Venise et l'Orient - Institut du Monde Arabe

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Venise et l'Orient - Institut du Monde Arabe

livret Jeunes

exposition

vENISE ET L’ORIENT


Venise est asiatique et arabe ; elle est aussi byzantine, gothique, lombarde ;

mais c’est le caractère oriental qui domine, et celui sans lequel elle reste

incompréhensible. Ses vaisseaux ont rapporté chez elle les styles et les formes

de tous les climats : la coupole de Byzance, le minaret du Bosphore, l’ogive

de Mahomet, la citerne du désert. Rien ne lui ressemble sur le continent ;…

Le Jupiter du Péloponnèse, l’islamisme, le christianisme, se pressent à la fois

en ce lieu de refuge.

Edgar Quinet

Allemagne et Italie, 1839

Venise, Palais des Doges XIXe siècle


2

Statue du marchand Rioba

XIIIe siècle Venise

© Véronique Blaye

à


VENISE VILLE ORIENTALE

Saint-Marc est devant vous avec ses cinq coupoles..., son aspect de temple, de

basilique et de mosquée : édifice étrange et mystérieux, exquis et barbare,

immense amoncellement de richesses, église de pirates, faite de morceaux volés

ou conquis à toutes les civilisations... On eût dit un rêve oriental pétrifié... une

église moresque ou une mosquée chrétienne élevée par un calife converti.

Basilique Saint-Marc, Venise

Théophile Gautier, Voyage en Italie-Italia, 1852

À la fin du Moyen Age, Venise ressemble beaucoup aux villes orientales.

Ses étroites ruelles (calli) rappellent les medinas, le déballage des

marchandises, le parfum entêtant des épices dont la ville regorge,

les brocarts et les soieries exposés à la vue des clients, la foule font penser

aux souks ou au Bazar. La langue vénitienne se charge de mots grecs

et arabes. Les éléments orientaux sont également présents dans

l'architecture aussi bien à Saint Marc que dans les palais privés : marbre,

décors polychromes, arcades et portiques. La noblesse marchande bâtit

« à l'orientale ». La ville cherche à imiter Alexandrie (patrie de saint

Marc) : décoration « égyptienne » des églises, extrados à la «moresque».

Elle réussit une synthèse originale entre les arts gothique et islamique qui

s'apparentent par l'abondance de motifs végétaux, les arcs en ogive, les

entrelacs et les bas-reliefs finement travaillés. L' élite sociale marchande

(noblesse) montre un goût très prononcé pour les objets orientaux (tapis,

brûle-parfums, soieries, habillement,) dont témoignent les inventaires

après décès et les testaments. En ce sens on peut écrire que Venise réalise

un véritable métissage culturel.

Poignée de porte en bronze

Venise

Statue Présumée du

marchand Rioba

XIIIe siècle, Venise

3


4

v


VENISE ET LE COMMERCE

Venise, cité née dans l'eau et la boue, devient dès le IXe siècle un duché

indépendant dirigé par un doge qui gouverne assisté de six conseillers

et de trois juges. Ces 10 hommes forment la Seigneurie appelée à partir

du XVe siècle « La Sérénissime Seigneurie ». Avant le XIVe siècle elle

n'a pas de terres agricoles, son ravitaillement dépend entièrement

du commerce et des bateaux qui apportent le grain, le vin, l'huile,

le bétail et le bois de chauffage. Venise conquiert la côte dalmate et ses

marchands sillonnent les routes maritimes de la Méditerranée. Ils

fréquentent surtout les ports du Levant : Constantinople puis Tana et

Trébizonde en mer Noire, Beyrouth et Alexandrie, terminaux des pistes

caravanières qui ont traversé l'Asie et les déserts du Moyen Orient pour

apporter les épices, le poivre, le gingembre, la cannelle et la soie.

Les Vénitiens revendent ces denrées précieuses à toute l'Europe, aux

marchands allemands descendus par les Alpes, ou grâce à leurs navires

qui vont à Londres et Bruges. Pour payer ses achats en Orient, Venise,

qui s'est dotée d'une industrie diversifiée, livre des produits recherchés,

draps de laine, soieries, verrerie, livres, armes, produits métallurgiques.

L'activité industrielle la plus puissante de la ville est la construction

navale qui livre les fameuses galères et de gros voiliers grâce auxquels

Venise domine le commerce méditerranéen au XVe siècle.

Carte JC.Hocquet

Carenage d’une nef vénitienne

Aquarelle de G. Grevembrock (1731-1807)

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6

Anonyme - Audience d’une ambassade vénitienne dans une ville orientale

Venise, vers 1488-1496. Paris, musée du Louvre

v


VENISE ET LA DIPLOMATIE

Venise négocie de nombreux traités de commerce qui lui accordent la

liberté des trafics et le droit de commercer dans les villes, d'y tenir des

consuls, de payer des douanes à taux modéré, d'avoir accès à

différentes livraisons (blé). Défaite par les armes, elle verse une

indemnité de guerre pour obtenir ces mêmes droits. Elle dépense son or

pour acheter la fidélité d'États-clients, nouer des alliances, avec les

Perses par exemple, pour obliger le sultan ottoman à maintenir des

troupes sur sa frontière orientale quand il fait la guerre à l'ouest. Elle

recherche l'amitié des souverains étrangers par de somptueux

cadeaux. À l'égard du sultan et de la cour ottomane, Venise pratique

une politique active de cadeaux : lampes de mosquées, soieries,

coffres, bijoux, horloges et automates. Elle entretient des ambassadeurs

dans les capitales d'Europe, et à Istanbul, auprès du sultan, un

« baile » qui représente le doge et dirige les communautés vénitiennes

établies dans l'Empire ottoman. Le baile envoie des dépêches lues

devant le doge et au Sénat. Le pouvoir vénitien est le mieux informé

d'Europe et les autres États demandent son arbitrage dans les conflits.

Il a développé une véritable école de diplomates dont se sont inspirés

de nombreux diplomates.

Gobelet

Venise, fin du XVe siècle

Verre émaillé et doré

New York, The Corning

Museum of Glass,

Pichet

Venise, vers 1500-1510

Verre émaillé et doré

Paris, musée du Louvre,

département des objet d’art,

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8

Vittore Carpaccio (1450-1525) et ateliers

La prédication de saint Étienne

Venise, vers 1514

Paris, musée du Louvre, département des peintures,

v


VENISE ET LA CHRÉTIENTÉ

Venise est une cité chrétienne qui n'a pas connu d'invasion étrangère,

ni franque, ni byzantine, ni arabe, ni normande. Elle demeure

indépendante et épargnée par l'invasion étrangère jusqu'en 1797, elle

abrite les reliques de saint-Marc l'évangéliste et son archevêque porte le

prestigieux titre de « patriarche », unique en Occident. Elle est l'alliée de

l'empire byzantin, chrétien également, quand celui-ci est menacé par

les armées musulmanes. Elle est le point de départ des pèlerins chrétiens

pour Jérusalem. Au temps des croisades, elle fait du commerce aussi

bien avec l'Égypte musulmane qu'avec les Etats latins de Terre sainte.

Puissance chrétienne, elle n'hésite pas, lors de la quatrième croisade, en

1204, à prendre et piller Constantinople (elle en rapporte les célèbres

chevaux de bronze de Saint Marc). La puissance de ses convois navals la

rend indispensable pour le transport des marchandises et des renforts

aux croisés. Quand l'hégémonie dans le monde musulman passe aux

Ottomans, Venise, qui a le sentiment de supporter seule le poids des

guerres turques, se présente comme l'ultime rempart de la Chrétienté

alors que son réalisme lui impose de conserver des relations

commerciales avec les Turcs. Les Vénitiens disent d'eux-mêmes :

« primo veneziani, dopo cristiani » (d'abord vénitiens, chrétiens

ensuite). Ses ennemis chrétiens, l'Espagne et les Habsbourg de Vienne

qui convoitent l'Italie, lui reprochent sa trahison.

Giovanni Mansueti

L’Adoration des Mages

Venise, début du XVIe siècle

Vérone, Museo di Castelvecchio

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Fragment de textile avec un blason composite

Égypte, fin du XVe-début du XVIe siècle

New York, The Metropolitan Museum of Art,

Rogers Fund, 1918

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Ludovico Dolce (1508-1568)

Le Trasformazioni

Venise, 1553

Reliure de cuir repoussé

Venise, Fondazione

Giorgione Cini

l


VENISE ET LES MAMELOUKS

Le commerce vénitien dépend du maintien de bonnes relations avec

les musulmans. En 1345, à la levée de l'embargo pontifical instauré au

lendemain de la perte définitive de la Terre sainte par les chrétiens,

Venise signe un traité de commerce avec le sultan mamelouk. Ses

marchands reviennent à Alexandrie et à Beyrouth et elle organise

plusieurs convois de galères marchandes chaque année à destination

des ports du Levant. Elle entretient des consuls à Alexandrie et au Caire,

à Damas, Beyrouth, Acre, Tripoli, les grandes villes de l'État mamelouk.

En 1442, les Vénitiens sont autorisés à porter leurs vêtements

occidentaux, à circuler à cheval, à vivre où bon leur semble dans les

villes d'Amman et de Damas et non plus dans les fondaci, hôtels de

commerce, édifiés sur le modèle des caravansérails de l'islam et

devait résider tout commerçant étranger en terre d'Islam, avec ses

marchandises entreposées au rez-de-chaussée. Les Vénitiens vivent donc

au contact de la population locale dans des maisons louées à des

propriétaires locaux. Mamelouks et Vénitiens sont unis par un commun

esprit de résistance à l'expansion ottomane qui menaçe leurs positions,

mais ils ne font jamais la guerre ensemble à leur ennemi.

Giovanni Mansuetti (act. 1484-1525)

Trois dignitaires mamelouks

Venise, 1512

Londres, Windsor Castle,

The royal Collection


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Lampe de mosquée provenant de la mosquée

ou de la madrasa de l’émir Qawsun

Syrie, 1329-1335

Verre émaillé

New York, The metropolitan Museum of Art,

Gift of J; Pierpont Morgan 1917

Lampe de mosquée

Venise ou Barcelone, vers 1500

Verre à décor émaillé et doré

Düsseldorf, Museum kunst Palart,

glasmueum Hentrich.

d


VENISE ET LE SAVOIR-FAIRE

ISLAMIQUE : LA VERRERIE

Dès la fin du Moyen-Âge la civilisation arabo-musulmane est un

exemple pour Venise notamment dans les domaines de la médecine, de

l'astronomie, du calcul. Les Vénitiens présents dans le monde

islamique sont avides d'acquérir de nouveaux savoirs aussi bien en

comptabilité qu'en pharmacopée, alors que les artisans vénitiens

imitent certaines techniques d'Orient, en particulier dans la

manufacture des verres et des étoffes.

C'est ainsi que dès le XIIe siècle, les Vénitiens fabriquent et exportent

des objets de verre. Ils importent des cendres de Syrie et sont passés

maîtres dans l'obtention d'un « cristal » de parfaite transparence.

Cette maîtrise confère aux verreries de Murano, l'île des verriers, une

véritable suprématie en Europe et en Orient aux XVe et XVIe siècles.

Pour réduire les coûts de production, les Vénitiens achètent du verre

brisé qu'ils refondent à Venise ; à la Syrie ils ont aussi emprunté

certaines techniques, comme celle du verre « églomisé » qui consiste

à décorer au moyen d'une dorure intérieure soudée au feu entre deux

plaques de verre, et l'adoption de motifs géométriques d'inspiration

orientale observés dans les décors à mosaïques. Les marchands

vénitiens vendent en Orient des verres dorés, émaillés, quelquefois

avec de minuscules émaux polychromes appelés « alla damaschina »

(à la mode de Damas).

Gobelet

Venise, Murano,

fin du XIIIe-début du XIVe siècle

Verre émaillé

Krefeld Karl Amendt Collection,

en dépôt au Düsseldorf,

Museum kunst Palart,

glasmueum Hentrich.

Astrolabe

musée de l’Institut

du Monde Arabe.

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14

Zayn ad-Dîn

Boîte à couvercle

Probablement nord-ouest de l’Iran ou sud-est

de l’Anatolie, fin du XVe-début du XVIe siècle

Laiton gravé et incrusté d’argent

Paris, musée du Louvre, département des arts

de l’Islam

légende

l


INFLUENCE DE L’ART MAMELOUK,

LES MÉTAUX INCRUSTÉS

L'art d'incruster des métaux précieux, l'or et plus souvent l'argent, à

la surface d'un objet en alliage de cuivre, ou de graver des rinceaux et

des ciselures d'argent sur un poignard ou un coffret émerveillait les

voyageurs occidentaux en Orient. Marchands et pèlerins rapportent ces

objets damasquinés : plats de cuivre ou de laiton, aiguières et gobelets,

brûle-parfums, chandeliers, aspersoirs d'eau de rose, simples boîtes.

Les familles nobles y font graver leurs armoiries. L'un des plus célèbres

graveurs fut Mahmud le Kurde dont l'atelier (deuxième moitié du

XVe siècle) était localisé au Kurdistan. Il réalisait des travaux d'une

extrême finesse, ciselés au ciseau à graver, aux sillons emplis d'argent

fondu (fil d'argent) et créait de larges tracés géométriques ornés de

minuscules arabesques en creux émergeant d'une rosace ou d'un

nœud central.

Chandelier

Venise, XVIe siècle

Laiton incrusté d’argent

New York, The Metropolitan

Museum of Art, Gift of J. Pierpont Morgan 1917

Mahmûd al-Kurdî

Plateau

Probablement nord-ouest de l’Iran

ou sud-est de l’Anatolie, fin du XVe

Paris, musée du Louvre,

département des arts de l’Islam

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VENISE

IXe-X siècle

• 828 : transfert des reliques

présumées de saint Marc,

d’Alexandrie à Venise. Construction

de l’église Saint-Marc qui sera

agrandie en 976 et reconstruite

en 1063

XIe siècle

• 1082 : l’empereur byzantin

Bazile II accorde des privilèges

commerciaux à Venise qui lui

ouvrent les portes de l’Orient.

• 1096-1097 : première croisade :

la flotte vénitienne transporte les

croisés vers l’Orient.

• 1099 : prise de Jérusalem par les

Croisés. Perspectives commerciales

pour Venise qui obtient des

fondouks dans tout le royaume de

Jérusalem.

• Développement de l’activité des

verriers à Venise.

XIIe siècle

• 1104 : fondation de l’Arsenal qui

sera agrandi au XIVe siècle.

Venise, Pise et Gênes obtiennent

des quartiers à Acre et dans les

principales villes et ports de la

Terre sainte.

16

Venise est présente dans les grands

ports du Levant, Alexandrie et

Beyrouth.

• Du XIIe au premier tiers du XIIIe

siècle : présence vénitienne en

Afrique du Nord.

• Construction des entrepôts le long

du Grand Canal.

XIIIe siècle

• 1202-1204 : Les Vénitiens

construisent et équipent la flotte

destinée à la quatrième croisade :

sac de Constantinople, les quatre

chevaux en bronze sont installés sur

la façade de la basilique Saint-Marc.

• 1207 : 1er traité de commerce

avec le sultanat d’Alep.

• 1215 : «colonie» des Vénitiens à

Alexandrie; ils résident dans des

fondouks.

• 1231 : traité de commerce avec

Abû Zakariyâ’ Yahyâ Ier, régnant sur

la Tunisie, la Tripolitaine et la

Kabylie.

• 1258 : sac de Baghdad par les

Mongols.

• 1284 : Venise frappe sa monnaie,

le ducat d’or.

• 1291 : transfert des ateliers de

verriers sur l’île de Murano.

XIVe siècle

Venise installe des consuls à

Alexandrie, au Caire, à Damas et à

Beyrouth.

• 1378-1400 : reconstruction du

palais des Doges.

• 1388 : traité de commerce avec

les Turcs.

XVe siècle

• 1404 : la Sérénissime règne sur la

Terre Ferme.

• 1406 : élection du premier pape

vénitien, Grégoire XII.

• 1415 : traité de commerce avec le

sultan mamelouk, al-Mu’ayyad.

• 1479-1481 : Gentile Bellini invité

à Constantinople par le Sultan

Mehmet II pour faire son portrait.

XVIe siècle

• 1503 : la République signe la paix

avec l’Empire ottoman.

• 1507 : traité de commerce avec le

sultan d’Égypte.

• 1508-1517 : développement de

l’imprimerie.

• 1511-1520 : Vittore Carpaccio

peint La prédication de saint

Étienne à Jérusalem et La Lapidation

de saint Étienne pour décorer la

salle de réunion de la Scuola di

santo Stefano à Venise.

• 1538 : défaite de la Sérénissime à

Prevesa (Épire) face à la flotte

turque de Khayr ad-Dîn Barberousse.

• 1566 : mort de Soliman le

magnifique, apogée de l’empire

Ottoman qui s’étend de l’Autriche au

Golfe arabo-persique.

• 1571 : traité de la Sainte Ligue,

défaite ottomane à la bataille

navale de Lépante.

• Fin XVe siècle : la République de

Saint-Marc domine Chypre, la Crète,

Corfou et une partie de la côte

dalmate.

XVIIe siècle

• 1630 : grave épidémie de peste.

Construction de l’église de la Salute.

• 1646-1669 : Les Turcs assiègent

Candie (Crète). Reddition des

Vénitiens.

• 1684-1716 : La guerre du

Péloponnèse (Morée) oppose

Vénitiens et Ottomans.

XVIIIe siècle

• vers 1716 : fin de l’activité de

l’Arsenal.

• 1784-1792 : guerre contre les

corsaires et le bey de Tunis. Venise

négocie la paix moyennant un lourd

tribut.

• 1797 : les troupes françaises de

Bonaparte occupent la Terre Ferme.

Chute de la République de Venise,

rattachée au royaume d’Italie par le

traité de Campo-Formio.


ORIENT

IXe siècle

• IX-Xe siècle : traités entre la

Sérénissime et les souverains

musulmans d’Afrique du Nord, de

Syrie et d’Égypte.

Xe siècle

• 969-1171 : les Fatimides règnent

sur l’Égypte et la Syrie.

• 969 : Fondation du Caire.

• 970-972 : construction de la

mosquée Al-Azhar au Caire.

XIe siècle

• Fin du XIe siècle : une partie du

trésor fatimide du Caire est déposée

dans la basilique Saint-Marc.

XIIe siècle

• 1123 : Le calife du Caire, al-Âmir,

tente de reconquérir Jaffa alors aux

mains des croisés.

• 1171-1260 : Jérusalem sous

l’autorité des Ayyûbides.

• dès 1231 : la dynastie hafside

gouverne l’Ifriqiya.

XIIIe siècle

• 1250-1517 : les Mamelouks

partenaires commerciaux des

Vénitiens règnent sur l’Égypte et la

Syrie.

• 1258 : Hûlegû, fils de Gengis

Khan ravage Bagdad et met fin à la

dynastie abbasside.

• 1270 : création d’une escale

vénitienne à Ras El-Makhbaz

(Tunisie) où aboutissent les pistes

caravanières d’Afrique.

• 1281 : début de l’Empire ottoman

• 1291 : Acre est sous la

domination mamelouke.

XIVe siècle

• 1326-1366 : Bursa, capitale de

l’Empire ottoman.

• 1366 : transfert de la capitale

ottomane à Edirne.

XVe siècle

• 1426 : conquête de Chypre par

les Mamelouks.

• 1453 : prise de Constantinople

qui devient la nouvelle capitale

ottomane par Mehmet II le

Conquérant; traités commerciaux

entre Venise et le sultan.

Conquête de Trébizonde et de la

Morée par les Ottomans.

• 1479-1481 : séjour de Gentile

Bellini à la cour de Mehmet II.

XVIe siècle

• 1512-1520 : Selîm Ier s’empare

de la Syrie, de l’Égypte, de l’Anatolie

centrale et de l’Azerbaïdjan.

• 1514 : victoire des Ottomans sur

les Safavides (Iran).

• 1516 : victoire des Ottomans sur

les Mamelouks. Ils occupent Alep et

Damas.

• 1517 : conquête ottomane du

Caire.

• 1520-1566 : règne de Soliman le

Magnifique qui s’empare de l’Irak, du

Yémen et, grâce à ses corsaires, de

l’Afrique du Nord à l’exception du

Maroc.

• 1535 : Alger est au pouvoir de

Barberousse envoyé par Soliman le

Magnifique.

• 1550 : édification de la mosquée

Sulaymâniye à Istanbul.

• 1570 : Soliman fait saisir les

navires vénitiens dans le Bosphore

et les Dardanelles.

• 1571 : défaite ottomane à

Lépante. Les Turcs assiègent

Famagouste (Chypre).

• 1574 : prise de Tunis et de la

Goulette par les Ottomans.

• L’Empire ottoman s’étend de

Budapest à Bagdad, de Damas à

Alger, aux Balkans, dans la plaine du

Danube, en Asie occidentale et au

Proche-Orient.

XVIIe siècle

• 1603 : des ambassadeurs de Shâh

`Abbâs Ier se rendent à Venise pour

conclure un accord afin de lutter

contre l’hégémonie ottomane.

• 1609 : construction de la

«mosquée bleue», à Istanbul.

• 1646 : les Turcs parviennent en

Crète, la dernière possession

vénitienne en Grèce. Siège de

Candie.

XVIIIe siècle

• 1714-1716 : les Turcs assiègent

la Morée et les récentes conquêtes

vénitiennes dans le Péloponnèse.

• 1717-1729 : première imprimerie

turque en caractères arabes.

• 1784-1792 : guerre contre les

corsaires et le bey de Tunis. Venise

négocie la paix moyennant un lourd

tribut.

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18

Orkhan II

Venise, XVIe siècle

Munich, Bayerische Staatsgemäldesammlungen,

Staats galerie in der Residenz Würzburg.

l


L’ORIENT DANS LA PEINTURE

VÉNITIENNE

Les mosaïques des XIIe et XIIIe siècles dans la basilique de San Marco

illustrent l'histoire biblique de l'Égypte antique. Fin XVe début XVIe les

scuole (confréries religieuses) ornent leurs chapelles de vies de saints,

lesquels ont vécu au Moyen-Orient ou en Afrique du Nord : cycle de

saint Marc à la scuola di San Marco par Gentile Bellini ; celui-ci

séjourne à Constantinople de 1479 à 1481 à l'invitation de Mehmet II

qui lui commande son portrait. Bellini place volontiers dans ses

tableaux des chameaux voyageant en caravane, des femmes voilées sur

les terrasses de demeures orientales ou des objets islamiques, tapis

soieries, vases...

De même Carpaccio peint le cycle de saint Georges. En 1508-1509,

Giorgione peint le tableau Les Trois Philosophes représentant Platon,

Aristote et Averroès (identifiable à son turban), le médecin et

philosophe né en Andalousie (1126-1198). Tous ces peintres ont une

attirance et une familiarité avec l'Orient, vu à travers un filtre vénitien.

La toile anonyme (1511 ou 1513) intitulée La Réception des

ambassadeurs vénitiens à Damas représente la ville avec exactitude

(mosquée des Omeyyades, minarets, maisons à terrasses, etc.).

Seyyid Lokman

Turquie,fin du XVIe siècle

Manuscrit, Londres, The Nasser D. Khalili,

Collection of Islamic Art

19


Médaille à l’effigie de Soliman le Magnifique

Venise, vers 1520

New York, The Metropolitan Museum of Art,

Rogers Fund 1918

20

Haydar Reis Nigâri (vers 1492-1572)

Portrait du sultan Selîm II

Istanbul, vers 1570

Genève, Aga Khan Trust for Culture,

précédemment dans la collection

du Prince et de la Princesse

Sadruddin Aga Khan

v


VENISE ET LES OTTOMANS

Venise vit dans la crainte perpétuelle du péril ottoman. Au XVe siècle, le

Turc est devenu l'ennemi dont il faut en permanence se garder. Les

deux États ont une longue frontière commune : les possessions

maritimes de la République de Venise bordent les territoires obéissant

au sultan ottoman : toute la côte dalmate et grecque, Chypre, et la

Crète. Les Turcs se sentent surveillés par les escadres de Venise et

cherchent à démanteler l'empire maritime vénitien, qui tremble pour

ses lignes de navigation étirées dans le Levant. Venise a conduit six

guerres navales et terrestres, qui se terminent le plus souvent, malgré

l'équilibre des forces sur mer, par de nouvelles amputations de

territoires. Par ailleurs, la « Sublime Porte », en conquérant la Grèce,

la Bulgarie, la Roumanie et la Hongrie, et faisant le siège de Vienne,

soulage Venise du danger permanent que fait peser sur elle l'Empire

austro-hongrois des Habsbourg. Les deux États ont trop besoin l'un de

l'autre, pour préserver leur commerce des concurrents et résister à des

adversaires communs, pour ne pas chercher à établir des relations

pacifiques durables. Istanbul conserve pour les marchands vénitiens

l'importance qu'avait toujours eue Constantinople pour leurs affaires.

Firman contenant un accord entre Soliman le

Magnifique et la République de Venise

Istanbul, 1540

Paris, Bibliothèque nationale de France,

département des manuscrits orientaux,

21


22

Tapis «Lotto»

Turquie, Anatolie, XVIe siècle

Saint Louis, The Saint Louis Art Museum,

don de James F. Ballard

c


VENISE ET LES PRODUITS DE LUXE

C'est dans la diffusion des produits de luxe que Venise excelle,

s'arrogeant un domaine qui était jusque-là la spécialité des artisans

d'Orient : soieries fines, verrerie, cristal de roche.

En effet, la fascination exercée par l'Orient favorise la diffusion en

Occident par les Vénitiens de techniques ou de coutumes observées

dans le monde musulman. C'est ainsi que Venise a été un centre de

redistribution des tapis orientaux vers l'Europe. Les peintres vénitiens

du Quattrocento (XVe siècle) représentent des tapis venus d'Egypte,

Syrie, Anatolie, au point que l'on désigne certains types de tapis par des

noms de peintres ; Lotto ou Ghirlandaio, par exemple. Ce commerce

fonctionne dans le sens est-ouest, celui des textiles - soies, velours - est

à double sens.

Le commerce des épices, qui englobe les produits tinctoriaux, et le

travail des cuirs ont inspiré à Rosetti deux traités : Le teinturier parfait

ou l'art de teindre les laines, soies, fils paru à Venise en 1548, et en

1555, Les secrets qu'il faut connaître sur l'art de la parfumerie où il

s'engage « à ne taire aucun des secrets du Caire, de Syrie ni d'Égypte »

dévoilés par le Traité des Parfums d'al-Kindi. Un autre secteur

d'activité, l'habillement, qui emploie tailleurs, dentellières,

perruquiers, bottiers et joailliers qui créent la mode de l'époque,

amène Cesare Vecellio, fils du grand Titien, à écrire Des costumes

anciens et modernes des diverses parties du monde (Venise 1590). Le

carnaval de Venise, qui au XVIIIe siècle dure six mois, joue un rôle

déterminant dans la demande commerciale de ce secteur d'activité.

Velours

Italie ou Turquie, 1ère moitié du XVIe siècle

New York, The metropolitan Museum of

Art,Rogers Fund 1953

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24

Plat

Padoue, 1633

Sèvres, Musée national de

la Céramique

Plat

Turquie, Iznik, vers 1580

Musée national de la Renaissance,

château d’Écouen

l


LA CÉRAMIQUE

La connaissance des céramiques islamiques à Venise est liée à leur

importation et aux échanges commerciaux intenses avec la

Méditerranée orientale. On distingue plusieurs types de céramiques

selon les régions d'origine : maghrébine, hispano-mauresque,

syro-égyptienne, d'époque fatimide et d'époque mamelouke, persane

d'époque ilkhanide. Techniques et décors attestent l'influence

orientale, dont celui dit « a rabesche » (arabesque) qui mêle chiffres,

entrelacs, noeuds et petites fleurs, adopté à Venise au XVIe siècle, dans

les ateliers de Giacomo da Pesaro et de maître Lodovico qui trace aussi

des décors « à la porcelaine », minuscule décor floral bleu peint sur

fond blanc ou azur, imité des porcelaines chinoises d'époque Ming ou

de leurs imitations ottomanes. Ils adoptent la technique de l'engobe,

d'origine orientale, qui consiste à recouvrir la poterie d'une fine

couche de terre dans laquelle on incise le décor choisi, géométrique ou

végétal, qui fait ressortir la couleur initiale.

Aux XVIIe et XVIIIe siècles, en Vénétie les céramiques majoliques

imitent les céramiques ottomanes au décor floral polychrome dont

elles reprennent les œillets, les tulipes roses, les jacinthes en bleu, vert,

jaune et brun.

Plat à décor de rinceaux «alla porcellana»

Venise, vers 1540-1550

Fioritura Collection, Heinz & Jertha Kuckei

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Benedetto Floriani

Épinette

Venise, 1572

Paris, dépôt du Musée des Arts décoratifs

au Musée de la musique,

Cité de la Musique.

26

Bouclier d'apparât,

Venise fin XVIe siècle

bois, cuir, argent,

vernis et peinture.

The Métropolitan museum of art

(NY).

à


BOIS LAQUÉ ET CUIR DORÉ

À mesure que se développent les échanges avec les mondes orientaux

lointains, Venise importe de coûteux produits laqués qu'elle revend en

Europe. Dès la fin du XVe siècle, les Vénitiens produisent leurs propres

laques et mettent au point des compositions originales de vernis

(laques) car ils n'ont pas accès à l'arbre à laque qui pousse en Asie du

sud-est. Le décor de ces pièces vénitiennes s'inspire clairement des

motifs ottomans repris sur des objets parvenus à Venise par voie

commerciale ou butins de guerre. Les peintres peignent des objets de

bois à motifs dorés sur fond sombre pour créer des surfaces lustrées ou

de cuir argenté auxquels ils donnent un effet doré (cuoridoro, cuir

doré) pour concurrencer les productions persanes et ottomanes.

Le cuir était gaufré à froid, doré, estampé de figures, d'arabesques, de

fleurs et de feuilles. Le cuir doré était utilisé surtout pour la reliure

des livres, mais aussi pour recouvrir des coffres, des boucliers, des étuis,

des cadres, des instruments de musique, etc. La production de laque

vénitien de style ottoman est probablement l'un des phénomènes les

plus intéressants de l'histoire des échanges culturels entre Venise et

l'Orient.

Portes

Venise, fin du XVIe siècle

Bois pierres semi précieuses

Londres, Rainer Zietz Ltd

27


Vittore Carpaccio

(1450-1525)

Deux femmes musulmanes

debout

Princeton university Art

Museum of Arts,

Don de Franck Jewett

Mather Jr.

Giovanni Domenico Tiepolo

Deux Orientaux assis

sous un arbre

Venise, vers 1757

Londres,

The National Gallery

l


Figure de proue représentant un Turc

Venise, milieu du XVIIIe siècle

Venise, Museo Storico Navale

CHANGEMENTS DE REGARDS

ET TURQUERIES

Les relations entre la Sérénissime et le Grand Turc sont souvent

présentées comme un conflit permanent, or on assiste également à de

longues périodes d'échanges pacifiques. Les Vénitiens ont une image

ambivalente des Turcs ; ils sont en même temps un danger et une

source de profit, menaçants et fascinants. La victoire de la coalition

chrétienne de Lépante (1571), qui en réalité ne change rien à l'équilibre

des forces en Méditerranée, commence à modifier l'image du Turc qui

apparaît pour la première fois sous un autre angle : il n'est plus

invincible. Mais, conséquence des nombreux conflits qui continuent, les

écrivains expriment dans leur théâtre la haine et la rancoeur politique et

religieuse contre le Turc décrit comme un barbare cruel et avide.

Ces défauts mettent en valeur par contraste les incomparables qualités

de la culture vénitienne, héritière de l'humanisme grec, et la beauté de

la ville, patrie des plus grands artistes. Un regard nouveau apparaît

pourtant à la fin du XVIIe siècle quand le baile d' Istanbul, Giambattista

Donà, apprend la langue turque pour écrire une Histoire de la

littérature turque et révèle à ses lecteurs que ce peuple tenu pour

barbare dispose d'un patrimoine littéraire et d'une culture autonome.

Commencent alors les traductions d'oeuvres turques. Ce nouveau

regard conduit à la fois à des recherches réelles sur la culture ottomane,

et à des caricatures et dérisions : les « turqueries », qui marquent le

"défoulement" de Venise par rapport à la peur vécue depuis trois siècles.

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MOTS VÉNITIENS OU ITALIENS D'ORIGINE ARABE, PERSANE OU TURQUE

COULEURS

Azzuro : lazaward : ar. = bleu

Cremisi ou carminio : qirmiz : ar. = carmin

Gelsomino : yasmin : ar. = jasmin

Lilac ou lilà : lilàk : ar. = lilas

NOURRITURE

Zucchero : sukkr : ar. = sucre

Spinacce ou espinaca : aspanàh :

ar-pers. = épinard

Arancio : naranjà : ar.-pers. = orange

Limone : laïmùn : pers. : citron

Marzapana ou martabana : vénitien : de

Martabàn : côte birmane : coffret où on

mettait des gâteaux > sorte de gâteaux

ETOFFES, HABITS, USTENSILES

Gabbano : qabà : ar.-pers. = manteau contre la

pluie = (caban en français)

Turbante : tùlbad : turc = turban

Babuccia ou papuzza (vénitien) :

ar-pers. bàbûsh = pantoufle de cuir

Camocato : kamha : ar. = étoffe de soie de

brocart d'or de Damas

Scarlatto : siqirlàt ou siqillàt = étoffe

précieuse dont la couleur varie (écarlate en fr.)

Taftà : taftah : ar. = étoffe de soie unie,

brillante et souple

Musco : mushk : pers. = parfum

Garza : qazz : étoffe légère de soie (gaze en

français)

Mussolina : maousili : ar. = de Mossoul =

mousseline

Satino : zaïtûn : ar. de Tseuthung en Chine =

tissus de satin

Zubba : jubba : ar. = surveste de coton

Caraffa : qaràba : ar.-pers. : ustensile pour

transporter l'eau

Lacca : lakk ou làkh : ar-ind. = laque

Marcassita : marqasita : ar = pierre blanche

TERMES DE COMMERCE, NAVALS OU DE

GUERRE

Bazarro : bazàr : pers. = boutique de

vêtements

Dogana, duana : diwàn : ar.-pers. : bureau de

douane

Gabban ou capanno : qabbàn : ar.-pers. :

balance à épices

Carovane ou caravana : karawàn : pers. :

compagnie de voyageurs

Sensale : säpsar : pers., simsar : ar. : agent de

change

Fundacco : funduq : ar. = hôtel pour

voyageurs (ou pour Italiens en Orient)

Ammiraglio : amir-al-bahar : ar. = amiral

Darsena (vénitien) ou arsenale (it) : dar-assina'

: manufacture, fabrique

Characchia : harràqah : ar. = navire de guerre

Carraca : qaraqir : ar. : grand vaisseau de

guerre

Garabi : qarib : ar. = galère

plus tard : caravela (esp.) = caravelle

Sambeco : shabbàk : ar. = petit bateau à trois

voiles

Zerma ou giarma : jàrm - tajrîm = grosse

barge de transport sur le Nil

Saica : sa'iqa : barque à voile

Felucca : falûwa : ar. : petite embarcation à

deux mâts avec voiles latines puis bateau sur

la mer Rouge

Capo rais : ra'is : ar. : capitaine

AUTRES TERMES

Sarquino : sharqi : ar. = qui vient de l’Est

Ragazzo : raqqàs = jeune homme courrier

entre la douane, les marchands vénitiens et les

bateaux arabes sur le Grand canal

Talismano : danishmand : ar-pers. : docteur de

loi musulmane

Targima : tarjima : ar. = préposé aux bureaux

turcomans = interprète

Meschino : miskin : ar. = pauvre

Sarabanda : särbänd : ar.-pers. = danse

Admirabilis - admiragdus : amir-al... : ar. :

superlatif

Sciacallo : shagal : turc -pers. = chacal

Tirés de : Ricerche sugli arabismi italiani de Giovan Battista

Pellegrini.

31


Crédits photographiques

Couvertures I et IV : The National Gallery Londres.

p. 1 : Hulton-Deutsch Collection/Corbis ; p. 2 : Stéphanie Mousset, www.photosvoyages.com;

p. 3 : G. Bech; p. 5 : The Art Archive, Bibliothèque du Musée Correr,

Dagli Orti; p. 6 : RMN : Gérard Blot/Jean Shormans; p. 7 : New York, The Corning

Museum of Glass, RMN; p. 8 : RMN; p. 9 : Vérone, Museo di Castelvecchio; p. 10 :

2006, The Metropolitan Museum of Art, Venise, Fondazione Giorgione Cini; p. 11 :

Royal Collection 2006, her Majesty Queen Elisabeth II; p. 12 : 2006, The

metropolitan Museum of Art; Düsseldorf, Kunstmuseum; p. 13 : musée IMA,

Düsseldorf, glasmuseum Hentrich; p. 14 : RMN/Jean Gilles Benizzi, 2006, The

Metropolitan Museum of Art; p. 15 : RMN; p. 18 : Munich, Bayerische

Staatsgemäldesammlungen; p. 19 : Nour foundation; p. 20 : 2006, The

Metropolitan Museum of Art, Aga Khan Trust for culture; p. 21 : BNF;

p. 22 : Saint-Louis Art museum, Gift of James F. Ballard; p. 23 : 2006, The

metropolitan Museum of Art ; p. 24 : RMN/Martine Beck-Coppola, RMN/René-

Gabriel Ojeda; p. 25 : Fioritura Collection, Heinz & Jertha Kuckei; p. 26 : J-M

Angles, 2006. Métropolitan Museum of Art ; p. 27 : Londres, Rainer Zietz Ltd;

p. 28 : Princeton university Art Museum of Arts, Londres, The National Gallery ;

p. 29 : Venise, Museo Storico Navale; p. 32 : Francfort, Museum für Angewandte

Kunst ; p. 33 : Chatsworth, trustees of the Chatsworth settlement

Couvertures I et IV : Gentile Bellini (1429-1507), Portrait du Sultan Mehmet II,

Venise fin du XVe siècle, Huile sur toile, (69,9 x 52,1 cm), The National Gallery

Londres.

32

Gobelet, verre émaillé

Venise, Murano,

fin du XIIIe - début du XIVe siècle

Francfort, Museum für

Angewandte Kunst


Conception : O. Oussedik

Textes : Jean-Claude Hocquet

(sauf pages : 16,17,31)

Recherche documentaire : F. Langevin

Chronologie : Dj. Chakour

Conception graphique : F. André et P. Feix

Impression, IRO - La Rochelle

Remerciements : Musée de l’IMA, C. Brahimi

Fra’ Giocondo

Venise, vers 1520-1530

Reliure de cuir repoussé et peint

Chatsworth, trustees of the

Chatsworth settlement

33


Prix : 6 €

ISBN 2-84306-142-3

9782843061424

Ce livret est publié en liaison avec l’exposition Venise et l’Orient

organisée par l’Institut du monde arabe et le Metropolitan Museum of Art (New York)

présentée à l’IMA du 3 octobre 2006 au 18 février 2007.

IMA 1, rue des fossés St-Bernard - 75236 paris cedex 05 -

www.imarabe.org

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