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Les Monnaies complémentaires - Sainte Croix Volvestre Informations

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Pour une économie solidaire !<br />

N° 57 – Janvier/avril 2011<br />

<strong>Les</strong> <strong>Monnaies</strong> <strong>complémentaires</strong><br />

SOMMAIRE<br />

Edito page 2<br />

<strong>Les</strong> monnaies page 5<br />

La Monnaie Sol page 9<br />

Et Sol violette à Toulouse page 11<br />

L’Abeille à Villeneuve sur Lot page 23<br />

Regard…. page 28<br />

Pour aller plus loin page 30<br />

1


EDITO<br />

"Nous avons eu 97 accidents bancaires majeurs au cours des 25 dernières années, et 178 accidents monétaires au cours de cette<br />

même période», explique Bernard Lietaer1, expert belge des monnaies <strong>complémentaires</strong>. Et il ajoute avec humour « Ne diriez –vous<br />

pas que c’est le signe de quelque chose d’ instable se répétant à plusieurs reprises?"<br />

Toulouse se dote d’une monnaie solidaire. Dans un contexte économique mondial très<br />

inquiétant, la Ville de Toulouse pose un acte politique fort en expérimentant, à l’instar<br />

d’autres villes européennes, une monnaie locale et solidaire. La tourmente financière de<br />

2008 produit encore ses effets destructeurs sur l’ensemble des économies de la planète.<br />

Chômage, précarité et instabilité politique rythment nos quotidiens d’informations de<br />

mauvaises nouvelles venues des tous les coins du globe.<br />

<strong>Les</strong> chefs d’Etat, pompiers pyromanes, courant de G8 en G20 ont remis la machine en route,<br />

mais les dégâts sont nombreux et les plaies profondes. Soyez-en sûrs, les réformes du<br />

système monétaire promises par les décideurs économiques et internationaux ne viendront<br />

pas. Pire, après ce choc économique les bons docteurs du Fonds Monétaire International<br />

(FMI) appliquent aux citoyens du monde la potion amère de la rigueur.<br />

Dans ce contexte, le sacro saint Euro défendu bec et ongles par la gouvernance de la<br />

Banque Centrale Européenne n’apparait plus aujourd’hui comme la seule pierre angulaire<br />

d’une économie européenne puissante et indépendante, promise au début du siècle. La<br />

prospérité annoncée n’est pas au rendez-vous. <strong>Les</strong> peuples grecs, espagnols et portugais<br />

sentent déjà la poigne de fer des ajustements structurels et autres thérapies de<br />

choc élaborés par les oracles newyorkais. Et l’on peut se demander, sans jouer les<br />

cassandres, qui sera le prochain mauvais élève à ne pas décrocher son triple A ?<br />

Pour l’économiste belge Bernard Lieater 1 , expert des monnaies <strong>complémentaires</strong>, cette crise<br />

s’inscrit dans un processus historique : « Nous avons eu 97 accidents bancaires majeurs au<br />

cours des 25 dernières années, et 178 accidents monétaires au cours de cette même<br />

période. » Et il ajoute avec humour « Ne diriez vous pas que c’est le signe de quelque chose<br />

d’instable se répétant à plusieurs reprises. »<br />

1 Bernard Lietaer (né en 1942 à Lauwe , Belgique ) est un économiste. Il étudie les systèmes monétaires et promeut l'idée que les<br />

collectivités peuvent bénéficier de créer leurs propres locaux ou monnaies <strong>complémentaires</strong> , qui circulent en parallèle avec les<br />

monnaies nationales. Ouvrage " The Future of Money: Au-delà de la cupidité et de la pénurie "(London: Random House, 2001)<br />

Pour une économie solidaire !<br />

2


Alors face à ces crises structurelles, quelles sont nos marges d’action ?<br />

Elles existent, ce sont les actions de l’économie sociale et solidaire dont l’ADEPES se fait le<br />

plus souvent possible le relais.<br />

Aujourd’hui, des collectivités locales et des citoyens prennent des initiatives politiques pour<br />

peser sur les choix économiques majeurs et mettre en pratique leurs idées. Après deux ans<br />

d’élaboration de projets et d’expérimentations sur le terrain, la Mairie de Toulouse avec<br />

Jean-Paul Pla en figure du proue lance le Sol Violette. Véritable défi à la précarité, il<br />

permettra aux familles toulousaines touchées par le chômage, de redevenir acteurs de<br />

l’économie locale. L’ensemble des toulousains aura l’occasion de consommer des produits<br />

éthiques issus de l’agriculture biologique dans quarante magasins agréés par le réseau sol.<br />

Grâce à cette revue consacrée aux monnaies <strong>complémentaires</strong> et au Sol-Violette vous<br />

pourrez vous approprier le projet et la démarche, et devenir acteurs si vous le souhaitez.<br />

Rejoigniez nous. Devenez soliste !<br />

Pour une économie solidaire !<br />

Denis Coutens, Bérénice Dondeyne<br />

ADEPES<br />

Avec le concours de la Ville de Toulouse<br />

3


Petite histoire de la monnaie<br />

.<br />

Troc<br />

Sa Valeur<br />

d’usage<br />

Pour une économie solidaire !<br />

Qu’est ce que la monnaie ?<br />

• Un outil permettant le<br />

développement du commerce et des<br />

échanges : dépasser le troc bilatéral,<br />

différer les échanges dans l’espace et<br />

Monnaie marchandise<br />

dans le temps.<br />

Plus de garantie<br />

en or<br />

Monnaie métallique<br />

-600 / Lydie<br />

Monnaie Fiduciaire 1683<br />

Sa Valeur<br />

d’échange<br />

Monnaie Centrale 1970<br />

Monnaie Scripturale 1742<br />

3<br />

Qte / tps<br />

4


<strong>Les</strong> <strong>Monnaies</strong><br />

Monnaie et Bien commun<br />

Frédéric Bosqué, Coordinateur du projet Sol<br />

Violette<br />

Historique de la monnaie<br />

La monnaie naquit du besoin de<br />

transcender le troc. Cet échange d'une<br />

marchandise contre une autre imposait aux<br />

acteurs d'avoir besoin de la production de<br />

l'autre, au même instant et au même<br />

endroit.<br />

Puis avec l'augmentation des échanges et<br />

leur diversité, certaines marchandises<br />

(coquillages, sel, métaux précieux) furent<br />

désirées non plus seulement pour leur<br />

valeur d’usage 2 mais pour leur valeur<br />

d’échange 3 . <strong>Les</strong> posséder, permettait à<br />

coup sûr de pouvoir les échanger contre un<br />

autre bien. L'aspect désirable des métaux<br />

précieux, leur valeur de rareté liée à l'effort<br />

pour se les procurer, leur conservation<br />

dans le temps et leur capacité à être<br />

découpés en unité de compte, facilitaient et<br />

garantissaient particulièrement les<br />

échanges entre acteurs.<br />

Si le passage du troc à la monnaie fit<br />

exploser les échanges, sa quantité en<br />

circulation 4 fixait l'expansion ou la<br />

récession des économies. La rareté des<br />

métaux précieux fut aussi un obstacle à<br />

l’accélération des échanges et au<br />

développement économique. Pour<br />

surmonter cette difficulté, les autorités<br />

économiques créèrent des monnaies<br />

composées de métaux moins précieux.<br />

Celles-ci se révélèrent comme des sources<br />

2 Valeur d’ un bien pour satisfaire un besoin<br />

3 valeur d’un bien pour s'échanger contre un autre bien<br />

4 L'or était désormais préféré dans les échanges<br />

Pour une économie solidaire !<br />

inépuisables de conflits sur des marchés<br />

de plus en plus éloignés et nécessitant<br />

pourtant une confiance accrue.<br />

Le seigneuriage, consistant à apposer sur<br />

une pièce de métal, un symbole 5<br />

garantissant une valeur d'échange<br />

supérieure à la valeur d'usage de son<br />

support métallique, vint libérer la monnaie<br />

de la rareté physique de son support. Ceci<br />

assura aux économies une expansion sans<br />

précédent jusqu'à la Renaissance. Le<br />

corollaire de ces progrès économiques fut<br />

en contre partie, une dépendance de tous<br />

les acteurs au pouvoir de celui qui "battait<br />

monnaie" 6 .<br />

Dernière étape avant l’économie moderne,<br />

au cours du XVIIème siècle, les affaires se<br />

développent sur tous les continents. La<br />

facilitation et la sécurisation des voyages<br />

incitent les marchands à confier leur or à<br />

des orfèvres contre un certificat de dépôt.<br />

Ils peuvent ainsi à des milliers de lieues de<br />

là, chez un autre orfèvre convertir de<br />

nouveau, leur certificat de dépôt en or.<br />

Cette facilité incite les marchands à<br />

s'échanger ces certificats de dépôts. La<br />

monnaie fiduciaire 7 vient de naître. La<br />

valeur de la monnaie n'a plus rien avoir<br />

avec son support mais dans la confiance<br />

que l'on lui porte. De ce fait, les orfèvres<br />

constatent qu’une partie des stocks d’or en<br />

dépôt n’est pas réclamée. En même temps,<br />

ils sont de plus en plus sollicités pour<br />

financer des projets importants de<br />

commerce international lié à la découverte<br />

du Nouveau Monde 8 .<br />

Persuadés que ces projets rapporteront<br />

demain de quoi rendre solvable leurs<br />

porteurs, des orfèvres décident de leur<br />

faire crédit (credere= croire) en leur confiant<br />

de nouveaux certificats. Ces derniers sont<br />

nantis sur le stock d’or en leur possession.<br />

En contre partie, plus tard, les orfèvres<br />

percevront plus tard une part des richesses<br />

produites. Ainsi naît le crédit.<br />

5 1ères traces dans la cité de Lydie en -700 avant<br />

JC<br />

6 Depuis son origine jusqu'à nos jours, ce pouvoir de<br />

"battre monnaie" finança ceux qui en furent les<br />

détenteurs; en imposant une valeur d'échange (valeur<br />

de la marque) plus importante que la valeur d'usage<br />

(son contenu en or) ils s'octroient une sorte de<br />

"prime" de garantie.<br />

7 fidus = confiance<br />

8 investissement dans les prémices de ce qui<br />

deviendra l’industrie<br />

5


<strong>Les</strong> "certificats" en circulation représentent<br />

maintenant plus d'or que le stock réel<br />

déposé en garantie. Ce mouvement ne<br />

cessera de s'amplifier jusqu'à nos jours.<br />

Pour faciliter encore leur circulation, ces<br />

certificats se normaliseront avec<br />

l'apparition d'une valeur faciale ronde et<br />

fixe. Cette transformation du certificat<br />

donnera ce qu’on appelle désormais le<br />

« billet ». Le billet va condamner la<br />

monnaie "marchandise" dont le support<br />

représente sa valeur d'usage au profit de la<br />

monnaie fiduciaire dont la valeur d'usage<br />

n'a plus rien à voir avec sa valeur<br />

d'échange mais avec la confiance dans le<br />

pouvoir de celui qui l’émet.<br />

A partir du XVIII ème les Etats-Nations<br />

unifient leurs territoires et affirment leur<br />

pouvoir politique en usant massivement du<br />

crédit.<br />

En accord avec eux, les orfèvres devenues<br />

des banquiers se regroupent en banques<br />

centrales.<br />

Ainsi naissent les monnaies nationales<br />

accélérant encore l'aspect symbolique de<br />

la monnaie. L’apparition de la monnaie<br />

scripturale 9 permet l'inscription des avoirs,<br />

des crédits et des transactions dans des<br />

livres de comptes. Ces livres de comptes<br />

sont maintenant gérés par nos ordinateurs<br />

et les cartes de crédit, les transactions par<br />

internet voire par téléphone portable qui<br />

remplacent les billets.<br />

Le pourcentage d'or garantissant la valeur<br />

de la monnaie (billets ou livres de comptes)<br />

commence à 30% en 1640 pour finir à 0%<br />

en 1970. A cette date, le dollar ne sera plus<br />

9 scriptus = écriture<br />

Pour une économie solidaire !<br />

convertible en or, ni garanti par aucun<br />

métal précieux. La nouvelle garantie des<br />

monnaies devient la confiance dans la<br />

stabilité du pays qui l’émet et sa capacité<br />

de production croissante.<br />

La dématérialisation de la monnaie en<br />

facilitant nos échanges a été positive. En<br />

revanche, l’éloignement de plus en plus<br />

affirmée de son support qui est la richesse<br />

réelle nous a conduits à une impasse.<br />

Aujourd'hui 97% de cette monnaie circule<br />

sur les marchés financiers et seulement<br />

3% entre les acteurs de l’économie réelle.<br />

Ce phénomène déclenche périodiquement<br />

l’explosion de bulles financières 10 .<br />

L'insuffisance du financement de<br />

l'économie réelle conduit à une rareté<br />

artificielle des biens de production<br />

capables de satisfaire la demande de base<br />

des acteurs locaux.<br />

Cette insuffisante circulation de la monnaie<br />

dans l'économie réelle au profit des<br />

marchés financiers est renforcée par<br />

l'accroissement exponentiel de la part des<br />

intérêts financiers. 11<br />

Ceux-ci sont en effet contenus dans les<br />

prix d'un bien produit par une entreprise<br />

ou dans le coût d'un service d'intérêt<br />

général assuré par une collectivité. De<br />

plus, ces intérêts cumulatifs proviennent du<br />

coût des crédits nécessaires à l'émission<br />

de la monnaie, puisqu'à 85 % cette<br />

monnaie provient d'un crédit qu'il faudra<br />

rembourser. Pour maintenir le volume de<br />

monnaie suffisant aux équilibres et aux<br />

développements de nos économies<br />

locales, un autre acteur devra à nouveau<br />

faire un crédit générant de nouveaux<br />

intérêts eux aussi à rembourser.<br />

10<br />

Le mur de l'argent, François Morin<br />

11<br />

Libérer l'argent de l'inflation et des taux d’intérêts,<br />

Margaret Kennedy<br />

6


5 notions clés pour<br />

comprendre la monnaie<br />

Contrairement aux valeurs et aux droits<br />

humains qui fondent notre démocratie, la<br />

monnaie se trouve encore hors du champ<br />

de la conscience politique du citoyen. Elle<br />

est comme le bulletin de vote son seul<br />

moyen d'exprimer sa souveraineté.<br />

1. La monnaie n'est plus une<br />

marchandise<br />

Aujourd'hui, la monnaie n'a plus de valeur en<br />

elle-même comme au temps où elle était<br />

faite d'une marchandise rare. Sa valeur<br />

d'usage est réduite à son coût de fabrication.<br />

Elle n'est donc pas la richesse, comme on le<br />

croit souvent. La monnaie a une valeur<br />

symbolique, celle de la confiance qu'on lui<br />

accorde à pouvoir l'échanger contre une<br />

richesse réelle.<br />

Cette notion est difficile à appréhender car<br />

nous en avons besoin pour échanger.<br />

Quand elle devient rare, sa valeur augmente<br />

et certains d'entre nous sont prêts à tout<br />

pour s'en procurer ou pour la revendre.<br />

Nous sommes enracinés culturellement à<br />

confondre monnaie et richesse. Avez vous<br />

déjà mangé de la monnaie ? Elle n'a qu'une<br />

valeur d'échange. C'est sa mise en<br />

circulation qui permet de se procurer de la<br />

richesse réelle.<br />

2. La richesse se crée quand la<br />

monnaie circule<br />

La majorité des citoyens se représente la<br />

monnaie comme un stock qu'ils possèdent<br />

dans leur portefeuille et non pas comme un<br />

flux : c’est-à dire de l'argent qui circule<br />

entre des acteurs économiques. Plus le<br />

flux monétaire est important, plus il y a<br />

création de richesse.<br />

Pour une économie solidaire !<br />

Si un boulanger donne un euro contre de la<br />

farine à un meunier, qui lui même donne<br />

cet euro à son paysan contre du blé et que<br />

ce paysan rende cet euro au boulanger<br />

contre du pain, que s’est-il passé ?<br />

Globalement, ils n’on pas perdu leur euro<br />

mais ensemble, ils ont ensemble créé pour<br />

3 euros de richesse.<br />

Si l'un d'entre eux n'avait pas fait circuler<br />

cet euro, alors ils auraient créé moins de<br />

richesse. Si le premier ne l'avait pas mis en<br />

circulation, rien n'aurait été échangé.<br />

Ainsi, on voit clairement qu'il ne suffit pas<br />

d'avoir une capacité de production mais<br />

qu'il faut aussi de la monnaie pour faire<br />

circuler la richesse produite.<br />

D'où l'importance de faire "fondre" les<br />

stocks de monnaie car la circulation de<br />

celle-ci crée la richesse. Mais il ne suffit<br />

pas de la faire circuler, il faut qu'elle circule<br />

en suffisance dans l'économie réelle.<br />

3. La monnaie doit circuler en<br />

suffisance dans l'économie réelle<br />

Depuis la dérégulation du système<br />

financier dans les années 80, la monnaie<br />

est devenue surabondante dans les<br />

transactions financières (97%) et d'une<br />

incroyable rareté pour les transactions<br />

économiques (3%).<br />

Un des enjeux de la réappropriation de la<br />

monnaie par les citoyens est d’émettre<br />

celle-ci au profit de la production de biens<br />

et de services répondant à la demande de<br />

base des citoyens du monde. Aujourd’hui<br />

déjà, des déflagrations se produisent au<br />

détriment de la cohésion et de la paix<br />

sociale.<br />

La monnaie doit favoriser les<br />

investissements liés à une production<br />

localisée, assurée par des entrepreneurs<br />

respectueux des humains et de la nature,<br />

proche des citoyens.<br />

7


C'est tout l'enjeu d'une monnaie éthique qui<br />

distinguera socialement les acteurs ayant<br />

une véritable utilité commune tout en<br />

assurant le développement d'une économie<br />

solidaire.<br />

4. La monnaie comme facteur de<br />

transformations économiques : les<br />

externalités<br />

Si nous voulons favoriser la transformation<br />

de l'économie réelle, la remettre au service<br />

de la satisfaction de la demande de base<br />

des citoyens, nous devons privilégier les<br />

acteurs qui favorisent une économie<br />

solidaire et responsable. Une croissance<br />

sauvage, non maîtrisée se fera au<br />

détriment de nos conditions de vie, de<br />

notre planète et des générations futures.<br />

Voilà pourquoi, la monnaie comme unité de<br />

compte, doit aussi prendre en compte<br />

l'usage déraisonnable des ressources<br />

naturelles et le coût réel de nos garanties<br />

sociales, pour fixer des prix justes.<br />

Ainsi, l'économie réelle, alimentée par des<br />

acteurs respectueux des humains et de la<br />

nature pourra se développer<br />

harmonieusement pour le profit de tous.<br />

5. <strong>Monnaies</strong> <strong>complémentaires</strong> et bien<br />

commun<br />

Aujourd'hui, avec l'explosion des crises<br />

financières dans le monde entier, nous<br />

assistons à un véritable retour en force des<br />

monnaies <strong>complémentaires</strong> dans monde<br />

avec plus de 5000 monnaies sur les 5<br />

continents. <strong>Les</strong> historiens en retrouvent la<br />

trace, par exemple au Moyen-âge, dans<br />

l’économie locale des territoires au centre<br />

duquel était le monastère.<br />

Pour une économie solidaire !<br />

Il émettait une monnaie locale appelée<br />

« méreaux ».<br />

Cette monnaie servait à payer les ouvriers<br />

qui y travaillaient. Avec ces méreaux , ils<br />

se logeaient et mangeaient chez les<br />

commerçants. Avec ces mêmes<br />

méreaux, ils achetaient des produits issus<br />

du monastère bouclant ainsi les échanges<br />

économiques.<br />

L’avènement de l'Etat-Nation et la<br />

centralisation de la politique économique<br />

avec comme outil une monnaie officielle<br />

unique émise par une banque centrale,<br />

entraînera la disparition de ces monnaies<br />

locales.<br />

Il aura fallu trois cent ans pour les éliminer<br />

mais elles ressurgiront systématiquement<br />

au moment des crises économiques.<br />

L’enjeu de la réappropriation de la monnaie<br />

pour les citoyens, apparaît comme la<br />

préservation et le renouvellement du bien<br />

commun.<br />

Si le vote est le moyen de choisir les<br />

conditions dans lesquelles nous voulons<br />

vivre ensemble, la monnaie est le moyen<br />

par lequel nous choisissons les modalités<br />

de production pour les réaliser.<br />

Faire en sorte que circule une monnaie en<br />

suffisance pour satisfaire la demande de<br />

base des citoyens de manière durable et<br />

vraiment démocratique est l'enjeu des<br />

monnaies <strong>complémentaires</strong>.<br />

8


La monnaie Sol en France<br />

Le Sol est une monnaie encore<br />

expérimentale issue du projet Sol,<br />

réalisé en partenariat avec des banques<br />

(Crédit Coopératif …), des compagnies<br />

d'assurances, le groupe Chèque Déjeuner<br />

et le soutien du Fonds Social Européen.<br />

Différentes collectivités territoriales se<br />

sont impliquées. Sol est une abréviation<br />

de solidaire. Il s'agit d'une monnaie<br />

complémentaire qui vise à replacer l'argent<br />

comme moyen et non comme une fin.<br />

Le Sol est une monnaie fondante qui<br />

lorsqu'elle n'est pas utilisée est réaffectée<br />

collectivement à des projets d'utilité sociale<br />

et écologique. Elle s'appuie sur le réseau<br />

Sol, ensemble des entreprises et<br />

partenaires qui adhèrent à cette monnaie 12 .<br />

Cette monnaie est adossée sur l'euro. Au<br />

1er avril 2011, 1 € égalera 1 Sol.<br />

Pourquoi le Sol ?<br />

Pour contribuer au développement d'une<br />

économie basée sur des valeurs<br />

écologiques et sociales.<br />

Pour rendre visible et valoriser l'ensemble<br />

des richesses et capacités créatrices des<br />

activités humaines aujourd'hui invisibles ou<br />

dévalorisés.<br />

Pour faciliter les échanges, créer des<br />

mécanismes de solidarité et de coopération<br />

entre différents acteurs, dans la<br />

perspective d'un développement humain<br />

soutenable.<br />

12 Source: "Des clefs pour Sol" du réseau Sol<br />

Pour une économie solidaire !<br />

Le Sol, en pratique<br />

Concrètement, le Sol se présente le plus<br />

souvent sous la forme d'une carte à<br />

puce. Nominative, elle permet d’intégrer<br />

le réseau et de prendre part aux<br />

échanges.<br />

Pour qui ? Pour nous qui donnons de<br />

notre temps, ou qui souhaitons échanger<br />

autrement.<br />

Pourquoi ? Pour valoriser notre<br />

engagement associatif, nos talents, pour<br />

multiplier les échanges de savoirs et de<br />

services entre les personnes.<br />

3 instruments financiers<br />

Sol coopération : le porteur de la carte<br />

cumule, lors de ses achats en euros dans<br />

les structures de l'économie sociale et<br />

solidaire adhérentes, des points de fidélité<br />

qu'il peut dépenser dans d'autres<br />

enseignes partenaires. <strong>Les</strong> personnes<br />

privilégiant leurs achats dans ces<br />

structures, les "solistes", se voient attribuer<br />

des points de fidélité SOL (selon le<br />

catalogue). <strong>Les</strong> solistes peuvent régler une<br />

partie de leurs achats en SOL.<br />

Sol affecté : est un outil d'aide sociale.<br />

Ces SOLS peuvent être distribués par des<br />

mutuelles, des collectivités locales ou des<br />

comités d'entreprises. Un conseil général<br />

peut par exemple, en donner aux<br />

bénéficiaires du RSA.<br />

Sol engagement : permet de valoriser le<br />

militantisme et le bénévolat. Il vise à<br />

développer les échanges et le lien social<br />

en les orientant vers des besoins sociaux<br />

comme l'accompagnement de personnes<br />

âgées ou handicapées, l'animation du<br />

temps extra-scolaire.<br />

9


Le Sol Grenoblois<br />

Clémence Lagabrielle, adhérente et membre du<br />

comité local « Pour moi faire partie du réseau sol,<br />

c'est défendre une autre façon de consommer autant<br />

dans le choix des boutiques que dans le choix des<br />

produits. » 13 .<br />

Sur le bassin grenoblois, 23 structures de<br />

l’Économie Solidaire sont associées au Sol<br />

Coopération, aux expérimentations « Sol<br />

engagement » et « Sol affecté ». Ceci<br />

grâce au soutien des collectivités locales<br />

de Grenoble, d’Échirolles et de Grenoble<br />

Alpes Métropole (La Métro). Le Comité<br />

local d'agrément des nouveaux partenaires<br />

s'attache à proposer une offre au plus près<br />

des besoins. Depuis sa création, le réseau<br />

s'est ainsi étoffé. <strong>Les</strong> domaines d'activités<br />

accessibles en Sol : alimentation<br />

biologique, locale et issue du commerce<br />

équitable, transports doux, culture, loisirs<br />

et.jouets en bois, épargne solidaire,<br />

logement et économie d'énergie, tourisme<br />

responsable.<br />

13Contact : sol-grenoble@scop.org<br />

En savoir plus<br />

http://www.alpesolidaires.org/place-aux-solistes-<br />

Pour une économie solidaire !<br />

Le Sol Engagement Nanterre<br />

A Nanterre, il est conçu comme un outil<br />

d’échange et de coopération basé sur les<br />

richesses de chacun. Mise en lumière des<br />

services, richesses et bien-être que chacun<br />

procure à la société et temps passé à<br />

rendre un service permettant de bénéficier<br />

d’autres services : des axes forts<br />

développés à Nanterre. Il s’agit bien de<br />

rendre visible et valoriser les échanges<br />

entre associations et entre les bénévoles et<br />

les associations.<br />

Exemple : « Je donne du temps à une association en<br />

faisant du bénévolat (tenir un stand...) et je reçois un<br />

coupon «SOL Engagement». Avec ce coupon «SOL<br />

Engagement», je peux apprendre à faire du vélo ou<br />

prendre un cours de cuisine, prendre un cours<br />

informatique, etc... Le SOL Engagement me donne<br />

accès à des services sous forme d’échange de<br />

temps…. »<br />

Nanterre a un collectif d’associations qui<br />

participent activement :<br />

CEAN, C'est si bio( jardin partagé), La Ferme<br />

du Bonheur, Ecoute en Corps, Nanterrux,<br />

Créa'monde, Soleils du monde, Théatre par le<br />

Bas, ABERPA, Hissez Haut, ASSOL (maison<br />

des chômeurs), CCFD, Voiture and Co, Culture<br />

et Liberté, MEF et l' association SOL.. 14<br />

14<br />

en savoir plus<br />

http://sol-nanterre.org/<br />

10


La Clé des Sol<br />

Nord-Pas de Calais<br />

Depuis septembre 2006 (et jusqu'à la fin<br />

2008), la Ville de Lille a été le terrain<br />

d'expérimentation de SOL. L’objectif par<br />

cette monnaie à vocation écologique,<br />

sociale et solidaire a été de responsabiliser<br />

le consommateur. L'idée était dans les<br />

tuyaux depuis 1999. C'est un appel à<br />

projets du Fonds Social Européen, lancé<br />

en 2005 dans le cadre du Programme<br />

d'Initiative Communautaire "Equal", qui a<br />

donné l'opportunité de passer à l'acte. Le<br />

projet s'est donc construit autour de 4<br />

acteurs de l'économie sociale et solidaire la<br />

MAIF, la MACIF, le Crédit coopératif et<br />

Chèque Déjeuner et est animé par le<br />

philosophe Patrick Viveret, magistrat à la<br />

Cour de comptes et auteur du rapport «<br />

Reconsidérer la Richesse ».<br />

10 boutiques de la Métropole lilloise ont<br />

organisé du 23 octobre au 6 novembre<br />

2010, en partenariat avec l’APES 15 , une<br />

grande chasse aux SOL !<br />

La Clé des SOL est un jeu de piste qui<br />

conduit les joueurs auprès des 10<br />

boutiques du réseau en métropole lilloise :<br />

AGG bootik, Altermundi, Artisans du monde<br />

Lille, le Café livres, Lila auto Partage, la Ferme<br />

du sens, Scenethik, SCI Nord, Une autre<br />

Couture par Sofi, Une souris verte.<br />

Le but est de trouver les 4 mots<br />

constituant la phrase mystère. L’ensemble<br />

des participants voit sa carte créditée de<br />

points SOL. Un tirage au sort permet<br />

d’identifier la vingtaine de joueurs qui<br />

gagne un panier garni ou un bon d’achat.<br />

15 Contact :<br />

nord-pas-de-calais@sol.ouvaton.org<br />

Apes - 03 20 30 98 25<br />

Pour une économie solidaire !<br />

Et SOL-Violette à Toulouse …<br />

La Mairie de Toulouse lance sa<br />

monnaie, Sol-Violette, en mai 2011,<br />

après un an de préparation. Pour que ce<br />

projet prenne force et vigueur, plus d’une<br />

centaine de personnes se sont rencontrées<br />

durant l’année 2010 pour co-construire<br />

bénévolement la démarche. Son Maire,<br />

Pierre Cohen, sur l’initiative de Jean Paul<br />

Pla, Conseiller municipal, Délégué à<br />

l’Economie sociale et solidaire, a lancé<br />

officiellement le projet pour 2011.<br />

Une expérimentation qui durera 6 mois.<br />

Construite à partir d’entreprises qui<br />

respectent l’Homme et la Nature, plusieurs<br />

structures de l’économie sociale et<br />

solidaire et près de 150 habitants répartis<br />

sur trois territoires de Toulouse et son<br />

agglomération. Si cette mobilisation est<br />

positive, l’expérience sera étendue à<br />

d’autres quartiers. D’ores et déjà, nous<br />

savons que cette monnaie alternative sera<br />

utilisable dans une quarantaine de<br />

commerces solidaires.<br />

Participez au SOL-Violette<br />

En vous inscrivant sur le site<br />

http://www.sol-violette.info/inscription<br />

11


Le message de l’équipe du Sol-<br />

Violette<br />

Si vous souhaitez mettre au courant d’autres<br />

personnes des avancées de notre projet, vous pouvez<br />

les abonner à la liste d’information en envoyant un<br />

email vide à :<br />

sol-violetteinfos+subscribe@googlegroups.com<br />

N’hésitez pas à nous questionner en envoyant un<br />

email à :<br />

sol-violette-infos@googlegroups.com. 16<br />

Vous pourrez y exprimer vos questions, idées et<br />

opinions sur le projet dans le respect des personnes<br />

et de leurs idées 17 … Surveillez bien votre boite émail,<br />

car bientôt, vont démarrer les premières réunions de<br />

travail.<br />

Andrea Caro, Association Folies<br />

Chargé de mission SOL, -Violette<br />

contact@sol-violette.info, 06 50 48 85 53<br />

16 Cette liste vous permet de communiquer avec tous les membres<br />

du projet en un click ! Attention, cette liste quoiqu’ouverte à tou(te)s est<br />

modérée. Afin de ne pas encombrer nos boites emails de mails<br />

indésirables, seuls les messages qui traitent du projet seront diffusés.<br />

17 Tout message qui manquerait à cette règle de bonne conduite<br />

sera rejeté et son auteur radié…<br />

Pour une économie solidaire !<br />

Sol Violette, quelle démarche ?<br />

« Résolument …..participatif,<br />

prioritairement tourné vers les citoyens<br />

les plus démunis, cette expérimentation<br />

s'appuie sur votre participation.<br />

N'hésitez pas à vous inscrire, à<br />

participer un groupe de travail, à<br />

participer aux forums et aux<br />

évènements sur la droite. Nous<br />

comptons sur vous !<br />

La Terre et les Hommes vous<br />

remercient »<br />

Frédéric Bosqué<br />

Coordinateur SOL, -Violette<br />

06 82 26 68 19<br />

Le principe de fonctionnement de la circulation<br />

de la monnaie sol avec ses coupons-billet et le<br />

paiement par téléphone :<br />

http://minilien.fr/a0lrfm<br />

Un article dans la Dépêche du Midi :<br />

http://minilien.fr/a0ll32<br />

Une émission radio sur FMR ( surtout en<br />

deuxième partie) :<br />

http://www.divshare.com/download/12…<br />

12


Claude Alphandéry, Président de<br />

l’association SOL nationale, Président<br />

d’Honneur de France Active,<br />

Initiateur du Labo-ess<br />

Extrait http://www.alpesolidaires.org/le-sol-monnaiede-l-economie-sociale-et-solidaire<br />

« <strong>Les</strong> monnaies locales, <strong>complémentaires</strong> et<br />

solidaires se développent dans tous les pays et<br />

toutes les régions. La monnaie SOL en France en<br />

est un exemple particulièrement significatif parce<br />

qu’elle tend à regrouper l’effort solidaire des<br />

entreprises, celui des collectivités territoriales et<br />

les échanges hors marché des particuliers.<br />

Plusieurs intéressantes expérimentations<br />

locales, à Grenoble notamment, font<br />

actuellement l’objet de mise au point délicate afin<br />

de mieux articuler le projet opérationnel<br />

d’entreprise et l’engagement militant pour situer<br />

clairement ce projet dans le mouvement<br />

d’économie sociale et solidaire.<br />

Un tel engagement est indispensable tant pour<br />

l’élargissement du champ du projet SOL, pour<br />

son intégration dans la vie du territoire que pour<br />

le renforcement de l’économie sociale et<br />

solidaire elle-même. Celle-ci est composée<br />

d’activités très diverses, services à la personne,<br />

insertion par l’activité économique, commerce<br />

équitable, consommation responsable,<br />

protection de l’environnement etc… dont le lien,<br />

les valeurs communes sont rendus plus visibles,<br />

plus évidentes par l’existence d’une monnaie<br />

commune.<br />

Il s’agit là d’un progrès majeur à réaliser qui aura<br />

nécessairement une place importante dans la<br />

préparation des Etats Généraux de l’économie<br />

sociale et solidaire qu’organise le labo-ess.<br />

Pour une économie solidaire !<br />

Une monnaie éthique à Toulouse<br />

Entretien avec Jean-Paul Pla,<br />

Conseiller municipal, Délégué<br />

à l’Economie sociale<br />

et solidaire<br />

<strong>Les</strong> Zooms Verts – LZV : Quel est le rôle<br />

de la Mairie de Toulouse dans la mise<br />

en place du SOL ?<br />

JPP: Le rôle de la Mairie, dans le cadre de<br />

la Délégation à l'Economie sociale et<br />

solidaire, a été de mettre en place, un<br />

outil « perturbateur » pour les<br />

consommateurs locaux et effectivement la<br />

mise en place d'une monnaie<br />

complémentaire. Nous avons proposé<br />

l'année dernière un débat, dans le cadre de<br />

la Quinzaine de l'Economie solidaire 18 ,<br />

sur les monnaies <strong>complémentaires</strong>. A à<br />

notre grand étonnement, plus d'une<br />

centaine de personnes était intéressée.<br />

Nous avons a mis en place des groupes de<br />

travail par collèges. Un collège<br />

« association-habitants-citoyens », un<br />

collège « entreprises solidaires », un<br />

collège « structures financières » et un<br />

collège « élus-collectivités ». Le but étant<br />

que chacun puisse réfléchir à ce que<br />

pourrait apporter une monnaie<br />

complémentaire, ce qu'il en attend et les<br />

questions que cela lui posait.<br />

Nous avons aussi mis en place un Comité<br />

de pilotage avec trois structures : FOLIES,<br />

Bleue comme une Orange et Etymôn.<br />

Avec un responsable de projet qui est<br />

Frédéric Bosqué. Dans le même temps,<br />

une structure nous soutenait dans la<br />

démarche administrative : les jeunes<br />

18 organisée par ADEPES<br />

13


d'Uniscité. Deux élus étaient impliqués:<br />

Antoine Maurice, Vice-Président à la<br />

CUGT, Président de la commission<br />

Environnement et Développement durable<br />

et moi-même.<br />

Nous avons soutenu les structures du<br />

Comité de pilotage qui ont animé les<br />

différents groupes tout au long de l'année,<br />

ainsi que les regroupements par deux ou<br />

trois fois de tous les groupes. C'est pour<br />

nous, une démarche importante parce que<br />

l'outil ne doit pas être créé uniquement par<br />

la Ville mais bien par les citoyens euxmêmes.<br />

Il est donc important de les faire<br />

participer et de retenir toutes leurs<br />

propositions.<br />

LZV : Lors de cette réunion-débat qui a<br />

ouvert, l'an dernier, ce cycle de travail<br />

en différents collèges, il a été présenté<br />

deux autres projets de monnaies<br />

<strong>complémentaires</strong>, le Chiemgauer<br />

d'Allemagne et le SUCRE en Amérique<br />

Latine pour lequel l'Ambassadeur de<br />

Cuba était présent à cette occasion.<br />

Quel est le positionnement du Sol<br />

Violette par rapport à ces deux<br />

monnaies ?<br />

JPP : Le Chiemgauer fonctionne<br />

pratiquement comme le Sol, avec la même<br />

démarche, donc c'était important pour nous<br />

de le montrer. D'autant plus que nous<br />

allons nous orienter vers un paiement par<br />

téléphone mais aussi par les billets. Donc<br />

le Sol a une relation totale avec le<br />

Chiemgauer.<br />

En ce qui concerne l'Ambassadeur de<br />

Cuba, qui était sur Toulouse à ce moment<br />

là, il a été très intéressé par notre<br />

démarche étant donné qu'ils sont euxmêmes,<br />

avec 8 pays d'Amérique Latine sur<br />

le lancement d'une monnaie plus que<br />

complémentaire : une alternative au dollar.<br />

Pour une économie solidaire !<br />

Je l'ai revu au mois de juin pour savoir un<br />

peu où on en était de part et d'autre et on<br />

pense, on espère, faire un voyage à Cuba<br />

l'année prochaine pour parler de cela mais<br />

aussi pour développer des démarches<br />

d'économie solidaire sur Cuba. Et puis en<br />

importer aussi chez nous.<br />

LZV : Une fois le Sol mis en place,<br />

quelles vont être les différentes<br />

fonctions de la Mairie.<br />

JPP : Le Sol ne peut exister s'il n'y a pas<br />

une décision politique prise par une ou<br />

plusieurs collectivités. Bien sûr, d’abord par<br />

les habitants et citoyens sur le projet, mais<br />

pour pouvoir lancer le Sol, il faut qu'il y ait<br />

une décision politique. Parce que ce sont<br />

les collectivités qui en premier lieu vont<br />

changer un certain nombre d'euros en sols,<br />

pour pouvoir lancer la machine et la faire<br />

tourner.<br />

Il y a aussi le choix du territoire qui a son<br />

importance et la possibilité de travailler<br />

avec l'ensemble des structures de<br />

l'économie solidaire mais aussi les<br />

instances municipales et para-municipales.<br />

Je pense par exemple à Tisséo pour le<br />

transport.<br />

Dans chaque région où cela a été lancé, il<br />

s'agit de démarches citoyennes mais<br />

soutenues par les collectivités. C'est le cas<br />

du Chiemgauer qui est financé par les<br />

collectivités du territoire. La Mairie est là<br />

par son apport financier sur 2011 et puis<br />

par le soutien au fonctionnement et à la<br />

mise en place du Sol.<br />

Il est crucial de donner les moyens à ceux<br />

qui vont suivre le Sol et de le faire avec les<br />

outils les plus complets possible. En même<br />

temps, notre place est dans le Comité de<br />

suivi, pour savoir ce qu'il en ressort et si on<br />

devra continuer l'expérience ou pas.<br />

14


LZV : Considérez-vous que les<br />

expériences des Sol de Lille, Paris,<br />

Rennes et Grenoble ont été des<br />

réussites ? Et le Sol Violette a-t-il une<br />

singularité par rapport aux autres ?<br />

JPP : Une des plus grandes réussites reste<br />

le Chiemgauer, avant de parler des<br />

réussites en France. Parce qu'aujourd'hui,<br />

cette monnaie a 6 ans d'expérience et elle<br />

a prouvé son développement. Il y a plus de<br />

6000 participants maintenant dans cette<br />

région de Bavière et un nombre<br />

d'entreprises impliquées important. <strong>Les</strong><br />

chiffres d'affaires ont augmenté grâce à<br />

cette monnaie, c'est bien le premier point<br />

de repères.<br />

<strong>Les</strong> autres expériences en France sont<br />

diverses et sont aussi à des échelles de<br />

territoire tout à fait différentes. Sur Paris, il<br />

ne s’agit pas de la Ville de Paris, mais<br />

d’une petite ville de banlieue qui a mis en<br />

place une monnaie complémentaire sur un<br />

quartier, c'est vraiment un territoire très<br />

petit, très fermé.<br />

A Lille, je considère qu’il s’agit d’ une<br />

démarche très descendante mise en place<br />

avec, entre autres, les centres sociaux.<br />

Cela ne veut pas dire que c'est une<br />

réussite aujourd'hui, il y a des difficultés<br />

parce que justement le projet a été plutôt<br />

porté par le politique et par la structure Ville<br />

Plutôt que partagé avec l'ensemble du<br />

territoire et travaillé de manière collective.<br />

Donc sur Lille je pense que c'est loin d'être<br />

gagné…<br />

Par contre, Grenoble est une expérience<br />

très intéressante qui se rapproche de très<br />

près de ce que nous voulons faire<br />

puisqu'ils ont fait tout un travail d'approche<br />

avec les structures associatives et les<br />

habitants des quartiers. Ils ont commencé<br />

avec 150 solistes et une trentaine<br />

d'entreprises, ce qui sera à peu près notre<br />

objectif. Aujourd'hui, ils sont 600 solistes au<br />

bout de deux ans, ce qui n’est pas mal.<br />

Pour le moment, on peut dire que Grenoble<br />

est la plus réussie des expériences en<br />

France.<br />

Sur Toulouse, les différences sont que<br />

nous nous avons voulu construire notre Sol<br />

Violette nous-même, réfléchir en amont<br />

avec le territoire.<br />

Pour une économie solidaire !<br />

150 personnes avec des statuts différents<br />

ont travaillé au lancement du Sol.<br />

On a aussi voulu choisir un territoire assez<br />

important avec des orientations permettront<br />

de toucher à toutes les économies, et<br />

toutes les populations, ce qui n'a pas été le<br />

cas partout. Peut-être la difficulté de Lille<br />

est-elle d'avoir voulu centres sociaux alors<br />

que nous, nous accueillerons dans le SOL<br />

autant des populations précaires que celles<br />

qui ne le sont pas.<br />

Cela permettra de pouvoir mobiliser des<br />

personnes qui ont de bons revenus, qui<br />

vont acheter du Sol et le faire tourner aussi<br />

de manière volumineuse. C’est un point<br />

important. Je crois aussi qu'on est la seule<br />

ville, pour le moment, à mettre en place<br />

une possibilité de paiement du transport en<br />

commun avec le Sol. Et puis, on choisit de<br />

ne pas partir sur toute la ville, mais sur un<br />

territoire d'expérimentation qui reste<br />

important, à peu près 100 000 habitants.<br />

Dans celui-ci, on retrouve des quartiers<br />

différents, ceux de la Politique de la Ville,<br />

avec des populations très précaires, des<br />

territoires mixtes avec toutes sortes de<br />

populations, et d'autres territoires un peu<br />

plus « bobo », avec le centre-ville par<br />

exemple. On a aussi un comité de pilotage<br />

qui existe depuis un an, qui va s'agrandir<br />

dans le cadre du Comité Local d'Agrément<br />

du Sol, le CLAS, et puis nous avons<br />

décidé, comme à Grenoble cette fois-ci, de<br />

mettre en place un permanent, à temps<br />

plein, dès que l'expérience se lance.<br />

LZV : Lors d'une plénière au printemps<br />

2009, les participants avaient<br />

majoritairement souligné l'importance<br />

de pouvoir échanger en Sols<br />

d'entreprise à entreprise, c'est à dire le<br />

Be to Be.<br />

15


Est-ce que c'est quelque chose qui va<br />

pouvoir être mis en place rapidement ?<br />

JPP : Nous n’allons pas le mettre en place<br />

au départ, mais après un certain moment<br />

de fonte, Nous verrons si cela est possible<br />

ou non mais à priori, soit pendant<br />

l'expérimentation soit après, on sera<br />

obligé de le mettre en place. Car c'est une<br />

des conditions de réussite bien sûr, et en<br />

même temps cela peut être un moyen et un<br />

apport supplémentaire pour recréer, je<br />

dirais, de l'économie solidaire. Cependant il<br />

faut bien réfléchir, ceci ne doit pas être<br />

bloquant. Que cela existe peut être aussi<br />

un frein au changement du Sol en Euros.<br />

Ce sera le CLAS et le temps<br />

d'expérimentation qui va nous permettre de<br />

savoir à quel moment on le lance, à quel<br />

taux, etc.<br />

LZV : Quelles sont les prochaines<br />

étapes de la mise en place du Sol ?<br />

JPP : Au niveau du conseil municipal, le<br />

budget a été voté, et des réunions se<br />

tiennent depuis janvier, sont créés<br />

actuellement créés tous les outils de suivi<br />

du Sol. Après cette phase de lancement<br />

actuel, nous enclencherons<br />

l’expérimentation sur 6 mois au minimum<br />

et au delà …. Après, nous tirerons les<br />

conclusions de cette expérimentation et…<br />

soit la fin du Sol Violette soit son<br />

élargissement sur la Ville de Toulouse, ce<br />

que j'espère. Voilà le timing, et peut-être<br />

en 2014 le Sol Violette sur la Communauté<br />

Urbaine du Grand Toulouse !<br />

LZV : Pendant cette expérimentation,<br />

qu'attendez-vous des citoyens et des<br />

entreprises ?<br />

JPP : Et bien que les citoyens jouent le jeu<br />

bien sûr, qu'ils n'hésitent pas à dépenser<br />

l'argent qu'ils ont, en Sol, pour ceux qui<br />

Pour une économie solidaire !<br />

l'auront ! Que les entreprises jouent aussi<br />

le jeu en redépensant immédiatement le<br />

Sol d'une manière ou d'une autre, soit pour<br />

leurs besoins soit par leurs salariés.<br />

Ensuite, ce qui va être important est que<br />

l'argent tourne, et pour cela, il n'y a que les<br />

citoyens et les entreprises qui pourront le<br />

faire. Que ceux qui ont des euros d'une<br />

manière suffisante aillent le changer en<br />

Sol, parce que cela n'est pas pareil<br />

d'acheter un produit en Euro ou en Sol.<br />

Voilà ce que j'espère, mais j'espère aussi<br />

qu'on répondra aux besoins des citoyens et<br />

que les citoyens n'hésiteront pas à nous<br />

interpeller aussi. Si à un moment donné, ils<br />

ont un blocage parce qu'ils n'arrivent pas à<br />

dépenser leurs Sols ou parce qu'ils ne<br />

trouvent pas les produits qu'il faut. Ceci<br />

pour savoir quel outil nous pourrions mettre<br />

en place pour répondre à leur demande !<br />

LZV : Quels mécanismes peuvent être<br />

mis en place pour répondre aux plus<br />

précaires qui n'ont déjà pas<br />

suffisamment d'Euros pour pouvoir<br />

penser à les changer en Sols ?<br />

JPP : Nous travaillons avec les<br />

associations de chômeurs. <strong>Les</strong> plus<br />

précaires pourront avoir, en tout cas pour<br />

certains d'entre eux, de la monnaie Sol qui<br />

sera un pouvoir d'achat supplémentaire.<br />

Ainsi, ils n’auront pas à puiser dans le peu<br />

qu'ils ont aujourd'hui. Ils seront<br />

accompagnés, dans le cadre des<br />

associations de chômeurs, à connaître<br />

cette consommation et cet état d'esprit<br />

différent.<br />

Après… je dirai à ceux qui n'auront pas<br />

cette chance là, qu'aujourd'hui aller<br />

dépenser un Euro dans une grande<br />

surface, c'est effectivement perdre leur<br />

euro qui ne leur reviendra pas de toute<br />

façon, et c'est aussi alimenter un système<br />

qui les a rendus très précaires aujourd'hui.<br />

16


Aller dépenser son euro dans des<br />

structures agréées SOL, c'est permettre à<br />

cette monnaie de tourner trois fois plus, et<br />

de créer trois fois plus de<br />

richesses….Créer aussi….. de l'emploi et<br />

donc être solidaire, soit avec eux-mêmes<br />

s'ils ont la chance de travailler dans ce<br />

cadre, soit avec d'autres qui le seront.<br />

Après je reconnais qu'il n'est pas facile de<br />

changer l'euro en Sol parce que les<br />

produits n'ont pas les mêmes coûts.<br />

En tout cas, si les personnes peuvent le<br />

faire sur 5% de la somme qu'elles ont, elles<br />

aident la « machine » à tourner … dans le<br />

bon sens.<br />

Je me rappelle d'un chômeur disant : « Si<br />

grâce à cette monnaie, on peut mettre en<br />

danger le système qui nous a rendus<br />

précaires, il faut qu'on le fasse, c'est une<br />

démarche politique et militante ».<br />

LZV : Sur quoi allez-vous appuyer la<br />

communication pour bien faire prendre<br />

conscience au plus grand nombre de<br />

cette dimension politique alternative au<br />

système financier actuel ?<br />

JPP : Sur le fait qu'aujourd'hui, quand on<br />

met 100 euros sur le marché, il y en a 98<br />

qui sont capitalisés, pour ne pas dire<br />

« magouillés », par une minorité, et<br />

seulement 2 euros qui tournent pour la<br />

majorité des gens.<br />

Tandis que dans le Sol, puisque c'est une<br />

monnaie non capitalisable et qui fond au<br />

bout d'un certain moment. C’est une<br />

somme tourne obligatoirement au moins<br />

trois dans l'année. Pour le Chiemgauer,<br />

dans certains endroits de leur territoire,<br />

cela tourne même cinq fois dans l'année !<br />

Donc cinq fois plus de richesses qu'au<br />

départ. Et dans une démarche éthique de<br />

consommation, respectueuse de<br />

Pour une économie solidaire !<br />

l'environnement, des personnes qui<br />

travaillent dans les entreprises soit sur le<br />

territoire, donc il y a vraiment tout à y<br />

gagner aujourd'hui, pour tout le monde.<br />

Après est-ce que d'autres laisseront cette<br />

monnaie complémentaire se développer si<br />

elle devient un jour un vrai danger pour<br />

l'euro ? Ce sera notre combat politique.<br />

Aujourd'hui, c'est intéressant de savoir que<br />

le Sol Violette pourra se dépenser à<br />

Grenoble comme à Lille. Peut-être est-on<br />

déjà sorti du système régional ou<br />

territorial ? On commence à penser un peu<br />

plus loin….Cela peut permettre, dans la<br />

crise où l'on se situe aujourd'hui, de<br />

remettre en cause le fonctionnement de<br />

l’argent. On se rend compte que l’argent<br />

placé dans les banques- elles le<br />

reconnaissent elles-mêmes- ne contient<br />

que 8% pouvant être redistribué, le reste<br />

est placé en bourse. Même les entreprises<br />

un jour ou l'autre vont se demander<br />

pourquoi elles ont moins de clientèle et<br />

voudront être dans le Sol. Nous leur dirons<br />

: « Ecoutez, pour être agréé Sol, il faut<br />

respecter votre territoire, l'environnement,<br />

vos salariés ? Si vous le voulez vraiment,<br />

faites la démarche de correspondre aux<br />

critères ».<br />

Ainsi c'est amener les sociétés à<br />

changer… mais elles n'ont jamais changé<br />

d'un seul coup et il faut être patient,<br />

montrer qu'on est capable, avec des outils,<br />

de changer le fonctionnement d'une<br />

société ; j’y crois beaucoup. Si on a de<br />

l'argent, de la richesse qui tourne dans<br />

l'économie solidaire, ceci fera réfléchir les<br />

entreprises libérales et capitalistes telles<br />

qu'on les connaît aujourd'hui.<br />

LZV : Connaissez-vous un meilleur outil<br />

que le Sol pour lutter contre la<br />

spéculation ?<br />

JPP : Je pense effectivement qu'il y a des<br />

lois qui pourraient s'y opposer à condition<br />

qu'elles soient appliquées, mais je n'y crois<br />

pas trop. Lutter contre la spéculation, c'est<br />

permettre aux citoyens d'être un lieu de<br />

décision et de réflexion sur le<br />

fonctionnement de la monnaie, ce qui n'est<br />

pas le cas aujourd'hui.<br />

Au départ, l'argent était un outil d'échange<br />

et il ne commandait pas la raison de vivre<br />

dans le monde.<br />

17


Le Comité Local d'Agrément Solidaire<br />

(CLAS) aura un rôle important pour que le<br />

Sol s'inscrive pleinement dans cette<br />

transition et ne tombe pas dans effets<br />

pervers de la croissance verte. Le projet<br />

Sol devra s'intégrer dans une démarche<br />

d'éducation populaire et de développement<br />

local coopératif. En effet, les citoyens<br />

seront au CLAS, et pourront intervenir. Ce<br />

serait bien de reconsidérer l'argent comme<br />

un simple outil, et l'homme et la femme au<br />

centre de l'économie. Et à partir de là, cela<br />

peut remettre en cause le fonctionnement<br />

actuel.<br />

LZV : Vous avez évoqué un possible<br />

échec du Sol. Quelles pourraient être<br />

les raisons d'un échec ? Et au niveau de<br />

l'implication des politiques, en cas de<br />

changement de majorité municipale,<br />

comment le projet peut-il être pérennisé<br />

sans le soutien des élus ?<br />

JPP : En fin de compte les deux questions<br />

sont imbriquées. L'échec possible est que<br />

la monnaie ne tourne pas et nous ne<br />

répondions pas suffisamment aux besoins<br />

des citoyens avec une offre faible de<br />

services et produits.<br />

La réflexion est en cours mais il faudra être<br />

très réactif. S'il y a trop de Sols sur une<br />

entreprise, il s’agira de comprendre si<br />

l'entreprise a des problèmes particuliers et<br />

débloquer éventuellement les Sols. Mais si<br />

la monnaie tourne, qu'il y a assez d'offre<br />

par rapport à la demande des citoyens, il<br />

n'y aura aucun problème. En fin de compte,<br />

dans cette réponse, vous avez la réponse<br />

à la deuxième question. Si d'autres élus<br />

politiques arrivent, ils ne pourront plus<br />

arrêter le SOL puisque celui-ci tournera<br />

déjà depuis quelques années. Cette<br />

monnaie sera autonome. Par contre, cette<br />

autre majorité pourra choisir de ne plus<br />

investir dans de nouvelles démarches et<br />

dans de nouveaux apports, mais la<br />

monnaie investie, elle, fonctionnera<br />

toujours.<br />

Pour une économie solidaire !<br />

« Si on se met ensemble, on<br />

peut réussir à faire tourner la<br />

roue autrement. Même si en<br />

face de nous, il y a des<br />

machines très importantes, très<br />

souvent il suffit qu'il y ait un<br />

petit grain pour bloquer les<br />

machines. On dit souvent que<br />

les capitalistes n'aiment pas<br />

penser au petit grain qui<br />

pourrait les bloquer, j'aimerais<br />

bien qu'on soit ce petit grain là.<br />

Moi j'y crois fortement… »<br />

18


Entretien avec<br />

Andréa Caro,<br />

association Folies<br />

<strong>Les</strong> Zooms Verts - LZV : Bonjour<br />

Andréa, pouvez-vous présenter<br />

l'association FOLIES ?<br />

Andréa : L'association FOLIES est née<br />

avec cette envie de faire de l'information et<br />

de la formation, et de sensibiliser les gens<br />

à l'économie sociale et solidaire. Le travail<br />

que je préfère se déroule dans les<br />

quartiers, comme au Mirail ou au sein des<br />

Maisons des chômeurs. Nous allons vers<br />

les gens pour leur expliquer notre<br />

démarche et comment ils peuvent<br />

éventuellement créer des alternatives,<br />

monter des projets, et retrouver des actions<br />

solidaires au quotidien.<br />

Nous travaillons aussi avec des écoles<br />

d'éducateurs, en essayant de former des<br />

professionnels. Le mouvement de<br />

l'économie solidaire évolue très vite. Il faut<br />

se tenir informé de manière assez précise<br />

sur ce sujet. Il s’agit de transmettre de<br />

l’information actualisée à ces<br />

professionnels.<br />

Le rôle de Folies est de créer cette<br />

dynamique collective et de l'animer en<br />

motivant les acteurs.<br />

Nous avons un positionnement sur la<br />

communication qui va au-delà des simples<br />

outils : média, joli flyer, vidéo. Même si cela<br />

est nécessaire.<br />

Pour une économie solidaire !<br />

Nous souhaitons surtout que les gens<br />

puissent intégrer la démarche participative.<br />

L’important est qu’ils comprennent et<br />

puissent s’exprimer sur le projet de<br />

monnaie complémentaire. Ils doivent<br />

ensuite avoir une connaissance de l'utilité<br />

de la monnaie, quelque soit la devise.<br />

Que fait-on avec notre monnaie ?<br />

Comment se réalisent nos échanges ?<br />

Comment faire pour que nos échanges<br />

soient respectueux des hommes, des<br />

femmes et de la nature.<br />

LZV : Pendant l'expérimentation, quels<br />

sont les enjeux pour le groupe<br />

« Habitants » que vous dirigez ? Quelles<br />

sont les conditions de réussite ?<br />

Andréa : Pour l’habitant, le plus important<br />

est de participer.<br />

Il y a vraiment une envie de devenir,<br />

acteurs d'une démarche économique, audelà<br />

d’être un simple consommateur. Dans<br />

le groupe, il y a déjà des personnes qui<br />

voudraient participer au Comité Local<br />

d'Agrément des structures du Sol. Le CLAS<br />

décide notamment s'il y a de l'argent à<br />

mobiliser sur des projets solidaires.<br />

Nous avons présenté le projet à des<br />

structures telles que Bel Arc-en-ciel, T07,<br />

la Maison des chômeurs Avenir. Ces<br />

associations, très sollicitées surtout en<br />

période de crise, ont choisi de se mobiliser.<br />

Cela s'est fait petit à petit. Parfois, nous<br />

voudrions que cela aille plus vite. Nous<br />

devons être exigeants, mais il faut le temps<br />

de l’expérimentation.<br />

Peu à peu les acteurs se sentent impliqués<br />

dans cette démarche. L’objectif est que les<br />

habitants participent au Comité Local<br />

d'Agrément Sol. Ils contribuent ainsi à la<br />

gouvernance du projet. Cette gouvernance<br />

est l'objet de recherche du consensus ; un<br />

lieu démocratique.<br />

19


Il est très important que chacun trouve sa<br />

place, s'exprime et s’intégre aux processus<br />

de décisions économiques.<br />

LZV : En dehors de cette relation directe<br />

entre les gens, est-il prévu une diversité<br />

de supports de communication ?<br />

Andréa : Effectivement, il y a une diversité<br />

de supports interactifs. Par exemple le jeu<br />

créé par Uniscité permettra de tester à<br />

petite échelle le fonctionnement du Sol.<br />

D’autres jeux sont en cours de création.<br />

Cependant, nous privilégions le face à face<br />

comme le meilleur moyen de<br />

communication. Il ne faut pas négliger cet<br />

effort là.<br />

L'idée est qu'il y ait toujours quelqu'un de<br />

disponible au bout du fil et qui fasse<br />

vraiment un travail de proximité. Dans un<br />

projet comme le Sol, on ne peut pas faire<br />

l'économie d'être aussi dans une démarche<br />

de communication solidaire. C'est à dire<br />

d'une manière humaine, respectueuse des<br />

personnes, de la nature.<br />

Il ne s’agit pas de faire 10 000 tracts et<br />

affiches qui vont finir dans la poubelle avec<br />

une pollution publicitaire et une surenchère<br />

de la communication. Ce n’est pas<br />

agréable et c'est symboliquement violent.<br />

LZV : Le plus important n'est-ce pas que<br />

chaque personne devienne formatrice à<br />

son tour pour que chacun devienne<br />

autonome et militant sur le sujet ?<br />

Andréa : Oui, c'est l'effet boule de neige<br />

ou cascade ! Plus un groupe avance dans<br />

la compréhension, plus la parole est facile,<br />

plus les personnes peuvent parler du<br />

projet.<br />

Dans l'expérimentation Sol, plus les gens<br />

auront testé la monnaie, plus ils en auront<br />

l'expérience et pourront en parler.<br />

Le meilleur mécanisme de communication<br />

est le bouche à oreille, vieux comme le<br />

monde. Nous l’avons remis au goût du jour.<br />

Comme en Afrique avec l'arbre à palabres.<br />

Nous privilégions dans chaque quartier des<br />

espaces de communication. Nous nous<br />

Pour une économie solidaire !<br />

appuyons sur des gens que j'appelle<br />

parfois les pivots.<br />

Ces personnes sont considérées comme<br />

référentes par rapport à leur entourage,<br />

leurs amis, connaissances. Elles font<br />

remonter les questions auxquelles elles ne<br />

savent pas répondre au Comité Local<br />

d'Agrément du projet.<br />

Cette dynamique de prise de décisions se<br />

compose de quatre collèges : de la petite<br />

structure dans le quartier au CLAS. Faire<br />

une expérimentation, cela permet de<br />

vérifier si ces espaces fonctionnent, et<br />

sinon de voir ce qu'il manque.<br />

LZV : A ton avis, quels seront les<br />

ajustements au terme de cette<br />

expérimentation ?<br />

Andréa : Par exemple, le terminal de<br />

paiement électronique. Il y aura aussi une<br />

information plus technique à donner.<br />

Combien de Sols ai-je sur mon compte ?<br />

Combien de Sols aurai-je à dépenser dans<br />

les structures de l'économie solidaire ?<br />

Combien de sols aurai-je vraiment parce<br />

que ma mairie a voulu faire un complément<br />

de mon RSA ? Comme dans toute<br />

information technique, nous aurons des<br />

bugs. C’est un projet complexe, il nous<br />

faudrait des personnes ressources un peu<br />

partout, y compris dans l'informatique.<br />

LZV : Toi qui a vécu en Amérique Latine<br />

et qui a pu connaître, même de loin, les<br />

palmas du Brésil ou les créditos<br />

d'Argentine, que dirais-tu du Sol avec ce<br />

recul ?<br />

Andréa : Il est vrai qu'avec le crédito en<br />

Argentine, en pleine crise financière, les<br />

gens sont parvenus à avoir un minimum de<br />

qualité de vie. Mais les gens ont parlé du B<br />

to B et de ses difficultées. En Argentine,<br />

avec les créditos, nous avons observé des<br />

dérives, une fois la crise dépassée, comme<br />

dans tout système bancaire à un moment<br />

donné !<br />

20


Il faut savoir que les créditos n'étaient pas<br />

particulièrement axés vers l'économie<br />

solidaire donc peut-être que ceci fera une<br />

différence importante. En effet, si les<br />

structures de l'économie solidaire sont<br />

agréées « Sol » selon des critères affichés<br />

et transparents, ce sera très clair.<br />

LZV : Pour toi le Sol, c'est une des<br />

monnaies <strong>complémentaires</strong> les plus<br />

éthiques ?<br />

Andréa : Oui c'est peut-être celle qui est la<br />

plus complète. Elle contient la dimension<br />

de la fonte, la complémentarité avec l'Euro,<br />

la circulation. Elle tient compte des critères<br />

éthiques. Je pense que le plus intéressant<br />

pour le Sol-Violette à Toulouse, c'est le<br />

caractère collectif. Il s’agit d’une vraie<br />

réappropriation de l'économie dans<br />

l'espace démocratique !<br />

LZV: <strong>Les</strong> deux axes les plus importants à<br />

retenir ?<br />

Andréa : L'action collective, parce que<br />

c'est un projet démocratique et<br />

l'expérimentation, parce que c'est<br />

l'opportunité de fournir des preuves.<br />

Nous avons besoin de preuves dans un<br />

monde où l'on ne croit plus à rien, nous<br />

avons besoin de choses concrètes sur<br />

lesquelles on puisse sentir cette proximité<br />

et dire « je comprends ».<br />

Andrea Caro, Association Folies<br />

Chargé de mission SOL -Violette<br />

contact@sol-violette.info, 06 50 48 85 53<br />

Pour une économie solidaire !<br />

Le SOL,<br />

outil de lutte contre la précarité…<br />

Entretien avec<br />

Marie Lacoste,<br />

Co-Directrice d’AVENIR<br />

L’expérimentation lancée par la Mairie de<br />

Toulouse sur le SOL Violette, à partir de<br />

janvier 2011, portera sur 150 familles, dont<br />

90 connaissant des difficultés liées au<br />

chômage et à la précarité. Un choix<br />

politique fort, pour que cette monnaie<br />

puisse aussi être un vecteur de pouvoir<br />

d’achat supplémentaire pour les personnes<br />

à faibles revenus ! Jean-Paul PLA a<br />

demandé aux 3 Maisons de chômeurs de<br />

Toulouse de participer à cette mise en<br />

place, parce qu’elles sont en contact<br />

quotidien avec les personnes en difficultés.<br />

Depuis 25 ans, Avenir sur Rangueil,<br />

Partage à la Faourette, TO7 sur la<br />

Reynerie accueillent les chômeurs et les<br />

précaires de l’agglomération toulousaine.<br />

Ces associations ont des fonctions<br />

multiples : convivialité, soutien à la vie<br />

quotidienne, re-socialisation par des<br />

activités collectives, aide au retour à<br />

l’emploi, information et défense des<br />

droits…<br />

21


Elles ont donc une expertise de terrain et<br />

une reconnaissance de la part des<br />

usagers, comme des pouvoirs publics, qui<br />

leur permet logiquement de s’investir dans<br />

le projet du SOL.<br />

Le rôle des maisons de chômeurs dans ce<br />

projet sera de trouver, parmi leurs<br />

adhérents, des « testeurs » motivés, vivant<br />

sur le territoire de l’expérimentation. Elles<br />

devront leur expliquer la démarche du<br />

SOL, les accompagner dans les<br />

entreprises solidaires qui acceptent le<br />

paiement en SOL pour la première visite et<br />

suivre la manière dont ils utilisent cette<br />

monnaie complémentaire. <strong>Les</strong> trois<br />

associations participeront également au<br />

Comité Local d’Agrément du SOL qui<br />

sélectionne les entreprises habilitées,<br />

suivant des critères précis. Une personne<br />

ressource par association sera missionnée<br />

sur le SOL.<br />

<strong>Les</strong> chômeurs impliqués dans cette<br />

démarche recevront 30 SOL par mois<br />

pendant 6 mois, afin de consommer<br />

différemment, dans les domaines de<br />

l’alimentation, des transports, des loisirs et<br />

des services. Cela implique qu’ils jouent le<br />

jeu et acceptent d’aller vers des espaces<br />

de consommation qu’ils connaissent mal, le<br />

plus souvent faute de moyens.<br />

A l’issue de l’expérimentation, un bilan sera<br />

réalisé collectivement, avec les<br />

associations et les utilisateurs, pour<br />

apprécier de quelle manière adapter le<br />

fonctionnement du SOL, afin d’élargir son<br />

utilisation.<br />

115 rue Bonnat-31400 Toulouse<br />

05 34 31 33 11 avenir.toulouse@wanadoo.fr<br />

http://maisondeschomeurs.comoj.com/<br />

Pour une économie solidaire !<br />

Sol Violette<br />

Groupe Habitants<br />

Témoignage de<br />

Damien Lagrange<br />

Bleue comme une Orange<br />

Un des points importants de discussion du<br />

groupe de travail « Habitants 2 » ou<br />

d'autres personnes intéressées par le<br />

projet Sol est celui de la valeur fondante du<br />

Sol. C'est un aspect crucial du projet Sol<br />

car cette fonte doit permettre que l'argent<br />

(converti en Sol) circule plus rapidement et<br />

donc contribue au développement<br />

économique des structures de l'économie<br />

solidaire.<br />

Or pour de nombreuses personnes<br />

intéressées par ce projet, ce mécanisme<br />

pousse à la consommation, ce qui ne<br />

permet pas de sortir de la logique<br />

marchande et participe de la « croissance<br />

verte » décriée par une critique<br />

« décroissante ».<br />

Il me semble crucial de distinguer la<br />

logique de la croissance verte qui est :<br />

- de ne soutenir les mutations écologiques<br />

que si elles contribuent à la croissance du<br />

PIB et permettent aux entreprises de<br />

réaliser du profit.<br />

- de développer des productions plus<br />

propres par unité produite sans prendre en<br />

compte les effets rebond (par exemple si<br />

j'ai une voiture qui consomme moins, cela<br />

peut m'inciter à faire plus de km ce qui peut<br />

avoir au final un effet nul).<br />

- de privilégier les questions autour des<br />

techniques de production sans considérer<br />

les inégalités de répartition des richesses.<br />

La logique de la transition écologique et<br />

solidaire de l'économie, dans laquelle<br />

s'intègre le projet Sol qui :<br />

- soumet la réalisation des profits à<br />

l'impératif de réduction de l'empreinte<br />

écologique ;<br />

si une activité exerce une action bénéfique<br />

22


sur l'environnement, il faut la soutenir,<br />

même si elle n'est pas forcément rentable;<br />

l'augmentation du PIB n'est pas un but en<br />

soi.<br />

- prend en compte les effets rebond donc<br />

réfléchit plus en valeur absolue (les achats<br />

dans les structures solidaires ne doivent<br />

pas se rajouter aux achats « classiques »<br />

mais s'y substituer).<br />

- vise à réduire les inégalités (par la<br />

redistribution, la réglementation ou la<br />

responsabilisation des acteurs<br />

économiques)<br />

Le Comité Local d'Agrément Solidaire<br />

(CLAS) aura un rôle important pour que le<br />

Sol s'inscrive pleinement dans cette<br />

transition et ne tombe pas dans effets<br />

pervers de la croissance verte. Le projet<br />

Sol devra s'intégrer dans une démarche<br />

d'éducation populaire et de développement<br />

local coopératif<br />

Bleue. commeuneorange@free.fr<br />

05 61 34 25 21<br />

Pour une économie solidaire !<br />

En Aquitaine, une monnaie locale<br />

à Villeneuve sur Lot<br />

Entretien avec<br />

Patrick Figeac et Françoise<br />

Lenoble, l’Abeille à Villeneuve<br />

sur Lot<br />

Patrick Figeac et Françoise Lenoble<br />

sont coprésidents de l'association Agir<br />

Pour le Vivant, association fondatrice<br />

d'une monnaie locale complémentaire à<br />

Villeneuve sur Lot, l'Abeille.<br />

Le Dimanche 1er Août 2010, ils tenaient un stand à<br />

la foire Bio de Laparade, dans les hauteurs d'une<br />

colline dominant le Lot et les Abeilles tournaient<br />

entre consommateurs et commerçants.<br />

<strong>Les</strong> Zooms Verts LZV : Pouvez-vous<br />

présenter l'association Agir pour le<br />

Vivant ? Pourquoi vous êtes-vous lancé<br />

dans la création de cette monnaie ?<br />

Françoise : L'association Agir pour le<br />

Vivant a pour objectif de s'occuper de ce<br />

qui concerne l'environnement, la santé,<br />

l'éducation, enfin tout ce qui est un peu<br />

alternatif et qui sont les germes de la<br />

société qu'il nous faut bâtir pour demain.<br />

23


Nous avons aussi abordé le problème de<br />

l'économie. Certains parmi nous ont déjà<br />

réfléchi depuis longtemps à ce sujet-là, ont<br />

changé de banque et choisi une banque<br />

éthique.<br />

Et puis nous nous sommes posés la<br />

question suivante : chaque jour lorsque l’on<br />

fait nos achats, quand on paye en euro, à<br />

qui profitent ces euros, où vont ces euros ?<br />

Et de fil en aiguille, on a réalisé qu'on<br />

pouvait peut-être, pour nos achats au<br />

quotidien, avoir un acte citoyen plus<br />

responsable, faire en sorte que ces euros<br />

fassent vivre des gens qui font un travail<br />

localement, éthique. En somme, que ces<br />

euros ne repartent pas dans la spéculation.<br />

Voilà la réflexion de départ.<br />

Patrick : Concernant l'argent qui circule sur<br />

la planète, 95% sont de l'argent spéculatif.<br />

Seuls 5% servent à des échanges<br />

marchands. C'est parfaitement anormal.<br />

Donc c'est bien dans un premier temps,<br />

pour redonner à la monnaie sa fonction<br />

initiale que nous avons créé cette monnaie.<br />

Elle est locale parce qu'elle a cours sur un<br />

territoire donné, autour de Villeneuve sur<br />

Lot. Et complémentaire parce que dans<br />

notre esprit, il ne s'agit pas de remplacer<br />

l'euro. L'euro a toute sa valeur d'être pour<br />

d'autres échanges mais pour nous il s’agit<br />

d'abord de redonner du sens à nos<br />

échanges.<br />

Pour une économie solidaire !<br />

LZV : Pourquoi avoir choisi le nom de<br />

cet insecte ?<br />

Patrick : Albert Einstein disait : « Quand<br />

l'abeille disparaîtra, l'humanité en aura<br />

pour 4 ans ». Il suffit de voir aujourd'hui les<br />

diverses crises financières, écologiques,<br />

humaines, pour se rendre compte que le<br />

vivant est menacé. Et l'abeille nous<br />

semblait être un symbole tout à fait<br />

intéressant du vivant, donc symbole de<br />

notre association puisque nous l'avons<br />

appelé « Agir pour le Vivant ».<br />

LZV : Quels sont les autres activités de<br />

cette association en dehors de la<br />

monnaie locale ?<br />

Françoise : L'objectif d'Agir pour le Vivant<br />

est d'organiser des conférences, des<br />

informations, des colloques, de façon à<br />

informer les consommateurs,<br />

consomm'Acteurs sur tout ce qui concourt<br />

au bien-être durable du vivant. Nous<br />

voulions développer, informer, pour<br />

montrer que d'autres chemins sont<br />

possibles, d'autres voies sont possibles…<br />

Le choix d’Agir pour le vivant : être dans<br />

une société qui, au lieu d'agir « contre »,<br />

agit « pour ». C'est pour ça que nous<br />

intervenons dans tous les secteurs, sans<br />

se cantonner à la monnaie. La monnaie est<br />

venue après, mais cela nous prend<br />

actuellement les 4/5ème de notre temps<br />

dans Agir pour le Vivant.<br />

Patrick : Nous nous rendons compte qu'en<br />

fait, la monnaie recèle toutes les<br />

potentialités dont on vient de parler.<br />

24


Parler de la monnaie, quand on parle<br />

d'échanges locaux, c'est s'intéresser à la<br />

vie des gens, à la vie de notre<br />

environnement. Donc à l'agriculture, à l'être<br />

humain tout simplement, à la santé puisque<br />

nous avons dans l'Abeille un certain<br />

nombre de praticiens qui acceptent de<br />

travailler avec l'Abeille. La monnaie<br />

recouvre un certain nombre de secteurs<br />

que beaucoup de nos concitoyens ne<br />

connaissent pas.<br />

LZV : Comment s'est déroulé le<br />

développement de l'Abeille à ses débuts<br />

?<br />

Françoise : Il y a quinze mois, nous avons<br />

eu une période vraiment expérimentale<br />

pour voir comment « ça répondait », aussi<br />

bien auprès des entreprises que des<br />

consommateurs. On les a formés, on leur<br />

faisait comprendre l'intérêt pour tous de<br />

créer ce réseau, de le dynamiser; de<br />

l'intensifier. Pendant cette période<br />

expérimentale, qui a duré de juin à fin<br />

décembre 2009, on construisait nos<br />

fondamentaux, on faisait des réunions<br />

d'informations auprès du grand public ainsi<br />

qu'auprès des élus. Il y a eu des émissions<br />

de radio, la presse, etc.<br />

Enfin, nous avons lancé officiellement la<br />

monnaie l’Abeille fin janvier 2010.<br />

Maintenant, à l'intérieur de ce réseau, on<br />

peut se nourrir complètement, se soigner,<br />

lire, on a une couturière, une coiffeuse, une<br />

productrice de savon artisanal. C'est<br />

excessivement varié, on peut utiliser<br />

chaque mois beaucoup d'Abeilles.<br />

Pour une économie solidaire !<br />

LZV : Diriez-vous que l'économie de<br />

Villeneuve sur Lot est plus dynamique<br />

aujourd'hui, et quels sont les<br />

changements observés ?<br />

Patrick : Nous sommes, au niveau du<br />

bassin de Villeneuve sur Lot dans un<br />

secteur qui est gravement touché. Savezvous<br />

que le bassin de Villeneuve, en terme<br />

de chômage, est malheureusement dans le<br />

peloton de tête ? Il n'y a pas d'industries,<br />

nous sommes isolés des voies de<br />

communication…<br />

Je pense qu'une des richesses de l'Abeille,<br />

est d'avoir permis aux citoyens que nous<br />

sommes, de comprendre que notre destin,<br />

nous l'avions entre nos mains et qu'il ne<br />

fallait pas que nous nous en remettions à<br />

une autre instance.<br />

Françoise : Par l'Abeille, on crée<br />

beaucoup de liens. Or ce n'est pas<br />

seulement l'argent qui manque aux gens,<br />

mais le lien, on le voit bien. D'ailleurs, un<br />

de nos objectifs est de déposer à la NEF<br />

(Banque éthique), par le biais de l'Abeille,<br />

le fond de garantie, c'est à dire les chèques<br />

avec lesquelles les consommateurs<br />

transforment leur euros en Abeilles. Plus<br />

ce fond grossira, plus on pourra envisager<br />

d'utiliser une partie de ce fond de garantie<br />

pour des prêts locaux à des projets<br />

éthiques de création d'activités. Imaginons<br />

qu'un agriculteur soit grêlé, c'est pour lui la<br />

catastrophe car certains n'ont même pas<br />

de quoi acheter leurs semences. Il doit<br />

donc emprunter pour s'en sortir, mais si la<br />

famille ne peut prêter, force est de<br />

constater que ce ne sont pas les banques<br />

qui vont le faire. Donc cet objectif est de<br />

créer un réseau de solidarité par ce lien, de<br />

façon à aider, s'il le faut, un agriculteur, une<br />

entreprise, même un consommateur, du<br />

réseau.<br />

25


LZV : Comment se procure-t-on cette<br />

monnaie ?<br />

Françoise : D'abord, on adhère à<br />

l'association et ensuite on transforme ses<br />

euros en Abeille. Pour cela, nous éditons<br />

une liste qui va devenir de plus en plus<br />

conséquente au dos de laquelle, il y a les<br />

« points de vente » où l’on peut se procurer<br />

des Abeilles. Lorsqu’on n’ a plus d'Abeilles,<br />

on revient dans un point de vente<br />

transformer de nouveaux euros en<br />

Abeilles. C'est la ruche !<br />

LZV : Depuis le début, vous vous êtes<br />

inspirés essentiellement de l'expérience<br />

allemande du Chiemgauer. C'est votre<br />

cousin le plus proche, pouvons-nous<br />

dire. Quelles liens entretenez-vous avec<br />

cette expérience et quelle a été<br />

l'influence du Chiemgauer sur la<br />

création de l'Abeille ?<br />

Françoise : Elle a été énorme. Le<br />

Chiemgauer a eu une grande influence sur<br />

nous. Dès que nous avons lancé la phase<br />

expérimentale en juin 2009, nous sommes<br />

entrés en relation avec le Chiemgauer en<br />

Bavière. Et des liens se sont noués. Nous<br />

nous sommes rencontrés ensuite à<br />

Nanterre au mois de décembre, et au mois<br />

de mai, nous étions chez eux. Pour<br />

comprendre comment ils fonctionnaient<br />

concrètement, pour rencontrer des<br />

entreprises qui acceptent le Chiemgauer,<br />

etc…<br />

En fait, ce sont nos grands frères. Grâce à<br />

eux, nous avons compris l'importance de<br />

faire en sorte que notre monnaie soit<br />

fondante.<br />

Nous avions essayé d’implanter le Sol mais<br />

alors nous avions été confrontés à un<br />

problème : l'utilisation exclusive de la carte<br />

magnétique.<br />

Pour une économie solidaire !<br />

En effet, nous avons ici beaucoup de<br />

marchés, beaucoup de producteurs,<br />

d'entreprises qui viennent sur les marchés<br />

et qui n'utilisent pas la carte, cela ne<br />

fonctionnait pas. Nous nous sommes par<br />

conséquent tournés vers une monnaie<br />

locale complémentaire issue de la base<br />

alors que le Sol est expérimenté au niveau<br />

de l'Europe.<br />

Patrick : Françoise vient de pointer un<br />

détail essentiel : issu de la base. C'est à<br />

dire que cette monnaie évolue avec celles<br />

et ceux qui l'utilisent. Avec des réunions<br />

régulières qui permettent de lister les<br />

points forts, les points faibles, et surtout de<br />

travailler sur les améliorations. Nous y<br />

travaillons tous ensemble.<br />

C'est un travail de partenariat, nous<br />

sommes tous embarqués dans une<br />

aventure extraordinaire dont on connaît<br />

aussi les limites et au sein de laquelle<br />

chacun à sa place.<br />

LZV : Vous parlez de limites, vous en<br />

avez identifiées ?<br />

Patrick : Je dirais que les limites sont<br />

surtout dans les têtes ! C'est en effet ce qui<br />

est ressorti lors de nos dernières réunions<br />

avec les entreprises du réseau. Beaucoup<br />

n'ont pas encore très bien compris quel<br />

était l'intérêt d'utiliser les Abeilles plutôt que<br />

l'Euro.<br />

26


C'est d'abord un problème mental. Nous<br />

avons des difficultés à sortir de nos cadres,<br />

de nos schémas de fonctionnements<br />

mentaux qui viennent nous parasiter.<br />

Penser qu'une autre monnaie est possible<br />

en marge des monnaies conventionnelles !<br />

LZV : Que répondez-vous à vos<br />

détracteurs qui pointent le côté marginal<br />

de ce type d'initiatives ?<br />

Françoise : Disons que pour le moment,<br />

les initiatives restent encore marginales.<br />

Mais en voyant de nombreuses régions et<br />

villes en France sont en train de mettre en<br />

place elles aussi, leur monnaie locale, on<br />

se dit bien qu'il n'y a pas de hasard.<br />

En Allemagne, 38 monnaies sont en<br />

fonctionnement, 40 en formation. Au<br />

Royaume Uni, il en existe aussi… il y a<br />

bien quelque chose qui se passe.<br />

De même à propos du Bio, on peut dire<br />

qu'il est marginal pour le moment. C'est un<br />

début... Je dirais qu'on est en train, par le<br />

Bio, par les constructions bio-climatiques,<br />

grâce à tous ceux qui vont vers la sobriété<br />

heureuse, de mettre en place les germes<br />

de la société de demain.<br />

Nous voyons que notre société arrive en<br />

bout de course, tout s'écroule, mais il faut<br />

quand même garder confiance parce qu'il<br />

est possible de vivre autrement, de faire<br />

autrement.<br />

Patrick : C'est vrai qu'il y a une multiplicité<br />

de petites expériences analogues à la<br />

nôtre dans le monde. Dans d’autres pays,<br />

des citoyens comme nous, mènent les<br />

mêmes aventures. Simplement, nous ne<br />

sommes pas en réseau, on ne se connaît<br />

pas. Et l’on s'est rendu compte qu'il y avait<br />

une foison d'initiatives touchant à la fois<br />

l'économie marchande et non-marchande.<br />

Il n'y a pas de fédération de toutes ces<br />

initiatives mais on va vers ce qu'Edgar<br />

Morin appelle la « métamorphose » p 28.<br />

Pour une économie solidaire !<br />

Françoise : Il y a d'autres villes qui mettent<br />

en place leur monnaie actuellement, et<br />

d'autres monnaies locales devraient<br />

apparaître en France courant 2011.<br />

LZV : Est-ce que des monnaies locales<br />

de régions différentes pourraient un<br />

jour avoir vocation à s'articuler entre<br />

elles ?<br />

Françoise : Nous avons organisé en mai<br />

2010, la première rencontre, en Ardèche,<br />

des porteurs de projet de monnaies locales<br />

de France. Et il y avait quand même 30<br />

personnes, 10 régions et villes<br />

représentées…Tout cela pour essayer<br />

d'harmoniser, avec ceux qui le veulent, les<br />

différentes monnaies locales qui vont se<br />

mettre en place en France. Et aller peutêtre<br />

vers une fédération, un peu comme<br />

l'ont fait les Allemands.<br />

27


Regard…<br />

Sociologue et philosophe, né en 1921, Edgar<br />

Morin a été Résistant au nazisme<br />

Dans Le Monde daté du 10 janvier 2010, Edgar<br />

Morin publie un « Eloge de la métamorphose ».<br />

Voici quelques extraits choisis de ce texteprogramme,<br />

dans lequel il énonce cinq<br />

« principes d’espérance » ;<br />

Quand un système est incapable de traiter<br />

ses problèmes vitaux, il se dégrade, se<br />

désintègre ou alors il est capable de<br />

susciter un méta-système à même de<br />

traiter ses problèmes : il se métamorphose.<br />

Le système Terre est incapable de<br />

s’organiser pour traiter ses problèmes<br />

vitaux : périls nucléaires qui s’aggravent<br />

avec la dissémination et peut-être la<br />

privatisation de l’arme atomique ;<br />

dégradation de la biosphère ; économie<br />

mondiale sans vraie régulation ; retour des<br />

famines ; conflits ethno-politico-religieux<br />

tendant à se développer en guerres de<br />

civilisation.<br />

(…) Le probable est la désintégration.<br />

L’improbable mais possible est la<br />

métamorphose. Qu’est-ce qu’une<br />

métamorphose ? Nous en voyons<br />

d’innombrables exemples dans le règne<br />

animal. (…) La naissance de la vie peut<br />

être conçue comme la métamorphose<br />

d’une organisation physico-chimique, qui,<br />

arrivée à un point de saturation, a créé la<br />

méta-organisation vivante, laquelle, tout en<br />

comportant les mêmes constituants<br />

physico-chimiques, a produit des qualités<br />

nouvelles.<br />

Pour une économie solidaire !<br />

(…) L’idée de métamorphose, plus riche<br />

que l’idée de révolution, en garde la<br />

radicalité transformatrice, mais la lie à la<br />

conservation (de la vie, de l’héritage des<br />

cultures). Pour aller vers la métamorphose,<br />

comment changer de voie ? Mais s’il<br />

semble possible d’en corriger certains<br />

maux, il est impossible de même freiner le<br />

déferlement techno-scientifico-économicocivilisationnel<br />

qui conduit la planète aux<br />

désastres. Et pourtant l’Histoire humaine a<br />

souvent changé de voie. Tout commence,<br />

toujours, par une innovation, un nouveau<br />

message déviant, marginal, modeste,<br />

souvent invisible aux contemporains.<br />

(…) Tout en fait a recommencé, mais sans<br />

qu’on le sache. Nous en sommes au stade<br />

de commencements, modestes, invisibles,<br />

marginaux, dispersés. Car il existe déjà,<br />

sur tous les continents, un bouillonnement<br />

créatif, une multitude d’initiatives locales,<br />

dans le sens de la régénération<br />

économique, ou sociale, ou politique, ou<br />

cognitive, ou éducationnelle, ou éthique, ou<br />

de la réforme de vie.<br />

Ces initiatives ne se connaissent pas les<br />

unes les autres, nulle administration ne les<br />

dénombre, nul parti n’en prend<br />

connaissance. Mais elles sont le vivier du<br />

futur. Il s’agit de les reconnaître, de les<br />

recenser, de les collationner, de les<br />

répertorier, et de les conjuguer en une<br />

pluralité de chemins réformateurs. Ce sont<br />

ces voies multiples qui pourront, en se<br />

développant conjointement, se conjuguer<br />

pour former la voie nouvelle, laquelle nous<br />

mènerait vers l’encore invisible et<br />

inconcevable métamorphose.<br />

(…) Ainsi il faut à la fois mondialiser et<br />

démondialiser, croître et décroître,<br />

développer et envelopper. L’orientation<br />

mondialisation/démondialisation signifie<br />

que, s’il faut multiplier les processus de<br />

communication et de planétarisation<br />

culturelles, s’il faut que se constitue une<br />

conscience de “Terre-patrie”, il faut aussi<br />

promouvoir, de façon démondialisante,<br />

l’alimentation de proximité, les artisanats<br />

de proximité, les commerces de proximité,<br />

le maraîchage périurbain, les<br />

communautés locales et régionales.<br />

28


(…) L’orientation “croissance/décroissance”<br />

signifie qu’il faut faire croître les services,<br />

les énergies vertes, les transports publics,<br />

l’économie plurielle dont l’économie sociale<br />

et solidaire, les aménagements<br />

d’humanisation des mégapoles, les<br />

agricultures et élevages fermiers et<br />

biologiques, mais décroître les intoxications<br />

consommationnistes, la nourriture<br />

industrialisée, la production d’objets<br />

jetables et non réparables, le trafic<br />

automobile, le trafic camion (au profit du<br />

ferroutage).<br />

(…) Il ne suffit plus de dénoncer. Il nous<br />

faut maintenant énoncer. Il ne suffit pas de<br />

rappeler l’urgence. Il faut savoir aussi<br />

commencer par définir les voies qui<br />

conduiraient à la Voie. Ce à quoi nous<br />

essayons de contribuer. Quelles sont les<br />

raisons d’espérer ?<br />

Nous pouvons formuler cinq principes<br />

d’espérance.<br />

1. Le surgissement de l’improbable.<br />

Ainsi la résistance victorieuse par deux fois<br />

de la petite Athènes à la formidable<br />

puissance perse, cinq siècles avant notre<br />

ère, fut hautement improbable et permit la<br />

naissance de la démocratie et celle de la<br />

philosophie. De même fut inattendue la<br />

congélation de l’offensive allemande<br />

devant Moscou en automne 1941, puis<br />

improbable la contre-offensive victorieuse<br />

de Joukov commencée le 5 décembre, et<br />

suivie le 8 décembre par l’attaque de Pearl<br />

Harbor qui fit entrer les Etats-Unis dans la<br />

guerre mondiale.<br />

2. <strong>Les</strong> vertus génératrices/créatrices<br />

inhérentes à l’humanité. De même qu’il<br />

existe dans tout organisme humain adulte<br />

des cellules souches dotées des aptitudes<br />

polyvalentes (totipotentes) propres aux<br />

cellules embryonnaires, mais inactivées, de<br />

même il existe en tout être humain, en<br />

toute société humaine des vertus<br />

régénératrices, génératrices, créatrices à<br />

l’état dormant ou inhibé.<br />

Pour une économie solidaire !<br />

3. <strong>Les</strong> vertus de la crise. En même temps<br />

que des forces régressives ou<br />

désintégratrices, les forces génératrices<br />

créatrices s’éveillent dans la crise<br />

planétaire de l’humanité.<br />

4. Ce à quoi se combinent les vertus du<br />

péril : “Là où croît le péril croît aussi ce<br />

qui sauve.” La chance suprême est<br />

inséparable du risque suprême.<br />

5. L’aspiration multimillénaire de<br />

l’humanité à l’harmonie (paradis, puis<br />

utopies, puis idéologies libertaire<br />

/socialiste/communiste, puis aspirations et<br />

révoltes juvéniles des années 1960). Cette<br />

aspiration renaît dans le grouillement des<br />

initiatives multiples et dispersées qui<br />

pourront nourrir les voies réformatrices,<br />

vouées à se rejoindre dans la voie<br />

nouvelle.<br />

L’espérance était morte. <strong>Les</strong> vieilles<br />

générations sont désabusées des faux<br />

espoirs. <strong>Les</strong> jeunes générations se<br />

désolent qu’il n’y ait plus de cause comme<br />

celle de notre résistance durant la seconde<br />

guerre mondiale. Mais notre cause portait<br />

en elle-même son contraire. Comme disait<br />

Vassili Grossman de Stalingrad, la plus<br />

grande victoire de l’humanité était en<br />

même temps sa plus grande défaite,<br />

puisque le totalitarisme stalinien en sortait<br />

vainqueur. La victoire des démocraties<br />

rétablissait du même coup leur<br />

colonialisme. Aujourd’hui, la cause est<br />

sans équivoque, sublime : il s’agit de<br />

sauver l’humanité.<br />

L’espérance vraie sait qu’elle n’est pas<br />

certitude. C’est l’espérance non pas au<br />

meilleur des mondes, mais en un monde<br />

meilleur. L’origine est devant nous,<br />

disait Heidegger. La métamorphose<br />

serait effectivement une nouvelle<br />

origine.<br />

29


Pour aller plus loin<br />

Coordination Nationale Monnaie SOL<br />

Celina Whitaker: contact@sol.ouvaton.org<br />

Région Bretagne<br />

SCOP Initiatives Compétences<br />

02 99 67 09 18<br />

Pierre Yves Jan<br />

Yann Clavreul<br />

bretagne@sol.ouvaton.org<br />

Région Ile-de-France<br />

CEEFIA<br />

01 40 09 09 86<br />

Nadia Benqué<br />

Patricia Moulin Lemoine<br />

ile-de-france@sol.ouvaton.org<br />

Région Midi-Pyrénées<br />

Coordinateur Réseau Sol<br />

Frédéric Bosqué – 06 82 26 68 19<br />

frederic.bosque@freemind.fr<br />

Région Nord-Pas de Calais<br />

APES<br />

03 20 30 98 25<br />

Véronique Branger / Fanny Isnard<br />

E2I - 03 20 17 52 52<br />

Sophie Delebarre Lorens / Luc Belval<br />

nord-pas-de-calais@sol.ouvaton.org<br />

Bibliographie<br />

<strong>Les</strong> 10 plus gros mensonges sur l’<br />

économie. Philippe DERUDDER &<br />

André-Jacques HOLBECQ. Editions<br />

Dangles 2010<br />

Aujourd’hui, Molière aurait sans doute pris pour cible<br />

les économistes au lieu des médecins. La « saignée<br />

», panacée de son temps, aurait fait place à la «<br />

croissance », prétendue solution à tous nos maux.<br />

Au latin a succédé un jargon incompréhensible.<br />

Dormez bonnes gens ! Ceux « qui savent »<br />

s’occupent de votre bonheur…<br />

http://www.10mensonges.org/<br />

Pour une économie solidaire !<br />

<strong>Les</strong> nouveaux murs de l'argent.-<br />

François Morin. Essai sur la finance<br />

globalisée. Editions du Seuil 2006<br />

François Morin a voulu montrer que l’histoire<br />

monétaire et financière que la France a connue dans<br />

l’entre-deux guerres (avec les gouvernements du<br />

Cartel des gauches) est en train de se répéter, mais,<br />

cette fois-ci, dans une dimension autrement plus<br />

importante puisqu’elle se situe à l’échelle mondiale :<br />

un nouveau « mur de l’argent » est dressé depuis<br />

une dizaine d’années par les grandes banques<br />

internationales qui a pour résultat de contrer la<br />

volonté des politiques et notamment des<br />

gouvernements démocratiquement élus.<br />

<strong>Monnaies</strong> régionales, de nouvelles<br />

voies vers une prospérité durable.-<br />

Benard Lietaer. Editions Charles<br />

Léopold Mayer.-2008<br />

Le processus de mondialisation qui est en œuvre<br />

depuis une vingtaine d'années suscite autant<br />

l'assentiment que la méfiance. Il s'agit aujourd'hui<br />

non pas de savoir si la mondialisation est "bonne" ou<br />

"mauvaise", mais d'élaborer un modèle dans lequel<br />

tous les participants seraient gagnants. Se fondant<br />

sur le rôle que notre système monétaire joue dans<br />

ces dysfonctionnements, Bernard Lietaer et Margrit<br />

Kennedy militent pour que les initiatives de portée<br />

nationale ou européenne soient soutenues par<br />

l'introduction de monnaies régionales.<br />

30


Sitographie<br />

http://www.sol-violette.info/<br />

http://www.sol-reseau.org/<br />

http://conferences.ish-lyon.cnrs.fr<br />

http://www.alpesolidaires.org/thematiques/reseau-sol<br />

http://sol-nanterre.org/<br />

Monnaie solidaire par Frédéric Bosqué<br />

Conférence mise en ligne sur :<br />

http://www.slideshare.net/FBOSQUE/conferencesol?src=related_normal&rel=3601059<br />

Actes du Colloque international sur les<br />

monnaies sociales et <strong>complémentaires</strong><br />

16 et 17 février 2011. Lyon<br />

Ce colloque est organisé par les laboratoires LEFI<br />

et Triangle, Université de Lyon. Il est trilingue<br />

(espagnol / anglais / français) et pluri-disciplinaire. Il<br />

appelle tout type de proposition dans le champ des<br />

monnaies sociales ou <strong>complémentaires</strong>, mais se<br />

centre particulièrement sur le thème « Trente années<br />

de monnaies sociales et <strong>complémentaires</strong> – et<br />

après »<br />

http://conferences.ish-lyon.cnrs.fr<br />

Payer content. In Interdépendances<br />

Août 2009<br />

http://www.sol-reseau.org/IMG/pdf/2009-07-<br />

27_1799_INTERDEPENDANCES.pdf<br />

Et si on essayait ? Créer des monnaies<br />

par millions. In Le Monde / Août 2009<br />

http://www.sol-reseau.org/IMG/pdf/2009-08-<br />

18_1925_LE_MONDE.pdf<br />

Pour une économie solidaire !<br />

Films<br />

La double face de la monnaie<br />

Vincent Gaillart et Jerôme Polidor<br />

Durée : 54 mn, 2006<br />

Éditeur La Mare aux canards<br />

Documentaire avec Patrick Viveret, Bernard Lietaer,<br />

Dominique Plihon, Héloïsa Primavera et Michael<br />

Linton<br />

« L’argent est une drogue...nous devons suivre une<br />

cure de désintoxication » Sur un ton ludique et<br />

pédagogique, la double face de la monnaie nous<br />

propose de démystifier l’argent et de reconsidérer<br />

notre perception de la richesse.<br />

Mis en ligne sur :<br />

http://www.alpesolidaires.org/la-double-face-de-lamonnaie-monnaies-sociales-et-solidaires-dans-lemonde<br />

31


Inscrivez votre initiative solidaire …<br />

http://www.adepes.org/spip.php?article718<br />

La base de données des initiatives économiques et<br />

solidaires est portée au niveau national par le<br />

Mouvement Pour l’Economie Solidaire et par ADEPES<br />

en Midi-Pyrénées.<br />

Elle a pour objectifs de :<br />

Promouvoir l’économie sociale et solidaire dans sa<br />

diversité sur tout le territoire national,<br />

Construire un référentiel commun de l’économie<br />

sociale et solidaire,<br />

Favoriser le développement et la structuration des<br />

réseaux,<br />

Relier des acteurs ensemble sur des thématiques ou<br />

des projets communs,<br />

Etre un outil à la disposition des acteurs régionaux et<br />

nationaux de l’économie sociale et solidaire.<br />

Participez aux Etats Généraux de<br />

l’Economie Sociale et Solidaire…<br />

www.pouruneautreeconomie.fr<br />

Pour une économie solidaire !<br />

ISSN 1299-6750. CPPAP 0403G80498<br />

Direction de publication : Bérénice Dondeyne<br />

Rédacteurs en chef : Frédéric Bosqué (Coordonnateur<br />

Sol-Violette) et Denis Coutens<br />

Comité de rédaction: Carole Donaty, Betrand Pecqueur<br />

(Adepes), Michaël Le Sauce (<strong>Les</strong> Zooms Verts), Marius<br />

Chevallier (Cerises)<br />

Editeur: ADEPES<br />

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