Promouvoir l'accompagnement des personnes handicapées ...
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SOMMAIRE<br />
Participation du Conseil général aux ateliers d’échanges pratiques organisés par la<br />
Caisse Nationale de Solidarité pour l’Autonomie – CNSA – sur l’offre médico-sociale<br />
à <strong>des</strong>tination <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes.<br />
Document d’aide à l’adaptation pour une offre médico-sociale adaptée pour les<br />
<strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes : aide à l’adaptation et à la planification de<br />
l’offre médico-sociale<br />
« Réflexion sur l’adaptation <strong>des</strong> structures d’hébergement aux besoins <strong>des</strong><br />
<strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes » - Marie-Line GREBEAUX<br />
Focus sur les travaux <strong>des</strong> instances départementales consultatives : Comité<br />
Départemental <strong>des</strong> Retraités et <strong>des</strong> Personnes Agées – CODERPA - et Conseil<br />
Départemental Consultatif <strong>des</strong> Personnes Handicapées - CDCPH<br />
« Les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> de plus de 60 ans : à l’articulation du handicap et de la<br />
gérontologie » - Philippe GUYOT, synthèse de l’enquête menée par le Centre<br />
Régional d’Etu<strong>des</strong> et d’Actions sur les Handicaps et les Inadaptations – CREAI - de<br />
BOURGOGNE<br />
« L’appui de la CNSA à la politique locale d’adaptation de l’offre médico-sociale aux<br />
<strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes » – Les mémos de la CNSA, juin 2008<br />
« Les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes : espérances de vie et de santé ; qualité<br />
de vie » – Bernard AZEMA et Nathalie MARTINEZ, Revue française <strong>des</strong> Affaires<br />
Sociales n°295, 2005
ATELIERS D’ECHANGES PRATIQUES<br />
CNSA<br />
L’OFFRE MEDICO-SOCIALE ADAPTEE POUR LES PERSONNES HANDICAPEES<br />
VIEILLISSANTES<br />
La Saône-et-Loire s’est particulièrement investie depuis de nombreuses années en<br />
faveur <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> en situation de handicap. Il est en effet clairement établi que le<br />
Département de Saône-et-Loire affecte <strong>des</strong> moyens supérieurs à la moyenne <strong>des</strong> autres<br />
départements en matière d’accompagnement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> pour les<br />
établissements et services.<br />
Une étape supplémentaire a été franchie en juin 2006 avec l’adoption par<br />
l’Assemblée Départementale du schéma départemental en faveur <strong>des</strong> <strong>personnes</strong><br />
<strong>handicapées</strong> adultes qui a défini pour les années 2006-2010 <strong>des</strong> réponses diversifiées,<br />
souples, coordonnées et adaptées à leurs besoins et attentes.<br />
Ce document d’orientation se décline en 5 axes dont le 2 ème vise spécifiquement à<br />
faire évoluer les structures médico-sociales pour mieux prendre en compte le vieillissement<br />
<strong>des</strong> <strong>personnes</strong> en situation de handicap.<br />
Cet objectif spécifique et nouveau du fait de l’émergence relativement récente de la<br />
problématique est très directement déduit <strong>des</strong> autres axes du schéma (ou étroitement liés à<br />
eux) qui sont :<br />
- favoriser et accompagner la vie en milieu ordinaire ;<br />
- organiser l’offre médico-sociale en direction <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> psychiques ;<br />
- adapter le Règlement Départemental d’Aide Sociale (RDAS) pour faciliter les<br />
logiques de parcours;<br />
- garantir la qualité <strong>des</strong> prestations et favoriser l’accessibilité.<br />
Fin 2009, les avancées réalisées sur cette thématique sont de plusieurs ordres : d’un<br />
point de vue institutionnel, <strong>des</strong> formes d’accueil diversifiées ont été expérimentées aussi bien<br />
sur le secteur du handicap que sur celui <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> âgées. Le Règlement Départemental<br />
d’Aide Sociale (RDAS) a intégré un certain nombre d’assouplissements visant à fluidifier les<br />
logiques de parcours et à faciliter l’adaptation <strong>des</strong> réponses susceptibles d’être apportées<br />
aux projets de vie évolutifs avec l’âge.<br />
Par ailleurs, alors que le schéma 2006-2010 était dépourvu d’annexe spécifique sur<br />
les programmations d’équipements, une analyse prospective <strong>des</strong> besoins réalisée en 2008<br />
est venue compléter et actualiser l’état de l’offre er <strong>des</strong> besoins en Saône et Loire, proposant<br />
en amont du prochain schéma plusieurs scénarii de développement de l’offre médico-sociale<br />
(places en établissement set services) pour les années 2009 à 2013. La problématique<br />
spécifique <strong>des</strong> PHV y est naturellement prise en compte<br />
Enfin, l’élaboration d’un schéma départemental unique, sous le signe de la<br />
convergence en 2010, doit permettre de replacer la question de l’accompagnement <strong>des</strong><br />
<strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes au cœur <strong>des</strong> préoccupations. Dans cette perspective,<br />
nos instances consultatives, le Conseil Départemental Consultatif <strong>des</strong> Personnes<br />
Handicapées – CDCPH - et le Comité Départemental <strong>des</strong> Retraités et <strong>des</strong> Personnes Agées<br />
– CODERPA - ont constitué un groupe de travail commun sur ces questions.<br />
ateliers échange de pratiques CNSA - 1 -
Quelles structures pour quelles prises en charge ? Les différentes expérimentations à<br />
ce jour en Saone-et-Loire<br />
Sur le secteur « Personnes âgées »<br />
Plusieurs exemples concrets d’accueil de <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> âgées existent en<br />
Saône-et-Loire au sein d’EHPAD, lesquels permettent d’expérimenter les bienfaits mais<br />
aussi les freins et les limites d’un accueil mixte entre <strong>personnes</strong> âgées et <strong>personnes</strong><br />
<strong>handicapées</strong> vieillissantes ou âgées, notamment entre <strong>personnes</strong> âgées dépendantes<br />
souffrant de confusions mentales et <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> atteintes de pathologies de type<br />
psychotique. A titre principal, dans les EHPAD :<br />
La Résidence Départementale d’Accueil et de Soin (RDAS) à Mâcon accueille<br />
historiquement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> au sein de son EHPAD. Composée de 3<br />
bâtiments, l’un dédié aux <strong>personnes</strong> âgées, les deux autres aux <strong>personnes</strong><br />
<strong>handicapées</strong>, elle avait pendant la durée de la 1 e convention, un tarif hébergement<br />
unique.<br />
L’établissement a sollicité et obtenu un tarif spécifique « Personnes Handicapées »<br />
lors du renouvellement de la convention, avec un ratio de personnels renforcé pour<br />
l'unité accueillant les Personnes Handicapées Vieillissantes.<br />
L’EHPAD de Saint-Désert : cet établissement, pilote à l’origine, accueillait à sa<br />
création un public « mixte ». Or, <strong>des</strong> difficultés de cohabitation sont apparues, par<br />
exemple, au moment <strong>des</strong> repas. Les besoins d’accompagnement et de soins restent<br />
différents pour les deux publics. Par ailleurs, la cohabitation est également complexe<br />
entre les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes en fonctions de leurs pathologies.<br />
Compte-tenu de ces difficultés, l’établissement s’est orienté vers un accueil dédié aux<br />
<strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes, bénéficiant au même titre que la RDAS d’un<br />
tarif hébergement spécifique. Cette structure a ainsi pu développer un<br />
accompagnement adapté aux besoins du public handicapé vieillissant avec<br />
notamment un accompagnement éducatif.<br />
Au plan budgétaire et financier, on remarque que dans le cadre de ces deux<br />
expérimentations, les tarifs hébergement sont supérieurs de 10 à 20 € au tarif moyen<br />
EHPAD qui était en 2008 de 43,16 €, mais inférieur à celui <strong>des</strong> foyers traditionnels (67,33 €<br />
en 2008, mais tarif tiré vers le haut par les établissements pour les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong><br />
physiques). Ces deux établissements sont médicalisés et le coût pour le Département par<br />
l’addition <strong>des</strong> tarifs hébergement et dépendance est supérieur à celui <strong>des</strong> Foyers<br />
d’Hébergement Traditionnel – FHT - avec 68,55 € pour la RDAS et 83,22 € pour Saint-<br />
Désert mais inférieur à celui <strong>des</strong> Foyers de Vie et à fortiori <strong>des</strong> Foyers d’Accueil Médicalisés<br />
- FAM (situe 110 € hors soins).<br />
Parallèlement d’autres expériences similaires sont menées dans les EHPAD de<br />
Saint-Ambreuil et Sennecey-le-Grand qui proposent chacun 10 places dédiées à l’accueil de<br />
<strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes stabilisées.<br />
Ces expériences sont encore en cours d’évaluation. Néanmoins un certain nombre<br />
de constats peuvent d’ores et déjà être formulés. Ainsi, le CODERPA, au travers<br />
d’échanges avec les équipes professionnelles concernées (directeurs, cadres de santé,<br />
personnel éducatif) recense les difficultés suivantes :<br />
ateliers échange de pratiques CNSA - 2 -
- les familles ne sont pas toujours prêtes à ce que leur parent âgé soit hébergé<br />
dans un établissement accueillant <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes ; le<br />
handicap est parfois associé à un risque pour la sécurité de leur parent ;<br />
- les ratios d’encadrement sont différents entre les <strong>personnes</strong> âgées et les<br />
<strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> ;<br />
- les <strong>personnes</strong> en situation de handicap ont besoin d’un accompagnement<br />
éducatif ;<br />
- l’accueil de <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes en maison de retraite peut<br />
conduire à isoler les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> au sein même de l’établissement.<br />
- si la mixité de <strong>personnes</strong> conservant leur autonomie mentale (<strong>personnes</strong> âgées,<br />
<strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes) et de <strong>personnes</strong> ayant une perte<br />
d’autonomie lourde (Alzheimer, troubles psychiques ou psychiatriques etc.)<br />
n’apparaît pas possible, une ségrégation totale ne parait pas souhaitable en<br />
particulier pour les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> stabilisées.<br />
Ainsi, s’il n’est sans doute pas souhaitable de généraliser l’accueil mixte en EHPAD,<br />
de telles expérimentations méritent toutefois d’être poursuivies dans un souci de diversifier<br />
les réponses, d’autant que <strong>des</strong> correctifs sont d’ores et déjà proposés pour favoriser la mixité<br />
<strong>des</strong> publics : créer <strong>des</strong> passerelles entre les deux publics accueillis, notamment lors de<br />
temps d’animation etc.<br />
Sur le secteur du handicap<br />
Une mixité entre les établissements spécialisés (EHPAD) et les établissements<br />
intégrant les exigences de l’âge dans une structure commune doit être maintenue :<br />
Maintien dans leur structure d’origine : la modification du RDAS permet de<br />
maintenir en établissement d’hébergement à hauteur de 30 % maximum de la<br />
capacité de celui-ci les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> ne pouvant plus travailler ou<br />
ayant dépassé l’âge de 60 ans. Ce maintien ne peut être que provisoire, afin de<br />
ne pas obérer la capacité d’accueil <strong>des</strong> établissements d’hébergement, mais évite<br />
les ruptures brutales liées à l’âge et permettent d’organiser <strong>des</strong> transitions.<br />
Unités spécifiques : parallèlement sont organisées dans les établissements<br />
existants <strong>des</strong> unités spécifiques pour <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes<br />
(essentiellement sections médicalisées annexées aux Foyers de Vie). Elles<br />
peuvent être aménagées dans le cadre de structures nouvelles ou reconversion<br />
d’unités dans les structures existantes, allégées par les départs vers les<br />
structures d’accompagnement. Ces unités ne supposent pas un tarif<br />
hébergement supérieur à celui existant mais nécessite une médicalisation. Il<br />
resterait à affiner le dispositif selon la lourdeur <strong>des</strong> handicaps <strong>des</strong> <strong>personnes</strong><br />
accueillies en fonction de leur structure d’origine. Les <strong>personnes</strong> relevant de FAM<br />
n’ont pas vocation à intégrer ce type de structure mais plutôt les EHPAD.<br />
Structures alternatives spécifiques : petites unités de vie ou centres d’activité<br />
de jour pour les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes<br />
Création de structures de répit<br />
L’accueil familial : dans le cadre de la mise en perspective de la convergence, le<br />
dispositif de l’accueil familial met en place l’harmonisation <strong>des</strong> agréments qui<br />
permet à une accueillante de recevoir <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> âgées ainsi que <strong>des</strong><br />
<strong>personnes</strong> en situation de handicap. Dans ce cadre, le département envisage de<br />
porter sa réflexion sur l’identification de lieux d’accueils spécifiques aux<br />
ateliers échange de pratiques CNSA - 3 -
<strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes, afin de faciliter le développement <strong>des</strong><br />
mo<strong>des</strong> de prises en charge, spécifiques.<br />
Les réflexions menées par le CODERPA et le CDCPH de Saône-et-Loire.<br />
Au terme de leurs premiers travaux respectifs, le CDCPH et le CODERPA se<br />
rejoignent sur de nombreux points et réaffirment la nécessité :<br />
- de placer la personne au cœur <strong>des</strong> dispositifs d’accompagnement afin de lui<br />
permettre de choisir, de mettre en œuvre et de faire évoluer son projet de vie tout<br />
au long de l’avancée en âge. A cette fin, une palette de réponses adaptées,<br />
diversifiées et de proximité, à domicile comme en établissement, doit être<br />
consolidée ;<br />
- d’encourager <strong>des</strong> passerelles entre les professionnels intervenant auprès <strong>des</strong><br />
<strong>personnes</strong> âgées et <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> en situation de handicap. Des partenariats<br />
entre les établissements pourraient être mis en œuvre dès lors que la<br />
cohabitation <strong>des</strong> différents publics est possible. Cette expérience est actuellement<br />
menée entre l’ESAT du BREUIL et l’EHPAD du Creusot à l’appui du Service<br />
d’Accompagnement à la Vie Sociale du secteur : rencontres organisées entre les<br />
professionnels <strong>des</strong> 2 établissements afin qu’ils puissent échanger sur leurs<br />
pratiques professionnelles respectives (points de convergence, spécificités etc) et<br />
accompagner l’entrée en EHPAD de <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> provenant de<br />
l’ESAT (aujourd’hui, une dizaine de <strong>personnes</strong> concernées). Pour éviter un<br />
changement brutal d’environnement pour les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> et lever les<br />
difficultés éventuelles de cohabitation <strong>des</strong> 2 publics, <strong>des</strong> rencontres sont<br />
également organisées entre les deux types d’accueillis. Ainsi, la personne<br />
handicapée s’adapte doucement à son nouveau domicile. Démarche longue mais<br />
avec <strong>des</strong> résultats très positifs pour les intéressés et les personnels <strong>des</strong> 2<br />
établissements.<br />
- de soutenir les aidants en développant <strong>des</strong> formes d’aide diversifiées :<br />
information, répit en établissement et à domicile, groupes de paroles etc.).<br />
ateliers échange de pratiques CNSA - 4 -
Dossier technique<br />
Aide à l’adaptation<br />
et à la planification de l’offre<br />
médico-sociale en faveur <strong>des</strong><br />
<strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong><br />
vieillissantes<br />
Octobre 2010
II<br />
Ce dossier technique restitue les travaux qui se sont tenus sous forme de quatre ateliers d’échange de pratiques organisés par la<br />
CNSA du 13 novembre 2009 au 4 février 2010.<br />
Les participants à l’atelier :<br />
Dr Nadine Bazin, Réseau pour la promotion de la santé mentale <strong>des</strong> Yvelines, psychiatre<br />
Jean-Louis Bascoul, UNIOPSS, conseiller technique URIOPSS du Languedoc Roussillon<br />
Nelly Baudron, UNCCAS, conseillère technique<br />
Catherine Bossé, directrice de la MDPH du Maine et Loire<br />
Charles Bour, FEHAP, membre de la commission nationale « <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> », directeur UGEF Les Hirondelles (Drôme)<br />
Thierry Boulissière, DGCS, Sous-direction <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>, chef du bureau <strong>des</strong> adultes handicapés<br />
Brigitte Brison, Conseil général de Saône et Loire, conseillère technique<br />
Céline Cros-Ronné, Conseil général <strong>des</strong> Deux Sèvres, chef du service maintien à domicile<br />
Sonia Decaillot, Conseil général de Saône et Loire, Direction <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> âgées et <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>,<br />
service handicap et gérontologie, adjointe au chef de service<br />
Muriel Delporte, ANCREAI, conseillère technique CREAI Nord Pas de Calais<br />
Pascale Dorenlot, ANESM, chef de service, service étu<strong>des</strong> et métho<strong>des</strong><br />
Anne-Myrtille Dubois, directrice du développement à l’union nationale ADMR<br />
Sylvie Erve, Mutualité française – FISAF, directrice de l’innovation de la recherche et de la formation pôle handicap<br />
de la Mutualité française Anjou Mayenne.<br />
Hélène Mignon, vice-présidente du CCAS de Seysses<br />
Laurent Perazzo, FEHAP, adjoint de direction – secteur social et médico-social<br />
Joël Prezelin, Association <strong>des</strong> paralysés de France, conseiller territorial secteur adultes<br />
Séverine Ragon, UNAPEI, responsable du département établissements et services<br />
Gilles Rolland, association Les Amitiés d’Armor (Brest), directeur général<br />
Anne Veber, ANESM, responsable de projet, service recommandations<br />
Deux experts ont été mobilisés pour appuyer le travail d’animation de la CNSA :<br />
Dr Stéphane Carnein, chef de pôle et président de la commission médicale d’établissement du Centre<br />
de repos et de soins de Colmar<br />
Karine Chauvin, sociologue en santé publique, consultante et chargée d’enseignement pour l’EHESP<br />
Les <strong>personnes</strong> référentes pour la CNSA :<br />
Dr Anne Kieffer, direction de la compensation, médecin de santé publique<br />
Hélène Marie, direction <strong>des</strong> établissements et services médico-sociaux, chargée de mission<br />
Les <strong>personnes</strong> auditionnées :<br />
Nancy Breitenbach, consultante internationale<br />
Dr Bénédicte de Fréminville, du service de génétique du CHU de Saint Etienne, centre de référence<br />
<strong>des</strong> anomalies du développement Centre-Est<br />
Bernadette Grosyeux, directrice du Centre de la Gabrielle à Claye Souilly<br />
Christian Möller, Directeur de l’Hôpital local Saint Alexandre et du foyer de vie «Les Hauts de Sèvre» à Mortagne sur Sèvre
Sommaire<br />
Édito ...............................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................3<br />
Méthodologie .................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................5<br />
Présentation du sujet, de son contexte et <strong>des</strong> définitions qui s’y rattachent.........................................................................................9<br />
I. La ou les définitions .....................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................15<br />
Définir l’appellation « les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes » ........................................................................................................................................................................................................................................15<br />
Questionner la réalité de la précocité du vieillissement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> ........................................................................................................................................................16<br />
L’environnement comme composante du sujet du vieillissement .................................................................................................................................................................................................................................................17<br />
Identifier les défis posés par le vieillissement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong><br />
quant à l’adaptation de l’offre médico-sociale ...............................................................................................................................................................................................................................................................................................................................17<br />
La nécessité juridique et administrative d’envisager le critère de l’âge ....................................................................................................................................................................................................................18<br />
II. Le repérage <strong>des</strong> besoins <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes et<br />
l’identification <strong>des</strong> nécessités d’adaptation <strong>des</strong> réponses ................................................................................................................................................................................................................21<br />
1/ Le repérage <strong>des</strong> besoins <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes :<br />
la mise en œuvre du triptyque observation – évaluation – orientation ..................................................................................................................................................................................21<br />
1-1/ 1re étape : l’observation <strong>des</strong> signes du vieillissement ..................................................................................................................................................................................................................................................................................21<br />
1-2/ 2e étape : l’évaluation <strong>des</strong> besoins <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes ....................................................................................................................................................................24<br />
1-3/ 3e étape : L’orientation <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes........................................................................................................................................................................................................................28<br />
2/ Les enjeux d’adaptation <strong>des</strong> projets d’accompagnement individuels<br />
et <strong>des</strong> projets institutionnels face au vieillissement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> ..........................................................................................................................................29<br />
2-1/ Prise en compte <strong>des</strong> besoins liés aux évolutions du projet de vie <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes .................................29<br />
2-2/ Prise en compte et compréhension par les professionnels <strong>des</strong> risques et évolutions du vieillissement ..........................................................31<br />
2-3/ Prise en compte <strong>des</strong> environnements ..............................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................32<br />
2-4/ La nécessaire adaptation du projet d’établissement ou de service ..................................................................................................................................................................................................................35<br />
III. La construction et le choix <strong>des</strong> réponses médico-sociales adaptées aux <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong><br />
vieillissantes : traduction collective <strong>des</strong> besoins et questionnement <strong>des</strong> organisations ............................................................................37<br />
1/ L’identification collective <strong>des</strong> besoins <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes : un diagnostic <strong>des</strong> besoins .............................37<br />
1-1/ Le niveau de territoire pertinent pour l’identification <strong>des</strong> besoins en vue de la structuration <strong>des</strong> réponses .....................................38<br />
1-2/ L’estimation quantitative du besoin : le nombre de <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes ................................................................................................................38<br />
1-3/ Les données issues de l’observation : exemples d’indicateurs ......................................................................................................................................................................................................................................39<br />
2/ Le questionnement collectif <strong>des</strong> organisations au regard de leur nécessaire adaptation :<br />
un diagnostic <strong>des</strong> ressources .................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................40<br />
2-1/ L’impact collectif du vieillissement sur les ressources existantes .........................................................................................................................................................................................................................40<br />
2-2/ Le choix <strong>des</strong> solutions adaptées au regard <strong>des</strong> besoins, <strong>des</strong> ressources existantes et <strong>des</strong> contraintes identifiées ...........44<br />
Annexes ..............................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................46<br />
1/ Les dispositifs comparés <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>/<strong>personnes</strong> âgées dans le droit français actuel ............................................................................46<br />
2/ Personnes <strong>handicapées</strong> vieillissantes porteuses de trisomie 21 ...............................................................................................................................................................................................................55<br />
Bibliographie ........................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................63<br />
Ouvrages ...........................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................63<br />
Avis, rapports et recommandations ...........................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................63<br />
Articles et dossiers ................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................64<br />
Étu<strong>des</strong> .....................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................65<br />
Thèses, mémoires ...................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................66<br />
Colloques .......................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................66<br />
Films ..........................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................66<br />
Aide à l’adaptation et à la planification de l’offre médico-sociale en faveur <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes – CNSA – Octobre 2010 1
Édito<br />
Depuis une vingtaine d’années, plusieurs étu<strong>des</strong> et rapports, issus très largement du secteur associatif, relayé notamment<br />
par les CREAI, ont été réalisés et alertent les pouvoirs publics sur cette problématique.<br />
Au niveau institutionnel, le rapport du sénateur Paul Blanc en 20061 a mis en avant l’ampleur du phénomène et les questions<br />
qu’il pose au dispositif d’accompagnement actuel <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>. Les recommandations formulées portaient<br />
notamment sur :<br />
• la continuité <strong>des</strong> prises en charge et la suppression de la barrière d’âge <strong>des</strong> 60 ans (ce qui incluait la mise en<br />
perspective d’une harmonisation, à terme, <strong>des</strong> mo<strong>des</strong> d’évaluation individuelle, <strong>des</strong> modalités de tarification <strong>des</strong><br />
établissements et services pour <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> et pour <strong>personnes</strong> âgées et <strong>des</strong> prestations de compensation<br />
du handicap et d’allocation personnalisée à l’autonomie),<br />
• le développement de la prise en compte <strong>des</strong> besoins spécifiques liés au vieillissement, notamment par le développement<br />
<strong>des</strong> coopérations entre les champs de la gérontologie et de l’accompagnement du handicap.<br />
Plus récemment, ce sont les associations du mouvement parental (UNAPEI et APAJH) qui se sont mobilisées officiellement<br />
sur le sujet de la prise en compte du vieillissement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> dans le dispositif médico-social :<br />
les premiers en publiant les résultats d’une enquête réalisée auprès de leurs établissements et services, les seconds en<br />
adoptant un texte d’orientation lors du congrès de leur fédération en juin 2009. Un certain nombre d’autres travaux ont<br />
également été menés par le secteur associatif (Cf. bibliographie), le plus récent étant un travail du Centre de ressources<br />
multihandicap sur l’accompagnement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> multi<strong>handicapées</strong> vieillissantes.<br />
Une circulaire en date du 21 juillet 2006 avait été publiée à la suite du rapport Blanc, concernant l’accueil <strong>des</strong> <strong>personnes</strong><br />
<strong>handicapées</strong> vieillissantes en établissements et services médico-sociaux. Elle rappelait alors aux préfets la nécessité de<br />
garantir le maintien <strong>des</strong> prises en charge en établissements et services médico-sociaux au-delà de 60 ans et appelait<br />
également la vigilance <strong>des</strong> conseils généraux sur ce sujet.<br />
Le programme pluriannuel de création de places en établissements et services pour un accompagnement du handicap<br />
tout au long de la vie 2008-2012 a pris en compte cette dimension : il contient une action spécifique relative à « l’accompagnement<br />
de l’avancée en âge <strong>des</strong> adultes lourdement handicapés » (fiche 5 du programme). De même, un certain nombre<br />
de conseils généraux ont intégré la problématique de l’allongement de l’espérance de vie <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong><br />
dans leur programmation, tenant compte en ce sens de ses conséquences financières.<br />
Enfin, les parlementaires ont adopté un article 136 de la loi de finances pour 2010 (LF 2009-1673 du 30 décembre 2009,<br />
JO du 31 décembre 2009). Cet article prévoit que le Gouvernement mette en œuvre, avant le 31 décembre 2010, un dispositif<br />
de suivi <strong>des</strong> établissements et services visés au 5° et au 7° du I de l’article L. 312-1 du code de l’action sociale et <strong>des</strong><br />
familles, qui accueillent ou dont bénéficient les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> de quarante ans ou plus.<br />
Le dispositif rendra compte chaque année de l’évolution <strong>des</strong> sources de financement de ces structures, de leur nombre et<br />
du nombre de places qu’elles offrent, selon les types de déficience <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> accueillies.<br />
Du fait de l’ampleur du phénomène du vieillissement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>, ce sont de nombreux aspects de l’accompagnement<br />
médico-social qui sont donc interpellés :<br />
• l’allongement plus fréquent de la vie en institution comme un phénomène à multiples implications : vieillissement<br />
<strong>des</strong> <strong>personnes</strong> elles-mêmes, évolution <strong>des</strong> pratiques professionnelles, impact sur les organisations professionnelles,<br />
la formation, sur le bâti…<br />
• l’interprétation <strong>des</strong> chiffres de la population accueillie en établissements pour adultes. En effet, malgré un doublement<br />
en dix ans de la capacité d’accueil en MAS, par exemple, le besoin d’accueil reste important dans la mesure<br />
où ce doublement a sans doute à peine permis « d’absorber » le vieillissement de la population accueillie ;<br />
• la capacité d’adaptation <strong>des</strong> structures (établissements et services) déjà existantes, dont l’adaptabilité <strong>des</strong> projets<br />
de services aux projets de vie ;<br />
• la nécessité de réévaluer les situations individuelles ;<br />
1 Cf. bibliographie<br />
Aide à l’adaptation et à la planification de l’offre médico-sociale en faveur <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes – CNSA – Octobre 2010 3
4<br />
• la nécessité de prendre en compte l’environnement de la personne (la situation <strong>des</strong> aidants, la situation à domicile<br />
ou en institution…) comme <strong>des</strong> facteurs conditionnant son vieillissement (…).<br />
La survenue du vieillissement renforce la nécessité de personnaliser les réponses (et d’adapter les projets aux parcours<br />
de vie) et donc la logique d’organisation de l’accompagnement, qu’il s’agisse d’un accompagnement en institution ou à domicile,<br />
de l’accompagnement dans le travail, de la problématique <strong>des</strong> ressources ou de la prise en compte <strong>des</strong> aidants.<br />
Phénomène normal, inscrit dans un processus de vie, le vieillissement en tant que tel et l’âge d’une personne ne permettent<br />
en aucun cas d’en déduire ses besoins. Face à ce phénomène dynamique, continu, diversifié ou potentiellement fait<br />
de ruptures, les besoins <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> sont divers et les réponses doivent être modulées.<br />
Ainsi, dans le cadre de ses missions, la CNSA s’est saisie du sujet du vieillissement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>. En effet,<br />
elle se doit :<br />
• de contribuer au financement de l’accompagnement de la perte d’autonomie <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> âgées et <strong>des</strong> <strong>personnes</strong><br />
<strong>handicapées</strong>, à domicile et en établissement, dans le respect de l’égalité de traitement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong><br />
concernées sur l’ensemble du territoire ;<br />
• d’assurer la répartition équitable sur le territoire national du montant total <strong>des</strong> enveloppes médico-sociales, en<br />
veillant notamment à une prise en compte de l’ensemble <strong>des</strong> besoins, pour toutes les catégories de handicaps.<br />
Le vieillissement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> entraîne <strong>des</strong> effets quantitatifs et qualitatifs sur les besoins de compensation<br />
tant individuelle que collective. Il convient de les analyser pour les intégrer dans la construction <strong>des</strong> réponses et<br />
notamment les programmations nationales et régionales.<br />
Méthodologie<br />
Laurent Vachey,<br />
Directeur de la CNSA
Méthodologie<br />
La CNSA a choisi d’organiser une concertation sous la forme d’un atelier d’échanges de pratiques.<br />
Le rapport final issu de ces travaux doit constituer un outil d’aide à la décision pour les décideurs locaux et les porteurs<br />
de projet : l’objectif général étant de préciser en quoi le vieillissement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> impacte les travaux<br />
de programmation, les structures et les mo<strong>des</strong> d’accompagnement.<br />
Cet objectif général se déclinait en plusieurs objectifs opérationnels :<br />
Le premier objectif était de qualifier la problématique de l’évaluation individuelle de la situation de ces <strong>personnes</strong> par<br />
les MDPH et les établissements :<br />
• <strong>des</strong>cription de la population ;<br />
• spécificité du besoin d’accompagnement de la personne handicapée vieillissante dans son parcours de vie ;<br />
• quantification du besoin.<br />
Ce premier objectif devait permettre de caractériser :<br />
• le besoin d’accompagnement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> ;<br />
• leur besoin en termes d’orientation le cas échéant.<br />
Ces deux volets permettent d’éclairer les évolutions nécessaires de l’offre existante (évolution <strong>des</strong> projets d’établissement<br />
/ de service) et de la programmation (création de places).<br />
Le deuxième objectif de l’atelier était, en conséquence, d’identifier l’adaptation nécessaire <strong>des</strong> réponses existantes sur<br />
les différents aspects de l’accompagnement médico-social, de qualifier la spécificité de cet accompagnement (points<br />
communs et différences par rapport aux <strong>personnes</strong> âgées) :<br />
• les projets de vie ;<br />
• la réponse apportée à domicile ;<br />
• le projet d’établissement ;<br />
• le niveau de qualification et les compétences requises au sein <strong>des</strong> équipes ;<br />
• la formation <strong>des</strong> professionnels ;<br />
• les partenariats à développer ;<br />
• le rôle et la place <strong>des</strong> aidants…<br />
Enfin, le troisième objectif de l’atelier était de mettre en avant la pluralité <strong>des</strong> réponses adaptées possibles dans les établissements<br />
et services en l’état actuel <strong>des</strong> outils disponibles (administratifs, tarifaires…) ainsi que les limites, écueils et<br />
atouts <strong>des</strong> différentes formules possibles en fonction <strong>des</strong> contraintes propres et extérieures à chaque solution retenue :<br />
- la transformation de places existantes,<br />
- la création de structures dédiées,<br />
- la création d’unités dédiées dans <strong>des</strong> établissements (…)<br />
La méthode a consisté à documenter de façon partagée la problématique, ses conséquences, les réponses, les contraintes,<br />
pour éclairer les exercices d’adaptation <strong>des</strong> réponses médico-sociales (qu’elles soient à domicile ou en établissement) et<br />
les exercices de planification médico-sociale.<br />
Cet atelier s’est appuyé d’une part sur un état <strong>des</strong> connaissances actuelles sur le sujet :<br />
• connaissances épidémiologiques,<br />
• données issues de l’observation,<br />
• données issues <strong>des</strong> nombreuses enquêtes menées au niveau local…<br />
Et d’autre part sur les éléments issus <strong>des</strong> expériences déjà menées sur le terrain :<br />
• analyse de ces expériences,<br />
• identification de leurs apports et limites.<br />
Aide à l’adaptation et à la planification de l’offre médico-sociale en faveur <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes – CNSA – Octobre 2010 5
6<br />
Les réunions de l’atelier se sont déroulées sur le mode de la concertation. Les acteurs suivants se sont réunis au cours de<br />
quatre séances d’une journée :<br />
• <strong>des</strong> fédérations d’associations,<br />
• <strong>des</strong> représentants associatifs,<br />
• un conseil général,<br />
• une MDPH,<br />
• l’ANESM,<br />
• l’ANCREAI,<br />
• la DGCS,<br />
• l’UNIOPSS,<br />
• l’ADMR,<br />
• l’UNCCAS,<br />
• <strong>des</strong> professionnels.<br />
Il a été demandé aux participants de produire une contribution et de procéder par débats, échanges, apports d’expériences,<br />
au remplissage d’une grille d’analyse comportant les items suivants :<br />
− La définition du vieillissement<br />
− L’évaluation collective<br />
− L’évaluation individuelle<br />
− La détection et l’observation<br />
− L’environnement<br />
− La situation vis-à-vis de l’emploi<br />
− La santé<br />
− La situation à domicile<br />
− La situation en établissement<br />
Le résultat attendu<br />
Les travaux issus de l’atelier et de la revue de bibliographie disponible ont permis d’aboutir à la production d’un rapport<br />
conçu comme un outil d’aide à la décision pour les acteurs de la planification médico-sociale et les promoteurs du champ<br />
médico-social. Il s’agit d’un guide <strong>des</strong> questionnements et <strong>des</strong> réponses possibles. Il se conçoit comme un cheminement,<br />
par étapes, chaque étape comportant un caractère impératif dans la démarche d’adaptation de l’offre médico-sociale.<br />
Les points de vigilance méthodologiques<br />
Les participants aux ateliers ont mis l’accent sur trois points de vigilance méthodologiques :<br />
1/ Envisager le sujet du vieillissement pour l’ensemble <strong>des</strong> situations de handicaps.<br />
Les chiffres de l’enquête HID (synthèse « le handicap en chiffres », 2005, réalisée par le CTNERHI) montrent que 51% <strong>des</strong><br />
<strong>personnes</strong> accueillies en établissement sont porteuses d’une déficience intellectuelle (parmi elles, 24% sont porteuses<br />
d’une déficience intellectuelle exclusive et 27% d’une déficience intellectuelle et d’une déficience motrice).<br />
Les participants à l’atelier ont mis en avant le risque de se concentrer principalement sur la population <strong>des</strong> déficients<br />
intellectuels. Ils se sont attachés à traiter le vieillissement de l’ensemble <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>, à domicile ou en<br />
établissement, quelle que soit l’origine de leur handicap et quelles que soient leurs restrictions de participation sociale.<br />
Ainsi, c’est avec la même attention que la question <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> qui ne peuvent exprimer leur demande (défaut de<br />
communication) a été abordée.<br />
2/ Envisager le sujet du vieillissement sous l’angle de l’accueil en établissements ET de l’accompagnement à domicile.<br />
La population handicapée à domicile est beaucoup plus importante que la population accueillie en établissements. À ce<br />
titre, les participants à l’atelier se sont efforcés de manière systématique d’envisager l’adaptation de l’offre médico-sociale<br />
aux <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes tout autant à domicile qu’en établissement. Il s’agit d’un point de vigilance<br />
dans la mesure où il existe une tendance à envisager principalement l’offre en institution.
3/ Une précision : le vieillissement envisagé est celui de la population adulte<br />
Le vieillissement démarre dès la naissance : la question de « l’avancée en âge » et <strong>des</strong> passages critiques d’un âge à<br />
l’autre se pose à partir de la petite enfance, le passage à l’enfance, à l’adolescence, à l’âge adulte etc. Le sujet se limite ici<br />
à la question du vieillissement intervenant chez les individus adultes.<br />
Des ateliers à la livraison d’un document final : modalités de transcription <strong>des</strong> débats et d’écriture du document d’appui<br />
La loi du 11 février 2005 considère les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> dans leur environnement ; combinée aux principes mis en<br />
avant par la loi du 2 janvier 2002, elle nécessite d’envisager la personne sous l’angle de son parcours individuel. Adapter<br />
les réponses en fonction <strong>des</strong> besoins, <strong>des</strong> attentes, du projet de vie de la personne est alors un enjeu de première importance,<br />
notamment pour une population dont les besoins évoluent.<br />
On ne peut donc pas préjuger, à partir du constat du vieillissement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong>, de besoins uniformisés d’accompagnement.<br />
Le caractère multiforme du vieillissement, la déconnexion de l’âge et de la caractérisation du besoin d’accompagnement<br />
lié au vieillissement nécessitent d’identifier le vieillissement dans toute sa complexité pour mener la réflexion<br />
relative à l’adaptation de l’offre médico-sociale.<br />
L’individualisation de l’accompagnement à partir de l’évaluation <strong>des</strong> besoins allie réponses individuelles et réponses<br />
collectives. Le champ médico-social, qu’il soit sous compétence <strong>des</strong> ARS ou <strong>des</strong> conseils généraux, construit une organisation<br />
et une solvabilisation collective de l’accompagnement, aussi bien à domicile (à travers les SSIAD, par exemple)<br />
qu’en établissement.<br />
La réflexion relative à l’adaptation de l’offre médico-sociale nécessite donc de décrire et de qualifier cette offre : quelles<br />
missions, quels référentiels de prestations, quelles organisations, quelles compétences ?<br />
Dans un deuxième temps, il s’agit de décrire les besoins d’adaptation liés au phénomène du vieillissement : en quoi le<br />
vieillissement se répercute-t-il sur les missions et les prestations actuelles ? Quelles organisations nouvelles de travail ?<br />
Quelles interactions et quelle coordination mettre en place ?<br />
Les débats qui ont eu lieu au cours <strong>des</strong> ateliers ont permis de documenter le sujet du vieillissement. De même, les éléments<br />
de bibliographie ainsi que les données recueillies au cours de certaines auditions 2 ont apporté <strong>des</strong> éclairages<br />
supplémentaires.<br />
La CNSA, à travers ce document, se fait l’écho de ces débats et auditions.<br />
En outre, <strong>des</strong> données à caractère notamment méthodologique, n’ayant pas été abordées au cours <strong>des</strong> débats, ont été<br />
ajoutées.<br />
Enfin, alors que les débats ont permis d’aborder un grand nombre de thèmes, certains manques importants subsistent<br />
encore dans le présent document et mériteront <strong>des</strong> travaux d’approfondissement :<br />
• les éléments méthodologiques de diagnostic permettant de passer de l’identification <strong>des</strong> besoins individuels à<br />
une traduction collective de ces besoins d’accompagnement ;<br />
• les modalités opérationnelles d’une réorientation d’activité pour un ESMS (éléments de conduite de projet) ;<br />
• les conditions à réunir par les EHPAD pour accueillir les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes dans <strong>des</strong> conditions<br />
satisfaisantes ;<br />
• les outils d’évaluation <strong>des</strong> besoins de médicalisation d’un foyer de vie (…).<br />
Ce dossier reprend les éléments de débats qui ont été mis en avant au cours <strong>des</strong> ateliers, souligne les consensus qui se<br />
sont dégagés et met en partage, à travers un certain nombre d’illustrations, <strong>des</strong> expériences réussies.<br />
Sont également listés <strong>des</strong> questionnements structurants sur l’adaptation de l’offre médico-sociale à <strong>des</strong>tination <strong>des</strong> <strong>personnes</strong><br />
<strong>handicapées</strong> vieillissantes.<br />
Il veut constituer une grille de questionnements à formuler dès lors que l’on est confronté au vieillissement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong><br />
<strong>handicapées</strong>. Cette grille doit permettre d’identifier l’ensemble <strong>des</strong> aspects du sujet et leur retentissement sur l’offre<br />
médico-sociale. Il s’agit en effet de préciser les contraintes à lever et de proposer <strong>des</strong> réponses à apporter.<br />
2 Cf. en deuxième de couverture, la liste <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> auditionnées<br />
Aide à l’adaptation et à la planification de l’offre médico-sociale en faveur <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes – CNSA – Octobre 2010 7
8<br />
À cette fin le dossier se déploie autour de trois parties, précédées d’un préambule.<br />
• Le préambule constitue une présentation du sujet et de son contexte. Il s’attache également à la définition de<br />
concepts nécessaires pour aborder le sujet du vieillissement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>.<br />
• La première partie constitue une grille d’analyse de la définition du vieillissement. Elle permet de poser le périmètre<br />
considéré et de documenter le choix <strong>des</strong> indicateurs du vieillissement.<br />
• La deuxième partie propose une démarche de repérage <strong>des</strong> besoins individuels <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong><br />
vieillissantes préalable à l’identification <strong>des</strong> nécessités d’adaptation <strong>des</strong> réponses. Il s’agit d’une grille d’analyse<br />
qui s’adresse plus particulièrement aux acteurs locaux de l’accompagnement : acteurs de l’accueil-orientationévaluation<br />
et acteurs de l’accompagnement médico-social. Pour autant, elle est aussi nécessaire à la mise en<br />
place d’une démarche de planification collective dans la mesure où elle permettra d’alimenter une meilleure<br />
connaissance du sujet (connaissance <strong>des</strong> besoins et connaissance <strong>des</strong> nécessités d’adaptation).<br />
• La dernière partie constitue un essai d’identification <strong>des</strong> conséquences collectives de l’évolution <strong>des</strong> besoins<br />
individuels sur les organisations médico-sociales. Elle s’adresse plus directement aux autorités de planification<br />
médico-sociale dans leur démarche d’adaptation de l’offre aux <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes.
Présentation du sujet, de son contexte<br />
et <strong>des</strong> définitions qui s’y rattachent<br />
Un phénomène qui s’inscrit dans le vieillissement de la population générale<br />
Le vieillissement de la population <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> suit le vieillissement de la population générale : les progrès<br />
de la médecine, l’amélioration <strong>des</strong> conditions générales de vie, favorisent une espérance de vie plus longue pour<br />
l’une comme pour l’autre.<br />
Autre trait commun, ce phénomène peut prendre différents visages : le vieillissement n’est pas linéaire ni continu. De<br />
plus, il n’est pas égal d’une personne à l’autre, y compris parmi la population handicapée. L’avancée en âge est polymorphe<br />
: le rapport Jeandel 3 précise à ce titre que la population âgée est d’une grande hétérogénéité.<br />
Par ailleurs, la personne handicapée vieillissante peut avoir encore devant elle plusieurs dizaines d’années de vie ; c’est<br />
pourquoi, il est essentiel que son projet de vie soit évolutif et ne donne pas lieu d’emblée à l’élaboration de réponses<br />
ou de solutions définitives et standardisées qui risqueraient de ne plus évoluer dans le temps, qu’il s’agisse de solutions<br />
d’accompagnement à domicile ou en établissement.<br />
Enfin, de même qu’en population générale, le vieillissement d’une personne handicapée n’est pas une maladie : phénomène<br />
humain normal et inéluctable, le vieillissement et l’avancée en âge s’inscrivent dans un processus continu de vie. Le<br />
vieillissement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> est donc un progrès et à ce titre comporte de nombreux aspects positifs, pour<br />
les <strong>personnes</strong> elles-mêmes, pour leurs familles.<br />
Les données épidémiologiques disponibles<br />
Peu de publications de la communauté scientifique française sont disponibles.<br />
Des difficultés de méthodologie sont mises en avant notamment les problèmes statistiques inhérents aux petits nombres<br />
(les effectifs de « population à risque » sont généralement faibles 4 ). En outre, le Dr Carnein précise que le polymorphisme,<br />
l’effet « mille feuilles » <strong>des</strong> déficiences multiples rend difficile la constitution d’un groupe homogène pour une étude<br />
statistique convenable.<br />
Certaines populations comme celle <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> porteuses de trisomie 21 restent une exception.<br />
Sans procéder à un récapitulatif <strong>des</strong> étu<strong>des</strong> existantes (principalement réalisées dans les pays anglo-saxons et dans les<br />
pays d’Europe du Nord), la tendance suivante peut être mise en avant 5 :<br />
Dans tous les pays développés, les courbes d’espérance de vie <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> <strong>des</strong>sinent <strong>des</strong> profils de<br />
mortalité tendant à se rapprocher progressivement <strong>des</strong> courbes d’espérance de vie de la population générale.<br />
Toutefois, certaines spécificités doivent être soulignées :<br />
• Le quotient intellectuel est un facteur prédictif de la longévité (étu<strong>des</strong> longitudinales menées en Écosse (2001)<br />
et en Australie (2002) qui montrent le lien entre espérance de vie moins longue et quotient intellectuel moins<br />
élevé)<br />
• Parmi les déficiences intellectuelles, le sous-groupe <strong>des</strong> populations porteuses de trisomie 21 a été plus largement<br />
étudié (Cf. remarque précédente) :<br />
Espérance de vie à la naissance<br />
1929 1990<br />
9 ans 55 ans<br />
On peut estimer aujourd’hui que 70% <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> trisomiques 21 vivront au-delà de 50 ans.<br />
Une cause spécifique de surmortalité a été identifiée dans cette population : la présence fréquente de malformations<br />
cardiaques. Les démences (notamment Alzheimer) doivent également être prises en compte.<br />
3 Cf. bibliographie<br />
4 Azéma, Martinez, Les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes : espérances de vie et santé ; qualité de vie Une revue de la littérature, DREES, 2005<br />
5 Idem<br />
Aide à l’adaptation et à la planification de l’offre médico-sociale en faveur <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes – CNSA – Octobre 2010 9
10<br />
• Les <strong>personnes</strong> porteuses d’infirmité motrice cérébrale ont une espérance de vie proche de la population générale<br />
dès lors qu’elles n’ont pas de problèmes d’alimentation et de mobilisation. Les <strong>personnes</strong> les plus dépendantes<br />
sont en revanche très pénalisées dans leur espérance de vie.<br />
• Les <strong>personnes</strong> poly<strong>handicapées</strong> (atteintes cérébrales accompagnées de déficiences motrices et intellectuelles<br />
sévères) sont celles qui ont l’espérance de vie la plus altérée mais font aussi partie de celles qui ont très fortement<br />
bénéficié <strong>des</strong> évolutions de l’accompagnement et <strong>des</strong> soins (à tel point que <strong>des</strong> effets très nets de cohorte<br />
traduisent les gains obtenus chaque année en terme d’espérance de vie).<br />
• Pour les <strong>personnes</strong> autistes, il est fait état d’une seule étude publiée en Californie sur le différentiel de survie :<br />
Différentiel de survie entre la population autiste et la population générale *<br />
Hommes Femmes<br />
À l’âge de 5 ans inférieure de 6,1 années inférieure de 12,3 années<br />
À l’âge de 60 ans inférieure de 3,5 années inférieure de 4,2 années<br />
*(différence entre l’espérance de vie de la cohorte visée et l’espérance de vie en population générale)<br />
• Le handicap psychique demeure caractérisé par une surmortalité massive (facteurs de risque spécifiques, effets<br />
de la prise chronique de médicaments, moindre accès aux ressources de santé…)<br />
Toutes les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> ne sont pas concernées par un vieillissement prématuré et les bornes qui identifieraient<br />
la précocité (décalage entre l’âge de l’apparition <strong>des</strong> manifestations du vieillissement et l’âge attendu pour<br />
ces manifestations) sont difficiles à définir avec précision.<br />
Par ailleurs on note :<br />
• Que l’épilepsie est une cause majeure de mortalité prématurée et donc de perte de gain de longévité, tant pour<br />
les <strong>personnes</strong> en institution que pour celles vivant en milieu ordinaire.<br />
• Qu’il y a un effet cumulatif <strong>des</strong> troubles dégénératifs liés à l’âge avec les incapacités préexistantes : « effet<br />
multiplicateur » de l’addition <strong>des</strong> maladies chroniques invalidantes (maladies cardiovasculaires, atteintes sensorielles,<br />
atteintes musculo-squelettiques) survenant lors du processus de vieillissement normal.<br />
Une avancée en âge quasi superposable à celle de la population générale mais avec <strong>des</strong> conséquences qui sont tout<br />
autres pour les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> qui voient s’ajouter de nouvelles déficiences ou incapacités à d’autres déficiences<br />
ou incapacités préexistantes.<br />
• L’importance du vieillissement lié aux conditions de vie : la médication importante, un suivi médical tout au long<br />
de la vie moins bien réalisé, <strong>des</strong> conditions de vie qui peuvent être moins favorables que dans la population<br />
générale (pour la maladie mentale par exemple).<br />
• Les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vivant plus longtemps sont confrontées, comme en population générale, à l’ensemble<br />
<strong>des</strong> pathologies du vieillissement (démence, cancer…).
L’ampleur du phénomène<br />
L’émergence de la problématique <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes s’inscrit, comme en population générale,<br />
dans la logique de l’allongement de la durée de la vie. Cette problématique est relativement récente en ce qui concerne<br />
les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> puisqu’elle a émergé il y a une vingtaine d’années. L’acuité du sujet tient à l’amplification du<br />
phénomène (progrès de la prise en charge et effet générationnel).<br />
À titre d’exemple, la situation en établissements et services est révélatrice :<br />
pourcentage de <strong>personnes</strong> accueillies<br />
pourcentage de <strong>personnes</strong> accueillies<br />
30<br />
25<br />
20<br />
15<br />
10<br />
5<br />
0<br />
60<br />
50<br />
40<br />
30<br />
20<br />
10<br />
0<br />
Évolution de la population de plus de 40 ans accueillie en MAS entre 1995 et 2006<br />
Présents au 31/12/1995 Présents au 31/12/2001 Présents au 31/12/2006<br />
40-49 ans<br />
50-59 ans<br />
60 ans et plus<br />
Évolution de la population de plus de 40 ans accueillie en FAM entre 1995 et 2006<br />
en pourcentage par tranche d’âge<br />
Présents au 31/12/1995 Présents au 31/12/2001 Présents au 31/12/2006<br />
60 ans et plus<br />
50-59 ans<br />
40-49 ans<br />
Aide à l’adaptation et à la planification de l’offre médico-sociale en faveur <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes – CNSA – Octobre 2010 11
12<br />
Effectif total (en nombre<br />
d’individus) <strong>des</strong> plus de<br />
40 ans en FAM<br />
Effectif total (en nombre<br />
d’individus) <strong>des</strong> plus de<br />
40 ans en MAS<br />
Soit, en données chiffrées entre 1995 et 2006 :<br />
Au 31/12/1995 Au 31/12/2001 Au 31/12/2006<br />
1499 3347 7151<br />
2470 5393 9865<br />
Population travaillant en ESAT en 2006 par tranche d’âge en nombre et pourcentage<br />
Effectif En pourcentage<br />
Moins de 20 ans 731 0,67%<br />
20 à 25 ans 12 870 11,80%<br />
25 à 30 ans 14 766 13,53%<br />
30 à 35 ans 15 960 14,63%<br />
35 à 40 ans 16 698 15,30%<br />
Sous-total moins de 40 ans 61 026 55,93%<br />
De 40 à 45 ans 17 443 15,99%<br />
De 45 à 50 ans 15 128 13,87%<br />
Sous-total moins de 50 ans 93 597 85,78%<br />
De 50 à 55 ans 10 370 9,50%<br />
De 55 à 60 ans 4 829 4,43%<br />
Plus de 60 ans 303 0,28%<br />
Non renseignés 13 0,01%<br />
Sous-total 40 ans ou plus 48 073 44,06%<br />
Total 109 112 100,00%<br />
Source : Enquêtes DREES, Établissements et services (ES) 1995, 2001, 2006.
Un enjeu<br />
Rappel de la définition du handicap<br />
Selon l’article L. 114 du code de l’action sociale et <strong>des</strong> familles, « constitue un handicap, au sens de la présente loi, toute<br />
limitation d’activité ou restriction de participation à la vie en société subie dans son environnement par une personne<br />
en raison d’une altération substantielle, durable ou définitive d’une ou plusieurs fonctions physiques, sensorielles, mentales,<br />
cognitives ou psychiques, d’un polyhandicap ou d’un trouble de santé invalidant. »<br />
La définition du handicap<br />
Dans son environnement<br />
altérations<br />
de fonction(s)<br />
handicap : limitation d’activité<br />
ou restriction de participation<br />
à la vie en société<br />
La loi se réclame ainsi de la classification internationale du fonctionnement, du handicap et de la santé (CIF) et de la<br />
vision interactive du handicap que celle-ci promeut. Le modèle est désormais plus fonctionnel que biomédical, avec toutefois<br />
une causalité inscrite dans la définition comme directement liée aux altérations de fonctions. Cette nouvelle définition<br />
permet la prise en compte <strong>des</strong> environnements comme obstacles ou facilitateurs de la participation de la personne,<br />
mais elle nécessite toujours que l’on désigne la personne comme handicapée afin de pouvoir mobiliser un dispositif de<br />
compensation.<br />
Une telle définition porte en elle une individualisation nécessaire à la fois de l’analyse de la situation et de la construction<br />
d’une réponse personnalisée, au travers du « plan personnalisé de compensation » requis par la loi pour aboutir<br />
pour chaque personne à une stratégie globale et coordonnée d’interventions. Dans ce cadre, tout type de handicap, y<br />
compris lié à l’avancée en âge ou au vieillissement, doit pouvoir trouver <strong>des</strong> réponses appropriées.<br />
L’ensemble du processus mis en place par la loi à travers les nouveaux dispositifs que sont les MDPH, vise à la réalisation<br />
de cette individualisation <strong>des</strong> réponses par combinaison et coordination <strong>des</strong> diverses compétences autour et au bénéfice<br />
de la personne.<br />
Ainsi, la problématique du vieillissement et de ses conséquences chez la personne handicapée pourra-t-elle être appréhendée<br />
dans le cadre de ce concept, en termes de compensation et d’individualisation de la prise en charge.<br />
Un point sur le débat : <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> âgées / <strong>personnes</strong> âgées <strong>handicapées</strong><br />
Outre les questions qu’elle pose du point de vue de l’adaptation <strong>des</strong> dispositifs et <strong>des</strong> pratiques, l’avancée en âge de la population<br />
handicapée interroge et met en lumière les limites de l’organisation administrative française qui repose sur <strong>des</strong><br />
catégories liées à l’âge (Cf. seuil de 60 ans). Historiquement, la création de la PSD (aujourd’hui APA), prestation d’aide<br />
à la vie quotidienne spécifique pour les <strong>personnes</strong> âgées dépendantes et distincte de celle <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong><br />
(ACTP devenue PCH) concomitante de l’émergence de la problématique <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes au<br />
milieu <strong>des</strong> années 90, a mis en évidence ces limites comme les enjeux économiques sous-jacents.<br />
Aide à l’adaptation et à la planification de l’offre médico-sociale en faveur <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes – CNSA – Octobre 2010 13
14<br />
Le vieillissement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> constaté actuellement fait, pour la première fois, se confronter les réglementations<br />
mettant en avant les valeurs d’autonomie et de citoyenneté applicables aux <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> à celles<br />
<strong>des</strong>tinées à une population qualifiée de dépendante.<br />
Ces différences sémantiques revêtent une forte portée symbolique et pratique. Ces deux notions ont contribué au développement<br />
de deux cultures d’accompagnement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> vulnérables ; l’une s’attachant au modèle biomédical via<br />
l’influence de la gériatrie et l’autre privilégiant un modèle fonctionnel et une dimension environnementale du handicap.<br />
Le vrai débat n’est pas de choisir entre deux cadres de prise en charge (celui <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> âgées ou celui <strong>des</strong> <strong>personnes</strong><br />
en situation de handicap) mais bien de se poser la question <strong>des</strong> besoins de chacune de ces <strong>personnes</strong> dans le cadre d’un<br />
parcours personnalisé et dans leur environnement propre.<br />
La notion d’offre médico-sociale adaptée<br />
Le vieillissement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> est un processus multiforme qui s’inscrit, comme on l’a vu, dans un parcours<br />
de vie. Il concerne ainsi tous les aspects de la vie de la personne : l’ensemble <strong>des</strong> besoins liés aux transports, à la<br />
vie culturelle, à la situation administrative, sociale… sont susceptibles d’évolution avec le vieillissement. Ces sujets, qui<br />
concernent de nombreuses institutions, ne seront pas évoqués dans le cadre <strong>des</strong> présents travaux.<br />
C’est l’offre médico-sociale, avec les modalités d’organisation de la réponse médico-sociale, qui est abordée dans ce<br />
document :<br />
• La confrontation entre l’individuel et le collectif renvoie à l’articulation et au juste équilibre entre une offre<br />
médico-sociale « de droit commun » (soins de base), une offre adaptée voire spécialisée (offre de soins spécifiques).<br />
• Cette articulation nécessite d’identifier les raisons qui exigent de mobiliser tel ou tel niveau d’organisation <strong>des</strong><br />
soins.<br />
• De même, le vieillissement suppose d’identifier, dans l’organisation collective, en quoi il génère <strong>des</strong> besoins de<br />
nouvelles compétences, de nouvelles collaborations et pour quel accompagnement…
I. La ou les définitions<br />
Cette partie a pour objet de définir le périmètre de notre sujet et de le qualifier au regard de son contexte et <strong>des</strong> différents<br />
enjeux qui le traversent.<br />
Définir l’appellation « les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes »<br />
La définition de « <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes » comporte plusieurs enjeux<br />
Les membres de l’atelier ont considéré qu’il était nécessaire d’identifier les enjeux socio-économiques :<br />
D’une part qualifier juridiquement, sociologiquement, les termes « <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes », « <strong>personnes</strong><br />
<strong>handicapées</strong> avançant en âge », « <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> âgées » … et s’accorder sur une appellation consensuelle ;<br />
D’autre part ne pas faire porter à ces <strong>personnes</strong> le poids <strong>des</strong> enjeux économiques d’une définition (en distinguant la<br />
personne handicapée âgée ou vieillissante de la personne âgée, on lui évite ainsi de se voir appliquer le droit commun de<br />
l’accompagnement de la personne âgée).<br />
La CNSA et les membres de l’atelier ont considéré qu’il était nécessaire :<br />
•<br />
•<br />
•<br />
de ne pas reconstituer une catégorie administrative liée à l’âge ;<br />
de prendre en compte, parce qu’elle existe, la spécificité du vieillissement de la personne handicapée<br />
et d’en améliorer l’accompagnement ;<br />
d’anticiper les évolutions qui sont générées par le vieillissement.<br />
Les risques <strong>des</strong> définitions<br />
• Confondre le vieillissement (un processus) et la vieillesse (un état).<br />
En effet, la vieillesse est un état, une période de la vie qui fait l’objet d’une construction sociale de la part de la société,<br />
sur la base de catégories d’âge censées regrouper <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> ayant <strong>des</strong> caractéristiques et <strong>des</strong> besoins communs liés<br />
à une période de leur existence. Elle engendre <strong>des</strong> effets de seuil (à quel âge est-on vieux ?).<br />
Le vieillissement, entendu comme un processus, permet le rattachement à la notion de continuité de l’accompagnement :<br />
l’absence de rupture dans le processus de vieillissement entraine l’absence de rupture dans l’accompagnement lui-même.<br />
La formule « <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> avançant en âge » est une formule édulcorée de celle que nous préférons : « <strong>personnes</strong><br />
<strong>handicapées</strong> vieillissantes ». En effet, il ne s’agit pas de la simple avancée en âge, qui commence dès l’enfance<br />
(l’avancée en âge <strong>des</strong> enfants handicapés et l’adolescence <strong>des</strong> sujets handicapés est par exemple un sujet à explorer)<br />
mais bien du vieillissement dont les effets sont visibles à l’âge adulte.<br />
• Ne pas voir dans l’évolution du handicap, le vieillissement.<br />
Le risque a été mentionné, par les participants de l’atelier, d’envisager le sujet uniquement par le prisme du handicap<br />
(notamment pour les professionnels éducatifs).<br />
• Assimiler toute évolution du handicap au vieillissement.<br />
Car ces deux aspects, complémentaires même si contradictoires, sont à envisager en miroir avec la notion de repérage<br />
et d’observation <strong>des</strong> signes du vieillissement. C’est notamment par la mise en place d’une observation systématique que<br />
l’on peut éviter ces deux écueils.<br />
• Assimiler la personne handicapée vieillissante et la personne âgée.<br />
Sans préjuger d’une éventuelle spécificité <strong>des</strong> mo<strong>des</strong> d’accompagnement ou <strong>des</strong> caractéristiques <strong>des</strong> besoins <strong>des</strong> <strong>personnes</strong><br />
<strong>handicapées</strong> vieillissantes, un consensus se forme autour de la nécessaire distinction entre personne handicapée<br />
vieillissante et personne âgée, notamment d’un point de vue social, administratif et économique. Ce point de vigilance<br />
est à analyser au regard <strong>des</strong> volets administratifs, juridiques liés aux droits et prestations <strong>des</strong> unes et <strong>des</strong> autres. Par<br />
ailleurs, la distinction doit également être faite en termes de parcours de vie. En effet, le vieillissement d’une personne<br />
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16<br />
handicapée génère <strong>des</strong> besoins différents selon qu’elle a vécu à domicile ou en établissement, et qu’elle a bénéficié d’un<br />
ensemble de mesures d’accompagnement, à la différence d’une personne âgée qui aurait vécu une grande partie de sa<br />
vie de façon très autonome.<br />
L’absence de prise en compte de la spécificité du parcours de vie d’une personne handicapée vieillissante, lors de son<br />
entrée dans un établissement, ou lors de la mise en place d’un accompagnement à domicile, risquerait d’entraîner pour<br />
la personne un changement brutal très dommageable.<br />
La préconisation issue de ces réflexions est donc de privilégier une approche « handicap » : considérer la personne handicapée<br />
vieillissante comme une personne handicapée avant d’être vieillissante.<br />
Cette première vision que nous nous imposons nécessite de privilégier la prise en compte de l’environnement dans<br />
l’évolution <strong>des</strong> projets de vie de ces <strong>personnes</strong> pour adapter les prises en charge et les pratiques. C’est donc bien à<br />
travers une évolution du projet de vie exprimant <strong>des</strong> nouveaux besoins que les effets du vieillissement devront être<br />
appréhendés chez la personne handicapée.<br />
Compensation possible à plusieurs niveaux<br />
La personne<br />
Son entourage (Aidants)<br />
La Cité/Le milieu de vie<br />
Questionner la réalité de la précocité du vieillissement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong><br />
L’évolution démographique récente<br />
Les éléments épidémiologiques disponibles 6 montrent la poursuite rapide du phénomène de rattrapage de l’espérance<br />
de vie <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> sur l’espérance de vie en population générale.<br />
Les constats réalisés sur le terrain par les membres de l’atelier :<br />
• Le plus souvent, la précocité du vieillissement ne porte que sur le vieillissement de certains organes.<br />
• Le plus souvent ce phénomène de précocité est lié à <strong>des</strong> maladies spécifiques.<br />
• Il est également lié à la problématique plus générale de l’accès aux soins et au suivi médical : le vieillissement<br />
de certains organes est rendu précoce du fait d’un défaut de soins d’entretien (exemple <strong>des</strong> dents, <strong>des</strong> yeux, de<br />
l’audition). Cet état de fait a été mis en avant notamment par l’audition publique de la HAS7 .<br />
• Toutefois, dans certaines situations, qui doivent cependant encore être approfondies sur le plan de la recherche,<br />
certaines maladies liées à l’âge peuvent apparaître de manière plus précoce dans la population en situation de<br />
handicap. Cela semble, par exemple, être le cas de la maladie d’Alzheimer chez les <strong>personnes</strong> trisomiques.<br />
La précocité du vieillissement n’est donc pas systématique parmi la population en situation de handicap.<br />
6 Cf. paragraphe relatif aux données épidémiologiques disponibles dans l’introduction et la bibliographie<br />
7 Cf. bibliographie : Haute autorité de santé, audition publique accès aux soins <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> en situation de handicap, rapport de la commission<br />
d’audition, 23 janvier 2009
Une proposition de réponse à la question de la précocité :<br />
Le principe de la précocité du vieillissement chez les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> n’est pas (plus) systématique. Cela<br />
signifie qu’il ne doit pas influencer notre approche du vieillissement et <strong>des</strong> besoins liés au vieillissement.<br />
L’environnement comme composante du sujet du vieillissement<br />
Si l’on envisage le handicap dans sa définition de 2005 comme une limitation d’activité subie par une personne dans son<br />
environnement, la donnée environnementale est constitutive de la prise en compte du processus de vieillissement <strong>des</strong><br />
<strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> : l’environnement peut être facteur facilitateur ou, au contraire, empêcher la participation sociale<br />
et conduire plus rapidement à la perte de capacités.<br />
Cet environnement est multiple.<br />
Il est avant tout social : la famille, les proches parmi lesquels se trouvent les aidants naturels, dont le propre vieillissement<br />
est un <strong>des</strong> aspects à prendre en compte. On évoque souvent les ruptures liées au vieillissement : décès dans l’entourage,<br />
perte <strong>des</strong> collègues lors d’un passage à la retraite ; mais il peut également s’agir d’événements heureux, nouvelles<br />
rencontres…Il peut aussi comprendre les réseaux professionnels, amicaux, associatifs de toute sorte.<br />
L’environnement, c’est aussi le lieu de vie, qu’il s’agisse du domicile ou d’un établissement, l’environnement technique<br />
et matériel ; les problématiques de mobilité, d’accessibilité, de transport (qui ne sont pas l’objet du présent document)<br />
devront donc être prises en compte…<br />
La question <strong>des</strong> modalités de la prise en compte de l’environnement doit également être rapprochée, au titre de l’individualisation<br />
<strong>des</strong> accompagnements, <strong>des</strong> situations de handicap survenues non pas à la naissance mais dans le parcours<br />
de vie (existence et position de la famille, etc.).<br />
Identifier les défis posés par le vieillissement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong><br />
quant à l’adaptation de l’offre médico-sociale<br />
L’organisation médico-sociale de l’offre à <strong>des</strong>tination <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>, face au sujet du vieillissement, doit<br />
s’adapter à plusieurs défis. D’ores et déjà on peut évoquer :<br />
• L’accroissement <strong>des</strong> besoins de santé<br />
• L’évolution de la situation familiale<br />
• L’évolution <strong>des</strong> besoins de protection juridique (curatelle, tutelle…) et les questions de transmission<br />
• L’évolution <strong>des</strong> relations (affectives, sociales…)<br />
• L’évolution du lieu de vie, de son accessibilité<br />
• L’évolution <strong>des</strong> mo<strong>des</strong> de vie (logement, alimentation, rythmes de vie…)<br />
• Les changements d’activité (professionnelle ou non)<br />
• L’évolution <strong>des</strong> capacités fonctionnelles<br />
• L’accompagnement <strong>des</strong> fins de vie<br />
Ce dossier n’a pas vocation à documenter l’ensemble <strong>des</strong> sujets évoqués ci-<strong>des</strong>sus. Seuls ceux impactant l’action médicosociale<br />
seront abordés dans ce premier document.<br />
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La proposition de définition ci-<strong>des</strong>sous tient compte <strong>des</strong> enjeux liés à l’adaptation de l’offre médico-sociale :<br />
Une personne handicapée vieillissante est une personne qui a entamé ou connu sa situation de handicap, quelle<br />
qu’en soit la nature ou la cause, avant de connaître par surcroît les effets du vieillissement. Ces effets consistent, plus<br />
ou moins tardivement en fonction <strong>des</strong> <strong>personnes</strong>, en l’apparition simultanée :<br />
• d’une baisse supplémentaire <strong>des</strong> capacités fonctionnelles déjà altérées du fait du handicap,<br />
• d’une augmentation du taux de survenue <strong>des</strong> maladies liées à l’âge, maladies dégénératives et maladies métaboliques,<br />
pouvant aggraver les altérations de fonction déjà présentes ou en occasionner de nouvelles,<br />
• mais aussi d’une évolution de leurs attentes dans le cadre d’une nouvelle étape de vie, sachant que les modalités<br />
d’expression de ces attentes seront très variables en fonction <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> et de la situation de handicap<br />
dans laquelle elles se trouvent.<br />
Le tout pouvant se conjuguer jusqu’à entraîner une réduction du champ <strong>des</strong> activités notamment sociales, que cette<br />
réduction soit d’origine personnelle (capacitaire ou liée à une modification <strong>des</strong> attentes) ou environnementale (liée<br />
aux possibilités offertes par l’environnement et ses éventuelles évolutions).<br />
Cette définition impose une prise en compte du vieillissement comme phénomène individuel, influencé par l’histoire<br />
et l’environnement de la personne, se traduisant en termes de perte d’autonomie.<br />
La nécessité juridique et administrative d’envisager le critère de l’âge<br />
Au niveau collectif<br />
L’intérêt du critère de l’âge<br />
L’âge n’a d’intérêt que s’il est abordé en termes de populations : identifier un âge à partir duquel une obligation de<br />
vigilance s’impose à propos du vieillissement (même si, nous le verrons, ce devoir de vigilance implique une véritable<br />
anticipation ainsi qu’une permanence de la démarche d’observation).<br />
Ce devoir de vigilance s’applique :<br />
• aux établissements et services (observation systématisée et questionnement <strong>des</strong> différents projets) ;<br />
• aux MDPH (stratégies d’évaluation à partir d’un certain âge) ;<br />
• aux autorités de planification (veille démographique et institutionnelle).<br />
La critique de cette situation<br />
Jusqu’à une époque récente, la question du critère d’âge ne se posait pas, ou à la marge.<br />
Outre les contradictions et limites d’un système qui a érigé cette barrière de l’âge, c’est aussi le phénomène désormais<br />
accéléré d’augmentation de l’espérance de vie <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> qui implique de se poser la question de la limite<br />
de l’âge pour bénéficier de telle politique publique (et donc d’actions, de dispositifs) en faveur <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> âgées<br />
ou de telle autre politique publique en faveur <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>.<br />
La convergence annoncée, mais non réalisée, <strong>des</strong> politiques d’accompagnement de la dépendance liée à l’âge et de la<br />
dépendance liée au handicap, donne une certaine acuité au sujet mais ne permet pas d’en éclairer les enjeux.<br />
Les données démographiques et épidémiologiques disponibles<br />
La plupart <strong>des</strong> étu<strong>des</strong> qui envisagent le vieillissement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> en situation de handicap (notamment DREES) évoquent<br />
l’âge de 40 ans comme début du processus de vieillissement.
Une proposition de réponse aux enjeux collectifs soulevés par l’âge du vieillissement :<br />
Un consensus se forme autour de l’âge de 40 ans, comme âge à partir duquel une certaine vigilance s’impose :<br />
• il permet de mettre en œuvre <strong>des</strong> mesures à court terme ;<br />
• il permet d’éviter l’effet réducteur <strong>des</strong> seuils liés à l’âge ;<br />
• il permet de se situer dans la perspective de la programmation à moyen et long terme.<br />
Une obligation de vigilance portée par la loi :<br />
La loi de financement pour 2010 (LF2009-1673 du 30 décembre 2009, JO du 31 décembre 2009), dans son article 136,<br />
prévoit que « le Gouvernement met en œuvre, avant le 31 décembre 2010, un dispositif de suivi <strong>des</strong> établissements<br />
et services visés au a du 5° (ESAT) et au 7°(MAS, FAM, SAMSAH, SAVS, SSIAD pour <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>) du I de<br />
l’article L. 312-1 du code de l’action sociale et <strong>des</strong> familles, qui accueillent ou dont bénéficient les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong><br />
de quarante ans ou plus.<br />
Ce dispositif rend compte chaque année de l’évolution <strong>des</strong> sources de financement de ces structures, de leur nombre<br />
et du nombre de places qu’elles offrent, selon les types de déficience <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> ».<br />
Au niveau individuel<br />
Le rôle du critère d’âge au niveau individuel<br />
L’âge est acquisitif ou, au contraire, génère la perte de certains droits ou d’un statut<br />
Pour autant<br />
Le maintien <strong>des</strong> droits au-delà de 60 ans reconnu pour les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> (Cf. annexe relative aux droits et prestations)<br />
repose bien sur l’idée que la fixation d’un âge au niveau individuel est arbitraire et peut être inadaptée.<br />
En effet, l’âge de 60 ans est lié aux critères d’attribution <strong>des</strong> droits à la retraite (avant la réforme de 2010). Cet âge peut<br />
être trop bas (les <strong>personnes</strong> qui ne sont pas dans l’emploi) ou trop élevé.<br />
Une proposition de positionnement quant aux enjeux individuels :<br />
La nécessaire évolution de l’accompagnement de la personne handicapée intervient lorsque les comorbidités se<br />
cumulent, contribuant ainsi à une évolution <strong>des</strong> besoins et <strong>des</strong> attentes de la personne (exprimées ou non).<br />
Il convient d’anticiper ce moment et de mettre en place une vigilance en amont, s’appuyant sur les éléments de documentation<br />
de l’observation et de l’évaluation.<br />
Ce que permet la définition<br />
Elle ne crée pas une nouvelle catégorie liée à l’âge : la catégorie « personne handicapée âgée » n’existe pas.<br />
C’est le vieillissement de la personne handicapée qui nous intéresse, le but étant de tenir compte de l’émergence d’éventuels<br />
besoins nouveaux, sans stigmatiser le vieillissement comme une nouvelle catégorie de handicap.<br />
Elle envisage le vieillissement comme un processus continu dans le parcours de la personne.<br />
Elle permet aux promoteurs et aux planificateurs d’envisager le phénomène quantitativement et qualitativement, individuellement<br />
et collectivement, afin de déterminer les mo<strong>des</strong> de réponses les plus adaptées.<br />
Aide à l’adaptation et à la planification de l’offre médico-sociale en faveur <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes – CNSA – Octobre 2010 19
II. Le repérage <strong>des</strong> besoins <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong><br />
vieillissantes et l’identification <strong>des</strong> nécessités<br />
d’adaptation <strong>des</strong> réponses<br />
Cette première phase de notre cheminement est conçue comme une phase de questionnements relatifs à l’accompagnement<br />
individuel <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>.<br />
Elle s’adresse principalement aux professionnels et aux gestionnaires d’établissements et services médico-sociaux, mais<br />
elle concerne également les acteurs <strong>des</strong> fonctions « accueil-évaluation-orientation » réalisées sur le territoire, en particulier<br />
les MDPH.<br />
Deux volets la composent :<br />
• Les questionnements liés au repérage <strong>des</strong> besoins individuels : comment est mis en œuvre le triptyque observation<br />
– évaluation – orientation ?<br />
• Les questionnements liés à la réponse à ces besoins individuels : quel besoin d’adaptation <strong>des</strong> environnements<br />
et <strong>des</strong> accompagnements ?<br />
1/ Le repérage <strong>des</strong> besoins <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes :<br />
la mise en œuvre du triptyque observation – évaluation – orientation<br />
Il s’agit de questionner, à toutes les étapes du parcours de la personne, les signes susceptibles d’être révélateurs du<br />
vieillissement puis de le caractériser. Il s’agit de mettre en avant ce qui détermine le (ou les) besoin(s) lié(s) au vieillissement<br />
: l’âge est, comme on l’a vu dans la première partie, un <strong>des</strong> critères du vieillissement mais il n’est pas le seul.<br />
Les données épidémiologiques disponibles et les travaux mis en œuvre par différents acteurs 8 de terrain montrent que<br />
d’autres critères viendront influer le vieillissement : l’état de santé et l’accès aux soins, le mode de vie…<br />
La mise en œuvre de ces trois volets observation-évaluation-orientation constitue l’une <strong>des</strong> étapes d’un parcours continu<br />
où la connaissance <strong>des</strong> besoins est réactualisée de manière régulière par l’ensemble <strong>des</strong> acteurs de l’accompagnement.<br />
1-1/ 1 ère étape : l’observation <strong>des</strong> signes du vieillissement<br />
La mise en place de l’observation quel que soit le lieu de vie (à domicile, en établissement) est un enjeu de premier ordre<br />
compte tenu de la démographie et de l’allongement de la durée de la vie.<br />
Une observation <strong>des</strong> signes du vieillissement au sein de tous les établissements et services accueillant et/ou<br />
accompagnant <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> adultes a-t-elle été mise en place ?<br />
L’observation est une mission <strong>des</strong> établissements et services.<br />
Elle permettra de qualifier <strong>des</strong> comportements de rupture de la personne handicapée (dans les comportements habituels<br />
/ dans la participation aux activités).<br />
− Une réussite ou un changement positif peuvent aussi être observés comme <strong>des</strong> signes du vieillissement<br />
(plus grande maturité dans ses relations avec autrui, positionnement dans un groupe…).<br />
L’observation devra aussi être organisée de manière à faire émerger les besoins et attentes <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> qui ne<br />
peuvent l’exprimer (un vieillissement qui ne se vit pas comme tel, <strong>des</strong> signes non exprimés du fait de l’absence de<br />
communication …).<br />
Zone de vigilance : La situation <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> à domicile non suivies par un service.<br />
Elle nécessite l’organisation d’une observation particulière qui n’est possible que dans le cadre d’un recours aux équipes<br />
APA pour les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> de plus de 60 ans et les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> de moins de 60 ans vivant avec<br />
leurs parents vieillissants, ou au réseau <strong>des</strong> intervenants à domicile, par la polyvalence de secteur.<br />
8 Exemple <strong>des</strong> travaux menés par le Dr de Fréminville sur une population de <strong>personnes</strong> trisomiques 21, cf. bibliographie.<br />
Aide à l’adaptation et à la planification de l’offre médico-sociale en faveur <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes – CNSA – Octobre 2010 21
22<br />
Cette observation est-elle organisée de manière anticipée et en continu ?<br />
La rupture s’analyse forcément par référence à une situation antérieure. Elle nécessite ainsi d’anticiper et de mettre en<br />
place une observation systématique avant que les premiers signes ne surviennent.<br />
Si cette observation anticipée et en continu est possible en établissement, elle n’est pas toujours possible à domicile (Cf.<br />
zone de vigilance évoquée au paragraphe précédent).<br />
La difficulté de l’exercice relève d’un équilibre à trouver et de l’interprétation du « il n’est plus comme avant ». C’est bien<br />
la perte <strong>des</strong> acquisitions qui est évocatrice de cette évolution.<br />
En outre, cette observation anticipée permettra de préparer toute perspective d’évolution et de limiter les situations<br />
d’urgence qui bien souvent révèlent un dysfonctionnement.<br />
Il est donc nécessaire de favoriser l’utilisation de grilles d’observation.<br />
Les équipes réalisent le plus souvent sans le savoir cette observation mais elle doit être formalisée. L’utilisation partagée<br />
et systématique de grilles d’observation communes entre les professionnelles doit être privilégiée.<br />
Les équipes pourront, pour s’engager dans la démarche d’observation, s’inspirer d’outils déjà existants (GEVA, AGGIR<br />
amélioré…). Cela est fait dans un certain nombre d’établissements.<br />
L’observation mise en place est-elle différentielle et permet-elle de rechercher toutes les causes de la rupture<br />
ou du changement observé ?<br />
L’objectif de l’observation est d’aller chercher toutes les causes notamment par diagnostic différentiel. Il existe en<br />
effet un risque de passer à côté de certains diagnostics. Par ailleurs, certaines thérapeutiques limitent les troubles et<br />
masquent ce qui se passe en réalité.<br />
Attention également à ne pas interpréter systématiquement tout changement comme étant dû au vieillissement : le handicap<br />
qui évolue peut être « rééducable ».<br />
À l’opposé, rester calé sur une représentation du « tout handicap » sans voir le vieillissement est un danger : d’où l’importance<br />
du dépistage pour éviter la confusion de la pathologie et du vieillissement :<br />
• promouvoir l’accès au diagnostic, aux examens complémentaires non invasifs comme les échographies, recherches<br />
diagnostiques à partir de prélèvement sanguin, l’accès aux anesthésies, qui sont désormais possibles,<br />
l’imagerie médicale…<br />
• promouvoir le diagnostic fonctionnel en déficience sensorielle chez les <strong>personnes</strong> déficientes intellectuelles ou<br />
déficientes sensorielles, chez lesquelles un surhandicap lié à une nouvelle déficience peut intervenir.<br />
Par ailleurs certaines déficiences, en particulier cognitives ou psychiatriques, ne permettent pas l’expression de plaintes<br />
caractérisées et le professionnel se trouve généralement en face de signes réduits à une simple expression :<br />
- l’agitation ou la prostration ;<br />
- les cris ou l’expression verbale inappropriée, le mutisme.<br />
De là découle un schéma de construction diagnostique atypique et inversé par rapport à ceux enseignés dans les cas<br />
habituels. L’observation implique donc de réfléchir par symptômes fonctionnels réduits à leur plus simple expression<br />
et non pas traditionnellement par appareil physiopathologique.<br />
L’objectif, mais aussi la difficulté de l’observation, est d’identifier le moment où la problématique du handicap croise celle<br />
du vieillissement (c’est un processus qui peut prendre un certain temps, par exemple, de 40 à 60 ans). Il s’agit alors de ne<br />
pas confondre un signe prêté aux déficiences connues mais qui relèverait du vieillissement avec <strong>des</strong> cohortes de maladies<br />
qui l’accompagnent<br />
Exemple : quand la constipation devient cyclique, atypique et accompagnée de sang, la pathologie colique<br />
doit être évoquée avant l’effet secondaire <strong>des</strong> neuroleptiques.
Les conditions permettant la mise en place d’une observation gériatrique partagée<br />
ou le recours à une expertise gériatrique sont-elles réunies ?<br />
• Les professionnels qui accompagnent au quotidien la personne sont les mieux à même de repérer chez elle <strong>des</strong><br />
changements susceptibles d’être identifiés comme le signe de son vieillissement<br />
• Tous les professionnels peuvent (doivent) participer à cette observation : regards croisés, observation pluridisciplinaire<br />
• Faire entrer du paramédical dans les structures pour <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> et/ou <strong>des</strong> personnels éducatifs<br />
dans le champ <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> âgées.<br />
C’est déjà le cas dans certaines structures.<br />
Sinon, envisager l’ensemble <strong>des</strong> modalités possibles : personnel salarié de la structure dans le cadre d’une<br />
évolution du projet institutionnel voire d’une évolution de l’habilitation, interventions ponctuelles encadrées<br />
par une convention et assurées par la psychiatrie de liaison ou par <strong>des</strong> structures intersectorielles spécialisées<br />
(gérontopyschiatrie notamment) ou encore dans le cadre de réseaux existants ou à créer.<br />
• Intérêt de travailler, sur un territoire déterminé, sur la spécificité du vieillissement chez les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong><br />
mais aussi sur la convergence possible <strong>des</strong> approches avec le vieillissement en population générale.<br />
Exemple : dans les Pyrénées Orientales, le conseil général travaille à <strong>des</strong> rapprochements entre un EHPAD et<br />
un centre hospitalier psychiatrique sur les problématiques de prise de charge <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> âgées<br />
désorientées mais également <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> psychiques vieillissantes.<br />
L’observation à promouvoir est différente de l’observation du vieillissement ordinaire :<br />
Les regards croisés de la gériatrie et du champ du handicap sont nécessaires. Une nouvelle culture de travail est nécessaire.<br />
Les grilles d’observation à utiliser doivent nécessairement être communes ou, si elles sont différentes, comporter <strong>des</strong><br />
éléments communs.<br />
Par ailleurs, les espaces d’échanges et d’analyse <strong>des</strong> pratiques ainsi que la promotion d’une réflexion interdisciplinaire<br />
sur l’utilisation <strong>des</strong> grilles doivent permettre de favoriser cette observation et l’interprétation <strong>des</strong> signes<br />
repérés.<br />
Quels sont les points de vigilance pour la mise en place de l’observation ?<br />
La mise en place d’une observation <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> à domicile :<br />
• Nécessité de mobiliser l’ensemble <strong>des</strong> acteurs sur le sujet : CAF, MSA, CRAM, CPAM, CCAS, CG, SAD, SSIAD,<br />
médecine ambulatoire, professionnels libéraux.<br />
• Mobilisation possible de ces acteurs autour de la commission de coordination <strong>des</strong> politiques publiques.<br />
- Profiter d’un « diagnostic » territorial <strong>des</strong> ressources existantes pour mailler le territoire sur les sujets d’observation<br />
et de vigilance à domicile (indicateurs possibles de repérage : isolement, état de santé…)<br />
La moindre valorisation de la fonction observation dans le champ médico-social :<br />
• Le manque d’habitude de repérage de la part <strong>des</strong> professionnels du champ du handicap et l’absence d’une sémiologie<br />
du vieillissement dans l’accompagnement éducatif :<br />
- interrogation <strong>des</strong> référentiels métiers en lien avec les tâches / formation au repérage <strong>des</strong> professionnels<br />
(notamment éducatifs) / information sur ce qu’est le vieillissement ;<br />
- évaluation <strong>des</strong> pratiques professionnelles.<br />
• Un risque de glissement <strong>des</strong> tâches dès lors que celle de l’observation n’est pas clairement définie, ni inscrite<br />
dans un référentiel de tâches, ce qui permettrait la mise en œuvre d’un projet plus global.<br />
• L’absence de modélisation de l’observation dans les établissements et services :<br />
- favoriser l’utilisation de grilles d’observation (sécurisation et systématisation de la collecte d’informations<br />
pertinentes).<br />
• L’influence de l’observation sur le sujet observé :<br />
- multiplicité <strong>des</strong> indicateurs à faire prévaloir, tout en restant vigilant sur l’utilité de chaque indicateur ;<br />
- diversité de la nature <strong>des</strong> indicateurs de l’observation ;<br />
- définir la mission d’observation en lien avec l’ensemble <strong>des</strong> tâches réalisées par catégorie d’emploi et en<br />
lien avec le projet d’établissement ou de service.<br />
Aide à l’adaptation et à la planification de l’offre médico-sociale en faveur <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes – CNSA – Octobre 2010 23
24<br />
• La présence non systématique de professionnels de soins dans tous les établissements médico-sociaux :<br />
- mise en place de réseaux, rôle <strong>des</strong> équipes pluridisciplinaires ;<br />
- formation à l’observation.<br />
• Une réflexion à mener sur les modalités d’accès aux soins :<br />
- travail avec <strong>des</strong> consultations spécialisées ;<br />
- rôle d’un médecin coordonnateur (interlocuteur du médecin généraliste).<br />
1-2/ 2 e étape : l’évaluation <strong>des</strong> besoins <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes<br />
Y’a-t-il une spécificité du vieillissement en matière d’évaluation individuelle ?<br />
Non.<br />
Le rapport remis à la CNSA par le cabinet Deloitte fin 2008 avait analysé plus d’une centaine de situations d’évaluation.<br />
Parmi elles, un certain nombre concernait <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes 9 .<br />
Parmi ces situations, <strong>des</strong> difficultés relatives au vieillissement ont pu être repérées.<br />
Exemples :<br />
- une personne vivant à domicile, méconnue <strong>des</strong> services, vivant avec un parent lui-même vieillissant ;<br />
- une personne accueillie en ESAT+ Foyer d’hébergement (FH), qui n’est plus en capacité de travailler, mais<br />
dont l’orientation en FH sans orientation ESAT s’avère impossible ;<br />
- une personne accueillie dans un établissement et chez laquelle l’observation spécifique du vieillissement<br />
est réalisée par l’établissement, ce qui a facilité l’évaluation et la décision d’orientation vers une autre<br />
structure ;<br />
- une personne handicapée qui présente une déficience sensorielle surajoutée qu’il sera nécessaire d’évaluer<br />
in situ en prenant en compte l’ensemble <strong>des</strong> composantes de son environnement (domicile/établissement<br />
– aidants…).<br />
Ces travaux ont mis en évidence la pertinence de l’outil GEVA pour l’évaluation <strong>des</strong> besoins de compensation <strong>des</strong> <strong>personnes</strong><br />
<strong>handicapées</strong> vieillissantes et vient renforcer, si besoin en était, l’idée que ces dernières ne constituent pas une<br />
catégorie spécifique qui nécessiterait la mise en place de modalités d’évaluation particulières.<br />
La spécificité ne réside donc pas dans les modalités de l’évaluation mais dans l’enjeu lié à l’apparition, du fait de<br />
l’allongement de la durée de la vie, de problématiques nouvelles liées au vieillissement et qui viennent se surajouter.<br />
L’évaluation ne se résume pas à déterminer l’éligibilité à une prestation particulière : quelles conséquences en<br />
matière d’évaluation <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes ?<br />
Des clivages entre les pratiques d’évaluation <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> âgées et <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> peuvent exister. Notamment<br />
du fait que les outils disponibles et les prestations proposées influencent très largement les pratiques d’évaluation<br />
10 . Or, les outils d’éligibilité sont insuffisants pour évaluer globalement les besoins.<br />
Dans le champ <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> âgées, notamment, ce point a été souligné à propos de l’outil AGGIR 11 , Le comité scientifique<br />
pour l’adaptation <strong>des</strong> outils d’évaluation de l’autonomie, dans son rapport paru en janvier 2003, recommandait de<br />
« conserver AGGIR comme outil d’éligibilité à l’APA ». Il estimait qu’« AGGIR doit être inclus dans un instrument d’évaluation<br />
multidimensionnelle et en aucun cas utilisé isolément. »<br />
Pour les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>, adultes et enfants, une évaluation multidimensionnelle de la situation et <strong>des</strong> besoins<br />
doit être conduite par les équipes pluridisciplinaires <strong>des</strong> MDPH, le support de recueil <strong>des</strong> informations étant le GEVA.<br />
La loi de 2005 a explicitement prévu une démarche qui ne se résume pas à apprécier l’éligibilité <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> à une<br />
prestation, mais vise à l’élaboration d’un plan global et cohérent de réponses diverses, le plan personnalisé de compensation.<br />
Ces réponses peuvent être <strong>des</strong> prestations spécifiques, qui peuvent avoir <strong>des</strong> critères d’éligibilité différents, mais<br />
il peut aussi s’agir d’une mobilisation et d’une adaptation du droit commun, pour lever <strong>des</strong> obstacles à la participation<br />
<strong>des</strong> <strong>personnes</strong>. 12 .<br />
9 Cf. en annexe, les fiches relatives aux situations de vieillissement repérées dans l’étude.<br />
10 Cf. Premières rencontres scientifiques de la CNSA, 11 février 2009, Cité <strong>des</strong> Sciences, Paris<br />
11 Rapport du comite scientifique pour l’adaptation <strong>des</strong> outils d’évaluation de l’autonomie, présidé par Alain Colvez, janvier 2003<br />
12 Cf. rapport sur l’appropriation du GEVA, téléchargeable sur http://www.cnsa.fr/IMG/pdf/CNSA_GEVA_signets-2.pdf
L’évaluation <strong>des</strong> besoins <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>, y compris vieillissantes, doit s’appuyer sur un outil d’évaluation<br />
multidimensionnelle et ne pas se limiter à la détermination d’une éligibilité. Étant déjà réglementaire dans le<br />
champ du handicap, c’est l’outil GEVA qui doit être mis en avant. Des versions et/ou <strong>des</strong> aménagements permettant<br />
une meilleure utilisation pour certaines populations sont à envisager.<br />
GEVA : les différents volets du guide d’évaluation multidimensionnelle sont les suivants :<br />
Volet Identification<br />
Volet 1 : Volet familial, social et budgétaire<br />
Volet 2 : Volet habitat et cadre de vie<br />
Volet 3 a : Volet parcours de formation<br />
Volet 3 b : Volet parcours professionnel<br />
Volet 4 : Volet médical<br />
Volet 5 : Volet psychologique<br />
Volet 6 : Volet activités, capacités fonctionnelles<br />
Volet 7 : Volet ai<strong>des</strong> mises en œuvre<br />
Ces volets constituent les différents items d’évaluation <strong>des</strong> besoins de la personne.<br />
Sur le terrain, la grille nationale AGGIR est utilisée à titre principal comme outil d’éligibilité à l’APA. L’évaluation qu’elle<br />
permet ne couvre qu’une dimension <strong>des</strong> situations de handicap -<br />
celle <strong>des</strong> activités- et deux domaines seulement parmi ces activités. En effet, elle comporte 10 variables discriminantes<br />
relatives à l’autonomie dans les actes élémentaires et 7 variables illustratives relatives à l’autonomie domestique et<br />
sociale :<br />
• Variables relatives à l’autonomie physique et psychique :<br />
Cohérence<br />
Orientation<br />
Toilette<br />
Habillage<br />
Alimentation<br />
Élimination<br />
Transfert<br />
Déplacement à l‘intérieur<br />
Déplacement à l’extérieur<br />
Communication à distance<br />
• Variable relatives à l’autonomie domestique et sociale :<br />
Gestion<br />
Cuisine<br />
Ménage<br />
Transport<br />
Achats<br />
Suivi du traitement<br />
Activités de temps libre<br />
Une évaluation véritablement multidimensionnelle doit en effet aborder non seulement les activités et la participation de<br />
la personne, mais également la <strong>des</strong>cription de certaines caractéristiques personnelles, celle de caractéristiques de son<br />
environnement et <strong>des</strong> éléments de son parcours de vie.<br />
Ces différents outils, dont l’usage est distinct, peuvent être amenés à dialoguer entre eux. Le GEVA, qui est aujourd’hui<br />
sans doute le seul outil du paysage à être clairement positionné sur l’évaluation <strong>des</strong> besoins <strong>des</strong> <strong>personnes</strong>, représente<br />
probablement un point de rencontre entre les différents outils.<br />
Aide à l’adaptation et à la planification de l’offre médico-sociale en faveur <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes – CNSA – Octobre 2010 25
26<br />
En dehors <strong>des</strong> problématiques liées aux outils, différents dans le champ du handicap et de la perte d’autonomie liée à<br />
l’âge, <strong>des</strong> questions relatives à la solvabilisation <strong>des</strong> ai<strong>des</strong> peuvent surgir, par exemple dans le cadre de l’accompagnement<br />
en EHPAD 13 de <strong>personnes</strong> de moins de 60 ans ou même de <strong>personnes</strong> de plus de 60 ans, mais dont la valorisation<br />
en GIR de leur besoin d’accompagnement, à travers l’utilisation de la grille AGGIR, n’est pas adaptée.<br />
Plusieurs hypothèses :<br />
• adaptation du règlement départemental d’aide sociale ;<br />
• travail conjoint entre le secteur handicap et le secteur <strong>personnes</strong> âgées ;<br />
• utilisation d’outils d’évaluation complémentaires (exemple du Resident assessment instrument - RAI).<br />
L’expérimentation en cours, dans le cadre du plan Alzheimer, de maisons pour l’autonomie et l’intégration <strong>des</strong> mala<strong>des</strong><br />
Alzheimer (MAIA) inclut le choix et le test d’un outil d’évaluation multidimensionnelle pour appréhender les besoins <strong>des</strong><br />
<strong>personnes</strong> âgées dont la situation complexe nécessite une approche globale. Sur dix-sept sites expérimentaux, six ont<br />
retenu le GEVA qui est actuellement utilisé par les gestionnaires de cas.<br />
Par ailleurs, <strong>des</strong> conseils généraux expérimentent la mise en place de maisons départementales de l’autonomie (MDA).<br />
Dans ce cadre, les professionnels <strong>des</strong> MDPH et <strong>des</strong> équipes médico-sociales chargées de l’APA testent « grandeur nature<br />
» une démarche commune d’évaluation <strong>des</strong> situations et <strong>des</strong> besoins <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> en perte d’autonomie quel que<br />
soit leur âge.<br />
Par conséquent, pour accompagner l’évolution <strong>des</strong> pratiques professionnelles, la CNSA a prévu d’élaborer, sur la base du<br />
GEVA et en intégrant les items de la grille AGGIR, une version adaptée aux <strong>personnes</strong> âgées. Ce travail d’adaptation a essentiellement<br />
consisté à étoffer l’identification <strong>des</strong> besoins de santé, à intégrer le système de cotation de la grille AGGIR<br />
au regard <strong>des</strong> items correspondants du volet 6 du GEVA et à retirer les données non pertinentes pour les situations <strong>des</strong><br />
<strong>personnes</strong> âgées (concernant la scolarisation, l’insertion professionnelle, les éléments spécifiques relatifs à l’éligibilité<br />
à la PCH).<br />
Cette version adaptée du GEVA est dénommée « GEVA-A ». 14<br />
L’évaluation menée est-elle pluridisciplinaire ?<br />
Les situations de <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes peuvent être complexes : le surhandicap/le contexte familial…<br />
Exemples de solutions déployées pour contrer cette difficulté :<br />
- question plus globale <strong>des</strong> services d’appui à l’évaluation par exemple régionaux ou départementaux (déficience<br />
sensorielle) et d’accompagnement <strong>des</strong> services existants plus généralistes ;<br />
- recours aux compétences internes <strong>des</strong> équipes <strong>des</strong> établissements et services qui accompagnent au quotidien<br />
les <strong>personnes</strong> (quand l’interdisciplinarité permet de répondre à la complexité) ;<br />
- les 2/3 <strong>des</strong> SAMSAH participent à l’évaluation avec la MDPH, avec une coopération formalisée dans 30%<br />
<strong>des</strong> SAMSAH. 16% <strong>des</strong> SSIAD participent à l’évaluation avec la MDPH 15 .<br />
Quelles modalités de repérage <strong>des</strong> situations les plus à risque en vue d’une évaluation ?<br />
Sur le terrain, les deman<strong>des</strong> conduisant quasi systématiquement à une évaluation complète et pluridisciplinaire <strong>des</strong><br />
besoins de compensation sont le plus souvent les deman<strong>des</strong> de PCH. Or, ces deman<strong>des</strong> ne concernent que 5% <strong>des</strong> deman<strong>des</strong><br />
déposées auprès <strong>des</strong> MDPH 16 .<br />
Pour autant, certaines situations pourraient être considérées comme étant à risque concernant un besoin médico-social<br />
lié au vieillissement de la personne handicapée.<br />
L’exemple le plus fréquemment rencontré est le suivant : situation d’une personne handicapée à domicile<br />
vivant avec un parent lui-même âgé, les deman<strong>des</strong> adressées régulièrement à la MDPH concernent <strong>des</strong><br />
renouvellements de droits mais c’est à l’occasion de l’hospitalisation d’un parent que les équipes sociales<br />
(de l’hôpital ou du secteur) prennent connaissance <strong>des</strong> besoins (non anticipés) de la personne handicapée<br />
vieillissante.<br />
13 Cf. annexe<br />
14 Ces éléments d’analyse sont issus du plan d’action GEVA en cours de finalisation par la CNSA et issu <strong>des</strong> travaux relatifs à l’appropriation du GEVA (axe relatif<br />
aux évolutions du GEVA, plus particulièrement à l’adaptation du GEVA aux <strong>personnes</strong> âgées).<br />
15 Cf. bibliographie : CNSA, Suivi qualitatif du développement <strong>des</strong> services d’accompagnement médico-social pour adultes handicapés : SAMSAH et SSIAD. Situation<br />
en 2007. Premières conclusions <strong>des</strong> travaux. Avril 2008<br />
16 Source : CNSA, direction de la compensation, 2009
Une solution peut consister en l’identification de marqueurs <strong>des</strong> situations à risques pour les MDPH (les simples<br />
deman<strong>des</strong> peuvent parfois cacher <strong>des</strong> situations complexes).<br />
Exemples de marqueurs :<br />
− les deman<strong>des</strong> « simples » de renouvellement de carte d’invalidité ou d’AAH à domicile à partir de 40 ans ;<br />
− les deman<strong>des</strong> formulées après 40 ans par <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> célibataires ou vivant seules ;<br />
− les orientations de <strong>personnes</strong> de plus de 40 ans mises en échec (exemple de la MDPH 49<br />
qui a mis en place un outil de repérage <strong>des</strong> orientations non suivies d’effet) ;<br />
− les orientations de <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> de plus de 60 ans dont le maintien<br />
dans leur établissement n’a pas été possible ; (…)<br />
Quelle évaluation du handicap sensoriel en situation de vieillissement ?<br />
La survenue de déficiences sensorielles chez les <strong>personnes</strong> en situation de handicap (quelle que soit l’origine du handicap)<br />
constitue un point de vigilance compte tenu du surhandicap généré par la déficience sensorielle.<br />
À ce titre les travaux menés à partir de l’enquête handicaps incapacités dépendance 1998 et 1999 (HID) par l’ORS <strong>des</strong><br />
Pays de la Loire montrent que la déclaration de déficiences associées à une déficience sensorielle (qu’elle soit auditive<br />
ou visuelle) augmente avec l’âge<br />
En établissement, ou à domicile, cette question de l’accès au dépistage est à mettre en lien avec celle de l’accès aux<br />
soins <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> à tout âge (démarche préventive générale) et lors du vieillissement (prévention<br />
particulière <strong>des</strong> risques liés au vieillissement).<br />
Illustrations de la problématique de la convergence entre les dispositifs <strong>personnes</strong> âgées et <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> en<br />
matière de déficience sensorielle :<br />
- À Angers, la Mutualité française intervient et réalise <strong>des</strong> prestations de réhabilitation auprès de <strong>personnes</strong><br />
<strong>handicapées</strong> quel que soit leur âge. Il s’agit alors de prestations d’accompagnement. L’évaluation, fondamentale<br />
sur ces problématiques, est réalisée en lien avec un centre basse vision et/ou basse audition, ce qui<br />
nécessite une articulation étroite entre les dispositifs sanitaires et médico-sociaux.<br />
- L’ARRADV, à Marseille, est un SAMSAH qui intervient auprès de <strong>personnes</strong> déficientes visuelles quel que<br />
soit leur âge. Un travail de modélisation est actuellement en cours (une convention avec la CNSA a été<br />
signée) afin d’identifier et de formaliser les conditions nécessaires à une possible reproductibilité d’un tel<br />
dispositif (à <strong>des</strong>tination <strong>des</strong> promoteurs et <strong>des</strong> financeurs).<br />
- La fiche action 1.3.2 du schéma national d’organisation sociale et médico-sociale pour les handicaps rares<br />
(http://www.cnsa.fr/IMG/pdf/CNSA_Schema-national-Handicap-rare-2.pdf) prévoit de « réaliser <strong>des</strong> recherches<br />
actions associant les centres de ressources nationaux handicaps rares et les EHPAD pour caractériser<br />
les conditions de transfert <strong>des</strong> connaissances sur le handicap rare aux combinaisons de handicaps<br />
sensoriels aux polypathologies du grand âge : il s’agit en effet de pouvoir transférer les connaissances sur<br />
les combinaisons de déficiences sensorielles (surdicécité) ou déficiences de la communication vers les polypathologies<br />
du grand âge.<br />
1-3/ 3 e étape : L’orientation <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes<br />
Pour la population handicapée, l’orientation est un élément fondamental du « parcours », que la personne soit accompagnée<br />
en établissement médico-social ou, à domicile, par un service de type SAVS ou SAMSAH. L’orientation vient aussi<br />
s’inscrire dans une logique d’identification, de connaissance <strong>des</strong> besoins.<br />
Seul le SSIAD (service médico-social) ne fera pas l’objet d’une orientation mais d’une prescription.<br />
Dès lors qu’un SSIAD est présent sur le territoire de référence, il s’avère intéressant de procéder, dans le cadre du<br />
diagnostic <strong>des</strong> ressources, au repérage <strong>des</strong> médecins généralistes ayant procédé à <strong>des</strong> prescriptions de SSIAD. Le<br />
levier de la prescription pourra en effet être utilisé de manière complémentaire à celui de l’orientation<br />
Aide à l’adaptation et à la planification de l’offre médico-sociale en faveur <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes – CNSA – Octobre 2010 27
28<br />
1 er principe de l’orientation : dépasser les limites dues au cloisonnement <strong>des</strong> secteurs et aux barrières<br />
administratives liées à l’âge<br />
L’âge de 60 ans, on l’a vu, est à la fois acquisitif de nouveaux droits mais est aussi une barrière au-delà de laquelle le droit<br />
<strong>des</strong> <strong>personnes</strong> âgées s’applique (Cf. annexe relative aux droits et prestations <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> après 60 ans).<br />
Certaines questions peuvent se poser :<br />
• Est-il possible de maintenir une personne handicapée au-delà de 60 ans dans un établissement ou un service ?<br />
Une réorientation est-elle nécessaire ?<br />
• Une circulaire du 21 juillet 2006 demande aux préfets de prévoir la possibilité du maintien après l’âge de 60 ans<br />
et encourage les conseils généraux à le faire.<br />
• Les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> peuvent-elles être orientées en EHPAD par les CDAPH ?<br />
• Comment résoudre la difficulté liée à l’orientation <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> de plus de 60 ans dans <strong>des</strong> établissements<br />
pour <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> ? Pas de difficulté quand ces <strong>personnes</strong> ont eu un « passé institutionnel<br />
» au sein du champ <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>, mais les obstacles apparaissent dès lors qu’elles n’ont pas eu ce<br />
passé institutionnel ou que ces <strong>personnes</strong> ont d’abord été orientées en EHPAD. (…)<br />
Propositions formulées par le groupe de travail<br />
• Évolution <strong>des</strong> règlements départementaux d’aide sociale : dispositions relatives à l’âge, dispositions relatives à<br />
la sortie <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> adultes vers de nouvelles structures pour adultes (logique de parcours) ;<br />
• Les CDAPH pourraient se prononcer plus systématiquement (mais pas orienter) sur la pertinence du placement<br />
d’une personne handicapée vieillissante vers les services pour <strong>personnes</strong> âgées (EHPAD ou autres) ; en tout<br />
état de cause elles devraient systématiquement envisager ces orientations comme possibles au-delà de 60 ans,<br />
en lien avec les deman<strong>des</strong> <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> voire de leurs familles.<br />
2 e principe : envisager l’orientation comme un moyen de sécuriser les parcours<br />
La préparation de toute évolution du projet personnalisé (quelle que soit cette évolution : changement d’établissement,<br />
retour au domicile, maintien à domicile avec un accompagnement supplémentaire…) est une <strong>des</strong> clés de la réussite d’une<br />
nouvelle orientation.<br />
Les exigences qui se posent :<br />
• Une orientation préparée en amont avec la personne, son entourage, l’établissement ou le service qui l’accompagne<br />
(le dispositif d’observation permet de mettre en place cette phase de préparation).<br />
• La nécessaire prise en compte du projet individuel, <strong>des</strong> besoins et attentes de l’usager et <strong>des</strong> familles le cas<br />
échéant, qui fait envisager les solutions d’abord au regard <strong>des</strong> besoins.<br />
À ce titre, l’ANCREAI évoque la nécessité d’approfondir les connaissances liées aux capacités <strong>des</strong> équipes à<br />
recueillir la parole <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> avec de fortes limitations en matière de communication et cela quel que soit<br />
le type de handicap.<br />
• Une certaine souplesse <strong>des</strong> orientations, qui permet d’envisager un parcours sécurisé, au plus juste <strong>des</strong> besoins de<br />
la personne.<br />
Certaines difficultés, liées aux limites du système face aux situations de vieillissement, peuvent alors surgir :<br />
• Certaines orientations multiples et leur cohérence : les foyers d’hébergement doivent-ils être obligatoirement<br />
dédiés à l’accueil <strong>des</strong> travailleurs handicapés (notamment en ESAT) ?<br />
• Certaines prises en charge conjointes peuvent-elles être mises en œuvre ? (l’exemple du SAVS intervenant en EHPAD<br />
est souligné, avec la limite juridique et financière liée à la possibilité offerte par certains règlements départementaux<br />
d’aide sociale de doubles prises en charge). Cette problématique renvoie en tout état de cause à la<br />
question du contenu de service et aux moyens d’accompagnement identifiés pour ce contenu de service, que ces<br />
moyens soient situés à domicile ou en établissement.<br />
Ces points sont à discuter en lien avec les solutions à envisager et l’évolution <strong>des</strong> règlements départementaux d’aide<br />
sociale.
2/ Les enjeux d’adaptation <strong>des</strong> projets d’accompagnement individuels<br />
et <strong>des</strong> projets institutionnels face au vieillissement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong><br />
L’objectif est, via l’observation, d’identifier les manifestations, les conséquences du vieillissement, qui font évoluer les<br />
besoins et commandent une évolution <strong>des</strong> réponses. Cette 2 e étape, qui s’adresse aux professionnels et promoteurs, a<br />
vocation de leur permettre d’interroger les compétences, les pratiques, les organisations afin de les faire évoluer conformément<br />
aux besoins identifiés.<br />
La finalité de l’accompagnement, dans le cadre du processus d’aide à l’autonomie promu par les lois du 2 janvier 2002 et<br />
du 11 février 2005, est la participation de la personne handicapée à la vie en société. L’objectif est alors de pointer, parmi<br />
les modalités de l’accompagnement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>, les facteurs à prendre en compte dans la construction ou<br />
l’adaptation <strong>des</strong> réponses à apporter aux <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes (ensemble <strong>des</strong> stratégies de prévention<br />
<strong>des</strong> risques liés au vieillissement, <strong>des</strong> actions sur les conséquences du vieillissement).<br />
Quelles sont les spécificités de l’accompagnement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes, les points de vigilance identifiés<br />
?<br />
2-1/ Prise en compte <strong>des</strong> besoins liés aux évolutions du projet de vie<br />
<strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes<br />
Alors que la définition du projet de vie est conçue comme un socle de l’accompagnement médico-social, les évolutions<br />
liées le cas échéant au vieillissement de la personne génèrent une évolution <strong>des</strong> besoins. Plusieurs manifestations de<br />
ces besoins ont pu être mises en avant par les membres du groupe de travail et par les différentes étu<strong>des</strong> recensées sur<br />
le sujet.<br />
Les mo<strong>des</strong> de vie<br />
Quelles évolutions du mode de vie sont susceptibles de faire évoluer le projet d’accompagnement ?<br />
• Évolution du rythme.<br />
• Tenir compte du fait que le vieillissement n’est pas forcément une régression ; il peut s’exprimer par un besoin<br />
de changement, de repos, d’adaptation de l’accompagnement.<br />
• Pas nécessairement plus de technicité mais davantage de temps pour l’aide à la réalisation <strong>des</strong> actes.<br />
• Évolution de la dépendance.<br />
• Multiplication du nombre d’interventions nécessaires et également multiplication du type d’interventions nécessaires.<br />
Le maintien de l’autonomie<br />
Quel impact du passage d’un projet de vie essentiellement centré sur le maintien <strong>des</strong> acquis voire le développement <strong>des</strong><br />
acquisitions à un projet de vie centré sur le maintien de l’autonomie ?<br />
• Évolution <strong>des</strong> attentes <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> et capacité <strong>des</strong> intervenants à recueillir ces attentes.<br />
• Équilibre à trouver entre le maintien <strong>des</strong> acquis (projet éducatif), le développement de compétences (projet rééducatif)<br />
et le repos dans le cadre de ce qui pourrait être une retraite (projet d’animation, par exemple).<br />
• Équilibre entre les activités collectives et les accompagnements individuels.<br />
Une dimension de l’autonomie : la mobilité<br />
Quel impact d’une baisse de la mobilité ?<br />
• Dégradation éventuelle de l’autonomie dans les transferts, les déplacements.<br />
• Prise de conscience <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> à ce sujet.<br />
• Travailler sur l’acceptation.<br />
• Travailler sur les postures (<strong>personnes</strong> elles-mêmes et professionnels).<br />
Aide à l’adaptation et à la planification de l’offre médico-sociale en faveur <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes – CNSA – Octobre 2010 29
30<br />
La santé<br />
Quel accès à la prévention et aux soins <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> accompagnées, accueillies ?<br />
• Quel accès à la prévention :<br />
- Prévention <strong>des</strong> risques liés à la nutrition ?<br />
- Prévention de certaines pathologies ? Maladies cardio-vasculaires, cancer…<br />
- Prévention relative aux pratiques sexuelles ?<br />
- Prévention et réduction <strong>des</strong> addictions ?<br />
• Quel accès au diagnostic ? (santé mentale, consultations mémoire…)<br />
• Quel accès aux soins de premier recours ? généraliste, gynécologues, dentistes ?<br />
17 • Quel accès aux soins spécialisés et aux expertises spécifiques ? ORL ?<br />
Quel état de santé <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> accompagnées, accueillies ?<br />
Indicateurs de santé :<br />
• Présence de pathologies et leur aggravation liée à l’âge.<br />
• Santé mentale.<br />
• Obésité.<br />
• Surdité.<br />
• Acuité visuelle (…)<br />
Évolution <strong>des</strong> problèmes de santé : quelles évolutions de l’état de santé surviennent du fait du vieillissement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong><br />
?<br />
• Les problèmes de santé physique sont plus fréquents (chez une même personne, dans un groupe de <strong>personnes</strong>).<br />
• Les problèmes de santé physique se cumulent plus fréquemment.<br />
• Les problèmes de santé physique sont en aggravation.<br />
• Survenue de pathologies psychiatriques et évolution <strong>des</strong> symptômes psychiatriques quand ils préexistaient.<br />
• Détérioration <strong>des</strong> capacités cognitives.<br />
• Problèmes de caractère et de comportement.<br />
Évolution du besoin d’accès aux soins : quels besoins de soins pour les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes ?<br />
• Vieillissement dû au problème plus général de l’accès aux soins et au suivi médical.<br />
• Augmentation du nombre de types de soins par personne.<br />
• Augmentation du nombre de <strong>personnes</strong> concernées par les soins.<br />
• Alourdissement de la charge en soins (alitements, soins infirmiers, hospitalisations ou suivi psychiatriques).<br />
• Le vieillissement en santé :<br />
- exigence d’une amélioration <strong>des</strong> conditions d’accès aux soins (car les besoins en santé, comme en population<br />
générale, augmentent) ;<br />
- exigence accrue de favoriser l’expression et la prise en compte du consentement aux soins (car les besoins<br />
en santé augmentent) ;<br />
- et donc une certaine éthique de l’accès aux soins.<br />
Médicalisation<br />
Au niveau individuel, la médicalisation doit être envisagée comme une évolution du projet de vie :<br />
• Le projet médical est l’un <strong>des</strong> volets du projet de vie de la personne.<br />
• Il doit être préparé / concerté / partagé.<br />
• Il doit être en lien direct avec l’expression <strong>des</strong> besoins/l’évaluation <strong>des</strong> besoins.<br />
Une grille d’aide à l’identification <strong>des</strong> besoins de médicalisation est en cours de réalisation par la CNSA, en<br />
lien avec les travaux <strong>des</strong> ARS sur le PRS.<br />
17 Exemple de l’enquête réalisée par le Dr Bénédicte de Fréminville en annexe
L’activité professionnelle<br />
Sur le sujet de l’activité professionnelle et <strong>des</strong> conséquences du vieillissement <strong>des</strong> travailleurs handicapés en ESAT, la<br />
CNSA renvoie à l’étude réalisée par le CLEIRPPA, Vieillissement et cessation d’activité <strong>des</strong> travailleurs handicapés en<br />
ESAT, Recherche Action financée par AGRICA – retraite et prévoyance, CHORUM, MSA – santé, famille, retraite, services,<br />
Octobre 2006 et à la recherche en cours Chorum/MSA sur la préparation à la retraite <strong>des</strong> travailleurs d’ESAT.<br />
En effet, les questionnements structurants du sujet y ont été posés, notamment autour <strong>des</strong> sujets suivants :<br />
• Quels aménagements du poste de travail ?<br />
• Quels aménagements du temps de travail ?<br />
• Quels aménagements <strong>des</strong> temps libérés ?<br />
• Vers une cessation progressive d’activité ?<br />
• Comment préparer la cessation définitive de l’activité ?<br />
Autre outil : recueil de bonnes pratiques, accompagnement de l’avancée en âge <strong>des</strong> travailleurs handicapés en ESAT (Cf. bibliographie).<br />
La fin de vie<br />
L’accompagnement de la fin de vie et les soins palliatifs sont un sujet qui a émergé en population générale il y a quelques<br />
années.<br />
De la même manière, les modalités de cet accompagnement et leur retentissement auprès <strong>des</strong> <strong>personnes</strong>, de leur environnement,<br />
<strong>des</strong> professionnels, en matière d’organisation… doivent prendre place dans l’ensemble <strong>des</strong> structures accueillant<br />
ou accompagnant <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes en abordant avec les <strong>personnes</strong> la question de la<br />
fin de vie :<br />
• leurs souhaits à ce sujet ;<br />
• le travail avec la famille ;<br />
• la question de la fin de vie à domicile ;<br />
• le rôle <strong>des</strong> équipes mobiles.<br />
2-2/ Prise en compte et compréhension par les professionnels <strong>des</strong> risques et évolutions du vieillissement<br />
La pluridisciplinarité <strong>des</strong> professionnels est-elle opérationnelle et se concrétise-t-elle par <strong>des</strong> approches croisées ?<br />
Qu’il s’agisse de l’observation ou de l’accompagnement de l’évolution du projet de vie, le croisement <strong>des</strong> compétences,<br />
<strong>des</strong> savoirs, <strong>des</strong> savoir-faire a été mis en avant systématiquement au cours de ces travaux.<br />
Des exemples d’échanges entre professionnels du dispositif <strong>personnes</strong> âgées et du dispositif <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong><br />
ont été mis en avant :<br />
Exemple de l’organisation d’échanges croisés de personnels entre un centre hospitalier et <strong>des</strong> établissements<br />
médico-sociaux (CREAI de Limoges).<br />
Par ailleurs, la richesse de la pluridisciplinarité d’intervenants est également pointée.<br />
Exemple au centre départemental de repos et de soins de Colmar où les professionnels éducatifs et de soins<br />
sont encadrés par un cadre infirmier.<br />
Toutefois, on doit une certaine vigilance aux échanges croisés qui peuvent constituer un « transfert de représentations » :<br />
nécessité de formations pluridisciplinaires et notamment d’appui à <strong>des</strong> travaux de sciences sociales pour réinterroger les<br />
représentations <strong>des</strong> uns et <strong>des</strong> autres notamment sur leur propre champ d’intervention.<br />
Les interventions <strong>des</strong> professionnels sont-elles coordonnées et permettent-elles une continuité <strong>des</strong> accompagnements<br />
dans les parcours de vie ?<br />
Cela renvoie à la question de la coordination entre intervenants dans tout le champ du handicap : la coordination <strong>des</strong> professionnels<br />
de la santé et du médico-social (accès aux soins) et celle <strong>des</strong> professionnels intervenant à différents niveaux<br />
de besoin (hébergement-logement / emploi / santé…), entre le domicile et l’établissement d’hébergement.<br />
Problématique qui croît par l’augmentation <strong>des</strong> besoins d’intervention et donc l’augmentation <strong>des</strong> intervenants avec le<br />
vieillissement.<br />
Aide à l’adaptation et à la planification de l’offre médico-sociale en faveur <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes – CNSA – Octobre 2010 31
32<br />
Les professionnels du champ éducatif sont-ils formés à la problématique du repérage et de l’accompagnement du<br />
vieillissement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> ?<br />
Les professionnels du champ de la gériatrie sont-ils formés à l’accompagnement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> ?<br />
C’est le fil rouge de ces travaux : tout projet adapté d’accompagnement de <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes nécessite<br />
la formation <strong>des</strong> professionnels.<br />
• Formation au repérage <strong>des</strong> effets du vieillissement (Cf. partie relative à l’observation).<br />
• Formation à l’accompagnement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> dont les besoins évoluent (pour les professionnels<br />
éducatifs, cela nécessite de questionner les référentiels professionnels fondés sur « la construction » d’un projet<br />
éducatif).<br />
• Formation <strong>des</strong> équipes d’intervenants en gériatrie à l’approche du handicap (en effet, si le vieillissement <strong>des</strong><br />
<strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> est un processus qui s’inscrit dans une dimension démographique normale, l’approche<br />
du handicap nécessite <strong>des</strong> compétences particulières et spécifiques).<br />
• Formation à la gestion <strong>des</strong> situations de fin de vie.<br />
Une vigilance collective est-elle assurée par les professionnels en contact quotidien avec les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> ?<br />
• Importance de l’observation par les professionnels (Cf. première sous-partie).<br />
• Rôle de l’ensemble <strong>des</strong> professionnels à valoriser : AMP, ASH (et donc à former, Cf. ci-<strong>des</strong>sus).<br />
Situation en établissement : la durée de séjour <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> accueillies est-elle une donnée prise en compte dans la<br />
construction du projet d’accompagnement ?<br />
Point de vigilance : la date de création <strong>des</strong> établissements et le retentissement<br />
• Sur les <strong>personnes</strong> accompagnées<br />
Pyramide <strong>des</strong> âges plus élevée <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> accompagnées.<br />
Phénomène d’habitude voire, poussé à l’extrême, d’ennui.<br />
- vigilance sur l’observation, l’évaluation ;<br />
- vigilance sur la formulation et l’aide à la formulation <strong>des</strong> besoins et attentes ;<br />
- vigilance sur le renouvellement <strong>des</strong> projets.<br />
• Sur l’organisation et le fonctionnement de la structure<br />
Date du premier projet d’établissement et modalités de sa révision et de son évolution<br />
Organigramme et compétences présentes<br />
- questionnement relatif à l’adéquation entre l’organisation (organigramme, compétences, plannings, organisation<br />
<strong>des</strong> activités…) et les besoins <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> ;<br />
- questionnement <strong>des</strong> pratiques.<br />
• Sur le personnel<br />
Pyramide <strong>des</strong> âges <strong>des</strong> équipes.<br />
Risque d’épuisement.<br />
Risque de fréquent renouvellement <strong>des</strong> équipes.<br />
Risque lié à l’absence d’une pratique régulière de l’observation <strong>des</strong> signes du vieillissement (Cf. partie relative à l’importance<br />
de l’observation).<br />
2-3/ Prise en compte <strong>des</strong> environnements<br />
Les aidants, l’architecture… les environnements sont ici envisagés au sens large et il s’agit de pointer les éléments indispensables,<br />
complémentaires aux accompagnements au sens strict, à prendre en compte pour la prévention <strong>des</strong> risques<br />
liés au vieillissement.<br />
Pour paraphraser le professeur Alain Franco, « vieillir chez soi » est un <strong>des</strong> paradigmes de la politique française du<br />
vieillissement mise en place par Pierre Laroque.<br />
Le paramètre de l’environnement est un enjeu fondamental de la prévention <strong>des</strong> risques liés au vieillissement, dont un <strong>des</strong><br />
premiers risques est celui d’un « changement d’environnement » rendu nécessaire mais non souhaité par la personne.<br />
Ce paramètre de l’environnement est donc très largement envisagé en lien avec le « maintien à domicile » (au sens large) :<br />
agir sur l’environnement pour prévenir les risques liés au vieillissement. Il s’agit également d’envisager les nécessaires<br />
adaptations de l’environnement dans la stratégie d’accompagnement du vieillissement de la personne handicapée.
2-3-1/ Le vieillissement <strong>des</strong> aidants<br />
Le repérage <strong>des</strong> familles où vieillissent parents et enfants est-il réalisé ?<br />
Le repérage <strong>des</strong> familles avec enfants vieillissants et parents âgés constitue l’un <strong>des</strong> axes importants de l’effort d’observation<br />
à porter.<br />
- Exemple <strong>des</strong> « réseaux de vigilance » en Vendée.<br />
- Équipes APA qui aident déjà les parents et qui partagent les informations avec l’équipe pluridisciplinaire<br />
MDPH.<br />
- Assistante sociale de polyvalence de secteur.<br />
- Réseau informel <strong>des</strong> aidants à domicile <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> âgées.<br />
Il faut rendre possible la capacité d’alerte et décloisonner les secteurs <strong>personnes</strong> âgées et <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>.<br />
La famille comme lieu de dépendance mutuelle : dans quelles conditions se fait le maintien à domicile <strong>des</strong> parents âgés<br />
et de leur enfant handicapé vieillissant ?<br />
Quand l’enfant handicapé vieillissant permet de favoriser le maintien à domicile de parents âgés…<br />
Le vieillissement d’une personne handicapée entourée de deux <strong>personnes</strong> qui sont elles-mêmes vieillissantes peut être<br />
un « accélérateur » du vieillissement.<br />
• Les MDPH éprouvent <strong>des</strong> difficultés à aller au-delà de la demande de la famille quand celle-ci n’est pas demandeuse<br />
de prise en charge.<br />
• Image du vieillissement de son propre enfant.<br />
Quelles sont les pistes de solutions à mettre en œuvre ?<br />
• Mise en place de moyens d’accompagnement <strong>des</strong> aidants.<br />
• Préparation du vieillissement.<br />
• Préparation de l’entrée en établissement (quand l’institutionnalisation peut être vécue comme un progrès, avec<br />
de nouvelles stimulations…).<br />
• Favoriser l’intervention de services prestataires (faire entrer un tiers dans un groupe familial, qui pourra avoir<br />
un rôle d’observateur).<br />
18 • Solutions d’accueil temporaire (également, comme moyen de préparer à une entrée en établissement, tant<br />
pour la personne que pour sa famille, ce qui procure également du temps de répit pour les deux parties).<br />
• Promotion d’une coordination <strong>des</strong> professionnels : par l’intervention <strong>des</strong> SAD ou l’évaluation par l’équipe<br />
médico-sociale APA pour les parents ; possibilité de repérer les situations d’adulte handicapé vieillissant (formation<br />
<strong>des</strong> professionnels, lien avec la polyvalence de secteur…)<br />
L’ANCREAI précise qu’il serait intéressant de mener une étude sur les « placements en urgence » en établissement<br />
de <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes vivant à domicile avec leurs parents, lors de l’hospitalisation<br />
ou du décès du parent : comment en arrive-t-on à cette situation, pourquoi les familles n’agissent-elles pas en<br />
amont (cela n’est pas qu’un manque d’information, est-ce une défaillance <strong>des</strong> institutions ?)<br />
L’environnement « naturel » et le maintien à domicile comme source d’autonomie : les modalités propres à favoriser le<br />
maintien à domicile sont-elles en place ?<br />
• Agir sur l’autonomie <strong>des</strong> aidants : formation <strong>des</strong> aidants (avec le problème de leur vieillissement).<br />
• Aider/former les conjoints, handicapés ou pas (jouer sur l’acceptation).<br />
• Maintenir la relation aidants/aidés.<br />
• Maintenir à domicile le plus longtemps possible, dans la limite du souhait de la personne et de ses besoins,<br />
évalués par une équipe pluridisciplinaire<br />
18 Cf. les travaux engagés par la CNSA en octobre 2010 avec <strong>des</strong> ateliers pratiques sur les conditions de développement de l’hébergement<br />
temporaire pour <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> et pour <strong>personnes</strong> en perte d’autonomie.<br />
Aide à l’adaptation et à la planification de l’offre médico-sociale en faveur <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes – CNSA – Octobre 2010 33
34<br />
Une vigilance est-elle exercée sur l’environnement comme déterminant de l’institutionnalisation ?<br />
Comme pour les <strong>personnes</strong> âgées, c’est l’évolution du contexte social qui peut être déterminante d’une évolution du<br />
besoin (d’une institutionnalisation devenue urgente, si elle n’a pas été préparée, de l’intervention d’un service devenue<br />
nécessaire…)<br />
Vigilances :<br />
• L’isolement.<br />
• Le contexte économique et social familial (exemple : quand l’AAH est la seule source de revenu).<br />
• Le problème de l’absence de coordination : le repérage de tous les services qui existent et interviennent ainsi<br />
que de celui qui coordonne.<br />
• Le vieillissement <strong>des</strong> parents.<br />
L’environnement institutionnel permet-il la continuité de l’accompagnement de la personne handicapée qui entre dans le<br />
vieillissement ?<br />
L’exemple du foyer d’hébergement : lorsque les travailleurs handicapés vieillissants ne peuvent plus travailler, ou<br />
plus à temps plein, en ESAT comment traiter le maintien en foyer d’hébergement -ou non - avec quelles incidences<br />
(organisation…) ?<br />
Cette question renvoie à celle de l’orientation et au nécessaire décloisonnement <strong>des</strong> orientations, tout en tenant compte<br />
<strong>des</strong> contraintes administratives liées aux conditions d’orientation.<br />
L’exemple du foyer occupationnel : lorsque la santé de <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> accueillies se dégrade, la question se<br />
pose du changement d’établissement ou d’une certaine médicalisation de l’établissement. La médicalisation s’entend ici<br />
comme un moyen de maintenir les <strong>personnes</strong> au sein de l’établissement tout en garantissant un niveau d’accès aux soins<br />
adapté à leur situation, l’accès aux soins de droit commun n’étant plus suffisant. Quelles sont les conditions de faisabilité<br />
(adaptation du projet, <strong>des</strong> locaux, disponibilité de la ressource humaine…) et les modalités de réalisation (pertinence et<br />
contenu du projet, relations avec l’environnement, médicalisation de la structure ou partenariat avec un SSIAD…) ?<br />
2-3-2/ Les besoins <strong>des</strong> aidants<br />
L’aide aux aidants est-elle considérée comme un sujet à part entière de l’accompagnement du vieillissement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong><br />
<strong>handicapées</strong> et <strong>des</strong> modalités du « libre choix » (de vie à domicile) ?<br />
Exemple : transfert de compétences aux aidants.<br />
Mettre en place <strong>des</strong> stratégies d’adaptation pour favoriser le maintien de l’autonomie (quand une déficience<br />
sensorielle s’installe par exemple).<br />
La question de la protection juridique <strong>des</strong> majeurs est-elle abordée et selon quelles modalités ?<br />
Le vieillissement pose la question <strong>des</strong> conditions de mise en œuvre ou d’évolution d’un certain niveau de protection<br />
juridique et ce, à double titre :<br />
• avec le vieillissement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>, augmentation du nombre <strong>des</strong> situations où la protection est<br />
nécessaire ;<br />
• avec le vieillissement <strong>des</strong> aidants, disparition <strong>des</strong> tuteurs ou curateurs familiaux (exemple du travail réalisé<br />
auprès <strong>des</strong> fratries par l’UNAPEI19 ).<br />
2-3-3/ L’adaptation de l’environnement physique au vieillissement<br />
Pour la construction de nouvelles structures : les locaux sont-ils adaptables et prennent-ils en compte les perspectives<br />
d’évolution du projet d’accompagnement ?<br />
• Modularité.<br />
• Polyvalence.<br />
• Envisager l’architecture au regard de l’évolution possible de la situation <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> accueillies.<br />
• Envisager la structure non pas pour 15 ans (durée de l’autorisation) mais pour 30 ans ou plus.<br />
19 Cf. bibliographie<br />
Exemple : Prix Architecture remis par la CNSA « prix autonomie & lieux de vie collectifs », mention <strong>personnes</strong><br />
<strong>handicapées</strong> vieillissantes du CCAH.
Pour l’adaptation de structures déjà existantes : les locaux sont-ils adaptables ? Quelle est la limite posée à<br />
l’adaptabilité d’un projet ?<br />
• Même question que pour la médicalisation.<br />
• Interroger les limites : le projet est-il adapté au public ?<br />
• Ses contraintes permettront-elles qu’il le soit jamais ?<br />
Les questions systématiques :<br />
• Quel compromis économique est envisageable ?<br />
Exemple : coût de la domotisation.<br />
• Mêmes questionnements que dans le champ de la gérontologie :<br />
Taille <strong>des</strong> chambres, plain-pied, repères visuels, poids du collectif et de l’intimité, taille <strong>des</strong> unités ?<br />
• Ancrer le vieillissement dans la réflexion sur le projet.<br />
Associer l’ergothérapeute à la réflexion.<br />
• À domicile.<br />
- Difficulté d’adapter l’aménagement du domicile.<br />
- Importance de l’information (pas toujours disponible et lisible).<br />
- Prendre en compte les besoins <strong>des</strong> aidants.<br />
- Question de la solvabilisation.<br />
Exemples de bonnes pratiques :<br />
- Promotion d’initiatives locales (exemple : label « un habitat facile à vivre »).<br />
- Prix architecture CNSA mention <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes du CCAH.<br />
- Conventions MDPH bailleurs sociaux.<br />
- Formation <strong>des</strong> artisans.<br />
2-4/ La nécessaire adaptation du projet d’établissement ou de service<br />
Dans quelle mesure le projet d’établissement ou de service prend-il en compte les données relatives aux besoins <strong>des</strong><br />
<strong>personnes</strong>, aux exigences d’évolution <strong>des</strong> pratiques, aux besoins <strong>des</strong> aidants et aux contraintes environnementales ?<br />
• Les objectifs de l’accompagnement ont-ils évolué conformément aux besoins identifiés, aux contraintes présentes ?<br />
• L’organisation de l’accompagnement permet-elle de garantir l’adéquation aux besoins ?<br />
• Les limites de l’adaptation du projet ont-elles été identifiées ?<br />
Identifier le seuil / la limite où l’établissement ne peut plus adapter son projet de vie : la tension devient alors<br />
trop forte.<br />
Exemples :<br />
- Projet architectural<br />
Tension liée au coût / hypothèses de coûts-avantages et impact de la solution choisie (adéquation du projet<br />
aux <strong>personnes</strong> accueillies…).<br />
- Projet d’établissement<br />
Tension liée au risque de filière (coûts-avantages de maintenir les <strong>personnes</strong> en faisant évoluer le projet ou,<br />
au contraire, de casser la filière pour conserver la spécificité er les compétences de l’établissement).<br />
Tension liée au besoin de formation <strong>des</strong> professionnels.<br />
Le projet de soins et la médicalisation sont-ils envisagés comme <strong>des</strong> déclinaisons du projet d’établissement nécessitant<br />
une approche <strong>des</strong> besoins, <strong>des</strong> ressources et <strong>des</strong> contraintes ?<br />
L’évaluation et l’observation conduiront à l’identification d’un niveau de médicalisation requis.<br />
La médicalisation, au niveau collectif, doit être conçue comme une évolution du projet d’établissement ou de service :<br />
• vigilance quant à la préparation <strong>des</strong> structures.<br />
- Interrogation du niveau de médicalisation requis et <strong>des</strong> risques (inadaptation, faisabilité matérielle, organisationnelle…).<br />
- Interrogation <strong>des</strong> modalités nouvelles d’organisation (organigramme, temps de travail, travail en équipe…).<br />
Aide à l’adaptation et à la planification de l’offre médico-sociale en faveur <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes – CNSA – Octobre 2010 35
36<br />
• vigilance quant à la préparation <strong>des</strong> équipes (évolution de l’organigramme, formation <strong>des</strong> personnels).<br />
• vigilance quant aux modalités de la médicalisation.<br />
- Mesure et hiérarchisation <strong>des</strong> besoins en santé : besoin de droit commun, spécialisé, adapté.<br />
- Identification <strong>des</strong> compétences requises (coordination <strong>des</strong> soins, réalisation de soins spécialisés, voire<br />
adaptés…).<br />
- Identification du type de soins : Un référentiel de mesure du niveau de médicalisation requis devrait être<br />
nécessaire, intégrant les limites de la médicalisation (Cf. dernière partie relative au choix de réponse) 20<br />
Le projet de fin de vie a-t-il été pris en compte dans l’évolution du projet d’établissement ou de service ?<br />
Importance du changement pour les <strong>personnes</strong>, pour les professionnels, pour les familles (Cf. paragraphe relatif au maintien<br />
de l’autonomie).<br />
• Ce volet contient bien évidemment un aspect médical (en lien avec la problématique <strong>des</strong> soins palliatifs) mais pas<br />
seulement.<br />
• Les articles L311-8 et D311-38 prévoient que tout projet d’établissement ou de service identifie les modalités de<br />
dispensation de soins palliatifs (formation <strong>des</strong> personnels, coopérations, réseaux).<br />
• Besoin de définition <strong>des</strong> moyens de l’autodétermination en matière de fin de vie <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong><br />
(notamment mentales).<br />
• Le volet formation <strong>des</strong> personnels est prépondérant.<br />
• La prise en compte de l’environnement familial.<br />
• La formalisation et la collégialité <strong>des</strong> décisions.<br />
• La formalisation <strong>des</strong> relations avec les structures hospitalières de soins palliatifs (Cf. éviter les décès aux urgences<br />
sans accompagnement).<br />
• Les relations avec les autres services et établissements médico-sociaux sur le sujet (SSIAD ?).<br />
• L’intervention d’équipes mobiles de soins palliatifs.<br />
La phase de préparation <strong>des</strong> évolutions du projet de vie liées au vieillissement est-elle prise en compte ?<br />
• Tenir compte de la situation antérieure de la personne handicapée vieillissante (notion de parcours) : le projet<br />
est différent suivant que la personne est pour la première fois accueillie dans une institution, est maintenue<br />
dans son institution ou change d’institution.<br />
• La personne prend la décision ou y est associée.<br />
• Le libre choix nécessite d’adapter les explications.<br />
• Quel que soit le choix il faut respecter les temps (explication, compréhension, appropriation, préparation).<br />
• Prévoir <strong>des</strong> stages, <strong>des</strong> pério<strong>des</strong> d’essai.<br />
• Envisager l’accueil temporaire comme modalité de préparation…<br />
20 Audition publique de la HAS- l’accès aux soins <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>. Cf. bibliographie
III. La construction et le choix <strong>des</strong> réponses<br />
médico-sociales adaptées aux <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong><br />
vieillissantes : traduction collective <strong>des</strong> besoins<br />
et questionnement <strong>des</strong> organisations<br />
L’identification <strong>des</strong> besoins individuels <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> nécessite la mise en place d’une observation systématique par les<br />
différents acteurs du champ médico-social (Cf. partie II).<br />
Pour autant, cette approche doit être complétée avec une démarche méthodologique de traduction collective <strong>des</strong> besoins,<br />
et ce afin de déboucher sur une construction collective <strong>des</strong> réponses.<br />
Cette phase de la construction <strong>des</strong> réponses s’inscrit dans une démarche de planification dont les différentes étapes<br />
peuvent être :<br />
• l’identification collective <strong>des</strong> besoins<br />
• le questionnement collectif <strong>des</strong> organisations<br />
Ces deux étapes permettront in fine d’identifier l’adéquation ou les inadéquations <strong>des</strong> réponses aux besoins.<br />
1/ L’identification collective <strong>des</strong> besoins <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes :<br />
un diagnostic <strong>des</strong> besoins<br />
Du point de vue collectif, le vieillissement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> a d’ores et déjà <strong>des</strong> conséquences sur l’organisation <strong>des</strong><br />
réponses :<br />
• d’un point de vue territorial : quel est le territoire de référence et quelle logique territoriale de structuration <strong>des</strong><br />
réponses implique-t-il ?<br />
• d’un point de vue quantitatif : quel sera le nombre de <strong>personnes</strong> et le nombre de structures impactées par le vieillissement<br />
?<br />
• d’un point de vue quantitatif et qualitatif : dans quelle mesure les structures seront impactées (activités, ressources<br />
humaines, intégration territoriale…).<br />
Le diagnostic <strong>des</strong> besoins nécessite d’identifier un niveau de territoire pertinent pour l’observation (1-1).<br />
Par ailleurs, d’un point de vue quantitatif, le nombre de <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes sur un territoire constitue<br />
un premier élément d’identification collective <strong>des</strong> besoins (1-2).<br />
Enfin, si l’étape de définition de la notion de vieillissement a permis de mettre en avant l’absence de spécificité du<br />
vieillissement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>, le vieillissement s’inscrivant en effet dans un continuum (en établissement, à<br />
domicile), il génère toutefois une évolution <strong>des</strong> besoins qu’il est nécessaire de qualifier.<br />
En effet, comme on l’a vu, bien que l’âge <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> et par conséquent le nombre de <strong>personnes</strong> soit un premier indicateur<br />
de vigilance (à un niveau individuel comme au niveau collectif), il ne dit rien <strong>des</strong> conséquences du vieillissement<br />
sur ces <strong>personnes</strong> pas plus qu’il ne parle <strong>des</strong> besoins générés par ce vieillissement. Ce sont donc à la fois l’âge mais aussi<br />
d’autres critères qu’il faudra interroger pour connaître le vieillissement :<br />
• La santé <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> ;<br />
• Les conditions de leur accès aux soins ;<br />
• Leur environnement ;<br />
• Leurs conditions de vie…<br />
Ces différents critères doivent donc faire l’objet d’une traduction collective (1-3).<br />
Aide à l’adaptation et à la planification de l’offre médico-sociale en faveur <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes – CNSA – Octobre 2010 37
38<br />
1-1/ Le niveau de territoire pertinent pour l’identification <strong>des</strong> besoins<br />
en vue de la structuration <strong>des</strong> réponses<br />
Il s’agit ici d’identifier le niveau de territoire pertinent en termes de géographie physique et humaine, de contexte socioéconomique,<br />
de dynamique populationnelle.<br />
Le niveau de structuration territoriale requis doit permettre aux planificateurs de sécuriser les parcours de vie<br />
En privilégiant la notion de parcours : chaque situation individuelle correspond à un parcours de vie qui s’inscrit dans un territoire<br />
donné.<br />
En organisant la souplesse <strong>des</strong> filières : chaque orientation est aujourd’hui définitive et implique la perte de la place initialement<br />
occupée.<br />
Le niveau pertinent est un niveau de proximité <strong>des</strong> réponses apportées<br />
Le territoire pertinent pour l’analyse du besoin de la population <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes est celui de<br />
leur mode de vie et d’accompagnement actuel. Cela rejoint la question du parcours.<br />
La sécurisation <strong>des</strong> parcours et <strong>des</strong> filières et la proximité impliquent une approche au plus près <strong>des</strong> lieux de vie actuels<br />
<strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> :<br />
• établissements : zones d’attraction ;<br />
• domicile : zones de proximité <strong>des</strong> services à domicile.<br />
La co-identification <strong>des</strong> territoires est nécessaire avec :<br />
• la MDPH ;<br />
• le réseau <strong>des</strong> intervenants à domicile ;<br />
• les établissements et services médico-sociaux.<br />
Le territoire de la structuration collective <strong>des</strong> réponses est le territoire de proximité (pour le domicile), qui devra<br />
nécessairement être articulé au territoire de santé (pour l’approche par établissements) voire au territoire régional<br />
pour les réponses aux handicaps à plus faible prévalence (comme les réponses à apporter aux problématiques <strong>des</strong><br />
déficiences sensorielles).<br />
1-2/ L’estimation quantitative du besoin : le nombre de <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes<br />
Situer le vieillissement dans un contexte démographique global (sur une échelle territoriale donnée).<br />
Situer le vieillissement dans le contexte démographique de la population connue par la MDPH.<br />
Situer le vieillissement dans le contexte démographique de chaque établissement et service.<br />
Les différentes étu<strong>des</strong> réalisées en région à propos de l’identification <strong>des</strong> populations <strong>handicapées</strong> vieillissantes mettent<br />
en avant la nécessité de s’inscrire dans une logique démographique globale. La réponse médico-sociale adaptée<br />
aux <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes ne peut en effet se distinguer du contexte plus global du vieillissement de<br />
la population.<br />
Par ailleurs, il faut pointer la nécessité de distinguer le vieillissement à domicile du vieillissement en établissement.<br />
Obstacle : les données disponibles à domicile et en établissement<br />
Ce volet est à rapprocher de la question de l’âge et de l’utilisation du critère de l’âge d’un point de vue collectif et statistique.<br />
• En établissements et services<br />
Utilisation de l’Enquête santé (ES) 2006 pour l’âge <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> accueillies ou accompagnées dans les<br />
établissements et services en 1995-2001-2006 et pour l’utilisation <strong>des</strong> données <strong>des</strong> établissements issues<br />
<strong>des</strong> gestions de file active et de population accueillie.<br />
• À domicile<br />
- Données <strong>des</strong> services de type SAVS-SAMSAH (Enquête établissements et services - ES).<br />
- Données <strong>des</strong> MDPH dès lors qu’elles sont disponibles / Indicateur <strong>des</strong> orientations non satisfaites.<br />
- S’appuyer sur la connaissance détenue par la polyvalence de secteur. comme les données <strong>des</strong> services à<br />
domicile qui concernent à la fois les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> (<strong>personnes</strong> elles-mêmes) et les <strong>personnes</strong><br />
âgées (leurs parents)
Ce sujet est à lire en miroir avec les données disponibles (dont l’Enquête établissements et services).<br />
Il est aujourd’hui impossible de connaître de manière exhaustive, à partir <strong>des</strong> données disponibles nationalement, le<br />
nombre de <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes.<br />
Les enquêtes locales qui se sont fondées sur les données disponibles ont montré l’impossibilité de connaître le nombre<br />
de <strong>personnes</strong> concernées.<br />
Une stratégie a minima : l’identification croisée, sur un territoire, d’une population handicapée de plus de 40 ans<br />
• les données MDPH dès lors qu’elles sont disponibles ;<br />
• les données disponibles auprès <strong>des</strong> établissements ;<br />
• les données disponibles auprès <strong>des</strong> services (SAVS-SAMSAH) ;<br />
21 • l es données disponibles auprès <strong>des</strong> établissements psychiatriques (lien à faire avec les hospitalisations au long<br />
cours <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> psychiques) ;<br />
• les données disponibles auprès <strong>des</strong> SAD ;<br />
• les données disponibles auprès de la polyvalence de secteur ;<br />
• les données disponibles auprès <strong>des</strong> équipes APA.<br />
Vigilance à avoir sur la date de création <strong>des</strong> structures (vieillissement de la population dans les structures plus<br />
anciennes)<br />
Ces données pourraient être les suivantes :<br />
- les <strong>personnes</strong> de plus de 40 ans ;<br />
- les orientations <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> à partir de 40 ans ;<br />
- les motifs de sorties d’établissement à partir de 40 ans.<br />
Les indicateurs pertinents :<br />
• places pour 1000 habitants, dont places occupées par <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> de plus de 40 ans et parmi elles, les plus<br />
de 60 ans (source : ES) ;<br />
• file active <strong>des</strong> SSIAD ( source : les SSIAD) ;<br />
• taux d’occupation moyen ( source : les établissements et services) ;<br />
• durée moyenne de séjour, âge moyen et âge médian dans les structures ( source : les établissements et services) ;<br />
• motifs de sortie ( source : ES) ;<br />
• orientation à la sortie ( source : ES).<br />
1-3/ Les données issues de l’observation : exemples d’indicateurs<br />
Tous les acteurs, aux différents niveaux d’intervention qui sont les leurs, doivent mettre en place une observation systématique<br />
et continue. Les différents objets de l’observation constituent autant de possibles indicateurs <strong>des</strong> signes du<br />
vieillissement. Ainsi, les rapports d’activité <strong>des</strong> différents acteurs en charge d’un aspect de l’observation sont susceptibles<br />
d’éclairer le sujet<br />
• Indicateurs de structures<br />
Date de création de l’établissement.<br />
Âge moyen <strong>des</strong> équipes éducatives et d’accompagnement.<br />
Pyramide <strong>des</strong> âges du personnel.<br />
Taux de renouvellement <strong>des</strong> équipes (turn over).<br />
Indicateurs d’usure professionnelle et de burn out (arrêts de travail, parole <strong>des</strong> professionnels, remontée <strong>des</strong> chefs de<br />
service…).<br />
Date du renouvellement du projet institutionnel.<br />
Indicateur de périodicité du renouvellement du projet institutionnel.<br />
Part du suivi médico-infirmier dans le projet institutionnel.<br />
Part du volet accès à la prévention et aux soins dans le projet institutionnel.<br />
21 Cf. travaux en cours de finalisation de la Mission nationale d’appui en santé mentale - MNASM<br />
Aide à l’adaptation et à la planification de l’offre médico-sociale en faveur <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes – CNSA – Octobre 2010 39
40<br />
• Indicateurs de l’isolement<br />
Nombre de <strong>personnes</strong> à domicile isolées.<br />
Nombre de <strong>personnes</strong> sous la protection juridique de leur parent.<br />
Nombre de <strong>personnes</strong> sous la protection juridique d’un frère, d’une sœur.<br />
• Indicateurs liés à l’activité d’accompagnement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong><br />
Mesure du temps passé sur les différents actes liés aux soins quotidiens.<br />
Mesure du nombre d’actes d’accompagnement aux soins quotidiens.<br />
Types de professionnels sollicités.<br />
Mesure de la demande de formation <strong>des</strong> professionnels.<br />
• Indicateurs de perte d’autonomie<br />
Mesures via AGGIR ou GEVA <strong>des</strong> besoins de compensation de la perte d’autonomie <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> là où elles sont accompagnées.<br />
• Indicateurs d’accès aux soins<br />
Nombre de visités chez un généraliste par an et par personne.<br />
Nombre de visites chez un spécialiste par an et par personne.<br />
Indicateur du nombre d’actions de prévention.<br />
Nombre d’actions de prévention collective réalisées.<br />
Nombre d’actions de prévention individuelle réalisées.<br />
• Indicateurs de l’état de santé<br />
Effectifs en ALD (à identifier : cancer…).<br />
Présence de certaines pathologies (épilepsie, troubles mentaux…).<br />
Obésité.<br />
• Indicateurs relatifs à l’emploi <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong><br />
Nombre de <strong>personnes</strong> à temps partiel.<br />
Nombre de <strong>personnes</strong> ayant un poste de travail aménagé.<br />
Nombre de <strong>personnes</strong> en cessation progressive d’activité.<br />
Ces différents indicateurs doivent être complétés et interprétés au regard <strong>des</strong> données quantitatives disponibles.<br />
2/ Le questionnement collectif <strong>des</strong> organisations au regard de leur nécessaire adaptation : un<br />
diagnostic <strong>des</strong> ressources<br />
Une fois les besoins identifiés, les organisations doivent être questionnées sous l’angle de l’adéquation <strong>des</strong> réponses<br />
qu’elles produisent aux besoins identifiés.<br />
2-1/ L’impact collectif du vieillissement sur les ressources existantes<br />
Le repérage <strong>des</strong> capacités d’intervention existantes est une étape incontournable de l’identification de l’impact du<br />
vieillissement sur les ressources.<br />
Un diagnostic exhaustif <strong>des</strong> ressources existantes doit donc être réalisé. L’objectif du cheminement qui est proposé est :<br />
• de privilégier une solution de continuité et de proximité (impact du parcours de la personne) ;<br />
• de privilégier, comme dans le secteur <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> âgées, le principe du libre choix et du maintien à domicile.
Le diagnostic devra permettre de répondre aux questionnements structurants suivants :<br />
L’organisation de la fonction observation-évaluation permet-elle d’identifier les besoins <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> en<br />
établissement et à domicile et d’anticiper sur les besoins à venir ?<br />
• Quelle vigilance auprès de la population handicapée à partir de 40 ans ?<br />
• Quelle détection <strong>des</strong> situations à risques ?<br />
(Cf. deuxième partie du dossier)<br />
L’offre de services à domicile permet-elle de répondre aux situations d’aggravation de la perte d’autonomie ?<br />
• Besoins en santé : SSIAD, offre libérale, HAD ;<br />
• Besoins liés à l’isolement ;<br />
• Besoins liés au vieillissement <strong>des</strong> aidants.<br />
Comment aide-t-on les familles à adapter leur logement pour l’accueil d’une personne handicapée vieillissante ? Comment<br />
favorise-t-on la construction de logements adaptés ?<br />
• Permet de questionner la politique d’habitat, notamment du conseil général.<br />
L’offre en établissement permet-elle de répondre aux besoins de primo-institutionnalisation, au maintien <strong>des</strong> <strong>personnes</strong><br />
<strong>handicapées</strong> vieillissantes (après 40 ans, après 60 ans) ?<br />
• Nombre de places ?<br />
• Quelle adaptation et quelle adaptabilité <strong>des</strong> établissements et <strong>des</strong> projets d’établissements ?<br />
• Quel niveau de formation <strong>des</strong> professionnels ?<br />
• Quel niveau de coopération avec l’offre de soins ambulatoires et l’offre de soins hospitaliers ?<br />
• Quel niveau de médicalisation, nombre de places concernées par la médicalisation ?<br />
L’offre en établissement permet-elle de répondre aux besoins liés aux changements d’institution ?<br />
• Nombre de places adaptées ?<br />
• Quelles modalités de coopération inter-établissements sur la préparation au changement ?<br />
• Quel niveau et quel besoin de médicalisation ?<br />
Ces questionnements peuvent être alimentés par les axes de réflexion suivants :<br />
Quelles sont les ressources disponibles intervenant par niveau de territoire auprès <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes<br />
?<br />
Offre de soins<br />
hospitaliers<br />
Centres basse vision et<br />
basse audition<br />
Centres de réadaptation<br />
fonctionnelle<br />
USLD accueillant<br />
<strong>des</strong> <strong>personnes</strong> de<br />
moins de 60 ans<br />
HAD<br />
Territoire régional ou territoire de santé :<br />
Offre de soins de ville Offre médico-sociale<br />
Consultations<br />
spécialisées<br />
MAS<br />
FAM<br />
ESAT<br />
Hébergement temporaire<br />
pour <strong>personnes</strong><br />
<strong>handicapées</strong>, <strong>personnes</strong><br />
âgées<br />
EHPAD<br />
Offre médico-sociale<br />
hors ARS<br />
Foyers occupationnels/<br />
de vie<br />
Foyers d’hébergement<br />
Foyers logements<br />
EA (milieu ordinaire)<br />
Foyers-logements<br />
Aide à l’adaptation et à la planification de l’offre médico-sociale en faveur <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes – CNSA – Octobre 2010 41<br />
EHPA
42<br />
Offre de soins<br />
hospitaliers<br />
Hôpitaux locaux Médecine libérale<br />
Territoire de proximité :<br />
Offre de soins de ville Offre médico-sociale<br />
Infirmières libérales<br />
Maisons de santé<br />
AJ (<strong>personnes</strong> âgées,<br />
<strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>)<br />
SAMSAH<br />
SSIAD<br />
Offre médico-sociale<br />
hors ARS<br />
Quelle organisation de l’accès aux soins <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> en établissement (population générale, population<br />
à partir de 40 ans) ?<br />
• Accès aux consultations de soins primaires et spécialisées ;<br />
• Conventions avec <strong>des</strong> professionnels libéraux, <strong>des</strong> établissements de santé.<br />
SAVS<br />
Quelle organisation de la vigilance en matière d’accès aux soins <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> suivies à domicile ?<br />
• Personnes accompagnées par les services à domicile : liens avec la polyvalence de secteur, lien avec les équipes<br />
médico-sociales APA.<br />
• Personnes suivies par les services d’accompagnement à la vie sociale et les services d’accompagnement médicosocial<br />
aux adultes handicapés ?<br />
Quelle organisation en matière de coordination <strong>des</strong> interventions ?<br />
• Rôle <strong>des</strong> établissements et services qui accueillent ou accompagnent les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> en matière d’accès<br />
aux soins ?<br />
• Environnement institutionnel <strong>des</strong> établissements et services : conventions de partenariat, réseaux, modalités de coopération.<br />
Les établissements et services ont-ils mis en place une observation continue <strong>des</strong> signes du vieillissement ?<br />
• Quels outils d’observation ?<br />
• Quelle organisation de l’observation (multidisciplinaire ?)<br />
• Quelles modalités de recueil de l’information ?<br />
22 • Utilisation éventuelle du programme Mobiqual ?<br />
Quelle activité <strong>des</strong> structures médico-sociales ?<br />
• Places pour 1000 habitants, dont places occupées par <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> de plus de 40 ans et parmi elles, les plus<br />
de 60 ans (source : ES) ;<br />
• File active <strong>des</strong> SSIAD ( source : les SSIAD) ;<br />
• Taux d’occupation moyen ( source : les établissements et services) ;<br />
• Durée moyenne de séjour, âge moyen et âge médian dans les structures ( source : les établissements et services) ;<br />
• Motifs de sortie ( source : ES ?) ;<br />
• Orientation à la sortie ( source : ES).<br />
Quelles ressources humaines dans ces établissements et services ?<br />
• Taux d’encadrement moyen<br />
- dont en animation,<br />
- dont éducatif,<br />
- dont en soins.<br />
• Quelle formation à l’accompagnement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes ?<br />
22 Le programme MOBIQUAL, mobilisation pour l’amélioration de la qualité <strong>des</strong> pratiques professionnelles en EHPAD, établissements de santé intervenants du<br />
domicile, est développé depuis 2007 par la Société française de gériatrie et de gérontologie. Il a développé <strong>des</strong> outils portant sur la bientraitance, la douleur, la<br />
dépression et les soins palliatifs. Les ARS sont amenées à travailler avec l’équipe Mobiqual afin de faciliter la diffusion <strong>des</strong> outils, sensibiliser les acteurs locaux<br />
et disposer de l’évaluation de l’utilisation <strong>des</strong> kits assurée par Mobiqual.<br />
SAD
Quelle accessibilité et adaptabilité <strong>des</strong> locaux ?<br />
• Adaptabilité <strong>des</strong> locaux aux situations d’aggravation de la perte d’autonomie.<br />
Quelle est la date de création <strong>des</strong> structures d’accueil et d’hébergement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> ?<br />
• La date de création <strong>des</strong> structures peut impacter :<br />
- La pyramide <strong>des</strong> âges <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> accueillies ;<br />
- Le vieillissement <strong>des</strong> équipes ;<br />
- L’adaptabilité <strong>des</strong> locaux ;<br />
- Une certaine vigilance sur le renouvellement du projet.<br />
Quels sont les agréments <strong>des</strong> établissements et services ?<br />
• Existe-t-il <strong>des</strong> agréments spécifiques pour l’accueil <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes ?<br />
• Existe-t-il <strong>des</strong> agréments pour l’accueil de <strong>personnes</strong> exclusivement en deçà de 60 ans ?<br />
• Existe-t-il <strong>des</strong> agréments pour l’accueil de <strong>personnes</strong> au-delà de 60 ans ?<br />
Les établissements et services accueillant <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes se sont-ils dotés de projets spécifiques<br />
? Quelle est la date du dernier renouvellement du projet institutionnel ?<br />
• Les projets <strong>des</strong> établissements et services qui accueillent <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> prennent-ils en compte :<br />
- les besoins liés à la mobilité ?<br />
- les besoins liés au maintien de l’autonomie ?<br />
Quel est le besoin de médicalisation ?<br />
Une fiche spécifique devra être construite permettant de mettre en avant la logique de subsidiarité entre l’accès au droit<br />
commun, l’adaptation du droit commun et la réponse spécifique dés lors que le droit commun n’est pas accessible.<br />
L’approche par la subsidiarité droit commun - adaptation du droit commun<br />
dispositifs spécifiques dans le champ médico-social s’applique :<br />
Accès au droit commun de la population<br />
en situation de besoin d’aide à l’autonomie<br />
Adaptation du droit commun<br />
dés lors que c’est nécessaire<br />
Développement de dispositifs spécifiques<br />
quand les besoins spécifiques sont non<br />
résolus par les actions précédentes<br />
identifiées<br />
Accessibilité<br />
Accessibilité et<br />
compensation<br />
Accessibilité et<br />
compensation<br />
Accessibilité<br />
Compensation<br />
(graphique CNSA sur l’autonomie extrait du Guide méthodologique pour l’élaboration du schéma régional d’organisation<br />
médico-sociale - SROMS)<br />
Aide à l’adaptation et à la planification de l’offre médico-sociale en faveur <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes – CNSA – Octobre 2010 43
44<br />
Exemples :<br />
Principe Objectif Exemples de leviers<br />
Accès au droit commun Accès aux soins dans le système de santé<br />
de l’ensemble de la population handicapée,<br />
y compris la population accueillie ou<br />
accompagnée en établissements et services<br />
médico-sociaux<br />
Adaptation du<br />
droit commun<br />
Mise en place de<br />
dispositifs spécifiques<br />
Favoriser un accès à <strong>des</strong> soins spécialisés<br />
dès lors que l’état de santé <strong>des</strong> <strong>personnes</strong><br />
<strong>handicapées</strong> nécessite que le projet de vie<br />
comporte une certaine dimension thérapeutique<br />
Médicaliser une structure dès lors que le<br />
besoin de soins (cf ci-<strong>des</strong>sous) est tel qu’il<br />
nécessite une prise en charge thérapeutique<br />
de la personne dans son projet de vie<br />
- promouvoir un accès aux professionnels<br />
libéraux <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> en<br />
foyers de vie<br />
- le cas échéant conventions de partenariat<br />
- inscription de la promotion de la prévention<br />
et de l’accès aux soins dans le<br />
projet institutionnel<br />
- intervention régulière dans l’établissement<br />
de professionnels libéraux, de<br />
SSIAD<br />
- conventions de partenariat avec <strong>des</strong> professionnels<br />
libéraux, <strong>des</strong> établissements<br />
de santé pour le suivi de la prise médicamenteuse<br />
- médicalisation partielle d’une structure<br />
de type foyer de vie afin de garantir une<br />
bonne coordination <strong>des</strong> soins avec les<br />
professionnels extérieurs à l’établissement<br />
médicalisation du foyer de vie<br />
2-2/ Le choix <strong>des</strong> solutions adaptées au regard <strong>des</strong> besoins, <strong>des</strong> ressources existantes<br />
et <strong>des</strong> contraintes identifiées<br />
À partir <strong>des</strong> questionnements <strong>des</strong> organisations, l’objectif est de repérer les formules juridiques et organisationnelles<br />
identifiées, leur intérêt, leurs limites notamment en miroir de l’annexe relative aux différentes formules juridiques possibles<br />
(en établissement et à domicile). C’est aussi d’identifier celles qui permettent de mettre en œuvre les préconisations<br />
énoncées en matière d’accompagnement et d’environnement.<br />
Les débats menés, ainsi que la lecture de la bibliographie disponible et les échanges autour de solutions mises en œuvre,<br />
permettent de mettre en avant, pour guider les choix <strong>des</strong> réponses les plus adaptées, quatre principes et un moyen pour<br />
les mettre en œuvre. Ils permettent de questionner à leur tour les organisations :<br />
1 er principe : prévoir <strong>des</strong> stratégies de réponses ouvertes et diversifiées<br />
Les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes ne sont pas une catégorie administrative ou juridique. Elles ne constituent pas<br />
non plus une population démographiquement ou sociologiquement uniforme. Si <strong>des</strong> tendances peuvent être repérées,<br />
les réponses à prévoir doivent être multiples, en lien d’une part avec la diversité actuelle <strong>des</strong> mo<strong>des</strong> d’accompagnement,<br />
en lien aussi avec la recherche de plus en plus avérée de solutions individualisées, notamment à domicile.<br />
Quelles sont les palettes de réponses offertes sur un territoire ?<br />
Exemple : par territoire, une palette de possibilités (établissements, services, secteur <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong><br />
et <strong>personnes</strong> âgées) envisagée sous forme de services fonctionnant de manière coordonnée : <strong>personnes</strong><br />
ressources sur le territoire qui connaissent l’offre existante (centralisent l’information) et peuvent informer /<br />
accompagner la personne dans ses choix au fil de son parcours.<br />
Des solutions à domicile et en institution sont-elles recherchées systématiquement ?
2 e principe : décloisonner la recherche de solutions<br />
Aucune <strong>des</strong> solutions du dispositif <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> âgées ou de celui <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> n’est à écarter ou à privilégier<br />
d’emblée. Des formules mixtes pourraient même parfois être préférées, notamment en ce qui concerne les profils<br />
de personnels à mobiliser. Pour autant, si la cohabitation entre publics est possible, tout est question de proportion et<br />
d’équilibre entre le projet collectif et la qualité de l’accueil proposé d’une part et le projet de vie de la personne, tenant<br />
compte <strong>des</strong> conséquences de sa situation de handicap et de vieillissement d’autre part.<br />
Quels sont les acteurs de l’accueil et de l’accompagnement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes ?<br />
Quelles modalités de coopération sont trouvées entre ces acteurs ?<br />
3 e principe : permettre la réversibilité <strong>des</strong> orientations<br />
A été identifiée la nécessité de sécuriser au maximum les parcours et les orientations (qu’il s’agisse du domicile ou d’un<br />
établissement) pour la population <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes. Un <strong>des</strong> moyens tient dans la possibilité de<br />
prévoir <strong>des</strong> pério<strong>des</strong> d’adaptation, voire la réversibilité de choix qui peuvent s’avérer inadaptés. Le caractère définitif<br />
d’une orientation fait en effet souvent hésiter sur un choix (exemple d’une personne qui préfère ne pas quitter un ESAT<br />
de peur d’y perdre définitivement sa place).<br />
Quel dispositif de suivi <strong>des</strong> solutions est mis en place ?<br />
Cette question dépasse très largement le champ du vieillissement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>, mais l’importance démographique<br />
du sujet peut constituer un critère pour tester un certain nombre de solutions, à établir en lien avec la MDPH<br />
et le conseil général.<br />
4 e principe : équilibrer entre logique d’évolution <strong>des</strong> établissements et services<br />
et maintien <strong>des</strong> compétences <strong>des</strong> établissements et services<br />
Il s’agit d’identifier le seuil / la limite où l’établissement ne peut plus adapter son projet de vie : la tension devient parfois<br />
trop forte. En outre, si la sécurisation <strong>des</strong> parcours nécessite <strong>des</strong> maintiens en établissement, il peut également s’avérer<br />
nécessaire de promouvoir <strong>des</strong> changements d’institution.<br />
Quels outils de mesure <strong>des</strong> besoins et de la capacité de médicalisation <strong>des</strong> structures ?<br />
Comment sont interrogés les projets institutionnels sur leur capacité à évoluer ?<br />
La réflexion sur l’amélioration de l’intégration horizontale <strong>des</strong> établissements et services médico-sociaux avec leur environnement<br />
sanitaire (hospitalier, ambulatoire) est-elle menée sur les territoires pour apporter la réponse la plus adaptée<br />
aux <strong>personnes</strong> ?<br />
(Ne pas forcément maintenir les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> dans les établissements, ni prévoir systématiquement <strong>des</strong> changements<br />
de structures).<br />
Un moyen : privilégier la logique de complémentarité <strong>des</strong> compétences et <strong>des</strong> structures<br />
et insister systématiquement sur la nécessité d’une coordination<br />
C’est le travail en complémentarité et la coordination <strong>des</strong> réponses, au sens de leur mise en cohérence et de la garantie<br />
de leur effectivité qui permettra de répondre aux principes envisagés.<br />
Aide à l’adaptation et à la planification de l’offre médico-sociale en faveur <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes – CNSA – Octobre 2010 45
46<br />
Annexes<br />
1/ Les dispositifs comparés <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>/<strong>personnes</strong> âgées<br />
dans le droit français actuel<br />
(sources : rapport Paul Blanc 2006, DGCS, CNSA)<br />
Dispositif <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> Dispositif <strong>personnes</strong> âgées<br />
Ressources<br />
Minimum de ressources AAH<br />
- Être atteint d’un taux d’incapacité permanente<br />
:<br />
d’au moins 80 %, ou compris entre 50 et<br />
79 % et avoir une restriction substantielle<br />
d’accès à l’emploi du fait de son handicap<br />
- Versement subsidiaire (droit à l’allocation<br />
n’est ouvert que lorsque la personne<br />
handicapée ne peut prétendre à un avantage<br />
de vieillesse, d’invalidité ou d’une<br />
rente d’accident du travail d’un montant<br />
au moins égal à celui de l’AAH)<br />
Conditions de maintien Âge maximum<br />
L’AAH n’est plus versée à partir de 60 ans<br />
en cas d’incapacité de 50 % à 79 %. A cet<br />
âge, les bénéficiaires basculent dans le régime<br />
de retraite pour inaptitude.<br />
En cas d’incapacité d’au moins 80 %, une<br />
AAH différentielle (allocation mensuelle<br />
réduite) peut être versée au-delà de 60 ans,<br />
et seulement en complément d’avantages<br />
vieillesse inférieurs au plafond de ressources<br />
de l’AAH.<br />
Retraite Milieu ordinaire et ESAT :- quelque soit le<br />
nombre de trimestres : retraite pour inaptitude,<br />
à 60 ans (taux plein) (reconnaissance<br />
automatique ou par médecin conseil CNAV)<br />
- si pension d’invalidité, remplacée par<br />
pension pour inaptitude automatiquement<br />
(taux plein)<br />
- retraite anticipée possible sous conditions<br />
(TI de 80%, durée d’assurance et<br />
de cotisation)<br />
Droit à l’aide sociale légale<br />
(hébergement)<br />
ASPA<br />
- Montant minimum de pension de vieillesse<br />
accordé, sous condition de ressources, aux<br />
<strong>personnes</strong> qui n’ont pas suffisamment cotisé<br />
aux régimes de retraite pour pouvoir<br />
bénéficier d’un revenu d’existence, à l’âge<br />
de la retraite.<br />
Les sommes versées au titre de l’ASPA sont<br />
récupérables au décès de l’allocataire sur<br />
sa succession, si l’actif net de la succession<br />
dépasse 39 000 €.<br />
- Avoir atteint l’âge de 65 ans. Cette condition<br />
peut être abaissée à 60 ans en cas<br />
d’inaptitude reconnue par le médecin-conseil<br />
de l’organisme qui verse l’allocation (la<br />
vérification de l’inaptitude par le contrôle<br />
médical n’est pas requise si la personne a<br />
déjà été reconnue inapte au travail par un<br />
régime d’assurance vieillesse ou si elle est<br />
titulaire de l’AAH notamment).<br />
- Retraite à taux plein à 61 ans si cotisation<br />
de 164 trimestres<br />
Art. L344-5 CASF Art. L113-1 CASF Toute personne âgée de<br />
65 ans privée de ressources suffisantes peut<br />
bénéficier, soit d’une aide à domicile, soit<br />
d’un placement chez <strong>des</strong> particuliers ou dans<br />
un établissement. Les <strong>personnes</strong> âgées de +<br />
de 60 ans peuvent obtenir les mêmes avantages<br />
lorsqu’elles sont reconnues inaptes
Dispositif <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> Dispositif <strong>personnes</strong> âgées<br />
Dépendance / compensation à domicile : PCH et APA<br />
Bénéficiaire de la prestation La personne handicapée<br />
Pour les enfants, le bénéficiaire <strong>des</strong> compléments<br />
d’AEEH<br />
Nature Prestation sui generis<br />
(universelle, accessible sans condition de<br />
ressources, non soumise à récupération, tarifs<br />
et barème nationaux)<br />
Contenu de la prestation Une prestation comportant 5 volets prenant<br />
chacun en compte <strong>des</strong> frais de nature<br />
différente<br />
Aide humaine, Aide technique, Aménagement<br />
du logement, du véhicule, surcoûts de<br />
transport, aide animalière, charges spécifiques<br />
ou exceptionnelles.<br />
Prise en compte <strong>des</strong> ressources pour<br />
déterminer le montant de la prestation<br />
Ressources exclues pour la prise en<br />
compte <strong>des</strong> ressources<br />
Oui<br />
Existence d’un taux de prise en charge en cas<br />
de revenu supérieur à un plafond, 100% du<br />
montant si ressources inf. au plafond80% si<br />
ressources supérieures au plafond<br />
revenus activité professionnelle du bénéficiaire<br />
et conjoint, certains revenus de<br />
remplacement, rentes accident de travail,<br />
rente viagère constituée par bénéficiaire<br />
ou proches, prestations spécifiques fixées<br />
par décret<br />
Récupération Non Non<br />
Obligation alimentaire Non Non<br />
Imposition Non Non<br />
La personne âgée<br />
Prestation sui generis<br />
(universelle, accessible sans condition de<br />
ressources, non soumise à récupération, tarifs<br />
et barème nationaux)<br />
Une prestation pouvant prendre en compte<br />
<strong>des</strong> dépenses de toute nature relevant<br />
d’un plan d’aide (art. L. 232-3 et R. 232-8<br />
du CASF)<br />
Oui<br />
Participation de l’usager, appelée ticket<br />
modérateur<br />
exonération si ressources mensuelles inférieures<br />
ou égales à 669,89 €<br />
De 0 à 90% si ressources mensuelles comprises<br />
entre 669,89 et 2669,55€.<br />
90% du plan d’aide si ressources supérieures<br />
à 2669,55 € (2,67 MTP)<br />
rentes viagères constituées par bénéficiaire<br />
ou ses proches, participation financière enfants,<br />
prestations spécifiques fixées par l’article<br />
R. 232-5 du CASF<br />
Organisme payeur Département du domicile de secours Département du domicile de secours<br />
Versement rythme <strong>des</strong><br />
versements<br />
Mensuel ou ponctuel (3 maximum) Mensuel<br />
(cumul possible de 4 mensualités par an)<br />
bénéficiaire Au bénéficiaire de la prestation, ou pour le 1 er<br />
élément, sur demande de la personne handicapée<br />
lorsqu’elle rémunère directement un<br />
salarié, à un mandataire<br />
Suspension Si la personne ne fournit pas les justificatifs<br />
demandés<br />
Au bénéficiaire de la prestation ou avec son<br />
accord, directement au service d’aide à domicile<br />
ou à l’établissement d’accueil<br />
Si le bénéficiaire ne fournit pas les justificatifs<br />
demandés dans le mois qui suit la notification<br />
de la décision d’attribution ou s’il n’acquitte<br />
pas sa participation financière<br />
Aide à l’adaptation et à la planification de l’offre médico-sociale en faveur <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes – CNSA – Octobre 2010 47
48<br />
Critères<br />
d’accès<br />
Besoins d’ai<strong>des</strong><br />
humaines<br />
Dispositif <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> Dispositif <strong>personnes</strong> âgées<br />
Résidence Résider de façon stable et régulière en<br />
France depuis plus de trois mois (séjours à<br />
l’étranger possible si durée inférieure à trois<br />
mois au cours de l’année civile, dérogation si<br />
séjour pour étu<strong>des</strong>)<br />
Lié à l’âge Pas de limite d’âge en cas de droit d’option<br />
si ACTP ;<br />
si travail :limite d’âge à 60 ans pour une<br />
1ère demande, dérogation jusqu’à 75 ans<br />
si les critères d’accès à la PCH étaient présents<br />
avant 60 ans<br />
Liés au handicap Une difficulté absolue pour une activité<br />
ou une difficulté grave pour deux activités<br />
parmi une liste de 19 activités fixées<br />
dans un référentiel (annexe 2-5 du CASF)<br />
(cf tableau comparatif)<br />
Besoins pris en<br />
compte<br />
Dispositions<br />
particulières pour<br />
les <strong>personnes</strong> les<br />
plus lourdement<br />
<strong>handicapées</strong><br />
Détermination du<br />
nombre d’heures<br />
Nb heures<br />
maximum<br />
Salariat d’un<br />
membre de la<br />
famille<br />
Besoins pris en<br />
compte<br />
Dispositions<br />
particulières pour<br />
les <strong>personnes</strong> les<br />
plus lourdement<br />
<strong>handicapées</strong><br />
- actes essentiels de l’existence<br />
- surveillance régulière<br />
- participation à la vie sociale non pris en<br />
compte : aide ménagère<br />
Jusqu’à 24h pour «Les <strong>personnes</strong> qui nécessitent<br />
à la fois une aide totale pour la<br />
plupart <strong>des</strong> actes essentiels et une présence<br />
constante ou quasi-constante due à un besoin<br />
de soins ou d’aide pour les gestes de la<br />
vie quotidienne « (A)<br />
Détermination individualisée du temps quotidien<br />
moyen par l’équipe pluridisciplinaire,<br />
en fonction <strong>des</strong> besoins et en application du<br />
référentiel qui détermine <strong>des</strong> temps plafonds<br />
(annexe 2-5 du CASF)<br />
24 h pour les <strong>personnes</strong> définies au (A)<br />
6h par jour pour les autres<br />
La CDAPH à la possibilité d’aller au-delà<br />
<strong>des</strong> temps plafonds dans <strong>des</strong> circonstances<br />
exceptionnelles<br />
Oui, pour les aidants familiaux hors<br />
conjoints et obligé alimentaire du 1 er degré<br />
Toutefois, pour les <strong>personnes</strong> définies au (A),<br />
salariat possible du conjoint, et <strong>des</strong> obligé<br />
alimentaire du 1 er degré<br />
- actes essentiels de l’existence<br />
- surveillance régulière<br />
- participation à la vie sociale non pris en<br />
compte : aide ménagère<br />
Jusqu’à 24h pour «Les <strong>personnes</strong> qui nécessitent<br />
à la fois une aide totale pour la<br />
plupart <strong>des</strong> actes essentiels et une présence<br />
constante ou quasi-constante due à un besoin<br />
de soins ou d’aide pour les gestes de la<br />
vie quotidienne « (A)<br />
Résidence stable et régulière en France<br />
Accès à partir de 60 ans<br />
Perte d’autonomie évaluée à l’aide d’une<br />
grille nationale (AGGIR) qui permet un classement<br />
en six groupes iso-ressources GIR)<br />
Sont éligibles les <strong>personnes</strong> relevant <strong>des</strong><br />
GIR 1 à 4<br />
Actes essentiels de la vie et surveillance régulière<br />
(comprend l’aide ménagère à domicile<br />
mais ne couvre pas les soins)<br />
Non<br />
Détermination individualisée par l’équipe<br />
médico-sociale à l’occasion de la visite<br />
à domicile. A chaque GIR correspond un<br />
montant subventionnable représentant<br />
<strong>des</strong> volumes d’ai<strong>des</strong> uniformes sur tout le<br />
territoire, en fonction du GIR d’appartenance<br />
du bénéficiaire<br />
Dans la limite du montant maximum du plan<br />
d’aide pour chacun <strong>des</strong> groupes iso-ressources<br />
éligible à l’APA et variable selon le<br />
mode d’intervention de la tierce personne<br />
GIR 1 : 1 189,90 € - GIR 2 : 1 019,83 € - GIR 3 :<br />
764,87 €- GIR 4 : 509,91 €<br />
Oui, sauf le conjoint ou le concubin<br />
Actes essentiels de la vie et surveillance régulière<br />
(comprend l’aide ménagère à domicile<br />
mais ne couvre pas les soins)<br />
Non
Besoins d’ai<strong>des</strong><br />
humaines<br />
Détermination du<br />
nombre d’heures<br />
Nb heures<br />
maximum<br />
Salariat d’un<br />
membre de la<br />
famille<br />
Dispositif <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> Dispositif <strong>personnes</strong> âgées<br />
Détermination individualisée du temps quotidien<br />
moyen par l’équipe pluridisciplinaire,<br />
en fonction <strong>des</strong> besoins et en application du<br />
référentiel qui détermine <strong>des</strong> temps plafonds<br />
(annexe 2-5 du CASF)<br />
24 h pour les <strong>personnes</strong> définies au (A)<br />
6h par jour pour les autres<br />
La CDAPH à la possibilité d’aller au-delà<br />
<strong>des</strong> temps plafonds dans <strong>des</strong> circonstances<br />
exceptionnelles<br />
Oui, pour les aidants familiaux hors<br />
conjoints et obligé alimentaire du 1 er degré<br />
Toutefois, pour les <strong>personnes</strong> définies au (A),<br />
salariat possible du conjoint, et <strong>des</strong> obligé<br />
alimentaire du 1 er degré<br />
Besoins hors ai<strong>des</strong> humaines Affectées à <strong>des</strong> éléments spécifiques avec<br />
<strong>des</strong> dispositions précisant les éléments pris<br />
en compte pour chacun d’entre eux :<br />
- Aide technique (élément 2)<br />
- Aménagement du logement, véhicule, surcouts<br />
de transport (3)<br />
- Charges spécifiques ou exceptionnelles (4)<br />
- Aide animalière (5)<br />
Détermination individualisée par l’équipe<br />
médico-sociale à l’occasion de la visite à<br />
domicile.<br />
A chaque GIR correspond un montant subventionnable<br />
représentant <strong>des</strong> volumes<br />
d’ai<strong>des</strong> uniformes sur tout le territoire, en<br />
fonction du GIR d’appartenance du bénéficiaire<br />
Dans la limite du montant maximum du plan<br />
d’aide pour chacun <strong>des</strong> groupes iso-ressources<br />
éligible à l’APA et variable selon le<br />
mode d’intervention de la tierce personne<br />
GIR 1 : 1 189,90 € - GIR 2 : 1 019,83 € - GIR 3 :<br />
764,87 €- GIR 4 : 509,91 €<br />
Oui, sauf le conjoint ou le concubin<br />
Le décret (art. R. 232-8 du CASF) énumère,<br />
outre l’accueil temporaire et les<br />
accueillants familiaux, les transports, les<br />
ai<strong>des</strong> techniques, l’adaptation du logement<br />
et tout autre aide concourant à l’autonomie<br />
du bénéficiaire.<br />
En pratique, ces « ai<strong>des</strong> de toute nature »<br />
n’absorbent que 8 % du montant <strong>des</strong> plans<br />
d’aide<br />
Aide à l’adaptation et à la planification de l’offre médico-sociale en faveur <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes – CNSA – Octobre 2010 49
50<br />
Tarifs et montant<br />
maximum<br />
Dispositif <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> Dispositif <strong>personnes</strong> âgées<br />
Principe Nomenclature et tarifs nationaux fixés pour<br />
chaque catégorie d’aide<br />
- Maxima fixés pour chaque catégorie d’aide.<br />
- Pour aide humaine, tarifs différents selon<br />
statut (pas qualification) <strong>des</strong> aidants.<br />
- Pour ai<strong>des</strong> techniques : majoration possible<br />
pour ai<strong>des</strong> coûteuses<br />
Aide humaine Tarif fixé en tenant compte <strong>des</strong> conventions<br />
collectives (au 1 er janvier 2010) :<br />
- tarif prestataire : tarif fixé par le CG pour<br />
les services autorisés, pour services agrées<br />
17,59 €/h ou tarif fixé dans une convention<br />
avec CG<br />
- tarif mandataire : 13,16 €/h<br />
- tarif emploi direct : 11,96 € /h<br />
- dédommagement aidant familial 3,43 ou<br />
5,15 €/h<br />
Montant calculé sur la base du nombre<br />
d’heure fixé en application de l’annexe 2-5<br />
du CASF valorisé sur la base du tarif applicable<br />
au(x) aidant(s)<br />
Montant max pour un aidant familial dédommagé<br />
: 884,39 € ou sous condition 1061,27 €/<br />
mois (Si l’aidant n’exerce aucune activité professionnelle<br />
afin d’apporter une aide à une<br />
personne handicapée définie au (A))<br />
Autres charges Pour chaque élément, en fonction <strong>des</strong> tarifs<br />
prévus par arrêté et, dans la limite du montant<br />
maximum prévu pour une période donnée.<br />
Élément Montant<br />
maximum<br />
Période<br />
Aide technique 3960 € 3 ans<br />
(Déplafonnement si une AT et ses accessoires<br />
ont un «tarif PCH» à au moins 3000€)<br />
Aménagement<br />
du logement<br />
Aménagement<br />
du véhicule et<br />
frais transport<br />
Charges<br />
spécifiques<br />
Charges<br />
exceptionnelles<br />
Ai<strong>des</strong><br />
animalière<br />
10 000€ 5 ans<br />
5000€<br />
ou 12000€<br />
sous<br />
conditions<br />
100€/<br />
mois<br />
5 ans<br />
1800 € 3 ans<br />
3000 € 5 ans<br />
Durée maximale attribution Variable suivant les éléments<br />
10 ans : ai<strong>des</strong> humaines, aménagement du<br />
logement, ai<strong>des</strong> spécifiques<br />
5 ans : aménagement du véhicule et surcoût<br />
liés aux transports, ai<strong>des</strong> animalières<br />
3 ans : ai<strong>des</strong> techniques et ai<strong>des</strong> spécifiques<br />
La durée d’attribution est fixée par la CDAPH<br />
- Tarif national fixé par décret pour chacun<br />
<strong>des</strong> GIR 1 à 4 éligible à l’APA<br />
- Montant maximum. du plan d’aide fixé selon<br />
degré de perte autonomie (GIR)<br />
- Modulation tarif selon qualification tierce<br />
personne (prestataire, mandataire, emploi<br />
direct)<br />
Tarif national<br />
pour GIR 1 : 1189,90 € (1,19 x MTP)<br />
pour GIR 2 : 1019,83 € (1,02 x MTP)<br />
pour GIR 3 : 764,87 € (0,765 x MTP)<br />
pour GIR 4 : 509,91 € (0,51 x MTP)<br />
Nb. heures x tarif de référence ou tarif du<br />
service intervenant, dans la limite du montant<br />
maximum <strong>des</strong> plans d’aide fixé par GIR<br />
(tarif national) et après déduction de la participation<br />
de l’usager (L. 232-3, R. 232-10 et<br />
R.232-11)<br />
Le contenu du plan d’aide est déterminé par<br />
l’équipe médico-sociale en concertation avec<br />
le bénéficiaire dont elle recueille l’approbation<br />
ou les deman<strong>des</strong> de modification.<br />
Les ai<strong>des</strong> autres que de tierce personne ne<br />
sont pas plafonnées sinon par le montant<br />
maximum du plan d’aide. Un versement cumulé<br />
de 4 mensualités d’APA peut intervenir<br />
pour faire face, si nécessaire, aux dépenses<br />
d’ai<strong>des</strong> techniques.<br />
Dans les faits 92 % <strong>des</strong> plans d’aide sont absorbés<br />
par <strong>des</strong> dépenses de rémunération de<br />
tierces <strong>personnes</strong>.<br />
L’attribution de l’APA fait l’objet de révisions<br />
périodiques dans un délai déterminé par<br />
chaque conseil général (art. D 232-28).<br />
Elle peut être révisée à tout moment à la<br />
demande de l’intéressé ou de son représentant<br />
ou à l’initiative du PCG si <strong>des</strong> éléments<br />
nouveaux interviennent dans la situation<br />
personnelle du bénéficiaire
Dispositif <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> Dispositif <strong>personnes</strong> âgées<br />
Prestation en cas d’hospitalisation Idem établissement Le service de la prestation est maintenu les<br />
30 premiers jours de l’hospitalisation. Il est<br />
repris, sans nouvelle demande, le premier<br />
jour du mois au cours duquel le bénéficiaire<br />
n’est plus hospitalisé.<br />
Dispositif départemental MDPH<br />
(GIP sous tutelle du département)<br />
Modalité d’évaluation Évaluation par l’équipe pluridisciplinaire de<br />
la MDPH qui propose un plan personnalisé<br />
de compensation élaboré à l’issu d’un dialogue<br />
avec la personne handicapée relatif à<br />
son projet de vie sur lequel la personne (ou<br />
ses représentants légaux) donne un avis (le<br />
plan ne concerne pas uniquement la prestation<br />
de compensation).<br />
L’équipe pluridisciplinaire réunit <strong>des</strong> professionnels<br />
ayant <strong>des</strong> compétences médicales<br />
ou paramédicales, <strong>des</strong> compétences dans les<br />
domaines de la psychologie, du travail social,<br />
de la formation scolaire et universitaire, de<br />
l’emploi et de la formation professionnelle.<br />
Cette composition peut varier en fonction de<br />
la situation de la personne handicapée. Des<br />
consultants peuvent contribuer à l’expertise<br />
de l’équipe pluridisciplinaire.<br />
L’équipe entend, soit sur sa propre initiative,<br />
soit lorsqu’ils en font la demande,<br />
la personne handicapée, ses parents<br />
lorsqu’elle est mineure, ou son représentant<br />
légal et l’enfant handicapé lui-même<br />
dès lors qu’il est capable de discernement.<br />
L’équipe pluridisciplinaire se rend sur le<br />
lieu de vie de la personne soit sur sa propre<br />
initiative, soit à la demande de la personne<br />
handicapée.<br />
Lors de l’évaluation, la personne handicapée,<br />
ses parents ou son représentant légal<br />
peuvent être assistés par une personne de<br />
leur choix.<br />
Un certificat médical (formulaire cerfa) est<br />
fourni à l’appui de toute demande auprès<br />
de la MDPH en même temps qu’un formulaire<br />
de demande<br />
Outil pour l’évaluation de la situation Guide d’évaluation (GEVA) (modèle fixé<br />
par arrêté)<br />
Outils d’éligibilité à la prestation Les critères d’accès à la PCH de même que<br />
les éléments permettant de quantifier le besoin<br />
d’aide humaine sont définis par décrets<br />
et figurent à l’annexe 2-5 du CASF<br />
Équipes médico-sociales du département<br />
et commission de l’APA, outil d’aide à<br />
la décision présidée par le président du<br />
conseil général<br />
Évaluation dans le cadre d’une visite à domicile<br />
par l’un au moins <strong>des</strong> membres d’une<br />
équipe médico-sociale du conseil général<br />
qui comprend au moins un médecin et un<br />
travailleur social.<br />
L’EMS consulte le médecin traitant que lui<br />
a, le cas échéant, désigné le demandeur ; ce<br />
médecin assiste à la visite à domicile si l’intéressé<br />
le souhaite.<br />
Dans un délai de 30 jours, l’EMS adresse une<br />
proposition de plan d’aide, soumise à l’acceptation<br />
de la personne<br />
Grille AGGIR<br />
L’évaluation <strong>des</strong> besoins et la construction<br />
du plan d’aide personnalisé nécessitent<br />
une démarche pluridisciplinaire et multidimensionnelle<br />
Outil d’éligibilité à l’APA : la grille AGGIR<br />
qui a une base réglementaire et figure à<br />
l’annexe 2-1 du CASF<br />
Aide à l’adaptation et à la planification de l’offre médico-sociale en faveur <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes – CNSA – Octobre 2010 51
52<br />
Contenu du plan d’aide (ou plan personnalisé<br />
de compensation)<br />
Dispositif <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> Dispositif <strong>personnes</strong> âgées<br />
Comporte si besoin un volet consacré à l’emploi<br />
ou la formation professionnelle.<br />
Comprend <strong>des</strong> dispositions de toutes natures<br />
<strong>des</strong>tinées à apporter une compensation<br />
aux limitations d’activités, concernant<br />
notamment <strong>des</strong> droits ou prestations (mais<br />
pas exclusivement)<br />
Pour l’aide humaine, l’ensemble <strong>des</strong> besoins,<br />
y compris ceux non pris en compte par la<br />
PCH doivent figurer. Mention du nb d’heures<br />
par domaines. Ventilation du temps d’aide en<br />
fonction <strong>des</strong> aidants<br />
Décision Décision par la CDAPH<br />
(représentants du CG majoritaires pour les<br />
décisions de PCH)<br />
«Marges de manœuvre»<br />
de la commission<br />
L’annexe 2-5 du CASF (référentiel d’accès<br />
à la PCH) prévoit que la CDAPH peut fixer<br />
<strong>des</strong> temps d’ai<strong>des</strong> supérieurs aux temps<br />
plafonds.<br />
Une disposition de même nature existe pour<br />
les frais de transport <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> en établissement.<br />
Dans ce cas la CDAPH doit avoir<br />
été autorisée par le CG<br />
Contentieux Pour la décision d’attribution : tribunal du<br />
contentieux et de l’incapacité (TCI)<br />
Renouvellement ou révision<br />
de la décision<br />
Cumul avec d’autres dispositifs<br />
- en matière de logement<br />
- en matière fiscale<br />
Renouvellement : à la date d’échéance prévue<br />
par la CDAPH<br />
Révision possible en cas d’évolution du<br />
handicap de la personne ou <strong>des</strong> facteurs<br />
ayant déterminé les charges prises en<br />
compte, si modification substantielle du<br />
plan de compensation.<br />
Réduction d’impôts au titre <strong>des</strong> dépenses<br />
d’aide à domicile (réduction ou crédit d’impôt;<br />
article 199 sexdecies CGI)) majoré pour<br />
les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong><br />
crédit pour dépenses d’installation d’équipements<br />
spécialement conçus pour les <strong>personnes</strong><br />
âgées ou <strong>handicapées</strong><br />
Les dépenses de toute nature (R.232-8)<br />
(ai<strong>des</strong> à domicile (aide ménagère, service de<br />
portage de repas, de garde à domicile…) et/<br />
ou d’ai<strong>des</strong> techniques, pour la part non couverte<br />
par la sécurité sociale, d’adaptation du<br />
logement, etc…<br />
Accord du bénéficiaire qui peut ne retenir ou<br />
ne mobiliser qu’une fraction du plan d’aide.<br />
Le plan d’aide sert de référence au contrôle<br />
d’effectivité<br />
L’APA est accordée par décision du PCG sur<br />
proposition d’une commission de 6 membres<br />
qu’il préside.<br />
Lorsque le PCG ne retient pas une proposition,<br />
la commission est tenue de formuler<br />
une nouvelle proposition lors de sa plus<br />
prochaine réunion. Démarche itérative<br />
qui a fait l’objet d’observations du Conseil<br />
constitutionnel<br />
Commission départementale d’aide sociale<br />
Renouvellement : à l’échéance de la durée<br />
d’attribution de la prestation initiale, fixée<br />
au cas par cas par chaque PCG. La décision<br />
d’attribution mentionne le délai de la révision<br />
périodique.<br />
Révision : à tout moment à la demande de<br />
l’intéressé, de son représentant légal ou<br />
à l’initiative du PCG lorsque, dans ce dernier<br />
cas, <strong>des</strong> éléments nouveaux modifient<br />
la situation au vu de laquelle la décision<br />
d’attribution est intervenue.<br />
Cumul réduction d’impôts au titre <strong>des</strong> dépenses<br />
d’aide à domicile (article 199 sexdecies<br />
CGI) et de frais d’hébergement en établissement<br />
(article 199 quindecies CGI)<br />
crédit d’impôt de 25 % <strong>des</strong> dépenses engagées<br />
entre 2005 et 2009 dans l’habitation<br />
principale pour <strong>des</strong> équipements spécialement<br />
conçus pour les <strong>personnes</strong> âgées ou<br />
<strong>handicapées</strong><br />
cumul APL, ALS et allocation de logement<br />
familiale<br />
cumul pensions militaires d’invalidité et <strong>des</strong><br />
victimes de guerre
Articulation montant de la prestation<br />
et modalité de l’aide<br />
Dispositif <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> Dispositif <strong>personnes</strong> âgées<br />
Libre choix de la personne Orientation par l’EMS, sauf refus exprès de<br />
la personne, <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> les plus fragiles<br />
vers un service prestataire d’aide à domicile<br />
de telle sorte que les professionnels<br />
les plus chevronnés interviennent auprès<br />
<strong>des</strong> <strong>personnes</strong> âgées présentant une perte<br />
d’autonomie sévère<br />
Incitation à une aide qualifiée Non Oui : il y faut un refus exprès du bénéficiaire<br />
(par écrit) et majoration de 10 % du montant<br />
de la participation du bénéficiaire, dans <strong>des</strong><br />
conditions précisées par décret. Cette décision<br />
connaît une application très partielle en<br />
cas de recours à un service non agréé ou non<br />
géré par un CCAS ou un CIAS<br />
Dépendance / compensation en établissement<br />
Prestation en établissement En l’absence de disposition particulière, ce<br />
sont les règles de la prestation à domicile<br />
qui s’appliquent<br />
Aide humaine : Suspension après 45 jours<br />
(ou 60 jours en cas de licenciement de<br />
l’aidant) avec maintien 10% dans une limite<br />
minimum et maximum.<br />
rétablissement de la prestation lors <strong>des</strong><br />
retours à domicile<br />
Ai<strong>des</strong> techniques : prise en compte de celles<br />
qui ne relèvent pas <strong>des</strong> missions de<br />
l’établissement<br />
Aménagement du logement possible si retour<br />
à domicile au moins 30 jours par an.<br />
Montant maximal augmenté pour les frais<br />
de transport<br />
Une disposition permet l’accès de la PCH<br />
aux <strong>personnes</strong> prises en charge dans un<br />
établissement médico-social dans un pays<br />
frontalier<br />
Accueil en établissement : EHPAD<br />
Conditions d’entrée Pas de condition d’âge :<br />
Demande de la personne / avis de la CDAPH<br />
voire orientation selon les pratiques<br />
Principe de tarification et financeurs Tarification ternaire : hébergement, dépendance,<br />
soins<br />
Conseil général / assurance-maladie<br />
Participation du bénéficiaire Dans les mêmes conditions que pour les établissements<br />
pour PH si la personne relevait antérieurement<br />
d’un établissement ou service pour<br />
<strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> ou si la personne a un<br />
taux d’incapacité d’au moins 80% reconnu avant<br />
65 ans; donc : participation à titre principal, de<br />
l’intéressé (limite : maintien de 30% de l’AAH)<br />
Montant de l’APA = tarif dépendance de<br />
l’établissement diminué d’un ticket modérateur<br />
à charge de la personne âgée correspondant<br />
au tarif dépendance applicable aux<br />
résidents relevant <strong>des</strong> GIR 5/6 L’APA solvabilise<br />
le tarif dépendance de telle sorte que<br />
ses bénéficiaires n’acquittent pas de charges<br />
supérieures aux <strong>personnes</strong> vali<strong>des</strong>. L’APA<br />
est versée soit directement à l’établissement<br />
sous forme d’une dotation globale afférente<br />
à la dépendance chaque mois par douzièmes<br />
soit individuellement à la personne âgée bénéficiaire<br />
ou, avec son accord, directement à<br />
l’établissement d’hébergement.<br />
69 départements versent, fin 2006, l’APA<br />
en établissement sous forme d’une dotation<br />
globale<br />
Décision attribution APA: si APA individuelle,<br />
le PCG sur proposition d’une commission<br />
qu’il préside comprenant 3 représentants<br />
du département, 2 représentants de la<br />
branche vieillesse et un représentant d’une<br />
institution sociale et médico-sociale ayant<br />
passé convention avec le conseil généra ou<br />
un maire désigné par l’assemblée départementale<br />
<strong>des</strong> maires.<br />
Avoir plus de 60 ans pour le bénéfice de<br />
l’APA<br />
Demande de la personne<br />
Tarification ternaire : hébergement, dépendance,<br />
soins<br />
Conseil général / assurance-maladie<br />
Participation de l’intéressé, <strong>des</strong> éventuels<br />
obligés alimentaires et prise en charge par<br />
l’aide sociale. Limite : 12% de l’ASPA de<br />
« reste à vivre ».<br />
Aide à l’adaptation et à la planification de l’offre médico-sociale en faveur <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes – CNSA – Octobre 2010 53
54<br />
Dispositif <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> Dispositif <strong>personnes</strong> âgées<br />
Solvabilisation Aide sociale hébergement pour le surplus<br />
APA pour la dépendance Pi plus de 60 ans<br />
(Forfait journalier ?) forfait journalier<br />
hospitalier (FJH) ou prix de journée ?<br />
Accueil en établissement : MAS<br />
Pas de FJH Pas de FJH<br />
Conditions d’entrée Orientation par la CDAPH<br />
pas de condition expresse d’âge (18 ans)<br />
Principe de tarification et financeurs Forfait hospitalier, financement par l’assurance<br />
maladie<br />
Participation du bénéficiaire Oui : le FJH, sauf prise en charge par la CMU-<br />
C ou mutuelle<br />
Solvabilisation /<br />
Forfait journalier Forfait journalier à la charge de la personne,<br />
sauf prise en charge par la CMU-C ou mutuelle<br />
Accueil en établissement : FOYER DE VIE - FAM<br />
Conditions d’entrée Orientation par la CDAPH<br />
pas de condition expresse d’âge (18 ans)<br />
Principe de tarification et financeurs Prix de journée/hébergement forfait soins/<br />
assurance maladie (FAM uniquement)<br />
Participation du bénéficiaire À titre principal (mais doit bénéficier d’au<br />
moins 30% de l’AAH…Art. R344-5 CASF)<br />
Solvabilisation Aide sociale hébergement pour le surplus<br />
Aide sociale pour l’hébergement<br />
APA pour la dépendance<br />
Forfait journalier<br />
Bénéfice <strong>des</strong> services d’un SSIAD<br />
Non<br />
Conditions d’entrée Prescription du médecin de l’assuré Prescription du médecin de l’assuré<br />
Principe de tarification et financeurs Tarification à la capitation (dotation globale<br />
forfaitaire par place non modulée en fonction<br />
<strong>des</strong> caractéristiques du patient)<br />
Participation du bénéficiaire Non Non<br />
Solvabilisation Non Non<br />
Forfait journalier<br />
Bénéfice <strong>des</strong> services d’un SAMSAH<br />
Non Non<br />
Conditions d’entrée Orientation par la CDAPH<br />
pas de condition expresse d’âge (18 ans)<br />
Principe de tarification et financeurs Tarif journalier accompagnement à la vie sociale<br />
: Conseil Général<br />
Tarif annuel global de soins : forfait plafond,<br />
recette atténuative du budget<br />
Participation du bénéficiaire Non (sauf si prévue par le RDAS)<br />
Solvabilisation PCH pour certains cas (rares)<br />
Forfait journalier Non<br />
Tarification à la capitation (dotation globale<br />
forfaitaire par place non modulée en fonction<br />
<strong>des</strong> caractéristiques du patient)
2/ Personnes <strong>handicapées</strong> vieillissantes porteuses de trisomie 21<br />
Aide à l’adaptation et à la planification de l’offre médico-sociale en faveur <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes – CNSA – Octobre 2010 55
Aide à l’adaptation et à la planification de l’offre médico-sociale en faveur <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes – CNSA – Octobre 2010 57
Aide à l’adaptation et à la planification de l’offre médico-sociale en faveur <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes – CNSA – Octobre 2010 59
Aide à l’adaptation et à la planification de l’offre médico-sociale en faveur <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes – CNSA – Octobre 2010 61
Bibliographie<br />
Bibliographie réalisée par les services documentation de l’ANESM et de la CNSA.<br />
Ouvrages<br />
Quel avenir pour les travailleurs âgés dans les entreprises de travail adapté ? Des projets pour accompagner la fin de carrière <strong>des</strong><br />
travailleurs handicapés.<br />
- MORMONT (M.)/coord., DEVRIEZE (L.)/coord. Bruxelles : Fondation Roi Baudouin, 2010, 35 p.<br />
Recueil de bonnes pratiques : accompagnement de l’avancée en âge <strong>des</strong> travailleurs handicapés en ESAT.<br />
- Paris : UNAPEI, 2010, 88 p.<br />
Suivi médical de la personne porteuse de trisomie 21. 2e éd.<br />
- DE FREMINVILLE (B.), NIVELON (A.), TOURAINE (R.), Trisomie 21 France. Paris : Trisomie 21 France, 2007, 23 p.<br />
La personne handicapée à l’orée de la vieillesse.<br />
- BROUSSEAU (V.). In : Traité de psychogériatrie. Paris : Med-Line, 2005, p. 207-229<br />
Personnes <strong>handicapées</strong> vieillissantes et établissements hébergeant <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> âgées dépendantes.<br />
- VERIEN (I.), Caisse régionale d’assurance maladie Rhône Alpes (CRAM). Lyon : CRAM Rhône Alpes, 2005, 65 p.<br />
Les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> âgées, où en est-on ?<br />
- BELIN (B.)/coord., Comité national de coordination de l’action en faveur <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> (CCAH). Paris : L’Harmattan,<br />
2003, 234 p.<br />
Les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes.<br />
- BELIN (B.)/coord., Comité national de coordination de l’action en faveur <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> (CCAH). Paris : L’Harmattan,<br />
2001, 238 p.<br />
Les accompagner jusqu’au bout du chemin : l’accueil <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> mentales vieillissantes.<br />
- BASCOUL (J.L.), DELVERT (M.)/préf., DOISNEAU (O.), EYNARD (C.), Fondation de France. Rennes : ENSP, 2000, 187 p.<br />
Une saison de plus. Handicap mental et vieillissement.<br />
- BREITENBACH (N.). Paris : Desclée de Brouwer, 1999, 256 p.<br />
Les projets de vie <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> mentales vieillissantes : les travailleurs du réseau Solidel ont la parole.<br />
- SOIGNEUX (M.M.), Solidel. Bagnolet : Solidel, 1999, 111 p.<br />
Vivre et vieillir quel que soit son handicap. L’hébergement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes : diversifier les réponses.<br />
- Union régionale <strong>des</strong> organismes privés sanitaires et sociaux Nord et Picardie (URIOPSS). Lille : URIOPSS, 1999, 24 p.<br />
Avis, rapports et recommandations<br />
Recommandation CM/Rec(2009)6 du Comité <strong>des</strong> ministres aux États membres sur le vieillissement et le handicap au 21e siècle :<br />
cadres durables permettant une meilleure qualité de vie dans une société inclusive.<br />
- Strasbourg : Conseil de l’Europe, 2009<br />
Accès aux soins <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> en situation de handicap. Audition publique.<br />
- Haute autorité de santé (HAS). Saint Denis : HAS, 2009, 66 p. + 129 p. + 132 p.<br />
Avis n°1971 présenté au nom de la commission <strong>des</strong> affaires sociales sur le projet de loi de finances pour 2010, tome IV : solidarité,<br />
insertion et égalité <strong>des</strong> chances, handicap et dépendance.<br />
- JEANNETEAU (P.), Assemblée nationale. Paris : Assemblée nationale, 2009, 70 p.<br />
Suivi qualitatif du développement <strong>des</strong> services d’accompagnement médico-social pour adultes handicapés : SAMSAH et SSIAD.<br />
Situation en 2007. Premières conclusions <strong>des</strong> travaux.<br />
- Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA). Paris : CNSA, 2008, 176 p.<br />
Une longévité accrue pour les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes : un nouveau défi pour leur prise en charge.<br />
- BLANC (P.), BERTHOD-WURMSER (M.). Paris : La documentation française, 2006, 99 p.<br />
Un programme pour la gériatrie, 5 objectifs, 20 recommandations, 45 mesures pour atténuer l’impact du choc démographique<br />
gériatrique sur le fonctionnement <strong>des</strong> hôpitaux dans les 15 ans à venir.<br />
- JEANDEL (C.), PFITZENMEYER (P.), VIGOUROUX (P.). Paris : La documentation française, 2006, 54 p.<br />
Pour une prise en charge collective, quel que soit leur âge, <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> en situation de handicap.<br />
- BONNET (M.), Conseil économique et social (CES). Paris : CES, 2004, 48 p. + 99 p.<br />
La vie avec un handicap. Rapport au Président de la République.<br />
- Cour <strong>des</strong> comptes. Paris : Paris: Direction <strong>des</strong> Journaux officiels, 2003, 324 p.<br />
Je veux vieillir dignement ! Quel projet pour et avec les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes.<br />
- Institut régional de formation aux fonctions éducatives (IRFFE). Amiens : IRFFE, 2003, 93 p.<br />
Avis du Haut conseil de la population et de la famille. Le vieillissement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>.<br />
- Haut conseil de la population et de la famille (HCPF). Paris : HCPF, 2002<br />
Aide à l’adaptation et à la planification de l’offre médico-sociale en faveur <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes – CNSA – Octobre 2010 63
64<br />
Articles et dossiers<br />
« Les contraintes de gestion pèsent sur l’accompagnement ». Frédéric Blondel et Sabine Delzescaux sur le vieillissement <strong>des</strong><br />
<strong>personnes</strong> multi<strong>handicapées</strong>.<br />
- SEDRATI-DINET (C.). ACTUALITES SOCIALES HEBDOMADAIRES, 2010, n°2676, p. 28-30<br />
Accompagner la transition emploi-retraite <strong>des</strong> travailleurs handicapés vieillissants <strong>des</strong> Esat.<br />
- LUQUET (V.). LES CAHIERS DE L’ACTIF, 2010, n°404-405, p. 235-245<br />
Personnes <strong>handicapées</strong> mentales vieillissantes. Des structures adaptées en nombre insuffisant.<br />
- LEFEBVRE (C.). LIEN SOCIAL, 2009, n°926, p. 10-14<br />
Les ressources <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes. 1- La retraite anticipée<br />
- LES CAHIERS DE L’UNAPEI. JURIS HANDICAPS, 2008, n°164, p. 3-30<br />
Avancée en âge <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> en situation de handicap.<br />
- GARCIA (J.L.). REVUE DE L’APAJH, 2008, n°99, p. 24-29<br />
Papy-boom chez les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes vivant à domicile, en Provence Alpes Côte d’Azur.<br />
- BOURGAREL (S.). AU FIL DU MOIS, 2007, n°56, p. 2-3<br />
Personnes <strong>handicapées</strong> vieillissantes. Le défi de l’accompagnement.<br />
- DOHY (A.)/coord. DIRECTIONS, 2007, n°44, p. 22-29<br />
La personne handicapée vieillissante ou âgée.<br />
- BERTRAND (Y.), MEYER (L.). Paris : CTNERHI, 2006, 103 p. (Dossier professionnel documentaire n°10)<br />
Le vieillissement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> prises en charge en structures sociales ou médico-sociales.<br />
- BROUSSEAU (V.), CARNEIN (S.). REVUE MEDICALE DE L’ASSURANCE MALADIE, 2006, vol.37 n°2, p. 83-92<br />
Un nouveau regard sur le handicap.<br />
- CHABROL (A.). BULLETIN DE L’ORDRE DES MEDECINS, 2006, n°8<br />
Vieillissement, dépendance, handicap : du bon usage <strong>des</strong> concepts.<br />
- COLVEZ (A.). ACTUALITE ET DOSSIER EN SANTE PUBLIQUE, 2006, n°56, p. 16-19<br />
Les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes : espérances de vie et de santé ; qualité de vie – Une revue de la littérature.<br />
- AZEMA (B.), MARTINEZ (N.). REVUE FRANCAISE DES AFFAIRES SOCIALES, 2005, n°2, p. 297-333<br />
Pros de la gérontologie et handicapés mentaux vieillissants.<br />
- BASCOUL (J.L.). CAHIERS FNADEPA, 2005, n°85, p. 3-8<br />
Gérontologie et handicap : regards sur un champ croisé.<br />
- BONNET (M.). INFORMATIONS GERONTOLOGIQUES DEPARTEMENTALES, 2005, n°52<br />
Voyage d’étude en Irlande (Mullingar) : l’exemple d’un programme innovant avec un maintien à domicile consenti, adapté et sécurisé.<br />
- MARTINEZ (N.). LE PELICAN : Informations CREAI Languedoc Roussillon, 2005, n°156, p. 4-6<br />
Vers un nouveau paradigme de lecture <strong>des</strong> exclusions : application aux <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>.<br />
- MERCIER (M.). ETHIQUE ET SANTE, 2005, vol.2 n°3, p. 145-150<br />
Les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes : espérances de vie, santé et qualité vie : enjeux techniques et éthiques.<br />
- AZEMA (B.). LE PELICAN : Informations CREAI Languedoc Roussillon, 2004, n°145, p. 4-6<br />
Les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> : ces nouvelles <strong>personnes</strong> âgées qui s’ignorent…<br />
- BROUSSEAU (V.), DARDALHON (S.), CARNEIN (S.). LA REVUE DE GERIATRIE, 2004, vol. 29 n°3, p. 207-216<br />
Personnes <strong>handicapées</strong> mentales vieillissantes : les professionnels à la recherche de nouvelles formes d’accueil.<br />
- CORMIER (H.). ACTUALITES SOCIALES HEBDOMADAIRES, 2004, n°2380, p. 27-28<br />
Âges et handicaps.<br />
- GERONTOLOGIE ET SOCIETE, 2004, n°110, 110 p.<br />
Professionnalisation <strong>des</strong> métiers d’accompagnement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes.<br />
- BESSET (G.). EMPAN, 2003, n°52, p. 174-178<br />
La question <strong>des</strong> catégories d’âge et <strong>des</strong> « charnières » entre les différents types de population.<br />
- COLVEZ (A.), VILLEBRUN (D.). REVUE FRANCAISE DES AFFAIRES SOCIALES, 2003, n°1-2, p. 255-266<br />
«Insérer, maintenir dans l’emploi, accompagner le vieillissement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes».<br />
- CREMAZY-BABY (N.). EMPAN, 2003, n°52, p. 166-173<br />
Comparatif de l’aide sociale pour les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> et <strong>personnes</strong> âgées.<br />
- LES CAHIERS DE L’UNAPEI. JURIS HANDICAPS, 2003, n°139, p. 47-49<br />
Issues in aging: the role of the nurse in the care of older people with intellectual and development disabilities.<br />
- SERVICE (K.), HAHN (J.E.). THE NURSING CLINICS OF NORTH AMERICA, 2003, vol.38 n°2, p. 291-312<br />
Handicap mental et vieillissement.<br />
- SOINS GERONTOLOGIE, 2003, n°43, p. 15-38<br />
Avancée en âge du sujet atteint d’une trisomie 21.<br />
- FROMAGE (B.), ANGLADE (P.). L’ENCEPHALE, 2002, vol.28 n°3, p. 212-216<br />
L’approche du vieillissement dans les structures de travail protégé.<br />
- LES CAHIERS DE L’ACTIF, 2002, n°312-313, p. 9-100<br />
Personnes <strong>handicapées</strong> mentales, vieillir dans la dignité.<br />
- PAGEAU (S.). ACTUALITES SOCIALES HEBDOMADAIRES, 2002, n°2264, p. 33-34
Les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes ou âgées : journées nationales du CCAH.<br />
- READAPTATION, 2002, n°490, p.7-46<br />
Le vieillissement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> mentales dans le département du Haut-Rhin : état <strong>des</strong> lieux et analyse de la prise<br />
en charge institutionnelle et à domicile. Le vieillissement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> mentales résidant en établissements<br />
médico-sociaux. 2.<br />
- RESCH (V.). NOTES ET DOCUMENTS, 2002, n°87, p. 1-7<br />
Le vieillissement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>.<br />
- TRAVAIL SOCIAL ACTUALITES, 2002, n°902<br />
Thème n° 1 : Le troisième âge du handicap.<br />
- BACHELOT-NARQUIN (R.). LA REVUE HOSPITALIERE DE FRANCE, 2000, n°2, p. 60-69<br />
L’avancée en âge <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> poly<strong>handicapées</strong>.<br />
- GABBAI (P.). EMPAN, 2000, n°37, p. 79-82<br />
Le vieillissement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> trisomiques 21. Une étude de cas au sein de la communauté de l’Arche.<br />
- GUILBOT (C.), RODAT (O.), CHAMBONNET (J.Y.). LA REVUE DE GERIATRIE, 2000, vol. 25 n°5, p. 295-302<br />
60 ans, le choc ! Trompeuse égalité.<br />
- LAFAY (H.). REVUE DE L’APAJH, 2000, n°66, p. 13-20<br />
Un exemple d’évaluation de la dépendance <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> mentales vieillissantes : approche comparative <strong>des</strong> grilles<br />
AGGIR et MIF sur <strong>des</strong> populations <strong>handicapées</strong> mentales.<br />
- MERCKLE (P.). AU FIL DU MOIS, 2000<br />
CCAH : le vieillissement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>.<br />
- READAPTATION, 2000, n°475, p. 5-59<br />
Les voies de la désinstitutionalisation en Finlande.<br />
- TAMMISTO (M.). LES CAHIERS DE L’ACTIF, 2000, n°294-295, p. 99-112<br />
Nous aussi un jour on devient vieux : quel accueil pour les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> mentales vieillissantes ?<br />
- DE LA MURE (C.). LE LIEN SOCIAL, 1999, n°470, p. 4-11<br />
Les besoins et les soutiens nécessaires <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> mentales vieillissantes.<br />
- LES CAHIERS DE L’UNAPEI. HANDICAPS ET SOCIETE. EUROPE ET FRANCOPHONIE, 1999, n°40, p. 3-15<br />
Étu<strong>des</strong><br />
Politiques et pratiques d’accompagnement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> multi<strong>handicapées</strong> vieillissantes : dans les coulisses de la dépendance.<br />
- BLONDEL (F.), DELZESCAUX (S.)/resp. Paris : Centre de ressources multihandicap, 2010<br />
L’avancée en âge <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> mentales.<br />
- NOUVEL (t.)/resp. Paris : UNAPEI, 2009, 18 p.<br />
Profil <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes vivant à domicile, par territoires de proximité en Provence Alpes Côte d’Azur.<br />
- BOURGAREL (S.). Marseille : CREAI PACA et Corse, 2007, 53 p.<br />
Les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes à domicile en Auvergne en 2005.<br />
- CHERVIN (C.), BOREL (P.), NORE (J.). Clermont Ferrand : Plate-forme de l’observation sanitaire et sociale d’Auvergne, 2007<br />
La prise en charge <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes par les établissements pour <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>, les services<br />
d’accompagnement à la vie sociale et les établissements pour <strong>personnes</strong> âgées.<br />
- Direction générale adjointe chargée de la solidarité. In : Schéma départemental d’organisation sociale et médico-sociale<br />
<strong>des</strong> <strong>personnes</strong> adultes <strong>handicapées</strong> de Gironde 2007-2011. Bordeaux : Conseil Général de la Gironde, 2007, p. 100-112<br />
Équipement médico-social : <strong>personnes</strong> âgées, enfants et adultes handicapés, <strong>personnes</strong> confrontées à <strong>des</strong> difficultés spécifiques.<br />
- Caisse régionale d’assurance maladie du Languedoc Roussillon (CRAM), Département recherche développement documentation.<br />
Montpellier : CRAM Languedoc Roussillon, 2006, 293 p.<br />
Les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes en Midi Pyrénées.<br />
- DUGAY (M.), DE ZOTTI (P.). Toulouse : CREAI de Midi Pyrénées, 2006<br />
Vieillissement et cessation d’activité <strong>des</strong> travailleurs handicapés en ESAT.<br />
- LUQUET (V.), LECLERE (N.)/coord. Centre de liaison d’étu<strong>des</strong> d’information et de recherche sur les problèmes <strong>des</strong> <strong>personnes</strong><br />
âgées (CLEIRPPA). Paris : CHORUM, 2006, 178 p.<br />
Profils <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes prises en charge dans les établissements médico-sociaux et les structures de<br />
travail protégé du Nord Pas de Calais.<br />
- THOMAS-DARGENT (C.). Lille : DRASS du Nord Pas de Calais, 2006, 8 p. (DRASS DDASS Nord Pas de Calais n°17)<br />
Parcours de vie : les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes. Étude IV.<br />
- Mairie de Paris, Direction de l’action sociale de l’enfance et de la santé (DASES). In : Personnes <strong>handicapées</strong> : vie quotidienne,<br />
parcours de vie et offres de soins. Tome I - Personnes <strong>handicapées</strong> : vie quotidienne et parcours de vie. Paris :<br />
Mairie de Paris, 2005, 204 p.<br />
Guide d’accompagnement et de prise en charge <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> âgées, étude réalisée dans le cadre du programme<br />
régional de santé « handicap et dépendance <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> âgées ».<br />
- LANDANGER (M.), GERARDIN (I.), GUYOT (P.). Dijon : CREAI Bourgogne, 2004, 104 p.<br />
Aide à l’adaptation et à la planification de l’offre médico-sociale en faveur <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes – CNSA – Octobre 2010 65
66<br />
Étude régionale de santé. «Femmes aidantes - génération pivot». La prise en charge d’une personne âgée dépendante ou d’un<br />
enfant handicapé mental vieillissant : incidence sur la santé de l’aidante familiale et émergence <strong>des</strong> attentes.<br />
- VALETTE (M.), MEMBRADO (M.), Association régionale <strong>des</strong> organismes de Mutualité sociale agricole Midi Pyrénées<br />
(AROMSA). Toulouse : Comité régional <strong>des</strong> politiques de santé Midi Pyrénées, 2004, 414 p. + 53 p.<br />
Personnes <strong>handicapées</strong> vieillissantes et établissements hébergeant <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> âgées dépendantes.<br />
- VERIEN (I.), MENICHON (D.). Lyon : CRAM Rhône Alpes, 2004, 65 p.<br />
Les aînés d’aujourd’hui et de demain entre vieillissement et dépendance.<br />
- BREITENBACH (N.). Carouge : insieme Genève/apmh, 2003, 26 p.<br />
Les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes : une approche à partir de l’enquête HID.<br />
- MICHAUDON (H.). Paris : DREES, 2002, 12 p. (Étu<strong>des</strong> et Résultats n°204)<br />
Thèses, mémoires<br />
Quelle démarche pour un accompagnement institutionnel de qualité pour les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> mentales vieillissantes ?<br />
L’exemple du Centre hospitalier de Carvin.<br />
- MOREL (A.). Rennes : EHESP, 2009, 62 p.<br />
Améliorer la prise en charge <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes dans le Val de Marne.<br />
- LAHOUCINE (M.). Rennes : EHESP, 2008, 68 p.<br />
Diversifier l’offre d’accompagnement et d’orientation <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes en foyer de vie.<br />
- FOLLIOT (C.). Rennes : ENSP, 2006, 80 p.<br />
La restructuration : une réponse au vieillissement de la population accueillie en Maison d’accueil spécialisée. L’exemple de la MAS<br />
Marcel Sendrail.<br />
- LACLERGUE (M.). Rennes : ENSP, 2006, 98 p.<br />
Proposer un cadre de vie adapté à l’accueil <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> mentales vieillissantes en EHPAD.<br />
- CHOLAT (A.). Rennes : ENSP, 2004, 108 p.<br />
Personnes <strong>handicapées</strong> vieillissantes en maison de retraite : une prise en charge adaptée ?<br />
- DEVAUX (F.). Rennes : ENSP, 2003, 77 p.<br />
La prise en charge <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> mentales vieillissantes dans les institutions vaudoises : où en sommes-nous en 2002 ?<br />
- BIGNENS (E.). Lausanne : EESP, 2002<br />
S’engager dans un partenariat permettant aux <strong>personnes</strong> âgées et <strong>handicapées</strong> vieillissantes de vivre ensemble en MAPA.<br />
- TETE-VERPILLON (M.). Rennes : ENSP, 2000, 65 p.<br />
Colloques<br />
Avancée en âge <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> en situation de handicap. Texte d’orientation. 33e congrès de la fédération <strong>des</strong> APAJH - 18, 19 et<br />
20 juin 2009<br />
- Saint-Cloud : Fédération <strong>des</strong> APAJH, 2009, 9 p.<br />
Handicap mental et vieillissement : approche médicale et accompagnement. Colloque, Paris, 15 octobre 2009.<br />
- LES CAHIERS DE L’UNAPEI. ETUDES ET ACTES, 2009<br />
Quel avenir pour les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes ? Rencontres parlementaires du secteur social et médico-social, Paris,<br />
28 septembre 2005.<br />
- LE MENSUEL DES MAISONS DE RETRAITE, 2006, Hors série, 79p.<br />
Handicap mental et vieillissement. L’accompagnement et le suivi <strong>des</strong> familles - la formation <strong>des</strong> accompagnants. Séminaire, Évry,<br />
30 septembre 2000.<br />
- Syndicat intercommunal du centre Essonne pour l’action en faveur <strong>des</strong> handicapés mentaux (SICEHM). Évry : SICEHM,<br />
2001, 103 p.<br />
Films<br />
Pour mémoire.<br />
- FAURE (J.M.). Paris, Saint Martin de Vaulserre : Fondation de France, rétroviseur, 1998<br />
Tous mes mots s’envolent.<br />
- FAURE (J.M.). Paris, Saint Martin de Vaulserre : Fondation de France, rétroviseur, 1996<br />
Le partage <strong>des</strong> différences.<br />
- FAURE (J.M.). Paris, Saint Martin de Vaulserre : Fondation de France, rétroviseur, 1994<br />
Cheveux blancs, cheveux gris.<br />
- FAURE (J.M.). Paris, Saint Martin de Vaulserre : Fondation de France, rétroviseur, 1993
Remerciements<br />
Nous remercions pour leur aimable et constructive contribution à la relecture de ce dossier technique :<br />
Jean-Yves Barreyre, CREAI Ile de France pour l’ANCREAI.<br />
Christophe Bergery, directeur de la maison départementale <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> <strong>des</strong> Pyrénées orientales,<br />
directeur <strong>personnes</strong> âgées - <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> du Conseil Général <strong>des</strong> Pyrénées orientales.<br />
Olivier Brisset, directeur de la Promotion de l’autonomie du Conseil général du Loir et Cher.<br />
Dr Pascale Gilbert, CNSA<br />
Karine Reverte, directrice du CCAH<br />
Anne Veber, ANESM.<br />
Aide à l’adaptation et à la planification de l’offre médico-sociale en faveur <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes – CNSA – Octobre 2010 III
www.cnsa.fr<br />
www.cnsa.fr<br />
CNSA<br />
66, avenue du Maine<br />
75682 Paris cedex 14<br />
Tél. : 01 53 91 28 00<br />
Fax : 01 53 91 28 82<br />
Conception-réalisation :
Marie-Line GREBEAUX<br />
D.U.M.E.G. : Diplôme universitaire<br />
de Management <strong>des</strong> Equipes Gérontologiques<br />
Service de Formation Continue<br />
Université de Bourgogne<br />
Le 9 septembre 2010
Saône-et-Loire :<br />
Réflexion sur l’adaptation <strong>des</strong> structures d’hébergement aux besoins <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes<br />
En préambule à ce rapport, je souhaite adresser mes remerciements les plus sincères<br />
à toutes les <strong>personnes</strong> qui, par leurs encouragements et leur aide,<br />
m’ont permis de vivre cette année universitaire très enrichissante :<br />
• Mme Burlaut, Directrice Générale Adjointe aux Solidarités au Conseil général de Saône-et-Loire,<br />
• M. Petit, Directeur de l’Action Sociale Territoriale,<br />
• M. Lasausse et Mme Martin, Directeurs du Territoire d’Action Sociale de Chalon-Louhans, où j’officie,<br />
Pour m’avoir encouragée et permis de bénéficier de cette formation au Management <strong>des</strong> Equipes<br />
Gérontologiques,<br />
• Mmes Decaillot, Mallot, Ahne et Capelli,<br />
• M. Salvi, ses collaborateurs et les résidents de la PUV, Messieurs Rauche, Prost et Secchi,<br />
Pour le temps qu’ils ont bien voulu me consacrer et les échanges très enrichissants que nous avons<br />
partagés,<br />
• Mme Badaut, ma « collègue » de bureau,<br />
Pour avoir assumé avec le sourire et professionnalisme les tâches qui m’incombaient durant mes pério<strong>des</strong><br />
d’absence,<br />
• L’ensemble <strong>des</strong> intervenants nous ayant dispensé leurs connaissances et expériences, ainsi que nos<br />
responsables pédagogiques, Mme Mourey et M. Bernard, qui ont si bien su nous guider dans nos projets,<br />
• Un remerciement tout particulier à Mme Manière, qui assure avec une gentillesse et une disponibilité<br />
jamais démenties le secrétariat de formation continue en gérontologie,<br />
• Mes « collègues » de promotion, qui chacun m’ont apporté soutien, conseil, leur expérience et leur vécu -<br />
très différents du mien - et, surtout, ont contribué à créer au sein de notre petit groupe une entente<br />
harmonieuse et conviviale,<br />
• A mon mari, pour ses encouragements et sa disponibilité,<br />
• Et enfin à mes deux garçons, qui regardaient avec amusement et un peu d’étonnement, il faut bien<br />
l’avouer, leur mère retourner « à l’école » à 47 ans passés…<br />
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Saône-et-Loire :<br />
Réflexion sur l’adaptation <strong>des</strong> structures d’hébergement aux besoins <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes<br />
Sommaire<br />
I – Introduction p. 4<br />
II - Quelques définitions p. 5<br />
Les différentes formes de handicap p. 6<br />
III - Les adultes handicapés : lieux de vie, l’étape du vieillissement,<br />
état <strong>des</strong> lieux en Saône-et-Loire. p. 7<br />
3.1 Les hébergements en institution p. 7<br />
3.2 L’étape du vieillissement p. 8<br />
3.2.1 Approche généraliste p. 8<br />
3.2.2 Personnes âgées et <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> :<br />
la convergence <strong>des</strong> politiques : une utopie ? p. 8<br />
3.3 Etat <strong>des</strong> lieux en Saône-et-Loire p. 9<br />
3.3.1 Les enquêtes HID et MDPH 71 p. 10<br />
3.3.2 Quelques chiffres-clés p. 11<br />
3.3.3 Indices, Tableaux de Bord et Cartographies – Où en est<br />
la Saône-et-Loire ? p. 11<br />
IV - La prise en charge en institution <strong>des</strong> Personnes Handicapées<br />
Vieillissantes : réflexion sur d’éventuelles pistes d’amélioration en<br />
Saône-et-Loire p. 13<br />
4.1 Généralités p. 13<br />
4.2 Mixité ou Unités spécifiques ? p. 14<br />
4.3 Des lieux de vie adaptés aux résidents et aux différents handicaps rencontrés p. 15<br />
V - Conclusion p. 18<br />
VI - Sigles utilisés et/ou utiles p. 19<br />
VII - Annexes p. 22<br />
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Saône-et-Loire :<br />
Réflexion sur l’adaptation <strong>des</strong> structures d’hébergement aux besoins <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes<br />
I - Introduction<br />
Rédacteur chef au sein du Conseil général de Saône-et-Loire et de formation purement<br />
« administrative », je suis affectée depuis deux ans et demi à la Direction Générale Adjointe aux Solidarités –<br />
Direction de l’Action Sociale Territoriale, en qualité d’assistante de direction au Territoire d’Action Sociale de<br />
Chalon-Louhans. Ce poste m’a permis d’avoir une vue d’ensemble du champ social dévolu au Département et<br />
de me conforter dans le projet d’orienter mon parcours professionnel vers les secteurs de la gérontologie et du<br />
handicap, qui m’intéressent tout particulièrement depuis de nombreuses années, bien que n’ayant jamais eu<br />
l’occasion d’y travailler. Leur rapprochement au sein <strong>des</strong> futures Maisons Locales de l’Autonomie m’offrira je<br />
l’espère une opportunité d’intégration dans l’un <strong>des</strong> dix bassins de vie pertinents repérés par le Département<br />
qui m’emploie (Annexe 1).<br />
Le vieillissement démographique et l’accroissement de la dépendance de la population française sont<br />
<strong>des</strong> réalités auxquelles le Département de Saône-et-Loire n’échappe pas ; très fortement marqué par ces<br />
deux aspects, la Saône-et-Loire a d’ailleurs opté pour la mise en place, en 2010, d’un « impôt local cinquième<br />
risque », palliant ainsi la défaillance de la solidarité nationale. Pilote de l’action sociale et médico-sociale en<br />
faveur <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> âgées et <strong>handicapées</strong>, le Département travaille actuellement à l’élaboration d’un<br />
schéma départemental convergeant, pour la période 2010-2014, en faveur de ces deux publics jusqu’alors<br />
différenciés. Ce nouveau schéma devra opérer un consensus entre les orientations stratégiques permettant à<br />
chacun de préserver son autonomie et les réalités diverses rencontrées par les usagers, la collectivité et ses<br />
partenaires institutionnels, associatifs et publics. Il semble évident qu’une réflexion nationale doit être<br />
engagée sans tarder et qu’il faudra inéluctablement se donner tous les moyens nécessaires pour apporter les<br />
réponses appropriées au défi que représente le vieillissement de la population française et notamment celle<br />
<strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>, dont l’espérance de vie ne cesse d’augmenter : 20 ans en moyenne en 1930,<br />
mais 70 à 74 ans environ de nos jours (moyenne variable en fonction du type de handicap : 40 ans par<br />
exemple d’espérance de vie pour les polyhandicapés, plus de 50 ans pour les déficiences mentales<br />
profon<strong>des</strong>, 64 ans environ pour les trisomiques…).<br />
Autant intéressée par les <strong>personnes</strong> âgées que par les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>, mais n’étant pas en<br />
position d’élaborer un projet immédiatement applicable sur le terrain, j’ai d’abord choisi de travailler sur le<br />
projet suivant : « Réflexion sur les moyens à mettre en œuvre pour améliorer la prise en charge <strong>des</strong><br />
<strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes (PHV) en Saône-et-Loire ». Sujet passionnant sans aucun doute, mais<br />
dont je me suis vite aperçue qu’il est tellement vaste que je pourrais y consacrer quelques centaines de pages<br />
sans être vraiment sûre d’avoir tout exploré, tant les pistes sont nombreuses : accessibilité, logement,<br />
transports, technologies, information et communication, intégration professionnelle et préparation à la retraite,<br />
suivi médical, vie sociale, sportive et culturelle, vie en institution ou à domicile…<br />
Ne pouvant malheureusement pas ici explorer toutes les pistes de la problématique posée, j’ai décidé<br />
de me concentrer sur la vie en institution <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes, en m’axant sur les<br />
structures d’hébergement mises à leur disposition, essayant d’en tirer <strong>des</strong> idées et solutions de « bon sens »,<br />
par le biais d’actions expérimentées ou pressenties en Saône-et-Loire ou ailleurs, <strong>des</strong> avis <strong>des</strong> professionnels<br />
rencontrés au cours de ces derniers mois, ou encore en me basant sur mes lectures et de précédentes étu<strong>des</strong><br />
sur ce thème.<br />
Je tiens à préciser que les idées lancées dans le cadre de cette « réflexion » n’engagent bien sûr que<br />
moi et devront être confrontées aux concepts juridiques, aux réalités territoriales, logistiques, humaines et<br />
financières qu’elles entraîneraient pour une éventuelle application. Mon approche est celle d’une néophyte en<br />
la matière et c’est pourquoi, avant d’attaquer le vif du sujet, je vous propose quelques « définitions »,<br />
indispensables à une compréhension commune <strong>des</strong> termes employés. Puis je vous présenterai les lieux<br />
d’hébergement en institution <strong>des</strong> adultes handicapés et leur devenir actuel à l’étape du vieillissement, avec<br />
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Saône-et-Loire :<br />
Réflexion sur l’adaptation <strong>des</strong> structures d’hébergement aux besoins <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes<br />
bien sûr un « état <strong>des</strong> lieux » pour le Département de Saône-et-Loire, territoire sur lequel est basée la<br />
réflexion qui suivra.<br />
II - Quelques définitions<br />
• Au sens de l’article 2 de la loi du 11 février 2005 pour l’égalité <strong>des</strong> droits et <strong>des</strong> chances, la participation et<br />
la citoyenneté <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>, « constitue un handicap toute limitation d’activité ou restriction<br />
de participation à la vie en société subie dans son environnement par une personne en raison d’une<br />
altération substantielle, durable ou définitive, d’une ou plusieurs fonctions physiques, sensorielles,<br />
mentales, cognitives ou psychiques, d’un polyhandicap ou d’un trouble de santé invalidant ».<br />
• « Une personne handicapée vieillissante (PHV) peut être définie comme une personne qui a entamé ou<br />
connu sa situation de handicap (quelle qu’en soit la nature ou la cause) avant de connaître les effets d’un<br />
vieillissement » (Azema B. et Martinez N, 2003, Les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes : espérances de vie, projections<br />
démographiques et aspects qualitatifs, Rapport d’étude pour la DREES, Ministère <strong>des</strong> Affaires Sociales, du Travail et de la<br />
Solidarité, Ministère de la Santé, de la Famille et <strong>des</strong> Personnes Handicapées, CREAI Languedoc-Roussillon, Montpellier, 317<br />
p.).<br />
• « Une personne âgée est, pour le sens commun, une personne dont l'âge est avancé et qui présente les<br />
attributs physiologiques et sociaux de la vieillesse tels que la société se les représente » (Wikipedia).<br />
• « Le vieillissement correspond à l’ensemble <strong>des</strong> processus physiologiques et psychologiques qui<br />
modifient la structure et la fonction de l’organisme, à partir de l’âge mur (30-40 ans) » (définition de l’’OMS,<br />
Organisation Mondiale de la Santé) ; c’est un processus lent et progressif, à distinguer <strong>des</strong> manifestations <strong>des</strong><br />
maladies. C’est « une période de la vie humaine caractérisée par une baisse <strong>des</strong> fonctions physiques, la<br />
perte du rôle social joué comme adulte, <strong>des</strong> changements dans l’apparence physique et un<br />
acheminement graduel vers une diminution <strong>des</strong> capacités » (BR Mishara, RG Riegel, Le vieillissement, Presses<br />
Universitaires de France, Paris,1984).<br />
Ainsi, la vieillesse est un état, le vieillissement un processus.<br />
• La dépendance est l’impossibilité partielle ou totale pour une personne d’effectuer les activités de la vie,<br />
qu’elles soient physiques, psychologiques ou sociales et de s’adapter à son environnement.<br />
• L’indépendance est la capacité de faire par soi-même, d’effectuer sans aide, les principales activités de la<br />
vie courante.<br />
• L’autonomie est la capacité à se gouverner soi-même, à disposer de la capacité de jugement : la<br />
personne peut prévoir, choisir, agir librement, accepter ou refuser, en fonction de son jugement, ses règles<br />
de conduite, l’orientation de ses actes et les risques qu’elle est prête à courir.<br />
Cette distinction est à mon sens importante, dans la mesure où une personne peut demeurer autonome tout<br />
en étant totalement dépendante physiquement et, qu’à l’inverse, une personne peut être non autonome tout<br />
en étant physiquement indépendante (perturbation mentale, par exemple).<br />
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Saône-et-Loire :<br />
Réflexion sur l’adaptation <strong>des</strong> structures d’hébergement aux besoins <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes<br />
Une personne handicapée vieillissante (PHV) peut donc être définie comme une personne qui a entamé ou<br />
connu sa situation de handicap (quelle qu’en soit la nature ou la cause) avant de connaître les effets d’un<br />
vieillissement.<br />
Mais quelles sont les différentes formes de handicap que l’on peut rencontrer ?<br />
Schématiquement, on peut distinguer les handicaps mentaux et les handicaps physiques (synthèse<br />
lecture Doctissimo.fr)<br />
• Handicaps mentaux<br />
Les déficiences intellectuelles (anciennes arriération ou débilité mentale), appréciées par <strong>des</strong> tests de<br />
Quotient Intellectuel (QI), touchent 1 à 3 % de la population ; on peut y associer les déficiences plus<br />
spécifiques de certaines fonctions cognitives (langage, troubles d’apprentissage…). Leurs causes les<br />
plus fréquentes sont la trisomie 21 (maladie génétique qui touche une naissance sur 800) et le<br />
syndrome de l’X fragile (maladie génétique touchant le chromosome X – 1 garçon sur 4 000, 1 fille sur<br />
8 000).<br />
Les déficiences psychiques concernent principalement la vie relationnelle, le comportement et la<br />
communication : autisme, schizophrénie, troubles obsessionnels compulsifs…<br />
• Handicaps physiques<br />
Les déficiences motrices (handicap moteur) atteignent 1.5 % de la population pour les troubles<br />
moteurs isolés et environ 4 % de la population pour les troubles moteurs associés à d’autres<br />
déficiences :<br />
• Les lésions de la moelle épinière peuvent provoquer une paralysie <strong>des</strong> membres inférieurs<br />
(paraplégie) ou <strong>des</strong> quatre membres (tétraplégie) et touchent près de 30 000 <strong>personnes</strong> en<br />
France (accidents de la route, du sport, du travail…).<br />
• L’infirmité motrice cérébrale est le résultat de lésions cérébrales intervenant autour de la<br />
naissance (souvent un accident vasculaire cérébral) et touche 3 enfants sur 5 000<br />
naissances ; le degré de sévérité peut aller de la marche difficile à la tétraplégie et ce<br />
handicap moteur est souvent associé à d’autres troubles.<br />
• Les myopathies sont <strong>des</strong> maladies neuromusculaires d’origine génétique.<br />
Les handicaps sensoriels sont très fréquents : 1 million et demi de <strong>personnes</strong> sont malvoyantes,<br />
77 000 sont aveugles ; les déficiences auditives touchent environ trois millions et demi de <strong>personnes</strong>.<br />
Les déficiences viscérales et générales, conséquences d’un cancer ou d’une insuffisance cardiaque<br />
ou respiratoire, entraînent également de graves déficiences ; <strong>des</strong> épilepsies sévères peuvent<br />
également avoir pour conséquences <strong>des</strong> retards mentaux ou une perte de langage.<br />
L’handicap esthétique (accident, affection délabrante) peut avoir <strong>des</strong> conséquences sur la vie sociale<br />
et professionnelle de la personne qui en est affectée.<br />
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Saône-et-Loire :<br />
Réflexion sur l’adaptation <strong>des</strong> structures d’hébergement aux besoins <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes<br />
• La combinaison de déficiences permet une autre classification :<br />
Le polyhandicap est l’association de déficiences motrices et intellectuelles sévères, éventuellement<br />
couplées à d’autres déficiences, ce qui entraîne une restriction très importante de l’autonomie<br />
(malformations, maladies affectant le fœtus et l’embryon, grande prématurité…).<br />
Le plurihandicap est l’association de plusieurs déficiences de gravités approximativement égales<br />
(sourds-aveugles, infirmes moteurs cérébraux sourds…).<br />
Le surhandicap est l’aggravation d’un handicap existant par les problèmes relationnels provoqués<br />
(exemple : développement psychique d’un enfant altéré par <strong>des</strong> handicaps sensoriels ou intellectuels).<br />
III - Les adultes handicapés : lieux de vie ; l’étape du vieillissement ;<br />
état <strong>des</strong> lieux en Saône-et-Loire.<br />
3.1 Les lieux de vie<br />
• « Structures sans hébergement » : les Etablissements et Services d’Aide par le Travail (ESAT) sont <strong>des</strong><br />
structures dans lesquelles les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> exercent une activité professionnelle adaptée à<br />
leurs handicaps, tout en bénéficiant <strong>des</strong> soutiens éducatifs et sociaux nécessaires. L’Accueil sur Temps<br />
Libéré (ATL) s’adresse à <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> travaillant dans une structure protégée, mais qui ne<br />
sont pas en mesure de travailler à temps plein : activités de vie sociale et d’épanouissement personnel<br />
leur sont proposées. L’Accueil de Jour (AJ) est quant à elle une structure accueillant durant la journée<br />
uniquement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> ne relevant ni d’un Foyer d’Accueil Médicalisé (FAM) ni d’une<br />
Maison d’Accueil Spécialisé (MAS). Le Service d’Accompagnement à la Vie Sociale (SAVS) contribue à la<br />
réalisation du projet de vie <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> adultes <strong>handicapées</strong>, en les accompagnant dans le maintien<br />
<strong>des</strong> liens familiaux, sociaux, scolaires, professionnels et autres. Le Service d’Accompagnement Médico-<br />
Social pour Adultes Handicapés (SAMSAH) réalise un accompagnement médico-social : prestations de<br />
soins, réalisation du projet de vie favorisant le maintien ou l’insertion de l’adulte handicapé en milieu<br />
ordinaire. Le Service de Soutien (SS) assure une aide individuelle à la vie quotidienne <strong>des</strong> <strong>personnes</strong><br />
<strong>handicapées</strong> vivant à domicile.<br />
L’importance de ces structures est indéniable et leur rôle primordial, c’est pourquoi j’ai souhaité les citer.<br />
Certaines d’entre-elles, dans le cadre de ma réflexion, pourraient être sollicitées, si elles ne le sont déjà, dans<br />
l’accompagnement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes. En ce qui concerne les autres structures, il m’a<br />
semblé important de les connaître et d’en situer les missions.<br />
• Les Foyers qualifiés « de vie » (FV) ou « d’hébergement » (FH) : les premiers accueillent <strong>des</strong> <strong>personnes</strong><br />
<strong>handicapées</strong> disposant d’une certaine autonomie physique ou intellectuelle bien que n’étant pas en<br />
mesure de travailler ; les seconds assurent l’hébergement <strong>des</strong> travailleurs handicapés exerçant en journée<br />
une activité professionnelle, en milieu ordinaire ou protégé.<br />
• Les Maisons d’Accueil Spécialisées (MAS) reçoivent <strong>des</strong> adultes handicapés incapables d’effectuer seuls<br />
les actes essentiels de la vie et nécessitant une surveillance médicale et <strong>des</strong> soins constants<br />
(compétence tarifaire exclusive de l’Etat).<br />
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Saône-et-Loire :<br />
Réflexion sur l’adaptation <strong>des</strong> structures d’hébergement aux besoins <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes<br />
• Les Foyers d’Accueil Médicalisés (FAM) accueillent quant à eux les <strong>personnes</strong> lourdement <strong>handicapées</strong> et<br />
poly<strong>handicapées</strong> ayant besoin d’être aidées dans la majorité <strong>des</strong> actes essentiels de la vie, recevant de<br />
plus <strong>des</strong> soins constants et un suivi médical permanent (double tarification : Etat/Département).<br />
• Les Petites Unités de Vie (PUV) sont <strong>des</strong>tinées à accueillir les <strong>personnes</strong> dans leur milieu de vie habituel ;<br />
les liens sociaux sont ainsi conservés. Les espaces privatifs permettent de vivre comme à domicile et les<br />
espaces collectifs préservent la participation et l’autonomie <strong>des</strong> résidents.<br />
• Les Etablissement d’Hébergement pour Personnes Agées Dépendantes (EHPAD) – EHPA est<br />
l’appellation moderne de nos anciennes « maisons de retraite » - accueillent <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> âgées<br />
vali<strong>des</strong>, semi-vali<strong>des</strong>, dépendantes physiquement ou psychologiquement, voire désorientées. Ces<br />
établissements médicalisés relèvent soit du domaine médico-social, soit du domaine sanitaire (Unités de<br />
Soins de Longue Durée).<br />
• Les domiciles collectifs sont <strong>des</strong> structures d’hébergement non médicalisées, de petite taille (4/5<br />
<strong>personnes</strong> maximum), situées à proximité <strong>des</strong> liens sociaux et organisées comme de vrais domiciles. Un<br />
accompagnement personnalisé est assuré, favorisant la vie en milieu ordinaire <strong>des</strong> <strong>personnes</strong><br />
<strong>handicapées</strong> accueillies (+ de 20 ans à <strong>personnes</strong> vieillissantes), qui disposent d’une certaine autonomie.<br />
• L’accueil familial est une offre d’hébergement au domicile privé d’un accueillant familial - salarié de<br />
l’organisme social ou médico-social qui porte ce service -, <strong>des</strong>tiné aux <strong>personnes</strong> âgées de plus de 60 ans<br />
ou aux <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> de plus de 20 ans.<br />
Les deux dernières structures citées n’entreront pas dans le champ de ma réflexion, car à intégrer aux lieux<br />
de vie en milieu ordinaire.<br />
3.2 L’étape du vieillissement<br />
3.2.1 Approche généraliste<br />
En l’espace de quarante ans, l’espérance de vie <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> a quasiment rattrapé<br />
celle de la population non-handicapée. A personne handicapée, on associait systématiquement jusqu’à<br />
maintenant le principe de la précocité du vieillissement ; on a pu s’apercevoir de l’irréalité de ce concept,<br />
souvent lié à l’existence de maladies spécifiques, au manque d’accès aux soins, ou encore au fait que <strong>des</strong><br />
maladies du grand âge touchent plus précocement certaines <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> (exemple : la maladie<br />
d’Alzheimer chez les <strong>personnes</strong> trisomiques).<br />
Cependant, les professionnels s’accordent en grand nombre pour situer aux alentours de 40 ans l’âge<br />
à partir duquel il convient d’accorder une vigilance particulière à la personne handicapée, de manière à<br />
repérer d’éventuels signes du vieillissement et à y apporter les mesures adaptées, à court, moyen ou long<br />
termes. D’autant plus qu’il semble que la personne handicapée n’est le plus souvent (hors exceptions) pas<br />
consciente du fait qu’elle vieillisse et <strong>des</strong> répercussions que cela peut engendrer…<br />
Le vieillissement, en qualité de processus, ne peut se voir opposer la notion de barrière d’âge,<br />
notamment celle <strong>des</strong> fameux « 60 ans », critère administratif d’attribution <strong>des</strong> droits à la retraite. Il convient<br />
donc aux professionnels qui accompagnent les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes de s’adapter aux<br />
changements repérés, souvent qualifiés sous le terme de « fatigabilité ».<br />
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Saône-et-Loire :<br />
Réflexion sur l’adaptation <strong>des</strong> structures d’hébergement aux besoins <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes<br />
Le traitement de cette « fatigabilité » peut différer ; il m’a ainsi été donné de visiter deux<br />
Etablissements ou Services d’Aide par le Travail (ESAT) du secteur associatif, dans lesquels les « solutions »<br />
apportées par leurs Directeurs sont diamétralement opposées, mais finalement complémentaires, car elles<br />
répondent chacune à un réel besoin, bien identifié et clairement exprimé dans les « projets de vie » <strong>des</strong><br />
intéressés ; il n’y a donc pas de bonne ou de mauvaise solution… il n’y a pas une mais <strong>des</strong> solutions… : ainsi,<br />
l’un a choisi de créer à proximité de leurs anciens liens sociaux une Petite Unité de Vie (PUV) accueillant 12<br />
<strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> de plus de 50 ans qui ressentaient le besoin de sortir <strong>des</strong> contraintes du monde du<br />
travail (mais attention : pré-retraite ou retraite ne veulent pas dire inactivité !) ; cette structure est à proximité<br />
d’un centre hospitalier, ce qui facilite l’accès aux soins en cas de nécessité (Annexe 2). L’autre a choisi<br />
d’adapter le travail effectué aux <strong>personnes</strong> vieillissantes, en leur aménageant dans sa structure <strong>des</strong> ateliers<br />
spécifiques ; l’objectif étant de permettre à ces <strong>personnes</strong> vieillissantes de conserver le plus longtemps<br />
possible le statut de « travailleur salarié » auquel elles tiennent particulièrement.<br />
3.2.2 Personnes <strong>handicapées</strong> et <strong>personnes</strong> âgées : la convergence <strong>des</strong><br />
politiques : une utopie ?<br />
La loi du 11 février 2005, dans son article 13 sur l’égalité <strong>des</strong> droits et <strong>des</strong> chances, la participation et<br />
la citoyenneté <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>, prévoit qu’en 2010 convergent les dispositifs en faveur <strong>des</strong><br />
<strong>personnes</strong> âgées et <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>, par l’abolition notamment de la barrière d’âge <strong>des</strong> 60 ans<br />
pour l’attribution <strong>des</strong> prestations sociales. C’est pourquoi, comme je l’ai déjà indiqué plus haut, le Département<br />
de Saône-et-Loire travaille actuellement à l’élaboration d’un schéma départemental convergeant pour la<br />
période 2010-2014 (Annexe 3) et à la mise en place de Maisons Locales de l’Autonomie (MLA), plateformes<br />
de services ayant pour objectifs de répondre au mieux aux besoins et projets de vie individuels <strong>des</strong> usagers,<br />
sur les différents bassins de vie du Département.<br />
Ainsi, ce schéma devrait rapprocher le cadre réglementaire de délivrance de l’Allocation<br />
Personnalisée d’Autonomie (APA) et de la Prestation de Compensation du Handicap (PCH) ; il intégrerait et<br />
coordonnerait également de façon plus efficace les politiques en faveur de ces deux publics - et notamment<br />
sur la question <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes -, en impactant également l’organisation <strong>des</strong><br />
services accueillant les publics, les évaluant et décidant de l’ouverture <strong>des</strong> droits.<br />
Il est cependant à regretter qu’à ce jour, malgré les promesses de Monsieur le Président de la<br />
République et sa confirmation de l’ouverture du chantier de la dépendance après le dossier <strong>des</strong> retraites, soit<br />
fin 2010 – début 2011, nous semblions nous orienter non pas vers la création d’un 5 ème risque « branche de la<br />
Sécurité Sociale » et donc basé sur la « solidarité nationale », mais plutôt vers la privatisation par une<br />
assurance-dépendance obligatoire pour les plus de 50 ans et le recours sur succession, <strong>des</strong> remaniements<br />
très importants de l’Allocation Personnalisée d’Autonomie (APA) pour les <strong>personnes</strong> âgées et peut-être sa<br />
disparition à terme, une couverture publique de la dépendance lourde de plus en plus limitée et le maintien de<br />
la barrière d’âge à 60 ans…. Quid de la convergence ? L’esprit de la loi du 11 février 2005 serait<br />
complètement abandonné, malgré le fait que la France ait ratifié la convention de l’ONU relative aux droits <strong>des</strong><br />
<strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>. La situation économique actuelle aura-t-elle raison de ce chantier avant même qu’il<br />
soit lancé ?<br />
Actuellement, une personne âgée (donc de plus de 60 ans) en perte d’autonomie peut, selon les<br />
incapacités recensées, bénéficier de l’Allocation Personnalisée d’Autonomie (APA). La Personne Handicapée<br />
Vieillissante relèvera de la Prestation de Compensation du Handicap (PCH), quels que soit l’origine de son<br />
handicap, son âge et son mode de vie, si elle est une : personne handicapée dont l’âge est inférieur ou égal à<br />
l’âge limite de 60 ans fixé par Décret du 19 décembre 2005 et dont le handicap correspond aux critères définis<br />
par ledit décret ; ou une personne handicapée dont ’âge est supérieur à l’âge limite de 60 ans mais dont le<br />
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Saône-et-Loire :<br />
Réflexion sur l’adaptation <strong>des</strong> structures d’hébergement aux besoins <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes<br />
handicap répondait avant cet âge aux critères, si la demande est formulée avant les 60 ans ; ou toute<br />
personne handicapée dont l’âge est supérieur à l’âge limite <strong>des</strong> 60 ans mais exerçant une<br />
activité professionnelle. Or, pour comparaison, pour <strong>des</strong> besoins identiques, la personne relevant de l’APA<br />
recevra environ 400 €, celle relevant de la PCH environ 1 000 €. Pour l’instant, on peut donc dire que les<br />
Personnes Handicapées Vieillissantes sont avantagées quant au niveau <strong>des</strong> prestations qu’elles perçoivent<br />
pour compenser leur perte d’autonomie.<br />
3.3 Etat <strong>des</strong> lieux en Saône-et-Loire<br />
3.3.1 Les enquêtes HID et MDPH 71<br />
Selon l’enquête Handicaps – Incapacités – Dépendance (enquête HID – INSEE – Octobre 1998 à Décembre<br />
2001), sur les 635 000 Personnes Handicapées Vieillissantes – dont 267 000 âgées de plus de 60 ans -,<br />
environ 6 % vivent en institution, pour moitié dans un établissement pour adultes (FV, FH, FAM, MAS, PUV),<br />
en raison de leur « jeune âge » ; 11 % d’entre-elles vivent dans <strong>des</strong> établissements psychiatriques relevant<br />
donc du domaine dit « sanitaire ». Avec l’âge, les structures pour <strong>personnes</strong> âgées (EHPAD) semblent<br />
prendre le relais, accueillant en effet 73 % <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes – souffrant d’handicaps<br />
mentaux surtout - vivant en institution et âgées de 60 à 69 ans, 87 % de celles âgées de 70 à 79 ans et 97 %<br />
de celles de plus de 80 ans (Annexe 4).<br />
Actuellement, avoir une idée précise au niveau départemental du nombre et de l’évolution <strong>des</strong><br />
<strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes est assez difficile. Cependant, une enquête effectuée en 2005 par la<br />
Maison Départementale <strong>des</strong> Personnes Handicapées (MDPH) de Saône-et-Loire, dont les chiffres sont à<br />
prendre avec prudence car non réactualisés, a fait apparaître que, pour ce département, sur les pério<strong>des</strong><br />
2005-2007, 2008-2010, 2011-2013, 2014-2016 et 2017-209 :<br />
583 <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> devraient atteindre l’âge de 60 ans entre 2005-2019, dont 162 (27.8 %)<br />
entre 2017-2019. A noter que, sur les cantons mâconnais, la période 2008-2013 devrait compter les<br />
effectifs les plus importants.<br />
Leurs secteurs géographiques seraient les suivants :<br />
• Chalonnais : 148 PHV dont 74 en Foyers<br />
• Le Creusot-Montceau : 136 PHV dont 22 en MAS, 48 en Foyers<br />
• Mâconnais : 81 PHV dont 22 en FAM, 91 en Foyers<br />
• Charollais : 77 PHV dont 10 en Foyers<br />
• Louhannais : 42 PHV<br />
• Autunois : 38 PHV<br />
• Hors Saône-et-Loire : 61 PHV<br />
En 2013, 179 <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> auront 60 ans et plus, contre 45 en 2005. On peut donc dire<br />
que leur nombre est relativement limité ; l’adaptation <strong>des</strong> structures d’hébergement doit en<br />
conséquence être mûrement réfléchie pour correspondre aux besoins, sans pour autant cantonner<br />
l’offre aux plus de 60 ans, étant reconnu que les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> peuvent ressentir les signes<br />
de la « vieillesse » dès 40 ans.<br />
Nombre de <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> de plus de 40 ans dans les structures (données 2005)<br />
Structures 40-49 ans 50-55 ans 56-60 ans 60-65 ans + 65 ans TOTAL<br />
FAM 40 14 16 1 5 76<br />
10
Saône-et-Loire :<br />
Réflexion sur l’adaptation <strong>des</strong> structures d’hébergement aux besoins <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes<br />
FV 141 59 49 11 4 264<br />
FH traditionnel 72 34 15 4 125<br />
FH<br />
51 24 8 2 85<br />
accompagnement<br />
AJ 56 27 15 2 100<br />
ATL 11 5 1 1 18<br />
SS 56 22 8 7 1 94<br />
SAVS 77 34 22 7 140<br />
SAMSAH 7 3 10<br />
TOTAL 511 222 134 35 10 912<br />
3.3.2 Quelques chiffres-clés (source Conseil général 71)<br />
Personnes <strong>handicapées</strong> : (chiffres 2008 – questionnaire TES)<br />
• 1 738 <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> recensées auprès <strong>des</strong> structures associatives (22 réponses<br />
sur 24 associations existantes) dont :<br />
Personnes <strong>handicapées</strong> : (chiffres 2009)<br />
66 % d’handicaps mentaux<br />
20 % d’handicaps psychiques<br />
6 % d’handicaps moteurs<br />
7 % d’autres handicaps : polyhandicapés, autistes, <strong>personnes</strong> sour<strong>des</strong>,<br />
maladies rares…<br />
• 61 établissements (1 573 places permanentes et 32 de dépannage)<br />
• 18 services (566 places)<br />
• 74 ouvertures de places en établissements<br />
• 33 ouvertures de places en services<br />
Bénéficiaires de la PCH : (chiffres 2008 sans distinction domicile / institution )<br />
• 438 adultes âgés de 40 à 59 ans<br />
• 125 adultes âgés de 50 à 77 ans<br />
Personnes âgées : (chiffres 2009)<br />
• 88 établissements<br />
• 7 365 places permanentes<br />
• 2 ouvertures d’établissements en 2009 (à Montceau-les-Mines et Saint-Marcel)<br />
• 1 ouverture d’établissement en 2010 (à Mervans)<br />
• 14 557 bénéficiaires de l’APA<br />
• Indice de vieillissement : 93.4 en Saône-et-Loire (66.8 pour la France)<br />
• 61 538 <strong>personnes</strong> âgées de + 75 ans pour 549 000 habitants dans le département (11.2 %)<br />
avec une perspective pour 2020 de + 27 % de <strong>personnes</strong> de plus de 60 ans et + 63 % de<br />
<strong>personnes</strong> de plus de 85 ans.<br />
3.3.3 Indices, Tableaux de Bord et Cartographies – Où en est la Saône-et-<br />
Loire ? (source Conseil général 71)<br />
11
Saône-et-Loire :<br />
Réflexion sur l’adaptation <strong>des</strong> structures d’hébergement aux besoins <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes<br />
Vous trouverez en Annexes 5 à 12 les indices, tableaux de bord et cartographies qui vous permettront<br />
de vous représenter l’actualité saône-et-loirienne. Pour information, il est établi que le Département de la<br />
Saône-et-Loire engage <strong>des</strong> moyens supérieurs à la moyenne <strong>des</strong> autres départements pour la prise en<br />
charge <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> (établissements et services).<br />
Une étude prospective <strong>des</strong> besoins et propositions de scenarii en matière d’équipements pour la<br />
période 2009-2013, établie par le Service Handicap et Gérontologie du Département, fait ressortir les points<br />
suivants concernant les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes :<br />
Les EHPAD apparaissent comme <strong>des</strong> structures d’hébergement complémentaires à l’accueil <strong>des</strong><br />
<strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> « âgées ». Ainsi, en Saône-et-Loire :<br />
• La Résidence Départementale d’Accueil et de Soin (RDAS) de Mâcon accueille dans deux de<br />
ses trois bâtiments <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>, avec une unité dévolue aux <strong>personnes</strong><br />
<strong>handicapées</strong> vieillissantes. La résidence bénéficie d’un tarif spécifique « <strong>personnes</strong><br />
<strong>handicapées</strong> » et d’un ratio de personnels pour l’unité consacrée aux <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong><br />
vieillissantes.<br />
• L’EHPAD de Saint-Désert, initialement conçu pour accueillir <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> âgées et <strong>des</strong><br />
<strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes, n’accueille plus que <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> âgées<br />
(50 places – moyenne d’âge : 65 ans – la PHV accueillie la plus jeune est âgée de 50 ans).<br />
L’EHPAD bénéficie également d’un tarif spécifique d’hébergement et son projet de service est<br />
adapté à la population accueillie. J’ai eu l’occasion de me rendre dans cette structure et de<br />
pouvoir échanger avec les cadres en place. Leurs propos seront développés ultérieurement<br />
lorsque j’évoquerai la mixité <strong>personnes</strong> âgées / <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes, ou<br />
encore l’accueil de parents âgés avec leurs enfants handicapés vieillissants.<br />
• L’EHPAD de Sennecey-le-Grand – dans lequel je me suis également rendue – a une capacité<br />
de 75 lits dont 10 « Alzheimer » ; il est couplé administrativement à celui de Saint-Ambreuil,<br />
d’une capacité de 61 places en chambres seules ; actuellement en travaux, ce dernier se voit<br />
rajouter une aile d’une capacité de 29 lits et un projet de 20 lits supplémentaires <strong>des</strong>tinés aux<br />
<strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes (public : sourds, malvoyants…) est à l’étude.<br />
Pour les deux premiers EHPAD cités, sites expérimentaux, on relève <strong>des</strong> tarifs d’hébergement<br />
supérieurs aux EHPAD - chiffres 2008 : 43.16 € en moyenne + 10 à 20 € journaliers – mais inférieurs<br />
à ceux <strong>des</strong> foyers traditionnels – 67.33 € en 2008 -. En rajoutant les tarifs dépendance, le coût est<br />
supérieur à celui <strong>des</strong> foyers d’hébergement traditionnels – 68.55 € pour la RDAS et 83.22 € pour<br />
Saint-Désert – mais reste inférieur à celui <strong>des</strong> foyers de vie et <strong>des</strong> FAM – 110 € soins non compris<br />
pour cette dernière structure -.<br />
Les EHPAD peuvent donc contribuer à la satisfaction <strong>des</strong> besoins ; les « cantous » accueillant <strong>des</strong><br />
<strong>personnes</strong> atteintes de la maladie d’Alzheimer sont déjà bien entrés dans les mœurs ; les handicaps rares<br />
(sourds, malvoyants…) et moteurs, par contre, restent insuffisamment pris en compte et il me semble<br />
nécessaire d’engager <strong>des</strong> actions en leur faveur dans ce type de structure, en créant <strong>des</strong> unités<br />
spécialisées, médicalisées en conséquence. Le projet à l’étude sur Sennecey-le-Grand se révèle donc<br />
d’actualité. A noter également qu’un Centre Alzheimer va prochainement être construit sur Le Creusot,<br />
avec le projet d’y accueillir 12 <strong>personnes</strong> atteintes d’Alzheimer mais également 14 Personnes<br />
Handicapées Vieillissantes.<br />
12
Saône-et-Loire :<br />
Réflexion sur l’adaptation <strong>des</strong> structures d’hébergement aux besoins <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes<br />
Je trouve important de souligner que le Département de Saône-et-Loire assume actuellement envers le<br />
public <strong>des</strong> handicapés physiques (surtout traumatisés crâniens) <strong>des</strong> frais de médicalisation revenant<br />
normalement à l’Etat, à hauteur de 880 700 € annuels environ ; cette somme permettrait la création d’un<br />
établissement de 24 places à tarif journalier de 100 €,- dont un certain nombre pourrait être consacré au<br />
public vieillissant atteint de ce type de handicaps, n’est-il pas vrai ? -.<br />
Il existe actuellement en Saône-et-Loire deux établissements spécialisés pour les <strong>personnes</strong> autistes :<br />
• Le FAM d’Azé : 39 places + 1 de dépannage – 45 adultes en liste d’attente en 2005, sans<br />
indication de l’âge. Sa capacité devrait s’étendre à 51 places sur les années 2011-2012, par<br />
la création d’une Petite Unité de Vie de 12 places supplémentaires dédiées aux <strong>personnes</strong><br />
autistes vieillissantes. En 2008, le tarif moyen d’hébergement s’y élevait à 133.05 € (coût de<br />
la place : 47 237 €).<br />
Le FAM de Sennecey-le-Grand, ouvert en 2009, a réservé une unité de 12 places aux <strong>personnes</strong><br />
autistes mais je ne connais pas les tranches d’âges concernées.<br />
Un FAM est en construction actuellement sur Paray-le-Monial, qui accueillera 5 unités de 8<br />
<strong>personnes</strong>, réparties selon leur handicap (déficience intellectuelle, polyhandicap, autisme). 90<br />
candidatures ont déjà été reçues pour ces 40 places, dont je ne sais si un certain nombre sera<br />
réservé aux Personnes Handicapées Vieillissantes atteintes <strong>des</strong> handicaps visés.<br />
Des besoins se font également sentir au niveau de l’offre d’hébergement pour les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong><br />
psychiques profon<strong>des</strong> stabilisées ne relevant pas d’une prise en charge sanitaire. Leur placement en<br />
EHPAD ne semble pas judicieux car non adapté à ce type de pathologie ; le Département envisage ainsi<br />
la création d’une MAS d’environ 50 places, complétée par la mise en place d’un FAM de 30 places<br />
spécialisé dans ce type de handicap.<br />
IV - La prise en charge en institution <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes :<br />
réflexion sur d’éventuelles pistes d’amélioration en Saône-et-Loire<br />
4.1 Généralités<br />
L’idéal serait bien évidemment que les besoins présents et à venir soient couverts par l’offre<br />
d’hébergement, et ceci de manière équitable et égalitaire sur l’ensemble du Département, avec <strong>des</strong> ratios<br />
d’encadrement adaptés, bien évidemment supérieurs à ceux <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> âgées. Pourtant, il faut être<br />
réaliste : il est parfois difficile de concilier tous les critères à réunir pour répondre à un besoin exprimé donné<br />
de façon « localisée ». L’état <strong>des</strong> lieux que je vous ai fourni ne me permet pas d’être plus précise à ce sujet,<br />
mais fait bien ressortir que la problématique est bien identifiée et que <strong>des</strong> solutions sont à l’étude ou en cours<br />
de réalisation. Pour autant, le maximum doit être fait pour éviter à la Personne Handicapée Vieillissante de<br />
perdre tous ses liens, tous ou partie de ses repères, en quelques mots, pour répondre du mieux possible à<br />
son projet de vie individuel ; l’établissement accueillant, quant à lui, doit être à même de lui proposer un cadre<br />
13
Saône-et-Loire :<br />
Réflexion sur l’adaptation <strong>des</strong> structures d’hébergement aux besoins <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes<br />
de vie adapté et qui saura évoluer en fonction de ses besoins, ceci par le biais d’un projet d’établissement<br />
clairement défini et annoncé.<br />
Si le « problème » du vieillissement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> est à mon sens mieux appréhendé<br />
dans les MAS (le maintien dans ces structures, lors du vieillissement, est de plein droit) et FAM, du fait de leur<br />
médicalisation, le sujet est fortement d’actualité pour les autres types de structures, qui ont d’ailleurs déjà pour<br />
certaines engagé <strong>des</strong> actions en faveur de « leurs » Personnes Handicapées Vieillissantes (handicap mental<br />
essentiellement) : la Petite Unité de Vie de Paray-le-Monial, ouverte en novembre 2009, les projets prévus ou<br />
qui sont à l’étude, en sont la preuve. Le secteur associatif, très fortement développé dans le domaine du<br />
handicap, s’est d’ailleurs largement impliqué sur le sujet ; les Directeurs et Directrices d’EHPAD sont<br />
également conscients de l’enjeu.<br />
Les Foyers de Vie ou d’Hébergement doivent en effet trouver <strong>des</strong> solutions pour assurer un turn-over<br />
correct de leurs résidents, les ESAT idem pour leurs travailleurs, ce qui implique d’organiser un processus de<br />
transition pour leur population la plus âgée. La prévention et la réflexion en amont sont à encourager, afin<br />
d’éviter au maximum les solutions d’urgence, qui ont toujours un côté insatisfaisant.<br />
La modification du Règlement Départemental d’Action Sociale (RDAS) qui permet aux Foyers<br />
d’Hébergement d’accueillir au maximum pour 30 % de leur capacité d’hébergement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong><br />
<strong>handicapées</strong> qui ne sont plus aptes à travailler ou qui ont dépassé l’âge de 60 ans, ne peut être qu’une<br />
solution provisoire. D’où les projets de Petites Unités de Vie. Encore faut-il que ces structures aient bien pris<br />
en compte le volet « soins » qui, l’âge avançant, sera de plus en plus présent, les résidents de ces structures<br />
étant sensés y être accueillis jusqu’à leur fin de vie.<br />
Il est évident également que les professionnels du handicap ne sont pas formés au vieillissement – ou<br />
du moins pas assez - et ceux relevant de la gérontologie connaissent peu ou prou le monde <strong>des</strong> handicaps<br />
susvisés. Il me semble nécessaire d’organiser dans l’ensemble <strong>des</strong> structures concernées <strong>des</strong> cycles de<br />
formation convergente Personnes Agées / Personnes Handicapées pour l’ensemble de leurs personnels.<br />
De même, il conviendrait de renforcer les réseaux et partenariats déjà existants, de créer ceux qui<br />
n’existeraient pas, afin de mutualiser au maximum les moyens, qu’ils soient humains, matériels ou encore<br />
financiers, de tous les acteurs impliqués (associations, EHPAD, intervenants <strong>des</strong> domaines sanitaire et<br />
d’accompagnement, administrations décideuses de la politique sanitaire, sociale et médico-sociale, Maison<br />
Départementale <strong>des</strong> Handicapés (dorénavant dénommée Maison Départementale de l’Autonomie), Maisons<br />
Locales de l’Autonomie, Centres Locaux d’Information et de Coordination, Guichets Uniques…).<br />
Il est important d’indiquer à ce sujet que, dans le cadre du « programme de développement <strong>des</strong> soins<br />
palliatifs 2008-2012 », une instruction ministérielle vient d’être transmise aux Agences Régionales de Santé,<br />
précisant les modalités d’intervention <strong>des</strong> Equipes Mobiles de Soins Palliatifs (EMSP) dans les EHPAD et les<br />
établissements médicaux-sociaux (Annexe 14).<br />
Il apparaît également nécessaire de se doter d’un outil performant d’observation permettant de cibler<br />
au jour le jour la population concernée, d’en tenir un état, ce qui le rendrait également capable d’anticiper en<br />
effectuant une analyse prospective <strong>des</strong> besoins et d’évaluer les stratégies mises en œuvre. La création d’un<br />
Observatoire dévolu aux <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> est d’ailleurs l’un <strong>des</strong> projets à l’étude du Département.<br />
4.2 Mixité ou Unités spécifiques ?<br />
14
Saône-et-Loire :<br />
Réflexion sur l’adaptation <strong>des</strong> structures d’hébergement aux besoins <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes<br />
Les Etablissement d’Hébergement pour Personnes Agées Dépendantes accueillent <strong>des</strong> <strong>personnes</strong><br />
âgées vali<strong>des</strong>, semi-vali<strong>des</strong>, dépendantes physiquement ou psychologiquement, voire désorientées. Ces<br />
établissements médicalisés relèvent soit du domaine médico-social, soit du domaine sanitaire (Unités de<br />
Soins de Longue Durée).<br />
Il apparaît que la mixité <strong>des</strong> populations accueillies puisse poser problème :<br />
Aux <strong>personnes</strong> âgées vali<strong>des</strong>, semi-vali<strong>des</strong>, non ou peu dépendantes physiquement et surtout « non<br />
désorientées », qui acceptent mal, pour la plupart, être obligées de « cohabiter » chaque jour avec la<br />
vision, les faits et gestes de <strong>personnes</strong> moins bien « conservées » qu’elles : les repas en commun,<br />
par exemple, et ceci même si l’organisation sectorise au maximum, peuvent être mal vécus ; la<br />
personne âgée peut en arriver à s’isoler dans sa chambre, à ne pas participer aux activités, pour ne<br />
plus être confrontée à ces comportements. Non point pour l’« excuser », mais n’oublions pas que,<br />
pour elle, le mot EHPAD n’a souvent pas de sens, celui de Maison de Retraite oui par contre et que,<br />
pour beaucoup de nos <strong>personnes</strong> âgées d’aujourd’hui, les mala<strong>des</strong> d’Alzheimer ne sont ni plus ni<br />
moins que <strong>des</strong> « déments » relevant d’un établissement psychiatrique. Etre contraints de vivre<br />
journellement avec eux ne relève pas de leur projet de vie… La vie avec <strong>des</strong> <strong>personnes</strong><br />
<strong>handicapées</strong> ? Tout dépend du handicap : mental ou physique léger, il a toutes les chances d’être<br />
bien intégré, surtout en nombre limité, favorisant ainsi l’insertion de la Personne Handicapée<br />
Vieillissante et la dynamique de la Personne Agée ; plus grave, il a par contre toutes les chances<br />
d’être rejeté par ce type de population. Ainsi, la création d’unités spécifiques au sein <strong>des</strong> EHPAD,<br />
Foyers d’Hébergement ou autres établissements d’hébergement semble être une solution rationnelle.<br />
Ceci n’exclut pas, et c’est même à encourager, la possibilité d’activités communes ponctuelles,<br />
pouvant développer chez certains l’envie de se sentir utile, d’aider l’autre, une certaine forme de<br />
solidarité… et un changement, petit à petit, <strong>des</strong> mentalités (aussi bien <strong>des</strong> résidents que de leurs<br />
familles d’ailleurs).<br />
La Personne Handicapée Vieillissante intégrant un EHPAD sera quant à elle généralement confrontée<br />
à une population accueillie bien plus âgée qu’elle (âge moyen d’une personne âgée entrant en<br />
établissement : 80 / 85 ans) : son rythme de vie ne sera pas le même, ses activités, ses souhaits et<br />
ses besoins seront différents… Tout cela, l’établissement devra l’intégrer…. Sera t-il toujours en<br />
capacité de le faire ? C’est à mon sens là qu’il faut absolument réfléchir et préparer l’accueil <strong>des</strong> PHV<br />
en EHPAD en amont. L’expérience de l’EHPAD de Saint-Désert le montre bien : l’établissement a été<br />
amené à faire le choix de ne plus accueillir que <strong>des</strong> PHV alors que le projet initial prévoyait la mixité<br />
<strong>des</strong> publics. Si cela n’est pas assez réfléchi, la Personne Handicapée Vieillissante pourra vite se<br />
retrouver isolée, d’autant plus si elle a peu de liens avec l’extérieur, familiaux notamment. Cependant,<br />
il faut prendre en compte un atout dont dispose assez souvent la Personne Handicapée Vieillissante :<br />
sa capacité à aider l’autre, qu’il soit personne âgée ou personnel de l’établissement (dans le cadre<br />
<strong>des</strong> animations par exemple…).<br />
Certains départements ont développé l’accueil en EHPAD de <strong>personnes</strong> âgées ne pouvant plus rester<br />
à domicile, accompagnées de leur(s) enfant(s) handicapé(s). Les avis divergent quant à ce concept : il<br />
peut en effet être rassurant pour la personne âgée de savoir son enfant handicapé accueilli dans la<br />
même structure qu’elle ; l’enfant handicapé, quant à lui, ne verra pas se couper le lien fusionnel qui<br />
l’unit à son parent ; il aura également le temps, logiquement, de s’adapter à son nouvel<br />
environnement avant le décès de ce dernier. Par contre, certains professionnels argumentent contre<br />
ce concept en faisant ressortir qu’il contribue à la dépendance de la personne handicapée envers son<br />
parent et donc est un frein au développement de son autonomie. Personnellement, je ne peux prendre<br />
position sur ce point, partagée entre le côté humain du concept, mais également sensible aux<br />
objections de ces professionnels, dont je ne fais pas partie…<br />
15
Saône-et-Loire :<br />
Réflexion sur l’adaptation <strong>des</strong> structures d’hébergement aux besoins <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes<br />
Comme je le faisais ressortir plus haut, les mon<strong>des</strong> du handicap et de la personne âgée sont<br />
actuellement deux mon<strong>des</strong> qui se connaissent mal. Si le problème n’est pas insoluble, il convient tout<br />
de même de tenir compte, dans les EHPAD, <strong>des</strong> personnels en place, non ou insuffisamment formés<br />
aux problématiques <strong>des</strong> Personnes Handicapées Vieillissantes. L’évolution de ces structures, de<br />
Maisons de Retraite en EHPA, d’EHPA en EHPAD, l’arrivée d’unités spécifiques réservées aux<br />
mala<strong>des</strong> d’Alzheimer, aux autistes etc… ne peut s’envisager sans un engagement profond <strong>des</strong> corps<br />
de métiers intervenant en faveur <strong>des</strong> PHV accueillies. Le burn-out, ou syndrome d’épuisement<br />
professionnel, peut rapidement survenir dans ce type de métiers, où l’on est continuellement « au<br />
service de l’autre ». Aussi, toute éventuelle réorganisation doit-elle être envisagée en accord avec les<br />
personnels qui se verraient affectés dans ces unités et avec l’appui d’un plan de formation adéquat.<br />
La bientraitance est à ce prix.<br />
Le développement du partenariat avec les autres structures existant sur le département est à mon<br />
sens à étendre aux EHPAD, chaque fois que cela peur apporter un mieux à la Personne Handicapée<br />
Vieillissante.<br />
4.3 Des lieux de vie adaptés aux résidents et aux différents handicaps rencontrés<br />
Je suis particulièrement sensible aux problématiques <strong>des</strong> handicaps moteur et sensoriel (visuel et<br />
auditif) en matière d’accessibilité, d’architecture adaptée, d’ai<strong>des</strong> techniques et technologiques favorisant<br />
l’autonomie <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> âgées et <strong>handicapées</strong> (âgées ou pas d’ailleurs…). Voici quelques points qui, je<br />
pense, demandent à être travaillés, en Saône-et-Loire et partout ailleurs… :<br />
Logiquement, les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> moteur accueillies en établissements sont, vieillissantes,<br />
bien prises en charge dans les EHPAD (aide à la toilette, pour se nourrir, locaux adaptés…). Il<br />
convient quand même de faire ressortir que la technologie <strong>des</strong> fauteuils roulants a fait <strong>des</strong> bonds<br />
fantastiques et qu’il serait judicieux de développer au maximum leur utilisation, ce qui augmenterait<br />
indéniablement l’autonomie d’un bon nombre d’handicapés moteur. Leur coût supérieur est bien sûr<br />
un frein, mais il ne paraît pas impossible qu’un programme réfléchi permette d’en équiper, à moyen<br />
terme, les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> moteur qui en auraient l’utilité. Ce programme d’investissement<br />
pourrait également comprendre l’ensemble <strong>des</strong> ai<strong>des</strong> techniques disponibles.<br />
L’accessibilité est un sujet d’actualité, pour lequel il y a encore beaucoup à faire et à inventer. Dans<br />
les établissements accueillant <strong>des</strong> Personnes Handicapées Vieillissantes, les adaptations<br />
architecturales, technologiques et humaines sont, bien que connues, encore à améliorer et<br />
développer :<br />
• Aux niveaux architectural et technique, hormis les normes en vigueur et appliquées, il<br />
conviendrait à mon sens de développer <strong>des</strong> concepts originaux dès lors que l’on accueille ne<br />
serait-ce qu’une personne qui en aurait l’utilité.<br />
Pour l’handicapé moteur, ce peut être automatiser au maximum l’ouverture et<br />
la fermeture <strong>des</strong> portes, fenêtres et volets, dans l’établissement (ascenseur<br />
compris) et dans son logement ;<br />
Pour l’handicapé sensoriel souffrant de troubles visuels, ce peut être<br />
aménager les espaces de manière à lui permettre de se déplacer et de se<br />
repérer plus facilement (ban<strong>des</strong> de couleur à picots aux murs ou aux sols par<br />
exemple, systèmes sonores…). A noter que, selon l’enquête HID déjà citée,<br />
40 % <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> âgées présentent un handicap visuel.<br />
16
Saône-et-Loire :<br />
Réflexion sur l’adaptation <strong>des</strong> structures d’hébergement aux besoins <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes<br />
Pour l’ensemble <strong>des</strong> résidents, l’architecture extérieure doit leur permettre de<br />
bénéficier d’un cadre de vie agréable, avec lieux de promenade aménagés et<br />
sécurisés.<br />
L’architecture intérieure doit quant à elle être envisagée de manière à<br />
reproduire les liens sociaux de tout un chacun, avec une répartition <strong>des</strong><br />
secteurs bien définie, reproduisant au maximum un environnement<br />
ressemblant à ce qu’ils ont connu dans le passé (partie administrative,<br />
« commerces », zones de loisirs, cafétéria, de soins… et partie privative<br />
accueillante et personnalisée), évitant au maximum l’atmosphère « hôpital » ;<br />
il faut pouvoir se sentir « comme à la maison ». L’EHPAD de Sennecey-le-<br />
Grand, que j’ai eu l’occasion de visiter, est conçu de cette manière et<br />
visiblement très apprécié <strong>des</strong> résidents. Ce modèle est à mon sens à<br />
reproduire sans aucune hésitation.<br />
Le lieu d’implantation <strong>des</strong> établissements est également important, car<br />
facteur à favoriser la socialisation <strong>des</strong> résidents et les liens avec l’extérieur<br />
(commerces, loisirs - sportifs notamment -, rencontres intergénérationnelles…).<br />
S’il est bien pensé dès le projet de départ, la<br />
socialisation sera facilitée. Pour les établissements déjà existants, parfois<br />
plus excentrés, la socialisation <strong>des</strong> résidents avec l’extérieur demandera plus<br />
d’aménagements, donc sera forcément plus contraignante.<br />
• Les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> sensorielles souffrant de problèmes d’audition sont souvent<br />
appareillées et ont de plus pour la plupart développé une bonne adaptabilité à leur handicap.<br />
Ceci dit, il convient de souligner que 69 % <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> âgées présentent un handicap<br />
auditif (enquête HID). La population que l’on peut rencontrer dans les EHPAD est donc largement<br />
impactée par cette problématique. La prendre en compte est donc une nécessité et il<br />
conviendrait à l’avenir que la France se dote d’un système de prise en charge <strong>des</strong> ai<strong>des</strong><br />
auditives performant, car leur coût les rend encore inaccessibles pour beaucoup.<br />
• Les moyens humains à mettre en place ne sont pas négligeables. L’arrivée <strong>des</strong> Personnes<br />
Handicapées Vieillissantes dans <strong>des</strong> établissements d’hébergement où elles resteront jusqu’à<br />
leur fin de vie, doit être accompagnée par <strong>des</strong> professionnels <strong>des</strong> différents corps de métiers<br />
rencontrés dans les secteurs du handicap et de la gérontologie. Un partenariat fort est donc à<br />
mettre en place, ceci est indéniable. Comme je le disais plus haut, le rôle de la formation <strong>des</strong><br />
personnels est primordial et doit viser à fournir une prestation de qualité aux résidents, en<br />
essayant d’aller toujours plus loin dans l’exemplarité. Améliorer l’accessibilité, n’est-ce pas,<br />
par exemple, lorsque l’on accueille <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> souffrant d’un handicap auditif, pouvoir leur<br />
offrir un petit pourcentage de son personnel formé au langage <strong>des</strong> signes ?<br />
• Améliorer l’accessibilité, c’est également leur permettre de bénéficier <strong>des</strong> nouvelles<br />
technologies, de communication notamment, et ceci d’autant plus que les futures générations<br />
de résidents n’envisageront même pas de vivre sans. Des ateliers « informatique »,<br />
« Internet » rencontrent d’ailleurs déjà, dans <strong>des</strong> EHPAD du département, beaucoup de<br />
succès. Imaginez les applications possibles et le bonheur que peut procurer une simple<br />
Webcam à un résident éloigné géographiquement de sa famille !<br />
Les établissements recevant <strong>des</strong> Personnes Handicapées Vieillissantes doivent pouvoir leur proposer<br />
également, dans le cadre du volet « soins », <strong>des</strong> séances de balnéothérapie avec du personnel<br />
17
Saône-et-Loire :<br />
Réflexion sur l’adaptation <strong>des</strong> structures d’hébergement aux besoins <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes<br />
professionnel (moniteurs éducateurs, kinésithérapeutes, ai<strong>des</strong> médico-psychologiques…). Le coût de<br />
cet équipement est assez onéreux mais, en attendant de pouvoir l’acquérir, l’établissement n’en<br />
disposant pas devra rechercher, dans le cadre d’une convention ou d’un partenariat, la mise à<br />
disposition de cet outil par un autre établissement. Et je n’oublie pas, dans le cadre de ce volet<br />
« soins », tout ce qui relève de l’accompagnement de fin de vie… Là encore, un bon réseau, les<br />
partenariats sont à favoriser.<br />
V - Conclusion<br />
La loi du 11 février 2005 sur l’égalité <strong>des</strong> droits et <strong>des</strong> chances, la participation et la citoyenneté<br />
<strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> est à mon avis un magnifique outil pour mettre en œuvre <strong>des</strong> actions enfin<br />
concrètes en faveur <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>. Parmi elles, les Personnes Handicapées Vieillissantes et le<br />
défi que représentent leur prise en charge et leur accompagnement, pour la France et le Département de la<br />
Saône-et-Loire !<br />
L’ensemble <strong>des</strong> professionnels concernés, dont j’ai ressenti le profond engagement à cette<br />
cause, agit déjà et recherche les solutions les plus adaptées. Pour être la plus efficace possible, leur<br />
mobilisation passe incontournablement, à mon avis, par un regroupement <strong>des</strong> secteurs sanitaires, de la<br />
gérontologie et du handicap, seule façon de pouvoir offrir une réponse la plus complète possible aux besoins<br />
<strong>des</strong> Personnes Handicapées Vieillissantes et de leurs familles.<br />
Il nous faut également disposer au préalable d’un outil fiable de recensement, d’étude et<br />
d’analyse, d’où l’idée déjà avancée de la création d’un Observatoire du Handicap au niveau départemental.<br />
La réflexion conduite sur l’adaptation <strong>des</strong> structures d’hébergement aux besoins <strong>des</strong> Personnes<br />
Handicapées Vieillissantes fait à mon sens ressortir que, pour la Saône-et-Loire comme pour les autres<br />
Départements d’ailleurs, il n’existe pas une solution unique, mais bien un ensemble de solutions possibles qui<br />
se révèlent en définitive complémentaires.<br />
Les professionnels du handicap, tentés par la création de Petites Unités de Vie ou d’Unités<br />
Spécifiques au sein <strong>des</strong> FAM par exemple, répondent à une partie <strong>des</strong> besoins. Mais ils doivent à cette<br />
occasion ne pas hésiter à se rapprocher <strong>des</strong> professionnels de la gérontologie, qui sauront les conseiller dans<br />
leur approche du vieillissement et par leur connaissance de la vieillesse.<br />
Les professionnels de la gérontologie, quant à eux, ont bien ressenti le besoin de développer de<br />
manière réfléchie l’accueil dans les EHPAD de Personnes Handicapées Vieillissantes. Eux aussi ont à<br />
apprendre du monde du handicap et doivent tendre à un travail en commun, pour le bien-être et la satisfaction<br />
18
Saône-et-Loire :<br />
Réflexion sur l’adaptation <strong>des</strong> structures d’hébergement aux besoins <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes<br />
<strong>des</strong> besoins de leurs résidents handicapés. La création d’unités spécifiques est je le pense sincèrement à<br />
encourager prioritairement dans ces structures ; où encore l’intégration d’un nombre limité de Personnes<br />
Handicapées Vieillissantes parmi les <strong>personnes</strong> âgées, à raison qu’elles soient assez autonomes pour œuvrer<br />
lentement mais sûrement en faveur d’un changement <strong>des</strong> mentalités.<br />
Une implantation <strong>des</strong> établissements raisonnée, l’adaptation <strong>des</strong> personnels, <strong>des</strong> locaux, <strong>des</strong><br />
équipements, technologies et soins participeront, j’en suis certaine, à favoriser l’application <strong>des</strong> principes si<br />
chers à la loi du 11 février 2005 que sont les principes de « libre choix » et de « l’individualisation de la<br />
réponse » proposés à cet « usager » si particulier, qui ne doit pas être traité autrement qu’avec dignité et<br />
éthique, comme tout un chacun.<br />
VI - Sigles utilisés et/ou utiles<br />
• AAH : l’Allocation Adultes Handicapés est attribuée aux <strong>personnes</strong> atteintes d’un taux minimum d’incapacité et<br />
disposant de ressources mo<strong>des</strong>tes afin de leur assurer une certaine autonomie financière. La Commission <strong>des</strong><br />
Droits et de l’Autonomie <strong>des</strong> Personnes Handicapées (CDAPH) ouvre les droits et la Caisse d’Allocation Familiale<br />
(CAF) vérifie les conditions administratives avant son versement.<br />
• ACFP : l’Allocation Compensatrice pour Frais Professionnels permettait aux <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> d’assumer les<br />
frais supplémentaires liés à l'exercice de leur profession. A l’origine, c'était une aide sociale versée par le Conseil<br />
général ; elle est aujourd’hui remplacée par la PCH.<br />
• ACTP : l’Allocation Compensatrice pour Tierce Personne permet aux <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> d’assumer les frais<br />
liés à l’intervention d’une tierce personne pour les aider dans les actes essentiels de la vie quotidienne. Elle a été<br />
remplacée par la Prestation de Compensation depuis le 1er janvier 2006. Les <strong>personnes</strong> qui bénéficiaient de<br />
l’ACTP avant 2006 peuvent choisir de continuer à la percevoir si elles remplissent les conditions d’attribution.<br />
• APA<br />
L’Allocation personnalisée d’autonomie remplace la Prestation Spécifique Dépendance (PSD) depuis le 1er<br />
janvier 2002. Les <strong>personnes</strong> âgées de plus de 60 ans hébergées à domicile ou en établissement peuvent<br />
bénéficier de cette allocation en fonction de leur degré d’autonomie et de leurs ressources. L’APA ne fait l’objet<br />
d’aucun recours sur la succession, donation ou legs.<br />
• ARS<br />
Les 26 Agences Régionales de Santé prévues par la loi du 21 juillet 2009 portant réforme de l’hôpital et relative<br />
aux patients, à la santé et aux territoires sont créées depuis avril 2010. Elles sont chargées de piloter la<br />
politique de santé publique (prévention, veille et sécurité sanitaires) en région et de réguler l’offre de soins tant<br />
dans le domaine hospitalier que dans celui de la médecine de ville.<br />
• Atelier protégé<br />
Les ateliers protégés étaient <strong>des</strong> unités de production qui embauchaient <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> reconnues travailleurs<br />
handicapés et orientées par la CDAPH vers le travail en milieu protégé. Ils avaient pour mission de favoriser, si<br />
possible, l\'accession <strong>des</strong> travailleurs handicapés au milieu ordinaire de travail. Depuis la loi du 11 février 2005,<br />
ils ne relèvent plus du secteur médico-social et sont devenus <strong>des</strong> Entreprises Adaptées.<br />
• CAT : un Centre d'Aide par le Travail est une structure médico-sociale qui accueille <strong>des</strong> travailleurs handicapés qui<br />
ne peuvent exercer une activité professionnelle, momentanément ou durablement, dans le secteur ordinaire de<br />
travail ou dans une entreprise adaptée. Depuis la loi du 11 février 2005, il est dénommé ESAT.<br />
• CCDSA : la Commission Consultative Départementale de Sécurité et d’Accessibilité est consultée sur la sécurité -<br />
notamment contre les risques d’incendie et de panique - et sur l’accessibilité aux <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>, <strong>des</strong><br />
établissements recevant du public et lors <strong>des</strong> deman<strong>des</strong> de dérogation aux règles d’accessibilité relatives à la<br />
voirie, aux bâtiments d’habitation collectifs, aux lieux de travail et aux établissements recevant du public. Elle émet<br />
19
Saône-et-Loire :<br />
Réflexion sur l’adaptation <strong>des</strong> structures d’hébergement aux besoins <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes<br />
un avis sur les deman<strong>des</strong> d’autorisation ou de dérogation. Les CCDSA sont instituées dans chaque département,<br />
par arrêté préfectoral.<br />
• CDAPH : la Commission <strong>des</strong> Droits et de l’Autonomie <strong>des</strong> Personnes Handicapées a été créée par la loi du 11<br />
février 2005. Elle succède ainsi à la CDES et à la COTOREP depuis le 1er janvier 2006 et siège au sein <strong>des</strong> MDPH.<br />
Elle prend les décisions relatives à l'ensemble <strong>des</strong> droits de la personne handicapée, notamment en matière<br />
d'attribution de prestations et d'orientation.<br />
• CICAT : un Centre d'Information et de Conseil sur les Ai<strong>des</strong> Techniques a pour vocation de répondre à un besoin<br />
d’information et de conseil sur les différentes ai<strong>des</strong> techniques en faveur <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> ou âgées<br />
telles que le matériel (fauteuil roulant, canne, domotique…), l’accessibilité et l’adaptation du logement etc…<br />
• CIH : créé en février 2009, le Comité Interministériel du Handicap a pour objectif de renforcer la cohérence<br />
interministérielle de la politique du handicap. Il est placé sous l'autorité du Premier ministre.<br />
• CMP : un Centre Médico-Psychologique est composé d'une équipe pluridisciplinaire (psychiatre, pédiatre,<br />
psychologue, assistante sociale, psychomotricien etc.) et propose <strong>des</strong> consultations médicales et <strong>des</strong> soins, mais<br />
aussi <strong>des</strong> temps thérapeutiques et éducatifs. Ces consultations sont prises en charge par la Sécurité Sociale. Le<br />
CMP peut intervenir en soin ambulatoire ou à domicile, pour adultes ou pour enfants.<br />
• CNSA : la Caisse Nationale de Solidarité pour l’Autonomie a été créée par la loi du 30 juin 2004. «Elle a pour rôle<br />
d’animer la politique de compensation de la perte d'autonomie et d’en garantir l’application égale sur tout le territoire<br />
dans le cadre d’une convention d’objectifs et de gestion passée avec l’Etat», selon le Ministère de la Santé.<br />
• Complément de ressources : le complément de ressources est versé en complément de l'Allocation aux Adultes<br />
Handicapés. Ajouté à l'AAH, il constitue la garantie de ressources. Les <strong>personnes</strong> titulaires de l’Allocation<br />
Supplémentaire Invalidité (ASI) peuvent aussi en bénéficier sous certaines conditions. Il est <strong>des</strong>tiné à compenser<br />
l'absence durable de revenu d'activité <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> dans l'incapacité de travailler. Il est attribué sous<br />
certaines conditions et sur décision de la CDAPH.<br />
• COTOREP : la Commission Technique d'Orientation et de Reclassement Professionnel mettait en oeuvre et<br />
coordonnait l'ensemble <strong>des</strong> mesures propres à assurer l'insertion professionnelle et sociale <strong>des</strong> <strong>personnes</strong><br />
<strong>handicapées</strong> adultes. Depuis la loi du 11 février 2005, elle a été remplacée et regroupée avec la CDES en une<br />
seule instance décisionnelle : la CDAPH.<br />
• EA : l’Entreprise Adaptée est une entreprise du milieu ordinaire du travail offrant <strong>des</strong> conditions de travail et un<br />
environnement adaptés aux travailleurs handicapés ayant <strong>des</strong> capacités de travail réduites. Elle est constituée au<br />
moins de 80% de travailleurs handicapés, lesquels peuvent ainsi exercer une activité professionnelle dans <strong>des</strong><br />
conditions adaptées à leurs possibilités. Elle remplace l’atelier protégé depuis la loi du 11 février 2005.<br />
• ESAT : les Etablissements ou Services d'Aide par le Travail sont <strong>des</strong> établissements médico-sociaux. Ils permettent<br />
aux travailleurs handicapés d'exercer une activité professionnelle adaptée à leurs capacités personnelles et de<br />
développer ainsi leur potentiel. Pour être accueilli en ESAT, il faut une orientation professionnelle vers le milieu<br />
protégé par la CDAPH. Les ESAT remplacent les CAT depuis la loi du 11 février 2005.<br />
• ESMS : abréviation pour désigner les Établissements et Services Sociaux et Médico-Sociaux.<br />
• FAM : le Foyer d’Accueil Médicalisé est <strong>des</strong>tiné à recevoir <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> adultes <strong>handicapées</strong> physiques, mentales<br />
ou atteintes de handicaps associés, dont la dépendance totale ou partielle les rend inaptes à toute activité<br />
professionnelle et rend nécessaire l’assistance d’une tierce personne. Il assure l'hébergement, la surveillance<br />
paramédicale, un suivi médical constant, et souvent une rééducation d'entretien et une animation Cet établissement<br />
est soumis à la double tarification (Sécurité Sociale et Conseil général).<br />
• Fonds départemental de compensation : le Fonds départemental de compensation du handicap est géré dans<br />
chaque MDPH. Celui-ci est chargé d'accorder <strong>des</strong> ai<strong>des</strong> financières afin de permettre aux <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong><br />
de faire face aux frais liés à leur handicap, restant à leur charge, après avoir fait valoir leur droit à la prestation de<br />
compensation.<br />
• Garantie de ressources : la garantie de ressources est composée du complément de ressources et de l’AAH. Elle<br />
est <strong>des</strong>tinée à compenser l'absence durable de revenu d'activité <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> dans l'incapacité de<br />
travailler. Elle est attribuée, sous certaines conditions et sur décision de la CDAPH, aux <strong>personnes</strong> percevant l’AAH<br />
à taux plein ou en complément d’une pension d’invalidité, d’une pension vieillesse, ou d’une rente d’accident du<br />
travail mais aussi aux <strong>personnes</strong> titulaires de l’Allocation Supplémentaire Invalidité (ASI).<br />
• GRTH<br />
La Garantie de Ressources <strong>des</strong> Travailleurs Handicapés était versée en milieu ordinaire de travail et en milieu<br />
protégé. Elle a été supprimée par la loi du 11 février 2005. La rémunération minimale du travailleur handicapé<br />
20
Saône-et-Loire :<br />
Réflexion sur l’adaptation <strong>des</strong> structures d’hébergement aux besoins <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes<br />
est désormais basée sur le SMIC en milieu ordinaire et en entreprise adaptée. Elle correspond à la<br />
rémunération garantie en ESAT.<br />
• LSF<br />
La Langue <strong>des</strong> Signes Française est une langue française à part entière. Utilisée pour communiquer avec les<br />
<strong>personnes</strong> sour<strong>des</strong>, elle associe un signe à un mot, mais elle s’appuie également sur la lecture labiale, la<br />
dactylologie, les mimiques et l’expression du visage.<br />
• MAS<br />
Les Maisons d’Accueil Spécialisées reçoivent <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> adultes qu’un handicap intellectuel, moteur ou<br />
somatique grave, ou une association de handicaps intellectuels, moteurs ou sensoriels rendent incapables de<br />
se suffire à elles-mêmes dans les actes essentiels de l’existence et tributaires d’une surveillance médicale ainsi<br />
que de soins constants. La prise en charge de cet établissement se fait par la sécurité sociale.<br />
• MDPH<br />
Il existe une Maison Départementale <strong>des</strong> Personnes Handicapées par département sous la direction du Conseil<br />
général. Elle a une mission d'accueil, d'information, d'accompagnement et de conseil <strong>des</strong> <strong>personnes</strong><br />
<strong>handicapées</strong> et de leur famille, ainsi que de sensibilisation de tous les citoyens au handicap. Chaque MDPH<br />
met en place entre autres une équipe pluridisciplinaire qui évalue les besoins de la personne handicapée, et<br />
une Commission <strong>des</strong> droits et de l'autonomie <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> qui prend les décisions relatives à<br />
l'ensemble <strong>des</strong> droits de la personne.<br />
• MTP<br />
La Majoration pour Tierce Personne est attribuée aux <strong>personnes</strong> qui ont besoin d’une aide pour les actes de la<br />
vie quotidienne. Elle vient en complément : soit d’une rente d’accident du travail ou maladie professionnelle,<br />
soit d’une pension d’invalidité (de troisième catégorie), soit d’un avantage vieillesse. Elle est versée par la<br />
caisse d’assurance maladie ou vieillesse.<br />
• MVA<br />
La Majoration pour la Vie Autonome est versée en complément de l'Allocation aux adultes handicapés. Ce<br />
complément est <strong>des</strong>tiné aux <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> qui peuvent travailler mais ne travaillent pas. Il est attribué<br />
sous certaines conditions et sur décision de la CDAPH. Les <strong>personnes</strong> titulaires de l’allocation supplémentaire<br />
du fonds spécial invalidité (FSI) peuvent aussi en bénéficier sous certaines conditions.<br />
• PCH<br />
La Prestation de Compensation du Handicap est une allocation versée aux <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> depuis le<br />
1er janvier 2006. Elle prend en compte les besoins et le projet de vie de la personne handicapée. Elle peut être<br />
affectée à <strong>des</strong> charges liées à un besoin d'ai<strong>des</strong> humaines, d'ai<strong>des</strong> techniques, à l'aménagement du logement<br />
et du véhicule, et/ou à un besoin d'ai<strong>des</strong> exceptionnelles ou animalières. L'évaluation et la décision d'attribution<br />
de la prestation sont effectuées au sein de la MDPH.<br />
• Pension d’invalidité<br />
La pension d’invalidité est une aide financière qui est attribuée par la Sécurité sociale à une personne qui a une<br />
capacité de travail réduite, en raison d’un accident ou à une maladie d’origine non professionnelle ou encore<br />
d’une usure prématurée de l’organisme, et qui doit faire face à une perte de gain. Certaines conditions sont<br />
nécessaires pour en bénéficier. Cette pension est calculée selon plusieurs critères, dont la capacité de travail,<br />
le salaire annuel moyen perçu au cours <strong>des</strong> dix meilleures années d'activité et les revenus de la personne.<br />
• PHV : Une personne handicapée vieillissante peut être définie comme une personne qui a entamé ou connu sa<br />
situation de handicap (quelle qu’en soit la nature ou la cause) avant de connaître les effets d’un vieillissement.<br />
• RQTH<br />
La Reconnaissance de la Qualité de Travailleur Handicapé est attribuée par la CDAPH aux <strong>personnes</strong><br />
<strong>handicapées</strong>. Selon le code du travail, « Est considérée comme travailleur handicapé toute personne dont les<br />
possibilités d'obtenir ou de conserver un emploi sont effectivement réduites par suite de l'altération d'une ou<br />
plusieurs fonctions physique, sensorielle, mentale ou psychique. » Cette reconnaissance ouvre droit à un<br />
certain nombre d'avantages pour la personne handicapée (orientation professionnelle par la CDAPH ou<br />
formation, aide <strong>des</strong> Cap emploi, ai<strong>des</strong> de l’Agefiph ou du Fiphfp, etc.) et pour l’employeur (obligation d'emploi,<br />
aide au poste, etc.).<br />
• SAMSAH<br />
21
Saône-et-Loire :<br />
Réflexion sur l’adaptation <strong>des</strong> structures d’hébergement aux besoins <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes<br />
Le Service d'Accompagnement Médico-Social pour Adultes Handicapés est un accompagnement médicosocial<br />
adapté comportant <strong>des</strong> prestations de soins. Il accompagne les adultes handicapés dans leur projet de<br />
vie tout en favorisant les liens familiaux, sociaux, scolaires, professionnels… Ce service prend en charge <strong>des</strong><br />
adultes handicapés qui ont besoin d': 1°- Une assistance ou un accompagnement pour tout ou partie <strong>des</strong> actes<br />
essentiels de l'existence 2°- Un accompagnement social en milieu ouvert et un apprentissage à l'autonomie et<br />
également dans <strong>des</strong> proportions adaptées aux besoins de chaque usager : 3°- Des soins réguliers et<br />
coordonnés 4°- Un accompagnement médical et paramédical en milieu ouvert. Les SAMSAH accompagnent<br />
<strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> sur décision de la CDAPH.<br />
• SAVS<br />
Les Services d’Accompagnement à la Vie Sociale ont pour vocation de contribuer à la réalisation du projet de<br />
vie de <strong>personnes</strong> adultes <strong>handicapées</strong> par un accompagnement adapté favorisant le maintien ou la<br />
restauration de leurs liens familiaux, sociaux, scolaires, universitaires ou professionnels. Ces services prennent<br />
en charge <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> adultes, y compris celles ayant la qualité de travailleur handicapé, dont les<br />
déficiences et incapacités rendent nécessaires, dans <strong>des</strong> proportions adaptées aux besoins de chaque usager:<br />
1- Un accompagnement pour tout ou partie <strong>des</strong> actes essentiels de l'existence 2- Un accompagnement social<br />
en milieu ouvert et un apprentissage à l'autonomie. Les SAVS accompagnent <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> sur<br />
décision de la CDAPH.<br />
VII - Annexes<br />
Annexe 1 : Les 10 bassins de vie du Département de Saône-et-Loire, repérés dans le cadre<br />
de la politique Personnes Agées – Personnes Handicapées<br />
Annexe 2 : Paray-le-Monial : les retraités de l’ESAT ont leur résidence<br />
Annexe 3 : Les enjeux du nouveau schéma départemental<br />
Annexe 4 : Les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes : une approche à partir de l’enquête HID<br />
(Direction de la Recherche, <strong>des</strong> Etu<strong>des</strong>, de l’Evaluation et <strong>des</strong> Statistiques, 12/2002)<br />
Annexe 5 : Quelques données, dont l’indice de vieillissement en Saône-et-Loire<br />
Annexe 6 : 2007 à 2010 : investissements humains et financiers en EHPAS<br />
Annexe 7 : Créations de places d’ici 2013, en EHPAD et en établissements pour<br />
<strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong><br />
Annexe 8 : 2010 : la répartition <strong>des</strong> dépenses affectées au 5 ème risque<br />
Annexe 9 : 2008 : types de structures pour adultes handicapés (structures lour<strong>des</strong>)<br />
Annexe 10 : 2008 : types de structures pour adultes handicapés (hébergement)<br />
22
Saône-et-Loire :<br />
Réflexion sur l’adaptation <strong>des</strong> structures d’hébergement aux besoins <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes<br />
Annexe 11 : 2008 : types de structures pour adultes handicapés (accompagnements)<br />
Annexe 12 : 2008 : types de structures pour adultes handicapés (occupationnel de jour)<br />
Annexe 13 : Personnes <strong>handicapées</strong> vieillissantes : se poser les bonnes questions<br />
(Le journal de l’action sociale – mars 2010)<br />
Annexe 14 : Coup d’accélérateur pour les soins palliatifs en EHPAD<br />
(tsa-quotidien – 17/08/2010)<br />
Charolles<br />
Bourbon-Lancy<br />
Tournus<br />
23
FOCUS SUR LES TRAVAUX MENES PAR LES INSTANCES CONSULTATIVES<br />
Comité Départemental Consultatif <strong>des</strong> Personnes Handicapées - CODERPA<br />
Extrait du cahier technique n°13 relatif au CODERPA<br />
Travaux de la commission n°1 : promouvoir l’accompagnement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong><br />
vieillissantes<br />
Des trois thématiques de travail confiées au CODERPA, celle de l’accompagnement<br />
<strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes peut apparaître à bien <strong>des</strong> égards comme la plus<br />
complexe.<br />
En effet, les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> connaissent, comme l’ensemble de la<br />
population, un allongement de leur espérance de vie. Ainsi, les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> sont<br />
confrontées, en plus <strong>des</strong> conséquences de leur handicap, aux effets du vieillissement. La<br />
personne handicapée vieillissante est alors « la personne qui a entamé ou connu sa situation<br />
de handicap avant de connaître les effets d’un vieillissement » 1 .<br />
D’après les dernières données disponibles 2 , près de 635 000 <strong>personnes</strong> seraient<br />
concernées en France. En 2020, elles seront près de 980 000.<br />
Or, avec l’avancée en âge, les <strong>personnes</strong> en situation de handicap rencontrent<br />
plusieurs difficultés :<br />
- une diminution de leur autonomie conduisant à l’émergence de nouveaux besoins<br />
de prise en charge, à domicile comme en établissement ;<br />
- la perte d’autonomie ou le décès de leurs aidants familiaux. Les parents ou les<br />
proches permettent souvent par l’aide qu’ils apportent le maintien à domicile <strong>des</strong><br />
<strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> ;<br />
- une rupture dans la prise en charge (prestations ou hébergement en<br />
établissements pour adultes handicapés) lorsque la personne en situation de<br />
handicap atteint l’âge de 60 ans.<br />
Aussi, comment permettre à la personne handicapée de « bien » vieillir ? Quels sont<br />
ses besoins spécifiques? Quelles sont les dispositifs d’accompagnement et d’accueil<br />
existants en SAONE-ET-LOIRE ou quels sont ceux à développer pour répondre aux besoins<br />
du public handicapé vieillissant ? Qu’entendre par « convergence » <strong>des</strong> politiques de<br />
solidarité en faveur <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> âgées et <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> en situation de handicap ?<br />
C’est à ces questions que la commission a tenté de répondre lors de ses travaux<br />
menés au 1 er semestre 2009 afin de dégager les problématiques prioritaires liées à<br />
l’accompagnement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes.<br />
1 B. AZEMA et N. MARTINEZ, « Les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes : espérances de vie, projections<br />
démographiques et aspects qualitatifs » - Rapport d’étude pour la DRESS, 2003.<br />
2 Voir annexe 1 - Les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes : une approche à partir de l’enquête Handicap,<br />
Incapacités, Dépendance (HID) – DREES, 2002
Approche de la convergence<br />
Les différent documents de travail remis et les précisions apportées par le Conseil<br />
général de SAONE-ET-LOIRE ont permis à la commission de mieux cerner le concept de<br />
« convergence » et les perspectives d’évolution <strong>des</strong> politiques de solidarité en faveur <strong>des</strong><br />
<strong>personnes</strong> âgées et <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>. Rappelons qu’initialement la puissance<br />
publique n’a pas pensé la question du vieillissement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> étant<br />
donné que leur espérance de vie était inférieure à celle de la population.<br />
Aujourd’hui, il existe deux politiques distinctes : l’une en faveur <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> âgées,<br />
l’autre en faveur <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>. Au niveau départemental, deux schémas<br />
matérialisent ces politiques. La convergence, dont la mise en œuvre est prévue à partir de<br />
2010, vise à harmoniser certaines règles entre les dispositifs de prise en charge dédiés aux<br />
<strong>personnes</strong> âgées et aux <strong>personnes</strong> en situation de handicap. Ces dispositifs, actuellement<br />
organisés autour de la qualité de la personne (personne « âgée » ou personne<br />
« handicapée »), seront organisés autour de la compensation de la perte d’autonomie, que<br />
celle-ci résulte <strong>des</strong> conséquences du handicap ou du vieillissement.<br />
En ce sens, un schéma départemental unique devrait être élaboré au cours <strong>des</strong><br />
prochains mois.<br />
1. Axe de travail retenu par la commission<br />
Au cours de ses travaux, la commission a dégagé une vingtaine de problématiques<br />
liées à l’accompagnement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes 3 . Compte tenu du<br />
temps de travail prévu, la commission a choisi d’axer plus particulièrement sa réflexion sur<br />
les questions relatives à l’hébergement.<br />
Problématiques liées à l’hébergement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes en<br />
établissement<br />
Les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> doivent pouvoir choisir leur mode de vie tout au long de<br />
leur avancée en âge.<br />
Souvent, elles expriment le désir de vieillir là où elles ont vécu, c'est-à-dire dans<br />
l’établissement qui les accueille (établissements pour adultes handicapés).<br />
Par ailleurs, les structures d’hébergement pour adultes handicapés ou pour<br />
<strong>personnes</strong> âgées ne permettent pas d’offrir une prise en charge adaptée aux besoins<br />
spécifiques <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes dont les capacités diminuent du fait du<br />
vieillissement. A noter, ce vieillissement apparait de manière plus précoce chez les<br />
<strong>personnes</strong> confrontées à <strong>des</strong> certaines pathologies lour<strong>des</strong> (autisme, trisomie 21, polyhandicaps<br />
etc.).<br />
Au-delà de l’obstacle constitué par les structures d’hébergement, la commission s’est<br />
donc interrogée sur la possibilité de faire converger la formation et la professionnalisation du<br />
personnel intervenant auprès <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> âgées et auprès <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong><br />
afin d’assurer une prise en charge adaptée aux besoins de la personne handicapée<br />
vieillissante quelque soit son lieu de vie (établissements pour <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> ou<br />
pour <strong>personnes</strong> âgées). Autrement dit, est-il possible de développer une culture commune<br />
autour de la perte d’autonomie entre professionnels du handicap et professionnels<br />
intervenant auprès <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> âgées ?<br />
3 Voir annexe 1 - Compte-rendu de la réunion du 16 janvier 2009
Afin d’éclairer sa réflexion, la commission a été accueillie dans trois établissements<br />
de SAONE-ET-LOIRE : la maison de retraite de SENNECEY-LE GRAND, la maison de<br />
retraite de SAINT-AMBREUIL qui dispose de 10 places d’accueil pour <strong>personnes</strong><br />
<strong>handicapées</strong> vieillissantes et la maison de retraite de SAINT-DESERT, unique établissement<br />
de SAONE-ET-LOIRE dédié à l’accueil de <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes.<br />
Il apparaît, au travers <strong>des</strong> échanges de la commission avec les professionnels de ces<br />
établissements (directeurs, cadres de santé, personnel éducatif) que si le développement<br />
d’une culture commune est souhaitable, l’accueil « mixte » au sein <strong>des</strong> établissements<br />
hébergeant <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> âgées n’est pas généralisable.<br />
En effet, la maison de retraite de SAINT-DESERT accueillait à sa création un public<br />
« mixte ». Or, <strong>des</strong> difficultés de cohabitation sont apparues, par exemple, au moment <strong>des</strong><br />
repas. Les besoins d’accompagnement et de soins restent différents pour les deux publics.<br />
Par ailleurs, la cohabitation est également complexe entre les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong><br />
vieillissantes en fonctions de leurs pathologies. Compte-tenu de ces difficultés,<br />
l’établissement s’est orienté vers un accueil dédié aux <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes.<br />
Cette structure a ainsi pu développer un accompagnement adapté aux besoins spécifiques<br />
du public handicapé vieillissant avec notamment un accompagnement éducatif.<br />
D’autre part, l’accueil de <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes en maison de retraite<br />
peut conduire à isoler les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> au sein même de l’établissement. C’est<br />
pourquoi il est indispensable de veiller à organiser <strong>des</strong> « passerelles » afin que les deux<br />
publics se rencontrent et échangent, par exemple, lors de temps d’animation.<br />
Enfin, les familles peuvent refuser la cohabitation de leur parent âgé avec <strong>des</strong><br />
<strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>.<br />
En conclusion, dans les différents contextes étudiés pour l’accueil <strong>des</strong> <strong>personnes</strong><br />
<strong>handicapées</strong> vieillissantes en maison de retraite, si la mixité de <strong>personnes</strong> conservant leur<br />
autonomie mentale (<strong>personnes</strong> âgées, <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes) et de<br />
<strong>personnes</strong> ayant une perte d’autonomie lourde (Alzheimer, troubles psychiques ou<br />
psychiatriques etc.) n’apparaît pas possible, une ségrégation totale ne parait pas souhaitable<br />
en particulier pour les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> stabilisées.<br />
2. Les propositions<br />
Au vu de ces réflexions, la commission émets les propositions suivantes pour<br />
développer les dispositifs d’accueil en faveur <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes :<br />
Mieux identifier, évaluer et quantifier les besoins <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong><br />
vieillissantes vivant en établissement<br />
La commission observe un manque de visibilité sur les besoins en matière<br />
d’hébergement. Une évaluation et un suivi régulier de ces besoins permettraient d’adapter<br />
l’offre d’hébergement et d’anticiper sur les réponses à apporter.<br />
En ce sens, la problématique de la gestion <strong>des</strong> listes d’attente étudiée par la<br />
commission n°3 du CODERPA pourrait également concerner les établissements accueillant<br />
<strong>des</strong> <strong>personnes</strong> en situation de handicap.<br />
Pour éclairer ses travaux, la commission travaille actuellement à la réalisation d’un<br />
questionnaire qui sera adressé aux directeurs d’établissements hébergeant <strong>des</strong> <strong>personnes</strong><br />
âgées ou <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>. Ce travail sera réalisé à l’avenir en coopération avec<br />
la commission n°1 du Conseil Départemental Consultatif <strong>des</strong> Personnes Handicapées<br />
(CDCPH). Ce questionnaire permettra, entre autres, de connaître le nombre de <strong>personnes</strong>
actuellement hébergées en établissements pour adultes <strong>handicapées</strong> ou en maison de<br />
retraite, d’évaluer l’âge moyen, le type de handicap et la provenance <strong>des</strong> résidents. Il<br />
permettra également d’évaluer les difficultés de prise en charge rencontrées par les<br />
professionnels face au vieillissement de leurs accueillis.<br />
Permettre à la personne handicapée vieillissante de choisir son lieu de vie<br />
Les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> doivent pouvoir choisir leur lieu de vie tout au long de<br />
leur avancée en âge. Ce principe présuppose l’existence d’une palette de réponses<br />
adaptées et diversifiées.<br />
Ainsi, <strong>des</strong> expérimentations permettant l’accueil mixte en maisons de retraite peuvent<br />
être envisagées sans toutefois être généralisées pour les motifs évoqués précédemment. Un<br />
bilan <strong>des</strong> expérimentations en cours semble également nécessaire.<br />
Il apparaît également indispensable de permettre aux <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> de se<br />
maintenir le plus longtemps possible dans leur lieu de vie habituel (domicile, établissement<br />
pour adultes handicapés). La commission approfondira sa réflexion au cours du 2 ème<br />
semestre afin de dégager les moyens à mobiliser pour permettre ce maintien (adaptation <strong>des</strong><br />
services intervenant à domicile, création d’unités spécifiques en établissement pour adultes<br />
handicapés etc.).<br />
Développer une culture commune entre les professionnels intervenant auprès<br />
<strong>des</strong> <strong>personnes</strong> âgées et ceux intervenants auprès <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong><br />
Les « <strong>personnes</strong> âgées » et les « <strong>personnes</strong> en situation de handicap » représentent<br />
aujourd’hui, malgré la perspective de la convergence, deux mon<strong>des</strong> professionnels qui ne se<br />
rencontrent pas ou peu. Le développement d’une culture commune entre les professionnels<br />
intervenant auprès <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> âgées ou <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> en situation de handicap est<br />
primordial pour offrir un accompagnement adapté aux <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> qui<br />
vieillissent. C’est le préalable indispensable à l’engagement dans la démarche de<br />
convergence.<br />
Conseil Départemental Consultatif <strong>des</strong> Personnes Handicapées - CDCPH<br />
Extrait du cahier technique n°14 relatif au CDCPH<br />
La question de l’accompagnement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes est<br />
relativement récente. Elle révèle un certain manque d’anticipation par les politiques<br />
publiques de la dynamique du vieillissement <strong>des</strong> « <strong>personnes</strong> ayant entamé ou connu leur<br />
situation de handicap avant de connaître les effets du vieillissement » 4 .<br />
L’enquête Handicaps-Incapacités-Dépendance (HID) réalisée en 2001 par l’INSEE et<br />
qui fait aujourd’hui encore référence en la matière, estime à près de 635 000 le nombre de<br />
<strong>personnes</strong> en situation de handicap âgées de 40 ans et plus en 2001 avec un âge moyen de<br />
57 ans. Les projections démographiques portent ce nombre à 980 000 en 2020 et à 1,1<br />
million en 2040.<br />
Or, avec l’avancée âge, les <strong>personnes</strong> en situation de handicap rencontrent plusieurs<br />
difficultés :<br />
4<br />
« Les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes : espérances de vie, projections démographiques et aspects<br />
qualitatifs » - Rapport d’étude DRESS, 2003.
- lorsque de façon plus ou moins précoce, la perte d’autonomie s’accentue faisant<br />
émerger <strong>des</strong> besoins spécifiques d’accompagnement à domicile comme en<br />
établissement ;<br />
- lorsqu’elles atteignent l’âge de 60 ans avec un risque de rupture dans les modalités<br />
de prise en charge de la perte d’autonomie (prestations, lieu de vie). En effet, l’âge<br />
de 60 ans constitue actuellement le pivot entre les régimes d’aide sociale en faveur<br />
<strong>des</strong> <strong>personnes</strong> âgées et <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> en situation de handicap. Le Département de<br />
SAONE-ET-LOIRE a d’ores-et-déjà assouplit certaines dispositions de son<br />
Règlement Départemental d’Aide Sociale (RDAS) afin de permettre aux <strong>personnes</strong><br />
en situation de handicap de continuer à vivre dans leur structure d’accueil au-delà de<br />
60 ans. La convergence devrait permettre d’harmoniser certaines règles entre les<br />
deux régimes ;<br />
- lorsque les aidants familiaux vieillissent et se retrouvent eux-mêmes en situation de<br />
perte d’autonomie ou décèdent. Les aidants apportent souvent la 1 ère forme d’aide<br />
aux <strong>personnes</strong> en situation de handicap qui majoritairement vivent à domicile 5 .<br />
Face à ce constat, <strong>des</strong> réponses adaptées aux besoins spécifiques <strong>des</strong> <strong>personnes</strong><br />
<strong>handicapées</strong> vieillissantes doivent être organisées. La convergence <strong>des</strong> politiques en faveur<br />
<strong>des</strong> <strong>personnes</strong> âgées et <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> en situation de handicap qui se concrétisera, entre<br />
autres, par l’élaboration d’un schéma départemental unique en 2010, doit permettre de<br />
replacer la question de l’accompagnement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes au<br />
cœur <strong>des</strong> préoccupations.<br />
1. Axes de travail dégagés par la commission<br />
Lors de ses travaux du 16 juin 2009, la commission a dégagé 7 pistes de réflexions :<br />
réaliser un état <strong>des</strong> lieux de la prise en charge <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong><br />
vieillissantes en SAONE-ET-LOIRE<br />
Les données quantitatives et qualitatives relatives aux <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong><br />
vieillissantes sont fragmentaires tant au niveau national que départemental.<br />
Il apparaît néanmoins indispensable de réaliser un état <strong>des</strong> lieux départemental<br />
permettant d’évaluer :<br />
- les besoins spécifiques du public handicapé vieillissant,<br />
- les difficultés rencontrées par les professionnels,<br />
- les éventuelles expériences menées au niveau local pour répondre à ces besoins.<br />
placer la personne en situation de handicap au cœur <strong>des</strong> dispositifs<br />
d’accompagnement<br />
Ce principe fondamental énoncé dans les lois du 2 janvier 2002 rénovant l’action<br />
sociale et médico-sociale, et du 11 février 2005 pour l’égalité <strong>des</strong> droits et <strong>des</strong> chances, la<br />
participation et la citoyenneté <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>, est réaffirmé dans le schéma<br />
départemental en faveur <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> adultes en situation de handicap 2006-2010. Il<br />
implique d’une part, de développer sur l’ensemble du territoire <strong>des</strong> réponses concertées et<br />
de proximité dans une logique de services articulés autour de la personne, et, d’autre part,<br />
de respecter le choix et le projet de vie de la personne. Sur ce deuxième point, comment, en<br />
5 94% <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> en situation de handicap vivent à domicile - Enquête HID de l’INSEE précitée
pratique, définir et mettre en œuvre le projet de vie de la personne handicapée vieillissante<br />
accueillie en établissement ?<br />
renforcer la coordination entre les professionnels<br />
Devant la multiplicité <strong>des</strong> intervenants et <strong>des</strong> dispositifs d’accompagnement existants<br />
en SAONE-ET-LOIRE, il apparaît indispensable d’encourager le travail en réseau <strong>des</strong><br />
différents acteurs dans une logique de proximité visant à améliorer la réponse aux usagers<br />
(prise en charge globale de la perte d’autonomie, réponse adaptée aux situations complexes<br />
ou d’urgence). Des plateaux techniques de compétences pourraient à cette fin être<br />
expérimentés.<br />
favoriser l’émergence d’une culture commune entre les professionnels du secteur du<br />
handicap et du secteur gérontologique<br />
Ces deux secteurs ont développé leur propre culture concernant la prise en charge<br />
de la perte d’autonomie. Ainsi, on observe par exemple une culture du « projet de vie »<br />
davantage marquée au sein <strong>des</strong> établissements accueillant <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> en situation de<br />
handicap que dans les structures accueillant <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> âgées.<br />
Cette différence de culture s’explique principalement par :<br />
- la représentation actuelle <strong>des</strong> établissements d’hébergement pour <strong>personnes</strong><br />
âgées dépendantes (EHPAD) associée à un lieu de fin de vie et non comme à un<br />
domicile de substitution ;<br />
- la diversité <strong>des</strong> profils du personnel travaillant au sein <strong>des</strong> établissements pour<br />
adultes en situation de handicap (animateurs, éducateurs, SAVS etc.). Les<br />
EHPAD font parfois du « tout sanitaire » par défaut de personnel ce qui pose<br />
clairement la question du financement du personnel en EHPAD.<br />
Aussi, comment décliner la notion de projet de vie au sein <strong>des</strong> établissements<br />
quelque soit le public accueilli mais également au niveau <strong>des</strong> services d’aide à domicile et<br />
<strong>des</strong> services de soins infirmiers à domicile ? Comment favoriser, dans le cadre de la<br />
convergence, l’émergence d’une culture et de pratiques communes autour de la prise en<br />
charge de la perte d’autonomie? La convergence dans la formation du personnel pourrait<br />
permettre de proposer <strong>des</strong> services adaptés aux besoins spécifiques du public handicapé<br />
vieillissant et de favoriser les pratiques bien-traitantes quelque soit le lieu de vie de la<br />
personne handicapée vieillissante (foyers de vie, EHPAD etc.).<br />
développer l’aide aux aidants<br />
Si l’aide aux aidants s’inscrit aujourd’hui pleinement dans les priorités <strong>des</strong> politiques<br />
de solidarité en faveur <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> âgées à l’instar <strong>des</strong> mesures prévues par le Plan<br />
National Alzheimer 2008-2012, elle reste très en retrait sur le secteur du handicap. Or, les<br />
besoins sont également importants. Aussi, quelles sont les formes d’aide pouvant-être mise<br />
en place pour répondre à ces besoins souvent multidimensionnels (information,<br />
accompagnement social, répit, soutien psychologique etc.)?<br />
mieux accompagner le passage entre domicile et établissement
L’accompagnement social <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes et <strong>des</strong> familles<br />
doit être renforcé afin de préparer le changement de lieu de vie. Il doit intervenir<br />
suffisamment en amont pour permettre de repérer et d’anticiper les situations d’urgence. Le<br />
niveau d’intervention <strong>des</strong> SAMSAH devra être étudié.<br />
promouvoir la bien-traitance<br />
La bien-traitance en faveur <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> en situation de handicap vivant à domicile<br />
comme en établissement, et plus largement, de toute personne en situation de perte<br />
d’autonomie, doit être réaffirmée dans le cadre de la convergence. Afin de mettre en place<br />
une véritable politique départementale de prévention <strong>des</strong> risques de maltraitance, le Comité<br />
Départemental de Prévention et de Lutte contre la Maltraitance (CDPLM) a été installé le 10<br />
juillet 2009.<br />
2. Axes de travail retenus<br />
Parmi les pistes de travail dégagées par la commission n°1, la commission<br />
permanente réunie le 08 octobre 2009 a proposé de retenir 4 axes prioritaires :<br />
- placer la personne au cœur <strong>des</strong> dispositifs d’accompagnement qui lui sont<br />
consacrés ;<br />
- promouvoir la bien-traitance en direction <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> en situation de handicap<br />
mais également du personnel ;<br />
- développer l’aide aux aidants ;<br />
- renforcer la coordination entre les différents intervenants, la mutualisation <strong>des</strong><br />
moyens et l’émergence d’une culture professionnelle commune.<br />
3. Des réflexions confortées par la rencontre avec le Comité Départemental <strong>des</strong><br />
Retraités et <strong>des</strong> Personnes Agées<br />
Le CDCPH et le Comité Départemental <strong>des</strong> Retraités et <strong>des</strong> Personnes Agées<br />
(CODERPA), instance consultative placée sous la responsabilité du Président du Conseil<br />
général et Vice-présidée par M. Marc BECHET, se sont rencontrés lors d’une réunion de<br />
travail conjointe le 25 novembre 2009. A l’instar de la commission n°1 du CDCPH, la<br />
commission n°1 du CODERPA s’est vu confier la thématique de l’accompagnement <strong>des</strong><br />
<strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes.<br />
Au vu <strong>des</strong> débats, le CDCPH et le CODERPA se rejoignent sur de nombreux points<br />
et réaffirment la nécessité :<br />
- de placer la personne au cœur <strong>des</strong> dispositifs d’accompagnement afin de lui<br />
permettre de choisir, de mettre en œuvre et de faire évoluer son projet de vie tout<br />
au long de l’avancée en âge. A cette fin, une palette de réponses adaptées,<br />
diversifiées et de proximité, à domicile comme en établissement, doit être<br />
consolidée ;<br />
- d’encourager <strong>des</strong> passerelles entre les professionnels intervenant auprès <strong>des</strong><br />
<strong>personnes</strong> âgées et <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> en situation de handicap. Des partenariats<br />
entre les établissements pourraient être mis en œuvre dès lors que la<br />
cohabitation <strong>des</strong> différents publics est possible. Cette expérience est actuellement<br />
menée entre l’ESAT du BREUIL et l’EHPAD du Creusot à l’appui du Service<br />
d’Accompagnement à la Vie Sociale du secteur ;
- de soutenir les aidants en développant <strong>des</strong> formes d’aide diversifiées :<br />
information, répit en établissement et à domicile, groupes de paroles etc.).<br />
4. Perspectives de travail 2010<br />
Réalisation d’une enquête auprès <strong>des</strong> gestionnaires d’établissements en<br />
collaboration avec le CODERPA<br />
Le CDCPH et le CODERPA souhaitent poursuivre leur collaboration en menant une<br />
enquête commune auprès de l’ensemble <strong>des</strong> directeurs d’établissements accueillant <strong>des</strong><br />
<strong>personnes</strong> âgées et <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> en situation de handicap. Cette enquête doit permettre<br />
de réaliser un état <strong>des</strong> lieux de la prise en charge en établissement. A cette fin, une réunion<br />
de travail conjointe et en comité restreint (deux membres du CDCPH et deux membres du<br />
CODERPA) est prévue d’ici le 20 décembre 2009.<br />
Approfondir la réflexion sur l’axe du domicile<br />
Les <strong>personnes</strong> en situation de perte d’autonomie, quelles soient en situation de<br />
handicap ou âgées, expriment le souhait de vivre le plus longtemps à leur domicile. La<br />
commission étudiera quelles réponses peuvent être apportées en ce sens.<br />
Audition d’intervenants extérieurs<br />
Afin d’apporter un éclairage nouveau aux débats, <strong>des</strong> intervenants extérieurs seront<br />
sollicités (ex. : association Allo Maltraitance 71 pour les questions de bien-traitance, EHPAD<br />
de SAINT-DESERT qui est le seul établissement de SAONE-ET-LOIRE dédié à l’accueil de<br />
<strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes etc.)<br />
Recenser les expériences menées hors du département<br />
Il s’agit d’identifier et d’évaluer les expérimentations innovantes conduites dans<br />
d’autres départements et pouvant répondre à <strong>des</strong> besoins en SAONE-ET-LOIRE.<br />
Focus sur les travaux conjoints du CODERPA et du CDCPH<br />
Dans le cadre de la démarche de convergence, le CODERPA et le CDCPH ont mené<br />
leurs travaux en étroite collaboration Ainsi, les 3 réunions ont été organisées conjointement :<br />
- le 16 mars 2010 à l’EHPAD de SAINT-DESERT<br />
- le 28 juin 2010 à l’ESAT du BREUIL<br />
- le 20 septembre 2010 à l’EHPAD de CHATENOY-LE-ROYAL.<br />
Compte-rendu de la réunion du 16 mars 2010 - EHPAD de SAINT-DESERT<br />
Présentation de l’EHPAD de SAINT-DESERT<br />
Créé il y a 9 ans, l’EHPAD spécialisé de SAINT-DESERT compte 50 places dédiées<br />
à l’accueil de <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes.<br />
Profil du public accueilli<br />
- Sur les cinquante résidents accueillis, une dizaine seulement est âgée de moins de<br />
60 ans ;<br />
- Le plus jeune accueilli est âgé de 50 ans et le plus vieux de 95 ans ;
- Public composé d’une majorité d’hommes ;<br />
- Public présentant <strong>des</strong> pathologies diverses survenues à la naissance ou suite à un<br />
incident de parcours (ex. : détresse sociale).<br />
- Public provenant principalement d’autres établissements (quasiment pas d’entrée<br />
depuis le domicile).<br />
Deman<strong>des</strong> d’admission<br />
- Taux de remplissage de 100% constant : peu de décès donc peu de turn-over ;<br />
- Actuellement, une trentaine de <strong>personnes</strong> inscrites sur liste d’attente ;<br />
- L’EHPAD ne dispose pas de lits de dépannage.<br />
Personnel de l’EHPAD<br />
- A la différence <strong>des</strong> EHPAD « classiques », l’EHPAD de SAINT-DESERT dispose d’un<br />
ETP d’éducateur et d’un ETP d’AMP ;<br />
- Travail important de l’éducateur pour favoriser et développer la communication avec<br />
les accueillis ;<br />
- Pas de temps plein de médecin psychiatre. Le médecin vient une fois par semaine.<br />
Son intervention est primordiale, tant pour les résidents que le personnel.<br />
- Personnel formé à la maladie d’Alzheimer et à la relation par le touché.<br />
- Objectif : tendre vers un ratio d’encadrement d’1 pour 1 comme pour les structures<br />
psychiatriques.<br />
Activités proposées<br />
- Activités diversifiées (cf en foyer de vie), adaptées aux projets de vie et aux besoins<br />
individuels repérés en amont. Les activités peuvent s’adresser à la majorité <strong>des</strong><br />
accueillis dans le but de fédérer (ateliers musique, peinture, céramique etc.) ou<br />
s’adresser à une poignée de résidents afin de répondre à <strong>des</strong> attentes plus<br />
spécifiques (ex. : 5 résidents initiés au karting) ;<br />
- Activités offrent <strong>des</strong> repères en rythmant les journées (activités débutant à 11h00 et<br />
se poursuivant l’après-midi) ;<br />
- Mise en place d’un système de « référents » pour évaluer les projets de vie<br />
individuels. (Ex. : recherches menées par le personnel ont permis à un résident de<br />
retourner dans sa famille natale en Hongrie).<br />
Comité de vie sociale<br />
Le CVS a été mis en place et fonctionne bien. Réunions régulières avec participation<br />
<strong>des</strong> représentants <strong>des</strong> familles et <strong>des</strong> usagers.<br />
Vie au sein de l’EHPAD<br />
- EHPAD structuré en 2 étages et 4 ailes ;<br />
- Résidents répartis par affinités et type de handicap ;<br />
- Réflexion en cours organiser l’EHPAD en unités de vie en fonction du type de<br />
handicap ;<br />
- Respect du rythme de vie <strong>des</strong> résidents. Le levé se fait à heure libre et le petit<br />
déjeuner est servi en chambre ou dans les espaces de vie commune.<br />
Remarques
- L’accompagnement doit être pensé à partir et autour de la personne. Il faut veiller,<br />
dans la mesure du possible, à recueillir son choix ;<br />
- Les <strong>personnes</strong> en situation de handicap et les familles souhaitent vivre dans le milieu<br />
ordinaire le plus longtemps possible ;<br />
- Pour garantir le « choix » de la personne, il faut éviter les situations d’urgence et<br />
garantir le maillage territorial de l’offre en établissements ;<br />
- On observe une évolution du profil <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> accueillies en établissement :<br />
<strong>personnes</strong> en situation de grande dépendance (PA et PH) ;<br />
- Des freins financiers jouent sur l’entrée en établissement ;<br />
- La problématique <strong>des</strong> travailleurs handicapés à la retraite doit être davantage prise<br />
en compte ;<br />
- La perspective d’un changement de lieu de vie fait naître <strong>des</strong> appréhensions chez la<br />
personne et les familles. Celles-ci tombent lorsqu’il y a <strong>des</strong> échanges entre<br />
l’établissement, la personne et la famille (importance <strong>des</strong> visites). Expérience menée<br />
entre l’ESAT du BREUIL et l’EHPAD du CREUSOT (temps d’échange organisés<br />
entre les professionnels <strong>des</strong> deux structures pour accompagner le passage de<br />
l’ESAT à l’EHPAD de <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes) ;<br />
- L’accueil mixte en EHPAD peut-être expérimenté mais il faut préserver une certaine<br />
cohérence dans le profil <strong>des</strong> publics accueillis (âge, type de handicap etc.). Bien<br />
qu’une convergence se <strong>des</strong>sine, les approches professionnelles sont aujourd’hui<br />
sensiblement différentes : on « préserve » l’autonomie <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> âgées tandis<br />
qu’on « développe » l’autonomie <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> en situation de handicap. Il faut donc<br />
encourager l’émergence d’une culture et de pratiques professionnelles communes ;<br />
- Nécessité de promouvoir la création de plateformes de services et de plateaux<br />
techniques de compétences ;<br />
- L’aide aux aidants doit être développé sur le secteur du handicap notamment via le<br />
développement de structure de répit ;<br />
Projet d’enquête auprès <strong>des</strong> établissements d’accueil pour <strong>personnes</strong> âgées et pour<br />
<strong>personnes</strong> adultes en situation de handicap<br />
Le principe du lancement d’une enquête conjointe avec le CODERPA auprès <strong>des</strong><br />
établissements de Saône-et-Loire a été acté par la commission.<br />
Cette enquête vise à recueillir <strong>des</strong> éléments d’état <strong>des</strong> lieux sur l’accompagnement<br />
<strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes au sein <strong>des</strong> établissements de Saône-et-Loire.<br />
Elle doit permettre de mieux connaître le profil du public accueilli (âge, pathologies,<br />
provenance etc.), d’identifier les difficultés rencontrées par les établissements lors de<br />
l’avancée en âge du public handicapé et les éventuelles actions mises en place pour lever<br />
ces difficultés, recenser les initiatives locales favorisant l’accompagnement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong><br />
<strong>handicapées</strong> vieillissantes (ex. : SAVS Séniors – Papillons Blancs du CREUSOT) et, plus<br />
largement, de consulter les gestionnaires d’établissements sur la convergence (ex. :<br />
développement d’une culture et de pratiques professionnelles communes, coopération entre<br />
les acteurs <strong>des</strong> deux secteurs etc.).<br />
Une 1 ère trame de questionnaire a été élaborée le 25 février 2010 par un groupe de<br />
travail mixte CDCPH-CODERPA composé de deux représentants de chaque instance.<br />
Synthèse <strong>des</strong> échanges de la réunion du 28 juin 2010 - ESAT du BREUIL
Présentation du service <strong>des</strong>tiné aux <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> retraitées - Papillons<br />
Blancs du Creusot et de sa région<br />
Voir le power point annexé<br />
Synthèse <strong>des</strong> échanges<br />
- Volonté de convergence entre SAVS et établissement. Le rôle de ces services est très<br />
important au regard de leur souplesse. Il est nécessaire de former le personnel de ces<br />
services à l’accompagnement du public handicapé âgé ;<br />
- il faut apprendre à connaître les <strong>personnes</strong> pour répondre à leurs besoins même quand<br />
ils n’arrivent pas à les exprimer. Il faut aussi laisser une liberté aux <strong>personnes</strong> pour<br />
qu’elles développent leur autonomie ;<br />
- Le SAVS participe à la mise en place d’une solution souple et adaptée à partir du projet<br />
de vie ;<br />
- Il y a <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> qui ont envie d’aller en EHPAD depuis que le SAVS intervient.<br />
L’intervention du SAVS les rassure ;<br />
- Le rôle du médico-social est d’organiser le passage entre l’établissement d’accueil et<br />
l’EHPAD. Le rôle <strong>des</strong> associations en termes d’appui <strong>des</strong> EHPAD est primordial ;<br />
- Il faut dans la mesure du possible favoriser la vie en milieu ordinaire.<br />
Sur l’accueil mixte en EHPAD<br />
- Quid de la limite de l’accueil mixte en établissement (différences d’âge, de projet de<br />
vie, <strong>des</strong> activités ?)<br />
- Les résidents pourraient être « sectorisés » en fonction de leur histoire, de leurs<br />
centres d’intérêts, de leurs envies. Il faut toutefois veiller à maintenir le lien social entre<br />
les <strong>personnes</strong>. De plus, la mixité ne peut être envisagée que sur la base du volontariat<br />
<strong>des</strong> personnels.<br />
- Les PHV seront de plus en plus nombreuses, les EHPAD devront s’ouvrir à ce public. Il<br />
faut donc rassurer le personnel et développer la formation. L’espérance <strong>des</strong> <strong>personnes</strong><br />
ayant un handicap psychique s’allonge également ;<br />
- Quid du libre choix <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes ? Pour respecter le libre<br />
choix de la personne, il faut diversifier les réponses ;<br />
- Quid du libre choix pour ceux qui n’ont pas les moyens financiers de choisir librement<br />
la structure ? La question du financement de la perte d’autonomie doit être prise en<br />
compte dans les débats<br />
- Il ne faut pas restreindre le débat à la question du bien fondé ou non de l’accueil mixte<br />
en EHPAD. Il faut avant tout mettre en œuvre <strong>des</strong> formules diversifiées et adaptées<br />
répondant au projet de vie <strong>des</strong> <strong>personnes</strong>. La pertinence d’une médicalisation de<br />
certaines structures du secteur du handicap (création d’unités médicalisées) doit aussi<br />
être envisagée pour répondre aux besoins d’accompagnement du public handicapé<br />
vieillissant.<br />
Sur la formation du personnel<br />
- Si la formation du personnel est un enjeu pour garantir la bien-traitance envers les<br />
<strong>personnes</strong>, les moyens permettent de ne pas faire sombrer les équipes<br />
- risque de surcharge de travail et, par conséquent, d’épuisement ;<br />
Sur la convergence
- Dans le cadre de la démarche de convergence, quid du développement d’une culture<br />
et d’une formation professionnelle commune ?<br />
- La question <strong>des</strong> différences dans les prestations délivrées aux <strong>personnes</strong> âgées et aux<br />
<strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> et la problématique du « reste à vivre » devront être<br />
abordées.<br />
Synthèse <strong>des</strong> échanges de la réunion du 20 septembre - EHPAD de CHATENOY-LE-<br />
ROYAL<br />
Le CODERPA et le CDCPH sont réunis à l’EPHAD Les Amalti<strong>des</strong> à CHATENOY-LE-<br />
ROYAL, maison de retraite privée accueillant une soixantaine de résidents, dont une unité<br />
Alzheimer. Cette visite se situe dans le cadre souhaité <strong>des</strong> activités de terrain du groupe<br />
mixte CDCPH- CODERPA, qui a souhaité développer ce type de rencontres (la troisième)<br />
dans <strong>des</strong> établissements afin de mettre en commun <strong>des</strong> observations voire <strong>des</strong> éléments de<br />
problématiques communes entre <strong>personnes</strong> âgées et <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes.<br />
Un rappel de ces problématiques, à replacer à présent dans le cadre de l’élaboration<br />
du schéma PAPH, est effectué.<br />
Les thèmes déjà évoqués concernent l’élaboration progressive du concept de<br />
convergence par les 2 comités (CODERPA et Commission 1 du CDCPH) ;<br />
Celui-ci pourrait à ce moment de notre réflexion se décliner ainsi :<br />
- centration de l’institution sur la réponse aux besoins de la personne accueillie<br />
- construction de la démarche à partir du projet de vie défini avec la personne<br />
- bien traitance comme critère d’évaluation vis à vis <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> accueillies<br />
- métiers communs au sanitaire et au médico-social (même s’ils sont exercés<br />
différemment avec <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> âgées et avec <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>)<br />
- <strong>des</strong> formations communes pour les personnels<br />
- une spécificité <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> accueillies (âgées ou <strong>handicapées</strong><br />
vieillissantes) dont l’institution ne peut s’exonérer. Cela nécessite <strong>des</strong> petites<br />
unités pour ceux qui ne peuvent être maintenus à domicile (objectif commun),<br />
<strong>des</strong> soins différents, <strong>des</strong> contraintes différentes,…même si une convergence<br />
<strong>des</strong> tarifs est envisagée.<br />
Le statut <strong>des</strong> maisons de retraites est abordé par le groupe. Qu’il s’agisse du statut<br />
juridique, <strong>des</strong> conventions collectives, <strong>des</strong> budgets,… on perçoit les freins à toute<br />
convergence (gestion par l’hôpital, gestion privée, gestion associative,…) dès<br />
l’examen du fonctionnement administratif lorsqu’on le compare au médicosocial.<br />
En l’absence de prise en charge par l’état, l’assurance maladie, ou (et) les<br />
collectivités territoriales du « 5 ème Risque » , lié à la « dépendance » et resté<br />
aujourd’hui lettre morte (sauf volontarisme comme dans notre département), les<br />
charges de fonctionnement d’un ESMS et d’un EPHAD qui peuvent être comparables<br />
ne sont pas supportées de la même façon par les familles suivant que la personne<br />
est âgée ou handicapée (et vieillissante). La démonstration est faite avec les<br />
Amalti<strong>des</strong> dont le prix de journée reste inférieur à celui de certains établissements<br />
médicosociaux, mas est largement supporté par les familles, alors que les prestations<br />
proposées sont du même ordre. Le fait que cet EPHAD soit « à but lucratif » ne<br />
change rien aux contraintes et obligations budgétaires. Elles sont les mêmes que<br />
dans les ESMS. La question de la médicalisation est également posée (incidences<br />
budgétaires notamment).
M. JACOB (ESAT et SAVS - LE BREUIL) expose une initiative intéressante de<br />
coopération entre l’EPHAD du CREUSOT et les <strong>personnes</strong> retraitées <strong>handicapées</strong><br />
accompagnées par le SAVS. Des projets individualisés, <strong>des</strong> soins donnés à<br />
l’extérieur, <strong>des</strong> animations plus liées à l’âge moyen (entre 60 pour les <strong>personnes</strong> en<br />
situation de handicap, 80 ans pour les <strong>personnes</strong> âgées) un hébergement respectant<br />
les différences d’âge et d’activités permettent une cohabitation voire <strong>des</strong> évolutions<br />
accompagnées par les personnels <strong>des</strong> deux structures. Une expérience qui pourrait<br />
être étendue de l’avis général.<br />
Le débat s’oriente ensuite sur un inventaire <strong>des</strong> ressource minimales de <strong>personnes</strong><br />
concernées et sur l’insuffisance criante de celles-ci : AAH et minimum vieillesse pour<br />
financer une prise en charge à la hauteur <strong>des</strong> ambitions. La question de la<br />
participation de la famille est aussi posée, actuellement la différence de traitement<br />
entre PA et PH (avant 60 ans !) est significative.<br />
Après cette discussion technique, le groupe revient sur la question de la convergence<br />
comme problématique de l’EPHAD : comment accueillir, et faut-il accueillir <strong>des</strong><br />
<strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes. Il apparaît qu’il manque peut-être une structure<br />
ou un dispositif intermédiaire entre les 60 ans de la personne handicapée quittant<br />
l’ESAT, et les 80 ans de la personne âgée entrant à l’EPHAD. Le critère semble être<br />
l’impossibilité de continuer à vivre seul. Mais cet état ne s’installe t’il pas<br />
progressivement ? ne concerne t’il pas la personne handicapée (quel que soit le<br />
handicap) ?<br />
Un service annexé à une structure, d’accompagnement paraît indiqué pour effectuer<br />
ce travail, à condition d’être un lieu de coopération (donc de convergence) <strong>des</strong><br />
personnels d’EPHAD et d’ESMS. Il convient notamment de ne pas oublier le cas <strong>des</strong><br />
<strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> psychiques à qui cet accompagnement (SAMSAH) pourrait<br />
s’appliquer (avec un temps de psychologue pour l’instant insuffisant en EPHAD<br />
Le maintien du plus grand nombre dans l’autonomie, même avec quelques ai<strong>des</strong>, le<br />
maintien du lien social, la recherche d’une meilleure intégration, la lutte contre la<br />
solitude par l’intergénérationnel, la possibilité d’un accueil temporaire,…et d’autres<br />
points observables liés au social plus qu’aux ai<strong>des</strong> techniques ou au médical ne<br />
peuvent-ils constituer un outil de maîtrise <strong>des</strong> coûts ?<br />
Cela ne résout évidemment pas les questions posées par la grande dépendance de<br />
certaines <strong>personnes</strong> âgées quelle qu’en soit les causes, et dont le coût est<br />
évidemment élevé.<br />
Il semble que l’ensemble <strong>des</strong> réflexions conduites depuis 2009 dans ce groupe mixte<br />
pourrait intéresser le groupe de travail du futur Schéma qui a axé sa réflexion sur « Réussir<br />
la convergence ».
PAPILLONS BLANCS DU<br />
CREUSOT ET DE SA REGION<br />
SERVICE DESTINE AUX<br />
PERSONNES HANDICAPEES<br />
RETRAITEES<br />
L’avancée en âge <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> mentales<br />
Journée nationale de l’Unapei<br />
Vendredi 26 juin 2009<br />
Notre Association<br />
• 1959 Création de l’association<br />
• Aujourd’hui ,<br />
Elle assure la gestion de 440 places<br />
réparties dans divers établissements :<br />
- IME-CME IME CME<br />
- MAS<br />
- ESAT<br />
- Tous types de FOYERS et SAVS<br />
1
Prise en charge du vieillissement<br />
<strong>des</strong> <strong>personnes</strong> Handicapées<br />
• 1967 Ouverture du premier atelier<br />
protégé<br />
• 1973 Ouverture du CAT<br />
• 1980 Premiers placements en EHPAD<br />
• 1991 Mise en place mi-temps mi temps libéré CAT<br />
• 2000 Ouverture du foyer occupationnel<br />
• 2008 Ouverture SAVS Retraités<br />
Historique <strong>des</strong> départs à la retraite<br />
• 25 <strong>personnes</strong> sont parties à la retraite entre 1987<br />
et 2008 :<br />
• 16 dans les 2 maisons de retraite du Creusot.<br />
• 6 dans 5 maisons de retraite <strong>des</strong> communes<br />
environnantes.<br />
• 1 en foyer logement au Creusot.<br />
• 1 en famille.<br />
• 1 maintenue à son domicile.<br />
• La moyenne d’âge actuelle de ces <strong>personnes</strong> est de<br />
66 ans. ans.<br />
2
La Prévision <strong>des</strong> besoins<br />
• 63 <strong>personnes</strong> actuellement accueillies<br />
atteindront 60 ans d’ici 2020.<br />
• Avec une forte évolution du nombre à<br />
partir de 2009 pouvant atteindre 8 à 9<br />
<strong>personnes</strong> certaines années.<br />
• L’espérance de vie est en évolution, elle<br />
est comprise entre 54 et plus de 70 ans<br />
selon la gravité du handicap.<br />
Mise en évidence <strong>des</strong><br />
prestations à proposer<br />
• La situation actuelle <strong>des</strong> 21 <strong>personnes</strong> en retraite a<br />
été établie, elle a permis de mettre en évidence<br />
l’ensemble <strong>des</strong> besoins spécifiques à partir de leurs<br />
réflexions et deman<strong>des</strong> personnelles soit :<br />
Prestations administratives<br />
~ médicales<br />
~ transport<br />
~ d’activités<br />
~ Accompagnement et aide à la<br />
personne lors de l’installation et au quotidien.<br />
3
Création d’une structure<br />
spécifique<br />
• Recensement <strong>des</strong> résidants qui partiront à la<br />
retraite dans les diverses structures d’accueil.<br />
• Officialisation et renforcement <strong>des</strong> dispositifs<br />
existants.<br />
• Création d’un service d’aide à la vie sociale <strong>des</strong><br />
<strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> en retraite intégrant un<br />
petite section d’accueil de jour<br />
Personnes concernées<br />
• Ce service s’articule autour de 4 groupes:<br />
• Les <strong>personnes</strong> demeurant en maison de retraite.<br />
• Celles qui souhaitent vivre dans leur<br />
appartement.<br />
• Celles qui sont maintenues après 60 ans dans les<br />
établissements qui les accueillent actuellement.<br />
• Celles qui habitent au sein de la famille.<br />
4
Réponses aux besoins<br />
Argent Administratif Santé et médical<br />
Solitude<br />
Loisirs<br />
ACCOMPAGNEMENT<br />
Entretien du linge<br />
Achats et Budget<br />
Transports divers<br />
Mission de la structure<br />
• SAVS qui a pour vocation de contribuer à la<br />
continuité du projet de vie <strong>des</strong> adultes handicapés<br />
en retraite en leur proposant :<br />
- Un accompagnement adapté<br />
- Le maintien d’un lien social<br />
- Une aide pour l’accès à <strong>des</strong> services offerts<br />
par <strong>des</strong> associations et <strong>des</strong> collectivités<br />
• Toujours dans le respect du projet de vie <strong>des</strong><br />
<strong>personnes</strong><br />
5
Les moyens humains et<br />
financiers<br />
• Le service fonctionne 6 jours par semaine.<br />
• Partie éducative et financière : conseillère en économie<br />
sociale et familiale ou éducatrice spécialisée.<br />
• Accompagnement médical et visites diverses : AMP<br />
• Activités « pédagogiques », artistiques et extérieures :<br />
moniteur éducateur.<br />
• Cette organisation nécessite de la part de l’équipe une<br />
bonne cohésion et une indispensable polyvalence.<br />
• Des conventions avec les Maisons de retraite concernées<br />
se mettent en place. place.<br />
Les moyens matériels<br />
• Un local pour la zone de vie de jour :<br />
Appartement type F4 situé dans un quartier<br />
centré en ville.<br />
• Il est doté d’espaces collectifs: cuisine,<br />
buanderie, salon ….<br />
• Plusieurs véhicules.<br />
• Divers équipements de communication.<br />
6
Les limites du service<br />
• Faire face à la multiplicité <strong>des</strong> situations.<br />
• Respecter le libre choix <strong>des</strong> <strong>personnes</strong>.<br />
• Ne pas se substituer aux différents acteurs<br />
actuels de terrain.<br />
• Conscient de ses limites, il s’adresse à <strong>des</strong><br />
<strong>personnes</strong> ayant une relative autonomie.<br />
Point de notre démarche<br />
• La spécificité <strong>des</strong> situations <strong>des</strong> <strong>personnes</strong><br />
implique la nécessité de proposer de multiples<br />
solutions :<br />
• Poursuite <strong>des</strong> placements en EHPAD sous<br />
conditions d’adaptation.<br />
• Maintien dans les établissements d’accueil dans le<br />
cadre d’extensions spécialisées.<br />
• Accueil dans <strong>des</strong> structures médicalisées.<br />
• Accueil en famille avec une structure de soutien<br />
adaptée.<br />
• Maison de retraite spécialisée.<br />
7
Les Les <strong>personnes</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> <strong>handicapées</strong> de de plus plus de de 60 60 ans ans :<br />
à à l’articulation l’articulation l’articulation <strong>des</strong> <strong>des</strong> secteurs secteurs<br />
secteurs<br />
du du handicap handicap et et de de la la gérontologie<br />
gérontologie<br />
Synthèse Synthèse Synthèse Synthèse d’une d’une d’une d’une enquête enquête enquête enquête<br />
par Patrick GUYOT, Conseiller technique du CREAI de Bourgogne<br />
Dans le cadre du programme régional de santé (PRS) "handicap et dépendance <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> âgées en<br />
Bourgogne", le CREAI a organisé, avec le concours financier de l'assurance maladie, une journée d'étude intitulée<br />
"La question <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> de plus de 60 ans : l'articulation entre le secteur gérontologique et celui<br />
du handicap 1 ", le 12 Avril 2001 à Plombières les Dijon.<br />
Pour alimenter cette journée d'étude, qui a visé les transferts d'expériences, le CREAI a réalisé une enquête par<br />
questionnaire auprès de ces deux secteurs afin d'obtenir un aperçu <strong>des</strong> pratiques et <strong>des</strong> projets dans ce domaine.<br />
Deux types de questionnaire ont ainsi été élaborés par un groupe de pilotage 2 : un questionnaire propre au secteur<br />
du handicap [(Centres d'aide par le travail (CAT), foyers d'hébergement, foyers de vie, maisons d'accueil<br />
spécialisées (MAS), foyers à double tarification (FDT), services d'accompagnement à la vie sociale (SAVS) ; un<br />
autre questionnaire propre au secteur de la gérontologie (Maisons de retraite, établissements de soins de longue<br />
durée (ex long séjour hospitalier), logements foyers, services d'aide à domicile (SAD), services de soins infirmiers à<br />
domicile (SSIAD)].<br />
Ce sont donc 150 questionnaires qui ont été adressés aux établissements et services du secteur du handicap, et<br />
près de 700 aux structures du secteur gérontologique, et ce sur l'ensemble <strong>des</strong> quatre départements<br />
bourguignons. Pour le secteur du handicap, 38 questionnaires exploitables sur 150 nous ont été retournés (soit<br />
25 %) et, pour le secteur gérontologique, nous avons reçu 81 questionnaires sur les 700 environ (soit près de<br />
12 %).<br />
Ce rapport d'enquête présente une synthèse <strong>des</strong> résultats bruts de l'exploitation <strong>des</strong> questionnaires, en<br />
différenciant les deux secteurs, suivi d'une conclusion mettant en lumière les enseignements <strong>des</strong> apports de<br />
l'enquête et les perspectives qui se <strong>des</strong>sinent pour l'avenir. Cette enquête nous a également permis d'identifier <strong>des</strong><br />
pratiques et <strong>des</strong> projets originaux qui ont fait l'objet de présentations orales et de débats lors de la "table ronde"<br />
de l'après-midi de la journée d'étude du 12 avril.<br />
1<br />
Par secteur du handicap, il faut entendre dans le cadre de cette étude, les établissements et services qui accueillent et accompagnent <strong>des</strong><br />
adultes reconnus handicapés par la COTOREP (Commission technique d'orientation et de reclassement professionnel). Ces <strong>personnes</strong> peuvent<br />
être orientées vers un établissement spécifique pour adultes handicapés, voire éventuellement dans une maison de retraite ou/et bénéficier d'une<br />
prestation aux adultes handicapés. Nous réserverons donc le terme "handicap" exclusivement à cette population.<br />
2<br />
Groupe de pilotage composé de professionnels <strong>des</strong> secteurs du handicap et de la gérontologie issus <strong>des</strong> Comités relais départementaux (COREL)<br />
instaurés dans le cadre du PRS et <strong>des</strong> Commissions <strong>des</strong> établissements et services pour adultes handicapés du CREAI de Bourgogne.
I - Synthèse Synthèse <strong>des</strong> <strong>des</strong> résultats résultats de de l'enquête l'enquête auprès auprès du du secteur<br />
secteur<br />
gérontologique<br />
gérontologique<br />
Les maisons de retraite<br />
et les structures de soins de longue durée<br />
Taux de réponse à l'enquête : 43 questionnaires ont été retournés par ce type de structure recevant<br />
4 196 usagers sur les 19 500 usagers 3 accueillis en Bourgogne, soit 21 % de la population totale.<br />
➢ Les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> de moins de 60 ans dans ce type d'établissement<br />
Ces établissements signalent 104 <strong>personnes</strong> de moins de 60 ans reconnues <strong>handicapées</strong> par la COTOREP parmi<br />
leurs 4 196 usagers soit 2,4 % de la population totale accueillie.<br />
A noter cependant l'existence de <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> de moins de 60 ans, non comptabilisées dans les 104,<br />
accueillies dans <strong>des</strong> structures particulières ayant répondu à l'enquête :<br />
• une maison de retraite spécialisée (MRS) pour l'accueil de <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> de 47 places dont 10<br />
occupées par <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> de moins de 60 ans .<br />
• une maison de retraite de 11 places pour adultes handicapés vieillissants (moins de 60 ans) créée dans le<br />
cadre d'une restructuration interne d'un complexe gérant <strong>des</strong> maisons de retraite et un foyer occupationnel<br />
pour adultes handicapés.<br />
• dans un hôpital local, une unité de 30 places accueillant <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> lourdement <strong>handicapées</strong> de moins de<br />
60 ans, qui s'apparente à un foyer à double tarification non reconnu administrativement.<br />
Les contacts avec le secteur du handicap sont inexistants pour la moitié environ de ces 104 <strong>personnes</strong> ; en<br />
revanche ils sont effectifs bien que réduits pour 53 d'entre elles : une maison de retraite signale par exemple <strong>des</strong><br />
échanges mensuels (goûters en commun) avec un CAT/Foyer, une autre maison de retraite et un centre de soins<br />
de longue durée font état d'une réflexion avec la COTOREP pour l'orientation <strong>des</strong> moins de 60 ans.<br />
➢ Les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> de plus de 60 ans dans ce type d'établissement<br />
Les maisons de retraite et les "longs séjours" signalent 106 <strong>personnes</strong> 4 de plus de 60 ans reconnues <strong>handicapées</strong><br />
par la COTOREP avant cet âge parmi leurs 4 196 usagers soit 2,5 % de la population totale accueillie.<br />
Sur les 33 questionnaires/43 reçus faisant état d'accueil de ce public, 10 indiquent avoir <strong>des</strong> contacts avec le<br />
secteur du handicap ; il s'agit :<br />
- de contacts ponctuels au cas pas cas entre les professionnels <strong>des</strong> deux secteurs ;<br />
- de collaboration entre les deux secteurs sur la base de conventions passées entre établissements pour<br />
l'intervention de personnels éducatifs (maison de retraite et foyer/CAT par exemple) ;<br />
- d'une expérimentation d'accueils conjoints en maison de retraite au sein d'un organisme gérant à la fois <strong>des</strong><br />
structures pour <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> et âgées ;<br />
- <strong>des</strong> contacts avec <strong>des</strong> établissements pour <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> lorsqu'il y a <strong>des</strong> places de libre dans une<br />
maison de retraite.<br />
3 Source : DRASS, places au 1/1/99<br />
4 Non comprises les <strong>personnes</strong> accueillies dans les établissements particuliers signalés plus haut (37 places dans la MRS).
Les logements foyers<br />
Taux de réponse à l'enquête : Les 13 établissements nous ayant répondu représentent 748 logements<br />
sur les 4 122 existant sur la Bourgogne soit 18 % de la population totale accueillie.<br />
Un seul logement foyer sur les 13 ayant renseigné le questionnaire indique accueillir une personne handicapée de<br />
moins de 60 ans, sans aucun contact avec le secteur du handicap.<br />
➢ Les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> de plus de 60 ans dans ce type d'établissement<br />
On dénombre 13 <strong>personnes</strong> de plus de 60 ans reconnues <strong>handicapées</strong> avant cet âge par la COTOREP dans ces<br />
logements foyers soit un taux entre 1 et 2 % (difficile à préciser dans la mesure où <strong>des</strong> logements foyers nous ont<br />
indiqué leur nombre d'appartements et d'autres le nombre de résidents accueillis.<br />
Pour ces <strong>personnes</strong> de plus de 60 ans quelques contacts avec le secteur du handicap nous ont été signalés :<br />
- contacts pour une personne handicapée physique avec un site pour la vie autonome ;<br />
- une convention individuelle avec un foyer/CAT pour l'intervention d'un service d'accompagnement au sein du<br />
logement foyer.<br />
On notera également l'accueil dans un logement foyer de deux ai<strong>des</strong> médico-psychologiques venant d'une maison<br />
d'accueil spécialisée (MAS) pour leur enseigner les savoir-faire du secteur gérontologique.<br />
L'aide à domicile<br />
Taux de réponse à l'enquête : seuls 18 services nous ont répondu qui assurent le suivi de<br />
3 289 usagers, ce qui correspond à une faible partie de l'ensemble <strong>des</strong> usagers de ces services en<br />
Bourgogne. Il convient en conséquence d'éviter toute généralisation <strong>des</strong> données suivantes.<br />
➢ Les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> de moins de 60 ans suivies par ce type de service<br />
Ce sont, selon l'enquête, 136 <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> de moins de 60 ans qui font appel aux services d'aide à<br />
domicile sur les 3 289 suivies soit 4,1 %.<br />
La quasi totalité de ces services n'a pas de contacts avec le secteur du handicap (un seul service fait état de<br />
contacts téléphoniques avec un foyer/CAT).<br />
➢ Les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> de plus de 60 ans suivies par ce type de service<br />
Seules 38 <strong>personnes</strong> de plus de 60 ans reconnues <strong>handicapées</strong> par la COTOREP avant cet âge font appel aux<br />
services d'aide à domicile, soit un peu plus de 1 %. Ce taux est à considérer avec prudence puisqu’un service<br />
d'auxiliaire de vie 5 intervient à lui seul auprès de 30 <strong>personnes</strong> de plus de 60 ans.<br />
Les contacts avec le secteur du handicap sont très rares si l'on s'en tient aux informations issues <strong>des</strong><br />
questionnaires retournés par ces services. On peut cependant douter de la représentativité de notre échantillon<br />
dans la mesure où <strong>des</strong> collaborations entre <strong>des</strong> CAT/foyer ou <strong>des</strong> services d'accompagnement et <strong>des</strong> services<br />
d'aide à domicile nous ont été signalées dans l'enquête auprès du secteur du handicap.<br />
5 Service que nous avons classé dans le secteur gérontologique, mais qui aurait pu l'être dans le secteur du handicap. On notera que ce type de<br />
service intervenant dans les deux secteurs, handicap et gérontologie, constitue une modalité de réponse qui préfigure peut être une forme de<br />
solution pour la problématique qui nous intéresse ici.
Les services de soins infirmiers à domicile (SSIAD)<br />
Taux de réponse à l'enquête : Seulement 7 questionnaires nous ont été retournés par <strong>des</strong> SSIAD de<br />
Bourgogne ; ces 7 SSIAD sur les 76 présents sur la région interviennent auprès de 201 <strong>personnes</strong> sur<br />
les 2 142 concernées (soit un taux de réponse de 9,4 %).<br />
Sur ces 7 SSIAD, 4 interviennent auprès de 9 <strong>personnes</strong> de moins de 60 ans 6 reconnues <strong>handicapées</strong> par la<br />
COTOREP, soit 4,4 % <strong>des</strong> 201 <strong>personnes</strong> suivies. Un seul SSIAD indique <strong>des</strong> contacts avec le secteur du handicap<br />
(APF).<br />
Concernant les <strong>personnes</strong> de plus de 60 ans reconnues <strong>handicapées</strong> par la COTOREP avant cet âge, 3 SSIAD<br />
signalent <strong>des</strong> interventions auprès de 3 <strong>personnes</strong>, sans contacts avec le secteur du handicap.<br />
Les projets de collaboration avec le secteur du handicap<br />
A la question relative aux projets de collaboration émanant <strong>des</strong> établissement et <strong>des</strong> services du secteur<br />
gérontologique, nous distinguerons les projets <strong>des</strong> établissements de ceux <strong>des</strong> services de maintien à domicile.<br />
Les projets <strong>des</strong> maisons de retraite, <strong>des</strong> structures de soins de longue durée et <strong>des</strong><br />
logements foyers.<br />
Sur les 56 questionnaires remplis provenant de ces établissements, 7 font état de projets plus ou moins avancés<br />
de collaboration avec le secteur du handicap :<br />
engager une réflexion avec le secteur du handicap (les établissements locaux) pour tenter d'élaborer une<br />
réponse aux problèmes d'admission <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> en maison de retraite ;<br />
poursuivre l'accueil <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes (avant et après 60 ans) en collaboration avec<br />
les CAT/foyers et les MAS locaux ;<br />
création d'une unité d'accueil temporaire de <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> accueillies en famille d'accueil ;<br />
création d'une unité pour <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes dans un hôpital local;<br />
convention entre une maison de retraite et un CAT/foyer pour l'intervention de personnels éducatifs au sein<br />
de la maison de retraite ;<br />
création par une maison de retraite d'un établissement pour <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> âgées (projet<br />
embryonnaire) ;<br />
accueil d'urgence ou temporaire de <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> de plus de 60 ans (projet embryonnaire).<br />
Par ailleurs, plusieurs établissements sont ouverts à toutes propositions de collaboration avec le secteur du<br />
handicap, mais certains soulignent qu'il ne sera pas possible de multiplier l'accueil de <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong><br />
faute de moyen en personnels qualifiés. Un établissement s'inquiète également de son image auprès de son<br />
public habituel qu'il risque de perdre s’il accueille <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>.<br />
Les projets <strong>des</strong> services de maintien à domicile<br />
Pour l'ensemble de ces services, quasiment aucun projet de collaboration avec le secteur du handicap n'est<br />
envisagé, si ce n'est de poursuivre "a minima" les collaborations habituelles de terrain.<br />
6<br />
Ces services sont autorisés depuis peu à intervenir auprès <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> de moins de 60 ans ; elles le pouvaient auparavant mais à<br />
titre dérogatoire.
II II - Synthèse Synthèse de <strong>des</strong> de<br />
s résultats de l'enquête auprès auprès du du secteur secteur du<br />
du<br />
handicap<br />
handicap<br />
Les Centres d'aide par le travail et les foyers d'hébergement<br />
Taux de réponse à l'enquête : 23 CAT et/ou Foyers d'hébergement ont répondu à l'enquête. Ces<br />
CAT/Foyers totalisent 1 500 usagers environ 7 sur 2 700 présents dans ce type de structures en<br />
Bourgogne, soit 55 % de la population totale.<br />
➢ Le devenir <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> à partir de 60 ans accueillies en CAT et<br />
foyers d'hébergement<br />
Les CAT et les foyers d'hébergement dénombrent 46 <strong>personnes</strong> qui ont franchi le cap <strong>des</strong> 60 ans ces dernières<br />
années sur les 1 500 accueillies soit un taux de 3 % 8 . On notera qu'aucun <strong>des</strong> CAT ayant renseigné le<br />
questionnaire ne signale <strong>des</strong> ouvriers de plus de 60 ans dans leurs effectifs. Bien qu'il y en ait sans doute dans <strong>des</strong><br />
CAT régionaux n'ayant pas répondu à l'enquête, cela semble confirmer le fait que l'âge de 60 ans constitue une<br />
limite habituelle à l'activité professionnelle en CAT. En revanche les foyers indiquent maintenir quelques <strong>personnes</strong><br />
au-delà de 60 ans.<br />
Quelles sont les solutions mises en œuvre par les CAT et foyers d'hébergement pour ces 46 <strong>personnes</strong> ?<br />
Les réponses au questionnaire indiquent que 28 d'entre elles ont été orientées en maison de retraite, (6 sur 10), et<br />
13 ont été maintenues dans le foyer (près de 3 sur 10). Les autres ont été maintenues à leur propre domicile ou en<br />
famille d'accueil.<br />
➢ Quelle est la nature <strong>des</strong> relations avec le secteur gérontologique ?<br />
Nous retrouvons bien sûr en partie <strong>des</strong> informations obtenues par l'enquête auprès du secteur gérontologique :<br />
- l'existence de quelques conventions individuelles passées entre les deux secteurs sont signalées, en particulier<br />
avec une maison de retraite pour permettre l'intervention de professionnels <strong>des</strong> services d'accompagnement<br />
du secteur du handicap (afin d'assurer « l'animation » en complément <strong>des</strong> prestations fournies<br />
habituellement) ;<br />
- l'expérimentation d'accueils conjoints en maison de retraite au sein d'un organisme gérant à la fois <strong>des</strong><br />
établissements et services pour <strong>personnes</strong> âgées et <strong>handicapées</strong> ;<br />
- pour d'autres, les relations sont plus ponctuelles et activées pendant la période de transition du retraité de<br />
CAT entre le foyer et la maison de retraite ;<br />
- d'autres indiquent encore privilégier la persistance du lien avec la personne handicapée orientée dans le<br />
secteur gérontologique, par le biais de visites ou d'invitation au foyer lors de manifestations festives. Parfois<br />
<strong>des</strong> activités en commun sont organisées (goûters par exemple)<br />
7<br />
Chiffre approximatif dans la mesure où <strong>des</strong> foyers autonomes et <strong>des</strong> CAT ont pu déclarer les mêmes <strong>personnes</strong>.<br />
8<br />
Ce taux semble confirmer les projections réalisées lors de l'étude du CREAI Bourgogne en 1992, selon laquelle environ 10 <strong>personnes</strong> en moyenne<br />
par an franchiraient ce cap <strong>des</strong> 60 ans en CAT et foyers d'hébergement ; (10 x 8 ans = 80 X 55% = 44 <strong>personnes</strong>)
Les foyers de vie<br />
Taux de réponse à l'enquête : 8 foyers de vie sur les 36 existant en Bourgogne ont rempli le<br />
questionnaire de l'enquête totalisant 370 places sur 1 320, soit 28 % du nombre total de places.<br />
Le devenir <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> à partir de 60 ans accueillies en foyers de vie<br />
(occupationnels)<br />
Les chiffres obtenus par l'enquête sont imprécis : une quinzaine de résidents de foyers de vie aurait passé le cap<br />
<strong>des</strong> 60 ans ces dernières années, soit un taux de 4 % environ.<br />
On notera que le principe retenu pour ce type d'établissement reste le maintien dans le foyer au-delà de 60 ans,<br />
avec toutefois la recherche d'une solution alternative après quelques années (autour de 65 ans, semble-t-il) ; <strong>des</strong><br />
partenariats avec <strong>des</strong> maisons de retraite ont été signalés sous forme d'aide au montage d'un projet de création<br />
d'une maison de retraite adaptée, ou de la participation de résidents d'un foyer de vie à un club du troisième âge.<br />
Les maisons d'accueil spécialisées (MAS)<br />
et les foyers à double tarification (FDT)<br />
Taux de réponse à l'enquête : 4 établissements ont renseigné le questionnaire sur les 16 de la région ;<br />
plusieurs ont fourni <strong>des</strong> chiffres imprécis qui ne permettent pas une exploitation quantitative.<br />
Le devenir <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> à partir de 60 ans accueillies en MAS et FDT<br />
Comme les foyers de vie, les MAS et les FDT, maintiennent leurs résidents de plus de 60 ans, en envisageant<br />
éventuellement une réorientation vers un établissement gérontologique par la suite.<br />
Pour ce qui concerne les relations avec le secteur gérontologique, on notera l'existence d'une convention pour une<br />
personne avec une maison de retraite publique pour l'intervention d'un service d'accompagnement.<br />
Les services d'accompagnement à la vie sociale (SAVS)<br />
Taux de réponses à l'enquête : 3 services d'accompagnement autonomes 9 intervenant auprès de<br />
217 <strong>personnes</strong> ont répondu à notre enquête.<br />
Sur ces 217 <strong>personnes</strong>, 14 ont passé les 60 ans ces dernières années, soit 6 % environ. Parmi ces<br />
14 <strong>personnes</strong>, 9 ont été maintenues à domicile, 3 sont entrées en maison de retraite et 1 en logement foyer.<br />
Ces SAVS font état de contacts avec les services d'aide à domicile pour <strong>personnes</strong> âgées afin d'organiser les<br />
interventions, et de conventions individuelles avec <strong>des</strong> maisons de retraite.<br />
9 Il existe <strong>des</strong> services d'accompagnement rattachés à un foyer d'hébergement qui interviennent essentiellement auprès de leurs résidents.
Les projets de collaboration avec le secteur gérontologique<br />
Quels sont les collaborations qu'envisagent les établissements et services du secteur du handicap avec le<br />
secteur gérontologique ?<br />
Pour ce qui concerne l'ensemble <strong>des</strong> établissements dont nous avons présenté plus haut les réponses à<br />
l'enquête (CAT, Foyers, MAS, FDT), les projets sont nombreux puisque quasiment tous en ont ; plus ou moins<br />
élaborés et ambitieux ; ils mettent tous en avant le principe d'individualisation <strong>des</strong> réponses et de diversification<br />
de l'offre en matière d'établissement et de services :<br />
maintien de liens privilégiés avec <strong>des</strong> maisons de retraite locales ;<br />
création de petites unités pour <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> de plus de 60 ans en maison de retraite ou en foyer<br />
de vie ;<br />
permettre le suivi éducatif <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> âgées en structure de gérontologie en détachant du<br />
personnel <strong>des</strong> établissements et services médico-sociaux du secteur du handicap (conventions, accords) ;<br />
collaborer activement avec les services d'aide à domicile pour permettre le maintien <strong>des</strong> <strong>personnes</strong><br />
<strong>handicapées</strong> âgées à domicile ;<br />
pour <strong>des</strong> foyers d'hébergement obtenir la suppression de la limite d'âge de 60 ans pour le maintien (revoir les<br />
conventions avec les départements) ;<br />
créer <strong>des</strong> résidences locatives avec intervention d'un service d'accompagnement renforcé et <strong>des</strong> services de<br />
maintien à domicile (SAD, SSIAD) ;<br />
former le personnel <strong>des</strong> structures du handicap à la gérontologie (DIGUB) ;<br />
réfléchir au maintien <strong>des</strong> relations avec les ex-résidents <strong>des</strong> foyers accueillis en maison de retraite ;<br />
pour les SAVS, ne pas se substituer à l'existant en service de maintien à domicile, mais plutôt assurer une<br />
éventuelle coordination <strong>des</strong> interventions autour de la personne suivie.<br />
Des établissements ont également insisté sur l'importance de la préparation à la vieillesse, et ceci rejoignait la<br />
question que nous avions posée dans l'enquête à propos de la manière dont les établissements et services pour<br />
<strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> traitaient la question <strong>des</strong> usagers de moins de 60 ans concernés par le phénomène de<br />
"vieillissement". La première réponse apportée, bien souvent de façon préventive, consiste à aménager le temps de<br />
travail, ceci pouvant aller jusqu'à l'instauration du temps partiel (mi-temps généralement) ; <strong>des</strong> unités spécifiques<br />
pour <strong>personnes</strong> vieillissantes font également partie <strong>des</strong> modalités de réponse (sections annexes de CAT, unités de<br />
vie à rythmes différenciés en foyers de vie,…). L'embauche d'ai<strong>des</strong> médico-psychologiques (AMP) est aussi<br />
envisagée parfois. Lorsque ces solutions s'avèrent insuffisantes, une réorientation peut intervenir.
Apports Apports de de l'enquête l'enquête et et perspectives<br />
perspectives<br />
Les résultats de l'enquête, présentés dans ce rapport, nous livrent quelques informations sur les pratiques <strong>des</strong><br />
secteurs de la gérontologie et du handicap face à la question <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> de plus de 60 ans. Bien<br />
que ces informations ne soient pas généralisables à l'ensemble <strong>des</strong> établissements et services de la Bourgogne au<br />
vu de la faible représentativité de certains d'entre eux, (par exemple les structures de maintien à domicile du<br />
secteur de la gérontologie), nous pouvons en tirer quelques enseignements et repérer <strong>des</strong> orientations générales.<br />
Bien que mo<strong>des</strong>tes quantitativement, <strong>des</strong> collaborations existent effectivement entre les deux secteurs. Par<br />
exemple, nous l'avons vu pour les plus de 60 ans reconnus handicapés par la COTOREP avant cet âge, un tiers<br />
<strong>des</strong> établissements de gérontologie concernés par l'accueil de ce public signale <strong>des</strong> contacts avec le secteur du<br />
handicap ; ces contacts sont du reste confirmés par l'enquête auprès <strong>des</strong> structures pour <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>.<br />
Ces relations sont certes parfois épisodiques et limitées à la période d'accueil, mais elles peuvent être également<br />
plus élaborées comme nous l'avons vu (conventions, expérimentation d'accueils conjoints,…).<br />
Ces relations entre les établissements et services <strong>des</strong> deux secteurs semblent être l'amorce d'autres collaborations<br />
dans l'avenir, si l'on en croit les apports de l'enquête relatifs aux projets. Même si les actions envisagées dans<br />
l’avenir sont rares du côté <strong>des</strong> structures pour <strong>personnes</strong> âgées, elles peuvent être interprétées comme un début<br />
de prise de conscience de la problématique particulière <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> âgées, ainsi qu'une ouverture à<br />
la réflexion pour l'élaboration de réponses adaptées. En revanche, du côté du secteur du handicap, les projets de<br />
collaboration avec le secteur de la gérontologie sont nettement plus nombreux et témoignent d'une évolution <strong>des</strong><br />
positions.<br />
En effet, ces actions en cours et ces projets constituent, à n'en pas douter, un dépassement <strong>des</strong> positions parfois<br />
défensives du début <strong>des</strong> années 90 où le maintien dans l'établissement d'origine était perçu comme la seule<br />
solution défendable. La collaboration a sans doute été rendue envisageable à partir du moment où l'on s'est<br />
attaché, dans le secteur du handicap, à un certain nombre de principes qui sont apparus à plusieurs reprises dans<br />
l'enquête, à savoir : le libre choix de l'usager (sa demande, ses besoins), l'individualisation <strong>des</strong> réponses et la<br />
diversification de l'offre en matière de prestations ; ces prestations étant alors constituées d'établissements et de<br />
services <strong>des</strong> deux secteurs : ce référentiel, composé de ces principes essentiels, devant orienter l'ensemble <strong>des</strong><br />
réponses apportées à la question <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> de plus de 60 ans.<br />
Cela dit, au-delà de ces constats relativement optimistes, quelques interrogations subsistent. On a observé, en<br />
exploitant les résultats de l’enquête, qu’un pourcentage significatif <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> de plus de 60 ans<br />
originaires <strong>des</strong> établissements pour adultes handicapés étaient « orientées », plus ou moins tôt, en établissements<br />
du secteur gérontologique (Maison de retraite le plus souvent). La question essentielle qui se pose alors est de<br />
savoir s'il s'agit du choix <strong>des</strong> intéressés ou bien si l'on a affaire à une orientation par défaut, "faute de mieux"<br />
localement. Ce libre choix de l'usager (ou du moins la prise en compte de ses besoins s'il n'est pas en capacité de<br />
formuler un choix) implique en effet que les structures pour <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> puissent administrativement<br />
maintenir leurs usagers au-delà de 60 ans 10 . Selon les résultats de l'enquête, il semble que de nombreuses<br />
orientations vers le secteur de la gérontologie aient été réalisées à la demande <strong>des</strong> usagers. De nombreux<br />
paramètres pouvant cependant influer sur ce « libre choix », la question reste toutefois posée.<br />
Pour conclure ce rapport d'enquête, il nous paraît important d'attirer l'attention sur la question <strong>des</strong> coordinations<br />
territoriales. En effet, si <strong>des</strong> collaborations existent parfois entre les deux secteurs, il sera nécessaire dans un<br />
proche avenir de penser à <strong>des</strong> coordinations territoriales plus élaborées ; les centres locaux d’information et de<br />
coordination (CLIC) en cours d’expérimentation dans le secteur <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> âgées, et les réseaux de<br />
gérontologie, ne pourraient-ils pas constituer <strong>des</strong> réponses pertinentes à la question <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> de<br />
plus de 60 ans ? Si oui, à quelles conditions ? Cette coordination ne pourrait-elle pas participer au dépassement<br />
<strong>des</strong> clivages entre les deux secteurs, et permettre une territorialisation <strong>des</strong> réponses (réponses de proximité)<br />
corollaire au principe de libre choix ?<br />
10<br />
La loi portant réforme de l’action sociale et médico-sociale, adoptée en première lecture par l’Assemblée Nationale, indique clairement l’absence<br />
de limite d’âge pour l’accueil <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> en établissement.
Apports Apports de de l'enquête l'enquête et et perspectives<br />
perspectives<br />
Les résultats de l'enquête, présentés dans ce rapport, nous livrent quelques informations sur les pratiques <strong>des</strong><br />
secteurs de la gérontologie et du handicap face à la question <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> de plus de 60 ans. Bien<br />
que ces informations ne soient pas généralisables à l'ensemble <strong>des</strong> établissements et services de la Bourgogne au<br />
vu de la faible représentativité de certains d'entre eux, (par exemple les structures de maintien à domicile du<br />
secteur de la gérontologie), nous pouvons en tirer quelques enseignements et repérer <strong>des</strong> orientations générales.<br />
Bien que mo<strong>des</strong>tes quantitativement, <strong>des</strong> collaborations existent effectivement entre les deux secteurs. Par<br />
exemple, nous l'avons vu pour les plus de 60 ans reconnus handicapés par la COTOREP avant cet âge, un tiers<br />
<strong>des</strong> établissements de gérontologie concernés par l'accueil de ce public signale <strong>des</strong> contacts avec le secteur du<br />
handicap ; ces contacts sont du reste confirmés par l'enquête auprès <strong>des</strong> structures pour <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>.<br />
Ces relations sont certes parfois épisodiques et limitées à la période d'accueil, mais elles peuvent être également<br />
plus élaborées comme nous l'avons vu (conventions, expérimentation d'accueils conjoints,…).<br />
Ces relations entre les établissements et services <strong>des</strong> deux secteurs semblent être l'amorce d'autres collaborations<br />
dans l'avenir, si l'on en croit les apports de l'enquête relatifs aux projets. Même si les actions envisagées dans<br />
l’avenir sont rares du côté <strong>des</strong> structures pour <strong>personnes</strong> âgées, elles peuvent être interprétées comme un début<br />
de prise de conscience de la problématique particulière <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> âgées, ainsi qu'une ouverture à<br />
la réflexion pour l'élaboration de réponses adaptées. En revanche, du côté du secteur du handicap, les projets de<br />
collaboration avec le secteur de la gérontologie sont nettement plus nombreux et témoignent d'une évolution <strong>des</strong><br />
positions.<br />
En effet, ces actions en cours et ces projets constituent, à n'en pas douter, un dépassement <strong>des</strong> positions parfois<br />
défensives du début <strong>des</strong> années 90 où le maintien dans l'établissement d'origine était perçu comme la seule<br />
solution défendable. La collaboration a sans doute été rendue envisageable à partir du moment où l'on s'est<br />
attaché, dans le secteur du handicap, à un certain nombre de principes qui sont apparus à plusieurs reprises dans<br />
l'enquête, à savoir : le libre choix de l'usager (sa demande, ses besoins), l'individualisation <strong>des</strong> réponses et la<br />
diversification de l'offre en matière de prestations ; ces prestations étant alors constituées d'établissements et de<br />
services <strong>des</strong> deux secteurs : ce référentiel, composé de ces principes essentiels, devant orienter l'ensemble <strong>des</strong><br />
réponses apportées à la question <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> de plus de 60 ans.<br />
Cela dit, au-delà de ces constats relativement optimistes, quelques interrogations subsistent. On a observé, en<br />
exploitant les résultats de l’enquête, qu’un pourcentage significatif <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> de plus de 60 ans<br />
originaires <strong>des</strong> établissements pour adultes handicapés étaient « orientées », plus ou moins tôt, en établissements<br />
du secteur gérontologique (Maison de retraite le plus souvent). La question essentielle qui se pose alors est de<br />
savoir s'il s'agit du choix <strong>des</strong> intéressés ou bien si l'on a affaire à une orientation par défaut, "faute de mieux"<br />
localement. Ce libre choix de l'usager (ou du moins la prise en compte de ses besoins s'il n'est pas en capacité de<br />
formuler un choix) implique en effet que les structures pour <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> puissent administrativement<br />
maintenir leurs usagers au-delà de 60 ans 10 . Selon les résultats de l'enquête, il semble que de nombreuses<br />
orientations vers le secteur de la gérontologie aient été réalisées à la demande <strong>des</strong> usagers. De nombreux<br />
paramètres pouvant cependant influer sur ce « libre choix », la question reste toutefois posée.<br />
Pour conclure ce rapport d'enquête, il nous paraît important d'attirer l'attention sur la question <strong>des</strong> coordinations<br />
territoriales. En effet, si <strong>des</strong> collaborations existent parfois entre les deux secteurs, il sera nécessaire dans un<br />
proche avenir de penser à <strong>des</strong> coordinations territoriales plus élaborées ; les centres locaux d’information et de<br />
coordination (CLIC) en cours d’expérimentation dans le secteur <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> âgées, et les réseaux de<br />
gérontologie, ne pourraient-ils pas constituer <strong>des</strong> réponses pertinentes à la question <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> de<br />
plus de 60 ans ? Si oui, à quelles conditions ? Cette coordination ne pourrait-elle pas participer au dépassement<br />
<strong>des</strong> clivages entre les deux secteurs, et permettre une territorialisation <strong>des</strong> réponses (réponses de proximité)<br />
corollaire au principe de libre choix ?<br />
10<br />
La loi portant réforme de l’action sociale et médico-sociale, adoptée en première lecture par l’Assemblée Nationale, indique clairement l’absence<br />
de limite d’âge pour l’accueil <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> en établissement.
Une longévité accrue pour les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes : un nouveau défi<br />
pour leur prise en charge<br />
CM/Rec(2009)6 du Comité <strong>des</strong> ministres aux États membres. Recommandation sur le vieillissement<br />
et le handicap au 21e siècle : cadres durables permettant une meilleure qualité de vie dans une société inclusive
Les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes :<br />
espérances de vie et de santé ; qualité de vie<br />
Une revue de la littérature<br />
Bernard Azéma et Nathalie Martinez*<br />
Les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> connaissent aujourd’hui, comme le reste de la<br />
population, une augmentation spectaculaire de leur espérance de vie. Cette<br />
nouvelle longévité leur fait désormais traverser, en grand nombre, <strong>des</strong> âges<br />
que peu atteignaient auparavant ; elle contribue à renouveler totalement la<br />
question <strong>des</strong> situations de handicap en matière de dispositifs de prises en<br />
charge, de représentations collectives, de politiques sanitaires et sociales et<br />
de citoyenneté. Les conséquences de cette nouvelle longévité sont aussi de<br />
nature économique car le vieillissement de la population génère <strong>des</strong> dépenses<br />
de santé et d’accompagnement social croissantes. Si la prise de conscience de<br />
l’urgence de la problématique du vieillissement s’est diffusée peu à peu,<br />
force est de constater une grande impréparation <strong>des</strong> différents dispositifs.<br />
Encadré 1 : Une proposition de définition<br />
« Une personne handicapée vieillissante est une personne qui a entamé ou<br />
connu sa situation de handicap (quelle qu’en soit la nature ou la cause) avant<br />
que de connaître les effets d’un vieillissement. La situation de handicap a<br />
donc précédé le vieillissement. »<br />
Notre analyse porte ainsi sur <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> qui étaient déjà en situation de<br />
handicap par suite de multiples causes (génétiques, traumatiques, maladies,<br />
etc.) ou par déficiences et incapacités (motrices, sensorielles, intellectuelles...)<br />
avant même d’entamer un processus de vieillissement.<br />
Cet article fait la synthèse d’une revue de la littérature internationale réalisée<br />
à la demande de la DREES 1 . Après avoir évoqué l’émergence historique de<br />
la question du vieillissement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>, seront abordés dans<br />
une première partie les problèmes méthodologiques et les données disponibles<br />
sur les espérances de vie pour quelques types de situations de handicap.<br />
Une seconde partie s’attachera à décrire les aspects sanitaires de cette nouvelle<br />
longévité (besoins émergents et recours aux ressources de santé). Enfin,<br />
* Bernard Azéma : médecin psychiatre et géographe de la santé, conseiller technique au<br />
CREAI Languedoc-Roussillon.<br />
Nathalie Martinez : docteur en psychologie sociale, conseiller technique au CREAI Languedoc-Roussillon.<br />
1 Azéma B. et Martinez N., (2003), Les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes : espérances de<br />
vie, projections démographiques et aspects qualitatifs, Rapport d’étude pour la DREES,<br />
Ministère <strong>des</strong> Affaires sociales du Travail et de la Solidarité – Ministère de la Santé de la<br />
Famille et <strong>des</strong> Personnes <strong>handicapées</strong>. CREAI Languedoc-Roussillon, Montpellier, 317 p.<br />
297
298<br />
RFAS N o 2-2005<br />
une dernière partie s’attachera à décrire les conséquences psychologiques et<br />
sociales de ces gains d’espérance de vie pour les <strong>personnes</strong> et les entourages.<br />
■ Une problématique émergente ?<br />
La prise de conscience de cette nouvelle longévité<br />
en France<br />
Il faut attribuer à René Lenoir la première prise de conscience de la nouvelle<br />
longévité <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>, lui qui, dès 1976, indiquait de<br />
manière prémonitoire : « Les débiles profonds mouraient presque tous à<br />
l’adolescence. Ils atteignent maintenant l’âge mûr et nous aurons dans dix<br />
ou quinze ans, de grands handicapés du troisième âge ».<br />
Les colloques organisés par les CREAI en Rhône-Alpes (1986), et à La<br />
Baule (1988) constituent les premiers actes de cette prise de conscience collective.<br />
Dans la même année 1988, Claudel publie une étude très documentée<br />
sur l’évolution de la mortalité <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> mentales<br />
en Alsace et le CREAI Languedoc-Roussillon donne la parole à <strong>des</strong> <strong>personnes</strong><br />
<strong>handicapées</strong> vieillissantes. Le début <strong>des</strong> années quatre-vingt-dix<br />
marque un point de convergence avec la parution de deux ouvrages de synthèse<br />
de Zribi et Sarfaty (1990) et de Breitenbach et Roussel (1990) Depuis<br />
lors, les travaux se sont multipliés à différentes échelles territoriales et sur<br />
de nombreuses thématiques essentiellement sociales. Parmi les plus<br />
récents, citons le Conseil national consultatif <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong><br />
qui a consacré deux colloques à ce thème ; le rapport Cayet (1998) pour le<br />
Conseil économique et social et l’avis du Haut Conseil de la population et<br />
de la famille (2002) qui posent tous deux clairement sur la scène publique<br />
les contours de cette problématique. Enfin, l’enquête Handicaps Incapacités<br />
Dépendances (HID) a permis de mieux cerner <strong>des</strong> typologies de problématique<br />
de besoins et <strong>des</strong> volumes de population concernée (Michaudon,<br />
2002 ; Mormiche, 1999, 2001, 2003 ; Mormiche et Sanchez, 2000).<br />
Nous ne disposons, en France, sur les espérances de vie et de santé que de<br />
données fragmentaires, dispersées, de valeur scientifique inégale. Les problématiques<br />
du vieillissement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> sont portées par<br />
quelques pionniers : Nancy Breitenbach, Philippe Gabbaï, Jacques Rio,<br />
Michel Claudel, Philippe Pitaud. Dans ce contexte, les étu<strong>des</strong> et enquêtes <strong>des</strong><br />
acteurs institutionnels sont à créditer pour la plupart aux différents CREAI.<br />
La situation européenne<br />
Les Pays-Bas, la Grande-Bretagne, l’Irlande, la Belgique, le Luxembourg,<br />
la Suisse, la Suède et la Finlande se sont énormément mobilisés au plan<br />
humain et scientifique sur le sujet. L’Espagne, l’Italie, la Grèce ont connu<br />
<strong>des</strong> trajectoires différentes dans l’approche <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> :
institutionnalisation massive et peu technique de la Grèce, forte prégnance<br />
du modèle de la désinstitutionalisation en Italie, modèle original construit<br />
par l’Espagne après le retard <strong>des</strong> années de plomb du franquisme. L’Allemagne<br />
et l’Autriche se trouvent dans une situation singulière, puisque ces<br />
pays ont découvert de manière très décalée ce phénomène pour une tragique<br />
raison historique : la politique nazie d’extermination systématique<br />
<strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> a abouti à faire disparaître la plus grande part<br />
<strong>des</strong> cohortes de <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> nées avant guerre.<br />
Le Conseil de l’Europe a proposé (à l’initiative du Comité pour la réadaptation<br />
et l’intégration <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>) un cadre commun pour<br />
l’analyse qualitative et quantitative <strong>des</strong> données sur le vieillissement <strong>des</strong><br />
<strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>. Ces recommandations ont eu peu d’impact sur les<br />
travaux communautaires ultérieurs. Dans la suite <strong>des</strong> travaux du programme<br />
ECHI (European Community Health Indicator project) financé<br />
par la Communauté européenne, le groupe POMONA, a eu pour mission de<br />
proposer pour les <strong>personnes</strong> adultes porteuses d’une déficience intellectuelle,<br />
un « jeu » d’indicateurs de santé à recommander aux États membres<br />
(Walsh et al., 2003). Ce groupe a retenu comme l’un de ces indicateurs,<br />
l’espérance de vie <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>. Le groupe POMONA est<br />
composé, pour partie, de plusieurs membres du réseau européen ENIDA<br />
(European Network on Intellectual Disability and Aging) constitué dans le<br />
champ du vieillissement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> mentales en Europe.<br />
ENIDA et POMONA s’intègrent dans le réseau mondial de chercheurs de<br />
IASSID (International Association for the Scientific Study of Intellectual<br />
Disabilities). Au niveau européen ou dans le monde anglo-saxon, les travaux<br />
sont grandement facilités par la présence de nombreuses équipes<br />
dévolues à la recherche (fondamentale et appliquée) dans le champ du handicap,<br />
les Disability Studies.<br />
Hors d’Europe<br />
Les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes : espérances de vie et de santé ; qualité de vie<br />
Une revue de la littérature<br />
Les pays extra-européens fortement engagés sont les États-Unis, le Canada,<br />
l’Australie, Israël et, dans une moindre mesure, quelques rares pays asiatiques.<br />
Les États-Unis ont impulsé, dès les années soixante, un vaste mouvement<br />
de désinstitutionnalisation et de « normalisation » en faveur <strong>des</strong><br />
<strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>. Ce mouvement, porté par les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>,<br />
les lobbies associatifs et les hommes politiques (dont la famille Kennedy),<br />
a fait prendre conscience très tôt de la question du vieillissement <strong>des</strong><br />
<strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>. L’État de New York, apparaît leader sur le sujet. Il<br />
a intégré dans son plan gérontologique « Project 2015. The future of aging<br />
in NY state » une thématique spécifique sur le sujet. Un effort global et collectif<br />
a abouti à une avance significative de la recherche fondamentale et<br />
appliquée dans le champ du vieillissement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>.<br />
Sous l’impulsion d’experts comme Matthew Janicki ou Tamar Heller, les<br />
États-Unis se trouvent ainsi à la pointe de la recherche et de la réflexion sur<br />
les protocoles et mo<strong>des</strong> de prises en charge ajustés à cette population.<br />
299
300<br />
RFAS N o 2-2005<br />
Enfin, l’Organisation mondiale de la santé s’est saisie de la question du<br />
vieillissement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> et a commandé au réseau mondial<br />
IASSID plusieurs rapports sur le vieillissement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong><br />
par suite de déficience intellectuelle. IASSID rassemble un millier de<br />
chercheurs et praticiens dans le champ de la déficience intellectuelle. Son<br />
congrès mondial s’est tenu en juin 2004 en France. Un groupe spécifique<br />
sur le vieillissement (SIRG-AID : Special Interet Research Group on Aging<br />
In Disability) produit régulièrement <strong>des</strong> étu<strong>des</strong> et recommandations de bonnes<br />
pratiques.<br />
Encadré 2 : Méthodologie de l’étude<br />
• Recherche documentaire : littérature scientifique et littérature « grise »<br />
Les ressources documentaires et les publications d’organismes internationaux,<br />
nationaux, régionaux ou locaux ont été recueillies : OMS, ONU, Conseil<br />
de l’Europe, IASSID (Association internationale pour l’étude scientifique<br />
de la déficience intellectuelle), conseils économiques et sociaux (national et<br />
régional), DRASS, CREAI, ORS, CNRPA, différents CODERPA, conseils<br />
généraux, associations de <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>, organismes d’assurance<br />
et mutuelles, etc.<br />
L’exploration sur site <strong>des</strong> services documentaires de grands organismes<br />
spécialisés ou généralistes francophones a été conduite auprès du service<br />
documentation du ministère, du CTNERHI, de la Fondation nationale de<br />
gérontologie, du CEDIAS-Musée du social, de la Fondation de France, du<br />
CREDES, de l’APF, de l’UNAPEI, de la MSA...<br />
Les travaux publiés ont été repérés par une recherche classique à l’aide de<br />
moteurs de recherche spécialisés (Medline ©, Psycinfo ©, Aleph, Banque de<br />
données en santé publique, INIST...) ainsi que de moteurs de recherche sur<br />
internet (Google TM , Copernic TM ).<br />
• Recherche d’experts nationaux et internationaux<br />
Un repérage <strong>des</strong> experts internationaux sur la question a pu être conduit et<br />
validé à partir du croisement <strong>des</strong> données publiées.<br />
• Contacts et entretiens avec les <strong>personnes</strong> ressources<br />
Cette étude a été enrichie par les entretiens menés avec les experts nationaux<br />
et internationaux essentiellement européens : chercheurs, universitaires,<br />
praticiens, cadres associatifs...<br />
■ La nouvelle longévité de l’humanité<br />
Transitions épidémiologique, démographique<br />
et <strong>des</strong> incapacités dans les pays développés<br />
La hausse croissante de l’espérance de vie telle qu’elle est observée dans les<br />
pays développés a accompagné la « transition démographique » décrite par<br />
Omran (1971) qui fait suite, elle-même, à la transition épidémiologique qui a<br />
modifié radicalement les principales causes de décès. Dans ce processus, les
Les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes : espérances de vie et de santé ; qualité de vie<br />
Une revue de la littérature<br />
pays ont vu baisser de manière considérable leur mortalité puis secondairement<br />
leur natalité. Ceci a abouti à un remodelage complet de la « pyramide »<br />
<strong>des</strong> âges. Cette baisse de la mortalité épargne de manière sélective les individus<br />
situés aux âges extrêmes de la vie en épargnant « plus de jeunes que de<br />
vieux ». Dans ce scénario, il se produit à long terme une augmentation relative<br />
de la proportion de <strong>personnes</strong> de moins de 20 ans et de plus de 75 ans. Or<br />
les facteurs de déficiences au long cours se manifestent en grande partie aux<br />
premiers âges de la vie : anomalies génétiques, atteintes fœtales, maladies<br />
infantiles, malformations viscérales à fort potentiel létal ou invalidant. Dès<br />
lors, tout gain de survie dans les premiers âges génère <strong>des</strong> gains d’espérance<br />
de vie aux premiers âges et au-delà. Les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> ont donc<br />
bénéficié largement de ces gains de la population générale.<br />
Encadré 3 : Évolution démographique : trois théories classiques<br />
• La théorie de la « compression de la morbidité » (Fries, 1980 ; Fries et<br />
al., 1989) postule que l’amélioration du niveau de vie et de la prévention<br />
retardera l’entrée en incapacité. La courbe de survie sans incapacité se rapproche<br />
de la courbe de survie. La vision de Fries est qualifiée d’optimiste par<br />
Grémy et Cambois (2000).<br />
• La théorie de « la pandémie <strong>des</strong> troubles mentaux, <strong>des</strong> maladies chroniques<br />
et <strong>des</strong> incapacités » : Gruenberg (1977) et Kramer (1980) postulent<br />
que la chute de la mortalité est due à une baisse de la létalité <strong>des</strong> maladies<br />
chroniques et non à la diminution de leur incidence. Les progrès de la médecine<br />
vont plus vite que ceux de la prévention primaire. Ils allongent la vie plus<br />
qu’ils n’améliorent la qualité de cette vie. La courbe de survie est déplacée<br />
vers la droite sans changement de la courbe de survie sans incapacité. Le<br />
nombre de <strong>personnes</strong> vivantes en incapacité s’accroît.<br />
• La théorie d’« équilibre dynamique » (Manton, 1982 ; Manton et al.,<br />
1996) suppose que l’espérance de vie s’accroît, les prévalences <strong>des</strong> maladies<br />
chroniques restent élevées en raison du vieillissement, mais la sévérité<br />
<strong>des</strong> incapacités est moindre. Les courbes se déplacent de concert.<br />
Il est maintenant prouvé que l’accroissement de l’espérance de vie<br />
s’accompagne de manière parallèle d’une croissance de l’espérance de vie<br />
en bonne santé (Mormiche, 1997). La crainte de l’expansion de la morbidité<br />
ou de la pandémie <strong>des</strong> incapacités semble s’éloigner. En France, les<br />
années de vie gagnées sont <strong>des</strong> années de vie en bonne santé. Ce qui fait dire<br />
à Mormiche (2002) que nous allons vers « <strong>des</strong> vieux... plus jeunes<br />
aujourd’hui qu’hier, et moins que demain. »<br />
Espérances de vie et courbes de survie chez les<br />
<strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> : problèmes méthodologiques<br />
Si l’on excepte les approches tangentielles redevables à l’étude HID, peu de<br />
publications ont pu être recueillies dans la communauté scientifique française.<br />
301
302<br />
RFAS N o 2-2005<br />
Il faut se référer aux travaux très élaborés conduits auprès de blessés médullaires<br />
par le groupe Tetrafigap (Ravaud et al., 2002 ; Lhéritier, 2002) pour trouver<br />
<strong>des</strong> éléments méthodologiques sur les calculs d’espérance de vie. L’approche<br />
clinique de Gabbaï à la Fondation John Bost et enfin les travaux conduits par<br />
Claudel (1988) en Alsace illustrent <strong>des</strong> contributions d’acteurs de terrain avec<br />
<strong>des</strong> outils inspirés de l’épidémiologie ou de la démographie.<br />
Encadré 4 : Deux types d’étu<strong>des</strong> de longévité de <strong>personnes</strong><br />
<strong>handicapées</strong><br />
• Les calculs de risques basés sur les « <strong>personnes</strong>-années »<br />
(person-years)<br />
Cette méthodologie permet d’analyser la durée d’exposition d’un groupe<br />
donné par rapport aux risques du handicap considéré. C’est l’une <strong>des</strong> métho<strong>des</strong><br />
les plus fréquemment rencontrées dans la littérature (Strauss et al.,<br />
2000). Elle permet de contourner en partie les questions statistiques d’effectifs<br />
dans les populations à observer de <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>.<br />
• Tables de mortalité et espérance de vie de <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong><br />
Maaskant et al. (1995) fournissent une bonne illustration de la faisabilité <strong>des</strong><br />
calculs d’espérance de vie et de tables de mortalité comparatives entre<br />
population générale et population de <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>. L’effectif étudié<br />
concerne l’ensemble <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> institutionnalisées présentant une<br />
déficience intellectuelle aux Pays-Bas. Les calculs sont effectués en isolant<br />
les <strong>personnes</strong> trisomiques 21 pour repérer les écarts d’espérance de vie<br />
entre les deux sous-groupes. Leurs principaux résultats décrivent l’augmentation<br />
de la probabilité de décès prématuré <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> déficientes intellectuelles<br />
(avec ou sans trisomie 21) par rapport à la population générale.<br />
L’écart d’espérance de vie à la naissance est de trente ans (46,2 ans contre<br />
76 ans) avec <strong>des</strong> différences particulièrement nettes dans les jeunes âges<br />
(0-4 ans) et dans les âges plus avancés (50 à 75 ans). Les écarts d’espérance<br />
de vie se réduisent avec l’avancée en âge.<br />
Les calculs d’espérance de vie chez les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> posent <strong>des</strong><br />
problèmes statistiques inhérents aux petits nombres : les effectifs étudiés de<br />
« population à risque » sont généralement faibles. Les échelles d’étude sont<br />
nécessairement vastes (nationales ou plurirégionales) pour répondre à <strong>des</strong><br />
critères de validité statistique. Mais les étu<strong>des</strong> de ces très gran<strong>des</strong> cohortes ne<br />
sont rendues possibles que par l’existence de bases de données exhaustives<br />
issues de registres de handicaps comparables en terme de représentativité aux<br />
registres <strong>des</strong> décès. Les Pays-Bas, le Danemark, la Finlande, l’État de Californie<br />
par exemple possèdent de tels registres de recours aux soins, de<br />
consommations de ressources par diagnostics, analogues au PMSI 1 .en<br />
France. Ces registres peuvent être « chaînés » aux autres grâce à un identifiant<br />
unique. Une telle possibilité rend réalisable <strong>des</strong> étu<strong>des</strong> inenvisageables<br />
1 PMSI : programme de médicalisation du système d’information.
Les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes : espérances de vie et de santé ; qualité de vie<br />
Une revue de la littérature<br />
en France à une telle échelle. C’est dans les pays de culture anglo-saxonne<br />
(Royaume-Uni, Australie, États-Unis, Canada anglophone) ou européens du<br />
Nord (Pays-Bas, Danemark, pays scandinaves) qu’ont été publiés la plupart<br />
<strong>des</strong> travaux concernant les calculs de mortalité et d’espérance de vie <strong>des</strong> <strong>personnes</strong><br />
<strong>handicapées</strong>. Notre recherche a permis de recenser <strong>des</strong> travaux bien<br />
documentés sur les calculs d’espérances de vie, sur la production de tables de<br />
mortalité ou de probabilités de décès, ainsi que sur les morbidités associées<br />
au vieillissement pour la plupart <strong>des</strong> types de déficiences.<br />
Longévité et espérances de vie <strong>des</strong> <strong>personnes</strong><br />
<strong>handicapées</strong> : les données disponibles<br />
Encadré 5 : Quelques définitions utiles<br />
Longévité : au sens commun, longévité est synonyme de durée de vie. Plus<br />
techniquement, on utilise ce mot pour désigner la durée maximale de vie<br />
propre à une espèce ; on précise alors parfois « longévité limite » ou encore<br />
« durée limite de la vie ». Cette durée théorique est inconnue. On ne connaît<br />
réellement que l’âge maximal au décès (Vallin et Meslé 2001).<br />
Durée de vie médiane : l’âge auquel la moitié d’une cohorte initiale est<br />
décédée (ou en vie).<br />
Espérance de vie à la naissance : nombre moyen d’années que pourrait<br />
vivre une génération qui subirait tout au long de sa vie les risques de décès<br />
par âge d’une table de mortalité. Cette table de mortalité peut correspondre<br />
soit aux conditions sanitaires du moment (exemple : table d’une année civile<br />
construite avec les risques de décès observés au cours de l’année), soit aux<br />
conditions de vie d’une génération réelle (table de génération, construite sur<br />
la base <strong>des</strong> risques encourus à chaque âge par une génération d’individus<br />
suivie de sa naissance à sa disparition complète) (ibid).<br />
Espérance de vie à un âge x quelconque : nombre moyen d’années restant<br />
à vivre pour un ensemble d’individus ayant déjà atteint l’âge x. Comme<br />
précédemment il peut s’agir d’une mesure du moment ou d’une mesure de<br />
génération. Bien entendu, la durée moyenne totale de vie de cet ensemble<br />
d’individus est égale à l’âge x déjà atteint augmenté de l’espérance de vie à<br />
l’âge x (ibid).<br />
Probabilité de décès ou quotient de décès (démographie) : « S’obtient en<br />
reportant le nombre de décès observés au cours d’une période donnée à<br />
l’effectif de la population en vie au début de la période. Il s’agit d’une proportion.<br />
» (Jougla, 1997).<br />
Taux de décès : « Rapport de l’effectif de décès observés durant l’année à la<br />
population à risque durant la même période, mesuré en <strong>personnes</strong>-années.<br />
Un taux de décès s’apparente à une vitesse (nombre de décès observés par<br />
unité de temps) » (Jougla, 1997).<br />
Indice comparatif de mortalité (Standardized Mortality Ratio : SMR) :<br />
« Rapport multiplié par 10 2 d’un nombre observé de décès à un nombre<br />
attendu. Le nombre de décès attendu est obtenu sur la base de la structure<br />
de mortalité d’une population de référence (mortalité type) » (Jougla, 1997).<br />
303
304<br />
RFAS N o 2-2005<br />
Les déficiences intellectuelles : le rôle décisif du niveau<br />
intellectuel<br />
Des gains considérables et continus<br />
Dans tous les pays développés, les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> connaissent<br />
depuis plusieurs décennies un gain sensible de leurs espérances de vie. Les<br />
courbes de survie <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> <strong>des</strong>sinent en effet <strong>des</strong> profils<br />
de mortalité tendant à se rapprocher progressivement <strong>des</strong> courbes d’espérance<br />
de vie de la population générale. Les courbes de survie ont tendance à<br />
se « rectangulariser », avec certes un écart, un décalage, mais la tendance<br />
reste nette. Comme en population générale, les filles ont, globalement, une<br />
meilleure espérance de vie que les garçons à l’exception notable <strong>des</strong> <strong>personnes</strong><br />
porteuses d’une trisomie 21.<br />
L’étude longitudinale, initiée par Patja et al. (2000) auprès de 2 366 déficients<br />
intellectuels finlandais, constitue une <strong>des</strong> plus importantes étu<strong>des</strong> de<br />
cohorte en population générale jamais réalisée. Les résultats indiquent que<br />
leur espérance de vie est proche de celle de la population générale avec <strong>des</strong><br />
données surprenantes chez les adolescents déficients intellectuels légers et<br />
moyens qui présentent une meilleure espérance de vie entre 11 et 20 ans que<br />
les autres jeunes finlandais du même âge. Cet écart s’expliquerait par une<br />
moindre exposition aux risques de mortalité par suici<strong>des</strong>, addictions, alcoolisme,<br />
accidents domestiques, accidents de loisirs et de la route.<br />
Le quotient intellectuel : un facteur prédictif de la longévité<br />
Le QI constitue un facteur prédictif d’espérance de vie comme l’indique,<br />
parmi beaucoup d’autres, l’étude longitudinale écossaise, Scottish Mental<br />
Survey (Whalley et Deary, 2001). Cette étude a observé de manière rétrospective<br />
la mortalité sur 76 ans d’une cohorte en population générale <strong>des</strong><br />
87 498 enfants écossais nés en 1921. Dans ce travail, la totalité <strong>des</strong> enfants a<br />
été soumise en juin 1932 à <strong>des</strong> tests de niveau intellectuel. Cette enquête<br />
portant sur les tests d’intelligence en population générale permet de disposer<br />
de la trace prédictive sur la mortalité du faible niveau d’efficience intellectuelle<br />
(testé à l’âge de 11 ans) à une très vaste échelle. Les mortalités <strong>des</strong><br />
plus hauts et <strong>des</strong> plus bas niveaux intellectuels sont comparées a posteriori<br />
avec un recul de 76 ans (1921-1997). Les principaux résultats montrent<br />
cette influence du QI sur la survie (influence pondérée chez les hommes<br />
écossais par les effets de la Seconde Guerre mondiale qui a décimé les hommes<br />
à haut QI).<br />
Une mortalité différentielle<br />
En Australie, Bittles et al. (2002) ont calculé l’espérance de vie de 8 724 déficients<br />
intellectuels. La base de données du service centralisé pour les <strong>personnes</strong><br />
<strong>handicapées</strong> permet de produire depuis 1953 une série continue de<br />
recueils standardisés portant sur le diagnostic clinique, les anomalies génétiques,<br />
le niveau de déficience mentale, l’origine ethnique. La probabilité de
Les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes : espérances de vie et de santé ; qualité de vie<br />
Une revue de la littérature<br />
survie pour les hommes déficients intellectuels est de 66,7 ans et de 71,5 ans<br />
pour les femmes. Cette espérance de vie est très significativement corrélée au<br />
niveau intellectuel, elle est respectivement de 74, de 67,6 et de 58,6 années<br />
pour les niveaux de déficience intellectuelle légère, modérée et sévère.<br />
Le facteur génétique : la situation singulière <strong>des</strong> <strong>personnes</strong><br />
trisomiques 21<br />
À l’intérieur <strong>des</strong> déficiences intellectuelles, <strong>des</strong> sous-groupes de population<br />
présentent <strong>des</strong> risques différenciés. C’est le cas notamment <strong>des</strong> anomalies<br />
génétiques, telles la trisomie 21, dont l’incidence est élevée et la prévalence<br />
forte. Ces <strong>personnes</strong> présentent une situation contrastée avec <strong>des</strong> gains élevés<br />
d’espérance de vie et <strong>des</strong> longévités qui restent moindres par rapport<br />
aux autres causes de déficiences intellectuelles. L’explication est multifactorielle<br />
: pathologies cardiaques, tendance à développer <strong>des</strong> problématiques<br />
psychiatriques surajoutées en particulier apparition de démences précoces<br />
mais aussi style de vie, obésité, inactivité, ostéoporose, désordres thyroïdiens<br />
et endocriniens, troubles sensoriels (Bittles et al., 2002).<br />
Des gains de longévité considérables au cours du dernier siècle<br />
En 1929, l’espérance de vie d’une personne trisomique à la naissance<br />
n’était que de neuf ans, elle passe en 1990 à 55 ans, aujourd’hui on peut estimer<br />
que 70 % <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> trisomiques 21 vivront au-delà de 50 ans (Carter<br />
et Jancar, 1983). Glasson et al. (2002), dans leur synthèse de l’évolution<br />
au fil <strong>des</strong> décennies de la longévité <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> trisomiques 21, ont<br />
démontré l’amélioration continue de leur survie tant dans la première année<br />
de vie que plus tardivement. Le bond est proprement considérable puisque<br />
passant en cinquante ans de 69 % de survivants la première année de vie à<br />
94 % et surtout doublant quasiment à l’âge de 10 ans, passant de 46 à 85 %<br />
de survivants.<br />
En Amérique du Nord, une étude du Center for Disease Control and Prevention<br />
de Yang et al. (2002) a analysé les décès aux États-Unis et au<br />
Canada entre 1983 et 1997 de 17 897 <strong>personnes</strong> trisomiques. Ces décès ont<br />
été comparés aux décès observés dans la population générale de référence à<br />
la même période. Des calculs « d’indice comparatif de mortalité » (Standardised<br />
Mortality Odds Ratio/SMOR) ont été établis. Les résultats montrent<br />
que l’âge médian au décès a progressé en moyenne dans cette étude de<br />
1,7 année tous les ans passant de 25 ans en 1985 à 49 ans en 1997. Au cours<br />
de la même période, l’âge médian au décès passait en population générale<br />
de 73 à 76 ans. Le risque de mortalité prématurée diminue avec le temps<br />
pour rejoindre celui de la population générale à 40 ans. Yang et al. interprètent<br />
cette hausse de l’espérance de vie et de l’âge moyen du décès par un<br />
meilleur accès aux soins, à la chirurgie <strong>des</strong> malformations cardiaques, à la<br />
désinstitutionnalisation et à l’arrêt <strong>des</strong> placements précoces. Les statuts<br />
sociaux <strong>des</strong> parents, leur éducation, l’intégration sociale sont également<br />
avancés comme <strong>des</strong> déterminants de santé majeurs.<br />
305
306<br />
RFAS N o 2-2005<br />
Des causes spécifiques de surmortalité : le poids massif<br />
<strong>des</strong> malformations cardiaques<br />
Au Canada, Baird et Sadovnick (1988) ont calculé les gains d’espérance de<br />
vie réalisés par les <strong>personnes</strong> trisomiques 21 selon qu’elles présentent ou<br />
non <strong>des</strong> malformations cardiaques. Dans leur effectif d’étude, 25 % <strong>des</strong> 703<br />
hommes et 33,2 % <strong>des</strong> 638 femmes sont porteurs d’anomalies congénitales<br />
cardiaques. À 30 ans, <strong>des</strong> différences notables existent entre les deux sousgroupes<br />
puisque 79 % du total de la cohorte sans anomalie cardiaque a survécu<br />
alors que moins de 50 % <strong>des</strong> porteurs d’anomalies cardiaques ont survécu.<br />
Aux Pays-Bas, Maaskant et al. (1995) ont calculé les espérances de<br />
vie aux différents âges en comparaison de la population de référence selon<br />
la présence ou l’absence de trisomie 21. Hormis les cinq premières années<br />
qui correspondent à la surmortalité massive <strong>des</strong> grands états d’arriération<br />
avec troubles associés majeurs, les trisomiques 21 présentent une espérance<br />
de vie moindre. Les facteurs en cause dans cette espérance de vie minorée<br />
chez les trisomiques 21 sont liés dans les premiers âges, là encore, aux malformations<br />
cardiaques et aux âges avancés à l’importance <strong>des</strong> problématiques<br />
de type Alzheimer. Dans l’étude nord-américaine déjà citée (Yang et<br />
al., 2002) le risque de surmortalité est élevé pour les malformations cardiaques<br />
congénitales (avec un SMOR de 29,1) Celui de mortalité par démence<br />
est aussi très élevé : 21,2 (la probabilité est la plus forte dans la tranche<br />
d’âge 40-49 ans). Pour la leucémie, ce risque est également multiplié par<br />
trois avant l’âge de 10 ans. Eyman et White (1991), grâce aux données<br />
extraites d’un effectif de 12 543 <strong>personnes</strong> trisomiques vivant en Californie,<br />
dressent une table de mortalité et d’espérance de vie par âges. Ils établissent<br />
une typologie par incapacités de vie quotidienne et niveaux de<br />
déficience intellectuelle afin de rechercher d’éventuels facteurs prédictifs<br />
de mortalité. Les variables explicatives du décès prématuré diffèrent selon<br />
les groupes d’âges. Le facteur causal de surmortalité le plus important reste,<br />
pour ces auteurs, le manque de mobilité et les problèmes d’alimentation<br />
autonome, avant même les anomalies cardiaques congénitales. Ces incapacités<br />
sont à la source de problèmes respiratoires aigus, causes fréquentes de<br />
décès prématurés. Il s’agit là de <strong>personnes</strong> trisomiques 21 lourdement multi<strong>handicapées</strong>.<br />
Le groupe indemne de ces deux types de troubles ou incapacités<br />
a, dans cette série statistique californienne, une espérance de vie de 50<br />
ans. Ainsi un faisceau d’éléments <strong>des</strong>sine le rôle particulièrement délétère<br />
<strong>des</strong> malformations cardiaques. On conçoit mieux dès lors que les avancées<br />
de la chirurgie infantile cardiaque aient pu faire un bond significatif aux<br />
espérances de vie <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> trisomiques 21.<br />
Une anomalie de genre : <strong>des</strong> garçons trisomiques 21<br />
qui ont une meilleure espérance de vie<br />
Analysant la mortalité de <strong>personnes</strong> trisomiques en Australie, Glasson et al.<br />
(2003) ont signalé une anomalie liée au genre dans la survie comparative <strong>des</strong><br />
<strong>personnes</strong> trisomiques. L’âge médian au décès <strong>des</strong> hommes trisomiques est
Les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes : espérances de vie et de santé ; qualité de vie<br />
Une revue de la littérature<br />
de 61,1 ans pour les hommes contre 57,8 ans pour les femmes. L’écart serait<br />
dû à une plus grande fragilité dans les premiers âges de la vie et après 40 ans<br />
en raison d’une plus forte prévalence de malformations cardiaques chez les<br />
filles (38 % <strong>des</strong> garçons et 49 % <strong>des</strong> filles nés entre 1980 et 1996 présenteraient<br />
à <strong>des</strong> degrés divers une anomalie cardiaque). Un facteur tardif pourrait<br />
être les troubles hormonaux et la ménopause précoce qui affectent habituellement<br />
les femmes trisomiques 21 et qui constituent <strong>des</strong> facteurs de risque<br />
connus de surmortalité en population générale (par troubles cardio-vasculaires,<br />
accidents vasculaires cérébraux et cancers hormono-dépendants).<br />
Diversité et unité <strong>des</strong> déficiences motrices<br />
Les atteintes et déficiences motrices s’installent ou se révèlent fréquemment<br />
autour de la naissance (telle l’infirmité motrice d’origine cérébrale,<br />
IMC ou Cerebral Palsy <strong>des</strong> Anglo-Saxons), d’autres sont d’installation<br />
plus tardive (atteintes traumatiques du système nerveux, traumatismes crâniens,<br />
tétraplégie, paraplégie, etc.). Les facteurs qui influent le plus sur<br />
l’espérance de vie <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> présentant une déficience motrice sont<br />
encore une fois l’existence et l’importance d’un déficit cognitif associé<br />
(Blair et al., 2001) mais également la nature, l’étendue et le niveau neurologique<br />
de la lésion, le degré d’autonomies et les situations de dépendances<br />
de vie quotidienne et les fonctions de survie (alimentation, mobilité, possibilité<br />
de transferts autonome d’une position à l’autre).<br />
Les <strong>personnes</strong> porteuses d’une IMC présentent <strong>des</strong> <strong>des</strong>tins très contrastés :<br />
celles n’ayant pas de graves problèmes d’alimentation et de mobilisation<br />
ont une espérance de vie tout à fait proche de la population générale alors<br />
que les <strong>personnes</strong> les plus dépendantes sont très pénalisées dans leur espérance<br />
de vie (Strauss et Shavelle, 1998).<br />
Les atteintes cérébrales accompagnées de déficiences motrices et intellectuelles<br />
très sévères ainsi que d’autres déficiences ou troubles (épilepsie,<br />
déficiences viscérales, déficiences sensorielles...) sont regroupées, en<br />
France, sous l’appellation de polyhandicap (Severe Disability ou Profound<br />
Multiple Disabilities <strong>des</strong> Anglo-Saxons). Elles font partie <strong>des</strong> <strong>personnes</strong><br />
<strong>handicapées</strong> les plus vulnérables. Leur espérance de vie est grandement<br />
affectée du fait de la sommation de déficiences présentées. Deux faits<br />
majeurs méritent d’être soulignés : ces <strong>personnes</strong> sont celles qui ont sans<br />
doute l’espérance de vie la plus altérée à l’instar <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> présentant<br />
<strong>des</strong> graves lésions traumatiques médullaires mais elles font partie de celles<br />
qui ont fortement profité <strong>des</strong> évolutions sociétales. Chaque décennie voit<br />
progresser leur espérance de vie. Il existe <strong>des</strong> effets nets de cohorte qui traduisent<br />
les gains majeurs obtenus au fil <strong>des</strong> années grâce à une meilleure<br />
prise en charge au quotidien et à <strong>des</strong> soins vigilants. Ceci plaide en faveur<br />
de la technicisation <strong>des</strong> équipes et souligne les gains obtenus avec la mise<br />
en place de politiques spécifiques à <strong>des</strong>tination de ces <strong>personnes</strong> particulièrement<br />
vulnérables.<br />
307
308<br />
RFAS N o 2-2005<br />
L’accidentologie est un problème majeur pour les sociétés. Accidents du<br />
travail, de la circulation ou lors d’activités de loisirs produisent chaque<br />
année de nombreux blessés médullaires ou cérébro-lésés. Ces accidents<br />
touchent plus particulièrement <strong>des</strong> populations jeunes. Les progrès en réanimation,<br />
s’ils contribuent à diminuer la mortalité initiale, laissent un<br />
nombre important de blessés dont certains porteurs de séquelles fortement<br />
invalidantes : états végétatifs, tétraplégies, paraplégies, séquelles graves de<br />
traumatismes crâniens... Les blessés médullaires ont bénéficié grandement<br />
<strong>des</strong> progrès de la « chaîne de soins » depuis l’accident initial jusqu’à la<br />
phase de stabilisation <strong>des</strong> troubles, grâce à la protocolisation <strong>des</strong> prises en<br />
charge. Ces dernières ont contribué à améliorer sensiblement non seulement<br />
la durée mais aussi la qualité de vie. La survie dépend fortement du<br />
niveau de la lésion médullaire, de sa complétude, de l’âge de survenue, de<br />
l’existence ou non d’une trachéotomie, de l’acceptation du handicap (existence<br />
d’un état dépressif) Nous disposons en France d’une littérature sur le<br />
sujet, bien documentée (Minaire et al., 1983 ; Ravaud et al., 2000 ; Lhéritier,<br />
2001, 2002 ; Klotz et al., 2002) confirmée par tous les travaux internationaux<br />
(voir par exemple Frankel et al., 1998). On sait que la<br />
problématique <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> traumatisées crâniennes ne se résume pas aux<br />
seuls troubles moteurs. L’importance <strong>des</strong> troubles psychiques et comportementaux<br />
constitue un très lourd fardeau pour la personne et pour l’entourage,<br />
ceci dans un contexte de longue espérance de vie. Dans ce type<br />
d’atteintes, la période initiale est capitale avec une très forte mortalité.<br />
Celle-ci a été considérablement réduite là aussi par les progrès de la réanimation<br />
et du nursing. L’importance de l’atteinte motrice et les dépendances<br />
de vie quotidienne ont un fort impact sur la mortalité prématurée. Pour les<br />
<strong>personnes</strong> à haut niveau de fonctionnement et à bonne récupération<br />
motrice, l’espérance de vie est aujourd’hui peu éloignée de celle de la population<br />
générale, réduite seulement en moyenne de trois à cinq ans.<br />
L’épilepsie : un risque majeur persistant<br />
Comme trouble isolé ou associé à divers types de déficiences ou affections<br />
(déficiences intellectuelles, polyhandicaps, IMC, traumatismes crâniens,<br />
autisme, etc.), l’épilepsie est une cause majeure de mortalité prématurée et<br />
donc de perte de gain de longévité. Elle réduit l’espérance de vie sensiblement<br />
tant pour les <strong>personnes</strong> institutionnalisées que pour celles vivant en<br />
milieu ordinaire. Il faut noter son rôle dans le déclin <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> trisomiques<br />
21 chez qui l’épilepsie accompagne fréquemment le processus de<br />
vieillissement, voire l’entrée dans un processus démentiel. Une méta-analyse<br />
de Shakelton et al. (2002) a comparé les mortalités décrites dans l’épilepsie<br />
durant cent ans dans la littérature. Le risque de mortalité par épilepsie<br />
est multiplié en moyenne par deux à cinq. L’épilepsie est et demeure une<br />
véritable « faucheuse de vie ».
Les <strong>personnes</strong> autistes<br />
Les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes : espérances de vie et de santé ; qualité de vie<br />
Une revue de la littérature<br />
Les troubles envahissants du développement font partie <strong>des</strong> tableaux occasionnant<br />
<strong>des</strong> situations de handicap parmi les plus invalidantes pour la<br />
personne et pour l’entourage. Pour être correctement appréhendés, ils<br />
mobilisent <strong>des</strong> ressources techniques et humaines importantes. Nous<br />
n’avons pu analyser qu’une seule étude publiée en Californie sur l’espérance<br />
de vie <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> autistes. Cette étude est très pertinente<br />
puisqu’elle analyse la mortalité d’une vaste cohorte de 11 347 <strong>personnes</strong><br />
autistes sur une période de seize ans avec la méthode <strong>des</strong> « person-years ».<br />
Les résultats font apparaître une espérance de vie à l’âge de 5 ans réduite de<br />
6,1 années pour les hommes autistes américains (62 ans contre 68,1 ans en<br />
population générale) et de 12,3 années pour les femmes (62,5 contre 74,8<br />
par rapport à la population féminine de référence). Cet important différentiel<br />
de survie selon le sexe n’est plus que de 3,5 pour les hommes et 4,2<br />
années à l’âge de 60 ans. Cet écart entre les femmes et les hommes autistes<br />
pourrait s’expliquer par le poids différent d’anomalies génétiques associées<br />
(fréquemment décrites dans les tableaux d’autisme) et par la gravité <strong>des</strong><br />
tableaux d’autisme présentés.<br />
Les mala<strong>des</strong> mentaux : une surmortalité plutôt que <strong>des</strong> gains<br />
de longévité<br />
Le concept de handicap psychique est aujourd’hui mieux reconnu avec la<br />
prise de conscience du caractère très handicapant de certains troubles mentaux<br />
chroniques qui génèrent au long cours <strong>des</strong> situations de désavantage<br />
social massif. Le statut <strong>des</strong> mala<strong>des</strong> mentaux face à la mortalité évitable<br />
reste toujours très inégalitaire par rapport au reste de la population. Ceci<br />
tient à <strong>des</strong> facteurs de risques spécifiques (tabagisme, mauvaise hygiène de<br />
vie, effets de la prise chronique de médicaments, comorbidité cardiaque <strong>des</strong><br />
troubles mentaux, etc.) ainsi qu’à un moindre accès aux ressources de santé<br />
(sous-estimation <strong>des</strong> problèmes de santé physique et <strong>des</strong> comorbidités).<br />
Nous avons recueilli nombre d’étu<strong>des</strong> épidémiologiques portant sur <strong>des</strong> risques<br />
comparatifs mala<strong>des</strong> mentaux/population générale ou mala<strong>des</strong> mentaux/déficiences<br />
intellectuelles. Si on examine les risques de surmortalité,<br />
en excluant le suicide ou la mortalité violente (accidents, homici<strong>des</strong>, etc.), il<br />
demeure toujours une surmortalité massive. L’ensemble de ces facteurs<br />
aboutit à un risque relatif de mourir de manière prématurée (hors risque suicidaire)<br />
multiplié par deux à trois en moyenne selon les cohortes ou les pays<br />
étudiés. La désinstitutionnalisation entamée dans de nombreux pays n’a pas<br />
entraîné <strong>des</strong> gains sur la mortalité <strong>des</strong> mala<strong>des</strong> mentaux. Loin s’en faut. Il<br />
existe au contraire une littérature documentée en France et à l’étranger sur<br />
les risques accrus encourus par les mala<strong>des</strong> mentaux dans un mode de vie<br />
moins protégé (violences urbaines, négligence corporelle et sanitaire,<br />
retard ou non-accès aux soins et à la prévention).<br />
309
310<br />
RFAS N o 2-2005<br />
Dynamique du vieillissement chez les <strong>personnes</strong><br />
<strong>handicapées</strong><br />
Un vieillissement précoce pour tous ?<br />
Le vieillissement précoce serait ce décalage entre l’âge où apparaîtraient<br />
<strong>des</strong> manifestations de vieillissement et l’âge attendu normalement pour ces<br />
manifestations. Il est difficile de fixer avec précisions de telles bornes tant<br />
les variations individuelles sont importantes. Ce vieillissement prématuré<br />
s’observe cependant dans certaines pathologies génétiques (trisomie 21),<br />
dans certains syndromes d’arriération mentale profonde, dans les affections<br />
surajoutées (sensorielles, organiques) ou encore dans les phénomènes<br />
d’usure articulaire précoce spécifiques aux handicaps moteurs. Rappelons<br />
le cas extrême, gravissime et exceptionnel (cent cas identifiés dans le<br />
monde) du nanisme sénile, syndrome d’Hutchinson-Gilford ou Progeria.<br />
Cette affection marque en quelque sorte les bornes absolues d’un vieillissement<br />
précoce, puisque ces sujets sont vieux avant d’avoir été jeunes ! Les<br />
enfants atteints ont un aspect de vieillard et le décès survient entre 10 et 20<br />
ans. Pour autant, toutes les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> ne sont pas concernées<br />
par un tel vieillissement prématuré.<br />
Un vieillissement différentiel pour chacun<br />
La littérature décrit une « mortalité différentielle » (Moss, 2000), qui est<br />
la tendance <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> les plus vulnérables à mourir à un âge précoce.<br />
À ces espérances de vie différentes font écho également <strong>des</strong> espérances<br />
de vie en santé (bonne ou mauvaise) différentes. De fait, les vieillissements<br />
sont divers et dépendent de causes multifactorielles faisant intervenir<br />
<strong>des</strong> facteurs innés mais aussi extrinsèques : événements de la vie,<br />
mo<strong>des</strong> existentiels, incapacités de départ constitutives du handicap, états<br />
de santé et morbidités associées ou rencontrées dans la trajectoire de vie...<br />
À la multitude d’origines et de caractéristiques du handicap fait donc face<br />
la multitude d’individualités, de <strong>des</strong>tins dans la manière de vieillir. À<br />
l’évidence, il existe un vieillissement différentiel tant au niveau <strong>des</strong> aptitu<strong>des</strong>,<br />
<strong>des</strong> incapacités et déficiences qu’entre les individus. Chez les <strong>personnes</strong><br />
<strong>handicapées</strong> mentales, en particulier, les mo<strong>des</strong> de vie peuvent<br />
contribuer à un vieillissement spécifique et constituer <strong>des</strong> déterminants<br />
majeurs de leur longévité : effets à long terme de la prise de neuroleptiques,<br />
chutes consécutives aux crises épileptiques, mauvaises conditions<br />
de travail en CAT, alimentation mal équilibrée, sédentarité, obésité, isolement<br />
social et affectif, ruptures de cadre affectif et émotionnel. Autant<br />
d’éléments qui alimentent <strong>des</strong> trajectoires toujours singulières dans leur<br />
apparente similitude.
Les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes : espérances de vie et de santé ; qualité de vie<br />
Une revue de la littérature<br />
Dynamique du déclin : de l’incapacité qui s’ajoute<br />
aux incapacités initiales<br />
Face aux processus du vieillissement, la prévention <strong>des</strong> surincapacités est<br />
capitale. Il existe un effet cumulatif <strong>des</strong> troubles dégénératifs liés à l’âge<br />
avec les incapacités préexistantes. Les maladies chroniques invalidantes<br />
survenant lors du processus de vieillissement normal, viennent « ajouter de<br />
l’incapacité à l’incapacité ». Ce sont au premier rang, les maladies cardiovasculaires<br />
(55,2 % <strong>des</strong> plus de 80 ans sont concernés), les atteintes sensorielles<br />
(42,7 % <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> de plus de 80 ans), les atteintes musculosquelettiques<br />
(32,9 %). Les atteintes sensorielles (audition, vision) touchent<br />
plus massivement les <strong>personnes</strong> qui présentent <strong>des</strong> déficiences<br />
sévères ou profon<strong>des</strong>. Il existe là un « effet multiplicateur de l’addition »<br />
<strong>des</strong> déficiences et incapacités.<br />
La situation de handicap expose les <strong>personnes</strong> concernées à une moins<br />
bonne surveillance de leur santé et de leur hygiène de vie. Le déclin <strong>des</strong><br />
capacités et <strong>des</strong> habiletés n’apparaît pas en général brutalement, mais plutôt<br />
progressivement voire insidieusement. La plupart <strong>des</strong> processus de vieillissement<br />
ne se distinguent pas, fondamentalement, du vieillissement habituel<br />
de la population générale. C’est le cas <strong>des</strong> pertes sensorielles. En revanche,<br />
les conséquences sont toutes autres pour <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> qui<br />
voient s’ajouter de nouvelles déficiences ou incapacités à d’autres déficiences<br />
ou incapacités préexistantes. Il existe là un effet d’accélération avec un<br />
risque accru de pertes de contact social, un danger de bascule vers une situation<br />
de surincapacités rapidement irréversible. Ceci doit rendre d’autant<br />
plus vigilant aux questions de suivi de santé à ces âges critiques.<br />
Un vieillissement parallèle à celui de la population générale<br />
Le processus « normal » du vieillissement en population générale s’accompagne<br />
d’une moindre capacité adaptative qui contribue à vulnérabiliser les<br />
<strong>personnes</strong>. On sait les effets délétères <strong>des</strong> changements de cadre de vie sur<br />
les <strong>personnes</strong> âgées. Les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> partagent cette communauté<br />
de <strong>des</strong>tin avec leurs pairs non handicapés. Les courbes comparées<br />
d’espérance de vie (<strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>/population générale) décrivent<br />
<strong>des</strong> trajectoires qui tendent à se rejoindre. En effet, passés les caps dangereux<br />
<strong>des</strong> premières années de vie en situation de handicap, plus le temps<br />
s’écoule, plus les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> ayant survécu ont <strong>des</strong> chances de<br />
vivre longtemps. L’état moyen général <strong>des</strong> survivants d’une cohorte de<br />
naissance va s’améliorant, ou du moins se stabilisant. Comme en population<br />
générale, le gain de longévité <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> se réaliserait<br />
avec une meilleure santé chez les survivants de la cohorte. L’une <strong>des</strong> implications<br />
de ces observations est que les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> qui vieillissent<br />
vont tendre non seulement à se rapprocher, en termes de « régime de<br />
mortalité », de l’allure du régime de mortalité de la population générale<br />
mais aussi à vivre longtemps si aucun élément intercurrent ne vient<br />
311
312<br />
RFAS N o 2-2005<br />
compromettre cet équilibre instable. Ainsi, la majorité <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong><br />
avance en âge de façon quasi superposable à celle de la population<br />
générale. Elles sont assujetties dès lors aux mêmes ralentissements et dysfonctionnements<br />
progressifs. Elles sont confrontées alors elles aussi aux<br />
problèmes de santé et de vieillissement physique et cognitif.<br />
■ La santé <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong><br />
Prévalences et incidences fortes <strong>des</strong> problèmes<br />
de santé<br />
De nouveaux enjeux sanitaires mal connus<br />
Dans un article princeps de 1986, Janicki et Jacobson ont étudié une vaste<br />
cohorte de 10 532 <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> résidant dans l’État de New<br />
York, nées entre 1890 et 1939, vivant pour la plupart dans <strong>des</strong> institutions<br />
résidentielles. Les auteurs cherchent à décrire et comprendre s’il existe <strong>des</strong><br />
profils de maladies chroniques, de déclin <strong>des</strong> capacités sensorielles et <strong>des</strong><br />
différentes habiletés de vie quotidienne. Les résultats montrent une prévalence<br />
croissante avec l’âge <strong>des</strong> affections physiques, en particulier <strong>des</strong><br />
maladies cardio-vasculaires qui concernent une personne sur deux à 80 ans<br />
et plus. De la même manière, les pertes sensorielles sont très marquées<br />
comme les affections musculaires et squelettiques, qui croissent de manière<br />
inexorable avec l’âge suivant un gradient régulier.<br />
Van Schrojenstein Lantman-De Valk et al. (1997) étudient la prévalence et<br />
l’incidence <strong>des</strong> problèmes de santé dans une cohorte de <strong>personnes</strong> déficientes<br />
intellectuelles accueillies en institution. Les taux de prévalence de problèmes<br />
de santé sont de 2,5 fois plus élevés chez les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong><br />
qu’en population générale. Ces problèmes sont d’autant plus fréquents et<br />
importants que la déficience intellectuelle est sévère. Il existe une très forte<br />
incidence <strong>des</strong> troubles chroniques chez les <strong>personnes</strong> trisomiques 21 qui<br />
constituent un groupe à risque particulier. Les taux importants de démences<br />
(72,7 %) trouvés au-delà de 60 ans chez les trisomiques alertent sur<br />
l’urgence de mettre en place <strong>des</strong> mo<strong>des</strong> de dépistages adéquats. Les troubles<br />
digestifs survenant chez les <strong>personnes</strong> IMC et/ou épileptiques sont un<br />
facteur de mortalité prématurée, ont un impact sur leur bien-être et restent<br />
difficiles à diagnostiquer. Les troubles cardio-vasculaires affectent, dans<br />
<strong>des</strong> proportions identiques à celles de la population générale, les <strong>personnes</strong><br />
déficientes intellectuelles. Ces troubles constituent une <strong>des</strong> causes fréquentes<br />
de décès. La prévalence de l’épilepsie connaît une décroissance avec<br />
l’âge pour l’ensemble de la population handicapée mais <strong>des</strong>sine au contraire<br />
une remontée forte avec l’avancée en âge <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> trisomiques<br />
21. Enfin, les troubles mentaux avec la démence et les troubles dépressifs
Les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes : espérances de vie et de santé ; qualité de vie<br />
Une revue de la littérature<br />
(troubles de l’humeur) et les autres troubles psychiatriques sont <strong>des</strong> occurrences<br />
fréquentes.<br />
Ces deux étu<strong>des</strong> permettent de mieux saisir les enjeux importants de santé<br />
publique que posent les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes. Il nous paraît<br />
utile de décliner quelques thématiques qui doivent trouver <strong>des</strong> réponses<br />
adaptées à ces enjeux sanitaires pour les <strong>personnes</strong> en situation de handicap.<br />
La santé bucco-dentaire souvent oubliée<br />
L’OMS a fait de la santé bucco-dentaire un enjeu majeur de santé (World<br />
Oral Health Report 2003). Dans cet objectif ambitieux, les <strong>personnes</strong> en<br />
situation de handicap font l’objet d’une vigilance particulière (WHO, 2003)<br />
La réflexion globale en santé ne peut ignorer cette dimension capitale et souvent<br />
méconnue. Les populations marginalisées et les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong><br />
sont les dernières à bénéficier d’une approche bucco-dentaire pertinente. Une<br />
mauvaise hygiène, <strong>des</strong> soins inappropriés, <strong>des</strong> restitutions fonctionnelles par<br />
<strong>des</strong> prothèses négligées retentissent directement sur la santé présente et<br />
future de la personne et sur sa qualité de vie (Hennequin et Allison, 2000 ;<br />
Faulks et Hennequin, 2000). Une approche spécifique de la douleur en général<br />
ou chez certaines populations cibles (<strong>personnes</strong> trisomiques 21 ou autistes...)<br />
doit faire l’objet de stratégies différenciées (Hennequin, Allison et<br />
Veyrune, 2000). Force est de constater qu’il existe pour les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong><br />
une négligence, voire une inégalité de traitement, face aux problèmes<br />
bucco-dentaires. Quelques initiatives existent en France (Clermont-Ferrand,<br />
Montpellier, région Rhône-Alpes) pour tenter d’offrir <strong>des</strong> soins appropriés<br />
aux <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> mais tout reste à construire.<br />
Des troubles sensoriels sous-évalués ou méconnus<br />
Les déficiences sensorielles sont très fréquentes dans les tableaux initiaux<br />
de handicap. Elles surviennent aussi ultérieurement, lors du processus de<br />
vieillissement normal. Or une vision et une audition de qualité sont le gage<br />
d’une bonne intégration sociale et environnementale. Elles facilitent une<br />
bonne adaptation, le maintien et l’établissement <strong>des</strong> liens sociaux, le repérage<br />
temporo-spatial et <strong>des</strong> déplacements moins risqués : toutes capacités<br />
mises en difficulté dans les situations de handicap. De plus l’accessibilité et<br />
les ai<strong>des</strong> techniques pour les troubles sensoriels sont encore perfectibles<br />
dans les lieux publics, les institutions spécialisées et les maisons de retraite.<br />
Les troubles auditifs<br />
Les <strong>personnes</strong> sour<strong>des</strong> ou malentendantes vieillissantes sont rendues plus<br />
vulnérables par la déficience auditive. La prévalence <strong>des</strong> surdités ou <strong>des</strong><br />
troubles de l’audition est très élevée chez les <strong>personnes</strong> déficientes intellectuelles,<br />
d’autant plus chez celles présentant un retard mental sévère ou profond.<br />
Les trisomiques 21 ont également <strong>des</strong> taux de prévalence de surdité<br />
très élevés (23 % contre 11 % chez les déficients intellectuels par d’autres<br />
causes), avec un accroissement massif à partir de 50 ans (Evenhuis et al.,<br />
313
314<br />
RFAS N o 2-2005<br />
2001 ; Van Schrojenstein Lantman De Valk et al., 1997). Les <strong>personnes</strong><br />
IMC constituent aussi un groupe à risque massif selon ces mêmes auteurs.<br />
Pour Beange (2002), la fréquence <strong>des</strong> troubles auditifs conduit à recommander<br />
<strong>des</strong> contrôles de dépistage tous les cinq ans au moins pour<br />
l’ensemble <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> de plus de 45 ans, avec un dépistage<br />
plus rapproché, tous les trois ans, pour les <strong>personnes</strong> trisomiques 21.<br />
Les troubles visuels<br />
La prévalence <strong>des</strong> troubles visuels très sévères (cécité) ou sévères est<br />
élevée chez les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>. Beange (2002) avance une prévalence<br />
vingt fois plus élevée de la cécité que celle observée en population<br />
générale dans la région de Sydney en Australie. Les données de prévalence<br />
issues <strong>des</strong> travaux de Van Schrojenstein Lantman et al. (1994) donnent un<br />
taux de cécité compris entre 5 et 30 % <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> en institution ; cette<br />
prévalence s’accroissant régulièrement avec l’âge. Les <strong>personnes</strong> trisomiques<br />
21, poly<strong>handicapées</strong> ou IMC présentent, à <strong>des</strong> degrés divers et pour<br />
<strong>des</strong> raisons différentes, <strong>des</strong> atteintes sensorielles précoces (Janicki et Jacobson,<br />
1986 ; Van Schrojenstein Lantman De Valk et al., 2000 ; Evenhuis et<br />
al., 2001). Des recommandations similaires de bonnes pratiques de dépistage<br />
sont proposées pour les troubles visuels.<br />
Le cancer chez les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> : un nouveau défi<br />
dû au vieillissement<br />
Les gains d’espérance de vie <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> font apparaître, de<br />
facto, de nouveaux risques de maladies dégénératives, le cancer faisant<br />
partie <strong>des</strong> occurrences les plus fréquentes avec les maladies cardio-vasculaires.<br />
Le cancer constitue désormais une importante cause de mortalité aux<br />
âges avancés, avec <strong>des</strong> variations de prévalence selon le handicap. Les prévalences<br />
estimées par âge et par sexe sont similaires à celles observées en<br />
population générale chez les déficients intellectuels. Mais <strong>des</strong> problèmes de<br />
dépistage, de diagnostic et de traitement se posent avec une acuité d’autant<br />
plus grande que ces démarches de santé sont rendues délicates par une difficulté<br />
d’expression et de communication et par une mauvaise adhésion au<br />
traitement.<br />
Les <strong>personnes</strong> trisomiques 21 présentent une inégalité de risques face aux<br />
cancers. Les leucémies constituent actuellement 60,6 % <strong>des</strong> causes de décès<br />
tous âges confondus et 97 % <strong>des</strong> décès chez les enfants. Le cancer du sein<br />
(premier risque de cancer chez la femme en population générale) apparaît<br />
réduit à l’analyse épidémiologique. L’explication avancée est l’exposition<br />
très réduite aux hormones sexuelles féminines dès la vie fœtale et pendant<br />
toute la durée de vie ainsi que la surexpression de gènes protecteurs du cancer<br />
situés sur le chromosome 21 (Satgé et al., 2001). Mais les femmes trisomiques<br />
présentent un risque plus élevé de cancérisation à l’exposition répétée<br />
aux radiations ionisantes. Aussi échographies ou IRM seraient préférables<br />
aux mammographies classiques dans les campagnes de dépistage (Satgé et
Les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes : espérances de vie et de santé ; qualité de vie<br />
Une revue de la littérature<br />
Sasco, 2002). Chez l’homme trisomique, les cancers testiculaires ont une<br />
incidence considérable avec un risque cinquante fois plus élevé. Une <strong>des</strong> causes<br />
connues de ces cancers est l’existence d’une cryptorchidie (défaut de<br />
migration du testicule, particulièrement répandu chez les trisomiques).<br />
Celle-ci présente un risque élevé de transformation cancéreuse. L’autre cause<br />
renverrait à la surexpression <strong>des</strong> gènes cancérogènes, liée à <strong>des</strong> facteurs hormonaux.<br />
Les données recueillies sur les cancers testiculaires invitent donc<br />
une surveillance régulière.<br />
On le voit, seules <strong>des</strong> stratégies ajustées, qui tiennent compte de la spécificité<br />
<strong>des</strong> risques, permettront à l’avenir d’intégrer ces nouveaux enjeux dans<br />
les politiques publiques de prévention de dépistage et de traitement <strong>des</strong> cancers.<br />
Aussi, le cancer nous semble constituer un défi majeur, compte tenu<br />
de l’état d’impréparation <strong>des</strong> équipes pour l’aborder sereinement.<br />
Vieillissement et troubles mentaux évolutifs ou surajoutés<br />
Les troubles mentaux sont la plupart du temps largement sous-diagnostiqués<br />
chez les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes. L’expression de ces troubles<br />
mentaux subit, avec le vieillissement, <strong>des</strong> modifications : certains troubles<br />
s’érodent, prennent <strong>des</strong> masques dépressifs ou démentiels, les symptômes<br />
initiaux s’appauvrissent, rendant difficile parfois le diagnostic même pour<br />
<strong>des</strong> équipes expérimentées. Les maladies mentales chez les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong><br />
âgées sont fréquentes. Moss (2000) signale que 11 % de l’effectif étudié<br />
présente <strong>des</strong> troubles psychiatriques autres que la démence. L’anxiété<br />
généralisée est ainsi estimée par Cooper (1997) chez les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong><br />
à 9 % chez les plus de 65 ans. À ce chiffre s’ajoutent 15 % <strong>des</strong> <strong>personnes</strong><br />
présentant <strong>des</strong> troubles du comportement assimilables à <strong>des</strong> équivalents<br />
anxieux. Des manifestations et plaintes hypochondriaques peuvent masquer<br />
une authentique dépression (Gabbaï, 1998). La prévalence de la schizophrénie<br />
serait trois fois plus élevée chez les <strong>personnes</strong> déficientes intellectuelles<br />
qu’en population générale (Doody et al., 1998). Enfin, troubles anxieux et<br />
dépressifs sont plus élevés chez les trisomiques 21 (Collacot et al., 1998).<br />
Celles-ci par ailleurs présentent un risque très élevé de développer une<br />
démence de type Alzheimer. La prévalence estimée par les différents auteurs<br />
varie de manière sensible, mais tous font état d’un taux de prévalence exceptionnellement<br />
élevé, qui croît avec l’âge : 6 % à 30-39 ans, 24 % à 50-59 ans<br />
et 77 % après 60 ans pour Visser (1997).<br />
La santé <strong>des</strong> femmes <strong>handicapées</strong> vieillissantes<br />
Heller et al. (2002) ont montré que les femmes <strong>handicapées</strong> mentales sont<br />
moins bien suivies pour leur santé que les femmes vali<strong>des</strong>. Jones et Kerr<br />
(1997) indiquent qu’au Royaume-Uni, les femmes déficientes intellectuelles<br />
sont plus souvent « oubliées » pour effectuer <strong>des</strong> dépistages précoces,<br />
alors même que les pouvoirs publics sont convaincus du bien-fondé <strong>des</strong><br />
campagnes de dépistages. Rares sont les recherches effectuées dans le<br />
domaine de la ménopause chez ces femmes vieillissantes mais on sait que<br />
315
316<br />
RFAS N o 2-2005<br />
les femmes trisomiques 21 et les femmes épileptiques atteignent la ménopause<br />
trois à cinq ans avant les autres femmes. Par ailleurs, les femmes déficientes<br />
intellectuelles ne reçoivent pas d’informations et/ou pas souvent de<br />
soins et examens relatifs à la détection <strong>des</strong> cancers gynécologiques. Ces<br />
derniers devraient être effectués dès 45 ans, de la même façon qu’ils sont<br />
réalisés chez les autres femmes. Les femmes déficientes intellectuelles et<br />
IMC ont un risque d’ostéoporose et de fractures plus élevé, car elles cumulent<br />
les risques : une ménopause précoce, prise de certains médicaments (anticonvulsifs,<br />
traitement thyroïdien) et moindre activité sportive. Enfin, l’obésité<br />
est un problème commun très répandu chez les femmes <strong>handicapées</strong> et plus<br />
particulièrement les femmes trisomiques 21. L’évocation de ces quelques<br />
exemples permet de prendre la mesure de cet autre défi sanitaire.<br />
Besoins, recours et accès aux ressources de santé<br />
Des besoins de santé <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> institutionnalisées<br />
sous-estimés<br />
Kerr et al. (2003) ont analysé les besoins de santé <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong><br />
et la pertinence <strong>des</strong> soins qu’elles reçoivent dans les institutions spécialisées<br />
au Pays de Galles. Leur étude porte sur un effectif de 589 <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong><br />
qui ont été systématiquement examinées afin de repérer leurs problèmes<br />
de santé. Les constats « objectifs » ont été mis en relation avec ceux « subjectifs<br />
» <strong>des</strong> travailleurs sociaux au contact quotidien de ces <strong>personnes</strong>. Les problèmes<br />
sensoriels sont marqués avec <strong>des</strong> écarts considérables entre la<br />
perception les travailleurs sociaux et les tests objectifs. Les aidants professionnels<br />
ont considéré qu’il existait une vision réduite dans 47 % <strong>des</strong> cas, une<br />
cécité dans 4 % <strong>des</strong> cas et que 49 % <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> n’avaient aucun besoin<br />
dans ce domaine. Les examens ont certes révélé qu’il y avait 4 % d’aveugles,<br />
mais que seules 0,8 % <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> pouvaient être considérées comme<br />
ayant une vision normale. Une cataracte était présente dans 28 %, un glaucome<br />
dans 4 % et 67 % avaient un problème de vision nécessitant une correction<br />
optique. De plus, seulement 21 % <strong>des</strong> lunettes étaient appropriées. Des<br />
résultats similaires et tout aussi préoccupants ont été retrouvés pour l’audition<br />
et dans d’autres domaines de santé. Cette étude, exemplaire dans ses<br />
retombées pratiques, a débouché sur <strong>des</strong> constats et recommandations pour la<br />
prise en compte <strong>des</strong> problèmes de santé de <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> adultes<br />
institutionnalisées que nous reprenons dans l’encadré 6.<br />
Un recours aux ressources de santé difficile<br />
L’accès aux dispositifs de prévention, de dépistage et de soins fait montre<br />
dans l’ensemble <strong>des</strong> pays de manques persistants. Nous l’avons vu, nombre<br />
de problèmes de santé restent encore sous-estimés, mal connus, voire totalement<br />
négligés <strong>des</strong> dispositifs sanitaires et sociaux. Il existe <strong>des</strong> fortes disparités<br />
dans les étu<strong>des</strong> de prévalence et d’incidence <strong>des</strong> problèmes de santé
Les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes : espérances de vie et de santé ; qualité de vie<br />
Une revue de la littérature<br />
physique et mentale entre population handicapée et population générale,<br />
entre population handicapée institutionnalisée et celle vivant à domicile et,<br />
enfin, entre pays. L’accès aux ressources sanitaires est moindre pour les<br />
<strong>personnes</strong> vivant à domicile compte tenu <strong>des</strong> difficultés de repérage de<br />
cette population et de ses besoins.<br />
Encadré 6 : Constats et recommandations<br />
• Constats :<br />
– importance <strong>des</strong> troubles sensoriels pour la qualité de vie de la personne<br />
handicapée ;<br />
– sous-évaluation <strong>des</strong> aspects médicaux (audition, vision, besoins nutritionnels,<br />
troubles mentaux...)<br />
• Recommandations :<br />
– <strong>des</strong> démarches diagnostiques appropriées pour proposer soins et prises<br />
en charge ajustés ;<br />
– <strong>des</strong> bilans médicaux réguliers ;<br />
– <strong>des</strong> formations initiales et continues, ad hoc, <strong>des</strong> aidants professionnels<br />
aux besoins de santé et un accès facilité à un avis médical ;<br />
– information scientifique précise mais vulgarisée disponible pour les aidants ;<br />
– insuffisance du seul soin par un médecin généraliste. Multidisciplinarité de<br />
l’équipe médicale de spécialistes ;<br />
– réalisation de bilans de santé complets au moins tous les cinq ans auprès<br />
<strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> ;<br />
– construction d’une base de données cliniques et sociales colligeant la trajectoire,<br />
les données médicales et sociales, les intervenants auprès de la<br />
personne handicapée afin d’éviter <strong>des</strong> pertes d’informations.<br />
Source : Kerr et al., 2003.<br />
Les difficultés ne sont pas toutes d’ordre organisationnel. Elles tiennent<br />
pour partie de la singularité de la situation de handicap et <strong>des</strong> difficultés de<br />
communication qu’elle introduit souvent dans la rencontre. Pour contourner<br />
ces écueils, <strong>des</strong> ai<strong>des</strong> techniques ont été développées afin de faciliter le<br />
travail <strong>des</strong> équipes et l’expression <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> (communication en langage<br />
simplifié, interprètes en langue <strong>des</strong> signes ou à l’aide de pictogrammes,<br />
échelles de douleur ou de mal-être, etc.).<br />
Un enjeu sociétal et éthique majeur<br />
Les questions de santé mentale et physique <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong><br />
représentent un enjeu capital. Avec une espérance de vie beaucoup plus<br />
longue, les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> viennent interpeller les dispositifs sanitaires<br />
et sociaux dans une double dimension quantitative et qualitative.<br />
Dans le processus d’intégration et d’inclusion <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>,<br />
l’accès aux ressources de santé va devenir l’un <strong>des</strong> enjeux majeurs <strong>des</strong><br />
politiques sanitaires et sociales <strong>des</strong> États. Or, si cette question prend une<br />
telle acuité, c’est bien en raison de cette nouvelle longévité <strong>des</strong> <strong>personnes</strong><br />
<strong>handicapées</strong>. De membres « invisibles » et marginaux de la communauté<br />
nationale, les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes apparaissent sur la scène<br />
317
318<br />
RFAS N o 2-2005<br />
sociale comme un groupe de plus en plus « visible », faisant partie intégrante<br />
de la société, partageant et traversant les différents âges et étapes de<br />
la vie. De nouveaux problèmes surgissent, qui touchent à l’accès aux ressources<br />
de prévention, de dépistage, de traitement et de suivi de problématiques<br />
médicales rencontrées habituellement en population générale lors du<br />
processus de vieillissement. Ainsi, en est-il par exemple <strong>des</strong> questions <strong>des</strong><br />
cancers survenant à l’âge adulte, <strong>des</strong> maladies cardio-vasculaires ou de la<br />
ménopause. Moyens, pratiques professionnelles et protocoles doivent<br />
accompagner ce considérable changement démographique.<br />
L’OMS recommande de faciliter l’accès aux ressources en santé de la collectivité<br />
nationale pour les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> en proposant de mettre<br />
en place, lorsque nécessaire, <strong>des</strong> « portes d’accès » facilitant le recours aux<br />
soins ; de sensibiliser les professionnels et les institutions de soins et les institutions<br />
sociales et médico-sociales sur ces questions émergentes ; de<br />
mettre en œuvre et construire <strong>des</strong> référentiels ; de former <strong>des</strong> équipes sur le<br />
territoire national et, enfin, d’associer les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> ellesmêmes<br />
ou leurs représentants à cette politique.<br />
Les États développés, qui ont pu favoriser ces gains considérables d’espérance<br />
de vie en bonne santé, ne peuvent « baisser la garde ». Ils doivent<br />
continuer d’assurer à tous les âges de la vie le même niveau, au moins, de<br />
couverture sociale (accès aux droits, politiques volontaristes) et sanitaire<br />
(sensibilisation et formation <strong>des</strong> équipes, facilitation de l’accès aux soins,<br />
protocoles de bonnes pratiques, etc.). Faute de quoi, ils s’exposeraient à un<br />
effondrement dramatique <strong>des</strong> gains de longévité obtenus.<br />
■ L’impact du vieillissement sur le travail<br />
et la vie à domicile<br />
Les travailleurs handicapés âgés<br />
Il existe en France une littérature abondante sur le vieillissement <strong>des</strong> travailleurs<br />
handicapés. C’est en effet sous cet angle qu’a été perçu pour la<br />
première fois le phénomène de cette nouvelle longévité <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>.<br />
Vieillissement précoce, retraite, maintien du lien social sont<br />
autant de questions capitales. Pourtant ces questions rejoignent les problématiques<br />
de la population générale.<br />
Usure professionnelle ou vieillissement précoce ?<br />
Le rôle <strong>des</strong> conditions de travail<br />
Les travailleurs handicapés en CAT sont souvent perçus comme présentant<br />
majoritairement un vieillissement précoce. Cette représentation, ancrée dans<br />
les mentalités, contribue à assimiler hâtivement certains comportements<br />
comme les stigmates d’un vieillissement précoce inéluctable. Qu’en est-il<br />
objectivement ? Gabbaï a montré que le vieillissement précoce ne présente
Les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes : espérances de vie et de santé ; qualité de vie<br />
Une revue de la littérature<br />
pas cet aspect obligatoire. Au plan scientifique, il est cependant attesté dans<br />
certains tableaux : la trisomie 21, certains syndromes d’arriération mentale et<br />
les handicaps moteurs lourds. Certes, les travailleurs handicapés vieillissent,<br />
mais comme tout un chacun. Leur avancée en âge s’effectue de façon superposable<br />
à celle de la population générale. Le vieillissement est généralement<br />
indissociable de l’usure professionnelle et du sentiment de lourdeur ou de<br />
contraintes professionnelles, qui varient selon le degré d’intérêt pour l’activité<br />
professionnelle elle-même. Travailleurs, handicapés ou pas, les conditions<br />
de travail en termes de pénibilité, de répétitivité et d’ambiance générale<br />
peuvent conduire à une certaine forme de désadaptation.<br />
Une étude auprès de travailleurs recensés comme présentant <strong>des</strong> signes de<br />
désadaptation au travail a conforté l’hypothèse selon laquelle les mauvaises<br />
conditions de travail sont un cofacteur du vieillissement <strong>des</strong> salariés (Lestrat,<br />
2001). L’étude longitudinale de Moallem (2001) réalisée entre 1977 et<br />
1997 a révélé le peu d’efforts entrepris sur l’adaptation <strong>des</strong> postes pour les<br />
handicapés mentaux en France. L’auteur indique que 37 % <strong>des</strong> postes de<br />
travail en centre d’aide par le travail seraient inadaptés par manque d’aménagements<br />
nécessaires ; 36 % <strong>des</strong> anomalies seraient dues à <strong>des</strong> équipements<br />
obsolètes et dans 19 % <strong>des</strong> cas, l’environnement serait source de<br />
danger. Le travail réalisé par le CREAI de la région Centre (1987-1988)<br />
auprès de travailleurs handicapés en centre d’aide par le travail, maison<br />
d’accueil spécialisé et foyers occupationnels sur la perte <strong>des</strong> capacités liées<br />
à l’avancement en âge, conclut à l’impossibilité « de mettre en évidence <strong>des</strong><br />
éléments constants et univoques impliquant une perte de capacités particulière<br />
liée à l’âge chez les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>. »<br />
À la lecture de ces étu<strong>des</strong>, nous ne pouvons pas affirmer qu’il existe une<br />
perte capacitaire chez tous les travailleurs handicapés vieillissants. De ce<br />
fait, il faut prendre en compte les spécificités individuelles, le désinvestissement<br />
au travail, la fatigue, le manque de motivation, qui sont multifactoriels.<br />
Tous ne relèvent pas forcément de l’âge de la personne mais bien<br />
souvent de l’activité professionnelle proposée (types de poste occupé,<br />
tâches répétitives) d’où la nécessité de repenser les notions d’ergonomie et<br />
de réaménagement, bénéfiques pour pallier cette usure prématurée.<br />
Quel âge pour la retraite <strong>des</strong> travailleurs handicapés ?<br />
Une barrière d’âge administrative non pertinente<br />
L’âge limite <strong>des</strong> 60 ans constitue une véritable charnière juridico-administrative<br />
(Colvez et Villebrun, 2003), un véritable couperet. Ce couperet est<br />
souvent décalé avec la réalité <strong>des</strong> besoins <strong>des</strong> travailleurs handicapés. Cette<br />
barrière systématique n’est pas pertinente – voire absurde – en ce sens<br />
qu’elle peut déclencher <strong>des</strong> phénomènes de désadaptation brutale ou de<br />
crise existentielle. Elle crée une population de « déplacés » (Breitenbach,<br />
1999), car les travailleurs handicapés doivent quitter leur lieu de vie institutionnel<br />
du fait de leur avancée en âge ou de leur moins bonne rentabilité<br />
319
320<br />
RFAS N o 2-2005<br />
économique en CAT ou en ateliers protégés. Qu’adviendrait-il, si tous les<br />
travailleurs non handicapés devaient « obligatoirement » déménager, au<br />
motif de leur départ à la retraite ? Une adaptation du fonctionnement et <strong>des</strong><br />
modalités de prise en charge serait plus pertinente.<br />
Mettre en place <strong>des</strong> dispositifs en passerelle<br />
La réorientation <strong>des</strong> travailleurs handicapés vieillissants pose de multiples<br />
questions hors du champ professionnel : mise à la retraite avec son corollaire<br />
la transition vers l’inactivité professionnelle et interrogation sur<br />
l’hébergement ultérieur. Le problème majeur réside dans le futur lieu de<br />
vie. Certaines <strong>personnes</strong> sont renvoyées dans <strong>des</strong> familles elles-mêmes<br />
vieillissantes. Nombre d’entre elles rejoignent le dispositif gérontologique.<br />
Dans les établissements d’hébergement pour <strong>personnes</strong> âgées dépendantes<br />
se pose alors la question du différentiel d’âges entre les populations<br />
accueillies : la moyenne d’âge <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> âgées dans ces structures est<br />
de 83 ans, celle <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> est de 65 ans. La transition du<br />
dispositif du travail protégé et de l’hébergement médico-social vers le<br />
domicile ou le dispositif gérontologique mérite à l’évidence d’être accompagné<br />
(Balavoine, 1996).<br />
Des ruptures à anticiper<br />
Pour les travailleurs handicapés âgés, la retraite se solde par une double<br />
perte : celle du départ vers un nouveau lieu de vie mais surtout celle de leur<br />
travail, avec tout ce qu’il recouvre en termes de reconnaissance et d’assise<br />
identitaire. La « valeur travail » est importante chez le travailleur handicapé :<br />
source de reconnaissance sociale, de ressources financières, constitutive<br />
d’habitu<strong>des</strong> de vie et de repères sociospatiaux. La mise à la retraite peut être<br />
vécue comme une forme d’exclusion, comme une perte de reconnaissance<br />
sociale pouvant aboutir à une véritable crise identitaire. La rupture de<br />
l’ancrage professionnel se redouble alors au plan relationnel et affectif, car la<br />
plupart de ces <strong>personnes</strong> travaillent au sein de la même structure depuis de<br />
nombreuses années. Elles y ont construit leur ancrage affectivo-relationnel.<br />
La coupure de tels liens peut avoir <strong>des</strong> répercussions très négatives sur le<br />
bien-être et l’existence. Pour pallier ces difficultés, il importe de mettre en<br />
place <strong>des</strong> solutions graduées en lien avec les désirs de la personne (possibilités<br />
de travail temporaire, continuité ou arrêt de la prise en charge à la carte) et<br />
de soutenir ces <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes dans ces pertes successives<br />
: leurs capacités, leur emploi, leur lieu de vie habituel, leurs proches.<br />
Les travailleurs handicapés ont la parole<br />
Deux étu<strong>des</strong>, à dix ans d’intervalle, ont engagé une réflexion novatrice en<br />
France sur la représentation du vieillissement, la mise en retraite, le mode<br />
de vie, le devenir <strong>des</strong> travailleurs handicapés vieillissants en recueillant leur<br />
parole. Ces deux étu<strong>des</strong> sont à mettre en débat avec les perceptions – différentes<br />
– <strong>des</strong> professionnels.
Les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes : espérances de vie et de santé ; qualité de vie<br />
Une revue de la littérature<br />
L’étude réalisée par le CREAI Languedoc-Roussillon (1988) a révélé que<br />
les travailleurs handicapés constatent et évoquent sans difficultés les signes<br />
de leur propre vieillissement : baisse <strong>des</strong> performances, perte <strong>des</strong> motivations,<br />
chute du désir de travailler mais aussi modifications de leur corps. Le<br />
travail est pour eux le signe d’une réussite sociale et la source d’une valorisation<br />
personnelle. Le thème de la retraite est abordé avec inquiétude voire<br />
peur. La mise à la retraite est ressentie comme l’abandon d’un travail socialement<br />
reconnu. Un autre aspect important concerne les inquiétu<strong>des</strong> exprimées<br />
sur l’avenir : préoccupations vis-à-vis du vieillir et du mourir.<br />
La seconde est l’étude Solidel du réseau <strong>des</strong> CAT et ateliers protégés de la<br />
Mutualité sociale agricole, menée par Soigneux et Darty (1999) auprès de<br />
travailleurs handicapés vieillissants. Dans leur majorité, ils souhaitent une<br />
continuité de cadre de vie et le non-déplacement : 65 % d’entre eux aspirent<br />
à rester dans leur logement actuel redoutant les ruptures et les changements.<br />
S’ils doivent intégrer une maison de retraite, ils aimeraient pouvoir la choisir<br />
et souhaiteraient qu’elle se situe de préférence non loin de leur lieu de<br />
résidence actuel. Leurs préoccupations portent sur la qualité <strong>des</strong> réponses à<br />
leurs besoins.<br />
L’expression <strong>des</strong> souhaits de la personne ne fait pas encore l’objet en<br />
France de recommandations de bonnes pratiques alors que cette participation<br />
de la personne aux décisions la concernant est inscrite dans de nombreux<br />
textes de lois et dans les manifestes tels la déclaration de Madrid<br />
(Forum européen <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> avec le soutien de l’ONU et<br />
du Parlement européen). Les évolutions législatives radicales introduites en<br />
France (lois du 2 janvier 2002 et du 11 février 2005) devraient faciliter la<br />
participation <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> à la définition de leur choix de vie.<br />
Les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> âgées à domicile<br />
et les aidants<br />
Les recherches relatives à l’aide parentale aux <strong>des</strong>cendants handicapés ont<br />
été initiées aux États-Unis au début <strong>des</strong> années quatre-vingt. Le pourcentage<br />
d’adultes handicapés pris en charge par leurs ascendants est substantiel.<br />
Il est le reflet <strong>des</strong> modèles politiques et conceptuels sur les <strong>personnes</strong><br />
<strong>handicapées</strong> mais aussi d’histoires familiales singulières construites autour<br />
de la personne handicapée. La prise de conscience de cette importance<br />
numérique fait émerger de nouveaux besoins. En France, cette question a<br />
été abordée environ une décennie plus tard.<br />
Deux types de situations sont concernés : d’une part, les <strong>personnes</strong> vivant<br />
à leur domicile en milieu ordinaire mais bénéficiant parallèlement<br />
d’une prise en charge spécialisée aussi minime soit-elle, et donc aisément<br />
identifiées ; d’autre part, <strong>des</strong> familles, le plus souvent réduites à la mère,<br />
prenant totalement en charge leur <strong>des</strong>cendant adulte, restant en marge <strong>des</strong><br />
services institutionnels (pour <strong>des</strong> raisons complexes). Le constat principal<br />
321
322<br />
RFAS N o 2-2005<br />
repose sur le fait que ce sont les mères qui sont les aidants uniques (Bontout,<br />
Colin et Kerjosse, 2002 ; CREAI Alsace, 2002 ; Dutheil, 2002). La<br />
relation s’est construite sur la notion de protection de leur <strong>des</strong>cendant particulièrement<br />
fragile et vulnérable. Or les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes<br />
en marge de tout service sont difficilement repérables et quantifiables.<br />
De l’invisibilité sociale de certains handicapés vieillissants<br />
Les étu<strong>des</strong> recensées en France font état d’un nombre, certainement très en<br />
deçà de la réalité estimée, d’adultes handicapés vieillissants « invisibles » ou<br />
réduits à l’invisibilité, ignorés du dispositif social et médico-social, vivant au<br />
domicile de parents âgés. Ils sont difficiles à évaluer numériquement. Aux<br />
États-Unis, il y aurait environ 60 % d’adultes handicapés de tous âges vivant<br />
au domicile parental dont un nombre conséquent serait inconnu <strong>des</strong> services<br />
(Fujiura, 1998). Afin de dénombrer les familles vieillissantes qui assument<br />
seules la charge d’un <strong>des</strong>cendant handicapé, mais aussi de cerner les raisons<br />
qui les ont conduites à cette posture, la Fondation de France (1997) a commandité<br />
une importante enquête auprès <strong>des</strong> CREAI Ile-de-France et Rhône-<br />
Alpes et de l’ORS de Bretagne. Ces organismes ont recherché dans leur<br />
région respective, les parents vieillissants âgés de plus de 55 ans, dont le <strong>des</strong>cendant<br />
handicapé ne fréquentait aucune structure d’accueil ou service même<br />
à temps partiel. Ce travail multicentrique a donné lieu à une étude de profil<br />
sociologique et exploré les attentes de ces parents.<br />
Pourquoi ces familles sont-elles restées en marge ?<br />
L’analyse du discours <strong>des</strong> familles a permis de comprendre pourquoi elles<br />
ne sont pas entrées dans le réseau de services existant. Les motifs sont multiples<br />
: manque d’établissements offrant une éducation spécialisée au<br />
moment de la découverte du handicap de leur enfant ; refus parental ou tout<br />
simplement interruption de la prise en charge par insatisfaction ou par peur<br />
de voir leur enfant entrer dans <strong>des</strong> institutions vécues comme « asilaires »<br />
où les conditions de vie paraissaient déplorables ; arrêts plus ou moins<br />
intempestifs de prise en charge par les établissements et services avec<br />
retour en famille sans solution de remplacement ; ignorance <strong>des</strong> différentes<br />
formes de soutien disponibles. Enfin, parfois les valeurs de dévouement, de<br />
cohésion familiale sont les principales raisons qui ont conduit ces familles à<br />
rester en marge du dispositif. Il s’agit alors d’un choix totalement assumé.<br />
Un désert social<br />
Les étu<strong>des</strong> ont révélé le sentiment d’enfermement carcéral doublé parfois<br />
de conditions sociales défavorisées. Cette prise en charge familiale fait<br />
payer un fort tribut tant au niveau de la lourdeur de la tâche, que de l’appauvrissement<br />
<strong>des</strong> relations sociales qui en découle. Ce cloisonnement social<br />
(parfois associé à <strong>des</strong> problèmes pécuniaires) conduit au sentiment d’une<br />
pesante solitude, d’une marginalisation. Les épreuves communes ont certes<br />
participé au resserrement <strong>des</strong> liens familiaux mais ont conduit à l’autarcie.
Le rôle d’aidant a, dans 17 % <strong>des</strong> cas, <strong>des</strong> répercussions négatives sur leurs<br />
relations amicales (Dutheil, 2002). Cette solitude au sein du giron familial<br />
est à prendre en considération, puisque de fait, les entretiens ont montré la<br />
nécessité de mettre en confiance les familles ou plutôt de les réapprivoiser.<br />
On peut penser que cet univers relationnel restreint, cet « enfermement<br />
conjoint » (Breitenbach, 2002) a pu participer à ce manque de confiance et<br />
à une certaine méfiance <strong>des</strong> familles vis-à-vis d’interventions inadaptées<br />
(impression d’intrusion, résistance à l’égard de travailleurs sociaux trop<br />
interventionnistes, expériences antérieures négatives, mise en place de projets<br />
discordants). Aussi serait-il souhaitable de penser la renégociation <strong>des</strong><br />
relations entre les parents et les professionnels.<br />
Le vieillissement parallèle<br />
Les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes : espérances de vie et de santé ; qualité de vie<br />
Une revue de la littérature<br />
Le vieillissement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> est indissociable de celui de<br />
leurs parents : ils vieillissent ensemble. Cette double longévité finit par<br />
aboutir à un accompagnement difficile, voire impossible, à l’âge où les forces<br />
s’amenuisent. Les aidants, marqués par le sceau de leur propre vieillesse<br />
et les difficultés d’ordre physique et/ou psychologique afférentes,<br />
présentent <strong>des</strong> pathologies du vieillissement, <strong>des</strong> pertes d’autonomie et une<br />
entrée dans la dépendance qui égalent ou dépassent celles de leur <strong>des</strong>cendant.<br />
Il s’ensuit alors une dépendance partagée, une « surdépendance »<br />
chez ces parents, pour qui la charge qui leur incombe devient de plus en<br />
pesante. Cette situation de handicaps cumulés, que le veuvage ou l’éloignement<br />
géographique et affectif <strong>des</strong> autres <strong>des</strong>cendants vient aussi fragiliser,<br />
conduit à s’interroger sur l’évolution <strong>des</strong> aidants naturels.<br />
Vers la visibilité dans <strong>des</strong> situations d’urgence sociale<br />
Les conséquences de cette nouvelle longévité impliquent aussi que nombre<br />
de <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> survivront à leurs parents, lesquels font partie de la<br />
première génération qui devra assumer le fait de ne pas forcément survivre à<br />
ses <strong>des</strong>cendants. Or, bien que la demande de placement augmente avec l’âge<br />
<strong>des</strong> parents, les étu<strong>des</strong> montrent que ce qui détermine majoritairement le placement<br />
est le décès <strong>des</strong> parents, leurs hospitalisations ou l’apparition de<br />
maladies invalidantes. Dès lors, seule la crise parvient à les rendre visibles.<br />
Cette situation d’urgence conduit à un placement rapide, alors même que<br />
cette séparation n’a jamais été pensée. Elle est d’autant plus traumatisante<br />
que la personne handicapée n’a aucune expérience du réseau d’accompagnement<br />
institutionnel et n’a pas été préparée au deuil et à la séparation. Qui plus<br />
est, le manque de places disponibles, le refus prudent <strong>des</strong> structures<br />
d’accueillir <strong>des</strong> adultes n’ayant aucune expérience de la vie en collectivité ou<br />
le manque de formation de ces équipes sont autant de freins puissants. C’est<br />
en effet à un travail de deuil qu’est confrontée la personne handicapée, et<br />
quand bien même le personnel éducatif serait-il préparé, la gestion de cette<br />
cassure subite reste toujours délicate à négocier.<br />
323
324<br />
RFAS N o 2-2005<br />
La confrontation à la mort et au deuil pour les <strong>personnes</strong><br />
<strong>handicapées</strong><br />
L’expérience du deuil est toujours douloureuse, elle l’est d’autant plus chez<br />
les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes sans vie sociale, maintenues à<br />
domicile. Elles seront orphelines de tous leurs liens affectifs au décès du<br />
parent. Dusart (1997) est l’auteur d’une étude novatrice et unique en France<br />
sur l’expérience subjective du « travail de deuil » chez les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong><br />
mentales vieillissantes ainsi que sur les attitu<strong>des</strong> de l’entourage. Les<br />
principaux résultats montrent que les <strong>personnes</strong> avec déficience intellectuelle<br />
ont acquis les notions d’irréversibilité et de la réalité matérielle de la<br />
mort. L’avancée en âge est un facteur facilitant dans la compréhension et<br />
dans l’apprentissage de la mort (74 % <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> âgées de 50 ans et<br />
91 % chez les plus de 60 ans). Les réactions émotives sont fortes face à<br />
l’annonce du décès : pleurs, anxiété, angoisse et confusion prédominent.<br />
Les femmes et les déficients légers expriment fortement leur chagrin et réagissent<br />
plus que les déficients profonds. Mais, dans les pratiques constatées,<br />
une personne déficiente sur trois est tenue à l’écart <strong>des</strong> rites funéraires<br />
bien qu’elle exprime son désir d’y participer. La mise en mots du deuil n’est<br />
pas faite par l’entourage et ce silence se révèle anxiogène. Le personnel<br />
éducatif apparaît peu formé et peu soutenu dans la préparation <strong>des</strong> <strong>personnes</strong><br />
<strong>handicapées</strong> au deuil et à la perte du proche. Le deuil n’est pas anticipé<br />
dans l’accompagnement au long cours, il n’est abordé que dans l’urgence.<br />
Les aidants : entre fardeau, burn-out et résilience<br />
Des chercheurs en gérontologie, Zarit et al. (1980), ont essayé de quantifier<br />
l’impact de l’aide informelle sur les aidants âgés. Ce terme de fardeau (burden<br />
<strong>des</strong> Anglo-Saxons) désigne le fardeau porté par les aidants, au plan <strong>des</strong><br />
conséquences physiques, psychologiques, émotionnelles, sociales et financières.<br />
Le rôle d’aidant peut avoir <strong>des</strong> répercussions sur le bien-être et<br />
conduire à l’usure. L’exposition au risque d’usure pour les aidants naturels<br />
dure plus longtemps qu’une carrière professionnelle (en moyenne cinquante<br />
ou soixante ans).<br />
Le tableau est plus contrasté qu’il n’y paraît car les aidants familiaux peuvent<br />
se montrer dans cet accompagnement au long cours de leur parent ou<br />
<strong>des</strong>cendant, <strong>des</strong> capacités de résilience indiscutables. Seltzer et Krauss<br />
(1989) dans leur étude auprès de 227 mères aidantes ayant à leur charge leur<br />
<strong>des</strong>cendant adulte handicapé ont montré que les mères qui ressentent le plus<br />
leur tâche comme un fardeau sont celles qui ont le moins de réseaux<br />
d’informations. Ils relèvent aussi qu’en dépit de la durée de leur rôle<br />
d’aidantes, la plupart <strong>des</strong> mères sont résilientes, optimistes et capables de<br />
poursuivre encore leur rôle. Le climat familial serait selon cette étude le<br />
prédicteur du bien-être <strong>des</strong> mères aidantes.<br />
Les résultats de l’enquête HID (Dutheil, 2001, 2002) montrent que 45 %<br />
<strong>des</strong> aidants déclarent que ce rôle a <strong>des</strong> conséquences négatives sur leur<br />
bien-être physique et moral. Joël (2003) indique que 40 % <strong>des</strong> aidants
Les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes : espérances de vie et de santé ; qualité de vie<br />
Une revue de la littérature<br />
informels ne partent pas en vacances, 11 % ont dû réaménager leurs activités<br />
professionnelles, 75 % ressentent une fatigue morale et du stress et 50 %<br />
une fatigue physique. Sigal (1999) parle du burn-out <strong>des</strong> aidants naturels<br />
pour évoquer la lassitude et cet insurmontable dépassement qui s’installent.<br />
Stress, usure, épuisement, fatigabilité viennent alors faire partie du quotidien<br />
de ces familles, qui pour autant ne se plaignent pas et acceptent bon gré<br />
mal gré leur situation.<br />
Les accueils de répit, une réponse nécessaire à proposer<br />
Certains aidants expriment le besoin de soutien dans la prise en charge quotidienne<br />
avec notamment l’émergence d’une demande significative en<br />
matière d’hébergement temporaire. Ils ont évoqué la nécessité d’ouverture<br />
de centres d’accueil de jour, leur permettant de « respirer » mais aussi de<br />
préparer la transition. Ces solutions de répit les soulageraient. Elles permettraient<br />
non seulement au <strong>des</strong>cendant handicapé de tisser un lien social autre<br />
que dans la famille, mais aussi de se préparer à l’inéluctable séparation. Ce<br />
travail de séparation « précoce » pourrait avoir, semble-t-il, pour effet un<br />
deuil futur moins douloureux.<br />
Une question récurrente pour les aidants : la gestion de « l’après eux »<br />
La majorité <strong>des</strong> parents âgés exprime ses inquiétu<strong>des</strong> et un sentiment de<br />
culpabilité en s’interrogeant sur l’après eux et le devenir de leur <strong>des</strong>cendant<br />
handicapé. Cette projection angoissante les transcende à rester en bonne<br />
santé ; ce devoir d’assistance les porte, au prix d’importants efforts mentaux<br />
et physiques personnels. Cette interdépendance et la volonté d’avancer<br />
ensemble traduisent l’impossibilité de se séparer : la fonction d’aidant ne<br />
cessant qu’avec la mort. Aussi, ont-ils du mal à planifier <strong>des</strong> placements<br />
même temporaires, car ils ne sont pas prêts à déléguer et ont du mal à internaliser<br />
l’inévitable séparation.<br />
Pourtant, la gestion prévisionnelle de ce vieillissement parallèle est préconisée<br />
en préparant progressivement les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> âgées à la<br />
séparation, à la mort et au deuil. Claudel (1988) indique qu’il faut préparer<br />
la séparation afin qu’elle n’ait lieu ni dans l’urgence, ni dans la précipitation<br />
et permettre ainsi à la personne handicapée de se préparer à une nouvelle<br />
vie dans de bonnes conditions.<br />
■ Un changement de paradigme<br />
Il existe une amélioration généralisée de l’espérance de vie chez les <strong>personnes</strong><br />
<strong>handicapées</strong> à l’exception <strong>des</strong> populations de <strong>personnes</strong> en situation de<br />
handicap par troubles psychiques. Les courbes de survie <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong><br />
qui tendent à rejoindre celles de la population générale en attestent.<br />
La « rectangularisation » de la courbe d’espérance de vie constatée en<br />
population générale au fil <strong>des</strong> décennies dans les pays développés existe<br />
325
326<br />
RFAS N o 2-2005<br />
également pour les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>. Cependant cette amélioration<br />
générale, concrétisée par <strong>des</strong> bonds spectaculaires d’espérance de vie,<br />
concerne au premier chef les déficiences intellectuelles légères ou modérées.<br />
Certains facteurs de surmortalité prématurée demeurent.<br />
Cet accroissement de l’espérance de vie est, d’abord et avant tout, une formidable<br />
victoire sur l’adversité et le malheur qui touchent les <strong>personnes</strong><br />
<strong>handicapées</strong> et leurs familles. Cette victoire est le fruit de la hausse générale<br />
de la santé <strong>des</strong> populations, de la qualité croissante <strong>des</strong> dispositifs de dépistage,<br />
de diagnostic et de prise en charge précoce <strong>des</strong> risques de handicaps et<br />
<strong>des</strong> progrès techniques (réanimation, chirurgie...), <strong>des</strong> politiques sociales<br />
volontaristes enfin. Ces gains de longévité se font dans une meilleure santé,<br />
en général. Cependant, les gains considérables d’espérance de vie du vingtième<br />
siècle peuvent être remis en cause par une baisse de la vigilance <strong>des</strong><br />
États en matière sanitaire et sociale. Les différents dispositifs sanitaires et<br />
sociaux, les législations, les professionnels, les équipes de recherche sont<br />
encore mal préparés en France pour accompagner cette heureuse évolution<br />
de la qualité et de la durée de vie <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>.<br />
Il y a déjà, et il y aura plus encore de <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> âgées, voire très<br />
âgées ! Il va nous falloir prévoir et mettre en œuvre de nouveaux dispositifs<br />
ad hoc d’accueil, d’accompagnement et de soutien (tenant compte <strong>des</strong> attentes<br />
<strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>) et faciliter l’accès aux dispositifs de droit<br />
commun (quand cela est possible). La France, à ce jour, a fait porter l’essentiel<br />
de ses efforts de réflexion en matière de vieillissement <strong>des</strong> <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong><br />
sur l’approche sociale. Si celle-ci est la condition nécessaire, elle<br />
n’est cependant pas suffisante car l’enjeu est également sanitaire.<br />
Enfin, jusqu’à la prise de conscience de l’importance du phénomène, les<br />
professionnels ou les pouvoirs publics inscrivaient leurs actions, de<br />
manière inconsciente, sur une durée de vie qui intégrait une vision de mortalité<br />
précoce, prématurée. Cette nouvelle longévité introduit pour nos<br />
sociétés un important défi et un véritable changement de paradigme.<br />
C’est l’ensemble <strong>des</strong> représentations <strong>des</strong> acteurs et <strong>des</strong> appareils institutionnels<br />
qui est mis en débat par cette nouvelle longévité : représentations<br />
<strong>des</strong> parents sur l’enfant handicapé dans ce processus de double vieillissement<br />
parallèle, de double déclin avec toutes les difficultés de vie quotidienne<br />
que cela suppose ; représentations <strong>des</strong> professionnels confrontés à<br />
leur propre vieillissement et quelques certitu<strong>des</strong> obsolètes ; représentations<br />
<strong>des</strong> tutelles et <strong>des</strong> pouvoirs publics qui ont à s’orienter entre <strong>des</strong> images<br />
brouillées (<strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes/<strong>personnes</strong> âgées <strong>handicapées</strong>)<br />
et à construire de nouveaux dispositifs avec les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong>.<br />
C’est bien un changement complet de paradigme sur les situations de<br />
handicap qui est désormais à l’œuvre.<br />
Du statut d’éternel enfant, d’assisté ou d’incapable majeur, la personne<br />
handicapée, désormais visible, vient s’inscrire de plein droit sur la scène<br />
sociale où elle réclame la citoyenneté qui lui revient et le droit de vieillir au<br />
milieu de tous dans la dignité.
Les <strong>personnes</strong> <strong>handicapées</strong> vieillissantes : espérances de vie et de santé ; qualité de vie<br />
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