CEFPJP95 PDF HISTORIQUE 2011 (1). - Quomodo

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CEFPJP95 PDF HISTORIQUE 2011 (1). - Quomodo

Historique

Histoire des jeux de boules

http://www.museedelaboule.com/index


Le jeu de boules à travers les siècles

Diverses découvertes archéologiques prouvent que la pratique du jeu de boules remonte à la

nuit des temps.

En Egypte ancienne, aux confins de l‟Ecosse, même en Chine, on retrouve des traces de cette

activité sur les différents continents

L’antiquité

Egypte, mais aussi un peu plus tard chez les grecs et les romains, le jeu de boules se pratique

sous des formes diverses. Pierre, bois, ou même boules “souples” remplies de crin

Egypte, mais aussi un peu plus tard chez les grecs et les romains, le jeu de boules se pratique

sous des formes diverses. Pierre, bois, ou même boules “souples” remplies de crin, les

témoignages abondent sur divers continents.

On trouve des boules de pierre dans une tombe égyptienne d‟enfant. Des boules ornées de

stries, datant de 4000 ans sont découvertes en Ecosse. Des fouilles en Chine attestent qu‟on y

jouait aussi dans un lointain passé.

Mais nous en savons davantage sur les grecs et les romains. Dans l‟Iliade, on perle de héros

grecs se mesurant à un jeu qui pourrait être l‟ancêtre de notre jeu de boules. Le lancer de

boules était certes un sport olympique, mais qu‟elles aient été lancées également vers un but

est indubitable. Jeux de balles, jeux de boules, les variantes sont multiples au cours des temps

anciens, particulièrement chez les romains. Plus tard, l‟écrivain romain Julius Pollux (env 200

ans ap.JC) a décrit un jeu „ephedrisme” dans lequel un joueur devait lancer une pierre à une

certaine distance. les autres joueurs devaient ensuite la toucher. Maurice Rofritsch, fabricant

de boules à La Valentine près de Marseille (son fils Hervé est le directeur actuel de La Boule

Bleue) raconte qu‟autrefois on utilisait des pierres rondes de la Durance comme boules et

qu‟on les lançait vers une petite pierre servant de but.

Le moyen âge

Peu d‟informations pour le début du moyen-âge, mais dès les Xe et XIe siècles, on retrouve

de nouvelles informations dont beaucoup de gravures et d‟enluminures montrant des joueurs

de boules

Peu d‟informations pour le début du moyen-âge, mais dès les Xe et XIe siècles, on retrouve

de nouvelles informations dont beaucoup de gravures et d‟enluminures montrant des joueurs

de boules. Les “lettres de grâce” (qui étaient des suppliques envoyées aux rois dans le but

d‟obtenir une remise de peine) nous apprennent que des gens ont été emprisonnés parce

qu‟une partie de boules avait dégénéré et qu‟il y avait eu des empoignades et parfois même

des morts ! Sans doute le fait qu‟on y pariait des fortes sommes... Aussi, le fait que les terrains

de jeux de boules étaient souvent annexés à une auberge ou un estaminet débit de boissons

alcoolisées dont l‟abus pouvait avoir de funestes conséquences.

Les pouvoirs et les religieux de l‟époque ont essayé de refréner ou d‟interdire les jeux de

boules. Les rois de France notamment, Philippe V et Charles V interdisent les jeux de boules

essayant plutôt d‟inciter les sujets à s‟entraîner au maniement d‟armes, la guerre étant leur

préoccupation principale ! Quant au pape, durant le concile de 1585, il interdit au clergé de

s‟occuper des jeux, estimant qu‟ils nuisaient à la pratique religieuse. Pourtant, à partir du XVe

siècle, une ordonnance de Philippe le Hardi, duc de Bourgogne va libéraliser la pratique des

jeux de boules et de palets. c‟est le début d‟un âge d‟or des jeux tant en Flandre qu‟en France

et dans certains pays voisins.

Une anecdote amusante pour terminer : Louis XI, roi de France de 1461 à 1483, adorait ce jeu

et avait fait construire au château de Plessis les Tours un terrain splendide ou les nobles de la


égion prenaient régulièrement une leçon de leur roi qui était excellent joueur. Peu d‟entre eux

se risquèrent à le battre...

Du XVIe au XVIIIe siècle

Erasme et Rabelais, au XVIe siècle on fait l‟éloge du sport et des activités de plein air.

D‟après leurs écrits l‟exercice physique a une influence positive sur les efforts intellectuels

qui leur feraient suite...

Erasme et Rabelais, au XVIe siècle on fait l‟éloge du sport et des activités de plein air.

D‟après leurs écrits l‟exercice physique a une influence positive sur les efforts intellectuels

qui leur feraient suite.

Rabelais, étudiant en médecine à Montpellier, y découvrit le jeu de boules. Vivant ensuite à

Lyon, il se laissait volontiers tenter par une partie de boules. C‟est dans les aventures de

Gargantua et Pantagruel qu‟il énumère les nombreuses variantes de l‟époque:

- Au franc du carreau : jeu d‟argent qui consistait à envoyer une pièce de monnaie dans un

carré tracé sur le sol.

- A cochonnet va devant : il s‟agissait de se rapprocher d‟un but. Après chaque jet, le but était

lancé plus loin si bien que l‟on parcourait ainsi tout un circuit.

- Au palet : A ce jeu, on jouait avec des pierres rondes et aplaties lancées vers un but. Parfois

avec des carreaux, des écus ou des morceaux de métal plats et ronds.

- A la courte boulle

- A la boulle plate.

Erasme, quant à lui, mentionne dans ses Colloques le jeu de kloot, une variante hollandaise du

jeu de boules

Au XVIIe Boileau déclara : “Moi, je possède deux grands talents fort importants pour la

Société et l‟Etat. Le premier est de bien jouer aux boules et le deuxième, de bien écrire de la

poésie” !

Mais on peut dire que c‟‟est surtout le jeu de quilles qui fait fureur auprès de la bonne société,

le jeu de boules, sous l‟influence anglaise, le rejoindra au XVIIIe dans les distractions

favorites des nobles et des bourgeois.

Toutefois, comme son prédécesseur Louis XI, le Roi Soleil, Louis XIV prenait grand plaisir à

lancer lui-même ses boules qui lui étaient apportées dans un panier de paille. Il avait sans

doute un ramasseur de boules personnel, quelque courtisan empressé de plaire à son

souverain. Il ne pouvait pas connaître évidemment le bisou-boule, cet aimant que l‟on utilise

de nos jours pour ramasser les boules sans se baisser !

Une anecdote amusante nous montre le Marechal de Turenne arbitrant un différend lors d‟une

partie.

Un auteur anglais du XVIIe, Joseph Addison, qui séjourna quelques temps en France, donne

également une description du jeu très contemporaine

Au XVIIIe siècle, le jeu devient très populaire, au point que L‟Encyclopédie de Diderot et

D‟Alembert en fait mention bien évidemment. Les anglais pratiquant le jeu sur le gazon,

français avec un certain snobisme s‟approprieront le mot de bowling green qui devient

boulingrin. En continuant sur l‟origine des mots, il convient de remarquer que Voltaire se

trompait quand il attribuait l‟étymologie du mot boulevard au fait qu‟on jouait aux boules sur

les espaces verts aménagés à l‟emplacement des anciens remparts. C‟était plutôt une question

de boulets et de places fortes. Peu importe, la Révolution Française en abolissant les

privilèges de la noblesse permirent aux jeux de gagner le peuple en toute sérénité. Ca

n‟empêche pas certains excès de se produire comme l‟illustre cette sentence du tribunal de


Marseille en 1792 ! En Espagne, en Italie, le sang chaud du midi aidant, les protagonistes en

viennent parfois aux mains avec leurs navajas bien aiguisées afin de se taillader l‟épiderme

dans les règles de l‟art... Toujours 1792, en pleine révolution, un certain nombre de membres

de la Société Populaire de Marseille allant à la rencontre des gardes nationaux envoyés en

Arles pour réprimer une émeute s‟étaient réunis dans une salle basse du couvent des Récollets

où étaient entreposés barils de poudre et autres munitions. Pour passer le temps, ils se mirent à

jouer avec de petits boulets... On ne sait pas ce qu‟il se passa exactement mais toujours est-il

qu‟une explosion épouvantable se produisit causant 38 morts ainsi qu‟un grand nombre de

blessés !


Le XIXe siècle

A partir du XIXe siècle, la popularité du jeu de boules devient telle qu‟on le pratique à peu

près partout, au point que la sécurité des personnes se trouve mise en cause et que les autorités

prennent des mesures...

A partir du XIXe siècle, la popularité du jeu de boules devient telle qu‟on le pratique à peu

près partout, au point que la sécurité des personnes se trouve mise en cause et que les autorités

prennent des mesures pour en réglementer la pratique. La guerre de 1870 vit une dernière

période d‟interdiction, les boulets étant prioritaires sur les boules en quelque sorte.


Les journaux populaires comme l‟illustration et bien d‟autres, des livres comme celui de B.

Durand “les français peints par eux-mêmes” (1840) décrivent avec force détails pittoresques

les joueurs et leur environnement. Les journaux de la première moitié du XIXe ne sont

illustrés que par des gravures (dont le charme nostalgique reste indéniable) et des dessins,

mais les photos vont bientôt s‟imposer et les moyens de leur reproduction étant enfin

maitrisés aux environs de 1870, nous aurons de plus en plus de témoignages objectifs par les

premiers daguerréotypes puis les photographies sur papier.

Les photos anciennes représentent des scènes de joueurs en action mais aussi des photos

souvenir d‟une équipe victorieuse, d‟acteurs d‟une compétition, de champions locaux, etc...

On y découvre aussi les premières publicités photographiques.

La photo devenant à la mode, il n‟est pas rare que toute la famille se fasse photographier sur

un terrain de boules. N‟oublions pas qu‟à Lyon on comptait plus de 18000 terrains et 80000

joueurs. Paris et la Provence n‟étaient pas en reste. Quand une partie se déroulait dans telle

ville ou tel village, tout le monde se déplaçait pour y assister. Le plus souvent, on se divisait

en deux camps qui s‟affrontaient en paris importants. Les corporations organisaient des

challenges. Lors des défilés locaux, chaque club était représenté par son propre char

triomphal.

A la fin du XIXe, dans la vallée du Rhône, 400000 français jouaient au jeu national. les

premiers règlements du jeu de boules datent de cette époque. les premiers concours sont

lancés. Les 3 et 4 juin 1894, le Lyon Républicain organise un grand concours de boules

auquel participent 1250 joueurs. Le 15 mai 1895, un tournoi important se déroule à Toulon

avec le concours des meilleurs joueurs de Provence et du Languedoc. Un jury spécial

enregistre soigneusement tous les points car les paris se multiplient dans des proportions

considérables avec des sommes énormes parfois.

A la fin du XIXe, le jeu de boules devient l‟occupation de loisir la plus importante pour les

gens du peuple.


Notre époque

Devenu loisir populaire par excellence, le jeu de boules continuera à surfer sur la vague du

succès tout au long du XXe siècle. Même pendant la première guerre mondiale, le jeu

constituait souvent la seule échappatoire...

Devenu loisir populaire par excellence, le jeu de boules continuera à surfer sur la vague du

succès tout au long du XXe siècle. Même pendant la première guerre mondiale, le jeu

constituait souvent la seule échappatoire à toute la misère à laquelle les poilus étaient

confrontés. même dans les hôpitaux où les blessés étaient accueillis, existait un petit terrain

sur lequel on pouvait jouer. Après les deux guerres mondiales, la pratique du jeu ne devait

plus cesser. parmi tous ces jeux divers, le sport boules et surtout la pétanque se développèrent

à un véritable niveau international. De nombreuses variantes, soit ancestrales, soit récentes se

sont développées et nous les passons en revue dans un chapitre spécifique.

Du début du XXe siècle jusqu‟à la deuxième guerre mondiale, le sport boules était la variante

la plus importante du jeu de boules. Depuis 60 ans, la pétanque, née en 1907 à La Ciotat, en

Provence, a pris la première place, avec en France plus d‟un demi-million d‟adeptes.

Le sport boules a le privilège d‟avoir accumulé les records :

- La partie la plus longue (1920) : elle dura plus de 9 heures !

- La partie la plus courte (1931) : l‟équipe de Lyon avait admirablement placé sa première

boule en faisant un biberon. le tireur de l‟équipe adverse, en lançant sa boule mordit

largement la ligne. Un des joueurs de l‟équipe du Rhône lui en fit la remarque ; les joueurs de

l‟équipe de la Drôme se fâchèrent, au point de ramasser leurs boules et de quitter le terrain. La

partie n‟avait pas duré 5 minutes !

- Le plus grand nombre de spectateurs (1906) : plus de 50000 spectateurs, pour le concours de

Pentecôte à Lyon.

- La plus longue ovation (1959) : encore place Bellecour à Lyon : le grand champion

Gallaratto disputait son dernier Bellecour et les spectateurs le savaient. Lorsqu‟il eut perdu sa

partie, ils se levèrent tous et lui firent une ovation de presque dix minutes, en témoignage de

l‟immense place que ce joueur d‟exception tenait dans le cœur de tous les amateurs du jeu de

boules. Il n‟était pas devenu un grand champion par hasard : lorsqu‟il eut six ans, son oncle

lui offrit en cachette sa première paire de boules (en gaïac, bois dur des Antilles) qu‟il garda

toute sa vie. Sur le chemin de l‟école il lançait une boule devant lui et la tirait avec l‟autre,

puis il les cachait dans un buisson pour les reprendre au retour. A douze ans, il fut le tireur le

plus jeune et le premier qui joua dans une équipe avec des adultes.

Le jeu provençal, pratiqué depuis le XIXe siècle dans le sud de la France est très proche du

sport boules (héritier de la boule lyonnaise). Les trois pas d‟élan permettent de tirer la boule

assez loin, mais la pétanque, qui se joue à l‟arrêt (ou les pieds “tangués”) à pris logiquement

sa suite. Les tailles de boules se différencièrent également, les provençaux préférant les petites

boules de la pétanque et du jeu provençal aux grosses boules des canuts de Lyon !

Enfin, après les fantaisistes boules ovales créées à Marseille et qui n‟eurent qu‟une vie

éphémère, certains imaginèrent même une contradiction absolue, jouer avec des boules

carrées ! On y joue parfois dans quelques villages des Cévennes aux rues en pente...


Les Variantes

Chaque époque, chaque culture a laissé son empreinte sur le jeu de boules.

Les interdictions et décrets n‟ont pu empêcher son essor.

De nombreuses variantes se sont développées au fil du temps et des régions, des pays,

certaines au point de devenir des sports internationaux, d‟autres gardant leur caractère

traditionnel, régional, l‟ensemble de ces variantes forme une partie de l‟héritage culturel qu‟il

convient de préserver et de transmettre.

Les variantes

La boule flamande

Ce sport populaire en Belgique et en Hollande est pratiqué depuis des siècles.

Il est même possible que le jeu de boules ait été introduit de Flandre vers la France et non

l‟inverse comme on a tendance à l‟admettre généralement.

Les variantes de cette boule flamande sont, à leur tour, nombreuses, on ne peut que les citer

ici : krulbol, gaaibol, blazoenbol, pierebol, gerrebol, plattebol, rondebol...

On en revient toujours plus ou moins au principe commun qui consiste à rapprocher les boules

d‟un but pour gagner des points. Ce qui varie ce sont les formes des boules, les terrains, etc...

On peut donner des précisions sur les principales variantes de la boule flamande :


Le krulbol

Toujours pratiqué il se joue sur un terrain ovale ou rectangulaire appelé le tra. Deux équipes

s‟affrontent :

Le but est un piquet ou baguette (steak) que l‟on a placé aux deux extrémités du terrain. les

capitaines des deux équipes lancent leurs boules à tour de rôle, puis ce sont les autres joueurs.

Cherchant à placer d‟abord les boules le plus près du but. Ensuite on peut tirer afin de

déplacer les boules de l‟adversaire. les règles du tir diffèrent d‟une ville à l‟autre, lors des

concours sont constituées des triplettes comportant un tireur. Chaque joueur n‟a qu‟une boule

(la krulbol), dont la forme et la matière varient également :

- En Flandre, on joue avec une grosse krulbol en wartex, matière synthétique composée

essentiellement de lin.

- A Gand, en Belgique, on joue avec une krulbol plate, en bois de noyer ou de charme, pesant

environ 1,2 kg, de 19 cm de diametre et de 5 cm d‟épaisseur.

Le putbol shema du jeu

la boule ronde ou putbollen se joue depuis de XVIe siècle (on trouve des traces à l‟abbaye St

Bernard de Bornem.

Ce jeu se pratique sur un terrain étroit et très légèrement relevé sur les bords de 20 à 26 m de

long et de 2 m de large.

Un carré est tracé sur le sol avec un légère dépression en son centre, le put ou le vos : c‟est la

cible qu‟il faut atteindre. ce carré est entouré de cercles concentriques tous les 20 cm. Aux

extrémités du terrain est creusé un fossé ou noyon, les boules qui y tombent sont mises hors

jeu. Les boules sont en bois de pommier de noyer ou de poirier, ont une circonférence de 54

cm et pèsent environ 2 kg.

Il y a deux manières de lancer la putbol :

- le malen : le joueur fait rouler sa boule en diagonale de façon qu‟elle décrive un “S”.

- Le shieten : la boule est projetée avec force pour tirer celle de l‟adversaire.

La boule platte

Qu‟elles se nomment bourles ou boules flamandes, il est probable qu‟elles ont toutes deux la

même origine, la boulle plate dont parle Rabelais. Cette boule a la forme d‟un fromage et

varie en poids et taille, autour de 20 cm de diamètre et de 7 cm d‟épaisseur. Se joue sur un

terrain d‟environ 20 m sur 3 m, un peu le même que celui du putbol mais avec un piquet de

chaque côté comme but comme au krulbol.


La bourle des chtimis

Bien que pratiquée en france, dans l‟agglomération roubaisienne, elle est vraiment une des

multiples variantes de la boule flamande. Ayant bien failli disparaître il y a une vingtaine

d‟années, elle renaît actuellement, la fédération du Nord comptant à l‟heure actuelle plus de

7000 licenciés.

Elle se joue sur un bouilloire, un rectangle concave de 23 x 3,50 m, bordée aux deux bouts par

l‟inévitable fosse qui s‟appelle ici le cul. A 50 cm de chaque extrémité, un disque de 3 cm est

enchâssé dans le terrain, c‟est l‟éthaque, le but à atteindre. Les bourles sont de très gros

disques de 30 cm de diamètre et de 10 à 15 cm d‟épaisseur, pesant 4 à 8 kg

Les variantes

Bowls

Traversons un instant La Manche, pour découvrir chez nos voisins britanniques quelques

variantes originales d‟un jeu de boules qui se joue avec une boule , aplatie ou non, mais

dissymétrique dans son équilibrage latéral, ce qui lui induit une trajectoire curviligne qui

s‟accentue avec le ralentissement. D‟où son nom réel de curve bowl. Sur son origine, on

raconte l‟anecdote suivante : En 1522, pendant une partie de boules, le Duc de Suffolk,

Charles Brandon, ayant cassé sa boule, regagnait le château pour en chercher une autre,

lorsqu‟il découvrit au bas de la rampe d‟escalier un ornement sphérique. Immédiatement il

ordonna de le scier et reprit le jeu. Seulement la boule sciée comportait un côté aplati du côté

du sciage qui la déséquilibrait et lui fit parcourir une trajectoire courbe avec même un effet de

retour vers le but (the jack). La curve bowl était née ! Autrefois en bois, elles sont maintenant

en matière synthétique. On ménageait un orifice sur une des faces dans lequel on coulait du

plomb afin de créer cette dissymétrie.

Henri VIII ( 1509-1547) roi d‟Angleterre surtout connu pour ses cinq femmes aux destins

dramatiques était grand amateur de boules. Certains prétendent que sa deuxième femme, Anne

Boleyn, qui fut décapitée par ordre du roi son mari, perdit la tête parce qu‟elle battait son

irascible mari à ce jeu ! Ce jeu resta pendant longtemps l‟apanage des nobles qui pouvaient

construire des greens. Pour le peuple, les alley, terrains créés près des auberges, devinrent vite

des foyers de criminalité.

D‟autres personnages historiques comme le grand navigateur Sir Francis Drake étaient des

passionnés. Une anecdote se rapporte d‟ailleurs à ce personnage.

Les premières règles

Charles Ier adorait le jeu de bowls au point qu‟il avait fait construire un bowling green

magnifique à Spring Garden (actuel Charing Cross). Même emprisonné, il continua à

pratiquer son jeu favori. Charles II fixa les premières règles pour les bowls comme :

- une partie se joue entre 4 et 6 joueurs

- On joue en 5 ou 7 ends (mènes) gagnées

- Celui qui , en jetant un dé, obtient le chiffre le plus élevé, jette le jack (but) en premier

- Il faut lancer le jack à une distance d‟au moins 30 yards, ETC


En Angleterre le jeu n‟était pratiqué que par certaines catégories de la population alors qu‟en

Ecosse, tout le monde y jouait azu point que ça devenait une véritable épidémie. Dans les

grandes villes d‟Ecosse, les communes construisirent même des greens publics afin que tout

le monde puisse y jouer. Il était en revanche interdit d‟y jouer de l‟argent ou de faire des paris.

L‟augmentation du nombre de joueurs et de clubs conduisit à la création d‟une Fédération

nationale. C‟est en 1892 que fut fondée la SBA (Scottish Bowling Association) qui organise

chaque année les championnats écossais. Quelques années plus tard naissait la EBA (English

Bowling Ass) à laquelle adhèrent à l‟heure actuelle plus de 2500 clubs.

Flat green bowls

Le terrain en gazon sur lequel on joue doit être nivelé. Sa longueur est comprise entre 36.58 et

40.23 m, divisé en pistes de 5 m de large. Le point de départ est un petit tapis rectangulaire.

On joue avec maximum 4 bowls par personne vers un petit jack blanc placé à 22.8 m. On peut

jouer en single, pairs, triples ou fours ce qui fait au maximum 8 joueurs sur la piste jouant un

maximum de 16 bowls. Tenue correcte blanche et chaussures sans talons exigés.

Crown green bowls

Le terrain n‟est pas nécessairement rectangulaire, il peut aussi bien être rond ou ovale. La

seule obligation est qu‟il doit comporter une bosse (crown), c‟est un héritage des alleys de

jadis. Les règles y sont plus libérales mais pour toutes les variantes on est frappé par deux

choses :

- les paris y sont toujours interdits

- le biais (dissymétrie de l‟équilibre latéral de la boule) est toujours obligatoire

La boule de berges

C‟est un jeu qui a pris naissance à paris, vers 1865 et qui s‟apparente beaucoup au sport

boules d‟où son appellation aussi de boule parisienne. Son nom vient du fait que les bords du

terrain sont relevés, comme à la boule de fort. La tactique consiste à aller directement vers le

but ou à s‟aider des bords pour faire décrire à la boule des trajectoires incurvées. Le terrain,

très grand, fait au minimum 30 m x 3 m. Le cochonnet est une grosse bille d‟acier appelé

coco. Deux zones de lancer de 4 m de long sont définies à tour de rôle aux deux extrémités du

terrain. Il faut lancer le cochonnet dans une de ces zones depuis l‟autre puis lancer ses boules

afin de s‟en approcher le plus possible. Toute boule qui s‟arrête à plus d‟un mètre du

cochonnet est annulée. Le tir s‟effectue, non au fer, mais en faisant rouler la boule tout du

long.

Les boules utilisées sont les mêmes que celles du sport boules et les similitudes sont grandes.

Toutefois ce sport est tombé maintenant en désuétude et a pratiquement disparu.

Il était intéressant d‟en connaître l‟existence.


La

b

o

u

le

d

e

f

o

rt

Autant

la

pétanqu

e est

exubéra

nte,

avec ses

joueurs

discutan

t

violem

ment

sur les

petites

places

du midi,

autant

la boule

de fort

est

calme,

image

de sa

région,

la

Tourain

e,

l‟Anjou,

jardins

de la

France.

On


pense

aussitôt

aux

innombr

ables

château

x

magnifi

ques,

mais on

ignore

un peu

qu‟aussi

nombre

uses

sont les

sociétés

de

boules.

Le petit

village

de

Beaufor

t n‟en

compte

pas

moins

de six

par

exemple

. Les

terrains

de jeu

sont

installés

dans de

longs

bâtimen

ts aux

toits

couverts

d‟ardois

es et

aux

murs

percés

de

nombre

uses

fenêtres.


De

l‟extérie

ur on

dirait

plutôt

un

atelier

ou une

étable.

la

surprise

en est

d‟autant

plus

grande

d‟y

découvr

ir un jeu

parfaite

ment

entreten

u, d‟une

propreté

méticul

euse, où

règne

un

silence

paisible,

à peine

troublé

par les

murmur

es

venant

de la

buvette

voisine.

Le jeu

et les

boules

Les

boules

et le jeu

ont de

nombre

uses

similitu


des avec

les

bowls

anglais

ou les

bollensp

elen

flamand

s. Le

maître,

presque

identiqu

e au

jack

anglais

est

poussé

du pied

entre

deux

lignes

transver

sales

peintes

sur le

terrain.

Le jeu

est large

d‟enviro

n 6

mètres

et long

de 20 à

28

mètres.

Il est

légèrem

ent

concave

. les

parties

se

jouent

en 10

ou 12

points, à

2 contre

2 ou 3

contre

3.


la

particul

arité,

c‟est le

côté

dissymé

trique

de la

boule,

avec un

coté

plus

lourd, le

côté du

fort.

Quand

on joue

la boule

elle est

tenue

par son

fort et

en

ralentiss

ant c‟est

de ce

côté

qu‟elle

pencher

a pour

finir son

parcour

s. Elle

pèse

environ

1,5 kg

et

mesure

de 10 à

13 cm

de

diamètr

e.

Fabriqu

ée en

bois de

cormier

ou en

synthéti

que, elle


est

cerclée

de fer

pour la

solidité

et son

prix

monte

en

conséqu

ence

jusqu‟à

130

euros et

plus.

Avant

d‟entrer

sur le

jeu,

particuli

èrement

lisse, en

matière

synthéti

que de

nos

jours,

les

joueurs

chausse

nt des

pantoufl

es afin

de ne

pas

abimer

le

terrain.

Le

joueur

essuie

sa

boule,

la polit

conscie

ncieuse

ment

puis la

fait


glisser

doucem

ent vers

le

maître.

Tout se

passe

dans le

silence

avec

même

une

sorte de

recueill

ement.

Les

comme

ntaires à

voix

basse ne

sont

parfois

que de

simples

soupirs.

Puis

tout

change

quand le

tireur

entre en

jeu pour

déloger

une

boule

adverse

trop

bien

placée.

La

boule,

lancée

impitoy

ablemen

t

bouscul

e tout

sur sa

trajectoi

re


souvent

paraboli

que et

bouleve

rse

complèt

ement le

jeu. Le

sangfroid

des

joueurs

est

véritabl

ement

impressi

onnant.

“Ce jeu,

ça

calme !”

disent

les

joueurs.

L‟origin

e de la

boule de

fort

pourrait

bien

venir

des

conflits

perpétu

els entre

les

anglais

et les

français

qui

introdui

ront

ainsi le

bowls

anglais

et

l‟adaptè

rent.

Quant à

l‟origin


e de la

boule

ellemême,

on la

connait

plus

précisé

ment.

Au

XVIIe

siècle, il

y avait

dans

cette

région

des

bords de

Loire

plus de

deux

cents

moulins

à vent

qui

fonction

naient

avec des

rouleme

nts à

billes de

bois de

cormier

qui

s‟usaien

t de

manière

dissymé

trique.

Les

historie

ns

prétend

ent que

des

prisonni

ers

espagno

ls de

Louis


XV

jouaient

avec ces

boules

dans les

fossés

creusés

au cours

des

travaux,

d‟où la

forme

concave

du jeu.

Une

curiosit

é à

mention

ner :

c‟est à

la

société

“L‟Unio

n” de

Brion

que l‟on

peut

admirer

la plus

grosse

boule de

fort

jamais

fabriqué

e : elle

pèse la

bagatell

e de 183

kg pour

un

diamètr

e de 83

cm et

uns

épaisseu

r de 60

cm !

La boule bretonne


Nombreux sont les jeux qui appartiennent au patrimoine culturel de la Bretagne, les jeux de

boules n‟y font pas exception. Des assiettes décorées aux vitraux des cathédrales, on retrouve

le témoignage e ces activités ancestrales qui ont mieux résisté qu‟ailleurs, dans la presqu‟île

de granit, à l‟invasion des sports de masse.

Depuis 1930 la Confédération des Comités des Sports et Jeux Traditionnels de Bretagne

organise dès le printemps et tout l‟été, concours et challenges de boules à travers toute la

Bretagne.

Le jeu et les boules

La boule bretonne comporte quelques variantes. Grosso modo, les règles du jeu sont

semblables, mais la grosseur et le poids des boules varient d‟une région à l‟autre. Avant 1960,

on y jouait avec des boules en buis ou en bois dur des colonies, alors qu‟aujourd‟hui on y joue

avec des boules en matière synthétique venant d‟Italie, on peut s‟en procurer de toutes les

couleurs. Les boules sont lestées (alors qu‟à la pétanque les boules lestées ou “farcies” sont

proscrites, en Bretagne il semble qu‟on soit plus libéral à ce sujet) ou non c‟est selon. Selon

les concours on précise les règles en cours. Les dimensions de la piste sont également très

variables, que le terrain soit couvert (c‟est souvent souhaitable vu les conditions climatiques

assez imprévisibles) ou non.

Elle possède un site très bien fait où vous pourrez trouver toutes ses particularités et son

règlement complet ainsi que de nombreuses informations utiles si vous désirez vous joindre à

ses pratiquants enthousiastes: http://www.laboulebretonne.fr

La boule plombée de Morlaix

La boule bretonne telle qu‟elle est pratiquée dans le nord Finistère dans la région de Morlaix a

sa particularité et est sans doute la plus singulière de nos boules bretonnes. Sa principale

caractéristique est de comporter cinq cylindres de plomb logés dans la masse. Les quatre

premiers sont disposés sur le chemin de roulement pour lui permettre d‟aller droit. Mais ce jeu

d‟adresse est plus subtil... Le cinquième plomb appelé le «fort» est incrusté d‟un côté de la

bande de roulement. Son rôle est primordial et permet à la boule de virer lorsque sa vitesse

diminue. Ce plomb déséquilibre la boule vers la gauche ou la droite en fonction de la direction

souhaitée par le joueur. A l‟opposé du «fort», une cavité non plombée, appelée le «contre

fort», est pratiquée pour accentuer l‟effet du plomb opposé.

En règle générale, si le bouliste souhaite envoyer sa boule à droite, il la lancera vers la gauche

avec le fort placé à droite. En début de parcours, la boule se dirigera vers la gauche mais sa

vitesse diminuant, elle décrira une courbe pour se diriger... à droite.

Principes du jeu :

Ce jeu d'adresse consiste à s‟approcher le plus près possible du «maître» encore appelé «petit»

ou «bihan».

Le joueur doit rouler sa boule sans la jeter, soit en pointant pour se placer, soit en tirant pour

déplacer une boule adverse.


Le joueur, pour lancer sa boule, peut se placer à n'importe quel endroit le long de la planche

du fond.

Les parties se jouent par équipe de 2, 3 ou 4 joueurs ou en individuel.

Chaque joueur d'une équipe à une place qui est définie avant le jeu. Le premier est le placeur

(ou pointeur) le dernier est le tireur. L'avant dernier est le second tireur si besoin est. Le

règlement n'interdit pas de changer l'ordre établi en début de partie. Ces places sont choisies

en fonction des qualités du joueur même si un bon joueur doit savoir placer et tirer.

Le tirage au sort par pile ou face en lançant une pièce, détermine l'équipe qui va décider de

lancer le bihan ou laisser cet avantage à l'équipe adversaire. L'équipe qui ne lance pas le bihan

en début de partie lance la première boule.

Le bihan doit impérativement dépasser le milieu de l'allée de plus d'un mètre et se situer à

plus d'un mètre des planches du fond et de 80 cm des côtés. Si le joueur manque son lancer 3

fois de suite, le jet du bihan revient (une seule fois) à l'équipe adverse. A partir de la deuxième

"mène", c'est l'équipe qui a remporté la mène précédente qui lance le maître et qui commence

à jouer.

Si une boule jouée ou poussée touche la bande du fond, elle est retirée du jeu. Ce retrait doit

être immédiat car la boule ne doit plus modifier le jeu après avoir touché la planche du fond.

Lorsqu'un joueur, en lançant sa boule, amène le bihan à toucher la bande du fond, le jeu est

annulé et deux points sont donnés à l'équipe adverse.

La première équipe qui atteint 12 points a gagné la partie. Lors des rencontres hors concours,

le nombre de points pour gagner une partie est de 9 et les équipes peuvent comporter jusqu'à

cinq joueurs.

Ce jeu local, possède même sa propre fédération dont vous pouvez visiter le site web

extrêmement fourni en cliquant sur ce lien: http://boule.plombee.mx.free.fr

Un exemple de règles La Boule Arnétoise de Quimper

- En amical la partie se joue en 10 points, en concours en 9 points

- La finale se joue en 12 points

- L‟équipe gagnant le toss (tirage au sort) impose la couleur des boules et l‟ordre de départ

- Le premier jet du cochonnet est imposé par l‟arbitre

- Le cochonnet doit dépasser la ligne médiane et s‟arrêter à 20 cm au moins de la bande

- La boule peut rebondir sur les bords et le fond

- Le poids des boules est compris entre 700 et 900 g, le diamètre entre 10 et 12 cm

- Le poids du plomb ne doit pas excéder 10 g

- Le cochonnet est en cuivre jaune

- La longueur de l‟allée est de 15 m et la largeur de 3,50 m

La boule à la cathédrale

La cathédrale St Corentin à Quimper, dont la construction date du XIIIe siècle, possède des

vitraux splendides, dont certains, réalisés par L. Plonquet sur des dessins d‟Albert Le Grand

représente des enfants jouant aux boules en arrière plan de l‟illustration de la légende de St

Guénolé.


La boule de sable

Pour découvrir cette variante curieuse, il faut se rendre dans les pays de Loire. A l‟ouest

d‟Angers, dans une région réputée pour ses terres fertiles, on trouve une quinzaine de sociétés

où se pratique cette variante du jeu de boules. C‟est une vieille tradition, déjà au cours des

siècles précédents les fermiers y jouaient avec leurs valets. Il existait chaque année, une

journée où le maître invitait ses fermiers à se divertir à toutes sortes de jeux dont la Boule de

Sable. A la fin de la journée, le vainqueur recevait une boule peinte aux armoiries du seigneur

ce qui représentait un honneur considérable. La tradition s‟est perpétuée, lors des concours,

des boules d‟honneur sont remises aux vainqueurs.

C‟est de cette tradition charmante que vient l‟expression se rapprocher du maître, utilisée sur

les jeux de boules, le mot maître prenant la double signification de seigneur et de but. A

l‟heure actuelle, d‟ailleurs, les sociétés de boule de sable jouent toujours un rôle social

important.

Le jeu et les boules

A la boule de sable, on ne fait pas rouler les boules, on les lance. Les joueurs doivent

s‟approcher le plus près possible du maître, avec une boule assez lourde, d‟environ 2 kgs et

d‟un diamètre d‟une quinzaine de centimètres. Au début du jeu, le maître, un peu plus petit est

lancé dans un grand bac rectangulaire rempli d‟une couche de sable de Loire. On joue depuis

un autre bac identique au premier et distant de plus de 5 mètres. La boule roule très peu à

cause du sable évidemment et le lancer demande une grande dépense d‟énergie. La boule, en

bois (du chêne ou du cormier) est percée d‟un trou dans lequel on glisse un doigt pour une

meilleure prise en main, un peu à la manière des boules de bowling. Chaque joueur lance la

boule (une par joueur) à sa façon, il peut même utiliser les deux mains. Les parties à quatre

contre quatre se jouent en 11 points, à six contre six, en 15 points. Enfin, les boules

n‟appartiennent pas aux joueurs mais à la société et sont conservées dans un bac rempli d‟eau

afin qu‟elles ne sèchent pas.

Le sport boules

Le sport boules, avec ses plus de 150000 pratiquants est l‟unes des plus importantes variantes

du jeu de boules. Bien localisé dans la région de Lyon depuis le début du XXe siècle, il s‟est

nommé aussi pendant longtemps boule lyonnaise, lyonnais et même sport national. C‟est dire

s‟il était populaire. Mais depuis 1982, il est convenu de n‟utiliser que le nom classique de

sport boules. La fédération Française du Sport Boules espère bien le voir devenir un jour

discipline olympique. On peut consulter de nombreuses informations sur le site web de la

FFSB.

A l‟origine de ce jeu, on trouve le jeu des grosses boules et le jeu du cochonnet.

Le jeu de grosses boules se jouait le long d‟une allée bordée de talus afin de canaliser la

trajectoire des boules. Aux extrémités se trouvait la traditionnelle fosse, le noyon, où

tombaient les boules lancées avec trop de force. Le but placé devant cette fosse était un piquet

duquel on devait s‟approcher le plus possible. Il était possible aussi de tirer une boule adverse

pour la faire tomber dans le noyon.


Au jeu du cochonnet, le but était une petite boule, parfois en bois, parfois en os (qui à force de

rouler dans la boue et la poussière finissait tellement sale qu‟on lui attribua ce nom

pittoresque) lancé à une trentaine de mètres, dont il convenait comme toujours de s‟approcher

le plus possible. Il pouvait être déplacé par une boule à tout moment, la physionomie du jeu

s‟en trouvant alors changée du tout au tout. Le terrain est plat par contre.

QUELQUES DATES

1894 : 1er concours de boules lyonnaises, dûment réglementé, a lieu à Lyon, sur le cours du

Midi (aujourd'hui cours de Verdun), les 3, 4 et 5 juin. Sur 63 jeux, évoluaient 1200 joueurs.

1900 : 1er concours organisé place Bellecour avec le patronage du journal Le Progrès. De

plus, les joueurs commencent à se regrouper par secteurs autonomes, en fédérations

régionales.

1903 : Pour Bellecour les joueurs sont classés en 2 catégories : les "Amateurs" et les

"Champions".

1922 : Le Rhône, le Dauphiné, l'Ain, les Deux-Savoies, les Alpes-Maritimes et la Loire se

regroupent sous l'appellation Union Nationale des Fédérations Boulistes (U.N.F.B.) le 22

mars.

1923 L'U.N.F.B. est admise au Comité National des Sports et compte un peu plus de 16.000

licenciés.

1924 1ers championnats de France à Lyon.

1931 Les joueurs sont classés en 2 catégories : Honneur et Promotion.

1933 Sur décision de l'Assemblée Générale, l'U.N.F.B. devient la Fédération Nationale des

Boules (F.N.B.).

1942 La F.N.B. devient la Fédération Française de Boules (F.F.B.). Elle met en place une

nouvelle structure, avec de bas en haut : les Associations Sportives, les Comités Boulistes

Départementaux, les Comités Boulistes Régionaux et le Comité Directeur de la F.F.B.

1946 Création de la Fédération Internationale de Boules à laquelle la F.F.B. est affiliée.

Création d‟une nouvelle catégorisation : Excellence, Honneur et Promotion.

1957 La F.F.B. est admise au Comité Olympique Français. Les boules y sont reconnues

comme sport de démonstration.

1972 La Fédération célèbre son cinquantenaire. Elle compte alors 3.907 sociétés et 167.049

licenciés (dont 17.760 jeunes, classés selon l‟âge, dans les catégories Pupilles ou Cadets).

1980 Affiliation de la F.F.B. au Ministère de la Jeunesse et des Sports. 1981 La F.F.B. devient

F.F.S.B. (Fédération Française du Sport Boules). Elle dispose désormais d'un Directeur

Technique National (avec son équipe), trait d'union avec le Ministère de la Jeunesse et des

Sports. Ce n'est que plus tard qu‟elle ajoutera le terme "Boule Lyonnaise" à son appellation.

Des Centres de Formation Boulistes sont mis en place, un peu partout dans l‟hexagone.

1984 1ers championnats de France des Clubs Sportifs : 6 équipes y participent.

1987 16 équipes au championnat des Clubs Sportifs et mise en place du Championnat de

France Cadets et Minimes des C.F.B. (Centres de Formation Bouliste).

1988 1ers championnats de France de Tirs à Périgueux (Dordogne) : il s'agit d'un "combiné"

de Tir Progressif et de Tir de Précision. Les joueurs y sont répartis en 2 catégories.

1990 1er championnat des A.S. 3e et 4e divisions (formule Omnium à base de jeux

traditionnels) : un championnat qui ne va cesser de grandir ! Aujourd‟hui, plus de 2.000 A.S. y

participent. Le championnat des Clubs Sportifs comporte 2 groupes de 16 équipes chacun (le

National A et le

National B).

1993 Le championnat de Tirs est scindé en 2 spécialités : Tir de Précision (16 athlètes) et Tir

Progressif (16 athlètes). Les sélections, suivant les performances, se font au cours du


championnat des Clubs. Le championnat des Clubs passe à 3 groupes : 2 groupes de 16

équipes (A et B) ; 1

groupe de 32 équipes (C) et 1 Championnat Régional du même type est mis en place.

1996 1ers championnats des Clubs Sportifs Féminins avec 8 équipes.

1997 1ères participations du Sport-Boules aux Jeux Méditerranéens.

1998 Signature de la convention de partenariat entre la F.F.S.B. et l‟U.N.S.S. (Union

Nationale du Sport Scolaire).

2001 Signature de la convention de partenariat entre la F.F.S.B. et l‟U.S.E.P. (Union Sportive

de l‟Enseignement du Premier Degré).

2001 Championnat de France de Tirs : coupe de France Jeunes.

2002 1er championnat de France de Tirs toutes catégories et coupe de France Jeunes simple et

combiné.

2003 1er championnat de France Simple et Combiné toutes catégories.

2005 Création d‟un nouveau championnat Nationale Elite : le SUPER 16.

2008 En septembre, lancement d‟un Plan d‟Action Jeunes qui propose une nouvelle

catégorisation, une modification des aires de jeux, la création d‟épreuves de point et

l‟organisation de compétitions individuelles à côté de celles par équipe.

Le jeu et les boules

Le règlement, maintes fois remanié, reste assez complexe, nous vous conseillons de consulter

pour plus de détails le site très complet de la FFSP. On peut citer ici quelques points

intéressants :

- Quand on veut tirer, on doit l‟annoncer. On marque alors l‟endroit où de trouvent les boules.

- Pour les compétitions jeunes, on combine plusieurs difficultés, un rythme de plus en plus

soutenu, avec par exemple la nécessité, dans un temps déterminé de tirer le plus grans nombre

de boules, placées à des distances différentes, etc.

les boules sont beaucoup plus grosses que celles de la pétanque et du jeu provençal, ont un

diamètre entre 99 et 110 mm et pèsent de 0,7 à 1,3 kg.

Voici les principales épreuves actuelles : (clic droit sur le lien et “enregistrer la cible sous...”

pour télécharger le fichier PDF correspondant)

- Tir à cadence rapide voir

- Jeu traditionnel voir

- Le combiné voir

- Le tir de précision voir

- Le tir progressif voir

- Le tir en relais voir

Le terrain de jeu voir

Le sport boules a le privilège d‟avoir accumulé les records :

- La partie la plus longue (1920) : elle dura plus de 9 heures !

- La partie la plus courte (1931) : l‟équipe de Lyon avait admirablement placé sa première

boule en faisant un biberon. le tireur de l‟équipe adverse, en lançant sa boule mordit

largement la ligne. Un des joueurs de l‟équipe du Rhône lui en fit la remarque ; les joueurs de


l‟équipe de la Drôme se fâchèrent, au point de ramasser leurs boules et de quitter le terrain. La

partie n‟avait pas duré 5 minutes !

- Le plus grand nombre de spectateurs (1906) : plus de 50000 spectateurs, pour le concours de

Pentecôte à Lyon.

- La plus longue ovation (1959) : encore place Bellecour à Lyon : le grand champion

Gallaratto disputait son dernier Bellecour et les spectateurs le savaient. Lorsqu‟il eut perdu sa

partie, ils se levèrent tous et lui firent une ovation de presque dix minutes, en témoignage de

l‟immense place que ce joueur d‟exception tenait dans le cœur de tous les amateurs du jeu de

boules. Il n‟était pas devenu un grand champion par hasard : lorsqu‟il eut six ans, son oncvle

lui offrit en cachette sa première paire de boules (en gaïac, bois dur des Antilles) qu‟il garda

toute sa vie. Sur le chemin de l‟école il lançait une boule devant lui et la tirait avec l‟autre,

puis il les cachait dans un buisson pour les reprendre au retour. A douze ans, il fut le tireur le

plus jeune et le premier qui joua dans une équipe avec des adultes.

Le jeu provençal

Le Jeu Provençal est très proche du jeu de sport boules : Il nécessite comme lui un grand

terrain, une adresse remarquable et une bonne connaissance de la stratégie du jeu pour réussir.

Avec la Pétanque et le Sport Boules, il forme le trio de base du jeu de boules.

Le jeu et les boules

Héritier direct des jeux de boules de l'antiquité, ancêtre de la Pétanque, le Jeu Provençal s'est

développé dès la fin du XIXe siècle en Provence. Aujourd'hui encore sa zone de prédilection

reste la région PACA et le Gard car, s'il est pratiqué presque partout en France, il n'est guère

que dans cette région et en Ile de France que sont organisées des compétitions en nombre

conséquent. Ses règles générales sont celle de la Pétanque, mais il conserve quelques

particularités que l'on différencie nettement :

- Le Jeu Provençal se pratique entre 15 et 20 mètres ( pour les seniors).

- Pour pointer le joueur doit impérativement faire un pas à partir du cercle de lancer.

- Il peut ensuite ramener le pied arrière à hauteur du pied avant, mais sans poser le pied à

terre, sauf les personnes handicapées ou âgées, ce qui permet au joueur de "partir" avec sa

boule.

- Il est également possible de laisser le pied arrière dans le cercle, mais alors le joueur doit

rester les deux pieds au sol.

- Une boule pointée ne doit pas déplacer de plus de 1 m 50 une autre boule ou le but.

- Pour tirer le joueur doit prendre trois pas d'élan et lâcher sa boule avant le quatrième impact

de ses pieds au sol.

- Pour que le tir soit valable il faut que la boule tirée touche le sol à moins d'un mètre de la

boule frappée.

- Pour être valable une boule tirée qui n'a rencontré aucun obstacle doit effectuer au moins 3

mètres au delà du but.

Les joueurs actuels du jeu provençal ont conscience de faire partie d‟une minorité un peu à

part et prennent grand soin d‟être vêtus correctement et de se comporter entre eux très

sportivement. C‟est un exemple à donner pour les autres variantes. Il est dommage que ce

noble jeu ne se pratique qu‟en Provence, et il vaut vraiment la peine d‟assister à une partie ou


un concours. Tous les ans, lors de la deuxième quinzaine de Juillet, se déroule le plus grand

concours de France, au Parc Borrelli, à Marseille, avec plus de 5000 participants. Un régal

pour le véritable amateur.

Les boules avec lesquelles on joue au jeu provençal sont les mêmes que celles de la pétanque,

c‟est ce qui le différentie essentiellement de la boule lyonnaise.

Consulter le règlement sur le site de la FFPJP Télécharger le règlement (clic droit et

“enregistrer la cible sous...”)

Autres jeux en Provence

Pour finir avec les jeux provençaux, voici quelques variantes peu connues :

- Le jeu de butabant (but en avant) : très commun à la fin du XIXe, il a quasiment disparu.

Les boules étaient en buis plombées mais de taille équivalente aux boules de pétanque

actuelles. Chaque joueur projetait sa boule le plus loin possible avec un maillet (une variante

existait où on lançait la boule à la main). Ensuite, chacun partait de l‟endroit où sa boule était

restée, en commençant toujours par celui qui avait la boule la plus en arrière. Le gagnant était

le premier à atteindre le but matérialisé par une ligne ou autre chose, souvent fort éloigné du

point de départ (au moins 1 kilomètre). En 1772, un Aixois gagna un pari de cinquante écus

d‟or pour avoir fait entrer sa boule dans Marseille, à partir d‟Aix, en moins de 500 coups !

- A souto cambo : il s‟agit de jouer en faisant passer les boules sous la jambe que le joueur

peut relever au moment du lancer.

- La rouleto : cette variante est pratiquée lors de certaines fêtes. Le but étant lancé, marque un

point le joueur qui aura éloigné le plus sa boule du bouchon. Lorsqu‟un joueur totalise 5

points, il sort du jeu et reçoit un carton lui donnant droit à la gratuité du repas, un banquet en

effet couronnant la journée. La partie s‟arrête lorsque la moitié des concurrents est ainsi

sortie. les perdants payant leur propre écot et celui d‟un des gagnants!

- Lou le dre : comprendre “le but droit”. Une pierre allongée est dressée au milieu d‟un cercle

de 60 à 100 cm de diamètre, il s‟agit au premier tour de pointer le plus près de ce but. Ensuite,

les joueurs choisissent de tirer pour déloger le “le dre” de son cercle. Le tireur qui réussit ce

coup et le meilleur pointeur se partagent à part égales les mises. Il y a de nombreuses

variantes.

La pétanque

Ce jeu de boules, le plus joué à l‟heure actuelle avec un demi-million de pratiquants, près de

400000 licenciés rien qu‟en France, sans compter tous ceux qui le pratiquent en famille ou

entre copains avec des boules loisirs et qui se chiffrent par millions, est directement issu du

jeu provençal.

Celui-ci nécessite pour être pratiqué à un niveau convenable une certaine souplesse : que ce

soit pour tirer (élan de 3 pas ou sauts) ou pointer en se tenant en équilibre sur une seule jambe,

pour quelqu‟un souffrant de rhumatismes ou d‟arthrose c‟est pratiquement infaisable. Le voie

était toute tracée pour l‟invention d‟un nouveau jeu de boules, la pétanque.

Sur le terrain Béraud à la Ciotat près de Marseille, on jouait à la longue avec des boules

cloutées tous les jours sous les platanes. Ce boulodrome, géré par les frères Pitiot, était le

siège de concours importants, l‟on y jouait surtout le jeu provençal, avec souvent de fortes

mises. Les parties durant des heures, nombreux étaient les spectateurs qui louaient des

chaises, ce qui n‟allait pas sans poser des problèmes aux joueurs. Elles furent finalement


interdites, à l‟exception d‟une seule, réservée au vieux joueur Jules Le Noir qui souffrait de

rhumatismes mais qui ne voulait pas manquer une partie. Un jour, Ernest Petiot, attendri par la

constance du vieux joueur lui proposa d‟entrer dans une partie où il pourrait rester les deux

pieds dans un rond. Autrement dit, les pieds tangués. En langue provençale, a pied tanca (ou a

pied tanco). Puis Joseph Pitiot organisa même un petit tournoi où 8 équipes de deux joueurs

s‟affrontèrent sur des distances de l‟ordre de 3 à 5 mètres. C‟est ainsi que la pétanque naquit

en 1910, date de ce premier tournoi. Certains affirment toutefois qu‟il était né 3 ans plus tôt,

en 1907, date des premières expériences. Ces polémiques n‟empêchent pas ce centenaire de se

porter comme un charme !

La grande guerre passa par là, et un peu plus tard, en 1927, les règles de la pétanque furent

fixées. Les joueurs de jeu provençal restaient en majorité mais rien ne pouvait arrêter

désormais le développement de la pétanque. En 1943, Ernest Pitiot, toujours lui, alors

directeur du casino de Palavas-les-Flots proposa aux organisateurs d‟un grand tournoi à

Montpellier de ne pas limiter le concours à la longue mais d‟y faire une place à la pétanque.

Cela fit rire les organisateurs qui se moquèrent de lui en disant que c‟était un “jeu de petite

fille”. Furieux, Ernest s‟en alla et annonça qu‟il fonderait sa propre fédération de joueurs de

pétanque. Quelques jours plus tard, ils étaient déjà 50 licenciés qui l‟avaient rejoint au sein de

la ligue Languedoc-Roussillon, mais en un rien de temps le nombre de licenciés dépassa le

millier. Bien que le président de la longue, marius Dubois, ait persisté à ne pas croire à la

pétanque (“moi vivant, la pétanque ne sera jamais un sport de compétition, tout juste un sport

de cabanon”), la ligue fut fondée. Le mardi 16 janvier 1945, les présidents et représentants de

quelques comités boulistes de provence se trouvèrent assemblés au bar Ô‟ Central à Marseille

pour y fonder la FFBJPP (fédération française bouliste de jeu provençal et de pétanque).

premiers championnats en 1946. La FFPJP (fédération française de pétanque et de jeu

provençal) prendra sa suite quelques années plus tard quand la pétanque aura définitivement

pris le pas sur son glorieux ancêtre, le jeu provençal. La FIPJP, la fédération internationale

regroupe à ce jour plus de 45 pays.

Ainsi, une idée généreuse et humanitaire (on songe aux paralympiques !), allait faire le tour

du monde, même si son succès est probablement lié à la simplicité des règles et la sociabilité

avec la proximité des joueurs ensemble qui se parlent et s'interpellent.

Les compétitions deviennent populaires, le “Mondial La Marseillaise à pétanque”, un des plus

grands concours du monde, réunit chaque année au mois de juillet plus de 10000 joueurs, dont

la fine fleur internationale de ce sport. Il est retransmis par les média généralistes.


La Fanny

La “fanny”, une tradition totalement liée aux jeux de boules, même si par extension, cette

expression est utilisée dans d‟autres jeux pour signifier une défaite absolue !

Bien qu‟évoquant la Provence et l‟univers de Marcel Pagnol, ses origines remontent plus

loin... Partout, sur tous les terrains de boules, les joueurs ont le même petit sourire entendu

quand on les interroge sur la Fanny. Pourtant aucune femme n‟est jalouse d‟elle ! Même

quand son propre époux rend honneur à Fanny en appliquant un baiser sur ses fesses

rebondies... Mon pauvre monsieur, embrasser Fanny, c‟est l‟image effrayante de la défaite, la

preuve horrible qu‟on a été battu. Et pas seulement battu, mais vaincu lamentablement,

l‟humiliation totale : perdre par 13 à 0 ! le malheureux qui a essuyé ce désastre est tenu de se

mettre à genoux, en présence de tous les joueurs rigolards et du public qui se régale de le voir,

comme s‟il allait à confesse, s‟approcher de l‟autel où il doit baiser les fesses de Fanny. Avant

ce spectacle de choix, on fait souvent sonner une cloche afin que nul n‟ignore que quelqu‟un

vient de perdre par 13 à 0.

La tradition

Prude, cachée derrière un panneau de bois ou un rideau, elle présente de façon provocante son

postérieur voluptueux. Fabriquée avec ferveur, ainsi qu‟une vraie relique, véritable “ex-voto”

des adorateurs de la boule sacrée, la petite armoire avec sa Fanny ornait naguère tous les cafés

où les joueurs s‟affrontaient.

A l‟heure actuelle, on la trouve plutôt chez les antiquaires et les brocanteurs, parfois avec

chance au détour d‟un vide grenier de village. Les clubs par contre la conservent jalousement

et elle fait partie de leur patrimoine.

Certains fabricants, comme La Boule Bleue de Marseille ont une Fanny en argile décorée à

leur catalogue d‟accessoires.

Elle a vraiment existé

Certains pensent que son origine est savoyarde, mais on peut témoigner dès 1870 de

l‟existence d‟une vraie Fanny à Lyon. Dans le quartier de la Croix Rousse, les joueurs se

rencontraient sur le terrain du “Clos Jouve”. Dans ce quartier habitait une jeune fille de 20 ans

qui faisait le désespoir de ses parents, on la retrouvait souvent sur le terrain du Clos Jouve où

elle admirait les joueurs. Voilà notre Fanny ! En cadeau de consolation, elle dévoilait ses

charmes au joueur malheureux qui n‟avait marqué aucun point : elle l‟entraînait à l‟écart et

hop! Elle relevait ses jupes et montrait ses fesses au vaincu. Nous n‟en étions pas encore à les

baiser.

La pauvre Fanny n‟eut pas une destinée heureuse, elle fut prise pour folle, on manqua

l‟enfermer dans un asile mais la justice fut magnanime car elle considéra qu‟elle égayait

finalement le jeu. Elle finit par vivre avec un ivrogne, tomba enceinte, fut séparée de son

enfant, fut internée dans un asile pour indigents où elle mourut quelques temps plus tard. Mais

son souvenir nostalgique est resté bien vivant, les habitués du Clos Jouve la firent passer à la

postérité.

Un rituel universel

Les joueurs d‟autres régions qui fréquentaient le Clos Jouve importèrent le rituel de la Fanny

dans leur pays d‟origine, c‟est ainsi qu‟en quelques décennies il devint universel. Ce fut un


usage répandu de réaliser des icones qui pouvaient être réellement embrassées pour le plus

grand plaisir (ou la honte) des joueurs. Dès le début du XXe siècle, les Fanny étaient

tellement demandées que des industriels se spécialisèrent dans leur fabrication. Elles furent

accompagnées de l‟inévitable clochette et d‟un petit tapis destiné à épargner les genoux des

malheureux perdants, formant des ensembles charmants et désuets.

Dans de nombreux clubs, le rituel prit tant de sérieux que les perdants par fanny étaient

consignés dans des registres et qu‟on organisait des banquets annuels où les joueurs

malheureux recevaient leur diplôme de Fanny! Les images des Fanny firent florès sur les

cartes postales, les calendriers, les marqueurs de points bien sûr, etc.

C‟était aussi une façon amusante et libre de contourner la morale bourgeoise chrétienne qui

jetait l‟opprobre sur ces images dénudées...

Pour finir, on peut lire cette anecdote qui met en scène un curé et le postérieur de Fanny!

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