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Fédération Estudiantine et Scolaire de Côte d'Ivoire (FESCI) et les Jeunes Patriotes, aident

les forces de sécurité de Gbagbo à intimider, à extorquer de l’argent et à commettre des

brutalités contre les Ivoiriens du nord, les immigrés et d’autres personnes perçues comme

appuyant l’opposition. 11 Dans le nord contrôlé par les Forces Nouvelles, les commandants

s’enrichissent démesurément en pratiquant l’extorsion et le racket ; en l’absence de

système judiciaire dans cette région, les détentions arbitraires, les tortures et les

exécutions extrajudiciaires de partisans présumés du gouvernement Gbagbo se

poursuivent. 12 Les violences sexuelles contre les femmes et les filles restent généralisées

dans les deux parties du pays. Forces armées et civils terrorisent les femmes, lesquelles

ne bénéficient d’aucune protection étatique efficace en raison de la faiblesse des

institutions juridiques et policières qui sont incapables de prévenir la violence, de

poursuivre les auteurs d’exactions ou de prendre en charge les victimes. 13

Ni vérité ni justice sous le gouvernement Gbagbo

Personne ne sera traduit en justice pour les crimes graves commis lors du conflit armé de

2002-2003 et dans sa foulée. En dépit de liens évidents entre l’impunité profondément

enracinée dont jouissent les groupes armés et les atrocités généralisées, le gouvernement

Gbagbo ne considérera jamais la lutte contre l’impunité comme une priorité. Le 18 avril

2003, le gouvernement Gbagbo reconnaît officiellement la compétence de la Cour pénale

internationale (CPI) « aux fins d’identifier, de poursuivre, de juger les auteurs et complices

des actes commis sur le territoire ivoirien depuis les événements du 19 septembre

2002 ». 14 Néanmoins, au cours des années qui suivent, lorsqu’il devient évident que la CPI

commission a recommandé que « des enquêtes criminelles devant un tribunal indépendant [soient] menées afin de

poursuivre les responsables …, c’est-à-dire les commandants des unités spéciales qui y ont participé à l’intérieur des forces

de sécurité de Côte d’Ivoire ainsi que les forces dites parallèles ». Aucune enquête ou poursuite crédible n’a été ouverte ou

engagée par les autorités judiciaires de Gbagbo.

11 Human Rights Watch, « La meilleure école », La violence estudiantine, l’impunité et la crise en Côte d’Ivoire , Index : 1-

56432-312-9, 21 mai 2008, http://www.hrw.org/fr/reports/2008/05/21/la-meilleure-cole, p. 6 ; « Parce qu’ils ont les fusils …

il ne me reste rien ».

12 Human Rights Watch, Terrorisés et abandonnés : L’anarchie, le viol et l’impunité dans l’ouest de la Côte d’Ivoire, Index: 1-

56432-702-7, 22 octobre 2010, http://www.hrw.org/fr/reports/2010/10/22/terroris-s-et-abandonn-s, p. 18 ; « Parce qu’ils

ont les fusils … il ne me reste rien » ; Un pays au bord du gouffre : La précarité des droits humains et de la protection civile en

Côte d’Ivoire, vol. 17, no. 6(A), 4 mai 2005, http://www.hrw.org/fr/reports/2005/05/03/un-pays-au-bord-du-gouffre, p.1.

13 Human Rights Watch, « Mon cœur est coupé » : Violences sexuelles commises par les forces rebelles et progouvernementales

en Côte d’Ivoire, vol. 19, no. 11(A), 2 août 2007, http://www.hrw.org/fr/reports/2007/08/02/mon-coeurest-coup,

pp. 1-10 ; Terrorisés et abandonnés, pp. 5-6.

14 République de Côte d’Ivoire, « Déclaration de reconnaissance de la Compétence de la Cour Pénale Internationale »,

Abidjan, 18 avril 2003, http://www.icc-cpi.int/NR/rdonlyres/CBE1F16B-5712-4452-87E7-4FDDE5DD70D9/279779/ICDE1.pdf

(consulté le 30 janvier 2013).

23 HUMAN RIGHTS WATCH | AVRIL 2013

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