04.06.2013 Vues

Dimanche iS janvier. - Notes du mont Royal

Dimanche iS janvier. - Notes du mont Royal

Dimanche iS janvier. - Notes du mont Royal

SHOW MORE
SHOW LESS

Transformez vos PDF en papier électronique et augmentez vos revenus !

Optimisez vos papiers électroniques pour le SEO, utilisez des backlinks puissants et du contenu multimédia pour maximiser votre visibilité et vos ventes.

•--*Mnaanag<br />

40 JOURNAL D'ANTOINE GALLAND ~<br />

particulier, pour* une semblable affaire, et qu'il estoit faux qu'il<br />

y eut à Malthc un si grand nombre d'esclaves turcs '.<br />

M. le Résident de Gcnncs cust audience de Son Excellence<br />

dans laquelle il lui fit des condoléances sur la mort de M. son<br />

frère, et comme il s'appcrçcut que Son Excellence estoit extrêmement<br />

affligée, il resta fort obligeamment prés de quatre<br />

heures ù deviser de diverses choses avec quelques personnes<br />

qui estoient présentes. Il luy fît aussi offre de sa maison sur<br />

le canal de la Mer Noire pour y aller passer une partie de sa<br />

tristesse.<br />

M. le Secrétaire d'Angleterre vint aussi témoigner à Son<br />

1. M J'y ay veu pendant six jours (au parvis <strong>du</strong> Sérail* le corps de Monsieur le chevalier<br />

de Tcmiîricour (neveu de Monsieur le Commandeur de Binanville)qui,aprèsavoir été U<br />

terreur des Turqs dans tout l'Archipel, où il Usait le cours, et s'ettre plusieurs fois<br />

battu contre les Tripolins et Algerins, qu'il a tousjours vaincus; après, dis-je* avoir pris<br />

plusieurs vaisseaux considérables de la caravane <strong>du</strong> Caire et porté l'effroi dans plusieurs<br />

endroits de terre ferme, alla enfin à la traverse sur les cotes de Barbarie, après un combat<br />

de trots jours contre les Barbaresques qu'il mit tous en désordre, et auxquels U donna<br />

la chasse; mais, n'étant plus qui soixante miles de Maltbe, la tempête le fit échouer<br />

comme j*ay dit ; son vaisseau se perdit et plus de deux cent mille écus des prises qu'il<br />

avoit faites* U se sauva i terre avec peu de ses gens, et les Arabes qui attendaient le<br />

naufrage <strong>du</strong> bâtiment qu'ils voyaient abandonné à la furie des ondes de cet impitoyable<br />

élément, le voyant échouer, accoururent pour recueillir ses débris dont la plus précieuse<br />

pièce était notre infortuné chevalier qu'ils menèrent a Tripoly où il traicta de sa rançon<br />

; mais les milices de ce lieu qui partagent l'authorité avec le Pacha, ne purent s'en accorder<br />

avec luy, et le menèrent de présent à Sa Hautesse, dans respérance de recevoir<br />

grande récompense pour la prise d'un jeune chevalier qui avoit été la terreur de ses<br />

armements et de ses sujets. Comme l'année ottomane retournait de la conquête de Kaminiesfcy,<br />

j'appris le funeste accident de ce brave qui avait été mis dans les prisons d*Aadrinople<br />

où fallay le voir, lui estant amy particulier; je le trouvay auxsceppes parmy les voleurs<br />

avec son valet Paul, esclave Turqtaict chrétien, qui n'a été recognu qu'après sa mort<br />

qui arriva de peste l'an passé & Rodosto; j'obtins de pouvoir demeurer avec mon amy<br />

jusqu'à sa mort qui s'ensuivit le lendemain au grand Divan ou Conseil. Sa Hautesse le fit<br />

interroger de ses prouesses ; il répondit assés confusément et demanda <strong>du</strong> délai jusqu'au<br />

jour suivant pour pouvoir répondre, ce qui ne lui ayant été accordé, il offrit une rançon<br />

considérable pour aa liberté, et le Sultan Patiroit reccuc s'il n'en eût pu été dissuadé par<br />

rinterprète Pannaiotty, ennemy <strong>du</strong> chevalier A cause qu'il faisoit quelquefois <strong>du</strong> biscuit<br />

dans ITsk de Mtcooo que la Porte avoit donné A ce Grec Le Grand Turq luy proposa<br />

d'embrasser sa foy avec la liberté qu'il lui promettait ensuite, ou la mort en cas de refus,<br />

mais ce corps prisonnier renfermolt un cœur qui t'avoit toujours méprisée, et félût<br />

plutost que celle de son âme, qui en fut séparée sur le champ comme sa tête de son corps»<br />

qui fut exposé comme fay dit, puis jette dans la rivière. Le Miroir ottoman, pag. 69-71.

Hooray! Your file is uploaded and ready to be published.

Saved successfully!

Ooh no, something went wrong!