La Libye au bord de la guerre civile - E-monsite

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La Libye au bord de la guerre civile - E-monsite

LE QUOTIDIEN INDÉPENDANT - Samedi 26 février 2011

PUBLICITÉ PHOTO : AFP

El Watan

EL GUEDDAFI VA ARMER SES SBIRES

La Libye au bord

de la guerre civile

LIRE EN PAGES 7, 8 ET 9

LA CNCD APPELLE À UNE MARCHE À PARTIR DE LA PLACE DES MARTYRS

LE «MUR DE L’INTERDIT» SERA-T-IL ABATTU ?

R

Arts & lettres

MARSEILLE-

PROVENCE

Capitale de la culture

européenne 2013

Plus belle la ville

Lire le supplément en pages 11, 12, 13, 14, 15 et 16

N° 6185 - Vingt et unième année - Prix : Algérie : 10 DA. France : 1 €. USA : 2,15 $. ISSN : 1111-0333 - http://www.elwatan.com

■ Le gazoduc

Medgaz, qui doit

acheminer le gaz

naturel algérien

vers l’Europe, de

Beni Saf à Almeria

en Espagne,

est achevé depuis

novembre 2010.

Lire le reportage

de Lies Sahar

en page 6

MEDGAZ

LE GAZODUC DEVRAIT ÊTRE

OPÉRATIONNEL EN MARS

TUNISIE

Une marche pour

protéger la révolution

ÉGYPTE

Le départ du

gouvernement exigé

BAHREÏN

L’opposition reste

mobilisée

JORDANIE

Manifestations pour

exiger des réformes

ARABIE SAOUDITE

Un budget pour calmer

la tension sociale

IRAK

Mort de

sept manifestants

ejeter l’interdiction de

manifester à Alger et

exiger ex le changement et la

démocratie.» dé

La Coordination

nationale na pour le

changement ch et la démocratie

(CNCD) (C tentera de marcher

une un nouvelle fois dans la

capitale, ca dont les espaces

publics pu sont fermés depuis

une un dizaine d’années à toute

LYES

manifestation ma

de

H. :

l’opposition.

l’o

(Suite (S page 3) Madjid Makedhi PHOTO


P révue

pour deux

jours, la visite à Alger

du sous-secrétaire

d’Etat aux Affaires politiques,

William J. Burns, a été finalement

écourtée ; elle n’a duré

que quelques heures.

La conférence de presse qu’il

devait donner hier matin pour

rendre compte des entretiens

qu’il a eus avoir avec le chef

de l’Etat, Abdelaziz Bouteflika,

a été également annulée.

Selon nos informations, le

haut responsable américain

s’est rendu dans une capitale

européenne où il devait «assister

à une réunion d’urgence

sur la Libye».

Au sortir du tête-à-tête qu’il a

eu avec le président Bouteflika,

l’envoyé spécial US a

déclaré que «la région toute

entière (monde arabe) connaît

de profonds changements» et

que «les peuples sont en quête

de liberté, de dignité et d’opportunités».

En tournée dans la région

du monde arabe en proie à

des soulèvements populaires

contre les régimes politiques,

M. Burns a indiqué que «la

consécration de ces aspirations

prendra des formes différentes

selon les sociétés»,

tout en insistant sur «la réponse

à ces aspirations soit la

plus ouverte, la plus sérieuse,

la plus claire et le plus tôt

possible».

S’exprimant sur la levée de

l’état d’urgence, effective depuis

jeudi passé, M. Burns l’a

D

e nouvelles dispositions

ont été introduites au code

de procédure pénal, elles sont

publiées dans le dernier Journal

officiel n°12 du 23 février

2011. Ainsi, l’article 125 alinéa

2, connaît une nouvelle

modification, puisque une

neuvième mesure vient d’être

ajoutée à la liste des obligations

imposées que le juge

peut imposer aux inculpés

astreints au contrôle judiciaire.

Celle-ci stipule : «demeure

dans une résidence protégée,

fixée par le juge d’instruction,

et ne la quitter que sur ordre

de ce dernier. Le juge d’instruction

charge des officiers de

la police judiciaire de veiller à

l’exécution de cette obligation

et d’assurer la protection de

l’inculpé. La nouvelle mesure

n’est ordonnée que pour les

infractions qualifiées d’actes

terroristes ou subversifs, elle

est d’une durée maximale de

trois mois et peut être prolon-

qualifiée d’un engagement

«positif et très clair».

PLUS D’OPPORTUNITÉS

D’EMPLOI

Tout comme «les engagements

qui ont été pris pour

donner plus d’opportunités en

ce qui concerne l’emploi, le

logement et l’éducation».

Et de rappeler que ces mesures

doivent être «concrétisées

très rapidement». Par

ailleurs, la Maison-Blanche a

réagi également aux frémissements

politiques qui agitent

l’Algérie. «Je félicite le

gée deux fois, pour une durée

maximale de trois mois à chaque

prolongation. Quiconque

révèle toute information relative

à la localisation du lieu de

résidence protégée fixée par

la présente mesure, encourt la

peine prévue pour la divulgation

du secret de l’instruction.

Le juge d’instruction peut, par

décision motivée, ajouter ou

modifier l’une des obligations

énumérées». La deuxième ordonnance

modifie la loi 91-23

du 6 décembre 1991, relative

à la participation de l’armée

El Watan - Samedi 26 février 2011 - 2

L’ACTUALITÉ

QUALIFIANT LA LEVÉE DE L’ÉTAT D’URGENCE

«D’ENGAGEMENT POSITIF»

Washington appelle

à d’autres mesures

● Alternant soutien et critiques à l’égard des autorités algériennes, Barack Obama a rappelé

que son pays reste très attentif à la situation des libertés politiques en Algérie.

Abdelaziz Bouteflika recevant le secrétaire d’Etat adjoint américain chargé des Affaires politiques,

William J. Burns

gouvernement de l’Algérie

pour avoir pris une mesure

importante aujourd’hui avec

la levée, officiellement, de

l’état d’urgence instauré en

Algérie depuis 19 ans», a

déclaré le président Obama.

«C’est un signe positif que le

gouvernement algérien soit à

l’écoute des préoccupations

et réponde aux aspirations de

son peuple, et nous sommes

impatients que des mesures

supplémentaires soient prises

par le gouvernement pour

permettre au peuple algérien

d’exercer pleinement ses

LUTTE CONTRE LE TERRORISME

De nouvelles dispositions

à des missions de sauvegarde

de l’ordre public, hors des

situations d’exception, pour

inclure la mission de lutte

contre le terrorisme et la subversion,

précisant que la mise

en œuvre des unités de l’ANP

pour cette nouvelle mission,

sera définie «par voie réglementaire».

Pour la mise en œuvre de cet

«engagement», un nouveau

décret (n°11/90) a été promulgué.

Il stipule : «Les unités et

formations de l’armée sont mises

en œuvre et engagées dans

droits universels, y compris la

liberté d’expression, d’association

et de réunion», peuton

lire sur le site officiel de

la Maison-Blanche. Alternant

soutien et critiques à l’égard

des autorités algériennes, Barack

Obama a rappelé que

son pays reste très regardant

sur la situation des libertés

politiques en Algérie. «Nous

allons également continuer

à discuter pour les libertés

universelles, la justice et la

dignité de chaque être humain»,

a conclu le président

des Etats-Unis. Hacen O.

le cadre de la lutte contre le

terrorisme et la subversion (..).

Le chef d’état-major de l’ANP

est chargé du commandement,

de la conduite et de la coordination

des opérations de lutte

contre le terrorisme et de la

subversion sur toute l’étendue

du territoire national», précisant

que les modalités et les

conditions d’exécution de ces

dispositions seront définies

par arrêté conjoint entre le ministre

de la Défense nationale

et celui de l’Intérieur.

Salima Tlemçani

LES GREFFIERS : DES PRIMES ANNONCÉES

Il est à préciser, par ailleurs, la publication

dans le même Journal offi ciel, du nouveau

régime indemnitaire des greffi ers qui

porte sur les primes d’amélioration des

performances (allant jusqu’à

30 % du traitement et accordée par

trimestre) et des indemnités d’astreinte

judiciaire (40% du salaire du poste

occupé octroyée mensuellement), de

responsabilité personnelle dans l’activité

judiciaire (40 % et servie par mois) et

de caisse (octroyée mensuellement au

personnel de recouvrement des frais

et taxes judiciaires et qui varie selon le

grade de 1500 DA à 5500 DA).

S. T.

PHOTO : APS

C réée

CONFÉDÉRATION NATIONALE

DES SYNDICATS AUTONOMES

L’éducation

et la santé font

front commun

il y a une année, la Confédération nationale des syndicats

autonomes regroupant des organisations syndicales

des secteurs de la santé et de l’éducation sera désormais

opérationnelle. Ce nouveau-né est composé de deux syndicats

du secteur de l’éducation, en l’occurrence l’Union nationale du

personnel de l’éducation et de la formation (Unpef), le Conseil

national des professeurs de l’enseignement secondaire et technique

(Cnapest) et deux autres du secteur de la santé, à savoir le

Syndicat national des praticiens de la santé publique (SNPSP) et

le syndicat national des praticiens spécialistes de santé publique

(SNPSSP). Aujourd’hui, les quatre syndicats veulent aller de

l’avant afin d’arracher leurs droits.

«Nous nous sommes réunis il y a quelques mois et nous avons

décidé de créer cet espace, mais pour activer, il nous a fallu

l’accord de la base. Ce n’est qu’aujourd’hui que le conseil national

de L’Unpef et celui du Cnapest ont donné leur aval», a

soutenu M. Amraoui, porte-parole de l’Unpef. Celui-ci affirme

que la Confédération sera élargie à d’autres entités syndicales

qui partagent les mêmes convictions et les mêmes positions.

«Nous allons, ensemble, organiser des actions communes. Nous

revendiquons, entre autres, la concrétisation des droits individuels

et collectifs, la liberté de réunion et de manifestation et le

droit de grève et de négociation», font remarquer les fondateurs

de cette Confédération.

Les quatre se réuniront dans les prochains jours pour élaborer

un plan d’action et confectionner un dossier de demande d’agrément.

«Nous sommes respectueux des lois de la République

en tant que syndicats agréés et nous voulons créer un cadre

juridique à notre nouveau-né, donc nous allons demander un

agrément», a soutenu M. Amraoui. Sur un autre chapitre, les

responsables de l’Unpef menacent de revenir à la contestation

pour réclamer la concrétisation des engagements pris par le gouvernement

il y a une année, notamment en ce qui concerne les

dossiers de ladecine du travail et des œuvres sociales.

Une commission mixte composée de tous les syndicats de l’éducation

et des représentants du ministère de l’Education nationale

sera installée le 28 février afin de trancher la question des œuvres

sociales. Pour rappel, les syndicats ont exigé la démonopolisation

de la gestion des œuvres sociales. «Le dossier des

œuvres sociales doit être dorénavant autonome et ne doit plus

dépendre ni de l’UGTA ni d’un autre syndicat autonome. Nous

allons proposer une politique des œuvres sociales dont la gestion

doit revenir aux travailleurs par le biais d’hommes neutres.

Les syndicats auront pour mission le contrôle de ce dossier»,

a souligné notre interlocuteur, qui estime que si les pouvoirs

publics ne règlent pas cette question incessamment, inévitablement,

ce sera le retour à la protestation. «Un délai d’une année

pour le gouvernement c’est largement suffisant pour régler la

question des œuvres sociales en retirant le monopole à l’UGTA.

Aujourd’hui, le conseil national a arrêté le principe de recourir à

la grève si ce problème n’est pas réglé», a affirmé M. Amraoui,

qui n’écarte pas l’éventualité de se joindre au Cnapest qui a appelé

à une journée de grève, le 2 mars prochain. Nabila Amir

UNIVERSITÉS

Discussions avec

les étudiants

e ministre de l’Enseignement supérieur vient d’adresser une

L instruction aux chefs d’établissements d’enseignement supérieur

«les invitant à entamer l’organisation, au sein de leur établissement

respectif, de discussions avec la participation de l’ensemble

des acteurs de la communauté universitaire, enseignants,

étudiants et gestionnaires», note un communiqué parvenu à notre

rédaction. Après la décision d’abrogation du décret n° 10-315 du

13 décembre 2010 lors de la réunion du Conseil des ministres du

mardi 22 février 2011, ces discussions doivent être organisées suivant

un planning qui se déploiera sur une durée de quatre semaines,

soit jusqu’au 27 mars 2011. Le rapport devra contenir, selon

les recommandations du ministère, «l’ensemble des contributions

relatives aux propositions de passerelles entre les deux cursus de

formation ainsi que les correspondances entre les diplômes délivrés

dans les deux systèmes classique et LMD». Cette étape sera

suivie de la tenue de réunions des bureaux de trois conférences

régionales pour la confection du projet de rapport de synthèse

nationale et des projets de textes réglementaires à soumettre à la

conférence nationale, lors de la tenue de sa session prévue le 27

mars 2011, souligne la même source. Fella Bouredji


L a

Coordination nationale

pour le changement et

la démocratie (CNCD)

version Ligue algérienne de

défense des droits de l’homme

(LADDH) de Mostefa Bouchachi,

Satef, SOS Disparus,

Algérie Pacifique et CLA, a organisé

hier après-midi un point

de presse à l’issue d’une rencontre

qui avait réuni tous ses

membres à la Maison des syndicats

à Alger. «L’objectif est d’expliquer

à l’opinion publique» la

démarche de leur organisation,

a souligné Salem Sadali du

Satef, qui a tenu à rappeler, à

l’occasion, les conditions de la

création de la Coordination. Il

soutiendra d’abord que «toutes

les portes étaient ouvertes aux

citoyens qui militent pour un

changement». La CNCD, selon

lui, «se voulait être un instrument

au service du peuple»

mais seulement, le conférencier

indiquera, sans donner plus

d’explications, qu’«une partie a

voulu donner un contenu idéologique

au mouvement, chose

qui a été refusée». Salem Sadali

fait certainement allusion au

Rassemblement pour la culture

et la démocratie (RCD), au président

d’honneur de LADDH,

Ali Yahia Abdenour. L’opinion

publique restera sur sa faim car

elle n’en sera pas plus éclairée

sur le «contenu idéologique et

les tentatives de caporalisation

politique» qui ont mené à la

friction de la CNCD, puisque

les organisateurs de la réunion

d’hier se sont excusés de ne

pouvoir répondre aux questions

des journalistes parce qu’il

s’agissait plutôt d’un point de

presse et non pas d’une conférence.

L’opinion publique aurait aimé,

tout de même, avoir plus d’explications

sur la démarche de

cette aile de la CNCD. Pourquoi

ces animateurs ont-ils tenu à

animer un point de presse à la

veille de la marche qu’a annoncée

la CNCD où siègent les

partis politiques, entre autres le

RCD et le MDS, des personnalités

nationales et d’autres

organisations de la société civile

? La question restera sans

réponse. En effet, la CNCD aile

Mostefa Bouchachi a affirmé

qu’elle ne prendra pas part à

la marche d’aujourd’hui, après

avoir refusé, dit-elle, le principe

d’organiser des marches tous

Réunion de la CNCD version

Bouchachi hier à Dar El Beïda

PHOTO : B. SOUHIL

les samedis dans la capitale.

Par contre, il a été annoncé la

création de deux commissions,

l’une pour l’élaboration d’une

plate-forme de revendications

qui sera discutée avec la société

civile ; l’autre chargée de la

communication qui, elle, devrait

établir des ponts avec les

citoyens et tous les mouvements

de protestations en Algérie.

Le représentant des facebookistes

d’Algérie Pacifique a

indiqué pour sa part que l’or-

Le «mur de l’interdit» sera-t-il

abattu ?

Suite de la page 1

algré la défection de six de ses mem-

M bres fondateurs (LADDH, Snapap,

CLA, Satef, SOS Disparus et Algérie Pacifique),

la CNCD maintient sa cohésion et

s’apprête à battre le pavé aujourd’hui.

L’itinéraire a changé. Sur proposition du

président d’honneur de la Ligue algérienne

pour la défense des droits de l’homme

(LADDH), Ali Yahia Abdennour, la marche

de ce samedi s’ébranlera de la place des

Martyrs vers la place du 1er Mai.

A cet effet, la CNCD appelle à une mobilisation

maximale pour abattre définitivement

le «mur de l’interdit». «La CNCD

appelle les citoyennes et les citoyens à

rejoindre massivement cette marche pour

rejeter l’interdiction de manifester à Alger

et exiger d’une seule voix le changement et

la démocratie», lit-on dans un communiqué

rendu public jeudi.

Cette Coordination, composée essentiellement

de partis politiques, d’associations et

de personnalités, se dit attachée à son objectif

principal qui est «le changement radical

du système politique en place depuis 1962».

«Les tentatives de division et de reniement

des engagements qui ont présidé à la création

de la CNCD, en date du 21 janvier

2011, qui s’est assignée comme objectif

principal le changement radical du système

politique en place depuis 1962, ne réussiront

pas», ajoute-t-on.

La CNCD réussira-t-elle à marcher ? Alger,

quadrillée par la police au lendemain de la

publication du décret présidentiel abrogeant

l’état d’urgence, le ministre de l’Intérieur,

Daho Ould Kablia, a réitéré l’interdiction

des manifestations dans la capitale : «Les

marches ne sont pas interdites, elles sont

soumises à autorisation. Elles doivent offrir

le maximum de garanties quant aux risques

pour être autorisées. Le moment ne paraît

pas venu pour les autoriser à Alger. La

capitale est actuellement ciblée par les dirigeants

des groupes terroristes, cela leur

permettra d’avoir un impact médiatique»,

avait-il affirmé lors de son passage, jeudi,

sur les ondes de la Chaîne III de la Radio

nationale. Comme pour joindre le geste à la

parole, des milliers de policiers ont été

déployés, depuis hier, dans les différents

quartiers de la capitale. La place des Martyrs,

d’où devrait s’ébranler la marche, est

hermétiquement quadrillée. Des dizaines de

El Watan - Samedi 26 février 2011 - 3

L’ACTUALITÉ

CNCD VERSION BOUCHACHI

«Nous, nous marcherons

en mars prochain»

ganisation a décidé d’un tout

autre programme d’action pour

le mois de mars prochain. Il

concernera, selon lui, de marches

à travers tout le territoire

national, y compris Alger. La

date n’est pas encore fixée.

Mais avant de passer à l’action,

estiment les conférenciers de

la CNCD version Bouchachi,

il sera d’abord question de

procéder à l’explication de la

nouvelle démarche à travers

l’organisation de meetings et

de rassemblements. Aïssa Rahmoune,

qui a parlé au nom de la

LADDH, appelle l’Etat algérien

à dénoncer officiellement le

comportement du leader libyen

Mouammar El Gueddafi.

Saïd Rabia

véhicules (4x4) et de fourgons de police ont

pris possession des principaux axes routiers

menant vers cette place. Même décor sur la

place de 1 er Mai, point de chute des manifestants.

Ici, le bleu clair de l’entreprise de

transport public de la capitale (Etusa) est

fortement dominé par le bleu foncé de la

police. Plusieurs dizaines de véhicules de

police et de chasse-neige sont déjà là.

Le dispositif sera, comme ce fut le cas pour

les précédentes manifestations, renforcé dès

le matin. Afin de chahuter la manifestation,

on parle également de manipulation des

groupes «de jeunes chômeurs du quartier

de Bab El Oued».

Les responsables des communes avoisinantes

auraient même été convoqués en urgence,

jeudi dernier, pour préparer un plan à

même de contrer les manifestants et ainsi

faire avorter cette marche. Le modus operandi

est toujours le même : transformer les

places publiques en «houma» (quartier) et

faire croire aux jeunes d’Alger que «des

personnes étrangères à la capitale menacent

leur sécurité et leur stabilité». Nous

l’avons constaté à l’occasion des marches

interdites des 12 et 19 février derniers.

M. M.

L a

BOUIRA

Marche

populaire prévue

aujourd’hui

Coordination nationale pour le changement et la

démocratie (CNCD) de la wilaya de Bouira, a appelé,

dans un communiqué rendu public, à une marche

populaire qui aura lieu aujourd’hui au niveau du chef-lieu

de wilaya. Cette démarche s’inscrit dans le cadre des manifestations

pacifiques auxquelles avait appelé la CNCD,

organisation créée le 21 janvier dernier dans le sillage des

révoltes populaires qui ont secoué la Tunisie, l’Egypte et

actuellement la Libye. A cette occasion, le mot d’ordre

consistera à réclamer le changement et l’ouverture démocratique

dans le pays. Il faut noter aussi que ce mouvement

s’inscrit dans la durée ces dernières semaines. Après avoir

organisé les deux premières marches pacifiques, le 12 et

19 février, à Alger, la dynamique est en train de gagner les

autres villes, comme c’est le cas de Bouira. La marche en

question débutera à partir de la place des Martyrs, au centre-ville,

à 11 h, et prendra fin devant le siège de la wilaya.

Ali Cherarak

Ali Brahimi commente

la levée de l’état

d’urgence

Le gouvernement vient de confi rmer par voie d’ordonnance

la promesse de lever l’état d’urgence qu’il avait faite

quarante-huit heures après le dépôt par 21 députés d’une

proposition de loi en ce sens. Les députés, signataires de

la proposition de loi, considèrent que cet événement est

un premier acquis sur la voie de la construction de l’Etat

de droit et de la consécration des libertés publiques,

tout comme ils se félicitent d’avoir apporté leur modeste

contribution à cette œuvre, indique Ali Brahimi, député.

Il reste cependant à espérer que l’Exécutif ne profi tera

pas du texte visant à donner un fondement légal à l’action

antiterroriste de l’armée, pour juguler les aspirations

démocratiques de la société, précise-t-il dans un

communiqué. Il reste également à extirper de la législation

ordinaire adoptée dans la foulée de l’état d’urgence

toutes les restrictions apportées aux libertés et aux droits

des citoyens. Seul l’engagement d’une telle démarche

prouvera, en défi nitive, la volonté du gouvernement de

revenir au processus démocratique, conclut-il.

Une cellule

aux frontières égyptolibyennes

pour accueillir

les ressortissants

algériens

U ne cellule a été mise en place par l’ambassade

d’Algérie à Tripoli, aux frontières égypto-libyennes,

pour accueillir les ressortissants algériens désireux

de quitter la Libye à la suite de la dégradation de la situation

sécuritaire dans ce pays, a-t-on appris, vendredi,

auprès de la cellule de suivi du ministère des Affaires

étrangères. Ces ressortissants accueillis au niveau des

frontières égypto-libyennes, seront rapatriés, par la

suite, en Algérie à partir de l’Egypte, a précisé la même

source. Au total, ce sont près de 1500 ressortissants

algériens qui ont pu regagner le pays : quelque 1300

rapatriés par voie aérienne et 200 autres entrés par le

poste frontalier de Debdeb (450 km au nord-est d’Illizi).

Le ministère des Affaires étrangères, qui a mis en

place une cellule de suivi à cet effet, avait indiqué que

ses services étaient en contact permanent avec l’ambassade

d’Algérie à Tripoli, le consulat général d’Algérie à

Tripoli et le consulat d’Algérie à Sebha pour s’enquérir

de la situation des ressortissants algériens.

De leur côté, les services diplomatiques et consulaires

algériens en Libye ont mis en place, à leur niveau, des

cellules de suivi pour répondre aux attentes des ressortissants

algériens dans ce pays. Des mesures appropriées

ont été prises par le ministère des Affaires étrangères

pour faciliter le retour au pays des nationaux qui

en feraient la demande. (APS)


El Watan - Samedi 26 février 2011 - 4

L’ACTUALITÉ

RACHID BOUDJEDRA. Ecrivain

«Pour la révolution, mais pas comme ça»

Rachid Boudjedra, fidèle à lui-même, offre un regard

sur les derniers événements qui ont secoué l’Algérie en

homme de lettres mais aussi en simple citoyen d’une Algérie

qu’il n’a jamais quittée. L’auteur du FIS de la haine

suit les révoltes arabes en observateur du monde et en

amoureux de la liberté.

Propos recueillis par

Zineb A. Maïche

Que pensez-vous des émeutes

de janvier dites «émeutes de la faim»

et du rassemblement de la place du

1 er Mai ?

Il y a une véritable détresse humaine

des jeunes qui sont en difficulté.

Il y a les chômeurs qui ne sont pas

organisés. Sans syndicat, sans organisation.

C’est quand même bizarre.

Cela leur permettrait d’être une force

de persuasion et de négociation avec

le pouvoir.

Peut-être ne leur a-t-on pas

donné les moyens de se syndiquer ?

Non, je ne crois pas. On ne donne

pas ces choses-là. On les arrache.

Nous, nous avons toujours arraché les

choses. Depuis la guerre de Libération

jusqu’au dernier combat contre les intégristes…

Les femmes ont arraché un

certain nombre de choses. La Tunisie

a donné un statut aux femmes, en Algérie,

les femmes se sont battues pour.

Moi aujourd’hui, j’ai honte d’être Algérien

quand tous les jours je vois des

mendiants, je vois des gens qui mendient,

des enfants, des vieux alors que

je fais partie d’une classe plutôt aisé,

je n’ai jamais connu ça. Je suis avec les

jeunes qui cherchent à s’exprimer mais

les méthodes ne sont pas toujours bonnes.

Mais le fond du problème est vrai,

la raison fondamentale de leur colère

est vraie. Je suis solidaire avec eux.

Alors que pensez-vous de ces

rassemblements ?

Maintenant ce qui se passe de

façon politique pour ces rassemblements,

on n’y trouve qu’un seul parti.

Même la décision du FFS de boycotter

est un geste de grande sagesse de Aït

Ahmed. Ce qui est bizarre dans ce rassemblement,

c’est qu’on a un parti et à

côté on a des associations. La ligue des

droits de l’homme par exemple, j’ai été

fondateur et fait partie de ligue pendant

trois ans.

Nous avons fait un statut qui

disait que le bureau était élu pour

trois ans non renouvelables. Depuis

1990, c’est le même secrétaire général

non élu. Il n’y a pas eu de congrès.

Alors comment peut-on parler de

démocratie? Elle est bizarroïde cette

composante. Un parti ? Il doit y avoir

plusieurs partis. Les associations, il y

a en qui sont très honnêtes. Et il y a en

beaucoup qui sont là pour des choses

plus ambiguës. Les revendications de

ces marches sont politiques et uniquement

politiques. On demande la démocratie

mais qu’est ce que la démocratie

? Je suis contre ce pouvoir depuis 1962

qui est le même en fin de compte ; un

pouvoir rentier, autoritaire, pas du tout

dictatorial comme on le dit. Il y a une

nuance entre Ben Ali et Bouteflika,

il y a une nuance entre Moubarak et

Bouteflika. D’autant plus qu’il y a des

espaces de démocratie et d’expression

évidentes dans notre pays. Je n’ai pas

marché et je suis content de n’avoir

pas marché car je serai tombé nez à

nez avec Ali Belhadj. Le bourreau

du peuple algérien qui disait de sa

prison «égorgez- les avec un couteau

aiguisé». C’est quand même incroyable

ce bonhomme. Ali Yahia Abdenour,

moi je ne peux pas marcher avec cet

homme. Il était pour San Egidio quand

nous, tous les jours, on se battait ici,

que nous nous cachions, que certains

d’entre nous étaient patriotes. Il défendait

le GIA, je ne peux pas marcher

avec un homme comme ça. Impossible.

C’est vrai que c’est subjectif et

politique mais c’est pour ça que je suis

content de n’avoir pas marché.

Ne manque-t-on pas d’espaces

de liberté en Algérie ?

Il y a des espaces de libertés

et de démocratie évidents dans notre

pays. Il y a une grande liberté de

création. Mes livres passent de chez

moi à l’imprimerie. Il n’ y a pas de

censure comme on l’a vu en Tunisie

ou en Egypte. Nous n’avons pas une

censure officielle sur tel livre, tel film.

Nos camarades tunisiens souffraient. Il

ne faut pas comparer la situation politique

algérienne et la situation en Tunisie

et l’Egypte. Et puis il y a d’abord la

logique du multipartisme. Il y a des

partis qui représentent, hélas la société.

Les trois partis qui font le pouvoir,

cela reflète hélas une certaine réalité

sociale. Moi je ne suis pas le peuple,

nous les intellectuels, nous sommes

paumés, perdus. L’espace de gauche

par exemple a complètement disparu,

c’est quand même bizarre, pour être

remplacé par un espace sauvagement

libéral.

Que pensez-vous des appels

des Etats-Unis et de l’Europe ?

Moi, par rapport à la Tunisie

et l’Egypte, j’étais choqué que M.

Obama dise à l’armée ne faites pas

ceci, faites ceci, à Moubarak la même

chose, et maintenant on a une brochette

de gens qui donnent des leçons à l’Algérie

qui a payé le prix fort. L’Algérie

est un pays convalescent et c’est aussi

pour cela que je ne marche pas. Nous,

on a déjà fait une révolution en 1988.

Ce qu’on fait les Egyptiens et les Tunisiens,

nous l’avons fait en 88. Après

il y a eu les 10 années de terrorisme

qui étaient d’une certaine façon une

révolution. Sanglante, certes mais une

révolution. Nous avons commencé

avant tout le monde. Je ne parle pas

de la guerre de libération car nous

sommes les seuls à l’avoir fait. On n’a

donc pas à nous donner des leçons. Il

faut, lors des rassemblements, dissocier

les mouvements syndicaux des

mouvements politiques. Les partis ont

les moyens. Le RCD a les moyens. Il a

des députés à l’Assemblée nationale.

Chacun touche 400 000 dinars quand

le SMIC est à 15 000 dinars. Est-ce

qu’ils ont les moyens de s’exprimer

ou pas ? Et puis nous avons une presse

libre. Personne ne peut en douter. Il y a

des poursuites en diffamation mais ça,

c’est justement le jeu démocratique.

Ce concept de la démocratie qui est

bradé comme un épouvantail reste

flou. Certains pays riches le secouent

à notre attention. Quand on voit en

France, lors de la réforme des retraites,

jusqu’à 5 millions de personnes qui

manifestent et Sarkozy qui n’a rien fait

dans ce sens ! Il a méprisé le peuple

français. Si c’est ça, ses leçons de démocratie

et bien moi je n’en veux pas.

Qu’il se les garde.

Pourquoi l’espace politique

est-il vide, selon vous ?

Il y a eu un grand travail du pouvoir,

surtout ave la gauche qui a peu à

peu cassé la politique et ce, depuis la

mort de Boumediene.

Alors quel est le malaise ?

Le malaise, c’est la redistribution

des richesses dans ce pays. L’incurie

de ce pouvoir et de ce gouvernement…

Il y a une gabegie incroyable.

Il y a une incurie de l’administration,

la bêtise de la bureaucratie et la corruption

évidemment. L’Etat a construit

beaucoup de logements mais quand

vous savez que pour chaque projet, il y

a un quota qui part pour ceux qui en ont

déjà, il y a une rente pour certains. Et

on les connaît, on peut citer des noms.

Ce pays a 200 milliards de

dollars de côté et c’est une très bonne

chose. On voit des problèmes de chômage

des diplômés. Des gens de très

haut niveau. C’est la honte. Et les sans

diplômes peinent aussi. Mais parallèlement

certains ne travaillent pas. On

a des Chinois. On a des noirs. Dans

mon immeuble, ce sont les Noirs qui

occupent les postes de concierges. Les

nôtres n’en veulent pas. Il ne faut pas

idéaliser que d’un côté.

Les jeunes sont dans une détresse.

Il y a aujourd’hui de la prostitution,

et de façon généralisée. Cela n’existait

pas chez nous. On se moquait des

Marocains. On partait au Maroc pour

rencontrer des prostituées. C’est aussi

une forme de corruption. Vous savez

que chaque syndicat autonome est

divisé en trois et chacun dit «c’est moi»

le plus représentatif. Mais c’est sain

parce qu’il y a un débat. C’est un pays

qui vit, qui conteste. Une presse qui

parle et qui est même parfois provocatrice,

excessive et c’est pas mal sauf

quand ça touche la vie privée des gens.

Ce pouvoir, parce qu’il a trop vieilli,

est vraiment trop inefficace, décalé et

corrompu. C’est pour cela qu’il faut

qu’il s’en aille. Mais ce n’est pas en

fonctionnant selon les méthodes de

ces marches qui me semblent tellement

minoritaires. Elle me font de la

peine. Car parmi ces marcheurs, il y a

des gens sincères. Donc ce n’est pas

comme ça. Le changement politique

est nécessaire. L’Algérie en a besoin.

Cela ne peut donc pas se limiter

à la levée de l’état d’urgence ?

Non, il faut que le pays change,

que le pouvoir politique se réforme

mais je pense qu’il est incapable de

changer. Le pouvoir est malade, il est

gangrené. Mais d’un autre côté, l’opposition

est molle, pas efficace et ces

rassemblements ne me convainquent

pas. Les gens ne sont pas non plus

convaincus. Ils pensent : «Ils veulent

tous manger». C’est vrai que quand

on écoute les discours de Said Sadi, on

a l’impression que ce qu’il veut c’est

devenir le président de la République,

mais il ne peut pas le devenir. Les gens

PHOTO : M. SALIM

ont l’impression que ce sont des luttes

de clan, que c’est manipulé. Le jour où

la clarification se fera vraiment par la

nature même des choses, par la vie et

bien là, les gens changeront de pouvoir.

Mais là apparemment ils n’en ont pas

envie.

Y a-t-il léthargie des intellectuels,

ou peut-être ne sont-ils plus

assez nombreux suite au terrorisme

ou à leur exil ?

On a des élites ici dans tous les

domaines. On a des artistes. L’élite

existe. Elle n’est pas plus ou moins

importante que l’ancienne. Mais elle

est blasée. Elle est déçue et parfois

elle est même cynique. Mais on a une

élite, qui observe, qui analyse. Quand

on parle du roman francophone, les

lecteurs français pensent tout de suite

aux Algériens.

Il y a aussi des Marocains de

qualité, des Tunisiens il y en a moins

mais en Algérie on produit. Des écrivains,

des peintres, des metteurs en

scène. On a de grands patrons de la

decine et qui travaillent dans un

climat dégueulasse. Cette élite a été

cassée peu à peu. Avant il y avait le

PAGS dont les militants n’étaient pas

très nombreux, mais très influents.

Avec sa disparition, il y a de nombreux

intellectuels qui ne se retrouvent plus

dans un parti.

Quel est le maillon faible de la

société algérienne ?

Ce n’est pas l’arabisation qui a

cassé le système. L’arabe est une langue

comme les autres. Il y a le mythe

que c’est l’arabe qui a tout faussé. Au

départ,. on n’avait pas d’instructeurs

et on a fait venir des étrangers. Il y en

avait de bonne qualité mais la plupart

étaient médiocres. Cette école a été

créée par des non Algériens. Il n’ y

avait pas de pédagogie. L’arabe se

devait d’être enseigné aux enfants

mais sans couper avec le français. En

France, avec le nombre d’Arabes qu’ils

ont, il n’existe que 2 postes d’agrégation

en arabe alors qu’il y avait 5

postes par an. Le système scolaire, dès

le départ était déficient. C’est ce qui

explique l’échec social, économique et

même culturel. On produisait 60 films

par an. Aujourd’hui deux films par an

alors qu’il y a beaucoup d’argent. C’est

vrai que beaucoup d’élites ont été assassinées,

d’autres sont parties. Cela a

affaibli les choses mais toute réforme

nouvelle doit se concentrer sur l’école.

Si on a une école correcte, on aura

une société correcte. Aujourd’hui on

a une société schizophrénique. Elle est

fermée, autiste. Mais je tiens à préciser

que ce n’est qu’un point de vue. Je ne

détiens pas du tout la vérité absolue. Je

suis simplement un citoyen qui aime ce

pays et qui souffre que ce pays n’aille

pas mieux.

Pensez-vous que l’Etat

joue encore avec les islamistes

aujourd’hui ?

Je pense que Ali Belhadj est

actuellement manipulé par le pouvoir.

C’est ce qui se dit beaucoup. Quand

on l’a vu avec son drapeau algérien qui

traînait par terre, il était misérable. Par

contre l’alliance politique a un parti

islamiste avec des ministres, des députés,

des maires. Ils fonctionnent. Le

pouvoir fonctionne avec l’islamisme.

Même une certaine aile du FLN est

tout à fait islamiste. C’est elle qui est

au pouvoir.

Cela représente-t-il la société

algérienne ?

las oui. Quelque part le pouvoir

reflète la société. Plus que nous,

les intellectuels.

Qu’est-ce qu’il faudrait ?

Il faut une révolution, mais pas

comme ça. Z. A. M.

PRÉCISIONS

A la suite de l’article, paru le 23 février

2011 à El Watan, le réseau Wassila tient

à faire la mise au point suivante : le

réseau Wassila, constitué d’associations

et de personnes d’opinions diverses, est

réuni autour d’un objectif commun :

l’aide aux femmes et enfants victimes de

violences. Le réseau Wassila n’est nullement

habilité, en tant que structure, à

engager le collectif dans la CNDC, il n’y

a jamais été représenté en tant que tel,

contrairement à certaines déclarations

parues déjà dans la presse. Toute personne

qui décide de participer aux réunions

et aux actions de la CNDC le fait donc à

titre individuel, en tant que citoyen.

Le réseau Wassila

Fadhila Boumendjel Chitour

Louisa Aït Hamou


Y

El Watan - Samedi 26 février 2011 - 5

L’ACTUALITÉ

YOUCEF YOUSFI EN VISITE DANS LE SUD

L’engineering et l’emploi,

priorités de Sonatrach

oucef Yousfi semble décidé

de nettoyer les écu-

ries d’Augias. Il se fixe

les prochaines priorités de

Sonatrach : l’emploi et la ressource

humaine ainsi que la

compression des importations

des services et des pièces de

rechange.

Le ministre de l’Energie et

des Mines, en visite dans les

régions d’In Aménas, Alrar

et Hassi Messaoud, évoquait

sans relâche l’importance de

réduire la facture des services

et de la pièce de rechange

nécessaire à la maintenance

des installations pétrolières et

gazières de Sonatrach.

Selon une récente estimation

révélée par le président du

conseil consultatif pour la promotion

des PME, Sonatrach

importe en moyenne 3 à 4

milliards de dollars de pièces

de rechange par an. M. Yousfi

a déploré le fait de continuer à

importer le savoir-faire pour

le montage des petites unités

de production et la pièce nécessaire

à ces installations.

Pour lui, il n’est plus question

de s’en remettre aux remèdes

de bonne femme.

Il est plutôt temps «de

construire un système d’engineering

et une véritable industrie

de pétrole et de gaz qui se

pose plus que jamais telle une

urgence». Une lapalissade.

Cette réalisation passe inévitablement

par la qualification

des ressources humaines et

l’encouragement de l’emploi.

A ce sujet, le ministre a annoncé

un projet de Sonatrach

de mettre sur pied des centres

de formation professionnelle

dans les régions du Sud. Le

groupe public des hydrocarbures

consacre également 17

milliards de dinars au développement

de ses ressources

Youcef Yousfi, ministre de l’Energie

humaines, a annoncé de son

côté Noureddine Cherouati,

P-DG de Sonatrach. «La bataille

des prochaines années

est une bataille de l’emploi»,

soutient M. Yousfi. A la question

de résumer les autres

objectifs de son département,

le ministre a répondu que «la

politique de l’Etat repose sur

le principe d’accélérer la production

du gaz naturel».

SONATRACH CONTINUERA

À INVESTIR EN LIBYE

Sur le plan de raffinage, l’Algérie

entend, d’après M. Yousfi,

doubler ses capacités d’ici

2020 en réalisant de nouvelles

raffineries, les capacités actuelles

de raffinage étant estimées

à 22 millions de tonnes.

Le ministre a annoncé également

que plusieurs projets

sont actuellement à l’étude

dans le domaine de la pétrochimie.

A une question qui invitait la

sempiternelle polémique sur

’entreprise privée algérienne demeure le parent pauvre de la

L politique économique nationale. C’est le constat dressé par un

panel d’experts algériens, jeudi dernier, lors d’un forum dédié a

l’entreprise initié par le quotidien Liberté.

Celui-ci a consacré sa première rencontre au «Développement de

l’entreprise privée en Algérie». Tour à tour, les intervenants ont mis

l’accent sur les errements des choix politiques des gouvernements

successifs et leurs conséquences sur le tissu économique. Premier

écueil soulevé : l’attitude rétive des banques publiques à financer

les PME du secteur privé. «Les banques publiques n’assistent pas

les PME alors que le marché reste peu flexible», constate l’économiste

Abdelmadjid Bouzidi, estimant que le financement du privé

devrait s’élever à 75%. Selon lui, il existe un potentiel important

de PME pouvant asseoir une économie de production. Pendant ce

temps et depuis 1990, des entreprises du secteur public – un «corps

malade», critique M. Bouzidi – font l’objet d’incessants assainissements

financiers pour de piètres résultats.

Evoquant une récente mesure, celle du crédit documentaire,

décriée d’ailleurs par les chefs d’entreprises, l’intervenant souligne

que l’Etat algérien vit une crise de régulation : «Un jour on

verrouille, l’autre on déverrouille !», regrette cet économiste.

M. Bouzidi n’a pas manqué de dénoncer le processus de prise de

les réserves algériennes en

hydrocarbures, le ministre,

sans prétendre avoir le compas

dans l’œil, dira que «le

potentiel est énorme. Si nous

le confirmons, nous aurons du

pétrole pour 200 à 300 ans».

D’après le ministre, son département

s’applique à évaluer

le potentiel en hydrocarbures

non conventionnels.

La phase actuelle consiste

également à rechercher des

partenariats avec des compagnies

internationales en vue

d’exploiter les futurs gisements.

Les premières opérations

doivent prendre forme

avant la fin 2011, à en croire

le ministre. L’autre interrogation

d’importance, lors de la

séance de questions/réponses

entre le ministre et les journalistes

qui l’accompagnaient

à In Aménas et Hassi Messaoud,

était la suivante : quel

est le moral des troupes de

Sonatrach en Libye et quel

avenir pour ses investisse-

PHOTO : H. LYÈS

ments dans cet Etat, en proie

à une véritable guerre civile

? Le ministre a répliqué en

deux mots : «Sonatrach est en

contact avec ses travailleurs

en Libye. Il n’y a pas d’affolement,

il n’y a pas de panique

non plus. Sonatrach continuera

à investir en Libye.» Dans

la foulée, Youcef Yousfi a estimé

que l’Organisation des

pays exportateurs de pétrole

(OPEP) agira pour sécuriser

le marché pétrolier en cas de

perturbations dans l’approvisionnement.

«Je ne pense

pas qu’il y ait actuellement

une perturbation du marché

en raison de ce qui se passe

en Libye, mais si une perturbation

réelle est constatée,

l’OPEP prendra des décisions

pour sécuriser le marché»,

rassure le ministre. A Illizi, M.

Yousfi a visité la nouvelle base

vie de Stah, une infrastructure

socio-administrative dédiée à

l’amélioration des conditions

de travail des travailleurs de

Sonatrach au Sud. Le ministre

a inspecté également une

unité de traitement de brut à

Alrar. Celle-ci, réalisée par la

société Schlumberger pour un

montant de 183 millions de

dollars, est destinée à traiter

et nettoyer le pétrole brut en

vue d’améliorer sa qualité

et d’optimiser son raffinage.

Le projet d’extension de la

centrale électrique d’Alrar a

été également examiné par

la délégation. Cette extension

répond au souci d’augmenter

les capacités de la centrale

actuelle qui alimente le champ

d’Alrar. A Hassi Messaoud, le

ministre a inauguré l’unité de

traitement d’huile (UTBS) qui

tend à améliorer la capacité de

traitement des hydrocarbures

au niveau du gisement de

Hassi Messaoud. Ali Titouche

décision économique qui n’est pas fondé sur le diagnostic et le

dialogue avec les partenaires concernés. Citant deux exemples de

réussite, français et américain, en direction des entreprises, il indique

que ces deux pays ont solutionné nombre de problématiques

en quelques années alors que l’Algérie piétine depuis 15 ans à

asseoir une politique économique orientée vers la production et la

création d’emploi. Selon lui, l’économie algérienne est otage «de

la politique politicienne».

Ceci dit, pour M. Bouzidi, l’épargne privée peut constituer l’alternative

pour la promotion de la création de nouvelles entreprises

et, par conséquent, de nouveaux postes de travail. Une démarche

susceptible de permettre une substitution à l’importation, d’après

le principal conseiller économique de l’ancien président Zeroual.

Pour sa part, l’économiste Abdelhak Lamiri pose la problématique

de «l’organisation» de l’Etat. «Tant que l’Etat n’a pas de stratégie

économique à long terme, on aura les mêmes symptômes», analyse-t-il,

en rappelant l’inefficacité du maintien des entreprises

publiques sous perfusion.

Environ 180 milliards de dollars ont été versés dans le secteur

public depuis 1990, selon lui. Presque en pure perte. «Avec cet

argent, on aurait pu construire un secteur 5 fois plus fort et créer 3

millions de postes d’emploi», note le directeur général de l’INSIM.

ARCELORMITTAL

ANNABA

12 dirigeants

expatriés

quittent le pays

es 12 expatriés, dirigeants du complexe sidérurgique

d’ArcelorMittal Annaba, dont Vincent Legouic, directeur

Lgénéral,

ont quitté hier l’Algérie «jusqu’à nouvel ordre»,

a-t-on appris de sources sûres. Contacté, Guedha Mohamed,

porte-parole de la direction générale du complexe, qui assure

depuis hier l’intérim, a confirmé l’information.

Pour lui, le staff est en consultation pour une période

indéterminée. Cette décision d’abandonner la direction du

complexe prête à moult interrogations.

D’autant plus qu’elle intervient au moment où le complexe

sidérurgique est depuis mercredi à l’arrêt suite à un

mouvement de grève de quelque 400 travailleurs de l’unité

tuberie sans soudure (TSS) auxquels il faut ajouter plusieurs

dizaines d’autres qui ont bloqué l’accès aux travailleurs à

l’aide de bus, pour réclamer la réintégration d’un chauffeur

licencié pour des raisons disciplinaires.

Ces derniers ont brandi des banderoles portant des écrits

hostiles aux étrangers et au syndicat. «Nous avons sollicité les

autorités locales pour libérer l’accès à l’usine. En vain. Même la

justice a été saisie sans résultat.

Aucune autorité n’a daigné intervenir. Il vaut mieux quitter le

complexe parce que nous sommes confrontés chaque jour à

des situations ingérables», a déploré l’un des cadres avant son

départ.

Ainsi, les grèves récurrentes, le climat délétère et les conflits

socioprofessionnels ayant toujours caractérisé l’ambiance à

l’usine d’El Hadjar semblent avoir eu raison de la volonté du

staff dirigeant étranger d’ArcelorMittal Annaba.

La dernière en date a été déclenchée par les travailleurs de la

sous-traitance n’ayant aucune relation de travail avec

ArcelorMittal El Hadjar. Ils revendiquaient leur intégration

parmi le personnel permanant. Pour forcer la direction

générale à adhérer à leur demande, ils n’ont pas hésité à

bloquer durant plusieurs jours les hauts fourneaux et à mettre

les aciéries à l’arrêt affectant considérablement la production

de l’acier. Sous la contrainte, la direction avait obtempéré à

leur exigence. Il faut dire que ce «lâchage» s’il venait à se

confirmer, présage de mauvais jours pour le devenir du

complexe sidérurgique d’El Hadjar. Smaïl Kouadria, le

secrétaire général du syndicat d’ArcelorMittal El Hadjar, est de

cet avis. «Il y a anguille sous roche. Au moment où notre

employeur annonce un plan d’investissement de 500 millions

d’euros et l’entame immédiatement par l’injection de 264

millions de dinars représentant les coûts d’acquisition et de

montage du convertisseur n°3 de l’aciérie à oxygène n°1,

plusieurs grèves se déclenchent jusqu’à pousser notre

directeur général à quitter le pays avec toute son équipe. Il y a

des forces extérieures qui ne veulent pas de la paix sociale

dans notre usine encore moins l’amélioration de la

production», soutient-il. M-F. Gaïdi

FORUM DU QUOTIDIEN LIBERTÉ

Des économistes critiquent les choix

du gouvernement

Malgré les efforts, déplore-t-il, l’appareil administratif, décrié au

demeurant, reste toujours peu expert. «La transition entre une administration

bureaucratique et une administration experte n’a pas

été réalisée», constate M. Lamiri.

Si l’Algérie dispose de 450 000 PME – loin du voisin marocain –

le PDG de l’INSIM estime qu’il faudrait au moins 1,5 million de

PME à même de renforcer l’appareil productif national.

Au chapitre des problèmes structurels, il relève la mauvaise qualité

de la régulation, le décalage de l’appareil judiciaire, une ressource

humaine peu qualifiée, l’accès au foncier et le financement. Ce

qui constitue une multitude de contraintes empêchant le développement

des PME algériennes. «L’entreprise n’a pas de levier

de financement. Les PME se financent à hauteur de 80% par le

recours aux fonds propres», note-t-il, regrettant au passage que les

banques publiques versent uniquement dans le financement des

importations. Il recommande l’orientation de 80% des crédits vers

le secteur productif.

En guise d’alternative, l’économiste suggère la mise en place,

entre autres, d’un observatoire des entreprises, la réorientation des

ressources humaines, des entreprises de gestion du foncier, d’un

patronat unifié et l’accélération des réformes, dont celles de l’administration

et du système bancaire. Hocine Lamriben


L

e gazoduc Medgaz, qui doit

acheminer le gaz naturel algé-

rien vers l’Europe directement

de Beni Saf à Almeria en Espagne,

est achevé depuis le début de novembre

2010, selon des informations

fournies par la partie algérienne. Son

démarrage officiel devrait intervenir

à tout moment, il suffira juste aux

autorités algériennes et espagnoles

de fixer la date sur le plan protocolaire,

avec la probabilité que ça soit

au mois de mars prochain, selon des

informations en provenance de la

partie espagnole. Selon une source

d’Enagas, la société qui gère les

réseaux de gazoducs en Espagne,

un accord aurait été conclu avec le

consortium Medgaz pour envoyer

le gaz à la mi-février, afin de tester

les installations du terminal arrivée

d’Almeria en Espagne. Les tests devraient

durer jusqu’à la fin du mois

de mars. Medgaz doit être connecté

au gazoduc Almeria-Albacete, d’une

longueur de 300 km. Alors qu’une

première date de mise en service

avait été arrêtée au mois de novembre

2010, il semblerait que l’inauguration

officielle ait été reportée pour

des raisons de calendrier protocolaire

et aussi à des demandes formulées

par la partie espagnole portant sur de

nouveaux essais de sécurisation. Le

gazoduc devait être inauguré vers le

22 novembre par les dirigeants des

deux pays. Le gazoduc était déjà prêt

à fournir du gaz naturel vers le terminal

arrivée d’Almeria dès le mois de

novembre, période durant laquelle

le gaz a été libéré pour le terminal

arrivée de Beni Saf. La baisse de plus

de 10% de la demande en gaz de l’Espagne,

due à la crise économique de

2008-2009 et qui s’est poursuivie en

2010, a été un facteur important dans

le retard. Le terminal arrivée de Beni

Saf est une infrastructure appartenant

à Sonatrach. Il est mitoyen avec la

station de compression qui appartient

au consortium Medgaz, dont Sonatrach

détient 36%. Dans le jargon

technique, les ingénieurs expliquent

la situation par le fait que le terminal

est «sous gaz», c’est-à-dire qu’il suffit

de recevoir le feu vert pour ouvrir

la vanne et délivrer le gaz à la station

de compression du consortium. Arrivé

à la station de compression, le

gaz est ensuite traité et dirigé vers

l’Espagne par le gazoduc sous-marin.

LA PRESSION PASSE DE 45 À 200

BARS

Selon les ingénieurs de Sonatrach

rencontrés sur les lieux, la pression

doit passer d’environ 45 bars à partir

du terminal à 200 bars pour pouvoir

traverser la Méditerranée à partir du

gazoduc sous-marin. Une pression

nécessaire au gaz dans le pipeline

d’une longueur de 210 km et à environ

plus de 2160 m de profondeur.

Il pourra ainsi s’écouler à une vitesse

de 30m/s dans le pipeline pour

pouvoir arriver de l’autre côté de la

Méditerranée au terminal de la ville

d’Almeria. Ce sont les installations

de la station de compression qui permettront

cette transformation à travers

les turbocompresseurs installés.

«On nous a demandé de nous tenir

prêts», nous a confié Miloud Beddad,

responsable de la station de compression

de Beni Saf (qui appartient au

consortium Medgaz) et de l’exploitation

de Medgaz. Et d’ajouter, comme

réponse à la question de savoir quelle

est la date fixée pour l’ouverture

de la vanne, «c’est imminent !» Par

contre, la vanne qui délivre le gaz à

la station de compression, à partir du

terminal arrivée, a déjà été ouverte

en novembre dernier pour les essais

techniques des installations de la station,

notamment pour la compression

du gaz. «Tous les essais techniques

nécessaires à la mise en gaz du gazoduc

ont été terminés et le gazoduc

est actuellement en stand-by. Sa mise

en service est imminente», selon le

directeur régional ouest de l’activité

transport par canalisation de

Sonatrach, Mohamed Taïeb Cherif.

La station de compression doit être

prête pour délivrer le gaz naturel à

tout moment. Le terminal arrivée

du gaz est déjà prêt pour l’ouverture

des vannes. L’autorisation de mise

en gaz a été délivrée au mois d’avril

2010, nous apprend Mohamed Taïeb

Cherif. Même les éléments des services

des douanes, qui sont chargés

de comptabiliser les quantités expor-

El Watan - Samedi 26 février 2011 - 6

REPORTAGE

MEDGAZ EST PRÊT DEPUIS NOVEMBRE 2010

Le gazoduc devrait être

opérationnel en mars prochain

tées, sont présents. En fait, ils sont

sur le site depuis le mois de juin 2010

et leur rôle consiste à établir la déclaration

douanière pour l’exportation

des quantités de gaz et établir aussi

les PV de ventes. Le calcul est journalier

et l’équipe se compose de huit

éléments qui se relaient au niveau du

terminal de Sonatrach.

LES SERVICES DES DOUANES

SONT DÉJÀ PRÉSENTS

Medgaz est composé de trois structures,

la station de compression de

Beni Saf, le gazoduc sous-marin qui

relie Beni Saf à la ville d’Almeria en

Espagne, et le terminal arrivée situé

à Almeria. Son coût serait d’un milliard

d’euros environ, selon la Banque

européenne d’investissement.

Le gaz naturel est acheminé depuis

le gisement de Hassi R’mel à Beni

Saf par le gazoduc situé sur le territoire

national appelé GZ4, dont la

construction a été programmée pour

les besoins de Medgaz. Le GZ4 de

48 pouces de diamètre, qui traverse 6

wilayas (Laghouat, Tiaret, Relizane,

Mascara, Oran et Aïn Témouchent)

sur une longueur de 638 km, dispose

d’une capacité de transport de 11,4

milliards de mètres cubes, dont 8

seront destinés au Medgaz. Sa réalisation

aurait coûté 28 milliards de

dinars et 148 millions d’euros, selon

Mohamed Taïeb Chérif. Il dispose

de deux bretelles qui alimentent la

centrale électrique de Hadjret Enouss

dans la wilaya de Tipasa et la centrale

électrique de Terga dans la wilaya de

Aïn Témouchent. Il doit aussi alimenter

les postes de distribution publique

de Sonelgaz pour la population. La

station de compression, proprement

dite, sert à filtrer le gaz grâce à une

unité de filtrage, à compresser le gaz

grâce à des turbocompresseurs et

compter les volumes exportés grâce

à une unité de comptage. Le tout est

alimenté par deux turbogénérateurs.

La vanne est fermée encore et scellée

grâce à un cadenas dont les clés

sont détenus par le responsable de

la station qui dépend du consortium

et du représentant des douanes algériennes.

Elle ne peut être ouverte

qu’en présence des représentants

Pose de pipe-line par des travailleurs

Une cabine de contrôle des installations du gazoduc Medgaz

des douanes, nous ont-ils expliqué.

Le pipeline qui sort de la station est

prolongé sous terre par une partie qui

va jusqu’à la plage située dans la localité

de Sidi Djelloul, pour rejoindre

les profondeurs de la mer. Un autre

pipe a été réalisé dans la perspective

du doublage du gazoduc sous-marin

et qui devrait porter les capacités

d’exportation de 8 à 16 milliards

de mètres cubes par an. Le jour où

le consortium décidera de doubler

les capacités, il suffira de poser un

pipe sous-marin. Même les équipements

de la station de compression

sont conçus pour l’augmentation des

capacités. Sur la plage, mis à part

deux bornes qui indiquent le lieu de

passage du gazoduc sous terre, rien

n’indique sa présence. La plage a été

restaurée à la fin des travaux, et selon

les ingénieurs de Sonatrach, elle a

retrouvé sa situation antérieure et

les gens viennent se baigner comme

avant. Il faut dire que le pipe est enfoui

et il a été construit avec de l’acier

au carbone à haute résistance. Il est

revêtu de trois couches de polypropylène

lui permettant de résister à la

corrosion. Pour la partie située dans

les eaux moins profondes, elle est

recouverte d’une couche de béton qui

doit protéger le gazoduc des courants

marins.

MEDGAZ : UNE HISTOIRE QUI

DATE DES ANNÉES 1970

Medgaz est un consortium international

dont les actionnaires sont la compagnie

nationale des hydrocarbures,

Sonatrach avec 36%, les compagnies

espagnoles Cepsa avec 20%, Iberdrola

avec 20%, Endesa avec 12% et le

groupe français Gaz De France-Suez

avec 12%. L’idée de construire un gazoduc

qui relierait directement l’Algérie

à l’Espagne a commencé dans

les années 1970. Les premières études

qui portaient sur la viabilité d’une

liaison sous-marine ont été faites à la

fin des années 1970 par la société Segamo.

Les études avaient identifié un

corridor Beni Saf (côtes algériennes)-

Almeria (Espagne), long de 200 km,

large de 2 à 3 km avec une profondeur

maximum de 2160 m. Mais la faisabilité

n’était pas évidente à l’époque à

cause de la profondeur des eaux. Sur

le plan technologique, on considérait

qu’aucun bateau n’était apte à la

pose de gazoducs dans des eaux aussi

profondes. La Segamo a entrepris des

études sismiques, des analyses géologiques,

des inspections visuelles du

fond sous-marin et des études océanographiques.

Entre-temps, un gazoduc

reliant l’Algérie à l’Espagne via le

Maroc a été réalisé de 1994 à 1996. Le

gazoduc Maghreb-Europe, appelé au

début GME et baptisé ensuite «Pedro

Duran Farrell» traverse le Détroit

de Gibraltar sur une profondeur de

300 m. A la fin des années 1990,

les progrès technologiques accomplis

ont permis d’envisager un gazoduc

d’un diamètre de 24’’ (24 pouces). Le

projet devenait techniquement réalisable

et économiquement attractif.

Au mois d’août 2000, Sonatrach et la

compagnie espagnole Cepsa signent

un protocole d’accord pour relancer

le projet. En février 2001, les deux

compagnies créent la «Sociedad para

el Estudio y Promoción del Gasoducto

Argelia-Europa, vía España S.A»,

appelée aussi Medgaz. Plusieurs compagnies

internationales ont rejoint la

société. Le gazoduc a été conçu pour

approvisionner le marché européen

et répondre à une demande sans cesse

croissante sur le vieux Continent.

Deux facteurs ont contribué à son

succès : la propreté du gaz comme

énergie et un prix plus compétitif

pour le consommateur. Il a été considéré

comme stratégique aussi bien

par l’Espagne que par l’Europe dans

la mesure où il doit contribuer à améliorer

la sécurité d’approvisionnement

en reliant directement le marché européen

à la source d’approvisionnement,

en plus des avantages par rapport

aux objectifs du Protocole de Kyoto.

La construction du gazoduc dans sa

partie sous-marine a démarré durant

le premier trimestre 2008. Le commissioning

a eu lieu à la fin de l’année

2009 et le démarrage était déjà programmé

au début de l’année 2010. La

chute très importante de la demande

en gaz naturel de l’Espagne dès la fin

de l’année 2008 à cause de la crise

économique a, semble-t-il, ralenti le

projet. Medgaz avait atteint en novembre

2009 le taux de 97% de progrès

global du projet. La capacité initiale

est de 8 milliards de mètres cubes par

an, extensible à 16 dans une prochaine

étape. La longueur dans la partie sous-

marine est de 210 km et la profondeur

maximale est de 2160 m. Près de 2000

personnes ont été employées- durant

la phase de construction.

Lies Sahar


EL GUEDDAFI VA ARMER SES SBIRES

La Libye au bord de la guerre civile

C

● Hier, les forces loyales au tyran El Gueddafi ont tiré sur des manifestants à Tripoli.

ondamné par la communau

internationale, abandonné par

plusieurs de ses diplomates

en poste à l’étranger, cerné de toutes

parts par la révolte populaire, le colonel

Mouammar El Gueddafi poursuit

la répression sanglante de son peuple.

Répression qui marque aussi l’agonie

d’un régime qui, dans ses derniers

balbutiements, continue à semer la

terreur avec son lot de victimes. Il

exhorte même ses partisans, dans un

dernier geste de désespoir, à tirer sur

la population. Alors qu’il est déjà accusé

par les instances internationales

de «crimes contre l’humanité». Hier,

le colonel Mouammar El Gueddafi

est apparu sur la place Verte, à Tripoli,

et a ordonné à ses partisans de se

préparer à «défendre la Libye», selon

des images diffusées par la télévision

d’Etat. «Nous allons nous battre et

nous les vaincrons», a-t-il menacé,

selon des images transmises en direct

à la télévision d’Etat. «S’il le faut,

nous ouvrirons tous les dépôts d’armes

pour armer tout le peuple», a-t-il

ajouté à l’adresse de ses sbires. Fidèle

à ses aberrations dignes du roi Ubu,

il a déclaré : «Je ne suis ni président

ni roi, je n’ai aucune fonction mais

ce peuple m’aime.» Et de poursuivre

: «La vie sans dignité n’a aucune

valeur, la vie sans drapeau vert n’a

aucune valeur.»

Le même jour, avant son apparition

à la télévision, les forces loyales au

tyran El Gueddafi ont tiré sur des

manifestants, à Tripoli, faisant au

moins deux morts, selon l’AFP. Alors

que l’opposition a déjà pris le contrôle

de l’est du pays. Ainsi, en ce onzième

M

Corps de victimes de la répression sanglante en Libye

jour de révolte populaire contre le

pouvoir, El Gueddafi est confronté

aussi à une opposition de plus en plus

déterminée à provoquer sa chute.

Entre-temps, les initiatives se multiplient

de la part de la communau

internationale. A savoir : réunion de

l’ONU, propositions de sanctions,

d’embargo total et de mise en place

d’une zone d’exclusion aérienne.

La contestation s’étend de l’ouest de

Tripoli à Benghazi, à 1000 km à l’est

de la capitale, dans des villes côtières

ou proches des côtes. En parallèle,

la région orientale pétrolifère est aux

mains de l’opposition armée, qui

s’organise en mettant en place une

nouvelle administration. A Tobrouk

est brandi le drapeau de la monarchie

du roi Idriss Senoussi, que le colonel

a détrôné par un coup d’Etat en 1969.

El Watan - Samedi 26 février 2011 - 7

L’ÉVÉNEMENT

Troisième ville du pays, située à

150 km à l’est de la capitale, Musratha

est désertée par les partisans du guide

autoproclamé. A l’ouest de Tripoli,

dans la ville de Zawiyah, les combats

entre opposants et partisans du régime

ont fait «plus de 35 morts, peut-être

même 50», a par ailleurs affirmé le

porte-parole de la Ligue libyenne des

droits de l’homme. Les violences ont

déjà fait plusieurs centaines de morts,

de 300 à un millier, selon les sources.

Des témoins parlent même de massacres

perpétrés par les partisans du

colonel dans cette ville. L’ambassadeur

adjoint de la mission libyenne à

l’ONU, Ibrahim Dabbashi, a décla

hier que le nombre de morts dans son

pays se compte par milliers et non par

centaines. A l’étranger, l’indignation

s’amplifie contre le pouvoir libyen,

Entre Néron et Hitler

ardi noir. Mouâmmar El Gueddafi a totalement

montré sa véritable personnalité au

a même osé provoquer l’Egypte. Celle-ci riposte de

façon foudroyante. N’était l’intervention de Bou-

monde entier en menaçant le peuple libyen d’un bain mediène auprès de Anouar El Sadate, à l’époque,

de sang s’il continuait à s’opposer à sa dictature. Sur l’armée égyptienne aurait occupé Tripoli. Mais il

le petit écran, nous avons vu un être extrêmement n’a jamais voulu tirer les leçons. C’est ainsi qu’il a

dangereux, rappelant Hitler durant les derniers mois cherché à déstabiliser l’Algérie en tentant de créer

de sa vie. L’homme à la mégalomanie sans limites, au une dissidence dans le Sud. Les habitants de cette ré-

point de s’autoproclamer «roi des rois d’Afrique». gion ont déjoué le complot, mais «le fou de Tripoli»

Contre le peuple libyen, le continent et même le reste n’a jamais renoncé à son délire de création d’un Etat

de la planète ont souffert de ses folies. El Gueddafi a saharien dont il prendrait la tête. Sa folie destructrice

mené une politique de déstabilisation qui n’a épargné ne s’arrête pas là. C’est lui, en effet, qui a ordonné la

ni ses voisins ni des pays lointains. Avec un discours destruction d’un avion d’UTA en 1988, au-dessus du

officiel progressiste, il agissait par contre en sous- Niger, tuant tous ses passagers. Quand sa culpabilité

main pour soutenir des dictatures. Nous l’avons vu a été établie, il a indemnisé les familles des victimes

en 1972 lors d’une tentative de coup d’Etat contre européennes, mais pas africaines et arabes, signe de

le dictateur Djaffar Noumeyri. Ce dernier avait ac- sa lâcheté. Une armée plus tard, El Gueddafi récidive

cusé le Parti communiste soudanais d’être derrière en faisant détruire un avion de la PanAm au-dessus

l’opération. Son chef, Abdelkhalek Mahjoub, s’est de la ville écossaise de Lockerbie. Tous les passagers

vu alors contraint de fuir et se réfugier en Libye. avaient péri. Mais craignant des représailles terribles

Le maître de Tripoli n’avait pas hésité : il l’a livré à des Américains, il a grassement indemnisé les fa-

Khartoum où il a été pendu sans procès.

milles des victimes et, pour masquer sa culpabilité,

A partir de cette époque, El Gueddafi a déclenché il a livré à l’Ecosse l’organisateur de l’attentat. Ses

une véritable offensive terroriste contre l’Afrique. pulsions criminelles l’ont poussé jusqu’à arrêter, en

On l’a vu, entre autres, financer des groupes armés 1978, l’imam chiite libanais Moussa Sadr, un respec-

d’opposition en Afrique subsaharienne. Il s’est table vieillard dont il était pourtant l’invité. Avec trois

même mis à jouer à l’apprenti-colonisateur en en- de ses compagnons, il a été assassiné et enterré dans

vahissant le nord du Tchad qu’il a voulu annexer à le désert libyen.

cause de ses ressources en eau. L’armée tchadienne, Contre toute évidence, El Gueddafi avait prétendu,

malgré ses faibles moyens, a mis en déroute les à l’époque, que ce vénérable homme de religion

troupes libyennes pourtant suréquipées. En 1976, il avait quitté la Libye pour l’Italie. Le chef de Tripoli

LE SUMMUM DE LA LÂCHETÉ

La lâcheté de Mouâmmar El Gueddafi s’est manifestée de façon odieuse et inimaginable en 1986.

A cette époque, les Américains décident de le tuer dans un bombardement, dans sa résidence de la

caserne Aziza. Les Soviétiques ont eu vent de l’opération. Ils informent le dictateur libyen sur la date et

l’heure de l’action avec même les itinéraires des bombardiers US. Ils mettent au courant les autorités

algériennes. Ces dernières envoient Mohamed Cherif Messaâdia à Tripoli pour lui transmettre les mêmes

informations. Que fait El Gueddafi ? Il évacue les lieux avec sa femme et ses enfants, mais laisse sur place

une fille handicapée qu’il avait adoptée. La malheureuse meurt sous les bombardements. Le lendemain,

le dictateur exhibe au monde entier le corps de la pauvre fille, dans l’espoir de s’attirer la sympathie de la

communauté internationale. T. B.

PHOTO : D. R.

de plus en plus isolé. «Monsieur El

Gueddafi doit partir», a déclaré le

président français Nicolas Sarkozy

en visite à Ankara. Paris et Londres

proposent au Conseil de sécurité de

l’ONU un projet de résolution prévoyant

«un embargo total sur les armes»,

«des sanctions» et une «saisine

de la CPI pour crimes contre l’humanité»,

selon la chef de la diplomatie

française, Michèle Alliot-Marie.

L’Union européenne (UE) et l’OTAN

se sont concertés en urgence, hier en

Hongrie, pour neutraliser le colonel

libyen. Les pays de l’UE, de leur côté,

ont trouvé un accord quant à la mise en

place d’une zone d’exclusion aérienne

en Libye pour interdire aux avions

militaires libyens de voler si l’ONU

donne son feu vert, selon un diplomate.

Et pour décréter un embargo sur

les ventes d’armes et de matériel de

répression, ainsi que des gels d’avoirs

et des interdictions de visas à l’encontre

de Mouammar El Gueddafi et de

ses proches. Le département au Trésor

des Etats-Unis a par ailleurs appelé les

institutions financières américaines

à être particulièrement vigilantes sur

les mouvements de fonds de responsables

libyens. Le Conseil des droits

de l’homme à l’ONU a réclamé hier,

dans une résolution, la suspension de

la Libye de ses rangs. Au regard de la

situation chaotique dans laquelle se

retrouve la Libye, les évacuations dans

des conditions difficiles par terre, mer

et air se poursuivent. Jusque-là, 40 à

50 000 migrants ont fui depuis lundi la

Libye par les frontières terrestres, selon

l’Organisation internationale pour

les migrations (OIM). Amnay Idir

a même essayé de déstabiliser la lointaine Afrique du

Sud. En effet, quand Nelson Mandela a été libéré, il

a ouvert en Libye des camps d’entraînement pour le

Panafrican Congress (PAC), un parti anti-apartheid

rival de l’ANC, mais qui n’avait aucune base sociale

ou politique. Son objectif était de créer la guerre civile

en Afrique du Sud après la chute du pouvoir

raciste. Il a arrêté net quand le pot aux roses a été découvert.

Mais El Gueddafi a surtout fait une fixation

sur l’Algérie, un pays qu’il a cherché à déstabiliser à

tout prix alors que les dirigeants algériens n’ont eu de

cesse de le couvrir. Comme nous l’avons fait remarquer

précédemment, il a toujours rêvé de créer un

Etat saharien au détriment de l’Algérie. Pour cela, il a

tenté à plusieurs reprises d’armer les populations du

Sud contre le reste du pays, mais celles-ci n’auraient

jamais accepté de marcher dans ses combines et les

avaient dénoncées aux autorités algériennes. Une

fois, ils avaient même arrêté des militaires libyens

qui tentaient de les soudoyer et les ont livrés à l’ANP.

El Gueddafi a fait la chasse aux islamistes libyens

et les pendait sur les places publiques sans aucune

forme de procès.

Ne reculant pas devant les contradictions, il a par

contre appuyé les terroristes du GIA et de l’AIS.

Ces derniers recevaient une formation militaire dans

des camps ouverts à leur intention par le criminel

El Béchir au Soudan. Ils rentraient ensuite en Algérie

en traversant la Libye avec la complicité des

services secrets libyens. Au début des années 1990,

El Gueddafi a également ouvert des camps d’entraînement

de terroristes marocains au sud de Tripoli.

Ce n’est qu’après les attentats du 11 septembre qu’il

a commencé à virer, ayant vu que les Américains

n’ont pas hésité à envahir l’Irak et à arrêter Saddam

Hussein. Ayant eu peur de subir le même sort, il a

fait une volte-face totale pour avoir la paix du côté

de la Maison-Blanche. Aujourd’hui, comme Néron à

son époque avec Rome, il veut brûler la Libye et ses

puits de pétrole. Avant lui, Saddam Hussein, qui doit

sans doute l’inspirer, n’avait-il pas incendié les puits

koweitiens ? T. B.

L

ONU

L’ambassade

de Libye

se rallie

au peuple

’ambassade de Libye auprès de l’ONU, à

Genève, a décidé de se rallier au peuple

libyen et de ne plus soutenir le régime de

Mouammar El Gueddafi, a annoncé hier un

responsable de la mission devant le Conseil

des droits de l’homme de l’ONU. «Nous, dans

la mission libyenne, avons décidé catégoriquement

de représenter le peuple libyen dans

sa totalité», a expliqué le deuxième secrétaire

de la mission. «Nous allons servir de représentants

devant cette auguste instance», a-t-il

assuré aux membres du Conseil réuni pour

une session extraordinaire consacrée à la Libye,

rapporte l’AFP. Peu avant son annonce, le

diplomate libyen avait obtenu des membres du

Conseil qu’ils observent une minute de silence

à la mémoire des «martyrs» de son pays, morts

durant la répression contre la révolte populaire.

«L’histoire nous a appris que la volonté des

peuples est invincible», a-t-il observé.

Plusieurs ambassadeurs libyens ont déjà fait

défection, à l’exemple de ceux en France

et à l’Unesco, dont le siège est à Paris. Ils

ont annoncé ce même jour leur démission

pour condamner «les actes de répression en

Libye» et qu’ils «rejoignent la révolution»

contre El Gueddafi. «On est très heureux

de voir qu’à Genève, comme dans d’autres

capitales, la mission rejoindre le mouvement

d’émancipation en cours en Libye», a décla

l’ambassadeur français Jean-Baptiste Mattéi.

«La France salue le courage des diplomates»,

a-t-il ajouté. De son côté, une représentante

de la Fédération internationale des ligues des

droits de l’homme (FIDH), Julie Gromellon,

a jugé «positif que la mission ait pris

position en faveur du peuple libyen». Jeudi

dernier, l’ambassadeur de Libye en Jordanie,

Mohamad Hassan Al-Barghati, a présenté sa

démission, selon l’AFP citant l’agence officielle

Petra. «Mohamad Hassan Al-Barghati

a démissionné de son poste d’ambassadeur

de Libye en Jordanie en raison de la situation

dans son pays», a indiqué l’agence sans autres

précisions. L’ambassadeur est en poste en Jordanie

depuis 2007. Rappelons que plusieurs

diplomates libyens en poste à l’étranger ont

fait défection pour manifester leur solidarité

avec leur peuple et protester contre la répression

sanglante menée par le despote de Tripoli

à l’égard des manifestants. Entre autres

diplomates, l’ambassadeur de Libye en Inde,

Ali Al-Issawi. Il a annoncé à la BBC avoir démissionné

pour protester contre la violente répression

par le régime des manifestations. Un

diplomate libyen en Chine, Hussein Sadiq Al

Mousrati, a quitté son poste et appelé tous les

membres du personnel diplomatique libyen à

faire de même.

En Suède, trois employés de l’ambassade

libyenne à Stockholm ont annoncé, lundi

dernier, dans une lettre, qu’ils démissionnent

de leurs fonctions pour protester contre les

violences en cours en Libye. «Nous, soussignés,

employés de l’ambassade libyenne à

Stockholm, condamnons le génocide qui a

lieu contre des civils en Libye», écrivent Sayed

Jalabi, Hamid Kassem et Abdelali Mahfouf

dans une lettre envoyée à des médias suédois.

«Nous jugeons la situation intolérable : nous

ne voulons pas être passifs lorsque nous

voyons des gens se dresser contre le tyran

malgré des risques évidents de voir leur sang

couler. C’est pourquoi nous démissionnons en

signe de protestation et appelons les autres

à faire entendre leur voix», ajoutent les trois

signataires. Sayed Jalabi est interprète, tandis

que Hamid Kassem travaille aux services

consulaires. Abdelali Mahfouf est réceptionniste.

Dimanche dernier, le représentant

permanent de la Libye auprès de la Ligue

arabe, Abdel Moneim al-Honi, avait annoncé

sa démission pour rejoindre «la révolution» et

protester contre la «violence contre les manifestants».

A. I.


AFFRÉTÉ PAR LES USA

Un bateau quitte Tripoli

avec 300 personnes

Le bateau aff rété par le gouvernement américain a quitté

Tripoli hier pour Malte, avec «plus de 300 personnes à bord»,

dont la moitié était des citoyens américains, a annoncé

le porte-parole du Département d’Etat, Philip Crowley,

indique le porte-parole dans un communiqué. «Plus de

300 passagers sont à bord, dont plus de la moitié sont des

citoyens américains. Des passagers supplémentaires ont été

ajoutés avant le départ», ajoute-t-il.

El Watan - Samedi 26 février 2011 - 8

L’ÉVÉNEMENT

HASNI ABIDI. Directeur du Cermam de Genève

«Aucun Etat arabe n’est à l’abri»

Le directeur du Centre d’études et de recherche sur le

monde arabe et la Méditerranée (Cermam) à

Genève, Hasni Abidi, analyse la situation que traverse

la Libye et, au-delà, la révolution démocratique qui a

commencé en Tunisie et qui se propage jusqu’au Yémen

et à Bahrein. Il est à préciser que les travaux du

politologue Hasni Abidi portent sur l’évolution politique

au Proche-Orient et au Maghreb.

Propos recueillis par

Nadjia Bouzeghrane

Est-ce que l’ère El Gueddafi, père

et fils est révolue ?

Le régime libyen a perdu les trois

éléments de sa survie. Premièrement, le

contrôle politique et militaire du territoire

libyen dans sa totalité. Secundo, le

socle tribal qui a assuré au régime d’El

Gueddafi une certaine légitimité sociale

et une adhésion populaire depuis

1969. Tertio, le soutien international

sur lequel le régime libyen s’est appuyé

depuis sa réhabilitation internationale

à la suite de la levée des sanctions

onusiennes. La dernière sortie de Seif

Al Islam a constitué la fin politique

d’un homme présenté jusqu’ici comme

l’homme moderne et réformateur de

la Libye et futur numéro un du régime

libyen.

La Libye ne risque-t-elle pas la

guerre civile ?

Nous sommes face à une guerre

contre les civils menée par un régime

prêt à tout pour se maintenir. El

Gueddafi tente depuis le 16 février de

Déclaration de six partis

maghrébins

En ce moment même, nos frères libyens subissent

les aff res d’une répression féroce d’un autre âge. Des

centaines de victimes tombent sous les balles, les

armes lourdes et l’aviation de guerre. C’est une véritable

entreprise d’extermination qui est en marche, elle exige

de nous tous, comme de toute conscience, de se dresser

contre elle et d’agir à tous les niveaux pour mettre un

terme à ce massacre. El Gueddafi est prêt à utiliser

tous les moyens : il dresse les tribus les unes contre les

autres, actionne ses milices et emploie une armée de

mercenaires étrangers.

CET HOMME A PERDU TOUT SENS DE L’HUMAIN

Tout en s’inclinant devant la mémoire des martyrs

et en saluant la marche de nos frères libyens

vers la liberté, la démocratie et la dignité dans le

respect des droits de l’homme, les partis politiques

maghrébins, cosignataires de ce communiqué,

interpellent solennellement et de manière urgente

les gouvernements du Maghreb et les instances

internationales pour tout entreprendre afi n que cesse

cet ignoble massacre qui restera gravé comme une

trace de déshonneur dans la mémoire collective.

Les partis politiques signataires :

Parti démocratique progressiste (PDP, Tunisie)

Mouvement Ettajdid (Tunisie)

Forum démocratique pour le travail et les libertés (FDTL

Tunisie)

Parti du progrès et du socialisme (PPS, Maroc)

Union socialiste des forces populaires (USFP, Maroc)

Front des forces socialistes (FFS, Algérie)

manipuler deux facteurs : les tribus

et les régions. Il a d’ailleurs distribué

des armes pour ouvrir une brèche dans

l’unanimité du peuple contre lui. C’est

l’effet inverse qui se produit, abattre

le régime du colonel est désormais un

élément de consensus. En revanche, la

vacance du pouvoir est susceptible de

créer un vacuum nécessitant une transition

rapide et sereine.

Quelle alternative possible ? Qui

pourrait conduire cette transition ?

A terme, le recours aux élections est

inévitable pour répondre aux aspirations

de la population libyenne. Mais

dans l’immédiat, la Libye possède des

personnalités indépendantes capables

de mener la transition. Il faut noter que

l’opposition libyenne est certes disparate,

mais sa présence est significative

dans la mesure où elle a découvert très

tôt l’exercice de l’opposition au régime,

au lendemain du coup d’Etat militaire

en 1969. On y trouve toutes les tendances,

les islamistes, les monarchistes, les

républicains et les nationalistes.

Que peut faire la communau

internationale, au-dedes condam-

POSTES FRONTALIERS DE DEBDEB, TARAT ET TINALKOUM

Des ressortissants étrangers affl uent

vers l’Algérie

n groupe de 260 ressortissants égyp-

U tiens, ainsi que 11 Irakiens et 3 Syriens,

fuyant la Libye, en raison de la dégradation

sécuritaire dans ce pays, ont rejoint le

territoire algérien, jeudi soir, via le poste

frontalier de contrôle de Debdeb, selon une

source de wilaya. Ce premier contingent,

sur le millier d’Egyptiens attendus dans

les prochains jours à partir de la ville libyenne

frontalière de Ghadames, a été pris

en charge au fur et à mesure de son arrivée

par les services de la police des frontières

de Debdeb, où toutes les conditions ont été

réunies pour faciliter son passage.

Ces passagers étrangers ont été accompagnés

par une équipe spécialement chargée

de leur accueil vers le site d’hébergement

de la commune de Debdeb et celui de la

commune de In Amenas. Une équipe médicale

composée de deux médecins et de

13 infirmiers a été mobilisée et dépêchée

vers le poste de contrôle de Debdeb par

la Sonatrach, pour renforcer le dispositif

médical. Des représentants diplomatiques

des ambassades d’Angleterre, d’Indonésie

et d’Egypte étaient présents vendredi

au niveau du poste de contrôle frontalier de

Debdeb pour accueillir leurs ressortissants

fuyant la Libye, et ont procédé à leur rapatriement

vers leurs pays d’origine, selon la

même source.

D’importants groupes de ressortissants

étrangers, en déplacement en Libye (touristes

et visiteurs), sont également pris en

charge à leur retour, au niveau des postes

de contrôle frontaliers de Tarat (Illizi) et

Tinalkoum (Djanet). Leur retour est facilité

grâce aux mesures et dispositions prises, en

coordination avec les services des daïras de

Djanet et d’Illizi. Le ministre de l’Intérieur

et des Collectivités locales, Daho Ould

Kablia, avait indiqué mercredi que l’Algérie

a autorisé des étrangers, dans l’impossibilité

de quitter la Libye par voie aérienne,

à transiter par ses frontières pour regagner

leurs pays d’origine. «Des personnes étrangères,

ne pouvant pas quitter le territoire

libyen par voie aérienne, se présentent à

nos frontières pour demander à transiter

par l’Algérie pour pouvoir regagner leurs

pays d’origine et nous les autorisons», a

déclaré M. Ould Kablia dans un entretien à

la chaîne de télévision France 24.

(APS)

Tripoli détient 32 milliards de dollars dans

des banques américaines

L

a Libye, riche de ses ressources

en hydrocarbures,

détient des milliards de dollars

sur des comptes bancaires dans

des établissements américains,

selon une note diplomatique

publiée par le site internet WikiLeaks.

Selon ce message, rédigé en

janvier 2010 par l’ambassade

américaine à Tripoli, le fonds

souverain du pays détient 32

milliards de dollars et «plusieurs

banques américaines

gèrent chacune 300 à 500 mil-

nations verbales et des menaces de

sanctions ?

La communauté internationale dispose

d’outils juridiques et politiques

suffisants pour exercer une pression

sur le régime libyen. Le droit d’ingérence

humanitaire est plus que

jamais d’actualité. Le scénario de

l’interdiction du survol aérien offre une

caution politique et militaire aux manifestants.

Nous avons des précédents

importants : l’ex-Yougoslavie de Milosevic,

le Kosovo, et l’Irak sous Saddam.

Vous avez évalué la fortune de

Mouammar El Gueddafi et de sa famille

à 120 milliards de dollars. Que

recouvre-t-elle réellement ?

Les câbles américains évoquent un

montant plus élevé. La famille du guide

a tenu depuis longtemps à opérer des

PHOTO : DR

lions de dollars». Ces informations

avaient été données aux

Etats-Unis, selon l’AFP, par le

responsable de ce fonds (Autorité

libyenne d’investissement),

Mohamed Layas, qui a précisé

que la plus grande partie de ces

32 milliards était conservée

«sous forme de dépôts bancaires

qui vont nous offrir de bons

rendements à long terme».

Face à la répression sanglante

exercée par le régime libyen sur

les insurgés, ces actifs pourraient

devenir la cible de sanc-

placements diversifiés et opaques sous

forme d’actions ou de dépôts dans des

institutions bancaires situées en Asie,

en Europe et dans certains pays du Golfe.

La famille El Gueddafi n’a jamais

fait la différence entre les revenus de la

Libye et sa fortune personnelle.

Des actions pour la geler ont-elles

été entreprises ?

Nous sommes encore au stade des

demandes. Seule une autorité libyenne

est en mesure de saisir les juridictions

internationales. Certains Etats ont anticipé

une éventuelle requête par le

blocage des fonds libyens.

Comment expliquez-vous ce mouvement

de révolte démocratique qui

couvre tout le Maghreb et le monde

arabe ?

Ce mouvement s’explique par la fin

d’une longue dépression qui a frappé

le monde arabe. Des conditions économiques

et sociales insupportables

et l’absence de perspectives sont des

facteurs de révolte et de soulèvement.

Le monde arabe est la seule région au

monde qui est restée en retrait face à

aux vagues successives de démocratisation.

C’est une soif de liberté qui

est la locomotive d’une exigence, non

pas de réformes, mais de changement

radical qui prévaut dans le monde arabo-musulman.

Une région frappée par

un immobilisme qui a fini par produire,

à son tour, des secousses inattendues,

avec des conséquences sur le système

régional et international.

L’Arabie Saoudite peut-elle être

touchée également ?

tions internationales. Aucune

annonce dans ce sens n’a été

prise, mais les autorités américaines

ont récemment gelé les

actifs de dirigeants de l’Iran,

du Zimbabwe ou encore du

larus.

«Nous disposons d’un large

éventail d’outils», a déclaré,

jeudi dernier, Philip Crowley,

porte-parole du département

d’Etat, citant les sanctions financières

comme une possibilité.

Selon les propos de M.

Layas, le fonds souverain libyen

Aucun Etat arabe n’est à l’abri. Les

monarchies ne sont pas immunisées

contre les soulèvements populaires.

L’Arabie Saoudite craint un basculement

du voisin yéménite et le renforcement

de la majorité chiite à Bahreïn

sur ses propres citoyens chiites qui se

trouvent à l’est du royaume.

La révolte arabe annonce-t-elle un

nouvel ordre international ? Qu’estce

qui pourrait changer ?

Une révolution dans le mode de

pensée. La perception internationale

de l’espace arabo-musulman est restée

longtemps figée. Elle pèche par un

excès de confiance et par un soutien

inconditionnel aux despotes. Elle a

accompagné les régimes politiques au

détriment des dynamiques sociales et

économiques. L’Occident est à la recherche

d’une approche novatrice dans

sa relation avec le Sud. Une mission

difficile, celle de devoir composer avec

des élites nouvelles et sans complexes,

mais surtout légitimes.

Quel devenir pour la question palestinienne

à l’aune de ce bouleversement

régional ?

Les régimes arabes ont fait de la

cause palestinienne un fonds de commerce

interne pour repousser les chantiers

de réformes au nom de la grande

cause, balayer les critiques ou attirer la

sympathie des grandes puissances. Le

résultat est sans appel : une faillite économique

et sociale et des concessions

sans limites dans un processus de paix

en panne chronique.

N. B.

a accusé des pertes après le

dépôt de bilan de la banque

d’affaires américaine Lehman

Brothers en septembre 2008, et

a été approché par les financiers

américains Bernard Madoff

et Allen Stanford, le premier

condamné pour escroquerie, le

second poursuivi pour les mêmes

raisons.

Les investissements du fonds

se situent essentiellement «à

Londres, dans la banque et

l’immobilier résidentiel et d’entreprise»,

avait-il précisé.


El Watan - Samedi 26 février 2011 - 9

L’ÉVÉNEMENT

DES MILLIERS DE TUNISIENS HIER DANS LA RUE

Une marche pour protéger

la révolution

● Les manifestants réclament l’élection d’une Assemblée constituante et l’instauration

clipsée par l’ampleur des

événements en Egypte E puis en Libye, la Tunisie

revient au-devant de la scène.

De peur de se faire «voler»

leur révolution, des centaines

de milliers de manifestants ont

investi les rues de Tunis pour

exiger le départ du gouvernement

Ghannouchi.

La Casbah, haut lieu de la

révolution qui a fait chuter le

régime de Ben Ali, était noire

de monde, hier. Selon la police,

100 000 personnes réclamaient

à pleine gorge «la démission du

gouvernement Ghannouchi, de

la Chambre des députés et de

d’un régime parlementaire.

la Chambre des conseillers» et

appelaient à «l’élection d’une La rue tunisienne exige le départ de tous les représentants de l’ancien système

Assemblée constituante et l’instauration

d’un régime parlementaire».

Il s’agit de la plus

importante manifestation depuis

la chute de Ben Ali, le 14

janvier.

Les Tunisiens ont réclamé également

«la constitution d’un

gouvernement de salut national

et l’assainissement des établissements,

des organisations, des

associations et des syndicats

de Ben Ali et de sa famille du

pouvoir. Ils veulent «nettoyer»

toutes les institutions du pays de

tous les symboles de l’ancien

régime et mettre en place un

nouveau régime démocratique

avec de nouvelles institutions.

Les banderoles et pancartes

déployées à la Casbah, lieu de

la manifestation, le montrent

assez bien. «Sit-in jusqu’à la

dissolution du gouvernement» ;

volution jusqu’à la victoire» ;

«En avant les braves de la

liberté» ; «Nous arracherons

la répression de notre terre»

; «Ghannouchi, prends tes

chiens et démissionne» ; «Non

à la confiscation de la révolution»,

a indiqué l’AFP. En fait,

c’est une lutte permanente que

livrent les Tunisiens contre un

système qui s’est mis en place

depuis plus de deux décennies.

politiques et sociales d’opposition.

Le 14 février dernier, un

Conseil national pour la protection

de la révolution (CNPR)

regroupant des partis politiques

et organisations a été créé. Dans

sa déclaration de fondation, le

CNPR a mis en garde contre

l’avortement de la révolution

qui a déposé Ben Ali. «La création

d’un Conseil national pour

la protection de la révolution,

des membres impliqués dans «Ghannouchi, dégage !» ; «Ça Mohammed Ghannouchi a été en signe de fidélité aux mar-

la corruption et la promulga- suffit avec les mises en scène» ; le Premier ministre de Ben Ali tyrs, en concrétisation des astion

d’un nouveau code de la «Honte à ce gouvernement !» depuis 1999.

pirations du peuple tunisien,

presse et d’une nouvelle loi Ce sont autant de slogans scan- Le président par intérim, Fouad en consécration des principes

électorale».

dés. D’autres manifestants ont Mebezaa est également un des de sa révolution et pour éviter

Les Tunisiens, qui ont le mérite brandi des banderoles sur les- caciques de l’ancien régime. Le les dangers pouvant découler

d’avoir sonné le glas des dictaquelles est écrit : «Ghannouchi, gouvernement dit «d’union na- de son avortement et surtout le

tures arabes, ne veulent pas se ton insistance montre que tu tionale» est largement contesté vide», a souligné le communi-

laisser berner par le seul départ caches ta mauvaise foi» ; «Ré- par les Tunisiens et les forces qué du Conseil. H. O.

LES ÉGYPTIENS N’EN VEULENT PLUS

Le départ du gouvernement exigé

’emblématique place Tahrir, au Caire, a

L renoué hier avec la mobilisati on populaire.

Des milliers d’Egyptiens ont investi

les rues du Caire pour célébrer dans la lutte

la «révolution du 25 janvier». Ils réclamaient

la dissolution du gouvernement de Ahmed

Chafic et la mise en place d’un nouveau

gouvernement «composé de technocrates et

en finir avec tous les caciques de l’ancien régime».

Comme en Tunisie, les Egyptiens, qui

ont fait tomber «le pharaon» du Caire, restent

fortement mobilisés pour faire aboutir leur

révolution. «Le gouvernement de Chafic est

inféodé au régime corrompu», proclamaient

les milliers de manifestants, hier à la place

Tahrir, haut lieu de la contestation populaire.

Le gouvernement de Chafic, désigné par

Moubarak quelques jours avant sa chute, a

IRAK

Mort de sept manifestants

conservé en son sein des figures réputées

proches de l’ancien dictateur, dont l’actuel

Premier ministre et le ministre des Affaires

étrangères. Son remaniement partiel mercredi

passé n’a pas convaincu les Egyptiens.

Les manifestants ont demandé également

«la dissolution des redoutables services de

sécurité d’Etat, la constitution des instances

judiciaires indépendantes pour le jugement

des ordonnateurs et exécutants des assassinats

et de tortures des manifestants lors du

soulèvement contre le régime». La coalition

des jeunes de la révolution qui a appelé à la

manifestation a exigé par la même occasion

«la libération de tous les détenus politiques».

Pour tenter de se donner un semblant

de crédibilité, l’équipe de Chafic a mis en

prison des barons du régime de Moubarak.

Des manifestants furieux ont lancé des pierres sur les forces antiémeute vendredi à

Baghdad, au moment où des milliers d’Irakiens sont descendus dans la rue à travers le

pays pour une «journée de colère» contre le gouvernement marquée par des heurts

ayant fait sept morts. Quelque 5000 manifestants s’étaient rassemblés sur la place

Tahrir à Baghdad. S’inspirant des révoltes en Tunisie et en Egypte, un mouvement

dénommé «La révolution de la colère irakienne» a appelé via facebook à manifester

pour exiger «le changement, la liberté et une démocratie véritable». La majorité des

organisateurs insistent sur leurs seules revendications de «réformes». «Il ne s’agit

pas de faire tomber le gouvernement», soulignent-ils dans un communiqué.

L’ancien puissant ministre de l’Intérieur,

Habib Laadeli, celui du Tourisme, Zoheir

Jarana et celui de l’Habitat, Ahmed El

Magharbi ainsi que l’homme de main de

Gamal Moubarak, l’affairiste Ahmed Aiz.

La liste s’est allongée après l’arrestation du

ministre de l’Information, Anes El Faki, et

le président de l’Union des radios et télévisions,

Oussama Cheikh. Le gouvernement

a présenté solennellement «des excuses»

au peuple et le Conseil suprême des forces

armées qui dirige le pays a nié «toute existence

d’une contre-révolution». Insuffisant,

jugent les Cairotes. «Sans le départ de tous

les hommes qui ont servi sous le régime de

Moubarak, nous allons continuer à manifester»,

scandent les manifestants au Caire. Ils

réclament également «la dissolution du Parti

national démocratique et le jugement de tous

ceux qui sont impliqués dans la corruption

et la dilapidation des richesses du pays».

Des revendications appuyées par le leader

de l’opposition, Mohamed El Baradei, qui

a déclaré que «la corruption ne concerne

pas seulement les hommes de seconde zone.

Nous n’avons pas vu jusqu’à présent la mise

en cause des barons du système». Il a exigé

par ailleurs, «la mise en place d’une nouvelle

Constitution». Par ailleurs, la manifestation,

qui a duré toute la journée, a été une occasion

pour les Egyptiens d’exprimer leur solidarité

avec les mouvements de contestation

qui secouent la Libye, le Yémen, la Jordanie,

le Bahreïn et l’Irak. R. I.

PHOTO : D. R.

L

BAHREÏN

L’opposition

reste

mobilisée

es manifestants à Bahreïn ont maintenu leur pression sur le

régime hier, et le plus haut gradé américain l’amiral Mike

Mullen en visite à Manama a encouragé les «changements»

engagés par la monarchie selon l’AFP. Des centaines de manifestants

ont prié ensemble sur la place de la Perle dans le centre de

capitale bahreinie, alors que des religieux chiites avaient appelé à

commémorer la mémoire de sept personnes tuées au début de la

révolte. L’amiral Mike Mullen, chef d’état-major interarmées, en

tournée dans le Golfe depuis le 20 février, a rencontré jeudi soir

le roi Hamad ben Issa Al-Khalifa et le prince héritier, Salman ben

Hamad Al-Khalifa, avant de partir hier pour le Koweït.

Mais les formations de l’opposition, dominée par les chiites, ne

semblent pas vouloir d’une chute du régime.Ils demandent des

réforme, dont une «véritable» monarchie constitutionnelle. Un

religieux chiite, Abdel Jalil Al Moqdad a déclaré : «Nous voulons un

régime parlementaire et démocratique, un régime où le Parlement

serait élu par le peuple et qui formerait le gouvernement». Il a nié

tout caractère confessionnel des protestations. Et d’observer : «Le

peuple ne fait que demander la démocratie et une distribution équitable

des richesses et ces demandes concernent tout le peuple.» R. I.

JORDANIE

Manifestations

pour exiger des réformes

ix mille personnes, selon les organisateurs, 6000, selon la

D police, sont sorties manifester hier dans le calme à Amman

à l’appel de l’opposition islamiste et 19 partis et groupes de la

société civile, rapporte l’AFP. Ils réclament des réformes constitutionnelles.

«Toute la Jordanie veut des réformes constitutionnelles

urgentes, un gouvernement parlementaire et un vrai parlement

représentatif du peuple», a déclaré cheikh Hamzeh Mansour, chef

du Front de l’action islamique (FAI) principal parti d’opposition et

émanation des Frères musulmans. Les manifestants ont lancé des

slogans pour dénoncer la «corruption à tous les niveaux» et pour

un «retour à la Constitution de 1952». La Constitution adoptée en

1952 par le roi Talal, grand-père du roi Abdallah II, est amendée

29 fois depuis, donnant des pouvoirs plus grands à la monarchie.

«Nous voulons des réformes, une vraie monarchie parlementaire»,

a indiqué de son côté un syndicaliste, Maissara Malass. Dans le

reste du pays, près de 2000 personnes ont manifesté notamment à

Irbid (nord) et Karak (sud) pour dénoncer la corruption et appeler

à des «réformes sérieuses». Les manifestations ont commencé en

Jordanie en janvier pour protester contre l’augmentation du coût

de la vie. Elles prennent une nouvelle dimension après le départ du

président tunisien Zine El Abidine Ben Ali le 14 janvier. En effet,

les manifestants réclament des réformes politiques et la chute du

gouvernement. Le roi a limogé le 1er février son Premier ministre

pour calmer la rue et s’est engagé à des réformes. R. I.

ARABIE SAOUDITE

Un budget pour calmer

la tension sociale

e roi saoudien Abdallah a annoncé, mercredi dernier, une aide

L sociale de 36 milliards de dollars. Mais ce geste pourrait être

insuffisant pour ceux de ses sujets qui réclament une participation

politique. Les mesures prises visent notamment à aider les jeunes

Saoudiens en quête d’emploi, à accroître la protection sociale

des couches sociales les plus défavorisées et à annuler les dettes

des emprunteurs décédés ou en prison. L’auteur et analyste Mai

Yamani, basée à Londres, a déclaré à l’AFP que le roi tente, par

ces mesures, de «soudoyer» ses 25 millions de sujets. Ces mesures

doivent aussi permettre d’accélérer la construction de logements,

d’augmenter les crédits à l’éducation et le financement des associations

caritatives, culturelles et sportives. Le coût de ce train de

mesures sera facilement supporté par le royaume, dont les réserves

atteignent 450 milliards de dollars. Pour Mme Yamani, «ce système

d’Etat rentier n’est plus viable», comme «cette manière de payer

les gens pour les faire taire ne marche plus». Neuf militants ont

annoncé, ce mois-ci, sur leur site web, avoir créé le premier parti

politique saoudien, bravant ainsi l’interdiction en place dans ce

royaume ultra-conservateur, mais cinq d’entre eux ont été arrêtés.

Le 17 février, le prince Talal ben Abdelaziz Al Saoud, connu pour

ses appels à plus de démocratie, avait estimé que l’Arabie Saoudite

pourrait, elle aussi, être touchée par les troubles qui embrasent le

monde arabe. «Tout peut arriver si le roi Abdallah n’engage pas un

programme de réformes politiques», a-t-il déclaré à la BBC. R. I.


El Watan

Samedi 26 février 2011 - 11

ARTS LETTRES &MARSEILLE-PROVENCE CAPITALE DE LA CULTURE EUROPÉENNE 2013

FRONTON

Jasmins à la harissa

PAR AMEZIANE FERHANI

Ils résonnent encore dans notre mémoire scolaire

ces vers d’Abou El Kacem Chebbi (1909-1934) dont

les deux premiers seulement figurent à la fin de

l’hymne national tunisien : «Lorsqu’un jour le peuple

veut vivre, Force est pour le destin de répondre, Force

est pour les ténèbres de se dissiper, Force est pour les

chaînes de se briser» (c’est bien plus beau en arabe).

Avec la dénommée Révolution de Jasmin, on voit que le

grand poète, mort à 25 ans, avait assuré leur longévité.

Et, si l’on ne sait pas encore où s’achemine l’histoire de

nos voisins (pas plus d’ailleurs que la nôtre ou celle du

monde), il est une chose, en tout cas, qui semble

prendre un chemin parfumé : la culture. Ainsi, le

nouveau ministre en charge, Azzedine Bechaouch, a

déclaré : «Il n’y aura plus jamais de censure dans tous

les domaines de la culture». Dans la foulée, il a

annoncé la dissolution des comités de lecture qui

veillaient au verrouillage de l’expression, à la grande

joie des artistes durement réprimés lors de leur

rassemblement du 11 janvier, devant le Théâtre

municipal de Tunis.

Depuis, un vent souffle. Un mois après la fuite des Ben

Ali, l’événement a été célébré par de nombreux

concerts, dont le premier a eu lieu à Kasserine, point

de départ de la révolte. On y a revu le rappeur El

Général Lebled, incarcéré pour sa chanson Président,

ton peuple est mort. Partout, sont annoncées des

manifestations culturelles.

Des pièces de théâtre censurées sont en cours de

montage. Bref, un renouveau culturel se profile,

enthousiaste et joyeux.

Cela dit, il ne serait pas juste de noircir le tableau en

affirmant que la Tunisie d'«avant» était un no culture

land. La mise en valeur magnifique de son patrimoine

et la vivacité de ses artisanats sont des atouts

importants. Des festivals prestigieux, comme celui de

Carthage (30 ans d’existence), sont d’un

professionnalisme remarquable. Le réseau de galeries

d’art est sans doute le plus dense du Maghreb. La

musique, la chanson et le cinéma comptent de grands

noms, le théâtre aussi, la littérature moins – la plus

lésée par les interdits – et la formation artistique est,

dit-on, diverse et de bon niveau. De tout cela, il n’y a

pas beaucoup. Mais ce qui existe est généralement de

qualité, même si un certain élitisme affecte presque

toutes les disciplines et que nombre de créateurs se

sont mis en hibernation ou en exil. Durant des

décennies, l’expression culturelle a souvent été

instrumentalisée au profit du tourisme, comme un

faire-valoir ornemental. Bien sûr, l’absence de

censure n’est pas un gage de qualité artistique mais

l’art ne peut vivre sans liberté. La Tunisie renferme un

formidable potentiel culturel et, maintenant que les

deux vers de Abou El Kacem Chebbi, non retenus dans

l’hymne national, prennent tout leur sens, le charme

suave et immaculé des jasmins peut se doubler de la

véracité et du piquant de la harissa.

ZESTE D'ÉCRITURE

«La terre, dans son inlassable fidélité,

donnait toujours les mêmes récoltes ; au

souk, le vendredi, on vendait toujours le

même grain. Les vieux mouraient usés par

le labeur. A leur place, les jeunes se

rivaient au sol, sans enthousiasme, sans

espoir, avec une indicible résignation. Ils

perpétuaient l’espèce.»

Mourad Bourboune

Le Mont des genêts

DE MARSEILLE, A. F. née. Ainsi, les anciennes huileries

L’Abeille, 36 000 m

Un titre en clin d’œil à la

fameuse série télé qui, de

manière emblématique,

et au dede ses péripéties

conformes au genre,

a placé Marseille sous les

feux de la rampe, lui assurant

une visibilité permanente

auprès de larges auditoires et

rénovant son image surranée et rabâchée

d’espadrilles et de bouillabaisse. Plus

belle la ville ? Non, en fait il ne s’agit pas

seulement de rendre Marseille plus belle,

d’autant que ses beautés légendaires sont

bien présentes, agrémentées par un soleil

qui fait défaut, en cette fin février, au

reste de la France. Il ne s’agit pas non

plus de Marseille seulement, puisque

l’immense projet de capitale européenne

de la culture implique tout l’arrière-pays,

cette Provence aussi légendaire que son

avant-garde maritime, l’une indissociable

de l’autre. Avant-hier se tenait donc la

conférence de lancement de cet événement,

à la future Cité des arts de la rue.

Le choix du lieu n’a sans doute pas négligé

sa portée symbolique. Il exprime

bien l’évolution d’une ville devenue la

deuxième la plus peuplée de France et le

premier port de France et de Méditerra-

2 Plus belle la ville ment urbain. Dans l’ancien hangar, près

, vestige des manu- de cinq cents invités. Les médias bien enfactures

agro-alimentaires, revivront désormais

à travers l’art contemporain urbain.

Une manière de souligner les changements

opérés et d’affirmer ceux à venir.

L’emplacement de cette Cité des arts

de la rue est un autre symbole, car elle se

situe sur les hauteurs banlieusardes à forte

concentration immigrée. Coup doutendu,

mais également des représentants

d’associations et d’institutions culturelles,

des artistes, des représentants de médias

nationaux, tels Olivier Poivre

d’Arvor, directeur général de radio France

Culture... Sur le podium, plusieurs

personnalités politiques : le maire de

Marseille, Jean-Claude Gaudin (UMP),

ble : mettre en avant la volonté d’assumer le président de la communauté urbaine,

un cosmopolitisme culturel, typique des Eugène Caselli (PS), le vice-président

du Conseil général des Bouches-du-Rhô-

A travers les arts,

l’antique Massalia

compte réunir l’Europe

et la Méditerranée.

ne, Michel Pezet (PS), le maire d'Arles,

Hervé Schiavetti (PCF), le président de

la région Provence-Alpes-Côte d'Azur,

Michel Vauzelle (PS) et la maire d'Aixen-Provence,

Maryse Joissains (UMP).

Parmi eux, Jacques Pfister, président de

la Chambre de commerce et d’industrie

régionale et de l’association Marseille

Provence 2013 et Bernard Latarjet, di-

grandes métropoles, notamment portuairecteur général de l’association, chef

res et répartir les institutions culturelles d’orchestre de l’événement, dont l’excel-

sur l’entièreté de l’espace urbain quand lente réputation d’administrateur culturel

elles demeurent surtout localisées au s’appuie sur une riche expérience : Ciné-

centre-ville. Cela n’est pas sans impormathèque française, Parc de la Villette,

tance pour une ville qui s’est constituée Fondation de France, cabinet Jack Lang

par l’agglomération d’une centaine de ainsi qu’en tant que conseiller technique

villages et hameaux, mosaïque encore vi- à la culture et aux grands travaux au sesible

qui en fait le charme mais pose des crétariat général de la Présidence.

problèmes d’intégration et de développe-

Suite page12

MAIS ENCORE...

■ À L’AFFICHE Suite Marseille-Provence 2013 , capitale de la culture européenne 12

■ À LA VOLÉE Ziani Chérif Ayad/ Julian Assange/ Ouaga, c'est parti !/ Mouloud Feraoun/ Babor Autralia... 13

■ À VRAI DIRE Mohamed Sari, traducteur et écrivain : «Je me revendique écrivain réaliste» 14

■ À LA PAGE Poste restante : à la mémoire de Djamel Souïdi/ Expo Mario Vargas Llosa/ Abecedarius 15

■ À l'ECRAN Décryptage cinéma : Adaptation ou adoption ?/ M. Lakhdar Hamina et le cinéma africain 16

Pour écrire à Arts & Lettres, bienvenue sur notre adresse email : arts-lettres@elwatan.com

PHOTO : DR


Les élus se sont tous attachés à signaler leur

plein engagement dans le projet, mais aussi

leur entente écornée par des bruits de dissensions.

Le maire de Marseille a ainsi déclaré :

«Les alarmes de certains sont désormais dissipées…

Il n’y a pas de rivalités politiques

dans cette affaire et c’est assez rare pour que

je le souligne». L’intervention de la maire

d’Aix-en-Provence était attendue, car on la donnait

comme désireuse de ne pas participer. Elle a affirmé que

les clivages politiques nationaux n’avaient pas toujours

cours à l’échelon local où des élus d’obédiences différentes

et opposées peuvent défendre des programmes.

Les risques politiques «passés», il a été possible d’aborder

le programme de Marseille-Provence 2013 et surtout

ses lignes de stratégie car, d’emblée, Latarjet a précisé

que les éléments exposés ne constituaient «ni un programme,

ni même un pré-programme, mais un état

d’avancement du programme». Si l’appel à projets a été

clôturé en juin 2010, la plupart des événements ou actions

nécessitent des affinements, des montages financiers,

des recherches de complémentarités, etc. C’est

donc surtout une démarche, une ossature de la programmation

et un planning qui ont été livrés. Les 2200 projets

déposés font l’objet d’études relatives à leur sélection

(inscription dans la démarche, originalité, compétences

et talent des postulants…) mais également à leur faisabilité

(moyens, lieux, dates…). Un travail intense est mené

à cet effet par l’association MP13 qui a été constituée et

qui regroupe les acteurs institutionnels majeurs de l’événement.

En son siège, la Maison Diamantée, nommée

ainsi pour sa façade couverte de carrés de pierres biseautés

tels des pierres précieuses, l’une des plus vieilles demeures

de Marseille (XVI e siècle), la cinquantaine de

personnes employées par le projet ne se roulent pas les

pouces. Sous les poutres impressionnantes, dans cette

atmosphère architecturale du Moyen-âge, les ordinateurs

triturent, à longueur de journées, les informations

et messages. Ici, se préparent les analyses soumises au

Conseil d’administration de l’association ainsi qu’aux

groupes territoriaux. Deux prochaines étapes ont été annoncées

: la publication du pré-programme à la fin 2011

et du programme définitif au début de l’automne 2012,

soit à quelques mois du grand jour. On estime qu’environ

500 projets seront retenus. Pour l’instant, deux critères

essentiels sont passés en revue : un juste équilibre

territorial des manifestations et le respect des contraintes

budgétaires.

L’argent est aussi de rigueur et, en ces temps de fortes

restrictions budgétaires en France, les organisateurs de

l’événement se montrent toutefois optimistes. Ils ont dégagé

un budget de 90 millions d’euros, auxquels viennent

s’ajouter les 800 millions d’investissement en infrastructures

et équipements culturels car, au bout du

compte, c’est l’après 2013 qui est ciblé. De grands architectes

ont été mis à contribution et les travaux en cours

El Watan - Arts & Lettres - Samedi 26 février 2011 - 12

MARSEILLE-PROVENCE CAPITALE DE LA CULTURE EUROPÉENNE 2013

●●●

Les liens avec les

capitales du

bassin

méditerranéen

seront renforcés

par des actions

culturelles

diverses. Alger

figure en bonne

place dans ce

dispositif.

De haut en bas :

l'ancien logo de

la manifestation.

Projection

futuriste de

Marseille avec,

au fond, la tour

déjà réalisée

par Zahia Hadid

seront à l’heure, affirme-t-on. Les institutions culturelles

existantes, porteuses de projets ou les accueillant, contribuent

à ce financement en apportant des contributions

financières, matérielles et professionnelles. A cela, viennent

s’ajouter les mécénats ; la Poste et la Société marseillaise

de crédit se sont déjà alignées et d’autres seraient

sur le point de le faire. Le président de l’Association,

qui dirige par ailleurs la Chambre de commerce et

d’industrie, est un atout pour convaincre les entreprises

de participer à un événement dont les retombées économiques

peuvent être énormes. Ulrich Fuchs, directeur

général adjoint de l’association, qui a participé à l’organisation

en Autriche de «Linz, Capitale de la culture

européenne », nous déclare : «Les retombées économiques

ne portent pas seulement sur le tourisme. Un tel

événement culturel apporte des changements intangibles

sur la visibilité et l’image d’un territoire. Indirecte-

ment, un tel effort culturel, aussi concentré, peut faire

gagner à une ville ou un territoire dix ans de développement.

C’est un catalyseur de développement urbain.» Il nous

relate par ailleurs cette anecdote : «Lors de la création

de l’association, nous avons été clairs. Un jeune Marseillais

nous avait demandé ce que nous comptions faire

pour le transport urbain. Nous avons été clairs. Nous lui

avons répondu : rien ! Ce n’est pas nous qui allons faire

quelque chose. Mais l’effet de notre action peut générer

des effets concrets. Beaucoup de collectivités ont avancé

ou activé des projets socio-économiques pour les faire

coïncider avec l’événement. Tenez, le Mucem (Musée

des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée, son

ouverture était prévue en avril 2009. Les travaux traînaient…

Eh bien, la candidature a accéléré les choses.»

En ville, les Marseillais attendent. Ils ont déjà sous les

yeux des travaux importants de construction ou de réha-

À L'AFFICHE

PHOTOS : DR

bilitation d’équipements urbains, des chantiers de restauration

de monuments historiques… Un ancien opticien

du centre se déclare complètement enthousiaste.

Pour lui, un tel événement ne peut que relancer le commerce

et donner du tonus à Marseille. Une institutrice à

la retraite, vivant dans le Panier, la Casbah de Marseille,

et portée sur l’ésotérisme, voit dans la coïncidence de

l’année 2013 avec l’identifiant minéralogique des

Bouches-du-Rhône, le 13. Elle n’a peut-être pas si tort

puisque depuis 2009, où il est permis en France de choisir

son numéro de département, c’est le 13 qui vient en

tête au niveau national ! Un chauffeur de taxi, en revanche,

ne voit là qu’une «marmelade inutile» et quand je

lui fais remarquer que le nombre de manifestations va

multiplier les courses, il ajoute : «Ouais… ». Comme

souvent dans ce type de manifestations, des accusations

de négligence des artistes locaux ont été portées. Comme

souvent, et c’est de bonne guerre, une manière de faire

pression au moment des sélections. Certains ont parlé de

parisianisme ou imaginé un conflit entre culture locale et

culture universelle, une sorte de match posthume entre

Pagnol et Wahrol.

L’association se défend de ces accusations, signalant que

la quasi-majorité des dossiers déposés émanent du territoire

de l’événement. En tout cas, la démarche retenue

brille par sa rigueur. Cinq objectifs ont été retenus : enrichir

la coopération culturelle euro-méditerranénne ; développer

l’activité comme force de renouveau durable

des Cités ; accroître l’attractivité du territoire et son

rayonnement international ; faire participer le plus grand

nombre aux activités et manifestations ; enfin rassembler

les territoires, les responsables et les institutions

dans une construction collective et solidaire du développement

culturel.

Pour mener à bien ces objectifs, trois alliances, reconnues

comme difficiles par les organisateurs, ont été définies.

Entre «l’exigence artistique dont dépendent la

reconnaissance et la notoriété européenne et l’exigence

populaire dont dépendent l’adhésion et la participation

des citoyens». Entre «la dimension internationale inhérente

au statut de capitale et l’ambition locale de transformation

urbaine par la culture». Entre «le caractère

exceptionnel de certains des événements marquants de

l’année et la volonté d’un développement durable de

l’activité». Des équilibres donc à maintenir avec attention,

ce qui explique que les organisateurs veulent prendre

tout le temps nécessaire d’une bonne programmation.

La dimension méditerranéenne est revenue plusieurs

fois lors de cette conférence sous le leitmotiv du

«partage des Midis». Michel Vauzelles a notamment

déclaré : «Lorsque la moitié de la famille est à Alger et

l’autre moitié ici, nous ne sommes plus en voisinage

mais en cohabitation. Nous devons faire en sorte que

l’événement soit Marseille-Provence-Méditerranée»

Et, s’inscrivant dans l’actualité du monde arabe, il ajoutera

: «Nous soutenons les combats pour la liberté dans

le respect des indépendances».

Sous le thème général «Méditerranée, le partage des

Midis», on compte trois projets se déroulant toute l’année

: Les ateliers de l’Euro-méditerranée, les actions de

participation citoyenne et les festivals du territoire dont

on dénombre 300 en été seulement ! Viennent ensuite

quatre thématiques déclinées chacune en projets structurants,

expositions et ouvertures de lieux culturels. Il

s’agit de : «Marseille-Provence accueille le monde, La

cité radieuse, L’art prend l’air, Révélations». Dans cette

approche, les liens avec les capitales du bassin méditerranéen

seront renforcés par des actions culturelles diverses.

Alger figure en bonne place dans ce dispositif.

Les organisateurs y tiennent particulièrement pour des

raisons évidentes : humaines, du fait de la grande communau

marseillaise originaire d’Algérie, commerciales,

les deux ports étant fortement liés. Et Alger, en plus

de ces mêmes raisons, souhaite donner à ses arts et sa

littérature une diffusion à l’échelle européenne. Une

convention-cadre a été signée entre l’association MP13

et l’AARC. Les artistes algériens vivant à Marseille espèrent

y figurer. En attendant, les chantiers de 2013 redonnent

à la ville phocéenne une ardeur qui commence

à se voir. A. F.

Site à consulter : www.marseille-provence2013.fr


BRÈVES… ET AUTRES NOUVELLES

THÉÂTRE

Ziani Chérif Ayad

Le metteur en scène Ziani Chérif

Ayad donnera une conférence de

presse au siège de notre journal, demain,

dimanche 27 février 2011 à

14 h. Il abordera l’ensemble du

théâtre algérien à travers sa situation

actuelle, ses enjeux et ses perspectives.

Ziani Chérif Ayad, connu

pour ses productions et son palmarès,

a toujours développé, parallèlement

à son travail sur les planches,

une réflexion sur l’art dramatique

en Algérie et dans le monde. Il a

notamment travaillé sur ses prédécesseurs,

depuis les pionniers

jusqu’aux innovateurs, tels que Abdelkader

Alloula, qui se sont basés

sur les formes traditionnelles d’expression

pour créer un théâtre moderne.

La conférence est destinée

aux journalistes de tous médias.

BIOGRAPHIE

Le père de WikiLeaks

Inititulé L’enfance d’un chef hacker

underground, la biographie de

Julian Assange vient de paraître en

France. L’ouvrage raconte la genèse

de ce personnage mystérieux,

créateur du site WikiLeaks qui faisait

partie d’une élite particulière

estimée à 20 adolescents répartis

dans le monde et capables de pirater

les sites les plus protégés et surveillés

au monde comme ceux de la

CIA, de la NASA ou d’institutions

officielles dites sensibles. Le livre

ne relate en fait que la première

partie de la vie de Julian Assange,

puisqu’il s’agit de la traduction

d’un livre qu’il a écrit lui-même en

1997, avec une journaliste hightech,

Suelette Dreyfus. L’ouvrage

permet de découvrir les débuts du

grand pirate. Le monde de l’édition

en France est complètement dépité

que ce soit une petite maison, les

éditions de l’Equateur, qui ait obtenu

le contrat. Les spécialistes des

transactions éditoriales ont essayé

d’estimer le prix faramineux de ce

contrat. «C’était un accord plus intellectuel

que financier » a décla

le responsable des éditions de

l’Equateur, Olivier Frébourg qui a

ajouté : «et surtout, nous avons été

les seuls à demander le livre en

France !» De quoi faire enrager les

grosses cylindrées de l’édition

française.

CINÉMA

Ouaga, c’est parti !

La 22 e édition du Festival panafricain

du cinéma et de la télévision

(Fespaco) de Ouagadougou ouvre

aujourd’hui et se tiendra jusqu’au 5

mars sous le thème «Cinéma africain

et marchés», avec 28 pays participants,

111 films en compétition

officielle et 84 en hors compétition.

Des débats auront lieu sur les problèmes

de financement, de production

et de diffusion en Afrique. Les

films en compétition portent sur

sept catégories (long métrage, court

métrage, télé vidéo fiction, série

télé vidéo, documentaire, films de

la diaspora et films des écoles africaines

de cinéma).

En hors compétition, cinq sections

sont au programme. Dans cette

grande fête biennale, espérons que

les 22 films algériens présents glaneront

quelques distinctions. Mais

il y a fort à parier que Ouaga aura

demain l’œil sur les Oscars…

BEYROUTH

Ballet d’actualité

El Watan - Arts &Lettres - Samedi 26 février 2011 - 13

La 2 e édition de la «Arab Dance

Platform» se tiendra à Beyrouth du

20 au 24 avril 2011. Elle est organisée

par la Leymoun-Arab Contemporary

Dance Network en collaboration

avec le Maqamat Dance

Theatre de Beyrouth. Les inscriptions

seront clôturées le 28 février

2011 auprès de cette institution artistique.

Pour sa deuxième édition,

des chorégraphes et jeunes artistes

de nombreux pays arabes ont été

invités à présenter leurs travaux, à

assister à des conférences, à participer

à des ateliers et à la création

d’un réseau d’échanges et de collaboration.

Plus d’une trentaine de

participants sont programmés

d’ores et déjà parmi les danseurs et

chorégraphes contemporains du

monde arabe. On compte parmi

eux l’Algérienne Nacéra Belaza

qui s’est produite plusieurs fois en

Algérie avec sa propre compagnie.

La danse contemporaine arabe, qui

a toujours été proche des jeunes, de

leurs problèmes et de leurs espérances,

devrait trouver de nouvelles

inspirations à travers les événements

du monde arabe.

CINÉMA

Feraoun à l’écran

Aujourd’hui, à 18 h, à la filmathèque

Mohamed Zinet de Riadh El

Feth, sera projeté le film Mouloud

Feraoun» de Ali Mouzaoui. Consacré

à la vie du grand écrivain algérien

qui a surtout dépeint les dures

conditions de vie des villages montagnards

de Kabylie, cette production

a été peu diffusée en dehors

des festivals. La projection sera

suivie d’un débat avec le réalisateur.

L’Association algérienne des

réalisateurs et producteurs de cinéma

(ARPA) a invité tous ses membres.

Mais tous les cinéphiles seront

les bienvenus.

Tlemcen : la musique au rendez-vous

Près de 700 spectacles musicaux nationaux de

différents genres sont programmés dans le cadre

de la manifestation «Tlemcen, capitale de la

culture islamique 2011», a annoncé mardi

Lardjane Noureddine, chef de département des

festivals culturels et des tournées artistiques de

proximité de cette manifestation.

Ces spectacles seront animés par des artistes algériens

issus des 48 wilayas du pays, soit 2000

chanteurs et groupes. Le coup d'envoi du programme

sera donné dans la soirée de mardi à la

maison de la culture Abdelkader Alloula avec un

gala animé par les chanteurs Karim Boughazi de

À LA VOLÉE

CINÉMA ANDALOU

Sous les projos de Séville

L’institut Cervantès d’Alger, avec

le soutien de l’ambassade

d’Espagne en Algérie et en

partenariat avec l’ONCI organisent

un cycle du cinéma andalou à la

salle El Mougar, du 1 er au 3 mars

2011. Sept films réalisés par des

auteurs espagnols, entre 2005 et

2008, seront projetés en V.O., sous-

BOURSES

Babor Australia, version studieuse

Le Conseil des arts d’Australie et la Fédération internationale de

conseils des arts et agences culturelles (Ficaac) proposent aux personnes

issues des pays en développement (dont l'Algérie) une centaine de

bourses pour participer au Sommet mondial des arts et de la culture qui

se tiendra à Melbourne, en Australie, en octobre prochain. En 2009, un

Algérien avait bénéficié de cette bourse pour l’édition qui avait eu lieu

à Johannesburg, en Afrique du Sud. Les critères de sélection sont pointus

mais clairs et transparents, et donnent lieu à une prise en charge totale

des lauréats. Le formulaire de demande de bourse est disponible

en Français sur le lien suivant : http://www.algerculture.com/readarticle.php?article_id=486.

Le site Alger-culture.com se définit comme

«un site internet qui traite de l’action culturelle algérienne techniquement

parlant».

RENCONTRE LITTÉRAIRE

Minh Tran Huy, la talentueuse

Le Diwan Abdellatif, cadre des rencontres organisées par l’AARC, poursuit

son cycle littéraire en partenariat avec les éditions Actes Sud. Il reçoit cet

après midi, à la salle Frantz Fanon de Ryadh El Feth (14 h 30), une écrivaine

talentueuse. Il s’agit de Minh Tran Huy. Née en 1979 à Clamart (Paris) elle

a été élevée dans les traditions vietnamiennes. Son premier roman, La princesse

et le pêcheur (2007), a connu un succès immédiat et a fait partie des

trois romans les plus vendus de la rentrée en France. Il a été réimprimé 4

fois ! Après un recueil de contes, son deuxième roman, La Double-vie d’Anna

Song, inspiré d’une histoire réelle, a connu un succès aussi retentissant et

a obtenu le prix Pelleas, le prix des Lecteurs au Salon du livre de Paris et le

prix Drouot ! Minh Tran Huy est rédactrice en chef du Magazine Littéraire

et chroniqueuse littéraire à la télévision.

Tlemcen, Abbas Righi de Constantine, Yacine

Achouri de Annaba et Mohamed Rebbah d'Alger.

Cette caravane artistique animera des soirées

similaires dans les wilayas de Aïn Témouchent,

Oran et Sidi Bel Abbès.

Une seconde caravane sillonnera à partir de mercredi

les wilayas de Saïda, Naâma, El Bayadh,

Béchar et Tindouf. Ce programme de tournées

artistiques se déroulera dans une première phase

dans des salles fermées.

Dans une seconde phase, qui démarrera au mois

de mai prochain, les spectacles auront lieu dans

les espaces ouverts.

titrés en français. Cinq courts

métrages, un film documentaire et

un autre d'animation figurent au

programme. Le cycle débutera avec

Séville City, un documentaire

réalisé par Juan José Ponce en

2005, sur la vie quotidienne de

membres de groupes de hip-hop de

Séville.

A NE PAS RATER

Beihdja Rahal

La cantatrice et musicienne d’andalou

donnera ce soir à 18 h 30 un concert à la

salle El Mougar d’Alger. Au programme,

la nouba Dil que Beihdja Rahal interprétera

sans doute avec son brio habituel et sa

passion de vouloir revisiter l’ensemble de

ce riche patrimoine, dans le respect des

textes et des lignes musicales. Cette nouba

Dil sera donc un deal de plus pour l’artiste

qui conserve un contact régulier avec les

mélomanes algériens par ses tournées dans

le pays. Une belle soirée avant d’entamer la

semaine.

PHOTOS : D. R.


Personnage simple et discret, il édifie des passerelles

pour son écriture et celle des autres.

PAR SLIMANE BRADA

Comme on dit «Traduttore, traditore» (traducteur,

traître), pourrait-on dire «Traduttore, innamorati»

(amoureux) ? Faut-il aimer une œuvre

pour la traduire ?

El Watan - Arts & Lettres - Samedi 26 février 2011 - 14

Pas forcément, mais il est préférable d’aimer une

œuvre littéraire pour bien la travailler. Le travail du

traducteur littéraire ressemble à celui de l’ébéniste. Il

s’articule surtout sur les microstructures, c’est-à-dire

les mots et les phrases. Il m’est arrivé de passer une

matinée à fouiner dans des dictionnaires, à écrire et

réécrire une phrase pour qu’elle soit belle, comme si

c’était moi son créateur. Je me dis que si la phrase

m’a séduit dans sa langue d’origine, m’a donné du

plaisir, il faut qu’elle soit la même dans sa langue

d’adoption, qu’elle procure à son lecteur le même

plaisir. Pour ce qui est de la trahison de la traduction,

il y a une formule qui éloigne le sens négatif du mot

«trahir», c’est de dire que les œuvres traduites sont de

«belles infi dèles». Vous avez traduit en arabe plusieurs

auteurs algériens écrivant en français.

Avez-vous le sentiment de contribuer au décloisonnement

des lectorats arabophone et francophone

?

Un climat malsain règne entre arabophones et francophones,

et il ferme les voies du dialogue et de

l’échange. Il a même créé chez certains écrivains et

lecteurs une animosité gratuite de part et d’autre. La

traduction peut détruire ce mur d’incompréhension et

jouer le rôle de réconciliateur. Actuellement, la traduction

se fait beaucoup plus dans le sens du français

vers l’arabe. On aimerait bien aussi qu’elle se fasse

dans l’autre sens.

Certains estiment qu’un écrivain est plus à

même de traduire un autre écrivain.

C’est un souhait, mais pas une nécessité. Des grands

écrivains ont traduit des œuvres d’autres écrivains, et

ces traductions sont restées intouchables : Baudelaire/

Edgar Allan Poe, Gérard de Nerval/Goëthe, Djabra

Ibrahim Djabra/William Faulkner... C’est vrai qu’un

écrivain est plus sensible à la beaudes mots et à la

musicalité des phrases. Donc, forcément, il produira

un beau texte. Les écrivains traduisent le texte qui les

a émerveillés. Mais le métier de traducteur s’affi ne au

fi l des traductions, surtout s’il se spécialise dans les

œuvres d’un écrivain, comme c’est le cas de Maurice

Edgar Coindreau avec William Faulkner ou Samy

Droubi avec Dostoïevsky.

Le double statut de traducteur et d’écrivain

peut-il s’avérer confl ictuel ? Par exemple le risque

d’une infl uence inconsciente des traductions sur

l’écriture…

Le risque existe. Mais quel écrivain, sans être luimême

traducteur, peut se targuer d’avoir échappé aux

infl uences des autres écrivains ? La traduction est une

lecture, mais plus approfondie, et elle enrichit le

métier d’écrivain. On distingue entre l’infl uence

inconsciente, à laquelle aucun écrivain ne peut

échapper, et l’infl uence consciente que l’on doit éviter.

Dans mes premiers romans par exemple, j’étais

conscient de l’infl uence du nouveau roman, surtout

Alain Robbe-Grillet, sur mon roman Essair et de

Marquez avec Chronique d’une mort annoncée sur

l’écriture de mon livre La Carte magique. J’ai tout

fait pour échapper à la mauvaise infl uence, pour effacer

ce qui peut être considéré comme une piètre imitation.

Vous êtes l’un des rares écrivains au monde qui

ait vu une traduction d’un de ses romans paraître

avant la version originale, ce qui est arrivé avec Le

Labyrinthe…

Oui, c’est un fait assez rare qui n’arrive que dans

des situations exceptionnelles (guerre, répression…).

A l’époque, (je l’ai écrit en 96/97), il était diffi cile de

publier un livre sur le terrorisme en Algérie. D’ailleurs,

j’ai arrêté l’écriture en arabe au beau milieu, et je l’ai

repris en français, estimant avoir plus de chances

d’être publié. Et j’avais raison. Le roman a paru en

France puis a été réédité en poche en Algérie. La

version arabe a attendu encore trois ans pour être

publiée ici.

À VRAI DIRE

MOHAMED SARI TRADUCTEUR ET ÉCRIVAIN

«Je me revendique écrivain réaliste»

«Par mon

expérience

personnelle,

je suis très

attaché à cette

société et je ne

pense pas la

quitter un jour

pour n’importe

quel exil, fut-il

dans un eden.»

Repères

Né en 1958 à Menacer, près de Cherchell, Mohamed Sari enseigne la

critique littéraire et la sémiotique à l’université d’Alger. Il est titulaire

d’une licence de littérature arabe (1980) et d’un magister en critique

littéraire (1992) à l’université d’Alger, ainsi que d’un DEA en littérature

française à la Sorbonne (1981).

Romans en langue arabe : Sur les montagnes du Dahra (Revue Amel,

1983, rééd. Enal, 1988) ; Essaïr (Le quatrième pavillon de l’enfer), Ed.

Laphomic, 1986 ; La Carte magique, Maison de l’Union des écrivains

Arabes, Damas, 1997 ;

El Warram (La Tumeur), Ed. El Ikhtilaf, 2002; El Reith (Grandes pluies)

Barzakh, 2007. Romans en langue française : Le Labyrinthe, Ed.

Marsa Paris 2000 et Alger 2001 (poche) ; Pluies d’or (à paraître en 2011

chez Barzakh) ; Le Naufrage, Ed. Alpha, 2010. Traductions vers l’arabe

de : Salim Bachi, Anouar Benmalek, Maïssa Bey, Rachid Boudjedra,

Yasmina Khadra (prochainement paraîtra la version en arabe de Ce

que le jour doit à la nuit), Aïssa Khelladi, Malika Mokeddem, Antoine

de Saint-Exupery, Boualem Sansal, Hamid Skif, Djamel Souïdi.

PHOTO : D. R.

Après plusieurs publications en arabe, vous avez

écrit un roman en français… Qu’est-ce qui vous a

motivé ? Etait-ce un exercice, un essai ou une

option ?

Vous savez, j’ai commencé ma carrière littéraire en

publiant des poèmes et de petites nouvelles en français

(1974/75) alors que j’étais au lycée. J’ai même

écrit un roman non publié que je garde jalousement

dans trois cahiers d’écolier. Ensuite, l’arabisation

m’a attrapé en cours de route. Mais je suis resté un

grand lecteur de romans en français. J’ai publié trois

romans en arabe et des centaines d’articles de critique

littéraire dans des journaux et revues, avant de retourner

à l’écriture en français. D’abord avec des chroniques

dans un journal, dont certaines ont été retravaillées

et publiées dans le recueil Le Naufrage.

Ensuite ce fut Le Labyrinthe, écrit partiellement en

français, et un autre roman inédit, Pluies d’or. Je me

trouve à l’aise en français, pourquoi me priver ?

L’écriture, c’est d’abord un plaisir, pour l’auteur et

pour le lecteur. L’accueil fait au Naufrage, l’automne

passé, m’encourage à poursuivre l’écriture en français.

Votre écriture est très classique. A quoi devezvous

ce fort penchant réaliste ?

Je suis un grand consommateur de romans à histoires,

dites classiques. Et je me revendique comme

écrivain réaliste. Je conçois le roman comme représentation

du réel. Je suis à l’écoute des pulsions et

des faits qui s’agitent autour de moi. Je puise mes

personnages dans les méandres de notre société. Je ne

me vois pas raconter autre chose, pour plaire ou imiter

une mode. J’appartiens à cette société, et je partage

ses joies et ses douleurs, ses grandeurs et ses

faiblesses. Et j’aimerais bien que toute cette richesse

soit pérennisée dans une grande œuvre littéraire,

reconnue et consacrée de par le monde. Beaucoup

d’écrivains ont porté les soubresauts de leur société

dans leurs œuvres. Je fais mienne cette conception de

l’écriture romanesque.

Vos personnages sont quasiment tous issus des

couches populaires, de ce qu’on nomme «les petites

gens». Est-ce un choix éthique, voire politique,

ou le fruit de votre propre expérience ?

C’est tout cela à la fois. D’abord, par mon expérience

personnelle, je suis très attaché à cette société

et je ne pense pas la quitter un jour pour n’importe

quel exil, fût-il un eden. Je suis comme un poisson

dans l’eau. Donc, quand j’écris, des images et des

faits emplissent mon imaginaire. Et le talent de l’écrivain

fait le reste. D’ailleurs, les lecteurs de mes

romans et nouvelles se reconnaissent dans mes personnages.

Youcef Sebti a fait une bonne lecture de

mon roman Essair, en disant que c’est une histoire

qui raconte très bien les changements qui bouleversent

la campagne algérienne, lui le sociologue qui

connaîssait profondément sa société. C’est aussi un

choix politique et éthique. Notre société a aussi

besoin de ses fi ls écrivains pour la pérenniser et la

graver à jamais dans l’histoire de l’humanité.

Quel projet littéraire poursuivez-vous en ce

moment ?

J’attends la sortie cette année de mon roman Pluies

d’or chez Barzakh. C’est une plongée dans la violence

des extrémismes, religieux, sociaux et politiques,

à travers, bien sûr, une trame et des personnages

qui remontent aux années de l’avant-guerre de

libération. C’est aussi un investissement dans la

forme romanesque, le langage poétique, les dialogues

et autres techniques de narration. Je mets fi n aux

dernières retouches d’un autre roman, en arabe, sur la

violence terroriste. C’est une histoire qui m’est restée

collée à la gorge depuis des années. J’avais tous les

ingrédients pour une bonne histoire, des personnages

touchants, et il fallait l’écrire. C’est fait et ça doit

sortir aussi chez Barzakh. S. B.


POSTE RESTANTE

A toi, Djamel...

Hommage en forme de lettre à l’historien

et écrivain, comme à l’homme de bien.

Qu’est-ce le passé

lorsque la

mémoire demeure

vivante et

recomposée dans

les cœurs ?

EXPOSITION

Tu viens de nous quitter,

mais dorénavant, je ne veux

me souvenir que des bonnes

choses, car nous

n’avons que trop souffert, tu n’as

que trop souffert, en silence. Ton

silence était un cri, plus fort encore

que toutes ces clameurs qui

glorifient l’ombre des choses

inertes, sur lesquelles rien ne

peut se sédimenter, qui célèbrent

le reflet des apparences dans un

bienséant simulacre. Je ne veux

m’arrêter que sur ce qui un jour

nous a réunis : notre amour pour

le patrimoine et notre ambition

d’insuffler une dynamique d’excellence

à la recherche ; celle-là

même qui nous animait, malgré

l’hostilité du temps et des hommes

; je ne veux retenir que ces

moments de la construction matérielle,

et surtout de structuration

de la pensée, trop souvent

soumise à un égocentrisme mystificateur

et destructeur. Narcissisme

et vanité que d’aucuns ont

élevés au rang de vertu.

Je parle déjà au passé, mais

qu’est-ce donc le temps pour

nous autres, hommes du temps ?

Qu’est-ce le passé lorsqu’il est

C’est le titre d'une prochaine

exposition sur le lauréat

du Prix Nobel de littérature 2010.

Alors qu’elle est très usitée

dans le monde, la pratique

de l’exposition littéraire

est très rare, sinon inexistante

en Algérie. Elle permet

pourtant au grand public, peu

enclin à lire les biographies ou

essais littéraires, de découvrir

un écrivain et de faire le lien entre

sa vie et ses œuvres. En nous

proposant une exposition sur

l’écrivain Mario Vargas Llosa,

l’AARC (Agence algérienne

pour le rayonnement culturel),

en partenariat avec la Maison

de l’Amérique Latine de Paris

et le Centre culturel de l’Université

La Catolica de Lima,

espèrent faire connaître un écrivain

majeur de la littérature

contemporaine qui compte de

passionnés lecteurs en Algérie.

Mario Vargas Llosa a vu le jour

en mars 1936, à Arequipa, dans

le sud du Pérou. Issu d’une famille

aristocratique, il a le titre

de marquis, mais c’est dans la

littérature qu’il est allé chercher

ses lettres de noblesse. Révolté

très jeune, il a tiré de son passa-

El Watan - Arts & Lettres - Samed 26 février 2011 - 15

A LA MÉMOIRE DE DJAMEL SOUÏDI

MARIO VARGAS LLOSA

revisité à chaque fois qu’une des

œuvres, laissée à la postérité, est

de nouveau exhumée pour le

bonheur, à défaut de tous, de

l’intellect et de sa sincérité ?

Qu’est-ce le passé lorsque la

mémoire demeure vivante et

recomposée dans les cœurs ?

Traces impérissables de tous ces

sillons, à l’image de ceux de nos

aînés de l’Atlas et des Tassilis,

que tu as su imprimer en chacun

d’entre-nous ; ceux qui t’ont

aimé et les autres sans exclusive.

Je me rappelle de ces rares

moments de joie que ne peuvent

procurer que les privilèges des

investigations archéologiques et

des discussions passionnées

qu’elles engendraient, même

dans la contradiction.

Notre foi dans la justesse de

notre combat et notre perception

sur les voies et moyens de

réhabilitation du travail de

l’esprit et de son acteur que

requiert la dimension de

recherche était à la mesure de

notre foi pour le patrimoine et en

sa richesse. J’ai toujours été

fasciné par ta sincérité, ton esprit

pratique et le sens aigu de

l’organisation qui t’ont toujours

caractérisé et accompagné. Le

chantier d’Achir sous ta baguette

demeure pour beaucoup un rare

La liberté et la vie

On peut dire que

son parcours

littéraire a été

bien plus réussi

que ses tentatives

politiques.

PHOTO : DR

ge traumatisant à l’Académie

militaire, son deuxième roman,

«La Ville et les chiens» (1963)

dont le succès à initié sa carrière

littéraire admirable. Il va ensuite

étudier la littérature aux universités

de Lima puis de Madrid

et obtient un doctorat. Parallèlement,

il travaille en tant que

correcteur de presse, critique de

cinéma et animateur de radio et

continue à écrire des romans.

Il fraie aussi avec la politique.

Etudiant communiste rébuté

par le stalinisme, il rompt avec

moment de réelles symbioses

dans lequel les singularités se

sont aplanies pour céder la place

à l’intérêt de la collectivité. C’est

dans le même état d’esprit que

nous avons engagé des projets

de recherche pluridisciplinaires,

car il nous était, il m’est toujours,

difficile d’envisager une

désarticulation des compétences

et une surenchère des aventures

de l’esprit.

Tu nous lègues un héritage qui,

au-dede tes recherches sur

l’histoire médiévale du Maghreb,

nous fait vivre et vibrer à travers

les saisissantes épopées

d’Amastan Sanhadji ou encore à

travers la revivification de la

mémoire des personnalités

historiques qui ont construit

notre édifice civilisationnel.

C’est avec bonheur que j’ai travaillé

avec toi. Vois-tu ? Il y a,

parmi les vivants, ceux qui demeureront

d’éternels effacés, car

l’histoire ne peut s’encombrer

de leur trompeuse vérité. Repose

en paix l’ami.

Nour-Eddine Saoudi

*Né en 1944 à Blida, Djamel Souidi était

spécialiste de la période médiévale du

Maghreb et particulièrement de l’Algérie.

Décédé à Marseille la semaine dernière, il

laisse une œuvre scientifique et romanesque

peu abondante mais incontournable.

cette idéologie pour se passionner

par la suite pour la révolution

cubaine, nouvelle déception

qui l’amènera progressivement

au libéralisme. C’est à se

titre qu’il se présente à l’élection

présidentielle du Pérou en

1990. Battu au deuxième tour,

il s’installe en Espagne où il a

désormais une double nationalité.

On peut dire que son parcours

littéraire a été bien plus

réussi que ses tentatives politiques.

Ses romans traduits dans

33 langues, ont d’ailleurs souvent

été considérés comme

étant écrits par un homme de

gauche, confirmant que l’œuvre

échappe à son créateur.

Mais l’essentiel réside bien

dans la qualité de son écriture et

la richesse des personnages et

des situations qu’elle exprime,

ce qui lui a valu, avant le Prix

Nobel, de nombreuses distinctions

et la reconnaissance de

centaines de milliers de lecteurs

dans le monde. L’exposition

qui aura lieu dans une salle du

Mama (Musée national d’art

moderne et contemporain), à

partir du 3 mars, accorde une

part importante à sa vie qui est à

elle seule une sorte de roman. A

découvrir. D. H. Ouladi

À LA PAGE

ABECEDARIUS

Colère de poète

PAR MERZAC BAGTACHE

Aura-t-il encore cette

assurance orgueilleuse qui

lui a toujours permis de

voler très haut,

s’interrogeait-on à propos de

Nizar Qabbani (1923-1998),

dans la presse littéraire du

Moyen-Orient, à la fin des

années soixante-dix du siècle

dernier ? Lui, le poète de la

modernité littéraire arabe,

qui venait tout juste de se relever d’une opération à

cœur ouvert, répondit diplomatiquement dans une

revue à fort tirage : «Mon cœur est fatigué après

trente années d’amour !» S’il devait reprendre son

envol, se demandait-on encore, quelle serait son

nouveau répertoire ? La femme, en tant que telle,

allait-elle demeurer le pivot central de sa production

poétique ? Autant d’interrogations lancinantes qui

devaient importuner le poète pendant quelque temps.

Qabbani avait déjà été frappé terriblement en la

personne de son fils, Omar, mort dans un accident de

la circulation.

Toutefois, en dépit des épreuves, son talent poétique

était demeuré intact, doublé d’une touche toute

révolutionnaire. Ses lecteurs avaient pu alors le voir

se lancer dans une forte diatribe contre le pharaon, le

président Anouar Sadate, qui avait «démantelé les

pyramides» et «hypothéqué le Nil» au lendemain des

accords de Camp David.

Or, il arriva, par un jour des années quatre-vingt, que

son épouse, Belqis, trouva la mort dans l’explosion de

l’ambassade d’Irak à Beyrouth. Et ce fut, à son égard,

un jugement définitif porté par la même presse

littéraire du Moyen-Orient : la femme, en tant

qu’élément rassembleur de toute la nation arabe

n’aura plus droit de cité dans la poésie de Nizar

Qabbani ! Jugement on ne peut plus violent et

dévastateur de la veine créatrice de ce grand poète.

Mais cette fois-ci encore, Qabbani est monté au

créneau en prenant pour cible toute une nation «qui

n’a cessé d’assassiner les femmes depuis des lustres».

Les qualificatifs les plus véhéments à l’égard de la

nation arabe sont venus ponctuer sa fameuse élégie

intitulée Belqis.

Celle-ci, faut-il le dire, est parée des plus beaux bijoux

de l’univers, des attraits moraux et physiques les plus

magnifiques depuis les temps babyloniens, en passant

par la reine yéménite, Belqis, qui avait osé défier le

prophète Souleiman avant de se soumettre à sa

religion.

Ce poète qui avait habitué ses lecteurs à considérer la

situation sociopolitique dans tout le monde arabe par

le prisme de la femme a eu les ailes coupées d’un

coup. Il venait de faire le constat d’une modernité qui

tarde à venir ou qui refuse encore de mettre pied à

terre dans un monde arabe qui se cherche encore. Ne

décolérant pas, les gouvernants, les politiciens de tout

acabit n’ont pas été épargnés dans son poème. «Ce

sont eux, insiste t-il, qui ont assassiné ma bien-aimée !

Et dire qu’auparavant, tout particulièrement dans son

fameux poème, Du pain, de la drogue et de la lune, il

s’en était pris, avec un certain spleen, qui n’était pas

sans rappeler Charles Baudelaire, à tous les tabous, à

toutes les oppressions et formes de régression, comme

il avait cessé de le faire depuis son premier recueil de

poèmes publié en 1943.

Nizar Qabbani, qui fut la cible privilégiée d’un courant

régressif dans les années quatre-vingt-dix, allait

boucler la boucle en chantant la révolte des jeunes

Palestiniens face à la machine de guerre israélienne

en sublimant l’Intifadha et son combat de pierres.

Il s’en est allé, la mort dans l’âme pour n’avoir pas pu

voir le paysage sociopolitique arabe changer, et,

surtout, évoluer dans le bon sens, celui du savoir et du

progrès.


Lors de la Conférence des ministres africains de la

culture qui s’était tenue à Alger en octobre 2008, le

réalisateur Mohamed Lakhdar Hamina avait lancé

un appel pour la création d’un fonds africain de production

et de coproduction cinématographique. Cette

idée, que partageaient de nombreux cinéastes et hommes

de culture, a fait son chemin depuis et, après son

adoption par l’Union Africaine, elle devrait se concrétiser

prochainement. Au moment où le Fespaco s’ouvre à

Ouagadougou, ce document montre que le réalisateur,

lauréat inoubliable de la Palme d’Or de 1975, a aussi des

talents d’avocat.

«Frères, comme certain d’entre vous, j’ai été sustenté

par la seule école qui nous était ouverte : l’école française,

héritière des thèses coloniales de Jules Ferry. Mais

celle-ci n’a jamais pu abolir le cordon ombilical qui me

rattachait à ma culture africaine. C’est précisément par

des réminiscences de mon inconscient – et à partir de

leurs déterminismes - que ma caméra sut trouver les

El Watan - Arts & Lettres - Samedi 26 février 2011 - 16

DÉCRYPTAGE CINÉMA ADAPTATION OU ADOPTION ?

L’indispensable trahison

Passionnante, l’adaptation de textes littéraires au cinéma

est néanmoins conflituelle.

Le descriptif et la

poésie des mots

ne sont pas

traduisibles en

expositions

scéniques et en

plans filmiques.

Les récentes adaptations télévisuelles françaises

des romans Les Faux Monnayeurs de André Gide

et A la recherche du temps perdu de Marcel Proust

ont relancé, moins au grand jour que dans les cercles

élitistes des revues spécialisées, la polémique

autour de la justesse et de la légitimité de l'adaptation

cinématographique des œuvres littéraires. Le divorce

entre les deux formes d'expression artistique est

consommé depuis longtemps, après plusieurs décennies

d'infidélités avouées. «Le mot est l'ennemi du

film», a tranché Edward Albee.

De Georges Mélies, avec Le Voyage dans la Lune

d'après Jules Verne, à Walter Salles, avec On the road

d'après Jack Kérouac (annoncé pour 2011), le cinéma,

avec plus ou moins de bonheur, a toujours puisé des

histoires dans la littérature, en l'absence, à ses débuts,

d'un langage propre, voguant sur des succès de publication

momentanés, ou se réfugiant dans les valeurs

sûres. L'exemple du lamentable Da Vinci Code et les

énièmes versions de L'Ile au trésor, Les Trois Mousquetaires,

Les Misérables, L'Illiade et l'Odyssée en

sont l'illustration, bien que ces remakes correspondent

plus à un renouvellement générationnel. Si nous laissons

de côté les romans de première importance qui

n'ont pas séduit des cinéastes téméraires ou des scénaristes

aventureux, tels Voyage au bout de la nuit de

Céline ou Ulysse de James Joyce, qui présentent les

mêmes difficultés que les textes de Marcel Proust, ceux

d'Alexandre Dumas et de Stephen King, entre autres, à

la dramaturgie horizontale, ont enrichi des producteurs

coinçés entre deux fiascos. Il y a lieu de regretter qu'une

extraordinaire réserve romanesque latino-américaine

n'ait pas sollicité l'intérêt des réalisateurs de ce continent,

sans doute par manque de financement. Dans le

registre des adaptations sublimes et applaudies, citons

Max Ophüls (Le Plaisir), Jean Cocteau (Orphée),

Stanley Kubrick (Barry Lyndon), Sacha Guitry (Le Roman

d'un tricheur), Peter Geenaway (Meurtre dans un

jardin Anglais) et aussi Mustapha Badie dont l’adaptation

de Mohamed Dib, mérite d’être citée ici. Se sentant

mal représentés à l'écran, leurs œuvres mal traduites

au cinéma, les écrivains Alain Robbe-Grillet et

DOCUMENT M. LAKHDAR HAMINA ET LE CINÉMA É

AFRICAIN

Plaidoyer pour un fonds

Le continent va-t-il enfin soutenir son cinéma ?

C’est ce qui semble se mettre en place.

«Les défis

du 3 e Millénaire

reposent pour

l’essentiel sur

le poids des mots

et sur la capacité

de créer des

images.»

Marguerite Duras se sont lancés dans la réalisation

avec des résultats catastrophiques.

Il arrive, mais très rarement, qu'une rencontre providentielle,

quoique tardive, donne lieu à la naissance

d'une adaptation parfaitement réussie. C'est le cas du

chef-d'œuvre Le Procès d'Orson Welles, réalisé en

1962 et libéralement adapté du roman éponyme de

Franz Kafka. Deux géants du XX e siècle n'ont pas accouché

d'une souris au regard de quelques puristes attardés

qui lui reprochèrent d'avoir fait du Kafka et pas

suffisamment du Welles, alors que l'équilibre savant

est maintenu entre les rajouts kafkaiens que le cinéaste

a introduit (l'immense salle des employés de bureau,

les cadavres sous linceul dans l'entrepôt, l'interrogatoire

abscons) et la technique d'écriture wellessienne entièrement

réservée au message de l'écrivain. Le prégénérique,

qui dure quelques minutes, est un dessin

animé à écran d'épingles adapte une nouvelle ultra

courte du même Kafka. C'est, 25 ans auparavant, l'exclusif

No trepassing qui est le dernier plan de Citizen

Kane, d’Orson Welles toujours, et donc l'accord est à la

perfection. En revanche, les liaisons dangereuses entre

cinéma et théâtre furent fructueuses, avec des résultats

probants dans le pire des cas et des chefs-d'oeuvre dans

le meilleur. Laurence Olivier, d'un côté, de l'autre, Akira

Kurosawa et Orson Welles, ont su rendre le tragique

de William Shakespeare. Vus à l’écran, Hamlet, Othello,

Le Chateau de l'araignée, Mc Beth et Ran occupent

dans nos mémoires une référence absolue. La raison de

cette réussite artistique réside dans l'osmose entre les

deux démarches qui n'est pas un «empilement» des

faits, mais un dépassement de deux méthodologies

cheminements indicibles de ses ultimes solidarités. Elle

se mit, subrepticement et presque malgré elle, au service

de la seule cause que me dictait ma conscience, celle du

combat libérateur de notre continent.

C’est ce que j’ai essayé de raconter dans mon film

«Chronique des années de braise». Dans ce témoignage,

j’ai reproduit les images qui s’étaient gravées dans ma

mémoire depuis mon plus jeune âge : nos biens pillés,

nos forces vives réduites à la misère, les épidémies, l’esclavage,

notre jeunesse contrainte d’aller mourir pour

des guerres qui n’étaient pas les siennes et enfin, cette

révolte qui devenait la seule alternative à un système

colonial sourd et aveugle.

Et voilà qu’aujourd’hui ce système donneur de leçons

revient sur les hauts lieux de son crime esclavagiste pour

nous reprocher une vague migratoire dont nous devrions

le préserver. Notre Afrique ne se laissera plus dicter ses

itinéraires, pas plus qu’elle n’acceptera qu’on lui impose

des lectures biaisées de son histoire, sous prétexte de

l’absence de documents témoins. On connaît la sentence

d’Amadou Hampâté Bâ : «En Afrique, chaque vieillard

qui meurt est une bibliothèque qui brûle». Que d’autodafés

depuis ! Est-il besoin de rappeler que c’est sur no-

À L'ÉCRAN

d'appréhension de la réalité. Par ailleurs, le théâtre sied

au cinéma par l'organisation spatio-temporelle des

événements dramatiques (ou comiques) confinés à des

lieux (salles de cinéma et de théâtre) et à une durée

(2 h). Le descriptif et la poésie des mots ne sont pas

traduisibles en expositions scéniques et en plans filmiques.

Ils sont remplacés par d'autres éléments interprétables,

d'où l'ambiguïté de certaines œuvres. L'autre

fournisseur de possibilités dramatiques, surutilisé à

l'infini, c'est l’écrivain américain, Tenessee Williams,

qui a inspiré John Huston (La Nuit de l'iguane), Elia

Kazan (Baby Doll), Joseph L.Mankiewicz (Soudain

l'été dernier), Joseph Losey (Boom), Sydney Lumet

(L'Homme à la peau de serpent), Richard Brooks (La

Chatte sur un toit brûlant), voire Paul Newman (La

Ménagerie de verre) et ne les pas traités de traîtres. Des

réalisateurs ont fait mieux.

L'un, Darren Aronofski, a conçu un roman sous forme

d'un film, Fontaine. L'autre, Sidney J. Furie, en feignant

d'adapter un livre d'espionnage de qualité de Len

Deighton, a réalisé une adaptation d'Orson Welles, lequel

reconnaît avoir tout pris du peintre de la contreplongée,

Le Tintoret. De là à adapter cinématographiquement

les mathématiques, il n’y a qu'une ligne à

franchir. C’est fait. La trilogie Cube l'a superbement

accompli avec, en bonus, une continuité dramatique.

C'est dans ce sens que le plus célèbre des critiques,

André Bazin, prône ouvertement la liberté de ne pas

s'en tenir au texte original. Traduire c'est trahir, selon

un adage latin. Adapter, c'est détourner pour aller plus

loin dans cette relation difficile et conflictuelle entre le

cinéma et le roman. Noureddine Touazi

tre continent que l’humanité est née ? Que les ancêtres

des Européens sont partis des contrées africaines vers

d’autres latitudes ? J’aimerais rappeler aux racistes de

tout poil qu’après tout Lucie est leur grand-mère à tous

(...) Les vendeurs d’ivoire, d’or noir et de diamants ont

inondé le continent d’armes meurtrières. Ils portent, au

moins en partie, une lourde responsabilité sur les conflits

qui secouent encore l’Afrique. L’histoire est ainsi faite

qu’elle forge les nations dans la douleur. Aujourd’hui,

l’Afrique va mieux et se reconstruit méthodiquement.

Mais les images que les médias occidentaux renvoient

d’elle restent fixées sur les désastres et les conflits ; et ce

n’est pas nouveau ! Il est temps pour nous de leur répondre

en créant une masse significative d’images produites

par des Africains. Les défis du 3 e Millénaire reposent

pour l’essentiel sur le poids des mots et sur la capacité de

créer des images porteuses de sens. Si nous ne faisons

rien, les cerveaux de nos enfants continueront d’être

bombardés d’images stéréotypées ne montrant de notre

continent que désastres et incurie. J’en appelle donc à la

conscience des politiques pour créer un fond africain de

production et de coproduction cinématographique.»

L. K.


e cuir est une matière fabriquée

à partir de peaux animales et

figurant parmi les arts les plus an-

ciens de l’humanité. L’usage du cuir a été

attesté indirectement grâce à la découverte

d’outils ayant probablement servi au travail

des peaux et de restes osseux d’animaux

portant des traces de dépeçage.

La peau reste l’un des matériaux assujettis,

c’est une matière à la fois pratique

et résistante, protège le corps

contre les caprices et les rigueurs

du climat, et permet à l’homme de

construire sa hutte, d’assembler

ses outils et ses armes et de les

ceindre à sa taille.

A la préhistoire, l’homme ne

connaissait pas encore la méthode

adéquate pour la rendre

imputrescible. Au cours des

siècles antérieurs, les hommes

ont inventé une multitude de

techniques pour conserver les

peaux : les fumer, les traiter avec

du sel, de l’urine, les battre et les

racler avec des objets pointus.

Dans l’antiquité, les Egyptiens ont

su tanner les peaux à l’aide de gousses

d’acacia ou d’alun. Plus résistants à l’usure

du temps, le cuir sert à la fabrication de

plusieurs objets dont les boucliers, le mobilier,

les sandales et les lanières pour les

momies. Dès son apparition, les ateliers se

sont concentrés au bord de l’eau pour faciliter

le travail de rivière. Dans l’antiquité,

la peau assurait une meilleure protection

lors des combats. La «cuirasse» équipe

tous les guerriers de la Rome conquérante,

du gladiateur au légionnaire. Dès le VIII e

siècle, les Arabes se mirent à créer un

tannage élaboré à partir de feuilles de sumac,

d’écorce d’acacia et de chêne. Pour

rappel, le tanin est

un acide dont le

rôle est de modifier la

peau de l’intérieur pour la

rendre imputrescible. Le tanin est

présent dans différents corps, comme les

pépins de raisin. Un processus de séchage

à l’air libre donne une tenue parfaite à ces

cuirs pour la fabrication de chaussures, des

reliures et des cuirs repoussés. A partir du

XVI e siècle, la gamme des cuirs se décline

aux peaux d’agneau, de veau ou de cerf,

suivront les peaux exotiques (lézard et serpent)...

Le cuir obtenu va subir les traitements

nécessaires à sa commercialisation,

il subit l’essorage pour la suppression de

l’eau encore présente, son épaisseur lui

est conférée par le dérayage, et la mise au

vent permet de l’étirer et de corriger les

El Watan - Samedi 26 février 2011 - 18

MODE

LE CUIR À TRAVERS LES SIÈCLES

Un accessoire très prisé

● Si l’industrie du cuir est en nette régression en Algérie, au-dede nos frontières, c’est une

matière très prisée dans l’univers de la mode.

L

défauts dus aux plis. A cette étape, le cuir

va acquérir des propriétés spécifiques,

notamment sur sa texture et son aspect.

Ses propriétés permettront d’uniformiser

les cuirs issus de la production. Selon les

utilisations, on distingue le finissage

aniline, semi-aniline et le finissage

pigmenté.

Le premier finnasage aniline tend

à mettre en valeur la surface du

cuir, le résultat final donne un bel

aspect dont l’entretien demande

une attention des plus rigoureuses.

Quant à la semi-aniline,

elle est couverte d’une couche

de pigments à peine opaque

et d’une couche de produits

translucides, manière singulière

de cacher les défauts.

Le cuir pigmenté est recouvert

uniquement d’une couche de

pigments opaques, il est facile à

entretenir et peu sensible à l’eau. Il

est à noter que le cuir est critiqué, notamment

par tous ceux qui refusent l’exploitation

animale, comme représentant le

plus lucratif des sous-produits de l’élevage

industriel.

Il concentrerait 10 à 60% de la valeur

de l’animal utilisé. Le cuir d’animaux

exotiques, tels que les kangourous, les crocodiles,

les serpents, les bisons est généralement

le plus dénoncé par les associations

animalistes et écologistes. Aujourd’hui,

l’univers de la mode livre dans l’ensemble

de sa collection des produits de maroquineries

et de vêtements de luxe. Si, au départ,

ses créations étaient essentiellement

des produits pour femmes, aujourd’hui,

les stylistes du monde entier optent pour

un dressing où le cuir se taille la part du

lion. RM et sources

MILAN. LE PAP FÉMININ AUTOMNE-HIVER 2011-12

72 défi lés sur le podium

● Après New York et Londres, la semaine de la mode de Milan a débuté le 23 février avec près

de 150 collections italiennes et étrangères.

e grand rendez-vous de la mode n’englobera pas moins de 72

défilés. Pour le maire de la ville de Milan, Letizia Moratti,

mode italienne a renoué avec la croissance grâce à l’appétit des pays

émergents pour le luxe, dont la Chine en tête de liste. Les estimations

la mode s’ouvre toujours plus et interagit avec la ville : «C’est un de la Chambre de la mode italienne estiment que l’année 2010 s’est

secteur fondamental pour notre économie et nous travaillons pour caractérisée par le début d’une croissance de 6,5% du C. A. du

le soutenir au maximum.» Ainsi, après le succès remporté, enregistré secteur à 60,2 milliards d’euros. «Mais ce chiffre, explique le maire,

lors de la précédente édition en septembre dernier, cette fashion est nettement inférieur au niveau d’avant-crise, ramène la mode

week est placée sous le signe du renouveau avec notamment des italienne quinze ans en arrière. La situation devrait s’améliorer en

événements spéciaux, à l’ima-

2011 avec un taux de croissance de 8%,

ge de la soirée organisée hier

même si le ‘‘Made in Italy’’ continue

par Vogue Italie. La municipa-

de souffrir de la faiblesse persistante

lité de la ville de Milan a mis à

de la consommation en Europe, et en

la disposition des organisateurs,

particulier en Italie.» «Les meilleures

depuis septembre dernier, trois

opportunités, indique la Chambre de la

palais historiques. Deux espaces

mode, proviendront dans les prochaines

accueillent les défilés dont un

années des marchés émergeants comme

chapiteau transparent de 1000

le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine.»

places installé sur le parvis de la

Pour en revenir à cette présente fashion

cathédrale et le nouveau modèle

week de Milan, c’est la grande marque

de métro mono wagon milanais,

Gucci qui a étrenné cet événement avec

le Meneghino, qui accueillera

Richmond et Alberta Ferretti, suivis le

aujourd’hui le défilé de l’Ita-

jeudi 24 par Max Mara, Fendi et Prad,

lienne Alessandra Marchi. Le maire de la ville de Milan a soutenu le 25 par Moschino, Antonio Marras, Etro, Gianfranco Ferrè et

que la mode s’ouvre toujours plus et interagit avec la ville. «C’est un Versace. Aujourd’hui, ce sont les stylistes Bottega Veneta, Jil Sander

secteur fondamental pour notre économie, et nous travaillons pour et Roberto Cavalli qui défileront pour laisser place le lendemain à

le soutenir au maximum. Avec le design, la mode milanaise pèse 13 Marni, Brioni, Dolce & Gabbana, Missoni et Salvatore Ferragamo,

milliards d’euros par an, soit 22% du C. A. total de cette industrie. tandis que Dsquared2 et Giorgio Armani clôtureront les festivités

C’est un secteur particulièrement dynamique comptant près de 15 le lundi 28. La dernière journée, le mardi 1

000 entreprises situées à Milan et dans sa province. Rien qu’en 2010,

342 entreprises du secteur textile et de l’habillement ont été créées à

Milan, soit près d’une par jour», explique-t-elle. Selon certains spécialistes,

après les deux années noires 2008 et 2009, le secteur de la

er C

mars, sera entièrement

consacrée aux nouveaux talents. Aux côtés d’une dizaine de jeunes

stylistes débutants défileront deux noms émergés des précédentes

sélections, tels que le duo italien Carta Costura et le Turc Erkan Çoruh.

RM.

LES DERNIERES NEWS

KENZO RECYCLE SES TISSUS

VINTAGE

Après Yves Saint-Laurent et sa collection

«New Vintage», c’est au tour

de Kenzo de lancer une nouvelle

ligne appelée Kenzo Doll, réalisée

à base de chutes de tissus de ses

collections passées. La maison, qui

fêtait ses 40 ans de création, lors

de la dernière Fashion Week printemps-été

2011, propose avec cette

ligne des robes, tops et blouses en

dentelle transparente ou les fameux

imprimés fleuris, signature de la

marque. Destinée aux jeunes filles, la collection affiche un style

casual et romantique et des prix abordables allant de 150 euros

pour les tops, à 250 pour les robes. Les vêtements de la collection

Kenzo Doll sont vendus en édition limitée à 200 pièces, et disponibles

dès à présent dans les boutiques Kenzo ainsi que sur le site

de vente en ligne de la marque.

LE CABINET DE CURIOSITÉS

BOUCHERON

Après une collection plus abstraite

autour de la séduction la saison

dernière, Boucheron renoue avec

l’héritage de la maison, en dévoilant

une collection Cabinet de Curiosités

à la flore et à la faune extraordinaires.

A poils, à plumes ou à écailles, le bestiaire

joaillier de Boucheron se réunit

autour de six microcosmes : Ondes

Aquatiques, Exotique Parade, Nature

Espiègle, Contes et Légendes, Ailes

du Désir et Ensorcelants Serpents.

Dans l’univers Ondes Aquatiques, les

saphirs (roses et violets) et les tourmalines paraissent colorées

; du bracelet Lambi sont recréées les nuances de l’océan Sud-

Atlantique qui scintillent comme de l’eau de mer. Une méduse

en quartz rose est si finement taillée que la pierre translucide

laisse deviner les briolettes en tourmaline qui rayonnent depuis

l’intérieur du dôme. Détour par la le désert africain et la jungle

luxuriante indienne avec le microcosme Exotique Parade, où les

animaux revisités en bague gardent chacun entre leurs pattes une

pierre de centre de couleur différente : émeraude pour le panda,

spinelle rouge pour le tigre, saphir bleu pour le singe et saphir

jaune pour le lion.

PHOTOS : D. R.

LE TWEED, LE UP TO DATE

Chaud et confortable, le tweed est un tissu trouvant son origine

en Ecosse. Cela faisait un certain temps que le tweed était absent

des podiums. Il faut revenir vers les années 1954 pour retrouver

son dernier succès marqué par les vestes de Chanel, d’ailleurs,

ces dernières restent une source d’inspiration pour les créateurs.

Le tweed revient en force et devient une matière de prédilection

pour les créateurs. Si certains stylistes le préfèrent dans un look

se tournant plus vers le rock pour casser l’image sage qu’il

dégage, d’autres lui confèrent un style plus bohème. On retrouve

le tweed dans plusieurs collections de l’automne-hiver 2009-

2010. Le tweed se décline alors en différentes pièces

incontournables de l’hiver, telles qu’en blazer, en manteau, en

jupe taille haute ou encore en petites vestes avec des épaulettes

pour rehausser l’allure. Le tweed transforme le style, il

transforme la femme et la rend chic et élégante à souhait.

EAU DE TOILETTE DE LA SEMAINE

L.12.12 Vert de Lacoste

Fragrance boisée à la fraîcheur «nature», L.12.12 Vert est issue de

la collection Lacoste L.12.12. Cette gamme de parfums pour

hommes s’inspire de la ligne de polos éponymes de la marque.

En hommage au créateur René Lacoste qui fut le premier à

proposer un logo sur l’extérieur d’un vêtement, le crocodile

apparaît sur le verre du parfum. Le flacon vert, couleur

intemporelle de la marque, révèle ici une fragrance zen et

décontractée qui s’illustre par sa simplicité. Une caractéristique

que l’on retrouve dans la campagne de publicité qui emploie

une approche simple, ludique et

audacieuse. Carré et

épuré, le verre vert fait

écho à la simplicité du

polo. Le flacon (grand

modèle) est orné du logo

en tissu brodé de la

marque, le célèbre

crocodile vert.


ÉCHO-LOGIE

✤ Déchets ménagers. Sept

(07) conventions ont été

signées jeudi entre la ville de

Constantine et des gérants de

micro entreprises créées

dans le cadre des différents

dispositifs de soutien à

l’emploi.

La cérémonie de signature de

ces conventions, d’une durée

de 10 mois renouvelables,

aux termes desquelles ces

micro entreprises seront

chargées du nettoiement, de

la collecte et du transport des

déchets ménagers, a été

organisée en présence des

autorités locales.

✤ Pollution. Une cabine

mobile de surveillance de la

pollution, dotée de systèmes

technologiques de pointe,

sera mise en service

prochainement dans la zone

industrielle d’Arzew (Oran),

a annoncé jeudi le directeur

des hydrocarbures de cette

zone.

✤ Energie. A quelque 350

km de Hassi Messaoud,

plus vaste champ pétrolier

d’Algérie, s’étend El Merk, un

autre gisement pétrolier qui

devrait dès son exploitation

en 2013 renforcer la

production pétrolière

nationale, affirment avec

fierté des ingénieurs du

groupe Sonatrach. Situé dans

le bassin de Berkine, l’ancien

Ghadamès, dans la wilaya

d’Illizi, le gisement El Merk

est devenu le pivot de la

stratégie de développement

engagée par Sonatrach

pour augmenter ses

capacités de production et

ses réserves de pétrole, de

condensat et de GPL,

précisent les mêmes

cadres de Sonatarch, qui a

organisé au profit de la

presse une visite guidée sur

ce projet.

✤ Energie. La ministre

danoise du Climat et de

l’Energie, Lykke Friis, a

présenté jeudi un projet

devant mener en 2050 à

une «indépendance»

du Danemark vis-à-vis

des énergies fossiles,

en misant fortement sur les

énergies renouvelables,

notamment éoliennes.

✤ Cinéma. Gasland,

dénonçant les pollutions

créées par l’exploration des

gaz de schistes aux Etats-

Unis, et Waste Land,

éclairage sur la vie des

trieurs de la plus grande

décharge du monde à Rio

sont bien placés pour

la course à l’Oscar du

meilleur documentaire

décerné dimanche.

Après la récompense

suprême d’Hollywood

en 2007 pour une vérité

qui dérange, croisade

sur le réchauffement

climatique de l’ex-viceprésident

américain Al Gore,

l’édition 2011 pourrait bien

à nouveau propulser

l’écologie sur le- devant de

la scène.

L

e qui nuit à l’environnement, selon les experts,

C c’est l’abondance de textes et de conventions.

Pas moins de 500 conventions ont été adoptées en dix

ans, noyant les objectifs liés à la planète sous un amas

de règles et de protocoles.

Quelque cent ministres de l’Environnement étaient

réunis à Nairobi cette semaine, sous l’égide du Programme

des Nations unies pour l’Environnement

(PNUE) qui ont reconnu qu’il fallait réformer le système

en profondeur, reprend l’AFP. Il est apparu que

certaines conventions avaient la primeur tandis que

d’autres étaient reléguées au second plan, ce qui est

le cas de la Convention pour la lutte contre la désertification,

souvent considérée comme celle bénéficiant

aux pays pauvres.

La Convention pour les changements climatiques a

bénéficié d’un financement de 100 milliards de dollars

alors que celle traitant de la désertification et qui

fut adoptée deux ans plus tard peine à réunir quelques

dizaines de millions de dollars. La désertification

est un phénomène qui touche davantage les pays

africains, provoquée non seulement par la sécheresse

mais également par la réduction des terres agricoles.

La seule inquiétude menaçant les pays développés

réside dans le fait que les populations touchées par la

désertification sont poussées à s’exiler et à regagner

les pays riches.

El Watan - Samedi 26 février 2011 - 19

ENVIRONNEMENT

RÉFLEXION AUTOUR DES EAUX ÉPURÉES

Elles vont bénéfi cier à l’agriculture

ou aux voiries

● Les eaux des stations d’épuration sont jetées en mer lorsqu’elles ne servent pas l’agriculture

● Les énergies propres vont s’installer dans les stations d’épuration.

a réutilisation des eaux épurées

des STEP (Station de traitement

et d’épuration) est de plus en

plus envisagée, et une réflexion est en

cours à propos des meilleures techniques

à utiliser, apprend-on auprès de

Amer Chouikh, directeur central de

l’exploitation de Office national de

l’assainissement (ONA) qui gère 69

STEP sur les 150 réparties à travers

le territoire national. Ces énormes

quantités d’eau traitées sont malheureusement

rejetées en mer ou ailleurs,

faute d’utilisation par le secteur agricole

ou autre, précisera le directeur

d’exploitation de l’ONA qui ajoute

que des réflexions et recherches sont

entamées pour trouver la meilleure

application à la question du traitement

des eaux et leur récupération pour

des besoins divers tout en utilisant les

énergies renouvelables. Rencontré en

marge du séminaire de formation sur le

rôle des énergies renouvelables dans le

traitement et l’épuration des eaux qui

s’est tenu à l’UDES (Unité de développement

des équipements solaires) de

Bou Ismaïl du 13 au 17 février, Amer

Chouikh indiquera que les responsables

du secteur hydraulique sont en

train de réfléchir aux meilleures techniques

de récupération des eaux traitées

pour leur utilisation dans l’irrigation

des terres agricoles ou encore pour des

opérations de nettoyage des voiries par

les APC. Selon le même responsable,

il existe à ce jour en Algérie 150 STEP

qui sont en exploitation et gérées soit

par les entreprises de réalisation dans

le cadre des contrats soit par des SPA

dont 69 sont gérées par l’ONA avec

une capacité globale de traitement de

6 millions équivalents/habitants. Ces

STEP traitent 650 millions de mètres

cubes par an de rejets des eaux usées

ménagères, industrielles ou encore

des eaux pluviales dont 120 millions

de mètres cubes pris en charge par

les stations gérées par l’ONA, ce qui

donne un pourcentage de 35%. Le traitement

des eaux par l’énergie solaire

a connu un début d’application dans

la STEP du Chenoua qui installera

des panneaux solaires pour l’éclairage

extérieur avant de passer à l’opération

d’épuration proprement dite.

UN ROSEAU POUR DÉSINFECTER

L’expérience la plus avancée, lancée

le 15 janvier dernier dans le cadre de

ce projet d’utilisation des énergies

renouvelables pour le traitement et

l’épuration des eaux est, selon notre

interlocuteur, le cas de la STEP de

Ngoussa (5000 m 3 /jour) qui fait partie

des trois stations de Ouargla, où une

technique d’épuration à filtre plantée

(un roseau disposant d’une capacité

de désinfection importante) est déjà

expérimentée avec en plus l’utilisation

de l’énergie solaire pour l’alimentation

de la station et son éclairage. Interrogé

sur les économies que pourraient faire

ces stations en utilisant les énergies renouvelables

qui restent encore très chères,

notre interlocuteur indiquera que

les 69 stations gérées par l’ONA ont

consommé durant l’année écoulée 31

millions de KWH d’électricité soit un

ratio de 0,29 kwh/m 3 épuré ou encore

1,05 DA par mètre cube traité. De plus,

ajoutera-t-il, l’Office a installé 25 500

km de réseaux d’assainissement dans

les 648 communes où l’assainissement

est géré par l’ONA.

Les deux autres projets maturés concernent

la réalisation d’une tour solaire à

Ouargla dont l’énergie va servir au traitement

de la salinité de l’eau à travers

une station d’une capacité de 400 000

équivalents/habitants ainsi que celui

réservé au drainage et au traitement des

UN MAQUIS JURIDIQUE NOIE LA PLANÈTE

La désertifi cation est le parent pauvre du PNUE

LES ÉTATS-UNIS, LA CHINE ET L’INDE FREINENT

Mais encore à l’heure actuelle, les pays africains se

démènent seuls pour contrer la désertisation avec le

peu de moyens mis à leur disposition. «Entre 1992 et

2007, 540 réunions ont été convoquées sous l’égide

de 18 traités internationaux, générant plus de 5000

décisions», reprend l’AFP. Les pays pauvres jettent

l’éponge. «Notre personnel n’a pas les qualifica-

PHOTO : D. R.

eaux de la wilaya d’El Oued, indiquera

M. Chouikh et ce, grâce à une enveloppe

de 60 milliards de dinars. Dans le

cadre du plan quinquennal 2010/2014,

il est prévu la réalisation de 40 autres

STEP dans les wilayas des Hauts-Plateaux

et du Grand Sud qui seront d’un

appoint important, puisqu’elles permettront

d’améliorer nettement le taux

de traitement qui avoisinera les 70%.

UN CENTRE DE FORMATION AUX

MÉTIERS DE L’ASSAINISSEMENT

Interrogé sur la situation des STEP

qui ont connu dans le passé de gros

problèmes de gestion, en raison du déficit

en personnel qualifié et de moyens

financiers puisqu’elles étaient confiées

aux APC, M. Chouikh dira qu’en plus

de la gestion qui est confiée à l’ONA,

il existe depuis 2004, un centre de

formation aux métiers de l’assainissement

à Boumerdès qui sera érigé en

institut, doté de laboratoires et autres

équipements de pointe pour son fonctionnement

afin de parer le problème

du déficit en personnel qualifié.

Le problème du budget de fonctionnement

de ces stations reste la préoccupation

principale, selon le directeur,

qui rappelle que celles-ci fonctionnent

actuellement avec le tarif d’assainissement

de 30% compris dans les factures

d’eau, ce qui est très insuffisant.

Pour ce qui est de l’apport du Fonds

national de l’eau au budget de l’ONA,

notre interlocuteur précisera que celuici

prenait en charge uniquement les

équipements des stations et non pas

leur fonctionnement. Une solution

pourrait être envisagée, conclura Amer

Chouikh, à savoir confier à l’ONA la

maîtrise d’ouvrages du projet, évaluée

à ce jour à 4% du montant total du projet,

ce qui serait une véritable bouffée

d’oxygène pour l’Office qui pourrait

ainsi voler de ses propres ailes.

Dj. Sediki

● Pas moins de 500 textes traitent de l’environnement ● Cette abondance nuit aux objectifs de lutte.

PHOTO : D. R.

tions suffisantes pour prendre en charge toutes les

missions liées à l’environnement», soupire Tiemoko

Sangare, ministre malien de l’Environnement. «Jamais

au cours des quatre ou cinq dernières années, le

conseil de gouvernance de l’UNEP n’a été aussi clair

dans son analyse d’un besoin de réforme», a décla

le directeur exécutif du PNUE (UNEP, en anglais),

Achim Steiner, dans une interview à l’AFP. Le directeur

reconnaît qu’en dépit du nombre d’institutions et

protocoles, la gouvernance de l’environnement est de

plus en plus fragmentée. «Rien qu’en matière de régulation

des produits chimiques, il existe trois textes

majeurs. Il a fallu cinq ans de négociations, non pas

pour les fusionner, mais pour les rapprocher», soupire

un spécialiste de ces négociations. Par ailleurs,

le PNUE est loin de disposer des moyens de l’OMS

(Organisation mondiale pour la santé) ou de l’OMC

(Organisation mondiale pour le commerce). Seuls

650 fonctionnaires siègent à Nairobi avec un budget

de 83 millions de dollars pour 2010 et seuls 58 pays

en sont membres sur les 193 Etats dans le monde. Les

ministres de l’Environnement français et allemand

ont a nouveau défendu la création d’une Organisation

mondiale pour l’environnement. Encore une fois, les

réticences budgétaires et politiques des Etats-Unis,

de la Chine et de l’Inde bloquent les propositions.

Zineb A. Maïche


Phase d'édification des reliefs de l'écorce terrestre.

1

2

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8

SOL. TOUT CODÉ PRÉCÉDENT :

IMBIBER - LUIS GUZMAN

SOLUTION FLÉCHÉS EXPRESS PRÉCÉDENT :

HORIZONTALEMENT : PERITOINE / TERRASSE / DECOULE / RUGI / OBI / DILUEE / LO /

ESPION / ARTS / ETC / AI / MISAS / STRIES / GO / ASTRES / POUSSEE / NUI / SEVE

VERTICALEMENT : DETERIORATION / RECUL / TIR / UU / PIROGUES / IASI / TRUIES /

MESS / GOAL / EPEISTES / ISEO / ITS / REE / ANS / BLOCAGE / EETION / SOSIE.

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P

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D

El Watan - Samedi 26 février 2011 - 22

JEUX - DÉTENTE

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11

dix sur dix

personnel

crack

surface

fine rainure

conduisit

sans effets

Quinze sur 15 N° 2824

HORIZONTALEMENT : 1.Annulations 2.Sensé. Hors limite

3.Slave. Appendice au fond de la gorge 4.Annonce la

matière. Terme d'égalité. Dirigeants. Parfois pronom 5.

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15

Par M. IRATNI

Divinités féminines. Argent du chimiste. Après le temps fixé 1

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10

6.Fleuve noir. Contas. Regimba 7.Développement. Céda. 2

I

Strontium 8.Chat de bédé. Personnel. Fleuve d'Italie. Liquide

organique 9.Infante de Castille. Persévérant 10.Brave. Espace

3

II

III

vert 11.Combattait. Protecteur de tailleur. Technicien supé- 4

IV

rieur 12.Pièce de soutènement. Agent double. Prison 13.

Courroux. Ville de Thuringe. Un vrai gouffre 14.Meurt. Règle

15.Voie en ville. Branché. Etoile de la Toile. Produit fixant.

5

6

7

V

VI

VII

VERTICALEMENT : 1.Intransigeants 2.Vomissement. Sujet

anonyme. Note. Non dit 3.Es. Très simple 4.Bases. Pamphlet

5.Limon. Tellement. Soleil divin. Tif rétif 6.A la mode.

8

9

VIII

IX

X

Science des vins. Période 7.Support de l'hérédité. Poisson. 10

HORIZONTALEMENT

Mammifère carnivore 8.Fleuve côtier. Vole et vole. Lac 11

d'Ecosse 9.Appréciation en marge. Instrument de pêche.

12

Catégorique 10.Hors la loi. Racine vomitive 11.Produit de

I- Plats. II- Faire dégénérer. III- Reconnaisance du ventre -

Vieille furie - Plaqué ou massif. IV- Instrument de musique -

Grivois. V- Manches à air. VI- Fin de messe - Donne à resservir-

Facilite des tracés. VII- Note d’espoir - Piler. VIII- Dis-

ferme. Agave du Mexique. Tour 12.Orient. Régime économi- 13

que d’autosuffisance 13.Dénué d'esprit. Devant une altesse. 14

Hurlement. Mercure 14.Matrice. Cerne 15.Drapeau. Ville

15

d'Italie.

crédite quelqu’un - Chef de corps. IX- Sujet imprécis - Vieux

bison - Baie du Japon. X- Col des Aples.

VERTICALEMENT

1- Rabot. 2- Annulation. 3- Frapper. 4- Note - Lac des Pyrénées

- Hommes de choix. 5- Petit poème - Blesse . 6- Stopper

SOL. QUINZE SUR 15 PRÉCÉDENT : HORIZONTALEMENT :

1.INCOMPETENTES 2.MINIATURISTE. VA 3.PTOSE. TIR. COI 4.

ERSES. ET. PAIR 5.RES. TRAM. ABOULE 6.OUR. NUAGEUSES 7.

VERTICALEMENT : 1.IMPERFECTIONS 2.NITRE. MAUGREENT

3.CNOSSOS. INGENUE 4.OISE. FLOU. SIL 5.MAESTRO. ERES. SE

6.PT. RA. ES. MAS 7.EUTHANASIE. FAN 8.TRI. MUNIE. ICE 9.EIRE.

- Fin de verbe. 7- Rouge, dans l’eau - Pays. 8- Eclat de rire -

Régal du berger - Source de lait. 9- Archer coquin - Coupelles

de labo. 10- Localisées.

EMS. ORANGEADES 8.CA. ASIE. URE 9.TUILE. IENA. RA 10.

IGNOREE. CIL. TER 11.ORGUES. HERITAGE 12.NEE. RETOURS 13.

AGENCER. ER 10.NS. TAGE. AIRES 11.TTC. BEAU. LITIGE 12.EE.

POUDRE. TORON 13.CAUSEE. TAU. UT 14.VOILES. REGRET 15.

SOLUTION N° 2823

SENS. MAI. SIR. ES 14.NUISANCE. GOUTE 15.STELES. ERRENT. MAIRES. CARESSER.

HORIZONTALEMENT

Biffe Tout N° 2824

E S R A E A T N A

C T U I P S C N O

L A O R N A S R U

N I P G M R T E I

O P O I R E U H H

I E T P T A N O I

T I O I N A G E F

A N L R E U L B B

N T E I I P I E A

M U C S M S L N D

A R O C C I E E I

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C

E

G

A

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R

E

M

E

RÈGLE DU JEU

Biffer tous les mots de la

liste que vous retrouverez

dans la grille, en utilisant

tous les sens possibles. Les

lettres qui n'auront pas été

cochées serviront à former

le mot défini ci dessous.

DÉFINITION

Position d’une personne

assise sur ses talons

I- RECOLEMENT. II- EXHAURE - AU. III- FLA -

ACCOLADE - APATHIE - BARRAGE - RASE. IV- LIRE - EVIER. V- EBRUITER. VI- CRI-

SE. VII- TIERCELETS. VIII- ES - OUILLE. IX- LI-

BISCOTTE - CAPITAL - CLIP - DAMNATION - BRE. X- RAI - EE - DES.

DOMINATEUR - EPHEMERE - ETUDIANT -

VERTICALEMENT

FIGURINE - FOURNIR - GARGOTE -

1- REFLECTEUR. 2- EXLIBRIS. 3- CHARRIE - IL.

GRANDEUR - HERITIER - HONNIR - INEDIT - 4- OA - EU - ROI. 5- LUT - INCUBE. 6- ER - ET -

IRIS - LAID - LOBE - MIEN - NAIF - EIRE. 7- MERVEILLE. 8-AIR - EL. 9- NASE -

STERE. 10- TUERIES - US.

NOCTURNE - OCELOT - OSTEOPATHE -

PEINTURE - POIL - RICANEMENT - RICHESSE

- STERILE - SURMENE

Fléchés Express N° 2824

ajourne-

propre à

antiseptique

glossine

ment

l’homme

débarrassée

lettre

de son eau

dame

symbole

mesquinerie

grecque

D E L O R M M F L A I D A R H (15 lettres)

E

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P

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Solution Biffe Tout

précédent :

E S T N R U E T A N I M O D T CAFARDEUX

mères

dénaturées

Tout Codé N° 2824 En vous aidant de la définition du mot encadré, complétez

la grille, puis reportez les lettres correspon-

traita à

fond

Définition

du mot encadré

dant aux bons numéros dans les cases ci-dessous et

vous découvrirez le nom d’un personnage célèbre.

technicien

supérieur

hallucinogène

article

espagnol

mouille

fin de verbe

évident

cours court

canard

rigoureuse

drame

jaune

brameras

Mots Croisés N°2824

va avec

elle

cap

d’Espagne

apparue

demimouche

axe sur

la carte

prépondérant

voles

défalquée

Jeux proposés par gym C Magazine


ON VOUS LE DIT

Ould Abbès, le soldat

du Président

Approché par des paramédicaux inquiets de leur

statut, le ministre de la Santé, lors de sa visite

d’inspection dans la wilaya de Aïn Defla, a décla

que les dossiers portant décrets exécutifs relatifs à

ce corps ont été officiellement déposés auprès de la

Fonction publique.

Ould Abbès qualifiera la grève d’illégale et d’

injustifiée et insistera sur le fait que tout a été fait

pour satisfaire les revendications de ce corps. «Il

s’agit de la parole du gouvernement et je ne suis que

le soldat du Président», dira le ministre. Une phrase

différemment interprétée par les présents.

Le ministre de la Santé distribue

des logements

Au niveau des urgences médicochirurgicales de

Khemis Miliana, le ministre de la Santé changera

de casquette devant le spectacle d’une jeune mère

portant un enfant malade, laquelle se plaignait de ses

mauvaises conditions d’habitat. Aussitôt , le ministre

ordonnera aux autorités locales de cette ville de

procéder au relogement immédiat de cette citoyenne.

Au bord de l’évanouissement, la jeune femme a dû

être secourue.

Le représentant de l’Etat décidera également de

l’envoi dans la semaine qui suit, d’un spécialiste en

radiologie à la demande d’un médecin. L’attitude du

ministre attribuant des logements a suscité moult

commentaires dans cet hôpital en préfabriqué

datant de 1984 et qui connaît un déficit crucial

en spécialistes et en personnel paramédical. Une

situation tant de fois relatée par la presse locale mais

ignorée par le ministre de son propre aveu.

Rencontre scientifique

sur l’asthme chez l’enfant

Le diagnostic de l’asthme chez l’enfant et son

traitement, ainsi que les dernières recommandations

nationales et internationales relatives à la prise en

charge de l’asthme en pédiatrie seront débattus

aujourd’hui, à Alger, lors d une rencontre scientifique

organisée par le laboratoire MSD.

Cette pathologie, qui représente la première cause

des urgences médicales dans nos hôpitaux et la

première pathologie chronique chez l’enfant, est en

constante évolution en raison d’un certain nombre

de facteurs comme la pollution, la modification de

l’hygiène de vie et le tabagisme.

Festival du tourisme

de montagne à Tikdjda

La station climatique de Tikdjda, dans la wilaya de

Bouira, abritera du 20 au 24 mars prochain, un festival

national du tourisme de montagne.

Ce rendez-vous, qui regroupera en ce haut lieu du

Djurdjura des opérateurs et partenaires du secteur,

«vise à explorer les voies et les moyens susceptibles

de promouvoir le tourisme de montagne», ont indiqué

les organisateurs. Au programme du festival figurent

une série de conférences sur des thèmes en rapport

avec le tourisme de montagne, des projections

cinématographiques, des concours de dessin pour

enfants, des compétitions en sports de montagne

et nautiques. Des activités artistiques et récréatives

agrémenteront le séjour des participants à la

rencontre.

Un nouveau-né dans

une décharge à Chlef

Un nouveau-né sans vie a été découvert, lundi dernier,

au niveau de la décharge publique de Meknassa, à

l’ouest de Chlef. Le corps, qui était dans un sac en

plastique, a été transporté à la morgue de l’hôpital de

Sobha (Boukadir). Une enquête a été ouverte par les

services de sécurité pour identifier le ou les auteurs

de ce crime.

El Watan - Le Quotidien Indépendant

Édité par la SPA “El Watan Presse”

au capital social de 61 008 000 DA. Directeur de la

publication : Omar Belhouchet

Direction - Rédaction - Administration Maison de la Presse :

Tahar Djaout - 1, rue Bachir Attar 16 016 Alger - Place du 1 er

Mai Tél : 021 68 21 83 - 021 68 21 84 - 021 68 21 85 -

Fax : 021 68 21 87 - 021 68 21 88

El Watan - Samedi 26 février 2011 - 24

Site web : http://www.elwatan.com E-mail :

admin@elwatan.com PAO/Photogravure : El Watan

Publicité - Abonnement : El Watan 1, rue Bachir Attar -

Place du 1 er Mai - Alger.

Tél : 021 67 23 54 - 021 67 17 62 - Fax : 021 67 19 88.

R.C : N° 02B18857 Alger.

Compte CPA N° 00.400 103 400 099001178 -

Compte devises : CPA N° 00.400 103 457 050349084

ACOM : Agence de communication : 102 Logts, tour de Sidi

L’ÉPOQUE

RÉNOVATION DE L’HÔTEL EL AURASSI

Les travaux de la discorde

L

● Les travaux de rénovation de l’hôtel El Aurassi, d’un montant de 60 millions

d’euros, ne finissent pas de créer des tensions entre certains locataires

et la direction de l’établissement.

’hôtel est en rénovation depuis

le mois de novembre 2009.

Afin de minimiser les désagré-

ments des travaux, ceux-ci s’effectuent

en deux phases. La première,

clôturée au début de cette année,

concernait la moitié de l’hébergement,

le restaurant et les cuisines du

niveau A, l’économat du niveau B,

le night-club, le fitness club, ainsi

que les installations techniques et

mécaniques qui y sont liées.

Quant à la seconde phase des travaux,

qui a débuté au mois de février,

elle concerne la deuxième partie de

l’hébergement, l’exécutif floor, la

réception, les salons, la galerie de

boutiques, le reste des restaurants

et leurs cuisines, les deux terrasses

du 1er étage, les accès extérieurs

du niveau de la réception ainsi que

certaines installations techniques,

telles que les transformateurs ou

encore les groupes électrogènes. Et

c’est cela qui pose problème.

Douze locaux sont installés dans

l’aile D, qui est actuellement en

travaux. «Six d’entre eux ont été

transférés provisoirement dans les

ailes A et C de l’hôtel», explique le

propriétaire d’une agence de voyages

en activité depuis 22 ans. «Trois

autres boutiques ont fermé, car leur

bail, à durée déterminée, était arrivé

à terme. Il reste donc trois autres

commerces, les nôtres, auxquels la

direction a refusé le recasement, et

qui ne veulent pas partir, d’autant

plus que nos contrats de location

sont renouvelables à durée indéterminée»,

explique-t-il. «Cela fait

plus de 30 ans que je suis locataire

dans l’aile D de l’établissement

hôtelier.

J’y tiens un kiosque, et ma femme est

propriétaire d’un salon de coiffure»,

explique un autre exploitant. «Pour

le salon de coiffure, un transfert est

irréalisable, notamment pour les

équipements impossible à déplacer

et à réinstaller pour quelques

mois», reconnaît le locataire. «Nous

avons donc demandé à la direction

un engagement écrit qu’à l’issue

des travaux, le salon de coiffure reprendrait

ses activités dans le même

local, en plus d’une indemnisation

pour la durée de l’arrêt», ajoute-

DERNIÈRE MISSION VERS LE CHEMIN DES ÉTOILES

Yahia, Hydra. Tél : 021 56 32 77 - Tél/Fax : 021 56 10 75

Impression : ALDP - Imprimerie Centre ; SIMPREC- Imprimerie

Est ; ENIMPOR - Imprimerie Ouest.

Diff usion : Centre : Aldp Tél/Fax : 021 30 89 09 - Est :

Société de distribution El Khabar.

Tél : 031 66 43 67 - Fax : 031 66 49 35 - Ouest : SPA El Watan

Diff usion, 38, Bd Benzerdjeb (Oran)

Tél : 041 41 23 62 - Fax : 041 40 91 66

t-il.

Proposition qui a été rejetée par la

direction. «Elle nous a aussi refusé

l’installation dans un autre local

déjà rénové», dénoncent-ils. «Et,

afin de nous persuader de nous en

aller, il a même été procédé à la

coupure des lignes téléphoniques et

d’Internet de mon agence», accuse

le voyagiste.

Chose dont se défend le directeur

d’ El Aurassi, M. Lamri. «Le niveau

D est complètement démoli.

Et, comme dans tout chantier, le

courant a été coupé, ainsi que les

câbles téléphoniques», avance le

directeur. Ce dernier réfute avoir

exercé un quelconque favoritisme.

Et pour les trois autres locataires ?

«Pour la santé financière de l’établissement,

il est inconcevable de

leur assurer une reprise des locaux

qu’ils occupaient. Nous leur avons

stipulé qu’ils auraient la priorité

pour la reprise, mais seulement s’ils

s’engagent à payer à hauteur des

nouveaux prix de location, qui vont,

de par la rénovation, augmenter»,

explique-t-il. A.B.

Discovery a enfi n décollé

● Le programme de la navette arrive ainsi à son terme, après trois décennies

qui ont permis notamment de construire la station spatiale.

esant 2000 tonnes au décollage avec son système de

Ppropulsion, Discovery s’est arrachée de son pas de

tir du centre spatial Kennedy, près de Cap Canaveral, en

Floride, pour prendre son envol au-dessus de l’Atlantique,

soit trois minutes plus tard que prévu. Un problème

avec un ordinateur d’un système de contrôle au sol, une

demi-heure avant le lancement, a fait craindre pendant

un moment un report du vol.

Le directeur du lancement avait dit quelques heures

avant de donner le feu vert à la mise à feu des moteurs,

que «ça allait être dur aujourd’hui de voir Discovery

être lancée pour la dernière fois ». La navette a atteint

l’orbite terrestre en 8 minutes et 30 secondes à 225 km

d’altitude à une vitesse dépassant les 28 000 km/h pour

entamer sa course poursuite, devant lui permettre un

rendez-vous avec l’ISS, à laquelle elle doit s’amarrer

aujourd’hui à 19h16mn GMT. La station se trouve à 350

km d’altitude.

Durant cette mission, initialement prévue début novembre,

-le lancement de Discovery avait été annulé

en raison d’une fuite d’hydrogène et la découverte de

fissures dans des arceaux métalliques du réservoir externe-

les astronautes et la navette livreront le module

de fret multifonctionnel Leonardo, qui sera attaché de

façon permanente à la station afin d’offrir un volume

supplémentaire de stockage pressurisé. Discovery acheminera

aussi le premier robot humanoïde à voler dans

l’espace, Robonaut 2 ou R2, qui deviendra un occupant

permanent de l’avant-poste orbital, où il aidera les astronautes

dans leurs tâches. Après le dernier vol d’un

orbiteur, les Etats-Unis dépendront des Soyouz russes

pour acheminer leurs astronautes à l’ISS, le temps qu’un

remplacement de la navette soit prêt, probablement pas

avant 2015.

PHOTO : D. R.

Les manuscrits, photographies ou tout autre

document et illustration adressés ou remis

à la rédaction ne seront pas rendus et ne

feront l’objet

d’aucune réclamation.

Reproduction interdite de tous articles

sauf accord de la rédaction.

Des palmiers

ravagés par le

feu à Biskra

Pas moins de 360

palmiers productifs ont

été ravagés par trois

incendies qui se sont

déclarés dans la wilaya

de Biskra au cours des

dernières 24 heures.

Le plus important

de ces incendies

s’est déclaré sur le

périmètre agricole de

Sidi Sinane, près de

Sidi Okba (18 km à l’est

de Biskra) où le feu a

détruit 310 palmiers

productifs.

Le second sinistre a

ravagé 28 palmiers

dans la forêt de M’lili

(30 km à l’ouest de

Biskra), tandis que

le troisième a détruit

20 autres dans une

palmeraie située au

lieu-dit Zaouïa Sidi

Lakhdar, dans la

commune de Tolga (36

km à l’ouest de Biskra).

L’intervention rapide

des sapeurs-pompiers

a évité l’extension

des flammes vers les

palmeraies voisines.

4000 est le nombre

de palmiers détruits

en moyenne chaque

année par des feux

dans cette wilaya.

Des sanspapiers

aux

Etats-Unis

Près de onze millions

d’immigrés sans

papiers ont été

recensés aux Etats-

Unis en janvier 2010,

selon les derniers

chiffres publiés par le

ministère de la Sécurité

intérieure.

Ce chiffre, le même que

celui enregistré un an

plus tôt, est inférieur à

celui de janvier 2007,

une année record,

quand 11,8 millions

d’immigrés illégaux

vivaient sur le territoire

américain.

Entre 2000 et 2010,

le nombre de sanspapiers

a augmenté

de 27%, indique

le document du

ministère, ajoutant

que la majorité des

clandestins provient

du Mexique et

d’Amérique du Sud.

D’autres chiffres

diffusés récemment

par le centre d’analyse

Pew Hispanic Center

montrent qu’en

2009, 48 millions

d’Hispaniques

vivaient aux Etats-

Unis, ce qui représente

15% de la population

américaine.


■ Ligue 2 (16 e J)

ESM - MOC 2-0

CAB - ASMO 1-0

USB - SAM 1-0

NAHD - ABM 1-1

JSMS - RCK 1-0

PAC - USMBA 3-0

OM - MSPB 1-1

CSC - CRT 4-1

■ Classement Pts J

1. CSC 33 16

2. RCK 25 16

- . CAB 25 16

4. USMBA 24 16

- . MSPB 24 16

--. ESM 24 16

- . USB 24 16

8 . O. M 23 16

9. ASMO 22 16

--. NAHD 22 16

11. MOC 20 16

12. PAC 19 16

--. JSMS 19 16

14. SAM 18 16

15. ABM 17 16

16. CRT 8 16

■ Ligue 1 (15e J)

Programme Aujourd’hui

(14h30)

MCA - JSK

USMA- USMAl (huis clos)

ASK- USMB

MCO- MCS

MCEE- USMH

CABBA- JSMB (reporté)

ASO - WAT (reporté)

CRB- ESS (reporté)

LIGUE 1

JSMB - CRB

reporté

La rencontre de la mise

à jour du calendrier

comptant pour la

14 e journée entre la

JSM Béjaïa et le CR

Belouizdad, prévue

initialement pour

le mardi 1 er mars est

fi nalement reportée

pour le 8 du même mois,

avons-nous appris

auprès de la direction

béjaouie. Les raisons de

ce report sont motivées

par le retard accusé par

l’arrivée des joueurs

internationaux, dont

la JSMB compte quatre

éléments. L. Hama

El Watan - Samedi 26 février 2011 - 26

SPORTS

CHAMPIONNAT NATIONAL DE LIGUE 2 (16 e JOURNÉE)

Le CSC mène le bal

● PAC 3 - USMBA 0

La révolte du Paradou

Stade de Baraki

Arbitres : Habibatni, Guessoum et Boutaghène

Buts : Touati (5’), Brahem Chaouch (56’ s.p), Benachour

(79’) PAC

Averts : Braham Chaouch, Tiza (PAC) ; Mouffok (USMBA)

PAC : Benmedour, Tiboutine, Chettih, Kedjour, Deghmani,

Klanemer, Messaoudi (Miaz 16’), Meddahi (Benachour

73’), Touati, Braham Chaouch (Tiza 86’), Ouali

Entr. : Bouhellal

USMBA : Zaïdi, Chikhaoui, Abdelli, Mouffok, Khelli, Mehdi

(Hamzaoui 46’), Kebaïli, Khaled (Naceri 57’), Bounoua

(Radj 72’), Dif, Hariche

Entr. : Osmane

Le Paradou AC, qui semble avoir retrouvé ses sensations

depuis le retour de son entraîneur Kamel

Bouhellal, n’a fait qu’une bouchée hier de l’USM Bel

Abbès, en la battant sur le score net et sans bavure de

3 buts à 0. Une victoire qui signe, en effet, le retour du

club algérois qui ambitionne désormais de jouer les

premiers rôles. Dès l’entame de la partie, le club paciste

prend le taureau par les cornes et ouvre la marque

précocement par Touati dès la cinquième minute. Braham

Chaouch l’imitera en début de seconde période

en transformant un penalty (56’). Quelques minutes

avant, l’USMBA rate l’égalisation après avoir bénéficié

d’un penalty tiré par Dif. Benachour marque le but

du KO quelques minutes seulement après son entrée à

la place de Meddahi. Une victoire logique. K. T.

● NAHD 1 - ABM 1

De mal en pis

Stade Bouraâda (Réghaïa)

Arbitres : Gherbal, Bouhassoun et Ferradj

Buts : Derrardja (23 ’ ) NAHD ; Rahmoune (75 ’ ) ABM

Averts. : Mellouli (NAHD) ; Kaouane, Mebarki (ABM)

NAHD : Natèche, Kheiter, Alleg, Mellouli, Boutadjine,

Gana (El Far 80 ’ ), Sedkaoui, Okbi (Moundji 59 ’ ), Bey,

Derrardja (Deghiche 70 ’ ), Hafid.

Entr. : Heddane

ABM : Khalfa, Menzar (Boulaïfat 74 ’ ), Mehnaoui (Terrache

72 ’ ), Friouzane, Mebarki, Aouf, Amrane, Hmiar, Rahmoune,

Si Ahmed (Sebihi A.), Boukhous.

Entr. : Bouarâra

Le NA Hussein Dey, qui était dans l’obligation de gagner

son match face à l’AB Merouana pour se replacer

dans le classement général, s’est fait accrocher encore

une fois à domicile, à l’occasion de la première journée

de la phase retour. Si la semaine dernière les supporters

avaient accordé des circonstances atténuantes à leur

équipe après le semi-échec concédé face au leader,

cette fois-ci ils étaient dans tous leurs états car il s’agit

d’un nouveau promu et un mal classé, l’AB Merouana

qui a décroché le nul (1-1). Le Nasria a ouvert la marque

par l’international espoir, Walid Derrardja (23 ’ ),

tandis que les Batnéens avaient égalisé à la 75 e minute

par Rahmoune sur une contre-attaque. Le Nasria vient

donc de rater une autre occasion de se replacer dans le

classement général et complique davantage sa situation

dans sa quête pour l’accession. S. M.

● CSC 4 – CRT 1

Baroud d’honneur

des nouveaux

Stade Chahid Hamlaoui (Constantine)

Arbitres : Hlalchi, Brahim et Doulach

Le club de Bel Abbès chute lourdement devant le Paradou AC

Buts : Gambouz (csc 19’), Ferhat (38’), Lemaïci (51’), Hadjadj

55’ (CSC) ; Gambouz (59’) CRT

Averts : Kabri, Zemit (CSC)

CSC : Daïf, Lemaïci, Soualah, Bououdene, Kebia (Ghodbane),

Derahi, Kabri, Yacef, Zemit, Ferhat, Hadjadj (Amrous).

Entr.: Khezzar

CRT : Benaziza S., Benmoulay, Benaaziza Y, Gambouz,

Mokrani, Ghomari, Setir (Ourab), Adda, Bebachir,

Benyoucefi (Benamara), Maghraoui.

Entr. : Ghazli.

Les locaux entameront la partie avec beaucoup de

nervosité et c’est logiquement que les visiteurs, en

majorité des juniors, obtiennent un penalty à la 7’

sanctionnant une main de Kabri dans la surface de

réparation. Ghomari se charge de l’exécuter, mais rate

lamentablement son tir. A la 19’, Ferhat, très opportuniste,

rallonge d’un pied une longue balle envoyée

par Yacef dans la surface. Le keeper du CRT repousse

maladroitement le ballon en direction de son défenseur

Gambouz, qui ouvre la marque contre son camp. Dix

minutes plus tard, Ferhat, mieux placé, aggrave la marque

lui-même cette fois-ci.

La domination des Clubistes sera matérialisée en

seconde période par deux autres réalisations, dont

une par la nouvelle recrue Hadjadj. A l’heure de jeu,

Gambouz se rachètera de sa bourde en début de rencontre

en réduisant la marque pour son équipe. Notons

que c’est la première fois que les Clubistes inscrivent

plus de 2 buts en une seule rencontre cette saison. L. B.

● CAB 1 – ASMO 0

Victoire au forceps

Stade du 1 er Novembre (Batna)

Arbitres : Babou, Schamby et Bouzaghou

But : Bouchouk (32’ s.p)

Averts : Bouchouk, Bahloul (CAB) ; Sahraoui, Belkaroui,

Boussaïd (ASMO)

CAB : Babouche, Chebana, Bahloul, Messaâdia, Bouchouk

(Amiri 70’), Daïra, Kerboua, Maïdi (Boulediab 88’), Saïdi,

Benamara, Bitam (Bourahli 81’)

Entr. : Boufenara

ASMO : Moudjer, Bouhafer, Belkaroui, Bouamri, Mazari,

Loukili (Ghouti 46’), Amer, Abidi, Oumamar (Mebarki 73’),

Boussaïd, Sahraoui

Entr. : Durin

Grâce à un but signé Bouchouk sur penalty (32’), le Chabab

de Batna vient de mettre fin à une série de mauvais

résultats. L’ASM Oran a tenté de réagir, mais en vain,

dans un match qui n’a pas été à la hauteur des aspirations

des supporters. Ce succès a été, faut-il le souligner,

réalisé avec beaucoup de difficultés dans la mesure où

les Oranais n’étaient pas faciles à manier. Cette victoire

étriquée a été, en tout cas, accueillie avec soulagement

par les responsables du CAB qui vont mettre les moyens

pour que l’équipe puisse rester sur cette dynamique de

victoire le plus longtemps possible. A. N.

● ESM 2 - MOC 0

L’expérience a prévalu

Stade de Bensaïd Mohamed de Mostaganem

Arbitres : Bayou, Idir et Cheballah

Buts : Ferrahi (6’) et Beloufa (70’) ESM

Averts : Boulemdaïs et Beloufa (ESM) ; Yazid et Hanider

(MOC).

ESM : Messaï, Haddad, Boulemdaïs, Boukhemacha, Belahouel,

Guerine (Omrani 57’), Meguenni, Boukerche, Beloufa

(Laroussi 84’), Ferrahi, Chellali (Boudjennah 73’)

Entr. : Benchadli

MOC : Toual, Bournane, Hanider (Amroune 81’), Benchetta,

Meziani (Ghazi 75’), Khenifsi, Bendridi, Chaouaou, Belaoued,

Henni (Fellahi 46’), Yazid.

Entr. Chéraït

Les poulains de Benchadli ont pris l’avantage dès la 6’

de jeu par le biais de Ferrahi. Cette réalisation a secoué

les Constantinois qui ont essayé de revenir à la marque,

mais sans parvenir à concrétiser les occasions. A la

23’, Bournane, d’un tir puissant, faillit égaliser, n’était

l’intervention de Messaï.

A la 36’, Beloufa est fauché dans la surface de réparation

et l’arbitre refusa ainsi un penalty indiscutable

pour les locaux. De retour des vestiaires, l’Espérance,

multipliant les offensives, manque toutefois de réussite

à l’approche des buts. Les tentatives des Meguenni,

Omrani et Beloufa restent vaines. Il a fallu attendre la

70’ pour voir Beloufa parvenir à doubler la mise, suite

à une action individuelle. Le match s’est terminé dans

un fair-play exemplaire sur le score (2-0) en faveur des

Espérantistes. A. Taoui

PHOTO : D. R.

MONDIAUX

DE JUDO

Benyekhlef

et Haddad

absents

L

es judokas algériens prendront

part à partir de demain aux Cou-

pes du monde qui rentrent dans

le cadre du circuit professionnel de la

Fédération internationale de judo. Ils

seront en fin de compte cinq judokates

femmes et six judokas seulement à

être alignés à la World Cup de Varsovie

(Pologne) pour les messieurs et à

celle de Prague (Tchéquie) pour les

dames. Faute encore de visas établis

à temps, quatre judokas ne seront pas

du voyage.

Il s’agit de Souhila

Mancer, Amina Temar, Chahinaz

Bour et Mohamed Boughorfa. Deux

autres judokas et pas des moindres

que sont Amar Benyekhef et Soraya

Haddad ne seront pas eux aussi

présents à ces rendez-vous. Selon

le directeur technique national,

Salim Boutebcha, «Amar Benyekhlef

a préféré ne pas prendre part à cette

coupe pour se consacrer aux soins de

sa blessure au genou». Pour Soraya

Haddad, la raison de son absence est

tout autre : «Elle doit passer ses examens

universitaires», ajoutera le DTN.

Pour la Coupe du monde de Varsovie,

l’effectif des judokas messieurs

sera composé de Salim Attouche

(60kg), Larbi Grini et Smail Guedouz

(73kg), Lies Bouyacoub (90kg), Hacene

Azoune (100kg) et Mohamed

Bouaïchaoui (+100kg). Pour les dames

qui feront le voyage à Prague, le groupe

comprend Meriem Moussa (52kg), Nachida

Zelouf et Ratiba Tariket (57kg),

Kahina Saïdi (63kg), Kawtar Wallal

(78kg). Chez les messieurs, il faut relever

l’absence d’engagement de judokas

dans les catégories de poids des 66

kg et 81kg. Toujours d’après le DTN :

«Abderrahmane Benamadi se trouve

blessée et Youcef Nouari n’a pas été

retenu en raison de difficultés qu’il

trouve pour faire son poids». Pour

pallier ces défections et afin de préparer

les prochains Championnats et la

Coupe d’Afrique des nations prévus le

mois d’avril prochain au Sénégal, les

techniciens de la Fédération algérienne

de judo (FAJ) ont engagé trois judokas

femmes et un judoka au traditionnel

tournoi international de Saint-Louis

qui aura lieu au début de cette semaine

à Dakar au Sénégal.Les judokas retenus

sont Sabrina Saïdi (48kg), Founes

Dahbia (78kg) et Salim Redjimi

(81kg). S.M.S

’équipe écossaise des Glasgow Rangers, où

L évolue le défenseur international algérien

Madjid Bougherra, s’est qualifiée jeudi pour

les 1/8es de finale de l’Europa League, alors

que le SSC Naples de Hassan Yebda, s’est fait

éliminer, à l’issue des matches retour des 1/16es de finale de cette compétition. Les Glasgow

Rangers, tenus en échec à Ibrox Park en match

aller (1-1) par le Sporting Lisbonne, ont réussi

une belle performance au stade José Alvalade

en forçant les Portugais au match nul (2-2), un

résultat qui permet aux Ecossais de composter

leur billet pour le prochain tour.

L’attaquant international américain, Edu, s’est

mis en évidence en inscrivant le but égalisateur

pour les Rangers dans le temps additionnel

(90 ’ +2). Madjid Bougherra, titularisé comme

El Watan - Samedi 26 février 2011 - 27

SPORTS

CHAN 2011. ALGÉRIE 0 - SOUDAN 1

Quatrième place

pour les Verts

Les Verts terminent le parcours au pied du podium

Stade : El-Merrikh d’Omdurman

Arbitres : Eddy Maillet (Seychelles), Felicien Kabanda (Rwanda) et

Range Marwa Aden (Kenya).

But: Mudathir (37’)

Averts : Laïfaoui et Meftah (Algérie) ; Badreddine, Bacha Mohammed

(Soudan)

Algérie : Cedric, Soudani, Hachoud, Laïfaoui, Bouazza (Djabou 74’),

Khoualed, Gasmi, Yahia Cherif, Meftah, Ghazali (Messaoud 59’),

Delhoum (Lemmouchia 38’).

Entr. : Abdelhak Benchikha

Soudan : Bahaâ Eddine, Alakhidir, Maâz, Badrredine, Adem (Osmane

78’), Bacha Mohammed, Seif Eddine, Bekri, Khalifa (Alaâ Eddine 89’),

Mudathir, Ahmed.

Entr. : Abdallah Mazda

Pour sa première participation

au Championnat d’Afrique des

nations, dans sa deuxième édition,

la sélection nationale n’a

pas réussi à prendre le meilleur

sur le Soudan, terminant ainsi à

la 4 e place de CHAN 2011.

Eliminée à une marche de la finale

du Championnat d’Afrique

des nations (CHAN 2011), la sélection

nationale, pour le compte

du match de classement, a retrouvé

la sélection du pays organisateur,

le Soudan, dans le stade

d’El Merreikh d’Omdurman.

Des retrouvailles pour lesquelles

le sélectionneur national a aligné

un onze remanié, en laissant au

repos la majorité des titulaires

habituels, faisant confiance à

d’autres joueurs, à l’image de

Yahia Cherif et autres Ghazali

qui ont enregistré leur première

apparition dans ce tournoi. Les

Verts, méconnaissables, subiront

le jeu de leurs adversaires et c’est

en toute logique que le Soudan

réussit à prendre l’avantage au

score à la 37’ par l’entremise de

Eltaïb Mudathir, suite à une erreur

monumentale de la défense

algérienne. Menés au score, on

d’habitude par l’entraîneur Walter Smith,

a pris part à l’intégralité de cette rencontre.

Lors des 1/8 es de finale, les Glasgow Rangers

rencontreront le club néerlandais du PSV Eindhoven.

Le match aller à Eindhoven est prévu le

10 mars, alors que la manche retour aura lieu

une semaine plus tard à Glasgow. Le stade El

Madrigal de Villareal a été le théâtre jeudi soir

d’un match âprement disputé entre le Villareal

et le SSC Naples, un duel qui a souri à l’équipe

locale (2-1).

Tenue en échec à l’aller (0-0), l’équipe de

Naples avait réussi à ouvrir le score par l’entremise

du Slovaque Marek Hamsik (18 ’ ),

avant que le Brésilien Nilmar (43 ’ ) et l’Italien

Guiseppe Rossi (45 ’ ) ne donnent l’avantage

pour le «sous-marin jaune». Hassan Yebda, a

notera l’absence de réaction des

poulains de Benchikha. Lors de

cette première période, on notera

la sortie en urgence de Delhoum,

après un choc avec un défenseur

soudanais. En deuxième mitemps,

le rythme de la partie restera

très en deçà de la moyenne

et surtout très avare en occasions

de but, même si les Algériens

tenteront de revenir à la marque,

les Soudanais procéderont certes

par des contre-attaques, mais se

procureront toutefois les occasions

les plus franches de cette

seconde période, manquant à

plusieurs reprises de doubler la

marque. Les Verts, très timides

malgré les changements opérés

par Benchikha, ne réussiront pas

à revenir à la marque, et s’inclinent

en toute logique devant

les Soudanais, prenant ainsi la

4 e place de ce tournoi, avec un

sentiment de mission inachevée

pour eux. Ils ont raté de peu la finale,

mais ont réussi leur objectif

en atteignant le carré d’as.

T. A. S.

EUROPA LEAGUE

Bougherra passe, Yebda échoue

été titularisé par l’entraîneur Walter Mazzari. Il

a cédé sa place à la 63 e minute à son coéquipier

Michele Pazienza. Lors des 1/8 es de finale, le

club de Villareal sera opposé à son homologue

allemand de Bayer Leverkusen. APS

◗ Programme des 8 es de finale

Benfica (POR) - Paris SG (FRA)

Dynamo Kiev (UKR) - Manchester City (ANG)

Twente (HOL) - Zenit Saint-Pétersbourg (RUS)

CSKA Moscou (RUS) - FC Porto (POR)

PSV Eindhoven (HOL) - Glasgow Rangers (ÉCO)

Leverkusen (ALL) - Villarreal (ESP)

Ajax Amsterdam (HOL) - Spartak Moscou (RUS)

Liverpool (ANG) - Braga (POR)

L’aller aura lieu le jeudi 10 mars, le retour le jeudi

17 mars

PHOTO : D. R.

L

CYCLISME

Hakim Hamza

entraîneur

national

es serviteurs de la petite reine ont approuvé la nomination

de Hakim Hamza au poste d’entraîneur

national des seniors. Ancien coureur cycliste,

Hakim Hamza est un ex-champion cycliste qui a des

milliers de kilomètres dans les jambes. Issu d’une

famille très connue dans le milieu du cyclisme, rien

n’a de secret pour lui quand il s’agit de courses.

Doué d’une grande subtilité et fin stratège, il détient

entre les mains une équipe composée de coureurs

chevronnés. A la tête du GSP dont il est le coach, il

vient de rafler la majorité des courses en ce début de

saison. Avec l’équipe du GSP, il aura pour mission de

récolter des points dans les courses inscrites au programme

Africa Tours. Pour cela, ils iront au Tour du

Maroc le mois d’avril prochain. Un début pour une

équipe algérienne d’envergure continentale composée

de coureurs du GSP.

Pour une fois, une décision fait l’unanimité dans le

cyclisme algérien. Cette décision pleine de bon sens

sera suivie par d’autres si l’on veut redonner un nouveau

souffle à la relance du cyclisme algérien miné

par une guerre intestine qui a trop duré et qui a freiné

le développement de la discipline. Un rayon de soleil

au lendemain d’un grand orage ne peut être accueilli

qu’avec satisfaction. A. M.

JO-2012

Trio algérien

pour Maroc-

Mozambique

a Fédération

Linternationale de football (FIFA)

a désigné un trio

arbitral algérien

dirigé par Djamel

Haïmoudi, pour

officier le match

qui opposera le

26 mars l’équipe

olympique marocaine

à son homologue

du Mozambique,

rapporte

la presse sportive

marocaine. La

rencontre comptant

pour le premier

tour des éliminatoires pour les Jeux olympiques

2012 de Londres sera ainsi dirigée par Haïmoudi,

assisté de Choukri, Béchirène et Abdelhak Etchiali.

COUPE D’ALGÉRIE

Programme

des 16 es de fi nale

◗ Vendredi 4 mars (15h) :

Aïn Beïda : USMAB - USB

Saïda : MCS - USMBA

Mostaganem : ES Mostaganem - JS Kabylie

Tlemcen : CRB Hennaya - ES Berrouaghia

Oran : ASMO - MCO

Mascara : ARB Ghriss - N Tadamoun Souf

Batna : CAB - PAC

El Eulma : MCEE - RC Arba

Mohamadia : USMH - NARBR

Béjaïa : MOB - US Tébessa

El Oued : IRB Robah - CRB

Merouana : ABM -USC

Chlef : ASO - CABBA (18h)

Sétif : ESS - NAHD (18h)

◗ Samedi 5 mars (15h) :

Ouargla : MC Mekhadma -MCA

Béjaïa : JSMB - USMB

PHOTO : D. R.


El Watan

■ CHERCHEURS

SANS FRONTIÈRES (CSF)

Une association

est née

Des chercheurs et

universitaires ont lancé

hier à Paris l’association

Chercheurs sans frontières

– Free Science (CSF) – pour

défendre la liberté de la

recherche dans le monde

et protéger les chercheurs

menacés. L’idée est de créer

un «réseau d’alerte sur

les cas, fi nalement assez

nombreux, où la liberté de la

recherche est attaquée» et

de soutenir «la mobilisation

autour de chercheurs

menacés, accusés, interdits

ou emprisonnés» en raison

de leurs travaux, a résumé

Georgia Barlovatz-Meimon,

professeur de biologie

cellulaire et membre de CSF,

lors de la première rencontre

publique de l’association.

La vocation de CSF est aussi

«d’informer sur le contexte

dans lequel la liberté de

recherche est remise en

cause», souvent pour des

motifs politiques mais

aussi parfois en raison de

confl its avec des «intérêts

économiques», a-t-elle

ajouté.

■ SÉTIF

Un terroriste arrêté à

Hammam Soukhna

Un terroriste a été arrêté

jeudi dernier par les

éléments de la Brigade

mobile de la police judiciaire

(BMPJ) dans la région de

Hammam Soukhna, dans la

wilaya de Sétif, avons-nous

appris de sources sûres.

Originaire de Beni Aziz, dans

la même wilaya, l’individu

était connu notamment pour

de nombreux crimes commis

dans la région de Bougara, à

Blida, informant encore nos

sources. Son arrestation a

été rendue possible par le

grâce aux renseignements

fournis par des citoyens

ayant nourri des soupçons

EN BREF…

LE QUOTIDIEN INDÉPENDANT - Samedi 26 février 2011

sur le comportement du

terroriste qui ont fi ni par

informer les services de

sécurité qui découvriront que

l’individu était activement

recherché depuis plusieurs

années.

■ BOUMERDÈS

Un terroriste éliminé

à Legata

Un terroriste a été abattu,

dans la soirée de mercredi,

lors d’une embuscade tendue

par les forces de l’ANP non

loin de la localité de Legata, à

20 km à l’est de Boumerdès,

apprend-on de source bien

informée. Un autre aurait

été blessé lors de la même

opération qui a eu lieu

au lieudit Aïn Mendoura,

au nord de Legata. Notre

source indique qu’il a réussi

à prendre la fuite vers les

massifs avoisinants. Son

arme ainsi que celle de son

acolyte ont été récupérées

par les soldats de l’ANP. Le

corps du terroriste éliminé a

POINT ZÉRO

Galactique dialectique

I

l aura fallu un Français de passage en Algérie pour

savoir ce que pense le président algérien de l’Algérie.

De la même façon que Mourad Medelci, ministre

algérien des Aff aires étrangères, avait parlé à une chaîne

de radio française pour expliquer la vision de son pays sur

son pays. Avare de confi dences aux Algériens, le président

Boutefl ika a expliqué à un Raff arin qu’il avait «plus de

conviction que de force». C’est tout. Les cryptologues se

sont immédiatement jetés sur ces rares mots du Président

pour tenter de comprendre. Le Président est convaincu,

mais de quoi ? De la nécessité de réprimer ou d’ouvrir ?

Trouve-t-il qu’il n’a pas assez de force pour réprimer les

aspirations des Algériens ou est-il au bord de l’épuisement

d’avoir à gérer un peuple qui demande ?

Cette façon de communiquer, typique des gouvernants

algériens, fait depuis longtemps travailler les spécialistes

qui se demandent encore si se murer dans le silence

ALGER 7° ORAN 8°

18°

CONSTANTINE 5°

20°

12°

ILLIZI 5°

20°

été transporté à la morgue

de l’hôpital de Thénia où

il est toujours en cours

d’identifi cation. R. K.

■ SÉNÉGAL

Un homme tente de

s’immoler

Un homme a tenté, hier,

de s’immoler par le feu à

proximité de la présidence de

la République, à Dakar, une

semaine après une première

immolation, au même endroit,

d’un ex-militaire qui était

mort peu après des suites de

ses brûlures. Cette tentative

intervient une semaine après

celle de Oumar Bocoum, un

ancien militaire d’une quarantaine

d’années, qui est décédé

moins de 48 heures plus tard

dans un hôpital. Un porte-parole

de l’Association nationale

des anciens militaires invalides,

qui réclame une hausse

des retraites, avait auparavant

déclaré que les anciens militaires

sénégalais s’immoleraient

par le feu s’ils n’obtenaient pas

satisfaction.

Par Chawki Amari

est une forme de mépris pour une population sourde de

naissance ou s’explique parce que les gouvernants n’ont

rien à dire, sachant que dès qu’ils parlent, ils s’enfoncent

dans leurs contradictions. Les linguistes penchent

plutôt sur cette dernière, un exemple, DOK, le ministre

de l’Intérieur en exercice, qui a lui aussi parlé sur une

chaîne française et expliqué que ce qui se passe en Libye

ne pourra pas arriver en Algérie. Parce que pour lui, «les

Algériens sont nationalistes». Ce qui veut dire que les

manifestants libyens ne le sont pas. Et donc que Gueddafi

serait a contrario un authentique nationaliste, en tirant

sur les gens avec des avions de chasse et des blindés.

Cette phrase, qui horrifi erait un Libyen, passera comme

les autres dans la caisse à mots de trop. Restera que pour

le Président algérien, qui aime les bilans, le sien est assez

maigre. Deux mois d’émeutes et de manifestations, six

mots. Et à l’adresse d’un Français.

COMMENTAIRE

Retrouvez les prévisions complètes sur www.elwatan.com

Sursis Par Djaffar Tamani

Les systèmes totalitaires sont pavés de bonnes

intentions. Cela se vérifi e en Algérie. Les tenants

du pouvoir, se présentant comme de fervents

défenseurs de la démocratie et de l’ouverture

politique, multiplient les déclarations à la presse nationale

et internationale, martelant que l’Algérie n’est ni la

Tunisie ni l’Egypte. C’est sans doute vrai, mais il y a

de troublantes similitudes entre les régimes. Le pouvoir

algérien, qui vient d’engranger le satisfecit américain

après la levée formelle de l’état d’urgence, continue

d’interdire mordicus les manifestations populaires à Alger

en brandissant le risque d’attentats terroristes. En faisant

des organisateurs des marches des alliés quasi objectifs de

la menace terroriste, l’on n’est pas bien loin de l’attitude

du fou de Tripoli qui accuse les insurgés libyens d’être

à la solde de Ben Laden. Le parallèle n’est pas fait pour

rehausser l’image du pouvoir algérien qui n’a eu de cesse

d’annoncer, ces dernières années, le retour à la paix.

Personne n’avait mis en doute, par ailleurs, la déclaration

du premier responsable de la police nationale, en octobre

2010, lorsqu’il affi rmait «Alger est à l’abri de la menace

terroriste». Il s’agit tout bonnement d’un verrouillage

politique et il serait hasardeux de s’en tenir aux félicitations

des capitales étrangères, surtout lorsqu’elles expriment

clairement leur «impatience» de voir la consécration de

la liberté d’expression et d’association.

La pression internationale ne retombe pas. Par contre,

la contestation sociale et politique à l’intérieur du pays

marque le pas. Le pouvoir s’autorise incontestablement

un vrai sursis. Les syndicats ayant lancé des mouvements

de protestation sont en partie satisfaits des annonces

spectaculaires du gouvernement, allant jusqu’à rayer d’un

trait les textes réglementaires qui avaient fait sortir les

étudiants dans la rue. La mobilisation politique unitaire,

à travers la CNCD, n’a pas pu éviter le spectre de la

division. Là, le pouvoir en place n’a fait que récolter les

fruits de son entreprise de dépolitisation profonde de la

société. L’argument de la «séparation entre le politique et

le civil» a étonné plus d’un observateur, s’agissant d’un

mouvement éminemment politique qui vise rien moins

qu’un changement de régime. La déliquescence politique

et la diabolisation de l’opposition sont à un tel point

qu’il est aujourd’hui possible de lire dans la presse le

témoignage d’un chômeur qui raconte avoir été «accusé»,

lors de son arrestation d’être un militant du RCD. Depuis

la traduction, au début des années 1980, des militants de

la démocratie devant la défunte Cour de sûreté de l’Etat,

le pouvoir ne fait que poursuivre, avec d’autres moyens,

la guerre à toute opposition politique.

NIGER

LIBÉRATION DE TROIS OTAGES

■ Une Française, un Togolais

et un Malgache, qui

avaient été enlevés avec

quatre autres Français en

septembre 2010 dans le

nord du Niger par Al Qaîda

au Maghreb islamique

(AQMI), ont été libérés, a

indiqué l’Eysée, confirmant

une information obtenue

de source sécuritaire à

Niamey. «Ils ont été libérés

dans la nuit de jeudi à vendredi

en territoire nigérien

puis acheminés sur Niamey

par les autorités nigériennes»,

selon la source sécu-

ritaire à Niamey jointe par

l’AFP. Aucune précision n’a

été donnée sur les conditions

de leur libération

ni sur le sort des autres

otages. Le 16 septembre

2010, sept personnes, dont

un cadre d’Areva et son

épouse, tous deux Français,

ainsi que cinq employés

(trois Français, un Togolais

et un Malgache) de son

sous-traitant Satom, filiale

du groupe Vinci, avaient

été enlevés à Arlit dans

le nord du Niger, un site

d’extraction d’uranium.

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