Discours à l'inauguration de l'année Universitaire 2012 ... - Gr.T. Popa

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Discours à l'inauguration de l'année Universitaire 2012 ... - Gr.T. Popa

Discours à l’inauguration de l’année Universitaire 2012

Vasile Astarastoae

Rector UMF “Gr. T. Popa” Iasi

Distingués invités, honorable assistance, chers citoyens de Iasi,

Il y a des moments répétables formellement mais irrépétibles au fond et l’un de ces

moments est l’inauguration de l’année universitaire, dans toute Université du monde. Il

y a des moments lorsque, comme l’hymne des Universités le dit, on doit réapprendre à

réjouir, alors réjouissons-nous !

On pourrait parler du passé, du présent ou du futur de notre Université, mais il y a un

syntagme du droit romain, res ipsa loquitur, les choses parlent pour eux-mêmes.

Chacun sait que cette Université est connue et reconnue, chacun sait ce que cette

Université a fait et c’est pourquoi je voudrais envoyer un message de la part de

l’Université, parce que, en effet, cette fête, ce spectacle qu’on peut dire fastueux, n’est

qu’un hommage que l’Université rend aux citoyens de Iasi.

On m’a demandé : est-ce un bon moment pour réjouir ? On m’a demandé : Ne savezvous

pas les temps qu’on vit, ne savez-vous pas ce qui se passe ? Est-ce que cet

effort, ce déploiement de forces valent la peine, dans un tel moment ? et notre réponse

à toutes ces questions est OUI !

On sait déjà les temps qu’on vit, on sait déjà que l’on vit les temps de la haine entre

nous, on sait déjà que l’on assiste à une globalisation basée sur la cupidité

incontrôlable, on sait déjà que le darwinisme social a été réanimé encore une fois, on

sait déjà qu’au fur et à mesure la démocratie, bas le prétexte de la lutte contre le

terrorisme, contre la corruption, est amputée.

On sait déjà que l’on est arrivé à accepter des victimes collatérales, de familles

innocentes bombardées ou tuées, des millions de gens qui meurent de faim, et bien sûr

que l’on sait que nous vivons en Roumanie et l’on sait déjà qu’elle n’a pas été épargnée

par cette globalisation crée par des bureaucrates sans sentiments.

On sait déjà que l’on vit dans un état, dans une atmosphère qui peut être comparée à

celle de McCarthy des Etats-Unis.


On sait déjà que l’on vit dans un état atomisé, où les incompétents poussent les

compétents de côté, les incultes poussent les cultes de côté, où l’on n’a plus d’hommes

d’état, on a des politiciens, qui, agenouillés et tête baissée, vont ailleurs, s’adressent à

des autres, pas à ce pays. On sait déjà qu’ils revitalisent le dicton L’épée ne coupe pas

la tête baissée. Nous devons leur dire : la tête baissée fait le cou plus accessible pour la

hache du bourreau.

On sait déjà que l’on vit dans un état atomisé où les descendants des sécuristes et des

miliciens, des anciens procureurs de Ceausescu nous donnent des leçons d’honnêteté

et s’érigent en des promoteurs de la société civile. Qu’est qu’ils nous ont apporté ?

On voit comme, au fur et à mesure, les ténèbres de la peur se répandent. On voit

comme, au fur et à mesure, les gens cachent leurs téléphones, regardent en arrière,

chuchotent et manquent le courage d’articuler leur opinion. On voit comment les autres

monstres se ramassent autour de cette peur : l’envie, la haine, l’intolérance, le conflit,

tous à l’abri d’un mot creux, la réforme de l’état Roumain.

Mais on sait déjà que l’on a un devoir…

Nous avons un devoir envers les ancêtres, nous avons un devoir envers les citoyens de

Iasi et nous avons un devoir envers les familles qui, des 70 coins du monde, ont envoyé

leurs enfants ici.

Nous avons un devoir envers les ancêtres et dans cette place où l’Université est

descendue on voit, d’une part, la flamme qui brûle toujours en leur mémoire et à la fois,

notre patron Grigore T. Popa nous regarde, notre patron qui n’a seulement affirmé des

choses, il les a vécu ; notre patron qui a dit que l’Université doit s’impliquer dans la

société ; notre patron qui, pendant une époque pareille, dans les années ’47, est sorti à

l’athénée publique et a soutenu ses célèbres discours qui lui ont coûté la vie.

Nous avons un devoir envers les citoyens de Iasi ; nous avons le devoir de leur dire que

nous voulons rendre l’espoir, le sourire, que nous voulons apprendre réjouir ensemble.

Nous avons un devoir envers les familles qui ont envoyé leurs enfants ici, qu’ils

n’entrent pas dans une Université qui prépare des ouvriers prêts pour le marché de

travail mais qu’ils s’enfoncent dans l’Ethos de la profession médicale, un Ethos basé sur

la tradition Asklepienne – et aussi sur la tradition Samaritaine – la dévotion. Science et

Dévotion. Nous devons apprendre ensemble et alors cette Université envoie le

message, vers tous ceux envers lesquels on a un devoir et vers tous ceux qui espèrent

quelque chose de nous, que l’Université est sortie dans la place publique, que

l’Université va combattre ces monstres, la peur, la haine, l’égocentrisme. Mais faites


attention, on sait déjà que ceux qui luttent avec les monstres peuvent se transformer en

monstres à leur tour, car lorsque l’on regarde dans l’abysse, l’abysse regarde en toi

aussi. Et alors on luttera avec d’autres armes, on luttera par l’esprit de tolérance, par le

sentiment de communion, par le missionarisme que la médicine doit assumer. Telles

sont nos armes et alors ici, maintenant, quand l’Université est sortie, nous transmettons

à tous ceux qui veulent qu’on baisse la tête un message très ferme : Courrez ! Partez !

Les drapeaux de 70 nations se sont réunis ici, en tant que gardiens de l’humanisme et

de la démocratie.

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