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hayom34 - Communauté Israélite Libérale de Genève

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LE MAGAZINE DU JUDAÏSME D’AUJOURD’HUI<br />

HAYOM N°34 - HIVER 2009<br />

> INTERVIEW<br />

EXCLUSIVE<br />

Valérie Zenatti<br />

> MAISON<br />

COMMUNAUTAIRE<br />

GIL Chêne<br />

> BAYREUTH<br />

Ré<strong>de</strong>mption aux Wagner,<br />

par Françoise Buffat<br />

TODAY


Dominique-Alain Pellizari<br />

Rédacteur en chef<br />

L<br />

es printemps se sont succédé<br />

laissant inlassablement<br />

une place nécessaire aux<br />

épiso<strong>de</strong>s <strong>de</strong> la vie cultuelle<br />

collective. Avec <strong>de</strong>s journées<br />

ensoleillées, d’autres parfois<br />

plus sombres, mais toujours faites<br />

<strong>de</strong> cette volonté inébranlable <strong>de</strong> faire<br />

exister un lieu <strong>de</strong> fêtes et <strong>de</strong> prières<br />

ouvert à ceux qui souhaitent vivre un<br />

judaïsme actuel.<br />

Parmi les moteurs <strong>de</strong> cette machine<br />

singulière, un rabbin dont la force <strong>de</strong><br />

caractère et d’action a fait vivre jour<br />

après jour l’histoire <strong>de</strong> ces bâtiments.<br />

Des prési<strong>de</strong>nts qui tour à tour ont su<br />

édito<br />

> Une page va se tourner…<br />

Il y a eu Moillebeau. Puis il y a eu le Seujet. Des lieux incontournables <strong>de</strong> la vie juive libérale<br />

genevoise qui se sont fondus sur <strong>de</strong>ux siècles, sur <strong>de</strong>s années <strong>de</strong> vie communautaire marquées<br />

par <strong>de</strong>s aventures aux teintes inoubliables.<br />

La vraie générosité envers l’avenir consiste à tout donner au présent.<br />

Albert Camus<br />

insuffler toutes leurs forces et leur<br />

savoir-faire pour maintenir l’équilibre<br />

communautaire. Des membres<br />

du comité, riches <strong>de</strong> leurs diversités,<br />

toujours prompts à faire voguer le navire.<br />

Des donateurs dont la générosité<br />

a permis tous ces avancements spectaculaires.<br />

Des bénévoles dont l’altruisme<br />

a permis <strong>de</strong> poser, pierre après<br />

pierre, les jalons d’une communauté<br />

prospère. Puis <strong>de</strong>s fidèles, <strong>de</strong>s collaborateurs,<br />

<strong>de</strong>s conseillers et même parfois<br />

<strong>de</strong>s détracteurs.<br />

Aujourd’hui, une page va se tourner<br />

dans ce qu’on appellera<br />

bientôt la trilo-<br />

gie gilienne. L’heure est aux cartons,<br />

aux nouveaux projets, aux défis, à<br />

l’avenir. Un <strong>de</strong>main qui se déploiera<br />

dans la nouvelle synagogue <strong>de</strong> Chêne,<br />

au printemps prochain, et qui sera<br />

le fruit du saisissant labeur et du dévouement<br />

sans faille <strong>de</strong> nombreux<br />

protagonistes.<br />

Bientôt les portes <strong>de</strong> la nouvelle maison<br />

communautaire <strong>de</strong> Chêne s’ouvriront,<br />

laissant la place à <strong>de</strong> nouvelles aventures.<br />

Pour l’instant, l’avant-goût est en<br />

images. Mais il offre déjà toutes les plus<br />

belles perspectives...<br />

D.-A. P.<br />

1 | hayom 34


l’élégance<br />

notre univers<br />

<strong>Genève</strong><br />

Lausanne<br />

Balexert<br />

Geneva Airport<br />

Chavannes<br />

Monthey<br />

Sierre<br />

www.bongenie-grie<strong>de</strong>r.ch<br />

> Mon<strong>de</strong> Juif<br />

1 Édito Une page va se tourner<br />

4-5 Actualité Israël et ses voisins<br />

6 Page du rabbin Guerre et paix<br />

7 Judaïsme libéral La Haftarah<br />

8 Tradition H comme Heschel<br />

10 High tech Un Blackberry pour tout Siddour<br />

11 High tech ReWalk: remarcher... et croire aux miracles<br />

12 Israël «In of Africa»<br />

13 Israël Une voix pour rien<br />

14-15 Événements Rétrospective<br />

16 Tourisme Névé Tzé<strong>de</strong>k<br />

17 Échos d’Amérique Nouveaux rituels juifs<br />

18-19 Revue <strong>de</strong> presse Les news<br />

20 Association Yad Sarah<br />

21-24 Gros Plan Negba<br />

24-25 Juifs d’ailleurs La tribu <strong>de</strong> Ménaché ou les hébreux du bout du mon<strong>de</strong><br />

> GIL<br />

26-30 Talmud Torah Chabbaton, Simhat Torah, Souccot<br />

31 ABGs Match <strong>de</strong> foot Suisse-Israël<br />

32-33 Du côté du GIL La vie <strong>de</strong> la communauté<br />

34-39 Gil Chêne Nouvelle maison communautaire<br />

40-43 Culture au GIL Activités culturelles<br />

> Culture<br />

45-54 Culture Notre sélection automnale<br />

51 DVD Sélection <strong>de</strong>s sorties en DVD<br />

> Personnalités<br />

55 People Clin d’oeil<br />

56 Le billet <strong>de</strong> F. Buffat Bayreuth: ré<strong>de</strong>mption aux Wagner<br />

58-59 Hommage Véra-Irène Steiner<br />

61-63 Interview Valérie Zenatti<br />

64 Cicad Passage <strong>de</strong> relais à la CICAD<br />

Prochaine parution: Hayom#35 / avril 2010<br />

Délai <strong>de</strong> remise du matériel publicitaire et rédactionnel: 15 février 2010<br />

<strong>Communauté</strong> <strong>Israélite</strong> libérale <strong>de</strong> <strong>Genève</strong> - GIL<br />

12, quai du Seujet - 1201 <strong>Genève</strong>, Tél. 022 732 3245<br />

Fax 022 738 2852, hayom@gil.ch, www.gil.ch<br />

Rédacteur en chef ><br />

Dominique-Alain PELLIZARI dpellizari@sunrise.ch<br />

Responsables <strong>de</strong> l’édition & publicité ><br />

J.-M. BRUNSCHWIG, D.-M. BERNSTEIN<br />

pubhayom@gil.ch<br />

56<br />

Bayreuth:<br />

ré<strong>de</strong>mption aux Wagner<br />

55<br />

People<br />

Courrier <strong>de</strong>s lecteurs ><br />

Vous avez <strong>de</strong>s questions, <strong>de</strong>s remarques, <strong>de</strong>s coups <strong>de</strong> cœur,<br />

<strong>de</strong>s textes à nous faire parvenir?<br />

N’hésitez pas à alimenter nos rubriques en écrivant à:<br />

CILG-GIL - HAYOM - Courrier <strong>de</strong>s lecteurs - 12, quai du Seujet -<br />

1201 <strong>Genève</strong> - hayom@gil.ch<br />

Graphisme mise en page > Transphère agence <strong>de</strong> communication<br />

36 rue <strong>de</strong>s Maraîchers – 1211 <strong>Genève</strong> 8 – Tél. 022 807 27 00<br />

32 Gil Chêne<br />

sommaire<br />

TODAY<br />

HAYOM N°34 – HIVER 2009<br />

7La Haftarah<br />

Le magazine du judaïsme d’aujourd’hui<br />

Hiver 2009/Tirage: 5’000 ex<br />

© Photo couverture: B Garcin Gasser<br />

3 | hayom 34


4 | hayom 34<br />

actualité<br />

> Israël et ses voisins: regards sur les<br />

<strong>de</strong>rniers événements<br />

Iran<br />

L’Agence Internationale <strong>de</strong> l’Energie<br />

Atomique (AIEA) avait proposé le 21<br />

octobre un accord aux termes duquel<br />

l’Iran ferait enrichir à l’étranger son<br />

uranium faiblement enrichi pour obtenir<br />

le combustible <strong>de</strong> son réacteur <strong>de</strong><br />

recherche <strong>de</strong> Téhéran. Les États-Unis,<br />

la France et la Russie avaient accepté ce<br />

projet.<br />

Selon <strong>de</strong>s diplomates occi<strong>de</strong>ntaux,<br />

le projet initial <strong>de</strong> l’AIEA prévoit que<br />

l’Iran livre, d’ici fin 2009, 1’200 <strong>de</strong> ses<br />

1’500 kilos d’uranium faiblement enrichi<br />

(à moins <strong>de</strong> 5 %) pour le faire enrichir<br />

à 19,75 % en Russie, avant que la<br />

France n’en fasse <strong>de</strong>s «cœurs nucléaires»<br />

pour le réacteur <strong>de</strong> recherche <strong>de</strong><br />

Téhéran, qui opère sous surveillance<br />

<strong>de</strong> l’AIEA.<br />

L’Iran refuse d’envoyer son uranium<br />

enrichi à l’étranger en contrepartie <strong>de</strong><br />

la livraison <strong>de</strong> combustible pour son<br />

réacteur <strong>de</strong> recherche <strong>de</strong> Téhéran. Le<br />

prési<strong>de</strong>nt <strong>de</strong> la commission <strong>de</strong>s affaires<br />

étrangères du Parlement l’a récemment<br />

annoncé.<br />

Rapport Goldstone<br />

L’Assemblée générale <strong>de</strong> l’ONU a adopté<br />

à une très large majorité une résolution<br />

donnant trois mois à Israël et aux<br />

Palestiniens pour ouvrir <strong>de</strong>s enquêtes<br />

«crédibles» sur les graves accusations<br />

contenues dans le rapport, selon lesquelles<br />

<strong>de</strong>s «crimes <strong>de</strong> guerre» et <strong>de</strong><br />

«possibles crimes contre l’humanité»<br />

ont été commis lors du conflit <strong>de</strong> Gaza<br />

l’hiver <strong>de</strong>rnier. La résolution, qui «approuve»<br />

le rapport Goldstone, a recueilli<br />

114 voix contre 18, avec 44 abstentions.<br />

Regard sur le détail <strong>de</strong>s votes<br />

<strong>de</strong>s pays européens :<br />

Pour l’adoption du rapport Goldstone:<br />

Irlan<strong>de</strong>, Portugal, Malte, Slovénie,<br />

Chypre, Suisse, Liechtenstein. Contre<br />

le rapport Goldstone: Allemagne, Italie,<br />

Pays-Bas, Pologne, Hongrie, Slovaquie,<br />

République Tchèque. Abstentions:<br />

France, Royaume-Uni, Autriche, Bulgarie,<br />

Danemark, Espagne, Estonie, Finlan<strong>de</strong>,<br />

Grèce, Suè<strong>de</strong>, Roumanie, Luxembourg,<br />

Lituanie, Lettonie, Belgique.<br />

La résolution prévoit que l’Assemblée<br />

fasse le point dans trois mois sur<br />

son application, avec la possibilité <strong>de</strong><br />

«saisir d’autres organes pertinents <strong>de</strong><br />

l’ONU, dont le Conseil <strong>de</strong> sécurité».<br />

En clair, si aucune enquête n’est lancée<br />

sur les événements <strong>de</strong> Gaza par Israël<br />

ou les Palestiniens, elle pourrait <strong>de</strong>man<strong>de</strong>r<br />

au Conseil d’agir. Celui-ci ne<br />

<strong>de</strong>vrait donc pas se saisir formellement<br />

<strong>de</strong> la question avant février 2010. Ni les<br />

États-Unis, ni la Russie, ni les Européens<br />

ne souhaitent que le Conseil<br />

discute <strong>de</strong> cette question. Le rapport<br />

Goldstone recomman<strong>de</strong> la saisie <strong>de</strong> la<br />

Cour pénale internationale (CPI) si Israël<br />

et le mouvement islamiste Hamas,<br />

qui contrôle Gaza, n’effectuent pas <strong>de</strong>s<br />

enquêtes crédibles sur la manière dont<br />

le conflit a été mené. Israël, dont l’offensive<br />

militaire répondait à <strong>de</strong>s tirs<br />

<strong>de</strong> roquettes sur son territoire à partir<br />

<strong>de</strong> Gaza par les militants palestiniens,<br />

juge le rapport Goldstone «inique, saugrenu<br />

et unilatéral» et a rejeté la résolution<br />

<strong>de</strong> l’Assemblée générale.<br />

Mahmoud Abbas annonce son retrait<br />

A l’approche du scrutin qui se tiendra<br />

sur l’initiative <strong>de</strong> Mahmoud Abbas le<br />

24 janvier 2010 en Cisjordanie, en l’absence<br />

d’accord <strong>de</strong> réconciliation avec<br />

le Hamas, le prési<strong>de</strong>nt en exercice <strong>de</strong><br />

l’Autorité palestinienne vient d’indiquer<br />

<strong>de</strong>vant le comité <strong>de</strong> l’OLP qu’il<br />

jette l’éponge. Bluff stratégique ou décision<br />

irrévocable? Dans le collimateur<br />

du Hamas, et déstabilisé en interne par<br />

<strong>de</strong> vives critiques, le prési<strong>de</strong>nt palestinien<br />

raccrocherait les gants au moment<br />

où les injonctions <strong>de</strong> Barack Obama<br />

appelant Israël à geler la colonisation<br />

israélienne sont restées lettre morte,<br />

et où les négociations entre les <strong>de</strong>ux<br />

belligérants sont dans une impasse <strong>de</strong><br />

Mahmoud Abbas<br />

tous les dangers. Plusieurs dirigeants<br />

palestiniens, qui n’envisagent pas les<br />

élections sans le prési<strong>de</strong>nt sortant, ont<br />

aussitôt déclaré qu’ils le pressaient <strong>de</strong><br />

revenir sur sa décision. Le prési<strong>de</strong>nt palestinien,<br />

Mahmoud Abbas, trop faible<br />

politiquement pour se montrer accommodant,<br />

continue à s’arc-bouter sur le<br />

gel <strong>de</strong>s colonies. Lors <strong>de</strong> la réunion <strong>de</strong>s<br />

ministres arabes <strong>de</strong>s Affaires étrangères<br />

à Marrakech, la secrétaire d’État<br />

américaine Hillary Clinton a félicité le<br />

Premier ministre israélien Benyamin<br />

Netanyahou pour avoir limité les activités<br />

<strong>de</strong> colonisation et pour avoir ainsi<br />

permis aux Palestiniens <strong>de</strong> revenir à la<br />

table <strong>de</strong>s négociations.<br />

En public, les ministres arabes ont<br />

fait connaître leur déception <strong>de</strong>vant<br />

le changement <strong>de</strong> ton <strong>de</strong>s États-Unis<br />

qu’ils présentent comme une atteinte<br />

au processus <strong>de</strong> paix, mais rien n’a filtré<br />

<strong>de</strong> ce qu’ils ont dit à Hillary Clinton<br />

en secret lors <strong>de</strong>s réunions à huis clos,<br />

d’autant que la secrétaire d’État améri-<br />

Photo: Ralf Pülmanns VOSER<br />

caine a réitéré sa <strong>de</strong>man<strong>de</strong> préalable, à<br />

savoir que les pays arabes dits modérés<br />

prennent <strong>de</strong>s mesures allant dans le<br />

sens <strong>de</strong> la normalisation avec le gouvernement<br />

israélien actuel.<br />

Interception d’un cargo transportant<br />

<strong>de</strong>s armes d’Iran vers la Syrie.<br />

Le cargo transportant <strong>de</strong>s armes intercepté<br />

par la marine israélienne en Méditerranée<br />

venait d’Iran et se dirigeait<br />

vers la Syrie, a indiqué la radio militaire<br />

israélienne. Selon la radio militaire,<br />

le navire transportait <strong>de</strong>s roquettes<br />

anti-chars ainsi que d’autres types<br />

d’armement apparemment <strong>de</strong>stinés au<br />

Hezbollah chiite libanais.<br />

Liban<br />

Le secrétaire général <strong>de</strong> l’ONU a qualifié<br />

<strong>de</strong> fragile le cessez-le-feu entre le<br />

Liban et Israël. Ban Ki-moon a signalé<br />

<strong>de</strong> nombreux cas <strong>de</strong> violations <strong>de</strong> la résolution<br />

1701 du Conseil <strong>de</strong> Sécurité <strong>de</strong><br />

l’ONU, avant <strong>de</strong> déclarer stable la situa-<br />

tion, dans la région, sous le contrôle <strong>de</strong><br />

la Force intérimaire <strong>de</strong>s Nations Unies<br />

au Sud Liban (FINUL).<br />

Ban Ki-moon<br />

<br />

<strong>Genève</strong>: rue Céard 5<br />

+41 22 311 36 87<br />

Zürich: Grie<strong>de</strong>r<br />

Bahnhofstrasse 30<br />

+41 44 224 37 41<br />

www.danielbenjamin.ch<br />

actualité<br />

Jean-Marc Brunschwig<br />

5 | hayom 34


page du rabbin<br />

L<br />

a tradition juive distingue<br />

<strong>de</strong>ux types <strong>de</strong> conflits armés,<br />

ceux qui sont qualifiés <strong>de</strong> milhémèt<br />

mitzvah ou milhémèt hovah<br />

c’est-à-dire les guerres «obligatoires» car<br />

défensives, ceux appelés milhémèt rechout<br />

c’est-à-dire les guerres offensives et en-<br />

fin les guerres préemptives. Alors que les<br />

premières sont clairement i<strong>de</strong>ntifiables<br />

car elles sont la conséquence d’une déclaration<br />

<strong>de</strong> guerre ou d’une attaque <strong>de</strong> l’ennemi,<br />

les <strong>de</strong>rnières sont beaucoup plus<br />

délicates à définir. La guerre préemptive<br />

est celle qui met à l’abri une population<br />

contre une attaque jugée imminente.<br />

Ceci est affaire d’analyse et <strong>de</strong> jugement,<br />

et l’appréciation varie selon les camps en<br />

présence.<br />

Quel était le type <strong>de</strong> guerre auquel s’apparente<br />

la guerre <strong>de</strong> Gaza? Cette question<br />

est déjà objet <strong>de</strong> débat. De nombreux<br />

observateurs conviennent qu’il s’agissait<br />

d’une milhémèt hovah puisque la population<br />

civile israélienne était la cible <strong>de</strong><br />

nombreux tirs <strong>de</strong> roquettes. Même si leur<br />

trajectoire était imprécise, la cible avait<br />

été clairement i<strong>de</strong>ntifiée. D’autres affir-<br />

> Guerre et paix<br />

Depuis l’opération israélienne à Gaza <strong>de</strong> l’année <strong>de</strong>rnière et surtout <strong>de</strong>puis le rapport<br />

Goldstone, nombreuses furent les prises <strong>de</strong> position. Cet article n’a pas pour but <strong>de</strong> défendre<br />

ni <strong>de</strong> condamner, mais <strong>de</strong> rappeler une référence, celle <strong>de</strong> notre Tradition. En voici<br />

les sources principales.<br />

ment que tel n’est pas le cas, ou au mieux,<br />

qu’il s’agissait dans un premier temps<br />

d’une guerre défensive milhémèt hovah qui<br />

s’est poursuivie par une guerre offensive,<br />

une milhémèt rechout.<br />

Les milhamot rechout, les guerres offensives<br />

ou préemptives peuvent être déclarées<br />

lorsqu’il existe un danger imminent et<br />

patent (Sotah 44b, Erouvin 45a). Au préalable,<br />

toutes les options pacifiques pour<br />

résoudre le conflit doivent être recherchées.<br />

D’autre part, pendant le conflit<br />

armé, les principes moraux fondamentaux<br />

ne doivent pas être enfreints (Maïmoni<strong>de</strong>,<br />

Michné Torah, Melakhim 6.1).<br />

Maïmoni<strong>de</strong> précise également qu’une<br />

telle guerre ne peut être envisagée que<br />

si l’aboutissement du conflit permet <strong>de</strong>s<br />

avancées substantielles vers la paix et le<br />

retour vers une vie paisible pour tous les<br />

habitants <strong>de</strong> la région (i<strong>de</strong>m 6.11)<br />

Notre Tradition insiste sur l’obligation<br />

d’épargner les populations civiles. Cette<br />

exigence découle <strong>de</strong> l’obligation <strong>de</strong> protéger<br />

les personnes innocentes: ne te dérobe<br />

pas <strong>de</strong>vant le sang <strong>de</strong> ton prochain (Lév 19.16).<br />

De ce verset les Co<strong>de</strong>s ont déduit le <strong>de</strong>-<br />

voir <strong>de</strong> protéger les personnes innocentes<br />

poursuivies par <strong>de</strong>s ennemis. Les ennemis<br />

ne sont pas exclusivement les adversaires.<br />

Ils peuvent être les alliés ou les<br />

responsables politiques et militaires <strong>de</strong>s<br />

populations civiles lorsque ces <strong>de</strong>rniers<br />

mettent volontairement <strong>de</strong>s populations<br />

civiles, celle <strong>de</strong> l’«ennemi» comme la<br />

leur, en danger (Sanh 74a, Baba Kama<br />

28a, Choulhan Aroukh, Hochen Michpat<br />

425.1).<br />

Ces lois contraignantes s’appliquent-elles<br />

dans le contexte actuel? A l’heure <strong>de</strong> l’utilisation<br />

<strong>de</strong> moyens <strong>de</strong> <strong>de</strong>struction qui ne<br />

font pas <strong>de</strong> différence entre combattants<br />

et civils, la question doit être posée tant<br />

à ceux qui possè<strong>de</strong>nt <strong>de</strong> telles armes qu’à<br />

ceux qui mettent en danger leur propre<br />

population et/ou désignent comme cibles<br />

<strong>de</strong>s centres urbains.<br />

Le mot <strong>de</strong> la fin appartient à Chemouel<br />

HaNaguid (Espagne, 11ème Siècle):<br />

Au début la guerre est une belle jeune-fille<br />

Que tout le mon<strong>de</strong> cherche à courtiser.<br />

A la fin, elle est une sorcière honnie<br />

Qui n’apporte que larmes et tristesse à ceux qui<br />

la croisent.<br />

Rabbin François Garaï<br />

> La Haftarah<br />

Le Chabbat et les jours <strong>de</strong> Fête, après la lecture <strong>de</strong> la Torah, un extrait du livre<br />

<strong>de</strong>s Prophètes, la <strong>de</strong>uxième partie <strong>de</strong> la Bible, est lu.<br />

oseph Aboudarham (14ème S.)<br />

rapporte une légen<strong>de</strong> selon<br />

laquelle, à l’époque d’Antiochus<br />

IV (milieu du – 2ème J<br />

S),<br />

lorsqu’il était interdit <strong>de</strong> lire la Torah et<br />

<strong>de</strong> l’enseigner, une lecture d’un passage<br />

<strong>de</strong>s Prophètes fut instituée. Pourtant<br />

la véritable origine <strong>de</strong> cette innovation<br />

est inconnue (Encyclopédia judaica<br />

VIII p.199). Selon Buechler (1867-<br />

1939), historien formé aux Séminaires<br />

rabbiniques <strong>de</strong> Budapest et <strong>de</strong> Breslau,<br />

la lecture fut introduite par opposition<br />

aux Samaritains qui contestaient la<br />

canonicité <strong>de</strong>s Prophètes et plus tard,<br />

contre les Sadducéens qui s’opposaient<br />

à toute nouveauté introduite par les<br />

rabbins.<br />

Dans un article du périodique <strong>de</strong>s rabbins<br />

libéraux américains (CCAR Journal<br />

Summer 2009 p.3-17), le rabbin<br />

Paul Gollomb remarque que la lecture<br />

<strong>de</strong> la Haftarah est mentionnée comme<br />

une pratique habituelle au 2 ème S. Ainsi<br />

nous lisons dans la Michnah que la lecture<br />

<strong>de</strong> la Haftarah conclut le service<br />

du Chabbat et <strong>de</strong>s jours <strong>de</strong> Fête (Michnah<br />

Meguillah 4.1). Les Ecritures chrétiennes<br />

corroborent cela (Luc 4.7, Actes<br />

13.15). Le rabbin P. Gollomb ajoute que<br />

si l’affirmation <strong>de</strong> Joseph Aboudarham<br />

était vraie, la raison <strong>de</strong> la lecture <strong>de</strong> la<br />

Haftarah ayant disparu, la pratique<br />

aurait dû disparaître également. Mais<br />

tel ne fut pas le cas puisqu’aujourd’hui<br />

encore nous lisons la Haftarah.<br />

Comment expliquer alors la permanence<br />

<strong>de</strong> cette coutume introduite par<br />

les rabbins?<br />

Il faut remarquer <strong>de</strong>ux points. En premier<br />

lieu, toutes les Haftarot n’ont pas<br />

un thème commun avec la Parachah<br />

du Chabbat correspondant. D’autre<br />

part, les textes ne commencent pas<br />

forcément au début<br />

d’un chapitre ni ne<br />

finissent à la fin du<br />

même chapitre. Certains<br />

contiennent<br />

quelques versets<br />

d’un chapitre pour<br />

se terminer au milieu<br />

du chapitre suivant.<br />

Le rabbin Paul Gollomb<br />

constate que,<br />

par l’ajout d’un passage<br />

<strong>de</strong>s Prophètes à<br />

la lecture <strong>de</strong> la Torah,<br />

les rabbins du<br />

temps <strong>de</strong> la Michnah<br />

voulaient affirmer<br />

la relation directe<br />

entre eux et la Révélation<br />

sur le mont<br />

Sinaï. La Révélation<br />

débutait avec Moïse,<br />

se poursuivait à travers<br />

les Prophètes<br />

judaïsme libéral<br />

et aboutissait aux Sages, c’est-à-dire à<br />

eux-mêmes. C’est pourquoi nous lisons<br />

au début <strong>de</strong>s Pirké Avot (1.1): Moïse reçut<br />

la Torah sur le Mont Sinaï et l’a transmise à<br />

Josué, <strong>de</strong> Josué aux Anciens, <strong>de</strong>s Anciens aux<br />

Prophètes et <strong>de</strong>s Prophètes aux membres <strong>de</strong> la<br />

Gran<strong>de</strong> Assemblée. D’ailleurs, ce sont les<br />

rabbins à qui nous <strong>de</strong>vons l’introduction<br />

<strong>de</strong>s livres prophétiques dans la<br />

Bible. Selon eux, puisque Moïse avait<br />

reçu une révélation <strong>de</strong> la parole divine,<br />

il en fut <strong>de</strong> même pour les Prophètes. Et<br />

comme eux, les rabbins <strong>de</strong> la Michnah<br />

et du Talmud s’affirmèrent être les dépositaires<br />

<strong>de</strong> cette Révélation. De plus,<br />

ces Sages ressentaient une très forte affinité<br />

entre leur message innovateur et<br />

celui <strong>de</strong>s Prophètes. Ils voulurent donner<br />

aux livres prophétiques un statut<br />

presqu’équivalent à celui <strong>de</strong> la Torah.<br />

Et quelle meilleure façon <strong>de</strong> le faire que<br />

d’introduire dans la liturgie synagogale<br />

dont ils étaient les auteurs, et ceci juste<br />

après la lecture <strong>de</strong> la Torah, la lecture<br />

d’un passage <strong>de</strong>s Prophètes. Ils décidèrent<br />

donc du contenu en fonction <strong>de</strong> la<br />

Parachah mais aussi <strong>de</strong>s nécessités du<br />

temps. Un principe les guidait: celui <strong>de</strong><br />

terminer la lecture biblique par <strong>de</strong>s paroles<br />

réconfortantes.<br />

A travers cette introduction dans le rituel,<br />

les rabbins furent donc fidèles à<br />

<strong>de</strong>ux principes: innover et conforter.<br />

6 | hayom 34 7 | hayom 34<br />

Haftara<br />

Antiochus IV<br />

R.F.G.


8 | hayom 34<br />

tradition<br />

> comme Heschel<br />

C’était en mars 1968, lors d’une manifestation contre la guerre du Vietnam qui réunissait les élèves <strong>de</strong> séminaires<br />

chrétiens et d’écoles rabbiniques.<br />

Nous étions plus d’un millier<br />

dans un amphithéâtre bondé.<br />

Sur l’estra<strong>de</strong>, Abraham<br />

Joshua Heschel déclarait:<br />

Dieu a regretté d’avoir envoyé le déluge sur<br />

terre et Il a admis s’être trompé. Le prési<strong>de</strong>nt<br />

<strong>de</strong>s États-Unis ne peut-il pas faire <strong>de</strong> même<br />

et arrêter cette guerre ? Nous perdrons la<br />

face mais nos gar<strong>de</strong>rons notre âme. A lui <strong>de</strong><br />

choisir. Mon choix est fait. Nous restions<br />

silencieux après ces paroles du professeur<br />

d’éthique et <strong>de</strong> spiritualité<br />

juive du Jewish Theological Seminary<br />

(JTS) <strong>de</strong> New York.<br />

Né à Varsovie en 1907, Abraham Joshua<br />

Heschel était le <strong>de</strong>scendant <strong>de</strong><br />

<strong>de</strong>ux illustres rabbins hassidiques:<br />

le Maguid <strong>de</strong> Mezeritch et rabbi Levi<br />

Yitzhak <strong>de</strong> Berditchev. Il avait étudié<br />

dans les Yechivot, à l’université <strong>de</strong><br />

Berlin où il avait obtenu un doctorat<br />

Abraham Heschel<br />

<strong>de</strong> philosophie et à la Hoschule, l’école<br />

rabbinique libérale. Il avait succédé<br />

à Martin Buber à la tête <strong>de</strong> l’organisation<br />

centrale <strong>de</strong> l’éducation juive pour<br />

adultes avant <strong>de</strong> retourner à Varsovie.<br />

Le professeur J. Morgenstern, pressentant<br />

le désastre qui allait s’abattre sur<br />

les Juifs d’Europe, le fit venir à Cincinatti<br />

où il enseigna la philosophie<br />

juive au Hebrew Union College avant<br />

<strong>de</strong> rejoindre le JTS.<br />

Ses écrits permettent <strong>de</strong> mieux comprendre<br />

son engagement.<br />

Il affirmait que les Prophètes enseignaient<br />

que si peu sont coupables, tous<br />

sont responsables. C’est pourquoi il<br />

milita pour l’obtention <strong>de</strong> l’égalité<br />

<strong>de</strong>s droits civiques pour les noirs aux<br />

États-Unis. Il fut un compagnon <strong>de</strong><br />

route du pasteur Martin Luther King.<br />

En mars, accompagné par <strong>de</strong> nombreux<br />

rabbins conservative et reform, il<br />

participa à la marche <strong>de</strong> Selma. Il fit<br />

remarquer que ce jour là, ce n’était pas<br />

une marche <strong>de</strong> protestation mais une prière<br />

<strong>de</strong> protestation et qu’il sentait que ses jambes<br />

priaient. Il milita également en faveur<br />

<strong>de</strong>s Juifs refuzniks <strong>de</strong> l’ex-URSS et<br />

accompagna le rapprochement entre<br />

l’Église et les Juifs.<br />

Pour justifier son engagement, il avait<br />

l’habitu<strong>de</strong> <strong>de</strong> dire : Dieu nous a enjoints<br />

d’aimer notre prochain, c’est donc que nous<br />

en sommes capables. L’amour <strong>de</strong>vait gui<strong>de</strong>r<br />

l’action et non la crainte ou la révolte<br />

car, pour A. J. Heschel, notre Tradition<br />

enseignait que la raison ultime<br />

<strong>de</strong> l’existence était d’être témoins,<br />

c’est-à-dire d’avoir <strong>de</strong> la compassion<br />

pour Dieu, du respect pour l’humain,<br />

d’être sensibles à l’existence juive et à<br />

la présence <strong>de</strong> Dieu. C’est pourquoi il<br />

déclarait: le judaïsme n’est pas une affaire<br />

<strong>de</strong> race ni <strong>de</strong> sang, c’est une expression spirituelle<br />

<strong>de</strong> l’existence. Et il ajoutait: la vie<br />

Abraham Heschel (au centre) aux côtés <strong>de</strong> Martin Luther<br />

King en 1965<br />

spirituelle n’est pas un rêve, elle nécessite une<br />

action constante au sein du mon<strong>de</strong>. D’où<br />

l’importance qu’il accordait à l’accomplissement<br />

<strong>de</strong>s mitzvot et son attachement<br />

au mouvement conservative.<br />

Il disait aussi que la prière est un moment<br />

pendant lequel les intentions <strong>de</strong> Dieu<br />

se reflètent en nous. Mais il ne croyait pas<br />

que le judaïsme était la religion ultime.<br />

Pour lui, aucune religion n’est une île,<br />

c’est-à-dire qu’aucune ne peut exister<br />

hors du mon<strong>de</strong> <strong>de</strong> la rencontre avec<br />

les autres et se prévaloir <strong>de</strong> possé<strong>de</strong>r<br />

la vérité absolue. Dans le même esprit,<br />

il se refusait à lire la Torah <strong>de</strong> façon<br />

littéraliste. Il considérait qu’elle était<br />

un Midrach et, comme toute la tradition<br />

juive, une expression humaine <strong>de</strong><br />

la rencontre avec Dieu.<br />

Il est mort le 23 décembre 1972, dans<br />

la nuit du Chabbat Vayehi / et il vécut.<br />

Le nom <strong>de</strong> ce Chabbat était comme<br />

une allusion à sa pensée et à son engagement<br />

qui aujourd’hui, et certainement<br />

pour <strong>de</strong> nombreuses décennies,<br />

sont une leçon <strong>de</strong> vie pour <strong>de</strong> nombreux<br />

Juifs.<br />

Une <strong>de</strong>rnière phrase <strong>de</strong> A. J. Heschel:<br />

plus que le doute, c’est l’émerveillement qui<br />

est la source <strong>de</strong> toute connaissance.<br />

R.F.G.<br />

QU’EST-CE QUE<br />

L’INDEPENDANCE<br />

D’UNE BANQUE ?<br />

Une garantie pour ses clients.<br />

Grâce à sa structure <strong>de</strong> partenariat, Lombard Odier n’a pas<br />

à rendre <strong>de</strong> comptes à un quelconque actionnariat et peut donc<br />

privilégier une vision à long terme <strong>de</strong> la création <strong>de</strong> valeur<br />

pour ses clients. C’est ce que nous faisons <strong>de</strong>puis 1796.<br />

Nos 200 prochaines années<br />

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high tech<br />

> Un Blackberry pour tout Siddour<br />

Les Juifs seraient-ils <strong>de</strong> véritables «mordus» <strong>de</strong> nouvelles technologies ? Certainement<br />

si l’on en croit le «tabac» qui fait que plusieurs milliers d’entre eux ont, aux États-Unis,<br />

échangé les traditionnels Siddourim (livres <strong>de</strong> prières) pour un Blackberry <strong>de</strong>rnière génération…<br />

équipé du logiciel «Jewberry» ou, en français, «JuifBerry» !<br />

maginé pour permettre à son utilisateur<br />

<strong>de</strong> réciter les trois prières<br />

journalières, ce logiciel d’un genre<br />

un peu particulier combine textes<br />

en hébreu (Talmud, Guemara,…) et<br />

technologie mo<strong>de</strong>rne. Un must digne<br />

du XXIème I<br />

siècle.<br />

Issus <strong>de</strong> la Yeshiva University <strong>de</strong> New-<br />

York, ses créateurs ne sont pas peu<br />

fiers <strong>de</strong> leur trouvaille. Ainsi, Jonathan<br />

Bennett raconte: «Les Juifs pratiquants<br />

n’ont pas toujours un Siddour à disposition<br />

pour leurs prières. Soit qu’ils<br />

l’oublient, soit qu’il est trop volumineux<br />

pour le mettre dans une poche. A l’inverse,<br />

votre téléphone portable ou votre<br />

Blackberry vous accompagne partout.<br />

D’où l’idée <strong>de</strong> réunir le premier et le second<br />

en une seule et même plate-forme».<br />

Utilisant la technologie GPS, le programme<br />

permettra bientôt <strong>de</strong> créer <strong>de</strong>s<br />

«minyanim», à savoir, <strong>de</strong>s groupes <strong>de</strong><br />

dix personnes nécessaires pour la prière<br />

collective. «Imaginez que vous êtes parti<br />

voir un match <strong>de</strong> foot. L’heure <strong>de</strong> Minha<br />

arrive et vous cherchez à rassembler un<br />

minyam. Vous envoyez un message et<br />

vous entrez en contact avec d’autres Juifs<br />

présents au même moment, au même<br />

endroit. Vous choisissez un lieu et vous<br />

vous y retrouvez pour prier. Simple, rapi<strong>de</strong><br />

et pas besoin d’amener les Siddourim<br />

que, <strong>de</strong> toute façon, vous n’aurez<br />

pas emportés avec vous au sta<strong>de</strong>. Génial,<br />

non?».<br />

Vendu à plusieurs dizaines <strong>de</strong> milliers<br />

d’exemplaires contre une vingtaine<br />

d’euros, le Jewberry ne fait pas<br />

le délice que <strong>de</strong>s jeunes mais aussi <strong>de</strong><br />

personnes plus avancées, en âge et en religion.<br />

A commencer par le prési<strong>de</strong>nt <strong>de</strong><br />

la célèbre Yeshiva américaine, Richard<br />

Joel: «Avec<br />

cet instrument,<br />

je<br />

peux dés<br />

o r m a i s<br />

suivre les<br />

cours <strong>de</strong><br />

la bourse et<br />

faire ma prière<br />

le soir. J’adore!».<br />

Alors, fini les livres <strong>de</strong> prières<br />

traditionnels, les Siddourim <strong>de</strong> «grandpapa<br />

» avec leu rs douces pages impr imées ?<br />

Pas nécessairement, comme le souligne<br />

Jonathan: «Jewberry n’a pas été conçu<br />

pour remplacer le livre, bien entendu.<br />

C’est juste un outil. Et puis, si l’on peut<br />

ainsi donner un peu <strong>de</strong> spiritualité au<br />

Blackberry, pourquoi pas?»<br />

Avec EL AL .......... Votre premier choix en vol direct <strong>de</strong><br />

<strong>Genève</strong> ou via Zurich à <strong>de</strong>stination d´Israël. Evi<strong>de</strong>mment!<br />

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A. C.<br />

E<br />

st-il possible <strong>de</strong> redonner<br />

l’usage <strong>de</strong> ses jambes à un<br />

paraplégique? Malheureusement<br />

pas encore mais on peut<br />

faire en sorte qu’il se lève et qu’il marche.<br />

Vous voyez contradiction? Oui et<br />

non puisque, grâce au procédé ReWalk<br />

sorti tout droit <strong>de</strong>s laboratoires d’Argo<br />

Medical Technologies «tout handicapé<br />

<strong>de</strong>s membres inférieurs peut se déplacer<br />

en mettant tout simplement… un<br />

pied <strong>de</strong>vant l’autre!», explique David<br />

Zvielli, directeur Marketing <strong>de</strong> l’entreprise<br />

israélienne.<br />

La métho<strong>de</strong>, révolutionnaire, ne nécessite<br />

pas <strong>de</strong> passer <strong>de</strong> longues heures<br />

sous le bistouri du chirurgien. Juste un<br />

léger entraînement. «Il s’agit d’un appareillage<br />

électronique d’un genre inédit<br />

fonctionnant <strong>de</strong> manière extracorporelle.<br />

Léger, placé le long <strong>de</strong> ses jambes,<br />

cet exosquelette se porte comme un<br />

vêtement. La seule différence est qu’il<br />

s’agit d’un vêtement-robot motorisé.<br />

Ainsi, c’est là la gran<strong>de</strong> nouveauté par<br />

rapport à ce qui se fait partout ailleurs,<br />

ReWalk ne nécessite aucune opération,<br />

pas même pour la pose d’électro<strong>de</strong>s<br />

<strong>de</strong>stinées à stimuler les muscles ou<br />

toute partie du cerveau».<br />

Du coup, après avoir «enfilé» son appareil,<br />

c’est à l’utilisateur lui-même qu’il<br />

revient <strong>de</strong> le faire fonctionner au moyen<br />

d’une télécomman<strong>de</strong> et <strong>de</strong> béquilles.<br />

Une fois enclenché, le mini-moteur entraîne<br />

le système dans les mouvements<br />

désirés.<br />

Deux années <strong>de</strong> travail intensif auront<br />

été nécessaires à Amit Goffer pour la<br />

mise au point du premier prototype <strong>de</strong><br />

ReWalk. Il faut dire que cet ingénieur<br />

au moral d’acier sait <strong>de</strong> quoi il parle.<br />

Invali<strong>de</strong> <strong>de</strong> guerre, il est cloué sur une<br />

chaise roulante <strong>de</strong>puis plus d’une<br />

vingtaine d’années. «Dans les années<br />

suivant ma blessure, j’ai mis toute mon<br />

énergie à tenter <strong>de</strong> remarcher. J’ai fini<br />

par me rendre à l’évi<strong>de</strong>nce que, médicalement,<br />

cela ne se ferait jamais. Pas<br />

pour ma génération en tout cas. C’est<br />

alors que l’idée m’est venue <strong>de</strong> développer<br />

un dispositif capable <strong>de</strong> me redon-<br />

high tech<br />

> ReWalk: remarcher …<br />

et croire aux miracles<br />

Procédé ReWalk<br />

ner au moins la station <strong>de</strong>bout. Une<br />

fois cette étape franchie, il ne restait<br />

plus qu’à le rendre mobile. ReWalk est<br />

né très peu <strong>de</strong> temps après. Je parlais<br />

aux gens les yeux dans les yeux, mais<br />

en plus, je marchais!».<br />

Avec la fin <strong>de</strong>s tests cliniques, c’est<br />

désormais à la commercialisation <strong>de</strong><br />

ReWalk – prévue en 2010 – que se prépare<br />

fébrilement Argo Medical Technologies.<br />

A noter que cette sortie prochaine<br />

sur le marché est d’ores et déjà<br />

considérée comme un événement dans<br />

les milieux spécialisés du handicap<br />

moteur. Mais pas uniquement. «Les<br />

mé<strong>de</strong>cins sont eux aussi très intéressés<br />

par un appareil qui, en plus <strong>de</strong> rendre<br />

<strong>de</strong> la mobilité à leurs patients, leur procure<br />

un réel soulagement au niveau<br />

<strong>de</strong>s poumons compressés par la position<br />

assise prolongée», souligne David<br />

Zvielli.<br />

Qui a dit qu’en Israël, pour ne pas croire<br />

aux miracles, il fallait être fou?<br />

Y.S.<br />

11 | hayom 34


israël israël<br />

> «In of Africa»<br />

Israël est <strong>de</strong> retour en Afrique. Et cela ne doit rien au hasard. A l’heure où l’Iran s’implante tous les jours un peu plus<br />

sur le continent noir, l’État juif tente <strong>de</strong> relancer <strong>de</strong>s amitiés quelque peu délaissées. Tout particulièrement avec <strong>de</strong>s<br />

pays qui, s’ils sont encore et toujours en voie <strong>de</strong> développement, revêtent une gran<strong>de</strong> importance sur les plans stratégique,<br />

politique et économique. Une opération séduction couronnée d’un certain succès.<br />

C’<br />

est à la fin <strong>de</strong>s années 50<br />

qu’Israël ouvrait sa première<br />

représentation diplomatique<br />

en Afrique. Il était<br />

alors question pour le jeune État <strong>de</strong> faire<br />

revivre la légendaire alliance entre la<br />

Reine <strong>de</strong> Sabba et le Roi Salomon tout<br />

en poussant le continent vers <strong>de</strong>s collaborations<br />

et <strong>de</strong>s développements mutuels<br />

bien compris. Tumultueuses par<br />

essence, ces relations allaient connaître<br />

<strong>de</strong>s creux et <strong>de</strong>s vagues successifs<br />

jusqu’à re<strong>de</strong>venir «excellentes», aux<br />

dires du Ministère <strong>de</strong>s affaires étrangères,<br />

à Jérusalem.<br />

Golda Meir fut l’une <strong>de</strong>s premières à<br />

imaginer un rapprochement avec <strong>de</strong>s<br />

peuples qui, elle se plaisait à le dire,<br />

s’étaient «comme nous, affranchis du<br />

joug <strong>de</strong>s colonisateurs après avoir été<br />

réduits en esclavage». Le fait <strong>de</strong> <strong>de</strong>voir<br />

mettre en valeur une terre ingrate, ici<br />

comme là-bas, ne faisait que rajouter<br />

à son idée d’une communauté <strong>de</strong> <strong>de</strong>stin.<br />

D’où la mise sur pied <strong>de</strong> vastes programmes<br />

<strong>de</strong> formation <strong>de</strong> cadres africains<br />

au sein <strong>de</strong>s différents ministères<br />

israéliens, <strong>de</strong> l’agriculture à la défense<br />

en passant par ceux <strong>de</strong> l’industrie et<br />

<strong>de</strong>s communications.<br />

Ai<strong>de</strong>r au développement <strong>de</strong> l’Afrique<br />

répondait alors à une logique économi-<br />

que et militaire autant que morale. Renforcée<br />

par l’hostilité sincère <strong>de</strong> l’État<br />

juif vis-à-vis du régime <strong>de</strong> l’apartheid,<br />

cette logique eut pour conséquence<br />

première le soutien d’une trentaine <strong>de</strong><br />

pays africains lors <strong>de</strong> différents votes à<br />

l’ONU jusqu’à la fin <strong>de</strong>s années 60. La<br />

guerre froi<strong>de</strong> battait son plein, et Israël<br />

tentait <strong>de</strong> briser son isolement dans les<br />

instances internationales.<br />

Déjà amorcée au len<strong>de</strong>main <strong>de</strong> la guerre<br />

<strong>de</strong>s Six Jours, en 1967, la rupture avec Israël<br />

allait être définitivement consommée<br />

dès la guerre <strong>de</strong> Kippour, en 1973.<br />

Dépendants du pétrole arabe, nombre<br />

<strong>de</strong> partenaires africains coupaient<br />

alors bruyamment leurs relations avec<br />

celui qui avait «osé» traverser le canal<br />

<strong>de</strong> Suez et permis à son armée <strong>de</strong> poser<br />

le pied sur sa rive «africaine».<br />

Alors, «Out of Africa»? Pas vraiment<br />

puisque, à en croire les spécialistes,<br />

une pério<strong>de</strong> largement plus faste que<br />

la précé<strong>de</strong>nte allait s’ouvrir entre les<br />

anciens alliés: échanges commerciaux<br />

«officieux» multipliés par trois par<br />

rapport à la pério<strong>de</strong> précé<strong>de</strong>nte et forte<br />

expansion <strong>de</strong> l’assistance militaire.<br />

Il faudra attendre 1978 et les accords<br />

<strong>de</strong> Camp David pour voir peu à peu les<br />

pays africains renouer <strong>de</strong>s relations au<br />

grand jour avec l’État hébreu. Mais le<br />

charme semblait être rompu et, accords<br />

d’Oslo aidant, c’est vers l’Occi<strong>de</strong>nt –<br />

l’Europe, les États-Unis, les pays <strong>de</strong><br />

l’ex-URSS – que Jérusalem avait décidé<br />

<strong>de</strong> porter exclusivement ses regards.<br />

Jusqu’à ces <strong>de</strong>rniers mois.<br />

Initié par le ministre <strong>de</strong>s affaires étrangères<br />

dont la récente tournée a été qualifiée<br />

<strong>de</strong> «franc succès», le retour d’Israël<br />

sur la scène africaine ne fait désormais<br />

plus aucun doute. Et ce, au grand dam<br />

du lea<strong>de</strong>r libyen, prési<strong>de</strong>nt en exercice<br />

<strong>de</strong> l’Union africaine, Mouammar Kadhafi.<br />

Si cette embellie <strong>de</strong>s relations entre les<br />

pays africains et Israël repose sur <strong>de</strong><br />

forts intérêts économiques – bénéficier<br />

d’une expertise mondialement reconnue<br />

pour les premiers et recentrer les<br />

marchés <strong>de</strong> son secteur privé pour le second<br />

– la présence d’Avigdor Liberman<br />

sur le continent répond également à la<br />

volonté clairement affichée d’y contrer<br />

l’Iran. «Il n’est un secret pour personne<br />

que Téhéran cherche par tous les<br />

moyens à étendre son influence partout<br />

où elle le peut. Il nous faut éviter <strong>de</strong> lui<br />

laisser le champ libre en renforçant<br />

nos liens avec les pays amis. La bataille<br />

contre le nucléaire iranien passe aussi<br />

par là». Dont acte.<br />

D. K.<br />

> Une voix pour rien<br />

Sagement assis, le visage sombre, concentré, l’homme attendait que le prési<strong>de</strong>nt <strong>de</strong> séance lui donne la parole. Il était<br />

venu livrer, pour UN Watch, un témoignage: celui <strong>de</strong> son expérience.<br />

C<br />

e n’était certes pas la première<br />

fois que le Colonel Richard<br />

Kemp prenait part à <strong>de</strong>s débats<br />

<strong>de</strong> la Commission <strong>de</strong>s<br />

Droits <strong>de</strong> l’Homme <strong>de</strong> l’ONU, à <strong>Genève</strong>.<br />

C’était bien la seule pourtant où ses<br />

mots allaient peser si lourd dans la balance.<br />

Car, <strong>de</strong> son intervention,<br />

et <strong>de</strong> bien d’autres, allait<br />

dépendre l’adoption, ou<br />

non, du Rapport Goldstone<br />

soupçonnant Israël<br />

<strong>de</strong> crimes <strong>de</strong> guerre.<br />

Ce fut enfin son tour <strong>de</strong><br />

parler.<br />

«Je suis l’ancien commandant<br />

<strong>de</strong>s Forces Britanniques en Afghanistan.<br />

J’ai servi dans les rangs <strong>de</strong>s forces<br />

<strong>de</strong> l’OTAN et celles <strong>de</strong>s Nations Unies,<br />

exercé divers comman<strong>de</strong>ments militaires,<br />

en Irlan<strong>de</strong> du Nord, Bosnie et Macédoine<br />

et participé à la Guerre du Golfe.<br />

J’ai passé beaucoup <strong>de</strong> temps en Irak<br />

<strong>de</strong>puis l’invasion <strong>de</strong> 2003, et pris part<br />

à la lutte antiterroriste internationale<br />

pour le compte du Comité conjoint du<br />

Renseignement du Gouvernement anglais.<br />

Ainsi, et sur la base <strong>de</strong> mes connaissances<br />

et <strong>de</strong> mon expérience, je puis dire<br />

ceci: au cours <strong>de</strong> l’Opération «Coulée<br />

<strong>de</strong> Plomb», l’armée <strong>de</strong> défense d’Israël<br />

[Tzahal, ndlr] a fait davantage pour la<br />

sauvegar<strong>de</strong> <strong>de</strong>s droits <strong>de</strong>s civils en zone<br />

<strong>de</strong> combat que toute autre armée dans<br />

l’histoire <strong>de</strong>s guerres.<br />

Israël l’a fait alors qu’elle affrontait un<br />

ennemi plaçant délibérément ses forces<br />

militaires <strong>de</strong>rrière une population civile<br />

utilisée comme bouclier humain.<br />

Le Hamas, comme le Hezbollah, sont<br />

experts dans l’art <strong>de</strong> dicter aux médias<br />

ce qu’ils doivent rapporter. L’un comme<br />

l’autre sont toujours prêts à accuser les<br />

soldats israéliens <strong>de</strong> crimes <strong>de</strong> guerre.<br />

Ils excellent à mettre en scène et à déformer<br />

le moindre inci<strong>de</strong>nt.<br />

L’armée <strong>de</strong> défense d’Israël est confrontée<br />

à un défi auquel les forces britanniques<br />

n’ont jamais eu à faire face, ou pas<br />

à un tel <strong>de</strong>gré. Le préjugé, automatique,<br />

pavlovien, qui veut que les soldats <strong>de</strong><br />

l’armée <strong>de</strong> défense d’Israël ont nécessairement<br />

tort et qu’ils violent les<br />

droits <strong>de</strong> l’homme est commun<br />

aux médias internationaux<br />

et à <strong>de</strong> nombreuses organisations<br />

humanitaires.<br />

La vérité est tout autre. De<br />

fait, l’armée <strong>de</strong> défense d’Israël<br />

a mis en œuvre <strong>de</strong>s mesures<br />

extraordinaires afin <strong>de</strong><br />

prévenir les civils <strong>de</strong> Gaza <strong>de</strong>s zones<br />

qu’elle prenait pour cibles. Elle l’a fait à<br />

travers <strong>de</strong>ux millions <strong>de</strong> tracts largués<br />

et plus <strong>de</strong> 100 000 appels téléphoniques.<br />

De nombreuses missions susceptibles<br />

<strong>de</strong> neutraliser les capacités militaires<br />

du Hamas ont été suspendues<br />

afin d’éviter <strong>de</strong>s pertes civiles.<br />

Durant le conflit, l’armée <strong>de</strong> défense<br />

d’Israël a autorisé l’entrée dans Gaza<br />

d’énormes quantités d’ai<strong>de</strong> humani-<br />

taire. Fournir une telle ai<strong>de</strong>, au risque<br />

<strong>de</strong> la voir tomber aux mains <strong>de</strong> votre<br />

ennemi, est tout à fait impensable pour<br />

n’importe quel expert en stratégie militaire.<br />

L’armée <strong>de</strong> défense d’Israël a<br />

pourtant pris ce risque.<br />

En dépit <strong>de</strong> tout, <strong>de</strong>s civils innocents<br />

ont été tués. La guerre est chaos et les<br />

erreurs, multiples. Des erreurs ont été<br />

commises par les Anglais, les Américains<br />

et bien d’autres armées, en Afghanistan<br />

et en Irak; beaucoup d’entre<br />

elles peuvent être imputées au facteur<br />

humain. Mais les erreurs ne sont pas<br />

<strong>de</strong>s crimes <strong>de</strong> guerre.<br />

Plus que tout autre facteur, les pertes<br />

civiles enregistrées durant le conflit <strong>de</strong><br />

Gaza sont la conséquence <strong>de</strong> la manière<br />

<strong>de</strong> combattre du Hamas qui a délibérément<br />

choisi <strong>de</strong> sacrifier <strong>de</strong>s civils.<br />

Israël n’avait d’autre choix que <strong>de</strong> défendre<br />

sa population, et empêcher le<br />

Hamas <strong>de</strong> l’attaquer à la roquette.<br />

Alors, je le redis: l’armée <strong>de</strong> défense<br />

d’Israël a fait plus pour sauvegar<strong>de</strong>r<br />

<strong>de</strong>s droits <strong>de</strong>s civils en zone <strong>de</strong> combat<br />

que toute autre armée dans l’histoire<br />

<strong>de</strong>s guerres».<br />

Cette édifiante déposition, rares sont<br />

les médias qui en feront mention. Nul<br />

article <strong>de</strong> journal, nul reportage <strong>de</strong> télévision<br />

ou <strong>de</strong> radio ne viendra en effet<br />

troubler le ronron si rassurant <strong>de</strong><br />

la mise en accusation d’Israël. Pour la<br />

presse en effet, la messe est dite, et ce<br />

<strong>de</strong>puis le début. Tzahal est coupable, et<br />

rien ni personne n’y changera quoi que<br />

ce soit. Circulez, y’a rien à voir!<br />

De cette voix courageuse il ne restera<br />

rien. Le fameux «rapport», lui, sera<br />

adopté à l’unanimité.<br />

Y.S.<br />

13 | hayom 34


événements événements<br />

> Rétrospective<br />

Quand les violons chantent<br />

Un concert exceptionnel était organisé, jeudi 15 octobre 2009, par les Amis Suisses <strong>de</strong> Keshet Eilon Music Center à la Gran<strong>de</strong><br />

Salle du Conservatoire <strong>de</strong> Musique, en présence notamment <strong>de</strong> M. l’Ambassa<strong>de</strong>ur d’Israël en Suisse et <strong>de</strong> son épouse.<br />

Les jeunes solistes <strong>de</strong> Keshet Eilon, Francesca Dego, Edouard Mätzener, Eurydice Vernay et Iskandar Widjaja, ont raconté,<br />

par l’entremise <strong>de</strong> leur violon, <strong>de</strong> belles histoires empruntant les sentiers élevés <strong>de</strong> l’âme. Les virtuoses <strong>de</strong> cette école patronnée<br />

par Schlom Mintz étaient accompagnés par les membres du corps enseignant: Ani Schnarch (violon), Professeur<br />

au Royal College of Music <strong>de</strong> Londres, Petr Jirikovsky, (piano) ainsi que Daniel Grosgurin, Professeur à la Haute École <strong>de</strong><br />

Musique <strong>de</strong> <strong>Genève</strong> (violoncelle).<br />

Ce spectacle grandiose, au bénéfice <strong>de</strong> Keshet Eilon, était dédié au projet Daniel Pearl World Music Days.<br />

L’Initiative anti-minarets engendre<br />

le débat<br />

Le 4 novembre 2009, la Licra et le Temps organisaient un débat entre<br />

Mme Brunschwig-Graf, Conseillère nationale et M. Freysinger,<br />

Conseiller national, concernant l’initiative anti-minarets.<br />

La salle comble <strong>de</strong> l’Uni Dufour, était en quelque sorte scindée<br />

en trois: ceux qui étaient pour, ceux qui étaient contre (en font<br />

partie la Licra et la CICAD appelant les communautés juives <strong>de</strong><br />

Suisse à voter contre) et ceux venus s’informer, comme le résumait<br />

M. Pierre Weiss, député au Grand Conseil.<br />

Selon M. Freysinger, les minarets, symbole <strong>de</strong> conquête, engendrent<br />

chez certains une peur: celle <strong>de</strong> voir une religion prendre<br />

le <strong>de</strong>ssus. La crainte du communautarisme, perçu comme une<br />

menace pour la civilisation, a également été évoquée.<br />

Pour contrebalancer ces propos,<br />

Martine Brunschwig-Graf a rappelé:<br />

«Nous vivons dans un État <strong>de</strong><br />

droit. Nos lois permettent d’éviter<br />

les dérapages. Il ne faut pas stigmatiser<br />

une population et la désigner<br />

comme potentiellement dangereuse.<br />

La peur empêche <strong>de</strong> vivre<br />

ensemble».<br />

«Cinéma Tous Écrans» honore le cinéma israélien<br />

Kaïtana 2009 et KKL:<br />

«Israël et l’eau»<br />

La Kaïtana du Clocheton<br />

s’est, cette année, mobilisée<br />

en faveur du KKL à travers<br />

le thème choisi pour<br />

sa session 2009: «Israël et<br />

l’eau».<br />

Sensibilisés aux problèmes<br />

<strong>de</strong> l’écologie à travers<br />

une série d’activités ludiques, les enfants présents ont<br />

découvert les efforts entrepris par le Fonds National<br />

Juif dans la préservation <strong>de</strong>s réserves en eau d’Israël.<br />

C’est Viviane Bernstein qui, en passant auprès <strong>de</strong>s différents<br />

groupes d’âges, <strong>de</strong>vait expliquer l’importance<br />

<strong>de</strong> cette mission pour ce petit pays durement touché<br />

par la sècheresse.<br />

Last but not least, les bénéfices <strong>de</strong> la kermesse du désormais<br />

célèbre Centre Aéré genevois étaient intégralement<br />

reversés en faveur du projet NOAM du KKL<br />

pour la création d’un parc <strong>de</strong> jeux à Sdérot. L’une <strong>de</strong><br />

ses représentantes, Lida Lavi, était présente pour remercier<br />

Alexandra, les enfants et leurs parents pour<br />

leur contribution.<br />

«Mon film n’est pas là pour faire sensation ou pour pointer du doigt une communauté. C’est un film<br />

intime qui n’a pas la prétention d’apporter <strong>de</strong>s réponses mais bel et bien <strong>de</strong> poser <strong>de</strong>s questions», affirmait<br />

le 5 novembre <strong>de</strong>rnier le réalisateur israélien Haim Tabakman. Le cinéaste était venu présenter<br />

son film Eyes Wi<strong>de</strong> Open, en avant-première au cinéma Les Scala, dans le cadre du Festival Cinéma<br />

Tous Écrans.<br />

Le public genevois, honoré par la présence <strong>de</strong> M. Ilan Elgar, Ambassa<strong>de</strong>ur d’Israël en Suisse, a ainsi<br />

pu découvrir en primeur un film d’exception relatant une histoire d’amour interdite au sein <strong>de</strong> la<br />

communauté juive orthodoxe <strong>de</strong> Méa Shéarim. Les spectateurs ont pu pénétrer au cœur <strong>de</strong>s petites<br />

ruelles ocre jaune, investissant, par la même occasion, l’univers intense <strong>de</strong> l’étu<strong>de</strong> et <strong>de</strong> la prière, traité<br />

toujours avec un profond respect.<br />

Remarqué au <strong>de</strong>rnier festival <strong>de</strong> Cannes, Eyes Wi<strong>de</strong> Open affirme le talent d’un jeune cinéaste qui participe<br />

au renouveau du cinéma israélien actuel.<br />

Piaget: vente privée au profit du GIL<br />

Jeudi 29 octobre 2009, le soleil avait ren<strong>de</strong>z-vous avec les étoiles qui brillaient dans <strong>de</strong>s écrins <strong>de</strong> verre, <strong>de</strong> la manufacture<br />

Piaget, à Plan-les-Ouates. De pures merveilles étaient proposées à <strong>de</strong>s prix exceptionnels, dans le cadre d’une vente privée au<br />

profit du GIL.<br />

Beauté et créativité se sont imposées aux regards <strong>de</strong>s visiteurs, éblouis tantôt par l’éclat <strong>de</strong>s pierres précieuses où la lumière<br />

s’engouffre, tantôt par les créations exaltant la beauté féminine, inspirées par la musique, l’amour, mais aussi les fleurs...<br />

Derrière chaque montre et chaque bijou, ce sont <strong>de</strong>s mois <strong>de</strong> travail impliquant une équipe <strong>de</strong> 350 collaborateurs. Car chez<br />

Piaget, la machine n’a pas supplanté l’homme et sa <strong>de</strong>xtérité. Un savoir-faire qui fait la différence et qui n’a pas <strong>de</strong> prix.<br />

Ian Massera fait revivre Elvis<br />

«Dans la musique, il y a eu un avant et un après Elvis Presley» – John Lennon.<br />

Membre du GIL et personnage haut en couleurs, Ian Massera est reconnu aujourd’hui comme l’un <strong>de</strong>s meilleurs<br />

imitateurs d’Elvis Presley. Il a créé son Elvis Tribute Show à la fin <strong>de</strong>s années 80 et a fondé à l’époque le groupe The King<br />

Memories, véritable ossature musicale <strong>de</strong> sa future formation.<br />

Après toute une série <strong>de</strong> concerts donnés en Europe, Ian a été sélectionné pour participer à la convention internationale<br />

<strong>de</strong>s imitateurs d’Elvis (E.P.I.I.A) qui s’était déroulée à Chicago, en juin 90. Parmi une centaine <strong>de</strong> concurrents,<br />

Ian a été élu le «Meilleur Imitateur du King 90». La chaîne américaine ABC lui a alors consacré un reportage <strong>de</strong> trente<br />

minutes diffusé le 11 juin, une diffusion qui s’est propagée en Europe un peu plus tard.<br />

En août 90, Ian a été engagé pour se produire à Memphis, ville du King et haut lieu <strong>de</strong><br />

pèlerinage pour tous les fans d’Elvis. C’est lors <strong>de</strong> ce concert que D.J. Fontana, le légendaire<br />

batteur d’Elvis Presley, a été littéralement «soufflé» par la prestation du<br />

«petit Suisse» et lui a proposé <strong>de</strong> l’accompagner lors d’un grand show<br />

à Nyon donné le 16 novembre <strong>de</strong> la même année.<br />

En juin 92, Ian a participé pour la secon<strong>de</strong> fois à Las Vegas à la convention<br />

E.P.I.I.A et a remporté la victoire une nouvelle fois. Puis à partir <strong>de</strong> 1996 et afin<br />

<strong>de</strong> se rapprocher encore plus <strong>de</strong> la réalité <strong>de</strong>s shows du King, Ian a ajouté à la<br />

section rythmique le grand orchestre <strong>de</strong> Alain Della Maestra (cuivres, violons,<br />

piano, percussions…) et une section <strong>de</strong> 6 choristes, soit une trentaine<br />

d’artistes sur scène.<br />

Ces <strong>de</strong>rnières années, Ian a reconstitué sur scène le légendaire show <strong>de</strong><br />

Hawaï, le show Vegas 76, le Come Back 68… Il s’est notamment produit avec<br />

ses spectacles à Lyon, Londres, Paris, Zürich et <strong>Genève</strong>.<br />

Aujourd’hui, un autre show mythique d’Elvis Presley est programmé sur<br />

scène: The Madison Square Gar<strong>de</strong>n. Concert unique que le roi du rock<br />

n’roll avait donné à New York en 72. Durant <strong>de</strong>ux heures, Ian Massera<br />

endosse le costume du King. Il fait revivre le «frisson Elvis» avec<br />

sa voix extraordinaire et ses musiciens.<br />

Ren<strong>de</strong>z-vous donc à <strong>Genève</strong>, au Théâtre du Léman,<br />

le mercredi 9 décembre 2009 à 20h30<br />

E.A. & D.Z.<br />

14 | hayom 34 15 | hayom 34<br />

© S. Sananes


tourisme<br />

> Névé Tzé<strong>de</strong>k: le petit village au centre <strong>de</strong> Tel-Aviv > Nouveaux rituels juifs<br />

Niché entre Tel-Aviv et Jaffa, Névé Tzé<strong>de</strong>k, « Oasis <strong>de</strong> Justice », s’apparente dans sa forme au fameux village gaulois<br />

qui a fait la fortune du couple artistique Goscinny et U<strong>de</strong>rzo. Les Gaulois et les Romains en moins. Si l’on est capable<br />

<strong>de</strong> prendre du recul, force est <strong>de</strong> constater qu’il s’agit bel et bien d’une enclave toute singulière, figée dans son éclat<br />

et encerclée par la gran<strong>de</strong> et majestueuse Tel-Aviv.<br />

L<br />

e petit village, injustement délaissé<br />

il y a 25 ans, est <strong>de</strong>venu<br />

aujourd’hui l’un <strong>de</strong>s lieux sacrés<br />

d’Israël que s’arrachent presque<br />

tous les acquéreurs immobiliers. Mais<br />

Névé Tzé<strong>de</strong>k frappe avant tout par son<br />

caractère: un subtil mélange d’authenticité<br />

et <strong>de</strong> mo<strong>de</strong>rnité au prestigieux pas-<br />

sé. Un lieu qui dégage une atmosphère<br />

exceptionnelle, perdu au cœur du temps<br />

et <strong>de</strong> la foule citadine. Une contrée isolée<br />

que l’on arpente le cœur léger et les yeux<br />

écarquillés.<br />

Véritable pouls <strong>de</strong> la vie intellectuelle,<br />

culturelle et artistique d’Israël, il est le<br />

symbole d’un mo<strong>de</strong> <strong>de</strong> vie tout particulier<br />

où règne une ambiance in<strong>de</strong>scriptible<br />

avec <strong>de</strong>s faux airs d’ici et d’ailleurs.<br />

Construit en 1887 – et donc 22 ans avant<br />

Tel-Aviv – il abrite, au détour <strong>de</strong> ses petites<br />

ruelles sinueuses et arborées, <strong>de</strong> nombreux<br />

magasins d’artisanat, d’orfèvrerie<br />

et <strong>de</strong> poterie, <strong>de</strong>s musées, <strong>de</strong>s galeries<br />

d’art, <strong>de</strong>s cafés et <strong>de</strong>s restaurants branchés.<br />

Et c’est cela qui fait toute sa perfection<br />

et sa beauté.<br />

Là, on peut à la fois remonter le temps<br />

et l’histoire au gré <strong>de</strong>s flâneries tout en<br />

admirant les prouesses architecturales<br />

contemporaines. On se plaît à déambuler<br />

dans les rues pittoresques <strong>de</strong> ce quartier<br />

qui joue la carte <strong>de</strong> la diversité. On lèche<br />

les vitrines avec gourmandise, on admire<br />

les bibelots, les œuvres d’art et tous ces<br />

objets qui font la fierté d’Israël.<br />

Mais Névé Tzé<strong>de</strong>k, «le village en ville», a<br />

aussi hébergé sur sa terre <strong>de</strong>s noms illustres<br />

et, restant fidèle à son style d’antan<br />

mais toujours soucieux <strong>de</strong> préserver son<br />

âme authentique, il attire une population<br />

à la fois branchée et raffinée, sophistiquée<br />

et simple. Ce sont ces contrastes<br />

parfaitement harmonieux qui font <strong>de</strong><br />

cette bourga<strong>de</strong> la place où il fait bon se<br />

promener. Et dont il est impossible <strong>de</strong> ne<br />

pas fouler le sol…<br />

D.-A. P.<br />

Le judaïsme possè<strong>de</strong> <strong>de</strong>s rituels pour toutes les occasions <strong>de</strong> la vie – naissance,<br />

guérison, nouvelle maison – qu’il s’agisse d’une bénédiction à prononcer<br />

ou d’un geste à accomplir, seul ou en communauté.<br />

Pourtant, certaines occasions,<br />

qui ne s’étaient pas présentées<br />

aux rabbins du Talmud,<br />

n’ont pas <strong>de</strong> rituel<br />

Synagogue<br />

propre, comme l’adoption, la<br />

fertilisation in vitro, la transplantation<br />

d’organe – autant <strong>de</strong><br />

moments forts que nous voulons<br />

marquer par un rite juif.<br />

Ces nouvelles situations sont<br />

nées du progrès <strong>de</strong> la science<br />

et <strong>de</strong>s technologies, <strong>de</strong>s revendications<br />

féministes et<br />

<strong>de</strong> nouvelles donnes sociales.<br />

Parallèlement, dans une<br />

société qui ne prend plus le<br />

temps d’apprécier le présent,<br />

reconnaître la beauté <strong>de</strong> la<br />

Création, exprimer sa reconnaissance<br />

à Dieu, ou marquer<br />

un passage important reste un<br />

rituel nécessaire. Un rituel est<br />

un acte ou une séquence qui<br />

possè<strong>de</strong> une forte signification<br />

symbolique pour celui qui l’accomplit.<br />

Inscrit dans le temps, le<br />

rituel est aussi la répétition et l’actualisation<br />

d’une pratique ancienne. Le judaïsme<br />

en a tout un répertoire: mettre<br />

un tallit, <strong>de</strong>scendre dans le mikveh, dire<br />

le motzi, et la bénédiction la plus polyvalente<br />

<strong>de</strong> toutes, celle <strong>de</strong> la nouveauté,<br />

le chéhéhéyanou, récitée lors <strong>de</strong> tout «nouveau»<br />

moment reconnu comme tel.<br />

Mais cette bénédiction générique n’était<br />

Tablier <strong>de</strong> ménagère<br />

avec <strong>de</strong>s tzitzits<br />

pas suffisante pour nombre <strong>de</strong> Juifs<br />

mo<strong>de</strong>rnes, qui, placés <strong>de</strong>vant une<br />

situation inédite, ont créé <strong>de</strong><br />

nouveaux rituels inspirés <strong>de</strong><br />

la tradition mais adaptés à la<br />

nouveauté. C’est ainsi qu’en<br />

1996, Marcia Falk publie son<br />

Book of Blessing, un pavé qui réunit<br />

<strong>de</strong>s centaines <strong>de</strong> bénédictions<br />

en hébreu et en anglais<br />

pour faire le <strong>de</strong>uil d’une fausse-couche<br />

ou d’un avortement,<br />

pour célébrer la naissance<br />

d’une fille, ou inclure Myriam<br />

dans le Sé<strong>de</strong>r. Dans la même<br />

veine féministe et égalitaire,<br />

<strong>de</strong>s sites Internet tels que<br />

www.ritualwell.com offrent<br />

un lieu – littéralement, un<br />

puits – où l’on peut <strong>de</strong>man<strong>de</strong>r<br />

conseil pour marquer rituellement<br />

un événement ou décrire<br />

un rituel que l’on a soi-même<br />

créé ou pratiqué.<br />

L’anthropologue Vanessa Ochs<br />

a analysé le processus <strong>de</strong> «réinvention»<br />

(puisque les rituels ne sortent<br />

pas d’un chapeau, ils sont inspirés par<br />

la tradition). Dans New Jewish Rituals, elle<br />

décrit un mariage juif entre <strong>de</strong>ux hommes<br />

(avec ketouba, verre brisé et houppa),<br />

l’acquisition par une communauté d’un<br />

Séfer Torah sauvé <strong>de</strong> la Shoah, ou les<br />

bené-mitzvot pour adultes. Cet hiver, le<br />

Musée juif <strong>de</strong> New York va encore plus<br />

échos d’amérique<br />

à Evanston <strong>de</strong>s architectes Ross Barney<br />

loin, en présentant l’exposition Reinventing<br />

Ritual, qui explore la contribution <strong>de</strong><br />

l’art contemporain à la pratique juive.<br />

En considérant le judaïsme comme un<br />

processus et l’art comme un midrach, un<br />

commentaire sur le judaïsme, les créations<br />

exposées retournent à la signification<br />

essentielle du rituel, la mettent en<br />

question et la réinterprètent à la lumière<br />

<strong>de</strong> situations contemporaines. C’est ainsi<br />

que Rachel Kanter revisite les rôles traditionnels<br />

dans son «Fringed Garment»<br />

(Vêtement à franges», 2005), qui est un<br />

tablier <strong>de</strong> ménagère avec <strong>de</strong>s tzitzits, lui<br />

permettant <strong>de</strong> concilier ses obligations<br />

<strong>de</strong> mère et <strong>de</strong> juive pratiquante. Les architectes<br />

Ross Barney ont répondu à <strong>de</strong>s<br />

impératifs écologiques en réalisant en<br />

2008 une synagogue à Evanston, dans<br />

l’Illinois, qui utilise <strong>de</strong>s matériaux recyclés,<br />

<strong>de</strong> l’énergie renouvelable et d’autres<br />

éléments écologiques illustrant la valeur<br />

juive <strong>de</strong> tikkoun olam, («réparer le<br />

mon<strong>de</strong>»). Citons encore le plat <strong>de</strong> Sé<strong>de</strong>r<br />

qui ressemble à une nappe en <strong>de</strong>ntelles,<br />

transformant toute la table en plateau<br />

<strong>de</strong> fête, les tefillin végétariens en similicuir,<br />

la mezouza en forme <strong>de</strong> clou et la<br />

coupe <strong>de</strong> kiddouch en <strong>de</strong>ux moitiés réunies<br />

en une lors d’un mariage.<br />

Souvent, ces objets ont le mérite <strong>de</strong> remplir<br />

un besoin, <strong>de</strong> briser une routine<br />

ennuyeuse, ou d’encourager la pratique<br />

religieuse par le biais d’une esthétique,<br />

d’un <strong>de</strong>sign ou d’une idée attirante.<br />

Parfois aussi, on se <strong>de</strong>man<strong>de</strong> si ces objets<br />

d’art peuvent vraiment être utilisés<br />

comme objets rituels ou si, trop intellectuels<br />

ou mal pratiques, ils ne sont pas<br />

condamnés à rester, statiques, dans <strong>de</strong>s<br />

vitrines <strong>de</strong> musée.<br />

Brigitte Sion<br />

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18 | hayom 34<br />

revue <strong>de</strong> presse revue <strong>de</strong> presse<br />

> Les news<br />

Bénéfice net<br />

Qui l’eût cru? L’un <strong>de</strong>s<br />

grands gagnants du bras<br />

<strong>de</strong> fer opposant les autorités<br />

fédérales américaines<br />

à la Confédération<br />

autour du secret bancaire<br />

pourrait bien être…Israël.<br />

De fait, les doubles<br />

nationaux, israéliens et<br />

américains, détenteurs<br />

d’un compte en Suisse<br />

<strong>de</strong>vront sous peu en déclarer<br />

le contenu auprès<br />

du fisc <strong>de</strong> l’État juif.<br />

Selon les experts, l’opération<br />

<strong>de</strong>vrait, dès cette<br />

année, faire rentrer plusieurs<br />

centaines <strong>de</strong> millions <strong>de</strong> shekels dans les caisses du<br />

Trésor. Un bénéfice tout ce qu’il y a <strong>de</strong> plus net.<br />

Anti-virus<br />

On le sait, Israël occupe<br />

une place <strong>de</strong> choix<br />

dans le petit mon<strong>de</strong><br />

<strong>de</strong> l’informatique. La<br />

mise au point du nouvel<br />

antivirus gratuit<br />

<strong>de</strong> Microsoft Windows ne fait pas exception. Développé au centre<br />

<strong>de</strong> R&D <strong>de</strong> Microsoft d’Herzliya Pituach, en banlieue <strong>de</strong> Tel-Aviv, le<br />

nouveau logiciel a nécessité le travail <strong>de</strong> plusieurs dizaines <strong>de</strong> programmeurs.<br />

Selon Shai Kariv, Chef <strong>de</strong> Produit, ce travail «prouve<br />

une fois <strong>de</strong> plus la qualité <strong>de</strong> nos équipes et la place <strong>de</strong> notre pays<br />

sur l’échiquier mondial <strong>de</strong> la haute technologie».<br />

Reconnaissance<br />

C’est désormais officiel: l’Organisation Mondiale <strong>de</strong> la Propriété<br />

Intellectuelle (OMPI) reconnait Israël comme un centre international<br />

<strong>de</strong> recherche et d’examen<br />

<strong>de</strong>s brevets d’invention. Cette<br />

reconnaissance internationale,<br />

longtemps attendue par l’État juif,<br />

place ce <strong>de</strong>rnier au sein d’une short<br />

list <strong>de</strong> 15 pays lea<strong>de</strong>rs dans la promotion<br />

<strong>de</strong> projets technologiques<br />

<strong>de</strong> premier plan.<br />

Ils sont partout<br />

La théorie du complot fait<br />

toujours recette. D’entre<br />

tous, le «vaste projet juif<br />

visant à la domination <strong>de</strong> l’ensemble <strong>de</strong> la planète» est certainement<br />

celui qui fonctionne le mieux. De l’accusation<br />

<strong>de</strong> déici<strong>de</strong> aux attentats du 11 septembre en passant par le<br />

Protocole <strong>de</strong>s Sages <strong>de</strong> Sion, les contempteurs <strong>de</strong>s fils d’Abraham<br />

n’ont pas manqué. Dernier en date le prési<strong>de</strong>nt déchu du<br />

Honduras, Manuel Zelaya, qui soutient mordicus qu’Israël a<br />

apporté sa contribution au putsch militaire et à son exil forcé.<br />

Puisqu’on vous dit qu’ils sont partout!<br />

Hermès<br />

La société israélienne Elbit Industries a annoncé<br />

la réussite <strong>de</strong>s essais du <strong>de</strong>rnier né <strong>de</strong> ses drones,<br />

l’Hermès 90. Avec son moteur à huile lour<strong>de</strong>, l’engin<br />

est capable d’être ravitaillé en carburant <strong>de</strong>puis<br />

une plate-forme<br />

maritime, d’y être<br />

lancé et d’y atterrir.<br />

Doté d’un<br />

rayon d’action<br />

d’une centaine<br />

<strong>de</strong> kilomètres et<br />

d’une autonomie<br />

<strong>de</strong> vol <strong>de</strong> plus <strong>de</strong><br />

15 heures, l’appareil<br />

représente un<br />

atout unique en<br />

son genre pour<br />

toute force navale<br />

en opération.<br />

Le co<strong>de</strong> a changé<br />

Devant les critiques dont fait l’objet Tzahal – et seulement Tzahal (!) – dans sa lutte contre<br />

le terrorisme, <strong>de</strong>s voix s’élèvent en Israël pour adapter le co<strong>de</strong> éthique du soldat israélien<br />

en vigueur jusqu’à présent. C’est le cas du Général Amos Yadlin, chef <strong>de</strong>s renseignements<br />

militaires, l’AMAN. Ce <strong>de</strong>rnier rappelle que la guerre a un co<strong>de</strong>, et que l’apparition récente<br />

<strong>de</strong> la guerre asymétrique l’a rendu obsolète en biens <strong>de</strong>s cas. «Les combats qu’elle nous<br />

impose se situent au milieu <strong>de</strong> populations civiles. Nous avons donc besoin d’inventer <strong>de</strong><br />

nouvelle règles, une nouvelle réponse légale. Nous y travaillons».<br />

Tsunami?<br />

La possibilité <strong>de</strong> voir un tsunami dévaster les côtes israéliennes dans les années à<br />

venir est une hypothèse tout à fait réaliste. Pour les experts, <strong>de</strong>s mesures doivent<br />

être prises au plus vite afin d’éviter le pire. Surprenant? Pas tant que cela quand<br />

on sait que la Méditerranée représente la secon<strong>de</strong> partie du mon<strong>de</strong> où ce genre <strong>de</strong><br />

phénomène a été, au cours <strong>de</strong> l’Histoire, le plus souvent observé. Dov Rosen, directeur<br />

du département <strong>de</strong> géologie marine <strong>de</strong> l’Institut <strong>de</strong>s étu<strong>de</strong>s marines <strong>de</strong> Tel-<br />

Aviv: «Les <strong>de</strong>rnières étu<strong>de</strong>s vont toutes dans<br />

ce sens. De plus, cette zone a vu se produire<br />

une lame <strong>de</strong> fond <strong>de</strong> faible intensité tous les<br />

100 ans; une autre d’intensité moyenne tous<br />

les 200 ans et enfin, une déferlante <strong>de</strong>structrice<br />

tous les 1000 ans. Statistiquement, nous<br />

nous rapprochons dangereusement <strong>de</strong> cette<br />

échéance».<br />

Suivez mon regard<br />

Tandis que les gran<strong>de</strong>s puissances<br />

tentent <strong>de</strong> freiner l’Iran, Tzahal<br />

continue ses préparatifs en<br />

cas d’échec <strong>de</strong>s pourparlers. L’une<br />

<strong>de</strong>s armes les plus redoutables à<br />

sa disposition? Cinq sous-marins<br />

<strong>de</strong> classe Dolphin I et II tout droit<br />

sortis <strong>de</strong>s chantiers navals <strong>de</strong> Kiel,<br />

en Allemagne. À l’instar <strong>de</strong>s avions <strong>de</strong> chasse ma<strong>de</strong> in US, ceux-ci auraient subi<br />

<strong>de</strong> nombreuses transformations et accueilli <strong>de</strong>s systèmes <strong>de</strong> combat uniques au<br />

mon<strong>de</strong>, tous issus <strong>de</strong> l’industrie militaire israélienne. Selon la presse étrangère,<br />

ces submersibles quasiment indétectables et équipés <strong>de</strong> missiles nucléaires donneraient<br />

à l’État juif une capacité <strong>de</strong> secon<strong>de</strong> frappe <strong>de</strong>structrice en cas d’attaque<br />

<strong>de</strong> son territoire. Suivez mon regard.<br />

CleanTech<br />

Ah, le Kurdistan!<br />

Selon un récent sondage effectué au<br />

Kurdistan, plus <strong>de</strong> 87% (!) <strong>de</strong>s citoyens<br />

<strong>de</strong> cette zone autonome située au nord<br />

<strong>de</strong> l’Irak se sont déclarés favorable à<br />

l’instauration <strong>de</strong> relations diplomatiques<br />

avec Israël. Ainsi, pour la majorité<br />

<strong>de</strong>s sondés, les <strong>de</strong>ux pays partagent les<br />

mêmes valeurs démocratiques et aspirent<br />

aux mêmes rêves. Tous se sont déclarés<br />

conscients <strong>de</strong>s bénéfices stratégiques,<br />

économiques et technologiques<br />

que leur pays retirerait d’une alliance<br />

avec l’État juif. À noter que les résultats<br />

<strong>de</strong> cette étu<strong>de</strong> contredisent la position<br />

officielle du gouvernement kur<strong>de</strong>.<br />

Selon la liste établie par The Guardian et le groupe CleanTech, Israël, avec 5 <strong>de</strong> ses entreprises<br />

agissant dans le domaine <strong>de</strong>s technologies « propres », se place en quatrième place (sur<br />

cent) au hit para<strong>de</strong> <strong>de</strong>s sociétés mondiales les plus performantes en la matière. Seul nominé<br />

pour le Moyen-Orient, l’État juif est ainsi présent dans cette prestigieuse classification<br />

grâce à AqWise (traitement <strong>de</strong> l’eau), Solel (énergie solaire), IQ Winds (énergie éolienne),<br />

EnStorage (stockage <strong>de</strong> l’énergie) et, en outsi<strong>de</strong>r car inscrit sous bannière américaine, Better<br />

Place (véhicule électrique).<br />

Y. S. / D. Z.<br />

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association gros plan<br />

> Yad Sarah > Negba<br />

A vous, lecteurs, nous vous proposons <strong>de</strong> découvrir l’œuvre <strong>de</strong> Yad Sarah en suivant le gui<strong>de</strong> à travers une visite <strong>de</strong><br />

son plus grand centre à Jérusalem. Ren<strong>de</strong>z-vous au Boulevard Herzl 124, Jérusalem, 96187 Israël…<br />

N<br />

ous voici <strong>de</strong>vant le siège<br />

principal <strong>de</strong> Yad Sarah,<br />

composé <strong>de</strong> 104 succursales.<br />

Mais vous êtes <strong>de</strong>vant<br />

la plus importante. Après avoir passé<br />

la sécurité s’ouvre le hall d’entrée où<br />

<strong>de</strong>s standardistes accueillent toute la<br />

journée <strong>de</strong>s personnes venues <strong>de</strong> tous<br />

les horizons afin <strong>de</strong> leur prêter gratuitement,<br />

selon leur besoin, du matériel<br />

médical. Celui-ci est en stock, soigneusement<br />

contrôlé et préparé par d’autres<br />

bénévoles et parfois même par <strong>de</strong>s retraités<br />

avi<strong>de</strong>s d’ai<strong>de</strong>r et <strong>de</strong> participer à<br />

la vie active et sociale.<br />

Un peu plus loin, vous rencontrez <strong>de</strong>s<br />

jeunes filles qui font leur service civil<br />

en offrant leur ai<strong>de</strong> au secteur <strong>de</strong>s alarmes<br />

<strong>de</strong> secours. Elles téléphonent et<br />

répon<strong>de</strong>nt calmement 24 heures sur 24<br />

à ces milliers d’abonnés qui se sentent<br />

seuls ou en danger. N’oublions pas <strong>de</strong><br />

passer par la petite boutique remplie<br />

<strong>de</strong> ca<strong>de</strong>aux à offrir, confectionnés par<br />

<strong>de</strong>s personnes handicapées utilisant le<br />

centre <strong>de</strong> réhabilitation.<br />

Volontaire<br />

Nous prenons maintenant l’ascenseur<br />

qui nous permet <strong>de</strong> visiter les six étages<br />

<strong>de</strong> la Tour <strong>de</strong> l’espoir comme on appelle ce<br />

bourdonnant édifice. Chaque service<br />

est tenu par <strong>de</strong>s bénévoles qui donnent<br />

régulièrement <strong>de</strong> leurs compétences<br />

professionnelles et <strong>de</strong> leur temps.<br />

Vous découvrez la médiathèque, qui<br />

offre une panoplie d’informations sur<br />

toute maladie qui pourrait toucher un<br />

membre d’une famille, un «salon <strong>de</strong>s<br />

inventions», avec <strong>de</strong>s ustensiles spécialement<br />

crées pour faciliter l’autonomie<br />

<strong>de</strong> personnes handicapées ou<br />

diminuées temporairement dans leur<br />

activité. Force est <strong>de</strong> constater que vous<br />

êtes impressionnés par «la place <strong>de</strong><br />

jeu» aménagée pour les enfants présentant<br />

<strong>de</strong>s besoins spécifiques. Des professionnels<br />

passent du temps avec eux,<br />

donnent <strong>de</strong>s conseils et offrent ainsi<br />

un soutien à toute la famille.<br />

Et si un jour une belle occasion se présente<br />

pour une personne invali<strong>de</strong>, invitée<br />

à une fête, un chauffeur bénévole<br />

viendra la chercher pour l’y amener<br />

dans ses plus beaux habits!<br />

Yad Sarah offre également un service<br />

<strong>de</strong> soutien légal aux personnes âgées et<br />

possè<strong>de</strong> une clinique <strong>de</strong>ntaire gériatrique<br />

qui peut également se déplacer à<br />

domicile.<br />

Après cette courte visite qui se doit <strong>de</strong><br />

faire fonctionner votre imagination,<br />

nous espérons que vous avez pu connaî-<br />

tre davantage l’œuvre <strong>de</strong> Yad Sarah en<br />

Israël et que vous êtes touchés par ce<br />

qu’elle offre à plus <strong>de</strong> 400’000 personnes<br />

chaque année en faisant économiser<br />

plus <strong>de</strong> 300 millions <strong>de</strong> dollars au<br />

gouvernement.<br />

Et même si nous sommes loin d’eux<br />

nous pouvons leur tendre la main…<br />

Elise Campiche<br />

AMIS SUISSES DE YAD SARAH –<br />

SECTION GENÈVE<br />

20 av. Dumas 1206 <strong>Genève</strong><br />

Tel: 022 321 23 59 et 022 734 80 26<br />

CCP 10-773075-9 www.yadsarah.ch<br />

L<br />

es enfants vivant dans <strong>de</strong>s<br />

conditions matérielles précaires,<br />

dans <strong>de</strong>s milieux frappés<br />

par la drogue, l’alcool ou la<br />

violence, ont peu <strong>de</strong> chances d’échapper,<br />

en grandissant, à la misère et à la<br />

délinquance. C’est pourquoi l’association<br />

Negba s’est fixé pour but <strong>de</strong> leur<br />

fournir quotidiennement, après l’école,<br />

dans un cadre protégé et dans une ambiance<br />

familiale, le soutien indispensable<br />

pour qu’ils réussissent dans la vie…<br />

Association israélienne à but non lucratif<br />

soutenue par les pouvoirs publics,<br />

Negba a été fondée en 2006. Depuis,<br />

Negba a déjà ouvert cinq Maisons<br />

<strong>de</strong> l’Espérance à Beer-Sheva et Sdérot<br />

qui accueillent au total cent cinquante<br />

enfants. Negba est au service <strong>de</strong> tous<br />

les citoyens d’Israël, sans distinction<br />

d’origine, <strong>de</strong> milieu ou <strong>de</strong> pratique religieuse.<br />

Elle est totalement indépendante<br />

et libre d’influences…<br />

Quelques années avant la fondation<br />

<strong>de</strong> Negba, un groupe d’amis, Israéliens<br />

d’origine française, avaient décidé<br />

d’unir leurs compétences afin d’œuvrer<br />

en faveur <strong>de</strong> l’enfance en péril en<br />

Israël. Leur première entreprise fut la<br />

création d’un centre d’accueil à Beit<br />

Shemesh. Ce centre s’appuyait sur une<br />

organisation locale et accueillait plus<br />

<strong>de</strong> cent enfants. Après ce premier succès,<br />

ils décidèrent <strong>de</strong> mettre en place<br />

«Qui sauve la vie d’un enfant, sauve un mon<strong>de</strong> entier»<br />

Traité Sanhedrin, chapitre 4, mishna 5.<br />

une structure <strong>de</strong> plus gran<strong>de</strong> envergure<br />

qui œuvrerait dans une <strong>de</strong>s régions les<br />

plus défavorisées d’Israël: le Néguev.<br />

En partenariat avec «Beit Moriah» et<br />

les «Cigognes», ils ont créé l’association<br />

Negba.<br />

En septembre 2006 Negba a ouvert la<br />

première Maison <strong>de</strong> l’Espérance à Beer-<br />

Sheva. De quinze enfants pris en charge<br />

le premier mois, Negba a accueilli<br />

cent cinquante-cinq enfants en 2008-<br />

2009, dans cinq Maisons à Beer-Sheva<br />

et à Sdérot. Aux activités <strong>de</strong>s Maisons<br />

se sont ajoutés les centres aérés <strong>de</strong>s<br />

vacances d’été et un service <strong>de</strong> soutien<br />

aux familles.<br />

Implantation géographique<br />

A Beer-Sheva, les Maisons <strong>de</strong> Negba<br />

sont situées dans les quartiers Gimel et<br />

Dalet, connus pour le très faible niveau<br />

socio-économique <strong>de</strong> leurs résidants, le<br />

taux élevé <strong>de</strong> chômage et <strong>de</strong> délinquan-<br />

ce. Créés dans les années 50 afin <strong>de</strong> loger<br />

les immigrants d’Afrique du Nord,<br />

ils ont été progressivement désertés<br />

par ceux qui avaient réussi à améliorer<br />

leur niveau <strong>de</strong> vie pour être repeuplés<br />

dans les années 80 par <strong>de</strong> nouveaux<br />

immigrants originaires <strong>de</strong> l’ex-URSS<br />

et d’Éthiopie. A Sdérot, en bordure <strong>de</strong><br />

la ban<strong>de</strong> <strong>de</strong> Gaza, la population vit <strong>de</strong>puis<br />

plusieurs années sous la menace<br />

constante <strong>de</strong>s tirs <strong>de</strong> roquettes. Beaucoup<br />

d’enfants ont dû vivre cloîtrés <strong>de</strong>s<br />

jours entiers dans les abris et ils en res-<br />

tent extrêmement perturbés. A Beer-<br />

Sheva comme à Sdérot, Negba travaille<br />

en collaboration étroite avec les services<br />

sociaux <strong>de</strong>s municipalités. En effet,<br />

ce sont eux qui adressent à Negba les<br />

enfants en péril i<strong>de</strong>ntifiés dans le cadre<br />

scolaire.<br />

Leur raison d’être: l’enfance en péril<br />

Les statistiques officielles indiquent<br />

que 14 % <strong>de</strong>s enfants israéliens <strong>de</strong><br />

moins <strong>de</strong> 18 ans sont considérés comme<br />

<strong>de</strong>s enfants en péril. Seuls 8% sont<br />

assistés par les services sociaux (Sources:<br />

ministère <strong>de</strong>s Affaires sociales et Myers-JDC-<br />

Brookdale Institute).<br />

Ces enfants sont généralement issus <strong>de</strong><br />

familles incapables d’assumer leurs <strong>de</strong>voirs<br />

parentaux: parents toxicomanes<br />

ou alcooliques, comportements violents,<br />

familles en détresse économique<br />

grave, foyers éclatés et instables... Environ<br />

7 à 8% <strong>de</strong>s familles israéliennes<br />

vivent dans ces situations extrêmes. Or<br />

il se trouve que près <strong>de</strong> 70% <strong>de</strong> la population<br />

carcérale du pays est issue <strong>de</strong><br />

familles frappées par la délinquance,<br />

la violence ou la toxicomanie.<br />

suite page 23<br />

20 | hayom 34 21 | hayom 34


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aussi à plus <strong>de</strong><br />

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Le dépistage <strong>de</strong> ces enfants se fait très<br />

tôt. Au plus jeune âge, ils présentent<br />

souvent <strong>de</strong>s troubles du comportement,<br />

<strong>de</strong>s difficultés relationnelles et<br />

<strong>de</strong>s signes d’inadaptation sociale. Dès<br />

les premières classes du primaire, ils<br />

peinent à maîtriser les mécanismes<br />

élémentaires <strong>de</strong> la lecture, <strong>de</strong> l’écriture<br />

et du calcul. Presque tous sont affligés<br />

<strong>de</strong> mauvais résultats scolaires. Plus ils<br />

accumulent <strong>de</strong> retard, plus ils per<strong>de</strong>nt<br />

le goût <strong>de</strong>s étu<strong>de</strong>s. Bientôt l’école n’est<br />

plus qu’une contrainte à laquelle ils ne<br />

peuvent se plier, le lieu où se manifeste<br />

leur incompétence.<br />

Les enfants en péril doivent être pris<br />

en charge quand il en est encore temps,<br />

dès le cours préparatoire. Ils ont<br />

d’abord besoin <strong>de</strong> protection, <strong>de</strong> soins<br />

et <strong>de</strong> chaleur. Mais ils méritent aussi<br />

<strong>de</strong> recevoir une éducation qui prend en<br />

compte leurs difficultés personnelles,<br />

sans jamais sacrifier l’ambition d’en<br />

faire <strong>de</strong> brillants élèves. Il suffit <strong>de</strong> leur<br />

donner l’envie d’y aspirer, et les moyens<br />

d’y parvenir.<br />

L’association Negba a choisi d’œuvrer<br />

dans une <strong>de</strong>s régions les plus faibles<br />

d’Israël du point <strong>de</strong> vue socio-économique:<br />

le Néguev. Elle intervient là où<br />

les services sociaux <strong>de</strong>s municipalités<br />

ne peuvent agir avec toute l’efficacité<br />

nécessaire, faute <strong>de</strong> budgets. En collaboration<br />

avec les assistantes sociales<br />

<strong>de</strong>s quartiers défavorisés <strong>de</strong>s villes <strong>de</strong><br />

Beer-Sheva et Sdérot, Negba prend en<br />

charge les enfants les plus menacés.<br />

L’ambition <strong>de</strong> Negba est <strong>de</strong> continuer<br />

à étendre son activité <strong>de</strong> manière régulière,<br />

pour ai<strong>de</strong>r <strong>de</strong> plus en plus d’enfants<br />

en péril.<br />

Les ressources<br />

Les sources <strong>de</strong> financement <strong>de</strong> Negba<br />

se répartissent comme suit:<br />

> Dons privés et subventions d’entreprises<br />

industrielles ou commerciales.<br />

> Subventions <strong>de</strong>s pouvoirs publics<br />

(ministères ou municipalités). Cette<br />

participation varie suivant les emplacements<br />

<strong>de</strong>s maisons. Elle n’est généralement<br />

accordée qu’à partir <strong>de</strong> la secon<strong>de</strong><br />

année <strong>de</strong> fonctionnement d’une<br />

maison.<br />

> Participation symbolique <strong>de</strong>s familles,<br />

qui apportent au total moins<br />

<strong>de</strong> 1 % <strong>de</strong>s budgets.<br />

> Des subventions <strong>de</strong> fondations israéliennes<br />

ou internationales dédiées<br />

à la protection <strong>de</strong> l’enfance et à l’éducation<br />

sont en cours <strong>de</strong> discussion pour<br />

l’exercice 2010.<br />

A ce jour, Negba ne connaît ni déficit<br />

budgétaire, ni <strong>de</strong>tte, ni emprunt. Ses<br />

activités sont intégralement financées.<br />

Toute nouvelle contribution vise donc<br />

à accroître les capacités d’accueil en<br />

augmentant le nombre d’enfants pris<br />

en charge chaque année par Negba.<br />

L’expérience montre que les enfants<br />

accueillis par Negba s’épanouissent<br />

dès les premières semaines, tant sur<br />

le plan scolaire que sur le plan social.<br />

Malheureusement, les moyens dont<br />

Negba dispose sont <strong>de</strong> loin inférieurs<br />

aux besoins: à Beer-Sheva, la municipalité<br />

estime à <strong>de</strong>ux mille le nombre<br />

gros plan<br />

d’enfants nécessitant une prise en<br />

charge urgente.<br />

Les réalisations<br />

Maisons <strong>de</strong> l’Espérance<br />

Centres d’accueil <strong>de</strong> Negba <strong>de</strong>stinés aux<br />

enfants <strong>de</strong> six à douze ans. Les centres<br />

fonctionnent l’après-midi, après l’école.<br />

Ils offrent un large éventail d’activités<br />

éducatives, sportives et culturelles.<br />

Club <strong>de</strong> l’Espérance<br />

Centres d’accueil <strong>de</strong>stinés aux jeunes<br />

<strong>de</strong> treize à dix-huit ans. L’ambition <strong>de</strong><br />

Negba est <strong>de</strong> continuer la prise en charge<br />

<strong>de</strong>s enfants jusqu’au baccalauréat.<br />

Le premier club d’adolescents ouvrira<br />

ses portes en septembre 2009.<br />

Centre aéré d’été<br />

Centre <strong>de</strong> vacances <strong>de</strong>stinés aux enfants<br />

du primaire, ouvert pendant le<br />

mois <strong>de</strong> juillet. Negba propose un cadre<br />

<strong>de</strong> loisirs organisés à <strong>de</strong>s enfants<br />

qui, autrement, seraient soumis à l’influence<br />

<strong>de</strong> la rue.<br />

Fondation <strong>de</strong> l’Espérance<br />

Organisation <strong>de</strong> soutien aux familles.<br />

Negba a créé la «Fondation <strong>de</strong> l’Espérance»<br />

pour tenter d’améliorer le sort<br />

<strong>de</strong>s familles dont elle accueille les enfants.<br />

En collaboration avec les services<br />

sociaux municipaux, Negba propose<br />

différents types <strong>de</strong> soutien tels qu’ai<strong>de</strong><br />

psychologique, ai<strong>de</strong> financière ou formation<br />

professionnelle.<br />

Les Projets…<br />

Negba travaille à l’ouverture en 2010 <strong>de</strong>:<br />

> Une Maison à Meitar dédiée à la mémoire<br />

<strong>de</strong> Daniel Trocmé, qui dirigea<br />

<strong>de</strong>ux foyers d’enfants juifs au Chambon-sur-Lignon<br />

pendant la secon<strong>de</strong><br />

guerre mondiale. Arrêté en 1943 avec<br />

dix-huit enfants lors <strong>de</strong> la rafle à «La<br />

Maison <strong>de</strong>s Roches», Daniel Trocmé<br />

est mort en déportation à Maïdanek.<br />

> Une Maison pour <strong>de</strong>s enfants <strong>de</strong><br />

la communauté bédouine au village<br />

d’Abou Krina, situé dans le désert du<br />

Néguev à vingt kilomètres <strong>de</strong> Beer<br />

Sheva, en collaboration avec le conseil<br />

régional Abou Basma.<br />

suite page 24<br />

23 | hayom 34


gros plan<br />

> Trois autres Maisons à Beer-Sheva.<br />

L’objectif <strong>de</strong> Negba est d’atteindre quatre<br />

cents enfants d’ici la fin 2010.<br />

L’actualité<br />

Depuis septembre 2009, les enfants ont<br />

repris leurs activités scolaires et parascolaires.<br />

Les cinq Maisons <strong>de</strong> l’Espérance ont<br />

ouvert leurs portes et la rentrée s’est<br />

très bien déroulée. Les enfants ont reçu<br />

<strong>de</strong>s cartables et <strong>de</strong>s fournitures scolaires,<br />

ainsi que <strong>de</strong>s vêtements pour bien<br />

commencer leur année.<br />

Negba a entrepris la réalisation <strong>de</strong><br />

nombreux projets qui sont en train <strong>de</strong><br />

connaître un heureux développement:<br />

la maison <strong>de</strong> Sdérot s’agrandit et accueille<br />

désormais quinze enfants <strong>de</strong><br />

plus; Negba a ouvert le premier «Club<br />

pour Adolescents» qui accompagnera<br />

les enfants <strong>de</strong> 12 à 18 ans, <strong>de</strong>puis leur<br />

sortie <strong>de</strong>s Maisons <strong>de</strong> l’Espérance à la<br />

fin <strong>de</strong> l’école primaire, jusqu’au baccalauréat.<br />

juifs d’ailleurs<br />

Le Ministère <strong>de</strong>s Affaires<br />

Sociales a sollicité l’association<br />

pour ai<strong>de</strong>r une association<br />

<strong>de</strong> Bédouins à créer<br />

dans le Néguev <strong>de</strong>s Maisons<br />

sur le modèle <strong>de</strong>s leurs. Les<br />

Bédouins, citoyens israéliens à<br />

part entière, remplissent en gran<strong>de</strong><br />

majorité leurs obligations militaires.<br />

De nouvelles maisons sont en projet<br />

pour cette nouvelle année mais la municipalité<br />

<strong>de</strong> Beer Sheva n’a plus <strong>de</strong> locaux<br />

disponibles à proposer.<br />

L’association <strong>de</strong>vra donc soit installer<br />

<strong>de</strong>s bâtiments préfabriqués sur <strong>de</strong>s terrains<br />

viabilisés que la mairie propose <strong>de</strong><br />

mettre à notre disposition, soit acheter<br />

<strong>de</strong>s villas à rénover, afin d’accueillir le<br />

plus rapi<strong>de</strong>ment possible près <strong>de</strong> 200 enfants<br />

en liste d’attente.<br />

D. K.<br />

Pour ai<strong>de</strong>r l’association…<br />

Il n’y a pas <strong>de</strong> meilleur investissement que d’assurer l’avenir d’un enfant<br />

Negba recherche <strong>de</strong> nouveaux financements pour pouvoir accueillir <strong>de</strong> nouveaux enfants.<br />

Chacun peut participer à l’œuvre <strong>de</strong> Negba.<br />

Chaque contribution financière se traduit immédiatement en ai<strong>de</strong> concrète.<br />

www.negba.org<br />

> La tribu <strong>de</strong> Ménaché<br />

ou les Hébreux du bout du mon<strong>de</strong><br />

Lors <strong>de</strong> la <strong>de</strong>rnière journée <strong>de</strong> la Culture juive, le Rabbin Marc Kujawsky s’est déplacé d’Israël pour nous éclairer <strong>de</strong><br />

ses lumières. Dans ses bagages, il avait un petit trésor qu’il n’a pu partager qu’avec quelques proches: un <strong>de</strong> ses<br />

documentaires, commandé par une gran<strong>de</strong> chaine <strong>de</strong> télé française, sur un sujet à la fois intriguant et émouvant. En<br />

voici quelques bribes en exclusivité.<br />

Manipur<br />

Qui sont les Bené-Ménaché? Le<br />

Rabbin Elihahou Avihaïl a<br />

consacré sa vie entière à cette<br />

question! «Lorsque j’étais enseignant<br />

dans un collège talmudique,<br />

j’avais invité un conférencier à propos<br />

<strong>de</strong>s dix tribus perdues d’Israël. Désireux<br />

d’en savoir plus, j’ai commencé<br />

mes recherches dans la Bible et dans<br />

d’autres sources juives... Ensuite, j’ai<br />

enseigné le sujet jusqu’en 1961. Treize<br />

ans plus tard, le Rav Tsvi Yehouda<br />

Kook m’a <strong>de</strong>mandé pourquoi je ne faisais<br />

rien sur le terrain! Je lui ai répondu<br />

Manipur<br />

que c’était très dur <strong>de</strong> lancer, seul, un<br />

tel projet. Il m’a dit: «Tu peux le faire!».<br />

Il a écrit <strong>de</strong> nombreuses lettres et c’est<br />

ainsi que tout a commencé.<br />

Destin et histoire <strong>de</strong>s tribus<br />

Les Bené-Ménaché sont l’une <strong>de</strong>s dix<br />

tribus d’Israël exilées 135 ans avant<br />

la <strong>de</strong>struction du premier Temple. Le<br />

schisme entre Judah et Israël démarra<br />

à la fin du règne du roi Jéroboam. Une<br />

guerre fratrici<strong>de</strong> entre les <strong>de</strong>ux royaumes<br />

coûta la vie à un <strong>de</strong>mi million <strong>de</strong><br />

Juifs! A cette époque, les dix tribus<br />

continuèrent à rési<strong>de</strong>r en Israël, mais<br />

à l’arrivée <strong>de</strong>s Assyriens, elles furent<br />

chassées, en trois étapes <strong>de</strong> huit années<br />

chacune. Ces tribus ne savaient pas où<br />

l’exil les conduirait. Dans la Bible, il<br />

est simplement rapporté: «Au <strong>de</strong>là du<br />

fleuve». D’après le texte, on peut comprendre<br />

qu’elles prirent le chemin <strong>de</strong> la<br />

soie, au <strong>de</strong>là <strong>de</strong> l’Himalaya, pour arriver,<br />

entre autres, dans les contrées <strong>de</strong><br />

Manipur et Misora.<br />

Déjà, il y a 90 ans, les missionnaires<br />

chrétiens furent stupéfaits <strong>de</strong> découvrir,<br />

dans cette région isolée du globe,<br />

une population initiée à la Bible, vivant<br />

d’après ses préceptes. Après tous<br />

ces siècles, le peuple découvert n’avait<br />

rien perdu <strong>de</strong> ses traditions, avec pour<br />

seule mémoire historique et spirituelle<br />

<strong>de</strong>s chants ancestraux clamant l’amour<br />

<strong>de</strong> Jérusalem!<br />

Trois ans après la fondation <strong>de</strong> l’État<br />

d’Israël, le Premier ministre <strong>de</strong> Manipur<br />

envoyait à l’État d’Israël une <strong>de</strong>man<strong>de</strong><br />

exprimant le désir <strong>de</strong> retourner<br />

en Israël... A cette époque, les rescapés<br />

<strong>de</strong> la Shoah arrivaient <strong>de</strong>s quatre<br />

coins du mon<strong>de</strong> et le jeune État n’a pu<br />

s’ouvrir à d’autres horizons. Restée<br />

sans réponse, cette communauté décida<br />

dans un premier temps, <strong>de</strong> revenir<br />

à une pratique juive plus orthodoxe.<br />

Cette situation dura jusqu’en 1970.<br />

«J’ai reçu à cette date une lettre d’un<br />

groupe se nommant Les Juifs du nord <strong>de</strong><br />

l’In<strong>de</strong>. Le lien entre ce groupe et la tribu<br />

<strong>de</strong> Ménaché s’est révélé à moi après <strong>de</strong>s<br />

années d’étu<strong>de</strong>s et <strong>de</strong> rencontres », précise<br />

le Rav Eliahou Avihaïl. Il y a trois<br />

ans et <strong>de</strong>mi, Michael Freund, ancien<br />

Grand conseiller du gouvernement israélien<br />

et actuellement directeur <strong>de</strong> la<br />

Fondation Shavei Israël, <strong>de</strong>mandait<br />

au Grand Rabbin d’Israël d’éclaircir<br />

le statut <strong>de</strong> la tribu <strong>de</strong> Ménaché. En<br />

août 2004, un Tribunal rabbinique se<br />

juifs d’ailleurs<br />

rendait en In<strong>de</strong> pour réexaminer la situation.<br />

Il séjourna <strong>de</strong>ux semaines entières<br />

à Misora afin <strong>de</strong> s’immerger et <strong>de</strong><br />

s’initier à leurs coutumes et traditions.<br />

En mars 2005, le Grand Rabbin Amar<br />

recevait les résultats <strong>de</strong> l’enquête et décidait<br />

<strong>de</strong> reconnaître officiellement la<br />

tribu <strong>de</strong> Ménaché comme <strong>de</strong>scendant<br />

du peuple d’Israël. Il <strong>de</strong>manda <strong>de</strong> procé<strong>de</strong>r<br />

aussitôt à la conversion d’usage<br />

en Israël.<br />

Retour <strong>de</strong>s exilés en Israël<br />

«Je n’ai pas été offensé lorsque l’on<br />

m’a <strong>de</strong>mandé <strong>de</strong> me convertir. Nous<br />

croyons à la Loi écrite et à la Loi orale.<br />

Nous savons que nous avons été coupés<br />

du peuple juif durant 2’700 ans d’exil»,<br />

explique Tzvi Khaute, coordinateur<br />

Bené Ménaché «Shavei Israël».<br />

«A l’heure actuelle, plus <strong>de</strong> quatre<br />

millions <strong>de</strong> personnes composent<br />

cette tribu», précise David Mamou,<br />

membre du Tribunal rabbinique d’Israël.<br />

Plus d’un millier d’entre eux ont<br />

déjà fait leur Alyah. Sept mille sont<br />

sur une liste d’attente pour émigrer<br />

en Israël.<br />

E.K.<br />

25 | hayom 34


26 | hayom 34<br />

talmud torah talmud torah<br />

> Chabbaton <strong>de</strong> formation<br />

<strong>de</strong>s enseignants du<br />

Talmud Torah<br />

Du 4 au 6 septembre, l’équipe <strong>de</strong>s enseignants du<br />

Talmud Torah est partie aux Paccots, dans le canton<br />

<strong>de</strong> Fribourg, pour son traditionnel chabbaton précédant<br />

la rentée <strong>de</strong>s cours.<br />

Tous les jeunes, âgés <strong>de</strong> 14 à 23 ans, engagés au Talmud<br />

Torah pour cette année, ont pu être présents;<br />

nous étions donc 18 personnes. L’ambiance était<br />

très bonne entre tous les morim (enseignants) et les<br />

madrihim (assistants). Nous avons d’ailleurs commencé<br />

le week-end par une activité ludique sur l’art<br />

<strong>de</strong>s prises <strong>de</strong> décisions en équipe. Pendant le reste<br />

du week-end, nous avons pratiqué <strong>de</strong>s activités sur<br />

la manière <strong>de</strong> préparer un bon cours. Les enseignants<br />

ont pu s’entraîner à enseigner une parachah,<br />

une prière, une histoire biblique ou encore une fête<br />

et chacun a pu donner <strong>de</strong>s conseils aux autres. Nous<br />

avons tous beaucoup ri lors d’une activité où il fallait<br />

trouver une «chorégraphie» en lien avec les paroles<br />

<strong>de</strong> différentes prières. En plus d’être amusant,<br />

cet exercice a aussi montré aux enseignants l’importance,<br />

pour les enfants, <strong>de</strong> comprendre le sens<br />

<strong>de</strong>s prières, en rappelant que l’enseignement se veut<br />

aussi varié et ludique.<br />

Entre les jeux, la dégustation <strong>de</strong> meringues à la crème<br />

double et la sortie pour boire un verre, le week-end a<br />

été également l’occasion d’une réflexion sur l’enseignement<br />

au Talmud Torah et le fait <strong>de</strong> s’y engager.<br />

Nous avons pu discuter aussi <strong>de</strong>s ressources nécessaires<br />

et <strong>de</strong> la répartition <strong>de</strong>s tâches pour le bon déroulement<br />

<strong>de</strong> l’année. Et nous avons bien sûr consacré une<br />

partie du week-end à la préparation du planning <strong>de</strong>s<br />

classes et <strong>de</strong>s premiers cours. Enfin, plusieurs améliorations<br />

ont été apportées au programme <strong>de</strong> certaines<br />

kitot (classes). Cette nouvelle année au Talmud<br />

Torah s’annonce donc très intéressante, encadrée par<br />

une équipe motivée et dynamique!<br />

Save the Date<br />

Mahané pour les enfants<br />

<strong>de</strong> 7 à 13 ans<br />

Du 4 au 11 juillet 2010<br />

L’équipe <strong>de</strong>s enseignants du Talmud Torah<br />

Les enseignants ont pu s’entraîner à enseigner<br />

Pour tous renseignements concernant<br />

le Talmud Torah, contactez:<br />

Emilie Sommer, directrice du Talmud Torah<br />

T. 022 732 81 58 – talmudtorah@gil.ch – www.gil.ch<br />

> Ouverture <strong>de</strong>s cours<br />

du Talmud Torah<br />

Ouverture <strong>de</strong>s cours du Talmud Torah, le mercredi 16 septembre 2009, à la veille <strong>de</strong> Rosh Hashana.<br />

Dans une joie et une bonne humeur communicatives, tous les élèves, anciens et nouveaux, se sont affairés dans les différents<br />

cours. L’événement en images…


talmud torah<br />

> Rentrée <strong>de</strong> la kitah Bené-Mitzvah 5770:<br />

Office <strong>de</strong> Simhat Torah, Repas Chabbatique et Chabbaton<br />

Afin d’inaugurer cette<br />

importante année au Talmud<br />

Torah, les jeunes <strong>de</strong><br />

la classe Bené-Mitzvah et<br />

leurs familles ont été invités<br />

à l’office <strong>de</strong> Simhat Torah<br />

le samedi 10 octobre.<br />

La classe a été appelée à la<br />

Torah. Et après la lecture<br />

<strong>de</strong> Beréchit dans la Torah,<br />

suivie <strong>de</strong> la lecture <strong>de</strong> la traduction par les élèves <strong>de</strong> la classe, chaque<br />

jeune a reçu une Bible. Après l’office, les familles ont partagé<br />

un délicieux repas chabbatique et ont pu discuter <strong>de</strong><br />

la future célébration <strong>de</strong> la Bar/Bat-Mitzvah <strong>de</strong> leur<br />

enfant.<br />

L’après-midi, les jeunes <strong>de</strong> la classe sont partis faire<br />

un «acrobranche» au Signal <strong>de</strong> Bougy. C’est une activité<br />

très sympathique où il faut s’entrai<strong>de</strong>r pour<br />

réussir les jeux et aller d’arbre en arbre. De plus, nous<br />

avions quasiment le parc à notre disposition, la pluie<br />

du matin ayant effrayé les visiteurs. Après un goûter<br />

avec une superbe vue sur le lac Léman, nous sommes<br />

partis pour Commugny où nous avons passé la nuit<br />

dans un petit hôtel. Les jeunes ont beaucoup aimé<br />

le repas à la pizzeria. Puis nous avons célébré la havdalah<br />

avant <strong>de</strong> faire <strong>de</strong>s jeux. Les jeunes étaient très<br />

contents et ont regretté qu’il faille déjà rentrer le len<strong>de</strong>main<br />

après l’office du matin et le petit-déjeuner. Ils<br />

atten<strong>de</strong>nt déjà impatiemment le voyage <strong>de</strong> fin d’année<br />

à Venise!<br />

Cette sortie était une première et avait pour but <strong>de</strong><br />

renforcer en début d’année les liens entre les camara<strong>de</strong>s<br />

d’une même volée Bené-Mitzvah. Cette rencontre<br />

était aussi l’occasion pour les familles qui vont partager<br />

la célébration d’une Bar/Bat-Mitzvah cette année<br />

<strong>de</strong> faire plus ample connaissance.<br />

E. S.<br />

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talmud torah<br />

> Préparation <strong>de</strong> Souccot et <strong>de</strong> Simhat Torah<br />

au Talmud Torah<br />

Les mercredis précédant Souccot et Simhat Torah ont été consacrés à ces <strong>de</strong>ux<br />

fêtes. Les enfants, aidés par les parents et les enseignants, ont ainsi construit la<br />

Souccah en la décorant <strong>de</strong> fruits et <strong>de</strong> guirlan<strong>de</strong>s. Les boguerim (les ados) étaient<br />

également venus en renfort. Après les explications <strong>de</strong> rabbi François sur le loulav,<br />

nous avons fait <strong>de</strong>s jeux en lien avec la Souccah et sur thème <strong>de</strong> la récolte!<br />

En vue <strong>de</strong> Simhat Torah, les enfants ont décoré <strong>de</strong>s drapeaux. Ainsi la synagogue<br />

était couverte <strong>de</strong> paillettes ! Les enfants ont également pu confectionner un petit<br />

sefer Torah avec <strong>de</strong>s rouleaux <strong>de</strong> Smarties… et faire <strong>de</strong>s vitraux en forme <strong>de</strong> Torah<br />

avant un grand quiz <strong>de</strong> la Torah.<br />

L’année au Talmud Torah a donc débuté dans une ambiance festive et enrichissante<br />

qui <strong>de</strong>vrait se poursuivre lors <strong>de</strong>s cours hebdomadaires!<br />

> Office <strong>de</strong> Simhat Torah<br />

La sortie <strong>de</strong>s Torah pour la procession<br />

Procession <strong>de</strong>s enfants avec leurs drapeaux<br />

La distribution <strong>de</strong>s bonbons<br />

Processions<br />

Construction <strong>de</strong> la Souccah<br />

Le rabbin montrant la Torah <strong>de</strong> Simhat Torah<br />

> Match <strong>de</strong> foot Suisse-Israël<br />

abgs<br />

Mercredi 14 octobre, les ABGs se sont retrouvés au GIL pour regar<strong>de</strong>r<br />

ensemble le match <strong>de</strong> foot Suisse-Israël qui avait pour enjeu<br />

la qualification au Mondial 2010. Ainsi, ceux qui n’avaient pas<br />

pu aller au sta<strong>de</strong> à Bâle ont pu assister à la rencontre footballistique<br />

sur grand écran. Un grand merci, à ce sujet, à David Bernstein<br />

pour l’installation <strong>de</strong> la télévision<br />

par internet! Autour <strong>de</strong> pizzas<br />

et <strong>de</strong> boissons, les jeunes ont<br />

pu soutenir leur équipe<br />

favorite et les <strong>de</strong>ux équipes<br />

avaient effectivement<br />

leurs supporters!<br />

Bien que le match ne<br />

fût pas palpitant et que l’équipe d’Israël ne se soit pas qualifiée, nous avons passé<br />

une très bonne soirée ensemble!<br />

Pour tous renseignements concernant les ABGs, contactez:<br />

EMILIE SOMMER – RESPONSABLE JEUNESSE<br />

022 732 81 58<br />

abgs@gil.ch<br />

www.gil.ch


32 | hayom 34<br />

du côté du gil du côté du gil<br />

> La vie <strong>de</strong> la communauté<br />

Joachim Blavier<br />

> Naissances<br />

Molly Penet<br />

Un grand Mazal Tov pour les naissances <strong>de</strong><br />

Oscar Jacob > 29 août 2009,<br />

fils <strong>de</strong> Vanessa et Maurice Ephrati<br />

Leon Maurizio > 3 octobre 2009,<br />

petit-fils <strong>de</strong> Maurice et Janet Dwek<br />

Isak > 5 octobre 2009, petit-fils <strong>de</strong> Dani et Lenora Yarisal<br />

Maayan Sarah > 7 octobre 2009,<br />

fille <strong>de</strong> Suzanne Wiener et Stanislas Mathivon<br />

Raphaël > 28 octobre 2009, petit-fils <strong>de</strong> Joseph et Janine<br />

Senouf et <strong>de</strong> José et Mayanne Benhamou<br />

Zacharie Esteve > 2 novembre 2009,<br />

petit-fils <strong>de</strong> Eliane Ventre<br />

> Mariages<br />

> Bené et Benot-Mitzvah<br />

Joachim Blavier > 3 et 4 juillet 2009<br />

Molly Penet > 4 et 5 septembre 2009<br />

> Mariage, bar-mitzvah...<br />

> Prochaines Bené et<br />

Benot-Mitzvah<br />

Samuel Wanja > 4 et 5 décembre 2009<br />

Rachel Berman > 5 et 6 février 2010<br />

Samara Chalpin > 5 et 6 février 2010<br />

Angelina et Graziella Drahi > 19 et 20 mars 2010<br />

Dimitri Buhagiar > 26 et 27 mars 2010<br />

Marine Sinclair & Etienne Blesch > 8 août 2009<br />

Nathalie Bürge & Julien Lazarus > 6 septembre 2009<br />

Karen Adler & Nathaniel Baruch > 13 septembre 2009<br />

Nathalie Duthion & Sidney Barkats > 14 septembre 2009<br />

Chloé Godin & Lionel Mouchabac > 18 octobre 2009<br />

> Décès<br />

Hana Gilbert Danzing > 1 août 2009, mère <strong>de</strong> Muriel Gilbert<br />

Heinz E. Samson > 3 septembre 2009, époux <strong>de</strong> Edith Samson<br />

Pierre Bernheim > 19 septembre 2009, époux <strong>de</strong> Solange Bernheim<br />

Marcel Lellouch > 26 septembre 2009,<br />

époux <strong>de</strong> Erika et père <strong>de</strong> Michel et Céline Lellouch<br />

Irène Hertz > 8 octobre 2009, mère <strong>de</strong> Denis Hertz<br />

Vous souhaitez fixer sur la pellicule <strong>de</strong>s instants inoubliables?<br />

FABIO FROSIO, professionnel <strong>de</strong> l’image, se tient à votre disposition.<br />

Pour toute information et <strong>de</strong>vis, contactez le: 0041 (0)76 346 51 52<br />

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Activités culturelles au GIL<br />

Cours d’hébreu<br />

Débutants: Mercredi à 12h30<br />

1 ère session: 9/12<br />

2 ème session: 16/12, 13/01, 20/01, 27/01, 03/02, 10/02, 17/02, 3/03, 10/03, 17/03<br />

3 ème session: 24/03, 14/04, 21/04, 28/04<br />

Moyens: Mardi à 12h30<br />

1 ère session : 8/12<br />

2 ème session : 15/12, 12/01, 19/01, 26/01, 2/02, 9/02, 16/02, 2/03, 9/03, 16/03<br />

3 ème session : 23/03, 13/04, 27/04<br />

Avancés: Lundi à 12h30<br />

1 ère session: 7/12<br />

2 ème session: 14/12, 11/01, 18/01, 25/01, 1/02, 8/02, 15/02, 1/03, 8/03, 15/03<br />

3 ème session: 22/03, 12/04, 19/04, 26/04<br />

Reprise <strong>de</strong>s cours mensuels <strong>de</strong> conversation en janvier 2010. Le mercredi à 19h niveau avancé,<br />

à 20h 1 er niveau. Renseignements sur www.gil.ch, page «Le GIL et vous».<br />

Cours 5770 d’introduction au Judaïsme<br />

Les mercredis à 18h45: 13 et 20 janvier, 3 et 17 février, 3 et 17 mars<br />

Chorale<br />

Les mercredis à 20h15, sauf pendant les vacances scolaires.<br />

Talmud Torah<br />

Décembre:<br />

Boguerim: les mardis 1 et 8<br />

Cours: mercredi 2, bricolages <strong>de</strong> Hanoukah: mercredi 9, fête <strong>de</strong> Hanoukah: mercredi 16<br />

Janvier:<br />

Boguerim: les mardis 12 et 19<br />

Cours: les mercredis 13 et 20, Se<strong>de</strong>r <strong>de</strong> Tou Bichevat: mercredi 27<br />

Chabbaton <strong>de</strong>s enseignants: du vendredi 29 au dimanche 31<br />

Février:<br />

Boguerim: les mardis 2, 9 et 16<br />

Cours: les mercredis 3, 10 et 17<br />

Office <strong>de</strong> Chabbat par les enseignants: vendredi 12<br />

Mars:<br />

Boguerim: les mardis 9 et 16<br />

Rallye Pourim: mercredi 3<br />

Cours: les mercredis 10 et 17<br />

Se<strong>de</strong>r du Talmud Torah: mercredi 24<br />

Avril:<br />

Boguerim: les mardis 13 et 27<br />

Cours: les mercredis 14 et 28<br />

Rallye Yom HaAtsmaout: mercredi 21<br />

ABGs<br />

Sortie à la patinoire: dimanche 6 décembre <strong>de</strong> 15h00 à 18h00<br />

Représentation <strong>de</strong> la Méguillah: mercredi 3 mars à 18h00<br />

Week-end à Londres: du jeudi 18 mars au dimanche 21 mars<br />

GIL-Net (jeunes adultes 20 à 30 ans)<br />

Rencontres mensuelles au GIL, les jeudis à 19h00<br />

10 décembre, 21 janvier, 11 février, 18 mars (Beith-GIL Chêne), 15 avril.<br />

Les invités <strong>de</strong> GIL-Net cet hiver sont <strong>de</strong>s professionnels issus du mon<strong>de</strong> <strong>de</strong> la mé<strong>de</strong>cine,<br />

<strong>de</strong> l’anthropologie, du droit, <strong>de</strong> la politique et <strong>de</strong> la psychologie.<br />

Renseignements et inscriptions sur www.gil.ch, page GIL-Net.<br />

Les Lundis du GIL: Tout le programme à la page 41<br />

Pour toute question, consultez le site www.gil.ch<br />

Agenda<br />

CHABBAT<br />

Chabbat Vayichlah 4-5 déc 18h30 et 10h00<br />

Chabbat Vayéchèv 11-12 déc 18h30 et 10h00<br />

Première bougie:<br />

vendredi soir, 11 décembre,<br />

office à 18h30<br />

Dîner communautaire<br />

<strong>de</strong> Hanoukah:<br />

vendredi 11 décembre à 19h30<br />

Dernière bougie:<br />

vendredi soir, 18 décembre,<br />

office à 18h30<br />

Chabbat Mikets 18-19 déc 18h30 et 10h00<br />

Chabbat Vayigach 25 déc 18h30<br />

Chabbat Vayehi 1-2 janv 18h30<br />

Chabbat Chemot 8-9 janv 18h30<br />

Chabbat Vaéra 15-16 janv 18h30 et 10h00<br />

Chabbat Bo 22-23 janv 18h30 et 10h00<br />

Chabbat Bechallah 29-30 janv 18h30 et 10h00<br />

Chabbat Ytro 5-6 fév 18h30 et 10h00<br />

Chabbat Michpatim 12-13 fév 18h30 et 10h00<br />

Chabbat Teruma 19-20 fév 18h30<br />

Chabbat Tetzaveh 26-27 fév 18h30 et 10h00<br />

Office et lecture <strong>de</strong> la<br />

MEGUILLAH par les ABGs:<br />

samedi 27 février à 18h30<br />

Chabbat Ki Tissa 5-6 mars 18h30 et 10h00<br />

Chabbat Vayakhel<br />

Pekou<strong>de</strong>h 12-13 mars 18h30 et 10h00<br />

Chabbat Vayikra 19-20 mars 18h30 et 10h00<br />

Chabbat Haggadol, tzav 26-27 mars 18h30 et 10h00<br />

1er jour <strong>de</strong> Pessah:<br />

lundi 29 mars 18h30 et<br />

mardi 30 mars 10h00<br />

Se<strong>de</strong>r communautaire:<br />

mardi 30 mars 19h00<br />

Chabbat Hol Hamoèd 2-3 avril 18h30 et 10h00<br />

7ème jour <strong>de</strong> Pessah:<br />

dimanche 4 avril 18h30<br />

et lundi 5 avril 10h00<br />

Chabbat Chemini 9-10 avril 18h30 et 10h00<br />

Chabbat Tazria-Metzora 16-17 avril 18h30 et 10h00<br />

Chabbat Aharé Mot –<br />

Kedochim 23-24 avril 18h30 et 10h00<br />

FÊTES<br />

HANOUKAH: du samedi 12 au samedi<br />

19 décembre<br />

TOU BICHEVAT: lundi 1er février<br />

POURIM: dimanche 28 février<br />

PESSAH: du mardi 30 mars au<br />

lundi 5 avril<br />

YOM HASHOAH: mardi 12 avril<br />

YOM HAATZMAOUT: mardi 20 avril<br />

33 | hayom 34


gil chêne gil chêne<br />

> Encore quelques semaines et nous<br />

pénétrerons dans notre nouveau bâtiment<br />

Entrée vue <strong>de</strong> dos<br />

C<br />

e «choffar» (puisque la forme<br />

du bâtiment reprend celle<br />

d’une corne <strong>de</strong> choffar) est<br />

réellement un bâtiment d’une<br />

nouvelle génération, tant du point <strong>de</strong><br />

vue architectural que du point <strong>de</strong> vue<br />

technologique (sécurité <strong>de</strong> pointe, exceptionnellement<br />

économique au ni-<br />

Le projet... ...<strong>de</strong>vient réalité<br />

veau énergétique). Les matériaux utilisés<br />

se veulent sobres et <strong>de</strong> qualité, les<br />

sols sont en marbre ou en parquets. La<br />

maison communautaire a été réalisée<br />

dans un esprit <strong>de</strong> monochrome d’où ne<br />

ressortira que le mur en pierres <strong>de</strong> Jérusalem<br />

<strong>de</strong> la synagogue.<br />

Mais plus que <strong>de</strong>s murs, c’est une nouvelle<br />

aventure qui commence pour le<br />

GIL, il s’agira maintenant <strong>de</strong> nous approprier<br />

cette «Maison Communautaire».<br />

Nous <strong>de</strong>vons y développer <strong>de</strong> nouvelles<br />

activités pour les plus petits ou les<br />

plus grands, les plus sportifs ou les plus<br />

intellectuels… Ainsi une nouvelle commission:<br />

«Gil Chêne» a commencé son<br />

travail <strong>de</strong> réflexion afin <strong>de</strong> répondre aux<br />

<strong>de</strong>man<strong>de</strong>s d’une communauté en pleine<br />

croissance, afin <strong>de</strong> définir les moyens<br />

nécessaires pour que l’avenir du GIL soit<br />

tout aussi magnifique et serein que son<br />

histoire <strong>de</strong>puis sa création il y a 38 ans!<br />

Je vous donne ren<strong>de</strong>z-vous le lundi 15<br />

mars pour l’inauguration officielle du<br />

GIL au 43 route <strong>de</strong> Chêne.<br />

Jean-Marc Brunschwig<br />

Mur en mémoire <strong>de</strong> la Shoah<br />

> Les symboles du Beith-GIL<br />

Les Dix Paroles scan<strong>de</strong>nt les ouvertures vers l’extérieur <strong>de</strong> notre futur Beith-GIL.<br />

Du côté <strong>de</strong> la faça<strong>de</strong> en béton<br />

on trouve cinq ouvertures.<br />

Elles sont plus larges à l’intérieur<br />

qu’à l’extérieur, comme<br />

l’étaient les ouvertures du Temple<br />

<strong>de</strong> Jérusalem. Ces cinq ouvertures,<br />

qui font pénétrer la lumière du jour<br />

à l’intérieur du bâtiment, rappellent<br />

les cinq premiers comman<strong>de</strong>ments.<br />

Les quatre premiers concernent notre<br />

relation avec Dieu, et le cinquième la<br />

considération que nous <strong>de</strong>vons avoir<br />

pour nos parents. Parfois notre esprit<br />

est sourd à ces idées. Ces cinq ouvertures<br />

viennent donc nous rappeler<br />

que nous ne pouvons pas nous fermer<br />

L’espace synagogal<br />

à l’intérieur d’un mur totalement opaque.<br />

Une ouverture même petite dans<br />

cette direction nous permet <strong>de</strong> faire<br />

pénétrer la lumière là où l’obscurité règnerait<br />

autrement. La Parole <strong>de</strong> Dieu<br />

est cette lumière et symboliquement,<br />

c’est ce qu’évoquent ces ouvertures.<br />

De l’autre côté, la faça<strong>de</strong> vitrée s’ouvre<br />

sur le mon<strong>de</strong> extérieur et nous met en<br />

relation avec les autres. Nous pouvons<br />

totalement investir ce mon<strong>de</strong> et oublier<br />

les autres ou nous pouvons choisir <strong>de</strong><br />

contenir la soif <strong>de</strong> tout possé<strong>de</strong>r. C’est<br />

ce que les cinq <strong>de</strong>rniers comman<strong>de</strong>-<br />

La faça<strong>de</strong> vitrée<br />

ments nous rappellent. C’est pourquoi<br />

cinq montants scan<strong>de</strong>nt cette<br />

faça<strong>de</strong>, un par comman<strong>de</strong>ment. Les<br />

écrans qu’ils composent sont comme<br />

ces espaces que nous nous interdisons<br />

<strong>de</strong> possé<strong>de</strong>r et que les autres peuvent<br />

investir. Chaque montant est donc un<br />

rappel à la tempérance et à la maîtrise<br />

<strong>de</strong> soi, pour que la vie avec les autres<br />

soit possible et paisible.<br />

Sur nos faça<strong>de</strong>s, lieu <strong>de</strong> rencontre entre<br />

le mon<strong>de</strong> extérieur et le mon<strong>de</strong> intérieur,<br />

la Parole est donc récurrente.<br />

Elle l’est aussi dans l’espace synagogal<br />

où l’Arche se détache d’un mur en pierre<br />

<strong>de</strong> Jérusalem, comme si la distance<br />

entre la route <strong>de</strong> Chêne et Jérusalem,<br />

soudain, n’existait plus. Cette évocation<br />

<strong>de</strong> la centralité spirituelle <strong>de</strong> Jérusalem<br />

ne doit pas nous faire oublier<br />

que nous sommes dans le mon<strong>de</strong>.<br />

C’est pourquoi une couronne <strong>de</strong> verre<br />

entoure notre Beith HaKenesset, notre<br />

lieu <strong>de</strong> réunion et <strong>de</strong> prières. Alors,<br />

lorsque le soir tombe, le mon<strong>de</strong> nous<br />

enveloppe dans son obscurité, comme<br />

il nous invite à l’action lorsque la lumière<br />

du mon<strong>de</strong> éclaire cet espace.<br />

Au sein <strong>de</strong> l’Arche se trouvent les Sifré<br />

Torah, ces rouleaux <strong>de</strong> parchemin sur<br />

lesquels est transcrite la mémoire juive<br />

<strong>de</strong> la rencontre entre le peuple d’Israël<br />

et Dieu. Cette Arche nous révèle<br />

donc Sa Présence, à Lui, l’ineffable,<br />

celui que nul ne peut nommer. Nos sages<br />

ont symbolisé la présence <strong>de</strong> Dieu<br />

à travers la lettre «Hé», celle qui est un<br />

souffle presqu’inaudible et pourtant<br />

toujours présent. La forme <strong>de</strong> notre<br />

Arche est ce «Hé», le souffle qui nous<br />

fait vivre et qui est Son reflet en nous.<br />

Dans l’ouverture <strong>de</strong> cette lettre apparaît<br />

une lumière, le Ner Tamid, lui<br />

aussi représentation symbolique <strong>de</strong> la<br />

Présence divine.<br />

Puisque Dieu nous a donné <strong>de</strong>s com-<br />

suite page 36<br />

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36 | hayom 34<br />

gil chêne<br />

man<strong>de</strong>ments pour organiser notre existence et qu’ils sont au nombre <strong>de</strong> 613, les dimensions <strong>de</strong> l’Arche rappellent ces<br />

613 mitzvot car elle a 365 cm <strong>de</strong> haut, pour les 365 comman<strong>de</strong>ments négatifs, et 248 cm <strong>de</strong> large, comme les 248 comman<strong>de</strong>ments<br />

positifs.<br />

Un bâtiment peut être neutre et ne porter aucun message. Il peut aussi évoquer certains paramètres essentiels à la compréhension<br />

que nous avons <strong>de</strong> notre univers et <strong>de</strong> notre Tradition. C’est pourquoi nous avons voulu que le Beith-GIL soit<br />

plus qu’un édifice, et qu’il soit aussi un message.<br />

suite page 39<br />

Rabbin François Garaï<br />

L’arche...<br />

La gran<strong>de</strong> salle polyvalente...<br />

... prend forme<br />

... se structure<br />

Bain rituel Bureau du rabbin Salles <strong>de</strong> classe


Preferred Partner<br />

> Un chantier dans tous ses états<br />

gil chêne


culture au gil<br />

> Activités culturelles au GIL<br />

> Journée Européenne <strong>de</strong> la Culture Juive: Jean Calvin s’invite au GIL<br />

Pour cette édition 2009 <strong>de</strong> la JECJ le dimanche 6 septembre, le GIL a proposé au pasteur Vincent<br />

Schmid d’abor<strong>de</strong>r le thème peu connu <strong>de</strong> «Calvin et les Juifs».<br />

Si le lecteur qui parcourt les écrits <strong>de</strong> Luther n’a aucun doute sur ses sentiments<br />

antisémites, il en va tout autrement <strong>de</strong>s textes laissés par Jean Calvin.<br />

Le pasteur Vincent Schmid précise que Calvin prônait, en effet, non pas la<br />

tolérance – il n’était pas un homme tolérant – mais la reconnaissance du judaïsme.<br />

Ce qui au 16 e siècle constitue bien une révolution théologique. Pour<br />

Jean Calvin le retour à la lecture <strong>de</strong>s textes dans leur sonorité originale offre un<br />

regard différent sur la dignité du Peuple juif, gardien <strong>de</strong> la transcendance.<br />

Que le Peuple juif n’adhère pas au christianisme ne<br />

signifie pas que Dieu se détourne <strong>de</strong> lui. Calvin réaffirme,<br />

au contraire, l’alliance ferme et inviolable <strong>de</strong> Dieu avec les<br />

Juifs et leur vocation universelle <strong>de</strong> répandre le message messianique<br />

au mon<strong>de</strong>. Cette prise <strong>de</strong> position se révèle être en<br />

contradiction avec ses contemporains qui souffrent, selon<br />

Jean Calvin, d’un pathologique «mépris pestilentiel».<br />

Pourquoi, dès lors, Calvin n’a-t-il pas ouvert les portes <strong>de</strong> la<br />

cité <strong>de</strong> <strong>Genève</strong> aux Juifs qui en ont été chassés au 15 e siècle?<br />

interroge un auditeur.<br />

C’est que Jean Calvin était un théologien et non un magistrat.<br />

On apprendra encore grâce à notre conférencier, que Calvin,<br />

<strong>de</strong>vant les oppositions, avait tendance à arranger les choses à<br />

son profit, imaginant au passage <strong>de</strong>s versets bibliques qui n’existent pas.<br />

Ce tableau <strong>de</strong> Jean Calvin brossé par le pasteur Vincent Schmidt avec subtilité et une pointe d’ humour, a communiqué aux<br />

quelque 120 personnes présentes l’envie d’en savoir plus sur ce personnage omniprésent dans l’histoire <strong>de</strong> la Réforme.<br />

> Jean Plançon, racontez nous encore notre histoire!<br />

Le premier tome <strong>de</strong> «l’Histoire <strong>de</strong> le <strong>Communauté</strong> Juive <strong>de</strong> Carouge et <strong>de</strong> <strong>Genève</strong>» traite <strong>de</strong> la pério<strong>de</strong><br />

allant <strong>de</strong> l’Antiquité à la fin du 19 e siècle. Cette première partie <strong>de</strong> l’aventure <strong>de</strong>s Juifs à <strong>Genève</strong><br />

constitue l’Histoire, avec un H majuscule, qui, bien qu’elle évoque la vie <strong>de</strong>s Juifs dans notre cité,<br />

décrit un passé relativement abstrait.<br />

Il en va autrement <strong>de</strong> personnages dont on possè<strong>de</strong> une photographie, dont on peut souligner le caractère,<br />

raconter la vie et dont les noms nous sont familiers. C’est avec le récit <strong>de</strong> ces personnes qui<br />

ont vécu au 20 e siècle que Jean Plançon, avec un extraordinaire talent <strong>de</strong> conteur, nous a charmés<br />

dans le cadre <strong>de</strong>s Lundis du GIL.<br />

Au tournant du siècle s’installent à <strong>Genève</strong> – qui a récemment accordé les droits égaux à ses citoyens<br />

juifs – les personnages qui donneront naissance aux gran<strong>de</strong>s familles juives que nous côtoyons.<br />

Ce sont les frères <strong>de</strong> Toledo qui arrivent <strong>de</strong> Turquie et bousculent le mon<strong>de</strong> un peu figé <strong>de</strong> la pharmacie.<br />

Avec eux naîtront maints élixirs ainsi que l’incontournable poudre Kafa, aux nombreuses<br />

vertus. Ils mettront aussi au point un catalogue <strong>de</strong> vente par correspondance dans toute la Suisse et offriront dans leurs<br />

officines <strong>de</strong>s produits qui s’écartent <strong>de</strong>s médicaments traditionnels, donnant ainsi naissance aux «drugstores».<br />

Voici les Brunschwig qui permettent à leurs clients du «Bon Génie» d’échelonner les paiements <strong>de</strong> leurs achats, créant à <strong>Genève</strong><br />

les premiers crédits à la consommation.<br />

Ce sont aussi les Maus et les Nordmann qui introduisent le magasin en self-service et la révolution <strong>de</strong> l’étiquetage <strong>de</strong> tous les<br />

articles. Ils offrent aussi à leurs clients la possibilité <strong>de</strong> rapporter un article et <strong>de</strong> le voir remboursé.<br />

En parallèle à toute cette effervescence commerciale, <strong>de</strong> gran<strong>de</strong>s innovations voient le jour dans d’autres domaines, dont le<br />

culture au gil<br />

sport n’est pas le moindre. Connaissez vous Aimé Schwob? Le fils du mé<strong>de</strong>cin genevois Alexandre Schwob donna une importante<br />

impulsion au sport mo<strong>de</strong>rne en Suisse. Grand amateur <strong>de</strong> cyclisme, un nouveau mo<strong>de</strong> <strong>de</strong> locomotion, Aimé Schwob<br />

contribue à la fondation en 1896 du Touring Club Suisse, <strong>de</strong>stiné à favoriser le développement <strong>de</strong> routes goudronnées pour<br />

les promena<strong>de</strong>s cyclistes.<br />

De 1900 à 1912 Aimé Schwob assure la prési<strong>de</strong>nce du club sportif Servette, qu’il transforme <strong>de</strong> club <strong>de</strong> rugby en club <strong>de</strong> football,<br />

puis, dans la foulée, il contribue à la création du Championnat suisse <strong>de</strong> Football, <strong>de</strong> la Commission Nationale <strong>de</strong>s arbitres<br />

<strong>de</strong> football, <strong>de</strong> la première compétition <strong>de</strong> cross-country, <strong>de</strong> la Fédération suisse d’Athlétisme. Il s’engage pour permettre<br />

à une délégation suisse <strong>de</strong> participer aux Jeux Olympiques <strong>de</strong> 1904 et à la Suisse d’en <strong>de</strong>venir le premier chronométreur officiel.<br />

Et pour que tous ces exploits sportifs puissent être commentés, Schwob crée <strong>de</strong>ux gazettes: «La Suisse Sportive», dont<br />

il est rédacteur en chef et le «Sport en Suisse».<br />

C’est encore «Karougeka» qu’évoque Jean Plançon, la petite Russie outre Arve, peuplée d’anarchistes juifs, <strong>de</strong> bundistes, <strong>de</strong><br />

marxistes <strong>de</strong> toutes tendances. C’est aussi Victor Fissé et le Groupe Fraternel Sefardi, Davidoff et l’arôme du tabac ou Julien<br />

Flegenheimer, architecte <strong>de</strong> la Gare Cornavin et du palais <strong>de</strong>s Nations.<br />

Vivement que vous nous racontiez la suite, Monsieur Plançon! On veut tout savoir sur nos familles.<br />

«Histoire <strong>de</strong> la <strong>Communauté</strong> juive <strong>de</strong> Carouge et <strong>de</strong> <strong>Genève</strong>» Volume 1, <strong>de</strong> l’Antiquité à la fin du XIX e siècle. Editions Slatkine, <strong>Genève</strong>, 2008<br />

Volume 2, <strong>de</strong> 1900 à 1945, à paraître, septembre 2010.<br />

> Prochaines activités culturelles:<br />

Lundi 7 décembre 2009 à19h30<br />

GIL-cuisine pour l’anniversaire<br />

du GIL «les gâteaux d’anniversaire<br />

font le tour du mon<strong>de</strong>».<br />

Les Lundis du GIL au Beit-GIL Seujet<br />

lundi 18 janvier 2010 à 19h30<br />

Ciné-GIL «d’une Langue à l’Autre», documentaire <strong>de</strong> Nurith Aviv. Quelle<br />

est l’influence <strong>de</strong> la langue maternelle et <strong>de</strong> l’hébreu, langue apprise. Débat<br />

à la suite <strong>de</strong> la projection.<br />

Jeudi 4 mars 2010 à 20h00<br />

Sortie musique «Jerusalem Chamber<br />

Music» au Conservatoire <strong>de</strong> <strong>Genève</strong>.<br />

Réservations au secrétariat.<br />

Krzysztof Warlikoski<br />

Les Lundis du GIL au Beit-GIL Chêne<br />

Mercredi 14 avril 2010 à 19h00<br />

Sortie théâtre «Pessah» par le Théâtre Confiture, au Casino-Théâtre,<br />

pièce humoristique. Réservations au secrétariat.<br />

Jeudi 14 janvier 2010 à 19h00<br />

Sortie théâtre «(A)pollonia» au<br />

BFM, mise en scène Krzysztof Warlikoski,<br />

réservations au secrétariat.<br />

lundi 22 mars à 19h30<br />

Conférence <strong>de</strong> Daniel Barbu,<br />

historien <strong>de</strong>s religions «Entre<br />

le blâme et l’éloge: <strong>de</strong> quelques<br />

perceptions grecques <strong>de</strong>s Juifs<br />

et du judaïsme».<br />

40 | hayom 34 41 | hayom 34<br />

K.R.


GIL-Net<br />

La propriété intellectuelle, un vaste mon<strong>de</strong><br />

culture au gil<br />

Vous voulez lancer un chewing-gum <strong>de</strong> marque Rolex? Et bien vous ne pourrez pas!<br />

Car, même si cette marque ne s’applique qu’à <strong>de</strong>s produits <strong>de</strong> haute horlogerie, elle<br />

fait partie <strong>de</strong>s marques <strong>de</strong> haute renommée qui sont protégées dans tous les domaines.<br />

Nous voici entrés dans le mon<strong>de</strong> touffu <strong>de</strong> la propriété intellectuelle<br />

(P.I. pour les initiés). Alexandre Weith et Dominique Skrebers, les invités<br />

<strong>de</strong> GIL-Net le 8 octobre, décortiquent patiemment les rouages juridiques<br />

qui leur permettent, au quotidien, <strong>de</strong> protéger les marques <strong>de</strong> leurs clients.<br />

A leur travail <strong>de</strong> juristes est associé celui <strong>de</strong> l’ingénieur, du technicien capable <strong>de</strong> mettre sur papier l’idée<br />

qui <strong>de</strong>vra être protégée. Nous évoquons aussi les importations parallèles, les contrefaçons, le marché<br />

gris, l’espionnage industriel, au cours d’une soirée où James Bond n’aurait pas été dépaysé.<br />

Prochaines rencontres GIL-Net:<br />

Jeudi 10 décembre 2009, jeudi 21 janvier 2010, jeudi 11 février, jeudi 11 mars au Beith-GIL Seujet, jeudi 15 avril au Beith-<br />

GIL Chêne, à 19h00.<br />

Les invités <strong>de</strong> GIL-Net seront issus du mon<strong>de</strong> <strong>de</strong> la mé<strong>de</strong>cine, <strong>de</strong> la finance, <strong>de</strong> l’anthropologie, <strong>de</strong> l’écologie ou <strong>de</strong> la mo<strong>de</strong>.<br />

Vous avez entre 20 et 30 ans?<br />

Vous pouvez rejoindre le réseau GIL-Net en remplissant le formulaire d’inscription sur www.gil.ch (page GIL-Net).<br />

Entre les rencontres mensuelles au GIL autour d’invités professionnels actifs dans tous les domaines, les participants reçoivent <strong>de</strong>s<br />

informations culturelles ou professionnelles par e-mail. L’entrée est libre, mais l’inscription obligatoire. Vos amis sont les bienvenus.<br />

A bientôt!<br />

K.R.


Un mon<strong>de</strong> Un mon<strong>de</strong> <strong>de</strong> pure délectation à vivre en avec passion. soi<br />

Beau-Rivage, le plus genevois <strong>de</strong>s palaces <strong>de</strong>puis quatre générations.<br />

13, Quai du mont-Blanc – 1201 <strong>Genève</strong> – Tél. + 41 22 716 66 66 – Fax + 41 22 716 60 60 – info@beau-rivage.ch – www.beau-rivage.ch<br />

lire<br />

La Tora expliquée aux enfants <strong>de</strong> Marc-Alain Ouaknin<br />

La Tora est constituée <strong>de</strong>s cinq premiers livres <strong>de</strong> la Bible – la partie la plus<br />

importante pour les Juifs. Mais qu’est-ce que la Tora? Quel est donc ce rouleau<br />

en cinq livres? Quelle est sa place dans l’ensemble <strong>de</strong> la Bible? Comment<br />

la lit-on? Que signifie pour les Juifs l’étu<strong>de</strong> <strong>de</strong> la Tora? Qui l’a écrite?<br />

Quand et où? Comment les Hébreux sont-ils <strong>de</strong>venus les Juifs? Comment<br />

et pourquoi la Tora mêle-t-elle <strong>de</strong>s récits et <strong>de</strong>s lois? Et si elle n’avait qu’un<br />

verset, lequel faudrait-il retenir ? Y a-t-il un rapport entre Dieu, la Tora et<br />

la géométrie? Avec sa profon<strong>de</strong>ur et son humour habituels, Marc-Alain<br />

Ouaknin propose une introduction totalement inédite, mais vraiment<br />

instructive, à la Tora.<br />

Contes Yiddish en BD<br />

Soutenez Israel<br />

www.kh-uia.org.il<br />

culture<br />

Parce qu’ils sont parfois très drôles, parfois très sages et souvent drôles et sages à la fois, les contes yiddish<br />

s’adressent vraiment à tout le mon<strong>de</strong>. Comme tous les contes, ils apprennent à se débrouiller dans la vie. Mais dans les<br />

contes yiddish tous les coups ne sont pas permis! La meilleure façon <strong>de</strong> s’en sortir, c’est encore <strong>de</strong> réfléchir. Et ce qui est vrai<br />

pour le héros l’est aussi pour vous. Chaque conte yiddish pose une question: un mendiant affamé peut-il triompher d’un<br />

aubergiste sans cœur? A quoi sert un miroir? Un bon père doit-il répondre si on lui <strong>de</strong>man<strong>de</strong> l’heure dans un train? Comment<br />

se faire rembourser une <strong>de</strong>tte?<br />

Et si les questions sont multiples, les façons <strong>de</strong> réfléchir le sont aussi. On peut s’y prendre en rêvant, en prenant la route, ou<br />

en faisant semblant…<br />

S. F.<br />

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L’AVENIR D’ISRAEL<br />

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spectacles<br />

Cirque du soleil - Saltimbanco<br />

culture<br />

lire<br />

Souvenirs obscurs d’un Juif polonais né en France<br />

De Pierre Goldman et Michel Butel<br />

Pierre Goldman, fils <strong>de</strong> résistants juifs, réfractaire à la France <strong>de</strong> Vichy et <strong>de</strong> l’OAS,<br />

indifférent à la liesse éphémère <strong>de</strong> mai 68, avait rejoint la guérilla vénézuélienne alors<br />

qu’il en pressentait déjà le déclin. De retour à Paris, il connut «le chemin qui (le)<br />

conduirait à l’enfermement réclusionnaire». Jugé capable d’avoir commis, en décembre<br />

1969, un sanglant hold-up boulevard Richard-Lenoir, à Paris, il en a été déclaré<br />

coupable par un jury d’assises et condamné à la réclusion à vie. Son procès, en décembre<br />

1974, fit grand bruit. Rejugé lors d’un <strong>de</strong>uxième procès, en 1976, il fut acquitté.<br />

La musique afro-cubaine, l’écriture, l’écoute du mon<strong>de</strong> et <strong>de</strong> ses désordres furent ses<br />

passions constantes jusqu’à son assassinat, survenu en 1979. Autobiographie luci<strong>de</strong><br />

face aux pièges <strong>de</strong> la justice, texte littéraire fulgurant, ces «Souvenirs obscurs» constituent,<br />

à plus d’un titre, un récit essentiel.<br />

Le Cirque du Soleil, une expérience inoubliable…<br />

Trois ans après l’immense succès <strong>de</strong> Dralion, le Cirque<br />

du Soleil revient à <strong>Genève</strong> avec Saltimbanco: <strong>de</strong>s<br />

acrobaties à couper le souffle, <strong>de</strong> merveilleux costumes,<br />

<strong>de</strong>s éclairages surprenants, <strong>de</strong> l’humour,<br />

une magie et une musique qui ravissent.<br />

Depuis sa création en 1984, le Cirque du Soleil a<br />

rendu visite à plus <strong>de</strong> 200 villes à travers le mon<strong>de</strong><br />

et a émerveillé plus <strong>de</strong> 90 millions <strong>de</strong> personnes.<br />

Depuis sa première mondiale en 1992, Saltimbanco<br />

a parcouru le mon<strong>de</strong> entier<br />

du 18 au 27 décembre 2009 et fait vibrer plus <strong>de</strong> 11 millions <strong>de</strong><br />

spectateurs dans quelque 148 villes.<br />

Durant 14 ans, le spectacle a été l’un <strong>de</strong>s plus grands succès du Cirque du Soleil.<br />

Arena, <strong>Genève</strong><br />

lire<br />

L’ange <strong>de</strong>s chaussures<br />

De Giovanna Zoboli et Joanna Concejo<br />

Editions Notari<br />

Fondée en 2006 à <strong>Genève</strong> par Luca et Paola Notari,<br />

cette jeune maison d’édition se consacre aux<br />

livres d’art, aux «beaux livres» et s’offre aussi <strong>de</strong>s<br />

incursions dans le mon<strong>de</strong> <strong>de</strong> la littérature pour<br />

enfants.<br />

Dans ce domaine sont sortis trois nouveaux titres.<br />

Parmi eux, le très beau «L’ange <strong>de</strong>s chaussures»<br />

(dès 8 ans), magiquement illustré par l’artiste<br />

Joanna Concejo. Ce conte sur la relation père-fils<br />

montre avec délicatesse quels dangers nous menacent<br />

lorsque les préoccupations matérielles l’emportent<br />

sur l’écoute <strong>de</strong>s bruissements du mon<strong>de</strong>.<br />

spectacle<br />

Elie Semoun: Merki<br />

18 décembre 2009 à 20h30<br />

Après avoir conquis <strong>Genève</strong> et Lausanne,<br />

Elie Semoun revient sur la scène<br />

du Théâtre du Léman le 18 décembre<br />

2009 dans son spectacle: MERKI.<br />

«C’est mon sixième spectacle et j’ai encore<br />

<strong>de</strong>s choses à dire! Des mon<strong>de</strong>s à<br />

faire visiter, <strong>de</strong>s personnages drôles et<br />

pathétiques à inventer ou à réinventer.<br />

Etre seul sur scène c’est une performance<br />

que je dois aux gens qui sont<br />

en face <strong>de</strong> moi et à tous ceux-là et aux<br />

autres j’ai envie <strong>de</strong> dire...MERKI».<br />

Théâtre du Léman, <strong>Genève</strong><br />

47 | hayom 34


culture<br />

conférence<br />

Pour son prochain cycle <strong>de</strong> conférences, le Cercle Martin Buber abor<strong>de</strong>ra la perception qu’Israël se<br />

fait <strong>de</strong> l’étranger, du non juif. Voici le programme <strong>de</strong> ce cycle 2010, intitulé « Israël et le visage <strong>de</strong><br />

l’Autre », titre inspiré du philosophe juif Emmanuel Lévinas, dont le premier volume <strong>de</strong>s œuvres<br />

complètes a été publié en octobre, chez Grasset.<br />

Le mardi 19 janvier, David Banon, directeur du Département d’étu<strong>de</strong>s hébraïques et juives <strong>de</strong><br />

l’université Marc Bloch <strong>de</strong> Strasbourg et professeur invité à l’Université <strong>de</strong> Lausanne, explicitera<br />

les différents termes désignant l’étranger dans la religion et dans la philosophie juives et les<br />

obligations qui en découlent pour les Juifs.<br />

Le mercredi 17 février, Daniel Epstein,<br />

rabbin et philosophe, professeur <strong>de</strong> philosophie<br />

à l’institut Matan à Jérusalem,<br />

abor<strong>de</strong>ra la pensée du visage <strong>de</strong> l’Autre<br />

chez Emmanuel Lévinas. Premier tra-<br />

David Banon<br />

ducteur en hébreu <strong>de</strong>s «Leçons talmudiques»,<br />

il décrira également l’influence <strong>de</strong> Lévinas en Israël, enfin les rapports entretenus<br />

par ce <strong>de</strong>rnier avec cet État. Le titre est: «Emmanuel Levinas – De la vie sage à la passion du<br />

visage».<br />

Le mercredi 3 mars, Haïm Yavin, fameux journaliste <strong>de</strong> la TV israélienne, présentera son <strong>de</strong>rnier<br />

documentaire sur les Palestiniens d’Israël «Le blues <strong>de</strong> la carte d’i<strong>de</strong>ntité».<br />

Enfin, un débat clôturera ce cycle. Deux invités, encore à définir, parleront du rôle <strong>de</strong> la peur<br />

<strong>de</strong> l’Autre, (l’Arabe d’Israël, le Palestinien, l’Iranien) dans la société israélienne et dans le<br />

conflit.<br />

L’externalisation…<br />

«… favorise l’union.»<br />

«… qui fait la force.»<br />

Dialoguez avec les meilleurs.<br />

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clients, interviews d’experts en podcast et le calendrier <strong>de</strong> notre tournée<br />

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Daniel Epstein<br />

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lire<br />

Le Cas Son<strong>de</strong>rberg<br />

D’Elie Wiesel<br />

lire<br />

Regard sur la guerre<br />

De René Koechlin<br />

culture<br />

Jeune journaliste, Yedidyah évolue dans la rédaction d’un quotidien new-yorkais, avec ses<br />

intrigues. Critique théâtral, époux d’une actrice, il participe <strong>de</strong> la comédie new-yorkaise.<br />

Les succès éphémères, les gloires oubliées: rien n’est plus joyeux qu’une nouvelle étoile,<br />

rien n’est plus mélancolique que son crépuscule. Mais voilà qu’on <strong>de</strong>man<strong>de</strong> un jour à Yedidyah<br />

<strong>de</strong> «couvrir» le procès d’un certain Werner Son<strong>de</strong>rberg. L’accusé, jeune Allemand<br />

résidant aux États-Unis, est parti se promener avec son vieil oncle, visiteur <strong>de</strong> passage,<br />

dans les montagnes <strong>de</strong>s Adirondacks. Le neveu en est revenu seul. Coupable ou non-coupable?<br />

Cette affaire déclenche en Yedidyah d’étranges et puissants échos. Sentant qu’il<br />

se heurte à un secret familial, il tente <strong>de</strong> son<strong>de</strong>r sa propre mémoire. Qui est-il vraiment ?<br />

Comment retrouver les visages disparus d’un père, d’une mère, d’un frère? Le voilà guetté par la folie. Il a recours à l’hypnose<br />

pour retrouver les images <strong>de</strong> sa petite enfance, faire la paix avec lui-même et avec «une histoire qui, jusqu’à la fin <strong>de</strong>s temps,<br />

fera honte à l’humanité».<br />

Cette fresque <strong>de</strong> la Deuxième Guerre mondiale comporte, au fil <strong>de</strong> ses douze chapitres,<br />

quatre thèmes qui se succè<strong>de</strong>nt ou s’entremêlent. Le premier, qui a la rigueur historique<br />

d’une chronique, constitue la toile <strong>de</strong> fond <strong>de</strong> l’ouvrage. Le second, politico-philosophique,<br />

développe <strong>de</strong>s réflexions sur quelques fondamentalismes, sur le pacifisme, la violence<br />

et les diverses idéologies qui ont inspiré les acteurs du drame. Le récit <strong>de</strong>s événements vus<br />

à travers le regard <strong>de</strong> l’enfant qui les a vécus <strong>de</strong>puis Paris, pendant l’occupation, constitue<br />

la troisième composante du livre. Enfin, en marge <strong>de</strong> l’histoire, tel un quatrième épiso<strong>de</strong><br />

symptomatique, apparaît, dès le huitième chapitre, la légen<strong>de</strong> <strong>de</strong> l’amour paradoxal entre<br />

une jeune Juive et un pur Aryen, fils <strong>de</strong> nazis. L’auteur introduit ce sujet au moment où il traite <strong>de</strong>s horreurs commises<br />

par les a<strong>de</strong>ptes du national-socialisme, afin <strong>de</strong> leur conférer un contrepoids, qui rétablit une sorte d’équilibre.<br />

Les éditions Slatkine publient cet ouvrage évocateur afin <strong>de</strong> commémorer le soixante-dixième anniversaire <strong>de</strong> la déclaration<br />

<strong>de</strong> guerre.<br />

spectacles spectacles<br />

Cirque Phénix –<br />

Les Étoiles du Cirque <strong>de</strong> Pékin<br />

Après le triomphe <strong>de</strong>s Étoiles du Cirque <strong>de</strong> Pékin, fin<br />

2007, dans «Jungua le <strong>de</strong>scendant du dragon» le tout<br />

nouveau spectacle du Cirque Phénix, les Étoiles du Cirque<br />

<strong>de</strong> Pekin «Li Ya la Fille <strong>de</strong> l’Empereur» revient à<br />

l’Arena <strong>de</strong> <strong>Genève</strong>. Un programme<br />

époustouflant réunissant 50<br />

artistes dans <strong>de</strong>s numéros inédits<br />

avec <strong>de</strong>s centaines <strong>de</strong> costumes,<br />

<strong>de</strong>s décors somptueux et<br />

<strong>de</strong>s effets spéciaux laser jamais<br />

réalisés dans un spectacle <strong>de</strong><br />

cirque.<br />

Arena le 19 février 2010<br />

à 20h30<br />

Disney sur glace – Rêve <strong>de</strong> princesses<br />

En 2010, Disney sur Glace présentera<br />

sa toute nouvelle production<br />

et d’un coup <strong>de</strong> baguette<br />

magique, la Fée Clochette<br />

emmènera petits et grands à<br />

travers <strong>de</strong>s histoires à couper<br />

le souffle. Le spectacle recrée<br />

les moments au cours <strong>de</strong>squels<br />

les sept princesses <strong>de</strong> Disney<br />

voient leurs vœux se réaliser.<br />

Une occasion <strong>de</strong> retrouver<br />

Ariel, Belle, Cendrillon, Mulan,<br />

Jasmine, la Belle au Bois Dormant et Blanche Neige et <strong>de</strong><br />

voir leurs rêves <strong>de</strong>venir réalité.<br />

Arena du 22 au 24 janvier 2010<br />

49 | hayom 34


culture<br />

cinéma<br />

Brothers <strong>de</strong> Igaal Niddam<br />

Le film…<br />

Sortie cinéma prévue février 2010<br />

Deux frères que tout sépare, sauf le fait d’être nés juifs, se retrouvent en Israël après<br />

<strong>de</strong>s années <strong>de</strong> silence.<br />

Dan, qui a choisi le mon<strong>de</strong> du travail et <strong>de</strong> la terre, vit dans un kibboutz au sud<br />

d’Israël. Aaron, son frère, docteur en droit et en philosophie, grand érudit <strong>de</strong> la Torah,<br />

arrive <strong>de</strong>s États-Unis à Jérusalem pour défendre les droits <strong>de</strong>s étudiants <strong>de</strong> la<br />

Torah.<br />

Le conflit qui oppose les <strong>de</strong>ux frères est le reflet d’une société déchirée entre ses<br />

convictions religieuses et politiques. Avec les interdits et les injustices qui se multiplient,<br />

Israël est aujourd’hui au bord <strong>de</strong> la guerre civile.<br />

Les motivations du réalisateur…<br />

«Aujourd’hui, il est certain que la confrontation entre les<br />

religieux et les laïcs en Israël constitue le problème social et<br />

politique majeur qui risque <strong>de</strong> conduire le pays à long terme<br />

à une guerre civile. D’où l’urgence <strong>de</strong> réaliser un nouveau<br />

film pour montrer l’importance <strong>de</strong> cet aspect <strong>de</strong> la réalité<br />

<strong>de</strong> notre temps.»<br />

«A chacun <strong>de</strong> mes longs séjours en Israël, j’ai été impressionné<br />

<strong>de</strong> constater à quel point ce pays représente un formidable<br />

laboratoire d’étu<strong>de</strong> <strong>de</strong>s tensions que connaît le<br />

mon<strong>de</strong> mo<strong>de</strong>rne actuel, qu’il s’agisse <strong>de</strong>s problèmes <strong>de</strong> l’immigration, <strong>de</strong>s conflits<br />

Orient-Occi<strong>de</strong>nt, ou encore <strong>de</strong>s violentes tensions qui naissent <strong>de</strong> l’opposition entre<br />

l’État mo<strong>de</strong>rne laïc et la montée <strong>de</strong>s intégrismes religieux.<br />

Israël est en effet confronté aujourd’hui à une montée en puissance inouïe du tout-religieux. La société est <strong>de</strong>venue schizophrénique:<br />

d’un côté les laïcs et le mo<strong>de</strong>rnisme technologique <strong>de</strong> pointe, un <strong>de</strong>s plus avancés au mon<strong>de</strong>; <strong>de</strong> l’autre les religieux, figés sur<br />

<strong>de</strong>s mo<strong>de</strong>s <strong>de</strong> vie et <strong>de</strong> pensée datant <strong>de</strong> plusieurs millénaires. Schizophrénie galopante, du fait que les religieux se livrent à un<br />

prosélytisme débridé à l’encontre <strong>de</strong> la population juive laïque. Les conversions qui en résultent provoquent <strong>de</strong>s fractures terribles<br />

au sein même <strong>de</strong>s familles, entre mari et femme, frère et sœur, parents et enfants. C’est cette réalité complexe et inquiétante qui<br />

m’a poussé à réaliser ce film.<br />

Au niveau du pays tout entier, le sentiment d’injustice et <strong>de</strong> révolte éprouvé par la population laïque croît parallèlement à la montée<br />

en puissance, tant numérique qu’idéologique et politique, <strong>de</strong>s religieux. Aux yeux <strong>de</strong>s laïcs, les religieux ne travaillent pas et ne font<br />

pas l’armée. Ils sont subventionnés à vie par l’État. Ils représentent une force improductive qui ne participe pas au développement<br />

économique et qui contribue à l’appauvrissement du pays.<br />

De plus, la présence <strong>de</strong>s partis religieux au sein du gouvernement entrave les réformes nécessaires et rend le pays ingouvernable.<br />

Il est vrai qu’Israël, pays jeune et mo<strong>de</strong>rne, n’a pas encore établi <strong>de</strong> séparation entre l’État et la religion. C’est le grand débat<br />

d’aujourd’hui. C’est peut-être là que rési<strong>de</strong> la solution qui pourrait apaiser les tensions. L’intérêt <strong>de</strong> mon film est <strong>de</strong> montrer comment<br />

on peut vivre cette séparation au XXIe Igaal Niddam<br />

siècle.<br />

J’ai choisi <strong>de</strong> restituer cette problématique par le biais <strong>de</strong> la fiction. En racontant l’histoire tragique <strong>de</strong> <strong>de</strong>ux frères que tout sépare<br />

sauf le fait d’être nés juifs, je pense être mieux à même <strong>de</strong> rendre compte <strong>de</strong> cette immense fracture qui déchire la société israélienne<br />

et fait l’effet d’une bombe à retar<strong>de</strong>ment. Seuls les conflits avec les<br />

pays arabes voisins ont repoussé jusqu’à présent l’éclatement <strong>de</strong> cette<br />

guerre civile.<br />

Ce scénario est le fruit <strong>de</strong> cinq années <strong>de</strong> travail et d’enquêtes sur<br />

place en Israël, où j’ai pu m’entretenir longuement avec <strong>de</strong>s philosophes,<br />

<strong>de</strong>s hommes politiques et <strong>de</strong>s religieux. Aujourd’hui, on essaie<br />

<strong>de</strong> trouver dans ce pays <strong>de</strong>s solutions innovantes au problème <strong>de</strong> la<br />

séparation <strong>de</strong> l’État et <strong>de</strong> la religion. Et à ce titre, mon film pourrait<br />

servir, je l’espère, <strong>de</strong> base <strong>de</strong> réflexion et <strong>de</strong> débat pour d’autres pays<br />

confrontés à ce grave problème <strong>de</strong> notre temps».<br />

D. Z.<br />

Là-haut<br />

Quand Carl, un grincheux <strong>de</strong><br />

78 ans, déci<strong>de</strong> <strong>de</strong> réaliser le rêve <strong>de</strong> sa vie<br />

en attachant <strong>de</strong>s milliers <strong>de</strong> ballons à sa<br />

maison pour s’envoler vers l’Amérique<br />

du Sud, il ne s’attend pas à embarquer<br />

avec lui Russell, un jeune explorateur <strong>de</strong><br />

9 ans, toujours très enthousiaste et assez<br />

envahissant. Ce duo aussi imprévisible<br />

qu’improbable va vivre une aventure délirante<br />

qui les plongera dans un voyage<br />

dépassant l’imagination.<br />

Fringe - Saison 1<br />

Quand un vol international arrive à l’aéroport<br />

<strong>de</strong> Boston et que les passagers et<br />

l’équipage sont retrouvés morts, l’agent<br />

du FBI Olivia Dunham se voit confier<br />

l’enquête. Lorsque son partenaire est<br />

grièvement blessé, elle trouve une ai<strong>de</strong><br />

inattendue auprès du<br />

Dr Walter Bishop, un<br />

scientifique brillant un<br />

peu fou, et <strong>de</strong> son fils,<br />

Peter. Ils ne tar<strong>de</strong>nt pas<br />

à découvrir que le drame<br />

du vol 627 n’est qu’une<br />

infime partie d’une bien plus gran<strong>de</strong> et<br />

choquante vérité...<br />

APVisiopticHayom 17/10/06 15:43 Page 1<br />

concours « Là-haut»<br />

De quel Festival le film d’animation «Là-haut» a-t-il fait l’ouverture?<br />

Pour gagner un DVD du film, envoyez vos réponses à<br />

CILG-GIL / Concours Hayom 34 – Quai du Seujet 12, 1201 <strong>Genève</strong><br />

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culture<br />

Les beaux gosses<br />

Hervé, 14 ans, est un ado moyen. Débordé par ses pulsions, ingrat physiquement<br />

et moyennement malin, il vit seul avec sa mère. Au collège, il s’en<br />

sort à peu près, entouré par ses bons copains. Sortir avec une fille, voilà qui<br />

mobilise toute sa pensée. Hélas, dans ce domaine, il accumule râteau sur râteau, sans<br />

toutefois se démonter. Un jour, sans très bien comprendre comment, il se retrouve<br />

dans la situation <strong>de</strong> plaire à Aurore, l’une <strong>de</strong>s plus jolies filles <strong>de</strong> sa classe…<br />

Harry Potter et le prince <strong>de</strong> sang<br />

L’étau se resserre sur l’univers <strong>de</strong>s Moldus et le mon<strong>de</strong> <strong>de</strong> la sorcellerie.<br />

Poudlard a cessé d’être un havre <strong>de</strong> paix et le danger ro<strong>de</strong> au cœur<br />

du château. Mais Dumbledore est plus décidé que jamais à préparer<br />

Harry à son combat final, désormais imminent. Ensemble, le vieux<br />

maître et le jeune sorcier vont tenter <strong>de</strong> percer à jour les défenses <strong>de</strong><br />

Vol<strong>de</strong>mort. Pour les ai<strong>de</strong>r dans cette délicate entreprise, Dumbledore va relancer et<br />

manipuler son ancien collègue, le Professeur Horace Slughorn, qu’il croit en possession<br />

d’informations vitales sur le jeune Vol<strong>de</strong>mort. De surcroît, un autre mal hante<br />

cette année les étudiants: le démon <strong>de</strong> l’adolescence. De quoi faire virevolter les passions,<br />

les jalousies et la magie à Poudlard...<br />

Desperate Housewives – Saison 5<br />

Apparemment, tout se passe bien à Wisteria Lane. Le temps semble s’écouler sans soubresauts.<br />

Mais <strong>de</strong>puis peu, Gaby réalise avec tristesse qu’elle a négligé son apparence<br />

alors qu’elle se consacrait à sa famille. De son côté, Bree s’est métamorphosée<br />

en femme d’affaires <strong>de</strong>s plus efficaces. Quant à Susan,<br />

elle élève seule son fils. Lynette, elle, doit faire face à <strong>de</strong>ux<br />

adolescents indisciplinés sur lesquels elle n’a plus aucune autorité<br />

et c’est aussi le moment que choisit Edie pour réapparaître<br />

sans crier gare. Le début <strong>de</strong>s nouvelles péripéties <strong>de</strong> toutes ces<br />

femmes désespérées…<br />

Grey’s anatomy – Saison 5<br />

Les fans peuvent se réjouir car le Seattle Grace rouvre ses portes pour <strong>de</strong> nouvelles aventures inédites. La nouvelle<br />

année s’annonce difficile pour le personnel <strong>de</strong> l’hôpital avec <strong>de</strong> nouvelles épreuves à surmonter. Au grand désespoir<br />

<strong>de</strong> Richard Webber, l’hôpital n’est plus classé parmi les meilleurs établissements universitaires du pays.<br />

Tout <strong>de</strong>vra être mis en œuvre pour y remédier. Meredith déci<strong>de</strong> <strong>de</strong> s’engager avec Derek et lui propose d’emménager avec elle. Quant<br />

à Cristina, elle va être troublée par l’arrivée d’un nouveau mé<strong>de</strong>cin fraîchement débarqué d’Irak... D’autres nouveaux venus vont<br />

faire leur apparition dans cette 5e VISIOPTIC<br />

par offerte est page Cette<br />

Du côté <strong>de</strong>s séries…<br />

saison: Arizona Robbins, une jeune pédiatre passionnée, et Sadie Harris, une ancienne amie <strong>de</strong><br />

Meredith qui postule comme nouvelle interne. PUBLI-REPORTAGE<br />

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Nos enfants nous accuseront<br />

Film documentaire français réalisé par Jean-Paul Jaud<br />

Gros plan sur la courageuse initiative d’une municipalité du Gard, Barjac, qui déci<strong>de</strong> d’introduire le bio<br />

dans la cantine scolaire du village. Le réalisateur brosse un tableau sans concession <strong>de</strong> la tragédie environnementale<br />

qui guette la jeune génération: l’empoisonnement <strong>de</strong> nos campagnes par la chimie agricole (76’000 tonnes <strong>de</strong> pestici<strong>de</strong>s<br />

déversées chaque année sur notre pays) et les dégâts occasionnés sur la santé publique. Un seul mot d’ordre: ne pas seulement<br />

constater les ravages, mais trouver tout <strong>de</strong> suite les moyens d’agir, pour que, <strong>de</strong>main, nos enfants ne nous accusent pas.<br />

exposition<br />

Villa Sovietica<br />

Cette exposition apporte un éclairage sur les pratiques d’interprétation culturelle<br />

en présentant <strong>de</strong> manière non conventionnelle une collection d’objets soviétiques.<br />

Le MEG a ouvert ses fonds à une équipe d’anthropologues et d’artistes<br />

venus <strong>de</strong> pays postsocialistes tels la Slovaquie, l’Ukraine, la Russie ou encore<br />

l’ancienne RDA. Ils ont examiné, en collaboration avec <strong>de</strong>s collègues <strong>de</strong> pays <strong>de</strong><br />

l’Ouest, les avantages et les dangers <strong>de</strong> l’approche interdisciplinaire <strong>de</strong> l’objet<br />

ethnographique.<br />

Le résultat <strong>de</strong> cette réflexion est la présentation <strong>de</strong> plus <strong>de</strong> 1’000 objets soviétiques<br />

d’usage quotidien, accompagnés d’innombrables pièces tirées du département<br />

Europe du Musée. L’exposition, présentée au MEG Conches, emploie la<br />

Villa elle-même en tant qu’objet, attirant l’attention du spectateur sur la magnifique<br />

architecture <strong>de</strong> l’édifice et offrant la possibilité au visiteur <strong>de</strong> découvrir<br />

certains endroits jamais accessibles.<br />

Elle nous invite ainsi à une expérience physique et sensible, à une approche décloisonnée,<br />

jouant avec nos clichés.<br />

Le spectateur, qui évolue au travers <strong>de</strong> fragments, <strong>de</strong> restes, est confronté à une<br />

vision fugitive, émotionnelle et viscérale d’une réalité <strong>de</strong> l’ancienne division Est<br />

/ Ouest, qui ne peut être saisie que <strong>de</strong> façon indirecte et éphémère.<br />

Dans un voyage <strong>de</strong> la cave au grenier dans l’ancienne Villa Lombard et dans<br />

divers lieux choisis <strong>de</strong> <strong>Genève</strong>, la machinerie muséale est questionnée par le truchement<br />

<strong>de</strong> l’objet. Le tapis rouge est déroulé, soyez les bienvenus. Mais prenez<br />

gar<strong>de</strong>, il pourrait bien vous déséquilibrer…<br />

Jusqu’au 20 juin 2010<br />

Pirogovo: Musée National d’Architecture et <strong>de</strong> Moeurs, intérieur d’une maison dans le Village Socialiste.<br />

© MEG 2009. Photo: Willem Mes<br />

lire<br />

Juifs en errance – Suivi<br />

<strong>de</strong> l’Antéchrist<br />

De Joseph Roth<br />

Joseph Roth tenait tout particulièrement<br />

aux <strong>de</strong>ux essais ici réunis.<br />

Inventaire poétique et luci<strong>de</strong> d’un<br />

univers que l’écrivain savait menacé,<br />

celui <strong>de</strong>s bourga<strong>de</strong>s<br />

juives<br />

d’Europe centrale<br />

et orientale,<br />

«Juifs en<br />

errance» analyse<br />

les raisons<br />

<strong>de</strong> sa lente désagrégation:<br />

la pauvreté<br />

qui pousse les<br />

habitants du<br />

Shtetl à l’exo<strong>de</strong>, la tentation <strong>de</strong> l’assimilation,<br />

le rêve sioniste. En véritable<br />

passeur <strong>de</strong> culture, le Juif assimilé<br />

Roth porte un regard bienveillant sur<br />

ces Juifs à l’idiome étrange, vêtus <strong>de</strong><br />

caftans, que l’on croise dans certains<br />

quartiers <strong>de</strong> Vienne, <strong>de</strong> Berlin ou <strong>de</strong><br />

Paris.<br />

D’une toute autre nature, et par son<br />

sujet et par sa langue qui semble celle<br />

d’un prophète <strong>de</strong>s temps mo<strong>de</strong>rnes,<br />

«L’Antéchrist» est lui aussi une profession<br />

<strong>de</strong> foi humaniste et une interrogation<br />

inquiète sur le <strong>de</strong>venir <strong>de</strong><br />

l’Europe. Dans cet étrange réquisitoire<br />

contre les phénomènes <strong>de</strong> l’âge<br />

technique, on peut lire l’angoisse<br />

profon<strong>de</strong> d’un intellectuel épris <strong>de</strong><br />

cosmopolitisme qui voit son mon<strong>de</strong><br />

sombrer dans l’exacerbation <strong>de</strong>s nationalismes<br />

et le chaos infernal <strong>de</strong>s<br />

dictatures.<br />

lire<br />

Une résistance juive. Grenoble<br />

1943-1945<br />

De Paul Giniewski<br />

De nombreux Juifs ont participé<br />

au combat <strong>de</strong>s réseaux <strong>de</strong> la<br />

Résistance française aux nazis.<br />

Il y eut aussi <strong>de</strong>s réseaux et <strong>de</strong>s<br />

maquis juifs. Pourquoi cette<br />

spécificité? Si tous les Français<br />

ont souffert sous l’occupation,<br />

les seuls Juifs étaient traqués<br />

par les polices <strong>de</strong> Vichy, la Milice et la Gestapo et<br />

expédiés à Auschwitz. Il fallait les ai<strong>de</strong>r à échapper<br />

à l’extermination. Leur trouver <strong>de</strong>s «planques»<br />

dans <strong>de</strong>s établissements religieux ou chez <strong>de</strong>s concitoyens.<br />

Leur fournir <strong>de</strong>s subsi<strong>de</strong>s, <strong>de</strong> faux papiers,<br />

un soutien spirituel. Leur faire franchir en frau<strong>de</strong><br />

les frontières suisse et espagnole. De jeunes Juifs se<br />

sont improvisés passeurs, frau<strong>de</strong>urs, faussaires et<br />

tueurs. Paul Giniewski a été l’un d’eux à Grenoble<br />

<strong>de</strong> 1943 à 1945. Il relate la vie quotidienne, aventureuse<br />

et périlleuse <strong>de</strong> ces «sauveurs juifs»…<br />

à l’affiche<br />

Z32<br />

De Avi Mograbi<br />

culture<br />

Ce film israélien, prix à la Mostra <strong>de</strong> Venise 2008 et tragédie musicale<br />

documentaire, traite du fossé infranchissable qui existe entre<br />

le témoignage dérangeant d’un soldat d’une unité d’élite <strong>de</strong> l’armée<br />

israélienne et la représentation artistique <strong>de</strong> ce même témoignage…<br />

Un ex-soldat israélien a participé à une mission <strong>de</strong> représailles<br />

dans laquelle <strong>de</strong>ux policiers palestiniens<br />

ont été tués. Il cherche à obtenir<br />

le pardon pour ce qu’il a fait. Sa<br />

petite amie ne pense pas que ce soit<br />

si simple, elle soulève <strong>de</strong>s questions<br />

qu’il n’est pas encore capable d’affronter.<br />

Le soldat témoigne volontairement<br />

<strong>de</strong>vant la caméra tant que<br />

son i<strong>de</strong>ntité n’est pas dévoilée.<br />

Le cinéaste, tout en cherchant la<br />

solution adéquate pour préserver<br />

l’i<strong>de</strong>ntité du soldat, interroge sa propre<br />

conduite politique et artistique.<br />

Personne n‘en parle,<br />

mais tout le mon<strong>de</strong> <strong>de</strong>vrait le planifier<br />

Si vous vous préoccupez <strong>de</strong> la manière dont vos idées et vos idéaux se perpétueront<br />

quand vous serez parti, n’hésitez pas à venir nous trouver pour un<br />

entretien confi<strong>de</strong>ntiel.<br />

Depuis plus <strong>de</strong> 40 ans <strong>de</strong>s hommes et <strong>de</strong>s femmes nous font confiance et nous <strong>de</strong>man<strong>de</strong>nt <strong>de</strong><br />

les ai<strong>de</strong>r à rédiger leur testament et préserver leur héritage, mais aussi à gérer leurs avoirs ou<br />

leur patrimoine à titre fiduciaire.<br />

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KKL Treuhand-Gesellschaft AG · Directeur: Jariv Sultan<br />

B.P. 2975, CH 8021 Zurich · Tél 044 225 88 00 · Fax 044 211 50 49 · info@kklschweiz.ch<br />

Contact pour la Suisse roman<strong>de</strong>: Fonds National Juif <strong>de</strong> Suisse<br />

Rue <strong>de</strong> l‘Athénée 22, Case postale 140, 1211 <strong>Genève</strong> 12 · Tél. 022 347 96 76 · Fax 022 347 22 45 · kkl.ge@bluewin.ch<br />

D. Z. / S. F. / J. L.


54 | hayom 34<br />

culture people<br />

> J’ai lu pour vous<br />

par Bernard Pinget<br />

Philip Roth: Exit le fantôme, Gallimard, Du Mon<strong>de</strong> entier, 2009<br />

Le célèbre écrivain Nathan Zuckerman est <strong>de</strong> retour. De retour à New York après onze ans<br />

d’exil volontaire dans les monts du Berkshire… Inutile <strong>de</strong> dire que le lecteur est très vite<br />

appelé à se poser <strong>de</strong>s questions sur ce qui va advenir <strong>de</strong> la cuirasse patiemment façonnée<br />

par le vieil ours, face aux coups <strong>de</strong> boutoir du <strong>de</strong>stin… Chacun <strong>de</strong> ces coups constituera<br />

pour Philip Roth l’occasion d’abor<strong>de</strong>r une facette du thème fondamental <strong>de</strong> ce livre: celui<br />

<strong>de</strong> la condition <strong>de</strong> l’homme <strong>de</strong>vant le déclin qui le conduit inexorablement à la mort.<br />

Pourtant luci<strong>de</strong> et ô combien prévenu, l’infortuné Zuckerman, débarqué par hasard le<br />

jour <strong>de</strong> la réélection <strong>de</strong> George Bush, expérimentera jusqu’au bout toutes les formes <strong>de</strong><br />

l’impuissance. En une semaine, <strong>de</strong>puis sa chambre 1418 du Hilton, il aura tenté toutes les<br />

guerres, <strong>de</strong>puis la défense <strong>de</strong> la mémoire du grand E.I. Lonoff menacée par un biographe<br />

aussi fat qu’obstiné, jusqu’à la conquête désespérée <strong>de</strong> la belle et parfaite Jamie, en passant<br />

par la mère <strong>de</strong> toutes ses batailles: celle contre sa propre résignation.<br />

Un récit mené <strong>de</strong> main <strong>de</strong> maître, amer en même temps que jouissif, <strong>de</strong>ssinant savamment<br />

sa trajectoire entre les écueils <strong>de</strong> la facilité et <strong>de</strong> l’obscurité, sans jamais effleurer<br />

l’un ou l’autre.<br />

Philip Roth: le cousin sérieux <strong>de</strong> Woody Allen.<br />

Ruth Fayon et Patrick Vallélian: Auschwitz en héritage, Delibreo<br />

Ruth Fayon a fait davantage pour la mémoire <strong>de</strong> <strong>Genève</strong> qu’une bibliothèque<br />

entière. C’est grâce à ses innombrables interventions dans les écoles <strong>de</strong>puis 1977<br />

que le mot «Shoah» a pris, pour <strong>de</strong>s générations d’élèves du bout du Léman, un<br />

sens concret. Dès lors, l’annonce <strong>de</strong> la parution <strong>de</strong> son livre sonnait comme une<br />

injonction: un ouvrage à ne pas manquer!<br />

Il y a dans ce livre <strong>de</strong>s évocations saisissantes, tel ce douanier suisse bedonnant<br />

<strong>de</strong> 1965 qui s’étonne que le numéro tatoué sur le bras <strong>de</strong> Ruth Fayon ne correspon<strong>de</strong><br />

pas à celui <strong>de</strong> sa plaque <strong>de</strong> voiture. On sera également bouleversé <strong>de</strong> revoir,<br />

sous un angle à chaque fois un peu différent, <strong>de</strong>s épiso<strong>de</strong>s souvent relatés par<br />

les Survivants, comme les déplacements inhumains dans <strong>de</strong>s wagons à bestiaux,<br />

l’inimaginable promiscuité <strong>de</strong> Birkenau, le nuage perpétuel <strong>de</strong>s crématoires... Il<br />

faut que ces figures soient constamment rappelées: ce sont les visages découverts<br />

du démon qui cherchera toujours à entraîner l’être humain vers l’abjection. Nous<br />

avons besoin <strong>de</strong> les revoir sans cesse pour les reconnaître et les repousser encore<br />

et toujours, quelle que soit leur forme future. Le livre s’achève par la phrase «Plus<br />

jamais ça», et c’est bien évi<strong>de</strong>mment le propos.<br />

Ruth Fayon n’a pas rédigé elle-même ce livre. Elle a été secondée par Patrick Vallélian,<br />

journaliste à l’Hebdo, qui s’est chargé <strong>de</strong>s recherches indispensables pour<br />

préciser le cadre <strong>de</strong>s événements, parfois estompé par le temps, ainsi que <strong>de</strong> la<br />

mise en forme écrite. C’est là le côté un peu décevant <strong>de</strong> l’ouvrage, dont le narrateur<br />

ne parvient pas à assumer le «je» qu’il emploie, hésitant constamment entre<br />

<strong>de</strong>ux mo<strong>de</strong>s d’énonciation. Cela donne quelques paragraphes un peu écartelés,<br />

où le lecteur ne sait plus d’où vient la voix qui lui parle…<br />

Cela dit, un livre à recomman<strong>de</strong>r sans hésitation.<br />

B. P.<br />

> Clin d’oeil<br />

Barbra Streisand bat tous les records<br />

Barbra Streisand est la première artiste à possé<strong>de</strong>r <strong>de</strong>s albums classés n°1 pendant cinq décennies consécutives. Elle égale les Beatles<br />

pour la 3 e place <strong>de</strong>s ventes en première semaine. Le nouvel opus <strong>de</strong> Barbra Streisand «Love is the answer» est entré en première<br />

place dans les charts américains en se vendant à 180’500 exemplaires pour la semaine du 29 septembre. La chanteuse étend encore<br />

ainsi son record <strong>de</strong> longévité entre son 1er album numéro 1 (People, 1964) et son plus récent. Ce succès sans précé<strong>de</strong>nt la positionne<br />

en troisième position avec les Beatles, <strong>de</strong>rrière Frank Sinatra et les Stones au classement <strong>de</strong>s meilleures ventes en première semaine.<br />

Atteignant <strong>de</strong>s records qui risquent <strong>de</strong> ne jamais être égalés, son nouvel album intègre ainsi la catégorie rare <strong>de</strong>s nouveaux albums<br />

qui se classent d’entrée en tête <strong>de</strong>s ventes. Bien qu’aucun autre artiste ou groupe n’ait égalé son précé<strong>de</strong>nt record <strong>de</strong> quatre décennies<br />

d’affilée en tête <strong>de</strong>s charts, ce nouvel album risque fort <strong>de</strong> représenter un sommet <strong>de</strong> longévité <strong>de</strong> carrière inégalable.<br />

Barbra Streisand est l’artiste féminine ayant vendu le plus <strong>de</strong> disques dans l’histoire et la seule femme à être entrée dans le Top 10<br />

<strong>de</strong>s artistes aux meilleures ventes. Sa carrière compte 50 albums disques d’or, 30 <strong>de</strong> platine et 13 multi-platine.<br />

Premier album <strong>de</strong> nouveaux enregistrements studio <strong>de</strong>puis «Guilty Pleasures» en 2005, «Love Is The Answer» fait suite à «Live In<br />

Concert» sorti en 2006 et expose l’artiste en chanteuse <strong>de</strong> cabaret jazz d’une gran<strong>de</strong> clarté émotionnelle, avec profon<strong>de</strong>ur et maturité,<br />

offrant à l’auditeur une sélection <strong>de</strong> chaleureuses et intimistes méditations nocturnes sur les pouvoirs,<br />

les peines et les consolations <strong>de</strong> l’amour. Début octobre, Barbra Streisand est retournée au légendaire jazzclub<br />

Village Vanguard à New York – où elle avait auditionné il y a 48 ans – et y a chanté <strong>de</strong>s titres <strong>de</strong> «Love<br />

Is The Answer» pour un public d’amis et d’admirateurs comblés. Comme le remarquait un journaliste du<br />

New York Times, «Les concerts <strong>de</strong> Mme Streisand sont chose rare, mais l’échelle <strong>de</strong> son spectacle <strong>de</strong> samedi<br />

était suffisamment exceptionnelle pour brièvement bouleverser l’ordre social naturel <strong>de</strong>s événements mondains.»<br />

Artiste aux multiples talents dans tous les domaines du diverstissement, Barbra Streisand a laissé<br />

sa trace comme actrice, compositeur, interprète, chanteuse, productrice, réalisatrice ou scénariste. Après<br />

<strong>de</strong>ux Oscars, cinq Emmys, dix Gol<strong>de</strong>n Globes, huit Grammys, un Tony Award spécial ainsi que, notamment,<br />

<strong>de</strong>ux Cable Ace awards, elle a reçu cette année le prestigieux Kennedy Center Honor for Exemplary Lifetime<br />

Achievement in The Performing Arts.<br />

Son film le plus récent, «Meet The Fockers», est <strong>de</strong>venu et reste la seule comédie à dépasser la marque du<br />

<strong>de</strong>mi milliard <strong>de</strong> dollars au box office. Qui dit mieux?<br />

Un Dylan pour Noël<br />

Un nouvel album <strong>de</strong> Bob Dylan, «Christmas in the Heart», dont l’intégralité <strong>de</strong>s royalties ira au bénéfice<br />

<strong>de</strong>s nécessiteux, sort dans les bacs. Plus <strong>de</strong> 4 millions <strong>de</strong> repas seront ainsi fournis durant les fêtes<br />

<strong>de</strong> fin d’année. Il offre aussi à perpétuité toutes les royalties à venir pour cet album à ces associations.<br />

«Lorsque nous avons contacté Bob Dylan afin <strong>de</strong> lui proposer <strong>de</strong> s’impliquer dans notre organisation,<br />

nous étions loin d’imaginer qu’il agirait avec tant <strong>de</strong> générosité en versant à notre cause la totalité <strong>de</strong><br />

ses droits d’auteur <strong>de</strong> l’album à venir», annonce Vicki Escarra, prési<strong>de</strong>nte et CEO <strong>de</strong> Feeding America.<br />

« Cette initiative majeure <strong>de</strong> la part d’un tel artiste et icône culturelle va directement bénéficier à <strong>de</strong><br />

très nombreuses personnes et aura également un impact sur la prise <strong>de</strong> conscience <strong>de</strong> l’épidémie <strong>de</strong> faim dans ce pays et autour du<br />

mon<strong>de</strong>». Et Bob Dylan <strong>de</strong> commenter: «C’est une tragédie que plus <strong>de</strong> 35 millions <strong>de</strong> personnes dans ce seul pays – dont 12 millions<br />

d’enfants – aillent se coucher chaque soir en ayant faim et se réveillent le matin incertaines <strong>de</strong> leur prochain repas. Je me joins aux<br />

braves gens <strong>de</strong> Feeding America dans l’espoir que nos efforts puissent apporter une certaine sécurité alimentaire aux gens dans le<br />

besoin pendant la prochaine pério<strong>de</strong> <strong>de</strong>s fêtes». Feeding America procure aux individus et aux familles à<br />

bas revenus <strong>de</strong> quoi survivre au quotidien. En tant que plus importante organisation humanitaire dans<br />

le domaine <strong>de</strong> l’alimentaire, elle contribue à nourrir plus <strong>de</strong> 25 millions <strong>de</strong> personnes chaque année, dont<br />

9 millions d’enfants et 3 millions <strong>de</strong> personnes âgées. Présente partout aux USA, elle regroupe<br />

plus <strong>de</strong> 200 centrales <strong>de</strong> nourriture qui, à leur tour, la distribuent à 63’000 agences locales combattant<br />

la faim sous toutes ses formes. «Christmas In The Heart» est le 47 e album <strong>de</strong> Bob Dylan<br />

et fait suite à son précé<strong>de</strong>nt opus et succès critique, «Together Through Life», publié cette année. Les<br />

quatre précé<strong>de</strong>nts albums studio <strong>de</strong> Bob Dylan ont tous été acclamés comme étant parmi les meilleurs <strong>de</strong><br />

sa carrière historique, obtenant simultanément succès commercial et reconnaissance unanime par<br />

la critique. En 2008, Bob Dylan a reçu un prix Pulitzer spécial pour son «impact profond sur la<br />

musique populaire et la culture américaine, marqué par <strong>de</strong>s compositions lyriques d’une puissance<br />

poétique extraordinaire». Il avait déjà auparavant reçu les Honneurs du Centre Kennedy<br />

en 1997, la médaille française <strong>de</strong> Comman<strong>de</strong>ur <strong>de</strong>s Arts et <strong>de</strong>s Lettres en 1990 ainsi que <strong>de</strong> nombreuses<br />

autres distinctions. Et là aussi, qui dit mieux?<br />

M.M.


56 | hayom 34<br />

le billet <strong>de</strong> F. Buffat<br />

Ré<strong>de</strong>mption <strong>de</strong> la maison<br />

Wagner, ré<strong>de</strong>mption <strong>de</strong> l’Allemagne…<br />

le Parsifal mis en<br />

scène par le Norvégien Stefan<br />

Herheim est un chef d’œuvre <strong>de</strong> subtilité<br />

puisqu’au final, le héros qui a récupéré<br />

la lance sacrée, non seulement guérit la<br />

blessure du roi pêcheur Amfortas, gardien<br />

du graal mais, <strong>de</strong>vant les députés<br />

siégeant au Bun<strong>de</strong>stag, apporte la ré<strong>de</strong>mption<br />

aux Wagner, à l’Allemagne<br />

et même à Kundry la Juive, condamnée<br />

à l’errance éternelle pour avoir ri face<br />

au Christ crucifié. «Merveille du plus<br />

grand salut/La ré<strong>de</strong>mption au ré<strong>de</strong>mpteur»,<br />

on n’a pas fini <strong>de</strong> gloser sur le<br />

sens <strong>de</strong> la phrase finale <strong>de</strong> l’opéra. Mais<br />

c’est justement la force <strong>de</strong> cette œuvre<br />

que d’ouvrir la voie à toutes les interprétations,<br />

et celle <strong>de</strong> Bayreuth 2009<br />

était sans équivoque: je l’ai vue comme<br />

une <strong>de</strong>man<strong>de</strong> <strong>de</strong> grand pardon vis-à-vis<br />

<strong>de</strong> tous les crimes commis par Hitler et<br />

ses complices. Comme un point final à<br />

l’histoire d’une nation qui aspire à surmonter<br />

son passé pour enfin libérer son<br />

présent d’une si terrible culpabilité.<br />

C’est dire que l’invitation faite par Les<br />

Amis du Festival <strong>de</strong> Bayreuth à Daniel<br />

Barenboïm et à son orchestre Le Divan<br />

s’inscrit dans ce même processus. Car,<br />

outre Bayreuth et les Wagner, le chef israélien<br />

et son orchestre étaient invités<br />

au festival <strong>de</strong> Salzbourg. Encore un lieu<br />

marqué par le souvenir <strong>de</strong> Hitler qui avait<br />

Le West-Eastern Divan acclamé par le public <strong>de</strong> Bayreuth<br />

> Bayreuth: ré<strong>de</strong>mption aux Wagner<br />

70 ans n’ont pas suffi aux <strong>de</strong>scendants <strong>de</strong> Richard Wagner pour expier les compromissions <strong>de</strong> leur<br />

famille avec le régime nazi. Mais cet été 2009 a peut-être marqué un tournant décisif. En effet,<br />

outre un Parsifal à tous égards extraordinaire, le festival <strong>de</strong> Bayreuth a accueilli à bras ouverts le<br />

chef israélien Daniel Barenboïm et son orchestre West-Eastern Divan*, composé <strong>de</strong> jeunes musiciens<br />

du Proche-Orient, israéliens, palestiniens, arabes et chrétiens.<br />

Daniel Barenboïm<br />

installé son nid d’aigle favori à Berchtesga<strong>de</strong>n,<br />

à quelques kilomètres <strong>de</strong> là.<br />

«Incroyable? Incroyable avancée. Complètement<br />

dingue, à couper le souffle.<br />

Un heureux événement», titrait le Nordbayerischer<br />

Kurier du 20 août 2009 au<br />

len<strong>de</strong>main du concert donné à Bayreuth.<br />

Un événement dont la portée, aussi musicale<br />

que symbolique, n’a pas échappé<br />

à la presse du pays. Vrai que la vision <strong>de</strong><br />

Barenboïm et <strong>de</strong> ses musiciens, <strong>de</strong>bout<br />

recevant les acclamations du public,<br />

avait <strong>de</strong> quoi tirer <strong>de</strong>s larmes à l’émotive<br />

que je suis. Et quand Barenboïm et Eva<br />

Wagner-Pasquier se sont embrassés au<br />

vu <strong>de</strong> tous, c’était l’étreinte ré<strong>de</strong>mptrice.<br />

La paix ré<strong>de</strong>mptrice par la musique, accordée<br />

par l’un <strong>de</strong> nos plus grands musiciens,<br />

fils <strong>de</strong> Juifs russes, né à Buenos<br />

Aires et éduqué en Israël.<br />

Le programme choisi était lui aussi<br />

bourré <strong>de</strong> symboles: <strong>de</strong> Richard Wagner<br />

Prélu<strong>de</strong> et mort d’Iseut, puis <strong>de</strong> Liszt, ce<br />

grand amoureux idéaliste, Les Prélu<strong>de</strong>s<br />

dont un passage avait servi pendant la<br />

guerre à annoncer à la radio les victoi-<br />

res <strong>de</strong>s Nazis contre les Russes. D’avoir<br />

choisi <strong>de</strong> jouer ces Prélu<strong>de</strong>s était une sorte<br />

<strong>de</strong> ré<strong>de</strong>mption au passé guerrier <strong>de</strong> l’Allemagne.<br />

Et finir avec la Symphonie fantastique<br />

<strong>de</strong> Berlioz colorait l’événement.<br />

La musique peut-elle briser <strong>de</strong>s barrières<br />

qui paraissent insurmontables?<br />

Construire <strong>de</strong>s ponts pour apporter la<br />

paix? Certes pas, dit Barenboïm, mais la<br />

musique offre aux musiciens d’un même<br />

orchestre les conditions pour s’écouter,<br />

pour dialoguer, pour reconnaître la légitimité<br />

<strong>de</strong> l’autre. En cette année 2009<br />

où le West-Eastern Divan Orchestra fête<br />

son 10 e anniversaire, ce projet fou, idéaliste,<br />

telle une traînée <strong>de</strong> poudre, a déjà<br />

conquis Madrid, Saint-Sébastien, <strong>Genève</strong>,<br />

Salzbourg, Bayreuth, Londres, après<br />

Berlin, Moscou Vienne et Milan.<br />

«Unglaublich! Wahnsinn. Atemberaubend».<br />

F.Bu.<br />

*Le Divan est le titre choisi par Goethe pour une<br />

plaquette <strong>de</strong> poèmes, écrits en 1819, inspirés par sa<br />

découverte <strong>de</strong> l’Islam et du poète persan Hafiz.<br />

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© UBS 2009. Tous droits réservés.


Véra-Irène Steiner (1924-2009)<br />

une militante <strong>de</strong> l’anti-racisme et <strong>de</strong> la tolérance<br />

L<br />

a plupart <strong>de</strong> ses amis et <strong>de</strong> ses<br />

connaissances étaient absents<br />

en raison <strong>de</strong> la trêve estivale et<br />

l’auteur <strong>de</strong> ces lignes, pourtant<br />

si proche <strong>de</strong> cette gran<strong>de</strong> dame, était lui<br />

aussi très loin, retenu par un <strong>de</strong>uil familial.<br />

Je n’ai donc appris la triste nouvelle<br />

qu’à la mi-août, le 13 très exactement,<br />

lorsque Madame Bernstein m’a appelé<br />

<strong>de</strong> <strong>Genève</strong> pour me l’annoncer. Mon<br />

émotion fut très gran<strong>de</strong> car <strong>de</strong>puis quelques<br />

semaines déjà Madame Steiner ne<br />

répondait plus au téléphone; je m’inquiétais<br />

et échafaudais toutes sortes<br />

d’éventualités en prenant soin d’écarter<br />

celle du pire. C’était pourtant la bonne.<br />

Mais comment y croire? Madame Steiner<br />

avait été très éprouvée par un séjour<br />

antérieur en gériatrie. Elle m’en avait<br />

prévenu et je tentais <strong>de</strong> l’appeler le plus<br />

souvent possible pour la rassurer. Je me<br />

<strong>de</strong>man<strong>de</strong>, a posteriori, si l’on peut alors<br />

comprendre la détresse d’un être qui sent<br />

ses forces le quitter et ses facultés s’altérer…<br />

Après maintes tentatives infructueuses,<br />

elle finit par regagner son domicile<br />

où d’autres difficultés l’attendaient.<br />

Comment faire? Comment continuer à<br />

vivre seule alors que son autonomie décroît<br />

inexorablement?<br />

J’avais alors mis cette réaction sur le<br />

compte d’une hypocondrie soudaine et<br />

que je croyais passagère… D’autant que<br />

Madame Steiner avait, exactement 16<br />

jours avant sa disparition, écrit à Danielle<br />

une carte <strong>de</strong> condoléances pour le décès<br />

<strong>de</strong> sa mère, et rien dans son écriture<br />

ne trahissait les prodromes d’une disparition<br />

imminente. Elle m’avait pourtant<br />

dit au téléphone, au début du mois <strong>de</strong><br />

juin, qu’elle risquait <strong>de</strong> disparaître et<br />

qu’elle ne supportait plus certains signes<br />

avant-coureurs du vieillissement: pertes<br />

<strong>de</strong> mémoire, malaises récurrents, tension<br />

élevée, inquiétu<strong>de</strong>s dues au stimula-<br />

58 | hayom 34<br />

hommage<br />

Véra-Irène Steiner nous a quittés, le 26 juillet <strong>de</strong> cette année 2009 et a été portée en terre <strong>de</strong>ux jours plus tard dans<br />

le carré juif <strong>de</strong> <strong>Genève</strong>.<br />

teur cardiaque, difficultés <strong>de</strong> la vie quotidienne,<br />

et surtout une conscience <strong>de</strong><br />

plus en plus douloureuse <strong>de</strong> la solitu<strong>de</strong>…<br />

Elle ajouta en guise <strong>de</strong> conclusion: Vous<br />

saurez quoi écrire si je venais à disparaître…<br />

A mes dénégations, elle répondit, comme<br />

à son habitu<strong>de</strong>, en réitérant ses propos.<br />

En posant le téléphone, je me suis<br />

dit qu’elle traversait un moment <strong>de</strong> fatigue<br />

passagère et que tout re<strong>de</strong>viendrait<br />

comme avant. Je me trompais.<br />

Avec elle disparaît tout un pan <strong>de</strong> l’histoire<br />

juive contemporaine: originaire <strong>de</strong><br />

Turquie, issue d’une famille ashkénaze<br />

dont un lointain parent s’était vu confier<br />

par l’Empereur la direction <strong>de</strong>s chemins<br />

<strong>de</strong> fer autrichiens avant la première<br />

guerre mondiale, elle était polyglotte et<br />

comprenait aussi bien le turc et l’arabe<br />

que les principales langues européennes:<br />

l’allemand, le français et l’anglais<br />

puisqu’elle avait travaillé, <strong>de</strong>s années<br />

durant, pour la représentation diplomatique<br />

<strong>de</strong>s USA à <strong>Genève</strong>.<br />

Ayant eu le privilège <strong>de</strong> côtoyer cette<br />

gran<strong>de</strong> dame au cours <strong>de</strong> la décennie qui<br />

vient <strong>de</strong> s’écouler, je tente <strong>de</strong> me souvenir<br />

<strong>de</strong> tous ces échanges riches que nous<br />

eûmes et qui m’ont tant appris.<br />

Aujourd’hui, il m’incombe <strong>de</strong> témoigner<br />

<strong>de</strong> la mémoire d’une gran<strong>de</strong> dame que<br />

je vis pour la première fois, vers 1992<br />

en salle 108B, à l’Uni-Bastions, dans le<br />

séminaire que Madame le professeur<br />

Esther Starobinski-Safran donnait le<br />

lundi après-midi. Je <strong>de</strong>vais faire une<br />

conférence dans le cadre <strong>de</strong> ce séminaire<br />

et je me souviens encore très bien d’une<br />

dame d’un certain âge, assise au premier<br />

rang, au regard perçant qui attestait une<br />

gran<strong>de</strong> vivacité intellectuelle. Depuis ce<br />

jour, je revis Madame Steiner tous les<br />

lundis à <strong>Genève</strong>, lorsque je m’y rendais<br />

pour les conférences.<br />

La curiosité intellectuelle <strong>de</strong> Madame<br />

Steiner était étonnante: maintes fois<br />

elle me fit <strong>de</strong>s remarques critiques mais<br />

absolument justifiées dont je dus tenir<br />

compte tant elles étaient fondées. Elle<br />

aimait passionnément l’histoire intellectuelle<br />

du judaïsme et souhaitait que<br />

ni la religion ni l’idée nationale ne viennent<br />

en réduire la portée. Cet universalisme<br />

judéo-hébraïque qui a offert le<br />

monothéisme éthique à l’humanité lui<br />

tenait à cœur. Et lorsqu’elle défendait la<br />

mémoire <strong>de</strong> la Shoah, elle ajoutait toujours<br />

qu’il convenait d’épouser toutes les<br />

luttes en faveur <strong>de</strong>s droits <strong>de</strong> l’homme.<br />

Son rejet <strong>de</strong> l’antisémitisme s’accompagnait<br />

d’un amour ar<strong>de</strong>nt pour l’ensemble<br />

du genre humain.<br />

Son attitu<strong>de</strong> à l’égard d’Israël était claire:<br />

elle admirait ce pays qui symbolisait à ses<br />

yeux une renaissance à la fois nationale<br />

et culturelle tout en revendiquant une<br />

large autonomie pour les communautés<br />

juives <strong>de</strong> la Diaspora. Elle suivait aussi<br />

avec une certaine inquiétu<strong>de</strong> la moindre<br />

manifestation d’antisémitisme, qu’il fût<br />

d’inspiration politique ou religieuse.<br />

Tout en condamnant fermement le terrorisme,<br />

elle était d’avis que les Palestiniens<br />

<strong>de</strong>vaient eux aussi avoir un avenir<br />

aux côtés <strong>de</strong> l’État juif.<br />

Cette femme nous a beaucoup apporté et<br />

beaucoup donné. Elle était très attachée<br />

à la communauté libérale, au GIL, <strong>de</strong><br />

<strong>Genève</strong>. Elle m’a personnellement offert<br />

son ai<strong>de</strong> pour m’intégrer à la société genevoise<br />

où je ne connaissais alors presque<br />

personne, à l’exception du regretté<br />

grand rabbin Alexandre Safran (Zal) et<br />

du professeur Alain <strong>de</strong> Libera, mon collègue<br />

et ami. Madame Steiner favorisa<br />

ma relation avec le rabbin François Garaï<br />

qui, à sa <strong>de</strong>man<strong>de</strong>, m’invita régulièrement<br />

à donner <strong>de</strong>s conférences dans le<br />

cadre <strong>de</strong> sa communauté, si sympathique<br />

et si chaleureuse. Je lui suis re<strong>de</strong>vable<br />

<strong>de</strong> cette amitié qui m’unit désormais<br />

au gui<strong>de</strong> spirituel <strong>de</strong> la communauté libérale<br />

<strong>de</strong> <strong>Genève</strong>. Ensuite, elle parla <strong>de</strong><br />

moi en termes si aimables à Monsieur le<br />

professeur Marc Faessler qu’il m’invita à<br />

prendre la parole <strong>de</strong>vant l’imposant public<br />

<strong>de</strong> l’Uni-III… Comment me souvenir<br />

<strong>de</strong> tous ces actes bienfaisants, <strong>de</strong> tout ce<br />

qu’elle faisait ex mera gracia?<br />

Enfin, lorsque nous <strong>de</strong>vînmes amis,<br />

Madame Steiner se déclara prête à promouvoir<br />

la publication en français du<br />

<strong>de</strong>rnier livre posthume <strong>de</strong> Léo Baeck Dies<br />

Volk. Jüdische Existenz (Ce peuple. L’existence<br />

juive) (Armand Colin, 2007): la version<br />

française d’une telle œuvre n’eût jamais<br />

paru sans l’ai<strong>de</strong> décisive <strong>de</strong> cette femme<br />

<strong>de</strong> cœur, dont l’exigence mais aussi la<br />

droiture pouvaient aller parfois jusqu’à<br />

<strong>de</strong> la rai<strong>de</strong>ur que ses qualités <strong>de</strong> cœur<br />

compensaient largement. Elle fut donc<br />

la mécène <strong>de</strong> la culture juive, notamment<br />

celle produite par les Juifs d’expression<br />

germanique, elle qui parlait si souvent<br />

avec moi dans cette langue alleman<strong>de</strong><br />

qu’elle maîtrisait parfaitement.<br />

Je l’entretenais souvent <strong>de</strong> ma volonté<br />

<strong>de</strong> sauver le legs culturel et spirituel du<br />

judaïsme allemand, ce grand et prestigieux<br />

judaïsme d’Europe, aujourd’hui<br />

disparu, et qui, à un <strong>de</strong>mi-millénaire <strong>de</strong><br />

distance, subissait le même sort que son<br />

illustre <strong>de</strong>vancier <strong>de</strong> la péninsule Ibérique:<br />

la <strong>de</strong>struction et l’expulsion. Certes,<br />

l’expulsion <strong>de</strong>s Juifs d’Espagne ne fut<br />

pas accompagnée d’une Shoah avant la<br />

lettre, mais la similitu<strong>de</strong> est frappante<br />

entre ces <strong>de</strong>ux apogées du judaïsme en<br />

terre d’Europe. La culture <strong>de</strong> Madame<br />

Steiner était telle que je trouvais en elle<br />

une interlocutrice <strong>de</strong> qualité. Je lui avais<br />

même dit un jour en allemand, Sie sind<br />

eine ebenbürtige Gesprächpartnerin… Cela lui<br />

avait beaucoup plu.<br />

J’allais oublier la générosité intellectuelle<br />

<strong>de</strong> Madame Steiner; elle conservait<br />

pour moi toutes les coupures <strong>de</strong> journaux<br />

suisses (en français et en allemand)<br />

qu’elle m’envoyait à Paris, parfois annotés<br />

à la marge <strong>de</strong> sa main… Cet altruisme<br />

n’apparaissait pas au premier coup d’œil<br />

mais pour qui savait observer avec bienveillance,<br />

il apparaissait au grand jour.<br />

Pour peu que l’on sût aller au-<strong>de</strong>là d’une<br />

dureté <strong>de</strong> surface.<br />

Chaque fois que mon ami M. Pascal Décaillet<br />

m’invitait à sa belle émission «<strong>Genève</strong><br />

à chaud», elle me suivait fidèlement<br />

hommage<br />

<strong>de</strong>vant son écran <strong>de</strong> télévision et ne manquait<br />

jamais <strong>de</strong> m’appeler pour me féliciter.<br />

Jamais la moindre phrase convenue,<br />

la même formule conventionnelle, toujours<br />

un regard à la fois neuf, exigeant et<br />

bienveillant.<br />

Je notais plus haut l’engagement <strong>de</strong> cette<br />

femme <strong>de</strong> cœur et <strong>de</strong> conviction en faveur<br />

<strong>de</strong>s droits <strong>de</strong> l’homme, <strong>de</strong> l’amour<br />

du genre humain et <strong>de</strong> la tolérance: je<br />

pense notamment à ce fameux concert<br />

au Victoria Hall qu’elle sponsorisa et<br />

dont elle me parlait tant. Toute la ville<br />

<strong>de</strong> <strong>Genève</strong> put alors mesurer la philanthropie<br />

<strong>de</strong> cette dame.<br />

Pendant les séminaires du lundi qu’elle<br />

ne cessa <strong>de</strong> fréquenter qu’environ un an et<br />

<strong>de</strong>mi avant sa disparition, Madame Steiner<br />

faisait preuve d’une attention redoublée,<br />

posant <strong>de</strong>s questions, prenant <strong>de</strong>s<br />

notes et me <strong>de</strong>mandant aussi, parfois au<br />

téléphone, <strong>de</strong>s précisions sur <strong>de</strong>s points<br />

que je n’avais pas assez explicités…<br />

Je ne pourrai donc plus l’appeler du train<br />

qui me reconduisait vers Paris… Elle me<br />

manque déjà. Cette gran<strong>de</strong> dame dont le<br />

souvenir restera enfoui dans nos cœurs<br />

mérite bien plus que ces quelques lignes<br />

qui ne préten<strong>de</strong>nt nullement résumer<br />

ses qualités ni évoquer à grands traits<br />

son existence: elle me remet en mémoire<br />

les paroles émouvantes <strong>de</strong> la poétesse: ashré<br />

ha-zor’im we’eynam kotsrim: Bienheureux<br />

ceux qui sèment mais ne récoltent point…<br />

Maurice-Ruben Hayoun


<strong>Genève</strong><br />

Store of Geneva<br />

<strong>Genève</strong>, 6 rue Cornavin<br />

www.manor.ch The Biggest <strong>de</strong>partment<br />

interview<br />

> Valérie Zenatti<br />

Invitée du Festival International <strong>de</strong> Littérature cet automne à Berlin pour la traduction en allemand <strong>de</strong> son roman<br />

«Une bouteille dans la mer <strong>de</strong> Gaza», Valérie Zenatti, écrivaine franco-israélienne, est bien connue <strong>de</strong> nos lecteurs,<br />

puisqu’elle a fait par trois fois l’objet <strong>de</strong> la chronique «J’ai lu pour vous»: en 2005 et 2008 pour ses traductions <strong>de</strong><br />

Aharon Appelfeld, puis en 2008 à nouveau pour la sortie <strong>de</strong> la version originale <strong>de</strong> «Une bouteille dans la mer <strong>de</strong> Gaza».<br />

Elle a rencontré en Allemagne un large public <strong>de</strong> collégiens et <strong>de</strong> jeunes adultes très intéressés par le sujet évoqué et<br />

la façon dont il est traité dans ce livre. À cette occasion, Valérie Zenatti a accordé un entretien à Hayom.<br />

Vous semblez à la fois un peu surprise<br />

et enthousiaste <strong>de</strong> cette rencontre<br />

avec ces adolescents allemands.<br />

Je regar<strong>de</strong> ces jeunes ce soir et je trouve<br />

qu’ils ressemblent beaucoup plus à <strong>de</strong><br />

jeunes Israéliens qu’à <strong>de</strong> jeunes Français.<br />

Comme ici en Allemagne, on apprend<br />

aux jeunes Israéliens à s’ouvrir,<br />

à être généreux, à donner une chance<br />

à la confiance. Le système d’éducation<br />

semble plus proche entre l’Allemagne<br />

et Israël qu’avec la France. On leur fait<br />

confiance, on les responsabilise plus<br />

en leur donnant la chance d’exister<br />

autrement.<br />

Vous avez été enseignante en<br />

France. Ressentez-vous un effet <strong>de</strong><br />

«communautarisation» au sein <strong>de</strong> la<br />

jeunesse?<br />

Oui, j’ai senti une certaine «communautarisation»<br />

chez les jeunes Juifs<br />

et les jeunes d’origine maghrébine en<br />

France. Cela ressemble à un retour en<br />

arrière pour moi, par rapport à ma<br />

génération. Mais tous les jeunes ne<br />

pensent pas comme cela, bien heureusement.<br />

Par exemple, mes enfants ne<br />

comprennent pas ce repli. Je connais<br />

<strong>de</strong>s jeunes Juifs et <strong>de</strong> jeunes Arabes<br />

qui disent «les Français»! C’est très<br />

attristant. C’est aussi un problème <strong>de</strong><br />

transmission; les parents doivent inculquer<br />

aux enfants qu’ils sont français.<br />

Il y a un glissement beaucoup<br />

plus marqué <strong>de</strong> certains jeunes vers<br />

une appartenance nationale et religieuse<br />

et c’est très dommage.<br />

Ces jeunes gens qui vous ont écoutée<br />

et posé <strong>de</strong>s questions ce soir<br />

sont fascinés par cette histoire<br />

d’«Une bouteille dans la mer <strong>de</strong><br />

Gaza» mais ils ont également l’impression<br />

qu’elle est un peu naïve…<br />

suite page 62<br />

61 | hayom 34


interview<br />

C’est vrai que l’on dit souvent <strong>de</strong> Tal<br />

qu’elle est naïve, mais moi je dirais<br />

qu’elle est sincère: elle pense que dans<br />

la région où elle vit, il n’y a pas que <strong>de</strong>s<br />

gens qui veulent sa mort. Israël est le<br />

seul pays au mon<strong>de</strong> d’où les gens ne<br />

peuvent sortir que par avion. Cela crée<br />

un sentiment <strong>de</strong> solitu<strong>de</strong> très grand.<br />

Après le premier attentat, Tal a besoin<br />

<strong>de</strong> croire qu’elle peut vivre dans cette<br />

région hostile. Ce n’est pas <strong>de</strong> la naïveté<br />

mais un réflexe <strong>de</strong> survie.<br />

Il leur semble cependant difficile <strong>de</strong><br />

croire qu’une jeune fille israélienne<br />

puisse dialoguer avec un jeune<br />

homme <strong>de</strong> Gaza.<br />

On parle toujours <strong>de</strong> cette région à travers<br />

la violence qui y règne, mais on<br />

oublie souvent qu’il y a <strong>de</strong> nombreuses<br />

personnes non violentes. On parle<br />

<strong>de</strong> cette région quand cela ne va pas,<br />

mais pas quand ça va et au moment<br />

où les échanges sont possibles. Et la<br />

famille <strong>de</strong> Tal est une famille qui permet<br />

l’échange. Si elle était issue d’une<br />

famille nationaliste, cela ne serait pas<br />

possible. Dans tous les pays ce n’est<br />

pas la majorité qui est éclairée, mais<br />

une minorité. Parfois, la minorité peut<br />

entraîner la majorité. J’ai bien l’impression<br />

que <strong>de</strong>s <strong>de</strong>ux côtés, il y a une minorité<br />

qui veut et œuvre pour la paix,<br />

une autre qui n’accepte pas l’autre et,<br />

au milieu, une majorité qui ne s’y intéresse<br />

pas mais veut vivre en paix, aller<br />

à l’école, travailler, sortir au cinéma ou<br />

au restaurant. Seulement cette majorité<br />

ne se lève pas avec l’idée d’entreprendre<br />

quelque chose. Je suis persuadée<br />

d’une chose: moins les Palestiniens et<br />

les Israéliens se connaîtront, moins ils<br />

pourront vivre ensemble. Grâce à Internet,<br />

il y a <strong>de</strong>s possibilités <strong>de</strong> contact.<br />

Ainsi, par exemple, un blog a été créé<br />

en commun par un Palestinien et en Israélien;<br />

mais il est vrai que cela est très<br />

difficile <strong>de</strong> se rencontrer.<br />

Ce qui a également frappé ces collégiens,<br />

c’est le mo<strong>de</strong> <strong>de</strong> l’échange<br />

et son évolution. Ils vous ont même<br />

fait remarquer que le passage <strong>de</strong><br />

l’e-mail au «chat» rendait le dialogue<br />

plus futile.<br />

Oui, longtemps ils s’écrivent <strong>de</strong>s emails<br />

et sont donc en communication<br />

différée. Avec le chat, leur relation <strong>de</strong>vient<br />

banale et il est important pour<br />

moi qu’ils aient, à un moment donné,<br />

une relation banale. Dans l’échange<br />

banal, l’amitié peut s’installer. C’est<br />

moins spectaculaire que les mails qui<br />

ont un contenu plus profond, plus violent,<br />

mais c’est une normalisation.<br />

Comment avez-vous investi la voix<br />

<strong>de</strong> Naïm?<br />

En écrivant ce livre, j’avais besoin<br />

<strong>de</strong> m’i<strong>de</strong>ntifier aux <strong>de</strong>ux parties. J’ai<br />

avancé dans le livre en même temps<br />

que les personnages. Je compare l’écriture<br />

avec l’improvisation musicale ou<br />

théâtrale et cela s’est produit avec ce<br />

livre. J’ai laissé les voix parler et j’ai<br />

UNE BOUTEILLE DANS LA MER DE GAZA<br />

C’est une journée ordinaire à Jérusalem, un attentat moyen: un kamikaze dans un café, six<br />

morts, <strong>de</strong>ux jours d’info à la télévision. Oui, <strong>de</strong>puis trois ans, l’horreur est <strong>de</strong>venue routine,<br />

et la Ville sainte va tout droit en enfer. Tal, elle, ne s’habitue pas. Elle aime trop sa ville et la<br />

vie. Elle veut mourir très, très vieille et très, très sage. Un jour, en plein cours <strong>de</strong> biologie, une<br />

ampoule s’allume au-<strong>de</strong>ssus <strong>de</strong> sa tête, comme dans un <strong>de</strong>ssin animé. Voilà <strong>de</strong>s jours qu’elle<br />

écrit ce qu’elle a sur le cœur, ses souvenirs, la fois où elle a vu ses parents pleurer <strong>de</strong> joie, le<br />

jour <strong>de</strong> la signature <strong>de</strong>s accords <strong>de</strong> paix entre Israéliens et Palestiniens, et puis la désillusion,<br />

la révolte, la terreur, et l’espoir quand même. Ce qu’elle pense, ce qu’elle écrit, quelqu’un doit<br />

le lire. Quelqu’un d’en face. Elle l’imagine déjà, cette amie-ennemie inconnue aux cheveux<br />

noirs. Eytan, le frère <strong>de</strong> Tal, fait son service militaire à Gaza. Elle glisse ses feuillets dans une<br />

bouteille et la lui confie...<br />

VALÉRIE ZENATTI<br />

Née dans une famille juive, Valérie Zenatti a émigré en Israël à l’âge <strong>de</strong> 13 ans. Avec<br />

sa famille, elle a vécu à Beer-Sheva, ville du sud d’Israël. De 1988 à 1990, elle effectue<br />

son service militaire comme toutes les jeunes Israéliennes <strong>de</strong> son âge. Elle revient en<br />

France pour y suivre <strong>de</strong>s étu<strong>de</strong>s d’histoire et d’hébreu (qu’elle a approfondi à l’Inalco).<br />

Elle est d’abord journaliste, puis passe le Capes pour <strong>de</strong>venir professeur d’hébreu, son<br />

premier poste est à Lille. Depuis 1999, Valérie Zenatti écrit <strong>de</strong>s romans pour la jeunesse<br />

et traduit en français l’œuvre <strong>de</strong> l’écrivain israélien Aharon Appelfed.<br />

été surprise par la voix <strong>de</strong> Naïm. Je m’y<br />

suis beaucoup attachée. Depuis que<br />

je suis adolescente, je fais partie <strong>de</strong><br />

ceux qui veulent un État palestinien,<br />

mais en même temps, quand il y a eu<br />

la <strong>de</strong>uxième Intifada et les attentats,<br />

même si je savais qu’Israël produisait<br />

<strong>de</strong> la violence, je ressentais <strong>de</strong> la<br />

colère envers les Palestiniens. Et je ne<br />

voulais pas rester avec cette colère,<br />

j’avais besoin <strong>de</strong> dépasser tout cela<br />

en me dédoublant dans un dialogue.<br />

Ce dédoublement, c’est vraiment un<br />

acte d’écrivain et le lecteur est invité à<br />

ressentir ce dédoublement. J’ai également<br />

écrit ce livre parce qu’en France,<br />

j’avais l’impression que l’on me <strong>de</strong>mandait<br />

<strong>de</strong> choisir un camp alors que<br />

ma position est et restera toujours la<br />

même: c’est être pour les <strong>de</strong>ux. Je voulais<br />

partager cela avec les lecteurs. Je<br />

ne suis allée qu’une fois à Gaza, lorsque<br />

j’avais 6 ans et que j’habitais en<br />

Israël. Cependant je suis souvent allée<br />

en Cisjordanie où j’ai vu beaucoup <strong>de</strong><br />

villes, <strong>de</strong> camps <strong>de</strong> réfugiés; j’ai aussi<br />

beaucoup lu <strong>de</strong> reportages ainsi que<br />

<strong>de</strong>s textes d’étudiants <strong>de</strong> Gaza qui<br />

apprennent le français. Ce qui m’a<br />

frappée dans ces textes, c’est que quel<br />

que soit le sujet (fête, mariage, etc.) le<br />

texte commençait par la guerre puis<br />

passait à la famille. À travers ces rédactions,<br />

j’ai pu capter <strong>de</strong>s choses<br />

plus intimes qui se rapportent à leur<br />

quotidien et pas seulement au conflit.<br />

Mais le roman va dans l’intimité <strong>de</strong>s<br />

gens, parle d’individus, ce n’est pas<br />

un témoignage, ni un reportage, j’ai<br />

seulement projeté ce que je voulais<br />

exprimer.<br />

Les jeunes présents ce soir sont dubitatifs<br />

quant à la possibilité d’une<br />

rencontre physique entre Tal et<br />

Naïm.<br />

Le ren<strong>de</strong>z-vous, à la fin <strong>de</strong> l’histoire,<br />

est tout à fait possible si les gens sont<br />

sincères; mais ce qui est sûr, c’est qu’il<br />

n’est possible que s’il a lieu à l’extérieur.<br />

C’est important qu’il ait lieu<br />

en Europe car je pense que l’Europe<br />

peut vraiment ai<strong>de</strong>r à l’amélioration<br />

<strong>de</strong>s relations entre Palestiniens et Israéliens.<br />

Il existe un groupe sur Facebook<br />

qui réunit <strong>de</strong>s jeunes Israéliens<br />

et Palestiniens; il existe vraiment <strong>de</strong>s<br />

gens qui s’engagent et s’ouvrent.<br />

Votre livre est-il sorti en Israël?<br />

Les Palestiniens et les Israéliens sont<br />

fatigués d’entendre parler <strong>de</strong> leur situation,<br />

c’est pourquoi le livre n’est<br />

pas traduit là-bas: ils ne sont pas intéressés,<br />

et c’est normal.<br />

Vous allez faire une adaptation cinématographique<br />

<strong>de</strong> ce roman.<br />

Le film va être tourné cette année et la<br />

sortie est prévue pour 2011. L’histoire<br />

est transposée dans la pério<strong>de</strong> actuel-<br />

interview<br />

le, avant, pendant et un an après la<br />

guerre <strong>de</strong> Gaza. Beaucoup <strong>de</strong> choses<br />

ont changé. Pour <strong>de</strong>s raisons pratiques,<br />

par exemple, Tal a une origine<br />

française car les <strong>de</strong>ux protagonistes<br />

doivent parler français. Ce qui n’a<br />

pas changé, c’est la bouteille – excepté<br />

qu’elle va vraiment à la mer dans le<br />

film – mais fondamentalement, la relation<br />

est la même dans le dialogue et<br />

le souci qu’ils se font l’un pour l’autre.<br />

Le film va un peu plus loin dans les<br />

émotions.<br />

Propos recueillis par<br />

Malik Berkati, Berlin<br />

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64 | hayom 34<br />

cicad<br />

> Passage <strong>de</strong> relais à la CICAD<br />

Au terme <strong>de</strong> huit années à la tête <strong>de</strong> la CICAD, Me Philippe Grumbach passe le relais. Satisfait <strong>de</strong> son bilan et serein<br />

quant à la relève, celui-ci estime néanmoins nécessaire une refonte <strong>de</strong>s institutions représentant l’ensemble <strong>de</strong>s Juifs<br />

<strong>de</strong> Suisse. Interview.<br />

Comment résumeriez-vous votre prési<strong>de</strong>nce?<br />

Je dirais que ce fut un combat passionnant,<br />

intense et riche en émotions.<br />

Et sa plus belle réussite?<br />

Une vraie collaboration entre les <strong>Communauté</strong>s<br />

juives <strong>de</strong> Suisse roman<strong>de</strong> et<br />

la mise sur pied d’événements majeurs<br />

sous l’impulsion <strong>de</strong> notre secrétaire général,<br />

Johanne Gurfinkiel.<br />

Quel est, selon vous, l’impact <strong>de</strong> la<br />

CICAD auprès <strong>de</strong> l’opinion publique?<br />

Je le décrirai comme réel, fort d’une<br />

crédibilité définitivement établie. La<br />

CICAD est désormais une référence.<br />

J’en veux pour preuve le sérieux avec<br />

lequel les médias sollicitent nos réactions<br />

et le fait que les instances politiques<br />

nous consultent sur nos sujets<br />

d’interventions.<br />

Certains vous accusent-ils d’en faire<br />

parfois «trop»?<br />

C’est arrivé, en effet. A propos notamment<br />

du spectacle <strong>de</strong> Dieudonné. Mais<br />

c’est un faux procès que l’on a fait à la<br />

CICAD. Agir comporte un risque. Ne<br />

rien faire, ne rien dire, en comporte<br />

beaucoup plus. Se taire, c’est se compromettre.<br />

La lutte <strong>de</strong> la CICAD contre l’antisémitisme<br />

et pour le <strong>de</strong>voir <strong>de</strong> mémoire fait<br />

l’unanimité.<br />

Qu’en est-il <strong>de</strong> la défense d’Israël?<br />

Bien que le sujet soit plus délicat, nous<br />

n’avons jamais craint d’agir contre<br />

toute tentative <strong>de</strong> délégitimation <strong>de</strong><br />

l’État d’Israël. Le conflit <strong>de</strong> Gaza nous<br />

a ainsi amenés à intervenir fermement,<br />

auprès <strong>de</strong>s médias, mais également<br />

du DIP suite aux propos inacceptables<br />

<strong>de</strong> certains enseignants. Il<br />

était important pour nous <strong>de</strong> ne pas<br />

Me Philippe Grumbach<br />

laisser confondre engagement politique<br />

et diffamation.<br />

Diriez-vous que la situation <strong>de</strong>s communautés<br />

juives <strong>de</strong> Suisse est bonne<br />

aujourd’hui?<br />

Sans la décrire comme mauvaise, je ne<br />

pourrais pas la définir comme véritablement<br />

bonne. A cela une raison majeure:<br />

le fait que la représentation <strong>de</strong>s<br />

Juifs <strong>de</strong> ce pays procè<strong>de</strong> plus d’un compromis<br />

que d’une organisation structurée.<br />

Les autorités fédérales ne comprennent<br />

pas toujours comment, et <strong>de</strong> qui,<br />

sont constituées les délégations juives<br />

qu’elles rencontrent. C’est un vrai problème.<br />

Et notre lisibilité s’en ressent.<br />

Tout cela m’amène à dire que le modèle<br />

actuel est obsolète, qu’il doit être complètement<br />

refondu, repensé afin <strong>de</strong> regrouper<br />

tous nos coreligionnaires sous<br />

une seule et même bannière.<br />

Une «bannière» qui serait?<br />

Qui serait une CICAD Nationale, seul<br />

moyen vraiment efficace, selon moi, <strong>de</strong><br />

pallier notre faiblesse numérique. Dans<br />

ce cas, la FSCI pourrait concentrer son<br />

action dans les domaines cruciaux que<br />

sont le culte, la culture, la jeunesse et<br />

le social.<br />

Une proposition qui risque <strong>de</strong> déplaire?<br />

J’en suis parfaitement conscient, mais<br />

il en va <strong>de</strong> l’avenir <strong>de</strong> nos communautés.<br />

Il n’est pas question <strong>de</strong> plaire mais<br />

<strong>de</strong> définir les priorités et placer nos dirigeants<br />

face à leurs responsabilités. Je<br />

suis, pour ma part, prêt à prendre les<br />

miennes et à faire avancer ce projet.<br />

Le message est passé. Un mot, pour<br />

conclure?<br />

Certainement. Je formule mes vœux <strong>de</strong><br />

réussite à Alain Bruno Levy et je tiens<br />

aussi à remercier tous les membres du<br />

bureau, particulièrement mon viceprési<strong>de</strong>nt,<br />

Victor Gani, sans qui rien<br />

n’aurait été possible, et notre secrétaire<br />

général, Johanne Gurfinkiel qui fait un<br />

travail exceptionnel et à qui la CICAD<br />

doit énormément.<br />

Y. S.

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