24.06.2013 Vues

histoire de la médecine / history of medicine - Lebanese Medical ...

histoire de la médecine / history of medicine - Lebanese Medical ...

histoire de la médecine / history of medicine - Lebanese Medical ...

SHOW MORE
SHOW LESS

Transformez vos PDF en papier électronique et augmentez vos revenus !

Optimisez vos papiers électroniques pour le SEO, utilisez des backlinks puissants et du contenu multimédia pour maximiser votre visibilité et vos ventes.

HISTOIRE DE LA MÉDECINE/ HISTORY OF MEDICINE<br />

HISTOIRE DE LA MÉDECINE AU LIBAN<br />

http://www.lebanesemedicaljournal.org/articles/58-1/<strong>history</strong>1.pdf<br />

Robert KHOURI*<br />

Khouri R. Histoire <strong>de</strong> <strong>la</strong> mé<strong>de</strong>cine au Liban. J Med Liban 2010 ;<br />

58 (1) : 28-44.<br />

Lieu <strong>de</strong> passage ou d’échanges, d’alliances ou <strong>de</strong><br />

guerres, le pays qui sera plus tard le Liban, sera un creuset<br />

dans lequel furent amalgamés <strong>de</strong>s observations médicales<br />

phéniciennes et <strong>de</strong>s apports assyriens, babyloniens,<br />

égyptiens, hébraïques et grecs.<br />

L’état <strong>de</strong> santé était considéré comme le fruit d’un<br />

accord avec les dieux, et <strong>la</strong> ma<strong>la</strong>die considérée comme<br />

un châtiment divin. Dans le panthéon phénicien on adorait<br />

« El », dieu sage et âgé, son fils Baal jeune et actif,<br />

et sa fille Hygeia, déesse <strong>de</strong> <strong>la</strong> santé. Ces divinités<br />

étaient associées à une foule d’autres : à part le dieu<br />

Melqart à Tyr, il y avait à Byblos, <strong>la</strong> déesse <strong>de</strong> l’amour<br />

et <strong>de</strong> <strong>la</strong> fécondité, Astarté, qui – non contente <strong>de</strong> protéger<br />

les habitants – avait fait verser le sage Salomon dans<br />

l’idolâtrie.<br />

Dans cette multitu<strong>de</strong> <strong>de</strong> dieux, il y en avait un, purement<br />

et spécifiquement phénicien : Echmoun [1], le<br />

dieu-guérisseur dont le nom apparut entre 1380 et 1180<br />

av. J.-C. [2]. « Il pansait les p<strong>la</strong>ies, soignait au moyen<br />

<strong>de</strong> potions simples, et prescrivait pour les ma<strong>la</strong>dies<br />

graves un traitement psychique, affirmant que l’on pouvait<br />

guérir ces affections en imprimant une direction<br />

convenable aux passions ».<br />

Le culte d’Echmoun sera <strong>of</strong>ficialisé en 677 av. J.-C.<br />

bien avant celui d’Asclépios en Grèce et d’Escu<strong>la</strong>pe à<br />

Rome [3]. Au V e siècle, près du fleuve Awali, au nord <strong>de</strong><br />

Saïda, un temple lui fut construit [4] où M. Dunand retrouva<br />

<strong>de</strong>s statuettes en marbre représentant <strong>de</strong>s enfants<br />

et dédiées à Echmoun [5-6].<br />

Dans <strong>la</strong> pratique médicale, les Phéniciens, grands<br />

voyageurs, avaient été en contact avec <strong>la</strong> mé<strong>de</strong>cine<br />

babylonienne et surtout égyptienne, qui avaient déjà en<br />

gran<strong>de</strong> partie dégagé une mé<strong>de</strong>cine <strong>la</strong>ïque <strong>de</strong> sa gangue<br />

sacerdotale. Le mé<strong>de</strong>cin phénicien utilisait dans sa pratique<br />

<strong>de</strong>s produits rares ramenés <strong>de</strong>s In<strong>de</strong>s et d’Arabie, et<br />

prescrivait <strong>de</strong>s médicaments à base <strong>de</strong> produits végétaux<br />

et minéraux dont les différents temps <strong>de</strong> fabrication et<br />

d’utilisation étaient bien précisés.<br />

Avec le temps, <strong>la</strong> mé<strong>de</strong>cine en Phénicie adopta progressivement<br />

une approche basée sur l’observation et<br />

les résultats. Même au XIX e siècle, au Liban, malgré <strong>la</strong><br />

* Correspondance : Docteur Robert Khouri. B. P. 16-5963.<br />

Achrafieh - Beyrouth. Liban.<br />

e-mail : iatros@ idm.com.lb<br />

Tel. : +961 4 415644 / 3 251766<br />

28 Journal Médical Libanais 2010 • Volume 58 (1)<br />

présence <strong>de</strong> facultés <strong>de</strong> mé<strong>de</strong>cine en Egypte et en Turquie,<br />

un grand nombre <strong>de</strong> praticiens exerçaient sans<br />

diplômes car il leur suffisait <strong>de</strong> quelques principes généraux,<br />

souvent transmis <strong>de</strong> père en fils, pour dispenser<br />

<strong>de</strong>s soins dans les villes et surtout dans les campagnes.<br />

Leur art <strong>de</strong> guérir était fonction <strong>de</strong> leur don d’observation<br />

et <strong>de</strong> leur capacité à convaincre le ma<strong>la</strong><strong>de</strong>. Très<br />

souvent, dans <strong>la</strong> Montagne libanaise, les praticiens<br />

étaient d’origine nord-africaine, <strong>de</strong>s moghrabi qui circu<strong>la</strong>ient<br />

avec un âne porteur <strong>de</strong> <strong>la</strong> cargaison d’herbes et du<br />

fameux fer à repasser qui, chauffé, était appliqué sur les<br />

régions douloureuses.<br />

Ces moghrabi disparaîtront avec le temps, et nécessité<br />

oblige, ils cé<strong>de</strong>ront leur p<strong>la</strong>ce aux moujabber, praticiens<br />

rebouteux, (lointains ancêtres <strong>de</strong>s orthopédistes <strong>de</strong> nos<br />

jours) capables, assez souvent, <strong>de</strong> remettre en p<strong>la</strong>ce un os<br />

fracturé et même <strong>de</strong> soigner <strong>de</strong>s p<strong>la</strong>ies avec plus ou moins<br />

<strong>de</strong> bonheur. Le jour <strong>de</strong> l’an 1837, un très fort tremblement<br />

<strong>de</strong> terre eut lieu au Liban, et à Saïda, <strong>la</strong> femme <strong>de</strong> monsieur<br />

Conti, l’agent consu<strong>la</strong>ire <strong>de</strong> France, fut ensevelie<br />

sous les décombres d’une partie du khan. On parvint à<br />

<strong>la</strong> retirer vivante mais avec une jambe horriblement mutilée.<br />

Trois mé<strong>de</strong>cins européens distingués (Dr Gail<strong>la</strong>rdot,<br />

mé<strong>de</strong>cin d’état-major <strong>de</strong> Soliman Pacha, Dr Laferre,<br />

mé<strong>de</strong>cin <strong>de</strong> <strong>la</strong> duchesse <strong>de</strong> P<strong>la</strong>isance et le chirurgien-chef<br />

d’un navire français en mission au Liban) furent appelés<br />

en consultation et déc<strong>la</strong>rèrent que l’amputation pouvait<br />

seule lui sauver <strong>la</strong> vie.<br />

Madame Conti refusa l’opération et, en désespoir <strong>de</strong><br />

cause, on fit appel à un moujabber <strong>de</strong> Beyrouth, le<br />

fameux Bakri-Echlé. Après une quinzaine <strong>de</strong> visites quotidiennes<br />

et <strong>de</strong> soins, l’inf<strong>la</strong>mmation diminua, <strong>la</strong> p<strong>la</strong>ie<br />

se cicatrisa, et au bout <strong>de</strong> <strong>de</strong>ux mois <strong>la</strong> ma<strong>la</strong><strong>de</strong> pouvait<br />

marcher seule, en boitant un peu. Ceci renforça <strong>la</strong> réputation<br />

<strong>de</strong> ces rebouteux qui continuèrent pendant longtemps<br />

à appliquer leurs connaissances surtout à <strong>la</strong> montagne.<br />

Savoir bien purger était souvent associé à <strong>la</strong> saignée<br />

ou à <strong>la</strong> pose <strong>de</strong> sangsues achetées chez le coiffeur. On<br />

utilisait aussi <strong>la</strong>rgement <strong>la</strong> cautérisation soit en provoquant<br />

artificiellement un ulcère dans lequel on p<strong>la</strong>çait un<br />

corps étranger (tel un petit pois) pour empêcher <strong>la</strong> cicatrisation,<br />

soit en utilisant un instrument composé d’un<br />

manche et d’une extrémité cautérisante en fer, dite<br />

pointe <strong>de</strong> feu, portée au rouge.<br />

Cette « mé<strong>de</strong>cine <strong>de</strong> tous les jours » <strong>la</strong>issait <strong>la</strong> p<strong>la</strong>ce<br />

dans les cas exceptionnels, à <strong>de</strong>s mé<strong>de</strong>cins diplômés <strong>de</strong><br />

Stamboul ou du Caire et qui opéraient <strong>la</strong> cataracte par<br />

luxation du corps vitré avec une aiguille, ou qui arrivaient<br />

à libérer un calcul <strong>de</strong> <strong>la</strong> vessie en y introduisant une


son<strong>de</strong> puis un forceps pour extraire <strong>la</strong> pierre. A part cette<br />

mé<strong>de</strong>cine du « cas par cas », les mé<strong>de</strong>cins étaient confrontés<br />

<strong>de</strong> temps en temps à <strong>de</strong>s épidémies qui entraînaient<br />

un nombre important <strong>de</strong> décès dans <strong>la</strong> popu<strong>la</strong>tion.<br />

Telle était <strong>la</strong> peste (et en particulier <strong>la</strong> peste noire, une<br />

peste pulmonaire) pour <strong>la</strong>quelle on soupçonnait le regard<br />

du pestiféré <strong>de</strong> transmettre <strong>la</strong> ma<strong>la</strong>die, d’où l’obligation<br />

<strong>de</strong> ban<strong>de</strong>r les yeux du ma<strong>la</strong><strong>de</strong> quand le mé<strong>de</strong>cin était à<br />

son chevet. A <strong>la</strong> recherche <strong>de</strong> coupables, on avait accusé<br />

les juifs qui furent brûlés vifs à Bâle, pendus à Strasbourg,<br />

et dont près <strong>de</strong> 50.000 furent massacrés au cours<br />

<strong>de</strong> ces épidémies au XIV e siècle [7].<br />

Il est intéressant <strong>de</strong> noter qu’à l’époque on savait que<br />

<strong>la</strong> peste était une ma<strong>la</strong>die contre <strong>la</strong>quelle on pouvait se<br />

prémunir en adoptant <strong>de</strong>s mesures d’hygiène, mais nulle<br />

part il ne sera fait mention du rat dont le rôle ne fut<br />

reconnu qu’après <strong>la</strong> découverte du bacille pesteux par<br />

Yersin en 1894 [8]. Il faudra encore attendre quatre<br />

années avant que Simond puisse démontrer que <strong>la</strong> puce,<br />

après avoir piqué un rat ou un homme ma<strong>la</strong><strong>de</strong>, pouvait<br />

inoculer le bacille à un homme sain [9]. La peste<br />

atteignit le Liban en 1813 ; l’émir Béchir fit isoler les<br />

ma<strong>la</strong><strong>de</strong>s dans leurs maisons et chargea Joseph Chalfoun<br />

et ses gar<strong>de</strong>s mobiles <strong>de</strong> surveiller les routes du littoral.<br />

La lutte contre <strong>la</strong> peste porta ses fruits « grâce aux<br />

règlements sanitaires obligatoires édictés par l’Emir<br />

Béchir, bien avant que le Vice-Roi d’Egypte ou le Sultan,<br />

eussent songé au régime <strong>de</strong>s Quarantaines » [10]. Les<br />

pestiférés étaient isolés dans <strong>de</strong>s camps sanitaires aux<br />

frais <strong>de</strong> l’émir. Ce Service quarantenaire qui était dirigé<br />

par le docteur Pestalozza, contrô<strong>la</strong>it les voyageurs arrivant<br />

par voie <strong>de</strong> mer ; les gar<strong>de</strong>s mobiles <strong>de</strong> Chalfoun contrô<strong>la</strong>ient<br />

ceux qui venaient par voie <strong>de</strong> terre. Chez les ma<strong>la</strong><strong>de</strong>s<br />

déjà atteints <strong>de</strong> <strong>la</strong> peste, on p<strong>la</strong>çait <strong>de</strong>s catap<strong>la</strong>smes<br />

<strong>de</strong> <strong>la</strong>it, safran et savon sur le bubon, et quand il était mûr<br />

on le cautérisait au fer rouge et on le pansait avec <strong>de</strong> l’ail<br />

et <strong>de</strong>s résines. Des recettes empiriques furent utilisées<br />

et comme on prétendait que <strong>la</strong> peste fuyait l’o<strong>de</strong>ur du<br />

cheval, certains cavaliers passaient leurs journées et leurs<br />

nuits en selle, dormant sur leur monture [11].<br />

Quant à <strong>la</strong> variole, elle sévissait sans merci puisqu’on<br />

a estimé que jusqu’au XVIII e siècle, le quart <strong>de</strong> chaque<br />

nation <strong>de</strong>vait sinon en mourir, du moins en <strong>de</strong>meurer<br />

aveugle ou défiguré. Les mé<strong>de</strong>cins affirmaient qu’elle<br />

ne pouvait survenir <strong>de</strong>ux fois chez un même individu<br />

et qu’un moyen radical <strong>de</strong> protection était <strong>de</strong> s’exposer<br />

volontairement à une infection bénigne alors que l’on<br />

était en bonne santé. Cette « variolisation » consistait à<br />

introduire dans un corps sain <strong>de</strong>s fragments <strong>de</strong> pustules<br />

provenant d’un variolique en voie <strong>de</strong> guérison [12]. Au<br />

Liban, on pratiquait une variolisation [13] en donnant à<br />

boire une macération <strong>de</strong> croûtes varioliques dans le <strong>la</strong>it<br />

d’une nourrice qui al<strong>la</strong>itait une fille (?).<br />

Il faudra attendre 1796 pour qu’un mé<strong>de</strong>cin <strong>de</strong> campagne,<br />

le docteur Edward Jenner, note que les filles<br />

<strong>de</strong> ferme qui avaient eu <strong>la</strong> « vaccine » – une ma<strong>la</strong>die <strong>de</strong><br />

<strong>la</strong> vache qui provoquait une éruption <strong>de</strong> pustules bénignes<br />

–, ne pouvaient plus avoir <strong>la</strong> variole. A partir <strong>de</strong><br />

1800, tous les marins <strong>de</strong> <strong>la</strong> flotte ang<strong>la</strong>ise furent vaccinés<br />

et on n’observa plus <strong>de</strong> cas <strong>de</strong> variole. En 1806, l’émir<br />

Béchir, suivant les conseils du docteur Pierre Laurel<strong>la</strong><br />

[14] en qui il avait pleine confiance, se fit lui-même vacciner<br />

et étendit cette pratique à tout le pays qui échappa<br />

à <strong>la</strong> terrible épidémie qui eut lieu dans <strong>la</strong> région en 1810.<br />

Au début du XIX e siècle, <strong>de</strong>s mé<strong>de</strong>cins étrangers<br />

pratiquaient au Liban : les plus célèbres étaient le docteur<br />

Bertrand et le docteur Aubin, qui soignèrent l’émir<br />

Amin, le fils <strong>de</strong> l’émir Béchir ; les docteurs Suquet et<br />

Vital Gail<strong>la</strong>rdot bien connus pour avoir soigné Ernest<br />

Renan et Lady Stanhope, le R.P. Anasthase, vicaire <strong>de</strong>s<br />

carmes au Liban-Nord qui pratiquait <strong>la</strong> mé<strong>de</strong>cine pour<br />

assurer <strong>de</strong>s revenus à son ordre et surtout le frère Henze,<br />

chez les jésuites, qui <strong>de</strong>vint le mé<strong>de</strong>cin <strong>de</strong> Sitt Husn<br />

Jihan, <strong>la</strong> femme <strong>de</strong> l’émir Béchir, ce qui aurait facilité<br />

l’instal<strong>la</strong>tion <strong>de</strong>s jésuites au Liban [15].<br />

Les pionniers <strong>de</strong> ces mé<strong>de</strong>cins européens installés au<br />

Liban furent : Dr Volpi et Dr Morando à Tripoli en 1812,<br />

Dr Govazzi à Tripoli en 1831, Dr Cavalier à Tripoli en<br />

1833, Dr Bovis à Beit-Chabab en 1824, Dr Béraut à<br />

Beyrouth en 1817, Dr <strong>de</strong> Déro<strong>de</strong> à Aïntoura en 1830, et<br />

Dr <strong>de</strong> Grâce à Beyrouth en 1832.<br />

En 1825, Méhémet-Ali, le vice-roi d’Egypte, se rendit<br />

compte que son armée avait besoin <strong>de</strong> mé<strong>de</strong>cins et<br />

son pays d’une organisation sanitaire. Il <strong>de</strong>manda l’ai<strong>de</strong><br />

<strong>de</strong> <strong>la</strong> France qui lui dépêcha le docteur Antoine-<br />

Barthélemy Clot. Dès son arrivée, le docteur Clot engagea<br />

pour l’armée <strong>de</strong> nombreux mé<strong>de</strong>cins français et<br />

italiens et fit construire à Abou-Zaabel un très grand<br />

hôpital. Comme le vice-roi vou<strong>la</strong>it aussi un personnel<br />

médical égyptien, une École <strong>de</strong> Mé<strong>de</strong>cine et <strong>de</strong> Pharmacie<br />

couplée avec l’hôpital fut fondée, et fut en 1837,<br />

transférée au Caire, à Kasr-el-Aïni. C’est là que les futurs<br />

premiers mé<strong>de</strong>cins libanais reçurent leur formation<br />

médicale et obtinrent leur diplôme <strong>de</strong> mé<strong>de</strong>cine en 1842.<br />

Cependant, un jeune Libanais les avait précédés. Il<br />

avait commencé ses étu<strong>de</strong>s médicales à Abou-Zaabel et<br />

après avoir passé cinq années aux bords du Nil, était<br />

revenu au Liban en 1831. Ce jeune homme, Darwiche<br />

Ab<strong>de</strong>l-Ahad Baz, était le fils d’Ab<strong>de</strong>l-Ahad Baz qui avait<br />

été attaqué et tué dans son pa<strong>la</strong>is <strong>de</strong> Jbeil sur les ordres <strong>de</strong><br />

l’émir Béchir. En effet, à cette époque on ne pouvait pas<br />

impunément s’opposer à l’émir et... encore moins orner<br />

l’entrée <strong>de</strong> son pa<strong>la</strong>is d’une sculpture représentant un faucon<br />

(baz) terrassant un lion (l’emblème <strong>de</strong> l’émir).<br />

Le jeune docteur Darwiche Baz, qui peut être considéré<br />

comme le premier mé<strong>de</strong>cin libanais diplômé, fut celui<br />

qui vulgarisa l’emploi <strong>de</strong> <strong>la</strong> quinine b<strong>la</strong>nche ou kina baïda<br />

(sulfate <strong>de</strong> quinine) au Liban. Elle remp<strong>la</strong>cera l’utilisation<br />

<strong>de</strong>s écorces <strong>de</strong> bois <strong>de</strong> quinquina utilisées pour traiter <strong>la</strong><br />

ma<strong>la</strong>ria, très fréquente au Liban. La quinine b<strong>la</strong>nche, obtenue<br />

à partir <strong>de</strong> ces écorces, malgré ses effets bénéfiques<br />

avait pourtant <strong>de</strong>s effets secondaires non négligeables, et<br />

donnait <strong>de</strong>s bourdonnements d’oreille, <strong>de</strong>s vertiges et <strong>de</strong>s<br />

vomissements. Un préjugé popu<strong>la</strong>ire avait fait propager<br />

l’idée que ce produit était tellement toxique qu’il méritait<br />

l’appel<strong>la</strong>tion <strong>de</strong> « remè<strong>de</strong> <strong>de</strong> <strong>la</strong> guérison, ou <strong>de</strong> <strong>la</strong> mort ».<br />

R. KHOURI – Histoire <strong>de</strong> <strong>la</strong> mé<strong>de</strong>cine au Liban Journal Médical Libanais 2010 • Volume 58 (1) 29


Dans les notes du docteur Georges Rustom Baz,<br />

mé<strong>de</strong>cin diplômé en 1883 du Syrian Protestant College,<br />

on retrouve, grâce au pr<strong>of</strong>esseur Camille Baz les renseignements<br />

suivants à propos <strong>de</strong> <strong>la</strong> quinine : Jabbour el-<br />

Tabib, un praticien <strong>de</strong> Zouk-Mikhaël avait toujours une<br />

provision <strong>de</strong> cette kina baïda et se fournissait chez <strong>de</strong>s<br />

moghrabis qui importaient ce produit d’Égypte. Cette<br />

kina amère était donnée durant toute une semaine, diluée<br />

dans du café sans sucre [16].<br />

Quelques années plus tard, en 1837, l’émir Béchir<br />

<strong>de</strong>manda au docteur Clot, <strong>de</strong> passage au Liban, d’emmener<br />

en Egypte <strong>de</strong> jeunes Libanais désireux d’apprendre <strong>la</strong><br />

mé<strong>de</strong>cine. L’émir et <strong>de</strong>s notables libanais (Elias Bakhos<br />

du Metn, Mikhaël Toubia <strong>de</strong> Amchit et Abou-Farès<br />

Bitar) assurèrent une ai<strong>de</strong> financière pour le voyage et le<br />

séjour et c’est ainsi que cinq jeunes Libanais partirent<br />

faire leurs étu<strong>de</strong>s médicales à Kasr el-Aïni : c’étaient<br />

Yousef Jalkh et Ibrahim Najjar <strong>de</strong> Deir el-Kamar, Ghaleb<br />

Khoury <strong>de</strong> Baakline (diplômé en 1845), Yousef Merhej<br />

Letayf et Selim Khourchid. Très vite, ils seront suivis par<br />

Chaker el-Khoury, Hussein Al-Asîr, Mansour el-Khazen,<br />

Farès Saad Noujaim et Mi<strong>la</strong>d Sfeir.<br />

Dans une causerie présentées aux Journées médicales<br />

franco-libanaises <strong>de</strong> l’Hôtel-Dieu, le 3 avril 1992, le pr<strong>of</strong>esseur<br />

Edgar M. Gédéon nous donne ces renseignements<br />

trouvés dans l’ouvrage du docteur Chaker El-<br />

Khoury (Majma’a al-Massirat) : En 1868, à Kasr el-Aïni<br />

il n’y avait que 10 p<strong>la</strong>ces réservées aux Libanais et<br />

Syriens. L’hôpital avait un millier <strong>de</strong> lits et <strong>de</strong>s mé<strong>de</strong>cins<br />

<strong>de</strong> gar<strong>de</strong> étaient assignés pour le service <strong>de</strong> nuit. Les 200<br />

étudiants qui suivaient les étu<strong>de</strong>s médicales portaient <strong>de</strong>s<br />

tenues d’<strong>of</strong>ficiers ainsi qu’un tarbouche et <strong>de</strong>s chaussures<br />

fournis par l’École qui leur <strong>of</strong>frait gratuitement les<br />

livres. Ceux-ci étaient ensuite vendus à un prix réduit<br />

aux non-Égyptiens, les Chwam.<br />

Les premières <strong>de</strong>s six années d’étu<strong>de</strong>s étaient consacrées<br />

aux sciences <strong>de</strong> base : sciences minérales, géologie,<br />

chimie et botanique. Ensuite, l’histologie et l’anatomie<br />

étaient abordées. Pour apaiser les rumeurs qui<br />

avaient circulé à propos <strong>de</strong> <strong>la</strong> dissection, « pr<strong>of</strong>anation<br />

<strong>de</strong> cadavres », il avait été dit que seuls les corps <strong>de</strong>s<br />

coptes, <strong>de</strong>s grecs et <strong>de</strong>s juifs étaient disséqués.<br />

En 1842, ces jeunes mé<strong>de</strong>cins seront diplômés et chacun<br />

suivra un itinéraire différent. Grâce aux recherches<br />

du docteur Farid Sami Haddad [17-18] et du regretté<br />

docteur Emile Bitar [19], nous sommes bien documentés<br />

en ce qui concerne Yousef Jalkh et Ibrahim Najjar.<br />

Le docteur Yousef Jalkh eut son diplôme le 16 novembre<br />

1842 et revint s’installer à Beyrouth puis à<br />

Baabda. Il composa en <strong>la</strong>ngue arabe un dictionnaire <strong>de</strong>s<br />

termes techniques <strong>de</strong> sciences naturelles et <strong>de</strong>s monographies<br />

sur <strong>la</strong> galvanop<strong>la</strong>stie, <strong>la</strong> photographie et <strong>la</strong><br />

botanique. Son nom sera retenu dans l’<strong>histoire</strong> <strong>de</strong> <strong>la</strong><br />

mé<strong>de</strong>cine libanaise pour avoir pratiqué en 1881, avec le<br />

docteur George Post, <strong>la</strong> première trachéostomie chez un<br />

enfant diphtérique qui fut anesthésié au chlor<strong>of</strong>orme. Le<br />

docteur Jalkh mourut en 1869 à l’âge <strong>de</strong> 48 ans.<br />

Le docteur Ibrahim Najjar fut lui aussi diplômé en<br />

1842 et passa trois années en France avant <strong>de</strong> revenir au<br />

Liban où il fut nommé chirurgien-chef (tabib al-alf) <strong>de</strong><br />

l’hôpital militaire turc « Shahani », situé sur <strong>la</strong> colline<br />

surplombant Bab-Edriss. Il <strong>de</strong>vait mourir, jeune, à 42 ans,<br />

en 1864, après avoir réussi l’ab<strong>la</strong>tion d’une vésicule biliaire<br />

calculeuse, sans anesthésie [18].<br />

LES AMÉRICAINS DÉBARQUENT<br />

En 1846, William Morton avait pratiqué à Boston une<br />

anesthésie générale à l’éther. Au Liban, <strong>la</strong> première<br />

anesthésie générale eut lieu en 1865, au vil<strong>la</strong>ge <strong>de</strong> Abey,<br />

quand le docteur George Post, chirurgien et théologien<br />

protestant, administra, <strong>de</strong>vant ses élèves, du chlor<strong>of</strong>orme<br />

à un chien, l’endormit pr<strong>of</strong>ondément et le disséqua [20].<br />

Quelques années plus tard, en 1873, le même docteur<br />

Post réduira avec succès une luxation <strong>de</strong> l’épaule sous<br />

anesthésie générale au chlor<strong>of</strong>orme pratiquée à l’hôpital<br />

Johanniter, à Beyrouth. Après avoir eu comme prémédication<br />

<strong>de</strong> l’arack, le ma<strong>la</strong><strong>de</strong> fut étendu sur le dos et un<br />

assistant commença à verser du chlor<strong>of</strong>orme sur un<br />

mouchoir plié en cône et p<strong>la</strong>cé sur sa face.<br />

Tout se passa sans problèmes et le même assistant fut<br />

exigé pour d’autres. Le docteur Post était émerveillé par<br />

cet homme si délicat et consciencieux pour l’endormissement<br />

<strong>de</strong>s ma<strong>la</strong><strong>de</strong>s. Il s’appe<strong>la</strong>it Keshishian et s’avéra<br />

être le jardinier arménien du Syrian Protestant College.<br />

Le docteur Post lui proposa <strong>de</strong> l’ai<strong>de</strong>r s’il vou<strong>la</strong>it faire<br />

<strong>de</strong>s étu<strong>de</strong>s <strong>de</strong> mé<strong>de</strong>cine, sur quoi Keshishian lui apprit<br />

qu’il était déjà mé<strong>de</strong>cin et qu’ayant fui les massacres en<br />

Turquie, il était arrivé au Liban où il avait été engagé<br />

comme jardinier.<br />

A partir <strong>de</strong> 1843, <strong>de</strong>s mé<strong>de</strong>cins libanais diplômés du<br />

Caire ou <strong>de</strong> Stamboul et autorisés par <strong>la</strong> Sublime Porte<br />

à exercer dans tout l’Empire ottoman, commencèrent à<br />

s’installer et à pratiquer <strong>la</strong> mé<strong>de</strong>cine au Liban. Parmi<br />

ceux-ci, on retrouve les noms <strong>de</strong>s docteurs Amin Abou-<br />

Khater, Iskandar Baroody, Georges Rustom Baz, Sélim<br />

Daoud, Bakhos Hakim, Salim Jureidini, Khalil<br />

Khairal<strong>la</strong>h, Ibrahim Matar, Antoine Naufal, Ibrahim<br />

Saliby, Assaad Salim, Ibrahim Tabet, Mikhaël Michaka,<br />

Farès Saad Noujaim, Yousef el-Rami, Elias Checral<strong>la</strong>h,<br />

Chaker el-Khoury, Hanna Honain, Farès Mal<strong>la</strong>t.<br />

Vers le milieu du XIX e siècle, il y avait à Beyrouth<br />

<strong>de</strong> nombreuses écoles d’enseignement primaire. En 1833,<br />

<strong>la</strong> communauté orthodoxe avait le Collège <strong>de</strong>s Trois-<br />

Docteurs situé à l’actuelle rue Gouraud et qui, grâce aux<br />

ai<strong>de</strong>s financières russes, s’agrandira jusqu’à compter 200<br />

élèves. L’École <strong>de</strong>s Sœurs <strong>de</strong> <strong>la</strong> Charité, avait été fondée<br />

près <strong>de</strong> <strong>la</strong> p<strong>la</strong>ce <strong>de</strong>s Canons sur un terrain (Bourj el-<br />

Kachaaf) <strong>of</strong>fert par le wali. L’École Nationale fondée par<br />

le grand arabisant, Boutros Boustany, avait ouvert ses<br />

portes en 1863 dans <strong>la</strong> montée <strong>de</strong> Zokak el-B<strong>la</strong>tt.<br />

L’École <strong>de</strong>s Dames <strong>de</strong> Nazareth, se dép<strong>la</strong>ça <strong>de</strong> Zokak<br />

el-B<strong>la</strong>tt en 1869 vers une colline d’Achrafié. Le Grand<br />

Collège Israélite Universel, était situé sur une hauteur<br />

au-<strong>de</strong>ssus du cimetière orthodoxe <strong>de</strong> saint Dimitri.<br />

Toujours à Achrafié, en 1874, Mgr Yousef Debs fondait<br />

30 Journal Médical Libanais 2010 • Volume 58 (1) R. KHOURI – Histoire <strong>de</strong> <strong>la</strong> mé<strong>de</strong>cine au Liban


en 1872 le Collège <strong>de</strong> <strong>la</strong> Sagesse (anciennement Collège<br />

<strong>de</strong> l’Évêque), l’École al-Maqased ouvrait ses portes en<br />

1880 et en 1882, grâce à Emilie Sursock, l’école orthodoxe<br />

<strong>de</strong> Zahret el-Ihsan était fondée.<br />

A Zokak el-B<strong>la</strong>tt, <strong>la</strong> Collège <strong>de</strong>s Sœurs <strong>de</strong> St Joseph<br />

<strong>de</strong> l’Apparition, ouvrait ses portes et à <strong>la</strong> rue Georges<br />

Picot (anciennement rue Prussienne) une école alleman<strong>de</strong><br />

était fondée en 1862 par l’Ordre <strong>de</strong>s Diaconesses<br />

<strong>de</strong> Kaiserwerth. A <strong>la</strong> Montagne, Elias Saleeby avait<br />

ouvert en 1854 une High School à Souk el-Gharb.<br />

Quant aux missionnaires protestants, il fallut attendre<br />

1862 et l’arrivée d’un homme exceptionnel pour voir<br />

se réaliser le début d’un immense projet. En 1862, <strong>la</strong><br />

Mission protestante syrienne recommanda l’ouverture<br />

d’un collège à Beyrouth avec à sa tête le révérend<br />

Daniel Bliss. Mais les fonds manquaient, et le révérend<br />

Bliss entreprit une tournée aux Etats-Unis et réussit,<br />

malgré <strong>la</strong> guerre civile qui y régnait, à prononcer 279<br />

discours et à récolter 100.000 dol<strong>la</strong>rs. A son retour il<br />

passa en Angleterre où il réunit aussi <strong>de</strong>s fonds très<br />

importants.<br />

En bordure du quartier Wadi Abou-Jemil, une école<br />

fut ouverte en 1865 par l’Église protestante d’Écosse et<br />

avait comme but <strong>la</strong> conversion <strong>de</strong>s nombreux juifs du<br />

quartier. Les <strong>la</strong>zaristes fondèrent un collège à Aïntoura<br />

qui, avec ses 170 pensionnaires, méritait bien l’appel<strong>la</strong>tion<br />

<strong>de</strong> « Mère <strong>de</strong>s Collèges ».<br />

En face <strong>de</strong> ces nombreux lieux qui dispensaient une<br />

formation <strong>de</strong> qualité, il manquait encore au Liban un<br />

centre d’enseignement supérieur. Les Missions protestantes<br />

s’en chargeront. Leur mission était avant tout basée<br />

sur un zèle missionnaire qui exigeait <strong>de</strong> ses membres une<br />

vie <strong>de</strong> droiture et l’obligation <strong>de</strong> convertir le plus grand<br />

nombre possible <strong>de</strong> personnes.<br />

L’activité principale <strong>de</strong> ces missionnaires consistait<br />

à distribuer <strong>de</strong>s Bibles (on les appe<strong>la</strong>ient les biblishiyoune)<br />

et à convaincre par tous les moyens (dialectiques<br />

et financiers) du bien-fondé <strong>de</strong> leurs idées. Pour mettre<br />

en gar<strong>de</strong> les habitants maronites <strong>de</strong> <strong>la</strong> Montagne, Rome<br />

les nommait <strong>de</strong>s bandittori <strong>de</strong>ll’errore e <strong>de</strong>ll corruzione<br />

[21].<br />

Le 28 juillet 1824, <strong>la</strong> Mission protestante ouvrait sa<br />

première école et convertissait à tour <strong>de</strong> bras. Parmi les<br />

nouveaux convertis, certains furent considérés comme<br />

fous, tel Assaad Chidiac, fils d’un notable maronite,<br />

<strong>de</strong> Ha<strong>de</strong>th-Beyrouth, qui fut saisi par les hommes du<br />

patriarche maronite, torturé puis tué dans les grottes <strong>de</strong><br />

Cannoubine [22]. Tout ce qui par<strong>la</strong>it ang<strong>la</strong>is <strong>de</strong>vint suspect<br />

et parfois sujet à violence.<br />

L’émir Béchir et le gouvernement ottoman interdirent<br />

l’importation <strong>de</strong>s Bibles, et pour détourner cet interdit,<br />

les protestants fondèrent l’Imprimerie Évangélique en<br />

1834. L’ouverture d’un grand collège <strong>de</strong>venait impérative.<br />

Daniel Bliss et David Dodge vou<strong>la</strong>nt à tout prix<br />

<strong>de</strong>vancer les pères jésuites, se mirent au travail et le<br />

3 décembre 1866, le Syrian Protestant College<br />

ouvrait ses portes, le prési<strong>de</strong>nt étant Daniel Bliss, secondé<br />

par Henry Jessup, David Dodge, Cheikh Nasif<br />

el-Yazigi, Maurice Vairn, John Fraser, Louis Sabounji et<br />

Assaad Chehadé. Les cours préparatoires étaient supervisés<br />

par Boutros Boustany.<br />

L’année suivante, en 1867, une section d’étu<strong>de</strong>s<br />

médicales fut ouverte [23-24] à Zokak el-B<strong>la</strong>tt, et grâce<br />

à <strong>de</strong>s souscriptions, le démarrage commença. Il fut décidé<br />

que <strong>la</strong> durée <strong>de</strong>s étu<strong>de</strong>s médicales serait <strong>de</strong> quatre<br />

années, comme à Harvard, alors que partout aux Etats-<br />

Unis elle était <strong>de</strong> trois ans.<br />

Les cours étaient donnés en arabe et jusqu’en 1883,<br />

les étudiants étudieront dans l’ouvrage rédigé en arabe<br />

par le docteur Cornelius Van Allen Van Dyck chargé <strong>de</strong>s<br />

cours <strong>de</strong> mé<strong>de</strong>cine, d’ophtalmologie et <strong>de</strong> chimie [25].<br />

Le docteur Cornelius Van Dyck noua <strong>de</strong> soli<strong>de</strong>s<br />

amitiés avec <strong>de</strong>s Libanais et était très popu<strong>la</strong>ire avec les<br />

Beyrouthins qui avaient fini par appeler le Syrian<br />

Protestant College le « Collège Van Dyck ». Il resta très<br />

actif jusqu’à <strong>la</strong> fin <strong>de</strong> sa vie et mourut en 1896 après<br />

55 années passées au Liban.<br />

Le docteur John Wortabet, après avoir fait ses<br />

étu<strong>de</strong>s médicales aux Etats-Unis, al<strong>la</strong> en Écosse où il<br />

étudia <strong>la</strong> théologie et revint au Liban en 1853 où il passa<br />

cinq années à Hasbaya. Pendant qu’il accomplissait son<br />

travail d’évangélisation, le Syrian Protestant College lui<br />

<strong>de</strong>manda <strong>de</strong> venir à Beyrouth pour donner <strong>de</strong>s cours<br />

d’anatomie, <strong>de</strong> pathologie et <strong>de</strong> mé<strong>de</strong>cine.<br />

Quand il était au Liban-Sud [26], il avait rapporté<br />

dans le Lancet, <strong>de</strong>ux épidémies <strong>de</strong> trichinose <strong>de</strong> plus <strong>de</strong><br />

300 cas chez <strong>de</strong>s habitants ayant consommé <strong>de</strong> <strong>la</strong> vian<strong>de</strong><br />

crue <strong>de</strong> sanglier (kebbé). Sur un cadavre humain, il avait<br />

prélevé un fragment muscu<strong>la</strong>ire dans lequel il avait<br />

décelé <strong>de</strong>s <strong>la</strong>rves [27-28]. Bien que très pieux, il avait,<br />

comme Cornelius Van Dyck (mais contrairement au<br />

chirurgien George Post) une approche plutôt libérale visà-vis<br />

<strong>de</strong> certains problèmes philosophiques.<br />

Il y a lieu ici <strong>de</strong> rapporter <strong>de</strong>s évènements qui eurent<br />

lieu, plus tard, en 1882. Cette année-là, le mé<strong>de</strong>cin et missionnaire<br />

protestant Edwin Lewis (enseignant les sciences<br />

naturelles et <strong>la</strong> chimie) avait affirmé que le gosier d’une<br />

baleine était trop petit pour admettre le passage d’un<br />

homme, et que l’<strong>histoire</strong> biblique <strong>de</strong> Jonas ne pouvait être<br />

crédible que dans une interprétation symbolique.<br />

L’esprit scientifique du pr<strong>of</strong>esseur Lewis lui fit défendre<br />

les nouvelles idées <strong>de</strong> Darwin ce qui révolta le<br />

prési<strong>de</strong>nt Bliss et le Board <strong>of</strong> Managers (véritables intégristes<br />

avant <strong>la</strong> lettre), qui affirmèrent que seule l’<strong>histoire</strong><br />

<strong>de</strong> <strong>la</strong> création du mon<strong>de</strong> selon <strong>la</strong> Bible pouvait être<br />

reconnue, ceci les amenant à accepter <strong>la</strong> démission (?)<br />

du pr<strong>of</strong>esseur Lewis. En signe d’appui au docteur Lewis,<br />

tout le corps enseignant, à l’exception du docteur George<br />

Post, démissionna, et quinze étudiants en mé<strong>de</strong>cine refusèrent<br />

<strong>de</strong> rejoindre les salles <strong>de</strong> cours. Les démissions<br />

<strong>de</strong>s pr<strong>of</strong>esseurs furent acceptées, les étudiants en mé<strong>de</strong>cine<br />

grévistes, ayant eu une « insubordinate conduct »,<br />

furent renvoyés. Cette décision fut bien accueillie dans<br />

les milieux beyrouthins chrétiens, musulmans et druzes<br />

qui n’étaient pas prêts à accepter <strong>de</strong>s idées évolutionnistes<br />

et matérialistes [29].<br />

R. KHOURI – Histoire <strong>de</strong> <strong>la</strong> mé<strong>de</strong>cine au Liban Journal Médical Libanais 2010 • Volume 58 (1) 31


Ceci était <strong>la</strong> version « <strong>of</strong>ficielle » du scandale mais<br />

cette affaire était en gestation <strong>de</strong>puis plusieurs mois. En<br />

effet, les docteurs Georges Post et Edwin Lewis étaient<br />

en continuelle friction <strong>de</strong>puis que le docteur Lewis avait<br />

invité à sa table <strong>de</strong>s missionnaires protestants <strong>de</strong> passage<br />

au Liban et leur avait servi du vin au cours du repas.<br />

Le docteur Post, mis au courant <strong>de</strong> ce « scandale »,<br />

l’avait rapporté au prési<strong>de</strong>nt Bliss qui réunit le Board.<br />

« … l’attitu<strong>de</strong> du Docteur Lewis <strong>de</strong> servir du vin est très<br />

différente <strong>de</strong> ce que les Trustees du College peuvent<br />

approuver. Un pr<strong>of</strong>esseur du College doit représenter<br />

certains principes et se comporter comme un missionnaire<br />

et non comme un individu privé ». La déc<strong>la</strong>ration<br />

du docteur Lewis concernant le calibre du gosier d’une<br />

baleine, ajoutée à <strong>la</strong> consommation <strong>de</strong> vin, tout ce<strong>la</strong> fit<br />

bouillir les esprits et amena <strong>la</strong> démission du docteur<br />

Lewis.<br />

Le docteur George Post restait le seul enseignant à<br />

<strong>la</strong> Section <strong>de</strong>s étu<strong>de</strong>s médicales du Syrian Protestant<br />

College. Un arrangement fut conclu : le docteur John<br />

Wortabet continuerait à ai<strong>de</strong>r le docteur Post en donnant<br />

les cours <strong>de</strong> mé<strong>de</strong>cine et prendrait en charge les étudiants<br />

renvoyés, aidé en ce<strong>la</strong> par les docteurs Van Dyck et<br />

Brigstoke à l’Hôpital St-Georges <strong>de</strong>s Grecs-Orthodoxes<br />

qui sera pendant toute une année l’hôpital enseignant <strong>de</strong>s<br />

« révoltés » <strong>de</strong> l’École Américaine <strong>de</strong> Mé<strong>de</strong>cine [30].<br />

L’année suivante, en 1883, les étudiants renvoyés<br />

écrirent une lettre d’excuses au prési<strong>de</strong>nt Bliss et furent<br />

acceptés <strong>de</strong> nouveau à l’École <strong>de</strong> Mé<strong>de</strong>cine. Malgré<br />

l’ai<strong>de</strong> du docteur Wortabet, le docteur Post réalisait qu’il<br />

avait besoin <strong>de</strong> col<strong>la</strong>borateurs, et bientôt trois mé<strong>de</strong>cins<br />

arrivèrent <strong>de</strong>s Etats-Unis : Charles Dight, Thomas Kay<br />

et Robert Neal. Aucun d’eux n’était missionnaire, et<br />

aucun d’eux ne par<strong>la</strong>it l’arabe, ce qui fit que dès leur<br />

arrivée les cours ne furent plus donnés en arabe, mais en<br />

ang<strong>la</strong>is.<br />

Le docteur George Post avait étudié <strong>la</strong> théologie et<br />

<strong>la</strong> mé<strong>de</strong>cine. En 1863, il fut envoyé au Liban comme<br />

missionnaire et passa quatre années à Tripoli où il se perfectionna<br />

en arabe. De retour aux Etats-Unis, il fut rappelé<br />

au Liban pour occuper le poste <strong>de</strong> chirurgien-chef<br />

au Prussian Hospital ou Hôpital Johanniter dirigé par les<br />

diaconesses <strong>de</strong> <strong>la</strong> Kaiserwerth Sisterhood, ouvert en janvier<br />

1867 [31]. Il était admiré et respecté pour sa rigueur<br />

et ses qualités <strong>de</strong> chirurgien (il pratiquera plus <strong>de</strong> 700<br />

lithotomies) et d’ophtalmologue.<br />

Il était un fervent a<strong>de</strong>pte <strong>de</strong> l’antisepsie, et son élève,<br />

le docteur Sélim Aftimos (grand-père <strong>de</strong> l’anatomopathologiste<br />

et actuel prési<strong>de</strong>nt <strong>de</strong> l’Ordre <strong>de</strong>s Mé<strong>de</strong>cins),<br />

souffrant d’un anthrax, le vit arriver près <strong>de</strong> lui,<br />

tirer un bistouri <strong>de</strong> son portefeuille, inciser l’abcès, puis<br />

après l’avoir essuyé avec un papier, le rep<strong>la</strong>cer dans son<br />

portefeuille et déc<strong>la</strong>rer « Il faut gar<strong>de</strong>r propres les<br />

instruments » [26]. Travailleur infatigable, il publiera en<br />

arabe ses recherches en botanique (The Flora <strong>of</strong> Syria,<br />

1884) et rédigera, toujours en arabe, un dictionnaire<br />

biblique. S’intéressant aussi à l’architecture, il contribuera<br />

avec son cousin et homonyme, George Post, à <strong>la</strong><br />

construction du Old <strong>Medical</strong> Hall et du Post Hall. Il<br />

mourut en 1909.<br />

Bientôt l’École <strong>de</strong> Mé<strong>de</strong>cine du Syrian Protestant<br />

College s’enrichira avec l’arrivée <strong>de</strong> nouveaux enseignants<br />

: En 1870, le docteur Edward Van Dyck, le fils<br />

<strong>de</strong> Cornelius Van Dyck, le docteur Harvey Porter qui<br />

passera 52 années au Liban, et le R.P. Edwin Lewis qui<br />

prit en charge l’enseignement <strong>de</strong>s sciences naturelles et<br />

<strong>de</strong> <strong>la</strong> chimie.<br />

Au cours <strong>de</strong>s <strong>de</strong>ux années suivantes arrivaient le docteur<br />

Henry Wortabet (fils <strong>de</strong> John Wortabet) en 1871, et<br />

le docteur Richard Brigstoke, gynécologue, en 1872.<br />

Quelques années plus tard, en 1880, le troisième fils <strong>de</strong><br />

Cornelius Van Dyck, le docteur William Van Dyck,<br />

rejoignait le corps <strong>de</strong>s enseignants.<br />

En 1870, le gouverneur du Liban, Rustom Pacha,<br />

avait accordé un firman autorisant le Syrian Protestant<br />

College à s’agrandir. Aussitôt, le Collège, l’École <strong>de</strong><br />

Mé<strong>de</strong>cine et son hôpital <strong>de</strong> quatre lits, quittèrent Zokak<br />

el B<strong>la</strong>tt et s’installèrent à Bab Yacoub (à l’actuelle p<strong>la</strong>ce<br />

Riad el-Solh).<br />

Ce déménagement était temporaire car déjà le prési<strong>de</strong>nt<br />

Daniel Bliss et le R.P. Stuart Dodge avaient repéré<br />

un terrain vaste et dégagé, <strong>de</strong>scendant jusqu’à <strong>la</strong> mer, à<br />

Ras Beyrouth. Près <strong>de</strong> quatre années après <strong>la</strong> localisation<br />

du site, l’achat fut conclu et payé 8.000 dol<strong>la</strong>rs [32]. Il<br />

fal<strong>la</strong>it trouver <strong>de</strong>s fonds avant d’entreprendre un pareil<br />

projet. Le prési<strong>de</strong>nt Bliss, en Angleterre, et le R.P. Dodge,<br />

aux Etats-Unis, réussirent à trouver les sommes nécessaires<br />

et aussitôt <strong>la</strong> première pierre du College Hall fut<br />

posée le 7 décembre 1871, et celle du <strong>Medical</strong> Building<br />

le 23 janvier 1872.<br />

En 1871, ayant terminé leurs étu<strong>de</strong>s, six jeunes<br />

Libanais obtinrent le diplôme <strong>de</strong> docteur en mé<strong>de</strong>cine.<br />

Ce furent Sélim Diab <strong>de</strong> Tripoli, Sélim Freige <strong>de</strong><br />

Beyrouth, Naser Hatem <strong>de</strong> Hammana, Yousef Hajjar <strong>de</strong><br />

Bmekkine, Rachid Checral<strong>la</strong>h <strong>de</strong> Baabda et Chebli<br />

Chmayl <strong>de</strong> Kfarchima. Une fois le diplôme obtenu, il<br />

s’agissait d’exercer ; or les autorités ottomanes exigeaient<br />

que les nouveaux diplômés aillent à Stamboul<br />

pour faire vali<strong>de</strong>r leur diplôme par un examen qui les<br />

autoriserait à exercer dans tout l’Empire. Après plusieurs<br />

voyages à Stamboul du docteur George Post, <strong>la</strong> Sublime<br />

Porte accepta le 27 juin 1903 d’envoyer à Beyrouth un<br />

jury d’examen qui fut composé <strong>de</strong> trois pr<strong>of</strong>esseurs du<br />

Collège Médical Impérial Turc et <strong>de</strong> trois pr<strong>of</strong>esseurs <strong>de</strong><br />

l’École <strong>de</strong> Mé<strong>de</strong>cine.<br />

En 1872, l’École <strong>de</strong> Pharmacie commença à fonctionner<br />

et à délivrer, après <strong>de</strong>ux années d’étu<strong>de</strong>s, un diplôme<br />

qui <strong>de</strong>vait être, lui aussi, validé par un examen<br />

passé à Stamboul. (Cf. infra).<br />

La formation <strong>de</strong>s étudiants en mé<strong>de</strong>cine nécessitait un<br />

centre hospitalier qu’il fallut trouver. A Haouz el-<br />

Saatiyé, les diaconesses <strong>de</strong> <strong>la</strong> Kaiserwerth Sisterhood<br />

avaient ouvert et dirigeaient le Prussian Hospital <strong>de</strong>puis<br />

le 7 janvier 1867. Le mé<strong>de</strong>cin-chef ne s’entendait pas du<br />

tout avec les diaconesses qui réussirent à le renvoyer. La<br />

p<strong>la</strong>ce était libre et grâce au docteur George Post, l’hôpi-<br />

32 Journal Médical Libanais 2010 • Volume 58 (1) R. KHOURI – Histoire <strong>de</strong> <strong>la</strong> mé<strong>de</strong>cine au Liban


tal fut confié à l’École <strong>de</strong> Mé<strong>de</strong>cine du Syrian Protestant<br />

College et le restera, malgré <strong>de</strong> nombreuses péripéties,<br />

jusqu’en 1918.<br />

Les besoins en infirmières compétentes se faisaient<br />

cruellement sentir. En 1905, une femme remarquable,<br />

M me Gerald Dale Jr, <strong>la</strong> fille aînée du prési<strong>de</strong>nt Bliss, par<strong>la</strong>nt<br />

couramment l’arabe, le turc, le français et l’allemand,<br />

prit en charge les services hospitaliers. La création<br />

d’une École d’Infirmières fut confiée à une femme<br />

à poigne, M lle Jane Elizabeth Van Zandt, qui <strong>la</strong> dirigera<br />

jusqu’en 1940.<br />

Les débuts <strong>de</strong> l’École ne furent pas faciles, et les infirmières<br />

formées par M lle Van Zandt étaient considérées<br />

avec scepticisme par les diaconesses et le docteur Post.<br />

Une nuit, une jeune étudiante-infirmière, Hosannah, était<br />

<strong>de</strong> gar<strong>de</strong>. Elle entendit le bruit fait par un goutte-à-goutte<br />

sur le parquet. C’était un amputé qui saignait.<br />

Très vite, elle arrêta l’hémorragie avec un tourniquet<br />

et envoya réveiller le docteur Post. Quand il fut près du<br />

ma<strong>la</strong><strong>de</strong>, elle lui dit : « Le ma<strong>la</strong><strong>de</strong> a eu un gros saignement,<br />

j’ai p<strong>la</strong>cé un tourniquet et l’hémorragie s’est arrêtée.<br />

» Le chirurgien lui <strong>de</strong>manda pourquoi elle ne l’avait<br />

pas attendu. « Vous attendre ? Vous auriez alors p<strong>la</strong>cé un<br />

tourniquet sur un cadavre. » Alors, le docteur Post qui<br />

était avant tout missionnaire, déc<strong>la</strong>ra comme s’il faisait<br />

un sermon : « Hosannah, Hosannah, soyez bénie entre<br />

les femmes ; grâce à votre formation, vous serez un jour<br />

<strong>la</strong> première <strong>de</strong>s infirmières idéales. » [33]. Après cette<br />

reconnaissance par le docteur Post, les infirmières furent<br />

mieux estimées.<br />

Dès 1906, l’Hôpital Johanniter pouvait recevoir<br />

82 ma<strong>la</strong><strong>de</strong>s mais avec l’augmentation du nombre d’étudiants<br />

et l’apparition <strong>de</strong>s spécialités, il fal<strong>la</strong>it encore plus<br />

<strong>de</strong> lits. L’École <strong>de</strong> Mé<strong>de</strong>cine proposa <strong>la</strong> construction à<br />

ses frais <strong>de</strong> nouveaux pavillons, mais les diaconesses<br />

refusèrent. La rigidité du docteur Post n’avait d’égal que<br />

celle <strong>de</strong>s religieuses alleman<strong>de</strong>s. Le docteur Post se rendit<br />

à Berlin et arriva à obtenir un sursis <strong>de</strong> <strong>de</strong>ux ans, mais<br />

les choses évolueront <strong>de</strong> telle façon que ce « sursis » durera<br />

jusqu’en 1918.<br />

En 1873, le College Hall, le <strong>Medical</strong> Building et le<br />

Ada Dodge Memorial étaient terminés ; l’École <strong>de</strong><br />

Mé<strong>de</strong>cine occupa l’immeuble <strong>de</strong> l’École <strong>de</strong> Santé<br />

Publique et le 13 mars 1874 <strong>la</strong> cloche fut hissée au sommet<br />

du College Tower. La municipalité <strong>de</strong> Beyrouth<br />

ouvrit alors <strong>la</strong> rue Bliss qui venait du centre <strong>de</strong> <strong>la</strong> ville.<br />

A l’École <strong>de</strong> Pharmacie, les cours se donnaient dans<br />

les locaux <strong>de</strong> Bab-Yacoub et <strong>la</strong> pratique se faisait<br />

à l’Hôpital Johanniter. A partir <strong>de</strong> 1904, le docteur<br />

Triantaphyllo Ladakis donnera les cours <strong>de</strong> pharmacologie<br />

et sera titu<strong>la</strong>ire <strong>de</strong> <strong>la</strong> chaire en 1911. Après l’arrivée<br />

en 1927 du docteur Rudolph Pauly, le nombre <strong>de</strong>s<br />

années d’étu<strong>de</strong>s passa à quatre années et à une année <strong>de</strong><br />

pratique dans une pharmacie <strong>de</strong> <strong>la</strong> ville.<br />

En 1908, le Women’s Pavillon fut inauguré à côté<br />

d’une maison rénovée qui abrita le service <strong>de</strong> <strong>de</strong>rmatologie<br />

confié au docteur Adams et d’une construction,<br />

le Eye and Ear Pavillon, réalisée sous le contrôle per-<br />

fectionniste du docteur Charles Webster qui, malgré<br />

30 années passées à enseigner l’anatomie, avait une passion<br />

particulière pour l’ophtalmologie.<br />

En 1910, le docteur Harry Dorman prit en charge le<br />

Children’s Pavillon et <strong>de</strong>vait en assurer <strong>la</strong> direction<br />

jusqu’en 1941. Dans <strong>la</strong> même bâtisse fut aussi installé le<br />

service <strong>de</strong> chirurgie qui sera dirigé jusqu’en 1931 par le<br />

docteur E. St. John Ward. Comme les pavillons étaient<br />

vastes, on créa dans le Eye’s Pavillon un service <strong>de</strong><br />

mé<strong>de</strong>cine qui sera dirigé jusqu’en 1922 par le docteur<br />

Harris Graham.<br />

Les cours d’anatomie se donnaient dans le College<br />

Building et les dissections, non autorisées, étaient pratiquées<br />

avec beaucoup <strong>de</strong> discrétion. C’était le docteur<br />

George Post qui, grâce à ses connaissances dans tous<br />

les milieux <strong>de</strong> Beyrouth, se chargeait <strong>de</strong> trouver <strong>de</strong>s<br />

cadavres.<br />

Un soir, le docteur Post ramenait <strong>de</strong> <strong>la</strong> région <strong>de</strong> Furn<br />

el-Chebbak un cadavre qu’il avait attaché <strong>de</strong>rrière lui sur<br />

son cheval. Il fut suivi par un gendarme, intrigué par le<br />

paquet qui ballotait <strong>de</strong>rrière le cavalier. Le docteur Post<br />

accéléra, pénétra dans le jardin botanique <strong>de</strong> <strong>la</strong> Faculté<br />

Française <strong>de</strong> Mé<strong>de</strong>cine, s’apprêtant à se débarrasser<br />

du cadavre, ce qui mettrait toute l’affaire sur le dos <strong>de</strong>s<br />

pères jésuites. Heureusement, le gendarme se perdit dans<br />

l’obscurité et le docteur Post ramena le cadavre à Ras<br />

Beyrouth.<br />

En 1910, une École Dentaire avait été créée et délivrait<br />

<strong>de</strong>s diplômes après trois années d’étu<strong>de</strong>s. L’année<br />

suivante, le docteur Arthur Dray – avec le docteur Amin<br />

Haddad – prenait en main cette École qu’il <strong>de</strong>vait diriger<br />

jusqu’au 4 mars 1926, date à <strong>la</strong>quelle il sera assassiné<br />

par un <strong>de</strong> ses domestiques. L’École débuta avec trois<br />

étudiants qui, en 1913, passèrent avec succès leurs examens<br />

et furent les premiers <strong>de</strong>ntistes diplômés à exercer<br />

au Liban. Ce furent les docteurs Elias Boutros, Amin<br />

Youhanna Cozma et Ruben Boghos Tafkourian.<br />

Après <strong>la</strong> Première Guerre mondiale, avec ses nouveaux<br />

col<strong>la</strong>borateurs – Habib Rihan, Arthur Hurt et<br />

Edward Fox – le docteur Dray réorganisera les cours<br />

d’art <strong>de</strong>ntaire, imposera à partir <strong>de</strong> 1925 <strong>de</strong>ux années<br />

préparatoires et quatre années d’étu<strong>de</strong>s. Après le décès<br />

du docteur Dray, son élève, le docteur Habib Rihan,<br />

dirigera l’École Dentaire jusqu’à sa fermeture en 1940.<br />

Il avait comme col<strong>la</strong>borateurs Iskandar Nasif, Farid<br />

Baddoura, K. Tabourian, Jamil Kenaan, Cedric Haddad<br />

et Saba’ Bitar.<br />

En 1919, après <strong>la</strong> fin <strong>de</strong> <strong>la</strong> Première Guerre mondiale,<br />

le Syrian Protestant College changera <strong>de</strong> nom et <strong>de</strong>viendra<br />

l’American University <strong>of</strong> Beirut. Mais déjà, en 1911,<br />

un groupe <strong>de</strong> mé<strong>de</strong>cins diplômés décidèrent d’avoir <strong>de</strong>s<br />

réunions amicales et scientifiques d’une façon assez<br />

régulière, pouvant, en premier lieu, pr<strong>of</strong>iter aux mé<strong>de</strong>cins<br />

praticiens non universitaires. Une première réunion<br />

eut lieu en avril 1911 et cette date marqua <strong>la</strong> naissance<br />

<strong>de</strong> <strong>la</strong> <strong>Medical</strong> Alumni Association présidée par le docteur<br />

Salim Jalkh et ayant comme secrétaire le docteur<br />

N. Dorman et comme trésorier le docteur N. Nucho [34].<br />

R. KHOURI – Histoire <strong>de</strong> <strong>la</strong> mé<strong>de</strong>cine au Liban Journal Médical Libanais 2010 • Volume 58 (1) 33


SYRIAN PROTESTANT COLLEGE / A.U.B ÉCOLE DE MÉDECINE<br />

Prési<strong>de</strong>nts Doyens<br />

Daniel BLISS (1866-1902) Cornelius VAN DYCK<br />

Howard BLISS (1902-1920) George POST<br />

Bayard DODGE (1923-1948) Harry DORMAN<br />

Stephen PENROSE (1948-1954) E. ST JOHN WARD<br />

Paul LEONARD (1957-1961) Bennett AVERY<br />

Norman BURNS (1961-1965) George MILLER<br />

Samuel KIRKWOOD (1965-1976) Sami HADDAD<br />

Pr<strong>of</strong>esseurs américains à l’École <strong>de</strong> Mé<strong>de</strong>cine<br />

Cornelius VAN ALLEN VAN DYCK (1867-1896) Mé<strong>de</strong>cine, Ophtalmologie, Chimie Triantaphyllo LADAKIS (1904-19..) Pharmacologie<br />

John WORTABET (1867-1908) Anatomie, Pathologie, Mé<strong>de</strong>cine Harry G. DORMAN (1905-1941) Pédiatrie, Pathologie<br />

Georges POST (1868-1909) Chirurgie, Botanique, Mé<strong>de</strong>cine E. ST. JOHN WARD (1911-1931) Chirurgie<br />

Edwin R. LEWIS (1870-1882) Chimie, Sciences naturelles William T. VAN DYCK (1915-1939) Anatomie, Hygiène, Zoologie<br />

Edward VAN DYCK (1870-1871) William D. CRUIKSHANK (1919-1938) Chirurgie, Pathologie<br />

Henry WORTABET (1871-1872) Harry G. THOMAS (1920-1922) Pathologie<br />

William THOMSON VAN DYCK (1880-1882) Hygiène, Zoologie, Mé<strong>de</strong>cine William SHANKLIN (1925-19..) Histologie<br />

Charles F. DIGHT (1883-1889) Anatomie, Physiologie, Hygiène Pierre LÉPINE (1925-1926) Histologie, Pathologie<br />

Thomas W. KAY (1883-1888) Zoologie, Botanique, Mé<strong>de</strong>cine Stanley HARRIS (1925-1929) Mé<strong>de</strong>cine<br />

Robert J. NEAL (1883-1884) Stanley L. KERR (1925-19..) Biochimie<br />

John C. FISHER (1884-1889) Gynécologie, Pédiatrie, Dermatologie Bennett AVERY (1926-1941) Anatomie<br />

Samuel P. GLOVER (1885-1889) Anatomie, Histologie Telemachos ROSSIDES (1926-19..) Pharmacologie<br />

Franklin C. WELLS (1888-1891) Obstétrique, Gynécologie Raymond GOODALE (1926-1929) Pathologie<br />

Alfred E. DAY (1889-1930) Sciences naturelles, Biologie Edward TURNER (1927-1936) Mé<strong>de</strong>cine, Physiologie<br />

Harris GRAHAM (1889-1922) Mé<strong>de</strong>cine, Pathologie Kenneth OLIVER (1927-19..) ORL<br />

Walter B. ADAMS (1890-1928) Chimie, Thérapeutique, Dermatologie Leonard MOORE (1927-19..) Pédiatrie<br />

William GRAY SCHAUFFER (1890-1896) Physiologie, Gynécologie Rudolph PAULY (1927-19..) Pharmacologie<br />

Charles L. BLISS (1891-1895) Anatomie Mé<strong>de</strong>cin-Colonel ESCHER (1927-19..) Dermatologie<br />

Franklin T. MOORE (1897-1915) Obstétrique, Gynécologie Harold KRISCHNER (1928-1931) Pathologie<br />

Charles A. WEBSTER (1895-1928) ORL, Ophtalmo., Dermato., Anatomie<br />

Pr<strong>of</strong>esseurs libanais à l’École <strong>de</strong> Mé<strong>de</strong>cine<br />

ABILLAMA Raïf Pathologie clinique FAWAZ George Biochimie MOUFARREJ Afif Anatomie<br />

ABOU-CHAAR Charles Pharmacie GHANDOUR-MNAYMNÉ Latifé Pathologie NACHMAN Henry Pédiatrie<br />

ACHKAR Philippe Gynécologie GHANTOUS Moussa Anatomie NASR Amin Pathologie<br />

ARDATY Negib Pathologie GHOSN Fuad Mé<strong>de</strong>cine légale NASIF Iskandar Art <strong>de</strong>ntaire<br />

AZAR Henry Pathologie HADDAD Amin Art Dentaire NUCHO Nehmé Pneumologie<br />

BADDOURA Philippe Art <strong>de</strong>ntaire HADDAD Cedric Art <strong>de</strong>ntaire REBEIZ Jean Pathologie<br />

BAGHDASSARIAN Aram ORL HADDAD Sami Chirurgie RIHAN Habib Art <strong>de</strong>ntaire<br />

BERBÉRIAN Dikran Bactériologie HITTI Yousef Pédiatrie, Pathologie SAHYOUN Phillip Pathologie<br />

BITAR Saba’ Art <strong>de</strong>ntaire JIDEJIAN Yervant Chirurgie SHWAIRI Edmond Pathologie<br />

CHAGHLASSIAN Henry Dermatologie KALFAYAN Bernard Pathologie SHAHID Mounib Mé<strong>de</strong>cine<br />

DIAB Alfred ORL, Ophtalmologie KENAAN Jamil Art <strong>de</strong>ntaire TABBARA Riad Mé<strong>de</strong>cine<br />

KURBAN Amal Dermatologie KHALIDY Mustafa Gynécologie, Obstétrique TUQAN Nemr Pathologie<br />

FARAH Fuad Dermatologie KHAYAT George Mé<strong>de</strong>cine YENIKOMISHIAN Hovsep Mé<strong>de</strong>cine


LES FRANÇAIS ARRIVENT<br />

Devant l’activité débordante et constructive <strong>de</strong>s protestants<br />

anglo-saxons, <strong>la</strong> « fille aînée <strong>de</strong> l’Église » ne pouvait<br />

pas rester sans réagir. Déjà les pères jésuites étaient<br />

apparus en Orient en 1578, quand le pape Grégoire XIII<br />

avait délégué au Syno<strong>de</strong> maronite <strong>de</strong> Qannoubine, le premier<br />

jésuite arabe, le R.P. Eliano, petit-fils d’un rabbin<br />

d’Alexandrie qui avait introduit au Liban les premiers<br />

chapelets avec <strong>de</strong>s grains achetés à Venise [33].<br />

Bien plus tard, débarqués à Beyrouth en 1831, les<br />

révérends pères Riccadonna et Benoît P<strong>la</strong>nchet accompagnés<br />

du frère Henze, avaient, pour subsister, circulé dans<br />

<strong>la</strong> Montagne rendant <strong>de</strong> menus services et soignant<br />

<strong>de</strong>s ma<strong>la</strong><strong>de</strong>s grâce aux notions médicales du R.P. P<strong>la</strong>nchet<br />

et du frère Henze, ancien étudiant en mé<strong>de</strong>cine <strong>de</strong><br />

Hanovre.<br />

Grâce à ses soins médicaux, le frère Henze fit connaître<br />

<strong>la</strong> Compagnie <strong>de</strong> Jésus à Haïdar Qaïd Bey Bel<strong>la</strong>ma, l’émir<br />

du Metn, qui, en 1833 proposa aux jésuites <strong>de</strong> s’installer à<br />

Bickfaya, alors qu’en même temps, l’émir Béchir leur<br />

<strong>of</strong>frait une rési<strong>de</strong>nce à Moal<strong>la</strong>qa. Le frère Henze soignait<br />

Sitt Husn Jihan et eut à sa disposition au pa<strong>la</strong>is <strong>de</strong><br />

Beiteddine un endroit où il pouvait entreposer ses médicaments<br />

et ses quelques instruments <strong>de</strong> chirurgie [34].<br />

L’année suivante, en 1834, le R.P. Raymond Estève arrivait<br />

au Liban, et sous le nom <strong>de</strong> « Abouna Sleiman » car<br />

on lui attribuait <strong>la</strong> sagesse <strong>de</strong> Salomon, <strong>de</strong>vint l’oracle<br />

dans <strong>la</strong> région car les paysans étaient convaincus que Dieu<br />

ne décidait rien sans lui <strong>de</strong>man<strong>de</strong>r conseil [35].<br />

N’oubliant pas leur rôle <strong>de</strong> missionnaires et vou<strong>la</strong>nt<br />

avant tout former un clergé instruit, ils fondèrent en 1843<br />

un séminaire à Ghazir qui sera transféré à Beyrouth en<br />

1875 où il prendra le nom d’Université Saint-Joseph.<br />

Le R.P. Monot, Supérieur <strong>de</strong> <strong>la</strong> Compagnie au Liban,<br />

avait trouvé un terrain <strong>de</strong> 17.000 m 2 à vendre pour 80.000<br />

francs. Les RR.PP. Monot et Pailloux firent une tournée<br />

en Angleterre, au Canada et aux Etats-Unis, collectèrent<br />

cette somme et revinrent au Liban en 1874. Immédiatement,<br />

sous <strong>la</strong> direction du R.P. Pailloux qui était architecte,<br />

les travaux débutèrent et dès 1875 le séminaire<br />

<strong>de</strong> Ghazir fut transféré à Beyrouth et en 1881, Rome<br />

accor<strong>de</strong>ra à l’Université Saint-Joseph le droit <strong>de</strong> conférer<br />

les diplômes <strong>de</strong> philosophie et <strong>de</strong> théologie [36].<br />

« Cependant, un danger guettait <strong>la</strong> jeunesse catholique,<br />

c’était <strong>la</strong> fondation d’une École <strong>de</strong> Mé<strong>de</strong>cine par<br />

les protestants à Beyrouth. C’était là le moyen le plus<br />

perfi<strong>de</strong> que le démon put suggérer à ces sectaires pour<br />

entamer <strong>la</strong> foi d’un bon nombre <strong>de</strong> ces jeunes gens. La<br />

science médicale et les pr<strong>of</strong>its qu’elle promet est une<br />

séduction pour les familles car avoir un fils mé<strong>de</strong>cin,<br />

quel honneur et quelle fortune. » [37]<br />

Le remè<strong>de</strong> à ce danger ne pouvait être que <strong>la</strong> création<br />

d’une École <strong>de</strong> Mé<strong>de</strong>cine Catholique et <strong>de</strong>puis 1876,<br />

le R.P. Remy Normand, Supérieur Général <strong>de</strong> <strong>la</strong> Mission,<br />

avait à cœur ce projet et al<strong>la</strong> même à Rome exposer l’affaire<br />

au pape Léon XIII. En France, grâce au concours <strong>de</strong><br />

Gambetta, un crédit <strong>de</strong> 150.000 francs fut inscrit pour <strong>la</strong><br />

construction à Beyrouth d’une École Française <strong>de</strong> Mé<strong>de</strong>cine<br />

et le 15 septembre 1883 le R.P. Normand recevait<br />

<strong>la</strong> charte constitutive d’une École <strong>de</strong> Mé<strong>de</strong>cine habilitée<br />

à délivrer, après trois ans d’étu<strong>de</strong>s, un « diplôme <strong>de</strong><br />

1 re c<strong>la</strong>sse » [38].<br />

En 1883, <strong>de</strong>vant onze étudiants, le R.P. Hippolyte<br />

Marcellier, chancelier, commençait les premiers cours en<br />

français qui seront donnés rue Huvelin, à l’emp<strong>la</strong>cement<br />

<strong>de</strong> l’actuelle Faculté <strong>de</strong> Droit.<br />

Le corps enseignant était composé <strong>de</strong> quatre pr<strong>of</strong>esseurs<br />

: Jules Rouvier (Obstétrique, Gynécologie), Elisée<br />

Senès (Chirurgie), R.P. Soulerin (Chimie) et R.P. Vincent<br />

(Botanique). Deux années plus tard, le docteur Chaker<br />

el-Khoury rejoindra le corps pr<strong>of</strong>essoral et donnera les<br />

cours <strong>de</strong> petite chirurgie tout en s’occupant d’une clinique<br />

ophtalmologique.<br />

Le docteur Chaker el-Khoury, né à Bkassine, fut le<br />

premier Libanais à être engagé à l’École <strong>de</strong> Mé<strong>de</strong>cine<br />

Catholique. A l’âge <strong>de</strong> 21 ans, il avait été en Égypte et<br />

avait fréquenté l’École <strong>de</strong> Mé<strong>de</strong>cine <strong>de</strong> Kasr el-Aïni pendant<br />

six ans à partir <strong>de</strong> 1868 (soit 31 ans après l’admission<br />

<strong>de</strong>s mé<strong>de</strong>cins libanais envoyés par l’émir Béchir). Il<br />

avait obtenu son diplôme en 1874 « grâce à l’ai<strong>de</strong> divine<br />

et à <strong>la</strong> bienfaisance du khédive » <strong>de</strong>venant « effendi,<br />

tabib et hakim ».<br />

Il avait pratiqué l’ophtalmologie à Damas, à Bab-<br />

Touma, avant <strong>de</strong> revenir s’installer à Beyrouth où il fut<br />

engagé à l’Hôpital du Sacré-Cœur en 1879. Dès l’ouverture<br />

<strong>de</strong> l’Université Saint-Joseph, il fut nommé pr<strong>of</strong>esseur<br />

d’ophtalmologie en 1885. Le docteur Chaker<br />

el-Khoury est l’auteur <strong>de</strong> Majmaa al-Massarat, source<br />

<strong>de</strong> renseignements sur l’<strong>histoire</strong> <strong>de</strong> notre pays à cette<br />

époque.<br />

Le docteur el-Khoury démissiona en 1908 et fut remp<strong>la</strong>cé<br />

par son élève, le docteur Ibrahim Medawar. Tout<br />

ce qui se rapporte à l’ophtalmologie au Liban, se trouve<br />

dans l’excellent travail du docteur Samir Saleeby qui<br />

paru dans le Journal Médical Libanais (1985 ; 35 (4) :<br />

331-8) et dans le Bulletin <strong>de</strong> <strong>la</strong> Société Libanaise<br />

d’Histoire <strong>de</strong> <strong>la</strong> Mé<strong>de</strong>cine (1992 ; 2).<br />

A partir <strong>de</strong> 1885, <strong>de</strong> nouveaux enseignants arrivèrent à<br />

Beyrouth. Ce furent les docteurs Etienne F<strong>la</strong>vard (Thérapeutique),<br />

Henry Nègre (Anatomie, Chirurgie), Hippolyte<br />

<strong>de</strong> Brun (Mé<strong>de</strong>cine), Maurice Hache (Chirurgie), R.P.<br />

Boulomoy (Botanique puis Bactériologie). Chaque nouveau<br />

pr<strong>of</strong>esseur donnait une leçon inaugurale <strong>de</strong>vant <strong>la</strong><br />

corps enseignant, les représentants <strong>de</strong> <strong>la</strong> Sublime Porte, le<br />

consul <strong>de</strong> France et les notables <strong>de</strong> Beyrouth.<br />

On raconte que le docteur <strong>de</strong> Brun fit un exposé ayant<br />

comme objet « Le sommeil » et dès qu’il eut terminé et<br />

que les app<strong>la</strong>udissements cessèrent, le docteur Chaker el-<br />

Khoury [39] se leva et déc<strong>la</strong>ma (irtijélé) ces <strong>de</strong>ux vers :<br />

En juin 1887, quatre étudiants ayant commencé leurs<br />

étu<strong>de</strong>s en 1883, réussirent à leurs examens terminaux et<br />

furent donc les premiers mé<strong>de</strong>cins diplômés <strong>de</strong> l’École<br />

Française <strong>de</strong> Mé<strong>de</strong>cine. C’étaient Joseph Gebara, Skandar<br />

R. KHOURI – Histoire <strong>de</strong> <strong>la</strong> mé<strong>de</strong>cine au Liban Journal Médical Libanais 2010 • Volume 58 (1) 35


Habib Ghorayeb, Dimitri Sopovitch et John Perpignani.<br />

L’année suivante, en 1888, ils seront plus nombreux :<br />

Emlie Achi (Beyrouth), Maroun Najib Dandan (Beyrouth),<br />

Habib Daraouni (Maa<strong>la</strong>ket Zahlé), Khairal<strong>la</strong>h Faraj-Sfeir<br />

(Mazaat Kfar-Debiane), Amin Gemayel (Bickfaya), Habib<br />

Ghanem (Beyrouth), Gabriel Khoury (Beyrouth), Joseph<br />

Khouzam (Le Caire), Wakim Nakhlé (Gbeil).<br />

En 1888, l’École <strong>de</strong>vint Faculté Française <strong>de</strong> Mé<strong>de</strong>cine,<br />

<strong>la</strong> durée <strong>de</strong>s étu<strong>de</strong>s portée à quatre années et le<br />

diplôme délivré au nom du ministère <strong>de</strong> l’Instruction publique<br />

par <strong>la</strong> Faculté <strong>de</strong> Lyon sera le « diplôme d’État<br />

français » à partir <strong>de</strong> 1897. C’est ainsi que chaque année<br />

à <strong>la</strong> rentrée <strong>de</strong>s cours, un délégué <strong>de</strong> l’Instruction publique<br />

venait <strong>de</strong> Paris pour prési<strong>de</strong>r le jury d’examens.<br />

Ces jeunes gens avaient un diplôme qui ne leur donnait<br />

pas le droit d’exercer en France, donc, aux yeux <strong>de</strong>s<br />

Turcs, encore moins dans l’Empire ottoman. En 1890, ils<br />

allèrent à Stamboul passer <strong>de</strong>s examens (en turc ou en<br />

français !) <strong>de</strong> validation. Mais en 1895, grâce aux efforts<br />

du chancelier, le R.P. Cattin, il fut décidé que chaque<br />

année, à <strong>la</strong> même date, un jury français et un jury turc<br />

viendraient à Beyrouth pour faire passer les examens,<br />

après quoi, ils recevraient un diplôme d’État français et<br />

un diplôme d’État turc .<br />

« Les membres examinateurs siégeaient dans une<br />

salle tapissée <strong>de</strong> drapeaux français et turcs. Sur une<br />

estra<strong>de</strong>, siégeaient le Consul <strong>de</strong> France, les Prési<strong>de</strong>nts<br />

<strong>de</strong>s <strong>de</strong>ux Jurys et leurs collègues. Les Français étaient<br />

en toge pr<strong>of</strong>essorale, les Ottomans en bril<strong>la</strong>nts uniformes.<br />

» [40]<br />

En 1910, avec ses 210 étudiants en mé<strong>de</strong>cine et en<br />

pharmacie, <strong>la</strong> Faculté <strong>de</strong> Mé<strong>de</strong>cine était à l’étroit rue<br />

Huvelin. Sur l’actuelle rue <strong>de</strong> Damas, un vaste terrain<br />

avait été acquis, transformé en jardin botanique par le<br />

R.P. Boulomoy, sur lequel le R.P. Mattern conçut les<br />

p<strong>la</strong>ns d’une faculté. En novembre 1912, les locaux <strong>de</strong> <strong>la</strong><br />

rue Huvelin furent libérés et les cours débutaient à <strong>la</strong> nouvelle<br />

faculté <strong>de</strong>vant plus <strong>de</strong> 300 étudiants.<br />

Tout ce<strong>la</strong> ne faisait pas l’unanimité, surtout en France<br />

où le Prési<strong>de</strong>nt du Conseil, Georges Clemenceau, avait fait<br />

paraître sous le titre Le Diplôme du Père Cattin un article<br />

virulent où il accusait <strong>la</strong> Faculté <strong>de</strong> Beyrouth <strong>de</strong> former<br />

<strong>de</strong>s mé<strong>de</strong>cins étrangers qui viendraient en France, sans<br />

faire <strong>de</strong> service militaire, s’installer à <strong>la</strong> p<strong>la</strong>ce <strong>de</strong>s mé<strong>de</strong>cins<br />

français. Il craignait aussi, qu’en cas <strong>de</strong> difficultés, on ne<br />

charge le R.P. Cattin <strong>de</strong> prési<strong>de</strong>r le jury franco-ottoman,<br />

« le Père Cattin qui n’a d’autre titre médical que <strong>la</strong> robe<br />

noire, le bonnet carré et <strong>la</strong> tonsure romaine.»<br />

Mais contre vents et marées, en octobre 1914, <strong>la</strong><br />

Faculté Française <strong>de</strong> Mé<strong>de</strong>cine avait déjà accompli un<br />

bon parcours et comptait 12 pr<strong>of</strong>esseurs, 305 étudiants en<br />

mé<strong>de</strong>cine et 50 en pharmacie. La Première Guerre mondiale<br />

commença le 2 août 1914 , les jésuites furent expulsés<br />

du Liban, suivis par les pr<strong>of</strong>esseurs au cours du mois<br />

<strong>de</strong> décembre. Les étudiants interrompirent leurs étu<strong>de</strong>s<br />

et certains purent se rendre en France où, grâce au<br />

R.P. Cattin, ils furent admis dans <strong>de</strong>s facultés françaises.<br />

Pendant les années <strong>de</strong> guerre, <strong>la</strong> faculté fut tour à tour<br />

transformée en école <strong>de</strong> télégraphistes, en commissariat<br />

<strong>de</strong> police puis pendant un certain temps, en Maktab Tibbi<br />

Turki. Il y a lieu <strong>de</strong> rappeler ici qu’une Faculté <strong>de</strong> Mé<strong>de</strong>cine<br />

avait été ouverte à Damas en 1903 par un firman du<br />

sultan Abd-el-Hamid, et transférée à Beyrouth à l’Université<br />

Saint-Joseph après <strong>la</strong> fermeture <strong>de</strong> celle-ci en<br />

1914. A <strong>la</strong> fin <strong>de</strong> <strong>la</strong> guerre, une flotille française jetait<br />

l’ancre dans le port <strong>de</strong> Beyrouth et le R.P. <strong>de</strong> Martimprey,<br />

aussitôt débarqué, visita <strong>la</strong> Faculté où il trouva un<br />

effroyable désordre. Un travail énorme fut réalisé et dès<br />

le 4 février 1919 les examens d’entrée eurent lieu. La<br />

durée <strong>de</strong>s étu<strong>de</strong>s fut portée à cinq ans et passera à six ans<br />

en 1927 et à sept ans à partir <strong>de</strong> 1935.<br />

En 1922, une École <strong>de</strong> Sages-Femmes ouvrit ses<br />

portes dans les locaux <strong>de</strong> <strong>la</strong> Maternité et délivra ses huit<br />

premiers diplômes en 1924. L’École d’Infirmières commença<br />

ses activités en 1929 et décernait un diplôme après<br />

une seule année d’étu<strong>de</strong>s ; il sera remp<strong>la</strong>cé à partir <strong>de</strong><br />

1948 par un diplôme d’État français.<br />

En 1920, une École Dentaire commença à fonctionner<br />

et en 1923, neuf Libanais furent diplômés. C’étaient<br />

les docteurs Alfred Awad (Damiette), Fouad Kassab<br />

(Damas), Ferdinand Cosmidis (Diarbékir), Antoine Farah<br />

(Alexandrie), Georges Moussali (Alexandrie), Bahije<br />

Nassar (Tantah), Polycarpos Singakis (Beyrouth) et<br />

Fouad Touma (Baalbeck).<br />

L’École <strong>de</strong> Pharmacie avait été fondée en 1886 mais<br />

sera obligée, à partir <strong>de</strong> 1889, d’imposer trois années<br />

d’étu<strong>de</strong>s et une année <strong>de</strong> stage. (Cf. infra)<br />

En 1930, le docteur Balthasar Melconian, assistant du<br />

Pr Nègre et pr<strong>of</strong>esseur suppléant d’anatomie, sera le<br />

premier Libanais à être nommé pr<strong>of</strong>esseur et à prendre<br />

en charge <strong>la</strong> chaire d’anatomie. En 1938, le docteur<br />

Philippe Thomas sera le second Libanais à <strong>de</strong>venir le<br />

titu<strong>la</strong>ire d’une chaire : celle d’ophtalmologie et d’otorhino-<strong>la</strong>ryngologie,<br />

et sera titu<strong>la</strong>risé en 1940. Le docteur<br />

Théophile Maroun fut nommé en 1945, à <strong>la</strong> chaire <strong>de</strong><br />

mé<strong>de</strong>cine légale.<br />

En 1946, le docteur Paul Ponthus, pr<strong>of</strong>esseur <strong>de</strong> radiologie,<br />

fut chargé <strong>de</strong> <strong>la</strong> direction générale <strong>de</strong>s étu<strong>de</strong>s, le<br />

pr<strong>of</strong>esseur Pierre Lys nommé à <strong>la</strong> tête <strong>de</strong>s étu<strong>de</strong>s pharmaceutiques,<br />

et Paul Schaeplinck remp<strong>la</strong>ça le Pr Melconian<br />

à <strong>la</strong> chaire d’anatomie. A <strong>la</strong> même époque, cinq<br />

pr<strong>of</strong>esseurs en mission furent chargés <strong>de</strong> venir faire six<br />

mois d’enseignement à <strong>la</strong> Faculté. Ce furent les docteurs<br />

Mauric (Hygiène), Jules Cottet (Thérapeutique), Brousseau<br />

(Psychiatrie), le R.P. Corser (Biologie animale) et le<br />

pr<strong>of</strong>esseur Poursines (<strong>de</strong> retour au Liban) pour les cours<br />

d’anatomie pathologique et <strong>de</strong> neurologie.<br />

Toujours en 1946, Pr Denis Cieuodo prit <strong>la</strong> p<strong>la</strong>ce<br />

<strong>de</strong> Pr Cottard à <strong>la</strong> chaire <strong>de</strong> clinique chirurgicale et<br />

Pr Advier remp<strong>la</strong>ça Dr Louis à <strong>la</strong> chaire <strong>de</strong> bactériologieparasitologie.<br />

Dr Spiridon Abourousse fut nommé pr<strong>of</strong>esseur<br />

<strong>de</strong> pathologie interne, Pr Fruchaud fut chargé <strong>de</strong><br />

l’enseignement <strong>de</strong> <strong>la</strong> chirurgie opératoire et Pr Georges<br />

Mauric remp<strong>la</strong>ça Pr Calmette à <strong>la</strong> chaire <strong>de</strong> clinique<br />

médicale ; Dr Roger Go<strong>de</strong>l reçut le titre <strong>de</strong> pr<strong>of</strong>esseur<br />

honoraire [41].<br />

36 Journal Médical Libanais 2010 • Volume 58 (1) R. KHOURI – Histoire <strong>de</strong> <strong>la</strong> mé<strong>de</strong>cine au Liban


FACULTÉ DE MÉDECINE<br />

Chanceliers<br />

R.P. Hippolyte MARCELLIER (1884 - 1886) (1923 - 1927) R.P. Louis VERNY<br />

R.P. Edouard DE GIGORD (1886 - 1888) (1927 - 1942) R.P. C<strong>la</strong>udius CHANTEUR<br />

R.P. Hippolyte MARCELLIER (1888 - 1894) (1942 - 1959) R.P. DUPRÉ LA TOUR<br />

R.P. Joseph AUTEFAGE (1894 - 1895) (1960 - 1965) R.P. Pierre MADET<br />

R.P. Lucien CATTIN (1895 - 1912) (1965 - 1967) R.P. DUPRÉ LA TOUR<br />

R.P. Gérard DE MARTIMPREY (1912 - 1914) (1968 - 1974) R.P. Pierre MADET<br />

R.P. Lucien CATTIN (1921 - 1923) (1974 - 1975) R.P. Francis HOURS<br />

Pr<strong>of</strong>esseurs<br />

Jules ROUVIER (1883-1905) Obstétrique, Gynécologie Balthasar MELCONIAN (1930-1946) Anatomie<br />

Elisée SÉNÈS (1883-1888) Clinique chirurgicale Yves POURSINES (1936-1941) Histologie, Anatomopathologie<br />

R.P. Paul SOULERIN (1883-1907) Chimie minérale et organique Philippe THOMAS (1938-1983) ORL, Ophtalmologie<br />

R.P. Léon VINCENT (1883-1891) Botanique Edouard GIRAUD-COSTA (1938-1955) Physiologie<br />

R.P. Hippolyte MARCELLIER (1884-1894) Physique, Zoologie G. CHAUMET (1938-1941) Radiologie<br />

Etienne FLAVARD (1885-1889) Thérapeutique, Pharmacologie P. MILLISHER (1938-1942) Bactériologie, Parasitologie<br />

Henry NÈGRE (1885-1930) Anatomie R.P. François DUPRÉ LA TOUR (1938-1976) Physique médicale<br />

Hippolyte DE BRUN (1885-1926) Pathologie interne Philippe CÉRATI (1938-1953) Obstétrique, Gynécologie<br />

Maurice HACHE (1888-1908) Chirurgie M. POTET (1942-1944) Neuropsychiatrie<br />

Benoît BOYER (1889-1897) Thérapeutique, Hygiène M. JUIGNÉ (1942-1944) Pédiatrie<br />

Fré<strong>de</strong>ric BALDY (1890-1894) Pharmacologie, Thérapeutique M. Mazet (1942-1944) Pédiatrie<br />

R.P. BOULOMOY (1891-1926) Botanique, Bactériologie M. LOUIS (1942-1946) Bactériologie, Parasitologie<br />

R.P. Michel GAUTHIER (1894-1895) Physique, Chimie, Sciences naturelles M. JALET (1943-1945) Radiologie<br />

Pierre GUIGUES (1894-1930) Pharmacologie Théophile MAROUN (1945-1961) Mé<strong>de</strong>cine légale<br />

R.P. Maurice COLLANGETTES (1895-1934) Physique médicale Paul PONTHUS (1945-1975) Radiologie<br />

Jérôme LA BONNARDIÈRE (1897-1903) Anatomie Spiridon ABOUROUSSE (1946-1949) Mé<strong>de</strong>cine interne<br />

Justin CALMETTE (1903-1944) Mé<strong>de</strong>cine interne Yves POURSINES (1946-1951) Neurologie<br />

Albert CHAPOTIN (1905-1914) Obstétrique, Gynécologie Paul SCHAEPLINCK (1946-1950) Anatomie<br />

R.P. Raoul DESRIBES (1907-1921) Chimie Denis CIAUDO (1946-1970) Chirurgie<br />

Eugène COTTARD (1908-1946) Chirurgie R.P. CORSET (1946-1963) Biologie animale<br />

R.P. Paul BOVIER-LAPIERRE (1910-1912) Bactériologie, Sciences naturelles Jules COTTET (1946-1950) Thérapeutique, Pharmacologie<br />

Emmanuel DE PEYRRELONGUE (1912-1930) Physiologie Henri FRUCHAUD (1946-1951) Chirurgie opératoire<br />

R.P. Pierre DE VREGILLE (1912-1937) Bactériologie Georges MAURIC (1946-1953) Mé<strong>de</strong>cine interne, Hygiène<br />

Louis LAURENTIE (1918-1921) Obstétrique, Gynécologie M. BROUSSEAU (1946-1949) Psychiatrie<br />

R.P. Joseph LOISELET (1919-1921) Pharmacologie Elias EL-KHOURY (1947-1977) Pneumologie<br />

R.P. Charles NEYRON (1905-1952) Chimie médicale Daniel ESCHER (1948-1955) Dermatologie<br />

R.P. G. DE MARTIMPREY (1912-1921) Déontologie Antoine MERAB (1950-1979) Mé<strong>de</strong>cine interne<br />

Armand GEOFFROY (1927-1934) Histologie, Anatomopathologie Anis MAKHLOUF (1950-1978) Pathologie chirurgicale<br />

Stany RISACHER (1927-1935) Obstétrique, Gynécologie Jean G. DE CARDENAL (1951-1980) Bactériologie, Parasitologie<br />

Marcel PÉAN (1927-1939) Thérapeutique, Hygiène Yves MALINAS (1954-1960) Obstétrique, Gynécologie<br />

Pierre LYS (1929-1977) Pharmacologie Raymond JOHANNY (1955-1984) Dermatologie<br />

Pierre FROGÉ (1930-19..) ORL, Ophtalmologie Charles SOURNIAT (1957-1958) Anatomie<br />

Maurice GARNIER (1930-1970) Pharmacie galénique


La section qui suit est un recueil <strong>de</strong> renseignements<br />

qui méritent d’être complétés pour ai<strong>de</strong>r<br />

les génération futures à mieux connaître<br />

l’<strong>histoire</strong> <strong>de</strong> <strong>la</strong> mé<strong>de</strong>cine au Liban.<br />

HÔPITAUX DE BEYROUTH<br />

1851 • Shahani, hôpital militaire turc<br />

Il fut construit en 1851, face au Grand Sérail sur <strong>la</strong><br />

colline surplombant Bab-Edriss. Sa direction fut confiée<br />

au docteur Ibrahim Najjar qui fut nommé tabib el-alf ou<br />

mé<strong>de</strong>cin-chef. L’hôpital avait 250 lits dont 50 étaient<br />

réservés à <strong>la</strong> mé<strong>de</strong>cine, 20 pour les ma<strong>la</strong>dies vénériennes,<br />

12 pour l’ophtalmologie et 12 pour <strong>la</strong> <strong>de</strong>rmatologie.<br />

1857 • Hôpital Amshit<br />

Il fut fondé en 1857 par <strong>la</strong> famille Zakhia et <strong>de</strong>ux<br />

années plus tard, Jabbour Toubia Chalhoub Kal<strong>la</strong>b <strong>la</strong>issait<br />

dans son testament une grosse somme d’argent <strong>de</strong>stinée à<br />

<strong>la</strong> construction d’un plus grand hôpital pour les indigents<br />

<strong>de</strong> <strong>la</strong> région.<br />

1867 • Hôpital Johanniter<br />

Les Chevaliers Prussiens <strong>de</strong> Saint-Jean inauguraient en<br />

1867 sur un terrain <strong>of</strong>fert par Fouad Pacha à Haouz el-<br />

Saatiyé, un hôpital dirigé par les diaconesses <strong>de</strong> <strong>la</strong> Kaiserwerth<br />

Sisterhood, religieuses protestantes. En 1871, grâce<br />

au docteur George Post, il sera avec ses 82 lits l’hôpital<br />

enseignant <strong>de</strong> l’École <strong>de</strong> Mé<strong>de</strong>cine du Syrian Protestant<br />

College jusqu’en 1918. Après <strong>la</strong> Gran<strong>de</strong> Guerre, cet hôpital<br />

fut réquisitionné par le mandat français et <strong>de</strong>vint<br />

Hôpital Maurice Rottier. En 1945, l’hôpital <strong>de</strong>vint le siège<br />

<strong>de</strong> l’ambassa<strong>de</strong> <strong>de</strong> France.<br />

1884 • Hôpital Saint-Georges <strong>de</strong>s Grecs-Orthodoxes<br />

Dans <strong>la</strong> montée Accaoui à Achrafié, à l’emp<strong>la</strong>cement<br />

<strong>de</strong> l’actuel Collège <strong>de</strong>s Trois-Docteurs fut inauguré en<br />

1884 l’Hôpital St-Georges. Cet hôpital prenait <strong>la</strong> suite<br />

d’un hôpital (ou plutôt d’un lieu <strong>de</strong> soins) situé sur <strong>la</strong> ligne<br />

du tramway <strong>de</strong> <strong>la</strong> rue Gouraud, juste avant <strong>la</strong> montée<br />

Accaoui. Plus tard, à l’emp<strong>la</strong>cement <strong>de</strong> l’actuel hôpital<br />

un grand centre fut construit en 1913. Il fut rattaché à <strong>la</strong><br />

Faculté Française <strong>de</strong> Mé<strong>de</strong>cine et au service <strong>de</strong> chirurgie<br />

dirigé par le pr<strong>of</strong>esseur Eugène Cottard puis par les docteurs<br />

Nico<strong>la</strong>s Rebeiz et Sami Haddad. Le pr<strong>of</strong>esseur<br />

Hippolyte <strong>de</strong> Brun dirigeait le service <strong>de</strong> mé<strong>de</strong>cine assisté<br />

par les docteurs Hanna el-Khazen et Béchara Saad. Le<br />

département <strong>de</strong> gynécologie-obstétrique était dirigé par<br />

les docteurs Habib Khoury-Saadé et Fouad Trad. Les docteurs<br />

Negib Saad, Chahine Saliba et Albert Saliba furent à<br />

<strong>la</strong> tête du service ORL & Ophtalmologie.<br />

1885 • Hôpital du Sacré-Cœur<br />

Grâce à <strong>la</strong> Société <strong>de</strong> Saint-Vincent-<strong>de</strong>-Paul et aux<br />

<strong>la</strong>zaristes, <strong>la</strong> construction <strong>de</strong> cet hôpital fut achevée en<br />

1885. Ce fut l’œuvre <strong>de</strong> Mère Gé<strong>la</strong>s qui avait débarqué à<br />

Beyrouth en 1848 et reçu du wali un terrain à Ghalghoul,<br />

près du Borj el-Kechaf (P<strong>la</strong>ce <strong>de</strong>s Canons). Avec l’accord<br />

<strong>de</strong>s Filles <strong>de</strong> <strong>la</strong> Charité, <strong>la</strong> Faculté <strong>de</strong> Mé<strong>de</strong>cine en fit son<br />

centre hospitalier jusqu’en 1914.<br />

Le service <strong>de</strong> chirurgie fut dirigé par le pr<strong>of</strong>esseur<br />

Elisée Sénès puis par le pr<strong>of</strong>esseur Maurice Hache et enfin<br />

par le pr<strong>of</strong>esseur Eugène Cottard, assisté par les docteurs<br />

Elias Baaklini et Emile Arab. Le service <strong>de</strong> mé<strong>de</strong>cine était<br />

tenu par le pr<strong>of</strong>esseur Hippolyte <strong>de</strong> Brun assisté par les<br />

docteurs Ibrahim Medawar et Alfred Khoury. Dr Jules<br />

Rouvier dirigeait celui d’obstétrique-gynécologie.<br />

1892 • Hôpital <strong>de</strong>s Ma<strong>la</strong>dies Vénériennes<br />

Cet hôpital disposait <strong>de</strong> 25 lits qui furent toujours<br />

occupés par <strong>de</strong>s prostituées ma<strong>la</strong><strong>de</strong>s, jusqu’à sa fermeture<br />

en 1895. Ces prostituées étaient obligées d’avoir chacune<br />

un bac <strong>de</strong> <strong>la</strong>vage et payaient à <strong>la</strong> municipalité 1 à 2 majidiyé<br />

par mois. Les maisons closes étaient situées à <strong>la</strong> p<strong>la</strong>ce<br />

<strong>de</strong>s Canons, juste <strong>de</strong>rrière le siège <strong>de</strong> <strong>la</strong> Banque ottomane,<br />

d’où l’expression pudique « d’aller à <strong>la</strong> banque ».<br />

Dans une enquête faite par le wali Nassouhi, on apprend<br />

qu’il y avait à Beyrouth 40 maisons <strong>de</strong> prostitution, abritant<br />

chacune <strong>de</strong>ux à cinq pensionnaires. Quand une fille<br />

était ma<strong>la</strong><strong>de</strong>, elle était conduite jusqu’à l’Hôpital <strong>de</strong>s<br />

Ma<strong>la</strong>dies Vénériennes dont les 25 lits ne désempliront<br />

jamais jusqu’à sa fermeture en 1895.<br />

Toutes ces maisons étaient tenues par <strong>de</strong>s Libanais et<br />

l’une d’elles seulement par une dame grecque dont le nom<br />

<strong>de</strong>vait se perpétuer pendant <strong>de</strong>s générations et qui, à <strong>la</strong> fin<br />

<strong>de</strong> sa vie, s’était transformée en une sainte dame faisant<br />

<strong>de</strong>s donations aux églises <strong>de</strong> sa communauté.<br />

1900 • Hôpital d’Asfourieh<br />

Le missionnaire suisse, Théophile Waldmeier, qui avait<br />

fondé <strong>la</strong> Maison <strong>de</strong>s Quakers à Broumana, commença<br />

en 1896 <strong>la</strong> construction d’un hôpital psychiatrique à<br />

Asfourieh. Cette réalisation vit le jour en 1900 et eut à sa<br />

tête le docteur Franklin Hiskins puis le docteur Wolf. Les<br />

premiers Libanais à prendre ensuite en charge cet établissement<br />

furent les docteurs Ayvazian puis Manoughian.<br />

1902 • Hôpital Américain<br />

Juste en face du Syrian Protestant College, le prési<strong>de</strong>nt<br />

Bliss avait acheté en 1902 <strong>la</strong> propriété <strong>de</strong> <strong>la</strong> famille<br />

Adsham. Elle servit <strong>de</strong> logement aux infirmières et aux<br />

services hospitaliers <strong>de</strong> gynécologie, pédiatrie et <strong>de</strong>rmatologie<br />

(cette <strong>de</strong>rnière spécialité n’ayant eu droit qu’à <strong>de</strong>ux<br />

lits) ; les services <strong>de</strong> mé<strong>de</strong>cine et <strong>de</strong> chirurgie restant au<br />

Johanniter Hospital.<br />

Plus tard, en 1908, fut inauguré le Women’s Pavillon<br />

p<strong>la</strong>cé sous <strong>la</strong> direction du docteur Franklin Moore, et un<br />

service <strong>de</strong> <strong>de</strong>rmatologie fut construit et confié au docteur<br />

Walter Adams. Le nouveau Eye and Ear Pavillon fut<br />

ouvert et dirigé par le docteur Charles Webster. En 1910,<br />

on inaugura le Children’s Pavillon qui sera pris en charge<br />

jusqu’en 1941 par le docteur Harry Dorman et comme<br />

l’endroit était spacieux, un service <strong>de</strong> chirurgie y fut installé<br />

sous <strong>la</strong> direction du docteur E. St. John Ward qui en<br />

gar<strong>de</strong>ra <strong>la</strong> direction jusqu’en 1931.<br />

1907 • Hôpital al-Hamidi<br />

Khalil Pacha, wali <strong>de</strong> Beyrouth (1903-1908), avait fait<br />

construire aux Arts-et-Métiers, <strong>de</strong>ux grands bâtiments,<br />

une École <strong>de</strong>s Arts et Métiers ainsi qu’un hôpital qui fut<br />

baptisé Al-Hamidi et qui fut inauguré en 1907. Bien plus<br />

tard, sous le mandat français, cet hôpital <strong>de</strong>viendra<br />

Hôpital du Secours Libanais qui sera fermé puis ouvert <strong>de</strong><br />

38 Journal Médical Libanais 2010 • Volume 58 (1) R. KHOURI – Histoire <strong>de</strong> <strong>la</strong> mé<strong>de</strong>cine au Liban


nouveau en 1932. Il fonctionnera jusqu’en 1955, date <strong>de</strong><br />

l’ouverture <strong>de</strong> l’Hôpital <strong>de</strong> <strong>la</strong> Quarantaine.<br />

1908 • Hôpital Saint-Charles Borromée<br />

Une mission catholique alleman<strong>de</strong> qui avait déjà un dispensaire<br />

à Zeitouné, près <strong>de</strong> l’hôtel Bassoul, acheta <strong>la</strong> maison<br />

<strong>de</strong>s Parodi près du Collège <strong>de</strong> <strong>la</strong> Salle, sur <strong>la</strong> ligne du<br />

tramway, et y fonda un hôpital. Dès le début, Dr Nico<strong>la</strong>s<br />

Rebeiz dirigea le service <strong>de</strong> chirurgie puis les docteurs<br />

Joseph Heneiné et Yousef Hitti le service <strong>de</strong> mé<strong>de</strong>cine.<br />

1920 • Hôpital du Dr Nico<strong>la</strong>s Rebeiz<br />

Le docteur Nico<strong>la</strong>s Rebeiz fut le premier à ouvrir un<br />

hôpital privé à <strong>la</strong> rue Clemenceau, qui eut bientôt 60 lits.<br />

De nombreux mé<strong>de</strong>cins exercèrent là, parmi lesquels<br />

les docteurs Mohamed Khaled, Joseph Attiyeh, Georges<br />

Bekhazi, Antoine et Georges Ghosn, Spiridon Abourousse,<br />

Adolphe Israël, Habib Shehadé.<br />

1923 • Hôtel-Dieu <strong>de</strong> France<br />

Dès son inauguration en 1923, les pr<strong>of</strong>esseurs Eugène<br />

Cottard et Justin Calmette furent chargés <strong>de</strong>s services <strong>de</strong><br />

chirurgie et <strong>de</strong> mé<strong>de</strong>cine. Plus <strong>de</strong> dix ans plus tard, en<br />

1925, un Institut <strong>de</strong> radiologie fut installé et dirigé par le<br />

docteur Lamarche, plus tard remp<strong>la</strong>cé par le mé<strong>de</strong>cincolonel<br />

Chaumet puis par les pr<strong>of</strong>esseurs Jalet, Dupré <strong>la</strong><br />

Tour et Paul Ponthus. En 1946, le service <strong>de</strong> chirurgie fut<br />

tenu par le pr<strong>of</strong>esseur Denis Ciaudo, le service <strong>de</strong> mé<strong>de</strong>cine<br />

par le pr<strong>of</strong>esseur Georges Mauric puis par le pr<strong>of</strong>esseur<br />

Antoine Merab. La <strong>de</strong>rmatologie était assurée par<br />

le mé<strong>de</strong>cin-colonel Daniel Escher.<br />

1925 • Hôpital du Docteur Toufic Rizk<br />

De retour <strong>de</strong> sa spécialisation en France, le docteur<br />

Rizk ouvrit en 1925 un hôpital à Beyrouth, au quartier<br />

Nasra puis se dép<strong>la</strong>ça à Ras-el-Nabeh à Basta. Il fut le premier<br />

à avoir dans son hôpital un <strong>la</strong>boratoire d’anatomie<br />

pathologique qu’il dirigeait lui-même et un <strong>la</strong>boratoire où<br />

les premiers dosages <strong>de</strong> l’urée sanguine furent pratiqués.<br />

Il avait comme col<strong>la</strong>borateurs les docteurs Antoine<br />

Gédéon et Robert Khouri. En 1957, il ouvrit un hôpital<br />

près du Collège <strong>de</strong> Nazareth avec les docteurs Antoine<br />

Gédéon, Robert Khouri, Robert Checri, Raymond Asmar,<br />

Thomas Assaaf, Fathal<strong>la</strong>h Homsy, Camille Baz, Emile<br />

Bitar, Roger Kammerman, Ernest Majda<strong>la</strong>ni, Fouad<br />

Hamaoui et Fouad Moussalem.<br />

1926 • Hôpital du Docteur Habib Khoury-Saadé<br />

Le docteur Khoury-Saadé (1877-1946), diplômé <strong>de</strong><br />

l’AUB, se spécialisa aux USA et dès son retour au Liban<br />

prit en charge le service <strong>de</strong> gynécologie-obstétrique à<br />

l’Hôpital St-Georges <strong>de</strong>s Grecs-Orthodoxes puis ouvrit son<br />

premier hôpital à Gemmayzé qu’il transféra ensuite à <strong>la</strong> rue<br />

<strong>de</strong> Damas. Là, le docteur Spiridon Abourousse était chargé<br />

du service <strong>de</strong> mé<strong>de</strong>cine et le docteur George Diamandi <strong>de</strong><br />

celui <strong>de</strong> chirurgie. Après le décès du docteur Khoury-Saadé<br />

en 1946, l’hôpital fut tenu par les docteurs Henry Fruchaud,<br />

Sami Beydoun, Edouard Stephan et Soly Albert (qui fut le<br />

premier mé<strong>de</strong>cin diplômé anesthésiste au Liban).<br />

1927 • Hôpital Libanais du Père Gitawi<br />

Cet hôpital fut construit par le père Gitawi. Le service<br />

<strong>de</strong> chirurgie était dirigé par le docteur Kamel Gargour et<br />

le service <strong>de</strong> mé<strong>de</strong>cine par le docteur Hanna el-Khazen.<br />

1936 • Hôpital Musulman<br />

Il fut fondé par les docteurs Selim Idriss, Moustafa<br />

Khaled et Nesib Berbir.<br />

1937 • Hôpital <strong>de</strong> <strong>la</strong> Croix<br />

Le père Jacques, en 1937, transforma un asile pour les<br />

vieux prêtres, et en fit un centre <strong>de</strong>stiné à recevoir <strong>de</strong>s<br />

ma<strong>la</strong><strong>de</strong>s mentaux et <strong>de</strong>s enfants arriérés. Il ne <strong>de</strong>viendra<br />

un véritable asile psychiatrique qu’en 1951 grâce au docteur<br />

Emile Matar.<br />

1938 • Maternité Française<br />

Déjà en 1895, le pr<strong>of</strong>esseur Jules Rouvier avait ouvert<br />

tout près <strong>de</strong> l’Hôpital du Sacré-Cœur une maternité à<br />

<strong>la</strong>quelle, en 1922, le pr<strong>of</strong>esseur Louis Laurentie avait<br />

ajouté une école <strong>de</strong> sages-femmes. En 1938, sur un terrain<br />

situé en face <strong>de</strong> <strong>la</strong> Faculté <strong>de</strong> Mé<strong>de</strong>cine, une maternité <strong>de</strong><br />

1.000 m 2 pouvant recevoir 80 ma<strong>la</strong><strong>de</strong>s fut construite par<br />

Lucien Cavro. En 1942/3, un service <strong>de</strong> pédiatrie était<br />

installé et confié au docteur Hélène Safi.<br />

1939 • Hôpital Dar el-Sahha<br />

Les docteurs Nesib Berbir et Hamid Khouja fondèrent<br />

cet hôpital en 1939.<br />

1939 • Hôpital Saint-Elie<br />

Construit par l’archiprêtre Antoine Akl à <strong>la</strong> rue <strong>de</strong><br />

France, il fut tout d’abord un asile pour aveugles en 1935,<br />

puis un dispensaire général <strong>de</strong> 1935 à 1939, date à <strong>la</strong>quelle<br />

il se transforma en un véritable hôpital. Dirigé par <strong>la</strong><br />

Congrégation <strong>de</strong>s Sœurs <strong>de</strong> Ste Thérèse <strong>de</strong> l’Enfant-Jésus,<br />

l’hôpital a débuté avec les docteurs Elie Jabre, Anis<br />

Makhlouf et Fred Zebouni.<br />

1940 • Hôpital du Docteur Fouad Trad<br />

De retour à Beyrouth après <strong>de</strong>ux années <strong>de</strong> spécialisation<br />

en Europe, le docteur Trad fut nommé directeur<br />

<strong>de</strong> l’Hôpital <strong>de</strong>s Sablons puis chargé <strong>de</strong> l’obstétriquegynécologie<br />

à l’Hôpital St.-Georges. Il ouvrit un hôpital<br />

à Aley et un autre à Beyrouth, en 1941, où il exerça<br />

jusqu’en 1964.<br />

Autres hôpitaux à Beyrouth<br />

Hôpital du Dr Joseph Attiyeh (Rue Perthuis), Hôpital<br />

du Dr Georges Badre, Hôpital du Dr Chalfoun (Rue Sélim<br />

Bustros), Hôpital du Dr Georges Hanna, Hôpital du Dr<br />

Sami Haddad (Haouz Saatié), Hôpital du Dr Amin<br />

Khairal<strong>la</strong>h (Rue Clemenceau), Hôpital du Dr Mohamad<br />

Khaled (Basta), Hôpital Makassed (Basta), Hôpital du<br />

Dr Ab<strong>de</strong>l-Rahman Sinno (Haouz Saatié).<br />

HÔPITAUX DE TRIPOLI ET DE SAÏDA<br />

■ TRIPOLI<br />

1883 • Kennedy Memorial Hospital <strong>de</strong> Mina<br />

Une mission évangélique presbytérienne fonda cet<br />

hôpital en 1883 avec le docteur Henry Calhoun, et<br />

MM. Henry Boyes, Puzant Krikorian et Ragi Khabbaz.<br />

En été, les étudiants du Syrian Protestant College venaient<br />

y faire <strong>de</strong>s stages. Une école d’infirmières fut aussi créée.<br />

Quand le docteur Calhoun mourut, M. Harris, consul <strong>de</strong>s<br />

Etats-Unis à Tripoli, prit en charge l’hôpital mais en 1915<br />

il fut lui-même emporté par le typhus. Après <strong>la</strong> fin <strong>de</strong> <strong>la</strong><br />

Gran<strong>de</strong> Guerre, le docteur Osman Saadé prit <strong>la</strong> direction <strong>de</strong><br />

R. KHOURI – Histoire <strong>de</strong> <strong>la</strong> mé<strong>de</strong>cine au Liban Journal Médical Libanais 2010 • Volume 58 (1) 39


l’hôpital jusqu’en 1921 et passa sa charge à M. Henry<br />

Boyes qui y fonda un <strong>la</strong>boratoire. Il sera remp<strong>la</strong>cé en 1939<br />

par M. Puzant Krikorian et plus tard par M. Ragi Khabbaz.<br />

1906 • Hôpital National <strong>de</strong> Tripoli<br />

Il fut fondé en 1906 par le docteur Ab<strong>de</strong>l-Latif Bisar<br />

qui avait été diplômé à Constantinople en 1902. L’hôpital<br />

fut édifié à El-Koubbé au centre d’un grand parc dominant<br />

<strong>la</strong> ville. Deux infirmières alleman<strong>de</strong>s l’aidaient dans son<br />

travail [10].<br />

1909 • Hôpital Orthodoxe <strong>de</strong> Mina<br />

La Société orthodoxe <strong>de</strong> bienfaisance construisit en<br />

1909 ce petit hôpital où exerçaient les docteurs Doumani,<br />

Catzeflis, César Ghorayeb et Michel Maria. Quelques<br />

années plus tard, <strong>la</strong> municipalité l’aménagea en centre <strong>de</strong><br />

lutte anti-vénérienne qui fonctionna jusqu’en 1925.<br />

1917 • Hôpital Gouvernemental<br />

Il fut construit à Abi-Samra par le moutassarif Azmi-<br />

Bey.<br />

1925 • Hôpital du Docteur Nini<br />

Le docteur Wahib Nico<strong>la</strong>s Nini fonda un petit hôpital <strong>de</strong><br />

quatre lits à El-Mina. Cet hôpital sera transféré plus tard<br />

à <strong>la</strong> rue Azmi puis à <strong>la</strong> rue Yazbeck, près du Tell. En 1926,<br />

le docteur Nini prit en charge le service <strong>de</strong> chirurgie <strong>de</strong><br />

l’Hôpital Gouvernemental et c’est là que fut utilisé pour<br />

<strong>la</strong> première fois en Orient, en 1925, le masque d’Ombredanne<br />

pour l’anesthésie à l’éther lors d’une intervention<br />

pour occlusion intestinale.<br />

1928 • Hôpital Italien <strong>de</strong> Tripoli<br />

Une mission italienne ouvrit en 1928 un hôpital dans<br />

un appartement aux Bouheiry à <strong>la</strong> p<strong>la</strong>ce du Tell. Plus<br />

tard, cette mission fonda sur le route d’El-Mina un hôpital<br />

avec le docteur Joseph Hitti et le docteur Amato.<br />

1940 • Hôpital <strong>de</strong> Tripoli<br />

Il fut fondé en 1940 par les docteurs Afif Ab<strong>de</strong>l-<br />

Wahab, Abdal<strong>la</strong>h Saadé, Joseph Yammine et Richard<br />

Gebara. Il fonctionna pendant quatre ans.<br />

1941 • Hôpital <strong>de</strong> <strong>la</strong> Municipalité<br />

A Berket el-Marj, dans <strong>la</strong> maison occupée par <strong>la</strong> doctoresse<br />

Hadiya Rifahi et sa sœur Bashira qui était sagefemme,<br />

<strong>de</strong>s ma<strong>la</strong><strong>de</strong>s pauvres étaient reçus et soignés.<br />

■ SAÏDA<br />

1938 • Hôpital du Docteur Nabih el-Chabb<br />

Un hôpital fut ouvert à Saïda par le docteur Nabih el-<br />

Chabb, fils <strong>de</strong> Tohmé el-Chabb, pasteur protestant originaire<br />

<strong>de</strong> Maghdouché. Après son diplôme <strong>de</strong> l’AUB, et<br />

son voyage <strong>de</strong> spécialisation en orthopédie en Angleterre,<br />

il fut chargé du service d’orthopédie à l’AUB puis ouvrit<br />

un hôpital à Saïda en 1938. Son fils, le docteur Ramzi<br />

exerça dans l’hôpital <strong>de</strong> son père et fut suivi par son fils<br />

Bassem qui représenta <strong>la</strong> troisième génération médicale et<br />

se spécialisa en chirurgie cardio-vascu<strong>la</strong>ire.<br />

SANATORIA<br />

La tuberculose était considérée comme une ma<strong>la</strong>die<br />

honteuse et quand on en par<strong>la</strong>it on disait haydèk et marad.<br />

toute personne qui crachait du sang était isolée et seules<br />

les personnes âgées pouvaient les approcher et les servir<br />

car on pensait que l’affection n’était contagieuse que pour<br />

les jeunes. La première mention publique <strong>de</strong> <strong>la</strong> tuberculose<br />

fut faite en 1899 dans <strong>la</strong> revue El Tabib par le docteur<br />

Iskandar Baroody. Émus par <strong>la</strong> <strong>de</strong>scription qui en avait été<br />

faite, <strong>de</strong>s mé<strong>de</strong>cins et <strong>de</strong>s notables <strong>de</strong> Beyrouth se réunirent<br />

dans une salle <strong>de</strong> lecture à <strong>la</strong> rue Gouraud, face au<br />

cinéma Empire. Se trouvèrent là les docteurs Bechara<br />

Manasseh, Iskandar Baroody et Salim Jalkh ainsi que<br />

MM. Georges Dimitri Sursock, Constantin Khouri-Farra,<br />

Georges Nico<strong>la</strong>s Baz et Assaad Khairal<strong>la</strong>h, et bientôt <strong>la</strong><br />

première association <strong>de</strong> lutte anti-tuberculeuse verra le<br />

jour en 1906 sous le nom <strong>de</strong> Jamyiat al-maja’ al sohhi al<br />

tadarouni.<br />

Deux années plus tard, en 1908, M me Pierson Eddé<br />

ouvrit à Maameltein le Sanatorium Libanais qu’elle dép<strong>la</strong>cera<br />

en 1909 à Chbaniyé, près <strong>de</strong> Hammana, et qui sera<br />

plus tard le Sanatorium <strong>de</strong> Hamlin. La même année, un<br />

sanatorium sera fondé à Bhannès et en 1910 <strong>la</strong> famille<br />

Menassah <strong>of</strong>frait <strong>la</strong> colline <strong>de</strong> Dahr el-Bachek pour y<br />

construire un sanatorium [43].<br />

En 1928, le docteur Elias el-Khoury prit en charge le<br />

sanatorium <strong>de</strong> Bhannès suivi par le docteur Elias Baaklini<br />

à qui succéda César Chehab. Quant au sanatorium d’Azounieh,<br />

il ouvrira ses portes en août 1938 [44].<br />

HÔPITAUX PSYCHIATRIQUES<br />

Le premier hôpital psychiatrique fut fondé par un<br />

suisse, Waldmeyer, et les premiers mé<strong>de</strong>cins libanais <strong>de</strong><br />

ce centre furent les docteurs Ayvazian puis Manoughian.<br />

L’Hôpital <strong>de</strong> <strong>la</strong> Croix du R.P. Jacques Haddad n’était à<br />

ses débuts qu’un asile pour les vieux prêtres. En 1922,<br />

<strong>la</strong> Congrégation <strong>de</strong>s Sœurs Franciscaines <strong>de</strong> <strong>la</strong> Croix<br />

du Liban prit ce centre en charge qui accueillit <strong>de</strong>s infirmes,<br />

<strong>de</strong>s enfants arriérés et <strong>de</strong>s aliénés. Cet asile<br />

<strong>de</strong>viendra un hôpital psychiatrique mo<strong>de</strong>rne à partir <strong>de</strong><br />

1951 et le docteur Emile Matar en fut le premier mé<strong>de</strong>cin<br />

[44].<br />

HÔPITAUX GOUVERNEMENTAUX<br />

Beyrouth avait un hôpital gouvernemental au quartier<br />

<strong>de</strong>s Sablons, <strong>de</strong>stiné aux filles publiques et aux ma<strong>la</strong><strong>de</strong>s<br />

contagieux. Vers 1915, les autorités ottomanes construisirent<br />

<strong>de</strong>s hôpitaux à Baabda (50 lits), à Zahlé (30 lits) et<br />

à Aley (30 lits). A Tripoli, le gouverneur ottoman avait<br />

construit en 1917 un hôpital bâti sur <strong>la</strong> colline Abou-<br />

Samra [44] .<br />

LABORATOIRES<br />

En 1911, le docteur Jean Misk (père <strong>de</strong>s docteurs<br />

Robert et Raymond) ouvrit le premier <strong>la</strong>boratoire au<br />

Liban. Par <strong>la</strong> suite, il col<strong>la</strong>bora avec d’autres <strong>la</strong>boratoires<br />

dont ceux <strong>de</strong>s docteurs Raïf Abil<strong>la</strong>ma, Topuskhan,<br />

Noueiry, Abouchi et Elie Farah.<br />

Le docteur Mohamad Kheir Noueiry avait fait ses<br />

40 Journal Médical Libanais 2010 • Volume 58 (1) R. KHOURI – Histoire <strong>de</strong> <strong>la</strong> mé<strong>de</strong>cine au Liban


étu<strong>de</strong>s à l’AUB avant <strong>de</strong> se rendre au Soudan avec son ami<br />

le docteur Nakhlé Chammas. Le docteur Noueiry se spécialisa<br />

en Allemagne et revint à Beyrouth où il ouvrit un<br />

<strong>la</strong>boratoire à <strong>la</strong> p<strong>la</strong>ce Assour où il exerça jusqu’en 1952.<br />

A Tripoli, à l’Hôpital Kennedy, Ramez Loutfi, fils <strong>de</strong><br />

Mikhaël Loutfi et père <strong>de</strong> C<strong>la</strong>u<strong>de</strong> Loutfi (Mephico) tenait<br />

un <strong>la</strong>boratoire. Il sera plus tard remp<strong>la</strong>cé par Jean Sarraf,<br />

pharmacien diplômé. A l’Hôpital Italien, c’était Khoren<br />

Terzian qui tenait le <strong>la</strong>boratoire <strong>de</strong> l’hôpital.<br />

PHARMACIES<br />

A Beyrouth en particulier, il y eut toujours <strong>de</strong>s <strong>of</strong>ficines<br />

tenues par <strong>de</strong>s praticiens, qui vendaient herbes, pomma<strong>de</strong>s<br />

et poudres. On les appe<strong>la</strong>it les sayda<strong>la</strong>ni et ils seront bientôt<br />

concurrencés par les pharmaciens diplômés venant <strong>de</strong><br />

Stamboul ou du Caire et qui étaient connus comme ajzaji,<br />

très fiers <strong>de</strong> leur diplôme ou ijaza.<br />

Les Dabbous<br />

Un <strong>de</strong>s premiers, et qui était une véritable référence,<br />

fut Hajj Abdal<strong>la</strong>h Dabbous, un célibataire réputé pour son<br />

intégrité. Il habitait près du Collège Protestant à Ras<br />

Beyrouth dans l’actuelle maison Ezzedine. Il avait son<br />

<strong>of</strong>ficine au Souk Abou el-Nasr et eut toujours sur sa <strong>de</strong>vanture<br />

une pancarte avec comme <strong>de</strong>ssin une p<strong>la</strong>nte <strong>de</strong><br />

khech-khach. Il avait un frère très riche, Saad el-Dine,<br />

un poète toujours habillé d’un frac et d’une jaquette<br />

longue et dont le fils Ahmad Saad el-Dine fut le <strong>de</strong>rnier<br />

<strong>de</strong>s Dabbous pharmaciens. Après lui, il n’y eut aucun<br />

« vrai » Dabbous, sayda<strong>la</strong>ni ou ajzaji, alors que <strong>de</strong> nombreuses<br />

familles se font appeler Dabbous [45].<br />

École <strong>de</strong> Pharmacie du Syrian Protestant College<br />

Cette École ouvrit ses portes en 1872 et délivrait un<br />

diplôme après <strong>de</strong>ux années d’étu<strong>de</strong>s mais qui <strong>de</strong>vait être<br />

entériné par un examen passé à Constantinople. A partir<br />

<strong>de</strong> 1902, un véritable département <strong>de</strong> pharmacie vit le jour<br />

sous <strong>la</strong> direction <strong>de</strong> James Patch, un pr<strong>of</strong>esseur <strong>de</strong> chimie<br />

qui occupera ce poste jusqu’en 1923. A partir <strong>de</strong> 1904, le<br />

docteur Triantaphyllo Ladakis donnera les cours <strong>de</strong> pharmacologie<br />

et sera nommé titu<strong>la</strong>ire <strong>de</strong> <strong>la</strong> chaire en 1911.<br />

Avec l’arrivée du docteur Rudolph Pauly, le nombre<br />

d’années d’étu<strong>de</strong>s à partir <strong>de</strong> 1927 passa à trois, puis à<br />

quatre années, suivies d’une année <strong>de</strong> pratique dans une<br />

pharmacie <strong>de</strong> <strong>la</strong> ville.<br />

École <strong>de</strong> Pharmacie <strong>de</strong> <strong>la</strong> Faculté Française<br />

Elle fut fondée en 1886 et l’année suivante, M. Villejean<br />

faisait passer <strong>de</strong>s examens terminaux à <strong>de</strong>ux étudiants.<br />

En décembre 1888, une mauvaise nouvelle arrivait à <strong>la</strong><br />

Faculté : le ministre <strong>de</strong> l’Instruction publique, M. Goblet,<br />

faisait savoir qu’il n’autorisait pas <strong>de</strong>s examens pouvant<br />

délivrer un diplôme <strong>de</strong> pharmacien car les étu<strong>de</strong>s faites à<br />

Beyrouth n’avaient pas été encore approuvées par son ministère.<br />

Un an plus tard, en 1889, M. Fallières faisait parvenir<br />

à Beyrouth le projet d’organisation <strong>de</strong> l’École <strong>de</strong><br />

Pharmacie et imposait trois années d’étu<strong>de</strong>s et une année<br />

<strong>de</strong> stage (en 1929, <strong>la</strong> durée totale <strong>de</strong>s étu<strong>de</strong>s sera <strong>de</strong> cinq<br />

ans).<br />

En 1894, le pr<strong>of</strong>esseur Guigues arrivait à Beyrouth<br />

et sera, jusqu’en 1930, <strong>la</strong> cheville ouvrière <strong>de</strong> l’École <strong>de</strong><br />

Pharmacie. Il assurera seul l’enseignement <strong>de</strong>s cours <strong>de</strong><br />

matière médicale, <strong>de</strong> pharmacie chimique et galénique,<br />

d’hydrologie, <strong>de</strong> toxicologie et d’analyse chimique.<br />

Au cours <strong>de</strong>s 17 années après son arrivée à Beyrouth,<br />

le pr<strong>of</strong>esseur Guigues suivra les cours <strong>de</strong> <strong>la</strong> Faculté <strong>de</strong><br />

Mé<strong>de</strong>cine, réussira au doctorat et sera nommé pr<strong>of</strong>esseur<br />

<strong>de</strong> plein droit. Dans sa thèse, il avait traduit en français<br />

l’œuvre <strong>de</strong> Najm el-Dine Mahmoud (Kitab el-Hawi fi ilm<br />

al-tadawi). Plus tard il composera trois glossaires (français-<strong>la</strong>tin,<br />

arabe-français, et arabe-<strong>la</strong>tin). Il sera rejoint<br />

à l’Ecole <strong>de</strong> Pharmacie par le R.P. Boulomoy qui enseignera<br />

<strong>la</strong> botanique et par le R.P. Col<strong>la</strong>ngettes qui prit en<br />

charge l’enseignement <strong>de</strong> <strong>la</strong> physique médicale.<br />

Pharmaciens <strong>de</strong> Beyrouth en 1889<br />

Elias ARAB et Boulos MALHA (Souk Sursock)<br />

Elias NEHMÉ TABET (P<strong>la</strong>ce Sour)<br />

Fils d’Antoine CHECRALLAH (P<strong>la</strong>ce Hamidiyé)<br />

Iskandar HÉLOU (Rue <strong>de</strong> Damas)<br />

Khalil CHABTINI (Rue <strong>de</strong> Damas)<br />

Gerios Tanios AOUN (Face à l’Imprimerie Américaine)<br />

Mourad BAROODY (Bab-Edriss)<br />

YAMMINE et SOURATY (Bab-Edriss)<br />

Pharmaciens avec diplôme <strong>de</strong> Stamboul en 1906<br />

Amin Effendi ABOU-KHALED (Bhamdoun)<br />

Mansour Effendi BAROODY (Souk el-Gharb)<br />

Pharmaciens autorisés dans <strong>la</strong> Moutasarrafiah<br />

Nasif Effendi AAD (Hammana)<br />

Mansour Effendi BAROODY (Souk el-Gharb)<br />

Gergi Effendi Assaad BOULOS (Eh<strong>de</strong>n)<br />

Lahoud Effendi Nohra LABAKI (Baabdate)<br />

Boulos Effendi SAADÉ (Eh<strong>de</strong>n)<br />

Ghostine Effendi Moussa SAADÉ (Eh<strong>de</strong>n)<br />

Pharmacies (■) <strong>de</strong> Beyrouth en 1909<br />

■ Al Amânat (Badih Effendi Chemli) Basta Tahta<br />

■ Al-Asouliyat (Haïmari Effendi) Hadikat al-Hourriyat<br />

■ Baroody (Mourad Effendi Baroody) Bab-Edriss<br />

■ Al-Charkiyat (Boutros Effendi Checral<strong>la</strong>h) Rue <strong>de</strong> Damas<br />

■ Fakhoury (Mohamad Effendi Fakhoury) Souk el-Attarine<br />

■ Fransawiyah (Gerios Effendi Checral<strong>la</strong>h) Ecole Azariyeh<br />

■ Al-Hikmat (Abd Ahmas Effendi Tayyara) P<strong>la</strong>ce Sour<br />

■ Al-Hi<strong>la</strong>l (Selim Effendi Fakhoury) P<strong>la</strong>ce Sour<br />

■ Istikamât (Mosbah Effendi Jamal) Haouz Saatiyé<br />

■ du Liban (Malha et Arab) Chareh al-Houkoumé<br />

■ Al-Machrek (Mustafa Effendi Kaddoura) P<strong>la</strong>ce Sour<br />

■ Nahoul (Daoud Effendi Nahoul) Hadikat al-Hourriyat<br />

■ Al-Ousmaniyat (Skandar Effendi Helou) Rue <strong>de</strong> Damas<br />

■ Parisienne (Jamil Effendi Ramadan et Najib Godressi)<br />

■ Saint Joseph (Khaled Effendi el-Khazen) Rue <strong>de</strong> Damas<br />

■ Wataniah (Amin Effendi Fakhoury) Basta Tahta<br />

R. KHOURI – Histoire <strong>de</strong> <strong>la</strong> mé<strong>de</strong>cine au Liban Journal Médical Libanais 2010 • Volume 58 (1) 41


Pharmacies <strong>de</strong> Tripoli<br />

Une <strong>de</strong>s premières <strong>of</strong>ficines à vendre <strong>de</strong>s médicaments<br />

fut ouverte par un mé<strong>de</strong>cin praticien Mikhaël Loutfi. Il<br />

employait chez lui Pios Douba, un Tripolitain qui était<br />

pharmacien diplômé <strong>de</strong> Stamboul et qui était pr<strong>of</strong>esseur<br />

<strong>de</strong> chimie à l’École <strong>de</strong>s Frères. En 1907, Elias Labban,<br />

frère du docteur Yaacoub Labban, fut le premier pharmacien<br />

diplômé à exercer à Tripoli, à el-Mina.<br />

RADIOLOGIE<br />

A Beyrouth, les docteurs Elie Hajj et Yousef Charabiyé<br />

avaient ouvert en 1912 un petit centre <strong>de</strong> radiologie à <strong>la</strong> rue<br />

du Fleuve mais l’appareil fut confisqué par les autorités<br />

ottomanes. La Faculté Française <strong>de</strong> Mé<strong>de</strong>cine avait un<br />

appareil <strong>de</strong> radiologie avec lequel, aux environs <strong>de</strong> 1900,<br />

le R.P. Col<strong>la</strong>ngettes réussissait <strong>de</strong>s radiographies osseuses<br />

après <strong>de</strong>s poses <strong>de</strong> 17 minutes.<br />

En 1926, à l’Hôtel-Dieu <strong>de</strong> France, s’ouvrait l’Institut<br />

<strong>de</strong> radiologie et <strong>de</strong> lutte contre le cancer sous <strong>la</strong> direction<br />

du docteur Mandret, un mé<strong>de</strong>cin militaire suivi par le<br />

docteur Lemarche qui sera remp<strong>la</strong>cé par le pr<strong>of</strong>esseur<br />

Chaumet puis par le R.P. Dupré <strong>la</strong> Tour et plus tard par le<br />

pr<strong>of</strong>esseur Paul Ponthus.<br />

L’équipement radiologique <strong>de</strong> l’École <strong>de</strong> Mé<strong>de</strong>cine<br />

Américaine date <strong>de</strong> 1908 ; les clichés étaient pris par un<br />

technicien, Ibrahim Succar, et interprétés par le pr<strong>of</strong>esseur<br />

Edward St John Ward qui sera pr<strong>of</strong>esseur <strong>de</strong> radiologie en<br />

1924. Le docteur Na<strong>de</strong>r Kaddoura fut, en 1907, le premier<br />

mé<strong>de</strong>cin libanais à se spécialiser en radiologie en Europe<br />

et à ouvrir un cabinet <strong>de</strong> radiologie en 1924 à <strong>la</strong> p<strong>la</strong>ce<br />

Assour. Le docteur Eugène Zvegoe d’origine hongroise,<br />

aidé par le docteur Philippe Barakat, créa un Institut <strong>de</strong><br />

radiologie en 1922. A l’Université Américaine, Kingley<br />

B<strong>la</strong>ke prit <strong>la</strong> direction du service <strong>de</strong> radiologie <strong>de</strong> 1931 à<br />

1934, suivi par le docteur Albert Oppenheimer jusqu’en<br />

1944. Les docteurs William Chehadé et George Saliby<br />

furent nommés assistants. [Les renseignements à propos<br />

<strong>de</strong> <strong>la</strong> radiologie à Beyrouth ont été fournis par le pr<strong>of</strong>esseur<br />

Fouad Boustany.]<br />

Radiologie à Tripoli<br />

En 1925, un mé<strong>de</strong>cin égyptien, le docteur Baba, s’instal<strong>la</strong>it<br />

à Tripoli et disposait d’un appareil <strong>de</strong> radiologie<br />

avec lequel, pendant un an, il pratiqua plusieurs clichés,<br />

puis quitta Tripoli et retourna en Egypte. A cette époque,<br />

il y avait une instal<strong>la</strong>tion <strong>de</strong> radiologie à l’Hôpital Italien<br />

et le docteur Szegoe venait une fois par semaine <strong>de</strong><br />

Beyrouth pour prendre <strong>de</strong>s clichés. Avec le temps, le docteur<br />

Amato se familiarisa avec l’appareil<strong>la</strong>ge et commença<br />

à faire <strong>de</strong>s radiographies. Bientôt le gouvernement<br />

libanais proposa un contrat au docteur Yousef Hitti pour<br />

aller à Paris se spécialiser en radiologie. Des motifs politiques<br />

entrèrent en jeu et ce fut le docteur Jisr qui obtint<br />

le poste <strong>de</strong> radiologue.<br />

Le docteur Assaad Salhab, diplômé <strong>de</strong> Stamboul, s’instal<strong>la</strong><br />

à Tripoli puis à Ras-el-Nabeh à Beyrouth, mais son<br />

comportement politique l’obligea à quitter le Liban et à se<br />

rendre en Égypte où il reçut le titre <strong>de</strong> Pacha et représenta<br />

l’Égypte à <strong>la</strong> Ligue arabe.<br />

ACCOUCHEMENTS<br />

Pour beaucoup <strong>de</strong> maris et autant <strong>de</strong> femmes, il n’était<br />

pas question pour l’accouchée <strong>de</strong> se faire assister par un<br />

homme. D’ailleurs cette attitu<strong>de</strong> était partagée par d’éminents<br />

mé<strong>de</strong>cins, et le docteur Hecquet, doyen <strong>de</strong> <strong>la</strong> Faculté<br />

<strong>de</strong> Mé<strong>de</strong>cine <strong>de</strong> Paris avait intitulé son ouvrage sur<br />

l’obstétrique « De l’indécence <strong>de</strong>s hommes d’accoucher<br />

les femmes ».<br />

La fréquence <strong>de</strong>s dystocies, l’enc<strong>la</strong>vement <strong>de</strong> <strong>la</strong> tête du<br />

fœtus dans un bassin étroit, à moins que ce ne soit l’isolement<br />

d’un vil<strong>la</strong>ge, tout contribuait à <strong>de</strong>s risques parfois<br />

mortels. En général, l’accouchement se faisait à domicile<br />

et ce ne sera qu’après 1900, et suite aux insistances <strong>de</strong>s<br />

pr<strong>of</strong>esseurs Benoît Boyer et Franklin Moore, que les<br />

femmes acceptèrent d’adopter <strong>la</strong> position étendue, et non<br />

point assise sur <strong>la</strong> « chaise d’accouchement » – que l’on<br />

trouvait dans les familles aisées et qui passait <strong>de</strong> génération<br />

en génération – ou sur <strong>la</strong> chaise pliante que <strong>la</strong> sagefemme<br />

amenait avec elle.<br />

HYGIÈNE PUBLIQUE<br />

A l’intérieur <strong>de</strong> <strong>la</strong> ville, les rues étaient revêtues <strong>de</strong><br />

cubes <strong>de</strong> pierres formant un pavé inégal avec rigole médiane<br />

pour l’évacuation <strong>de</strong>s eaux. On pouvait encore voir<br />

ce type <strong>de</strong> dal<strong>la</strong>ge au Souk Abou el-Nasr dans <strong>la</strong> rue menant<br />

à l’église Nouriyé (église orthodoxe du XIV e siècle<br />

qui avait été utilisée en commun par les orthodoxes et les<br />

maronites après une entente conclue en 1570). Dans les<br />

souks, un ba<strong>la</strong>yage avait lieu tous les soirs.<br />

Quant à l’eau, elle avait trois origines à Beyrouth : le<br />

fleuve Nahr el-Kalb, l’eau <strong>de</strong>s puits et l’eau provenant <strong>de</strong><br />

certaines sources <strong>de</strong> Ras el-Nabeh et distribuée par le<br />

Service <strong>de</strong>s Mosquées aux notables sunnites. La Compagnie<br />

<strong>de</strong>s Eaux <strong>de</strong> Beyrouth commença à distribuer l’eau à<br />

ses abonnés en 1875.<br />

La prise d’eau était située sur <strong>la</strong> rive droite <strong>de</strong> Nahr el-<br />

Kalb, mais en été les torrents étant à sec, l’eau provenait<br />

<strong>de</strong> <strong>la</strong> grotte du Chien. Des pompes situées à Dbayeh envoyaient<br />

l’eau jusqu’à Beyrouth aux consommateurs. En<br />

1893, le pr<strong>of</strong>esseur Benoît Boyer <strong>de</strong> <strong>la</strong> Faculté Française<br />

<strong>de</strong> Mé<strong>de</strong>cine procéda à <strong>de</strong>s examens bactériologiques au<br />

niveau <strong>de</strong> <strong>la</strong> prise <strong>de</strong> Nahr el-Kalb et dénombra 380 colonies<br />

microbiennes par cm 3 . Après <strong>la</strong> traversée <strong>de</strong> Dbayeh,<br />

ce chiffre s’élevait à 1.440 pour retomber à 1000 puis à<br />

100 après les bassins <strong>de</strong> filtration. Le pr<strong>of</strong>esseur Boyer<br />

conseil<strong>la</strong> l’utilisation d’un filtre pour l’eau sortant <strong>de</strong>s<br />

robinets mais seuls les Frères <strong>de</strong>s Écoles Chrétiennes<br />

et les Dames <strong>de</strong> Nazareth suivirent ces conseils. Quant à<br />

l’eau <strong>de</strong>s puits, elle était tellement polluée qu’il avait été<br />

conseillé <strong>de</strong> combler ces puits.<br />

Le 14 octobre 1895, <strong>de</strong>s pluies torrentielles transformèrent<br />

les rues <strong>de</strong> Beyrouth en <strong>de</strong> véritables bourbiers, les<br />

égouts furent obstrués et l’on fut obligé <strong>de</strong> nettoyer les<br />

42 Journal Médical Libanais 2010 • Volume 58 (1) R. KHOURI – Histoire <strong>de</strong> <strong>la</strong> mé<strong>de</strong>cine au Liban


ues au seau et à <strong>la</strong> pelle, et malgré ce<strong>la</strong>, les immondices<br />

restèrent sur le voie publique pendant <strong>de</strong>s semaines. Ces<br />

égouts étaient <strong>de</strong>s canaux sans aucune étanchéité, leurs<br />

parois étant en moellons reliés avec un peu <strong>de</strong> mortier, le<br />

fond étant constitué par <strong>de</strong> <strong>la</strong> terre. La plupart <strong>de</strong>s maisons<br />

disposaient <strong>de</strong> fosses septiques aussi peu étanches que<br />

possible pour que les liqui<strong>de</strong>s puissent filtrer dans le sol.<br />

Quand <strong>la</strong> vidange était nécessaire, <strong>de</strong>s ouvriers en caleçon<br />

mettaient les immondices dans <strong>de</strong>s seaux qu’ils déversaient<br />

dans un coin <strong>de</strong> rue. On y ajoutait <strong>de</strong> <strong>la</strong> terre et à dos<br />

d’âne on transportait cet engrais dans les jardins autour <strong>de</strong><br />

<strong>la</strong> ville.<br />

Un mois plus tard, vers le 25 novembre 1895, apparurent<br />

les premiers cas <strong>de</strong> typhoï<strong>de</strong> dont on évalua le<br />

nombre à 600-700, avec un taux <strong>de</strong> mortalité <strong>de</strong> 20% par<br />

perforations et hémorragies intestinales [46]. En 1895,<br />

les pr<strong>of</strong>esseurs <strong>de</strong> Brun, Hache, Nègre, Rouvier et Boyer<br />

réalisèrent une enquête épidémiologique qui montra que<br />

le paludisme était l’affection <strong>la</strong> plus fréquente au Liban,<br />

suivie par <strong>la</strong> syphilis, les calculs urinaires, <strong>la</strong> typhoï<strong>de</strong> et<br />

<strong>la</strong> tuberculose. A noter que le pr<strong>of</strong>esseur Benoît Boyer<br />

mourut <strong>de</strong> <strong>la</strong> fièvre typhoï<strong>de</strong> à Beyrouth, en 1897.<br />

REVUES MÉDICALES<br />

Revue <strong>de</strong> <strong>la</strong> Science médicale française au Moyen-Orient<br />

Cette revue fut publiée par le Groupement <strong>de</strong>s mé<strong>de</strong>cins<br />

<strong>de</strong> culture française du Moyen-Orient, groupement<br />

constitué exclusivement par <strong>de</strong>s mé<strong>de</strong>cins civils et militaires<br />

français. Deux comités furent formés, l’un à Beyrouth<br />

et l’autre à Jérusalem ; ils se réunissaient une fois<br />

par mois. Les Libanais n’étant pas admis, le pr<strong>of</strong>esseur<br />

Spiridon Abourousse s’était élevé à plusieurs reprises<br />

contre cet état <strong>de</strong> fait auprès du chancelier, le R.P. Dupré<br />

La Tour, et obtint finalement gain <strong>de</strong> cause.<br />

Le premier numéro <strong>de</strong> cette revue parut en octobre 1942<br />

et donna le compte-rendu <strong>de</strong> <strong>la</strong> séance du 26 mai 1942 au<br />

cours <strong>de</strong> <strong>la</strong>quelle on note les interventions <strong>de</strong>s docteurs<br />

Edouard Stephan et Giraud-Costa. A <strong>la</strong> <strong>de</strong>uxième séance<br />

qui eut lieu le 23 juin 1942, les docteurs Emile Rizk et<br />

Antoine Merab présentèrent un travail sur <strong>la</strong> fièvre boutonneuse.<br />

Toujours en 1942, les docteurs Emile Rizk et Fred<br />

Zebouni présentèrent un cas <strong>de</strong> fièvre palustre.<br />

En octobre 1943, <strong>la</strong> revue <strong>de</strong>vint La Revue médicale<br />

française du Moyen-Orient. Les conférenciers libanais<br />

furent nombreux : Les docteurs Basile Basiliou (Empoisonnement<br />

au gar<strong>de</strong>nal), Elie Jabre (Grossesse ectopique),<br />

Nico<strong>la</strong>s Rebeiz (Traitement <strong>de</strong> <strong>la</strong> grossesse ectopique),<br />

Théophile Maroun (Les mycoses), Antoine Merab (Traitement<br />

<strong>de</strong>s ulcères gastro-duodénaux), Emile Rizk (Ibn<br />

Sina). En mai 1943, <strong>la</strong> leçon inaugurale du pr<strong>of</strong>esseur<br />

Melconian, nouveau titu<strong>la</strong>ire <strong>de</strong> <strong>la</strong> chaire d’anatomie sera<br />

publiée dans <strong>la</strong> revue (Les localisations cérébrales).<br />

En 1944, les membres <strong>de</strong> <strong>la</strong> Société étaient les docteurs<br />

Henri Acouri, Henri Badaro, Sami Beydoun, Miltia<strong>de</strong><br />

Cosmidis, Adolphe Israël, Théophile Maroun, Antoine<br />

Merab, R. Yehya, Naasan, Wahib Nini, Bechara Saad,<br />

Sa<strong>de</strong>r, Sananes, Philippe Thomas et Fred Zebouni.<br />

En 1946, elle changera encore une fois <strong>de</strong> nom et<br />

<strong>de</strong>viendra La Revue médicale du Moyen-Orient, porteparole<br />

<strong>de</strong> <strong>la</strong> Société libano-française <strong>de</strong> mé<strong>de</strong>cine dont <strong>la</strong><br />

première réunion eut lieu le 23 décembre 1946. A cette<br />

première réunion, le docteur Spiridon Abourousse fut<br />

élu prési<strong>de</strong>nt, les vice-prési<strong>de</strong>nts étant les docteurs Hanna<br />

el-Khazen, Kamel Gargour, Henri Fruchaud et Sami<br />

Beydoun. Le docteur Bechara Saad occupa le poste <strong>de</strong><br />

secrétaire général, le docteur Albert Saliba celui <strong>de</strong> secrétaire<br />

adjoint et le docteur Antoine Merab se chargea <strong>de</strong> <strong>la</strong><br />

trésorerie.<br />

ORDRE DES MÉDECINS<br />

L’Ordre <strong>de</strong>s Mé<strong>de</strong>cins fut créé le 18 décembre 1946.<br />

« Les membres du corps médical se sont réunis à 9 h à<br />

l’École Officielle <strong>de</strong>s Jeunes Filles d’Achrafié pour procé<strong>de</strong>r<br />

aux élections du Bureau <strong>de</strong> l’Ordre <strong>de</strong>s Mé<strong>de</strong>cins.<br />

Près <strong>de</strong> 260 mé<strong>de</strong>cins étaient présents. Trois candidats<br />

furent élus au 1 er tour, c’étaient MM. les docteurs<br />

Mohamad Haïdar, Malih Sinno et Toufic Hemadé. Pour<br />

le 4 e siège, <strong>de</strong>ux candidats se présentaient, les docteurs<br />

Melkon Haïrabédian et Elias Jabre. Ils obtinrent le même<br />

nombre <strong>de</strong> voix. Le docteur Haïrabédian <strong>of</strong>frit spontanément<br />

<strong>de</strong> se désister en faveur <strong>de</strong> son concurrent qui accepta<br />

avec empressement. Ce geste fournit aux mé<strong>de</strong>cins présents<br />

<strong>de</strong> rendre hommage au docteur Haïrabédian.<br />

Pour <strong>la</strong> Prési<strong>de</strong>nce du Conseil <strong>de</strong> l’Ordre, <strong>de</strong>ux candidats<br />

se présentèrent : les docteurs Raïf Abil<strong>la</strong>ma et Joseph<br />

Hitti. Le docteur Hitti s’étant retiré <strong>la</strong> veille <strong>de</strong>s élections,<br />

son concurrent fut élu à l’unanimité. Le docteur Elias el-<br />

Khoury qui présidait <strong>la</strong> réunion, félicita chaleureusement<br />

le nouveau prési<strong>de</strong>nt et ses collègues. Quelques instants<br />

plus tard, on se retrouva au domicile du docteur Abil<strong>la</strong>ma<br />

pour un vin d’honneur. » [Ce document a été retrouvé par<br />

M. Farid Aouad, directeur <strong>de</strong> l’Ordre <strong>de</strong>s Mé<strong>de</strong>cins].<br />

Le premier Conseil <strong>de</strong> l’Ordre • 1947<br />

Dr Raïf ABILLAMA (Prési<strong>de</strong>nt)<br />

Dr Mohamad KHALED (Vice-Prési<strong>de</strong>nt)<br />

Dr Elias JABRE (Secrétaire)<br />

Dr Toufic RIZK (Trésorier)<br />

Dr Yousef HITTI<br />

Dr Philippe THOMAS<br />

Dr Théophile MAROUN<br />

Dr Joseph FEGHALI<br />

Dr Malih SINNO<br />

Dr Habib TABET<br />

Dr Fouad TRAD<br />

Dr Jamil HADDAD<br />

Comité Scientifique Comité Financier Conseil <strong>de</strong> Discipline<br />

Dr Théophile MAROUN Dr Fouad TRAD Dr Philippe THOMAS<br />

Dr Yousef HITTI Dr M. HAÏDAREBIAN Dr Mohamad HAÏDAR<br />

Dr Habib TABET Dr Hamdi KHODJA Dr Joseph FEGHALI<br />

Dr Moussa GHANTOUS Dr Negib SAAD<br />

Dr Samir MOUAWAD<br />

R. KHOURI – Histoire <strong>de</strong> <strong>la</strong> mé<strong>de</strong>cine au Liban Journal Médical Libanais 2010 • Volume 58 (1) 43


RÉFÉRENCES<br />

1. Sa<strong>la</strong>mé-Sarkis H, Dunand M. Echmoun. In : Encyclopedia<br />

Arabica. FE Boustany ed. Beyrouth, 1982, pp 212-18.<br />

2. Bordreuil P. Le dieu Echmoun dans <strong>la</strong> région d’Amrit.<br />

Studiae Phoenicia 1984, N° 3.<br />

3. Major RH : A History <strong>of</strong> Medicine. 2 volumes. Springfield,<br />

US : Ch. Thomas Publisher, Vol 1, p.103.<br />

4. Torrey CC. A Phœnician royal inscription. Journal <strong>of</strong> the<br />

American Oriental Society 1902 ; XXIII : 156-61.<br />

5. Dunand M. Recherches archéologiques à Bostan-el-<br />

Cheikh près <strong>de</strong> Saïda. Syria 1926 ; VII : 1-7.<br />

6. Ji<strong>de</strong>jian N : Sidon through the Ages, Beirut : Dar-el-<br />

Machreq Publishers, 1971, pp 9-13.<br />

7. Guiart J. Histoire <strong>de</strong>s ma<strong>la</strong>dies exotiques. In : Histoire<br />

<strong>de</strong>s gran<strong>de</strong>s ma<strong>la</strong>dies. Extrait <strong>de</strong> Histoire Générale <strong>de</strong> <strong>la</strong><br />

Mé<strong>de</strong>cine. Paris : Albin Michel Ed., p. 150.<br />

8. Yersin A. La peste bubonique à Hong-Kong. Ann Inst<br />

Pasteur 1894 ; 8 : 662-7.<br />

9. Simond PL. La propagation <strong>de</strong> <strong>la</strong> peste. Ann Inst Pasteur<br />

1898 ; 12 : 625-87.<br />

10. Chebli M : Une Histoire du Liban à l’époque <strong>de</strong>s Emirs,<br />

1635-1841. Beyrouth : Imprimerie Catholique, 1955, p. 245.<br />

11. Delort R. La peste soit du rat. L’Histoire 1985 janvier ;<br />

74 : 50-5.<br />

12. La variolisation est différente <strong>de</strong> <strong>la</strong> vaccination qui consiste<br />

à inoculer à l’homme le cowpox, une ma<strong>la</strong>die <strong>de</strong> <strong>la</strong><br />

vache. Ceci l’empêchant ensuite d’attraper <strong>la</strong> variole.<br />

13. Volney CF : Voyage en Syrie et en Egypte pendant les<br />

années 1783-1785, 3 e édition, Paris : Dugour et Durant<br />

Libraires, 1798, pp. 207-8.<br />

14. Dr Pierre Laurel<strong>la</strong> était un mé<strong>de</strong>cin italien établi au Liban.<br />

Sa petite-fille, Elise, fut <strong>la</strong> mère <strong>de</strong> Dr Kamel Gargour,<br />

chirurgien.<br />

15. Lettre <strong>de</strong> M. Henri Guys au duc <strong>de</strong> Broglie, ministre <strong>de</strong>s<br />

Affaires étrangères, 30 septembre 1833, Registre N° 288,<br />

Direction Politique N° 12.<br />

16. Baz GR. L’arrivée <strong>de</strong> <strong>la</strong> quinine au Liban. Bull Soc Lib<br />

Hist Méd 1991, Nº 2.<br />

17. Haddad FS. Le docteur Youçif Bichara Jalkh et <strong>la</strong> mé<strong>de</strong>cine<br />

au Liban à son époque. J Med Liban 1963 ; 16 : 102-<br />

15.<br />

18. Haddad FS. Docteur Ibrahim Najjar, premier mé<strong>de</strong>cin<br />

diplômé au Liban. J Med Liban 1968 ; 21 : 299-314.<br />

19. Bitar EW. La santé et l’hygiène publique au Liban. A<br />

propos d’un manuscrit du Dr. Georges Baz. Bull Soc Lib<br />

Hist Méd 1991, Nº 2.<br />

20. Haddad FS. History <strong>of</strong> anesthesia in Lebanon, 1800-1914.<br />

Middle East Journal Anaesthesiology 1982 ; 6 : 253-4.<br />

21. Tibawi AL : American interests in Syria - 1800-1901 - A<br />

study <strong>of</strong> educational, literary and religious work, Oxford :<br />

C<strong>la</strong>rendon Press, 1966, p. 27.<br />

22. Touma T : Paysans et institutions féodales chez les druzes<br />

et les maronites du Liban du XVII e siècle à 1914, Publications<br />

<strong>de</strong> l’Université libanaise, Section <strong>de</strong>s étu<strong>de</strong>s historiques,<br />

Beyrouth : Imprimerie Catholique, 1971, 2 vol,<br />

Vol II, p. 550.<br />

23. Penrose Jr : That they may have life - The story <strong>of</strong> the<br />

American University <strong>of</strong> Beirut, 1866-1941, Beyrouth :<br />

Imprimerie Catholique, 1970.<br />

24. Munro JM : A mutual concern - The story <strong>of</strong> the American<br />

University <strong>of</strong> Beirut, New-York : Caravan Books, Delmar,<br />

1977.<br />

25. Stephan E. Quelques souvenirs médicaux. J Med Liban<br />

1996 Décembre ; 44 ; 4 (Supplt) : S12-S18.<br />

26. Wortabet J. An outbreak <strong>of</strong> trichinosis from eating the<br />

flesh <strong>of</strong> a wild boar. The Lancet 1881 ; Vol I : 454.<br />

27. Wortabet J. Another epi<strong>de</strong>mic <strong>of</strong> trichinosis near the<br />

source <strong>of</strong> the Jordan. The Lancet 1883 ; Vol II : 183.<br />

28. Haroun G : Chebli Shmayel, une pensée évolutioniste arabe<br />

à l’époque d’An-Nahda, Publications <strong>de</strong> l’Université Libanaise,<br />

Beyrouth : Imprimerie Catholique, 1985, p. 44.<br />

29. Jessup HH : Fifty-three years in Syria, 2 volumes,<br />

Fleming H. Revell, 1910, Vol 2, p. 781.<br />

30. En 1833, le pasteur protestant <strong>de</strong> <strong>la</strong> ville <strong>de</strong> Kaiserwerth,<br />

près <strong>de</strong> Düsseldorf, ouvrit avec sa femme un refuge pour<br />

les femmes qui sortaient <strong>de</strong> prison et trois ans plus tard<br />

un hôpital où furent engagées six jeunes filles qui, comme<br />

diaconnesses (religieuses vivant en communauté) donnèrent<br />

les soins hospitaliers.<br />

31. Sa’adi Loutfi. Life and works <strong>of</strong> G.E. Post. Isis May<br />

1938 ; 77 : 392-3.<br />

32. Thad<strong>de</strong>us JD : History <strong>of</strong> the <strong>Medical</strong> Chapter, <strong>Medical</strong><br />

Chapters Directory, AUB Alumni Association, 1986.<br />

33. Ja<strong>la</strong>bert H : La Vice-Province du Proche-Orient <strong>de</strong> <strong>la</strong><br />

Compagnie <strong>de</strong> Jésus, Beyrouth : Imprimerie Catholique,<br />

1960, p. 7.<br />

34. Kuri S : Une <strong>histoire</strong> du Liban à travers les archives <strong>de</strong>s<br />

pères jésuites - 1816-1845, Beyrouth : Dar el-Machreq<br />

Editeurs, 1985.<br />

35. Ja<strong>la</strong>bert H : La Congrégation <strong>de</strong>s Sœurs <strong>de</strong>s Saints-<br />

Cœurs <strong>de</strong> Jésus et <strong>de</strong> Marie, Hazmié : Imprimerie <strong>de</strong> <strong>la</strong><br />

Cité <strong>de</strong>s Apprentis, 1956, pp. 15-17.<br />

36. Mélia J : Chez les Chrétiens d’Orient, Bibiothèque Charpentier,<br />

Paris : Eugène Fasquelle Éd, 1929, pp. 91-8.<br />

37. Julien M : La nouvelle mission <strong>de</strong> <strong>la</strong> Compagnie <strong>de</strong> Jésus<br />

en Syrie - 1831-1895, 2 volumes. Tours : Imprimerie A.<br />

Mame et fils, 1898, Vol. 1, pp. 75-7.<br />

38. Lettre <strong>de</strong> M. Jules Ferry, ministre <strong>de</strong>s Affaires étrangères<br />

à M. Patrimonio, consul général <strong>de</strong> France à Beyrouth, le<br />

8 décembre 1883. Registre N° 27. Départ. N° 13, École<br />

<strong>de</strong> Mé<strong>de</strong>cine <strong>de</strong> Beyrouth. Règlement du 2 mai 1883.<br />

39. El-Khoury C : Majmaa al-massarat, Beyrouth : Yousef<br />

Ghanem Tabet, ed., 1908.<br />

40. Les Jésuites en Syrie, 1831-1931. Université St-Joseph.<br />

La Faculté Française <strong>de</strong> Mé<strong>de</strong>cine et <strong>de</strong> Pharmacie <strong>de</strong><br />

Beyrouth. Paris : Éditions Dulieu.<br />

41. Le pr<strong>of</strong>esseur Roger Go<strong>de</strong>l, avait été le chef <strong>de</strong> clinique du<br />

Pr Henri Vaquez puis du Pr Joseph Babinski. Il était connu<br />

pour être un cardiologue et un philosophe <strong>de</strong> réputation<br />

internationale. Il choisissait ses internes pour l’Hôpital <strong>de</strong><br />

<strong>la</strong> Compagnie <strong>de</strong> Suez à Ismaïlia, parmi les étudiants <strong>de</strong> <strong>la</strong><br />

Faculté Française <strong>de</strong> Mé<strong>de</strong>cine <strong>de</strong> Beyrouth. Plusieurs<br />

générations <strong>de</strong> mé<strong>de</strong>cins acquirent chez lui une formation<br />

<strong>de</strong> cliniciens et d’humanistes : César Chehab, Joseph<br />

Ars<strong>la</strong>nian, Edouard Stephan, Antoine Merab, Maurice<br />

Kh<strong>la</strong>t, Loutfal<strong>la</strong>h Melki, Joseph Chaia, Pierre Saad, Marie<br />

Naamé, Robert Khouri, Fouad Boustany, Fathal<strong>la</strong>h<br />

Homsy, André Chikhani, Raymond Misk.<br />

42. Bitar E. Aperçu sur <strong>la</strong> mé<strong>de</strong>cine au Liban <strong>de</strong> 1914 à<br />

1948. J Med Liban 1968 ; 21 : 315-27.<br />

43. Sabbagh W. Al-Hawa<strong>de</strong>ss 1986 ; 9 : 64, p. 209.<br />

44. Khouri R : La Mé<strong>de</strong>cine au Liban, <strong>de</strong> <strong>la</strong> Phénicie à nos<br />

jours, Beyrouth : Ed. ABCD.<br />

45. Lissan Ul Hal, 6 juillet 1898, N° 2855.<br />

46. Boyer B. Conditions hygiéniques actuelles <strong>de</strong> Beyrouth<br />

et <strong>de</strong> ses environs immédiats. A. Rey, imprimeur. Cote<br />

Bibliothèque Nat Paris Micr<strong>of</strong>iche “m 11993”.<br />

44 Journal Médical Libanais 2010 • Volume 58 (1) R. KHOURI – Histoire <strong>de</strong> <strong>la</strong> mé<strong>de</strong>cine au Liban

Hooray! Your file is uploaded and ready to be published.

Saved successfully!

Ooh no, something went wrong!