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Le Lobby Cubain - Cuba Solidarity Project

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Le Lobby Cubaine de 1959 à nos jours

DEA CIVILISATION NORD-AMERICAINE

ET LITTERATURES POST-COLONIALES EN ANGLAIS

LE LOBBY CUBAIN AUX ETATS-UNIS

DE 1959 A NOS JOURS

par Salim LAMRANI

2002-2003

UNIVERSITE SORBONNE NOUVELLE

ECOLE DOCTORALE DES ETUDES ANGLOPHONES

5, rue de l’Ecole de Médecine 75006 Paris

sous la direction de M. Pierre MELANDRI

Aux cinq prisonniers politiques cubains condamnés

pour avoir commis le crime de défendre leur patrie.

REMERCIEMENTS

Je tiens à remercier d’abord et avant tout mon directeur de recherche Pierre Mélandri

pour sa sempiternelle disponibilité, ses nombreux conseils et son suivi tout au long de ce

modeste travail.

Je tiens également à remercier Noam Chomsky pour son aide malgré sa colossale charge

de travail, notamment en ce qui concerne les documents déclassés, ses commentaires,

ses rectifications et ses encouragements qui ont permis la réalisation de cette étude.

Muchas gracias à Hernando Calvo Ospina pour sa précieuse collaboration, pour sa

gentillesse et sa disponibilité, et pour avoir facilité les contacts avec l’ambassade de Cuba

et en ce qui concerne les interviews.

Merci également à Edward S. Herman pour son appui intellectuel et son apport en ce qui

concerne l’interview. Mes remerciements à Maurice Lemoine, et Janette Habel pour leur

soutien et leurs conseils, qui ont toujours eu une minute à m’accorder en dépit de leur

emploi du temps très chargé et qui ont pris la peine de lire mon mémoire. Merci

également à Joe Garcia et Robert Ménard pour m’avoir accordé une interview.

Toute ma gratitude à l’ambassade de Cuba en France pour sa disponibilité et

particulièrement à Son Excellence Eumilio Caballero Rodriguez, Ambassadeur de la

République de Cuba en France pour m’avoir accordé une interview.

1

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Le Lobby Cubaine de 1959 à nos jours

INTRODUCTION 3

A. L’EMERGENCE DU LOBBY CUBAIN 5

I. LA NAISSANCE DU LOBBY CUBAIN 5

1. Les lois de « gravitation politique », la guerre d’indépendance de 1868-1898, et la « colonie virtuelle » 5

2. 1959 : La Révolution cubaine et l’oligarchie 10

II. LES PRIVILEGES DU LOBBY CUBAIN 19

1. Statut spécial d’exilé et Cuban Adjustment Act 19

2. Caractéristiques de la communauté cubaine 22

III. CREATION DE LA CUBAN-AMERICAN NATIONAL FOUNDATION 28

1. Arrivée de Reagan au pouvoir 28

2. Guerre des télécommunications : Radio Martí et TV Martí 30

B. ACTIVITES ET FONCTIONNEMENT 36

I. ANTICOMMUNISME ET ANTICASTRISME 36

II. PENSEE UNIQUE EN FLORIDE 46

1. Liberté d’expression inexistante et répression de tout point de vue divergeant de la ligne anti-castriste 46

2. Cas des cinq prisonniers cubains 49

III. UNE IMPUNITE TOTALE 56

1. Financement des attaques terroristes contre Cuba depuis le sol étasunien 56

2. Actes terroristes sur le territoire nord-américain et dans le monde 59

3. Exporter la contre-révolution : exemple du Nicaragua 62

C. IMPACT DU LOBBY CUBAIN SUR LA POLITIQUE ETRANGERE DES ETATS-UNIS 73

I. L’ESTABLISHMENT LIE A LA CANF 74

1. Les sénateurs, les représentants et le lobby cubain 74

2. La famille Bush et la CANF 76

II. 44 ANS DE PROPAGANDE CONTRE CUBA ET PAS UN MOT SUR SES REUSSITES

SOCIALES 85

III. LA TETE DE CASTRO A TOUT PRIX 94

1. Le Blocus 94

2. La loi Torricelli 100

3. La loi Helms-Burton ou loi Bacardí 102

D. LA MORT DE MAS CANOSA ET ELIAN GONZALEZ : DEUX TOURNANTS VERS UN

ASSOUPLISSEMENT DES RELATIONS AVEC CUBA ? 113

CONCLUSION 118

BIBLIOGRAPHIE 119

ANNEXES 135

2

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Interviews 135

INTERVIEW DE EDWARD S. HERMAN 136

INTERVIEW DE JOE GARCIA 138

INTERVIEW DE ROBERT MENARD 148

INTERVIEW DE EUMILIO CABALLERO RODRIGUEZ 159

INTRODUCTION

« Avant, la mafia nord-américaine se trouvait à Cuba,

maintenant la mafia cubaine se trouve à Miami ».

Luis Felipe Bernaza. (cinéaste cubain)

L’émigration des Cubains aux Etats-Unis a été une constante depuis 1868 – date qui

marque le début de la première guerre d’indépendance de Cuba contre l’empire

espagnol. En 1959, une nouvelle vague de migration vers le voisin du Nord découla de la

victoire de la révolution cubaine. La caractéristique commune entre ces deux

mouvements migratoires est qu’il s’agit fondamentalement d’un exil politique. La seule

différence réside dans le fait que l’exil du XIXe siècle était révolutionnaire et avait pour

objectif la liberté de Cuba, alors que l’exil de 1959 était majoritairement constitué de

l’oligarchie – ayant perdu ses privilèges et son pouvoir politique – qui aurait souhaité

conserver sa position dominante. Depuis le triomphe de la révolution castriste, le nombre

de Cubains vivant aux Etats-Unis est passé de 40 000 à plus 1 million. 1

José Martí, père de l’indépendance cubaine, a passé quatorze ans aux Etats-Unis

préparant le mouvement indépendantiste qui débouchera sur l’expulsion du joug

espagnol en 1898. Il devint par la même occasion un fin connaisseur des objectifs de la

classe dirigeante étasunienne dont il critiquera les « violences, discordes, immoralités et

désordres ». 2 En 1870, plus de 100 000 cubains vivaient en exil au Etats-Unis. 3 A partir

de 1873, la ville de Key West, à la pointe de la Floride, était peuplé majoritairement par

des Cubains fuyant l’oppression espagnole. 4 D’ailleurs, à cette époque, le maire de Key

West était un Cubain, Carlos Manuel de Céspedes, qui allait avoir un rôle important dans

la seconde guerre d’indépendance de sa patrie qui débuta en 1895.

Il convient de rappeler que le premier président de la république de Cuba, Tomás Estrada

Palma, était un exilé qui disposait de la nationalité étasunienne. Une destinée que le

leader anti-castriste et président de la Cuban American National Foundation, Jorge Mas

Canosa, aurait tant aimé partager et qui sera son obsession jusqu’à sa mort en 1997.

Suite à la révolution castriste de 1959, l’hostilité immédiate des Etats-Unis favorisa un

exode des élites cubaines qui reçurent un traitement spécial par rapport aux autres

minorités ethniques du territoire étasunien avec notamment l’adoption du Cuban

Adjustment Act qui favorisera l’immigration illégale et qui sera elle-même un très efficace

outil de propagande contre le gouvernement cubain.

L’arrivée de Reagan au pouvoir en 1981, qui désire redonner aux Etats-Unis son lustre

d’antan, sali selon les faucons républicains par la terne administration de Carter, verra la

3

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mise en place d’une politique étrangère beaucoup plus agressive. 5 Considéré par les uns

comme étant l’homme de la situation 6 et par d’autres comme étant un « manipulateur

trompeur » 7 « manquant d’étique » 8 , il sera partisan d’un interventionnisme belliqueux

dans les affaires internes de pays tiers et notamment en Amérique centrale et dans les

Caraïbes. La création d’une machine de lobbying très puissante et très controversée pour

ses actions pas toujours légales naîtra sous le nom de la Cuban American National

Foundation et qui sera l’organisation cubano-étasunienne qui aura l’impact le plus

significatif sur les relations entre Cuba et la première puissance du monde et notamment

en ce qui concerne les sanctions économiques.

La droite radicale représentée par la CANF s’illustre par son vigoureux anticommunisme

et son extrémisme dans son attitude intransigeante envers le gouvernement cubain.

Considérée par un ancien fonctionnaire du Département d’Etat comme étant « l’un des

plus prolifiques groupes terroristes du monde » 9 , elle n’hésite pas à recourir à la force

armée pour déstabiliser l’administration de Cuba. Elle s’est également construite un

véritable règne en Floride grâce notamment à son succès économique, où l’intimidation

et la répression des points de vue divergents sont de mise et elle « se définit d’abord par

son anticastrisme ». 10

Les dirigeants de la CANF, intimement liés à de nombreux sénateurs et représentants et

notamment à la famille Bush, ont une influence non négligeable dans la vie politique des

Etats-Unis car « l’Etat de Floride, dirigé par l’extrême droite cubaine, constitue un étatclé

dans la course à la présidence ». 11 Les rapports entre la droite extrême cubaine et la

famille Bush sont apparus clairement lors du scandale des élections 2000 où le recompte

des voix a été interrompu grâce à l’aide de l’exil anti-castriste.

Les sanctions économiques représentent le symbole par excellence de l’incapacité des

Etats-Unis à reconnaître et accepter Cuba comme une nation souveraine et

indépendante. Si les exilés cubains n’ont quasiment eu aucune influence dans l’imposition

du blocus au début des années soixante, il en est tout autre en ce qui concerne

l’application la loi Torricelli et la loi Helms-Burton qui marquent une recrudescence des

sanctions économiques contre l’île. Comment est-il possible qu’un blocus condamné par

les Nations Unies, l’Union Européenne, l’Organisation des Etats Américains, le Comité

Juridique Inter-Américain, la Commission Inter-Américaine des Droits de l’Homme,

l’Organisation Mondiale du Commerce, et qui a l’hostilité de la très puissante Chambre du

Commerce étasunienne ainsi que celle de l’immense majorité du monde des affaires qui

voit un marché naturel leur échapper, peut-il encore être en vigueur ? Comment

concevoir une telle aberration historique – selon les propres paroles de Arthur

Schlesinger qui s’est prononcé contre la punition économique la qualifiant

d’anachronisme 12 – juridique, morale, et économique ? Cette incongruité s’explique en

grande partie par l’énorme pouvoir de pression de la droite radicale cubaine de Floride.

L’influence démesurée du lobby cubain s’est illustrée lors du dramatique scandale

médiatico-politique du petit Elián González, séquestré pendant plus de six moins contre

la volonté de sa famille. Ce cas, qui serait passé inaperçu si l’enfant avait été mexicain ou

haïtien, a pris des proportions rocambolesques étant donné sa nationalité cubaine. Le

groupe de pression cubain, représenté majoritairement par la CANF, n’a pas hésité à

utiliser un enfant de six ans pour atteindre ses objectifs politiques et humilier le

gouvernement cubain car « la fermeté envers le régime castriste est la seule politique qui

puisse mobiliser aujourd’hui encore des foules dans les rues de Miami ». 13

Signalons enfin que la droite radicale cubaine n’est pas représentative de l’opinion de la

majorité des Cubains-Américains mais qu’elle dispose d’une telle influence politique que

sa position éclipse tous les autres points de vue plus modérés. C’est pour cette raison

que cette étude se consacrera essentiellement à ce groupe si puissant.

4

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Notes

Le Lobby Cubaine de 1959 à nos jours

1 Thomas Boswell & James R. Curtis. The Cuban-American Experience : Culture, Images,

and Perspectives (Totowa, New Jersey : Rowman & Allanheld, 1984), p. xi.

2 José Martí, Ensayos y crónicas (Madrid : Anaya & Mario Muchnik, 1995), p. 138.

3 Louis A. Pérez Jr, « Cubans in Tampa : From Exiles to Immigrants, 1892-1901 »,

Florida Historical Quaterly 57, (octobre 1978), 129.

4 Gerald E. Poyo, « Key West and the Cuban Ten-year War » Florida Historical Quaterly

57, (janvier 1979), 290.

5 Pour une étude approfondie du gouvernement de Ronald Reagan, voir : Pierre Mélandri,

Reagan. Une biographie totale (Paris : Robert Laffont, 1988) ; Noam Chomsky, The

Culture of Terrorism (Londres : Pluto Press, 1989)

6 John L. Palmer & Isabel V. Sawhill, eds, The Reagan Record (Cambridge,

Massachusetts : Ballingher Publishing Company, 1984), pp. 2-4.

7 Michael Parenti, America Besieged (San Francisco : City Lights Books, 1998), p. 20.

8 Gianni Miná, Un encuentro con Fidel (La Havane: Oficina de Publicaciones del Consejo

de Estado, 1987), p. 85.

9 William Blum, Rogue State. A Guide to the World’s Only Superpower (Maine, Monroe :

Common Courage Press, 2000), p. 80.

10 Jean-François Fogel & Bertrand Rosenthal. Fin de Siècle à La Havane. Les Secrets du

pouvoir cubain. (Paris : Seuil, 1993), p. 531.

11 Jean Solbès, Le Défi cubain (Paris : Graphein, 1998), p. 7.

12 New York Times, 26 février 1997.

13 Jean-Pierre Clerc, Les Quatres Saisons de Fidel Castro (Paris : Seuil, 1996), p. 357.

A. L’EMERGENCE DU LOBBY CUBAIN

I. LA NAISSANCE DU LOBBY CUBAIN

1. Les lois de « gravitation politique », la guerre d’indépendance de

1868-1898, et la « colonie virtuelle »

Cuba est peut-être l’une des plus vieilles préoccupations de la politique étrangère des

Etats-Unis. Le 20 octobre 1805, Thomas Jefferson évoquait l’importance de l’île quand il

déclarait que : « La possession de l’île était nécessaire pour s’assurer la défense de la

Louisiane et de la Floride car elle est la clé du golfe [du Mexique]. Pour les Etats-Unis, la

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conquête serait facile ». 1 Alors qu’il avait essayé d’acheter Cuba aux Espagnols en 1808,

il affirmait que la fédération nord-américaine devait être « le nid à partir duquel il fa[llait]

peupler toute l’Amérique du Nord et du Sud ». Cependant, l’Espagne pouvait gouverner

jusqu’à ce que « notre peuple puisse être suffisamment avancé pour ravir ces territoires

aux Espagnols, morceau par morceau ». 2 Les premiers territoires visés étaient bien sûr

ceux du bassin des Caraïbes, et en particulier Cuba qui était riche en sucre et en tabac.

En 1809, il écrivait dans une lettre à James Madison : « Je confesse de manière candide

que Cuba serait l’addition la plus intéressante à notre système d’Etats ». 3

John Quincy Adams qui fut sans doute l’un des plus lucides et intelligents visionnaires

politiques étasuniens du XIXe siècle disait à propos des îles des Caraïbes :

Il est impossible que les siècles passent sans voir leur annexion aux Etats-Unis, non pas que nous

aspirions à cela par ambition ou appétit d’aucune sorte, mais parce que c’est une absurdité physique,

morale, et politique que les territoires dont les souverains se trouvent à mille cinq cents milles au-delà

des mers, à qui en outre, ils semblent inutiles, voire encombrants, puissent continuer d’exister à côté

d’une nation puissante et en pleine expansion…. Jusqu’à ce que l’Europe déclare qu’il existe entre les

Etats-Unis et l’Amérique du Nord, une identité géographique, tout effort que nous ferons pour

convaincre le monde que nous ne sommes pas ambitieux n’aura d’autre effet que de les convaincre

que nous ajoutons l’hypocrisie à l’ambition. 4

Et d’ajouter en 1823 :

Mais il y a aussi bien des lois de gravitation politique semblables à celles de la gravitation physique ; et

de la même manière qu’une pomme, séparée de son arbre d’origine par la force du vent, n’a pas

d’autre choix que de tomber sur le sol, Cuba, séparée de force de sa propre connexion dénaturée avec

l’Espagne, et incapable de tenir par elle-même, devra nécessairement graviter autour de l’Union nordaméricaine,

et uniquement vers elle. Cette même Union, pour sa part, se verra dans l’impossibilité, en

vertu de la même loi, de renoncer à l’admettre dans son sein… 5

L’importance de Cuba pour les Etats-Unis était aussi mise en évidence par Lewis Cass, un

fervent partisan de l’annexion du Mexique qui affirmait, le 10 mai 1848 : « l’Angleterre

veut Cuba pour des raisons commerciales, nous la voulons [dans l’intérêt de préserver]

notre propre existence comme nation ». 6

Les expansionnistes étasuniens signalaient que Cuba était l’endroit idéal pour l’expansion

économique. Les excédents de capital et de production seraient absorbés par la plus

grande île des Caraïbes. Dans un article titré « Opportunités de commerce à Cuba »,

Eduardo J. Chibas qui représentait surtout les intérêts économiques du sucre et du tabac

écrivait :

Les splendides ressources naturelles de l’île de Cuba offrent une sortie pour le lucratif investissement

de capital…En 1887, la totalité des exportations et des importations de Cuba a atteint la somme de

127 784 000 dollars ce qui représentait 17% de plus que le commerce extérieur du Mexique pour la

même période et plus du double du commerce extérieur des cinq républiques centraméricaines ajouté.

En Amérique du Sud, seul le commerce extérieur du Brésil et de l’Argentine dépasse celui de Cuba. [Le

commerce extérieur cubain] a dépassé celui du Chili, de l’Uruguay et aussi celui des six républiques de

Colombie, Venezuela, Bolivie, Pérou, Equateur et Paraguay réuni. Dans toute la richesse des

ressources de Cuba, il y a sûrement une raison pour un intérêt plus profond dans le marché cubain que

celui manifesté jusqu’à présent par les chefs d’entreprises des Etats-Unis. 7

A la même période, l’ultra expansionniste sénateur Henry Cabot Lodge du Massachusetts,

soulignant l’importance de Cuba pour l’empire nord-américain naissant et son expansion,

écrivait dans un article que la construction d’un canal au Nicaragua était indispensable

aux intérêts commerciaux des Etats-Unis. Il ajoutait que le contrôle de l’île de Cuba

6

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serait indispensable au développement du commerce et à la protection dudit canal. Tout

cela étant « un mouvement fait pour la civilisation et l’avancement de la race ». 8

Après l’échec de la première guerre d’indépendance de 1868, la communauté cubaine

des Etats-Unis prenait les commandes de la seconde révolution qui débuta en 1895 sous

le leadership de José Martí. Le lobby cubain se chargeait des expéditions armées et était

responsable de l’organisation politique de l’insurrection. Les indépendantistes cubains ne

reçurent aucun appui de la part du voisin du Nord durant leurs trois années de lutte

farouche contre le colonisateur espagnol. Les présidents nord-américains étaient

réticents à octroyer une aide aux patriotes cubains qui durent se débrouiller sans soutien

de l’extérieur. L’Apôtre Martí écrira sa dernière lettre à son ami Manuel Mercado, le 18

mai 1895, lui indiquant le but ultime de sa lutte qui était « d’empêcher avant qu’il ne soit

trop tard, au moyen de l’indépendance de Cuba, que les Etats-Unis ne se répandent par

les Antilles avant de s’abattre, avec cette force supplémentaire, sur nos patries

d’Amériques ». Il s’inquiétait de l’éventuelle annexion de Cuba soulignant qu’il avait

« vécu dans le monstre, et connais[sait] ses entrailles ». 9

En 1947, le Congrès des Historiens Cubains déclarait à propos de la seconde guerre

d’indépendance que « …les Cubains de nouveau affrontèrent l’hostilité des Etats-Unis,

représenté à l’époque par le président Grover Cleveland, le secrétaire d’Etat Richard B.

Olney et ses alliés, les investisseurs nord-américains à Cuba. » 10 Cleveland n’éprouvait

aucune sympathie pour les rebelles cubains qu’il considérait être « les coupeurs de têtes

les plus inhumains et barbares du monde » 11 (faisant allusion aux machettes utilisées par

les révolutionnaires), et il ne voulait surtout pas entendre parler d’indépendance pour

Cuba, encore moins si les révolutionnaires de couleur prenaient le leadership du futur

gouvernement qui ne serait qu’à 90 milles des côtes de Floride où la ségrégation et le

lynchage des noirs faisaient rage. Son administration souhaitait que « l’Espagne reste

souveraine dans l’île » 12 et la proclamation de neutralité envers le conflit décrétée le 12

juin 1895 interdisait toute vente d’armes aux insurgés mais l’Espagne pouvait, grâce aux

accords déjà existants, acheter autant d’équipements militaires qu’elle le souhaitait.

Malgré l’hostilité étasunienne à l’indépendance, la déroute espagnole semblait inévitable

au fur et à mesure des victoires obtenues par l’armée rebelle. Au début de l’année 1898,

l’armée ibérique était en totale débandade. Les victoires des révolutionnaires

s’accumulaient et la victoire des rebelles était proche. Máximo Gómez, le Commandant

en Chef de l’armée révolutionnaire, déclarait le 1 mars 1898 : « l’ennemi est écrasé et en

pleine retraire et les fois où il a eu l’opportunité de faire quelque chose, il n’a rien fait ». 13

Les leaders de la Révolution étaient opposés à une intervention nord-américaine. Antonio

Maceo, l’un des principaux chefs de l’armée rebelle, conscient de l’appétit expansionniste

du Nord disait à cet égard : « La liberté se gagne avec le fil de la machette, elle ne se

quémande pas. Demander les droits est du ressort des lâches, incapables d’exercer ces

droits. Je n’espère rien des Américains. Nous devons dépendre de nos propres efforts. Il

vaut mieux se lever et tomber sans aide, que contracter des dettes de gratitude avec un

voisin si puissant. » 14 Les dirigeants révolutionnaires étaient parfaitement conscients des

dangereuses conséquences d’une éventuelle intervention étasunienne. Ils avaient en

mémoire l’annexion du Texas et la guerre de 1846-1848 entre le Voisin du Nord et le

Mexique où ce dernier avait perdu une grande partie de son territoire.

Le fruit cubain devenait mûr et les Etats-Unis se préparaient à réaliser la prophétie de

John Quincy Adams formulée en 1823. « Un moment viendrait ou il suffirait de tendre la

main pour recueillir le fruit mûr ». 15 Et cette circonstance était arrivée. La perle des

Caraïbes ne pouvait pas se permettre d’échapper au voisin du Nord qui attendait cet

instant depuis plus d’un siècle et la force des armes allait réussir où l’argent avait

échoué. L’acquisition de Cuba n’avait pu se faire malgré les fortes propositions

financières à l’Espagne mais les « lois de gravitation politique » allaient arranger les

choses. 16

7

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Dans un mémorandum datant du 24 décembre 1897, mélangeant à la fois le racisme,

l’ignorance et la vocation impérialiste, le Sous-secrétaire à la Guerre nord-américain, J.C.

Breckenridge, écrivait au commandant de l’armée étasunienne, le lieutenant général

Nelson A. Miles à propos de Cuba :

Les habitants sont généralement indolents et apathiques. En ce qui concerne leur érudition, ils vont du

plus raffiné au plus vulgaire et abject. Son peuple est indifférent à la religion, et la majorité est par

conséquent immorale et en même temps il a de fortes passions et est très sensuel. Etant donné qu’il

ne possède que vague notion du bien et du mal, il a tendance à chercher le plaisir non au travers du

travail, mais par le biais de la violence. Comme conséquence logique de ce manque de moralité, il y a

une grande indifférence pour la vie. Il est évident que l’annexion immédiate de ces troublants éléments

à notre propre fédération dans de telles quantités serait de la pure folie, donc avant de faire cela, nous

devons nettoyer le pays, même si cela signifie l’utilisation les méthodes que la Divine Providence utilisa

pour les villes de Sodome et Gomorrhe. Nous devons détruire tout ce que nos canons peuvent

atteindre. Nous devons imposer un sévère blocus pour que la famine et sa constante compagne, la

maladie, sapent la population pacifique et déciment l’armée cubaine…nous devons créer des conflits

pour le gouvernement indépendant. Ce gouvernement devra faire face à ces difficultés, en plus du

manque de moyens pour satisfaire nos demandes et les engagements qu’il a contractés auprès de

nous, les coûts de la guerre et le besoin d’organiser un nouveau pays. Ces difficultés doivent coïncider

avec les troubles et la violence parmi les éléments susmentionnés, auquel nous devrons apporter notre

soutien. Pour résumer, notre politique doit toujours consister à supporter les plus faibles contre les

plus forts, jusqu’à ce qu nous ayons obtenu l’extermination des deux côtés, afin d’annexer la Perle des

Antilles. 17

Le 15 février 1898, le bateau nord-américain Maine explosait à l’entrée du port de La

Havane, faisant 266 victimes. L’historien Hugh Brogan écrivait que « l’explosion était

certainement un accident ». 18 Le 20 avril 1898, le Congrès autorisa le gouvernement à

intervenir militairement et s’ensuivit un blocus naval de l’île. Le 30 avril, la flotte

espagnole fut détruite dans la baie de Manille par l’armada de l’amiral Dewey. Le rapport

de force était inégal et au bout de trois mois, les Etats-Unis remportèrent, avec l’aide des

révolutionnaires cubains, une cinglante victoire que le Secrétaire d’Etat, John Hay qualifia

de « splendide petite guerre ». 19 Les Cubains, voyant qu’il était impossible d’éviter

l’intervention du voisin du Nord, se résignèrent à combattre aux côtés des Etats-Unis en

espérant qu’ils tiendraient parole et qu’ils laisseraient Cuba s’autogouverner après sa

libération. La guerre fut splendide du point de vue nord-américain, ce fut « une véritable

promenade en territoire ennemi » 20 « tant les forces étaient disproportionnées ». 21

Splendide peut-être, mais il est fort probable que les révolutionnaires cubains ne

partageaient pas cet avis.

Les Etats-Unis prirent le rôle de colon que l’Espagne décadente ne pouvait plus assumer. Après avoir

souffert du colonialisme espagnol, Cuba allait endurer le néocolonialisme nord-américain. Claude Jean Bertrand

récapitulait justement que la guerre fut « brève et inopportune mais populaire et rentable ». 22 Le voisin du

Nord allait se « construire un empire aux frais de l’Espagne ». 23

L’amendement Teller ajouté à la résolution de guerre adopté par le Congrès stipulait :

« Les Etats-Unis nient toute intention d’exercer une souveraineté, juridiction ou contrôle

sur la [sus]mentionnée île [Cuba] sauf pour sa pacification et affirment sa décision de

laisser le gouvernement et le contrôle de l’île entre les mains de son peuple ». 24 Telle

était la position officielle par rapport à la perle des Caraïbes mais la réalité en sera tout

autre.

Le 10 décembre 1898, des représentants étasuniens et espagnols se réunirent à Paris

pour signer le traité de paix qui marquera la fin de la guerre de manière officielle le 11

avril 1899 après ratification auprès du Sénat. Les Cubains furent de nouveau évincés du

protocole comme l’a été le général Garcia lors de la reddition de Santiago de Cuba. Le

Traité de Paris permit aux Etats-Unis de prendre possession de Porto Rico, des

8

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Philippines, et de Guam, tout en occupant militairement Cuba. La guerre de libération

s’était transformée en conquête impériale où les mouvements indépendantistes furent

aussi peu considérés par les Nord-américains qu’ils ne l’étaient par les Espagnols. C’était

là le but recherché par les Etats-Unis qui n’avaient pas l’intention de laisser échapper un

endroit si riche en matières premières et tellement important au niveau géostratégique.

Morris Morley écrivait qu’en plus des opportunités économiques, la position

géostratégique de Cuba était un élément essentiel dans la volonté des Etats-Unis de

s’accaparer Cuba. 25

Le sénateur Orville H. Platt du Connecticut, qui était un fervent partisan de l’annexion et

président du Comité des Relations avec Cuba, est à l’origine de l’amendement portant

son nom qui mettait en pièces toute notion d’indépendance. Ladite loi violait de manière

flagrante l’amendement Teller qui interdisait l’exercice de toute « souveraineté,

juridiction ou contrôle » et le Traité de Paris qui stipulait que « le jour où cessera

l’occupation, [la] responsabilité [des Etats-Unis] cessera aussi ». 26 Sous l’effet de cette

loi, les Cubains ne pouvaient pas signer de traités, changer les lois, ni contracter des

prêts de manière indépendante. Le représentant de l’Illinois James R. Williams mettait en

garde contre cette loi : « Si nous approuvons cet amendement contre Cuba, nous

publierons devant le reste du monde l’hypocrisie de ceux qui gouvernent à Washington.

Je me réjouirais de l’annexion pacifique de Cuba mais je ne suis pas disposé à la

voler ». 27 De nombreuse voix s’étaient également prononcées contre l’amendement

comme la Ligue Anti-Impérialiste. Mais le sénateur Platt affirmait que Cuba devait

simplement reconnaître « notre droit à l’aider à maintenir son indépendance et à

protéger ses propres intérêts ». 28

Les Cubains s’indignèrent face à cette loi liberticide. Seules les classes les plus

conservatrices de la société cubaine apportaient leur soutien à l’amendement Platt car

elles voyaient en lui une protection de leurs intérêts contre le peuple cubain décidé à

obtenir son indépendance de manière véritable. Les monopoles nord-américains du

sucre, du tabac et des transports étaient également extrêmement satisfaits de la loi et

leur jubilation se lisait à travers la presse annexionniste qui voyait d’un très mauvais œil

l’octroi de l’indépendance totale aux Cubains. Avec ladite législation qui faisait de Cuba

un quasi-protectorat, les intérêts économiques étasuniens étaient aux anges sachant que

leurs investissements seraient protégés, si besoin était, par les troupes nordaméricaines.

Les lobbies économiques étaient décidés à asseoir leurs « ambitions

commerciales ». 29

Les premières élections présidentielles cubaines organisées par le général nord-américain

Wood qui disposait des pleins pouvoirs sur l’île, débouchèrent, le 24 février 1902, sur la

nomination du candidat unique, Thomas Estrada Palma, qui se trouvait aux Etats-Unis

lors de son élection, comme premier président de la République cubaine. Cette élection,

que le membre de la Convention, Juán Gualberto Gómez avait qualifié de « honteux

simulacre d’une victoire fabriquée » 30 ayant été plus l’œuvre de Washington que celle des

Cubains. En 1906, il déclarera que « l’indépendance n’était pas [son] objectif final » et

qu’il préférait une « dépendance politique ». 31 De plus, le premier président de Cuba

possédait la nationalité étasunienne et avait vécu durant plus de vingt ans aux Etats-

Unis. Tout un symbole qui ne présageait rien de bon pour les futures relations cubanoétasuniennes.

La destinée manifeste faisait son chemin, conquérant territoires après territoires,

agrandissant les possessions nord-américaines, accumulant les richesses en faveur d’une

opulente minorité, et exploitant des populations entières, les privant des droits humains

les plus basiques, les spoliant de leur indépendance, leur confisquant même le droit de

protester comme en attestent les interventions d’août 1906, de 1912, 32 de 1917, et de

1933 à Cuba ou les contestations furent réprimées dans un bain de sang. 33 Pour rien au

monde le voisin du Nord était prêt à renoncer, d’après les propos de Albert Beveridge en

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1900, à « la mission de notre race, administratrice, sous Dieu, de la civilisation du

monde ». 34

En août 1906, une rébellion éclata à Cuba en protestation envers les politiques du

gouvernement de Tomas Estrada Palma. Les propositions du secrétaire de la guerre du

président Roosevelt, William Howard Taft furent rejetées par le président cubain qui

démissionna. Les marines intervinrent et occupèrent l’île puis les Etats-Unis établirent un

gouvernement provisoire dirigé par le citoyen étasunien Charles Magoon pendant plus de

deux ans jusqu’à l’élection de José Miguel Gómez qui prit ses fonctions de président de

Cuba le 28 janvier 1909. 35

En 1912, une insurrection menée par Evaristo Estenoz du parti Agrupación Independiente

de Color fut réprimée dans le sang avec le massacre de plus de 3 000 rebelles. De

nouveau les troupes étasuniennes occupèrent le pays suite aux ordres du président

William Howard Taft. 36

En 1917, le président Wilson envoya de nouveau les marines pour appuyer le

gouvernement du président Mario García Menocal face au soulèvement du Parti Liberal

qui dénonçait une fraude électorale lors du scrutin de 1916. 37

En 1925, le général Gerardo Machado arrivait au pouvoir. Huit années de meurtres et de

châtiments allaient se succéder. En 1928, après s’être auto-élu lors d’un scrutin

frauduleux, Machado se déclara président pour six ans. La résistance se forma

immédiatement et prit de l’ampleur se corrélant avec le niveau de répression. En 1933,

la situation devint intenable et les prémisses d’une révolution fleurissaient, ce qui amena

Franklin Delano Roosevelt à envoyer l’assistant au secrétaire d’Etat, Sumner Welles, en

tant qu’ambassadeur plénipotentiaire. Le 12 août 1933, faisant face à une grève

générale, et à l’hostilité des militaires, Machado quitta le pays et trouva refuge

aux…Etats-Unis. Welles imposa Carlos Manuel de Céspedes comme président provisoire à

la grande colère des étudiants, des révolutionnaires et des militaires. 38

Le 5 septembre 1933, les sergents Batista et Zaldívar renversaient le président imposé

par les Etats-Unis avec l’aide des étudiants et d’une grande partie de la population. Le 10

septembre, les Cubains nomment le président le social-démocrate Gráu San Martín

comme président. Le nouveau gouvernement n’eut pas la bénédiction des Etats-Unis qui

le renversa avec l’aide d’un sergent devenu colonel, dont les ambitions étaient plus fortes

que les principes, et qui changea de camps : Batista. 39

Le 10 mars 1952, Fulgencio Batista réalisa un coup d’Etat, suspendit la Constitution et

annula les élections donnant naissance à l’une des dictatures les plus sanglantes des

Amériques. Le 26 juillet 1953, Fidel Castro lança la folle attaque de la caserne Moncada

avec une centaine de jeunes cubains. L’échec sera cuisant et la punition atroce. La

plupart des assaillants mourront assassinés dans d’horribles souffrances. 40

Toutes les injustices et les frustrations accumulées par Cuba depuis la première guerre

d’indépendance de 1868 allait conduire à la révolution castriste de 1959 qui allait mettre

fin à ce que deux professeurs de Harvard, auteurs du transcrit des bandes magnétiques

sur le président Kennedy, avaient appelé la « colonie virtuelle » 35 , et créer le plus

dangereux précédent pour l’hégémonie étasunienne sur l’hémisphère américain. La

« perle des Caraïbes » n’allait pas tarder à subir les foudres de Washington.

2. 1959 : La Révolution cubaine et l’oligarchie

William Blum, qui avait été fonctionnaire du Département d’Etat jusqu'à la fin des années

soixante, faisait remarquer que « dans le lexique américain…il y a de bonnes et de

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mauvaises révolutions. Les Révolutions américaine et française étaient bonnes. La

Révolution cubaine est mauvaise » soulignant l'antipathie immédiate envers la révolte

castriste qui avait porté un énorme préjudice aux Etats-Unis d’un point de vue

économique, stratégique et politique. 42

Pourtant, le Livre Blanc du Département d’Etat en avril 1961 réalisé par Arthur

Schlesinger Jr, alors assistant du président Kennedy, résumait parfaitement les causes de

la révolution cubaine :

Le caractère du régime de Batista à Cuba rendait presque inévitable une réaction populaire violente. La

rapacité des dirigeants, la corruption du gouvernement, la brutalité de la police, l’indifférence du

régime aux besoins du peuple dans les domaines de l’enseignement, des soins médicaux, du logement,

de la justice et du progrès social – tout cela, à Cuba comme ailleurs, constituait autant d’invites à la

révolution. 43

Boris Goldenberg, anti-castriste convaincu, résumait les exactions commises par les

hommes de Batista : « La police torturait et assassinait, l’armée rivalisant avec la police

et les bandes armées batististes comme les ‘tigres’ du sénateur Masferrer faisaient

concurrence aux deux ». 44 Le régime pré-castriste avait atteint un tel extrême dans la

terreur et la répression qu’il s’était attiré l’opposition de la majorité de la population

contribuant ainsi, sans le vouloir, à la victoire de la révolution.

La misère de Cuba avant la révolution coupe court à toutes les allégations sur la perle

des Caraïbes prospère. Cuba était florissante pour une minuscule minorité de la

population qui s’enrichissait aux dépens de l’immense majorité qui baignait dans la plus

complète pauvreté. Il est certain que les investisseurs étrangers et notamment

étasuniens faisaient de très bonnes affaires à Cuba, de même qu’il est incontestable que

l’oligarchie avait un niveau de vie très élevé. Mais il y avait un prix à tout cela résumé

dans le livre écrit par le Premier ministre des finances de Castro, Rufo López-Fresquet,

alors en exil et anticastriste :

A la fuite de Batista en janvier 1959, sept ans après la prise du pouvoir [par le coup d’Etat de 1952], la

situation économique et sociale avait empiré. Le revenu annuel par tête des paysans était de 91 dollars

et 25 cents. Parmi les familles rurales, 11% seulement buvaient du lait et 4% mangeaient de la

viande. 36% des gens de la campagne souffraient de parasites intestinaux et 14% de tuberculose.

43% étaient illettrés et 88% de ceux qui étaient allés en classe n’avaient pas dépassé la troisième

année du primaire. 46% des habitations rurales avaient des sols en terre battue. 2,3% seulement

avaient l’eau courante et 9,1% l’électricité en mai 1956, 62,2% de la population active était employée

à plein temps. 45

John F. Kennedy a avoué avec une admirable franchise la chose suivante : « Je pense »

a-t-il dit « qu’il n’y a pas un pays au monde, y compris les pays sous domination

coloniale, où la colonisation économique, l’humiliation et l’exploitation ont été pires que

celles qui ont sévi à Cuba, du fait de la politique de mon pays, pendant le régime de

Batista ». 46

Les inégalités étaient frappantes et la répartition des richesses frisait l’indécence. En

1953, 40% de la population disposait seulement de 6,2% du revenu national alors que le

quintile le plus riche disposait de 60% des richesses. 47 L’analyse du système foncier

cubain par le professeur Sydney W. Mintz de l’Université de Yale reflétait les énormes

écarts présents entre les différentes couches de la population avec par exemple 8% des

propriétaires qui possédaient 71% des terres :

D’après le recensement de 1946, 20% de la superficie cultivée était détenue par moins de 0,1% des

exploitations – c’est à dire qu’un cinquième du territoire agricole cubain était divisé entre un peu moins

de cents exploitations. Parmi les exploitations, 70% avaient moins de 25 hectares et représentaient

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seulement 11% des terres agricoles. En d’autres termes, la situation foncière à Cuba était typique de

l’Amérique latine : une double économie, avec quelques énormes latifundia d’un côté et beaucoup de

très petites fermes de l’autre. 48

Les entreprises étasuniennes possédaient 80% des services, mines, ranches, raffineries

de pétrole, 40% de l’industrie sucrière et 50% des chemins de fer. 49 Déjà en 1949,

Fernando Ortíz dénonçait la domination économique de Cuba par le capital étranger

soulignant qu’aucune indépendance n’était possible dans de telles conditions ou la seule

ligne politique possible était celle du gouvernement étasunien.

La banque qui finance la récolte de la canne à sucre est étrangère, le marché de consommation est

étranger, l’équipe administrative en place à Cuba, les machines installées, le capital investi, et la

propre terre de Cuba sont propriétés étrangères…comme le sont, assez logiquement, les bénéfices qui

s’échappent du pays pour enrichir autrui. 50

La réforme agraire du 17 mai 1959, destinée à fournir des aliments au peuple affamé,

objectif principal de la révolution, a octroyé les terres aux paysans ruinant ainsi les

grands propriétaires incluant les possessions des entreprises et des citoyens des Etats-

Unis. Cuba avait prévu d’indemniser les parties affectées, se basant sur la valeur

déclarée au fisc, dans un délai raisonnable et cette décision fut acceptée par tous les

pays ayant des investissements dans l’île (Royaume-Uni, Canada, France Mexique, Italie,

Espagne…). Seuls l’oligarchie cubaine et Washington rejetèrent la décision exigeant une

compensation « effective, complète, et immédiate » 51 dans ce qu’ils appelèrent le

« standard minimum international » 52 qui d’ailleurs n’est point reconnu par le Droit

International. 53 A cet égard, la législation internationale stipule que « le droit de

nationalisation laisse les mains libres aux autorités de l’Etat qui dicte une mesure de

nationalisation de choisir les modalités de procédures que l’Etat estime appropriées. La

valeur juridique de l’essence supérieure attribuée au principe de souveraineté

permanente sur les ressources naturelles, rend inopérant toute allégation d’illégalité

fondée sur la prétendue violation du standard minimum dans le domaine formel ». 54 En

un mot, aucun Etat ne peut imposer de conditions à un autre Etat qui procède à des

nationalisations.

Signalons au passage que la Résolution 626 (VIII) dénommée « Autodétermination

Economique » 55 votée par l’Assemblée générale des Nations Unies le 21 décembre 1952

et ratifiée le 14 décembre 1962 sous le titre « Souveraineté Permanente sur les

Ressources Naturelles » en tant que Résolution 1803 (XVII), stipule que « la

nationalisation, l’expropriation ou la réquisition devront se fonder sur des raisons ou des

motifs d’utilité publique, de sécurité, ou d’intérêt national, lesquels sont reconnus comme

étant supérieurs au simple intérêt particulier ou privé, aussi bien national

qu’étranger…dans le cas où la question d’indemnisation débouche sur un litige, la

juridiction nationale de l’Etat qui adopte ces mesures prévaut… ». 56

Ajoutons également que la Résolution 3281 du 12 décembre 1974 de l’Assemblée

Générale des Nations Unies, prévoit que « les peuples pourront, pour leurs propres fins,

disposer librement de leur richesse naturelle et de leurs ressources sans restrictions de la

part d’aucune obligation surgie de la coopération économique internationale, basée sur le

principe du bénéfice réciproque et du Droit International. En aucun cas un peuple ne peut

être dépossédé de ses propres moyens d'existence » 57 précisant qu’en cas de litige, le

Droit International prévoit que la loi nationale du pays nationalisant prévaudra.

Précisons enfin que la réforme agraire faite à Cuba était beaucoup moins radicale que

celle imposée au Japon par le général nord-américain Douglas Mc Arthur au lendemain de

la Seconde Guerre Mondiale et que l’ambassadeur étasunien à Cuba Philip Bonsal avait

informé dans une note à son gouvernement que « par rapport aux clauses de la loi de

Réforme Agraire pour le paiement des terres expropriées, l’ambassade ne prend pas cela

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comme un signe d’antiaméricanisme, s’incline plutôt à accepter comme sincère la

défense faite par le gouvernement cubain quant à ladite loi sur la base qu’il n’est pas en

mesure financièrement pour compenser de manière juste, rapide et effective, et que pour

des raisons révolutionnaires, il ne peut pas repousser à plus tard la réforme agraire

jusqu'à ce que les finances s'améliorent ». 58

La validité juridique des nationalisations fut même reconnue par la Cour Suprême des

Etats-Unis le 23 mars 1964 dans le cas nommé Sabbatino 59 qui déclarait que « malgré la

gravité que peut représenter une expropriation de ce genre pour la norme publique et

aux Etats qui l’intègrent, nous sommes arrivés à la conclusion qu’il vaut mieux que

l’intérêt national et le progrès soient servis, pour maintenir intact la doctrine de l’Acte de

Pouvoir Souverain, pour que dans ce cas son application prévale ». 60 Il est vrai,

cependant que cette décision fut annulée, suite aux pressions gouvernementales, par le

Congrès lors de l’approbation de l’amendement Hickenlooper du 7 octobre 1964 qui fait

partie de la Loi d’Aide Extérieure. 61

De plus, l’oligarchie batististe, qui avait fui lors de l’arrivée des guérilleros au pouvoir,

avait vidé les caisses de l’Etat ce qui rendait la compensation « rapide, adéquate et

effective » impossible. Un rapport rendu public par le ministre de l’économie souligne que

460 millions de dollars ont disparu avec les exilés. 62 Le 24 février 1959, le New York

Times écrivait que « la majeure partie des fonds cubains s’envolèrent à l’étranger avec

Batista et ses complices ». 63 Cette situation n’était pas inconnue pour Washington vu que

la majorité de l’élite cubaine avait émigré aux Etats-Unis.

Parmi les premières mesures prises, certaines consistèrent à confisquer tous les biens acquis de

manière illicite sous la dictature de Batista et l’oligarchie cubaine fut fortement touchée par ces directives,

ayant été étroitement liée à l’ancien régime. Celle-ci réagit violemment à la perte de sa position économique

dominante et se positionnait immédiatement contre la révolution. La nationalisation des 400 plus grands

ranches d’élevage possédés par des Américains et des Cubains en juin et juillet 1959 regroupant une surface de

1.1 millions d’hectares a déclenché l’hostilité des grands propriétaires terriens qui lancèrent les premières

attaques contre la réforme agraire. 64 L’hostilité de l’élite se déclencha dès que ses intérêts furent menacés. En

touchant aux intérêts étasuniens, un crime de lèse-majesté était commis et il n’allait pas être pardonné de

sitôt.

La loi de Réforme Urbaine du 14 octobre 1960 proclamée par le gouvernement réduisait tous les loyers

de 50% déclenchant l’animosité de tous les propriétaires immobiliers malgré les indemnisations prévues. 65

Celles-ci, quoique fort généreuses par rapport à la situation économique catastrophique du pays, affectèrent

considérablement les propriétaires. Il est vrai cependant que le prix du loyer était énormément élevé et qu’il

prenait une part considérable dans le maigre revenu des Cubains. Là aussi, la participation étasunienne dans

l’économie cubaine était tellement importante qu’il était quasiment impossible de décréter des modifications

économiques et sociales sans affecter les intérêts du voisin du Nord qui contrôlait « les ranches les plus

importants, les mines de cuivre, les principaux hôtels et établissements pour touristes et, en association avec

les capitaux britanniques, la presque totalité de l’industrie pétrolière ». 66

Les autres mesures prises dans un but de justice sociale telles que l’ouverture des plages

privées au public, l’augmentation des misérables salaires, la fermetures des maisons de

jeu et des tripots, l’élimination de la prostitution, l’éradication du trafic de drogue, la

suppression de la publicité commerciale, et toutes les autres décisions prises affectèrent

amplement les détenteurs de richesses aussi bien cubains qu’étrangers.

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Les exilés, qui avaient déjà montré leur opposition à la révolution en menant une campagne de

sabotage économique dès la deuxième moitié de 1959, envisageaient l’invasion de l’île organisée par la CIA.

Cette invasion qui allait être « la plus grande tragédie à laquelle les Etats-Unis aient jamais été mêlés » 67 n’était

qu’une tentative parmi tant d’autres de déstabiliser le gouvernement cubain. L’invasion de Playa Giron

organisée par l’oligarchie en fuite avec l’appui de la CIA, a non seulement été un cinglant revers du point de

vue militaire mais aussi, selon Arthur Schlesinger, « une humiliation politique » 68 pour les Etats-Unis qui avaient

projeté l’invasion, entraîné les exilés, et fourni le matériel de guerre. L’attaque de la Baie des Cochons a aussi

été « la première défaite de l’impérialisme dans les Amériques » 69 selon les Cubains.

Les membres de l’invasion de la « Baie des Cochons » pour les Nord-Américains et de

« Playa Girón » pour les Cubains – deux noms distincts pour désigner un même

événement – du 17 avril 1961, aussi connue sous le nom d’Opération Pluto étaient

censés débarquer, contrôler une portion de terre pendant quelques semaines, établir une

tête de pont facile à défendre pour transporter le gouvernement provisoire « élu » aux

Etats-Unis que Washington s’empresserait de reconnaître, et requérir ainsi l’intervention

nord-américaine. 70

Les troupes d’exilés, de 1500 mercenaires environ (Jorge Mas Canosa, le futur dirigeant

de la CANF, en faisait partie), s’étaient préparées au Nicaragua et au Guatemala et

étaient en grande partie composées de criminels et tortionnaires de la dictature de

Batista et de quelques fils de millionnaires. L'aristocratie cubaine avait, avec l’aide la CIA,

financé le débarquement dans l’île. L’opération fut un cataclysme complet et les

envahisseurs furent écrasés en moins de 72 heures grâce à la mobilisation de tout le

peuple cubain. C’était, selon Théodore Draper, « un de ces événements forts rares : un

échec complet ». 71

C’est le 16 avril 1961 que Fidel Castro déclarait pour la première fois le caractère

socialiste de la révolution après deux années de campagne terroriste menée par les

exilés et la CIA même si les relations cubano-soviétiques avaient été rétablies en 1960 :

Ce que les impérialistes ne peuvent pas nous pardonner, c’est le fait que nous soyons ici ; ce que les

impérialistes ne peuvent pas nous pardonner, c’est la dignité,, l’intégrité, le courage, la fermeté

idéologique, l’esprit de sacrifice et l’esprit révolutionnaire du peuple de Cuba. C’est cela qu’ils ne

peuvent nous pardonner, que nous soyons ici devant leur nez, que nous ayons fait une révolution

socialiste devant le propre nez des Etats-Unis. 72

Il ajoutera quelques jours plus tard :

Après avoir fait couler le sang de notre peuple et nous avoir fait sacrifier une poignée de valeureuses

vies, ils menacent encore de tuer, d’intervenir. C’est pour cette raison que nous devons avoir une

réponse à cela, et la réponse à cela est la décision de résister, la décision [affirmant] que s’ils osent

nous attaquer, ce soit la fin de l’impérialisme ; même si cela nous coûte la vie, parce que pour nous il

sera toujours mille fois préférable mourir et de mort glorieuse, que de vivre en esclavage, de vivre

honteusement sous le joug de ces messieurs. 73

La responsabilité morale des Etats-Unis envers le sort des prisonniers de l’invasion d’avril

1961, conduisit Washington à payer 53 millions de dollars en médicaments et en

nourriture pour la libération des prisonniers qui avaient bénéficié de la clémence de la

révolution. Les exilés furent libérés en décembre 1961 aigris car ils pensaient qu’en cas

d’échec, Washington interviendrait. 74 Le président Kennedy regrettera d’avoir été, selon

ses propres mots, « si stupide » de donner le feu vert à l’invasion. 75 Graham Greene

remarquait à juste titre qu’il n’y avait pas eu de Baie des Cochons pendant la terreur de

Batista ajoutant qu’aux « yeux du gouvernement américain, il n'y avait de terreur que

venant de la gauche ». L’exception notable du renversement de Trujillo est une

conséquence directe de la révolution cubaine. En effet, des révolutionnaires dominicains

étaient en train de s’entraîner à Cuba dans le but de renverser la dictature de Trujillo et

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les Etats-Unis prirent les devants pour ne pas avoir une seconde révolution radicale sur

les bras. De plus les pays latino-américains reprochaient aux Etats-Unis de s’en prendre

à Castro et de laisser un tyran tel que Trujillo gouverner tranquillement la République

Dominicaine. 76

Après l’échec de Playa Giron (où quatre pilotes étasuniens perdirent la vie), les exilés

eurent le moral vraiment bas. La tentative la plus spectaculaire avait échoué et ils

découvraient que le gouvernement révolutionnaire disposait de beaucoup plus de soutien

que prévu. C’est à ce moment que certains perdirent l’espoir de rentrer prochainement à

Cuba et songèrent à s’installer aux Etats-Unis ou des législations spéciales avaient été

adoptées pour eux. Quelques flammes d’espoir se ravivèrent chez la communauté exilée

lors de la crise des missiles d’octobre 1962, qui pensait que les Etats-Unis allaient

envahir Cuba mais elle dut rapidement déchanter après les accords conclus entre

Khrouchtchev et Kennedy.

Toute l’oligarchie avait fui Cuba mais la majorité de la classe moyenne est restée dans

l’île. En 1975, un tiers de la terre agricole était la propriété de 162 000 propriétaires

privés qui possédaient 26% du bétail, 185 des récoltes de cannes à sucre, 80% du tabac,

75% du café et 50% des fruits et légumes. Même si une partie de la classe moyenne

avait quitté Cuba, une large portion de celle-ci était restée fidèle à la révolution. 77

Notes

1 Antonio Beltrán Hernández, L’Empire de la liberté (Paris : Editions Syllepse, 2002), p.

78.

2 R. W. Van Alstyne, The Rising American Empire (Oxford : Oxford University Press

1960), p. 81.

3 Jane Franklin, Cuba and the United States: a Chronological History. (Melbourne, New

York : Ocean Press, 1997), pp. 2-3.

4 Eric Williams, De Christophe Colomb à Fidel Castro. L’histoire des Caraïbes, 1492-1969

(1975. Condé-sur-Noireau : Présence Africaine, 1998), p. 437.

5 Jane Franklin, « From Neocolony to State of Siege. The History of US Policy Toward

Cuba », Resist Newsletter, juillet/août 2001), 1.

http://www.thirdworldtraveler.com/Caribbean/Neocolony_StateSiege.html (site consulté

le 10 décembre 2002).

6 Frederick Merk, Manifest Destiny and Mission in American History (1963. Cambridge,

Massachussets : Harvard University Press, 1999), p. 206.

7 Philip S. Foner, La Guerra hispano/cubano/americana y el nacimiento del imperialismo

norteamericano (Madrid : Akal Editor, 1975. Volume 1), pp. 29-30.

8 Howard Zinn, A People’s History of the United States (1980. New York : Harper Collins,

1995), p. 291.

9 José Martí, La Guerre de Cuba et le destin de l’Amérique latine (Paris : Editions Auber-

Montaigne, 1973), pp. 126-129.

10 Antonio Nuñez Jiménez, La Liberación de la Islas (La Havane : Editorial de Ciencias

Sociales, 1959.), p. 469.

11 Foner, op. cit., p. 236.

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12 Walter LaFeber, The New Empire: An Interpretation of American Expansion 1860-1898.

(1963. Ithaca : New York : Cornell University Press,1984), p. 287.

13 Amalia Rodríguez Rodríguez, Algunos documentos políticos de Máximo Gómez (La

Havane : Editorial Ciencias Sociales, 1962), pp. 19-20.

14 José Luciano Franco, La Vida heroica y ejemplar de Antonio Maceo. (La Havane :

Editorial de Ciencias Sociales, 1963), p. 111.

15 Martí, op. cit., p. 16.

16 F. Moya Pons, H. Thomas, L. E. Aguilar, A. G. Quintero Rivera, H. Hoetink, D. Nicholls,

L. A. Pérez Jr., J. Dominguez & R. W. Anderson. Historia del Caribe. (Barcelone : Critica,

2001), p. 49.

17 J.A. Sierra, « The Breckenridge Memorandum », The Timetable History of Cuba,

http://www.historyofcuba.com/history/bmemo.htm (site consulté le 10 décembre 2002)

18 Hugh Brogan, The Penguin History of the U.S.A. (1985. 2 ème éd. New York : Penguin

Books, 2001), p. 440.

19 Hugh Thomas, Cuba : la lucha por la libertad 1762-1970 (Barcelone, Mexico :

Ediciones Grijalbo S.A., 1973), p. 524.

20 Pierre Mélandri, Histoire des Etats-Unis depuis 1865 (Paris : Nathan Université, 2000),

p. 71.

21 Franck L. Schoell, Histoire des Etats-Unis (1959. Paris, Editions Payot, 1991), p. 208.

22 Claude-Jean Bertrand, Les Etats-Unis. Histoire et civilisation (Nancy : Presses

Universitaires de Nancy, 1991), p. 181.

23 Emily S. Rosenberg, Spreading the American Dream (New York : Hill and Wang, 1982),

p. 43.

24 Bernard Vincent, La Destinée manifeste des Etats-Unis au dix-neuvième siècle (Paris :

Editions Messene, 1999), p. 107.

25 Morris H. Morley, Imperial State and Revolution : the United States and Cuba, 1952-

1986 (Cambridge : Cambridge University Press, 1987), p. 38.

26 Herminio Portela Vilá, Historia de la guerra de Cuba y Los Estados Unidos contra

España. (La Havane : Editorial Ciencias Sociales, 1949), p. 269.

27 Foner, op. cit., p. 289.

28 Louis Arthur Coolidge, Orville H. Platt, an Old Fashioned Senator (1910. New York :

Kennikat Press, 1975), pp. 348-349.

29 Emilio Roig de Leuchsenring, Historia de la Enmienda Platt (La Havane : Cultural,

Sociedad Anónima, 1961. Volume 1), pp. 217-219.

30 Leopoldo Herrego Estuch, Juán Gualberto Gómez : un Gran Inconforme. (La Havane :

Editorial Ciencias Sociales, 1954), pp. 175-176.

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31 Philip Sheldon Foner, La Guerra hispano-cubano-americana y el nacimiento del

imperialismo norteamericano (Madrid : Akal Editor, 1975. Volume I), p.197.

32 Serafine Portuondo Linares, « La rebelión de mayo 1912 », Bohemia, 10 mai 1953, 26-

27, 232.

33 Jane Franklin, Cuba and the United States. A Chronological History (Melbourne New

York : Ocean Press, 1997), pp. 10-13.

34 Philippe Jacquin & Daniel Royot, La Destinée manifeste des Etats-Unis au XIXe siècle

(Paris : Ophrys-Ploton, 1999), p. 139.

35 Hugh Thomas, Cuba : La lucha por la libertad 1762-1970, op. cit., pp. 627-644.

36 Jane Franklin, Cuba and the United States, op. cit., p. 11.

37 Ibid.

38 A. García Garcés, « Le Développement du mouvement ouvrier cubain dans la période

1930-1933 » dans Actes du colloque international organisé à Paris en novembre 1980 par

le Centre Interuniversitaire d’Etudes Cubaines et l’Université de La Sorbonne-Nouvelle,

Paris III, Les Années 30 à Cuba (Paris : l’Harmattan, 1982), pp. 37-64.

39 Hugh Thomas, Cuba : La lucha por la libertad 1762-1970, op. cit., pp. 829-847.

40 Hugh Thomas, Historia Contemporánea de Cuba. De Batista a nuestros días

(Barcelone, Buenos Aires, Mexico : Ediciones Grijalbo, S.A., 1982), pp. 3-54.

41 Noam Chomsky, Rogue States : The Rule of Force in World Affairs (Cambridge,

Massachusetts : South End Press, 2000), p. 85.

42 William Blum, Killing Hope : U.S. Military and CIA Interventions Since World War II

(Monroe, Maine : Common Courage Press, 1995), p. 185.

43 Herbert L. Matthews, Fidel Castro (Paris : Seuil, 1970), p. 47.

44 Boris Goldenberg, The Cuban Revolution and Latin America (New York : Praeger,

1965), p. 144.

45 Rufo López-Fresquet, My 14 Months with Castro (Cleveland, New York : The World

Publishing Company, 1966), p. 10.

46 Robert Merle, Moncada : premier combat de Fidel Castro (Paris : Robert Laffont,

1965), p. 8.

47 Sergio Diaz-Briquets & Lisandro Perez, « Fertility Decline in Cuba : A Socioeconomic

Interpretation ». Population and Development Review 8, (septembre 1983) : 518.

48 Robert F. Smith, Background to Revolution (New York, Alfred A. Knopf, 1966), p. 184.

49 Howard Zinn, A People’s History of the United States (1980. New York : Perennial

Classics, 1999), p. 439.

50 Felix Roberto Masud-Piloto, With Open Arms : The Political Dynamics of the Migration

from Revolutionary Cuba (Totowa, N. J. : Rowman & Littlefield, 1987), p. 19.

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51 Jules R. Benjamin, The United States and the Origins of the Cuban Revolution : an

Empire of Liberty in an Age of National Liberation (Princetown : Princetown University

Press, 1990), p. 180.

52 Olga Miranda Bravo, Cuba-USA : Nacionalizaciones y Bloqueo (La Havane : Editorial de

Ciencias Sociales, 1996), p. 19.

53 Alfred Verdross, Derecho Internacional Público (Madrid : Editorial Aguilar, 1955), p.

268. En ce qui concerne la nationalisation des biens étrangers en Amérique latine voir :

Leopoldo, González Aguayo, La nacionalización de bienes extranjeros en América Latina

(Mexico: Facultad de Ciencias Políticas y Sociales. Serie Estudios 7, UNAM, 1969).

54 Estudio de la SELA, « El proceso de expropiación e indemnizaciones en Cuba ». XXIV

Reunión Ordinaria del Consejo Latinoamericano, La Havane, (30 novembre-3décembre

1998), 8. www.cubavsbloqueo.cu/genesis/proceso_expropiacion.htm (site consulté le 27

janvier 2003).

55 Base juridique du concept d’autodétermination économique.

56 Olga Miranda Bravo, « Las nacionalizaciones y el derecho internacional », Cuba Versus

Bloqueo, (14 mai 2001), 1. www.cubavsbloqueo.cu/genesis/derecho_internacional.htm

(site consulté le 27 janvier2003).

57 Ian Brownlie, Principles of International Law (4 ème édition. Londres : Claredon Press,

1990), p. 539.

58 Carlos Alzugaray, « Ripe Fruit Syndrome », Radio Progreso, 2001.

www.cubasolidarity.com/ripe.htm (site consulté le 12 novembre 2002).

59 U.S. Supreme Court, « Banco Nacional de Cuba vs. Sabbatino », No 16 ; 23 mars

1964. www.usscplus.com/online/cases/376/3760398.htm (site consulté le 28 janvier

2003).

60 SELA, op. cit., 8.

61 Legal Information Institute, « Hickenlooper Amendment », U.S. Code Collection, Title

22, Chapter 32, Subchapter III, Part I, Sec. 2370.

www4.law.cornell.edu/uscode/22/2370.html (site consulté le 29 janvier 2003).

62 Alejandro Aguilar, « La indemnización por nacionalizaciones », Cuba Versus Bloqueo,

(1996), 2. www.cubavsbloqueo.cu/genesis/las_indemnizaciones.htm (site consulté le 27

janvier 2003) ; Hernando Calvo Ospina. La Parole aux Cubains (Bruxelles : EPO-Etudes

Marxistes, 1999), p. 43.

63 Granma Internacional, « Proclama de la Asemblea Nacional del Poder Popular de la

República de Cuba », Cuba Versus Bloqueo, (13 septembre 1999), 2.

www.cubavsbloqueo.cu/genocidio/proclama_genocidio.htm (site consulté le 27 janvier

2003).

64 Morris H. Morley. Imperial State and Revolution : The United States and Cuba, 1952-

1986 (Cambridge : Cambridge University Press, 1987), p. 83.

65 Ley de Reforma Urbana, « Indemnizaciones de los Afectados por el Mínimo de

Ingresos », (14 octobre 1960), Chapitre IV, art. 37.

www.cubavsbloqueo.cu/genesis/fragmentos_ley.htm (site consulté le 27 janvier 2003).

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66 Maurice Zeitlin, Revolutionnary Politics and the Cuban Working Class (Princeton :

Princeton University Press, 1967), p. 288.

67 Tad Szulc & Karl E. Meyer, The Cuban Invasion (New York : Ballantine Books, 1962),

p. 8.

68 Arthur M. Schlesinger, A Thousand Days : John F. Kennedy in the White House (New

York : Fawcett World Library, 1967), p. 221.

69 Playa Girón, « La primera derrota del imperialismo del impérialismo en las Américas »,

La Havane, avril 2001, page de garde. www.playagiron.cu (site consulté le 27 février

2003).

70 Theodore Draper, Castro’s Revolution, Myths and Realities (New York : Praeger, 1962),

p. 59.

71 Howard Zinn, Declarations of Independence. Cross-Examining American Ideology (New

York : Harper Perennial, 1990), p. 214.

72 Fidel Castro, « Un ataque criminal y cobarde », Playa Girón, (16 avril 1961), 19.

www.playagiron.cu/invasion/invasion_unataquecriminalcobarde.html (site consulté le 29

janvier 2003).

73 Fidel Castro & José Ramón Fernández, Playa Girón (New York : Pathfinder Press,

2001), p. 197.

74 Haynes Johnson, The Bay of Pigs (New York : Dell, 1964), p. 67.

75 Peter Wyden, Bay of Pigs : The Untold Story (New York : Simon & Schuster, 1979), p.

8.

76 Graham Greene, « Pas de baie des cochons pendant la terreur de Batista ». Le Monde

Diplomatique, (juin 1984), 26. Voir : Graham Greene, Chemins de l'évasion (Paris : Ed.

Robert Laffont, 1983), pp. 239 à 246.

77 Terrance Cannon, Revolutionary Cuba (New York : Thomas Y. Cromwell, 1981), p. 225.

II. LES PRIVILEGES DU LOBBY CUBAIN

1. Statut spécial d’exilé et Cuban Adjustment Act

L’incitation à l’exil de la population cubaine promue par les Etats-Unis était motivée par

quatre objectifs bien précis : Tout d’abord, pour des raisons humanitaires, la

détermination de renverser le gouvernement révolutionnaire par une armée composée

d’exilés, embarrasser le gouvernement cubain et la certitude que de nombreux exilés

s’assimileraient parfaitement à leur nouvelle vie étant donné leurs précédents contacts

avec la culture des Etats-Unis. 1 Il y avait aussi une volonté de « discréditer le régime en

encourageant la fuite de milliers en provenance d’un pays ‘communiste’» vers de la

liberté et en utilisant ce phénomène comme un puissant et efficace outil de propagande.

L’autre but consistait à vider Cuba des ses ressources humaines vitales pour déstabiliser

le régime. 2

Un représentant du Minnesota soulignait l’importance d’accueillir les exilés en signalant

que « chaque réfugié qui sort [de Cuba] est un vote pour notre société et un contre la

leur ». 3 La limite du nombre d’entrée qui était en vigueur avant le triomphe de la

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révolution, (où le nombre de candidats à l’émigration dépassait toujours le quota permis

par les Etats-Unis), disparut et les Etats-Unis ouvrirent entièrement leurs portes à

l’oligarchie cubaine et à sa classe moyenne. L’exode des professions libérales affecta

fortement la fragile situation découlant de la victoire des rebelles et de ses

conséquences, notamment le début de la contre-révolution. Un exemple illustratif : sur

les 6 000 médecins présents dans l’île, 3 000 émigrèrent chez le voisin du Nord où un

confort matériel les attendait et où ils n’auraient pas à affronter les difficiles moments de

la reconstruction du pays. 4

Les premiers Cubains à bénéficier de l’asile politique de la part de l’Administration

Eisenhower furent les criminels du gouvernement de Batista. Environ 500 membres de

l’élite politique liée à la dictature arrivèrent dès les premiers jours de 1959. 5 Fulgencio

Batista, pour sa part, dut se réfugier chez son homologue dominicain, le tristement

célèbre Trujillo, (qui malgré innombrables crimes commis, la torture systématique, et les

disparitions en masse, avait le soutien des Etats-Unis jusqu’à ce que Washington se

décida à le renverser), suite aux encouragements du gouvernement étasunien de trouver

un autre abri que son territoire. 6 De plus, le dictateur craignait pour sa vie et pensait que

même Miami était infiltrée par des agents castristes. 7

Suite à la rupture des relations diplomatiques du 3 janvier 1961, les Cubains désirant

quitter furent exemptés de visa étasunien ce qui accrut considérablement le nombre

d'émigrants. Cette décision, prise le 17 janvier 1961 conjointement par le Département

d’Etat et le Département de Justice, permit à un nombre élevé de personnes de rejoindre

les Etats-Unis. En effet, 49 961 personnes quittèrent Cuba en 1961 et l’année suivante,

78 611 émigrèrent aux Etat-Unis. 8 Il suffisait de déclarer fuir le régime « communiste »

pour être accueilli, les Etats-Unis étant alors en confrontation ouverte avec La Havane.

Le Programme de Réfugiés Cubains (Cuban Refugee Program) censé faciliter l’intégration

des exilés de l’île fut établi en 1960 par l’Administration Kennedy. L’objectif était

d’assister toute personne fuyant le régime et le mettre dans les meilleures conditions

possibles pour qu’il réussisse sa vie et qu’il dispose d’un meilleur niveau de vie. Le but

recherché avait la vocation propagandiste de démontrer la supériorité du système

capitaliste sur la bureaucratie communiste. Le programme comportait neuf points :

1. Fournir toute l’assistance possible aux bénévoles des agences de secours en ce

qui concerne les nécessités de tous les jours des nombreux réfugiés, la

réinstallation du plus grand nombre possible, et l'obtention d'emplois.

2. Obtenir l’assistance des agences gouvernementales et privées pour fournir des

opportunités d’emplois adéquates aux les réfugiés cubains, correspondant avec la

situation générale de l’emploi en vigueur en Floride.

3. Fournir des fonds supplémentaires à l’intégration des réfugiés dans les autres

régions, incluant les coûts de transport et d’adaptation aux nouvelles

communautés et pour leur éventuel retour à Miami pour rapatriement dès que

cela sera de nouveau possible.

4. Fournir une assistance financière pour subvenir aux besoins basiques de

subsistance des familles de réfugiés cubains nécessiteuses dans la région de

Miami comme exigé dans les communautés d’intégration, administrées par les

canaux fédéraux, d’Etat, et locaux et basées sur des standards utilisés dans la

communauté concernée.

5. Prévoir les services de santé à travers du programme d’assistance financière

complétés par les services de santé pour enfants et les services de santé

publique, et les autres dispositions nécessaires.

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6. Prévoir une assistance fédérale pour les coûts d’exploitations des écoles publiques

locales connexes à l’impact imprévu des enfants de réfugiés cubains sur les

infrastructures scolaires locales

7. Etablir les mesures nécessaires pour accroître les opportunités de formation et

d’enseignement pour les réfugiés cubains, les médecins, professeurs, et autres

milieux professionnels compris.

8. Fournir une aide financière pour l’attention et la protection des enfants non

accompagnés – groupe le plus vulnérable et le plus troublé parmi la population de

réfugiés.

9. Entreprendre un programme de distribution de nourriture supplémentaire qui sera

administré par le département de protection sociale du comté, avec des

suppléments nutritionnels distribués aux réfugiés dans le besoin par les agences

publiques et bénévoles. 9

Ce programme en plus de son caractère humanitaire finançait aussi les contrerévolutionnaires

cubains qui, grâce à la guerre clandestine promue par Eisenhower,

allaient mener de nombreuses campagnes terroristes contre Cuba. C’était un programme

destiné à faire chuter le régime utilisant entre autres le potentiel politique des réfugiés.

D’un budget annuel initial de 4 millions de dollars en 1961, il allait passer à 38 millions

en 1962 pour atteindre 136 millions de dollars en 1972. Le programme qui dura quinze

années aura coûté plus la bagatelle de 1 milliard de dollars au Trésor étasunien et aidé

plus de 700 000 exilés. 10

Jamais une communauté n’aura bénéficié de tant de largesses financières de la part du

gouvernement nord-américain. Jamais le contribuable étasunien n’aura payé dépensé

tant d’argent en faveur d’une minorité présente sur son territoire. Et aucun autre groupe

de réfugiés ne disposera des mêmes facilités. Les Haïtiens 11 , Nicaraguayens 12 , les

réfugiés du Salvador 13 , d’Argentine 14 , du Chili 15 , du Panama 16 , du Guatemala 17 ,

d’Uruguay 18 , de la République Dominicaine 19 , de la Grenade 20 pour ne citer que les

victimes de quelques unes des dictatures fascistes de l’hémisphère américain, toutes

étroitement liées à Washington, qui auraient tant souhaité échapper à la répression, à la

torture, et à la disparition, seront pour la plupart emprisonnés à leur arrivée aux Etats-

Unis et expulsés vers leur pays d’origine.

A tous ces avantages, s’ajoutait la loi 89 connue sous le nom de Cuban Adjustment Act 21 ,

adoptée par le Congrès étasunien le 2 novembre 1966, sous l’administration de Johnson.

Ladite loi changeait le statut juridique des Cubains et les considérait dorénavant comme

des réfugiés politiques bénéficiant automatiquement de l’asile. L’obtention de carte de

résidence permanente se faisant sans formalités particulières et dans les plus brefs

délais. Là encore, aucun autre groupe ne bénéficiera de tels privilèges. De plus, les

Cubains jouissent de toutes les protections sociales accordées aux citoyens étasuniens

telles que les allocations chômage et la sécurité sociale. 22

Cette loi sera également un formidable outil de propagande contre Cuba car la majorité

des immigrants qui quitteront l’île après l’adoption de la loi fuiront plus les problèmes

économiques rencontrés par la révolution cubaine que la répression politique même si

certains quitteront Cuba par véritable désaccord avec la politique du gouvernement

castriste. Mais l’émigration cubaine sera perçue par la presse étasunienne et

internationale comme étant fondamentalement politique. Un rapport, classé top secret,

portant la référence H 18422 693-4 datant du mars 1994, rédigé par M. Joshep Sullivan,

Chef de la section des Intérêts étasuniens (SINA) à La Havane, et envoyé au Secrétaire

d’Etat, à la CIA et au service de l’immigration ( INS), déclarait :

21

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Dans le traitement des demandes de visas pour réfugiés, les cas présentés manquent de fondement. La

majorité des personnes présentes des demandes à cause de la dégradation de la situation économique,

plus que par cause de véritable crainte de persécution. Les cas présentés par les militants de droits de

l’homme sont très délicats pour les fonctionnaires de la SINA et de la INS. Bien que nous ayons tout fait

pour travailler avec les organisations de droits de l’homme – sur lesquelles nous exerçons un contrôle très

important pour identifier les militants persécutés par le gouvernement – les cas de droits humains

représentent la catégorie la moins solide du programme de réfugiés (…) Certains prisonniers politiques ont

reconnu ouvertement qu’ils utilisaient le statut de réfugiés pour fuir l’économie de plus en plus dégradée et

non par véritable crainte de persécution ». 23

Considérée comme la « loi de la mort » 24 par le gouvernement cubain à cause de

l’immigration illégale qu’elle suscite et des conséquences dramatiques dans lesquelles de

nombreux Cubains, attirés par la société étasunienne et les avantages de la législation,

perdent la vie en essayant de traverser au moyen d’embarcations rudimentaires le petit

détroit, infesté de requins, qui sépare les côtes cubaines de la pointe de la Floride. En

effet, étant donné le nombre infime de visas accordés aux Cubains qui suivent le chemin

légal pour quitter le pays, de nombreuses personnes risquent leur vie pour fuir les

difficultés économiques. Cette politique d’immigration, qualifiée d’inconséquente et

irrationnelle par les autorités cubaines 25 , a été critiquée par de nombreuses personnalités

étasuniennes qui se sont prononcées en faveur d’une rationalisation de la législation

concernant les émigrés cubains. 26

2. Caractéristiques de la communauté cubaine

Un aspect psychologique très important a déterminé la première vague d’exilés qui

contrôle actuellement la ville de Miami et une grande partie de la Floride : les premiers

Cubains à fuir la révolution castriste ont toujours vécu avec l’idée qu’ils retourneraient

prochainement chez eux, que leur séjour aux Etats-Unis n’était que provisoire, et que la

révolution ne survivrait pas longtemps. L’histoire ayant démontré le contraire, l’espoir

s’est fondu peu à peu. 27 Thomas D. Boswell et James R. Curtis écrivaient que les

Cubains-Américains représentaient la copie conforme « des classes socioéconomiques et

des groupes ethniques qui existaient à Cuba avant la révolution castriste ». 28 C’est aussi

le premier groupe important de réfugiés à avoir choisi les Etats-Unis comme terre

d’accueil principale. 29

Depuis 1959, l’afflux des exilés cubains aux Etats-Unis n’a été dépassé que par le

nombre de Mexicains. Les Cubains représentent le troisième groupe hispanique des

Etats-Unis 30 , totalisant environ 10% de la population totale de Cuba et moins de 0,5% de

la population étasunienne. 31 La première vague d’exilés qui va de 1959 à 1962

représentant plus de 215 000 personnes, était composée de l’oligarchie cubaine qui

quitta Cuba en masse. Ensuite de 1963 à 1980, plus de 550 000 Cubains gagneront les

Etats-Unis. 32 L’énorme flux de 1980 a atteint 130 000 personnes. 33

Les 500 000 personnes exilées entre 1959 et 1970 sont blanches à 96% et seulement

3,9% étaient noires. 34 Cette proportion n’est pas du tout représentative de la population

cubaine qui est à plus de 50% métissée. 35 Cela s’explique par le fait que les populations

noires et métisses de Cuba ont largement bénéficié des réformes révolutionnaires qui

supprimèrent la discrimination raciale omniprésente sous la dictature de Batista et

améliorèrent considérablement le niveau de vie de cette catégorie de la population

généralement sous-alimentée et analphabète. De plus, la ségrégation raciale aux Etats-

Unis n’était pas faite pour les inciter à émigrer. Enfin, la majorité blanche qui a émigré

dans les premières années de la révolution nourrissait quelques ressentiments envers la

population noire, d’une part pour des raisons racistes et d’autre part car elle l’accusait

d’avoir généralement soutenu la révolution castriste ce qui était vrai.

22

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Géographiquement, la population cubaine se situe majoritairement en Floride – plus

particulièrement à Miami – et dans le New Jersey notamment dans le West New York.

Cette caractéristique n’est valable qu’après 1959. En effet, en 1950, New York était la

première ville d’accueil d’émigrants de l’île avec 45,4% des Cubains et la Floride

n’accueillant que 27% des ressortissants de Cuba. 36 Actuellement plus de 70% des

Cubains-Américains vivent en Floride, le reste étant réparti dans le New Jersey, New York

et la Californie. 37

Dade County, et plus particulièrement Miami, est la capitale cubaine des Etats-Unis avec

une impressionnante concentration de population provenant de l’île des Caraïbes. C’est

aussi la seconde ville cubaine en terme de population après La Havane. Miami est sans

doute la première ville nord-américaine où les blancs sont devenus une minorité. Le

quartier Little Havana, crée dans les années soixante, est une ville cubaine aux Etats-

Unis. Ce secteur, qui a attiré la population grâce à ses loyers très bon marché dans les

années soixante, est devenu l’enclave cubaine la plus concentrée des Etats-Unis. La

première langue parlée de Miami est l’espagnol et non l’anglais et la population anglosaxonne

vivant à Miami se voit obligée d’apprendre l’espagnol pour pouvoir concurrencer

les Cubains-Américains en ce qui concerne l’emploi, ces derniers étant pour la grande

majorité bilingue. 38 Une blague circulant à La Havane raconte la rencontre fictive entre

Fidel Castro et George W. Bush et le premier lui demande quand les Américains

quitteront-ils Guantanamo ? Ce dernier rétorque que les Etats-Unis plieront bagage dès

que Cuba leur rendra Miami. Au-delà de l’histoire drôle, cela montre l’impressionnante

influence du lobby cubain dans cette ville.

Par rapport aux autres minorités hispaniques, les Cubains sont ceux qui ont le mieux réussi

socialement et présentent des revenus supérieurs aux autres couches de populations d’Amérique latine vivant

aux Etats-Unis. Le niveau d’éducation est également plus élevé et s’apparente à celui de la population anglo-

saxonne. L’influence économique des Cubains-Américains dans la transformation de la ville de Miami en un

centre d’affaire international est loin d’être négligeable. 39 Cela s’explique par la première vague d’exilés qui

était financièrement très aisée. Rappelons que les sbires de Batista ont vidé les caisses du Trésor cubain avant

de s’enfuir et il est plus facile dans ces conditions de recommencer une nouvelle vie prospère. A cela s’ajoutent

toutes les aides gouvernementales octroyées par les diverses administrations qui avaient tout intérêt à ce que

les exilés cubains réussissent professionnellement ne serait-ce que pour démontrer la supériorité du système

capitaliste sur la bureaucratie communiste. De 1962 à 1976, l’exil cubain a reçu plus de 2,1 milliards de dollars

de la part du gouvernement américain. Davantage que l’Alliance pour le Progrès. 40

Le succès économique de la communauté cubaine de Miami est indéniable. Elle engendre près de 7

milliards de dollars de revenues annuels, possèdent 20 000 entreprises, 2 stations de télévision, 10 stations de

radio, 400 vice-présidents de banque, 700 avocats, 1 500 médecins. 41 Ajoutons également que le président de

la première banque de Floride, le propriétaire de la principale société immobilière, la moitié des 27 membres de

la Chambre de l’Etat de Floride, et 2 des 6 membres du Congrès pour la Floride sont des Cubains-Américains. 42

Les discriminations raciales sont très présentes surtout envers les noirs. La ségrégation

prérévolutionnaire est restée très ancrée dans la conscience de la première vague

d’exilés qui était exclusivement composée de blancs. Victor Curry, le président de la

NAACP (National Association for the Advancement of Colored People) de Miami-Dade,

déclarait : « un écrivain disait dans son livre que les noirs cubains préféraient vivre sous

le communisme, sous Castro, plutôt que dans une démocratie sous les Cubains blancs

[d’ici]…J’ai déjà eu ce sentiment, je ne suis pas surpris de la façon dont ils traitent les

Africains-Américains, parce que c’est de la même manière qu’ils traitent leurs noirs

cubains à Cuba avant la prise de pouvoir de Castro ». 43

23

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Jorge Mas Canosa, président de la CANF jusqu’à sa mort en novembre 1997 et remplacé par…son fils

Jorge Mas, a été le plus farouche opposant à Fidel Castro. Ancien membre de la brigade mercenaire 2506, il fut

un instrument de la CIA et reçut un entraînement militaire Fort Benning avec le terroriste Luis Posada Carriles

dont il était un intime. Devenu millionnaire, il a pratiqué un infatigable lobbying auprès de la Maison Blanche

pour empêcher tout rapprochement entre avec Cuba. Son influence sur la politique cubaine des Etats-Unis a été

considérable. Un diplomate déclarait : « changer [la politique actuelle] revient à affronter Mas Canosa et aucun

président ne s’y risque car sa machine est trop puissante même si elle est figée dans ses positions ». Hormis

dans le milieu contre-révolutionnaire, il ne fut pas vraiment aimé par les Cubains de Floride qui abhorraient ses

tendances dictatoriales et la façon dont il utilisait son pouvoir. Il fut également un partisan de la violence et ne

cachait pas ses liens avec les pires terroristes de l’hémisphère. Il déclarait notamment dans un courrier envoyé

aux dirigeants de la CANF en janvier 1990 : « Nous n’hésiterons devant rien ni personne ; nous ne le

souhaitons pas mais si le sang doit couler, il coulera ». Un des associés de Jorge Mas Canosa déclarait au Miami

Herald à propos de l’influence du leader de la CANF : « je ne peux pas le croire. Vous vous asseyez et vous le

voyez traiter les membres de la Commission [de la ville de Miami] comme vous traitez votre chauffeur ». 44

Les autres dirigeants de la CANF ont tous les mêmes caractéristiques. Ils ont été liés de

manière très étroite à la dictature de Batista, sont blancs, et avaient pour la plupart une

situation économique confortable avant la révolution. Ils ont également tous participé à

des attaques terroristes contre Cuba soit en les finançant, soit en y participant

directement. Certains d’entre eux ont été à un moment ou à un autre agent de la CIA. 45

La CANF revendique 50 000 membres. Les militants et sympathisants, à la différence des

simples adhérents, de la CANF sont à l’immense majorité blancs, âgés de plus de 60 ans

pour la plupart, et proviennent de la très haute bourgeoisie cubano-américaine. Ils ont en

générale qu’une connaissance très superficielle de Cuba qu’ils n’ont pas visité depuis le

triomphe de la révolution. Ils sont très loin des attentes de la plupart des Cubains vivant

aux Etats-Unis pour lesquels la préoccupation principale est le bien-être économique de

leurs familles respectives restées dans l’île. Le fonctionnement de la CANF sera abordé

ultérieurement. 46

Le journaliste Jim Mullin du Miami New Times écrivait que « la violence sans loi et

l’intimidation ont été les caractéristiques de l’exil durant plus de trente ans…Bien sûr, il

ne va pas sans dire que la majorité des Cubains-Américains n’approuvent pas la violence,

mais sa longue tradition au sein de la communauté en exil ne peut pas être ignorée et ne

peut pas être simplement balayée d’un revers de la main ». La violence terroriste est

tellement ancrée dans la vie de l’extrême droite cubaine qu’elle est presque devenue un

phénomène naturel pour la communauté de Miami. 47

Notes

1 Jorge Domínguez, Cuba : Order and Revolution (Cambridge, Massachusetts : Harvard

University Press, 1978), p. 140.

2 Félix Roberto Masud-Piloto, With Open Arms : The Political Dynamics of the Migration

from Revolutionary Cuba (Totowa, N. J. : Rowman & Littlefield, 1987), p. 1.

3 New York Times, 23 mai 1959, 1.

4 Gianni Miná, Un encuentro con Fidel (La Havane : Oficina de Publicaciones del Consejo

de Estado, 1987), p. 281.

5

New York Times, 3 janvier 1959, 3.

24

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Le Lobby Cubaine de 1959 à nos jours

6 En ce qui concerne les raisons du soutien au dictateur dominicain voir l’ouvrage de

Theodore Draper, The Dominican Revolt, A Case Study in American Policy (New York :

Commentary, 1968).

7 Robert Merle, Moncada : premier combat de Fidel Castro (Paris : Robert Laffont, 1965),

pp. 58-65.

8 Sergio Diaz Briquets & Lisandro Perez, Cuba : The Demography of Revolution

(Washington, D.C. : Population Reference Bureau, vol. 36, no 1, avril 1981), p. 26.

9 Masud-Piloto, op. cit., p 49.

10 Ibid, pp. 53-54.

11 Pour ce qui est du lien entre la dictature haïtienne et les Etats-Unis voir : Paul Farmer,

The Uses of Haiti (Monroe, Maine : Common Courage Press, 1994) ; James Ridgeway

(ed.), The Haiti Files : Decoding the Crisis (Washington : Essential Books, 1994) ; Penny

Lernoux, Cry of the People : The Struggle for Human Rights in Latin America – The

Catholic Church in Conflict with U.S. Policy (Londres : Penguin Books, 1982).

12 En ce qui concerne la « sale guerre » contre le Nicaragua voir : Marlene Dixon (ed.),

On trial. Reagan’s War Against Nicaragua (San Francisco : Synthesis Publications,

1985) ; Marlene Dixon & Susanne Jonas, Nicaragua Under Siege (San Francisco :

Synthesis Publications, 1984) ; Jaime Wheelock Román, Entre la crisis y la agresión. La

Reforma Agraria Sandinista (Managua : Editorial Nueva Nicaragua, 1985) ; Maurice

Lemoine, Amérique centrale : les naufragés d’Esquipulas (Nantes : L’Atalante, 2002).

13 En ce qui concerne la dictature du Salvador et ses liens avec les Etats-Unis voir :

Ignacio Ellacuría, Veinte años de historia en el Salvador (1969-1989) (San Salvador, UCA

Editores, 1991) ; Raymond Bonner, Weakness and Deceit : U.S. Policy and El Salvador

(New York : Times Books, 1984) ; Michael McClintock, The American Connection : State

Terror and Popular Resistance in El Salvador (Londres : Zed Books, 1985).

14 Pour ce qui est de l’implication des Etats-Unis dans la terreur argentine voir : A. J.

Langguth, Hidden Terrors : The Truth about U.S. Police Operations in Latin America (

Phanteon Books, 1978) pp. 224-270.

15 Pour ce qui est du renversement du gouvernement démocratiquement élu de Salvador

Allende par la CIA voir : Paul E. Sigmund, The Overthrow of Salvador Allende and the

Politics of Chile, 1964-1976 (Pittsburgh : University of Pittsburgh Press, 1977)

16 Voir : Frederick Kempe, Noriega, toda la verdad (Bogotá, Colombie : Gribalbo, 1990).

17 En ce qui concerne le coup d’Etat au Guatemala, la dictature, la répression et la

responsabilité étasunienne voir : Amnesty International, Mettre fin à l’impunité (Paris,

1997); Stephen Schlesinger & Stephen Kinzer, Bitter Fruit : The Untold Story of the

American Coup in Guatemala (Cambridge, Massachussets: Harvard University Press,

1982) ; Michael Klare, War Without End (New York : Random House, 1972); Guillermo

Torriello Garrido, Guatemala, más de 20 años de traíción (Caracas, Venezuela : Editorial

Ateneo de Caracas, 1980).

18 Pour la dictature uruguayenne, voir A. J. Langguth, Hidden Terrors (New York :

Pantheon Books, 1978) ; Maria Esther Gilio, La Guerrillera tupamara (La Havane : Casa

de las Américas, 1970) ; Omar Costa, Los Tupamaros (Mexico : Era, 1971).

19 Voir Noam Chomsky, Deterring Democracy (Londres : Vintage, 1992).

25

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Le Lobby Cubaine de 1959 à nos jours

20 En ce qui concerne l’intervention étasunienne voir : Hugh O’Shaughnessy, Grenada :

Revolution, Invasion and Aftermath (Londres : Sphere Books Limited, 1974) ; Chris

Searle, Grenada, The Struggle Against Destabilization (Londres, Writers & Readers,

1983).

21 Department of State « Cuban Adjustment Act », Public Law 89-732, 2 novembre 1966,

Office of Cuban Affairs, Bureau of Western Hemisphere.

www.usembassy.state.gov/havana/wwwhact.html (site consulté le 28 janvier 2003).

22 Immigration and Naturalization Service, « Clarification of Eligibility for Permanent

Residence Under the Cuban Adjustment Act », U.S Department of Justice, 26 avril 1999.

www.ins.usdoj.gov/graphics/publicaffairs/newsrels/cubaRel.htm (site consulté le 27

janvier 2003).

23 Associazione di Solidarietà Internazionalista con Cuba, « Sui presunti gruppi dei ‘diritti

umani’ a Cuba », 6 mars 1994. www.ecn.org/asicuba/document/sina.htm (site consulté

le 15 août 2002) ; Hernando Calvo Ospina & Katlijn Declercq. Dissidents ou Mercenaires.

Des Etats-Unis à l’Europe pour briser Cuba. (Bruxelles : EPO, 1998), p. 95.

24 Cuban Interest Section, « Talking Points on the Cuban Adjustment Act », Washington,

1 septembre 2000. www.iacenter.org/talk_pts_caa.htm (site consulté le 28 janvier

2003).

25 Granma Internacional, 18 décembre 2002,

www.granma.cu/espanol/diciembre02/mier18/51migratorios.html (site consulté le 19

décembre 2002)

26 Thomas D. Boswell & James R. Curtis. The Cuban-American Experience : Culture,

Images, and Perspectives (Totowa, New Jersey : Rowman & Allanheld, 1984), p. 58 ;

Saul Landau, « Contradictory Cuba Policies », Z Magazine, 25 janvier 2000.

www.zmag.org/ZSustainers/ZDaily/2000-01/25landau.htm (site consulté le 12 mars

2003) ; Saul Landau, « Haitian and Cuban Refugees. Wet Foot / Dry Foot ; Black Foot /

White Foot », Z Magazine, 30 octobre 2000. www.zmag.org/ZSustainers/ZDaily/2000-

10/30landau.htm (site consulté le 7 mars 2003) ; Saul Landau, « We Need a Rational

Cuba Policy », The Progressive, 6 janvier 2000. www.progressive.org/mpivs100.htm (site

consulté le 7 mars 2003).

27 Patrick Lee Gallagher, The Cuban Exile : A Socio-Political Analysis (New York : Arno

Press, 1980), pp. 121-140.

28 Thomas D. Boswell & James R. Curtis. The Cuban-American Experience : Culture,

Images, and Perspectives (Totowa, New Jersey : Rowman & Allanheld, 1984), p. 1.

29 Rafael J. Projias & Lourdes Casel, The Cuban Minority in the United States : Preliminary

Report on Need Indentification and Program Evaluation (Boca Raton : Florida Atlantic

University, 1973), p. 1.

30 après les Mexicains et les Portoricains.

31 U.S. Census Bureau, « Census 2000. General Demographic Characteristics by Race for

the United States », PHC-T-15, 2000. www.census.gov. (site consulté le 24 mars 2003).

32 Sergio Diaz Briquets & Lisandro Perez, Cuba : The Demography of Revolution

(Washington, D.C. : Population Reference Bureau, vol. 36, no 1, Avril 1981), p. 26.

26

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Le Lobby Cubaine de 1959 à nos jours

33 Francoise Barthélémy. « Les aspirations des citoyens dans une structure étatique

taillée sur mesure ». Le Monde Diplomatique, (juin 1984) : 24.

34 U.S. Bureau of the Census, U.S. Census of Population : 1970. Subject Report, Final

Report PC(2)- 1C, « Persons of Spanish Origins » (Washington, D. C. : U.S. Government

Printing Office, 1973), p. X.

35 UNIGES, « Demografía », pas de date. www.uniges.com/type/mod/pl01/asp?p01=cuba

(site consulté le 24 mars 2003).

36 U.S. Bureau of the Census, U.S. Census of Population : 1950, Vol. 4, Special Reports,

Part 3, Chapter A, « Nativity and Parentage » (Washington, D. C. : U.S. Government

Printing Office, 1954), pp. 71-74.

37 Boswell & Curtis, op. cit., p. 65.

38 Ibid, p. 121.

39 The Economist, 16 octobre 1982, pp. 3-26

40 Jean-François Fogel & Bertrand Rosenthal. Fin de Siècle à La Havane. Les Secrets du

pouvoir cubain (Paris : Seuil, 1993), p. 399.

41 Ibid, p. 400-01.

42 Corinne Cumerlato & Dennis Rousseau. L’Ile du docteur Castro. La transition

confisquée (Paris : Stock, 2000), p. 250.

43 Victor Cury, « Interview », PBS, 2001, 6.

www.pbs.org/wgbh/pages/frontline/shows/elian/interview/cury.html (site consulté le 15

octobre 2002).

44 Cuban American National Foundation, « Perfíl biográfico de Jorge Mas Canosa », 19

mai 2001. www.canfnet.org/SobrelaFNCA/aboutjorgemascanosaspan.htm (site consulté

le 21 février 2003) ; La Jornada, 25 novembre 1997, « Sepilio de Mas Canosa » ; Ann

Louise Bardach et Larry Rohter, « Life in the Shadows, Trying to Bring Down Castro »,

New York Times, 13 juillet 1998, 1, 4.

www.nytimes.com/library/world/americas/071398cuba-commando.html (site consulté le

3 février 2003) ; Pour citation du diplomate voir Jean-François Fogel & Bertrand

Rosenthal. Fin de Siècle à La Havane. Les Secrets du pouvoir cubain (Paris : Seuil,

1993), p. 403 ; Pour citation de Jorge Mas Canosa voir Hernando Calvo Ospina & Katlijn

Declercq. Dissidents ou Mercenaires (Bruxelles : EPO, 1998), p. 82 et Hernando Calvo

Ospina, Rhum Bacardi. CIA, Cuba et mondialisation (Bruxelles: EPO, 2000), pp. 83, 161 ;

Betty Ann Bowser & Jorge Mas Canosa Jr. « Mas Canosa’s legacy » PBS, Online Focus, 24

novembre 1997. www.pbs.org/newshour/bb/latin_america/july-dec97/cuba.html (site

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Internationa lPolicy,22 août 2001.

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février 2003) ; Kathy Glasgow, « No Mas, No Meet », Miami New Times,22 juillet 1999.

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www.cnn.com/WORD/9711/24/cuba.mas.canosa/ (site consulté le 21 février 2003) ;

Jean-Pierre Clerc. Les Quatres Saisons de Fidel Castro (Paris : Seuil, 1996), p.356. Pour

la citation de l’associé de Jorge Mas Canosa voir Jane Franklin, « The Cuba Obsession »,

TheProgressive, juillet1993,4.

27

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45 Ministère de l’Intérieur de la République de Cuba, « Fichas entregadas por T. Golden y

ampliación de otras ya entregadas », Antiterroristas.cu, 18 janvier 2003.

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09-27 (site consulté le 20 janvier 2003) ; The Public Eye, « Group Watch : Cuban

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www.publiceye.org/research/Group_Watch/Entries-21.htm (site consulté le 21 février

2003).

46 Jesus Arboleya, The Cuban Counterrevolution (Athens : Ohio University Press, 2000),

pp. IX-X. Hernando Calvo Ospina, Rhum Bacardi, CIA, Cuba et Mondialisation (Bruxelles :

EPO, 2000), pp. 148-149.

47 Jim Mullin, « The Burden of a Violent History », The Miami New Times, 20 avril 2000.

III. CREATION DE LA CUBAN-AMERICAN NATIONAL

FOUNDATION

1. Arrivée de Reagan au pouvoir

L’administration Reagan fut incontestablement la plus belliqueuse de l’après-guerre. La

course aux armements lancée par le successeur de Carter n’a pas d’équivalent dans

l’histoire des Etats-Unis, en excluant les périodes de guerre et l’actuelle administration

(dont la plupart des membres sont des reaganiens recyclés). Sous Reagan, la dette

extérieure a doublé et la politique étrangère des Etats-Unis a été beaucoup plus

agressive apportant un soutien massif à la sanglante dictature du Salvador et lançant

une campagne terroriste clandestine contre le gouvernement sandiniste qui durera dix

années. La Cour de Justice de La Haye condamnera les Etats-Unis en juin 1986 pour

« usage illégal de la force », euphémisme pour qualifier l’agression menée contre le

Nicaragua. Le 7 décembre 1987, les Etats-Unis entraient dans l’histoire en votant contre

une résolution des Nations Unies appelant tous les pays à condamner le terrorisme. A

cela s’ajoute l’invasion de la Grenade au printemps 1983 (sans en référer au Congrès

malgré le War Power Act de 1973 qui stipule que tout envoi de troupes nécessite une

consultation du Congrès), l’appui aux atrocités commises au Guatemala par les forces

gouvernementales comparables à celles des pires dictatures communistes, le soutien à

Israël lors de l’invasion du Liban en 1982 qui a fait 20 000 morts, le bombardement de la

Libye en 1986 et bien sur l’appui au régime raciste d’Afrique du Sud. 1

Reagan fut aussi l’instigateur d’une politique beaucoup plus agressive à l’encontre de

Cuba et ses plus proches collaborateurs durent « le dissuader de la fantaisie privée que

Cuba pouvait être libérée par la force des armes ». 2 Il redora le blason de la CIA terni par

les décisions du Congrès de lui retirer son rôle planétaire pour avoir été impliquée dans

les plus sombres affaires internationales. Le Document de Santa Fe, établie par la droite

radicale républicaine et ses faucons, qui préconisait la plus grande inflexibilité envers le

gouvernement de La Havane, devint la ligne directrice pour les affaires latinoaméricaines.

Dans la logique reaganienne de renverser le gouvernement de La Havane,

Roger Fontaine, l’un des idéologues du groupe de Santa Fe proposa la création d’une

entité autonome capable de faire pression sur le Congrès. Richard Allen, conseiller à la

sécurité nationale de Reagan réunit un groupe de millionnaires cubains, ayant démontré

leur allégeance envers les Etats-Unis et défendant leurs intérêts, qui avaient un ennemi

commun : la révolution cubaine. C’était dans ce cadre de regain de la guerre froide, où

l’approche militaire des affaires internationales avait pris le pas sur la diplomatie

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conventionnelle, qu’était née la Cuban American National Foundation, création

intellectuelle du directeur de la CIA William Casey, considéré comme le plus influent

directeur de l’agence depuis Allen Dulles. 3

La CANF était au début surtout destinée à un rôle de propagande. Son but était d’influencer l’opinion

publique et le Congrès quant au danger représenté par Cuba comme le stipulait le document top secret du

National Security Council (U.S. Policy in Central America and Cuba through F.Y. ’84, Summary Paper). L’objectif

était d’éviter « la prolifération des Etats [prenant comme modèle] Cuba ». La CANF était censée lancer une

campagne en faveur des droits de l’homme à Cuba, dénoncer le gouvernement de La Havane au moyen d’une

campagne internationale de propagande, accroître les sanctions économiques, et « empêcher toute négociation

mandatée par le Congrès ». 4

Le président choisi pour diriger la nouvelle structure, fondée sur le modèle de l’American

Israel Public Affairs Committee, le lobby le plus puissant des Etats-Unis, fut Jorge Mas

Canosa « qui était le pire élément de la communauté cubaine des Etats-Unis » selon

Ramsey Clark.5 L’alliance entre les intérêts étasuniens et les anciennes élites politiques

et économiques conservatrices de Cuba permit la création de ce qui allait devenir le plus

puissant lobby cubain des Etats-Unis. Le but officiel de la fondation est parsemé de

rhétorique positive mais la réalité en sera tout autre :

La Cuban American National Foundation est une organisation indépendante à but non lucratif dévouée

au recueil et à la propagation de données concernant les questions économiques, politiques et sociales

du peuple sur l’île et en exil. La Fondation supporte le concept d’un Cuba libre et démocratique et

promeut une vision objective de Cuba et des Cubains et une évaluation objective du gouvernement

cubain et de ses politiques. La Fondation soutient un programme général destiné à éclairer et clarifier

l’opinion publique sur les problèmes concernant Cuba, à combattre les tendances doctrinaires, protéger

les droits de l’homme et promouvoir les intérêts culturels et le succès créatif. 6

La CANF affirme qu’elle aborde une perspective non violente dans son désaccord avec le

gouvernement de Cuba, même si cette affirmation est une négation même de l’histoire

de Miami comme le souligne l’exilé Francisco Aruca qui, lui, est en faveur d’un dialogue

avec La Havane. Il assure que dès le moment où la frange radicale des exilés s’est

rendue compte que les Etats-Unis n’allaient pas envahir Cuba, elle a commencé à

pratiquer le terrorisme à Miami. Il est vrai que le recours à la violence est une

caractéristique très forte de l’extrême droite cubaine. 7 Le professeur Edward S. Herman,

professeur d’économie financière à la Warton School de Pennsylvanie, analyste politique

qui a beaucoup écrit sur le lobby cubain remarquait que « tous les groupes qui

supportent le terrorisme prétendent qu’ils sont pacifiques et fournissent même des

efforts tendant à se rendre crédibles. Pour ce qui est de la CANF, elle n’est pas crédible et

des preuves régulières apparaissent au grand jour qui démontrent qu'elle supporte et

finance le terrorisme ». 8 Les déclarations des dirigeants du lobby cubain en faveur d’une

transition pacifique dans l’île ne sont pas en corrélation avec les violentes campagnes

politiques, médiatiques, économiques (lois Torricelli et Helms-Burton), et surtout

paramilitaires lancées contre Cuba. 9

En février 1986, la CANF parraina une tournée du leader de l’UNITA angolaise, Jonas

Savimbi, aux Etats-Unis avec plusieurs autres institutions dont La Freedom House et la

Heritage Foundation. Les dirigeants de la CANF s’opposaient à toutes les actions

entreprises par le gouvernement cubain que se soit l’appui des troupes cubaines au MPLA

d’Angola ou aux Sandinistes du Nicaragua. D’ailleurs en janvier 1987, le président de la

CANF, Jorge Sorzano deviendra le directeur des Affaires Latino-Américaines au National

Security Council suite à une nomination effectuée par Ronald Reagan. 10

Le but actuel de la CANF est de maintenir le blocus contre Cuba et d’empêcher à tout prix

toute tentative de rapprochement entre les deux pays. Nul doute que la CANF est le

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principal obstacle à la normalisation des relations entre Cuba et les Etats-Unis souhaitée

par une immense majorité de l’opinion internationale et surtout par les entreprises

étasuniennes qui voient un marché naturel leur échapper aux profits des capitaux

européens, asiatiques et latino-américains. Le seul objectif obsessionnel demeure la

chute du gouvernement castriste – qu’elle cherche à discréditer par tous les moyens

possibles et imaginables – peu importe le prix à payer par les Cubains résidant dans l’île.

Le dissident cubain-américain Ricardo E. Trelles, écrivait dans un article que « pour un

observateur mûr » la CANF « n’inspir[ait] pas confiance en tant que force politique » car

elle ne prenait pas en compte l’opinion des Cubains. 11

Le travail de lobbying effectué par la CANF auprès du Congrès a été terriblement efficace

surtout après la chute du bloc soviétique avec les adoptions des lois Torricelli et Helms-

Burton très controversées pour leurs violations entres autres de deux principes

fondamentaux du droit international : la rétroactivité et l’extraterritorialité qui ont mis en

exergue de violentes tensions entre les Etats-Unis et l’Union Européenne. Les

nombreuses relations des dirigeants de la CANF avec la droite républicaine ont réduit à

néant les tentatives de rapprochement ébauchées sous le gouvernement Carter qui

avaient vu la création de sections d’Intérêts à La Havane et à Washington, la reprise des

vols entre les deux pays, la libération de nombreux prisonniers politiques, et une nette

avancée en terme de négociations portant sur les questions migratoires. La progression

observée lors de la précédente administration disparut avec la création de la CANF.

La Fondation est également une entité qui ne paie pas d’impôts et qui est financée par

ses membres très riches qui paient à hauteur de 5 000 à 10 000 dollars annuellement. La

CANF est également financé par le Congrès qui avait crée en 1983 le National

Endowment for Democracy, une entité censée promouvoir la démocratie à travers le

monde, et qui finance la Fondation à hauteur de centaines de milliers de dollars. De plus,

la CANF reçoit plusieurs subventions du gouvernement fédéral chaque année. 12

En 1987, les Etats-Unis présentèrent, pour la première fois, une proposition à la

Commission des Droits de l’Homme des Nations Unies à Genève, dans laquelle ils

souhaitaient condamner Cuba comme pays violant les droits de l’homme. La proposition

présentée par l’exilé cubain Armando Valladares fut rejetée par la Commission. L’histoire

d’Armando Valladares (qui était membre de la police de Batista) est riche

d’enseignement. Arrêté en 1960 pour terrorisme (il plaçait des bombes dans les

boutiques du gouvernement et les théâtres), une grande campagne internationale avait

été lancée pour obtenir sa libération par la droite radicale de Miami. 13 Durant sa

détention, il fit semblant d’être invalide et un fauteuil roulant fut envoyé par la Croix

Rouge Internationale. Le gouvernement de François Mitterrand, intervint auprès de Cuba

pour obtenir sa libération envoyant Régis Debray qui réussit à convaincre le

gouvernement de La Havane. Auparavant, les autorités cubaines avaient maintes fois

répété que Valladares jouait la comédie et qu’il était en parfaite condition de santé.

Valladares fut amené à l’aéroport en chaise roulante et l’administration de Cuba lui fit

savoir que s’il voulait quitter le pays, il devait se lever de son fauteuil et monter seul de

l’avion. Valladares bondit de sa chaise roulante et traversa la passerelle qui le séparait de

l’avion en courant. Régis Debray fut si embarrassé qu’il présenta ses excuses au

gouvernement cubain pour s’être laissé abusé par pseudo invalide. Cette histoire montre

à quel point les dirigeants de l’exil de Miami sont prêts à utiliser tous les subterfuges

pour porter préjudice à Cuba. Depuis 1987, les Etats-Unis ont régulièrement présenté

une résolution annuelle contre Cuba à la Commission de Genève, la dernière en date

étant sponsorisé par le Costa Rica, le Pérou et l’Uruguay à la demande de Washington et

sera présenté en avril 2003. 14

2. Guerre des télécommunications : Radio Martí et TV Martí

Le 13 septembre 1985, les sénateurs votaient à l’unanimité en faveur de la création de

Radio Martí, projet radiophonique doté d’un budget annuel de 6 millions de dollars

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entièrement financé par le contribuable étasunien, qui était censé diffuser

« commentaires et autres informations sur des faits à Cuba et ailleurs, pour promouvoir

la cause de la liberté à Cuba ». La mise en fonction de Radio Martí était « le plus solide

pas en avant sur le chemin de la liberté effectué en presque un quart de siècle d’exil et

d’humiliation » selon Jorge Mas Canosa. 15

Destinée à être un outil de propagande contre Cuba dans un contexte de recrudescence

de la guerre froide, Radio Martí prenait le pas à Radio Swan mise en place juste après le

triomphe de la révolution. En 1981, Ronald Reagan faisait part de son intention de créer

une Radio Free Cuba similaire à la Radio Free Europe mise en place dans les années

cinquante dans le cadre de la lutte idéologique contre le communisme dans le but de

« dire la vérité sur Cuba aux Cubains ». Après avoir essuyé un refus du Congrès en 1982,

Radio Martí commençait ainsi un programme journalier de propagande de 14 heures en

mai 1985 (avant même le vote du Congrès suite à l’autorisation secrète donnée par

Reagan) pour atteindre 24 heures de diffusion sept jours sur sept et un budget de 13,1

millions de dollars en 1995. Sa vocation de propagande était tellement évidente qu’un

membre du Congrès opposé à la législation proposa de l’appeler la « John Foster Dulles

Cold War Mentality Memorial Radio Broadcasting to Cuba Act ». Radio Martí employait

208 personnes en 2002 et disposait d’un budget de 15 millions de dollars. Le lobby

cubain de Floride est le seul à disposer d’un tel outil dans sa guerre politique menée

contre le gouvernement de La Havane, qui plus est entièrement financé par le

gouvernement des Etats-Unis. 16

L’un des principaux buts de Radio Martí dont les programmes sont quasi exclusivement

contrôlés par la droite radicale cubaine est d’empêcher tout processus de normalisation

des Etats-Unis avec Cuba. Les émissions diffusées se caractérisent par leurs messages

particulièrement chargés d’animosité envers Cuba et le gouvernement de La Havane et

les extrémistes de Miami disposent d’un moyen remarquablement efficace pour diffuser

leur agenda politique anticastriste qui est largement au dessus des moyens même d’une

organisation aussi puissante que la CANF. Les programmes encouragent la subversion,

les actions de sabotages, et la création d’une situation de chaos, bref toute action étant

susceptible de créer un désordre suffisant pouvant mener à la chute du gouvernement. 17

Les transmissions de Radio Martí violent les ondes nationales cubaines et la souveraineté

de la nation. Cependant les effets escomptés par la mise en place de cet émetteur n’ont

pas eu lieu grâce à l’efficace brouillage effectué par les autorités cubaines qui d’ailleurs

avaient proposé lors de la naissance de Radio Martí un marché à Washington : Cuba ne

brouillerait pas les ondes de ladite station à condition que les Etats-Unis permettent à La

Havane de diffuser sur leur territoire pour ainsi participer à la guerre des idées sur un

principe d’égalité. Il ne va pas sans dire que la proposition avait été immédiatement

rejetée par Ronald Reagan. L’invasion médiatique allait avoir lieu dans un seul sens

reflétant ainsi une continuité historique qui avait débuté en 1898 et qui est toujours

valable actuellement. Dans son étude à propos de Radio Martí, John Spicer Nichols

déclarait avant même la mise en fonctionnement de la radio que celle-ci était vouée à

l’échec de part sa théorie de communication dépassée qui « traitent les membres de

l’audience comme une cible » facile et amorphe pensant qu’il suffit de balancer une

information pour qu’elle soit ingurgitée sans aucune critique. 18

Le nom de Martí fut choisi à la mémoire de l’Apôtre par les Cubains de Miami et il est

considéré comme blasphématoire par les Cubains de l’île. Il est vrai que les objectifs de

Radio Martí entrent en contradiction avec les principes martiens qui ont tant influencé la

révolution de 1868-1898 et la révolution cubaine de 1959 dont José Martí était « l’auteur

intellectuel » comme l’a déclaré Fidel Castro lors de sa défense en 1953. La droite

radicale cubaine s’est servie du prestige du héros cubain pour s’auto auréoler d’une

légitimité qui n’est pas forcement la sienne. En effet, les valeurs défendues par la CANF

sont à des lieux des valeurs que défendaient Martí telles que la souveraineté,

l’indépendance et la justice sociale parmi tant d’autres, valeurs que la CANF peut

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difficilement se targuer de défendre. Le directeur du Centre d’Etudes sur Martí

remarquait que « seul un gouvernement qui a démontré une évidence répétée de son

ignorance peut commettre une telle stupidité d’utiliser le propre nom du plus grand antiimpérialiste

que nous n’ayons jamais eu ». 19

Le programme musical cubain de Radio Martí est atypique dans le sens où il est composé

exclusivement de chansons revêtant une saveur nostalgique de la période

prérévolutionnaire, saveur qui résulte être à des années lumières des goûts de la

jeunesse cubaine d’aujourd’hui. En plus d’être un échec politique, Radio Martí est

également un échec culturel qui n’a pas réussi à fidéliser les quelques Cubains qui

avaient réussi à passer outre les brouillages mis en place par les autorités. Mais le

pouvoir de lobbying de la CANF fait que ce projet est toujours en vigueur et représente

« la voix des Etats-Unis d’Amérique à Cuba ». 20

Ernesto Betancourt qui a été le premier directeur de Radio Martí et qui avait osé se

prononcer contre les sanctions économiques et contre TV Martí car le projet était en

violation avec les conventions internationales avait été « réassigné » dans un premier

temps puis contraint de démissionner par la suite. En réalité le seul vrai directeur de

Radio et TV Martí a toujours été Jorge Mas Canosa jusqu’à la mort de ce dernier. 21

Plusieurs affaires de corruption ont éclaté au sein de service des ressources humaines et

de la ligne éditorialiste. Un rapport rédigé en juin 1999 par Voice of America (VOA) sur le

fonctionnement de Radio Martí notait que « des programmes questionnables avaient été

diffusés » et que « la crédibilité de journaux d’informations et du professionnalisme » de

la chaîne radiophonique laissait à désirer. Certaines émissions « violaient les standards

de diffusion de VOA » par leur « manque de mesure, d’impartialité et d’objectivité et de

sources [d’information] adéquates ». En plus du « contrôle éditorial très laxiste », des

programmes contenaient « des références obscènes et vulgaires » en violation avec la

législation en vigueur. La conclusion du rapport était qu’un « manque d’expertise et de

professionnalisme » était évident et affectait fortement la chartre de Voice of America

ainsi que les objectifs de la politique étrangère des Etats-Unis. 22

Cette impressionnante machine de propagande au but fondamentalement politique a été

responsable d’un incident en février 2002 qui aurait pu avoir de graves conséquences. Le

26 février 2002, Radio Martí transmettait un rapport biaisé portant sur un discours donné

par le Ministre des affaires étrangères mexicain, Jorge Castañeda, lors d’une visite à

Miami pour l’inauguration de l’Institut Culturel du Mexique. Dans son discours, il déclarait

textuellement que l’ambassade mexicaine de La Havane était ouverte à tout le monde

ainsi que le Mexique ajoutant que les relations avec la révolution cubaine avaient laissé la

place aux relations avec la République de Cuba. Des passages dudit discours furent isolés

de leur contexte et manipulés faisant croire que le Mexique avait rompu les relations

avec Cuba et que les portes de son ambassade étaient ouvertes à tous ceux qui

désiraient quitter Cuba. Le montage effectué fut diffusé sept fois dans la journée

appelant à occuper l’ambassade du Mexique. Plus d’une centaine de personnes

investirent les locaux de l’ambassade mexicaine de La Havane et un bus pris d’assaut par

quelques délinquants défonça les portes de la représentation du Mexique. Le 1 mars,

l’ambassadeur du Mexique fit appel aux autorités cubaines pour l’évacuation de ses

locaux tout en refusant d’octroyer des visas aux personnes présentes signalant qu’il

n’avait reçu « aucune demande politique ». Encore une fois, une entité médiatique

officielle des Etats-Unis incita à la rébellion dans un autre pays souverain en violation

avec les normes internationales de télécommunication. 23

Radio Martí est loin d’être la seule radio diffusant des programmes hostiles au

gouvernement cubain et même si elle dispose de la plus grosse influence médiatique et

financière, plus de 20 autres radios diffusent 70 000 heures annuelles de propagande

dans le but de déstabiliser le pouvoir de La Havane. Il serait difficile de trouver un

exemple équivalent même au plus fort de la guerre froide. L’éventail des armes utilisé

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contre Cuba, s’il n’est pas complet, est assez diversifié pour dresser les obstacles

nécessaires à la déstabilisation des gouvernements disposant du plus fort soutien

populaire même s’il a jusqu’à présent échoué dans ses tentatives de se débarrasser de

l’encombrant ennemi politique qui lutte contre vents et marées à seulement 150

kilomètres des côtes des Etats-Unis. 24

Créée le 27 mars 1990, TV Martí disposait des mêmes prérogatives que sa sœur radio

mais allait obtenir des résultats encore plus désastreux. En plus du coût excessif

engendré par ses émissions, elle n’a quasiment aucun impact sur la population cubaine

de l’île et le gouvernement de La Havane a réussi à brouiller presque complètement les

signaux émis. Une étude du Congrès réalisé en août 1990 arrive à la conclusion que le

nombre de spectateurs (déjà très faible) avancé avait été largement exagérés ce qui

déclencha une certaine hostilité de certains membres du Congrès à l’égard de l’octroi

annuel d’un budget pharamineux à une chaîne de télévision inutile. 25

Jeff Flake (Républicain Arizona) déclarait de manière désabusée à propos des programmes d’émissions radiales

et télévisées : « nous avons Radio et TV Marti et le Congrès dépense 26 millions de dollars pour les deux

[annuellement]. Et bien, après 12 ans et 10 millions de dollars par an pour TV Marti, il n’y pas une seule preuve

démontrant que les Cubains en ait vu une minute et nous continuons à la produire. Si nous étions sérieux à

propos de d’ébranler (le pouvoir) de Castro, par pitié, utilisons cet argent à bon escient ». 26

Aucune minorité des Etats-Unis n’a obtenu autant de faveurs en si peu de temps par le

gouvernement fédéral. Il est vrai que quand il s’agit de détruire la révolution cubaine, on

ne compte pas.

Notes

1 Pour le Salvador voir John Hasset & Hugh Lacey (dir.), Toward a Society That Serves its

People : The Intellectual Contribution of El Salvador’s Murdered Jesuits (Georgetown,

1991) ; Benjamin Schwarz, American Counterinsurgency Doctrine and El Salvador

(RAND, 1991). Pour le Nicaragua voir John Marshall, Peter Dale Scott & Jane Hunter, The

Iran-Contra Connection (Boston : South End Press, 1987) ; Holly Sklar, Washington’s

War on Nicaragua (Boston : South End Press, 1988) ; Arturo Cruz Jr, Memory of Counter

Revolutionary – Life with the Contras, the Sandinistas and the CIA (New York :

Doubleday, 1989). Pour l’invasion de la Grenade voir William C. Gilmore, The Grenada

Intervention : Analysis and Documentation (Londres : Facts on File Inc., 1984).

2 Newsweek, « Special Issue on the 1984 Presidential Election », novembre/décembre

1984 : 32.

3 Hernando Calvo Ospina & Katlijn Declercq, Dissidents ou Mercenaires (Bruxelles : EPO,

1998), p. 76 ; Morris H. Morley, Imperial State and Revolution : The United States and

Cuba, 1952-1986 (Cambridge : Cambridge University Press, 1987), p. 319 ; Jean-Marc

Pillas, Nos Agents à La Havane. Comment les Cubains ont ridiculisé la CIA (Paris : Albin

Michel, 1995), pp. 94-96 ; Ignacio Ramonet, « Castro, 30 ans de pouvoir absolu ». Le

Monde Diplomatique, novembre 1987, 34 ; Nunca Más, « La amenaza para las Américas.

Documento Santa Fe », pas de date.

www.nuncamas.org/document/docstfe2_00intro.htm (site consulté le 24 février 2003) ;

Nunca Más, « Futuras crisis de regímenes latinoamericanos y responsabilidades de

Estados Unidos. Documento Santa Fe II », pas de date.

www.nuncamas.org/document/docstfe2_04.htm (site consulté le 24 février 2003).

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4 Raymond Bonner, New York Times, 7 avril 1983 cité dans Jane Franklin, Cuba and the

United States: a Chronological History. (Melbourne, New York : Ocean Press, 1997), pp.

178-79.

5 Jean Solbès. Le Défi cubain (Paris : Graphein, 1998), p. 292.

6 Cuban-American National Foundation, Reagan on Cuba (Washington : The Cuban-

American National Foundation, 1986), première couverture intérieure.

7 Francisco Aruca, « Interview », PBS, 2001, 3.

www.pbs.org/wgbh/pages/frontline/shows/elian/interview/aruca.html (site consulté le 15

octobre 2002).

8 Courrier personnel du 25 février 2003.

9 Cuban American National Foundation, « About the Cuban American national

Foundation », Canf.org, pas de date, 1. www.canfnet.org/About/aboutmain.htm (site

consulté le 28 février 2003).

10 Jane Franklin, op. cit., pp. 219-20, 229.

11 Jean-François Fogel & Bertrand Rosenthal. Fin de Siècle à La Havane. Les secrets du

pouvoir cubain (Paris : Seuil, 1993), p. 399 ; Ricardo E. Trelles, « Jorge Mas es un

enfermo más », Our World, 3 octobre 1997, 2.

http://ourworld.compuserve.com/homepages/mhec/docu31.htm (site consulté le 28

février 2003).

12 Jane Franklin, « The Cuba Obsession », The Progressive, juillet 1993, 3.

http://ourworld.compuserve.com/homepages/JBFranklins/canf.htm (site consulté le 28

février 2003).

13 Carlos Franqui, autre exilé anticastriste et qui est actuellement un ami intime de

Armando Valladares, était à l’époque de l’arrestation de celui-ci, le directeur du journal

Revolución, et il réclama dans un éditorial du 30 décembre 1960 la peine capitale pour

Valladares et ses acolytes.

14 Gianni Miná, Un Encuentro con Fidel (La Havane : Oficina de Publicaciones del Consejo

de Estado, 1987), pp. 43-60 ; Jean-Marc Pillas, Nos Agents à La Havane. Comment les

Cubains ont ridiculisé la CIA (Paris : Albin Michel, 1995), pp. 145-51 ; Mireya Castañeda,

« Las resoluciones anticubanas tratan de justificar el bloqueo », Granma Internacional,

14 mars 2003. www.granma.cu/espanol/marzo03/vier14/11resolucion.html (site consulté

le 30 mars 2003) ; Granma Internacional, « Legisladores latinoamericanos viajan a

Ginebra a respaldar la Revolución Cubana », 14 mars 2003.

www.granma.cu/espanol/marzo03/vier14/legisladores.html (site consulté le 30 mars

2003) ; Eduardo Tamayo G. ; « Estados Unidos nuevamente contra Cuba », Rebelión, 26

mars 2003. www.rebelion.org/internacional/030326usacuba.htm (site consulté le 16 avril

2003) ; Felipe Pérez Roque, « Intervención del ministro de Relaciones Exteriores de

Cuba, Felipe Pérez Roque, en la Comisión de Derechos Humanos de la ONU », Rebelión, 2

avril 2003. www.rebelion.org/internacional/030402roque.htm (site consulté le 16 avril

2003).

15 Pour la citation de Jorge Mas Canosa voir : Nicanor León Cotayo, Sin ramo de olivo :

las relaciones cubano-estadounidenses bajo el gobierno de Ronald Reagan (La Habana :

Editora Política, 1988. Vol. 2), pp. 98, 105 . Félix Roberto Masud-Piloto, With Open

Arms : The Political Dynamics of the Migration from Revolutionary Cuba (Totowa, N. J. :

Rowman & Littlefield, 1987), pp. 104-08 ; Howard H. Frederick, Cuban-American Radio

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Wars : Ideology in International Communications (Norwood, New Jersey : Ablex, 1986),

pp. 24-31.

16

Pour les chiffres voir : Nick Grace C. « Radio Marti », Declassified Top Secret, 8 février

1998.

www.qsl.net/yb0rmi/marti.htm (site consulté le 28 février 2003) ;

Office of Cuba Broadcasting, « Radio Marti : Mission », U.S. International Broadcasting

Bureau, 28 février 2003.

www.martinoticias.com/mision.asp (site consulté le 28 février 2003).

Pour citation de Reagan voir : Cuban-American National Foundation. Reagan on Cuba

(Washington : The Cuban-American National Foundation, 1986), p. 36. Pour la citation

du membre du Congrès voir : Howard H. Frederick, op. cit., p. 29.

17 Jorge Dominguez & Rafael Hernández. U.S. Cuban relations in the 1990s (Boulder :

Westview Press, 1989), p. 49; Michael Bowman, « U.S. Cuba Broadcasting », Global

Security, 5 février 1999.

www.globalsecurity.org/intell/library/news/1999/02/990205-cuba1.htm (site consulté le

28 février 2003).

18 John Spicer Nichols, « A Communication Perspective on Radio Martí », Cuban Studies,

été 1984 : 35-46.

19 Castro, Fidel, La Historia me absolverá (1953. Movimiento 26 de Julio; Editora Política;

La Havane, 1999), p. 13 Howard H. Frederick, op. cit., p. 25.

20 Diane Saco, « Voices from the Distance : Radio Martí and the (Pen)Insular

Construction of Cuban Identity », Schmidt College of Arts and Humanities, Florida

Atlantic University, août 1992, 39.

www.gate.net/~dsaco/Radio_Marti_MA.html (site consulté le 28 février 2002).

21 Jane Franklin, « The Cuba Obsession », The Progressive, juillet 1993, 2.

http://ourworld.compuserve.com/homepages/JBFranklins/canf.htm (site consulté le 28

février 2003).

22 Voice Of America, « Review of Policies and Procedures for Ensuring that Radio Marti

Broadcasts Adhere to Applicable Requirements », Audit Report 99-IB-010, juin 1999, 1,

3, 5, 13, 15, 17.

http://oig.state.gov/documents/organization/7449.pdf (site consulté le 28 février 2002) ;

Rui Ferreira, « Director de Radio Martí emplea a sus amigos », El Nuevo Herald, 21 mars

2002.

www.miami.com/mld/elnuevo/news/nation/2968507.htm (site consulté le 28 février

2002).

23 Gouvernement de Cuba, « Provoca mal llamada Radio Martí grave incidente en

Embajada de México », Granma Internacional, 28 février 2002.

www.granma.cu.cubaweb.cu/2002/02/28/nacional/articulo14.html (site consulté le 28

février 2003) ; Karen Fletcher, « Cuba : Radio Marti Incites Attack on Mexican

Embassy », Green Left, 13 mars 2002.

www.greenleft.org.au/back/2002/484/484p17.htm (site consulté le 28 février 2002) ;

Agencia Cubana de Noticias/ Cuban Agency News, « Media Terrorism », 13 septembre

2002, 2.

www.ain.cubaweb.cu/patriotas2/coberturacompleta/sep1302media.htm (site consulté le

28 février 2003) ; Fernando Ravsberg, « Cuba culpa a Radio Martí », BBC Mundo, 28

février 2002.

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http://news.bbc.co.uk/hi/spanish/latin_america/newsid_1846000/1846327.stm (site

consulté le 28 février 2003).

24 Hernando Calvo Ospina & Katlijn Declercq. Dissidents ou Mercenaires (Bruxelles : EPO,

1998), p. 68 ; Hernando Calvo Ospina. La Parole aux Cubains (Bruxelles : EPO-Etudes

Marxistes, 1999), p. 38 ; Alex Canizares, « Losing the Propaganda Game Against Cuba »,

COHA, pas de date.

http://coha.org/opeds:marti.htm (site consulté le 7 mars 2003).

25

Cuba Solidarity Project, « Evenements clés dans la guerre psychologique contre

Cuba », pas de date, 2.

http://perso.club-internet.fr/vdedaj/cuba/guerre_psychologique.html (site consulté le 28

février 2002).

26

Dan Griswold, « Will U.S. Trade with Cuba Promote Freedom or Subsidize Tyranny ? »,

Cato Institute Policy Forum, 25 juillet 2002, 17.

www.cato.org/events/transcript/020725et.pdf (site consulté le 4 novembre 2002).

B. ACTIVITES ET FONCTIONNEMENT

I. ANTICOMMUNISME ET ANTICASTRISME

En 1950, lors d’une réunion d’information avec les ambassadeurs latino-américains,

George Kennan déclarait :

La réponse finale peut être désagréable, mais…les gouvernements de la région ne doivent pas hésiter

[à utiliser] la répression policière. Cela n’est pas honteux étant donné que les communistes sont

essentiellement des traîtres… Il vaut mieux avoir un régime fort au pouvoir qu’un gouvernement libéral

s’il est indulgent, souple et pénétré par les communistes. 1

Edward S. Herman, spécialiste de l’Amérique latine et auteur de plusieurs ouvrages sur

les dictatures néo-fascistes latino-américaines de l’après-guerre et leurs relations avec

les Etats-Unis, remarquait :

Parmi les élites latino-américaines, un paysan qui demande une augmentation de salaire ou un prêtre

qui aide à l’organisation d’une coopérative paysanne est un communiste. Et celui qui ose suggérer une

réforme agraire ou un système fiscal plus juste est un fanatique communiste. Il n’y a pas de mots ou

d’actions incitant à la générosité de l’élite envers le pauvre ou [évoquant] la nécessité d’éducation, une

organisation ou une avancée matérielle pour la majorité qui ne furent pas qualifiés de communiste au

cours des dernières décennies en Amérique latine… Etant donné que le communisme est l’ennemi, et

les paysans essayant d’améliorer leur sort, les prêtres dotés de la moindre tendance humaniste, et

bien entendu quiconque défiant sérieusement le statut quo, sont communistes, ils sont aussi, par

définition, des ennemis. Même le Pape, qui avait lancé un appel à plus de générosité et à des réformes

significatives, fut dénoncé comme étant une marionnette du communisme. 2

En Amérique latine, la notion de communisme était très vague et elle fut utilisée par les

classes dirigeantes contre tout mouvement progressiste à la recherche de justice sociale.

Il est intéressant de remarquer que Fidel Castro n’était pas communiste à la base malgré

tout ce qui s’est raconté quant à l’idéologie du leader de la révolution cubaine qui, ellemême,

était une révolution de type national-socialiste, indépendantiste et antiimpérialiste,

mais en aucun cas communiste. De plus, lors des élections de 1952, Fidel

Castro était candidat pour le Parti Orthodoxe et non pour le Parti Communiste. L'assaut

de la caserne Moncada du 26 juillet 1953, qui initia le début de la révolution, fut décrite

par le journaliste du New York Times, Herbert L. Matthews de la manière suivante :

« C’était de la folie, mais aussi de l’idéalisme, un sacrifice héroïque et du patriotisme de

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la plus pure espèce. Et pas du communisme ! » ajoutant que la lutte de la Sierra Maestra

était « un mouvement révolutionnaire qui se di[sait] socialiste…il se tradui[sait] pour

Cuba par une transformation radicale, démocratique, et donc anticommuniste ». 3

Le parti communiste cubain n’a jamais apporté de soutien à la révolution cubaine et s’est

rallié au mouvement révolutionnaire quelques mois seulement avant l’inévitable défaite

de Batista. Pendant l’insurrection, il a tout fait pour saboter l’action révolutionnaire.

D’ailleurs, après l’attaque de la caserne Moncada, le parti communiste (Partido Socialista

Popular) publia une déclaration condamnant l’action : « Nous répudions les méthodes

putschistes caractéristiques des factions politiques bourgeoises, les actions de Santiago

de Cuba et de Bayamo, tentatives aventuristes de se saisir de deux installations

militaires ». 4 Dès le départ, l’action folle de Santiago de Cuba était motivée par des

principes patriotiques et indépendantistes et non pas marxistes.

Rappelons qu’avant de se situer dans le bloc communiste, « résultat des grossières

erreurs diplomatiques de Washington » 5 , Fidel Castro s’offusquait à chaque fois qu’il était

taxé de communiste. Il ne cessait de répéter qu’il n’était pas communiste. Le 17 avril

1959, au cours d’une conférence de presse à New York, Fidel Castro certifiait : « j’ai dit

d’une façon claire et définitive que nous ne sommes pas communistes… Les portes sont

ouvertes aux investissements privés, qui contribuent au développement de l’industrie à

Cuba… il est absolument impossible que nous fassions des progrès si nous ne nous

entendons pas avec les Etats-Unis ». 6 Khrouchtchev affirmait au président Kennedy que

« Fidel Castro [n’était] pas communiste mais que la politique américaine [était] en train

de le rendre tel ». 7

Une estimation officielle étasunienne non controversée attestait du non communisme de

Castro. Le général C. P. Cabell, directeur adjoint de la CIA, témoignant devant le souscomité

pour la sécurité intérieure du Sénat, en novembre 1959 remarquait :

Nous savons que les communistes considèrent Castro comme un représentant de la bourgeoisie et

furent incapables d’obtenir de lui une reconnaissance officielle ou des engagements pendant le cours

de la révolution… Nous croyons que Castro n’est pas membre du parti communiste et ne se considère

pas comme un communiste. 8

Seymour Martin Lipset et Aldo Solari, deux historiens étasuniens, parlent même « des

groupes castristes anticommunistes » 9 pour désigner les syndicats du Mouvement du 26

juillet opposant ainsi les révolutionnaires de la Sierra Maestra aux bureaucrates

calculateurs et corrompus du parti communiste qui avaient en partie collaboré avec la

tyrannie sanglante de Batista et qui ne l’avait abandonné seulement après avoir eu

l’assurance de son inéluctable déroute.

L’ambassadeur étasunien Daniel Braddock soutenait que le nouveau gouvernement

révolutionnaire devait « être considéré comme fondamentalement amical envers les

Etats-Unis et orienté contre le communisme ». 10 C’était un jugement raisonnable pour les

quelques mois qui suivirent la fin du régime de Batista. En 1961, le Senate Foreign

Relations Committee publiait un rapport déclarant qu’il ne « considère pas…Cuba comme

une menace à notre sécurité nationale ». Toute affirmation contraire est tellement

ridicule qu’elle ne mérite aucun commentaire. 11

Cela n’empêchera pas à la Cuban American National Foundation d’affirmer que Cuba ne

s’est pas tournée vers l’Union Soviétique Suite à l’hostilité de Washington mais

simplement parce que l’île avait besoin du bouclier de l’ennemi des Etats-Unis pour

poursuivre son agenda « anti-américain », ajoutant que le leader cubain a dicté par ses

objectifs et ses actions la politique de Washington envers La Havane. 12 Le New York

Times déclarera que « pas une opposition anticommuniste dans le monde a été plus

fervente et aussi bien financée que celle des exilés cubains vivant » aux Etats-Unis. 13

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Dans un rapport maintenant déclassé, Arthur Schlesinger avertissait le président

Kennedy que le vrai problème posé par Cuba était « la diffusion de l’idée de Castro de

prendre les choses en main » ajoutant que « la distribution de la terre et les autres

formes de richesses nationales favorisaient énormément les classes possédantes » et que

« les pauvres et les déshérités, encouragés par l’exemple de la révolution cubaine,

demandent maintenant des opportunités pour une vie décente ». 14 Et cela n’était pas du

communisme comme l’admettait explicitement Arthur Schlesinger. De même, un rapport

de la CIA de 1964 reprenait cet argument et avertissait que Cuba était « soigneusement

observée par les autres nations de l’hémisphère et toute apparence de réussite aura un

vaste impact sur la tendance statique partout dans la région. ». 15

La connexion soviétique était également mentionnée par la Mission sur l’Amérique latine

de John F. Kennedy (Latin American Mission), dans les documents top secret des années

soixante maintenant déclassés. L’URSS « tourne autour, brandissant des prêts pour un

développement important et se présente comme le modèle pour atteindre la

modernisation en une seule génération ». 16 Voilà le danger représenté par l’Union

Soviétique selon les archives déclassées. Le danger était que Cuba devienne un modèle

de développement pour les autres pays d’Amérique latine et du Tiers-Monde. La menace

était d’autant plus pesante que Cuba était un petit pays pauvre qui aurait pu créer un

dangereux exemple pour les autres pays tels que le Venezuela ou les autres pays andins.

C’est pour cette raison que les Etats-Unis ont tout fait pour que le gouvernement

révolutionnaire se tourne vers l’Union Soviétique. D’abord en refusant de vendre des

armes à Cuba – et en empêchant les autres nations de fournir à l’archipel caribéen le

matériel nécessaire à sa défense – alors que l’île était en proie à des attaques terroristes

quotidiennes menées par les exilés et la CIA, ensuite en supprimant les importations de

sucre et en installant un embargo commercial obligeant ainsi les Cubains à accepter la

main tendue par les Russes. Après, il fut facile de justifier les tentatives de renverser le

gouvernement cubain en invoquant la conspiration communiste qui essayait d’envahir

l’hémisphère. D’ailleurs, l’ambassadeur Philip W. Bonsal observera logiquement dans ses

mémoires que « l'URSS s'est portée au secours de Castro uniquement après que les

Etats-Unis eurent pris des mesures destinées à le renverser ». 17

La même chose était arrivée au Guatemala en 1954 quand le gouvernement

démocratiquement élu de Jacobo Arbenz a commencé à entreprendre des réformes

destinées à sortir son peuple de la misère. Le gouvernement étasunien a d’abord refusé

de vendre des armes au Guatemala et a ensuite instauré un embargo qui a conduit

Arbenz à demander de l’aide au bloc soviétique. La suite est connue de tous : la CIA

déclencha immédiatement des activités paramilitaires et Washington s’empressa de

condamner le communisme de Arbenz. L’embargo eut les effets escomptés : les

privations provoquèrent le mécontentement populaire qui entraîna à son tour la

répression gouvernementale. Ce fut ensuite un jeu d’enfant de d’accuser Arbenz de

dictateur communiste et de le renverser.

L’histoire des Etats-Unis en Amérique latine a consisté à détruire tous les mouvements

populaires qui menaçaient ses intérêts et la révolution cubaine n’est pas une exception.

Cette constante a touché la plupart des pays latino-américains : le Brésil de Joao Goulart,

la République Dominicaine de Juan Bosh (qui était anticommuniste), le Chili de Salvador

Allende, Le Nicaragua des Sandinistes…. Tous ces gouvernements entreprirent des

réformes destinées à améliorer le niveau de vie de leurs citoyens et ce faisant touchèrent

inévitablement les intérêts des multinationales étasuniennes. L’interventionnisme des

Etats-Unis n’est pas propre au XX e siècle. Il remonte au 18 ème siècle : un rapport

présenté devant une commission du Sénat en 1962 par le Secrétaire d’Etat Dean Rusk

signalait qu’entre 1798 et 1895 les Etats-Unis étaient intervenus 103 fois dans les

affaires internes de pays tiers. 18

Robert Merle observait que les pays d’Amérique latine :

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ne sont jamais libres de se gouverner eux-mêmes. Dans des Etats si étroitement dominés par

l’économie d’un puissant voisin, la démocratie n’est qu’une apparence et les élections libres sont

illusoires. Quand, par hasard, elles portent au pouvoir des hommes d’Etat courageux, à la moindre

tentative de réforme, à la moindre velléité d’indépendance, la puissance tutélaire suscite des complots

qui les renversent. Ces interventions répétées faussent gravement le jeu politique. Par la promotion

constante aux éléments les moins valables, elles portent le trouble, la désorganisation et la corruption

à la tête de l’Etat. 19

L'animosité étasunienne envers la révolution cubaine était moins du fait de la supposée

subversion communiste que de l’indépendance de Cuba. Evoquons d’abord la suggestion

du Vice-président Richard Nixon, après son entretien avec Fidel Castro le 15 avril 1959 –

un mois avant le début de la réforme agraire et donc les intérêts économiques étasuniens

n’avaient pas encore été touchés – qui avait conclu dans un mémorandum envoyé au

Département d’Etat, au pentagone et à la CIA que c’était un « homme à abattre ». 20

Rappelons aussi que dès la fin de l’année 1959, et donc avant le début des relations

cubano-soviétiques, des avions pilotés par des exilés basés en Floride bombardaient

régulièrement l’île détruisant des raffineries, brûlant les champs de canne à sucre,

s’attaquant même aux trains de passagers. Suite aux plaintes cubaines, Washington

déclarait ne pas avoir connaissance de tels faits. Peut-être mais difficile à croire étant

donné que, selon l’agent de la CIA Bradley E. Ayers, « le FBI et la CIA avaient pénétré de

manière efficace toutes les organisations d’exilés à tel point que chaque plan et le nom

de chaque personne impliquée étaient communiqués aux autorités ». 21 Les Etats-Unis, au

mieux toléraient les attaques et au pire les organisaient (les documents déclassés

montrent qu’ils les organisaient). De plus, lorsque Cuba essaya d’acheter des avions de

chasse à l’Angleterre, le 16 octobre 1959, pour protéger son espace aérien contre les

bombardements des exilés de Floride, les Etats-Unis s’opposèrent à la vente qui n’eut

finalement pas lieu obligeant ainsi Cuba à se tourner vers les Russes et ce fut ensuite un

jeu d’enfant de dépeindre Castro comme une menace pour la sécurité de l’hémisphère. 22

Et c’était là le but recherché selon les propres aveux de l’ambassadeur britannique qui

rapportait que Allen Dulles, alors directeur de la CIA « espérait que tout refus de notre

part de fournir des armes mènerait directement à une offre de la part du bloc soviétique.

Il [Dulles] serait alors en position de faire quelque chose ». 23

L’immédiate agressivité de Washington s’expliquait quelque peu par la déclaration de

l’ancien président de la Guyana, le docteur Jagan, qui fut renversé par la CIA en 1963 24 :

Les Etats-Unis, malgré le fait que certains de ses leaders affirment le contraire, ne sont pas prêts à

permettre à un gouvernement socialiste ou à un gouvernement engagé à des réformes drastiques et

basiques à exister dans cet hémisphère, même quand ce gouvernement a été élu démocratiquement…

Il est évident que les Etats-Unis ne supporteront un gouvernement démocratique seulement s’il

favorise un système classique d’entreprise privée. 25

C’est pour cette raison que l’administration étasunienne s’est empressée d’apporter de

l’aide aux exilés qui défendaient, en même temps que leurs intérêts, les intérêts des

Etats-Unis. En effet la révolution avait « profondément rompue une relation impérialiste

qui avait fleuri durant six décennies » 26 et avait porté un sacré coup aux possessions

étasuniennes lors des nationalisations. La remise en cause de l’ordre imposé par les

Etats-Unis à l’Amérique latine représentait un danger terrible qui devait être détruit à

tout prix.

Comme le soulignait Noam Chomsky, « quiconque refuse d’obéir aux souhaits et aux

ordres [des Etats-Unis] est par définition un ‘communiste’ et il est par conséquent

légitime de le détruire ». 27

Le directeur de Centre des Affaires Internationales de l’Université de Harvard, Samuel

Huntington, auteur du célèbre rapport en 1975 The Crisis of Democracy 28 , admettait qu’il

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était, selon lui, parfois nécessaire de tromper l’opinion publique et de faire croire que le

véritable ennemi était l’Union Soviétique pour justifier une intervention. Il ajouta même

que « c’é[tait] ce que les Etats-Unis [avaient] fait depuis la doctrine Truman ». 29 Et cela

est valable pour Cuba également étant donné qu’il fallait bien justifier l’immédiate

hostilité des Etats-Unis. Pour des raisons de relations publiques, il n’aurait pas été très

judicieux pour le Voisin du Nord d’expliquer son mécontentement envers La Havane à

cause de la perte de ses intérêts, même si cela était un secret de polichinelle, et ils

préférèrent évoquer la menace communiste. De la même manière, l’oligarchie se trouvait

dans l’impossibilité d’évoquer les vrais raisons de son courroux envers la révolution

castriste et jugea plus opportun de faire allusion au manque de démocratie et à la

répression – deux facteurs qu’elle se garda bien d’évoquer lors de la sanglante tyrannie

de Batista qui avait pris soin de préserver les intérêts des maîtres de Cuba.

L’objectif des Etats-Unis a clairement été exprimé par George Kennan en 1948

dans le document Policy Planning Study 23 :

Nous disposons de près de 50% de la richesse mondiale, mais seulement 6,3% de la population. Dans

une situation pareille, nous ne pouvons pas échapper à être l’objet d’envie et de ressentiment. Notre

véritable tache dans la période à venir est de concevoir un modèle de relations qui nous permettra de

maintenir cette position de disparité… Pour ce faire, nous devrons nous départir de toute sensiblerie et

rêves ; et notre attention devra partout se concentrer sur nos objectifs nationaux immédiats. Nous

devons cesser de parler d’objectifs vagues et irréels tels que les droits de l’homme, l’amélioration du

niveau de vie, et la démocratisation. Le jour où nous devrons raisonner en terme de concepts clairs de

pouvoirs n’est pas si loin. Moins nous serons entravés par des slogans idéalistes et mieux ce sera. 30

Le but des Etats-Unis dans le Tiers Monde est de protéger la structure des privilèges

économiques existants et, dans la mesure du possible, de les accroître. Les classes

dirigeantes des nations du Troisième Monde sont les garants de la continuité de ce

processus historique, en échange de quoi ils préservent leur position de domination de la

vie politique et économique. La révolution cubaine a mis fin à un système d’exploitation

sur lequel les classes privilégiées avaient assis leur influence. L’ire de ces dernières est

parfaitement compréhensible car la nouvelle structure établie ne leur permettait pas de

maintenir cette position de premier ordre et par conséquent s’exilèrent. Depuis 1959, la

férocité de la haine envers l’élément qui a rompu cette relation maître/chien de garde

(intérêts étasuniens/oligarchie bienveillante) datant d’au moins depuis 1898, se définit

comme l’anticastrisme.

Historiquement, les Etats-Unis ont rejeté toute forme de système économique différent

du capitalisme d’entreprise privé. Tous les pays qui ont tenté de suivre un chemin

indépendant avec comme premier objectif l’amélioration du niveau de vie de leur

population ont eu à subir la colère étasunienne qui est allée de la subversion clandestine

à l’intervention militaire directe. Aucune nation ayant promue une expérience nationaliste

et indépendantiste n’a pu échapper aux tourmentes lancées par les Etats-Unis pour

renverser, diffamer, corrompre, ou détruire les éléments déviants, de la Révolution

léniniste jusqu'au modestes réformes entreprises par Hugo Chavez, le président du

Venezuela, renversé par un coup d’Etat fasciste en avril 2002 et sauvé par le peuple.

Rappelons que les Etats-Unis furent le seul pays du continent américain à reconnaître la

junte putchiste. 31

La révolution castriste a mis un terme au contrôle exercé par les Etats-Unis sur Cuba et

c’est la principale raison de l’animosité étasunienne envers l’actuel gouvernement de La

Havane. Le régime autoritaire de l’île n’est pas la cause des tensions entre les deux pays

sinon comment expliquer les excellentes relations entretenues par Washington avec les

pires dictatures de l’hémisphère et du monde ? Peut-on dire que Cuba viole les droits de

l’homme plus que la Colombie, le Mexique ou l’Argentine qui sont considérés

démocratiques malgré les rapports accablants de Human Rights Watch et Amnesty

International ? Rappelons que parmi les quatre pays, Cuba est le seul où aucun

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assassinat politique n’a été commis. 32 Et que dire de plusieurs pays tels que l’Egypte,

Israël, la Turquie, le Pakistan ou l’Arabie Saoudite tous alliés des Etats-Unis ?

Wayne Smith était le chef de la section des intérêts américains à La Havane sous le

gouvernement Reagan et qui démissionnera en 1982, en protestation à la politique

étrangère de Reagan, après avoir passé 24 années dans le Ministère des Affaires

Etrangères. C’est sans doute le meilleur expert étasunien en ce qui concerne Cuba. Il

déclarait la chose suivante :

La démocratie et les droits de l’homme ne nous intéressent que très peu. Nous utilisons simplement

ces mots pour cacher nos véritables motifs. Si la démocratie et les droits de l’homme nous importaient,

nos ennemis seraient l’Indonésie, la Turquie, le Pérou ou la Colombie, par exemple. Parce que la

situation à Cuba, comparée à celle de ces pays et de la plupart des pays du monde, est paradisiaque. 33

L’anticommunisme est une notion très ambiguë qui regroupe souvent sous sa coupe une

farouche hostilité envers tout mouvement d’indépendance, de souveraineté et

d’alternative politique. Il en est de même pour l’anticastrisme qui rejoint également une

antipathie féroce envers toute idée de justice sociale et de solidarité humaine.

En 1992, Ricardo Alarcon alors Ministre des Affaires Etrangères de Cuba déclarait :

A un moment, c’était l’Angola. A un autre moment, c’était l’Amérique centrale…mais ce n’était en

réalité que rhétorique. En fait, la seule condition préalable qu’ils [les Etats-Unis] ont jamais posé reste

la même depuis le tout début : ils n’aiment pas la Révolution Cubaine, point. Ils ne l’ont jamais aimé et

ont passé plus de 30 ans à essayer de nous reconquérir. La rhétorique diplomatique change selon les

époques mais fondamentalement Washington poursuit toujours exactement le même objectif :

l’élimination de la Révolution Cubaine… Mais il faut se souvenir que tout a commencé en Mai 1959

quand nous avons voté la Loi sur la Réforme Agraire. Washington ne s’est jamais fait à cette idée… Le

conflit USA-Cuba doit être vu plus à la lumière de nos relations bilatérales que dans un contexte de

confrontation Est-Ouest. C’est pour cela que le conflit demeure, bien que la Guerre Froide ait cessé et

que l’Union Soviétique n’existe plus. 34

Le contexte de la guerre froide invoqué pour justifier l’agressivité étasunienne à

l’encontre de Cuba n’était en réalité qu’une supercherie. S’il existait un quelconque

fondement à cet argument, les Etats-Unis auraient normalisé les relations avec Cuba

après la destruction du bloc soviétique. Au lieu de cela, Washington lança une

recrudescence des sanctions économiques avec la loi Torricelli en 1992 et la loi Helms-

Burton en 1996. L’ancien paradigme étant mort en 1991, un nouveau a été crée.

Maintenant il ne s’agit plus d’endiguer le communisme mais de rétablir la démocratie à

Cuba. Mais comme le soulignait justement Frédéric F. Clairmont, « la démocratie, les

droits de l'homme, et aujourd'hui le recours à la "communauté internationale", ne sont

trop souvent que des rideaux de fumée derrière lesquels le capital circule et agit ». 35

Notes

1 Noam Chomsky, On Power and Ideology (Boston : South End Press, 1987), p. 16.

2 Edward S. Herman, The Real Terror Network : Terrorism in Fact and Propaganda

(Boston : South End Press, 1982), p. 33.

3 Herbert L. Matthews, Fidel Castro (Paris : Seuil, 1970), pp. 63, 108.

4 Théodore Draper, Castroism, Theory and Practice (New York : Praeger, 1965), p. 26.

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5 Ignacio Ramonet, « Castro, 30 ans de pouvoir absolu ». Le Monde Diplomatique,

novembre 1987 : 34.

6 René Dumont, Cuba est-il socialiste ? (Paris : Seuil, 1970), p. 19.

7 Arthur M. Schlesinger, A Thousand Days : John F. Kennedy in the White House (New

York : Fawcett World Library, 1967), p. 338.

8 Herbert L. Matthews, op. cit., p. 173.

9 Seymour Martin Lipset & Aldo Solari, Elites in Latin America (New York : Oxford

University Press, 1967), p. 271.

10 Jules R. Benjamin, The United States and the Origins of the Cuban Revolution : an

Empire of Liberty in an Age of National Liberation (Princetown : Princetown University

Press, 1990), p. 169.

11 Arthur M. Schlesinger, op.cit.,p. 238.

12 Cuban American National Foundation, Toward a New U.S.-Cuba Policy (Washington :

The Cuban American National Foundation, 1988), pp. 3, 8.

13 Ann Louise Bardach & Larry Rohter, « Life in the Shadows, Tring to Bring Down

Castro », New York Times, 12 juillet 1998, 1.

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3 février 2003).

14 Arthur Schlesinger, « American Republics », vol. XII de Foreign Relations of the United

States, (United States Department of State, 1961-63), 13 f., 33.

15 Chomsky, op. cit., p. 36.

16 Courrier personnel de Noam Chomsky du 30 janvier 2003.

17 Julien Claude. « Les mécomptes de Washington à Cuba ». Le Monde Diplomatique,

novembre 1994 : 29 ; Thomas G. Paterson, Contesting Castro. The United States and the

Triumph of the Cuban Revolution (New York : Oxford University Press, 1994), p. 258 ;

William R. Keylor, A World of nations : The International Order Since 1945 (New York :

Oxford University Press, 2003), pp. 105-06.

18 Howard Zinn, A People’s History of the United States (1980. New York : Harper Collins,

1995), p. 290.

19 Robert Merle, Moncada : premier combat de Fidel Castro (Paris : Robert Laffon, 1965),

pp. 7-8.

20 Richard Nixon, Six Crises (New York: Doubleday, 1962) pp. 351-57.

21 Bradley E Ayers, The War That Never Was : An Insider’s Account of CIA Covert

Operations Against Cuba (Indianapolis, New York : The Bobbs-Merrill Co., 1976), p. 231.

22 Jane Franklin, Cuba and the United States. A Chronological History (Melbourne, New

York : Ocean Press, 1997), p. 23 ; Noam Chomsky, World Orders, Old and New

(Londres : Pluto Press, 1994), p. 67.

23 Jane Franklin, « From Neocolony to State of Siege. The History of US Policy Toward

Cuba », Resist newsletter, juillet/août 2001, 3.

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octobre 2002).

24 William Blum, Killing Hope : U.S. Military and CIA Interventions Since World War II

(Monroe, Maine : Common Courage Press, 1995), pp. 108-114.

25 New York Times, 11 août 1963 : 28.

26 Morris H. Morley. Imperial State and Revolution : the United States and Cuba, 1952-

1986 (Cambridge : Cambridge University Press, 1987), p. 39.

27 Noam Chomsky, Latin America : From Colonization to Globalization (Melbourne, New

York : Ocean Press, 1999), p. 21.

28 Ce premier rapport de la Commission Trilatérale de 1975 est une lecture indispensable.

Ecrit par M. J. Crozier, S. P. Huntington et J. Watanuki, il aborde une étrange conception

de la démocratie où la participation active de la population dans les années soixante, au

lieu d’être considérée comme un pas vers une plus grande prise de conscience

démocratique, est qualifié comme étant une régression à cause du danger que le

mouvement représentait pour l’ordre établi. « La crise de la démocratie » a lieu, selon les

têtes pensantes de Harvard comme Huntington, quand des groupes de personnes

amorphes et soumises qui d’habitude sont laissées pour compte et marginalisées,

investissent la vie publique pour faire entendre leurs revendications et prendre par à la

politique nationale. Le mouvement civique étasunien pour le droit des minorités et contre

la guerre du Vietnam, loin d’être considéré comme l’un des plus grand mouvement en

faveur de la démocratie, est perçu comme étant un danger pour la démocratie. Le but de

la démocratie étant dans ce cas la protection du statut quo. Voir M. J. Crozier, S. P.

Huntington et J. Watanuki, The Crisis of Democracy : Report on the Governability of

Democracies to the Trilateral Commission (New York : New York University Press, 1975).

29 Samuel Huntington, American Politics : The Promise of Disharmony (Cambridge :

Harvard University Press, 1981) cité par Sidney Plotkin & William Scheurmann, Private

Interests, Public Spending (Boston : South End Press, 1994), p. 223 et Noam Chomsky,

The Culture of Terrorism (Londres: Pluto Press, 1988), p. 2.

30 Noam Chomsky, What Uncle Sam Really Wants (1986. Tucson, Arizona: Odonian

Press, 2000), pp. 9-10.

31 Maurice Lemoine, « Hugo Chavez sauvé par le peuple » Le Monde Diplomatique, mai

2002, 1 ; Ignacio Ramonet, « Un crime parfait », Le Monde Diplomatique, juin 2002, 1 ;

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33 Hernando Calvo Ospina & Katlijn Declercq. Dissidents ou Mercenaires (Bruxelles : EPO,

1998), p. 186.

34 Cuba Solidarity Project, « Je Pense Donc je Cite », pas de date.

http://perso.club-internet.fr/vdedaj/cuba/citations.html (site consulté le 3 février 2003).

35 Frédéric F. Clairmont, « Les Américains arrivent ! » Le Monde Diplomatique, novembre

1995 : 26.

II. PENSEE UNIQUE EN FLORIDE

1. Liberté d’expression inexistante et répression de tout point de vue

divergeant de la ligne anti-castriste

L’avocat étasunien Leonard Weinglass, dans un discours au National Lawyers Guild,

déclarait que « Miami est presque une entité indépendante des Etats-Unis, où tout se

déroule autour d’un seul concept politique : Celui d’une hostilité enracinée envers toute

chose concernant Cuba ou son gouvernement ». 1 La haine anti-castriste de la droite

radicale de Miami n’a d’égale que son aveuglement dû à la passion politique et toute

opinion déviant du discours dominant peut entraîner de graves conséquences allant

jusqu’à la mort. Le groupe anti-castriste, Omega 7, a revendiqué être responsable de 26

attentats à Miami entre 1975 et 1980 sans jamais être inquiété par la justice. 2 De 1986 à

1990, selon le FBI, Miami arrive en tête des villes étasuniennes pour le nombre

d’attentats anonymes. 3

Les premières cibles de l’extrême droite anti-castriste sont les dialogueros, c’est à dire

ceux qui sont en faveur d’un rapprochement avec le gouvernement de La Havane. En

effet, dès le début des années 80, les autorités cubaines avaient lancé des invitations aux

représentations dissidentes de l’extérieur. Lors d’une réunion de La Havane, Roberto

Robaina, représentant le gouvernement cubain avait déclaré aux exilés : « Nous n’avons

demandé à personne ni repentances ni rectifications…nous devons aujourd’hui orienter

nos efforts vers le renforcement de ce qui nous unit…et ce qui sera toujours plus

[important] que ce qui nous divise ». 4 A leur retour en Floride, les exilés subirent un

lynchage médiatique et nombreux sont ceux qui reçurent des menaces de mort.

Gustavo Arcos, secrétaire général du comité cubain pour les droits de l’homme avait en

juin 90 « une rencontre rationnelle et inconditionnelle de toutes les parties de l’éventail

cubain ». Tony Varona, ancien ministre cubain sous Batista proposera d’attribuer à ce

dissident en faveur d’un dialogue avec Cuba , « le prix Nobel de l’infamie » pour ce

« crime équivalant à reconnaître l'existence de la révolution castriste et à penser que ses

réalisations peuvent mériter un meilleur destin que les poubelles de l'histoire ». 5 La

CANF, obstinée dans son intransigeance, et décidée à tout pour arriver à ses fins, a

acquis sous le leadership de Jorge Mas Canosa « la réputation de commettre d’importants

actes de terrorisme de communauté, incluant l’agression physique de beaucoup

d ‘individus ». 6

En Floride, la définition de la liberté d’expression est la même que celle donnée par

Goebbels et Staline : elle n’est valable qu’à partir du moment où les propos avancés sont

conformes à la ligne du parti. Celle ci prône un farouche anti-castrisme et toute

dissidence est passible des sanctions les plus sévères que des organisations comme

Alpha 66 ou Omega 7 se chargeront d’appliquer. 7 Un exemple : en janvier 1983, 2

entreprises ont souffert d’un attentat à la bombe par des membres du groupuscule

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terroriste anti-castriste Omega 7. La première était une agence de voyage qui

promouvait des excursions touristiques à Cuba et la seconde, le journal Replica qui

appelait à une rationalisation des relations cubano-étasuniennes. 8

Alpha 66, groupuscule paramilitaire lié à la CANF dont l’objectif est de rétablir à Cuba un

système batististe, évoquait dans un article de février 2002 la douce époque de la

tyrannie de Batista: « Jusqu’à décembre 1958 [un mois avant le triomphe de la

révolution], le mois de février avait une signification spéciale pour tous les Cubains. Pour

les romantiques, c’était le mois des amoureux, pour d’autres le mois de l’amitié et du

carnaval, et pour les patriotes, c’était le mois où l’on se rappelait les héros…de la guerre

d’indépendance de 1895 ». Sous Batista, la vie était belle et rose par contre « à partir de

1959, février devint un mois de sang et de deuil ». 9

En 1994, une étude de America Watch portant sur la ville de Miami rapportait que

l’atmosphère anti-cubaine qui régnait était à obstacle à toute liberté d’expression,

soulignant que les modérés n’osaient pas exprimer leurs opinions en public par peur de

représailles. La journaliste Molly Ivins tenait les propos sarcastiques suivants envers les

dirigeants de la CANF : « Ce sont de splendides partisans de la démocratie qui menacent

de tuer ceux qui sont en désaccord avec eux ». 10

La cérémonie Grammy Latino fut transférée par deux fois de Miami à Los Angeles à cause

de manque de sécurité accordée aux artistes cubains qui y participaient. En 1999, un

concert du groupe cubain Los Van Van était organisé à Miami et les spectateurs ont dû

être escortés par la police anti-émeute. A la sortie du concert, de nombreuses personnes

furent blessées par des groupuscules anti-castristes, ivres de colère suite à l’autorisation

de performer accordée aux artistes cubains. Une telle haine irrationnelle s’explique par

l’irascible hostilité envers la révolution castriste et la désinformation régnante à Miami.

Cela amènera l’exilé Augustin Tamargo à faire la confidence suivante : « Ecoutez,

j’abhorre les communistes, mais je déteste certains de ces exilés encore plus ». 11 Le

sociologue cubain-américain de l’Université de Floride, Max Castro regrettait que « les

exilés finissent souvent par paraître plus autoritaires que le régime cubain ». 12

De nombreux Cubains se plaignent d’avoir quitté Cuba pour jouir de leur droit à la liberté

d’expression est d’avoir trouvé une situation encore plus désastreuse à Miami. Si à Cuba

la dissidence pouvait être passible de la prison ; à Miami elle est passible de la peine de

mort ce qui explique pourquoi la plupart des Cubains vivant à Miami craignent de se

prononcer en public en faveur d’une rationalisation des relations entre Cuba et les Etats-

Unis. Alfredo Duran, ancien président de l’association des Vétérans de la Baie des

Cochons, qui prône un dialogue avec le gouvernement de La Havane et qui a condamné

l’irrationnelle politique cubaine des Etats-Unis a été victime de sérieuses menaces de la

part de la droite extrémiste de Floride déclarait que « n’importe qui dans le monde

penserait qu’un dialoguero est une personne très intelligente et très sensible. Mais non,

pour le segment d’extrême droite de cette communauté, vouloir un dialogue avec le

gouvernement cubain et vouloir voir les choses changer de manière pacifique, cela fait de

vous un traître ». 13

Elena Freyre, présidente de l’association Cuban Committee for Democracy, crée en 1993,

pour faciliter une transition démocratique et pacifique à Cuba souffrit de nombreux

problèmes après avoir milité en faveur du retour du petit Elián à son père. Elle reçut

maintes menaces de mort et dut se payer les services d’un avocat à cause de l’incessante

pression dont elle était victime. Elle dénonça avec véhémence la dictature exercée par un

groupuscule très puissant de Cubains-Américains qui appliquait un monopole de la

pensée qui avait rendu l’atmosphère de Miami étouffante de haine anti-castriste. Elle

attestait que le but recherché par la CANF était « l’envoi de marines à Cuba, pour qu’ils

la nettoient et la leur donne ». Elle ajoutait que les maîtres de Miami « se moquent

totalement du sort du peuple cubain…Ils n’ont aucune connaissance de la réalité

cubaine…Ils veulent simplement reprendre le pouvoir à Cuba…l’affaire Elián a montré au

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monde combien ces personnes là sont incroyablement haineuses. Leur haine envers un

homme les consomme à tel point qu’elle colorie tout ce qu’elles font…Certaines

personnes qui rendent visitent à leurs familles ont même peur de dire que la situation

économique s’améliore à Cuba » de peur d’être accusé de faire de la propagande

castriste même si les rapports des Nations Unies l’attestent. 14

Le conflit à l’encontre de Cuba est très personnifié par l’extrême droite de Floride ou tout

se rapporte à un seul élément : Fidel Castro. L’obsession envers le leader cubain est telle

qu’elle empêche tout raisonnement censé d’émerger de la vague de propos chargés

d’animosité qui hantent les rues de Miami et qui annihile toute volonté d’enterrer les

vieilles querelles et d’avancer ensemble sur le chemin de la paix et de la réconciliation.

Lisandro Perez, professeur à l’Université internationale de Floride et spécialiste de la

communauté cubaine de Miami témoignait que l’élite cubaine revendique sa fidélité aux

principes démocratiques « mais elle agit ici aux Etats-Unis de différentes façons qui sont

très antidémocratiques ». 15

Francisco Aruca est très représentatif de l’ensemble des Cubains de Floride qui, mis à

part les irascibles anticommunistes, sont en faveur d’une entente avec La Havane.

Malheureusement, la vieille avant-garde anticastriste possède d’un tel pouvoir que son

discours domine l’ensemble de l’opinion publique. Aruca, qui s’est opposé très tôt à la

révolution cubaine fut emprisonné pendant longtemps. Après son évasion, il se rendit aux

Etats-Unis ou il créa une agence de voyage faisant la promotion de séjours touristiques à

Cuba. La réponse des groupuscules terroristes de Miami ne s’est pas faite attendre : son

agence a fait l’objet de plusieurs attentats à la bombe et il échappa à de nombreuses

tentatives d’assassinat. Il expliquait que cela était le pain quotidien de la Miami cubaine :

« quiconque veut faire quelque chose de normal avec Cuba à Miami, même si c’est légal,

même si c’est moral, devra être prêt à en payer le prix malheureusement ». Il

remarquait tristement la chose suivante :

Je dois avouer que je ne crois pas vraiment ces exilés cubains quand ils parlent de liberté à Cuba ou

ailleurs, parce qu’ils ont utilisé leur pouvoir à Miami pour tout accomplir sauf la liberté pour tout le

monde à Miami. Il n’y a pas de liberté d’expression à l’intérieur de la communauté cubaine. Les

quelques opinions libres exprimées librement ici à travers les médias sont intervenues au prix d’un

risque très élevé et généralement par le biais d’efforts spéciaux pour obtenir de la publicité à leur

encontre. A chaque fois qu’ils parlent de diversité d’opinion, démocratie ou liberté, ils n’en pensent pas

un mot. En fait, ce qu’ils ont fait à été de supprimer [les droits de] la Constitution Américaine de

Miami. Ils ont violé les plus importants principes garantis par la Constitution, qui est la liberté

d’expression. Même aujourd’hui, si vous analysez le Nuevo Herald, qui est le quotidien espagnol de la

ville, vous trouverez que les éditoriaux ne comportent pas un seul éditorialiste qui écrive une opinion

différente de la position traditionnelle de l’exil. Et quand vous parlez d’un journal aux Etats-Unis, si

vous pouvez être aussi catégorique que moi, cela veut dire qu’ils ont réussi à briser l’opinion

publique. 16

L’ancien préfet de police de Miami, Joe Carollo qui s’est opposé à Jorge Mas

Canosa déclarait que la CANF était « une petite clique de millionnaires qui ont fait un

commerce très profitable du combat contre le communisme mais qui en réalité veulent

prendre le contrôle de la ville de Miami ». 17

Le but recherché par la droite radicale représentée par la CANF est de détruire toutes les

velléités de rapprochement entre la communauté cubaine de Floride, le gouvernement

étasunien et le gouvernement cubain. Leur position traditionnelle qui est toujours en

vigueur est l’isolement complet de Cuba. Même la musique cubaine produite par des

artistes de l’île est censurée et les radios de Miami ressassent sans cesse la saveur

musicale nostalgique des années cinquante et de la période prérévolutionnaire. Francisco

Aruca ajoutait à propos des dirigeants de la CANF : « Ils sont irrespectueux de toute

personnalité, quelle qu’elle soit, qui est en désaccord avec leur thèse. A partir du

moment où vous vous éloignez de leur thèse, vous êtes considéré comme un ennemi et

ils deviennent des rouleaux compresseurs…A chaque fois qu’ils utilisent la liberté pour

justifier une action, je m’esclaffe…vous avez affaire à un tas de fanatiques » qui « n’ont

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jamais exercé la liberté aux Etats-Unis. Pourquoi devrait-on s’attendre à ce qu’ils

l’exercent ailleurs ou à Cuba ? ». 18

2. Cas des cinq prisonniers cubains

Autant les « militants des droits de l’homme », comme ils sont communément appelés

par la presse internationale, en désaccord avec le gouvernement, sont très médiatisés

comme la récente visite d’Oswaldo Paya du Movimiento Cristiano à Strasbourg qui a

obtenu le prix Sakharov. 19 Autant le cas scandaleux des cinq prisonniers politiques

cubains qui croupissent dans les prisons nord-américaines depuis 1999, pour avoir infiltré

les groupuscules terroristes cubains-américains d’extrême droite, a été censuré par les

médias internationaux aussi bien étasuniens qu’européens. Selon la Société

Interaméricaine de Presse (SIP), 179 journalistes ont été assassinés sur le continent

américain « dans l’impunité totale » au cours de la dernière décennie. Aucun n’est cubain

mais étrangement, Robert Ménard, secrétaire général de Reporters sans Frontière,

déclarait : « Pour Reporters sans Frontières, la priorité en Amérique latine c’est

Cuba ! ». 20 Défense objective du journalisme et de la liberté d’expression, ou pernicieuse

obsession à l’égard de Cuba ?

Tout a débuté le 12 septembre 1998 quand le FBI arrêta cinq personnes d’origine

cubaine dont deux disposaient de la nationalité étasunienne pour une affaire de sécurité

nationale. Le jour même, le FBI s’empressa d’alerter deux représentants de Floride,

Ileana Ros-Lehtinen et Lincoln Díaz Balart, tous deux d’origine cubaine et étroitement liés

à la CANF. Bien que n’ayant aucun rapport avec les affaires de sécurité nationale et

d’espionnage, ces deux membres du Congrès furent avertis. La CANF ne perdit pas de

temps pour déclencher une immense campagne contre les accusés avant même qu’ils ne

soient formellement inculpés d’espionnage. 21 Dans les mois qui suivirent, plus de 150

articles accusant les détenus d’espions ont été publiés en Floride. 22

Gerardo Hernández Nordelo 23 , Ramón Labañino Salazar 24 , Antonio Guerrero Rodríguez 25 ,

Fernando González Llort 26 et René González Sehweret 27 avaient pénétré les éléments

terroristes de Floride qui sont responsables de nombreuses attaques contre Cuba, dans le

but de prévenir les futures actions criminelles. Ces cinq Cubains réussirent à déjouer 170

actes terroristes contre Cuba en informant à temps le gouvernement de La Havane et ont

remis dix-sept rapports sur les activités terroristes de l’exil cubain au FBI. 28 Les autorités

cubaines informèrent également Washington des agissements illégaux qui se tramaient à

Miami. En juin 1998, une délégation étasunienne incluant deux agents du FBI fut

envoyée à Cuba ou elle reçut quatre volumineux dossiers, deux heures quarante cinq

minutes de matériel vidéo et huit cassettes audio regroupant des renseignements sur les

agissements terroristes des groupes d’extrême droite de Floride. En réponse, les cinq

cubains furent arrêtés pour espionnage. 29

Le traitement qui leur a été réservé a été exemplaire : ils furent isolés au « mitard »

pendant 17 mois jusqu’au 3 février 2000 alors que la législation pénitentiaire étasunienne

prévoit un isolement maximum de 60 jours qui est seulement réservé aux assassins et

aux prisonniers difficiles. Tout cela avant le procès. 30

Le procès politique eut lieu dans l’atmosphère profondément anti-castriste de Miami ou

l’influence de la droite radicale sur les magistrats est importante et où la passion

politique rend impossible tout jugement impartial. Lors des délibérations, les jurés dont

la plupart étaient profondément contre-révolutionnaires, furent quand même harcelés par

les journalistes des télévisions locales anti-castristes telles que TV Martí diffusaient à

l’antenne les numéros des plaques d’immatriculation de leur voitures dans un but évident

d’intimidation. Tout cela étant destiné à orienter une décision qui ne faisait de secret

pour personne.

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31 En effet le président du juré n’a même pas essayé de dissimuler sa

partialité en déclarant : « Je crois que Fidel Castro est un dictateur communiste et je me

sentirai heureux le jour où il sera remplacé ». 32 Le journal conservateur de Miami, El


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Nuevo Herald, publia un article avec le titre suivant « Peur d’être membre du juré dans le

procès des espions » et continuait ainsi : « la peur d’une réaction violente de la part de

l’exil cubain si un juré décide d’acquitter les cinq hommes accusés d’espionnage pour le

régime de l’île, a conduit de nombreux candidats potentiels à demander à la juger d’être

excusé du devoir civique ». 33

Le procès était tellement entaché d’irrégularités que la International Association of

Democratic Lawyers, le National Jury Project et le National Lawyers Guild ont demandé la

révision de l’affaire en vain. Trente et un membres du Parlement britannique ont

également condamné le procès. 34 Quelques exemples : les avocats de la défense n’eurent

pas accès aux preuves démontrant la supposée culpabilité des accusés qui furent

classées secrètes. Par contre la presse de la CANF disposait de nombreux documents et

s’empressait de faire le procès et de rendre le verdict à sa manière. 35

Entre autres, l’Amendement VI de la Constitution des Etats-Unis qui établit le droit des

accusés à un procès régulier et à un juré impartial – deux conditions inexistantes à Miami

en ce qui concerne ce cas précis – n’a pas été respecté. 36 Malgré l’intervention du

professeur de droit de l’Université Internationale de Floride, Gary Moran, qui a démontré

par une enquête l’attitude hostile de la communauté envers les accusés, le procès n’a pas

été transféré à un autre endroit plus adéquat. 37

La juge Joan Leonard chargée de l’affaire et le procureur général Guy Lewis, dont la

connivence avec le lobby cubain de Floride et les éléments terroristes de l’extrême droite

était à peine dissimulée, furent incapables de mener l’affaire de manière objective. A une

question de la revue New Times, de savoir si les attentats contre les structures

touristiques de La Havane en 1997 étaient des actes terroristes, ces derniers refusèrent

de répondre. 38 L’Association Internationale des Avocats Démocratiques (IADL), dont les

membres se répartissent dans plus de 90 pays, a dénoncé la partialité du jugement

rendu. 39

Les témoignages du général Whilhem, ex-comandant en chef des services d’intelligence ;

l’amiral Eugene Carroll, ex-chef adjoint des opérations navales et le colonel George

Bucker, membre de commandement de la défense aérienne des Etats-Unis, attestèrent

de la légitimité des activités des cinq accusés soulignant le danger des activités des

terroristes anti-castristes. Le général James Clapper, ex directeur de la DIA (Defense

Intelligence Agency) – les services secrets du Pentagone – qui comparut en temps

qu’expert devant la cour, a affirmé que les accusés n’avaient pas mené d’activités

relevant de l’espionnage. 40

Malgré ces témoignages, le verdict, rendu en décembre 2001, a été cinglant : tous furent

reconnus coupables des vingt-six chefs d’accusation (parmi lesquels l’espionnage et

l’assassinat) démontrant ainsi qu’il s’agissait d’une affaire politique et non pas

d’espionnage. Gerardo Hernández Nordelo a été condamné deux fois à la prison à vie

plus 15 ans de réclusion (parmi les chefs d’accusation : l’homicide volontaire. Il fut

reconnu responsable de la mort des pilotes des avions abattus par la force aérienne

cubaine le 24 février 1996 !). Ramón Labañino Salazar a été condamné à la prison à

perpétuité plus 18 ans de privation de liberté. Antonio Guerrero Rodríguez a été

condamné à la prison à vie plus 10 ans. Fernando González Llort reçut la sentence de 19

années de prison et René González Sehweret fut condamné à 15 années de prison. 41

Les conditions de détention sont plus que précaires et les cinq prisonniers ont été placés

dans des pénitenciers différents distants d’au moins 1 700 kilomètres les uns des autres

pour entraver les visites consulaires. 42 Ils sont respectivement détenus en Californie, au

Texas, au Colorado, en Caroline du Sud, et au Wisconsin. Ils ont été maintenus isolés des

autres détenus depuis le début de leur emprisonnement et se trouvent de nouveau

cellule d’isolement depuis le 29 février 2003. De plus, plusieurs d’entre eux ne peuvent

pas recevoir de visite de leurs familles en raison des visas qui leur sont refusés. 43

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Selon Rafael Anglada López, avocat de Porto Rico, la condamnation de ces cinq

personnes est « la réaction du gouvernement des Etats-Unis à la lumière de deux faits :

le procès qu’il doit entreprendre à l’encontre des terroristes qui ont attenté à la vie de

Fidel Castro dans l’île Marguerite et la réaction à la remise des preuves au FBI par Cuba

des actions du terroriste contre-révolutionnaire cubain à Miami » qualifiant le procès de

« kafkaïen ». 44

Voilà un exemple « d’espionnage » réalisé par un des prisonniers et transmis à Cuba :

Le 16 mars, Andrés Alvariño qui travaille dans les prisons et qui est membre de la Garde Nationale à

Miami, m’a fait part d’un projet qu’il avait avec la CANF pour créer un groupe d’une quarantaine

d’hommes avec de l’expérience militaire, des personnes en activité dans les différentes branches

militaires ou de l’ancien personnel militaire, dans le but de mener des missions paramilitaires contre

Cuba. Ce serait une force de mercenaires sans liens avec les autres groupes contre-révolutionnaires de

Cubains, qu’ils considèrent comme ayant été pénétré. Ils recevraient des commissions et disposeraient

de police d’assurance de vie de 100 000 dollars pour leurs familles. Roberto Martín Pérez serait en

charge du projet pour la CANF. Un des promoteurs financiers serait Enrique Casas, un Cubain

millionnaire et ancien membre de l’armée étasunienne, qui a une entreprise de bateaux et des dépôts

d’armes au Honduras et qui fut membre des Contras au Nicaragua. 45

Les accusations d’espionnage se fondaient en fait sur de simples rapports récapitulant les

projets terroristes des groupuscules de la droite radicale cubaine organisés par la

puissante CANF. Et ce ne sont pas les potentiels terroristes qui furent mis en examens et

écroués mais bien les personnes qui, au risque de leur vie, ont infiltré ces éléments

violents dans le but de sauver des vies cubaines.

Ramsey Clark, ancien ministre de la justice sous Johnson, a également condamné

l’injuste procès déclarant que les accusés « cherchaient simplement de l’information

publique » démontant ainsi les accusations d’espionnage et qualifiant les charges

retenues comme étant « dénuées de fondement ». 46

Voilà l’incroyable histoire – et sans doute unique – d’un procès politique où cinq

personnes sont condamnées à de très lourdes peines de prison pour avoir infiltré des

organisations terroristes dans le but de les mettre hors d’état de nuire. Rappelons

qu’aucune violence n’a été utilisée. Ces Cubains se bornaient à informer le gouvernement

de La Havane des futures actions terroristes menées par l’extrême droite de Floride. Voilà

comment cinq patriotes sont condamnés pour avoir défendu la Constitution des…Etats-

Unis qui interdit de projeter des actions de terreur à partir du sol étasunien. Alors qu’ils

devraient être considérés comme des héros à l’heure de la lutte globale contre le

terrorisme, ils sont envoyés dans les cachots des pénitenciers du pays qui mène la

« guerre contre le terrorisme ». Cette affaire est aussi un magnifique exemple

d’autocensure de la part des médias internationaux qui négligent une affaire aussi

ahurissante alors que presque une centaine de comités de solidarité se sont crées dans

plus de 60 pays dont quinze aux Etats-Unis. 47 Mais il est vrai que quand il s’agit de Cuba

les actes de terreur revêtent une importance beaucoup plus nuancée dans la presse

étasunienne et internationale. La lutte contre le terrorisme, apanage actuel, concerne

tous les pays du monde qui sont en droit de prendre les mesures nécessaires pour

assurer leur défense, sauf Cuba qui est l’exception à la règle et qui continue à souffrir de

la même vague terroriste vieille de quarante-quatre ans.

Notes

1 Leonard Weinglass, « Un jucio justo no puede llevarse a cabo en Miami-Dade, afirma

Weinglass », Rebelión, (17 novembre 2002), 2.

www.rebelion.org/ddhh/winglass171102.htm (site consulté le 3 février 2003).

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4 Giulio Girardi, Cuba dopo il Crollo del Comunismo (Roma : Edizioni Borla, 1996), p. 99.

5 Jean-François Fogel & Bertrand Rosenthal. Fin de Siècle à La Havane. Les Secrets du

pouvoir cubain. (Paris : Seuil, 1993), p. 11 ; Jean Solbès. Le Défi cubain (Paris :

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La transition confisquée (Paris : Stock, 2000), p. 248 ; François Pisani, « Révolution dans

la contre-Révolution ? Les Cubains de Miami pour le dialogue avec La Havane », Le

Monde Diplomatique, mai 1991 : 24, 25.

6 Tony Smith, Foreign Attachments : The Power of Ethnic Groups in the Making of

American Foreign Policy (Cambridge : Harvard University Press, 2000), p. 165.

7 Thomas D. Boswell & James R. Curtis, The Cuban-American Experience : Culture,

Images, and Perspectives (Totowa, New Jersey : Rowman & Allanheld, 1984), pp. 7-8.

8 Richard Wallace, « Bombs Rock Little Havana Firms » The Miami Herald, (12 janvier

1983), 1D.

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11 Jim Mullin, « The Burden of a Violent History », Miami New Times, 20 avril 2000 ; El

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12 Max Castro, « Interview », PBS, 2001, 2.

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13 Alfredo Duran, « Interview », PBS, 2001, 7.

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14 Elena Freyre, « Interview », PBS, 2001, 2,5,7.

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15 Lisandro Perez, « Interview », PBS, 2001, 4.

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16 Francisco Aruca, « Interview », PBS, 2001, 3.

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février 2003).

18 Francisco Aruca, op.cit., 5-9.

19 Alain Abellard, « Le dissident Oswaldo Paya plaide au Parlement européen pour un

référendum à Cuba », Le Monde (18 décembre 2002).

www.lemonde.fr/article/0,5987,3210--302613-,00.html (site consulté le 3 février 2003) ;

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2002). www.france.diplomatie.fr/actu/articletxt.asp?ART=30907 (site consulté le 4

février 2002).

20 Cuba Solidarity Project, « Reporters sans Frontières et Cuba », pas de date, 1.

http://perso.club-internet.fr/vdedaj/cuba/rsf.html (site consulté le 24 février 2003).

21 Ricardo Alarcón de Quesada, « Historia de una infamia », Agencia de Información

Nacional, (11 février 2002), 1. www.ain.cu/patriotas11/documentos/alarcon.htm (site

consulté le 3 février 2003).

22 Alina Martinez Castillo, « Miami : La imparcialidad es Utopia », Radio Camagueyana,

(pas de date), 1. www.cadenagramonte.cubaweb.cu/heroes/injusticia_miami1.htm (site

consulté le 3 février 2003) ; voir aussi Nick Miroff, « The Tale of the Five Cuban Spies »,

World Press Review, (8 janvier 2002). www.worldpress.org/americas/0108web_cuba.htm

(site consulté le 6 février 2003).

23 Voir la plaidoirie de Gerardo Hernández Nordelo, (12 décembre 2001).

www.actionsf.org/images/pdf-files/ghn-eng.pdf (site consulté le3 février 2003).

24 Ramón Labañino Salazar, « Llevaré el uniforme de recluso con el mismo honor y

orgullo con que un soldado lleva sus más preciadas insignas », (13 décembre 2001).

www.actionsf.org/images/pdf-files/rls-sp.pdf (site consulté le3 février 2003).

53

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25 Antonio Guerrero Rodríguez, (décembre 2001). www.actionsf.org/images/pdf-files/agr-

eng.pdf (site consulté le 3 février 2003).

26 Fernando González Llort, « Mi país y mi pueblo fueron obligados hace más de cuarenta

años a despertar al peligro y llamados a defender su libertad », (18 décembre 2001).

www.actionsf.org/images/pdf-files/fgl-sp.pdf (site consulté le 3 février 2003).

27 René González Sehweret, « No tengo razones para el arrepentimiento », (14 décembre

2001). www.actionsf.org/images/pdf-files/rgs-sp.pdf (site consulté le 3 février 2003).

28

Mumia Abu-Jamal, « Los Cinco impidieron más de 170 actos terroristas contra Cuba »,

Granma Internacional, (2 janvier 2003),2.

www.granma.cu/espanol/ene03/juev2/cinco.html (site consulté le 2 janvier 2003) ;

Mumia Abu-Jamal, « Los cinco cubanos y la seguridad de la patria », Rebelión, (30

janvier 2003), 1. www.rebelion.org/internacional/mumia300103.htm (site consulté le 3

février 2003) ; Gabriel Molina, « Los jóvenes juzgados en Miami salvaron vidas de

cubanos y norteamericanos », Granma Internacional, (23 juin 2001), 2.

www.granma.cubawed.cu/miami5/espanol/0005.html (site consulté le 3 février 2003).

29

Leonard Weinglass, « Un jucio justo no puede llevarse a cabo en Miami-Dade, afirma

Weinglass », Rebelión, (17 novembre 2002), 1.

www.rebelion.org/ddhh/winglass171102.htm (site consulté le 3 février 2003).

30 Ricardo Alarcón de Quesada, « A Sun That Will Never Burn Out », Free The Five, (11

février 2002), 2. www.freethefive.org/bacground.cfm (site consulté le 3 février 2003) ;

Julio Fernández Bulté, « Tratamiento cruel e inhumano a los prisioneros cubanos »,

Granma Internacional, 26 avril 2002.

www.antiterroristas.cu/index.php?tpl=noticia/anew¬iciaid=84¬iciafecha=2002-09-

11 (site consulté le 20 janvier 2003).

31 Ibid

32 Jean-Guy Allard, « Miami no es una ciudad peligrosa para la juez que juzgó a Los

Cinco », Granma Internacional, (24 mai 2002), 5.

www.granma.cubaweb.cu/miami5/espanol/0091.html (site consulté le 15 janvier 2003).

33 Leonard Weinglass, op. cit., 2 ; Carol Rosenburg, « Cuban Spy Case Going to Jury ;

Two Contrasting Scenarios Offered », The Miami Herald, 4 juin 2001.

34 Paul McKenna, « Nunca hubo prueba alguna de que los Cinco Patriotas fueran a causa

daño a los EE.UU. », Granma Internacional, (15 août 2002), 2.

www.granma.cubaweb.cu/miami5/espanol/00208.html (site consulté le 15 janvier

2003) ; Leonard Weinglass, « El apoyo internacional realza la importancia del caso ante

los tribunales, dice Weinglass » Agencia de Información Nacional, (18 janvier 2003), 1.

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novembre 2002, 1.

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12-10 (site consulté le 20 janvier 2003) ; Simon Wollers, « National Jury Project : El

jucio de Miami quitó cualquier posibilidad a los acusados cubanos », Antiterroristas.cu, 19

décembre 2002, 1.

www.antiterroristas.cu/index.php?tlp=noticia/anew¬iciaid=612¬iciafecha=2002-

12-23 (site consulté l3 20 janvier 2003).

54

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35 Rui Ferreira, « Juez impide que pongan al exilio en el banquillo », El Nuevo Herald, 18

octobre 2000, 1. www.miami.com/mld/elnuevo/news/world/cuba/2486419.htm (site

consulté le 20 février 2003) ; Rui Ferreira, « Los abogados de presuntos espías piden

información del FBI », El Nuevo Herald, 26 septembre 2000, 1.

www.miami.com/mld/elnuevo/news/world/cuba/2486438.htm (site consulté le 20 février

2003).

36 Jean-Guy Allard, « Escándalo de espías para salvar a la FNCA », Granma Internacional,

(26 juin 2001),11. www.granma.cubaweb.cu/miami5/espanol/0089.html (site consulté le

15 janvier 2003).

37 Felix Lopez, « Radiografía del indebido proceso », Granma Internacional, (19 décembre

2002), 2. www.granma.cubaweb.cu/miami5/espanol/0344.html (site consulté le 15

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jurisdicción », Granma Internacional, (8 juin 2002).

www.granma.cubaweb.cu/miami5/espanol/00135.html (site consulté le 15 janvier).

38 Jean-Guy Allard, op. cit., p. 12-13.

39 Lourdes Pérez Navarro, « Se suman nuevos juristas a la moción de defensa de

nuestros Cinco héroes », Granma Internacional, (14 décembre 2002), 2.

www.granma.cubaweb.cu/miami5/espanol/0338.html (site consulté le 15 janvier 2003).

40 Ricardo Alarcón de Quesada, « Historia de una infamia », Radio Camagueya (pas de

date), 4. www.cadenagramonte.cubaweb.cu/heroes/injusticia_miami3.htm (site consulté

le 15 janvier 2003).

41 National Jury Project, « A General Analysis of the Trial of the Cuban Five », Free The

Five, (janvier 2003), 2. www.freethefive.org/legal.cfm (site consulté le 3 février 2003) ;

Saul Landau, « Murder Charges Against Castro ? », Z Magazine, 31 août 2001.

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2003) ; Cilio Diaz, « Miami, un lugar imposible para la justicia », Radio Camagueya, (pas

de date), 1-2. www.cadenagramonte.cubaweb.cu/heroes/injusticia_miami5.htm (site

consulté le 15 janvier 2003).

42 Felix Lopez, « De hombres de sacrificio necesita la Libertad », Granma Internacional, 7

mai 2002, 2-3. www.granma.cubaweb.cu/miami5/espanol/0049.html (site consulté le 15

janvier 2003).

43

Felix Lopez, « La mafia de Miami, los narcoterroristas y el escándalo Irán-Contras »,

Granma Internacional, (4 juillet 2001), 1.

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solitario », Rebelión, 11 mars 2003. www.rebelion.org/internacional/110303cinco.htm

(site consulté le 11 mars 2003).

44 Rosa Miriam Elizarte, « Rafael Anglada : ‘Nada más parecido al juicio de los Cinco que

el proceso de Kafka », Rebelión, 31 décembre 2002, 1.

www.rebelion.org/ddhh/cinco311202.htm (site consulté le 3 février 2003).

45 Leonard Weinglass, op. cit., 2.

46 Elson Concepción Pérez, « No se podrá ignorar el daño causado con esta arbitraria

decisión », Granma Internacional, 3 octobre 2002, 2.

www.granma.cubaweb.cu/miami5/espanol/00262.html (site consulté le 15 janvier 2003).

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47 Sunia Santisteban, « El proceso en favor de los cubanos presos en EEUU », Prensa

Latina, pas de date, 2. www.cedenagramonte.cubaweb.cu/heroes/injusticia_miami8.htm

(site consulté le 3 février 2003).

III. UNE IMPUNITE TOTALE

1. Financement des attaques terroristes contre Cuba depuis le sol

étasunien

Cuba est sans nul doute le pays qui a subi le plus grand nombre d’actes terroristes du

monde. C’est également la nation qui a souffert de la plus longue campagne terroriste de

l’histoire dont il n’existe pas d’autre équivalent. Les actions évoquées ci-dessous sont les

plus spectaculaires mais ne représentent malheureusement qu’une infime partie des

opérations de terreur menées contre Cuba. Aucun pays n’a eu à affronter au cours du

siècle dernier les épreuves par lesquelles Cuba est passé. Au blocus et à la chute du bloc

soviétique, s’ajoute également le terrorisme financé par la plus grande puissance du

monde auxquels l’archipel des Caraïbes a dû faire face.

Rappelons que ces actes criminels ne pourraient se dérouler sans l’approbation du

gouvernement étasunien et que Cuba n’a jamais lancé de représailles contre les auteurs

des crimes même si l’Article 51 de la Chartre des Nations Unies l’y autorise. Une décision

présidentielle prise par Bill Clinton en 1997, connue sous le nom de Directive 39, stipule :

« Si nous ne recevons pas de coopération adéquate de la part d’un Etat qui abrite des

terroristes et dont nous demandons l’extradition, nous nous réservons le droit de prendre

les mesures appropriées [pour le] persuader. Le rapatriement des suspects par la force

peut se faire sans le consentement de la nation accueillante ». 1 Suite aux attentats du 7

août 1998 contre les ambassades étasuniennes de Nairobi au Kenya et de Dar es-Salam

en Tanzanie, les Etats-Unis ont mené des représailles contre le Soudan et l’Afghanistan.

Par simplicité, nous éviterons de discuter des conséquences dont souffrirait Cuba si le

gouvernement de La Havane se décidait à bombarder les bases terroristes et les camps

paramilitaires anti-castristes de Miami (de telles actions entraîneraient, sans aucun

doute, des représailles d’une telle ampleur qu’elles renverraient Cuba à l’âge de pierre).

Mais gardons en mémoire que les relations cubano-étasuniennes ne sont pas régies par

la force de la loi mais par la loi de la force et qu’un acte terroriste contre Cuba, s’il n’est

pas ouvertement béni par Washington, n’est jamais remis en cause ni condamné par

ceux qui prétendent être les porte-drapeaux de la lutte contre le terrorisme.

L’opération Mangouste (Operation Mongoose) fut l’un des premiers plans de terrorisme

international organisé par les Etats-Unis à l’encontre de Cuba, destiné à renverser le

gouvernement de La Havane. Elaboré par le général Lansdale et divisé en six phases, le

Projet de Cuba (The Cuba Project) consistait à entreprendre toutes les actions terroristes

possibles dans le but d’éradiquer le « régime communiste ». Partiellement déclassé en

1998, le programme avait pour objet de « saboter » toutes les installations clés du pays,

« affaiblir…les organisations populaires » (euphémisme faisant référence à l’assassinat

des différents dirigeants), « harceler l’économie cubaine » (autre litote pour faire allusion

au sabotage des raffineries, au minage des ports et aux attaques au bazooka des trains

de passagers), « développer des centres d’interrogation » (encore une expression

rhétorique pour désigner les centres de tortures des paysans et des volontaires de la

campagne d’alphabétisation, dont certains étaient à peine âgés de 17 ans, qui

symbolisaient la révolution). Ce qui précède est une simple énumération des actions

entreprises par les exilés anti-castristes sous les ordres de la CIA pour « rétablir la

démocratie à Cuba ». 2 Selon Arthur Schlesinger, « la CIA devait continuer à faire ce

qu’elle faisait » : mener contre Cuba toutes les campagnes terroristes possibles et

imaginables, mais elle devait à tout prix qu’une « participation ouverte des Etats-Unis »

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ne soit détectée. 3 Selon l’agent de la CIA Bradley E. Ayers, diverses actions étaient

envisagées pour détruire la révolution cubaine, même les pires actes terroristes comme

« lancer une bombe de 250 kilos en plein milieu de La Havane ». 4

Le terrorisme bactériologique fut sans doute l’un des actes les plus odieux commis contre

Cuba par les exilés cubains et la CIA. Le 6 mai 1971, la fièvre porcine, maladie virale

étrangère à l’hémisphère américain, fut introduite à Cuba par des exilés anti-castristes

pour le compte de la CIA. La peste porcine africaine a eu des conséquences désastreuses

pour l’économie cubaine avec l’abattage de plus d’un demi-million de porcs, source

principale de protéines de l’île. L’épidémie fut éradiquée en 45 jours et fut qualifiée

comme étant « l’événement le plus alarmant de l’année » par l’Organisation des Nations

Unies. 5

Dix années plus tard, en 1981, la cible prise était le peuple cubain lui-même, avec

l’introduction de la dengue hémorragique, autre maladie inconnue du nouveau monde.

Les conséquences furent beaucoup plus graves. 344 203 cas furent décelés parmi

lesquels 30 000 furent accompagnés d’hémorragie et 10 000 entraînèrent de très graves

complications pour les victimes parmi lesquelles 158 perdirent la vie dont 101 enfants

âgés de 0 à 15 ans. 10 132 personnes durent suivre une thérapie intensive, 105 839

furent hospitalisées et 228 052 reçurent un traitement. 6 Les Etats-Unis refusèrent de

vendre les vaccins nécessaires à l’éradication du virus et Cuba dut s’adresser à l’Europe

et au Japon avec tous les frais supplémentaires et le retard que cela présuppose. 7 Le coût

économique a atteint 103 millions de dollars. Cette attaque terroriste est sans doute la

plus meurtrière qu’ait eu à endurer le peuple cubain. Mais là encore, il s’agit seulement

des deux cas les plus flagrants de terrorisme biologique contre Cuba. Les autorités

cubaines découvrirent plus tard que tout le personnel de la base de Guantanamo avait

été vacciné quelques jours que l’épidémie ne se déclare. Simple fait du hasard ? De

nombreuses atrocités similaires ont été commises par ailleurs. 8

En 1984, le leader du groupuscule terroriste Omega 7, Eduardo Arocena, avouera devant

une cour étasunienne avoir introduit, avec l’aide la CIA, le virus de la dengue à Cuba. 9

Durant son procès, il était mis en examen pour l’assassinat d’un diplomate cubain des

Nations Unies à New York et non pas pour le crime commis contre les 158 Cubains qui

perdirent la vie. Il n’avait jamais été inquiété auparavant quand ses actions terroristes se

limitaient à attaquer le peuple cubain, et il sera arrêté seulement après avoir commis

l’erreur de s’en prendre à un diplomate des Nations Unies sur le sol étasunien, après que

l’affaire eut fait grand scandale. Voilà encore une fois la preuve, qu’au yeux de

Washington, un acte terroriste contre Cuba n’en est pas un et ses auteurs ne méritent

d’être poursuivis étant considérés comme, selon les propres paroles de George H. Bush,

« de remarquables rappels de ce qu’est la démocratie et l’indépendance » 10 et selon

celles de Jane Kirkpatrick, ambassadrice aux Nations unies sous le gouvernement de

Reagan et admiratrice de toutes les dictatures d’extrême droite 11 , « l’une des plus

importantes acquisitions des Etats-Unis ». 12

L’un des actes de terreur les plus violents fut réalisé le 6 octobre 1976 par deux criminels

anti-castristes d’extrême droite quand un avion commercial cubain en provenance des

Barbades explosa en plein vol. Soixante-treize personnes perdirent la vie parmi lesquelles

l’équipe entière d’escrime juvénile cubaine, composée de 24 personnes, qui venait de

remporter les jeux panaméricains. Les deux terroristes, Orlando Bosh et Luis Posada

Carriles, auteurs de l’attentat, anciens membres de la CIA et mercenaires lors de

l’invasion de la Baie des Cochons, sont responsables de plus de 50 attaques violentes aux

Etats-Unis, à Cuba et dans le reste du monde. Ils ont été formés à l’Ecole des Amériques

de Fort Benning en Georgie, célèbre pour avoir produit une panoplie de dictateurs

sanguinaires qui ont terrorisé l’Amérique latine, où ils ont appris à concocter des

explosifs afin de « rétablir la démocratie à Cuba ». Arrêtés dans un premier temps,

Orlando Bosh a été acquitté grâce à l’intervention de l’ambassadeur étasunien au

Venezuela, Otto Reich, un…Cubain-Américain d’extrême droite, alors que Luis Posada

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Carriles, après un court séjour dans une prison vénézuélienne, s’est échappé grâce à ses

connections de la CIA, du Département d’Etat étasunien, et aux 26 000 dollars

généreusement offerts par la CANF pour soudoyer les gardes. L’enquête menée par le

gouvernement des Barbades a dressé des liens entre les terroristes et des membres de

l’ambassade des Etats-Unis des Barbades. Mais là encore, rien de bien surprenant

puisqu’un acte terroriste contre Cuba ne provoque jamais de tollé alors qu’un attentat

contre les Etats-Unis par exemple fait la une de tous les journaux. 13

En 1997, une série de bombes explosèrent dans les principaux centres touristiques de la

Havane entraînant la mort d’un jeune touriste italien, Fabio Di Celmo, et faisant de

nombreuses victimes. Les attentats terroristes contre l’industrie touristique ont débuté le

12 avril 1997 pour s’achever le 4 septembre 1997 avec l’arrestation des auteurs des

actes de terreur. Le groupuscule terroriste paramilitaire Alpha 66 a revendiqué l’attentat.

Le 11 août 1997, la CANF publiait une déclaration dans la presse de Miami, apportant son

soutien inconditionnel aux responsables des attaques contre les intérêts touristiques

signalant : « Nous ne considérant pas cela comme des actions terroristes » et réaffirmant

que toute action violente contre Cuba était légitime. Le but recherché par les terroristes

anti-castristes était d’effrayer les visiteurs potentiels afin de détruire l'industrie

touristique, secteur vitale pour l’économie cubaine avec des revenus de 1, 816 milliards

de dollars en 1997 représentant une part substantielle du PIB cubain. 14 Encore une fois,

les médias internationaux ont jeté l’information aux oubliettes. Le 23 juillet 1998, la

presse de Miami a eu l’honnêteté de publier un article dont le titre était : « Aux Etats-

Unis, les complots anti-Castro mènent rarement à la prison ». 15

Depuis 1959, Cuba a été régulièrement victime de piraterie aérienne et maritime.

En effet, de nombreux avions et bateaux ont été séquestrés à Cuba par des personnes

désirant se rendre aux Etats-Unis. La séquestration d’un avion est considéré comme

étant un grave crime international passible des peines les plus sévères. Cependant,

depuis le début des actes orchestrés par les pirates de l’air, il est difficile de trouver un

seul cas où les responsables de ces crimes ont été traduits en justice. A leur arrivée aux

Etats-Unis, ils ont été systématiquement relâchés et les avions ou bateaux, loin d’être

rendu aux autorités cubaines, sont restés en possession des douanes étasuniennes. Par

contre, Cuba a systématiquement condamné les pirates aériens s’emparant par la force

d’avions ou de bateaux sur le territoire étasunien et les appareils ont été toujours rendus

à Washington. Le dernier crime de ce type a été commis le 19 mars 2003 où un avion se

rendant de l’Ile de la Jeunesse à La Havane a été détourné en direction de la Floride.

Encore une fois, les auteurs de cet acte criminel n’ont pas été mis en examen et se

promènent tranquillement dans les rues de Miami. L’avion, quant à lui, a été confisqué

par les autorités étasuniennes sans aucune raison apparente. Deux jours plus tard, un

autre terroriste se rendait aux Etats-Unis après avoir menacé le pilote avec une grenade.

A son arrivée, il a été pris en charge par les autorités et libéré sous caution quelques

jours plus tard. Et il est peu probable que l’administration étasunienne prenne les

mesures nécessaires visant à mettre un terme à ces actes de piraterie. 16

Le 12 juillet 1998, l’un des terroristes les plus sanguinaires et notoires du continent

américain, Luis Posada Carriles, accordait une interview au New York Times dans laquelle

il se pavanait d’avoir commis le plus grand nombre d’actions terroristes contre Cuba. Il a

également intimement travaillé avec le colonel Oliver North et les terroristes de la Contra

au Nicaragua et avait été commissaire politique au Venezuela. Il mettait directement en

cause l’ancien leader de la CANF, aujourd’hui décédé, Jorge Mas Canosa. « Jorge

contrôlait tout » disait-il. « A chaque fois que j’avais besoin d’argent, il demandait à ce

que l’on me fasse parvenir 5 000 dollars, que l’on me fasse parvenir 10 000 dollars, 15

000 dollars » et à chaque fois, un petit message était joint dans lequel il était

cyniquement écrit : « ceci est pour l’église ». Au total, Mas Canosa, la CANF et plus

particulièrement Feliciano Foyo, le trésorier de la Fondation, ont fourni plus de 200 000

dollars à l’un des pires terroristes du monde. Il se vantait d’être l’aile paramilitaire de la

CANF ajoutant : « Comme vous pouvez le voir, le FBI et la CIA ne m’ennuient pas, et je

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suis neutre avec eux. Chaque fois que je peux leur donner un coup de main, je le fais »

révélant qu’il connaissait « une personne très hautement placée » dans le gouvernement.

En ce qui concerne le décès du touriste italien, il s’est simplement borné à remarquer que

« cet italien était à la mauvaise place au mauvais moment » ajoutant suite à une

question des journalistes de savoir s’il avait la conscience tranquille, « je dors comme un

bébé ». Il termina l’interview en admettant qu’il disposait d’au moins quatre passeports

dont un étasunien et qu’il se rendait à Miami quand bon lui semblait. Cette déclaration

qui, dans un Etat démocratique et de droit comme les Etats-Unis, aurait du mener à

l’arrestation du terroriste pour apologie de crime, n’a entraîné aucune poursuite contre

Posada Carriles. Selon un article du New York Times datant du même jour, le FBI était au

courant de la campagne terroriste que les anti-castristes avaient planifié contre

l’industrie hôtelière mais ne prit aucune mesure pour arrêter les coupables ou avertir le

gouvernement cubain. Apparemment, il y a de bons et de mauvais terroristes. 17

Ce criminel international, que le New York Times a qualifié de « terroriste le plus

dangereux de l’hémisphère », se trouve actuellement dans une prison du Panama pour

avoir attenté à la vie du Président cubain, alors que celui-ci donnait une conférence à

l’Université de Panama plaçant une bombe de 15 kilos d’explosifs C4 dans l’enceinte

universitaire alors que 2000 d’étudiants étaient venus assister au discours de Fidel

Castro. La police panaméenne a estimé que l’explosion aurait pu faire des centaines de

victimes. Les tentatives de la CANF de libérer Posada Carriles ont jusqu'à présent

échoué. 18

Rappelons encore une fois que les événements évoqués ci-dessus sont seulement un

petit paragraphe d’une encyclopédie d’attaques terroristes contre le peuple cubain à

partir du sol étasunien en flagrante violation de la Constitution des Etats-Unis 19 et de la

résolution 731 du Conseil de Sécurité des Nations Unies adoptée de 21 janvier 1962 et

affirmant « le devoir de chaque Etat à s’abstenir d’organiser ou d’être l’instigateur d’actes

terroristes dans un autre Etat, d’aider ou de participer à de pareils actes, ou de

permettre des activités organisées sur son territoire pour la commission de tels actes ». 20

Wayne Smith remarquait à juste titre que : « Si nous voulons dénicher les terroristes

partout dans le monde, l’histoire nous demande de jeter un coup d’œil plus attentionné

chez nous ». 21 Mais encore une fois, l’anticastrisme sert d’apologie aux crimes commis

contre les innocents citoyens cubains et reste une norme que nul ne peut discuter.

2. Actes terroristes sur le territoire nord-américain et dans le monde

Miami est sans doute le plus important sanctuaire pour terroristes cubains-américains et

tyrans latino-américains du monde. Rappelons que les pires criminels du monde ont soit

été directement entraîné aux Etats-Unis (Pinochet, Somoza, Suharto, Videla…) soit ont

été entraîné par la CIA à l’étranger (Ben Laden et les Talibans). Un exemple, un rapport

de 1993 de la Commission de Vérité des Nations Unies sur le Salvador a révélé que les

2/3 des officiers de l’armée qui avaient commis les pires atrocités avaient été entraînés à

Fort Benning en Georgie dans l’école réputé pour avoir instruit les tortionnaires latinoaméricaines

dans le suprême art de « l’interrogatoire poussé ». 22 Le journaliste de

Floride, Jack McCarthy, remarquera à juste titre que ces terroristes « ne sont pas le

genre qui intéressent » les meneurs de la lutte contre le terrorisme étant donné que,

selon Wayne Smith, « leurs intérêts correspondent à ceux des administrations ». 23

Soulignons donc, comme l’a remarqué Philip Peters – membre du Département d’Etat

sous Ronald Reagan et George H. Bush – que si l’on se réfère à la définition de l’Etat

terroriste donné par le Département d’Etat – qui inclut les actes de terreur, ceux qui

supportent les terroristes et ceux qui les abritent – les Etats-Unis sont un Etat

terroriste. 24

Grâce à l’impunité dont ils jouissent en Floride, la plupart n’hésitent pas à revendiquer

ouvertement leurs actions criminelles et à les légitimer sous la bannière de

l’anticommunisme et de l’anti-castrisme. La lutte contre le terrorisme ne concerne pas

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Orlando Bosh par exemple (dont le cas sera abordé plus tard) qui continue à vivre

paisiblement à Miami et à profiter des fruits de son juteux fonds de commerce qui

consistent à écourter la vie des innocents. Là aussi, ne seront abordés que les actes

terroristes les plus spectaculaires perpétrés depuis le triomphe de la révolution cubaine

et qui représentent simplement un échantillon des crimes commis par la droite radicale

cubaine.

Les tentatives d’assassinat des leaders de la révolution cubaine ne se comptent plus.

Selon le gouvernement de La Havane, Fidel Castro a essuyé au moins 613 tentatives de

meurtres de la part des extrémistes anti-castristes et de la CIA. 25 En décembre 1964,

Che Guevara est sorti indemne d’une attaque au bazooka contre l’immeuble des Nations

Unies à New York. L’organisation Omega 7 a été qualifié par le FBI comme étant « la plus

dangereuse organisation terroriste des Etats-Unis » et sans doute l’une de celles qui

jouissent de l’impunité la plus complète avec plus de 100 attentats perpétrés sur le sol

étasunien par l’ensemble des organisations d’extrême droite anti-cubaines qui se sont

attaquées entre autres aux intérêts cubains, soviétiques, et même les lieux culturels où

se produisaient des artistes de l’île. 26

L’essor du terrorisme a eu lieu au milieu des années 70 et tout ce qui représentait Cuba

et son gouvernement était pris pour cible. Le 11 septembre 1980, un diplomate de la

Mission Cubaine des Nations Unies, Felix García Rodríguez, était abattu en plein jour à

New York, devenant ainsi le premier diplomate de l’institution internationale à être

assassiné aux Etats-Unis. Cet acte sera simplement qualifié de « répréhensible » par le

Secrétaire d’Etat Edmund Muskie. L’ambassadeur étasunien, Donald McHenry, quant à

lui, qualifiera le meurtre de « tâche sur les Etats-Unis ». Nous admettrons que ceux qui

s’attendaient à des condamnations plus virulentes n’avaient pas tout à fait tort et que le

gouvernement cubain était peut être en droit de s’étonner de la légèreté de la

réprimande. 27

Le 21 septembre 1976, les extrémistes anti-castristes furent aussi responsables de la

mort d’Orlando Letelier, général chilien opposé à Pinochet, en exil à Washington. La

dictature chilienne, commanditaire de l’attentat à la bombe dans lequel une citoyenne

étasunienne, Ronnie Moffitt, perdra la vie, avait à son service de nombreux terroristes

cubains qui faisaient partie de la DINA, la police politique. Une dépêche du New York

Times, datant du 13 avril 1977, annonçait que l’enquête du FBI menait vers

l’organisation terroriste anti-castriste CORU fondée par l’ancien agent de la CIA Orlando

Bosh (et George H. Bush) qui fut interrogé par la justice sans être mis en accusation. En

juillet 2001, fait surprenant, les deux auteurs du double meurtre, José Dioniso Suárez et

Virgilio Pablo Paz Romero, furent remis en liberté sur décision de l’actuel ministre de la

Justice, John Ashcroft avec l’aval de George W. Bush. 28

Voici quelques autres crimes commis pour la seule année 1976 – en plus de l’horrible

crime perpétré contre l’avion de ligne – par les défenseurs de la liberté qui, selon les

propos de Ronald Reagan, ont passé leur temps « à protéger la liberté qui a été si

importante à leurs yeux ». 29 Le 6 avril, deux bateaux de pêche sont attaqués par des

pirates de Floride faisant une victime, Bienvenido Mauriz. Le 22 avril, une bombe explose

à l’ambassade cubaine au Portugal faisant deux morts, Adriana Callejas et Efrén

Monteagudo Rodríguez, et de nombreux blessés. Le 5 juin, la Mission cubaine de l’ONU a

fait l’objet d’un attentat à l’explosif occasionnant de nombreux dégâts. Le 9 juillet, une

autre bombe placé dans un wagon de bagages explose avant d’être embarqué dans un

avion commercial à l’aéroport de Kingston en Jamaïque. La bombe qui était censé se

déclencher en vol ne fera heureusement aucune victime. Le 10 juillet, une bombe

explose dans les locaux de la British West Indies aux Barbades, la compagnie

représentant les intérêts de Cubana de Aviación, la compagnie aérienne cubaine. Le 24

juillet, un technicien de l’Institut National de Pêche, Artagnán Díaz Díaz, est assassiné

dans une tentative de prise d’otage de l’ambassade cubaine dans la ville mexicaine de

Merida. Le 9 août, deux fonctionnaires de l’ambassade cubaine en Argentine, Crescencio

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Galañena Hernández et Jesús Cejas Arias, sont séquestrés ; ils ne réapparaîtront jamais.

Le 18 août une bombe explose dans les bureaux de Cubana de Aviación au Panama

occasionnât de nombreuses pertes matérielles. Au total, 3 478 Cubains ont perdu la vie

suite aux exactions commises par les terroristes anti-castristes et 2 100 ont été mutilés à

vie. 30

Un fait insolite qui a eu lieu en octobre 1997 démontre parfaitement le niveau d’impunité

dont jouissent les exilés anti-castristes. Les gardes-côtes étasuniens arrêtèrent une

vedette pensant avoir affaire à des trafiquants de drogue. Après l’avoir arraisonnée, ils

découvrirent à bord tout un arsenal militaire composé de fusils d’assaut à lunette d’une

valeur de 7 000 dollars, un téléphone satellite, de nombreuses munitions et des

uniformes militaires. Les quatre terroristes, habitués à quatre décennies d’impunité,

n’hésitèrent pas à annoncer ouvertement aux gardes-côtes leur intention d’assassiner

Fidel Castro. L’enquête menée par le FBI montra que l’un des deux fusils appartient à

Pepe Hernández qui n’est rien d’autre que le président de la…CANF. En janvier 1998, l’un

des quatre criminels est arrêté de nouveau par la Drug Enforcement Agency pour avoir

importer 365 kilos de cocaïne. Avec de telles charges (conspiration d’assassinat et trafic

de drogue), il ne serait pas incongru de penser que les accusés allaient être mis à

l’ombre pour un bon moment. Et bien non, la machine médiatique de la CANF (un des

quatre accusés était un dirigeant de la Fondation) s’étant engagée, toutes les poursuites

sont peu à peu abandonnées pour une raison ou pour une autre et aucun des quatre

terroristes ne sera inquiété. L’un des avocats de la défense accusera même clairement le

gouvernement étasunien de vouloir condamner des activités qu’il a lui-même planifiées

dans les années 60. Logique implacable et les documents déclassés ne manqueront pas

d’étayer cet argument. 31

En septembre 2002, le Président du Parlement cubain, Ricardo Alarcón, déclarait lors

d’une conférence de presse à La Havane, que la Résolution du Conseil de Sécurité des

Nations Unies votée au lendemain des attentats de New York n’était pas respecté par les

Etats-Unis qui avaient toujours refusé de mettre hors d’état de nuire les groupuscules

terroristes de Floride qui jouissaient d’une totale liberté. Il ajoutait :

Nous ne pouvons pas accepter qu’il ait un mauvais terrorisme et un bon terrorisme comme celui qui

s’exerce contre Cuba…Cette incohérence, cette attitude discriminatoire, qui dans le fonds implique une

tolérance envers le terrorisme est quelque chose qui touche la sécurité nationale de Cuba. Je ne suis

pas en train de parler dans le sens militariste [ou] dans le sens stratégique ; je parle de la sécurité des

Cubains et des Cubaines pour que personne ne fasse exploser de bombe dans une école, dans un

théâtre ou un hôtel ; la sécurité des Cubains à vivre dans un monde dans lequel… nous nous opposons

à un phénomène injustifiable dans n’importe quel endroit, dans n’importe quelle circonstance, quelles

que soient les justifications que l’on prétend avancer. 32

Dans un récent discours, Fidel Castro soulevait le problème du terrorisme : « Nous avons

le droit de demander ce que l’on va faire à propos de Posada Carriles et Orlando Bosh,

les auteurs de cet acte terroriste monstrueux…et à propos de ceux qui ont planifié et

financé les bombes qui ont été placé dans les hôtels et les tentatives d’assassinat des

leaders cubains, qui n’ont pas cessé une minute depuis plus de 40 ans ». 33 A ce jour,

toutes les demandes de La Havane pour ce qui est de la condamnation ou d’extradition

des terroristes, ont essuyé un refus systématique de la part de l’administration

étasunienne.

Non seulement toute collaboration a été bannie mais une législation a été votée pour par

un groupe de sénateurs menés par l’ultra conservateur Jesse Helms, auteur de la

tristement célèbre loi, par laquelle des fonds publics, d’un montant de 100 millions de

dollars, ont été accordés à des soi-disant dissidents sans pour autant garantir que cet

argent ne sera pas utilisé pour perpétrer des attentats. De nombreux pseudo dissidents

aujourd’hui exilés, comme Carlos Alberto Montaner et Armando Valladares « parés d’une

auréole » internationale sont les auteurs de nombreux actes de terreur. 34 Le journal de

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Miami New Times a posé la question de savoir si la CANF condamnait les attaques

terroristes contre Cuba. La réponse fut la suivante : « Nous ne condamnons pas une

personne qui tente de mettre un terme aux conditions qui oppriment son peuple, sa

famille et lui-même » affirmant que les gens avaient le droit de combattre pour leur

liberté. 35

Robert Sheer du Los Angeles Times écrivait : « Durant presque 40 ans, nous avons isolé

Cuba à cause de l’idée selon laquelle cette petite île était un centre du terrorisme dans

l’hémisphère, et année après année, nous avons de nouvelles preuves que ce sont les

Etats-Unis qui ont terrorisé Cuba et non le contraire ». 36

Lutte globale contre le terrorisme ou lutte ciblée ? En 1998, Bill Clinton affirmait devant

les Nations Unies : « Quelles sont nos obligations globales ? Ne donner aucun appui et

aucun sanctuaire aux terroristes ». 37 « Ceux qui abritent des terroristes sont aussi

coupables que les terroristes » déclarait également George W. Bush au lendemain du

crime contre l’humanité commis le 11 septembre 2001. Vraiment ?

3. Exporter la contre-révolution : exemple du Nicaragua

La sale guerre lancée contre le Nicaragua des Sandinistes fut un triste chapitre de la

politique étrangère interventionniste du gouvernement de Reagan. Depuis 1936 et

pendant plus 40 ans, les Etats-Unis avaient soutenu la dynastie Somoza, la sanglante

famille de dictateurs qui a fait régner la terreur pendant longtemps et qui n’a eu pour

seule préoccupation son enrichissement personnel. Un exemple scandaleux : lors du

séisme du 23 décembre 1972 qui a fait 10 000 morts, 20 000 blessés et plus de 250 000

sans abris, 80 % de l’aide internationale accordée a terminé dans les poches de Somoza

et de sa garde nationale. Les Etats-Unis ont tout de suite été hostiles à la révolution

sandiniste qui avait à la base un immense appui populaire et qui avait coûté la vie à 50

000 personnes, la plupart horriblement assassinées par la garde nationale et ses

acolytes. Le tyran Somoza et sa fortune personnelle évaluée à 800 millions de dollars

trouveront tranquillement refuge à…Miami. Cette hostilité s’est traduite par la création

d’un des plus terrifiants escadrons de la mort d’Amérique Centrale : les Contras. Ces

« combattants de la liberté » comme les appellera Ronald Reagan avaient comme

mission non pas de combattre les Sandinistes de manière conventionnelle mais de

répandre la terreur parmi la population. Les contras étaient tout sauf des guérilleros car

ils n’avaient ni de programme politique, ni aucun appui populaire. L’objectif a été

hautement atteint par les moyens connus : meurtres, tortures, viols, et disparitions. 38

Lors de la victoire des Sandinistes en 1979, le nouveau gouvernement révolutionnaire,

en plus de se retrouver face à un pays dévasté, s’est immédiatement affronté à

l’antipathie des Etats-Unis qui ont accusé le Nicaragua d’être une ramification du diable

soviétique essayant de détruire l’hémisphère. Le discours hystérique qui a accompagné la

révolution cubaine se répéta encore au Nicaragua pour justifier l’agression de ce petit

pays pauvre. Les forces sandinistes n’étaient qu’à quelques jours de marche du Texas et

si elles n’étaient pas stoppées aussitôt, elles risquaient d’envahir les Etats-Unis et

d’imposer un régime totalitaire communiste sur la terre des hommes libres et la maison

des valeureux. A l’époque, cette déclaration, loin de déclencher l’hilarité générale, fut

très prise au sérieux par l’élite intellectuelle étasunienne qui s’est instantanément ralliée

derrière les aventures belliqueuses de Reagan. Au risque de paraître redondant, le

gouvernement sandiniste était plus sandiniste que communiste et les réformes

entreprises étaient de type national-socialiste et n’avaient rien de radical. La différence

n’est pas des moindres car les Sandinistes étaient profondément croyants comme tous

les peuples d’Amérique centrale et la bourgeoisie opposée à Somoza fit partie du

nouveau gouvernement ainsi que des prêtres, lors des élections légitimement gagnées en

1984 sous la présence de centaines d’observateurs internationaux. 39

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La démarche pour taxer la révolution sandiniste de communiste était familière à l’histoire

latino-américaine du XX siècle et le scénario habituel allait se reproduire encore une fois.

Dès son accession au pouvoir, Reagan bloqua l’aide économique destinée au Nicaragua et

en 1983, réduisit à néant le quota sucrier. Washington refusa également de vendre des

armes au Nicaragua qui subissait les attaques incessantes lancées par les Contras et fit

pression sur les nations occidentales pour priver les Sandinistes du matériel de défense si

nécessaire. La seule solution restante était les Russes. De plus, l’embargo imposé par les

Etats-Unis en mai 1985 obligea le Nicaragua à se tourner vers les Soviétiques ce qui

permettra à Reagan de justifier son agression. Rappelons qu’avant l’embargo, le

commerce du Nicaragua avec l’Union Soviétique représentait seulement 20% du

commerce total du pays, et ce chiffre était équivalent à celui des autres pays de la

région. De plus, les réformes sociales entreprises par le nouveau gouvernement

révolutionnaire, qui, malgré tout, débouchèrent sur l’alphabétisation d’un demi million de

personnes faisant chuter le taux d’analphabétisme de 50,35% à 12,96%, et qui réduirent

la mortalité infantile de 33%, durent être abandonnées au profit du budget de la défense

pour faire face à l’agression externe menée à l’aide de l’armée terroriste des Contras.

Toutes les campagnes de propagande furent bonnes pour discréditer le gouvernement

sandiniste et la CANF ne fut pas en reste reprenant l’intoxication médiatique reaganienne

en parlant des instigateurs « du terrorisme dans l’hémisphère depuis 1979 » pour

qualifier les révolutionnaires du Nicaragua. 40

L’empire du mal comme l’évoquait la vision manichéenne de Reagan regroupait tous les

pays en désaccord avec la politique de Washington qui avait comme premier objectif la

protection de ses intérêts à l’étranger. Et la réforme agraire, l’alphabétisation, la

légalisation des partis politiques, l’abolition de la peine de mort, et la restauration des

libertés individuelles, semblaient bizarrement aller à l’encontre de l’intérêt national de

Washington. Toutes ces réformes, inexistantes sous la dictature somoziste, marquaient

un grand pas vers la démocratie et la justice sociale et le Nicaragua semblait se diriger

vers des jours meilleurs laissant derrière lui la misère dans laquelle son peuple était

embourbé depuis des siècles. Mais c’était sans compter sur les foudres du voisin du Nord

qui voyait dans ces modestes et nécessaires améliorations sociales le signe du joug

communiste et la main dirigeante de Moscou. La lutte contre la terreur lancée par le

président étasunien au Nicaragua afin de « répandre la démocratie à travers le monde »

consistait d’abord à tromper le peuple étasunien et le Congrès sur la réalité

nicaraguayenne. Un tract fut mis en circulation par les républicains et Otto Reich sous le

titre : « sauvez les Contras » destiné à récolter des fonds aux Etats-Unis pour les

escadrons de la mort composée en grande partie de l’ancienne garde nationale de

l’odieux dictateur qui se dorait sous le soleil de Floride. 41

Des bases de ravitaillement pourvues d’un terrain d’aviation avaient été spécialement

aménagées à Aguacate au Honduras, et à Santa Helena au Costa Rica pour permettre

aux avions de la Contra fournis par les Etats-Unis de mener des opérations contre les soft

targets, ou une guerre de basse intensité, c’est à dire contre les civils sans défense,

incluant les femmes, les enfants, les vieillards, les médecins des zones rurales, et les

volontaires de la campagne d’alphabétisation parmi lesquels de nombreux Cubains. Ils

seront au mieux considérés comme des dommages collatéraux et dans le pire des cas

comme des complices de la « dictature communiste ». Oliver North, un lieutenant-colonel

de l’armée étasunienne se chargeait de coordonner les opérations avec l’aide, entre

autres, de Luis Posada Carriles et Orlando Bosh, les deux personnages faisant partie de

l’anthologie du terrorisme international latino-américain et bien sur de l’inévitable CIA,

organisatrice de toutes les opérations clandestines. 42

L’opinion publique encore sous le choc de la guerre du Vietnam, les institutions

religieuses, de nombreuses organisations humanitaires et la presse ,étaient à l’immense

majorité contre une intervention armée directe de la part des troupes étasuniennes au

Nicaragua, vœux le plus cher du président et ancien acteur Reagan. Plusieurs membres

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de l’administration comme le secrétaire d’Etat George Schultz ainsi que le puissant

pentagone étaient hostiles à l’idée d’être directement impliqué dans le bourbier

nicaraguayen. Les fantômes du d’Asie du Sud-est hantaient toujours les esprits des plus

hautes instances étasuniennes. A la fin de l’année 1982, Le Congrès, par le biais de

l’amendement Boland, interdit à la CIA de fournir toute aide à la Contra suite aux

minages des différents ports du Nicaragua qui avaient entraîné une protestation

internationale. Mais l’administration de Reagan allait contourner cette législation pour

apporter son soutien aux terroristes de la Contra qui n’en disposait d’aucun à l’intérieur

du Nicaragua et qui s’était attiré, par ses exactions et atrocités commises, l’inimitié

farouche du peuple surtout dans les zones rurales, ce qui ne tarderait pas à déboucher

sur le scandale de l’Iran-Contragate. En effet, les Contras ne disposaient d’aucune

légitimité populaire et par conséquent, ils devaient s’en remettre complètement à l’aide

provenant de l’extérieur. A cela deux raisons : la grande majorité des dirigeants et des

mercenaires faisaient partie de l’élite politique et économique somoziste qui fut

lourdement touchée par la révolution sandinistes et ses mesures populaires. Le deuxième

paramètre entrant en compte dans le rejet des Contras fut la terreur perpétrée par ces

derniers dans le but de saboter les réformes. 43

La capture du pilote étasunien Eugene Hassenfus par les forces sandinistes en octobre

1986 fut le prélude à l’Iran-contragate. L’embargo international imposé à l’Iran considéré

comme exportatrice du terrorisme fut secrètement violé par les Etats-Unis avec la

complicité d’Israël. Pour libérer les otages étasuniens prisonniers à Téhéran et

subventionner la Contra, l’administration Reagan avait vendu du matériel militaire à un

ennemi juré bafouant ainsi son engagement international en faveur des sanctions

économiques et portant un sérieux coup à sa crédibilité auprès de ses alliés, du Congrès,

et de l’opinion étasunienne. Le 4 novembre 1986, l’affaire fut dévoilée au grand jour et le

19 novembre, au cours d’une conférence de presse, Reagan prononcera un magnifique

lapsus éclatant de révélation : « Pour éliminer cette idée répandue, mais fausse, selon

laquelle nous aurions échangé des armes contre des otages, j’ai demandé qu’aucune

autre vente d’armes, de quelque nature que ce soit, ne soit faite en direction de

l’Iran ». 44

Toutes les tentatives de négociations entreprises par les pays limitrophes tels que les

accords de paix présentés par Contadora et les pourparlers d’Esquipulas seront

systématiquement rejetées par les Etats-Unis. L’émissaire envoyé par le président du

Costa Rica en février 1987 à Miami rencontrer Elliot Abrams 45 se heurtera à une foule

violemment hostile rassemblée entre autres par les leaders de la CANF qui finançaient

également les Contras. Toutes les bonnes volontés qui tenteront de trouver une issue

moins violente au conflit se heurteront à l’intransigeance du gouvernement de Reagan

qui avait déclaré à maintes reprises la seule solution possible et acceptable aux yeux de

Washington : le départ des Sandinistes du pouvoir quel que soit le soutien populaire dont

ils jouissaient et peu importe leur légitimité démocratique acquise lors des élections de

1984. 46

Le but recherché par l’Administration étasunien était de rendre le processus

révolutionnaire le plus difficile possible pour que l’épopée sandiniste ne soit pas une

révolution d’espoir, de justice sociale et de bien-être, mais une révolution de souffrance,

d’horreur et de pauvreté. L’objectif a été hautement atteint par les moyens connus de

tous, condamnés par les plus hautes instances internationales, et reportés par les

organisations non gouvernementales et religieuses.

L’invasion du Panama en 1989 était-elle motivée par le trafic de drogue ? 3 000 morts

pour arrêter un seul homme, dont la Drug Enforcement Agency avait connaissance de ses

agissements et de ses relations avec le narcotrafic depuis 1976, qui travaillait pour le

compte de la CIA, et à qui une base militaire avait été fournie au Texas ? Ou était-ce

parce que l’ami d’antan avait commis le crime de désobéissance envers les maîtres de

l’Univers ? N’était-ce pas aussi une bonne occasion pour lancer un avertissement au

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peuple du Nicaragua et lui faire comprendre que c’était sans doute ce qui l’attendait si

jamais il avait la mauvaise idée d’élire les Sandinistes ? Cette intervention qui s’est faite

sans l’accord du Congrès ni des Nations Unies – et donc en flagrante violation du droit

international – et condamnée par l’Organisation des Etats Américains, le Groupe de Rio,

le Parlement européen et la Commission des Droits de l’Homme des Nations Unies,

démontre bien que la guerre froide n’était qu’un prétexte servant à justifier aussi bien

l’impérialisme étasunien que soviétique. Au moins les deux acteurs de la guerre froide

étaient d’accord sur un point.

La menace du bon exemple à suivre représentée par le Nicaragua ne s’est jamais

concrétisée. Les élections perdues de 1990 par les Sandinistes, le pays ravagé par dix

années de conflit, une économie agonisante, un désarroi populaire évident, l’ouragan

Gilbert de 1988 qui ne sera accompagné que d’un ridicule soutien international comparé

aux autres pays touchés, et 29 000 morts, eurent raison de la volonté des

Nicaraguayens. En effet, les Etats-Unis, avec l’aide du lobby cubain et de quelques

terroristes notoires, avaient pris soin d’éradiquer le mal à la racine. De nos jours, la

« démocratie » règne au Nicaragua qui a retrouvé sa misère et ses famines desquelles il

avait osé essayer de se libérer s'enlisant de plus en plus dans les tréfonds des privations.

Le gouvernement nicaraguayen laisse son peuple traîner sa solitude dans le désespoir et

les affres de l’indigence, par contre lui se charge étancher sa soif de richesse et de

rassasier à souhait le Fonds Monétaire International (FMI). 47

Notes

1 Washington Post, 5 février 1997 : 28.

2 Edward Lansdale, Operation Mongoose : The Cuba Project, (The National Security

Archive, 20 février 1962, déclassé en 1998), pp. 1, 8, 11, 25, 31 ; Thomas G. Paterson,

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(site consulté le 7 mars 2003).

3 Arthur M. Schlesinger, A Thousand Days : John F. Kennedy in the White House (New

York : Fawcett World Library, 1967), p. 224.

4 Bradley E. Ayers The War That Never Was : An Insider’s Account of CIA Covert

Operations Against Cuba (Indianapolis, New York : The Bobbs-Merrill Co., 1976), p. 232.

5 Simon Wollens, op. cit., 2 ; Jane Franklin, Cuba and the United States : A Chronological

History (Melbourne, New York : Ocean Press, 1997), p. 96 ; William Blum. Rogue State.

A Guide to the World’s Only Superpower (Maine, Monroe : Common Courage Press,

2000), p. 109 ; Noam Chomsky & Edward S. Herman, Economie politique des droits de

l’homme. La « Washington Connection » et le Fascisme dans le Tiers Monde (Paris : J.E.

Hallier & Albin Michel, 1981), p. 92 ; Jean-Marc Pillas, Nos Agents à La Havane.

Comment les Cubains ont ridiculisé la CIA (Paris : Albin Michel, 1995), pp. 189-192 ;

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Poultry », Washington Post (Newsday), 21 mars 1977, p. A18 ; Drew Fethersten & John

Cummings, « CIA Tied to Cuba’s 71 Pig Fever Outbreak », Boston Globe (Newsday), 9

janvier 1977 ; William Blum, Killing Hope, U.S. Military and CIA Interventions Since

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(site consulté le 24 février 2003) ; Jean-Marc Pillas, op. cit., pp. 193-200.

7 Rappelons simplement que lorsque les cas d’Anthrax se sont déclarés aux Etats-Unis

après les attentats du 11 septembre 2001, Washington a obligé l’entreprise

pharmaceutique suisse Bayer à lui vendre les vaccins…à moitié prix.

8 Impacto, « Afectaciones éconómicas por la introducción del Dengue Hemorrágico en

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42 William Blum, Killing Hope : U.S. Military and CIA Interventions Since World War II

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43 Francisco López Segrera, El conflicto Cuba-Estados Unidos y la crisis centroamericana,

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44 Pour la citation de Reagan, Maurice Lemoine, Amérique centrale, les naufragés

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45 Elliott Abrams et John Poindexter malgré leur implication dans le scandale de l’irangate

font actuellement partie du gouvernement de George W. Bush.

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C. IMPACT DU LOBBY CUBAIN SUR LA POLITIQUE

ETRANGERE DES Etats-Unis

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I. L’ESTABLISHMENT LIE A LA CANF

1. Les sénateurs, les représentants et le lobby cubain

Depuis la création de la CANF, dont le but premier est le maintien et le

renforcement des sanctions économiques, l’influence et l’appui financier aux membres du

Congrès et aux candidats présidentiels ont régulièrement augmenté. Les donations sont

passées de 180 000 dollars annuels à l’ensemble du corpus législatif en 1979 à plus de

1,7 millions de dollars en 1996 ce qui représente un décuplement de l’apport financier du

lobby cubain. Le total de la participation financière dans le processus électoral représente

près de 9 millions de dollars pour la période allant de 1979 à 2000 en ce qui concerne le

niveau fédéral (les contributions au niveau local ne sont pas comptabilisés). Bien que les

Cubains-Américains aient la réputation d’être des républicains convaincus, 60% de la

somme est allée aux Démocrates ce qui peut surprendre au vu du conservatisme de la

droite radicale cubaine. Au niveau législatif, 56% des financements furent effectués en

faveur des candidats démocrates alors qu’au niveau présidentiel, les candidats

républicains remportent la mise haut la main en recevant près de 70% des rétributions.

Bien que les donations du lobby cubain soient balayées par la puissance du lobby juif

dont l’apport financier est deux fois plus important que celui des Cubains-Américains et

qui est de loin le groupe ethnique qui a le plus d’influence tout au moins financière sur la

politique étrangère des Etats-Unis, le groupe de pression cubain-américain dépasse

largement tous les autres groupes ethniques en terme de participation financière à

l’élection des membres du Congrès et des candidats présidentiels. 1

L’apport financier le plus élevé a eu lieu durant l’année 1995-1996, période où a

été adoptée la loi Helms-Burton et les Démocrates reçurent près de 71% des

contributions. La Cuban American Foundation (CAF) qui est le bras politique de la CANF a

exercé un lobbying acharné auprès des membres du Congrès pour le maintien des

sanctions économiques. Les deux plus gros donateurs sont les hommes d’affaires Alfred

Estrada et Paul Cejas qui ont respectivement participé aux différentes campagnes à

hauteur de 725 310 dollars et 411 606 dollars pour la période 1979-2000. Alfred Estrada

est à la tête de la Pan American Entreprises et du magazine Vista, éminente revue au

sein de la communauté hispanique. 96% de ses donations furent en faveur des

Démocrates. Paul Cejas a été PDG du Care Florida Health Systems qui est la plus grosse

entreprise hispanique des Etats-Unis. Il a également été ambassadeur des Etats-Unis en

Belgique en 1998 sous Clinton. Il a également destiné 98% de ses donations aux

Démocrates. Jorge Mas Canosa est le quatrième donateur avec 364 670 dollars et a

majoritairement donné aux Républicains. 2

Ileana Ros Lehtinen (Républicaine/Floride) est le premier récipiendaire des

financements du lobby cubain avec 289 000 dollars jusqu’en 2000. D’origine cubaine et

étant arrivée aux Etats-Unis en 1959 à l’âge de 7 ans, elle a été la première femme

hispanique et la première personne cubaine à être élue au Congrès. Elle débuta sa

carrière politique en 1982 à la Chambre des Représentants de Floride et elle y resta

jusqu’en 1986, moment où elle devint sénateur. Profondément religieuse et

conservatrice, elle s’est distinguée par son opposition à l’avortement et son soutien à la

peine de mort. En 1989, Elle devint membre de la Chambre des Représentants des Etats-

Unis, malgré la présence de 10 candidats, où elle a systématiquement été réélue par le

18 ème Congressional District de Floride. Son directeur de campagne était Jeb Bush et le

président George H. Bush s’était spécialement rendu à Miami pour lui apporter son

soutien. Elle est également membre du Comité des Affaires Etrangères du gouvernement

où elle a inlassablement prôné une politique de durcissement à l’égard de Cuba et a joué

un grand rôle dans la mise en place de la loi Torricelli (Cuban Democracy Act) de 1992 et

la loi Helms-Burton (Cuban Liberty and Democratic Solidarity Act) de 1996. Elle est aussi

Vice-présidente du Sous-comité pour l’Hémisphère Occidental et présidente du Sous-

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comité pour les Opérations International et les Droits de l’Homme, prenant ainsi part à

un important secteur de la politique étrangère des Etats-Unis. En plus d’être intimement

liée à la CANF, elle maintient d’étroites relations avec le lobby juif et s’est prononcée de

nombreuses fois en faveur de la politique d’Israël. 3

Robert Torricelli (Démocrate/New Jersey) arrive en seconde position avec 254 000

dollars. C’est le seul personnage politique qui fait partie du quatuor de tête à ne pas être

d’origine cubaine. Membre du Sénat de 1996 jusqu’en janvier 2003 où il a servi un

terme, il a fait partie du Comité des Relations Internationales du Sénat, du Comité

Financier et du Comité pour les Affaires Gouvernementales. Il a également fait partie de

la Chambre des Représentants des Etats-Unis pendant 14 ans. Robert Torricelli est le

personnage politique qui a le plus récolté de fonds de toute l’histoire du New Jersey. Il

est devenu célèbre et respecté du lobby cubain lors de la proposition de sa loi en 1992

qui impliquait une recrudescence des sanctions économiques. Alors qu’il avait dans un

premier temps prôné une rationalisation des relations avec Cuba après avoir effectué une

visite à La Havane ayant déclaré à son retour que « le niveau de vie n’est pas très élevé

mais [le problème des] sans-abri, la famine et les maladies présents dans une grande

partie de l’Amérique latine ne se manifestent pas », il avait commencé dès 1991 à

travailler avec la CANF à l’élaboration de ce qui allait devenir le Cuban Democracy Act.

Rattrapé par un scandale de contributions illégales reçues durant sa campagne lors des

élections de 2002, Robert Torricelli a renoncé à se représenter pour « ne pas être

responsable de la perte de la majorité démocrate au Sénat » ajoutant que cela a été « la

décision la plus douloureuse de sa vie ». Cette affaire a sans doute mis un terme à sa

carrière politique selon la revue Time. 4

Robert Menendez (Démocrate/New Jersey) est le troisième à recevoir les plus

grosses contributions de la part du groupe de pression cubain avec 240 000 dollars.

Président du groupe démocrate depuis le 14 novembre 2002, il est le numéro trois

démocrate dans la Chambre des Représentants et c’est le premier hispanique à atteindre

un tel niveau dans l’histoire des Etats-Unis et le premier homme politique du New Jersey

à être élu à un poste si élevé. C’est également le plus jeune membre à atteindre un tel

niveau de responsabilité. Auparavant, il a été vice-président du groupe démocrate à deux

reprises. Il préside également les Task Forces du parti démocrate en ce qui concerne

l’éducation et la sécurité intérieure. Il a été Sénateur d’Etat et membre de l’assemblée

législative du New Jersey. Très lié au lobby cubain, il a notamment violemment critiqué

les suspensions du Titre III de la loi Helms-Burton qui s’en prend aux entreprises

étrangères et prône une politique très agressive à l’égard de Cuba. Il a

systématiquement rejeté toute négociation avec les autorités cubaines et tout

assouplissement des sanctions économiques ce qui explique ses bonnes relations avec la

CANF. 5

Lincoln Diaz-Balart (Républicain/Floride) est le quatrième à profiter des donations

de la communauté cubaine avec 204 000 dollars. En 1986, il a été élu pour la première

fois en Floride avec une marge jamais atteinte dans l’histoire de cet Etat. En 1989, il fut

élu sénateur de Floride et en 1992 il fut nommé à la Chambre des Représentants des

Etats-Unis pour le 21 ème Congressional District et a été réélu en 1998 avec la plus

importante marge de l’histoire de Floride. Il été réélu sans opposition en 2000 et 2002.

Membre du Comité des Affaires Etrangères de la Chambre, il a longuement travaillé pour

renforcer les relations israelo-étasuniennes et maintient des liens très étroits avec le

lobby juif. En 1994, Lincoln Diaz-Balart devint le premier hispanique à être élu au Rules

Committee, entité composé de neuf membres qui décide de quelle législation peut

atteindre la Chambre des Représentants et quels amendements peuvent être débattus,

dont il devint vice-président. C’est une position extrêmement importante et un éventuel

amendement portant sur les sanctions économiques à l’encontre de Cuba passera

forcement par cet organisme où il occupe la position la plus importante après le président

(de ladite entité). Il est également président du Sous-comité pour les Amériques de la

Chambre des Représentants. Il a eu une énorme influence dans l’adoption de la loi

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Helms-Burton en 1996 et a été responsable de la codification du blocus énumérant les

conditions indispensables à réaliser par le gouvernement cubain avant toute levée des

sanctions. Il a fidèlement défendu l’agenda de la droite radicale cubaine dans les couloirs

du Congrès et s’est fermement opposé à toute rationalisation des relations entre

Washington et La Havane et a soutenu infatigablement la ligne dure anti-castriste. Diaz-

Balart a également vivement critiqué le lobby du business dont l’hostilité croissante à

l’encontre des sanctions économiques commençait à contester la politique de Washington

à l’égard de Cuba. Il lui a notamment reproché de vouloir « ébranler la volonté du peuple

américain » pour ses « intérêts pécuniaires personnels ». Il a aussi envoyé

personnellement un courrier à Bill Clinton le 13 octobre 1998 lui demandant de rejeter le

projet présenté par des membres du Congrès sous le titre « National Bipartisan

Commission to review U.S-Cuba policy » destiné à soulager l’étranglement économique

exercé par Washington depuis 1959. Il a également déclaré que la décision de lever le

blocus n’était « pas entre les mains de Clinton » mais du lobby cubain. La revue

Congressional Quaterly le considère comme l’un des 50 membres les plus influents du

Congrès. Il est considéré comme l’un des dix hispaniques les plus importants des Etats-

Unis par le magazine Hispanic Magazine. Récemment, il a demandé un renforcement du

blocus accusant le gouvernement cubain d’appuyer le terrorisme international. 6

La CANF maintient également d’étroites relations avec Jesse Helms (Républican/Caroline

du Nord) qui est un fervent anticommuniste d’extrême droite, dont les propos sont

souvent à la limite du racisme, et qui s’est focalisé sur Castro comme si c’était une

vengeance personnelle, Dan Burton (Républicain/Indiana), Bob Graham

(Démocrate/Floride), Connie Mack (Républicain/Floride), Al Gore, Bill Clinton, et Dennis

Hays qui a été coordinateur des Affaires Cubaines de 1993 à 1995 pour l’administration

Clinton et ambassadeur au Surinam de 1997 à 2000, et qui est aujourd’hui Viceprésident

de la CANF, ainsi que de nombreux autres personnages politiques qui se

chargent de promouvoir le programme anti-castriste de l’extrême droite cubaine. 7

En 1992, quelques jours avant la prise de fonctions du président Clinton, un

célèbre avocat cubano-américain, Mario Baeza, allait être nommé au poste de secrétaire

d’Etat assistant aux affaires interaméricaines. Cependant, du jour au lendemain, son nom

fut rayé de la liste des candidats potentiels suite à l’intervention du président de la CANF

qui a opposé son veto à ladite nomination. En effet, Jorge Mas Canosa dépêcha trois

démocrates auprès du Président Clinton pour lui faire part de son hostilité au choix fait :

Bill Bradley, sénateur du New Jersey, Bob Graham, sénateur de Floride et le représentant

Robert Torricelli du New Jersey. Mario Baeza avait commis l’erreur de se prononcer

ouvertement contre le blocus et de s’être rendu par deux fois à Cuba. De plus, il était

afro-cubain et n’a jamais été en odeur de sainteté avec la CANF. Le représentant

démocrate de New York, Charles Rangel avait écrit au président lui demandant de ne pas

se laisser « intimider par les tactiques de chantage d’un groupe de pression motivé par le

racisme » et d’envoyer « un message clair que les tactiques de pression de droite et

racistes n’influeront pas la décision du président en ce qui concerne le choix pour un

secteur vital de la politique étrangère et économique ». Patricia Duarte, de la Brigade

Antonio Maceo, écrivait dans le New York Newsday : « Si Baeza est en faveur d’une

ouverture des relations avec Cuba, il n’est pas le seul. Je crois que beaucoup de Cubains

de ma génération sont d’accord – et il se peut qu’ils restent silencieux de peur de subir

les représailles de la CANF. Et c’est une tragédie ». La CANF a eu une influence très

importante dans l’élaboration de la politique cubaine des Etats-Unis. 8

2. La famille Bush et la CANF

Il serait difficile de trouver d’amis politiques plus intimes à la CANF que la famille Bush.

En effet, agent de CIA lors du triomphe de la révolution cubaine, George H. Bush était

chargé de recruter les exilés cubains pour qu’ils sèment la terreur dans l’île. George W.

Bush, l’actuel président des Etats-Unis qui est le seul président de l’histoire étasunienne

à avoir été élu alors qu’il disposait d’un nombre de voix inférieur à son concurrent, doit

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ce privilège en partie au lobby cubain de Floride qui a empêché le décompte des voix.

Quant à son frère, Jeb Bush, il doit son poste de gouverneur de Floride à l’appui de

l’extrême droite cubaine.

Le successeur de Ronald Reagan à la présidence des Etats-Unis a longtemps été un agent

de la CIA. Lors du triomphe de la révolution cubaine, il recrutait et organisait les exilés à

des actions de sabotage dans l’île pour le compte du gouvernement étasunien décidé à

renverser le pouvoir révolutionnaire. En juin 1976, alors directeur de la CIA, George H.

Bush créa l’organisation terroriste CORU (Commando d’Organisations Révolutionnaires

Unies) qui, par la suite, a été responsable de nombreux actes terroristes aux Etats-Unis.

Signalons que George H. Bush est le candidat à la présidence qui a reçu le plus gros

financement de la part du lobby cubain avec 165 225 dollars, le suivant étant son fils

George W. Bush avec 114 550 dollars. 9

Un événement impliquant Orlando Bosh et George H. Bush a suscité un tollé en 1988.

Tout d’abord, commençons par rappeler qui est ce triste personnage et décrire ses

sombres exploits. Orlando Bosh, agent de la CIA, criminel notoire et responsable de

nombreux attentats contre Cuba, fait partie, ainsi que ses acolytes fascistes des « vieux

habitués du réseau terroriste latino-américain ». 10 Il a été conseiller de la police politique

de Pinochet (DINA) et a été impliqué dans l’assassinat d’Orlando Letelier et de Ronnie

Moffit en septembre 1976. Il est responsable, avec Luis Posada Carriles, de l'effroyable

tragédie d'octobre 1976 qui coûta la vie à 73 personnes. Il considéra l’attentat contre

l’avion de ligne comme étant « un acte légitime de guerre » ajoutant qu’il « n’y avait pas

d’innocents dans l’avion ». Après avoir passé quelques années dans une prison au

Venezuela, il échappa à la justice vénézuélienne grâce notamment à l’aide de la CIA et à

George H. Bush qui arrangea son transfert, du Département d’Etat et de l’exil de Miami,

et retourna vivre aux Etats-Unis. Il fit partie de la campagne terroriste lancée contre le

gouvernement sandiniste. Après les exactions commises au Nicaragua il retourna aux

Etats-Unis où il fut arrêté pour une attaque au bazooka contre un navire polonais le 16

septembre 1968 et pour le non-respect de la liberté conditionnelle qui lui a été accordée

en 1972. Le 23 juin 1989, le Département de la Justice ordonnait, par le biais de son

ministre Dick Thomburgh, au président Bush d’extrader « le terroriste incorrigible » sans

succès car aucun pays, hormis Cuba, n’accepta d’accueillir cet individu. Mais l’impensable

allait arrivait le 19 juillet 1990 : suite aux pressions de la membre du Congrès d’origine

cubaine, Ileana Ros-Lehtinen intimement liée à la CANF, le président des Etats-Unis,

George H. Bush accorda son pardon présidentiel à l’un des terroristes les plus sanglants

du continent que le FBI avait qualifié de « terroriste numéro un » de Floride. Ajoutons

aussi que l’ancien président est étroitement lié à toute une clique représentée par la

CANF et a été très proche de Jorge Mas Canosa et a fait don de trois avions de USAF à

l’organisation terroriste Brothers to the Rescue mené par le criminel José Basulto en

1991. 11

La libération de Orlando Bosh s’est effectuée malgré le rapport du Département de la

Justice, remis au président Bush qui relatait : « En ayant comme base l’information dont

je dispose, confidentielle et non confidentielle, il est clair que durant plus de 30 ans Bosh

s’est montré résolu et inébranlable dans son choix de la violence terroriste. Il a créé et

dirigé des organisations dont les objectifs incluent justement des actions de ce type.

Durant de nombreuses années, il a été lié personnellement à des attaques terroristes à

l’extérieur et a aussi appuyé et réalisé des actes de sabotage et des attentats à la

bombe » ajoutant qu’à « maintes reprises, il a exprimé et prouvé sa détermination à

provoquer aveuglément morts et ravages ». 12

Peu de temps après, le New York Times lançait dans un éditorial : « Au nom de la lutte

contre le terrorisme, les Etats-Unis ont envoyé des avions pour bombarder la Libye et

l’armée pour envahir le Panama. Et maintenant, l’administration Bush laisse en liberté

l’un des terroristes les plus notoires du continent. Et pour quelles raisons ? La seule

raison évidente : s’attirer les faveurs du sud de la Floride ». 13

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Le 8 janvier 1993, la Commission des Droits de l’Homme des Nations Unies a publié un

rapport sur « la question de l’utilisation de mercenaires comme moyen de violation des

droits de l’homme et pour empêcher l’exercice du droit des peuples à

l’autodétermination ». Dans ce document, une large place était faite aux mercenaires

cubains à la solde des Etats-Unis. Sur Orlando Bosh, il était écrit ce qui suit :

Des mercenaires connus ont pris part à toutes ces activités qui sont équivalentes au terrorisme, et

certains d’entre eux continuent de vivre en totale liberté et avec une impunité absolue à l’intérieur du

territoire des Etats-Unis, à partir duquel ils élaborent de nouveaux plans qu’ils annoncent publiquement

et dont ils se vantent après l’événement. Des groupes terroristes et mercenaires sur le territoire des

Etats-Unis, soutenu par de la publicité, s’organisent ouvertement de manière militaire, s’entraînent

avec des armes et des explosifs, et publient ouvertement leurs plans pour des actions agressives et

illégales contre Cuba. [Parmi ceux-ci se trouve] Orlando Bosh qui vit sans se cacher aux Etats-Unis et

écrit pour des journaux de ce pays. 14

George H. Bush a sans doute été le premier président des Etats-Unis à remettre en

liberté l’un des pires terroristes du monde malgré le fait d’avoir condamné dans les

termes les plus virulents le terrorisme international, et en allant à l’encontre du FBI, du

Département de la Justice, et de l’INS. Actuellement, Orlando Bosh se promène

tranquillement dans les rues de Miami jouissant de sa réputation de « combattant de la

liberté », (un combat qui consiste à faire exploser en plein vol des avions de passagers et

à assassiner toute personne osant exprimer un peu trop fort ce que la majorité des

Cubains de Floride pense), dans une ambiance ou l’anti-castrisme reste plus que jamais à

l’ordre du jour. (Le Parti Républicain est resté étrangement silencieux sur cette amnistie

mais est devenu hystérique quand Bill Clinton a gracié un fraudeur fiscal). Après tout, de

nombreuses atrocités commises en Amérique Latine et ailleurs ont été justifiées par la

lutte anticommuniste. Et la guerre terroriste menée contre Cuba ne fait pas exception à

la règle. 15

En tout cas, le pardon accordé par le président Bush à permis à son fils Jeb d’être élu et

réélu en 2002 gouverneur de Floride grâce aux votes des Cubains-Américains. Au

moment de la grâce présidentielle, Jeb Bush était le responsable de la campagne de la

candidate cubaine Ileana Ros Lehtinen, actuellement membre du Congrès représentant la

Floride. Encore une histoire controversée : En septembre 2002, Jeb Bush nommait Raul

Cantero, un Cubain-Américain, à la tête de la Cour Suprême de Floride, en replacement

du juge Major B. Harding parti à la retraite. Raul Cantero a été l’avocat du terroriste

Orlando Bosh, première personne à utiliser un avion de passagers comme une arme

terroriste en 1976, et a fait l’apologie de toutes les actions terroristes menées contre

Cuba les légitimant au nom de la lutte contre Castro. Il a qualifié son client de « patriote

cubain » dont les actes terroristes n’étaient, selon lui, que des « déclarations

politiques ». Ce nouveau juge à la tête de la plus haute instante juridique de Floride,

dont une grande partie de la presse de Floride a contesté la nomination, n’est autre que

le petit-fils de…Batista, l’ancien dictateur cubain renversé par la révolution et le fils d’un

officier de BRAC (Bureau of Repression of Communist Activities), sinistrement notoire

pour ses actes de torture et ses assassinats sous Batista. D’ailleurs un grand portrait de

son grand-père orne son bureau à la Cour Suprême. Radio Progreso, le South Florida Sun

Sentinel, et le St. Petersburg Times se sont prononcés contre la nomination de Cantero

l’invitant à condamner publiquement l’utilisation de la violence terroriste. Francisco Aruca

de Radio Progreso, déclarait que Cantero « était le porte-parole d’une campagne de

relations publiques pour faire d’Orlando Bosh un héros et vu qu’il n’a pas rejeté ces

opinions, il n’est pas légitime pour la Cour Suprême ». 16

Etant le premier juge hispanique à être nommé juge de la Cour Suprême, c’est aussi le

premier homme à n’avoir jamais exercé l’activité de juge à être nommée à un tel poste.

Il est quand même curieux, à l’heure de la lutte contre le terrorisme déclaré par le

président des Etats-Unis, de voir le frère du président nommé à un poste si important, un

personnage qui a passé sa vie à défendre les agressions terroristes lancées contre Cuba.

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Une fois encore, l’impartialité de la Cour Suprême de Floride, en ce qui concerne Cuba,

ne restera qu’une chimère bien lointaine. Lors de sa candidature à la Cour, il déclarait :

« En tant qu’Américain dont la famille a fui un régime totalitaire, j’ai appris à apprécier et

défendre les valeurs démocratiques et la règle du droit. Je sais le prix qu’une société paie

quand elle manque de liberté d’expression, liberté de culte, liberté de contestation ». 17

Nous admettrons qu’en terme de liberté d’expression et de contestation, Miami n’est pas

l’exemple idéal.

L’actuel président des Etats-Unis, George W. Bush est le premier président

constitutionnellement illégitime. Rappelons, lors des élections de 2000, qu’en plus des

votes non comptabilisés, cinq millions de bulletins ont disparu. Nelson Valdes, professeur

à l’Université du Texas, parlera sarcastiquement de « la main invisible de la démocratie »

pour expliquer la mystérieuse disparition des précieux papiers. Les Républicains, tel que

Jack Kemp, ont été les premiers à qualifier la « victoire » de Bush comme un « coup

d’Etat judiciaire ». Paul Gigot du Wall Street Journal, qui est loin d’être un radical, en a

même fait l’écho ainsi que de nombreux journaux conservateurs tel que The Observer de

Londres. Une autre nomination effectuée par le président Bush fut aussi très

controversée parmi les nombreuses autres formant l’actuelle administration telle que

celles de Elliot Abrams, impliqué dans l’affaire Iran-Contra, à qui le père Bush accordera

son pardon en 1992 et celle de John Negroponte qui a été ambassadeur au Honduras

impliqué dans les exactions commises contre les mouvements progressistes d’Amérique

centrale. Nous nous limiterons à une seule nomination polémique : celle de Otto Reich

pour le poste de Sous-secrétaire d’Etat pour les Affaires Latino-américaines. Otto Reich,

également Cubain-Américain, a été sous le gouvernement Reagan l’administrateur

assistant de Agence pour le Développement International (AID) de 1981 à 1983 et

directeur du Bureau de la Diplomatie Publique pour l’Amérique latine et les Caraïbes

(S/LPS) du Département d’Etat de 1983 à 1986. C’est à ce dernier poste qu’il génèrera le

plus de controverses suite à son implication dans le scandale Iran-Contra. Les documents

maintenant déclassés du National Security Archive démontrent pleinement sa

responsabilité dans la campagne terroriste lancée contre le Nicaragua notamment au

niveau des opérations de propagande et de guerre psychologique. 18

Otto Reich est un ultraconservateur intimement lié à la CANF et à toutes les

organisations anti-castristes. Il a été, entre autres, l’instigateur du coup d’Etat fasciste

contre le président du Venezuela, Hugo Chávez, le 11 avril 2002. 19 Wayne S. Smith

écrivait le 31 mai 2002 : « Les éléments en Floride qui aidèrent à protéger des terroristes

sont les alliés politiques les plus proches du président George W. Bush. En effet, il y a

quelques mois, il a nommé Ileana Ros Lehtinen, Chief of Staff, Mauricio Tamargo à une

importante position au gouvernement fédéral. Otto Reich, l’un des plus radical de

l’extrême droite cubano-américaine et intime allié de la CANF, a été nommé Soussecrétaire

d’Etat pour les Affaires Latino-américaines. Roger Noriega est maintenant

notre ambassadeur à la OEA (Organisation des Etats Américains). En un mot, ceux qui

ont protégés les terroristes se chargent maintenant de notre politique latinoaméricaine

». 20

Cependant, la nomination temporaire de Otto Reich pour une année étant écoulée, il

devait avoir l’aval du Sénat pour être confirmé à son poste. Les sénateurs démocrates se

sont farouchement opposés au Sous-secrétaire d’Etat pour ses oppositions extrémistes et

son implication dans la sale guerre contre le Nicaragua. Mais George W. Bush ne l’a pas

abandonné pour autant. En effet la conseillère à la Sécurité Nationale, Condoleezza Rice,

faisait savoir, le 9 janvier 2003, que Otto Reich ferait désormais partie de l’équipe de la

Maison Blanche, comme envoyé présidentiel pour les Amériques, position qui ne

nécessite pas l’accord du Sénat. Il peut paraître surprenant de voir tant d’obstination à

placer ce personnage dans l’administration. Cela le devient beaucoup moins quand l’on

sait que la Floride avec 25 grands électeurs, vient au quatrième rang des Etats. D’ailleurs

dans un discours datant du 13 juillet Bush avait réaffirmé son hostilité à tout changement

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de la politique cubaine des Etats-Unis signalant que les sanctions économiques étaient

une « déclaration morale ». 21

Notes

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novembre 2002).

19 Voir note 31 du chapitre I de la partie B « Anticommunisme et anticastrisme ».

20 Wayne S. Smith, « Who Is a Terrorist ? », The Sun Sentinel, 31 mai 2002.

www.ciponline.org/cuba/newarticles/ss053102smith.htm (site consulté le 5 février 2003).

21 George W. Bush, « Bush Announces Strengthening of measures Dealing with Cuba »,

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novembre 2000.

II. 44 ANS DE PROPAGANDE CONTRE CUBA ET PAS UN MOT

SUR SES REUSSITES SOCIALES

La révolution cubaine est sans doute l’événement historique qui a généré et qui continue

de générer le plus de controverses depuis l’après-guerre. Elle a suscité des passions les

plus folles, déclenché les haines les plus féroces, faisant de l’histoire cubaine post-59 la

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période la plus vilipendée de l’histoire latino-américaine où les remarquables réussites

sociales sont dénigrées et jetées aux oubliettes de l’histoire de la justice sociale du Tiers

Monde. Par exemple, Cuba reste le seul pays pauvre à s’être libéré de la misère malgré le

blocus. Par contre les stigmatisations du régime politique sont effectuées à tour de bras

et les dénonciations de la restriction des libertés individuelles sont sans cesse reportées.

Soulignons que l’hostilité étasunienne et l’acharnement de Washington à isoler Cuba à

tous les points de vue et l’état de siège économique, ne favorisent en aucun cas

l’émergence d’un climat démocratique. Aux Etats-Unis, toutes les nouvelles concernant

Cuba sont négatives sans aucune exception. Il en est généralement de même en Europe

occidentale. Les préjugés à l’encontre de Cuba restent bien ancrés dans les esprits,

malgré la fin de la guerre froide, et sont souvent peu en accord avec la réalité du pays.

Déjà en 1959, le journaliste du New York Times, Herbert L. Matthews estimait que « la

façon dont la révolution cubaine avait été contée dans nos journaux [était] le plus grave

échec de l’histoire du journalisme américain » 1 , ajoutant que la manière dont la presse

« rendait compte de la révolution cubaine était le pire exemple de ses vices ». 2

La propagande la plus scandaleuse fut sans doute le Cuban Children’s Program organisé

par l’Administration Eisenhower en 1960. La communauté en exil commença à faire

circuler des fausses histoires à propos de l’endoctrinement des enfants qui seraient soidisant

arrachés à leurs parents pour être envoyé en Union Soviétique par le

gouvernement révolutionnaire de Castro. Cela en vue de discréditer le régime et de

déclencher l’hostilité de la population. Le faux décret que les exilés faisaient circuler, le

faisant passer pour un document officiel de l’administration révolutionnaire disait ceci :

Chaque enfant restera avec ses parents jusqu’à l’âge de trois ans, et sera ensuite remis à

l’Organisation des Cercles Infantiles. Chaque enfant âgé de trois à dix ans vivra dans un dortoir

gouvernemental et ne pourra voir ses parents plus de deux fois par mois…. Les enfants plus âgés

seront placés à l’endroit le plus approprié et donc ne reviendraient sans doute jamais. 3

Un total de 8 331 enfants furent arrachés à leurs parents et envoyés aux Etats-Unis par

le biais de ce programme qui coûtera plus de 28 millions de dollars à Washington et qui

déchirera de nombreuses familles trompées par les exilés. 4 Les journaux s’empressaient

d’exprimer leur aversion envers le pseudo endoctrinement communiste, et reprenaient

allègrement les racontars répandus par les exilés. 5 Felix Roberto Masud-Piloto, qui s’est

retrouvé aux Etats-Unis suite aux rumeurs répandues par la communauté exilée déclarait

qu’aucune preuve à ce jour n'avait pu être apportée et remarquait que :

Pas un mot n’évoquait cependant la situation dramatique, et dans la plupart des cas, traumatique à

laquelle les enfants faisaient face : une séparation de leurs parents, une arrivée en terre étrangère,

une barrière linguistique, et une adaptation à une nouvelle culture et un nouvel environnement. Ces

transformations émotionnelles furent grandement ignorées par les médias pendant que les enfants

étaient rapidement éparpillés dans plus d’une centaine de communautés de Miami en Floride, à

Yakima, à Washington. 6

Les histoires les plus fantaisistes ont circulé concernant le leader de la révolution cubaine

et actuel président de Cuba. La CANF a notamment publié un ouvrage où une biographie

de Fidel Castro était ébauchée : « Dans sa jeunesse, Fidel était un gangster. A Bélen

[lycée], ses héros étaient Hitler, Mussolini, et Primo de Rivero, le phalangiste espagnol. Il

avait l’habitude de se promener avec une copie espagnole de Mein Kampf sous le bras…Il

n’est pas difficile de dire que Fidel Castro était un fasciste, un sympathisant fasciste ou

un nazi…Y’a t-il quelque chose d’humain [chez cette personne] ? Je n’arrive pas à trouver

une seule qualité humaine et je ne cherche pas d’être critique ». 7

En ce qui concerne les supposées tendances fascistes de Fidel Castro, les affirmations

précédentes sont tellement burlesques qu’aucun commentaire n’est nécessaire. Par

contre, personne ne peut remettre en cause le degré d’autoritarisme de la révolution

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cubaine (qui s’explique en grande partie par la strangulation économique et la campagne

terroriste contre Cuba) même si aucun organisme international n’a pu démontrer autre

chose que ce que le propre gouvernement cubain admet en terme de violations des droits

de l’homme. La seule divergence porte sur le nombre de prisonniers. Rappelons

également que les sanctions économiques et la campagne terroriste menées contre Cuba

font que le pays se trouve dans un état d’exception depuis le triomphe de la révolution

avec toutes les dérives que cela présuppose en termes de libertés individuelles.

Soulignons aussi que Cuba est sans doute le seul pays d’Amérique latine où pas un cas

de torture n’a été reporté, pas une disparition n’a eu lieu, aucun assassinat politique n’a

été perpétré en 44 années de révolution et d’état de guerre. Aucun journaliste n’a été

tué. Tout cela est confirmé par le rapport du Département d’Etat de 2000 qui stipule qu’il

n’y a pas de « disparitions ou d’assassinats pour des raisons politiques » à Cuba. La triste

histoire de l’Amérique latine avec ses légions de disparus, ses tortures en série, ses

génocides, et toutes les exactions commises par les régimes néo-fascistes tels que ceux

du Chili, de l’Argentine, de Bolivie, et d’Amérique centrale, est là pour attester de ce que

l’on pourrait appeler l’exception cubaine. Ajoutons également que hormis les cercles

d’extrême droite de Miami (qui n’ont jamais fourni la moindre preuve), aucune institution

internationale n’a jamais accusé Cuba des crimes commis par une immense partie des

pays latino-américains durant la guerre froide. A cet égard, l’écrivain espagnol, Manuel

Vásquez Montalbán, remarquait : « Je trouve en tout cas surprenant que, en quatre

décennies de castrisme, et avec le luxe de moyens, matériels et humains, dont dispose

l’opposition à Miami, on n’ait pas pu produire un seul Livre Blanc sur la torture à Cuba :

un inventaire précis et fiable, comme il en existe à l’encontre de nombreux pays, y

compris de démocratie formelle ». 8

Quant aux qualités humaines soi-disant inexistantes, évoquons quand même certains

chiffres, s’ils ne contestent pas le fait que Fidel Castro soit un homme de pouvoir,

démontrent le degré d’humanisme de la révolution cubaine et de son leader qui ont fait

de Cuba la société la plus égalitaire d’Amérique latine et du Tiers-monde, où le niveau de

justice sociale atteint reste sans précédents : Le taux d’analphabétisme pour l’Amérique

latine est de 11,7% et de 0,2% pour Cuba. Le taux de mortalité infantile est de 32 pour

mille pour l’Amérique latine et de 6,2 pour mille pour Cuba (celui de Washington est deux

fois plus élevé). L’espérance de vie est de 70 ans pour les Latino-américains et de 76 ans

pour les Cubains. Le taux de scolarisation dans l’enseignement primaire (jusqu’à 11 ans)

est de 92% pour le continent latino-américain et de 100% pour l’archipel des Caraïbes.

Le taux de scolarisation dans l’enseignement secondaire (jusqu’à 14 ans) est de 52%

pour l’Amérique latine et de 99,7% pour Cuba. 76% des enfants latino-américains

atteignent le niveau du collège et ce chiffre est de 100% pour les élèves cubains. Le

nombre de médecins pour 100 000 habitants est de 160 pour l’Amérique latine et de 590

pour Cuba. Le taux de la population entre 15 et 49 ans touchée par le sida est de 0,5%

en Amérique latine et de 0,05% à Cuba. Le taux d’incidence annuel du sida pour 1 million

de personnes est de 65,25 pour l’Amérique latine et de 15,6 pour Cuba. Le Comité

Economique et Sociale de l’Union Européenne écrivait dans un rapport de 1997 : « Ces

chiffres sont exceptionnels parmi les pays en voie de développement ». 9

Aucun pays latino-américain ou du Tiers-monde n’a atteint un Indice de Développement

Humain (IDH) comparable à celui de Cuba lequel est similaire à celui des pays les plus

développés. Le rapport du 6 décembre 2001, de la Commission Economique pour

L’Amérique Latine des Nations Unies (CEPAL) a conclu que « la politique sociale est

indiscutablement un secteur où Cuba a excellé en garantissant une distribution équitable

du revenu et le bien-être de la population, en investissant dans le capital humain ».

Rappelons encore une fois que Cuba est l’un des pays les plus pauvres d’Amérique latine

en terme de ressources naturelles et qu’un blocus datant de 44 ans nuit au

développement économique et social de l’île. Nous admettrons au vu de ces données que

le gouvernement cubain est profondément concerné par le bien-être de sa population et

qu’à bien des égards, il est plus démocratique que de nombreuses nations latino-

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américaines et tiers-mondistes. Le président cubain a été le seul chef d’Etat à recevoir la

médaille Health for All de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) le 12 avril 1988 en

reconnaissance de son travail en faveur de la santé dans le monde. Par conséquent

comparer Fidel Castro à Augusto Pinochet, à Somoza, Videla ou Batista serait une

aberration historique. Rappelons simplement que d’après l’UNICEF, 36 000 enfants

meurent par jour de faim ou de maladie curable dans le monde et qu’aucun n’est cubain.

C’est à partir de ces chiffres que devrait s’engager tout débat sérieux, dénué de toute

pollution idéologique, sur les droits de l’homme. 10

Jaime Suchlicki, directeur de l’Institute of Inter-American Studies et professeur d’Histoire

à la Graduate School of International Studies, résume les victoires de la Révolution en

trois points: sa longévité, sa militarisation, et son engagement dans la violence. Pas un

mot, des succès dans le domaine de l’éducation, la santé, le travail, le sport et

l’internationalisme. 11

Totalitaire ou non, Cuba dispose du meilleur système de santé d’Amérique latine et du

Tiers-Monde. Signalons au passage que seule l’extrême droite cubaine et Washington

qualifient le gouvernement cubain de totalitaire qui est en réalité autoritaire (par contre

la dictature sanglante de Pinochet avait été qualifiée d’autoritaire et non de régime

totalitaire. Il serait intéressant d’étudier les paramètres pris en compte pour distinguer

les deux qualifications). Ce service social est si performant que le ministère de la santé

britannique a envoyé une commission étudier les secrets de la réussite cubaine dans ce

domaine. 12 De tout l’hémisphère américain, seul le Canada possède un taux de mortalité

infantile inférieur à celui de l’île socialiste. La American Association for World Health

signalait que le système de santé de Cuba était « considérée de manière uniforme

comme le modèle prééminent pour le Tiers-monde ». Cuba dispose de deux fois plus de

médecins que l’Angleterre pour une population quatre fois inférieure. Le seul vaccin

contre la méningite cérébro-spinale B reconnu par l’Organisation Mondiale de la Santé

(OMS) est une découverte cubaine. C’est d’ailleurs le seul vaccin de ce genre au monde.

Cuba abrite 2% de la population latino-américaine mais 11% de ses scientifiques. La

santé est restée une priorité du gouvernement cubain, même durant la très délicate

période spéciale qui a suivi la chute du bloc soviétique : entre 1989 et 1994, le budget de

la santé a augmenté de 17% et, fait important, « il n’y a pas de barrière raciale qui

empêche l’accès à la santé » selon la American Public Health Association qui remarque,

non sans fondement, qu’il est « souvent dit que Cuba ne représente plus une menace

pour les Etats-Unis. Mais ce n’est pas vrai. C’est une menace. La menace émane de

l’exemple offert par Cuba – un exemple d’un pays avec la volonté politique de fournir une

bonne attention médicale à tous ses citoyens ». Cuba est le pays qui dispose du nombre

de plus élevé de médecins par habitant au monde. 13

Pour ce qui concerne l’éducation, le Département de l’Education de l’UNESCO

signale que Cuba dispose du taux d’analphabétisme le plus bas et du taux de

scolarisation le plus élevé d’Amérique latine. Selon le même organisme, un élève cubain

a deux fois plus de connaissance qu’un enfant latino-américain. Il déclare que « Cuba,

bien que ce soit l’un des pays les plus pauvres d’Amérique latine, dispose des meilleurs

résultats en ce qui concerne l’éducation basique». Juan Cassassus du Latin American

Laboratory for Evaluation and Quality of Education de l’UNESCO note que « l’éducation a

été la priorité de haut rang à Cuba depuis 40 ans. C’est une véritable société

d’éducation ». Le rapport de 1999 portant sur l’éducation et concernant 13 pays

d’Amérique latine classe Cuba en tête dans toutes les matières d’enseignement. Sur 11

millions d’habitants, plus de 500 000 disposent d’un diplôme universitaire et il y a

actuellement 4 millions d’étudiants à Cuba. 75% des écoles se situent à la campagne.

Dans le secteur de l’éducation aussi, Cuba reste le pays qui dispose du nombre le plus

élevé de professeurs par habitant au monde. 14

Jaime Suchlicki évoque également l’internationalisme qu’il réduit uniquement à

« l’engagement dans la révolution violente ». 15 Les missions internationales cubaines se

déroulent dans les régions les plus éloignées des pays pauvres. Cuba reste le pays qui a

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fourni la plus importante assistance aux victimes de la catastrophe de Chernobyl malgré

les difficultés économiques et les nécessités nationales. Le 27 janvier 1993, le Ministre

ukrainien de la santé déclara qu’aucun pays n’avait apporté autant d’aide à l’Ukraine, la

Biélorussie, l’Arménie et la Russie que Cuba. 16 En 1992, après la catastrophe nucléaire de

Goiania au Brésil, beaucoup moins médiatique que celle de Chernobyl mais que reste le

deuxième plus grave désastre nucléaire de l’histoire, Cuba fut le seul pays à en accueillir

les victimes. 17

En 2001, 2 359 médecins cubains ont offert leurs services de manière gratuite dans 17

pays pauvres. En 2002, 2 671 médecins ont accompli des missions dans le Tiers Monde

sous l’égide du Programme Intégral de Santé lancé par Cuba. Depuis 1959, plus de 42

000 médecins ont officié dans plus de 100 pays offrant une attention médicale à plus de

15 millions de personnes. Actuellement, Cuba dispose de plus de médecins travaillant

bénévolement dans les zones rurales du Tiers Monde que tous les médecins

internationaux provenant des autres pays du monde réunis, et envoient chaque année à

travers le monde plus de médecins que l’Organisation Mondiale de la Santé. Cuba offre

également 500 bourses annuellement à des étudiants étasuniens, provenant des

minorités ethniques pour poursuivre un programme de médecine de six années qui

coûterait autour de 200 000 dollars dans une université des Etats-Unis. Ce programme a

été lancé après une réunion avec les membres afro-américains du Congrès. Au total, il y

a 24 000 étudiants de plus de 80 pays qui poursuivent des études totalement gratuites à

Cuba. Un fait assez exceptionnel pour être souligné, mais censuré par la majorité des

médias internationaux, concerne le Honduras : Actuellement, il y a plus d’étudiants noirs

honduriens poursuivant une carrière de médecine à l’Ecole Latino-Américaine de Sciences

Médicales de La Havane que tous ceux inscrits dans l’université la plus grande de leur

pays depuis sa création. 18

En 1998, Fidel Castro déclarait lors d’un discours aux Comités de la Défense de la

Révolution (CDR) :

Nous subissons un blocus, nous n’avons pas la possibilité d’acheter [quoi que ce soit] en Floride ni

d’obtenir un crédit auprès d’une banque [ou] d’une de ces agences internationales. Mais d’un autre

côté nous disposons de nous même : un peuple endurci, un peuple vétéran, un peuple d’expérience,

un peuple organisé, un peuple protégé. Voici les données, les noms et adresses des personnes

décédées. Pas un enfant, pas un adolescent, pas un jeune ! En dépit de nos difficultés et pénuries,

nous avons envoyé l’aide auparavant mentionnée à la République Dominicaine sous la responsabilité

de la Révolution et avec votre appui. Voilà ce qui est important. 19

Toutes ces réussites sociales, incroyables à concevoir pour un pays du Tiers Monde qui

de plus est insulaire et victime du plus long blocus de l’histoire imposé par la première

puissance mondiale, sont supprimées tacitement par la majeure partie des médias

occidentaux. Le président de la Banque Mondiale, James Wolfensohn, déclarait en avril

2001 que Cuba avait « fait un excellent travail en matière d’éducation et de santé. Ils ont

fait un bon travail et cela ne me gêne pas de l’admettre ». Jimmy Carter a félicité Cuba

pour « ses systèmes magnifiques de santé et d’éducation universelles ». La CANF n’en dit

pas un mot évidemment et la presse internationale, qui est d’habitude tellement

préoccupée par tout ce qui se passe à Cuba, ne juge pas ces informations dignes

d’intérêt. 20

Quel que soit le jugement porté sur le gouvernement cubain, que l’on le considère

structurellement non démocratique ou pas, les acquis sociaux sont là. Rappelons

simplement qu’il sera difficile de parler de dictature à Cuba tant que des pays comme le

Mexique, la Colombie ou l’Argentine, seront considérés comme démocratiques à moins

que l’on ne limite le concept de démocratie à sa définition doctrinale.

La dernière campagne de propagande lancée contre Cuba faisait allusion au

potentiel biotechnologique de l’île qui pourrait soi-disant fournir des armes chimiques à

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des groupes terroristes. Depuis 1982, Cuba a été accusé d’être un «Etat soutenant le

terrorisme » par le Département d’Etat. A l’époque, le terrorisme en question était

représenté, aux yeux de Washington par les Sandinistes et les guérillas du Salvador et

du Guatemala luttant contre les dictatures au pouvoir. Lors du rapport annuel sur le

terrorisme publié en avril 2001, Cuba faisait partie de la liste des Etats supportant le

terrorisme avec l’Iran, l’Irak, la Syrie, la Libye, la Corée du Nord et le Soudan.

Etrangement, ni l’Arabie Saoudite ni l’Afghanistan, ni le Pakistan n’appartenaient à cette

liste. L’explication donnée pour la stigmatisation de Cuba était la suivante : « Cuba a

continué à fournir un refuge à plusieurs terroristes et à des fugitifs étasuniens en 2000.

Un nombre de terroristes basques [appartenant à] l’ETA qui a trouvé refuge à Cuba il y a

quelques années continue de vivre dans l’île, de la même manière que plusieurs fugitifs

terroristes étasuniens. La Havane maintient aussi des liens avec d’autres Etats terroristes

et des insurgés d’Amérique latine. Les deux plus grandes organisations terroristes des

Etats-Unis, les Forces Armées Révolutionnaires de Colombie (FARC) et l’Armée de

Libération Nationale (ELN) ont toutes deux maintenus une présence permanente sur

l’île ». Aucun lien clair n’est dessiné entre un quelconque attentat terroriste dans le

monde et Cuba. Philip Peters, membre du Département d’Etat sous Reagan et Bush

remarquait que « la désignation de Cuba était exagérée pour des raisons politiques [et]

que la politique intérieure était un facteur faussant [la donne] ». Richard Nuccio, le

conseiller au Président Clinton notait que « les gens [accusant Cuba] savent qu’il s’agit

d’un calcul politique. Cela rend heureux une partie des électeurs en Floride et cela ne

coûte rien ». 21

Si l’on s’en tient aux paramètres avancés par le Département d’Etat pour qualifier un

pays de terroriste, les Etats-Unis devraient faire partie de la liste car non seulement ils

abritent les pires terroristes de l'hémisphère américain comme Orlando Bosh, mais en

plus ils maintiennent d'étroites relations avec l’Etat colombien qui est, selon la Fédération

Internationale des Ligues des Droits de l’Homme (FILDH), responsable des 2/3 des

assassinats commis en Colombie, avec l’aide des paramilitaires dont les liens avec

l’armée régulière sont si étroits qu’il est extrêmement difficile de les différencier.

Curieusement, les paramilitaires colombiens n’ont été qualifiés d’organisation terroriste

que très récemment (en 2002) après maintes pressions malgré le fait que tous les

organismes internationaux des droits de l’homme s’accordaient à dire que la plupart des

exactions commises en Colombie sont l’œuvre des groupuscules paramilitaires. 22

En septembre 2001, juste après les odieux attentats contre les tours jumelles de New

York, l’Institut des Etudes Cubaines et Cubano-Américaines de l’Université de Miami,

financé par la CANF publiait une étude sous le titre : Castro and Terrorism, a Chronology.

La droite radicale de Miami a essayé en vain de lier les attentats du 11 septembre 2001

avec le gouvernement cubain espérant profiter de l’émoi suscité pour raviver l’hostilité

des Etats-Unis envers l’archipel des Caraïbes et faire en sorte qu’il soit inclus dans le

réseau terroriste international. Il est ironique de constater que les responsables

d’innombrables actes terroristes contre Cuba s’enveloppent dans la toge de la lutte

contre le terrorisme et accuse la première victime du terrorisme de fomenter ces

inqualifiables actes. Dans cette étude, les auteurs considèrent le mouvement

révolutionnaire cubain qui a renversé la dictature de Batista comme terroriste, ainsi que

toutes les révolutions qui ont éclaté un peu partout dans le monde au début des années

60 : le Mouvement de Libération de l’Angola (MPLA), le South-West African Peoples

Organization (SWAPO) et le African National Congress (ANC) d’Afrique du Sud, le Front

de Libération Nationale (FLN) algérien, et l’Organisation de Libération de la Palestine

(OLP). Même le président du Venezuela, Hugo Chavez, est mis en cause. Parmi les actes

et liens terroristes figure la…publication du livre de Régis Debray Révolution dans la

Révolution, l’aide accordée aux Sandinistes, et…l’élection Abdelaziz Bouteflika à la

présidence algérienne soulignant que ce dernier est un vieil ami de la révolution

cubaine. 23

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Le 6 mai 2002, le sous-Secrétaire d’Etat pour le Contrôle des Armes et la Sécurité

Internationale, John Bolton, dénonçait Cuba comme possédant un potentiel

bactériologique offensif lors d’un discours à la Heritage Foundation en présence de

nombreux dirigeants de la CANF. Il accusait notamment Cuba de développer des armes

bactériologiques destinés à des « Etats voyous », avançant comme argument le rôle

mondial de la recherche cubaine en biotechnologie médicale qui a permis de découvrir de

nombreux vaccins et qui a fourni une substantielle aide médicale à de nombreux pays

parmi lesquels l’Iran. Aucune preuve n’a été fournie et le Président Jimmy Carter, après

avoir visité les centres de recherche biotechnologique de Cuba et après s’être informé

auprès des services secrets du Département d’Etat, a qualifié les allégations de John

Bolton de calomnies. Le Secrétaire d’Etat, Colin Powell a également démenti les

accusations portées par Bolton. Le Center for International Policy expliquait cette attaque

par la volonté de la ligne dure de l’exil de condamner « la visite de Jimmy Carter à

Cuba ». Dans son discours, John Bolton faisant référence à une phrase que Fidel Castro

aurait prononcé lors de sa visite en Iran dans laquelle il disait : « l’Iran et Cuba, en

coopérant peuvent mettre les Etats-Unis à genoux ». Après investigation, il apparaît que

cette citation attribuée au chef du gouvernement cubain est une complète fabrication de

la part du sous-Secrétaire d’Etat dans le but d’induire son assistance en erreur. En effet,

n’importe quelle personne familière avec les discours de Fidel Castro reconnaît

immédiatement que ce n’est pas son style de tenir des discours pareils. Les critiques

envers les Etats-Unis sont acerbes et parfois violentes mais sans jamais se dénuer d’une

profonde sympathie et compassion envers le peuple du voisin du Nord qui est considéré

comme une victime. 24

Lors d’un témoignage auprès du Congrès, le sénateur Dorgan questionna

l’Assistant au secrétaire d’Etat, Otto Reich, pour savoir pour pourquoi les allégations

concernant les armes biotechnologiques cubaines ne faisaient pas partie du dernier

rapport publié par le Département d’Etat sur le terrorisme mondial, lequel répondit : « je

ne sais pas qui publie ce document ». Dorgan rétorqua alors étonné : « C’est votre

département qui le publie, c’est une publication du Département d’Etat ». Otto Reich

affirma alors : « il doit être incomplet ». La volonté de stigmatiser une nouvelle fois

Cuba n’est que la continuation d’un long processus d’une systématique campagne de

diffamations lancées contre Cuba depuis le triomphe de la révolution, la plupart des

flétrissures ne se basant sur aucun fait avéré. 25

Notes

1 Herbert L. Matthews, Fidel Castro (Paris : Seuil, 1970), p. 33.

2 Ibid, p.149.

3 Time, 6 octobre 1961, 41.

4 U.S Department of Health Education and Welfare, Social and Rehabilitation Services,

Children’s Bureau, « Cuba’s Children in Exile » (Washington D.C. : 1967), 6.

5 New York Times, 9 mars 1963, 1 ; U.S. News & World Report, 19 mars 1962, 16.

6 Félix Roberto Masud-Piloto, With Open Arms : The Political Dynamics of the Migration

from Revolutionary Cuba (Totowa, N. J. : Rowman & Littlefield, 1987), p. 41.

7 Cuban-American National Foundation, The Cuban Revolution at Thirty (Washington :

The Cuban-American National Foundation, 1989), pp. 41, 47.

8 Manuel Vásquez Montalbán, Et Dieu est entré à La Havane (Paris : Editions Seuil,

2001), p. 241. Pour le rapport du Département d’Etat voir : Bureau of Democracy,

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le 12 mars 2003). Pour le rapport du CES de l’UE voir : Mick Hillyard & Vaughne Miller,

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décembre 1998, 8.

10 United Nations Economic Commission for Latin America and the Caribbean (ECLAC),

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11 Cuban-American National Foundation, op. cit., pp. 1-2.

12 Sarah Boseley, « Cubans Tell NHS the Secret of £7 a Head Healthcare », The Guardian,

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13 United Nations Economic Commission for Latin America and the Caribbean (ECLAC),

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15 Cuban-American National Foundation, op. cit., p. 3.

16 Jane Franklin, Cuba and the United States. A Chronological History (Melbourne, New

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17 Eduardo Galeano, Patas Arriba. La Escuela del mundo al revés (1998. Madrid : Siglo

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20 Jim Lobe, « Finance : Learn from Cuba, Says World Bank », World News, 30 avril

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21 Philip Peters, « Cuba, the Terrorist List, and What the United States Should Do »,

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Pour la citation de Richard Nuccio, voir Maya Bell, « Expert Debate taking Cuba Off

Terrorist List », The Orlando Sentinel, 7 avril 2002, 1.

www.ciponline.org/cubanew/cubainthenews/newarticles/os040702bell.htm (site consulté

le 7 mars 2003).

22 Le rapport de la FILDH stipule : « Durant les 40 mois et 17 jours écoulés depuis le

début du processus de paix avec les FARC, la Colombie a connu plus de 1000 massacres

et plus de 1 million de déplacés. De juin 2000 à juin 2001, une moyenne de 20

assassinats politiques par jour a pu être comptabilisé. Ces chiffres sont attribuables pour

les 2/3 à l’Etat ainsi qu’aux groupes paramilitaires ». Source : Janette Habel & Maurice

Lemoine « Conférence sur la Colombie », France-Amérique Latine, Espace Marx (64 bd

Blanqui, Paris), 4 mars 2003. Voir également Hernando Calvo Ospina, « Un mariage de

convenance sanguinaire. Les paramilitaires au cœur du terrorisme d’Etat colombien », Le

Monde Diplomatique, avril 2003 : 10-11.

23 Eugene Pons, Castro and Terrorism, A Chronology (Miami : Institute for Cuban &

Cuban-American Studies, septembre 2001), pp. 2-3, 8-9, 13.

24 Juan Tamayo, « U.S. Skeptical of report on Cuba Bioligical Weapons », The Miami

Herald, 10 octobre 2001 ; Pour la fausse citation de Fidel Castro voir : Nelson Valdes,

« Fidel Castro, Bioterrorism and the Elusive Quote », CounterPunch, 28 mai 2002.

www.counterpunch.org/valdes0528.html (site consulté le 7 mars 2003 ; Pour Jimmy

Carter voir : Wayne Smith & Anya Landau, « CIP Special Report on Cuba and

Bioweapons : Grounless Allegations Squander U.S. Credibility on Terrorism », Center for

International Policy, 12 juillet 2002, 3.

www.ciponline.org/cuba/newsarticles/cippressrelease7.12.02bioterror.htm (site consulté

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Pour Colin Powell Voir : Philip Peters, « Cuba, the Terrorism List, and What the United

States Should Do », Lexington Institute, 20 novembre 2001, 3.

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www.ciponline.org/cubanew/cubainthenews/newsarticles/CIP050802boltonreply.htm (site

consulté le 7 mars 2003).

25 Wayne Smith & Anya landau, « CIP Special Report on Cuba and Bioweapons :

Grounless Allegations Squander U.S. Credibility on Terrorism », Center for International

Policy, 12 juillet 2002, 3.

www.ciponline.org/cuba/newsarticles/cippressrelease7.12.02bioterror.htm (site consulté

le 7 mars 2003).

III. LA TETE DE CASTRO A TOUT PRIX

1. Le Blocus

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Le blocus est le symbole par excellence de l'inaptitude des Etats-Unis à reconnaître et

accepter Cuba comme un Etat socialiste et souverain. Tous les discours parsemés de

rhétorique en faveur de la liberté et de la démocratie s’émiettent dès qu’ils sont mis à nu.

Le but de l’hostilité économique est de rendre le chemin vers l’autodétermination, déjà

escarpé et semé d’embûches, le plus difficile possible pour que l’émergence d’une autre

société et d’un autre système économique ne puisse avoir lieu. Cuba n’est pas le seul

pays à souffrir de sanctions économiques de la part de la première puissance mondiale.

Durant les quatre-vingt dernières années, les Etats-Unis ont imposé des sanctions

unilatérales plus de 120 fois et en 104 occasions depuis la Seconde Guerre Mondiale. Par

contre, jamais un réseau si étendu de lois n’a été tissé à l’encontre d’un pays avec lequel

la puissance étasunienne n’est pas officiellement en guerre. 1

Le Droit International qualifie le blocus comme un acte de guerre depuis la Conférence

Navale de Londres de 1909. En 1916, Les Etats-Unis avaient averti la France qu’ils ne

reconnaissaient « à aucune puissance étrangère le droit de faire obstacle à l’exercice des

droits commerciaux des pays non intéressés, ayant recours au blocus alors qu’il n’existe

pas d’état de guerre ». Il n’existe aucune base juridique légitimant les sanctions

économiques à l’encontre de l’archipel des Caraïbes et aucune loi hormis celle de la force

ne peut justifier l’imposition d’un tel état de siège économique à toute une population. 2

Le but recherché par le blocus partiel mis en place en 1961et qui devint total le 7 février

1962 sous Kennedy était d’entraîner des privations insupportables pour les Cubains qui

génèreraient à leur tour une grande instabilité et de nombreuses tensions à l’intérieur de

Cuba qui, elles-mêmes, déboucheraient sur le renversement du gouvernement

révolutionnaire. Rappelons qu’en 1959, 65% des exportations cubaines étaient destinées

au marché étasunien et les importations cubaines provenaient à 73,5% des Etats-Unis.

En un mot, l’étranglement économique était destiné à imposer par la force et la

coercition la volonté du voisin du Nord. 3

Les arguments avancés pour la justification du blocus en étaient évidemment tout autres

et ont varié selon les époques. Dans les années soixante jusqu’à la chute du mur de

Berlin, la raison évoquée était la menace communiste présente à Cuba et qui menaçait

d’envahir l’hémisphère. Après cette période, les Etats-Unis se sont soudainement épris

d’un amour pour la démocratie et la thèse arguée était le rétablissement d’un état de

droit. En mars 1996, la loi Helms-Burton ébauchait un nouveau paramètre : la

compensation des propriétés confisqués (thème abordé auparavant). Les sanctions

économiques étaient officiellement destinées à accélérer le système de compensation des

propriétés nationalisées. Même la position officielle concernant le blocus faisait preuve

d’un mépris envers le droit international comme nous l’avons vu précédemment. Les

sanctions économiques se mirent en place progressivement avec la suppression de la

cote sucrière le 6 juillet 1960 par le président Eisenhower. Le sucre représentait 80% des

exportations et employait 25% de la main d’oeuvre. Cette action hostile porta fortement

préjudice à la reconstruction du pays économiquement ravagé après le triomphe de la

révolution. 4

L’embargo signifie l’arrêt de vente de produits étasuniens à Cuba et d’achat de produits

cubains. Voici quelques exemples qui démontrent qu’il s’agit réellement d’un blocus et

non d’un simple embargo : Le blocus interdit aux entreprises de pays tiers d’exporter des

produits comportant des composants étasuniens. Il prohibe également aux firmes

internationales de re-exporter des marchandises provenant des Etats-Unis à Cuba. Les

sanctions économiques s’étendent aussi aux entités étasuniennes des autres pays même

si leurs intérêts ne dépassent pas 50%. Les produits contenant plus de 20% de

composant étasunien ne peuvent pas pénétrer le marché cubain. Les entreprises

étrangères employant des ressortissants cubains sont également passibles de sanctions.

Les banques internationales ne sont pas autorisées à maintenir des comptes en dollars

sur l’île et cette interdiction s’étend également aux citoyens cubains qui ne peuvent pas

disposer de compte bancaire en dollars même à l’étranger. Cela va de nouveau à

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l’encontre du Droit International qui stipule que « le blocus ne doit pas interférer avec les

droits des puissances neutres ». Depuis 1945, la Charte des Nations Unies interdit «de

recourir à la menace ou à l’emploi de la force, soit contre l’intégrité territoriale ou

l’indépendance politique de tout État, soit de toute autre manière incompatible avec les

buts des Nations Unies». Cependant, le blocus est une mesure de force qui ne peut être

institutionnalisé, à moins que la Charte n’autorise explicitement le recours à la force, par

exemple en cas de légitime défense ou de sanctions collectives comme contre l’Irak bien

qu’il s’agisse là d’un embargo. Une telle autorisation est notamment prévue par l’article

42 de la Charte: le Conseil de sécurité peut décider «des mesures de blocus et d’autres

opérations exécutées par des forces aériennes, navales ou terrestres des membres des

Nations Unies». L’embargo par contre n’est pas considéré comme étant un acte de guerre

et ne porte pas préjudice aux pays tiers. 5

Les sanctions économiques contre Cuba violent les plus hautes conventions

internationales. La Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide,

approuvé le 9 décembre 1948 et ratifiée par le gouvernement des Etats-Unis, stipule

dans l’Article II « Dans la présente Convention, le génocide s’entend de l’un quelconque

des actes ci-après, commis dans l’intention de détruire, ou tout ou en partie, un groupe

national, ethnique, racial ou religieux, comme tel ». Les points b et c, qui font allusion

respectivement à l’ « atteinte grave à l’intégrité physique ou mentale de membres du

groupe » et à la « soumission intentionnelle du groupe à des conditions d’existence

devant entraîner sa destruction totale ou partielle », sont violés par le blocus. 6

L’Article 23 de la Convention pour la protection des personnes civiles en temps de guerre

du 12 août 1949, également ratifiée par les Etats-Unis stipule que « chacune des hautes

parties contractantes autorisera la libre circulation de tout envoi de médicaments et

matériel sanitaire, ainsi que les objets de culte, uniquement destinés à la population

civile, même ennemie. Elle permettra également la libre circulation de tout envoi de

vivres indispensables et de vêtements réservés aux enfants de moins de 15 ans et aux

femmes enceintes… ». L’Article 54 traitant de la « protection des biens indispensables

pour la survie de la population civile » est claire : « Il est interdit d’utiliser la famine

comme arme de guerre ». La deuxième partie dudit article précise qu’il :

est interdit d’attaquer, de détruire, de soustraire ou de ne pas utiliser des biens indispensables à la

survie de la population civile, tels que les articles alimentaires et les zones agricoles où ils sont

produits, les récoltes, le bétail, les installations et les réserves d’eau potable et les systèmes

d’irrigation, avec l’intention délibérée de priver [la population] de ces biens, pour leur valeur comme

moyen de subsistance, pour la population ou la partie adverse, quel qu’en fusse le motif, afin de

provoquer son déplacement, ou pour toute autre raison. 7

Il n’est pas nécessaire de rappeler ici toutes les attaques dont Cuba a été victime

et qui entre en flagrante contradiction avec les principes établies par ladite convention.

De plus, de nombreuses caravanes d’aide humanitaire sont régulièrement confisquées

par les services douaniers étasuniens. 8

Une étude réalisée en 1997 par la American Association for World Health (AAWH), dont le

président est Jimmy Carter, notait que le blocus « viole les plus basiques accords et les

conventions internationales qui tracent les lignes sur les droits de l’homme, incluant la

Chartre des Nations Unies [Article 5], la Chartre de l’Organisation des Etats Américains

[Article 16] et les articles de la Convention de Genève qui régulent le traitement des

civils en temps de guerre ». Les aliments et les médicaments sont sous le coup du blocus

alors que même en temps de guerre leur circulation ne doit pas être entravée et

rappelons que les Etats-Unis sont officiellement en paix avec Cuba. La AAHW signalait

que les restrictions imposées par les sanctions économiques empêchent délibérément

l’accès aux aliments et aux médicaments en temps de paix. Le blocus « a affecté de

manière dramatique la santé et la nutrition d’un grand nombre de citoyens cubains » et a

« augmenté de façon significative la souffrance à Cuba et à même cause la mort de

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personnes » ajoutant qu’une « catastrophe humanitaire a été évitée seulement parce que

le gouvernement cubain a maintenu » un système de santé qui « est considérée de

manière uniforme comme le modèle prééminent du Tiers Monde ». La World Federation

of Public Health Associations a également rendu public une résolution contre le blocus

ainsi que de nombreuses institutions médicales et religieuses. 9

Depuis 1992, L’Assemblée Générale des Nations Unies a approuvé, avec une écrasante

majorité qui s’est accrue chaque année, la résolution « Nécessité de mettre fin au blocus

économique, commercial et financier imposé par les Etats-Unis d’Amérique contre Cuba »

qui réaffirme les principes d’égalité souveraine, de non interventionnisme et noningérence

dans les affaires internes, et la liberté de commerce et de navigation

internationales. Le seul pays qui a régulièrement voté contre la fin du blocus avec les

Etats-Unis est Israël (l’ironie de l’histoire est que ce pays commerce régulièrement avec

Cuba et dispose de nombreux investissements sur l’île) et des raisons historiques

expliquent cet alignement inconditionnel. Avec tout leur pouvoir de persuasion, les Etats-

Unis n’ont jamais pu rallier plus de quatre votes contre la fin des sanctions économiques

lors des différentes réunions annuelles. Signalons aussi qu’en 1992, la Roumanie a voté

« non » par erreur. Voici un tableau récapitulant les votes successifs qui ont eu lieu

depuis 1992 où le blocus a été condamné pour la onzième année consécutive avec une

majorité jamais atteinte auparavant sans pour autant se voir profiler un atome de

changement dans la politique cubaine des Etats-Unis au désarroi d’une grande partie de

l’opinion internationale 10 :

Nombre de

pays en faveur

de la fin du

blocus

Nombre de

pays contre la

fin du blocus

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Pays votant contre

1992 59 3 Etats-Unis, Israël, Roumanie

1993 88 4 Etats-Unis, Israël, Albanie,

Paraguay

1994 101 2 Etats-Unis, Israël

1995 117 3 Etats-Unis, Israël, Ouzbékistan

1996 137 2 Etats-Unis, Israël

1997 147 3 Etats-Unis, Israël, Ouzbékistan

1998 157 3 Etats-Unis, Israël, Iles Marshall

1999 155 2 Etats-Unis, Israël

2000 167 3 Etats-Unis, Israël, Iles Marshall

2001 167 3 Etats-Unis, Israël, Iles Marshall

2002 173 3 Etats-Unis, Israël, Iles Marshall

En plus d’être condamné par toutes les institutions internationales, les partisans du

blocus doivent faire face à l’hostilité du lobby des affaires qui, avec la puissante Chambre

du Commerce, se sont ouvertement prononcés contre la continuation des sanctions

économiques. David Rockefeller a notamment organisé un dîner à New York à l’occasion

de la visite de Fidel Castro en 1997 qui en a été l’invité d’honneur. La pléthore de

représentants de différents intérêts commerciaux présents lors de cette soirée ont

fermement condamnés la poursuite d’une politique qu’ils considéraient être une relique

de la guerre froide. De nombreuses autres personnalités se sont prononcées contre le

blocus telles que Jimmy Carter qui l’a fermement condamné ainsi que le double standard

de la politique étrangère des Etats-Unis, remarquant : « ma nation est loin d’être parfaite

en ce qui concerne les droits de l’homme… Un très grand nombre de nos citoyens sont

incarcérés en prison il ne fait pas de doute que la peine de mort est imposée plus

durement sur ceux qui sont pauvres, noirs ou malades mentaux », Colin Powell, John

Ashcroft (qui est loin d’être un libéral), plus de 70 sénateurs sur les 100 que compte le

Sénat, Human Rights Watch, le Vatican et Luis Iñacio da Silva, actuel président du Brésil.


Le Lobby Cubaine de 1959 à nos jours

Par ailleurs un groupe de 700 entreprises s’est crée contre le blocus sous le nom de USA

Engage, parmi lesquelles General Motors, Goodyear, Honeywell, et Eastman Kodak. 11

De nombreux membres du Congrès ont également montré leur désaccord avec la

poursuite de la politique d’isolation de Cuba. Le 7 mai 1998, Esteban E. Torres déclarait

devant le Congrès que les sanctions économiques ne :

fonctionnent pas et nous avons eu assez de temps pour apprécier ses effets : elles ne créent pas de

climat pour la démocratie, elles ne créent pas un mouvement vers une économie de marché, elles ne

créent pas les bases pour une société civique et libre. Au contraire, elles créent des privations et des

temps difficiles. Elles nient à la population les nécessités basiques de la vie et provoquent de manière

délibérée de la misère et du mécontentement… Regardez simplement les faits : des invasions

clandestines, des tentatives d’assassinats, des activités de commandos, des menaces nucléaires,

l’aliénation de nos alliés, tout cela en vertu du désir de rétablir la démocratie à Cuba. 12

Ramsey Clark, ex-Ministre de la Justice des Etats-Unis attestait à propos du blocus que

« le gouvernement des Etats-Unis sont seuls, défiant la volonté des nations du monde,

dans la mise en œuvre de ce crime contre l’humanité. Il agit dans l’intérêt d’une poignée

de groupes économiques qui veulent s’approprier les richesses de Cuba et appauvrir le

peuple Cubain dont la révolution apporta la santé, les libéra de la misère et apporta aussi

une éducation universelle partagée avec les pauvres de la planète. Cessez cette honte ».

En effet, il peut paraître surprenant que les Etats-Unis soient tant obsédés par la

révolution cubaine qui est la seule à avoir libéré son peuple des affres des privations. Si

Cuba représente encore une menace pour les Etats-Unis, il s’agit de la menace du bon

exemple. En effet, il est dur de concevoir qu’une « dictature communiste » dispose du

meilleur système de protection sociale du monde alors que les autres pays d’Amérique

latine ayant suivi le « chemin de la démocratie » voient leurs populations se morfondrent

dans une indécente misère. 13

La CANF, elle, reste farouchement opposée à tout changement de la politique

étasunienne envers Cuba. Selon elle, « la pauvreté à Cuba n’est pas…un résultat de

l’embargo. Elle est due à l’adhésion de Fidel Castro à un modèle économique marxiste qui

a échoué » contredisant ainsi les rapports des plus hautes instances internationales. 14

Pour justifier le blocus, la vieille rhétorique de la guerre froide est reprise : « les Etats-

Unis ont imposé l’embargo sur Cuba car Castro était un dictateur communiste qui a

réprimé son peuple, volé la propriété de ressortissants étrangers, et menacé la sécurité

et les intérêts américains » ajoutant que « Castro n’avait pas renoncé à l’usage de la

violence pour renverser des gouvernements démocratiquement élus » faisant sans doute

allusion à Somoza. Selon la droite radicale cubaine, la levée du blocus pourrait menacer

les réformes économiques et démocratiques d’Amérique latine, « région qui a atteint un

progrès extraordinaire lors de la dernière décennie ». La dernière décennie est connue en

Amérique latine comme étant la « décennie perdue » qui a vu l’application de

programmes néolibéraux qui ont eu des effets ravageurs sur les populations comme l’ont

démontré année après année les rapports de la CEPAL (Commission Economique Pour

l’Amérique Latine). Les disparités et le niveau d’indigence n’ont jamais été aussi élevés

mais cela est considéré comme étant un « progrès extraordinaire ». 15

Carlos Alberto Montaner, président de l’Union Libérale Cubaine, groupe d’exilés partisan

du maintien des sanctions économiques va jusqu’à dire, dans une interview au Miami

Herald que « l’embargo n’est pas levé car la communauté cubano-américaine (2 millions

si nous comptabilisons les descendants d’exilés) vivant essentiellement en Floride du Sud

et au New Jersey est opposé à une telle mesure ». Le fait que la majorité des Cubains

Américains, excluant la droite extrémiste cubaine, soient opposés au blocus pour la

simple et bonne raison qu’ils ont pour la plupart un ou plusieurs parents vivant à Cuba et

subissant dans leur chair les conséquences de l’embargo, est un secret de polichinelle. Il

est facile de comprendre pourquoi M. Montaner, occulte ce fait qu’un sondage réalisé par

le Miami Herald a démontré. L’interview est truffée de contrevérités : il affirme par

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exemple que le niveau de vie des Cubains a constamment baissé depuis 1959 alors qu’il

s’est sans cesse amélioré même durant la très délicate période spéciale qui a suivi

l’effondrement du bloc communiste. Un exemple : le taux de mortalité infantile est passé

de 11,1 pour mille en 1989 à 6,2 pour mille en 2001, soit une baisse de plus de 40%

malgré l’extrême difficulté de la situation économique. Les raisons évoquées par l’exil

extrémiste pour maintenir le blocus se désagrègent dès qu’elles sont mises à nu et les

mêmes rengaines concernant la supposée menace que représente Cuba à la sécurité

nationale des Etats-Unis (alors que les plus hautes instances militaires ont clairement

démenti ce point), et sur le fait que le blocus n’affecte pas les Cubains, sont sans cesse

répétées faisant fi des nombreuses études réalisés par les plus sérieux organismes

internationaux. De même, Irving Louis Horowitz osera affirmer dans une très sérieuse

étude [en apparence] réalisée par le Institute for Cuban and Cuban American Studies, de

l’Université de Miami que Cuba est passé de la nation la plus prospère du bassin caribéen

à la nation la plus appauvrie rejetant encore une fois avec mépris les études annuelles

des Nations Unies. 16

Les partisans du blocus arguent que les sanctions économiques n’affectent pas Cuba car

le pays peut s’approvisionner ailleurs. Ils oublient simplement de signaler que les frais

engendrés par le surcoût du transport sont exorbitants alors que le marché naturel de

Cuba se trouve à 150 kilomètres plus au Nord. Un exemple : l’importation de 1000

tonnes de lait en poudre de Nouvelle Zélande coûte 150 000 dollars alors qu’il serait

possible d’importer la même quantité de Miami pour seulement 25 000 dollars, soit 1/6

du prix. Pour une somme équivalente, il serait possible d’acheter 6000 tonnes de lait en

poudre à Miami. Cette énorme différence de pouvoir d’achat est d’autant plus importante

que Cuba est une île du Tiers Monde. 17

Les sanctions économiques interdisent également aux citoyens des Etats-Unis de se

rendre à Cuba violant ainsi leur droit de voyager et de faire du commerce. L’argument

avancé pour justifier cette restriction de voyager était la volonté de ne pas subventionner

le régime castriste par le tourisme. Cela est inexact car légalement les Cubains

Américains envoient plus de 800 millions de dollars annuellement à leurs proches restés

à Cuba et les citoyens étasuniens peuvent envoyer jusqu’à 1 200 dollars par an à un

citoyen cubain. Il y a une raison plus essentielle : durant plus de quatre décennies, les

Etats-Unis et la première vague d’exilés ont diabolisé Cuba et ont maintenu le peuple

étasunien dans la désinformation la plus complète. Les préjugés envers l’île sont

nombreux chez le citoyen étasunien moyen et il est extrêmement difficile d’ébaucher une

vision proche de la réalité cubaine vu que tout ce qui se rapporte à l’archipel des

Caraïbes est teinté d’un profond ressentiment envers la révolution cubaine. L’image que

les médias donnent à la population des Etats-Unis est complètement biaisée et si un

débat honnête se mettait en place au sein de l’opinion publique concernant les relations

entre les deux pays avec une présentation un tant soit peu objective de la révolution

cubaine, peu favoriseraient la continuation de la politique actuelle. Si les citoyens

étasuniens avaient l’opportunité de se rendre légalement à Cuba pour se forger leur

propre notion de la réalité, ils découvriraient qu’ils ont été trompés par le demi-siècle de

propagande anticommuniste. Et c’est la raison pour laquelle ils ne sont pas autorisés à se

rendre sur l’île. Malgré le dernier vote du 23 juillet 2002 en faveur de la levée de

l’interdiction de se rendre sur l’île par 262 voix contre 167 à la Chambre des

Représentants, ladite loi reste toujours en vigueur 43 années après sa mise en place,

l’administration Bush ayant opposée son veto. Le représentant Jeff Flake (Républicain-

Arizona) déclarait que si le scrutin était secret, entre 75 et 100 voix en plus auraient voté

en faveur de la levée de l’interdiction ajoutant que « si c’est la liberté que nous voulons

pour le peuple cubain, nous devrions l’exercer un petit peu plus nous même ». 18

Philip Peters, Vice Président du Lexington Institute de Washington, est l’un des meilleurs

experts sur Cuba et notait que « en fin de compte, cela me fait penser que la raison pour

laquelle l’Administration ne veut pas de voyages à Cuba, est qu’elle ne veut pas que le

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peuple américain comprenne, dans les 10 minutes qui suivront leur arrivée, qu’ils ont été

trompés par leur gouvernement à propos de la réalité cubaine ». 19

Le manque à gagner pour l’économie étasunienne est énorme. Si les relations se

normalisaient, des calculs conservateurs prévoient que le commerce des Etats-Unis

s’accroîtrait de 6 milliards de dollars par an. Le blocus représente également un milliard

de manque à gagner pour la Floride du Sud et sa levée représenterait une création de

30 000 emplois. A eux seuls, les fermiers du Texas perdent 1,24 milliards de dollars

chaque année à cause du manque de relations bilatérales avec Cuba. Apparemment ces

chiffres ne sont pas parvenus aux oreilles de la CANF qui questionnait dans une de ses

publications sur les avantages de la fin du blocus qui « étaient loin d’être évidents ». 20

Il est curieux de voir les Etats-Unis avoir des relations avec la Chine, le Vietnam et la

Corée du Nord utilisant les échanges commerciaux comme un vecteur du rétablissement

de la démocratie et, à l’opposé, imposer les pires sanctions économiques de l’histoire à

un petit pays du Tiers Monde dans le but de rétablir la démocratie. Apparemment ce qui

marche pour la Chine ne marcherait pas pour Cuba (sans doute dû à la main invisible du

marché). Il est à se demander si le fait d’effectuer une opération chirurgicale sans

anesthésie sur un enfant, ou priver un jeune élève de fournitures scolaires, aidera à

promouvoir la démocratie à Cuba. Il est également surprenant de voir qu’une politique

d’hostilité à l’égard de Cuba, irrationnelle et dépassée, est toujours en vigueur à cause de

la volonté d’une minorité extrémiste qui a pour principale préoccupation l’assise de son

pouvoir et l’assouvissement d’une vengeance vieille de plus de 40 ans à l’égard d’un seul

homme. Et cette minorité a démontré qu’elle était prête couler l’île et sa population pour

arriver à ses fins.

2. La loi Torricelli

Après l’effondrement du bloc socialiste, Cuba s’est trouvé face à la plus grave crise

économique de son histoire. Entre 1989 et 1993, la production et les salaires cubains ont

baissé et ont été affectés plus fortement que lors de la crise de 1929. 85% du commerce

international de Cuba était réalisé avec l’Union Soviétique. Les importations passèrent de

8,1 milliards de dollars à 1,2 milliards de dollars et les exportations baissèrent de 75%.

Le PIB a chuté de 32%, la consommation totale a diminué de 27% et celle des ménages

de 33%. La formation de capital est passée de 25% à moins de 5% du PIB et le déficit

fiscal s’est élevé de 7% à 30% du PIB. Le revenu de la balance de paiement est passé de

4, 122 milliards de dollars à 356 millions de dollars. Le salaire réel baissa de 25%. Le

coefficient de libéralisation de l’économie cubaine (valeur du commerce international

dans le PIB) est passé de 70,2% à 25,9%. C’est dans ce contexte de crise exacerbée que

la loi Torricelli a été votée en 1992 dans le but d’étrangler l’économie cubaine qui avait

déjà beaucoup de mal à respirer. 21

Conçue comme étant le coup de grâce, le but de la Loi de Démocratie Cubaine était de

réduire de commerce international de l’île à néant. La loi avait été rejetée dans un

premier temps par le président George H. Bush à cause de son caractère extraterritorial

qui allait attirer les foudres des principaux alliés des Etats-Unis nommément l’Europe et

le Japon. Elle fut finalement acceptée par le président Bush durant la période électorale

suite à la pression exercée par le candidat Bill Clinton qui avait déclaré qu’il était

favorable à la loi dans le but de s’attirer la bienveillance des électeurs de Floride. Sa

déclaration lui vaudra un chèque de 275 000 dollars de la part de la CANF. 22

Robert Torricelli (démocrate/New Jersey) est un vieil ami de l’extrême droite cubaine. Il a

reçu plus de 9 millions de dollars pour le financement de sa campagne électoral. Il avait

lui-même admis qu’aux Etats-Unis, « le système de financement des campagnes est une

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invitation à n’importe quel intérêt à utiliser l’argent comme un levier de pouvoir ». Le but

officiel de la loi est de « promouvoir la démocratie à Cuba à travers l’application de

pressions appropriées sur le gouvernement cubain et l’appui au peuple cubain », mais le

but véritable est d’étrangler l’économie cubaine menant ainsi à l’exacerbation des

privations déjà présentes depuis la chute du bloc communiste, dans le but de renverser

le gouvernement de La Havane. 23

Le New York Times condamnait dans un éditorial du 15 juin 1992 la loi Torricelli :

…la mal nommée loi « Cuban Democracy Act » est questionnable dans sa théorie, cruelle dans ses

mesures pratiques, et ignoble dans le contexte expéditif en cette période électorale… Une minorité

influente de la communauté cubano-américaine réclame à cors et à cris le renforcement des mesures

contre un régime blessé… Il y a finalement quelque chose d’indécent à voir vociférer ces exilés vivant

en sécurité à Miami et réclamant encore plus de douleur pour leurs cousins plus pauvres… 24

Au niveau de la sphère commerciale, la loi établit deux sanctions fondamentales. La

première concerne les filiales des entreprises étasuniennes établies dans des pays tiers

qui ne sont plus autorisées à faire du commerce avec Cuba. Signalons que 90% du

commerce réalisé par Cuba avec ces filiales était composé d’aliments et de médicaments.

La American Public Health Association regrettait que « les avancées impressionnantes

réalisées lors des trois dernières décennies dans le domaine de la santé » soient

menacées par la nouvelle recrudescence des sanctions économiques. Le réajustement

extrêmement difficile que La Havane avait dû subir pour s’adapter à l’économie mondiale

et rechercher de nouveaux marchés après la fin des relations préférentielles avec

l’Europe de l’Est, s’affrontait à une nouvelle législation hostile. Au bout d’une année, le

commerce cubain avec lesdites filiales disparut entraînant de nouvelles difficultés pour

l’économie cubaine et sa population. 25

La deuxième sanction concernait les navires qui pénétraient dans les ports cubains.

Ceux-ci se voyaient infliger une interdiction d’entrer aux Etats-Unis pendant une période

de 180 jours suivants la date du débarquement à Cuba. L’idée était loin d’être saugrenue

car Cuba étant une île avait un besoin impérieux du transport maritime. 26

La loi Torricelli prévoit également des sanctions pour les nations qui apportent une

assistance à Cuba et envisage également de subventionner les groupes d’opposition à

l’intérieur de l’île. Le paragraphe 6 de la Section 2 stipule que « la chute du communisme

dans l’ancienne URSS et en Europe Orientale, la reconnaissance maintenant universelle

en Amérique latine et les Caraïbes que Cuba constitue un modèle de gouvernement et de

développement qui a échoué, et l’incapacité évidente de l’économie cubaine à survivre

aux tendances actuelles fournissent aux Etats-Unis et à la communauté démocratique

l’opportunité sans précédent de promouvoir une transition pacifique vers la démocratie à

Cuba ». Il est à se demander l’utilité de cette loi si le gouvernement et l’économie

cubaine étaient structurellement voués à l’échec. Il convient aussi de se questionner si le

fait d’augmenter les souffrances de la population cubaine était le meilleur moyen de

favoriser une « transition pacifique à Cuba ».

Cette législation, de par son ingérence dans les affaires internes d’une autre nation

souveraine, viole le droit international et constitue par conséquent une nullité juridique.

Elle décide également du modèle politique et économique que Cuba doit adopter (Section

8, Policy Toward a Democratic Cuban Government) en violation de la Chartre de

l’Organisation des Etats Américains qui stipule que chaque nation est libre de choisir son

modèle politique et économique. La loi viole aussi la Chartre des Nations Unies, du GATT

de 1947 et 1994, et de l’OMC de 1995. 27

Alfredo Duran, ex-président de l’association des Vétérans de la Baie des Cochons

lamentait que « la loi Torricelli destinée à étrangler l’économie cubaine est en train

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d’étrangler le peuple cubain ». 28 De la même manière, l’Amiral Eugene J. Carroll du

Center for Defense Information regrettait que la réponse à la volonté de Cuba de

coopérer avec les Etats-Unis ait été de « serrer les vis sur le Cuba de Castro encore plus

que la loi sur la Démocratie Cubaine, et ce document mal nommé a déjà mis une forte

pression sur Castro » lamentant que « la politique intérieure dicte notre politique et

actions à l’égard de Cuba ». « La puissante population immigrée de Floride a une

approche très dure envers Cuba, principalement à travers la Cuban American National

Foundation de Jorge Mas Canosa ». 29

Le blocus qui a été imposé dans un contexte de guerre froide n’a pas été influencé par le

lobby cubain très faible à l’époque. Par contre, en ce qui concerne la loi Torricelli, la

droite radicale de Floride a joué un rôle primordial dans cette recrudescence de l’hostilité

économique étasunienne à l’égard de Cuba. La CANF qui caressait des ambitions bien

précises depuis sa création a effectué un pas décisif dans la déstabilisation du

gouvernement par le biais d’un accroissement des privations dont la première victime

reste toujours la population cubaine. Décidée à renverser le régime castriste par tous les

moyens, l’extrême droite cubaine a montré très peu de considérations envers le sort des

habitants de l’île. Là encore, pour la CANF la fin (chute de Castro) justifie les moyens.

Loin de s’attaquer aux autorités cubaines, la loi Torricelli s’attaque au peuple cubain.

Wayne S. Smith résumait clairement le but de la campagne anticastriste :

La politique étasunienne est simplement stérile. Il ne conduit ni à la chute de Castro ni encourage une

sorte d’évolution non sanglante qui servirait les intérêts des Etats-Unis, des pays voisins et du peuple

cubain – de tout le monde en fait, sauf les exilés de droite. Un changement pacifique ne servirait pas

leurs intérêts car il les laisserait de côté. La seule façon par laquelle ils espèrent reprendre le pouvoir à

Cuba est par le biais d’une conflagration sanglante. Par conséquent, ils n’ont aucun intérêt à

rechercher un dialogue ou un processus de réforme graduelle. 30

A la lumière de ces faits, il convient de se demander si le bien-être des Cubains est

vraiment l’objectif de la droite radicale cubaine ?

3. La loi Helms-Burton ou loi Bacardí

Considérée comme étant une déclaration de guerre au droit international, la loi Helms-

Burton avait accentué les sanctions économiques envers Cuba. Dans le but d’étouffer

l’économie cubaine et la population épuisées par cinq années d’insupportables difficultés

économiques, Washington a, de nouveau, fortement porté atteinte aux normes juridiques

internationales. C’est sans aucun doute sur cette législation que la droite radicale cubaine

a eu le plus d’influence par le biais notamment de la société Barcardi. En effet, ladite

législation a été rédigé par un avocat de l’entreprise Bacardi. Jesse Helms jubilait lors du

vote de la loi affirmant que : « maintenant nous pouvons dire au revoir Fidel ». L’histoire

a démontré le contraire. 31

Rédigée en 1995, la loi Helms-Burton a été adoptée le 12 mars 1996, après les incidents

du 24 février 1996 où deux des trois avions de l’organisation terroriste Hermanos Al

Rescate/Brothers to the Rescue qui avaient violé à maintes reprises l’espace aérien

cubain et lancés des prospectus anticastristes sur La Havane ainsi que des croix

chrétiennes, avaient été abattus par les forces aériennes cubaines et quatre personnes

perdirent la vie. Ce n’était pas la première fois que cette organisation d’exilés violait

l’espace aérien cubain et malgré les nombreux avertissements lancés par La Havane, les

violations s’intensifiaient et les avions volaient de plus en plus bas effrayant la

population. Le 15 janvier 1996, après que lesdits avions aient survolé La Havane le 9 et

le 13 janvier malgré les avertissements réitérés, les autorités de La Havane mettaient en

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garde Washington dans un note diplomatique signalant qu’à la prochaine incursion, les

avions seraient abattus. Mais le gouvernement étasunien n’a pas donné suite à cette note

jusqu’au jour du drame. José Basulto, leader de ladite organisation et qui a échappé à la

force aérienne cubaine, était un ancien agent de la CIA responsable, entre autres, de la

mort de 20 personnes suite à une attaque au bazooka sur un théâtre le 24 août 1962. La

destruction des avionnettes déclencha un tollé aux Etats-Unis et chez la communauté en

exil. Il convient alors de se demander ce qui serait arrivé si deux avions cubains avaient

survolé Washington en lançant des prospectus incitant le peuple américain à la

révolution. Signalons que depuis les attentats du 11 septembre 2001, les avions de

chasse de la North American Aerospace Defense (NORAD) ont l’ordre d’abattre tout avion

qui ne répondrait pas à leurs injonctions. 32

Il convient de se demander comment un pays victime d’une intensive campagne

terroriste depuis 1959 a-t-il eu la patience d’avertir à maintes reprises les autorités

étasuniennes et ladite organisation sans mener d’immédiates représailles ? Quel pays au

monde permettrait que des avions d’une organisation terroriste survole son territoire

lançant des tracts hostiles au gouvernement ?

La structure de la législation Helms-Burton se base sur quatre chapitres. Le premier

chapitre concerne le « renforcement des sanctions internationales contre le

gouvernement de Castro » et est divisé en 13 paragraphes destinés à renforcer les

sanctions économiques. Le second chapitre élabore le projet pour un « appui à un Cuba

libre et indépendant » où les Etats-Unis décident pour les Cubains des structures

politiques, économiques et sociales à adopter précisant que seulement après l’adoption

du modèle de société proposé, Cuba sera considérée comme démocratique. Ce chapitre

va même jusqu’à choisir les matières d’enseignement comme l’histoire où des

professeurs étrangers seront (selon les Etats-Unis) nécessaires. De plus, il prévoit que ni

Fidel Castro ni son frère Raoul ne pourront être élus quel que soit l’appui populaire dont

ils disposeraient lors des éventuelles élections pluripartites. Le troisième chapitre

concerne « la protection du droit de propriété des citoyens américains » et le dernier

chapitre traite de « l’exclusion de certains ressortissants étrangers » du territoire

étasunien pour trafic de « propriétés américaines ». 33

Le Droit International stipule qu’aucune loi ne peut être extraterritoriale ou rétroactive.

La législation LIBERTAD viole ces deux principes mais cela n’empêcha pas le Congrès de

voter massivement en faveur de cette loi en dépassant les 2/3 nécessaires pour

empêcher un veto présidentiel. Le but de cette loi était le renversement du

gouvernement de La Havane par les procédés habituels ébauchés lors de la mise en place

du blocus et dans la loi Torricelli, à savoir accroître les privations pour la population

cubaine afin de déclencher un révolte interne qui pourrait éventuellement déboucher sur

l’intervention militaire des Etats-Unis dans le but de « rétablir la démocratie ». La

provision clé de la loi appelle à un embargo international au travers du Conseil de

sécurité des Nations Unies. 34

La loi Helms-Burton, qui utilise la famine comme une arme politique, avait prévu que les

difficultés qu’elle engendrerait pour les Cubains risquait d’entraîner une nouvelle vague

migratoire vers la Floride et ce pour, elle a stipulé que tout afflux de personnes vers les

côtes étasuniennes serait considéré comme un acte d’agression envers la sécurité

nationale des Etats-Unis et entraînerait par conséquent une réponse…militaire. De plus,

la loi prévoit un accroissement des émissions radiales et télévisées contre Cuba dont

l’objectif premier et de favoriser…l’émigration illégale. 35

La partie la plus controversée qui a soulevé un tollé international est le Titre 3 qui

concerne le trafic des « propriétés américaines » et qui permet aux tribunaux étasuniens

de mettre en examen des entreprises étrangères installées sur lesdites propriétés. Cette

loi discrimine financièrement car seules les propriétés de plus de 50 000 dollars sont

concernés. A cet égard, à propos de la loi Helms-Burton, le sous-secrétaire d’Etat aux

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affaires politiques, Peter Tarnoff, déclarait que « quand un Etat exproprie une propriété à

l’intérieur de ses propres frontières, appartenant à ses propres citoyens, les Etats-Unis

n’ont aucune base reconnue, aux yeux de la loi internationale, pour déposer des plaintes

en justice ». Cet article a régulièrement été suspendu depuis la présidence de Clinton

suite aux menaces européennes de porter plainte auprès de l’Organisation Mondiale du

Commerce. 36

La réaction internationale a été unanime dans la condamnation de la loi pour être une

aberration juridique. La Grande Bretagne qui d’habitude est toujours alliée aux Etats-Unis

a vivement critiqué ladite loi. Le Canada a même voté une législation qui sanctionne

fortement toute entreprise nationale qui respecterait une quelconque directive de la loi

Helms-Burton. Deux membres du Parlement canadien, John Godfrey et Pete Miliken, ont

introduit une législation qui permettrait aux citoyens canadiens de porter plainte contre

les citoyens étasuniens pour les propriétés confisquées par le gouvernement des Etats-

Unis en 1776. L’Union Européenne a fermement condamné l’invalidité juridique de la loi

en mars 1996 et la Russie, en plus de montrer clairement sa désapprobation, déclara

qu’elle allait accroître ses relations avec Cuba (la Section 107 prévoit des sanctions pour

les pays de l’Europe de l’Est qui apporteraient de l’aide à Cuba). La loi a été également

condamnée par l’Assemblée Générale des Nations Unies en 1996, l’Organisation Mondiale

du Commerce en avril 1996, le Bureau de Coordination des Pays Non Alignés en mars

1996, l’Organisation des Etats Américains en juin 1996, le Sommet Ibéro américain en

novembre 1996, le groupe de Rio en septembre 1996, le Parlement Centraméricain et

Latino-américain en juillet 1996, le CARICOM en mai 1996 et l’Association des Etats des

Caraïbes de novembre 1996 ainsi que de nombreuses organisations religieuses. Le Joint

Corporate Committee on Cuban Claims qui rassemble des entreprises comme la Chase

Manhattan Bank et Coca-cola et qui a perdu des propriétés équivalentes à 1000 milliards

de dollars s’est prononcée contre la loi LIBERTAD. 37

La loi destinée à affaiblir le gouvernement cubain n’a fait que le renforcer et le radicaliser

avec le vote de la Loi de la Réaffirmation de la Dignité et de la Souveraineté en décembre

1996 dans laquelle il était affirmé que « le peuple cubain ne permettra jamais que le

destin de son pays soit régi par les lois dictées par une puissance étrangère ». 38

Art Aggleton, le Ministre du Commerce du Canada regrettait que les Etats-Unis attaquent

ses partenaires commerciaux : « ils visent leur ennemi et tirent sur leurs amis en nous

mêlant à cela et en menaçant nos entreprises et notre peuple d’actions en justice et en

les empêchant d’entrer aux Etats-Unis. C’est contraire à l’ALENA. C’est contraire au droit

international.... Vous savez, la propriété illégalement confisquée, c’est de la rhétorique

intéressée, parce que tous les gouvernements, les Etats-Unis et beaucoup d’autres,

démocratiques ou non, exproprient ». Rappelons que tous les autres pays expropriés

après le triomphe de la révolution cubaine ont accepté les compensations sauf les Etats-

Unis. De nombreuses entreprises étasuniennes ayant perdu des propriétés à Cuba ont

condamné la loi Helms-Burton pour sa violation du droit international. Wayne S. Smith a

signalé que les Etats-Unis on refusé d’engager des négociations en ce qui concerne les

compensations alors que les autorités cubaines étaient tout à fait disposées à le faire. 39

Censée punir le gouvernement de La Havane pour son autoritarisme, la loi Helms-Burton

a attaqué la population cubaine qui a vu ses souffrances et privations s’accroître dans un

contexte économique difficile. Jeremy Scahill du journal Catholic Worker écrivait que la

loi Helms-Burton « met au rebut…la souveraineté…et essaye de supplanter le droit

international par la loi américaine… [et] crée un cadre juridique autorisant l’appui

financier et militaire pour la subversion armée d’une nation souveraine ». 40

Dans une lettre au président Clinton datée du 16 octobre 1997, l’organisation d’exilés

Cambio Cubano dirigée par Eloy Gutiérrez-Menoyo, lamentait que « la politique étrangère

américaine [ait été] séquestrée par une minorité vociférante d’étrangers de Floride du

Sud » qui a « réussi à créer une notion de non réconciliation entre les Etats-Unis et

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Cuba ». La loi Helms-Burton censée aider l’opposition a réussi exactement le contraire.

En effet, Cambio Cubano se questionnait de savoir comment « le gouvernement pourrait

ouvrir un espace politique à l’opposition » alors qu’il est « menacé par des lois étrangères

hostiles ». Des soupçons se dessinent quant aux réelles intentions des Etats-Unis à

l’égard de Cuba où des pressions économiques excessives sont exercées alors que les

relations se normalisent avec le Vietnam par exemple. La CANF a réussi par son puissant

lobbying à relativement aliéner les buts de la politique cubaine des Etats-Unis. 41

Lors de la visite papale du 21 au 25 février 1997, Fidel Castro déclarait lors du discours

d’accueil qu’un autre holocauste était en train de se réaliser :

…il y a une autre tentative de génocide, en essayant d’utiliser la faim, la maladie et l’asphyxie

économique totale, sur un peuple qui refuse de céder aux diktats et aux ordres du plus puissant

pouvoir économique, politique et militaire de l’histoire, un pays beaucoup plus puissant que la Rome

ancienne qui pendant des siècles a jeté aux lions ceux qui refusaient de renier à leur foi. 42

Pour dresser une analogie similaire, il convient de se demander ce que aurait la réaction

des Etats-Unis si le Japon avait voté une législation semblable pour demander des

compensations pour ses citoyens dont les propriétés ont été confisquées durant la

Seconde Guerre Mondiale.

Wayne S. Smith concluait que la loi Helms-Burton était « la création intellectuelle de

l’organisation républicaine ultraconservatrice et de la Cuban American National

Foundation ». Il est à se demander comment un pan entier de la politique étrangère des

Etats-Unis peut être monopolisé par une minorité dont les tendances doctrinales sont à la

limite du fascisme, dont les agissements sont loin d’être démocratiques, et dont le seul

objectif est la prise du pouvoir. 43

Notes

1 Someshwar Singh, « Half the World Hit by U.S. Unilateral Sanctions », Third World

Network, 21 décembre 1999. www.twside.org.sg/title/half-cn.htm (site consulté le 10

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27 Voir Chartre de l’OEA, op.cit., paragraphe 2 de l’article 5.

28 Alfredo Duran, « Interview », PBS, 2001, 3.

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30 Ibid, 2. Voir également Wayne S. Smit, « Our Cuba Diplomacy : A Critical

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42 Mick Hillyard & Vaughne Miller, « Cuba and the Helms-Burton Act », House of

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43 History of Cuba, « What Do You Think of the Helms-Burton Act ? », pas de date.

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D. LA MORT DE MAS CANOSA ET ELIAN GONZALEZ :

DEUX TOURNANTS VERS UN ASSOUPLISSEMENT

DES RELATIONS AVEC CUBA ?

La disparition de Jorge Mas Canosa, le leader charismatique et très influent de la CANF

des suites d’une longue maladie cancéreuse le 23 novembre 1997 à l’âge de 58 ans, a

été sans doute un pas important dans l’atténuation de l’hostilité étasunienne à l’encontre

de Cuba. L’importance du représentant le plus important du lobby cubain est loin d’être

négligeable. Wayne S. Smith déclarait que « sans Mas Canosa, nous aurions

probablement des relations normales avec Cuba. Il a presque tout bloqué à lui tout

seul ». C’est sans doute le personnage de l’exil qui a fait le plus de tort à la population

cubaine surtout après la chute de l’URSS et l’imposition des lois Torricelli en 1992 et

Helms-Burton en 1996 qui affectèrent substantiellement le niveau de vie déjà

substantiellement égratigné par la perte de l’allié soviétique de la population de l’île. Le

décès de ce fervent anticommuniste a entrouvert un petit passage destiné à mener à la

réconciliation entre Cuba et les Etats-Unis. 1

Tony Smith écrivait que « les activités de Jorge Mas Canosa et de sa Fondation Nationale

Cubano Américaine, qui avec des associés d’autres organisations sont bien plus qu’un

simple pont pour la politique cubaine des Etats-Unis. C’est une politique étrangère

parallèle à elle toute seule (au moins jusqu’à la mort de Mas en novembre 1997).

Beaucoup d’Américains pourraient se demander en vertu de quel droit, la conduite de

Mas pourrait être justifiée ». 2

Il a été à l’origine de la création de Radio et TV Martí et des initiatives législatives

Torricelli et Helms-Burton. Très proche de Reagan, Bush et Clinton, il a grandement

influencé les plus hautes personnalités politiques sur la politique cubaine des Etats-Unis

et est en partie responsable de l’animosité qui a persisté entre les deux pays après la fin

de la guerre froide. Il a exercé un lobbying incessant auprès du Congrès dans le but de

maintenir et d’accroître l’isolation politique et économique de Cuba. Alfredo Duran du

Comité Cubain pour la Démocratie remarquait que Jorge Mas Canosa était le « Cubain-

Américain le plus important dans le processus de formulation de la politique des Etats-

Unis à l’égard de Cuba ». Son refus catégorique de négocier avec le gouvernement de La

Havane lui avait valu d’être un personnage peu aimé et beaucoup craint auprès de la

communauté cubaine de Floride qui lui reprochait d’être intransigeant et d’adopter des

positions très autoritaires au nom de tout l’exil sans consultation préalable. Il est fort à

parier que si l’affaire Elian avait eu lieu du vivant de Jorge Mas Canosa, l’issue du conflit

aurait été différente et il aurait été peu probable que le petit Elian eut été rendu à sa

famille. 3

L’affaire Elian a été sans nul doute l’événement qui a le plus porté préjudice à la CANF

car elle a permis de monter à la population étasunienne l'intolérance à la limite du

fanatisme de la droite radicale de Floride, son manque de scrupules et la fragilité de ses

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principes moraux. En effet, un petit enfant qui n’avait même pas six ans, et qui venait de

perdre sa mère dans de tragiques circonstances, a été utilisé comme une arme dans la

lutte de l’extrême droite cubaine contre le gouvernement de La Havane et fut séquestré

pendant plus de six mois. L’opinion publique des Etats-Unis qui s’est largement

prononcée en faveur du retour d’Elian à son père, a assisté à des scènes de colère où son

drapeau était brûlé par des Cubains non pas de La Havane mais de Floride. Alfredo Duran

notait que l’affaire Elian avait montré « au monde entier l’intransigeance, l’irrationalité et

l’arrogance de la communauté cubano-américaine…faisant exactement tout ce qui allait à

l’encontre de la logique, la morale et la loi ». 4

Le 22 novembre 1999, Elian Gonzalez, sa mère et 10 autres personnes prirent place sur

un radeau de fortune en direction de Miami. La tragédie familière au détroit de Floride qui

a coûté la vie à de nombreuses gens arriva et seul le petit Elian survécut à la traversée.

Le 25 novembre, un médecin de Floride prévenait Juan Miguel Gonzalez, le père du petit

rescapé mais dès que la CANF eut vent de l’affaire, elle s’en emparait transformant la

tragédie d’un enfant de six ans en une vengeance personnelle contre Fidel Castro. Le

Ministère des Relations Extérieures envoyait une demande officielle pour le retour d’Elian

au nom du père tout en sachant que les autorités de Washington n’ont jamais répondu

favorablement aux demandes cubaines. 5

Le cas Elian prit rapidement une tournure de scandale internationale. Le 5 janvier les

services d’immigration étasuniens (INS) reconnaissaient le droit paternel uniquement à

Juan Miguel Gonzalez. L’assistante au Secrétaire d’Etat pour les affaires diplomatiques,

Mary A. Ryan avait déclaré publiquement que le petit enfant devait être rendu à son

père. Le président Clinton avertissait la CANF que la politique ne devait pas se mélanger

aux souffrances du jeune cubain appelant au respect de la décision des services

d’immigration se prononçant ainsi pour la première fois contre le puissant lobby de

Floride. La Ministre de la Justice, Janet Reno, lança un ultimatum à Lazaro Cardenas, le

grand-oncle d’Elian, qui été lui-même lié au groupuscule terroriste Alpha 66, lui intimant

l’ordre de remettre l’enfant aux autorités pour le 14 janvier 2000. Mais même la plus

haute personnalité juridique des Etats-Unis a dû attendre le mois d’avril pour voir sa

décision respectée par la force. Michael Ratner, vice-président du Centre de Droit

Constitutionnel de la Yale Law School remarquait que l’affaire d’Elian était « un cas de

justice niée ». 6

La communauté cubaine de Floride était à l’immense majorité en faveur d’un retour du

petit Elian à Cuba. Un sondage réalisé par le Miami Herald et la chaîne de télévision NBC

montrait que plus 80% des habitants de Miami étaient en faveur de la réunification

familiale. Une étude réalisée par l’Université du New Jersey notait que seulement 27%

des Cubains-Américains de la région s’étaient prononcés contre le retour d’Elian à sa

famille. Le conservateur Jersey Journal s’était même prononcé ouvertement pour le

respect de la décision de justice et pour la levée du blocus. 7

Les démarches juridiques entreprises par la CANF pour obtenir la citoyenneté

étasunienne à Elian afin d’annuler, de ce fait, la décision de l’INS et pour que le petit

garçon puisse rester dans le pays échouèrent ainsi que les tentatives du Congrès de lui

octroyer le statut de citoyen. Les maires des villes de Miami et de Dade se prononcèrent

contre la décision de justice. Le 13 avril 2001, les tribunaux rejetèrent les actions

entreprises par le lobby de Floride et se prononcèrent en faveur du retour d’Elian à Cuba

mais il faudra attendre l’intervention armée des forces spéciales de l’INS pour que la

justice soit enfin respectée. 8

Les tentatives de Hillary Clinton de convaincre le père d’Elian d’accepter l’asile politique

échouèrent et malgré les arguments financiers présentés, Juan Miguel Gonzalez souhaita

retourner à Cuba. L’appel et le pourvoi en cassation qui furent rejetés par la Cour

Suprême contraignirent la famille Gonzalez à rester aux Etats-Unis jusqu’au 28 juin

2000, jour où elle a pu enfin retourner à Cuba. 9

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L’enfant fut manipulé par la CANF qui utilisa même son image pour en faire une affiche

sans l’autorisation du père, seul représentant légal. Francisco Aruca s’offusquait : « avant

même qu’ils [CANF] n’apprennent quoi que ce soit à propos du môme, ils en avaient déjà

fait un poster politique ». Il fut interviewé par une journaliste et fut même obligé de

déclarer dans une vidéo qu’il ne voulait pas retourner à Cuba. De sérieuses questions se

posent quant aux objectifs de la CANF quand elle utilise de cette façon un enfant de six

ans qui de surcroît venait de perdre sa mère dans d’effroyables circonstances. Comment

les droits de cet enfant ont-ils pu être bafoués à ce point et en vertu de quelle légitimité

juridique ou morale le petit Elian a-t-il été gardé contre son gré six mois alors que

chaque année 5 600 enfants pénètrent illégalement sur le territoire étasunien sans leurs

parents et se retrouvent en détention ? Rappelons que les Etats-Unis sont le seul pays

avec la Somalie à ne pas avoir ratifié la Convention des Droits de l’Enfant des Nations

Unies. 10

La journaliste Camille Paglia écrivait : « ce qui aurait pu être un acte de compassion pour

la famille de Miami de garder temporairement le petit Elian après son sauvetage en mer

et lui offrir un toit confortable et sûr avant de le rendre à son père, est devenu une

exploitation honteuse d’un enfant dans sa position la plus vulnérable, afin de l’utiliser

comme une arme dans leur combat contre Castro ». 11

L’affaire Elian est un événement historique à bien des égards. Pour la première fois, le

justice étasunienne a pris une décision allant à l’encontre de la volonté de la CANF et un

jour de trêve a été décrété avec La Havane dans le sens où les autorités de Washington

ont répondu à une demande officielle du gouvernement cubain pour la première fois

depuis 1959. En effet, pour la première fois sans doute, les deux gouvernements ont

travaillé ensemble dans un but commun. Le sociologue Max Castro tirait les

conséquences du scandale Elian : « la défaite des forces extrémistes les a isolé des

autres communautés et du reste des Etats-Unis » car « politiser à un tel degré » une

tragédie « montre le fanatisme et le mépris pour la loi et le bon sens ». Lisandro Perez,

professeur à l’Université Internationale de Floride remarquait que les éditoriaux de tout le

pays se demandaient « pourquoi avons-nous laissé ces gens à Miami conduire la politique

cubaine des Etats-Unis ? ». Elena Freyre, directrice du Cuban Committee for Democracy,

notait que le seul miracle de l’affaire Elian « est d’avoir montré aux Etats-Unis et au

monde à quel point ces gens là [la CANF] sont haineux ». Si l’on peut retirer un point

positif du drame qu’a vécu le petit Elian, c’est qu’au moins cette affaire lui a assuré un

avenir radieux à Cuba. Mais de là à envisager une normalisation des relations entre les

deux pays sous l’actuelle administration… 12

Notes

1 Lucia Newman, « Few in Cuba Mourn Mas Canosa’s Death », CNN, 24 novembre 1997,

2. www.cnn.com/WORLD/9711/24/cuba.mas.canosa/ (site consulté le 3 février 2003) ;

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CONCLUSION

Le lobby cubain reste le groupe ethnique qui a reçu la plus importante aide de la

part des Etats-Unis et il a su faire preuve de clairvoyance pour imposer son agenda

politique au sein des plus hauts rangs de la classe politique. Il a saisi à merveille le

fonctionnement de la pression politique dans la société étasunienne, sa sagacité et sa

détermination d’un côté, son pouvoir électoral et financier de l’autre faisant le reste. Il

est cependant regrettable qu’un groupe de pression si puissant dans un pays comme les

Etats-Unis, au lieu de favoriser des législations tendant à déboucher sur un changement

pacifique progressif à Cuba, ait soutenu avec ferveur des lois qui ont mené tout droit à

une confrontation paroxysmique avec le gouvernement de La Havane, la principale

victime de cette opposition étant comme toujours la population de l’île.

Dans un conflit où la raison et le bon sens ont souvent été relégués aux oubliettes

et dans lequel la force et la coercition ont disposé d’une place prépondérante, il a été

délicat à la loi et au droit international de survivre. Si le droit d’opposition est l’un des

plus nobles qui soit, les moyens utilisés pour exprimer son désaccord avec une politique

ou un gouvernement doivent être très consciencieusement choisis. L’utilisation de la

terreur comme arme politique ne sera jamais acceptable ainsi que la prise en otage de

toute une population. Au-delà même des concepts éthiques, c’est l’essence même de la

légalité internationale qui est bafouée par les sanctions économiques imposées à Cuba et

les actes terroristes commis contre sa population.

Il est dommageable que l’on applique deux poids deux mesures dans les relations

internationales qui restent malheureusement régies par la règle de la force et non celle

du droit. Les criminels doivent être sanctionnés partout où ils se trouvent peu importe si

le but final est légitime ou non. Il est également regrettable que l’utilisation de la

rhétorique en faveur du rétablissement de la démocratie faite par la CANF soit en fait

qu’un opaque brouillard sombre dans lequel se faufilent l’hypocrisie et les intérêts

personnels mesquins et où le futur de la population de l’île passe bien après dans la liste

des priorités immédiates.

Même si l’affaire Elian a sérieusement ébranlé le leadership de la CANF, celle-ci

reste influente au sein de la vie politique des Etats-Unis car elle a su tisser un solide

réseau de relations avec des personnages clés au sein du Congrès. C’est pour cela qu’elle

s’obstine à vouloir diriger le destin de Cuba a travers la mise en place d’une politique

astreignante contre les Cubains. Ramon Cernuda Représentant à l’extérieur de la

Coordination d’Organisations de Droits de l’Homme à Cuba (CODEHU) remarquait que :

« L’un des problèmes de cet exil, c’est qu’il a voulu réclamer un rôle de protagoniste

dans les processus de changements à Cuba. Il a toujours exigé un rôle principal qui ne lui

correspond pas parce que, ni historiquement ni politiquement, il ne peut remplir ce

rôle ». Et c’est bien là la tragédie. 1

La perception de la droite radicale de Miami à propos de la situation de l’île est

complètement déconnectée de la réalité. Aucun membre de la CANF n’a mis les pieds à

Cuba depuis plus de 40 ans et leur vision reste profondément ancrée dans une

mythologie de guerre froide et anticastriste qui n’a rien à voir avec le quotidien de la

population cubaine. Il est difficile pour l’extrême droite cubaine de se vêtir d’une

quelconque légitimité auprès du peuple cubain vu qu’elle a tout fait pour exacerber ses

souffrances avec la recrudescence du blocus et a démontré à maintes reprises qu’elle

était prête à entraîner toute la population dans l’abîme afin de se débarrasser de Fidel

Castro. Quel que soit le jugement qu’elle porte sur le gouvernement de La Havane, celui,

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faute d’accorder toutes les libertés politiques et en dépit de son autoritarisme, a au

moins le mérite d’avoir sauvé les Cubains de l’extrême pauvreté, chose qu’aucun pays du

Tiers Monde peut se prévaloir d’avoir réalisé. Quant à la démocratie que la CANF se

targue de représenter, l’histoire de Miami, ville où elle a eu le plus d’influence, montre

qu’elle n’a vraiment pas de quoi s’enorgueillir car, si sa position prédomine dans les

cercles politiques, celle-ci n’a jamais été sujette à un débat public ouvert et les voix

divergentes, qui seraient majoritaires si la liberté d’expression existait, se retrouvèrent

soigneusement muselées.

A l’image du lobby juif, le lobby cubain a eu le soutien des diverses

administrations dans la mesure où la poursuite de ses propres intérêts entraient en

adéquation avec l’intérêt national des Etats-Unis et c’est pour cela que les Républicains

aussi bien que les Démocrates, qui ne s’opposent guère en ce qui concerne les grandes

lignes politiques à suivre aussi bien aux Etats-Unis qu’à l’étranger, n’ont pas remis en

cause la légitimité officielle de la poursuite de la politique d’hostilité envers Cuba. De

plus, le facteur électoral rentre en compte surtout pour un Etat comme la Floride et les

ambitions personnelles prennent souvent le dessus sur les principes et les velléités

progressistes. Fondamentalement, même si les agendas politiques de l’administration et

du lobby cubain diffèrent à bien des égards, ils ont un but commun qui est la destruction

de la révolution cubaine par tous les moyens et c’est à partir de ce postulat qu’il faut

aborder les relations entre les Etats-Unis, Cuba et la CANF et tenter de comprendre les

raisons de la poursuite d’une politique vieille de plus de quarante ans et qui parait à

première vue absurde.

L’influence du lobby cubain sur la politique des sanctions économiques contre Cuba est

très importante sans pour autant être décisive. Le blocus économique, loin d’être une

relique de la guerre froide, reste une décision politique sensée dans la tête des stratèges

étasuniens destinée à punir un pays du Tiers Monde, de surcroît se trouvant dans

l’arrière cour des Etats-Unis, qui a osé suivre un chemin indépendant, et a empêcher

toute émergence d’une société alternative au modèle économique dominant. Cuba reste

d’autant plus dangereux qu’il a permis à sa population de se libérer de la misère et de

disposer d’un très haut niveau de protection sociale et d’éducation tout en étant une

petite nation pauvre du Tiers Monde. L’écrivain uruguayen Eduardo Galeano déclarait :

« Au court des quarante dernières années, cette Révolution punie, bloquée, calomniée, a

fait beaucoup moins que ce qu’elle voulait [faire] mais elle a fait beaucoup plus que ce

qu’elle pouvait [faire]…. Elle continue de commettre la dangereuse folie de croire que les

êtres humains ne sont pas condamnés à l’humiliation ». On ne pourra jamais savoir quel

niveau de développement Cuba aurait pu atteindre si le gouvernement révolutionnaire

avait eu la possibilité de travailler en paix sans hostilité de la part des Etats-Unis, sans le

blocus économique, sans les menaces d’invasion et sans les incessantes attaques

terroristes. Tel était l’objectif recherché lors de l’imposition des différentes sanctions et il

a été hautement atteint. 2

Notes

1 Hernando Calvo Ospina & Katlijn Declercq, Dissidents ou Mercenaires (Bruxelles : EPO,

1998), p. 100. extraits http://perso.club-internet.fr/vdedaj/cuba/dissidents.html

2 Eduardo Galeano, « La Revolución cubana sigue siendo contagiosa », Rebelión, 3

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JOURNAUX ET REVUES CONSULTES

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-Bohemia (Cuba)

-Cuba Socialista (Cuba)

-Joventud Rebelde (Cuba)

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