22.06.2013 Vues

Promouvoir l'accompagnement des personnes handicapées ...

Promouvoir l'accompagnement des personnes handicapées ...

Promouvoir l'accompagnement des personnes handicapées ...

SHOW MORE
SHOW LESS

Transformez vos PDF en papier électronique et augmentez vos revenus !

Optimisez vos papiers électroniques pour le SEO, utilisez des backlinks puissants et du contenu multimédia pour maximiser votre visibilité et vos ventes.

SOMMAIRE<br />

Participation du Conseil général aux ateliers d’échanges pratiques organisés par la<br />

Caisse Nationale de Solidarité pour l’Autonomie – CNSA – sur l’offre médico-sociale<br />

à <strong>des</strong>tination <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes.<br />

Document d’aide à l’adaptation pour une offre médico-sociale adaptée pour les<br />

<strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes : aide à l’adaptation et à la planification de<br />

l’offre médico-sociale<br />

« Réflexion sur l’adaptation <strong>des</strong> structures d’hébergement aux besoins <strong>des</strong><br />

<strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes » - Marie-Line GREBEAUX<br />

Focus sur les travaux <strong>des</strong> instances départementales consultatives : Comité<br />

Départemental <strong>des</strong> Retraités et <strong>des</strong> Personnes Agées – CODERPA - et Conseil<br />

Départemental Consultatif <strong>des</strong> Personnes Handicapées - CDCPH<br />

« Les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> de plus de 60 ans : à l’articulation du handicap et de la<br />

gérontologie » - Philippe GUYOT, synthèse de l’enquête menée par le Centre<br />

Régional d’Etu<strong>des</strong> et d’Actions sur les Handicaps et les Inadaptations – CREAI - de<br />

BOURGOGNE<br />

« L’appui de la CNSA à la politique locale d’adaptation de l’offre médico-sociale aux<br />

<strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes » – Les mémos de la CNSA, juin 2008<br />

« Les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes : espérances de vie et de santé ; qualité<br />

de vie » – Bernard AZEMA et Nathalie MARTINEZ, Revue française <strong>des</strong> Affaires<br />

Sociales n°295, 2005


ATELIERS D’ECHANGES PRATIQUES<br />

CNSA<br />

L’OFFRE MEDICO-SOCIALE ADAPTEE POUR LES PERSONNES HANDICAPEES<br />

VIEILLISSANTES<br />

La Saône-et-Loire s’est particulièrement investie depuis de nombreuses années en<br />

faveur <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> en situation de handicap. Il est en effet clairement établi que le<br />

Département de Saône-et-Loire affecte <strong>des</strong> moyens supérieurs à la moyenne <strong>des</strong> autres<br />

départements en matière d’accompagnement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> pour les<br />

établissements et services.<br />

Une étape supplémentaire a été franchie en juin 2006 avec l’adoption par<br />

l’Assemblée Départementale du schéma départemental en faveur <strong>des</strong> <strong>personnes</strong><br />

<strong>handicapées</strong> adultes qui a défini pour les années 2006-2010 <strong>des</strong> réponses diversifiées,<br />

souples, coordonnées et adaptées à leurs besoins et attentes.<br />

Ce document d’orientation se décline en 5 axes dont le 2 ème vise spécifiquement à<br />

faire évoluer les structures médico-sociales pour mieux prendre en compte le vieillissement<br />

<strong>des</strong> <strong>personnes</strong> en situation de handicap.<br />

Cet objectif spécifique et nouveau du fait de l’émergence relativement récente de la<br />

problématique est très directement déduit <strong>des</strong> autres axes du schéma (ou étroitement liés à<br />

eux) qui sont :<br />

- favoriser et accompagner la vie en milieu ordinaire ;<br />

- organiser l’offre médico-sociale en direction <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> psychiques ;<br />

- adapter le Règlement Départemental d’Aide Sociale (RDAS) pour faciliter les<br />

logiques de parcours;<br />

- garantir la qualité <strong>des</strong> prestations et favoriser l’accessibilité.<br />

Fin 2009, les avancées réalisées sur cette thématique sont de plusieurs ordres : d’un<br />

point de vue institutionnel, <strong>des</strong> formes d’accueil diversifiées ont été expérimentées aussi bien<br />

sur le secteur du handicap que sur celui <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> âgées. Le Règlement Départemental<br />

d’Aide Sociale (RDAS) a intégré un certain nombre d’assouplissements visant à fluidifier les<br />

logiques de parcours et à faciliter l’adaptation <strong>des</strong> réponses susceptibles d’être apportées<br />

aux projets de vie évolutifs avec l’âge.<br />

Par ailleurs, alors que le schéma 2006-2010 était dépourvu d’annexe spécifique sur<br />

les programmations d’équipements, une analyse prospective <strong>des</strong> besoins réalisée en 2008<br />

est venue compléter et actualiser l’état de l’offre er <strong>des</strong> besoins en Saône et Loire, proposant<br />

en amont du prochain schéma plusieurs scénarii de développement de l’offre médico-sociale<br />

(places en établissement set services) pour les années 2009 à 2013. La problématique<br />

spécifique <strong>des</strong> PHV y est naturellement prise en compte<br />

Enfin, l’élaboration d’un schéma départemental unique, sous le signe de la<br />

convergence en 2010, doit permettre de replacer la question de l’accompagnement <strong>des</strong><br />

<strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes au cœur <strong>des</strong> préoccupations. Dans cette perspective,<br />

nos instances consultatives, le Conseil Départemental Consultatif <strong>des</strong> Personnes<br />

Handicapées – CDCPH - et le Comité Départemental <strong>des</strong> Retraités et <strong>des</strong> Personnes Agées<br />

– CODERPA - ont constitué un groupe de travail commun sur ces questions.<br />

ateliers échange de pratiques CNSA - 1 -


Quelles structures pour quelles prises en charge ? Les différentes expérimentations à<br />

ce jour en Saone-et-Loire<br />

Sur le secteur « Personnes âgées »<br />

Plusieurs exemples concrets d’accueil de <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> âgées existent en<br />

Saône-et-Loire au sein d’EHPAD, lesquels permettent d’expérimenter les bienfaits mais<br />

aussi les freins et les limites d’un accueil mixte entre <strong>personnes</strong> âgées et <strong>personnes</strong><br />

<strong>handicapées</strong> vieillissantes ou âgées, notamment entre <strong>personnes</strong> âgées dépendantes<br />

souffrant de confusions mentales et <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> atteintes de pathologies de type<br />

psychotique. A titre principal, dans les EHPAD :<br />

La Résidence Départementale d’Accueil et de Soin (RDAS) à Mâcon accueille<br />

historiquement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> au sein de son EHPAD. Composée de 3<br />

bâtiments, l’un dédié aux <strong>personnes</strong> âgées, les deux autres aux <strong>personnes</strong><br />

<strong>handicapées</strong>, elle avait pendant la durée de la 1 e convention, un tarif hébergement<br />

unique.<br />

L’établissement a sollicité et obtenu un tarif spécifique « Personnes Handicapées »<br />

lors du renouvellement de la convention, avec un ratio de personnels renforcé pour<br />

l'unité accueillant les Personnes Handicapées Vieillissantes.<br />

L’EHPAD de Saint-Désert : cet établissement, pilote à l’origine, accueillait à sa<br />

création un public « mixte ». Or, <strong>des</strong> difficultés de cohabitation sont apparues, par<br />

exemple, au moment <strong>des</strong> repas. Les besoins d’accompagnement et de soins restent<br />

différents pour les deux publics. Par ailleurs, la cohabitation est également complexe<br />

entre les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes en fonctions de leurs pathologies.<br />

Compte-tenu de ces difficultés, l’établissement s’est orienté vers un accueil dédié aux<br />

<strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes, bénéficiant au même titre que la RDAS d’un<br />

tarif hébergement spécifique. Cette structure a ainsi pu développer un<br />

accompagnement adapté aux besoins du public handicapé vieillissant avec<br />

notamment un accompagnement éducatif.<br />

Au plan budgétaire et financier, on remarque que dans le cadre de ces deux<br />

expérimentations, les tarifs hébergement sont supérieurs de 10 à 20 € au tarif moyen<br />

EHPAD qui était en 2008 de 43,16 €, mais inférieur à celui <strong>des</strong> foyers traditionnels (67,33 €<br />

en 2008, mais tarif tiré vers le haut par les établissements pour les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong><br />

physiques). Ces deux établissements sont médicalisés et le coût pour le Département par<br />

l’addition <strong>des</strong> tarifs hébergement et dépendance est supérieur à celui <strong>des</strong> Foyers<br />

d’Hébergement Traditionnel – FHT - avec 68,55 € pour la RDAS et 83,22 € pour Saint-<br />

Désert mais inférieur à celui <strong>des</strong> Foyers de Vie et à fortiori <strong>des</strong> Foyers d’Accueil Médicalisés<br />

- FAM (situe 110 € hors soins).<br />

Parallèlement d’autres expériences similaires sont menées dans les EHPAD de<br />

Saint-Ambreuil et Sennecey-le-Grand qui proposent chacun 10 places dédiées à l’accueil de<br />

<strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes stabilisées.<br />

Ces expériences sont encore en cours d’évaluation. Néanmoins un certain nombre<br />

de constats peuvent d’ores et déjà être formulés. Ainsi, le CODERPA, au travers<br />

d’échanges avec les équipes professionnelles concernées (directeurs, cadres de santé,<br />

personnel éducatif) recense les difficultés suivantes :<br />

ateliers échange de pratiques CNSA - 2 -


- les familles ne sont pas toujours prêtes à ce que leur parent âgé soit hébergé<br />

dans un établissement accueillant <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes ; le<br />

handicap est parfois associé à un risque pour la sécurité de leur parent ;<br />

- les ratios d’encadrement sont différents entre les <strong>personnes</strong> âgées et les<br />

<strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> ;<br />

- les <strong>personnes</strong> en situation de handicap ont besoin d’un accompagnement<br />

éducatif ;<br />

- l’accueil de <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes en maison de retraite peut<br />

conduire à isoler les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> au sein même de l’établissement.<br />

- si la mixité de <strong>personnes</strong> conservant leur autonomie mentale (<strong>personnes</strong> âgées,<br />

<strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes) et de <strong>personnes</strong> ayant une perte<br />

d’autonomie lourde (Alzheimer, troubles psychiques ou psychiatriques etc.)<br />

n’apparaît pas possible, une ségrégation totale ne parait pas souhaitable en<br />

particulier pour les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> stabilisées.<br />

Ainsi, s’il n’est sans doute pas souhaitable de généraliser l’accueil mixte en EHPAD,<br />

de telles expérimentations méritent toutefois d’être poursuivies dans un souci de diversifier<br />

les réponses, d’autant que <strong>des</strong> correctifs sont d’ores et déjà proposés pour favoriser la mixité<br />

<strong>des</strong> publics : créer <strong>des</strong> passerelles entre les deux publics accueillis, notamment lors de<br />

temps d’animation etc.<br />

Sur le secteur du handicap<br />

Une mixité entre les établissements spécialisés (EHPAD) et les établissements<br />

intégrant les exigences de l’âge dans une structure commune doit être maintenue :<br />

Maintien dans leur structure d’origine : la modification du RDAS permet de<br />

maintenir en établissement d’hébergement à hauteur de 30 % maximum de la<br />

capacité de celui-ci les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> ne pouvant plus travailler ou<br />

ayant dépassé l’âge de 60 ans. Ce maintien ne peut être que provisoire, afin de<br />

ne pas obérer la capacité d’accueil <strong>des</strong> établissements d’hébergement, mais évite<br />

les ruptures brutales liées à l’âge et permettent d’organiser <strong>des</strong> transitions.<br />

Unités spécifiques : parallèlement sont organisées dans les établissements<br />

existants <strong>des</strong> unités spécifiques pour <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes<br />

(essentiellement sections médicalisées annexées aux Foyers de Vie). Elles<br />

peuvent être aménagées dans le cadre de structures nouvelles ou reconversion<br />

d’unités dans les structures existantes, allégées par les départs vers les<br />

structures d’accompagnement. Ces unités ne supposent pas un tarif<br />

hébergement supérieur à celui existant mais nécessite une médicalisation. Il<br />

resterait à affiner le dispositif selon la lourdeur <strong>des</strong> handicaps <strong>des</strong> <strong>personnes</strong><br />

accueillies en fonction de leur structure d’origine. Les <strong>personnes</strong> relevant de FAM<br />

n’ont pas vocation à intégrer ce type de structure mais plutôt les EHPAD.<br />

Structures alternatives spécifiques : petites unités de vie ou centres d’activité<br />

de jour pour les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes<br />

Création de structures de répit<br />

L’accueil familial : dans le cadre de la mise en perspective de la convergence, le<br />

dispositif de l’accueil familial met en place l’harmonisation <strong>des</strong> agréments qui<br />

permet à une accueillante de recevoir <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> âgées ainsi que <strong>des</strong><br />

<strong>personnes</strong> en situation de handicap. Dans ce cadre, le département envisage de<br />

porter sa réflexion sur l’identification de lieux d’accueils spécifiques aux<br />

ateliers échange de pratiques CNSA - 3 -


<strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes, afin de faciliter le développement <strong>des</strong><br />

mo<strong>des</strong> de prises en charge, spécifiques.<br />

Les réflexions menées par le CODERPA et le CDCPH de Saône-et-Loire.<br />

Au terme de leurs premiers travaux respectifs, le CDCPH et le CODERPA se<br />

rejoignent sur de nombreux points et réaffirment la nécessité :<br />

- de placer la personne au cœur <strong>des</strong> dispositifs d’accompagnement afin de lui<br />

permettre de choisir, de mettre en œuvre et de faire évoluer son projet de vie tout<br />

au long de l’avancée en âge. A cette fin, une palette de réponses adaptées,<br />

diversifiées et de proximité, à domicile comme en établissement, doit être<br />

consolidée ;<br />

- d’encourager <strong>des</strong> passerelles entre les professionnels intervenant auprès <strong>des</strong><br />

<strong>personnes</strong> âgées et <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> en situation de handicap. Des partenariats<br />

entre les établissements pourraient être mis en œuvre dès lors que la<br />

cohabitation <strong>des</strong> différents publics est possible. Cette expérience est actuellement<br />

menée entre l’ESAT du BREUIL et l’EHPAD du Creusot à l’appui du Service<br />

d’Accompagnement à la Vie Sociale du secteur : rencontres organisées entre les<br />

professionnels <strong>des</strong> 2 établissements afin qu’ils puissent échanger sur leurs<br />

pratiques professionnelles respectives (points de convergence, spécificités etc) et<br />

accompagner l’entrée en EHPAD de <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> provenant de<br />

l’ESAT (aujourd’hui, une dizaine de <strong>personnes</strong> concernées). Pour éviter un<br />

changement brutal d’environnement pour les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> et lever les<br />

difficultés éventuelles de cohabitation <strong>des</strong> 2 publics, <strong>des</strong> rencontres sont<br />

également organisées entre les deux types d’accueillis. Ainsi, la personne<br />

handicapée s’adapte doucement à son nouveau domicile. Démarche longue mais<br />

avec <strong>des</strong> résultats très positifs pour les intéressés et les personnels <strong>des</strong> 2<br />

établissements.<br />

- de soutenir les aidants en développant <strong>des</strong> formes d’aide diversifiées :<br />

information, répit en établissement et à domicile, groupes de paroles etc.).<br />

ateliers échange de pratiques CNSA - 4 -


Dossier technique<br />

Aide à l’adaptation<br />

et à la planification de l’offre<br />

médico-sociale en faveur <strong>des</strong><br />

<strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong><br />

vieillissantes<br />

Octobre 2010


II<br />

Ce dossier technique restitue les travaux qui se sont tenus sous forme de quatre ateliers d’échange de pratiques organisés par la<br />

CNSA du 13 novembre 2009 au 4 février 2010.<br />

Les participants à l’atelier :<br />

Dr Nadine Bazin, Réseau pour la promotion de la santé mentale <strong>des</strong> Yvelines, psychiatre<br />

Jean-Louis Bascoul, UNIOPSS, conseiller technique URIOPSS du Languedoc Roussillon<br />

Nelly Baudron, UNCCAS, conseillère technique<br />

Catherine Bossé, directrice de la MDPH du Maine et Loire<br />

Charles Bour, FEHAP, membre de la commission nationale « <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> », directeur UGEF Les Hirondelles (Drôme)<br />

Thierry Boulissière, DGCS, Sous-direction <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>, chef du bureau <strong>des</strong> adultes handicapés<br />

Brigitte Brison, Conseil général de Saône et Loire, conseillère technique<br />

Céline Cros-Ronné, Conseil général <strong>des</strong> Deux Sèvres, chef du service maintien à domicile<br />

Sonia Decaillot, Conseil général de Saône et Loire, Direction <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> âgées et <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>,<br />

service handicap et gérontologie, adjointe au chef de service<br />

Muriel Delporte, ANCREAI, conseillère technique CREAI Nord Pas de Calais<br />

Pascale Dorenlot, ANESM, chef de service, service étu<strong>des</strong> et métho<strong>des</strong><br />

Anne-Myrtille Dubois, directrice du développement à l’union nationale ADMR<br />

Sylvie Erve, Mutualité française – FISAF, directrice de l’innovation de la recherche et de la formation pôle handicap<br />

de la Mutualité française Anjou Mayenne.<br />

Hélène Mignon, vice-présidente du CCAS de Seysses<br />

Laurent Perazzo, FEHAP, adjoint de direction – secteur social et médico-social<br />

Joël Prezelin, Association <strong>des</strong> paralysés de France, conseiller territorial secteur adultes<br />

Séverine Ragon, UNAPEI, responsable du département établissements et services<br />

Gilles Rolland, association Les Amitiés d’Armor (Brest), directeur général<br />

Anne Veber, ANESM, responsable de projet, service recommandations<br />

Deux experts ont été mobilisés pour appuyer le travail d’animation de la CNSA :<br />

Dr Stéphane Carnein, chef de pôle et président de la commission médicale d’établissement du Centre<br />

de repos et de soins de Colmar<br />

Karine Chauvin, sociologue en santé publique, consultante et chargée d’enseignement pour l’EHESP<br />

Les <strong>personnes</strong> référentes pour la CNSA :<br />

Dr Anne Kieffer, direction de la compensation, médecin de santé publique<br />

Hélène Marie, direction <strong>des</strong> établissements et services médico-sociaux, chargée de mission<br />

Les <strong>personnes</strong> auditionnées :<br />

Nancy Breitenbach, consultante internationale<br />

Dr Bénédicte de Fréminville, du service de génétique du CHU de Saint Etienne, centre de référence<br />

<strong>des</strong> anomalies du développement Centre-Est<br />

Bernadette Grosyeux, directrice du Centre de la Gabrielle à Claye Souilly<br />

Christian Möller, Directeur de l’Hôpital local Saint Alexandre et du foyer de vie «Les Hauts de Sèvre» à Mortagne sur Sèvre


Sommaire<br />

Édito ...............................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................3<br />

Méthodologie .................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................5<br />

Présentation du sujet, de son contexte et <strong>des</strong> définitions qui s’y rattachent.........................................................................................9<br />

I. La ou les définitions .....................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................15<br />

Définir l’appellation « les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes » ........................................................................................................................................................................................................................................15<br />

Questionner la réalité de la précocité du vieillissement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> ........................................................................................................................................................16<br />

L’environnement comme composante du sujet du vieillissement .................................................................................................................................................................................................................................................17<br />

Identifier les défis posés par le vieillissement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong><br />

quant à l’adaptation de l’offre médico-sociale ...............................................................................................................................................................................................................................................................................................................................17<br />

La nécessité juridique et administrative d’envisager le critère de l’âge ....................................................................................................................................................................................................................18<br />

II. Le repérage <strong>des</strong> besoins <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes et<br />

l’identification <strong>des</strong> nécessités d’adaptation <strong>des</strong> réponses ................................................................................................................................................................................................................21<br />

1/ Le repérage <strong>des</strong> besoins <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes :<br />

la mise en œuvre du triptyque observation – évaluation – orientation ..................................................................................................................................................................................21<br />

1-1/ 1re étape : l’observation <strong>des</strong> signes du vieillissement ..................................................................................................................................................................................................................................................................................21<br />

1-2/ 2e étape : l’évaluation <strong>des</strong> besoins <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes ....................................................................................................................................................................24<br />

1-3/ 3e étape : L’orientation <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes........................................................................................................................................................................................................................28<br />

2/ Les enjeux d’adaptation <strong>des</strong> projets d’accompagnement individuels<br />

et <strong>des</strong> projets institutionnels face au vieillissement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> ..........................................................................................................................................29<br />

2-1/ Prise en compte <strong>des</strong> besoins liés aux évolutions du projet de vie <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes .................................29<br />

2-2/ Prise en compte et compréhension par les professionnels <strong>des</strong> risques et évolutions du vieillissement ..........................................................31<br />

2-3/ Prise en compte <strong>des</strong> environnements ..............................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................32<br />

2-4/ La nécessaire adaptation du projet d’établissement ou de service ..................................................................................................................................................................................................................35<br />

III. La construction et le choix <strong>des</strong> réponses médico-sociales adaptées aux <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong><br />

vieillissantes : traduction collective <strong>des</strong> besoins et questionnement <strong>des</strong> organisations ............................................................................37<br />

1/ L’identification collective <strong>des</strong> besoins <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes : un diagnostic <strong>des</strong> besoins .............................37<br />

1-1/ Le niveau de territoire pertinent pour l’identification <strong>des</strong> besoins en vue de la structuration <strong>des</strong> réponses .....................................38<br />

1-2/ L’estimation quantitative du besoin : le nombre de <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes ................................................................................................................38<br />

1-3/ Les données issues de l’observation : exemples d’indicateurs ......................................................................................................................................................................................................................................39<br />

2/ Le questionnement collectif <strong>des</strong> organisations au regard de leur nécessaire adaptation :<br />

un diagnostic <strong>des</strong> ressources .................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................40<br />

2-1/ L’impact collectif du vieillissement sur les ressources existantes .........................................................................................................................................................................................................................40<br />

2-2/ Le choix <strong>des</strong> solutions adaptées au regard <strong>des</strong> besoins, <strong>des</strong> ressources existantes et <strong>des</strong> contraintes identifiées ...........44<br />

Annexes ..............................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................46<br />

1/ Les dispositifs comparés <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>/<strong>personnes</strong> âgées dans le droit français actuel ............................................................................46<br />

2/ Personnes <strong>handicapées</strong> vieillissantes porteuses de trisomie 21 ...............................................................................................................................................................................................................55<br />

Bibliographie ........................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................63<br />

Ouvrages ...........................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................63<br />

Avis, rapports et recommandations ...........................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................63<br />

Articles et dossiers ................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................64<br />

Étu<strong>des</strong> .....................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................65<br />

Thèses, mémoires ...................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................66<br />

Colloques .......................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................66<br />

Films ..........................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................66<br />

Aide à l’adaptation et à la planification de l’offre médico-sociale en faveur <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes – CNSA – Octobre 2010 1


Édito<br />

Depuis une vingtaine d’années, plusieurs étu<strong>des</strong> et rapports, issus très largement du secteur associatif, relayé notamment<br />

par les CREAI, ont été réalisés et alertent les pouvoirs publics sur cette problématique.<br />

Au niveau institutionnel, le rapport du sénateur Paul Blanc en 20061 a mis en avant l’ampleur du phénomène et les questions<br />

qu’il pose au dispositif d’accompagnement actuel <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>. Les recommandations formulées portaient<br />

notamment sur :<br />

• la continuité <strong>des</strong> prises en charge et la suppression de la barrière d’âge <strong>des</strong> 60 ans (ce qui incluait la mise en<br />

perspective d’une harmonisation, à terme, <strong>des</strong> mo<strong>des</strong> d’évaluation individuelle, <strong>des</strong> modalités de tarification <strong>des</strong><br />

établissements et services pour <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> et pour <strong>personnes</strong> âgées et <strong>des</strong> prestations de compensation<br />

du handicap et d’allocation personnalisée à l’autonomie),<br />

• le développement de la prise en compte <strong>des</strong> besoins spécifiques liés au vieillissement, notamment par le développement<br />

<strong>des</strong> coopérations entre les champs de la gérontologie et de l’accompagnement du handicap.<br />

Plus récemment, ce sont les associations du mouvement parental (UNAPEI et APAJH) qui se sont mobilisées officiellement<br />

sur le sujet de la prise en compte du vieillissement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> dans le dispositif médico-social :<br />

les premiers en publiant les résultats d’une enquête réalisée auprès de leurs établissements et services, les seconds en<br />

adoptant un texte d’orientation lors du congrès de leur fédération en juin 2009. Un certain nombre d’autres travaux ont<br />

également été menés par le secteur associatif (Cf. bibliographie), le plus récent étant un travail du Centre de ressources<br />

multihandicap sur l’accompagnement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> multi<strong>handicapées</strong> vieillissantes.<br />

Une circulaire en date du 21 juillet 2006 avait été publiée à la suite du rapport Blanc, concernant l’accueil <strong>des</strong> <strong>personnes</strong><br />

<strong>handicapées</strong> vieillissantes en établissements et services médico-sociaux. Elle rappelait alors aux préfets la nécessité de<br />

garantir le maintien <strong>des</strong> prises en charge en établissements et services médico-sociaux au-delà de 60 ans et appelait<br />

également la vigilance <strong>des</strong> conseils généraux sur ce sujet.<br />

Le programme pluriannuel de création de places en établissements et services pour un accompagnement du handicap<br />

tout au long de la vie 2008-2012 a pris en compte cette dimension : il contient une action spécifique relative à « l’accompagnement<br />

de l’avancée en âge <strong>des</strong> adultes lourdement handicapés » (fiche 5 du programme). De même, un certain nombre<br />

de conseils généraux ont intégré la problématique de l’allongement de l’espérance de vie <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong><br />

dans leur programmation, tenant compte en ce sens de ses conséquences financières.<br />

Enfin, les parlementaires ont adopté un article 136 de la loi de finances pour 2010 (LF 2009-1673 du 30 décembre 2009,<br />

JO du 31 décembre 2009). Cet article prévoit que le Gouvernement mette en œuvre, avant le 31 décembre 2010, un dispositif<br />

de suivi <strong>des</strong> établissements et services visés au 5° et au 7° du I de l’article L. 312-1 du code de l’action sociale et <strong>des</strong><br />

familles, qui accueillent ou dont bénéficient les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> de quarante ans ou plus.<br />

Le dispositif rendra compte chaque année de l’évolution <strong>des</strong> sources de financement de ces structures, de leur nombre et<br />

du nombre de places qu’elles offrent, selon les types de déficience <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> accueillies.<br />

Du fait de l’ampleur du phénomène du vieillissement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>, ce sont de nombreux aspects de l’accompagnement<br />

médico-social qui sont donc interpellés :<br />

• l’allongement plus fréquent de la vie en institution comme un phénomène à multiples implications : vieillissement<br />

<strong>des</strong> <strong>personnes</strong> elles-mêmes, évolution <strong>des</strong> pratiques professionnelles, impact sur les organisations professionnelles,<br />

la formation, sur le bâti…<br />

• l’interprétation <strong>des</strong> chiffres de la population accueillie en établissements pour adultes. En effet, malgré un doublement<br />

en dix ans de la capacité d’accueil en MAS, par exemple, le besoin d’accueil reste important dans la mesure<br />

où ce doublement a sans doute à peine permis « d’absorber » le vieillissement de la population accueillie ;<br />

• la capacité d’adaptation <strong>des</strong> structures (établissements et services) déjà existantes, dont l’adaptabilité <strong>des</strong> projets<br />

de services aux projets de vie ;<br />

• la nécessité de réévaluer les situations individuelles ;<br />

1 Cf. bibliographie<br />

Aide à l’adaptation et à la planification de l’offre médico-sociale en faveur <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes – CNSA – Octobre 2010 3


4<br />

• la nécessité de prendre en compte l’environnement de la personne (la situation <strong>des</strong> aidants, la situation à domicile<br />

ou en institution…) comme <strong>des</strong> facteurs conditionnant son vieillissement (…).<br />

La survenue du vieillissement renforce la nécessité de personnaliser les réponses (et d’adapter les projets aux parcours<br />

de vie) et donc la logique d’organisation de l’accompagnement, qu’il s’agisse d’un accompagnement en institution ou à domicile,<br />

de l’accompagnement dans le travail, de la problématique <strong>des</strong> ressources ou de la prise en compte <strong>des</strong> aidants.<br />

Phénomène normal, inscrit dans un processus de vie, le vieillissement en tant que tel et l’âge d’une personne ne permettent<br />

en aucun cas d’en déduire ses besoins. Face à ce phénomène dynamique, continu, diversifié ou potentiellement fait<br />

de ruptures, les besoins <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> sont divers et les réponses doivent être modulées.<br />

Ainsi, dans le cadre de ses missions, la CNSA s’est saisie du sujet du vieillissement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>. En effet,<br />

elle se doit :<br />

• de contribuer au financement de l’accompagnement de la perte d’autonomie <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> âgées et <strong>des</strong> <strong>personnes</strong><br />

<strong>handicapées</strong>, à domicile et en établissement, dans le respect de l’égalité de traitement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong><br />

concernées sur l’ensemble du territoire ;<br />

• d’assurer la répartition équitable sur le territoire national du montant total <strong>des</strong> enveloppes médico-sociales, en<br />

veillant notamment à une prise en compte de l’ensemble <strong>des</strong> besoins, pour toutes les catégories de handicaps.<br />

Le vieillissement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> entraîne <strong>des</strong> effets quantitatifs et qualitatifs sur les besoins de compensation<br />

tant individuelle que collective. Il convient de les analyser pour les intégrer dans la construction <strong>des</strong> réponses et<br />

notamment les programmations nationales et régionales.<br />

Méthodologie<br />

Laurent Vachey,<br />

Directeur de la CNSA


Méthodologie<br />

La CNSA a choisi d’organiser une concertation sous la forme d’un atelier d’échanges de pratiques.<br />

Le rapport final issu de ces travaux doit constituer un outil d’aide à la décision pour les décideurs locaux et les porteurs<br />

de projet : l’objectif général étant de préciser en quoi le vieillissement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> impacte les travaux<br />

de programmation, les structures et les mo<strong>des</strong> d’accompagnement.<br />

Cet objectif général se déclinait en plusieurs objectifs opérationnels :<br />

Le premier objectif était de qualifier la problématique de l’évaluation individuelle de la situation de ces <strong>personnes</strong> par<br />

les MDPH et les établissements :<br />

• <strong>des</strong>cription de la population ;<br />

• spécificité du besoin d’accompagnement de la personne handicapée vieillissante dans son parcours de vie ;<br />

• quantification du besoin.<br />

Ce premier objectif devait permettre de caractériser :<br />

• le besoin d’accompagnement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> ;<br />

• leur besoin en termes d’orientation le cas échéant.<br />

Ces deux volets permettent d’éclairer les évolutions nécessaires de l’offre existante (évolution <strong>des</strong> projets d’établissement<br />

/ de service) et de la programmation (création de places).<br />

Le deuxième objectif de l’atelier était, en conséquence, d’identifier l’adaptation nécessaire <strong>des</strong> réponses existantes sur<br />

les différents aspects de l’accompagnement médico-social, de qualifier la spécificité de cet accompagnement (points<br />

communs et différences par rapport aux <strong>personnes</strong> âgées) :<br />

• les projets de vie ;<br />

• la réponse apportée à domicile ;<br />

• le projet d’établissement ;<br />

• le niveau de qualification et les compétences requises au sein <strong>des</strong> équipes ;<br />

• la formation <strong>des</strong> professionnels ;<br />

• les partenariats à développer ;<br />

• le rôle et la place <strong>des</strong> aidants…<br />

Enfin, le troisième objectif de l’atelier était de mettre en avant la pluralité <strong>des</strong> réponses adaptées possibles dans les établissements<br />

et services en l’état actuel <strong>des</strong> outils disponibles (administratifs, tarifaires…) ainsi que les limites, écueils et<br />

atouts <strong>des</strong> différentes formules possibles en fonction <strong>des</strong> contraintes propres et extérieures à chaque solution retenue :<br />

- la transformation de places existantes,<br />

- la création de structures dédiées,<br />

- la création d’unités dédiées dans <strong>des</strong> établissements (…)<br />

La méthode a consisté à documenter de façon partagée la problématique, ses conséquences, les réponses, les contraintes,<br />

pour éclairer les exercices d’adaptation <strong>des</strong> réponses médico-sociales (qu’elles soient à domicile ou en établissement) et<br />

les exercices de planification médico-sociale.<br />

Cet atelier s’est appuyé d’une part sur un état <strong>des</strong> connaissances actuelles sur le sujet :<br />

• connaissances épidémiologiques,<br />

• données issues de l’observation,<br />

• données issues <strong>des</strong> nombreuses enquêtes menées au niveau local…<br />

Et d’autre part sur les éléments issus <strong>des</strong> expériences déjà menées sur le terrain :<br />

• analyse de ces expériences,<br />

• identification de leurs apports et limites.<br />

Aide à l’adaptation et à la planification de l’offre médico-sociale en faveur <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes – CNSA – Octobre 2010 5


6<br />

Les réunions de l’atelier se sont déroulées sur le mode de la concertation. Les acteurs suivants se sont réunis au cours de<br />

quatre séances d’une journée :<br />

• <strong>des</strong> fédérations d’associations,<br />

• <strong>des</strong> représentants associatifs,<br />

• un conseil général,<br />

• une MDPH,<br />

• l’ANESM,<br />

• l’ANCREAI,<br />

• la DGCS,<br />

• l’UNIOPSS,<br />

• l’ADMR,<br />

• l’UNCCAS,<br />

• <strong>des</strong> professionnels.<br />

Il a été demandé aux participants de produire une contribution et de procéder par débats, échanges, apports d’expériences,<br />

au remplissage d’une grille d’analyse comportant les items suivants :<br />

− La définition du vieillissement<br />

− L’évaluation collective<br />

− L’évaluation individuelle<br />

− La détection et l’observation<br />

− L’environnement<br />

− La situation vis-à-vis de l’emploi<br />

− La santé<br />

− La situation à domicile<br />

− La situation en établissement<br />

Le résultat attendu<br />

Les travaux issus de l’atelier et de la revue de bibliographie disponible ont permis d’aboutir à la production d’un rapport<br />

conçu comme un outil d’aide à la décision pour les acteurs de la planification médico-sociale et les promoteurs du champ<br />

médico-social. Il s’agit d’un guide <strong>des</strong> questionnements et <strong>des</strong> réponses possibles. Il se conçoit comme un cheminement,<br />

par étapes, chaque étape comportant un caractère impératif dans la démarche d’adaptation de l’offre médico-sociale.<br />

Les points de vigilance méthodologiques<br />

Les participants aux ateliers ont mis l’accent sur trois points de vigilance méthodologiques :<br />

1/ Envisager le sujet du vieillissement pour l’ensemble <strong>des</strong> situations de handicaps.<br />

Les chiffres de l’enquête HID (synthèse « le handicap en chiffres », 2005, réalisée par le CTNERHI) montrent que 51% <strong>des</strong><br />

<strong>personnes</strong> accueillies en établissement sont porteuses d’une déficience intellectuelle (parmi elles, 24% sont porteuses<br />

d’une déficience intellectuelle exclusive et 27% d’une déficience intellectuelle et d’une déficience motrice).<br />

Les participants à l’atelier ont mis en avant le risque de se concentrer principalement sur la population <strong>des</strong> déficients<br />

intellectuels. Ils se sont attachés à traiter le vieillissement de l’ensemble <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>, à domicile ou en<br />

établissement, quelle que soit l’origine de leur handicap et quelles que soient leurs restrictions de participation sociale.<br />

Ainsi, c’est avec la même attention que la question <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> qui ne peuvent exprimer leur demande (défaut de<br />

communication) a été abordée.<br />

2/ Envisager le sujet du vieillissement sous l’angle de l’accueil en établissements ET de l’accompagnement à domicile.<br />

La population handicapée à domicile est beaucoup plus importante que la population accueillie en établissements. À ce<br />

titre, les participants à l’atelier se sont efforcés de manière systématique d’envisager l’adaptation de l’offre médico-sociale<br />

aux <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes tout autant à domicile qu’en établissement. Il s’agit d’un point de vigilance<br />

dans la mesure où il existe une tendance à envisager principalement l’offre en institution.


3/ Une précision : le vieillissement envisagé est celui de la population adulte<br />

Le vieillissement démarre dès la naissance : la question de « l’avancée en âge » et <strong>des</strong> passages critiques d’un âge à<br />

l’autre se pose à partir de la petite enfance, le passage à l’enfance, à l’adolescence, à l’âge adulte etc. Le sujet se limite ici<br />

à la question du vieillissement intervenant chez les individus adultes.<br />

Des ateliers à la livraison d’un document final : modalités de transcription <strong>des</strong> débats et d’écriture du document d’appui<br />

La loi du 11 février 2005 considère les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> dans leur environnement ; combinée aux principes mis en<br />

avant par la loi du 2 janvier 2002, elle nécessite d’envisager la personne sous l’angle de son parcours individuel. Adapter<br />

les réponses en fonction <strong>des</strong> besoins, <strong>des</strong> attentes, du projet de vie de la personne est alors un enjeu de première importance,<br />

notamment pour une population dont les besoins évoluent.<br />

On ne peut donc pas préjuger, à partir du constat du vieillissement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong>, de besoins uniformisés d’accompagnement.<br />

Le caractère multiforme du vieillissement, la déconnexion de l’âge et de la caractérisation du besoin d’accompagnement<br />

lié au vieillissement nécessitent d’identifier le vieillissement dans toute sa complexité pour mener la réflexion<br />

relative à l’adaptation de l’offre médico-sociale.<br />

L’individualisation de l’accompagnement à partir de l’évaluation <strong>des</strong> besoins allie réponses individuelles et réponses<br />

collectives. Le champ médico-social, qu’il soit sous compétence <strong>des</strong> ARS ou <strong>des</strong> conseils généraux, construit une organisation<br />

et une solvabilisation collective de l’accompagnement, aussi bien à domicile (à travers les SSIAD, par exemple)<br />

qu’en établissement.<br />

La réflexion relative à l’adaptation de l’offre médico-sociale nécessite donc de décrire et de qualifier cette offre : quelles<br />

missions, quels référentiels de prestations, quelles organisations, quelles compétences ?<br />

Dans un deuxième temps, il s’agit de décrire les besoins d’adaptation liés au phénomène du vieillissement : en quoi le<br />

vieillissement se répercute-t-il sur les missions et les prestations actuelles ? Quelles organisations nouvelles de travail ?<br />

Quelles interactions et quelle coordination mettre en place ?<br />

Les débats qui ont eu lieu au cours <strong>des</strong> ateliers ont permis de documenter le sujet du vieillissement. De même, les éléments<br />

de bibliographie ainsi que les données recueillies au cours de certaines auditions 2 ont apporté <strong>des</strong> éclairages<br />

supplémentaires.<br />

La CNSA, à travers ce document, se fait l’écho de ces débats et auditions.<br />

En outre, <strong>des</strong> données à caractère notamment méthodologique, n’ayant pas été abordées au cours <strong>des</strong> débats, ont été<br />

ajoutées.<br />

Enfin, alors que les débats ont permis d’aborder un grand nombre de thèmes, certains manques importants subsistent<br />

encore dans le présent document et mériteront <strong>des</strong> travaux d’approfondissement :<br />

• les éléments méthodologiques de diagnostic permettant de passer de l’identification <strong>des</strong> besoins individuels à<br />

une traduction collective de ces besoins d’accompagnement ;<br />

• les modalités opérationnelles d’une réorientation d’activité pour un ESMS (éléments de conduite de projet) ;<br />

• les conditions à réunir par les EHPAD pour accueillir les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes dans <strong>des</strong> conditions<br />

satisfaisantes ;<br />

• les outils d’évaluation <strong>des</strong> besoins de médicalisation d’un foyer de vie (…).<br />

Ce dossier reprend les éléments de débats qui ont été mis en avant au cours <strong>des</strong> ateliers, souligne les consensus qui se<br />

sont dégagés et met en partage, à travers un certain nombre d’illustrations, <strong>des</strong> expériences réussies.<br />

Sont également listés <strong>des</strong> questionnements structurants sur l’adaptation de l’offre médico-sociale à <strong>des</strong>tination <strong>des</strong> <strong>personnes</strong><br />

<strong>handicapées</strong> vieillissantes.<br />

Il veut constituer une grille de questionnements à formuler dès lors que l’on est confronté au vieillissement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong><br />

<strong>handicapées</strong>. Cette grille doit permettre d’identifier l’ensemble <strong>des</strong> aspects du sujet et leur retentissement sur l’offre<br />

médico-sociale. Il s’agit en effet de préciser les contraintes à lever et de proposer <strong>des</strong> réponses à apporter.<br />

2 Cf. en deuxième de couverture, la liste <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> auditionnées<br />

Aide à l’adaptation et à la planification de l’offre médico-sociale en faveur <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes – CNSA – Octobre 2010 7


8<br />

À cette fin le dossier se déploie autour de trois parties, précédées d’un préambule.<br />

• Le préambule constitue une présentation du sujet et de son contexte. Il s’attache également à la définition de<br />

concepts nécessaires pour aborder le sujet du vieillissement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>.<br />

• La première partie constitue une grille d’analyse de la définition du vieillissement. Elle permet de poser le périmètre<br />

considéré et de documenter le choix <strong>des</strong> indicateurs du vieillissement.<br />

• La deuxième partie propose une démarche de repérage <strong>des</strong> besoins individuels <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong><br />

vieillissantes préalable à l’identification <strong>des</strong> nécessités d’adaptation <strong>des</strong> réponses. Il s’agit d’une grille d’analyse<br />

qui s’adresse plus particulièrement aux acteurs locaux de l’accompagnement : acteurs de l’accueil-orientationévaluation<br />

et acteurs de l’accompagnement médico-social. Pour autant, elle est aussi nécessaire à la mise en<br />

place d’une démarche de planification collective dans la mesure où elle permettra d’alimenter une meilleure<br />

connaissance du sujet (connaissance <strong>des</strong> besoins et connaissance <strong>des</strong> nécessités d’adaptation).<br />

• La dernière partie constitue un essai d’identification <strong>des</strong> conséquences collectives de l’évolution <strong>des</strong> besoins<br />

individuels sur les organisations médico-sociales. Elle s’adresse plus directement aux autorités de planification<br />

médico-sociale dans leur démarche d’adaptation de l’offre aux <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes.


Présentation du sujet, de son contexte<br />

et <strong>des</strong> définitions qui s’y rattachent<br />

Un phénomène qui s’inscrit dans le vieillissement de la population générale<br />

Le vieillissement de la population <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> suit le vieillissement de la population générale : les progrès<br />

de la médecine, l’amélioration <strong>des</strong> conditions générales de vie, favorisent une espérance de vie plus longue pour<br />

l’une comme pour l’autre.<br />

Autre trait commun, ce phénomène peut prendre différents visages : le vieillissement n’est pas linéaire ni continu. De<br />

plus, il n’est pas égal d’une personne à l’autre, y compris parmi la population handicapée. L’avancée en âge est polymorphe<br />

: le rapport Jeandel 3 précise à ce titre que la population âgée est d’une grande hétérogénéité.<br />

Par ailleurs, la personne handicapée vieillissante peut avoir encore devant elle plusieurs dizaines d’années de vie ; c’est<br />

pourquoi, il est essentiel que son projet de vie soit évolutif et ne donne pas lieu d’emblée à l’élaboration de réponses<br />

ou de solutions définitives et standardisées qui risqueraient de ne plus évoluer dans le temps, qu’il s’agisse de solutions<br />

d’accompagnement à domicile ou en établissement.<br />

Enfin, de même qu’en population générale, le vieillissement d’une personne handicapée n’est pas une maladie : phénomène<br />

humain normal et inéluctable, le vieillissement et l’avancée en âge s’inscrivent dans un processus continu de vie. Le<br />

vieillissement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> est donc un progrès et à ce titre comporte de nombreux aspects positifs, pour<br />

les <strong>personnes</strong> elles-mêmes, pour leurs familles.<br />

Les données épidémiologiques disponibles<br />

Peu de publications de la communauté scientifique française sont disponibles.<br />

Des difficultés de méthodologie sont mises en avant notamment les problèmes statistiques inhérents aux petits nombres<br />

(les effectifs de « population à risque » sont généralement faibles 4 ). En outre, le Dr Carnein précise que le polymorphisme,<br />

l’effet « mille feuilles » <strong>des</strong> déficiences multiples rend difficile la constitution d’un groupe homogène pour une étude<br />

statistique convenable.<br />

Certaines populations comme celle <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> porteuses de trisomie 21 restent une exception.<br />

Sans procéder à un récapitulatif <strong>des</strong> étu<strong>des</strong> existantes (principalement réalisées dans les pays anglo-saxons et dans les<br />

pays d’Europe du Nord), la tendance suivante peut être mise en avant 5 :<br />

Dans tous les pays développés, les courbes d’espérance de vie <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> <strong>des</strong>sinent <strong>des</strong> profils de<br />

mortalité tendant à se rapprocher progressivement <strong>des</strong> courbes d’espérance de vie de la population générale.<br />

Toutefois, certaines spécificités doivent être soulignées :<br />

• Le quotient intellectuel est un facteur prédictif de la longévité (étu<strong>des</strong> longitudinales menées en Écosse (2001)<br />

et en Australie (2002) qui montrent le lien entre espérance de vie moins longue et quotient intellectuel moins<br />

élevé)<br />

• Parmi les déficiences intellectuelles, le sous-groupe <strong>des</strong> populations porteuses de trisomie 21 a été plus largement<br />

étudié (Cf. remarque précédente) :<br />

Espérance de vie à la naissance<br />

1929 1990<br />

9 ans 55 ans<br />

On peut estimer aujourd’hui que 70% <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> trisomiques 21 vivront au-delà de 50 ans.<br />

Une cause spécifique de surmortalité a été identifiée dans cette population : la présence fréquente de malformations<br />

cardiaques. Les démences (notamment Alzheimer) doivent également être prises en compte.<br />

3 Cf. bibliographie<br />

4 Azéma, Martinez, Les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes : espérances de vie et santé ; qualité de vie Une revue de la littérature, DREES, 2005<br />

5 Idem<br />

Aide à l’adaptation et à la planification de l’offre médico-sociale en faveur <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes – CNSA – Octobre 2010 9


10<br />

• Les <strong>personnes</strong> porteuses d’infirmité motrice cérébrale ont une espérance de vie proche de la population générale<br />

dès lors qu’elles n’ont pas de problèmes d’alimentation et de mobilisation. Les <strong>personnes</strong> les plus dépendantes<br />

sont en revanche très pénalisées dans leur espérance de vie.<br />

• Les <strong>personnes</strong> poly<strong>handicapées</strong> (atteintes cérébrales accompagnées de déficiences motrices et intellectuelles<br />

sévères) sont celles qui ont l’espérance de vie la plus altérée mais font aussi partie de celles qui ont très fortement<br />

bénéficié <strong>des</strong> évolutions de l’accompagnement et <strong>des</strong> soins (à tel point que <strong>des</strong> effets très nets de cohorte<br />

traduisent les gains obtenus chaque année en terme d’espérance de vie).<br />

• Pour les <strong>personnes</strong> autistes, il est fait état d’une seule étude publiée en Californie sur le différentiel de survie :<br />

Différentiel de survie entre la population autiste et la population générale *<br />

Hommes Femmes<br />

À l’âge de 5 ans inférieure de 6,1 années inférieure de 12,3 années<br />

À l’âge de 60 ans inférieure de 3,5 années inférieure de 4,2 années<br />

*(différence entre l’espérance de vie de la cohorte visée et l’espérance de vie en population générale)<br />

• Le handicap psychique demeure caractérisé par une surmortalité massive (facteurs de risque spécifiques, effets<br />

de la prise chronique de médicaments, moindre accès aux ressources de santé…)<br />

Toutes les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> ne sont pas concernées par un vieillissement prématuré et les bornes qui identifieraient<br />

la précocité (décalage entre l’âge de l’apparition <strong>des</strong> manifestations du vieillissement et l’âge attendu pour<br />

ces manifestations) sont difficiles à définir avec précision.<br />

Par ailleurs on note :<br />

• Que l’épilepsie est une cause majeure de mortalité prématurée et donc de perte de gain de longévité, tant pour<br />

les <strong>personnes</strong> en institution que pour celles vivant en milieu ordinaire.<br />

• Qu’il y a un effet cumulatif <strong>des</strong> troubles dégénératifs liés à l’âge avec les incapacités préexistantes : « effet<br />

multiplicateur » de l’addition <strong>des</strong> maladies chroniques invalidantes (maladies cardiovasculaires, atteintes sensorielles,<br />

atteintes musculo-squelettiques) survenant lors du processus de vieillissement normal.<br />

Une avancée en âge quasi superposable à celle de la population générale mais avec <strong>des</strong> conséquences qui sont tout<br />

autres pour les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> qui voient s’ajouter de nouvelles déficiences ou incapacités à d’autres déficiences<br />

ou incapacités préexistantes.<br />

• L’importance du vieillissement lié aux conditions de vie : la médication importante, un suivi médical tout au long<br />

de la vie moins bien réalisé, <strong>des</strong> conditions de vie qui peuvent être moins favorables que dans la population<br />

générale (pour la maladie mentale par exemple).<br />

• Les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vivant plus longtemps sont confrontées, comme en population générale, à l’ensemble<br />

<strong>des</strong> pathologies du vieillissement (démence, cancer…).


L’ampleur du phénomène<br />

L’émergence de la problématique <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes s’inscrit, comme en population générale,<br />

dans la logique de l’allongement de la durée de la vie. Cette problématique est relativement récente en ce qui concerne<br />

les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> puisqu’elle a émergé il y a une vingtaine d’années. L’acuité du sujet tient à l’amplification du<br />

phénomène (progrès de la prise en charge et effet générationnel).<br />

À titre d’exemple, la situation en établissements et services est révélatrice :<br />

pourcentage de <strong>personnes</strong> accueillies<br />

pourcentage de <strong>personnes</strong> accueillies<br />

30<br />

25<br />

20<br />

15<br />

10<br />

5<br />

0<br />

60<br />

50<br />

40<br />

30<br />

20<br />

10<br />

0<br />

Évolution de la population de plus de 40 ans accueillie en MAS entre 1995 et 2006<br />

Présents au 31/12/1995 Présents au 31/12/2001 Présents au 31/12/2006<br />

40-49 ans<br />

50-59 ans<br />

60 ans et plus<br />

Évolution de la population de plus de 40 ans accueillie en FAM entre 1995 et 2006<br />

en pourcentage par tranche d’âge<br />

Présents au 31/12/1995 Présents au 31/12/2001 Présents au 31/12/2006<br />

60 ans et plus<br />

50-59 ans<br />

40-49 ans<br />

Aide à l’adaptation et à la planification de l’offre médico-sociale en faveur <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes – CNSA – Octobre 2010 11


12<br />

Effectif total (en nombre<br />

d’individus) <strong>des</strong> plus de<br />

40 ans en FAM<br />

Effectif total (en nombre<br />

d’individus) <strong>des</strong> plus de<br />

40 ans en MAS<br />

Soit, en données chiffrées entre 1995 et 2006 :<br />

Au 31/12/1995 Au 31/12/2001 Au 31/12/2006<br />

1499 3347 7151<br />

2470 5393 9865<br />

Population travaillant en ESAT en 2006 par tranche d’âge en nombre et pourcentage<br />

Effectif En pourcentage<br />

Moins de 20 ans 731 0,67%<br />

20 à 25 ans 12 870 11,80%<br />

25 à 30 ans 14 766 13,53%<br />

30 à 35 ans 15 960 14,63%<br />

35 à 40 ans 16 698 15,30%<br />

Sous-total moins de 40 ans 61 026 55,93%<br />

De 40 à 45 ans 17 443 15,99%<br />

De 45 à 50 ans 15 128 13,87%<br />

Sous-total moins de 50 ans 93 597 85,78%<br />

De 50 à 55 ans 10 370 9,50%<br />

De 55 à 60 ans 4 829 4,43%<br />

Plus de 60 ans 303 0,28%<br />

Non renseignés 13 0,01%<br />

Sous-total 40 ans ou plus 48 073 44,06%<br />

Total 109 112 100,00%<br />

Source : Enquêtes DREES, Établissements et services (ES) 1995, 2001, 2006.


Un enjeu<br />

Rappel de la définition du handicap<br />

Selon l’article L. 114 du code de l’action sociale et <strong>des</strong> familles, « constitue un handicap, au sens de la présente loi, toute<br />

limitation d’activité ou restriction de participation à la vie en société subie dans son environnement par une personne<br />

en raison d’une altération substantielle, durable ou définitive d’une ou plusieurs fonctions physiques, sensorielles, mentales,<br />

cognitives ou psychiques, d’un polyhandicap ou d’un trouble de santé invalidant. »<br />

La définition du handicap<br />

Dans son environnement<br />

altérations<br />

de fonction(s)<br />

handicap : limitation d’activité<br />

ou restriction de participation<br />

à la vie en société<br />

La loi se réclame ainsi de la classification internationale du fonctionnement, du handicap et de la santé (CIF) et de la<br />

vision interactive du handicap que celle-ci promeut. Le modèle est désormais plus fonctionnel que biomédical, avec toutefois<br />

une causalité inscrite dans la définition comme directement liée aux altérations de fonctions. Cette nouvelle définition<br />

permet la prise en compte <strong>des</strong> environnements comme obstacles ou facilitateurs de la participation de la personne,<br />

mais elle nécessite toujours que l’on désigne la personne comme handicapée afin de pouvoir mobiliser un dispositif de<br />

compensation.<br />

Une telle définition porte en elle une individualisation nécessaire à la fois de l’analyse de la situation et de la construction<br />

d’une réponse personnalisée, au travers du « plan personnalisé de compensation » requis par la loi pour aboutir<br />

pour chaque personne à une stratégie globale et coordonnée d’interventions. Dans ce cadre, tout type de handicap, y<br />

compris lié à l’avancée en âge ou au vieillissement, doit pouvoir trouver <strong>des</strong> réponses appropriées.<br />

L’ensemble du processus mis en place par la loi à travers les nouveaux dispositifs que sont les MDPH, vise à la réalisation<br />

de cette individualisation <strong>des</strong> réponses par combinaison et coordination <strong>des</strong> diverses compétences autour et au bénéfice<br />

de la personne.<br />

Ainsi, la problématique du vieillissement et de ses conséquences chez la personne handicapée pourra-t-elle être appréhendée<br />

dans le cadre de ce concept, en termes de compensation et d’individualisation de la prise en charge.<br />

Un point sur le débat : <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> âgées / <strong>personnes</strong> âgées <strong>handicapées</strong><br />

Outre les questions qu’elle pose du point de vue de l’adaptation <strong>des</strong> dispositifs et <strong>des</strong> pratiques, l’avancée en âge de la population<br />

handicapée interroge et met en lumière les limites de l’organisation administrative française qui repose sur <strong>des</strong><br />

catégories liées à l’âge (Cf. seuil de 60 ans). Historiquement, la création de la PSD (aujourd’hui APA), prestation d’aide<br />

à la vie quotidienne spécifique pour les <strong>personnes</strong> âgées dépendantes et distincte de celle <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong><br />

(ACTP devenue PCH) concomitante de l’émergence de la problématique <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes au<br />

milieu <strong>des</strong> années 90, a mis en évidence ces limites comme les enjeux économiques sous-jacents.<br />

Aide à l’adaptation et à la planification de l’offre médico-sociale en faveur <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes – CNSA – Octobre 2010 13


14<br />

Le vieillissement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> constaté actuellement fait, pour la première fois, se confronter les réglementations<br />

mettant en avant les valeurs d’autonomie et de citoyenneté applicables aux <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> à celles<br />

<strong>des</strong>tinées à une population qualifiée de dépendante.<br />

Ces différences sémantiques revêtent une forte portée symbolique et pratique. Ces deux notions ont contribué au développement<br />

de deux cultures d’accompagnement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> vulnérables ; l’une s’attachant au modèle biomédical via<br />

l’influence de la gériatrie et l’autre privilégiant un modèle fonctionnel et une dimension environnementale du handicap.<br />

Le vrai débat n’est pas de choisir entre deux cadres de prise en charge (celui <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> âgées ou celui <strong>des</strong> <strong>personnes</strong><br />

en situation de handicap) mais bien de se poser la question <strong>des</strong> besoins de chacune de ces <strong>personnes</strong> dans le cadre d’un<br />

parcours personnalisé et dans leur environnement propre.<br />

La notion d’offre médico-sociale adaptée<br />

Le vieillissement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> est un processus multiforme qui s’inscrit, comme on l’a vu, dans un parcours<br />

de vie. Il concerne ainsi tous les aspects de la vie de la personne : l’ensemble <strong>des</strong> besoins liés aux transports, à la<br />

vie culturelle, à la situation administrative, sociale… sont susceptibles d’évolution avec le vieillissement. Ces sujets, qui<br />

concernent de nombreuses institutions, ne seront pas évoqués dans le cadre <strong>des</strong> présents travaux.<br />

C’est l’offre médico-sociale, avec les modalités d’organisation de la réponse médico-sociale, qui est abordée dans ce<br />

document :<br />

• La confrontation entre l’individuel et le collectif renvoie à l’articulation et au juste équilibre entre une offre<br />

médico-sociale « de droit commun » (soins de base), une offre adaptée voire spécialisée (offre de soins spécifiques).<br />

• Cette articulation nécessite d’identifier les raisons qui exigent de mobiliser tel ou tel niveau d’organisation <strong>des</strong><br />

soins.<br />

• De même, le vieillissement suppose d’identifier, dans l’organisation collective, en quoi il génère <strong>des</strong> besoins de<br />

nouvelles compétences, de nouvelles collaborations et pour quel accompagnement…


I. La ou les définitions<br />

Cette partie a pour objet de définir le périmètre de notre sujet et de le qualifier au regard de son contexte et <strong>des</strong> différents<br />

enjeux qui le traversent.<br />

Définir l’appellation « les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes »<br />

La définition de « <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes » comporte plusieurs enjeux<br />

Les membres de l’atelier ont considéré qu’il était nécessaire d’identifier les enjeux socio-économiques :<br />

D’une part qualifier juridiquement, sociologiquement, les termes « <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes », « <strong>personnes</strong><br />

<strong>handicapées</strong> avançant en âge », « <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> âgées » … et s’accorder sur une appellation consensuelle ;<br />

D’autre part ne pas faire porter à ces <strong>personnes</strong> le poids <strong>des</strong> enjeux économiques d’une définition (en distinguant la<br />

personne handicapée âgée ou vieillissante de la personne âgée, on lui évite ainsi de se voir appliquer le droit commun de<br />

l’accompagnement de la personne âgée).<br />

La CNSA et les membres de l’atelier ont considéré qu’il était nécessaire :<br />

•<br />

•<br />

•<br />

de ne pas reconstituer une catégorie administrative liée à l’âge ;<br />

de prendre en compte, parce qu’elle existe, la spécificité du vieillissement de la personne handicapée<br />

et d’en améliorer l’accompagnement ;<br />

d’anticiper les évolutions qui sont générées par le vieillissement.<br />

Les risques <strong>des</strong> définitions<br />

• Confondre le vieillissement (un processus) et la vieillesse (un état).<br />

En effet, la vieillesse est un état, une période de la vie qui fait l’objet d’une construction sociale de la part de la société,<br />

sur la base de catégories d’âge censées regrouper <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> ayant <strong>des</strong> caractéristiques et <strong>des</strong> besoins communs liés<br />

à une période de leur existence. Elle engendre <strong>des</strong> effets de seuil (à quel âge est-on vieux ?).<br />

Le vieillissement, entendu comme un processus, permet le rattachement à la notion de continuité de l’accompagnement :<br />

l’absence de rupture dans le processus de vieillissement entraine l’absence de rupture dans l’accompagnement lui-même.<br />

La formule « <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> avançant en âge » est une formule édulcorée de celle que nous préférons : « <strong>personnes</strong><br />

<strong>handicapées</strong> vieillissantes ». En effet, il ne s’agit pas de la simple avancée en âge, qui commence dès l’enfance<br />

(l’avancée en âge <strong>des</strong> enfants handicapés et l’adolescence <strong>des</strong> sujets handicapés est par exemple un sujet à explorer)<br />

mais bien du vieillissement dont les effets sont visibles à l’âge adulte.<br />

• Ne pas voir dans l’évolution du handicap, le vieillissement.<br />

Le risque a été mentionné, par les participants de l’atelier, d’envisager le sujet uniquement par le prisme du handicap<br />

(notamment pour les professionnels éducatifs).<br />

• Assimiler toute évolution du handicap au vieillissement.<br />

Car ces deux aspects, complémentaires même si contradictoires, sont à envisager en miroir avec la notion de repérage<br />

et d’observation <strong>des</strong> signes du vieillissement. C’est notamment par la mise en place d’une observation systématique que<br />

l’on peut éviter ces deux écueils.<br />

• Assimiler la personne handicapée vieillissante et la personne âgée.<br />

Sans préjuger d’une éventuelle spécificité <strong>des</strong> mo<strong>des</strong> d’accompagnement ou <strong>des</strong> caractéristiques <strong>des</strong> besoins <strong>des</strong> <strong>personnes</strong><br />

<strong>handicapées</strong> vieillissantes, un consensus se forme autour de la nécessaire distinction entre personne handicapée<br />

vieillissante et personne âgée, notamment d’un point de vue social, administratif et économique. Ce point de vigilance<br />

est à analyser au regard <strong>des</strong> volets administratifs, juridiques liés aux droits et prestations <strong>des</strong> unes et <strong>des</strong> autres. Par<br />

ailleurs, la distinction doit également être faite en termes de parcours de vie. En effet, le vieillissement d’une personne<br />

Aide à l’adaptation et à la planification de l’offre médico-sociale en faveur <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes – CNSA – Octobre 2010 15


16<br />

handicapée génère <strong>des</strong> besoins différents selon qu’elle a vécu à domicile ou en établissement, et qu’elle a bénéficié d’un<br />

ensemble de mesures d’accompagnement, à la différence d’une personne âgée qui aurait vécu une grande partie de sa<br />

vie de façon très autonome.<br />

L’absence de prise en compte de la spécificité du parcours de vie d’une personne handicapée vieillissante, lors de son<br />

entrée dans un établissement, ou lors de la mise en place d’un accompagnement à domicile, risquerait d’entraîner pour<br />

la personne un changement brutal très dommageable.<br />

La préconisation issue de ces réflexions est donc de privilégier une approche « handicap » : considérer la personne handicapée<br />

vieillissante comme une personne handicapée avant d’être vieillissante.<br />

Cette première vision que nous nous imposons nécessite de privilégier la prise en compte de l’environnement dans<br />

l’évolution <strong>des</strong> projets de vie de ces <strong>personnes</strong> pour adapter les prises en charge et les pratiques. C’est donc bien à<br />

travers une évolution du projet de vie exprimant <strong>des</strong> nouveaux besoins que les effets du vieillissement devront être<br />

appréhendés chez la personne handicapée.<br />

Compensation possible à plusieurs niveaux<br />

La personne<br />

Son entourage (Aidants)<br />

La Cité/Le milieu de vie<br />

Questionner la réalité de la précocité du vieillissement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong><br />

L’évolution démographique récente<br />

Les éléments épidémiologiques disponibles 6 montrent la poursuite rapide du phénomène de rattrapage de l’espérance<br />

de vie <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> sur l’espérance de vie en population générale.<br />

Les constats réalisés sur le terrain par les membres de l’atelier :<br />

• Le plus souvent, la précocité du vieillissement ne porte que sur le vieillissement de certains organes.<br />

• Le plus souvent ce phénomène de précocité est lié à <strong>des</strong> maladies spécifiques.<br />

• Il est également lié à la problématique plus générale de l’accès aux soins et au suivi médical : le vieillissement<br />

de certains organes est rendu précoce du fait d’un défaut de soins d’entretien (exemple <strong>des</strong> dents, <strong>des</strong> yeux, de<br />

l’audition). Cet état de fait a été mis en avant notamment par l’audition publique de la HAS7 .<br />

• Toutefois, dans certaines situations, qui doivent cependant encore être approfondies sur le plan de la recherche,<br />

certaines maladies liées à l’âge peuvent apparaître de manière plus précoce dans la population en situation de<br />

handicap. Cela semble, par exemple, être le cas de la maladie d’Alzheimer chez les <strong>personnes</strong> trisomiques.<br />

La précocité du vieillissement n’est donc pas systématique parmi la population en situation de handicap.<br />

6 Cf. paragraphe relatif aux données épidémiologiques disponibles dans l’introduction et la bibliographie<br />

7 Cf. bibliographie : Haute autorité de santé, audition publique accès aux soins <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> en situation de handicap, rapport de la commission<br />

d’audition, 23 janvier 2009


Une proposition de réponse à la question de la précocité :<br />

Le principe de la précocité du vieillissement chez les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> n’est pas (plus) systématique. Cela<br />

signifie qu’il ne doit pas influencer notre approche du vieillissement et <strong>des</strong> besoins liés au vieillissement.<br />

L’environnement comme composante du sujet du vieillissement<br />

Si l’on envisage le handicap dans sa définition de 2005 comme une limitation d’activité subie par une personne dans son<br />

environnement, la donnée environnementale est constitutive de la prise en compte du processus de vieillissement <strong>des</strong><br />

<strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> : l’environnement peut être facteur facilitateur ou, au contraire, empêcher la participation sociale<br />

et conduire plus rapidement à la perte de capacités.<br />

Cet environnement est multiple.<br />

Il est avant tout social : la famille, les proches parmi lesquels se trouvent les aidants naturels, dont le propre vieillissement<br />

est un <strong>des</strong> aspects à prendre en compte. On évoque souvent les ruptures liées au vieillissement : décès dans l’entourage,<br />

perte <strong>des</strong> collègues lors d’un passage à la retraite ; mais il peut également s’agir d’événements heureux, nouvelles<br />

rencontres…Il peut aussi comprendre les réseaux professionnels, amicaux, associatifs de toute sorte.<br />

L’environnement, c’est aussi le lieu de vie, qu’il s’agisse du domicile ou d’un établissement, l’environnement technique<br />

et matériel ; les problématiques de mobilité, d’accessibilité, de transport (qui ne sont pas l’objet du présent document)<br />

devront donc être prises en compte…<br />

La question <strong>des</strong> modalités de la prise en compte de l’environnement doit également être rapprochée, au titre de l’individualisation<br />

<strong>des</strong> accompagnements, <strong>des</strong> situations de handicap survenues non pas à la naissance mais dans le parcours<br />

de vie (existence et position de la famille, etc.).<br />

Identifier les défis posés par le vieillissement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong><br />

quant à l’adaptation de l’offre médico-sociale<br />

L’organisation médico-sociale de l’offre à <strong>des</strong>tination <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>, face au sujet du vieillissement, doit<br />

s’adapter à plusieurs défis. D’ores et déjà on peut évoquer :<br />

• L’accroissement <strong>des</strong> besoins de santé<br />

• L’évolution de la situation familiale<br />

• L’évolution <strong>des</strong> besoins de protection juridique (curatelle, tutelle…) et les questions de transmission<br />

• L’évolution <strong>des</strong> relations (affectives, sociales…)<br />

• L’évolution du lieu de vie, de son accessibilité<br />

• L’évolution <strong>des</strong> mo<strong>des</strong> de vie (logement, alimentation, rythmes de vie…)<br />

• Les changements d’activité (professionnelle ou non)<br />

• L’évolution <strong>des</strong> capacités fonctionnelles<br />

• L’accompagnement <strong>des</strong> fins de vie<br />

Ce dossier n’a pas vocation à documenter l’ensemble <strong>des</strong> sujets évoqués ci-<strong>des</strong>sus. Seuls ceux impactant l’action médicosociale<br />

seront abordés dans ce premier document.<br />

Aide à l’adaptation et à la planification de l’offre médico-sociale en faveur <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes – CNSA – Octobre 2010 17


18<br />

La proposition de définition ci-<strong>des</strong>sous tient compte <strong>des</strong> enjeux liés à l’adaptation de l’offre médico-sociale :<br />

Une personne handicapée vieillissante est une personne qui a entamé ou connu sa situation de handicap, quelle<br />

qu’en soit la nature ou la cause, avant de connaître par surcroît les effets du vieillissement. Ces effets consistent, plus<br />

ou moins tardivement en fonction <strong>des</strong> <strong>personnes</strong>, en l’apparition simultanée :<br />

• d’une baisse supplémentaire <strong>des</strong> capacités fonctionnelles déjà altérées du fait du handicap,<br />

• d’une augmentation du taux de survenue <strong>des</strong> maladies liées à l’âge, maladies dégénératives et maladies métaboliques,<br />

pouvant aggraver les altérations de fonction déjà présentes ou en occasionner de nouvelles,<br />

• mais aussi d’une évolution de leurs attentes dans le cadre d’une nouvelle étape de vie, sachant que les modalités<br />

d’expression de ces attentes seront très variables en fonction <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> et de la situation de handicap<br />

dans laquelle elles se trouvent.<br />

Le tout pouvant se conjuguer jusqu’à entraîner une réduction du champ <strong>des</strong> activités notamment sociales, que cette<br />

réduction soit d’origine personnelle (capacitaire ou liée à une modification <strong>des</strong> attentes) ou environnementale (liée<br />

aux possibilités offertes par l’environnement et ses éventuelles évolutions).<br />

Cette définition impose une prise en compte du vieillissement comme phénomène individuel, influencé par l’histoire<br />

et l’environnement de la personne, se traduisant en termes de perte d’autonomie.<br />

La nécessité juridique et administrative d’envisager le critère de l’âge<br />

Au niveau collectif<br />

L’intérêt du critère de l’âge<br />

L’âge n’a d’intérêt que s’il est abordé en termes de populations : identifier un âge à partir duquel une obligation de<br />

vigilance s’impose à propos du vieillissement (même si, nous le verrons, ce devoir de vigilance implique une véritable<br />

anticipation ainsi qu’une permanence de la démarche d’observation).<br />

Ce devoir de vigilance s’applique :<br />

• aux établissements et services (observation systématisée et questionnement <strong>des</strong> différents projets) ;<br />

• aux MDPH (stratégies d’évaluation à partir d’un certain âge) ;<br />

• aux autorités de planification (veille démographique et institutionnelle).<br />

La critique de cette situation<br />

Jusqu’à une époque récente, la question du critère d’âge ne se posait pas, ou à la marge.<br />

Outre les contradictions et limites d’un système qui a érigé cette barrière de l’âge, c’est aussi le phénomène désormais<br />

accéléré d’augmentation de l’espérance de vie <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> qui implique de se poser la question de la limite<br />

de l’âge pour bénéficier de telle politique publique (et donc d’actions, de dispositifs) en faveur <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> âgées<br />

ou de telle autre politique publique en faveur <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>.<br />

La convergence annoncée, mais non réalisée, <strong>des</strong> politiques d’accompagnement de la dépendance liée à l’âge et de la<br />

dépendance liée au handicap, donne une certaine acuité au sujet mais ne permet pas d’en éclairer les enjeux.<br />

Les données démographiques et épidémiologiques disponibles<br />

La plupart <strong>des</strong> étu<strong>des</strong> qui envisagent le vieillissement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> en situation de handicap (notamment DREES) évoquent<br />

l’âge de 40 ans comme début du processus de vieillissement.


Une proposition de réponse aux enjeux collectifs soulevés par l’âge du vieillissement :<br />

Un consensus se forme autour de l’âge de 40 ans, comme âge à partir duquel une certaine vigilance s’impose :<br />

• il permet de mettre en œuvre <strong>des</strong> mesures à court terme ;<br />

• il permet d’éviter l’effet réducteur <strong>des</strong> seuils liés à l’âge ;<br />

• il permet de se situer dans la perspective de la programmation à moyen et long terme.<br />

Une obligation de vigilance portée par la loi :<br />

La loi de financement pour 2010 (LF2009-1673 du 30 décembre 2009, JO du 31 décembre 2009), dans son article 136,<br />

prévoit que « le Gouvernement met en œuvre, avant le 31 décembre 2010, un dispositif de suivi <strong>des</strong> établissements<br />

et services visés au a du 5° (ESAT) et au 7°(MAS, FAM, SAMSAH, SAVS, SSIAD pour <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>) du I de<br />

l’article L. 312-1 du code de l’action sociale et <strong>des</strong> familles, qui accueillent ou dont bénéficient les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong><br />

de quarante ans ou plus.<br />

Ce dispositif rend compte chaque année de l’évolution <strong>des</strong> sources de financement de ces structures, de leur nombre<br />

et du nombre de places qu’elles offrent, selon les types de déficience <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> ».<br />

Au niveau individuel<br />

Le rôle du critère d’âge au niveau individuel<br />

L’âge est acquisitif ou, au contraire, génère la perte de certains droits ou d’un statut<br />

Pour autant<br />

Le maintien <strong>des</strong> droits au-delà de 60 ans reconnu pour les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> (Cf. annexe relative aux droits et prestations)<br />

repose bien sur l’idée que la fixation d’un âge au niveau individuel est arbitraire et peut être inadaptée.<br />

En effet, l’âge de 60 ans est lié aux critères d’attribution <strong>des</strong> droits à la retraite (avant la réforme de 2010). Cet âge peut<br />

être trop bas (les <strong>personnes</strong> qui ne sont pas dans l’emploi) ou trop élevé.<br />

Une proposition de positionnement quant aux enjeux individuels :<br />

La nécessaire évolution de l’accompagnement de la personne handicapée intervient lorsque les comorbidités se<br />

cumulent, contribuant ainsi à une évolution <strong>des</strong> besoins et <strong>des</strong> attentes de la personne (exprimées ou non).<br />

Il convient d’anticiper ce moment et de mettre en place une vigilance en amont, s’appuyant sur les éléments de documentation<br />

de l’observation et de l’évaluation.<br />

Ce que permet la définition<br />

Elle ne crée pas une nouvelle catégorie liée à l’âge : la catégorie « personne handicapée âgée » n’existe pas.<br />

C’est le vieillissement de la personne handicapée qui nous intéresse, le but étant de tenir compte de l’émergence d’éventuels<br />

besoins nouveaux, sans stigmatiser le vieillissement comme une nouvelle catégorie de handicap.<br />

Elle envisage le vieillissement comme un processus continu dans le parcours de la personne.<br />

Elle permet aux promoteurs et aux planificateurs d’envisager le phénomène quantitativement et qualitativement, individuellement<br />

et collectivement, afin de déterminer les mo<strong>des</strong> de réponses les plus adaptées.<br />

Aide à l’adaptation et à la planification de l’offre médico-sociale en faveur <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes – CNSA – Octobre 2010 19


II. Le repérage <strong>des</strong> besoins <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong><br />

vieillissantes et l’identification <strong>des</strong> nécessités<br />

d’adaptation <strong>des</strong> réponses<br />

Cette première phase de notre cheminement est conçue comme une phase de questionnements relatifs à l’accompagnement<br />

individuel <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>.<br />

Elle s’adresse principalement aux professionnels et aux gestionnaires d’établissements et services médico-sociaux, mais<br />

elle concerne également les acteurs <strong>des</strong> fonctions « accueil-évaluation-orientation » réalisées sur le territoire, en particulier<br />

les MDPH.<br />

Deux volets la composent :<br />

• Les questionnements liés au repérage <strong>des</strong> besoins individuels : comment est mis en œuvre le triptyque observation<br />

– évaluation – orientation ?<br />

• Les questionnements liés à la réponse à ces besoins individuels : quel besoin d’adaptation <strong>des</strong> environnements<br />

et <strong>des</strong> accompagnements ?<br />

1/ Le repérage <strong>des</strong> besoins <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes :<br />

la mise en œuvre du triptyque observation – évaluation – orientation<br />

Il s’agit de questionner, à toutes les étapes du parcours de la personne, les signes susceptibles d’être révélateurs du<br />

vieillissement puis de le caractériser. Il s’agit de mettre en avant ce qui détermine le (ou les) besoin(s) lié(s) au vieillissement<br />

: l’âge est, comme on l’a vu dans la première partie, un <strong>des</strong> critères du vieillissement mais il n’est pas le seul.<br />

Les données épidémiologiques disponibles et les travaux mis en œuvre par différents acteurs 8 de terrain montrent que<br />

d’autres critères viendront influer le vieillissement : l’état de santé et l’accès aux soins, le mode de vie…<br />

La mise en œuvre de ces trois volets observation-évaluation-orientation constitue l’une <strong>des</strong> étapes d’un parcours continu<br />

où la connaissance <strong>des</strong> besoins est réactualisée de manière régulière par l’ensemble <strong>des</strong> acteurs de l’accompagnement.<br />

1-1/ 1 ère étape : l’observation <strong>des</strong> signes du vieillissement<br />

La mise en place de l’observation quel que soit le lieu de vie (à domicile, en établissement) est un enjeu de premier ordre<br />

compte tenu de la démographie et de l’allongement de la durée de la vie.<br />

Une observation <strong>des</strong> signes du vieillissement au sein de tous les établissements et services accueillant et/ou<br />

accompagnant <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> adultes a-t-elle été mise en place ?<br />

L’observation est une mission <strong>des</strong> établissements et services.<br />

Elle permettra de qualifier <strong>des</strong> comportements de rupture de la personne handicapée (dans les comportements habituels<br />

/ dans la participation aux activités).<br />

− Une réussite ou un changement positif peuvent aussi être observés comme <strong>des</strong> signes du vieillissement<br />

(plus grande maturité dans ses relations avec autrui, positionnement dans un groupe…).<br />

L’observation devra aussi être organisée de manière à faire émerger les besoins et attentes <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> qui ne<br />

peuvent l’exprimer (un vieillissement qui ne se vit pas comme tel, <strong>des</strong> signes non exprimés du fait de l’absence de<br />

communication …).<br />

Zone de vigilance : La situation <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> à domicile non suivies par un service.<br />

Elle nécessite l’organisation d’une observation particulière qui n’est possible que dans le cadre d’un recours aux équipes<br />

APA pour les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> de plus de 60 ans et les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> de moins de 60 ans vivant avec<br />

leurs parents vieillissants, ou au réseau <strong>des</strong> intervenants à domicile, par la polyvalence de secteur.<br />

8 Exemple <strong>des</strong> travaux menés par le Dr de Fréminville sur une population de <strong>personnes</strong> trisomiques 21, cf. bibliographie.<br />

Aide à l’adaptation et à la planification de l’offre médico-sociale en faveur <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes – CNSA – Octobre 2010 21


22<br />

Cette observation est-elle organisée de manière anticipée et en continu ?<br />

La rupture s’analyse forcément par référence à une situation antérieure. Elle nécessite ainsi d’anticiper et de mettre en<br />

place une observation systématique avant que les premiers signes ne surviennent.<br />

Si cette observation anticipée et en continu est possible en établissement, elle n’est pas toujours possible à domicile (Cf.<br />

zone de vigilance évoquée au paragraphe précédent).<br />

La difficulté de l’exercice relève d’un équilibre à trouver et de l’interprétation du « il n’est plus comme avant ». C’est bien<br />

la perte <strong>des</strong> acquisitions qui est évocatrice de cette évolution.<br />

En outre, cette observation anticipée permettra de préparer toute perspective d’évolution et de limiter les situations<br />

d’urgence qui bien souvent révèlent un dysfonctionnement.<br />

Il est donc nécessaire de favoriser l’utilisation de grilles d’observation.<br />

Les équipes réalisent le plus souvent sans le savoir cette observation mais elle doit être formalisée. L’utilisation partagée<br />

et systématique de grilles d’observation communes entre les professionnelles doit être privilégiée.<br />

Les équipes pourront, pour s’engager dans la démarche d’observation, s’inspirer d’outils déjà existants (GEVA, AGGIR<br />

amélioré…). Cela est fait dans un certain nombre d’établissements.<br />

L’observation mise en place est-elle différentielle et permet-elle de rechercher toutes les causes de la rupture<br />

ou du changement observé ?<br />

L’objectif de l’observation est d’aller chercher toutes les causes notamment par diagnostic différentiel. Il existe en<br />

effet un risque de passer à côté de certains diagnostics. Par ailleurs, certaines thérapeutiques limitent les troubles et<br />

masquent ce qui se passe en réalité.<br />

Attention également à ne pas interpréter systématiquement tout changement comme étant dû au vieillissement : le handicap<br />

qui évolue peut être « rééducable ».<br />

À l’opposé, rester calé sur une représentation du « tout handicap » sans voir le vieillissement est un danger : d’où l’importance<br />

du dépistage pour éviter la confusion de la pathologie et du vieillissement :<br />

• promouvoir l’accès au diagnostic, aux examens complémentaires non invasifs comme les échographies, recherches<br />

diagnostiques à partir de prélèvement sanguin, l’accès aux anesthésies, qui sont désormais possibles,<br />

l’imagerie médicale…<br />

• promouvoir le diagnostic fonctionnel en déficience sensorielle chez les <strong>personnes</strong> déficientes intellectuelles ou<br />

déficientes sensorielles, chez lesquelles un surhandicap lié à une nouvelle déficience peut intervenir.<br />

Par ailleurs certaines déficiences, en particulier cognitives ou psychiatriques, ne permettent pas l’expression de plaintes<br />

caractérisées et le professionnel se trouve généralement en face de signes réduits à une simple expression :<br />

- l’agitation ou la prostration ;<br />

- les cris ou l’expression verbale inappropriée, le mutisme.<br />

De là découle un schéma de construction diagnostique atypique et inversé par rapport à ceux enseignés dans les cas<br />

habituels. L’observation implique donc de réfléchir par symptômes fonctionnels réduits à leur plus simple expression<br />

et non pas traditionnellement par appareil physiopathologique.<br />

L’objectif, mais aussi la difficulté de l’observation, est d’identifier le moment où la problématique du handicap croise celle<br />

du vieillissement (c’est un processus qui peut prendre un certain temps, par exemple, de 40 à 60 ans). Il s’agit alors de ne<br />

pas confondre un signe prêté aux déficiences connues mais qui relèverait du vieillissement avec <strong>des</strong> cohortes de maladies<br />

qui l’accompagnent<br />

Exemple : quand la constipation devient cyclique, atypique et accompagnée de sang, la pathologie colique<br />

doit être évoquée avant l’effet secondaire <strong>des</strong> neuroleptiques.


Les conditions permettant la mise en place d’une observation gériatrique partagée<br />

ou le recours à une expertise gériatrique sont-elles réunies ?<br />

• Les professionnels qui accompagnent au quotidien la personne sont les mieux à même de repérer chez elle <strong>des</strong><br />

changements susceptibles d’être identifiés comme le signe de son vieillissement<br />

• Tous les professionnels peuvent (doivent) participer à cette observation : regards croisés, observation pluridisciplinaire<br />

• Faire entrer du paramédical dans les structures pour <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> et/ou <strong>des</strong> personnels éducatifs<br />

dans le champ <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> âgées.<br />

C’est déjà le cas dans certaines structures.<br />

Sinon, envisager l’ensemble <strong>des</strong> modalités possibles : personnel salarié de la structure dans le cadre d’une<br />

évolution du projet institutionnel voire d’une évolution de l’habilitation, interventions ponctuelles encadrées<br />

par une convention et assurées par la psychiatrie de liaison ou par <strong>des</strong> structures intersectorielles spécialisées<br />

(gérontopyschiatrie notamment) ou encore dans le cadre de réseaux existants ou à créer.<br />

• Intérêt de travailler, sur un territoire déterminé, sur la spécificité du vieillissement chez les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong><br />

mais aussi sur la convergence possible <strong>des</strong> approches avec le vieillissement en population générale.<br />

Exemple : dans les Pyrénées Orientales, le conseil général travaille à <strong>des</strong> rapprochements entre un EHPAD et<br />

un centre hospitalier psychiatrique sur les problématiques de prise de charge <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> âgées<br />

désorientées mais également <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> psychiques vieillissantes.<br />

L’observation à promouvoir est différente de l’observation du vieillissement ordinaire :<br />

Les regards croisés de la gériatrie et du champ du handicap sont nécessaires. Une nouvelle culture de travail est nécessaire.<br />

Les grilles d’observation à utiliser doivent nécessairement être communes ou, si elles sont différentes, comporter <strong>des</strong><br />

éléments communs.<br />

Par ailleurs, les espaces d’échanges et d’analyse <strong>des</strong> pratiques ainsi que la promotion d’une réflexion interdisciplinaire<br />

sur l’utilisation <strong>des</strong> grilles doivent permettre de favoriser cette observation et l’interprétation <strong>des</strong> signes<br />

repérés.<br />

Quels sont les points de vigilance pour la mise en place de l’observation ?<br />

La mise en place d’une observation <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> à domicile :<br />

• Nécessité de mobiliser l’ensemble <strong>des</strong> acteurs sur le sujet : CAF, MSA, CRAM, CPAM, CCAS, CG, SAD, SSIAD,<br />

médecine ambulatoire, professionnels libéraux.<br />

• Mobilisation possible de ces acteurs autour de la commission de coordination <strong>des</strong> politiques publiques.<br />

- Profiter d’un « diagnostic » territorial <strong>des</strong> ressources existantes pour mailler le territoire sur les sujets d’observation<br />

et de vigilance à domicile (indicateurs possibles de repérage : isolement, état de santé…)<br />

La moindre valorisation de la fonction observation dans le champ médico-social :<br />

• Le manque d’habitude de repérage de la part <strong>des</strong> professionnels du champ du handicap et l’absence d’une sémiologie<br />

du vieillissement dans l’accompagnement éducatif :<br />

- interrogation <strong>des</strong> référentiels métiers en lien avec les tâches / formation au repérage <strong>des</strong> professionnels<br />

(notamment éducatifs) / information sur ce qu’est le vieillissement ;<br />

- évaluation <strong>des</strong> pratiques professionnelles.<br />

• Un risque de glissement <strong>des</strong> tâches dès lors que celle de l’observation n’est pas clairement définie, ni inscrite<br />

dans un référentiel de tâches, ce qui permettrait la mise en œuvre d’un projet plus global.<br />

• L’absence de modélisation de l’observation dans les établissements et services :<br />

- favoriser l’utilisation de grilles d’observation (sécurisation et systématisation de la collecte d’informations<br />

pertinentes).<br />

• L’influence de l’observation sur le sujet observé :<br />

- multiplicité <strong>des</strong> indicateurs à faire prévaloir, tout en restant vigilant sur l’utilité de chaque indicateur ;<br />

- diversité de la nature <strong>des</strong> indicateurs de l’observation ;<br />

- définir la mission d’observation en lien avec l’ensemble <strong>des</strong> tâches réalisées par catégorie d’emploi et en<br />

lien avec le projet d’établissement ou de service.<br />

Aide à l’adaptation et à la planification de l’offre médico-sociale en faveur <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes – CNSA – Octobre 2010 23


24<br />

• La présence non systématique de professionnels de soins dans tous les établissements médico-sociaux :<br />

- mise en place de réseaux, rôle <strong>des</strong> équipes pluridisciplinaires ;<br />

- formation à l’observation.<br />

• Une réflexion à mener sur les modalités d’accès aux soins :<br />

- travail avec <strong>des</strong> consultations spécialisées ;<br />

- rôle d’un médecin coordonnateur (interlocuteur du médecin généraliste).<br />

1-2/ 2 e étape : l’évaluation <strong>des</strong> besoins <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes<br />

Y’a-t-il une spécificité du vieillissement en matière d’évaluation individuelle ?<br />

Non.<br />

Le rapport remis à la CNSA par le cabinet Deloitte fin 2008 avait analysé plus d’une centaine de situations d’évaluation.<br />

Parmi elles, un certain nombre concernait <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes 9 .<br />

Parmi ces situations, <strong>des</strong> difficultés relatives au vieillissement ont pu être repérées.<br />

Exemples :<br />

- une personne vivant à domicile, méconnue <strong>des</strong> services, vivant avec un parent lui-même vieillissant ;<br />

- une personne accueillie en ESAT+ Foyer d’hébergement (FH), qui n’est plus en capacité de travailler, mais<br />

dont l’orientation en FH sans orientation ESAT s’avère impossible ;<br />

- une personne accueillie dans un établissement et chez laquelle l’observation spécifique du vieillissement<br />

est réalisée par l’établissement, ce qui a facilité l’évaluation et la décision d’orientation vers une autre<br />

structure ;<br />

- une personne handicapée qui présente une déficience sensorielle surajoutée qu’il sera nécessaire d’évaluer<br />

in situ en prenant en compte l’ensemble <strong>des</strong> composantes de son environnement (domicile/établissement<br />

– aidants…).<br />

Ces travaux ont mis en évidence la pertinence de l’outil GEVA pour l’évaluation <strong>des</strong> besoins de compensation <strong>des</strong> <strong>personnes</strong><br />

<strong>handicapées</strong> vieillissantes et vient renforcer, si besoin en était, l’idée que ces dernières ne constituent pas une<br />

catégorie spécifique qui nécessiterait la mise en place de modalités d’évaluation particulières.<br />

La spécificité ne réside donc pas dans les modalités de l’évaluation mais dans l’enjeu lié à l’apparition, du fait de<br />

l’allongement de la durée de la vie, de problématiques nouvelles liées au vieillissement et qui viennent se surajouter.<br />

L’évaluation ne se résume pas à déterminer l’éligibilité à une prestation particulière : quelles conséquences en<br />

matière d’évaluation <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes ?<br />

Des clivages entre les pratiques d’évaluation <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> âgées et <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> peuvent exister. Notamment<br />

du fait que les outils disponibles et les prestations proposées influencent très largement les pratiques d’évaluation<br />

10 . Or, les outils d’éligibilité sont insuffisants pour évaluer globalement les besoins.<br />

Dans le champ <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> âgées, notamment, ce point a été souligné à propos de l’outil AGGIR 11 , Le comité scientifique<br />

pour l’adaptation <strong>des</strong> outils d’évaluation de l’autonomie, dans son rapport paru en janvier 2003, recommandait de<br />

« conserver AGGIR comme outil d’éligibilité à l’APA ». Il estimait qu’« AGGIR doit être inclus dans un instrument d’évaluation<br />

multidimensionnelle et en aucun cas utilisé isolément. »<br />

Pour les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>, adultes et enfants, une évaluation multidimensionnelle de la situation et <strong>des</strong> besoins<br />

doit être conduite par les équipes pluridisciplinaires <strong>des</strong> MDPH, le support de recueil <strong>des</strong> informations étant le GEVA.<br />

La loi de 2005 a explicitement prévu une démarche qui ne se résume pas à apprécier l’éligibilité <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> à une<br />

prestation, mais vise à l’élaboration d’un plan global et cohérent de réponses diverses, le plan personnalisé de compensation.<br />

Ces réponses peuvent être <strong>des</strong> prestations spécifiques, qui peuvent avoir <strong>des</strong> critères d’éligibilité différents, mais<br />

il peut aussi s’agir d’une mobilisation et d’une adaptation du droit commun, pour lever <strong>des</strong> obstacles à la participation<br />

<strong>des</strong> <strong>personnes</strong>. 12 .<br />

9 Cf. en annexe, les fiches relatives aux situations de vieillissement repérées dans l’étude.<br />

10 Cf. Premières rencontres scientifiques de la CNSA, 11 février 2009, Cité <strong>des</strong> Sciences, Paris<br />

11 Rapport du comite scientifique pour l’adaptation <strong>des</strong> outils d’évaluation de l’autonomie, présidé par Alain Colvez, janvier 2003<br />

12 Cf. rapport sur l’appropriation du GEVA, téléchargeable sur http://www.cnsa.fr/IMG/pdf/CNSA_GEVA_signets-2.pdf


L’évaluation <strong>des</strong> besoins <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>, y compris vieillissantes, doit s’appuyer sur un outil d’évaluation<br />

multidimensionnelle et ne pas se limiter à la détermination d’une éligibilité. Étant déjà réglementaire dans le<br />

champ du handicap, c’est l’outil GEVA qui doit être mis en avant. Des versions et/ou <strong>des</strong> aménagements permettant<br />

une meilleure utilisation pour certaines populations sont à envisager.<br />

GEVA : les différents volets du guide d’évaluation multidimensionnelle sont les suivants :<br />

Volet Identification<br />

Volet 1 : Volet familial, social et budgétaire<br />

Volet 2 : Volet habitat et cadre de vie<br />

Volet 3 a : Volet parcours de formation<br />

Volet 3 b : Volet parcours professionnel<br />

Volet 4 : Volet médical<br />

Volet 5 : Volet psychologique<br />

Volet 6 : Volet activités, capacités fonctionnelles<br />

Volet 7 : Volet ai<strong>des</strong> mises en œuvre<br />

Ces volets constituent les différents items d’évaluation <strong>des</strong> besoins de la personne.<br />

Sur le terrain, la grille nationale AGGIR est utilisée à titre principal comme outil d’éligibilité à l’APA. L’évaluation qu’elle<br />

permet ne couvre qu’une dimension <strong>des</strong> situations de handicap -<br />

celle <strong>des</strong> activités- et deux domaines seulement parmi ces activités. En effet, elle comporte 10 variables discriminantes<br />

relatives à l’autonomie dans les actes élémentaires et 7 variables illustratives relatives à l’autonomie domestique et<br />

sociale :<br />

• Variables relatives à l’autonomie physique et psychique :<br />

Cohérence<br />

Orientation<br />

Toilette<br />

Habillage<br />

Alimentation<br />

Élimination<br />

Transfert<br />

Déplacement à l‘intérieur<br />

Déplacement à l’extérieur<br />

Communication à distance<br />

• Variable relatives à l’autonomie domestique et sociale :<br />

Gestion<br />

Cuisine<br />

Ménage<br />

Transport<br />

Achats<br />

Suivi du traitement<br />

Activités de temps libre<br />

Une évaluation véritablement multidimensionnelle doit en effet aborder non seulement les activités et la participation de<br />

la personne, mais également la <strong>des</strong>cription de certaines caractéristiques personnelles, celle de caractéristiques de son<br />

environnement et <strong>des</strong> éléments de son parcours de vie.<br />

Ces différents outils, dont l’usage est distinct, peuvent être amenés à dialoguer entre eux. Le GEVA, qui est aujourd’hui<br />

sans doute le seul outil du paysage à être clairement positionné sur l’évaluation <strong>des</strong> besoins <strong>des</strong> <strong>personnes</strong>, représente<br />

probablement un point de rencontre entre les différents outils.<br />

Aide à l’adaptation et à la planification de l’offre médico-sociale en faveur <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes – CNSA – Octobre 2010 25


26<br />

En dehors <strong>des</strong> problématiques liées aux outils, différents dans le champ du handicap et de la perte d’autonomie liée à<br />

l’âge, <strong>des</strong> questions relatives à la solvabilisation <strong>des</strong> ai<strong>des</strong> peuvent surgir, par exemple dans le cadre de l’accompagnement<br />

en EHPAD 13 de <strong>personnes</strong> de moins de 60 ans ou même de <strong>personnes</strong> de plus de 60 ans, mais dont la valorisation<br />

en GIR de leur besoin d’accompagnement, à travers l’utilisation de la grille AGGIR, n’est pas adaptée.<br />

Plusieurs hypothèses :<br />

• adaptation du règlement départemental d’aide sociale ;<br />

• travail conjoint entre le secteur handicap et le secteur <strong>personnes</strong> âgées ;<br />

• utilisation d’outils d’évaluation complémentaires (exemple du Resident assessment instrument - RAI).<br />

L’expérimentation en cours, dans le cadre du plan Alzheimer, de maisons pour l’autonomie et l’intégration <strong>des</strong> mala<strong>des</strong><br />

Alzheimer (MAIA) inclut le choix et le test d’un outil d’évaluation multidimensionnelle pour appréhender les besoins <strong>des</strong><br />

<strong>personnes</strong> âgées dont la situation complexe nécessite une approche globale. Sur dix-sept sites expérimentaux, six ont<br />

retenu le GEVA qui est actuellement utilisé par les gestionnaires de cas.<br />

Par ailleurs, <strong>des</strong> conseils généraux expérimentent la mise en place de maisons départementales de l’autonomie (MDA).<br />

Dans ce cadre, les professionnels <strong>des</strong> MDPH et <strong>des</strong> équipes médico-sociales chargées de l’APA testent « grandeur nature<br />

» une démarche commune d’évaluation <strong>des</strong> situations et <strong>des</strong> besoins <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> en perte d’autonomie quel que<br />

soit leur âge.<br />

Par conséquent, pour accompagner l’évolution <strong>des</strong> pratiques professionnelles, la CNSA a prévu d’élaborer, sur la base du<br />

GEVA et en intégrant les items de la grille AGGIR, une version adaptée aux <strong>personnes</strong> âgées. Ce travail d’adaptation a essentiellement<br />

consisté à étoffer l’identification <strong>des</strong> besoins de santé, à intégrer le système de cotation de la grille AGGIR<br />

au regard <strong>des</strong> items correspondants du volet 6 du GEVA et à retirer les données non pertinentes pour les situations <strong>des</strong><br />

<strong>personnes</strong> âgées (concernant la scolarisation, l’insertion professionnelle, les éléments spécifiques relatifs à l’éligibilité<br />

à la PCH).<br />

Cette version adaptée du GEVA est dénommée « GEVA-A ». 14<br />

L’évaluation menée est-elle pluridisciplinaire ?<br />

Les situations de <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes peuvent être complexes : le surhandicap/le contexte familial…<br />

Exemples de solutions déployées pour contrer cette difficulté :<br />

- question plus globale <strong>des</strong> services d’appui à l’évaluation par exemple régionaux ou départementaux (déficience<br />

sensorielle) et d’accompagnement <strong>des</strong> services existants plus généralistes ;<br />

- recours aux compétences internes <strong>des</strong> équipes <strong>des</strong> établissements et services qui accompagnent au quotidien<br />

les <strong>personnes</strong> (quand l’interdisciplinarité permet de répondre à la complexité) ;<br />

- les 2/3 <strong>des</strong> SAMSAH participent à l’évaluation avec la MDPH, avec une coopération formalisée dans 30%<br />

<strong>des</strong> SAMSAH. 16% <strong>des</strong> SSIAD participent à l’évaluation avec la MDPH 15 .<br />

Quelles modalités de repérage <strong>des</strong> situations les plus à risque en vue d’une évaluation ?<br />

Sur le terrain, les deman<strong>des</strong> conduisant quasi systématiquement à une évaluation complète et pluridisciplinaire <strong>des</strong><br />

besoins de compensation sont le plus souvent les deman<strong>des</strong> de PCH. Or, ces deman<strong>des</strong> ne concernent que 5% <strong>des</strong> deman<strong>des</strong><br />

déposées auprès <strong>des</strong> MDPH 16 .<br />

Pour autant, certaines situations pourraient être considérées comme étant à risque concernant un besoin médico-social<br />

lié au vieillissement de la personne handicapée.<br />

L’exemple le plus fréquemment rencontré est le suivant : situation d’une personne handicapée à domicile<br />

vivant avec un parent lui-même âgé, les deman<strong>des</strong> adressées régulièrement à la MDPH concernent <strong>des</strong><br />

renouvellements de droits mais c’est à l’occasion de l’hospitalisation d’un parent que les équipes sociales<br />

(de l’hôpital ou du secteur) prennent connaissance <strong>des</strong> besoins (non anticipés) de la personne handicapée<br />

vieillissante.<br />

13 Cf. annexe<br />

14 Ces éléments d’analyse sont issus du plan d’action GEVA en cours de finalisation par la CNSA et issu <strong>des</strong> travaux relatifs à l’appropriation du GEVA (axe relatif<br />

aux évolutions du GEVA, plus particulièrement à l’adaptation du GEVA aux <strong>personnes</strong> âgées).<br />

15 Cf. bibliographie : CNSA, Suivi qualitatif du développement <strong>des</strong> services d’accompagnement médico-social pour adultes handicapés : SAMSAH et SSIAD. Situation<br />

en 2007. Premières conclusions <strong>des</strong> travaux. Avril 2008<br />

16 Source : CNSA, direction de la compensation, 2009


Une solution peut consister en l’identification de marqueurs <strong>des</strong> situations à risques pour les MDPH (les simples<br />

deman<strong>des</strong> peuvent parfois cacher <strong>des</strong> situations complexes).<br />

Exemples de marqueurs :<br />

− les deman<strong>des</strong> « simples » de renouvellement de carte d’invalidité ou d’AAH à domicile à partir de 40 ans ;<br />

− les deman<strong>des</strong> formulées après 40 ans par <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> célibataires ou vivant seules ;<br />

− les orientations de <strong>personnes</strong> de plus de 40 ans mises en échec (exemple de la MDPH 49<br />

qui a mis en place un outil de repérage <strong>des</strong> orientations non suivies d’effet) ;<br />

− les orientations de <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> de plus de 60 ans dont le maintien<br />

dans leur établissement n’a pas été possible ; (…)<br />

Quelle évaluation du handicap sensoriel en situation de vieillissement ?<br />

La survenue de déficiences sensorielles chez les <strong>personnes</strong> en situation de handicap (quelle que soit l’origine du handicap)<br />

constitue un point de vigilance compte tenu du surhandicap généré par la déficience sensorielle.<br />

À ce titre les travaux menés à partir de l’enquête handicaps incapacités dépendance 1998 et 1999 (HID) par l’ORS <strong>des</strong><br />

Pays de la Loire montrent que la déclaration de déficiences associées à une déficience sensorielle (qu’elle soit auditive<br />

ou visuelle) augmente avec l’âge<br />

En établissement, ou à domicile, cette question de l’accès au dépistage est à mettre en lien avec celle de l’accès aux<br />

soins <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> à tout âge (démarche préventive générale) et lors du vieillissement (prévention<br />

particulière <strong>des</strong> risques liés au vieillissement).<br />

Illustrations de la problématique de la convergence entre les dispositifs <strong>personnes</strong> âgées et <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> en<br />

matière de déficience sensorielle :<br />

- À Angers, la Mutualité française intervient et réalise <strong>des</strong> prestations de réhabilitation auprès de <strong>personnes</strong><br />

<strong>handicapées</strong> quel que soit leur âge. Il s’agit alors de prestations d’accompagnement. L’évaluation, fondamentale<br />

sur ces problématiques, est réalisée en lien avec un centre basse vision et/ou basse audition, ce qui<br />

nécessite une articulation étroite entre les dispositifs sanitaires et médico-sociaux.<br />

- L’ARRADV, à Marseille, est un SAMSAH qui intervient auprès de <strong>personnes</strong> déficientes visuelles quel que<br />

soit leur âge. Un travail de modélisation est actuellement en cours (une convention avec la CNSA a été<br />

signée) afin d’identifier et de formaliser les conditions nécessaires à une possible reproductibilité d’un tel<br />

dispositif (à <strong>des</strong>tination <strong>des</strong> promoteurs et <strong>des</strong> financeurs).<br />

- La fiche action 1.3.2 du schéma national d’organisation sociale et médico-sociale pour les handicaps rares<br />

(http://www.cnsa.fr/IMG/pdf/CNSA_Schema-national-Handicap-rare-2.pdf) prévoit de « réaliser <strong>des</strong> recherches<br />

actions associant les centres de ressources nationaux handicaps rares et les EHPAD pour caractériser<br />

les conditions de transfert <strong>des</strong> connaissances sur le handicap rare aux combinaisons de handicaps<br />

sensoriels aux polypathologies du grand âge : il s’agit en effet de pouvoir transférer les connaissances sur<br />

les combinaisons de déficiences sensorielles (surdicécité) ou déficiences de la communication vers les polypathologies<br />

du grand âge.<br />

1-3/ 3 e étape : L’orientation <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes<br />

Pour la population handicapée, l’orientation est un élément fondamental du « parcours », que la personne soit accompagnée<br />

en établissement médico-social ou, à domicile, par un service de type SAVS ou SAMSAH. L’orientation vient aussi<br />

s’inscrire dans une logique d’identification, de connaissance <strong>des</strong> besoins.<br />

Seul le SSIAD (service médico-social) ne fera pas l’objet d’une orientation mais d’une prescription.<br />

Dès lors qu’un SSIAD est présent sur le territoire de référence, il s’avère intéressant de procéder, dans le cadre du<br />

diagnostic <strong>des</strong> ressources, au repérage <strong>des</strong> médecins généralistes ayant procédé à <strong>des</strong> prescriptions de SSIAD. Le<br />

levier de la prescription pourra en effet être utilisé de manière complémentaire à celui de l’orientation<br />

Aide à l’adaptation et à la planification de l’offre médico-sociale en faveur <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes – CNSA – Octobre 2010 27


28<br />

1 er principe de l’orientation : dépasser les limites dues au cloisonnement <strong>des</strong> secteurs et aux barrières<br />

administratives liées à l’âge<br />

L’âge de 60 ans, on l’a vu, est à la fois acquisitif de nouveaux droits mais est aussi une barrière au-delà de laquelle le droit<br />

<strong>des</strong> <strong>personnes</strong> âgées s’applique (Cf. annexe relative aux droits et prestations <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> après 60 ans).<br />

Certaines questions peuvent se poser :<br />

• Est-il possible de maintenir une personne handicapée au-delà de 60 ans dans un établissement ou un service ?<br />

Une réorientation est-elle nécessaire ?<br />

• Une circulaire du 21 juillet 2006 demande aux préfets de prévoir la possibilité du maintien après l’âge de 60 ans<br />

et encourage les conseils généraux à le faire.<br />

• Les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> peuvent-elles être orientées en EHPAD par les CDAPH ?<br />

• Comment résoudre la difficulté liée à l’orientation <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> de plus de 60 ans dans <strong>des</strong> établissements<br />

pour <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> ? Pas de difficulté quand ces <strong>personnes</strong> ont eu un « passé institutionnel<br />

» au sein du champ <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>, mais les obstacles apparaissent dès lors qu’elles n’ont pas eu ce<br />

passé institutionnel ou que ces <strong>personnes</strong> ont d’abord été orientées en EHPAD. (…)<br />

Propositions formulées par le groupe de travail<br />

• Évolution <strong>des</strong> règlements départementaux d’aide sociale : dispositions relatives à l’âge, dispositions relatives à<br />

la sortie <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> adultes vers de nouvelles structures pour adultes (logique de parcours) ;<br />

• Les CDAPH pourraient se prononcer plus systématiquement (mais pas orienter) sur la pertinence du placement<br />

d’une personne handicapée vieillissante vers les services pour <strong>personnes</strong> âgées (EHPAD ou autres) ; en tout<br />

état de cause elles devraient systématiquement envisager ces orientations comme possibles au-delà de 60 ans,<br />

en lien avec les deman<strong>des</strong> <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> voire de leurs familles.<br />

2 e principe : envisager l’orientation comme un moyen de sécuriser les parcours<br />

La préparation de toute évolution du projet personnalisé (quelle que soit cette évolution : changement d’établissement,<br />

retour au domicile, maintien à domicile avec un accompagnement supplémentaire…) est une <strong>des</strong> clés de la réussite d’une<br />

nouvelle orientation.<br />

Les exigences qui se posent :<br />

• Une orientation préparée en amont avec la personne, son entourage, l’établissement ou le service qui l’accompagne<br />

(le dispositif d’observation permet de mettre en place cette phase de préparation).<br />

• La nécessaire prise en compte du projet individuel, <strong>des</strong> besoins et attentes de l’usager et <strong>des</strong> familles le cas<br />

échéant, qui fait envisager les solutions d’abord au regard <strong>des</strong> besoins.<br />

À ce titre, l’ANCREAI évoque la nécessité d’approfondir les connaissances liées aux capacités <strong>des</strong> équipes à<br />

recueillir la parole <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> avec de fortes limitations en matière de communication et cela quel que soit<br />

le type de handicap.<br />

• Une certaine souplesse <strong>des</strong> orientations, qui permet d’envisager un parcours sécurisé, au plus juste <strong>des</strong> besoins de<br />

la personne.<br />

Certaines difficultés, liées aux limites du système face aux situations de vieillissement, peuvent alors surgir :<br />

• Certaines orientations multiples et leur cohérence : les foyers d’hébergement doivent-ils être obligatoirement<br />

dédiés à l’accueil <strong>des</strong> travailleurs handicapés (notamment en ESAT) ?<br />

• Certaines prises en charge conjointes peuvent-elles être mises en œuvre ? (l’exemple du SAVS intervenant en EHPAD<br />

est souligné, avec la limite juridique et financière liée à la possibilité offerte par certains règlements départementaux<br />

d’aide sociale de doubles prises en charge). Cette problématique renvoie en tout état de cause à la<br />

question du contenu de service et aux moyens d’accompagnement identifiés pour ce contenu de service, que ces<br />

moyens soient situés à domicile ou en établissement.<br />

Ces points sont à discuter en lien avec les solutions à envisager et l’évolution <strong>des</strong> règlements départementaux d’aide<br />

sociale.


2/ Les enjeux d’adaptation <strong>des</strong> projets d’accompagnement individuels<br />

et <strong>des</strong> projets institutionnels face au vieillissement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong><br />

L’objectif est, via l’observation, d’identifier les manifestations, les conséquences du vieillissement, qui font évoluer les<br />

besoins et commandent une évolution <strong>des</strong> réponses. Cette 2 e étape, qui s’adresse aux professionnels et promoteurs, a<br />

vocation de leur permettre d’interroger les compétences, les pratiques, les organisations afin de les faire évoluer conformément<br />

aux besoins identifiés.<br />

La finalité de l’accompagnement, dans le cadre du processus d’aide à l’autonomie promu par les lois du 2 janvier 2002 et<br />

du 11 février 2005, est la participation de la personne handicapée à la vie en société. L’objectif est alors de pointer, parmi<br />

les modalités de l’accompagnement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>, les facteurs à prendre en compte dans la construction ou<br />

l’adaptation <strong>des</strong> réponses à apporter aux <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes (ensemble <strong>des</strong> stratégies de prévention<br />

<strong>des</strong> risques liés au vieillissement, <strong>des</strong> actions sur les conséquences du vieillissement).<br />

Quelles sont les spécificités de l’accompagnement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes, les points de vigilance identifiés<br />

?<br />

2-1/ Prise en compte <strong>des</strong> besoins liés aux évolutions du projet de vie<br />

<strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes<br />

Alors que la définition du projet de vie est conçue comme un socle de l’accompagnement médico-social, les évolutions<br />

liées le cas échéant au vieillissement de la personne génèrent une évolution <strong>des</strong> besoins. Plusieurs manifestations de<br />

ces besoins ont pu être mises en avant par les membres du groupe de travail et par les différentes étu<strong>des</strong> recensées sur<br />

le sujet.<br />

Les mo<strong>des</strong> de vie<br />

Quelles évolutions du mode de vie sont susceptibles de faire évoluer le projet d’accompagnement ?<br />

• Évolution du rythme.<br />

• Tenir compte du fait que le vieillissement n’est pas forcément une régression ; il peut s’exprimer par un besoin<br />

de changement, de repos, d’adaptation de l’accompagnement.<br />

• Pas nécessairement plus de technicité mais davantage de temps pour l’aide à la réalisation <strong>des</strong> actes.<br />

• Évolution de la dépendance.<br />

• Multiplication du nombre d’interventions nécessaires et également multiplication du type d’interventions nécessaires.<br />

Le maintien de l’autonomie<br />

Quel impact du passage d’un projet de vie essentiellement centré sur le maintien <strong>des</strong> acquis voire le développement <strong>des</strong><br />

acquisitions à un projet de vie centré sur le maintien de l’autonomie ?<br />

• Évolution <strong>des</strong> attentes <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> et capacité <strong>des</strong> intervenants à recueillir ces attentes.<br />

• Équilibre à trouver entre le maintien <strong>des</strong> acquis (projet éducatif), le développement de compétences (projet rééducatif)<br />

et le repos dans le cadre de ce qui pourrait être une retraite (projet d’animation, par exemple).<br />

• Équilibre entre les activités collectives et les accompagnements individuels.<br />

Une dimension de l’autonomie : la mobilité<br />

Quel impact d’une baisse de la mobilité ?<br />

• Dégradation éventuelle de l’autonomie dans les transferts, les déplacements.<br />

• Prise de conscience <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> à ce sujet.<br />

• Travailler sur l’acceptation.<br />

• Travailler sur les postures (<strong>personnes</strong> elles-mêmes et professionnels).<br />

Aide à l’adaptation et à la planification de l’offre médico-sociale en faveur <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes – CNSA – Octobre 2010 29


30<br />

La santé<br />

Quel accès à la prévention et aux soins <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> accompagnées, accueillies ?<br />

• Quel accès à la prévention :<br />

- Prévention <strong>des</strong> risques liés à la nutrition ?<br />

- Prévention de certaines pathologies ? Maladies cardio-vasculaires, cancer…<br />

- Prévention relative aux pratiques sexuelles ?<br />

- Prévention et réduction <strong>des</strong> addictions ?<br />

• Quel accès au diagnostic ? (santé mentale, consultations mémoire…)<br />

• Quel accès aux soins de premier recours ? généraliste, gynécologues, dentistes ?<br />

17 • Quel accès aux soins spécialisés et aux expertises spécifiques ? ORL ?<br />

Quel état de santé <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> accompagnées, accueillies ?<br />

Indicateurs de santé :<br />

• Présence de pathologies et leur aggravation liée à l’âge.<br />

• Santé mentale.<br />

• Obésité.<br />

• Surdité.<br />

• Acuité visuelle (…)<br />

Évolution <strong>des</strong> problèmes de santé : quelles évolutions de l’état de santé surviennent du fait du vieillissement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong><br />

?<br />

• Les problèmes de santé physique sont plus fréquents (chez une même personne, dans un groupe de <strong>personnes</strong>).<br />

• Les problèmes de santé physique se cumulent plus fréquemment.<br />

• Les problèmes de santé physique sont en aggravation.<br />

• Survenue de pathologies psychiatriques et évolution <strong>des</strong> symptômes psychiatriques quand ils préexistaient.<br />

• Détérioration <strong>des</strong> capacités cognitives.<br />

• Problèmes de caractère et de comportement.<br />

Évolution du besoin d’accès aux soins : quels besoins de soins pour les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes ?<br />

• Vieillissement dû au problème plus général de l’accès aux soins et au suivi médical.<br />

• Augmentation du nombre de types de soins par personne.<br />

• Augmentation du nombre de <strong>personnes</strong> concernées par les soins.<br />

• Alourdissement de la charge en soins (alitements, soins infirmiers, hospitalisations ou suivi psychiatriques).<br />

• Le vieillissement en santé :<br />

- exigence d’une amélioration <strong>des</strong> conditions d’accès aux soins (car les besoins en santé, comme en population<br />

générale, augmentent) ;<br />

- exigence accrue de favoriser l’expression et la prise en compte du consentement aux soins (car les besoins<br />

en santé augmentent) ;<br />

- et donc une certaine éthique de l’accès aux soins.<br />

Médicalisation<br />

Au niveau individuel, la médicalisation doit être envisagée comme une évolution du projet de vie :<br />

• Le projet médical est l’un <strong>des</strong> volets du projet de vie de la personne.<br />

• Il doit être préparé / concerté / partagé.<br />

• Il doit être en lien direct avec l’expression <strong>des</strong> besoins/l’évaluation <strong>des</strong> besoins.<br />

Une grille d’aide à l’identification <strong>des</strong> besoins de médicalisation est en cours de réalisation par la CNSA, en<br />

lien avec les travaux <strong>des</strong> ARS sur le PRS.<br />

17 Exemple de l’enquête réalisée par le Dr Bénédicte de Fréminville en annexe


L’activité professionnelle<br />

Sur le sujet de l’activité professionnelle et <strong>des</strong> conséquences du vieillissement <strong>des</strong> travailleurs handicapés en ESAT, la<br />

CNSA renvoie à l’étude réalisée par le CLEIRPPA, Vieillissement et cessation d’activité <strong>des</strong> travailleurs handicapés en<br />

ESAT, Recherche Action financée par AGRICA – retraite et prévoyance, CHORUM, MSA – santé, famille, retraite, services,<br />

Octobre 2006 et à la recherche en cours Chorum/MSA sur la préparation à la retraite <strong>des</strong> travailleurs d’ESAT.<br />

En effet, les questionnements structurants du sujet y ont été posés, notamment autour <strong>des</strong> sujets suivants :<br />

• Quels aménagements du poste de travail ?<br />

• Quels aménagements du temps de travail ?<br />

• Quels aménagements <strong>des</strong> temps libérés ?<br />

• Vers une cessation progressive d’activité ?<br />

• Comment préparer la cessation définitive de l’activité ?<br />

Autre outil : recueil de bonnes pratiques, accompagnement de l’avancée en âge <strong>des</strong> travailleurs handicapés en ESAT (Cf. bibliographie).<br />

La fin de vie<br />

L’accompagnement de la fin de vie et les soins palliatifs sont un sujet qui a émergé en population générale il y a quelques<br />

années.<br />

De la même manière, les modalités de cet accompagnement et leur retentissement auprès <strong>des</strong> <strong>personnes</strong>, de leur environnement,<br />

<strong>des</strong> professionnels, en matière d’organisation… doivent prendre place dans l’ensemble <strong>des</strong> structures accueillant<br />

ou accompagnant <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes en abordant avec les <strong>personnes</strong> la question de la<br />

fin de vie :<br />

• leurs souhaits à ce sujet ;<br />

• le travail avec la famille ;<br />

• la question de la fin de vie à domicile ;<br />

• le rôle <strong>des</strong> équipes mobiles.<br />

2-2/ Prise en compte et compréhension par les professionnels <strong>des</strong> risques et évolutions du vieillissement<br />

La pluridisciplinarité <strong>des</strong> professionnels est-elle opérationnelle et se concrétise-t-elle par <strong>des</strong> approches croisées ?<br />

Qu’il s’agisse de l’observation ou de l’accompagnement de l’évolution du projet de vie, le croisement <strong>des</strong> compétences,<br />

<strong>des</strong> savoirs, <strong>des</strong> savoir-faire a été mis en avant systématiquement au cours de ces travaux.<br />

Des exemples d’échanges entre professionnels du dispositif <strong>personnes</strong> âgées et du dispositif <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong><br />

ont été mis en avant :<br />

Exemple de l’organisation d’échanges croisés de personnels entre un centre hospitalier et <strong>des</strong> établissements<br />

médico-sociaux (CREAI de Limoges).<br />

Par ailleurs, la richesse de la pluridisciplinarité d’intervenants est également pointée.<br />

Exemple au centre départemental de repos et de soins de Colmar où les professionnels éducatifs et de soins<br />

sont encadrés par un cadre infirmier.<br />

Toutefois, on doit une certaine vigilance aux échanges croisés qui peuvent constituer un « transfert de représentations » :<br />

nécessité de formations pluridisciplinaires et notamment d’appui à <strong>des</strong> travaux de sciences sociales pour réinterroger les<br />

représentations <strong>des</strong> uns et <strong>des</strong> autres notamment sur leur propre champ d’intervention.<br />

Les interventions <strong>des</strong> professionnels sont-elles coordonnées et permettent-elles une continuité <strong>des</strong> accompagnements<br />

dans les parcours de vie ?<br />

Cela renvoie à la question de la coordination entre intervenants dans tout le champ du handicap : la coordination <strong>des</strong> professionnels<br />

de la santé et du médico-social (accès aux soins) et celle <strong>des</strong> professionnels intervenant à différents niveaux<br />

de besoin (hébergement-logement / emploi / santé…), entre le domicile et l’établissement d’hébergement.<br />

Problématique qui croît par l’augmentation <strong>des</strong> besoins d’intervention et donc l’augmentation <strong>des</strong> intervenants avec le<br />

vieillissement.<br />

Aide à l’adaptation et à la planification de l’offre médico-sociale en faveur <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes – CNSA – Octobre 2010 31


32<br />

Les professionnels du champ éducatif sont-ils formés à la problématique du repérage et de l’accompagnement du<br />

vieillissement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> ?<br />

Les professionnels du champ de la gériatrie sont-ils formés à l’accompagnement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> ?<br />

C’est le fil rouge de ces travaux : tout projet adapté d’accompagnement de <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes nécessite<br />

la formation <strong>des</strong> professionnels.<br />

• Formation au repérage <strong>des</strong> effets du vieillissement (Cf. partie relative à l’observation).<br />

• Formation à l’accompagnement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> dont les besoins évoluent (pour les professionnels<br />

éducatifs, cela nécessite de questionner les référentiels professionnels fondés sur « la construction » d’un projet<br />

éducatif).<br />

• Formation <strong>des</strong> équipes d’intervenants en gériatrie à l’approche du handicap (en effet, si le vieillissement <strong>des</strong><br />

<strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> est un processus qui s’inscrit dans une dimension démographique normale, l’approche<br />

du handicap nécessite <strong>des</strong> compétences particulières et spécifiques).<br />

• Formation à la gestion <strong>des</strong> situations de fin de vie.<br />

Une vigilance collective est-elle assurée par les professionnels en contact quotidien avec les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> ?<br />

• Importance de l’observation par les professionnels (Cf. première sous-partie).<br />

• Rôle de l’ensemble <strong>des</strong> professionnels à valoriser : AMP, ASH (et donc à former, Cf. ci-<strong>des</strong>sus).<br />

Situation en établissement : la durée de séjour <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> accueillies est-elle une donnée prise en compte dans la<br />

construction du projet d’accompagnement ?<br />

Point de vigilance : la date de création <strong>des</strong> établissements et le retentissement<br />

• Sur les <strong>personnes</strong> accompagnées<br />

Pyramide <strong>des</strong> âges plus élevée <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> accompagnées.<br />

Phénomène d’habitude voire, poussé à l’extrême, d’ennui.<br />

- vigilance sur l’observation, l’évaluation ;<br />

- vigilance sur la formulation et l’aide à la formulation <strong>des</strong> besoins et attentes ;<br />

- vigilance sur le renouvellement <strong>des</strong> projets.<br />

• Sur l’organisation et le fonctionnement de la structure<br />

Date du premier projet d’établissement et modalités de sa révision et de son évolution<br />

Organigramme et compétences présentes<br />

- questionnement relatif à l’adéquation entre l’organisation (organigramme, compétences, plannings, organisation<br />

<strong>des</strong> activités…) et les besoins <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> ;<br />

- questionnement <strong>des</strong> pratiques.<br />

• Sur le personnel<br />

Pyramide <strong>des</strong> âges <strong>des</strong> équipes.<br />

Risque d’épuisement.<br />

Risque de fréquent renouvellement <strong>des</strong> équipes.<br />

Risque lié à l’absence d’une pratique régulière de l’observation <strong>des</strong> signes du vieillissement (Cf. partie relative à l’importance<br />

de l’observation).<br />

2-3/ Prise en compte <strong>des</strong> environnements<br />

Les aidants, l’architecture… les environnements sont ici envisagés au sens large et il s’agit de pointer les éléments indispensables,<br />

complémentaires aux accompagnements au sens strict, à prendre en compte pour la prévention <strong>des</strong> risques<br />

liés au vieillissement.<br />

Pour paraphraser le professeur Alain Franco, « vieillir chez soi » est un <strong>des</strong> paradigmes de la politique française du<br />

vieillissement mise en place par Pierre Laroque.<br />

Le paramètre de l’environnement est un enjeu fondamental de la prévention <strong>des</strong> risques liés au vieillissement, dont un <strong>des</strong><br />

premiers risques est celui d’un « changement d’environnement » rendu nécessaire mais non souhaité par la personne.<br />

Ce paramètre de l’environnement est donc très largement envisagé en lien avec le « maintien à domicile » (au sens large) :<br />

agir sur l’environnement pour prévenir les risques liés au vieillissement. Il s’agit également d’envisager les nécessaires<br />

adaptations de l’environnement dans la stratégie d’accompagnement du vieillissement de la personne handicapée.


2-3-1/ Le vieillissement <strong>des</strong> aidants<br />

Le repérage <strong>des</strong> familles où vieillissent parents et enfants est-il réalisé ?<br />

Le repérage <strong>des</strong> familles avec enfants vieillissants et parents âgés constitue l’un <strong>des</strong> axes importants de l’effort d’observation<br />

à porter.<br />

- Exemple <strong>des</strong> « réseaux de vigilance » en Vendée.<br />

- Équipes APA qui aident déjà les parents et qui partagent les informations avec l’équipe pluridisciplinaire<br />

MDPH.<br />

- Assistante sociale de polyvalence de secteur.<br />

- Réseau informel <strong>des</strong> aidants à domicile <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> âgées.<br />

Il faut rendre possible la capacité d’alerte et décloisonner les secteurs <strong>personnes</strong> âgées et <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>.<br />

La famille comme lieu de dépendance mutuelle : dans quelles conditions se fait le maintien à domicile <strong>des</strong> parents âgés<br />

et de leur enfant handicapé vieillissant ?<br />

Quand l’enfant handicapé vieillissant permet de favoriser le maintien à domicile de parents âgés…<br />

Le vieillissement d’une personne handicapée entourée de deux <strong>personnes</strong> qui sont elles-mêmes vieillissantes peut être<br />

un « accélérateur » du vieillissement.<br />

• Les MDPH éprouvent <strong>des</strong> difficultés à aller au-delà de la demande de la famille quand celle-ci n’est pas demandeuse<br />

de prise en charge.<br />

• Image du vieillissement de son propre enfant.<br />

Quelles sont les pistes de solutions à mettre en œuvre ?<br />

• Mise en place de moyens d’accompagnement <strong>des</strong> aidants.<br />

• Préparation du vieillissement.<br />

• Préparation de l’entrée en établissement (quand l’institutionnalisation peut être vécue comme un progrès, avec<br />

de nouvelles stimulations…).<br />

• Favoriser l’intervention de services prestataires (faire entrer un tiers dans un groupe familial, qui pourra avoir<br />

un rôle d’observateur).<br />

18 • Solutions d’accueil temporaire (également, comme moyen de préparer à une entrée en établissement, tant<br />

pour la personne que pour sa famille, ce qui procure également du temps de répit pour les deux parties).<br />

• Promotion d’une coordination <strong>des</strong> professionnels : par l’intervention <strong>des</strong> SAD ou l’évaluation par l’équipe<br />

médico-sociale APA pour les parents ; possibilité de repérer les situations d’adulte handicapé vieillissant (formation<br />

<strong>des</strong> professionnels, lien avec la polyvalence de secteur…)<br />

L’ANCREAI précise qu’il serait intéressant de mener une étude sur les « placements en urgence » en établissement<br />

de <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes vivant à domicile avec leurs parents, lors de l’hospitalisation<br />

ou du décès du parent : comment en arrive-t-on à cette situation, pourquoi les familles n’agissent-elles pas en<br />

amont (cela n’est pas qu’un manque d’information, est-ce une défaillance <strong>des</strong> institutions ?)<br />

L’environnement « naturel » et le maintien à domicile comme source d’autonomie : les modalités propres à favoriser le<br />

maintien à domicile sont-elles en place ?<br />

• Agir sur l’autonomie <strong>des</strong> aidants : formation <strong>des</strong> aidants (avec le problème de leur vieillissement).<br />

• Aider/former les conjoints, handicapés ou pas (jouer sur l’acceptation).<br />

• Maintenir la relation aidants/aidés.<br />

• Maintenir à domicile le plus longtemps possible, dans la limite du souhait de la personne et de ses besoins,<br />

évalués par une équipe pluridisciplinaire<br />

18 Cf. les travaux engagés par la CNSA en octobre 2010 avec <strong>des</strong> ateliers pratiques sur les conditions de développement de l’hébergement<br />

temporaire pour <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> et pour <strong>personnes</strong> en perte d’autonomie.<br />

Aide à l’adaptation et à la planification de l’offre médico-sociale en faveur <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes – CNSA – Octobre 2010 33


34<br />

Une vigilance est-elle exercée sur l’environnement comme déterminant de l’institutionnalisation ?<br />

Comme pour les <strong>personnes</strong> âgées, c’est l’évolution du contexte social qui peut être déterminante d’une évolution du<br />

besoin (d’une institutionnalisation devenue urgente, si elle n’a pas été préparée, de l’intervention d’un service devenue<br />

nécessaire…)<br />

Vigilances :<br />

• L’isolement.<br />

• Le contexte économique et social familial (exemple : quand l’AAH est la seule source de revenu).<br />

• Le problème de l’absence de coordination : le repérage de tous les services qui existent et interviennent ainsi<br />

que de celui qui coordonne.<br />

• Le vieillissement <strong>des</strong> parents.<br />

L’environnement institutionnel permet-il la continuité de l’accompagnement de la personne handicapée qui entre dans le<br />

vieillissement ?<br />

L’exemple du foyer d’hébergement : lorsque les travailleurs handicapés vieillissants ne peuvent plus travailler, ou<br />

plus à temps plein, en ESAT comment traiter le maintien en foyer d’hébergement -ou non - avec quelles incidences<br />

(organisation…) ?<br />

Cette question renvoie à celle de l’orientation et au nécessaire décloisonnement <strong>des</strong> orientations, tout en tenant compte<br />

<strong>des</strong> contraintes administratives liées aux conditions d’orientation.<br />

L’exemple du foyer occupationnel : lorsque la santé de <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> accueillies se dégrade, la question se<br />

pose du changement d’établissement ou d’une certaine médicalisation de l’établissement. La médicalisation s’entend ici<br />

comme un moyen de maintenir les <strong>personnes</strong> au sein de l’établissement tout en garantissant un niveau d’accès aux soins<br />

adapté à leur situation, l’accès aux soins de droit commun n’étant plus suffisant. Quelles sont les conditions de faisabilité<br />

(adaptation du projet, <strong>des</strong> locaux, disponibilité de la ressource humaine…) et les modalités de réalisation (pertinence et<br />

contenu du projet, relations avec l’environnement, médicalisation de la structure ou partenariat avec un SSIAD…) ?<br />

2-3-2/ Les besoins <strong>des</strong> aidants<br />

L’aide aux aidants est-elle considérée comme un sujet à part entière de l’accompagnement du vieillissement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong><br />

<strong>handicapées</strong> et <strong>des</strong> modalités du « libre choix » (de vie à domicile) ?<br />

Exemple : transfert de compétences aux aidants.<br />

Mettre en place <strong>des</strong> stratégies d’adaptation pour favoriser le maintien de l’autonomie (quand une déficience<br />

sensorielle s’installe par exemple).<br />

La question de la protection juridique <strong>des</strong> majeurs est-elle abordée et selon quelles modalités ?<br />

Le vieillissement pose la question <strong>des</strong> conditions de mise en œuvre ou d’évolution d’un certain niveau de protection<br />

juridique et ce, à double titre :<br />

• avec le vieillissement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>, augmentation du nombre <strong>des</strong> situations où la protection est<br />

nécessaire ;<br />

• avec le vieillissement <strong>des</strong> aidants, disparition <strong>des</strong> tuteurs ou curateurs familiaux (exemple du travail réalisé<br />

auprès <strong>des</strong> fratries par l’UNAPEI19 ).<br />

2-3-3/ L’adaptation de l’environnement physique au vieillissement<br />

Pour la construction de nouvelles structures : les locaux sont-ils adaptables et prennent-ils en compte les perspectives<br />

d’évolution du projet d’accompagnement ?<br />

• Modularité.<br />

• Polyvalence.<br />

• Envisager l’architecture au regard de l’évolution possible de la situation <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> accueillies.<br />

• Envisager la structure non pas pour 15 ans (durée de l’autorisation) mais pour 30 ans ou plus.<br />

19 Cf. bibliographie<br />

Exemple : Prix Architecture remis par la CNSA « prix autonomie & lieux de vie collectifs », mention <strong>personnes</strong><br />

<strong>handicapées</strong> vieillissantes du CCAH.


Pour l’adaptation de structures déjà existantes : les locaux sont-ils adaptables ? Quelle est la limite posée à<br />

l’adaptabilité d’un projet ?<br />

• Même question que pour la médicalisation.<br />

• Interroger les limites : le projet est-il adapté au public ?<br />

• Ses contraintes permettront-elles qu’il le soit jamais ?<br />

Les questions systématiques :<br />

• Quel compromis économique est envisageable ?<br />

Exemple : coût de la domotisation.<br />

• Mêmes questionnements que dans le champ de la gérontologie :<br />

Taille <strong>des</strong> chambres, plain-pied, repères visuels, poids du collectif et de l’intimité, taille <strong>des</strong> unités ?<br />

• Ancrer le vieillissement dans la réflexion sur le projet.<br />

Associer l’ergothérapeute à la réflexion.<br />

• À domicile.<br />

- Difficulté d’adapter l’aménagement du domicile.<br />

- Importance de l’information (pas toujours disponible et lisible).<br />

- Prendre en compte les besoins <strong>des</strong> aidants.<br />

- Question de la solvabilisation.<br />

Exemples de bonnes pratiques :<br />

- Promotion d’initiatives locales (exemple : label « un habitat facile à vivre »).<br />

- Prix architecture CNSA mention <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes du CCAH.<br />

- Conventions MDPH bailleurs sociaux.<br />

- Formation <strong>des</strong> artisans.<br />

2-4/ La nécessaire adaptation du projet d’établissement ou de service<br />

Dans quelle mesure le projet d’établissement ou de service prend-il en compte les données relatives aux besoins <strong>des</strong><br />

<strong>personnes</strong>, aux exigences d’évolution <strong>des</strong> pratiques, aux besoins <strong>des</strong> aidants et aux contraintes environnementales ?<br />

• Les objectifs de l’accompagnement ont-ils évolué conformément aux besoins identifiés, aux contraintes présentes ?<br />

• L’organisation de l’accompagnement permet-elle de garantir l’adéquation aux besoins ?<br />

• Les limites de l’adaptation du projet ont-elles été identifiées ?<br />

Identifier le seuil / la limite où l’établissement ne peut plus adapter son projet de vie : la tension devient alors<br />

trop forte.<br />

Exemples :<br />

- Projet architectural<br />

Tension liée au coût / hypothèses de coûts-avantages et impact de la solution choisie (adéquation du projet<br />

aux <strong>personnes</strong> accueillies…).<br />

- Projet d’établissement<br />

Tension liée au risque de filière (coûts-avantages de maintenir les <strong>personnes</strong> en faisant évoluer le projet ou,<br />

au contraire, de casser la filière pour conserver la spécificité er les compétences de l’établissement).<br />

Tension liée au besoin de formation <strong>des</strong> professionnels.<br />

Le projet de soins et la médicalisation sont-ils envisagés comme <strong>des</strong> déclinaisons du projet d’établissement nécessitant<br />

une approche <strong>des</strong> besoins, <strong>des</strong> ressources et <strong>des</strong> contraintes ?<br />

L’évaluation et l’observation conduiront à l’identification d’un niveau de médicalisation requis.<br />

La médicalisation, au niveau collectif, doit être conçue comme une évolution du projet d’établissement ou de service :<br />

• vigilance quant à la préparation <strong>des</strong> structures.<br />

- Interrogation du niveau de médicalisation requis et <strong>des</strong> risques (inadaptation, faisabilité matérielle, organisationnelle…).<br />

- Interrogation <strong>des</strong> modalités nouvelles d’organisation (organigramme, temps de travail, travail en équipe…).<br />

Aide à l’adaptation et à la planification de l’offre médico-sociale en faveur <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes – CNSA – Octobre 2010 35


36<br />

• vigilance quant à la préparation <strong>des</strong> équipes (évolution de l’organigramme, formation <strong>des</strong> personnels).<br />

• vigilance quant aux modalités de la médicalisation.<br />

- Mesure et hiérarchisation <strong>des</strong> besoins en santé : besoin de droit commun, spécialisé, adapté.<br />

- Identification <strong>des</strong> compétences requises (coordination <strong>des</strong> soins, réalisation de soins spécialisés, voire<br />

adaptés…).<br />

- Identification du type de soins : Un référentiel de mesure du niveau de médicalisation requis devrait être<br />

nécessaire, intégrant les limites de la médicalisation (Cf. dernière partie relative au choix de réponse) 20<br />

Le projet de fin de vie a-t-il été pris en compte dans l’évolution du projet d’établissement ou de service ?<br />

Importance du changement pour les <strong>personnes</strong>, pour les professionnels, pour les familles (Cf. paragraphe relatif au maintien<br />

de l’autonomie).<br />

• Ce volet contient bien évidemment un aspect médical (en lien avec la problématique <strong>des</strong> soins palliatifs) mais pas<br />

seulement.<br />

• Les articles L311-8 et D311-38 prévoient que tout projet d’établissement ou de service identifie les modalités de<br />

dispensation de soins palliatifs (formation <strong>des</strong> personnels, coopérations, réseaux).<br />

• Besoin de définition <strong>des</strong> moyens de l’autodétermination en matière de fin de vie <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong><br />

(notamment mentales).<br />

• Le volet formation <strong>des</strong> personnels est prépondérant.<br />

• La prise en compte de l’environnement familial.<br />

• La formalisation et la collégialité <strong>des</strong> décisions.<br />

• La formalisation <strong>des</strong> relations avec les structures hospitalières de soins palliatifs (Cf. éviter les décès aux urgences<br />

sans accompagnement).<br />

• Les relations avec les autres services et établissements médico-sociaux sur le sujet (SSIAD ?).<br />

• L’intervention d’équipes mobiles de soins palliatifs.<br />

La phase de préparation <strong>des</strong> évolutions du projet de vie liées au vieillissement est-elle prise en compte ?<br />

• Tenir compte de la situation antérieure de la personne handicapée vieillissante (notion de parcours) : le projet<br />

est différent suivant que la personne est pour la première fois accueillie dans une institution, est maintenue<br />

dans son institution ou change d’institution.<br />

• La personne prend la décision ou y est associée.<br />

• Le libre choix nécessite d’adapter les explications.<br />

• Quel que soit le choix il faut respecter les temps (explication, compréhension, appropriation, préparation).<br />

• Prévoir <strong>des</strong> stages, <strong>des</strong> pério<strong>des</strong> d’essai.<br />

• Envisager l’accueil temporaire comme modalité de préparation…<br />

20 Audition publique de la HAS- l’accès aux soins <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>. Cf. bibliographie


III. La construction et le choix <strong>des</strong> réponses<br />

médico-sociales adaptées aux <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong><br />

vieillissantes : traduction collective <strong>des</strong> besoins<br />

et questionnement <strong>des</strong> organisations<br />

L’identification <strong>des</strong> besoins individuels <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> nécessite la mise en place d’une observation systématique par les<br />

différents acteurs du champ médico-social (Cf. partie II).<br />

Pour autant, cette approche doit être complétée avec une démarche méthodologique de traduction collective <strong>des</strong> besoins,<br />

et ce afin de déboucher sur une construction collective <strong>des</strong> réponses.<br />

Cette phase de la construction <strong>des</strong> réponses s’inscrit dans une démarche de planification dont les différentes étapes<br />

peuvent être :<br />

• l’identification collective <strong>des</strong> besoins<br />

• le questionnement collectif <strong>des</strong> organisations<br />

Ces deux étapes permettront in fine d’identifier l’adéquation ou les inadéquations <strong>des</strong> réponses aux besoins.<br />

1/ L’identification collective <strong>des</strong> besoins <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes :<br />

un diagnostic <strong>des</strong> besoins<br />

Du point de vue collectif, le vieillissement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> a d’ores et déjà <strong>des</strong> conséquences sur l’organisation <strong>des</strong><br />

réponses :<br />

• d’un point de vue territorial : quel est le territoire de référence et quelle logique territoriale de structuration <strong>des</strong><br />

réponses implique-t-il ?<br />

• d’un point de vue quantitatif : quel sera le nombre de <strong>personnes</strong> et le nombre de structures impactées par le vieillissement<br />

?<br />

• d’un point de vue quantitatif et qualitatif : dans quelle mesure les structures seront impactées (activités, ressources<br />

humaines, intégration territoriale…).<br />

Le diagnostic <strong>des</strong> besoins nécessite d’identifier un niveau de territoire pertinent pour l’observation (1-1).<br />

Par ailleurs, d’un point de vue quantitatif, le nombre de <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes sur un territoire constitue<br />

un premier élément d’identification collective <strong>des</strong> besoins (1-2).<br />

Enfin, si l’étape de définition de la notion de vieillissement a permis de mettre en avant l’absence de spécificité du<br />

vieillissement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>, le vieillissement s’inscrivant en effet dans un continuum (en établissement, à<br />

domicile), il génère toutefois une évolution <strong>des</strong> besoins qu’il est nécessaire de qualifier.<br />

En effet, comme on l’a vu, bien que l’âge <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> et par conséquent le nombre de <strong>personnes</strong> soit un premier indicateur<br />

de vigilance (à un niveau individuel comme au niveau collectif), il ne dit rien <strong>des</strong> conséquences du vieillissement<br />

sur ces <strong>personnes</strong> pas plus qu’il ne parle <strong>des</strong> besoins générés par ce vieillissement. Ce sont donc à la fois l’âge mais aussi<br />

d’autres critères qu’il faudra interroger pour connaître le vieillissement :<br />

• La santé <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> ;<br />

• Les conditions de leur accès aux soins ;<br />

• Leur environnement ;<br />

• Leurs conditions de vie…<br />

Ces différents critères doivent donc faire l’objet d’une traduction collective (1-3).<br />

Aide à l’adaptation et à la planification de l’offre médico-sociale en faveur <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes – CNSA – Octobre 2010 37


38<br />

1-1/ Le niveau de territoire pertinent pour l’identification <strong>des</strong> besoins<br />

en vue de la structuration <strong>des</strong> réponses<br />

Il s’agit ici d’identifier le niveau de territoire pertinent en termes de géographie physique et humaine, de contexte socioéconomique,<br />

de dynamique populationnelle.<br />

Le niveau de structuration territoriale requis doit permettre aux planificateurs de sécuriser les parcours de vie<br />

En privilégiant la notion de parcours : chaque situation individuelle correspond à un parcours de vie qui s’inscrit dans un territoire<br />

donné.<br />

En organisant la souplesse <strong>des</strong> filières : chaque orientation est aujourd’hui définitive et implique la perte de la place initialement<br />

occupée.<br />

Le niveau pertinent est un niveau de proximité <strong>des</strong> réponses apportées<br />

Le territoire pertinent pour l’analyse du besoin de la population <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes est celui de<br />

leur mode de vie et d’accompagnement actuel. Cela rejoint la question du parcours.<br />

La sécurisation <strong>des</strong> parcours et <strong>des</strong> filières et la proximité impliquent une approche au plus près <strong>des</strong> lieux de vie actuels<br />

<strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> :<br />

• établissements : zones d’attraction ;<br />

• domicile : zones de proximité <strong>des</strong> services à domicile.<br />

La co-identification <strong>des</strong> territoires est nécessaire avec :<br />

• la MDPH ;<br />

• le réseau <strong>des</strong> intervenants à domicile ;<br />

• les établissements et services médico-sociaux.<br />

Le territoire de la structuration collective <strong>des</strong> réponses est le territoire de proximité (pour le domicile), qui devra<br />

nécessairement être articulé au territoire de santé (pour l’approche par établissements) voire au territoire régional<br />

pour les réponses aux handicaps à plus faible prévalence (comme les réponses à apporter aux problématiques <strong>des</strong><br />

déficiences sensorielles).<br />

1-2/ L’estimation quantitative du besoin : le nombre de <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes<br />

Situer le vieillissement dans un contexte démographique global (sur une échelle territoriale donnée).<br />

Situer le vieillissement dans le contexte démographique de la population connue par la MDPH.<br />

Situer le vieillissement dans le contexte démographique de chaque établissement et service.<br />

Les différentes étu<strong>des</strong> réalisées en région à propos de l’identification <strong>des</strong> populations <strong>handicapées</strong> vieillissantes mettent<br />

en avant la nécessité de s’inscrire dans une logique démographique globale. La réponse médico-sociale adaptée<br />

aux <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes ne peut en effet se distinguer du contexte plus global du vieillissement de<br />

la population.<br />

Par ailleurs, il faut pointer la nécessité de distinguer le vieillissement à domicile du vieillissement en établissement.<br />

Obstacle : les données disponibles à domicile et en établissement<br />

Ce volet est à rapprocher de la question de l’âge et de l’utilisation du critère de l’âge d’un point de vue collectif et statistique.<br />

• En établissements et services<br />

Utilisation de l’Enquête santé (ES) 2006 pour l’âge <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> accueillies ou accompagnées dans les<br />

établissements et services en 1995-2001-2006 et pour l’utilisation <strong>des</strong> données <strong>des</strong> établissements issues<br />

<strong>des</strong> gestions de file active et de population accueillie.<br />

• À domicile<br />

- Données <strong>des</strong> services de type SAVS-SAMSAH (Enquête établissements et services - ES).<br />

- Données <strong>des</strong> MDPH dès lors qu’elles sont disponibles / Indicateur <strong>des</strong> orientations non satisfaites.<br />

- S’appuyer sur la connaissance détenue par la polyvalence de secteur. comme les données <strong>des</strong> services à<br />

domicile qui concernent à la fois les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> (<strong>personnes</strong> elles-mêmes) et les <strong>personnes</strong><br />

âgées (leurs parents)


Ce sujet est à lire en miroir avec les données disponibles (dont l’Enquête établissements et services).<br />

Il est aujourd’hui impossible de connaître de manière exhaustive, à partir <strong>des</strong> données disponibles nationalement, le<br />

nombre de <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes.<br />

Les enquêtes locales qui se sont fondées sur les données disponibles ont montré l’impossibilité de connaître le nombre<br />

de <strong>personnes</strong> concernées.<br />

Une stratégie a minima : l’identification croisée, sur un territoire, d’une population handicapée de plus de 40 ans<br />

• les données MDPH dès lors qu’elles sont disponibles ;<br />

• les données disponibles auprès <strong>des</strong> établissements ;<br />

• les données disponibles auprès <strong>des</strong> services (SAVS-SAMSAH) ;<br />

21 • l es données disponibles auprès <strong>des</strong> établissements psychiatriques (lien à faire avec les hospitalisations au long<br />

cours <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> psychiques) ;<br />

• les données disponibles auprès <strong>des</strong> SAD ;<br />

• les données disponibles auprès de la polyvalence de secteur ;<br />

• les données disponibles auprès <strong>des</strong> équipes APA.<br />

Vigilance à avoir sur la date de création <strong>des</strong> structures (vieillissement de la population dans les structures plus<br />

anciennes)<br />

Ces données pourraient être les suivantes :<br />

- les <strong>personnes</strong> de plus de 40 ans ;<br />

- les orientations <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> à partir de 40 ans ;<br />

- les motifs de sorties d’établissement à partir de 40 ans.<br />

Les indicateurs pertinents :<br />

• places pour 1000 habitants, dont places occupées par <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> de plus de 40 ans et parmi elles, les plus<br />

de 60 ans (source : ES) ;<br />

• file active <strong>des</strong> SSIAD ( source : les SSIAD) ;<br />

• taux d’occupation moyen ( source : les établissements et services) ;<br />

• durée moyenne de séjour, âge moyen et âge médian dans les structures ( source : les établissements et services) ;<br />

• motifs de sortie ( source : ES) ;<br />

• orientation à la sortie ( source : ES).<br />

1-3/ Les données issues de l’observation : exemples d’indicateurs<br />

Tous les acteurs, aux différents niveaux d’intervention qui sont les leurs, doivent mettre en place une observation systématique<br />

et continue. Les différents objets de l’observation constituent autant de possibles indicateurs <strong>des</strong> signes du<br />

vieillissement. Ainsi, les rapports d’activité <strong>des</strong> différents acteurs en charge d’un aspect de l’observation sont susceptibles<br />

d’éclairer le sujet<br />

• Indicateurs de structures<br />

Date de création de l’établissement.<br />

Âge moyen <strong>des</strong> équipes éducatives et d’accompagnement.<br />

Pyramide <strong>des</strong> âges du personnel.<br />

Taux de renouvellement <strong>des</strong> équipes (turn over).<br />

Indicateurs d’usure professionnelle et de burn out (arrêts de travail, parole <strong>des</strong> professionnels, remontée <strong>des</strong> chefs de<br />

service…).<br />

Date du renouvellement du projet institutionnel.<br />

Indicateur de périodicité du renouvellement du projet institutionnel.<br />

Part du suivi médico-infirmier dans le projet institutionnel.<br />

Part du volet accès à la prévention et aux soins dans le projet institutionnel.<br />

21 Cf. travaux en cours de finalisation de la Mission nationale d’appui en santé mentale - MNASM<br />

Aide à l’adaptation et à la planification de l’offre médico-sociale en faveur <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes – CNSA – Octobre 2010 39


40<br />

• Indicateurs de l’isolement<br />

Nombre de <strong>personnes</strong> à domicile isolées.<br />

Nombre de <strong>personnes</strong> sous la protection juridique de leur parent.<br />

Nombre de <strong>personnes</strong> sous la protection juridique d’un frère, d’une sœur.<br />

• Indicateurs liés à l’activité d’accompagnement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong><br />

Mesure du temps passé sur les différents actes liés aux soins quotidiens.<br />

Mesure du nombre d’actes d’accompagnement aux soins quotidiens.<br />

Types de professionnels sollicités.<br />

Mesure de la demande de formation <strong>des</strong> professionnels.<br />

• Indicateurs de perte d’autonomie<br />

Mesures via AGGIR ou GEVA <strong>des</strong> besoins de compensation de la perte d’autonomie <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> là où elles sont accompagnées.<br />

• Indicateurs d’accès aux soins<br />

Nombre de visités chez un généraliste par an et par personne.<br />

Nombre de visites chez un spécialiste par an et par personne.<br />

Indicateur du nombre d’actions de prévention.<br />

Nombre d’actions de prévention collective réalisées.<br />

Nombre d’actions de prévention individuelle réalisées.<br />

• Indicateurs de l’état de santé<br />

Effectifs en ALD (à identifier : cancer…).<br />

Présence de certaines pathologies (épilepsie, troubles mentaux…).<br />

Obésité.<br />

• Indicateurs relatifs à l’emploi <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong><br />

Nombre de <strong>personnes</strong> à temps partiel.<br />

Nombre de <strong>personnes</strong> ayant un poste de travail aménagé.<br />

Nombre de <strong>personnes</strong> en cessation progressive d’activité.<br />

Ces différents indicateurs doivent être complétés et interprétés au regard <strong>des</strong> données quantitatives disponibles.<br />

2/ Le questionnement collectif <strong>des</strong> organisations au regard de leur nécessaire adaptation : un<br />

diagnostic <strong>des</strong> ressources<br />

Une fois les besoins identifiés, les organisations doivent être questionnées sous l’angle de l’adéquation <strong>des</strong> réponses<br />

qu’elles produisent aux besoins identifiés.<br />

2-1/ L’impact collectif du vieillissement sur les ressources existantes<br />

Le repérage <strong>des</strong> capacités d’intervention existantes est une étape incontournable de l’identification de l’impact du<br />

vieillissement sur les ressources.<br />

Un diagnostic exhaustif <strong>des</strong> ressources existantes doit donc être réalisé. L’objectif du cheminement qui est proposé est :<br />

• de privilégier une solution de continuité et de proximité (impact du parcours de la personne) ;<br />

• de privilégier, comme dans le secteur <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> âgées, le principe du libre choix et du maintien à domicile.


Le diagnostic devra permettre de répondre aux questionnements structurants suivants :<br />

L’organisation de la fonction observation-évaluation permet-elle d’identifier les besoins <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> en<br />

établissement et à domicile et d’anticiper sur les besoins à venir ?<br />

• Quelle vigilance auprès de la population handicapée à partir de 40 ans ?<br />

• Quelle détection <strong>des</strong> situations à risques ?<br />

(Cf. deuxième partie du dossier)<br />

L’offre de services à domicile permet-elle de répondre aux situations d’aggravation de la perte d’autonomie ?<br />

• Besoins en santé : SSIAD, offre libérale, HAD ;<br />

• Besoins liés à l’isolement ;<br />

• Besoins liés au vieillissement <strong>des</strong> aidants.<br />

Comment aide-t-on les familles à adapter leur logement pour l’accueil d’une personne handicapée vieillissante ? Comment<br />

favorise-t-on la construction de logements adaptés ?<br />

• Permet de questionner la politique d’habitat, notamment du conseil général.<br />

L’offre en établissement permet-elle de répondre aux besoins de primo-institutionnalisation, au maintien <strong>des</strong> <strong>personnes</strong><br />

<strong>handicapées</strong> vieillissantes (après 40 ans, après 60 ans) ?<br />

• Nombre de places ?<br />

• Quelle adaptation et quelle adaptabilité <strong>des</strong> établissements et <strong>des</strong> projets d’établissements ?<br />

• Quel niveau de formation <strong>des</strong> professionnels ?<br />

• Quel niveau de coopération avec l’offre de soins ambulatoires et l’offre de soins hospitaliers ?<br />

• Quel niveau de médicalisation, nombre de places concernées par la médicalisation ?<br />

L’offre en établissement permet-elle de répondre aux besoins liés aux changements d’institution ?<br />

• Nombre de places adaptées ?<br />

• Quelles modalités de coopération inter-établissements sur la préparation au changement ?<br />

• Quel niveau et quel besoin de médicalisation ?<br />

Ces questionnements peuvent être alimentés par les axes de réflexion suivants :<br />

Quelles sont les ressources disponibles intervenant par niveau de territoire auprès <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes<br />

?<br />

Offre de soins<br />

hospitaliers<br />

Centres basse vision et<br />

basse audition<br />

Centres de réadaptation<br />

fonctionnelle<br />

USLD accueillant<br />

<strong>des</strong> <strong>personnes</strong> de<br />

moins de 60 ans<br />

HAD<br />

Territoire régional ou territoire de santé :<br />

Offre de soins de ville Offre médico-sociale<br />

Consultations<br />

spécialisées<br />

MAS<br />

FAM<br />

ESAT<br />

Hébergement temporaire<br />

pour <strong>personnes</strong><br />

<strong>handicapées</strong>, <strong>personnes</strong><br />

âgées<br />

EHPAD<br />

Offre médico-sociale<br />

hors ARS<br />

Foyers occupationnels/<br />

de vie<br />

Foyers d’hébergement<br />

Foyers logements<br />

EA (milieu ordinaire)<br />

Foyers-logements<br />

Aide à l’adaptation et à la planification de l’offre médico-sociale en faveur <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes – CNSA – Octobre 2010 41<br />

EHPA


42<br />

Offre de soins<br />

hospitaliers<br />

Hôpitaux locaux Médecine libérale<br />

Territoire de proximité :<br />

Offre de soins de ville Offre médico-sociale<br />

Infirmières libérales<br />

Maisons de santé<br />

AJ (<strong>personnes</strong> âgées,<br />

<strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>)<br />

SAMSAH<br />

SSIAD<br />

Offre médico-sociale<br />

hors ARS<br />

Quelle organisation de l’accès aux soins <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> en établissement (population générale, population<br />

à partir de 40 ans) ?<br />

• Accès aux consultations de soins primaires et spécialisées ;<br />

• Conventions avec <strong>des</strong> professionnels libéraux, <strong>des</strong> établissements de santé.<br />

SAVS<br />

Quelle organisation de la vigilance en matière d’accès aux soins <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> suivies à domicile ?<br />

• Personnes accompagnées par les services à domicile : liens avec la polyvalence de secteur, lien avec les équipes<br />

médico-sociales APA.<br />

• Personnes suivies par les services d’accompagnement à la vie sociale et les services d’accompagnement médicosocial<br />

aux adultes handicapés ?<br />

Quelle organisation en matière de coordination <strong>des</strong> interventions ?<br />

• Rôle <strong>des</strong> établissements et services qui accueillent ou accompagnent les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> en matière d’accès<br />

aux soins ?<br />

• Environnement institutionnel <strong>des</strong> établissements et services : conventions de partenariat, réseaux, modalités de coopération.<br />

Les établissements et services ont-ils mis en place une observation continue <strong>des</strong> signes du vieillissement ?<br />

• Quels outils d’observation ?<br />

• Quelle organisation de l’observation (multidisciplinaire ?)<br />

• Quelles modalités de recueil de l’information ?<br />

22 • Utilisation éventuelle du programme Mobiqual ?<br />

Quelle activité <strong>des</strong> structures médico-sociales ?<br />

• Places pour 1000 habitants, dont places occupées par <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> de plus de 40 ans et parmi elles, les plus<br />

de 60 ans (source : ES) ;<br />

• File active <strong>des</strong> SSIAD ( source : les SSIAD) ;<br />

• Taux d’occupation moyen ( source : les établissements et services) ;<br />

• Durée moyenne de séjour, âge moyen et âge médian dans les structures ( source : les établissements et services) ;<br />

• Motifs de sortie ( source : ES ?) ;<br />

• Orientation à la sortie ( source : ES).<br />

Quelles ressources humaines dans ces établissements et services ?<br />

• Taux d’encadrement moyen<br />

- dont en animation,<br />

- dont éducatif,<br />

- dont en soins.<br />

• Quelle formation à l’accompagnement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes ?<br />

22 Le programme MOBIQUAL, mobilisation pour l’amélioration de la qualité <strong>des</strong> pratiques professionnelles en EHPAD, établissements de santé intervenants du<br />

domicile, est développé depuis 2007 par la Société française de gériatrie et de gérontologie. Il a développé <strong>des</strong> outils portant sur la bientraitance, la douleur, la<br />

dépression et les soins palliatifs. Les ARS sont amenées à travailler avec l’équipe Mobiqual afin de faciliter la diffusion <strong>des</strong> outils, sensibiliser les acteurs locaux<br />

et disposer de l’évaluation de l’utilisation <strong>des</strong> kits assurée par Mobiqual.<br />

SAD


Quelle accessibilité et adaptabilité <strong>des</strong> locaux ?<br />

• Adaptabilité <strong>des</strong> locaux aux situations d’aggravation de la perte d’autonomie.<br />

Quelle est la date de création <strong>des</strong> structures d’accueil et d’hébergement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> ?<br />

• La date de création <strong>des</strong> structures peut impacter :<br />

- La pyramide <strong>des</strong> âges <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> accueillies ;<br />

- Le vieillissement <strong>des</strong> équipes ;<br />

- L’adaptabilité <strong>des</strong> locaux ;<br />

- Une certaine vigilance sur le renouvellement du projet.<br />

Quels sont les agréments <strong>des</strong> établissements et services ?<br />

• Existe-t-il <strong>des</strong> agréments spécifiques pour l’accueil <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes ?<br />

• Existe-t-il <strong>des</strong> agréments pour l’accueil de <strong>personnes</strong> exclusivement en deçà de 60 ans ?<br />

• Existe-t-il <strong>des</strong> agréments pour l’accueil de <strong>personnes</strong> au-delà de 60 ans ?<br />

Les établissements et services accueillant <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes se sont-ils dotés de projets spécifiques<br />

? Quelle est la date du dernier renouvellement du projet institutionnel ?<br />

• Les projets <strong>des</strong> établissements et services qui accueillent <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> prennent-ils en compte :<br />

- les besoins liés à la mobilité ?<br />

- les besoins liés au maintien de l’autonomie ?<br />

Quel est le besoin de médicalisation ?<br />

Une fiche spécifique devra être construite permettant de mettre en avant la logique de subsidiarité entre l’accès au droit<br />

commun, l’adaptation du droit commun et la réponse spécifique dés lors que le droit commun n’est pas accessible.<br />

L’approche par la subsidiarité droit commun - adaptation du droit commun<br />

dispositifs spécifiques dans le champ médico-social s’applique :<br />

Accès au droit commun de la population<br />

en situation de besoin d’aide à l’autonomie<br />

Adaptation du droit commun<br />

dés lors que c’est nécessaire<br />

Développement de dispositifs spécifiques<br />

quand les besoins spécifiques sont non<br />

résolus par les actions précédentes<br />

identifiées<br />

Accessibilité<br />

Accessibilité et<br />

compensation<br />

Accessibilité et<br />

compensation<br />

Accessibilité<br />

Compensation<br />

(graphique CNSA sur l’autonomie extrait du Guide méthodologique pour l’élaboration du schéma régional d’organisation<br />

médico-sociale - SROMS)<br />

Aide à l’adaptation et à la planification de l’offre médico-sociale en faveur <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes – CNSA – Octobre 2010 43


44<br />

Exemples :<br />

Principe Objectif Exemples de leviers<br />

Accès au droit commun Accès aux soins dans le système de santé<br />

de l’ensemble de la population handicapée,<br />

y compris la population accueillie ou<br />

accompagnée en établissements et services<br />

médico-sociaux<br />

Adaptation du<br />

droit commun<br />

Mise en place de<br />

dispositifs spécifiques<br />

Favoriser un accès à <strong>des</strong> soins spécialisés<br />

dès lors que l’état de santé <strong>des</strong> <strong>personnes</strong><br />

<strong>handicapées</strong> nécessite que le projet de vie<br />

comporte une certaine dimension thérapeutique<br />

Médicaliser une structure dès lors que le<br />

besoin de soins (cf ci-<strong>des</strong>sous) est tel qu’il<br />

nécessite une prise en charge thérapeutique<br />

de la personne dans son projet de vie<br />

- promouvoir un accès aux professionnels<br />

libéraux <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> en<br />

foyers de vie<br />

- le cas échéant conventions de partenariat<br />

- inscription de la promotion de la prévention<br />

et de l’accès aux soins dans le<br />

projet institutionnel<br />

- intervention régulière dans l’établissement<br />

de professionnels libéraux, de<br />

SSIAD<br />

- conventions de partenariat avec <strong>des</strong> professionnels<br />

libéraux, <strong>des</strong> établissements<br />

de santé pour le suivi de la prise médicamenteuse<br />

- médicalisation partielle d’une structure<br />

de type foyer de vie afin de garantir une<br />

bonne coordination <strong>des</strong> soins avec les<br />

professionnels extérieurs à l’établissement<br />

médicalisation du foyer de vie<br />

2-2/ Le choix <strong>des</strong> solutions adaptées au regard <strong>des</strong> besoins, <strong>des</strong> ressources existantes<br />

et <strong>des</strong> contraintes identifiées<br />

À partir <strong>des</strong> questionnements <strong>des</strong> organisations, l’objectif est de repérer les formules juridiques et organisationnelles<br />

identifiées, leur intérêt, leurs limites notamment en miroir de l’annexe relative aux différentes formules juridiques possibles<br />

(en établissement et à domicile). C’est aussi d’identifier celles qui permettent de mettre en œuvre les préconisations<br />

énoncées en matière d’accompagnement et d’environnement.<br />

Les débats menés, ainsi que la lecture de la bibliographie disponible et les échanges autour de solutions mises en œuvre,<br />

permettent de mettre en avant, pour guider les choix <strong>des</strong> réponses les plus adaptées, quatre principes et un moyen pour<br />

les mettre en œuvre. Ils permettent de questionner à leur tour les organisations :<br />

1 er principe : prévoir <strong>des</strong> stratégies de réponses ouvertes et diversifiées<br />

Les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes ne sont pas une catégorie administrative ou juridique. Elles ne constituent pas<br />

non plus une population démographiquement ou sociologiquement uniforme. Si <strong>des</strong> tendances peuvent être repérées,<br />

les réponses à prévoir doivent être multiples, en lien d’une part avec la diversité actuelle <strong>des</strong> mo<strong>des</strong> d’accompagnement,<br />

en lien aussi avec la recherche de plus en plus avérée de solutions individualisées, notamment à domicile.<br />

Quelles sont les palettes de réponses offertes sur un territoire ?<br />

Exemple : par territoire, une palette de possibilités (établissements, services, secteur <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong><br />

et <strong>personnes</strong> âgées) envisagée sous forme de services fonctionnant de manière coordonnée : <strong>personnes</strong><br />

ressources sur le territoire qui connaissent l’offre existante (centralisent l’information) et peuvent informer /<br />

accompagner la personne dans ses choix au fil de son parcours.<br />

Des solutions à domicile et en institution sont-elles recherchées systématiquement ?


2 e principe : décloisonner la recherche de solutions<br />

Aucune <strong>des</strong> solutions du dispositif <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> âgées ou de celui <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> n’est à écarter ou à privilégier<br />

d’emblée. Des formules mixtes pourraient même parfois être préférées, notamment en ce qui concerne les profils<br />

de personnels à mobiliser. Pour autant, si la cohabitation entre publics est possible, tout est question de proportion et<br />

d’équilibre entre le projet collectif et la qualité de l’accueil proposé d’une part et le projet de vie de la personne, tenant<br />

compte <strong>des</strong> conséquences de sa situation de handicap et de vieillissement d’autre part.<br />

Quels sont les acteurs de l’accueil et de l’accompagnement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes ?<br />

Quelles modalités de coopération sont trouvées entre ces acteurs ?<br />

3 e principe : permettre la réversibilité <strong>des</strong> orientations<br />

A été identifiée la nécessité de sécuriser au maximum les parcours et les orientations (qu’il s’agisse du domicile ou d’un<br />

établissement) pour la population <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes. Un <strong>des</strong> moyens tient dans la possibilité de<br />

prévoir <strong>des</strong> pério<strong>des</strong> d’adaptation, voire la réversibilité de choix qui peuvent s’avérer inadaptés. Le caractère définitif<br />

d’une orientation fait en effet souvent hésiter sur un choix (exemple d’une personne qui préfère ne pas quitter un ESAT<br />

de peur d’y perdre définitivement sa place).<br />

Quel dispositif de suivi <strong>des</strong> solutions est mis en place ?<br />

Cette question dépasse très largement le champ du vieillissement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>, mais l’importance démographique<br />

du sujet peut constituer un critère pour tester un certain nombre de solutions, à établir en lien avec la MDPH<br />

et le conseil général.<br />

4 e principe : équilibrer entre logique d’évolution <strong>des</strong> établissements et services<br />

et maintien <strong>des</strong> compétences <strong>des</strong> établissements et services<br />

Il s’agit d’identifier le seuil / la limite où l’établissement ne peut plus adapter son projet de vie : la tension devient parfois<br />

trop forte. En outre, si la sécurisation <strong>des</strong> parcours nécessite <strong>des</strong> maintiens en établissement, il peut également s’avérer<br />

nécessaire de promouvoir <strong>des</strong> changements d’institution.<br />

Quels outils de mesure <strong>des</strong> besoins et de la capacité de médicalisation <strong>des</strong> structures ?<br />

Comment sont interrogés les projets institutionnels sur leur capacité à évoluer ?<br />

La réflexion sur l’amélioration de l’intégration horizontale <strong>des</strong> établissements et services médico-sociaux avec leur environnement<br />

sanitaire (hospitalier, ambulatoire) est-elle menée sur les territoires pour apporter la réponse la plus adaptée<br />

aux <strong>personnes</strong> ?<br />

(Ne pas forcément maintenir les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> dans les établissements, ni prévoir systématiquement <strong>des</strong> changements<br />

de structures).<br />

Un moyen : privilégier la logique de complémentarité <strong>des</strong> compétences et <strong>des</strong> structures<br />

et insister systématiquement sur la nécessité d’une coordination<br />

C’est le travail en complémentarité et la coordination <strong>des</strong> réponses, au sens de leur mise en cohérence et de la garantie<br />

de leur effectivité qui permettra de répondre aux principes envisagés.<br />

Aide à l’adaptation et à la planification de l’offre médico-sociale en faveur <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes – CNSA – Octobre 2010 45


46<br />

Annexes<br />

1/ Les dispositifs comparés <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>/<strong>personnes</strong> âgées<br />

dans le droit français actuel<br />

(sources : rapport Paul Blanc 2006, DGCS, CNSA)<br />

Dispositif <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> Dispositif <strong>personnes</strong> âgées<br />

Ressources<br />

Minimum de ressources AAH<br />

- Être atteint d’un taux d’incapacité permanente<br />

:<br />

d’au moins 80 %, ou compris entre 50 et<br />

79 % et avoir une restriction substantielle<br />

d’accès à l’emploi du fait de son handicap<br />

- Versement subsidiaire (droit à l’allocation<br />

n’est ouvert que lorsque la personne<br />

handicapée ne peut prétendre à un avantage<br />

de vieillesse, d’invalidité ou d’une<br />

rente d’accident du travail d’un montant<br />

au moins égal à celui de l’AAH)<br />

Conditions de maintien Âge maximum<br />

L’AAH n’est plus versée à partir de 60 ans<br />

en cas d’incapacité de 50 % à 79 %. A cet<br />

âge, les bénéficiaires basculent dans le régime<br />

de retraite pour inaptitude.<br />

En cas d’incapacité d’au moins 80 %, une<br />

AAH différentielle (allocation mensuelle<br />

réduite) peut être versée au-delà de 60 ans,<br />

et seulement en complément d’avantages<br />

vieillesse inférieurs au plafond de ressources<br />

de l’AAH.<br />

Retraite Milieu ordinaire et ESAT :- quelque soit le<br />

nombre de trimestres : retraite pour inaptitude,<br />

à 60 ans (taux plein) (reconnaissance<br />

automatique ou par médecin conseil CNAV)<br />

- si pension d’invalidité, remplacée par<br />

pension pour inaptitude automatiquement<br />

(taux plein)<br />

- retraite anticipée possible sous conditions<br />

(TI de 80%, durée d’assurance et<br />

de cotisation)<br />

Droit à l’aide sociale légale<br />

(hébergement)<br />

ASPA<br />

- Montant minimum de pension de vieillesse<br />

accordé, sous condition de ressources, aux<br />

<strong>personnes</strong> qui n’ont pas suffisamment cotisé<br />

aux régimes de retraite pour pouvoir<br />

bénéficier d’un revenu d’existence, à l’âge<br />

de la retraite.<br />

Les sommes versées au titre de l’ASPA sont<br />

récupérables au décès de l’allocataire sur<br />

sa succession, si l’actif net de la succession<br />

dépasse 39 000 €.<br />

- Avoir atteint l’âge de 65 ans. Cette condition<br />

peut être abaissée à 60 ans en cas<br />

d’inaptitude reconnue par le médecin-conseil<br />

de l’organisme qui verse l’allocation (la<br />

vérification de l’inaptitude par le contrôle<br />

médical n’est pas requise si la personne a<br />

déjà été reconnue inapte au travail par un<br />

régime d’assurance vieillesse ou si elle est<br />

titulaire de l’AAH notamment).<br />

- Retraite à taux plein à 61 ans si cotisation<br />

de 164 trimestres<br />

Art. L344-5 CASF Art. L113-1 CASF Toute personne âgée de<br />

65 ans privée de ressources suffisantes peut<br />

bénéficier, soit d’une aide à domicile, soit<br />

d’un placement chez <strong>des</strong> particuliers ou dans<br />

un établissement. Les <strong>personnes</strong> âgées de +<br />

de 60 ans peuvent obtenir les mêmes avantages<br />

lorsqu’elles sont reconnues inaptes


Dispositif <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> Dispositif <strong>personnes</strong> âgées<br />

Dépendance / compensation à domicile : PCH et APA<br />

Bénéficiaire de la prestation La personne handicapée<br />

Pour les enfants, le bénéficiaire <strong>des</strong> compléments<br />

d’AEEH<br />

Nature Prestation sui generis<br />

(universelle, accessible sans condition de<br />

ressources, non soumise à récupération, tarifs<br />

et barème nationaux)<br />

Contenu de la prestation Une prestation comportant 5 volets prenant<br />

chacun en compte <strong>des</strong> frais de nature<br />

différente<br />

Aide humaine, Aide technique, Aménagement<br />

du logement, du véhicule, surcoûts de<br />

transport, aide animalière, charges spécifiques<br />

ou exceptionnelles.<br />

Prise en compte <strong>des</strong> ressources pour<br />

déterminer le montant de la prestation<br />

Ressources exclues pour la prise en<br />

compte <strong>des</strong> ressources<br />

Oui<br />

Existence d’un taux de prise en charge en cas<br />

de revenu supérieur à un plafond, 100% du<br />

montant si ressources inf. au plafond80% si<br />

ressources supérieures au plafond<br />

revenus activité professionnelle du bénéficiaire<br />

et conjoint, certains revenus de<br />

remplacement, rentes accident de travail,<br />

rente viagère constituée par bénéficiaire<br />

ou proches, prestations spécifiques fixées<br />

par décret<br />

Récupération Non Non<br />

Obligation alimentaire Non Non<br />

Imposition Non Non<br />

La personne âgée<br />

Prestation sui generis<br />

(universelle, accessible sans condition de<br />

ressources, non soumise à récupération, tarifs<br />

et barème nationaux)<br />

Une prestation pouvant prendre en compte<br />

<strong>des</strong> dépenses de toute nature relevant<br />

d’un plan d’aide (art. L. 232-3 et R. 232-8<br />

du CASF)<br />

Oui<br />

Participation de l’usager, appelée ticket<br />

modérateur<br />

exonération si ressources mensuelles inférieures<br />

ou égales à 669,89 €<br />

De 0 à 90% si ressources mensuelles comprises<br />

entre 669,89 et 2669,55€.<br />

90% du plan d’aide si ressources supérieures<br />

à 2669,55 € (2,67 MTP)<br />

rentes viagères constituées par bénéficiaire<br />

ou ses proches, participation financière enfants,<br />

prestations spécifiques fixées par l’article<br />

R. 232-5 du CASF<br />

Organisme payeur Département du domicile de secours Département du domicile de secours<br />

Versement rythme <strong>des</strong><br />

versements<br />

Mensuel ou ponctuel (3 maximum) Mensuel<br />

(cumul possible de 4 mensualités par an)<br />

bénéficiaire Au bénéficiaire de la prestation, ou pour le 1 er<br />

élément, sur demande de la personne handicapée<br />

lorsqu’elle rémunère directement un<br />

salarié, à un mandataire<br />

Suspension Si la personne ne fournit pas les justificatifs<br />

demandés<br />

Au bénéficiaire de la prestation ou avec son<br />

accord, directement au service d’aide à domicile<br />

ou à l’établissement d’accueil<br />

Si le bénéficiaire ne fournit pas les justificatifs<br />

demandés dans le mois qui suit la notification<br />

de la décision d’attribution ou s’il n’acquitte<br />

pas sa participation financière<br />

Aide à l’adaptation et à la planification de l’offre médico-sociale en faveur <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes – CNSA – Octobre 2010 47


48<br />

Critères<br />

d’accès<br />

Besoins d’ai<strong>des</strong><br />

humaines<br />

Dispositif <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> Dispositif <strong>personnes</strong> âgées<br />

Résidence Résider de façon stable et régulière en<br />

France depuis plus de trois mois (séjours à<br />

l’étranger possible si durée inférieure à trois<br />

mois au cours de l’année civile, dérogation si<br />

séjour pour étu<strong>des</strong>)<br />

Lié à l’âge Pas de limite d’âge en cas de droit d’option<br />

si ACTP ;<br />

si travail :limite d’âge à 60 ans pour une<br />

1ère demande, dérogation jusqu’à 75 ans<br />

si les critères d’accès à la PCH étaient présents<br />

avant 60 ans<br />

Liés au handicap Une difficulté absolue pour une activité<br />

ou une difficulté grave pour deux activités<br />

parmi une liste de 19 activités fixées<br />

dans un référentiel (annexe 2-5 du CASF)<br />

(cf tableau comparatif)<br />

Besoins pris en<br />

compte<br />

Dispositions<br />

particulières pour<br />

les <strong>personnes</strong> les<br />

plus lourdement<br />

<strong>handicapées</strong><br />

Détermination du<br />

nombre d’heures<br />

Nb heures<br />

maximum<br />

Salariat d’un<br />

membre de la<br />

famille<br />

Besoins pris en<br />

compte<br />

Dispositions<br />

particulières pour<br />

les <strong>personnes</strong> les<br />

plus lourdement<br />

<strong>handicapées</strong><br />

- actes essentiels de l’existence<br />

- surveillance régulière<br />

- participation à la vie sociale non pris en<br />

compte : aide ménagère<br />

Jusqu’à 24h pour «Les <strong>personnes</strong> qui nécessitent<br />

à la fois une aide totale pour la<br />

plupart <strong>des</strong> actes essentiels et une présence<br />

constante ou quasi-constante due à un besoin<br />

de soins ou d’aide pour les gestes de la<br />

vie quotidienne « (A)<br />

Détermination individualisée du temps quotidien<br />

moyen par l’équipe pluridisciplinaire,<br />

en fonction <strong>des</strong> besoins et en application du<br />

référentiel qui détermine <strong>des</strong> temps plafonds<br />

(annexe 2-5 du CASF)<br />

24 h pour les <strong>personnes</strong> définies au (A)<br />

6h par jour pour les autres<br />

La CDAPH à la possibilité d’aller au-delà<br />

<strong>des</strong> temps plafonds dans <strong>des</strong> circonstances<br />

exceptionnelles<br />

Oui, pour les aidants familiaux hors<br />

conjoints et obligé alimentaire du 1 er degré<br />

Toutefois, pour les <strong>personnes</strong> définies au (A),<br />

salariat possible du conjoint, et <strong>des</strong> obligé<br />

alimentaire du 1 er degré<br />

- actes essentiels de l’existence<br />

- surveillance régulière<br />

- participation à la vie sociale non pris en<br />

compte : aide ménagère<br />

Jusqu’à 24h pour «Les <strong>personnes</strong> qui nécessitent<br />

à la fois une aide totale pour la<br />

plupart <strong>des</strong> actes essentiels et une présence<br />

constante ou quasi-constante due à un besoin<br />

de soins ou d’aide pour les gestes de la<br />

vie quotidienne « (A)<br />

Résidence stable et régulière en France<br />

Accès à partir de 60 ans<br />

Perte d’autonomie évaluée à l’aide d’une<br />

grille nationale (AGGIR) qui permet un classement<br />

en six groupes iso-ressources GIR)<br />

Sont éligibles les <strong>personnes</strong> relevant <strong>des</strong><br />

GIR 1 à 4<br />

Actes essentiels de la vie et surveillance régulière<br />

(comprend l’aide ménagère à domicile<br />

mais ne couvre pas les soins)<br />

Non<br />

Détermination individualisée par l’équipe<br />

médico-sociale à l’occasion de la visite<br />

à domicile. A chaque GIR correspond un<br />

montant subventionnable représentant<br />

<strong>des</strong> volumes d’ai<strong>des</strong> uniformes sur tout le<br />

territoire, en fonction du GIR d’appartenance<br />

du bénéficiaire<br />

Dans la limite du montant maximum du plan<br />

d’aide pour chacun <strong>des</strong> groupes iso-ressources<br />

éligible à l’APA et variable selon le<br />

mode d’intervention de la tierce personne<br />

GIR 1 : 1 189,90 € - GIR 2 : 1 019,83 € - GIR 3 :<br />

764,87 €- GIR 4 : 509,91 €<br />

Oui, sauf le conjoint ou le concubin<br />

Actes essentiels de la vie et surveillance régulière<br />

(comprend l’aide ménagère à domicile<br />

mais ne couvre pas les soins)<br />

Non


Besoins d’ai<strong>des</strong><br />

humaines<br />

Détermination du<br />

nombre d’heures<br />

Nb heures<br />

maximum<br />

Salariat d’un<br />

membre de la<br />

famille<br />

Dispositif <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> Dispositif <strong>personnes</strong> âgées<br />

Détermination individualisée du temps quotidien<br />

moyen par l’équipe pluridisciplinaire,<br />

en fonction <strong>des</strong> besoins et en application du<br />

référentiel qui détermine <strong>des</strong> temps plafonds<br />

(annexe 2-5 du CASF)<br />

24 h pour les <strong>personnes</strong> définies au (A)<br />

6h par jour pour les autres<br />

La CDAPH à la possibilité d’aller au-delà<br />

<strong>des</strong> temps plafonds dans <strong>des</strong> circonstances<br />

exceptionnelles<br />

Oui, pour les aidants familiaux hors<br />

conjoints et obligé alimentaire du 1 er degré<br />

Toutefois, pour les <strong>personnes</strong> définies au (A),<br />

salariat possible du conjoint, et <strong>des</strong> obligé<br />

alimentaire du 1 er degré<br />

Besoins hors ai<strong>des</strong> humaines Affectées à <strong>des</strong> éléments spécifiques avec<br />

<strong>des</strong> dispositions précisant les éléments pris<br />

en compte pour chacun d’entre eux :<br />

- Aide technique (élément 2)<br />

- Aménagement du logement, véhicule, surcouts<br />

de transport (3)<br />

- Charges spécifiques ou exceptionnelles (4)<br />

- Aide animalière (5)<br />

Détermination individualisée par l’équipe<br />

médico-sociale à l’occasion de la visite à<br />

domicile.<br />

A chaque GIR correspond un montant subventionnable<br />

représentant <strong>des</strong> volumes<br />

d’ai<strong>des</strong> uniformes sur tout le territoire, en<br />

fonction du GIR d’appartenance du bénéficiaire<br />

Dans la limite du montant maximum du plan<br />

d’aide pour chacun <strong>des</strong> groupes iso-ressources<br />

éligible à l’APA et variable selon le<br />

mode d’intervention de la tierce personne<br />

GIR 1 : 1 189,90 € - GIR 2 : 1 019,83 € - GIR 3 :<br />

764,87 €- GIR 4 : 509,91 €<br />

Oui, sauf le conjoint ou le concubin<br />

Le décret (art. R. 232-8 du CASF) énumère,<br />

outre l’accueil temporaire et les<br />

accueillants familiaux, les transports, les<br />

ai<strong>des</strong> techniques, l’adaptation du logement<br />

et tout autre aide concourant à l’autonomie<br />

du bénéficiaire.<br />

En pratique, ces « ai<strong>des</strong> de toute nature »<br />

n’absorbent que 8 % du montant <strong>des</strong> plans<br />

d’aide<br />

Aide à l’adaptation et à la planification de l’offre médico-sociale en faveur <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes – CNSA – Octobre 2010 49


50<br />

Tarifs et montant<br />

maximum<br />

Dispositif <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> Dispositif <strong>personnes</strong> âgées<br />

Principe Nomenclature et tarifs nationaux fixés pour<br />

chaque catégorie d’aide<br />

- Maxima fixés pour chaque catégorie d’aide.<br />

- Pour aide humaine, tarifs différents selon<br />

statut (pas qualification) <strong>des</strong> aidants.<br />

- Pour ai<strong>des</strong> techniques : majoration possible<br />

pour ai<strong>des</strong> coûteuses<br />

Aide humaine Tarif fixé en tenant compte <strong>des</strong> conventions<br />

collectives (au 1 er janvier 2010) :<br />

- tarif prestataire : tarif fixé par le CG pour<br />

les services autorisés, pour services agrées<br />

17,59 €/h ou tarif fixé dans une convention<br />

avec CG<br />

- tarif mandataire : 13,16 €/h<br />

- tarif emploi direct : 11,96 € /h<br />

- dédommagement aidant familial 3,43 ou<br />

5,15 €/h<br />

Montant calculé sur la base du nombre<br />

d’heure fixé en application de l’annexe 2-5<br />

du CASF valorisé sur la base du tarif applicable<br />

au(x) aidant(s)<br />

Montant max pour un aidant familial dédommagé<br />

: 884,39 € ou sous condition 1061,27 €/<br />

mois (Si l’aidant n’exerce aucune activité professionnelle<br />

afin d’apporter une aide à une<br />

personne handicapée définie au (A))<br />

Autres charges Pour chaque élément, en fonction <strong>des</strong> tarifs<br />

prévus par arrêté et, dans la limite du montant<br />

maximum prévu pour une période donnée.<br />

Élément Montant<br />

maximum<br />

Période<br />

Aide technique 3960 € 3 ans<br />

(Déplafonnement si une AT et ses accessoires<br />

ont un «tarif PCH» à au moins 3000€)<br />

Aménagement<br />

du logement<br />

Aménagement<br />

du véhicule et<br />

frais transport<br />

Charges<br />

spécifiques<br />

Charges<br />

exceptionnelles<br />

Ai<strong>des</strong><br />

animalière<br />

10 000€ 5 ans<br />

5000€<br />

ou 12000€<br />

sous<br />

conditions<br />

100€/<br />

mois<br />

5 ans<br />

1800 € 3 ans<br />

3000 € 5 ans<br />

Durée maximale attribution Variable suivant les éléments<br />

10 ans : ai<strong>des</strong> humaines, aménagement du<br />

logement, ai<strong>des</strong> spécifiques<br />

5 ans : aménagement du véhicule et surcoût<br />

liés aux transports, ai<strong>des</strong> animalières<br />

3 ans : ai<strong>des</strong> techniques et ai<strong>des</strong> spécifiques<br />

La durée d’attribution est fixée par la CDAPH<br />

- Tarif national fixé par décret pour chacun<br />

<strong>des</strong> GIR 1 à 4 éligible à l’APA<br />

- Montant maximum. du plan d’aide fixé selon<br />

degré de perte autonomie (GIR)<br />

- Modulation tarif selon qualification tierce<br />

personne (prestataire, mandataire, emploi<br />

direct)<br />

Tarif national<br />

pour GIR 1 : 1189,90 € (1,19 x MTP)<br />

pour GIR 2 : 1019,83 € (1,02 x MTP)<br />

pour GIR 3 : 764,87 € (0,765 x MTP)<br />

pour GIR 4 : 509,91 € (0,51 x MTP)<br />

Nb. heures x tarif de référence ou tarif du<br />

service intervenant, dans la limite du montant<br />

maximum <strong>des</strong> plans d’aide fixé par GIR<br />

(tarif national) et après déduction de la participation<br />

de l’usager (L. 232-3, R. 232-10 et<br />

R.232-11)<br />

Le contenu du plan d’aide est déterminé par<br />

l’équipe médico-sociale en concertation avec<br />

le bénéficiaire dont elle recueille l’approbation<br />

ou les deman<strong>des</strong> de modification.<br />

Les ai<strong>des</strong> autres que de tierce personne ne<br />

sont pas plafonnées sinon par le montant<br />

maximum du plan d’aide. Un versement cumulé<br />

de 4 mensualités d’APA peut intervenir<br />

pour faire face, si nécessaire, aux dépenses<br />

d’ai<strong>des</strong> techniques.<br />

Dans les faits 92 % <strong>des</strong> plans d’aide sont absorbés<br />

par <strong>des</strong> dépenses de rémunération de<br />

tierces <strong>personnes</strong>.<br />

L’attribution de l’APA fait l’objet de révisions<br />

périodiques dans un délai déterminé par<br />

chaque conseil général (art. D 232-28).<br />

Elle peut être révisée à tout moment à la<br />

demande de l’intéressé ou de son représentant<br />

ou à l’initiative du PCG si <strong>des</strong> éléments<br />

nouveaux interviennent dans la situation<br />

personnelle du bénéficiaire


Dispositif <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> Dispositif <strong>personnes</strong> âgées<br />

Prestation en cas d’hospitalisation Idem établissement Le service de la prestation est maintenu les<br />

30 premiers jours de l’hospitalisation. Il est<br />

repris, sans nouvelle demande, le premier<br />

jour du mois au cours duquel le bénéficiaire<br />

n’est plus hospitalisé.<br />

Dispositif départemental MDPH<br />

(GIP sous tutelle du département)<br />

Modalité d’évaluation Évaluation par l’équipe pluridisciplinaire de<br />

la MDPH qui propose un plan personnalisé<br />

de compensation élaboré à l’issu d’un dialogue<br />

avec la personne handicapée relatif à<br />

son projet de vie sur lequel la personne (ou<br />

ses représentants légaux) donne un avis (le<br />

plan ne concerne pas uniquement la prestation<br />

de compensation).<br />

L’équipe pluridisciplinaire réunit <strong>des</strong> professionnels<br />

ayant <strong>des</strong> compétences médicales<br />

ou paramédicales, <strong>des</strong> compétences dans les<br />

domaines de la psychologie, du travail social,<br />

de la formation scolaire et universitaire, de<br />

l’emploi et de la formation professionnelle.<br />

Cette composition peut varier en fonction de<br />

la situation de la personne handicapée. Des<br />

consultants peuvent contribuer à l’expertise<br />

de l’équipe pluridisciplinaire.<br />

L’équipe entend, soit sur sa propre initiative,<br />

soit lorsqu’ils en font la demande,<br />

la personne handicapée, ses parents<br />

lorsqu’elle est mineure, ou son représentant<br />

légal et l’enfant handicapé lui-même<br />

dès lors qu’il est capable de discernement.<br />

L’équipe pluridisciplinaire se rend sur le<br />

lieu de vie de la personne soit sur sa propre<br />

initiative, soit à la demande de la personne<br />

handicapée.<br />

Lors de l’évaluation, la personne handicapée,<br />

ses parents ou son représentant légal<br />

peuvent être assistés par une personne de<br />

leur choix.<br />

Un certificat médical (formulaire cerfa) est<br />

fourni à l’appui de toute demande auprès<br />

de la MDPH en même temps qu’un formulaire<br />

de demande<br />

Outil pour l’évaluation de la situation Guide d’évaluation (GEVA) (modèle fixé<br />

par arrêté)<br />

Outils d’éligibilité à la prestation Les critères d’accès à la PCH de même que<br />

les éléments permettant de quantifier le besoin<br />

d’aide humaine sont définis par décrets<br />

et figurent à l’annexe 2-5 du CASF<br />

Équipes médico-sociales du département<br />

et commission de l’APA, outil d’aide à<br />

la décision présidée par le président du<br />

conseil général<br />

Évaluation dans le cadre d’une visite à domicile<br />

par l’un au moins <strong>des</strong> membres d’une<br />

équipe médico-sociale du conseil général<br />

qui comprend au moins un médecin et un<br />

travailleur social.<br />

L’EMS consulte le médecin traitant que lui<br />

a, le cas échéant, désigné le demandeur ; ce<br />

médecin assiste à la visite à domicile si l’intéressé<br />

le souhaite.<br />

Dans un délai de 30 jours, l’EMS adresse une<br />

proposition de plan d’aide, soumise à l’acceptation<br />

de la personne<br />

Grille AGGIR<br />

L’évaluation <strong>des</strong> besoins et la construction<br />

du plan d’aide personnalisé nécessitent<br />

une démarche pluridisciplinaire et multidimensionnelle<br />

Outil d’éligibilité à l’APA : la grille AGGIR<br />

qui a une base réglementaire et figure à<br />

l’annexe 2-1 du CASF<br />

Aide à l’adaptation et à la planification de l’offre médico-sociale en faveur <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes – CNSA – Octobre 2010 51


52<br />

Contenu du plan d’aide (ou plan personnalisé<br />

de compensation)<br />

Dispositif <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> Dispositif <strong>personnes</strong> âgées<br />

Comporte si besoin un volet consacré à l’emploi<br />

ou la formation professionnelle.<br />

Comprend <strong>des</strong> dispositions de toutes natures<br />

<strong>des</strong>tinées à apporter une compensation<br />

aux limitations d’activités, concernant<br />

notamment <strong>des</strong> droits ou prestations (mais<br />

pas exclusivement)<br />

Pour l’aide humaine, l’ensemble <strong>des</strong> besoins,<br />

y compris ceux non pris en compte par la<br />

PCH doivent figurer. Mention du nb d’heures<br />

par domaines. Ventilation du temps d’aide en<br />

fonction <strong>des</strong> aidants<br />

Décision Décision par la CDAPH<br />

(représentants du CG majoritaires pour les<br />

décisions de PCH)<br />

«Marges de manœuvre»<br />

de la commission<br />

L’annexe 2-5 du CASF (référentiel d’accès<br />

à la PCH) prévoit que la CDAPH peut fixer<br />

<strong>des</strong> temps d’ai<strong>des</strong> supérieurs aux temps<br />

plafonds.<br />

Une disposition de même nature existe pour<br />

les frais de transport <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> en établissement.<br />

Dans ce cas la CDAPH doit avoir<br />

été autorisée par le CG<br />

Contentieux Pour la décision d’attribution : tribunal du<br />

contentieux et de l’incapacité (TCI)<br />

Renouvellement ou révision<br />

de la décision<br />

Cumul avec d’autres dispositifs<br />

- en matière de logement<br />

- en matière fiscale<br />

Renouvellement : à la date d’échéance prévue<br />

par la CDAPH<br />

Révision possible en cas d’évolution du<br />

handicap de la personne ou <strong>des</strong> facteurs<br />

ayant déterminé les charges prises en<br />

compte, si modification substantielle du<br />

plan de compensation.<br />

Réduction d’impôts au titre <strong>des</strong> dépenses<br />

d’aide à domicile (réduction ou crédit d’impôt;<br />

article 199 sexdecies CGI)) majoré pour<br />

les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong><br />

crédit pour dépenses d’installation d’équipements<br />

spécialement conçus pour les <strong>personnes</strong><br />

âgées ou <strong>handicapées</strong><br />

Les dépenses de toute nature (R.232-8)<br />

(ai<strong>des</strong> à domicile (aide ménagère, service de<br />

portage de repas, de garde à domicile…) et/<br />

ou d’ai<strong>des</strong> techniques, pour la part non couverte<br />

par la sécurité sociale, d’adaptation du<br />

logement, etc…<br />

Accord du bénéficiaire qui peut ne retenir ou<br />

ne mobiliser qu’une fraction du plan d’aide.<br />

Le plan d’aide sert de référence au contrôle<br />

d’effectivité<br />

L’APA est accordée par décision du PCG sur<br />

proposition d’une commission de 6 membres<br />

qu’il préside.<br />

Lorsque le PCG ne retient pas une proposition,<br />

la commission est tenue de formuler<br />

une nouvelle proposition lors de sa plus<br />

prochaine réunion. Démarche itérative<br />

qui a fait l’objet d’observations du Conseil<br />

constitutionnel<br />

Commission départementale d’aide sociale<br />

Renouvellement : à l’échéance de la durée<br />

d’attribution de la prestation initiale, fixée<br />

au cas par cas par chaque PCG. La décision<br />

d’attribution mentionne le délai de la révision<br />

périodique.<br />

Révision : à tout moment à la demande de<br />

l’intéressé, de son représentant légal ou<br />

à l’initiative du PCG lorsque, dans ce dernier<br />

cas, <strong>des</strong> éléments nouveaux modifient<br />

la situation au vu de laquelle la décision<br />

d’attribution est intervenue.<br />

Cumul réduction d’impôts au titre <strong>des</strong> dépenses<br />

d’aide à domicile (article 199 sexdecies<br />

CGI) et de frais d’hébergement en établissement<br />

(article 199 quindecies CGI)<br />

crédit d’impôt de 25 % <strong>des</strong> dépenses engagées<br />

entre 2005 et 2009 dans l’habitation<br />

principale pour <strong>des</strong> équipements spécialement<br />

conçus pour les <strong>personnes</strong> âgées ou<br />

<strong>handicapées</strong><br />

cumul APL, ALS et allocation de logement<br />

familiale<br />

cumul pensions militaires d’invalidité et <strong>des</strong><br />

victimes de guerre


Articulation montant de la prestation<br />

et modalité de l’aide<br />

Dispositif <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> Dispositif <strong>personnes</strong> âgées<br />

Libre choix de la personne Orientation par l’EMS, sauf refus exprès de<br />

la personne, <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> les plus fragiles<br />

vers un service prestataire d’aide à domicile<br />

de telle sorte que les professionnels<br />

les plus chevronnés interviennent auprès<br />

<strong>des</strong> <strong>personnes</strong> âgées présentant une perte<br />

d’autonomie sévère<br />

Incitation à une aide qualifiée Non Oui : il y faut un refus exprès du bénéficiaire<br />

(par écrit) et majoration de 10 % du montant<br />

de la participation du bénéficiaire, dans <strong>des</strong><br />

conditions précisées par décret. Cette décision<br />

connaît une application très partielle en<br />

cas de recours à un service non agréé ou non<br />

géré par un CCAS ou un CIAS<br />

Dépendance / compensation en établissement<br />

Prestation en établissement En l’absence de disposition particulière, ce<br />

sont les règles de la prestation à domicile<br />

qui s’appliquent<br />

Aide humaine : Suspension après 45 jours<br />

(ou 60 jours en cas de licenciement de<br />

l’aidant) avec maintien 10% dans une limite<br />

minimum et maximum.<br />

rétablissement de la prestation lors <strong>des</strong><br />

retours à domicile<br />

Ai<strong>des</strong> techniques : prise en compte de celles<br />

qui ne relèvent pas <strong>des</strong> missions de<br />

l’établissement<br />

Aménagement du logement possible si retour<br />

à domicile au moins 30 jours par an.<br />

Montant maximal augmenté pour les frais<br />

de transport<br />

Une disposition permet l’accès de la PCH<br />

aux <strong>personnes</strong> prises en charge dans un<br />

établissement médico-social dans un pays<br />

frontalier<br />

Accueil en établissement : EHPAD<br />

Conditions d’entrée Pas de condition d’âge :<br />

Demande de la personne / avis de la CDAPH<br />

voire orientation selon les pratiques<br />

Principe de tarification et financeurs Tarification ternaire : hébergement, dépendance,<br />

soins<br />

Conseil général / assurance-maladie<br />

Participation du bénéficiaire Dans les mêmes conditions que pour les établissements<br />

pour PH si la personne relevait antérieurement<br />

d’un établissement ou service pour<br />

<strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> ou si la personne a un<br />

taux d’incapacité d’au moins 80% reconnu avant<br />

65 ans; donc : participation à titre principal, de<br />

l’intéressé (limite : maintien de 30% de l’AAH)<br />

Montant de l’APA = tarif dépendance de<br />

l’établissement diminué d’un ticket modérateur<br />

à charge de la personne âgée correspondant<br />

au tarif dépendance applicable aux<br />

résidents relevant <strong>des</strong> GIR 5/6 L’APA solvabilise<br />

le tarif dépendance de telle sorte que<br />

ses bénéficiaires n’acquittent pas de charges<br />

supérieures aux <strong>personnes</strong> vali<strong>des</strong>. L’APA<br />

est versée soit directement à l’établissement<br />

sous forme d’une dotation globale afférente<br />

à la dépendance chaque mois par douzièmes<br />

soit individuellement à la personne âgée bénéficiaire<br />

ou, avec son accord, directement à<br />

l’établissement d’hébergement.<br />

69 départements versent, fin 2006, l’APA<br />

en établissement sous forme d’une dotation<br />

globale<br />

Décision attribution APA: si APA individuelle,<br />

le PCG sur proposition d’une commission<br />

qu’il préside comprenant 3 représentants<br />

du département, 2 représentants de la<br />

branche vieillesse et un représentant d’une<br />

institution sociale et médico-sociale ayant<br />

passé convention avec le conseil généra ou<br />

un maire désigné par l’assemblée départementale<br />

<strong>des</strong> maires.<br />

Avoir plus de 60 ans pour le bénéfice de<br />

l’APA<br />

Demande de la personne<br />

Tarification ternaire : hébergement, dépendance,<br />

soins<br />

Conseil général / assurance-maladie<br />

Participation de l’intéressé, <strong>des</strong> éventuels<br />

obligés alimentaires et prise en charge par<br />

l’aide sociale. Limite : 12% de l’ASPA de<br />

« reste à vivre ».<br />

Aide à l’adaptation et à la planification de l’offre médico-sociale en faveur <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes – CNSA – Octobre 2010 53


54<br />

Dispositif <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> Dispositif <strong>personnes</strong> âgées<br />

Solvabilisation Aide sociale hébergement pour le surplus<br />

APA pour la dépendance Pi plus de 60 ans<br />

(Forfait journalier ?) forfait journalier<br />

hospitalier (FJH) ou prix de journée ?<br />

Accueil en établissement : MAS<br />

Pas de FJH Pas de FJH<br />

Conditions d’entrée Orientation par la CDAPH<br />

pas de condition expresse d’âge (18 ans)<br />

Principe de tarification et financeurs Forfait hospitalier, financement par l’assurance<br />

maladie<br />

Participation du bénéficiaire Oui : le FJH, sauf prise en charge par la CMU-<br />

C ou mutuelle<br />

Solvabilisation /<br />

Forfait journalier Forfait journalier à la charge de la personne,<br />

sauf prise en charge par la CMU-C ou mutuelle<br />

Accueil en établissement : FOYER DE VIE - FAM<br />

Conditions d’entrée Orientation par la CDAPH<br />

pas de condition expresse d’âge (18 ans)<br />

Principe de tarification et financeurs Prix de journée/hébergement forfait soins/<br />

assurance maladie (FAM uniquement)<br />

Participation du bénéficiaire À titre principal (mais doit bénéficier d’au<br />

moins 30% de l’AAH…Art. R344-5 CASF)<br />

Solvabilisation Aide sociale hébergement pour le surplus<br />

Aide sociale pour l’hébergement<br />

APA pour la dépendance<br />

Forfait journalier<br />

Bénéfice <strong>des</strong> services d’un SSIAD<br />

Non<br />

Conditions d’entrée Prescription du médecin de l’assuré Prescription du médecin de l’assuré<br />

Principe de tarification et financeurs Tarification à la capitation (dotation globale<br />

forfaitaire par place non modulée en fonction<br />

<strong>des</strong> caractéristiques du patient)<br />

Participation du bénéficiaire Non Non<br />

Solvabilisation Non Non<br />

Forfait journalier<br />

Bénéfice <strong>des</strong> services d’un SAMSAH<br />

Non Non<br />

Conditions d’entrée Orientation par la CDAPH<br />

pas de condition expresse d’âge (18 ans)<br />

Principe de tarification et financeurs Tarif journalier accompagnement à la vie sociale<br />

: Conseil Général<br />

Tarif annuel global de soins : forfait plafond,<br />

recette atténuative du budget<br />

Participation du bénéficiaire Non (sauf si prévue par le RDAS)<br />

Solvabilisation PCH pour certains cas (rares)<br />

Forfait journalier Non<br />

Tarification à la capitation (dotation globale<br />

forfaitaire par place non modulée en fonction<br />

<strong>des</strong> caractéristiques du patient)


2/ Personnes <strong>handicapées</strong> vieillissantes porteuses de trisomie 21<br />

Aide à l’adaptation et à la planification de l’offre médico-sociale en faveur <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes – CNSA – Octobre 2010 55


Aide à l’adaptation et à la planification de l’offre médico-sociale en faveur <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes – CNSA – Octobre 2010 57


Aide à l’adaptation et à la planification de l’offre médico-sociale en faveur <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes – CNSA – Octobre 2010 59


Aide à l’adaptation et à la planification de l’offre médico-sociale en faveur <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes – CNSA – Octobre 2010 61


Bibliographie<br />

Bibliographie réalisée par les services documentation de l’ANESM et de la CNSA.<br />

Ouvrages<br />

Quel avenir pour les travailleurs âgés dans les entreprises de travail adapté ? Des projets pour accompagner la fin de carrière <strong>des</strong><br />

travailleurs handicapés.<br />

- MORMONT (M.)/coord., DEVRIEZE (L.)/coord. Bruxelles : Fondation Roi Baudouin, 2010, 35 p.<br />

Recueil de bonnes pratiques : accompagnement de l’avancée en âge <strong>des</strong> travailleurs handicapés en ESAT.<br />

- Paris : UNAPEI, 2010, 88 p.<br />

Suivi médical de la personne porteuse de trisomie 21. 2e éd.<br />

- DE FREMINVILLE (B.), NIVELON (A.), TOURAINE (R.), Trisomie 21 France. Paris : Trisomie 21 France, 2007, 23 p.<br />

La personne handicapée à l’orée de la vieillesse.<br />

- BROUSSEAU (V.). In : Traité de psychogériatrie. Paris : Med-Line, 2005, p. 207-229<br />

Personnes <strong>handicapées</strong> vieillissantes et établissements hébergeant <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> âgées dépendantes.<br />

- VERIEN (I.), Caisse régionale d’assurance maladie Rhône Alpes (CRAM). Lyon : CRAM Rhône Alpes, 2005, 65 p.<br />

Les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> âgées, où en est-on ?<br />

- BELIN (B.)/coord., Comité national de coordination de l’action en faveur <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> (CCAH). Paris : L’Harmattan,<br />

2003, 234 p.<br />

Les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes.<br />

- BELIN (B.)/coord., Comité national de coordination de l’action en faveur <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> (CCAH). Paris : L’Harmattan,<br />

2001, 238 p.<br />

Les accompagner jusqu’au bout du chemin : l’accueil <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> mentales vieillissantes.<br />

- BASCOUL (J.L.), DELVERT (M.)/préf., DOISNEAU (O.), EYNARD (C.), Fondation de France. Rennes : ENSP, 2000, 187 p.<br />

Une saison de plus. Handicap mental et vieillissement.<br />

- BREITENBACH (N.). Paris : Desclée de Brouwer, 1999, 256 p.<br />

Les projets de vie <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> mentales vieillissantes : les travailleurs du réseau Solidel ont la parole.<br />

- SOIGNEUX (M.M.), Solidel. Bagnolet : Solidel, 1999, 111 p.<br />

Vivre et vieillir quel que soit son handicap. L’hébergement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes : diversifier les réponses.<br />

- Union régionale <strong>des</strong> organismes privés sanitaires et sociaux Nord et Picardie (URIOPSS). Lille : URIOPSS, 1999, 24 p.<br />

Avis, rapports et recommandations<br />

Recommandation CM/Rec(2009)6 du Comité <strong>des</strong> ministres aux États membres sur le vieillissement et le handicap au 21e siècle :<br />

cadres durables permettant une meilleure qualité de vie dans une société inclusive.<br />

- Strasbourg : Conseil de l’Europe, 2009<br />

Accès aux soins <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> en situation de handicap. Audition publique.<br />

- Haute autorité de santé (HAS). Saint Denis : HAS, 2009, 66 p. + 129 p. + 132 p.<br />

Avis n°1971 présenté au nom de la commission <strong>des</strong> affaires sociales sur le projet de loi de finances pour 2010, tome IV : solidarité,<br />

insertion et égalité <strong>des</strong> chances, handicap et dépendance.<br />

- JEANNETEAU (P.), Assemblée nationale. Paris : Assemblée nationale, 2009, 70 p.<br />

Suivi qualitatif du développement <strong>des</strong> services d’accompagnement médico-social pour adultes handicapés : SAMSAH et SSIAD.<br />

Situation en 2007. Premières conclusions <strong>des</strong> travaux.<br />

- Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA). Paris : CNSA, 2008, 176 p.<br />

Une longévité accrue pour les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes : un nouveau défi pour leur prise en charge.<br />

- BLANC (P.), BERTHOD-WURMSER (M.). Paris : La documentation française, 2006, 99 p.<br />

Un programme pour la gériatrie, 5 objectifs, 20 recommandations, 45 mesures pour atténuer l’impact du choc démographique<br />

gériatrique sur le fonctionnement <strong>des</strong> hôpitaux dans les 15 ans à venir.<br />

- JEANDEL (C.), PFITZENMEYER (P.), VIGOUROUX (P.). Paris : La documentation française, 2006, 54 p.<br />

Pour une prise en charge collective, quel que soit leur âge, <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> en situation de handicap.<br />

- BONNET (M.), Conseil économique et social (CES). Paris : CES, 2004, 48 p. + 99 p.<br />

La vie avec un handicap. Rapport au Président de la République.<br />

- Cour <strong>des</strong> comptes. Paris : Paris: Direction <strong>des</strong> Journaux officiels, 2003, 324 p.<br />

Je veux vieillir dignement ! Quel projet pour et avec les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes.<br />

- Institut régional de formation aux fonctions éducatives (IRFFE). Amiens : IRFFE, 2003, 93 p.<br />

Avis du Haut conseil de la population et de la famille. Le vieillissement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>.<br />

- Haut conseil de la population et de la famille (HCPF). Paris : HCPF, 2002<br />

Aide à l’adaptation et à la planification de l’offre médico-sociale en faveur <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes – CNSA – Octobre 2010 63


64<br />

Articles et dossiers<br />

« Les contraintes de gestion pèsent sur l’accompagnement ». Frédéric Blondel et Sabine Delzescaux sur le vieillissement <strong>des</strong><br />

<strong>personnes</strong> multi<strong>handicapées</strong>.<br />

- SEDRATI-DINET (C.). ACTUALITES SOCIALES HEBDOMADAIRES, 2010, n°2676, p. 28-30<br />

Accompagner la transition emploi-retraite <strong>des</strong> travailleurs handicapés vieillissants <strong>des</strong> Esat.<br />

- LUQUET (V.). LES CAHIERS DE L’ACTIF, 2010, n°404-405, p. 235-245<br />

Personnes <strong>handicapées</strong> mentales vieillissantes. Des structures adaptées en nombre insuffisant.<br />

- LEFEBVRE (C.). LIEN SOCIAL, 2009, n°926, p. 10-14<br />

Les ressources <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes. 1- La retraite anticipée<br />

- LES CAHIERS DE L’UNAPEI. JURIS HANDICAPS, 2008, n°164, p. 3-30<br />

Avancée en âge <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> en situation de handicap.<br />

- GARCIA (J.L.). REVUE DE L’APAJH, 2008, n°99, p. 24-29<br />

Papy-boom chez les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes vivant à domicile, en Provence Alpes Côte d’Azur.<br />

- BOURGAREL (S.). AU FIL DU MOIS, 2007, n°56, p. 2-3<br />

Personnes <strong>handicapées</strong> vieillissantes. Le défi de l’accompagnement.<br />

- DOHY (A.)/coord. DIRECTIONS, 2007, n°44, p. 22-29<br />

La personne handicapée vieillissante ou âgée.<br />

- BERTRAND (Y.), MEYER (L.). Paris : CTNERHI, 2006, 103 p. (Dossier professionnel documentaire n°10)<br />

Le vieillissement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> prises en charge en structures sociales ou médico-sociales.<br />

- BROUSSEAU (V.), CARNEIN (S.). REVUE MEDICALE DE L’ASSURANCE MALADIE, 2006, vol.37 n°2, p. 83-92<br />

Un nouveau regard sur le handicap.<br />

- CHABROL (A.). BULLETIN DE L’ORDRE DES MEDECINS, 2006, n°8<br />

Vieillissement, dépendance, handicap : du bon usage <strong>des</strong> concepts.<br />

- COLVEZ (A.). ACTUALITE ET DOSSIER EN SANTE PUBLIQUE, 2006, n°56, p. 16-19<br />

Les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes : espérances de vie et de santé ; qualité de vie – Une revue de la littérature.<br />

- AZEMA (B.), MARTINEZ (N.). REVUE FRANCAISE DES AFFAIRES SOCIALES, 2005, n°2, p. 297-333<br />

Pros de la gérontologie et handicapés mentaux vieillissants.<br />

- BASCOUL (J.L.). CAHIERS FNADEPA, 2005, n°85, p. 3-8<br />

Gérontologie et handicap : regards sur un champ croisé.<br />

- BONNET (M.). INFORMATIONS GERONTOLOGIQUES DEPARTEMENTALES, 2005, n°52<br />

Voyage d’étude en Irlande (Mullingar) : l’exemple d’un programme innovant avec un maintien à domicile consenti, adapté et sécurisé.<br />

- MARTINEZ (N.). LE PELICAN : Informations CREAI Languedoc Roussillon, 2005, n°156, p. 4-6<br />

Vers un nouveau paradigme de lecture <strong>des</strong> exclusions : application aux <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>.<br />

- MERCIER (M.). ETHIQUE ET SANTE, 2005, vol.2 n°3, p. 145-150<br />

Les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes : espérances de vie, santé et qualité vie : enjeux techniques et éthiques.<br />

- AZEMA (B.). LE PELICAN : Informations CREAI Languedoc Roussillon, 2004, n°145, p. 4-6<br />

Les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> : ces nouvelles <strong>personnes</strong> âgées qui s’ignorent…<br />

- BROUSSEAU (V.), DARDALHON (S.), CARNEIN (S.). LA REVUE DE GERIATRIE, 2004, vol. 29 n°3, p. 207-216<br />

Personnes <strong>handicapées</strong> mentales vieillissantes : les professionnels à la recherche de nouvelles formes d’accueil.<br />

- CORMIER (H.). ACTUALITES SOCIALES HEBDOMADAIRES, 2004, n°2380, p. 27-28<br />

Âges et handicaps.<br />

- GERONTOLOGIE ET SOCIETE, 2004, n°110, 110 p.<br />

Professionnalisation <strong>des</strong> métiers d’accompagnement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes.<br />

- BESSET (G.). EMPAN, 2003, n°52, p. 174-178<br />

La question <strong>des</strong> catégories d’âge et <strong>des</strong> « charnières » entre les différents types de population.<br />

- COLVEZ (A.), VILLEBRUN (D.). REVUE FRANCAISE DES AFFAIRES SOCIALES, 2003, n°1-2, p. 255-266<br />

«Insérer, maintenir dans l’emploi, accompagner le vieillissement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes».<br />

- CREMAZY-BABY (N.). EMPAN, 2003, n°52, p. 166-173<br />

Comparatif de l’aide sociale pour les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> et <strong>personnes</strong> âgées.<br />

- LES CAHIERS DE L’UNAPEI. JURIS HANDICAPS, 2003, n°139, p. 47-49<br />

Issues in aging: the role of the nurse in the care of older people with intellectual and development disabilities.<br />

- SERVICE (K.), HAHN (J.E.). THE NURSING CLINICS OF NORTH AMERICA, 2003, vol.38 n°2, p. 291-312<br />

Handicap mental et vieillissement.<br />

- SOINS GERONTOLOGIE, 2003, n°43, p. 15-38<br />

Avancée en âge du sujet atteint d’une trisomie 21.<br />

- FROMAGE (B.), ANGLADE (P.). L’ENCEPHALE, 2002, vol.28 n°3, p. 212-216<br />

L’approche du vieillissement dans les structures de travail protégé.<br />

- LES CAHIERS DE L’ACTIF, 2002, n°312-313, p. 9-100<br />

Personnes <strong>handicapées</strong> mentales, vieillir dans la dignité.<br />

- PAGEAU (S.). ACTUALITES SOCIALES HEBDOMADAIRES, 2002, n°2264, p. 33-34


Les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes ou âgées : journées nationales du CCAH.<br />

- READAPTATION, 2002, n°490, p.7-46<br />

Le vieillissement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> mentales dans le département du Haut-Rhin : état <strong>des</strong> lieux et analyse de la prise<br />

en charge institutionnelle et à domicile. Le vieillissement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> mentales résidant en établissements<br />

médico-sociaux. 2.<br />

- RESCH (V.). NOTES ET DOCUMENTS, 2002, n°87, p. 1-7<br />

Le vieillissement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>.<br />

- TRAVAIL SOCIAL ACTUALITES, 2002, n°902<br />

Thème n° 1 : Le troisième âge du handicap.<br />

- BACHELOT-NARQUIN (R.). LA REVUE HOSPITALIERE DE FRANCE, 2000, n°2, p. 60-69<br />

L’avancée en âge <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> poly<strong>handicapées</strong>.<br />

- GABBAI (P.). EMPAN, 2000, n°37, p. 79-82<br />

Le vieillissement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> trisomiques 21. Une étude de cas au sein de la communauté de l’Arche.<br />

- GUILBOT (C.), RODAT (O.), CHAMBONNET (J.Y.). LA REVUE DE GERIATRIE, 2000, vol. 25 n°5, p. 295-302<br />

60 ans, le choc ! Trompeuse égalité.<br />

- LAFAY (H.). REVUE DE L’APAJH, 2000, n°66, p. 13-20<br />

Un exemple d’évaluation de la dépendance <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> mentales vieillissantes : approche comparative <strong>des</strong> grilles<br />

AGGIR et MIF sur <strong>des</strong> populations <strong>handicapées</strong> mentales.<br />

- MERCKLE (P.). AU FIL DU MOIS, 2000<br />

CCAH : le vieillissement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>.<br />

- READAPTATION, 2000, n°475, p. 5-59<br />

Les voies de la désinstitutionalisation en Finlande.<br />

- TAMMISTO (M.). LES CAHIERS DE L’ACTIF, 2000, n°294-295, p. 99-112<br />

Nous aussi un jour on devient vieux : quel accueil pour les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> mentales vieillissantes ?<br />

- DE LA MURE (C.). LE LIEN SOCIAL, 1999, n°470, p. 4-11<br />

Les besoins et les soutiens nécessaires <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> mentales vieillissantes.<br />

- LES CAHIERS DE L’UNAPEI. HANDICAPS ET SOCIETE. EUROPE ET FRANCOPHONIE, 1999, n°40, p. 3-15<br />

Étu<strong>des</strong><br />

Politiques et pratiques d’accompagnement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> multi<strong>handicapées</strong> vieillissantes : dans les coulisses de la dépendance.<br />

- BLONDEL (F.), DELZESCAUX (S.)/resp. Paris : Centre de ressources multihandicap, 2010<br />

L’avancée en âge <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> mentales.<br />

- NOUVEL (t.)/resp. Paris : UNAPEI, 2009, 18 p.<br />

Profil <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes vivant à domicile, par territoires de proximité en Provence Alpes Côte d’Azur.<br />

- BOURGAREL (S.). Marseille : CREAI PACA et Corse, 2007, 53 p.<br />

Les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes à domicile en Auvergne en 2005.<br />

- CHERVIN (C.), BOREL (P.), NORE (J.). Clermont Ferrand : Plate-forme de l’observation sanitaire et sociale d’Auvergne, 2007<br />

La prise en charge <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes par les établissements pour <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>, les services<br />

d’accompagnement à la vie sociale et les établissements pour <strong>personnes</strong> âgées.<br />

- Direction générale adjointe chargée de la solidarité. In : Schéma départemental d’organisation sociale et médico-sociale<br />

<strong>des</strong> <strong>personnes</strong> adultes <strong>handicapées</strong> de Gironde 2007-2011. Bordeaux : Conseil Général de la Gironde, 2007, p. 100-112<br />

Équipement médico-social : <strong>personnes</strong> âgées, enfants et adultes handicapés, <strong>personnes</strong> confrontées à <strong>des</strong> difficultés spécifiques.<br />

- Caisse régionale d’assurance maladie du Languedoc Roussillon (CRAM), Département recherche développement documentation.<br />

Montpellier : CRAM Languedoc Roussillon, 2006, 293 p.<br />

Les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes en Midi Pyrénées.<br />

- DUGAY (M.), DE ZOTTI (P.). Toulouse : CREAI de Midi Pyrénées, 2006<br />

Vieillissement et cessation d’activité <strong>des</strong> travailleurs handicapés en ESAT.<br />

- LUQUET (V.), LECLERE (N.)/coord. Centre de liaison d’étu<strong>des</strong> d’information et de recherche sur les problèmes <strong>des</strong> <strong>personnes</strong><br />

âgées (CLEIRPPA). Paris : CHORUM, 2006, 178 p.<br />

Profils <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes prises en charge dans les établissements médico-sociaux et les structures de<br />

travail protégé du Nord Pas de Calais.<br />

- THOMAS-DARGENT (C.). Lille : DRASS du Nord Pas de Calais, 2006, 8 p. (DRASS DDASS Nord Pas de Calais n°17)<br />

Parcours de vie : les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes. Étude IV.<br />

- Mairie de Paris, Direction de l’action sociale de l’enfance et de la santé (DASES). In : Personnes <strong>handicapées</strong> : vie quotidienne,<br />

parcours de vie et offres de soins. Tome I - Personnes <strong>handicapées</strong> : vie quotidienne et parcours de vie. Paris :<br />

Mairie de Paris, 2005, 204 p.<br />

Guide d’accompagnement et de prise en charge <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> âgées, étude réalisée dans le cadre du programme<br />

régional de santé « handicap et dépendance <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> âgées ».<br />

- LANDANGER (M.), GERARDIN (I.), GUYOT (P.). Dijon : CREAI Bourgogne, 2004, 104 p.<br />

Aide à l’adaptation et à la planification de l’offre médico-sociale en faveur <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes – CNSA – Octobre 2010 65


66<br />

Étude régionale de santé. «Femmes aidantes - génération pivot». La prise en charge d’une personne âgée dépendante ou d’un<br />

enfant handicapé mental vieillissant : incidence sur la santé de l’aidante familiale et émergence <strong>des</strong> attentes.<br />

- VALETTE (M.), MEMBRADO (M.), Association régionale <strong>des</strong> organismes de Mutualité sociale agricole Midi Pyrénées<br />

(AROMSA). Toulouse : Comité régional <strong>des</strong> politiques de santé Midi Pyrénées, 2004, 414 p. + 53 p.<br />

Personnes <strong>handicapées</strong> vieillissantes et établissements hébergeant <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> âgées dépendantes.<br />

- VERIEN (I.), MENICHON (D.). Lyon : CRAM Rhône Alpes, 2004, 65 p.<br />

Les aînés d’aujourd’hui et de demain entre vieillissement et dépendance.<br />

- BREITENBACH (N.). Carouge : insieme Genève/apmh, 2003, 26 p.<br />

Les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes : une approche à partir de l’enquête HID.<br />

- MICHAUDON (H.). Paris : DREES, 2002, 12 p. (Étu<strong>des</strong> et Résultats n°204)<br />

Thèses, mémoires<br />

Quelle démarche pour un accompagnement institutionnel de qualité pour les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> mentales vieillissantes ?<br />

L’exemple du Centre hospitalier de Carvin.<br />

- MOREL (A.). Rennes : EHESP, 2009, 62 p.<br />

Améliorer la prise en charge <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes dans le Val de Marne.<br />

- LAHOUCINE (M.). Rennes : EHESP, 2008, 68 p.<br />

Diversifier l’offre d’accompagnement et d’orientation <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes en foyer de vie.<br />

- FOLLIOT (C.). Rennes : ENSP, 2006, 80 p.<br />

La restructuration : une réponse au vieillissement de la population accueillie en Maison d’accueil spécialisée. L’exemple de la MAS<br />

Marcel Sendrail.<br />

- LACLERGUE (M.). Rennes : ENSP, 2006, 98 p.<br />

Proposer un cadre de vie adapté à l’accueil <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> mentales vieillissantes en EHPAD.<br />

- CHOLAT (A.). Rennes : ENSP, 2004, 108 p.<br />

Personnes <strong>handicapées</strong> vieillissantes en maison de retraite : une prise en charge adaptée ?<br />

- DEVAUX (F.). Rennes : ENSP, 2003, 77 p.<br />

La prise en charge <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> mentales vieillissantes dans les institutions vaudoises : où en sommes-nous en 2002 ?<br />

- BIGNENS (E.). Lausanne : EESP, 2002<br />

S’engager dans un partenariat permettant aux <strong>personnes</strong> âgées et <strong>handicapées</strong> vieillissantes de vivre ensemble en MAPA.<br />

- TETE-VERPILLON (M.). Rennes : ENSP, 2000, 65 p.<br />

Colloques<br />

Avancée en âge <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> en situation de handicap. Texte d’orientation. 33e congrès de la fédération <strong>des</strong> APAJH - 18, 19 et<br />

20 juin 2009<br />

- Saint-Cloud : Fédération <strong>des</strong> APAJH, 2009, 9 p.<br />

Handicap mental et vieillissement : approche médicale et accompagnement. Colloque, Paris, 15 octobre 2009.<br />

- LES CAHIERS DE L’UNAPEI. ETUDES ET ACTES, 2009<br />

Quel avenir pour les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes ? Rencontres parlementaires du secteur social et médico-social, Paris,<br />

28 septembre 2005.<br />

- LE MENSUEL DES MAISONS DE RETRAITE, 2006, Hors série, 79p.<br />

Handicap mental et vieillissement. L’accompagnement et le suivi <strong>des</strong> familles - la formation <strong>des</strong> accompagnants. Séminaire, Évry,<br />

30 septembre 2000.<br />

- Syndicat intercommunal du centre Essonne pour l’action en faveur <strong>des</strong> handicapés mentaux (SICEHM). Évry : SICEHM,<br />

2001, 103 p.<br />

Films<br />

Pour mémoire.<br />

- FAURE (J.M.). Paris, Saint Martin de Vaulserre : Fondation de France, rétroviseur, 1998<br />

Tous mes mots s’envolent.<br />

- FAURE (J.M.). Paris, Saint Martin de Vaulserre : Fondation de France, rétroviseur, 1996<br />

Le partage <strong>des</strong> différences.<br />

- FAURE (J.M.). Paris, Saint Martin de Vaulserre : Fondation de France, rétroviseur, 1994<br />

Cheveux blancs, cheveux gris.<br />

- FAURE (J.M.). Paris, Saint Martin de Vaulserre : Fondation de France, rétroviseur, 1993


Remerciements<br />

Nous remercions pour leur aimable et constructive contribution à la relecture de ce dossier technique :<br />

Jean-Yves Barreyre, CREAI Ile de France pour l’ANCREAI.<br />

Christophe Bergery, directeur de la maison départementale <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> <strong>des</strong> Pyrénées orientales,<br />

directeur <strong>personnes</strong> âgées - <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> du Conseil Général <strong>des</strong> Pyrénées orientales.<br />

Olivier Brisset, directeur de la Promotion de l’autonomie du Conseil général du Loir et Cher.<br />

Dr Pascale Gilbert, CNSA<br />

Karine Reverte, directrice du CCAH<br />

Anne Veber, ANESM.<br />

Aide à l’adaptation et à la planification de l’offre médico-sociale en faveur <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes – CNSA – Octobre 2010 III


www.cnsa.fr<br />

www.cnsa.fr<br />

CNSA<br />

66, avenue du Maine<br />

75682 Paris cedex 14<br />

Tél. : 01 53 91 28 00<br />

Fax : 01 53 91 28 82<br />

Conception-réalisation :


Marie-Line GREBEAUX<br />

D.U.M.E.G. : Diplôme universitaire<br />

de Management <strong>des</strong> Equipes Gérontologiques<br />

Service de Formation Continue<br />

Université de Bourgogne<br />

Le 9 septembre 2010


Saône-et-Loire :<br />

Réflexion sur l’adaptation <strong>des</strong> structures d’hébergement aux besoins <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes<br />

En préambule à ce rapport, je souhaite adresser mes remerciements les plus sincères<br />

à toutes les <strong>personnes</strong> qui, par leurs encouragements et leur aide,<br />

m’ont permis de vivre cette année universitaire très enrichissante :<br />

• Mme Burlaut, Directrice Générale Adjointe aux Solidarités au Conseil général de Saône-et-Loire,<br />

• M. Petit, Directeur de l’Action Sociale Territoriale,<br />

• M. Lasausse et Mme Martin, Directeurs du Territoire d’Action Sociale de Chalon-Louhans, où j’officie,<br />

Pour m’avoir encouragée et permis de bénéficier de cette formation au Management <strong>des</strong> Equipes<br />

Gérontologiques,<br />

• Mmes Decaillot, Mallot, Ahne et Capelli,<br />

• M. Salvi, ses collaborateurs et les résidents de la PUV, Messieurs Rauche, Prost et Secchi,<br />

Pour le temps qu’ils ont bien voulu me consacrer et les échanges très enrichissants que nous avons<br />

partagés,<br />

• Mme Badaut, ma « collègue » de bureau,<br />

Pour avoir assumé avec le sourire et professionnalisme les tâches qui m’incombaient durant mes pério<strong>des</strong><br />

d’absence,<br />

• L’ensemble <strong>des</strong> intervenants nous ayant dispensé leurs connaissances et expériences, ainsi que nos<br />

responsables pédagogiques, Mme Mourey et M. Bernard, qui ont si bien su nous guider dans nos projets,<br />

• Un remerciement tout particulier à Mme Manière, qui assure avec une gentillesse et une disponibilité<br />

jamais démenties le secrétariat de formation continue en gérontologie,<br />

• Mes « collègues » de promotion, qui chacun m’ont apporté soutien, conseil, leur expérience et leur vécu -<br />

très différents du mien - et, surtout, ont contribué à créer au sein de notre petit groupe une entente<br />

harmonieuse et conviviale,<br />

• A mon mari, pour ses encouragements et sa disponibilité,<br />

• Et enfin à mes deux garçons, qui regardaient avec amusement et un peu d’étonnement, il faut bien<br />

l’avouer, leur mère retourner « à l’école » à 47 ans passés…<br />

2


Saône-et-Loire :<br />

Réflexion sur l’adaptation <strong>des</strong> structures d’hébergement aux besoins <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes<br />

Sommaire<br />

I – Introduction p. 4<br />

II - Quelques définitions p. 5<br />

Les différentes formes de handicap p. 6<br />

III - Les adultes handicapés : lieux de vie, l’étape du vieillissement,<br />

état <strong>des</strong> lieux en Saône-et-Loire. p. 7<br />

3.1 Les hébergements en institution p. 7<br />

3.2 L’étape du vieillissement p. 8<br />

3.2.1 Approche généraliste p. 8<br />

3.2.2 Personnes âgées et <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> :<br />

la convergence <strong>des</strong> politiques : une utopie ? p. 8<br />

3.3 Etat <strong>des</strong> lieux en Saône-et-Loire p. 9<br />

3.3.1 Les enquêtes HID et MDPH 71 p. 10<br />

3.3.2 Quelques chiffres-clés p. 11<br />

3.3.3 Indices, Tableaux de Bord et Cartographies – Où en est<br />

la Saône-et-Loire ? p. 11<br />

IV - La prise en charge en institution <strong>des</strong> Personnes Handicapées<br />

Vieillissantes : réflexion sur d’éventuelles pistes d’amélioration en<br />

Saône-et-Loire p. 13<br />

4.1 Généralités p. 13<br />

4.2 Mixité ou Unités spécifiques ? p. 14<br />

4.3 Des lieux de vie adaptés aux résidents et aux différents handicaps rencontrés p. 15<br />

V - Conclusion p. 18<br />

VI - Sigles utilisés et/ou utiles p. 19<br />

VII - Annexes p. 22<br />

3


Saône-et-Loire :<br />

Réflexion sur l’adaptation <strong>des</strong> structures d’hébergement aux besoins <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes<br />

I - Introduction<br />

Rédacteur chef au sein du Conseil général de Saône-et-Loire et de formation purement<br />

« administrative », je suis affectée depuis deux ans et demi à la Direction Générale Adjointe aux Solidarités –<br />

Direction de l’Action Sociale Territoriale, en qualité d’assistante de direction au Territoire d’Action Sociale de<br />

Chalon-Louhans. Ce poste m’a permis d’avoir une vue d’ensemble du champ social dévolu au Département et<br />

de me conforter dans le projet d’orienter mon parcours professionnel vers les secteurs de la gérontologie et du<br />

handicap, qui m’intéressent tout particulièrement depuis de nombreuses années, bien que n’ayant jamais eu<br />

l’occasion d’y travailler. Leur rapprochement au sein <strong>des</strong> futures Maisons Locales de l’Autonomie m’offrira je<br />

l’espère une opportunité d’intégration dans l’un <strong>des</strong> dix bassins de vie pertinents repérés par le Département<br />

qui m’emploie (Annexe 1).<br />

Le vieillissement démographique et l’accroissement de la dépendance de la population française sont<br />

<strong>des</strong> réalités auxquelles le Département de Saône-et-Loire n’échappe pas ; très fortement marqué par ces<br />

deux aspects, la Saône-et-Loire a d’ailleurs opté pour la mise en place, en 2010, d’un « impôt local cinquième<br />

risque », palliant ainsi la défaillance de la solidarité nationale. Pilote de l’action sociale et médico-sociale en<br />

faveur <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> âgées et <strong>handicapées</strong>, le Département travaille actuellement à l’élaboration d’un<br />

schéma départemental convergeant, pour la période 2010-2014, en faveur de ces deux publics jusqu’alors<br />

différenciés. Ce nouveau schéma devra opérer un consensus entre les orientations stratégiques permettant à<br />

chacun de préserver son autonomie et les réalités diverses rencontrées par les usagers, la collectivité et ses<br />

partenaires institutionnels, associatifs et publics. Il semble évident qu’une réflexion nationale doit être<br />

engagée sans tarder et qu’il faudra inéluctablement se donner tous les moyens nécessaires pour apporter les<br />

réponses appropriées au défi que représente le vieillissement de la population française et notamment celle<br />

<strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>, dont l’espérance de vie ne cesse d’augmenter : 20 ans en moyenne en 1930,<br />

mais 70 à 74 ans environ de nos jours (moyenne variable en fonction du type de handicap : 40 ans par<br />

exemple d’espérance de vie pour les polyhandicapés, plus de 50 ans pour les déficiences mentales<br />

profon<strong>des</strong>, 64 ans environ pour les trisomiques…).<br />

Autant intéressée par les <strong>personnes</strong> âgées que par les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>, mais n’étant pas en<br />

position d’élaborer un projet immédiatement applicable sur le terrain, j’ai d’abord choisi de travailler sur le<br />

projet suivant : « Réflexion sur les moyens à mettre en œuvre pour améliorer la prise en charge <strong>des</strong><br />

<strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes (PHV) en Saône-et-Loire ». Sujet passionnant sans aucun doute, mais<br />

dont je me suis vite aperçue qu’il est tellement vaste que je pourrais y consacrer quelques centaines de pages<br />

sans être vraiment sûre d’avoir tout exploré, tant les pistes sont nombreuses : accessibilité, logement,<br />

transports, technologies, information et communication, intégration professionnelle et préparation à la retraite,<br />

suivi médical, vie sociale, sportive et culturelle, vie en institution ou à domicile…<br />

Ne pouvant malheureusement pas ici explorer toutes les pistes de la problématique posée, j’ai décidé<br />

de me concentrer sur la vie en institution <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes, en m’axant sur les<br />

structures d’hébergement mises à leur disposition, essayant d’en tirer <strong>des</strong> idées et solutions de « bon sens »,<br />

par le biais d’actions expérimentées ou pressenties en Saône-et-Loire ou ailleurs, <strong>des</strong> avis <strong>des</strong> professionnels<br />

rencontrés au cours de ces derniers mois, ou encore en me basant sur mes lectures et de précédentes étu<strong>des</strong><br />

sur ce thème.<br />

Je tiens à préciser que les idées lancées dans le cadre de cette « réflexion » n’engagent bien sûr que<br />

moi et devront être confrontées aux concepts juridiques, aux réalités territoriales, logistiques, humaines et<br />

financières qu’elles entraîneraient pour une éventuelle application. Mon approche est celle d’une néophyte en<br />

la matière et c’est pourquoi, avant d’attaquer le vif du sujet, je vous propose quelques « définitions »,<br />

indispensables à une compréhension commune <strong>des</strong> termes employés. Puis je vous présenterai les lieux<br />

d’hébergement en institution <strong>des</strong> adultes handicapés et leur devenir actuel à l’étape du vieillissement, avec<br />

4


Saône-et-Loire :<br />

Réflexion sur l’adaptation <strong>des</strong> structures d’hébergement aux besoins <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes<br />

bien sûr un « état <strong>des</strong> lieux » pour le Département de Saône-et-Loire, territoire sur lequel est basée la<br />

réflexion qui suivra.<br />

II - Quelques définitions<br />

• Au sens de l’article 2 de la loi du 11 février 2005 pour l’égalité <strong>des</strong> droits et <strong>des</strong> chances, la participation et<br />

la citoyenneté <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>, « constitue un handicap toute limitation d’activité ou restriction<br />

de participation à la vie en société subie dans son environnement par une personne en raison d’une<br />

altération substantielle, durable ou définitive, d’une ou plusieurs fonctions physiques, sensorielles,<br />

mentales, cognitives ou psychiques, d’un polyhandicap ou d’un trouble de santé invalidant ».<br />

• « Une personne handicapée vieillissante (PHV) peut être définie comme une personne qui a entamé ou<br />

connu sa situation de handicap (quelle qu’en soit la nature ou la cause) avant de connaître les effets d’un<br />

vieillissement » (Azema B. et Martinez N, 2003, Les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes : espérances de vie, projections<br />

démographiques et aspects qualitatifs, Rapport d’étude pour la DREES, Ministère <strong>des</strong> Affaires Sociales, du Travail et de la<br />

Solidarité, Ministère de la Santé, de la Famille et <strong>des</strong> Personnes Handicapées, CREAI Languedoc-Roussillon, Montpellier, 317<br />

p.).<br />

• « Une personne âgée est, pour le sens commun, une personne dont l'âge est avancé et qui présente les<br />

attributs physiologiques et sociaux de la vieillesse tels que la société se les représente » (Wikipedia).<br />

• « Le vieillissement correspond à l’ensemble <strong>des</strong> processus physiologiques et psychologiques qui<br />

modifient la structure et la fonction de l’organisme, à partir de l’âge mur (30-40 ans) » (définition de l’’OMS,<br />

Organisation Mondiale de la Santé) ; c’est un processus lent et progressif, à distinguer <strong>des</strong> manifestations <strong>des</strong><br />

maladies. C’est « une période de la vie humaine caractérisée par une baisse <strong>des</strong> fonctions physiques, la<br />

perte du rôle social joué comme adulte, <strong>des</strong> changements dans l’apparence physique et un<br />

acheminement graduel vers une diminution <strong>des</strong> capacités » (BR Mishara, RG Riegel, Le vieillissement, Presses<br />

Universitaires de France, Paris,1984).<br />

Ainsi, la vieillesse est un état, le vieillissement un processus.<br />

• La dépendance est l’impossibilité partielle ou totale pour une personne d’effectuer les activités de la vie,<br />

qu’elles soient physiques, psychologiques ou sociales et de s’adapter à son environnement.<br />

• L’indépendance est la capacité de faire par soi-même, d’effectuer sans aide, les principales activités de la<br />

vie courante.<br />

• L’autonomie est la capacité à se gouverner soi-même, à disposer de la capacité de jugement : la<br />

personne peut prévoir, choisir, agir librement, accepter ou refuser, en fonction de son jugement, ses règles<br />

de conduite, l’orientation de ses actes et les risques qu’elle est prête à courir.<br />

Cette distinction est à mon sens importante, dans la mesure où une personne peut demeurer autonome tout<br />

en étant totalement dépendante physiquement et, qu’à l’inverse, une personne peut être non autonome tout<br />

en étant physiquement indépendante (perturbation mentale, par exemple).<br />

5


Saône-et-Loire :<br />

Réflexion sur l’adaptation <strong>des</strong> structures d’hébergement aux besoins <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes<br />

Une personne handicapée vieillissante (PHV) peut donc être définie comme une personne qui a entamé ou<br />

connu sa situation de handicap (quelle qu’en soit la nature ou la cause) avant de connaître les effets d’un<br />

vieillissement.<br />

Mais quelles sont les différentes formes de handicap que l’on peut rencontrer ?<br />

Schématiquement, on peut distinguer les handicaps mentaux et les handicaps physiques (synthèse<br />

lecture Doctissimo.fr)<br />

• Handicaps mentaux<br />

Les déficiences intellectuelles (anciennes arriération ou débilité mentale), appréciées par <strong>des</strong> tests de<br />

Quotient Intellectuel (QI), touchent 1 à 3 % de la population ; on peut y associer les déficiences plus<br />

spécifiques de certaines fonctions cognitives (langage, troubles d’apprentissage…). Leurs causes les<br />

plus fréquentes sont la trisomie 21 (maladie génétique qui touche une naissance sur 800) et le<br />

syndrome de l’X fragile (maladie génétique touchant le chromosome X – 1 garçon sur 4 000, 1 fille sur<br />

8 000).<br />

Les déficiences psychiques concernent principalement la vie relationnelle, le comportement et la<br />

communication : autisme, schizophrénie, troubles obsessionnels compulsifs…<br />

• Handicaps physiques<br />

Les déficiences motrices (handicap moteur) atteignent 1.5 % de la population pour les troubles<br />

moteurs isolés et environ 4 % de la population pour les troubles moteurs associés à d’autres<br />

déficiences :<br />

• Les lésions de la moelle épinière peuvent provoquer une paralysie <strong>des</strong> membres inférieurs<br />

(paraplégie) ou <strong>des</strong> quatre membres (tétraplégie) et touchent près de 30 000 <strong>personnes</strong> en<br />

France (accidents de la route, du sport, du travail…).<br />

• L’infirmité motrice cérébrale est le résultat de lésions cérébrales intervenant autour de la<br />

naissance (souvent un accident vasculaire cérébral) et touche 3 enfants sur 5 000<br />

naissances ; le degré de sévérité peut aller de la marche difficile à la tétraplégie et ce<br />

handicap moteur est souvent associé à d’autres troubles.<br />

• Les myopathies sont <strong>des</strong> maladies neuromusculaires d’origine génétique.<br />

Les handicaps sensoriels sont très fréquents : 1 million et demi de <strong>personnes</strong> sont malvoyantes,<br />

77 000 sont aveugles ; les déficiences auditives touchent environ trois millions et demi de <strong>personnes</strong>.<br />

Les déficiences viscérales et générales, conséquences d’un cancer ou d’une insuffisance cardiaque<br />

ou respiratoire, entraînent également de graves déficiences ; <strong>des</strong> épilepsies sévères peuvent<br />

également avoir pour conséquences <strong>des</strong> retards mentaux ou une perte de langage.<br />

L’handicap esthétique (accident, affection délabrante) peut avoir <strong>des</strong> conséquences sur la vie sociale<br />

et professionnelle de la personne qui en est affectée.<br />

6


Saône-et-Loire :<br />

Réflexion sur l’adaptation <strong>des</strong> structures d’hébergement aux besoins <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes<br />

• La combinaison de déficiences permet une autre classification :<br />

Le polyhandicap est l’association de déficiences motrices et intellectuelles sévères, éventuellement<br />

couplées à d’autres déficiences, ce qui entraîne une restriction très importante de l’autonomie<br />

(malformations, maladies affectant le fœtus et l’embryon, grande prématurité…).<br />

Le plurihandicap est l’association de plusieurs déficiences de gravités approximativement égales<br />

(sourds-aveugles, infirmes moteurs cérébraux sourds…).<br />

Le surhandicap est l’aggravation d’un handicap existant par les problèmes relationnels provoqués<br />

(exemple : développement psychique d’un enfant altéré par <strong>des</strong> handicaps sensoriels ou intellectuels).<br />

III - Les adultes handicapés : lieux de vie ; l’étape du vieillissement ;<br />

état <strong>des</strong> lieux en Saône-et-Loire.<br />

3.1 Les lieux de vie<br />

• « Structures sans hébergement » : les Etablissements et Services d’Aide par le Travail (ESAT) sont <strong>des</strong><br />

structures dans lesquelles les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> exercent une activité professionnelle adaptée à<br />

leurs handicaps, tout en bénéficiant <strong>des</strong> soutiens éducatifs et sociaux nécessaires. L’Accueil sur Temps<br />

Libéré (ATL) s’adresse à <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> travaillant dans une structure protégée, mais qui ne<br />

sont pas en mesure de travailler à temps plein : activités de vie sociale et d’épanouissement personnel<br />

leur sont proposées. L’Accueil de Jour (AJ) est quant à elle une structure accueillant durant la journée<br />

uniquement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> ne relevant ni d’un Foyer d’Accueil Médicalisé (FAM) ni d’une<br />

Maison d’Accueil Spécialisé (MAS). Le Service d’Accompagnement à la Vie Sociale (SAVS) contribue à la<br />

réalisation du projet de vie <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> adultes <strong>handicapées</strong>, en les accompagnant dans le maintien<br />

<strong>des</strong> liens familiaux, sociaux, scolaires, professionnels et autres. Le Service d’Accompagnement Médico-<br />

Social pour Adultes Handicapés (SAMSAH) réalise un accompagnement médico-social : prestations de<br />

soins, réalisation du projet de vie favorisant le maintien ou l’insertion de l’adulte handicapé en milieu<br />

ordinaire. Le Service de Soutien (SS) assure une aide individuelle à la vie quotidienne <strong>des</strong> <strong>personnes</strong><br />

<strong>handicapées</strong> vivant à domicile.<br />

L’importance de ces structures est indéniable et leur rôle primordial, c’est pourquoi j’ai souhaité les citer.<br />

Certaines d’entre-elles, dans le cadre de ma réflexion, pourraient être sollicitées, si elles ne le sont déjà, dans<br />

l’accompagnement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes. En ce qui concerne les autres structures, il m’a<br />

semblé important de les connaître et d’en situer les missions.<br />

• Les Foyers qualifiés « de vie » (FV) ou « d’hébergement » (FH) : les premiers accueillent <strong>des</strong> <strong>personnes</strong><br />

<strong>handicapées</strong> disposant d’une certaine autonomie physique ou intellectuelle bien que n’étant pas en<br />

mesure de travailler ; les seconds assurent l’hébergement <strong>des</strong> travailleurs handicapés exerçant en journée<br />

une activité professionnelle, en milieu ordinaire ou protégé.<br />

• Les Maisons d’Accueil Spécialisées (MAS) reçoivent <strong>des</strong> adultes handicapés incapables d’effectuer seuls<br />

les actes essentiels de la vie et nécessitant une surveillance médicale et <strong>des</strong> soins constants<br />

(compétence tarifaire exclusive de l’Etat).<br />

7


Saône-et-Loire :<br />

Réflexion sur l’adaptation <strong>des</strong> structures d’hébergement aux besoins <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes<br />

• Les Foyers d’Accueil Médicalisés (FAM) accueillent quant à eux les <strong>personnes</strong> lourdement <strong>handicapées</strong> et<br />

poly<strong>handicapées</strong> ayant besoin d’être aidées dans la majorité <strong>des</strong> actes essentiels de la vie, recevant de<br />

plus <strong>des</strong> soins constants et un suivi médical permanent (double tarification : Etat/Département).<br />

• Les Petites Unités de Vie (PUV) sont <strong>des</strong>tinées à accueillir les <strong>personnes</strong> dans leur milieu de vie habituel ;<br />

les liens sociaux sont ainsi conservés. Les espaces privatifs permettent de vivre comme à domicile et les<br />

espaces collectifs préservent la participation et l’autonomie <strong>des</strong> résidents.<br />

• Les Etablissement d’Hébergement pour Personnes Agées Dépendantes (EHPAD) – EHPA est<br />

l’appellation moderne de nos anciennes « maisons de retraite » - accueillent <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> âgées<br />

vali<strong>des</strong>, semi-vali<strong>des</strong>, dépendantes physiquement ou psychologiquement, voire désorientées. Ces<br />

établissements médicalisés relèvent soit du domaine médico-social, soit du domaine sanitaire (Unités de<br />

Soins de Longue Durée).<br />

• Les domiciles collectifs sont <strong>des</strong> structures d’hébergement non médicalisées, de petite taille (4/5<br />

<strong>personnes</strong> maximum), situées à proximité <strong>des</strong> liens sociaux et organisées comme de vrais domiciles. Un<br />

accompagnement personnalisé est assuré, favorisant la vie en milieu ordinaire <strong>des</strong> <strong>personnes</strong><br />

<strong>handicapées</strong> accueillies (+ de 20 ans à <strong>personnes</strong> vieillissantes), qui disposent d’une certaine autonomie.<br />

• L’accueil familial est une offre d’hébergement au domicile privé d’un accueillant familial - salarié de<br />

l’organisme social ou médico-social qui porte ce service -, <strong>des</strong>tiné aux <strong>personnes</strong> âgées de plus de 60 ans<br />

ou aux <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> de plus de 20 ans.<br />

Les deux dernières structures citées n’entreront pas dans le champ de ma réflexion, car à intégrer aux lieux<br />

de vie en milieu ordinaire.<br />

3.2 L’étape du vieillissement<br />

3.2.1 Approche généraliste<br />

En l’espace de quarante ans, l’espérance de vie <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> a quasiment rattrapé<br />

celle de la population non-handicapée. A personne handicapée, on associait systématiquement jusqu’à<br />

maintenant le principe de la précocité du vieillissement ; on a pu s’apercevoir de l’irréalité de ce concept,<br />

souvent lié à l’existence de maladies spécifiques, au manque d’accès aux soins, ou encore au fait que <strong>des</strong><br />

maladies du grand âge touchent plus précocement certaines <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> (exemple : la maladie<br />

d’Alzheimer chez les <strong>personnes</strong> trisomiques).<br />

Cependant, les professionnels s’accordent en grand nombre pour situer aux alentours de 40 ans l’âge<br />

à partir duquel il convient d’accorder une vigilance particulière à la personne handicapée, de manière à<br />

repérer d’éventuels signes du vieillissement et à y apporter les mesures adaptées, à court, moyen ou long<br />

termes. D’autant plus qu’il semble que la personne handicapée n’est le plus souvent (hors exceptions) pas<br />

consciente du fait qu’elle vieillisse et <strong>des</strong> répercussions que cela peut engendrer…<br />

Le vieillissement, en qualité de processus, ne peut se voir opposer la notion de barrière d’âge,<br />

notamment celle <strong>des</strong> fameux « 60 ans », critère administratif d’attribution <strong>des</strong> droits à la retraite. Il convient<br />

donc aux professionnels qui accompagnent les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes de s’adapter aux<br />

changements repérés, souvent qualifiés sous le terme de « fatigabilité ».<br />

8


Saône-et-Loire :<br />

Réflexion sur l’adaptation <strong>des</strong> structures d’hébergement aux besoins <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes<br />

Le traitement de cette « fatigabilité » peut différer ; il m’a ainsi été donné de visiter deux<br />

Etablissements ou Services d’Aide par le Travail (ESAT) du secteur associatif, dans lesquels les « solutions »<br />

apportées par leurs Directeurs sont diamétralement opposées, mais finalement complémentaires, car elles<br />

répondent chacune à un réel besoin, bien identifié et clairement exprimé dans les « projets de vie » <strong>des</strong><br />

intéressés ; il n’y a donc pas de bonne ou de mauvaise solution… il n’y a pas une mais <strong>des</strong> solutions… : ainsi,<br />

l’un a choisi de créer à proximité de leurs anciens liens sociaux une Petite Unité de Vie (PUV) accueillant 12<br />

<strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> de plus de 50 ans qui ressentaient le besoin de sortir <strong>des</strong> contraintes du monde du<br />

travail (mais attention : pré-retraite ou retraite ne veulent pas dire inactivité !) ; cette structure est à proximité<br />

d’un centre hospitalier, ce qui facilite l’accès aux soins en cas de nécessité (Annexe 2). L’autre a choisi<br />

d’adapter le travail effectué aux <strong>personnes</strong> vieillissantes, en leur aménageant dans sa structure <strong>des</strong> ateliers<br />

spécifiques ; l’objectif étant de permettre à ces <strong>personnes</strong> vieillissantes de conserver le plus longtemps<br />

possible le statut de « travailleur salarié » auquel elles tiennent particulièrement.<br />

3.2.2 Personnes <strong>handicapées</strong> et <strong>personnes</strong> âgées : la convergence <strong>des</strong><br />

politiques : une utopie ?<br />

La loi du 11 février 2005, dans son article 13 sur l’égalité <strong>des</strong> droits et <strong>des</strong> chances, la participation et<br />

la citoyenneté <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>, prévoit qu’en 2010 convergent les dispositifs en faveur <strong>des</strong><br />

<strong>personnes</strong> âgées et <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>, par l’abolition notamment de la barrière d’âge <strong>des</strong> 60 ans<br />

pour l’attribution <strong>des</strong> prestations sociales. C’est pourquoi, comme je l’ai déjà indiqué plus haut, le Département<br />

de Saône-et-Loire travaille actuellement à l’élaboration d’un schéma départemental convergeant pour la<br />

période 2010-2014 (Annexe 3) et à la mise en place de Maisons Locales de l’Autonomie (MLA), plateformes<br />

de services ayant pour objectifs de répondre au mieux aux besoins et projets de vie individuels <strong>des</strong> usagers,<br />

sur les différents bassins de vie du Département.<br />

Ainsi, ce schéma devrait rapprocher le cadre réglementaire de délivrance de l’Allocation<br />

Personnalisée d’Autonomie (APA) et de la Prestation de Compensation du Handicap (PCH) ; il intégrerait et<br />

coordonnerait également de façon plus efficace les politiques en faveur de ces deux publics - et notamment<br />

sur la question <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes -, en impactant également l’organisation <strong>des</strong><br />

services accueillant les publics, les évaluant et décidant de l’ouverture <strong>des</strong> droits.<br />

Il est cependant à regretter qu’à ce jour, malgré les promesses de Monsieur le Président de la<br />

République et sa confirmation de l’ouverture du chantier de la dépendance après le dossier <strong>des</strong> retraites, soit<br />

fin 2010 – début 2011, nous semblions nous orienter non pas vers la création d’un 5 ème risque « branche de la<br />

Sécurité Sociale » et donc basé sur la « solidarité nationale », mais plutôt vers la privatisation par une<br />

assurance-dépendance obligatoire pour les plus de 50 ans et le recours sur succession, <strong>des</strong> remaniements<br />

très importants de l’Allocation Personnalisée d’Autonomie (APA) pour les <strong>personnes</strong> âgées et peut-être sa<br />

disparition à terme, une couverture publique de la dépendance lourde de plus en plus limitée et le maintien de<br />

la barrière d’âge à 60 ans…. Quid de la convergence ? L’esprit de la loi du 11 février 2005 serait<br />

complètement abandonné, malgré le fait que la France ait ratifié la convention de l’ONU relative aux droits <strong>des</strong><br />

<strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>. La situation économique actuelle aura-t-elle raison de ce chantier avant même qu’il<br />

soit lancé ?<br />

Actuellement, une personne âgée (donc de plus de 60 ans) en perte d’autonomie peut, selon les<br />

incapacités recensées, bénéficier de l’Allocation Personnalisée d’Autonomie (APA). La Personne Handicapée<br />

Vieillissante relèvera de la Prestation de Compensation du Handicap (PCH), quels que soit l’origine de son<br />

handicap, son âge et son mode de vie, si elle est une : personne handicapée dont l’âge est inférieur ou égal à<br />

l’âge limite de 60 ans fixé par Décret du 19 décembre 2005 et dont le handicap correspond aux critères définis<br />

par ledit décret ; ou une personne handicapée dont ’âge est supérieur à l’âge limite de 60 ans mais dont le<br />

9


Saône-et-Loire :<br />

Réflexion sur l’adaptation <strong>des</strong> structures d’hébergement aux besoins <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes<br />

handicap répondait avant cet âge aux critères, si la demande est formulée avant les 60 ans ; ou toute<br />

personne handicapée dont l’âge est supérieur à l’âge limite <strong>des</strong> 60 ans mais exerçant une<br />

activité professionnelle. Or, pour comparaison, pour <strong>des</strong> besoins identiques, la personne relevant de l’APA<br />

recevra environ 400 €, celle relevant de la PCH environ 1 000 €. Pour l’instant, on peut donc dire que les<br />

Personnes Handicapées Vieillissantes sont avantagées quant au niveau <strong>des</strong> prestations qu’elles perçoivent<br />

pour compenser leur perte d’autonomie.<br />

3.3 Etat <strong>des</strong> lieux en Saône-et-Loire<br />

3.3.1 Les enquêtes HID et MDPH 71<br />

Selon l’enquête Handicaps – Incapacités – Dépendance (enquête HID – INSEE – Octobre 1998 à Décembre<br />

2001), sur les 635 000 Personnes Handicapées Vieillissantes – dont 267 000 âgées de plus de 60 ans -,<br />

environ 6 % vivent en institution, pour moitié dans un établissement pour adultes (FV, FH, FAM, MAS, PUV),<br />

en raison de leur « jeune âge » ; 11 % d’entre-elles vivent dans <strong>des</strong> établissements psychiatriques relevant<br />

donc du domaine dit « sanitaire ». Avec l’âge, les structures pour <strong>personnes</strong> âgées (EHPAD) semblent<br />

prendre le relais, accueillant en effet 73 % <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes – souffrant d’handicaps<br />

mentaux surtout - vivant en institution et âgées de 60 à 69 ans, 87 % de celles âgées de 70 à 79 ans et 97 %<br />

de celles de plus de 80 ans (Annexe 4).<br />

Actuellement, avoir une idée précise au niveau départemental du nombre et de l’évolution <strong>des</strong><br />

<strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes est assez difficile. Cependant, une enquête effectuée en 2005 par la<br />

Maison Départementale <strong>des</strong> Personnes Handicapées (MDPH) de Saône-et-Loire, dont les chiffres sont à<br />

prendre avec prudence car non réactualisés, a fait apparaître que, pour ce département, sur les pério<strong>des</strong><br />

2005-2007, 2008-2010, 2011-2013, 2014-2016 et 2017-209 :<br />

583 <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> devraient atteindre l’âge de 60 ans entre 2005-2019, dont 162 (27.8 %)<br />

entre 2017-2019. A noter que, sur les cantons mâconnais, la période 2008-2013 devrait compter les<br />

effectifs les plus importants.<br />

Leurs secteurs géographiques seraient les suivants :<br />

• Chalonnais : 148 PHV dont 74 en Foyers<br />

• Le Creusot-Montceau : 136 PHV dont 22 en MAS, 48 en Foyers<br />

• Mâconnais : 81 PHV dont 22 en FAM, 91 en Foyers<br />

• Charollais : 77 PHV dont 10 en Foyers<br />

• Louhannais : 42 PHV<br />

• Autunois : 38 PHV<br />

• Hors Saône-et-Loire : 61 PHV<br />

En 2013, 179 <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> auront 60 ans et plus, contre 45 en 2005. On peut donc dire<br />

que leur nombre est relativement limité ; l’adaptation <strong>des</strong> structures d’hébergement doit en<br />

conséquence être mûrement réfléchie pour correspondre aux besoins, sans pour autant cantonner<br />

l’offre aux plus de 60 ans, étant reconnu que les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> peuvent ressentir les signes<br />

de la « vieillesse » dès 40 ans.<br />

Nombre de <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> de plus de 40 ans dans les structures (données 2005)<br />

Structures 40-49 ans 50-55 ans 56-60 ans 60-65 ans + 65 ans TOTAL<br />

FAM 40 14 16 1 5 76<br />

10


Saône-et-Loire :<br />

Réflexion sur l’adaptation <strong>des</strong> structures d’hébergement aux besoins <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes<br />

FV 141 59 49 11 4 264<br />

FH traditionnel 72 34 15 4 125<br />

FH<br />

51 24 8 2 85<br />

accompagnement<br />

AJ 56 27 15 2 100<br />

ATL 11 5 1 1 18<br />

SS 56 22 8 7 1 94<br />

SAVS 77 34 22 7 140<br />

SAMSAH 7 3 10<br />

TOTAL 511 222 134 35 10 912<br />

3.3.2 Quelques chiffres-clés (source Conseil général 71)<br />

Personnes <strong>handicapées</strong> : (chiffres 2008 – questionnaire TES)<br />

• 1 738 <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> recensées auprès <strong>des</strong> structures associatives (22 réponses<br />

sur 24 associations existantes) dont :<br />

Personnes <strong>handicapées</strong> : (chiffres 2009)<br />

66 % d’handicaps mentaux<br />

20 % d’handicaps psychiques<br />

6 % d’handicaps moteurs<br />

7 % d’autres handicaps : polyhandicapés, autistes, <strong>personnes</strong> sour<strong>des</strong>,<br />

maladies rares…<br />

• 61 établissements (1 573 places permanentes et 32 de dépannage)<br />

• 18 services (566 places)<br />

• 74 ouvertures de places en établissements<br />

• 33 ouvertures de places en services<br />

Bénéficiaires de la PCH : (chiffres 2008 sans distinction domicile / institution )<br />

• 438 adultes âgés de 40 à 59 ans<br />

• 125 adultes âgés de 50 à 77 ans<br />

Personnes âgées : (chiffres 2009)<br />

• 88 établissements<br />

• 7 365 places permanentes<br />

• 2 ouvertures d’établissements en 2009 (à Montceau-les-Mines et Saint-Marcel)<br />

• 1 ouverture d’établissement en 2010 (à Mervans)<br />

• 14 557 bénéficiaires de l’APA<br />

• Indice de vieillissement : 93.4 en Saône-et-Loire (66.8 pour la France)<br />

• 61 538 <strong>personnes</strong> âgées de + 75 ans pour 549 000 habitants dans le département (11.2 %)<br />

avec une perspective pour 2020 de + 27 % de <strong>personnes</strong> de plus de 60 ans et + 63 % de<br />

<strong>personnes</strong> de plus de 85 ans.<br />

3.3.3 Indices, Tableaux de Bord et Cartographies – Où en est la Saône-et-<br />

Loire ? (source Conseil général 71)<br />

11


Saône-et-Loire :<br />

Réflexion sur l’adaptation <strong>des</strong> structures d’hébergement aux besoins <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes<br />

Vous trouverez en Annexes 5 à 12 les indices, tableaux de bord et cartographies qui vous permettront<br />

de vous représenter l’actualité saône-et-loirienne. Pour information, il est établi que le Département de la<br />

Saône-et-Loire engage <strong>des</strong> moyens supérieurs à la moyenne <strong>des</strong> autres départements pour la prise en<br />

charge <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> (établissements et services).<br />

Une étude prospective <strong>des</strong> besoins et propositions de scenarii en matière d’équipements pour la<br />

période 2009-2013, établie par le Service Handicap et Gérontologie du Département, fait ressortir les points<br />

suivants concernant les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes :<br />

Les EHPAD apparaissent comme <strong>des</strong> structures d’hébergement complémentaires à l’accueil <strong>des</strong><br />

<strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> « âgées ». Ainsi, en Saône-et-Loire :<br />

• La Résidence Départementale d’Accueil et de Soin (RDAS) de Mâcon accueille dans deux de<br />

ses trois bâtiments <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>, avec une unité dévolue aux <strong>personnes</strong><br />

<strong>handicapées</strong> vieillissantes. La résidence bénéficie d’un tarif spécifique « <strong>personnes</strong><br />

<strong>handicapées</strong> » et d’un ratio de personnels pour l’unité consacrée aux <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong><br />

vieillissantes.<br />

• L’EHPAD de Saint-Désert, initialement conçu pour accueillir <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> âgées et <strong>des</strong><br />

<strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes, n’accueille plus que <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> âgées<br />

(50 places – moyenne d’âge : 65 ans – la PHV accueillie la plus jeune est âgée de 50 ans).<br />

L’EHPAD bénéficie également d’un tarif spécifique d’hébergement et son projet de service est<br />

adapté à la population accueillie. J’ai eu l’occasion de me rendre dans cette structure et de<br />

pouvoir échanger avec les cadres en place. Leurs propos seront développés ultérieurement<br />

lorsque j’évoquerai la mixité <strong>personnes</strong> âgées / <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes, ou<br />

encore l’accueil de parents âgés avec leurs enfants handicapés vieillissants.<br />

• L’EHPAD de Sennecey-le-Grand – dans lequel je me suis également rendue – a une capacité<br />

de 75 lits dont 10 « Alzheimer » ; il est couplé administrativement à celui de Saint-Ambreuil,<br />

d’une capacité de 61 places en chambres seules ; actuellement en travaux, ce dernier se voit<br />

rajouter une aile d’une capacité de 29 lits et un projet de 20 lits supplémentaires <strong>des</strong>tinés aux<br />

<strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes (public : sourds, malvoyants…) est à l’étude.<br />

Pour les deux premiers EHPAD cités, sites expérimentaux, on relève <strong>des</strong> tarifs d’hébergement<br />

supérieurs aux EHPAD - chiffres 2008 : 43.16 € en moyenne + 10 à 20 € journaliers – mais inférieurs<br />

à ceux <strong>des</strong> foyers traditionnels – 67.33 € en 2008 -. En rajoutant les tarifs dépendance, le coût est<br />

supérieur à celui <strong>des</strong> foyers d’hébergement traditionnels – 68.55 € pour la RDAS et 83.22 € pour<br />

Saint-Désert – mais reste inférieur à celui <strong>des</strong> foyers de vie et <strong>des</strong> FAM – 110 € soins non compris<br />

pour cette dernière structure -.<br />

Les EHPAD peuvent donc contribuer à la satisfaction <strong>des</strong> besoins ; les « cantous » accueillant <strong>des</strong><br />

<strong>personnes</strong> atteintes de la maladie d’Alzheimer sont déjà bien entrés dans les mœurs ; les handicaps rares<br />

(sourds, malvoyants…) et moteurs, par contre, restent insuffisamment pris en compte et il me semble<br />

nécessaire d’engager <strong>des</strong> actions en leur faveur dans ce type de structure, en créant <strong>des</strong> unités<br />

spécialisées, médicalisées en conséquence. Le projet à l’étude sur Sennecey-le-Grand se révèle donc<br />

d’actualité. A noter également qu’un Centre Alzheimer va prochainement être construit sur Le Creusot,<br />

avec le projet d’y accueillir 12 <strong>personnes</strong> atteintes d’Alzheimer mais également 14 Personnes<br />

Handicapées Vieillissantes.<br />

12


Saône-et-Loire :<br />

Réflexion sur l’adaptation <strong>des</strong> structures d’hébergement aux besoins <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes<br />

Je trouve important de souligner que le Département de Saône-et-Loire assume actuellement envers le<br />

public <strong>des</strong> handicapés physiques (surtout traumatisés crâniens) <strong>des</strong> frais de médicalisation revenant<br />

normalement à l’Etat, à hauteur de 880 700 € annuels environ ; cette somme permettrait la création d’un<br />

établissement de 24 places à tarif journalier de 100 €,- dont un certain nombre pourrait être consacré au<br />

public vieillissant atteint de ce type de handicaps, n’est-il pas vrai ? -.<br />

Il existe actuellement en Saône-et-Loire deux établissements spécialisés pour les <strong>personnes</strong> autistes :<br />

• Le FAM d’Azé : 39 places + 1 de dépannage – 45 adultes en liste d’attente en 2005, sans<br />

indication de l’âge. Sa capacité devrait s’étendre à 51 places sur les années 2011-2012, par<br />

la création d’une Petite Unité de Vie de 12 places supplémentaires dédiées aux <strong>personnes</strong><br />

autistes vieillissantes. En 2008, le tarif moyen d’hébergement s’y élevait à 133.05 € (coût de<br />

la place : 47 237 €).<br />

Le FAM de Sennecey-le-Grand, ouvert en 2009, a réservé une unité de 12 places aux <strong>personnes</strong><br />

autistes mais je ne connais pas les tranches d’âges concernées.<br />

Un FAM est en construction actuellement sur Paray-le-Monial, qui accueillera 5 unités de 8<br />

<strong>personnes</strong>, réparties selon leur handicap (déficience intellectuelle, polyhandicap, autisme). 90<br />

candidatures ont déjà été reçues pour ces 40 places, dont je ne sais si un certain nombre sera<br />

réservé aux Personnes Handicapées Vieillissantes atteintes <strong>des</strong> handicaps visés.<br />

Des besoins se font également sentir au niveau de l’offre d’hébergement pour les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong><br />

psychiques profon<strong>des</strong> stabilisées ne relevant pas d’une prise en charge sanitaire. Leur placement en<br />

EHPAD ne semble pas judicieux car non adapté à ce type de pathologie ; le Département envisage ainsi<br />

la création d’une MAS d’environ 50 places, complétée par la mise en place d’un FAM de 30 places<br />

spécialisé dans ce type de handicap.<br />

IV - La prise en charge en institution <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes :<br />

réflexion sur d’éventuelles pistes d’amélioration en Saône-et-Loire<br />

4.1 Généralités<br />

L’idéal serait bien évidemment que les besoins présents et à venir soient couverts par l’offre<br />

d’hébergement, et ceci de manière équitable et égalitaire sur l’ensemble du Département, avec <strong>des</strong> ratios<br />

d’encadrement adaptés, bien évidemment supérieurs à ceux <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> âgées. Pourtant, il faut être<br />

réaliste : il est parfois difficile de concilier tous les critères à réunir pour répondre à un besoin exprimé donné<br />

de façon « localisée ». L’état <strong>des</strong> lieux que je vous ai fourni ne me permet pas d’être plus précise à ce sujet,<br />

mais fait bien ressortir que la problématique est bien identifiée et que <strong>des</strong> solutions sont à l’étude ou en cours<br />

de réalisation. Pour autant, le maximum doit être fait pour éviter à la Personne Handicapée Vieillissante de<br />

perdre tous ses liens, tous ou partie de ses repères, en quelques mots, pour répondre du mieux possible à<br />

son projet de vie individuel ; l’établissement accueillant, quant à lui, doit être à même de lui proposer un cadre<br />

13


Saône-et-Loire :<br />

Réflexion sur l’adaptation <strong>des</strong> structures d’hébergement aux besoins <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes<br />

de vie adapté et qui saura évoluer en fonction de ses besoins, ceci par le biais d’un projet d’établissement<br />

clairement défini et annoncé.<br />

Si le « problème » du vieillissement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> est à mon sens mieux appréhendé<br />

dans les MAS (le maintien dans ces structures, lors du vieillissement, est de plein droit) et FAM, du fait de leur<br />

médicalisation, le sujet est fortement d’actualité pour les autres types de structures, qui ont d’ailleurs déjà pour<br />

certaines engagé <strong>des</strong> actions en faveur de « leurs » Personnes Handicapées Vieillissantes (handicap mental<br />

essentiellement) : la Petite Unité de Vie de Paray-le-Monial, ouverte en novembre 2009, les projets prévus ou<br />

qui sont à l’étude, en sont la preuve. Le secteur associatif, très fortement développé dans le domaine du<br />

handicap, s’est d’ailleurs largement impliqué sur le sujet ; les Directeurs et Directrices d’EHPAD sont<br />

également conscients de l’enjeu.<br />

Les Foyers de Vie ou d’Hébergement doivent en effet trouver <strong>des</strong> solutions pour assurer un turn-over<br />

correct de leurs résidents, les ESAT idem pour leurs travailleurs, ce qui implique d’organiser un processus de<br />

transition pour leur population la plus âgée. La prévention et la réflexion en amont sont à encourager, afin<br />

d’éviter au maximum les solutions d’urgence, qui ont toujours un côté insatisfaisant.<br />

La modification du Règlement Départemental d’Action Sociale (RDAS) qui permet aux Foyers<br />

d’Hébergement d’accueillir au maximum pour 30 % de leur capacité d’hébergement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong><br />

<strong>handicapées</strong> qui ne sont plus aptes à travailler ou qui ont dépassé l’âge de 60 ans, ne peut être qu’une<br />

solution provisoire. D’où les projets de Petites Unités de Vie. Encore faut-il que ces structures aient bien pris<br />

en compte le volet « soins » qui, l’âge avançant, sera de plus en plus présent, les résidents de ces structures<br />

étant sensés y être accueillis jusqu’à leur fin de vie.<br />

Il est évident également que les professionnels du handicap ne sont pas formés au vieillissement – ou<br />

du moins pas assez - et ceux relevant de la gérontologie connaissent peu ou prou le monde <strong>des</strong> handicaps<br />

susvisés. Il me semble nécessaire d’organiser dans l’ensemble <strong>des</strong> structures concernées <strong>des</strong> cycles de<br />

formation convergente Personnes Agées / Personnes Handicapées pour l’ensemble de leurs personnels.<br />

De même, il conviendrait de renforcer les réseaux et partenariats déjà existants, de créer ceux qui<br />

n’existeraient pas, afin de mutualiser au maximum les moyens, qu’ils soient humains, matériels ou encore<br />

financiers, de tous les acteurs impliqués (associations, EHPAD, intervenants <strong>des</strong> domaines sanitaire et<br />

d’accompagnement, administrations décideuses de la politique sanitaire, sociale et médico-sociale, Maison<br />

Départementale <strong>des</strong> Handicapés (dorénavant dénommée Maison Départementale de l’Autonomie), Maisons<br />

Locales de l’Autonomie, Centres Locaux d’Information et de Coordination, Guichets Uniques…).<br />

Il est important d’indiquer à ce sujet que, dans le cadre du « programme de développement <strong>des</strong> soins<br />

palliatifs 2008-2012 », une instruction ministérielle vient d’être transmise aux Agences Régionales de Santé,<br />

précisant les modalités d’intervention <strong>des</strong> Equipes Mobiles de Soins Palliatifs (EMSP) dans les EHPAD et les<br />

établissements médicaux-sociaux (Annexe 14).<br />

Il apparaît également nécessaire de se doter d’un outil performant d’observation permettant de cibler<br />

au jour le jour la population concernée, d’en tenir un état, ce qui le rendrait également capable d’anticiper en<br />

effectuant une analyse prospective <strong>des</strong> besoins et d’évaluer les stratégies mises en œuvre. La création d’un<br />

Observatoire dévolu aux <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> est d’ailleurs l’un <strong>des</strong> projets à l’étude du Département.<br />

4.2 Mixité ou Unités spécifiques ?<br />

14


Saône-et-Loire :<br />

Réflexion sur l’adaptation <strong>des</strong> structures d’hébergement aux besoins <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes<br />

Les Etablissement d’Hébergement pour Personnes Agées Dépendantes accueillent <strong>des</strong> <strong>personnes</strong><br />

âgées vali<strong>des</strong>, semi-vali<strong>des</strong>, dépendantes physiquement ou psychologiquement, voire désorientées. Ces<br />

établissements médicalisés relèvent soit du domaine médico-social, soit du domaine sanitaire (Unités de<br />

Soins de Longue Durée).<br />

Il apparaît que la mixité <strong>des</strong> populations accueillies puisse poser problème :<br />

Aux <strong>personnes</strong> âgées vali<strong>des</strong>, semi-vali<strong>des</strong>, non ou peu dépendantes physiquement et surtout « non<br />

désorientées », qui acceptent mal, pour la plupart, être obligées de « cohabiter » chaque jour avec la<br />

vision, les faits et gestes de <strong>personnes</strong> moins bien « conservées » qu’elles : les repas en commun,<br />

par exemple, et ceci même si l’organisation sectorise au maximum, peuvent être mal vécus ; la<br />

personne âgée peut en arriver à s’isoler dans sa chambre, à ne pas participer aux activités, pour ne<br />

plus être confrontée à ces comportements. Non point pour l’« excuser », mais n’oublions pas que,<br />

pour elle, le mot EHPAD n’a souvent pas de sens, celui de Maison de Retraite oui par contre et que,<br />

pour beaucoup de nos <strong>personnes</strong> âgées d’aujourd’hui, les mala<strong>des</strong> d’Alzheimer ne sont ni plus ni<br />

moins que <strong>des</strong> « déments » relevant d’un établissement psychiatrique. Etre contraints de vivre<br />

journellement avec eux ne relève pas de leur projet de vie… La vie avec <strong>des</strong> <strong>personnes</strong><br />

<strong>handicapées</strong> ? Tout dépend du handicap : mental ou physique léger, il a toutes les chances d’être<br />

bien intégré, surtout en nombre limité, favorisant ainsi l’insertion de la Personne Handicapée<br />

Vieillissante et la dynamique de la Personne Agée ; plus grave, il a par contre toutes les chances<br />

d’être rejeté par ce type de population. Ainsi, la création d’unités spécifiques au sein <strong>des</strong> EHPAD,<br />

Foyers d’Hébergement ou autres établissements d’hébergement semble être une solution rationnelle.<br />

Ceci n’exclut pas, et c’est même à encourager, la possibilité d’activités communes ponctuelles,<br />

pouvant développer chez certains l’envie de se sentir utile, d’aider l’autre, une certaine forme de<br />

solidarité… et un changement, petit à petit, <strong>des</strong> mentalités (aussi bien <strong>des</strong> résidents que de leurs<br />

familles d’ailleurs).<br />

La Personne Handicapée Vieillissante intégrant un EHPAD sera quant à elle généralement confrontée<br />

à une population accueillie bien plus âgée qu’elle (âge moyen d’une personne âgée entrant en<br />

établissement : 80 / 85 ans) : son rythme de vie ne sera pas le même, ses activités, ses souhaits et<br />

ses besoins seront différents… Tout cela, l’établissement devra l’intégrer…. Sera t-il toujours en<br />

capacité de le faire ? C’est à mon sens là qu’il faut absolument réfléchir et préparer l’accueil <strong>des</strong> PHV<br />

en EHPAD en amont. L’expérience de l’EHPAD de Saint-Désert le montre bien : l’établissement a été<br />

amené à faire le choix de ne plus accueillir que <strong>des</strong> PHV alors que le projet initial prévoyait la mixité<br />

<strong>des</strong> publics. Si cela n’est pas assez réfléchi, la Personne Handicapée Vieillissante pourra vite se<br />

retrouver isolée, d’autant plus si elle a peu de liens avec l’extérieur, familiaux notamment. Cependant,<br />

il faut prendre en compte un atout dont dispose assez souvent la Personne Handicapée Vieillissante :<br />

sa capacité à aider l’autre, qu’il soit personne âgée ou personnel de l’établissement (dans le cadre<br />

<strong>des</strong> animations par exemple…).<br />

Certains départements ont développé l’accueil en EHPAD de <strong>personnes</strong> âgées ne pouvant plus rester<br />

à domicile, accompagnées de leur(s) enfant(s) handicapé(s). Les avis divergent quant à ce concept : il<br />

peut en effet être rassurant pour la personne âgée de savoir son enfant handicapé accueilli dans la<br />

même structure qu’elle ; l’enfant handicapé, quant à lui, ne verra pas se couper le lien fusionnel qui<br />

l’unit à son parent ; il aura également le temps, logiquement, de s’adapter à son nouvel<br />

environnement avant le décès de ce dernier. Par contre, certains professionnels argumentent contre<br />

ce concept en faisant ressortir qu’il contribue à la dépendance de la personne handicapée envers son<br />

parent et donc est un frein au développement de son autonomie. Personnellement, je ne peux prendre<br />

position sur ce point, partagée entre le côté humain du concept, mais également sensible aux<br />

objections de ces professionnels, dont je ne fais pas partie…<br />

15


Saône-et-Loire :<br />

Réflexion sur l’adaptation <strong>des</strong> structures d’hébergement aux besoins <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes<br />

Comme je le faisais ressortir plus haut, les mon<strong>des</strong> du handicap et de la personne âgée sont<br />

actuellement deux mon<strong>des</strong> qui se connaissent mal. Si le problème n’est pas insoluble, il convient tout<br />

de même de tenir compte, dans les EHPAD, <strong>des</strong> personnels en place, non ou insuffisamment formés<br />

aux problématiques <strong>des</strong> Personnes Handicapées Vieillissantes. L’évolution de ces structures, de<br />

Maisons de Retraite en EHPA, d’EHPA en EHPAD, l’arrivée d’unités spécifiques réservées aux<br />

mala<strong>des</strong> d’Alzheimer, aux autistes etc… ne peut s’envisager sans un engagement profond <strong>des</strong> corps<br />

de métiers intervenant en faveur <strong>des</strong> PHV accueillies. Le burn-out, ou syndrome d’épuisement<br />

professionnel, peut rapidement survenir dans ce type de métiers, où l’on est continuellement « au<br />

service de l’autre ». Aussi, toute éventuelle réorganisation doit-elle être envisagée en accord avec les<br />

personnels qui se verraient affectés dans ces unités et avec l’appui d’un plan de formation adéquat.<br />

La bientraitance est à ce prix.<br />

Le développement du partenariat avec les autres structures existant sur le département est à mon<br />

sens à étendre aux EHPAD, chaque fois que cela peur apporter un mieux à la Personne Handicapée<br />

Vieillissante.<br />

4.3 Des lieux de vie adaptés aux résidents et aux différents handicaps rencontrés<br />

Je suis particulièrement sensible aux problématiques <strong>des</strong> handicaps moteur et sensoriel (visuel et<br />

auditif) en matière d’accessibilité, d’architecture adaptée, d’ai<strong>des</strong> techniques et technologiques favorisant<br />

l’autonomie <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> âgées et <strong>handicapées</strong> (âgées ou pas d’ailleurs…). Voici quelques points qui, je<br />

pense, demandent à être travaillés, en Saône-et-Loire et partout ailleurs… :<br />

Logiquement, les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> moteur accueillies en établissements sont, vieillissantes,<br />

bien prises en charge dans les EHPAD (aide à la toilette, pour se nourrir, locaux adaptés…). Il<br />

convient quand même de faire ressortir que la technologie <strong>des</strong> fauteuils roulants a fait <strong>des</strong> bonds<br />

fantastiques et qu’il serait judicieux de développer au maximum leur utilisation, ce qui augmenterait<br />

indéniablement l’autonomie d’un bon nombre d’handicapés moteur. Leur coût supérieur est bien sûr<br />

un frein, mais il ne paraît pas impossible qu’un programme réfléchi permette d’en équiper, à moyen<br />

terme, les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> moteur qui en auraient l’utilité. Ce programme d’investissement<br />

pourrait également comprendre l’ensemble <strong>des</strong> ai<strong>des</strong> techniques disponibles.<br />

L’accessibilité est un sujet d’actualité, pour lequel il y a encore beaucoup à faire et à inventer. Dans<br />

les établissements accueillant <strong>des</strong> Personnes Handicapées Vieillissantes, les adaptations<br />

architecturales, technologiques et humaines sont, bien que connues, encore à améliorer et<br />

développer :<br />

• Aux niveaux architectural et technique, hormis les normes en vigueur et appliquées, il<br />

conviendrait à mon sens de développer <strong>des</strong> concepts originaux dès lors que l’on accueille ne<br />

serait-ce qu’une personne qui en aurait l’utilité.<br />

Pour l’handicapé moteur, ce peut être automatiser au maximum l’ouverture et<br />

la fermeture <strong>des</strong> portes, fenêtres et volets, dans l’établissement (ascenseur<br />

compris) et dans son logement ;<br />

Pour l’handicapé sensoriel souffrant de troubles visuels, ce peut être<br />

aménager les espaces de manière à lui permettre de se déplacer et de se<br />

repérer plus facilement (ban<strong>des</strong> de couleur à picots aux murs ou aux sols par<br />

exemple, systèmes sonores…). A noter que, selon l’enquête HID déjà citée,<br />

40 % <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> âgées présentent un handicap visuel.<br />

16


Saône-et-Loire :<br />

Réflexion sur l’adaptation <strong>des</strong> structures d’hébergement aux besoins <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes<br />

Pour l’ensemble <strong>des</strong> résidents, l’architecture extérieure doit leur permettre de<br />

bénéficier d’un cadre de vie agréable, avec lieux de promenade aménagés et<br />

sécurisés.<br />

L’architecture intérieure doit quant à elle être envisagée de manière à<br />

reproduire les liens sociaux de tout un chacun, avec une répartition <strong>des</strong><br />

secteurs bien définie, reproduisant au maximum un environnement<br />

ressemblant à ce qu’ils ont connu dans le passé (partie administrative,<br />

« commerces », zones de loisirs, cafétéria, de soins… et partie privative<br />

accueillante et personnalisée), évitant au maximum l’atmosphère « hôpital » ;<br />

il faut pouvoir se sentir « comme à la maison ». L’EHPAD de Sennecey-le-<br />

Grand, que j’ai eu l’occasion de visiter, est conçu de cette manière et<br />

visiblement très apprécié <strong>des</strong> résidents. Ce modèle est à mon sens à<br />

reproduire sans aucune hésitation.<br />

Le lieu d’implantation <strong>des</strong> établissements est également important, car<br />

facteur à favoriser la socialisation <strong>des</strong> résidents et les liens avec l’extérieur<br />

(commerces, loisirs - sportifs notamment -, rencontres intergénérationnelles…).<br />

S’il est bien pensé dès le projet de départ, la<br />

socialisation sera facilitée. Pour les établissements déjà existants, parfois<br />

plus excentrés, la socialisation <strong>des</strong> résidents avec l’extérieur demandera plus<br />

d’aménagements, donc sera forcément plus contraignante.<br />

• Les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> sensorielles souffrant de problèmes d’audition sont souvent<br />

appareillées et ont de plus pour la plupart développé une bonne adaptabilité à leur handicap.<br />

Ceci dit, il convient de souligner que 69 % <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> âgées présentent un handicap<br />

auditif (enquête HID). La population que l’on peut rencontrer dans les EHPAD est donc largement<br />

impactée par cette problématique. La prendre en compte est donc une nécessité et il<br />

conviendrait à l’avenir que la France se dote d’un système de prise en charge <strong>des</strong> ai<strong>des</strong><br />

auditives performant, car leur coût les rend encore inaccessibles pour beaucoup.<br />

• Les moyens humains à mettre en place ne sont pas négligeables. L’arrivée <strong>des</strong> Personnes<br />

Handicapées Vieillissantes dans <strong>des</strong> établissements d’hébergement où elles resteront jusqu’à<br />

leur fin de vie, doit être accompagnée par <strong>des</strong> professionnels <strong>des</strong> différents corps de métiers<br />

rencontrés dans les secteurs du handicap et de la gérontologie. Un partenariat fort est donc à<br />

mettre en place, ceci est indéniable. Comme je le disais plus haut, le rôle de la formation <strong>des</strong><br />

personnels est primordial et doit viser à fournir une prestation de qualité aux résidents, en<br />

essayant d’aller toujours plus loin dans l’exemplarité. Améliorer l’accessibilité, n’est-ce pas,<br />

par exemple, lorsque l’on accueille <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> souffrant d’un handicap auditif, pouvoir leur<br />

offrir un petit pourcentage de son personnel formé au langage <strong>des</strong> signes ?<br />

• Améliorer l’accessibilité, c’est également leur permettre de bénéficier <strong>des</strong> nouvelles<br />

technologies, de communication notamment, et ceci d’autant plus que les futures générations<br />

de résidents n’envisageront même pas de vivre sans. Des ateliers « informatique »,<br />

« Internet » rencontrent d’ailleurs déjà, dans <strong>des</strong> EHPAD du département, beaucoup de<br />

succès. Imaginez les applications possibles et le bonheur que peut procurer une simple<br />

Webcam à un résident éloigné géographiquement de sa famille !<br />

Les établissements recevant <strong>des</strong> Personnes Handicapées Vieillissantes doivent pouvoir leur proposer<br />

également, dans le cadre du volet « soins », <strong>des</strong> séances de balnéothérapie avec du personnel<br />

17


Saône-et-Loire :<br />

Réflexion sur l’adaptation <strong>des</strong> structures d’hébergement aux besoins <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes<br />

professionnel (moniteurs éducateurs, kinésithérapeutes, ai<strong>des</strong> médico-psychologiques…). Le coût de<br />

cet équipement est assez onéreux mais, en attendant de pouvoir l’acquérir, l’établissement n’en<br />

disposant pas devra rechercher, dans le cadre d’une convention ou d’un partenariat, la mise à<br />

disposition de cet outil par un autre établissement. Et je n’oublie pas, dans le cadre de ce volet<br />

« soins », tout ce qui relève de l’accompagnement de fin de vie… Là encore, un bon réseau, les<br />

partenariats sont à favoriser.<br />

V - Conclusion<br />

La loi du 11 février 2005 sur l’égalité <strong>des</strong> droits et <strong>des</strong> chances, la participation et la citoyenneté<br />

<strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> est à mon avis un magnifique outil pour mettre en œuvre <strong>des</strong> actions enfin<br />

concrètes en faveur <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>. Parmi elles, les Personnes Handicapées Vieillissantes et le<br />

défi que représentent leur prise en charge et leur accompagnement, pour la France et le Département de la<br />

Saône-et-Loire !<br />

L’ensemble <strong>des</strong> professionnels concernés, dont j’ai ressenti le profond engagement à cette<br />

cause, agit déjà et recherche les solutions les plus adaptées. Pour être la plus efficace possible, leur<br />

mobilisation passe incontournablement, à mon avis, par un regroupement <strong>des</strong> secteurs sanitaires, de la<br />

gérontologie et du handicap, seule façon de pouvoir offrir une réponse la plus complète possible aux besoins<br />

<strong>des</strong> Personnes Handicapées Vieillissantes et de leurs familles.<br />

Il nous faut également disposer au préalable d’un outil fiable de recensement, d’étude et<br />

d’analyse, d’où l’idée déjà avancée de la création d’un Observatoire du Handicap au niveau départemental.<br />

La réflexion conduite sur l’adaptation <strong>des</strong> structures d’hébergement aux besoins <strong>des</strong> Personnes<br />

Handicapées Vieillissantes fait à mon sens ressortir que, pour la Saône-et-Loire comme pour les autres<br />

Départements d’ailleurs, il n’existe pas une solution unique, mais bien un ensemble de solutions possibles qui<br />

se révèlent en définitive complémentaires.<br />

Les professionnels du handicap, tentés par la création de Petites Unités de Vie ou d’Unités<br />

Spécifiques au sein <strong>des</strong> FAM par exemple, répondent à une partie <strong>des</strong> besoins. Mais ils doivent à cette<br />

occasion ne pas hésiter à se rapprocher <strong>des</strong> professionnels de la gérontologie, qui sauront les conseiller dans<br />

leur approche du vieillissement et par leur connaissance de la vieillesse.<br />

Les professionnels de la gérontologie, quant à eux, ont bien ressenti le besoin de développer de<br />

manière réfléchie l’accueil dans les EHPAD de Personnes Handicapées Vieillissantes. Eux aussi ont à<br />

apprendre du monde du handicap et doivent tendre à un travail en commun, pour le bien-être et la satisfaction<br />

18


Saône-et-Loire :<br />

Réflexion sur l’adaptation <strong>des</strong> structures d’hébergement aux besoins <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes<br />

<strong>des</strong> besoins de leurs résidents handicapés. La création d’unités spécifiques est je le pense sincèrement à<br />

encourager prioritairement dans ces structures ; où encore l’intégration d’un nombre limité de Personnes<br />

Handicapées Vieillissantes parmi les <strong>personnes</strong> âgées, à raison qu’elles soient assez autonomes pour œuvrer<br />

lentement mais sûrement en faveur d’un changement <strong>des</strong> mentalités.<br />

Une implantation <strong>des</strong> établissements raisonnée, l’adaptation <strong>des</strong> personnels, <strong>des</strong> locaux, <strong>des</strong><br />

équipements, technologies et soins participeront, j’en suis certaine, à favoriser l’application <strong>des</strong> principes si<br />

chers à la loi du 11 février 2005 que sont les principes de « libre choix » et de « l’individualisation de la<br />

réponse » proposés à cet « usager » si particulier, qui ne doit pas être traité autrement qu’avec dignité et<br />

éthique, comme tout un chacun.<br />

VI - Sigles utilisés et/ou utiles<br />

• AAH : l’Allocation Adultes Handicapés est attribuée aux <strong>personnes</strong> atteintes d’un taux minimum d’incapacité et<br />

disposant de ressources mo<strong>des</strong>tes afin de leur assurer une certaine autonomie financière. La Commission <strong>des</strong><br />

Droits et de l’Autonomie <strong>des</strong> Personnes Handicapées (CDAPH) ouvre les droits et la Caisse d’Allocation Familiale<br />

(CAF) vérifie les conditions administratives avant son versement.<br />

• ACFP : l’Allocation Compensatrice pour Frais Professionnels permettait aux <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> d’assumer les<br />

frais supplémentaires liés à l'exercice de leur profession. A l’origine, c'était une aide sociale versée par le Conseil<br />

général ; elle est aujourd’hui remplacée par la PCH.<br />

• ACTP : l’Allocation Compensatrice pour Tierce Personne permet aux <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> d’assumer les frais<br />

liés à l’intervention d’une tierce personne pour les aider dans les actes essentiels de la vie quotidienne. Elle a été<br />

remplacée par la Prestation de Compensation depuis le 1er janvier 2006. Les <strong>personnes</strong> qui bénéficiaient de<br />

l’ACTP avant 2006 peuvent choisir de continuer à la percevoir si elles remplissent les conditions d’attribution.<br />

• APA<br />

L’Allocation personnalisée d’autonomie remplace la Prestation Spécifique Dépendance (PSD) depuis le 1er<br />

janvier 2002. Les <strong>personnes</strong> âgées de plus de 60 ans hébergées à domicile ou en établissement peuvent<br />

bénéficier de cette allocation en fonction de leur degré d’autonomie et de leurs ressources. L’APA ne fait l’objet<br />

d’aucun recours sur la succession, donation ou legs.<br />

• ARS<br />

Les 26 Agences Régionales de Santé prévues par la loi du 21 juillet 2009 portant réforme de l’hôpital et relative<br />

aux patients, à la santé et aux territoires sont créées depuis avril 2010. Elles sont chargées de piloter la<br />

politique de santé publique (prévention, veille et sécurité sanitaires) en région et de réguler l’offre de soins tant<br />

dans le domaine hospitalier que dans celui de la médecine de ville.<br />

• Atelier protégé<br />

Les ateliers protégés étaient <strong>des</strong> unités de production qui embauchaient <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> reconnues travailleurs<br />

handicapés et orientées par la CDAPH vers le travail en milieu protégé. Ils avaient pour mission de favoriser, si<br />

possible, l\'accession <strong>des</strong> travailleurs handicapés au milieu ordinaire de travail. Depuis la loi du 11 février 2005,<br />

ils ne relèvent plus du secteur médico-social et sont devenus <strong>des</strong> Entreprises Adaptées.<br />

• CAT : un Centre d'Aide par le Travail est une structure médico-sociale qui accueille <strong>des</strong> travailleurs handicapés qui<br />

ne peuvent exercer une activité professionnelle, momentanément ou durablement, dans le secteur ordinaire de<br />

travail ou dans une entreprise adaptée. Depuis la loi du 11 février 2005, il est dénommé ESAT.<br />

• CCDSA : la Commission Consultative Départementale de Sécurité et d’Accessibilité est consultée sur la sécurité -<br />

notamment contre les risques d’incendie et de panique - et sur l’accessibilité aux <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>, <strong>des</strong><br />

établissements recevant du public et lors <strong>des</strong> deman<strong>des</strong> de dérogation aux règles d’accessibilité relatives à la<br />

voirie, aux bâtiments d’habitation collectifs, aux lieux de travail et aux établissements recevant du public. Elle émet<br />

19


Saône-et-Loire :<br />

Réflexion sur l’adaptation <strong>des</strong> structures d’hébergement aux besoins <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes<br />

un avis sur les deman<strong>des</strong> d’autorisation ou de dérogation. Les CCDSA sont instituées dans chaque département,<br />

par arrêté préfectoral.<br />

• CDAPH : la Commission <strong>des</strong> Droits et de l’Autonomie <strong>des</strong> Personnes Handicapées a été créée par la loi du 11<br />

février 2005. Elle succède ainsi à la CDES et à la COTOREP depuis le 1er janvier 2006 et siège au sein <strong>des</strong> MDPH.<br />

Elle prend les décisions relatives à l'ensemble <strong>des</strong> droits de la personne handicapée, notamment en matière<br />

d'attribution de prestations et d'orientation.<br />

• CICAT : un Centre d'Information et de Conseil sur les Ai<strong>des</strong> Techniques a pour vocation de répondre à un besoin<br />

d’information et de conseil sur les différentes ai<strong>des</strong> techniques en faveur <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> ou âgées<br />

telles que le matériel (fauteuil roulant, canne, domotique…), l’accessibilité et l’adaptation du logement etc…<br />

• CIH : créé en février 2009, le Comité Interministériel du Handicap a pour objectif de renforcer la cohérence<br />

interministérielle de la politique du handicap. Il est placé sous l'autorité du Premier ministre.<br />

• CMP : un Centre Médico-Psychologique est composé d'une équipe pluridisciplinaire (psychiatre, pédiatre,<br />

psychologue, assistante sociale, psychomotricien etc.) et propose <strong>des</strong> consultations médicales et <strong>des</strong> soins, mais<br />

aussi <strong>des</strong> temps thérapeutiques et éducatifs. Ces consultations sont prises en charge par la Sécurité Sociale. Le<br />

CMP peut intervenir en soin ambulatoire ou à domicile, pour adultes ou pour enfants.<br />

• CNSA : la Caisse Nationale de Solidarité pour l’Autonomie a été créée par la loi du 30 juin 2004. «Elle a pour rôle<br />

d’animer la politique de compensation de la perte d'autonomie et d’en garantir l’application égale sur tout le territoire<br />

dans le cadre d’une convention d’objectifs et de gestion passée avec l’Etat», selon le Ministère de la Santé.<br />

• Complément de ressources : le complément de ressources est versé en complément de l'Allocation aux Adultes<br />

Handicapés. Ajouté à l'AAH, il constitue la garantie de ressources. Les <strong>personnes</strong> titulaires de l’Allocation<br />

Supplémentaire Invalidité (ASI) peuvent aussi en bénéficier sous certaines conditions. Il est <strong>des</strong>tiné à compenser<br />

l'absence durable de revenu d'activité <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> dans l'incapacité de travailler. Il est attribué sous<br />

certaines conditions et sur décision de la CDAPH.<br />

• COTOREP : la Commission Technique d'Orientation et de Reclassement Professionnel mettait en oeuvre et<br />

coordonnait l'ensemble <strong>des</strong> mesures propres à assurer l'insertion professionnelle et sociale <strong>des</strong> <strong>personnes</strong><br />

<strong>handicapées</strong> adultes. Depuis la loi du 11 février 2005, elle a été remplacée et regroupée avec la CDES en une<br />

seule instance décisionnelle : la CDAPH.<br />

• EA : l’Entreprise Adaptée est une entreprise du milieu ordinaire du travail offrant <strong>des</strong> conditions de travail et un<br />

environnement adaptés aux travailleurs handicapés ayant <strong>des</strong> capacités de travail réduites. Elle est constituée au<br />

moins de 80% de travailleurs handicapés, lesquels peuvent ainsi exercer une activité professionnelle dans <strong>des</strong><br />

conditions adaptées à leurs possibilités. Elle remplace l’atelier protégé depuis la loi du 11 février 2005.<br />

• ESAT : les Etablissements ou Services d'Aide par le Travail sont <strong>des</strong> établissements médico-sociaux. Ils permettent<br />

aux travailleurs handicapés d'exercer une activité professionnelle adaptée à leurs capacités personnelles et de<br />

développer ainsi leur potentiel. Pour être accueilli en ESAT, il faut une orientation professionnelle vers le milieu<br />

protégé par la CDAPH. Les ESAT remplacent les CAT depuis la loi du 11 février 2005.<br />

• ESMS : abréviation pour désigner les Établissements et Services Sociaux et Médico-Sociaux.<br />

• FAM : le Foyer d’Accueil Médicalisé est <strong>des</strong>tiné à recevoir <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> adultes <strong>handicapées</strong> physiques, mentales<br />

ou atteintes de handicaps associés, dont la dépendance totale ou partielle les rend inaptes à toute activité<br />

professionnelle et rend nécessaire l’assistance d’une tierce personne. Il assure l'hébergement, la surveillance<br />

paramédicale, un suivi médical constant, et souvent une rééducation d'entretien et une animation Cet établissement<br />

est soumis à la double tarification (Sécurité Sociale et Conseil général).<br />

• Fonds départemental de compensation : le Fonds départemental de compensation du handicap est géré dans<br />

chaque MDPH. Celui-ci est chargé d'accorder <strong>des</strong> ai<strong>des</strong> financières afin de permettre aux <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong><br />

de faire face aux frais liés à leur handicap, restant à leur charge, après avoir fait valoir leur droit à la prestation de<br />

compensation.<br />

• Garantie de ressources : la garantie de ressources est composée du complément de ressources et de l’AAH. Elle<br />

est <strong>des</strong>tinée à compenser l'absence durable de revenu d'activité <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> dans l'incapacité de<br />

travailler. Elle est attribuée, sous certaines conditions et sur décision de la CDAPH, aux <strong>personnes</strong> percevant l’AAH<br />

à taux plein ou en complément d’une pension d’invalidité, d’une pension vieillesse, ou d’une rente d’accident du<br />

travail mais aussi aux <strong>personnes</strong> titulaires de l’Allocation Supplémentaire Invalidité (ASI).<br />

• GRTH<br />

La Garantie de Ressources <strong>des</strong> Travailleurs Handicapés était versée en milieu ordinaire de travail et en milieu<br />

protégé. Elle a été supprimée par la loi du 11 février 2005. La rémunération minimale du travailleur handicapé<br />

20


Saône-et-Loire :<br />

Réflexion sur l’adaptation <strong>des</strong> structures d’hébergement aux besoins <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes<br />

est désormais basée sur le SMIC en milieu ordinaire et en entreprise adaptée. Elle correspond à la<br />

rémunération garantie en ESAT.<br />

• LSF<br />

La Langue <strong>des</strong> Signes Française est une langue française à part entière. Utilisée pour communiquer avec les<br />

<strong>personnes</strong> sour<strong>des</strong>, elle associe un signe à un mot, mais elle s’appuie également sur la lecture labiale, la<br />

dactylologie, les mimiques et l’expression du visage.<br />

• MAS<br />

Les Maisons d’Accueil Spécialisées reçoivent <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> adultes qu’un handicap intellectuel, moteur ou<br />

somatique grave, ou une association de handicaps intellectuels, moteurs ou sensoriels rendent incapables de<br />

se suffire à elles-mêmes dans les actes essentiels de l’existence et tributaires d’une surveillance médicale ainsi<br />

que de soins constants. La prise en charge de cet établissement se fait par la sécurité sociale.<br />

• MDPH<br />

Il existe une Maison Départementale <strong>des</strong> Personnes Handicapées par département sous la direction du Conseil<br />

général. Elle a une mission d'accueil, d'information, d'accompagnement et de conseil <strong>des</strong> <strong>personnes</strong><br />

<strong>handicapées</strong> et de leur famille, ainsi que de sensibilisation de tous les citoyens au handicap. Chaque MDPH<br />

met en place entre autres une équipe pluridisciplinaire qui évalue les besoins de la personne handicapée, et<br />

une Commission <strong>des</strong> droits et de l'autonomie <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> qui prend les décisions relatives à<br />

l'ensemble <strong>des</strong> droits de la personne.<br />

• MTP<br />

La Majoration pour Tierce Personne est attribuée aux <strong>personnes</strong> qui ont besoin d’une aide pour les actes de la<br />

vie quotidienne. Elle vient en complément : soit d’une rente d’accident du travail ou maladie professionnelle,<br />

soit d’une pension d’invalidité (de troisième catégorie), soit d’un avantage vieillesse. Elle est versée par la<br />

caisse d’assurance maladie ou vieillesse.<br />

• MVA<br />

La Majoration pour la Vie Autonome est versée en complément de l'Allocation aux adultes handicapés. Ce<br />

complément est <strong>des</strong>tiné aux <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> qui peuvent travailler mais ne travaillent pas. Il est attribué<br />

sous certaines conditions et sur décision de la CDAPH. Les <strong>personnes</strong> titulaires de l’allocation supplémentaire<br />

du fonds spécial invalidité (FSI) peuvent aussi en bénéficier sous certaines conditions.<br />

• PCH<br />

La Prestation de Compensation du Handicap est une allocation versée aux <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> depuis le<br />

1er janvier 2006. Elle prend en compte les besoins et le projet de vie de la personne handicapée. Elle peut être<br />

affectée à <strong>des</strong> charges liées à un besoin d'ai<strong>des</strong> humaines, d'ai<strong>des</strong> techniques, à l'aménagement du logement<br />

et du véhicule, et/ou à un besoin d'ai<strong>des</strong> exceptionnelles ou animalières. L'évaluation et la décision d'attribution<br />

de la prestation sont effectuées au sein de la MDPH.<br />

• Pension d’invalidité<br />

La pension d’invalidité est une aide financière qui est attribuée par la Sécurité sociale à une personne qui a une<br />

capacité de travail réduite, en raison d’un accident ou à une maladie d’origine non professionnelle ou encore<br />

d’une usure prématurée de l’organisme, et qui doit faire face à une perte de gain. Certaines conditions sont<br />

nécessaires pour en bénéficier. Cette pension est calculée selon plusieurs critères, dont la capacité de travail,<br />

le salaire annuel moyen perçu au cours <strong>des</strong> dix meilleures années d'activité et les revenus de la personne.<br />

• PHV : Une personne handicapée vieillissante peut être définie comme une personne qui a entamé ou connu sa<br />

situation de handicap (quelle qu’en soit la nature ou la cause) avant de connaître les effets d’un vieillissement.<br />

• RQTH<br />

La Reconnaissance de la Qualité de Travailleur Handicapé est attribuée par la CDAPH aux <strong>personnes</strong><br />

<strong>handicapées</strong>. Selon le code du travail, « Est considérée comme travailleur handicapé toute personne dont les<br />

possibilités d'obtenir ou de conserver un emploi sont effectivement réduites par suite de l'altération d'une ou<br />

plusieurs fonctions physique, sensorielle, mentale ou psychique. » Cette reconnaissance ouvre droit à un<br />

certain nombre d'avantages pour la personne handicapée (orientation professionnelle par la CDAPH ou<br />

formation, aide <strong>des</strong> Cap emploi, ai<strong>des</strong> de l’Agefiph ou du Fiphfp, etc.) et pour l’employeur (obligation d'emploi,<br />

aide au poste, etc.).<br />

• SAMSAH<br />

21


Saône-et-Loire :<br />

Réflexion sur l’adaptation <strong>des</strong> structures d’hébergement aux besoins <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes<br />

Le Service d'Accompagnement Médico-Social pour Adultes Handicapés est un accompagnement médicosocial<br />

adapté comportant <strong>des</strong> prestations de soins. Il accompagne les adultes handicapés dans leur projet de<br />

vie tout en favorisant les liens familiaux, sociaux, scolaires, professionnels… Ce service prend en charge <strong>des</strong><br />

adultes handicapés qui ont besoin d': 1°- Une assistance ou un accompagnement pour tout ou partie <strong>des</strong> actes<br />

essentiels de l'existence 2°- Un accompagnement social en milieu ouvert et un apprentissage à l'autonomie et<br />

également dans <strong>des</strong> proportions adaptées aux besoins de chaque usager : 3°- Des soins réguliers et<br />

coordonnés 4°- Un accompagnement médical et paramédical en milieu ouvert. Les SAMSAH accompagnent<br />

<strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> sur décision de la CDAPH.<br />

• SAVS<br />

Les Services d’Accompagnement à la Vie Sociale ont pour vocation de contribuer à la réalisation du projet de<br />

vie de <strong>personnes</strong> adultes <strong>handicapées</strong> par un accompagnement adapté favorisant le maintien ou la<br />

restauration de leurs liens familiaux, sociaux, scolaires, universitaires ou professionnels. Ces services prennent<br />

en charge <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> adultes, y compris celles ayant la qualité de travailleur handicapé, dont les<br />

déficiences et incapacités rendent nécessaires, dans <strong>des</strong> proportions adaptées aux besoins de chaque usager:<br />

1- Un accompagnement pour tout ou partie <strong>des</strong> actes essentiels de l'existence 2- Un accompagnement social<br />

en milieu ouvert et un apprentissage à l'autonomie. Les SAVS accompagnent <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> sur<br />

décision de la CDAPH.<br />

VII - Annexes<br />

Annexe 1 : Les 10 bassins de vie du Département de Saône-et-Loire, repérés dans le cadre<br />

de la politique Personnes Agées – Personnes Handicapées<br />

Annexe 2 : Paray-le-Monial : les retraités de l’ESAT ont leur résidence<br />

Annexe 3 : Les enjeux du nouveau schéma départemental<br />

Annexe 4 : Les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes : une approche à partir de l’enquête HID<br />

(Direction de la Recherche, <strong>des</strong> Etu<strong>des</strong>, de l’Evaluation et <strong>des</strong> Statistiques, 12/2002)<br />

Annexe 5 : Quelques données, dont l’indice de vieillissement en Saône-et-Loire<br />

Annexe 6 : 2007 à 2010 : investissements humains et financiers en EHPAS<br />

Annexe 7 : Créations de places d’ici 2013, en EHPAD et en établissements pour<br />

<strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong><br />

Annexe 8 : 2010 : la répartition <strong>des</strong> dépenses affectées au 5 ème risque<br />

Annexe 9 : 2008 : types de structures pour adultes handicapés (structures lour<strong>des</strong>)<br />

Annexe 10 : 2008 : types de structures pour adultes handicapés (hébergement)<br />

22


Saône-et-Loire :<br />

Réflexion sur l’adaptation <strong>des</strong> structures d’hébergement aux besoins <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes<br />

Annexe 11 : 2008 : types de structures pour adultes handicapés (accompagnements)<br />

Annexe 12 : 2008 : types de structures pour adultes handicapés (occupationnel de jour)<br />

Annexe 13 : Personnes <strong>handicapées</strong> vieillissantes : se poser les bonnes questions<br />

(Le journal de l’action sociale – mars 2010)<br />

Annexe 14 : Coup d’accélérateur pour les soins palliatifs en EHPAD<br />

(tsa-quotidien – 17/08/2010)<br />

Charolles<br />

Bourbon-Lancy<br />

Tournus<br />

23


FOCUS SUR LES TRAVAUX MENES PAR LES INSTANCES CONSULTATIVES<br />

Comité Départemental Consultatif <strong>des</strong> Personnes Handicapées - CODERPA<br />

Extrait du cahier technique n°13 relatif au CODERPA<br />

Travaux de la commission n°1 : promouvoir l’accompagnement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong><br />

vieillissantes<br />

Des trois thématiques de travail confiées au CODERPA, celle de l’accompagnement<br />

<strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes peut apparaître à bien <strong>des</strong> égards comme la plus<br />

complexe.<br />

En effet, les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> connaissent, comme l’ensemble de la<br />

population, un allongement de leur espérance de vie. Ainsi, les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> sont<br />

confrontées, en plus <strong>des</strong> conséquences de leur handicap, aux effets du vieillissement. La<br />

personne handicapée vieillissante est alors « la personne qui a entamé ou connu sa situation<br />

de handicap avant de connaître les effets d’un vieillissement » 1 .<br />

D’après les dernières données disponibles 2 , près de 635 000 <strong>personnes</strong> seraient<br />

concernées en France. En 2020, elles seront près de 980 000.<br />

Or, avec l’avancée en âge, les <strong>personnes</strong> en situation de handicap rencontrent<br />

plusieurs difficultés :<br />

- une diminution de leur autonomie conduisant à l’émergence de nouveaux besoins<br />

de prise en charge, à domicile comme en établissement ;<br />

- la perte d’autonomie ou le décès de leurs aidants familiaux. Les parents ou les<br />

proches permettent souvent par l’aide qu’ils apportent le maintien à domicile <strong>des</strong><br />

<strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> ;<br />

- une rupture dans la prise en charge (prestations ou hébergement en<br />

établissements pour adultes handicapés) lorsque la personne en situation de<br />

handicap atteint l’âge de 60 ans.<br />

Aussi, comment permettre à la personne handicapée de « bien » vieillir ? Quels sont<br />

ses besoins spécifiques? Quelles sont les dispositifs d’accompagnement et d’accueil<br />

existants en SAONE-ET-LOIRE ou quels sont ceux à développer pour répondre aux besoins<br />

du public handicapé vieillissant ? Qu’entendre par « convergence » <strong>des</strong> politiques de<br />

solidarité en faveur <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> âgées et <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> en situation de handicap ?<br />

C’est à ces questions que la commission a tenté de répondre lors de ses travaux<br />

menés au 1 er semestre 2009 afin de dégager les problématiques prioritaires liées à<br />

l’accompagnement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes.<br />

1 B. AZEMA et N. MARTINEZ, « Les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes : espérances de vie, projections<br />

démographiques et aspects qualitatifs » - Rapport d’étude pour la DRESS, 2003.<br />

2 Voir annexe 1 - Les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes : une approche à partir de l’enquête Handicap,<br />

Incapacités, Dépendance (HID) – DREES, 2002


Approche de la convergence<br />

Les différent documents de travail remis et les précisions apportées par le Conseil<br />

général de SAONE-ET-LOIRE ont permis à la commission de mieux cerner le concept de<br />

« convergence » et les perspectives d’évolution <strong>des</strong> politiques de solidarité en faveur <strong>des</strong><br />

<strong>personnes</strong> âgées et <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>. Rappelons qu’initialement la puissance<br />

publique n’a pas pensé la question du vieillissement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> étant<br />

donné que leur espérance de vie était inférieure à celle de la population.<br />

Aujourd’hui, il existe deux politiques distinctes : l’une en faveur <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> âgées,<br />

l’autre en faveur <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>. Au niveau départemental, deux schémas<br />

matérialisent ces politiques. La convergence, dont la mise en œuvre est prévue à partir de<br />

2010, vise à harmoniser certaines règles entre les dispositifs de prise en charge dédiés aux<br />

<strong>personnes</strong> âgées et aux <strong>personnes</strong> en situation de handicap. Ces dispositifs, actuellement<br />

organisés autour de la qualité de la personne (personne « âgée » ou personne<br />

« handicapée »), seront organisés autour de la compensation de la perte d’autonomie, que<br />

celle-ci résulte <strong>des</strong> conséquences du handicap ou du vieillissement.<br />

En ce sens, un schéma départemental unique devrait être élaboré au cours <strong>des</strong><br />

prochains mois.<br />

1. Axe de travail retenu par la commission<br />

Au cours de ses travaux, la commission a dégagé une vingtaine de problématiques<br />

liées à l’accompagnement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes 3 . Compte tenu du<br />

temps de travail prévu, la commission a choisi d’axer plus particulièrement sa réflexion sur<br />

les questions relatives à l’hébergement.<br />

Problématiques liées à l’hébergement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes en<br />

établissement<br />

Les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> doivent pouvoir choisir leur mode de vie tout au long de<br />

leur avancée en âge.<br />

Souvent, elles expriment le désir de vieillir là où elles ont vécu, c'est-à-dire dans<br />

l’établissement qui les accueille (établissements pour adultes handicapés).<br />

Par ailleurs, les structures d’hébergement pour adultes handicapés ou pour<br />

<strong>personnes</strong> âgées ne permettent pas d’offrir une prise en charge adaptée aux besoins<br />

spécifiques <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes dont les capacités diminuent du fait du<br />

vieillissement. A noter, ce vieillissement apparait de manière plus précoce chez les<br />

<strong>personnes</strong> confrontées à <strong>des</strong> certaines pathologies lour<strong>des</strong> (autisme, trisomie 21, polyhandicaps<br />

etc.).<br />

Au-delà de l’obstacle constitué par les structures d’hébergement, la commission s’est<br />

donc interrogée sur la possibilité de faire converger la formation et la professionnalisation du<br />

personnel intervenant auprès <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> âgées et auprès <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong><br />

afin d’assurer une prise en charge adaptée aux besoins de la personne handicapée<br />

vieillissante quelque soit son lieu de vie (établissements pour <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> ou<br />

pour <strong>personnes</strong> âgées). Autrement dit, est-il possible de développer une culture commune<br />

autour de la perte d’autonomie entre professionnels du handicap et professionnels<br />

intervenant auprès <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> âgées ?<br />

3 Voir annexe 1 - Compte-rendu de la réunion du 16 janvier 2009


Afin d’éclairer sa réflexion, la commission a été accueillie dans trois établissements<br />

de SAONE-ET-LOIRE : la maison de retraite de SENNECEY-LE GRAND, la maison de<br />

retraite de SAINT-AMBREUIL qui dispose de 10 places d’accueil pour <strong>personnes</strong><br />

<strong>handicapées</strong> vieillissantes et la maison de retraite de SAINT-DESERT, unique établissement<br />

de SAONE-ET-LOIRE dédié à l’accueil de <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes.<br />

Il apparaît, au travers <strong>des</strong> échanges de la commission avec les professionnels de ces<br />

établissements (directeurs, cadres de santé, personnel éducatif) que si le développement<br />

d’une culture commune est souhaitable, l’accueil « mixte » au sein <strong>des</strong> établissements<br />

hébergeant <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> âgées n’est pas généralisable.<br />

En effet, la maison de retraite de SAINT-DESERT accueillait à sa création un public<br />

« mixte ». Or, <strong>des</strong> difficultés de cohabitation sont apparues, par exemple, au moment <strong>des</strong><br />

repas. Les besoins d’accompagnement et de soins restent différents pour les deux publics.<br />

Par ailleurs, la cohabitation est également complexe entre les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong><br />

vieillissantes en fonctions de leurs pathologies. Compte-tenu de ces difficultés,<br />

l’établissement s’est orienté vers un accueil dédié aux <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes.<br />

Cette structure a ainsi pu développer un accompagnement adapté aux besoins spécifiques<br />

du public handicapé vieillissant avec notamment un accompagnement éducatif.<br />

D’autre part, l’accueil de <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes en maison de retraite<br />

peut conduire à isoler les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> au sein même de l’établissement. C’est<br />

pourquoi il est indispensable de veiller à organiser <strong>des</strong> « passerelles » afin que les deux<br />

publics se rencontrent et échangent, par exemple, lors de temps d’animation.<br />

Enfin, les familles peuvent refuser la cohabitation de leur parent âgé avec <strong>des</strong><br />

<strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>.<br />

En conclusion, dans les différents contextes étudiés pour l’accueil <strong>des</strong> <strong>personnes</strong><br />

<strong>handicapées</strong> vieillissantes en maison de retraite, si la mixité de <strong>personnes</strong> conservant leur<br />

autonomie mentale (<strong>personnes</strong> âgées, <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes) et de<br />

<strong>personnes</strong> ayant une perte d’autonomie lourde (Alzheimer, troubles psychiques ou<br />

psychiatriques etc.) n’apparaît pas possible, une ségrégation totale ne parait pas souhaitable<br />

en particulier pour les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> stabilisées.<br />

2. Les propositions<br />

Au vu de ces réflexions, la commission émets les propositions suivantes pour<br />

développer les dispositifs d’accueil en faveur <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes :<br />

Mieux identifier, évaluer et quantifier les besoins <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong><br />

vieillissantes vivant en établissement<br />

La commission observe un manque de visibilité sur les besoins en matière<br />

d’hébergement. Une évaluation et un suivi régulier de ces besoins permettraient d’adapter<br />

l’offre d’hébergement et d’anticiper sur les réponses à apporter.<br />

En ce sens, la problématique de la gestion <strong>des</strong> listes d’attente étudiée par la<br />

commission n°3 du CODERPA pourrait également concerner les établissements accueillant<br />

<strong>des</strong> <strong>personnes</strong> en situation de handicap.<br />

Pour éclairer ses travaux, la commission travaille actuellement à la réalisation d’un<br />

questionnaire qui sera adressé aux directeurs d’établissements hébergeant <strong>des</strong> <strong>personnes</strong><br />

âgées ou <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>. Ce travail sera réalisé à l’avenir en coopération avec<br />

la commission n°1 du Conseil Départemental Consultatif <strong>des</strong> Personnes Handicapées<br />

(CDCPH). Ce questionnaire permettra, entre autres, de connaître le nombre de <strong>personnes</strong>


actuellement hébergées en établissements pour adultes <strong>handicapées</strong> ou en maison de<br />

retraite, d’évaluer l’âge moyen, le type de handicap et la provenance <strong>des</strong> résidents. Il<br />

permettra également d’évaluer les difficultés de prise en charge rencontrées par les<br />

professionnels face au vieillissement de leurs accueillis.<br />

Permettre à la personne handicapée vieillissante de choisir son lieu de vie<br />

Les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> doivent pouvoir choisir leur lieu de vie tout au long de<br />

leur avancée en âge. Ce principe présuppose l’existence d’une palette de réponses<br />

adaptées et diversifiées.<br />

Ainsi, <strong>des</strong> expérimentations permettant l’accueil mixte en maisons de retraite peuvent<br />

être envisagées sans toutefois être généralisées pour les motifs évoqués précédemment. Un<br />

bilan <strong>des</strong> expérimentations en cours semble également nécessaire.<br />

Il apparaît également indispensable de permettre aux <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> de se<br />

maintenir le plus longtemps possible dans leur lieu de vie habituel (domicile, établissement<br />

pour adultes handicapés). La commission approfondira sa réflexion au cours du 2 ème<br />

semestre afin de dégager les moyens à mobiliser pour permettre ce maintien (adaptation <strong>des</strong><br />

services intervenant à domicile, création d’unités spécifiques en établissement pour adultes<br />

handicapés etc.).<br />

Développer une culture commune entre les professionnels intervenant auprès<br />

<strong>des</strong> <strong>personnes</strong> âgées et ceux intervenants auprès <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong><br />

Les « <strong>personnes</strong> âgées » et les « <strong>personnes</strong> en situation de handicap » représentent<br />

aujourd’hui, malgré la perspective de la convergence, deux mon<strong>des</strong> professionnels qui ne se<br />

rencontrent pas ou peu. Le développement d’une culture commune entre les professionnels<br />

intervenant auprès <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> âgées ou <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> en situation de handicap est<br />

primordial pour offrir un accompagnement adapté aux <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> qui<br />

vieillissent. C’est le préalable indispensable à l’engagement dans la démarche de<br />

convergence.<br />

Conseil Départemental Consultatif <strong>des</strong> Personnes Handicapées - CDCPH<br />

Extrait du cahier technique n°14 relatif au CDCPH<br />

La question de l’accompagnement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes est<br />

relativement récente. Elle révèle un certain manque d’anticipation par les politiques<br />

publiques de la dynamique du vieillissement <strong>des</strong> « <strong>personnes</strong> ayant entamé ou connu leur<br />

situation de handicap avant de connaître les effets du vieillissement » 4 .<br />

L’enquête Handicaps-Incapacités-Dépendance (HID) réalisée en 2001 par l’INSEE et<br />

qui fait aujourd’hui encore référence en la matière, estime à près de 635 000 le nombre de<br />

<strong>personnes</strong> en situation de handicap âgées de 40 ans et plus en 2001 avec un âge moyen de<br />

57 ans. Les projections démographiques portent ce nombre à 980 000 en 2020 et à 1,1<br />

million en 2040.<br />

Or, avec l’avancée âge, les <strong>personnes</strong> en situation de handicap rencontrent plusieurs<br />

difficultés :<br />

4<br />

« Les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes : espérances de vie, projections démographiques et aspects<br />

qualitatifs » - Rapport d’étude DRESS, 2003.


- lorsque de façon plus ou moins précoce, la perte d’autonomie s’accentue faisant<br />

émerger <strong>des</strong> besoins spécifiques d’accompagnement à domicile comme en<br />

établissement ;<br />

- lorsqu’elles atteignent l’âge de 60 ans avec un risque de rupture dans les modalités<br />

de prise en charge de la perte d’autonomie (prestations, lieu de vie). En effet, l’âge<br />

de 60 ans constitue actuellement le pivot entre les régimes d’aide sociale en faveur<br />

<strong>des</strong> <strong>personnes</strong> âgées et <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> en situation de handicap. Le Département de<br />

SAONE-ET-LOIRE a d’ores-et-déjà assouplit certaines dispositions de son<br />

Règlement Départemental d’Aide Sociale (RDAS) afin de permettre aux <strong>personnes</strong><br />

en situation de handicap de continuer à vivre dans leur structure d’accueil au-delà de<br />

60 ans. La convergence devrait permettre d’harmoniser certaines règles entre les<br />

deux régimes ;<br />

- lorsque les aidants familiaux vieillissent et se retrouvent eux-mêmes en situation de<br />

perte d’autonomie ou décèdent. Les aidants apportent souvent la 1 ère forme d’aide<br />

aux <strong>personnes</strong> en situation de handicap qui majoritairement vivent à domicile 5 .<br />

Face à ce constat, <strong>des</strong> réponses adaptées aux besoins spécifiques <strong>des</strong> <strong>personnes</strong><br />

<strong>handicapées</strong> vieillissantes doivent être organisées. La convergence <strong>des</strong> politiques en faveur<br />

<strong>des</strong> <strong>personnes</strong> âgées et <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> en situation de handicap qui se concrétisera, entre<br />

autres, par l’élaboration d’un schéma départemental unique en 2010, doit permettre de<br />

replacer la question de l’accompagnement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes au<br />

cœur <strong>des</strong> préoccupations.<br />

1. Axes de travail dégagés par la commission<br />

Lors de ses travaux du 16 juin 2009, la commission a dégagé 7 pistes de réflexions :<br />

réaliser un état <strong>des</strong> lieux de la prise en charge <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong><br />

vieillissantes en SAONE-ET-LOIRE<br />

Les données quantitatives et qualitatives relatives aux <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong><br />

vieillissantes sont fragmentaires tant au niveau national que départemental.<br />

Il apparaît néanmoins indispensable de réaliser un état <strong>des</strong> lieux départemental<br />

permettant d’évaluer :<br />

- les besoins spécifiques du public handicapé vieillissant,<br />

- les difficultés rencontrées par les professionnels,<br />

- les éventuelles expériences menées au niveau local pour répondre à ces besoins.<br />

placer la personne en situation de handicap au cœur <strong>des</strong> dispositifs<br />

d’accompagnement<br />

Ce principe fondamental énoncé dans les lois du 2 janvier 2002 rénovant l’action<br />

sociale et médico-sociale, et du 11 février 2005 pour l’égalité <strong>des</strong> droits et <strong>des</strong> chances, la<br />

participation et la citoyenneté <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>, est réaffirmé dans le schéma<br />

départemental en faveur <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> adultes en situation de handicap 2006-2010. Il<br />

implique d’une part, de développer sur l’ensemble du territoire <strong>des</strong> réponses concertées et<br />

de proximité dans une logique de services articulés autour de la personne, et, d’autre part,<br />

de respecter le choix et le projet de vie de la personne. Sur ce deuxième point, comment, en<br />

5 94% <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> en situation de handicap vivent à domicile - Enquête HID de l’INSEE précitée


pratique, définir et mettre en œuvre le projet de vie de la personne handicapée vieillissante<br />

accueillie en établissement ?<br />

renforcer la coordination entre les professionnels<br />

Devant la multiplicité <strong>des</strong> intervenants et <strong>des</strong> dispositifs d’accompagnement existants<br />

en SAONE-ET-LOIRE, il apparaît indispensable d’encourager le travail en réseau <strong>des</strong><br />

différents acteurs dans une logique de proximité visant à améliorer la réponse aux usagers<br />

(prise en charge globale de la perte d’autonomie, réponse adaptée aux situations complexes<br />

ou d’urgence). Des plateaux techniques de compétences pourraient à cette fin être<br />

expérimentés.<br />

favoriser l’émergence d’une culture commune entre les professionnels du secteur du<br />

handicap et du secteur gérontologique<br />

Ces deux secteurs ont développé leur propre culture concernant la prise en charge<br />

de la perte d’autonomie. Ainsi, on observe par exemple une culture du « projet de vie »<br />

davantage marquée au sein <strong>des</strong> établissements accueillant <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> en situation de<br />

handicap que dans les structures accueillant <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> âgées.<br />

Cette différence de culture s’explique principalement par :<br />

- la représentation actuelle <strong>des</strong> établissements d’hébergement pour <strong>personnes</strong><br />

âgées dépendantes (EHPAD) associée à un lieu de fin de vie et non comme à un<br />

domicile de substitution ;<br />

- la diversité <strong>des</strong> profils du personnel travaillant au sein <strong>des</strong> établissements pour<br />

adultes en situation de handicap (animateurs, éducateurs, SAVS etc.). Les<br />

EHPAD font parfois du « tout sanitaire » par défaut de personnel ce qui pose<br />

clairement la question du financement du personnel en EHPAD.<br />

Aussi, comment décliner la notion de projet de vie au sein <strong>des</strong> établissements<br />

quelque soit le public accueilli mais également au niveau <strong>des</strong> services d’aide à domicile et<br />

<strong>des</strong> services de soins infirmiers à domicile ? Comment favoriser, dans le cadre de la<br />

convergence, l’émergence d’une culture et de pratiques communes autour de la prise en<br />

charge de la perte d’autonomie? La convergence dans la formation du personnel pourrait<br />

permettre de proposer <strong>des</strong> services adaptés aux besoins spécifiques du public handicapé<br />

vieillissant et de favoriser les pratiques bien-traitantes quelque soit le lieu de vie de la<br />

personne handicapée vieillissante (foyers de vie, EHPAD etc.).<br />

développer l’aide aux aidants<br />

Si l’aide aux aidants s’inscrit aujourd’hui pleinement dans les priorités <strong>des</strong> politiques<br />

de solidarité en faveur <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> âgées à l’instar <strong>des</strong> mesures prévues par le Plan<br />

National Alzheimer 2008-2012, elle reste très en retrait sur le secteur du handicap. Or, les<br />

besoins sont également importants. Aussi, quelles sont les formes d’aide pouvant-être mise<br />

en place pour répondre à ces besoins souvent multidimensionnels (information,<br />

accompagnement social, répit, soutien psychologique etc.)?<br />

mieux accompagner le passage entre domicile et établissement


L’accompagnement social <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes et <strong>des</strong> familles<br />

doit être renforcé afin de préparer le changement de lieu de vie. Il doit intervenir<br />

suffisamment en amont pour permettre de repérer et d’anticiper les situations d’urgence. Le<br />

niveau d’intervention <strong>des</strong> SAMSAH devra être étudié.<br />

promouvoir la bien-traitance<br />

La bien-traitance en faveur <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> en situation de handicap vivant à domicile<br />

comme en établissement, et plus largement, de toute personne en situation de perte<br />

d’autonomie, doit être réaffirmée dans le cadre de la convergence. Afin de mettre en place<br />

une véritable politique départementale de prévention <strong>des</strong> risques de maltraitance, le Comité<br />

Départemental de Prévention et de Lutte contre la Maltraitance (CDPLM) a été installé le 10<br />

juillet 2009.<br />

2. Axes de travail retenus<br />

Parmi les pistes de travail dégagées par la commission n°1, la commission<br />

permanente réunie le 08 octobre 2009 a proposé de retenir 4 axes prioritaires :<br />

- placer la personne au cœur <strong>des</strong> dispositifs d’accompagnement qui lui sont<br />

consacrés ;<br />

- promouvoir la bien-traitance en direction <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> en situation de handicap<br />

mais également du personnel ;<br />

- développer l’aide aux aidants ;<br />

- renforcer la coordination entre les différents intervenants, la mutualisation <strong>des</strong><br />

moyens et l’émergence d’une culture professionnelle commune.<br />

3. Des réflexions confortées par la rencontre avec le Comité Départemental <strong>des</strong><br />

Retraités et <strong>des</strong> Personnes Agées<br />

Le CDCPH et le Comité Départemental <strong>des</strong> Retraités et <strong>des</strong> Personnes Agées<br />

(CODERPA), instance consultative placée sous la responsabilité du Président du Conseil<br />

général et Vice-présidée par M. Marc BECHET, se sont rencontrés lors d’une réunion de<br />

travail conjointe le 25 novembre 2009. A l’instar de la commission n°1 du CDCPH, la<br />

commission n°1 du CODERPA s’est vu confier la thématique de l’accompagnement <strong>des</strong><br />

<strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes.<br />

Au vu <strong>des</strong> débats, le CDCPH et le CODERPA se rejoignent sur de nombreux points<br />

et réaffirment la nécessité :<br />

- de placer la personne au cœur <strong>des</strong> dispositifs d’accompagnement afin de lui<br />

permettre de choisir, de mettre en œuvre et de faire évoluer son projet de vie tout<br />

au long de l’avancée en âge. A cette fin, une palette de réponses adaptées,<br />

diversifiées et de proximité, à domicile comme en établissement, doit être<br />

consolidée ;<br />

- d’encourager <strong>des</strong> passerelles entre les professionnels intervenant auprès <strong>des</strong><br />

<strong>personnes</strong> âgées et <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> en situation de handicap. Des partenariats<br />

entre les établissements pourraient être mis en œuvre dès lors que la<br />

cohabitation <strong>des</strong> différents publics est possible. Cette expérience est actuellement<br />

menée entre l’ESAT du BREUIL et l’EHPAD du Creusot à l’appui du Service<br />

d’Accompagnement à la Vie Sociale du secteur ;


- de soutenir les aidants en développant <strong>des</strong> formes d’aide diversifiées :<br />

information, répit en établissement et à domicile, groupes de paroles etc.).<br />

4. Perspectives de travail 2010<br />

Réalisation d’une enquête auprès <strong>des</strong> gestionnaires d’établissements en<br />

collaboration avec le CODERPA<br />

Le CDCPH et le CODERPA souhaitent poursuivre leur collaboration en menant une<br />

enquête commune auprès de l’ensemble <strong>des</strong> directeurs d’établissements accueillant <strong>des</strong><br />

<strong>personnes</strong> âgées et <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> en situation de handicap. Cette enquête doit permettre<br />

de réaliser un état <strong>des</strong> lieux de la prise en charge en établissement. A cette fin, une réunion<br />

de travail conjointe et en comité restreint (deux membres du CDCPH et deux membres du<br />

CODERPA) est prévue d’ici le 20 décembre 2009.<br />

Approfondir la réflexion sur l’axe du domicile<br />

Les <strong>personnes</strong> en situation de perte d’autonomie, quelles soient en situation de<br />

handicap ou âgées, expriment le souhait de vivre le plus longtemps à leur domicile. La<br />

commission étudiera quelles réponses peuvent être apportées en ce sens.<br />

Audition d’intervenants extérieurs<br />

Afin d’apporter un éclairage nouveau aux débats, <strong>des</strong> intervenants extérieurs seront<br />

sollicités (ex. : association Allo Maltraitance 71 pour les questions de bien-traitance, EHPAD<br />

de SAINT-DESERT qui est le seul établissement de SAONE-ET-LOIRE dédié à l’accueil de<br />

<strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes etc.)<br />

Recenser les expériences menées hors du département<br />

Il s’agit d’identifier et d’évaluer les expérimentations innovantes conduites dans<br />

d’autres départements et pouvant répondre à <strong>des</strong> besoins en SAONE-ET-LOIRE.<br />

Focus sur les travaux conjoints du CODERPA et du CDCPH<br />

Dans le cadre de la démarche de convergence, le CODERPA et le CDCPH ont mené<br />

leurs travaux en étroite collaboration Ainsi, les 3 réunions ont été organisées conjointement :<br />

- le 16 mars 2010 à l’EHPAD de SAINT-DESERT<br />

- le 28 juin 2010 à l’ESAT du BREUIL<br />

- le 20 septembre 2010 à l’EHPAD de CHATENOY-LE-ROYAL.<br />

Compte-rendu de la réunion du 16 mars 2010 - EHPAD de SAINT-DESERT<br />

Présentation de l’EHPAD de SAINT-DESERT<br />

Créé il y a 9 ans, l’EHPAD spécialisé de SAINT-DESERT compte 50 places dédiées<br />

à l’accueil de <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes.<br />

Profil du public accueilli<br />

- Sur les cinquante résidents accueillis, une dizaine seulement est âgée de moins de<br />

60 ans ;<br />

- Le plus jeune accueilli est âgé de 50 ans et le plus vieux de 95 ans ;


- Public composé d’une majorité d’hommes ;<br />

- Public présentant <strong>des</strong> pathologies diverses survenues à la naissance ou suite à un<br />

incident de parcours (ex. : détresse sociale).<br />

- Public provenant principalement d’autres établissements (quasiment pas d’entrée<br />

depuis le domicile).<br />

Deman<strong>des</strong> d’admission<br />

- Taux de remplissage de 100% constant : peu de décès donc peu de turn-over ;<br />

- Actuellement, une trentaine de <strong>personnes</strong> inscrites sur liste d’attente ;<br />

- L’EHPAD ne dispose pas de lits de dépannage.<br />

Personnel de l’EHPAD<br />

- A la différence <strong>des</strong> EHPAD « classiques », l’EHPAD de SAINT-DESERT dispose d’un<br />

ETP d’éducateur et d’un ETP d’AMP ;<br />

- Travail important de l’éducateur pour favoriser et développer la communication avec<br />

les accueillis ;<br />

- Pas de temps plein de médecin psychiatre. Le médecin vient une fois par semaine.<br />

Son intervention est primordiale, tant pour les résidents que le personnel.<br />

- Personnel formé à la maladie d’Alzheimer et à la relation par le touché.<br />

- Objectif : tendre vers un ratio d’encadrement d’1 pour 1 comme pour les structures<br />

psychiatriques.<br />

Activités proposées<br />

- Activités diversifiées (cf en foyer de vie), adaptées aux projets de vie et aux besoins<br />

individuels repérés en amont. Les activités peuvent s’adresser à la majorité <strong>des</strong><br />

accueillis dans le but de fédérer (ateliers musique, peinture, céramique etc.) ou<br />

s’adresser à une poignée de résidents afin de répondre à <strong>des</strong> attentes plus<br />

spécifiques (ex. : 5 résidents initiés au karting) ;<br />

- Activités offrent <strong>des</strong> repères en rythmant les journées (activités débutant à 11h00 et<br />

se poursuivant l’après-midi) ;<br />

- Mise en place d’un système de « référents » pour évaluer les projets de vie<br />

individuels. (Ex. : recherches menées par le personnel ont permis à un résident de<br />

retourner dans sa famille natale en Hongrie).<br />

Comité de vie sociale<br />

Le CVS a été mis en place et fonctionne bien. Réunions régulières avec participation<br />

<strong>des</strong> représentants <strong>des</strong> familles et <strong>des</strong> usagers.<br />

Vie au sein de l’EHPAD<br />

- EHPAD structuré en 2 étages et 4 ailes ;<br />

- Résidents répartis par affinités et type de handicap ;<br />

- Réflexion en cours organiser l’EHPAD en unités de vie en fonction du type de<br />

handicap ;<br />

- Respect du rythme de vie <strong>des</strong> résidents. Le levé se fait à heure libre et le petit<br />

déjeuner est servi en chambre ou dans les espaces de vie commune.<br />

Remarques


- L’accompagnement doit être pensé à partir et autour de la personne. Il faut veiller,<br />

dans la mesure du possible, à recueillir son choix ;<br />

- Les <strong>personnes</strong> en situation de handicap et les familles souhaitent vivre dans le milieu<br />

ordinaire le plus longtemps possible ;<br />

- Pour garantir le « choix » de la personne, il faut éviter les situations d’urgence et<br />

garantir le maillage territorial de l’offre en établissements ;<br />

- On observe une évolution du profil <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> accueillies en établissement :<br />

<strong>personnes</strong> en situation de grande dépendance (PA et PH) ;<br />

- Des freins financiers jouent sur l’entrée en établissement ;<br />

- La problématique <strong>des</strong> travailleurs handicapés à la retraite doit être davantage prise<br />

en compte ;<br />

- La perspective d’un changement de lieu de vie fait naître <strong>des</strong> appréhensions chez la<br />

personne et les familles. Celles-ci tombent lorsqu’il y a <strong>des</strong> échanges entre<br />

l’établissement, la personne et la famille (importance <strong>des</strong> visites). Expérience menée<br />

entre l’ESAT du BREUIL et l’EHPAD du CREUSOT (temps d’échange organisés<br />

entre les professionnels <strong>des</strong> deux structures pour accompagner le passage de<br />

l’ESAT à l’EHPAD de <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes) ;<br />

- L’accueil mixte en EHPAD peut-être expérimenté mais il faut préserver une certaine<br />

cohérence dans le profil <strong>des</strong> publics accueillis (âge, type de handicap etc.). Bien<br />

qu’une convergence se <strong>des</strong>sine, les approches professionnelles sont aujourd’hui<br />

sensiblement différentes : on « préserve » l’autonomie <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> âgées tandis<br />

qu’on « développe » l’autonomie <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> en situation de handicap. Il faut donc<br />

encourager l’émergence d’une culture et de pratiques professionnelles communes ;<br />

- Nécessité de promouvoir la création de plateformes de services et de plateaux<br />

techniques de compétences ;<br />

- L’aide aux aidants doit être développé sur le secteur du handicap notamment via le<br />

développement de structure de répit ;<br />

Projet d’enquête auprès <strong>des</strong> établissements d’accueil pour <strong>personnes</strong> âgées et pour<br />

<strong>personnes</strong> adultes en situation de handicap<br />

Le principe du lancement d’une enquête conjointe avec le CODERPA auprès <strong>des</strong><br />

établissements de Saône-et-Loire a été acté par la commission.<br />

Cette enquête vise à recueillir <strong>des</strong> éléments d’état <strong>des</strong> lieux sur l’accompagnement<br />

<strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes au sein <strong>des</strong> établissements de Saône-et-Loire.<br />

Elle doit permettre de mieux connaître le profil du public accueilli (âge, pathologies,<br />

provenance etc.), d’identifier les difficultés rencontrées par les établissements lors de<br />

l’avancée en âge du public handicapé et les éventuelles actions mises en place pour lever<br />

ces difficultés, recenser les initiatives locales favorisant l’accompagnement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong><br />

<strong>handicapées</strong> vieillissantes (ex. : SAVS Séniors – Papillons Blancs du CREUSOT) et, plus<br />

largement, de consulter les gestionnaires d’établissements sur la convergence (ex. :<br />

développement d’une culture et de pratiques professionnelles communes, coopération entre<br />

les acteurs <strong>des</strong> deux secteurs etc.).<br />

Une 1 ère trame de questionnaire a été élaborée le 25 février 2010 par un groupe de<br />

travail mixte CDCPH-CODERPA composé de deux représentants de chaque instance.<br />

Synthèse <strong>des</strong> échanges de la réunion du 28 juin 2010 - ESAT du BREUIL


Présentation du service <strong>des</strong>tiné aux <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> retraitées - Papillons<br />

Blancs du Creusot et de sa région<br />

Voir le power point annexé<br />

Synthèse <strong>des</strong> échanges<br />

- Volonté de convergence entre SAVS et établissement. Le rôle de ces services est très<br />

important au regard de leur souplesse. Il est nécessaire de former le personnel de ces<br />

services à l’accompagnement du public handicapé âgé ;<br />

- il faut apprendre à connaître les <strong>personnes</strong> pour répondre à leurs besoins même quand<br />

ils n’arrivent pas à les exprimer. Il faut aussi laisser une liberté aux <strong>personnes</strong> pour<br />

qu’elles développent leur autonomie ;<br />

- Le SAVS participe à la mise en place d’une solution souple et adaptée à partir du projet<br />

de vie ;<br />

- Il y a <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> qui ont envie d’aller en EHPAD depuis que le SAVS intervient.<br />

L’intervention du SAVS les rassure ;<br />

- Le rôle du médico-social est d’organiser le passage entre l’établissement d’accueil et<br />

l’EHPAD. Le rôle <strong>des</strong> associations en termes d’appui <strong>des</strong> EHPAD est primordial ;<br />

- Il faut dans la mesure du possible favoriser la vie en milieu ordinaire.<br />

Sur l’accueil mixte en EHPAD<br />

- Quid de la limite de l’accueil mixte en établissement (différences d’âge, de projet de<br />

vie, <strong>des</strong> activités ?)<br />

- Les résidents pourraient être « sectorisés » en fonction de leur histoire, de leurs<br />

centres d’intérêts, de leurs envies. Il faut toutefois veiller à maintenir le lien social entre<br />

les <strong>personnes</strong>. De plus, la mixité ne peut être envisagée que sur la base du volontariat<br />

<strong>des</strong> personnels.<br />

- Les PHV seront de plus en plus nombreuses, les EHPAD devront s’ouvrir à ce public. Il<br />

faut donc rassurer le personnel et développer la formation. L’espérance <strong>des</strong> <strong>personnes</strong><br />

ayant un handicap psychique s’allonge également ;<br />

- Quid du libre choix <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes ? Pour respecter le libre<br />

choix de la personne, il faut diversifier les réponses ;<br />

- Quid du libre choix pour ceux qui n’ont pas les moyens financiers de choisir librement<br />

la structure ? La question du financement de la perte d’autonomie doit être prise en<br />

compte dans les débats<br />

- Il ne faut pas restreindre le débat à la question du bien fondé ou non de l’accueil mixte<br />

en EHPAD. Il faut avant tout mettre en œuvre <strong>des</strong> formules diversifiées et adaptées<br />

répondant au projet de vie <strong>des</strong> <strong>personnes</strong>. La pertinence d’une médicalisation de<br />

certaines structures du secteur du handicap (création d’unités médicalisées) doit aussi<br />

être envisagée pour répondre aux besoins d’accompagnement du public handicapé<br />

vieillissant.<br />

Sur la formation du personnel<br />

- Si la formation du personnel est un enjeu pour garantir la bien-traitance envers les<br />

<strong>personnes</strong>, les moyens permettent de ne pas faire sombrer les équipes<br />

- risque de surcharge de travail et, par conséquent, d’épuisement ;<br />

Sur la convergence


- Dans le cadre de la démarche de convergence, quid du développement d’une culture<br />

et d’une formation professionnelle commune ?<br />

- La question <strong>des</strong> différences dans les prestations délivrées aux <strong>personnes</strong> âgées et aux<br />

<strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> et la problématique du « reste à vivre » devront être<br />

abordées.<br />

Synthèse <strong>des</strong> échanges de la réunion du 20 septembre - EHPAD de CHATENOY-LE-<br />

ROYAL<br />

Le CODERPA et le CDCPH sont réunis à l’EPHAD Les Amalti<strong>des</strong> à CHATENOY-LE-<br />

ROYAL, maison de retraite privée accueillant une soixantaine de résidents, dont une unité<br />

Alzheimer. Cette visite se situe dans le cadre souhaité <strong>des</strong> activités de terrain du groupe<br />

mixte CDCPH- CODERPA, qui a souhaité développer ce type de rencontres (la troisième)<br />

dans <strong>des</strong> établissements afin de mettre en commun <strong>des</strong> observations voire <strong>des</strong> éléments de<br />

problématiques communes entre <strong>personnes</strong> âgées et <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes.<br />

Un rappel de ces problématiques, à replacer à présent dans le cadre de l’élaboration<br />

du schéma PAPH, est effectué.<br />

Les thèmes déjà évoqués concernent l’élaboration progressive du concept de<br />

convergence par les 2 comités (CODERPA et Commission 1 du CDCPH) ;<br />

Celui-ci pourrait à ce moment de notre réflexion se décliner ainsi :<br />

- centration de l’institution sur la réponse aux besoins de la personne accueillie<br />

- construction de la démarche à partir du projet de vie défini avec la personne<br />

- bien traitance comme critère d’évaluation vis à vis <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> accueillies<br />

- métiers communs au sanitaire et au médico-social (même s’ils sont exercés<br />

différemment avec <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> âgées et avec <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>)<br />

- <strong>des</strong> formations communes pour les personnels<br />

- une spécificité <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> accueillies (âgées ou <strong>handicapées</strong><br />

vieillissantes) dont l’institution ne peut s’exonérer. Cela nécessite <strong>des</strong> petites<br />

unités pour ceux qui ne peuvent être maintenus à domicile (objectif commun),<br />

<strong>des</strong> soins différents, <strong>des</strong> contraintes différentes,…même si une convergence<br />

<strong>des</strong> tarifs est envisagée.<br />

Le statut <strong>des</strong> maisons de retraites est abordé par le groupe. Qu’il s’agisse du statut<br />

juridique, <strong>des</strong> conventions collectives, <strong>des</strong> budgets,… on perçoit les freins à toute<br />

convergence (gestion par l’hôpital, gestion privée, gestion associative,…) dès<br />

l’examen du fonctionnement administratif lorsqu’on le compare au médicosocial.<br />

En l’absence de prise en charge par l’état, l’assurance maladie, ou (et) les<br />

collectivités territoriales du « 5 ème Risque » , lié à la « dépendance » et resté<br />

aujourd’hui lettre morte (sauf volontarisme comme dans notre département), les<br />

charges de fonctionnement d’un ESMS et d’un EPHAD qui peuvent être comparables<br />

ne sont pas supportées de la même façon par les familles suivant que la personne<br />

est âgée ou handicapée (et vieillissante). La démonstration est faite avec les<br />

Amalti<strong>des</strong> dont le prix de journée reste inférieur à celui de certains établissements<br />

médicosociaux, mas est largement supporté par les familles, alors que les prestations<br />

proposées sont du même ordre. Le fait que cet EPHAD soit « à but lucratif » ne<br />

change rien aux contraintes et obligations budgétaires. Elles sont les mêmes que<br />

dans les ESMS. La question de la médicalisation est également posée (incidences<br />

budgétaires notamment).


M. JACOB (ESAT et SAVS - LE BREUIL) expose une initiative intéressante de<br />

coopération entre l’EPHAD du CREUSOT et les <strong>personnes</strong> retraitées <strong>handicapées</strong><br />

accompagnées par le SAVS. Des projets individualisés, <strong>des</strong> soins donnés à<br />

l’extérieur, <strong>des</strong> animations plus liées à l’âge moyen (entre 60 pour les <strong>personnes</strong> en<br />

situation de handicap, 80 ans pour les <strong>personnes</strong> âgées) un hébergement respectant<br />

les différences d’âge et d’activités permettent une cohabitation voire <strong>des</strong> évolutions<br />

accompagnées par les personnels <strong>des</strong> deux structures. Une expérience qui pourrait<br />

être étendue de l’avis général.<br />

Le débat s’oriente ensuite sur un inventaire <strong>des</strong> ressource minimales de <strong>personnes</strong><br />

concernées et sur l’insuffisance criante de celles-ci : AAH et minimum vieillesse pour<br />

financer une prise en charge à la hauteur <strong>des</strong> ambitions. La question de la<br />

participation de la famille est aussi posée, actuellement la différence de traitement<br />

entre PA et PH (avant 60 ans !) est significative.<br />

Après cette discussion technique, le groupe revient sur la question de la convergence<br />

comme problématique de l’EPHAD : comment accueillir, et faut-il accueillir <strong>des</strong><br />

<strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes. Il apparaît qu’il manque peut-être une structure<br />

ou un dispositif intermédiaire entre les 60 ans de la personne handicapée quittant<br />

l’ESAT, et les 80 ans de la personne âgée entrant à l’EPHAD. Le critère semble être<br />

l’impossibilité de continuer à vivre seul. Mais cet état ne s’installe t’il pas<br />

progressivement ? ne concerne t’il pas la personne handicapée (quel que soit le<br />

handicap) ?<br />

Un service annexé à une structure, d’accompagnement paraît indiqué pour effectuer<br />

ce travail, à condition d’être un lieu de coopération (donc de convergence) <strong>des</strong><br />

personnels d’EPHAD et d’ESMS. Il convient notamment de ne pas oublier le cas <strong>des</strong><br />

<strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> psychiques à qui cet accompagnement (SAMSAH) pourrait<br />

s’appliquer (avec un temps de psychologue pour l’instant insuffisant en EPHAD<br />

Le maintien du plus grand nombre dans l’autonomie, même avec quelques ai<strong>des</strong>, le<br />

maintien du lien social, la recherche d’une meilleure intégration, la lutte contre la<br />

solitude par l’intergénérationnel, la possibilité d’un accueil temporaire,…et d’autres<br />

points observables liés au social plus qu’aux ai<strong>des</strong> techniques ou au médical ne<br />

peuvent-ils constituer un outil de maîtrise <strong>des</strong> coûts ?<br />

Cela ne résout évidemment pas les questions posées par la grande dépendance de<br />

certaines <strong>personnes</strong> âgées quelle qu’en soit les causes, et dont le coût est<br />

évidemment élevé.<br />

Il semble que l’ensemble <strong>des</strong> réflexions conduites depuis 2009 dans ce groupe mixte<br />

pourrait intéresser le groupe de travail du futur Schéma qui a axé sa réflexion sur « Réussir<br />

la convergence ».


PAPILLONS BLANCS DU<br />

CREUSOT ET DE SA REGION<br />

SERVICE DESTINE AUX<br />

PERSONNES HANDICAPEES<br />

RETRAITEES<br />

L’avancée en âge <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> mentales<br />

Journée nationale de l’Unapei<br />

Vendredi 26 juin 2009<br />

Notre Association<br />

• 1959 Création de l’association<br />

• Aujourd’hui ,<br />

Elle assure la gestion de 440 places<br />

réparties dans divers établissements :<br />

- IME-CME IME CME<br />

- MAS<br />

- ESAT<br />

- Tous types de FOYERS et SAVS<br />

1


Prise en charge du vieillissement<br />

<strong>des</strong> <strong>personnes</strong> Handicapées<br />

• 1967 Ouverture du premier atelier<br />

protégé<br />

• 1973 Ouverture du CAT<br />

• 1980 Premiers placements en EHPAD<br />

• 1991 Mise en place mi-temps mi temps libéré CAT<br />

• 2000 Ouverture du foyer occupationnel<br />

• 2008 Ouverture SAVS Retraités<br />

Historique <strong>des</strong> départs à la retraite<br />

• 25 <strong>personnes</strong> sont parties à la retraite entre 1987<br />

et 2008 :<br />

• 16 dans les 2 maisons de retraite du Creusot.<br />

• 6 dans 5 maisons de retraite <strong>des</strong> communes<br />

environnantes.<br />

• 1 en foyer logement au Creusot.<br />

• 1 en famille.<br />

• 1 maintenue à son domicile.<br />

• La moyenne d’âge actuelle de ces <strong>personnes</strong> est de<br />

66 ans. ans.<br />

2


La Prévision <strong>des</strong> besoins<br />

• 63 <strong>personnes</strong> actuellement accueillies<br />

atteindront 60 ans d’ici 2020.<br />

• Avec une forte évolution du nombre à<br />

partir de 2009 pouvant atteindre 8 à 9<br />

<strong>personnes</strong> certaines années.<br />

• L’espérance de vie est en évolution, elle<br />

est comprise entre 54 et plus de 70 ans<br />

selon la gravité du handicap.<br />

Mise en évidence <strong>des</strong><br />

prestations à proposer<br />

• La situation actuelle <strong>des</strong> 21 <strong>personnes</strong> en retraite a<br />

été établie, elle a permis de mettre en évidence<br />

l’ensemble <strong>des</strong> besoins spécifiques à partir de leurs<br />

réflexions et deman<strong>des</strong> personnelles soit :<br />

Prestations administratives<br />

~ médicales<br />

~ transport<br />

~ d’activités<br />

~ Accompagnement et aide à la<br />

personne lors de l’installation et au quotidien.<br />

3


Création d’une structure<br />

spécifique<br />

• Recensement <strong>des</strong> résidants qui partiront à la<br />

retraite dans les diverses structures d’accueil.<br />

• Officialisation et renforcement <strong>des</strong> dispositifs<br />

existants.<br />

• Création d’un service d’aide à la vie sociale <strong>des</strong><br />

<strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> en retraite intégrant un<br />

petite section d’accueil de jour<br />

Personnes concernées<br />

• Ce service s’articule autour de 4 groupes:<br />

• Les <strong>personnes</strong> demeurant en maison de retraite.<br />

• Celles qui souhaitent vivre dans leur<br />

appartement.<br />

• Celles qui sont maintenues après 60 ans dans les<br />

établissements qui les accueillent actuellement.<br />

• Celles qui habitent au sein de la famille.<br />

4


Réponses aux besoins<br />

Argent Administratif Santé et médical<br />

Solitude<br />

Loisirs<br />

ACCOMPAGNEMENT<br />

Entretien du linge<br />

Achats et Budget<br />

Transports divers<br />

Mission de la structure<br />

• SAVS qui a pour vocation de contribuer à la<br />

continuité du projet de vie <strong>des</strong> adultes handicapés<br />

en retraite en leur proposant :<br />

- Un accompagnement adapté<br />

- Le maintien d’un lien social<br />

- Une aide pour l’accès à <strong>des</strong> services offerts<br />

par <strong>des</strong> associations et <strong>des</strong> collectivités<br />

• Toujours dans le respect du projet de vie <strong>des</strong><br />

<strong>personnes</strong><br />

5


Les moyens humains et<br />

financiers<br />

• Le service fonctionne 6 jours par semaine.<br />

• Partie éducative et financière : conseillère en économie<br />

sociale et familiale ou éducatrice spécialisée.<br />

• Accompagnement médical et visites diverses : AMP<br />

• Activités « pédagogiques », artistiques et extérieures :<br />

moniteur éducateur.<br />

• Cette organisation nécessite de la part de l’équipe une<br />

bonne cohésion et une indispensable polyvalence.<br />

• Des conventions avec les Maisons de retraite concernées<br />

se mettent en place. place.<br />

Les moyens matériels<br />

• Un local pour la zone de vie de jour :<br />

Appartement type F4 situé dans un quartier<br />

centré en ville.<br />

• Il est doté d’espaces collectifs: cuisine,<br />

buanderie, salon ….<br />

• Plusieurs véhicules.<br />

• Divers équipements de communication.<br />

6


Les limites du service<br />

• Faire face à la multiplicité <strong>des</strong> situations.<br />

• Respecter le libre choix <strong>des</strong> <strong>personnes</strong>.<br />

• Ne pas se substituer aux différents acteurs<br />

actuels de terrain.<br />

• Conscient de ses limites, il s’adresse à <strong>des</strong><br />

<strong>personnes</strong> ayant une relative autonomie.<br />

Point de notre démarche<br />

• La spécificité <strong>des</strong> situations <strong>des</strong> <strong>personnes</strong><br />

implique la nécessité de proposer de multiples<br />

solutions :<br />

• Poursuite <strong>des</strong> placements en EHPAD sous<br />

conditions d’adaptation.<br />

• Maintien dans les établissements d’accueil dans le<br />

cadre d’extensions spécialisées.<br />

• Accueil dans <strong>des</strong> structures médicalisées.<br />

• Accueil en famille avec une structure de soutien<br />

adaptée.<br />

• Maison de retraite spécialisée.<br />

7


Les Les <strong>personnes</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> <strong>handicapées</strong> de de plus plus de de 60 60 ans ans :<br />

à à l’articulation l’articulation l’articulation <strong>des</strong> <strong>des</strong> secteurs secteurs<br />

secteurs<br />

du du handicap handicap et et de de la la gérontologie<br />

gérontologie<br />

Synthèse Synthèse Synthèse Synthèse d’une d’une d’une d’une enquête enquête enquête enquête<br />

par Patrick GUYOT, Conseiller technique du CREAI de Bourgogne<br />

Dans le cadre du programme régional de santé (PRS) "handicap et dépendance <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> âgées en<br />

Bourgogne", le CREAI a organisé, avec le concours financier de l'assurance maladie, une journée d'étude intitulée<br />

"La question <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> de plus de 60 ans : l'articulation entre le secteur gérontologique et celui<br />

du handicap 1 ", le 12 Avril 2001 à Plombières les Dijon.<br />

Pour alimenter cette journée d'étude, qui a visé les transferts d'expériences, le CREAI a réalisé une enquête par<br />

questionnaire auprès de ces deux secteurs afin d'obtenir un aperçu <strong>des</strong> pratiques et <strong>des</strong> projets dans ce domaine.<br />

Deux types de questionnaire ont ainsi été élaborés par un groupe de pilotage 2 : un questionnaire propre au secteur<br />

du handicap [(Centres d'aide par le travail (CAT), foyers d'hébergement, foyers de vie, maisons d'accueil<br />

spécialisées (MAS), foyers à double tarification (FDT), services d'accompagnement à la vie sociale (SAVS) ; un<br />

autre questionnaire propre au secteur de la gérontologie (Maisons de retraite, établissements de soins de longue<br />

durée (ex long séjour hospitalier), logements foyers, services d'aide à domicile (SAD), services de soins infirmiers à<br />

domicile (SSIAD)].<br />

Ce sont donc 150 questionnaires qui ont été adressés aux établissements et services du secteur du handicap, et<br />

près de 700 aux structures du secteur gérontologique, et ce sur l'ensemble <strong>des</strong> quatre départements<br />

bourguignons. Pour le secteur du handicap, 38 questionnaires exploitables sur 150 nous ont été retournés (soit<br />

25 %) et, pour le secteur gérontologique, nous avons reçu 81 questionnaires sur les 700 environ (soit près de<br />

12 %).<br />

Ce rapport d'enquête présente une synthèse <strong>des</strong> résultats bruts de l'exploitation <strong>des</strong> questionnaires, en<br />

différenciant les deux secteurs, suivi d'une conclusion mettant en lumière les enseignements <strong>des</strong> apports de<br />

l'enquête et les perspectives qui se <strong>des</strong>sinent pour l'avenir. Cette enquête nous a également permis d'identifier <strong>des</strong><br />

pratiques et <strong>des</strong> projets originaux qui ont fait l'objet de présentations orales et de débats lors de la "table ronde"<br />

de l'après-midi de la journée d'étude du 12 avril.<br />

1<br />

Par secteur du handicap, il faut entendre dans le cadre de cette étude, les établissements et services qui accueillent et accompagnent <strong>des</strong><br />

adultes reconnus handicapés par la COTOREP (Commission technique d'orientation et de reclassement professionnel). Ces <strong>personnes</strong> peuvent<br />

être orientées vers un établissement spécifique pour adultes handicapés, voire éventuellement dans une maison de retraite ou/et bénéficier d'une<br />

prestation aux adultes handicapés. Nous réserverons donc le terme "handicap" exclusivement à cette population.<br />

2<br />

Groupe de pilotage composé de professionnels <strong>des</strong> secteurs du handicap et de la gérontologie issus <strong>des</strong> Comités relais départementaux (COREL)<br />

instaurés dans le cadre du PRS et <strong>des</strong> Commissions <strong>des</strong> établissements et services pour adultes handicapés du CREAI de Bourgogne.


I - Synthèse Synthèse <strong>des</strong> <strong>des</strong> résultats résultats de de l'enquête l'enquête auprès auprès du du secteur<br />

secteur<br />

gérontologique<br />

gérontologique<br />

Les maisons de retraite<br />

et les structures de soins de longue durée<br />

Taux de réponse à l'enquête : 43 questionnaires ont été retournés par ce type de structure recevant<br />

4 196 usagers sur les 19 500 usagers 3 accueillis en Bourgogne, soit 21 % de la population totale.<br />

➢ Les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> de moins de 60 ans dans ce type d'établissement<br />

Ces établissements signalent 104 <strong>personnes</strong> de moins de 60 ans reconnues <strong>handicapées</strong> par la COTOREP parmi<br />

leurs 4 196 usagers soit 2,4 % de la population totale accueillie.<br />

A noter cependant l'existence de <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> de moins de 60 ans, non comptabilisées dans les 104,<br />

accueillies dans <strong>des</strong> structures particulières ayant répondu à l'enquête :<br />

• une maison de retraite spécialisée (MRS) pour l'accueil de <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> de 47 places dont 10<br />

occupées par <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> de moins de 60 ans .<br />

• une maison de retraite de 11 places pour adultes handicapés vieillissants (moins de 60 ans) créée dans le<br />

cadre d'une restructuration interne d'un complexe gérant <strong>des</strong> maisons de retraite et un foyer occupationnel<br />

pour adultes handicapés.<br />

• dans un hôpital local, une unité de 30 places accueillant <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> lourdement <strong>handicapées</strong> de moins de<br />

60 ans, qui s'apparente à un foyer à double tarification non reconnu administrativement.<br />

Les contacts avec le secteur du handicap sont inexistants pour la moitié environ de ces 104 <strong>personnes</strong> ; en<br />

revanche ils sont effectifs bien que réduits pour 53 d'entre elles : une maison de retraite signale par exemple <strong>des</strong><br />

échanges mensuels (goûters en commun) avec un CAT/Foyer, une autre maison de retraite et un centre de soins<br />

de longue durée font état d'une réflexion avec la COTOREP pour l'orientation <strong>des</strong> moins de 60 ans.<br />

➢ Les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> de plus de 60 ans dans ce type d'établissement<br />

Les maisons de retraite et les "longs séjours" signalent 106 <strong>personnes</strong> 4 de plus de 60 ans reconnues <strong>handicapées</strong><br />

par la COTOREP avant cet âge parmi leurs 4 196 usagers soit 2,5 % de la population totale accueillie.<br />

Sur les 33 questionnaires/43 reçus faisant état d'accueil de ce public, 10 indiquent avoir <strong>des</strong> contacts avec le<br />

secteur du handicap ; il s'agit :<br />

- de contacts ponctuels au cas pas cas entre les professionnels <strong>des</strong> deux secteurs ;<br />

- de collaboration entre les deux secteurs sur la base de conventions passées entre établissements pour<br />

l'intervention de personnels éducatifs (maison de retraite et foyer/CAT par exemple) ;<br />

- d'une expérimentation d'accueils conjoints en maison de retraite au sein d'un organisme gérant à la fois <strong>des</strong><br />

structures pour <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> et âgées ;<br />

- <strong>des</strong> contacts avec <strong>des</strong> établissements pour <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> lorsqu'il y a <strong>des</strong> places de libre dans une<br />

maison de retraite.<br />

3 Source : DRASS, places au 1/1/99<br />

4 Non comprises les <strong>personnes</strong> accueillies dans les établissements particuliers signalés plus haut (37 places dans la MRS).


Les logements foyers<br />

Taux de réponse à l'enquête : Les 13 établissements nous ayant répondu représentent 748 logements<br />

sur les 4 122 existant sur la Bourgogne soit 18 % de la population totale accueillie.<br />

Un seul logement foyer sur les 13 ayant renseigné le questionnaire indique accueillir une personne handicapée de<br />

moins de 60 ans, sans aucun contact avec le secteur du handicap.<br />

➢ Les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> de plus de 60 ans dans ce type d'établissement<br />

On dénombre 13 <strong>personnes</strong> de plus de 60 ans reconnues <strong>handicapées</strong> avant cet âge par la COTOREP dans ces<br />

logements foyers soit un taux entre 1 et 2 % (difficile à préciser dans la mesure où <strong>des</strong> logements foyers nous ont<br />

indiqué leur nombre d'appartements et d'autres le nombre de résidents accueillis.<br />

Pour ces <strong>personnes</strong> de plus de 60 ans quelques contacts avec le secteur du handicap nous ont été signalés :<br />

- contacts pour une personne handicapée physique avec un site pour la vie autonome ;<br />

- une convention individuelle avec un foyer/CAT pour l'intervention d'un service d'accompagnement au sein du<br />

logement foyer.<br />

On notera également l'accueil dans un logement foyer de deux ai<strong>des</strong> médico-psychologiques venant d'une maison<br />

d'accueil spécialisée (MAS) pour leur enseigner les savoir-faire du secteur gérontologique.<br />

L'aide à domicile<br />

Taux de réponse à l'enquête : seuls 18 services nous ont répondu qui assurent le suivi de<br />

3 289 usagers, ce qui correspond à une faible partie de l'ensemble <strong>des</strong> usagers de ces services en<br />

Bourgogne. Il convient en conséquence d'éviter toute généralisation <strong>des</strong> données suivantes.<br />

➢ Les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> de moins de 60 ans suivies par ce type de service<br />

Ce sont, selon l'enquête, 136 <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> de moins de 60 ans qui font appel aux services d'aide à<br />

domicile sur les 3 289 suivies soit 4,1 %.<br />

La quasi totalité de ces services n'a pas de contacts avec le secteur du handicap (un seul service fait état de<br />

contacts téléphoniques avec un foyer/CAT).<br />

➢ Les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> de plus de 60 ans suivies par ce type de service<br />

Seules 38 <strong>personnes</strong> de plus de 60 ans reconnues <strong>handicapées</strong> par la COTOREP avant cet âge font appel aux<br />

services d'aide à domicile, soit un peu plus de 1 %. Ce taux est à considérer avec prudence puisqu’un service<br />

d'auxiliaire de vie 5 intervient à lui seul auprès de 30 <strong>personnes</strong> de plus de 60 ans.<br />

Les contacts avec le secteur du handicap sont très rares si l'on s'en tient aux informations issues <strong>des</strong><br />

questionnaires retournés par ces services. On peut cependant douter de la représentativité de notre échantillon<br />

dans la mesure où <strong>des</strong> collaborations entre <strong>des</strong> CAT/foyer ou <strong>des</strong> services d'accompagnement et <strong>des</strong> services<br />

d'aide à domicile nous ont été signalées dans l'enquête auprès du secteur du handicap.<br />

5 Service que nous avons classé dans le secteur gérontologique, mais qui aurait pu l'être dans le secteur du handicap. On notera que ce type de<br />

service intervenant dans les deux secteurs, handicap et gérontologie, constitue une modalité de réponse qui préfigure peut être une forme de<br />

solution pour la problématique qui nous intéresse ici.


Les services de soins infirmiers à domicile (SSIAD)<br />

Taux de réponse à l'enquête : Seulement 7 questionnaires nous ont été retournés par <strong>des</strong> SSIAD de<br />

Bourgogne ; ces 7 SSIAD sur les 76 présents sur la région interviennent auprès de 201 <strong>personnes</strong> sur<br />

les 2 142 concernées (soit un taux de réponse de 9,4 %).<br />

Sur ces 7 SSIAD, 4 interviennent auprès de 9 <strong>personnes</strong> de moins de 60 ans 6 reconnues <strong>handicapées</strong> par la<br />

COTOREP, soit 4,4 % <strong>des</strong> 201 <strong>personnes</strong> suivies. Un seul SSIAD indique <strong>des</strong> contacts avec le secteur du handicap<br />

(APF).<br />

Concernant les <strong>personnes</strong> de plus de 60 ans reconnues <strong>handicapées</strong> par la COTOREP avant cet âge, 3 SSIAD<br />

signalent <strong>des</strong> interventions auprès de 3 <strong>personnes</strong>, sans contacts avec le secteur du handicap.<br />

Les projets de collaboration avec le secteur du handicap<br />

A la question relative aux projets de collaboration émanant <strong>des</strong> établissement et <strong>des</strong> services du secteur<br />

gérontologique, nous distinguerons les projets <strong>des</strong> établissements de ceux <strong>des</strong> services de maintien à domicile.<br />

Les projets <strong>des</strong> maisons de retraite, <strong>des</strong> structures de soins de longue durée et <strong>des</strong><br />

logements foyers.<br />

Sur les 56 questionnaires remplis provenant de ces établissements, 7 font état de projets plus ou moins avancés<br />

de collaboration avec le secteur du handicap :<br />

engager une réflexion avec le secteur du handicap (les établissements locaux) pour tenter d'élaborer une<br />

réponse aux problèmes d'admission <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> en maison de retraite ;<br />

poursuivre l'accueil <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes (avant et après 60 ans) en collaboration avec<br />

les CAT/foyers et les MAS locaux ;<br />

création d'une unité d'accueil temporaire de <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> accueillies en famille d'accueil ;<br />

création d'une unité pour <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes dans un hôpital local;<br />

convention entre une maison de retraite et un CAT/foyer pour l'intervention de personnels éducatifs au sein<br />

de la maison de retraite ;<br />

création par une maison de retraite d'un établissement pour <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> âgées (projet<br />

embryonnaire) ;<br />

accueil d'urgence ou temporaire de <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> de plus de 60 ans (projet embryonnaire).<br />

Par ailleurs, plusieurs établissements sont ouverts à toutes propositions de collaboration avec le secteur du<br />

handicap, mais certains soulignent qu'il ne sera pas possible de multiplier l'accueil de <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong><br />

faute de moyen en personnels qualifiés. Un établissement s'inquiète également de son image auprès de son<br />

public habituel qu'il risque de perdre s’il accueille <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>.<br />

Les projets <strong>des</strong> services de maintien à domicile<br />

Pour l'ensemble de ces services, quasiment aucun projet de collaboration avec le secteur du handicap n'est<br />

envisagé, si ce n'est de poursuivre "a minima" les collaborations habituelles de terrain.<br />

6<br />

Ces services sont autorisés depuis peu à intervenir auprès <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> de moins de 60 ans ; elles le pouvaient auparavant mais à<br />

titre dérogatoire.


II II - Synthèse Synthèse de <strong>des</strong> de<br />

s résultats de l'enquête auprès auprès du du secteur secteur du<br />

du<br />

handicap<br />

handicap<br />

Les Centres d'aide par le travail et les foyers d'hébergement<br />

Taux de réponse à l'enquête : 23 CAT et/ou Foyers d'hébergement ont répondu à l'enquête. Ces<br />

CAT/Foyers totalisent 1 500 usagers environ 7 sur 2 700 présents dans ce type de structures en<br />

Bourgogne, soit 55 % de la population totale.<br />

➢ Le devenir <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> à partir de 60 ans accueillies en CAT et<br />

foyers d'hébergement<br />

Les CAT et les foyers d'hébergement dénombrent 46 <strong>personnes</strong> qui ont franchi le cap <strong>des</strong> 60 ans ces dernières<br />

années sur les 1 500 accueillies soit un taux de 3 % 8 . On notera qu'aucun <strong>des</strong> CAT ayant renseigné le<br />

questionnaire ne signale <strong>des</strong> ouvriers de plus de 60 ans dans leurs effectifs. Bien qu'il y en ait sans doute dans <strong>des</strong><br />

CAT régionaux n'ayant pas répondu à l'enquête, cela semble confirmer le fait que l'âge de 60 ans constitue une<br />

limite habituelle à l'activité professionnelle en CAT. En revanche les foyers indiquent maintenir quelques <strong>personnes</strong><br />

au-delà de 60 ans.<br />

Quelles sont les solutions mises en œuvre par les CAT et foyers d'hébergement pour ces 46 <strong>personnes</strong> ?<br />

Les réponses au questionnaire indiquent que 28 d'entre elles ont été orientées en maison de retraite, (6 sur 10), et<br />

13 ont été maintenues dans le foyer (près de 3 sur 10). Les autres ont été maintenues à leur propre domicile ou en<br />

famille d'accueil.<br />

➢ Quelle est la nature <strong>des</strong> relations avec le secteur gérontologique ?<br />

Nous retrouvons bien sûr en partie <strong>des</strong> informations obtenues par l'enquête auprès du secteur gérontologique :<br />

- l'existence de quelques conventions individuelles passées entre les deux secteurs sont signalées, en particulier<br />

avec une maison de retraite pour permettre l'intervention de professionnels <strong>des</strong> services d'accompagnement<br />

du secteur du handicap (afin d'assurer « l'animation » en complément <strong>des</strong> prestations fournies<br />

habituellement) ;<br />

- l'expérimentation d'accueils conjoints en maison de retraite au sein d'un organisme gérant à la fois <strong>des</strong><br />

établissements et services pour <strong>personnes</strong> âgées et <strong>handicapées</strong> ;<br />

- pour d'autres, les relations sont plus ponctuelles et activées pendant la période de transition du retraité de<br />

CAT entre le foyer et la maison de retraite ;<br />

- d'autres indiquent encore privilégier la persistance du lien avec la personne handicapée orientée dans le<br />

secteur gérontologique, par le biais de visites ou d'invitation au foyer lors de manifestations festives. Parfois<br />

<strong>des</strong> activités en commun sont organisées (goûters par exemple)<br />

7<br />

Chiffre approximatif dans la mesure où <strong>des</strong> foyers autonomes et <strong>des</strong> CAT ont pu déclarer les mêmes <strong>personnes</strong>.<br />

8<br />

Ce taux semble confirmer les projections réalisées lors de l'étude du CREAI Bourgogne en 1992, selon laquelle environ 10 <strong>personnes</strong> en moyenne<br />

par an franchiraient ce cap <strong>des</strong> 60 ans en CAT et foyers d'hébergement ; (10 x 8 ans = 80 X 55% = 44 <strong>personnes</strong>)


Les foyers de vie<br />

Taux de réponse à l'enquête : 8 foyers de vie sur les 36 existant en Bourgogne ont rempli le<br />

questionnaire de l'enquête totalisant 370 places sur 1 320, soit 28 % du nombre total de places.<br />

Le devenir <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> à partir de 60 ans accueillies en foyers de vie<br />

(occupationnels)<br />

Les chiffres obtenus par l'enquête sont imprécis : une quinzaine de résidents de foyers de vie aurait passé le cap<br />

<strong>des</strong> 60 ans ces dernières années, soit un taux de 4 % environ.<br />

On notera que le principe retenu pour ce type d'établissement reste le maintien dans le foyer au-delà de 60 ans,<br />

avec toutefois la recherche d'une solution alternative après quelques années (autour de 65 ans, semble-t-il) ; <strong>des</strong><br />

partenariats avec <strong>des</strong> maisons de retraite ont été signalés sous forme d'aide au montage d'un projet de création<br />

d'une maison de retraite adaptée, ou de la participation de résidents d'un foyer de vie à un club du troisième âge.<br />

Les maisons d'accueil spécialisées (MAS)<br />

et les foyers à double tarification (FDT)<br />

Taux de réponse à l'enquête : 4 établissements ont renseigné le questionnaire sur les 16 de la région ;<br />

plusieurs ont fourni <strong>des</strong> chiffres imprécis qui ne permettent pas une exploitation quantitative.<br />

Le devenir <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> à partir de 60 ans accueillies en MAS et FDT<br />

Comme les foyers de vie, les MAS et les FDT, maintiennent leurs résidents de plus de 60 ans, en envisageant<br />

éventuellement une réorientation vers un établissement gérontologique par la suite.<br />

Pour ce qui concerne les relations avec le secteur gérontologique, on notera l'existence d'une convention pour une<br />

personne avec une maison de retraite publique pour l'intervention d'un service d'accompagnement.<br />

Les services d'accompagnement à la vie sociale (SAVS)<br />

Taux de réponses à l'enquête : 3 services d'accompagnement autonomes 9 intervenant auprès de<br />

217 <strong>personnes</strong> ont répondu à notre enquête.<br />

Sur ces 217 <strong>personnes</strong>, 14 ont passé les 60 ans ces dernières années, soit 6 % environ. Parmi ces<br />

14 <strong>personnes</strong>, 9 ont été maintenues à domicile, 3 sont entrées en maison de retraite et 1 en logement foyer.<br />

Ces SAVS font état de contacts avec les services d'aide à domicile pour <strong>personnes</strong> âgées afin d'organiser les<br />

interventions, et de conventions individuelles avec <strong>des</strong> maisons de retraite.<br />

9 Il existe <strong>des</strong> services d'accompagnement rattachés à un foyer d'hébergement qui interviennent essentiellement auprès de leurs résidents.


Les projets de collaboration avec le secteur gérontologique<br />

Quels sont les collaborations qu'envisagent les établissements et services du secteur du handicap avec le<br />

secteur gérontologique ?<br />

Pour ce qui concerne l'ensemble <strong>des</strong> établissements dont nous avons présenté plus haut les réponses à<br />

l'enquête (CAT, Foyers, MAS, FDT), les projets sont nombreux puisque quasiment tous en ont ; plus ou moins<br />

élaborés et ambitieux ; ils mettent tous en avant le principe d'individualisation <strong>des</strong> réponses et de diversification<br />

de l'offre en matière d'établissement et de services :<br />

maintien de liens privilégiés avec <strong>des</strong> maisons de retraite locales ;<br />

création de petites unités pour <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> de plus de 60 ans en maison de retraite ou en foyer<br />

de vie ;<br />

permettre le suivi éducatif <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> âgées en structure de gérontologie en détachant du<br />

personnel <strong>des</strong> établissements et services médico-sociaux du secteur du handicap (conventions, accords) ;<br />

collaborer activement avec les services d'aide à domicile pour permettre le maintien <strong>des</strong> <strong>personnes</strong><br />

<strong>handicapées</strong> âgées à domicile ;<br />

pour <strong>des</strong> foyers d'hébergement obtenir la suppression de la limite d'âge de 60 ans pour le maintien (revoir les<br />

conventions avec les départements) ;<br />

créer <strong>des</strong> résidences locatives avec intervention d'un service d'accompagnement renforcé et <strong>des</strong> services de<br />

maintien à domicile (SAD, SSIAD) ;<br />

former le personnel <strong>des</strong> structures du handicap à la gérontologie (DIGUB) ;<br />

réfléchir au maintien <strong>des</strong> relations avec les ex-résidents <strong>des</strong> foyers accueillis en maison de retraite ;<br />

pour les SAVS, ne pas se substituer à l'existant en service de maintien à domicile, mais plutôt assurer une<br />

éventuelle coordination <strong>des</strong> interventions autour de la personne suivie.<br />

Des établissements ont également insisté sur l'importance de la préparation à la vieillesse, et ceci rejoignait la<br />

question que nous avions posée dans l'enquête à propos de la manière dont les établissements et services pour<br />

<strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> traitaient la question <strong>des</strong> usagers de moins de 60 ans concernés par le phénomène de<br />

"vieillissement". La première réponse apportée, bien souvent de façon préventive, consiste à aménager le temps de<br />

travail, ceci pouvant aller jusqu'à l'instauration du temps partiel (mi-temps généralement) ; <strong>des</strong> unités spécifiques<br />

pour <strong>personnes</strong> vieillissantes font également partie <strong>des</strong> modalités de réponse (sections annexes de CAT, unités de<br />

vie à rythmes différenciés en foyers de vie,…). L'embauche d'ai<strong>des</strong> médico-psychologiques (AMP) est aussi<br />

envisagée parfois. Lorsque ces solutions s'avèrent insuffisantes, une réorientation peut intervenir.


Apports Apports de de l'enquête l'enquête et et perspectives<br />

perspectives<br />

Les résultats de l'enquête, présentés dans ce rapport, nous livrent quelques informations sur les pratiques <strong>des</strong><br />

secteurs de la gérontologie et du handicap face à la question <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> de plus de 60 ans. Bien<br />

que ces informations ne soient pas généralisables à l'ensemble <strong>des</strong> établissements et services de la Bourgogne au<br />

vu de la faible représentativité de certains d'entre eux, (par exemple les structures de maintien à domicile du<br />

secteur de la gérontologie), nous pouvons en tirer quelques enseignements et repérer <strong>des</strong> orientations générales.<br />

Bien que mo<strong>des</strong>tes quantitativement, <strong>des</strong> collaborations existent effectivement entre les deux secteurs. Par<br />

exemple, nous l'avons vu pour les plus de 60 ans reconnus handicapés par la COTOREP avant cet âge, un tiers<br />

<strong>des</strong> établissements de gérontologie concernés par l'accueil de ce public signale <strong>des</strong> contacts avec le secteur du<br />

handicap ; ces contacts sont du reste confirmés par l'enquête auprès <strong>des</strong> structures pour <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>.<br />

Ces relations sont certes parfois épisodiques et limitées à la période d'accueil, mais elles peuvent être également<br />

plus élaborées comme nous l'avons vu (conventions, expérimentation d'accueils conjoints,…).<br />

Ces relations entre les établissements et services <strong>des</strong> deux secteurs semblent être l'amorce d'autres collaborations<br />

dans l'avenir, si l'on en croit les apports de l'enquête relatifs aux projets. Même si les actions envisagées dans<br />

l’avenir sont rares du côté <strong>des</strong> structures pour <strong>personnes</strong> âgées, elles peuvent être interprétées comme un début<br />

de prise de conscience de la problématique particulière <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> âgées, ainsi qu'une ouverture à<br />

la réflexion pour l'élaboration de réponses adaptées. En revanche, du côté du secteur du handicap, les projets de<br />

collaboration avec le secteur de la gérontologie sont nettement plus nombreux et témoignent d'une évolution <strong>des</strong><br />

positions.<br />

En effet, ces actions en cours et ces projets constituent, à n'en pas douter, un dépassement <strong>des</strong> positions parfois<br />

défensives du début <strong>des</strong> années 90 où le maintien dans l'établissement d'origine était perçu comme la seule<br />

solution défendable. La collaboration a sans doute été rendue envisageable à partir du moment où l'on s'est<br />

attaché, dans le secteur du handicap, à un certain nombre de principes qui sont apparus à plusieurs reprises dans<br />

l'enquête, à savoir : le libre choix de l'usager (sa demande, ses besoins), l'individualisation <strong>des</strong> réponses et la<br />

diversification de l'offre en matière de prestations ; ces prestations étant alors constituées d'établissements et de<br />

services <strong>des</strong> deux secteurs : ce référentiel, composé de ces principes essentiels, devant orienter l'ensemble <strong>des</strong><br />

réponses apportées à la question <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> de plus de 60 ans.<br />

Cela dit, au-delà de ces constats relativement optimistes, quelques interrogations subsistent. On a observé, en<br />

exploitant les résultats de l’enquête, qu’un pourcentage significatif <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> de plus de 60 ans<br />

originaires <strong>des</strong> établissements pour adultes handicapés étaient « orientées », plus ou moins tôt, en établissements<br />

du secteur gérontologique (Maison de retraite le plus souvent). La question essentielle qui se pose alors est de<br />

savoir s'il s'agit du choix <strong>des</strong> intéressés ou bien si l'on a affaire à une orientation par défaut, "faute de mieux"<br />

localement. Ce libre choix de l'usager (ou du moins la prise en compte de ses besoins s'il n'est pas en capacité de<br />

formuler un choix) implique en effet que les structures pour <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> puissent administrativement<br />

maintenir leurs usagers au-delà de 60 ans 10 . Selon les résultats de l'enquête, il semble que de nombreuses<br />

orientations vers le secteur de la gérontologie aient été réalisées à la demande <strong>des</strong> usagers. De nombreux<br />

paramètres pouvant cependant influer sur ce « libre choix », la question reste toutefois posée.<br />

Pour conclure ce rapport d'enquête, il nous paraît important d'attirer l'attention sur la question <strong>des</strong> coordinations<br />

territoriales. En effet, si <strong>des</strong> collaborations existent parfois entre les deux secteurs, il sera nécessaire dans un<br />

proche avenir de penser à <strong>des</strong> coordinations territoriales plus élaborées ; les centres locaux d’information et de<br />

coordination (CLIC) en cours d’expérimentation dans le secteur <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> âgées, et les réseaux de<br />

gérontologie, ne pourraient-ils pas constituer <strong>des</strong> réponses pertinentes à la question <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> de<br />

plus de 60 ans ? Si oui, à quelles conditions ? Cette coordination ne pourrait-elle pas participer au dépassement<br />

<strong>des</strong> clivages entre les deux secteurs, et permettre une territorialisation <strong>des</strong> réponses (réponses de proximité)<br />

corollaire au principe de libre choix ?<br />

10<br />

La loi portant réforme de l’action sociale et médico-sociale, adoptée en première lecture par l’Assemblée Nationale, indique clairement l’absence<br />

de limite d’âge pour l’accueil <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> en établissement.


Apports Apports de de l'enquête l'enquête et et perspectives<br />

perspectives<br />

Les résultats de l'enquête, présentés dans ce rapport, nous livrent quelques informations sur les pratiques <strong>des</strong><br />

secteurs de la gérontologie et du handicap face à la question <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> de plus de 60 ans. Bien<br />

que ces informations ne soient pas généralisables à l'ensemble <strong>des</strong> établissements et services de la Bourgogne au<br />

vu de la faible représentativité de certains d'entre eux, (par exemple les structures de maintien à domicile du<br />

secteur de la gérontologie), nous pouvons en tirer quelques enseignements et repérer <strong>des</strong> orientations générales.<br />

Bien que mo<strong>des</strong>tes quantitativement, <strong>des</strong> collaborations existent effectivement entre les deux secteurs. Par<br />

exemple, nous l'avons vu pour les plus de 60 ans reconnus handicapés par la COTOREP avant cet âge, un tiers<br />

<strong>des</strong> établissements de gérontologie concernés par l'accueil de ce public signale <strong>des</strong> contacts avec le secteur du<br />

handicap ; ces contacts sont du reste confirmés par l'enquête auprès <strong>des</strong> structures pour <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>.<br />

Ces relations sont certes parfois épisodiques et limitées à la période d'accueil, mais elles peuvent être également<br />

plus élaborées comme nous l'avons vu (conventions, expérimentation d'accueils conjoints,…).<br />

Ces relations entre les établissements et services <strong>des</strong> deux secteurs semblent être l'amorce d'autres collaborations<br />

dans l'avenir, si l'on en croit les apports de l'enquête relatifs aux projets. Même si les actions envisagées dans<br />

l’avenir sont rares du côté <strong>des</strong> structures pour <strong>personnes</strong> âgées, elles peuvent être interprétées comme un début<br />

de prise de conscience de la problématique particulière <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> âgées, ainsi qu'une ouverture à<br />

la réflexion pour l'élaboration de réponses adaptées. En revanche, du côté du secteur du handicap, les projets de<br />

collaboration avec le secteur de la gérontologie sont nettement plus nombreux et témoignent d'une évolution <strong>des</strong><br />

positions.<br />

En effet, ces actions en cours et ces projets constituent, à n'en pas douter, un dépassement <strong>des</strong> positions parfois<br />

défensives du début <strong>des</strong> années 90 où le maintien dans l'établissement d'origine était perçu comme la seule<br />

solution défendable. La collaboration a sans doute été rendue envisageable à partir du moment où l'on s'est<br />

attaché, dans le secteur du handicap, à un certain nombre de principes qui sont apparus à plusieurs reprises dans<br />

l'enquête, à savoir : le libre choix de l'usager (sa demande, ses besoins), l'individualisation <strong>des</strong> réponses et la<br />

diversification de l'offre en matière de prestations ; ces prestations étant alors constituées d'établissements et de<br />

services <strong>des</strong> deux secteurs : ce référentiel, composé de ces principes essentiels, devant orienter l'ensemble <strong>des</strong><br />

réponses apportées à la question <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> de plus de 60 ans.<br />

Cela dit, au-delà de ces constats relativement optimistes, quelques interrogations subsistent. On a observé, en<br />

exploitant les résultats de l’enquête, qu’un pourcentage significatif <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> de plus de 60 ans<br />

originaires <strong>des</strong> établissements pour adultes handicapés étaient « orientées », plus ou moins tôt, en établissements<br />

du secteur gérontologique (Maison de retraite le plus souvent). La question essentielle qui se pose alors est de<br />

savoir s'il s'agit du choix <strong>des</strong> intéressés ou bien si l'on a affaire à une orientation par défaut, "faute de mieux"<br />

localement. Ce libre choix de l'usager (ou du moins la prise en compte de ses besoins s'il n'est pas en capacité de<br />

formuler un choix) implique en effet que les structures pour <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> puissent administrativement<br />

maintenir leurs usagers au-delà de 60 ans 10 . Selon les résultats de l'enquête, il semble que de nombreuses<br />

orientations vers le secteur de la gérontologie aient été réalisées à la demande <strong>des</strong> usagers. De nombreux<br />

paramètres pouvant cependant influer sur ce « libre choix », la question reste toutefois posée.<br />

Pour conclure ce rapport d'enquête, il nous paraît important d'attirer l'attention sur la question <strong>des</strong> coordinations<br />

territoriales. En effet, si <strong>des</strong> collaborations existent parfois entre les deux secteurs, il sera nécessaire dans un<br />

proche avenir de penser à <strong>des</strong> coordinations territoriales plus élaborées ; les centres locaux d’information et de<br />

coordination (CLIC) en cours d’expérimentation dans le secteur <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> âgées, et les réseaux de<br />

gérontologie, ne pourraient-ils pas constituer <strong>des</strong> réponses pertinentes à la question <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> de<br />

plus de 60 ans ? Si oui, à quelles conditions ? Cette coordination ne pourrait-elle pas participer au dépassement<br />

<strong>des</strong> clivages entre les deux secteurs, et permettre une territorialisation <strong>des</strong> réponses (réponses de proximité)<br />

corollaire au principe de libre choix ?<br />

10<br />

La loi portant réforme de l’action sociale et médico-sociale, adoptée en première lecture par l’Assemblée Nationale, indique clairement l’absence<br />

de limite d’âge pour l’accueil <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> en établissement.


Une longévité accrue pour les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes : un nouveau défi<br />

pour leur prise en charge<br />

CM/Rec(2009)6 du Comité <strong>des</strong> ministres aux États membres. Recommandation sur le vieillissement<br />

et le handicap au 21e siècle : cadres durables permettant une meilleure qualité de vie dans une société inclusive


Les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes :<br />

espérances de vie et de santé ; qualité de vie<br />

Une revue de la littérature<br />

Bernard Azéma et Nathalie Martinez*<br />

Les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> connaissent aujourd’hui, comme le reste de la<br />

population, une augmentation spectaculaire de leur espérance de vie. Cette<br />

nouvelle longévité leur fait désormais traverser, en grand nombre, <strong>des</strong> âges<br />

que peu atteignaient auparavant ; elle contribue à renouveler totalement la<br />

question <strong>des</strong> situations de handicap en matière de dispositifs de prises en<br />

charge, de représentations collectives, de politiques sanitaires et sociales et<br />

de citoyenneté. Les conséquences de cette nouvelle longévité sont aussi de<br />

nature économique car le vieillissement de la population génère <strong>des</strong> dépenses<br />

de santé et d’accompagnement social croissantes. Si la prise de conscience de<br />

l’urgence de la problématique du vieillissement s’est diffusée peu à peu,<br />

force est de constater une grande impréparation <strong>des</strong> différents dispositifs.<br />

Encadré 1 : Une proposition de définition<br />

« Une personne handicapée vieillissante est une personne qui a entamé ou<br />

connu sa situation de handicap (quelle qu’en soit la nature ou la cause) avant<br />

que de connaître les effets d’un vieillissement. La situation de handicap a<br />

donc précédé le vieillissement. »<br />

Notre analyse porte ainsi sur <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> qui étaient déjà en situation de<br />

handicap par suite de multiples causes (génétiques, traumatiques, maladies,<br />

etc.) ou par déficiences et incapacités (motrices, sensorielles, intellectuelles...)<br />

avant même d’entamer un processus de vieillissement.<br />

Cet article fait la synthèse d’une revue de la littérature internationale réalisée<br />

à la demande de la DREES 1 . Après avoir évoqué l’émergence historique de<br />

la question du vieillissement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>, seront abordés dans<br />

une première partie les problèmes méthodologiques et les données disponibles<br />

sur les espérances de vie pour quelques types de situations de handicap.<br />

Une seconde partie s’attachera à décrire les aspects sanitaires de cette nouvelle<br />

longévité (besoins émergents et recours aux ressources de santé). Enfin,<br />

* Bernard Azéma : médecin psychiatre et géographe de la santé, conseiller technique au<br />

CREAI Languedoc-Roussillon.<br />

Nathalie Martinez : docteur en psychologie sociale, conseiller technique au CREAI Languedoc-Roussillon.<br />

1 Azéma B. et Martinez N., (2003), Les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes : espérances de<br />

vie, projections démographiques et aspects qualitatifs, Rapport d’étude pour la DREES,<br />

Ministère <strong>des</strong> Affaires sociales du Travail et de la Solidarité – Ministère de la Santé de la<br />

Famille et <strong>des</strong> Personnes <strong>handicapées</strong>. CREAI Languedoc-Roussillon, Montpellier, 317 p.<br />

297


298<br />

RFAS N o 2-2005<br />

une dernière partie s’attachera à décrire les conséquences psychologiques et<br />

sociales de ces gains d’espérance de vie pour les <strong>personnes</strong> et les entourages.<br />

■ Une problématique émergente ?<br />

La prise de conscience de cette nouvelle longévité<br />

en France<br />

Il faut attribuer à René Lenoir la première prise de conscience de la nouvelle<br />

longévité <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>, lui qui, dès 1976, indiquait de<br />

manière prémonitoire : « Les débiles profonds mouraient presque tous à<br />

l’adolescence. Ils atteignent maintenant l’âge mûr et nous aurons dans dix<br />

ou quinze ans, de grands handicapés du troisième âge ».<br />

Les colloques organisés par les CREAI en Rhône-Alpes (1986), et à La<br />

Baule (1988) constituent les premiers actes de cette prise de conscience collective.<br />

Dans la même année 1988, Claudel publie une étude très documentée<br />

sur l’évolution de la mortalité <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> mentales<br />

en Alsace et le CREAI Languedoc-Roussillon donne la parole à <strong>des</strong> <strong>personnes</strong><br />

<strong>handicapées</strong> vieillissantes. Le début <strong>des</strong> années quatre-vingt-dix<br />

marque un point de convergence avec la parution de deux ouvrages de synthèse<br />

de Zribi et Sarfaty (1990) et de Breitenbach et Roussel (1990) Depuis<br />

lors, les travaux se sont multipliés à différentes échelles territoriales et sur<br />

de nombreuses thématiques essentiellement sociales. Parmi les plus<br />

récents, citons le Conseil national consultatif <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong><br />

qui a consacré deux colloques à ce thème ; le rapport Cayet (1998) pour le<br />

Conseil économique et social et l’avis du Haut Conseil de la population et<br />

de la famille (2002) qui posent tous deux clairement sur la scène publique<br />

les contours de cette problématique. Enfin, l’enquête Handicaps Incapacités<br />

Dépendances (HID) a permis de mieux cerner <strong>des</strong> typologies de problématique<br />

de besoins et <strong>des</strong> volumes de population concernée (Michaudon,<br />

2002 ; Mormiche, 1999, 2001, 2003 ; Mormiche et Sanchez, 2000).<br />

Nous ne disposons, en France, sur les espérances de vie et de santé que de<br />

données fragmentaires, dispersées, de valeur scientifique inégale. Les problématiques<br />

du vieillissement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> sont portées par<br />

quelques pionniers : Nancy Breitenbach, Philippe Gabbaï, Jacques Rio,<br />

Michel Claudel, Philippe Pitaud. Dans ce contexte, les étu<strong>des</strong> et enquêtes <strong>des</strong><br />

acteurs institutionnels sont à créditer pour la plupart aux différents CREAI.<br />

La situation européenne<br />

Les Pays-Bas, la Grande-Bretagne, l’Irlande, la Belgique, le Luxembourg,<br />

la Suisse, la Suède et la Finlande se sont énormément mobilisés au plan<br />

humain et scientifique sur le sujet. L’Espagne, l’Italie, la Grèce ont connu<br />

<strong>des</strong> trajectoires différentes dans l’approche <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> :


institutionnalisation massive et peu technique de la Grèce, forte prégnance<br />

du modèle de la désinstitutionalisation en Italie, modèle original construit<br />

par l’Espagne après le retard <strong>des</strong> années de plomb du franquisme. L’Allemagne<br />

et l’Autriche se trouvent dans une situation singulière, puisque ces<br />

pays ont découvert de manière très décalée ce phénomène pour une tragique<br />

raison historique : la politique nazie d’extermination systématique<br />

<strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> a abouti à faire disparaître la plus grande part<br />

<strong>des</strong> cohortes de <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> nées avant guerre.<br />

Le Conseil de l’Europe a proposé (à l’initiative du Comité pour la réadaptation<br />

et l’intégration <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>) un cadre commun pour<br />

l’analyse qualitative et quantitative <strong>des</strong> données sur le vieillissement <strong>des</strong><br />

<strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>. Ces recommandations ont eu peu d’impact sur les<br />

travaux communautaires ultérieurs. Dans la suite <strong>des</strong> travaux du programme<br />

ECHI (European Community Health Indicator project) financé<br />

par la Communauté européenne, le groupe POMONA, a eu pour mission de<br />

proposer pour les <strong>personnes</strong> adultes porteuses d’une déficience intellectuelle,<br />

un « jeu » d’indicateurs de santé à recommander aux États membres<br />

(Walsh et al., 2003). Ce groupe a retenu comme l’un de ces indicateurs,<br />

l’espérance de vie <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>. Le groupe POMONA est<br />

composé, pour partie, de plusieurs membres du réseau européen ENIDA<br />

(European Network on Intellectual Disability and Aging) constitué dans le<br />

champ du vieillissement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> mentales en Europe.<br />

ENIDA et POMONA s’intègrent dans le réseau mondial de chercheurs de<br />

IASSID (International Association for the Scientific Study of Intellectual<br />

Disabilities). Au niveau européen ou dans le monde anglo-saxon, les travaux<br />

sont grandement facilités par la présence de nombreuses équipes<br />

dévolues à la recherche (fondamentale et appliquée) dans le champ du handicap,<br />

les Disability Studies.<br />

Hors d’Europe<br />

Les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes : espérances de vie et de santé ; qualité de vie<br />

Une revue de la littérature<br />

Les pays extra-européens fortement engagés sont les États-Unis, le Canada,<br />

l’Australie, Israël et, dans une moindre mesure, quelques rares pays asiatiques.<br />

Les États-Unis ont impulsé, dès les années soixante, un vaste mouvement<br />

de désinstitutionnalisation et de « normalisation » en faveur <strong>des</strong><br />

<strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>. Ce mouvement, porté par les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>,<br />

les lobbies associatifs et les hommes politiques (dont la famille Kennedy),<br />

a fait prendre conscience très tôt de la question du vieillissement <strong>des</strong><br />

<strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>. L’État de New York, apparaît leader sur le sujet. Il<br />

a intégré dans son plan gérontologique « Project 2015. The future of aging<br />

in NY state » une thématique spécifique sur le sujet. Un effort global et collectif<br />

a abouti à une avance significative de la recherche fondamentale et<br />

appliquée dans le champ du vieillissement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>.<br />

Sous l’impulsion d’experts comme Matthew Janicki ou Tamar Heller, les<br />

États-Unis se trouvent ainsi à la pointe de la recherche et de la réflexion sur<br />

les protocoles et mo<strong>des</strong> de prises en charge ajustés à cette population.<br />

299


300<br />

RFAS N o 2-2005<br />

Enfin, l’Organisation mondiale de la santé s’est saisie de la question du<br />

vieillissement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> et a commandé au réseau mondial<br />

IASSID plusieurs rapports sur le vieillissement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong><br />

par suite de déficience intellectuelle. IASSID rassemble un millier de<br />

chercheurs et praticiens dans le champ de la déficience intellectuelle. Son<br />

congrès mondial s’est tenu en juin 2004 en France. Un groupe spécifique<br />

sur le vieillissement (SIRG-AID : Special Interet Research Group on Aging<br />

In Disability) produit régulièrement <strong>des</strong> étu<strong>des</strong> et recommandations de bonnes<br />

pratiques.<br />

Encadré 2 : Méthodologie de l’étude<br />

• Recherche documentaire : littérature scientifique et littérature « grise »<br />

Les ressources documentaires et les publications d’organismes internationaux,<br />

nationaux, régionaux ou locaux ont été recueillies : OMS, ONU, Conseil<br />

de l’Europe, IASSID (Association internationale pour l’étude scientifique<br />

de la déficience intellectuelle), conseils économiques et sociaux (national et<br />

régional), DRASS, CREAI, ORS, CNRPA, différents CODERPA, conseils<br />

généraux, associations de <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>, organismes d’assurance<br />

et mutuelles, etc.<br />

L’exploration sur site <strong>des</strong> services documentaires de grands organismes<br />

spécialisés ou généralistes francophones a été conduite auprès du service<br />

documentation du ministère, du CTNERHI, de la Fondation nationale de<br />

gérontologie, du CEDIAS-Musée du social, de la Fondation de France, du<br />

CREDES, de l’APF, de l’UNAPEI, de la MSA...<br />

Les travaux publiés ont été repérés par une recherche classique à l’aide de<br />

moteurs de recherche spécialisés (Medline ©, Psycinfo ©, Aleph, Banque de<br />

données en santé publique, INIST...) ainsi que de moteurs de recherche sur<br />

internet (Google TM , Copernic TM ).<br />

• Recherche d’experts nationaux et internationaux<br />

Un repérage <strong>des</strong> experts internationaux sur la question a pu être conduit et<br />

validé à partir du croisement <strong>des</strong> données publiées.<br />

• Contacts et entretiens avec les <strong>personnes</strong> ressources<br />

Cette étude a été enrichie par les entretiens menés avec les experts nationaux<br />

et internationaux essentiellement européens : chercheurs, universitaires,<br />

praticiens, cadres associatifs...<br />

■ La nouvelle longévité de l’humanité<br />

Transitions épidémiologique, démographique<br />

et <strong>des</strong> incapacités dans les pays développés<br />

La hausse croissante de l’espérance de vie telle qu’elle est observée dans les<br />

pays développés a accompagné la « transition démographique » décrite par<br />

Omran (1971) qui fait suite, elle-même, à la transition épidémiologique qui a<br />

modifié radicalement les principales causes de décès. Dans ce processus, les


Les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes : espérances de vie et de santé ; qualité de vie<br />

Une revue de la littérature<br />

pays ont vu baisser de manière considérable leur mortalité puis secondairement<br />

leur natalité. Ceci a abouti à un remodelage complet de la « pyramide »<br />

<strong>des</strong> âges. Cette baisse de la mortalité épargne de manière sélective les individus<br />

situés aux âges extrêmes de la vie en épargnant « plus de jeunes que de<br />

vieux ». Dans ce scénario, il se produit à long terme une augmentation relative<br />

de la proportion de <strong>personnes</strong> de moins de 20 ans et de plus de 75 ans. Or<br />

les facteurs de déficiences au long cours se manifestent en grande partie aux<br />

premiers âges de la vie : anomalies génétiques, atteintes fœtales, maladies<br />

infantiles, malformations viscérales à fort potentiel létal ou invalidant. Dès<br />

lors, tout gain de survie dans les premiers âges génère <strong>des</strong> gains d’espérance<br />

de vie aux premiers âges et au-delà. Les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> ont donc<br />

bénéficié largement de ces gains de la population générale.<br />

Encadré 3 : Évolution démographique : trois théories classiques<br />

• La théorie de la « compression de la morbidité » (Fries, 1980 ; Fries et<br />

al., 1989) postule que l’amélioration du niveau de vie et de la prévention<br />

retardera l’entrée en incapacité. La courbe de survie sans incapacité se rapproche<br />

de la courbe de survie. La vision de Fries est qualifiée d’optimiste par<br />

Grémy et Cambois (2000).<br />

• La théorie de « la pandémie <strong>des</strong> troubles mentaux, <strong>des</strong> maladies chroniques<br />

et <strong>des</strong> incapacités » : Gruenberg (1977) et Kramer (1980) postulent<br />

que la chute de la mortalité est due à une baisse de la létalité <strong>des</strong> maladies<br />

chroniques et non à la diminution de leur incidence. Les progrès de la médecine<br />

vont plus vite que ceux de la prévention primaire. Ils allongent la vie plus<br />

qu’ils n’améliorent la qualité de cette vie. La courbe de survie est déplacée<br />

vers la droite sans changement de la courbe de survie sans incapacité. Le<br />

nombre de <strong>personnes</strong> vivantes en incapacité s’accroît.<br />

• La théorie d’« équilibre dynamique » (Manton, 1982 ; Manton et al.,<br />

1996) suppose que l’espérance de vie s’accroît, les prévalences <strong>des</strong> maladies<br />

chroniques restent élevées en raison du vieillissement, mais la sévérité<br />

<strong>des</strong> incapacités est moindre. Les courbes se déplacent de concert.<br />

Il est maintenant prouvé que l’accroissement de l’espérance de vie<br />

s’accompagne de manière parallèle d’une croissance de l’espérance de vie<br />

en bonne santé (Mormiche, 1997). La crainte de l’expansion de la morbidité<br />

ou de la pandémie <strong>des</strong> incapacités semble s’éloigner. En France, les<br />

années de vie gagnées sont <strong>des</strong> années de vie en bonne santé. Ce qui fait dire<br />

à Mormiche (2002) que nous allons vers « <strong>des</strong> vieux... plus jeunes<br />

aujourd’hui qu’hier, et moins que demain. »<br />

Espérances de vie et courbes de survie chez les<br />

<strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> : problèmes méthodologiques<br />

Si l’on excepte les approches tangentielles redevables à l’étude HID, peu de<br />

publications ont pu être recueillies dans la communauté scientifique française.<br />

301


302<br />

RFAS N o 2-2005<br />

Il faut se référer aux travaux très élaborés conduits auprès de blessés médullaires<br />

par le groupe Tetrafigap (Ravaud et al., 2002 ; Lhéritier, 2002) pour trouver<br />

<strong>des</strong> éléments méthodologiques sur les calculs d’espérance de vie. L’approche<br />

clinique de Gabbaï à la Fondation John Bost et enfin les travaux conduits par<br />

Claudel (1988) en Alsace illustrent <strong>des</strong> contributions d’acteurs de terrain avec<br />

<strong>des</strong> outils inspirés de l’épidémiologie ou de la démographie.<br />

Encadré 4 : Deux types d’étu<strong>des</strong> de longévité de <strong>personnes</strong><br />

<strong>handicapées</strong><br />

• Les calculs de risques basés sur les « <strong>personnes</strong>-années »<br />

(person-years)<br />

Cette méthodologie permet d’analyser la durée d’exposition d’un groupe<br />

donné par rapport aux risques du handicap considéré. C’est l’une <strong>des</strong> métho<strong>des</strong><br />

les plus fréquemment rencontrées dans la littérature (Strauss et al.,<br />

2000). Elle permet de contourner en partie les questions statistiques d’effectifs<br />

dans les populations à observer de <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>.<br />

• Tables de mortalité et espérance de vie de <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong><br />

Maaskant et al. (1995) fournissent une bonne illustration de la faisabilité <strong>des</strong><br />

calculs d’espérance de vie et de tables de mortalité comparatives entre<br />

population générale et population de <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>. L’effectif étudié<br />

concerne l’ensemble <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> institutionnalisées présentant une<br />

déficience intellectuelle aux Pays-Bas. Les calculs sont effectués en isolant<br />

les <strong>personnes</strong> trisomiques 21 pour repérer les écarts d’espérance de vie<br />

entre les deux sous-groupes. Leurs principaux résultats décrivent l’augmentation<br />

de la probabilité de décès prématuré <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> déficientes intellectuelles<br />

(avec ou sans trisomie 21) par rapport à la population générale.<br />

L’écart d’espérance de vie à la naissance est de trente ans (46,2 ans contre<br />

76 ans) avec <strong>des</strong> différences particulièrement nettes dans les jeunes âges<br />

(0-4 ans) et dans les âges plus avancés (50 à 75 ans). Les écarts d’espérance<br />

de vie se réduisent avec l’avancée en âge.<br />

Les calculs d’espérance de vie chez les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> posent <strong>des</strong><br />

problèmes statistiques inhérents aux petits nombres : les effectifs étudiés de<br />

« population à risque » sont généralement faibles. Les échelles d’étude sont<br />

nécessairement vastes (nationales ou plurirégionales) pour répondre à <strong>des</strong><br />

critères de validité statistique. Mais les étu<strong>des</strong> de ces très gran<strong>des</strong> cohortes ne<br />

sont rendues possibles que par l’existence de bases de données exhaustives<br />

issues de registres de handicaps comparables en terme de représentativité aux<br />

registres <strong>des</strong> décès. Les Pays-Bas, le Danemark, la Finlande, l’État de Californie<br />

par exemple possèdent de tels registres de recours aux soins, de<br />

consommations de ressources par diagnostics, analogues au PMSI 1 .en<br />

France. Ces registres peuvent être « chaînés » aux autres grâce à un identifiant<br />

unique. Une telle possibilité rend réalisable <strong>des</strong> étu<strong>des</strong> inenvisageables<br />

1 PMSI : programme de médicalisation du système d’information.


Les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes : espérances de vie et de santé ; qualité de vie<br />

Une revue de la littérature<br />

en France à une telle échelle. C’est dans les pays de culture anglo-saxonne<br />

(Royaume-Uni, Australie, États-Unis, Canada anglophone) ou européens du<br />

Nord (Pays-Bas, Danemark, pays scandinaves) qu’ont été publiés la plupart<br />

<strong>des</strong> travaux concernant les calculs de mortalité et d’espérance de vie <strong>des</strong> <strong>personnes</strong><br />

<strong>handicapées</strong>. Notre recherche a permis de recenser <strong>des</strong> travaux bien<br />

documentés sur les calculs d’espérances de vie, sur la production de tables de<br />

mortalité ou de probabilités de décès, ainsi que sur les morbidités associées<br />

au vieillissement pour la plupart <strong>des</strong> types de déficiences.<br />

Longévité et espérances de vie <strong>des</strong> <strong>personnes</strong><br />

<strong>handicapées</strong> : les données disponibles<br />

Encadré 5 : Quelques définitions utiles<br />

Longévité : au sens commun, longévité est synonyme de durée de vie. Plus<br />

techniquement, on utilise ce mot pour désigner la durée maximale de vie<br />

propre à une espèce ; on précise alors parfois « longévité limite » ou encore<br />

« durée limite de la vie ». Cette durée théorique est inconnue. On ne connaît<br />

réellement que l’âge maximal au décès (Vallin et Meslé 2001).<br />

Durée de vie médiane : l’âge auquel la moitié d’une cohorte initiale est<br />

décédée (ou en vie).<br />

Espérance de vie à la naissance : nombre moyen d’années que pourrait<br />

vivre une génération qui subirait tout au long de sa vie les risques de décès<br />

par âge d’une table de mortalité. Cette table de mortalité peut correspondre<br />

soit aux conditions sanitaires du moment (exemple : table d’une année civile<br />

construite avec les risques de décès observés au cours de l’année), soit aux<br />

conditions de vie d’une génération réelle (table de génération, construite sur<br />

la base <strong>des</strong> risques encourus à chaque âge par une génération d’individus<br />

suivie de sa naissance à sa disparition complète) (ibid).<br />

Espérance de vie à un âge x quelconque : nombre moyen d’années restant<br />

à vivre pour un ensemble d’individus ayant déjà atteint l’âge x. Comme<br />

précédemment il peut s’agir d’une mesure du moment ou d’une mesure de<br />

génération. Bien entendu, la durée moyenne totale de vie de cet ensemble<br />

d’individus est égale à l’âge x déjà atteint augmenté de l’espérance de vie à<br />

l’âge x (ibid).<br />

Probabilité de décès ou quotient de décès (démographie) : « S’obtient en<br />

reportant le nombre de décès observés au cours d’une période donnée à<br />

l’effectif de la population en vie au début de la période. Il s’agit d’une proportion.<br />

» (Jougla, 1997).<br />

Taux de décès : « Rapport de l’effectif de décès observés durant l’année à la<br />

population à risque durant la même période, mesuré en <strong>personnes</strong>-années.<br />

Un taux de décès s’apparente à une vitesse (nombre de décès observés par<br />

unité de temps) » (Jougla, 1997).<br />

Indice comparatif de mortalité (Standardized Mortality Ratio : SMR) :<br />

« Rapport multiplié par 10 2 d’un nombre observé de décès à un nombre<br />

attendu. Le nombre de décès attendu est obtenu sur la base de la structure<br />

de mortalité d’une population de référence (mortalité type) » (Jougla, 1997).<br />

303


304<br />

RFAS N o 2-2005<br />

Les déficiences intellectuelles : le rôle décisif du niveau<br />

intellectuel<br />

Des gains considérables et continus<br />

Dans tous les pays développés, les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> connaissent<br />

depuis plusieurs décennies un gain sensible de leurs espérances de vie. Les<br />

courbes de survie <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> <strong>des</strong>sinent en effet <strong>des</strong> profils<br />

de mortalité tendant à se rapprocher progressivement <strong>des</strong> courbes d’espérance<br />

de vie de la population générale. Les courbes de survie ont tendance à<br />

se « rectangulariser », avec certes un écart, un décalage, mais la tendance<br />

reste nette. Comme en population générale, les filles ont, globalement, une<br />

meilleure espérance de vie que les garçons à l’exception notable <strong>des</strong> <strong>personnes</strong><br />

porteuses d’une trisomie 21.<br />

L’étude longitudinale, initiée par Patja et al. (2000) auprès de 2 366 déficients<br />

intellectuels finlandais, constitue une <strong>des</strong> plus importantes étu<strong>des</strong> de<br />

cohorte en population générale jamais réalisée. Les résultats indiquent que<br />

leur espérance de vie est proche de celle de la population générale avec <strong>des</strong><br />

données surprenantes chez les adolescents déficients intellectuels légers et<br />

moyens qui présentent une meilleure espérance de vie entre 11 et 20 ans que<br />

les autres jeunes finlandais du même âge. Cet écart s’expliquerait par une<br />

moindre exposition aux risques de mortalité par suici<strong>des</strong>, addictions, alcoolisme,<br />

accidents domestiques, accidents de loisirs et de la route.<br />

Le quotient intellectuel : un facteur prédictif de la longévité<br />

Le QI constitue un facteur prédictif d’espérance de vie comme l’indique,<br />

parmi beaucoup d’autres, l’étude longitudinale écossaise, Scottish Mental<br />

Survey (Whalley et Deary, 2001). Cette étude a observé de manière rétrospective<br />

la mortalité sur 76 ans d’une cohorte en population générale <strong>des</strong><br />

87 498 enfants écossais nés en 1921. Dans ce travail, la totalité <strong>des</strong> enfants a<br />

été soumise en juin 1932 à <strong>des</strong> tests de niveau intellectuel. Cette enquête<br />

portant sur les tests d’intelligence en population générale permet de disposer<br />

de la trace prédictive sur la mortalité du faible niveau d’efficience intellectuelle<br />

(testé à l’âge de 11 ans) à une très vaste échelle. Les mortalités <strong>des</strong><br />

plus hauts et <strong>des</strong> plus bas niveaux intellectuels sont comparées a posteriori<br />

avec un recul de 76 ans (1921-1997). Les principaux résultats montrent<br />

cette influence du QI sur la survie (influence pondérée chez les hommes<br />

écossais par les effets de la Seconde Guerre mondiale qui a décimé les hommes<br />

à haut QI).<br />

Une mortalité différentielle<br />

En Australie, Bittles et al. (2002) ont calculé l’espérance de vie de 8 724 déficients<br />

intellectuels. La base de données du service centralisé pour les <strong>personnes</strong><br />

<strong>handicapées</strong> permet de produire depuis 1953 une série continue de<br />

recueils standardisés portant sur le diagnostic clinique, les anomalies génétiques,<br />

le niveau de déficience mentale, l’origine ethnique. La probabilité de


Les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes : espérances de vie et de santé ; qualité de vie<br />

Une revue de la littérature<br />

survie pour les hommes déficients intellectuels est de 66,7 ans et de 71,5 ans<br />

pour les femmes. Cette espérance de vie est très significativement corrélée au<br />

niveau intellectuel, elle est respectivement de 74, de 67,6 et de 58,6 années<br />

pour les niveaux de déficience intellectuelle légère, modérée et sévère.<br />

Le facteur génétique : la situation singulière <strong>des</strong> <strong>personnes</strong><br />

trisomiques 21<br />

À l’intérieur <strong>des</strong> déficiences intellectuelles, <strong>des</strong> sous-groupes de population<br />

présentent <strong>des</strong> risques différenciés. C’est le cas notamment <strong>des</strong> anomalies<br />

génétiques, telles la trisomie 21, dont l’incidence est élevée et la prévalence<br />

forte. Ces <strong>personnes</strong> présentent une situation contrastée avec <strong>des</strong> gains élevés<br />

d’espérance de vie et <strong>des</strong> longévités qui restent moindres par rapport<br />

aux autres causes de déficiences intellectuelles. L’explication est multifactorielle<br />

: pathologies cardiaques, tendance à développer <strong>des</strong> problématiques<br />

psychiatriques surajoutées en particulier apparition de démences précoces<br />

mais aussi style de vie, obésité, inactivité, ostéoporose, désordres thyroïdiens<br />

et endocriniens, troubles sensoriels (Bittles et al., 2002).<br />

Des gains de longévité considérables au cours du dernier siècle<br />

En 1929, l’espérance de vie d’une personne trisomique à la naissance<br />

n’était que de neuf ans, elle passe en 1990 à 55 ans, aujourd’hui on peut estimer<br />

que 70 % <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> trisomiques 21 vivront au-delà de 50 ans (Carter<br />

et Jancar, 1983). Glasson et al. (2002), dans leur synthèse de l’évolution<br />

au fil <strong>des</strong> décennies de la longévité <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> trisomiques 21, ont<br />

démontré l’amélioration continue de leur survie tant dans la première année<br />

de vie que plus tardivement. Le bond est proprement considérable puisque<br />

passant en cinquante ans de 69 % de survivants la première année de vie à<br />

94 % et surtout doublant quasiment à l’âge de 10 ans, passant de 46 à 85 %<br />

de survivants.<br />

En Amérique du Nord, une étude du Center for Disease Control and Prevention<br />

de Yang et al. (2002) a analysé les décès aux États-Unis et au<br />

Canada entre 1983 et 1997 de 17 897 <strong>personnes</strong> trisomiques. Ces décès ont<br />

été comparés aux décès observés dans la population générale de référence à<br />

la même période. Des calculs « d’indice comparatif de mortalité » (Standardised<br />

Mortality Odds Ratio/SMOR) ont été établis. Les résultats montrent<br />

que l’âge médian au décès a progressé en moyenne dans cette étude de<br />

1,7 année tous les ans passant de 25 ans en 1985 à 49 ans en 1997. Au cours<br />

de la même période, l’âge médian au décès passait en population générale<br />

de 73 à 76 ans. Le risque de mortalité prématurée diminue avec le temps<br />

pour rejoindre celui de la population générale à 40 ans. Yang et al. interprètent<br />

cette hausse de l’espérance de vie et de l’âge moyen du décès par un<br />

meilleur accès aux soins, à la chirurgie <strong>des</strong> malformations cardiaques, à la<br />

désinstitutionnalisation et à l’arrêt <strong>des</strong> placements précoces. Les statuts<br />

sociaux <strong>des</strong> parents, leur éducation, l’intégration sociale sont également<br />

avancés comme <strong>des</strong> déterminants de santé majeurs.<br />

305


306<br />

RFAS N o 2-2005<br />

Des causes spécifiques de surmortalité : le poids massif<br />

<strong>des</strong> malformations cardiaques<br />

Au Canada, Baird et Sadovnick (1988) ont calculé les gains d’espérance de<br />

vie réalisés par les <strong>personnes</strong> trisomiques 21 selon qu’elles présentent ou<br />

non <strong>des</strong> malformations cardiaques. Dans leur effectif d’étude, 25 % <strong>des</strong> 703<br />

hommes et 33,2 % <strong>des</strong> 638 femmes sont porteurs d’anomalies congénitales<br />

cardiaques. À 30 ans, <strong>des</strong> différences notables existent entre les deux sousgroupes<br />

puisque 79 % du total de la cohorte sans anomalie cardiaque a survécu<br />

alors que moins de 50 % <strong>des</strong> porteurs d’anomalies cardiaques ont survécu.<br />

Aux Pays-Bas, Maaskant et al. (1995) ont calculé les espérances de<br />

vie aux différents âges en comparaison de la population de référence selon<br />

la présence ou l’absence de trisomie 21. Hormis les cinq premières années<br />

qui correspondent à la surmortalité massive <strong>des</strong> grands états d’arriération<br />

avec troubles associés majeurs, les trisomiques 21 présentent une espérance<br />

de vie moindre. Les facteurs en cause dans cette espérance de vie minorée<br />

chez les trisomiques 21 sont liés dans les premiers âges, là encore, aux malformations<br />

cardiaques et aux âges avancés à l’importance <strong>des</strong> problématiques<br />

de type Alzheimer. Dans l’étude nord-américaine déjà citée (Yang et<br />

al., 2002) le risque de surmortalité est élevé pour les malformations cardiaques<br />

congénitales (avec un SMOR de 29,1) Celui de mortalité par démence<br />

est aussi très élevé : 21,2 (la probabilité est la plus forte dans la tranche<br />

d’âge 40-49 ans). Pour la leucémie, ce risque est également multiplié par<br />

trois avant l’âge de 10 ans. Eyman et White (1991), grâce aux données<br />

extraites d’un effectif de 12 543 <strong>personnes</strong> trisomiques vivant en Californie,<br />

dressent une table de mortalité et d’espérance de vie par âges. Ils établissent<br />

une typologie par incapacités de vie quotidienne et niveaux de<br />

déficience intellectuelle afin de rechercher d’éventuels facteurs prédictifs<br />

de mortalité. Les variables explicatives du décès prématuré diffèrent selon<br />

les groupes d’âges. Le facteur causal de surmortalité le plus important reste,<br />

pour ces auteurs, le manque de mobilité et les problèmes d’alimentation<br />

autonome, avant même les anomalies cardiaques congénitales. Ces incapacités<br />

sont à la source de problèmes respiratoires aigus, causes fréquentes de<br />

décès prématurés. Il s’agit là de <strong>personnes</strong> trisomiques 21 lourdement multi<strong>handicapées</strong>.<br />

Le groupe indemne de ces deux types de troubles ou incapacités<br />

a, dans cette série statistique californienne, une espérance de vie de 50<br />

ans. Ainsi un faisceau d’éléments <strong>des</strong>sine le rôle particulièrement délétère<br />

<strong>des</strong> malformations cardiaques. On conçoit mieux dès lors que les avancées<br />

de la chirurgie infantile cardiaque aient pu faire un bond significatif aux<br />

espérances de vie <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> trisomiques 21.<br />

Une anomalie de genre : <strong>des</strong> garçons trisomiques 21<br />

qui ont une meilleure espérance de vie<br />

Analysant la mortalité de <strong>personnes</strong> trisomiques en Australie, Glasson et al.<br />

(2003) ont signalé une anomalie liée au genre dans la survie comparative <strong>des</strong><br />

<strong>personnes</strong> trisomiques. L’âge médian au décès <strong>des</strong> hommes trisomiques est


Les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes : espérances de vie et de santé ; qualité de vie<br />

Une revue de la littérature<br />

de 61,1 ans pour les hommes contre 57,8 ans pour les femmes. L’écart serait<br />

dû à une plus grande fragilité dans les premiers âges de la vie et après 40 ans<br />

en raison d’une plus forte prévalence de malformations cardiaques chez les<br />

filles (38 % <strong>des</strong> garçons et 49 % <strong>des</strong> filles nés entre 1980 et 1996 présenteraient<br />

à <strong>des</strong> degrés divers une anomalie cardiaque). Un facteur tardif pourrait<br />

être les troubles hormonaux et la ménopause précoce qui affectent habituellement<br />

les femmes trisomiques 21 et qui constituent <strong>des</strong> facteurs de risque<br />

connus de surmortalité en population générale (par troubles cardio-vasculaires,<br />

accidents vasculaires cérébraux et cancers hormono-dépendants).<br />

Diversité et unité <strong>des</strong> déficiences motrices<br />

Les atteintes et déficiences motrices s’installent ou se révèlent fréquemment<br />

autour de la naissance (telle l’infirmité motrice d’origine cérébrale,<br />

IMC ou Cerebral Palsy <strong>des</strong> Anglo-Saxons), d’autres sont d’installation<br />

plus tardive (atteintes traumatiques du système nerveux, traumatismes crâniens,<br />

tétraplégie, paraplégie, etc.). Les facteurs qui influent le plus sur<br />

l’espérance de vie <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> présentant une déficience motrice sont<br />

encore une fois l’existence et l’importance d’un déficit cognitif associé<br />

(Blair et al., 2001) mais également la nature, l’étendue et le niveau neurologique<br />

de la lésion, le degré d’autonomies et les situations de dépendances<br />

de vie quotidienne et les fonctions de survie (alimentation, mobilité, possibilité<br />

de transferts autonome d’une position à l’autre).<br />

Les <strong>personnes</strong> porteuses d’une IMC présentent <strong>des</strong> <strong>des</strong>tins très contrastés :<br />

celles n’ayant pas de graves problèmes d’alimentation et de mobilisation<br />

ont une espérance de vie tout à fait proche de la population générale alors<br />

que les <strong>personnes</strong> les plus dépendantes sont très pénalisées dans leur espérance<br />

de vie (Strauss et Shavelle, 1998).<br />

Les atteintes cérébrales accompagnées de déficiences motrices et intellectuelles<br />

très sévères ainsi que d’autres déficiences ou troubles (épilepsie,<br />

déficiences viscérales, déficiences sensorielles...) sont regroupées, en<br />

France, sous l’appellation de polyhandicap (Severe Disability ou Profound<br />

Multiple Disabilities <strong>des</strong> Anglo-Saxons). Elles font partie <strong>des</strong> <strong>personnes</strong><br />

<strong>handicapées</strong> les plus vulnérables. Leur espérance de vie est grandement<br />

affectée du fait de la sommation de déficiences présentées. Deux faits<br />

majeurs méritent d’être soulignés : ces <strong>personnes</strong> sont celles qui ont sans<br />

doute l’espérance de vie la plus altérée à l’instar <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> présentant<br />

<strong>des</strong> graves lésions traumatiques médullaires mais elles font partie de celles<br />

qui ont fortement profité <strong>des</strong> évolutions sociétales. Chaque décennie voit<br />

progresser leur espérance de vie. Il existe <strong>des</strong> effets nets de cohorte qui traduisent<br />

les gains majeurs obtenus au fil <strong>des</strong> années grâce à une meilleure<br />

prise en charge au quotidien et à <strong>des</strong> soins vigilants. Ceci plaide en faveur<br />

de la technicisation <strong>des</strong> équipes et souligne les gains obtenus avec la mise<br />

en place de politiques spécifiques à <strong>des</strong>tination de ces <strong>personnes</strong> particulièrement<br />

vulnérables.<br />

307


308<br />

RFAS N o 2-2005<br />

L’accidentologie est un problème majeur pour les sociétés. Accidents du<br />

travail, de la circulation ou lors d’activités de loisirs produisent chaque<br />

année de nombreux blessés médullaires ou cérébro-lésés. Ces accidents<br />

touchent plus particulièrement <strong>des</strong> populations jeunes. Les progrès en réanimation,<br />

s’ils contribuent à diminuer la mortalité initiale, laissent un<br />

nombre important de blessés dont certains porteurs de séquelles fortement<br />

invalidantes : états végétatifs, tétraplégies, paraplégies, séquelles graves de<br />

traumatismes crâniens... Les blessés médullaires ont bénéficié grandement<br />

<strong>des</strong> progrès de la « chaîne de soins » depuis l’accident initial jusqu’à la<br />

phase de stabilisation <strong>des</strong> troubles, grâce à la protocolisation <strong>des</strong> prises en<br />

charge. Ces dernières ont contribué à améliorer sensiblement non seulement<br />

la durée mais aussi la qualité de vie. La survie dépend fortement du<br />

niveau de la lésion médullaire, de sa complétude, de l’âge de survenue, de<br />

l’existence ou non d’une trachéotomie, de l’acceptation du handicap (existence<br />

d’un état dépressif) Nous disposons en France d’une littérature sur le<br />

sujet, bien documentée (Minaire et al., 1983 ; Ravaud et al., 2000 ; Lhéritier,<br />

2001, 2002 ; Klotz et al., 2002) confirmée par tous les travaux internationaux<br />

(voir par exemple Frankel et al., 1998). On sait que la<br />

problématique <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> traumatisées crâniennes ne se résume pas aux<br />

seuls troubles moteurs. L’importance <strong>des</strong> troubles psychiques et comportementaux<br />

constitue un très lourd fardeau pour la personne et pour l’entourage,<br />

ceci dans un contexte de longue espérance de vie. Dans ce type<br />

d’atteintes, la période initiale est capitale avec une très forte mortalité.<br />

Celle-ci a été considérablement réduite là aussi par les progrès de la réanimation<br />

et du nursing. L’importance de l’atteinte motrice et les dépendances<br />

de vie quotidienne ont un fort impact sur la mortalité prématurée. Pour les<br />

<strong>personnes</strong> à haut niveau de fonctionnement et à bonne récupération<br />

motrice, l’espérance de vie est aujourd’hui peu éloignée de celle de la population<br />

générale, réduite seulement en moyenne de trois à cinq ans.<br />

L’épilepsie : un risque majeur persistant<br />

Comme trouble isolé ou associé à divers types de déficiences ou affections<br />

(déficiences intellectuelles, polyhandicaps, IMC, traumatismes crâniens,<br />

autisme, etc.), l’épilepsie est une cause majeure de mortalité prématurée et<br />

donc de perte de gain de longévité. Elle réduit l’espérance de vie sensiblement<br />

tant pour les <strong>personnes</strong> institutionnalisées que pour celles vivant en<br />

milieu ordinaire. Il faut noter son rôle dans le déclin <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> trisomiques<br />

21 chez qui l’épilepsie accompagne fréquemment le processus de<br />

vieillissement, voire l’entrée dans un processus démentiel. Une méta-analyse<br />

de Shakelton et al. (2002) a comparé les mortalités décrites dans l’épilepsie<br />

durant cent ans dans la littérature. Le risque de mortalité par épilepsie<br />

est multiplié en moyenne par deux à cinq. L’épilepsie est et demeure une<br />

véritable « faucheuse de vie ».


Les <strong>personnes</strong> autistes<br />

Les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes : espérances de vie et de santé ; qualité de vie<br />

Une revue de la littérature<br />

Les troubles envahissants du développement font partie <strong>des</strong> tableaux occasionnant<br />

<strong>des</strong> situations de handicap parmi les plus invalidantes pour la<br />

personne et pour l’entourage. Pour être correctement appréhendés, ils<br />

mobilisent <strong>des</strong> ressources techniques et humaines importantes. Nous<br />

n’avons pu analyser qu’une seule étude publiée en Californie sur l’espérance<br />

de vie <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> autistes. Cette étude est très pertinente<br />

puisqu’elle analyse la mortalité d’une vaste cohorte de 11 347 <strong>personnes</strong><br />

autistes sur une période de seize ans avec la méthode <strong>des</strong> « person-years ».<br />

Les résultats font apparaître une espérance de vie à l’âge de 5 ans réduite de<br />

6,1 années pour les hommes autistes américains (62 ans contre 68,1 ans en<br />

population générale) et de 12,3 années pour les femmes (62,5 contre 74,8<br />

par rapport à la population féminine de référence). Cet important différentiel<br />

de survie selon le sexe n’est plus que de 3,5 pour les hommes et 4,2<br />

années à l’âge de 60 ans. Cet écart entre les femmes et les hommes autistes<br />

pourrait s’expliquer par le poids différent d’anomalies génétiques associées<br />

(fréquemment décrites dans les tableaux d’autisme) et par la gravité <strong>des</strong><br />

tableaux d’autisme présentés.<br />

Les mala<strong>des</strong> mentaux : une surmortalité plutôt que <strong>des</strong> gains<br />

de longévité<br />

Le concept de handicap psychique est aujourd’hui mieux reconnu avec la<br />

prise de conscience du caractère très handicapant de certains troubles mentaux<br />

chroniques qui génèrent au long cours <strong>des</strong> situations de désavantage<br />

social massif. Le statut <strong>des</strong> mala<strong>des</strong> mentaux face à la mortalité évitable<br />

reste toujours très inégalitaire par rapport au reste de la population. Ceci<br />

tient à <strong>des</strong> facteurs de risques spécifiques (tabagisme, mauvaise hygiène de<br />

vie, effets de la prise chronique de médicaments, comorbidité cardiaque <strong>des</strong><br />

troubles mentaux, etc.) ainsi qu’à un moindre accès aux ressources de santé<br />

(sous-estimation <strong>des</strong> problèmes de santé physique et <strong>des</strong> comorbidités).<br />

Nous avons recueilli nombre d’étu<strong>des</strong> épidémiologiques portant sur <strong>des</strong> risques<br />

comparatifs mala<strong>des</strong> mentaux/population générale ou mala<strong>des</strong> mentaux/déficiences<br />

intellectuelles. Si on examine les risques de surmortalité,<br />

en excluant le suicide ou la mortalité violente (accidents, homici<strong>des</strong>, etc.), il<br />

demeure toujours une surmortalité massive. L’ensemble de ces facteurs<br />

aboutit à un risque relatif de mourir de manière prématurée (hors risque suicidaire)<br />

multiplié par deux à trois en moyenne selon les cohortes ou les pays<br />

étudiés. La désinstitutionnalisation entamée dans de nombreux pays n’a pas<br />

entraîné <strong>des</strong> gains sur la mortalité <strong>des</strong> mala<strong>des</strong> mentaux. Loin s’en faut. Il<br />

existe au contraire une littérature documentée en France et à l’étranger sur<br />

les risques accrus encourus par les mala<strong>des</strong> mentaux dans un mode de vie<br />

moins protégé (violences urbaines, négligence corporelle et sanitaire,<br />

retard ou non-accès aux soins et à la prévention).<br />

309


310<br />

RFAS N o 2-2005<br />

Dynamique du vieillissement chez les <strong>personnes</strong><br />

<strong>handicapées</strong><br />

Un vieillissement précoce pour tous ?<br />

Le vieillissement précoce serait ce décalage entre l’âge où apparaîtraient<br />

<strong>des</strong> manifestations de vieillissement et l’âge attendu normalement pour ces<br />

manifestations. Il est difficile de fixer avec précisions de telles bornes tant<br />

les variations individuelles sont importantes. Ce vieillissement prématuré<br />

s’observe cependant dans certaines pathologies génétiques (trisomie 21),<br />

dans certains syndromes d’arriération mentale profonde, dans les affections<br />

surajoutées (sensorielles, organiques) ou encore dans les phénomènes<br />

d’usure articulaire précoce spécifiques aux handicaps moteurs. Rappelons<br />

le cas extrême, gravissime et exceptionnel (cent cas identifiés dans le<br />

monde) du nanisme sénile, syndrome d’Hutchinson-Gilford ou Progeria.<br />

Cette affection marque en quelque sorte les bornes absolues d’un vieillissement<br />

précoce, puisque ces sujets sont vieux avant d’avoir été jeunes ! Les<br />

enfants atteints ont un aspect de vieillard et le décès survient entre 10 et 20<br />

ans. Pour autant, toutes les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> ne sont pas concernées<br />

par un tel vieillissement prématuré.<br />

Un vieillissement différentiel pour chacun<br />

La littérature décrit une « mortalité différentielle » (Moss, 2000), qui est<br />

la tendance <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> les plus vulnérables à mourir à un âge précoce.<br />

À ces espérances de vie différentes font écho également <strong>des</strong> espérances<br />

de vie en santé (bonne ou mauvaise) différentes. De fait, les vieillissements<br />

sont divers et dépendent de causes multifactorielles faisant intervenir<br />

<strong>des</strong> facteurs innés mais aussi extrinsèques : événements de la vie,<br />

mo<strong>des</strong> existentiels, incapacités de départ constitutives du handicap, états<br />

de santé et morbidités associées ou rencontrées dans la trajectoire de vie...<br />

À la multitude d’origines et de caractéristiques du handicap fait donc face<br />

la multitude d’individualités, de <strong>des</strong>tins dans la manière de vieillir. À<br />

l’évidence, il existe un vieillissement différentiel tant au niveau <strong>des</strong> aptitu<strong>des</strong>,<br />

<strong>des</strong> incapacités et déficiences qu’entre les individus. Chez les <strong>personnes</strong><br />

<strong>handicapées</strong> mentales, en particulier, les mo<strong>des</strong> de vie peuvent<br />

contribuer à un vieillissement spécifique et constituer <strong>des</strong> déterminants<br />

majeurs de leur longévité : effets à long terme de la prise de neuroleptiques,<br />

chutes consécutives aux crises épileptiques, mauvaises conditions<br />

de travail en CAT, alimentation mal équilibrée, sédentarité, obésité, isolement<br />

social et affectif, ruptures de cadre affectif et émotionnel. Autant<br />

d’éléments qui alimentent <strong>des</strong> trajectoires toujours singulières dans leur<br />

apparente similitude.


Les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes : espérances de vie et de santé ; qualité de vie<br />

Une revue de la littérature<br />

Dynamique du déclin : de l’incapacité qui s’ajoute<br />

aux incapacités initiales<br />

Face aux processus du vieillissement, la prévention <strong>des</strong> surincapacités est<br />

capitale. Il existe un effet cumulatif <strong>des</strong> troubles dégénératifs liés à l’âge<br />

avec les incapacités préexistantes. Les maladies chroniques invalidantes<br />

survenant lors du processus de vieillissement normal, viennent « ajouter de<br />

l’incapacité à l’incapacité ». Ce sont au premier rang, les maladies cardiovasculaires<br />

(55,2 % <strong>des</strong> plus de 80 ans sont concernés), les atteintes sensorielles<br />

(42,7 % <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> de plus de 80 ans), les atteintes musculosquelettiques<br />

(32,9 %). Les atteintes sensorielles (audition, vision) touchent<br />

plus massivement les <strong>personnes</strong> qui présentent <strong>des</strong> déficiences<br />

sévères ou profon<strong>des</strong>. Il existe là un « effet multiplicateur de l’addition »<br />

<strong>des</strong> déficiences et incapacités.<br />

La situation de handicap expose les <strong>personnes</strong> concernées à une moins<br />

bonne surveillance de leur santé et de leur hygiène de vie. Le déclin <strong>des</strong><br />

capacités et <strong>des</strong> habiletés n’apparaît pas en général brutalement, mais plutôt<br />

progressivement voire insidieusement. La plupart <strong>des</strong> processus de vieillissement<br />

ne se distinguent pas, fondamentalement, du vieillissement habituel<br />

de la population générale. C’est le cas <strong>des</strong> pertes sensorielles. En revanche,<br />

les conséquences sont toutes autres pour <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> qui<br />

voient s’ajouter de nouvelles déficiences ou incapacités à d’autres déficiences<br />

ou incapacités préexistantes. Il existe là un effet d’accélération avec un<br />

risque accru de pertes de contact social, un danger de bascule vers une situation<br />

de surincapacités rapidement irréversible. Ceci doit rendre d’autant<br />

plus vigilant aux questions de suivi de santé à ces âges critiques.<br />

Un vieillissement parallèle à celui de la population générale<br />

Le processus « normal » du vieillissement en population générale s’accompagne<br />

d’une moindre capacité adaptative qui contribue à vulnérabiliser les<br />

<strong>personnes</strong>. On sait les effets délétères <strong>des</strong> changements de cadre de vie sur<br />

les <strong>personnes</strong> âgées. Les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> partagent cette communauté<br />

de <strong>des</strong>tin avec leurs pairs non handicapés. Les courbes comparées<br />

d’espérance de vie (<strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>/population générale) décrivent<br />

<strong>des</strong> trajectoires qui tendent à se rejoindre. En effet, passés les caps dangereux<br />

<strong>des</strong> premières années de vie en situation de handicap, plus le temps<br />

s’écoule, plus les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> ayant survécu ont <strong>des</strong> chances de<br />

vivre longtemps. L’état moyen général <strong>des</strong> survivants d’une cohorte de<br />

naissance va s’améliorant, ou du moins se stabilisant. Comme en population<br />

générale, le gain de longévité <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> se réaliserait<br />

avec une meilleure santé chez les survivants de la cohorte. L’une <strong>des</strong> implications<br />

de ces observations est que les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> qui vieillissent<br />

vont tendre non seulement à se rapprocher, en termes de « régime de<br />

mortalité », de l’allure du régime de mortalité de la population générale<br />

mais aussi à vivre longtemps si aucun élément intercurrent ne vient<br />

311


312<br />

RFAS N o 2-2005<br />

compromettre cet équilibre instable. Ainsi, la majorité <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong><br />

avance en âge de façon quasi superposable à celle de la population<br />

générale. Elles sont assujetties dès lors aux mêmes ralentissements et dysfonctionnements<br />

progressifs. Elles sont confrontées alors elles aussi aux<br />

problèmes de santé et de vieillissement physique et cognitif.<br />

■ La santé <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong><br />

Prévalences et incidences fortes <strong>des</strong> problèmes<br />

de santé<br />

De nouveaux enjeux sanitaires mal connus<br />

Dans un article princeps de 1986, Janicki et Jacobson ont étudié une vaste<br />

cohorte de 10 532 <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> résidant dans l’État de New<br />

York, nées entre 1890 et 1939, vivant pour la plupart dans <strong>des</strong> institutions<br />

résidentielles. Les auteurs cherchent à décrire et comprendre s’il existe <strong>des</strong><br />

profils de maladies chroniques, de déclin <strong>des</strong> capacités sensorielles et <strong>des</strong><br />

différentes habiletés de vie quotidienne. Les résultats montrent une prévalence<br />

croissante avec l’âge <strong>des</strong> affections physiques, en particulier <strong>des</strong><br />

maladies cardio-vasculaires qui concernent une personne sur deux à 80 ans<br />

et plus. De la même manière, les pertes sensorielles sont très marquées<br />

comme les affections musculaires et squelettiques, qui croissent de manière<br />

inexorable avec l’âge suivant un gradient régulier.<br />

Van Schrojenstein Lantman-De Valk et al. (1997) étudient la prévalence et<br />

l’incidence <strong>des</strong> problèmes de santé dans une cohorte de <strong>personnes</strong> déficientes<br />

intellectuelles accueillies en institution. Les taux de prévalence de problèmes<br />

de santé sont de 2,5 fois plus élevés chez les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong><br />

qu’en population générale. Ces problèmes sont d’autant plus fréquents et<br />

importants que la déficience intellectuelle est sévère. Il existe une très forte<br />

incidence <strong>des</strong> troubles chroniques chez les <strong>personnes</strong> trisomiques 21 qui<br />

constituent un groupe à risque particulier. Les taux importants de démences<br />

(72,7 %) trouvés au-delà de 60 ans chez les trisomiques alertent sur<br />

l’urgence de mettre en place <strong>des</strong> mo<strong>des</strong> de dépistages adéquats. Les troubles<br />

digestifs survenant chez les <strong>personnes</strong> IMC et/ou épileptiques sont un<br />

facteur de mortalité prématurée, ont un impact sur leur bien-être et restent<br />

difficiles à diagnostiquer. Les troubles cardio-vasculaires affectent, dans<br />

<strong>des</strong> proportions identiques à celles de la population générale, les <strong>personnes</strong><br />

déficientes intellectuelles. Ces troubles constituent une <strong>des</strong> causes fréquentes<br />

de décès. La prévalence de l’épilepsie connaît une décroissance avec<br />

l’âge pour l’ensemble de la population handicapée mais <strong>des</strong>sine au contraire<br />

une remontée forte avec l’avancée en âge <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> trisomiques<br />

21. Enfin, les troubles mentaux avec la démence et les troubles dépressifs


Les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes : espérances de vie et de santé ; qualité de vie<br />

Une revue de la littérature<br />

(troubles de l’humeur) et les autres troubles psychiatriques sont <strong>des</strong> occurrences<br />

fréquentes.<br />

Ces deux étu<strong>des</strong> permettent de mieux saisir les enjeux importants de santé<br />

publique que posent les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes. Il nous paraît<br />

utile de décliner quelques thématiques qui doivent trouver <strong>des</strong> réponses<br />

adaptées à ces enjeux sanitaires pour les <strong>personnes</strong> en situation de handicap.<br />

La santé bucco-dentaire souvent oubliée<br />

L’OMS a fait de la santé bucco-dentaire un enjeu majeur de santé (World<br />

Oral Health Report 2003). Dans cet objectif ambitieux, les <strong>personnes</strong> en<br />

situation de handicap font l’objet d’une vigilance particulière (WHO, 2003)<br />

La réflexion globale en santé ne peut ignorer cette dimension capitale et souvent<br />

méconnue. Les populations marginalisées et les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong><br />

sont les dernières à bénéficier d’une approche bucco-dentaire pertinente. Une<br />

mauvaise hygiène, <strong>des</strong> soins inappropriés, <strong>des</strong> restitutions fonctionnelles par<br />

<strong>des</strong> prothèses négligées retentissent directement sur la santé présente et<br />

future de la personne et sur sa qualité de vie (Hennequin et Allison, 2000 ;<br />

Faulks et Hennequin, 2000). Une approche spécifique de la douleur en général<br />

ou chez certaines populations cibles (<strong>personnes</strong> trisomiques 21 ou autistes...)<br />

doit faire l’objet de stratégies différenciées (Hennequin, Allison et<br />

Veyrune, 2000). Force est de constater qu’il existe pour les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong><br />

une négligence, voire une inégalité de traitement, face aux problèmes<br />

bucco-dentaires. Quelques initiatives existent en France (Clermont-Ferrand,<br />

Montpellier, région Rhône-Alpes) pour tenter d’offrir <strong>des</strong> soins appropriés<br />

aux <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> mais tout reste à construire.<br />

Des troubles sensoriels sous-évalués ou méconnus<br />

Les déficiences sensorielles sont très fréquentes dans les tableaux initiaux<br />

de handicap. Elles surviennent aussi ultérieurement, lors du processus de<br />

vieillissement normal. Or une vision et une audition de qualité sont le gage<br />

d’une bonne intégration sociale et environnementale. Elles facilitent une<br />

bonne adaptation, le maintien et l’établissement <strong>des</strong> liens sociaux, le repérage<br />

temporo-spatial et <strong>des</strong> déplacements moins risqués : toutes capacités<br />

mises en difficulté dans les situations de handicap. De plus l’accessibilité et<br />

les ai<strong>des</strong> techniques pour les troubles sensoriels sont encore perfectibles<br />

dans les lieux publics, les institutions spécialisées et les maisons de retraite.<br />

Les troubles auditifs<br />

Les <strong>personnes</strong> sour<strong>des</strong> ou malentendantes vieillissantes sont rendues plus<br />

vulnérables par la déficience auditive. La prévalence <strong>des</strong> surdités ou <strong>des</strong><br />

troubles de l’audition est très élevée chez les <strong>personnes</strong> déficientes intellectuelles,<br />

d’autant plus chez celles présentant un retard mental sévère ou profond.<br />

Les trisomiques 21 ont également <strong>des</strong> taux de prévalence de surdité<br />

très élevés (23 % contre 11 % chez les déficients intellectuels par d’autres<br />

causes), avec un accroissement massif à partir de 50 ans (Evenhuis et al.,<br />

313


314<br />

RFAS N o 2-2005<br />

2001 ; Van Schrojenstein Lantman De Valk et al., 1997). Les <strong>personnes</strong><br />

IMC constituent aussi un groupe à risque massif selon ces mêmes auteurs.<br />

Pour Beange (2002), la fréquence <strong>des</strong> troubles auditifs conduit à recommander<br />

<strong>des</strong> contrôles de dépistage tous les cinq ans au moins pour<br />

l’ensemble <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> de plus de 45 ans, avec un dépistage<br />

plus rapproché, tous les trois ans, pour les <strong>personnes</strong> trisomiques 21.<br />

Les troubles visuels<br />

La prévalence <strong>des</strong> troubles visuels très sévères (cécité) ou sévères est<br />

élevée chez les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>. Beange (2002) avance une prévalence<br />

vingt fois plus élevée de la cécité que celle observée en population<br />

générale dans la région de Sydney en Australie. Les données de prévalence<br />

issues <strong>des</strong> travaux de Van Schrojenstein Lantman et al. (1994) donnent un<br />

taux de cécité compris entre 5 et 30 % <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> en institution ; cette<br />

prévalence s’accroissant régulièrement avec l’âge. Les <strong>personnes</strong> trisomiques<br />

21, poly<strong>handicapées</strong> ou IMC présentent, à <strong>des</strong> degrés divers et pour<br />

<strong>des</strong> raisons différentes, <strong>des</strong> atteintes sensorielles précoces (Janicki et Jacobson,<br />

1986 ; Van Schrojenstein Lantman De Valk et al., 2000 ; Evenhuis et<br />

al., 2001). Des recommandations similaires de bonnes pratiques de dépistage<br />

sont proposées pour les troubles visuels.<br />

Le cancer chez les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> : un nouveau défi<br />

dû au vieillissement<br />

Les gains d’espérance de vie <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> font apparaître, de<br />

facto, de nouveaux risques de maladies dégénératives, le cancer faisant<br />

partie <strong>des</strong> occurrences les plus fréquentes avec les maladies cardio-vasculaires.<br />

Le cancer constitue désormais une importante cause de mortalité aux<br />

âges avancés, avec <strong>des</strong> variations de prévalence selon le handicap. Les prévalences<br />

estimées par âge et par sexe sont similaires à celles observées en<br />

population générale chez les déficients intellectuels. Mais <strong>des</strong> problèmes de<br />

dépistage, de diagnostic et de traitement se posent avec une acuité d’autant<br />

plus grande que ces démarches de santé sont rendues délicates par une difficulté<br />

d’expression et de communication et par une mauvaise adhésion au<br />

traitement.<br />

Les <strong>personnes</strong> trisomiques 21 présentent une inégalité de risques face aux<br />

cancers. Les leucémies constituent actuellement 60,6 % <strong>des</strong> causes de décès<br />

tous âges confondus et 97 % <strong>des</strong> décès chez les enfants. Le cancer du sein<br />

(premier risque de cancer chez la femme en population générale) apparaît<br />

réduit à l’analyse épidémiologique. L’explication avancée est l’exposition<br />

très réduite aux hormones sexuelles féminines dès la vie fœtale et pendant<br />

toute la durée de vie ainsi que la surexpression de gènes protecteurs du cancer<br />

situés sur le chromosome 21 (Satgé et al., 2001). Mais les femmes trisomiques<br />

présentent un risque plus élevé de cancérisation à l’exposition répétée<br />

aux radiations ionisantes. Aussi échographies ou IRM seraient préférables<br />

aux mammographies classiques dans les campagnes de dépistage (Satgé et


Les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes : espérances de vie et de santé ; qualité de vie<br />

Une revue de la littérature<br />

Sasco, 2002). Chez l’homme trisomique, les cancers testiculaires ont une<br />

incidence considérable avec un risque cinquante fois plus élevé. Une <strong>des</strong> causes<br />

connues de ces cancers est l’existence d’une cryptorchidie (défaut de<br />

migration du testicule, particulièrement répandu chez les trisomiques).<br />

Celle-ci présente un risque élevé de transformation cancéreuse. L’autre cause<br />

renverrait à la surexpression <strong>des</strong> gènes cancérogènes, liée à <strong>des</strong> facteurs hormonaux.<br />

Les données recueillies sur les cancers testiculaires invitent donc<br />

une surveillance régulière.<br />

On le voit, seules <strong>des</strong> stratégies ajustées, qui tiennent compte de la spécificité<br />

<strong>des</strong> risques, permettront à l’avenir d’intégrer ces nouveaux enjeux dans<br />

les politiques publiques de prévention de dépistage et de traitement <strong>des</strong> cancers.<br />

Aussi, le cancer nous semble constituer un défi majeur, compte tenu<br />

de l’état d’impréparation <strong>des</strong> équipes pour l’aborder sereinement.<br />

Vieillissement et troubles mentaux évolutifs ou surajoutés<br />

Les troubles mentaux sont la plupart du temps largement sous-diagnostiqués<br />

chez les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes. L’expression de ces troubles<br />

mentaux subit, avec le vieillissement, <strong>des</strong> modifications : certains troubles<br />

s’érodent, prennent <strong>des</strong> masques dépressifs ou démentiels, les symptômes<br />

initiaux s’appauvrissent, rendant difficile parfois le diagnostic même pour<br />

<strong>des</strong> équipes expérimentées. Les maladies mentales chez les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong><br />

âgées sont fréquentes. Moss (2000) signale que 11 % de l’effectif étudié<br />

présente <strong>des</strong> troubles psychiatriques autres que la démence. L’anxiété<br />

généralisée est ainsi estimée par Cooper (1997) chez les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong><br />

à 9 % chez les plus de 65 ans. À ce chiffre s’ajoutent 15 % <strong>des</strong> <strong>personnes</strong><br />

présentant <strong>des</strong> troubles du comportement assimilables à <strong>des</strong> équivalents<br />

anxieux. Des manifestations et plaintes hypochondriaques peuvent masquer<br />

une authentique dépression (Gabbaï, 1998). La prévalence de la schizophrénie<br />

serait trois fois plus élevée chez les <strong>personnes</strong> déficientes intellectuelles<br />

qu’en population générale (Doody et al., 1998). Enfin, troubles anxieux et<br />

dépressifs sont plus élevés chez les trisomiques 21 (Collacot et al., 1998).<br />

Celles-ci par ailleurs présentent un risque très élevé de développer une<br />

démence de type Alzheimer. La prévalence estimée par les différents auteurs<br />

varie de manière sensible, mais tous font état d’un taux de prévalence exceptionnellement<br />

élevé, qui croît avec l’âge : 6 % à 30-39 ans, 24 % à 50-59 ans<br />

et 77 % après 60 ans pour Visser (1997).<br />

La santé <strong>des</strong> femmes <strong>handicapées</strong> vieillissantes<br />

Heller et al. (2002) ont montré que les femmes <strong>handicapées</strong> mentales sont<br />

moins bien suivies pour leur santé que les femmes vali<strong>des</strong>. Jones et Kerr<br />

(1997) indiquent qu’au Royaume-Uni, les femmes déficientes intellectuelles<br />

sont plus souvent « oubliées » pour effectuer <strong>des</strong> dépistages précoces,<br />

alors même que les pouvoirs publics sont convaincus du bien-fondé <strong>des</strong><br />

campagnes de dépistages. Rares sont les recherches effectuées dans le<br />

domaine de la ménopause chez ces femmes vieillissantes mais on sait que<br />

315


316<br />

RFAS N o 2-2005<br />

les femmes trisomiques 21 et les femmes épileptiques atteignent la ménopause<br />

trois à cinq ans avant les autres femmes. Par ailleurs, les femmes déficientes<br />

intellectuelles ne reçoivent pas d’informations et/ou pas souvent de<br />

soins et examens relatifs à la détection <strong>des</strong> cancers gynécologiques. Ces<br />

derniers devraient être effectués dès 45 ans, de la même façon qu’ils sont<br />

réalisés chez les autres femmes. Les femmes déficientes intellectuelles et<br />

IMC ont un risque d’ostéoporose et de fractures plus élevé, car elles cumulent<br />

les risques : une ménopause précoce, prise de certains médicaments (anticonvulsifs,<br />

traitement thyroïdien) et moindre activité sportive. Enfin, l’obésité<br />

est un problème commun très répandu chez les femmes <strong>handicapées</strong> et plus<br />

particulièrement les femmes trisomiques 21. L’évocation de ces quelques<br />

exemples permet de prendre la mesure de cet autre défi sanitaire.<br />

Besoins, recours et accès aux ressources de santé<br />

Des besoins de santé <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> institutionnalisées<br />

sous-estimés<br />

Kerr et al. (2003) ont analysé les besoins de santé <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong><br />

et la pertinence <strong>des</strong> soins qu’elles reçoivent dans les institutions spécialisées<br />

au Pays de Galles. Leur étude porte sur un effectif de 589 <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong><br />

qui ont été systématiquement examinées afin de repérer leurs problèmes<br />

de santé. Les constats « objectifs » ont été mis en relation avec ceux « subjectifs<br />

» <strong>des</strong> travailleurs sociaux au contact quotidien de ces <strong>personnes</strong>. Les problèmes<br />

sensoriels sont marqués avec <strong>des</strong> écarts considérables entre la<br />

perception les travailleurs sociaux et les tests objectifs. Les aidants professionnels<br />

ont considéré qu’il existait une vision réduite dans 47 % <strong>des</strong> cas, une<br />

cécité dans 4 % <strong>des</strong> cas et que 49 % <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> n’avaient aucun besoin<br />

dans ce domaine. Les examens ont certes révélé qu’il y avait 4 % d’aveugles,<br />

mais que seules 0,8 % <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> pouvaient être considérées comme<br />

ayant une vision normale. Une cataracte était présente dans 28 %, un glaucome<br />

dans 4 % et 67 % avaient un problème de vision nécessitant une correction<br />

optique. De plus, seulement 21 % <strong>des</strong> lunettes étaient appropriées. Des<br />

résultats similaires et tout aussi préoccupants ont été retrouvés pour l’audition<br />

et dans d’autres domaines de santé. Cette étude, exemplaire dans ses<br />

retombées pratiques, a débouché sur <strong>des</strong> constats et recommandations pour la<br />

prise en compte <strong>des</strong> problèmes de santé de <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> adultes<br />

institutionnalisées que nous reprenons dans l’encadré 6.<br />

Un recours aux ressources de santé difficile<br />

L’accès aux dispositifs de prévention, de dépistage et de soins fait montre<br />

dans l’ensemble <strong>des</strong> pays de manques persistants. Nous l’avons vu, nombre<br />

de problèmes de santé restent encore sous-estimés, mal connus, voire totalement<br />

négligés <strong>des</strong> dispositifs sanitaires et sociaux. Il existe <strong>des</strong> fortes disparités<br />

dans les étu<strong>des</strong> de prévalence et d’incidence <strong>des</strong> problèmes de santé


Les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes : espérances de vie et de santé ; qualité de vie<br />

Une revue de la littérature<br />

physique et mentale entre population handicapée et population générale,<br />

entre population handicapée institutionnalisée et celle vivant à domicile et,<br />

enfin, entre pays. L’accès aux ressources sanitaires est moindre pour les<br />

<strong>personnes</strong> vivant à domicile compte tenu <strong>des</strong> difficultés de repérage de<br />

cette population et de ses besoins.<br />

Encadré 6 : Constats et recommandations<br />

• Constats :<br />

– importance <strong>des</strong> troubles sensoriels pour la qualité de vie de la personne<br />

handicapée ;<br />

– sous-évaluation <strong>des</strong> aspects médicaux (audition, vision, besoins nutritionnels,<br />

troubles mentaux...)<br />

• Recommandations :<br />

– <strong>des</strong> démarches diagnostiques appropriées pour proposer soins et prises<br />

en charge ajustés ;<br />

– <strong>des</strong> bilans médicaux réguliers ;<br />

– <strong>des</strong> formations initiales et continues, ad hoc, <strong>des</strong> aidants professionnels<br />

aux besoins de santé et un accès facilité à un avis médical ;<br />

– information scientifique précise mais vulgarisée disponible pour les aidants ;<br />

– insuffisance du seul soin par un médecin généraliste. Multidisciplinarité de<br />

l’équipe médicale de spécialistes ;<br />

– réalisation de bilans de santé complets au moins tous les cinq ans auprès<br />

<strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> ;<br />

– construction d’une base de données cliniques et sociales colligeant la trajectoire,<br />

les données médicales et sociales, les intervenants auprès de la<br />

personne handicapée afin d’éviter <strong>des</strong> pertes d’informations.<br />

Source : Kerr et al., 2003.<br />

Les difficultés ne sont pas toutes d’ordre organisationnel. Elles tiennent<br />

pour partie de la singularité de la situation de handicap et <strong>des</strong> difficultés de<br />

communication qu’elle introduit souvent dans la rencontre. Pour contourner<br />

ces écueils, <strong>des</strong> ai<strong>des</strong> techniques ont été développées afin de faciliter le<br />

travail <strong>des</strong> équipes et l’expression <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> (communication en langage<br />

simplifié, interprètes en langue <strong>des</strong> signes ou à l’aide de pictogrammes,<br />

échelles de douleur ou de mal-être, etc.).<br />

Un enjeu sociétal et éthique majeur<br />

Les questions de santé mentale et physique <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong><br />

représentent un enjeu capital. Avec une espérance de vie beaucoup plus<br />

longue, les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> viennent interpeller les dispositifs sanitaires<br />

et sociaux dans une double dimension quantitative et qualitative.<br />

Dans le processus d’intégration et d’inclusion <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>,<br />

l’accès aux ressources de santé va devenir l’un <strong>des</strong> enjeux majeurs <strong>des</strong><br />

politiques sanitaires et sociales <strong>des</strong> États. Or, si cette question prend une<br />

telle acuité, c’est bien en raison de cette nouvelle longévité <strong>des</strong> <strong>personnes</strong><br />

<strong>handicapées</strong>. De membres « invisibles » et marginaux de la communauté<br />

nationale, les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes apparaissent sur la scène<br />

317


318<br />

RFAS N o 2-2005<br />

sociale comme un groupe de plus en plus « visible », faisant partie intégrante<br />

de la société, partageant et traversant les différents âges et étapes de<br />

la vie. De nouveaux problèmes surgissent, qui touchent à l’accès aux ressources<br />

de prévention, de dépistage, de traitement et de suivi de problématiques<br />

médicales rencontrées habituellement en population générale lors du<br />

processus de vieillissement. Ainsi, en est-il par exemple <strong>des</strong> questions <strong>des</strong><br />

cancers survenant à l’âge adulte, <strong>des</strong> maladies cardio-vasculaires ou de la<br />

ménopause. Moyens, pratiques professionnelles et protocoles doivent<br />

accompagner ce considérable changement démographique.<br />

L’OMS recommande de faciliter l’accès aux ressources en santé de la collectivité<br />

nationale pour les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> en proposant de mettre<br />

en place, lorsque nécessaire, <strong>des</strong> « portes d’accès » facilitant le recours aux<br />

soins ; de sensibiliser les professionnels et les institutions de soins et les institutions<br />

sociales et médico-sociales sur ces questions émergentes ; de<br />

mettre en œuvre et construire <strong>des</strong> référentiels ; de former <strong>des</strong> équipes sur le<br />

territoire national et, enfin, d’associer les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> ellesmêmes<br />

ou leurs représentants à cette politique.<br />

Les États développés, qui ont pu favoriser ces gains considérables d’espérance<br />

de vie en bonne santé, ne peuvent « baisser la garde ». Ils doivent<br />

continuer d’assurer à tous les âges de la vie le même niveau, au moins, de<br />

couverture sociale (accès aux droits, politiques volontaristes) et sanitaire<br />

(sensibilisation et formation <strong>des</strong> équipes, facilitation de l’accès aux soins,<br />

protocoles de bonnes pratiques, etc.). Faute de quoi, ils s’exposeraient à un<br />

effondrement dramatique <strong>des</strong> gains de longévité obtenus.<br />

■ L’impact du vieillissement sur le travail<br />

et la vie à domicile<br />

Les travailleurs handicapés âgés<br />

Il existe en France une littérature abondante sur le vieillissement <strong>des</strong> travailleurs<br />

handicapés. C’est en effet sous cet angle qu’a été perçu pour la<br />

première fois le phénomène de cette nouvelle longévité <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>.<br />

Vieillissement précoce, retraite, maintien du lien social sont<br />

autant de questions capitales. Pourtant ces questions rejoignent les problématiques<br />

de la population générale.<br />

Usure professionnelle ou vieillissement précoce ?<br />

Le rôle <strong>des</strong> conditions de travail<br />

Les travailleurs handicapés en CAT sont souvent perçus comme présentant<br />

majoritairement un vieillissement précoce. Cette représentation, ancrée dans<br />

les mentalités, contribue à assimiler hâtivement certains comportements<br />

comme les stigmates d’un vieillissement précoce inéluctable. Qu’en est-il<br />

objectivement ? Gabbaï a montré que le vieillissement précoce ne présente


Les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes : espérances de vie et de santé ; qualité de vie<br />

Une revue de la littérature<br />

pas cet aspect obligatoire. Au plan scientifique, il est cependant attesté dans<br />

certains tableaux : la trisomie 21, certains syndromes d’arriération mentale et<br />

les handicaps moteurs lourds. Certes, les travailleurs handicapés vieillissent,<br />

mais comme tout un chacun. Leur avancée en âge s’effectue de façon superposable<br />

à celle de la population générale. Le vieillissement est généralement<br />

indissociable de l’usure professionnelle et du sentiment de lourdeur ou de<br />

contraintes professionnelles, qui varient selon le degré d’intérêt pour l’activité<br />

professionnelle elle-même. Travailleurs, handicapés ou pas, les conditions<br />

de travail en termes de pénibilité, de répétitivité et d’ambiance générale<br />

peuvent conduire à une certaine forme de désadaptation.<br />

Une étude auprès de travailleurs recensés comme présentant <strong>des</strong> signes de<br />

désadaptation au travail a conforté l’hypothèse selon laquelle les mauvaises<br />

conditions de travail sont un cofacteur du vieillissement <strong>des</strong> salariés (Lestrat,<br />

2001). L’étude longitudinale de Moallem (2001) réalisée entre 1977 et<br />

1997 a révélé le peu d’efforts entrepris sur l’adaptation <strong>des</strong> postes pour les<br />

handicapés mentaux en France. L’auteur indique que 37 % <strong>des</strong> postes de<br />

travail en centre d’aide par le travail seraient inadaptés par manque d’aménagements<br />

nécessaires ; 36 % <strong>des</strong> anomalies seraient dues à <strong>des</strong> équipements<br />

obsolètes et dans 19 % <strong>des</strong> cas, l’environnement serait source de<br />

danger. Le travail réalisé par le CREAI de la région Centre (1987-1988)<br />

auprès de travailleurs handicapés en centre d’aide par le travail, maison<br />

d’accueil spécialisé et foyers occupationnels sur la perte <strong>des</strong> capacités liées<br />

à l’avancement en âge, conclut à l’impossibilité « de mettre en évidence <strong>des</strong><br />

éléments constants et univoques impliquant une perte de capacités particulière<br />

liée à l’âge chez les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>. »<br />

À la lecture de ces étu<strong>des</strong>, nous ne pouvons pas affirmer qu’il existe une<br />

perte capacitaire chez tous les travailleurs handicapés vieillissants. De ce<br />

fait, il faut prendre en compte les spécificités individuelles, le désinvestissement<br />

au travail, la fatigue, le manque de motivation, qui sont multifactoriels.<br />

Tous ne relèvent pas forcément de l’âge de la personne mais bien<br />

souvent de l’activité professionnelle proposée (types de poste occupé,<br />

tâches répétitives) d’où la nécessité de repenser les notions d’ergonomie et<br />

de réaménagement, bénéfiques pour pallier cette usure prématurée.<br />

Quel âge pour la retraite <strong>des</strong> travailleurs handicapés ?<br />

Une barrière d’âge administrative non pertinente<br />

L’âge limite <strong>des</strong> 60 ans constitue une véritable charnière juridico-administrative<br />

(Colvez et Villebrun, 2003), un véritable couperet. Ce couperet est<br />

souvent décalé avec la réalité <strong>des</strong> besoins <strong>des</strong> travailleurs handicapés. Cette<br />

barrière systématique n’est pas pertinente – voire absurde – en ce sens<br />

qu’elle peut déclencher <strong>des</strong> phénomènes de désadaptation brutale ou de<br />

crise existentielle. Elle crée une population de « déplacés » (Breitenbach,<br />

1999), car les travailleurs handicapés doivent quitter leur lieu de vie institutionnel<br />

du fait de leur avancée en âge ou de leur moins bonne rentabilité<br />

319


320<br />

RFAS N o 2-2005<br />

économique en CAT ou en ateliers protégés. Qu’adviendrait-il, si tous les<br />

travailleurs non handicapés devaient « obligatoirement » déménager, au<br />

motif de leur départ à la retraite ? Une adaptation du fonctionnement et <strong>des</strong><br />

modalités de prise en charge serait plus pertinente.<br />

Mettre en place <strong>des</strong> dispositifs en passerelle<br />

La réorientation <strong>des</strong> travailleurs handicapés vieillissants pose de multiples<br />

questions hors du champ professionnel : mise à la retraite avec son corollaire<br />

la transition vers l’inactivité professionnelle et interrogation sur<br />

l’hébergement ultérieur. Le problème majeur réside dans le futur lieu de<br />

vie. Certaines <strong>personnes</strong> sont renvoyées dans <strong>des</strong> familles elles-mêmes<br />

vieillissantes. Nombre d’entre elles rejoignent le dispositif gérontologique.<br />

Dans les établissements d’hébergement pour <strong>personnes</strong> âgées dépendantes<br />

se pose alors la question du différentiel d’âges entre les populations<br />

accueillies : la moyenne d’âge <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> âgées dans ces structures est<br />

de 83 ans, celle <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> est de 65 ans. La transition du<br />

dispositif du travail protégé et de l’hébergement médico-social vers le<br />

domicile ou le dispositif gérontologique mérite à l’évidence d’être accompagné<br />

(Balavoine, 1996).<br />

Des ruptures à anticiper<br />

Pour les travailleurs handicapés âgés, la retraite se solde par une double<br />

perte : celle du départ vers un nouveau lieu de vie mais surtout celle de leur<br />

travail, avec tout ce qu’il recouvre en termes de reconnaissance et d’assise<br />

identitaire. La « valeur travail » est importante chez le travailleur handicapé :<br />

source de reconnaissance sociale, de ressources financières, constitutive<br />

d’habitu<strong>des</strong> de vie et de repères sociospatiaux. La mise à la retraite peut être<br />

vécue comme une forme d’exclusion, comme une perte de reconnaissance<br />

sociale pouvant aboutir à une véritable crise identitaire. La rupture de<br />

l’ancrage professionnel se redouble alors au plan relationnel et affectif, car la<br />

plupart de ces <strong>personnes</strong> travaillent au sein de la même structure depuis de<br />

nombreuses années. Elles y ont construit leur ancrage affectivo-relationnel.<br />

La coupure de tels liens peut avoir <strong>des</strong> répercussions très négatives sur le<br />

bien-être et l’existence. Pour pallier ces difficultés, il importe de mettre en<br />

place <strong>des</strong> solutions graduées en lien avec les désirs de la personne (possibilités<br />

de travail temporaire, continuité ou arrêt de la prise en charge à la carte) et<br />

de soutenir ces <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes dans ces pertes successives<br />

: leurs capacités, leur emploi, leur lieu de vie habituel, leurs proches.<br />

Les travailleurs handicapés ont la parole<br />

Deux étu<strong>des</strong>, à dix ans d’intervalle, ont engagé une réflexion novatrice en<br />

France sur la représentation du vieillissement, la mise en retraite, le mode<br />

de vie, le devenir <strong>des</strong> travailleurs handicapés vieillissants en recueillant leur<br />

parole. Ces deux étu<strong>des</strong> sont à mettre en débat avec les perceptions – différentes<br />

– <strong>des</strong> professionnels.


Les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes : espérances de vie et de santé ; qualité de vie<br />

Une revue de la littérature<br />

L’étude réalisée par le CREAI Languedoc-Roussillon (1988) a révélé que<br />

les travailleurs handicapés constatent et évoquent sans difficultés les signes<br />

de leur propre vieillissement : baisse <strong>des</strong> performances, perte <strong>des</strong> motivations,<br />

chute du désir de travailler mais aussi modifications de leur corps. Le<br />

travail est pour eux le signe d’une réussite sociale et la source d’une valorisation<br />

personnelle. Le thème de la retraite est abordé avec inquiétude voire<br />

peur. La mise à la retraite est ressentie comme l’abandon d’un travail socialement<br />

reconnu. Un autre aspect important concerne les inquiétu<strong>des</strong> exprimées<br />

sur l’avenir : préoccupations vis-à-vis du vieillir et du mourir.<br />

La seconde est l’étude Solidel du réseau <strong>des</strong> CAT et ateliers protégés de la<br />

Mutualité sociale agricole, menée par Soigneux et Darty (1999) auprès de<br />

travailleurs handicapés vieillissants. Dans leur majorité, ils souhaitent une<br />

continuité de cadre de vie et le non-déplacement : 65 % d’entre eux aspirent<br />

à rester dans leur logement actuel redoutant les ruptures et les changements.<br />

S’ils doivent intégrer une maison de retraite, ils aimeraient pouvoir la choisir<br />

et souhaiteraient qu’elle se situe de préférence non loin de leur lieu de<br />

résidence actuel. Leurs préoccupations portent sur la qualité <strong>des</strong> réponses à<br />

leurs besoins.<br />

L’expression <strong>des</strong> souhaits de la personne ne fait pas encore l’objet en<br />

France de recommandations de bonnes pratiques alors que cette participation<br />

de la personne aux décisions la concernant est inscrite dans de nombreux<br />

textes de lois et dans les manifestes tels la déclaration de Madrid<br />

(Forum européen <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> avec le soutien de l’ONU et<br />

du Parlement européen). Les évolutions législatives radicales introduites en<br />

France (lois du 2 janvier 2002 et du 11 février 2005) devraient faciliter la<br />

participation <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> à la définition de leur choix de vie.<br />

Les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> âgées à domicile<br />

et les aidants<br />

Les recherches relatives à l’aide parentale aux <strong>des</strong>cendants handicapés ont<br />

été initiées aux États-Unis au début <strong>des</strong> années quatre-vingt. Le pourcentage<br />

d’adultes handicapés pris en charge par leurs ascendants est substantiel.<br />

Il est le reflet <strong>des</strong> modèles politiques et conceptuels sur les <strong>personnes</strong><br />

<strong>handicapées</strong> mais aussi d’histoires familiales singulières construites autour<br />

de la personne handicapée. La prise de conscience de cette importance<br />

numérique fait émerger de nouveaux besoins. En France, cette question a<br />

été abordée environ une décennie plus tard.<br />

Deux types de situations sont concernés : d’une part, les <strong>personnes</strong> vivant<br />

à leur domicile en milieu ordinaire mais bénéficiant parallèlement<br />

d’une prise en charge spécialisée aussi minime soit-elle, et donc aisément<br />

identifiées ; d’autre part, <strong>des</strong> familles, le plus souvent réduites à la mère,<br />

prenant totalement en charge leur <strong>des</strong>cendant adulte, restant en marge <strong>des</strong><br />

services institutionnels (pour <strong>des</strong> raisons complexes). Le constat principal<br />

321


322<br />

RFAS N o 2-2005<br />

repose sur le fait que ce sont les mères qui sont les aidants uniques (Bontout,<br />

Colin et Kerjosse, 2002 ; CREAI Alsace, 2002 ; Dutheil, 2002). La<br />

relation s’est construite sur la notion de protection de leur <strong>des</strong>cendant particulièrement<br />

fragile et vulnérable. Or les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes<br />

en marge de tout service sont difficilement repérables et quantifiables.<br />

De l’invisibilité sociale de certains handicapés vieillissants<br />

Les étu<strong>des</strong> recensées en France font état d’un nombre, certainement très en<br />

deçà de la réalité estimée, d’adultes handicapés vieillissants « invisibles » ou<br />

réduits à l’invisibilité, ignorés du dispositif social et médico-social, vivant au<br />

domicile de parents âgés. Ils sont difficiles à évaluer numériquement. Aux<br />

États-Unis, il y aurait environ 60 % d’adultes handicapés de tous âges vivant<br />

au domicile parental dont un nombre conséquent serait inconnu <strong>des</strong> services<br />

(Fujiura, 1998). Afin de dénombrer les familles vieillissantes qui assument<br />

seules la charge d’un <strong>des</strong>cendant handicapé, mais aussi de cerner les raisons<br />

qui les ont conduites à cette posture, la Fondation de France (1997) a commandité<br />

une importante enquête auprès <strong>des</strong> CREAI Ile-de-France et Rhône-<br />

Alpes et de l’ORS de Bretagne. Ces organismes ont recherché dans leur<br />

région respective, les parents vieillissants âgés de plus de 55 ans, dont le <strong>des</strong>cendant<br />

handicapé ne fréquentait aucune structure d’accueil ou service même<br />

à temps partiel. Ce travail multicentrique a donné lieu à une étude de profil<br />

sociologique et exploré les attentes de ces parents.<br />

Pourquoi ces familles sont-elles restées en marge ?<br />

L’analyse du discours <strong>des</strong> familles a permis de comprendre pourquoi elles<br />

ne sont pas entrées dans le réseau de services existant. Les motifs sont multiples<br />

: manque d’établissements offrant une éducation spécialisée au<br />

moment de la découverte du handicap de leur enfant ; refus parental ou tout<br />

simplement interruption de la prise en charge par insatisfaction ou par peur<br />

de voir leur enfant entrer dans <strong>des</strong> institutions vécues comme « asilaires »<br />

où les conditions de vie paraissaient déplorables ; arrêts plus ou moins<br />

intempestifs de prise en charge par les établissements et services avec<br />

retour en famille sans solution de remplacement ; ignorance <strong>des</strong> différentes<br />

formes de soutien disponibles. Enfin, parfois les valeurs de dévouement, de<br />

cohésion familiale sont les principales raisons qui ont conduit ces familles à<br />

rester en marge du dispositif. Il s’agit alors d’un choix totalement assumé.<br />

Un désert social<br />

Les étu<strong>des</strong> ont révélé le sentiment d’enfermement carcéral doublé parfois<br />

de conditions sociales défavorisées. Cette prise en charge familiale fait<br />

payer un fort tribut tant au niveau de la lourdeur de la tâche, que de l’appauvrissement<br />

<strong>des</strong> relations sociales qui en découle. Ce cloisonnement social<br />

(parfois associé à <strong>des</strong> problèmes pécuniaires) conduit au sentiment d’une<br />

pesante solitude, d’une marginalisation. Les épreuves communes ont certes<br />

participé au resserrement <strong>des</strong> liens familiaux mais ont conduit à l’autarcie.


Le rôle d’aidant a, dans 17 % <strong>des</strong> cas, <strong>des</strong> répercussions négatives sur leurs<br />

relations amicales (Dutheil, 2002). Cette solitude au sein du giron familial<br />

est à prendre en considération, puisque de fait, les entretiens ont montré la<br />

nécessité de mettre en confiance les familles ou plutôt de les réapprivoiser.<br />

On peut penser que cet univers relationnel restreint, cet « enfermement<br />

conjoint » (Breitenbach, 2002) a pu participer à ce manque de confiance et<br />

à une certaine méfiance <strong>des</strong> familles vis-à-vis d’interventions inadaptées<br />

(impression d’intrusion, résistance à l’égard de travailleurs sociaux trop<br />

interventionnistes, expériences antérieures négatives, mise en place de projets<br />

discordants). Aussi serait-il souhaitable de penser la renégociation <strong>des</strong><br />

relations entre les parents et les professionnels.<br />

Le vieillissement parallèle<br />

Les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes : espérances de vie et de santé ; qualité de vie<br />

Une revue de la littérature<br />

Le vieillissement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> est indissociable de celui de<br />

leurs parents : ils vieillissent ensemble. Cette double longévité finit par<br />

aboutir à un accompagnement difficile, voire impossible, à l’âge où les forces<br />

s’amenuisent. Les aidants, marqués par le sceau de leur propre vieillesse<br />

et les difficultés d’ordre physique et/ou psychologique afférentes,<br />

présentent <strong>des</strong> pathologies du vieillissement, <strong>des</strong> pertes d’autonomie et une<br />

entrée dans la dépendance qui égalent ou dépassent celles de leur <strong>des</strong>cendant.<br />

Il s’ensuit alors une dépendance partagée, une « surdépendance »<br />

chez ces parents, pour qui la charge qui leur incombe devient de plus en<br />

pesante. Cette situation de handicaps cumulés, que le veuvage ou l’éloignement<br />

géographique et affectif <strong>des</strong> autres <strong>des</strong>cendants vient aussi fragiliser,<br />

conduit à s’interroger sur l’évolution <strong>des</strong> aidants naturels.<br />

Vers la visibilité dans <strong>des</strong> situations d’urgence sociale<br />

Les conséquences de cette nouvelle longévité impliquent aussi que nombre<br />

de <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> survivront à leurs parents, lesquels font partie de la<br />

première génération qui devra assumer le fait de ne pas forcément survivre à<br />

ses <strong>des</strong>cendants. Or, bien que la demande de placement augmente avec l’âge<br />

<strong>des</strong> parents, les étu<strong>des</strong> montrent que ce qui détermine majoritairement le placement<br />

est le décès <strong>des</strong> parents, leurs hospitalisations ou l’apparition de<br />

maladies invalidantes. Dès lors, seule la crise parvient à les rendre visibles.<br />

Cette situation d’urgence conduit à un placement rapide, alors même que<br />

cette séparation n’a jamais été pensée. Elle est d’autant plus traumatisante<br />

que la personne handicapée n’a aucune expérience du réseau d’accompagnement<br />

institutionnel et n’a pas été préparée au deuil et à la séparation. Qui plus<br />

est, le manque de places disponibles, le refus prudent <strong>des</strong> structures<br />

d’accueillir <strong>des</strong> adultes n’ayant aucune expérience de la vie en collectivité ou<br />

le manque de formation de ces équipes sont autant de freins puissants. C’est<br />

en effet à un travail de deuil qu’est confrontée la personne handicapée, et<br />

quand bien même le personnel éducatif serait-il préparé, la gestion de cette<br />

cassure subite reste toujours délicate à négocier.<br />

323


324<br />

RFAS N o 2-2005<br />

La confrontation à la mort et au deuil pour les <strong>personnes</strong><br />

<strong>handicapées</strong><br />

L’expérience du deuil est toujours douloureuse, elle l’est d’autant plus chez<br />

les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes sans vie sociale, maintenues à<br />

domicile. Elles seront orphelines de tous leurs liens affectifs au décès du<br />

parent. Dusart (1997) est l’auteur d’une étude novatrice et unique en France<br />

sur l’expérience subjective du « travail de deuil » chez les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong><br />

mentales vieillissantes ainsi que sur les attitu<strong>des</strong> de l’entourage. Les<br />

principaux résultats montrent que les <strong>personnes</strong> avec déficience intellectuelle<br />

ont acquis les notions d’irréversibilité et de la réalité matérielle de la<br />

mort. L’avancée en âge est un facteur facilitant dans la compréhension et<br />

dans l’apprentissage de la mort (74 % <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> âgées de 50 ans et<br />

91 % chez les plus de 60 ans). Les réactions émotives sont fortes face à<br />

l’annonce du décès : pleurs, anxiété, angoisse et confusion prédominent.<br />

Les femmes et les déficients légers expriment fortement leur chagrin et réagissent<br />

plus que les déficients profonds. Mais, dans les pratiques constatées,<br />

une personne déficiente sur trois est tenue à l’écart <strong>des</strong> rites funéraires<br />

bien qu’elle exprime son désir d’y participer. La mise en mots du deuil n’est<br />

pas faite par l’entourage et ce silence se révèle anxiogène. Le personnel<br />

éducatif apparaît peu formé et peu soutenu dans la préparation <strong>des</strong> <strong>personnes</strong><br />

<strong>handicapées</strong> au deuil et à la perte du proche. Le deuil n’est pas anticipé<br />

dans l’accompagnement au long cours, il n’est abordé que dans l’urgence.<br />

Les aidants : entre fardeau, burn-out et résilience<br />

Des chercheurs en gérontologie, Zarit et al. (1980), ont essayé de quantifier<br />

l’impact de l’aide informelle sur les aidants âgés. Ce terme de fardeau (burden<br />

<strong>des</strong> Anglo-Saxons) désigne le fardeau porté par les aidants, au plan <strong>des</strong><br />

conséquences physiques, psychologiques, émotionnelles, sociales et financières.<br />

Le rôle d’aidant peut avoir <strong>des</strong> répercussions sur le bien-être et<br />

conduire à l’usure. L’exposition au risque d’usure pour les aidants naturels<br />

dure plus longtemps qu’une carrière professionnelle (en moyenne cinquante<br />

ou soixante ans).<br />

Le tableau est plus contrasté qu’il n’y paraît car les aidants familiaux peuvent<br />

se montrer dans cet accompagnement au long cours de leur parent ou<br />

<strong>des</strong>cendant, <strong>des</strong> capacités de résilience indiscutables. Seltzer et Krauss<br />

(1989) dans leur étude auprès de 227 mères aidantes ayant à leur charge leur<br />

<strong>des</strong>cendant adulte handicapé ont montré que les mères qui ressentent le plus<br />

leur tâche comme un fardeau sont celles qui ont le moins de réseaux<br />

d’informations. Ils relèvent aussi qu’en dépit de la durée de leur rôle<br />

d’aidantes, la plupart <strong>des</strong> mères sont résilientes, optimistes et capables de<br />

poursuivre encore leur rôle. Le climat familial serait selon cette étude le<br />

prédicteur du bien-être <strong>des</strong> mères aidantes.<br />

Les résultats de l’enquête HID (Dutheil, 2001, 2002) montrent que 45 %<br />

<strong>des</strong> aidants déclarent que ce rôle a <strong>des</strong> conséquences négatives sur leur<br />

bien-être physique et moral. Joël (2003) indique que 40 % <strong>des</strong> aidants


Les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes : espérances de vie et de santé ; qualité de vie<br />

Une revue de la littérature<br />

informels ne partent pas en vacances, 11 % ont dû réaménager leurs activités<br />

professionnelles, 75 % ressentent une fatigue morale et du stress et 50 %<br />

une fatigue physique. Sigal (1999) parle du burn-out <strong>des</strong> aidants naturels<br />

pour évoquer la lassitude et cet insurmontable dépassement qui s’installent.<br />

Stress, usure, épuisement, fatigabilité viennent alors faire partie du quotidien<br />

de ces familles, qui pour autant ne se plaignent pas et acceptent bon gré<br />

mal gré leur situation.<br />

Les accueils de répit, une réponse nécessaire à proposer<br />

Certains aidants expriment le besoin de soutien dans la prise en charge quotidienne<br />

avec notamment l’émergence d’une demande significative en<br />

matière d’hébergement temporaire. Ils ont évoqué la nécessité d’ouverture<br />

de centres d’accueil de jour, leur permettant de « respirer » mais aussi de<br />

préparer la transition. Ces solutions de répit les soulageraient. Elles permettraient<br />

non seulement au <strong>des</strong>cendant handicapé de tisser un lien social autre<br />

que dans la famille, mais aussi de se préparer à l’inéluctable séparation. Ce<br />

travail de séparation « précoce » pourrait avoir, semble-t-il, pour effet un<br />

deuil futur moins douloureux.<br />

Une question récurrente pour les aidants : la gestion de « l’après eux »<br />

La majorité <strong>des</strong> parents âgés exprime ses inquiétu<strong>des</strong> et un sentiment de<br />

culpabilité en s’interrogeant sur l’après eux et le devenir de leur <strong>des</strong>cendant<br />

handicapé. Cette projection angoissante les transcende à rester en bonne<br />

santé ; ce devoir d’assistance les porte, au prix d’importants efforts mentaux<br />

et physiques personnels. Cette interdépendance et la volonté d’avancer<br />

ensemble traduisent l’impossibilité de se séparer : la fonction d’aidant ne<br />

cessant qu’avec la mort. Aussi, ont-ils du mal à planifier <strong>des</strong> placements<br />

même temporaires, car ils ne sont pas prêts à déléguer et ont du mal à internaliser<br />

l’inévitable séparation.<br />

Pourtant, la gestion prévisionnelle de ce vieillissement parallèle est préconisée<br />

en préparant progressivement les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> âgées à la<br />

séparation, à la mort et au deuil. Claudel (1988) indique qu’il faut préparer<br />

la séparation afin qu’elle n’ait lieu ni dans l’urgence, ni dans la précipitation<br />

et permettre ainsi à la personne handicapée de se préparer à une nouvelle<br />

vie dans de bonnes conditions.<br />

■ Un changement de paradigme<br />

Il existe une amélioration généralisée de l’espérance de vie chez les <strong>personnes</strong><br />

<strong>handicapées</strong> à l’exception <strong>des</strong> populations de <strong>personnes</strong> en situation de<br />

handicap par troubles psychiques. Les courbes de survie <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong><br />

qui tendent à rejoindre celles de la population générale en attestent.<br />

La « rectangularisation » de la courbe d’espérance de vie constatée en<br />

population générale au fil <strong>des</strong> décennies dans les pays développés existe<br />

325


326<br />

RFAS N o 2-2005<br />

également pour les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>. Cependant cette amélioration<br />

générale, concrétisée par <strong>des</strong> bonds spectaculaires d’espérance de vie,<br />

concerne au premier chef les déficiences intellectuelles légères ou modérées.<br />

Certains facteurs de surmortalité prématurée demeurent.<br />

Cet accroissement de l’espérance de vie est, d’abord et avant tout, une formidable<br />

victoire sur l’adversité et le malheur qui touchent les <strong>personnes</strong><br />

<strong>handicapées</strong> et leurs familles. Cette victoire est le fruit de la hausse générale<br />

de la santé <strong>des</strong> populations, de la qualité croissante <strong>des</strong> dispositifs de dépistage,<br />

de diagnostic et de prise en charge précoce <strong>des</strong> risques de handicaps et<br />

<strong>des</strong> progrès techniques (réanimation, chirurgie...), <strong>des</strong> politiques sociales<br />

volontaristes enfin. Ces gains de longévité se font dans une meilleure santé,<br />

en général. Cependant, les gains considérables d’espérance de vie du vingtième<br />

siècle peuvent être remis en cause par une baisse de la vigilance <strong>des</strong><br />

États en matière sanitaire et sociale. Les différents dispositifs sanitaires et<br />

sociaux, les législations, les professionnels, les équipes de recherche sont<br />

encore mal préparés en France pour accompagner cette heureuse évolution<br />

de la qualité et de la durée de vie <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>.<br />

Il y a déjà, et il y aura plus encore de <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> âgées, voire très<br />

âgées ! Il va nous falloir prévoir et mettre en œuvre de nouveaux dispositifs<br />

ad hoc d’accueil, d’accompagnement et de soutien (tenant compte <strong>des</strong> attentes<br />

<strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>) et faciliter l’accès aux dispositifs de droit<br />

commun (quand cela est possible). La France, à ce jour, a fait porter l’essentiel<br />

de ses efforts de réflexion en matière de vieillissement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong><br />

sur l’approche sociale. Si celle-ci est la condition nécessaire, elle<br />

n’est cependant pas suffisante car l’enjeu est également sanitaire.<br />

Enfin, jusqu’à la prise de conscience de l’importance du phénomène, les<br />

professionnels ou les pouvoirs publics inscrivaient leurs actions, de<br />

manière inconsciente, sur une durée de vie qui intégrait une vision de mortalité<br />

précoce, prématurée. Cette nouvelle longévité introduit pour nos<br />

sociétés un important défi et un véritable changement de paradigme.<br />

C’est l’ensemble <strong>des</strong> représentations <strong>des</strong> acteurs et <strong>des</strong> appareils institutionnels<br />

qui est mis en débat par cette nouvelle longévité : représentations<br />

<strong>des</strong> parents sur l’enfant handicapé dans ce processus de double vieillissement<br />

parallèle, de double déclin avec toutes les difficultés de vie quotidienne<br />

que cela suppose ; représentations <strong>des</strong> professionnels confrontés à<br />

leur propre vieillissement et quelques certitu<strong>des</strong> obsolètes ; représentations<br />

<strong>des</strong> tutelles et <strong>des</strong> pouvoirs publics qui ont à s’orienter entre <strong>des</strong> images<br />

brouillées (<strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes/<strong>personnes</strong> âgées <strong>handicapées</strong>)<br />

et à construire de nouveaux dispositifs avec les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>.<br />

C’est bien un changement complet de paradigme sur les situations de<br />

handicap qui est désormais à l’œuvre.<br />

Du statut d’éternel enfant, d’assisté ou d’incapable majeur, la personne<br />

handicapée, désormais visible, vient s’inscrire de plein droit sur la scène<br />

sociale où elle réclame la citoyenneté qui lui revient et le droit de vieillir au<br />

milieu de tous dans la dignité.


Les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes : espérances de vie et de santé ; qualité de vie<br />

Une revue de la littérature<br />

Quelques repères bibliographiques<br />

BAIRD P.A. et SADOVNICK A.D., (1985), « Mental retardation in over half a million<br />

consecutive livebirths : an epidemiological study », American Journal on Mental<br />

Retardation, 89 (4), 323-330.<br />

BAIRD P.A. et SADOVNICK A.D., (1988), « Life expectancy in down syndrome<br />

adults », The Lancet, 10, 1354-1356.<br />

BALAKRISHNAN T.R. et WOLF L.C., (1976), « Life expectancy of mentally retarded<br />

persons in Canadian institutions », American Journal of Mental Deficiency, 80, 650-662.<br />

BALAVOINE R., (1996), « Personnes <strong>handicapées</strong> mentales âgées. Quelles approches ?<br />

Quelles solutions ? », Réadaptation, 431, 23-28.<br />

BEANGE H., (2002), « Intellectual disability and health care : the size of the problem »,<br />

Forum Centre for Developmental Disability Studies « Promoting the health of people with<br />

developmental disabilities » (29 avril 2002).<br />

BITTLES A.H., PETTERSON B.A., SULLIVAN S.G., HUSSAIN R., GLASSON E.J. et<br />

MONTGOMERY P. D., (2002), « The influence of intellectual disability on life<br />

expectancy », Journal of Gerontology : Biological and Medical Sciences, 57 (7), 470-472.<br />

BONTOUT O., COLIN C. et KERJOSSE R., (2002), « Personnes âgées dépendantes et<br />

aidants potentiels : une projection à l’horizon 2040 », DREES, Étu<strong>des</strong> et Résultats, 160,<br />

1-10.<br />

BREITENBACH N., (1996), « Les admis, les déplacés, les exclus, les ignorés... les<br />

gran<strong>des</strong> problématiques relevées par la nouvelle longévité <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> »,<br />

Réadaptation, 431, 16-27.<br />

BREITENBACH N., (1997), Fortes et fragiles. Les familles vieillissantes qui gardent en<br />

leur sein un <strong>des</strong>cendant handicapé, Paris : Fondation de France, collection « Réflexion ».<br />

BREITENBACH N., (1998), « Parents un jour, parents pour toujours. Handicaps et<br />

inadaptations », Les Cahiers du CTNERHI, 78, 33-43.<br />

BREITENBACH N., (1999), Une saison de plus. Handicap mental et vieillissements,<br />

Paris : Desclée de Brouwer.<br />

BREITENBACH N., (2002), « Le vieillissement conjugué ou le cumul <strong>des</strong> effets de l’âge<br />

dans les familles vieillissantes », Les Cahiers de l’Actif, 312-313, 35-48.<br />

BREITENBACH N. et ROUSSEL P., (1990), Les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes.<br />

Situations actuelles et perspectives, Paris : CTNERHI.<br />

CARTER G. et JANCAR J., (1983), « Mortality in the mentally handicapped : a 50-year<br />

study at the Stoke Park group of hospitals (1930-1980) », Journal of Mental Deficiency<br />

Research, 27, 143-156.<br />

CAYET J., (1998), « La prise en charge <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> vieillissantes <strong>handicapées</strong> mentales<br />

ou souffrant de troubles mentaux », Avis et rapports du Conseil économique et social,<br />

Paris : Les Éditions <strong>des</strong> Journaux Officiels.<br />

CLAUDEL M., (1988), Étude du vieillissement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> mentales en<br />

institution spécialisée et en maison de retraite, Rapport final et rapport abrégé, Ministère<br />

<strong>des</strong> Affaires sociales et de l’Emploi – DRASS Alsace, Strasbourg : IFPP.<br />

COLLACOT R.A., COOPER S.A., BRANFORD D. et MCGROTHER C., (1998),<br />

« Behaviour phenotype for Down’s syndrome », British Journal of Psychiatry, 172,<br />

85-89.<br />

327


328<br />

RFAS N o 2-2005<br />

COLVEZ C. et VILLEBRUN D., (2003), « La question <strong>des</strong> catégories d’âge et <strong>des</strong><br />

“charnières” entre les différents types de population », Revue française <strong>des</strong> Affaires<br />

sociales, 1-2, 255-266.<br />

COOPER S.-A., (1997), « Epidemiology of psychiattic disorders in elderly compared<br />

with younger adults with learning disabilities », British Journal of Psychiatry, 170,<br />

375-390.<br />

CREAHI Aquitaine, (2002), Les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> âgées en Aquitaine : approche<br />

quantitative 2001-2011, rapport du CREAHI d’Aquitaine pour la DRASS d’Aquitaine, 50 p.<br />

CREAI Alsace, (2001), Le vieillissement <strong>des</strong> handicapés mentaux dans le Haut-Rhin. État<br />

<strong>des</strong> lieux et analyse de la prise en charge institutionnelle et à domicile, étude pilotée par<br />

le conseil général du Haut-Rhin et la CRAM Alsace-Moselle.<br />

CREAI Alsace et ORHIAL, (2002), « Le vieillissement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong><br />

mentales dans le département du Haut-Rhin. Deuxième partie : Le vieillissement <strong>des</strong><br />

<strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> mentales résidant en établissements médico-sociaux », Bulletin<br />

mensuel du CREAI Alsace, 87, 1-7.<br />

CREAI Bretagne, (1998), Ajouter de la vie à la vie. Étude sur l’avancée en âge <strong>des</strong><br />

<strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> mentales accueillies en établissement 1991/1997.<br />

CREAI Bourgogne, (1991), « Personnes <strong>handicapées</strong> âgées en Bourgogne en 2010 :<br />

évolution prévisible et solutions envisageables », Bulletin d’informations du CREAI, 107,<br />

11-17.<br />

CREAI Centre, (1990), La perte <strong>des</strong> capacités liée à l’avancement dans l’âge <strong>des</strong> adultes<br />

handicapés accueillis dans les établissements de la région Centre.<br />

CREAI Ile-de-France, (1997), L’avenir impensable. Le poids <strong>des</strong> ans et la charge du<br />

handicap, étude commanditée par la Fondation de France.<br />

CREAI Languedoc-Roussillon, (1988), Vieillir en CAT – Recherche sur le vieillissement<br />

<strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> travaillant en CAT en Languedoc-Roussillon.<br />

CREAI Rhône-Alpes et Fondation de France, (1997), À la rencontre de parents âgés<br />

ayant un adulte handicapé à charge à domicile.<br />

CREAI PACA-Corse, (1997), « Handicaps et vieillissement. Questions pour l’avenir »,<br />

Au fil du mois, numéro spécial, 45 p.<br />

CREAI Pays de Loire, CREAI Bretagne et Fondation de France, (1988), Handicapés et<br />

vieillissement, Actes du congrès national (La Baule, 6-8 octobre 1988).<br />

DOODY G.A., JHONSTONE E.C., SANDERSON T.L. et al., (1998),<br />

« “Pfropfschizophrene” revisited : schizophrenia in people with mild learning disability »,<br />

British Journal of Psychiatry, 173, 145-153.<br />

DUSART A., (1997), Les <strong>personnes</strong> déficientes intellectuelles confrontées à la mort.<br />

Retentissement de la perte d’un proche, processus de deuil et attitu<strong>des</strong> de l’entourage,<br />

CREAI Bourgogne, rapport de recherche financé par la Fondation de France.<br />

DUTHEIL N., (2001), « Les ai<strong>des</strong> et les aidants <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> âgées », DRESS, Étu<strong>des</strong> et<br />

Résultats, 142, 1-12.<br />

DUTHEIL N., (2002), « Les aidants <strong>des</strong> adultes handicapés », DRESS, Étu<strong>des</strong> et<br />

Résultats, 186, 1-7.<br />

EVENHUIS H.M., THEUNISSEN M., DENKERS I., VERSCHUURE H. et KEMME H.,<br />

(2001), « Prevalence of visual and hearing impairment in a Dutch institutionalized<br />

population with intellectual disability », Journal of intellectual disability, 45 (5), 457-464.


Les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes : espérances de vie et de santé ; qualité de vie<br />

Une revue de la littérature<br />

EYMAN R.K. et WIDAMAN K.F., (1987), « Life-span development of institutionalized<br />

and community-based mentally retarded persons revisited », American Journal of Mental<br />

Deficiency, 91 (6), 559-569.<br />

EYMAN R.K., GROSSMAN H.J., CHANEY R.H. et CALL T.L., (1990), « The life<br />

expectancy of profoundly handicapped people with mental retardation », The New<br />

England Journal of Medicine, 323 (9), 584-589.<br />

EYMAN R.K., CALL T.L. et WHITE J. F., (1991), « Life expectancy of persons with<br />

Down syndrome », American Journal on Mental Retardation, 95 (6), 605-612.<br />

FAULKS D. et HENNEQUIN M., (2000), « Evaluation of a long terme oral health<br />

program by carers of children and adults with intellectual disabilities », Special Care in<br />

Dentistry, 20 (5), 199-208.<br />

FIJIURA G., (1998), « Demography of family households », American Journal on Mental<br />

Retardation, 103, 225-235.<br />

FRANKEL H.L., COLL J.R., CHARLIFUE S.W., WHITENECK G.G., GARDNER B.P.,<br />

JAMOUS M.A., KRISHNAN K.R., NUSEIBEH I., SAVIC G. et SETT P., (1998),<br />

« Long-term survival in spinal cord injury : a fifty year investigation », Spinal Cord, 36,<br />

266-274.<br />

FRIES J.F., (1980), « Aging, natural death and the compression of morbidity », New<br />

England Journal of Medicine, 303 (3), 130-135.<br />

FRIES J.F., GREEN L.W. et LEVINE S., (1989), « Health promotion and the<br />

compression of morbidity », The Lancet, 481-483.<br />

GABBAÏ P., (1992), « Le vieillissement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> mentales », in<br />

G. Zribi et J. Sarfaty (eds), Le vieillissement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>, Recherches<br />

françaises et européennes (p. 65-74), Rennes : ENSP éditeur.<br />

GABBAÏ P., (1998), « Processus et modalités de l’avancée en âge <strong>des</strong> <strong>personnes</strong><br />

<strong>handicapées</strong> mentales et physiques », Le Colporteur, 344 et 345, 2-8 et 2-5.<br />

GLASSON E.J., SULLIVAN S.G., HUSSAIN R., PETTERSON B.A., MONTGOMERY<br />

P.D. et BITTLES A.H., (2002), « The changing survival profile of people with Down’s<br />

syndrome : implications for genetic counselling », Clinical Genetics, 62 (5), 390-394.<br />

GLASSON E.J., SULLIVAN S.G., HUSSAIN R., PETTERSON B.A., MONTGOMERY<br />

P.D. et BITTLES A.H., (2003), « Comparative survival advantage of males with Down<br />

syndrome », American Journal Of Human Biology, 15 (2), 192-195.<br />

GRÉMY F. et CAMBOIS E., (2000), « Espérances de vie en santé : indicateurs majeurs<br />

de la santé d’une population », Bulletin de l’Académie nationale de médecine, 184 (3),<br />

621-636.<br />

GRUENBERG E.M., (1977), « The failures of success », Milbank Memorial Fund<br />

Quarterly/Health and Society, 55, 3-26.<br />

GUYOT P., (1998), La vieillesse <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> : quelles politiques<br />

sociales ?, Paris : Éditions du CTNERHI.<br />

HELLER T. et FACTOR A., (1993), « Aging family caregivers : support resources and<br />

changes in burden and placement <strong>des</strong>ire », American Journal on Mental Retardation, 98<br />

(3), 417-426.<br />

HELLER T. et MARKS B., (2002), « Health promotion and women », in P.N. Walsh et<br />

T. Heller (eds), Health of women with intellectual disabilities (p. 170-189), Oxford :<br />

Blackwell Publishing.<br />

HENNEQUIN M. et ALLISON P.J., (2000), « Besoins de santé spécifiques et prise en<br />

charge universelle : l’inadéquation en santé bucco-dentaire », Revue Prévenir, 39,<br />

197-200.<br />

329


330<br />

RFAS N o 2-2005<br />

HENNEQUIN M., ALLISON P.J. et VEYRUNE J.L., (2000), « Prevalence of oral<br />

problems in a group of individuals with Down syndrome in France », Developmental<br />

Medecine et Child Neurology, 42, 691-698.<br />

HUTTON J.L., COLVER A.F. et MACKIE P.C., (2000), « Effect of severity of disability<br />

on survival in north east England cerebral palsy cohort », Archive on Diseases of<br />

Children, 83, 468-474.<br />

HUTTON J.L. et PHAROAH P. O., (2002), « Effect of cognitive, motor and sensory<br />

disabilities on survival in cerebral palsy », Archive on Diseases of Children, 86, 84-90.<br />

JANICKI M.P. et JACOBSON J. W., (1986), « Generational trends in sensory, physical<br />

and behavioral abilities among older mentally retarded persons », American Journal of<br />

Mental Deficiency, 90 (5), 490-500.<br />

JANICKI M.P. et al., (2002), « Health characteristics and health services utilization in<br />

older adults with intellectual disability living in community residences », Journal of<br />

Intellectual Disability Research, 46 (4), 287-298.<br />

JOËL M.E., (2003), « Les conditions de vie <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> âgées vivant à domicile d’après<br />

l’enquête HID », Revue française <strong>des</strong> Affaires sociales, 1-2, 103-122.<br />

JONES R.G. et KERR M. P., (1997), « A randomized control trial of an opportunistic<br />

health screening tool in primary care for people with intellectual disability », Journal of<br />

Intellectual Disability Research, 41, 409-415.<br />

JOUGLA E., (1997), « Tests statistiques relatifs aux indicateurs de mortalité en<br />

population », Revue Épidémiologie en Santé Publique, 45, 78-84.<br />

KERR M., MC CULLOCH D., OLIVER K., MCLEAN B., COLEMAN E., LAW T.,<br />

BEATON P., WALLACE S., NEWELL E., ECCLES T. et PRESCOTT R. J., (2003),<br />

« Medical needs of people with intellectual disability require regular reassessment, and<br />

the provision of client – and carer-held reports », Journal of Intellectual Disability<br />

Research, 47 (2), 134-145.<br />

KLOTZ R., JOSEPH P.A., RAVAUD J.-F., WIART L. et BARAT M., (2002), « The<br />

Tetrafigap survey on the long-term outcome of tetraplegic spinal cord injured persons :<br />

medical complications and associated factors », Spinal Cord, 40, 457-467.<br />

KRAMER M., (1980), « The rising pandemic of mental disorders, and associated chronic<br />

diseases and disabilities », Acta Psychiatrica Scandinavia, suppl. 285, 182-291.<br />

LEONARD S., BOWER C., PETTERSON B. et LEONARD H., (2000), « Survival of<br />

infants born with Down’s syndrome : 1980-1996 », Paediatric and Perinatal<br />

Epidemiology, 14, 163-171.<br />

LESTRAT D., (2001), Étude sur le vieillissement <strong>des</strong> travailleurs handicapés en CAT,<br />

mémoire de DESS gestion <strong>des</strong> activités sanitaires et sociales, université Bordeaux II.<br />

LHÉRITIER K., RAVAUD J.-F., DÉSERT J.-F., PEDELUCQ J.-P., O’HANNA F. et<br />

DAURES J.-P., (2001), « La survie <strong>des</strong> blessés médullaires tétraplégiques après la<br />

première entrée en centre de rééducation et ses facteurs pronostiques », Revue<br />

Épidémiologie en Santé Publique, 49, 449-458.<br />

LHÉRITIER K., (2002), Survie et risques compétitifs : applications aux blessés<br />

médullaires tétraplégiques français, thèse de doctorat, université Montpellier I.<br />

MAASKANT M.A., STUMANS F., HAVEMAN M. et FREDERIKS C., (1995),<br />

« L’espérance de vie <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> avec un handicap mental vivant en institution aux<br />

Pays-Bas », Revue européenne du handicap mental, 2 (5), 5-14.<br />

MAASKANT M.A., GEVERS J.P. et WIERDA H., (2002), « Mortality and life<br />

expectancy in Dutch residential centres for individuals with intellectual disabilities,<br />

1991-1995 », Journal of Applied Research in Intellectual Disabilities, 15, 200-212.


Les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes : espérances de vie et de santé ; qualité de vie<br />

Une revue de la littérature<br />

MALONE Q., (1988), « Mortality and survival of the Down’s syndrome population in<br />

Western Australia », Journal of Mental Deficiency Research, 32, 59-65.<br />

MANTON K.G., (1982), « Changing concepts of morbidity and mortality in the elderly<br />

population », Milbank Memorial Fund Quarterly/Health and Society, 60, 183-244.<br />

MANTON K.G. et STALLARD E., (1996), « Changes in health mortality and disability<br />

and their impact on long-term care », Journal Aging and Social Policy, 7 (3-4), 25-52.<br />

MARABET B., (2002c), « Combien y a-t-il de <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> âgées en<br />

Aquitaine ? Situations 2001 et perspectives 2011 », Info Stat, 74, DRASS d’Aquitaine.<br />

MICHAUDON H., (2002), « Les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes : une approche à<br />

partir de l’enquête HID », DRESS, Étu<strong>des</strong> et Résultats, 204, 1-12.<br />

MINAIRE P., DEMOLIN P., BOURRET J., GIRARD R., BERARD E., DEIDIER C,<br />

EYSETTE M. et BIRON A., (1983), « Life expectancy following spinal cord injury : a<br />

ten-year survey in the Rhône-Alpes region, 1969-1980 », Paraplegia, 21, 11-15.<br />

MOALLEM A., (2001), « Homme ou travail protégé. À propos <strong>des</strong> conditions de travail<br />

en CAT en France », Revue européenne du handicap mental.<br />

MORMICHE P., (1997), « Vie et santé progressent de concert », in J. Dupâquier (ed.),<br />

L’espérance de vie sans incapacité. Faits et tendances. Premières tentatives d’explication<br />

(p. 93-108), Paris : Presses universitaires de France.<br />

MORMICHE P., (1999), « Les <strong>personnes</strong> dépendantes en institution », INSEE Première,<br />

669, 1-4.<br />

MORMICHE P., (2001), « Le handicap en institution : le devenir <strong>des</strong> pensionnaires entre<br />

1998 et 2000 », INSEE Première, 803, 1-4.<br />

MORMICHE P., (2002), « Évolution globale de l’état de santé <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> âgées »,<br />

Actes du séminaire de Poigny-La-Forêt (19-20 mars 1998), intercommission de<br />

l’INSERM, Les Cahiers de l’INED, 147, 49-67.<br />

MORMICHE P., (2003), « L’enquête “handicaps, incapacités, dépendance” : apports et<br />

limites », Revue française <strong>des</strong> Affaires sociales, 1-2, 13-29.<br />

MORMICHE P. et SANCHEZ J., (2000), « L’enquête handicaps incapacités dépendance<br />

(HID) et les handicapés vieillissants », Réadaptation, 475, 7-11.<br />

MOSS S., (2000), « Qualité de vie et vieillissement », in D. Goode et al. (eds.), Qualité de<br />

vie pour les <strong>personnes</strong> présentant un handicap. Perspectives internationales, Bruxelles :<br />

De Bœck Université.<br />

MYERS G.C. et LAMB V.L., (1993), « Theoritical perspectives on healthy life<br />

expectancy », in J.-M. Robine, C.D. Mathers, M. R Bone et I. Romieu (eds.), Calculation<br />

of health expectancies : harmonization, consensus achieved and future perspectives<br />

(p. 109-119), colloque INSERM/John Libbey Eurotext, vol. 2.<br />

OMRAN A. R., (1971), « The epidemiologic transition : a theory of epidemiology of<br />

population change », Milbank Memorial Fund Quarterly/Health and Society, 49, 509-538.<br />

ONU, (2002), Rapport de la deuxième Assemblée mondiale sur le vieillissement, Madrid,<br />

8-12 avril 2002, New York : ONU.<br />

PATJA K., LIVANAINEN M., VESALA H., OKSANEN H. et RUOPPILA I., (2000),<br />

« Life expectancy of people with intellectual disability : a 35-year follow-up study »,<br />

Journal of Intellectual Disabiliy Research, 44 (5), 591-599.<br />

PENROSE L.S., (1949), « The influence of mongolism in the general population »,<br />

Journal of Mental Science, 95, 685-688.<br />

331


332<br />

RFAS N o 2-2005<br />

PITAUD P. et GOURY E., (2001), « Handicapés vieillissants : de l’insertion<br />

professionnelle à la retraite. Rupture et crise identitaire », in M. Legrand (ed.), La<br />

retraite : une révolution silencieuse (p. 113-129), Paris : Erès.<br />

RAVAUD J.-F., DELCEY M. et DÉSERT J.-F., (2000), « TetrAfigap survey on the<br />

long-term outcome of tetraplegic spinal cord injured people : II. Demographic<br />

characteristics and initial injury », Spinal Cord, 38 (3), 164-172.<br />

RAVAUD J.-F., DELCEY M. et ABDOU P., (2002), « Épidémiologie <strong>des</strong> handicaps<br />

moteurs et données sociales de base », in Déficiences motrices et situations de handicaps<br />

(p. 22-37), Paris : Éditions APF.<br />

RIO J., (2000), « Le vieillissement et ses conséquences sur le travail », Réadaptation, 467,<br />

24-27.<br />

ROBINE J.-M., (1997), « Espérance de santé : concepts, théories et objectifs », in<br />

J. Dupâquier (ed.), L’espérance de vie sans incapacité. Faits et tendances. Premières<br />

tentatives d’explication (p. 7-23), Paris : Presses universitaires de France.<br />

SATGÉ D. et SASCO A.J., (2002), « Breast screening guidelines should be adapted in<br />

breast Down syndrome », British Medical Journal, 324, 1155.<br />

SATGÉ D., SASCO A.J., PUJOL H. et RETHORÉ M. O., (2001), « Breast cancer in<br />

women with trisomy 21 », Bulletin Acad. Nat. Med., 185 (7), 1239-1252.<br />

SHACKLETON D.P., WESTENDORP R.G., KASTELEIJN-NOLST D.G., DE CRAEN<br />

A.J. et VANDENBROUCKE J.P., (2002), « Survival of patients with epilepsy : an<br />

estimate of the mortality risk », Epilepsia, 43 (4), 445-450.<br />

SELTZER M.M. et KRAUSS M.W., (1989), « Aging parents with adult mentally retarded<br />

children : family risk factors and sources of support », American Journal on Mental<br />

Retardation, 94 (3), 303-312.<br />

SIGAL M., (1999), « Familles de parents âgés dépendants », Revue Alzheimer, 2 (7),<br />

13-16.<br />

SINGER R.M. et STRAUSS D.J., (1997), « Comparative mortality in mentally retarded<br />

patients in California, with and without Down’s syndrome, 1986-1991 », Journal of<br />

Insurance Medicine, 29 (3), 172-179.<br />

SINGER R.M., STRAUSS D.J. et SHAVELLE R. M., (1998), « Comparative mortality in<br />

cerebral palsy patients in California, 1980-1996 », Journal of Insurance Medicine, 30,<br />

240-246.<br />

SOIGNEUX M.-M. et DARTY F., (1999), Les projets de vie <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong><br />

mentales vieillissantes : les travailleurs du réseau Solidel ont la parole, étude réalisée<br />

avec le soutien technique et financier de la Fondation de France et de la Caisse centrale de<br />

la Mutualité sociale agricole.<br />

SOIGNEUX M.-M., (2002), « Donner la parole aux <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> pourrait faire<br />

sortir les professionnels du dilemme “handicapé-vieux” ou “vieux-handicapé” ». Les<br />

Cahiers de l’Actif, 312-313, 49-57.<br />

STEFFELAAR J.W. et EVENHUIS H. M., (1989), « Life expectancy, Down syndrome<br />

and dementia », The Lancet, 492-493.<br />

STRAUSS D.J., SHAVELLE R.M., BAUMEISTER A.A. et ANDERSON T., (1998),<br />

« Mortality in persons with developmental disabilities after transfer into community<br />

care », American Journal on Mental Retardation, 102, 569-581.<br />

STRAUSS D.J., SHAVELLE R.M., DEVIVO M.J. et DAY S.M., (2000), « An analytic<br />

method for longitudinal mortality studies », Journal of Insurance Medicine, 32, 217-225.


Les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes : espérances de vie et de santé ; qualité de vie<br />

Une revue de la littérature<br />

STRAUSS D.J., SHAVELLE R.M., PFLAUM C. et BRUCE C., (2001), « Discounting<br />

the cost of future care for persons with disabilities », Journal of Forensic Economics, 14,<br />

79-87.<br />

THASE M. E., (1982), « Longevity and mortality in Down’s syndrome », Journal of<br />

Mental Deficiency Research, 26, 177-192.<br />

VALLIN J. et MESLÉ F., (2001), « Vivre au-delà de 100 ans », Populations et Sociétés,<br />

365, 1-4.<br />

VAN SCHROJENSTEIN LANTMAN-DE VALK H., METSEMAKERS J.F.,<br />

SOOMERS-TURLINGS J.G., HAVEMAN M. et CREBOLDER J.M., (1997), « People<br />

with intellectual disability in general practice : case definition and case finding », Journal<br />

of Intellectual Disability Research, 41 (5), 373-379.<br />

VAN SCHROJENSTEIN LANTMAN-DE VALK H., METSEMAKERS J.F.,<br />

HAVEMAN M. et CREBOLDER J.M., (2000), « Health problems in people with<br />

intellectual disability in general practice : a comparative study », Family Practice, 17 (5),<br />

405-407.<br />

VISSER F., (1997), « Utilisation de l’EEG pour détecter la maladie d’Alzheimer dans la<br />

trisomie 21 », Alzheimer Actualités, 121, 8-11.<br />

WALSH P.N., KERR M. et VAN SCHROJENSTEIN LANTMAN-DE VALK H.,<br />

(2003), « Health Indicators for People with Intellectual Disabilities : an european<br />

perspective », European Journal of Public Health.<br />

WALKER J., MCCALL M.A., WILKINS R., CORREY P. et STIRLING P., (1993),<br />

« Life expectancy in a disabled population », in J.-M. Robine et al. (eds.), Calculation of<br />

health expectancies : harmonization, consensus achieved and future perspectives<br />

(p. 245-253), colloque INSERM/John Libbey Eurotext, vol. 2.<br />

WHALLEY L.J. et DEARY I.J., (2001), « Longitudinal cohort study of childhood IQ and<br />

survival up to age 76 », British Medicine Journal, 322, 1455-1459.<br />

WORLD HEALTH ORGANIZATION, (2003), World Oral Health Report 2003,<br />

Geneva : WHO, 38 p.<br />

YANG Q., RASMUSSEN S.A. et FRIEDMAN J. M., (2002), « Mortality associated with<br />

Down’s syndrome in the USA from 1983 to 1997 : a population-based study », The<br />

Lancet, 359, 1019-1025.<br />

ZARIT S.H., REEVER K.E. et BACH-PETERSON J., (1980), « Relatives of the<br />

impaired elderly : correlates of feelings of burden », The Gerontologist, 20, 649-655.<br />

ZRIBI G. et SARFATY J., (1992, réédition en 2003), Le vieillissement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong><br />

<strong>handicapées</strong>. Recherches françaises et européennes, Rennes : ENSP Éditeur.<br />

333

Hooray! Your file is uploaded and ready to be published.

Saved successfully!

Ooh no, something went wrong!