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JANV / FÉV - Le Parvis

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<strong>JANV</strong> / <strong>FÉV</strong> 2012


collection d’hiver<br />

Ven 6 Ciné <strong>Parvis</strong> Méridien<br />

17h Projection de Cria Cuervos de Carlos Saura cinéma<br />

20h30 <strong>Le</strong> <strong>Parvis</strong><br />

ANGÉLICA LIDDELL l Maldito sea el hombre... théâtre<br />

Mar 10 <strong>Le</strong> <strong>Parvis</strong><br />

20h30 NATACHA RÉGNIER l Vivre dans le feu théâtre<br />

Mer 11 <strong>Le</strong>s Nouveautés<br />

20h30 GISÈLE VIENNE l Jerk théâtre<br />

Du Mer 11 Cinéma <strong>Parvis</strong> Méridien<br />

au Mar 17 AGNÈS VARDA, CLAIRE DENIS, SOFIA COPPOLA, cinéma<br />

CHANTAL AKERMAN... I Voyez comme elles tournent !<br />

Jeu 12 <strong>Le</strong>s Nouveautés<br />

19h GISÈLE VIENNE l Jerk théâtre<br />

20h30 <strong>Le</strong> <strong>Parvis</strong><br />

CIE NATHALIE BÉASSE l Happy Child théâtre / danse<br />

Ven 13 <strong>Le</strong> <strong>Parvis</strong> Centre d’Art Contemporain<br />

19h Vernissage de l’exposition de G. Vienne, J-L Verna, V. Gastaldon art contemporain<br />

20h30 <strong>Le</strong>s Nouveautés<br />

GISÈLE VIENNE l Jerk théâtre<br />

Sam 14 <strong>Le</strong> <strong>Parvis</strong><br />

15h Table ronde animée par Bruno Tackels et Laure Adler rencontre / débat<br />

Où en est le féminin dans l’art d’aujourd’hui ?<br />

20h30 CHANTAL AKERMAN I Avant-première de La folie Almayer cinéma<br />

Jeu 19 <strong>Le</strong> <strong>Parvis</strong><br />

20h30 HÉLA FATTOUMI l Manta danse<br />

Sam 28 <strong>Le</strong> <strong>Parvis</strong> Centre d’art<br />

14h30 -17h Café lecture et voix l Dans l’exposition de Gisèle Vienne art contemporain<br />

Avec le soutien de l’Onda et de France Culture<br />

Partenaires du <strong>Parvis</strong> saison 2011’ 2012<br />

Mairie de<br />

LE PARVIS<br />

Scène Nationale Tarbes Pyrénées<br />

Centre Méridien - Route de Pau<br />

BP 20 - 65421 IBOS Cedex<br />

www.parvis.net<br />

Licences : 1-1036508 2-1036509 3-1036510<br />

DIRECTION Marie-Claire Riou<br />

ADMINISTRATION<br />

05 62 90 08 55<br />

Fax 05 62 90 60 20<br />

9h30-12h30, 14h-18h00<br />

INFORMATIONS CINÉMA ET SPECTACLES<br />

Boîte vocale 24h/24 : 08 92 68 04 73 (0,34 €/min)<br />

BILLETTERIE<br />

<strong>Le</strong> <strong>Parvis</strong><br />

du mardi au samedi 10h-12h / 13h30-19h00<br />

05 62 90 08 55<br />

<strong>Le</strong>s Nouveautés<br />

lundi, mercredi et vendredi<br />

9h30-12h30 / 13h30-17h<br />

05 62 93 30 93<br />

TARIFS<br />

Tarifs de la Carte <strong>Parvis</strong> + : de 5 € à 25 €<br />

(collectivités : adhésion forfaitaire 50 €)<br />

Plein Adhérents Abonnés<br />

Tarif M 12 € 10 € 8 €<br />

Tarif C 23 € 19 € 16 €<br />

Tarif B 27 € 23 € 19 €<br />

Tarif A 31 € 26 € 23 €<br />

Tarif A+ 40 € 35 € 30 €<br />

<strong>Parvis</strong> 3 Librairie<br />

Centre <strong>Le</strong>clerc Université<br />

Av. Louis-Sallenave - 64000 PAU<br />

05 59 80 80 90<br />

FORUM N° 302<br />

Mensuel d’Information du <strong>Parvis</strong><br />

Fondateur Marc Bélit<br />

Directeur de Publication<br />

Marie-Claire Riou<br />

N° ISSN : 0335 21 10<br />

Dépôt légal janvier 2012<br />

Coordination Béatrice Daupagne<br />

Rédaction L’équipe du <strong>Parvis</strong><br />

Réalisation Aurélie Blain<br />

Création maquette Studio ALQ<br />

Carolina Rojas<br />

Impression Conseil Imprime<br />

couverture © Pedro González<br />

p4-5 © Angelica Liddell • p6-7 ©<br />

Stéphane Pauvret, Wilfried<br />

Thierry • p8-9 © Mathilde Darel,<br />

Marc Domage • p11 © Laurent<br />

Philippe.<br />

Partenaire Culturel depuis 1984<br />

Novembre<br />

La prochaine vague<br />

Collection d’hiver revient avec dans ses bagages, une édition<br />

entièrement consacrée aux femmes. Nous avions le désir<br />

d’accueillir quelques-unes des artistes qui nous avaient<br />

fortement surprises ces dernières années. Il y avait Gisèle<br />

Vienne, que nous avions déjà invitée, et Angélica Liddell<br />

bien sûr, qui nous avait littéralement soufflé avec La Casa<br />

de la fuerza, il y a deux ans en Avignon. Ensuite sont venus<br />

d’autres noms et nous nous sommes rendu compte qu’une<br />

seule édition ne suffirait peut-être pas pour présenter tout<br />

ce que nous avions envie de défendre.<br />

C’est ainsi qu’est née La prochaine vague, sur le désir de<br />

montrer une nouvelle génération d’artistes femmes, qui<br />

nous semblait participer fortement au renouvellement des<br />

esthétiques en usant de beaucoup de liberté, en renonçant<br />

aussi aux convenances et au politiquement correct. Bref,<br />

elles nous livraient des œuvres sans compromis. On y<br />

retrouvait à la fois de l’audace, de la simplicité dans la façon<br />

directe de traiter les sujets, et toujours du talent. Bien sûr ce<br />

qu’on vous décrit là n’est pas l’apanage des femmes, mais<br />

quand même, il nous semblait qu’elles avaient la main.<br />

Nous imaginions aussi qu’une telle programmation<br />

pourrait irriter. Pourquoi donc, presque 40 ans après la<br />

naissance du féminisme, consacrer une édition spéciale<br />

de Collection d’hiver aux femmes ? L’ équipe du <strong>Parvis</strong> était<br />

suffisamment jeune pour n’avoir pas vécu cette période. <strong>Le</strong><br />

féminisme avait joué un rôle important dans notre société<br />

certes, mais depuis la fin des années 1980, il était devenu<br />

quasi confidentiel et il faudrait attendre le tournant du<br />

siècle pour que la question resurgisse… mais sous la forme<br />

de la violence faite aux femmes. Ce n’est d’ailleurs qu’en<br />

2010 que la lutte contre la violence faite aux femmes<br />

est devenue cause nationale, et ceci sous l’influence<br />

d’associations féministes.<br />

Et dans le domaine de la culture et des arts, qu’en est-il au<br />

juste ? Là aussi, il a fallu attendre 2006 pour que Reine Prat,<br />

alors chargée de mission auprès du Ministre de la Culture<br />

Renaud Donnedieu de Vabres, remette son rapport intitulé<br />

Pour l’égal accès des femmes et des hommes aux postes de<br />

responsabilité, aux lieux de décision et à la maîtrise de la<br />

représentation.<br />

Ce rapport a fait l’effet d’une bombe. Non : le milieu des<br />

arts et de la culture n’est pas au-dessus des autres. Et<br />

pour ce qui est de la place faite aux femmes, il y a de quoi<br />

s’inquiéter, voire s’alarmer. On y apprend au passage que<br />

92% des théâtres consacrés à la création dramatique sont<br />

dirigés par des hommes, de même que 89% des institutions<br />

musicales et 86% des établissements d’enseignement. Ce<br />

déséquilibre massif concerne également les spectacles<br />

eux-mêmes : 97% des musiques qu’on peut entendre dans<br />

ces institutions ont été composées par des hommes, qui<br />

sont les auteurs de 85% des textes montés… Parmi tous les<br />

cas qu’examine Reine Prat (dans son deuxième rapport de<br />

2008), le plus spectaculaire est sans doute celui du Théâtre<br />

de l’Odéon où, depuis la rentrée 1997 (et sous les directions<br />

successives de Georges Lavaudant et d’Olivier Py), n’ont<br />

été programmés que des spectacles mis en scène par des<br />

hommes, et seulement 5% de metteurs en scène femmes<br />

aux Ateliers Berthier, le second lieu programmé par<br />

l’Odéon. <strong>Le</strong> domaine de l’art contemporain n’est pas moins<br />

conservateur et le pourcentage des œuvres de femmes<br />

dans les grandes collections publiques est très faible, bien<br />

que - et cela depuis deux décennies - les filles sortent plus<br />

nombreuses diplômées des grandes écoles d’art. De même<br />

que le public du théâtre est, lui, majoritairement féminin.<br />

Cela veut dire que la route est longue et qu’il faudra du<br />

temps pour parvenir à une forme de parité ou, en tout cas,<br />

à davantage d’égalité dans ce secteur de la culture.<br />

N’avons-nous pas besoin de représentations artistiques les<br />

plus diversifiées possibles et les plus singulières ? Dans ce<br />

dialogue entre les arts et la société, le fait que les femmes<br />

prennent d’assaut les écrans ou les plateaux est plutôt bon<br />

signe, mais il ne faudrait pas croire que les choses vont de<br />

soi. <strong>Le</strong> fait que l’équipe de programmation du <strong>Parvis</strong> soit<br />

majoritairement féminine n’est pas non plus neutre dans<br />

les choix artistiques que nous faisons.<br />

Cette édition de Collection d’hiver sonnera aussi comme<br />

une sorte de rappel de l’histoire, car si la jeunesse y est très<br />

présente nous consacrerons aussi du temps à quelques<br />

figures féminines qui ont compté pour nous, nous ont<br />

inspiré et continuent de le faire, telles Chantal Akerman<br />

ou Claire Denis par exemple, et auxquelles nous rendrons<br />

hommage.<br />

Et le 14 janvier, dans la grande salle du <strong>Parvis</strong>, il y aura une<br />

grande table ronde qui réunira des femmes aussi différentes<br />

que Gisèle Vienne, Laure Adler, Chantal Akerman, Coraline<br />

Lamaison, Cynthia Fleury, Nathalie Béasse et bien d’autres<br />

encore.<br />

Alors, on se retrouve en Janvier.<br />

Marie-Claire Riou


Angélica Liddell<br />

L’art, un mode de survie<br />

De l’espagnole Angélica Liddell,<br />

auteur, metteur en scène,<br />

magnifique performeuse,<br />

scénographe, on avait découvert<br />

avec stupéfaction au Festival<br />

d’Avignon 2010 La Casa de la<br />

Fuerza, un univers crucifié,<br />

douloureux et ensanglanté,<br />

où elle se livrait en direct<br />

à une sidérante exploration<br />

de la douleur : sur soi<br />

et sur les autres.<br />

Elle se définit elle-même<br />

comme « anarchiste paradoxale<br />

et sociopathe sous contrôle »<br />

et fait de son théâtre<br />

de la cruauté le lieu<br />

d’une douleur qui la porte<br />

à cette extrême défiance,<br />

une méfiance exacerbée<br />

vis-à-vis des autres<br />

et du monde, le lieu<br />

« où rompre le pacte social ».<br />

Tout, dans le théâtre-cri<br />

d’Angélica Liddell, revient<br />

à rejouer encore et encore<br />

la mise à mort de l’enfance,<br />

qui débouche sur un monde<br />

avili, où tout n’est que<br />

destruction, et à clouer<br />

au pilori la bien-pensance<br />

de notre époque.<br />

« Je ne pourrais pas vivre<br />

si je n’avais pas trouvé<br />

cette voie de création. Je ne<br />

sais pas vivre autrement. Je ne<br />

sais pas gérer la douleur ou la<br />

joie. (…) Je suis une résistante<br />

civile, qui cherche à convoquer<br />

l’intelligence du public<br />

à travers l’émotion…<br />

La vie est une escroquerie.<br />

Mais il faut avoir beaucoup<br />

aimé la vie pour en arriver<br />

à cette conclusion ».<br />

4 | 5<br />

Maldito sea el hombre<br />

que confia en el hombre :<br />

un projet d’alphabétisation<br />

de, par et avec Angélica Liddell<br />

La pièce Maldito sea el hombre que<br />

confia en el hombre (Maudit soit<br />

l’homme qui se confie en l’homme)...<br />

« est une œuvre sur l’innocence massacrée<br />

que j’ai construite à partir d’expériences<br />

qui ont fait exploser ma<br />

vie », déclare Angélica Liddell dans un<br />

entretien à l’AFP. « J’avais besoin de<br />

parler de ces sentiments pour ne pas<br />

me tirer une balle. C’était une question<br />

de survie », ajoute-t-elle. Dans<br />

cette pièce, créée au dernier festival<br />

d’Avignon, elle dénonce la pédophilie,<br />

l’inceste et l’hypocrisie des familles.<br />

La mélancolie et la douceur l’emportent<br />

sur la violence du texte mais<br />

l’effet n’en est pas moins dévastateur.<br />

La pièce s’ouvre sur une cour dans un<br />

royaume enchanté où deux petites<br />

filles en robe dorée paraissent sortir<br />

d’un conte de fée (Alice au pays des merveilles).<br />

Ce sont les sœurs de l’enfant<br />

de Cría Cuervos, le film de Carlos Saura,<br />

dont l’inoubliable chanson, Porque te<br />

vas, réinterprétée en français (Pour qui<br />

tu vis, et où tu vas), revient tout au long<br />

du spectacle comme un leitmotiv. <strong>Le</strong>s<br />

fillettes apprendront à leurs dépens<br />

que l’entrée dans l’âge adulte n’est pas<br />

de tout repos. La scène se transformera<br />

rapidement en un cruel champ de<br />

bataille dans lequel Angélica Liddell<br />

hurle son dégoût pour le monde et<br />

la nécessité de la vengeance. « Nous<br />

sommes des enfants dans des corps<br />

d’adultes, nous avons besoin de nous<br />

venger du monde (…). Je parle dans ce<br />

spectacle de ce paysage désolé, noir,<br />

au milieu du néant, dans lequel je me<br />

trouve avec la conscience que nous ne<br />

sommes pas des êtres bons. Et avec<br />

l’envie de mettre le feu au monde »,<br />

dit-elle. « <strong>Le</strong> pire qui puisse arriver<br />

est qu’on abuse de toi avec amour.<br />

Quand tu as le dos criblé de balles,<br />

tout tourne autour de la méfiance. Tu<br />

ne veux plus recommencer à pleurer »,<br />

poursuit-elle. Angélica Liddell admet<br />

avoir transformé sa vie en un carnet<br />

de notes, s’écartant de la fiction pour<br />

utiliser ses propres expériences, souvent<br />

brutales, pour nourrir son art.<br />

« Ce n’était pas prémédité, mais j’en<br />

suis venue à ne plus croire en la fiction.<br />

Elle me paraît insuffisante pour parler<br />

de la vie, de la désespérance. Je voulais<br />

rompre les barrières de la pudeur,<br />

parler sans pudeur de la manière dont<br />

l’amour avait été un échec dans nos<br />

vies, de la pire manière, de la manière<br />

la plus douloureuse », raconte l’artiste.<br />

« Cette pièce est une vengeance »,<br />

ajoute-t-elle. « La vengeance est le<br />

moteur de mon théâtre ».<br />

Liddell a conçu cette pièce comme un<br />

abécédaire, une structure ouverte,<br />

une distribution de cartes qui fonctionne<br />

par associations, par superpositions,<br />

par accumulations, de « A<br />

comme argent » à « Z comme Zidane »<br />

en passant par « M comme méfiance »,<br />

« R comme Rage », « L comme Loup »,<br />

« I comme idéologie », « U comme<br />

Utopie », chaque définition étant distribuée<br />

de façon non alphabétique…<br />

Première entrée E comme enfant : « Je<br />

n’ai pas connu un seul enfant qui soit<br />

devenu un bon adulte ». <strong>Le</strong> ton est<br />

donné, et c’est peu dire qu’il sera grinçant.<br />

L’abécédaire est un labyrinthe<br />

semé de lapins empaillés, qu’elle<br />

arpente vêtue en petite fille, accompagnée<br />

d’une autre actrice (double et<br />

petite sœur), Lola Jiménez. Maudit soit<br />

l’homme est un voyage sous forme de<br />

jeu de massacre (Alice au pays des horreurs),<br />

qui mène, lettre après lettre,<br />

de la rage à la tristesse, « S comme<br />

société : Si seuls les braves gens/<br />

avaient droit aux allocations chômage<br />

/ <strong>Le</strong>s familles seraient mortes de<br />

faim / C’est-à-dire de méchanceté. » et<br />

s’achève sur « U comme Utopie : Que<br />

plus un enfant ne soit conçu à la surface<br />

de la Terre. »<br />

En chemin, elle fait des rencontres<br />

- groupe d’acrobates chinois, autres<br />

acteurs -, écoute encore et encore<br />

un piano mécanique qui joue du<br />

Schubert, écorche un flamenco, et<br />

sème la désolation à travers ses mots,<br />

jusqu’à littéralement se faire rentrer<br />

dans la gorge un Ave Maria détourné.<br />

Ses créations se nourrissent de sa<br />

vie mais elles comportent toujours<br />

une vision du monde. Elle note sur<br />

des cahiers ses idées, ses sentiments,<br />

ses colères, tout ce qu’elle vit et qui se<br />

retrouve, plus ou moins transformé,<br />

dans ses spectacles. Loin de parler d’autofiction,<br />

elle envisage plutôt un processus<br />

comparable à celui qu’évoque<br />

John Cassavetes dans Opening Night<br />

où la vie et la création se nourrissent<br />

l’une de l’autre et se transforment l’une<br />

et l’autre. « Au fond, je parle toujours de<br />

monstres et de monstruosité. Je m’intéresse<br />

à tout ce qui est méprisable. Mais<br />

ça n’a pas été évident dès le départ. J’ai<br />

commencé par imaginer des personnages<br />

monstrueux. Puis j’en suis arrivée<br />

à moi-même comme être monstrueux,<br />

une Angélica monstrueuse. Finalement,<br />

tout ce que je fais sur scène, c’est pour<br />

me venger. <strong>Le</strong>s règles de la société nous<br />

empêchent de vivre comme on le voudrait.<br />

Je veux me venger de tous les<br />

collection d’hiver<br />

enfoirés que j’ai rencontrés. Me venger<br />

de moi-même parce que je n’aime pas<br />

ce que je suis. Je ne comprends pas ce<br />

que cela signifie d’être en vie, alors je<br />

me venge. » Elle précise qu’elle travaille<br />

à partir de ses obsessions. <strong>Le</strong> ressassement<br />

représente un élément essentiel<br />

de son théâtre, qui peut prendre<br />

les formes les plus frénétiques comme<br />

les plus douces, à l’image de ce piano<br />

qui, dans le spectacle, joue tout seul<br />

un andante de Schubert repris indéfiniment,<br />

produisant une sorte de tourment<br />

mélancolique à la fois vaguement<br />

vertigineux et assez drôle. « La musique<br />

tient le rôle d’un personnage à part<br />

entière, explique la jeune femme. Ce<br />

piano sans pianiste nous éloigne de<br />

l’humanité, il exprime la solitude. J’ai<br />

toujours le sentiment que c’est mon<br />

portrait que j’entends dans la musique<br />

de Schubert, dans ce mélange de<br />

mélancolie et de turbulence. Qu’y a-t-il<br />

de plus mélancolique que l’image d’un<br />

piano jouant tout seul ? ».<br />

Sources : La Scène, AFP, Libération, Télérama,<br />

<strong>Le</strong> Monde, <strong>Le</strong>s Inrockuptibles, Théâtral.<br />

Cría Cuervos de Carlos Saura<br />

« Dès l’enfance on nous mutile » affirme<br />

Nizan. <strong>Le</strong> chef-d’œuvre de Carlos Saura<br />

illustre cette terrible parole au travers<br />

du regard d’une enfant sur le monde<br />

alentour, sur les adultes, sur tout ce<br />

qui s’avère un inadmissible scandale.<br />

L’une des principales sources d’inspiration<br />

d’Angélica Liddell.<br />

> Vendredi 6 janvier<br />

Cría Cuervos<br />

17h / Cinéma Méridien<br />

> Vendredi 6 janvier<br />

Maldito sea el hombre<br />

20h30 / <strong>Le</strong> <strong>Parvis</strong><br />

En partenariat avec Espaces pluriels,<br />

scène conventionnée danse - théâtre Pau / Béarn.


Vivre dans le feu<br />

Marina Tsvetaeva, Bérangère Jannelle,<br />

Natacha Régnier<br />

Fruit d’une passion pour<br />

la langue incandescente<br />

de l’immense Tsvetaeva,<br />

un spectacle comme une<br />

expérience poétique de jeu,<br />

une conversation extrême,<br />

un hommage sincèrement<br />

amoureux à cette poétesse<br />

malicieuse et totalement<br />

anticonformiste.<br />

Bérangère Jannelle<br />

La comédienne Natacha Régnier (prix<br />

d’interprétation à Cannes - César du<br />

meilleur espoir féminin en 1998 pour<br />

La Vie rêvée des anges), vient du cinéma<br />

et pour ses débuts au théâtre, rencontre<br />

une femme inflexiblement<br />

lucide, poète d’exception, Marina<br />

Tsvetaeva (1892-1941).<br />

Vivre dans le Feu s’appuie sur les<br />

poèmes et carnets de Marina<br />

Tsvetaeva, qui fut la poète russe la<br />

plus moderne du XX e siècle, la plus<br />

audacieuse, la plus radicale et la plus<br />

obstinée. Dans ses écrits, dans sa vie<br />

sociale et amoureuse, elle s’est montrée<br />

inflexiblement lucide et passionnée.<br />

Libre, comme peu de femmes – ou<br />

d’hommes – ont osé l’être, elle a dû<br />

s’exiler et elle est revenue sans jamais<br />

céder. Ses carnets doivent être considérés<br />

comme les documents les plus<br />

spontanés et les plus subjectifs de<br />

l’héritage de Marina Tsvetaeva. Ce sont<br />

des journaux intimes, vestiges de sa<br />

vie secrète, indissociables de son activité<br />

créatrice. Sans cesse à la recherche<br />

de nouvelles issues du genre poétique,<br />

Marina Tsvetaeva explore d’autres<br />

formes d’expression. Elle se tourne<br />

vers l’écriture théâtrale qui est, une<br />

tentative d’adaptation du vers à une<br />

forme en action. Ses milliers de pages<br />

protégèrent Marina Tsvetaeva d’un<br />

anéantissement créatif.<br />

6 | 7<br />

« J’ai été vraiment touchée par le côté<br />

entier et vital » de l’écriture de Marina<br />

Tsvetaeva, explique Natacha Régnier,<br />

une plume dérangeante « qui ne<br />

s’est jamais rangée dans une catégorie<br />

sociale particulière », s’est frottée<br />

à l’hostilité des autorités et à l’indifférence<br />

de ses pairs. <strong>Le</strong>s fragments de<br />

textes évoquent la quête d’absolu, la<br />

hantise du quotidien et le besoin viscéral<br />

d’écriture de cette femme issue de<br />

la bourgeoisie russe, qui s’est pendue<br />

dans son pays natal à l’âge de 49 ans,<br />

après avoir connu la pauvreté et plusieurs<br />

exils. Son écriture, d’ « une beauté<br />

renversante (…) parle aux sensations<br />

(…) Une telle puissance d’émotion, ça<br />

saute aux yeux », dit l’actrice, en soulignant<br />

« son envie de vivre, sa recherche<br />

de joie dans une vie tragique ». « Il fallait<br />

qu’elle fasse ses mots, ne pas céder<br />

et partir vers la vie mondaine » qu’elle<br />

aurait pu avoir, explique l’actrice, qui se<br />

« reconnaît » dans le côté « sans concession<br />

» de Marina Tsvetaeva.<br />

Propos recueillis par Anne meyer, AFP<br />

le 14 janvier 2011<br />

Réunissant des poèmes et des extraits<br />

de ses carnets, Bérangère Jannelle<br />

a composé le portrait d’une femme<br />

qui n’a su vivre que dans le feu. Feu,<br />

brûlure, les mots reviennent à tous<br />

les instants de son parcours. Et c’est<br />

Natacha Régnier qui, pour ses débuts<br />

au théâtre, avec une audace qu’aurait<br />

aimée Tsvetaeva, interprète ce personnage<br />

exceptionnel. Seule devant une<br />

table, possédée par les mots. Femme<br />

de feu. »<br />

Colette Godard<br />

> Mardi 10 janvier<br />

20h30 / <strong>Le</strong> <strong>Parvis</strong><br />

Rencontre à l’issue<br />

de la représentation<br />

avec Natacha Régnier<br />

et Bérangère Jannelle<br />

Happy child<br />

Compagnie Nathalie Béasse<br />

Dans cet espace, cinq interprètes<br />

vivent une grande aventure<br />

avec peu de mots, quelques<br />

chœurs et des moments très<br />

intenses : réminiscences de<br />

jeux, courses, retrouvailles<br />

bouleversées. Ils et elles<br />

s’embrassent, s’embrasent,<br />

fusionnent, jouent, s’affrontent<br />

aussi. <strong>Le</strong>s fratries qui<br />

s’empoignent ou s’étreignent<br />

nous chavirent, tant le jeu<br />

est intense, provoquant notre<br />

empathie jusqu’aux larmes.<br />

Nous sommes dans un monde<br />

mental qui est le nôtre et qui est<br />

aussi celui d’un Shakespeare.<br />

La magie de l’enfance,<br />

dans les pas de Nathalie Béasse<br />

On y est, on y croit. La magie de Happy<br />

Child réside dans sa façon de redonner<br />

au théâtre ses vertus fondamentales<br />

de sincérité et d’illusion, de catharsis<br />

aussi, liées à l’enfance. Loin des pon-<br />

cifs, ce spectacle rayonne d’une pure<br />

beauté ludique, rend à la scène une<br />

candeur qui émerveille. Son sens de<br />

l’économie visuelle relève d’une esthétique<br />

minimaliste sans ostentation.<br />

<strong>Le</strong> petit théâtre malhabile que l’on<br />

dresse, enfant, avec trois caisses et<br />

quelques vieux vêtements, n’est pas<br />

loin du plateau de Nathalie Béasse<br />

qui en retrouve les codes d’accès avec<br />

un instinct sophistiqué. Faire tout (un<br />

monde) avec rien (une couverture) est<br />

la recette féconde de Happy Child.<br />

Certaines scènes possèdent un attrait<br />

fou et incompréhensible. D’autres font<br />

rire sans non plus qu’on en décrypte<br />

les dessous. La séquence au cours de<br />

laquelle trois hommes en tailleurs<br />

féminins, chaussures à talons et perruques<br />

blondes, se livrent à un numéro<br />

de gymnastique qui dérape en<br />

concert de human beat box hip hop<br />

laisse bouche ouverte. <strong>Le</strong> talent des<br />

acteurs danseurs mène la ronde tandis<br />

que l’inconscient sert de tapis<br />

volant aux associations d’images.<br />

collection d’hiver<br />

L’ enfance heureuse évoquée<br />

par le titre tisse la trame<br />

généreuse d’une fascinante<br />

composition que l’on doit<br />

à Nathalie Béasse,<br />

une jeune metteur en scène<br />

et chorégraphe, formée<br />

en arts visuels aux Beaux-<br />

Arts puis au Conservatoire<br />

d’Art Dramatique d’Angers.<br />

Également scénographe,<br />

elle crée pour Happy Child<br />

« un écrin somptueux,<br />

tendu de velours écru,<br />

piano dans la fourrure<br />

blanche, lumières<br />

profondes emmitouflées<br />

dans un cocon douillet :<br />

une douceur heureuse<br />

ruisselle en majesté de cette<br />

proposition tout à fait hors<br />

du commun.»<br />

Si l’on parle de « danse théâtre »,<br />

en référence à la chorégraphe allemande<br />

Pina Bausch (1940-2009),<br />

on peut ici évoquer une forme de<br />

« théâtre danse ». Des situations ordinaires<br />

(enlacer une femme en train de<br />

jouer du piano) décollent de la réalité<br />

grâce à une écriture chorégraphique<br />

paradoxalement savante et brute de<br />

décoffrage. Aucun mouvement gratuit<br />

dans cette exaspération physique<br />

d’une action nimbée de maladresse<br />

enfantine. Avec Happy Child, Nathalie<br />

Béasse, metteur en scène et chorégraphe,<br />

signe une alliance spectaculaire<br />

tout simplement impeccable.<br />

Rosita BOISSEAU, <strong>Le</strong> Monde, 04/11/2010<br />

> Jeudi 12 janvier<br />

20h30 / <strong>Le</strong> <strong>Parvis</strong><br />

Rencontre avec Nathalie<br />

Béasse à l’issue<br />

de la représentation.


Gisèle Vienne<br />

« J’aime appréhender la scène<br />

comme un lieu de cérémonie,<br />

celui de nos fantasmes. »<br />

Nous souhaitions réinviter Gisèle<br />

Vienne en raison de son talent<br />

immense et de l’influence<br />

qu’elle exerce déjà dans les arts<br />

de la scène et les arts visuels.<br />

C’est avec Jerk, spectacle<br />

déjà accueilli en 2009,<br />

que nous la retrouverons,<br />

et avec Last Spring,<br />

une installation qui sera<br />

présentée au Centre d’art.<br />

Mêlant théâtre, danse, art<br />

de la marionnette et arts<br />

plastiques, Gisèle Vienne livre<br />

des spectacles déroutants<br />

ou de troublants objets<br />

plastiques et scéniques,<br />

jouant du fantasme<br />

comme de la réalité, creusant<br />

leur sillon dans nos plus<br />

inavouables contradictions.<br />

Pulsions de vie, de mort<br />

et de sexe parcourent,<br />

dans un rituel très personnel,<br />

l’univers de cette artiste<br />

qui articule savamment les corps,<br />

les images, la musique<br />

et les mots. Pour une expérience<br />

dérangeante mais salvatrice<br />

qui, par le processus<br />

de transfiguration artistique,<br />

met à jour une certaine vérité<br />

de soi et de notre civilisation.<br />

8 | 9<br />

Jerk<br />

Solo pour marionnettes<br />

Jerk est une reconstitution imaginaire,<br />

étrange et sombre des crimes<br />

perpétrés par le serial killer américain<br />

Dean Corli, qui, avec l’aide de deux<br />

adolescents, David Brooks et Wayne<br />

Henley, a tué plus d’une vingtaine de<br />

garçons dans l’état du Texas au milieu<br />

des années 70.<br />

On se retrouve face à David Brooks<br />

qui purge une peine à perpétuité,<br />

assis sur une vilaine chaise, une<br />

vieille radiocassette et un vulgaire<br />

sac de sport à ses pieds. Il en sort<br />

des marionnettes affublées de têtes<br />

d’animaux en peluche, à qui il va faire<br />

subir les pires outrages pour l’instruction<br />

d’une classe de psychologie et sa<br />

propre thérapie carcérale.<br />

Ce personnage inspiré d’un fait-divers,<br />

revisité par l’écrivain et critique d’art<br />

américain Dennis Cooper, est interprété<br />

par Jonathan Capdevielle,<br />

né à Tarbes, accueilli la saison dernière<br />

avec Adishatz et collaborateur<br />

fétiche de Gisèle Vienne. <strong>Le</strong>s gens qui<br />

connaissent Jonathan Capdevielle<br />

n’en mènent pas large quand ils le<br />

voient dans Jerk, car ils lui trouvent les<br />

mêmes attitudes qu’au naturel, sauf<br />

que là il interprète un tortionnaire<br />

avec une justesse stupéfiante. D’une<br />

voix calme, il relate, en endossant les<br />

voix de plusieurs personnages, des<br />

scènes mêlant sexualité et violence<br />

et évoque à la perfection et en pur<br />

ventriloque les râles de jouissance ou<br />

d’agonie ainsi que les bruits divers qui<br />

accompagnent les actes macabres. Il<br />

est tout entier habité par son histoire<br />

dont on ne sait plus trop au juste qui<br />

tire les ficelles. Une histoire vraie nous<br />

est racontée par un bonimenteur plus<br />

vrai que nature à tel point qu’il se<br />

confond dans notre esprit de spectateur<br />

avec le vrai personnage de David<br />

Brooks. C’est là où le spectateur vacille<br />

sur ses bases et qu’il s’interroge.<br />

Avec Jerk, c’est un voyage en eaux<br />

troubles qui vous est proposé, une<br />

expérience extrême pour explorer les<br />

rapports entre cruauté et innocence.<br />

Une cérémonie à vivre absolument,<br />

histoire de chasser le monstre qui se<br />

cache en nous…<br />

Extrait des Inrockuptibles :<br />

Jerk pourra paraître à certains insupportable.<br />

Mais à nos yeux, le théâtre<br />

qui se frotte avec une telle intelligence<br />

au réel, aussi violent soit-il, est<br />

salutaire.<br />

> Mercredi 11 janvier<br />

20h30 / <strong>Le</strong>s Nouveautés<br />

> Jeudi 12 janvier<br />

19h / <strong>Le</strong>s Nouveautés<br />

> Vendredi 13 janvier<br />

20h30 / <strong>Le</strong>s Nouveautés<br />

Installation<br />

Avant, je croyais<br />

qu’il parlait<br />

tout seul<br />

Tout commence en 1884, quand Sarah<br />

Winchester, veuve de l’inventeur de la<br />

célèbre carabine, construit une maison<br />

fantasmagorique sur les conseils que<br />

lui donnent les esprits des victimes des<br />

armes Winchester avec qui elle s’entretient<br />

chaque nuit.<br />

Jean-Luc Verna<br />

Suzanne-Janet Préault, black widow • 2011<br />

En effet, afin de lui permettre d’échapper<br />

à une mort certaine, ces derniers<br />

lui intiment l’ordre de bâtir une<br />

maison irréelle en dehors de toutes<br />

logiques d’échelles et d’espaces. Et ce<br />

sont quelques 160 pièces, des demiétages,<br />

des fenêtres ouvertes dans<br />

le sol et des portes qui donnent dans<br />

le vide, des escaliers qui ne mènent<br />

nulle part ou encore des armoires, trop<br />

petites pour y ranger quoique ce soit,<br />

qui donnent à cette maison aux esprits<br />

toute sa démesure et son étrangeté.<br />

L’exposition conçue dans le cadre du<br />

festival Collection d’Hiver s’inspire de<br />

cette expérience mystique et associe<br />

pour une première collaboration, trois<br />

artistes dont les univers artistiques<br />

pourtant proches ne les ont jamais<br />

portés à exposer ensemble. Cette<br />

exposition au <strong>Parvis</strong> Centre d’art sera<br />

leur première expérience commune.<br />

Gisèle Vienne à laquelle le Centre<br />

d’art confie une carte blanche invite<br />

donc les plasticiens Jean-Luc Verna et<br />

Vidya Gastaldon à écrire avec elle les<br />

base d’une exposition qui se présente<br />

comme une pièce de théâtre. Rien<br />

d’étonnant à cela puisque voilà main-<br />

tenant une dizaine d’année que Gisèle<br />

Vienne œuvre dans le monde des arts<br />

vivants en proposant une succession<br />

de variations théâtrales dont l’univers<br />

se situe à la limite de la fiction et de<br />

la réalité. Chez Gisèle Vienne, le réel se<br />

situe dans un espace de perceptions<br />

multiples qu’elle met en scène avec<br />

une grande liberté narrative, mise sous<br />

tension par une série d’artifices et de<br />

pièges. Au <strong>Parvis</strong>, l’artiste propose au<br />

spectateur d’habiter un espace visité<br />

par des spectres… une installation<br />

intitulée Last Spring : a Prequel dont le<br />

décor rappelle l’architecture des maisons<br />

hantées, des espaces virtuels et<br />

évoque directement la structure des<br />

oeuvres de Dennis Cooper, écrivain<br />

américain avec lequel elle collabore<br />

régulièrement….<br />

Dans un coin caché au fond du centre<br />

d’art, un adolescent, incarné par une<br />

poupée ventriloque et animée, endosse<br />

le rôle d’un bonimenteur. Il prend place<br />

dans un espace qui déploie l’univers<br />

plastique régissant l’ensemble du projet,<br />

lequel pourrait tout aussi bien correspondre<br />

à un jeu de cache-cache<br />

avec les fantômes, victimes de la carabine<br />

Winchester.<br />

Vidya Gastaldon Floating Moutain<br />

Gisèle Vienne vit et travaille à Grenoble<br />

et Paris. Après avoir étudié la musique<br />

et la philosophie, elle fait ses études à<br />

l’Ecole Supérieure Nationale des Arts<br />

de la Marionnette. Depuis 1999, elle<br />

travaille comme chorégraphe, metteur<br />

en scène, scénographe, interprète et<br />

plasticienne.<br />

collection d’hiver<br />

Vidya Gastaldon est une artiste française<br />

vivant à Genève. Dans le Centre<br />

d’art, l’artiste dispose au sol et suspend<br />

au plafond des sculptures colorées<br />

qui convoquent deux traditions de<br />

l’art radicalement opposées : l’art minimal<br />

d’un coté, l’artisanat de l’autre ( les<br />

sculptures étant réalisées en laine). Soit,<br />

l’une des armes massives (ou du moins<br />

considérée comme telle ) des artistes<br />

femmes, comme Annette Messager ou<br />

Rose Marie Trockel. Pas question pour<br />

autant de cataloguer le travail de Vidya<br />

Gastaldon dans un art de la citation<br />

féministe. Ésotérique, son oeuvre n’emprunte<br />

à aucune tendance artistique et<br />

se nourrit exclusivement de son imaginaire<br />

fantasque et poétique. Quant à<br />

ses dessins, une dizaine ici accrochés,<br />

ils font la part belle aux paysages que<br />

Vidya Gastaldon considère comme « la<br />

forme la plus appropriée pour évoquer<br />

un certain état de contemplation ».<br />

Des paysages oniriques mais inquiétants<br />

associant en un joyeux maelström<br />

icônes populaires, personnages<br />

mystiques, ambiances post-apocalyptiques<br />

et mondes hallucinés.<br />

Jean-Luc Verna pour finir est un des<br />

artistes les plus intéressants de sa<br />

génération. Dessinateur virtuose,<br />

tombé un peu par hasard dans la<br />

chaudron magique de l’art contemporain,<br />

Jean-Luc Verna a décidé voilà des<br />

années de faire de sa vie son œuvre<br />

en livrant son corps aux mains des<br />

tatoueurs et des entraîneurs sportifs.<br />

Parsemé de tatoos d’étoiles, sculpté<br />

comme un statue grecque, son corps<br />

est un des principaux objets de son travail.<br />

Dans les auto-portraits qu’il met<br />

en scène Jean-Luc Verna prend la pose<br />

nu, imitant des stars de l’histoire de<br />

l’art telle La petite danseuse de Degas…<br />

Et de stars il ne manque pas de s’inspirer.<br />

À commencer par Siouxies Sioux,<br />

sa muse, grande figure de la scène Rock<br />

ou Delphine Seyrig, actrice et féministe<br />

française, que l’on retrouve au Centre<br />

d’art et dont il « dresse les portraits »<br />

en deux sublimes représentations noir<br />

et blanc, lithographiées comme des<br />

fantômes d’images s’emblant s’enfoncer<br />

dans la matière des murs.<br />

Ce texte s’inspire des écrits de Claire<br />

Moulène et Emmanuelle <strong>Le</strong>queux.<br />

> Vernissage<br />

Vendredi 13 janvier à 19h<br />

<strong>Le</strong> <strong>Parvis</strong> / Centre d’art


Table ronde<br />

Au cœur de Collection d’hiver<br />

> Table ronde Collection<br />

d’hiver animée par Bruno<br />

Tackels accompagné<br />

de Laure Adler<br />

samedi 14 janvier<br />

15h / <strong>Le</strong> <strong>Parvis</strong><br />

<strong>Le</strong>s Avant et Après<br />

spectacles<br />

Au café des images<br />

Venez poursuivre les soirées<br />

de Collection d’hiver<br />

autour d’un verre.<br />

Dans une ambiance feutrée,<br />

DJ Peak et El Selector Andaluz<br />

sont aux manettes pour vous<br />

donner leurs visions sonores<br />

dédiées notamment aux femmes<br />

inrockuptibles. Un capharnaüm<br />

organisé où peuvent se côtoyer<br />

la proto-disco, l’avant-rock, les drônes<br />

électroniques, la musique séculaire,<br />

tantôt dansante, tantôt d’écoute.<br />

Des sons que l’on touche de ses yeux<br />

et regarde avec ses oreilles...<br />

Une restauration vous est proposée<br />

dès 19h, avant les spectacles<br />

au <strong>Parvis</strong>, avec une formule à 8 €<br />

(comprenant plat chaud, dessert<br />

et vin servi au verre) sur réservation<br />

uniquement au 05 62 90 08 55.<br />

<strong>Le</strong> menu changera tous les soirs.<br />

10 | 11<br />

Où en est<br />

le féminin dans l’art<br />

d’aujourd’hui ?<br />

Depuis plus de trente ans, les femmes<br />

ont pris la parole, sur le plan politique,<br />

comme sur le terrain des arts. Sous le<br />

nom de féminisme, cette prise de position<br />

a donné lieu à de nombreuses<br />

formes d’expression, parfois contradictoires,<br />

mais porteuse d’une promesse<br />

d’émancipation et d’égalité. Où<br />

en sommes-nous aujourd’hui avec la<br />

parole et les formes de présence de la<br />

femme dans les arts ? Révolte, lutte,<br />

revendication. Où en sommes-nous<br />

avec le féminisme du siècle dernier ?<br />

Que disent les femmes aujourd’hui ?<br />

Ont-elles fait le deuil des utopies de<br />

leurs aînées ?<br />

Avec le Festival Collection d’hiver, le<br />

<strong>Parvis</strong> a choisi de donner la parole à<br />

ces femmes qui écrivent aujourd’hui<br />

notre récit collectif, sur les plateaux<br />

et sur les écrans. Y a-t-il une parole de<br />

femmes sur nos scènes contemporaines<br />

? Et que disent-elles du féminin<br />

? Comment ce dernier a-t-il évolué<br />

au cours des dernières décennies ? Et<br />

quel rôle la théorie des genres a-t-il eu<br />

sur l’évolution des femmes, et sur leurs<br />

combats de libération ?<br />

Pour nourrir cette réflexion à multiples<br />

entrées, nous avons réuni des femmes<br />

artistes, auteurs, réalisatrices, programmatrices<br />

: Gisèle Vienne, Laure<br />

Adler, Chantal Akerman, Coraline<br />

Lamaison, Cinthia Fleury et Hortense<br />

Archambault (sous réserve), Nathalie<br />

Béasse, et bien d’autres...<br />

Bruno Tackels<br />

Docteur en philosophie de l’Université<br />

de Strasbourg, Bruno Tackels est<br />

essayiste et dramaturge. Il enseigne<br />

l’esthétique au département des arts<br />

du spectacle de Rennes II. Il est critique<br />

de théâtre pour la revue Mouvement et<br />

sur France Culture. Figure importante<br />

des éditions <strong>Le</strong>s Solitaires intempestifs,<br />

il rédige une série d’essais monographiques<br />

consacrés à des « Écrivains<br />

de plateau » : Anatoli Vassiliev, Rodrigo<br />

Garcia, Pippo Delbono, le Théâtre du<br />

Radeau, le Théâtre du Soleil, et une<br />

monographie consacrée à Olivier Py.<br />

Laure Adler<br />

Historienne, écrivain, journaliste et<br />

productrice à France Culture notamment<br />

de l’émission Hors-champs, elle<br />

est l’auteur de plusieurs ouvrages historiques,<br />

notamment <strong>Le</strong>s premières<br />

journalistes (Payot), <strong>Le</strong>s femmes politiques<br />

(Seuil), Dans les pas de Hannah<br />

Arendt (Gallimard) et Marguerite<br />

Duras (Gallimard) pour laquelle elle a<br />

reçu le Prix Femina de l’essai, et dernièrement<br />

<strong>Le</strong>s femmes qui lisent sont de<br />

plus en plus dangereuses (Flammarion)<br />

et Manifeste féministe (Autrement).<br />

Encore et encore, il faut continuer à se<br />

battre pour l’égalité économique, politique,<br />

sexuelle entre les hommes et les<br />

femmes. De cette lutte, il ne faut pas<br />

exclure les hommes. Tout au long de<br />

l’histoire, certains d’entre eux se sont<br />

mobilisés pour la cause des femmes,<br />

pour que l’on cesse de les tenir à l’écart<br />

de l’éducation, de la pensée, de l’action<br />

sociale ou politique...<br />

Laure Adler<br />

Manta<br />

Inséparables, Héla Fattoumi<br />

et Eric Lamoureux écrivent<br />

toutes leurs pièces<br />

ensemble depuis vingt ans,<br />

et dirigent à deux le Centre<br />

Chorégraphique National<br />

de Caen depuis 2004.<br />

<strong>Le</strong>ur dernière création,<br />

Manta, (littéralement<br />

en espagnol une couverture,<br />

qui renvoie dans l’esprit des<br />

auteurs à l’ensemble des<br />

voiles qui couvrent le corps<br />

de la femme) donne lieu<br />

à une réflexion éclairée<br />

et prend à bras le corps<br />

un sujet dont on parle<br />

beaucoup, le port du voile<br />

intégral. Abordé avec<br />

nuance et intelligence,<br />

le solo Manta semble<br />

plus relever d’une prise<br />

de position publique<br />

que d’un simple état<br />

des lieux, par une chorégraphe<br />

tunisienne qui a toujours<br />

refusé de voiler sa féminité.<br />

« Je ne porte pas de jugements<br />

sur celles qui affirment le mettre<br />

par choix. J’en appelle cependant<br />

à la liberté des femmes,<br />

à la liberté de vivre leur vie<br />

de femmes sans restrictions. »<br />

Héla Fattoumi<br />

Sur scène et pour un acte chorégraphique,<br />

vous portez un hijab pour la<br />

première fois de votre vie ?<br />

Héla Fattoumi : Oui, je n’avais jamais<br />

osé. Cela s’est fait petit à petit. J’en<br />

avais peur, l’impression d’enfreindre<br />

quelque chose de sacré. C’est un<br />

vêtement religieux avec lequel<br />

on ne s’amuse pas. C’est aussi un<br />

tissu encombrant, pesant et chaud.<br />

Comment on bouge avec ça ? Ce que<br />

je produis sous ce voile, je ne le vois<br />

pas. Je suis dans la sensation.<br />

Vous parlez du fort pouvoir esthétique<br />

de ce vêtement sur scène, pouvez<br />

vous nous en dire plus ?<br />

collection d’hiver<br />

H.F : On s’est rendu compte très vite<br />

avec Eric Lamoureux que le hijab avec<br />

son drapé, ses plis, directement investi<br />

quand on le pose sur un plateau,<br />

est d’un incroyable pouvoir esthétique,<br />

voire fascinant, avec le danger<br />

que cela comporte. ( …) On ne peut pas<br />

jouer à être une femme voilée, ça n’a<br />

pas de sens. Par contre, on peut se voiler<br />

pour en faire l’expérience, il y a une<br />

grande nuance.<br />

Quel rapport artistique avez-vous<br />

développé en conjuguant vos regards<br />

sur la culture orientale et occidentale ?<br />

H.F : Un entrelacs sans cesse remis en<br />

question, un échange, un débat perpétuel.<br />

On essaie de forger un terme<br />

qui serait une identité « relation composite<br />

». Tout est partagé, à tous les<br />

niveaux et les strates de la création.<br />

Nous sommes deux personnalités,<br />

avec Eric Lamoureux, sans rôle assigné,<br />

deux imaginaires avec un creuset<br />

commun où rien n’est évacué. Ce<br />

n’est pas la quête d’une harmonie permanente<br />

ni une fusion qui ferait un<br />

monde trop plat.<br />

Propos recueillis par Anne <strong>Le</strong>ray<br />

<strong>Le</strong> propos de Manta est engagé et ne<br />

fait pas dans la demi-mesure. <strong>Le</strong> choix<br />

d’un solo est fort approprié, car, sans<br />

comparse féminin ou masculin, il permet<br />

au spectateur de porter son regard<br />

uniquement sur la femme voilée, ses<br />

gestes et ses émotions. Il s’agit d’un<br />

point de vue sur la question, celui d’une<br />

artiste d’origine tunisienne qui interroge<br />

le voile dans son rapport à la liberté<br />

de l’être qui est, en premier lieu, celle<br />

de ses mouvements.<br />

Fatima Miloudi, <strong>Le</strong>s Trois coups<br />

mardi 30 juin 2009<br />

> Jeudi 19 janvier<br />

20h30 / <strong>Le</strong> <strong>Parvis</strong><br />

Une rencontre<br />

avec Héla Fattoumi<br />

aura lieu à l’issue<br />

de la représentation


Cinéma<br />

Voyez comme elles tournent !<br />

Dans les années 1950, à l’école<br />

Vaugirard, où l’on enseignait<br />

aux jeunes gens le beau métier<br />

d’opérateur, un enseignant<br />

avertissait ses ouailles<br />

que « les femmes à la caméra<br />

rencontrent un gros problème :<br />

quand elles ont leurs règles,<br />

elles ne voient plus les couleurs<br />

de la même façon ».<br />

C’était une époque où la chimie<br />

naturelle était beaucoup<br />

plus puissante qu’aujourd’hui.<br />

<strong>Le</strong>urs hormones empêchaient<br />

les femmes de cadrer, d’éclairer,<br />

de prendre le son, de décorer,<br />

de produire, de réaliser,<br />

et même de scénariser.<br />

Mais elles ne leur interdisaient<br />

pas de jouer, de faire la scripte,<br />

ou de monter. Séduction<br />

ou maternage tolérés.<br />

Pouvoir et création prohibés (…)<br />

L’express – 25/03/11<br />

En 1962, précurseur d’une nouvelle<br />

vague féminine, Agnès Varda tourne<br />

Cléo de 5 à 7, dans lequel une jeune<br />

chanteuse attend les résultats de<br />

ses analyses et craint d’avoir un cancer.<br />

Dans son film, la réalisatrice, alors<br />

âgée de 34 ans, dépeint un personnage<br />

féminin qui se définit par rapport<br />

à elle-même et à sa crainte de<br />

la maladie. Sous l’impulsion donnée<br />

par Varda, d’autres réalisatrices<br />

apparaissent sur la scène cinématographique.<br />

L’année 1968 donne jour<br />

à un véritable besoin d’expression de<br />

la part des femmes. Et le 7 e art est<br />

un terrain tout indiqué pour s’exprimer.<br />

C’est ainsi que l’on voit naître<br />

au cinéma Marguerite Duras, Nadine<br />

Trintignant, Nelly Kaplan ou Nina<br />

Companeez. D’autres suivront dans<br />

les années 70 : Coline Serreau, Chantal<br />

Akerman, Christine Pascal…<br />

Agnès Varda tourne en 1977 L’une<br />

chante, l’autre pas, l’histoire de deux<br />

12 | 13<br />

femmes en plein mouvement de la<br />

libération féminine. Avec ce film phare,<br />

elle réalise quelque chose qui a à voir<br />

avec la nouvelle condition des femmes<br />

dans la société. C’est ainsi un véritable<br />

reflet de beaucoup de préoccupations<br />

de l’époque : droit pour les femmes de<br />

disposer de leur corps, liberté sexuelle<br />

ou choix familial, lutte pour l’avortement,<br />

création artistique…<br />

<strong>Le</strong>s années 80-90 permettront de<br />

découvrir des auteures affirmées :<br />

Claire Denis, Brigitte Roüan, et à<br />

l’étranger Jane Campion qui sera<br />

en 1993 la première femme à recevoir<br />

la palme d’or à Cannes. Certaines<br />

cinéastes vont jusqu’à soulever un<br />

vent de polémique sur le thème de<br />

la sexualité. C’est le cas de Catherine<br />

Breillat dont les films, atypiques, ont<br />

une place relativement à part dans le<br />

cinéma français.<br />

Cléo de 5 à 7<br />

Ces dix dernières années, en France, on<br />

assiste à l’explosion d’une jeune génération<br />

de réalisatrices. La profession,<br />

la critique, le public, le monde de la<br />

recherche leur portent une attention<br />

grandissante. <strong>Le</strong>urs œuvres, souvent<br />

leurs premières d’ailleurs, se voient<br />

récompensées au palmarès de nombreux<br />

festivals.<br />

C’est un panorama (non exhaustif)<br />

des ces cinéastes que nous vous proposons<br />

de découvrir du 11 au 17 janvier.<br />

Cette programmation a été élaborée<br />

avec la collaboration de Laure Adler<br />

qui animera avec Bruno Tackels une<br />

table ronde le samedi 14 janvier à<br />

15h : Où en est le féminin dans l’art<br />

d’aujourd’hui ? <strong>Le</strong> même jour, nous<br />

vous proposerons une projection en<br />

avant-première et en présence de<br />

la réalisatrice : La folie Almayer de<br />

Chantal Akerman.<br />

CLÉO DE 5 A 7<br />

Un film de Agnès Varda (1962)<br />

Cléo, belle et chanteuse, attend les<br />

résultats d’une analyse médicale. De<br />

la superstition à la peur, de la rue de<br />

Rivoli au Café de Dôme, de la coquetterie<br />

à l’angoisse, de chez elle au Parc<br />

Montsouris, Cléo vit quatre-vingt-dix<br />

minutes particulières. Son amant, son<br />

musicien, une amie puis un soldat lui<br />

ouvrent les yeux sur le monde.<br />

LA FIANCEE DU PIRATE<br />

Un film de Nelly Kaplan (1969)<br />

Une jolie vagabonde se venge des<br />

humiliations subies par elle et sa mère<br />

en séduisant tous les notables d’un<br />

village.<br />

COCKTAIL MOLOTOV<br />

Un film de Diane Kurys (1979)<br />

Pour pouvoir vivre librement leur<br />

amour, Anne et Frédéric fuguent à<br />

Venise. Mais Frédéric a le mal du pays,<br />

et sa famille lui manque...<br />

LA GARCE<br />

Un film de Christine Pascal (1984)<br />

Interdit aux moins de 12 ans<br />

Lucien Sabatier, inspecteur de police,<br />

roule derrière une Jaguar lorsque soudain,<br />

une jeune femme en est éjectée.<br />

Il stoppe et la prend à son bord...<br />

LE LIVRE DE JEREMIE<br />

Un film de Asia Argento (2005)<br />

Interdit aux moins de 16 ans<br />

L’histoire d’une enfance déchirée, vue<br />

Hanezu, l’esprit des montagnes<br />

par les yeux d’un petit garçon, Jérémie,<br />

et de sa mère, Sarah, jeune femme<br />

impulsive, insatiable et profondément<br />

perdue qui se prostitue pour des routiers<br />

sur des aires d’autoroute dans le<br />

sud des Etats-Unis.<br />

WENDY ET LUCY<br />

Un film de Kelly Reichardt (2009)<br />

Wendy, accompagnée de son chien<br />

Lucy, a pris la route de l’Alaska dans<br />

l’espoir de trouver un petit boulot et<br />

commencer une nouvelle vie. Lorsque<br />

sa voiture tombe en panne dans une<br />

petite ville de l’Oregon...<br />

WHITE MATERIAL<br />

Un film de Claire Denis (2009)<br />

Quelque part en Afrique, dans une<br />

région en proie à la guerre civile, Maria<br />

refuse d’abandonner sa plantation de<br />

café avant la fin de la récolte, malgré la<br />

menace qui pèse sur elle et les siens.<br />

BELLE ÉPINE<br />

Un film de Rebecca Zlotowski (2011)<br />

Prudence Friedman a 17 ans. Soudain<br />

livrée à elle-même dans l’appartement<br />

familial, elle rencontre Marilyne,<br />

une frondeuse du lycée qui lui fait<br />

découvrir le circuit sauvage de Rungis,<br />

où tournent dangereusement grosses<br />

cylindrées et petites motos trafiquées.<br />

Fascinée par la bande du circuit,<br />

Reynald, Franck et les autres,<br />

Prudence tente d’y gagner sa place,<br />

en essayant de faire passer sa solitude<br />

pour de la liberté.<br />

collection d’hiver<br />

SOMEWHERE<br />

Un film de Sofia Coppola (2011)<br />

Johnny Marco, auteur à la réputation<br />

sulfureuse vit à l’hôtel du Château<br />

Marmont à Los Angeles. Il va recevoir<br />

une visite inattendue : sa fille de 11 ans.<br />

WE NEED TO TALK ABOUT<br />

KEVIN<br />

Un film de Lynne Ramsay (2011)<br />

Interdit aux moins de 12 ans<br />

Eva a mis sa vie professionnelle et ses<br />

ambitions personnelles entre parenthèses<br />

pour donner naissance à Kevin.<br />

La communication entre mère et fils<br />

s’avère d’emblée très compliquée. À<br />

l’aube de ses 16 ans, il commet l’irréparable.<br />

Eva s’interroge alors sur sa<br />

responsabilité. En se remémorant les<br />

étapes de sa vie avant et avec Kevin,<br />

elle tente de comprendre ce qu’elle<br />

aurait pu ou peut-être dû faire.<br />

HANEZU, L’ESPRIT<br />

DES MONTAGNES<br />

Un film de Naomi Kawase (2012)<br />

Dans la région d’Asuka, berceau du<br />

Japon, Takumi mène une double vie :<br />

tranquille avec Tetsuya son mari, passionnée<br />

avec son amant Kayoko, sculpteur<br />

qui lui fait découvrir les plaisirs<br />

simples de la nature. Takumi apprend<br />

qu’elle est enceinte. L’arrivée de cet<br />

enfant est l’occasion pour chacun de<br />

prolonger son histoire familiale et ses<br />

rêves inassouvis. Mais bientôt, Takumi<br />

devra choisir avec qui elle veut faire sa<br />

vie. Comme au temps des Dieux qui<br />

habitaient les trois montagnes environnantes,<br />

la confrontation est inévitable.<br />

LA FOLIE ALMAYER<br />

Un film de Chantal Akerman (2012)<br />

Quelque part en Asie du Sud-Est, loin<br />

de tout, sur la rive d’un grand fleuve<br />

tumultueux. Un fleuve qui aura un<br />

rôle déterminant dans l’histoire. Une<br />

simple histoire qui réunit passion et<br />

rêves, racisme et argent, désir d’indépendance<br />

et lâcheté, mais par dessus<br />

tout l’amour d’un père pour sa fille. Un<br />

amour qui l’entraînera vers sa perte.<br />

> Programme complet<br />

sur la feuille mensuelle<br />

du 10 janvier<br />

> 3,50 e la séance


Pendant les vacances de février,<br />

découvrez les décors<br />

et les marionnettes qui ont servi<br />

au tournage du film, venus tout droit<br />

des studios de République Tchèque !<br />

La date sera précisée dans la feuille<br />

mensuelle Cinéma.<br />

Un vieux roi a trois fils. Il leur confie<br />

pour mission de lui ramener un petit<br />

chapeau qu’il a oublié, voici fort longtemps,<br />

dans une auberge des Terres<br />

Lointaines. La récompense pour celui<br />

qui y parvient : être à son tour couronné<br />

roi. Aussitôt, ils se lancent sur<br />

les routes avec de drôles de bolides<br />

de course… Avec deux films récents<br />

aux thèmes philosophiques, le cinéma<br />

d’animation tchèque, très connu pour<br />

ses films de marionnettes, renoue avec<br />

une longue tradition autrefois brillamment<br />

illustrée par les films de Jiri<br />

Trnka ou de Bretislav Pojar - dont vous<br />

connaissez peut-être <strong>Le</strong>s deux oursons<br />

ou Monsieur et Monsieur.<br />

Un programme de deux courts-métrages<br />

d’animation mettant en scène<br />

des prétendants, prêts à tout<br />

pour gagner la course au trône !<br />

LE JARDINIER QUI VOULAIT ETRE ROI<br />

Mercredi 15, jeudi 16, lundi 20, mardi 21,<br />

samedi 25 février et samedi 3 mars<br />

Programme de 2 films<br />

Rép. Tchèque • 2012 • 1h • Animation<br />

4 ans et +<br />

Une mare abandonnée. Deux enfants<br />

solitaires tombent sous le charme<br />

de ce lieu sauvage qui les rapproche<br />

peu à peu l’un de l’autre et les aide à<br />

apprivoiser la vie. À travers leur regard,<br />

leur imaginaire, la mare devient un<br />

royaume secret à la fois merveilleux<br />

et inquiétant, peuplé de créatures de<br />

rêve ou de cauchemar. Une expérience<br />

initiatique, brève et intense qui va les<br />

transformer.<br />

LA CLÉ DES CHAMPS<br />

Samedi 4 février et samedi 10 mars<br />

De Claude Nuridsany, Marie Pérennou<br />

France • 2012 • 1h20 • Documentaire<br />

8 ans et +<br />

<strong>Le</strong> premier est couvert de pois, tandis<br />

que l’autre est parsemé de points. Et<br />

ils sont très heureux comme ça. Mais<br />

vous n’êtes pas au bout de vos surprises<br />

car les aventures de Gros-pois<br />

et Petit-point riment avec imagination,<br />

observation et expérimentation...<br />

Un délice pour les plus petits !<br />

GROS POIS ET PETIT POINT<br />

Mercredi 4 et samedi 7 janvier<br />

Programme de 4 films<br />

Suède • 2012 • 43 mn • Animation<br />

2 ans et +<br />

Cinéma<br />

> Mercredi 29 février<br />

15h / <strong>Le</strong>s Nouveautés<br />

Elsa Prioux - www.theatre-enfants.com<br />

Impossible donc de ne pas se laisser complètement<br />

emporter dans ces petites<br />

migrations, bijou de poésie et d’émotion.<br />

Quel que soit l’âge du spectateur,<br />

ce magnifique parcours initiatique qui<br />

n’est pas sans rappeler certains contes,<br />

émerveille. Comme le petit personnage<br />

rentre grand à la fin de son voyage, on<br />

sort de ce très beau spectacle, instant<br />

suspendu, béat et transformé.<br />

À l’ère du virtuel et des effets spéciaux<br />

toujours plus sophistiqués, le théâtre<br />

d’ombre et son côté très artisanal a une<br />

force incroyable. Sa magie est immédiate<br />

et touche autant par l’effet né de<br />

la combinaison marionnettes / éclairage,<br />

que par la manipulation ellemême.<br />

desquelles le personnage se transforme<br />

: ses cheveux vont pousser, ses<br />

pieds vont grandir…<br />

de gauche à droite : <strong>Le</strong> jardinier et La clé des champs<br />

Commence alors pour lui une série de<br />

pérégrinations imaginaires au cours<br />

Après une mauvaise nuit, un petit personnage<br />

se réveille, s’habille, enfile ses<br />

bottes beaucoup trop grandes pour lui,<br />

et se rend à l’école. Dans la cour, tous<br />

les enfants entourent le personnage et<br />

se moquent de lui à cause de ses bottes<br />

trop grandes. Il part se cacher derrière<br />

l’arbre de la cour d’école et s’évade...<br />

« Sans l’ombre que projette notre<br />

corps, nous deviendrions invisibles, et<br />

si petits que nous aurions disparus. »<br />

Petites migrations<br />

Théâtre de Nuit<br />

Théâtre d’ombres pour les 3 à 6 ans.<br />

durée 40mn + visite décor<br />

> Mardi 31 janvier<br />

20h30 / <strong>Le</strong> <strong>Parvis</strong><br />

Orianne Charpentier - <strong>Le</strong> Monde<br />

Toujours est-il que ce miroir à multiples<br />

dimensions qu’est la représentation<br />

théâtrale nous plonge au cœur<br />

d’un conte, revisité avec puissance.<br />

tango. Parce que le tango sait exprimer<br />

tour à tour la souffrance et la joie…<br />

Peut-être est-ce un jeu. Ou peut être<br />

pas. Peut-être le Petit chaperon rouge<br />

se fait-il manger par le loup. Ou peutêtre<br />

revient-il sous un autre aspect<br />

pour nous dire quelque chose d’énigmatique,<br />

de gai et de grave. Quelque<br />

chose qui parle d’initiation et de passage,<br />

et qui se danse sur un air de<br />

<strong>Le</strong> Petit chaperon rouge a peur du loup,<br />

mais il n’en est pas moins attiré par ce<br />

ténébreux visage humain et par ses<br />

griffes démesurées. Superbement revisité<br />

par Florence Lavaud, le fameux<br />

conte a perdu de sa naïveté. Il suggère,<br />

sans mots et avec des images<br />

d’une beauté pénétrante, le passage<br />

des curiosités de l’enfance aux désirs<br />

ambigus de l’adolescence. Ce petit chaperon<br />

rouge naïf et rieur s’aventure sur<br />

les chemins pavés d’ombres cruelles,<br />

de peur et d’énigmes.<br />

Un petit chaperon<br />

rouge<br />

Cie Chantier Théâtre<br />

Théâtre à partir de 8 ans.<br />

durée 1h<br />

> Mercredi 25 janvier<br />

15h / <strong>Le</strong> Pari<br />

10 | 11<br />

Anne <strong>Le</strong>ray - L’Hérault du jour<br />

<strong>Le</strong>s tableaux s’enchaînent, les trois<br />

comédiens manipulent une foule d’objets<br />

et jonglent avec les signifiants. Des<br />

mots, des expressions, des légumes, des<br />

fleurs, des sentiments, des humeurs.<br />

Sanguine est aussi un voyage ouvert<br />

sur les cultures du monde, indienne,<br />

japonaise, chinoise, africaine. Un spectacle<br />

osant évoquer l’étymologie de la<br />

couleur dont il parle.<br />

Rouge est la couleur par excellence.<br />

Synonyme de beauté, elle est double, porteuse<br />

de vie et de violence. Elle fascine,<br />

toujours et partout. Sanguine est le dernier<br />

volet d’un cycle de quatre « leçons<br />

de choses » poétiques et chromatiques,<br />

après le jaune, le vert, le bleu, ce nouveau<br />

spectacle met en scène la couleur<br />

rouge avec sa force vitale et son universalité.<br />

Elle est la couleur par excellence,<br />

la seule à avoir un nom dans toutes les<br />

langues. Synonyme de beauté, elle est<br />

double, porteuse de vie et de violence. La<br />

couleur rouge attire et repousse. Elle fascine,<br />

toujours et partout.<br />

Sanguine<br />

Cie l’Atalante<br />

Théâtre plastique pour les 4 à 8 ans.<br />

durée 50mn<br />

Spectacles<br />

Jeune public<br />

de gauche à droite : Sanguine et Petites migrations<br />

jeune public


Qu’en est-il de Dieu ? Est-ce une<br />

invention, et si oui, de quel type : une<br />

œuvre géniale créée par l’imagination<br />

humaine, une découverte insoupçonnée,<br />

inimaginable, opérée par voie de<br />

révélation, une pure fiction construite<br />

sur fond de peur et de désir, un mensonge<br />

phénoménal concocté pour les<br />

naïfs ? On peut opter pour une signification<br />

unique et s’y tenir sa vie<br />

durant, ou migrer d’un sens à un autre<br />

au fil du temps. On peut aussi déambuler<br />

sans fin, en zigzag et en spirale,<br />

autour d’une seule signification qui<br />

s’impose plus troublante et magnétique<br />

que les autres, pour l’interroger,<br />

encore et encore. Et si celle-ci, aussi<br />

sapée, criblée de doutes, de points critiques<br />

et de pénombres soit-elle, coïncide<br />

avec les données de la religion<br />

reçue en héritage par voie du hasard de<br />

la naissance, alors ce hasard se transforme<br />

progressivement en aventure, et<br />

l’aventure en destin, à force d’être sans<br />

cesse relancée, poursuivie. Prix Femina<br />

1989 pour Jours de colère, Grand Prix<br />

Jean Giono 1998 pour Tobie des Marais,<br />

Sylvie Germain a publié aux éditions<br />

Albin Michel Magnus, prix Goncourt<br />

des lycéens 2005 (140.000 ex. vendus<br />

en librairie), L’inaperçu, Hors champ et<br />

<strong>Le</strong> monde sans vous en 2011.<br />

<strong>Parvis</strong> 3 / Pau<br />

Jeudi 26 janvier à 18h<br />

Sylvie Germain<br />

Rendez-vous nomades<br />

Editions Albin Michel<br />

Codécouvreur du virus, médecin, chercheur<br />

à l’hôpital Raymond Poincaré de<br />

Garches, Jacques <strong>Le</strong>ibowitch réévalue<br />

les dogmes autour du sida et examine<br />

les recherches actuelles qui renversent<br />

les certitudes et bouleversent les idées<br />

reçues. Non, nous ne sommes pas tous<br />

égaux devant le risque d’attraper le<br />

virus : certains groupes sont dramatiquement<br />

touchés. Non, « l’effondrement<br />

des défenses immunitaires » ne<br />

suffit pas à entraîner l’apparition du<br />

SIDA. Oui, les séropositifs sous traitement<br />

bien conduit ne transmettent<br />

plus le virus, même lors de rapports<br />

sexuels non protégés. Oui, un essai en<br />

cours ouvre la voie à un protocole allégé<br />

qui permet de réduire la fréquence<br />

du traitement à une prise par semaine<br />

avec, à la clé, un confort de vie pour<br />

les patients et des économies considérables<br />

pour nos systèmes de santé.<br />

C’est toutes nos représentations de la<br />

pandémie qu’il nous faut réviser.<br />

Jeudi 19 janvier à 18h<br />

Jacques <strong>Le</strong>ibowitch<br />

Pour en finir avec le Sida<br />

Editions Plon<br />

Après la disparition tragique de ses<br />

parents, la jeune et ténébreuse Gloria<br />

Osunera Platero dirige désormais le<br />

domaine de Las Espadas Cruzadas,<br />

l’une des propriétés les plus en vue<br />

de Ribera del Duero. En accueillant l’illustre<br />

œnologue Benjamin Cooker et<br />

son assistant Virgile, la riche héritière<br />

entend poursuivre seule l’œuvre de sa<br />

famille. Mais il traîne comme un parfum<br />

de souffre dans cette région viticole<br />

au passé glorieux. Un marquis<br />

extravagant, un régisseur qui perd la<br />

tête, un maître de chais irréprochable,<br />

un commissaire sans illusions et des<br />

petits vignerons malmenés suffisent<br />

à créer un assemblage pour le moins<br />

corsé. Entre une escapade gourmande<br />

dans la Rioja, un dossier aussi technique<br />

que cabalistique et une plongée<br />

vertigineuse dans l’univers des<br />

cépages, les experts bordelais goûtent<br />

à l’ivresse des nuits castillanes.<br />

Vendredi 13 janvier à 18h<br />

Jean Pierre Alaux<br />

Nuit d’ivresse en Castille<br />

Editions Fayard<br />

Rencontres littéraires<br />

à Pau<br />

de gauche à droite : <strong>Parvis</strong> 3 / Pau, Sylvie Germain<br />

> Mardi 28 février<br />

20h30 / <strong>Le</strong> <strong>Parvis</strong><br />

Jack Dion - Marianne 2, novembre 2011<br />

Voilà un spectacle accessible à tous,<br />

servi par des comédiens d’exception,<br />

à commencer par Claude Merlin, plus<br />

vrai que nature en Sganarelle.<br />

Ainsi fustige-t-il la langue de bois des<br />

pseudo savants de la science et de ces<br />

Diafoirus qui étaient à la médecine de<br />

son époque ce que les adeptes de la<br />

pensée unique sont aujourd’hui à l’économie.<br />

Ecouter ces esprits bornés, sûrs<br />

d’eux et dominateurs, asséner leurs<br />

pseudo vérités, ne peut pas ne pas faire<br />

penser à ces donneurs de leçons d’un<br />

autre acabit que sont les technocrates<br />

pérorant à tout va.<br />

Grâce au savoir-faire de Claude<br />

Buchvald, qui officie tout en délicatesse,<br />

ce triptyque drôlissime débouche<br />

sur un pur moment de grâce. On peut<br />

y apprécier quelques unes des idées<br />

forces de Molière, qui n’avait pas son<br />

pareil pour retourner les conventions<br />

de l’époque grâce à un art consommé<br />

de la dérision.<br />

justes noces. Dans la troisième, il y est<br />

contraint à l’insu de son plein gré, au<br />

terme d’un piège cousu main.<br />

Dans la première pièce, Sganarelle se<br />

refuse à marier sa fille. Dans la seconde,<br />

c’est lui qui ne veut plus convoler en<br />

La folie<br />

Sganarelle<br />

<strong>Le</strong> mariage est un<br />

sport de combat<br />

<strong>Le</strong>s farces de Molière sont comme<br />

les « petits » films de Chaplin : on y<br />

trouve toutes les pépites qui font le<br />

charme des grandes œuvres. À preuve<br />

La folie Sganarelle que propose Claude<br />

Buchvald à partir de trois pièces où<br />

l’on retrouve l’éternel Sganarelle, personnage<br />

que Molière, le plus souvent,<br />

interprétait lui-même : L’Amour médecin,<br />

<strong>Le</strong> mariage forcé, et La jalousie du<br />

barbouillé.<br />

> Jeudi 9 février<br />

20h30 / <strong>Le</strong> <strong>Parvis</strong><br />

consacré son dernier enregistrement,<br />

elle dit « je vivais à la maison baignée<br />

dans la musique de Schubert jouée par<br />

Alfred Brendel. Je le mets tout en haut<br />

de mon panthéon. Je ne peux pas imaginer<br />

ma vie de musicienne sans lui, je<br />

suis certaine de m’en nourrir toute ma<br />

vie. L’interpréter est devenu pour moi<br />

une nécessité, une évidence. J’aime<br />

sa nostalgie un peu voilée, sa pudeur<br />

aussi. »<br />

8 | 9<br />

À propose de Schubert, auquel elle a<br />

Discrète, secrète, racée… Vanessa<br />

Wagner ne multiplie pas les apparitions<br />

médiatiques, elle ne cultive pas<br />

le glamour des stars. Elle a cette beauté<br />

calme qui recèle des trésors sous<br />

l’apparente simplicité. « <strong>Le</strong> côté mondain,<br />

la carrière de l’ego, dit-elle avec<br />

humour, ce n’est pas pour moi. Je ne<br />

veux pas une vie de star esseulée d’hôtel<br />

en hôtel, et je ne vis pas que de<br />

musique ! »<br />

Vanessa<br />

Wagner<br />

Jeu intense<br />

et sensibilité<br />

à fleur de peau<br />

Petit retour en arrière. <strong>Le</strong> 1er juillet<br />

2011, en ouverture de Visa pour la nuit,<br />

Vanessa Wagner accompagne la soprano<br />

Karen Vourc’h dans un concert inoubliable<br />

au sommet du Pic du Midi. Elle<br />

interprète même, dans des conditions<br />

climatiques difficiles, un Impromptu de<br />

Schubert. Pour ceux qui n’auraient pas<br />

eu la chance d’assister à ce moment<br />

exceptionnel, Vanessa Wagner propose<br />

à nouveau quatre Impromptus au<br />

programme de son récital, et consacre<br />

la deuxième partie à Claude Debussy,<br />

dont nous fêtons en 2012 le 150e anniversaire<br />

de la naissance.<br />

de gauche à droite : Vanessa Wagner et La folie Sganarelle<br />

récital de piano / théâtre


Jeudi 26 janvier<br />

20h30 / <strong>Le</strong>s Nouveautés<br />

D’après Frédéric Vignale – le mague.fr,<br />

2002<br />

moines et des philosophes chrétiens<br />

ou encore des soufis et des théoriciens<br />

de l’islam. Oui, c’est dans ce sens<br />

que j’ai une certaine tendresse pour<br />

le monothéisme et ses esprits libres.<br />

Je me sens faire partie, de toute ma<br />

chair, de cette chaîne d’humanité qui<br />

devait, depuis des millénaires, trouver<br />

absolument un sens à sa vie et améliorer<br />

la condition d’humain. Toutes<br />

les croyances sont nées pour répondre<br />

à cet idéal et pour aider l’homme à se<br />

procurer un remède et une paix intérieure.<br />

<strong>Le</strong>s religions incarnent toujours<br />

une forme de thérapie parfaite!<br />

Lorsque j’approche certains textes de<br />

telle ou telle époque, je sens couler<br />

dans mes veines tous ces siècles chargés<br />

de vie et cela me fait frissonner...<br />

vibrer. Mais, ce qui est absolument choquant<br />

aujourd’hui dans ces trois religions,<br />

c’est le manque total d’humour<br />

et cette façon de détourner la générosité<br />

d’origine et la force de la spiritualité<br />

pour ne garder que des lois figées<br />

et des règles d’autrefois, en désaccord<br />

complet avec notre vie actuelle, sans<br />

parler du mépris qu’elles véhiculent<br />

envers la femme.<br />

danse / musique du monde<br />

Abed Azrié : <strong>Le</strong>s trois religions monothéistes<br />

proviennent essentiellement<br />

d’un même archétype : les mythologies<br />

mésopotamienne, cananéenne<br />

et égyptienne aussi. Elles reprennent<br />

les mêmes thèmes et les développent<br />

selon la pensée, la théologie, les lois et<br />

la morale de chaque époque. C’est cet<br />

effort et cette tentative de s’interroger<br />

sur la destinée humaine qui me touche<br />

profondément, sans parler des dissidents<br />

que ces religions ont condamnés,<br />

je veux parler des mystiques juifs, des<br />

Abed Azrié<br />

Mystic<br />

Abed Azrié est un artiste total. La musicalité<br />

du Proche-Orient l’attire comme<br />

un aimant, l’inspire comme un aimant.<br />

Loin de la ville d’Alep qui l’a vu naître<br />

en Syrie, il recompose la fulgurante<br />

modernité de textes antiques visionnaires,<br />

terreau de la pensée des civilisations<br />

du livre. Puis il leur donne vie,<br />

soufflant ses mélodies profondes et<br />

légères sur les pages qui deviennent<br />

les vaisseaux de nos voyages à travers<br />

l’espace-temps.<br />

> Mardi 24 janvier<br />

20h30 / <strong>Le</strong> <strong>Parvis</strong><br />

accompagné, sur scène, de projections<br />

d’images d’archives dans lesquelles on<br />

peut voir à l’œuvre divers danseurs des<br />

années 1930 à aujourd’hui, y compris<br />

lui-même à dix ans.<br />

Œuvre intime et ludique, Out of Time<br />

tient à la fois de l’hommage sans complaisance<br />

à la danse traditionnelle irlandaise<br />

et de l’introspection dans laquelle<br />

le chorégraphe revient sur ses rapports<br />

personnels et artistiques à la tradition,<br />

qui ont façonné son existence. Avec<br />

la collaboration de l’ingénieur du son<br />

Fionán de Barra, les sons percussifs produits<br />

par les pas du danseur sont numérisés<br />

sur le vif, traités en boucle, remixés<br />

et superposés par couches successives<br />

pour créer un accompagnement sonore<br />

hypnotique. Colin Dunne est aussi<br />

Colin Dunne a tenu plusieurs années<br />

durant le rôle principal dans Riverdance<br />

contribuant largement à la renommée<br />

internationale du spectacle. Puis<br />

il a ouvert une nouvelle voie dans sa<br />

démarche créatrice, à la suite de son<br />

passage comme artiste résident à l’Université<br />

de Limerick.<br />

Colin Dunne<br />

Out of time<br />

<strong>Le</strong> maître de la danse traditionnelle<br />

irlandaise Colin Dunne présente au<br />

<strong>Parvis</strong> son premier solo intégral, Out<br />

of Time. Cette présentation est une<br />

œuvre autobiographique extraordinairement<br />

touchante qui intègre mouvement<br />

contemporain, texte, séquences<br />

filmées et conception sonore à la<br />

danse irlandaise, créant un saisissant<br />

dialogue entre le passé et le présent du<br />

chorégraphe et danseur.<br />

de gauche à droite : Colin Dunne et Abed Azrié<br />

> Vendredi 3 février<br />

20h30 / <strong>Le</strong> <strong>Parvis</strong><br />

Propos recueillis par Pieter T’Jonk, TIJD<br />

- 21/09/04<br />

Quel est le rapport entre votre œuvre<br />

théâtrale et votre activité d’artiste<br />

plasticien ?<br />

J.L : <strong>Le</strong> théâtre pose d’autres questions<br />

que les arts plastiques. Un comédien<br />

est-il un artiste, par exemple ?<br />

Comment se positionne-t-on par rapport<br />

au public ? Est-il vrai, comme le dit<br />

Louise Bourgeois, que les applaudissements<br />

sont une forme de terrorisme<br />

de l’esprit ? L’évolution du théâtre nous<br />

enseigne, par exemple, que jadis, on<br />

explorait les limites du théâtre dans de<br />

petites salles expérimentales, tandis<br />

que les grandes salles étaient entièrement<br />

acquises aux bourgeois.(...)<br />

À Avignon, j’ai été frappé par le fait<br />

que festival off ne produit plus que des<br />

œuvres conservatrices, tandis que la<br />

sélection officielle propose un théâtre<br />

expérimental, provocateur. Mais dans<br />

un lieu qui est complètement récupéré<br />

par le pouvoir.<br />

je sois présent sur la scène sans participer<br />

à l’action fait en sorte qu’il ne<br />

s’agit plus de moi. Je considère la scène<br />

comme un espace mental dans lequel<br />

on peut réfléchir sur les choses.<br />

Ce nom de famille fait-il référence au<br />

peintre italien Giorgio Morandi, qui<br />

toute sa vie n’a peint que des natures<br />

mortes sans éclat ?<br />

J.L : C’est un petit clin d’œil. Parfois,<br />

je voudrais être un de ces artistes qui<br />

sont capables de se concentrer sur une<br />

seule chose pour en extraire la quintessence(…)<br />

En définitive, tous ces personnages<br />

forment ensemble une image de<br />

qui je suis, et où j’en suis. Mais dès que<br />

la pièce a existé, j’ai préféré m’en effacer<br />

le plus possible. Cela peut sembler<br />

paradoxal, mais c’est justement pour<br />

cette raison que cette fois-ci, je joue<br />

moi-même dans la pièce. C’est-à-dire,<br />

je suis présent sur la scène, mais sans<br />

avoir clairement un rôle ou une place.<br />

On pourrait dire que le simple fait que<br />

nographe amateur. Enfant, ça n’a jamais<br />

suscité de questions chez moi : j’ai grandi<br />

parmi ces objets. Après coup, on se<br />

demande évidemment ce qui suscitait<br />

cette passion. (…) Tout cela m’a amené à<br />

écrire une histoire à propos de cette collection.<br />

Mais l’histoire est racontée par<br />

une femme, Isabella Morandi, qui en<br />

réalité n’a jamais existé. Son récit commence<br />

en 1910 et il va jusqu’à nos jours.<br />

Cela donne par la même occasion un<br />

panorama du siècle passé. Elle étudie la<br />

collection et rêve de se rendre en Afrique.<br />

Mais cela ne se fera jamais, à l’exception<br />

d’un passage éclair.<br />

La chambre d’Isabella<br />

Jan Lauwers / Needcompany<br />

6 | 7<br />

Qui est au juste Isabella ?<br />

Jan Lauwers : Quand mon père est décédé,<br />

il y a deux ans, il m’a laissé en héritage<br />

environ 5800 objets ethnologiques<br />

et archéologiques. Mon père était médecin,<br />

mais à ses heures il était aussi eth-<br />

La compagnie de l’artiste prolixe Jan<br />

Lauwers nous donne rendez-vous avec<br />

ce qui est certainement sa pièce maîtresse<br />

: La Chambre d’Isabella. Succès<br />

mondial depuis sa création au festival<br />

d’Avignon en 2004, la pièce à l’esthétique<br />

aussi originale que remarquable<br />

arrive enfin dans nos murs !<br />

Pour la première fois,<br />

le <strong>Parvis</strong> a le plaisir d’accueillir<br />

la troupe flamande<br />

de la Needcompany.<br />

En vingt ans, elle a créé<br />

une vingtaine de pièces<br />

qui ont fait le tour<br />

du monde. Ces créations<br />

ont pour particularités<br />

d’offrir un délicat mélange<br />

de danse, théâtre,<br />

performance et des arts<br />

visuels, et de créer à chaque<br />

fois une atmosphère inédite.<br />

de gauche à droite : La Chambre d’Isabella<br />

théâtre danse


Projection en direct<br />

du Metropolitan Opera<br />

à New York<br />

Samedi 11 février<br />

18h / <strong>Le</strong> <strong>Parvis</strong><br />

Carl Fischer – classiquenews.com,<br />

mai 2011<br />

cycle cohérent appelant nécessairement<br />

la redite de son commencement<br />

pour un retour éternel à<br />

une aube de promesses, le drame<br />

s’achève après la mort de tous, par<br />

la réapparition des filles du Rhin, le<br />

fleuve débordant même de son lit<br />

pour reprendre ce qui lui avait été<br />

honteusement dérobé : l’or, l’anneau,<br />

le pouvoir, la force axiale du<br />

monde dont dépend l’équilibre du<br />

cosmos. Pour autant, il n’est pas<br />

dit que les hommes soient sauvés,<br />

ou que, s’ils récidivent, la nature<br />

reprenne encore et toujours le cours<br />

initial de son essor pour sauver ce<br />

qui doit l’être. Ainsi <strong>Le</strong> Crépuscule se<br />

conclue sur une incertitude que les<br />

metteurs en scène soulignent avec<br />

bonheur ou dérapage... Une chose<br />

est certaine, ceux qui font le jeu du<br />

pouvoir, de la richesse à tout prix, les<br />

marchands... méprisant tout amour<br />

et tout humanisme, sont condamnés<br />

à périr des erreurs qu’ils ont<br />

eux-mêmes commis.<br />

opéra au cinéma<br />

Fort de ses trouvailles dans Tristan<br />

et Isolde, Wagner compose pour son<br />

Crépuscule, une partition éruptive<br />

et violente au diapason de cette<br />

vision crue et désenchantée. Tout<br />

Avec <strong>Le</strong> Crépuscule des<br />

dieux, Wagner peint la fin<br />

d’un monde barbare<br />

et maudit, voué par<br />

lui-même à la destruction :<br />

par vanité, calcul,<br />

tromperie et duplicité,<br />

l’humanité court à sa<br />

perte. Il n’est pas de<br />

théâtre plus cynique<br />

et inhumain que<br />

<strong>Le</strong> Crépuscule des Dieux :<br />

la musique, a contrario<br />

du livret qui a été le<br />

premier texte écrit<br />

par Wagner dans sa<br />

conception globale de<br />

la Tétralogie, recueille<br />

les dernières avancées<br />

esthétiques et expressives<br />

de l’auteur.<br />

Crépuscule<br />

wagnérien<br />

> Samedi 28 janvier à 20h30<br />

Salle Padre Pio / Lourdes<br />

Plan d’accès sur www.parvis.net<br />

D’après un entretien avec Etienne Billaut<br />

Evene.fr, 2007<br />

suis laissé surprendre par ce phénomène,<br />

un jour, en entendant un autre<br />

contre-ténor en concert. La première<br />

fois que j’ai entendu Carlos Mena par<br />

exemple, j’ai pris conscience du décalage<br />

qu’il y a entre le corps et la voix<br />

dans ce registre. D’autre part, lorsqu’on<br />

chante, on passe son temps à exprimer<br />

des choses sexuelles, et il faut assumer<br />

cela aussi en plus du fait que la voix est<br />

l’instrument le plus personnel qui soit,<br />

qui dit et qui touche à ce que l’on est<br />

en propre. Ce que je ne supporte pas en<br />

revanche, c’est le fantasme qui tourne<br />

autour de la voix de contre-ténor. Car<br />

ce n’est pas lui rendre service que de la<br />

fantasmer en l’enfermant dans des clichés<br />

du type “la voix des anges, la voix<br />

du ciel”... Comme si cette voix était un<br />

miracle ! Or cette voix n’a rien de surnaturel<br />

du tout, elle repose sur des phénomènes<br />

physiologiques bien connus<br />

et une technique très solide. Cette voix<br />

n’est d’ailleurs plus aussi rare qu’autrefois<br />

et le public est devenu d’autant<br />

plus exigeant face à elle, et c’est tant<br />

mieux !<br />

de gauche à droite : Philippe Jaroussky et <strong>Le</strong> crépuscule des dieux<br />

On se demande comment la voix peut<br />

sortir d’un tel corps. Moi-même, je me<br />

Il y a également une réelle ambiguïté<br />

sexuelle concernant votre type de<br />

voix. Est-ce que c’est quelque chose<br />

qui vous attire, qui vous intéresse et<br />

que vous souhaitez cultiver ?<br />

J’ai en effet refusé cette ambiguïté<br />

au départ, estimant que j’avais choisi<br />

cette voix pour des raisons purement<br />

techniques et esthétiques - c’était<br />

la voix musicalement la plus souple<br />

chez moi et la plus riche en possibilités<br />

musicales selon moi. Je n’ai absolument<br />

pas choisi cette voix pour des<br />

raisons sexuelles, fantasmatiques ou<br />

par désir d’androgynie comme certains<br />

peuvent le faire. Cela dit, avec le temps<br />

et l’expérience, j’ai tendance à prendre<br />

de plus en plus au sérieux cette réalité<br />

car je me suis rendu compte à de<br />

nombreuses reprises que le public réagissait<br />

avec étonnement en entendant<br />

ma voix au début d’un concert. J’ai pris<br />

acte du contraste et du choc qui se produisait<br />

entre la voix et le corps chez un<br />

contre-ténor, c’est comme s’il y avait<br />

une certaine irréalité qui se créait.<br />

table terrain d’expression avec la tendance<br />

actuelle à remonter des opéras<br />

baroques un peu partout et jusque sur<br />

les plus grandes scènes internationales.<br />

La voix de contre-ténor, telle que je la<br />

pratique donc aujourd’hui dans mon<br />

répertoire (Haendel, Scarlatti…), est en<br />

quelque sorte une aberration historique<br />

puisque j’interprète en grande<br />

partie un répertoire qui n’a pas été écrit<br />

pour moi, mais pour castrat. La voix de<br />

contre-ténor est réapparue il y a tout<br />

juste un demi-siècle, mais elle bénéficie<br />

surtout aujourd’hui, depuis une<br />

dizaine d’années seulement, d’un véri-<br />

Comment vous-même définiriez-vous<br />

votre voix ?<br />

Je chante dans la même tessiture<br />

qu’une soprano ou mezzo-soprano,<br />

c’est-à-dire, une voix de femme. <strong>Le</strong><br />

contre-ténor est une voix qui a existé<br />

par le passé et a qui été abondamment<br />

employée avant l’époque des castrats<br />

(XVII-XVIIIe siècles). Puis elle a été remplacée,<br />

un temps, pour des raisons<br />

physiologiquement évidentes, par ces<br />

castrats possédant des potentialités<br />

vocales supérieures. Elle est enfin réapparue<br />

dans la seconde moitié du XXe ,<br />

avec des artistes comme Alfred Deller<br />

ou Russel Oberlin, qui ont exhumé le<br />

répertoire de musique ancienne attaché<br />

à cette voix. Cette voix suscitant<br />

un enthousiasme grandissant auprès<br />

du public et des interprètes, on a fini<br />

par chanter le répertoire des castrats<br />

eux-mêmes avec cette voix.<br />

Philippe Jaroussky<br />

De Monteverdi à Piazzolla<br />

4 | 5<br />

Philippe Jaroussky<br />

est la grande révélation<br />

lyrique du 21e siècle.<br />

Il retrouve ici Christina<br />

Pluhar et l’ensemble<br />

Arpeggiata pour un projet<br />

original, constitué d’airs<br />

de l’Espagne du XVIIe siècle –<br />

pays d’où sont partis<br />

les conquistadores<br />

à la découverte<br />

et à la conquête du<br />

continent sud-américain –,<br />

et de musiques d’Amérique<br />

latine baroques<br />

et contemporaines dans<br />

la tradition des chansons<br />

anciennes, jusqu’à certaines<br />

des Canciones d’Astor<br />

Piazzolla, dans lesquelles<br />

Philippe Jaroussky excelle<br />

tout particulièrement.<br />

de gauche à droite : Philippe Jaroussky & l’Ensemble Arpeggiata<br />

récital lyrique


Depuis que sa femme a été victime de<br />

brûlures dans un accident de voiture,<br />

le docteur Robert <strong>Le</strong>dgard, éminent<br />

chirurgien esthétique, se consacre à la<br />

création d’une nouvelle peau, grâce à<br />

laquelle il aurait pu sauver son épouse.<br />

Douze ans après le drame, il réussit<br />

dans son laboratoire privé à cultiver<br />

cette peau grâce à une femme cobaye...<br />

LA PIEL QUE HABITO<br />

De Pedro Almodóvar avec Antonio<br />

Banderas, Elena Anaya<br />

Au cœur des steppes d’Anatolie, un<br />

meurtrier tente de guider une équipe<br />

de policiers vers l’endroit où il a enterré<br />

le corps de sa victime<br />

IL ÉTAIT UNE FOIS EN ANATOLIE<br />

De Nuri Bilge Ceylan avec Muhammed<br />

Uzuner, Yılmaz Erdoan<br />

Lorsque sa femme le quitte, Nader<br />

engage une aide-soignante pour s’occuper<br />

de son père malade. Il ignore<br />

alors que la jeune femme est enceinte<br />

et a accepté ce travail sans l’accord de<br />

son mari..<br />

UNE SÉPARATION<br />

De Asghar Farhadi avec <strong>Le</strong>ila Hatami,<br />

Peyman Moadi<br />

Collection d’hiver se termine tout juste et nous enchaînons avec un festival<br />

de têtes d’affiches, nourri par la sélection Télérama 2011 de vos et nos films préférés<br />

et deux rendez-vous incontournables de la saison : Philippe Jaroussky, la révélation lyrique<br />

du 21e siècle, et La chambre d’Isabella, succès mondial depuis sa création en 2004.<br />

Un festival de têtes d’affiches<br />

Il était une fois en Anatolie<br />

Laure, 10 ans, est un garçon manqué.<br />

Arrivée dans un nouveau quartier, elle<br />

fait croire à Lisa et sa bande qu’elle est<br />

un garçon. Action ou vérité ? Action !<br />

TOMBOY<br />

De Céline Sciamma avec Zoé Héran,<br />

Malonn Lévana<br />

Bien qu’ayant perdu son travail, Michel<br />

vit heureux avec Marie-Claire. <strong>Le</strong>ur<br />

bonheur va voler en éclats devant deux<br />

jeunes hommes armés et masqués qui<br />

les frappent. Ils apprennent que cette<br />

agression a été organisée par l’un des<br />

jeunes ouvriers licenciés avec Michel...<br />

LES NEIGES DU KILIMANDJARO<br />

De Robert Guédiguian avec Ariane<br />

Ascaride, Jean-Pierre Darroussin<br />

Après la mort du Pape, le Conclave<br />

se réunit afin d’élire son successeur.<br />

Enfin, un cardinal est élu ! Mais<br />

les fidèles massés sur la place Saint-<br />

Pierre attendent en vain l’apparition au<br />

balcon du nouveau souverain pontife...<br />

HABEMUS PAPAM<br />

De Nanni Moretti avec Michel Piccoli,<br />

Nanni Moretti<br />

Un couple, Roméo et Juliette. Un<br />

enfant, Adam. Un combat, la maladie.<br />

Et surtout, une grande histoire<br />

d’amour, la leur...<br />

LA GUERRE EST DÉCLARÉE<br />

De Valérie Donzelli avec Valérie Donzelli,<br />

Jérémie Elkaïm<br />

<strong>Le</strong> ministre des Transports est réveillé<br />

en pleine nuit : un car a basculé dans<br />

un ravin. Il y va, il n’a pas le choix. Ainsi<br />

commence l’odyssée d’un homme<br />

d’Etat dans un monde toujours plus<br />

complexe et hostile.<br />

L’EXERCICE DE L’ÉTAT<br />

De Pierre Schoeller avec Olivier Gourmet,<br />

Michel Blanc<br />

Marcel Marx s’est exilé dans la ville du<br />

Havre où son métier de cireur de chaussures<br />

lui donne le sentiment d’être plus<br />

proche du peuple. Il mène une vie satisfaisante<br />

quand le destin met brusquement<br />

sur son chemin un enfant<br />

immigré originaire d’Afrique noire...<br />

LE HAVRE<br />

De Aki Kaurismäki avec André Wilms,<br />

Kati Outinen, Jean-Pierre Daroussin<br />

Vous trouverez un Pass à découper<br />

dans le magazine Télérama. En échange<br />

de ce pass, une carte valable pour 2<br />

personnes vous sera remise à la caisse<br />

du cinéma durant toute la durée de<br />

la manifestation. Sur présentation de<br />

cette carte, tous les films du Festival<br />

Télérama sont au tarif de 3 € (par place<br />

et par personne).<br />

> Du 18 au 24 janvier 2012<br />

Festival Télérama<br />

Flash-back sur les grands films<br />

de l’année<br />

Novembre<br />

Partenaire Culturel depuis 1984<br />

couverture © Peter Hallward<br />

p4-5 © Marc Borggreve, Simon<br />

Fowler, Brigitte Lacombe /<br />

Metropolitan Opera • p6-7 ©<br />

Eveline Vanasshe, Peter Hallward,<br />

Aya • p8-9 © Balazs Borocz /<br />

Pilvax Studio, Fabienne<br />

Rappeneau / Wikispectacle • p10-<br />

11 © Thomas Shepmann, Nicolas<br />

Gasco.<br />

FORUM N° 302<br />

Mensuel d’Information du <strong>Parvis</strong><br />

Fondateur Marc Bélit<br />

Directeur de Publication<br />

Marie-Claire Riou<br />

N° ISSN : 0335 21 10<br />

Dépôt légal janvier 2012<br />

Coordination Béatrice Daupagne<br />

Rédaction L’équipe du <strong>Parvis</strong><br />

Réalisation Aurélie Blain<br />

Création maquette Studio ALQ<br />

Carolina Rojas<br />

Impression Conseil Imprime<br />

<strong>Parvis</strong> 3 Librairie<br />

Centre <strong>Le</strong>clerc Université<br />

Av. Louis-Sallenave - 64000 PAU<br />

05 59 80 80 90<br />

Plein Adhérents Abonnés<br />

Tarif M 12 € 10 € 8 €<br />

Tarif C 23 € 19 € 16 €<br />

Tarif B 27 € 23 € 19 €<br />

Tarif A 31 € 26 € 23 €<br />

Tarif A+ 40 € 35 € 30 €<br />

TARIFS<br />

Tarifs de la Carte <strong>Parvis</strong> + : de 5 € à 25 €<br />

(collectivités : adhésion forfaitaire 50 €)<br />

BILLETTERIE<br />

<strong>Le</strong> <strong>Parvis</strong><br />

du mardi au samedi 10h-12h / 13h30-19h00<br />

05 62 90 08 55<br />

<strong>Le</strong>s Nouveautés<br />

lundi, mercredi et vendredi<br />

9h30-12h30 / 13h30-17h<br />

05 62 93 30 93<br />

INFORMATIONS CINÉMA ET SPECTACLES<br />

Boîte vocale 24h/24 : 08 92 68 04 73 (0,34 €/min)<br />

ADMINISTRATION<br />

05 62 90 08 55<br />

Fax 05 62 90 60 20<br />

9h30-12h30, 14h-18h00<br />

DIRECTION Marie-Claire Riou<br />

Licences : 1-1036508 2-1036509 3-1036510<br />

LE PARVIS<br />

Scène Nationale Tarbes Pyrénées<br />

Centre Méridien - Route de Pau<br />

BP 20 - 65421 IBOS Cedex<br />

www.parvis.net<br />

Mairie de<br />

Partenaires du <strong>Parvis</strong> saison 2011’ 2012<br />

Mer 29 <strong>Le</strong> <strong>Parvis</strong> Centre d’Art Contemporain<br />

14h30 - 16h L’envers du décor visite<br />

15h <strong>Le</strong>s Nouveautés<br />

THÉÂTRE DE NUIT l Petites migrations théâtre jeune public<br />

Mar 28 <strong>Le</strong> <strong>Parvis</strong><br />

20h30 MOLIÈRE / CLAUDE BUCHVALD l La folie Sganarelle théâtre<br />

Sam 11 <strong>Le</strong> <strong>Parvis</strong><br />

18h RICHARD WAGNER l <strong>Le</strong> crépuscule des dieux opéra au cinéma<br />

Jeu 9 <strong>Le</strong> <strong>Parvis</strong> Centre d’Art Contemporain<br />

19h - 20h Visite à deux voix art contemporain<br />

20h30 <strong>Le</strong> <strong>Parvis</strong><br />

VANESSA WAGNER l Debussy / Schubert récital de piano<br />

Mer 8 <strong>Le</strong> <strong>Parvis</strong> Centre d’Art Contemporain<br />

15h - 17h Atelier I Création de petits théâtres d’ombres atelier jeune public<br />

18h <strong>Le</strong> <strong>Parvis</strong> 3 / Pau<br />

Stanislas Larminat I <strong>Le</strong>s contrevérités de l’écologisme rencontre littéraire<br />

Sam 4 <strong>Le</strong> <strong>Parvis</strong> Centre d’Art Contemporain<br />

15h - 16h30 <strong>Le</strong>s enfants font la visite aux parents atelier jeune public<br />

Ven 3 <strong>Le</strong> <strong>Parvis</strong><br />

20h30 JAN LAUWERS l La chambre d’Isabella théâtre / danse<br />

Mer 1 <strong>Le</strong> <strong>Parvis</strong> Centre d’Art Contemporain<br />

15h - 17h Atelier I Création de petits théâtres d’ombres atelier jeune public<br />

février<br />

Mar 31 <strong>Le</strong> <strong>Parvis</strong><br />

20h30 CIE CHANTIER THÉÂTRE l Un petit chaperon rouge jeune public<br />

18h <strong>Le</strong> <strong>Parvis</strong> 3 / Pau / Espace librairie<br />

Maxime Vivas I Pas si zen rencontre littéraire<br />

Sam 28 <strong>Le</strong> <strong>Parvis</strong> Centre d’Art Contemporain<br />

14h30 - 17h Café lecture et voix atelier tout public<br />

15h - 16h30 <strong>Le</strong>s enfants font la visite aux parents atelier tout public<br />

20h30 Salle Padre Pio - Lourdes<br />

PHILIPPE JAROUSSKY & L’ENSEMBLE ARPEGGIATA récital lyrique<br />

Jeu 26 <strong>Le</strong> <strong>Parvis</strong> Centre d’Art Contemporain<br />

10h - 12h Café artistique I Écriture et post-it atelier jeune public<br />

20h30 <strong>Le</strong>s Nouveautés<br />

ABED AZRIÉ l Mystic musique du monde<br />

Mer 25 <strong>Le</strong> <strong>Parvis</strong> Centre d’Art Contemporain<br />

15h - 17h Atelier I Création d’un théâtre d’ombres atelier jeune public<br />

15h <strong>Le</strong> Pari<br />

CIE L’ ATALANTE l Sanguine, variations au cœur du rouge spectacle jeune public<br />

18h <strong>Le</strong> <strong>Parvis</strong> 3 / Pau / Espace librairie<br />

Dominique Resch l <strong>Le</strong>s mots de tête rencontre littéraire<br />

Mar 24 <strong>Le</strong> <strong>Parvis</strong> 3 / Pau<br />

18h Sylvie Germain I Rendez-vous nomades rencontre littéraire<br />

<strong>Le</strong> <strong>Parvis</strong><br />

20h30 COLIN DUNNE l Out of time tap dance<br />

Jeu 19 <strong>Le</strong> <strong>Parvis</strong> 3 / Pau<br />

18h Jacques <strong>Le</strong>ibowitch l Pour en finir avec le Sida rencontre littéraire<br />

Sam 14 <strong>Le</strong> <strong>Parvis</strong> Centre d’Art Contemporain / Pau<br />

14h - 16h Atelier I Dessiner des mots atelier jeune public<br />

Ven 13 <strong>Le</strong> <strong>Parvis</strong> 3 / Pau<br />

18h Jean Pierre Alaux l Nuit d’ivresse en Castille. <strong>Le</strong> sang de la vigne rencontre littéraire<br />

Mer 11 <strong>Le</strong> <strong>Parvis</strong> Centre d’Art Contemporain / Pau<br />

14h - 16h Atelier I Dessiner des mots atelier jeune public<br />

<strong>Le</strong> <strong>Parvis</strong> Centre d’Art Contemporain<br />

14h30 - 16h L’envers du décor visite<br />

janvier


LE CRÉPUSCULE<br />

DES DIEUX<br />

FESTIVAL<br />

TÉLÉRAMA<br />

LA CHAMBRE<br />

D’ISABELLA<br />

PHILIPPE<br />

JAROUSSKY<br />

<strong>JANV</strong> / <strong>FÉV</strong> 2012

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