hayom34 - Communauté Israélite Libérale de Genève
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LE MAGAZINE DU JUDAÏSME D’AUJOURD’HUI<br />
HAYOM N°34 - HIVER 2009<br />
> INTERVIEW<br />
EXCLUSIVE<br />
Valérie Zenatti<br />
> MAISON<br />
COMMUNAUTAIRE<br />
GIL Chêne<br />
> BAYREUTH<br />
Ré<strong>de</strong>mption aux Wagner,<br />
par Françoise Buffat<br />
TODAY
Dominique-Alain Pellizari<br />
Rédacteur en chef<br />
L<br />
es printemps se sont succédé<br />
laissant inlassablement<br />
une place nécessaire aux<br />
épiso<strong>de</strong>s <strong>de</strong> la vie cultuelle<br />
collective. Avec <strong>de</strong>s journées<br />
ensoleillées, d’autres parfois<br />
plus sombres, mais toujours faites<br />
<strong>de</strong> cette volonté inébranlable <strong>de</strong> faire<br />
exister un lieu <strong>de</strong> fêtes et <strong>de</strong> prières<br />
ouvert à ceux qui souhaitent vivre un<br />
judaïsme actuel.<br />
Parmi les moteurs <strong>de</strong> cette machine<br />
singulière, un rabbin dont la force <strong>de</strong><br />
caractère et d’action a fait vivre jour<br />
après jour l’histoire <strong>de</strong> ces bâtiments.<br />
Des prési<strong>de</strong>nts qui tour à tour ont su<br />
édito<br />
> Une page va se tourner…<br />
Il y a eu Moillebeau. Puis il y a eu le Seujet. Des lieux incontournables <strong>de</strong> la vie juive libérale<br />
genevoise qui se sont fondus sur <strong>de</strong>ux siècles, sur <strong>de</strong>s années <strong>de</strong> vie communautaire marquées<br />
par <strong>de</strong>s aventures aux teintes inoubliables.<br />
La vraie générosité envers l’avenir consiste à tout donner au présent.<br />
Albert Camus<br />
insuffler toutes leurs forces et leur<br />
savoir-faire pour maintenir l’équilibre<br />
communautaire. Des membres<br />
du comité, riches <strong>de</strong> leurs diversités,<br />
toujours prompts à faire voguer le navire.<br />
Des donateurs dont la générosité<br />
a permis tous ces avancements spectaculaires.<br />
Des bénévoles dont l’altruisme<br />
a permis <strong>de</strong> poser, pierre après<br />
pierre, les jalons d’une communauté<br />
prospère. Puis <strong>de</strong>s fidèles, <strong>de</strong>s collaborateurs,<br />
<strong>de</strong>s conseillers et même parfois<br />
<strong>de</strong>s détracteurs.<br />
Aujourd’hui, une page va se tourner<br />
dans ce qu’on appellera<br />
bientôt la trilo-<br />
gie gilienne. L’heure est aux cartons,<br />
aux nouveaux projets, aux défis, à<br />
l’avenir. Un <strong>de</strong>main qui se déploiera<br />
dans la nouvelle synagogue <strong>de</strong> Chêne,<br />
au printemps prochain, et qui sera<br />
le fruit du saisissant labeur et du dévouement<br />
sans faille <strong>de</strong> nombreux<br />
protagonistes.<br />
Bientôt les portes <strong>de</strong> la nouvelle maison<br />
communautaire <strong>de</strong> Chêne s’ouvriront,<br />
laissant la place à <strong>de</strong> nouvelles aventures.<br />
Pour l’instant, l’avant-goût est en<br />
images. Mais il offre déjà toutes les plus<br />
belles perspectives...<br />
D.-A. P.<br />
1 | hayom 34
l’élégance<br />
notre univers<br />
<strong>Genève</strong><br />
Lausanne<br />
Balexert<br />
Geneva Airport<br />
Chavannes<br />
Monthey<br />
Sierre<br />
www.bongenie-grie<strong>de</strong>r.ch<br />
> Mon<strong>de</strong> Juif<br />
1 Édito Une page va se tourner<br />
4-5 Actualité Israël et ses voisins<br />
6 Page du rabbin Guerre et paix<br />
7 Judaïsme libéral La Haftarah<br />
8 Tradition H comme Heschel<br />
10 High tech Un Blackberry pour tout Siddour<br />
11 High tech ReWalk: remarcher... et croire aux miracles<br />
12 Israël «In of Africa»<br />
13 Israël Une voix pour rien<br />
14-15 Événements Rétrospective<br />
16 Tourisme Névé Tzé<strong>de</strong>k<br />
17 Échos d’Amérique Nouveaux rituels juifs<br />
18-19 Revue <strong>de</strong> presse Les news<br />
20 Association Yad Sarah<br />
21-24 Gros Plan Negba<br />
24-25 Juifs d’ailleurs La tribu <strong>de</strong> Ménaché ou les hébreux du bout du mon<strong>de</strong><br />
> GIL<br />
26-30 Talmud Torah Chabbaton, Simhat Torah, Souccot<br />
31 ABGs Match <strong>de</strong> foot Suisse-Israël<br />
32-33 Du côté du GIL La vie <strong>de</strong> la communauté<br />
34-39 Gil Chêne Nouvelle maison communautaire<br />
40-43 Culture au GIL Activités culturelles<br />
> Culture<br />
45-54 Culture Notre sélection automnale<br />
51 DVD Sélection <strong>de</strong>s sorties en DVD<br />
> Personnalités<br />
55 People Clin d’oeil<br />
56 Le billet <strong>de</strong> F. Buffat Bayreuth: ré<strong>de</strong>mption aux Wagner<br />
58-59 Hommage Véra-Irène Steiner<br />
61-63 Interview Valérie Zenatti<br />
64 Cicad Passage <strong>de</strong> relais à la CICAD<br />
Prochaine parution: Hayom#35 / avril 2010<br />
Délai <strong>de</strong> remise du matériel publicitaire et rédactionnel: 15 février 2010<br />
<strong>Communauté</strong> <strong>Israélite</strong> libérale <strong>de</strong> <strong>Genève</strong> - GIL<br />
12, quai du Seujet - 1201 <strong>Genève</strong>, Tél. 022 732 3245<br />
Fax 022 738 2852, hayom@gil.ch, www.gil.ch<br />
Rédacteur en chef ><br />
Dominique-Alain PELLIZARI dpellizari@sunrise.ch<br />
Responsables <strong>de</strong> l’édition & publicité ><br />
J.-M. BRUNSCHWIG, D.-M. BERNSTEIN<br />
pubhayom@gil.ch<br />
56<br />
Bayreuth:<br />
ré<strong>de</strong>mption aux Wagner<br />
55<br />
People<br />
Courrier <strong>de</strong>s lecteurs ><br />
Vous avez <strong>de</strong>s questions, <strong>de</strong>s remarques, <strong>de</strong>s coups <strong>de</strong> cœur,<br />
<strong>de</strong>s textes à nous faire parvenir?<br />
N’hésitez pas à alimenter nos rubriques en écrivant à:<br />
CILG-GIL - HAYOM - Courrier <strong>de</strong>s lecteurs - 12, quai du Seujet -<br />
1201 <strong>Genève</strong> - hayom@gil.ch<br />
Graphisme mise en page > Transphère agence <strong>de</strong> communication<br />
36 rue <strong>de</strong>s Maraîchers – 1211 <strong>Genève</strong> 8 – Tél. 022 807 27 00<br />
32 Gil Chêne<br />
sommaire<br />
TODAY<br />
HAYOM N°34 – HIVER 2009<br />
7La Haftarah<br />
Le magazine du judaïsme d’aujourd’hui<br />
Hiver 2009/Tirage: 5’000 ex<br />
© Photo couverture: B Garcin Gasser<br />
3 | hayom 34
4 | hayom 34<br />
actualité<br />
> Israël et ses voisins: regards sur les<br />
<strong>de</strong>rniers événements<br />
Iran<br />
L’Agence Internationale <strong>de</strong> l’Energie<br />
Atomique (AIEA) avait proposé le 21<br />
octobre un accord aux termes duquel<br />
l’Iran ferait enrichir à l’étranger son<br />
uranium faiblement enrichi pour obtenir<br />
le combustible <strong>de</strong> son réacteur <strong>de</strong><br />
recherche <strong>de</strong> Téhéran. Les États-Unis,<br />
la France et la Russie avaient accepté ce<br />
projet.<br />
Selon <strong>de</strong>s diplomates occi<strong>de</strong>ntaux,<br />
le projet initial <strong>de</strong> l’AIEA prévoit que<br />
l’Iran livre, d’ici fin 2009, 1’200 <strong>de</strong> ses<br />
1’500 kilos d’uranium faiblement enrichi<br />
(à moins <strong>de</strong> 5 %) pour le faire enrichir<br />
à 19,75 % en Russie, avant que la<br />
France n’en fasse <strong>de</strong>s «cœurs nucléaires»<br />
pour le réacteur <strong>de</strong> recherche <strong>de</strong><br />
Téhéran, qui opère sous surveillance<br />
<strong>de</strong> l’AIEA.<br />
L’Iran refuse d’envoyer son uranium<br />
enrichi à l’étranger en contrepartie <strong>de</strong><br />
la livraison <strong>de</strong> combustible pour son<br />
réacteur <strong>de</strong> recherche <strong>de</strong> Téhéran. Le<br />
prési<strong>de</strong>nt <strong>de</strong> la commission <strong>de</strong>s affaires<br />
étrangères du Parlement l’a récemment<br />
annoncé.<br />
Rapport Goldstone<br />
L’Assemblée générale <strong>de</strong> l’ONU a adopté<br />
à une très large majorité une résolution<br />
donnant trois mois à Israël et aux<br />
Palestiniens pour ouvrir <strong>de</strong>s enquêtes<br />
«crédibles» sur les graves accusations<br />
contenues dans le rapport, selon lesquelles<br />
<strong>de</strong>s «crimes <strong>de</strong> guerre» et <strong>de</strong><br />
«possibles crimes contre l’humanité»<br />
ont été commis lors du conflit <strong>de</strong> Gaza<br />
l’hiver <strong>de</strong>rnier. La résolution, qui «approuve»<br />
le rapport Goldstone, a recueilli<br />
114 voix contre 18, avec 44 abstentions.<br />
Regard sur le détail <strong>de</strong>s votes<br />
<strong>de</strong>s pays européens :<br />
Pour l’adoption du rapport Goldstone:<br />
Irlan<strong>de</strong>, Portugal, Malte, Slovénie,<br />
Chypre, Suisse, Liechtenstein. Contre<br />
le rapport Goldstone: Allemagne, Italie,<br />
Pays-Bas, Pologne, Hongrie, Slovaquie,<br />
République Tchèque. Abstentions:<br />
France, Royaume-Uni, Autriche, Bulgarie,<br />
Danemark, Espagne, Estonie, Finlan<strong>de</strong>,<br />
Grèce, Suè<strong>de</strong>, Roumanie, Luxembourg,<br />
Lituanie, Lettonie, Belgique.<br />
La résolution prévoit que l’Assemblée<br />
fasse le point dans trois mois sur<br />
son application, avec la possibilité <strong>de</strong><br />
«saisir d’autres organes pertinents <strong>de</strong><br />
l’ONU, dont le Conseil <strong>de</strong> sécurité».<br />
En clair, si aucune enquête n’est lancée<br />
sur les événements <strong>de</strong> Gaza par Israël<br />
ou les Palestiniens, elle pourrait <strong>de</strong>man<strong>de</strong>r<br />
au Conseil d’agir. Celui-ci ne<br />
<strong>de</strong>vrait donc pas se saisir formellement<br />
<strong>de</strong> la question avant février 2010. Ni les<br />
États-Unis, ni la Russie, ni les Européens<br />
ne souhaitent que le Conseil<br />
discute <strong>de</strong> cette question. Le rapport<br />
Goldstone recomman<strong>de</strong> la saisie <strong>de</strong> la<br />
Cour pénale internationale (CPI) si Israël<br />
et le mouvement islamiste Hamas,<br />
qui contrôle Gaza, n’effectuent pas <strong>de</strong>s<br />
enquêtes crédibles sur la manière dont<br />
le conflit a été mené. Israël, dont l’offensive<br />
militaire répondait à <strong>de</strong>s tirs<br />
<strong>de</strong> roquettes sur son territoire à partir<br />
<strong>de</strong> Gaza par les militants palestiniens,<br />
juge le rapport Goldstone «inique, saugrenu<br />
et unilatéral» et a rejeté la résolution<br />
<strong>de</strong> l’Assemblée générale.<br />
Mahmoud Abbas annonce son retrait<br />
A l’approche du scrutin qui se tiendra<br />
sur l’initiative <strong>de</strong> Mahmoud Abbas le<br />
24 janvier 2010 en Cisjordanie, en l’absence<br />
d’accord <strong>de</strong> réconciliation avec<br />
le Hamas, le prési<strong>de</strong>nt en exercice <strong>de</strong><br />
l’Autorité palestinienne vient d’indiquer<br />
<strong>de</strong>vant le comité <strong>de</strong> l’OLP qu’il<br />
jette l’éponge. Bluff stratégique ou décision<br />
irrévocable? Dans le collimateur<br />
du Hamas, et déstabilisé en interne par<br />
<strong>de</strong> vives critiques, le prési<strong>de</strong>nt palestinien<br />
raccrocherait les gants au moment<br />
où les injonctions <strong>de</strong> Barack Obama<br />
appelant Israël à geler la colonisation<br />
israélienne sont restées lettre morte,<br />
et où les négociations entre les <strong>de</strong>ux<br />
belligérants sont dans une impasse <strong>de</strong><br />
Mahmoud Abbas<br />
tous les dangers. Plusieurs dirigeants<br />
palestiniens, qui n’envisagent pas les<br />
élections sans le prési<strong>de</strong>nt sortant, ont<br />
aussitôt déclaré qu’ils le pressaient <strong>de</strong><br />
revenir sur sa décision. Le prési<strong>de</strong>nt palestinien,<br />
Mahmoud Abbas, trop faible<br />
politiquement pour se montrer accommodant,<br />
continue à s’arc-bouter sur le<br />
gel <strong>de</strong>s colonies. Lors <strong>de</strong> la réunion <strong>de</strong>s<br />
ministres arabes <strong>de</strong>s Affaires étrangères<br />
à Marrakech, la secrétaire d’État<br />
américaine Hillary Clinton a félicité le<br />
Premier ministre israélien Benyamin<br />
Netanyahou pour avoir limité les activités<br />
<strong>de</strong> colonisation et pour avoir ainsi<br />
permis aux Palestiniens <strong>de</strong> revenir à la<br />
table <strong>de</strong>s négociations.<br />
En public, les ministres arabes ont<br />
fait connaître leur déception <strong>de</strong>vant<br />
le changement <strong>de</strong> ton <strong>de</strong>s États-Unis<br />
qu’ils présentent comme une atteinte<br />
au processus <strong>de</strong> paix, mais rien n’a filtré<br />
<strong>de</strong> ce qu’ils ont dit à Hillary Clinton<br />
en secret lors <strong>de</strong>s réunions à huis clos,<br />
d’autant que la secrétaire d’État améri-<br />
Photo: Ralf Pülmanns VOSER<br />
caine a réitéré sa <strong>de</strong>man<strong>de</strong> préalable, à<br />
savoir que les pays arabes dits modérés<br />
prennent <strong>de</strong>s mesures allant dans le<br />
sens <strong>de</strong> la normalisation avec le gouvernement<br />
israélien actuel.<br />
Interception d’un cargo transportant<br />
<strong>de</strong>s armes d’Iran vers la Syrie.<br />
Le cargo transportant <strong>de</strong>s armes intercepté<br />
par la marine israélienne en Méditerranée<br />
venait d’Iran et se dirigeait<br />
vers la Syrie, a indiqué la radio militaire<br />
israélienne. Selon la radio militaire,<br />
le navire transportait <strong>de</strong>s roquettes<br />
anti-chars ainsi que d’autres types<br />
d’armement apparemment <strong>de</strong>stinés au<br />
Hezbollah chiite libanais.<br />
Liban<br />
Le secrétaire général <strong>de</strong> l’ONU a qualifié<br />
<strong>de</strong> fragile le cessez-le-feu entre le<br />
Liban et Israël. Ban Ki-moon a signalé<br />
<strong>de</strong> nombreux cas <strong>de</strong> violations <strong>de</strong> la résolution<br />
1701 du Conseil <strong>de</strong> Sécurité <strong>de</strong><br />
l’ONU, avant <strong>de</strong> déclarer stable la situa-<br />
tion, dans la région, sous le contrôle <strong>de</strong><br />
la Force intérimaire <strong>de</strong>s Nations Unies<br />
au Sud Liban (FINUL).<br />
Ban Ki-moon<br />
<br />
<strong>Genève</strong>: rue Céard 5<br />
+41 22 311 36 87<br />
Zürich: Grie<strong>de</strong>r<br />
Bahnhofstrasse 30<br />
+41 44 224 37 41<br />
www.danielbenjamin.ch<br />
actualité<br />
Jean-Marc Brunschwig<br />
5 | hayom 34
page du rabbin<br />
L<br />
a tradition juive distingue<br />
<strong>de</strong>ux types <strong>de</strong> conflits armés,<br />
ceux qui sont qualifiés <strong>de</strong> milhémèt<br />
mitzvah ou milhémèt hovah<br />
c’est-à-dire les guerres «obligatoires» car<br />
défensives, ceux appelés milhémèt rechout<br />
c’est-à-dire les guerres offensives et en-<br />
fin les guerres préemptives. Alors que les<br />
premières sont clairement i<strong>de</strong>ntifiables<br />
car elles sont la conséquence d’une déclaration<br />
<strong>de</strong> guerre ou d’une attaque <strong>de</strong> l’ennemi,<br />
les <strong>de</strong>rnières sont beaucoup plus<br />
délicates à définir. La guerre préemptive<br />
est celle qui met à l’abri une population<br />
contre une attaque jugée imminente.<br />
Ceci est affaire d’analyse et <strong>de</strong> jugement,<br />
et l’appréciation varie selon les camps en<br />
présence.<br />
Quel était le type <strong>de</strong> guerre auquel s’apparente<br />
la guerre <strong>de</strong> Gaza? Cette question<br />
est déjà objet <strong>de</strong> débat. De nombreux<br />
observateurs conviennent qu’il s’agissait<br />
d’une milhémèt hovah puisque la population<br />
civile israélienne était la cible <strong>de</strong><br />
nombreux tirs <strong>de</strong> roquettes. Même si leur<br />
trajectoire était imprécise, la cible avait<br />
été clairement i<strong>de</strong>ntifiée. D’autres affir-<br />
> Guerre et paix<br />
Depuis l’opération israélienne à Gaza <strong>de</strong> l’année <strong>de</strong>rnière et surtout <strong>de</strong>puis le rapport<br />
Goldstone, nombreuses furent les prises <strong>de</strong> position. Cet article n’a pas pour but <strong>de</strong> défendre<br />
ni <strong>de</strong> condamner, mais <strong>de</strong> rappeler une référence, celle <strong>de</strong> notre Tradition. En voici<br />
les sources principales.<br />
ment que tel n’est pas le cas, ou au mieux,<br />
qu’il s’agissait dans un premier temps<br />
d’une guerre défensive milhémèt hovah qui<br />
s’est poursuivie par une guerre offensive,<br />
une milhémèt rechout.<br />
Les milhamot rechout, les guerres offensives<br />
ou préemptives peuvent être déclarées<br />
lorsqu’il existe un danger imminent et<br />
patent (Sotah 44b, Erouvin 45a). Au préalable,<br />
toutes les options pacifiques pour<br />
résoudre le conflit doivent être recherchées.<br />
D’autre part, pendant le conflit<br />
armé, les principes moraux fondamentaux<br />
ne doivent pas être enfreints (Maïmoni<strong>de</strong>,<br />
Michné Torah, Melakhim 6.1).<br />
Maïmoni<strong>de</strong> précise également qu’une<br />
telle guerre ne peut être envisagée que<br />
si l’aboutissement du conflit permet <strong>de</strong>s<br />
avancées substantielles vers la paix et le<br />
retour vers une vie paisible pour tous les<br />
habitants <strong>de</strong> la région (i<strong>de</strong>m 6.11)<br />
Notre Tradition insiste sur l’obligation<br />
d’épargner les populations civiles. Cette<br />
exigence découle <strong>de</strong> l’obligation <strong>de</strong> protéger<br />
les personnes innocentes: ne te dérobe<br />
pas <strong>de</strong>vant le sang <strong>de</strong> ton prochain (Lév 19.16).<br />
De ce verset les Co<strong>de</strong>s ont déduit le <strong>de</strong>-<br />
voir <strong>de</strong> protéger les personnes innocentes<br />
poursuivies par <strong>de</strong>s ennemis. Les ennemis<br />
ne sont pas exclusivement les adversaires.<br />
Ils peuvent être les alliés ou les<br />
responsables politiques et militaires <strong>de</strong>s<br />
populations civiles lorsque ces <strong>de</strong>rniers<br />
mettent volontairement <strong>de</strong>s populations<br />
civiles, celle <strong>de</strong> l’«ennemi» comme la<br />
leur, en danger (Sanh 74a, Baba Kama<br />
28a, Choulhan Aroukh, Hochen Michpat<br />
425.1).<br />
Ces lois contraignantes s’appliquent-elles<br />
dans le contexte actuel? A l’heure <strong>de</strong> l’utilisation<br />
<strong>de</strong> moyens <strong>de</strong> <strong>de</strong>struction qui ne<br />
font pas <strong>de</strong> différence entre combattants<br />
et civils, la question doit être posée tant<br />
à ceux qui possè<strong>de</strong>nt <strong>de</strong> telles armes qu’à<br />
ceux qui mettent en danger leur propre<br />
population et/ou désignent comme cibles<br />
<strong>de</strong>s centres urbains.<br />
Le mot <strong>de</strong> la fin appartient à Chemouel<br />
HaNaguid (Espagne, 11ème Siècle):<br />
Au début la guerre est une belle jeune-fille<br />
Que tout le mon<strong>de</strong> cherche à courtiser.<br />
A la fin, elle est une sorcière honnie<br />
Qui n’apporte que larmes et tristesse à ceux qui<br />
la croisent.<br />
Rabbin François Garaï<br />
> La Haftarah<br />
Le Chabbat et les jours <strong>de</strong> Fête, après la lecture <strong>de</strong> la Torah, un extrait du livre<br />
<strong>de</strong>s Prophètes, la <strong>de</strong>uxième partie <strong>de</strong> la Bible, est lu.<br />
oseph Aboudarham (14ème S.)<br />
rapporte une légen<strong>de</strong> selon<br />
laquelle, à l’époque d’Antiochus<br />
IV (milieu du – 2ème J<br />
S),<br />
lorsqu’il était interdit <strong>de</strong> lire la Torah et<br />
<strong>de</strong> l’enseigner, une lecture d’un passage<br />
<strong>de</strong>s Prophètes fut instituée. Pourtant<br />
la véritable origine <strong>de</strong> cette innovation<br />
est inconnue (Encyclopédia judaica<br />
VIII p.199). Selon Buechler (1867-<br />
1939), historien formé aux Séminaires<br />
rabbiniques <strong>de</strong> Budapest et <strong>de</strong> Breslau,<br />
la lecture fut introduite par opposition<br />
aux Samaritains qui contestaient la<br />
canonicité <strong>de</strong>s Prophètes et plus tard,<br />
contre les Sadducéens qui s’opposaient<br />
à toute nouveauté introduite par les<br />
rabbins.<br />
Dans un article du périodique <strong>de</strong>s rabbins<br />
libéraux américains (CCAR Journal<br />
Summer 2009 p.3-17), le rabbin<br />
Paul Gollomb remarque que la lecture<br />
<strong>de</strong> la Haftarah est mentionnée comme<br />
une pratique habituelle au 2 ème S. Ainsi<br />
nous lisons dans la Michnah que la lecture<br />
<strong>de</strong> la Haftarah conclut le service<br />
du Chabbat et <strong>de</strong>s jours <strong>de</strong> Fête (Michnah<br />
Meguillah 4.1). Les Ecritures chrétiennes<br />
corroborent cela (Luc 4.7, Actes<br />
13.15). Le rabbin P. Gollomb ajoute que<br />
si l’affirmation <strong>de</strong> Joseph Aboudarham<br />
était vraie, la raison <strong>de</strong> la lecture <strong>de</strong> la<br />
Haftarah ayant disparu, la pratique<br />
aurait dû disparaître également. Mais<br />
tel ne fut pas le cas puisqu’aujourd’hui<br />
encore nous lisons la Haftarah.<br />
Comment expliquer alors la permanence<br />
<strong>de</strong> cette coutume introduite par<br />
les rabbins?<br />
Il faut remarquer <strong>de</strong>ux points. En premier<br />
lieu, toutes les Haftarot n’ont pas<br />
un thème commun avec la Parachah<br />
du Chabbat correspondant. D’autre<br />
part, les textes ne commencent pas<br />
forcément au début<br />
d’un chapitre ni ne<br />
finissent à la fin du<br />
même chapitre. Certains<br />
contiennent<br />
quelques versets<br />
d’un chapitre pour<br />
se terminer au milieu<br />
du chapitre suivant.<br />
Le rabbin Paul Gollomb<br />
constate que,<br />
par l’ajout d’un passage<br />
<strong>de</strong>s Prophètes à<br />
la lecture <strong>de</strong> la Torah,<br />
les rabbins du<br />
temps <strong>de</strong> la Michnah<br />
voulaient affirmer<br />
la relation directe<br />
entre eux et la Révélation<br />
sur le mont<br />
Sinaï. La Révélation<br />
débutait avec Moïse,<br />
se poursuivait à travers<br />
les Prophètes<br />
judaïsme libéral<br />
et aboutissait aux Sages, c’est-à-dire à<br />
eux-mêmes. C’est pourquoi nous lisons<br />
au début <strong>de</strong>s Pirké Avot (1.1): Moïse reçut<br />
la Torah sur le Mont Sinaï et l’a transmise à<br />
Josué, <strong>de</strong> Josué aux Anciens, <strong>de</strong>s Anciens aux<br />
Prophètes et <strong>de</strong>s Prophètes aux membres <strong>de</strong> la<br />
Gran<strong>de</strong> Assemblée. D’ailleurs, ce sont les<br />
rabbins à qui nous <strong>de</strong>vons l’introduction<br />
<strong>de</strong>s livres prophétiques dans la<br />
Bible. Selon eux, puisque Moïse avait<br />
reçu une révélation <strong>de</strong> la parole divine,<br />
il en fut <strong>de</strong> même pour les Prophètes. Et<br />
comme eux, les rabbins <strong>de</strong> la Michnah<br />
et du Talmud s’affirmèrent être les dépositaires<br />
<strong>de</strong> cette Révélation. De plus,<br />
ces Sages ressentaient une très forte affinité<br />
entre leur message innovateur et<br />
celui <strong>de</strong>s Prophètes. Ils voulurent donner<br />
aux livres prophétiques un statut<br />
presqu’équivalent à celui <strong>de</strong> la Torah.<br />
Et quelle meilleure façon <strong>de</strong> le faire que<br />
d’introduire dans la liturgie synagogale<br />
dont ils étaient les auteurs, et ceci juste<br />
après la lecture <strong>de</strong> la Torah, la lecture<br />
d’un passage <strong>de</strong>s Prophètes. Ils décidèrent<br />
donc du contenu en fonction <strong>de</strong> la<br />
Parachah mais aussi <strong>de</strong>s nécessités du<br />
temps. Un principe les guidait: celui <strong>de</strong><br />
terminer la lecture biblique par <strong>de</strong>s paroles<br />
réconfortantes.<br />
A travers cette introduction dans le rituel,<br />
les rabbins furent donc fidèles à<br />
<strong>de</strong>ux principes: innover et conforter.<br />
6 | hayom 34 7 | hayom 34<br />
Haftara<br />
Antiochus IV<br />
R.F.G.
8 | hayom 34<br />
tradition<br />
> comme Heschel<br />
C’était en mars 1968, lors d’une manifestation contre la guerre du Vietnam qui réunissait les élèves <strong>de</strong> séminaires<br />
chrétiens et d’écoles rabbiniques.<br />
Nous étions plus d’un millier<br />
dans un amphithéâtre bondé.<br />
Sur l’estra<strong>de</strong>, Abraham<br />
Joshua Heschel déclarait:<br />
Dieu a regretté d’avoir envoyé le déluge sur<br />
terre et Il a admis s’être trompé. Le prési<strong>de</strong>nt<br />
<strong>de</strong>s États-Unis ne peut-il pas faire <strong>de</strong> même<br />
et arrêter cette guerre ? Nous perdrons la<br />
face mais nos gar<strong>de</strong>rons notre âme. A lui <strong>de</strong><br />
choisir. Mon choix est fait. Nous restions<br />
silencieux après ces paroles du professeur<br />
d’éthique et <strong>de</strong> spiritualité<br />
juive du Jewish Theological Seminary<br />
(JTS) <strong>de</strong> New York.<br />
Né à Varsovie en 1907, Abraham Joshua<br />
Heschel était le <strong>de</strong>scendant <strong>de</strong><br />
<strong>de</strong>ux illustres rabbins hassidiques:<br />
le Maguid <strong>de</strong> Mezeritch et rabbi Levi<br />
Yitzhak <strong>de</strong> Berditchev. Il avait étudié<br />
dans les Yechivot, à l’université <strong>de</strong><br />
Berlin où il avait obtenu un doctorat<br />
Abraham Heschel<br />
<strong>de</strong> philosophie et à la Hoschule, l’école<br />
rabbinique libérale. Il avait succédé<br />
à Martin Buber à la tête <strong>de</strong> l’organisation<br />
centrale <strong>de</strong> l’éducation juive pour<br />
adultes avant <strong>de</strong> retourner à Varsovie.<br />
Le professeur J. Morgenstern, pressentant<br />
le désastre qui allait s’abattre sur<br />
les Juifs d’Europe, le fit venir à Cincinatti<br />
où il enseigna la philosophie<br />
juive au Hebrew Union College avant<br />
<strong>de</strong> rejoindre le JTS.<br />
Ses écrits permettent <strong>de</strong> mieux comprendre<br />
son engagement.<br />
Il affirmait que les Prophètes enseignaient<br />
que si peu sont coupables, tous<br />
sont responsables. C’est pourquoi il<br />
milita pour l’obtention <strong>de</strong> l’égalité<br />
<strong>de</strong>s droits civiques pour les noirs aux<br />
États-Unis. Il fut un compagnon <strong>de</strong><br />
route du pasteur Martin Luther King.<br />
En mars, accompagné par <strong>de</strong> nombreux<br />
rabbins conservative et reform, il<br />
participa à la marche <strong>de</strong> Selma. Il fit<br />
remarquer que ce jour là, ce n’était pas<br />
une marche <strong>de</strong> protestation mais une prière<br />
<strong>de</strong> protestation et qu’il sentait que ses jambes<br />
priaient. Il milita également en faveur<br />
<strong>de</strong>s Juifs refuzniks <strong>de</strong> l’ex-URSS et<br />
accompagna le rapprochement entre<br />
l’Église et les Juifs.<br />
Pour justifier son engagement, il avait<br />
l’habitu<strong>de</strong> <strong>de</strong> dire : Dieu nous a enjoints<br />
d’aimer notre prochain, c’est donc que nous<br />
en sommes capables. L’amour <strong>de</strong>vait gui<strong>de</strong>r<br />
l’action et non la crainte ou la révolte<br />
car, pour A. J. Heschel, notre Tradition<br />
enseignait que la raison ultime<br />
<strong>de</strong> l’existence était d’être témoins,<br />
c’est-à-dire d’avoir <strong>de</strong> la compassion<br />
pour Dieu, du respect pour l’humain,<br />
d’être sensibles à l’existence juive et à<br />
la présence <strong>de</strong> Dieu. C’est pourquoi il<br />
déclarait: le judaïsme n’est pas une affaire<br />
<strong>de</strong> race ni <strong>de</strong> sang, c’est une expression spirituelle<br />
<strong>de</strong> l’existence. Et il ajoutait: la vie<br />
Abraham Heschel (au centre) aux côtés <strong>de</strong> Martin Luther<br />
King en 1965<br />
spirituelle n’est pas un rêve, elle nécessite une<br />
action constante au sein du mon<strong>de</strong>. D’où<br />
l’importance qu’il accordait à l’accomplissement<br />
<strong>de</strong>s mitzvot et son attachement<br />
au mouvement conservative.<br />
Il disait aussi que la prière est un moment<br />
pendant lequel les intentions <strong>de</strong> Dieu<br />
se reflètent en nous. Mais il ne croyait pas<br />
que le judaïsme était la religion ultime.<br />
Pour lui, aucune religion n’est une île,<br />
c’est-à-dire qu’aucune ne peut exister<br />
hors du mon<strong>de</strong> <strong>de</strong> la rencontre avec<br />
les autres et se prévaloir <strong>de</strong> possé<strong>de</strong>r<br />
la vérité absolue. Dans le même esprit,<br />
il se refusait à lire la Torah <strong>de</strong> façon<br />
littéraliste. Il considérait qu’elle était<br />
un Midrach et, comme toute la tradition<br />
juive, une expression humaine <strong>de</strong><br />
la rencontre avec Dieu.<br />
Il est mort le 23 décembre 1972, dans<br />
la nuit du Chabbat Vayehi / et il vécut.<br />
Le nom <strong>de</strong> ce Chabbat était comme<br />
une allusion à sa pensée et à son engagement<br />
qui aujourd’hui, et certainement<br />
pour <strong>de</strong> nombreuses décennies,<br />
sont une leçon <strong>de</strong> vie pour <strong>de</strong> nombreux<br />
Juifs.<br />
Une <strong>de</strong>rnière phrase <strong>de</strong> A. J. Heschel:<br />
plus que le doute, c’est l’émerveillement qui<br />
est la source <strong>de</strong> toute connaissance.<br />
R.F.G.<br />
QU’EST-CE QUE<br />
L’INDEPENDANCE<br />
D’UNE BANQUE ?<br />
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Grâce à sa structure <strong>de</strong> partenariat, Lombard Odier n’a pas<br />
à rendre <strong>de</strong> comptes à un quelconque actionnariat et peut donc<br />
privilégier une vision à long terme <strong>de</strong> la création <strong>de</strong> valeur<br />
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> Un Blackberry pour tout Siddour<br />
Les Juifs seraient-ils <strong>de</strong> véritables «mordus» <strong>de</strong> nouvelles technologies ? Certainement<br />
si l’on en croit le «tabac» qui fait que plusieurs milliers d’entre eux ont, aux États-Unis,<br />
échangé les traditionnels Siddourim (livres <strong>de</strong> prières) pour un Blackberry <strong>de</strong>rnière génération…<br />
équipé du logiciel «Jewberry» ou, en français, «JuifBerry» !<br />
maginé pour permettre à son utilisateur<br />
<strong>de</strong> réciter les trois prières<br />
journalières, ce logiciel d’un genre<br />
un peu particulier combine textes<br />
en hébreu (Talmud, Guemara,…) et<br />
technologie mo<strong>de</strong>rne. Un must digne<br />
du XXIème I<br />
siècle.<br />
Issus <strong>de</strong> la Yeshiva University <strong>de</strong> New-<br />
York, ses créateurs ne sont pas peu<br />
fiers <strong>de</strong> leur trouvaille. Ainsi, Jonathan<br />
Bennett raconte: «Les Juifs pratiquants<br />
n’ont pas toujours un Siddour à disposition<br />
pour leurs prières. Soit qu’ils<br />
l’oublient, soit qu’il est trop volumineux<br />
pour le mettre dans une poche. A l’inverse,<br />
votre téléphone portable ou votre<br />
Blackberry vous accompagne partout.<br />
D’où l’idée <strong>de</strong> réunir le premier et le second<br />
en une seule et même plate-forme».<br />
Utilisant la technologie GPS, le programme<br />
permettra bientôt <strong>de</strong> créer <strong>de</strong>s<br />
«minyanim», à savoir, <strong>de</strong>s groupes <strong>de</strong><br />
dix personnes nécessaires pour la prière<br />
collective. «Imaginez que vous êtes parti<br />
voir un match <strong>de</strong> foot. L’heure <strong>de</strong> Minha<br />
arrive et vous cherchez à rassembler un<br />
minyam. Vous envoyez un message et<br />
vous entrez en contact avec d’autres Juifs<br />
présents au même moment, au même<br />
endroit. Vous choisissez un lieu et vous<br />
vous y retrouvez pour prier. Simple, rapi<strong>de</strong><br />
et pas besoin d’amener les Siddourim<br />
que, <strong>de</strong> toute façon, vous n’aurez<br />
pas emportés avec vous au sta<strong>de</strong>. Génial,<br />
non?».<br />
Vendu à plusieurs dizaines <strong>de</strong> milliers<br />
d’exemplaires contre une vingtaine<br />
d’euros, le Jewberry ne fait pas<br />
le délice que <strong>de</strong>s jeunes mais aussi <strong>de</strong><br />
personnes plus avancées, en âge et en religion.<br />
A commencer par le prési<strong>de</strong>nt <strong>de</strong><br />
la célèbre Yeshiva américaine, Richard<br />
Joel: «Avec<br />
cet instrument,<br />
je<br />
peux dés<br />
o r m a i s<br />
suivre les<br />
cours <strong>de</strong><br />
la bourse et<br />
faire ma prière<br />
le soir. J’adore!».<br />
Alors, fini les livres <strong>de</strong> prières<br />
traditionnels, les Siddourim <strong>de</strong> «grandpapa<br />
» avec leu rs douces pages impr imées ?<br />
Pas nécessairement, comme le souligne<br />
Jonathan: «Jewberry n’a pas été conçu<br />
pour remplacer le livre, bien entendu.<br />
C’est juste un outil. Et puis, si l’on peut<br />
ainsi donner un peu <strong>de</strong> spiritualité au<br />
Blackberry, pourquoi pas?»<br />
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E<br />
st-il possible <strong>de</strong> redonner<br />
l’usage <strong>de</strong> ses jambes à un<br />
paraplégique? Malheureusement<br />
pas encore mais on peut<br />
faire en sorte qu’il se lève et qu’il marche.<br />
Vous voyez contradiction? Oui et<br />
non puisque, grâce au procédé ReWalk<br />
sorti tout droit <strong>de</strong>s laboratoires d’Argo<br />
Medical Technologies «tout handicapé<br />
<strong>de</strong>s membres inférieurs peut se déplacer<br />
en mettant tout simplement… un<br />
pied <strong>de</strong>vant l’autre!», explique David<br />
Zvielli, directeur Marketing <strong>de</strong> l’entreprise<br />
israélienne.<br />
La métho<strong>de</strong>, révolutionnaire, ne nécessite<br />
pas <strong>de</strong> passer <strong>de</strong> longues heures<br />
sous le bistouri du chirurgien. Juste un<br />
léger entraînement. «Il s’agit d’un appareillage<br />
électronique d’un genre inédit<br />
fonctionnant <strong>de</strong> manière extracorporelle.<br />
Léger, placé le long <strong>de</strong> ses jambes,<br />
cet exosquelette se porte comme un<br />
vêtement. La seule différence est qu’il<br />
s’agit d’un vêtement-robot motorisé.<br />
Ainsi, c’est là la gran<strong>de</strong> nouveauté par<br />
rapport à ce qui se fait partout ailleurs,<br />
ReWalk ne nécessite aucune opération,<br />
pas même pour la pose d’électro<strong>de</strong>s<br />
<strong>de</strong>stinées à stimuler les muscles ou<br />
toute partie du cerveau».<br />
Du coup, après avoir «enfilé» son appareil,<br />
c’est à l’utilisateur lui-même qu’il<br />
revient <strong>de</strong> le faire fonctionner au moyen<br />
d’une télécomman<strong>de</strong> et <strong>de</strong> béquilles.<br />
Une fois enclenché, le mini-moteur entraîne<br />
le système dans les mouvements<br />
désirés.<br />
Deux années <strong>de</strong> travail intensif auront<br />
été nécessaires à Amit Goffer pour la<br />
mise au point du premier prototype <strong>de</strong><br />
ReWalk. Il faut dire que cet ingénieur<br />
au moral d’acier sait <strong>de</strong> quoi il parle.<br />
Invali<strong>de</strong> <strong>de</strong> guerre, il est cloué sur une<br />
chaise roulante <strong>de</strong>puis plus d’une<br />
vingtaine d’années. «Dans les années<br />
suivant ma blessure, j’ai mis toute mon<br />
énergie à tenter <strong>de</strong> remarcher. J’ai fini<br />
par me rendre à l’évi<strong>de</strong>nce que, médicalement,<br />
cela ne se ferait jamais. Pas<br />
pour ma génération en tout cas. C’est<br />
alors que l’idée m’est venue <strong>de</strong> développer<br />
un dispositif capable <strong>de</strong> me redon-<br />
high tech<br />
> ReWalk: remarcher …<br />
et croire aux miracles<br />
Procédé ReWalk<br />
ner au moins la station <strong>de</strong>bout. Une<br />
fois cette étape franchie, il ne restait<br />
plus qu’à le rendre mobile. ReWalk est<br />
né très peu <strong>de</strong> temps après. Je parlais<br />
aux gens les yeux dans les yeux, mais<br />
en plus, je marchais!».<br />
Avec la fin <strong>de</strong>s tests cliniques, c’est<br />
désormais à la commercialisation <strong>de</strong><br />
ReWalk – prévue en 2010 – que se prépare<br />
fébrilement Argo Medical Technologies.<br />
A noter que cette sortie prochaine<br />
sur le marché est d’ores et déjà<br />
considérée comme un événement dans<br />
les milieux spécialisés du handicap<br />
moteur. Mais pas uniquement. «Les<br />
mé<strong>de</strong>cins sont eux aussi très intéressés<br />
par un appareil qui, en plus <strong>de</strong> rendre<br />
<strong>de</strong> la mobilité à leurs patients, leur procure<br />
un réel soulagement au niveau<br />
<strong>de</strong>s poumons compressés par la position<br />
assise prolongée», souligne David<br />
Zvielli.<br />
Qui a dit qu’en Israël, pour ne pas croire<br />
aux miracles, il fallait être fou?<br />
Y.S.<br />
11 | hayom 34
israël israël<br />
> «In of Africa»<br />
Israël est <strong>de</strong> retour en Afrique. Et cela ne doit rien au hasard. A l’heure où l’Iran s’implante tous les jours un peu plus<br />
sur le continent noir, l’État juif tente <strong>de</strong> relancer <strong>de</strong>s amitiés quelque peu délaissées. Tout particulièrement avec <strong>de</strong>s<br />
pays qui, s’ils sont encore et toujours en voie <strong>de</strong> développement, revêtent une gran<strong>de</strong> importance sur les plans stratégique,<br />
politique et économique. Une opération séduction couronnée d’un certain succès.<br />
C’<br />
est à la fin <strong>de</strong>s années 50<br />
qu’Israël ouvrait sa première<br />
représentation diplomatique<br />
en Afrique. Il était<br />
alors question pour le jeune État <strong>de</strong> faire<br />
revivre la légendaire alliance entre la<br />
Reine <strong>de</strong> Sabba et le Roi Salomon tout<br />
en poussant le continent vers <strong>de</strong>s collaborations<br />
et <strong>de</strong>s développements mutuels<br />
bien compris. Tumultueuses par<br />
essence, ces relations allaient connaître<br />
<strong>de</strong>s creux et <strong>de</strong>s vagues successifs<br />
jusqu’à re<strong>de</strong>venir «excellentes», aux<br />
dires du Ministère <strong>de</strong>s affaires étrangères,<br />
à Jérusalem.<br />
Golda Meir fut l’une <strong>de</strong>s premières à<br />
imaginer un rapprochement avec <strong>de</strong>s<br />
peuples qui, elle se plaisait à le dire,<br />
s’étaient «comme nous, affranchis du<br />
joug <strong>de</strong>s colonisateurs après avoir été<br />
réduits en esclavage». Le fait <strong>de</strong> <strong>de</strong>voir<br />
mettre en valeur une terre ingrate, ici<br />
comme là-bas, ne faisait que rajouter<br />
à son idée d’une communauté <strong>de</strong> <strong>de</strong>stin.<br />
D’où la mise sur pied <strong>de</strong> vastes programmes<br />
<strong>de</strong> formation <strong>de</strong> cadres africains<br />
au sein <strong>de</strong>s différents ministères<br />
israéliens, <strong>de</strong> l’agriculture à la défense<br />
en passant par ceux <strong>de</strong> l’industrie et<br />
<strong>de</strong>s communications.<br />
Ai<strong>de</strong>r au développement <strong>de</strong> l’Afrique<br />
répondait alors à une logique économi-<br />
que et militaire autant que morale. Renforcée<br />
par l’hostilité sincère <strong>de</strong> l’État<br />
juif vis-à-vis du régime <strong>de</strong> l’apartheid,<br />
cette logique eut pour conséquence<br />
première le soutien d’une trentaine <strong>de</strong><br />
pays africains lors <strong>de</strong> différents votes à<br />
l’ONU jusqu’à la fin <strong>de</strong>s années 60. La<br />
guerre froi<strong>de</strong> battait son plein, et Israël<br />
tentait <strong>de</strong> briser son isolement dans les<br />
instances internationales.<br />
Déjà amorcée au len<strong>de</strong>main <strong>de</strong> la guerre<br />
<strong>de</strong>s Six Jours, en 1967, la rupture avec Israël<br />
allait être définitivement consommée<br />
dès la guerre <strong>de</strong> Kippour, en 1973.<br />
Dépendants du pétrole arabe, nombre<br />
<strong>de</strong> partenaires africains coupaient<br />
alors bruyamment leurs relations avec<br />
celui qui avait «osé» traverser le canal<br />
<strong>de</strong> Suez et permis à son armée <strong>de</strong> poser<br />
le pied sur sa rive «africaine».<br />
Alors, «Out of Africa»? Pas vraiment<br />
puisque, à en croire les spécialistes,<br />
une pério<strong>de</strong> largement plus faste que<br />
la précé<strong>de</strong>nte allait s’ouvrir entre les<br />
anciens alliés: échanges commerciaux<br />
«officieux» multipliés par trois par<br />
rapport à la pério<strong>de</strong> précé<strong>de</strong>nte et forte<br />
expansion <strong>de</strong> l’assistance militaire.<br />
Il faudra attendre 1978 et les accords<br />
<strong>de</strong> Camp David pour voir peu à peu les<br />
pays africains renouer <strong>de</strong>s relations au<br />
grand jour avec l’État hébreu. Mais le<br />
charme semblait être rompu et, accords<br />
d’Oslo aidant, c’est vers l’Occi<strong>de</strong>nt –<br />
l’Europe, les États-Unis, les pays <strong>de</strong><br />
l’ex-URSS – que Jérusalem avait décidé<br />
<strong>de</strong> porter exclusivement ses regards.<br />
Jusqu’à ces <strong>de</strong>rniers mois.<br />
Initié par le ministre <strong>de</strong>s affaires étrangères<br />
dont la récente tournée a été qualifiée<br />
<strong>de</strong> «franc succès», le retour d’Israël<br />
sur la scène africaine ne fait désormais<br />
plus aucun doute. Et ce, au grand dam<br />
du lea<strong>de</strong>r libyen, prési<strong>de</strong>nt en exercice<br />
<strong>de</strong> l’Union africaine, Mouammar Kadhafi.<br />
Si cette embellie <strong>de</strong>s relations entre les<br />
pays africains et Israël repose sur <strong>de</strong><br />
forts intérêts économiques – bénéficier<br />
d’une expertise mondialement reconnue<br />
pour les premiers et recentrer les<br />
marchés <strong>de</strong> son secteur privé pour le second<br />
– la présence d’Avigdor Liberman<br />
sur le continent répond également à la<br />
volonté clairement affichée d’y contrer<br />
l’Iran. «Il n’est un secret pour personne<br />
que Téhéran cherche par tous les<br />
moyens à étendre son influence partout<br />
où elle le peut. Il nous faut éviter <strong>de</strong> lui<br />
laisser le champ libre en renforçant<br />
nos liens avec les pays amis. La bataille<br />
contre le nucléaire iranien passe aussi<br />
par là». Dont acte.<br />
D. K.<br />
> Une voix pour rien<br />
Sagement assis, le visage sombre, concentré, l’homme attendait que le prési<strong>de</strong>nt <strong>de</strong> séance lui donne la parole. Il était<br />
venu livrer, pour UN Watch, un témoignage: celui <strong>de</strong> son expérience.<br />
C<br />
e n’était certes pas la première<br />
fois que le Colonel Richard<br />
Kemp prenait part à <strong>de</strong>s débats<br />
<strong>de</strong> la Commission <strong>de</strong>s<br />
Droits <strong>de</strong> l’Homme <strong>de</strong> l’ONU, à <strong>Genève</strong>.<br />
C’était bien la seule pourtant où ses<br />
mots allaient peser si lourd dans la balance.<br />
Car, <strong>de</strong> son intervention,<br />
et <strong>de</strong> bien d’autres, allait<br />
dépendre l’adoption, ou<br />
non, du Rapport Goldstone<br />
soupçonnant Israël<br />
<strong>de</strong> crimes <strong>de</strong> guerre.<br />
Ce fut enfin son tour <strong>de</strong><br />
parler.<br />
«Je suis l’ancien commandant<br />
<strong>de</strong>s Forces Britanniques en Afghanistan.<br />
J’ai servi dans les rangs <strong>de</strong>s forces<br />
<strong>de</strong> l’OTAN et celles <strong>de</strong>s Nations Unies,<br />
exercé divers comman<strong>de</strong>ments militaires,<br />
en Irlan<strong>de</strong> du Nord, Bosnie et Macédoine<br />
et participé à la Guerre du Golfe.<br />
J’ai passé beaucoup <strong>de</strong> temps en Irak<br />
<strong>de</strong>puis l’invasion <strong>de</strong> 2003, et pris part<br />
à la lutte antiterroriste internationale<br />
pour le compte du Comité conjoint du<br />
Renseignement du Gouvernement anglais.<br />
Ainsi, et sur la base <strong>de</strong> mes connaissances<br />
et <strong>de</strong> mon expérience, je puis dire<br />
ceci: au cours <strong>de</strong> l’Opération «Coulée<br />
<strong>de</strong> Plomb», l’armée <strong>de</strong> défense d’Israël<br />
[Tzahal, ndlr] a fait davantage pour la<br />
sauvegar<strong>de</strong> <strong>de</strong>s droits <strong>de</strong>s civils en zone<br />
<strong>de</strong> combat que toute autre armée dans<br />
l’histoire <strong>de</strong>s guerres.<br />
Israël l’a fait alors qu’elle affrontait un<br />
ennemi plaçant délibérément ses forces<br />
militaires <strong>de</strong>rrière une population civile<br />
utilisée comme bouclier humain.<br />
Le Hamas, comme le Hezbollah, sont<br />
experts dans l’art <strong>de</strong> dicter aux médias<br />
ce qu’ils doivent rapporter. L’un comme<br />
l’autre sont toujours prêts à accuser les<br />
soldats israéliens <strong>de</strong> crimes <strong>de</strong> guerre.<br />
Ils excellent à mettre en scène et à déformer<br />
le moindre inci<strong>de</strong>nt.<br />
L’armée <strong>de</strong> défense d’Israël est confrontée<br />
à un défi auquel les forces britanniques<br />
n’ont jamais eu à faire face, ou pas<br />
à un tel <strong>de</strong>gré. Le préjugé, automatique,<br />
pavlovien, qui veut que les soldats <strong>de</strong><br />
l’armée <strong>de</strong> défense d’Israël ont nécessairement<br />
tort et qu’ils violent les<br />
droits <strong>de</strong> l’homme est commun<br />
aux médias internationaux<br />
et à <strong>de</strong> nombreuses organisations<br />
humanitaires.<br />
La vérité est tout autre. De<br />
fait, l’armée <strong>de</strong> défense d’Israël<br />
a mis en œuvre <strong>de</strong>s mesures<br />
extraordinaires afin <strong>de</strong><br />
prévenir les civils <strong>de</strong> Gaza <strong>de</strong>s zones<br />
qu’elle prenait pour cibles. Elle l’a fait à<br />
travers <strong>de</strong>ux millions <strong>de</strong> tracts largués<br />
et plus <strong>de</strong> 100 000 appels téléphoniques.<br />
De nombreuses missions susceptibles<br />
<strong>de</strong> neutraliser les capacités militaires<br />
du Hamas ont été suspendues<br />
afin d’éviter <strong>de</strong>s pertes civiles.<br />
Durant le conflit, l’armée <strong>de</strong> défense<br />
d’Israël a autorisé l’entrée dans Gaza<br />
d’énormes quantités d’ai<strong>de</strong> humani-<br />
taire. Fournir une telle ai<strong>de</strong>, au risque<br />
<strong>de</strong> la voir tomber aux mains <strong>de</strong> votre<br />
ennemi, est tout à fait impensable pour<br />
n’importe quel expert en stratégie militaire.<br />
L’armée <strong>de</strong> défense d’Israël a<br />
pourtant pris ce risque.<br />
En dépit <strong>de</strong> tout, <strong>de</strong>s civils innocents<br />
ont été tués. La guerre est chaos et les<br />
erreurs, multiples. Des erreurs ont été<br />
commises par les Anglais, les Américains<br />
et bien d’autres armées, en Afghanistan<br />
et en Irak; beaucoup d’entre<br />
elles peuvent être imputées au facteur<br />
humain. Mais les erreurs ne sont pas<br />
<strong>de</strong>s crimes <strong>de</strong> guerre.<br />
Plus que tout autre facteur, les pertes<br />
civiles enregistrées durant le conflit <strong>de</strong><br />
Gaza sont la conséquence <strong>de</strong> la manière<br />
<strong>de</strong> combattre du Hamas qui a délibérément<br />
choisi <strong>de</strong> sacrifier <strong>de</strong>s civils.<br />
Israël n’avait d’autre choix que <strong>de</strong> défendre<br />
sa population, et empêcher le<br />
Hamas <strong>de</strong> l’attaquer à la roquette.<br />
Alors, je le redis: l’armée <strong>de</strong> défense<br />
d’Israël a fait plus pour sauvegar<strong>de</strong>r<br />
<strong>de</strong>s droits <strong>de</strong>s civils en zone <strong>de</strong> combat<br />
que toute autre armée dans l’histoire<br />
<strong>de</strong>s guerres».<br />
Cette édifiante déposition, rares sont<br />
les médias qui en feront mention. Nul<br />
article <strong>de</strong> journal, nul reportage <strong>de</strong> télévision<br />
ou <strong>de</strong> radio ne viendra en effet<br />
troubler le ronron si rassurant <strong>de</strong><br />
la mise en accusation d’Israël. Pour la<br />
presse en effet, la messe est dite, et ce<br />
<strong>de</strong>puis le début. Tzahal est coupable, et<br />
rien ni personne n’y changera quoi que<br />
ce soit. Circulez, y’a rien à voir!<br />
De cette voix courageuse il ne restera<br />
rien. Le fameux «rapport», lui, sera<br />
adopté à l’unanimité.<br />
Y.S.<br />
13 | hayom 34
événements événements<br />
> Rétrospective<br />
Quand les violons chantent<br />
Un concert exceptionnel était organisé, jeudi 15 octobre 2009, par les Amis Suisses <strong>de</strong> Keshet Eilon Music Center à la Gran<strong>de</strong><br />
Salle du Conservatoire <strong>de</strong> Musique, en présence notamment <strong>de</strong> M. l’Ambassa<strong>de</strong>ur d’Israël en Suisse et <strong>de</strong> son épouse.<br />
Les jeunes solistes <strong>de</strong> Keshet Eilon, Francesca Dego, Edouard Mätzener, Eurydice Vernay et Iskandar Widjaja, ont raconté,<br />
par l’entremise <strong>de</strong> leur violon, <strong>de</strong> belles histoires empruntant les sentiers élevés <strong>de</strong> l’âme. Les virtuoses <strong>de</strong> cette école patronnée<br />
par Schlom Mintz étaient accompagnés par les membres du corps enseignant: Ani Schnarch (violon), Professeur<br />
au Royal College of Music <strong>de</strong> Londres, Petr Jirikovsky, (piano) ainsi que Daniel Grosgurin, Professeur à la Haute École <strong>de</strong><br />
Musique <strong>de</strong> <strong>Genève</strong> (violoncelle).<br />
Ce spectacle grandiose, au bénéfice <strong>de</strong> Keshet Eilon, était dédié au projet Daniel Pearl World Music Days.<br />
L’Initiative anti-minarets engendre<br />
le débat<br />
Le 4 novembre 2009, la Licra et le Temps organisaient un débat entre<br />
Mme Brunschwig-Graf, Conseillère nationale et M. Freysinger,<br />
Conseiller national, concernant l’initiative anti-minarets.<br />
La salle comble <strong>de</strong> l’Uni Dufour, était en quelque sorte scindée<br />
en trois: ceux qui étaient pour, ceux qui étaient contre (en font<br />
partie la Licra et la CICAD appelant les communautés juives <strong>de</strong><br />
Suisse à voter contre) et ceux venus s’informer, comme le résumait<br />
M. Pierre Weiss, député au Grand Conseil.<br />
Selon M. Freysinger, les minarets, symbole <strong>de</strong> conquête, engendrent<br />
chez certains une peur: celle <strong>de</strong> voir une religion prendre<br />
le <strong>de</strong>ssus. La crainte du communautarisme, perçu comme une<br />
menace pour la civilisation, a également été évoquée.<br />
Pour contrebalancer ces propos,<br />
Martine Brunschwig-Graf a rappelé:<br />
«Nous vivons dans un État <strong>de</strong><br />
droit. Nos lois permettent d’éviter<br />
les dérapages. Il ne faut pas stigmatiser<br />
une population et la désigner<br />
comme potentiellement dangereuse.<br />
La peur empêche <strong>de</strong> vivre<br />
ensemble».<br />
«Cinéma Tous Écrans» honore le cinéma israélien<br />
Kaïtana 2009 et KKL:<br />
«Israël et l’eau»<br />
La Kaïtana du Clocheton<br />
s’est, cette année, mobilisée<br />
en faveur du KKL à travers<br />
le thème choisi pour<br />
sa session 2009: «Israël et<br />
l’eau».<br />
Sensibilisés aux problèmes<br />
<strong>de</strong> l’écologie à travers<br />
une série d’activités ludiques, les enfants présents ont<br />
découvert les efforts entrepris par le Fonds National<br />
Juif dans la préservation <strong>de</strong>s réserves en eau d’Israël.<br />
C’est Viviane Bernstein qui, en passant auprès <strong>de</strong>s différents<br />
groupes d’âges, <strong>de</strong>vait expliquer l’importance<br />
<strong>de</strong> cette mission pour ce petit pays durement touché<br />
par la sècheresse.<br />
Last but not least, les bénéfices <strong>de</strong> la kermesse du désormais<br />
célèbre Centre Aéré genevois étaient intégralement<br />
reversés en faveur du projet NOAM du KKL<br />
pour la création d’un parc <strong>de</strong> jeux à Sdérot. L’une <strong>de</strong><br />
ses représentantes, Lida Lavi, était présente pour remercier<br />
Alexandra, les enfants et leurs parents pour<br />
leur contribution.<br />
«Mon film n’est pas là pour faire sensation ou pour pointer du doigt une communauté. C’est un film<br />
intime qui n’a pas la prétention d’apporter <strong>de</strong>s réponses mais bel et bien <strong>de</strong> poser <strong>de</strong>s questions», affirmait<br />
le 5 novembre <strong>de</strong>rnier le réalisateur israélien Haim Tabakman. Le cinéaste était venu présenter<br />
son film Eyes Wi<strong>de</strong> Open, en avant-première au cinéma Les Scala, dans le cadre du Festival Cinéma<br />
Tous Écrans.<br />
Le public genevois, honoré par la présence <strong>de</strong> M. Ilan Elgar, Ambassa<strong>de</strong>ur d’Israël en Suisse, a ainsi<br />
pu découvrir en primeur un film d’exception relatant une histoire d’amour interdite au sein <strong>de</strong> la<br />
communauté juive orthodoxe <strong>de</strong> Méa Shéarim. Les spectateurs ont pu pénétrer au cœur <strong>de</strong>s petites<br />
ruelles ocre jaune, investissant, par la même occasion, l’univers intense <strong>de</strong> l’étu<strong>de</strong> et <strong>de</strong> la prière, traité<br />
toujours avec un profond respect.<br />
Remarqué au <strong>de</strong>rnier festival <strong>de</strong> Cannes, Eyes Wi<strong>de</strong> Open affirme le talent d’un jeune cinéaste qui participe<br />
au renouveau du cinéma israélien actuel.<br />
Piaget: vente privée au profit du GIL<br />
Jeudi 29 octobre 2009, le soleil avait ren<strong>de</strong>z-vous avec les étoiles qui brillaient dans <strong>de</strong>s écrins <strong>de</strong> verre, <strong>de</strong> la manufacture<br />
Piaget, à Plan-les-Ouates. De pures merveilles étaient proposées à <strong>de</strong>s prix exceptionnels, dans le cadre d’une vente privée au<br />
profit du GIL.<br />
Beauté et créativité se sont imposées aux regards <strong>de</strong>s visiteurs, éblouis tantôt par l’éclat <strong>de</strong>s pierres précieuses où la lumière<br />
s’engouffre, tantôt par les créations exaltant la beauté féminine, inspirées par la musique, l’amour, mais aussi les fleurs...<br />
Derrière chaque montre et chaque bijou, ce sont <strong>de</strong>s mois <strong>de</strong> travail impliquant une équipe <strong>de</strong> 350 collaborateurs. Car chez<br />
Piaget, la machine n’a pas supplanté l’homme et sa <strong>de</strong>xtérité. Un savoir-faire qui fait la différence et qui n’a pas <strong>de</strong> prix.<br />
Ian Massera fait revivre Elvis<br />
«Dans la musique, il y a eu un avant et un après Elvis Presley» – John Lennon.<br />
Membre du GIL et personnage haut en couleurs, Ian Massera est reconnu aujourd’hui comme l’un <strong>de</strong>s meilleurs<br />
imitateurs d’Elvis Presley. Il a créé son Elvis Tribute Show à la fin <strong>de</strong>s années 80 et a fondé à l’époque le groupe The King<br />
Memories, véritable ossature musicale <strong>de</strong> sa future formation.<br />
Après toute une série <strong>de</strong> concerts donnés en Europe, Ian a été sélectionné pour participer à la convention internationale<br />
<strong>de</strong>s imitateurs d’Elvis (E.P.I.I.A) qui s’était déroulée à Chicago, en juin 90. Parmi une centaine <strong>de</strong> concurrents,<br />
Ian a été élu le «Meilleur Imitateur du King 90». La chaîne américaine ABC lui a alors consacré un reportage <strong>de</strong> trente<br />
minutes diffusé le 11 juin, une diffusion qui s’est propagée en Europe un peu plus tard.<br />
En août 90, Ian a été engagé pour se produire à Memphis, ville du King et haut lieu <strong>de</strong><br />
pèlerinage pour tous les fans d’Elvis. C’est lors <strong>de</strong> ce concert que D.J. Fontana, le légendaire<br />
batteur d’Elvis Presley, a été littéralement «soufflé» par la prestation du<br />
«petit Suisse» et lui a proposé <strong>de</strong> l’accompagner lors d’un grand show<br />
à Nyon donné le 16 novembre <strong>de</strong> la même année.<br />
En juin 92, Ian a participé pour la secon<strong>de</strong> fois à Las Vegas à la convention<br />
E.P.I.I.A et a remporté la victoire une nouvelle fois. Puis à partir <strong>de</strong> 1996 et afin<br />
<strong>de</strong> se rapprocher encore plus <strong>de</strong> la réalité <strong>de</strong>s shows du King, Ian a ajouté à la<br />
section rythmique le grand orchestre <strong>de</strong> Alain Della Maestra (cuivres, violons,<br />
piano, percussions…) et une section <strong>de</strong> 6 choristes, soit une trentaine<br />
d’artistes sur scène.<br />
Ces <strong>de</strong>rnières années, Ian a reconstitué sur scène le légendaire show <strong>de</strong><br />
Hawaï, le show Vegas 76, le Come Back 68… Il s’est notamment produit avec<br />
ses spectacles à Lyon, Londres, Paris, Zürich et <strong>Genève</strong>.<br />
Aujourd’hui, un autre show mythique d’Elvis Presley est programmé sur<br />
scène: The Madison Square Gar<strong>de</strong>n. Concert unique que le roi du rock<br />
n’roll avait donné à New York en 72. Durant <strong>de</strong>ux heures, Ian Massera<br />
endosse le costume du King. Il fait revivre le «frisson Elvis» avec<br />
sa voix extraordinaire et ses musiciens.<br />
Ren<strong>de</strong>z-vous donc à <strong>Genève</strong>, au Théâtre du Léman,<br />
le mercredi 9 décembre 2009 à 20h30<br />
E.A. & D.Z.<br />
14 | hayom 34 15 | hayom 34<br />
© S. Sananes
tourisme<br />
> Névé Tzé<strong>de</strong>k: le petit village au centre <strong>de</strong> Tel-Aviv > Nouveaux rituels juifs<br />
Niché entre Tel-Aviv et Jaffa, Névé Tzé<strong>de</strong>k, « Oasis <strong>de</strong> Justice », s’apparente dans sa forme au fameux village gaulois<br />
qui a fait la fortune du couple artistique Goscinny et U<strong>de</strong>rzo. Les Gaulois et les Romains en moins. Si l’on est capable<br />
<strong>de</strong> prendre du recul, force est <strong>de</strong> constater qu’il s’agit bel et bien d’une enclave toute singulière, figée dans son éclat<br />
et encerclée par la gran<strong>de</strong> et majestueuse Tel-Aviv.<br />
L<br />
e petit village, injustement délaissé<br />
il y a 25 ans, est <strong>de</strong>venu<br />
aujourd’hui l’un <strong>de</strong>s lieux sacrés<br />
d’Israël que s’arrachent presque<br />
tous les acquéreurs immobiliers. Mais<br />
Névé Tzé<strong>de</strong>k frappe avant tout par son<br />
caractère: un subtil mélange d’authenticité<br />
et <strong>de</strong> mo<strong>de</strong>rnité au prestigieux pas-<br />
sé. Un lieu qui dégage une atmosphère<br />
exceptionnelle, perdu au cœur du temps<br />
et <strong>de</strong> la foule citadine. Une contrée isolée<br />
que l’on arpente le cœur léger et les yeux<br />
écarquillés.<br />
Véritable pouls <strong>de</strong> la vie intellectuelle,<br />
culturelle et artistique d’Israël, il est le<br />
symbole d’un mo<strong>de</strong> <strong>de</strong> vie tout particulier<br />
où règne une ambiance in<strong>de</strong>scriptible<br />
avec <strong>de</strong>s faux airs d’ici et d’ailleurs.<br />
Construit en 1887 – et donc 22 ans avant<br />
Tel-Aviv – il abrite, au détour <strong>de</strong> ses petites<br />
ruelles sinueuses et arborées, <strong>de</strong> nombreux<br />
magasins d’artisanat, d’orfèvrerie<br />
et <strong>de</strong> poterie, <strong>de</strong>s musées, <strong>de</strong>s galeries<br />
d’art, <strong>de</strong>s cafés et <strong>de</strong>s restaurants branchés.<br />
Et c’est cela qui fait toute sa perfection<br />
et sa beauté.<br />
Là, on peut à la fois remonter le temps<br />
et l’histoire au gré <strong>de</strong>s flâneries tout en<br />
admirant les prouesses architecturales<br />
contemporaines. On se plaît à déambuler<br />
dans les rues pittoresques <strong>de</strong> ce quartier<br />
qui joue la carte <strong>de</strong> la diversité. On lèche<br />
les vitrines avec gourmandise, on admire<br />
les bibelots, les œuvres d’art et tous ces<br />
objets qui font la fierté d’Israël.<br />
Mais Névé Tzé<strong>de</strong>k, «le village en ville», a<br />
aussi hébergé sur sa terre <strong>de</strong>s noms illustres<br />
et, restant fidèle à son style d’antan<br />
mais toujours soucieux <strong>de</strong> préserver son<br />
âme authentique, il attire une population<br />
à la fois branchée et raffinée, sophistiquée<br />
et simple. Ce sont ces contrastes<br />
parfaitement harmonieux qui font <strong>de</strong><br />
cette bourga<strong>de</strong> la place où il fait bon se<br />
promener. Et dont il est impossible <strong>de</strong> ne<br />
pas fouler le sol…<br />
D.-A. P.<br />
Le judaïsme possè<strong>de</strong> <strong>de</strong>s rituels pour toutes les occasions <strong>de</strong> la vie – naissance,<br />
guérison, nouvelle maison – qu’il s’agisse d’une bénédiction à prononcer<br />
ou d’un geste à accomplir, seul ou en communauté.<br />
Pourtant, certaines occasions,<br />
qui ne s’étaient pas présentées<br />
aux rabbins du Talmud,<br />
n’ont pas <strong>de</strong> rituel<br />
Synagogue<br />
propre, comme l’adoption, la<br />
fertilisation in vitro, la transplantation<br />
d’organe – autant <strong>de</strong><br />
moments forts que nous voulons<br />
marquer par un rite juif.<br />
Ces nouvelles situations sont<br />
nées du progrès <strong>de</strong> la science<br />
et <strong>de</strong>s technologies, <strong>de</strong>s revendications<br />
féministes et<br />
<strong>de</strong> nouvelles donnes sociales.<br />
Parallèlement, dans une<br />
société qui ne prend plus le<br />
temps d’apprécier le présent,<br />
reconnaître la beauté <strong>de</strong> la<br />
Création, exprimer sa reconnaissance<br />
à Dieu, ou marquer<br />
un passage important reste un<br />
rituel nécessaire. Un rituel est<br />
un acte ou une séquence qui<br />
possè<strong>de</strong> une forte signification<br />
symbolique pour celui qui l’accomplit.<br />
Inscrit dans le temps, le<br />
rituel est aussi la répétition et l’actualisation<br />
d’une pratique ancienne. Le judaïsme<br />
en a tout un répertoire: mettre<br />
un tallit, <strong>de</strong>scendre dans le mikveh, dire<br />
le motzi, et la bénédiction la plus polyvalente<br />
<strong>de</strong> toutes, celle <strong>de</strong> la nouveauté,<br />
le chéhéhéyanou, récitée lors <strong>de</strong> tout «nouveau»<br />
moment reconnu comme tel.<br />
Mais cette bénédiction générique n’était<br />
Tablier <strong>de</strong> ménagère<br />
avec <strong>de</strong>s tzitzits<br />
pas suffisante pour nombre <strong>de</strong> Juifs<br />
mo<strong>de</strong>rnes, qui, placés <strong>de</strong>vant une<br />
situation inédite, ont créé <strong>de</strong><br />
nouveaux rituels inspirés <strong>de</strong><br />
la tradition mais adaptés à la<br />
nouveauté. C’est ainsi qu’en<br />
1996, Marcia Falk publie son<br />
Book of Blessing, un pavé qui réunit<br />
<strong>de</strong>s centaines <strong>de</strong> bénédictions<br />
en hébreu et en anglais<br />
pour faire le <strong>de</strong>uil d’une fausse-couche<br />
ou d’un avortement,<br />
pour célébrer la naissance<br />
d’une fille, ou inclure Myriam<br />
dans le Sé<strong>de</strong>r. Dans la même<br />
veine féministe et égalitaire,<br />
<strong>de</strong>s sites Internet tels que<br />
www.ritualwell.com offrent<br />
un lieu – littéralement, un<br />
puits – où l’on peut <strong>de</strong>man<strong>de</strong>r<br />
conseil pour marquer rituellement<br />
un événement ou décrire<br />
un rituel que l’on a soi-même<br />
créé ou pratiqué.<br />
L’anthropologue Vanessa Ochs<br />
a analysé le processus <strong>de</strong> «réinvention»<br />
(puisque les rituels ne sortent<br />
pas d’un chapeau, ils sont inspirés par<br />
la tradition). Dans New Jewish Rituals, elle<br />
décrit un mariage juif entre <strong>de</strong>ux hommes<br />
(avec ketouba, verre brisé et houppa),<br />
l’acquisition par une communauté d’un<br />
Séfer Torah sauvé <strong>de</strong> la Shoah, ou les<br />
bené-mitzvot pour adultes. Cet hiver, le<br />
Musée juif <strong>de</strong> New York va encore plus<br />
échos d’amérique<br />
à Evanston <strong>de</strong>s architectes Ross Barney<br />
loin, en présentant l’exposition Reinventing<br />
Ritual, qui explore la contribution <strong>de</strong><br />
l’art contemporain à la pratique juive.<br />
En considérant le judaïsme comme un<br />
processus et l’art comme un midrach, un<br />
commentaire sur le judaïsme, les créations<br />
exposées retournent à la signification<br />
essentielle du rituel, la mettent en<br />
question et la réinterprètent à la lumière<br />
<strong>de</strong> situations contemporaines. C’est ainsi<br />
que Rachel Kanter revisite les rôles traditionnels<br />
dans son «Fringed Garment»<br />
(Vêtement à franges», 2005), qui est un<br />
tablier <strong>de</strong> ménagère avec <strong>de</strong>s tzitzits, lui<br />
permettant <strong>de</strong> concilier ses obligations<br />
<strong>de</strong> mère et <strong>de</strong> juive pratiquante. Les architectes<br />
Ross Barney ont répondu à <strong>de</strong>s<br />
impératifs écologiques en réalisant en<br />
2008 une synagogue à Evanston, dans<br />
l’Illinois, qui utilise <strong>de</strong>s matériaux recyclés,<br />
<strong>de</strong> l’énergie renouvelable et d’autres<br />
éléments écologiques illustrant la valeur<br />
juive <strong>de</strong> tikkoun olam, («réparer le<br />
mon<strong>de</strong>»). Citons encore le plat <strong>de</strong> Sé<strong>de</strong>r<br />
qui ressemble à une nappe en <strong>de</strong>ntelles,<br />
transformant toute la table en plateau<br />
<strong>de</strong> fête, les tefillin végétariens en similicuir,<br />
la mezouza en forme <strong>de</strong> clou et la<br />
coupe <strong>de</strong> kiddouch en <strong>de</strong>ux moitiés réunies<br />
en une lors d’un mariage.<br />
Souvent, ces objets ont le mérite <strong>de</strong> remplir<br />
un besoin, <strong>de</strong> briser une routine<br />
ennuyeuse, ou d’encourager la pratique<br />
religieuse par le biais d’une esthétique,<br />
d’un <strong>de</strong>sign ou d’une idée attirante.<br />
Parfois aussi, on se <strong>de</strong>man<strong>de</strong> si ces objets<br />
d’art peuvent vraiment être utilisés<br />
comme objets rituels ou si, trop intellectuels<br />
ou mal pratiques, ils ne sont pas<br />
condamnés à rester, statiques, dans <strong>de</strong>s<br />
vitrines <strong>de</strong> musée.<br />
Brigitte Sion<br />
17 | hayom 34
18 | hayom 34<br />
revue <strong>de</strong> presse revue <strong>de</strong> presse<br />
> Les news<br />
Bénéfice net<br />
Qui l’eût cru? L’un <strong>de</strong>s<br />
grands gagnants du bras<br />
<strong>de</strong> fer opposant les autorités<br />
fédérales américaines<br />
à la Confédération<br />
autour du secret bancaire<br />
pourrait bien être…Israël.<br />
De fait, les doubles<br />
nationaux, israéliens et<br />
américains, détenteurs<br />
d’un compte en Suisse<br />
<strong>de</strong>vront sous peu en déclarer<br />
le contenu auprès<br />
du fisc <strong>de</strong> l’État juif.<br />
Selon les experts, l’opération<br />
<strong>de</strong>vrait, dès cette<br />
année, faire rentrer plusieurs<br />
centaines <strong>de</strong> millions <strong>de</strong> shekels dans les caisses du<br />
Trésor. Un bénéfice tout ce qu’il y a <strong>de</strong> plus net.<br />
Anti-virus<br />
On le sait, Israël occupe<br />
une place <strong>de</strong> choix<br />
dans le petit mon<strong>de</strong><br />
<strong>de</strong> l’informatique. La<br />
mise au point du nouvel<br />
antivirus gratuit<br />
<strong>de</strong> Microsoft Windows ne fait pas exception. Développé au centre<br />
<strong>de</strong> R&D <strong>de</strong> Microsoft d’Herzliya Pituach, en banlieue <strong>de</strong> Tel-Aviv, le<br />
nouveau logiciel a nécessité le travail <strong>de</strong> plusieurs dizaines <strong>de</strong> programmeurs.<br />
Selon Shai Kariv, Chef <strong>de</strong> Produit, ce travail «prouve<br />
une fois <strong>de</strong> plus la qualité <strong>de</strong> nos équipes et la place <strong>de</strong> notre pays<br />
sur l’échiquier mondial <strong>de</strong> la haute technologie».<br />
Reconnaissance<br />
C’est désormais officiel: l’Organisation Mondiale <strong>de</strong> la Propriété<br />
Intellectuelle (OMPI) reconnait Israël comme un centre international<br />
<strong>de</strong> recherche et d’examen<br />
<strong>de</strong>s brevets d’invention. Cette<br />
reconnaissance internationale,<br />
longtemps attendue par l’État juif,<br />
place ce <strong>de</strong>rnier au sein d’une short<br />
list <strong>de</strong> 15 pays lea<strong>de</strong>rs dans la promotion<br />
<strong>de</strong> projets technologiques<br />
<strong>de</strong> premier plan.<br />
Ils sont partout<br />
La théorie du complot fait<br />
toujours recette. D’entre<br />
tous, le «vaste projet juif<br />
visant à la domination <strong>de</strong> l’ensemble <strong>de</strong> la planète» est certainement<br />
celui qui fonctionne le mieux. De l’accusation<br />
<strong>de</strong> déici<strong>de</strong> aux attentats du 11 septembre en passant par le<br />
Protocole <strong>de</strong>s Sages <strong>de</strong> Sion, les contempteurs <strong>de</strong>s fils d’Abraham<br />
n’ont pas manqué. Dernier en date le prési<strong>de</strong>nt déchu du<br />
Honduras, Manuel Zelaya, qui soutient mordicus qu’Israël a<br />
apporté sa contribution au putsch militaire et à son exil forcé.<br />
Puisqu’on vous dit qu’ils sont partout!<br />
Hermès<br />
La société israélienne Elbit Industries a annoncé<br />
la réussite <strong>de</strong>s essais du <strong>de</strong>rnier né <strong>de</strong> ses drones,<br />
l’Hermès 90. Avec son moteur à huile lour<strong>de</strong>, l’engin<br />
est capable d’être ravitaillé en carburant <strong>de</strong>puis<br />
une plate-forme<br />
maritime, d’y être<br />
lancé et d’y atterrir.<br />
Doté d’un<br />
rayon d’action<br />
d’une centaine<br />
<strong>de</strong> kilomètres et<br />
d’une autonomie<br />
<strong>de</strong> vol <strong>de</strong> plus <strong>de</strong><br />
15 heures, l’appareil<br />
représente un<br />
atout unique en<br />
son genre pour<br />
toute force navale<br />
en opération.<br />
Le co<strong>de</strong> a changé<br />
Devant les critiques dont fait l’objet Tzahal – et seulement Tzahal (!) – dans sa lutte contre<br />
le terrorisme, <strong>de</strong>s voix s’élèvent en Israël pour adapter le co<strong>de</strong> éthique du soldat israélien<br />
en vigueur jusqu’à présent. C’est le cas du Général Amos Yadlin, chef <strong>de</strong>s renseignements<br />
militaires, l’AMAN. Ce <strong>de</strong>rnier rappelle que la guerre a un co<strong>de</strong>, et que l’apparition récente<br />
<strong>de</strong> la guerre asymétrique l’a rendu obsolète en biens <strong>de</strong>s cas. «Les combats qu’elle nous<br />
impose se situent au milieu <strong>de</strong> populations civiles. Nous avons donc besoin d’inventer <strong>de</strong><br />
nouvelle règles, une nouvelle réponse légale. Nous y travaillons».<br />
Tsunami?<br />
La possibilité <strong>de</strong> voir un tsunami dévaster les côtes israéliennes dans les années à<br />
venir est une hypothèse tout à fait réaliste. Pour les experts, <strong>de</strong>s mesures doivent<br />
être prises au plus vite afin d’éviter le pire. Surprenant? Pas tant que cela quand<br />
on sait que la Méditerranée représente la secon<strong>de</strong> partie du mon<strong>de</strong> où ce genre <strong>de</strong><br />
phénomène a été, au cours <strong>de</strong> l’Histoire, le plus souvent observé. Dov Rosen, directeur<br />
du département <strong>de</strong> géologie marine <strong>de</strong> l’Institut <strong>de</strong>s étu<strong>de</strong>s marines <strong>de</strong> Tel-<br />
Aviv: «Les <strong>de</strong>rnières étu<strong>de</strong>s vont toutes dans<br />
ce sens. De plus, cette zone a vu se produire<br />
une lame <strong>de</strong> fond <strong>de</strong> faible intensité tous les<br />
100 ans; une autre d’intensité moyenne tous<br />
les 200 ans et enfin, une déferlante <strong>de</strong>structrice<br />
tous les 1000 ans. Statistiquement, nous<br />
nous rapprochons dangereusement <strong>de</strong> cette<br />
échéance».<br />
Suivez mon regard<br />
Tandis que les gran<strong>de</strong>s puissances<br />
tentent <strong>de</strong> freiner l’Iran, Tzahal<br />
continue ses préparatifs en<br />
cas d’échec <strong>de</strong>s pourparlers. L’une<br />
<strong>de</strong>s armes les plus redoutables à<br />
sa disposition? Cinq sous-marins<br />
<strong>de</strong> classe Dolphin I et II tout droit<br />
sortis <strong>de</strong>s chantiers navals <strong>de</strong> Kiel,<br />
en Allemagne. À l’instar <strong>de</strong>s avions <strong>de</strong> chasse ma<strong>de</strong> in US, ceux-ci auraient subi<br />
<strong>de</strong> nombreuses transformations et accueilli <strong>de</strong>s systèmes <strong>de</strong> combat uniques au<br />
mon<strong>de</strong>, tous issus <strong>de</strong> l’industrie militaire israélienne. Selon la presse étrangère,<br />
ces submersibles quasiment indétectables et équipés <strong>de</strong> missiles nucléaires donneraient<br />
à l’État juif une capacité <strong>de</strong> secon<strong>de</strong> frappe <strong>de</strong>structrice en cas d’attaque<br />
<strong>de</strong> son territoire. Suivez mon regard.<br />
CleanTech<br />
Ah, le Kurdistan!<br />
Selon un récent sondage effectué au<br />
Kurdistan, plus <strong>de</strong> 87% (!) <strong>de</strong>s citoyens<br />
<strong>de</strong> cette zone autonome située au nord<br />
<strong>de</strong> l’Irak se sont déclarés favorable à<br />
l’instauration <strong>de</strong> relations diplomatiques<br />
avec Israël. Ainsi, pour la majorité<br />
<strong>de</strong>s sondés, les <strong>de</strong>ux pays partagent les<br />
mêmes valeurs démocratiques et aspirent<br />
aux mêmes rêves. Tous se sont déclarés<br />
conscients <strong>de</strong>s bénéfices stratégiques,<br />
économiques et technologiques<br />
que leur pays retirerait d’une alliance<br />
avec l’État juif. À noter que les résultats<br />
<strong>de</strong> cette étu<strong>de</strong> contredisent la position<br />
officielle du gouvernement kur<strong>de</strong>.<br />
Selon la liste établie par The Guardian et le groupe CleanTech, Israël, avec 5 <strong>de</strong> ses entreprises<br />
agissant dans le domaine <strong>de</strong>s technologies « propres », se place en quatrième place (sur<br />
cent) au hit para<strong>de</strong> <strong>de</strong>s sociétés mondiales les plus performantes en la matière. Seul nominé<br />
pour le Moyen-Orient, l’État juif est ainsi présent dans cette prestigieuse classification<br />
grâce à AqWise (traitement <strong>de</strong> l’eau), Solel (énergie solaire), IQ Winds (énergie éolienne),<br />
EnStorage (stockage <strong>de</strong> l’énergie) et, en outsi<strong>de</strong>r car inscrit sous bannière américaine, Better<br />
Place (véhicule électrique).<br />
Y. S. / D. Z.<br />
19 | hayom 34
association gros plan<br />
> Yad Sarah > Negba<br />
A vous, lecteurs, nous vous proposons <strong>de</strong> découvrir l’œuvre <strong>de</strong> Yad Sarah en suivant le gui<strong>de</strong> à travers une visite <strong>de</strong><br />
son plus grand centre à Jérusalem. Ren<strong>de</strong>z-vous au Boulevard Herzl 124, Jérusalem, 96187 Israël…<br />
N<br />
ous voici <strong>de</strong>vant le siège<br />
principal <strong>de</strong> Yad Sarah,<br />
composé <strong>de</strong> 104 succursales.<br />
Mais vous êtes <strong>de</strong>vant<br />
la plus importante. Après avoir passé<br />
la sécurité s’ouvre le hall d’entrée où<br />
<strong>de</strong>s standardistes accueillent toute la<br />
journée <strong>de</strong>s personnes venues <strong>de</strong> tous<br />
les horizons afin <strong>de</strong> leur prêter gratuitement,<br />
selon leur besoin, du matériel<br />
médical. Celui-ci est en stock, soigneusement<br />
contrôlé et préparé par d’autres<br />
bénévoles et parfois même par <strong>de</strong>s retraités<br />
avi<strong>de</strong>s d’ai<strong>de</strong>r et <strong>de</strong> participer à<br />
la vie active et sociale.<br />
Un peu plus loin, vous rencontrez <strong>de</strong>s<br />
jeunes filles qui font leur service civil<br />
en offrant leur ai<strong>de</strong> au secteur <strong>de</strong>s alarmes<br />
<strong>de</strong> secours. Elles téléphonent et<br />
répon<strong>de</strong>nt calmement 24 heures sur 24<br />
à ces milliers d’abonnés qui se sentent<br />
seuls ou en danger. N’oublions pas <strong>de</strong><br />
passer par la petite boutique remplie<br />
<strong>de</strong> ca<strong>de</strong>aux à offrir, confectionnés par<br />
<strong>de</strong>s personnes handicapées utilisant le<br />
centre <strong>de</strong> réhabilitation.<br />
Volontaire<br />
Nous prenons maintenant l’ascenseur<br />
qui nous permet <strong>de</strong> visiter les six étages<br />
<strong>de</strong> la Tour <strong>de</strong> l’espoir comme on appelle ce<br />
bourdonnant édifice. Chaque service<br />
est tenu par <strong>de</strong>s bénévoles qui donnent<br />
régulièrement <strong>de</strong> leurs compétences<br />
professionnelles et <strong>de</strong> leur temps.<br />
Vous découvrez la médiathèque, qui<br />
offre une panoplie d’informations sur<br />
toute maladie qui pourrait toucher un<br />
membre d’une famille, un «salon <strong>de</strong>s<br />
inventions», avec <strong>de</strong>s ustensiles spécialement<br />
crées pour faciliter l’autonomie<br />
<strong>de</strong> personnes handicapées ou<br />
diminuées temporairement dans leur<br />
activité. Force est <strong>de</strong> constater que vous<br />
êtes impressionnés par «la place <strong>de</strong><br />
jeu» aménagée pour les enfants présentant<br />
<strong>de</strong>s besoins spécifiques. Des professionnels<br />
passent du temps avec eux,<br />
donnent <strong>de</strong>s conseils et offrent ainsi<br />
un soutien à toute la famille.<br />
Et si un jour une belle occasion se présente<br />
pour une personne invali<strong>de</strong>, invitée<br />
à une fête, un chauffeur bénévole<br />
viendra la chercher pour l’y amener<br />
dans ses plus beaux habits!<br />
Yad Sarah offre également un service<br />
<strong>de</strong> soutien légal aux personnes âgées et<br />
possè<strong>de</strong> une clinique <strong>de</strong>ntaire gériatrique<br />
qui peut également se déplacer à<br />
domicile.<br />
Après cette courte visite qui se doit <strong>de</strong><br />
faire fonctionner votre imagination,<br />
nous espérons que vous avez pu connaî-<br />
tre davantage l’œuvre <strong>de</strong> Yad Sarah en<br />
Israël et que vous êtes touchés par ce<br />
qu’elle offre à plus <strong>de</strong> 400’000 personnes<br />
chaque année en faisant économiser<br />
plus <strong>de</strong> 300 millions <strong>de</strong> dollars au<br />
gouvernement.<br />
Et même si nous sommes loin d’eux<br />
nous pouvons leur tendre la main…<br />
Elise Campiche<br />
AMIS SUISSES DE YAD SARAH –<br />
SECTION GENÈVE<br />
20 av. Dumas 1206 <strong>Genève</strong><br />
Tel: 022 321 23 59 et 022 734 80 26<br />
CCP 10-773075-9 www.yadsarah.ch<br />
L<br />
es enfants vivant dans <strong>de</strong>s<br />
conditions matérielles précaires,<br />
dans <strong>de</strong>s milieux frappés<br />
par la drogue, l’alcool ou la<br />
violence, ont peu <strong>de</strong> chances d’échapper,<br />
en grandissant, à la misère et à la<br />
délinquance. C’est pourquoi l’association<br />
Negba s’est fixé pour but <strong>de</strong> leur<br />
fournir quotidiennement, après l’école,<br />
dans un cadre protégé et dans une ambiance<br />
familiale, le soutien indispensable<br />
pour qu’ils réussissent dans la vie…<br />
Association israélienne à but non lucratif<br />
soutenue par les pouvoirs publics,<br />
Negba a été fondée en 2006. Depuis,<br />
Negba a déjà ouvert cinq Maisons<br />
<strong>de</strong> l’Espérance à Beer-Sheva et Sdérot<br />
qui accueillent au total cent cinquante<br />
enfants. Negba est au service <strong>de</strong> tous<br />
les citoyens d’Israël, sans distinction<br />
d’origine, <strong>de</strong> milieu ou <strong>de</strong> pratique religieuse.<br />
Elle est totalement indépendante<br />
et libre d’influences…<br />
Quelques années avant la fondation<br />
<strong>de</strong> Negba, un groupe d’amis, Israéliens<br />
d’origine française, avaient décidé<br />
d’unir leurs compétences afin d’œuvrer<br />
en faveur <strong>de</strong> l’enfance en péril en<br />
Israël. Leur première entreprise fut la<br />
création d’un centre d’accueil à Beit<br />
Shemesh. Ce centre s’appuyait sur une<br />
organisation locale et accueillait plus<br />
<strong>de</strong> cent enfants. Après ce premier succès,<br />
ils décidèrent <strong>de</strong> mettre en place<br />
«Qui sauve la vie d’un enfant, sauve un mon<strong>de</strong> entier»<br />
Traité Sanhedrin, chapitre 4, mishna 5.<br />
une structure <strong>de</strong> plus gran<strong>de</strong> envergure<br />
qui œuvrerait dans une <strong>de</strong>s régions les<br />
plus défavorisées d’Israël: le Néguev.<br />
En partenariat avec «Beit Moriah» et<br />
les «Cigognes», ils ont créé l’association<br />
Negba.<br />
En septembre 2006 Negba a ouvert la<br />
première Maison <strong>de</strong> l’Espérance à Beer-<br />
Sheva. De quinze enfants pris en charge<br />
le premier mois, Negba a accueilli<br />
cent cinquante-cinq enfants en 2008-<br />
2009, dans cinq Maisons à Beer-Sheva<br />
et à Sdérot. Aux activités <strong>de</strong>s Maisons<br />
se sont ajoutés les centres aérés <strong>de</strong>s<br />
vacances d’été et un service <strong>de</strong> soutien<br />
aux familles.<br />
Implantation géographique<br />
A Beer-Sheva, les Maisons <strong>de</strong> Negba<br />
sont situées dans les quartiers Gimel et<br />
Dalet, connus pour le très faible niveau<br />
socio-économique <strong>de</strong> leurs résidants, le<br />
taux élevé <strong>de</strong> chômage et <strong>de</strong> délinquan-<br />
ce. Créés dans les années 50 afin <strong>de</strong> loger<br />
les immigrants d’Afrique du Nord,<br />
ils ont été progressivement désertés<br />
par ceux qui avaient réussi à améliorer<br />
leur niveau <strong>de</strong> vie pour être repeuplés<br />
dans les années 80 par <strong>de</strong> nouveaux<br />
immigrants originaires <strong>de</strong> l’ex-URSS<br />
et d’Éthiopie. A Sdérot, en bordure <strong>de</strong><br />
la ban<strong>de</strong> <strong>de</strong> Gaza, la population vit <strong>de</strong>puis<br />
plusieurs années sous la menace<br />
constante <strong>de</strong>s tirs <strong>de</strong> roquettes. Beaucoup<br />
d’enfants ont dû vivre cloîtrés <strong>de</strong>s<br />
jours entiers dans les abris et ils en res-<br />
tent extrêmement perturbés. A Beer-<br />
Sheva comme à Sdérot, Negba travaille<br />
en collaboration étroite avec les services<br />
sociaux <strong>de</strong>s municipalités. En effet,<br />
ce sont eux qui adressent à Negba les<br />
enfants en péril i<strong>de</strong>ntifiés dans le cadre<br />
scolaire.<br />
Leur raison d’être: l’enfance en péril<br />
Les statistiques officielles indiquent<br />
que 14 % <strong>de</strong>s enfants israéliens <strong>de</strong><br />
moins <strong>de</strong> 18 ans sont considérés comme<br />
<strong>de</strong>s enfants en péril. Seuls 8% sont<br />
assistés par les services sociaux (Sources:<br />
ministère <strong>de</strong>s Affaires sociales et Myers-JDC-<br />
Brookdale Institute).<br />
Ces enfants sont généralement issus <strong>de</strong><br />
familles incapables d’assumer leurs <strong>de</strong>voirs<br />
parentaux: parents toxicomanes<br />
ou alcooliques, comportements violents,<br />
familles en détresse économique<br />
grave, foyers éclatés et instables... Environ<br />
7 à 8% <strong>de</strong>s familles israéliennes<br />
vivent dans ces situations extrêmes. Or<br />
il se trouve que près <strong>de</strong> 70% <strong>de</strong> la population<br />
carcérale du pays est issue <strong>de</strong><br />
familles frappées par la délinquance,<br />
la violence ou la toxicomanie.<br />
suite page 23<br />
20 | hayom 34 21 | hayom 34
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Le dépistage <strong>de</strong> ces enfants se fait très<br />
tôt. Au plus jeune âge, ils présentent<br />
souvent <strong>de</strong>s troubles du comportement,<br />
<strong>de</strong>s difficultés relationnelles et<br />
<strong>de</strong>s signes d’inadaptation sociale. Dès<br />
les premières classes du primaire, ils<br />
peinent à maîtriser les mécanismes<br />
élémentaires <strong>de</strong> la lecture, <strong>de</strong> l’écriture<br />
et du calcul. Presque tous sont affligés<br />
<strong>de</strong> mauvais résultats scolaires. Plus ils<br />
accumulent <strong>de</strong> retard, plus ils per<strong>de</strong>nt<br />
le goût <strong>de</strong>s étu<strong>de</strong>s. Bientôt l’école n’est<br />
plus qu’une contrainte à laquelle ils ne<br />
peuvent se plier, le lieu où se manifeste<br />
leur incompétence.<br />
Les enfants en péril doivent être pris<br />
en charge quand il en est encore temps,<br />
dès le cours préparatoire. Ils ont<br />
d’abord besoin <strong>de</strong> protection, <strong>de</strong> soins<br />
et <strong>de</strong> chaleur. Mais ils méritent aussi<br />
<strong>de</strong> recevoir une éducation qui prend en<br />
compte leurs difficultés personnelles,<br />
sans jamais sacrifier l’ambition d’en<br />
faire <strong>de</strong> brillants élèves. Il suffit <strong>de</strong> leur<br />
donner l’envie d’y aspirer, et les moyens<br />
d’y parvenir.<br />
L’association Negba a choisi d’œuvrer<br />
dans une <strong>de</strong>s régions les plus faibles<br />
d’Israël du point <strong>de</strong> vue socio-économique:<br />
le Néguev. Elle intervient là où<br />
les services sociaux <strong>de</strong>s municipalités<br />
ne peuvent agir avec toute l’efficacité<br />
nécessaire, faute <strong>de</strong> budgets. En collaboration<br />
avec les assistantes sociales<br />
<strong>de</strong>s quartiers défavorisés <strong>de</strong>s villes <strong>de</strong><br />
Beer-Sheva et Sdérot, Negba prend en<br />
charge les enfants les plus menacés.<br />
L’ambition <strong>de</strong> Negba est <strong>de</strong> continuer<br />
à étendre son activité <strong>de</strong> manière régulière,<br />
pour ai<strong>de</strong>r <strong>de</strong> plus en plus d’enfants<br />
en péril.<br />
Les ressources<br />
Les sources <strong>de</strong> financement <strong>de</strong> Negba<br />
se répartissent comme suit:<br />
> Dons privés et subventions d’entreprises<br />
industrielles ou commerciales.<br />
> Subventions <strong>de</strong>s pouvoirs publics<br />
(ministères ou municipalités). Cette<br />
participation varie suivant les emplacements<br />
<strong>de</strong>s maisons. Elle n’est généralement<br />
accordée qu’à partir <strong>de</strong> la secon<strong>de</strong><br />
année <strong>de</strong> fonctionnement d’une<br />
maison.<br />
> Participation symbolique <strong>de</strong>s familles,<br />
qui apportent au total moins<br />
<strong>de</strong> 1 % <strong>de</strong>s budgets.<br />
> Des subventions <strong>de</strong> fondations israéliennes<br />
ou internationales dédiées<br />
à la protection <strong>de</strong> l’enfance et à l’éducation<br />
sont en cours <strong>de</strong> discussion pour<br />
l’exercice 2010.<br />
A ce jour, Negba ne connaît ni déficit<br />
budgétaire, ni <strong>de</strong>tte, ni emprunt. Ses<br />
activités sont intégralement financées.<br />
Toute nouvelle contribution vise donc<br />
à accroître les capacités d’accueil en<br />
augmentant le nombre d’enfants pris<br />
en charge chaque année par Negba.<br />
L’expérience montre que les enfants<br />
accueillis par Negba s’épanouissent<br />
dès les premières semaines, tant sur<br />
le plan scolaire que sur le plan social.<br />
Malheureusement, les moyens dont<br />
Negba dispose sont <strong>de</strong> loin inférieurs<br />
aux besoins: à Beer-Sheva, la municipalité<br />
estime à <strong>de</strong>ux mille le nombre<br />
gros plan<br />
d’enfants nécessitant une prise en<br />
charge urgente.<br />
Les réalisations<br />
Maisons <strong>de</strong> l’Espérance<br />
Centres d’accueil <strong>de</strong> Negba <strong>de</strong>stinés aux<br />
enfants <strong>de</strong> six à douze ans. Les centres<br />
fonctionnent l’après-midi, après l’école.<br />
Ils offrent un large éventail d’activités<br />
éducatives, sportives et culturelles.<br />
Club <strong>de</strong> l’Espérance<br />
Centres d’accueil <strong>de</strong>stinés aux jeunes<br />
<strong>de</strong> treize à dix-huit ans. L’ambition <strong>de</strong><br />
Negba est <strong>de</strong> continuer la prise en charge<br />
<strong>de</strong>s enfants jusqu’au baccalauréat.<br />
Le premier club d’adolescents ouvrira<br />
ses portes en septembre 2009.<br />
Centre aéré d’été<br />
Centre <strong>de</strong> vacances <strong>de</strong>stinés aux enfants<br />
du primaire, ouvert pendant le<br />
mois <strong>de</strong> juillet. Negba propose un cadre<br />
<strong>de</strong> loisirs organisés à <strong>de</strong>s enfants<br />
qui, autrement, seraient soumis à l’influence<br />
<strong>de</strong> la rue.<br />
Fondation <strong>de</strong> l’Espérance<br />
Organisation <strong>de</strong> soutien aux familles.<br />
Negba a créé la «Fondation <strong>de</strong> l’Espérance»<br />
pour tenter d’améliorer le sort<br />
<strong>de</strong>s familles dont elle accueille les enfants.<br />
En collaboration avec les services<br />
sociaux municipaux, Negba propose<br />
différents types <strong>de</strong> soutien tels qu’ai<strong>de</strong><br />
psychologique, ai<strong>de</strong> financière ou formation<br />
professionnelle.<br />
Les Projets…<br />
Negba travaille à l’ouverture en 2010 <strong>de</strong>:<br />
> Une Maison à Meitar dédiée à la mémoire<br />
<strong>de</strong> Daniel Trocmé, qui dirigea<br />
<strong>de</strong>ux foyers d’enfants juifs au Chambon-sur-Lignon<br />
pendant la secon<strong>de</strong><br />
guerre mondiale. Arrêté en 1943 avec<br />
dix-huit enfants lors <strong>de</strong> la rafle à «La<br />
Maison <strong>de</strong>s Roches», Daniel Trocmé<br />
est mort en déportation à Maïdanek.<br />
> Une Maison pour <strong>de</strong>s enfants <strong>de</strong><br />
la communauté bédouine au village<br />
d’Abou Krina, situé dans le désert du<br />
Néguev à vingt kilomètres <strong>de</strong> Beer<br />
Sheva, en collaboration avec le conseil<br />
régional Abou Basma.<br />
suite page 24<br />
23 | hayom 34
gros plan<br />
> Trois autres Maisons à Beer-Sheva.<br />
L’objectif <strong>de</strong> Negba est d’atteindre quatre<br />
cents enfants d’ici la fin 2010.<br />
L’actualité<br />
Depuis septembre 2009, les enfants ont<br />
repris leurs activités scolaires et parascolaires.<br />
Les cinq Maisons <strong>de</strong> l’Espérance ont<br />
ouvert leurs portes et la rentrée s’est<br />
très bien déroulée. Les enfants ont reçu<br />
<strong>de</strong>s cartables et <strong>de</strong>s fournitures scolaires,<br />
ainsi que <strong>de</strong>s vêtements pour bien<br />
commencer leur année.<br />
Negba a entrepris la réalisation <strong>de</strong><br />
nombreux projets qui sont en train <strong>de</strong><br />
connaître un heureux développement:<br />
la maison <strong>de</strong> Sdérot s’agrandit et accueille<br />
désormais quinze enfants <strong>de</strong><br />
plus; Negba a ouvert le premier «Club<br />
pour Adolescents» qui accompagnera<br />
les enfants <strong>de</strong> 12 à 18 ans, <strong>de</strong>puis leur<br />
sortie <strong>de</strong>s Maisons <strong>de</strong> l’Espérance à la<br />
fin <strong>de</strong> l’école primaire, jusqu’au baccalauréat.<br />
juifs d’ailleurs<br />
Le Ministère <strong>de</strong>s Affaires<br />
Sociales a sollicité l’association<br />
pour ai<strong>de</strong>r une association<br />
<strong>de</strong> Bédouins à créer<br />
dans le Néguev <strong>de</strong>s Maisons<br />
sur le modèle <strong>de</strong>s leurs. Les<br />
Bédouins, citoyens israéliens à<br />
part entière, remplissent en gran<strong>de</strong><br />
majorité leurs obligations militaires.<br />
De nouvelles maisons sont en projet<br />
pour cette nouvelle année mais la municipalité<br />
<strong>de</strong> Beer Sheva n’a plus <strong>de</strong> locaux<br />
disponibles à proposer.<br />
L’association <strong>de</strong>vra donc soit installer<br />
<strong>de</strong>s bâtiments préfabriqués sur <strong>de</strong>s terrains<br />
viabilisés que la mairie propose <strong>de</strong><br />
mettre à notre disposition, soit acheter<br />
<strong>de</strong>s villas à rénover, afin d’accueillir le<br />
plus rapi<strong>de</strong>ment possible près <strong>de</strong> 200 enfants<br />
en liste d’attente.<br />
D. K.<br />
Pour ai<strong>de</strong>r l’association…<br />
Il n’y a pas <strong>de</strong> meilleur investissement que d’assurer l’avenir d’un enfant<br />
Negba recherche <strong>de</strong> nouveaux financements pour pouvoir accueillir <strong>de</strong> nouveaux enfants.<br />
Chacun peut participer à l’œuvre <strong>de</strong> Negba.<br />
Chaque contribution financière se traduit immédiatement en ai<strong>de</strong> concrète.<br />
www.negba.org<br />
> La tribu <strong>de</strong> Ménaché<br />
ou les Hébreux du bout du mon<strong>de</strong><br />
Lors <strong>de</strong> la <strong>de</strong>rnière journée <strong>de</strong> la Culture juive, le Rabbin Marc Kujawsky s’est déplacé d’Israël pour nous éclairer <strong>de</strong><br />
ses lumières. Dans ses bagages, il avait un petit trésor qu’il n’a pu partager qu’avec quelques proches: un <strong>de</strong> ses<br />
documentaires, commandé par une gran<strong>de</strong> chaine <strong>de</strong> télé française, sur un sujet à la fois intriguant et émouvant. En<br />
voici quelques bribes en exclusivité.<br />
Manipur<br />
Qui sont les Bené-Ménaché? Le<br />
Rabbin Elihahou Avihaïl a<br />
consacré sa vie entière à cette<br />
question! «Lorsque j’étais enseignant<br />
dans un collège talmudique,<br />
j’avais invité un conférencier à propos<br />
<strong>de</strong>s dix tribus perdues d’Israël. Désireux<br />
d’en savoir plus, j’ai commencé<br />
mes recherches dans la Bible et dans<br />
d’autres sources juives... Ensuite, j’ai<br />
enseigné le sujet jusqu’en 1961. Treize<br />
ans plus tard, le Rav Tsvi Yehouda<br />
Kook m’a <strong>de</strong>mandé pourquoi je ne faisais<br />
rien sur le terrain! Je lui ai répondu<br />
Manipur<br />
que c’était très dur <strong>de</strong> lancer, seul, un<br />
tel projet. Il m’a dit: «Tu peux le faire!».<br />
Il a écrit <strong>de</strong> nombreuses lettres et c’est<br />
ainsi que tout a commencé.<br />
Destin et histoire <strong>de</strong>s tribus<br />
Les Bené-Ménaché sont l’une <strong>de</strong>s dix<br />
tribus d’Israël exilées 135 ans avant<br />
la <strong>de</strong>struction du premier Temple. Le<br />
schisme entre Judah et Israël démarra<br />
à la fin du règne du roi Jéroboam. Une<br />
guerre fratrici<strong>de</strong> entre les <strong>de</strong>ux royaumes<br />
coûta la vie à un <strong>de</strong>mi million <strong>de</strong><br />
Juifs! A cette époque, les dix tribus<br />
continuèrent à rési<strong>de</strong>r en Israël, mais<br />
à l’arrivée <strong>de</strong>s Assyriens, elles furent<br />
chassées, en trois étapes <strong>de</strong> huit années<br />
chacune. Ces tribus ne savaient pas où<br />
l’exil les conduirait. Dans la Bible, il<br />
est simplement rapporté: «Au <strong>de</strong>là du<br />
fleuve». D’après le texte, on peut comprendre<br />
qu’elles prirent le chemin <strong>de</strong> la<br />
soie, au <strong>de</strong>là <strong>de</strong> l’Himalaya, pour arriver,<br />
entre autres, dans les contrées <strong>de</strong><br />
Manipur et Misora.<br />
Déjà, il y a 90 ans, les missionnaires<br />
chrétiens furent stupéfaits <strong>de</strong> découvrir,<br />
dans cette région isolée du globe,<br />
une population initiée à la Bible, vivant<br />
d’après ses préceptes. Après tous<br />
ces siècles, le peuple découvert n’avait<br />
rien perdu <strong>de</strong> ses traditions, avec pour<br />
seule mémoire historique et spirituelle<br />
<strong>de</strong>s chants ancestraux clamant l’amour<br />
<strong>de</strong> Jérusalem!<br />
Trois ans après la fondation <strong>de</strong> l’État<br />
d’Israël, le Premier ministre <strong>de</strong> Manipur<br />
envoyait à l’État d’Israël une <strong>de</strong>man<strong>de</strong><br />
exprimant le désir <strong>de</strong> retourner<br />
en Israël... A cette époque, les rescapés<br />
<strong>de</strong> la Shoah arrivaient <strong>de</strong>s quatre<br />
coins du mon<strong>de</strong> et le jeune État n’a pu<br />
s’ouvrir à d’autres horizons. Restée<br />
sans réponse, cette communauté décida<br />
dans un premier temps, <strong>de</strong> revenir<br />
à une pratique juive plus orthodoxe.<br />
Cette situation dura jusqu’en 1970.<br />
«J’ai reçu à cette date une lettre d’un<br />
groupe se nommant Les Juifs du nord <strong>de</strong><br />
l’In<strong>de</strong>. Le lien entre ce groupe et la tribu<br />
<strong>de</strong> Ménaché s’est révélé à moi après <strong>de</strong>s<br />
années d’étu<strong>de</strong>s et <strong>de</strong> rencontres », précise<br />
le Rav Eliahou Avihaïl. Il y a trois<br />
ans et <strong>de</strong>mi, Michael Freund, ancien<br />
Grand conseiller du gouvernement israélien<br />
et actuellement directeur <strong>de</strong> la<br />
Fondation Shavei Israël, <strong>de</strong>mandait<br />
au Grand Rabbin d’Israël d’éclaircir<br />
le statut <strong>de</strong> la tribu <strong>de</strong> Ménaché. En<br />
août 2004, un Tribunal rabbinique se<br />
juifs d’ailleurs<br />
rendait en In<strong>de</strong> pour réexaminer la situation.<br />
Il séjourna <strong>de</strong>ux semaines entières<br />
à Misora afin <strong>de</strong> s’immerger et <strong>de</strong><br />
s’initier à leurs coutumes et traditions.<br />
En mars 2005, le Grand Rabbin Amar<br />
recevait les résultats <strong>de</strong> l’enquête et décidait<br />
<strong>de</strong> reconnaître officiellement la<br />
tribu <strong>de</strong> Ménaché comme <strong>de</strong>scendant<br />
du peuple d’Israël. Il <strong>de</strong>manda <strong>de</strong> procé<strong>de</strong>r<br />
aussitôt à la conversion d’usage<br />
en Israël.<br />
Retour <strong>de</strong>s exilés en Israël<br />
«Je n’ai pas été offensé lorsque l’on<br />
m’a <strong>de</strong>mandé <strong>de</strong> me convertir. Nous<br />
croyons à la Loi écrite et à la Loi orale.<br />
Nous savons que nous avons été coupés<br />
du peuple juif durant 2’700 ans d’exil»,<br />
explique Tzvi Khaute, coordinateur<br />
Bené Ménaché «Shavei Israël».<br />
«A l’heure actuelle, plus <strong>de</strong> quatre<br />
millions <strong>de</strong> personnes composent<br />
cette tribu», précise David Mamou,<br />
membre du Tribunal rabbinique d’Israël.<br />
Plus d’un millier d’entre eux ont<br />
déjà fait leur Alyah. Sept mille sont<br />
sur une liste d’attente pour émigrer<br />
en Israël.<br />
E.K.<br />
25 | hayom 34
26 | hayom 34<br />
talmud torah talmud torah<br />
> Chabbaton <strong>de</strong> formation<br />
<strong>de</strong>s enseignants du<br />
Talmud Torah<br />
Du 4 au 6 septembre, l’équipe <strong>de</strong>s enseignants du<br />
Talmud Torah est partie aux Paccots, dans le canton<br />
<strong>de</strong> Fribourg, pour son traditionnel chabbaton précédant<br />
la rentée <strong>de</strong>s cours.<br />
Tous les jeunes, âgés <strong>de</strong> 14 à 23 ans, engagés au Talmud<br />
Torah pour cette année, ont pu être présents;<br />
nous étions donc 18 personnes. L’ambiance était<br />
très bonne entre tous les morim (enseignants) et les<br />
madrihim (assistants). Nous avons d’ailleurs commencé<br />
le week-end par une activité ludique sur l’art<br />
<strong>de</strong>s prises <strong>de</strong> décisions en équipe. Pendant le reste<br />
du week-end, nous avons pratiqué <strong>de</strong>s activités sur<br />
la manière <strong>de</strong> préparer un bon cours. Les enseignants<br />
ont pu s’entraîner à enseigner une parachah,<br />
une prière, une histoire biblique ou encore une fête<br />
et chacun a pu donner <strong>de</strong>s conseils aux autres. Nous<br />
avons tous beaucoup ri lors d’une activité où il fallait<br />
trouver une «chorégraphie» en lien avec les paroles<br />
<strong>de</strong> différentes prières. En plus d’être amusant,<br />
cet exercice a aussi montré aux enseignants l’importance,<br />
pour les enfants, <strong>de</strong> comprendre le sens<br />
<strong>de</strong>s prières, en rappelant que l’enseignement se veut<br />
aussi varié et ludique.<br />
Entre les jeux, la dégustation <strong>de</strong> meringues à la crème<br />
double et la sortie pour boire un verre, le week-end a<br />
été également l’occasion d’une réflexion sur l’enseignement<br />
au Talmud Torah et le fait <strong>de</strong> s’y engager.<br />
Nous avons pu discuter aussi <strong>de</strong>s ressources nécessaires<br />
et <strong>de</strong> la répartition <strong>de</strong>s tâches pour le bon déroulement<br />
<strong>de</strong> l’année. Et nous avons bien sûr consacré une<br />
partie du week-end à la préparation du planning <strong>de</strong>s<br />
classes et <strong>de</strong>s premiers cours. Enfin, plusieurs améliorations<br />
ont été apportées au programme <strong>de</strong> certaines<br />
kitot (classes). Cette nouvelle année au Talmud<br />
Torah s’annonce donc très intéressante, encadrée par<br />
une équipe motivée et dynamique!<br />
Save the Date<br />
Mahané pour les enfants<br />
<strong>de</strong> 7 à 13 ans<br />
Du 4 au 11 juillet 2010<br />
L’équipe <strong>de</strong>s enseignants du Talmud Torah<br />
Les enseignants ont pu s’entraîner à enseigner<br />
Pour tous renseignements concernant<br />
le Talmud Torah, contactez:<br />
Emilie Sommer, directrice du Talmud Torah<br />
T. 022 732 81 58 – talmudtorah@gil.ch – www.gil.ch<br />
> Ouverture <strong>de</strong>s cours<br />
du Talmud Torah<br />
Ouverture <strong>de</strong>s cours du Talmud Torah, le mercredi 16 septembre 2009, à la veille <strong>de</strong> Rosh Hashana.<br />
Dans une joie et une bonne humeur communicatives, tous les élèves, anciens et nouveaux, se sont affairés dans les différents<br />
cours. L’événement en images…
talmud torah<br />
> Rentrée <strong>de</strong> la kitah Bené-Mitzvah 5770:<br />
Office <strong>de</strong> Simhat Torah, Repas Chabbatique et Chabbaton<br />
Afin d’inaugurer cette<br />
importante année au Talmud<br />
Torah, les jeunes <strong>de</strong><br />
la classe Bené-Mitzvah et<br />
leurs familles ont été invités<br />
à l’office <strong>de</strong> Simhat Torah<br />
le samedi 10 octobre.<br />
La classe a été appelée à la<br />
Torah. Et après la lecture<br />
<strong>de</strong> Beréchit dans la Torah,<br />
suivie <strong>de</strong> la lecture <strong>de</strong> la traduction par les élèves <strong>de</strong> la classe, chaque<br />
jeune a reçu une Bible. Après l’office, les familles ont partagé<br />
un délicieux repas chabbatique et ont pu discuter <strong>de</strong><br />
la future célébration <strong>de</strong> la Bar/Bat-Mitzvah <strong>de</strong> leur<br />
enfant.<br />
L’après-midi, les jeunes <strong>de</strong> la classe sont partis faire<br />
un «acrobranche» au Signal <strong>de</strong> Bougy. C’est une activité<br />
très sympathique où il faut s’entrai<strong>de</strong>r pour<br />
réussir les jeux et aller d’arbre en arbre. De plus, nous<br />
avions quasiment le parc à notre disposition, la pluie<br />
du matin ayant effrayé les visiteurs. Après un goûter<br />
avec une superbe vue sur le lac Léman, nous sommes<br />
partis pour Commugny où nous avons passé la nuit<br />
dans un petit hôtel. Les jeunes ont beaucoup aimé<br />
le repas à la pizzeria. Puis nous avons célébré la havdalah<br />
avant <strong>de</strong> faire <strong>de</strong>s jeux. Les jeunes étaient très<br />
contents et ont regretté qu’il faille déjà rentrer le len<strong>de</strong>main<br />
après l’office du matin et le petit-déjeuner. Ils<br />
atten<strong>de</strong>nt déjà impatiemment le voyage <strong>de</strong> fin d’année<br />
à Venise!<br />
Cette sortie était une première et avait pour but <strong>de</strong><br />
renforcer en début d’année les liens entre les camara<strong>de</strong>s<br />
d’une même volée Bené-Mitzvah. Cette rencontre<br />
était aussi l’occasion pour les familles qui vont partager<br />
la célébration d’une Bar/Bat-Mitzvah cette année<br />
<strong>de</strong> faire plus ample connaissance.<br />
E. S.<br />
<strong>Genève</strong><br />
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talmud torah<br />
> Préparation <strong>de</strong> Souccot et <strong>de</strong> Simhat Torah<br />
au Talmud Torah<br />
Les mercredis précédant Souccot et Simhat Torah ont été consacrés à ces <strong>de</strong>ux<br />
fêtes. Les enfants, aidés par les parents et les enseignants, ont ainsi construit la<br />
Souccah en la décorant <strong>de</strong> fruits et <strong>de</strong> guirlan<strong>de</strong>s. Les boguerim (les ados) étaient<br />
également venus en renfort. Après les explications <strong>de</strong> rabbi François sur le loulav,<br />
nous avons fait <strong>de</strong>s jeux en lien avec la Souccah et sur thème <strong>de</strong> la récolte!<br />
En vue <strong>de</strong> Simhat Torah, les enfants ont décoré <strong>de</strong>s drapeaux. Ainsi la synagogue<br />
était couverte <strong>de</strong> paillettes ! Les enfants ont également pu confectionner un petit<br />
sefer Torah avec <strong>de</strong>s rouleaux <strong>de</strong> Smarties… et faire <strong>de</strong>s vitraux en forme <strong>de</strong> Torah<br />
avant un grand quiz <strong>de</strong> la Torah.<br />
L’année au Talmud Torah a donc débuté dans une ambiance festive et enrichissante<br />
qui <strong>de</strong>vrait se poursuivre lors <strong>de</strong>s cours hebdomadaires!<br />
> Office <strong>de</strong> Simhat Torah<br />
La sortie <strong>de</strong>s Torah pour la procession<br />
Procession <strong>de</strong>s enfants avec leurs drapeaux<br />
La distribution <strong>de</strong>s bonbons<br />
Processions<br />
Construction <strong>de</strong> la Souccah<br />
Le rabbin montrant la Torah <strong>de</strong> Simhat Torah<br />
> Match <strong>de</strong> foot Suisse-Israël<br />
abgs<br />
Mercredi 14 octobre, les ABGs se sont retrouvés au GIL pour regar<strong>de</strong>r<br />
ensemble le match <strong>de</strong> foot Suisse-Israël qui avait pour enjeu<br />
la qualification au Mondial 2010. Ainsi, ceux qui n’avaient pas<br />
pu aller au sta<strong>de</strong> à Bâle ont pu assister à la rencontre footballistique<br />
sur grand écran. Un grand merci, à ce sujet, à David Bernstein<br />
pour l’installation <strong>de</strong> la télévision<br />
par internet! Autour <strong>de</strong> pizzas<br />
et <strong>de</strong> boissons, les jeunes ont<br />
pu soutenir leur équipe<br />
favorite et les <strong>de</strong>ux équipes<br />
avaient effectivement<br />
leurs supporters!<br />
Bien que le match ne<br />
fût pas palpitant et que l’équipe d’Israël ne se soit pas qualifiée, nous avons passé<br />
une très bonne soirée ensemble!<br />
Pour tous renseignements concernant les ABGs, contactez:<br />
EMILIE SOMMER – RESPONSABLE JEUNESSE<br />
022 732 81 58<br />
abgs@gil.ch<br />
www.gil.ch
32 | hayom 34<br />
du côté du gil du côté du gil<br />
> La vie <strong>de</strong> la communauté<br />
Joachim Blavier<br />
> Naissances<br />
Molly Penet<br />
Un grand Mazal Tov pour les naissances <strong>de</strong><br />
Oscar Jacob > 29 août 2009,<br />
fils <strong>de</strong> Vanessa et Maurice Ephrati<br />
Leon Maurizio > 3 octobre 2009,<br />
petit-fils <strong>de</strong> Maurice et Janet Dwek<br />
Isak > 5 octobre 2009, petit-fils <strong>de</strong> Dani et Lenora Yarisal<br />
Maayan Sarah > 7 octobre 2009,<br />
fille <strong>de</strong> Suzanne Wiener et Stanislas Mathivon<br />
Raphaël > 28 octobre 2009, petit-fils <strong>de</strong> Joseph et Janine<br />
Senouf et <strong>de</strong> José et Mayanne Benhamou<br />
Zacharie Esteve > 2 novembre 2009,<br />
petit-fils <strong>de</strong> Eliane Ventre<br />
> Mariages<br />
> Bené et Benot-Mitzvah<br />
Joachim Blavier > 3 et 4 juillet 2009<br />
Molly Penet > 4 et 5 septembre 2009<br />
> Mariage, bar-mitzvah...<br />
> Prochaines Bené et<br />
Benot-Mitzvah<br />
Samuel Wanja > 4 et 5 décembre 2009<br />
Rachel Berman > 5 et 6 février 2010<br />
Samara Chalpin > 5 et 6 février 2010<br />
Angelina et Graziella Drahi > 19 et 20 mars 2010<br />
Dimitri Buhagiar > 26 et 27 mars 2010<br />
Marine Sinclair & Etienne Blesch > 8 août 2009<br />
Nathalie Bürge & Julien Lazarus > 6 septembre 2009<br />
Karen Adler & Nathaniel Baruch > 13 septembre 2009<br />
Nathalie Duthion & Sidney Barkats > 14 septembre 2009<br />
Chloé Godin & Lionel Mouchabac > 18 octobre 2009<br />
> Décès<br />
Hana Gilbert Danzing > 1 août 2009, mère <strong>de</strong> Muriel Gilbert<br />
Heinz E. Samson > 3 septembre 2009, époux <strong>de</strong> Edith Samson<br />
Pierre Bernheim > 19 septembre 2009, époux <strong>de</strong> Solange Bernheim<br />
Marcel Lellouch > 26 septembre 2009,<br />
époux <strong>de</strong> Erika et père <strong>de</strong> Michel et Céline Lellouch<br />
Irène Hertz > 8 octobre 2009, mère <strong>de</strong> Denis Hertz<br />
Vous souhaitez fixer sur la pellicule <strong>de</strong>s instants inoubliables?<br />
FABIO FROSIO, professionnel <strong>de</strong> l’image, se tient à votre disposition.<br />
Pour toute information et <strong>de</strong>vis, contactez le: 0041 (0)76 346 51 52<br />
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Activités culturelles au GIL<br />
Cours d’hébreu<br />
Débutants: Mercredi à 12h30<br />
1 ère session: 9/12<br />
2 ème session: 16/12, 13/01, 20/01, 27/01, 03/02, 10/02, 17/02, 3/03, 10/03, 17/03<br />
3 ème session: 24/03, 14/04, 21/04, 28/04<br />
Moyens: Mardi à 12h30<br />
1 ère session : 8/12<br />
2 ème session : 15/12, 12/01, 19/01, 26/01, 2/02, 9/02, 16/02, 2/03, 9/03, 16/03<br />
3 ème session : 23/03, 13/04, 27/04<br />
Avancés: Lundi à 12h30<br />
1 ère session: 7/12<br />
2 ème session: 14/12, 11/01, 18/01, 25/01, 1/02, 8/02, 15/02, 1/03, 8/03, 15/03<br />
3 ème session: 22/03, 12/04, 19/04, 26/04<br />
Reprise <strong>de</strong>s cours mensuels <strong>de</strong> conversation en janvier 2010. Le mercredi à 19h niveau avancé,<br />
à 20h 1 er niveau. Renseignements sur www.gil.ch, page «Le GIL et vous».<br />
Cours 5770 d’introduction au Judaïsme<br />
Les mercredis à 18h45: 13 et 20 janvier, 3 et 17 février, 3 et 17 mars<br />
Chorale<br />
Les mercredis à 20h15, sauf pendant les vacances scolaires.<br />
Talmud Torah<br />
Décembre:<br />
Boguerim: les mardis 1 et 8<br />
Cours: mercredi 2, bricolages <strong>de</strong> Hanoukah: mercredi 9, fête <strong>de</strong> Hanoukah: mercredi 16<br />
Janvier:<br />
Boguerim: les mardis 12 et 19<br />
Cours: les mercredis 13 et 20, Se<strong>de</strong>r <strong>de</strong> Tou Bichevat: mercredi 27<br />
Chabbaton <strong>de</strong>s enseignants: du vendredi 29 au dimanche 31<br />
Février:<br />
Boguerim: les mardis 2, 9 et 16<br />
Cours: les mercredis 3, 10 et 17<br />
Office <strong>de</strong> Chabbat par les enseignants: vendredi 12<br />
Mars:<br />
Boguerim: les mardis 9 et 16<br />
Rallye Pourim: mercredi 3<br />
Cours: les mercredis 10 et 17<br />
Se<strong>de</strong>r du Talmud Torah: mercredi 24<br />
Avril:<br />
Boguerim: les mardis 13 et 27<br />
Cours: les mercredis 14 et 28<br />
Rallye Yom HaAtsmaout: mercredi 21<br />
ABGs<br />
Sortie à la patinoire: dimanche 6 décembre <strong>de</strong> 15h00 à 18h00<br />
Représentation <strong>de</strong> la Méguillah: mercredi 3 mars à 18h00<br />
Week-end à Londres: du jeudi 18 mars au dimanche 21 mars<br />
GIL-Net (jeunes adultes 20 à 30 ans)<br />
Rencontres mensuelles au GIL, les jeudis à 19h00<br />
10 décembre, 21 janvier, 11 février, 18 mars (Beith-GIL Chêne), 15 avril.<br />
Les invités <strong>de</strong> GIL-Net cet hiver sont <strong>de</strong>s professionnels issus du mon<strong>de</strong> <strong>de</strong> la mé<strong>de</strong>cine,<br />
<strong>de</strong> l’anthropologie, du droit, <strong>de</strong> la politique et <strong>de</strong> la psychologie.<br />
Renseignements et inscriptions sur www.gil.ch, page GIL-Net.<br />
Les Lundis du GIL: Tout le programme à la page 41<br />
Pour toute question, consultez le site www.gil.ch<br />
Agenda<br />
CHABBAT<br />
Chabbat Vayichlah 4-5 déc 18h30 et 10h00<br />
Chabbat Vayéchèv 11-12 déc 18h30 et 10h00<br />
Première bougie:<br />
vendredi soir, 11 décembre,<br />
office à 18h30<br />
Dîner communautaire<br />
<strong>de</strong> Hanoukah:<br />
vendredi 11 décembre à 19h30<br />
Dernière bougie:<br />
vendredi soir, 18 décembre,<br />
office à 18h30<br />
Chabbat Mikets 18-19 déc 18h30 et 10h00<br />
Chabbat Vayigach 25 déc 18h30<br />
Chabbat Vayehi 1-2 janv 18h30<br />
Chabbat Chemot 8-9 janv 18h30<br />
Chabbat Vaéra 15-16 janv 18h30 et 10h00<br />
Chabbat Bo 22-23 janv 18h30 et 10h00<br />
Chabbat Bechallah 29-30 janv 18h30 et 10h00<br />
Chabbat Ytro 5-6 fév 18h30 et 10h00<br />
Chabbat Michpatim 12-13 fév 18h30 et 10h00<br />
Chabbat Teruma 19-20 fév 18h30<br />
Chabbat Tetzaveh 26-27 fév 18h30 et 10h00<br />
Office et lecture <strong>de</strong> la<br />
MEGUILLAH par les ABGs:<br />
samedi 27 février à 18h30<br />
Chabbat Ki Tissa 5-6 mars 18h30 et 10h00<br />
Chabbat Vayakhel<br />
Pekou<strong>de</strong>h 12-13 mars 18h30 et 10h00<br />
Chabbat Vayikra 19-20 mars 18h30 et 10h00<br />
Chabbat Haggadol, tzav 26-27 mars 18h30 et 10h00<br />
1er jour <strong>de</strong> Pessah:<br />
lundi 29 mars 18h30 et<br />
mardi 30 mars 10h00<br />
Se<strong>de</strong>r communautaire:<br />
mardi 30 mars 19h00<br />
Chabbat Hol Hamoèd 2-3 avril 18h30 et 10h00<br />
7ème jour <strong>de</strong> Pessah:<br />
dimanche 4 avril 18h30<br />
et lundi 5 avril 10h00<br />
Chabbat Chemini 9-10 avril 18h30 et 10h00<br />
Chabbat Tazria-Metzora 16-17 avril 18h30 et 10h00<br />
Chabbat Aharé Mot –<br />
Kedochim 23-24 avril 18h30 et 10h00<br />
FÊTES<br />
HANOUKAH: du samedi 12 au samedi<br />
19 décembre<br />
TOU BICHEVAT: lundi 1er février<br />
POURIM: dimanche 28 février<br />
PESSAH: du mardi 30 mars au<br />
lundi 5 avril<br />
YOM HASHOAH: mardi 12 avril<br />
YOM HAATZMAOUT: mardi 20 avril<br />
33 | hayom 34
gil chêne gil chêne<br />
> Encore quelques semaines et nous<br />
pénétrerons dans notre nouveau bâtiment<br />
Entrée vue <strong>de</strong> dos<br />
C<br />
e «choffar» (puisque la forme<br />
du bâtiment reprend celle<br />
d’une corne <strong>de</strong> choffar) est<br />
réellement un bâtiment d’une<br />
nouvelle génération, tant du point <strong>de</strong><br />
vue architectural que du point <strong>de</strong> vue<br />
technologique (sécurité <strong>de</strong> pointe, exceptionnellement<br />
économique au ni-<br />
Le projet... ...<strong>de</strong>vient réalité<br />
veau énergétique). Les matériaux utilisés<br />
se veulent sobres et <strong>de</strong> qualité, les<br />
sols sont en marbre ou en parquets. La<br />
maison communautaire a été réalisée<br />
dans un esprit <strong>de</strong> monochrome d’où ne<br />
ressortira que le mur en pierres <strong>de</strong> Jérusalem<br />
<strong>de</strong> la synagogue.<br />
Mais plus que <strong>de</strong>s murs, c’est une nouvelle<br />
aventure qui commence pour le<br />
GIL, il s’agira maintenant <strong>de</strong> nous approprier<br />
cette «Maison Communautaire».<br />
Nous <strong>de</strong>vons y développer <strong>de</strong> nouvelles<br />
activités pour les plus petits ou les<br />
plus grands, les plus sportifs ou les plus<br />
intellectuels… Ainsi une nouvelle commission:<br />
«Gil Chêne» a commencé son<br />
travail <strong>de</strong> réflexion afin <strong>de</strong> répondre aux<br />
<strong>de</strong>man<strong>de</strong>s d’une communauté en pleine<br />
croissance, afin <strong>de</strong> définir les moyens<br />
nécessaires pour que l’avenir du GIL soit<br />
tout aussi magnifique et serein que son<br />
histoire <strong>de</strong>puis sa création il y a 38 ans!<br />
Je vous donne ren<strong>de</strong>z-vous le lundi 15<br />
mars pour l’inauguration officielle du<br />
GIL au 43 route <strong>de</strong> Chêne.<br />
Jean-Marc Brunschwig<br />
Mur en mémoire <strong>de</strong> la Shoah<br />
> Les symboles du Beith-GIL<br />
Les Dix Paroles scan<strong>de</strong>nt les ouvertures vers l’extérieur <strong>de</strong> notre futur Beith-GIL.<br />
Du côté <strong>de</strong> la faça<strong>de</strong> en béton<br />
on trouve cinq ouvertures.<br />
Elles sont plus larges à l’intérieur<br />
qu’à l’extérieur, comme<br />
l’étaient les ouvertures du Temple<br />
<strong>de</strong> Jérusalem. Ces cinq ouvertures,<br />
qui font pénétrer la lumière du jour<br />
à l’intérieur du bâtiment, rappellent<br />
les cinq premiers comman<strong>de</strong>ments.<br />
Les quatre premiers concernent notre<br />
relation avec Dieu, et le cinquième la<br />
considération que nous <strong>de</strong>vons avoir<br />
pour nos parents. Parfois notre esprit<br />
est sourd à ces idées. Ces cinq ouvertures<br />
viennent donc nous rappeler<br />
que nous ne pouvons pas nous fermer<br />
L’espace synagogal<br />
à l’intérieur d’un mur totalement opaque.<br />
Une ouverture même petite dans<br />
cette direction nous permet <strong>de</strong> faire<br />
pénétrer la lumière là où l’obscurité règnerait<br />
autrement. La Parole <strong>de</strong> Dieu<br />
est cette lumière et symboliquement,<br />
c’est ce qu’évoquent ces ouvertures.<br />
De l’autre côté, la faça<strong>de</strong> vitrée s’ouvre<br />
sur le mon<strong>de</strong> extérieur et nous met en<br />
relation avec les autres. Nous pouvons<br />
totalement investir ce mon<strong>de</strong> et oublier<br />
les autres ou nous pouvons choisir <strong>de</strong><br />
contenir la soif <strong>de</strong> tout possé<strong>de</strong>r. C’est<br />
ce que les cinq <strong>de</strong>rniers comman<strong>de</strong>-<br />
La faça<strong>de</strong> vitrée<br />
ments nous rappellent. C’est pourquoi<br />
cinq montants scan<strong>de</strong>nt cette<br />
faça<strong>de</strong>, un par comman<strong>de</strong>ment. Les<br />
écrans qu’ils composent sont comme<br />
ces espaces que nous nous interdisons<br />
<strong>de</strong> possé<strong>de</strong>r et que les autres peuvent<br />
investir. Chaque montant est donc un<br />
rappel à la tempérance et à la maîtrise<br />
<strong>de</strong> soi, pour que la vie avec les autres<br />
soit possible et paisible.<br />
Sur nos faça<strong>de</strong>s, lieu <strong>de</strong> rencontre entre<br />
le mon<strong>de</strong> extérieur et le mon<strong>de</strong> intérieur,<br />
la Parole est donc récurrente.<br />
Elle l’est aussi dans l’espace synagogal<br />
où l’Arche se détache d’un mur en pierre<br />
<strong>de</strong> Jérusalem, comme si la distance<br />
entre la route <strong>de</strong> Chêne et Jérusalem,<br />
soudain, n’existait plus. Cette évocation<br />
<strong>de</strong> la centralité spirituelle <strong>de</strong> Jérusalem<br />
ne doit pas nous faire oublier<br />
que nous sommes dans le mon<strong>de</strong>.<br />
C’est pourquoi une couronne <strong>de</strong> verre<br />
entoure notre Beith HaKenesset, notre<br />
lieu <strong>de</strong> réunion et <strong>de</strong> prières. Alors,<br />
lorsque le soir tombe, le mon<strong>de</strong> nous<br />
enveloppe dans son obscurité, comme<br />
il nous invite à l’action lorsque la lumière<br />
du mon<strong>de</strong> éclaire cet espace.<br />
Au sein <strong>de</strong> l’Arche se trouvent les Sifré<br />
Torah, ces rouleaux <strong>de</strong> parchemin sur<br />
lesquels est transcrite la mémoire juive<br />
<strong>de</strong> la rencontre entre le peuple d’Israël<br />
et Dieu. Cette Arche nous révèle<br />
donc Sa Présence, à Lui, l’ineffable,<br />
celui que nul ne peut nommer. Nos sages<br />
ont symbolisé la présence <strong>de</strong> Dieu<br />
à travers la lettre «Hé», celle qui est un<br />
souffle presqu’inaudible et pourtant<br />
toujours présent. La forme <strong>de</strong> notre<br />
Arche est ce «Hé», le souffle qui nous<br />
fait vivre et qui est Son reflet en nous.<br />
Dans l’ouverture <strong>de</strong> cette lettre apparaît<br />
une lumière, le Ner Tamid, lui<br />
aussi représentation symbolique <strong>de</strong> la<br />
Présence divine.<br />
Puisque Dieu nous a donné <strong>de</strong>s com-<br />
suite page 36<br />
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36 | hayom 34<br />
gil chêne<br />
man<strong>de</strong>ments pour organiser notre existence et qu’ils sont au nombre <strong>de</strong> 613, les dimensions <strong>de</strong> l’Arche rappellent ces<br />
613 mitzvot car elle a 365 cm <strong>de</strong> haut, pour les 365 comman<strong>de</strong>ments négatifs, et 248 cm <strong>de</strong> large, comme les 248 comman<strong>de</strong>ments<br />
positifs.<br />
Un bâtiment peut être neutre et ne porter aucun message. Il peut aussi évoquer certains paramètres essentiels à la compréhension<br />
que nous avons <strong>de</strong> notre univers et <strong>de</strong> notre Tradition. C’est pourquoi nous avons voulu que le Beith-GIL soit<br />
plus qu’un édifice, et qu’il soit aussi un message.<br />
suite page 39<br />
Rabbin François Garaï<br />
L’arche...<br />
La gran<strong>de</strong> salle polyvalente...<br />
... prend forme<br />
... se structure<br />
Bain rituel Bureau du rabbin Salles <strong>de</strong> classe
Preferred Partner<br />
> Un chantier dans tous ses états<br />
gil chêne
culture au gil<br />
> Activités culturelles au GIL<br />
> Journée Européenne <strong>de</strong> la Culture Juive: Jean Calvin s’invite au GIL<br />
Pour cette édition 2009 <strong>de</strong> la JECJ le dimanche 6 septembre, le GIL a proposé au pasteur Vincent<br />
Schmid d’abor<strong>de</strong>r le thème peu connu <strong>de</strong> «Calvin et les Juifs».<br />
Si le lecteur qui parcourt les écrits <strong>de</strong> Luther n’a aucun doute sur ses sentiments<br />
antisémites, il en va tout autrement <strong>de</strong>s textes laissés par Jean Calvin.<br />
Le pasteur Vincent Schmid précise que Calvin prônait, en effet, non pas la<br />
tolérance – il n’était pas un homme tolérant – mais la reconnaissance du judaïsme.<br />
Ce qui au 16 e siècle constitue bien une révolution théologique. Pour<br />
Jean Calvin le retour à la lecture <strong>de</strong>s textes dans leur sonorité originale offre un<br />
regard différent sur la dignité du Peuple juif, gardien <strong>de</strong> la transcendance.<br />
Que le Peuple juif n’adhère pas au christianisme ne<br />
signifie pas que Dieu se détourne <strong>de</strong> lui. Calvin réaffirme,<br />
au contraire, l’alliance ferme et inviolable <strong>de</strong> Dieu avec les<br />
Juifs et leur vocation universelle <strong>de</strong> répandre le message messianique<br />
au mon<strong>de</strong>. Cette prise <strong>de</strong> position se révèle être en<br />
contradiction avec ses contemporains qui souffrent, selon<br />
Jean Calvin, d’un pathologique «mépris pestilentiel».<br />
Pourquoi, dès lors, Calvin n’a-t-il pas ouvert les portes <strong>de</strong> la<br />
cité <strong>de</strong> <strong>Genève</strong> aux Juifs qui en ont été chassés au 15 e siècle?<br />
interroge un auditeur.<br />
C’est que Jean Calvin était un théologien et non un magistrat.<br />
On apprendra encore grâce à notre conférencier, que Calvin,<br />
<strong>de</strong>vant les oppositions, avait tendance à arranger les choses à<br />
son profit, imaginant au passage <strong>de</strong>s versets bibliques qui n’existent pas.<br />
Ce tableau <strong>de</strong> Jean Calvin brossé par le pasteur Vincent Schmidt avec subtilité et une pointe d’ humour, a communiqué aux<br />
quelque 120 personnes présentes l’envie d’en savoir plus sur ce personnage omniprésent dans l’histoire <strong>de</strong> la Réforme.<br />
> Jean Plançon, racontez nous encore notre histoire!<br />
Le premier tome <strong>de</strong> «l’Histoire <strong>de</strong> le <strong>Communauté</strong> Juive <strong>de</strong> Carouge et <strong>de</strong> <strong>Genève</strong>» traite <strong>de</strong> la pério<strong>de</strong><br />
allant <strong>de</strong> l’Antiquité à la fin du 19 e siècle. Cette première partie <strong>de</strong> l’aventure <strong>de</strong>s Juifs à <strong>Genève</strong><br />
constitue l’Histoire, avec un H majuscule, qui, bien qu’elle évoque la vie <strong>de</strong>s Juifs dans notre cité,<br />
décrit un passé relativement abstrait.<br />
Il en va autrement <strong>de</strong> personnages dont on possè<strong>de</strong> une photographie, dont on peut souligner le caractère,<br />
raconter la vie et dont les noms nous sont familiers. C’est avec le récit <strong>de</strong> ces personnes qui<br />
ont vécu au 20 e siècle que Jean Plançon, avec un extraordinaire talent <strong>de</strong> conteur, nous a charmés<br />
dans le cadre <strong>de</strong>s Lundis du GIL.<br />
Au tournant du siècle s’installent à <strong>Genève</strong> – qui a récemment accordé les droits égaux à ses citoyens<br />
juifs – les personnages qui donneront naissance aux gran<strong>de</strong>s familles juives que nous côtoyons.<br />
Ce sont les frères <strong>de</strong> Toledo qui arrivent <strong>de</strong> Turquie et bousculent le mon<strong>de</strong> un peu figé <strong>de</strong> la pharmacie.<br />
Avec eux naîtront maints élixirs ainsi que l’incontournable poudre Kafa, aux nombreuses<br />
vertus. Ils mettront aussi au point un catalogue <strong>de</strong> vente par correspondance dans toute la Suisse et offriront dans leurs<br />
officines <strong>de</strong>s produits qui s’écartent <strong>de</strong>s médicaments traditionnels, donnant ainsi naissance aux «drugstores».<br />
Voici les Brunschwig qui permettent à leurs clients du «Bon Génie» d’échelonner les paiements <strong>de</strong> leurs achats, créant à <strong>Genève</strong><br />
les premiers crédits à la consommation.<br />
Ce sont aussi les Maus et les Nordmann qui introduisent le magasin en self-service et la révolution <strong>de</strong> l’étiquetage <strong>de</strong> tous les<br />
articles. Ils offrent aussi à leurs clients la possibilité <strong>de</strong> rapporter un article et <strong>de</strong> le voir remboursé.<br />
En parallèle à toute cette effervescence commerciale, <strong>de</strong> gran<strong>de</strong>s innovations voient le jour dans d’autres domaines, dont le<br />
culture au gil<br />
sport n’est pas le moindre. Connaissez vous Aimé Schwob? Le fils du mé<strong>de</strong>cin genevois Alexandre Schwob donna une importante<br />
impulsion au sport mo<strong>de</strong>rne en Suisse. Grand amateur <strong>de</strong> cyclisme, un nouveau mo<strong>de</strong> <strong>de</strong> locomotion, Aimé Schwob<br />
contribue à la fondation en 1896 du Touring Club Suisse, <strong>de</strong>stiné à favoriser le développement <strong>de</strong> routes goudronnées pour<br />
les promena<strong>de</strong>s cyclistes.<br />
De 1900 à 1912 Aimé Schwob assure la prési<strong>de</strong>nce du club sportif Servette, qu’il transforme <strong>de</strong> club <strong>de</strong> rugby en club <strong>de</strong> football,<br />
puis, dans la foulée, il contribue à la création du Championnat suisse <strong>de</strong> Football, <strong>de</strong> la Commission Nationale <strong>de</strong>s arbitres<br />
<strong>de</strong> football, <strong>de</strong> la première compétition <strong>de</strong> cross-country, <strong>de</strong> la Fédération suisse d’Athlétisme. Il s’engage pour permettre<br />
à une délégation suisse <strong>de</strong> participer aux Jeux Olympiques <strong>de</strong> 1904 et à la Suisse d’en <strong>de</strong>venir le premier chronométreur officiel.<br />
Et pour que tous ces exploits sportifs puissent être commentés, Schwob crée <strong>de</strong>ux gazettes: «La Suisse Sportive», dont<br />
il est rédacteur en chef et le «Sport en Suisse».<br />
C’est encore «Karougeka» qu’évoque Jean Plançon, la petite Russie outre Arve, peuplée d’anarchistes juifs, <strong>de</strong> bundistes, <strong>de</strong><br />
marxistes <strong>de</strong> toutes tendances. C’est aussi Victor Fissé et le Groupe Fraternel Sefardi, Davidoff et l’arôme du tabac ou Julien<br />
Flegenheimer, architecte <strong>de</strong> la Gare Cornavin et du palais <strong>de</strong>s Nations.<br />
Vivement que vous nous racontiez la suite, Monsieur Plançon! On veut tout savoir sur nos familles.<br />
«Histoire <strong>de</strong> la <strong>Communauté</strong> juive <strong>de</strong> Carouge et <strong>de</strong> <strong>Genève</strong>» Volume 1, <strong>de</strong> l’Antiquité à la fin du XIX e siècle. Editions Slatkine, <strong>Genève</strong>, 2008<br />
Volume 2, <strong>de</strong> 1900 à 1945, à paraître, septembre 2010.<br />
> Prochaines activités culturelles:<br />
Lundi 7 décembre 2009 à19h30<br />
GIL-cuisine pour l’anniversaire<br />
du GIL «les gâteaux d’anniversaire<br />
font le tour du mon<strong>de</strong>».<br />
Les Lundis du GIL au Beit-GIL Seujet<br />
lundi 18 janvier 2010 à 19h30<br />
Ciné-GIL «d’une Langue à l’Autre», documentaire <strong>de</strong> Nurith Aviv. Quelle<br />
est l’influence <strong>de</strong> la langue maternelle et <strong>de</strong> l’hébreu, langue apprise. Débat<br />
à la suite <strong>de</strong> la projection.<br />
Jeudi 4 mars 2010 à 20h00<br />
Sortie musique «Jerusalem Chamber<br />
Music» au Conservatoire <strong>de</strong> <strong>Genève</strong>.<br />
Réservations au secrétariat.<br />
Krzysztof Warlikoski<br />
Les Lundis du GIL au Beit-GIL Chêne<br />
Mercredi 14 avril 2010 à 19h00<br />
Sortie théâtre «Pessah» par le Théâtre Confiture, au Casino-Théâtre,<br />
pièce humoristique. Réservations au secrétariat.<br />
Jeudi 14 janvier 2010 à 19h00<br />
Sortie théâtre «(A)pollonia» au<br />
BFM, mise en scène Krzysztof Warlikoski,<br />
réservations au secrétariat.<br />
lundi 22 mars à 19h30<br />
Conférence <strong>de</strong> Daniel Barbu,<br />
historien <strong>de</strong>s religions «Entre<br />
le blâme et l’éloge: <strong>de</strong> quelques<br />
perceptions grecques <strong>de</strong>s Juifs<br />
et du judaïsme».<br />
40 | hayom 34 41 | hayom 34<br />
K.R.
GIL-Net<br />
La propriété intellectuelle, un vaste mon<strong>de</strong><br />
culture au gil<br />
Vous voulez lancer un chewing-gum <strong>de</strong> marque Rolex? Et bien vous ne pourrez pas!<br />
Car, même si cette marque ne s’applique qu’à <strong>de</strong>s produits <strong>de</strong> haute horlogerie, elle<br />
fait partie <strong>de</strong>s marques <strong>de</strong> haute renommée qui sont protégées dans tous les domaines.<br />
Nous voici entrés dans le mon<strong>de</strong> touffu <strong>de</strong> la propriété intellectuelle<br />
(P.I. pour les initiés). Alexandre Weith et Dominique Skrebers, les invités<br />
<strong>de</strong> GIL-Net le 8 octobre, décortiquent patiemment les rouages juridiques<br />
qui leur permettent, au quotidien, <strong>de</strong> protéger les marques <strong>de</strong> leurs clients.<br />
A leur travail <strong>de</strong> juristes est associé celui <strong>de</strong> l’ingénieur, du technicien capable <strong>de</strong> mettre sur papier l’idée<br />
qui <strong>de</strong>vra être protégée. Nous évoquons aussi les importations parallèles, les contrefaçons, le marché<br />
gris, l’espionnage industriel, au cours d’une soirée où James Bond n’aurait pas été dépaysé.<br />
Prochaines rencontres GIL-Net:<br />
Jeudi 10 décembre 2009, jeudi 21 janvier 2010, jeudi 11 février, jeudi 11 mars au Beith-GIL Seujet, jeudi 15 avril au Beith-<br />
GIL Chêne, à 19h00.<br />
Les invités <strong>de</strong> GIL-Net seront issus du mon<strong>de</strong> <strong>de</strong> la mé<strong>de</strong>cine, <strong>de</strong> la finance, <strong>de</strong> l’anthropologie, <strong>de</strong> l’écologie ou <strong>de</strong> la mo<strong>de</strong>.<br />
Vous avez entre 20 et 30 ans?<br />
Vous pouvez rejoindre le réseau GIL-Net en remplissant le formulaire d’inscription sur www.gil.ch (page GIL-Net).<br />
Entre les rencontres mensuelles au GIL autour d’invités professionnels actifs dans tous les domaines, les participants reçoivent <strong>de</strong>s<br />
informations culturelles ou professionnelles par e-mail. L’entrée est libre, mais l’inscription obligatoire. Vos amis sont les bienvenus.<br />
A bientôt!<br />
K.R.
Un mon<strong>de</strong> Un mon<strong>de</strong> <strong>de</strong> pure délectation à vivre en avec passion. soi<br />
Beau-Rivage, le plus genevois <strong>de</strong>s palaces <strong>de</strong>puis quatre générations.<br />
13, Quai du mont-Blanc – 1201 <strong>Genève</strong> – Tél. + 41 22 716 66 66 – Fax + 41 22 716 60 60 – info@beau-rivage.ch – www.beau-rivage.ch<br />
lire<br />
La Tora expliquée aux enfants <strong>de</strong> Marc-Alain Ouaknin<br />
La Tora est constituée <strong>de</strong>s cinq premiers livres <strong>de</strong> la Bible – la partie la plus<br />
importante pour les Juifs. Mais qu’est-ce que la Tora? Quel est donc ce rouleau<br />
en cinq livres? Quelle est sa place dans l’ensemble <strong>de</strong> la Bible? Comment<br />
la lit-on? Que signifie pour les Juifs l’étu<strong>de</strong> <strong>de</strong> la Tora? Qui l’a écrite?<br />
Quand et où? Comment les Hébreux sont-ils <strong>de</strong>venus les Juifs? Comment<br />
et pourquoi la Tora mêle-t-elle <strong>de</strong>s récits et <strong>de</strong>s lois? Et si elle n’avait qu’un<br />
verset, lequel faudrait-il retenir ? Y a-t-il un rapport entre Dieu, la Tora et<br />
la géométrie? Avec sa profon<strong>de</strong>ur et son humour habituels, Marc-Alain<br />
Ouaknin propose une introduction totalement inédite, mais vraiment<br />
instructive, à la Tora.<br />
Contes Yiddish en BD<br />
Soutenez Israel<br />
www.kh-uia.org.il<br />
culture<br />
Parce qu’ils sont parfois très drôles, parfois très sages et souvent drôles et sages à la fois, les contes yiddish<br />
s’adressent vraiment à tout le mon<strong>de</strong>. Comme tous les contes, ils apprennent à se débrouiller dans la vie. Mais dans les<br />
contes yiddish tous les coups ne sont pas permis! La meilleure façon <strong>de</strong> s’en sortir, c’est encore <strong>de</strong> réfléchir. Et ce qui est vrai<br />
pour le héros l’est aussi pour vous. Chaque conte yiddish pose une question: un mendiant affamé peut-il triompher d’un<br />
aubergiste sans cœur? A quoi sert un miroir? Un bon père doit-il répondre si on lui <strong>de</strong>man<strong>de</strong> l’heure dans un train? Comment<br />
se faire rembourser une <strong>de</strong>tte?<br />
Et si les questions sont multiples, les façons <strong>de</strong> réfléchir le sont aussi. On peut s’y prendre en rêvant, en prenant la route, ou<br />
en faisant semblant…<br />
S. F.<br />
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L’AVENIR D’ISRAEL<br />
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spectacles<br />
Cirque du soleil - Saltimbanco<br />
culture<br />
lire<br />
Souvenirs obscurs d’un Juif polonais né en France<br />
De Pierre Goldman et Michel Butel<br />
Pierre Goldman, fils <strong>de</strong> résistants juifs, réfractaire à la France <strong>de</strong> Vichy et <strong>de</strong> l’OAS,<br />
indifférent à la liesse éphémère <strong>de</strong> mai 68, avait rejoint la guérilla vénézuélienne alors<br />
qu’il en pressentait déjà le déclin. De retour à Paris, il connut «le chemin qui (le)<br />
conduirait à l’enfermement réclusionnaire». Jugé capable d’avoir commis, en décembre<br />
1969, un sanglant hold-up boulevard Richard-Lenoir, à Paris, il en a été déclaré<br />
coupable par un jury d’assises et condamné à la réclusion à vie. Son procès, en décembre<br />
1974, fit grand bruit. Rejugé lors d’un <strong>de</strong>uxième procès, en 1976, il fut acquitté.<br />
La musique afro-cubaine, l’écriture, l’écoute du mon<strong>de</strong> et <strong>de</strong> ses désordres furent ses<br />
passions constantes jusqu’à son assassinat, survenu en 1979. Autobiographie luci<strong>de</strong><br />
face aux pièges <strong>de</strong> la justice, texte littéraire fulgurant, ces «Souvenirs obscurs» constituent,<br />
à plus d’un titre, un récit essentiel.<br />
Le Cirque du Soleil, une expérience inoubliable…<br />
Trois ans après l’immense succès <strong>de</strong> Dralion, le Cirque<br />
du Soleil revient à <strong>Genève</strong> avec Saltimbanco: <strong>de</strong>s<br />
acrobaties à couper le souffle, <strong>de</strong> merveilleux costumes,<br />
<strong>de</strong>s éclairages surprenants, <strong>de</strong> l’humour,<br />
une magie et une musique qui ravissent.<br />
Depuis sa création en 1984, le Cirque du Soleil a<br />
rendu visite à plus <strong>de</strong> 200 villes à travers le mon<strong>de</strong><br />
et a émerveillé plus <strong>de</strong> 90 millions <strong>de</strong> personnes.<br />
Depuis sa première mondiale en 1992, Saltimbanco<br />
a parcouru le mon<strong>de</strong> entier<br />
du 18 au 27 décembre 2009 et fait vibrer plus <strong>de</strong> 11 millions <strong>de</strong><br />
spectateurs dans quelque 148 villes.<br />
Durant 14 ans, le spectacle a été l’un <strong>de</strong>s plus grands succès du Cirque du Soleil.<br />
Arena, <strong>Genève</strong><br />
lire<br />
L’ange <strong>de</strong>s chaussures<br />
De Giovanna Zoboli et Joanna Concejo<br />
Editions Notari<br />
Fondée en 2006 à <strong>Genève</strong> par Luca et Paola Notari,<br />
cette jeune maison d’édition se consacre aux<br />
livres d’art, aux «beaux livres» et s’offre aussi <strong>de</strong>s<br />
incursions dans le mon<strong>de</strong> <strong>de</strong> la littérature pour<br />
enfants.<br />
Dans ce domaine sont sortis trois nouveaux titres.<br />
Parmi eux, le très beau «L’ange <strong>de</strong>s chaussures»<br />
(dès 8 ans), magiquement illustré par l’artiste<br />
Joanna Concejo. Ce conte sur la relation père-fils<br />
montre avec délicatesse quels dangers nous menacent<br />
lorsque les préoccupations matérielles l’emportent<br />
sur l’écoute <strong>de</strong>s bruissements du mon<strong>de</strong>.<br />
spectacle<br />
Elie Semoun: Merki<br />
18 décembre 2009 à 20h30<br />
Après avoir conquis <strong>Genève</strong> et Lausanne,<br />
Elie Semoun revient sur la scène<br />
du Théâtre du Léman le 18 décembre<br />
2009 dans son spectacle: MERKI.<br />
«C’est mon sixième spectacle et j’ai encore<br />
<strong>de</strong>s choses à dire! Des mon<strong>de</strong>s à<br />
faire visiter, <strong>de</strong>s personnages drôles et<br />
pathétiques à inventer ou à réinventer.<br />
Etre seul sur scène c’est une performance<br />
que je dois aux gens qui sont<br />
en face <strong>de</strong> moi et à tous ceux-là et aux<br />
autres j’ai envie <strong>de</strong> dire...MERKI».<br />
Théâtre du Léman, <strong>Genève</strong><br />
47 | hayom 34
culture<br />
conférence<br />
Pour son prochain cycle <strong>de</strong> conférences, le Cercle Martin Buber abor<strong>de</strong>ra la perception qu’Israël se<br />
fait <strong>de</strong> l’étranger, du non juif. Voici le programme <strong>de</strong> ce cycle 2010, intitulé « Israël et le visage <strong>de</strong><br />
l’Autre », titre inspiré du philosophe juif Emmanuel Lévinas, dont le premier volume <strong>de</strong>s œuvres<br />
complètes a été publié en octobre, chez Grasset.<br />
Le mardi 19 janvier, David Banon, directeur du Département d’étu<strong>de</strong>s hébraïques et juives <strong>de</strong><br />
l’université Marc Bloch <strong>de</strong> Strasbourg et professeur invité à l’Université <strong>de</strong> Lausanne, explicitera<br />
les différents termes désignant l’étranger dans la religion et dans la philosophie juives et les<br />
obligations qui en découlent pour les Juifs.<br />
Le mercredi 17 février, Daniel Epstein,<br />
rabbin et philosophe, professeur <strong>de</strong> philosophie<br />
à l’institut Matan à Jérusalem,<br />
abor<strong>de</strong>ra la pensée du visage <strong>de</strong> l’Autre<br />
chez Emmanuel Lévinas. Premier tra-<br />
David Banon<br />
ducteur en hébreu <strong>de</strong>s «Leçons talmudiques»,<br />
il décrira également l’influence <strong>de</strong> Lévinas en Israël, enfin les rapports entretenus<br />
par ce <strong>de</strong>rnier avec cet État. Le titre est: «Emmanuel Levinas – De la vie sage à la passion du<br />
visage».<br />
Le mercredi 3 mars, Haïm Yavin, fameux journaliste <strong>de</strong> la TV israélienne, présentera son <strong>de</strong>rnier<br />
documentaire sur les Palestiniens d’Israël «Le blues <strong>de</strong> la carte d’i<strong>de</strong>ntité».<br />
Enfin, un débat clôturera ce cycle. Deux invités, encore à définir, parleront du rôle <strong>de</strong> la peur<br />
<strong>de</strong> l’Autre, (l’Arabe d’Israël, le Palestinien, l’Iranien) dans la société israélienne et dans le<br />
conflit.<br />
L’externalisation…<br />
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«… qui fait la force.»<br />
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Daniel Epstein<br />
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lire<br />
Le Cas Son<strong>de</strong>rberg<br />
D’Elie Wiesel<br />
lire<br />
Regard sur la guerre<br />
De René Koechlin<br />
culture<br />
Jeune journaliste, Yedidyah évolue dans la rédaction d’un quotidien new-yorkais, avec ses<br />
intrigues. Critique théâtral, époux d’une actrice, il participe <strong>de</strong> la comédie new-yorkaise.<br />
Les succès éphémères, les gloires oubliées: rien n’est plus joyeux qu’une nouvelle étoile,<br />
rien n’est plus mélancolique que son crépuscule. Mais voilà qu’on <strong>de</strong>man<strong>de</strong> un jour à Yedidyah<br />
<strong>de</strong> «couvrir» le procès d’un certain Werner Son<strong>de</strong>rberg. L’accusé, jeune Allemand<br />
résidant aux États-Unis, est parti se promener avec son vieil oncle, visiteur <strong>de</strong> passage,<br />
dans les montagnes <strong>de</strong>s Adirondacks. Le neveu en est revenu seul. Coupable ou non-coupable?<br />
Cette affaire déclenche en Yedidyah d’étranges et puissants échos. Sentant qu’il<br />
se heurte à un secret familial, il tente <strong>de</strong> son<strong>de</strong>r sa propre mémoire. Qui est-il vraiment ?<br />
Comment retrouver les visages disparus d’un père, d’une mère, d’un frère? Le voilà guetté par la folie. Il a recours à l’hypnose<br />
pour retrouver les images <strong>de</strong> sa petite enfance, faire la paix avec lui-même et avec «une histoire qui, jusqu’à la fin <strong>de</strong>s temps,<br />
fera honte à l’humanité».<br />
Cette fresque <strong>de</strong> la Deuxième Guerre mondiale comporte, au fil <strong>de</strong> ses douze chapitres,<br />
quatre thèmes qui se succè<strong>de</strong>nt ou s’entremêlent. Le premier, qui a la rigueur historique<br />
d’une chronique, constitue la toile <strong>de</strong> fond <strong>de</strong> l’ouvrage. Le second, politico-philosophique,<br />
développe <strong>de</strong>s réflexions sur quelques fondamentalismes, sur le pacifisme, la violence<br />
et les diverses idéologies qui ont inspiré les acteurs du drame. Le récit <strong>de</strong>s événements vus<br />
à travers le regard <strong>de</strong> l’enfant qui les a vécus <strong>de</strong>puis Paris, pendant l’occupation, constitue<br />
la troisième composante du livre. Enfin, en marge <strong>de</strong> l’histoire, tel un quatrième épiso<strong>de</strong><br />
symptomatique, apparaît, dès le huitième chapitre, la légen<strong>de</strong> <strong>de</strong> l’amour paradoxal entre<br />
une jeune Juive et un pur Aryen, fils <strong>de</strong> nazis. L’auteur introduit ce sujet au moment où il traite <strong>de</strong>s horreurs commises<br />
par les a<strong>de</strong>ptes du national-socialisme, afin <strong>de</strong> leur conférer un contrepoids, qui rétablit une sorte d’équilibre.<br />
Les éditions Slatkine publient cet ouvrage évocateur afin <strong>de</strong> commémorer le soixante-dixième anniversaire <strong>de</strong> la déclaration<br />
<strong>de</strong> guerre.<br />
spectacles spectacles<br />
Cirque Phénix –<br />
Les Étoiles du Cirque <strong>de</strong> Pékin<br />
Après le triomphe <strong>de</strong>s Étoiles du Cirque <strong>de</strong> Pékin, fin<br />
2007, dans «Jungua le <strong>de</strong>scendant du dragon» le tout<br />
nouveau spectacle du Cirque Phénix, les Étoiles du Cirque<br />
<strong>de</strong> Pekin «Li Ya la Fille <strong>de</strong> l’Empereur» revient à<br />
l’Arena <strong>de</strong> <strong>Genève</strong>. Un programme<br />
époustouflant réunissant 50<br />
artistes dans <strong>de</strong>s numéros inédits<br />
avec <strong>de</strong>s centaines <strong>de</strong> costumes,<br />
<strong>de</strong>s décors somptueux et<br />
<strong>de</strong>s effets spéciaux laser jamais<br />
réalisés dans un spectacle <strong>de</strong><br />
cirque.<br />
Arena le 19 février 2010<br />
à 20h30<br />
Disney sur glace – Rêve <strong>de</strong> princesses<br />
En 2010, Disney sur Glace présentera<br />
sa toute nouvelle production<br />
et d’un coup <strong>de</strong> baguette<br />
magique, la Fée Clochette<br />
emmènera petits et grands à<br />
travers <strong>de</strong>s histoires à couper<br />
le souffle. Le spectacle recrée<br />
les moments au cours <strong>de</strong>squels<br />
les sept princesses <strong>de</strong> Disney<br />
voient leurs vœux se réaliser.<br />
Une occasion <strong>de</strong> retrouver<br />
Ariel, Belle, Cendrillon, Mulan,<br />
Jasmine, la Belle au Bois Dormant et Blanche Neige et <strong>de</strong><br />
voir leurs rêves <strong>de</strong>venir réalité.<br />
Arena du 22 au 24 janvier 2010<br />
49 | hayom 34
culture<br />
cinéma<br />
Brothers <strong>de</strong> Igaal Niddam<br />
Le film…<br />
Sortie cinéma prévue février 2010<br />
Deux frères que tout sépare, sauf le fait d’être nés juifs, se retrouvent en Israël après<br />
<strong>de</strong>s années <strong>de</strong> silence.<br />
Dan, qui a choisi le mon<strong>de</strong> du travail et <strong>de</strong> la terre, vit dans un kibboutz au sud<br />
d’Israël. Aaron, son frère, docteur en droit et en philosophie, grand érudit <strong>de</strong> la Torah,<br />
arrive <strong>de</strong>s États-Unis à Jérusalem pour défendre les droits <strong>de</strong>s étudiants <strong>de</strong> la<br />
Torah.<br />
Le conflit qui oppose les <strong>de</strong>ux frères est le reflet d’une société déchirée entre ses<br />
convictions religieuses et politiques. Avec les interdits et les injustices qui se multiplient,<br />
Israël est aujourd’hui au bord <strong>de</strong> la guerre civile.<br />
Les motivations du réalisateur…<br />
«Aujourd’hui, il est certain que la confrontation entre les<br />
religieux et les laïcs en Israël constitue le problème social et<br />
politique majeur qui risque <strong>de</strong> conduire le pays à long terme<br />
à une guerre civile. D’où l’urgence <strong>de</strong> réaliser un nouveau<br />
film pour montrer l’importance <strong>de</strong> cet aspect <strong>de</strong> la réalité<br />
<strong>de</strong> notre temps.»<br />
«A chacun <strong>de</strong> mes longs séjours en Israël, j’ai été impressionné<br />
<strong>de</strong> constater à quel point ce pays représente un formidable<br />
laboratoire d’étu<strong>de</strong> <strong>de</strong>s tensions que connaît le<br />
mon<strong>de</strong> mo<strong>de</strong>rne actuel, qu’il s’agisse <strong>de</strong>s problèmes <strong>de</strong> l’immigration, <strong>de</strong>s conflits<br />
Orient-Occi<strong>de</strong>nt, ou encore <strong>de</strong>s violentes tensions qui naissent <strong>de</strong> l’opposition entre<br />
l’État mo<strong>de</strong>rne laïc et la montée <strong>de</strong>s intégrismes religieux.<br />
Israël est en effet confronté aujourd’hui à une montée en puissance inouïe du tout-religieux. La société est <strong>de</strong>venue schizophrénique:<br />
d’un côté les laïcs et le mo<strong>de</strong>rnisme technologique <strong>de</strong> pointe, un <strong>de</strong>s plus avancés au mon<strong>de</strong>; <strong>de</strong> l’autre les religieux, figés sur<br />
<strong>de</strong>s mo<strong>de</strong>s <strong>de</strong> vie et <strong>de</strong> pensée datant <strong>de</strong> plusieurs millénaires. Schizophrénie galopante, du fait que les religieux se livrent à un<br />
prosélytisme débridé à l’encontre <strong>de</strong> la population juive laïque. Les conversions qui en résultent provoquent <strong>de</strong>s fractures terribles<br />
au sein même <strong>de</strong>s familles, entre mari et femme, frère et sœur, parents et enfants. C’est cette réalité complexe et inquiétante qui<br />
m’a poussé à réaliser ce film.<br />
Au niveau du pays tout entier, le sentiment d’injustice et <strong>de</strong> révolte éprouvé par la population laïque croît parallèlement à la montée<br />
en puissance, tant numérique qu’idéologique et politique, <strong>de</strong>s religieux. Aux yeux <strong>de</strong>s laïcs, les religieux ne travaillent pas et ne font<br />
pas l’armée. Ils sont subventionnés à vie par l’État. Ils représentent une force improductive qui ne participe pas au développement<br />
économique et qui contribue à l’appauvrissement du pays.<br />
De plus, la présence <strong>de</strong>s partis religieux au sein du gouvernement entrave les réformes nécessaires et rend le pays ingouvernable.<br />
Il est vrai qu’Israël, pays jeune et mo<strong>de</strong>rne, n’a pas encore établi <strong>de</strong> séparation entre l’État et la religion. C’est le grand débat<br />
d’aujourd’hui. C’est peut-être là que rési<strong>de</strong> la solution qui pourrait apaiser les tensions. L’intérêt <strong>de</strong> mon film est <strong>de</strong> montrer comment<br />
on peut vivre cette séparation au XXIe Igaal Niddam<br />
siècle.<br />
J’ai choisi <strong>de</strong> restituer cette problématique par le biais <strong>de</strong> la fiction. En racontant l’histoire tragique <strong>de</strong> <strong>de</strong>ux frères que tout sépare<br />
sauf le fait d’être nés juifs, je pense être mieux à même <strong>de</strong> rendre compte <strong>de</strong> cette immense fracture qui déchire la société israélienne<br />
et fait l’effet d’une bombe à retar<strong>de</strong>ment. Seuls les conflits avec les<br />
pays arabes voisins ont repoussé jusqu’à présent l’éclatement <strong>de</strong> cette<br />
guerre civile.<br />
Ce scénario est le fruit <strong>de</strong> cinq années <strong>de</strong> travail et d’enquêtes sur<br />
place en Israël, où j’ai pu m’entretenir longuement avec <strong>de</strong>s philosophes,<br />
<strong>de</strong>s hommes politiques et <strong>de</strong>s religieux. Aujourd’hui, on essaie<br />
<strong>de</strong> trouver dans ce pays <strong>de</strong>s solutions innovantes au problème <strong>de</strong> la<br />
séparation <strong>de</strong> l’État et <strong>de</strong> la religion. Et à ce titre, mon film pourrait<br />
servir, je l’espère, <strong>de</strong> base <strong>de</strong> réflexion et <strong>de</strong> débat pour d’autres pays<br />
confrontés à ce grave problème <strong>de</strong> notre temps».<br />
D. Z.<br />
Là-haut<br />
Quand Carl, un grincheux <strong>de</strong><br />
78 ans, déci<strong>de</strong> <strong>de</strong> réaliser le rêve <strong>de</strong> sa vie<br />
en attachant <strong>de</strong>s milliers <strong>de</strong> ballons à sa<br />
maison pour s’envoler vers l’Amérique<br />
du Sud, il ne s’attend pas à embarquer<br />
avec lui Russell, un jeune explorateur <strong>de</strong><br />
9 ans, toujours très enthousiaste et assez<br />
envahissant. Ce duo aussi imprévisible<br />
qu’improbable va vivre une aventure délirante<br />
qui les plongera dans un voyage<br />
dépassant l’imagination.<br />
Fringe - Saison 1<br />
Quand un vol international arrive à l’aéroport<br />
<strong>de</strong> Boston et que les passagers et<br />
l’équipage sont retrouvés morts, l’agent<br />
du FBI Olivia Dunham se voit confier<br />
l’enquête. Lorsque son partenaire est<br />
grièvement blessé, elle trouve une ai<strong>de</strong><br />
inattendue auprès du<br />
Dr Walter Bishop, un<br />
scientifique brillant un<br />
peu fou, et <strong>de</strong> son fils,<br />
Peter. Ils ne tar<strong>de</strong>nt pas<br />
à découvrir que le drame<br />
du vol 627 n’est qu’une<br />
infime partie d’une bien plus gran<strong>de</strong> et<br />
choquante vérité...<br />
APVisiopticHayom 17/10/06 15:43 Page 1<br />
concours « Là-haut»<br />
De quel Festival le film d’animation «Là-haut» a-t-il fait l’ouverture?<br />
Pour gagner un DVD du film, envoyez vos réponses à<br />
CILG-GIL / Concours Hayom 34 – Quai du Seujet 12, 1201 <strong>Genève</strong><br />
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culture<br />
Les beaux gosses<br />
Hervé, 14 ans, est un ado moyen. Débordé par ses pulsions, ingrat physiquement<br />
et moyennement malin, il vit seul avec sa mère. Au collège, il s’en<br />
sort à peu près, entouré par ses bons copains. Sortir avec une fille, voilà qui<br />
mobilise toute sa pensée. Hélas, dans ce domaine, il accumule râteau sur râteau, sans<br />
toutefois se démonter. Un jour, sans très bien comprendre comment, il se retrouve<br />
dans la situation <strong>de</strong> plaire à Aurore, l’une <strong>de</strong>s plus jolies filles <strong>de</strong> sa classe…<br />
Harry Potter et le prince <strong>de</strong> sang<br />
L’étau se resserre sur l’univers <strong>de</strong>s Moldus et le mon<strong>de</strong> <strong>de</strong> la sorcellerie.<br />
Poudlard a cessé d’être un havre <strong>de</strong> paix et le danger ro<strong>de</strong> au cœur<br />
du château. Mais Dumbledore est plus décidé que jamais à préparer<br />
Harry à son combat final, désormais imminent. Ensemble, le vieux<br />
maître et le jeune sorcier vont tenter <strong>de</strong> percer à jour les défenses <strong>de</strong><br />
Vol<strong>de</strong>mort. Pour les ai<strong>de</strong>r dans cette délicate entreprise, Dumbledore va relancer et<br />
manipuler son ancien collègue, le Professeur Horace Slughorn, qu’il croit en possession<br />
d’informations vitales sur le jeune Vol<strong>de</strong>mort. De surcroît, un autre mal hante<br />
cette année les étudiants: le démon <strong>de</strong> l’adolescence. De quoi faire virevolter les passions,<br />
les jalousies et la magie à Poudlard...<br />
Desperate Housewives – Saison 5<br />
Apparemment, tout se passe bien à Wisteria Lane. Le temps semble s’écouler sans soubresauts.<br />
Mais <strong>de</strong>puis peu, Gaby réalise avec tristesse qu’elle a négligé son apparence<br />
alors qu’elle se consacrait à sa famille. De son côté, Bree s’est métamorphosée<br />
en femme d’affaires <strong>de</strong>s plus efficaces. Quant à Susan,<br />
elle élève seule son fils. Lynette, elle, doit faire face à <strong>de</strong>ux<br />
adolescents indisciplinés sur lesquels elle n’a plus aucune autorité<br />
et c’est aussi le moment que choisit Edie pour réapparaître<br />
sans crier gare. Le début <strong>de</strong>s nouvelles péripéties <strong>de</strong> toutes ces<br />
femmes désespérées…<br />
Grey’s anatomy – Saison 5<br />
Les fans peuvent se réjouir car le Seattle Grace rouvre ses portes pour <strong>de</strong> nouvelles aventures inédites. La nouvelle<br />
année s’annonce difficile pour le personnel <strong>de</strong> l’hôpital avec <strong>de</strong> nouvelles épreuves à surmonter. Au grand désespoir<br />
<strong>de</strong> Richard Webber, l’hôpital n’est plus classé parmi les meilleurs établissements universitaires du pays.<br />
Tout <strong>de</strong>vra être mis en œuvre pour y remédier. Meredith déci<strong>de</strong> <strong>de</strong> s’engager avec Derek et lui propose d’emménager avec elle. Quant<br />
à Cristina, elle va être troublée par l’arrivée d’un nouveau mé<strong>de</strong>cin fraîchement débarqué d’Irak... D’autres nouveaux venus vont<br />
faire leur apparition dans cette 5e VISIOPTIC<br />
par offerte est page Cette<br />
Du côté <strong>de</strong>s séries…<br />
saison: Arizona Robbins, une jeune pédiatre passionnée, et Sadie Harris, une ancienne amie <strong>de</strong><br />
Meredith qui postule comme nouvelle interne. PUBLI-REPORTAGE<br />
Catherine GRANGE<br />
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Nos enfants nous accuseront<br />
Film documentaire français réalisé par Jean-Paul Jaud<br />
Gros plan sur la courageuse initiative d’une municipalité du Gard, Barjac, qui déci<strong>de</strong> d’introduire le bio<br />
dans la cantine scolaire du village. Le réalisateur brosse un tableau sans concession <strong>de</strong> la tragédie environnementale<br />
qui guette la jeune génération: l’empoisonnement <strong>de</strong> nos campagnes par la chimie agricole (76’000 tonnes <strong>de</strong> pestici<strong>de</strong>s<br />
déversées chaque année sur notre pays) et les dégâts occasionnés sur la santé publique. Un seul mot d’ordre: ne pas seulement<br />
constater les ravages, mais trouver tout <strong>de</strong> suite les moyens d’agir, pour que, <strong>de</strong>main, nos enfants ne nous accusent pas.<br />
exposition<br />
Villa Sovietica<br />
Cette exposition apporte un éclairage sur les pratiques d’interprétation culturelle<br />
en présentant <strong>de</strong> manière non conventionnelle une collection d’objets soviétiques.<br />
Le MEG a ouvert ses fonds à une équipe d’anthropologues et d’artistes<br />
venus <strong>de</strong> pays postsocialistes tels la Slovaquie, l’Ukraine, la Russie ou encore<br />
l’ancienne RDA. Ils ont examiné, en collaboration avec <strong>de</strong>s collègues <strong>de</strong> pays <strong>de</strong><br />
l’Ouest, les avantages et les dangers <strong>de</strong> l’approche interdisciplinaire <strong>de</strong> l’objet<br />
ethnographique.<br />
Le résultat <strong>de</strong> cette réflexion est la présentation <strong>de</strong> plus <strong>de</strong> 1’000 objets soviétiques<br />
d’usage quotidien, accompagnés d’innombrables pièces tirées du département<br />
Europe du Musée. L’exposition, présentée au MEG Conches, emploie la<br />
Villa elle-même en tant qu’objet, attirant l’attention du spectateur sur la magnifique<br />
architecture <strong>de</strong> l’édifice et offrant la possibilité au visiteur <strong>de</strong> découvrir<br />
certains endroits jamais accessibles.<br />
Elle nous invite ainsi à une expérience physique et sensible, à une approche décloisonnée,<br />
jouant avec nos clichés.<br />
Le spectateur, qui évolue au travers <strong>de</strong> fragments, <strong>de</strong> restes, est confronté à une<br />
vision fugitive, émotionnelle et viscérale d’une réalité <strong>de</strong> l’ancienne division Est<br />
/ Ouest, qui ne peut être saisie que <strong>de</strong> façon indirecte et éphémère.<br />
Dans un voyage <strong>de</strong> la cave au grenier dans l’ancienne Villa Lombard et dans<br />
divers lieux choisis <strong>de</strong> <strong>Genève</strong>, la machinerie muséale est questionnée par le truchement<br />
<strong>de</strong> l’objet. Le tapis rouge est déroulé, soyez les bienvenus. Mais prenez<br />
gar<strong>de</strong>, il pourrait bien vous déséquilibrer…<br />
Jusqu’au 20 juin 2010<br />
Pirogovo: Musée National d’Architecture et <strong>de</strong> Moeurs, intérieur d’une maison dans le Village Socialiste.<br />
© MEG 2009. Photo: Willem Mes<br />
lire<br />
Juifs en errance – Suivi<br />
<strong>de</strong> l’Antéchrist<br />
De Joseph Roth<br />
Joseph Roth tenait tout particulièrement<br />
aux <strong>de</strong>ux essais ici réunis.<br />
Inventaire poétique et luci<strong>de</strong> d’un<br />
univers que l’écrivain savait menacé,<br />
celui <strong>de</strong>s bourga<strong>de</strong>s<br />
juives<br />
d’Europe centrale<br />
et orientale,<br />
«Juifs en<br />
errance» analyse<br />
les raisons<br />
<strong>de</strong> sa lente désagrégation:<br />
la pauvreté<br />
qui pousse les<br />
habitants du<br />
Shtetl à l’exo<strong>de</strong>, la tentation <strong>de</strong> l’assimilation,<br />
le rêve sioniste. En véritable<br />
passeur <strong>de</strong> culture, le Juif assimilé<br />
Roth porte un regard bienveillant sur<br />
ces Juifs à l’idiome étrange, vêtus <strong>de</strong><br />
caftans, que l’on croise dans certains<br />
quartiers <strong>de</strong> Vienne, <strong>de</strong> Berlin ou <strong>de</strong><br />
Paris.<br />
D’une toute autre nature, et par son<br />
sujet et par sa langue qui semble celle<br />
d’un prophète <strong>de</strong>s temps mo<strong>de</strong>rnes,<br />
«L’Antéchrist» est lui aussi une profession<br />
<strong>de</strong> foi humaniste et une interrogation<br />
inquiète sur le <strong>de</strong>venir <strong>de</strong><br />
l’Europe. Dans cet étrange réquisitoire<br />
contre les phénomènes <strong>de</strong> l’âge<br />
technique, on peut lire l’angoisse<br />
profon<strong>de</strong> d’un intellectuel épris <strong>de</strong><br />
cosmopolitisme qui voit son mon<strong>de</strong><br />
sombrer dans l’exacerbation <strong>de</strong>s nationalismes<br />
et le chaos infernal <strong>de</strong>s<br />
dictatures.<br />
lire<br />
Une résistance juive. Grenoble<br />
1943-1945<br />
De Paul Giniewski<br />
De nombreux Juifs ont participé<br />
au combat <strong>de</strong>s réseaux <strong>de</strong> la<br />
Résistance française aux nazis.<br />
Il y eut aussi <strong>de</strong>s réseaux et <strong>de</strong>s<br />
maquis juifs. Pourquoi cette<br />
spécificité? Si tous les Français<br />
ont souffert sous l’occupation,<br />
les seuls Juifs étaient traqués<br />
par les polices <strong>de</strong> Vichy, la Milice et la Gestapo et<br />
expédiés à Auschwitz. Il fallait les ai<strong>de</strong>r à échapper<br />
à l’extermination. Leur trouver <strong>de</strong>s «planques»<br />
dans <strong>de</strong>s établissements religieux ou chez <strong>de</strong>s concitoyens.<br />
Leur fournir <strong>de</strong>s subsi<strong>de</strong>s, <strong>de</strong> faux papiers,<br />
un soutien spirituel. Leur faire franchir en frau<strong>de</strong><br />
les frontières suisse et espagnole. De jeunes Juifs se<br />
sont improvisés passeurs, frau<strong>de</strong>urs, faussaires et<br />
tueurs. Paul Giniewski a été l’un d’eux à Grenoble<br />
<strong>de</strong> 1943 à 1945. Il relate la vie quotidienne, aventureuse<br />
et périlleuse <strong>de</strong> ces «sauveurs juifs»…<br />
à l’affiche<br />
Z32<br />
De Avi Mograbi<br />
culture<br />
Ce film israélien, prix à la Mostra <strong>de</strong> Venise 2008 et tragédie musicale<br />
documentaire, traite du fossé infranchissable qui existe entre<br />
le témoignage dérangeant d’un soldat d’une unité d’élite <strong>de</strong> l’armée<br />
israélienne et la représentation artistique <strong>de</strong> ce même témoignage…<br />
Un ex-soldat israélien a participé à une mission <strong>de</strong> représailles<br />
dans laquelle <strong>de</strong>ux policiers palestiniens<br />
ont été tués. Il cherche à obtenir<br />
le pardon pour ce qu’il a fait. Sa<br />
petite amie ne pense pas que ce soit<br />
si simple, elle soulève <strong>de</strong>s questions<br />
qu’il n’est pas encore capable d’affronter.<br />
Le soldat témoigne volontairement<br />
<strong>de</strong>vant la caméra tant que<br />
son i<strong>de</strong>ntité n’est pas dévoilée.<br />
Le cinéaste, tout en cherchant la<br />
solution adéquate pour préserver<br />
l’i<strong>de</strong>ntité du soldat, interroge sa propre<br />
conduite politique et artistique.<br />
Personne n‘en parle,<br />
mais tout le mon<strong>de</strong> <strong>de</strong>vrait le planifier<br />
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D. Z. / S. F. / J. L.
54 | hayom 34<br />
culture people<br />
> J’ai lu pour vous<br />
par Bernard Pinget<br />
Philip Roth: Exit le fantôme, Gallimard, Du Mon<strong>de</strong> entier, 2009<br />
Le célèbre écrivain Nathan Zuckerman est <strong>de</strong> retour. De retour à New York après onze ans<br />
d’exil volontaire dans les monts du Berkshire… Inutile <strong>de</strong> dire que le lecteur est très vite<br />
appelé à se poser <strong>de</strong>s questions sur ce qui va advenir <strong>de</strong> la cuirasse patiemment façonnée<br />
par le vieil ours, face aux coups <strong>de</strong> boutoir du <strong>de</strong>stin… Chacun <strong>de</strong> ces coups constituera<br />
pour Philip Roth l’occasion d’abor<strong>de</strong>r une facette du thème fondamental <strong>de</strong> ce livre: celui<br />
<strong>de</strong> la condition <strong>de</strong> l’homme <strong>de</strong>vant le déclin qui le conduit inexorablement à la mort.<br />
Pourtant luci<strong>de</strong> et ô combien prévenu, l’infortuné Zuckerman, débarqué par hasard le<br />
jour <strong>de</strong> la réélection <strong>de</strong> George Bush, expérimentera jusqu’au bout toutes les formes <strong>de</strong><br />
l’impuissance. En une semaine, <strong>de</strong>puis sa chambre 1418 du Hilton, il aura tenté toutes les<br />
guerres, <strong>de</strong>puis la défense <strong>de</strong> la mémoire du grand E.I. Lonoff menacée par un biographe<br />
aussi fat qu’obstiné, jusqu’à la conquête désespérée <strong>de</strong> la belle et parfaite Jamie, en passant<br />
par la mère <strong>de</strong> toutes ses batailles: celle contre sa propre résignation.<br />
Un récit mené <strong>de</strong> main <strong>de</strong> maître, amer en même temps que jouissif, <strong>de</strong>ssinant savamment<br />
sa trajectoire entre les écueils <strong>de</strong> la facilité et <strong>de</strong> l’obscurité, sans jamais effleurer<br />
l’un ou l’autre.<br />
Philip Roth: le cousin sérieux <strong>de</strong> Woody Allen.<br />
Ruth Fayon et Patrick Vallélian: Auschwitz en héritage, Delibreo<br />
Ruth Fayon a fait davantage pour la mémoire <strong>de</strong> <strong>Genève</strong> qu’une bibliothèque<br />
entière. C’est grâce à ses innombrables interventions dans les écoles <strong>de</strong>puis 1977<br />
que le mot «Shoah» a pris, pour <strong>de</strong>s générations d’élèves du bout du Léman, un<br />
sens concret. Dès lors, l’annonce <strong>de</strong> la parution <strong>de</strong> son livre sonnait comme une<br />
injonction: un ouvrage à ne pas manquer!<br />
Il y a dans ce livre <strong>de</strong>s évocations saisissantes, tel ce douanier suisse bedonnant<br />
<strong>de</strong> 1965 qui s’étonne que le numéro tatoué sur le bras <strong>de</strong> Ruth Fayon ne correspon<strong>de</strong><br />
pas à celui <strong>de</strong> sa plaque <strong>de</strong> voiture. On sera également bouleversé <strong>de</strong> revoir,<br />
sous un angle à chaque fois un peu différent, <strong>de</strong>s épiso<strong>de</strong>s souvent relatés par<br />
les Survivants, comme les déplacements inhumains dans <strong>de</strong>s wagons à bestiaux,<br />
l’inimaginable promiscuité <strong>de</strong> Birkenau, le nuage perpétuel <strong>de</strong>s crématoires... Il<br />
faut que ces figures soient constamment rappelées: ce sont les visages découverts<br />
du démon qui cherchera toujours à entraîner l’être humain vers l’abjection. Nous<br />
avons besoin <strong>de</strong> les revoir sans cesse pour les reconnaître et les repousser encore<br />
et toujours, quelle que soit leur forme future. Le livre s’achève par la phrase «Plus<br />
jamais ça», et c’est bien évi<strong>de</strong>mment le propos.<br />
Ruth Fayon n’a pas rédigé elle-même ce livre. Elle a été secondée par Patrick Vallélian,<br />
journaliste à l’Hebdo, qui s’est chargé <strong>de</strong>s recherches indispensables pour<br />
préciser le cadre <strong>de</strong>s événements, parfois estompé par le temps, ainsi que <strong>de</strong> la<br />
mise en forme écrite. C’est là le côté un peu décevant <strong>de</strong> l’ouvrage, dont le narrateur<br />
ne parvient pas à assumer le «je» qu’il emploie, hésitant constamment entre<br />
<strong>de</strong>ux mo<strong>de</strong>s d’énonciation. Cela donne quelques paragraphes un peu écartelés,<br />
où le lecteur ne sait plus d’où vient la voix qui lui parle…<br />
Cela dit, un livre à recomman<strong>de</strong>r sans hésitation.<br />
B. P.<br />
> Clin d’oeil<br />
Barbra Streisand bat tous les records<br />
Barbra Streisand est la première artiste à possé<strong>de</strong>r <strong>de</strong>s albums classés n°1 pendant cinq décennies consécutives. Elle égale les Beatles<br />
pour la 3 e place <strong>de</strong>s ventes en première semaine. Le nouvel opus <strong>de</strong> Barbra Streisand «Love is the answer» est entré en première<br />
place dans les charts américains en se vendant à 180’500 exemplaires pour la semaine du 29 septembre. La chanteuse étend encore<br />
ainsi son record <strong>de</strong> longévité entre son 1er album numéro 1 (People, 1964) et son plus récent. Ce succès sans précé<strong>de</strong>nt la positionne<br />
en troisième position avec les Beatles, <strong>de</strong>rrière Frank Sinatra et les Stones au classement <strong>de</strong>s meilleures ventes en première semaine.<br />
Atteignant <strong>de</strong>s records qui risquent <strong>de</strong> ne jamais être égalés, son nouvel album intègre ainsi la catégorie rare <strong>de</strong>s nouveaux albums<br />
qui se classent d’entrée en tête <strong>de</strong>s ventes. Bien qu’aucun autre artiste ou groupe n’ait égalé son précé<strong>de</strong>nt record <strong>de</strong> quatre décennies<br />
d’affilée en tête <strong>de</strong>s charts, ce nouvel album risque fort <strong>de</strong> représenter un sommet <strong>de</strong> longévité <strong>de</strong> carrière inégalable.<br />
Barbra Streisand est l’artiste féminine ayant vendu le plus <strong>de</strong> disques dans l’histoire et la seule femme à être entrée dans le Top 10<br />
<strong>de</strong>s artistes aux meilleures ventes. Sa carrière compte 50 albums disques d’or, 30 <strong>de</strong> platine et 13 multi-platine.<br />
Premier album <strong>de</strong> nouveaux enregistrements studio <strong>de</strong>puis «Guilty Pleasures» en 2005, «Love Is The Answer» fait suite à «Live In<br />
Concert» sorti en 2006 et expose l’artiste en chanteuse <strong>de</strong> cabaret jazz d’une gran<strong>de</strong> clarté émotionnelle, avec profon<strong>de</strong>ur et maturité,<br />
offrant à l’auditeur une sélection <strong>de</strong> chaleureuses et intimistes méditations nocturnes sur les pouvoirs,<br />
les peines et les consolations <strong>de</strong> l’amour. Début octobre, Barbra Streisand est retournée au légendaire jazzclub<br />
Village Vanguard à New York – où elle avait auditionné il y a 48 ans – et y a chanté <strong>de</strong>s titres <strong>de</strong> «Love<br />
Is The Answer» pour un public d’amis et d’admirateurs comblés. Comme le remarquait un journaliste du<br />
New York Times, «Les concerts <strong>de</strong> Mme Streisand sont chose rare, mais l’échelle <strong>de</strong> son spectacle <strong>de</strong> samedi<br />
était suffisamment exceptionnelle pour brièvement bouleverser l’ordre social naturel <strong>de</strong>s événements mondains.»<br />
Artiste aux multiples talents dans tous les domaines du diverstissement, Barbra Streisand a laissé<br />
sa trace comme actrice, compositeur, interprète, chanteuse, productrice, réalisatrice ou scénariste. Après<br />
<strong>de</strong>ux Oscars, cinq Emmys, dix Gol<strong>de</strong>n Globes, huit Grammys, un Tony Award spécial ainsi que, notamment,<br />
<strong>de</strong>ux Cable Ace awards, elle a reçu cette année le prestigieux Kennedy Center Honor for Exemplary Lifetime<br />
Achievement in The Performing Arts.<br />
Son film le plus récent, «Meet The Fockers», est <strong>de</strong>venu et reste la seule comédie à dépasser la marque du<br />
<strong>de</strong>mi milliard <strong>de</strong> dollars au box office. Qui dit mieux?<br />
Un Dylan pour Noël<br />
Un nouvel album <strong>de</strong> Bob Dylan, «Christmas in the Heart», dont l’intégralité <strong>de</strong>s royalties ira au bénéfice<br />
<strong>de</strong>s nécessiteux, sort dans les bacs. Plus <strong>de</strong> 4 millions <strong>de</strong> repas seront ainsi fournis durant les fêtes<br />
<strong>de</strong> fin d’année. Il offre aussi à perpétuité toutes les royalties à venir pour cet album à ces associations.<br />
«Lorsque nous avons contacté Bob Dylan afin <strong>de</strong> lui proposer <strong>de</strong> s’impliquer dans notre organisation,<br />
nous étions loin d’imaginer qu’il agirait avec tant <strong>de</strong> générosité en versant à notre cause la totalité <strong>de</strong><br />
ses droits d’auteur <strong>de</strong> l’album à venir», annonce Vicki Escarra, prési<strong>de</strong>nte et CEO <strong>de</strong> Feeding America.<br />
« Cette initiative majeure <strong>de</strong> la part d’un tel artiste et icône culturelle va directement bénéficier à <strong>de</strong><br />
très nombreuses personnes et aura également un impact sur la prise <strong>de</strong> conscience <strong>de</strong> l’épidémie <strong>de</strong> faim dans ce pays et autour du<br />
mon<strong>de</strong>». Et Bob Dylan <strong>de</strong> commenter: «C’est une tragédie que plus <strong>de</strong> 35 millions <strong>de</strong> personnes dans ce seul pays – dont 12 millions<br />
d’enfants – aillent se coucher chaque soir en ayant faim et se réveillent le matin incertaines <strong>de</strong> leur prochain repas. Je me joins aux<br />
braves gens <strong>de</strong> Feeding America dans l’espoir que nos efforts puissent apporter une certaine sécurité alimentaire aux gens dans le<br />
besoin pendant la prochaine pério<strong>de</strong> <strong>de</strong>s fêtes». Feeding America procure aux individus et aux familles à<br />
bas revenus <strong>de</strong> quoi survivre au quotidien. En tant que plus importante organisation humanitaire dans<br />
le domaine <strong>de</strong> l’alimentaire, elle contribue à nourrir plus <strong>de</strong> 25 millions <strong>de</strong> personnes chaque année, dont<br />
9 millions d’enfants et 3 millions <strong>de</strong> personnes âgées. Présente partout aux USA, elle regroupe<br />
plus <strong>de</strong> 200 centrales <strong>de</strong> nourriture qui, à leur tour, la distribuent à 63’000 agences locales combattant<br />
la faim sous toutes ses formes. «Christmas In The Heart» est le 47 e album <strong>de</strong> Bob Dylan<br />
et fait suite à son précé<strong>de</strong>nt opus et succès critique, «Together Through Life», publié cette année. Les<br />
quatre précé<strong>de</strong>nts albums studio <strong>de</strong> Bob Dylan ont tous été acclamés comme étant parmi les meilleurs <strong>de</strong><br />
sa carrière historique, obtenant simultanément succès commercial et reconnaissance unanime par<br />
la critique. En 2008, Bob Dylan a reçu un prix Pulitzer spécial pour son «impact profond sur la<br />
musique populaire et la culture américaine, marqué par <strong>de</strong>s compositions lyriques d’une puissance<br />
poétique extraordinaire». Il avait déjà auparavant reçu les Honneurs du Centre Kennedy<br />
en 1997, la médaille française <strong>de</strong> Comman<strong>de</strong>ur <strong>de</strong>s Arts et <strong>de</strong>s Lettres en 1990 ainsi que <strong>de</strong> nombreuses<br />
autres distinctions. Et là aussi, qui dit mieux?<br />
M.M.
56 | hayom 34<br />
le billet <strong>de</strong> F. Buffat<br />
Ré<strong>de</strong>mption <strong>de</strong> la maison<br />
Wagner, ré<strong>de</strong>mption <strong>de</strong> l’Allemagne…<br />
le Parsifal mis en<br />
scène par le Norvégien Stefan<br />
Herheim est un chef d’œuvre <strong>de</strong> subtilité<br />
puisqu’au final, le héros qui a récupéré<br />
la lance sacrée, non seulement guérit la<br />
blessure du roi pêcheur Amfortas, gardien<br />
du graal mais, <strong>de</strong>vant les députés<br />
siégeant au Bun<strong>de</strong>stag, apporte la ré<strong>de</strong>mption<br />
aux Wagner, à l’Allemagne<br />
et même à Kundry la Juive, condamnée<br />
à l’errance éternelle pour avoir ri face<br />
au Christ crucifié. «Merveille du plus<br />
grand salut/La ré<strong>de</strong>mption au ré<strong>de</strong>mpteur»,<br />
on n’a pas fini <strong>de</strong> gloser sur le<br />
sens <strong>de</strong> la phrase finale <strong>de</strong> l’opéra. Mais<br />
c’est justement la force <strong>de</strong> cette œuvre<br />
que d’ouvrir la voie à toutes les interprétations,<br />
et celle <strong>de</strong> Bayreuth 2009<br />
était sans équivoque: je l’ai vue comme<br />
une <strong>de</strong>man<strong>de</strong> <strong>de</strong> grand pardon vis-à-vis<br />
<strong>de</strong> tous les crimes commis par Hitler et<br />
ses complices. Comme un point final à<br />
l’histoire d’une nation qui aspire à surmonter<br />
son passé pour enfin libérer son<br />
présent d’une si terrible culpabilité.<br />
C’est dire que l’invitation faite par Les<br />
Amis du Festival <strong>de</strong> Bayreuth à Daniel<br />
Barenboïm et à son orchestre Le Divan<br />
s’inscrit dans ce même processus. Car,<br />
outre Bayreuth et les Wagner, le chef israélien<br />
et son orchestre étaient invités<br />
au festival <strong>de</strong> Salzbourg. Encore un lieu<br />
marqué par le souvenir <strong>de</strong> Hitler qui avait<br />
Le West-Eastern Divan acclamé par le public <strong>de</strong> Bayreuth<br />
> Bayreuth: ré<strong>de</strong>mption aux Wagner<br />
70 ans n’ont pas suffi aux <strong>de</strong>scendants <strong>de</strong> Richard Wagner pour expier les compromissions <strong>de</strong> leur<br />
famille avec le régime nazi. Mais cet été 2009 a peut-être marqué un tournant décisif. En effet,<br />
outre un Parsifal à tous égards extraordinaire, le festival <strong>de</strong> Bayreuth a accueilli à bras ouverts le<br />
chef israélien Daniel Barenboïm et son orchestre West-Eastern Divan*, composé <strong>de</strong> jeunes musiciens<br />
du Proche-Orient, israéliens, palestiniens, arabes et chrétiens.<br />
Daniel Barenboïm<br />
installé son nid d’aigle favori à Berchtesga<strong>de</strong>n,<br />
à quelques kilomètres <strong>de</strong> là.<br />
«Incroyable? Incroyable avancée. Complètement<br />
dingue, à couper le souffle.<br />
Un heureux événement», titrait le Nordbayerischer<br />
Kurier du 20 août 2009 au<br />
len<strong>de</strong>main du concert donné à Bayreuth.<br />
Un événement dont la portée, aussi musicale<br />
que symbolique, n’a pas échappé<br />
à la presse du pays. Vrai que la vision <strong>de</strong><br />
Barenboïm et <strong>de</strong> ses musiciens, <strong>de</strong>bout<br />
recevant les acclamations du public,<br />
avait <strong>de</strong> quoi tirer <strong>de</strong>s larmes à l’émotive<br />
que je suis. Et quand Barenboïm et Eva<br />
Wagner-Pasquier se sont embrassés au<br />
vu <strong>de</strong> tous, c’était l’étreinte ré<strong>de</strong>mptrice.<br />
La paix ré<strong>de</strong>mptrice par la musique, accordée<br />
par l’un <strong>de</strong> nos plus grands musiciens,<br />
fils <strong>de</strong> Juifs russes, né à Buenos<br />
Aires et éduqué en Israël.<br />
Le programme choisi était lui aussi<br />
bourré <strong>de</strong> symboles: <strong>de</strong> Richard Wagner<br />
Prélu<strong>de</strong> et mort d’Iseut, puis <strong>de</strong> Liszt, ce<br />
grand amoureux idéaliste, Les Prélu<strong>de</strong>s<br />
dont un passage avait servi pendant la<br />
guerre à annoncer à la radio les victoi-<br />
res <strong>de</strong>s Nazis contre les Russes. D’avoir<br />
choisi <strong>de</strong> jouer ces Prélu<strong>de</strong>s était une sorte<br />
<strong>de</strong> ré<strong>de</strong>mption au passé guerrier <strong>de</strong> l’Allemagne.<br />
Et finir avec la Symphonie fantastique<br />
<strong>de</strong> Berlioz colorait l’événement.<br />
La musique peut-elle briser <strong>de</strong>s barrières<br />
qui paraissent insurmontables?<br />
Construire <strong>de</strong>s ponts pour apporter la<br />
paix? Certes pas, dit Barenboïm, mais la<br />
musique offre aux musiciens d’un même<br />
orchestre les conditions pour s’écouter,<br />
pour dialoguer, pour reconnaître la légitimité<br />
<strong>de</strong> l’autre. En cette année 2009<br />
où le West-Eastern Divan Orchestra fête<br />
son 10 e anniversaire, ce projet fou, idéaliste,<br />
telle une traînée <strong>de</strong> poudre, a déjà<br />
conquis Madrid, Saint-Sébastien, <strong>Genève</strong>,<br />
Salzbourg, Bayreuth, Londres, après<br />
Berlin, Moscou Vienne et Milan.<br />
«Unglaublich! Wahnsinn. Atemberaubend».<br />
F.Bu.<br />
*Le Divan est le titre choisi par Goethe pour une<br />
plaquette <strong>de</strong> poèmes, écrits en 1819, inspirés par sa<br />
découverte <strong>de</strong> l’Islam et du poète persan Hafiz.<br />
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© UBS 2009. Tous droits réservés.
Véra-Irène Steiner (1924-2009)<br />
une militante <strong>de</strong> l’anti-racisme et <strong>de</strong> la tolérance<br />
L<br />
a plupart <strong>de</strong> ses amis et <strong>de</strong> ses<br />
connaissances étaient absents<br />
en raison <strong>de</strong> la trêve estivale et<br />
l’auteur <strong>de</strong> ces lignes, pourtant<br />
si proche <strong>de</strong> cette gran<strong>de</strong> dame, était lui<br />
aussi très loin, retenu par un <strong>de</strong>uil familial.<br />
Je n’ai donc appris la triste nouvelle<br />
qu’à la mi-août, le 13 très exactement,<br />
lorsque Madame Bernstein m’a appelé<br />
<strong>de</strong> <strong>Genève</strong> pour me l’annoncer. Mon<br />
émotion fut très gran<strong>de</strong> car <strong>de</strong>puis quelques<br />
semaines déjà Madame Steiner ne<br />
répondait plus au téléphone; je m’inquiétais<br />
et échafaudais toutes sortes<br />
d’éventualités en prenant soin d’écarter<br />
celle du pire. C’était pourtant la bonne.<br />
Mais comment y croire? Madame Steiner<br />
avait été très éprouvée par un séjour<br />
antérieur en gériatrie. Elle m’en avait<br />
prévenu et je tentais <strong>de</strong> l’appeler le plus<br />
souvent possible pour la rassurer. Je me<br />
<strong>de</strong>man<strong>de</strong>, a posteriori, si l’on peut alors<br />
comprendre la détresse d’un être qui sent<br />
ses forces le quitter et ses facultés s’altérer…<br />
Après maintes tentatives infructueuses,<br />
elle finit par regagner son domicile<br />
où d’autres difficultés l’attendaient.<br />
Comment faire? Comment continuer à<br />
vivre seule alors que son autonomie décroît<br />
inexorablement?<br />
J’avais alors mis cette réaction sur le<br />
compte d’une hypocondrie soudaine et<br />
que je croyais passagère… D’autant que<br />
Madame Steiner avait, exactement 16<br />
jours avant sa disparition, écrit à Danielle<br />
une carte <strong>de</strong> condoléances pour le décès<br />
<strong>de</strong> sa mère, et rien dans son écriture<br />
ne trahissait les prodromes d’une disparition<br />
imminente. Elle m’avait pourtant<br />
dit au téléphone, au début du mois <strong>de</strong><br />
juin, qu’elle risquait <strong>de</strong> disparaître et<br />
qu’elle ne supportait plus certains signes<br />
avant-coureurs du vieillissement: pertes<br />
<strong>de</strong> mémoire, malaises récurrents, tension<br />
élevée, inquiétu<strong>de</strong>s dues au stimula-<br />
58 | hayom 34<br />
hommage<br />
Véra-Irène Steiner nous a quittés, le 26 juillet <strong>de</strong> cette année 2009 et a été portée en terre <strong>de</strong>ux jours plus tard dans<br />
le carré juif <strong>de</strong> <strong>Genève</strong>.<br />
teur cardiaque, difficultés <strong>de</strong> la vie quotidienne,<br />
et surtout une conscience <strong>de</strong><br />
plus en plus douloureuse <strong>de</strong> la solitu<strong>de</strong>…<br />
Elle ajouta en guise <strong>de</strong> conclusion: Vous<br />
saurez quoi écrire si je venais à disparaître…<br />
A mes dénégations, elle répondit, comme<br />
à son habitu<strong>de</strong>, en réitérant ses propos.<br />
En posant le téléphone, je me suis<br />
dit qu’elle traversait un moment <strong>de</strong> fatigue<br />
passagère et que tout re<strong>de</strong>viendrait<br />
comme avant. Je me trompais.<br />
Avec elle disparaît tout un pan <strong>de</strong> l’histoire<br />
juive contemporaine: originaire <strong>de</strong><br />
Turquie, issue d’une famille ashkénaze<br />
dont un lointain parent s’était vu confier<br />
par l’Empereur la direction <strong>de</strong>s chemins<br />
<strong>de</strong> fer autrichiens avant la première<br />
guerre mondiale, elle était polyglotte et<br />
comprenait aussi bien le turc et l’arabe<br />
que les principales langues européennes:<br />
l’allemand, le français et l’anglais<br />
puisqu’elle avait travaillé, <strong>de</strong>s années<br />
durant, pour la représentation diplomatique<br />
<strong>de</strong>s USA à <strong>Genève</strong>.<br />
Ayant eu le privilège <strong>de</strong> côtoyer cette<br />
gran<strong>de</strong> dame au cours <strong>de</strong> la décennie qui<br />
vient <strong>de</strong> s’écouler, je tente <strong>de</strong> me souvenir<br />
<strong>de</strong> tous ces échanges riches que nous<br />
eûmes et qui m’ont tant appris.<br />
Aujourd’hui, il m’incombe <strong>de</strong> témoigner<br />
<strong>de</strong> la mémoire d’une gran<strong>de</strong> dame que<br />
je vis pour la première fois, vers 1992<br />
en salle 108B, à l’Uni-Bastions, dans le<br />
séminaire que Madame le professeur<br />
Esther Starobinski-Safran donnait le<br />
lundi après-midi. Je <strong>de</strong>vais faire une<br />
conférence dans le cadre <strong>de</strong> ce séminaire<br />
et je me souviens encore très bien d’une<br />
dame d’un certain âge, assise au premier<br />
rang, au regard perçant qui attestait une<br />
gran<strong>de</strong> vivacité intellectuelle. Depuis ce<br />
jour, je revis Madame Steiner tous les<br />
lundis à <strong>Genève</strong>, lorsque je m’y rendais<br />
pour les conférences.<br />
La curiosité intellectuelle <strong>de</strong> Madame<br />
Steiner était étonnante: maintes fois<br />
elle me fit <strong>de</strong>s remarques critiques mais<br />
absolument justifiées dont je dus tenir<br />
compte tant elles étaient fondées. Elle<br />
aimait passionnément l’histoire intellectuelle<br />
du judaïsme et souhaitait que<br />
ni la religion ni l’idée nationale ne viennent<br />
en réduire la portée. Cet universalisme<br />
judéo-hébraïque qui a offert le<br />
monothéisme éthique à l’humanité lui<br />
tenait à cœur. Et lorsqu’elle défendait la<br />
mémoire <strong>de</strong> la Shoah, elle ajoutait toujours<br />
qu’il convenait d’épouser toutes les<br />
luttes en faveur <strong>de</strong>s droits <strong>de</strong> l’homme.<br />
Son rejet <strong>de</strong> l’antisémitisme s’accompagnait<br />
d’un amour ar<strong>de</strong>nt pour l’ensemble<br />
du genre humain.<br />
Son attitu<strong>de</strong> à l’égard d’Israël était claire:<br />
elle admirait ce pays qui symbolisait à ses<br />
yeux une renaissance à la fois nationale<br />
et culturelle tout en revendiquant une<br />
large autonomie pour les communautés<br />
juives <strong>de</strong> la Diaspora. Elle suivait aussi<br />
avec une certaine inquiétu<strong>de</strong> la moindre<br />
manifestation d’antisémitisme, qu’il fût<br />
d’inspiration politique ou religieuse.<br />
Tout en condamnant fermement le terrorisme,<br />
elle était d’avis que les Palestiniens<br />
<strong>de</strong>vaient eux aussi avoir un avenir<br />
aux côtés <strong>de</strong> l’État juif.<br />
Cette femme nous a beaucoup apporté et<br />
beaucoup donné. Elle était très attachée<br />
à la communauté libérale, au GIL, <strong>de</strong><br />
<strong>Genève</strong>. Elle m’a personnellement offert<br />
son ai<strong>de</strong> pour m’intégrer à la société genevoise<br />
où je ne connaissais alors presque<br />
personne, à l’exception du regretté<br />
grand rabbin Alexandre Safran (Zal) et<br />
du professeur Alain <strong>de</strong> Libera, mon collègue<br />
et ami. Madame Steiner favorisa<br />
ma relation avec le rabbin François Garaï<br />
qui, à sa <strong>de</strong>man<strong>de</strong>, m’invita régulièrement<br />
à donner <strong>de</strong>s conférences dans le<br />
cadre <strong>de</strong> sa communauté, si sympathique<br />
et si chaleureuse. Je lui suis re<strong>de</strong>vable<br />
<strong>de</strong> cette amitié qui m’unit désormais<br />
au gui<strong>de</strong> spirituel <strong>de</strong> la communauté libérale<br />
<strong>de</strong> <strong>Genève</strong>. Ensuite, elle parla <strong>de</strong><br />
moi en termes si aimables à Monsieur le<br />
professeur Marc Faessler qu’il m’invita à<br />
prendre la parole <strong>de</strong>vant l’imposant public<br />
<strong>de</strong> l’Uni-III… Comment me souvenir<br />
<strong>de</strong> tous ces actes bienfaisants, <strong>de</strong> tout ce<br />
qu’elle faisait ex mera gracia?<br />
Enfin, lorsque nous <strong>de</strong>vînmes amis,<br />
Madame Steiner se déclara prête à promouvoir<br />
la publication en français du<br />
<strong>de</strong>rnier livre posthume <strong>de</strong> Léo Baeck Dies<br />
Volk. Jüdische Existenz (Ce peuple. L’existence<br />
juive) (Armand Colin, 2007): la version<br />
française d’une telle œuvre n’eût jamais<br />
paru sans l’ai<strong>de</strong> décisive <strong>de</strong> cette femme<br />
<strong>de</strong> cœur, dont l’exigence mais aussi la<br />
droiture pouvaient aller parfois jusqu’à<br />
<strong>de</strong> la rai<strong>de</strong>ur que ses qualités <strong>de</strong> cœur<br />
compensaient largement. Elle fut donc<br />
la mécène <strong>de</strong> la culture juive, notamment<br />
celle produite par les Juifs d’expression<br />
germanique, elle qui parlait si souvent<br />
avec moi dans cette langue alleman<strong>de</strong><br />
qu’elle maîtrisait parfaitement.<br />
Je l’entretenais souvent <strong>de</strong> ma volonté<br />
<strong>de</strong> sauver le legs culturel et spirituel du<br />
judaïsme allemand, ce grand et prestigieux<br />
judaïsme d’Europe, aujourd’hui<br />
disparu, et qui, à un <strong>de</strong>mi-millénaire <strong>de</strong><br />
distance, subissait le même sort que son<br />
illustre <strong>de</strong>vancier <strong>de</strong> la péninsule Ibérique:<br />
la <strong>de</strong>struction et l’expulsion. Certes,<br />
l’expulsion <strong>de</strong>s Juifs d’Espagne ne fut<br />
pas accompagnée d’une Shoah avant la<br />
lettre, mais la similitu<strong>de</strong> est frappante<br />
entre ces <strong>de</strong>ux apogées du judaïsme en<br />
terre d’Europe. La culture <strong>de</strong> Madame<br />
Steiner était telle que je trouvais en elle<br />
une interlocutrice <strong>de</strong> qualité. Je lui avais<br />
même dit un jour en allemand, Sie sind<br />
eine ebenbürtige Gesprächpartnerin… Cela lui<br />
avait beaucoup plu.<br />
J’allais oublier la générosité intellectuelle<br />
<strong>de</strong> Madame Steiner; elle conservait<br />
pour moi toutes les coupures <strong>de</strong> journaux<br />
suisses (en français et en allemand)<br />
qu’elle m’envoyait à Paris, parfois annotés<br />
à la marge <strong>de</strong> sa main… Cet altruisme<br />
n’apparaissait pas au premier coup d’œil<br />
mais pour qui savait observer avec bienveillance,<br />
il apparaissait au grand jour.<br />
Pour peu que l’on sût aller au-<strong>de</strong>là d’une<br />
dureté <strong>de</strong> surface.<br />
Chaque fois que mon ami M. Pascal Décaillet<br />
m’invitait à sa belle émission «<strong>Genève</strong><br />
à chaud», elle me suivait fidèlement<br />
hommage<br />
<strong>de</strong>vant son écran <strong>de</strong> télévision et ne manquait<br />
jamais <strong>de</strong> m’appeler pour me féliciter.<br />
Jamais la moindre phrase convenue,<br />
la même formule conventionnelle, toujours<br />
un regard à la fois neuf, exigeant et<br />
bienveillant.<br />
Je notais plus haut l’engagement <strong>de</strong> cette<br />
femme <strong>de</strong> cœur et <strong>de</strong> conviction en faveur<br />
<strong>de</strong>s droits <strong>de</strong> l’homme, <strong>de</strong> l’amour<br />
du genre humain et <strong>de</strong> la tolérance: je<br />
pense notamment à ce fameux concert<br />
au Victoria Hall qu’elle sponsorisa et<br />
dont elle me parlait tant. Toute la ville<br />
<strong>de</strong> <strong>Genève</strong> put alors mesurer la philanthropie<br />
<strong>de</strong> cette dame.<br />
Pendant les séminaires du lundi qu’elle<br />
ne cessa <strong>de</strong> fréquenter qu’environ un an et<br />
<strong>de</strong>mi avant sa disparition, Madame Steiner<br />
faisait preuve d’une attention redoublée,<br />
posant <strong>de</strong>s questions, prenant <strong>de</strong>s<br />
notes et me <strong>de</strong>mandant aussi, parfois au<br />
téléphone, <strong>de</strong>s précisions sur <strong>de</strong>s points<br />
que je n’avais pas assez explicités…<br />
Je ne pourrai donc plus l’appeler du train<br />
qui me reconduisait vers Paris… Elle me<br />
manque déjà. Cette gran<strong>de</strong> dame dont le<br />
souvenir restera enfoui dans nos cœurs<br />
mérite bien plus que ces quelques lignes<br />
qui ne préten<strong>de</strong>nt nullement résumer<br />
ses qualités ni évoquer à grands traits<br />
son existence: elle me remet en mémoire<br />
les paroles émouvantes <strong>de</strong> la poétesse: ashré<br />
ha-zor’im we’eynam kotsrim: Bienheureux<br />
ceux qui sèment mais ne récoltent point…<br />
Maurice-Ruben Hayoun
<strong>Genève</strong><br />
Store of Geneva<br />
<strong>Genève</strong>, 6 rue Cornavin<br />
www.manor.ch The Biggest <strong>de</strong>partment<br />
interview<br />
> Valérie Zenatti<br />
Invitée du Festival International <strong>de</strong> Littérature cet automne à Berlin pour la traduction en allemand <strong>de</strong> son roman<br />
«Une bouteille dans la mer <strong>de</strong> Gaza», Valérie Zenatti, écrivaine franco-israélienne, est bien connue <strong>de</strong> nos lecteurs,<br />
puisqu’elle a fait par trois fois l’objet <strong>de</strong> la chronique «J’ai lu pour vous»: en 2005 et 2008 pour ses traductions <strong>de</strong><br />
Aharon Appelfeld, puis en 2008 à nouveau pour la sortie <strong>de</strong> la version originale <strong>de</strong> «Une bouteille dans la mer <strong>de</strong> Gaza».<br />
Elle a rencontré en Allemagne un large public <strong>de</strong> collégiens et <strong>de</strong> jeunes adultes très intéressés par le sujet évoqué et<br />
la façon dont il est traité dans ce livre. À cette occasion, Valérie Zenatti a accordé un entretien à Hayom.<br />
Vous semblez à la fois un peu surprise<br />
et enthousiaste <strong>de</strong> cette rencontre<br />
avec ces adolescents allemands.<br />
Je regar<strong>de</strong> ces jeunes ce soir et je trouve<br />
qu’ils ressemblent beaucoup plus à <strong>de</strong><br />
jeunes Israéliens qu’à <strong>de</strong> jeunes Français.<br />
Comme ici en Allemagne, on apprend<br />
aux jeunes Israéliens à s’ouvrir,<br />
à être généreux, à donner une chance<br />
à la confiance. Le système d’éducation<br />
semble plus proche entre l’Allemagne<br />
et Israël qu’avec la France. On leur fait<br />
confiance, on les responsabilise plus<br />
en leur donnant la chance d’exister<br />
autrement.<br />
Vous avez été enseignante en<br />
France. Ressentez-vous un effet <strong>de</strong><br />
«communautarisation» au sein <strong>de</strong> la<br />
jeunesse?<br />
Oui, j’ai senti une certaine «communautarisation»<br />
chez les jeunes Juifs<br />
et les jeunes d’origine maghrébine en<br />
France. Cela ressemble à un retour en<br />
arrière pour moi, par rapport à ma<br />
génération. Mais tous les jeunes ne<br />
pensent pas comme cela, bien heureusement.<br />
Par exemple, mes enfants ne<br />
comprennent pas ce repli. Je connais<br />
<strong>de</strong>s jeunes Juifs et <strong>de</strong> jeunes Arabes<br />
qui disent «les Français»! C’est très<br />
attristant. C’est aussi un problème <strong>de</strong><br />
transmission; les parents doivent inculquer<br />
aux enfants qu’ils sont français.<br />
Il y a un glissement beaucoup<br />
plus marqué <strong>de</strong> certains jeunes vers<br />
une appartenance nationale et religieuse<br />
et c’est très dommage.<br />
Ces jeunes gens qui vous ont écoutée<br />
et posé <strong>de</strong>s questions ce soir<br />
sont fascinés par cette histoire<br />
d’«Une bouteille dans la mer <strong>de</strong><br />
Gaza» mais ils ont également l’impression<br />
qu’elle est un peu naïve…<br />
suite page 62<br />
61 | hayom 34
interview<br />
C’est vrai que l’on dit souvent <strong>de</strong> Tal<br />
qu’elle est naïve, mais moi je dirais<br />
qu’elle est sincère: elle pense que dans<br />
la région où elle vit, il n’y a pas que <strong>de</strong>s<br />
gens qui veulent sa mort. Israël est le<br />
seul pays au mon<strong>de</strong> d’où les gens ne<br />
peuvent sortir que par avion. Cela crée<br />
un sentiment <strong>de</strong> solitu<strong>de</strong> très grand.<br />
Après le premier attentat, Tal a besoin<br />
<strong>de</strong> croire qu’elle peut vivre dans cette<br />
région hostile. Ce n’est pas <strong>de</strong> la naïveté<br />
mais un réflexe <strong>de</strong> survie.<br />
Il leur semble cependant difficile <strong>de</strong><br />
croire qu’une jeune fille israélienne<br />
puisse dialoguer avec un jeune<br />
homme <strong>de</strong> Gaza.<br />
On parle toujours <strong>de</strong> cette région à travers<br />
la violence qui y règne, mais on<br />
oublie souvent qu’il y a <strong>de</strong> nombreuses<br />
personnes non violentes. On parle<br />
<strong>de</strong> cette région quand cela ne va pas,<br />
mais pas quand ça va et au moment<br />
où les échanges sont possibles. Et la<br />
famille <strong>de</strong> Tal est une famille qui permet<br />
l’échange. Si elle était issue d’une<br />
famille nationaliste, cela ne serait pas<br />
possible. Dans tous les pays ce n’est<br />
pas la majorité qui est éclairée, mais<br />
une minorité. Parfois, la minorité peut<br />
entraîner la majorité. J’ai bien l’impression<br />
que <strong>de</strong>s <strong>de</strong>ux côtés, il y a une minorité<br />
qui veut et œuvre pour la paix,<br />
une autre qui n’accepte pas l’autre et,<br />
au milieu, une majorité qui ne s’y intéresse<br />
pas mais veut vivre en paix, aller<br />
à l’école, travailler, sortir au cinéma ou<br />
au restaurant. Seulement cette majorité<br />
ne se lève pas avec l’idée d’entreprendre<br />
quelque chose. Je suis persuadée<br />
d’une chose: moins les Palestiniens et<br />
les Israéliens se connaîtront, moins ils<br />
pourront vivre ensemble. Grâce à Internet,<br />
il y a <strong>de</strong>s possibilités <strong>de</strong> contact.<br />
Ainsi, par exemple, un blog a été créé<br />
en commun par un Palestinien et en Israélien;<br />
mais il est vrai que cela est très<br />
difficile <strong>de</strong> se rencontrer.<br />
Ce qui a également frappé ces collégiens,<br />
c’est le mo<strong>de</strong> <strong>de</strong> l’échange<br />
et son évolution. Ils vous ont même<br />
fait remarquer que le passage <strong>de</strong><br />
l’e-mail au «chat» rendait le dialogue<br />
plus futile.<br />
Oui, longtemps ils s’écrivent <strong>de</strong>s emails<br />
et sont donc en communication<br />
différée. Avec le chat, leur relation <strong>de</strong>vient<br />
banale et il est important pour<br />
moi qu’ils aient, à un moment donné,<br />
une relation banale. Dans l’échange<br />
banal, l’amitié peut s’installer. C’est<br />
moins spectaculaire que les mails qui<br />
ont un contenu plus profond, plus violent,<br />
mais c’est une normalisation.<br />
Comment avez-vous investi la voix<br />
<strong>de</strong> Naïm?<br />
En écrivant ce livre, j’avais besoin<br />
<strong>de</strong> m’i<strong>de</strong>ntifier aux <strong>de</strong>ux parties. J’ai<br />
avancé dans le livre en même temps<br />
que les personnages. Je compare l’écriture<br />
avec l’improvisation musicale ou<br />
théâtrale et cela s’est produit avec ce<br />
livre. J’ai laissé les voix parler et j’ai<br />
UNE BOUTEILLE DANS LA MER DE GAZA<br />
C’est une journée ordinaire à Jérusalem, un attentat moyen: un kamikaze dans un café, six<br />
morts, <strong>de</strong>ux jours d’info à la télévision. Oui, <strong>de</strong>puis trois ans, l’horreur est <strong>de</strong>venue routine,<br />
et la Ville sainte va tout droit en enfer. Tal, elle, ne s’habitue pas. Elle aime trop sa ville et la<br />
vie. Elle veut mourir très, très vieille et très, très sage. Un jour, en plein cours <strong>de</strong> biologie, une<br />
ampoule s’allume au-<strong>de</strong>ssus <strong>de</strong> sa tête, comme dans un <strong>de</strong>ssin animé. Voilà <strong>de</strong>s jours qu’elle<br />
écrit ce qu’elle a sur le cœur, ses souvenirs, la fois où elle a vu ses parents pleurer <strong>de</strong> joie, le<br />
jour <strong>de</strong> la signature <strong>de</strong>s accords <strong>de</strong> paix entre Israéliens et Palestiniens, et puis la désillusion,<br />
la révolte, la terreur, et l’espoir quand même. Ce qu’elle pense, ce qu’elle écrit, quelqu’un doit<br />
le lire. Quelqu’un d’en face. Elle l’imagine déjà, cette amie-ennemie inconnue aux cheveux<br />
noirs. Eytan, le frère <strong>de</strong> Tal, fait son service militaire à Gaza. Elle glisse ses feuillets dans une<br />
bouteille et la lui confie...<br />
VALÉRIE ZENATTI<br />
Née dans une famille juive, Valérie Zenatti a émigré en Israël à l’âge <strong>de</strong> 13 ans. Avec<br />
sa famille, elle a vécu à Beer-Sheva, ville du sud d’Israël. De 1988 à 1990, elle effectue<br />
son service militaire comme toutes les jeunes Israéliennes <strong>de</strong> son âge. Elle revient en<br />
France pour y suivre <strong>de</strong>s étu<strong>de</strong>s d’histoire et d’hébreu (qu’elle a approfondi à l’Inalco).<br />
Elle est d’abord journaliste, puis passe le Capes pour <strong>de</strong>venir professeur d’hébreu, son<br />
premier poste est à Lille. Depuis 1999, Valérie Zenatti écrit <strong>de</strong>s romans pour la jeunesse<br />
et traduit en français l’œuvre <strong>de</strong> l’écrivain israélien Aharon Appelfed.<br />
été surprise par la voix <strong>de</strong> Naïm. Je m’y<br />
suis beaucoup attachée. Depuis que<br />
je suis adolescente, je fais partie <strong>de</strong><br />
ceux qui veulent un État palestinien,<br />
mais en même temps, quand il y a eu<br />
la <strong>de</strong>uxième Intifada et les attentats,<br />
même si je savais qu’Israël produisait<br />
<strong>de</strong> la violence, je ressentais <strong>de</strong> la<br />
colère envers les Palestiniens. Et je ne<br />
voulais pas rester avec cette colère,<br />
j’avais besoin <strong>de</strong> dépasser tout cela<br />
en me dédoublant dans un dialogue.<br />
Ce dédoublement, c’est vraiment un<br />
acte d’écrivain et le lecteur est invité à<br />
ressentir ce dédoublement. J’ai également<br />
écrit ce livre parce qu’en France,<br />
j’avais l’impression que l’on me <strong>de</strong>mandait<br />
<strong>de</strong> choisir un camp alors que<br />
ma position est et restera toujours la<br />
même: c’est être pour les <strong>de</strong>ux. Je voulais<br />
partager cela avec les lecteurs. Je<br />
ne suis allée qu’une fois à Gaza, lorsque<br />
j’avais 6 ans et que j’habitais en<br />
Israël. Cependant je suis souvent allée<br />
en Cisjordanie où j’ai vu beaucoup <strong>de</strong><br />
villes, <strong>de</strong> camps <strong>de</strong> réfugiés; j’ai aussi<br />
beaucoup lu <strong>de</strong> reportages ainsi que<br />
<strong>de</strong>s textes d’étudiants <strong>de</strong> Gaza qui<br />
apprennent le français. Ce qui m’a<br />
frappée dans ces textes, c’est que quel<br />
que soit le sujet (fête, mariage, etc.) le<br />
texte commençait par la guerre puis<br />
passait à la famille. À travers ces rédactions,<br />
j’ai pu capter <strong>de</strong>s choses<br />
plus intimes qui se rapportent à leur<br />
quotidien et pas seulement au conflit.<br />
Mais le roman va dans l’intimité <strong>de</strong>s<br />
gens, parle d’individus, ce n’est pas<br />
un témoignage, ni un reportage, j’ai<br />
seulement projeté ce que je voulais<br />
exprimer.<br />
Les jeunes présents ce soir sont dubitatifs<br />
quant à la possibilité d’une<br />
rencontre physique entre Tal et<br />
Naïm.<br />
Le ren<strong>de</strong>z-vous, à la fin <strong>de</strong> l’histoire,<br />
est tout à fait possible si les gens sont<br />
sincères; mais ce qui est sûr, c’est qu’il<br />
n’est possible que s’il a lieu à l’extérieur.<br />
C’est important qu’il ait lieu<br />
en Europe car je pense que l’Europe<br />
peut vraiment ai<strong>de</strong>r à l’amélioration<br />
<strong>de</strong>s relations entre Palestiniens et Israéliens.<br />
Il existe un groupe sur Facebook<br />
qui réunit <strong>de</strong>s jeunes Israéliens<br />
et Palestiniens; il existe vraiment <strong>de</strong>s<br />
gens qui s’engagent et s’ouvrent.<br />
Votre livre est-il sorti en Israël?<br />
Les Palestiniens et les Israéliens sont<br />
fatigués d’entendre parler <strong>de</strong> leur situation,<br />
c’est pourquoi le livre n’est<br />
pas traduit là-bas: ils ne sont pas intéressés,<br />
et c’est normal.<br />
Vous allez faire une adaptation cinématographique<br />
<strong>de</strong> ce roman.<br />
Le film va être tourné cette année et la<br />
sortie est prévue pour 2011. L’histoire<br />
est transposée dans la pério<strong>de</strong> actuel-<br />
interview<br />
le, avant, pendant et un an après la<br />
guerre <strong>de</strong> Gaza. Beaucoup <strong>de</strong> choses<br />
ont changé. Pour <strong>de</strong>s raisons pratiques,<br />
par exemple, Tal a une origine<br />
française car les <strong>de</strong>ux protagonistes<br />
doivent parler français. Ce qui n’a<br />
pas changé, c’est la bouteille – excepté<br />
qu’elle va vraiment à la mer dans le<br />
film – mais fondamentalement, la relation<br />
est la même dans le dialogue et<br />
le souci qu’ils se font l’un pour l’autre.<br />
Le film va un peu plus loin dans les<br />
émotions.<br />
Propos recueillis par<br />
Malik Berkati, Berlin<br />
62 | hayom 34 63 | hayom 34
64 | hayom 34<br />
cicad<br />
> Passage <strong>de</strong> relais à la CICAD<br />
Au terme <strong>de</strong> huit années à la tête <strong>de</strong> la CICAD, Me Philippe Grumbach passe le relais. Satisfait <strong>de</strong> son bilan et serein<br />
quant à la relève, celui-ci estime néanmoins nécessaire une refonte <strong>de</strong>s institutions représentant l’ensemble <strong>de</strong>s Juifs<br />
<strong>de</strong> Suisse. Interview.<br />
Comment résumeriez-vous votre prési<strong>de</strong>nce?<br />
Je dirais que ce fut un combat passionnant,<br />
intense et riche en émotions.<br />
Et sa plus belle réussite?<br />
Une vraie collaboration entre les <strong>Communauté</strong>s<br />
juives <strong>de</strong> Suisse roman<strong>de</strong> et<br />
la mise sur pied d’événements majeurs<br />
sous l’impulsion <strong>de</strong> notre secrétaire général,<br />
Johanne Gurfinkiel.<br />
Quel est, selon vous, l’impact <strong>de</strong> la<br />
CICAD auprès <strong>de</strong> l’opinion publique?<br />
Je le décrirai comme réel, fort d’une<br />
crédibilité définitivement établie. La<br />
CICAD est désormais une référence.<br />
J’en veux pour preuve le sérieux avec<br />
lequel les médias sollicitent nos réactions<br />
et le fait que les instances politiques<br />
nous consultent sur nos sujets<br />
d’interventions.<br />
Certains vous accusent-ils d’en faire<br />
parfois «trop»?<br />
C’est arrivé, en effet. A propos notamment<br />
du spectacle <strong>de</strong> Dieudonné. Mais<br />
c’est un faux procès que l’on a fait à la<br />
CICAD. Agir comporte un risque. Ne<br />
rien faire, ne rien dire, en comporte<br />
beaucoup plus. Se taire, c’est se compromettre.<br />
La lutte <strong>de</strong> la CICAD contre l’antisémitisme<br />
et pour le <strong>de</strong>voir <strong>de</strong> mémoire fait<br />
l’unanimité.<br />
Qu’en est-il <strong>de</strong> la défense d’Israël?<br />
Bien que le sujet soit plus délicat, nous<br />
n’avons jamais craint d’agir contre<br />
toute tentative <strong>de</strong> délégitimation <strong>de</strong><br />
l’État d’Israël. Le conflit <strong>de</strong> Gaza nous<br />
a ainsi amenés à intervenir fermement,<br />
auprès <strong>de</strong>s médias, mais également<br />
du DIP suite aux propos inacceptables<br />
<strong>de</strong> certains enseignants. Il<br />
était important pour nous <strong>de</strong> ne pas<br />
Me Philippe Grumbach<br />
laisser confondre engagement politique<br />
et diffamation.<br />
Diriez-vous que la situation <strong>de</strong>s communautés<br />
juives <strong>de</strong> Suisse est bonne<br />
aujourd’hui?<br />
Sans la décrire comme mauvaise, je ne<br />
pourrais pas la définir comme véritablement<br />
bonne. A cela une raison majeure:<br />
le fait que la représentation <strong>de</strong>s<br />
Juifs <strong>de</strong> ce pays procè<strong>de</strong> plus d’un compromis<br />
que d’une organisation structurée.<br />
Les autorités fédérales ne comprennent<br />
pas toujours comment, et <strong>de</strong> qui,<br />
sont constituées les délégations juives<br />
qu’elles rencontrent. C’est un vrai problème.<br />
Et notre lisibilité s’en ressent.<br />
Tout cela m’amène à dire que le modèle<br />
actuel est obsolète, qu’il doit être complètement<br />
refondu, repensé afin <strong>de</strong> regrouper<br />
tous nos coreligionnaires sous<br />
une seule et même bannière.<br />
Une «bannière» qui serait?<br />
Qui serait une CICAD Nationale, seul<br />
moyen vraiment efficace, selon moi, <strong>de</strong><br />
pallier notre faiblesse numérique. Dans<br />
ce cas, la FSCI pourrait concentrer son<br />
action dans les domaines cruciaux que<br />
sont le culte, la culture, la jeunesse et<br />
le social.<br />
Une proposition qui risque <strong>de</strong> déplaire?<br />
J’en suis parfaitement conscient, mais<br />
il en va <strong>de</strong> l’avenir <strong>de</strong> nos communautés.<br />
Il n’est pas question <strong>de</strong> plaire mais<br />
<strong>de</strong> définir les priorités et placer nos dirigeants<br />
face à leurs responsabilités. Je<br />
suis, pour ma part, prêt à prendre les<br />
miennes et à faire avancer ce projet.<br />
Le message est passé. Un mot, pour<br />
conclure?<br />
Certainement. Je formule mes vœux <strong>de</strong><br />
réussite à Alain Bruno Levy et je tiens<br />
aussi à remercier tous les membres du<br />
bureau, particulièrement mon viceprési<strong>de</strong>nt,<br />
Victor Gani, sans qui rien<br />
n’aurait été possible, et notre secrétaire<br />
général, Johanne Gurfinkiel qui fait un<br />
travail exceptionnel et à qui la CICAD<br />
doit énormément.<br />
Y. S.