Dimanche 5 septembre

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Dimanche 5 septembre

Dans ce numéro : DAGUERRE ET LES TROIS NIEPCE, par Didier Darteyre

QUINZIÈME ANNÉE. — N° 758

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— 5 SEPTEMBRE 1937


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DIMANCHE ILLUSTRE

ENTRE NOUS

par CLÉMENT VAUTEL

N DE NOS CONFRÈRES nous ap-

U prend que cette question a été

posée à des petits garçons de huit à

douze ans, réunis dans une colonie

de vacances :

— Que feriez-vous si vous étiez

roi ?

Naturellement, à cet âge, on croit

qu'un monarque est tout puissant

et qu'il ne dépend que de lui que

le peuple s'oit heureux.

Les enfants interrogés ont tous

prouvé qu'ils avaient de la fonction

royale la conception la plus

gentille et même la plus touchante.

L'un a répondu :

— Si j'étais roi, je donnerais de

l'argent aux pauvres.

L'autre :

— Si j'étais roi, je ferais de

bonnes lois, je ferais des routes, je

ne laisserais pas les terres incultes.

Un autre encore :

— le ne chercherais jamais à

faire la guerre.

Un quatrième :

. — le n'élèverais pas trop mes

impôts pour qu'ils n'écrasent pas

le peuple.

Un cinquième :

— ]e me mettrais bien avec les

pays voisins, de façon à s'entr'aider

lés uns les autres.

Mais voici la réponse qui me paraît

la meilleure :

— Si j'étais roi, je serais juste.

La justice est bien, en effet, ce

que nous attendons de qui tient

ce qu'on appelle « les leviers de

commande ». La justice, et voilà

tout, car il y a tout dans le mot

et dans la chose.

Nous prenons p3rt, souvent, à

une enquête toute pareille à celle

qui a mis à contribution l'intelli-

>

gence et l'imagination de ces entants.,.

Que ce soit au café du

Commerce, dans le train de Becon •

les-Bruyères. à la tribune du Palais-

Bourbon, au fumoir — mais vous

me direz qu'on fume partout —

ncus disons ou nous pensons :

— Si j'étais le gouvernement...

Ç est la variante moderne du :

« Si j'étais roi » qui est le titre

d un charmant opéra-comioue... Et

quand nous avons pris ainsi le

pouvoir dans le royaume ou la république

des hypothèses, nous nous

montrons résolus, tout comme ces

enfants, à défendre la paix et à

faire régner la justice.

Je crois d'ailleurs que tous les

gouvernements, tous les régimes

quels quils soient, s'efforcent de

réaliser ce beau rêve .. Le but est

toujours le même, ce sont les méthodes,

les moyens et surtout les

circonstances qui diffèrent Ah 1

cme d expériences ont été tentées !

j ° ir A nous , en donnc !e compte

rendu De combien peut-elle constater

la réussite ?

. La vérité c'est que les gouvernés

se font des illusions sur ce que peuvent

ceux qui détiennent le pouvoir.

Ils attendent des gouvernants

une suite de miracles dont le

moindre ne serait pas l'avènement

ce la justice... Mais, si nous

commencions par être justes

entre nous ? Point n'est

besoin pour cela d'être des

rois... Aussi bien, cha

cun de nous n'est-il

pas roi ou roitelet ~

dans quelque do-

maine ?

a fous tes ce h no s...

LE CROIRIEZ-VOUS ?

ES lézards restent longtemps dans l'alcool, avant

L de mourir et les serpents, même coupés en morceaux

continuent à frétiller, tandis que leur tête

cherche à mordre. Les insectes se montrent aussi très

résistants aux blessures : décapitez une mouche et

vous la verrez continuer à marcher. De même les

fourmis privées de leur abdomen, se promènent et

transportent les nymphes, tout en veillant aux soins

de la fourmilière. D'autres animaux sont remarquables

par leur résistance à la privation d'aliments : ainsi

les grosses sangsues, dans les étangs, ne mangent que

lorsque le hasard amène, dans leur voisinage, des

animaux à sang chaud, des chevaux par exemple. Enfin,

la résistance au manque de nourriture devient normale

chez les animaux hibernants : les marmottes, les

loirs, etc., restent pendant tout l'hiver endormis, et,

bien entendu, sans prendre la moindre parcelle de

victuailles.

INSCRIPTIONS...

ES INSCRIPTIONS qui figurent en lettres d'or sur le

L nouveau palais du Trocadéro font l'objet de polémiques.

Ces quatre inscriptions sont dues à M. Paul

Valéry, qui a essayé d'y exprimer l'éionnement de

l'homme en présence de l'art et de la technique combinés.

Primitivement, c'esl notre Académie des Inscriptions

et Belles-Lettres, à laquelle on avait songé pour la

rédaction de ces « appels ». Mars la commission

chargée du travail ne put se mettre d'accord.

Révisera-t-on les actuelles « inscriptions » ?

Non, l'administration les tient pour « acquises ».

Il faudra donc s'habituer à ces enseignements laconiques

!

HOMMES-TORPILLES

'HOMME TORPILLE, inventé par les Japonais, aurait

L été, dans l'actuel conflit extrême-oriental, utilisé

par les Chinois.

Un Fils du Ciel a consenti à diriger l'engin qui, en

explosant, doit fatalement le déchiqueter. Et c'est ainsi

que le vaisseau-amiral nippon aurait été atteint.

Sait-on que pour cet acte de folie héroïque, l'étatmajor

naval chinois avait teçu 2.750 demandes de

« volontaires ».

Voi/a qui en dit long su:- le fanatisme des modernes

Fils du Ciel, devenus les intrépides et explosifs Tritons

de la mer !

UNE VOIX D'OR

PREVISIONS POUR

LA SEMAINE. — DI-

MANCHE 0 à 12 heures.

— Eh quoi ! dit Isidore

Latranche, cet astrologue

prétend pouvoir améliorer

mon sort ! Nous devrions

le voir fort riche et très heureux

lui-même ! Bien sûr !

WLii M Voyons ! Chacun sait qu'un mé-

Wg m decin n'est iamais malade ! Isi-

0"^ ff dore, mon ami, chacun n'a que sa

part de chance. Cependant, il y a la

manière de s'en servir au. mieux...

Ce matin ne là tentez pas avant

8 heures. Mais, ensuite, toutes les

« veines :> partout ! Jupiter et Neptune

excellents»

12 à 2k heures. — Mauvais après-midi !

Gare aux filous ! Déboires sentimentaux.

Soirée paisible après 20 heures.

LUNDI, 0 à 12 heures.. — Réveil grincheux.

Uramis réactionne mal. Après 8 heures,

calme normal, chance moyenne.

12 à 2!, heures. — Optimisme et animation,

mais obstacles partout .'jusqu'à 17 heures. Soirée

très gaie et favorable aux solliciteurs.

MARDI, 0 à 12 heures. — Matinée gaie propice

aux démarches grâce à Soleil... Mais prenons garde

aux accidents.

12 à 21i heures. — D'abord chance et entrain. Mais

à 16 heures, crac ! Discorde, échecs, esprit et

NE DES PLUS GRANDES cantatrices de Bayreuth va se

U faire entendre cette semaine à Paris, ù l'occasion

de la semaine artistique allemande.

Il s'agit de Mme Frieda Leider.

La brillante chanteuse débuta modestement. Avant

d'être l'interprète rêvée de Wagner, elle débuta...

comme employée de banque !

— Yseult au guichet des coupons, cela ne devait

pas manquer de piquant, constatait un de nos meilleurs

chefs d'orchestre !

Mais, évidemment, le meilleur « placement » c'était

encore la voix — la voix d'or — de Mlle Frieda

Leider !

ÉDUCATION DE PRINCESSE

ANS L'INTIMITÉ, à Balmoral, résidence d'été des sou-

D verains britanniques, la petite princesse Margaret-

Rose vient de célébrer ses sept ans.

'Et, en ce jour mémorable, les souverains ont donné

à la petite princesse, la cadette de /'héritière Elisabeth,

une bicyclette.

Un professeur, spécialement désigné, a été chargé

de conduit e l'enfant royale qui, au bout de deux leçons,

sait désormais « aller toute seule ».

Ce n'est pas pour rien qu'on a, en somme, appelé la

bicyclette : la petite reine.

DU CAMÉLIA A LA... CAMÉRA

OLLYWOOD a mis à la sauce américaine « le roman

H de Marguerite Gautier », d'après Alexandre Dumas.

On comprend qu'il s'agit de la fameuse « Dame aux

camélias ».

Et, au demeurant, Greta Garbo y est excellente.

Or, la célèbre artiste tourna ce film simultanément

avec deux autres productions :

— C'est la « Dame aux Caméras !... » constatait

son ancien partenaire, le populaire ^Êhatles Boyer !

LOGIQUE

êzfwmtjde vue de tcisùut&jgîie

C

'EST UNE HISTOIRE qui court les plages du Midi.

Cet acteur connu ne prend jamais son bain sans

se munir d'un chapeau.

— Un chapeau, pour allée faire trempette, lui

disait-on, quelle drôle d'idée !

— Mon chapeau est une... précaution'! Voilà : je

ne sais pas nager... Alors quand le chapeau se met

à flotter, cela m'avertit que je n'ai plus pied !

TENUE SPORTIVE

indiscipline même en famille. Dînez seulement à

20 heures. Calme ensuite.

MERCREDI. 0 à 12 heures. — Mercure est favorable

aux affaires, surtout d'argent. Bon esprit en

gênerai. Intelligence lucide.

12 à 2k heures. — Après-midi de « père de famillei

». Chance moyenne. C'est à 17 heures que tout

se gâte. Du calme, surtout ! N'attendez pas 22 heures

pour vous coucher...

JEUDI 0 à 12 heures. — Assez calme. Cependant,

Mercure-Venus font craindre les médisances fatales

a 1 amour et chance médiocres en affaires.

12 à 2U heures. — Malchance en amour plus accentuée,

en affaires aussi. Soirée violente voyages dangereux.

VENDREDI. 0 à 12 heures. — Curieux aspect du

ciel. Reactions puissantes et contradictoires. Prudence

ce matin.

12 à 2k heures. — Jupiter « prend le dessus »,

heureusement ! Favorable partout, moins dans l'industrie.

Soirée plus calmD. mais assez bonne chance.

SAMEDI, 0 à 12 heures. — Encore un matin scabreux.

Saturne et Jupiter sont malades. En tout

cas mauvais pour une entreprise, une tentative.

Et le malaise mondial s'eccentue depuis hier

déjà,.,

12 à 2k heures. — Après 15 heures, progressivement,

la gaieté et la chance reviennent. Soirée

un peu imprudente, attention. Le plaisir trouble

les cervelles, déjà fort agitées par l'abus de3 airs

de danse exotiques. La musique de la valse est plus'

saine que celle du morbide tango.. — JE

u COURS des jeux universitaires qui viennent de se

A dérouler à Paris, il y eut un crime de lèse-olympisme

».

En effet, pour le lancement du disque, deux concurrents

se présentèrent pour disputer les épreuves « en

costume de ville ».

// y eut alors sur la touche une délibération du

jury.

Finalement, on accepta les deux équipiers non

« équipés »... mais en les averlissanl que, s'ils battaient

un record, celui-ci ne serait pas homologué,

faute de « tenue adéquate ».

Un peu de tenue, s. v, p. !

opuuxmde

sain!

PREVISIONS POUR LA SEMAINE.

— Les lois de l'activité solaire font

l'objet de nombreuses études Qui permettront

d'obtenir une méthode scientifique,

la seule qui puisse donner

quelque sécurité à la prévision, du

temps à longue échéance, encore empirique.

Déjà le rayomiement radioactif,

plus puissant dans le Soleil que

sur notre atmosphère terrestre, explique

notamment les taches, les fabules,

les protubérances les jets coronaux et

leurs particularités. Il peut expliquer

aussi le champ magnétique des taches

et le retard {de quarante-cinq heures)

des perturbations qui résultent de leur

passage au méridien central solaire.

DIMANCHE. — Un beau temps sec,

calme et clair est probable dans la

plupart des régions, après brume matinale.

LUNDI. — A part quelques pluies

dans l'Est le temps reste beau en

toutes régions. Ciel clair ou peu nuageux,

après brouillards matinaux, sauf

dans l'Ouest.

MARDI. — Une perturbation atmosphérique

atteint nos cotes de la Manche.

Elle détermine quelques bourrasques

pluvieuses à caractère orageux

dans l'Ouest et le Nord-Ouest.

MERCREDI. — Amélioration dans

RETLEXIONS

par FRANK CRANE

HACUN CHERCHE à tirer parti de

C ses dons, de ses talents, de son

intelligence. On ne respecte guère

un homme qui laisse inculte un bon

terrain, qui, bourré de qualités, n'en

profite pas et n'en fait pas profiter

les autres.

La vie, a-t-on dit, est l'étoffe

dont la vie est faite. Alors que la

plupart d'entre nous s en voudraient

à mort de gâcher un bon tissu

en le coupant à tort et à travers,

combien d'hommes et de femmes

ne voyons-nous pas gaspiller leur

vie ? Qu'y a-t-il cependant de plus

important que de réussir sa vie, que

de savoir la vivre ?

Herbert Spencer, dans son grand

livre sur l'éducation, a circonscrit

le problème d'une manière extrêmement

éloquente : Savoir traiter le

corps, savoir traiter l'esprit, savoir

diriqer nos affaires, élever notre

famille, nous conduire comme

citoyen, savoir employer toutes les

sources de bonheur que nous offre

la nature, voilà qui est vivre complètement.

Combien d'entre nous connaissent

le grand art de vivre ?

Bien des gens négligent leur corps,

ou le r#artyrisent ou le traitent

trop bien, ce qui est peut-être le

pire des excès. Il faut lui donner

les soins d'hygiène, la ^ somme

d'exercice, la quantité d'aliments

qu'il faut et rien de plus.

Quant à l'esprit, bien peu de qens

s'occupent à le trop cultiver. L'intellectuel

pur existe cependant.

Pour lui, rien ne compte que les

idées. Si l'on s'entretient avec lui

et que la conversation quitte le

plan supérieur où il se meut, on voit

son regard devenir rêveur, sa pensée

quitte la terre, elle n'y reviendra

que si vous abandonnez les

babioles qui, pour la plupart des

hommes, sont tout : les affections

familiales, les affaires d'argent, les

préoccupations de métier. Ces

hommes-là font de grandes choses

ou sont de simples ratés. De toute

manière, ils ignorent la simple joie

de vivre et ne savent pas rendre

heureux ceux qui les entourent.

Elever une famille, le plus grave

problème qui confronte un homme.

Mêler le sérieux à la tendresse, la

aravité à la bonne humeur, la justice

à l'indulgence, donner l'exemple

sans pontifier, marcher avec son

temps sans oublier qu'on est l'aîné,

être père et camarade, rien de tout

cela ne se fait aisément, car il y

faut à la fois l'amour et l'intelligence.

Faut-il s'étonner que tant de

gens soient inférieurs à la tâche ?

Etre un bon citoyen est sans

doute plus facile si nous nous bornons

à l'être négativement, c'està-dire

à ne rien faire de mal. Mais

ce qu'il faut, c'est encore faire le

bien, remplir tout son devoir, exercer

ses qualités au maximum pour

contribuer à la grandeur, au bon

renom de son pays.

Puiser à toutes les sources de

joie apparaîtra facile aux irréfléchis,

en réalité rien de malaisé

que de iouir sans abuser. Mais

c'est à cela oue « l'honnête

homme » doit s'employer.

L'art de vivre s'apprend,

il se puise dans une

bonne santé et

une conscience

élevée.

l'état atmosphérique

qui

se rafraîchit

sous l'effet des

vents du Nord

ou du Nord-Est.

Ciel brumeux le

matin. présentant

de larges éclaircies

l'après-midi.

JEUDI. - - Continuation

du beau temps,

sec. calme, mais frais,

à peu près dans toutes les

régions. Ciel clair après

brume matinale.

VENDREDI. — Une zone

de basses pressions envahit

la Bretagne et y provoque des

pluies de détente avec adoucissement

de la température. Ailleurs

le temps reste beau, calme,

clair ou neu nuaqeux et sans

pluie appréciable.

SAMEDI. — La dépression signalée

hier en Bretagne se désaqrèqe

sur place et le temps se maintient

au beau, calme, clair 011 peu nuageux

sur la plupart de nos régions,

après brumes matinale. Température

en hausse générale partout.

— A. J.


DIMANCHE=ILLUSTRE ■■••■■»■• ■ »«•» ""•« • •>• «■"» 1 4 ■ ,IM " "' " '"""'""""""

CE fut l'affaire d'un instant. Le seul

petit bar que l'île possédait, et

qui s'intitulait pompeusement

« salon », se peupla d'un fourmillement

d'indigènes et de marchands.

Le petit Porky Barnes,

marchand lui-même, à l'œil doux et à l'expression

anqélique, jouait inconsciemment

avec son verre de whisky, quand la haute

silhouette de Cornu, surgissant sur le seuil

de la porte, effaça un moment par son ombre

la lumière aveuglante du soleil.

Cornu entra dans le bar, s'installa auprès

de Barnes, commanda une boisson, et s'appuya

négligemment sur le rebord du comptoir.

Son grand coude, rencontrant le bras

du petit marchand, fit que ce dernier répandit

sur ses genoux le contenu de son verre.

Porky jura sans cérémonie. Dans ses

yeux doux une lueur de mécontentement

passa à l'adresse du géant qui le regardait

délibérément.

Cornu ramena légèrement sur ses yeux

son chapeau à large bord. Il continuait à

dévisager froidement le marchand outragé,

et brusquement :

— Ils sont pour moi, ces jurons ? demanda-t-il.

Vous n'avez pas honte, hé, petit

rat que vous êtes ?

Ce disant, Cornu leva sa large main et

aplatit sur le nez de Porky Barnes son gros

pouce jaune de nicotine. Porky poussa un cri

fait autant de surprise que de douleur, et

envoya un coup de poing nerveux dans la

poitrine du géant. Puis, comme il était de

nature calme et répugnait à la violence, il

regarda sa main, étonné, comme une mère

qui aurait surpris son enfant sage en train

de vider un pot de miel.

— Vraiment ?

Porky leva subitement la tête et rencontra,

sous des sourcils rapprochés, le regard

furieux du géant. Ce simple mot avait cinglé

l'atmosphère comme un coup de fouet.

Les clients regardaient les deux adversaires,

se demandant ce qui allait se passer.

— Vraiment ?

Cornu répéta encore une fois le mot.

— Vous avez osé me frapper, petit rat

que vous êtes, eh bien ! vous allez avoir

affaire à moi. ]e réclame un duel. •

Le petit Barnes inspecta l'horizon autour

de lui d'un air moins que rassuré. Il essaya

d'esquiver cette proposition en traitant la

chose d'absurde. Mais le géant coupa court

à son verbiage.

— Un duel au revolver, dit-il. Dans le

bois, près de la plage. Nous nous retrouverons

là, ce soir, comme c'est la coutume ici.

Vous entrerez par une extrémité, moi par

l'autre. Chacun de nous portera un revolver

et c'est celui qui verra l'autre le premier qui

visera. Fixez l'heure. Venez. Nous allons

tout régler de façon à ce que mon honneur

soit satisfait.

Porky Barnes inspecta encore une fois

l'horizon autour de lui, puis, interpellant de

nouveau son adversaire :

— Vous riez, dit-il. Te n'ai jamais tenu

un revolver de ma vie. Si...

Mais l'autre ne lui laissa pas le temps de

continuer.

— Ce sera très facile, fit-il doucereusement.

Nous nous chercherons dans le bois

en ayant chacun une cigarette allumée à la

bouche. Nous n'aurons qu'à découvrir ce

petit rubis brillant. Et quand nous l'aurons

découvert, nous tirerons. Compris ?

— J'ai entendu parler devous, fit Porky.

Vous êtes un aventurier. Votre intelligence

vous sert... Mais...

La brute commença un sourd grognement

qu'elle arrêta cependant tout de suite.

Avec un masque impassible il interrompit

son interlocuteur.

— Il n'y a pas de « si » ni de « mais »,

monsieur, dit-il. Ce duel avec des cigarettes

allumées n'est pas nouveau. Et les chances

des ennemis sont ainsi égales. A minuit,

donc, s'il vous plaît. Je vous attends chez

moi, tout à l'heure, pour mettre tout au

point.

Dix heures étaient sonnées quand Swart

Cornu se trouva face à face dans sa hutte

avec le petit marchand.

— Ce sont les perles que vous voulez,

naturellement, commença Porky calmement.

Pas besoin de le demander. Vous savez que

je les ai pêchées, qu'elles sont en ma possession.

Et des gens de votre trempe ne reculent

devant aucun moyen pour arriver à

leurs fins.

TRICOTEUSES !

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joignez-y trois timbres à 0 fr. 65 et envoyez

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a Roubaix (Nord). Vous recevrez par retour

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" LE 5 SEPTEMBRE 1937 imii.ii iiimtiini iiiiiiiniHHii.minim luimiiiiMHmiiiiiii mr 5 " 11 IIMMIIMMMHH iiiimimiiiiiiiiiiiiiini ■■■■■■•ni 1 DIMANCHE = ILLUSTRE muni

LES ROMANS

De gauche à droite : NICEPHORE NIEPCE,

DAGUERRE ET NIEPCE DE SAINT-VICTOR.

FIGURES DU SIÈCLE DERNIER

DE LA VIE...

DAGUERRE ET LES TROIS NIEPCE

qui réalisèrent ou perfectionnèrent cette prodigieuse invention :

LA PHOTOGRAPHIE

par DIDIER DARTEYRE

PAR» toutes les inventions qui ont suscité dans le

monde l'enthousiasme le plus vif, la photographie

se situe au premier plan, et ses applications, qui.

varient à l'infini, s'étendent aux domaines les plus

élevés de l'activité humaine.

La photographie déborde en effet les cadres attrayants

des voyages ou du tourisme. Elle ne se borne point

à reproduire l'image d'un être cher ou à figurer, revêtue

d'un visa officiel, sur les passeports ou les cartes d'identité

dont le nombre s'accroît en proportion de nos déplacements

ou de nos occupations, car elle alimente aussi la grande

information que diffusent les journaux quotidiens. Et il n'est

pas un événement digne d'intéresser le public sous tous les

climats, dans toutes les capitales comme dans le plus lointain

des hameaux, qui ne soit évoqué par quelque illustration

photographique rehaussant, à titre documentaire, la

relation des faits.

Mais ce n'est là qu'un des aspects de cette extraordinaire

invention, qui s'avère de nos jours aussi importante que

celle de l'imprimerie. Car la photographie est souvent utile

et bienfaisante. La médecine et la chirurgie font appel à

elle dans d'innombrables cas ; la microbiologie lui doit d'immenses

progrès et, sans elle, l'astronomie ne serait qu'une

science incomplète, réservée à une minorité de savants. De

même, les travaux qui permettent, par agrandissement des

empreintes digitales, d'identifier les criminels, ne sont possibles

que pair elle. Quant au « cinéma », qui occupe aujourd'hui

une si large place dans le monde entier, il n'existerait

pas ! Et nos contemporains n'auraient point l'heureuse

chance de voyager, confortablement assis sur un fauteuil,

à travers tous les continents et de voir se dérouler sous

leurs yeux tous les événements de la vie des peuples.

Marlène Dietrich, Greta Garbo, Clark Gable, Chariot

lui-même seraient des « divinités » inconnues et nous n'aurions

point la joie d'admirer à l'écran, comme nous les admirons

à la scène, les grandes vedettes Harry Baur, André

Lefaur, Victor Francen ou Larquey...

Enfin, l'Exposition, qui attire en ce moment même à Paris

la grande foule des visiteurs, nous offre encore un exemple

de l'importance de la photographie. Tous les palais, tous

les pavillons s'ornent en effet de milliers de reproductions

en noir ou en couleurs : vues aériennes, intérieurs d'usines

ou d'édifices publics, exploitations agricoles ou minières,

centres maritimes, monuments célèbres, sites pittoresques ou

richesses artistiques, qui résument les sources de prospérité

de soixante-douze nations ! ( ,

Aussi bien, notre époque n'est-elle qu'une époque d aménagements,

car toutes les grandes inventions ou découvertes

dont nous nous montrons si fiers sont dues aux hommes

des générations précédentes ou à ceux de cette période, si

injustement décriée par quelques snobs, qiu prend fin peu

après 1900... ,. . . , , , •

De la plus vaste dans ses applications a la plus modeste

dans son emploi, toutes les sources de mieux-être ou de

vitesse dont nous jouissons aujourd'hui ont eu pour créateurs

quelques-uns de ceux que nous appelons un peu péjorativement

des « ancêtres ». La prophylaxie, la pasteurisation,

l'anesthésie chirurgicale, les chemins de fer, la navigation

à vapeur, les applications de la fée Electricité, la photographie,

le froid artificiel, le phonographe, le téléphone,

l'automobile, le sous-marin, le dirigeable, la Tour Eiffel,

le cinéma, la T. S. F., l'aviation et même... le stylographe,

sont l'œuvre d'un siècle qui n'est point le

nôtre. Puisse cette constatation inciter à plus de modestie

une génération qui, si elle est capable, avec l'aide du temps,

d'aménagements heureux, a le tort de penser que ce qui est

« moderne » doit être accepté par tous comme un dogme,

dans les cadres « artistiques » où s'épanouissent d'effarantes

réalisations picturales ou sculpturales telles que les

mannequins qui, chez certains couturiers, nous autorisent à

Captivante histoire que celle de l'invention

de la photographie, qui unit dans la gloire

les frères Niepce et Daguerre, puis, plus

tard, Niepce de Saint-Victor, tous issus de

cette bourgeoisie à la fois travailleuse, probe

et désintéressée, à qui l'humanité doit toutes

les inventions dont elle tire chaque jour

confort et profit. Notre collaborateur Didier

Darteyre retrace ici les étapes essentielles de

la carrière des quatre hommes dont les intelligences

se complétèrent pour réaliser et

mettre au point l'une des plus prodigieuses

inventions de tous les temps.

croire à quelque complot tramé contre le bon goût de notre

pays.

C est pourquoi nous avons choisi aujourd'hui pour sujet

l'histoire de quatre Français qui, avec un désintéressement

qu'on rencontre assez rarement de nos jours, travaillèrent

durant de longues années, dans le silence du laboratoire,

pour doter l'humanité d'une invention prodigieuse.

Fils d'un receveur des consignations au bailliage de Chalon-sur-Saône,

Nicéphore Niepce naquit dans cette ville en

1765... Promu, à vingt-sept ans, sous-lieutenant d'artillerie,

il prit part aux campagnes de Sardaigne et d'Italie, et il

venait d'être adjoint au général Frottier lorsqu'il prit brusquement

la détermination de renoncer à la carrière militaire.

On le nomma alors membre de l'administration du district

de Nice, mais cette nouvelle situation ne plut guère à

ce Bourguignon de vieille race. Il éprouvait en effet le besoin

d'avoir non un bureau mais un laboratoire, non de

rédiger ou d'interpréter des circulaires, mais de s'intéresser

au domaine élevé des choses de l'esprit... Il abandonna donc

I administration et revint à Chalon avec sa femme, son

jeune fils et son frère aîné. Claude, pour se consacrer avec

ce dernier à l'étude et aux travaux de laboratoire. Et nombreuses

et passionnées furent les recherches pour lesquelles

les deux frères dépensèrent le meilleur- de leurs forces et

la part majeure de leurs revenus.

Cependant, ils parvinrent à mettre au point plusieurs inventions,

notamment un dispositif de moteur à explosion,

qui prouve que les travaux entrepris par eux et qui devaient

aboutir à l'invention de la photographie, ne furent point

l'unique fruit de leur génie. Et du fond de leur province,

ils entrèrent en relations épistolaires avec Berthollet et Carnot,

qui leur prodiguèrent les encouragements les plus flatteurs.

Nous sommes au début du dix-neuvième siècle...

Les frères Niepce s'occupent alors de lithographie et

Nicéphore apporte plusieurs perfectionnements à cette découverte

récente. Puis, les années coulent et à la faveur de

ses travaux, l'idée lui vient d'essayer, au lieu de dessiner

sur la pierre, d'obtenir, par l'exposition au soleil, une image

sur papier transparent et qui, par l'emploi de certains

vernis, rendrait possible une reproduction sur la pierre ou le

métal. C'est en somme ce procédé héliographique qui va

conduire Niepce à la photographie.

Il poursuit ses recherches avec acharnement et, quelques

années plus tard, il parvient à reproduire des images de la

chambre noire, confectionnée par lui, sur papier sensible

à_ base de chlorure et de nitrate d'argent. Mais le fixage

n'a point encore retenu l'attention du chercheur qui, si l'on

veut bien songer à tous les obstacles rencontrés, ne peut

qu'avancer à tâtons dans un domaine dont il ignore encore

à peu près tout...

Nicéphore Niepce redouble d'efforts, couvrant lentement,

prudemment, d'innombrables étapes, mais s'acheminant

sûrement vers le succès qu'il entrevoit chaque jour plus

nettement. Et un beau jour de 1822 ses intimes apprennent

qu'il a pu reproduire ce qu'il appelle des « points de vue » !

La première photographie faite au monde, bien que laissant

encore beaucoup à désirer, montre la cour, la volière et le

jardin de la modeste maison campagnarde où Niepce a si

longtemps persévéré pour aboutir, grâce à un peu de bitume

de Judée et à une plaque de verre, à la découverte d'un

procédé complet.

Pendant ce temps, un autre homme, issu comme Niepce

de la petite bourgeoisie, poursuit des recherches du même

ordre et s'efforce, au prix d'un labeur incessant, à mettre

au point un dispositif de son invention. C'est Daguerre. qui,

né en 1789, à Cormeilles-en-Parisis. est venu tout jeune à

Paris, où ses goûts artistiques l'ont fait entrer chez Dagoty,

décorateur de théâtre. Et il n'a point tardé à devenir beaucoup

plus fort que son maître, tout Paris admirant ses

oeuvres à l'Opéra, à l'Ambigu et en d'autres salles, où les

pièces jouées ont dû pour une large part leur succès à ses

décors magnifiquement brossés. Puis il a peint des panoramas

de Londres, de Naples, de Jérusalem, et, le succès

aidant, a ouvert à Paris le premier diorama. établissement

panoramique où les effets d'éclairage ajoutent au charme

de la couleur. L'entreprise connaît un succès considérable.

Mais Daguerre, qui bénéficie d'une enviable réussite matérielle

et dont l'intelligence égale la hardiesse, songe à fixer

l'image reçue dans ia chambre noire. Il s'.est aménagé un

laboratoire où il se livre à de nombreux essais et où il reste

parfois enfermé plusieurs jours, sans même prendre le

temps de s'alimenter. Ce qui donnera lieu plus tard à l'anecdote

suivante racontée par le célèbre savant Jean-Baptiste

Dumas.

— Je reçus un jour la visite de Mme Daguerre. Elle venait

me demander conseil au sujet des recherches auxquelles

se livrait son mari, qui y engloutissait d'énormes capitaux.

Bref, elle ne me cacha pas ses inquiétudes sur l'avenir qui

lui était -réservé et, timidement, elle ajouta qu'il serait peutêtre

prudent de le faire interner !

Mais les événements se précipitent. L'opticien Chevalier

a présenté Daquerre à Niepce. vieilli; et appauvri par de

longs et coûteux travaux. Les deux hommes se communiquent

les résultats de leurs recherches et envisagent l'avenir

d'une invention qui n'est encore qu'une nébuleuse. Le temps

de pose est en effet d'une durée telle qu'il ne permet d'obtenir

de reproductions que de paysaqes ou d'objets inanimés,

et les plans se trouvent dans la plupart des cas fâcheusement

déformés par les jeux de la lumière, modifiés au

cours de poses d'une durée minimum de huit à dix heures !

Mais Niepce et Daguerre vont faire se conjuguer leurs

efforts et Je second, plus jeune que le premier de vingtquatre

ans, très en vogue, lié avec le Tout-Paris des boulevards

— auteurs, littérateurs, peintres, journalistes — peut

beaucoup pour aider aux progrès souhaités. Il semble même

oue ce soit là l'homme idéal pour tirer d'une invention tout

ce qu'elle peut donner de profitable. Et une association se

réalise en 1829, Niepce écrivant à son fils Isidore - « Le

procédé de Daguerre et le mien sont tout à fait différents.

Le sien a quelque chose de merveilleux. »

Modestie de savant, car il est incontestable que Niepce

fut le premier à réaliser une reproduction négative sur

verre. Mais la gloire des deux inventeurs est assez grande

pour permettre aux hommes de les admirer avec une égale

ferveur, car leurs noms sont inséparables dans l'histoire de

l'extraordinaire découverte.

(Lire la suite, page H)

4^


IMIMlllllll DIM ANCHH'ILLUSTRE »HIHIIIIIIIHIimilMIHIIIIIIfllllllHIIMmilllHIII!HIIII limillllllMflll llUllllM £ MHH'II Il MIMIHIIHIIII t I UUK

IMIIIII IMIIIIIItli . LE 5 SEPTEMBRE 1937 »

LA SUITE DANS LE * PROCHAIN NUMERO

LA FUITE EPERDUE

Roman d'aventures et d'espionnage par Philippe RÉGNIER

LE SOLDAT se redressa sur

sa chaise et demanda sur-

Pris :

— Vous ne parlez pas

polonais ?

— Pas plus que je ne le comprends,

à l'exception d'une douzaine

de mots usuels.

— Vous entendez, Dorah, reprit

Daleswki, vous dites que cet

homme est un espion alors qu'il

ne parle pas notre langue.

— Un homme n'a pas besoin de

savoir le polonais pour compter

vos avions, vos batteries, vos

tanks et vos régiments ! riposta la

jeune femme.

— En effet !...

L'attitude de Kareswki se modifia

une fois de plus, puis il hésita

encore :

— Mais, ajouta-t-il, un Français

! Pourquoi se mêlerait-il ?...

— C'est un de ces Français qui

ont volé Dantziq à la Pologne, général

! et qui feront avorter notre

plan s'ils le découvrent. Oui, les

bons Français, nos amis, se réjouiraient

de nous voir entrer dans la

Ville Libre et y déployer l'Aigle

Blanc, mais il y en aura d'autres

qui, sous un prétexte honteux de

paix...

Elle n'eut pas le temps d'achever

sa phrase qui fut coupée par des

aboiements furieux, puis par un

cri, suivi de deux coups de feu. enfin

par le ronronnement du moteur.

Mme Dorah se précipita vers la

fenêtre, tâchant de percer l'obscurité

devenue profonde. Tous les

reqards la suivirent. Pierre luimême

ne la quittait pas des yeux,

cherchant désespérément une explication

à. ces bruits divers- Il avait

bien reconnu le ronflement de la

Ford qui s'éloignait. Mais ces

coups de feu ? Qui les avait tirés ?

Et sur qui ?

Ses réflexions furent interrompues

par la voix de l'homme qu'on

avait envoyé à la recherche de

Jeanne Ludin et qui criait :

— Barotiz !

Cet appel rompit le silence qui

régnait dans la pièce. Ses occupants

se levèrent précipitamment :

deux d'entre eux auxquels Karewski

donna des ordres enjambèrent

la fenêtre et disparurent dans

le jardin.

Et puis la porte s'ouvrit au même

instant brusquement. Sur le seuil

apparut le domestique qui avait

reçu Pierre, le chien l'accompagnait.

Le domestique pénétra dans la

salle à manger, le dogue sur les

talons, et l'animal vint se planter

devant Pierre en grondant sourdement

et en montrant ses crocs.

Mme Dorah se mit à rire et parla

au chien qui gronda de plus belle.

— Vous ferez bien de rester

tranquille, dit-elle en s'adressant à

Pierre. Tokio est de mauvaise humeur

et il a déjà ouvert la gorge

d'un autre malfaiteur !

Pierre n'en doutait pas et n'avait

qu'à demeurer parfaitement immobile,

menacé qu'il était par ses ennemis

et par le chien ! La situation

était critique, et tout en surveillant

de l'œil --es geôliers, Pierre tendait

une oreille attentive aux bruits du

dehors. Des voix s'élevaient rauques

et furieuses. Mme Dorah

donna encore un ordre au domestique

qui alla fermer la porte et rerevint

se poster à deux mètres de

Pierre, les mains crispées sur le

dossier d'une chaise.

Tout à coup, Mme Dorah demanda

:

— De quelle manière êtes-vous

venu ici, voleur ?

P

Pie-rre Demours se .rendant en voiture

dans sa propriété de Saint-Denis-de-VHôtel,

s'arrête dans une hostellerie pour déjeuner.

Durant son repas il est fort intrigué par un

trio de Polonais, deux hommes et une femme

blonde remarquablement belle, étudiant avec

le plus grand soin une carte routière des

environs. De retour dans sa propriété il est

croisé, au cours d'une promenade nocturne,

par une puissante voiture automobile, dans

laquelle il reconnaît les trois étrangers de

l'hostellerie. Soudain il entend le bruit assourdi

d'un moteur et, scrutant le ciel, il

découvre un avion tournant en rond, de la

carlingue duquel vient de se jeter un homme

muni d'un parachute. En touchant terre ce

dernier s'est fait une entorse et il demande

à Pierre, accouru sur les lieux, de bien vouloir

le conduire au château du Petit-Cormier,

situé dans les environs. En arrivant

au château, Pierre qui avait installé confortablement

le blessé au fond de sa voiture,

constate avec horreur et surprise que ce

dernier a un poignard plongé dans la région

du cœur. M. de Cléret, propriétaire du château,

reconnaît dans la victime un nommé Ludin,

appartenant au service du contre-espionnage,

dont il fait partie lui-même ainsi qu'un de ses

hôtes, M. d'Artois. Avant d'expirer, Ludin con-

IERRE ne daignant pas répondre,

la femme continua :

— Etait-ce en auto?

Même silence de la part de

Pierre. Les veux clairs étincelèrent

de colère. Mme Dorah se tourna

vers le domestique et se mit à lui

parler avec autorité. L'homme répondit

brièvement, se dirioea vers

la porte qu'il ferma à clef. Et après

avoir tendu la clef à Mme Dorah

se dirigea vers une autre porte par

RÉSUMÉ DES CHAPITRES PARUS

laguelle il sortit et qu'il ferma à

clef de l'extérieur.

Pierre était donc prisonnier dans

la pièce avec Mme Dorah et le

chien. Quelques instants s'écoulèrent.

Les appels du dehors s'éloignèrent

et une vive lueur parut près

de la fenêtre, La femme blonde se

mit à rire méchamment :

— Vous croyez que la petite espionne

s'est échappée, mon cher !

Mais non. Nos voitures la suivront

jusqu'à la frontière de Pologne et

même dans la Ville Libre qui, bientôt,

nous appartiendra.

Pierre n'essaya pas de contredire

ces paroles qu'il savait malheureusement

êtrè trop vraies... Il s'attendait

à voir la jeune fille apparaître

d'un instant à l'autre entre

de sévères gardiens.

H en était là de ses réflexions

Quand le dogue se mit à grogner

de nouveau en tournant la tête vers

la fenêtre. Pierre suivit le regard

de l'animal et à sa stupeur profonde

fie des papiers secrets à de Cléret. Il demande

que l'on protège sa sœur qui se trouve

en danger en Pologne. Pierre Demours part

pour annoncer le terrible malheur qui frappe

la jeune fille et la mettre en garde des dangers

qu'elle court. Après de multiples événements

au cours desquels il est obligé de

prendre un déguisement, il arrive tout de

même à joindre Mlle Ludin... Elle refuse

de le suivre en France et lui fait comprendre

qu'il serait dangereux pour tous

deux de rester ensemble. Pierre quitte la

jeune fille, mais veillera sur elle à son

insu et, pour ses débuts, il l'arrache à ses

ennemis qui la retenaient prisonnière. Puis

ils s'éloigneront ensemble vers la Vistule,

dont un mystérieux avion, volant très bas,

semble suivre le cours... Ils se réfugient alors

à bord d'un clw-land occupé par deux mariniers,

mais la menace se précisant, ils renoncent

à cet abri et, après une longue

marche, atteignent une auberge isolée,..

Peu après, Pierre est interrogé par un général

polonais qui, avec quelques soldats, le

recherchait par ordre des services de contreespionnage.

Il apprend, en effet, que la jeune

fille et lui-même sont soupçonnés d'être

venus en Pologne pour y recueillir des renseignements...

(Voir le début dans le numéro

de Dimanche-Illustré du 18 juillet dernier.)

il rencontra le visage de Jeanne

Ludin. Il pâlit, craignant que Mme

Dorah n'eût aperçu la jeune fille.

Mais elle ne l'avait point vue et

continuait à fixer Pierre d'un air

menaçant et furieux. Pour accaparer

l'attention de cette dangereuse

conspiratrice, il se décida à parler.

Faisant un effort sur lui-même :

— Qu'est-ce que vous disiez ?

fit-il insolemment. Je regrette...

mais je me vous écoutais pas. Votre

charmant animal m'absorbait

tout entier.

— Je n'en doute pas, répliqua

dédaiqneusement Mme Dorah, il ne

vous aime pas, et sur un mot de

moi vous sauterait à la gorge !

Mais Pierre ne l'écoutait plus.

Il se demandait non sans une profonde

inquiétude pourquoi Jeanne

Ludin, qu'il croyait partie dans la

Ford, était revenue dans ce lieu

plein de dangers. Qui donc avait

tiré les coups de revolver ? Pas

elle certainement !

Le chien gronda de nouveau,

toujours tourné vers la fenêtre.

Cette fois-ci Mme Dorah le remarqua.

, — Qu'y a-t-il, Tokio ? demanda-t-elle.

Le chien, inquiet, eut un aboiement

féroce.

— Il y a quelqu'un là, dit la

femme. Je me demande...

Et elle fit un pas pour s'avancer

vers le jardin. Quand elle toucha

la fenêtre :

-.- Ne bougez pas, dit-elle à

Pierre, car si vous vous approchez

jamais... je tire, ajouta-t-elle en sortant

un petit browning qui était

caché dans son corsage. Èt je ne

suis pas une débutante, croyez-le !

Regardez la bougie allumée sur la

cheminée, celle de gauche.

Le coup partit, la bougie s'éteignit

éraflant le mur. La jeune femme

se mit à rire :

— Vous avez vu ?

Puis elle appela :

— Ici, Tokio !

Le grand dogue obéit, et sur

quelques mots de sa maîtresse bondit

dans le jardin. Pierre retenait

sa respiration, s'attendait à un cri

d'effroi de la part de Jeanne qui

avait dû se dissimuler dans l'ombre.

Mais une minute, deux minutes

s'écoulèrent sans que rien ne

survînt. Soudain le dogue hurla et


LE 5 SEPTEMBRE 1937

ce hurlement fit sursauter Pierre

car ce n'était pas un abofement ordinaire,

mais une plaine lugubre.

Mme Dorah frissonna.

Un autre hurlement s'éleva, sinistre,

et Mme Dorah réprima un

geste de frayeur. Elle siffla et attendit.

Mais le chien ne revenant

pas, elle appela de toutes ses forces

: ■ T .-■

— Tokio ! Tokio !

Le chien perçut-il l'appel ? Un

nouveau hurlement seul répondit,

et Mme Dorah, nerveuse, prit sur

la cheminée une petite sonnette

d'argent et se mit à l'agiter frénéti-.

quement. Aussitôt des.pas se firent

entendre dans le hall et-quelqu'un

frappa à la porte. Elle cria quelques

paroles en polonais et Pierre

entendit les pas s'éloigner vers la

porte d'entrée. Un instant après le

domestique apparut à la fenêtre ouverte,

il reçut les instructions de sa

maîtresse et s'éloigna.

Pierre observait Mme Dorah. Il

la sentait anxieuse, mais toujours

en alerte. Elle ne le quittait pas non

plus des/yeux, le doiqt sur la gâchette

de son arme. Une voix masculine

appelait maintenant Tokio

dans le jardin ; l'animal répondait

en gémissant. Puis quelqu'un cria

et se mit à courir. Le domestique,

essoufflé, reparut à la fenêtre, la

figure hagarde. Un flot de paroles

s'échappaient de ses lèvres. D'un

geste dramatiaue il désigna le jardin

obscur. Pierre aurait donné

cher pour comprendre ce qu'il disait.

Sur un ordre bref de Mme Dorah,

il enjamba la fenêtre, reçut le.

revolver en même temps que d'aur

très instructions, tandis que la

jeune femme, sautant à son tùur;

disoaraissait dans la nuit.

Pierre examina son " nouveau

gardien. Il était grand et robuste, à

la figure bestiale, mais à la manière

dont il tenait son arme, il était facile

de se rendre compte. qu'il

n'avait pas l'habitude d en user.

Pierre calcula ses chances : l'homme

s était adossé à la fenêtre, son

épaisse silhouette la bloquait complètement.

S'il avait été plus près,

Pierre aurait essayé de, 1 assaillir

par surprise, mais tels qu'ils étaient

la distance entre eux était trop

grande.

On entendit la voix de Mme Dorah

qui, dans l'obscurité, appelait

Tokio. Et tout à coup, au'moment

où Pierre cherchait du regard un

objet quelconque pouvant lui servir,

de projectile utile, ses yeux rencontrèrent

de nouveau le visage de

Jeanne Ludin." Une seconde se

passa et'elle interpella en polonais

l'homme qui était appuyé à la fenêtre.

Celui-ci, surpris, sursauta et se

retourna. En un clin d'oeil, Pierre

se rapprocha mais, méfiant, le serviteur

détourna de nouveau la tête

et vit le prisonnier qui s'approchait.

Il poussa une exclamation furieuse

et tira.

Pierre s'était jeté à terre. Il se

releva d'un bond et porta un terrible

coup de poinq à la mâchoire

de l'homme qui tomba, se heurtant

la tête contre la boiserie. Pierre

acheva son œuvre d'un magistral

swing à l'estomac qui fit s'évanouir

son adversaire. L'arme s'échappa

de ses mains. Pierre s'en empara,

sauta par la fenêtre, tandis que

Jeanne Ludin, saisissant le bras de

son compaqnon, lui murmurait :

— Vite ! Vite ! De ce côté-ci.

G

UIDÉ PAR LA JEUNE PILLE,

Pierre courait à ses côtés.

Ils passèrent devant la

porte d'entrée grande ouverte et

crurent voir un homme monter

l'escalier au galop, mais ce

ne fut qu'une impression fugitive

due sans doute à un jeu d'ombres ;

car il était peu probable qu'ayant

entendu les- coups de revolver,

quelqu'un d e la maison n'eût pas

tenu à se rendre compte de ce qui

se passait au dehors.

Mme Dorah et son dogue pouvaient

être sur les traces des fugitifs

en moins d'un instant, il fallait

donc qu'ils hâtassent leur course.

Sans encombre, les jeunes gens dépassèrent

les limites du jardin et

entrèrent dans une forêt de pins,

comme le décelait la bonne odeur

qui s'en dégageait. Ils se mirent à

courir dans un sentier, et pour la

seconde fois, Jeanne Ludin parla :

— De la prudence ! recommanda-t-elle.

Et comptons les chemins

de traverse. Celui que nous devons

prendre est le troisième à droite.

Pierre se demanda comment elle

connaissait ce détail, mais ce n'était

pas le moment de lui poser des

questions. Derrière eux, le aogue

aboya ; la voix de Mme Dorah

l'excitait et Pierre sentit la main

de Jeanne se crisper sur son bras.

— Cette femme ! murmura-t-elle

haletante, ajoutant, dans un accent

presque ' désespéré : «. Nous ne

iMiiiiimiHiiiiiiHiii Mllltltttlllll ■ IIIMIttItHItMIMMItlIIIHIllHIHIHIimillllllimnMIIII IKI1II I m. « DIMANCHE-ILLUSTRE

pourrons jamais courir aussi vite

qu e le chien ! »

— Non, répondit résolument

Pierre, mais nous pouvons l'attendre.

— Attendre cette terrible bête !

La voix de Jeanne tremblait de

crainte.

— Mais oui, repartit Pierre, sûr

de lui-même, j'ai le revolver du

gardien et ainsi armé je peux nous

défendre contre n'importe quel animal,

si sauvage soit-il !

— Mais... et la femme?

— Elle n'est pas armée, le revolver

que j'ai pris est le sien, elle

né peut rien nous faire. Et, de

toutes façons, vous ne pensez pas

sérieusement que j'aie peur d'unefemme?

f~ Oh ! non, bien sûr..; et. pourtant

!

Dans le silence de la forêt les

aboiements du dogue résonnaient

comme une terrible menace. Pierre"

se retourna à demi sans pouvoir

distinguer l'animal, mais après un

nouveau hurlement qui leur sembla

tout proche, la jeune fille poussa

un petit cri.

— Voici le premier chemin de

traverse, fit-elle.

— Le premier, répéta le jeune

homme. Nous n'atteindrons jamais

le second avant que cette bête nous

rejoigne. Allez en avant, mademoiselle

Jeanne, je me charge du reste.

— Oh ! non, protesta Jeanne.

— Je vous en prie, allez ! répéta

fermement Pierre.

Elle obéit et courut dans la direction

indiquée. Quant à lui, il se

retourna et debout au milieu du

sentier, attendit. L'obscurité était

trop dense pour pouvoir distinguer

quoi que ce fût, mais on entendait

distinctement l'approche du dogue

qalopant sous les arbres et flairant

le sol. Pierre serra les dents, se mit

bien d'aplomb sur les jambes au

cas où le doque l'attaquerait, et

leva son bras gauche à ia hauteur

de son cou pour se protéger.

Tout à coup, une lampe électrique

projeta un rayon de lumière et

Pierre vit que le chien était alors

tout près de lui. L'animal, avec un

qrondement terrible, s'élança. Pierre

tira et manqua la première fois

le but. Tokio, surpris par le bruit,

marqua un temps d'arrêt, puis re-

prit son élan. Le second coup fut

tiré à bout portant, mais le poids

du chien renversa Pierre qui roula

à terre. Il se releva en l'espace

d'une seconde, se recula, s adossa

à un arbre et attendit une nouvelle

attaque. Mais elle ne se produisit

pas, car la bête demeura étendue

sur des aiguilles de pins. Morte ou

non, elle ne remuait plus et était

en tous cas pour le moment hors

de combat. Pierre poussa un sôupir

de soulagement et, se redressant,

vit que la personne qui portait

la torche électrique approchait.

Ce ne pouvait être que Mme Dorah.

Un instant, Pierre eut l'idée de

sè mesurer, avec elle. Mais il se ravisa

; il ne pouvait réellement tirer

sur une femme même si elle était

en mesure de se défendre.

La" laissant donc seule' découvrir

le corps de son dogue, Pierre courut,

plus vite qu'il ne l'avait jamais

fait de sa vie entière dans la direction

prise par Jeanne Ludin. Il faillit

la dépasser, car malgré l'ordre

qu'il lui avait donné, elle s'était cachée

dans l'ombre pour l'attendre.

Quand il passa près d'elle, elle

tournait la tête, vit la lumière s'immobiliser

puis briller dans le sens

opposé. Il respira plus librement :

— La poursuite est arrêtée momentanément,

dit-il, mais elle reprendra,

c'est inévitable, et ce chemin

me paraît sans fin !

— Nous avons encore à parcourir

trois kilomètres jusqu au prochain

croisement, dit leanrie."

— Cemment, diable, pouvezvous

le savoir ? s'étonna Pierre.

— Votre ami, M. de Cléret m'a

dit...

— De Cléret ?...

P

Pierre s'empara de l'arme et sauta par la fenêtre...

poussa un léger cri. Pierre la releva

aussitôt :

— Venez vite, dit-il, cette

femme va bien sûrement chercher

du renfort.

— Je crois qu'elle ne trouvera

personne dans sa demeure, répondit

Jeanne tandis qu'ils couraient le

long du sentier, toute une bande

d'hommes est partie en auto.

— Mais il y a celui que j'ai renversé,

et puis j'ai cru voir un

homme de qrande taille monter l'escalier

au moment où nous nous sauvions.

_ — Moi aussi, souffla Jeanne,

c'est bizarre...

P

toujours.

IERRE JETA UN COUP DŒIL

en arrière. Le porteur de la

lampè électrique avançait

— Plus vite, si vous le pouvez,

dit-il à Jeanne, nous discuterons

plus tard, ne vous essoufflez pas

en parlant.

Pierre, qui de temps en temps

ERRE S'ARRÊTA NET, cloué par

la surprise.

!— Il était dans la maison?

— Oui, avec une autre per-

sonne !

— Mon Dieu ! Vous m'ahurissez

!... - '

Jeanne alors expliqua :

—- Lorsque vous m'avez quittée

en me laissant dans la voiture, au

bout de quelques instants, je vis un

homme de haute taille apparaître à

la grille. Il venait droit sur l'auto.

Ne pouvant distinguer sa figure

dans l'obscurité, je l'ai pris pour

vous et je l'ai appelé par votre

nom.

— Grands dieux ! s'est-il écrié,

est-ce vous. Mlle Ludin ? Où est

Pierre ? Je lui ai dit que vous étiez

allé jusqu'à la maison en éclaireur,

ce qui i a beaucoup ennuyé. « Il

s'est jeté dans la gueule du loup ! »

a-t-il murmuré.

» Et alors il m'a expliqué qui il

était et il n'avait pas terminé qu'un

autre homme est venu, rapportant

qu'il vous avait vu. Tous deux

échangèrent quelques mots et paraissaient

très émus- M. de Cléret

m'a dit enfin :

— Pierre est tombé entre leurs

mains. Il faut que nous le sortions

de là.

» Savent-ils que vous étiez avec

lui?

— Sûrement, ai-je répondu, puisqu'ils

savaient que nous nous étions

échappés ensemble.

» Et en quelques mots je lui

racontai notre odyssée.

» M, de Cléret se concerta avec

son compagnon, puis me demanda

de rester là où j'étais, et lorsqu'un

grand dogue arriva en bondissant,

suivi d'un individu. qui. courait,

deux coups de feu furent tirés successivement.

L'ami dè M. de Cléret

se jeta sur l'homme et le renversa,

tandis que M. de Cléret me disait :

— Descendez, le bruit de l'arme

a dû être entendu et nous allons

être cernés.

» J'ai naturellement obéi immédiatement

et lorsque le premier

ennemi fut mis knock-out, le compagnon

est monté dans la Ford, ayant

1 ordre de filer comme le vent tandis

que M- de Cléret m'attirait dans le

jardin en me donnant des indications.

Il m'a expliqué ce que- je devais

faire au cas où les choses

tourneraient mal ; où se trouvaienc

les chemins et les croisements, dans

la forêt... Au troisième croisement

je devais trouver une charrette de

colporteur, m'y abriter jusqu'à ce

que lui-même ou son compagnon

viennent me chercher...

>> Vous savez sans doute que

trois autos se sont précipités à la

poursuite de la Ford.

— Mais comment se fait-il que

vous soyez venue auprès de la

fenêtre, là où je vous ai vue ?

■— Ah ! répondit Jeanne Ludin,

quand M. de Cléret m'a laissée sur

le chemin qui conduisait à la forêt,

je n'ai pas pu me résigner à l'inaction

et je suis revenue sur mes pas

afin de savoir ce qui se passait

exactement.

— Mais, répondit Pierre avec

un-» émotion contenue, si vous

n étiez pas venue, créant une diversion

lorsqu'on me tenait en joue.

Dieu sait ce qui se serait passé.

Je vous dois la vie !

— N'oubliez pas M. de Cléret,

fit-elle qentiment.

■— Non, certes, jamais Gontran

ne m'aurait abandonné. Mais que

peut-il bien être devenu ?

— Il avait l'intention de pénétrer

dans la maison, je crois, pour y

prendre des documents relatifs à sa

mission en Pologne...

' —: Alors, l'homme que nous

avons vu monter l'escalier, ce devait

être lui ! s'écria Pierre.

— En y réfléchissant, cela se

iourrait en effet, répondit Jeanne.

f

1 a dû savoir que vous aviez quitté

!a maison et pendant qu'elle était

déserte, il a dû risquer sa chance !

— Ma parole, vous devez être

dans le vrai.

— Pourvu qu'il ne se soit pas

fait prendre ! ne put s'empêcher de

dire Jeanne.

— Je ne pense pas que nous devions

nous tourmenter à son sujet.

Gontran est de taille à se défendre

contre n'importe qui, et il n'y

avait plus personne à la maison

après notre départ.

— Mais si les autres reviennent

?

— Il entendra les moteurs et

filera sans délai ! Je ne serais même

pas surpris s'il était en ce moment

sur nos talons. Ecoutons.

Ils s'arrêtèrent, mais la nuit était

absolument silencieuse. Privés de

toute brise maintenant, les pins

eux-mêmes ne remuaient pas.

— Pas un souffle dans la forêt,

fit la jeune fille à voix basse, ajoutant

presque aussitôt : si vous

n'étiez pas là, je crois que j'aurais

peur !

Pierre se mit à rire doucement :

— Vous ! dit-il. Vous êtes la

femme la plus courageuse que je

connaisse !

Ils reprirent leur course, mais

plus lentement cette fois.

— Ah_ ! voici le deuxième croisement,

dit Jeanne. Le troisième ne

doit plus être bien loin.

I

LS ATTEIGNIRENT enfin le fameux

croisement et bifurquèrent dans

un sentier si étroit que seule

une légère charrette polonaise pou-

vait y passer. Il leur sembla que

leur course serait éternelle, le sentier

interminable.

Au bout de quelque temps,

Jeanne Ludin s'arrêta :

— Chut ! chut ! fit-elle. Ecoutez

!

Pierre prêta l'oreille, mais aucun

bruit ne parvenait jusqu'à lui.

— Pourtant, reprit la jeune fille,

je suis sûre que j'entends les pas

d'un cheval.

— J'entends, maintenant, dit

Pierre. Vous avez raison, et il

trotte vite.

— C'est sans doute un de nos

ennemis '

— Je le crains. Soyons sur nos

gardes. Les habitants de la maison

ont pu revenir, ou Mme Dorah

nous a peut-être suivis. C'est un démon,

mais elle ne manque pas de

cran. Heureusement dans ce sentier

si étroit, à l'ombre des arbres,

on ne peut pas nous voir, même à

la clarté des étoiles, et si quelqu'un

arrive sur nous nous l'entendrons.

PHILIPPE RÉGNIER.

Illustrations de G. DUTRIAC.


LES

POUR UMHimiii DIMANCHE-ILLUSTRE iMiiiil«Miiiiiiimm?imm.iiiiiiiiiii ■■iiiiiniiiiiiiiniiii imiiimiiiiiiinuiimini 8 "" iiiiiitiMiiiiiiimmimHiimiiiiii.iimiiiiii un

BICOT, président de club|Ç

UN JOUR M PLUI£ rW,

K r>» r» m A i ■ t ■ r— •—w . ._ - - • ■ ■ ■ ~~———-"1

PAR BRANN ER

ET IU FAUT V

1


E NFANTS flIflflllllItllfillIllllinilIllIlHIIIIHIiiiiiilllllIlItlIfllliiiiiiiiiiitiiiiiiiiHiiiHiiiiiiiiiiiiiiiiii niiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiviiiiiiniiiiiiitMiiHiiiiitiHiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiitiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii' . DIMANCHE-ILLUSTRE »

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MAIS QU'ILS DI-

SENT QUELQUE^

CHOSE!

CONGRES

ne*

soutins

Copyright par Dimanche-Illustré.


DIMANCHE-ILLUSTRE •

Comment préparer te bain du nourrisson

?

AVER très proprement la petite baignoire

L à l'eau bouillante : y verser de l'eau bouillie

à 34-35° mesurés au thermomètre.

Poser l'enfant sur un linge bien doux, et le

savonner avec un morceau d'ouate et un

savon bien neutre ; mettre alors l'enfant au

bain, le rincer doucement en prenant garde

à ses yeux ; lui laver la tête très soigneusement.

Le sortir au bout de 5 minutes, l'essuyer

avec une serviette tiède, se servir toujours

de linge usagé pour ne pas blesser la

peau si délicate du bébé.

Faire une friction à l'eau de Cologne à 60".

Poudrer soigneusement surtout les plis avec

une poudre minérale, qui ne fermente pas.

Puis rhabiller l'enfant.

Le tout doit se faire dans une pièce bien

chaude et peu encombrée.

* «>

Ce qu'on entend, en histoire, par « Comité

européen » ?

E « Comité européen » était une association

L formée à Londres, en 1850, par des hommes

politiques de plusieurs pays. Il avait en

vue l'affranchissement des nationalités plus

ou moins opprimées, placées sous la dépendance

de divers Etats, européens. Les nationalités

étaient surtout polonaise, italienne,

allemande et autrichienne. Un autre but de

ce comité était d'aider à la fondation d'une

sorte de république universelle, mais il n'obtint

de succès que dans le domaine des nationalités

à libérer de quelque joug. Les principaux

membres étaient Ledrv.-Rollin (France):

Kos3uth (Hongrie); Struve (Allemagne),

et Mazzini (Italie).

«>

Quelles sont les grandes dates qui mar-

. quLiit les principales conquêtes ou défaites

de la Russie, au cours de son

histoire ?

E

N 1566, la Russie achève de coloniser la

Sibérie ; en 1657, elle annexe la Petite

Russie (Ukraine) et, en 1721, une partie

de la Finlande, avec la Latvie, la Lettonie

et l'Esthonie. Puis, en 1772, la Russie blanche,

la Volhynie et la Podolie ; en 1774,

la Crimée ; en 1801, la Géorgie : en 1813,

la Mingrélie et Bakou (Caucase). Ensuite,

de 1807 à 1815. le territoire de Bielostock,

la Finlande, la Bessarabie et une partie de

la Pologne. Enfin, en 1828. l'Arménie ; en

1829 la Kirghizie ; en 1864, le Caucase du

Nord ; en 1860, l'Amour, et, de 1864 à 1881,

le Turkestan.

Mais à la suite d'une guerre malheureuse

avec le Japon (1904-1905) terminée par le

traité de Portsmouth, elle a abandonné la

moitié de Sakhaline et perdu toute influence

en Corée. Enfin, à l'issue de la

Révolution de 1917, la Finlande, l'Esthonie.

la Lithuanie. la Lettonie, la Pologne se sont

détachées d'elle, et la Bessarabie est passée

à la Roumanie.

^

Ce qu'on appelle la « guerre du Pacifique

» ?

A LONGUE et sanglante lutte armée qui. de

L 1879 à 1884. opposa le Chili à la Bolivie

et au Pérou. Le Chili sortit victorieux de

cette guerre, le Pérou lui cédant, par le

traité d'Ancon. des territoires riches en salpêtre,

et la Bolivie perdant accès à la mer.

D'où la fameuse question de Tacna et

d'Arica. qui acres plus :eurs arbitrages, fut

en partie résolue en 1929.

®

Comment enlever les taches de sueur sur

les tissus blancs de laine, soie et coton ?

AVER avec de l'eau additionnée de savon

L liquide. Au cas ou les taches persisteraient,

appliquer une solution d'eau oxygénée,

dans laquelle on verse quatre cuillerées

à café de perborate de soude, par litre. Si

la tache est encore apparente, renouveler

cette application ; rincer à l'eau claire. Ne

jamais tordre la laine ou la soie, mais laisser

égoutter.

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oouillon Goût exquis Belle couleur dorée.

SI VOTRE

VOUS OBLIGE

A TOUT REFUSER

Avoir faim et ne pouvoir manger ! Voir approcher

l'heure des repas avec angoisse! Quelles

douleurs t Quels supplices qui auraient pu être

évités ! Tous ceux souffrant de maux d'estomac

attesteront que s'il y a des souffrances plus aiguës

aucune n'est aussi déprimante. Une petite

dose de poudre ou deux ou trois comprimés de

Magnésie Bismurée dans de l'eau dès les premiers

symptômes de troubles digestifs rendront

en effet, ce martyre inutile. Ces nausées, ces

lourdeurs, ces crampes, ces brûlures d'estomac

et ces somnolences ne résistent pas plus de

quelques minutes à la Magnésie Bismurée qui

neutralise presque instantanément l'excès d'acidité,

arrête la fermentation et adoucit les muqueuses

délicates de l'estomac

La Magnésie Bismurée, agréable à prendre,

est le remède souverain contre tous les troubles

digestifs quels qu'ils soient.

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je voudrais

bien savoir...

CE QU'ON PEUT VOIR DE NEUF A L'EXPOSITION ?

E Musée des monuments français vient

L d'être reconstitué dans une aile du nouveau

Trocadéro. C'est l'ancien musée de

sculpture de l'ancien palais. Actuellement,

considérablement amplifié dans un cadre

agrandi il constitue une magnifique rétrospective

de la sculpture française depuis 1 époque

gallo-romaine jusqu'à la Renaissance.

Après les salles d'art romain( portails de

Languedoc et de Bourgogne), les plus beaux

éléments de la statuaire de- nos cathédrales

gothiques, il vous achemine : par le florilège

des œuvres les plus marquantes des

quatorzième et quinzième siècles, vers la période

où commença à se manifester sur notre

Où et quand pêcher l'écrevisse ?

L existe, en France, deux sortes d'écrevisses:

I celle à pieds rouges et celle à pieds blancs.

La première se tient de préférence dans les

eaux assez profondes, un à deux "mètres, à

courant peu rapide tandis que la seconde recherche

les eaux froides, très courantes, peu

profondes, à fond caillouteux. Cette dernière,

plus vagabonde, se plaît surtout dans

les remous ; Vile se déplace pour ainsi dire

constamment aussi bien le jour que la nuit.

Les deux ont besoin d'une eau calcaire pour

la formation de la carapace. Les écrevisses

recherchent les endroits sombres, abrités,

comme le côté sud des ruisseaux. Leur domaine

est sensiblement le même que celui

de la truite. Elles sont plus répandues .dans

les eaux qui coulent de l'Est à l'Ouest ou

réciproquement que dans ceKes à direction

nord-sud. En Se;ne-et-Marne, le Grand-Morin

(entre Coulommiers et La. Ferté-Gaucher), la

Vères et l'Angueil coulent de l'Est à l'Ouest :

en Seine-et-Oise, l'Yvette, l'Orge, la Renarde

ont un long parcours Ouest-Est.

Sauf interdiction spéciale des_ préfets, la

pêche de l'écrevisse est autorisdée depuis le

dimanche qui suit le 15 juin jusqu'au dimanche

inclusivement qui suit le 15 avril.

« «>

S'il existe une nouvelle réaction permettant

de juger rapidement la résistance

organique d'un sujet ?

A nouvelle réaction, dite de Faust-Zam-

L brini, est très intéressante. Elle permet

en quelques secondes de connaître la valeur

exacte de" la résistance d'un individu quelconque,

et de savoir s'il ne présente pas une

maladie infectieuse latente. Elle est basée

tout simplement sur l'exàmen de la salive du

sujet en question.

L'on met en présence 1 ce. de salive et quelques

gouttes d'un réactif spécial, dit de Zambrihi.

Suivant la teinte exacte prise par le

liquide, on apprécie, grâce à une échelle colorimétrique,

la résistance du sujet.

Plus la teinte est pâle, plus le sujet est

résistant.

Cet examen permet également, grâce à la

présence d'un «collet», de reconnaître une

infection, qui parfois n'est pàs ençdre déclarée.

-Cette réaction paraît avoir rendu de

grands services dans les écoles et dans l'armée,

en certains pays. Elle paraît aussi précieuse

à utiliser nour déterminer-la-résistance

exacte des sportifs.

Quel est l'inventeur de la dynamo ?

ous DEVONS la dynamo à Gramme, inven-

N teur né à. Jenay-Bodegnee (Belgique) le

4 avril 1826. FraDpé car les phénomènes de

l'induction électrique, il en chercha la cause.

Engagé chez Ruhmkorff. il constata le parfait

accord de ses hypothèses avec celles de

savants illustres et construisit une machine

devant produire régulièrement des courants

électriques de grande intensité. Cette machine

offrait l'aspect d'un fer à cheval entre

les côles duquel tournait, au moyen d'un

système d'engrenages, un anneau de cuivre ;

deux axes de cuivre rouge jouaient le rôle

de frotteurs servant de collecteurs aux courants

induits.

i «> ^.!^> " .

Comment se distinguent les phares les

uns des autres ?

E jour, les phares se distinguent entre

L eux, par leur situation géographique, la

caractéristique architecturale" de leur tour,

leur hauteur et la façon "dont ils ont été

peints. Par exemple, le phare de la jument,

à Ouessant a un groupe de trois éclats rouges

toutes les 15 secondes, une tour octogonale

d'une hauteur de 36 mètres. Quand on

ne voit pas les phares à cause du mauvais

temps, on peut tout de même identifier ceux

qui ont une sirène de brume.


Quels sont les chiffres de superficie et

de population de la Chine et le nombre

d'habitants des villes de Shanghaï et

de Nankin ?

A superficie totale de la République chi-

L noise est de 11 millions de kilomètres

carrés, soit un peu plus que le chiffre de

la superficie de l'Europe. La population est

d'environ 460 millions d'habitants. Nanking,

qui est la nouvelle capitale de la Chine nationale

a 450.000 habitants, et Shanghaï

près de 3 millions, dont une trentaine de

mille Européens ou Américains.


Quand aura lieu le concours de commissaire

de police stagiaire de la Sûreté nationale

?

E concours de commissaire de police sta-

L giaire de la Sûreté nationale aura lieu

les 8 et 9 novembre. Les inscriptions seront

closes le 10 septembre, au ministère de l'Intérieur.

Les candidats doivent avoir au moins

22 ans et au plus 30 ans au 1" janvier 1937.

Us doivent être pourvus du baccalauréat ou

de la capacité en droit ou du brevet supérieur.

Le concours comporte des épreuves de

Droit constitutionnel, administratif, pénal,

politique.

sol l'influence de la Renaissance italienne.

Une troisième galerie recevra les autres oeuvres

de la Renaissance au XIX' siècle.

Le pavillon dé la presse. — L'Exposition se

devait de présenter complète la rétrospective

de l'information depuis la reconstitution

de l'ateKer de Gutenberg. le premier

imprimeur, et du cabinet de Theophraste Renaudet.

le premier journaliste, jusqu'à ses

toutes dernières formes qui sont le belmographe

et le radioreportage. Et l'on y peut

mesurer l'intensité de l'effort continu que

l'homme a consacré à la satisfaction du premier

et du plus essentiel dé ses besoins :

savoir.

Recette du ratafia de cassis ?

MPLISSEZ à moitié un bocal en verre ou en

E grès avec des baies de cassis bien mûres.

Ajoutez quelques feuilles de cassis, un peu

de canelle et quelques clous de girofle.

Finissez de remolir le vase avec de l'eaude-vie

blanche. Faites macérer six semaines

Ajoutez trois à quatre décilitres de sirop

à 30 degrés pour chaque litre de liqueur et

filtrez.

« "

Si la coutume de se colorer les ongles est

d'origine moderne ? '

N a prétendu que cette mode serait d'ori-

O gine assez récente et aurait pris naissance

en Amérique dont certains citoyens voulaient

dissimuler leur ascendance noire eh se passant

les ongles à la teinture.

C'est là \ine théorie acceptable. Mais il ne

faut Das" oublier que les dames égvptiennes

se coloraient leurs ongles et qu'en agissant

ainsi elles ne faisaient qu'imiter ies mandarins

chinois lesquels., mille ans avant notre

ère. usaient de ce procédé.

■ En Europe, à l'époque du moyen âge. la

mode des ongles émaillés a régné pendant

longtemps et ne disparut guère qu'à l'époque

de la Réforme.

En Angleterre, elle persista nliîs longtemps

jusqu'au moment où la reine Victoria manifesta

son mécontentement à la vue des dames

de l'aristocratie dont les ongles étaient passés

au colorant.

Comment on procède pour fabriquer des

objets en matières plastiques moulées

par pression ?

N applique sur une surface d'aluminium

O et par un procédé connu, une. couche de

gélatine ayant un relief déterminé, on recouvre

les parties métalliques exemptes de gélatine

d'une couche d'oxyde et. après élimination

de la gélatine, .on dépose sur les parties

non oxydées, et bonnes conductrices, une

couche de cuivre ou d'un autre métal approprié.

La matrice ainsi réalisée sert de moule

pour des matières plastiques quelconques.

;'.|: «■ ~e> \ .. ? . ■ :

Ce qu'on entend par «comitat »?

E mot- désigne une subdivision administra-

G tive de la Hongrie, laquelle est, en effet

morcelée en comitats, qui présentent quelque

analogie avec les comtés anglais. Ils

ont en effet un statut spécial, une vie administrative

particulière qui les autorisent à

nommer eux-mêmes ceux de leurs fonctionnaires

subalternes qui exercént des fonctions

dans les circonscriptions de chaque cqmitat.

Quels sont les plus grands arbres du

monde ?

ES plus grands arbres du monde poussent

L en Tasmanie, sur ies bords d'un lac situé

au pied du mont Wellington, ce sont

des eucalyptus géants. Un de ces arbres

ayant été abatty par un ouragan, tomba

dans le lac. Il fallut 50 chevaux pour ramener

l'arbre sur la rive et l'allonger parallèlement

au laci Ses dimensions étaient

les suivantes : hauteur, 145 mètres ; à sa

base le tronc mesurait 45 mètres de circonférence

et il fallait vingt-huit hommes' se

tenant par la main, les bras étendus, pour

l'entourer complètement.

La différence de sens entre les mots

« boutique » et « magasin »? '

E deuxième mot représente une installa-

L tion plus importante : « Les Grands

Magasins de... » Le premier est plus familier.

« A la boutique ! » appel familier

du client qui ne trouve personne.

Un peu méprisant : En voilà, une bou

tique !

Mais la différence essentielle est celle-ci.

Un magasin est une boutique occupée. Une

boutique est un magasin vide.

On ne voit jamais l'inscription « maga

sin à louer ». Mais toujours « boutique à

louer ».

■$>

Qui était le prince Danilo de Monténégro

à qui succéda Nicolas I", dernier roi

de cet Etat aujourd'hui disparu ?

TAANILO I", né dans les environs de Cattaro

U en 1826, appartenait à la famille des Petrovitch,

qui. au cours des siècles précédents,

avait fourni des princes-évêques au Monténégro.

Avec l'aide de la Russie, il succéda, en

1851, à son oncle, mais sans prendre l'habit

religieux, comme les princes qui l'avaient

précédé. Il reconnut la suzeraineté du tsar et

soutint plusieurs guerres contre la Turquie

jusqu'au jour où il obtint des puissances de

marquer les limites entre ce pays et la principauté.

Entre temps, il avait épousé Mlle

Knikitch, fille d'un banquier de Trieste. Il

mourut en 1860, assassiné à Cattaro, par un

Monténégrin exilé pour s'être converti à

l'islamisme. Nicolas I" ou Nikita, son sucsesseur

et neveu, est mort il y a peu d'an

nées.

LE 5 SEPTEMBRE 1937 « -

Quand aura lieu le concours de rédacteur

au ministère des Finances ?

E concours de rédacteur à l'administration

L centrale du ministère des Finances aura

lieu le 16 novembre, les inscriptions seront

closes le 30 septembre. Les candidats doivent

être âgés de 20 ans au moins et de 30 ans

au plus et être pourvus du baccalauréat ou

d'une licence. Les épreuves du concours comportent

des compositions d'économie politique,

d'organisation constitutionnelle, administrative

ou financière, de législation fiscale,

d'arithmétique, de géographie et des interrogations

facultatives de langues étrangères :

anglais, allemand, italien, espagnol.

«■

Quelles sont les contrées qui forment la

Tchécoslovaquie, constituée en Etat

indépendant en vertu des traités de

lglg, et quelles sont les minorités

ethniques de ce pays ?

ES pays formant la République tchécoslo-

L vaque sont la Bohême, la Moravie-Silésie

et les territoires de la Russie subcarpathique.

Les minorités sont composées de 3 millions

d'Allemands, 750.000 Hongrois, 80.000 Polonais.

500.000 Russes et Ukran^ens. Le chiffre total

de la population est d environ 15 millions

d'habitants.

«> *

Comment on imperméabilise les pellicules

cellulosiques ?

N imperméabilise les pellicules ou feuiHes

O de cellulose, de gélatine, de dérivés cellulosiques,

etc., en leur appliquant une solution

de nitroeel'lulose ou d'un autre dérivé

cellulosique dans un solvant organique, solution

qui contient également un plastifiant,

du caoutchonc chloré et une cire. La quantité

de cire doit être supérieure à 10 % des

constituants solides du mélange.

. ■ •

Quelles sont les formalités requises pour

le mariage ?

NE formalité essentielle est le consente-

U ment des parents pour les personnes

mineures. Nul ne peut, en effet, se marier,

étant mineur sans y être autorisé, soit par

les parents soit s'ils sont divorcés par celui

qui en a la jïarde.

En cas de décès des père et mère,, c'est

aux grands-parents que passe le droit de

consentir au mariage, et en cas d'absence

totale d'ascendants c'est au conseil de famille

à décider.

Dans le cas d'un enfant naturel, le. consentement

doit émaner de celui des parents

qui exerce la puiesance paternelle.

Ce consentement des parents est indispensable

jusqu'à l'âge de vingt-et-un ans révolus.

L'officier de l'état civil qui procéderait

au mariage sans consentement serait passible

de poursuites.

En outre du consentement, la' loi exige

la publication par voie d'affiche apposée

à la porte de la mairie, comprenant le3

nom, prénoms, domicile et résidence des

futurs époux, ainsi que le lieu du mariage.

Le mariage ne peut avoir lieu que 10

jours après, ces publications.

®


» LE 5 SEPTEMBRE 1937 HIIHIIHIIIItll|||||||||HltllMII|IIItl»«M1ftMIIIIIIIIIIMIIHIMItlllllltftllllfllHlllllllllllllini } \ IIIIIIIIIIIIIIIIIIIMIMItHIItlIIIIIIIIIMIIIIIHIIMil ttt IMIIItMIItlMHHItHMMtlMMIMMIM 111111(1 DIMANCHE-ILLUSTRE

UN ANNIVERSAIRE

PAR SEMAINE

LE 3 SEPTEMBRE 1783,

LE TRAITÉ DE VERSAILLES METTAIT FIN

A LA GUERRE D'AMÉRIQUE

NVIRON neuf ans auparavant, le 5 septembre

E 1774, le premier congrès continental, à

ia demande du Massachusetts, avait réuni à

Philadelphie tous les initiateurs du mouvement

d'indépendance : Samuel Adams, Patryck

Henrv. Jefferson, Benjamin Franklin

et George Washington. La France s'était généreusement

mise aux côtés des colonies insurgées

et les avait aidées à conquérir leur

indépendance. A Versailles, celle-ci fut officiellement

consacrée dans les limites ciaprès:

à l'ouest le Mississipi, au sud la rivière

Sainte-Mary et le 31" degré de latitude ; l'Espagne

recouvrait Minorque et la Floride ;

la France reprenait les cinq villes de l'Indoustan,

Saint-Louis du Sénégal et Gorée, St-

Pierre et Miquelon, Tabago et Sainte-Lucie ;

elle retrouvait le droit de fortifier Dunkerque.

Elle v avait trouvé pour ses armés un orestige

incontesté.

CURIOSITÉS

PUISATIERS D'HIER ET D'AUJOURD'HUI

ON SAIT quelle importance a l'eau pour

les populations des régions désertiques.

L'épisode de Moïse frappant le rocher de

Sinaï est à cet égard d'un symbolisme éternell.

En Algérie, avant la conquête française,

le soin de creuser jusqu'à atteindre Babar

Tath el Erd (la mer au-dessous de la terre)

appartenait à une confrérie très respectée,

divisée en meallen (savants) et r'tassin

(plongeurs). Le métier de ceux-ci était plein

de dangers — aussi n'y avait-il plus en

18541 dans l'oued Rir que 3 meallem et 12

plongeurs.

Ce fut en 1856 à Tamerna qu'un sondage

effectué par un détachement de légion

étrangère opéra un premier miracle ; une

véritable rivière de 4.000 litres de débit fut

libérée. Depuis lors, de multiples sondages

et forages ont été exécutés d'une part par

l'administration, d'autre part par des entreprises

spécialisées.

CENTENAIRES

LE BARON LOUIS

E 26 AOUT 1837 mourait à Bry-sur-Marne

L une très grande figure d'homme de

finance : le baron Louis. Né à Toul en 1755,

il avait été d'abord prêtre et, comme Talleyrand,

partisan des idées nouvelles. Puis

ayant émigré en 1791 en Angleterre; il y

avait soigneusement étudié les questions

financières. De 1814 à 1831, il fut cinq fois

ministre des Finances. Il avait nettement

perçu les inéluctables lois qui mettent

étroitement le crédit public sous la dépendance

de la politique suivie et de la probité

de ceux qui ont à charge de gérer l'Etat.

« Faites-moi de bonne politique, je vous ferai

de bonnes finances. » « Gouvernez bien et

vous ne dépenserez jamais autant d'argent

que je pourrai vous en donner. » « Voulezvous

qu'un gouvernement tienne, qu'il tienne

lui-même ses engagements »... Voici quelques-unes

des phrases, souvent citées, dans

lesquelles le baron Louis exprimait ses doctrines

économiques. Et de fait, avant et

après les Cent-Jours, le baron Louis et son

successeur le comte Carvetto défendirent

énergiquement le crédit de l'Etat contre

LE BARON LOUIS

une proposition de remboursement immédiat

et forcé des créances en 5 % au pair.

Toutes les dépenses restant à ordonnancer

furent englobées sous une rubrique générale

d' « arriéré antérieur au 1" avril 1816 »,

et liquidées conformément aux lois existantes.

Aussi vint-on à bout honnêtement,

par l'emprunt, des difficultés" financières

qu'avaient entraînées la chute de l'Empire

et la défaite.

L'éminent homme d'Etat fut nomme pair

de France en 1832.

profitons de nos

loisirs pour nous

instruire un peu

Heures de travail et heures de joie

L'ÉCOLE NATIONALE DE LA FRANCE D'OUTRE-MER

ET LES «COLOS»

NE PORTE D'ENTRÉE très Afrique du Nord,

U assez inattendue dans cette paisible

avenue de l'Observatoire, qui est un des

coins les plus rêtirés du Quartier latin, une

EN HAUT : L'ENTRÉE DE L'ECOLE NATIONALE

DE LA FRANCE D'OUTRE-MER, AVENUE DE

L'OBSERVATOIRE. — Au MILIEU : LA GALERIE

D'HONNEUR AVEC, AU PREMIER PLAN, LES

BUSTES DE PAVIE (A GAUCHE) ET DE FRANCIS

GARNIER (A DROITE). — EN BAS : LES ÉLÈVES

DE « L'ENFOM » ET CEUX DE L'ECOLE COLO-

NIALE D'ANVERS, FRATERNELLEMENT UNIS

DEVANT LA TOMBE DU SOLDAT INCONNU.

galerie d'honneur tout entourée de bustes

d'illustres grands anciens « colos » ou coloniaux

d'hier, qui firent grande la France

d'outre-mer, et d'énigmatiques bouddhas en

exil, une tour carrée qu'on croirait celle

d'un palais tunisien, voilà quelques-uns des

caractères architecturaux de l'Ecole nationale

de la France d'outre-mer, de l'« Enfom »

qui a, depuis M. Rollin, succédé à « colo ».

Là se forment, en trois ans, pour les administrateurs

des colonies et de l'Indochine,

deux seulement pour les magistrats

coloniaux, les contrôleurs civils du Maroc

et de la Tunisie, les administrateurs des

communes mixtes d'Algérie, les jeunes

hommes qui auront la belle et noble tâche

de gérer, au nord de la République, l'immense

empire qui lui vaut tant de jalousies,

d'y faire régner la justice et le progrès

social sous les plis du drapeau tricolore. Ils

s'y trouvent réunis en trois promos, de 40

à 60 l'une, recrutées par un concours auquel

on se prépare dans les classes de « colo »

de certains lycées, surtout de province et

pour lequel il faut justifier notamment de

connaissances juridiques, historiques et géographiques

des plus sérieuses. Chaque année,

250 à 300 candidats l'affrontent.

L'origine de l'Ecole coloniale fut dans

une grande idée de l'explorateur Pavie et

du gouverneur Bégin : il s'agissait de recevoir

à Paris de jeunes Cambodgiens et de

leur donner, en même temps qu'une éducation

française, une connaissance parfaite

de notre pays, de sa langue et de sa société.

L'hôtel de Saxe, rue Jacob, fut affecté, en

1886, à ce? boursiers de l'Indochine, pour lesquels

la capitale s'éprit du plus* cordial enguement.

Mais, lorsqu'il s'agit de donner à

l'institution une consécration officielle, de

vives polémiques s'engagèrent, et M. Dislère,

qui estima qu'il y avait plus d'urgence

à créer une pépinière de fonctionnaires coloniaux,

put faire admettre son point de vue.

Ainsi fut créée, en 1889, l'Ecole coloniale

qui, de résidence en résidence, vint demeurer

en cet hôtel créé tout exprès pour elle

dans un stylé digne à la fois de son but et

de son destin. Aussi son buste est-il le premier

de ceux qui vous accueillent dès l'entrée

à l'Ecole, juste hommage rendu à celui

qui en est le père incontesté.

Les études des futurs administrateurs

embrassent toutes les connaissances nécessaires

à ceux qui seront demain en face du

monde indigène, les grands commis de la

France : droit et langues indigènes, médecine

coloniale, géologie, zootechnie et botaniques

exotiques, etc.. H seront à même, à

leur sortie et suivant leur chanson La coloniale

« de porter la science au pays des

bambous-bous-bous » et aussi... qu'on se

souvienne de la mort héroïque de l'administrateur

Bernard, tué le 16 janvier 1935,

et dont le nom est fièrement porté par toute

une promo... de mourir « pour avoir fait

jusqu'au bout leur métier, oui leur métier » !

Très traditionnalistes, les « Enfom » ont

le culte des morts, des leurs et de tous ceux

de France. Lequel d'entre eux pourrait affirmer

qu'il atteindra sans incident de route

l'heure de la retraite. Pour un tel destin, il

faut des âmes fortement trempées, comme

celle du gouverneur Van Vollenhoven, dont

une salle de l'Ecole porte le nom. Et quand

on y songe, on comprend mieux l'indépendance

dont font montre, dans les cours préparatoires,

certains candidats, souvent pour

le désespoir de la « strasse », de l'administration

des lycées.

Très seyant, l'uniforme des « colos »

s'apparente à celui des élèves de l'Ecole

navale. A l'instar de la galette pour le

Cyrard, leur rêve est la patte d'épaule de

l'administrateur de troisième classe, portant

HOMMES ILLUSTRES

DE NOTRE TEMPS

XXI. QUARANTE DE L'ACADÉMIE

M

JOYAU GEORGES. Né à Orléans le 31 mai

. 1869, M. Georges Goyau est un de nos

grands écrivains catholiques. A l'Ecole Normale

supérieure, dont il sortit en 1891, agrégé

d'histoire, il se distingua par une Chronologie

de l'Empire Romain qui est de cette

période une des sources les plus certaines.

Mais en 1892, dans un petit livre, du Toast à

l'Encyclique, il brossait une véritable apologie

des doctrines de Léon XIII. Puis ce furent

des oeuvres maîtresses consacrées au catholicisme

social : Le pape, les catholiques et

la question sociale Autour du Catholicisme

social, les premières d'une œuvre considérable

et d'une surprenante activité intellectuelle oui

s'est exercée dans les ordres les plus variés.

A succédé en 1922 à Denys Cochin dans le

in" fauteuil qui fut initialement celui de

Ph. Habert, poète français (1605-1637).

(Bio.qravhie publiée dans l'ordre alphabétique.)

ancre du marsouin et croissant fatidique.

A l'école même, leur joie est de faire partie

du voyage de Pâques en Afrique du Nord,

récompense des mieux notés. La plus parfaite

camaraderie unit « colos » et anciens

arrivés, et le gala monstre qu'annonce

d'ores et déjà 1' « Enfom » pour 1938 est

assuré d'être un succès. A. LORBEIiT.

ACTUALITÉS

ROBERT PLANQUETTE, JOSEPH RAUSKI

ET LA MARCHE DE « SAMBRE-ET-MEUSE »

N VIENT de célébrer, à Pau, avec faste,

O à grands renforts de ces musiques militaires

qui « versent l'héroïsme au cœur

des citadins », le centenaire de Joseph

Rauski qui y fut, de 1871 à 1893, chef de

musique au 18c régiment d'Infanterie. Hommage

de fort bon aloi, car Rauski fut un des

créateurs de la célèbre marche militaire

française de Sambre-et-Meuse, Robert Planquette

étant l'autre.

Notre rédacteur en chef, M. Camille Ducray,

a raconté ici la curieuse vie de l'immortel

compositeur des Cloches de Corneville,

de Rip et de Surcouf. Si Robert Planquette

arriva, par son talent, à une fort

agréable fortune, ses débuts furent plutôt

impécunieux et la chanson que devait orchestrer

Rauski après qu'elle eut été créée,

en 1867, par Fugère, à Ba-ta-clan, fut cédée

par lui « pour tous droits » à un éditeur

de musique pour une somme infime... de quoi

traiter un ami qu'il avait invité à déjeuner.

L'œuvre laisse à chacun sa part de gloire

dans l'enflammante composition : à Robert

Planquette le chant populaire, à Rauski le

pas redoublé, à A. Turlet la transcription'

pour orchestre.

Elle ne fait pas mention toutefois du

kapellmeister allemand qui reçut de l'empereur

Guillaume — c'était avant la guerre

— la mission d'adapter Sambre-et-Meuse

(que Hansi écrivait « Sambrémces »), aux

fifres et aux tambours plats des musiques

militaires d'outre-Rhin. Cet hommage de nos

voisins à l'extraordinaire qualité de l'œuvre

n'a riea de négligeable.

SCIENCES NATURELLES

LE DRAGON VOLANT

LE DRAGON VOLANT (Draco Volans) appartient

à cette grande et belle famille des

Agamidés complètement étrangers à nos

continents, mais qui ne compte en Insulinde,

Australie, Afrique, pas moins de 200 espèces.

Le dragon volant est une des plus belles,

et il est fort regrettable de n'en pouvoir

donner qu'une photo noire, tant il est orné

DEUX SPÉCIMENS DE DRAGONS VOLANTS

de couleurs changeantes : vert, brun, rouge,

rose, le tout souligné de taches et de raies

sombres. Quand il s'élance d'un des arbres

qui sont son habitat ordinaire, sur un insecte-proie,

on croirait voir évoluer quelque

énorme et prestigieux papillon. Mais le dragon

volant n'est qu'un lézard, curieusement

pourvu d'une sorte de parachute, monté sur

les premières côtes très mobiles de l'animal,

et se repliant au repos à la manière d'un

éventail. Porté par cette membrane chatoyante,

le dragon volant fait des bonds

planés pouvant couvrir des distances de

9 mètres. Sa taille peut atteindre 20 centimètres.

Il habite la couronne des arbres,

dont sa femelle recherche les trous pour y

pondre. Très répandu dans l'île de la Sonde

et dans la presqu'île de Singapour.


■uiuiiimi Y) \ IV[ A Ni C H VI = \ L.LU S I R [ : iiiiiiiiiiiiiiuiimii IIIIIIHHMHIHMIIII MIIIIIIMIIIIII iiiiiMiiiiiii"iiiitiiiiiin 12 "•*


HHtiiiitiii LE 5 SEPTE Al R R R 1937 > iiiiiiimiimtiiiimmiMfiii rtimiimniimimiiiiiMi iiiiimniHiiiiiiiiiiifin 13 imiiiHMiiiMMiiiiiiiiiimMHiiiwifiiiHiimiiiiiiiHiimiMiiiiiiiM imm i DIM ANCH E = ILLU STR.E »M»MHIHII

LiVciniulfi'

ihik /

\ ■—V I | ■ I ■

QUARANTIÈME ÉPISODE

LUCRECE BORGIA

M

RÉSUME DES EPISODES PRÉCÉDENTS.

— La famille Rikiki, invitée par

un inventeur loufoque, fait un

voyage au « bon-vieux-temps » à

bord de « L'Ecrevisse-à-rebrousserles-siècles

». Après d'extraordinaires

aventures à l'Age-de-Pierre, au

Temps du Déluge et de la Tour de

Babel, de la Rome de Néron, de la

Grèce antique et de la Gaule préhistorique,

etc., etc.. A la suite d'une

panne de « l'Ecrevisse » sur l'Océan,

la famille Rikiki rencontre Christophe

Colomb et découvre avec lui

l'Amérique. (Lire le début des aventures

dans le numéro du 6 décembre

1936.)

UN SINISTRE MENU

(L'intérieur de l'Ecrevisse

à-rebrousser-les-siècles. )

RIKIKI. — Après notre découverte

de l'Amérique avec Christophe Co-

. lomb, nous avons pu quitter le

nouveau-monde et reprendre le chemin des

Batignolles à bord de « l'Ecrevisse-à-rebrousser-les-siècles

».

MARIE-BAS-DE-SOIE, grognant. — Oui, et

mon mariage avec Mathurin le gabier...

BOSSELÉ. — ...Est dans l'eau ! C'est le cas

de le dire pour un marin !... Mais à propos

d'eau, mon « Ecrevisse » est restée trop

longtemps en remorque derrière la caravelle

de Colomb. Ce bain prolongé a grippé le

moteur, rouillé la direction et enrhumé le

« cerveau-frein ». Je vous avoue que nous

marchons un peu au petit bonheur...

MME RIKIKI. — Pas en arrière, au moins ?

BOSSELÉ. — Non, en avant. Mon siéclométreur

marque l'année 1500. Mais, par

exemple, je me demande où nous allons atterrir?

Au fait, nous allons le savoir tout de

suite, car le «pétaradant du baradoum a des

ratés et il est temps de faire escale. Je freine,

je déclenche l'amortisseur-à-édredons » et

nous voici arrêtés.

M. RIKIKI, sortant de « l'Ecrevisse ». —

A première vue, je constate que nous sommes

dans une vaste cour...

DANIEL. — Oui, dans la cour d'un château,

petit père.

MARIE-BAS-DE-SOIE. — On doit être du côté

des cuisines. Ça sent rudement bon le fricot !

BOSSELÉ. — « L'Ecrevisse » atterrit toujours

dans les bons endroits !

Mme RIKIKI, avec aigreur. — Parlons-en !

Ah ! vous vous y entendez pour « empoisonner

» les gens avec votre maudite invention

!...

UN HOMME SOMBRE, ouvrant une porte, et

à lui-même. — Empoisonner les gens... C'est

sûrement notre homme ! (A Bosselé.) Dépêchez-vous

d'entrer. Vous êtes en retard !

La patronne vous attend.

BOSSELÉ. — Hein ?

L'HOMME SOMBRE. — Je vais donner des

ordres pour que l'on remise votre véhicule.

Suivez-moi. (Bosselé et la famille Rikiki suivent

« l'homme sombre » qui les conduit

dans une antichambre.) Attendez-moi ici. Je

vais prévenir la « signorina ».

M. RIKIKI. — La signorina ?... Tout me

porte à croire que nous sommes en Italie.

Si nous étions en Angleterre, il aurait dit

« miss ».

MME RIKIKI. — Je t'en prie, César, ne fais

pas ton Scherlock-Holmès !... Je suis inquiète...

je me demande ce qui va encore nous

arriver ?... Il a dit qu'on nous attendait...

L'HOMME SOMBRE, revenant. — Veuillez me

suivre. Lucrèce Borgia vous attend. (Il les

introduit dans une pièce.)

LUCRÈCE BORGIA, à Bosselé, sévèrement. —

Vous avez eu tort d'arriver directement par

la cour des cuisines. Vous risquiez d'être

occis par mes sentinelles, car tout étranger

surpris dans cette partie du Palais-Borgia

est mis à mort sur-le-champ. Je n'aime pas

qu'on mette le nez dans mes cuisines !...

Mais vous c'est différent, puisque

vous êtes le « chef » français

que j'attendais avec impatience !

(Montrant les Rikiki.) C'est votre

personnel, naturellement : aidecuisinier,

maritorne, servante et

marmiton.

M. RIKIKI. — Permettez... je...

BOSSELÉ, bas à Rikiki. — Chut !

Ne la détrompez pas ou nous

sommes perdus !

LUCRÈCE BORGIA, à Bosselé. —

3i je t'ai fait venir de ton pays

c'est que je désirais un « chef »

français pour rehausser l'éclat des

festins que j'offre à certaines personnalités

qui me gênent. La cuisine

française est renommée et je

tiens à ce que mes convives partent

avec une bonne impression... pour

l'autre monde ! Mes poisons subtils

n'altèrent nullement le goût

savoureux des plats recherchés

que je fais servir à mes invités.

Mais ne perdons- pas de temps. (A

Rikiki.) Toi, le « gâte-sauce »,

assieds-toi devant cet escritoire.

Je vais te dicter le menu à préparer

pour le souper de cette nuit.

(Rikiki obéit et écrit sous la dictée de Lucrèce

Borgia le menu suivant :)

Bouillon de onze heures

Hors-d'œuvre avariés

Homard à l'Americ-haine

Lard-senic

Poule au pot-assium

Haricots-verts-de-gris

Macaroni au gratin Borgia

Fromage tête-de-mort-au-rat

Saint-Honoré Lucrèce

Café Locuste

Eau-de-vie-triol

Tord-boyaux maison

BOSSELÉ. — Combien de couverts ?

LUCRÈCE BORGIA. — Chez les Borgia on ne

dit pas couvert. C'est un repas de trente cercueils.

J'ai en effet l'habitude d'offrir après

le repas ces modestes souvenirs en guise de

cure-dents à mes invités. Une bonne maîtresse

de maison doit tout prévoir pour assurer

le confort de ses invités !... Cela me

fait penser que mon « ordonnateur-des

soupers-funèbres » est à la noce de sa cousine.

(A Rikiki.) Tu le remplaceras. Avec

ton pourpoint noir tu as parfaitement le

costume de l'emploi. Ton travail est d'ailleurs

des plus faciles. A la fin du repas tu

t'avances dans la salle-à-manger et, tout en

soulevant la tenture qui cache les cercueils,

tu annonces simplement : « Messeigneurs,

vous êtes tous empoisonnés ! »

M. RIKIKI, sursautant. — Comment... Je...

Il faut que...

LUCRÈCE BORGIA. — Oui. Mais pas avec

une figure d'enterrement comme celle que

tu fais en ce moment. Avec un gracieux

sourire, bien chaud, bien gai, bien parisien !...

Il ne faut jamais attrister une fin de repas !

(A l'homme sombre). Et maintenant, qu'on

les conduise aux « cuisines-laboratoires »

du Palais-Borgia. (A Bosselé.) Et surtout,

« chef », ne mets pas de condiment dans les

plats. (Avec un sourire sinistre.) C'est moi

seule qui me charge de l'assaisonnement !

PRÉPARATIFS CULINAIRES

(Les cuisines du Palais-Borgia)

UN CUISINIER, chantant tout en coupant

une mortadelle en rondelles :

La mort dans la mortadelle

Rôde parmi les rondelles

Ne mord pas la mortadelle

Car tu es mort si tu mords

Si tu mords la mortadelle

C'est ainsi qu'est morte Adèle

Et moultes autres encor,

En mordant la mortadelle

Qui donne mort à qui mord

Ne mord pas la mortadelle

Car c'est la mort en rondelles...

(Il continue.)

Lucrèce Borgia paraît...

LUCRÈCE BORGIA, à Bosselé. — Chef ! le

souper est-il prêt ? Mes invités ne vont pas

tarder à arriver et je viens goûter les sauces

pour savoir si elles seront dignes de

leurs illustres palais ! C'est le devoir d'une

bonne maîtresse de maison ! (Elle prend une

cuillère et commence à goûter les sauces.)

Succulent ! Toutes mes félicitations, chef !

Il n'y manque que mon petit assaisonnement

pour que ce soit parfait ! (Elle saupoudre

les plats avec le contenus de divers flaçons

qu'elle sort de son aumônière.) L'assaisonnement

Borgia, rien de tel pour relever un

plat ! Voyons, « le bouillon d'onze heures »

est-il bien dégraissé ? (Elle goûte.) Parfait

! J'ai dû me séparer de mon dernier

cuisinier parce qu'il servait les soupes et les

sauces toujours trop grasses. C'était à soulever

le coeur ! Beaucoup de mes invités en

étaient incommodés jusqu'à la nausée !...

Quelle honte- pour une maîtresse de maison !

Je veux bien empoisonner délicatement mes

hôtes, mais je trouve incorrect de les écœurer

avec des plats mal dégraissés !

BOSSELÉ. — Oh ! avec moi, vous n'avez,

rien à craindre ! J'ai pris des leçons de cuisine

avec un teinturier et je fais le dégraissage

du bouillon à la benzine !...

LUCRÈCE BORGIA. — Per bacco ! Voilà une

recette qui me plaît !... Tu me la copieras !

Mais il est temps que j'aille rejoindre mes invités.

LE POISON DES BORGIA

(Deux heures plus tard.

La salle du banquet.)

L'HOMME SOMBRE, à Rikiki, qui attend, pâle

d'émotion, derrière la porte de la salle-àmanger.

— C'est le moment, c'est l'instant !...

Entrez faire l'annonce funèbre ! (Il ouvre la

porte et pousse Rikiki dans la salle du banquet

où trente nobles seigneurs achèvent

joyeusement de boire les liqueurs.)

M. RIKIKI, d'une voix émue et hésitante. —

Hum !... Messeigneurs... hum !... permettezmoi

de m'excuser... hum !... si je viens troubler...

hum !... hum !... la douce quiétude de

cette fin de repas... Mais... hum !... hum !...

je suis chargé de vous annoncer... hum !...

hum !... et croyez-bien que je ne suis responsable

de rien en cette pénible circonstance...

hum !... car, s'il n'avait dépendu que

de moi... hum !... et si j'avais eu l'honneur de

vous recevoir dans mon modeste appartement

des Batignolles...

LES INVITÉS. — Que dit-il ?... On n'y comprend

rien !... C'est sans doute un bouffon de

Lucrèce !

LUCRÈCE BORGIA, à part. — Ce Rikiki est

un cruel raffiné !... Il fait durer le plaisir,

et joue avec mes « empoisonnés » comme

le chat avec les souris !

M. RIKIKI. — Messeigneurs... hum !...

hum !... avant de vous apprendre la triste

nouvelle que je suis chargé de vous communiquer,

je tiens d'abord à libérer ma

conscience d'honnête homme !... Hum !...

hum !... Je tiens à vous affirmer que jamais

chez moi, aux Batignolles... il ne m'est arrivé

de déclarer aux Dumouchet, lorsqu'ils venaient

dîner le dimanche : « Messeigneurs,

vous êtes tous empoisonnés ! » Bien au contraire,

après le café — que Mme Rikiki fait

à merveille, soit dit en passant — je pliais

ma serviette et je disais cordialement à mes

invités : « Et maintenant, chers amis, passons

au salon, Virginie va nous jouer un

petit morceau de piano ! »

LUCRÈCE BORGIA. — Au fait, signor Rikiki !

Au fait !... La cruauté a des limites !

M. RIKIKI. — Ve'uillez donc m'excuser...

hum !... hum !... si contraint et forcé !...

hum !... je suis obligé de vous dire, avec tous

mes regrets et l'assurance de ma considération

la plus distinguée : « Messeigneurs,

vous êtes tous empoisonnés ! »

CHŒUR DES INVITÉS. — Diavolo !... Per

bacco ! Santa-Madona !... Nous sommes empoisonnés

! (Ils s'écroulent morts sur la table

les uns après les autres. )

LUCRÈCE BORGIA, à Rikiki. — Très bien,

signor Rikiki !... Mais tu as prolongé un peu

trop longtemps leur supplice, avec ton cruel

discours ! (Apercevant un petit vieillard qui,

seul de tous les invités, n'est pas tombé mort

sur la table et continue à siroter son verre

de fine comme si rien n'était. ) Damnation !

celui-là n'est donc pas mort ?... Répète-lui

l'annonce, Rikiki !

M. RIKIKI, s'approchant du vieillard. —

Monseigneur, vous êtes empoisonné !

LE JOYEUX-PETIT-VIEILLARD, qui comprend

mal. — Oui... Je vous remercie, je reprendrai

avec plaisir du Saint-Honoré !...

LUCRÈCE BORGIA. — Par l'Enfer ! Mais il

est donc sourd ?... Crie plus fort, Rikiki !

Dans le prochain numéro : RIKIKI ET JULIETTE

M. RIKIKI, hurlant. — Monseigneur, vous

êtes empoisonné !

LE JOYEUX-PETIT-VIEILLARD. — Qu'est-ce

que vous dites Attendez, signor... (Il

prend un énorme « cornet-acoustique » pendu

à sa ceinture et le porte à son oreille.) Parlez,

maintenant... J'écoute !...

M. RIKIKI. — Monseigneur, vous êtes empoisonné

!

LE JOYEUX-PETIT-VIEILLARD. — Empoisonné

?... C'est donc ça... je me disais aussi

que ma digestion était un peu pénible... Excusez-moi...

avec ma maudite surdité, je

n'avais pas entendu... Vous avez bien fait de

me prévenir que j'étais empoisonné, j'allais

rentrer chez moi sans me douter de rien!

Mais vous en êtes bien sûr, au moins ?

LUCRÈCE BORGIA, avec impatience.

Puisqu'on vous le repète depuis une heure,

vieil entêté !... (D'une voix tragique.) Le

poison des Borgia ne pardonne jamais !

LE JOYEUX-PETIT-VIEILLARD, verdissant soudain.

— Vous m'en direz tant... (Il s'écroule

foudroyé. )

SOMBRES PROJETS

(La chambre de Lucrèce Borgia,

le lendemain.)

LUCRÈCE BORGIA, à l'homme sombre. — Ce

Bosselé et ce Rikiki sont des imposteurs !

Le véritable cuisinier français est arrivé ce

matin. Je veux me venger de ces deux impudents

coquins !

L'HOMME SOMBRE. — Oui, mais soyez prudente,

Lucrèce ! Les Français sont nos alliés

dans la guerre actuelle et s'ils apprenaient

l'assassinat de leurs compatriotes...

LUCRÈCE BORGIA. — Sois tranquille. J'ai

la ruse et la prudence du serpent !... Oh ! la

voilà, l'idée merveilleuse !... Il faut faire piquer

ces étrangers par un serpent ! On croira

ainsi à un accident...

L'HOMME SOMBRE. — Oui. Mais possédezvous

un reptile céans ?

LUCRÈCE BORGIA. — Non. Mais j'ai dans

mon laboratoire secret une énorme peau de

boa constrictor. Maigre comme tu es il te

sera facile de te glisser dans cette peau de

serpent et d'aller piquer Bosselé et Rikiki.

L'HOMME SOMBRE. — Mais... ma morsure

n'est pas venimeuse ?...

LUCRÈCE BORGIA. — Non. Mais je vais te

fabriquer deux crochets à venin artificiels,

remplis de poison des Borgia, et ta morsure

sera plus dangereuse que celle d'un scorpion

!

UN SERPENT DANS LA NUIT

(Le parc du palais Borgia, le soir.)

BOSSELÉ. — Venez, Rikiki, accompagnezmoi

jusqu'au hangar de « l'Ecrevisse ». Je

vais essayer de la remettre en état.

M. RIKIKI. — Oui. Il faut la réparer en

toute hâte ! J'ai hâte de quitter ce palais

de la haine et du poison !... (Poussant un

cri.) Ciel !... Que vois-je ?... Un énorme serpent

surgit de ce massif et s'avance vers

nous en rampant ! Nous sommes perdus !

BOSSELÉ. — Non !... J'ai une idée ! (Il

sort un ocarina de sa poche.) Heureusement

que je suis premier prix d'ocarina de l'Académie

scientifique et musicale de Copenhague

! Je me souviens d'une mélopée arabe

que jouent les charmeurs de serpents pour

se rendre maîtres des reptiles. (Il joue la

mélopée sur son ocarina.)

L'HOMME SOMBRE, dans la peau de boa. —

Malheur ! Je suis tellement dans la peau de

mon rôle de serpent, que cette étrange mélodie

me trouble malgré moi !...

BOSSELÉ. — Le monstre est charmé ! Il ne

bouge plus ! Tuons-le ! (Il tire un coup de

revolver sur le faux serpent.)

L'HOMME SOMBRE, hurlant. — Je suis touché

! Je meurs !

M. RIKIKI. — La voix de l'homme som-

bre ! Encore une machination de Lucrèce

Borgia.

L'HOMME SOMBRE, expirant. — Oui... Je ne

;uis pas un véritable constrictor... (D'une

voix de plus en plus faible.) Pardon ! Ne...

me... conservez-pas... dans... un... bocal...

i'eau-de-vie !... (Il meurt.)

(Reproduction et adaptation

rigoureusement

interdites.)

Texte et dessins de

o

L


\

■ DIMANCHE=ILLUSTRE >»■ ■ >»»• Mil IMH m m M M I Il i M IIIIII i H II i iiiini llllllllllil M Min it 14 1 I I I I Klllllllllll U MM M M I I I I

BRIC-A-BRAC

INFORMATIONS DU MONDE ENTIER

UN CENTENAIRE

N a fêté sans grand éclat, à Coupvray

O (Seine-et-Marne), le centième anniversaire

de l'invention d'un enfant du pays,

Louis Braille.

Louis Braille, né en 1809, perdit la vue

à trois ans à la suite d'un accident. Elevé à

•l'Institut des Jeunes aveugles, il découvrit

en 1825, à seize ans, la sténo imaginée par

Charles Barbier sous le nom d'écriture nocturne,

pour des fins militaires, et imagina

d'en tirer un alphabet pour les aveugles.

En disposant six points de soixante-trois

manières différentes, il traduisit tous les signés

alphabétiques, ainsi que toutes les notations

musicales, les chiffres, les signes algébriques

et les signes sténographiques. Il

inventa également la tablette d.e zinc creusée

de sillons sur laquelle l'aveugle fixe son papier

qu'un poinçon peut couvrir d'écriture

en relief.

Il fallut vingt-cinq ans pour vaincre la mé-

Suitc de ia page 5

DAGUERRE ET LES TROIS NIEPCE

On n'a, au surplus, jamais rien su de précis

sur leur collaboration jusqu'au jour de la

mort de Niepce, décédé subitement le 5 juillet

1833, à Chalon, en laissant à son fils le

soin de poursuivre sa tâche si laborieusement

commencée.

Daguerre, dépositaire du secret de l'invention,

fait alors progresser les travaux

et, le 19 août 1839, le grand savant Arago

expose à l'Académie des sciences ce qu'est

la « daguerréotypie ». L'enthousiasme gagne

le pays, puis le monde entier, et le 30 juillet

de la même année, après plusieurs refus

opposés par Daguerre aux offres brillantes

de pays étrangers, le brevet du « daguerréotype

» sera acheté par l'Etat français,

moyennant deux rentes viagères attribuées

à l'inventeur et au fils de Niepce.

Tout le monde va voir, chez Susse, au

passage des Panoramas, le premier portrait

obtenu, et c'est alors la grande vogue, chacun

voulant avoir son appareil. Les droguistes

débitent le bitume de Judée par quantités

industrielles, en dépit de la durée encore

très longue de la pose en plein soleil, la tète

appuyée à un support métallique !

Mais la même année, le diorama de

Daguerre sera détruit par un incendie et

l'inventeur, ruiné et endetté, s'établira sur

les boulevards pour y donner des leçons de

pose et échapper à la gêne qui le menace.

Et il mourra en 1851, à Bry-sur-Marne,

après avoir vécu quelques années d'une

aisance relative.

Et nous voici amené à parler de Niepce

de Saint-Victor, cousin de Nicéphore, et qui,

né à Saint-Cyr, près de Chalon, en 1805,

s'était intéressé, lui aussi, aux recherches

scientifiques et, plus particulièrement, à la

mise au point du procédé photographique.

Ce travailleur infatigable perfectionna

considérablement l'œuvre commune de son

cousin et de Daguerre, modifia la fabrication

des plaques et fit faire à la photographie

les très grands progrès à qui elle doit

aujourd'hui sa vulgarisation. Il réalisa, en

outre, de remarquables travaux dans le

domaine de la reproduction en couleurs,

parvenant à obtenir le vert, le bleu, le jaune

et le noir, mais pour une courte durée seulement.

Enfin, la photogravure lui doit beaucoup,

car, dès 1853, il fit connaître la méthode

propre à transférer sur acier un cliché

photographique. Il mourut à Paris en 1870,

après avoir connu les honneurs et reçu de

nombreux prix de l'Académie des sciences.

Ainsi, les quatre hommes se trouvent unis

dans la même gloire, car c'est à leur ténacité

et à leur désintéressement qu'est due

l'une des plus prodigieuses découvertes du

siècle dernier. Et si, quand elle est devenue

d'un usage courant, une invention paraît

toujours simple à ceux qui n'ont le plus souvent

qu'à presser sur un bouton pour actionner

un déclic, on doit, pour juger de la

somme d'efforts fournis par les inventeurs,

se reporter, par l'imagination à la période

« héroïque » où tout n'était encore que mystère...

DIDIER DARTEYRE.

SOLUTIONS OES DISTRACTIONS

PUBLIEES DANS LE DERNIER NUMÉRO

MOTS CROISÉ;

PLIAGE

^ c 1

> t s \\

I

t-


V>

LA POLYGRAPHIE

DU CAVALIER

Les villes légères :

Tulle, Liège et Bulle.

Qui a du :

Oi-tuve Feuillet.

fiance qui s'oDposait à la diffusion de cette

admirable méthode grâce à laquelle les

aveugler peuvent lire et écrire comme tout

le monde.

Le Miroir du Monde.

MILLIARDAIRES

L

'ANGLETERRE possède 824 millionnaires —

en livres sterling. L'un des plus renom-

més est lord Nuffield, le constructeur d'autos

qui possède une fortune de 20 millions de

livres et qui en a donné 7.250.00Q à diverses

fondations et œuvres philanthropiques. Lorsqu'il

commença à fabriquer des bicyclettes,

il avait dix-sept ans et son capital était de

5 livres.

_ Sir Henry Deterding, le roi du pétrole, possède

aussi 20 millions de livres. A ses débuts,

il était un petit employé et il -attribue ses

succès à l'observation et à l'intuition, comme

lord Nuffield au travail et à la prudence.

M. Gordon Selfridge, Américain devenu

Anglais était petit gratte-papier dans une

banque à quatorze ans, puis il gravit tous

les échelons dans un grand magasin : il a

aujourd'hui 5.000 employés sous ses ordres.

Sa fortune il la doit, dit-il, à l'honnêteté conjuguée

avec l'énergie.

Henry Ford est l'homme le plus riche du

monde, si l'on excepte les Indes. A ceux qui

veulent marcher sur ses traces, il donne ce

conseil : « Commencez petitement et surveillez

vous-même le travail. Faites mieux et

meilleur marché que les autres. »

L'OROBANCHE DU TABAC

The Daily Mirror.

I 'OROBANCHE ou nlutôt les orobanches qui

*-> attaquent le tab-ac sont des plantes parasites

oui occasionnent dans certaines région

de graves dégâts et peuvent être considérées

comme de grands ennemis du tabac.

A PROPOS DE BOTTES

Comment parler de bottes sans songer aux

cors qui font tant souffrir, et au Diable qui

vous délivre de ce supplice. « Le Diable » enlè\'e

les cors en six jours, pour toujours 3 fr. 95.

Toutes Pharmacies.

Ces orobanches se rencontrent un peu partout

: Europe moyenne, Europe méridionale,

Afrique du Nord, U.R.S.S.. Indes orientales,

Indes occidentales, Amérique du Nord, etc.

Parmi les espèces, on distingue : Phelipœa

Muteli Rent, orobanche Cernua Lcefl, orobanche

Annua Wallr, orobanche Ludoviciana

Nutt, mais la plus répandue et celle qui cause

le plus de dégâts c'est Vorobanche rameuse.

qui doit son nom spécifique à ce que ses

hampes florales sont ramifiées.

Ce n'est pas un parasite spécial au tabac ;

on le trouvait fréquemment iadis en France

sur les chènevières et en particulier sur celles

de la vallée de la Loire, où il fut l'une des

causes de l'abandon de la culture du chanvre

dans cette région.

Ce parasite est également assez fréquent

dans la culture de 1-a tomate, plante de terre

riche et à courte rotation. On le signale sur

le maïs, les raves, le melon, le trèfle, la vigne

même et sur certaines plantes sauvages.

PAYS NORDIQUE

Revue des Tabacs.

ORSQU'ON dit le Danemark, on pense à Co-

L penhague. Qui. par un bel après-midi d'été

s'est promené le long du port, qui a mangé

ces merveilleuses • beurrées que les Suédois

eux-mêmes ne font pas mieux, n'oubliera jamais

cette ville. En quoi donc consiste son

charme ? Le doit-il au lourd parfum de roses

qui parfume ses jardins, à la chaude verdure

de ses parcs ombreux, au bleu léger de la

mer sur laquelle les enfants font voguer leurs

petits bateaux, à ses tours étranges et de

guingois, à l'ensemble des maisons qui s'élèvent

sur le tendre azur du ciel et donnent

à la ville un aspect si capricieux et si inattendu

? Tout cela à la fois et pourtant rien

de tout cela.

Plus que toutes les autres cités, Copenhague

doit son attrait aux habitants qui y

vivent. On l'a nommée le Paris du Nord et.

en fait, on pourrait comparer l'habitant de

Copenhague à celui de Paris dont il a l'esprit

moqueur, le rire et la gaieté mais sans posséder

son sens de l'économie et son scepticisme.

Plus que tous les habitants des autres

villes, ceux de Copenhague ont cette urbanité

qui, au dire de Wieland, était la qualité

dominante des Athéniens.

Kœlnische Zeitunq.

PROBLÈMES DE MOTS CROISES

Dotés de prix en espèces

REGLEMENT

1° Chaque VENDREDI parait dans ce

journal un problème de mots croisés doté,

proportionnellement au nombre de participants,

de nombreux prix en espèces :

2° Seront gagnants les concurrents ayant

envoyé une réponse conforme à ta solution

type. La somme revenant aux intéressés leur

sera réglée dans ia semaine suivant la publication

de la solution type.

3° Les seules solutions admises seront celles

identiques à la solution type déposée à la

direction de Dimanche-Illustré sotu pli cacheté

avant la publication du concours. La

solution type sera publiée dans Dimanche-

Illustré la quinzaine suivante. Tous ies mots

utilisés figurent dans le Nouveau Petit Larousse

illustré, dernière . édition. Les mots

tels que : articles; notes de musique, participes,

symboles, abréviations ne sont pas

comptés comme fautes :

4° Les lecteurs pourront adresser autant de.

solutions qu'ils le désireront sous le même

pli, avec paiements groupés, en se conformant

au règlement ci-dessous. Indiquer les

noms et adresses au verso de l'enveloppe :

5° Chaque solution doit être accompagnée

d'un droit de participation de 5 francs {chèque

postal Paris H45-0O. de préférence avec

envoi du récépissé), mandat, chèque et exceptionnellement

timbres-poste à 0.65. Dans ce

cas, envoyer 10 timbres k 0.65. joindre une

feuille' portant les noms, prénoms, adresse et

le mode de règlement utilisé. On peut employer

n'importe quelle grille, de préférence

celles du commerce portant toutes indications

(1). On doit écrire les solutions à l'encre,

sans rature et en lettres capitales d'imprimerie.

6° Adresser les envois à Pans Mots-Croisés,

Service D. t., 46. avenue Bosquet. Paris

(7'). Les envois peuvent être postés lusqu'au

vendredi suivant au soir. Les résultats

sont publiés dans la quinzaine .

7° Touf envoi non conforme aux rèqles

indiquées est considéré comme nul. Le seul

fait de participer "•• concours comporte l'acceptation

du présent règlement.

N.-B. — Prière de bien' se conformer aux

modifications de l'article 5. nécessaires par

suite du nouveau tarif postal.

11) Paris-Mots Croisés neut fournir sur demande

des grilles au prix de 4 francs la

pochette de cinquante.

Les gagnants du Concours N° 117

recevront, cette semaine, par

mandat-carte à domicile, la somme

de 305 francs.

PROBLÈME N" 120

23456789

HORIZONTALEMENT

1. En Italie, les Français s'y distinguèrent.

— Note de musique.

2. D'une expression de turf signifiant épreuve

nulle. — Exposa au vent.

3. Déesse du mariage — très jalouse. — Préfixe.

— Année.

4. Ce fut lui qui persuada aux Troyens de

faire entrer dans la ville le cheval de bois. —

Initiales de Teilier, ingénieur français.

5. Met en communication avec le monde entier.

— Pronom. — Possessif.

6. Article. — Camp armé.

7. Parmi tes poissons. — Petit mot latin. —

Particule.

8. Phonétiquement, partie du corps. — Non

préparé (anagramme).

9. Octave Feuillet. — Cercle. — Monnaie

roumaine.

10. Cours d'eau. — La cuisinière y apporte

tous ses soins. - - En cet endroit.

VERTICALEMENT

1. Abréviation. — Ville de Russie.

2. Se trouve en Allemagne. -- Anciennement

Edesse.

3. Petit couteau de poche. — Symbole chimique.

4. Célèbre abbé de Ckiny. — Début d'une

abréviation.

5. D'un verbe signifiant lier avec un nœud. —

Louis Racine.

6. Initiales de Esmein (jurisconsulte français).

— Propos échangés entre deux personnes.

7. Marché. — Accompagné de à tu marque

une grande mtimité. — Deux lettres de butte.

8. rtendu droit.

9. Pronom. — Deux consonnes.

10. Sens de ce

M AU R'R'À'SIDÏÏÔ'

E G R E TEjjJSçJBR

KE1SERgMBAI

OTHSHHLRSD'L

NONANTElTEL

GLAGIERMALE

BU I HUME I D ER

S C A LPi^SEKÉI

EN DtMS S E1AC

HBIEGIATHO.U QUI

Solution du n" 117

qui convient. —

Combat sévèrement

puni par

Richelieu.

IL. Du nom

d'un chef-lieu de

canton de la

Corse.

Le résultat du

Concours numéro

11g sera

publié dans le

n° du 12 sept.

« Une importante erreur s'est produite la semaine dernière. La solution

type 118 a été imprimée à la place du h" 117 et sous ce numéro. En raison

de cette publication anticipée, nous sommes forcés d'annuler le concours 118.

Les participations seront utilisables pour un nouveau concours ou remboursées

sur demande. »

LE S SEPTEMBRE 1937 ••••«

Le fonds de soutien

de nos rentes

Le grand public ignore en général que le

volume des transactions effectuées chaque

jour sur les principales catégories de fonds

d'Etat demeure extrêmement réduit.

Conséquence, longue à disparaître, de la

crise boursière que nous avons connue depuis

six ans. Peu d'achats, peu de ventes.

Dès lors, dans un marché à Deu près vide,

la moindre offre, sans contre-partie immédiate,

fait tomber les cours dans des proportions

qui défient toute vraisemblance.

II était nécessaire, en ce qui concerne les

fonds d'Etat, qu'une garantie positive fût

donnée à l'épargne contre dès aléas de ce

genre. C'est le rôle que pourra jouer le fonds

de soutien des rentes qu'un récent décretloi

vient de créer.

Grâce aux disponibilités de ce fonds dont

l'ampleur — 6 milliards — est telle qu'aucune

spéculation, si bien armée soit-elle. ne pourrait

lui faire échec, l'épargne reçoit une première

certitude : c'est que le cours des fonds

d'Etat ne pourra désormais, en aucun cas,

être manœuvré « du dehors ». qu'aucune

action de surprise ne pourra venir troubler

lè marché et que le relèvement progressif

des cours, qui doit résulter de la politique,

financière et générale du gouvernement, ne

pourra être interrompu par aucun accident,

par aucun de ces reculs passagers dont l'espoir

retarde souvent les achats du public

averti.

Désormais, par conséquent, le marché des

rentes offre un terrain solide où l'on peut

s'engager sans crainte aucune de ces déceptions

dont la raréfaction des affaires rendait

jusqu'ici le risque menaçant.

A soi seul, un tel résultat est considérable.

Il est en effet de nature à dissiper l'esprit

de thésaurisation qui prévaut depuis très

longtemps en France. Etre certain qu'il n'y

a pius lieu de redouter une perte en capital

lorsqu'on doit mobiliser un portefeuille de

rentes, avoir au contraire des raisons d'escompter

des plus-values sensibles sur un placement

de ce genre, cela provoquera bientôt,

aussitôt que le grand public aura pris peu à

peu conscience de cette situation nouvelle, un

courant d'achats soutenu des fonds d'Etat. Et

il n'en faut point tant, sitôt que cette démonstration

aura été faite, pour que les cours d2

rentes accusent un redressement spontané et

durable.

En définitive, le fonds de soutien se trouvera

avoir agi sur le marché beaucoup plus

par sa présence et par l'immensité de ses

possibilités d'action que par l'ampleur de ses

interventions réelles.

Si l'on songe que la Caisse des dépôts, dont

les achats et les ventes exerçaient déjà une

influence bien nette sur le marché des rentes,

ne disposait que de quelques centaines de millions

par an au maximum, tandis ciue le

fonds de soutien possède Plus de 6 milliards,

on en conclura facilement que le contrôle du

marché appartient désormais intégralement à

nos autorités financières.

C'est donc une ère nouvelle qui s'ouvre

pour nos fonds d'Etat.

Grâce au fonds de soutien, les premiers

épargnants qui auront eu confiance dans le

redressement progressif du crédit public seront

ceux qui en profiteront le plus sûrement

et le plus largement dans les mois à venir.

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L'après-midi : visite du Concours Lépine.

Rendez-vous devant l'entrée principale, à

14 h. 30.

Le Gérant : G. ETIENNE.

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LES S E PTE R R E 1937 MMMMMMIMMIIIMM -MMM.tltlIMMHIHMMMIII MM M IMMMII MMMl II IMMMMM MM MMHMII1 J5 1

VAHiÊTES

LE PALAIS AVEUGLE

NOS ROMANCIERS du merveilleux, les

Jules Verne, les Wells, les Jean de La

Hire et consorts ont-ils jamais imaginé,

en leurs fantaisies les plus débridées,

la Maison sans fenêtres ? Si oui, l'ont-ils

prévue comme réalisant dans ses murs le

summum _ du modernisme architectural et

de 1 équipement au service des affaires ?

On serait tenté de crier au paradoxe si

l'idée, quittant les sentiers des conceptions

originales et déconcertantes, ne s'était de

nos jours cristallisée sous la forme d'un

building de dimensions imposantes, hospitalisant

tous, les services administratifs

d'une puissante compagnie chocolatière en

Pennsylvanie, aux Etats-Unis.

Cet édifice a été inauguré solennellement

voici quelques mois par ses propriétaires.

Ce jour-là, le bourg de Hershey, qui compte

à peine 2.500 habitants, voyait uns foule de

près de 15.000 personnes envahir le « palais

aveugle », devenu le quartier général

de l'entreprise, et en admirer les particularités.

A l'extérieur, un quadrilatère de murs

énormes qui, n'était leur présentation pres-

" T:ï ASPECT EXTÉRIEUR

que élégante, pourraient êtie ceu:: Ù uns

prison plutôt que de ce havre plein de

charme, d'intimité et- de confort qu'a voulu

ménager la direction à l'armés de ses collaborateurs.

Entrer dans le détail de tout ce qui a été

scientifiquement étudié, mis au point, finalement

exécuté pour faire de cet ensemble

une merveille de précision, d'enchaînements

logiques, de dispositions innombrables répondant

toutes à un but soigneusement prédéfini,

aurait quelque chose de positivement

effarant pour nos visions encore étriquées

de ce que pourra être l'organisation de la

cité commerciale de l'avenir... si nous pouvions

encore être étonnés de ce qui nous

arrive du pays des gratte-ciel.

Condensons tout d'abord, pour mettre un

peu d'ordre dans notre exposé, les caractéristiques

qui dominent et font à cette expression

curieuse de l'ingéniosité humaine

un cadre à sa mesure.

Mehr Licht ! Plus de lumière ! réclamait

Goethe à son lit de mort. Cette parole,

mainte fois transposée sur le champ moral,

a été ici, visiblement, si l'on peut dire, détournée

de la situation habituelle que nous

lui donnons. En fait, et fort avantageusement

semble-t-il, la lumière naturelle du

jour a été définitivement bannie à Hershey

pour faire place à sa consœur artificielle,

la lumière dite intégrale, parce que non dépouillée

de ces radiations ultraviolettes utiles

qui lui restituent toutes ses propriétés sanitaires,

souvent thérapeutiques.

Plus d'excès d'éclairage, partant plus

d'éblouisssments près des fenêtres. Plus de

demi-obscurités loin d'elles, également préjudiciables

à la vue. La lumière étant partout

égale, partout suffisante, aucun rayon

ne frappe les yeux, aucune ombre ne vient

silhouetter la main qui s'allonge au-dessus

d un bureau, le corps qui se déplace dans

la pièce. La visibilité est si parfaite qu'un

texte en petits caractères peut être lu avec

la même netteté en n'importe quelle partie

des bureaux, sans avoir à l'approcher de

la rétine.

Bien des malaises — maux de tête, nervosité,

dépression générale — dont l'origine

était due à un éclairage diurne que la

présence des fenêtres ne permettait pas de

régulariser, sont ainsi évités au personnel,

dont la tâche est rendue plus agréable et

plus productive.

Ce dernier point est largement influencé

par le fait que les employés, et parfois les

chefs de service, distraits par les bruits de

la rue, se portaient volontiers vers les ouvertures

pouf aller voir ce qui se passait.

Non seulement ils n'ont plus la possibilité de

s'intéresser à cette activité extérieure, mais

encore celle-ci ne peut en aucune façon les

troubler !...

Les bureaux sont, en effet, nettement

coupés du dehors au point de vue acoustique

par une isolation particulièrement soignée,

à l'aide de matériaux insonores, des

murs, des planchers et des plafonds !...

La campagne que nous menons en France

depuis quelques années contre le bruit est

là pour témoigner que. le silence, évidemment

relatif de Hershey peut être... à certains

points de vue, un bienfait pour ceux qui y

travaillent.

Les machines les plus bruyantes, ainsi

que les plus lourdes, ont été groupées dans

une même salle, dite salle des machines.

Mais si celle-ci n'avait été, de toutes parts,

sertie par les bienheureux isolants, le bruit

infernal y eût été la règle.

Grâce aux plaques de liège spécial insérées

dans les murs et au revêtement de

ceux-ci en plâtre acoustique, il est possible

de parler dans toutes les pièces sans élever

la voix.

Un air pur, filtré, tempéré, au degré hygrométrique

voulu, c'est-à-dire asséché l'été,

humidifié l'hiver, est constamment renouvelé

par un système d'apport et de ventilation,

à raison de quelque 2.400 m.c. à

la minute, soit un quart de mètre cube

par personne dans le même temps.

On aimerait avoir des chiffres sur ce

qu'a pu coûter cette création apparemment

P'I « PALAIS AVEUGLE S

unique à l'heure actuelle. Les dirigeants de

la compagnie chocolatière de Hershey déclarent

ne pas les avoir totalisées. M. Murrie,

son président, interrogé à ce sujet, a

dit :

— On nous a demandé si ce building moderne

ne nous avait pas coûté terriblement

cher. Nous n'en savons rien. Nous ne

croyons pas qu'une compagnie puisse s'arrêter

à une question d'argent quand la santé,

le confort, l'aptitude au travail de son personnel

est en jeu. Nous sommes persuadés

que cette construction est le dernier cri des

applications de la science pour le bien des

affaires en général et pour celui des employés

en particulier et si ceux-ci regagnent

leur demeure moins déprimés et plus heureux,

alors leurs chefs auront atteint le but

qu'ils s'étaient assigné.

Nobles paroles qui mériteraient d'être

montées en épigraphe d uns histoire sociale.

Nous pouvons arrêter là nos explications

sur la fameuse construction de Hershey,

dont bien d'autres points sont également

intéressants. Tout ce que peut, en effet,

concevoir l'imagination des businessmen, en

partant de la connaissance précise des exigences

d'une affaire et de l'équipement ultramoderne

qui peut y satisfaire, a été prévu

et installé, et ce palais est une véritable

synthèse de la science appliquée dans tous

ses compartiments. C'est, pourrait-on dire,

un palais des mille et un... jours, où l'artificiel

est roi, mais où il semble que le pittoresque

urbain et la beauté d'une cité soient

quelque peu sacrifiés...

GEORGES MIS.

Toute demande de changement d'adresse

doit être accompagnée de la dernière

bande et de 1 franc en timbres-poste.

!

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COMMENT NAISSENT ET VIVENT

LES CHANSONS QUE VOUS ENTENDEZ

OUBLIONS LE PASSE

Paroles de Emile Gabel — Musique de Dickson

C

'ÉTAIT l'époque où, dans les cafésconcerts,

fleurissait la valse chantée.

Chaque année, le chanteur-composi-

teur Dickson s'employait à « lancer » un

refrain à succès. Il y parvenait généralement.

Il avait le sens de l'air qui plaît et

que l'on retient, de la mélodie voluptueuse

et sentimentale, et il savait aussi choisir

le bon parolier, le poète adroit et subtil capable

d'adapter, sur un rythme à trois

temps, dss paroles élégantes célébrant un

sujet éternel : joie et tristesse d'aimer !

Il avait ainsi réussi à rendre populaires

Mendiant d'amour, Lina, Qui m'aurait dit,

Quand l'amour meurt, et il rêvait, cette fois,

de faire connaître au public une valse qui

obtînt, comme les précédentes, la faveur de

ce dernier.

Rompant avec la tradition qui voulait que

le compositeur fît, en premier lieu, la musique,

pour" la soumettre ensuite au poète

qui devait l'habiller de ses plus belles rimes,

la parer de ses plus beaux vers, il traça

d'abord, un « monstre », en s'inspirant de

la première phrase du refrain, la phrase qui,

souvent, décide du sort d'une chanson, et

qui demeure dans l'oreille et dans la mémoire

des foules. Cette phrase devait, en

effet, faire fortune :

Oublions le passé... reviens !

Muni de cette ébauche, il s'en fût trouver

son vieil ami et habituel parolier Georges

Millandy, passé maître dans l'art difficile de

l'adaptation poétique. L'auteur réputé de

tant de chansons délicieuses prit connaissance

du monstre-refrain, et déclina net

i l'offre que venait de lui faire son plus cher

collaborateur Dickson, en invoquant de mauvaises

raisons : il n'avait confiance ni dans

le titre, ni dans le sujet de la' valse ; la

musique (carrée par 7 mesures) le taquinait...

enfin... il eût désiré, avant, de së prononcer,

que Dickson, composât le couplet

de la chanson projetée. Le chanteur-mélodiste

eut beau insister, Millandy, mal luné

ce jour-là, demeura inflexible .'

Le hasard, quelques heures après, mit sur

le chemin ds Dickson (exactement dans une

des principales artères du quartier de la

chanson, faubourg Saint-Martin) le comédien

et chansonnier Emile Gabel. Il lui communiqua

sa trouvaille et lui remit le manuscrit

qu'il avait en poche. Le lendemain Gabel apportait

à Dickson la version du refrain qu'il

avait très adroitement modifié. Restait à

exécuter le couplet, sur lequel, les deux

hommes, après de longs conciliabules et des

discussions orageuses qui se prolongeaient

parfois fort avant dans la nuit, finirent par

se mettre d'accord. La version définitive en

fut bientôt achevée, dans un cri de joie

qui se confondit avec... un soupir de soulagement

; et ainsi était née une chanson

célèbre qui aurait dû avoir pour parolier

Georges Millandy et qui fut signée du nom

de Gabel.

Dès son apparition, cette œuvrette délicatement

sentimentale fut un prodigieux

succès. Ce que l'on ignore généralement, c'est

que Dickson, sans connaître un mot d'anglais,

l'interpréta à la satisfaction de tous à

l'Hippodrome de Londres, et ceci rien qu'en

s'assimilant le texte de la traduction excellente

qu'en fit Pinkerton et en travaillant

pendant un mois la. prononciation de la

langue des insulaires avec deux des plus

réputés professeurs londoniens.

MAURICE HAMEL.

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LES PETITES HISTOIRES DE L'HISTOIRE

E MARÉCHAL MARMONT, qui avait montré à

L l'égard de Napoléon que la fidélité n'était

pas sa principale qualité, savait se montrer

bon courtisan. Lors ds sa première entrevue

avec Louis XVIII, celui-ci lui dit :

— Vous avez été blessé en Espagne et

vous avez failli perdre un bras ? ,

Et Marmont de répondre :

— Oui, sire, mais je l'ai retrouvé pour le

service de Votre Majesté.

U

N GRAND DIGNITAIRE de Napoléon osa

dire à l'empereur Alexandre de Rus-

sie, entré dans Paris, en 1814, à la tête des

troupes alliées :

— Il y a longtemps, sire, que votre arrivée

était attendue et désirée ici.

Et le czar lui donna cette leçon :

— Je serais venu plus tôt, n'accusez, de

mon retard que la valeur française.

DIMANCHE-ILLUSTRÉ

RETRIBUE LES PHOTOGRAPHIES

QUI LUI SUN1 ENVOYEES PAR SES LECTEURS

DES QU'ELLES ONT ETE PUBLIÉES

CE QUE NOUS VERRONS DANS LE CIEL EN SEPTEMBRE

E

T d'abord, orientons-nous. Nous avons

vu, le le r septembre, à 22 heures, et

nous verrons, le 15 septembre, à 21

heures : àu Zénith, le Cygne, la Lyre ;

au Nord, la Grande Ourse, le Cocher ; à

l'Est, Andromède, le Bélier, Pégase ; au

Sud, le Verseau, le Capricorne, l'Aigle, le

Dauphin, le Sagittaire ; à l'Ouest, le Serpent,

SOYONS AU COURANT...

...de quelques événements qui surviendront du 3 au 9 septembre

A NNIVERSAIRKS fxvir et xviii0 siècles). —i l'Exposition 1937, et Grand-Prix ; 4

A NNIVERSAIRES (xviir et XVIIF siècles) l'Exposition 1937, et Grand-Prix ; 4.5 sep-

3 sentembre : 1658. mort de Cromwell ; tembre, Grande-Bretagne. Tourist Trophy ;

1783, traité de Versailles mettant fin à la Aéro : 5 septembre, Vincennes. grande fête

guerre d'Amérique. — 4 septembre : 1797. de l'aviation populaire. — Cyclisme :

coup d'Etat de Fructidor. — 5 septembre : 5 septembre, critérium de France des cor-

1638. naissance de Louis XIV : 1661. arporations.restation de Fouauet. — 6 septembre

1683, mort de Colbert : 1757 naissance de S. F. — Dimanche, Radio-Paris,

Lafayette à Chavagnac-•— 7 septembre : T . 20 h. 30 : Soirée Alfred de Musset.

1701. formation contra la France, de la Fantasio. — Lundi. Paris-P. T. T., 20 h. 30 :

Grande Alliance (Angleterre, Hollande et théâtre parlé : Chez les Marins. — Mardi.

Autriche).

Radio-Paris. 21 heures, depuis la salle

Pleyel transmission du concert donné par

IVERS. — Paris. Salon des femmes artis- l'Orchestre Philharmonique de Berlin. —

D tes modernes : Paris l""-6 septembre, Mercredi. Radio-Paris. 20 h. 30 : soirée

33" congrès de l'Union interparlementaire. lvrique. Louise (fragments) de Gustave

— Bucarest. 1" au 7 septembre : congrès Charnentier. — Jeudi. Paris-P.T.T., 20 h. 30:

international d'archéo'.ogie et d'anthropo- la. Dame aux Camélia^ cinq actes d'Alexanlogie.

— Paris-ExDo : semaine d'art et de dre Dumas fils. — Vendredi. Poste Pari-

musique allemands.

sien. 20 h. 55 : retransmission depuis le

PORTS. — Auto-Moto : 2-5 septembre, théâtre Antoine de les Amants terribles.

S rallye international motocycliste de de Noël Coward.

Hercule, la Couronne boréale, le Bouvier,

Ophiuchus. Pendant le mois, le Soleil décli-

nera considérablement. Il traversera 1 équateur

céleste, le 23 septembre, à midi. A feet

instant, commencera l'Automne astronomique.

La durée du jour diminuera énormément

et passera de 13 h. 25, le 1", à 11 h. -42,

le 30. On s'apercevra surtout, le soir, de

cette décroissance. Le Soleil, le 30 septembre

se lèvera à 6 h. 49 du matin, soit 5 heures

11 avant midi ; il ss couchera à 18 h. 31,

soit 6 h, 31 après-midi. La Lumière zodiacale

sera facile à voir, le matin, surtout du 2

au 16, période pendant laquelle la Lune ne

sera pas gênante. Il faudra opérer loin de

toute source de lumière. La Lueur antisoiaire

étant très proche de l'horizon sera

fort difficile à voir. Les principales phases

de la Lune auront lieu, en septembre, aux

dates et heures que voici : N.L., le 4, à

23 h. 54 ; P.Q., le 12. à 21 h. 57 ; P. L.,

le 20, à 12 h. 32 ; D.Q., le 27. à 6 h. 43.

Remarquez la faible hauteur de la Lune, audessus

de l'horizon, le dimanche 12. entre

8 h. 30 et 19 h. De très importantes occultations

d'étoiles par la Lune auront lieu, en

septembre : citons : le 14, de 36 Sagittaire

(immersion à 19 h. 45) ; le 16, de 5839 B.D.

(imm. à 23 h. 1) ; le 23. de ro Bélier lémersion

à 22 h. 15) ; le 24. de 54 Bélier (ém.

à 4 h. 11) ; le 25 de to Taureau (ém. à

23 h. 54) ; le 28, de 330 B. Taureau (ém.

à 0 h. 20) ; le 27, de 105 Taureau (ém. à

1 h. 59).



COLLOQUE DE GLOIRES MILITAIRES

La cour de l'Ecole du Louvre est actuellement occupée par quelques

gloires militaires de la troisième République. Ces statues voisinent

avec d'autres grandes figures du Premier Empire. On reconnaît, de

gauche à droite, Galliéni, Franchet d'Esperey, Joffre et Mortier, qui

prendront bientôt place dans les niches qui ornent la façade du Louvre.

AMUSANTE SCÈNE ESTIVALE

Le soleil, qui nous prodigue encore la chaleur, souvent accablante, de

ses rayons, n'indispose point que les hommes. Témoin ce sympathique

perroquet, que sa maîtresse, pleine de sollicitude, gratifie d'une rafraîchissante

et bienfaisante douche. Et il semble que le volatile soit tout

à fait heureux de cette initiative opportune... et pleine d'agrément.

PECHE AU FUSIL SOUS-MARIN NOUVEAU JEU DE PLAGE

Au moyen d'un ingénieux fusil sous-marin, comportant un puissant

ressort, les amateurs de pêche sportive réalisent d'impressionnantes

prouesses. Avec des lunettes de plongée, il est en effet facile de viser

sous l'eau et la flèche qui sort du fusil atteint, à quelques mètres, la

proie convoitée... Ce pêcheur montre une de ses plus belles captures.

Ces gracieuses baigneuses anglaises poursuivent toutes un même but :

faire pénétrer le goulot de la bouteille placée devant chacune d'elles

dans le léger anneau fixé à l'extrémité d'un mince fil. Jeu qui exige

beaucoup d'adresse, de patience et de persévérance, car le moindre

souffle de vent peut tout remettre en jeu et causer d'irrémédiables échecs.

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