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gouvernement Gbagbo, incite à recourir à la violence contre les groupes pro-Ouattara et

exhorte les partisans de Gbagbo à ériger des barrages routiers et à « dénoncer toute

personne étrangère ». 19 Entre février et avril, des centaines d’Ivoiriens du nord et d’immigrés

ouest-africains sont tués à Abidjan et dans l’ouest de la Côte d’Ivoire, parfois sur la seule

base de leur nom ou de leur tenue vestimentaire. Des mosquées et des dirigeants religieux

musulmans sont également pris pour cible. Parmi les pires incidents, les forces de sécurité

de Gbagbo ouvrent le feu sur des femmes manifestant pacifiquement et lancent des mortiers

sur des quartiers fortement peuplés d’Abidjan, tuant des dizaines de personnes. 20

Les forces pro-Ouattara entament une offensive militaire en mars 2011 pour prendre le

contrôle du pays et, alors que la crise se transforme en conflit armé généralisé, elles sont

également impliquées dans des atrocités. Le 17 mars 2011, le Président Ouattara signe un

décret créant les Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI), composées principalement à

l’époque de membres de l’ex-groupe rebelle, les Forces Nouvelles. Dans l’ouest du pays,

village après village, surtout entre Toulepleu et Guiglo, des membres des Forces

républicaines tuent des civils appartenant aux groupes ethniques pro-Gbagbo, y compris

des vieillards incapables de fuir ; ils violent des femmes ; et réduisent des villages en

cendres. À Duékoué, des forces pro-Ouattara massacrent plusieurs centaines de

personnes, traînant hors de chez eux, avant de les exécuter, des hommes non armés qu’ils

accusent d’appartenir à des milices pro-Gbagbo. 21

Par la suite, lors de la campagne militaire visant à s’emparer d’Abidjan et à consolider leur

contrôle sur la ville, les Forces républicaines exécutent à nouveau des dizaines d’hommes

19 Human Rights Watch, « Ils les ont tués comme si de rien n’était »¸ p. 121.

20 Ibid.

21 Ibid. Voir également Conseil des droits de l’homme, « Rapport de la Commission d’enquête internationale indépendante

sur la Côte d’Ivoire », A/HRC/17/48, 7 juin 2011, para. 70 (« Rapport 2011 de la CEI ») ; Amnesty International, « ‘Ils ont

regardé sa carte d'identité et l'ont abattu’ : Retour sur six mois de violences post-électorales en Côte d'Ivoire », AI Index : AFR

31/002/2011, 25 mai 2011, http://www.amnesty.org/fr/library/info/AFR31/002/2011/fr (consulté le 30 janvier 2013), p. 34 ;

Amnesty International, « ‘Nous voulons rentrer chez nous, mais nous ne pouvons pas’ : Insécurité et personnes déplacées en

Côte d'Ivoire : une crise persistante », AI Index : AFR 31/007/2011, 28 juillet 2011

http://www.amnesty.org/fr/library/info/AFR31/007/2011 (consulté le 30 janvier 2013), p. 14 ; « Côte d’Ivoire : Massacres à

Duékoué et graves exactions commises contre la population civile dans tout le pays », communiqué de presse de la

Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH), 2 avril 2011, http://www.fidh.org/Cote-d-Ivoire-

Massacres-a-Duekoue (consulté le 30 janvier 2012) ; Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire, Division des Droits de

l’Homme, « Rapport sur les violations des droits de l’homme et du droit international humanitaire commises à l’Ouest de la

Côte d’Ivoire », UNOCI/HRD/2011/02, 10 mai 2011,

http://reliefweb.int/sites/reliefweb.int/files/resources/Rapport_sur_les_violations_des_droits_de_l_homme_a_l_Ouest.pdf

(consulté le 30 janvier 2013), pp. 16-19.

TRANSFORMER LES DISCOURS EN REALITE 26

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