Télécharger le rapport complet - Human Rights Watch

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Les élections de novembre 2010 en Côte d’Ivoire ont débouché sur cinq mois de violations graves des droits humains

lorsque le Président sortant, Laurent Gbagbo, a refusé d’accepter les résultats internationalement reconnus du

scrutin qui déclaraient son rival, Alassane Ouattara, vainqueur. Au moins 3 000 personnes ont été tuées et 150

femmes violées au cours de la crise, souvent dans le cadre d’actes ciblés perpétrés en fonction de critères

politiques, ethniques et religieux. Les Nations Unies, la Commission nationale d’enquête créée par le Président

Ouattara, ainsi que les organisations nationales et internationales de défense des droits humains, dont Human

Rights Watch, ont toutes fait état de crimes de guerre et de probables crimes contre l’humanité commis à la fois par

les forces pro-Gbagbo et pro-Ouattara.

Depuis son investiture en mai 2011, le Président Ouattara a affirmé à plusieurs reprises qu’il s’engageait à réclamer

des comptes à tous les auteurs de crimes graves, indépendamment de leur affiliation politique ou de leur grade

militaire. Pourtant, près de deux ans plus tard, alors que des poursuites pénales sont en cours à l’encontre de plus

de 150 individus appartenant au camp Gbagbo pour des crimes commis lors de la crise post-électorale, aucune

poursuite relative à cette période n’a été intentée contre des membres des forces pro-Ouattara. Il faut impérativement

que les autorités ivoiriennes rompent avec la dangereuse culture de l’impunité qui a prévalu dans le pays

et dont les personnes proches du gouvernement au pouvoir jouissent encore. Cette culture a alimenté les cycles

répétés de violence dont la Côte d’Ivoire a été le théâtre au cours de la dernière décennie.

Sur la base de recherches réalisées à Abidjan en septembre 2012 et d’entretiens de suivi menés jusqu’en février

2013, le présent rapport identifie des domaines dans lesquels le gouvernement ivoirien et ses partenaires internationaux—notamment

l’Union européenne, les Nations Unies, la France et les États-Unis—devraient fournir un

soutien financier, technique et diplomatique plus important aux juges et aux procureurs, afin que ces derniers

soient mieux outillés pour transformer les discours du Président Ouattara en réalité.

Le Bureau du Procureur de la Cour pénale internationale (CPI), qui poursuit actuellement Gbagbo à la suite de

l’ouverture d’une enquête en octobre 2011, doit sans délai enquêter sur les crimes perpétrés par les membres du

camp Ouattara et, si les éléments de preuve le permettent, introduire une requête aux fins de délivrance de mandats

d’arrêt. Cela s’avère indispensable pour restaurer la crédibilité de la CPI en Côte d’Ivoire et faire pression sur les

autorités ivoiriennes pour qu’elles produisent des résultats crédibles et impartiaux.

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(ci-dessus) Des photos de plusieurs

personnes qui auraient été mutilées et

tuées pour leur soutien présumé à

Alassane Ouattara sont éparpillées sur

un bureau à la mairie du quartier

abidjanais d’Abobo, un bastion du

camp Ouattara, le 16 janvier 2011.

© 2011 AP Photo/Rebecca Blackwell

(en couverture) Une femme cache son

visage après avoir expliqué comment

des forces pro-Ouattara ont tué deux

de ses enfants et son frère lors des

violences post-électorales à Duékoué,

dans l’ouest de la Côte d’Ivoire.

Duékoué a été le théâtre de l’un des

pires massacres commis lors de la

crise, mais personne au sein des

forces pro-Ouattara n’a été arrêté pour

les crimes perpétrés à cet endroit.

© 2011 Peter Dicampo

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