Dimanche iS janvier. - Notes du mont Royal
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API»L:NI)ICL' 167<br />
gravité acoutuméc, se tenant immobile, ayant les mains l'une<br />
dans l'autre et me regardant assés négligemment, je me tenois<br />
de mon costé sur mon siège, vis-à-vis de lui le plus fièrement<br />
qu'il m'esloit possible, ce qui ne m'empêcha pas de luy dire<br />
que je me voyais avec joye au moment que je passionnois<br />
depuis presque trois ans et <strong>du</strong>quel je n'avois jamais désespéré,<br />
quelques traverses qu'il eust reçu, ayant à traiter avec<br />
un aussi grand et éclairé ministre tel que je l'ay toujours reconnu.<br />
11 réspondit succinctement qu'il n'avoit pas tenu a luy que<br />
cette allaire n'eust été plus tôt terminée.<br />
Ne croyant pas qu'il lût à p-opos de relever la fauceté de<br />
cette réponse, ce qui auroit été très facile, je continuay ma civilité<br />
en luy disant qu'il sembloit que le renouvelcmcnt des capitulations<br />
n'avoit esté ditleré <strong>du</strong>rant le règne des quatre Empereurs,<br />
Sultan Moustafa, Osman, Mourat et Ibrahim que pour<br />
estre réservé à celuy qui, estant leur successeur par le droit <strong>du</strong><br />
sang, les surpasse non-seulement par ses grands mérites personnels<br />
et ses victoires éclatantes, mais qui efface encore les<br />
prodiges de Sultan Soliman, le premier avec lequel l'alliance<br />
de France qui <strong>du</strong>re depuis cent trente sept ans, a esté commencée.<br />
Sa réplique fut qu'il falloit de la réciprocité et que Ton n'entendit<br />
plus parler de ces bâtiments étrangers, qui volent sous<br />
la banière française les subjects <strong>du</strong> Grand Seigneur,<br />
Je luy fis remonstrer qu'estant difficile d'empescher ù des<br />
pirates de prendre tel pavillon qu'ils veulent, je pouvois l'assurer<br />
de plus que trois ou quatre Corsaires françois, qui arment<br />
sous banière estrangère, comme l'Espaignc ou l'Italie<br />
estoient tellement désavoués de Sa Majesté, qu'elle avait<br />
donné ses ordres pour le retour à son service de tous ceux<br />
qui estoient dans cet exercice; qu'à faute d'y satisfaire, ils sont<br />
estimés rebelles et qu'en quclqu'cndroit que les vaisseaux de<br />
guerre les trouvent, ils les contraignent à leur devoir.<br />
Cet entretien ayant été interrompu par le régal ordinaire des