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Après le Centre Pompidou, ERRÓ expose au Centre d'Art ...

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<strong>ERRÓ</strong><br />

<strong>Après</strong> <strong>le</strong> <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>,<br />

<strong>ERRÓ</strong> <strong>expose</strong> <strong>au</strong> <strong>Centre</strong> <strong>d'Art</strong> Contemporain Raymond Farbos.<br />

Le centre d'art contemporain Raymond Farbos accueil<strong>le</strong> du 22 mai<br />

<strong>au</strong> 18 septembre 2010 une soixantaine d’œuvres d' <strong>ERRÓ</strong>.<br />

On pourra ainsi découvrir la série complète des femmes fata<strong>le</strong>s ainsi<br />

que quelques unes de ses aquarel<strong>le</strong>s et peintures présentant<br />

une vue d'ensemb<strong>le</strong> de son travail.<br />

Peintures de la série des Femmes fata<strong>le</strong>s<br />

- Comp<strong>le</strong>te your task, 1995<br />

- The Sisters, 1995


BIOGRAPHIE<br />

L'artiste peintre islandais Erró, de son vrai nom Gudmundur Gudmunson, naît à Ólafsvík <strong>le</strong><br />

19 juil<strong>le</strong>t 1932.<br />

A partir de septembre 1949, Erró étudie à l’Eco<strong>le</strong> des Be<strong>au</strong>x-Arts de Reykjavík et s’initie<br />

notamment à la technique des papiers découpés. Il obtient <strong>le</strong> diplôme de professeur d’art<br />

<strong>au</strong> printemps 1951. A partir de 1952, il complète sa formation à l’Académie des Be<strong>au</strong>x-Arts<br />

d’Oslo et suit un cours de gravure à l’Éco<strong>le</strong> des arts décoratifs et industriels. En 1954, Erró<br />

entre à l’Académie des Be<strong>au</strong>x-Arts de Florence et en 1955 il étudie <strong>le</strong>s mosaïques<br />

byzantines <strong>au</strong> sein de l’Éco<strong>le</strong> de mosaïque de Ravenne. Pendant <strong>le</strong>s années 50, Erró<br />

voyage en Espagne, en Italie, en France et en Al<strong>le</strong>magne.<br />

En 1958, à Jaffa, Erró exécute <strong>le</strong>s dessins-collages de la série "Démasquez <strong>le</strong>s<br />

physiciens, videz <strong>le</strong>s laboratoires !" (ou "Radioactivity"), intitulée ainsi d’après <strong>le</strong> tract<br />

surréaliste parisien du 18 février contre la bombe atomique. Il s’instal<strong>le</strong> définitivement à<br />

Paris. En 1959, Erró rencontre des personnalités liées <strong>au</strong> mouvement surréaliste. Il<br />

entreprend une centaine de collages sur <strong>le</strong>squels plusieurs tab<strong>le</strong><strong>au</strong>x s’appuient, en partie<br />

ou en totalité.<br />

À Reykjavík, en 1960, Erró montre ses premiers tab<strong>le</strong><strong>au</strong>x-collages "Méca-Make-Up" à<br />

Dieter Roth qui lui suggère de peindre en plus grand <strong>le</strong>s collages restants de la série. En<br />

1962, Erró diffuse à Venise <strong>le</strong> manifeste "Mécanismo" où apparaît la notion de<br />

"mécacollage". Il Compose "100 poèmes mécaniques" et <strong>le</strong> manuel "Mécasciences". Il<br />

présente des "Mécacollages" et des objets dans l’exposition "Pour conjurer l’esprit de<br />

catastrophe" <strong>au</strong> sein de la ga<strong>le</strong>rie Raymond Cordier à Paris.<br />

En 1964, à New York, Erró renonce définitivement à inventer des formes personnel<strong>le</strong>s. À<br />

partir d’images de la culture de masse, il compose des collages qui, souvent agrandis à<br />

l’aide d’un épiscope ou d’un projecteur, donnent lieu à des tab<strong>le</strong><strong>au</strong>x. L'année suivante, il<br />

trouve à Rome des cartes posta<strong>le</strong>s représentant <strong>le</strong> pape Jean XXIII, qui lui serve de base<br />

pour la série de collages "Pope-Art".<br />

En 1966, à New York, Erró crée <strong>le</strong>s collages puis <strong>le</strong>s peintures de la série russoaméricaine<br />

"Forty-Seven Years". En 1967, il compose, en hommage à Georges Grosz, <strong>le</strong>s<br />

collages de la série "Ecce Homo", peinte en 1968. Il trouve à Cuba, dans <strong>le</strong> catalogue<br />

d’une fabrique de peinture américaine, des images d’intérieurs qui entreront dans la<br />

composition des "American Interiors" (1968).<br />

En 1970, dans un châte<strong>au</strong> de la région parisienne, Erró trouve des affiches de propagande<br />

chinoise qui lui inspireront la série "4 cities" (1972). En 1975, pour <strong>le</strong> projet de<br />

réhabilitation du Moulin Stucky lancé par la Bienna<strong>le</strong> de Venise, il conçoit 100 collages,<br />

dont une partie s’inspire de l’édifice lui-même et l’<strong>au</strong>tre, destinée à la décoration intérieure,<br />

relate l'occupation de Venise par des forces armées chinoises.<br />

En 1976, Erró visite la NASA de Houston où il obtient des documents visuels dont il se<br />

servira pour sa "Série spatia<strong>le</strong>". En 1978, il élabore <strong>le</strong>s 28 collages des Chinois à<br />

Reykjavík pour compléter la rétrospective du Kjarvalsstaðir, musée d’Art de la Vil<strong>le</strong> de<br />

Reykjavík. Il organise une projection de collages pour la <strong>le</strong>cture-spectac<strong>le</strong> de la tragédiebouffe<br />

"Stalinade" de Jean-Clarence Lambert, <strong>au</strong> <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>.


En 1981, se dérou<strong>le</strong> sa première exposition uniquement composée de collages, <strong>au</strong> sein<br />

de la ga<strong>le</strong>rie Le Dessin à Paris. Pour l’affiche officiel<strong>le</strong> de la Coupe du monde de football<br />

1982, Erró conçoit un collage de plus de 500 photographies découpées dans des<br />

publications sur <strong>le</strong> football. Il compose des collages liés <strong>au</strong> thème des bel<strong>le</strong>s d’Afrique du<br />

Nord à partir de cartes posta<strong>le</strong>s colonia<strong>le</strong>s françaises. En 1982, il in<strong>au</strong>gure "Hommage à la<br />

bande dessinée", un mur peint à Angoulême à partir de sa maquette-collage.<br />

En 1983, Erró explique à des enfants sa technique du collage dans "Un mercredi pas<br />

comme <strong>le</strong>s <strong>au</strong>tres", film de Jean Labib pour l'émission "Vitamine" de TF1. En 1985, il<br />

<strong>expose</strong>, avec "<strong>le</strong>s Paysages" de 1984, l’ensemb<strong>le</strong> des "scapes", accompagné de collages<br />

préliminaires, à l’ARC 2, musée <strong>d'Art</strong> moderne de la Vil<strong>le</strong> de Paris.<br />

En 1986, Erró propose deux maquettes-collages, "Les Savants" et "Science-Fiction<br />

Scape", puis "Les Grands Ingénieurs" en remplacement de la seconde maquette refusée<br />

pour <strong>le</strong> décor de la médiathèque de la Cité des Sciences et de l'Industrie de Paris,<br />

in<strong>au</strong>guré en 1990. Il <strong>expose</strong> collages et peintures de la série "Contrepoints" <strong>au</strong> musée<br />

d’Art et d’Histoire de Belfort. Le FRAC Franche-Comté acquiert quatre collages de cette<br />

série.<br />

En 1989, Erró, commence la série des "Portraits de poupées". Sur une commande du<br />

ministère de la culture pour <strong>le</strong> Bicentenaire de la Révolution française, il conçoit la<br />

sérigraphie "Paysage de la Révolution", sur la base d’un collage, et la projection d’un<br />

montage de portraits de révolutionnaires sur la façade de l’Assemblée nationa<strong>le</strong>. Il<br />

participe à l’exposition "Bons baisers d'artistes" à l'Atelier des Enfants du <strong>Centre</strong><br />

<strong>Pompidou</strong>, avec des collages conçus à partir de cartes posta<strong>le</strong>s de ses propres œuvres.<br />

Erró fait une importante donation de ses œuvres, dont 95 collages, à la Vil<strong>le</strong> de Reykjavík.<br />

En 1995, Erró travail<strong>le</strong> à la maquette-collage du "Music Scape", décor mural commandé<br />

par la Vil<strong>le</strong> de Paris pour <strong>le</strong> hall d’entrée de l’<strong>au</strong>ditorium des Hal<strong>le</strong>s et in<strong>au</strong>guré en 1997.<br />

En 1997, il conçoit la majeure partie des collages de la "Saga of American Comics", série<br />

peinte en 1998-1999. Il fait don de 30 collages <strong>au</strong> FDAC Val-de-Marne, ensemb<strong>le</strong><br />

complété par l’artiste en 2000 et en 2008.<br />

En 2000, Erró montre <strong>le</strong>s diverses étapes de sa création dans <strong>le</strong> film réalisé par Catherine<br />

Terzieff pour la série "L’œuvre et l’artiste" (CNDP). En 2004, la rétrospective du musée<br />

national des Be<strong>au</strong>x-Arts de La Havane intègre une série en cours d’élaboration sur la<br />

guerre en Irak, constituée d’une quinzaine de collages et d’un tirage numérique sur toi<strong>le</strong><br />

en noir et blanc fait à partir d’un collage de grand format, "God B<strong>le</strong>ss Bagdad".<br />

En 2010, la Ga<strong>le</strong>rie d'art graphique du Musée national d'art moderne, Paris, présente<br />

l’exposition "Erró, 50 ans de collages", reprise à l’<strong>au</strong>tomne par <strong>le</strong> musée des Be<strong>au</strong>x-Arts<br />

de Dô<strong>le</strong>. Le musée d’Art de la Vil<strong>le</strong> de Reykjavík propose éga<strong>le</strong>ment une rétrospective de<br />

collages à partir de ses propres col<strong>le</strong>ctions.<br />

UNIVERS PLASTIQUE ET TECHNIQUE<br />

L’univers plastique d’Erró mê<strong>le</strong> des personnages de bandes dessinées à des figures de<br />

despotes. Donald <strong>le</strong> canard et sa Daisy, Tic et Tac et <strong>au</strong>tres personnages de Walt Disney,<br />

font une fréquente apparition dans son œuvre, côte à côte avec des dieux grecs et des<br />

madones. Contrastant avec ces derniers, nous voyons surgir <strong>le</strong> dictateur al<strong>le</strong>mand Adolf


Hit<strong>le</strong>r en compagnie de son homologue irakien Saddam Hussein et du <strong>le</strong>ader chinois Mao<br />

Tsé-Toung, représentés dans des proportions monumenta<strong>le</strong>s.<br />

Fasciné par <strong>le</strong> monde des images issues des cultures <strong>le</strong>s plus diverses, Erró col<strong>le</strong>ctionne<br />

tout ce qu’il peut glaner ici et là <strong>au</strong> travers de la bande dessinée, des comics, de la presse<br />

alternative, de la publicité, des dessins d’illustration et <strong>au</strong>tres publications margina<strong>le</strong>s. Il<br />

exploite ce réservoir d’images pour réaliser tout un monde de petites saynètes tour à tour<br />

drolatiques, ironiques ou militantes qu’il transpose sur la toi<strong>le</strong> et où tout se té<strong>le</strong>scope dans<br />

une détonante jubilation formel<strong>le</strong> et chromatique.<br />

Une fois <strong>le</strong>s documents sé<strong>le</strong>ctionnés, Erró découpe <strong>le</strong>s fragments d'images qui<br />

l'intéressent avec des cise<strong>au</strong>x et effectue des collages qu'il retravail<strong>le</strong>. Lorsque <strong>le</strong> collage<br />

est terminé, il passe à la deuxième phase de son travail : la transposition sur un support<br />

(toi<strong>le</strong> ou contre-plaqué). Il s'agit toujours d'un agrandissement, car ses collages sont<br />

presque toujours d'un format inférieur à l’œuvre définitive. Il dessine alors une à une <strong>le</strong>s<br />

images et utilise différents procédés d'agrandissement (mise <strong>au</strong> carre<strong>au</strong>, reproduction libre<br />

ou agrandissement <strong>au</strong> projecteur) puis <strong>le</strong>s met en cou<strong>le</strong>ur.<br />

TEXTES<br />

“ La peinture est un moyen pour tenter de découvrir la signification d'un monde confus”, at-il<br />

écrit pour s'expliquer. Si ce n'est qu'en plaçant la confusion, la prolifération, <strong>le</strong> tourbillon<br />

<strong>au</strong> centre de chaque toi<strong>le</strong>, Erró suggère plutôt qu'il n'y a pas – ou plus? - <strong>au</strong>cune<br />

signification à attendre. Le temps est <strong>au</strong> désordre généralisé. Le pouvoir appartient à la<br />

contradiction et à l'absurde. Ses œuvres sont des fragments, <strong>au</strong>ssi représentatifs que<br />

provocants, de cette absurdité, quand <strong>le</strong>s images se brouil<strong>le</strong>nt et se confondent. Et son<br />

génie propre est de savoir révé<strong>le</strong>r la sp<strong>le</strong>ndeur éclatante de ce chaos.”<br />

Philippe DAGEN, Le Monde, samedi 19 avril 2003.<br />

“L’œuvre d'Erró […] montre <strong>le</strong> développement d'un langage pictural souverain et<br />

irrémédiab<strong>le</strong>ment hédoniste, dans <strong>le</strong>quel l'artiste présente un résumé presque<br />

encyclopédique de ses œuvres antérieures qu'il complète avec des bandes dessinées et<br />

des dessins animés, mais <strong>au</strong>ssi avec des dessins faits sur ordinateur et des manipulations<br />

sur écran. Les formats de ces œuvres atteignent parfois des dimensions gigantesques; <strong>le</strong>s<br />

figures bien connues d'hommes et de femmes, ironisant <strong>le</strong> cliché héroïque de Superman,<br />

représentent une version apocalyptique de la société postmoderne de cette fin de sièc<strong>le</strong>.<br />

Dans ce contexte, <strong>le</strong>s vraies émotions sont réduites <strong>au</strong>x pseudo-sentiments ridicu<strong>le</strong>s,<br />

kitsch et dégénérés qui pervertissent l'action, la vraie dramatique esthétique, la<br />

confrontation conflictuel<strong>le</strong> et la lutte pour un changement de ce monde en une misérab<strong>le</strong><br />

pseudo-activité hollywoodienne. Ce monde h<strong>au</strong>t en cou<strong>le</strong>ur, d'apparence si attractif et<br />

dynamique, se dévoi<strong>le</strong> par ses propres clichés. Le regardeur se sent à la fois voyeur et<br />

complice d'un processus de manipulation qu'il ne peut contrô<strong>le</strong>r.”<br />

Extrait du catalogue «Erró, Von Mao bis Madonna », Museum Moderner Kunst Stiffung<br />

Ludwig Wien, Palais Liechtenstein, 14 juin – 8 septembre 1996.<br />

A propos des Femmes fata<strong>le</strong>s :<br />

«Dans la mythologie, Hippolyte, reine des Amazones, fût b<strong>le</strong>ssée mortel<strong>le</strong>ment par Achil<strong>le</strong><br />

avant qu’il ne tombe, trop tardivement, amoureux d’el<strong>le</strong>. La reine dirigeait un peup<strong>le</strong> de<br />

femmes farouches, chasseresses et guerrières, vivant de pillages, et qui ne toléraient pas<br />

la présence des mâ<strong>le</strong>s, tuant <strong>le</strong>urs garçons à la naissance, et mutilant <strong>le</strong>s <strong>au</strong>tres qu’el<strong>le</strong>s


gardaient comme esclaves. Dans l’épopée cheva<strong>le</strong>resque teutonne et c<strong>au</strong>casienne, en<br />

Scythes et dans <strong>le</strong> nord de l’Asie Mineure, la Walkyrie, femme plantureuse et robuste,<br />

représentait l’une des trois déesses guerrières qui décident du sort des soldats, désignant<br />

ceux qui doivent mourir. Terroriste moderne ou combattante de l’ombre selon <strong>le</strong>s versions,<br />

femme fata<strong>le</strong> survoltée ou Jeanne d’Arc défoulée, héroïne habituel<strong>le</strong> de séries<br />

télévisuel<strong>le</strong>s américaines ou de plus rares mangas japonais, moins habillée que fortement<br />

armée, Tankgirl, la femme rebel<strong>le</strong>, réfute la femme-objet, et s’émancipe à jamais des<br />

obligations de la femme dévouée <strong>au</strong>tant que des servitudes de l’épouse <strong>au</strong> foyer. Dans<br />

ces déclinaisons bur<strong>le</strong>sques, la femme bel<strong>le</strong> et cruel<strong>le</strong> prend de force son pouvoir sur la<br />

société, s’appropriant sans ambages <strong>le</strong>s attributs phalliques du sexe masculin, la main<br />

serrée sous la garde d’une épée ou <strong>le</strong> doigt pressé sur la détente d’une arme de poing.<br />

Véritab<strong>le</strong> puissance prédatrice, Wonder Woman ou «Die Walküre» wagnérienne, dans<br />

toutes ses variantes sensuel<strong>le</strong>s, criantes et colorées, Tankgirl va sur <strong>le</strong> devant de la scène,<br />

prend <strong>le</strong> contrô<strong>le</strong> des rô<strong>le</strong>s sur l’homme, en reproduit ses stéréotypes exterminateurs, et<br />

réitère pour sa c<strong>au</strong>se fondamentaliste ces mêmes actes de folie.»<br />

Frédéric Bouglé, 2003

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