Tag Heuer - Magazine Sports et Loisirs

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Tag Heuer - Magazine Sports et Loisirs

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Jean-Christophe Babin

au millième de seconde


C'est l'année "allegro" pour Tag Heuer.

Jean-Claude Babin, l'homme fort de la

marque, prend volontiers le langage

du musicien. Mais dans sa partition,

c'est bien de prestige fascinant et de

mécanismes luxueusement millimétrés

dont il s'agit. Chronométreur officiel

des championnats de F1, Tag Heuer

est aussi partenaire de McLaren, l'une

des équipes au palmarès le plus étoffé

de l'histoire des bolides.

SPORT & LUXE

TAG HEUER

Viviane Scaramiglia

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La Kirium F1,

emblème de l'avant-garde.

Sept fonctions sur un même

cadran et un double

affichage digital et

analogique de l'heure. Ce chrono

high tech mesure le temps à

1/100 e de seconde.

David Coulthard avec sa Kirium

Formula 1, un concentré de prouesses

technologiques.

Depuis novembre 2000, Jean-

Christophe Babin vit dans un

autre monde. Dans ses nouvelles

fonctions de Président & CEO de

Tag Heuer, voilà l'homme venu

du consulting projeté , en Suisse,

dans un univers où, pied au

plancher, il accélère la combinaison

magique de la tradition, de la

performance et de l'avant-garde.

Le but : propulser la dynamique

d'audace et de précision extrême

de cette marque sportive dans le

grand prestige. "Ancrer plus que

jamais cette montre, portée

depuis toujours du terrain au

cocktail, au rang d'une montre

forte, "competitive but smart",

différenciée et luxueuse. Une

mission sacrée qui le rassemble

et lui ressemble. S'il définit son

objectif de carrière en terme de

construction, son enthousiasme

étant plus alimenté par l'influence

qu'il peut avoir sur une œuvre

que sur son titre ronflant, il a en

lui effectivement les atouts du

bâtisseur : les idées claires, la passion

vive, le pragmatisme assuré

et l'action. Exigeant, il doit sans

Le luxe doit-il

cultiver

l'inaccessible,

doute l'être autant que Ron

Dennis, patron de McLaren,

reconnu pour sa rigueur et un

goût de la rectitude qui n'a pas

déplu à Mercedes : le géant allemand

a acquis 40% de la compagnie

il y a deux ans. Mais l'analogie

ne s'arrête pas là. Entre ces

machines à vaincre lancées sur

les circuits des Grands Prix et Tag

Heuer, l'expression de l'excellence

porte à un partage de philosophie.

En deux mots : le grand

dépassement, comme l'essence

même du luxe. Normal pour le

mythe d'un sport qui roule sur

l'or à force de bravoure et d'une

marque horlogère, en livrée aussi

gris argent que celle des bolides

de McLaren, qui chronomètre

officiellement les championnats

de F1 depuis dix ans.

Le luxe doit-il cultiver l'inaccessible,

nourrir l'imaginaire tout en

restant largement en phase avec

le public ? Au-delà des multiples

dérives du luxe facile et sans distance

avec les tendances auxquelles

assiste le marché d'aujourd'hui,

l'exercice sur piste est exemplaire.

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Développée sur le prestigieux

mouvement Zenith 400,

le nouveau "first class"

chrono automatique Monza

Calibre 36, en édition

limitée à 150 pièces, assure

la précision au dixième de

seconde grâce aux 36'000

vibrations du mouvement

à l'heure. En or rose,

gravé à la main des Côtes

de Genève.

Mika Häkkinen

La F1 et Tag Heuer ? Des

monstres de technologie.

L'univers d'un Grand Prix ? Un

bocal rempli de millionnaires

triés sur le volet, qui se déplacent

de course en course, tous les ans

et dix-sept fois par saison, cultivant

le privilège et l'hermétisme.

N'y entre pas qui veut. On y

pénètre par des badges magnétiques

précieux et via des portiques

à bip-bip, façon Star Trek.

Avant la course, il y a les essais

privés. Ceux de McLaren servent

aussi à Tag Heuer de "torture

test", l'un des tests de résistance

les plus exigeants pour un produit

horloger soumis aux conditions

extrêmes. Sur la piste, c'est

la chasse au millième de seconde.

Hors piste, dans le coeur

manufacturier de la maison horlogère,

c'est la conquête de ce

millième-là, forgée dans l'avantgarde

et 142 ans de tradition.

Vitrine technologique et formidable

carte de visite pour les plus

grands constructeurs automobiles

de la planète, la F1 est suivie

par des millions de téléspectateurs.

En 2000, 53 milliards

La F1 et

Tag Heuer ?

Des monstres

de technologie.

Targa Florio, fidèle au

modèle porté par Fangio

en 1953 et 1955, vainqueur

de la compétition

routière disputée

sur le bitume caillouteux

de la Sicile.

d'entre eux ont suivi les exploits

de Michel Schumacher et de

Mikael Häkkinen. Dans ce créneau

haut placé, nul n'oserait

rêver de meilleure audience.

Il suffit de comparer toute l'ingéniosité

du monde réunie dans un

minuscule engrenage, sous la

carrosserie d'un chrono Monza

ou d'une Kirium F1, avec les

prouesses aérodynamiques des

monoplaces de l'écurie britannique,

pour admettre qu'au-delà

des accords financiers, le partenariat

avec McLaren est d'abord

une communauté de valeurs. La

composante luxe est donnée par

McLaren et la composition exactitude

est donnée par les capacités

de Tag Heuer à suivre vingtdeux

voitures en course, sur trois

tronçons, avec des temps partiels

et une obligation du zéro

défaut. Une rigueur frisant l'obsession

qui inspire la conception

des montres et qui table sur un

savoir-faire accumulé. "Tag Heuer

a toujours été dans le sport et en

particulier dans l'automobile. De

1970 à 1980, nous chronométrions

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Rééditée à l'originale, l'avant-gardiste

Monaco, premier

chrono automatique du monde

inventé en 1969 et montre

fétiche de Steve McQueen dans

le film "Le Mans", est un des

modèles mythiques de la marque.

Ferrrari sur leur circuit privé."

L'attraction mutuelle entre sport

et chrono est même historique :

Heuer fut déjà le chronométreur

officiel des J.O. d'Anvers en

1920, suivront ceux de 1924 à

Paris, de 1928 à Amsterdam...

Un parcours emblématique

d'une audace innée dans les

gènes : "Edouard Heuer, qui

inventa le premier remontoir en

1866, partait de Suisse comme

un cow boy avec sa malle pleine

de montres qu'il allait vendre à

Londres. Ce fut le départ d'une

épopée qui a su rester telle qu'en

elle-même, en ayant de cesse

d'innover". Ajouter des pages à

cette partition, c'est pour Jean-

Christophe Babin, en perpétuer

l'esprit. Sa stratégie : "Extraire les

valeurs fondamentales de la

marque, les propulser dans l'avenir

sur un nouveau tempo de

créativité avec des équipes revitalisées

et bien synchro". La quatrième

marque horlogère mondiale,

stimulée par le groupe de

luxe LVMH, pourrait bien briguer

la troisième position. Pour

cet homme, fou de trekking et de

"la subtile

alchimie entre

l'objet du désir

pur et son

accessibilité

privilégiée."

L'Alter Ego : des

versions féminines

exclusives en

version or, aux

lignes fluides,

nettes, audacieuses...

résolument

Tag Heuer.

sommets, il est clair que même

en position d'excellence, on peut

toujours faire mieux. En cultivant,

plus que jamais, son identité

propre. Celle de Tag Heuer, en

termes de distribution, mise sur

"la subtile alchimie entre l'objet

du désir pur et son accessibilité

privilégiée." Diminués de moitié

ces dernières années, les points

de vente sont aujourd'hui limités

à 5800 de par le monde, dont une

dizaine de magasins en nom

propre, ce qui relève bien du

sélectif pour la marque horlogère

internationalement présente.

Elle se donne encore quelques

territoires à renforcer, notamment

en Chine, en Inde et dans

certains pays d'Amérique latine.

Elle nous donne surtout, après le

lancement de la fameuse Kirium

F1 l'an dernier, ses nouveautés

2002, nées de l'harmonie entre le

luxe, la fidélité aux racines et la

course à la technologie. Un

monde d'heures fait pour rythmer

la passion omniprésente qui

lie les afficionados au produit.

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TAG HEUER VOIT GRAND

Pour sa première diversification,

la maison horlogère n'a pas

misé sur un simple produit

d'appel. Sa collection Sport

Vision apparaît, en effet, en parfaite

concordance avec les codes

de la montre axés sur la fusion

du prestige, du sport et de la

performance. La marque n'a pas

lésiné sur les recherches

d'avant-garde, tant sur le plan

technique qu'esthétique.

La "carrosserie" est signée par

Ross Lovegrove, dont la trajectoire

- de son travail avec

Philippe Stark et l'architecte

Jean Nouvel, en France, jusqu'à

son propre studio de Londres -

se distingue par l'exigence d'un

design intelligent, en ce qu'il

allie au plus fort la forme et la

fonction. Nommé "Designer of

the Year 2000", à Cologne,

Lovegrove piste trois axes

majeurs qui répondent aux utilisateurs

les plus exigeants : la

pureté de la ligne et une intégration

complète de l'ensemble des

éléments, comme si la lunette

avait été coulée d'une seule

pièce. De véritables "premières"

viennent servir le propos : les

verres affleurants s'inspirent des

dernières technologies automobiles

et le nouveau procédé de

charnière invisible est une première

mondiale brevetée.

L'exclusivité se fait valoir également

au niveau des matériaux

high tech, comme l'alliage d'aluminium,

de magnésium et de

titane, gage d'un excellent rapport

poids et résistance, qui font

de cette pièce haut de gamme

un instrument prêt à servir les

plus hautes performances.

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En lançant sa première collection de

lunettes, Tag Heuer démultiplie les prouesses

et vient de gagner sa première victoire. Le

Silmo d'Or décerné par le Salon international

de la lunette et de la mode, à Paris,

couronne les meilleures innovations

de l'année.


L'idée de Sport Vision : des

lunettes élégantes, qui vivent

avec vous du bureau au rendezvous

mondain, du rythme

urbain aux tempos très sport. A

tous les sports. La diversité des

verres abonde dans ce sens. En

polycarbonate anti-chocs, développés

par Tag Heuer, ils sont

parmi les plus aboutis du marché.

Le verre Watersports, par

exemple, est inrayable, incas-

sable, polarisant, hydrophobe,

permettant une vision optimale

en toutes conditions en chassant

de sa surface les gouttes d'eau et

les traces de buée. Celui destiné

à la conduite accentue également

les contrastes. Tous protègent

des rayons solaires nocifs à

100%, tandis que l'ensemble de

la collection assure aussi la pose

de verres optiques.

Enfin, le confort, hautement

ergonomique, est assuré par

l'ajustabilité de tous les élé-

ments en contact avec le visage.

Grande flexibilité des branches,

adhérence sur mesure sur le

nez, la lunette épouse toutes les

morphologies masculines et

féminines et assure un maintien

optimal lors d'usage sportif.

Chris Dickson, le fameux skipper

néo-zélandais les a déjà

choisies avec ses équipiers du

défi américain Oracle Racing

pour l'America Cup 2003.

Disponible chez les opticiens agréés et (sauf

pour les verres optiques) dans les boutiques

exclusives Tag Heuer

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PROFIL

Jean-Christophe Babin

Le verbe direct et l'humour.

L'élégance sobre, la dynamique

sportive et l'amour des grands

espaces. Personnage attachant,

il témoigne en tout d'une rare

justesse de vue. Agé de 44 ans,

Jean-Christophe Babin, préside

depuis novembre 2000 aux destinées

de Tag Heuer. L'une des

sept marques du pôle montres et

joaillerie du groupe LVMH.

Grenoblois, installé désormais à

Morges, il se laisse profiler à travers

un choix de mots-clés.

S'il était une voiture : "Une Alfa

156, la mienne, parce qu'elle a

du répondant sous une carrosserie

pas trop ostentatoire."

Un hobby : "La musique, le violon.

Je n'en joue pas, mais j'en ai

l'émotion."

Un vêtement : "Le caleçon, c'est

la pièce la plus confortable."

Une montre : "La Tag Heuer Mc

Queen, une classique qui participe

à la légitimité de la marque."

Encore une montre : "La Kirium

F1, à la fois belle - c'est le cadran

le plus pur du monde horloger -

et utile, avec les fonctions inscrites

sur son écran digital."

Des chaussures : "Je porte des

Tod's, marron foncé."

Un défaut : "L'impatience. J'ai

toujours eu la chance énorme

d'obtenir ce que je veux. Donc

professionnellement, je suis

peut-être aussi exigeant avec

mes collaborateurs qu'avec moimême...".

Un deuxième gros défaut : "Je

ne suis pas très conventionnel

comme président. Frondeur, je

dis franchement les choses sans

prendre en compte le contexte

culturel ni les règles de la diplomatie

occidentale."

Une grosse qualité : "J'aime la

vie, chaque seconde de la vie, et

les autres."

Un rêve absolu : "Un matin en

haut de l'Everest."

Un voyage : "J'ai eu la chance

de beaucoup voyager après

mes études HEC. Trois années

"sabbatiques" exceptionnelles à

parcourir l'Inde, la Birmanie, le

Tibet, le Népal, à faire du trekking

dans l'Himalaya. J'ai maintenant

des désirs d'Equateur,

pour découvrir la culture précolombienne

et pour les volcans

les plus hauts et les plus beaux

du monde."

Un paysage : "La Suisse, c'est le

Népal de l'Europe. La similitude

des paysages est fascinante. Les

gens ont une culture propre et

forte. Les Suisses ont un comportement

cohérent. On les croit

de prime abord réservés. On les

découvre pragmatiques, réalistes,

prudents. Ils ont une

certaine pudeur. J'aime surtout

leur sens de la confiance et de la

loyauté. Un oui est un oui

- chose rare de nos jours - et une

poignée de mains vaut mieux

qu'un contrat.

J'habite à Morges et la vue sur

le lac et le Mont-Blanc me

convient très bien. J'ai acheté un

vieux voilier d'occasion et l'été je

m'amuse beaucoup. J'ai repris

mes activités sportives, le ski et

la montagne sont à portée. La

Suisse me permet de conjuguer

harmonieusement famille, travail,

sports et loisirs.

Une synthèse : "Entre l'Allemagne

et l'Italie, des pays que je

connais bien, la France et

Grenoble où je suis né, la Suisse

est mon pays de synthèse européenne."

La modernité : "Vanessa Maeght

quand elle interprète "Les

Quatre Saisons" avec un violon

électronique."

Un luxe : "Un très, très long

week-end avec, au bout, mon

travail, qui est aussi un luxe !"

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