. m. Celui qui achève, qui accomplit.

Perceforest , vol. V, fol. 109, v°, col. 1. — Anglais,

achiever, Shakespeare.

ADEXTRER, v. a. Accompagner, donner la main,

la droite , placer à la droite, se mettre à la droite. Fab.

du jugement d'amors. — Huon le Roy , vair Palefroy

v. 956. — Jacquemars Gielée , Rom. du Renard. —

Floire et Blanchejlor, v. 208.


,

,

Rom. dAnséis de Carthage,

mss. du foi, 7191. fol. 49 > r°> c°l« 2 « Rom. d'Aubery,

ms. — EtrsT. Deschamps poés. mss., fol. , 509 , col. 1.

— Froissart , Chron., vol. IV, c. 2.

Perceforest,

vol. VI, fol. 34, r°, col. 1. — Oliv. de la Marche,

1. 1,p. 170.—Math, de Coucy , Hist. de Charles VII,

— Montaigne, Ess. , 1. I, ch. 48.

p. 665. — Hist. de la Toison d*or, tom. II, fol. i83, v°.

Menard, Hist. de

Bert. Duguesclin , p. 34 1 , etc.— Lat. barb. addextrai^e.

Baldric , Chron. Camerac. , 1. III, c. 38. — Italien, addestrarc.

Giov. Villani, Stor. X, 56 , 2. — Le mot

adextrer a signifié aussi rendre adroit , rendre habile

dresser, instruire. Merlin Coccaïe (Theoph. Folengo)

tom. I , p. 3 191. — Des Accords (Et. Tabouret) , Bigar-

rures, 1. IV, p. 5, v°.— Italien addestrare , id. Morell.

Cron.— Espagnol , adestrar, id. Barb ad. Coron, fol. 1 14.

ADHERITER, v. a. Terme dejurisprudence. Investir,

mettre en possession d'un héritage. Jeh. de Condeit.

— Routillier , Somme rurale (i5i2), fol. 137 , r ,

col. 1. — Chron. de Flandres , eh. 86. — Lat. barb.

adhœredare , adhajreditare. Vita Lietberti , episc. Ca-

merac. c. 2.

ADOMBRER, . a. Ombrager, donner de l'ombre,



A F F 47

couvrir, cacher, offusquer. Castoiement cont. 28, suite,

v. 53. — Chevaliers, clers et villains , v. 3 — Pyrame et

Tysbèe , ms. de S. Germ. , fol. 99,

r°, col. 3. — Bes-

tiaire, ms. — Ane. po'êt.franc., ms. de la Clayette, in-4°,

fol. 3i4, col. 1. Guil. de Nangis. ann. p. 260.

Eust. Deschamps, poés. mss., fol. 46 v°,


48

AID

taxer, déterminer le prix. Ordon. de Jean I ,févr. i35o,

tit. VII, art. 66; Ordonn. des rois de Fr. tom. II, p. 356.

Coutume de Normandie , c. 20. — Nouveau coût, général,

tom. I,p. no, col. 2. — Latin barb. , afforare, Chart.

Pétri II, reg. Arrag. ann. i35o , apud Cangium. —

Espagnol, afforar, Dicc. de la real acad. de Madrid.

AFFRANCHISSES , s. m. Libérateur , celui qui

affranchit , qui délivre. Amyot, Plut. Vie de Flaminius

c. 10. OEuv. tom. IV, p. 76.

AFFRUITER, v. n. S'affruiter , tf. réfl. Profiter.

Baude Fastoul d' Auras, Cong. v. 187. — Chev. au

barizel, v. 4oi. — Cortois dArras , v. 260.—- AcL de

Vann. i458. Capit. de Péglis. de Cambray , reg. o.

AGGRESSER , y. a. Attaquer , être aggresseur. Jean

Molinet, Dicts et faits notables , p. 125. — Latin, ag-

gredi, Cicer. , Philipp. II , c. 10. — Anglais, to aggress,

Prior.

AHONTER, -v. a. Couvrir de honte, diffamer, déshonorer.

Assis, de Jérus. , c. 62. — Rom. Rose, v. 3684- ~

Ovid. Metamorph. — Eust. Deschamps , poés. mss.

fol. 38 7 , col. 2. — Perceforest, vol. I , fol. 58 , r°, col. 1.

Lett. de rémiss., ann. 1457;

Très, des Chart., reg. i85,

ch # 33g. On a dit aussi, mais moins heureusement,

Ahontager. Rom. Rose, y. 9543.—Menard , Hist. de

Bert. Duguesclin, p. 12 5, 126.

AIDABLE , adj. des deux g. Secourable, qui peut

aider. Froissart , Chron. , vol. I, c. i36. — Perce-

forest , vol. III, fol. 32, v°, col. 2. — Olivier de

la Marche, Gag. de Bat., fol. 26, r°. — Danse des

Aveugles. — Italien, aiutevole , Boccac, Amet. 86.

AIDEUR, s. m. Celui qui aide, qui donne des secours.

S. Grbg. DiaL, 1. II, c ?>. —

Anc. trad. de la Bible,

,

,


AME 49

Gen. c. 49- Jean de Meung, Codic, v. i645. — Phil.

Mouskes , ms. , p. 219. — Ane. Coutume d'Orléans.

— Espagnol, ayudador , Fuer. juzg. 1. III, tit. 3 , 1. 4-

— Anglais, aider, Bacon.

AIGUAGE , s. m. Droit que l'on paie pour faire

venir de l'eau dans son jardin ou dans son pré. Reg. des

cens de la -ville de Chartr. , fol. 1 2 et 18.

AJUSTAGE, s. m. Action et droit d'ajuster, d'éta-

lonner les mesures. Estimation des terres de Soublaines

et de Beaufort , ann. i35o; Très, des Chart. ^ reg. 80,

ch. 17.

AL YMBIQUEMENT , s. m. Action d'alambiquer.

Brant. , Dam. gai. , t. II, p. 199.

A LIGE, EE , part. pass. Terme du jurisp. féodale.

Rendu lige. Will. li Viniers, po'èt. franc, avant i3oo,

ms. , t. II , p. 810.

ALLEUT1ER , s. m. Possesseur d'alleu. Coût, de

Hainaut , ch. 6l, 68, 69, 77,

etc., etc.

ALLIGNAGE, EE, adj. Qui a une parenté, un li-

gnage. Ce mot s'employait rarement seul. Bien allignagé y

mal allignagé. Perceforest , vol. IV, fol. 18, v°, col. 1.

ALLOUVI , IE , adj. Acharné , affamé comme un

loup. Merlin Coccaïe (Theoph. Folengo) , t. II, p. 21.

— Rabel. 1. IV, c. 4- — Et. Pasquier , Pourparler du

prince , p. 876. — Allouviment, adv. Avec l'acharne-

ment d'un loup affamé. Pasquier, Lett. , t. III, p. 2.

AMENAGE , s. m. Action d'amener , de voiturer ;

sorte de service qui était dû au seigneur par son vassal.

Lett. de rémiss., ann. 1397; Très, des Chart., reg-. i53,

ch. 43.

AMÉNAGEMENT, *. m. Terme de finance. Opé-

1 , 4


5g A N H

ration de finance , d'économie , d'industrie. Sully, Mém. ,

t. II, c. 5o.

AMIELLER, v. a. Attirer, allécher par des paroles

douces. Desperiers, Cont., t. II, p. 114.

devis amour., c. i.


Récréât, des

AMPOULER, v. a. Faire venir des ampoules, ou de

petites enflures à la peau. Amad. Ikmx^^poés. , p. 293.

ANCELLE, s.f. Servante, esclave. Bec. de po'èt.franc,

avant i3oo, ms. , t. IV, p. 13^5. — Ane. po'èt. franc.

ms. de la Clayette, fol. 38, col. 1. — Reclus de Moliens,

Miserere. — Modus et racio , fol. 332, v°. — Cheval, au

barizel, v. 07. — Cortois d 'Arras , v. 2d4- — Rom. Rose,

v. 2001 r. — Phil. Mouskes , ms. , p. 55. — Eust.

Deschamps , poés. mss. , fol. 3o5 , col. 3. — Guil.

Crétin , Oraison a N. Dame.— J. Marot , poés. , p. 307.

— Cl. Marot, epist. 24. OEuv. , t. I , p. 44 l - —

,

H.

Etienne, Apol. d'Herod. , t. II, p. 37. — Latin, ancilla ,

Ciger. , pro Milone , c. 10.— Italien, ancella, Petrarc ,

canzon. 5. 1. — Espagnol , ancila , Alv. Gom. , cant. VI,

oci. 1.


ANC1S, s. m, Terme de jurisprudence. Meurtre d'une

femme grosse. Etabliss. de S. Louis , ms. du Roi, n° 9827,

c. 26. Ane. coût. d y

Anjou, etc.

ANCYLIGLOTTE, s. m. Rarelais , 1. III, c. 33.—

Grec, Âyxu^oyAwcffov , Paul. jËgin. , 1. VI, c. 29.

ANGTJILLETTE, s.f. Petite anguille. Ane. stat. des

poissonniers d'eau douce , art. 7; Ordonn. des Rois de Fr. ,

t. H, p. 584.— Italien, anguillina , Redi, osservaz. 171.

ANHELER , v. n. Respirer avec peine , haleter.

S. Greg., Dial., 1. IV, c. 38.—Mir. de S. Louis, c. 1.

— Cl. Marot, Métam. Ovid. 1. II. OEuv., t. III, p. 78.

— Cholières, Cont. , fol. 242, r°. — Latin, anhelare,


AP P 5i

Ovid., Fast. II , v. 295. — Italien, anelare , Tasso,

G.er., 7. 2. — Espagnol , anhelar , Pellicer , Argen.

pari. Iï , fol. 6.

ANORMAL , ALE , adj. Hors des règles , contraire

aux règles. Cl. Marot, Opusc, 7. OEuv., t. I, p. 2o3.

— Latin barb. , anormatis , Alanus, de planct. natur.

ANTIDOTAIRE, s. m. Livre qui traite de la com-

position des remèdes et des antidotes. Stat. des apoth.

de Paris y ann. i353 ; Ordonn. des Rois de France,

t. Il, p. 533.

APEDEUTE , s. m. Homme privé d'instruction;

ignorant. Rabel. , 1. V, c. i6\ — Grec, âiraiàe'jToç,

Xenoph. , Cjropœd. 3. Racine a privatif , îrai^sucrt;

instruction , éducation.

APERT, E, adj. Ouvert, évident, public, qui est

au grand jour. Marie de France , Lai de Graelent

v. 3o2. — Hug. Piaucele, Fob, d'Estourmy, v. 593.-

Ane. pn'èt. fr. ms. de la Clayette, in -4°, fol. 25, col. 1.

— Rom. Rose, v. 2ior. — Cl. Marot, eleg. 1. OEuv. y

t. I , p. 283. — Amyot , Plut., OEuv. mor. , t. III,

p. 390. — Latin, apertus , Cicer. pro lege ManiL, in fin.

,

— Italien, aperto. — Apertement, adv. Ouvertement,

évidemment, publiquement. Guyot de Provins, BibL,

v. 2402. — Castoiement cont. 3 v. , 109. — Rom,

Rose, v. 20. — Nangis, ann., p. i65. — Cl. Marot,

epist. 12. OEuvr., t. I, p. 4oi. — Rabelais, 1. IV, c. 27.

— Straparole , Nuits, 1. II , etc. — Latin , aperte ,

Cicer., Orat. , c. 12. — Italien, apertamente , Boccac. ,

pr. 7.

APPAILLARDIR (S'),


52

' APP

S'APPENSER , v. réfl. Examiner , former le dessein ,

imaginer, penser, réfléchir. Ane. poet.fr. avanf i3oo,

ms., t. IV, p. i368. — Huon le Boy, vair palefrojr

v. 4oi. — Le prèvost a Vaumuche, v. 70. — Fabl. de

Gautier d'Aupais. — Le Cuvier, v. 107. — Brunet Latin,

Trésor, I. IV. — Joinville , Hist. , p. 122. — Rom. Rose,

V. l8322. GuiLL. DE NaNGIS , ann., p. 268. Hist.

de Charles FIJ , p. i.— Italien, appensarsi , Ammaest.

degli antich. 12. 3. 2. — Appensé, ée, part. pass. Eust.

d'Amiens, le Boachier d'Abbeville, v. 219. —Joinville,

Hist., p. 60. — Rom. Rose, v. 4481. — Appensément,

adv. Avec réflexion. Ane. po'èt. fr. ms. du Fatican

n° i4qo, fol. 166, r°. — Beaumanoir, Coût, de Reauv.,

1 l^ c . j. — Chron. de S. Denis, t. II, fol. 26 , v°.

Fabry , Ait de rhétor. , 1. I , fol. 5i , v°. — Italien , ap-

pensatamente , Brunett, Latin., Tes. 8. 2.

APPERT, ERTE, adj. Habile, leste, prompt, vif,

expéditif. Guyot de Provins, RibL, v. 4o5. — Robert

de Blois, Chast. des Dames, v. 4gi.—Hist. des trois

Maries , ms. , p. 46S. — Lett. de rémiss. , ann. i38o;

Très, des Chart. , reg. 116, c. 209. — Eust. Deschamps,

Poés. mss. , fol. 100, col. 1. — Froissart , Chron. ,

vol. III , c. 6. — Lefebvre de S. Remy, Hist. de Charles FI,

p. i38, etc. — Appertement , adv. Habilement, lestement,

légèrement. Joinville Hist. , , p. 4- — Perceforest

vol. II, fol. 119, v°, col. 1 . — Appertise habileté,

,


, , ,

légèreté, prouesse. Froissart, Chron. , vol. I, c. 227.

— Christ, de Pise part. 111, c. 20. —Histoire de

,

Cap.fr.,X. I, p. 272.

Charles Fil, p. 14.—Brantôme ,

APPORTIONNER , v. a. Donner , assigner une por-

tion. Coust. gênerai, t. II, p. 6 7 3.—Et. Pasquier , Rech. ,

! y c g. — Lett. de rémiss., ann. 1419 ;

Chart., reg. 171 ,

c. 164.

Très, des


ARR 53

APPROFITER, v. a. Mettre à profit, rendre utile,

profitable. Desperriers, Cont., t. I, p. i5i. — Amyot,

Plut. OEuv. mon, t. V, p. i85. Montaig., Ess., 1. i,

C. 25.

AWR.O\ENDÉ,ÉE, part. pass. Approvisionné, muni

de provende. Gautier de Coitvsi , Sainte Léocade

v. 558. — Froissart poés. mss. , , p. 4 1 c °l- 2 —

-> «

Approvendement , provision , ce qui est donné à titre

d'aliment ou de provende. Coust. gêner., t. I , p. 784.

AQU1LANT, adj. m. De couleur fauve ou brune,

à -peu -près semblable à celle de l'aigle. Rom. a"Au-

bery , ??is.

ARBALÊTRÉE, s. f. Portée dune arbalète. Join-

VILLE, HlSt. , p. I20. VlLLEHARDOUIN, Conq. Constant.

p. 57. — Aucassin et Nicolette , Fabl. Méon. , t. I,

p. 397. — Chron. de S. Denis, t. II, fol. 197, v°. —

Guill. Gui art, Roy. lign. ad ann. 1264.

ARCHEE , s. f. Portée d'un arc. — Villehardouin ,

ms. , fol. 35 , v°. — Rom. Rose, v. 8287. Le Prévost

d'Aquilée. — Rom. de Giron le Courtois. — Lancelot du

Lac, t. II, fol. 16, r°, col. 1. — Italien, arcata , Stor.

di Rinald. Montalb.

ARMURERIE , s. f. Lieu destiné à fabriquer les

armes. Amyot, Plut. , w de Sylla , c. 33. OEuv. , t. IV,

p. 419.

ARONDILLER, v. n. Murmurer comme Parotide ou

hirondelle. Bibl. Historiaux, ms. du Roi , n° 7601. Dent.

c. 1 , v. 26.

ARRANÇONNEMENT, s. m. Action de rançonner.

Lett. de l'an i358; Ordonn, des rois de Fr. , t. 111,

p. 332.

ARRIVOIR. , s. m. Port , rivage où l'on peut aborder,


54 ASC

Lett. de rémiss. , ann. 1470 ; Très, des Chart. , reg. 196,

c. 293.

ARROUTER , v. a. Mettre en route, sur la route,

acheminer. Gautier de Coinsi , Mlr. de N. D. , 1. I ,

c. 2g.--B.0m. de Garin. — Castoiement, cont. i3, v. 81.

— Ane. écriv. franc, ms. de la Clayette, in-/j°, fol. 3o

col. 2. — Froissart, Chron. , vol. I, c. 98. — Cuvelier ,

Vie de Duguesclin, en vers. — Montaig. , Ess. , 1. 1, c. 9.

— S'arrouter, -v. réfl. Se mettre en route, s'acheminer.

Villehard , §. 62. — Guill. Guiart , Boj. ligii. ad ann.

1267, etc.

ARTICULÉMENT , adv. Dune manière articulée,

distincte,. claire, précise, non équivoque. Et. P\squier,

Bech. , 1. VIII, c. 59. On a dit aussi articulierement ,

Lett. de rémiss., ann. i3^2; Très, des Chart., reg. io3,

c. i58: mot qui , sous cette forme, ne me paraît point

— Latin, articulatè , articulatim , Gicer., de leg. , 1. I,

susceptible d'être réintégré dans le langage moderne.

c. i3.-— Italien, articolatamente , Anniral Caro, Letter.

2. 209. — Anglais, articulatelj , Decay ofpiety.

ARTILLER, d. a. Equiper, munir, fortifier. Gilles

Bouvier dit Berry, Hist. de Charles VII ', de 1402 à

i46i , p. 4 2I «


Artillé , ée , part. pass. Chev. au

barizel , v. 6. — Hist. dArthur III , duc de Bret., p. 771.

—Martial d'Auvergne, Vig. de Charles VII.—Jaligny ,

Hist. de Charles VIII, ann. 1487 , p. 38. —-Espagnol,

ariillar , Solis, Hist. de Nuev. Espan. , 1. III, c. i.

ASCENDRE , v. n. Monter ,

Ane. trad. de la Bible, Exode , c.

faire une ascension.

8 , v. 2. — Bibl. histo-

riaux , Exod. c. 34, v. 4« — Latin , ascendere , Cicer. ,

de Orat. N, c. 34- — Italien, ascendere, Dante, Purg. ,

11. — Espagnol , ascender , Lop. , Cire, fol. i58.

Anglais, to a seend , Milton.

— ,


A T E 55

ASSAUVAGIR (S'), v. réfl. Devenir sauvage.

Crescenz. , prGiiff. champ. , 1. II , fol. i486. — Eust.

DeSCHAMFS, poés. 77255., fol. 29, Col. l\.

ASSOLER , v. a. Rendre égal au sol , de niveau avec

le sol , raser, aplanir. D. Flores de Grèce, fol. xcix, r°.

Latin barb. , adsolare, assolare. Jo. de Janua, catholic.

ASSOMPTIVEMENT , adv. Terme de logique. Par

assoniption. Fabry , art de rhétor. , 1. I, fol. J\6 , v°.

Latin, assumptive , Martian. Capella , l. V, p. 147.

ASTELLE, s.f Eclat de bois, tronc de lance brisée,

éclisse. Anc.poet.fr. ms. du Vatican, n° i49° ? fol. 1 1 5

r°. Ane. écriv.franc, ms. de la Clayette, in-4°, fol. 208,

col. 1. Rom. du Rou, ms., p. 61. — Rom. du Brut.,

fol. 98, r°, col. 2. Patenostre a Vusurier, v. y 3.

Andr. Favyn , Théât. d'honneur , t. I, p. 433. — D'où

le verbe Asteller , mettre des éclisses , Perceforcst

vol. I, fol. i56, r°, col. 1.

ASTIPULATEUR , s. m. Garant, caution; celui qui

assure un traité stipulé par un autre, un témoignage

rendu par un autre. Amyot , Plut. , Prop. de table ,

1. VII, quest. i re

, OEuv. t. XVIII, p. 3n.—Latin, asli-

pulator, Cicer. , pro Quint., c. 18.

ASTIPULAT10N , s.f Caution, garantie. Rabel. ,

1. IV, c. 32. — Latin , astipulatio , Plin. , lib. xxix, c. 1.

ATÉNÉBRIR , v. a. Couvrir de ténèbres. Phil.

Mousres , ms. , p. 3o2. On a dit aussi , mais moins

heureusement , enténébrer. Vies des Saints , ms. de

S. Victor de Paris , n° 28, fol. 2 , r°, col. 1.

ATERMINER , v. a. Fixer un terme , un délai

ajourner à terme fixe. Gautier de Coinsi , Mir. de

N. D., 1. I, c. i3. — Lancelot du Lac , t. III , fol. 53,


56 A V O

r°, col. i , — On a dit aussi Attermer. Lancelot du

Lac , t. III, fol. i3o, , r°, col. 2.

ATRUANDIR , v. a. Réduire à la mendicité. Eust.

Deschamps , pocs. mss,,ïo\. n5, col. 2. — Triomphe de

la noble dame, fol. 58.

ATTÉDIATION, s. m. Action d'ennuyer, qualité de

ce qui est ennuyeux. Rabel. , 1. II c. 18. — On a dit aussi ,

Attédier , ennuyer. Et. Pasqiuer , Rech. ,1. II , c. 7.

AUMONIÈRE , s. f Bourse , escarcelle. Colin

Muset, Rec. de poet.franc, avant i3oo , ms. t. II, p. 708.

— Gages Bruslez , c. 24. — Rom. d 'Auberj , ms. •—

Jacquemart Gielée, Rom. du Renard. — Joisville ,

Hist.de S. Louis , p. 176. — Guill. de Nangis, Annal.,

p. 239. — Rom. Rose, v. i4333. — Ror. de Blois,

Chas fis. des dames, v. 235. — Establissemcnt des mestiers

de Paris, p. 3, v°. — Perceforest , vol. VI, fol. 78, r°,

col. 1.—Latin baib. , eleemosjnaria , Chart. ann. n49o

in tabular. S. Euvert. Aurelian. — Almonaria , comput.

Ballivorum Franc, pro termin. Candelos. ann. 1268 apud

Cangium.

AVANT-PIED , s. m. Partie antérieure de la chaus-

sure. Lett. de Philipp. de Valois, en 1246, tit. xxxvi 5

Ord. des Rois de Fr. , t. II, p. 3^2. — Lancelot du Lac^

t. I , fol. 137, v°, col. 2.

AVOCx\SSIE, s.f. Profession d'avocat, art de plaider.

— Lett. de rémiss. , ann. 1^10', Très, des Chart., reg. 164,

c. 35^. On a dit aussi, niais moins heureusement, avo-

cassage , Farce de Patelin , p. 1

AVOUERIE, s.f. Profession d'avoué; tutèle. Servan-

tois de Véglise de Paris, fol. 3 10.— Coût, de Beauvoisis

c. 65. — Cout.de Troies (Pithou), p. 437-

.

,


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58 BAR

fol. 45, r°, coL 2. — Al. Chart-ier,/^^., p. 795. — Rabelais ,

1. II , c. 2 , etc.

BANNERETTE, s.f. Petite bannière.

Il y avoit aux fenestres, portes et autres lieux des maisons

des bannerettes ,

ou escussons semez de fleurs de lys.

Andr. de la Vigne , Voj. de Charles VIII à Napks , p. i6"3.

Porteront le crucifix, ou bannerettes petites, où seront pour-

traits nostre Seigneur, nostre Dame, etc.

Jac. Basnage , Dissert, sur les duels , p. 181.

Espagnol, banderéta. Delante del Virrey iban seis trompetas

vestidos de Colorado y amarillo, con banderétas de tafetan Colorado.

- ^

Sandov. Hist. de Car. V, 1. XII , §. a5.

BARBELÉ, ÉE, adj. Garni de barbes semblables

à celles des plumes.

Sagette tant feust barbelée.

Rec. de poét. fr. avant i3oo , ms. t. IV, p. i365.

Maintes sajettes barbelées

Tretes li a et entesées.

Gautier de Coinsi , Mir. de N. D-

Et font sagettes barbelées ,

De grans promesses enpennées.

Crocs , broches , poinsons , fers barbelez.

Voyez Rom. du Rou , ms. , p. 327 , etc.

On a dit aussi Embarbelé , ée.

Les pointes furent appelées

Sagettes d'or embarbelées.

D'épiés embarbelez ces champs sont hérissez.

Rom. Rose.

MoNSTREL. , TOI. I, C. ig.

Rom. Rose , y. 948,

Amad. Jamys,/;o«.,p. i54,v*.


B E G 5c>

BASANER , v. a. Donner au teint une couleur

noirâtre, basanée.

Une faut qu'un haie qui basancra ou noircira vostre femme

comme une moresque.

Cholières , Contes , fol. i5(), v°.

BATELERESQUE , adj. des deux g. Qui appartient

aux bateleurs , ou qui a les manières des bateleurs.

Tout ainsi qu'en nos bals, ces hommes de vile condition,

qui en tiennent escole , pour ne pouvoir représenter le port

et la décence de nostre noblesse , cherchent à se recommander

par des sauts périlleux et autres mouvemens étranges et bate-

leresques.

Montaig. , Ess. ,1. II, c. 10.

BAVOLER , v. n. Voler à rase terre, voltiger.

Les petits moucherons luisans qui volent sur le soir, ayant

quitté les aveugles et ténébreuses cavernes , se récréoyenî ,

bavolam par l'espaisseur de l'obscurité de la nuit.

Raze la mer , et d'un tour et retour

"Va bavolant des rives tout autour.

Strapar., Nuits, t. II, p. 12 1.

Joach. du Bellay, OEuv. , p. i3i.

Ce petit archerot Amour,

Bavolant s'esgayoit un jour

Dedans les vergers de Cythère-

Rem. Belleau , poés. , t. I, p. 50,

Sous le souple jarret, la peinte banderolle

D'un jartier ondoyant sur la grève bavole.

Baïf , OEuv. , p. 184 , r°.

BÊCHEMENT , s. nu L'action de bêcber.

Thrésor d'or ou d'argent trouen terre par bêchent en-

ou ouverture , est au prince.

Cou t. général , t. II , p. 758.

* BEGUINAGE, s. m. Vie monastique, règle de re-

ligieux, dévotion affectée.

Amours tant cuidier fait remaindre

Tant beginaje et veu enfraiudre.

Âne. poet.fr. nu. du Vatican , n° 1490, fol. 128 , r°.


60 BER

Tait îi preuclome ce me semble ,

Haïr doivent trestuit ensemble

Pappelardie et beginage.

Gautier de Coinsi , Sainte Léocade, v. 1529.

Ce mot a signifié aussi couvent, maison religieuse.

Et encor veteneis de mi

K'a beginage

Ont-il mult volenliers visnage.

Jehan de Condeit , contre les dominic. , m -,

_ En ce lieu a mainte religieuse,

Béguinage est que le roy y fonda.

Eust. Desc.hamps , pocs. mss. , fol. 233 , col. 2.

Les maisons des prestres se'culiers et des béguinages ne sont

pas plus franches , quant au fait des arrests ou d'autres choses,

que les maisons des autres bourgeois et habitans de la ville.

Nouv. coust. gênerai f t. I , p. 1068 , col. 1.

On a dit aussi Béguiner , v. n. faire le dévot, la dévote.

En béguinant faire la précieuse ,

Pour empescher toute vie amoureuse.

Eust. Deschamps , poés. mss., fol. 334 » col. 1

* BELLISSIME , adj. des deux g. Très-beau.

Tellement qu'il vous faudra prendre garde de dire plustost

doctissime que très-docte ; plustost bellissime que très-beau.

H. Etienne, Lang. franc, italian. , dial. /, p. 216.

Italien , bellissïmo. Egli era in suo castello una donna ve-

dova del corpo bellissima.

Boccac. , Nov. 11. q.

BERGERETTE, s./. Diminutif de bergère.

Et trouvai lès son bregier

Une bregerette

Qui moult ert doucette.

,

Ane. poët.fr. ms. du Vatican , n° 1490 , fol. 1 12 , v°)

Quant la très douce bergierette

Tu refuses , c'est grans orgieus.

Froissart, poés. mss. , p. 27g , col. 1.

Tant qu'il trouva ung berger et une bergerette qui se de-

visoient sur ung tertre.

Perceforest, vol. VI , fol. i3 , v°, col. i.

.


B Ë S

Le mot Bergerette a servi aussi à désigner une sorte

de pastorale.

Bergeretle est tonte semblable à l'espèce de rondeau,

excepté que le couplet du milieu est tout entier et d'autre

îysière.

Fabry , art de rhétor. , L II , fol. 34 , V.

Les petits enfans de chœur de la Sainte- Chapelle qui illecques

disoient de beaux virelays , chançons et autres bergerettes moult

mélodieusement.

Chron. scandai, de Louis XI, p. 1 16.

* BESOGNER , v. n. Travailler , s'occuper.

Aucunes foiz estoit que les messages venoit à li, par quoy

il nous convenoit besoigner à la matinée.

Faut besongner ,

Pour eslongner

Oisiveté.

Joinville , Hist., p. io5.

Blason des faulses amours, p. 282.

Le Roy dist : Saintré, Dieu vous doint bien aller, bien be-

sogner , et à vostre honneur retourner.

Jehan de Saintré.

Bien est -il vray que ceulx qui besongnent beaucoup de

l'entendement,, se servent bien peu de sentiment.

Àmyot , Plut. OEuv. mor. , t. I , p. 402.

Elle passoit fort son temps, les après disnées, à besongner

après ses ouvrages de soye , où elle estoit tant parfaite qu'il

estoit possible.

Brant. Dames illust. , p. 49'

Voyez aussi Eust. Deschamps , pocs. rnss. , fol. 460, col. 3.

— Mystère de la Conception. — Histoire de Floridan 3 p. 712.

— Histoire d'Arthur III , p. 749. — Martial d'Auvergne,

Arest. amor. , p. 372. — Commines , Mem. , 1. II, c. 8.

Clém. Marot, EpisL 18. OEuv. t. I, p. 426. — Montaig. , Ess.

1. m , c. 1 , etc.

6t


Cri ' BLA

Ce mot a été quelquefois employé par nos écrivains

classiques modernes.

Si cet enfant avoit plusieurs oreilles,

Ce ne seroit à vous bien besogné.

La Fontaine, Cont. faiseur d'oreilles.

BESOIGNEUX , EUSE , adj. Qui a besoin ; néces-

siteux.

Dieu est si plains et si soffeisans à lui meismes qu'il de

nul de nos biens n'est besoigneux.

S. Bernard, Serm.fr. mss., fol. ia.

Tl prist les douze besans si les départit as besonious.

Pour aaisier les besoingneux

Un hospital de haute affaire

Fist estorer del sien et faire.

,

S. Grégoire , Dial ,1.1.

Gautier de Coinsi , Mir. N. D. , 1. I , c. 29.

Si devint si larges besongneux et sosfraiteus de plusieurs

roses.

Rom. des sept sages de Rome.

Voyez aussi Prov. vulgaux , ms. de VEglise de Paris , N. 2.

— Moralitez de N. D. — Rom. Rose, v. 535y. — Serm.

des baillis y reg. Pater de la Chambre des comptes, fol. 44)

r°, etc.

Italien, bisognoso. Alla donna, siccome bisognosa , piacque

la profferta.

Boccac. , iVW., 29. 20«

BIENDISANCE , s./. L'action de bien dire ; le talent

de bien parler.

Le désir de plaire, de faire montre de leur biendisance.

S. Julien , Mes!, hist. , fol. 1 1 , v°.

BLANCHET, ETTE, adj. Diminutif de blanc.

Et sa polie gorgete

Qi plus est blancete

Qe n'est flour de lis.

Ane. poët.fr. ms. du Vatican , n° 1490 , fol. 1 14 , v°, col. I.

\


B L A

Poitrines Manchettes

Plus claires et nettes

Qu'en raay les rosettes.

J. Marot ,poes. , p. i85.

Voyez aussi Rom. de Charité, str. 219, etc., etc.

On a dit également Blajvchelet , ette.

Ta main blanchelette.

Loys le Caron , poés. , fol. 64.

Italien, bianchetto. Rimarrà il liquor di dilettevol sapore

et di color bianchetto.

Crescenz. , Agricolt. , 5 , 20, 9.

Espagnol , blanquecino. Tie'nese por mejor uîia , la que se

trahe del mas roxo , y es blanquecina y grassa.

BLANDICE ,

cours obligeans ,

Lagun. , sobr. Dioscor. , 1. 1, c. 8.

63

s. f. Caresses, paroles obligeantes, dis-

flatterie.

Par son parler, par sa blandice

Le trove si mol et si nice.

Eust. Deschamps ,poés. mss. , fol. 53 1 , col. 1.

Platon les accouple et veut que ce soit pareillement l'office

de la fortitnde, combattre à l'encontre de la douleur, et à

i'encontre des immodérées et charmeresses blandices de la

volupté.

Montaig. , Ess. , 1. III, C. l3.

Recognoissans bien en premier lieu que toutes les blandices

d'Espagne ne sont qu'autant de pièges à leur liberté.

Sully , Méin. , t. II, c. 20.

Voyez aussi Partonopex de Blois _, ms. de S. Germain,

fol. 1 34 , r°, col. 1. — Coquillart ,

remj , poés., p. 268, etc. , etc.

plaidoyer* — Jac Tahu-

Latin , blanditia , blandities. Sic habendum est nullam in

amicitiis pestem esse majorem , quàm adulationem , blandi-

tiam , assentationem.

Cicer. , de arnicit., c 2 5.

Espagnol , blandicia. No consiente la justicia cosa alguna


4 BLO

de blandicia, por cîonde haya de dexar algo de su constanza

y gravedâd.

Commend. sobr. las 3oo , fol. 81.

On a dit aussi Blandir, v. a. et n. Flatter, dire des

paroles obligeantes.

S. Grégoire, diaL III, c. 7. — Gonthier ; Rec. de poet.

fr. avant i3oo, ms., t. III, p. 10 18. — Adans du Suel, trad.

de Caton, 1. III, dist. 3. — J. Bodel d'Arras, Cong., v. 19.

— Constant Duhamel , v. 669. — Rom. Rose, v. 7705.

— Froissart, Chron. , vol. IV, c. 75. — Eust. Df.schamps,

poés. mss. , fol. 2 53, col. 2. — Rom. de Tristan , ms. du Roi,

6V)56, — Amant ressuscite ', p. 18. — Alain Chartieu, Espér.

OEuv. , p. 329 , etc.

Latin, blandiri.

Italien , blandire.

Blandissant, ante, adj. Caressant.

Pénitence d'Adam , ms. , c. 3. — Cl. Marot, Ps. 12. OEuv.

t. III , p. 268.

Blandicieux, euse, adj. Flatteur, caressant.

Lett. de rémiss., ann. i4^9> Très, des Chart. , reg. 188,

ch. 129.

Blandisseur, s. m. Flatteur, cajoleur.

Perceforest.

Blandissement , s. m. Action de flatter, de caresser.

Marie de France, Purgat. de S. Patrice. — Guillaume de

Nangis, Chron.fr. ms. , ann. i3o6. — Eust. Deschamps, poés.

mss., fol. 352, col. 4- — Amant ressuscité, p. 80. Amyot .

Plutarq. Annib. , c. 59. OEuv. , t. IX , p. 433 , etc. , etc.

Mais ces mots ne me paraissent pas de nature à être

réintégrés dans notre langue.

BLONDELET , ETTE , adj. Diminutif de blond.


Est-ce encor de Barthélemie ,

ta blondelette ?

Cl. Marot , opusc. 2 e . OEuw , 1. 1 , p. i58.


det y

BO U 65

Une bien jeune et toute blondelette

Coaçeut ung fils éthiopien sans père.

Parmi la tresse gentille

De ce beau chef blondelct.

Rabelais, 1. V, c. i3.

Jacq. Tahureau, poés., p. 266.

On a dit aussi , mais moins heureusement , blon-

ette.

J'ai amiete, sadete , blondete ,

Tele corne je voloie.

S'araor venist à plesir,

Que me vousisse sesir

De la blondette ,

S-Tvourousete.

Chastelaine de S. Gille, v. 286.

Compl. d'amour, ms. du Roi, n° 7218 , fol. 357.

Italien , biondetto. Capegli avea biondetti e ricciutelli.

Guid. Cavalc, c. 68.

BOCAGEUX, EUSE, ad/. De la nature des bocages,

qui appartient aux bocages.

Lieu boscageux et solitaire.

Triomphe de la noble dame , fol. i85.

Et le paisible, frais ombrage

D'un verd bocageux arbrisseau.

Jac. Tahureau , poés. v. x 14.

BOUCHELETTE,*./. Petite bouche.

Douce et belle bouchelelte ,

Plus fraîche et plus vermeillette

Que le bouton aiglantin,

Au matin.

On a dit aussi bouchette.

Et la bouchette coulourée.

L'alaine souef odourée.

R. Belleau, berger. , t. I, p. 60.

Rnm. Rose, v. 26S8.

Voyez aussi A ne. poët. franc, ms. du Vatican n° 1490,

fol. 112, v°. Jac. TAHUREAU,/>oe'y., p. 25, etc.

1 5


66 BOU

Italien, bocchetta, bocchina.

Pelosa ha intorno quella sua bocchina,

Che proprio al baibio rassomiglieresti.

Luig. Pui.ci , Bec. 2.

Espagnol r boquilla , boquita. Yalli ton las boquillas van de

si mesmos hilando la seda.

Sa nt. Teres. Mor. 5 , c. 2.

* BOURDER , v. n. Dire des bourdes, faire des contes

en l'air , exagérer , mentir.

Car se il demoroient fors de l'église , aucuns par aventures

se recoeheroit dormir, ou seroit touz oisouz , ou il entendroit

à border.

Ane. trad.fr. de la règle de S. Benoît, ms. de l'église de Paris, fol. i36.

Et me semble que les barons d'Escosse leur dirent , et au-

cuns autres chevaliers , ainsi qu'on bourde et langage d'armes

ensemble.

Froissart, Chron. , vol. II, c. i5o.

Chantons nous deux, truffant , botirdant.

Elles ne jurent, ne renient

Ne bourdent corue nous bourdons.

,

Blason des faulses amours.

Bouton , miroir des dames.

Voyez aussi Lett. de rémiss. ann. i364 ; Très, des Chart. ,

reg. 96 , ch. 176. — Dutillet , Rec. des Rois de Fr. , p. iZ'j.

* Bourdeur , eresse , s. Celui ou celle qui dit des

bourdes.

Bordieres n'a droit

En amors, quels bons qu'il soit.

Ane. poet.fr. ms. avant i3oo, t. IV, p. i534>

Ne soit mie cruex ne faintiz , ne menlanz

Dangereux en ostel , borderes ne jenglanz.

Doctr. ms. de S. Germ. , fol. 102 , r", col. 2.

Vous estes grandes bourderesses , et pou piteuses de ceux qui

mercy quierent.

1)ie\ A.r.rER de \. s. Tour , instr. à sesfiles, fol. 64, v°, col. 1.

,


BOU 67

EtLynope, qui très-bonne bourderesse estoit,rioit si fort

qu'elle s'assist à terre de ris.

Perceforest, vol. I , fol. 122 , v°, col. 2.

Voyez aussi Lett. de rémiss. , ann. 1 4 19 ; Très, des Chart. ,

reg. 171, c. 27. — Boutillier, Somm. rur., L'II, tit. 26,

p. 214 , etc.

BOURSETTE, s. f. Petite bourse.

Tousjours après la confession , recevoit discipline par la

main de son confessor de cinq chaennes de fer qui estoient

jointes ensemble , lesquelles il portoit en une petite boursette

de yvoire, en une aulmoniere de soye qui pendoit à sa ceinture.

Recevez en gré la boursette

Ouvrée de mainte couleur :

Volontiers, en don de fillette,

On ne regarde en la valeur.

ISUngis , ann. , p. 239.

Cl. Marot, ipig. 55. OEuv., t. II , p. 237.

Italien, borsetta. E donatale una borsetta di refe bianco.

Boccac, Novell. 63. 14.

On a dit aussi bourselet , bourselot , boursicaut. Ce

dernier mot est même encore en usage dans le langage

vulgaire.

Un petit bourselet de rouge cuir.

Lett. de rémiss., ann. 1391 ; Très, des Chart., reg. 141 , ch. 42.

J'en mis l'autrier un ( florin) à gekinne,

Que je trouvai en un anglet

D'un bourselet.

Froxssart , poés. mss. , p. 4a5 , col. 1.

Et croy pour vrai qu'il avoit de monnoye

Plus que d'escuz dedans son boursicault.

Italien , borsello , borsiglio , borsellino.

E si trasse una piastra d'un borsello.

Chasse d'amours , p. 33, col. 2.

Laportano in un borsiglio attacato al collo.

fk ONAR.OTT. ,Jier. , 4. 3. 2.

Trattat. segr. cas. donn.

5.


68 BRE

Messeli nel borsellino , e poi gli si mise in uno camiere.

BOUTONNET , s. m. Petit bouton.

Car je vouloye tout cbercber,

Jusques au fond du boutonnée.

Franc. Saccu. , Nov. a5.

Rom. Rose t v. 22652.

On a dit aussi, mais moins heureusement, boutonceau.

Dont la sève montoit amont es vaines des arbres, jusque»

aux boutonceaux.

Perceforest , vol. II , fol. 39 , v°, col. 2.

Italien , bottoncello , bottoncellino , bottoncino. Solevano

portar le donne intorno al collo , e aile maniche , de' bottoncelll

d'ariento indorato.

Buti , sul Dante.

Si dilettano di que' minuti bottoncellini di avolio , che sem-

brano perle.

Io vidi un naso fatto a bottoncini

Che paion paternostri di corallo.

BRAVACHERIE, s./. Rodomontade.

Les bravacheries du capitaine Spavente.

,

Trait, segr. cos. donn.

Burchiei., sonn. 2, 58.

Beatjchamps , Rcch. des Théâtr. , t. II , p. 12.

BREBIETTE, s.f. Petite brebis.

Si vous dis qne les brebiettes

Ne des herbes, ne des fleurettes

Jamais tant brouter ne ponrroient.

Et entre les pastours viz ceulx

Qui s'aymèreut, et autour d'eulx ,

Leurs brebiettes.

Rom. Rose , v. 20880.

Al. Chartier , poés. , p. 599.

Et fut aussi surnommé ovicula , qui vault autant à dire

comme brebietie , pour la doulceur, tardité et pesanteur de

«es façons de faire, dès qu'il estoit encore enfant.

Amïot, Plut. Fab. Max. OEuv., t. I , p. 240.

!


BUI 6 9

Chatemites, lequel dernier terme vaut quasi autant que

contrefaiscur de brebiettes.

H. Etienne, Apolog. d'Hérod., p. 626.

On a dit aussi, mais moins heureusement, brebisette.

Brebiole.

L'autre ier vi bregier et bregiere ,

Qui bien avoieut sis vins ans

Entre euls deus , garder à praugière

Leurs brebisettes sur les champs.

Froissart , poés. mss. , p. 289 , col. 2.

Hélas ! je suis ta pauvre créature ,

Ta berbisette , un povret ver terrestre.

P 1 e Michaut , compl. sur la mort de la comtesse de Charolois.

Si les cornant au grant pastour

S'il veut , si gart sa brebiole.

Recl. de Maliens . Rom. de Charité , str. 124.

BROUETTÉE, s./. Charge d'une brouette, ce que

peut contenir une brouette.

Item le dymauehe , une broutée de poissons doit pour esta-

lage iiij den.

Reg. des fiefs du comté de Clennont , Chambre des comptes de Paris, fol. r 1

BRUYAMMENT , adv. Avec bruit , dune manière

bruyante.

Endormi des eaux roulantes,

Bruyantement doux-coulantes.

J. Ta.hurea.tj, poés. p. 244.

BUISSONNAIE, s./. Lieu couvert de buissons.

Passans un buissonnaye entrouvrent le froissis d'un hallier,

comme d'une beste qui brossoit les hayes.

BUISSONNET , s. m. Petit buisson.

Tout ainsi comme l'oyseleur

Prent l'oysel, comme cauteleur,

Et l'appelle par doulx sonnetz ,

Musse dedans les buissonnetz.

D. Florès de Grèce , fol. exix, v°.

Rom. Rose , v. 2241 S.


7o BUQ

Ou pas à pas , le long des buissonnetz ,

Allois cherchant les nids des chardounctz.

Ci.. Marot, opusc. 3. OEuv. 1. 1, p. 176.

Là rencontra une guaye bergière laquelle , à l'ombre d'un

buissonnet y ses brebiettes guardoit.

Raeel. , 1. V, c. 7.

On a dit aussi, mais moins heureusement, buissoncel.

Et me mis dans un buissoncel

Qui séoit dalès on moncel.

Froissàrt , poés. mss. , p. 384 , col- 1

* BUISSONNEUX, EUSE, adj. Couvert de buissons.

Et encores de malheur traversant un long boys buissonneux

et mal aysé à suivre les sentiers.

D. Florès de Grèce , fol. cxlv , r°.

BUQUER, v. a. et n. Heurter, frapper.

Allèrent secrètement par nuiet buquer à l'huis de la fenestre.

MoNSTRELET, ChrOtl. , Vol. I, C. 202.

Quant il otiyt ainsi bu'cqùér à l'hnys , si pensa bien que

c'estoient les ennemis.

Percejorest, vol. T , fol. 83, r°, col. I.

Arrivent sur les dix heures do matin à la maison du flameng

: là ils huqnent. La femme se met aux fenestres pour

sçavoir qui c'estoit.

Et. Pasquier , Rech. , L VI, c. 36.


APPENDICE

B

JjACÏIELERIE, s. f. Ordre des bacheliers, réunion de

bacheliers, de jeunes gens. Rom. de Garin. — Cuvfxier ,

Hist. de Bertr. Dhigue se lin , en vers. — Lett. de remiss.,

ami. 1392; Très, des Chartr. , reg. i4 2 » cn - 284.

BANALEMENT , adv. D'une manière banale , par

droit de ban. Lihert. de la ville de Perruss. , ann. i34~.

Ordonn. des rois de Fr. tom. Y II, p. 33, art. 17.

BARATTER , t. a. Tromper. Guiot de Provins,

Bill. ms. — Kievre de Rains, Rec. de po'èt. franc. , avant

r3oo, ms. , t. II [, p. 1160. — Gautier de Coinsi, Mir.

de Sainte Léocade , ms. , fol. 3i , v°, col. 3. — Castoicm.

cont. 4, v. 4- Chastie-Musart , ms. de S. Germ., fol. io5,

v, col. 3. — Rom. Rose, v. 1198. Jehan de Meung,

Testai?!. , etc. — Italien, baratiare. Boccac , lett. 2 7 4.

— Barateur, Barateuse , Barateresse, adj. et subst.

Trompeur. Gautier de Coinsi , Sainte Léocade , v. 836.

— Rom. Rose, v. 21046. — Iùid., v. 22386. — Froissart

, Ckron. , v. I , c. 221. — Coût, de Beauvoisis ,

c. 63. — Rob. Gaguin , passe-temps. — Al. Chartier ,

poés., p. 709 ,

etc.

BARBOIER , v. a. Faire la barbe , raser. Lett. de

rémiss., ann. i394; Très, des Chartr. , reg. 146, c. 355.

— On dit dans le style familier barbifier , mot qui, au

reste, ne se«trouve point dans le Dictionnaire de l'Aca-


72

BAT

demie, édition de 1762 , mais seulement dans celle de

Smits , Paris, 1798.

BARISEL, s. m. Petit baril. Chev. au barisel , v. 676.

BARYTONER ,

v. n. et a. Chanter sur le ton qui

est entre la taille et la basse. J. Le Maire, Descript.

de Vénus.— Alector, Rom. p. 118, r°. — Rabelais ,1.1,

c. 7. — On a dit aussi Barytoniser. Farry , Art de

Rhétor.

BASANIER , s. m.. Marchand de cuir, de souliers

de cuir. Reg. de Jehan Sarrazin , ann. 1270, cité par

Brussel , Traité des Fiefs , t. II , p. 746. — Statuts de

Vann. 1278; Ordonn. des rois de France, t. V, p. 106.

BASSEUR , s.f. État de ce qui est bas. Cl. Fauchet,

Antîq. Franc. y

1. X, c. 19. OEuv., fol. 4°°? v °« — Bran-

tome, Dames illust. , p. 3 09.

BASTILLEPt , v. a. Munir , fortifier. Rom. Rose,

v. 1 35. — Cheval, au barisel, v. 5.— Ju vénal des Ursins,

* Hist. de Charles VI , p. 4° 2 — Hist. d'Artk. III , conné-

table de Fr. y duc de Bret. , p. 7 5 9.


,

BATAILLEUR, ERESSE, adj. Guerrier, valeureux.

Chart. de Vann. i395 ; Très, des Chart. , reg. 147 , c. 298.

— Gestes des Bret.; Marten., Anecd. t. III, col. y 14^9.

— Al. Chartier Quadril. Invect. OEuv., , p. io4-

Hist. de Jean Boucicaut , in-4°> 1620, 1. I, p. 14.

Italien , battagliatore. Vit. di Plutarch. volgarizz. —

Espagnol, batallador. Cervant. , novell. 4, fol. i35.

— Batailleur , s. m. Soldat, guerrier, celui qui combat.

Louang. des Dames , Bibl. de Bourgogne.—Al. Chartier ,

VEspérance; OEuv., p. 383, etc.

BATELER, v. n. Faire le bateleur. Amyot , Plut.

OEuv.Mor., t. XX, p. 263.—Montaig. , Ess. , 1. III, c. 11.


Bl L 73

BATTÀBLE , adj. des deux g. Susceptible d'être

battu. Monstrelet , Chron. , vol. III , p. 52 , r°. —

Charron, Sag. , p. 5^4 ^ etc »

BECHEVET , adv. Pieds contre tête. Rem. Belleau ,

Berger. — Beroalde de Verville , Moj. de parvenir

p. 189, etc. D'où le verbe Bécheveter.

BEHOURD, s. m. Combat, joute, tournois. Rom.

Rose, v. ip833. — Phil. Mouskes, ms., p. 755. — Rom.

des sept sages de Rome. — Hist. des trois Maries , ms.

p. ^66. — Lancelot du Lac, t. I, fol. 126, v°, col. 1.

— Monstrelet, vol. III, p. 101 , r°, etc. — Latin barb.,

bohordicum. Lambert. Ardensis. — Béhourder , v. n.

Combattre, jouter. Dict. du sougretain , fabl. ms. , p. 93.

— Rom. d'Âubery, ms. — Rom. de Garin , ms. — Baude

Fastoul d'Arras, Congié , v. 5p5. Rom. du Brut,

fol. 80, v°, col. 1. Lett. de rémiss. , ann. i3j5 ; Très,

des Chart. , reg. 107, ch. 5o. — Cl. Fauchet , Orig.

1. I, c. 1. OEuv. fol. Soc, v°. Ménard, Hist. de Bcrtr.

Duguesclin , p. 11 , etc. — Latin barbare, burdeare

biordare. Rymer, act., tom. V, p. 223. — Italien, bagor-

dare. Brunett. , Lat. , Tesor. , 8. 49-

BERCELET, s. m. Petit berceau. Chron. de S. Denis. —

Rec. des Hist. de France, tom. VII, p. i5i. — Lett. de

rémiss., ann. 1457; Très, des Chart., reg. i85, ch. 327.

BESTELETTE, s.f. Petite bête. - Dialog. du Mon-

dain. — Rom. d'Jth/ys et Profilias. — Al. Chartier ,

Quadrilog. invectif. ; OEuv. , p. 453.

BIGOTER, v. n. Faire le bigot, la bigote. Roger de

Colerye, OEuv., y. 189.

BILINGUE, adj. des deux g. Qui a une double

langue ; fourbe. DiaJ. du Mondain.


7 4

BOU

BIPARTI, \1L,adj. Composé de deux parties distinctes.

Danse aux Aveugles.

BJSANTE , s. f. Grrfndtante. D'argentré , Coût,

de Bretagne, p. 10,80.

BISONCLE, s. m. Grand -oncle. Dargentré, Coût,

de Bretagne, p. 1927.

BLANCHOIER , v. n. Devenir blanc, tirer sur le

blanc. Fabl. d'Estula. — Pyrame et Tisbé , v. 663. —

Rob. de Blois, Ckast. des Dames, v. $6.

BLASONNEMENT, s. m. Action de blasonner, de

diffamer, de tourner en ridicule. Lett. de rémiss., ann.

1387; Très, des Ckart. , reg. i3o, ch. 268.

BLASONNEUR , s. m. Médisant, celui qui blâme,

qui blasonne. Cl. Marot, Elcg. 19; OEuv. , tom. I,

p. 334.


Amyot, Plut. OEuv. Mor. , tom. II, p. 190.

BLOINDEUR, s. f. Couleur blonde. Amad. Jamyn ,

Poès. , p. 74. — Italien, biondezza , Boccac, Amet.

BLONDOYER , . n. Produire une bosse , s'élever en

forme de bosse. Fabl. mss. , p. 3o8.

BOUFFONESQUE , adj. des deux g. Propre à un bouf-

fon , qui appartient à un bouffon. Brant. , Dam. Gai.,

tom. Il, p. 121. — Et. Pasquier, Rech., 1. VIII , ch. 39.

— Italien , Buffonesco. Buonarotti ,fier.

BOUTILLERIE, s.f. Charge, office de boutiliier,

lieu où Ion conserve le vin dans les communautés re-

ligieuses. Reg. de Jean de S. Just , Chamb. des comptes

de Paris. — Lett. de rémiss. , ann. i4^3; Très, des Chart. ,

reg. 182 , ch. 4^? etc.


BUC 7 5

BOVIN , INE , adj. Qui est relatif au bœuf. Lett. de

rémiss. ann. i47°î Très, des Chart. , reg.

y 195, ch. 493.

— Rabelais, 1. I , ch. 17. — Latin , bovinus. Theod.

Priscian. de diœta, e. i5.

BRASSU , UE , adj. Qui a des bras , de longs bras

de gros bras. J. Baïf, OEuv., p. 99, v°.

BRICON, s. m. Homme de mauvaises mœurs, fripon.

Gautier de Coinsi, Mir. de N. D., 1. II. — Thiebaut

de Navarre , Chans.; po'êt. franc. , avant i3oo , ms. ,

tom. I, p. 362. — Anciens écrivains franc. , ms. de la

Clayette, in-4°, fol. 273, col. 1. — Rom. du Rou , jus.,

p. 109.—Bcrenger au long cul , v. 220.— Castoiement

cont. 3, v. 347- S. Pierre et le Jougleor , v. 2^.— Rom.

Rose , v. 5 46. — Vie de J. C. , ms. —- Floire et Blanche-

flor, ms. de S. Germain, foi. 202, r°.— Chron. ms. de

Bertr. Duguesclin. — Italien, Briccone , Gio. Villani,

stor. 7 , 60 , 3. — Briconner , Abriconner , tromper.

Gautier de Coinsi , Varlet marié a N. D. , v. 26. —

Ovide, ms., etc. Voyez Embriconner.

BRUNEUR, s.f. Couleur brune. Lancelot du Lac,

tom. I , fol. 10, r°, col. 2. — Italien, brunezza, Teolog.

Mistic.

BUBETTE, s.f. Petit bubon. Guerin, Treces , v. 328.

— Rom. Rose, v. 14093. — Miracl. de S. Louis, c. 6.

— Amyot , Plut. , Denys , c. 58; OEuv. , tom. XII,

p. 218.—On a dit aussi Bubelette , Babel., 1. II, c. 1.

BUCCINE, s.f Trompette. Rom. Rose, v. 11426,

— Jehan de Meung, Testam. , v. i383. Villehardouin,

Conq. de Constantinople , n° 82, p. 59. — Nangis,

Ann. , p. 256. — Froissart , Chron. , vol. I, c. 37.

Clém. Marot, opusc. 1, OEuv. , tom. I,p. i43.— Latin,

buccina , bucina. Cicer. , pro Murœna , c. 9 — Italien


7 G BUE

buccina , Giamb. Gell. — Espagnol, burina. Marmol. ,

Descripc. de A'fric. , tom. I, fol. 198.— Bucciner, *v. n.

Sonner de la buccine , de la trompette. Rom. Rose,

v. 11428.

— —

Mir. de S. Louis, c. i5. — Latin, buccinare,

bucinare. Apulei. , Metam., 1. IV. — Italien, buccinare.

Tit. Liv. , Dec. prim. ms.

BUCHER , v. n. Abattre du bois et le débiter en

bûcbes. Lett. de rémiss., ann. i449î Très, des Chart.

reg. 186, ch. 78. — Latin barbare, boscare , Chart. Rajm.

Bereng. , ann. 1270, citée par Pitton , Hist. d'Aix ,

p. 117.

BUER, -v. a. et n. Faire la lessive, laver. Gaut. de

Coinsi, Mir. de N. D. , 1. III. — Fab. d?une femme pour

cent hommes. — Eust. Deschamps , poés. mss. , fol. 554,

col. 1.

Matheolus.

Rom. des sept sages, fol. 21. — Rebours de

,


CiACHlNNATION , s. f. Action de rire aux éclats,

ris immodérés.

Que vos ris ne soient puériles , c'est-à-dire à pleines gorges

et qu'il n'i ait en eus aucune cachinnation ni moquerie.

Triomphe delà noble dame, fol. 53.

Latin, cachinnatio. Ut si ridere concessum sit, vituperetur

tamen cachinnatio.

Cic. , Tuscul , IV, c. 3r.

Cachinnateur, s. m. Celui qui rit aux éclats.

Jeunes gens sont prompts à parler et à mentir, lascivieus

en paroles, injurieurs, cachinnateurs et détracteurs.

Triomphe de la noble dame, fol. 16.

*CAFARDER1E, s. f. Caractère du cafard, hypo-

crisie , bigoterie.

Et pourrez eslire ou chercher

Homme qui sache bien prescher

Jésus -Christ sans capharderie.

Cl. Ma rot , Colloq. d'Erasme ; OEuvr. t. III , p. •>. r \.

CAMPANELLE, s./. Clochette.

Icil vont partout préeschant

Et leurs campenelles sonant.

Goiot-de-Provins, Bibl.y v. ao34 , 2o35.

Si tost comme les campenelles sonoient, il aloient là et

ocioient ou prenoient ceaus et ce que il portoient.

Contin. de Guill. de Tyr , fol 38 7.

Le portier l'ayant introduict courtoisement, sonnera la

campanelle.

RàBKL. , 1. IV, C. 12.

Latin barbare, campanella. Fieri curavit très campanellas

in choro dicta? ecclesiae.

Hist. d'Harcourt, t. III, p. 327.


J$ G A S y

Italien, campanclla. Quando udirete sonar le catnpanelle ,

verrete qui.

Roccac. , Nov. 60, 5.

Espagnol, campanilla. El toco tina campanilla y acudieron

dos 6 très.

Math. Aleman , Vida de Gitzm. de Alfar. , fol. 346.

CANETER, 7). n. Marcher à la manière des canes,

faire la cane, baisser la tête.

Et ainsi gaulchissans et canetans vindrent finablement à

mercy qui leur fut accordé.

Don Florès de Grèce , fol. xxxi , v°.

D'autant qu'ils marchent en caneianl , alongeant plus un

muscle et nerf que l'autre.

nise.

Rouchet , scrées , 1. II , p. 146.

CANONISABLE , adj. des deux g. Digne d être cano-

Louable, méritoire et canonizable.

Charron, Sag., II, e. 5.

GANTILÈNE, s.f. Chant, motif de chant.

Là du gracule, et plaisant Philomène

Te resjouit la doulce cantilène.

Rabel. , Epist. vieilles , t. VI, p. 3a

Latin , cantilena. Et sicut in voluptatibus cultûs atque

\ictûs, ita in cantilenarum quoque multis anteiretis.

Italien, cantilena.

Rispose alla diviua cantdena

Da tatte parti la beata corte.

Aul. Gell., 1. XIX, c. 9.

Dant. ,

Espagnol , canliléna.

Y que cou una dulee cantilena ,

En el arte mayor de Juan de Mena,

Enamoraba el vîento.

Parad.y 3a.

Thom. de Bup.guii.eos, (ratoinach. . t.

CASCARET , s. m. Homme d'apparence mesquine ,

.


G A Y 79

sans consistance. Ce mot est encore en usage dans le

style familier.

-~ Ce vieux cynique estoit un vrai falot

Cousin germain de sa dive lanterne

Un cascaret ou bien un sibilot.

Garasse , Recli. des rech. , èpist. au ïect. , p. ix.

CASÉIFORME, aclj. des deux g. Qui a la forme,

l'apparence du fromage ; qui est d'une nature analogue

à celle du fromage.

Ayez en re've'rence le cerveau caséiforme.

Rabei,. , 1. I , Prolog. , p. xlvj.

CAUTIONNAIRE, adj. des deux g. Donné à titre de

caution, qui sert de caution.

Ville cautionnaire

Jeannin , Négociât., t. I, p. 162.

Anglais, cautionary. Is tliere no security for the Island of

Britain ? Has the ennemv no cautionary towns and 'sea-ports

to give us for securing trade ?

Swift.

CAVILLEUX, EUSE, adj. Artificieux, fourbe, rusé,

subtil.

Moult estoit belle femme la royne Fredegonde, en conseil

sage et cavilleuse , en tricherie et malice n'avoit pareille , fors

Brunehaut tant seulement.

Chron. de S. Denis, t. I , fol. 54 , v°.

Or sont -ils si très cavilieux ,

Que là où ils voient doux regard ,

Certes, ces deux gentils fillenx

Sont incontinent celle part.

Confession de la belle file.

Estre lascivieux, mensonger, cavitteiix , ambicieus, arrogant.

Triomphe de la noble dame , fol. 218.

Latin , cavillosus. Astuti , callidi , cavillosi et insidiarura

pleni.

Jul. FfRMICUS , 1. V, c. 8.


80 CER

Italien, cavilloso. Persuase gli altri più forti , con quella

clausula cavillosa, a giurare.

Davanz. , Scism. 3q.

Espagnol, cavilôso. Finalmente, mi amo era tan cavilôso,

que en ninguna manéra me atrevi à que luego se desembol-

sasse el dinéro.

Cervant. Quix. t. I, c. 40.

Anglais, cavillous. Those persons are said to be cavillous

and unfaithful advocates, by whose fraud and iniquity justice

is destroyed.

GEINTURETTE, s.f. Petite ceinture.

Sire , par cheste chainturette

Est entendu que vo car nete

,

Ayliffe.

Vos rains, vos cors entirement

Devez tenir tout fermement.

Hue de Tabarie , ordcn. de chevalerie.

Si j'aime bieu les blanches ceinturettes ,

J'aime bien mieux dames qui sont brunettes.

Cl. Marôt, Epist. 6 ; GEuv. t. I , p. 388.

Italien, cinturetta. Ella gli cinse una bella e leggiadra cin-

turetta d'argento.

Boccao., Novell. 80, 14.

Espagnol , cinturilla. El oro poco ha le teniades en vuestras

casas, hecho anillos y cinturillas de vuestras mugeres.

D. Pedr. de Ona, postrim. del nombre , 1. I, c. 10, dise. 1.

CÉRULÉE , adj. des deux g. Azuré , bleu de ciel.

J'apperceu d'advantaige deux tables d'aimant Indique, am-

ples et espoisses en demie paulme , à couleur cérulée , bien

licées et bien polies.

Rabel. , 1. V, c 37.

Latin , cœruleus. M. Agrippam in Siciliâ , post navalem vic-

toriam, cœruleo vexillo donavit.

Italien , ceruleo.

Purpurea vesta d'un ceruleo lembo

Sparso di rose i begli omeri vêla.

Sueton. , Augusf., c. a5.

Petrarc. , Sonnet. i5a.


G H E 81

Espagnol , ceruleo. Quando esta turbado , el mar tiene un

color ceruleo , verde y negro.

Fr. Pedr. de Ona , postrim. , 1. I , c. 5 , dise. 3.

Anglais, ceruleous , cerulean. It afforded a solution, with

now and then a light touch of sky colour , but nothing near so

high as the ceruleous tincture of silver.

From thee the saphire solid ether takes

Its hue cerulean.

Boyle.

Thomson.

CHAMBELLANIE, s./. Service, office, fonction de

chambellan.

Aussi je lui promets une chambellanie.

Thom. Corneii.ee , Geôlier de soi-même , act. IV, se. 4.

On a dit aussi chambellage.

Voyez P. Pithou, Coût, de Troie , tit. III, art. 44? P* *45.

Latin barbare , cambellanatus , cambellaniatus. Quae antea

cornes percipiebat et percipere consueverat, ratione officiornm

suorum ad carnbellanatum et constabulatum Normanniae spec-

tantium.

Chart. Joann. reg. franc. , ann. i35i ; Hist. d'Hâve. , t. IV, p. 1469.

CHAMOISER , v. a. Apprêter les peaux à la manière

de celle du chamois.

Que nulz ne puist camoUser basane.

Stat. de l'an 1 390 , ordonn. des Rois de France , t. VII , p. 565 , art. 10.

Italien , camosciare , scamosciare. Vocab. délia Crusca.

CHETIVETÉ, s.f. État de ce qui est chétif, chose

chétive et de peu de valeur.

1

'

Ha ! biaus oneles , je vous dirai

Une bone chetiveté.

Nus ne se doit courechier

A sa dame , pour tais caitivetés.

Hug. Piaucele , Estourmi, v. 566.

Ane. poet.fr. , ms. du Vatican , n° 1 490 , fol. 1 5o , r°.

Plus tu seras chétif, plus ta chetiveté

Gaigne de mal talent sur ta méchanceté. '

J. Baïf, 0iW.,p. 63, r°.

S


82 CHE

Aucunes qui pensans estre bien traitées de leurs hommes

qu'elles avoient tirés de la justice, et du gibet, de la pau-

vreté , de la chètiveté.

Brant. Dam. gai. , t. II, p. 209.

Voyez aussi Lett. de rémiss., ann. i36q; Très, des Chart. ,

reg. 100, c. 3i5.

GHEVAUCHEUR, s. m. Celui qui chevauche, cava-

lier , courrier.

Chantons , et rendons loenge à nostre seignour , car son noum

est magnifiez gloriousement , li chival , et li chivalcheour que

sist sur li chival , jetta il en la mer.

Trad. de la Bible > Exod. , c. i5 , v. 21.

Car bien savoit par ses chcvaucheurs quel chemin nous

prendrions et que nous logerions à Jabiroth.

Froissart , Chron. , vol. III, c. 28.

Le chevaucheur qui à couvert s'est mis ,

Laissant passer ou la gresle, ou la pluye.

Cl. Marot, Epist. 53; OEuvr. t. I, p. 541.

Il arriva devers eulx un chevaucheur party de Syracuse, qui

leur apporta ceste nouvelle que l'Achradine estoit prise.

Amyot , Plut. , Timoléon; OEuvr. , t. III , p. 119.

Voyez aussi Eust. Deschamps , poés. mss., fol. 356, col. l\.

— Le Jouvencel , fol. 53, r°. — Comtnes, Mém. 3 1. I, c. 11.

—-Menard , Hist. de Bertr. Duguesclin , p. 334, etc., etc.

Ce mot a servi aussi à désigner des domestiques at-

tachés à la maison du roi, et dont l'office était de

monter à cheval pour porter les lettres ou faire d'autres

commissions.

Item valiez d'estables et chevaucheurs viij , qui mengeront

à court et les quatre seront toujours à court, pour faire

l'office de l'escuierie, et les autres quatre seront pour aller hors,

porter lettres.

Ordonn. de la maison du Roi, ami. i3 17 ; reg. de la chamb. des comptes

de Paris , sign. croix , fol. 78 , v°.

Enfin on a nommé chevaucheurs de balais, les sor-


C H I 83

ciers, qui, selon l'opinion vulgaire, allaient au sabbat,

à cheval sur un balai.

Voyez Lett. de rémiss. , ann. 1478 ; Très, des Charî. ,

reg. 20G, c. 72.

Italien , cavalcatore. E quando il cavalcatore sarà sopr' esso

salito , etc.

Crescenz. , Agricolt. , 1. IX , c. 6.

Espagnol , cabalgador. E eran diez menos que los de la

otra parte ,

e de otros cabalgadores fasta mil.

Chronic. gêner. , part. III , fol. 69.

CHICHETE, s.f. Avarice, parcimonie, caractère et

qualité de celui qui est chiche.

Assez mauvais drap portoit aucunes fois; et un mauvais

chapeau différant des autres et une image de plomb dessus.

Les courtisans s'en moquoient, et disoient que c'estoit par

chicheté.

Comines , Mém. , 1. II , c. 8.

Chicheté est la lysse

Qui l'ame tue et rend le corps mal sain.

J. Marot , Poés. , p. 212.

Cependant qu'il se contente de l'espargue et chicheté de

sa table, tout est en desbauche en divers re'duits de sa maison.

Montaig. , Ess. , 1. II , C. 8.

Ceste couleur noirastre et salle c'est proprement la taincture

d'avarice et de chicheté.

Amyot , Plut. OEuvr. Mor. t. IV , p. 452.

CHIROGR APHE, s. m. terme de jurisprudence. Acte,

obligation sous seing privé, attestation.

Et une chascune partie de cestuy cirograiphe avons nous

garnis de nostre seel avec la suscription des témoignages.

Chart. de 1 182.

Le proufit et émolument que souloient avoir les eschevins,

pour la recepte des cirographes , testamens et autres es-

cri ptures.

Lett. de Charles V, févr. 1370. Ordonn. des Rois de Fr. , t. V, p. 375 y

art. 6.


U cic

Et en auroit son obligation et le cirographe devers lui.

Hist. de la Toison d'or, t. II, fol. 8 G.

Auquel lieu y a innumérables vœux de cire , et cirographes

attestans les glorieux miracles que ,

tant durant sa vie qu'après

son décès , nostre Seigneur a voulu faire pour lui.

J. de Eotjrdigné, Hist. aggreg. des ann. et chron. d'Angers, ann. 1440.

Voyez aussi Chart. de Van 1269, Chartul.de Champagne ,

fol. 22,6. — Lett. de Henri VI , roi d 'Angleterre , ann. \l\i\.

Très, des chart., reg. 173, c. 28, etc. , etc.

Grec, yetpo'ypacpov. Jul. Pollux , Onomastic.

Latin, chirographum.

Vaua supervacui dicunt chirographa ligni.

Juven. , sat. i3 , v. i35.

italien , chirografo. Gesù Cristo non ha stracciato quel chiro-

grafo , per cui ci vendemmo aU'inferno.

Segn. , cris t. instr. 2 , 2 , 9.

Espagnol, chirôgrapho. Chirôgrapho es la obligacion que

tiene el acreedor con la urina del deudor.

Fonsec. , Vid. de Christ. , t. 1 , 1. 2 , c. 12.

CHOîSISSABLE, adj. des deux g. Digne d'être choisi.

Et quelle contrariété peult estre plus grande que celle -cy,

quant aux choses choisissables ou refusables.

Amyot, Plut. OEuv. mor. , t. XX, p. 287.

GIGÉRONIEN , ENNE

parlant du style.

, adj. Propre à Cicéron , en

Ce n'est (dist le moyne) que pour orner mon languaige. Ce

sont couleurs de rhétorique cicéroniane.

Latin , ciceronianus . Non

RA.BET-. , 1. I, C. 39.

ciceronianâ simplicitate , qui in

libris de republicâ, Platonis se comitem profitetur.

Plin., Hist. nat. prœfat.

Espagnol, ciceroniano. Àlgiinos nombres libres y atrevidos,

por parecer ciceronianos , han hecho risa de eilo.

R [BA.D. , FI. sanct. n.'id. de san Geronymo.


C OE 85

CIRCONVOLER, v. a. et n. Voler autour.

Latin ,

Circonvolant ce monde spacieux.

circumvolare.

Cl. Marot, Compl. 3 ; OEuv. t. II , p. 463.

Sed nox atra caput tristi circumvolat ambra.

CITADINAGE, s. m. Droit de cité.

Viro. , JEneid. G , v. 867.

Aultrementne sera creu et re'puté pour citoyen, nonobstant

son acte et lettres de citadinage.

Stat. de la ville d'Arles, trad.fr. de l'an 16 16.

Italien, cittadinanza. Cittadini di leggiere intendimento, e

di novella cittadinanza.

Mat. Yx&E.. , stor. II •>..

,

CLAQUETER, v. a. Fréquentatif et diminutif de

claquer.

Les claquetoit et fouettoit sur les fesses, selon le sujet

qu'elles lui donnoient.

Brant. Dam. Gai., t. lj p. 3 19.

COACQUÉREUR, ÉRERESSE, s. Celui ou celle avec

Ton acquiert en commun.

La femme de l'acquéreur est entendue coacquerercste.

Nouv. coût, gencr. , t. I, p. 5i4, col. 2.

CODEPUTE , s. m. Qui est député avec , collègue

dans une députation.

Monsieur de Bourges, après avoir ouï ce discours, demanda

de communiquer avec messieurs les coudeputez.

Villeroy , Mém. , t. "VI , p. 36a.

COERCER , v, a. Contenir, réprimer.

Nature, pour cohercer la pétulance de la langue, nous a donnr'

les dents et les gencives comme pour rempars.

Amant ressuscité , p. 14G.

Latin , cocirere. Vitem serpentem multiplie! lapsu amputant

coercet ars agricolarum.

Cichr. , de Scricct,, c. iS.


86 COI

Anglais , to coerce. Punishments are manifold, that tliey may

coerce this profligate sort.

Ayliffe , parergon.

COINTISE, s.f. i° Gentillesse; grâce, formes élé-

gantes.

"Vestue fut la dame par cointise.

Poet r fr. avant i3oo ; ms. , t. II, p. 852.

En cointise a souvent mésaise;

En cauehier large est pies à aise.

D'une robe moult desguisée,

Qui fut en maint lieu incisée

Et découpée par cointise.

2° Parure, ajustemens, ornemens.

Là ot tant enseigne orfrésée

Du lonc des renés en l'air assise

Tant hiaume brun , tante cointise

De soie parfaite et tissue.

,

Rom. de Charité , str. i38.

Rom. Rose y v. 838.

Guiix. Guiart , roy. ïign. ann. na5.

Et vous parleray comment nul saige femme ne doit pas estre

trop hastive de prendre les estats et habits nouveaulx , ni les

premières cointises.

Chevalier de la Tour, Instruct. à sesfilles , fol. 25, r°, col. 2.

Homme ni femme ne porteroit or, argent ne perles, ne vair,

ne gris , robes , ne chaperons de'coupez , ne autres cointises

quelconques.

Chron. de S. Denis, t. II, fol. 233.

Voyez aussi Froissart, poés. mss.,p. 36o , col. i.

Fàtjchet , orig. , 1. II , c. i. OEuv. , fol. 5a3 , v°, etc. , etc.

3° Prudence, sagesse, bonne conduite.


Cl.

Cointise est une vertus qui fait conoistre les bonnes choses

des mauvaises , et enseigne de partir les unes des autres.

Moralitez de N. D.

Cointise a quatre vertuz desoz soi , ce est pourve'ance , es-

garz , enseingnemenz et eschivemenz.

Ane. aut.fr. , ms. de la Clayette , in-4°, fol. 6a , col. i.


COI 87

On a dit aussi, mais moins heureusement, cointerie

dans le sens de parure.

Si se honissent et ahontent

Par oultrageuse cointerie

Qui est signe de puterie.

Certes , je n'ai pas le pouvoir

De telle cointerie veoir.

Et si me le met en chantel,

Par manière de cointerie.

Gvid. ms.

Rom. Rose , v. 8905.

Froissart , poes. mss.,^. 355, col. 1.

Les mots suivans se retrouvent fréquemment dans

nos anciens écrivains français; mais, quoiqu'ils appar-

tiennent à la même famille que le substantif cointise ,

je ne les crois point susceptibles d'être restitués au

langage moderne.

Coint , e , adj. i° Agréable , joli , élégant , paré ,

ajusté.

Je le fis bel et cointe et net

Et plain de flor.

Poet.fr. avant i3oo; ms., t. II, p. 709.

Une dame mignote et cointe.

Robe vermeille , v. 8 .

En une couche grant et lée,

Qui moult fu riche , et moult fu cointe.

Ane. aut.fr. ms. de la Clayette , fol. 417 , c. 5.

Monstrant en face avoir cueur assez triste ,

Ce néantmoins en habits cointe et miste.

Cl. Marot, chant 9, OEtw. , t. III, p. 55.

La sobriété sert à nous rendre plus coints , plus damerets

pour l'exercice de l'amour.

Montaig. , Ess. , 1. ir , c. 2.

Voyez aussi Baudouin ou Jehan iie Condê , le Sentier battu ,

v. 22. — Corte- Barbe, les Trois Aveugles de Compiègne. —

Court de Paradis.—Rom. Rose, v. 6o3. — Perceforest, vol. 1

fol. 148, v% col. l.


88 COI

2° Prudent, sage, réservé, habile, instruit.

Contre l'estoile va !a pointe ;

Por ce sont li marinier cointe

De la droite voie tenir.

Et le werpis s'ala respondre ,

Lès la sale s'estoit muciez;

Car cointe ert et Vesiez.

Guiot de Provins , Bibl. , v. 65o.

Marie de France , Fab. , Lion malade.

Tant sont cointes qu'ils ne se croient.

Gatjt. de Coinsi , Sainte Léocade , v. 944-

Soicz cointe en prospérité,

Et seùr en adversité.

Castoiement , cont. 19 suite, v. i3.

Car qui est coint n'a pas d'orgueil.

Rom. Rose.

Voyez aussi Ballad. de Beauveau. — Perceforest , vol. I,

fol. i36, v°, col. 1.

Cointement, adv. i° Joliment, agréablement, élé-

gamment.

Amors se veut détenir

Par chascuns bien cointement.

Poet.fr. avant i3oo; ms. , t. II, p. 645.

Au beau semblant, au cointement rire.

Thieeaut , Chans. mss., p. 149.

Li clers qui moult ert bien apris

Et bien vestuz et cointement.

Corte-barbe, Trois aveugles de Compiègne , v. 108.

Car n'avoit soucy ne esmay

De nulle riens , fors seulement

De soi atorner cointement.

Rom. Rose, v. 585.

2 Sagement, finement, habilement.

Un jor vint molt privéement

Au cbamberlan , et cointement

Sire , dist-il , por Diex vos pri

D'une chose soyez garni.

,

,

Castoiement , Cont. XVIII.


COL 89

GOINTET , ETTE ; CoiNTELET , ETTE , Cldj. diminutif (le

coint.

Molt ert la vieillotte cointete

Norri avoit une licette.

La demoiselle au chef blondet

Me tient tout gay et cointelet.

Fabl. mss. , p. 28.

Poët.fr. mss. avant i3oo ; t. I , p. 202.

Cointer , cointir, cointoyer , parer, ajuster.

Robe à cointir.

Establiss. de France , 1. 1 , c. 60 , éd. de Laurière et du Cange.— Id. , ms.

du Roi , n° 9827 , c. 62.

Moult parset bien son cors cointir.

Ane. poët.fr. , ms. du Vatican , n° 1490 , fol. 3o, v°.

Mais fa us est qui se cointoie

De biau joiel emprunté.

Et volentiers se cointissoient

A. lor pooir et s'acesmoient.

Si s'en affuble et s'en appreste

De soy cointir et faire feste.

Car il n'est ne flours ne fceillette

Qui ne se cointoie et œillette.

Ibid., fol. 87, v°.

Trois meschines , v. 7.

Rom. Rose , v. 1889.2.

Fkoissart , poés. mss. , p. 192 , col. 2.

Propre et requis pour bien se cointoyer ,

Et pour l'esprit de taches nettoyer.

Marg. de Vai-ois , Marg. de la Marguerite , fol. 3 , v*.

Fist cointir et parer toutes ces folles filles.

Chevalier «e ia Tour, Instruct. à ses filles, fol. 3i, v°, col. 1.

COLLATÉRALEMENT,^. Terme de jurisprudence,

en ligne collatérale.

Par droit de succession de ses père ou mère , ou collatéra-

lement d'autres siens pareil s.

Nouv. coût, général, t. II, p. 355.

COLLOCOTION, s.f. Conversation.

Bon est que nos le bien dious.


f>o C O M

Car maie collocutions

Despiece et corront boues meurs.

Gautier de Coinsi , Mir. N. D. qui garit un moine, v. t.

Latin , collocutio. Secutae sunt collocutiones familiarissimae

cum Trebonio.

C/cer. , Philipp. II , c. 2.

Italien, collocuzione. Orazione è una dolce afflizion d' anima,

che s'accosta a Dio, e una familiare e dolce collocuzione.

Cavalc. , Fritte, ling.

COLOMBELLE, s.f Diminutif de colombe.

Toute belle

Colombelle ,

Passerelle,

Tourterelle.

Jacq. Tahureau, poès. y p. 270.

On a dit aussi, mais moins heureusement, au masculin

colombeau.

Mais les aperceussiez tous deux

Baiser comme deux colombeaux.

Ou sçait que le serpent prudence senefie

Et li colombiau blans douçour et courtoisie.

Italien, colombella.

Dicemi Y araore , o arnica bella ,

Gli occhi tuo' e il core

Corne di colombella.

Rom. Rose, v. 1273.

Rom. de Beauvais.

Fr. Jacopone, Poes., t. VI, 1 , 14.

COMESTION , s.f L'action de manger.

Pappelart vuelent adès noces

Comestions et pappastines.

Gautier de Coinsi, Sainte Léocade , v. 1443.

Vous le sçavez si bien faire qu'il est friant et de bonne

comestion.

H. Etienne , apolog. d'Hcrod. , t. II, c. 37.

* COMMENSAL1TÉ , s.f Qualité de commensal.

Est avisé que partie n'y sera point recette s'elle ne dit qu'il

,


C O M 91

est son conseiller , advocat , procureur ou solliciteur de sa

commensalité

Ordonn. des ducs de Bret. , col. 194 j **•

Anglais, commensality. They being enjoined and prohibited

certain foods , thereby to avoid community with the gentiles

upon promiscuous commensality

COMMÏNATION, s.f. Menace, inhibition.

Rrown.

Avec commination que si , dedans un an après , ledit tuteur

ne fait labourer lesdites terres , le seigneur les prendra en sa

main , comme dessus est dit.

Coût, général , t. II , p. 3 24.

Et comme Jean huictième ne s'en voulut taire, ains eust

escrit lettres pleines de commination aux églises et au clergé

de France.

Et. Pasquier , Rech. , 1. III , c. n.

Latin , comminatio. Reges comminationibus magis , quam vi

repressit.

StiETOiT. , Tiber. , c. 87.

Espagnol, comminaciôn. Si estas comminaciônes eran solo

ad terrorem , no hay que culparlas.

Palaf. , Conq. de ht Chin. , fol. 482.

Anglais, commination. Some parts of knowledge God has

thought fit to seclude from us ; to fence them not only by

precept and commination , but with difficulty and impossibi-

lités.

Decay ofPiety.

COMPARTIR , 'V. a. Arranger , distribuer par com-

partimens.

Et leur sembla qu'il valoit mieulx ainsi compartir le temps

de sorte qu'il y en eust autant de l'un que de l'autre, tant pour

le regard d'eulx mesmes , comme aussi pour le regard du

peuple.

Amtot, Vint. , Numa Pompih , OEim, t. I,p. 221 ;


92 C O M

Italien , comparlire.

La provideuza , che quivi comporte

Vice , e nfïicio.

Dant., Paradis, 27

Espagnol , compartir.

Uniforme comporte formaciones

Por la circunferencia el paralélo.

VillamediAn., Fab. de Phacton , oct. 46.

Anglais, to compare.' I make haste to the casting and com-

parting of the whole work.

Wotton , architecture.

COMPENSEUR, ou mieux COMPENSATEUR, s. m.

Celui qui compense, qui dispense.

Et le compenseur en ce le doit amender à la discrétion du

Boutiller , Sornm. rur. , 1. II , tit. 40 , p. 864.

Italien, compensaeore , compensatrice. Dio si è compensatore

con mano céleste.

Zibald. , Andr.

La Vergine santissima madré Maria sarà compensatrice.

COMPÉTITRICE , s./. Concurrente.

Fr. Giord , Pred. R.

Biais craignez -vous point que les dames et damoiselles ne

soyent compétitrices quant à cest honneur?

H. Etienne, Long, franc, itol. dial. I , p. 292.

Latin , competierix. Nos quoque habuimus scenam compe-

titricem.

Cicer. , pro Muren., c. 19.

Espagnol, Competidôra. El cabo que llaman de Carthago,

donde fué la ciudad competidôra de Roma.

COMPLAINDRE (SE) ,

complaintes.

Mend. , Guerra de Gran. , 1. II , uum. 34-

v. réfl. Se plaindre, faire des

Il s'en vint à Paris complaindre au roi Philippe son oncle.

Froiss>p.t , Chron. , vol. I , c. 70.


CON 9 3

Pour faire leurs remontrances au sénat, se complaignants

de la trêve rompue.

Amyot , Plut. Annib. , c. 7 ; OEuv. t. IX.

Quanti quelque rossignol , se complaignant d'amour

Anime de ses chants les forests d'alentour.

Italien , compiagnersi , compiangersi.

Ph. Desportes , Poés. , p. 309.

Donna è gentil nel ciel , che si compiange.

Compiagnendoci insieme amaramente.

Anglais, to complain »

In midst of water, I complain of thirst.

Dànt. , Inf. 2.

Giov. Yillàn. , stor. 11, i34, *»

Dryden.

COMPULSION , s./. Contrainte, impulsion.

Et que les contraintes et compulsions de payer ladicte aide

soient faites par les justiciers des liex.

Ordonn. de Jean I ou Jean II , juillet i355. Ordonn. des Rois de Fr. ,

t. III, p. 686.

Latin , compulsio. Cessât compulsio , tametsi indemnitatis

cautio offeratur.

Digest. , 1. XXXVI, tit. I , leg. 14.

Espagnol, compulsion. Por el quai delito del hijo , pagô el

padre la pena, por compulsion de la ordenanza de la tierra.

Anglais , compulsion.

Such sweet compulsion doth in musick lie

To lu 11 the daughters of necessity.

Navar. , Man.y cap. 17.

MlLTOIf.

CONDEMNATOIRE , adj. des deux g. Qui sert à

condamner.

Ceste boule de son, ainsi applatie, valoit autant comme la

febve perce'e , laquelle estoit es jugemens le signe de sentence

condemnatoire

Amyot, Plut. Lycurg. OEuv., t. I, p. 169.

Anglais , condemnatory\ He that passes the first condemna-


94

C ON

tory sentence , is like the incendiary in a popular tumult, who

is chargeable with ail those disorders to which he gave rise.

Government of the longue.

CONDIMENT, s. m. Assaisonnement.

Por un jor quant Nonosus li honorable homme pensevet ke

cil meismes lius poist estre convenable por norrir les concli-

mens des iotes, se la pesantume de ceste pierre ne tenist.

S. Greg., Dial.f 1. 1.

Condimens au sel et au vinaigre dont on se sert l'hiver pour

salade.

Des Accords, ( Tabourot) Escr. dijonn. , p. 54-

Si disoit Evenus que le meilleur condiment de la vie estoit

le feu.

Montai*»., Ess., 1. in, c. i3.

Latin , condimentum. Socratem audio dicentem cibi condimentum

esse famem , potionis sitim.

Cicer. , de Finib. 2, c. 28.

Italien , condimento. La lagrima délia femmina è condimento

délia sua malizia.

Ammaestram. degV ant. G. 110.

Espagnol , condimento, Sirve à los Egypcios de condimento

y adobo para guisar las viandas.

Lagun. , sobr. Dioscor. ,1 I , c. 33.

Anglais , condiment. As for radish and the like , they are for

condiments and not for nourishment.

_,

Bacon.

* CONFLAGRATION, s.f Incendie général, ou qui

s'étend sur un grand espace.

Les géants voyans que tout leur camp estoit noyé empor-

tarent leur Roy Anarche à leur col , le mieulx qu'ils peurent

hors du fort, comme feitiEneas son père Anchises, de la confla-

gration de Troye.

Rabel. , 1. II, c. 29.

Latin , conflagratio. Id affirmât , ut conjlagrationi atque

diluvio tempus assignet.

Sen. , Qucest. nat. 3 , c. 29.

,


C O N 95

Espagnol, conjlagraciôn. No tomaron los Pyrinéos nombre

de las fabulas , ni de la conflagraciôn y abrasiamento , como

suezïan muchos; sino de los fuegos que encieden los pastores.

Fr. Herrer. , sobr. la Eglog. 2 de Garcilass.

Anglais, conflagration. Mankind hath had a graduai increase,

notwithstanding what floods and conflagrations , and the reli-

gions profession of celibacy may hâve interrupted.

Bentley ,

Serm.

CONFLUER , v. n. Couler ensemble; joindre ses

eaux ; arriver en foule.

Comme plusieurs torrents qui confluent ensemble tout-à-coup

sur une même place.

Amyot, Plut. OEnv.mor.y t. II, p. 434-

Latin, confluere. Fibrenus divisus sequaliter in duas partes,

Jatera haec alluit, rapidèque dilapsus, citô in unum confluit.

Espagnol, confluir.

Assi razonando la puerta passamos ,

Por do conjluia tan grande gentio.

Cic. , de Legib. , II , c. 3.

Juan de Mena , ccpl. 29.

CONSUETUDE, s.f. Habitude, commerce, société.

J'aimerois mieux qu'un sçavant , qu'un pe'dant , qu'un de

ces doctes me fichast une cheville en l'œil que me copuler

amoureusement; tant leur consuétude est fade.

Peroaede de Bervilee , Moyen de parvenir , p. i56.

Latin, consuetudo. Multâ et jucundâ consuetudine conjuncti

inter nos sumus.

Cic. ad Attic.

Italien, consuetudine. Acciocchè per troppo lunga consue-

tudine alcuna cosa , che in fastidio non si convertisse , nascer

non ne potesse.

Boccac. , Nov. 10, 3.

CONTADIN , s. m. Habitant de la campagne.

La plus délicate partie de nous est celle qui se tient tousjours


g6 C O N

descouverte : les yeux, la bouche, le nez, les oreilles : à nos

contadins comme à nos ayeulx , la partie pectorale et le ventre.

Montaig., Ess. , 1. 1, c. 35.

Italien, contadino. Tornarono i prigioni in Firenze a di

29 di maggio , e furono 28 tra cittadini , e contadini nobili , e

buoni popolani , senza più altra minuta gente.

G. Villani, Stor. 9, 80, 2.

CONTOUR NABLE , adj. des deux g. Qui peut se

contourner, flexible.

Chacun à qui mieux mieux va plastrant et confortant cette

créance receue . de tout ce que peut sa raison, qui est un outil

soupple, contournable et accommodable à toute figure.

Montaig. , Ess. ,.1. n , c. 12.

CONTRAVENTEUR , TRIGE, s. Celui ou celle qui

est en contravention.

Les partages ainsi faits sans l'entrevention des partageurs

jurez sont déclarez nuls, et les contraveMeurs chargez de la

peine y comprise.

Coût, de Bruxelles. Nouv. Coust. général t t. I , p. 1266.

Espagnol, Contraventor , el que falta, 6 no cumple, el que

quebranta lo que esta orderiado, prevenido , convenido , ô

mandado.

* CONTREMURER ,

Dicc. de la reui acad. de Madrid.

#. a. Garnir d'un contremur.

Une tousche de bois de haute futaye et taillis joignans les

dittes maisons et jardins, et renfermez de fossez et limittes an-

ciens et conlreinurez.

Nouv. Coust. général , t. IV, p. 596 , col. 2.

CONTRE -PROMESSE, s.f. Contre- lettre, écrit qui

annulle une promesse.

M'ayant fait prier de lui donner une promesse de mariage

pour appaiser sa mère, elle m'offrit toutes les contre-promesses

que je desirerois d'elle.

Basbompierre , Mém. , Anist. 1721,1.1, p. 3x8.


CON 97

CONTRE -VIRER, v. a. Tourner en sens contraire.

Devers la mer la proae on contrevire.

Joach. du Bellay , OEuv. , p. 257.

CONTUMÉLIE, s.f. Affront, outrage.

Convoitise qui les cuers lie ,

Esniouvera contemp et guerre,

Baras couvers , contumélie.

Egst. Deschamps , poés. mss., fol. 385 , col. 1.

Noble et magnanime couraige seuffre et tollere bien injure

mais il ne peult comme dit Seneque porter contumélie.

Hist. de la Toison d'or, t. I , fol. 54.

Lesquels ne pouvoient plus souffrir les injures et contu*

mettes qu'on leur faisoit.

Amyot , Plut. Antoin. c. 76.

Et au devant d'elle un tableau plein d'injures et contumélies

ne se pouvans assouvir de sa seule mort, ores qu'elle fust très-

cruelle.

Et. Pasquier , Rech., 1. "VI, c. 5.

Voyez aussi Amant ressuscité , p. i36. — Jac Tahureau,

DiaL, fol. i52, v°. — Sully, Mém., t. II, c. 5o , etc.

Latin , contumelia. Facile serumnam ferre possum , si inde

abest injuria, etiamque injuriam, nisi contra stat contumelia,

CjEcil. apud Nonium , c. 5 , n° 32.

Italien, contumelia. Il regno si irasporta di gente in gente,

per le ingiustizie, ingiurie e contumelie , e diversi inganni.

Giov. "Villan. stor. 12. 11 3. 4.

Espagnol , contumelia. La afrenta 6 contumelia es una pa-

labra que se dice para deshonrar al proximo.

Nieremb. , Catec. Rom., part. 1 , lec. 17.

Anglais , contumely. It was undervalued and depressed witU

âome bitterness and contumely.

Clarendok.

Contumélieux , euse , adj. Outrageux , insultant.

Le chargeant de félonnes paroles et contumélieuses

Moktaig. , Ess. , 1. f. t e. x,

7


^8

C O N

Ne s'étendissent en accusations continuelleuses , blasme

reproches et injures, et en tout cas ne plaidassent en au-

dience publique.

Sully , Mérn. , 1. 1 , c. 5 1

Latin , contumeliosut. Quàm contumeliosus in edictis ! quàm

barbarus ! quàm rudis !

CrcER. , Philipp. III.

Italien, contumeVoso. D'ïnnumerabili parole, ed injuriose

e contumeliose , continuante nte li nostri prossimi provochiamo

e aflliggiamo.

Espagnol, contumelloso .

S. Crisostom.

Padeciendo (Christo) tan acerbos

tormentos , y sufriendo tan contumeliôsas injurias.

Nieremb. , Aprec. , 1. 1 , c. 16.

Anglais, contumelious. In ail the quarrels and tumults at

Rome, though the people frequently proceeded to rude contu-

melious language, yet no blood was ever drawn in any popular

commotions , till the time of the Gracchi.

Swift.

Contumélieusement , adv. Outrageusement , dune

manière insultante.

Autres le blasmans de ce qu'il avoit refuzé les honestes

offres et raisonnables conditions de paix que César luy avoit

offertes, en le laissant contumélieusement injurier par Lentulus.

Amyot, Plut. Jules Ces. c. 44.

Latin, contumeliose. Cùm de absentibus detrahendi causa,

maledicè contumeliosèque dicitur.

Cicer., de Offic. I , c. 37.

Italien , contumeliosamente. Si doleva d' esser trattato sempre

con tumeliosamen te.

Francesc. Giord. , Predic. R.

Espagnol , contumeliosamente. Por lo quai no destruya tan

inhumana y cruelmente à la imagen de Dios , porque pro-

vocarà à ira à su artifice , pues trata à su imagen contume-

liosamente.

Wxeremb. , obr.y dias , c. 16.

.

,


Anglais, conlumellously .

COR 99

Fie ! lords , that you , Leing snprerae magistrales ,

Thus contuineiiously shoultl break ihe peace !

Shakesp.

CORE$iLLEE, s.f. Ce que peut contenir une cor-

beille.

Et d'autre part de sept pains sooler quatre mille hommes

sans les femmes et les enfans , et remanoir sept corbeillics de

relief, qui est bien signe de divine puissance.

Fust composé à huit corbeilliers de pain.

Latin barbare , corbellata.

Quinze joies de Nostre Dame.

S. Remy, Hist. de Charles VI, p. 86,

Stat. Taurin., ann. i36o, ms. du Roi 4622. c. 46.

CORPULENT, ENTE, adj. Qui a de la corpulence,

Je l'embonpoint.

Quant elle le vit si hault et corpulant.

Jehan de Saintré , p. 33 r.

L'ame a esté faite la première , et après elle ce qui est cor

pulent.

Latin , corpulentus.

Italien , corpulento.

Amyot, Plut. OEuvr. mêlées , t. XXI, p. i53.

Corpulentior videre atque habitior.

Plaut. , Epid. , act. I, se. 1 , y. 8.

L'ozio da un canto corpulento e grasso.

Ariost. , Orl. Fur. 14. 93.

Espagnol , corpulento. Llevaron en una silla portatil à este

corpulento jayan.

Nieremb. , Vid. del P. Joseph Scammaca.

Anglais , corpulent. Excess of nourishment is hurtful ; for it

maketh the child corpulent, and growing in breadth rarhei*

ian in height.

( NBLIOTHECÀ 1

Bacon.

7-

,


ioo

CRI

*COTUTEUR, s. m. Terme de Jurisprudence. Celui

qui est tuteur avec un autre.

Celuy de plusieurs tuteurs et curateurs , qui voudra bailler

caution suffisante de rendre compte aux mineurs venus en âge,

et en acquitter et indemniser leurs cotuteurs , administrera seul.

Coutum. général, t. II, p. 1020.

COUPEROSER, v. a. Rendre couperosé, bourgeon-

ner, occasioner des taches, des rougeurs.

Il ne faut qu'un haie qui basanera ou noircira votre femme

comme une Moresque, qu'un vent qui vous la gersira, qu'une

jaunisse qui vous la pâlira , qu'une chaleur maligne qui vous

la couperosera.

Cholières , Cont. , fol. i5g , v°.

COUTUMIÈREMENT, adv. Habituellement, ordi-

nairement.

Il semble que les mères , entre leurs enfans , aiment plus

coustumièrement les fds que les filles, comme ceulx de qui

elles espèrent plus de secours.

Amyot , Plut. OEuvr. Mor. t. XV , p. 21.

Je fay coustumièrement entier ce que je fay, et marche tout

d'une pièce.

Montajcg. , Essais, 1. m, ch. 2.

Anglais , customarily. In common discourse , cuslomarily 9

without considération.

Ray.

* CRIQUE, s. m. Petit port, baie ou anse dans laquelle

de petits bâtimens peuvent se mettre à l'abri.

JNous volons et leur ottroions , ordennens et mandans par

ces présentes à ceulz à qui il appartient, que il soit fait en la

crique de Leure et devant la ville de Harefleu , port et hahle.

Charl. V. Privil. des mardi, castill. avril i364. Ordonn. des Rois de

Fr., t. IV, p. 427, art. 5.

Latin barbare , creca. Si per terram vel portus , et ipsorum

erecas ac villas et villagia , etc.

*

. '*"^V

Rymer, act.f t. su, p. 796, col. 2.

-


G UN 101

Anglais , creck. A law was made hère to stop their passage

in every port and creek.

CUISEUR, s. m. Celui qui fait cuire.

Davies, on Ireland.

Et se li forniers fesoit dommage aux cuisceurs de lor pain

mal cuire, li sires leur devroit fere amender, ou il ne seroient

pas tenu de cuire à son for, jusques à tant qu'il leur eust fet

amender le dommage.

Establiss. de Fr. ann. 1270 , c. 109. Ordonn. des Rois de Fr. t. I , p. 199.

Latin, coctor. Coctores insulariique.

CUISSETTE, s.f. Petite cuisse.

Leur nombril estraindre et cerchier,

Et leur cuissette reverchier.

Petron. , cap. 95.

Eust. Deschamps ,poés. mss., fol. 5og, col. 4.

Cuisses ne sont plus ; mais cuissettcs

Grivelées comme saulcisses.

CUIVRÉ, ÉE, adj. Garni de cuivre.

Et cheval monte maintenant,

Il a le bon espié cuivré.

Villow , OEuv. , p. 3r.

Floire et Blancheflor , ms. de S. Germain , fol. 2o5 , r°, col. t.

Quoique le mot cuivré, ée , adjectif, soit fréquemment

employé, sur- tout par nos voyageurs , pour désigner un

objet qui est de la couleur du cuivre, j'observerai qu'il

ne se trouve point dans le Dictionnaire de l'Académie,

édit. de 1762 , ni dans celle de Smits 17^8. Buffon a dit

dans ce dernier sens cuivreux, euse. Oiseaux, t. XIV,

p. 265 ; Minéraux, t. V, p. 72 , etc.

CUNCTATION, s.f. Délai, remise, action de tem-

poriser.

Mais comme un Fabius Maximus, par sa cunctation et son

temporisement , il fit aller nos feux en vapeurs et fume'es.

Brant. Capit. estrang. t. I^p. 87.


loa CUV

Latin , cunctatio. Abjectâ omni cunctallone , adipiscendi

magistratus sunt.

Cicer. , Offic. C. 21.

Anglais , cunctation. The swiftest animal conjoined with a

heavy body, implies that common moral, frstina lente; and

that celerity should always be contempered with cunctation.

Brown.

* CUPIDE , adj. des deux g. Désireux , avide , qui a

de la cupidité , de la convoitise.

Plus encores infiniment estoit cupide et insatiable de ri-

chesses.

Amant ressuscité , p. 106.

Latin, cupidus.

quam veritatis.

Grœculi homines contentionis cupidiores

Italien , cupido.

Cicer. , / de Orat. , c. 1 1

Poser sileazio al inio cupido ingegno.

* CUVEAU, 5. m. Petit cuvier.

Pour chacun arpent vendengage,

Caves , cuviaux, queux , reliage.

Dant. , Parad. 5.

Eust. Deschami's, poés. mss. i fol. 363 , col, #«

.

,


APPENDICE.

c.

CjAGETTE, s.f. Petite cage. Invent, de Guide Kaours y

ann. i32i ; Chambre des comptes de Paris, reg. A, 2,

fol. 12, v°.

CALIGULE, s. m. Terme de bot. Petit calice. Rabel.

1. III , c. 8.— Latin , caliculus, Cato , de R. Rust. , c. 108.

— Plin., 1. XX, c. 19. — Italien, calicetto, Fir. Asin.,

91. Voy. Dict. de BuLiARD,j9tfr Richard, 1799. — Dict.

de Botanique , par Philibert, 1804.

CAMUSERIE , s.f. État de celui qui est camus.

Bouchet , Sérées , 1. III, p. i3o.

CAMUSET , ETTE , adj. Diminutif de camus. Ane.

poët. franc. , ms. du Vatican, n° 1490 , fol. 123 , v°.

CAROLE, s.f. Danse en rond, accompagnée de

chants; ronde, branle. Joinville, Hist., p. 2 5. — Aucassin

et Nicolette , fab. Méon. , tom. I , p. 4 1 1 • — Rom»

dAudigier , v. 209. — Chastel. de Vergy , v. 914.

Fabel d'Aloul, v. 644* — Rom. Rose, v. 792. — Frois-

sart , Chron. , vol. IV , c. 5 1 . •— Perceforest , vol. III ,

fol. 66, r°, col. 2. — Montaig. , Ess., 1. I, c. 22. —

Mem. de Fleuranges , p. i38. — Latin barb., carolla.

llist. S. Martini de campis,-p. 552.— Italien, carola

Boccac. , giorn. , 2 , 6. — Anglais , carol , Spenser,

Epithalam. — Caroler , v. n. Danser en rond. Ane.

poët. franc., ms, de la Clayette, in-4°, fol. 793, col. 1.


io4 CHA

Rom. Rose , v. 34o.—Lett. de rémiss., ann. 1878 ; Très,

des Chart. y reg. 112, c. 266. — Latin barb. , charolare,

Math. Westminster., ann. i3o5. — Italien, carolare f

Boccac, nov., 77, 14. — Anglais , to carol , Spenser.

-— Caroleur , s. m, Danseur, celui qui caroîe. Rom,

Rose, v. 21287.

CARROUSSER, v. n. Boire avec excès, faire car-

rousse. Brantôme, Cap. estrang., 1. 1, p. 317.-— Anglais,

to carouse, Shakesp,

CATONIEN , ENNE , adj. Sévère comme Gaton

sage comme Caton. Rabelais , 1. IV, Epist. prelim. —

Latin, Catonianus , Martial., 1. IX, Epigr. 28.

CAUTELER, -v. n. Agir avec cautèle, avec ruse,

finesse. Froissart, Chron., vol. II, c. 38.

CENSABLE , adj. des deux g. Sujet au cens. Chart.

de Van 1292; Chart. de Corbie , 21 , fol. 298, v°.

CENSIVEMENT , adp. Terme de jurisprudence. A

cens. Lauriere, Gloss. du droit franc.

CERNOIR, s. m. Couteau ou autre instrument propre

à cerner les noix. Chart. de Van 1391; Très, des Chart.,

reg. i4i , c. 122.

CERVOISIER , s. m. Brasseur, fabricant de cervoise.

Dit du Lendit, v. 3.


Réglem. de Charles V, pour les

brasseurs de Paris , septembre i36ç ; Ordonn. des Rois de

Fr. , tom. V, p. 222. — Chart. de Vann. 1410 ; Chart. de

Corbie , 21 , fol. 261 , v°, etc.

CHACUNIÈRE, s.f. Demeure, habitation de chacun.

Desperriers, Cont., t. I, p. 97. Rabel. , 1. III, c. 36.

— Montaig., Ess. , 1. 1 , c. 34. — Ce mot a été employé

par les écrivains modernes. Scarr., Tjph. , ch. 2.

Sévigné, Edit, de Biaise, lett. 328, tom. III, p. 17 2.



,


CHE i5

CHALEUREUSEMENT , adv. Avec chaleur. Chart,

de Van i38(); Très, des Chart. , reg. 137, ch. 3o.

CHANDELETTE, s. f. Petite chandelle. Ane. écrw.

franc, ms. de la Clayette , in -4°, fol. 8o3 , col. 1.

Italien, candeletta, Allegr. i3o.—Espagnol, candelilla,

Espin., Art. ballest. 1. II, cap. 34.

CHAPERONNET, s. m. Petit chaperon. Joinville,

Hist. , p. 67.

CHARNALITÉ, s.f. Qualité de ce qui est charnel;

passion charnelle. Comment, sur le Psautier, ps. 24,

v. 22 , fol. 54. — Vie de J. C. ms. — Lett. de rémiss. ,

ann. i375; Très, des Chart., reg. 108, chart. 12. — Id.

ann. 1478; ibid., reg. 206, ch. 4*8. — Latin barb.,

carnalitas , Breydenbach, Itiner. Hierosol.

, p. i63.

Italien, carnalita , carnalitade , G. Vill. Vit. Maom.—

Fr. Giord., predich. — Espagnol , carnalidad , Fr. Luis

de Gran., Guia, 1. I, c. 21, etc.

CHARRIÈRE, s.f. Voie par laquelle peut passer un

char, une charrette. Coût, de Beauvoisis , c. 25. — Const.

Duhamel y v. 485.- Bourse pleine de sens. — Rom. du

Renard, fol. 67, r°. — Rom. Rose, v. 21126.- Par-

— Phil. Mousk.es , ms. , etc. — Latin barb. , carreria

tonop. de Blois,ms. de S. Germain, fol. 126, v°, col. 1.

Secunda curia gêner. Barcin., ann. 1299. — Espagnol,

carrera, Chart. ann % 1298 apud Bivarium.

CHATELAINE , s.f. Dame de château. Gautier de

Coinsi , Sainte Léocade , ms.

CHEVALERESSE , s. f. Femme de chevalier , ou

décorée d'un ordre de chevalerie. P. Menestrier , de la

chevalerie , p. 62. — Italien , cavaleressa , Boccac ,

noy* , i5 , 12.

CHEVALEREUX , EUSE , adj. Brave, courageux,


ïofi CIR

digne du titre de chevalier. Rom. de Rob. le Diable ,

ms. — Espagnol , caballeroso , Monter, ciel Rey D. AL P

1. I, prolog,

CHIENNET, s. m. Petit chien. Herbers , Rom. de

Dolopatos.


CHIRURGIENNE, s.f. Femme qui exerce la chirur-

gie. Gautier de Coinsi , Mir. de N. D. qui garit un

moine , v. 244-

— Et. Pasquier, Rech. , 1. IX , c. 3o.

Perceforest, vol. II, fol. 3y, v°, col. 2.

CHOSETTE, s.f. Diminutif de chose. Fab. de Vâne

et du chien, v. 91.— Confession de la belle fille. — Eust.

Deschamps , poés. mss. , fol. 4 IO> t c°h *• — Al.

Chartier , poés. OEuv. , p. 599.


Bon. Desperriers,

cymbal. mundi, p. n 3. — Grat. Dupont, édit. de i54o,

fol. 43. — Rabel. , 1. III, c. 18. — Italien, cosetta

Boccac , nov. 24. — Cosellina , D. Giov. Cell. , lett. 7.

— Coserella , V. SS. Pad. — Cosettina , Zibald. ,

Andr., etc.

CIMEAU , s. m. Branche détachée de l'extrémité , de

la cime d'un arbre. Lett. de rémiss. , ann. 1481 ; Très,

des Chart. , reg. 207, ch. 245.

CIRGUIR , d. a. Marcher autour , entourer. Rom. de

Perceforest , vol. I, fol. 72, v°, col. 1.


Danse des

Aveugles. — J. d'Auton, Ann. de Louis Xll , p. 3 12.

Cl. Marot , Ps. , 22 ; OEuv. , t. III , p. 282. — H.

Estienne, Apolog. d'Hérodote, p. /\6i. — Sully, Mém.,

t. I, c. 8. — Latin, circuire, Plaut. , Asinar., act. III,

se. 3 , v. i52.— Italien, circuire, Dante, Parad., 12.

Espagnol, circuir, mot peu usité, Cervell. , retr. part.,

— ,

4, §. 4-—Anglais, to circuit , Philips.—Circuition, s.f

Détour , circonlocution. Amyot , Plut. , OEuv. mor. ,

t. XVII, p. i44- — Montaig., Ess., 1. 11, c. 12. — Latin.


C O G 107

circuitio, Tit. Liv. , 1. III, c. 6. — Italien, circuizione,

Boccac. , nov. 93, 10.—Espagnol, circuicioii , comendo

sobr. las 3oo, fol. l\.

CLERGIE, s.f. Etat ou condition de clerc, et par

extension, science. Assis, de Jérusalem , c. 24. — En-

seignent. dAristote. — Ane. écriv. franc. , ms. de la

Clayette, fol. 61, col. 1. — Gautier de Coinsi, Mir.

de Sainte Léocade, v. 69 /j.— Rom. du Brut , fol. 29, v°,

— Castoiement, cont. 3 , v. 5 7. — Le vilain mire, v. 391.

Jean de Meung, codic, v. 1021. — Eust. Deschamps.

col. 2. — Phil. Mouskes , ms. p. 78. — Im. du monde.

poés. mss., fol. 79, col. 3. — Froissart, Chron. , vol. I,

c. 2 n . — Et. Pasquier , Rech. , 1. VIII , c. 1 3.

COGHELET , s. m. Petit coq. Eust. Deschamps ,

Poés. mss. , fol. 3i4, col. 2.

COGITATION, 5./ Censée, réflexion. Miserere du

Reclus, str. 60.—Eust. Deschamps , poés. mss., fol. 5o5,

col. 3. — Froissart, Chron. ,\o\. IV, c. 5i. — Amyot,

Plut. , Prop. de table, 1. VIII, quest. 2, tom. XVIII,

p. 376. — Montaig. , Ess. , 1. m, c. i3. — Brantôme,

Dam. gai. , tom. II , p. 343. — Sully , Mém. , tom. II ,

c. 4o. — Latin , cogitatio , Cicer. , pro Milone , c. 29.—

Italien, cogitazione , Brunett. , Tesor.—Espagnol, cogYtacion

, Fr. Herrera , sobre el sonet. 2 de Garcil. —

Anglais, cogitation, Ray, on Créât.—Cogiter, penser,

réfléchir, Fie de la Vierge , Luc, c. 2 , v. 5i. — Latin 7

cogitare —- , Cicer. , ad Attic. , 1. IX , epist. 6. Italien ,

cogitare , tratt. gov.fam. — D'où Excogiter , v. a. In-

venter, imaginer. Des Accords {Et. Tabourot) , Bigar-

rures , p. 5o. — Amyot, Plut., prop. de tabl. , L III,

quest. 7, tom. XVIII, p. i55. — H. Estienne , Lang.

franc, italian. dial. 1 , p. 184. Brantôme, Dam. gai.,

tom. I, p. i56\ — Et. Pasquier < Rech., 1. VII, c. 9.—»


io8 C O N

Sully , Mém. tom. I, c. 98.


Latin, exeogitare, Cicer. t

Phil. 8, c. 6. — Excogitateur , s. m. Inventeur, celui

qui imagine. H. Estienne , Lang. franc, ilal. dial. 1,

p. 285. — Latin, excogitator , Quintil. , Declam. 10,

cap. 7.

COLLÉGIALEMENT , adv. En collège. Nouv. Coût,

général, tom. Il, p. i34, col. 2. — Espagnol, colegial-

— ,

mente , Mart. Navarr. , Manual de confess. , c. 27.

COMMUNALEMENT , a^. En communauté. Cas-

toiement , c


C N 109

Corbic>— Cl. Majiot, epist. 3j OEuv., tom. I, p. 3^5.

y— Amyot, Plut., Pyrrh. , c. 44- — Montaig. , Ess. y

1. ni, c. i3. Brantôme, Daines Gai. , tom. I, p. 55.

— Sully, Mém., tom. I, c. 3o.—Ce mot a été employé

assez plaisamment par M. de Voltaire, Pucelle , ch. V.

— Latin , condignus , Aul. Gell. , 1. III , c. 7. — Italien ,

condegno, Cavalc, Speech, crist.— Espagnol, condigno,

Cerv. Persil., 1. Ll, c. i3.— Anglais, condign, Arbutnot.

— Condignement, adv. Brantôme, cap.franc. , tom. II,

p. 170.—Latin , condigne , Plaut. , Asin. , act. I , v. 42.

— Italien , condegnamente , Segn. , Crist. inst. 3 , 2 , 11.

— Espagnol , condignamente , Palom. , Vid. de Pint. ,

fol. 279.

CONFES, ESSE, adj. Qui s'est confessé. S. Bernard,

Serin, fr. mss. y fol. i35. — Assis, de Jérus. , c. 275.

VlLLEHARD. , 11° 225, p. I78. FOUQUES , Credo a lUSU-

rier y v. 47. — Rom. Rose, v. 43i2. Froissart, Chron.,

vol. I, c. 28. — Et. Pasquier, Rech. , 1. 111, c. 14.

Italien, confesso , Dant. , Infem. , 27.

CONNUB1AL , ALE , adj. Matrimonial , nuptial,

conjugal, qui appartient au mariage. Rabel. , 1. III ,

c. 4°« — Latin , connubialis , Ovid, Heroid. epist. 6. —

Espagnol , conubial , Navarr. , conserv. dise. 33. —

Anglais, connubial ,

Pope, Odyssey.

CONTEMNER , v. a. mépriser. Blason des faulses

amours , p. 364* — Am. ressusc.

, p. 93. — Danse des

aveugles.— Martial d'Auvergne, p. i34-— Cl. Marot,

3 e chant royal, OEuv., t. II , p. 36. — Amyot , Plut.,

Marc. Cato. — Latin, contemnere, Cicer. ,de Orat. , III ,

c. 14. — Italien, coniennere , Fr. Giordano pred. —

,

Anglais, to contemn, Dryd. , Eneid. — Contemnement ,

Contempt, s. m. Mépris. Chron. de S. Denis, tom. II,

fol. 226, v°. — Amyot, Plut., OEw. mor. } tom. XIIJ,


no CRA

p. ni. — Et. Pasquier , Rech. , 1. I, c. 7. — Latin,

contemptus , Ces. , Bell. Gall. , II , c. 3o. — Italien ,

contento , Math. Vill. — Anglais, contempt , South.

CONTRECREUSER , v. a. et n. Creuser à lopposite.

Nouv. coût, génér., t. II , p. 1090, col. 3.

CONTREPLÈGE, s. m. Caution qui répond de la

caution. Coût, de S. Sever, tit. I, art. 9, i4, i5, 18, etc.

CONTREVAL, adv. En descendant. Ane. po'èt.franc,

Marie de France,

avant i3oo, ms. , t. II, p. 724."

Lai de Gracient , v. 677. — Guillot , Rues de Paris,

v. 4^7.— Joinville , Hist. , p. 27.— Froissart, Chron.

"vol. II, c. 4i« — Lancelot du Lac , tom. II, fol. 4> r°>

col. 2. — Pasquier, Lett. , tom. III, p. 219.

COPULER, ». a. Assembler, accoupler. Beroalde

de Verville , Moj. de parvenir , p. 1 56 ; id. , ibid.

p. 339.— Latin, copulare, Cicer., Acad., IV, c. 45. —

Italien , copulare ^ Fr. Jac, tom. V, 23 , 25. — Anglais ,

to copulate ,

Wiseman.

COURSIER, ÈRE, adj. Propre à la course. Froiss.,

Chron., vol. II, c. 159. — Amyot, Plut., OEuv. mor.,

tom. XIV, p. 385.

tom. I ? p. 383.



Coursière, s.f. Brant. , Dam. gai.,

GRAILLER , v. n. Crier comme le corbeau ou la

corneille. Amyot, Plut. ,prop. de table, 1. V, quest. i re

,

OEuv. t. XVIII, p. 221. — On a dit aussi Grailler,

Duverdier, Bibl., p. 11 5.— Craillement, s. m. Cri du

corbeau ou de la corneille. Amyot , Plut. OEuv. mor.

t. XVI, p. 375. — On connaît en français le substantif

graillement , son cassé ou enroué de la voix , et le verbe

grailler, terme de chasse, sonner du cor sur un ton

qui. sert à rappeler les chiens. Voy. Dict. Acad. , édit.

de; 1763 et édit. de Smith, 1798,

,

1


GRO nr

CRÉDITEUR, s. m. Créancier. Chart. de 1292. TabuL

de S. Jean de Laon.

CRENU, UE, adj. Qui a des crins, chevelu. Rom,

Rose, v. 18679. — Latin, crinitus , Ennius ap. Cicer. ,

Acad. 4, c. 28. — Italien, crinito, crinuto , Bern., Or-

land. 2, i5 , 6y. — Espagnol , crinito , Queved., alguac,

CROISETTE, s.f. Petite croix. Brantôme, Cap.fr.,

tom. I, p. 10.— Italien, crocetta, Bern., Orland.


D.

D]EBATIMENT, s. m. L'action de débâtir, de détruire.

Le bastiment et le desbastiment des conditions de la divinité

se forgent par l'homme selon la relation à soy.

MONTAIG. , ESS. , L II , C. 12.

DEBELLATOIRE , adj. des deux g. Propre à vaincre,

à subjuguer.

Les causes motives, les très-diligentes militaires conduictes,

et les débellatoires effectz de la sienne , et donc vostre très-

glorieuse et très-triomphante victoire de Gènes.

J. Màrot, Prolog, à la Royne Anne , p. 7.

On a dit aussi, mais moins heureusement, Débel-

ler, v. a. Vaincre, subjuguer.

Mettez sus dards , lances , picques, bourdons ,

Artillerie , et tous autres bastons ,

Pour dcbeller ces larrons inhumains.

J. Ma.rot , Poés., p. 67.

Quant à la prolongation des villes de seureté , dont vous

faites tant de cas, et tous ces gens d'assemblée aussi, c'est

encore une autre chimère facile à débeller.

Latin , debellare.

Parcere subjectis et debellare superbos.

Sully, Mém. , t. II, c. Si.

Virg. , AEneid. , 1. VI , v. 853.

Italien , debellare. Diventerà la padrona del corpo e facil-

mente debellerà i residui del maie.

Red. , Cons. 1. 116.

Espagnol, debelar. Entonces séria forsozo emplearlos en de-

belar los tyrânos de ambos impérios.

Sa.a.v. , Coron. Got. , 1. 1 , an. 416.

Anglais , to debel, to debellate.

Him , long of old ,

Tbou didst debel,anà down from heaven cast

With ail his army.

M/LTOW;

,


DEC n3

ïn the approbation of the extirpating and debellating of

giants, monsters and foreign tyrants.

Débelleur, s. m. Vainqueur.

Latin , debellator.

Et croy que si Hector , fier batailleur ,

Fort Hercules , César grand débelleur ,

Estoient vivans , auroient crainte et frayeur

De tel' tempeste.

Bacon,

J. Marot , Poés. , p. i5i.

Lausus equûm domitor , debellator que feraru il.

Vxrgxl. , AEneid. , 7 , v. 65 1.

DÉBORDEMENT, adv. Dune manière débordée.

Si bien qu'on disoit qu'il lui avoit appris à jurer aussi dé-

bordement comme ii faisoit , bien que M. de Sipière juroit

quelquefois, mais c'étoit en cavalier.

Brant., Cap.fr. t. IV, p. 6.

DÉBOUTEMENT , s. m. Action de repousser, de

débouter.

Mais parmi tous les pesans coups que on luy donnoit et les

durs déboutemens que on luy faisoit , il fendit la presse à force

de bras.

Perceforest , vol. I , fol. 141 , r°, col. 1.

Ce luy seroit un très-grand déboutement et déshonneur de

s'en partir sans les subjuguer.

MoNSTRELET , Vol. II , p. I 90 , r°.

DEGACHER , v. a. Découvrir , déceler.

Car je ne puis son mauvais bruit cacher

Si seurement , qu'elle ne se descache

Comme inconstante.

Cl. Marot , rond. 66 ; OEuvr. , t. II , p. 196.

DÉCANONISER , v. a. Rayer du catalogue des saints.

Le troisième exemple est des miracles d'un moine qui fut

quasi aussitost décanonizé que canonizé en la ville de Venise.

H. Etienne , Apolog. d'Hérodote , t. II , c. 3g.


n4 DEC

.* DÉCAPITATION, s./. Décolation, action de dé-

capiter.

Décapitations

Fu à Jacques, es marines

De Compostelle et des marches voisines.

Eust. Deschamps , poés. mss., fol. 124 > col. 1.

Décapitations , vexations et autres perditions innume'rables.

Godefroy , Annot. sur l'Hist. de Charles VI ', p. 680.

Latin barbare , decapitatio.

Muratori , Script, rer. ïtal. , t. XII , col. 1081.

Italien, decapitazione. Le confiscazioni de' nostri béni, glî

esilj , le decapitazioni de' nostri infelici cittadini.

Guicciard. stor. 2 y 68.

DÉCAPTIVER , v. a. Tirer de captivité.

Mais toy , seigneur , de qui le bras puissant

Décaptiva ton peuple languissant.

Joach. du Bellay , fol. 2 14 5 V*

DECASER , a), a. Faire sortir de sa case , déloger.

Mors set moût tost fol acoisier,

Mors a mont tost de son arsier

Descasée l'ame dolente.

Miserere du Reclus , str. 226.

DÉCERCLER, v. a. Oter les cercles, les cerceaux.

Et ses escus tout décaupés

Et ses heaulmes tous décerclés.

,

Rom. de Cléomades , ms,

*DÉCEVABLE, adj. des deux g. i° Trompeur, dé-

cevant.

Et ne mie tels tesmoignages com cil orgoillous pharisiens

avoit , qui par decivavle pense tesmoignevet lui meismes.

S. Bernard , serm. fr. mss. fol. i44-

Moult estoient beaux et accointables ,

Sages parliers , et décevables.

Eust. DsscHAMrs , poés. mss. fol. 482 , col. 4.


Pour ce estes faulx et décelables.

DEC n5

Cheval, de la Tour , Instruct. , fol. 14 » r°> col. 1.

Les appela faulx , décelables.

2 Facile à tromper, à décevoir.

Chron. de S. Denys, t. I , fol. x 1 1 , v°-

Hz jurent mensonges et fables

A ceulx qu'ilz trouvent déccvables.

Rom. Rose , v. 4499-

Anglais, deceivable. He received nothing but fair promises 3

•vvhich proved deceivable.

Havward.

Man was not only deceivable in his integrity; but the angels

of light in ail their clarity.

Browi*.

On trouve aussi dans les anciens écrivains français les

adverbes décévablernent ? décévamment, trompeusement.

Comme cil est nusant qui envoit launces , seetes en mort

assint est le hom que decivablement anuist soun ami.

Ane. trad. de la Bible , Proverb. , c. 26 , v. 18.

Font décévablernent murdrir.

Décevemment et faussement.

Al. Chartier , Poés. , p. 709.

Guill. de Nangis , Chron. franc, mss. , ann. 1211 , p. 1.

Mais ces deux mots ne me paraissent point susceptible*

d'être réintégrés dans le langage moderne.

DËCEVANCE, s.f. Tromperie, déception.

Lie estoit de la décevance ;

Mes de ce a duel et pesanee

Que nul fors Dieu ue le convoie.

Huon le R.oy , vair Palefroy , v. 108?.

Si font bien diverses substances,

Sans mirouers , grant décevunces.

Que ceux cpû aiment dècevance.

Rom. Rose y v. 19086.

Al, Chartier , Poés. , p. 709.

8,


1 16 D E D

Par-tout il y a dècevance.

Cl. Marot, opusc. i ; OEuv. , t. I, p. 170.

DÉCHARMER , u. a. Oter le charme , désenchanter*

Et vieillesce qui tout descharme.

Rom. Rose.

Qui nous dust descharmer de la feinte aparanee

De ces ombres d'honneur qui vous vont décevant.

.Phil. Desportes, Poés. , p. 5u.

DÉCHEVÊTRER, v. a. Débarrasser d'un Lien, délier

d'un engagement.

Dès -lors il est pris aux rets sans qu'il s'en puisse dêche-

vestrer tout le demeurant de sa vie.

DÉCLOTURE , s.f. Bris de clôture.

Et. Pasquier , Rech. 1. III , c. 43.

Qui oster ne se peuvent sans difformité ou vilaine rupture,

fracture ou desclosture.

Nouv. Coust. génér. , t. II, p. 989.

DÉCOURONNER, ^. a. Priver de la couronne.

Theoderis fu remandés,

K'il oreut congéé de France

Et descouronné par viltance.

Ph. Mouskes , ms. , p. 46.

DÉDA.IGNARLE , adj. des deux g. Qui est à dédai-

gner ,

méprisable.

Cette fraze ordinaire de passe-temps , et de passer le temps,

représente l'usage de ces prudentes gens , qui ne pensent point

avoir meilleur compte de leur vie, que de la couler et es-

ehaper, de la passer et gauchir, et autant qu'il est en eux

ignorer et fuir, comme une chose de qualité ennuyeuse et

desdaignable.

Montaig. , Ess. , 1. m , c. i3.

* DÉDUIT, s. m. Plaisir, divertissement, jouissance.

Si grans déduis ne si souveraine joie

N'est en cest mons con d'amer loiaument.

Ane. poét.fr., mss. du Vatican , n° 1490 , fol. 106 , v°.


DED 117

Je tieng l'espoir , le désir et l'amour

A biau déduit, qui s'i set maintenir.

^ AnANs li Bocus , Poésies.

Car un regard d'elle vault mieulx

Que d'antres les déduys entiers.

Rom. Rose , v. 2509,

Car luy et aucuns seigneurs d'Angleterre avoient fait venir

chiens et oiseaux pour leurs déduits , et espreviers pour les

dames.

Froissart , Chron., vol. III, c. Si,

Avez donné à nostre très-redoubtée dame maints dîners et

soupers et autres desduicts.

Jehan de Sain tré , p. 638.

Voyez aussi Éeclus de Moliens , Miserere. — Rom. du Brut,

fol. 8 , addit. v°, col. 2.—Hue de Tabarie , ordene de cheval.,

v. 391. Eust. Deschamps , poés. mss. , fol. /»o8, col. 1.

Cl. Marot, opusc. 1 ; OEuv. , t. I, p. i38. — Et. Pasquier ,

Rech., l.VIII, c. i3, etc.

On a dit aussi se déduire , se divertir, s'amuser.

Et sage honi se déduira,

Qui des bons dis se set déduire.

Car si com ils s'entretenoient,

Et ensemble se déduisoient.

Rom. de Charité , str. 242.

FabI, du Cuvier.

Iseult et Mehedin allèrent au rivage de la mer , veoir le ba-

teau que Tristan avoit fait faire pour soy déduire.

Rom. de Tristan.

Voyez aussi Vies des Pères , mss. — Rom. de Rob. le Diable,

ms. , etc.

D'où l'adjectif déduisant, plaisant, agréable, diver-

tissant.

Quand j'en séjourné en la cité de Paumiers trois jours

( laquelle cité est moult déduysante. )

Froissart , Chron. , 1. III , c. 4.

Mais ces deux derniers mots ne me paraissent pas sus-

ceptibles d'être réintégrés dans le langage moderne.


nS DE F

* DÉFALCATION, s. f. Action de défalquer, dé-

duction .

A la défalcation qui se fera pour rentes seigneuriales et

foncières inraquitables, estimation d'icelles sera faite au denier

vingt , si elles sont en argent.

Coût, général , t. I, p. 1029.

Latin barbare , defalcalio. Tota pecunia absque ullâ defal-

catione.

Act. SS. april,., t. II, p, 718.

Italien, difalcazione. E siano dati loro senza difalcazione ,

o ritenzione alcuna.

Varch^ benef. di Senec. ,2,4.

Anglais, défalcation. The tea-table is set forth with its

customary bill of fare and without any défalcation.

DÉFAVORISER , v. a. Priver de la faveur.

Addison.

Aussi aymay-je trop mieux mourir pour vous , tout défa-

vorise que je suis, que vivre avec toutes les faveurs que je

pouvois en vivant recevoir d'autre dame ou damoyselle.

D. Flores de Grèce , fol. cxixn , v°.

Il n'est des Dieux ny des hommes prisé,

Ainçois de tous fort défavorisé.

Amyot , Plut. OEuvr. Mor. t. XVI, p. 219.

M. de Lautrec desfavorisa Jean-Jacques Trivulce des bonnes

grâces du Roy.

Brant. , Cap. estrang. , t. II, p. 236.

Leur constante foy que la justice vengeresse de Dieu pré-

side aux duels, qu'elle favorise l'innocent et défavorise le

coulpable, que c'est une preuve certaine et indubitable de la

vérité, a introduit et autorisé les duels parmi les François.

Savaron, Trait, cont. les duels , p. 12 , i3.

Voyez aussi Pasquier, Lettres } t. I, p. 4^2. — Bassompierre,

Mém. , t. IV, p. i33 , etc.

Espagnol , desfavorecer. Que aun pensarîo non deben osar

por no ser desfavo/ecidos.

Sant. Teres. su vid. cap. 37.

,


DE F nt>

Anglais , to disfavour. Might not those of higher rank , and

nearer access to her majesty, receive lier own eommands , and

be countenanced or difavoured according as tliey obey ?

Swift.

DÉFEGTIBILITÉ , s.f. Qualité de ce qui renferme

le^germe d'un défaut, d'un vice.

Mais procédoit du deffault ou de la deffectibilité qui estoit

au franc arbitre de Semey.

Hist. de la Toison d'or, t. II , fol. 178 , \°.

Anglais , defectibility . The corruption of tîiings corruptible

dépends upon the intrinsecal defectibility of the connection

or union of the parts of things corporeal.

Hall , origine ofmankind.

DEFENDABLE, adj. des deux g. Propre à défendre

ou à se défendre.

Touz ceulz qu'ils trouvèrent en armes deffendables oo-

cistrent tous.

JoiNVILLE , hist. , p. IOI.

On a dit aussi défensible, et, moins heureusement.

dcfensable.

Si le deffendant est estropié de quelques membres , on doit

occuper les mesmes membres deffensibles et aidables de l'ap-

pelant.

Oliv. de la. Marche ,gage de bat. , fol. 26 , r°.

Contre l'ardeur le rendit deffensible.

Cl. Marot , Métam. , 1. II ; OEuvr. t. III , p. 72.

Mais quoi ! est-il plus deffensible , et aussi plus loisible à

une femme d'avoir eu plusieurs maris en sa vie ?

Hé boine gent et deffensable.

Brant. , Dam. gai. , t. II , p. 167.

Baude Fastoul d'Arras , Cong. , v. 673.

Le lieu n'est pas défensable , car la motte est de main

d'homme faite , et petite.

Comiïces , Mcm. , 1. VII , c. 12.


iao D E F

Voyez aussi Rom. du Renard, ms. — Cortois d'Jrras, ms«

de S. Germ. , fol. 84 , v°, col. 1. — Coût, général, 1. 1, p. 210.

— Eust. Deschamps , poés. mss. , fol. 13g, col 1. — Ménard,

Hist. de Bertr. Duguesclin, p. 117, etc.

Italien, difendevole. Abbandonarono la città forte, e difen-

devole per lungo tempo.

Matt. Villawi, stor. 10, 78.

DÉFIGURATION, s.f. État de celui qui est défiguré.

Les chirurgiens ayant veues les playes ou blessures de tel

navré, afferment et déclarent le péril où il est constitué, soit

de mort, de/figuration , affoleure ou autre débilitation.

Coût, général , t. II , p. 1944.

Anglais , disfiguration , disfigure ment. The disfiguremcnt

thattravel or sickness has bestowed upon him, is nofc thought.

great by the lady of the isle.

SuCKLING.

DÉFLORATEUR, s. m. Celui qui déflore, qui ravit

la fleur.

Les déjlorateurs violentement des vierges.

Ane. Coût, de Normandie, c. 10.

DÉFLUXION, s.f. Action de couler, de découler,

émanation.

Les Libyens, dit He'rodote , jouissent populairement d'une

rare santé , par cette coustume qu'ils ont , après que leurs

enfants ont atteint quatre ans , de leur cautérizer et brusler les

veines du chef et des temples : par où ils coupent chemin

pour leur vie à toute déjluxion de rheume.

Montaig. Ess. , 1. 11 , c. 37.

Les défluxions aussi qui procèdent des hommes de grande

puissance et grande authorité, comme sont les roys, ont pa-

reille vistesse et célérité, laquelle se dilate en un moment, et

comme un feu, saisit et gaigne ce qui est voisin à l'environ.

Amyot, Plut. OEuvr. Mor. t. XIV, p. 35g.

Ceste lumière naturelle est un esciaire et rayon de la divi-


DEF i2!

nité, une déjluxion et despendance de la loi éternelle et

divine.

Charron , Sag. 1. II , c. 3.

Anglais , dejlux, déjluxion. We see that taking cold moveth

looscness, by contraction of the skin and outward parts, and

so doth cold likewise cause rheums and dejluxions from the

Iiead.

BACON.

DÉFORTIFIER , v. a. Détruire les fortifications.

L'invasion touche tous , la défense non que les riches. La

mienne estoit forte selon le temps qu'elle estoit faitte : je n'y

ay rien adjousté de ce costé là , et craindroy que sa force se

tournast contre moy-mesme. Joint qu'un temps paisible re-

querra qu'on les dèjortific.

Montaig. , Ess. , 1. II , c. iG.

DËFRAYEMENT, s. m. Action de défrayer, rem-

boursement des frais.

Deux cent mille escus qu'ils payèrent pour le difrayement

dudit siège.

MoNSTREEET , Vol. III, p. 2.

On a dit aussi, mais moins heureusement, défrai,

clefroi.

Pour les deffraiz de ladite royne.

JoiNVILLE , hlSt. , p. 19.

Ponr leur deffroy n'est fourrier qui descompte.

Eust. DEsCHAMrs, poés. rnss. fol. 2G2 , col. 4-

Afin que, par le revenu d'icelle, il eust moyen de stipendier

ses soldats, et en soustenir plus aisément le déjroy de la

guerre.

Et. Pasquier , RechA. III, c. 12.

DÉFRAYEUR , s. m. Celui qui défraye.

La lignée Antiochide remporta le prix; Arislides fut le des-

frayeur des jeux, et Archestratus le poëte qui fit jouer ses

comédies.

Amyot, Plut. Aristide ; OEuv. , t. III , p. 319.


122 D E H

DÉFRUITER (SE),


DEL 123

Comment ! dans nu château , dont l'antiquité brille ,

Venir de guel-à-pens deshnnter une fille !

Th. Corneille, Bar. d'Albicrac , act. IV, se. 7.

Mais ce verbe ne me paraît point susceptible d'être

restitué au langage moderne.

Voyez Éhoistément.

DÉHORTATION, s.f. Exhortation négative ; action

d'exhorter à ne point faire une chose.

Mais Sylla conjecturoit que c'estoit plustost une déhortation

et divertissement d'y coucher sus jour, quand on plie dès le

matin le préparatif qu'il faut pour dormir.

Amyot , Plue. prop. de tabl. , 1. VIII , quest. 7 ; OEuvr. t. XVIII , p. 407.

Latin , dehortatio. Comminatio dehortationis accessio est.

Tertull. , Apolog. , c. 3g.

Anglais, déhortation. The author of this epistle, and the

rest of the apostles , do every where vehemently and earnestly

dehort from unbelief : did they never read thèse dehortations?

Ward , on infidelity.

Quelques écrivains modernes ont dit: déhortatoire, adj.

des deux genres.

Quand il ( Constantin ) vit la guerre civile des cervelles

schoîastiques allume'e, il envoya le célèbre évèque Ozius, avec

des lettres déhortatoires aux deux parties belligérantes.

Volt. , Die t. Philos. (Arianisrne).

Latin , dekortatorîus. Dehortatorlum plané à bono omnes

sciunt poelae.

Tertull. , Apolog. , c. 22.

DÉLEGTABILITÉ , s. f. Qualité de ce qui est dé-

lectable.

Pour la grand déleciableté

Que j'euz de la novelleté.

Le veoir fait de la heauté

Concevoir délectableté.

Rom. Rose . v. 700.

Eust. Deschamps , Poe's. mss. , fol. 544 > col. 1,


i^4 DEN

Italien, dilettabllita. Superbia.... se è in ediftcj , o in moî-

titudine di case , o in grandezza , o sontuosità , o dilettabilità.

Buti , sopr. il Dante , Inf. g.

DÉMAÇONNER, v. a. Défaire un ouvrage de ma-

çonnerie, démolir.

Allèrent à la basse-cour de la Bastille Saint- Anthoine, et

demandèrent qu'on leur livrast six prisonniers qui estoient

léans , ou sinon ils assaudroîent la place , et de fait commen-

cèrent à desmassonner la porte.

MoNSTRELET , Vol. I , C. I97 , fol. 27O , T°.

DÉMAILLER, ^. a. Oter, briser les mailles.

Si M a l'auberc desmallée.

Parton. de Ulois , ms. de S. Germain , fol. i35 , r°, col. 3.

Oh ers desrompre et. desmailler ,

Cevaus occire et détailler.

Thoas li ot li escu specié

Et li hauberc li ot desmaillé.

,

Ph. Molsk.es, ms. , p. 184.

Rom. de la guerre de Troie , ms.

DÉMÊLEMENT , s. m. Action de démêler.

Et partant le priez-vous de remettre le démeslement de

l'affaire de madame sa sœur et de monsieur le comte de Sois-

sons à un autre, ou à une autre fois, et vous permettre d'aller

achever ce que vous aviez si bien commencé.

Sully, Mém. , t. I , c. 44.

* DÉNANTIR , v. a. Dépouiller, priver.

Quant de si hault honneur je me trouve desnanti.

Perceforesty vol. tll , fol. 37 , r°, col. 2.

DÉNIGHEMENT, s, m. L'action de dénicher.

La conscience, comme ung dénigement de héronneaulx.

Raeel. , 1. IV , c. 3o.

DÉNOUABLE, adj. des deux g. Susceptible d'être

dénoué.

Par le lien du mari,iige


DEP i25

Non desnouable et plus estraint

Qui toute franchise restraint

Et n'en puet nulz desnouer.

EtrsT. Deschamps , Poés. mss.^ fol. 4q5, col. 4-

DENTELETTE, s.f. Petite dent.

Tu m'as rendu jusques-là furieux

En baiseretz , qu'une fois ma bouchette

Laissa couler une aspre dentelette. . . .

Jacq. Tahureau , Poés. , p. a5i.

Latin, denticulus. Cura infantibus tumentes gingivas den-

tlcull aperire nituntur.

Paixad ,1.1, tit. 28.

Espagnol, dentezuélo. No agûdo, sino llano como una pala,

y con unos dentezuélos como de sierra.

Fr. L. de Gran. , Sjmb. part. I , c. 14 , §. 3.

DÉPAYSEMENT , s. m. Action de dépayser, ou de

se dépayser.

Quelque dépaysement que fist l'esclave, il ne sepouvoit af-

franchir au préjudice de son maistre.

Et. Pasquier , Rcch. , 1. IV, c. 5.

DÉPOPULATEUR, TRICE, adj. et subst. Celui qui

dépeuple, qui dévaste.

Sacrilèges, desrobeurs dépopulateurs de champs.

Couse, général, t. II , p. 65.

Latin, depopulator. Fori depopulator , obsessor enrise.

Italien , dispopolatore.

Cicer. , pro domo , c. 5.

Zibald. 40.

DÉPRÉDATIF, IVE, adj. Qui porte le caractère de

la déprédation.

Sésine déprédative.

Britton, Lois d 'Angleterre , fol. 140, r w .

DÉPRISONNER, v. a. Tirer de prison, délivrer.

Quand il le veut desprisonner

Et nous bouler par sermonner.

Rom. de la Rose, v. 13867.


ia6 DES

Desprisonner les prisonniers.

Lefèvre de S. Remy , Hist. de Charles VII , p. 41.

Je vous déprisonnerai de vostre veu.

Italien , sprigionare.

Per tutto questo amor non mi sprigiona.

Jehan de Saintré , p. 319.

Petràrch. , son. 80.

DÉPUCELAGE , s. m. Action de dépuceler.

Et les fils de Jacob respondirent à Sichem et à son père en

boisdie, se se courroucèrent por le despucelage de lour serour.

Bibl. Histor. Gènes. , c. 34, v. i3.

Zenon parmy les lois regloit aussi les escarquillemens et les

secousses du dépucelage.

Montaig. , Ess. , 1. m ,

c 5.

DÉSAFFRANCHIR , v. a. Révoquer l'affranchissement

d'un esclave, d'un serf.

Lesdits enfants ne deviennent par là ni affranchis , ni

désaffranchis.

Nouv. Coût. général, t. I, p. 887, col. 1.

DESAGUERRIR , v. a. Désaccoutumer de la guerre,

des fatigues de la guerre.

Entre les autres maux et inconvéniens qui t'adviennent pour

estre désaguerri , il faut compter que tu te rends de^pisable

à un chascun.

DÉSAIMER, v. a. Cesser d'aimer.

Cil me vuet bien desnuer

De joieuse vie

Qui m'enhorte à désaimer

Dame si jolie.

,

Prince de Machiavel , p. 97 , 98.

AdAns li Bocus , lîec. de poët.fr. avant i3oo , ms. t. IV, p. 1396.

Je me suis desahné ;

Ainsi je meur vivant sans estre aimé.

Loys le Caron , Poésies , fol. 12 , v°.

Voyez aussi Blason des faulses amours , p. 244 » etc.


DES 127

Italien , disarnare. L'uomo non puè amare , e disamare a

sua posta.

Boccac. , Filocop. 6 , 63.

Espagnol, desamar. Fuese à Constantinopla à ganarle perdon

del emperador, é que no le fîciesse mal, ni le desamasse por

aquella razon.

Chron. gêner., fol. 216.

DÉSANGOISSER ,


128 DES

sont efforciez de y mettre aucun empeschement ou despoin-

tement.

Confirm. des privil. de la 'ville de Lille par Charles F, mars i368; Ordonn.

des Rois de France , t. V, p. 166.

Anglais, disappointment. If we hope for things , of which

we liavenot thoroughly considered the value , our disappointment

will be greater than our pleasure in the fruition of

them.

Addisson.

DÉSASSEMBLEMENT , s. m. L'action de désassem-

bler , désunion.

Mais Empedocles et Epicurus, et tous ceux qui tiennent

que le monde est composé par un amas de petits corpuscules,

admettent bien des assemblemens et désassemblemens.

Amyot , Plut., OEuv. Mél. , t. XXI , p. 14 3.

Ce mot a été pris aussi dans le sens de déroute,

dispersion d'une armée.

Ne demoura pas longuement ,

Après le dèsassemblement

Des dessus dites ataines.

Guill. Guiart , Roy. lign. ad ann. 1267.

Mais , sous cette dernière acception , le substantif

dèsassemblement ne saurait être réintégré.

DÉSASSERVIR , -y. a. Tirer de servitude , d'escla-

vage; affranchir.

Tout est fait pour homme servir,

Et homme est fait pour servir dame,

Et ne s'en peut désasservir.

Alain Chartier, Poés., p. 751.

DÉSASS1EGER , v. a. Cesser d'assiéger , lever le

siège, faire lever le siège.

Quand Corbadas de Brehappe se veit desassiégé des François

si fut tout resjouy : et dit, nous n'avons plus garde , pour ceste

saison.

Froissart , Chron. , vol. IV , c. 72.

,


DES 129

Il le fit bien paroistrc en cela, et ce coup mesmc , où il

desassiégea et désengagea monsieur le duc d'Orléans.

B&ANT. , Cap. franc. , t. I , p. 56.

En nos guerres civiles il fut un peu malheureux à Rouen

qu'il assiégea premièrement, et le falut désassiéger quelques

mois après, pour n'avoir qu'un petit camp, pour entourer

et assie'ger cette grande place.

Id. ibid , t. HT , p. 129.

On a dit aussi, mais moins heureusement, dessiéger.

Moult fu iriez l'empereres Baudoins, quant la novelle li fu

venue , et moult s'en hasti que il iroit desscgier Andrenople,

et feroit tôt le mal qu'il porroit au Marchis.

Villehard. , Conq. de Constant. , n° i53, p. 119.

Et puis un castel desscgea

Que Turc orent assegiet là.

Pu. Mouskes , ms. , p. 5i8.

Voyez aussi Perceforest, vol. II, fol. 42, r°, col. 1. Le

Jouvencel , fol. 5o, v°, etc., etc.

unir.

DESASSOCIER , v. a. Dissoudre l'association, des-

Notre esprit n'a volontiers pas assez d'autres heures à faire

ses besognes, sans se désassocier du corps en ce peu d'efpacc

qu'il luy faut pour sa nécessite'.

. Latin

Montaig. , Ess. 1. m , c. i3.

, dissociare. Morum dissimilitudo dissociât amicitias.

Cicer. , de Amicit. , c. 20.

Anglais, lo dissocia te. In the dissociating action, even of

the genîlest lire , upon a concrète , there perhaps vanish some

active and fugitive particles ,

whose présence was reqnisite to

conîain the concrète under such a determinate form.

BoYLE.

DESAUTORISER, v. a. Détruire l'autorité, anéantir

le crédit.

Elle faict et défaict, aucîhorise et désauethorise tout ce qu'il

luy plaist, sans rithme , ny raison.

1

Ch k rrost , Sag. , I. II , c. S.

9


iôo DES

Brunehaut jalouse de ceste belle amitié , craignant d'estre

désauthorisée ou discréditée , fait tant par ses charmes que

Thierry ne peut habiter avec sa femme.

Pasquikr. , Lett. , t. III , p. 3 2 8.

Pour essayer de vous diminuer de créance dans l'esprit du

roy , vous des-authoriser dans les affaires, et à faire former les

mal-contentemens généraux et particuliers contre vous.

Sully , Mém. , t. II, c. 5o.

Voyez aussi Villeroy, Mém., tom. I , p. i83.

Espagnol , Dcsautorizar. Assi gustamos de desautorizarle el

esplendor y las influencias.

Hortens., Paneg. , fol. 3 14.

Anglais , to dlsauthorise . The obtrusion of such particular

instances as thèse , are insufficient to disauthorise a note

grounded upon the final intention of nature.

Woltoit.

DÊSAVENANT, ANTE, adj. Désavantageux, incon-

venant, indécent; qui n'a point les qualités requises.

S'aucune gent mauparlière,

Envieuse et mal pensant

Li ont de moi fait accroire

Rien qui soit désavcnant.

,

Ane. poët.fr. avant i3oo, ms. t. IV, fol. 1467.

Qui lui fais don dêsavenant ,

Et sni trop oultrageux , ce dit.

Rom. Rose, v. 22666.

Il eschivoit touz gieus désavenanz , et se retréoit de toutes

deshonestez et de toutes laidures.

Le confesseur , 'vie de S. Louis , ch. 2 , p. 3oi.

Lesquels jurez visiteront le pain toutes les fois qu'il leur

plaira , et se il le treuvent non souffisant et dêsavenant , il le

donront pour Dieu aus povres.

Lett. de Jean 1 ou Jean II , mai 1 35 1 ; Ord. des rois de Fr. , t. II, p. 43o..

Voyez aussi Coût, de Beauvoisis , etc., etc.

Italien , disavvenente. Chi di piacere , o di dispiacere altrut

non si dà alcuno pensiero , è zotico, e scostumato, e disavve-

nente»

Dell 1 Casa, il Galat. 6.


DES l3l

DESAVOUABLE , adj. des deux g. Qui doit être

desavoue.

O Phaéton, enfant très- recevable

De moy ton père , et non dêsavouable.

Cl. Marot , Métam. 1. II ; OEuv. , t. III , p. 06

DESCEINDRE, „. a . Oter la ceinture, ôter de la

ceinture.

Par le poing a prise la dame :

D'une part vont en une açainte,

Desloiée l'a et desçainte.

Vilain de Bailluel.

Et sont tenus eux desceindre, et jetter la ceinture à terre

pour demonstrer qu'ils délaissent leursdits biens.

Coust. général, t. II.

Tigranes non-seulement obéit à cela, mais d'avantage des-

ceignit son espée qu'il leur bailla.

Amyot , Plut . , Pomp. , c. 4 1 ; OEuv. t. VI , p. x 5a.

Qu'il abandonnent le monde , quicteroit les armes, et des-

ceindroit son baudrier d'armes.

Fauc«t, ^rf y./r.i. vin, c. 9; OÉw.\î6L 3oi, r°.

Voyez aussi le Reclus de Maliens, Miserere, stroph. 2G 6

'

-Lancelotdu Lac, tom. III, foI . # % +% coL %,^ /than d

Samtre, p. 68 1 - . Cornets , Jk*. , ï. 1*1, e. 1

1 , etc .

? etc#

Latin, ^c^e^. Neque unquam aut nocte aut die, aut

excalcearetur, aut discùigeretur.

Italien , discignere.

Anco il discinse

D'altri legami.

Velleius, 1. II, c . 4r.

Ciriffo Calv. >Poem. 1. III, . p 84

DÉSEMBELLIR, „. a. Diminuer la beauté, la .racedéparer,

° '

La Barthe lui dit aussitôt qu'il sortît de là, et qu'il defaisoit

n7Z t SOh 1C rang '

quil falloit bien être armé de toutes pièces.

d '

aUtant 1" 1

'I devoit * savoir

Brant. , Cap. fr. , t. IV, p. .1 89.

9-


i32 DES

Italien, disabbettirc . Ed

è bel modo rettorieo quando di

fuori pare la cosa disabbcllirsi , e dentro veramente s'abbellisce.

Dant. , Cotiv. 89.

DÉSEMPAREMENT, s. m. Action de désemparer.

Fut g'ande liesse à Post du dêscmparement des Anglois et

de leur allée. 1

Hist. de Lojs III de Bourbon , p. 199.

Par ce désewparement de siège , se départit le plus de la

puissance des Anglois.

Hist. de la Pucelle d'Orléans , p. 5 14.

Par quoy Euclides , frère de Cléomènes, voyant ce désem-

parement et ceste séparation des gens de pied des ennemis

d'avec leurs gens de cheval, envoya soudain les plus légère-

ment armez et les plus dispos qu'il eust en ses trouppes pour

charger les Esclavons par derrière.

Amïot , Plut. , Philopœm. ; OEuv. , tom. IV, p. 12.

DÉSENFLAMMER , -v. a. Éteindre , diminuer la

flamme, refroidir.

Jamais ils ne pourront vos cœurs désenflammer.

PH. Desi>ortes , OEuv., p. l32.

Pour les cœurs chaleureux.

Désenflammer par les odeurs eucloses.

Loys le Ca.ron poés. , , fol. 24 , r*.

DÉSENNUI , s. m. Ce qui est propre à désennuyer

à préserver de l'ennui, à divertir.

Pour son passe-temps et pour donner désennuy à son nepveu

qui tant y prenoit de plaisir.

J. de S. Geea.is , Hist. de Louis XII, p. 179.

DÉSESPÉRANCE, s.f. Absence d'espoir, privation

d'espérance.

Cil nos seiruent iualve.se graine.

En leur œuvre et en leur créance

Coucie et croist dés< s lérance,

Guiot de Provins, Bill., v. 104 1.

,


DES i33

Plaine d'angoisse et de pésance,

De dnel et de désespérance.

La qninte fut désespérance,

Pour mal faire fut sans doutance.

Voyez aussi Joinville , liât. , p. 1 1 1 .

Ordonn. des rois de France , torn. VII, p. 544 -,

Ovide , ms.

Rom. Rose , v. 9S4.

--— Lettres de Van 1 3/jo 3

art

- 10 -

Italien, disperanza. E a seguitare il maestro senza dispe-

ranza ai lui sormontare.

Espagnol , desesperanza.

Que desesperanza iguàl

Haita los fechos cainina.

$EN . , Pis t.

Lop., comed. las Batuccas, act. I.

DÉSESTIMER ,


i34 DES

Anglais, to disesteem. I would not be thought to disesteem

or dissuade the study of nature.

Locke.

* DÊSHONORABLE, adj. des deux g. Qui fait dés-

honneur, qui attire du déshonneur, du mépris.

Mais est dêshonorable en tous cas trop grandement de faire

mourir un si grant baron et si gentil chevalier que li sire de

Clisson.

Froissàrt , vol. III , c. 66.

S'en doubte Dieu (si l'on craint Dien) l'en fait son saulvement,

L'en ne peut rien quérir dêshonorable.

Eust. Descha.mps , poés. mss. , fol. 207 , col. 4-

Italien , disonorevole. Giudicasse meno disonorevole ritirarsi

una sola volta , che fare in si brève spazio di tempo due

ritirate.

Anglais , dishonourable.

Guicciàrd., stor. 17 , ai.

He did dishonourable find

Those articles which did our state decrease.

Déshonorablement, adv.

Daniel

Tout homme qui prent guerre et querelle par envie, est

déshonorablement diffamé en la fin.

Le Jouvcncel , fol. 3o, , v .

Italien , disonorevolmente. E ora con mantello rivolto diso-

norevolmente c'intendi confortare , che il noslro addomandi

pace.

Gcid. GlUD.

DÉSINVESTIR, DESVESTIR , v. a. Oter l'investiture,

déposséder.

Il fault que celuy qui veult esclicher son fief par le gré de

son seigneur, le rapporte du tout en la main de son dit sei-

gneur. ... et en soit du tout desvestu (al., désadv.eslu.)

BouTiLL.y Somm. rur, , édit< de Galliot Dupré , 1.

1

, fol. ni, v° f col. â.


DET i35

Sans autrement se désinvestir. ... ni dépestrer de sa prise.

Braitt. , Dam. Gai. , t. II, p. 299.

On a dit dévest,désadvest, action de désinvestir. Boutill.,

Somm. rur. , 1. I, fol. 98, 99. — Et. Pasquier, Rech. ,

I. VIII , c. 58. Mais ce mot ne me paraît point sus-

ceptible d'être réintégré dans le langage moderne.

DESSAVOURER, v. a. Priver de saveur.

Je ne voil pas le don dessavou

Ke on conquiert aveqnes fàuseté.

Gautier d'Argies , Rec. de poët.fr. avant i3oo , ms. t. III, p. 1 129.

Elles sont si dessavourées , que le morceau qu'elles vous

donnent n'a ni goût , ni saveur.

Voyez Assavourer.

DESSEMELER , v. a. Oter la semelle.

Brant. , Dam. gai., 1. 1 , p. 276.

Il esmouchoyt une bougie sans l'extaindre, frappoyt les pics

par l'œil, dessemeloyt les bottes sans les endommager.

Rabel. , 1. IV, c. 34'

DESSERVICE, s. m. Mauvais service, mauvais office.

Le roy avoit desployé sa mise'ricorde envers une inanité de

rebelles dont il n'avoit jamais receu que des desservices.

Pasquier , Lelt. , t. II, p. 362.

Italien, disservigio. Da cui avranno ricevuto disservigîo.

Morell., Cron., 274.

Espagnol , desservicio. Juntose con él Juan de Monforte ,

duque de Bretafia , que andaba en desservicio del Rey de

Francia.

Mariana , Hist. de Espatï. , 1. XVII, c. 18.

Anglais , disservice. We shall râther perform good offices

unto truth , than any disservice unlo relaters who hâve well

deserved.

Brown.

DETASSER , v. a. Disperser ce qui était réuni en

un tas.

Parquoi li rois Heniis passa

Qui les deniers en destassa.

Ph, Mouss.es, ms.f p. 844


i36 D E V

Quant Engloiz virent lever le feu contremont , si furent

moult dolens et commencèrent à détasser le foing pour des-

taindre ledit feu.

Menàrd , //«£. de Bertr. Dugiiescl., p. 5o3.

DETISSER, v. a. Défaire un tissu.

Quelle ( Pénélope) toutes les nuits détissoit ses journées ,

Tandis qu'eile atlendit un homme vingt années.

Baïf, OEuv. , fol. 62, r°.

DÉVERROUILLER, v. a. Gter les verroux, tirer les

verroux.

Lors alla le portier, lui quatrième sans plus, dcsveroujller

la porte.

Mehard, Bise, de Dert. Duguesclin , p. 19.

DÉVÊTEMENT , 5. nu Aetion de dévêtir, état de

celui qui est dévêtu.

Elles avoient donnez leurs joyaulx et leurs habits de si

grant cuer aux chevaliers, qu'elles ne se appercevoient de leur

desnuement et dévestement.

Perceforcst, vol. I , fol. i55, v°, col. i.

Anglais, divesture. The divèsture of mortality dispenses them

front those laborious and avocat ing duties whieh are hère lo

be perfortned.

Boyle.

DÉVIRGINER, v. a. Ravir la virginité.

Comme j'en alléguerois plusieurs exemples de plusieurs

dëvirginées en telles enfances sans qu'elles en soient mortes.

Latin , dèvirgihafe.

Brant. , Dam. gai. , tom. II, p. 54.

llYGlN.fab. 2 3.

Italien, svergiiiare. Di quindici anni si lasciô svergùtare dal

coppiere.

Dav. , Sersm. II.

DÉVORATEUR , TRIGE, s. Celui , celle qui dévore.

Le temps , glouton décorateur de l'humaine excellence.

Bon. DtsrERRiiiRs , Prolog.


DEV i3 7

Latin , devorator. De ipsis dévoraioribus exactio indicirur.

Tertull. , de Resurrect. carn, , c. 32.

Italien , divoratore , divoratrice. O divorator degli avari

consumali dentto coll' avarizia insaziabiic.

Comment, su! Dante , lufern. 7.

O avarizia insaziabii fiera, divoratrice di tutte le cose.

Boccac. , Filocop. , 6 , 120:

Espagnol, devoradôr. Echaba la culpa à la malignidad del

tiempo ,

devoradôr y consumidor de todas las cosas.

Cervawt. , Quix., t. I, c. 9.

Anglais, devourer. Carp and tencti do best together , ail

other fisli being devourers of their spawn.

M ORTIMER.

DÉVOULOIR , -v. a. et n. Cesser de vouloir , avoir

une volonté contraire.

Ne vous, sire, n'estes merme de vostre service, et que

chascun de nous cuide faire son prouffit en rescliange , vous

ne le devés desvouloir , ains vous doit plaire, et le devés otroier.

Ass. de Jérusal. , c. 194.

Mais aroors me met en balance ,

Quar ce que plu* nie fait doloir,

Me fait mon voloir desvoloir.

Amour et Jalousie, ms. de S. Germain.

Puisque la mère Dieu le veut

Ne le doi mie desvouloir.

Ane. poè't. franc. , ms. de La Clayette , 4°, fol. 798 , col. 1.

Car ce que l'un vouloit une semaine , l'autre le dëvouloit, et

si vous monstreray la raison.

Froissyrt , Chron. , vol. ÏII , c. 95.

Je ne vouklroye ne n'oseroye desvouloir sa voulente'.

Pcrceforest , Toi. VI , fol. 100 , r°, col. 2.

Voyez aussi Ane, poët. fr. avant i3oo, ms. tom. IV, p. i5;>6.

— Eust. Desceamps , poés. mss.j fol. 3i5 , col. 4.

Ménage prétend que ce fut Malherbe qui introduisit


i38 DIF

dans la langue le verbe dévouloir. Voy. Observ. sur la

laug. Franc. , t. I , c. 48. Cette opinion a été adoptée

par Marmontel. « Dévouloir, proposé par Malherbe, pour

« dire cesser de vouloir, dit l'illustre auteur de Bélisaire,

« n'a pas été reçu; mais que deux ou trois bons écrivains

« l'eussent adopté, il faisait fortune, et la langue y gagnait

« un mot clair et précisa Marmont. , Elém. de Littér.;

OEuv. , tom. X, p. 4*8. Je dois observer que ce mot,

comme on a pu le voir par les exemples rapportés plus

haut, existait dans notre langue bien antérieurement à

Malherbe.

Italien, isvolcre. Mobili tutte, e senza alcnna stabilità sono;

in un' ora vogliono e isvogliono una medesima cosa ben

mille volte.

Boccac. , Laberint. d' A 'more , 140.

DICACITE, s.f. Plaisanterie, raillerie piquante.

Epistre de jeu se faict par joieulx langaige, risible, faisant

plaisant babil ou dicacité.

Fabry , art de rhétor. , 1. 1 , fol. 109 , v°.

Latin , dicacitas. Duo gênera sunt facetiarnm : alterum

aequabiliter in omne sermone fusum , alterum peracutum et

brève : illa à veteribus cavillatio ; haec dicacitas nominata est.

Cicer. , de Orat. II , c. 54.

Espagnol , dicacidâd. La dicacidâd sempre suele juntarse

con risa, porque solo prétende el deléite en el ajéno dolor.

Tejad. , Léon, prodig. , part. II , fol. i3o.

DIFFLUER, -v. n. Se répandre, découler de toutes

parts.

Mais si on les sent un peu de loing, ce qu'il y a d'évapo-

ration terrestre se perd et difflue à Fenviron.

Amyot , Plut. , Prop. de table ,1.1, quest. 8 , t. XVIII , p. 5 r,

Latin , diffluere.

Quassatîs undique vasis

Dif/luere liumorem , et laticem discedere cernis.

Lucret. , de JVat. rer. , 1. III , v. 436.

,


DIL i3o

DIGNIFIER, v. a. Donner de la dignité, élever en

dignité, relever.

Ce que le magnanime se dignifie es choses grandes , c'est

quand il considère que les haultes œuvres vertueuses qu'il

fair et exerce par les dons de force et de magnanimité qu'il a

de Dieu.

Hisî. de la Toison d'or, tom. I, fol. 12.

Latin barbare , dignificare. Et quemcumque illorum recta

ratio dignijicaverit , digne honore suo fruatur.

Capit. Carol. Calv. , tit. 24 , § 8.

Espagnol , dignifîcar. Honrandola y dignijîcândola con brazo

poderoso.

Anglais, to dignify.

M. Agred. , t. I, nuin. 192.

No turbots dignifj my boards ;

But gudgeons , flounders , what ruy Tbames affords.

Pope.

DIGRESSEUR, s. m. Celui qui fait des digressions.

Mais on pourroit me reprocher que je suis un grand di~

gresseur.

Brant. , Dames gai. , t, II, p. 97.

On a dit aussi , mais moins heureusement , digres*

sionnaire.

Le discours de Palaprat sur le Grondeur, et autres , lui firent

donner le nom de grand digressionnaire.

Beauchamps , Rech. des Théât. , t. II , p. 43r.

DILUVIER, v. a. Inonder, noyer par un déluge.

Latin , diluviare.

Toute seroit diluviée

Et la gect perdue et noyée.

Eust. Deschamps ,poés. mss. , fol. 479 , col. 4.

Tautum suppeditant amnes, ultroque miuantur

Omnia diluviare ex alto gurgite ponti.

Lucret. , de Nat. rcr. , 1. V, v. 387,


i4o DIS

DlSCOiVVENABLE, adj. des deux g. Qui n'est pas

convenable.

Laquelle Raoulle clist au suppliant qu'il estoit un malvais

loudier, avec plusieurs autres paroles desconvenables et contre

l'oneur dudit suppliant.

Lctt. de rémiss. , année 1372 ; Très, des Chartr. , reg. io3 , ch. 35o.

Le lansaire que vous venez de tenir est entièrement discon-

venable à un homme de bien et un bon naturel comme le

vostre.

Italien , disconvenevole.

Sully , Mèm. , toin. I, c. 60.

Onde una \oce uscio


D I S i 4 'i

empirent le cerveau par ces drogues tumultuaires et dissen-

tieuses.

Anglais ,

dissentlous.

Montaig., Ess. , 1. ii, c. 37.

You dissentious rogues

That rubbitig the poor itch of your opinion,

Make yourselves scabs.

SHÀ.KESPEA.R.

DISSENTIR , v. a. et n. Différer de sentiment,

d'opinion , refuser son consentement.

Afin qu'il vienne consentir ou dissentir le retrait.

Et. Pasquier, Rech. , I. VIII, c. 5S.

Latin, dissentire. Quem Aristoteles ut optimum probat , à

quo dissentio.

Cicer. , de Oral. , cap. 63 , adjin.

Italien, dissentire. Dalla loro parte espressamente dissenti-

rono, e ricusarono che cosi non si facesse.

Guid. Giud.

Espagnol , dissentir. Por haver mudado de dictâmen el

obispo Juan, dissentiendo lo mismo que al principio aprobo

I por sus legados.

Mond. , dissert. 4 , cap. 2 , num. 27.

Anglais , to dissent. There are many opinions in which mul-

titudes of men dissent from us, who are as good and wise as

ourselves.

Addisoit.

Dissentiment, s. m. Différence d'opinion, refus de

consentir à une chose.

La vengeance divine présuppose noslre dissentiment entier

pour la justice.

MoNTAIG. , ESS., 1. II, C. 12.

Espagnol, disscnlimicnto. Contradixolo el condestable de

Castilla , don Inigo de Velasco , haciendo algunos protestas y

otros actos de disscntimiento.

Argejîs. , Annal. , 1. I, c. i.\.


i4a DIS

Anglais , dissent. What could be the reason of this gênerai

dissent from the notion of the résurrection, seeing that almost

ail of them did believe the immortality of the soûl ?

DÎSSIMILITUDE , s.f. Dissemblance.

Bentley , Sermons.

Mais Crantor estimant que le propre de l'ame estoit juger

les choses intelligibles et les sensibles , les similitudes et dissi-

militudes qu'elles ont, tant en elles mesmes , que les unes

envers les autres, dit que l'ame est composée de tout, afin

qu'elle puisse juger de tout.

Amyot, Plut. OFmv. Mêl , t. XIX , p. 3oi

La dissimilitude s'ingère d'elle-mesme en nos ouvrages, nul

art peut arriver à la similitude.

Montaig. , Ess. , 1. Itl , C. l3.

Latin , dissimilitudo. Incredibilis varietas et dissimilitude».

Cicer., de divin., 1. II, c. 46.

Italien, dissimilitudine. A conservazion di quella una pro-

porzione essere intraloro, che la dissimilitudine à similitudine

quasi riduca.

» Dant. , Conv. t 3


D I V i43

Latin , dlssociatio. Est qusedam privatim dissociatio corporum

: et inter se stériles, ubi eum aliis junxere, gignunt

sicut Augustus et Livia.

Plin. , 1. VII, c. i3.

DIVERTISSEUR , s. m. Celui qui divertit, qui dé-

tourne.

Mais si elle est une fois enracinée, fuyez vous en aux autels

des dieux, sauveurs et divertisseurs des maulx , comme dit

Platon ; c'est-à-dire , retirez-vous et ayez recours au conseil

des sages hommes.

Amyot , Plut. OEuv. mél. , t. XIX , p. 385.

Anglais , diverter. Angling was , after tedious study , a rest

to his mind , a cheerer of his spirits , and a diverter of sadness.

Walton.

DIVINATEUR, TRICE , adj. Qui a rapport à la di-

vination.

Laisse -moy l'astrologie divinatrice et l'art de Tullius , comme

abus et vanitez.

Rabel. , 1. II, c. 8.

Jugeant que c'estoit le soleil qui imprimoit teste tempé-

rature et ceste disposition en la terre , de laquelle sourdoit

ceste exhalation divinatrice.

Amyot , Plut. OEuv. Mor. , t. V , p. 4 1 1 •

Il (Julien l'apostat) estoit aussi embabouyné de la science

divinatrice , et donnoit authorité à toute façon de prognostics.

MONTAIG. , ESS. , 1. II , C. 19.

Latin , divinator, trix. Praesidia divinatricum artium et dis-

ci pi inarum.

Tertulx. , de anim. , c. 46.

DIVORCER , v. a. Se Divorcer . -?;. réfl. Dissoudre

le mariage.

Dont le mariage seroit divorcé.

Boutilmer , Somme Rur. , Ut 45 , p. 327.


iU D G

Vous avez mis en butte Cicéron , comme s'il estoit à louer

de s'estre divorcé d'avec sa femme Tereniia.

• Espagnol,

Cholières , Contes , fol. iç>3, v°.

divorciar, divorciarse. Sino tambien eon las dili-

geneias y discordias de las dos reinas de Léon divorciadas.

Abarc , Ann. Rcy D. Jaune el conquistador , c. 2 , nom. 14.

D1VULSION , s. f. Action d'arracher , de séparer

avec violence.

Alors par sa subtilité et légèreté, la rupture fait le bruit; et

la dlvulsion , à cause de la noirceur de la nuée, cause la

lumière.

Àmyot , Plut. , OEuvr. mesl , t. XXI , p. 174.

Ce n'est pas altération en la masse entière et solide, mais sa

dissipation et divulsion.-

MONTAIG. , Ess. , I. III, C. 9.

Latin, divuhio. Quôd desperem in istius modi copulâ di-

vulsionem.

Hieronym., Epist. 47 ad m air. etfil.

Anglais, divulsion. Aristotle , in liis ethicks, takes up the

conceit of the beaver, and the divulsion of his testicles.

Brown ,

inilgar errours.

DODELINER , v. n. Remuer doucement , imprimer

un léger mouvement d'oscillation.

Auquel son il s'esgayoit , il tressailloit et luy-mesme se

bersoit en dodelinant de la teste.

Rabelais , 1. I, c. 7.

Italien, dondolare , dondolarsi. Accennô à un suo famiglio,

che dondolasse la gabbia, e nientedimeno ia sostenesse.

E statulo tutto l'anno à dondolarsi

Senipre ci gridi, e dica villania.

,

Franc. Sacch. , Nov, 6.

Bronz. , Rirn. burl. , 48.

DOGMATISME, s. m. Ensemble des dogmes, des

principes de la philosophie dogmatique.

Qu'iray-je choisir? Ce qu'il vous plaira , pourvu que vous


DOU i45

choisissiez. Voilà une sotte response, à laquelle il semble pour-

tant que tout le dogmatisme arrive.

MONTAIG. , EsS. , 1. II, C. 12.

DOROPHAGE , adj. des deux g. Qui vit de présens.

Les gens dorophages , avalleurs de frimats , ont au cul

passions assez , et assez sacs au crocq pour venaison.

Rabel. , I. III, Prolog.

* DOSER , v. a. et n. Proportionner la dose. —

exercer la médecine.

On parle de Thadée , médecin florentin , lequel estant ap-

pelé par aucuns princes italiens , n'eût pas dosé à moins de

5o écus par jour.

Cholières, Contes, fol. 49, v°.

Anglais, to dose. Plants seldom used in medicine, being

esteemed poisonous , if corrected and exactly dosed , may

prove powerful medicines.

Dekham.

* DOTATION, s.f. Action de doter; somme consti-

tuée à titre de dot ou de donation.

Pour ce qui est du corps , il fut conduit et mené en sépul-

ture à Loches fort honorablement, dans l'église collégiale de

Nostre-Dame où elle avoit fait plusieurs belles fondations et

dotations.

Hist. de Charles VII , attribuée à Alain ou à J. Chartier , p. 192.

Latin barbare , dotatio. Ad cujus capellaniae dotationern et

fundationem, idem dominus Johannes plures redditus, terras,

prata et bona ,

etc.

Chart. Episcop. Camerac. ann. 1867, in Chron. Bonœ spei , p. 326.

Espagnol, dotaciôn. En la forma que en estos réinos lo

hacen y pueden hacer los otros monastérios de fundacion y

dotaciôn real.

Recopil. de Ind. ,1.1, tit. 3 , ley 6.

* DOUCETTEMENT, adv. D'une manière doucette.

Au jour propre, le père sainct leur bailla une boyte en

1 10


i4


APPENDICE.

D.

DaMOISELET, ETTE, adj. Qui a les manières d'un

damoiseau, d'une demoiselle, qui a rapport à uii da-

moiseau, à une demoiselle. Joach. du Bellay, OEuv.,

p. 466> v°. — Loys le Caron , OEuv. , fol. 45 , v°.

DÉAMBULER , v. n. et a. Se promener çà et là

parcourir de tous côtés. Pénit. d'Adam } ms. , c. 6.

DÉCADENT, ENTE, adj. Qui tombe en décadence.

Brantôme , Dam. gai. , t. III , p. 422.

DECAVER, v.xi. Tirer d'une cavité. Eust. Deschamps,

poés. mss. , fol. io3, col. 4-

DÉCEMPÉDAL, ALE, adj. Qui indique une mesure

de dix pieds. Rabel. , 1. IV, ch. 6'4-

DÉCEPTEUR ,

TRICE , adj. et subst. Trompeur.

Cl. Marot , ps. 5, OEuv. , t. III, p. 253. — On a dit

aussi déceveur, eresse, S. Bernard, serm.fr. mss., fol. 52.

— S. Greg. , Dial., 1. IV, c. 5o. — M. Pierre de Molins,

Rec. de po'èt.fr. mss. avant i3oo , tom. III, p. 1161. —

Ane. écriv. fr.,ms. de La Clayette, fol. 49%i v°, col. 1.

— Rom. Rose , v. 6385. — Cléomades , ms. — Eust.

Deschamps, poés. mss. , fol. 216, col. 4- — ^D - > ibid, ,

fol. 255 , col. 3. — Al. Chartier , Espér. , OEuv. ,

p. 277.— Latin, decepter y deceptrix.—Anglais, deceiver

Shaksp.

10.


i48

DEC

DÉCEPTIF , IVE, adj. Propre à décevoir, à tromper.

Lett. de rémiss., ann. i4°4î Très, des Chart. , reg. i5o,,

ch. 249.— Cl. Marot, Héro et Léandre , OEuv. , tom. III ,

p. tzy. — Sully, Mém. , tom. I, c. 54-

DÉCEPTIVEMENT , adv. D'une manière décevante,

frauduleusement. Lett. de Van 1401 ;

reg. i56, ch. 67.

Très, des Chart.,

DÉGERVELER, v.a. Faire sauter la cervelle. Froiss.,

Chron. , 1. II , p. 29.4.— Chron. de S. Denis, tom. I , fol. 3o.

— Italien, dicervellare , Senec, Art. Voyez Écerveler.

DECHARPIR, v. . , 1. I, c. 6. — En-

seignement de S. Louis, ann. 1270, ch. 895 Ordonn.

des rois de Fr., tom. I, p. 178.— Blanchandin, ms. de

S. Germain , fol. 191 , v°, col. 3.

DÉCORPORE, ÉE,part.pass. Démembré. Boutillier,

Somme Rurale, tit, 80, p. 47^.

* DÉCOUVREUR, s. m. Celui qui va à la découverte.

Perceforest, vol. III , fol. £6 , v°, col. 1.— Le Jouvencel,

fol. 56, r .-*— Guil. Guiart , ad ann. 1269. — Italien,

discopritore , Firenz. , Discors,, ann. 4.—Anglais, disco-

verer, Addison , Spectator; Shakspeare. — Je n'ai point


D E F 149

tertt devoir placer ce mot dans mon vocabulaire , quoiqu'il

se trouve dans le Dictionnaire de l'Académie, Edit. de

Smits, 1798.

DÉGRÉTALISTE , s. m. Jurisconsulte expert dans la

connaissance des décrétâtes. Eust. Deschamps, poés. mss.,

fol. 526, col. 1.— Rabel., 1. IV, c. 52. — Italien, decre-

talista, Buti, sul Dante.—Espagnol, decretalista , Navar.,

Man. , cap. 24, num. 17.

DÉGRÉTISTE, s. m. Légiste, Jurisconsulte expert

dans la connaissance des décrets ecclésiastiques. Gau-

tier de Coinsi , Mir. de N. D., 1. II, c. 12. — Latin

barbare , decretista , Otto de S. Blasio , cap. 47- —

Espagnol, decretista, Navarr. , Man., cap. 24, num. 17.

— Anglais , decretist , Ayliffe , Parerg.

DÉFERMER , v. a. Ouvrir ce qui était fermé. Marie

de France , Lai de Graelent , v. 35p. — Aucassin et

Nicolette , Fabl. Méon. , tom. I, p. 393. — Castoiement ,

cont. X, v. 29. — Lett. de rémiss., ann. i388; Très, des

Chart. , reg. i32, ch. 172. — Rom. Rose, v. 588.—

Froissart , Chron. , vol. I , c. 56. — Lancelot du Lac,

tom. III, fol. 10 , r°, col. 1. — Comines , Mém., 1. II,

c. i3. Cl. Marot, Opusc. 1, OEuv., t. I,p. 127.

Phil. Desportes , poés. , p. 517.

DEFLUER , v. n. Découler, avoir une issue.— Chart.

de Van i326; Chartul. de S. Magloire de Paris , ch. 275.

DÉFORTUNE, s.f. Cessation de fortune. Martial

d'Auvergne , Arest. amor. , p. 201. — Jeh. d'Auton ,

Ann. de Louis XII, ms., fol. 139, v°. — Amyot, Plut.,

Timol., OEuv., tom. III, p. 114. — Montaig., Ess. , 1. Ii

c. 34. — Brant. , Cap. estr. tom. I , p. 81.

DEFOUÏR ?;. , a. Tirer de la terre ce qu'on y avait



i5o DEL

enfoui. Phil. Mouskes, ms., p. 55.


Froissart, Chron.,

1. III, p. 160. — Eust. Deschamps , poés. mss.,îo\. 517,

col. 3. — Lett. de remiss. , ann. i4»3; Très, des Chart.,

reg. 171 , ch. 289. — Latin , exfodio , effodio , César,

de Bello civil. , 1. 111, c. 42.— Plin. , 1. XXXVI , c. 22.

DÉFUBLER , v. a. Oter les attaches , détacher quelque

partie du vêtement, dépouiller, découvrir. Monjot

de Paris , Poèt.fr. avant i3oo , ms. , tom. II , p. 637. —

Hues de S. Quentin , ibid. , tom. III , p. 1253.


Gortois

d'Arras , v. 3 12. — Vieille Truande, v. 224. — Eust.

Deschamps , poés. mss. , fol. 2 1 3 , col. 1 . —

Partonopex

de Blois , ms. de S. Germain, fol. i3(), r°, col. 1.

Oliv. de la Marche, 1. I , p. 329.




Straparole,

Nuits, tom. II , p. 277. Rarel, 1. V, c. /\6.—Montaig. ,

Ess. , 1. 11, c. 12. — Latin barbare, defibulare , Hugo de

Cleric. , de Senescall. Franc. Voy. Desaffurler.

DÉGUISEMENT, s. m. Action de dégoiser , chant,

gazouillement. Don Flores de Grèce, fol. cxv , v°.

Baron d'Oppède ,

Triomphes de Pétrarque, fol. 48, v°.

DEIFIQUE , adj. des deux g. Piendu divin. Cl. Marot,

Baliad. i5, OEiw., tom. II, p. 3o. — Rarel., 1. III,

c. 1. — Latin, deificus , Tertull. , Apologet. , c. 11.

Italien , deifico , Comm. sut Dante , Parad, , 27. —

Espagnol , deifico , Alcaz., Vida de S. Julian , 1. II , c. 10.

DÉLIEMENT , s. m. Action de délier , état de ce

qui est délié. S. Greg. , Dial. , 1. IV, c. 26. — Amyot,

Plut. , œuv. mor. , tom. I , p. 394.

DÉLOUER, v. a. Désapprouver, blâmer, dissuader.

H. d'Andely, Lai a"Aristote , v. 139. — Joinville , Hist. ,

p. 49- — ^es des Hè-rmites. — Ane. écriv. fr., ms. de la

Clayette, in -4°, fol. 4 X 3, col. 2. — Pu. Mouskes, ms..

]). 3/p. —Confesseur^ Vie de S. Louis, c. 3. — Mir.


D E M i5i

de S.Louis y c. 4°*.— Nangis, ami. , p. 220. — Coût, de

Beauvoisis. — Eust. Deschamps , poés. mss. , fol. S 1 7

col. 4- Monstrelet , vol. I , c. 1 4-— Chron. de S. Denis,

îom. I, fol. a54« — Jeh. d'Auton, Ann. de Louis XII ,

p. 252.— Lancelot du Lac, t. III, fol. 3i , r°, col. 2.

D'où le substantif délouement , désapprobation, blâme.

Chron. de S. Denis , tom. I , p. 3 14. — Ménard , Hist. de

Bertr. Duguesclin , p. 283.

DEMARIAGE, s. m. Dissolution du mariage. Sully,

Mém., tom. I , c. 92.

DÉMENANCE, s.f Conduite. Doctr. de courtoisie.

DÉMESURE , s.f. Excès , défaut de mesure. Thiebaut

de Blason, Rec. de po'èt. franc, avant i3oo, ms. t. I,

p. 28.— Bible du seigneur de Berzé , v. 695. Alain

Chartier , Espér., OEuv. , p. 353. — A Démesure, locut.

adverb. Uescureul , v. 12. — La Grue, v. 4- — Rom. Rose,

v. 1896. — Rom. du Brut } fol. 102, r°, col. 1.— Quinze

joies du mariage, p. 123. — Italien, dismisura , Dant. ,

Purgat.,11. — On a dit aussi Démesurance, s.f. S.Ber-

nard, Serm.fr. mss.—Italien, smisuranza , Dial. S. Greg.

DEMEURANCE , s. f. Action de demeurer , retardement

, demeure. Huon le Roi, vair palefroj , v. 4,96.

Cl. Marot, Opusc. 1 , OEuv., tom. I, p. ï3i , i3a.

Amyot, Plut. , Epît. dédie, OEuv., tom. I, p. xviij.

On a dit aussi Demeurée, s.f. Joinville, Hist. > p. 88.

— Cl. Marot, Elég. 3, OEuv. , tom. I, p. 290. — Demeurement,

s. m. Rom. du Brut, fol. 70, r°, col. 1.

DEMI-VOYELLE , s.f Consonne dont le nom gram-

matical commence par une voyelle. Eust. Deschamps,

ms. , fol. 396, col. 2.

DEM01SIR, v. a. Oter, enlever la moisissure. Cont.

de la Rojne de Navarre, tom. II, p. 175.


i5a DES

DÉPAREIL , EILLE , adj. Qui n'est point pareil

dissemblable, différent. Froissart, poés. mss., p. n3,

col. 2. — Chron. de S. Denis, tom. III, fol. i3.


Eust.

Deschamps , poés. mss., fol. 497 > co ^- ^- — Tragédie de

la Vengeance de J. C. — Latin , dispar , Gicer. , de

amicit. , c. 20. — Italien , dispare , Dant. , Purgat., i3.

— Espagnol, dispar, Ercill., Arauc, cant. 6, oct. 29.

— Voyez Dispareil.

DÉPITEUSEMENT , adv. Avec dépit. Rom. Rose,

v. 2972. — Lett. de rémiss. , ann. i38p, ; Très, des Chart.

— ,

reg. 137, ch. 77.—Perceforest , vol. V, fol. 11 , r°, col. 1.

— Des Accords (Et. Tabourot) , Touches , p. 57.

Montaig., Ess. , 1. III, c. 9.

DÉPLAISAMMENT , adv. D'une manière déplaisante.

Math, de Coucy , Hist. de Charles VII , p. 702.

DE PRESSER , v. a. Tirer de presse. Oliv. de la

Marche, Mé?n., 1. I, p. 283. — Ménard , Hist. de Bertr.

Duguesclin , p. 204. — On a dit aussi, mais moins heu-

reusement, Désempresser , Jehan d'Auton , Ann. de

Louis XII, ms. , fol. 46, v°.

DÉPRÏSABLE , adj. des deux g. Qui mérite d'être

déprisé. Al. Chartier, Espér. , OEuv., p. 286.

DÉPRISEMENT, s. m. L'action de dépriser. Rarel.,

1. I , Prolog. — On a dit aussi , mais moins heureusement,

Dépris. Cl. Mârot.

DÉPROUVER , v. a. Détruire une preuve. Beau-

manoir , c. 39.

DÉROBEUR , s. m. Celui qui dérobe. Contin. de l'iBist.

de la guerre sacrée de Guill. de Tfr.

DESACCOINTER, v. a. Séparer, rompre l'accoin-

tance. Gautier de Comsi, Hist. de Sainte Léocade,ms.


DES i53

de S. Germain, fol. 33, col. i.— J. Bodel d'Arras Congié,

v. 43o. — Villehard. , Conq. de Constant. , § 108. Al.

Chartier, poés. , p. 690.

DÉSACCOMPAGNER, v. a. Séparer, désunir, priver.

Ane. po'èt. franc. y ms. du Vatican, n° i4j)o, fol. 122, r°.

— Italien, scompagnare, Petrarc. , son. i4o.

DÉSACCORD , s. m. Faux accord , discordance.

Mon taig. , Ess. , 1. III , c. 8.

DÉSACCOUTRER , v. a. Priver d'ornemens, désha-

biller. Perceforest , vol. V, fol. 28 , r°, col. 1.

DESAFFURLER , v. a. Détacher quelque partie du

vêtement , dépouiller , découvrir. Rom. de Rob. le

Diable, ms. — Rom. de Garin, ms. — Voy. Défurler.

DESAIGRIR , v. a. Diminuer l'aigreur, l'angoisse,

adoucir. Joach. Dcbellay, p. 83, v°.— L'usage de ce

mot a été reproché à Dubellay. Voy. Quintil. censeur >

p. 222.

DÉSALLAITER, v. a. Sevrer. Ane. trad. de la Bible,

Genès. , c. 21 , v. 8.

DESALLIER, v. a. Désunir, détacher d'une alliance.

Printems d'Yver, fol. 162, r°.

DESAMOUR, s. m. Cessation d 'amour. Nature d'amour,

fol. 3o6. — Italien , disamore , Rim. antich. — Espagnol,

desamor , Colmen. , Hist. Segob., c. 45 , § 8. Df.sa-

mouré , ée , adj. Qui n'a plus d'amour, qui n'a pas

d'amour. Rec. de po'èt. fr. avant i3oo, ms.— Molière a

dit désenamouré , Dépit Amour. , act. I, se. 4- — Italien ,

disamorato , Dante , rim. 4o. — Espagnol, desamorado

Fonsec. , Amor de Dios , part. I , c. 21.

DÉSASSOTER , ^. a. Désinfatuer. Rom. Rose ,

v. 10772, al. 10457.


i54 DES

DÉSATOURNER, v. a. Priver d'atours, d'ornemens.

Rom. Rose, v. 19349.

Rom. du Roiiy ms. , p. 233.


Eust. Deschamps , poés. mss., fol. 462 , col. 4-


,

DÉSAVANTAGER, v. a. Faire perdre les avantages,

nuire. Et. Pasquier, Rech., 1. I, c. 7. — Italien, disa-

vantaggiare, Morell. ,

vantage , Deçà/ 0/ Pietj.

Cron. 255.— Anglais, to disad-

DÉSEMBRASSER , v. a. Cesser d'embrasser, de-

treindre avec les bras. Fabl. mss., p. 329.

DESEMONDRE , v. a. Revenir sur une invitation,

congédier, licencier. Guill. de Nangis, Chron.fr. ms.,

ann. 1339.

DÉSEMPÊCHER , v. a. Détruire l'empêchement

débarrasser. Lett. de Van 1389 ; Très, des Chartr.

reg. i38, c. 284. — D. Flores de Grèce, fol. clij , v°.

Olivier de la Marche, Mém. , 1. I , p. 3i8.

DÉSENDORMIR , v. a. Réveiller. Perceforest, v. III,

fol. 82 , r°, col. 1. — J. Baïf, OEuv. , p. 28 , v°.

DÉSENSEIGNER , v. a. Faire désapprendre. Ane.

po'èt.fr. , ms. du Vatican, n° 1490 , fol. 112, r°. — Prov.

du comte de Bretagne, ms. de S. Germain , fol. n4 9

v°, col. 2.

DÉSÉTOUPER , v. a. Oter l'étoupe , déboucher.

Ane. Noels. —-Nuits de Straparolle ,

tom. II, p. 282.

DÉSÉTOURDIR , v. a. Faire revenir d'un étourdis-

sement. Lancelot du Lac, tom. II, fol. 10, r°, col. 1.

DËSHABILITER , v< ffr Rendre inhabile. Lett. de

Pan i388; Arrêts du parlent, de Paris , tom. VIII.

DESOCTROYER, v. a. Révoquer un octroi, un don ?


DIF i55

une permission, une licence. Assises de Jérus., c. 95.

— Rom. Rose 9 v. 4^o5.

DESSAISINE, s.f. Terme de jurisprudence. Dépos-

session d'un fonds , d'un héritage , en vertu de l'acte

qui en est donné par le seigneur dont l'héritage relève.

Beaumanoir, p. 167. — Godefroy, Rem. sur VHisU de

Charles VU, p. 820. — On a dit aussi Dessaisie, dans

le sens de dépossession, Beroalde de Verville, Moy.

de parvenir ,

p. 83.

DESSOUVENIR, -v.



i56 DRA

poés. , OEuv. y p. 790. — Monstrelet , Chron. , vol. I ,

c. 173. Comines, Mém., 1. V, c. 18. — Glém. Marot,

rond. 46, OEuv., tom. II, p. 175.

DILATION, s./. Délai, retardement. Chart. de Van

i332,* voy. ChartuL de Pontoise. — Repues franch, a la

suite de Villon, p. \\. — Amyot , Plut. , Ant. c. 71 ;

OEuv. , tom. VIII , p. 356. — Cl. Fauchet , Antiq.

franc. , 1. VII , c. 11; OEuv. , fol. 264, r°. — Latin , di-

latio , Cicer. , Phil. III , c. 11. — Italien , dilazione

Boccac. , nov. 98 , 52. — Espagnol , dilacion, Recopil. ,

1. II, tit. 17, ley 9.

DILATOIREMENT, adv. En employant des moyens

dilatoires. Lett. de l'an i358; Ordonn. des rois de Fr. ,

tom. III, p. 658, art. 7.

DISGRÉGER, v. a. Désunir, diviser, séparer. Rabel.,

1. I, c. 10. — Amyot, prop. de table , 1. VI, quest. 2,

OEuv., tom. XVIII, p. 271. — Latin, disgregare, Mart.

Capella , 1. III , p. 7 i. — Italien , disgregare, Fir. , as. ,

271. — Espagnol, disgrégar , Alex. Venegas , difer. de

libr. , 1. II , cap. 3i.

DISPAREIL, EILLE, adj. Qui n'est point pareil;

dissemblable, différent. Montaig. , Ess. , 1. II , c. 34-

— Charron, Sagesse, 1. I , c. 8. — Latin , disparilis ,

CiCER., de divinat., 1. I, c. 36.—Voy. Dépareil.

DISSOCIABLE , adj. des deux g. Qui n'est pas so-

ciable. Montaig. , Ess. , 1. I, c. 38. — Latin, dissociabilis

Ta cit. , Vit. Agric, c. 3.

DOMMAGEABLEMENT ,

mageable. Montaig., Ess., 1. I, c. 25.

adv. D'une manière dom-

DRACONIQUE, adj. des deux g. Qui appartient au

dragon , au serpent ; qui a le caractère du dragon , du

,


DUI i5 7

serpent. Roger de Collerye , OEuv. , p. 124* — H.

Etienne, Lang. franc, italian. , dialog. 2 , p. 353.

DRAPELET, s. m. Petit drapeau, haillon. Liai, de

S. Grég., 1. III, c. 14.

DROITURIER, ÈRE, adj. Droit, intègre, équitable.

Guiot de Provins, Bibl., v. 5. — Castoiement , cont. 23,

v. 3. — Chastelaine de Coucj. — Comm. sur le saut.,

ps. 7, v. 12. — JoiNviLLE, Hist., p. 91. Rom. Rose ,

— Amyot , Plut., Romul. ; OEuv. tom. I , p. i5.

Montaig. , Ess. , 1. III , c. 8 , etc. —-

v. 21 522. — Lajaille, Champ de bataille , fol. 5o , r°.

Droittjrière-

ment, adv. Assis, de Jérus., c. 5.— Joinville , Hist. ,

p. 146. — Hist. de la Toison dor, tom. II, fol. 10, v°.

DUISIBLE , adj. des deux g. Qui duit , convenable

agréable. Perceforest , vol. III , fol. i5, r°, col. 1.

Al. Chartier , Espér. , OEuv., p. 33 k — Cl. Marot,

Métam. , 1. I; OEuv. , tom. III, p. 14. — Des Accords

(Et, Tabourot), Touches, p. 25, v°.


E.

XLbAUBIR, v. a. Étonner, étourdir, doit l'adjectif

êbaubi.

On voit bien avenir,

Par acostumance

Qu'elles font pour abaubir

Cruel contenance.

,

P re Corbies , poët. fr. avant i3oo , ms. , t. III , p. io63.

Qui si va!ab aiibis t et avenle ,

Que nuls ne me porroit ataindre

D'anuis r que li miens ne so)ent graindre.

Un miracle voel raconter

,

J. Bodel d'Arras , Congié , v. a 45

Por abaubir chaus et douter ,

Qui sains et saintes ne redoutent.

Gautier de Coinsi , Mir. de N. D. , 1. Il

ÉCHAUDURE, s.f. État de ce qui est échaudé, im-

pression que fait l'eau bouillante sur la peau.

Lors il disoit avoir ouy des voix , mais comme venant de

loin : et s'appercevoit de ses eschaudures et meurtrissures.

Montaig. , Ess. , 1. III , c. 20.

ÉGHÉABLE , adj\ des deux g. Qui peut , qui don

échoir.

Héritages redevables de coustume eschéable envers le sei-

gneur ou premier bailleur.

fuse.

Coût, génér. , 1. 1 , p. 416.

ÉCONDUISEUR, s. m. Celui qui éconduit, qui re-

On dit qu'à ung bon demandeur

Qui est hardy de demander ,

Ne faut qu'ung bon esconduiseur

Qui le sacbe bien reffuser.

Ai,. Chartier ,poés. , p. 783.

ÉCONDUITE, s.f Action deconduire, refus.

Grant bonté a de dire son dit

Et si redoubte Vescondit,

Rom. Rose, v. 4û35.


ECO i5o,

Donc l'en estuet faire escondit ,

Et jurer qu'il n'a de lui cure.

Partonop. de Bîois , ms. de S. Gerrn. , fol. i57 , v°, col. 2.

Il convient que je soye de vous aymé , car nul escondit ne

m'en pourroit oster.

Froissart , Chron. ,1. I , p. 94.

Voyez aussi Jnc. poët. franc. , ms. du Vatican, n° 1490,

fol. 171 , r°. — Perceforest , vol. I , fol. 78, v°, col. 1. — Lett.

de lan 14 13; Très, des Chart., reg. 167, ch. 273. Dance

aux aveugles. — Rom. de Gérard de Nevers, etc.

On a dit aussi Econduisement.

Je qui n'os' vers li faire proïere

Tant parredout' son escondisement.

Thiebaut, Chans. mu., p. 45.

Mais ce dernier mot ne me paraît pas de nature à être

réintégré dans le langage moderne.

ÉCOUTEUR, s. m. Celui qui écoute, qui est aux

écoutes.

Vraiement, dit le sire de Roqueton , nous vous avons ouy

de bien loing cliqueter \ escouteurs ne doivent avoir riens quj

cliquette.

Le Jouvcncel , fol. 62 , r°.

Le substantif écouteur a été employé aussi par quel-

ques-uns de nos auteurs modernes.

Vous me savez assez alerte pour voir les gens sans qu'ils

m'aperçoivent, et assez maligne pour persifler les écouteurs.

J. J. Rousseau , Nouv. Héloïse , V e partie , lett. 10.

Latin , auscultator. Causa auditorum génère distinguitur ;

nam aut auscultator est modo , qui audit ; aut disceptator , id

est rei sententiaeque moderator.

Cicer.. , Partit. , c. 3.

Italien , ascoltatore , trice. Bisogna pure che diea a questi

cortesissimi ascoltatori il nome délia commedia.

Lasc. . Streg . , prolog


160 E F F

Degno di avère molti ascoltatori e moite ascoltatrici aile sue

santé prediche.

Guitt., Lett.

Espagnol , escuchador. Mot peu usité. Voyez Dicc. de la

real. acad. de Madrid.

EFFLUXION , s.f. Écoulement.

Si ne se fait pas une soudaine effluxion du laict, ne n'y a

pas des tuyaux qui le versent et respandent tout-à-coup.

Amyot , Plut. , OEuvr. Mot. , t. XIV , p. i33.

EFFORCÉMENT , adv. Avec effort.

Mais quant Lombars virent cou, si se mettent à fuir au plus

efforchiemenl qu'il onques porent.

VlLLEHARDOUIN , fol. 3g.

Les capitaines des pays seront tenuz de venir à tout ce que

il pourront avoir de genz d'armes et au plus efjorciemenl que

il pourront.

Ordonn. de Charles , régent de France , mai i358,§i6; Ordonn. des

Rois de Fr. , t. III, p. 229.

Ainsi que messire Jehan Chandos et sa route chevauchoient

ainsi efforcément , nouvelles en vindrent au Puirenon entre les

François.

Froissart , Chron. , vol. I , c. 272.

Pour les grevances de ceux qui grever les veulent plus

efforciement refraindre.

Godefr. , Ânnot. surl'Hist. de Charles VI, p. 769.

Italien , sforzatamente . I Sanesi vi vennero per comune

molto sforzatamente.

EFFRÉNÉMENT ,

G. Villa.ni , Storia, 7 , i3i , 2.

adv. D'une manière effrénée.

Et court effrénément où le vice l'appelle.

Strapar., Nuits, t. II, p. 335.

Latin , ejfrenatè. Cujus voluptatibus avidae libidines temer*

et ejfrenatè ad potiundum incitantur.

Cuiïr. , de Senect., c. 12.


EMB 161

Italien , sfrenatamente. Accioccliè questo maie cosi sfrena-

tamente non si facesse.

Comm. sopra il Dante , ms. , Parad. , 6.

Espagnol, desenfrenadamenle. De Dion me espanto como

habla tan desenfrenadamente de los vicios de Séneca.

Ambr. de Moral. , 1. IX , c. 9.

EFFRUITER , v. a. Empêcher la fructification , en

détruisant les jeunes bourgeons et les jeunes branches.

Mes jours j'ai tous effmitez

Et perdu mon teius et m'enteate.

Gaut. de Coinsi , Mir. de N. D. , 1. I, c. 29

Estât moieu en tenoit d'homme saige

Sans le vouloir par excès effruitcr.

Voyez Défpojiter , Enfruiter.

Eusi. Deschamts , poés. mss. , fol. 292 , col. 2.

ÉHONTÉMENT, adv. Sans honte, sans pudeur.

Vit-on jamais tant d'incestes éhontément débordez ?

Voyez Dehonté.

Et. Pasquier , Rech. 1. V , c. 5.

* EMBOUER, v. a. Couvrir de boue, souiller de boue.

Qui se loe , si s' enboe.

Luxure est si enboant boe ,

Que le corps soille , et l'ame enboe.

Gaut. de Coinsi , Mir. de N. D. , 1.1, c. 33.

Et vient avecques nous jouer

Sans gueres ses pieds emboîter.

Ane. prou.

Rom. Rose , v. x3i68.

Et tant estoit emboé de l'ordure de ce rien, que en luy ne

avoit congnoissance nulle.

Perceforest , vol. III , fol. 137 , v°, col. 2.

Voyez aussi Gautier de Coinsi, Mir. de Sainte Léocade

v. 1527. — Phil. Mouskes, ms. , p. 343. — Lett. de rémiss.,

ann. i383; Très, des Cha?l., reg. i?.3, ch. 212. Dlsperriers,

nouv. 8, etc.

1 11


iG2 E M M

ÉMENDATION, s.f. Action d'émender, correction.

Je neveux oublier Xémendation , partie certes la plus utile

de nos estudes.

Voilà la correction que ÎNuma y

besoin encore de plus grande émendation.

Joach. du Bellay , p. 36 , v°.

fait , laquelle depuis a eu

àmyot, Plut. , Numa Pompil. , OEuv. , t. I , p. 259.

Latin , emendatio. Hsec est correctio philosophiae veteris et

emendatio.

Cxcer. , de Finib. 4, c. 9.

Italien , emendazione. Ma con grande carità per sola nostra

emendazione ci corregge, e flagella.

S. Crisostom.

Espagnol , emendaciôn. A lo que se dice de los rabinos y de

Tikum Sophrim 6 emendaciôn de los escribas.

Siguenz. , Vid. de S. Geron. , \. IV, dise. 4.

Anglais, émendation. The essence and the relation of any

tbing in being , is fitted , beyond any émendation , for its action

and use.

Grew.

EMMAILLOTTEMENT , s. m. Action d'emmaillotter.

Les liaisons et emmailloltemens des enfans ne sont plus né-

cessaires , et les mères lacédémoniennes eslevoient les leurs en

toute liberté de mouvemens de membres, sans les attacher

ne plier.

Montaig. , Ess. , 1. II, c. 12.

EMMURER, v. a. Environner de murs, enclorre ;

renfermer.

Folie est , ne me die nus

Que l'en doie emmurer reclus.

Boëces fistes emmurer.

Guiot-de-Provins, Bibl., v. i356.

Eust. Deschamps , poés. mss. , fol. 570 , col. 1

Ceste amour en nos cueurs emmurée.

Marguerite de Nav. . Marg. de la marg, , fol. 389, r°.


E M P i()3

Sortir y fit fonteines et ruisseaux ,

Qui vont coulant, et passent et murmurent

Entre les monts qui les plaines emmurent.

Cl. Marot, Ps. 104 ; OEuv. t. III, p. 33^.

La nature nous laisse aller par le monde tons libres et dé-

lier , mais nous-mesmes nous lions, nous emprisonnons et

emmurons en nous estraignans et réduisans à peu de petite et

estroicte place.

Amyot, Plut. , OEuv. mur. , t. XIV, p. 3io.

Voyez aussi Phil. Mouskes , rns. , p. 789. — Math, de

Coucy, Hist. de Charles Fil, p. 567. — Lett. de l'ann. 1 444 j

Très, des Chart. , reg. 176, ch. 33/j. — Al. Chaktier, Poàs.

p. 701. — Montaig. , £ss. , 1. II, c. 9. — Sully , Mém.,

t. III , c. 5o , etc.

On a dit aussi Emmurailler.

D'advantage qui la voudroit emmurailler comme Strasbourg,

Orléans ou Ferrare , il ne seroit possible.

Rabel. , 1. II, c. i5.

Latin barbare , immurare. Ad expensas haeretici immuratt

dominus rex et episcopus pro rata conférant.

Chart. anni 1260 ; Gall. christ. , tooi. VI, col. 372.

EMP/VTELINER, v. a. Caresser, séduire par des ma-

nières souples et artificieuses.

Il l'a si bien mitoninée

Et si bien empatelinée ,

Qu'il a fait ce qu'il a voulu.

R. Belleau, OEuv. , t. II, p. i35.

EMPÈTREMENT, s. m. Ce qui empêtre, obstacle,

empêchement.

Promettons audit Ebbîes plenes , enterin et durable gua-

riment, et défendre le, contre toutes personnes qui riens i de-

manderoient ou empestrement i mettroient.

Acte de Robert de Mastas, octobre 1 292, cité par Barba.zan, gloss.fr, rns.

1 I.


ï64

EMPIREMENT

qui empire.

E N A

, s. m. Action d'empirer, état de ce

Je puis demander par raison, le damage de Xempiremenl de

la chose prestée. . , _

Beauman., Coût, de Beauvoms , en. 37.

.... Dis-lui la manière ,

Car je vois en cmpirement.

Baude Fastoui. d'Arras, Congié ,v. i3G.

Qu'il me va par cmpirement,

Car douleur m'assault fièrement.

Al. Chartier , poés. , p. 638.

Tout ce qui nous est plaisant ne nous est pas toujours salu-

taire, si au lieu de la guérison, il nous envoyé à la mort ou

Yempirement de nos maux. ^^ ^ ^ ^ ^

Voyez aussi Sfcrtwfc «fe* chandeliers, ann. 1294;

G7/«r*., reg. io5, ch. 3o4-

EMPLOYABLE,

employé.

TVe*.


E N A i6'5

Foyez aussi H. D'Andely , lai d'Aristote, v. 129. — Rom,

Rose, v. 345-2. — Froissart , Ckron., vol. III, c. 5. — H,

Etienne , Lang. franc, italian. , dial. /, p. 14 , etc. , etc.

S'Enamourer, v. réfl. Devenir amoureux.

Comme l'exposant se feust énamourez , par jeunesse et

druerie, de ladite femme, et elle de lui.

Leur, de rémiss. , ann. 1877 ; Très, des Chartr. , reg. 112 , cb. 10.

De cil qui par s'énamourer

De moy s'est tant fait honnourer.

Al. Chartier , poés. , p. 620.

Si advint que l'un des enfans de INeleus , celuy qui avoit

plus de crédit et d'authorité en la ville, nommé Phrygius,

s'énamoura de Pieria.

Amyot, Plut. , OEuv. mor. , t. XVI , p. 170.

Je n'entends pas de celles qui leur sont conjointes par ma-

riage , mais des autres dont ils s'énamourent.

Et. Pasquier , Rech. , 1. IV , c. 3i

Latin barbare , inamorare. Volens ergo dictum Barthossium

ab uxore eâ die sequestrare , et odiosam illi facere , et de filise

suae Dorotheae ductione inamorare.

Italien , innamorare.

Vit. S. Stanislai episcop. , act. SS. maii , tona. II , p. 274.

Tanto cresee il desio che minnamora.

Petrarch. , son. 12.

Espagnol , enamôrar. No todas las hermosdras enamôran ,

que algunas alegran la vista, y no rinden la voluntad : que si

todas las bellezas enamorassen , y rindiessen , séria un andar

las voluntades confusas y descaminadas.

Anglais , to enamour.

Cervant. , Quix., t. 1 , ch. 14.

Descend witb ail lier winning cbarms begirt

T'enamour , as the zone of Venus once

Brought that eftect on Jove , so fables tell.

Milton , Parad. losi.


i66 E N E

ENCOMBREUX, EUSE, adj. Embarrassant, fâcheux,

difficile.

Je Ja trouve si encombreusc ,

Si grevaine et. si ennuieus«.

Rom. Rose. , v. 9270.

Se il vient baillier cuves, ou huches ou gros merriens , ou

tiex choses qui sont e/icombreuses à manoier.

Beaumanoir , Coût, de Beauv. , cil. 54.

ENDIZELER , v. a. Terme d'agriculture. Mettre en

dizeaux.

Le troisième jour après que lesdits ablais sont liez et en-

dizellez-

Coût, général y 1. 1 , p. 677.

Que néanmoins ledit défendeur aurait dépouillé lesdites

pièces de terre , sans appeler le fermier des demandeurs pour

veoir endizeler , et prendre le droit de disme.

Sentence du châtelet, 3 août i5p,5.

ENDOLORER, -v. a. Causer de la douleur.

Fai ton chemin loin de sa maison, que tu ne doignes point

ton honeur à estraunge, ne soit par aventure replenis de tes

forces , et tes travails sont en aliène maison , et tu endolurez

al derrain corn tu avéras ta char degastée et ton cors.

Trad. de la Bible, Prov. , c. 5 , v. 8.

On a dit de nos jours Endolorir.

Sa main douce et légère sait aller chercher tout ce qui les

blesse , et faire poser plus mollement leurs membres endoloris.

Voyez Adolorer.

J. J. Rousseau , Emile , ]. 5, t. IV, p. /,


ENFANCON, s. m. Petit enfant.

E N F 167

Ge vos donrai queil pris ke vos voleis, et si rendeis les en

fanzons cui vos avez pris.

Un image eut deseur l'autel

Qui moult estoit de belle taille,

Deseur son chef une touaille ,

Un enfancon en son devant.

S. Grégoire , Dial. , 1. I , c. 8.

Gautier de Coinsi , Mir. de N. D. ,1. I , c. 3.

Si en apela saint Symon

Qu'il ne tint pas à enfancon.

Court de Paradis, v. 45.

De Yenfancon que il trova

A sa famé reson demande.

Enfant remis au soleil , v. 22.

Et certes il est impossible de croire qu'une mère qui n'avoit

asseurance de sa grandeur et de son repos qu'en cet enfancon .

l'eust voulu esloigner de son sein.

Et. Pasquier, Rech. , 1. V, c. 27.

Voyez aussi S. Bernard , serin, franc. , mss. , fol. 76. —

Hues de Tabarie, Ord. de cheval., v. 117. — Cuvelier, Vie

de Duguesclin , etc. , etc.

Ce mot a été employé par quelques écrivains moderne*.

Par testament, il déclara la dame

Son héritière, advenant le décès

De X enfancon.

La Fontaine, Cont. , le Faucon.

Et ce qui plus l'attention réveille ,

Quand vous voyez ces petits enfancons

J. B. Rousseau , i. I, alleg. 2.

On a dit aussi Enfanteau , Enfantelf.t, Enfançonnet.

Bertrand estoit lait enfanconnet , et mal gracieux, et n'estoû

plaisant de visaige ni de corsaige.

Menard, Hist. de B. Duguesclin , p. 3.

Mais Xenfanteau , eu moins de dire pic,

D'une grand' croix lui donna si grand choc

Qu'il l'abbatit.

Cl. Marot, Ballad. i3: OEuv. , t. II, p, 26.


168 E N F

Corbieu je le croy , ce sera d'ung petit enfantelet qu'elle

sera grosse.

PiABEL. , 1. III, c. 18.

Il est inutile d'ajouter qu'aucun de ces diminutifs n'est

susceptible d'être réintégré dans le langage moderne.

Latin , infantulus. Gerebamus infantulos et mulieres.

Apul. , Metam. , 1. VIII.

Italien, fanceletto , fanciulletto , fanciullino ,fanciulluzzo

fantello , fantlceUo , fanticino , fantino , faniolino , etc.

Dapoi cbe'l fanciulletto fu cresciuto.

Cbe ancor m' odiasti essendo fanciullino.

Chi non muore a vedere

Questo fan tel divino

Dormir.

Bern. , Orl. , 2 , 1 3 , 1 3.

Id. ibid. ,1,21,48.

Fr. Jiaccop. , Rim* , t. III , 2 , 7.

Non e fan tin , che si subito rua

Col volto verso il latte.

Dant., Parad.y 3o.

ENFIELLER, e>, a. Mêler de fiel, rendre amer.

On doit ensucrer les viandes salubres à l'enfant, et enfieller

celles qui lui sont nuisibles.

MoNTAIG., ESS., 1.1, C. 25.

Enfielle nostre vie et empoisonne toutes nos actions.

Charron , Sagesse, liv. I. c. 33

Et comme un cbaud désir qui l'esprit nous allume,

Enfielle un peu de miel de beaucoup d'amertume.

Pu. Desportes , Poés. , p. j


E N F 169

ENFONDRER, v. a. et n. Enfoncer, s'enfoncer.

Corne nostre seignor out enfoundri les citées de celle ré-

gioun , il se remembra de Abraham et délivera Loth de en-

foundrer des citez esquelles il vint habiter.

Ane. trad. de la Bible , Genès., ch. ig , v. 29.

Cassiel, la chose va mauvaisement, nostre bateau enfondre.

Perceforest , vol. I , fol. 5i , v°, col. 2.

Lors commença à Venfondrer et à esbrouailier tout ce

qu'elle avoit dedans le corps.

Lancelot du Lac » t. II, fol. 106 , v°, col. 2.

Qui seule entre tontes ne se sçauroit enfondre?- en la mer.

Amyot , Plut., OEuvr. Mesi. , t. XIX , p. 166.

ENFRÉNER , v. a. Mettre un frein , une bride.

Ensellés furent lentement,

Et enfrenés si richement.

liom. de la guerre de Troyes , ms.

Leurs chevaus tous ensellez et tous enfrénez de lorainz

dorez.

Chron. de S. Denis , 1. III , c. 1 8 ; Recueil des hist. de Fr. , t. III , p. »38

Quant le roy veit son cheval enfrêné, il saillit sus.

Perceforest , vol. II, fol. 47 , v°, col. 1

Italien, infrenare. Il cavallo, che non vuolc il freno , affa-

misi , e dopo il vespro , quando gli si dà l'orzo , s'infrem,

Pallad. , Marz. , 2 5.

Espagnol , enfrenar. Con los caballos barbaros se traheria

forzosamente el modo de enfrenarlos , y ajustar los con estos

collares.

Aldret. , Antig. , 1. III , c. 35.

ENFRUITER , v. a. Garnir de fruits , ensemencer.

Prinse de bestes faite en l'héritage d'autruy defensable on

enfruicté.

Terres sans estre cultive'es et enfruictées.

Coust. gênerai , t. II , p. 2Ô3.

La Thaumassière , Coût, de Berry, art. t4 , p. 223.


170

E N O

Yoyez aussi Lett. de l'an i47^ ; Très, des Chart., reg. 197

ch. 401.

On a dit aussi Enfructuer.

Jaçoit ce que le suppliant et les autres dessus nommez

eussent icelle pièce de terre enfructuée et semée en blé.

Voyez Dèfruiter ,

Lett. de fan 1469 ; Très, des Char t. , reg. 196 , ch. S"].

Effkuiter.

ENGASTRIMYTHE, s. m. Ventriloque.

Les engastrimythes soi disoient estre descendus de Tanticque

race d'Euriclès, et sur ce alléguoient le tesmoingnaige d'Aristo-

phanes en la comédie intitulée les tahons ou mouches guespes.

M. Diderot a employé aussi ce mot.

Rabel. , 1. IV, c. 58.

La Manimonbanda vient de jurer par ses pagodes qu'il n'y

auroit plus de cercle chez elle, si elle se trouvoit encore une

fois exposée à l'impudence des engastrimuthes.

Grec, 6yya


ENT 171

Espagnol, enormissirno. Esso y mucho mas de vicios, mal-

dades pecâdos enormissimos ,

y atrocissimos trahe consigo la

nefanda secta del malvado Mahoma.

Aldret. , Àntig. , 1. IV, c. 18.

ENRACINEMENT, s. m. Action d'enraciner , de

s'enraciner.

Afin, dit-il, que l'enracinement des enfans qui viendraient

à estre engendrez d'elles , venant à prendre son pied en des

corps robustes et dispos en germast mieulx.

Amyot , Plut. , OEw. mor., t. XVI, p. 73.

ENRICHISSEUR, s. m. Celui qui enrichit.

Devoz enrichissieres et fonderes d'abaies.

Chron. de S. Denis , 1. V, c. 17; Bec. des Hist. de Fr. , t. III , p. 298.

ENTRE-ACCOLER (S*),


172 ENT

Entre-connoitre (S') ,

proquement.

•?;. récip. Se connaître réci-

Et ne suffisent pas pour s 1

entre-cognoistre les uns les autres.

Amyot , Plut., Nicias, c. 3 g ; OEy. , t. V, p. î3o.

Voyez aussi Montaig. , Ess. , 1. II, c. 19.

Entre-cosser (S'), i). récip. Se heurter réciproquement

la tête , à la manière des béliers.

Qui d'un choc mutuel s'entre-cossoient le front.

Amad. Jamyn , poés. , p. 33 , v°.

Entre-défaire, (S), t. récip. Se défaire, se détruire

réciproquement.

On peut dire que l'art et l'expe'rience de nous entre-desfaire ,

entre-tuer, de ruiner et perdre nostre propre espèce, semble

desnaturé venir d'aliénation de sens.

Charron , Sagesse , 1. I , c. 53.

Entre-devoir (S'), v. récip. Se devoir respectivement

l un à l'autre.

Ce sont choses qui s'entreprestent et g entredoivent leur

essence.

Montaig., Ess. , LUI, c. 3.

Entr'écrire , (S'), v. récip. S'écrire réciproquement.

Le plus grand bien qui soit en amitié,

Après le don d'amouieuse pitié,

Est s'entr écrire , ou se dire de bouche

Soit bien , soit dueil , tout ce qui au cueur touche.

Ci,. Marot , Eleg. 6 ; OEuvr. , 1. 1 , p. 298

Kntr'épouser, (S'), v. récip. S'épouser.

Mais ils se sont entr'espousez ,

Et en mariage posez.

Rom. Rose , v. 9926.

Entre-festoyer (S'), i). récip. Se donner récipro-

quement des fêtes.

De quoy les gens d'entendement savent s'entre -festoyer.

Monta ig. , Ess. , 1. III , c. i3


ENT 173

Entre-harceler (S'), v. récip. Se harceler récipro-

quement.

Depuis ceste heure-là ils continuèrent toujours à s'entre-

harceler.

Amyot, Plut., Clcer. , c. 56; OEuv., t. VIII, p. i34-

Entre-heurter (S') , v. récip. Se heurter récipro-

quement.

Les ignobles sont tenus de crier en marchant , comme les

gondoliers de Venise au contour des rues pour ne s'entre-

heurter.

Montaig. , Ess. , 1. III , c. 5.

Entre-méfaire ( S' ) , v. récip. Se nuire récipro-

quement.

Mais si très-tous bien s'entramoient

Jamais ne s 'entretnefferoient.

Rom. Rose, v. 5769.

Entre-navrer (S'), v. récip. Se navrer, se blesser

réciproquement.

Sentre-navrans de façon fort estrange.

Cl. Marot,, Epist. 3 , OEuv. , 1. 1, p. 377.

Entre-picotter (S'), v. récip. Se picotter récipro-

quement.

Là-dessus vous estant mis à vous entrepicotter , chascun

essayant de mettre en avant ce qu'il estimoit le plus valoir en

soy et le moins en autruy.

Sully , Mém. , 1. 1 , c. 2.

Entre-piller (S'), u. récip. Se piller réciproquement,

La supériorité et infe'riorité , la maistrise et la subjection

sont obligées à une naturelle envie et contestation : il faut:

qu'elles s'entre-pillent perpétuellement.

Montaig., Ess., I. III, c . 7.

Ëntre-pousser (S'), v. récip. Se pousser récipro-

quement.

Si commencèrent à s''entre-pouls er les uns les autres en

courroux premièrement, puis vindrent jusques à s'entre-frapper,

Amyot , Plut., Marc. Cross. , c 5g; OEuv. , t. Y, p. 3*3.


174

E N T

Les opinions s'entre-poussent suivant le vent comme les flots.

MoNTA-ip., Ess. , 1. III , c. 10.

Entre-preter (S), v. récip. Se prêter mutuellement.

Aux assemblées des festins, ils s'entre-prestent, sans distinc-

tion de parenté , les enfans les uns aux autres.

MONTAIG. , EsS. , I . I , C. 2 2 .

Entre-surprendre (S'), v. récip. Se surprendre ré-

ciproquement.

Et quand ilz furent arrivez en la ville de Larisse, ilz com-

mencèrent de rechef à se convier et festoyer l'un l'autre pour

* 'entre-surprendre.

Amyot , Plut. , Démet. , c. 5o ; OEuv., t. VIII , p. 220.

Entre-vendre ( S' ) , v. récip. Se vendre une chose

l'un à l'autre.

Là les causeurs, les causes s'entre-vendent.

Cl. Ma.rot , opusc. 7 , OEuv. , 1. 1, p. 202.

Entre-visiter (S'), v. récip. Se visiter réciproque-

ment.

Celles qui attendoient leurs enfans retournans de celle ba-

taille estoient mornes et tristes, sans mot dire : et au contraire

les mères de ceulx que l'on disoit y estre morts , s'en alloient

par les églises en rendre grâces aux dieux , s'entre-visiloieni

l'une l'autre joyeusement et affectueusement.

Amyot, Plut. , Agêsil. , c. 48 ; OEuv., t. VI , 62.

ENTREBAISEMENT, s. m. Action de s'entrebaiser.

Mais je m'avise que sans y penser vous estiez sorti des

limites de vostre propos. Car vous avez commencé à parler de

Y entrebaisement des hommes.

H. Etienne, Lang. franc, italian. , dial. II, p. 382.

ENT11E-CLORRE , v. a. Clorre , fermer à demi.

Que n 'entre- cloe le pertus.

Pjram. et Tisbé , v. 469.


ENï i

A l'huys m'en vins , sans dire mot

Que la vieille defferiué m'ot,

Et le tint encore entre~cloz.

Rom. Rose , v. i55n.

7 %

Duquel hostel le suppliant trouva l'uis entre-cloz, et n'y

avoit personne dedans.

Lett. de rêtniss., ann. i3g4 ; Très, des Chart. , reg. 146 , ch. 175.

* ENTRE-LUIRE , v. n. Luire à demi, luire par in-

tervalles; projeter une lueur indécise et intermittente.

Ay-je pas veu en Platon ce divin mot, que nature n'est rien

qu'une poésie énigmatique? Comme peut-estre qui diroit une

peinture voilée et ténébreuse, entreluisant d'une infinie variété

de faux jours à exercer nos conjectures.

MONTAIG. , .£55. , I. II, C. 12.

ENTR'OUBLIER, v. a. Se souvenir imparfaitement.

Avis li est que bien es toit

Savez por qoi ? Que celé avoit

Le jovencel entr'oublié.

Narcissus , v. 219.

Que tous mes maulx entr'oubUqye ,

Pour le délit où me veoye.

Rom. Rose , v. Ï828

Or vous veul-je , doulx ami , supplier,

Que ne veullez mon nom entre -oublier.

Eust. Deschamps , poés. mss. , fol. 192 , col. 4.

Pour la grant joye que en luy eut , entre-oublia la douleur

de ses playes.

Gérard de Nevers , part. II , p. 40.

Car le touchier et le baisier esmeuvent le sang et la chair

tellement qu'ils font entre - oublier la crainte de Dieu et

l'honneur de ce monde.

Chevalier de la Tour, Instr. à sesfilles, fol. 23, v°, col. 2.

Voyez aussi Ane. poèt. franc., ms. du Vatican, n° 1490,

fol. i54,v°. — Ane. poèt. franc, , ms. de la Clayette, in-4°,

fol. 36, col. 1. — Jehax de Meung, Codic, v. 38 £ , etc. , etc.


ij6 E N V

Entr'oubliance , s.f. Souvenir imparfait.

Tant y demoura que les humeurs de son corps seichèrent,

dont il s'en alla à ne'ant , si qu'il clieut en entre-oubliance.

Ptrcefoi-est , vol. V, fol. 9 5 , v°, col. 1.

ENTRE-SEMER, v. a. Semer, jeter ça et là; répandre.

Ils ont une forme d'escrire douteuse en substance et en

dessein, enquerrant plustost qu'instruisant: encore qu'ils en

iresèrmnt leur style de cadences dogmatistes.

Montaig. , Eis. , 1. II , c. 1 2

Latin, interseminare. Remédia sanè sunt plurima in omnibus

rébus, naturœ munere interspersa atque inlerseminata.

Apijl. , apolog.

ENTRE -SOUVENIR (S), v. réfl. Se souvenir im-

parfaitement, d'une manière vague.

Laquelle histoire me fait souvenir, ou pour mieux dire,

entresouvenir d'une autre.

H. Etienne , Apolog. d'Hérodot. , p. 3 12.

* ENVAHISSEMENT, s. m. Action d'envahir.

Pour obvier aus périls et aus dommages, qui par les en4

vaïsemens des ennemis de nostre roiaume , peussent avenir à

nostre peuple.

Lett. de Jean I ou Jean II, janvier t355. Ordonn. des Boit de F/.,

t. III, p. 46.

Feist son devoir de soy destourner de Yenvahissement que

luy faisoit icellui de Sasseville.

Chart. de l'année i44f> ; chartul. de Lagny , fol. 42 , v°.

Le mot envahissement a été employé par quelques

écrivains modernes.

La diminution des eaux, jointe à la multiplication des corps

organisée , ne pourra que retarder de quelques milliers d'années

Yenvahissement du globe entier par les glaces, et la mort de la

nature par le froid.

Buffon , Miner. , t. VU , p. 2 40.

.


E N V 177

ENVAHISSEUR, s. m. Celui qui envahit.

Si aucun estant envahy, tue, mutile, ou navre son envahis-

seur, en son corps deffendant.

Coût, gêner. , t. I , p. 781.

Si en ont finablement les deffendeurs prouffit et discipline

et les encaisseurs dommage et ruine.

Al. Chartier , Espér. ; OEuv. p. 365.

ENVIABLE, adj. des deux g. Digne d'envie.

Envieuse non enviable.

Eust. Deschamps , pnés. mss. , fol. 17 , col. 3.

* ENVIEILLIR , v. n. S ENVIEILLIR,


178

E P A

Car en cest eage est celi cose qui plus envicilUst ; et pour lui

maintenir jouenes , et pour targier la viellece , doit-on garder

de trop travillier et de courous et de pensées.

Liv. de physique , c. 20.

Italien , invecchiare. Dalla mia fanciullezza con lui mi sono

invecchiato.

Espagnol, envéjecer.

Ni es buen Jordan el tintéro

Al que envejéce la pila.

Boccac. , Nov. q3, g.

Qtjeved. , Mus. 6 , roai. 1 3.

Los quales se estan alli envejeciendo , deshaciendo, sospi-

vando y esperando.

Guevara , Menospr. de cort. , cap. 12.

EPALEMÉNT , s. m. Terme de jurisprudence et de

commerce. Action de conformer une mesure à l'étalon.

Suivant X espallcrnent qui en a esté fait aujourd'huy à la

gauge de ce pays.

Nouv. Coust. général , t. I , p. 3 10 , col. 1.

Epaler , v. a. Conformer une mesure à l'étalon.

Du boestel faire et espaeler au moelin.

Chart. de Vann. 12G2 , Grand Chartuï. noir de Corbie , fol. 1 80 , r 8 .

Et auront le droit. . . . d'espaaler et de justifier lesdites me-

sures , toutesfois et quantes li cas s'i offerront.

Chart. de l'an i3i4.

Voyez aussi Chart. de la commune de S. Valéry, ann. 1376.

— Chart. de 1 448 ; Chartul. de Corbie, 23, etc., etc.

ÉPART1R , v. a. Disperser ça et là.

Et quand le clair Phébns

Avoit droit là ses beaux rayons espars.

Cl. Marot , opusc. I; OEw. , 1. 1, p. i34-

Voyez aussi Lett. de rcmiss. , ann. 1 394 ; Très, des Chart. ,

reg. 147, c. 17.


E P E i 79

S'Epartir, -v. réfl. Se disperser çà et là.

Ribaces qui de l'ost se partent

Par les champs çà et là s'espartent.

Guiix. Guiart, roy. lign,

Lesquels compaignons se mistrent et espartirent en pluseurs

lieux ,

pour danser et esbattre en laditte feste.

Lett. de rémiss. ami. 1387 ; Très, des Chart. , reg. i3o , c. 266.

En la fores t.

Lors la veùe s'espart

Cl. Marot , Epist. I; OEuv. , t. I , p. 364.

EPERONNER, -y.


180 ERG

his horse of starting fîts, spurred him up to the very side oi

the coacli.

And spurring from the fight , confess their fear.

ÉQUANIMITÉ, s./. Égalité dame.

Dryden.

Addison.

Cela donc est l'une des choses qui trouble Yéquanirnité et

tranquillité d'esprit.

Amyot , Plut. OEuv. mor., t. XIII, p. 443.

Hors le nœud du débat , je me suis maintenu en équanirnité

et pure indifférence.

MoNTAIG. , Ess. , 1. III, C. IO.

De quelle douceur, familiarité, équanirnité , amour et droi-

ture un souverain doit user à l'endroit de ses subjets et ser-

viteurs, pour en tirer une gaye et volontaire obéyssance.

Latin , œquanimitas

.

Sully , Mém. , t. I , ch. 54-

Bonitasque veslra adjutans atqae œquanimitas.

Terent. , Phorm. , prolog. , v. ultim.

Italien, equanimità , equanimitade. Mezzo nella volontade

e îiell' onore , si è equanimitade.

Brunett. Lat., Tesor. 6, i4-

Espagnol , equanimiddd. Por que pueda con buena equa-

nimiddd y paciencia , toierar la tristeza que el corazon recibe.

Aloxso de Cartagena , Doctrin. de Cab, , 1. III, prolog.

ERGOTERIE, s.f. Argumens schoiastiques; disputes

de l'école.

Ny plus ny moins que nos bons et premiers pères pussent

convaincre les nouvelles ergoteries de ceux qui sous une vaine

fiance de leurs esprits nous voudroient faire accroire le contraire.

Et. Pasqcier, Rech., 1. IX , c. io.

On a dit dans le même sens , mais moins heureu-

sement , ergolîs.

Ils ont veceu vaine philosophie

.

.


EST

Qui tellement les hommes magnifie ,

Que tout l'honneur de Dien est obscurcy

Et le haut mur d'ergotis endurcy.

181

Cl. Marot , Opusc. 8 , OEuv. , 1. 1 , p. 234-

ERGOTISME, s. m. Habitude, manie d'ergoter.

Je crois que ces ergotismes en sont cause qui ont saisi ses

avenues.

Montaig. , Ess. , 1. I , C. 2 5.

ERGOTISTE , s. m. Celui qui a l'habitude , la manie

d'ergoter.

Cicéro disoit que quand il vivroit la vie de deux hommes

il ne prendroit pas le loisir d'estudier les poètes lyriques ; et

je trouve les ergotâtes plus tristement encore inutiles.

MoNTAIG. , EsS., I. I, C. 2.5.

ESPERABLE, adj. des deux g. Que l'on peut, ou

que l'on doit espérer.

Toutes choses, disoit un mot ancien, sont espcrables à un

homme pendant qu'il vit.

Montaig. , Ess. , 1. II, c. 3.

Latin , sperabilis.

Hic ille est dies , cum nulla vitae meee salus sperabilis est.

Plaut. , Captiv. , 3 , 3 , 3.

Italien , sperabile. Non essendo cosa sperabile da un ragaz-

zaccio lo stare a tavolino l'ultime sere di carnovale.

Magal. , Lett famil.

Espagnol , esperàble. En el primer caso , y en los hijos

deste présente matrimonio , parecia algun tanto esperàble por

la reciente obligacion.

Colom. , Guerr. de Fland. , 1. XI.

* ESTIMATIF, IVE, adj. Qui a la faculté d'estimer,

d'apprécier.

Ainsy en l'homme l'entendement est le souverain, qui a

sous soy une puissance estimative et imaginatifve.

Charron , Sagess. , 1. 1 , c. 20


18a

ETA.

Italien , stimativo. Infino a tanto che la virtù stimativa non

soccorre ail' occhio.

Buti , sril Dante , Parad. 26.

Anglais , estimative. We find in animais an estimative or

judicial faculty, an appetition or aversation, and loco-motive

faculty answering the will.

ESTIVAL, ALE, adj; Qui appartient à l'été.

Pins douce qu'un chau


E T I

ï 83

chose publique, devoit estre, faire bien nourrir et bien insti-

tuer les hommes.

Amyot, Plut. Lycurg.; OEuv. , 1. 1 , p. 1 70.

Le mot êtablisseur a signifié aussi celui qui est chargé

de veiller à l'exécution d'un statut, d'une ordonnance.

Ils seront tenus de retourner en eux traire par devers lesdits

cstablisscurs , et leur présenteront leurdite commission , et

lesdits esîablàseur.ç seront tenus de sçavoir comment lesdits

jurez establis se seront portez en leurdit temps.

Ordonn. de police , février i35o , tit. IX , §. 1 3o ; Ordonn. des Mois de

France , t. II , p. 36 1.

Mais cette acception du mot êtablisseur ne me paraît

point conforme à l'analogie.

Anglais , establisher. I révérence the holy fathers as divine

establishers of faith.

ÉTEIGNEUR, s. m. Celui qui éteint.

L. Digey.

Nos esteihgne'urs furent appareillés pour estaindre le feu.

Joinvilxe, Uist.y p. 44-

Latin, exstinctor. Prope à meis sedibus sedebas, non exstinc-

tor sed auctor incendii.

Cic. in Pison., c. il.

Italien , estinguitore. Questo ordine dà loro armi utili alla

guerra, e capi esïinguitori degli scandali.

Segretar. Fior. art. guerra. , 1 , 34-

ÉTINCELETTE , s. fi Petite étincelle.

Or mi point Yestencelette

Qui les amaus guerroyé.

Monjot de Paris , poët.fr. avant i3oo , ms. , t. III , p. 644«

Latin , scintillula. Eas in pueris virtutum quasi scinliltulas

videmus, è quibus accendi philosophi ratio débet.

Cic. , de Finib. , V, c. i5.

Italien, scintilietta. Ma pure alcuna scintilletta dï : agiote

dimostrando mi, etc.

Boccac. , Laber. d'amore, 97,


184 EX A

Espagnol , centellita. Si de toda la lefia del mundo se hiciera

un ince'ndio , no podia afligir tanto , quanto la mas minima

centellita del fuego infernal.

Nieremb. , Difer. , 1. IV, c. 10 , § a.

ÉTRANGETÉ, s.f. Étal , qualité de ce qui est étrange.

La royne s'amusoit à contempler le poil et Yestrangeté des

deux petits sauvages.

D. Florès de Grèce , fol. cxlj , r°.

Quand il n'y auroit que Yestrangeté du cas , elle seule dé-

couvriroit assez que c'est une œuvre de Dieu.

ornant ressuscité, p. 5i6.

Estimer et recommander les choses à cause de leur nouvel-

lete', ou estrangieté , ou difficulté.

Charron , Sagesse, I. I , c. 6.

Voyans Yestrangeté de ceste avanture, demeurèrent gran-

dement esbahies.

Straparole, Nuits, t. II, p. 171.

N'ayant rien qui les rende différens de nous que Yétrangeté

de leurs habillemens.

Cl. Fauchet , Lang. et poés. franc.

Voyez aussi Eust. Deschamps, Poés. mss. , fol. 327, col. 3.

— Laurent de Premierfaict , trad. de Boccace , 3 e journ. ,

nouv. 6. — Amyot, Plut. OEuv. Mesl., tom. XXII, p. 333.

Montaig. , Ess. , 1. III, c. 5, etc. , etc.

Anglais , strangeness.

Hère teud tlïe savage strangeness he puts on.

Shaksp.

* EXASPÉRATION , s.f. Action d'exaspérer, état de

ce qui est exaspéré.

Cette nostre exaspération immodérée , et illégitime , contre

cevice,naist de la plus vaine et tempestueuse maladie qui

afflige les âmes humaines, qui est la jalousie.

Montaig. , Ess. , 1. III , c. 5.


E X G i85

Latin, exasperatio. Lipara ad intertrigines , et exasperatio-

nem mirifica.

Scribon. Larg. , cornpos. 222.

Italien , esasperazione. Queste cotali cose cagionano grandi

e malvaggie esasperazioni nella piaga.

Lib. cur. malatt.

Anglais, exaspération, Their ill usage and exaspérations of

him , and his zeal for raaintaining his argument disposed him

to take liberty.

Atterbury.

* EXASPÉRER, v, a. Aigrir, irriter à l'excès.

Les humeurs qu'elle vouloit purger en nous , elle les a

eschauffées , exaspérées et aigries par le conflit.

Montaig. , Ess. , 1. 1 , c. 22

Latin , exasperare. Nervos excalefacit , et corpus non

exaspérât.

Plin., l.XXXI,c. 9.

Italien, esasperare. Esasperando troppo quelli che hanno

fallato , gli fa 11 no cadere in odio, e in bugie e in altri mali.

Cavalc. ,

Frutc. îing.

Espagnol, exasperar. Porque no era su intento sxasperarla.

herida , sino sanarla.

Valverb. , Vid. de Christ. , 1. VII, c. i3.

Anglais, to exasperate. The people of Italy, who run into

politicks, having something to exasperate them againsl the

king of France.

EXGUSARLEMENT ,

Addisow.

adv. D'une manière excusable.

Qui est infidelle à soy-mesme , l'est excusablement à son

maistre. )

Montaig. , Ess. , 1. III , c. I.

Latin , excusabiiiter . Excusabilius peccat.

S. August., de Trinit. , 1. XIV, c. iS.

EXCUSATEUR., s. m. Celui qui excuse.

Je demande à vous, monsieur, qui êtes son excusateur, si


286 EXO

pour ce que les forussits d'Italie ont des privilèges que n'ont

pas les bannis de France , etc.

' Latin,

H. Etienne , Lang. franc, ital. dial. I, p. 127.

excusator. Dcfensores et excusatores deorum.

S. August. , de Civit. Dci , 1. III , c. 20.

Italien , scusatore. Mostrando , quello essere ingiusto

poichè altro scusatore non si levava.

Dant. , conviv. , 37.

Espagnol , excusador. Mot principalement usité dans les

Asturies. Voyez Dicc. de la real acad. de Madrid.

Anglais ;

, excuser. In vain would lus excusers endeavour >

pallîate bis enormities by imputing them to madness.

* EXECRER, v. a. Avoir en exécration.

Ne laissant; aucun point du mystère sacré,

Au naistre d'un enfant en la sorte exécré.

Swift.

J. Baïf , Œuv. , fol. 68 , v°.

Latin , exsecrari. Te oderunt , tibi pestem exoptant , te

exsecrantur.

CrcER. , in Pison. , c. 40.

Italien, esecrare. Esecrando l'adultéra giovane collo 'ngan-

nevole uomo, e verso loro con giuste ire accendendosi.

Boccac. , Ameto , ^1.

Espagnol , execrar. Execraban à los paganos , como à gente

vil y despreciada de Dios.

Valverd. , Vid. de Christ. , 1. V, c. 22.

Anglais, to execrate. Extinction of çome tvranny, by the

indignation of a people, makes way for some form contrary to

i.iiat which they lately execrated. and détestée

Temple.

* EXORABLÉ , adj. des deux g. Qui se laisse fléchir

par les prières.

Dieux dout les lois poiu nous doivent être adorables ,

Est-ce ainsi que j'ai cru vous trouver exorabtes ?

ThJ Corneîixe , Camma, act. III , se. y

,


Latin, exorabilis, Iracundiae si exorabiles , summa

EXP 187

estlenitas,

Cic. , ad Quint, fratr., I. I, epist. 1 , c. i3.

Espagnol , exoràble. Fué nombre blando , y exorâble à los

que con humildad le pedian y obedecian.

Sed. Mexia, Ilist. Imper. } ind. de Vaïentiniano II, cap. 1.

* EXPATRIATION, s./ Action de s'expatrier, état

de celui qui est expatrié , qui est absent de son pays.

Si doys sçavoir que selon le droit escript, il ne sont que

trois manières d'expatriations qui soyent à garder. La première

manière si est se l'expatrié est hors envoyé pour le bien pu-

blique de son pays ou de la ville où il demeure , et ce par le

gré de son seigneur. La seconde manière est se l'expatrié est

envoyé par le commandement de son prince. La tierce ma-

nière si est se l'expatrié est dehors en l'ung des.pélerinaiges de-

là court de Rome approuvés.

Boutillier, Sounn. rur. , tit. 54 (édit. de J. Petit et Michel Lenoir ,

fol. 126 , r°, col. 2.

EXPECTATION, s.f. Attente, espérance.

Par science il congnust leg incertaines espérances des mon-

dains, et par sapience la certaine expectation des biens du ciel.

Al. Chartier , Espér. ; OEuv. , p. 334

Le lieu estonne , l'assistance , Vexpectation , lors mesme

qu'il n'y va que de l'ambition de bien dire.

MONTAIG. , ESS. , 1. III , C. 9.

Latin , exspectatio. Harum rerum non solum eventns , sed

etiam exspectatio indigna cive Romano est.

Cic. ,jfro Rabir. c. 5.

Italien , espettazione. Perocchè non v'è espettazione del ben

promesso.

Cavvt.c. , Frurt. ling.

Espagnol , expectaciôn. Porque la comun expectaciôn de

los Judios tiene puestos los ojos y esperanzas en un Messias

rey temporal.

Yat.-erd. , Vid. de Christ. . 1 . V, c. 3x.


188 EXP

Anglais , expectation.

'T is expectation makes a blessing dear.

Congreye

EXPLORER, -y. a. Examiner, visiter pour observer

reconnaître, aller à la découverte.

Apportez-moy les OEuvres de Virgile , et par troys foys avecq

l'ongle les ouvrans, explorerons par les vers du nombre entre

nous convenu , le sort futur de vostre mariaige.

Babel. , 1, III, c. 10.

Laiin , explorare. Explora rem totam , ut consilium capere

possimus.

Ctc. , ad Âttic. 1 1. VI , epist. 8.

Italien , esplorare. Con sollecita mano esplorando le oziose

ténèbre , i luoghi del fuoco cercai.

Boccac. , Amet. , 76.

Espagnol, explorar. Por condescender con el pueblo, envio

el gobernador à explorar la tierra prometida.

Anglais , to explore } to explorqte*

Marq. , Gobcrn. Christ. , 1. I , c. a3.

The hollow aides , and hidden frands explore.

Dryden, AEneid.

Snails exclude their horns, and therewith explorate their way.

Brown.

EXPUGNATEUR, s. m. Celui qui prend une ville de

vive force.

M. de Lautrec à qui l'on donna le nom de second Démétrius,

et grand expugnateur de villes.

Brant. Cap. franc. , t. III, p. 84.

Latin , expugnator. Rex Demetrius , expugnator cognomi-

natus.

Plin.,1, VII, c. 38.

EXPULSEUR, TRICE, adj. Qui expulse.

Les pythagoriciens n'usoyent point de poisson , à cause qu'il

,


EXU 189

excite plus l'acte vénérien que la chair ; d'autant que la se-

mence qui en provient en est plus aiguë et piquante , dont

elle sollicite plus la vertu expultrice.

Bouchet , Sérées , 1. 1, p. a3 r.

Latin, expulsor, trix. Iste homo acerrimus bonorum pos

sessor , expulsor , ereptor , annum et sex menses nihil petit.

Cic. , pro Quint. , c. 8.

O vitae philosophia dux , ô virtutis indagatrix , expultrixque

vitiorum.

Id. , Tuscuî. , 1. V, c a.

*EXULCÉRER,


APPENDICE.

E.

EbENIN , INE , adj. D'ébène , de couleur d'ébène.

Rem. Belleau , berger., tom. I, p. 38. — Latin, hebe-

ninus 9 ebeninus. Hieron. in Ezeckiel, c. 27,

v. 16.

EGEPPER , v. a. Arracher le cep. Ménaed, Hist. de

Bertr. Duguesclin , p. 469.

ECERVELER , v. a. Faire sauter la cervelle, briser

la cervelle. Aucassin et Nicolette , Fabl. Méon. , tom.I,

p. 394. — La Vieille Truande y v. i33. — Rom. du Brut

fol. a3, v°, col. 1. — Eust. Deschamps, poés. mss. ,

fol. 460 , col. 1.


Lett. de rémiss. , ann. 1469; Très,

des Chart. y reg. 195, ch. 3i5. — Lancelot du Lac,

tom. Il, fol. 45, v°, col. 1. — Chron. de S. Denis, tom. I,

fol. 62, r°. — Monstrelet, vol. I, ch. io5, p. 170, v°.



Et. Pasquier, Rech. , 1. V, c. 8. — Voy. Décerveler.

ÉGHANÇONNER, v. a. Goûter, essayer à l'avance,

à la manière des échansons. Des Perriers, Nouv. I. —

Brantôme, Cap. Franc. , tom. II, p. 147.

EGHARSER, v. a. Diminuer le titre d'une pièce de

monnaie. Lett. de Jean I ou Jean II , ann. i35i ; Ordonn.

des rois de France y t. II, p. 4^8. — Le substantif écharseté

existe dans le Die t. de VAcad. , édit. de 17.62.

ECHOPPIER., s. m. Petit marchand établi dans une

échoppe. Chart. de Van i3oi , lib. nig. 2 de JVulf. abb.,

Nouv. Coût, général, tom.I, p. 32 1 , col. 1.

,


KMB 191

ÉCLISSETTE, s.f. Petite éclisse , petit morceau de

bois. Rom. Rose, v. 781 3.

ÉGLUSER , -v. a. Fermer au moyen d'une écluse.

Rom. de Charité, str. i5i. — Chart. de i339; Tabul.de

S. Jean de Laon, etc.

ÉCOLAGE, s. m. Rétribution que paient les écoliers.

Coutum. général, tom. I, p. 11 48. — Amyot, Plut. OEuv.

Moi\, t. XX, p. 29I. MONTAIG. , EsS., 1. III, C. 12.

Ce mot a servi aussi à désigner la qualité d'étudiant

dans une université. Voyez Lett. de Charlesfils et lieutenant

du roi Jean, ann. i356; Ordonn. des Rois de France,

t. III, p. i35, § 22.

ÉGOURONNER, v. a. Oter la couronne, la cime.

Nouv. Coût, général, tom. IV, p. 4*5, col. 1. — Italien.

scoronare. Voc. délia Crusca.

EGENE , adj. des deux g. Indigent. Coût, de Normandie

en versfranc. , ms. , fol. 35 , v°. — Latin, egenus.

Tacit., Ann., i5, c. 12.

ELATION , s.f. Action de s'élever, fierté, orgueil.

Règle de S. Benoît, c. 62.

EMBESOGNER ,

v. a. Charger quelqu'un d'une be-

sogne, occuper. Froissart , Chron. , vol. III, c. 9.

Lett. de rémiss., ann. i4o4j Très, des Chart. , reg. 169.

c. 99.— Gomines, Mém., 1. II, c. i4- — Montaig., Ess..

1. III, c. 9. S'embesogner , v. réf. S'occuper, se charger

d'une besogne. Rom. Rose, v. 493 1. Froissart, Chron.,

vol. III, c. 79. — Montaig., Ess., 1. III, c. i3. —

Italien , imbisognare. Senec , Pistol. — Embesogne-

ment, s. m. Occupation , action de se charger d'une

occupation. Montaig. , Ess , 1. III, c. 5.

EMBLAYER, i). a. Embarrasser, encombrer. Chart.

de Van l'i^y ; Chart. de Corhie , 21 , fol. 95.— Chart.


IQ2 E M P

de 1282. ; Hist. de Fabbaye de N. D. de Soissons , p. ^66.

— Rom. du Quens de Ponthieu, ou Voyage d'outremer

du comte de Ponthieu , ms., etc.

EMBRICONNER, v. a. Tromper. Rec. de poèt.franc,

avant i3oo, ms. , tom. I, p. /[ig.— Poèt. franc., ms. du

Vatican, n° 1490, fol. 102, v°. — Voy. Bricon.

EMMANTELER , v. a. Envelopper d'un manteau.

Lancelol du Lac, tom. III, fol. 32, r°, col. 2. — Am.

Jamyn,/W.?., p. 60, v°.—J. Ant. Baïf, OEuv., p. 34, r°.

EMMÊLER, -v. a. Mêler, embrouiller. Amyot, Plut.

Disc. prélim. ; «OEuv. tom. I, p. xxix.

EMMITONNER, ou AMMITONNËR, v. a. Emmi-

touffler, envelopper de fourrures. Montaig. , Ess., liv. I,

c. 35.

ÉMOUCHETEUR , s. m. Celui qui émouche , qui

chasse les mouches. Rabel. , 1, II, c. i5.

EMPASTURER ,

v. a. Faire paître, mener à la pâ-

ture. Lett. de rémiss. , ann. i44 j Très, des Chart.,

reg. i5o, , c. i/[.

EMPÊCHEUR, s. m. Celui qui empêche, qui met

obstacle. Rom. Rose, v. 12585. — Myst. des Actes des

Apost.

EMPERLER , v. a. Orner de perles. Montaig. , Ess. ,

1. 1, c. 25. — Italien , imperlare. Petrarc, son. 160.

— Anglais , to impearl. Digby , to Pope.

EMPIÉGER , v. a. Prendre dans un piège. Le Reclus

de Moliens , Miserere , str. 269. — Rabel. , 1. II , c. 7.

EMPLOMBER , v. a. Appesantir. Loys le Caron ,

poés. fol. 71 , v°.

EMPOSSESSIONNER, v. a. Terme de jurisprudence.

Mettre en possession. Coutum. général, tom. II, p. io34.

— Italien , impossessare. Davanz. , Tacit. Fit. Agric. , Zg/\.


E N C i 9 3

EMPOUILLÉ, ÉE, part. passif. Suffisamment cultivé,

planté , ensemencé. Nouv. Coût, général , t. II ,

p. io58, col. i.

EMPTION, s.f. Achat. Ane. trad. de la Bibl. , Jérém.,

c. 32, v. i4- — Coutum. général 9 tom. I, p. 362.

Amyot , Plut. , OEuv. Mesl. , tom. XXI , p. 286. —

Latin, emptio. Cicer. , ad Atticum, 1. XII, c. 3. — An-

glais , emption. Arbutnot, on Coins.

ENCARCÉRER, v. a. Mettre en prison. Lett. de

rémiss. ann. 1392; Très, des Chart. , reg. i43, c. 32.

— On dit maintenant incarcérer, mot qui ne se trouve

point dans le Dictionnaire de l'Académie, édit. de 1762,

mais dans celle de Smits 1798. Voy. Incarcérer.

ENCHAPPEMENT, s. m. Ce qui sert à couvrir. Lett.

de rémiss. ann. 1379 ; Très, des Chart., reg. u5, c. 287.

ENCHARTRER, v. a. Mettre en chartre, empri-

sonner. VlLLEHARDOUIN , Conq. de CoUSt. , fol. 3ç.

Ane. po'èt. franc. , ms. de la Clayette , in-4°, fol. 4 20 *,

col. 1.— Nangis, Ann., p. 179.— Monstrelet, vol. I,

c. 57. — Lett. de rémiss., ann. i357; Très, des Chart.,

reg. 91 , ch. 68. — Cholières , Contes, fol. 168, r°.

Hist. de Jean Boucicaut, Paris. 1620 , in-4°, 1. II , p. 245.

ENGHOIR , v. n. Tomber , encourir. Coût. Gènèr.

t. I, p. 812.— Eust. Deschamps, Poés. mss., fol. 532,

col. 2. Hist. de Floridan , p. 724. — Latin, incidere.

Cornel. Nefos, Attic, c. 10.— Italien, incadere. Com-

ment, sopr. il Dante., Purg. 10.

ENCORDER, u. a. Garnir de cordes. Rom. du Rou,

ms.,ip. 3o5 bis. Guill. Guiart, Roy. lign. ad ann.

1264. — Rémi Belleau , Berger. , tom. I, p. 169.

1 i3


igi

E N F

Italien , incordare. Ant. Alamanni, Rim. 27.—Espagnol,

encordar, Quev. ,

Fort.

ENCOUARDIR,?;. q. Rendre lâche, couard. Montaig.,

Ess. , 1. I f , c. 1 — . Italien , incodardire , Davanz. , Tacit. ,

Voy. Accouardir.

ENCOURTINER, v. a. Entourer de courtines, de

rideaux. Gautier de Coînsi , Sainte Léocade , v. 1872.

— Ane. po'èt. franc. , ms. de la Clayette > in-4°, fol. 4 1 7-

— Rom. des Rom. , str. 217. — Nangis , Jnn., p. 259.

— Frotssart, Chron.y vol. IV, c. 2. — Guillaume de

Tyr, trad. franc., fol. 170, v°. — Contes de la Reine de

Navarre y p. 146. — Alain Chartier, Espérance, OEuv.,

p. 346. — Cl. M arot , Opusc. 3; OEuv. , t. I , p. 178.

— Caquets de VAccouchée , p. 170. — Latin barbare, in-

cortinare. Invent. S. Cap. Paris., ann. i335. —-Italien,

incortinare. Boccac, nov. i5, 8. — Espagnol, encortinar,

Regim. dePriac. , part. III, 1. 3 , c. 20.


Encourtinement,

s. m. Lieu entoude courtines. Perceforest, vol. II,

fol. n8,r°, col. 1.

ENGROUER ( S') , v. rèfl. S'accrocher. Il se dit d'un

arbre qui , en tombant sur un autre arbre, s'embarrasse

dans ses branches. Staf. de Vann. 1376; Ordonn. des

Rois de France, tom. VI, p. 23 1, art. 23. — Réglem.

pour lesforêts , septembre 1402, ibid., tom. VIII, p. 527,

§ 22.— Le mot encroué se trouve sous la même acception

et sous la qualification grammaticale d'adjectif, dans le

Dictionnaire de l'Académie, édit. de 1762.

ENDUREMENT, s. m. L'action d'endurer. Lett. de

rémiss., ann. \l\ 1 ^'-) Très» des Ckart. , reg. 169, ch. i3i.

ENFANTILLER , ^. n. Faire des enfantillages , jouer

dune manière enfantine, Pasquier , Lett* , tom. III,

p. 65o.

,


ENT i 9 5

ENFILURE, s.f. Action d'enfiler. Montaig., Ess. y

1. I,c. 36.

ENJALOUSER (S'), v. réfl. Devenir jaloux, concevoir

de la jalousie. Ja.c.Tahureau,^o^5. , p. 128. Montaig.,

Ess. , 1. III , c. 7. — Loys de Caron poés. , y fol.

— Italien, ingelosire. Boccac. , nov. 65, 2.

64 , v°.

ENNASSER , v. a. Mettre dans la nasse. S. Julien ,

Mél. histor. , p. 197.

ENNUBLIR , v. a. Couvrir de nuages , obscurcir.

Philip, de Vitri. — Guerin, Fabl. des Tresces , v. 410.

— t«F. Ant. Baïf, OEuv., fol. 17, r°. — On a dit aussi

Anubler. Manière d'ourer , ou les Quinze Joies de Notre

)ame, ms. de Véglise de Paris , M. 7. — Obnubler ,

1. Rose, v. 5ooo. — Latin, obnubilare. Amm. Marcell.,

L. XXVI11, c. 4-— Italien, Annuvolare. Moral. diS. Gre-

r orio.

ENORDIR, v. a. Couvrir d'ordure, salir, souiller.

Le Reclus de Mo liens , Miserere, str. 19. — Hist. de la

Toison d y

or , tom. II, fol. 4? v°.

ÉNORMAL, ALE, adj. Contraire aux règles. Rom.

Rose y v. 2o554-

ENREGISTRABLE , adj. des deux g. Susceptible

d'être enregistré. Montaig., Ess., 1. Il, c. 16.

ENSEIGNEUR, ENSE1GNERESSE, s. Celui ou celle

qui enseigne. Joinville , Hist. , p. y^. — Moralitez, ms.

de Véglise de Paris.— Mirouer du Crestien.—Jnc. trad.

de la Bible, Sag., c. 8, v. 4. Desperriers , Nouv. 7. Cl.

Marot, Opusc. I; OEuv. , tom. I, p. i3i. — Marguer.

de la Marguerite, fol. 120, r°. — Jac Tahureau , dial.,

p. 190.

ENTELETTE, s.f. Petite ente, petite greffe. J. Ant,

Baïf, OEuv., fol. 90, v°.

x3.


iq6 E P A

ENTREBAILLURE, s.f. État de ce qui est entre-

baillé. Amyot, Plut., prop. de table, 1. IX, quest. i re

ÇEuv., t. XVIII, p. 441.

ENTRENOUER, v. a. Nouer l'un avec l'autre , entre-

lacer. Jac Tahureau, poés. , p. 236.

ENTRESUITE , s.f. État de ce qui s'entresuit, action

de s'entresuivre. Rémi Belleau, Berger., tom I, p. 63.

— Ph. Desportes, OEuv., p. 4f) 2 - — Et. Pasquier,

Rech. , 1. II, c. 16.

ENTR'OEIL, s. m. Partie de la face qui se trouve

entre les deux yeux. Fabl. mss. , p. 259. — Froissart ,

poés. mss., fol. 182, c. 1.

fol. 2 5o, col. 2.


Eust. Deschamps , poés. mss. ,

ENTROUVERTURE, s.f. Petite ouverture, état de

ce qui est entr'ouvert. Fabl. mss., p. 177.

ENVERGOGNER, u. n. S'envergogner , ^. réfl. Avoir

de la vergogne, de la honte. Trad. de la Bible, S. Luc,

c. 16 , v. 3. — Italien , invergognarsi. Vite Plut. —

Espagnol, envergonzarse. Don Manoel, Cond. Lucan,

cap. 34.

ENVOILER , o>. a. Garnir de voiles. Joach. du Bellay,

OEuv. , p. 255.

EPARSEMENT, adv. D'une manière éparse; çà et là,

de côté et d'autre. Froissart, Chron., vol. I, c. 245.

— Latin , sparsim. Apul. , Métatn. , 1. I. — Italien , spar-

samente. Varch. , stor. 12, 44 2 > —

Espagnol, esparcida-

mente. Nieremb. , Philos, occult., 1. II, cap. 14.

ÉPAULIÈRE, s.f. Partie de l'armure qui couvre

l'épaule. Assises de Jérusal., ms. , ch. 95. — Bat. de Qua-

resme, ms. de S. Germain, fol. 91, v°, col. 3.


,

Guil.

Guiart, Roy. lign.— D. Flores de Grèce, fol. cxlvij, r°.


E S S 197

—Latin barbare, spallarium. Stat. Equit. Teuton. , art. 73,

ap. R. Duell. , Miscell. , t. II , p. 5g.

ËPERDRE (S'), -v. réfl. Etre éperdu. Castoiement

cont. 9, v. 36. — J. Ant. Baïf, OEuv., fol. n4,r°.

Et. Pasquier , Rech. , 1. V , c. 29.

EPINAIE, s.f. Lieu rempli d'épines. De la Dame qui

fit trois tours, v. 43. — Perceforest , vol. I , fol. 37, v°,

col. 2. — On a dit aussi Epinel. Florem. et Blancheflor,

v. 33. — Latin, spinetum. Virg. , Eclog. 2 , v. 9. —

Italien , spineto , Tratt. gov.famigl. — Espagnol , espinar.

Pellicer, Argen., part. II, 1. II, c. 11.

ÉPINGLETTE, s.f. Petite épingle. Eust. Deschamps,

poés. mss. , fol. 174? col. 1.

EPROUVEUR, s. m. Celui qui éprouve, qui essaie.

Lett. de rémiss. , ann. i4°9 j Très, des Chart., reg. i63,

ch. 278.

ERRONÉMENT , adv. Dune manière erronée. Du

Tillet, Rec. des Rois de France, p. 239.

ESCARCELETTE, s.f. Petite escarcelle. J. Tahureau,

poés. , p. 289.

ESCLAVER, v. a. Rendre esclave. Eust. Deschamps,

poés. mss., fol. 223, col. 3. Amad. Jamyn,^^., fol. 76,

v°. — Montaig. , Ess. , 1. I , c. 29. — Ph. Desportes ,

poés. } p. 260.

ESCOURGER , v. a. Fouetter , donner des coups

d'escourgée. Le Laeoureur , Voyage de la reine de

Pologne, p. 208.

ESSART, s. m. Terre dont on a coupé, arraché,

déraciné les bois et les broussailles, pour la mettre en

culture. Ph. Mouskes, ms., p. 433. — Ane. poet.franc.,

ms. de la Clayette, fol. 295, col. 1. — Rom. d'Erec et


i 9 8 E X G

d'Énide. — On a dit aussi sart, Chron. de Hainault.—

Latin barbare, s art us , sartum , essartum. LU?, scaccar,

Angl. } part. I, c. i3.

ESSEULER (S), v. réfl. Se tenir seul > à l'écart.

Lett. de rémiss. , ann. i375 ; Très, des Chart. , reg. 108,

ch. i36. — Idem , ann. i382, ibid., reg. 122, ch. 67,

ESTROPIEMENT, s. m. Action d'estropier, état de

celui qui est estropié. Pasquier , Lett. , tom. II.

ÉTAMINER, v. a. Passer à l'étamine. Cholières ,

Contes, fol. 220, v°.

ETHIQUE , adj. des deux g. Qui a rapport à la

morale. Montaig. , Ess. , 1. III , c. i3.— Grec, ^Otxoç.

Aristot. , Pol. 8. — Latin, ethicus. Senec. , Controv.,

1. II , c. 10.

ÉTROTTELET , ETTE

, adj. Qui est un peu étroit.

Joselis de Dijon , po'èt. franc, avant i3oo, ms. }

t. II,

p. 966.

ÉTROÏTETÉ, s.f. État de ce qui est étroit. Perce-

forest, vol. 1, fol. i43, r°, col. 1. — Hist. de la Toison

dor , tom. I , fol. 81. — Anglais , straitness. Bacon. —

Si l'on eût dit étroitesse, ce mot serait moins âpre et

plus sonore.

EXCESSIVETÉ, s.f. Qualité de ce qui est excessif.

Lett. de rémiss., ann. i3Ô2; Très, des Chart., reg. 91,

cb. 472. Bellièvre et Sillery , Mém. y p. 461.

EXCLAMER , v. n. Faire une exclamation , s'écrier.

Danse des Aveugles. — Des Accords [Et. Tabourot) ,

Bigarrures , p. 5o.


Amyot, Plut., OEuv. mor., tom. III,

p. i32.— Latin, exclamare. Cicer. , Tuscul., 1. II, c. 53.

— Espagnol , exclamar. Quevedo , M. B. — Italien ,

esclamare. Segn., Pred. 33, 8, — Anglais, to exclaim.

Lestrange.


E X U 199

EXCOGITATION, s.f. Pensée, réflexion. Lett. de ré-

miss., ann. i364; Très, des Chart. ,

reg. 96, ch. 32 3.

EXILE, adj. des deux g. Mince , grêle, menu, délié.

Montaig. , Ess. , 1. I, c. 25. -— Latin , exilis. Cicer. , de

re agrar. , 1. II, c. 20.

EXPERTEMENT , adv. Habilement , adroitement.

Lett. de rémiss., ann. i388 ; Très, des Chart., reg. i35,

ch. 108.

EXULTER , v. n. Tressaillir de joie , être transporté

de plaisir. Bibl. Histor. — Latin, exultare. Cicer., ad

Attic., 1. VI, epist. 1.


FaBULOSITÉ, s./ Qualité de ce qui est fabuleux;

récit fabuleux, mensonger; invention fabuleuse.

Or quelques-uns interprétans un peu plus gracieusement la

fabulositc de ce conte , disent que ce ne fut pas par impréca-

tion qu'il attira la marine.

Amyot , Plut. , OEtiv. mor. , t. XVI , p. i5i.

Espagnol , fabulosidàd. Toda la fabulosidâd de Grecia

como la claridad de las letras, resplendecio primero deste seno.

Huert. , Plin. , 1. IV, proœnf.

Anglais , fahulosity. In their fabulosity they report, that

they had observations for twenty thousand years.

FACIENDAIRE, s. m. i° Agent, négociateur.

Abbot.

Il envoya Hurault, évesque d'Autun, l'un des principaux

conseillers de son conseil etjaciendaires avec lettres.

Et. Pasquier, Rech. , 1. VI , c. 12.

Excitez par quelques ministres factieux, et messieurs de

Bouillon , de la Trimouille, Desdiguières , Du Plessis et leurs

faciendaires

.

Sully , Mém. , t. II , c. 27.

2 Homme habile dans les affaires, les négociations,

les intrigues.

Au lieu duquel (Calixte), fut fait pape iEneas Sylvius, qui

se fit nommer Pie deuxième, homme grand faciendaire , ainsi

qu'il avoit bien fait paroistre par ses déportemens, auparavant

qu'il feust appelé à ceste grande et souveraine prélature.

Et. Pasquier , Rech. , 1. VI, c. 27.

FALSIFIABLE, adj. des deux g. Susceptible d'être

falsifié.

Il ne peut fuir que les sens ne soyent les souverains maistres

,


FED 201

de sa cognoissance : mais ils sont incertains et falsifiables à

toutes circonstances.

MoNTAKi. , ESS. , 1. II , C. 13.

FARINIÈRE, s.f. Coffre qui sert à renfermer la

farine ; boîte dans laquelle tombe la farine qui sort du

moulin.

La farinière où chiet la farine en moulant.

Lett. de rémiss. , ann. i453 ; Très, des Chart. , reg. 182 , c. i53.

FAUGILLER , v. a. Couper avec la faucille.

Un amirant qui estoit de la partie au soudanc de Damas, vint

faucillerhlez à un kazel , à trois lieues de l'ost.

JOINVILLE, HlSt., p. I08.

Compagnons fauciliers pour fauciller les biefs.

Lett. de rérniss. , ann. 1390; Très, des Chart. , reg. i3o , c. 68.

D'où les mots :

Faucilleur , s. m. Ouvrier qui coupe , qui scie les

bleds avec la faucille.

Comme le suppliant eust envoyé faussilleurs pour faus-

sillier son bief.

Lett. de rémiss. , ann. 14 15; Très, des Chart., reg. 168 , c. 385.

Faucillage , s. m. Action de couper avec une faucille.

Le faucillage et fenage d'ilec.

Reg. des cens du comté de Chartres , fol. 5j.

Latin barbare, falcillagium. De releviis, corveis , terragiis ,

falcillagiis , etc.

Arest., ann. i25j, reg. du parlera. I , fol. 3.

* FEDERATION , s.f. Association politique ou com-

merciale.

Arester au corps tous estrangiers , réservez ceux qui sont de

kfaedération, pour debtes tant liquides que illiquides.

Nom. Coût. général, t. I, p. 294, col. 2.

Latin Jœderatio. Mot employé par plusieurs jurisconsultes.


202 F E S

Espagnol , fédération , mot peu usité de nos jours.

Quinto Pompe'o , ^fédération Munintina y sus grandes the-

soros denego.

Lucen. , Vit. beat. , fol. 3.

FENDILLER (SE),


F E S 2o3

Il n'y a respect de personne , la festivité de la journée le

veut ainsi.

Et. Pasqtjxer , Rech. , 1. IV, c. 9.

Latin , festivitas. Ne festivitatem impediant in cunctis op-

pidis eelebrandam.

Cod. Theod. , 1. XV, tit. 5 , leg. 3.

Maximas opiniitates , opiparasque offers inihi :

Laudem , lucruni , ludum , jocum , festivitatcin , ferias.

Plaut., Captiv. , act. IV, se. r , v. 2 et 3.

Espagnol , festividâd. Dexamos de referir por menor las

circunstancias de susfestividddes y sacrificios, sus ceremonias,

hechicerias y supersticiones.

SoLrs , Hist. de Nuev. Esp. , 1. III , c. 17.

La cultura y propriedad, la festividâd , y agiideza.

Fr. Herrer. , sob. Garcil. , son. 1.

Anglais , festivity. The daughter of Jephta came to be

worshipped as a deity, and had an animal festivity observed

unto ber honour.

Brown.

To some persons tliere is no better instrument to cause the

remembrance , and to endear the affection to the article , than

the recommending it by festivity and joy of a holy day.

Taïlor.

Festif, ive, adj. Qui appartient à un jour de fête;

qui inspire la gaieté d'un jour de fête.

Latin ^festivus.

Plus volentiers vest robes sales ,

Que festives robes ne facent.

Gautier de Coinsi , Mir. de N. D. , 1. II, c. 1.

Nunc quà assedistis causa in festivo loco,

Comœdiœ, quam nos modo acturi sumus,

Et argumentum , et nomen vobis eloquar.

Plàut. , M if. , act. II , se. 1 , v. 5 et seq.

Italien, festivo. Ferie sono dette quasifestive.

Maesiruzz. 2,27.


ao4 FEU

Espagnol, festivo. Mando que el dia en que fué colocada la

estatua fuesse festivo.

Pellccer , Argen. , part. II , fol. 86.

Acompanado de sus déudos y amigos , la llevo à su casa con

las festivas ceremonias que acostumbran los Judios.

"V alverd. , Vid. de Christ. , 1. 1 , c. 9.

Festivement , adv. Avec la pompe , la solennité

l'alégresse qui convient à un jour de fête.

Encontre li , à cbière clère

Se leva moult festivement.

Latin , feslivè , festiviter.

,

Gaut. de Coinsi , Mir. de N. D. , 1. 1 , c. i5.

In loco festivo sumus festivè accepti.

Plaitt. , Pseud. , aet. V, se. 1 , v. g.

O donius parata pulchrae familiœ fes tiviter.

Njev. apud Nonium, c. 11 , n° 10.

Italien, festivamente. Ç>t\.çbrdXz festivamente le nozze la sera

innanzi.

Espagnol , festivamente.

Pues mudara verdugo solamente

Que mas festivamente le azotâra.

Fioril. d'Ital.

Quevedo, mus. 8, sylv. 29.

Au reste l'adjectif/ètf^, ive , et l'adverbefestivement,

ne me paraissent point de nature à être réintégrés dans

le langage moderne.

FEUILLIR, v. n. Se couvrir de feuilles.

Si verra l'en les hoisfoillir.

Durant, les Trois Bossus , v. 268.

Ce fu el tems qu'arbres florissent,

Foillent boscages et prés verdissent.

Que flourirvoyent etfeuillir.

Rom. d'Erec et d'Enide.

Rom. Rose, v. 1690 5.

,


Latin barbare , foliare , foliari.

F L U 2o5

Laurent., Âmaîtk.

Italien, fogliare. Siccome fogliare , fiorire , et fruttuare fa

boni ta, disfogliare, e sfiorire, e dinudare , e laidare malva-

gi ta fa.

Guitt., lett. 2 5.

On a dit aussi, mais moins heureusement ^foilloler.

A l'entrant don temps novel

Qne saison vient en donçonr,

Prey snnt vert et anbrissel

Foillolent.

Robins dotj Chastel , Rec. de po'ét.fr. avant 1 3oo , ms. , 1. 1, p. 48

FLAMMEROLE , s.f. Petite flamme, feu follet.

Sorciers et sorcières, flammerolles , ou feux follets, et lu-

tins ou démons , ou esprits cessent leurs mauvaises façons

vers minuit.

Perce/ores t , vol. II , fol. i3 , r°, col. 2 , et v°, col. 1.

FLAMMIVOME , adj. des deux g. Qui vomit des

flammes.

Vous debviez paour avoir de Pyroeïs , Heoùs , Aëthon

Phlegon, célèbres chevaulx du soleil, Jlamrnivomes, qui rendent

feu par les narines.

Latin du moyen âge , flammwomus

. . . .Flammivomâ descendet nube coruscans,

Judex.

Rabel., 1. IV, c. 33,

Juvencus , Hist. Evang. , proœm. , v. 2 3 et 24.

FLUCTUER , v. n. Sens propre. Couler à flots

être agité comme les flots.

Fluctitoit , comme d'une fontaine ,

Le très-cher sang de celle chair humaine.

Triomph. de la Noble Dame, fol. 157.

Autour de cette praerie jluctuoit un ruisseau d'eau clère et

vive.

Uid., fol. 186.


206 F L U

Sens figuré. Être vague , incertain.

Et donnèrent advis auquel des deux appartenoit mieux le

sceptre, ou à celuy qui sans aucun soin laissoit fluctuer les

affaires de son royaume , etc.

Et. Pasquier, Rech., 1. III, c. 4.

Fluctuant, ante, adj. Coulant, incertain, vague,

qui reste dans l'indécision.

Et se doit bien garder que le langaige soit dissolu ou

fluctuant.

Latin , fluctuare , fluctuari.

Fabry , Art de Rhctor. , 1. 1, fol. 1 , 4 r°.

Fluctuare video vehementer mare.

Plaut. , Rud. , act. IV, se. 5, v. 12.

Animo nunc hue, nunc fluctuât !

lluc.

Virgil. , AEneid. , 1. IV , v. 53 2.

Italien , fluttuare. Ver l' acque mirando , in piccola barca

Jluttuanle vidi di bella forma un giovane.

Boccac. , Amet. ,32.

Espagnol, Jluctuar. Puso en segura obediencia las cosas, que

fluctuaban no menos que las de Valenciana.

Anglais , tofluctuate.

The jLuctuating fields of liquid air.

Baren , Guerr. de Flandr. , p. 43.

And , as to passion mov'd

Fluctuâtes disturb'd.

Blackmore.

Miltow , Parad. lost.

On a dit aussi Fluctueux, euse , adj. Agité, en par-

lant des flots de la mer.

Car tout rompu de ceste impétueuse

Émotion de la mer Jluctueuse.

Cl. Marot , Hér. et Léand. ; OEuvr. , t. III , p. i36.

Mais je ne crois pas que ce dernier mot, qui d'ailleurs

se trouve dans le Dict. de l'Acad. , édit. de 1798, soit

susceptible d'être restitué au langage moderne.


^

FOR 207

FOI- MENTI, IE, adj. Parjure, qui fausse son ser-

ment, qui manque à la foi qu'il a donnée.

Et dist la dame, vos i avés menti,

Corne traîtres parjure ,/oi-menti.

,

Voyez aussi Assis, de Jérusalem , c. 62*

FOLATREMENT ,

Rom. de Garin.

adç. D'une manière folâtre.

Quand quelque gentille daine

Folâtrement nous enflamme

Par le doux feu de ses yeux.

Jacq. Tahureau, poés., p. io5.

Cent fois le jour je rebaisse la main ,

Folâtrement qui dedans l'eau glissante ,

Touche de près la cuisse blanchissante.

Rem. Bei.leatj , Berger. , t. I , p. 42.

Comme celle qui ne demandoit que son plaisir, estant desja

en aage de marier , et dit fo lias trement ces paroles à ses

chambrières.

Àmyot , Plut. , OEuvr. Mor. , t. XIII, p. n 3.

FORCENER , v. n. SE FORGENER, v. réfl. Devenir

furieux, forcené, perdre la raison.

Et le villain croulle sa hure,

Et se forsène , et sur saints jure

Qu'il l'occira sans nul respit.

Rom. Rose y y. 16208.

Et se commencèrent à forsener plus aigrement que ils

n'avoient onques mèz fait.

Naitgis , Ann. , p. 283.

Je veux que l'advantage soit pour nous; mais je neforcené

pas s'il ne l'est.

Montaig. , Ess. , 1. III , c. IO.

Voyez aussi Rom. de Perceval. — Charron , Sag . ,1. II ,

ch. 2 , etc.

Ce mot a été employé par P. Corneille.

Je forcené de voir que sur votre retour

Ce traître assure ainsi ma perte et son amour.

La Vewe , comédie, act. V, se. 9.


ao8 FOR

Le verbe forcener s'est pris aussi activement dans le

sens de rendre forcené, faire perdre la raison.

Je voy un chevalier cy- devant en ce tournoi qui forcené

tous de la prouesse qui est en luy.

Perceforest, vol. I , fol. i36 , r°, col. I.

Forcénerie, s.f État d'un homme furieux, forcené,*

délire , folie , fureur.

Ensi que nos refreniens laforséneriede tos pervers divises.

S. Bernard , Serm. fr. mss. , fol. 38.

Et en cel jour de vendredi , une forsénerie prist à ladite

Jacqueline , si que ele fu hors de son mémoire et de son sens.

Miracl. de S. Louis , c. 3o.

Et semble que cette forcénerie est voisine à celle de ce

garçon qui alla saillir par amour la belle image de Vénus que

Praxitèles avoit faicte.

Montaig. , Ess. , 1. III, c. 5.

Voyez aussi Ane. trad. de la Bible , cant. d'Habacuc , v. 12.

— Adans li Boçus , Rec. de poët. franc, avant i3oo, ms.

tom. IV, p. 1402.— Rom. Rose, v. 444« — Nangis, ann.,

p. 177, 218, etc. — Perceforest , vol. VI, fol. 99 , v°, col. 1.

— Hist. de la Toison d'or, tom. II, fol. 61. — Al. Chartier,

Espér. ; OEuv., p. 276.

p. i5, etc., etc.


Amyot, Plut. , QEuv. mor., tom. XVII,

Le substantif forcénerie se retrouve aussi dans

Scarron.

J'aarois de la forcénerie

Assez pour me faire enchaîner.

Virg. travesti, ch. VII.

J'observerai toutefois que , vu le genre du style adopté

par cet écrivain , son autorité ne me paraîtrait pas

suffisante pour proposer la réintégration du mot forcénerie

, si je ne le croyais d'ailleurs utile, comme

complémentaire de l'adjectifforcené.

,


FOR 209

Italien , forsenneria. Il senno del mondo è follia , ed in-

sania, e forsenneria.

Tratt. ben


2io FOR

estant appelé en justice, il en fut absouls , à la charge de

donner à cognoistre et déclarer les forfaicteurs

Amyoï , Plut. OEuv. mél. , t. XXI , p. i5.

Latin barbare ^ forifactor , forifactor. Si forifactor judicium

expectare noluerit.

Chart. , ann. I2i3, citée par La Thaumassière, Coût, de Eerry, p. 80.

Voyez aussi Chart., ann, i232,apud Mir^eum, Oper. diplom.

tom. II, p. 1219 , col. 2.

FORMATEUR, TRIGE, s. Celui ou celle qui forme.

Car la philosophie qui , comme formatrice des jugemens et

des mœurs, sera sa principale leçon, a ce privilège de se

mesler par -tout.

MONTAIG. , EsS. , 1. I , C. 9.5.

Ce mot a été employé par nos écrivains modernes,

et sous la forme adjective.

Nous sommes tellement vos frères , que le grand être,

l'être éternel etformateur, ayant fait un pacte avec les hommes,

nous comprit expressément dans le traité.

Voltaire , Princ. de Babjl. , § 3.

Le très-grand nombre, en voyant les astres et lesanimaux

organisés , reconnaîtra toujours la puissance formatrice de»

astres et de l'homme.

Id. , Lett. à BoVmgbrokc

Latin , formator: Quisquis formator universi fuit.

Senec. , de Consol. , c. S

Formatrix. Regina tantse ci\'\\dAis formatrix

Tertull. , de Monogam. , c. ult

Italien , formaiore . Iddio protoplasto , primo formatore.

Formatrice*

Salvini ,Annotaz. alla Fiera diBuon.

.

.

Segneri, Incr.

Espagnol } formadôr, ara. Gracias à ti,formarlôr mio , por-

que tus manos me formaron, è hicieron.

Tr. L. de Granad. y Quia , part. I , c. 1.


Ma con faîsas visiones , formacloras

De las cosas que ofrece al sentimiento.

FOR 211

Fr. Herrer. sobre Gard/. , egl. 2.

On a dit aussi, mais moins heureusement, Jormeur.

Remembre-toy de ton formeour es jours de ta jouvente

einz que le tenz de turment viegne.

Ane. trad. de la Bible , Eccl. ,c. ia.7.1.

Le souverain des roys, Dieu, îe sire du ciel et de la terre ,

formeur et ordonnateur de toutes choses.

Froissart , Chron. , vol. IV, c. 43.

Anglais , former. The wonderful art and providence of the

contriver and former of our bodies , appears in the multitude

of intentions he must hâve in the formation of several parts for

several uses.

FORMULER ,

quelconque.

Ray, on créât.


^12 F O Û

Anglais, fortitude. Fortitude is the guard and support of thc

other virtues; and without courage, a man will scarce keep

steady to his duty , and fîll up the character of a truly

worthy man.

Locke.

FORTUITE , s.J. Qualité de ce qui est fortuit ; cas

fortuit, accident imprévu.

Plus tost et hastivement doit l'amy courre à l'adversité et

fortuitez de son amy, pour luy faire aide et secours, que à la

félicité ou prospérité pour le conjouïr.

liist. de la Toison d'or , t. II , fol. 19.

FOSSELU, IJE, adj. Qui a. une fossette. Il s'est dit

plus particulièrement des joues et du menton.

A la gorge douillette, au menton fosselu.

.... Ce menton fosselu

Poli, grasselet, poinmelu.

Jacq. Tahureau, poés. f p. 79.

Rem. Belleau, Berger. , t. I , p. 5o.

FOURGHURE , s, f. Division , bifurcation ; point

commun où deux chemins viennent aboutir. Il s'est dit

aussi des parties du corps où deux autres parties se

réunissent , telles que l'angle que forment les deux

jambes, la partie de la poitrine nommée vulgairement

fourchette ou bréchet ,

etc.

Gros fu par les espaulles, greille par la ceinture;

Jambes out longues, droites, large la fourchéure

Et mult ot large forchèure

Si lu. de mult belle stature.

Rom. du Rou , ms. , p. 53.

Rom. de Troyes , ms.

Italien, forcatuva. La cui testa era d'oro , le braccia , e'1

petto dargento , poi di rame infino alla forcatura.

Comm. su/ Dante, Infern. 14.

Espagnol , horcajadûra , du mot horca , fourche. Trahen

.


F R A 2l3

por la horcajadûra una lista de algodon, no mas ancha que un

xeme.

On a dit aussi fourchée.

Fr. Lop. de Gomàra , Hist.gen. de las Ind. , c. 73.

Ledit Pictois retira son baston près de luy de toute sa force,

et le rua de toute sa force entre les jambes du dessus dit, en

intention, comme il pouvoit sembler, de l'empescher en sa

marche, ou de le sourdre ou lever par la fourchée des jambes,

à son désaventage.

Italien , forccita , id.

Oliv. de la. Marche , Mém. , 1. 1 , p. 3 1 5.

E pnro argento son le braccia , e'1 petto ,

Poi è di rame infino alla fvrcata.

Dant. , Infern. , 14.

Quelques écrivains modernes ont employé dans un

sens à-peu-piés semblable le mot enfourchure, qui ne se

trouve point dans le Dictionnaire de l'Académie.

C'est ordinairement sur Yenfourchure d'un arbre qu'ils

l'établissent.

Buffoit , Qiiadrup. , t. II , p. 272 , art. écureuil.

Italien, inforcatura. I quali pezzi in queste parti divideremo ,

uno sarà tutta la parte délia corporalura infino alla infor-

catura.

Benvewut. Ceix., oref., $3.

FRATESQUE, adj. des deux g. Propre aux moines;

qui appartient, qui convient aux moines. — Ce mot se

prenait plus ordinairement en mauvaise part.

Le parler que j'ayme , c'est un parler non pe'dantesque

non fratesque , non plaideresque , mais plutôt soldatesque ,

comme Suétone appelle celui de Julius César.

MoNTAIG. , EsS. , 1. I, C. 25.

Italien , fratesco. Se il prête n'era innamorato prima nell'

ihito fralesco , cento volte ne fu più nell' abito femminile.

// Ptcoron, giorn, 3, nov. 1.


214

FRO

On trouve aussi dans quelques auteurs le substantif

féminin Fraterne , correction que reçoivent de leurs

supérieurs, les frères ou moines qui ont commis quelque

faute.

Qui méritait une bonne fraterne.

Gérasse, Recherch. des recherch., épit. au lecteur , p. ix.

FROISSABLE, adj. des deux g. Susceptible d'être

froissé; qui court le risque de perdre sa fraîcheur par

une pression quelconque, même d'être blessé, offensé.

Pour ce que la femme est de froissable nature et de foible

condition, et qu'ele et toutes ses choses sont en gouvernement

de son mary.

Ane. coût, de Bret. , fol. 1 7 1 , v .

Frojsseur, s. m. Celui qui froisse, qui blesse, qui

offense; qui manque de soumission, qui attente au

respect dû à une loi ou à un ordre supérieur.

Qu'il.... adjournent ou facent adjourner à certain et compétent

jour ou jours, les injurieux trespasseurs, violeurs ou

froisseurs de nostre présente sauvegarde.

Sauveg. de Charles , duc de Normandie, an. i363 ; Ordonn. des rois de

Fr., t. III, p. 63 1.

Froissis, s. m. Action de froisser, bruit que produisent

deux choses qui se froissent.

En ce grand Lutin et froissis , et pendant que les Navarrois

et Anglois entendoyent à suivir la trace du captai.

Froissart, Chron. , vol. I , c, 222.

Passant un buissonage , entr'ouyrent le froissis d'un hallier,

comme dune beste qui brossoit les hayes.

D. Florès de Grèce, fol. exix , v°.

Les bris des espées et froissis des piques et hallebardes.

Sully , Mém. , 1. 1 , c. 1 1 •

Au reste , je ne propose point de réintégrer ce dernier

mot; le substantif froissement, qui existe dans le Die-


y

FUL ai5

tionnaire de l'Académie, édit. de 1762, offrant à-peu-près

le même sens.

FROMENTEUX , EUSE , adj. Abondant en froment,

fertile en froment.

jEschylus, fils d'Euphorion , natif d'Athènes, est soubs ce

tombeau captif inhumé près Gèle \?l fromenteuse

Amyot, Plut. OEuv. Mor.,t. XIV, p. 324.

Il n'estoit utile qu'une nation toute belliqueuse se mist en

possession de terres si grasses, fromenteuses et larges.

Italien ,/rumentoso.

Cr,. Fauchet , Ânt. gaitl. , 1. f, c. i5.

. . . . Io , che la razza mia

Traggo dalla Sicilia frumcntosa.

Buonar. , Fier., 3,5,6.

FULMINATOIRE , adj. des deux g. Qui fulmine

qui lance la foudre.

Près d'employer leur bras/ulminatoire ,

A xepousser dedans leur territoire

Louis Haynuiers , gent rustique et brutalle.

Cl. Màrot, balîad. 1 1 ; OEuv. t. II, p. 22


APPENDICE.

FACHEUSEMENT , adv. Dune manière fâcheuse,

Amyot, Plut. , OEuv. mon, tom. XIII, p. 297. Montaig.,

Ëss., 1. III, c. 5.

FAITARD, ARDE, adj. Lent, oisif, qui ne se met

à l'ouvrage que tard. Gautier de Coinsi , Mir. de

N. D. , 1. I, c. 18. — Rom. Rose, v. io683.— Eust.

DeSCHAMPS, jP


FAV 217

gens du peuple. Néanmoins je ne pense pas que le

verbefarcer, ni le substantiffarcereau , soient de nature

à être réintégrés dans le langage moderne.

FARCISSURE, s.f. Action de farcir, de rassembler,

de réunir, de cumuler ensemble un grand nombre de

choses du même genre ou de genres différens.MoNTAïc,

Ess. ,LI,c. 19. — Id. , ibid. , 1. III , c. 9.

FARDELET , s. m. Petit fardeau , petit paquet.

Bouteillier, Somm. rur , tit. 3.—Monstrelet , Chron. 9

vol. III, fol. 2.3. —Villon , Débat de cueur , OEuv.,

p. 99. — Hist. de Charles VII , attribuée a Al. Chartier ,

OEuv. , p. 193 , etc. — Italien , fardeletto , fardellino.

Fr. Sacchi, nov. 84. — Espagnol , fardelillo. Siguenz. ,

Vid. de San Geron. , 1. VII, dise. 2. — On a dit aussi

Fardeler,^. a. Mettre en paquet, emballer. Perceforest,

vol. III, fol. 65, r°, col. 1. — Juv. des Ursins, Hist.

de Charles VI , p. 296. — Fardeleur , Fardelïer, s. m.

Celui qui porte des fardeaux, porte-faix. Lett. de rémiss.,

ann. i3j4i Très, des Chart. , reg. io5, c. 275, etc.

Mais quoique les mots farde1er , fardeleur , se trouvent

dans plusieurs anciens écrivains très - estimés , je ne les

crois point susceptibles d'être restitués au langage mo-

derne.

FATALISER, v. a. Prédestiner, régler par un arrêt

irrévocable de la destinée, de la fatalité. Perceforest ,

vol. V, fol. i3, r°, col. 2. — Henri Estienne s'est élevé

contre l'introduction de ce verbe, et entraîne dans la

même proscription les mots fatal, fatalité. Voy. Lang..

franc, italian., dial. 2, p. 436. — Italien , fatare. Fr,

Giord., predich.

FAVELLE , s.f Éloquence, paroles engageantes,

propos séduisans. Castoiement , cont. III , v. 21. —


— —

:*l8 FIL

Fabl. mss. , du Roi, tom. II , p, 225. — Eust. Deschamps ,

poés. niss. , fol. 4°9 ? c °l- 2. — Partonop. de Blois , ws. de

S. Germain, fol. 127, r°, col. 3. — Anseïs de Carthage,

fol. 65, v°, col. 2.— Italien ,favella. Petrarch., son. 290.

— On a dit aussi Faveller , v. a. et n. Parler , babiller,

flatter, engeoler, séduire par des paroles engageantes.

Rom. du Rou, ms. , p. 89. — Thibaud de Navarre,

Chans. , tom. II, p. i83. Eust. Deschamps, poés. mss.,

fol. 4^o , col. 1 . — Latin barbare , favellare. Instrum.

ann. 71 5 ^w^/Murator. , Antiq. Ital. med. œvi, tom. VI ,

col. 377. — Italien , favellare. Petrarch. , son. 182.


,

Je crois inutile d'observer ici que le verbe faveller me

paraît encore moins susceptible que son substantifyà-

velle, d'être réintégré dans le langage moderne.

FÉLON NEMENT, adv. D'une manière félonne; du-

rement, cruellement, avec rudesse, âpreté, fureur. Trad.

du livre des Rois, 1. II , c. 3, v. 27. — Hug. Piaucèle ,

Fab. d'Estourmy°,v. 170.— Joinville , Hist. , p. 89.

Piabel. , 1. V, c. i5. — H. Estienne, Apolog. d 'Hérodote

p. 517, etc., etc. — Italien ,fellonescamente, Paol. Oros.;

fellonosamente , Giov. Villani, Stor. , 7, 65, 2.

FENOUILLÈRE , s. f. Lieu semé de fenouil. J.

d'Auton , Ann. de Louis XII, ann. i5o2, p. 177.

FiïJLATRE, s. m. et f. Beau-fils; belle-fille; fils ou

fille d'un autre lit ; gendre ; bru. Ane. trad. de la Bible

Gènes. , ch. 38, v. 24.

Tjiiébaus de Blasons, Rec. de

po'èt. franc, avant i3oo, ms., tom. III, p. 10 12. — Rom.

Rose, v. 9569.


Fabl. de Cortois d'Arras, v. 5 10.

Rom. du Brut , fol. 55 , v°, col. 1. — Ph. Mouskes, ms.,

p. 174. — S. Julien, Mesl. hist., p. 293.— Et. Pasquier,

Rech., 1. VIII, c. 5o , etc. — Latin barbare , filiaster

Capitul. Pippini reg. , ann. 757 , § 11 , éd. Baluz.

tom. I, p. i83. — Italien , figliastro. Boccac, nov.98, 8,


F LE 219

FILLERET, s. m. Petit garçon; jeune homme mou,

efféminé , trop occupé de sa parure , du soin de sa

personne; dameret ; G. Bouchet, Sérées, 1. II, p. 38.

FILLET , s. m. Diminutif de fils, Eust. Deschamps,

poès. mss., fol. 161, col. /\. — Latin, filiolus. Cicer. , ad

Attic. y l. I y epîst. 2. — Italien , figlioletto. P>occ\c. ,

nov. 86, 7.

FLAGEOLER,



aao F O N

quest. i. — Et. Pasquier, Pourparler du prince , à la

suite des Rcch. , p. 879. — Fleurotier, ère, adj. Qui

voltige de fleur en fleur. Rem. Belleau, poés., tom. I,

p. 3p, v°. Mais ces deux mots, sur- tout le dernier, ne

me paraissent point de nature à être réintégrés dans le

langage moderne.

FLUIDEMENT , adv. Avec fluidité; et , par extension

facilement, avec aisance. Jac. Tahtjreau , poés. , p. 81.

Et. Pasquier, Rech., 1. VII, c. 6.

FOLLOYER, v. n. Être fou, faire des folies; il s'est

dit par extension en parlant d'une femme qui s'aban-

donne à des plaisirs défendus, qui mène une vie dé-

réglée. Berzé, Bibl. , v. 823.— Giles de Vies-Maisons,

Rec. de po'èt. franc, avant i3oo, ms. , tom. III, p. 1071.

— Rom. Rose , v. 6060. — Castoiement , cont. FUI , v. 52.

— Eust. Deschamps , poés. mss. , fol. 1^1 , col. 1.

Froissart , Chron. y vol. IV, c. 89. — Ménard , Hist.

de Bertr. Duguesclin , p. 8, etc. — Italien , folleggiare.

Davanz. , Tacit. y ann. , 2, 53. — Le \erbefolloyer a été

quelquefois employé à l'actif dans le sens de tromper

entraîner à faire une action folle , déraisonnable. Lan-

celot du Lac, tom. II, fol. 53, \° }


,

col. 2. Mais sous

cette forme, le vevhe follojer ne me paraît aucunement

susceptible d'être restitué au langage moderne. — On a

dit aussi , et moins heureusement , Follier ; Aucassin

et Nicole/te , Fabl. Méon. , tom. 1 , p. 388. — Eust.

Deschamps } poes. mss., fol. 70, col. 2. — Rarel. , 1. III,

c. 36*. — Charron, Sag, , 1. I, c. 4 etc. •> , etc.

FONTAINELETTE, s.f. Petite fontaine. Des Accords

{Et: Tahourot) , Bigarr., p. 137, v°. — On a dit aussi

Fointenelle. Castoiement , cont. XX , v. i3. — Rom.

Rose, v. 2t8or. — Latin ,fonticuïus. Horat., 1. I, sat. 1


FOR 221

v. 56. — Latin barbare ,/ontenella. Chart. y ann. 1256,

ex Chartul. S. Vandreg. , tom. I , p. 4*3. — Italien ,

fontanella. Pallad. — Espagnol r fuenteciUa. Fonseca,

Vid. de Christo , tom. I. , 1. i , c. y.

FORJUGER , -v. a. Terme de jurisprudence. i° Dé-

bouter quelqu'un de sa demande ; ôter par un jugement,

une sentence, la propriété ou la jouissance d'un bien,

d'une terre. 11 se dit également et de la personne contre

laquelle le jugement est porté, et de la cliose jugée.

Ghilebert de Berneville, Rec. depoet.fr. avant i3oo,

ms. , tom. II , p. 946. — Partonop. de Blois , ms. de

S. Germain, fol. 169, v°, col. 3. Preuv. de Viiist. de

Guignes , etc. , etc. — 2 Déclarer contumace , mettre

hors de la loi; bannir par un jugement, une sentence;

punir par la confiscation des biens, Assis, de Jérusal. y

ms. , c. 195. — Britton, Lois d'A/iglet., c. 68, fol. 175,

v°. — Perceforest , vol. VI, fol. 102 , r°, col. 1, — Latin

barbare , forisjudicare ,forjudicare. Brève, apud Bractonum

, lib. IV, tract. 3 , cap. 5 , § 2. — Constit. Neapol. ,

lib. I , tit. 54, etc.

FORMARIER (SE), v. réfl. Terme de jurisprudence

féodale. Contracter un formariage ; épouser une personne

d'une condition différente de la sienne, et sans la per-

mission de son seigneur suzerain. Coût, de Beauvoisis

ch. 4^« Coutum. génér. , tom. I, p. 569. On a dit

aussi Formarier , à la forme neutre. Ane. Coût. d'Or-

léans. — Ce verbe est complémentaire du substantif

Formariage, qui existe, comme on le sait, dans le

Dictionnaire de VAcadémie , édit. de 1762.

FORMENER , v. a. Malmener , maltraiter. A dan

d'Arras, Cong., v. 25. - Lett. de rèmiss. , ann. i368;

Très, des Chart. , reg. 99,

ch. 4$o. Le vevheformener a


222

FR1

signifié aussi mettre dehors, faire sortir. S. Grégoire,

DiaL, 1. II, c. 7. Il est inutile d'observer que, sous

ces deux acceptions , le françaisformener a deux origines

distinctes.

FORTUNEUX, EUSE, adj. Sujet aux vicissitudes

de la fortune; qui dépend de la fortune, du hasard.

Danse des Aveugles. — Froissart, Chron. , vol. III , c. 24.

— Italien, fortunoso. Giov. Villanïj Stor. 7, 67, 5.

Fortuneusement , adv. Par suite des vicissitudes de la

fortune; par hasard; à l'aventure. Froissart, Chron.,

vol.I, c.234.


— ,

liaX\cx\,fortwiosamente.¥>occkc, Filocop.i,

fig, — On a dit aussi en français Fortuner , v. a. Rendre

fortuné, rendre heureux, enrichir. Cl. Marot,/?$. 107;

OEuv.,\. NI, p. 343. — Jac Tahureau /Wj. , , p. 92.

— Rem. Belleau, Berg. , tom. I, p. 7. — Espagnol,

fortunar. Queved., Vid. de Marc. ^^.--Fortuner,^. n.

et impersonnel. Arriver par un coup de fortune. Thom.

Littleton , Tenures , fol. 100, v°. — Louis XII, Lett.

tom. IV, p. 32i. — Anglais , to fortune. Shakesp. Mais

sous aucune de ces deux formes , le verbe fortuner ne

me paraît de nature à être réintégré dans le langage

moderne.

FOURVOI , s. m. Action de se fourvoyer , de se

tromper de chemin. Froissart,/?^. mss. , fol. 29, col. 2.

FRÉRATRE, s. m. Beau-frère; frère de la femme, ou

mari de la sœur. Lett. de rémiss., ann. 1478;

Chart., reg. 206, ch. 393.

Très, des

FRÉTILLARD, ARDE, adj. Léger, vif, qui frétille.

P. Enoc, Opusc. , p. 109.

FRIANDER, v. n. Être friand, rechercher, manger

avec plaisir des mets délicats et qui sont hors de la


FUI o 2 3

classe des alimens de première nécessité ; se livrer aux

jouissances dune table délicatement servie. Fr. Villon ,

OEuv. , p. 18.— Triomphes de la noble Dame, fol. 58.

Friandement , adv. D'une manière friande. Alain

Chartier , le Curial, OEuv., p. 4oo. Amyot , Plut.,

OEuv. mor. , tom. XIII, p. 266. — Friandelet, ette, adj.

Diminutif fefriand. Jac Tahureatj , poés., p. 267.

L'adverbe friandement et l'adjectif friandelet ne me

paraissent point de nature a être réintégrés dans le

langage moderne.

FRONÇURE, s.f. Action de froncer, de se froncer;

état de ce qui est froncé ; pli , ride. Rem. Belleau ,

Berg., tom. I, p. 117. — Le mot froncement existe dans

le Dictionnaire de l'Académie , édit. de 1762 ; mais

on sait qu'il ne se dit que de l'action de froncer les

sourcils. — Latin barbare , fronsitura. Capitul. gêner

S. Vict. Massil. , ann. i5o6, apud Cangium. — On a dit

aussi fronce, s.f. Rom. Rose, v. 859. — Rom. d'Athis,

ins.'— Eust. Deschamps , poés. ?nss. y fol. 32Ô' , col. 1.

Id. , ibid., fol. 622 , col. 3 , etc.

FRUSTRATOJREMENT , adv. D'une manière fru-

stratoire ; en vain ; sans aucun fruit. Montaig. , Ess. ,

1. Il, ch. 21. — Latin barbare , frustratorie. Act. SS.

april. , tom. II, p. 722. — On trouve aussi dans les

anciens écrivains français l adjectiffrustratif, ive , vain,

inutile, frustratoire. — Alain Chartier, Espér., OEuv.,

p. 346. Mais cet adjectif ne me paraît point susceptible

d'être restitué au langage moderne.

FUMOSITÉ , s. f Qualité de ce qui est fumeux ;

vapeur semblable à la fumée. Triomphes de la noble

Dame , fol. 3g. — Italien , fumosità , fumositate , fumo-

sitade. Boccac. , nov. 28, 14. — Espagnol , fumosiddd.

Fr. L. de Gran. , Sjmb. , part. I, c. 26, § a.


GaRANTISSEUR , s. m. Celui qui garantit, qui pré-

serve^

Ils les aiment et adorent, comme vrais, sûrs et chastes gar-

diens de la chasteté de leurs femmes, et garantisseurs de leur

honneur. _

Brant., Dam. gai, 1. 1 , p. i55.

GARÇONNET, s. /rc. Petit garçon.

Un jor jouet une grant flote

De garconnez à la pelote.

Gautier de Coinsi , du Varlet qui se maria à N. D. , v. 19

S'adressarent à Gargantua , jeune garsonnct.

Rabel. , 1. 1, c. 11.

Combien de fois m'a-t-il prins envie , passant par nos rues,

de dresser une farce pour venger des garçonnets que je

voyois escorcher , assommer et meurtrir à quelque père ou

mère furieux ou forcenez de colère.

Montais. , Ess. , 1. II , c. 3 1

Le confina dans Valence, ne luy donnant qu'un petit gar-

çonnet pour le servir.

Cl. Faijchet , Antiq. franc. , 1. IV, c. 5 , OEuf. , fol. 1 16 , r°.

Voyez aussi Faifeu , p. 1 4 , etc.

Italien, garzonetlo. E poco appresso, mandato un garzo-

netto a guisa , che stato fosse il cherico.

Boccac ,nov. 65, 17.

On trouve aussi dans nos anciens écrivains français

les mots:

Garçonnier, ère, adj. Qui mène la vie libre d'un

garçon ; libertin , débauché.

Je ue pris pas un don de sel

Home qui est si garconier.

Comt. Duhamel , v. 126.

.


G A R 225

Si vilains et si garchonnier

Si mauvais et si pautonnier.

G. OsMONT, Bestiaire, ms.

Je n'ai pas le cuenr garconnier ,

Pour amer feme garçonière.

Amour et Jalousie , ms. de S. Germain, fol. m , v°, col. i.

On sait que le mot g-arçonniere , s. f. , est encore usité

clans le langage populaire, pour désigner une jeune fille

qui se plaît à hanter les garçons.

Garçonner, v. n. Mener une vie de garçon, une vie

déréglée; se conduire avec la légèreté, la liberté qui ne

convient qu'à un garçon.

En mon absence qu'il garçonne,

Et fasse tout ce qu'il voudra.

Rem. Belleau , OEuv. , t. II , p. i38, v°.

Et que mal-aisément, ayant prattiqué les gens de guerre, et

qu'elle s'estoit tant accoustnmée à garçonner avec eux parmi

les armes, tentes et pavillons, elle se pouvoit contenir qu'elle

ne garçonnast aussi entre les courtines , comme cela se voit

souvent.

Brant. , Dames gai. , t. II, p. 3 26.

Espagnol, garzonear , Hazer ostentacion de la bizarria de

mancebo ù mozo.

Dicccion. de la real Acad. de Madrid*

Se Garçonner , i>. réfl. S'habiller en garçon , affecter

les manières , les habitudes des garçons.

Il n'est bien séant qu'une femme se garçonne pour se faire

monstrer plus belle.

Brant. , Dam. gai., tora. I, p 35o.

Car bien qu'elle se fust garçon née et engendarmée , ce

n'estoit pourtant pour en faire une nouvelle et continuelle

habitude.

Id. , ibid. , tom. II, p. 307.

Garçonnerie, s. y. Garçonnement , s. m. Conduite

%

'

i5


226 G A R

libre et déréglée ; affectation des mœurs , des habitudes,

des manières d'un garçon.

Si avez fait garconnerie ,

Ma suer par force avez honie.

Rom. de Perceval.

Voilà pourquoy je ne veux ni estime trop ce garçonnement.

Brant. , Dam. gai. , t. II , p. 3o2.

Espagnol , garzonia , porte , 6 modo de obrar de la mo-

cedad Andar en garzonias , vale vivir , o hacer acciones

de mozo.

Diccion. de la real Acad. de Madrid.

Garçonn aille , s. f. Rassemblement de garçons, de

valets , de mauvais sujets.

Moult truva qui lui fist anuy

Garchonaille , maie inesnie ,

Moult mal duite et mal enseignie.

,

Vie de S. Alexis.

Disant qu'ils n'estoient que merdailles et garçon/milles.

Lctt. de rémiss. , année i3o,6 ; Très, des Chartr. , reg. i5o , ch. 2 52.

Mais les mots garconner , garconnier , garconnerie,

garçonnement } ne me paraissent point de nature à être

réintégrés dans le langage moderne.

GARDOIRE , s. m. Lieu où l'on garde , où l'on con-

serve j réservoir.

J'ay veu des gardoirs assez, où les poissons accourent pour

manger, à certain cry de ceux qui les traictent.

MONTAIG. , Ess. , 1. II , C. 12.

Luy dit qu'il allast lny-mesme au gardouer et vivier, et

qu'il apportas! la plus belle carpe.

Ce mot a été employé au figuré.

G. Bouchet , Sèrées , 1. I , p. 212.

Je m'en vay escorniflant par cy par là des livres , les sen-

tences qui me plaisent, non pour les garder, car je n'ai point

de gardoire.

Moktaig. , Ess. , 1. I, ch. 24.


G A S 227

Le gardoir et le magazin où demoure et se garde ces te

grande provision, l'estuy de la science et des biens acquis est

îa mémoire.

Charron , Sag. , 1. III , c. 14.

GARRULITÉ, s.f. Qualité de celui qui aime beaucoup

à parler; babil, caquet.

Qui ne demande point de quelque docteur, ou régent, une

garrulité ordinaire et quotidiane , ou chanson d'escollc , sans

usaige ni expérience.

Latin, garrulitas.

L'Amant ressuscité , 1. I , p. 74. Id. , édit. in- 4°, p. 38.

Raucaque garrulitas , studiumque immane loqnendi.

Ov:d. , Metam.y I. V.

Italien, garrulità. Qui nota l'autore la garrulità del popolo

Fiorentino.

Anglais , garrulity.

Let me hère

Buti , Comm. sul Dante , Pttrgat. , G, 2.

Expiate , if possible , niy crime ,

Sbameful garrulity.

MrLTON , Âgonist.

GASTROLATRE, s. m. Celui qui fait un dieu de son

ventre.

Les gastrolâtres , d'ung aultre cousté , se tenoient serrez

par trouppes et par bandes, joyeulx, mignons, douillets aul-

cuns, aultres tristes, graves, sévères, rechignez, toutsocieux,

rien ne faisans, point ne travaillans , pois et charge inutile de

la terre.

Rabel. , 1. IV, c. 58.

Quoique le substantif gastronome n'existe point dans

le Dictionnaire de l'Académie Française, édit. de 1762,

on sait qu'il est admis de nos jours dans le langage

usuel. Je crois devoir faire observer que les mots gastrolâtre

et gastronome offrent deux sens différens qu'il me

paraît inutile de spécifier ici.

i5.


228 GEL

GAUGE, s. f. Trou de la profondeur du fer d'une

bêche.

Item les habitans (de Ponpoing) peuent et pourront fouir

une gauge en parfont en leurs diz marez, pour mareschier et

mettre en leurs masures, par tout où il leur plaira.

Chart. , ann. 1 364 ; Très, des Chart. , reg. 96 , c. y 5.

L'ancien français gauge , ou, selon quelques écrivains

modernes, Jauge } est encore usité comme ternie d'agri-

culture et de jardinage.

Les jardiniers disent : Labourer a 'vive gauge ou a

vive jauge , c'est-à-dire fouir très-profondément, soit

une terre, soit un potager, soit un carré. Mettre un

arbre en gauge ou en jauge , c'est en placer les racines

dans un creux peu profond, que Ton recouvre de terre,

et où on le laisse jusqu'au moment de le planter. Je

dois observer ici que le mot jauge est plus ordinairement

employé par ceux qui ont écrit sur l'agriculture et sur

le jardinage. Les paysans ainsi que les ouvriers disent

gauge, et ce dernier mot, qui est le mot primitif, a de

plus l'avantage d'établir une distinction nécessaire entre

le substantif gauge , terme de jardinage , et le substantif

jauge , terme de commerce, qui sert à désigner une

espèce de mesure.

GÉLINETTE, s. f. Petite poule : diminutif du vieux

fiançais géline , mot qui se trouve dans le Dictionnaire

de l'Académie, édit. de 1762.

Mais de ce ne fu mie liés

Le fil à la vieille famette,

Quant vit morir sa ghélinette.

Herbers , Rom. de Dolopatos.

Du vieux français géline nos anciens écrivains ont

fait aussi les mots suivans, qui ne me paraissent point


GEL ^ 229

d'ailleurs susceptibles d'être réintégrés dans le langage

moderne.

Gélinier, s. m. Poulailler.

Et se il puet trouver le gélinier

Il s'eu voira o tout les hués aller.

Fab. d'Audigier , v. 222.

Latin barbare , gallinarium. Item gallinarium ) quod est

juxta grangiam.

Chart. Guid. episcop. Eduens. , ann. i35o. Voyez Hist. de Bourgogne

prcuv ., t. I , p. 1 14, col. 1

Italien, gallinaio. Nella villa sia buono gallinaio volto a

levante.

Trait, gov.famil.

Espagnol, gallinéro. Algunas gallinas , despues de corner,

subieron à conversacion sobre unas bardas de su gallinéro.

Tejad. , Léon prodig., part. I , apolog. 20.

Gallineria , id. Sea pues el lugar para la gallineria en un

lugâr de la labranza , adonde sea lugâr enxiito.

Herrer. , Jgric. ,1. Y, c. 16.

Gélinois, 5. m. Cri de la géline , de la poule; langage

que les poètes prêtent à la poule.

A la géline lait aler

Et ele s'en preut à voler;

En sou gélinois le maudit.

Fabl. rnss. , p. 280.

Gélinage, s. m. Droit qui se paie en gélines ou

poules.

Tant en rentes par deniers , fromentages , avenages , gé-

linages.

Chart. de l'an i3i6 ; Très, des Chart. , reg. 53 , c. 80.

Latin barbare, gallinagium, gelignagium. Alii sibi minaciter

expetebant furfuragiurn , alii gallinagium.

Chron. Mauriniac. , 1. 1 , p. 3Go.


a3o G E M

Liberi et immunes ab omnibus toltis, talliis.... polvoragiis

de somey, de eharre, gelignagils.

Liber t. Bclliv. , ann. i3i3 ; Ordonn. des rois de France , t. VIII, p. 162 ,

art. ai.

GEMME , s. f. Pierre précieuse.

Gautier de Coujsi , Mir. de Sainte Léncade , v. 141.

Quar ele iert bêle comme gemme.

Ph. Mousses , ms. , p. 323.

Trop pins qne l'or aîmer doibt toute tlame

Honnesteté , car c'est la perle et gemme

Que les Dieux ont enchâssée en noblesse.

J. Marot , poés. , p. 201.

Snr les colliers sont belles cbrysolilhes

Mises par ordre avec gemmes eslifes.

Ce. Marot , Métam. , 1. II ; OEiwr. , t. III , p. 7 1.

Voyez aussi Rom. d'Athis et Profil., fol. 4^, v°» c °l- * —

J. Molinet, à la suite des Œuvres de Crétin, p. 267, etc.

Latin , gemma.

Regalesque accensa comas, accensa coronam

Insignem gemmis.

Italien, gemma.

Vxrg. , AEneid. VII, v. 75, 76.

E le chioine ora avvolte in perle e 'n gemme

6*

Petrarch. , son. i63.

Anglais , gem.

Stones of small worth may lie unseen by day ;

But nigbt itself does the rich gem betray.

,

COWEEY.

Le français gemme est encore employé comme ad-

jectif masculin : on appelle sel gemme , le sel qui se tire

des mines. Sous cette acception , le mot gemme se trouve

dans le Dictionnaire de l'Académie, édit. de 1762.

,


GEN a3i

Gemmé , ée , adj. Orné , enrichi de pierres pré-

cieuses.

Là ot maint vert heaulme gemmé.

Blanchand. , ms. de S. Germain, fol. 188 , r°, col. 2.

Voyez aussi Athis et Profil. , ms. , fol. 71 , v°, col. 2.

Latin, gemmatus. Additur fabula, quod vulgo Sabini aureas

armillas magni ponderis brachio laevo , gemmatosque magna

specie annulos habuerint.

Tit. Lit. , 1.1, c. 11.

Italien, gemmato. Quattro candidissime (colombe), con

allegri passi , girando il dipinto collo , sottentrarono al gem-

mato giogo.

Firenz. , Asin. d'oro , p. i63.

Gemmeux , euse , adj. Qui est de la nature des pierres

précieuses, abondant en pierres précieuses.

Effaçant le haut prix des perles précieuses ,

Que l'Orient admire en ses terres gemmeuses.

ÀM ADIS Ja-MYN , poés. , p. 21.

Voyez aussi Loys le Caron , poés. , p. 5.

Latin , gemmosus. Auro facto , gemmosisqxxe monilibus

onustas.

Arui» , Métam. , 1. V.

Anglais , gemmeous. Sometimes we find them in the gem-

meous matter itself.

WOODWARI).

GÉNITEUR , s. m. Celui qui a engendré ; père.

Jupiter est mon géniteur et père.

Cl. Marot , Métam. , 1. 1 ; OEuv. , t. III , p. 46.

Voyez aussi Testament de l'an 1187 cité par Ménage, Hist.

de Sablé, p. i5q.

Le mot géniteur a été employé par Voltaire.

Son géniteur , descendant de sa sphère

Lui dit : Enfant , tu me dois la lumière.

Pucelle, ch.IV.


23.o G L A

On trouve dans Jean Marot , poésies , p. 125, le

substantif féminin génitrice, qui au reste ne me paraît

pas susceptible d'être restitué au langage moderne.

Latin , gcnitor, genilrix , genetrix.

Matre Palaestinâ , dubio genitore creafus.

Ovid. , Metam. , 1. V, v. i45.

Nec ferro , ut démens'gène tricem occidis Orestes.

Horat.,1. Il, Sut. 3, v. i33.

Italien, genitore , génitrice. La sincerità dell' amore , il

quale tra i genitori nostri , e voi , già lungo tempo fu , ed è

indissolubile , insieme con noi perseveri.

Giov. Villani , Stor. 12, n3, 3.

Vendicatore de' fratelli , ammazza la propria génitrice.

F. Redi, Esper. in t. alla gêner, degl' insett.

Espagnol , genitor. Pusieron los santos genitôres en la primer

grada de el templo à la Yirgen.

C. de ea Roc, Vid. de N. Sériera, p. 19.

GLABRE , adj. des deux g. Uni , sans poils , sans

aspérités.

Ceux qui ont été faits eunuques estans petits garçons , n'en-

gendrent point de poil au menton , et sont glabres et sans poil

par tout le corps.

Latin , glaber.

Duverdier , Biblioth. , p. 4^5.

Ore tener , lattis pectore , crure glaber.

Martial. , I. XII , epigr. 38.

Quoique l'adjectif glabre ne se trouve ni dans le

Dictionnaire de l'Académie , édit. de 1762 , ni dans

l'édit. de Smits, 1798, ni même dans le Dictionnaire

Encyclopédique , ce mot est néanmoins encore usité

de nos jours , principalement par les botanistes. M. de

Candolle a même fait usage du substantif glabritie; et feu

M. Richard, de celui de glabréité, pour désigner l'état


G O U a33

d'une surface glabre. Consultez Tournefort, Elémens

de Botanique , Dictionnaire des termes de Botanique. —

Séb. Gerardin, Dictionnaire raisonné de Botanique , revu

par M. Desvaux , etc. , etc. — Les botanistes italiens

usent aussi de l'adjectif glabro , qui au reste n'a point

été admis par MM. de l'Académie délia Crusca , édit. de

Florence ij3i. Voy. J. Alrerti, Dizz. crit. encicl.

GLISSEMENT, s. m. Action de glisser; état de la

chose, de l'objet qui glisse.

Injures proférées par chaleur, impétuosité de cholèré glù~

sèment de langue, plustost que par une préméditée délibé-

ration.

Coût, de Bouillon , Coût, général , t. II , p. 858 , col. 1.

GOUPIL, s. m. Renard.

D'un gopil* conte la manière ( * aliàs werpil) ,

Qui ert issus de sa tanière.

Le goupil est înoult artillos.

Dist li goupils , ce sai-ge bien

Mais je deiuaut un autre rien.

Marie de France , Fabl.

Guill. Osmont, Bestiaire,

Castoiement , cont. III, v. 117.

Goupil en faiz , et Martin en courage

Lyèvre en dessoubs , lyon à ton dessus.

Eust. Deschamps , poés. mss. fol. 38 , col. 2.

yoyez aussi Ane. trad. de la Bible , prière de Jcrémie , v. 18.

— Rom. du Rou, ms., p. 33. — Ph. Mouskes, ms. , p. 80 et

345. — Guill. Guilleville, Pèlerin, de la vie hum., etc., etc.

Ce mot s'est écrit aussi Golpil , Moral, de N. D. — Ane.

trad. de la Bible ; cant. des cant. , c. 2, v. i5.

Gourpil. G. de Nangis, Chr-on. franc . , ms., ann. i3o2.

Marie de France, Fabl., Lion mal.—Imag. dumonde.

— Eust. Deschamps, Poés. mss. , fol. 5i4 ? col. 2. Rom.


234 G O U

des sept sages de Rome. — Werpil, S. Bernard, Serin.

fr., rus., fol. 6. — Marie de France, Fabl. , etc. , etc.

On sait que Piron a employé le vieux français

goupil.

Le goupil ( c'est ainsi qu'on notnmoil un renard

Au bon vieux temps de Cbarlemague).

On a dit aussi :

Goupille , s.f. Femelle du renard.

Hé ! envie , maie goupille.

Fabl.

Misetere du Reclus.

Louve, goupille , et chate , sont trois bestes de proie.

Chastie mus art , ms. de S. Germain, fol. 107 , r°, col. I.

Mais le mot goupille , qui d'ailleurs existe dans le langage

moderne sous une acception différente , ne me

paraît point susceptible d'être réintégré.

Du substantif goupil nos anciens écrivains ont fait

les composés suivans dont aucun n'est, selon moi, de

nature à être restitué au langage moderne, mais que je

crois néanmoins devoir rapporter ici.

Goupiller, -y. n. Chercher des faux-fuyans, comme

le goupil ou renard ; ruser , se cacher.

Donc veissiez chevaliers poindre ,

Les uns torner , les autres poindre ,

Hardiz avant esperonner,

Couars goupiller et trembler.

Rom. du Rou , ms. , p. 240.

Goupillage, s. m. Fourberie, tromperie, faux-fuyans,

ruses de goupil ou de renard.

Mainte visse et maint goupillage

La vi-ge en son iretage. .

Will. , Li Viniers , Rec. de poët.fr. avant i3oo , ms. , t. II , p. 832.

Goupilleur , s. m. Celui qui chasse au goupil ; valet


GRE 235

ou officier de chasse chargé plus particulièrement de

ce qui concerne la chasse au renard.

Pour considération des services que Robin Trovart, nostre

goupilleur y nous a faiz ou dit office.

Chart. de Philippe VI , ann. i338 ; Très, des Chart. , reg. 71 , c. ai5.

GRAPPELÉ, ÉE, adj. Garni de grappes.

Le pampre grapelé reverdit en sa trace.

Amad. Jamyn , poés. , p. i5g , v .

GRAPPELETTE, s.f. Petite grappe.

Ses grappelettes grenues

Y renaistront chascun an.

Perrin , poés. , p. 80, v".

Italien, grappoletto. Egli è un frutto d'un albero , che pro-

duce alcuni grappoletti di coccole.

Redi , Esp. nat. , (j5.

GRECISER , v. n. Affecter dans la conversation de

se servir de mots et de locutions empruntés de la langue

grecque.

Mais est -il permis de dithyrambizer et préciser tout en-

semble?

H. Etienne, Lang. franc, ital. , dial. II , p. 5og.

Ce mot a été employé aussi à la forme active par nos

écrivains modernes , et a signifié donner à un nom

propre ou à un mot quelconque qui appartient à une

langue étrangère, la terminaison grecque.

C'est pour ne point tomber dans cet inconve'nient qu'ils

avoient, s'il est permis d'user de ce terme, grécùé le mot rex,

en lui donnant une terminaison grecque.

L'abbé Dubos , Hist. de Vétabl. de la mon.fr. , 1. III , c. 4 , t. II , p. 256.

Us (les Romains) n'ont pas imaginé que le bœuf sauvage

décrit par Aristote, sous le nom de bonasus, pouvait être l'un

ou l'autre de ces bœufs dont ils venaient de latiniser et de

préciser les noms germains.

T>uffqn , Hist. nat. , qaadrup. , t. V, p. 56 , art. Ihiffle.


^36 GRO

GROSSISSEMENT , s. m. Action de grossir , de

rendre plus gros ;

état de ce qui est grossi.

Ce lourd grossissement de pourpoins qui nous faict tous

autres que nous ne sommes.

Monta îg. , Ess. ,1. I , c. 43.

Car ils engendrent ce qui est très-chaud par re'frigération

et ce qui est le plus subtil par grossissement et espaississement.

Amtot , Plut., OEuv. Mél. , t. XX , p. 4io.

On trouve aussi dans les anciens écrivains français les

s

mots suivans , qui appartiennent à la même famille,

mais qui néanmoins ne me paraissent point susceptibles

d'être restitués au lano-age moderne.

Grosset , ette , adj. Diminutif de gros.

La bouche petite et grossette ,

Et au menton une fo&sette.

Escrite à la main et en lettre plus grossette.

Rom. Rose , v. 55o.

Froissart , Chron. , avis au lecteur , vol. I , p. i.

Si de fortune il s'y rencontre quelque corps un peu plus

grosset qu'il ne faut pour passer tous ces deslroicts qui

restent à franchir pour l'expeller au -dehors.

Monta-ig. , Ess. , 1. II , c. 37.

Italien, grossetto. Tl soppestare è rompere in parti grossette,

e non ridurre in polvere , corne nel pestare.

Ricett.Fiorent. , 8 S.

Grossement , adv. Abondamment ; en gros , sans

entrer dans aucun détail , dans aucune particularité.

Bien scavoit le duc de Guéries que la ville de Grave estoit

forte, et si l'avoit fait pourveoir grandement et grossement.

Froissart , Chron. , vol. III , c. 1 1 0.

Que j'oubliay ma langue maternelle,

Et grossement apprins la paternelle.

Ci» Màrot, opusc. 7 j OEuv. , t. I, p. 21 5.

,


GUE 23 7

Pour nous donner grossêment à entendre que les mœurs ne

sont aultre chose qu'une qualité imprime'e de longue main en

celle partie de l'ame qui est irraisonnable.

Amyot, Plut. OFuiur. mor. , t. XIII, p. 198.

Italien , grossamente. Condannogli grossamente , e man-

dogli a' coniini.

Ciov. Villani , Stor. 9, 284 5 2.

GUÉRISSEUR , s. m. Celui qui guérit.

Ayant tel sort qu'il f;iut qne le blesseur

Luy niesme soit de ce mal guérisseur.

J. Marot , Poés., p. 282.

GUETTEUR, s. m. Celui qui guette , qui va à la

découverte , qui se met en embuscade ; espion.

Ces deux chevaliers , et leurs archers et leurs routes furent

escarmouchez , en allant adviser cette place, des guetteurs

du roy de Cas tille.

Froissart , Chron. , vol. II , c. 92.

Aussi là nous fut dit estre une manière de gens, lesquels

ils nommoyent guetteurs de chemins et batteurs de pavez.

Rabel. , 1. V, c. 26.

Voleurs et guetteurs de chemins se prennent pour syno-

nymes.

H. Etienne , apolog. d' Hérod. , 1. I , c. 18.

Voyez aussi Triomph. de la Nob. Dam., 1. III, fol. 296, v°.


APPENDICE.

(jrALLIQUE, adj. des deux g. Français, qui appar-

tient aux Gaulois, aux Français. Cl. Marot, épist. 4?

OEuv., tom. I, p. 383. — Id. ibid. , épist. 5o, p. 533.

— Latin, gallicus. Martial.. 1. I, epig. $3.

GARDABLE, adj. des deux g. Facile à garder, à

conserver, à défendre. Monstrelet , Chron. , vol. II,

p. 33, v°. — On a dit aussifeste garda ble , pour désigner

une fête quon est obligé d'observer. Boutill., Somin.

rur., tit. 91 , p. 5i4. Mais, sous cette acception, le mot

gardable ne saurait être restitué au langage moderne.

*GASCONNER, v. n. et a. Agir en gascon, selon

le caractère attribué aux gascons. Brantôme ,

Dam. M.

p. 22i. — Gasconique , adj. des deux g. Propre aux

gascons, conforme aux manières qui caractérisent les

Gascons. Babel. , 1. II, ch. 4o.

GATEMENT, s. m. Action de gâter, de dévaster,

de dissiper , de répandre avec profusion ; état de ce qui

est gâté. Vie de J. Christ , ms. — Eust. Deschamps, poés.

mss. , fol. 433 , col. 1. — Italien , guastamento. Giov.

Villani , Stor. ii, 4,9? 3.— Espagnol, gastamiento

Chron. gêner. , part. I, fol. 119. — On a dit aussi, dans

le même sens, mais moins heureusement , gY?£, gâture\

Hist. de Charles VII , attribuée à Alain Ghartier;

OEuv. , p. 334- — Brant. , Dam. ill. , p. 3o6. — Italien ,

,


G O N 23 9

guasto , guastatura. Zibald. — Giov. Villani, Stor. l\ ,

22, i.-— Espagnol, Gasto. Cervant. , Quix. , tom. il ,

ch. i. — Gateur, s. m. Celui qui gâte, qui perd, qui

dissipe. Castoiement , cont. XIX., v. 3^. — Italien, guasta-

tore, trice. Boccac. , .Nov. , 95 11. — Espagnol, gastador.

Gracian , Mor. j fol. 173.

GAUDISSEUR , ERESSE , ad/, et subst. Plaisant

bouffon, railleur, moqueur; qui ne songe qu'à se di-

vertir, à rire, à se moquer, à tourner les autres en

ridicule. Lett. de rémiss., ann. i46f>; Très, des (kart.,

reg. 194* cn - 72. — Roger de Collerye, OEuv., p. 167.

— Amyot , Plut. , compar. de Cicéron avec Démnsth. ,

ch. 2; OEuv. , tom. VLll , p. i45. — Montaig. , 2?«.,

1.11, c. 17. — Gaudisserie, 5. f Plaisanterie, moquerie

, bouffonnerie ; paroles ou actions plaisantes et

bouffonnes; habitude de se divertir, de railler, de

plaisanter. Don Flores de Grèce } fol. clv , v°. — Des-

perriers, Cont., p. 182. Amyot, Plut., Agis etCléom. y

ch. 37; OEuv. , tom. VII, p. 358.— Montaig., Ess.,

1. I, c. 4o. — Brant. , Cap. franc. , tom. IV, p. 3o6.

GAUFFRAGE , s. m. Ouvrage fait en forme de

gauffre ; action de fabriquer un ouvrage en forme de

gauffre. J. Baïf, OEuv., p. 264, r°.

GONNELLE, s.f. Robe de femme, jupe : il s'est dit

aussi de l'habillement des hommes, et a signifié manteau,

casaque, froc. Ane. trad. franc, du livre des Rois } c. i3,

v. 16. — Joinville, Hist. , p. 122. — Rom. de Renard

7ns. — Rom. d'Aubery. — Laurent de Premierfait ,

trad. de Boccac, nouv. 1, 8 e journée. — Guill. Guiart,

ad ann. i3o4, etc., etc. — Latin barbare, gunella, go-

nella. Udalric , Constit. Cluniac. , 1. lij , c. 5. — Stat.

Perrar. , ann. 1279, apud Murator. Antiq. Ital. med.

œv., tom. II, col. l\i!\. — Italien, gonella. Boccac,


2,fo

G R A

Nov. i5 , 3i. — Le substantif gonelle est le diminutif

du mot Gonne, qui a la même signification. Segret.

moine, v. 128. — Froissart, Chron., vol. IV, c. 2, etc.

— Grec barbare , yoû'va. Constantin. , de admin. imp. ,

c. 32. — Latin barbare, gonna. Gesta Guill. maj. episcop.

Andegav. , c. 1;


— Anglais, sown. Abbot.

gunna. Bonifac. archiep. Mogunt.

epist. 89. — Italien, gonna. Ariost. , Orl.Fur., 3?, 26.

GORGELETTE, s.f. Diminutif de gorge. G. Durant,

à la suite des OEuv. de Bonnefons, p. 23. — On a dit

aussi, mais moins heureusement, Gorgerette. P. Enoc. ,

Opusc. , p. 98. — Gorgette. Ane. po'èt. fr. , ms. du

Vatic., n° 1490? &>1. i32 , v°. — Eust. Deschamps, Poés.

mss., fol. 173, col. 4.—Jac Tahureau, Poés., p. 25 1, etc.

GOURRER , v. a. Tromper ; dérober avec adresse.

Ce mot est encore usité dans le langage familier. Guill.

Bouchet , Sérées, 1. II , p. 90 ; Id. , ibid. , p. 109.

GRABEAU s. m. Examen minutieux , discussion

;

jugement. Rabel. , 1. III, c. 16. — Ce mot est encore en

usage à Genève, pour désigner une certaine loi émanée

du petit conseil, et instituée sous l'influence d'un cé-

lèbre magistrat de cette ville. Voyez J. J. Rousseau,

Lett. de la montagne. — Id. , Lett. a M. d'Içernois

8 mars 1768.

GRACELETTE , s. f. Diminutif de grâce. Loys le

Caron , Poés. , fol. 63 , v°.

GRAISSEUR, s. ni. Celui qui graisse. Rabel., 1. II ,

ch. 3o.

GRANGÉE , s. f. Ce qui est contenu dans une

grange. Montaig. , Ess. , 1. I, c. 3o.

GRATTERIE, s.f. Action de gratter, de se gratter;

,


GUI 241

démangeaison. Mir. de S. Louis, ch. 63. — Montaig.,

Ess. , 1. III , c. i3. — Gratteur , s. m. Celui qui gratte ,

qui se gratte. Le Vilain mire, v. 257.

GRENETÉ, ÉE, adj. Enrichi d'ornemèns faits en

forme de petits grains. Invent. ms. des joyaux d'E-

douard 1 , roi d'Angleterre , ann. 1297.

GROMMELEUX , EUSE , adj. Qui grommelé , qui

gronde. Eust. Deschamps, Poés. mss. , fol. 21 5, col. 3.

— On a dit aussi Grommeleur , Guill. Crétin ,

OEuv. , p. 69.

GUERDONNEUR, EUSE, s. Celui, celle qui guerdonne,

qui récompense. Le Confesseur , Vie de S. Louis,

prol. — Eust. Deschamps, Poés. mss., fol. 17, col. 3.

— Mot: de N. D. — Al. Chartier , Espér. , OEuv.

p. 382. — Cl. Marot, Epist.

— On a dit aussi , et dans

52, OEuv., tom. I, etc.

le même sens, Reguerdonneur.

S. Grég. , Dial. , 1. IV, c. 18. Rewerdonneur.

S. Bernard, Serm.fr, mss. , p. 17. — Italien, guider-

donatore, trice. Boccac, Fiammett. , 3 , 3i. Guerdon-

narle , adj. des deux g. Digne de guerdon , de récom-

pense. Eust. Deschamps, Poés. mss., fol. 17, col. 3.

GUERROYARLE , adj. des deux g. Propre à guerroyer

à combattre. J. Marot, Poés., p. n3. — L'adjectif

guerrojable , joint au substantif guerre , a servi aussi

à désigner une guerre ouverte et active. Sully, Mém.,

tom. I, ch. 54. — In., ibid. , tom. II, ch. Si. — Mais

cet emploi de l'adjectif guerrojable ne me paraît point

admissible.

GUIGNADE , s. f. Action de guigner , clin d'œil.

Brant. , Cap. étr. , tom. II , p. i33. — Espagnol,

1 iG


u4'2 G U I

guihada , guïho. Alcaz. , Chron. , decad. I , an. 2

cap. 2 , § 2. — Le mot guignade , guignado , existe dans

la langue provençale. Voyez Florian , Estelle, 1. III,

romance.

,


H.

H.ABILLEUR , s. m. Celui qui habille. Il s'est dit

plus particulièrement de celui qui remet un membre

démis ou cassé.

Estant habillée , elle avoit dit à son habilleur, lequel avoit

remédié à la dislocation.

Guill. Bouchet , Sérées , 1. I , p. 1 4.

HÉBERGEMENT, s. m. i° Action d'héberger, de

loger ; droit que l'on payait en compensation du logement

dû à un seigneur , ou à ses agens.

Mais luy fera hébergement

Toutes les foys qu'il luy plaira.

Repuesfranches , à la suite des œuvres de Fr. Viixon , p. 32.

Item est prisé un hoste à deux sols et un tenant à douze

deniers, et doit l'hommage liège herbergernent de dix livres.

Boutill. , So/n/n. rur. , tit. 87 , p. 5o4.

2 Lieu où l'on loge, maison, tente, pavillon.

L'aisné faisant pari âge à ses frères puisnez, en succession di-

recte de père ou de mère, ayeul ou ayeule, peut retenir par

préciput le lieu chevels , anciennement appelé hébergement.

Coutum. général. , t. I, p. io35.

Entr'aus deux orent à tenir

Longuement corapaignie ensanble ;

Mes chascuu avoit, ce me sanble

Par soi le sien herbergernent.

Des deux changeors , v. 10 et suiv.

Or me convient porter hébergement ,

Pour reposer, quand seray endormy.

Eust. Deschàmps , Poés. tnss. , fol. 221 , col j

16.


244

H E L

On a dit aussi, mais moins heureusement, Héber-

gerie, s. f.

Là où li roiz Henry prist sa herbergerie.

Rom. du Rou, ms. , p. 6a.

Voyez aussi Anséis de Carth. , fol. 56, v°, col. i.

Hébergage , Hébergeage , s. m,

A amors pris en moi sou herbergage.

Thibault de Navarre , Chans. mss. , t. II , p. g.

Il est jà tart , que se vous parties or endroit de ehi, vous ne

pourries hui mais venir à herbergage de nulle heure.

Rob. de Bouron , Rom. de Merlin.

Voyez aussi Anséis de Carth. , fol. 4 •> v°, col. 2 , Gdill.

Guiart, Roy. tign., ann. i3oi.

Hébergeur, s. m. Celui qui héberge, qui loge, qui

donne l'hospitalité.

Qu'il estoîent hébergéor ,

Et bon terrien donéor.

Guiot de Provins, Bibl. , v. 2o3.

HÉBÉTATION , s. f. État de ce qui est hébété,

affaibli , émoussé.

Lequel, comme savez, veult souvent sa gloire apparoistre

enl'hébétation des saiges, en la dépression des puissans et en

l'érection des simples et humbles.

Rabel. , 1. III, c. 41.

Latin , hebetatio. Medetur et lumborum dolori , oculorum

hebetationi, mente captis et melancholicis.

Plin. , Hîst. nat. , 1. XXVIII , c. 7.

HELVÉTIEN, ENNE, s. Habitant de l'Helvétie, de

la Suisse.

Estant venu à chef des Helvétiens , que nous appelons ores

Souisses.

Et. Pasquier, Rech. , LI, C. 10.


H I D 245

Latin , Hehetius, Acerrimse nationes et maximae Germanorum

et Helvetiorum.

Cicer., de Provinc. cons. , c. 23.

On trouve fréquemment ce mot dans nos écrivains

modernes , ainsi que l'adjectif Helvétique , qui sert à

désigner ce qui a rapport aux Helvétiejis ou Suisses.

La simplicité du gouvernement helvétique est admirable , et

toute la machine est mue par un petit nombre de ressorts.

Condiixàc , Cours c?études , hist. , part. II , c. 2.

Ce dernier mot se trouve dans le Dictionnaire de

l'Académie, édition de Smits, Paris, 1798.

HÉRISSEMENT , s. m. État de ce qui est hérissé.

Gémissemens

Y sont , criz , pleurs , hérisscmens ,

Et crueulx amortissemens

De cuenrs.

Alain Chàrtier, Poés., p.