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I. Contexte

Après avoir prêté serment le 21 mai 2011, le Président Alassane Ouattara s’est trouvé face

à d’importants défis, notamment la gestion des conséquences d’un conflit armé de courte

durée mais dévastateur, au cours duquel des crimes odieux avaient été perpétrés contre

des civils. À la suite du refus du Président sortant Laurent Gbagbo d’accepter les

résultats—certifiés par les Nations Unies—des élections considérées libres et

démocratiques, Ouattara a fini par recourir au soutien d’anciennes forces rebelles. Ces

forces rebelles contrôlaient la partie nord du pays depuis la fin du conflit de 2002-2003,

lequel avait été marqué par des crimes internationaux graves commis tant par les forces

de sécurité de Gbagbo que par les rebelles. Sous le gouvernement Gbagbo (2000 à 2010),

les auteurs de ces crimes n’ont pas été tenus de rendre compte de leurs actes.

Dans les deux camps, des dirigeants politiques et militaires impliqués dans des atrocités ont

conservé leurs postes en toute impunité. Lorsque les forces pro-Ouattara ont arrêté Gbagbo le

11 avril 2011, les forces armées des deux camps s’étaient à nouveau livrées à des violations

flagrantes des droits humains et du droit international humanitaire. Vingt-deux mois après

l’investiture du Président Ouattara en mai 2011, il demeure difficile de savoir si son

gouvernement rompra enfin avec la dangereuse culture de l’impunité héritée du passé.

Conflit armé et impasse politico-militaire, 2002-2007

Le 19 septembre 2002, un groupe rebelle connu sous le nom de Mouvement patriotique de

Côte d’Ivoire (MPCI) lance des attaques contre plusieurs cibles stratégiques à Abidjan,

ainsi que contre les villes de Bouaké et Korhogo, au nord du pays. 1 Rejoints par deux

groupes armés de l’ouest du pays, 2 les rebelles prennent rapidement le contrôle de la

moitié nord de la Côte d’Ivoire. Les trois groupes rebelles forment une alliance politicomilitaire

appelée Forces Nouvelles, réclamant de nouvelles élections et la révocation du

Président Laurent Gbagbo, dont ils contestent la légitimité en raison des irrégularités

1 International Crisis Group, « Côte d’Ivoire: ‘The War is Not Yet Over’ », Africa Report No. 72, 28 novembre 2003,

http://www.crisisgroup.org/en/regions/africa/west-africa/cote-divoire/072-cote-divoire-the-war-is-not-yet-over.aspx

(consulté le 30 janvier 2013), p. 1 ; Human Rights Watch, Prise entre deux guerres : Violence contre les civils dans l’Ouest de

la Côte d’Ivoire, vol. 15, no. 14(A), 6 août 2003, http://www.hrw.org/fr/reports/2003/08/05/prise-entre-deux-guerres , p.11.

2 Le Mouvement pour la justice et la paix (MJP) et le Mouvement populaire ivoirien du Grand Ouest (MPIGO).

TRANSFORMER LES DISCOURS EN REALITE 20

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